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Comédien génial oscarisé, militant de la cause des Amérindiens et des Afroaméricains, doté d’une personnalité complexe et souvent insaisissable, Marlon Brando (1924-2004) a popularisé la méthode Stanislavsky ou « méthode de l’Actor’s Studio. Il a soutenu la recréation de l’État d’Israël. Arte diffusera le 21 juillet 2021 « L’équipée sauvage » (Der Wilde ; The Wild One) de Laslo Benedek. 

Publié par Véronique Chemla 

« Je trouve le métier d’acteur détestable, désagréable ».

L’affirmation peut sembler incongrue dans la bouche d’un monstre sacré du septième art.

« Avec sa présence irradiante et son phrasé unique, Marlon Brando a marqué le cinéma d’une empreinte indélébile ».

Marlon Brando « a pourtant poussé la porte d’une école d’art dramatique presque par hasard. Débarqué à New York à l’âge de 19 ans, le petit paysan du Nebraska, dyslexique et solitaire, se forme à la méthode Stanislavski, basée sur la vérité des émotions, sous la houlette de Stella Adler ».  Le « choc de la grande ville ». Brando vit à Greenwich village, avec ses deux sœurs mariées. « Marlon Brando ne savait pas qu’il voulait faire l’acteur, mais il est entrée dans une école d’art dramatique. Ma mère l’adorait. Il était espiègle. Il avait un tel humour… Marlon Brando était une figure tragique », se souvient Ellen Adler, compagne de Marlon Brando.

« Stella Adler sa muse. Marlon Brando est l’une des personnes les plus drôles que j’ai rencontrées… James Dean était obsédé par Brando. Il s’habillait comme lui », confie  Sondra Lee, amie de Marlon Brando. Celui-ci pratique la boxe, intègre la compagnie de Martha Graham. Fréquente la communauté haïtienne de Harlem. Les grands agents de New York repère cet acteur magnétique.

Sa « présence chargée d’électricité, sa beauté animale teintée de fragilité, alliées à sa capacité innée à vivre une scène plutôt qu’à l’incarner, suscitent immédiatement l’engouement ».

En 1949, Brando se rend en France. Il rencontre l’acteur Christian Marquand. Un coup de foudre.

En quatre ans, d’« Un tramway nommé désir » (1951) à la comédie musicale « Blanches colombes et vilains messieurs » (1955) en passant par « L’équipée sauvage », « Sur les quais » (qui lui vaut l’Oscar du meilleur acteur) ou « Jules César », Marlon Brando précipite la fin de règne des grands acteurs britanniques shakespeariens et bouscule les codes de l’Amérique puritaine, en se forgeant une image de sex-symbol au tempérament rebelle ».

Lors de l’unique rencontre entre Audrey Hepburn et Marlon Brando, pendant un repas du Syndicat des acteurs, Audrey Hepburn dit à son voisin de table un timide « Bonjour », mais l’acteur débutant à Hollywood demeure silencieux. Pendant 40 ans, Audrey Heburn a cru qu’il voulait l’éviter. Mais, lorsqu’elle était hospitalisée à la fin de sa vie, elle a reçu une lettre de Brando. Celui-ci lui expliquait qu’il avait éprouvé un tel respect admiratif pour elle qu’il était demeuré sans voix.  Il n’avait pas trouvé un seul mot à lui dire.

« Sex-symbol à la puissance de jeu incontestée, Marlon Brando a bousculé lignes et codes dans les très puritaines années 50. Sacré roi des voyous, l’icône » d’« Un tramway nommé désir » s’engage la décennie suivante en faveur des droits des Noirs et des Indiens, « avant d’embraser d’une lumière crépusculaire « Le Dernier Tango à Paris » ou « Apocalypse Now ».
« C’est un acteur qui ne voulait pas apprendre par cœur ses répliques », déclare Bernardo Bertolucci.
« Tout était naturel chez lui. Il savait contrôler le silence », précise Patricia Bosworth, biographe de Marlon Brando, acteur instinctif.
« L’équipée sauvage »
Arte diffusera le 21 juillet 2021 « L’équipée sauvage » (Der Wilde ; The Wild One) de Laslo Benedek.
« Une horde de motards sème la panique dans une petite ville américaine… La naissance du mythe Marlon Brando qui, avec ce film sorti en 1953, devint l’incarnation absolue du rebelle. »
« Emmenée par Johnny Strabler, une horde de jeunes motards baptisés les « Rebelles noirs » perturbe l’arrivée d’une course de motos et envahit une petite ville sous le regard hostile de la population. Quand la bande de Chino débarque à son tour dans la bourgade, la situation dégénère… »
« Inspiré de faits réels, ce film fit scandale à sa sortie. Au son des moteurs pétaradants et des standards musicaux de l’époque, il dépeint les relations conflictuelles entre une jeunesse en perdition, révoltée et enfiévrée, et des adultes étouffés par les conventions sociales, prisonniers de leurs peurs primitives. Blouson de cuir et tête de mort, Marlon Brando campe un chef de bande sensuel et impassible, incarnant la figure absolue du rebelle, qui influença jusqu’au look de James Dean et d’Elvis Presley. »

« On The Waterfront »
Arte diffusa le 29 avril 2019 à 22 h 45 « Sur les quais » (Die Faust im Nacken ; On The Waterfront) réalisé par Elia Kazan (1954). Apprenant qu’Elia Kazan, son « père spirituel », a, « tel un mouchard », livré les noms d’artistes communistes, Marlon Brando pleure. Il tourne Sur les Quais, produit par Sam Spiegel et réalisé par Elia Kazan.

Marlon Brando « y joue un salaud et un traître », résume le réalisateur qui réalise un plaidoyer en sa faveur. Le film s’achève sur Marlon Brando en « figure christique suivant un chemin de croix, par sa rédemption ». L’interprétation remarquable vaut à Marlon Brando un Oscar. »L’éveil moral, au contact de l’amour, d’un jeune docker face aux méthodes criminelles d’un syndicat mafieux… Par Elia Kazan, un film social infusé de poésie, porté par les performances éblouissantes de Marlon Brando, Eva Marie Saint et Karl Malden. »

« Sur les quais, la règle c’est S. et M. Sourd et muet. » Parce qu’il a parlé à la police, Joey Doyle a été liquidé par les hommes de main du syndicat des dockers, dirigé par le mafieux Johnny Friendly. Terry Malloy, l’un de ses protégés, ancien boxeur devenu ouvrier portuaire, a attiré la victime dans ce piège sans se douter qu’il serait mortel. Tandis que le père Barry tente d’organiser la révolte des dockers rackettés et opprimés, Terry se rapproche de la sœur de Joey, Edie, qui le supplie de dénoncer les crimes de Friendly devant une commission d’enquête. Lorsque son propre frère, avocat du syndicat, est supprimé à son tour pour l’avoir protégé, le jeune homme est forcé de choisir son camp… »

« En 1952, Elia Kazan, pris dans les griffes du maccarthysme, livre les noms d’anciens militants communistes devant la commission des activités antiaméricaines. Deux ans plus tard, s’inspirant de faits réels révélés par la presse (l’exploitation des dockers de Big Apple par un syndicat mafieux), le cinéaste transpose le dilemme de la dénonciation sur les quais miséreux et embrumés du port de New York. Présentée par certains critiques comme une vaine tentative de justification, cette œuvre multiprimée a éclipsé la polémique par ses qualités intrinsèques : transcendé par la partition expressive de Leonard Bernstein et la photographie en noir et blanc, aux nuances évocatrices, de Boris Kaufman, ce film de gangsters atmosphérique dépeint la condition ouvrière avec un réalisme innervé de poésie ».
« Dans des décors naturels où la grisaille des docks contraste avec la clarté rêveuse et protectrice des toits – où Terry veille sur un pigeonnier et une poignée d’apprentis boxeurs –, Kazan capte le sinueux cheminement moral d’un jeune rustre individualiste vers la justice et la dignité. Dictée par l’amour de la délicate et intègre Edie, remarquablement campée par Eva Marie Saint, et les prêches enflammés du père Barry (Karl Malden), cette transfiguration aux accents christiques est magistralement servie par Marlon Brando, dont l’aura chargée de sensualité et de vulnérabilité subjugue une fois encore.
Le 6 mai 2018 à 15 h, a eu lieu le ciné-concert On The Waterfront avec l’Orchestre national d’Île-de-France – Ernst Van Tiel. « On the Waterfront » est un film réalisé par Elia Kazan, avec Marlon Brando, Karl Malden, Lee J.Cobb et Eva Marie Saint, sur un scénario de Budd Schulberg et une musique de Leonard Bernstein.
« En mettant en scène la corruption mafieuse dans le syndicat des dockers new-yorkais, Elia Kazan a donné en 1954 l’un de ses plus beaux rôles à un Marlon Brando âgé de 30 ans. Leonard Bernstein signe là sa seule musique pour l’écran (si l’on excepte les adaptations filmiques de ses comédies musicales). L’alternance des dissonances parfois rudes, des rythmes irréguliers et des sonorités éthérées préfigure l’idiome de West Side Story, trois ans plus tard. Ce film qui a remporté huit Academys Awards® est présenté sur grand écran en haute définition, avec la haute-fidélité des dialogues. Coproduction Orchestre national d’Île-de-France, Philharmonie de Paris. »

Engagements politiques

La mort de sa mère anéantit Marlon Brando… Il suit une psychanalyse.

Rita Moreno est « foudroyée » en rencontrant cet homme si charismatique. Elle vit une « passion sexuelle » pendant dix ans avec Marlon Brando. « Le problème, c’est trop de fantasmes… Un fois, j’ai été vraiment en colère. Il m’avait promis d’être fidèle. Il m’avait trompé. Je suis sortie avec Elvis Presley, mais cela n’a pas marché : c’était un petit paysan. Marlon Brando était un penseur original », conclut-elle. « Je suis incapable d’aimer » par manque de confiance dans les femmes, confie l’acteur à Truman Capote. Il craignait aussi d’être pris pour un « fils à maman ».

Marlon Brando délaisse Hollywood pour ses engagements comme délégué pour l’UNICEF, fonds des Nations unies pour l’enfance, ou pour les droits civiques auprès de Martin Luther King lors de la Marche à Washington.

« La poursuite impitoyable »

Marlon Brando s’investit dans son personnage dans The Chase (La Poursuite impitoyable), d’Arthur Penn. Un fiasco commercial.

Arte diffusa les 11, 12 et 27 septembre 2020 « La poursuite impitoyable » (Ein Mann wird gejagt ; The Chase) d’Arthur Penn. « Dans une bourgade conservatrice du Texas, Bubber Reeves, accusé à tort d’un délit, s’évade du pénitencier avec un complice, lequel vole une voiture après avoir tué son conducteur. Leur cavale déchaîne les passions… Avec Jane Fonda et Robert Redford, mais dominé par l’interprétation d’un Marlon Brando au sommet de son art, un puissant réquisitoire contre le racisme, qui n’a rien perdu de sa force. »

« Dans une bourgade conservatrice du Texas, Bubber Reeves, accusé à tort d’un délit, s’évade du pénitencier avec un complice, lequel vole une voiture après avoir tué son conducteur. Une cavale qui déchaîne les passions, les habitants redoutant le retour de Bubber, l’enfant du pays. Le shérif Calder s’emploie, quant à lui, à protéger le fuyard d’un lynchage annoncé… »

« Tourné par Arthur Penn dans les années 1960 avant l’emblématique Bonnie and Clyde, alors que le sud des États-Unis restait obstinément sourd au mouvement des droits civiques, La poursuite impitoyable met en scène une communauté blanche décadente, en proie aux démons de la corruption, de l’alcoolisme et du racisme ».

« Entre Val Rogers, le magnat local sans foi ni loi qui prétend jouer les philanthropes, ou cette autre famille de notables, dont les membres s’en prennent violemment aux Noirs par désœuvrement, le cinéaste dépeint une bourgeoisie américaine à bout de souffle. Même ses enfants – la génération Happy Days – se révèlent monstrueux, en particulier lors de la scène chaotique du lynchage collectif, certainement l’une des plus saisissantes du film ».

« En shérif justicier, roué de coups pour avoir voulu défendre le fuyard, Marlon Brando, le visage tuméfié, y montre une fois encore toute la démesure de son talent et de son jeu physique. Une manière aussi, à travers lui, de mettre l’Amérique face à sa (mauvaise) conscience ».
« Au milieu des années 60 l’étoile de Marlon Brando est déjà sur le déclin depuis une série de titres médiocres et le désastre commercial de la superproduction Les Révoltés du Bounty en 1962. Durant le tournage de ce remake signé Lewis Milestone les excentricités et la mauvaise humeur de l’acteur ont atteint des proportions extraordinaires et ont largement contribué au fiasco du film », a écrit Olivier Père.
Et de poursuivre : « Néanmoins la réputation de Brando n’est pas encore à son nadir quand il est choisi par le producteur Sam Spiegel (Sur les quais, Le Pont de la rivière Kwaï, Lawrence d’Arabie) et le réalisateur Arthur Penn pour interpréter le shérif Calder dans La Poursuite impitoyable, entouré d’une brillante distribution regroupant plusieurs nouveaux talents de Hollywood : Robert Redford, Jane Fonda, Angie Dickinson, Robert Duvall, James Fox… La Poursuite impitoyable est une chronique provinciale qui met en scène une flambée de violence collective dans une petite bourgade du Texas à l’annonce de l’évasion d’un jeune prisonnier blanc dont plusieurs notables de la ville ont de bonnes raisons de craindre le retour et la vengeance. Le shérif Calder, désigné comme la seule personne honnête d’une communauté rongée par la haine et la corruption, sera incapable d’apaiser un climat d’hystérie et de lynchage attisé par l’alcool et la peur. La Poursuite impitoyable dresse un portrait féroce de la haute bourgeoisie sudiste prête à toutes les vilenies pour protéger la respectabilité et les privilèges de sa caste, avec la complicité d’une population abrutie et ivre chaque fin de semaine. La violence explosive du film anticipe celle du long métrage suivant de Penn, réalisé un an plus tard, et qui obtiendra un immense succès : Bonnie et Clyde. L’atmosphère décadente et paroxystique de La Poursuite impitoyable vaudra au film de Penn des critiques assassines au moment de sa sortie. Il sera ensuite réhabilité puis considéré comme un classique des années 60. Les spectateurs américains n’étaient sans doute pas prêts à endurer un film aussi critique qui n’hésitait pas à dénoncer la lâcheté et la monstruosité d’une ville prospère avec une galerie de personnages irrécupérables et pourtant désespérément « normaux ».
Et Olivier Père d’analyser : « Vers la fin de son film, Arthur Penn reproduit quasiment à l’identique lors d’une scène dramatique réunissant les principaux protagonistes le meurtre survenu le 24 novembre 1963 de Lee Harvey Oswald, suspect principal dans l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, par Jack Ruby moins de quarante-huit heures après son arrestation, interrompant toute forme de procès et même d’instruction judiciaire. La transposition à peine trois ans plus tard d’un épisode encore dans toutes les mémoires de l’histoire contemporaine des États-Unis dans un contexte fictionnel choqua beaucoup à l’époque du film. Cette séquence constitue l’une des premières occurrences de l’affaire Kennedy dans une production hollywoodienne et marque plus largement l’intrusion de la violence réelle retransmise par les actualités télévisées dans le cinéma américain. A partir de la fin des années 60 et dans les années 70 on ne comptera plus les allusions plus ou moins directes aux assassinats de John Fitzgerald et Robert Kennedy, au Watergate et à la guerre du Vietnam dans les films des nouveaux cinéastes américains en prise directe avec les traumatismes récents de leur pays. »
Et de conclure : « Et Marlon Brando dans La Poursuite impitoyable ? Magnifique quoique déjà un peu boudiné dans sa tenue de shérif avec une dégaine nonchalante et une manière inimitable de mâchouiller ses dialogues avec un fort accent sudiste, il livre une composition géniale et ajoute un chapitre important à sa mythologie personnelle. Cinq ans plus tôt dans son unique réalisation le western baroque La Vengeance aux deux visages il se faisait longuement fouetter par Karl Malden ; dans le film de Penn il est victime d’un interminable passage à tabac qui le laisse défiguré et couvert de sang. Ces deux films contribuèrent à la légende du sadomasochisme de Brando à l’écran. L’acteur prendra en effet dans les années 60 et 70 un malin plaisir à incarner des personnages négatifs – sur le plan humain et politique – ou des antihéros suppliciés dans des films trop bizarres, ratés ou dérangeants pour séduire le grand public, en attendant sa brève résurrection artistique et commerciale en 1972 avec les triomphes consécutifs du Parrain et du Dernier Tango à Paris. »

Carrière en dents de scie
Après avoir soutenu les Black Panthers, il s’en éloigne. En sept ans, il accumule dix échecs commerciaux.

Sa « gloire absolue » ? Il « s’emploiera à la saboter dans les décennies suivantes, jusqu’à devenir une caricature de lui-même : plus concerné par ses engagements » politiques « que par les feux d’Hollywood, il enchaîne les échecs commerciaux au cours d’un lent suicide artistique, néanmoins ponctué de sublimes résurrections (Le parrain de Coppola, Le dernier tango à Paris de Bertolucci, Apocalypse now) ». Une jeune génération d’acteurs, tel Pacino, l’adule.

En 1973, c’est une Amérindienne qui vient chercher l’Oscar qui lui est décerné. Marlon Brando vit alors à Tétiaroa, près de Tahiti.

« Il est devenu une caricature de lui-même. Méchant. Sans amour », déplore Sondra Lee.

Marlon vit dans sa maison avec sa famille élargie. Et affronte les tragédies.

Philippe Kohly « explore les multiples facettes de ce génie torturé, disparu il y a dix ans, dans un passionnant portrait intime ».

De « son enfance dévastée – entre un père violent », alcoolique, coureur, ayant le souci des apparences et représentant en produits chimiques, « et une mère alcoolique mais vénérée », actrice et professeur de comédie d’Henry Fonda – « à sa vieillesse  recluse, Philippe Kohly (Gary/Ajar – Le roman du double) plonge dans les méandres d’une existence chaotique.

Convoquant ses proches (amis, amantes) et égrenant sa filmographie légendaire, éclairée par les commentaires de Robert Duvall – « Brando était l’acteur le plus singulier que j’ai connu. Quand je l’ai vu, c’était perturbant, mais bien » – et Elia Kazan – « Brando était un mélange de douceur et de mécontentement violent, parfois dangereux » -, ce film aux riches archives tisse un portrait intime de l’insaisissable Marlon Brando, séducteur compulsif et génie d’un art qu’il n’a cessé de dénigrer ».
Juifs/Israël
À Broadway, à l’aube d’une carrière prometteuse, Marlon Brando joue en 1946 dans A Flag is Bornpièce sioniste de Ben Hecht interprétée aussi par Paul Muni et Celia Adler, et sur une musique de Kurt Weill.
Il interprétait le rôle d’un survivant du camp de Treblinka prénommé David et souhaitant se rendre en Palestine sous mandat britannique. La « Palestine » de l’affiche désigne donc l’État juif. Ben Hecht stigmatisait l’indifférence du monde lors de la Deuxième Guerre mondiale à l’égard de la Shoah. Hecht et Adler militaient au sein de l’American League for a Free Palestine ou Groupe Bergson, qui a produit la pièce de théâtre. Marlon Brando a participé à de nombreuses manifestations du groupe Bergson. Lors de réunions, il a évoqué la triste condition des survivants de la Shoah dans des camps de personnes déplacées en Europe et le besoin d’un État juif.
Brando a donné son salaire – il avait accepté le minimum syndical -dans cette pièce à l’Irgoun, groupe militaire sioniste créé en 1931 dans la Palestine sous mandat britannique.

En 1979 dans Playboy et en 1996 dans le Larry King Live, Brando a évoqué les Juifs d’une manière ayant suscité une polémique. Il a réitéré alors son admiration pour les Juifs et nié tout antisémitisme de sa part.

« L’équipée sauvage » de Laslo Benedek

États-Unis, 1953
Auteur : Frank Rooney
Scénario : John Paxton
Production : Stanley Kramer Company Production
Producteur : Stanley Kramer
Image : Hal Mohr
Montage : Al Clark
Musique : Leith Stevens
Avec Marlon Brando (Johnny Strabler), Mary Murphy (Kathie Bleeker), Robert Keith (Shérif Harry Bleeker), Lee Marvin (Chino), Jay C. Flippen (Shérif Stew Singer), Hugh Sanders (Charlie Thomas)
Sur Arte le 21 juillet 2021 à 15 h 55

« Sur les quais » par Elia Kazan
Scénario : Budd Schulberg
Production : Columbia Pictures Corporation, Horizon Pictures
Producteur : Sam Spiegel
Image : Boris Kaufman
Montage : Gene Milford
Musique : Leonard Bernstein
Avec Lee J. Cobb (Michael J. Skelly), Marlon Brando (Terry Malloy), Karl Malden (Father Barry), Rod Steiger (Charley Malloy), Eva Marie Saint (Edie Doyle)

Auteur : Budd Schulberg
États-Unis, 1954
Sur Arte les 29 avril 2019 à 22 h 45 et 6 mai 2019 à 13 h 30
Visuels : © Boris Kaufman/Columbia Pictures

« La poursuite impitoyable » d’Arthur Penn

États-Unis, 1966
Auteur : Horton Foote
Scénario : Lillian Hellman
Production : Horizon Pictures, Columbia Pictures Corporation
Producteur/-trice : Sam Spiegel
Image : Joseph LaShelle
Montage : Gene Milford
Musique : John Barry
Avec Marlon Brando, Jane Fonda, Robert Redford, E. G. Marshall, Angie Dickinson, Janice Rule, Miriam Hopkins

Sur Arte les 6 septembre 2020 à 20 h 55,  11 septembre 2020 à 15 h 45, 12 septembre 2020 à 5 h 50, 27 septembre 2020 à 6 h 25

« Marlon Brando, un acteur nommé Désir  », par Philippe Kohly 
Roche productions, ARTE France, Angoa-Agicoa, Avro (Pays-Bas), Ciné +, CNC, Procirep,RTS (Radio Télévision Suisse), SBS Australia, 2013, 90 min
Sur Arte les 7 août à 23 h 10, 16 août 13 h 35, 25 août 2016 à 0 h 55, 9 mai 2019 à 1 h 30, 16 mai 2019 à 13 h 35, 18 mai 2019 à 6 h 45

 

Les citations sont extraites du site d’Arte. Cet article a été publié le 7 août 2016, puis le 28 avril 2019.

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

En este ensayo sobre una de las grandes óperas francesas, las historias de las guerras coloniales del siglo XVIII se entrelazan con aquellas de la brutalidad policíaca estadunidense y con ciertos episodios recientes de la historia política de México.

Escrito por Nicolás Medina Mora Pérez

I

El 25 de noviembre de 1725 el Théâtre-Italien de París presentó un espectáculo que, trescientos años después, me trajo la experiencia estética más deslumbrante de toda mi vida. Para explicar ese deslumbramiento con cabalidad, sin embargo, tendré que pedirles un poco de paciencia, pues tendré que hablarles de la Guerras de los Chicasaw, de la golpiza que la policía de Los Ángeles le propinó a Rodney King en 1991, de una novelita de Diderot, de las virtudes sónicas del clavicordio, y de una semana en la que muchas de las certezas sobre las que había construido mi identidad se desplomaron.

Por lo pronto, volvamos al siglo XVIII. Meses antes del espectáculo en el Teatro Italiano, un grupo de colonizadores franceses que exploraba la cuenca del Mississippi bajo la bandera de la Compagnie des Indes entró en contacto con la tribu de los mitchigamea, parte de la Confederación de los Illinois. Preocupados por la creciente influencia española y británica en el norte de América, los exploradores invitaron a cuatro jefes de la tribu —incluyendo a un hombre llamado Agapit Chicagou, quien luego le daría su nombre a la famosa ciudad— a que los acompañaran a Europa para conocer a su rey, con la esperanza de que el poderío y esplendor de la corte de Luis XV convencería a los indígenas de la sabiduría de alinearse con Francia en lugar de con España o el Reino Unido. Los jefes indígenas, inmersos en una guerra con la tribu Fox, vieron en la invitación una oportunidad parecida a la que los tlaxcaltecas descubrieron al conocer a Cortés: tal vez su embajada convencería al soberano de ultramar de unirse a su lucha contra sus enemigos.

Así pues, el 22 de noviembre, Chicagou y sus hermanos en armas entraron a la sala del trono de Versalles. En palabras de los historiadores Richard Ellis y Charlie Steen, el reporte del evento que apareció en el Mercure de France “demuestra que los cortesanos vieron a los miembros de la delegación como una novedad exótica y no como representantes de una cultura legítima. Los indios —o sus intérpretes— dijeron lo que se esperaba de ellos: se denigraron frente a los cortesanos, celebraron los esfuerzos de los misioneros en la Louisiana y amontonaron adulaciones barrocas sobre la figura del rey:”1

—Usted es como una hermosa estrella ascendente que brilla en un cielo absolutamente despejado —le dijo Chicagou a Luis XV, quien en esa época tenía apenas quince años.

Tras su visita a Versalles los jefes indígenas pasaron varias semanas en París, a lo largo de las cuales fueron exhibidos en los salons más prestigiosos de la ciudad y, crucialmente, asistieron a una función de la Ópera. No es de sorprenderse que los chaperones de la Compañía de las Indias, habiendo mostrado a los visitantes lo mejor de la música y la danza francesa, hayan pedido un poco de reciprocidad. Fue así que surgió la idea del espectáculo en el Teatro Italiano. Frente a un público de aristócratas curiosos, enamorados del exotismo condescendiente con el que la Ilustración contemplaba a los pueblos no-occidentales, Chicagou y sus hombres presentaron una selección de sus danzas de guerra y de paz, batiendo tambores y entonando cantos ancestrales que probablemente sonaban más o menos así:

II

La danza de Chicagou hubiera pasado a la historia como un detalle colorido pero insignificante del proceso de colonización de América del Norte, salvo que entre la audiencia se encontraba un compositor de medio pelo, más famoso en ese entonces por sus escritos teóricos que por su música: Jean-Philippe Rameau. Poco después de su muerte, el pobre Rameau tendría la mala fortuna de inspirar una de las nouvelles satíricas de Denis Diderot, quien lo describió así:

Ese famoso músico que nos rescató del canto llano de Lully, ese que llevábamos salmodiando por un siglo, y que escribió tantas verdades apocalípticas y cosas visionarias e ininteligibles sobre la teoría de la música, ninguna de las cuales tuvo nunca mucho sentido para nadie, ni siquiera para él mismo. Nos dejó un cierto número de óperas en las que hay algo de armonía, retazos de canciones, algunas ideas inconexas, ruido, fugas, marchas triunfales, lanzas, murmullos, victorias que lo dejan a uno sin aliento, y piezas de baile que vivirán eternamente.2

Y en efecto: más o menos en la misma época en la que Rameau vio bailar a Chicagou, sus Pièces de Clavecin —secuencias de obras cortas para teclado compuestasde danzas cortesanas como la allemande, la courante, y la sarabande— comenzaron a ponerse de moda en los círculos aristocráticos de ese París absolutista y decadente. Se trata de una música charmante:ligera, divertida, tan buena para bailar como para escuchar, sin prestarle mucha atención, mientras se cuentan chismes sobre la comtesse de tal o de cual. Carece por completo de la seriedad metafísica de su contemporáneo alemán, Johan Sebastian Bach, o de la simetría matemática de su competidor en la corte española, Domenico Scarlatti. Las suites de Rameau son, en fin, tan frívolas como la audiencia para la que fueron escritas. Resulta fácil, por ejemplo, imaginar a Maria Antonieta moviendo el esqueleto al ritmo de este tambourin:

Al mismo tiempo, sin embargo, la música para teclado de Rameau es sumamente compleja. Su principal innovación reside en la armonía: Rameau juega con progresiones de acordes que coquetean con la disonancia, anticipando a veces a la tonalidad extendida de los románticos e incluso a aquella de Wagner. Sobre este andamiaje el compositor cuelga melodías tan memorables como expresivas, a las que recarga con una profusión rococó de ornamentos con nombres tan deliciosos como el pincé, el coluez y el son coupé.

Más que otra cosa, las Pièces de Clavecin constituyen uno de los más grandes repertorios para teclado de todos los tiempos. Mientras que Bach a veces parece escribir música en abstracto, en la que el carácter particular del instrumento que ha de realizar la partitura es incidental, Rameau componía para el clavecín como Jimi Hendrix componía para la guitarra eléctrica. El autor del Traité de l’harmonie conocía las posibilidades de su instrumento a la perfección y consiguió llevarlo a alturas nunca antes vistas, ejerciendo una influencia determinante sobre el desarrollo de la técnica que es posible discernir incluso en las grabaciones de Glenn Gould.

III

Pero volvamos a nuestro tema. Poco después de asistir al espectáculo en el Teatro Italiano, Rameau compuso su Suite en Sol. Allí, entre piezas con títulos maravillosos como “L’Egyptienne” y “La Poule”, aparece una bagatela de apenas dos minutos de duración llamada “Les Sauvages”:

El título lo dice todo: Rameau escribió la pieza inspirándose en la danza de los Illinois. En realidad, la música tiene muy poco que ver con lo que el compositor escuchó esa tarde de noviembre de 1725. Si uno estira la liga interpretativa, el único elemento de la bagatela que parece tener algo que ver con la música indígena es el ritmo: un compás alla breve, de dos medios, insistente como el pulso de los tambores de guerra. De igual modo, la pieza se convirtió muy pronto en uno de los grandes éxitos de Rameau. Tras la publicación de la partitura en 1728, como parte de las Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin, los aristócratas de Francia pasaron toda una temporada social disfrazados con coronas de plumas.

Quizás fue por esta razón que, siete años después, Rameau decidió arreglar la pieza para orquesta y coro. Para ese entonces el compositor había dejado atrás la música de cámara en favor de la ópera, infinitamente más redituable. Su primera contribución al género, Hippolyte et Aricie, causó un verdadero escándalo, parecido al desatado por la premier del Sacre du Printemps de Stravinsky: la audiencia quedó dividida entre aquellos que consideraban que Rameau había compuesto la ópera más importante desde la muerte de Lully y aquellos que lo acusaban de haber escrito música “salvaje”.3

Tal controversia creó grandes expectativas para la segunda ópera de Rameau, Les indes galantes, presentada por primera vez en 1735. La obra, una mezcla de música, drama y ballet, estaba compuesta de un prólogo alegórico y tres actos o viñetas independientes, cada una de los cuales tomaba inspiración de una u otra cultura exótica: Le turc généreux, una historia de amor entre dos esclavos otomanos, Les incas du Pérou, un romance entre una princesa indígena y un conquistador español, y Les fleurs, una comedia de enredos ambientada en Persia. Para la gran decepción de Rameau, sin embargo, el estreno fue un fracaso. La prensa de la época publicó reseñas sumamente críticas de la obra, quejándose, entre otras cosas, de la “indecencia” y “absurdidad” de que la heroína de Les fleurs apareciera vestida de hombre. El resultado fue que la ópera vendió mal y que Rameau, además de perder dinero en la producción, tuvo que pasar por el trago amargo de dirigir su obra para un teatro prácticamente vacío.4

Pero, para nuestra gran fortuna, el compositor no se dio por vencido. En 1736, Les indes galantes regresó al escenario en una nueva versión que incluía un cuarto acto, Les sauvages, en el centro del cual aparecía el arreglo para orquesta de su greatest hit:

La nueva versión de la ópera fue un éxito rotundo, en buena parte gracias al acto final. No es difícil entender por qué: musicalmente, la encarnación operática de la bagatela es infinitamente más rica que la original. El uso de la percusión enfatiza el ritmo “salvaje” de la música, mientras que la instrumentación con cuerdas y alientos permite apreciar las armonías aventureras de Rameau con mayor claridad. Y luego está el maravilloso dueto para tenor y soprano, que introduce una melodía completamente nueva y añade otra capa de contrapunto a la danza.

En términos dramáticos, por otro lado, la versión operática de “Les sauvages” resalta los aspectos más desagradables de la historia de la composición. La anécdota del episodio es más bien mínima: poco después de la llegada de los europeos al Nuevo Mundo, una pareja de amantes indígenas teme por el futuro de su amor, pues dos conquistadores, uno español y el otro francés, compiten por las atenciones de la joven nativa. Al final, sin embargo, los europeos deciden ceder a los deseos de sus nuevos vasallos y permitir el casamiento de los enamorados. El dueto basado en la pieza de clavecín representa el momento climático de la viñeta: los “indios galantes” danzan alegremente para celebrar la boda, mientras que los europeos asienten con benevolencia. La letra de la canción, que Rameau pone en boca de los amantes indígenas, es una celebración profundamente racista del mito del buen salvaje y de la supuesta generosidad de los colonizadores europeos:

Bosques apacibles, bosques apacibles,
Aquí, deseos vanos jamás aquejan a nuestros corazones.
Si [los indios] son sensibles,
Fortuna, no ha sido a costa de tus favores.

Cabe entonces preguntarse: ¿qué tan apacibles eran los bosques de Illinois cuando Chicagou y sus compañeros volvieron de París? Entre 1721 y 1763 Francia y el Reino Unido se enfrentaron en una lucha cruentísima por el control de lo que hoy es el este de Canadá. El conflicto es conocido como la Guerra de los Chicasaw, el nombre de una tribu nativa que se alió con los ingleses para pelear contra los Illinois y los Choctaws, aliados del mismo Luis XV a quien Chicagou pagó tantos cumplidos. Al final, Francia terminó cediendo Quebec a Inglaterra. Quienes pagaron el precio, sin embargo, fueron los pueblos indígenas: carne de cañón en una guerra que no era suya y que disminuyó sus números a tal grado que, un siglo más tarde, ninguna de las Naciones de las Praderas pudo montar una resistencia efectiva al expansionismo genocida de los recién nacidos Estados Unidos.

IV

Y es que Estados Unidos es el otro gran villano de esta historia: una potencia imperial nacida de la esclavitud de los africanos, del exterminio de los nativos y de la invasión injustificable de nuestro país. Pese a que en el siglo y medio desde el fin de su Guerra Civil el país ha intentado redimirse de ese pasado de sangre y mierda, el hecho es que el corazón despiadado que late en su centro tiene una conocida tendencia a reaparecer una y otra vez a lo largo de los años.

Una de estas apariciones tuvo lugar en Los Ángeles en 1991, cuando un grupo de policías blancos detuvo a un motorista afroamericano llamado Rodney King  y prosiguió a propinarle una golpiza que casi lo mata. Como suele suceder con la brutalidad policiaca endémica en nuestro vecino del norte, el encuentro entre King y sus victimarios hubiera pasado desapercibido de no ser porque un transeúnte, quien por alguna razón tenía consigo una cámara de video, decidió registrar el momento.

El transeúnte envió el video a una estación de noticias local y esta lo proyectó durante su horario estelar. El resultado fue una enorme ola de indignación entre los afroamericanos de la ciudad, a quienes la policía sometía —y somete— a un verdadero régimen de terror racista. Un año más tarde, cuando un jurado declaró que los oficiales involucrados eran inocentes de todo crimen, la rabia y frustración de los habitantes negros de Los Ángeles estalló en protestas callejeras que pronto se tornaron violentas. En las semanas que siguieron Los Ángeles ardió: 63 personas murieron y más de dos mil resultaron heridas.

Fue en este contexto de violencia y furia que nació el estilo de danza de hip-hop conocido como krump: un baile agresivo, combativo, caracterizado por movimientos bruscos y angulares, en el que los bailarines simulan una pelea callejera, representando tanto la brutalidad de los policías como la respuesta de sus comunidades:

El krump es una forma de arte sofisticada con un vocabulario formal bien definido y un contenido político muy poderoso. Creo, sinceramente, que merece el mismo tipo de atención que el ballet clásico o las sarabandes cortesanas que Rameau escribía para sus patronos en Versalles.

V

Pero, ¿a dónde voy con todo esto? ¿Qué tiene que ver el krump con Chicagou o Rodney King con Rameau? Pues bien, sucede que en octubre de 2019 pasé una breve pero solitaria temporada en París. El plan original era que mi padre y yo iríamos juntos y pasaríamos unos días recordando a mi madre, quien falleció en febrero de aquel año; pero, por razones que son del dominio público y que no tengo intención de explicar aquí, mi padre no pudo acompañarme. Diré solamente que empaqué para dos semanas pero me subí al avión sin saber si iba a quedarme dos décadas. Todo era incierto. El exilio parecía una posibilidad tangible, peligrosamente real.

Pasé esos días parisinos vagando por la ciudad, demasiado preocupado por el futuro de mi familia como para disfrutar de los museos. En mis audífonos sonaban dos piezas, “Summertime” en la versión de Ella Fitzgerald:

Summertime and the livin’ is easy,
Fish are jumpin’ and the cotton is high,
Your daddy’s rich and your ma is good lookin’,
So hush, little baby, baby, don’t you cry

Y “Les sauvages”, en la versión de Patricia Petibon:

Y entonces, una tarde, caminando cerca de la Ópera Bastille, me encontré de pronto en medio de una manifestación de los gilets jaunes. Había petardos y bengalas, gritos y empujones, y muy pronto hubo también policías y gas lacrimógeno. Me refugié en la taquilla de la ópera, donde pasé varias horas esperando a que la multitud se dispersara. Estaba en esas cuando volví la vista de la ventana y descubrí que la cartelera de esa noche anuciaba una nueva producción de Les indes galantes. Sonreí ante el regalo del destino y pregunté en la ventanilla si aún quedaban boletos.

—Tienes suerte —me contestó el encargado. —Me queda exactamente uno, y hoy es la última función.

Esa noche regresé a la Bastilla y encontré las calles cercadas por vallas de contención y cubiertas de botellas rotas. Tomé asiento en mi lugar en el teatro. Las luces se apagaron. Podría describir lo que vi a continuación. Podría decir que se trató de una reapropiación de “Les sauvages” por parte de “los salvajes”. Podría decir que fue el ballet más hermoso que he visto, o que fue la mejor batalla de hip-hop que he visto, o que fue una renovación del espíritu del barroco que no creo pueda ser igualada, o que fue el único momento en esos meses terribles en el que logré perderme en una obra de arte y así tener unos instantes de paz. Pero todo lo que podría decir sería insuficiente, porque esa experiencia fue el resultado improbable de una serie de historias inconexas. Es decir: fue un milagro. Así que mejor les dejo ver lo que vi:

Nicolás Medina Mora Pérez es ensayista y editor


1 Ellis, R y Steel, C. “An Indian Delegation in France, 1725”, en: Journal of the Illinois State Historical Society, vol. 67, no.4, septiembre de 1974, p.387. La traducción es mía.

2 Diderot, D. Rameau’s Nephew, Project Gutenberg, 2007, consultado el 12 de julio de 2021. La traducción al inglés es de Ian Johnston. La traducción al español es mía.

3 Goodman, G. “Savage song”, consultado el 12 de julio de 2021.

4 Graham S. “Les Indes Galantes”, en: The New Grove Dictionary of Opera, Grove, Nueva York, 1997, II, pp. 795–796.

[Fuente: .nexos.com.mx]

 

Avec The French Dispatch, Wes Anderson revient en Sélection officielle presque dix ans après sa dernière venue à Cannes pour Moonrise Kingdom (2012). Le dernier film du réalisateur texan était un des plus attendus de cette édition cannoise, à cause de cette attente prolongée, mais aussi de sa présence dans la sélection, avortée, de l’édition 2020.

Écrit par Louise Masson

Si la première du film, au Grand Théâtre Lumière, a été suivie de vingt bonnes minutes de standing ovation, les retours critiques ont ensuite été assez mitigés, voire dépités. Difficile de faire la part des choses entre une attente exacerbée par l’accueil critique exalté accordé au Grand Budapest Hotel il y a huit ans et le film lui-même. Spectaculaire par sa prouesse technique et par le perfectionnisme de son réalisateur, The French Dispatch laisse après vision un amer sentiment de frustration.

Prenant pour sujet l’ultime numéro d’un magazine américain, « The French Dispatch », dont le rédacteur en chef (Bill Murray en Steve Zissou dévitalisé) vient de décéder, le film plante le décor à Ennui-sur-Blasé (un Angoulême pittoresque aux faux airs parisiens). Le récit consiste en une succession d’histoires tirées du sommaire de celui-ci, des articles de différentes rubriques dont les auteurs, souvent vus interagissant avec leurs interviewés, s’attardent tour à tour sur un peintre contemporain incarcéré, les divergences militantes de jeunes étudiants et un chef cuisinier prodige qui exerce au commissariat de police. The French Dispatch ose aller encore plus loin que le Grand Budapest Hotel : casting toujours plus fourni, continuité du travail de cadrage avec l’usage du split screen comme manière de démultiplier les possibilités du cadre à l’infini, palette de matières et de couleurs toujours plus étendue (du rose et jaune pastels au noir et blanc en passant par l’animation), foisonnement du récit et méticulosité extrême de la mise en scène. Cette machine bien huilée entraîne le spectateur dans un tourbillon d’informations et de sensations qui permet à peine de suivre le défilement des images, vives mais fugaces, et d’ingérer ce qui se déploie sur l’écran. Comme on tournerait les pages d’un magazine, on feuillette l’écran du regard et les nombreux textes, indications et titres qui s’ajoutent à l’image ne font que renforcer cette impression d’être face à un film à lire plutôt qu’à voir ou à entendre.

Le rythme effréné des histoires de la gazette, cadencé et millimétré sur celui de la musique de Desplat, refuse alors au film ses rares moments en apesanteur : une déclaration d’amour faite conjointement à deux femmes par Timothée Chalamet se voit expédiée, une berceuse chantée à travers une porte par Saoirse Ronan est coupée bien trop tôt, une émouvante confidence d’un grand chef en crise paraît écourtée. Auparavant chez Anderson, de la rigidité du cadre surgissait le mouvement, de l’ordre naissait le désordre et de sa maitrise jaillissait l’émotion. D’une descente au ralenti du Green Line bus dans La Famille Tenenbaum à une fleur déposée sur le museau d’un chien de L’Île aux chiens en passant par les valises du père finalement jetées dans la joie à la fin de The Darjeeling Limited, son cinéma n’était pas avare de ces instants flottants, nœuds d’affects indélébiles.

Ne reste ici qu’un geste – la tentative de tout appréhender, de tout contenir au sein d’un même film. La très grande maitrise d’Anderson avait réussi jusqu’à présent à exister non pour elle-même mais au service de l’émotion et des personnages qui s’y incarnaient. Ils sont désormais réduits à des apparitions (certains acteurs, comme Elizabeth Moss, ont à peine une réplique et d’autres, comme Vincent Macaigne, ont été coupés au montage). Dispatcheur virtuose, Anderson oublie de prendre le temps d’un plan un peu plus long, d’un silence un peu plus dense, d’un mouvement un peu plus ample. Le temps aussi de prendre des risques, de surprendre, voire de (se) tromper.

[Source : http://www.cahiersducinema.com]

Con curaduría e investigación de Marcelo Pacheco, la muestra repasa las fotografías eróticas, en ese entonces censuradas del pintor, fotógrafo, cineasta y artista conceptual.

 "Experiencias 68" fue censurada por la policía y posteriormente cerrada al público por los artistas,

« Experiencias 68 » fue censurada por la policía y posteriormente cerrada al público por los artistas.

La porteña galería Walden presenta la exposición « Eróticas 70’s » dedicada a la obra de aquella década del artista Oscar Bony (1941-2002), figura clave de la vanguardia del Instituto Di Tella y fotógrafo del rock nacional.

Con curaduría e investigación de Marcelo Pacheco, la muestra repasa las fotografías eróticas, en ese entonces censuradas del pintor, fotógrafo, cineasta y artista conceptual.

« Bony rompe la cerrazón de la fotografía sobre sí misma y su modelo, al abrirla a lo aleatorio y a la visión en mutaciones íntimas de su exhibición de lo captado originalmente por la pupila y por el lente de la cámara. Eróticas, sus fotos de los setenta, son una cartografía deseante », escribe Pacheco en el texto curatorial que acompaña el recorrido en sala.

El artista realizó la portada de álbumes o producciones fotográficas blanco y negro para Los Gatos, La Joven Guardia, Almendra o Manal, entre muchos otros grupos del naciente rock argentino.

Pero antes, durante su paso ditelliano, creó una de las obras más icónicas del arte conceptual argentino: « La familia obrera », de 1968, una instalación performática por la que contrató a un hombre con su esposa e hijo por el doble de su salario diario para posar durante el tiempo de duración de la exposición.

La muestra, titulada « Experiencias 68 », fue censurada por la policía y posteriormente cerrada al público por los artistas, quienes decidieron retirar sus obras en solidaridad con Roberto Plate.

En los años 90, Bony retornó a la experimentación con la fotografía, la instalación y la polémica, cuando presentó una serie de fotografías enmarcadas y posteriormente baleadas con su pistola semiautomática.

Autorretratos, paisajes y figuras fantasmagóricas aparecen perforados con el vestigio de una violencia extrema y permanente.

La actual exhibición de fotografías eróticas permanecerá hasta el 25 de septiembre en la porteña galería de Viamonte 452, de martes a viernes de 13 a 17 horas con cita previa.

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

En esta sencilla y directa biografía, Manuel de la Fuente nos invita a descubrir al admirador del flamenco, precursor de la fusión y la ‘performance’ y azote de la piratería y los hippies

Frank Zappa durante un concierto en Hamburgo en 1971.

 

En el rock creemos que lo hemos escuchado todo hasta que nos topamos con Frank Zappa, el enfermizo chico de Baltimore, el músico, el productor, el cineasta, el friki, el activista, el ácido personaje de ascendencia italiana que, con su solo empuje, pudo haber cambiado el mundo si no nos hubiese dejado a los 52 años víctima de un inoportuno cáncer.

A Zappa, autor de álbumes como Freak Out!, Absolutely Free, Lumpy Gravy, Chunga’s Revenge, Zappa en New York, The Perfect Stranger y The Yellow Shark, algunos de ellos con The Mothers of Invention (la banda con la que hizo historia) y otros con figuras de la música clásica como Pierre Boulez y Kent Nagano, le sientan como un guante calificativos como vanguardista, indomable, transgresor, sarcástico, seductor y subversivo.

No hay más que leer con atención esta “biografía no autorizada” de Manuel de la Fuente (Valencia, 1976) para conectar, solo guiado por su riguroso y apasionado trabajo de investigación y prospección (asentado en miles documentos, algunos de ellos con datos desconocidos de su biografía), con una estirpe de artistas insobornables, de cuya extinción ya no necesitamos acta notarial. Simplemente han desaparecido.

Conocíamos la vinculación del profesor de la Universidad de Valencia con el director de la película 200 Motels por varios volúmenes sobre su vida y su ecléctica obra, pero especialmente por la excelente traducción de sus memorias, un divertido prodigio del género que nadie, feligrés o no de Zappa, debe perderse y en el que avisaba con ironía: “Uno de los motivos de meterme en esto es la proliferación de libros estúpidos que, por lo visto, hablan de mi”. No es el caso, claro, del que nos ocupa,

Con un relato sencillo y directo, bien estructurado en dos bloques relacionados cronológicamente, que van del despertar a la música a su decidido compromiso político, pasando por su cruzada contra la industria discográfica y contra algunos presidentes como Reagan, descubriremos al admirador del compositor Edgard Varèse, al colono de Laurel Canyon, al precursor de la fusión, de la performance, de la recitación y la improvisación, al enamorado del flamenco y la guitarra española, al amante de sus fans, al azote de la piratería, de los hippies y de los telepredicadores… De la Fuente sentencia el libro destacando que su “catálogo de propuestas expresivas sirve todavía hoy para explicar nuestro tiempo”. Y más allá.

[Foto: Heinrich Klaffs – fuente: http://www.elcultural.com]

El líder de Sumo, que hoy cumpliría 68 años, fue el frontman que cambió el estilo de cantar en el rock argentino

Luca Prodan, líder de Sumo, fue recordado por músicos, amigos y sonidistas.

Si en algo coinciden todos los que alguna vez vieron a Sumo en vivo –más allá de las distintas formaciones, con la inglesa Stephanie NuttallAlejandro Sokol o Superman Troglio en batería–, es en la furia implacable que desataba la banda sobre el escenario. Los conciertos del grupo eran una celebración del caos, la improvisación y el desorden, en los que podían aparecer desde el clown Geniol, tocando un bajo de goma o bailando disfrazado de prostituta, hasta el mozo amigo del bar que frecuentaba Luca y que durante los shows le servía ginebra mientras cantaba.

En medio del clima de liberación que comenzaba a vivirse a comienzo de los 80 con el final anunciado de la dictadura militar, Luca Prodan emergió con su desparpajo escénico y su particular dicción como el frontman que cambió el estilo de cantar en el rock argentino. En las fotos y en los pocos videos que documentan aquellos recitales caóticos que Sumo ofreció en el circuito de bares de Buenos Aires, se lo puede ver cantando con una máscara con el rostro de un anciano o con una peluca platinada, tomando ginebra desde una botella de plástico, sentado en el suelo, colgado con los pies de una viga del techo del Café Einstein, con un enorme hueso de vaca pendulando sobre la cabeza, acostado entre los monitores de sonido, abrazado a Geniol –su compañero de andanzas en el último tiempo–, apurando el solo de saxo de Roberto Pettinato o mordiendo la guitarra Roland de Ricardo Mollo.

Pero, por sobre todas las cosas, como dice Andrea Prodan, lo más importante que tenía Sumo eran las canciones, y en vivo sonaban de forma fantástica.

 

Andrés Calamaro: “Luca tenía las cosas muy claras”

Vi a Sumo en vivo varias veces: en un festival organizado en el Club Estudiantes de Buenos Aires (Caseros) con Stephanie Nuttall en batería, en el Stud Free Pub y en el Café Einstein. También en una presentación que hicieron en Obras, a la que Charly no estaba muy seguro de acompañarme, pero finalmente fuimos juntos, saludamos a los chicos en el backstage y Germán, muy amable como siempre, me convidó alguna delicia. El grupo se transformaba y tenía formaciones alternativas con Luca al frente: Sumito y la Hurlingham Reggae Band.

No sé si era la intención original de Luca, que tenía muy claros los conceptos del rock alternativo, pero Sumo era una banda con un sonido en vivo muy poderoso. “Virna Lisi”, por ejemplo, sonaba virtuoso y genial.

Luca era un gigante, culto y auténtico, que había visto suficientes recitales en Europa y tenía las cosas muy claras. Era príncipe y mendigo, pero sabía mucho. Tenía una educación exquisita, un corazón distinto y un talento peculiar. Él sabía mucho de música, entonces le abrió los ojos a una gran cantidad de músicos y dejó un hermoso legado de personalidad y rock.

 

Geniol – Clown: “Al lado de Luca, eran todos momias”

En los shows de Sumo yo era como un líder del desorden. Incentivaba a la gente para que hiciera quilombo, y así los recitales eran una fiesta. Como dice Gillespi, al lado de Luca y de mí, los demás eran todos unas momias. Nosotros dos éramos los únicos que movíamos la cosa. Los demás eran músicos, pero no tenían nuestro histrionismo para bailar en puntas de pie. Recuerdo que en el show del Teatro Astros llevamos a dos luchadores de sumo; se nos ocurrían esas cosas.

Yo entraba a hacer mi performance sin que nadie me dijera nada. Una vez en El Barco, un boliche de la calle Vuelta de Rocha, Luca me pidió que subiera y, como no había llevado ningún instrumento de los que usaba, me dijo que agarrara un palo de escoba y lo usara como si fuera una guitarra. Entonces, subí en calzoncillos, tapándome las bolas con una guitarra, y la gente pensaba que estaba completamente desnudo. En otra oportunidad, subí con un bajo de goma que fabriqué yo mismo: los trastes eran bisagras y las cuerdas, hilos elásticos. Cuando le llegaba el turno a Arnedo de hacer el solo, él se iba a bambalinas y aparecía yo como si estuviera tocando en vivo con ese bajo de juguete que se doblaba todo. Me acuerdo de que, después del show, algunos del público me dijeron que se habían tomado un ácido y, cuando vieron que el bajo se doblaba, se comieron flor de viaje.

Luca iba al frente, nunca arrugaba. Durante un show de Sumo en Cemento, un punk loco revoleó una cruz grandota que se había robado del Cementerio de Chacarita y le partió la ceja a Arnedo. Cuando el pelado lo vio, se bajó del escenario para agarrarlo del cogote.

 

Andrea Prodan: “Tenían temas maravillosos que hoy seguimos escuchando”

Yo había tocado en New Clear Heads, la banda con la que Luca se presentaba en los pubs de Londres, entonces sabía el clima que se podía crear en sus shows. Pero, en aquella época, lo de Luca era muy distinto, porque atravesaba un período de adicción a la heroína. Su salud estaba en un estado muy fluctuante, como su ánimo, básicamente porque no quería estar en esa ciudad. Cuando vi en vivo a Luca con Sumo en 1982, justo cerca del final de la Guerra de Malvinas, fue como revivir la época de Londres, pero con la curiosidad de ver quiénes eran sus nuevos músicos argentinos, cómo iba a salir ese proyecto y cómo iba a hacer para comunicarse con el público.

La primera noche que llegué a Argentina, fui al Café Einstein y ayudé un poco con el sonido. Para mí, era un momento muy especial, porque al mismo tiempo estaba conociendo a los otros integrantes del grupo antes de que comenzara el show. La actitud, el sonido y la presencia de la banda eran algo fantástico, pero después también estaban las canciones, que eran muy grosas. Tenían temas maravillosos, que hoy seguimos escuchando, y después de 30 años suenan con una autoridad que les rompen el culo a todos. Mis favoritos, claro, son los de esa época en la que los vi en vivo.

 

Adrián Taverna, ingeniero de sonido: “El magnetismo increíble de Luca en el escenario era uno de los puntos fuertes de la banda”

Conocí a Sumo en el famoso sótano de Palomar porque Ricardo Mollo y Rinaldo Rafaneli tenían una banda llamada Coral y ensayaban en la misma sala. Con el tiempo, Ricardo empezó a tocar con ellos como músico invitado y, como yo lo acompañaba como su asistente en algunos shows, tuve que colaborar con el sonido.

En vivo era una banda muy poderosa, imprevisible y salvaje, que no entraba en los estándares comunes. Por momentos era una bola asesina y por otros entraba en un clima de paz haciendo reggae, o cuando Luca Prodan quedaba solo cantando “Fiebre”.

Es cierto que el sonido de los discos no logró captar del todo esa energía que Sumo tenía en vivo, que, junto al magnetismo increíble de Luca en el escenario, eran los puntos fuertes de la banda. En Sumo todo era muy caótico, pero con sentido. Para mí, era una banda para ver y escuchar en vivo. No creo que un DVD hubiese podido reflejar esa energía que se sentía en el aire y los hacía tan particulares y únicos. Creo que hay un antes y un después de Sumo. Cuando aparecieron, rompieron todos los esquemas.

Andrea Álvarez: “Luca era la antítesis total de lo que estábamos acostumbrados a ver acá”

 

Carlos Giustino/Aspix – Fotógrafo: “Era muy fuerte verlos en vivo”

Vi a Sumo por primera vez en vivo en el Zero Bar, con la formación posterior a la que grabó el casete de Corpiños en la madrugada. Lo que había visto antes en el Caroline’s Pub de Palomar, cuando todavía estaba Stephanie en la batería, era otra cosa; no tenía nada que ver con la banda que después apareció en el circuito de bares como el Café Einstein. Al mismo tiempo, yo organizaba unas fiestas privadas en San Isidro en las que ellos tocaban y, sinceramente, era muy fuerte verlos. Los shows eran totalmente diferentes a lo que yo estaba acostumbrado a ver. Tenían mucha potencia, especialmente en los shows en los que estaba Geniol haciendo sus actuaciones muy bizarras que, a veces, consistían en bajarse los pantalones y cagar en una lata mientras el grupo tocaba.

 

Daniel Melingo: “La performance en vivo de Luca Prodan, sobre todo cuando interactuaba con Geniol, les aportaba a los shows un ambiente de poder sónico absoluto y, al mismo tiempo, una decadencia perfectamente controlada”

Sumo fue una banda única e irrepetible dentro y fuera del escenario. Estaba cargada de autenticidad y de una crítica corrosiva a la sociedad nunca antes vista, que nos hizo muy bien en esa época, con los tiempos difíciles que corrían. El aporte de Sumo no fue solo musical, sino que tuvo alto contenido ideológico. Estamos hablando de tiempos duros, cuando casi nadie decía lo que pensaba. Y ellos, sí.

Tenían naturalmente lo que muchas bandas querían tener: autenticidad. Ellos eran auténticos y en los shows nada era impostado. El volumen con el que tocaban también era un factor muy importante en ese contexto. La performance en vivo de la banda desplegaba altas dosis de adrenalina. Diría que pocas bandas lo hacían por aquel entonces; me alcanzarían los dedos de una mano para enumerar los grupos contemporáneos a Sumo con ese propósito de vibraciones tan alto. Aunque es cierto que en esa época tampoco éramos tantos los que nos iniciábamos en estas artes vibracionales. Los 80 eran durísimos y la represión galopaba en la ciudad.

Además de su sonido demoledor, la performance en vivo de Luca Prodan, sobre todo cuando interactuaba con Geniol, les aportaba a los shows un ambiente de poder sónico absoluto y, al mismo tiempo, una decadencia perfectamente controlada. Ellos tenían el control total de la escena y te hacían vivir momentos muy intensos. Se sudaba mucho en los shows de Sumo.

 

Katja Alemann: “Luca cambió el concepto de cantante de rock”

La genialidad de Luca era que ecualizaba su voz en vivo. Por eso, además de ser un cantante maravilloso, se escuchaba tan bien. Tenía una pequeña consola al lado del micrófono e iba manejando el sonido de su voz mientras cantaba. Además de estar siempre concentrado y al palo, la ecualización era parte de su música.

En los 80, Sumo era la banda que más me gustaba y creo que Luca cambió el concepto de cantante que tenía el rock hasta ese momento. Su voz protagónica hacía la diferencia en una banda que se empezaba a consolidar con un sonido sólido. Una vez los contraté para un evento en Recoleta y tuvieron la gentileza de tocar mi canción alemana mientras yo entraba tocando el saxo y cantando en alemán.

Recuerdo a Luca con cariño, con su clásica botellita de gin al lado de su consola y con ese sonido potente que caracterizaba al grupo. Luca era un caballero, siempre suave y respetuoso. Sufría por el mundo en el que vivía. ¿Qué pensaría hoy, si estuviera vivo?

 

Rodrigo Espina, director de cine: “Parecía un animal suelto”

Creo que cuando hablamos del poder de Sumo en vivo, habría que hablar también de Omar Chabán, porque Luca calzó justo en una estética vanguardista. Luca era mucho más que un músico. En los recitales, era un animal suelto: parecía que habían abierto la jaula del tigre. Nabokov, el escritor, habla de “algo que te pegue en la espina dorsal”, y ahora podemos ver muy buenos shows, pero los de Sumo te pegaban en la espina dorsal. La banda era mucho más que música: era pura imagen punk. Iban para otro lado, y eso tenía mucho que ver con una cuestión social. Sumo apareció en una época en la que estaban los milicos, con todos los problemas culturales que eso significaba.

En la época en la que vi a Sumo, que fue posterior a los shows en el Café Einstein, yo estaba con la cámara a un costado del escenario y me acuerdo de que me quedaba totalmente hipnotizado.

Recuerdo un show en el que Luca estaba mal y, al finalizar, como no se quería ir, se quedó sentado en el escenario esperando que vuelva la banda. Igualmente, todos aseguran que los mejores cuentos punks de Sumo ocurrieron en la etapa en que tocaban en el circuito de bares. Sumo siempre fue la locura de Luca, entonces, cuando se murió, todos dijimos: “Se acabó la fiesta”. Y fue así. Nunca más vivimos algo igual.

 

Andrea Álvarez: “Luca era el antistar, pero al mismo tiempo era el más star de todos”

Aunque en los 80 me gustaba la música que sonaba más limpia, un día fui a ver a Sumo porque yo era amiga de Pettinato y conocía a Mollo. En vivo eran desprolijos, intensos, rústicos y metían un poco de miedo, porque en los recitales no se sabía qué podía pasar. Luca era la antítesis total de lo que estábamos acostumbrados a ver acá (en aquella época, lo de afuera lo conocíamos por fotos o pasteurizado por la televisión). Era el antistar, pero al mismo tiempo era el más star de todos. Era pelado (algo inédito en el rock de acá) y además se vestía mal.

Los shows de Sumo eran casi lo opuesto a todo lo que hacían los demás: un caos organizado, algo lúdico sin plan, pero al mismo tiempo planeado. La primera vez que los vi en vivo no había mucha gente, y la segunda, en la costa, era todo muy oscuro, muy dark, y me fui antes porque no toleraba el ambiente. Parecían todos adictos a la falopa.

Sumo trajo a la escena del rock argentino el vértigo, el riesgo y el estilo de la música que estaba sonando en Europa y acá no llegaba porque no era algo comercial. La banda generó que mucha gente escuchara reggae y se animara a dejarse llevar sin prejuicios. Fue una puerta gigante para que la juventud abriera su cabeza. En sus recitales, combinaban jazz de vanguardia con rock rústico y funk, todo al mismo tiempo y con clase. Y lo más importante que dejó, para mí, es el juego de palabras en el que Luca incursionó al no ser de nuestro país.

 

Pipo Cipolatti: “Un show revulsivo y agresivamente prolijo”

Vi a Sumo solamente en el Cafe Einstein. El lugar y el momento eran muy especiales y casi irrepetibles. El show que hacían era elegantemente revulsivo y agresivamente prolijo. Todavía recuerdo el color del mameluco que usaba Pettinato. Pero lo que tengo especialmente guardado en mi memoria es un ritual secreto que teníamos con Luca los martes antes del show acústico en el Einstein. Y eso, como todo secreto, es algo que no voy a contar.

 

Mario Breuer, ingeniero de sonido: “Los vivos eran crudísimos”

Tuve la oportunidad de ver varias veces a Sumo en vivo y sonaban increíble, tenían un poder bestial. Creo que, como cualquier grupo, los discos suenan un poco más prolijos y los vivos, un poco más crudos. Aunque si tenemos en cuenta que en los discos ya sonaban crudos, podría decir que los vivos eran crudísimos, pero muy potentes y energéticos. Sumo era la verdadera aplanadora del rock.

Nota publicada en el Bookazine, una edición especial para coleccionistas, de Sumo, editado en 2017.

 

 

[Fuente: http://www.lanacion.com.ar]

Escrito por Miqui Otero

Uno.

“A veces mi voz suena a grava; a veces, a café con leche y azúcar”, dice Nina Simone, que masca, quizá por eso, un chicle cuando se sienta al piano Hoffmann.

Hace solo cinco minutos gritaba en el camerino, pedía salchichas y cocaína y champán, abroncaba a quien le mantenía la mirada; la ropa le molestaba, como si fuera de lija. Hace cinco años iba envuelta en harapos, malvivía en un apartamento parisino desastroso, sucísimo, actuaba en un club nocturno a cambio de 200 dólares. Casi como cuando, de adolescente, se buscaba la vida en los tugurios de Atlantic City. ¿Cómo ha llegado hasta aquí?

Ahora, en el escenario, es casi otra persona: estira el cuello y mira al público con los ojos como platillos de café. Parece un suricata vigilando a un enemigo invisible que se acerca.

Hoy es jueves, 1 de julio de 1999. Actúa en el Meltdown Festival, comisariada por Nick Cave, que la mira con arrobo desde el lateral. También está Warren Ellis, su compinche, con barba de rabino y camisa de paramecios. Han visto ese volcán en el camerino y dudaban seriamente de que hoy pudiera tocar. Pero ahí está. Su voz a veces suena a grava y otras a café dulzón, y por eso masca clorofila o fresa.

Y, solo entonces, justo antes de empezar, se saca el chicle de la boca con el índice y el pulgar que luego corretearán por las teclas. Y, como una niña gamberra y silenciosa en su pupitre, justo antes de la explosión de la travesura, lo engancha en un lateral del piano.

Desde que ha descartado el chicle es otra persona. Quizá el chicle sea una bomba, pero en lugar de ruido trae melodía, en lugar de guerra, cierta paz. Entonces, solo porque es 1 de julio, empieza el recital y es muy posible (yo no estaba allí para verlo) que toque “July Tree”: “True love blooms for the world to see / Blooms high upon the July tree”.

Dos.

También masca chicle cuando cruza las vías. Es una niña negra de Tyron, Colorado, donde el tren, que ninguno de los suyos puede coger, deslinda el barrio blanco del negro.

Ella se ha fogueado al piano en la iglesia, con su madre predicadora, hasta que una ojeadora blanca atrapó el talento y quiso coger el esqueje y que brotara un tulipán negro. La invitó a darle clases en su casa y por eso Nina Simone, que aún no se llama Nina Simone, cruza las vías para practicar cada día siete u ocho horas. Aún no ha descubierto esta canción: “True love seed in the autumn ground / When will it be found?”.

Ninguno de los niños quiere jugar con ella. Solo quieren que toque el piano, una y otra vez, para poder bailar. No solo es una negra que toca el piano, sino que es el proyecto de la primera mujer negra pianista de música clásica. Toca a Bach y Debussy y a todos esos otros genios blancos que tanto le gustan. Quizá masca chicle mientras lo hace. O lo deja, fuera de la mirada de la profesora, bajo el piano.

También da recitales para financiar sus estudios futuros. Su carrera es más improbable que la carrera espacial, casi tanto como un tulipán negro, así que tiene que ahorrar. Pero cuando ha reunido el dinero y los años, cuando toda su familia se ha mudado a Filadelfia, la rechazan en el Instituto de Música Curtis. Quizá por ser negra. Quizá por querer tocar música clásica: “True love deep in the winter white snow / How long will it take to grow?”.

Tres.

Se busca la vida en Atlantic City, la ciudad del juego y los trapicheos. Como a su madre no le gusta que cante y toque canciones del diablo, se convierte en Nina Simone. Pierde su nombre y gana una carrera.

El salto a la fama merece una elipsis, pero el caso es que ya ha grabado su primer disco, “The Amazing Nina Simone” (1959), en el circuito de jazz, y es toda una sensación. Toca su éxito en la mansión Playboy (ni un negro entre tanto terciopelo) y se casa con un sargento de policía.

Gira y gira y gira mascando chicle y se marea. No le encuentra sentido a esa vida. Tampoco lo tiene la relación con su mánager y marido, que le golpea el rostro, la encañona con pistolas, la viola por haberse metido en el bolsillo un papel entregado por un admirador.

Su voz sabe a grava o a café con leche, porque su voz quiere y puede expresar siempre una moción. Pero el caso es que luego es difícil abandonarla. En 1965, saca “I Put A Spell On You”, el disco donde se esconde esa canción discreta pero preciosa, la mejor canción sobre la promesa de julio: “July Tree”.

Recuerda su rechazo en el instituto, e intenta rellenar su vida vacía sumándose a las marchas por los derechos civiles con la furia del converso. Es como esos músicos que se unen a un culto evangélico y solo cantan canciones sobre Dios, descartando todos los otros temas. Ella pierde contratos y diamantes porque solo canta sobre su raza, sobre lo sometida que está, sobre hasta qué punto cogería una metralleta y (“Mississippi Goddam”) se plantaría en el Sur a aniquilar a todos los blancos más allá de las vías del tren. Algo tendrá que hacer con la violencia del sistema, también con la de su casa.

Le grita a Martin Luther King: “Escuche, ¡yo no soy pacifista!”, pero llora cuando lo matan.

Por primera vez en mucho tiempo se siente llena, imbuida de una fe ciega. La respuesta está en el viento y todas esas cosas: “You know true love buds in the April air / The April air / Was there ever a bud so fair?”.

Cuatro.

Ha pasado el huracán y ha dejado un mundo, el suyo, arrasado. Ha dejado el anillo de matrimonio encima de la mesa, al lado de una nota, y se ha ido. Ha abandonado a su familia, también a su hija, y se ha mudado a Liberia. El paraíso. No tocará un piano en años.

Pero también se necesita dinero en el paraíso y ella solo tiene una forma de reunirlo: tocando. Se muda a Suiza y luego a París. Vuelve a dar conciertos a cambio de chatarra. Fue, hace solo unos años, la gran estrella negra de la música, la más respetada, la que engarzaba la técnica de la clásica con el primer latido negro de la música. Imbatible. Hoy es casi una vagabunda que delira en las farolas.

Unos amigos la rescatan del apartamento de París, lleno de colillas y botellas y vestidos sucios de tela barata; la perfecta imagen de cómo se siente. De la euforia a la violencia, salvo cuando está en escena con la mirada perdida. No tiene ni familia: ha dejado de hablar a su marido y ha pegado, como él hacía con ella, a su hija.

La aíslan, la medican con toneladas de Trilafon y le prometen que recuperará la música y la vida. Vuelve a tocar. Y lo hace. Con un tic en la boca, como si un anzuelo tirara de su comisura derecha para sacarla del agua y de la vida. Y usan su canción para un anuncio de Chanel y vuelve a ser famosa y está algo apelmazada, pero agradecida, como un tigre de zoo, domado, pero a ratos feliz.

Cinco.

Cuando alguien se despiste en el concierto de este 1 de julio de 1999, Warren Ellis recogerá ese chicle. No se lo dirá a nadie, ni a su amigo Nick Cave, hasta tres lustros después, cuando ruedan una escena para el documental “20.000 días en la Tierra” (2014). Ese chicle es una piedra de Rosetta, o un diamante antiguo: en él está el secreto para poner tu talento al servicio de la emoción y para autodestruirte precisamente por lograrlo.

Entonces, a cuatro patas, con su barba de rabino limpiando el suelo, Warren Ellis gatea hasta el escenario, despega el chicle de la madera del piano Hoffman y se lo mete en el bolsillo de la americana. Luego lo fundirá en oro, lo enmarcará en plata, pero nunca tendrá tanto valor como ahora mismo. Es Indiana Jones, y Rififí, y el atracador más afortunado de todos los tiempos, movido no por la codicia, sino por la admiración.

Ella, Nina Simone, ya muy mayor, inflada pero de dedos aún veloces, diagnosticada como maníaco-depresiva, por fin de vuelta a los escenarios (y que dentro de cuatro años, poco antes de morir, recibirá una carta del Instituto de Música Curtis aceptándola como alumna honorífica), no repara en el robo. Quizá porque, con voz de grava o de café con leche, canta justo ahora, un 1 de julio: “True love blooms for the world to see / Blooms high upon the July tree”. ∎

 

[Fuente: http://www.rockdelux.com]

Amsterdam. Oude Kerke. Exposition Na (Après)

Écrit par CLAUDIOFZA

Très triste d’apprendre la mort de Christian Boltanski. Son installation méditative (Na-Après) à l’Oude Kerk d’Amsterdam en 2017-2018 était extraordinaire. Nous l’avions visitée le premier jour de notre voyage à Amsterdam. Il faisait froid. Oude Kerk est la plus vieille église d’Amsterdam. Elle a été construite à partir de 1300 et dédiée à saint Nicolas. Elle a été restaurée en 2013. C’est un lieu de culte et d’exposition, ce qui est déjà peu banal. Elle se trouve de plus au beau milieu du quartier “rouge” d’Amsterdam, celui des prostituées en vitrine et des sex-shops. Il y a, semble-t-il, 2500 caveaux et 10 000 personnes y seraient enterrées dont Saskia van Uylenburgh (1612-1642), la première épouse de Rembrandt. Ce fut un lieu de sépulture jusqu’en 1865. Christian Boltanski disait: « Je ne suis pas croyant, mais ce que je désire faire, c’est une expérience de ce type : “Une église, la porte est ouverte, alors on entre. Il y a une odeur particulière, une légère musique, un homme les bras levés et quelques bouquets de fleurs. On la traverse sans comprendre et on retourne dans la vie.” »

Christian Boltanski (Jean-François Robert)

L’installation Animitas ou la musique des âmes se trouve dans le désert d’Atacama au Chili. Elle se compose de huit cents clochettes japonaises fixées sur de longues tiges plantées dans le sol qui sonnent au gré du vent pour faire entendre la musique des âmes et dessinent la carte du ciel la nuit de la naissance de l’artiste, le 6 septembre 1944. Le désert d’Atacama est aussi un lieu de pèlerinage à la mémoire des disparus de la dictature de Pinochet (voir Nostalgie de la lumière (Nostalgia de la luz), film documentaire franco-chilien réalisé par Patricio Guzmán et sorti en 2010). C’est également un lieu exceptionnel pour observer les étoiles grâce à la pureté du ciel : c’est là que sont installés les plus grands observatoires du monde.

Misterios (2017) est une sculpture métallique installée en Patagonie, qui a la particularité d’imiter le chant des baleines lorsque le vent s’engouffre dans ses larges trompes. Elle est située au Cap Aristizabal. Elle peut se visiter depuis Bahía Bustamante, connue pour être les Galapagos de l’Argentine.

Misterios. 2017

 

[Source : http://www.lesvraisvoyageurs.com]

 

 

Entre canciones, anécdotas recuperadas por los protagonistas, películas caseras de la familia Cohen e imágenes de conciertos históricos, la investigación que ahora está disponible en Netflix recupera aquella historia de amor entre el canadiense y la noruega, pero también invita al espectador a conocer de cerca los años ’60 del amor libre que, entre el alcohol y las drogas más diversas, marcaron a una generación de artistas.

Marianne y Leonard se conocieron en los sesenta de la isla griega de Hidra y, de alguna manera, nunca se separaron.

Marianne y Leonard se conocieron en los sesenta de la isla griega de Hidra y, de alguna manera, nunca se separaron.

Escrito por Ana Clara Pérez Cotten

Inmortalizado en la letra de una canción emblemática, al calor de los días soleados en la isla griega de Hydra y en medio de la revolución sexual de los sesenta, creció la historia de amor entre el poeta y cantautor Leonard Cohen y Marianne Ihlen, retratada en el documental « Marianne & Leonard: Palabras de amor » recientemente estrenado en Netflix.

Entre canciones, anécdotas recuperadas por los protagonistas, películas caseras de la familia Cohen e imágenes de conciertos históricos, la investigación recupera aquella historia de amor entre el canadiense y la noruega pero también invita al espectador a conocer de cerca los años ’60 del amor libre que, entre el alcohol y las drogas más diversas, marcaron a una generación de artistas.

« Marianne tuvo un montón de amantes. Yo fui uno de ellos », asume en el principio el documentalista inglés Nick Broomfield desde la voz en off para dejar en claro qué tan cercano fue el punto de vista desde el que reconstruyó la historia.

El joven poeta Cohen llegó a Hydra en 1960 con su guitarra y una Olivetti en busca de una colonia de artistas de distintos rincones del mundo, pero la isla lo sorprendió: un viejo puerto de pescadores, casas muy sencillas y sin agua corriente y transporte con mulas. El mar era omnipresente. Marianne había llegado junto al escritor noruego Axel Jensen y su hijo, Axel.

Se vieron por primera vez en la puerta de un almacén cerca del muelle: él se acercó, la invitó a compartir su mesa en un bar y comenzó una relación que pasó, con el correr de las décadas, de carnal a platónica, sin diluirse en ese movimiento. « Éramos dos refugiados que huíamos de nuestras vidas y nos encontramos cara a cara », definió ella aquel encuentro. « En Grecia, sentí el calor en mi interior por primera vez », sostiene él, en un montaje de los testimonios que logra, por momentos, hacer conversar a los protagonistas más allá del tiempo.

En una casa pintada a la cal de tres pisos con una gran terraza desde la que se podía ver el mar, Cohen se instaló junto a Marianne y su hijo. « La manera de vivir de Marianne en la casa es puro alimento. Cada mañana me pone una gardenia en la mesa de trabajo. Cuando hay comida en la mesa, cuando se encienden las velas, cuando lavamos juntos los platos y acostamos al niño. Eso es orden, es orden espiritual, y no hay otro », le contaba a un amigo sobre cómo transcurrían los días en Hydra.

En Hydra, Cohen se dedicaba a escribir. Contaba con la asistencia permanente de Marianne.

En Hydra, Cohen se dedicaba a escribir. Contaba con la asistencia permanente de Marianne.

En esa suerte rutina, que duró seis años y que se interrumpió varias veces cuando Cohen decidía atender lo que llamó sus « afiliaciones neuróticas » con otras mujeres, logró calma para escribir cuatro libros de poemas y la novela « Los guapos perdedores ».

« Nos bañábamos bajo el sol, hacíamos el amor, bebíamos y discutíamos », cuenta Marianne en el documental sobre cómo transcurrían los días; pero lejos de un recuerdo idílico, asume que viajó a Londres para abortar sola y que varias veces llegó a pensar en suicidarse porque no lograba conciliar aquel encuentro del que se sentía parte con el espíritu de amor libre de la época. « Quería encerrarlo en una jaula y lanzar la llave, no lo podía soportar », se confiesa ella frente al documentalista.

Fue en un bar de Hydra que Cohen dio su primer concierto con la guitarra y recién en 1967, a los 32 años, y con seis libros publicados, lanzó su primer disco, « Songs of Leonard Cohen » y, un par de años después, el segundo, « Songs from a Room ». En el primero incluyó « So Long, Marianne » y en el segundo « Bird on a Wire », dos canciones que celebran esa relación.

« Marianne lo hacía todo. Le traía cestas con fruta y agua mientras él tenía fiebre. Leonard pasaba del ácido a las anfetaminas y entraba en una especie de locura. Ella ‘sujetaba al hombre’ para que pudiese escribir esas páginas », recuerda Aviva Layton, la mujer del editor de Cohen en Canadá, sobre el rol de Marianne.

Pero como apunta después la misma amiga de la pareja, « Los poetas no son buenos maridos ». Marianne llegó a vivir algún tiempo junto a Cohen en el Chelsea Hotel de Nueva York, hasta que finalmente se separaron.

La letra de « So long, Marianne » incluía una línea con un pedido, volver con ella. « Ahora necesito tu amor oculto. Me siento frío como la hoja nueva de una maquinilla de afeitar. Te fuiste cuando te dije que era una persona curiosa. ¿En algún momento dije que era un tipo valiente? », dice.

Tras un regreso breve a Hydra, ella volvió a Noruega, se casó, crió a los hijos de su marido y durante años trabajó como secretaria en Oslo. Él se casó dos veces, primero con Suzanne Elrod y después, con Rebecca De Mornay.

El documental de Broomfield, lejos de culpabilizar a Cohen y victimizar a Marianne, reconstruye los detalles que permiten saber que estuvieron, de alguna forma, conectados hasta el día de su muerte. « Fue una historia de amor en 50 capítulos », define el director.

Marianne en Hydra.

Marianne en Hydra

El documental también trabaja alrededor de la figura de la « musa », esa presencia incondicional: cuando entre ellos se instaló la distancia física, comenzaron un vínculo epistolar que duró tres décadas. Cuando él viajaba a Europa, ella solía asistir a sus recitales, se mezclaba entre el público.

El Departamento de Libros y Manuscritos de Christie’s de Nueva York subastó en 2019 dos de las cartas que alimentaron esa correspondencia. Una estaba titulada « A solas con los vastos diccionarios de la lengua », escrita en su Montreal natal en 1960 al principio de la relación, y la otra, « Soy famoso y estoy vacío », con la leyenda « para mi querida Marianne », de noviembre de 1964.

La última carta que Cohen le dedicó a su musa fue pública y sentó las bases del mito romántico.

Broomfield registró el momento en el que Marianne, en su lecho de muerte por una leucemia en un hospital de Oslo, escuchó las palabras de Cohen, en un email que llegó a tiempo y que le leyó un amigo. « Querida Marianne. Estoy justo detrás de ti, tan próximo que podría tomar tu mano. Este viejo cuerpo se ha rendido, al igual que el tuyo, y el desahucio puede ocurrir en cualquier momento », comienza él, tal vez consciente de que también asistía a sus últimos días de vida.

El texto termina con una frase que, según el documentalista, fue un aliciente para Marianne, la fórmula que había esperado escuchar durante años: « Nunca he olvidado tu amor y tu belleza. Pero eso ya lo sabes, así que no es necesario que diga nada más. Te deseo un viaje tranquilo, mi vieja amiga. Nos vemos por el camino. Todo mi amor y agradecimiento. Leonard ».

Tres meses después, un 7 de noviembre de 2016, Cohen murió en Los Ángeles, a los 82 años y mientras dormía.

Son long, Marianne, por Leonard Cohen

Won’t you come over to the window, my little darling?
I’d like to try to read your palm
I used to think I was a little gypsy boy
Before I let you take me home
Now so long, Marianne

It’s time that we began to laugh and cry
And cry and laugh about it all again
You know that I really love to live with you
But you make me forget so very much
I forget to pray for the angels
And then the angels forget to pray for us
Now so long, Marianne

It’s time that we began to laugh and cry
And cry and laugh about it all again
For now I need your hidden love
I’m cold as a new razor blade
You left when I told you I was curious
I never said, I never said, I never said that I was brave
Oh so long, Marianne

It’s time that we began to laugh and cry
And cry and laugh about it all again
Oh so long, Marianne

It’s time that we began to laugh and cry
And cry and laugh about it all again
Oh, you are really such a pretty one
I see you’ve gone and changed your name again
And just when I climbed this whole mountainside
To wash my eyelids, wash my eyelids in the rain
Oh so long, Marianne

It’s time that we began to laugh and cry
And cry and laugh about it all again
Oh so long, Marianne

It’s time that we began to laugh and cry
And cry and laugh about it all again

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Pep Tosar uneix literatura, música en directe, audiovisuals i circ a l’espectacle ‘El fingidor’.

Pep Tosar ha escrit i dirigeix 'El fingidor', un espectacle sobre Fernando Pessoa. © Martí Fradera

Pep Tosar ha escrit i dirigeix ‘El fingidor’, un espectacle sobre Fernando Pessoa.

Escrit per Ana Prieto Nadal, investigadora teatral

En el marc del Festival Grec –i en coproducció amb el Teatre Principal de Palma de Mallorca i la companyia Oblideu-vos de nosaltres– s’ha estrenat, al Teatre Sagarra de Santa Coloma de Gramenet, el darrer espectacle de Pep TosarEl fingidor, una filigrana multidisciplinària –literatura, música en directe, document audiovisual i circ– que homenatja el poeta portuguès Fernando Pessoa.

El títol, extret d’un poema del Cançoner de Pessoa titulat Autopsicografia, remet als coneguts versos: “O poeta é um fingidor / Finge tão completamente / Que chega a fingir que é dor / A dor que deveras sente”. El dispositiu escènic posa al centre l’equip artístic –situat rere el tul o pantalla transparent de projeccions– i la biografia del poeta en tota la seva complexitat i heteronímia. Pep Tosar, dramaturg –amb Evelyn Arévalo– i director de la proposta, recita poemes i al·ludeix a cartes i retalls biogràfics o assagístics. La paraula, curosa, harmonitza amb el cant de Joana Gomila i el piano d’Elisabet Raspall, que interpreten un reguitzell de temes –del But Not For Me de Gershwin al Nowhere Man de The Beatles, passant per Amália Rodrigues i Simon and Garfunkel– i desgranen sonoritats portugueses més enllà del fado. És de gran rellevància l’apartat documental, bastit a partir d’entrevistes realitzades per Agustí Torres a diferents especialistes, biògrafs i traductors de l’obra de Pessoa –Perfecto E. Cuadrado, Nicolau Dols, Maria José de LancastreJerónimo Pizarro i Richard Zenith–, i també a la neboda del poeta, Manuela Nogueira, que contrapunteja les reflexions dels estudiosos amb records familiars plens de tendresa. I, si en espectacles biogràfics anteriors com Federico García –dedicat a Lorca, és clar– es recorria a la dansa per il·lustrar sensibilitats afins i acordades, aquí, extremant la càrrega metafòrica, es vincula l’equilibrisme circense al joc ingràvid del poeta amb els seus heterònims: Tomeu Amer s’enfila a l’escala lliure o maniobra amb la roda alemanya i Griselda Juncà es gronxa al trapezi mentre es projecten suggeridores imatges de Lisboa.

Tant la disposició dels fragments d’entrevistes com la selecció literària i documental segueixen un ordre cronològic que permet traçar un recorregut biogràfic i que abasta els episodis vitals més representatius del poeta: el naixement al número 4 de Largo de Sâo Carlos, la infància truncada per la mort del pare, un món de tietes protectores i l’entranyable figura de l’oncle Cunha, el viatge en vaixell a Durban, l’educació exclusivament anglesa a Sud-àfrica –s’aporten fotos seves d’adolescent, el testimoni del seu company de pupitre i cartes dels familiars–, el retorn a Lisboa amb disset anys, les tertúlies als cafès, el suïcidi del poeta Mário de Sá-Carneiro, la relació amorosa amb Ofélia Queirós, la mort. A través de cites minuciosament escollides i combinades, l’espectacle traspua una mena de neopaganisme i panteisme sentimental. També s’insinua un eros ambigu, així com s’assenyalen l’esoterisme –“tot és símbol i analogia”, cita Tosar del Faust– i l’impuls messiànic que animaven Pessoa, en especial a través de la profecia del supra-Camões i l’autoimposada, megalòmana missió de renovació de la poesia portuguesa.

Poesia, música i circ a 'El fingidor', un espectacle sobre Fernando Pessoa. © Martí Fradera

Poesia, música i circ a ‘El fingidor’, un espectacle sobre Fernando Pessoa.

Un dels punts culminants de la peça és l’assenyalament de la data –8 de març de 1914– que Pessoa xifra per al naixement, certament novel·lat o idealitzat, dels seus heterònims, que ell considerava independents de la seva personalitat fins al punt de dotar-los d’una biografia i d’una poètica definides. Sens dubte, hi ha la temptació, expressada per més d’un especialista, d’enllaçar aquesta proliferació d’alter egos poètics amb els personatges imaginaris que Pessoa s’inventava ja de nen –el primer heterònim el va crear amb sis anys i es deia Chevalier de Pas–. Aquesta explosió de personalitats múltiples, que casa amb una declarada “tendència orgànica a la despersonalització i a la simulació”, s’orienta a la finalitat última de poblar la literatura portuguesa de poetes que inaugurin nous moviments i avantguardes. Tosar ens fa un tast de poemes dels tres heterònims pessoans més representatius: el sensorial i objectivista Alberto Caeiro; l’epicuri i neoclàssic Ricardo Reis; l’avantguardista i tumultuós Álvaro de Campos. Més tardà és el semiheterònim Bernardo Soares, autor d’El llibre del desassossec, obra magna que, malgrat la posteritat que aportarà al poeta, funciona com una mena de conjur de desaparició –ja apuntat al poema Lisbon revisited, que també s’invoca a l’espectacle–.

A la proposta, exquisida, hi tenen cabuda un enginyós joc de dobles entre rapsode i equilibrista, un brindis pel saudosisme i la proclamació del fingiment com a veritat suprema. Dos dels moments més potents i captivadors de l’espectacle són la breu ruptura de la quarta paret i el testimoni al trapezi de l’únic amor conegut del poeta, Ofélia de Quirós –assumida per l’acròbata Griselda Juncà–, que retrata el poeta com un tímid excèntric i absent. Els artistes de circ performen en clau acrobàtica la malenconia i el desassossec d’un artista a qui la vida –i la imaginació!– li va doldre sempre. I Pep Tosar, somiat per Antonio Tabucchi, convida Pessoa a un “llenguado interseccionista” en  un restaurant postmodern. Tot plegat, una delicada experiència estètica.

Dibuix a aquarel·la sobre l'espectacle de Pep Tosar 'El fingidor'.

Dibuix a aquarel·la sobre l’espectacle de Pep Tosar ‘El fingidor

[Fotos: Martí Fradera – font: http://www.nuvol.com]

Barbet Schroeder, entre la heterodoxia y la alucinación

Escrito por JAVIER MEMBA

Suele creerse que el hundimiento de la exhibición cinematográfica en las grandes salas de proyección fue consecuencia de la popularización del vídeo a comienzos de los 80. Sí, pero no. Podría puntualizarse.

Unos años antes, desde finales de la década anterior, aquella cartelera madrileña que contaba con medio millar de establecimientos había empezado a verse reducida con los cierres de sus locales más entrañables: los populares cines de barrio. Por diferentes motivos, que iban desde las escapadas de fin de semana a la segunda vivienda, hasta las alienantes discotecas, que empezaban a hacer furor entre la juventud, la pantalla había dejado de ser el ocio por antonomasia del grueso de la población, sin olvidar los espectadores que también le restó la implantación de la televisión en color en el hogar moderno.

« En el vestíbulo nunca faltaba un tenderete de libros, donde podían adquirirse las primeras traducciones españolas de los clásicos de la literatura cinéfila »

Los exhibidores más astutos lo comprendieron: el nuevo modelo de negocio estaba en los multicines. Su acierto fue indudable. Junto a sus pares a gran escala, las multisalas de mucho aforo y más de una docena de pantallas que animan los centros comerciales de las afueras de nuestras ciudades —los megaplex, en el lenguaje de la industria y la afición—, los minicines son los únicos que han llegado hasta nuestros días, en que, tras una agonía de cuarenta años, la pandemia ha venido a rematar a aquella maravilla que fue la exhibición cinematográfica a la antigua usanza.

Con todo, quiero recordar que, al comienzo, al principio del fin, cuando la cartelera de otrora empezaba a declinar, no faltaron exhibidores que optaron por una fórmula nueva que a mí me ganó. Radicalmente opuesta a ese cine comercial —al que, más o menos, había respondido la programación de los cines de barrio que se cerraban—, se trataba de una suerte de filmotecas que fueron a llamar “cinestudios”. Gestionados y frecuentados por jóvenes cinéfilos —mi entrega empezaba entonces—, su programación —siempre doble y en sesión continua— se reducía única y exclusivamente a nuestro bienamado cine de autor, preferentemente en versión original. Todas las proyecciones iban acompañadas de esa hoja de sala, sobre la cinta en cuestión, que los filmófilos tenemos en tan alta estima. En el vestíbulo nunca faltaba un tenderete de libros, donde podían adquirirse las primeras traducciones españolas, casi siempre en Alianza o Fundamentos, de los clásicos de la literatura cinéfila: El cine según Hitchcock, de Truffaut, Fritz Lang en América, de Peter Bogdanovich, la Historia del cine universal, de Georges Sadoul…

« En 1979, cuando se anunció en el Griffith la proyección de More, me faltó tiempo para asistir a sus cinco primeros pases »

Mi cinestudio favorito era el Griffith, un local destartalado de la plaza de San Pol de Mar. Si lo tengo entre mis más caros recuerdos es porque en su pantalla descubrí una película que, transcendiendo mi itinerario cinéfilo, tocó de lleno mi experiencia personal. Se titula More, data de 1969 y hoy vengo a escribir sobre el gran Barbet Schroeder, su realizador. Basta un somero apunte del argumento de El valle (1972)su segunda cinta, para dejar constancia de lo alucinado y heterodoxo de su cine: Viviane (Bulle Ogier), la mujer del cónsul francés en Melbourne, conoce accidentalmente a Olivier (Michel Gothard) mientras busca plumas exóticas para su boutique parisina. Totalmente fascinada con Olivier, decide unirse a la comuna de hippies de la que este forma parte y todos juntos parten en busca de un valle de Nueva Guinea, un lugar mítico que solo puede verse en días determinados. El resto del año permanece oculto —oscurecido— por las nubes. De ahí que Pink Floyd titulase Oscured By Clouds el álbum en el que registró su banda sonora.

Cierto, en un principio, el cine del gran Schroeder me atrajo porque los scores de sus dos primeras cintas eran, respectivamente, la tercera y la séptima entregas de Pink Floyd, mi banda favorita con anterioridad a su popularización con The Dark Side of the Moon (1973). Antes muerto que gregario, mis Pink Floyd fueron aquellos en los que Syd Barrett perdió la cabeza, los de la psicodelia y cierto placer de entonces que el buen entendedor adivinará. De modo que, en 1979, cuando se anunció en el Griffith la proyección de More, me faltó tiempo para asistir a sus cinco primeros pases.

« Aún recuerdo la voz en off de Charlie (Michel Chanderli), siguiendo al ataúd de Stefan, cuando este se convierte en la última víctima de Stelle »

Cuarenta años después, en febrero del 19, tuve oportunidad de acudir a un encuentro con Barbet Schroeder, celebrado en la Filmoteca Española con motivo de una retrospectiva que se le dedicaba. Preguntado por la filmación de aquella cinta, recordó: “Fue en 1968, aún no se había muerto Franco y la rodé en mi casa de Ibiza en la clandestinidad. Cuando la acabé, ya en 1969, llamé a Pink Floyd porque eran mi banda favorita de entonces. A ellos, que habían pasado el verano anterior en Formentera, la película les gustó mucho y les pareció una buena idea componer la música, lo que hicieron en apenas una semana. Después les dio rabia que el disco en que la grabaron se vendiera mucho más que The Piper at the Gates of Dawn A Saucerful of Secrets, sus dos primeros álbumes, en los que habían estado trabajando un año”.

Llegado a More por su música, en sus secuencias descubrí una historia de amor fatal: el que Stelle Miller (Mimsy Farmer) inspira a Stefan (Stefan Brückner) en la Ibiza de los hippies auténticos, mientras la toxicomanía, que aún se creía una experiencia liberadora, va apoderándose de sus vidas.

Muy por el contrario, el que Stelle me inspiró a mí mismo en aquellos planos fue un amor platónico, como suelen serlo los de sus admiradores por las actrices. Pero también como aquel con el que me magnetizaban algunas chicas de finales de los años 70. Porque fue el caso de que en la vida real me gustaban las jóvenes como ella, que olían a pachuli —aquel aroma embriagador de puro dulzón— y se daban a esas embriagueces que el buen entendedor adivinará.

« More, junto con Los amantes crucificados (Kenji Mizoguchi, 1954), es mi película de amor favorita »

Aunque cuando se hicieron populares negué a Pink Floyd como se niega a un dios, aquella primera proyección en el Griffith de More me caló tan profundamente que Mimsy Farmer, Ibiza —o más concretamente Formentera— y el propio Schroeder desde entonces ocupan un lugar privilegiado en el Olimpo de mi mitología personal. Aún recuerdo la voz en off de Charlie (Michel Chanderli), siguiendo al ataúd de Stefan, cuando este se convierte en la última víctima de Stelle tras ser encontrado muerto de una sobredosis en Dalt Vila: “Aquellos bastardos se creyeron que se suicidó y le negaron un entierro religioso. Era invierno, pero el sol brillaba como en verano”.

El italiano Alberto Moravia, que como el comunista a carta cabal que fue abominaba del rock, de los hippies auténticos, porque a su juicio no eran revolucionarios, y de la deriva hedonista de la sociedad occidental a partir de los años 60, puso reparos a More. Aun así, en un volumen en el que criticaba “ciento cuarenta y ocho películas de autor” bajo el título de En el cine (Plaza & Janés, Barcelona 1979, pág. 191), estima: “En realidad, los dos amantes no se destruyen con la droga, sino con el amor, que es notoriamente un hecho destructivo si se lleva hasta determinados extremos (…).Vale [More] como descripción veraz de un tipo particular de pasión basada sobre una forma de vida extrema y decadente que precisamente en las Baleares tuvo, con la pareja Sand-Chopin, una primera manifestación ejemplar hace más de un siglo”.

« De nuevo en Europa, su carrera transcurrió por cintas próximas a sus primeras inquietudes. Así llegó el documental El abogado del terror (2007) »

More, junto con Los amantes crucificados (Kenji Mizoguchi, 1954), es mi película de amor favorita. Ya desde los comienzos de mi itinerario cinéfilo, Schroeder se convirtió en uno de mis cineastas de cabecera. No había acabado de descubrirle como realizador en cintas como El Valle, Maîtresse (1976) y otras maravillas de antaño, cuando supe de él como el gran epígono de la Nouvelle Vague, junto a Jean Eustache, que fue productor de Eric Rohmer, Jacques Rivette y el propio Eustache. Es una lástima que a la cartelera comercial española, siempre al servicio del adocenado agotamiento del Hollywood de las últimas décadas, haya llegado poco más que su derrotero estadounidense.

En efecto, el gran Schroeder cruzó el Atlántico para emplazar su tomavistas por primera vez en Barfly (1987). A mi juicio, aquella adaptación de Bukowski es lo mejor de su experiencia norteamericana. “La rodamos en tan solo veinte días, porque Menahem Golan puso mucho menos dinero del que prometió”, recordó el realizador en su visita a Madrid. “Tuve que reducir el guion a lo esencial. Afortunadamente, ya tenía cierta práctica en estos rodajes rápidos, adquirida durante unos trabajos previos para la televisión”.

El resto del Schroeder americano —El misterio Von Bülow (1990), Mujer blanca soltera busca (1992), Asesinato 1, 2, 3 (2002) …— ya me interesa menos. De nuevo en Europa, su carrera transcurrió por cintas próximas a sus primeras inquietudes. Así llegó el documental El abogado del terror (2007), un acercamiento a un personaje inquietante que, en cierto sentido, viene a ser lo que Général Idi Amin Dada: Autoportrait (1974), sobre el abominable dictador ugandés a los comienzos de la filmografía del gran Schroeder. Incluso he creído entender, sin haber tenido aún oportunidad de verla, que Inju, la bête dans l’ombre (2008), podría ser parangonable con Maîtresse.

Pero la más sorprendente de todas estas concomitancias, que se registran entre el final y el principio de la filmografía de Barbet Schroeder, es el regreso a su casa de Ibiza, donde rodó More, para la filmación de Amnesia (2015), su testamento fílmico.

« Fue la madre de Schroeder una violonchelista alemana que se negó a volver a hablar la lengua de Goethe porque para ella era la lengua de los nazis »

Hombre cosmopolita donde los haya, nació en Teherán en 1941 porque su padre, un geólogo francés, estaba empleado en Irán. Mas la infancia del cineasta transcurrió en Colombia. De ahí que una de sus cintas más celebradas sea La virgen de los sicarios (2000), sobre la novela de Fernando Vallejo. De ahí también que hable español. Fue la madre de Schroeder una violonchelista alemana que abandonó la patria del Reich de los mil años antes de la guerra y se negó a volver a hablar la lengua de Goethe porque para ella era la lengua de los nazis. Instalada en Ibiza, junto al resto de la numerosa colonia alemana que siempre ha habido allí, llegó mucho antes que los primeros hippies. A finales de los años 40, creo entender.

En cualquier caso, la madre de Schroeder no volvió a hablar alemán. Olvidó deliberadamente cuanto a su país se refería. Esa es la amnesia a la que alude el título de la última película de su hijo. Pero también a la famosa discoteca de la isla. Ya en las postrimerías del amado siglo XX, su sintonía con un joven compatriota, contratado para pinchar discos allí, hizo que la ya anciana antinazi se reconciliara con su idioma, volviéndolo a hablar.

Aunque no podía ser de otra manera, pues el tiempo discurre inexorable para todos, era todo tan rabiosamente joven en More —“los jóvenes han cambiado el mundo rechazándolo”, escribe Moravia al comienzo de su crítica— que, cuando estuve a unos pasos de él, no se me pasó por alto que Schroeder ya es un anciano. Como lo es Mimsy Famer y los que aún quedan vivos de Pink Floyd. Ancianos como empiezo a serlo yo. Las nubes ya solo pueden ocultarnos ese camino con destino al Sol poniente que marca el final.

 

 

[Fuente: http://www.zendalibros.com]

Paru en italien en 2013, puis aux éditions Gallimard en avril 2014, La fête de l’insignifiance fait désormais l’objet d’une édition en tchèque. Anna Kareninová — traductrice éminente et reconnue — a la responsabilité de rendre les textes de Milan Kundera en tchèque. Elle signe également la postface de cette édition (dans une traduction opérée par Anna Kubišta). Les éditions Atlantis, qui ont publié ce livre en 2020, nous offrent ainsi un regard inédit, personnel et complexe sur le travail même de traduction.

ActuaLitté

Pour moi, la traduction se conjugue sans cesse au conditionnel : « Comment l’écrivain aurait-il écrit ceci s’il écrivait en tchèque ? » Quand Milan Kundera en est venu à l’idée que je pourrais traduire en tchèque ses romans écrits en français, le conditionnel a changé : « Comment l’écrivain aurait-il écrit ceci lorsqu’il écrivait en tchèque ? » Cet écrivain mondial, dont le tchèque et le français sonnent à l’unisson et dont nous découvrons la musique. Admettons que le traducteur joue sur son instrument une musique écrite pour un autre instrument et qu’il doit rester fidèle à cette musique — voilà que je me retrouvais avec la musique d’un compositeur qu’il avait écrite pour « un autre instrument » tout en jouant du mien d’une main de maître.

Et que je devais insuffler à mon instrument non seulement sa musique, mais aussi son jeu.

Le conditionnel s’en est trouvé changé, tout comme l’ont été les travaux préparatoires. Ma vision du sens et de l’éthique du rôle même du traducteur s’est formée au tournant du millénaire sous l’influence du poète Ezra Pound, de ses traductions et de ses réflexions sur la traduction. Sur ces questions, je considère également comme mon maître le poète Petr Kabeš ainsi que sa devise : « La précision est poésie. »

Traduire, trahir, trahir mieux

Milan Kundera lui-même et ses positions sur le traitement des œuvres littéraires ont également représenté un soutien solide auquel je me réfère. Pour moi, son essai Une phrase (L’ombre castratrice de saint Garta, dans Les Testaments trahis, Gallimard, 1993) fait école en matière de traduction. Milan Kundera y cite un extrait de la lettre de Stravinski au chef d’orchestre Ansermet : « Mais, vous n’êtes pas chez vous, mon cher, je ne vous avais jamais dit : Tenez, vous avez ma partition et vous en ferez ce que bon vous plaira. » (Extrait de l’essai Là, vous n’êtes pas chez vous, mon cher, dans Les Testaments trahis, Gallimard, 1993.)

On ne peut dire mieux. Et quand Milan Kundera écrit dans L’art de la fidélité : « On dit : la traduction est comme une femme, ou bien fidèle ou bien belle. L’adage le plus crétin que je connaisse. Car la traduction est belle si elle est fidèle », c’est un soulagement : enfin, quelqu’un l’a dit !

Afin de ne pas faire « comme chez moi », les travaux préparatoires visant à être précise et fidèle se sont cette fois concentrés non sur la lecture de sources secondaires, la perception et la reconstitution de la musique originelle comme dans le cas des traductions des romans de Céline ou des Cantos de Pound, mais avant tout sur l’analyse minutieuse des livres tchèques de Milan Kundera du point de vue de la langue, du vocabulaire, de la syntaxe. Et ensuite sur celle de leurs traductions françaises autorisées par l’écrivain.

Je savais que certes, j’allais lui donner une apparence tchèque à partir de sa langue française, mais que, dans le même temps, il fallait que son tchèque soit ma source. Grâce à la maison d’édition Atlantis et à ses versions électroniques des livres de Milan Kundera, j’ai eu la possibilité de chercher de façon détaillée l’emploi des mots et des expressions, voire même de conjonctions a priori insignifiantes ou d’adverbes courants. Cela m’a été d’une aide inestimable.

Milan Kundera

Rapport à la langue et à l’autre

Pendant mon travail sur la traduction, j’ai également découvert une chose que je n’avais pas remarquée auparavant en tant que lectrice et qui m’avait sans doute échappée en analysant les textes : en réalité, Milan Kundera écrivait en français bien avant de partir pour la France, il écrivait déjà en français dans ses romans tchèques, son écriture tchèque pense avec la précision syntaxique du français.

Je me suis retrouvée dans cette situation à chaque fois que j’ai eu recours à la méthode typique d’une traduction franco-tchèque : je voulais éviter ce que l’on considère comme étant « une conformité maladroite au français », je voulais lisser la phrase… et j’ai réalisé que le résultat n’était ni précis, ni fidèle, mais simplement muet.

À chaque fois, j’ai retrouvé dans les livres tchèques de Milan Kundera une de ces tournures « maladroitement conformes au français », mais dont le sens était éclatant. À titre d’exemple, référons-nous à ce que reprochait jadis l’article « Se traduire soi-même » à la version tchèque de l’essai, Là, vous n’êtes pas chez vous, mon cher : « Au hasard, quelques exemples : des constructions clivées telles que “Ce qui m’intéresse, c’est le romancier”, ou “Ce qui caractérise les biographies des gens célèbres, c’est qu’ils voulaient être célébrés” sont laborieuses et surtout inutiles, car la langue tchèque permet de trouver une solution élégante à ce genre de situation grâce à l’ordre des mots : Le romancier est ce qui m’intéresse. Les biographies des gens célèbres se caractérisent par le fait qu’ils voulaient être célèbres. »

Seulement, l’ordre « élégant » des mots parle manifestement une autre langue que celle de l’écrivain, l’urgence s’en trouve éclipsée. Ce qui importe à Milan Kundera, c’est la précision du sens, la fidélité à la pensée — voilà pourquoi il a utilisé avec virtuosité des constructions clivées depuis le début, bien avant que l’on puisse lui reprocher l’aspect « laborieux » de sa traduction. C’est étonnant : l’auteur a droit à sa langue originale, mais dès qu’il traduit sa langue originale avec une autre qui lui est propre, on exige de lui un objet linguistique élégant, lisse et sans originalité.

En tant que traductrice, je m’expose à être une cible encore plus aisée que l’écrivain. Je le dis ici : la traduction de La fête de l’insignifiance a généré dix versions que je n’ai cessé de retravailler en prenant justement en considération les livres tchèques de Milan Kundera, afin de me rapprocher au plus près de l’originalité de sa langue, de m’éloigner le plus possible d’une traduction lisse. Milan Kundera a reçu ma traduction en janvier 2020.

Grâce à son épouse Věra, j’ai eu la possibilité rare d’affiner la traduction à la faveur de deux mois de correspondance quotidienne. Cette proximité que j’ai vécue entre Paris et Prague restera dans mon cœur, mes pensées et mes futures traductions. Si le traducteur est un passeur entre la maison de l’écrivain et la sienne, alors ce fut là un voyage au cours duquel il a transporté l’écrivain de chez lui à chez lui. Ainsi, le passeur a-t-il peut-être, au moins en partie, rendu la joie du paysage qu’il a parcouru.

À Prague, le 9 mars 2020

En partenariat avec le Centre tchèque de Paris et Czechlit – Centre littéraire tchèque.

[Photos : CC BY SA 2.0 ; dessin de Milan Kundera – source : http://www.actualitte.com]

O autor arxentino reúne en «Traéndoo todo de regreso a casa» relatos de tres decenios

Escrito por XESÚS

O arxentino Patricio Pron (Rosario, 1975) confésase «moi fan» de Bob Dylan á hora de xustificar o título do seu volume de relatos Traéndoo todo de regreso a casa (Alfaguara), unha tradución do Bringing It All Back Home dylaniano. «Interésame tanto a súa música como as ideas que subxacen nela, como a da renovación continuada do artista», explica o escritor, quen presentou a súa obra este martes no ciclo Somos o que lemos, que coordina Javier Pintor na Fundación Seoane. Dylan e Pron tamén comparten un certo gusto polas preguntas aparentemente sinxelas pero de resposta complexa: «Hai máis no título, que leva a facernos preguntas, como que é o todo ao que alude, ou que é esa casa, ou que tipo de regreso expón e se é posible».

Esa reflexión sobre a renovación dun creador tamén informa a disposición cronolóxica das pezas reunidas no libro, escritas durante o dilatado período que vai de 1990 ao 2020. Pero o seu autor advirte dunha interpretación excesivamente lineal, xa que en toda carreira hai «avances e retrocesos». «É un xesto de sincerarme co lector, que consistía en ofrecerlle a oportunidade de acompañar ao autor que eu fun, desde que comezou ata que empeza a atopar a súa voz», explica. «Trátase de contarlle de onde veño, sobre todo porque vivín varias vidas como escritor. Mudanzas, formación, cambios…», engade, consciente tamén de que aínda que Traéndoo todo de regreso a casa é unha «porta de entrada» á súa narrativa breve, pero unha porta que non necesariamente debe abrirse co primeiro relato, senón que admite outros accesos. «E dou a oportunidade de que se poida comprobar se era mellor escritor nos meus comezos, que tamén é posible», sorrí Pron. Sobre ese autor que unha vez foi, declara que lle asombrou comprobar «a gran confianza que tiña nas súas capacidades».

Era inevitable que os últimos relatos, os do 2020, teñan acusado o impacto da pandemia, que Pron aborda desde unha mirada oblicua. O seu propósito non era ofrecer respostas, senón formular «mellores preguntas» sobre ese tempo, preguntas que non atopaba en textos que han ir aparecendo a modo de diarios máis ou menos literais. El prefire abordar o «2020 que puido ter sido», esas vidas posibles «pero non vividas ou, polo menos, vividas como un anhelo», o territorio por dereito da literatura.

 

[Imaxe: EDUARDO PEREZ – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Governo Bolsonaro barra apoio a Festival de Jazz do Capão sob a justificativa de que a “finalidade maior de toda música não deveria ser nenhum outro além da glória de Deus”. Mario Frias reforçou a decisão: “Enquanto eu for secretário da Cultura, ela será resgatada desse sequestro político/ideológico”.

Mario Frias

Mario Frias

Em sua oitava edição, o Festival de Jazz do Capão teve o projeto recusado pela Lei Federal de Incentivo à Cultura. Desde 2017, no governo Temer, o festival conta com captação de recursos por meio da Lei Rouanet.

No parecer técnico da Funarte, justifica-se a recusa como “desvio de objeto e risco à malversação do recurso público”. No documento, afirma-se que “o objetivo e finalidade maior de toda música não deveria ser nenhum outro além da glória de Deus e a renovação da alma”.

O repertório de imagens religiosas estrutura a argumentação do parecer: “Por inspiração no canto gregoriano, a música pode ser vista como uma arte divina, onde as vozes em união se direcionam à Deus”, “a arte é tão singular que pode ser associada ao Criador”.

Uma postagem de junho de 2020 na página do festival no Facebook, também é apontada como motivo da recusa. A frase “festival antifascista e pela democracia”, na argumentação do parecerista, “complementou os fundamentos para emissão deste parecer técnico”.

Publicado no dia 25 de junho de 2021, o documento é assinado pelo coordenador do Programa Nacional de Apoio à Cultura da Funarte, Ronaldo Gomes.

Em suas redes sociais, o secretário de Cultura do Governo Bolsonaro, Mario Frias, afirmou que “enquanto eu for secretário Especial da Cultura, ela será resgatada desse sequestro político/ideológico”.

Realizado desde 2010 na Chapada Diamantina, no município de Palmeiras, Bahia, o festival já trouxe mais de 40 atrações musicais para o Vale do Capão. Hermeto Pascoal, Toninho Horta, Naná Vasconcelos, Ivan Lins, João Bosco e Dori Caymmi são alguns dos músicos que participaram em edições anteriores.

 

[Fonte: http://www.pragmatismopolitico.com.br]

 

Star, comédienne, chanteuse, danseuse, Brigitte Bardot a choqué par son mode de vie libre, manifesté son courage lors de la guerre d’Algérie, et a quitté le show business pour se consacrer à la défense des animaux. Arte a montré le show télévisé Spécial Bardot de François Reichenbach et Eddy Matalon (1968). Brigitte Bardot au sommet de sa célébrité interprète des chansons signées Gainsbourg, Rivière et Bourgeois, et se prête à des mises en scènes imaginatives. Arte diffusera le 13 juillet 2021 « La bride sur le cou » (In Freiheit dressiert) de Roger Vadim (1961), avec Brigitte Bardot, Michel Subor, Claude Brasseur, Mireille Darc.

Publié par Véronique Chemla

Au fil du documentaire Bardot, la méprise, apparaît une dame au caractère entier, paradoxale, sincère, lucide sur son passé, refusant toute concession, regrettant son insouciance qui a mené à la fin de ses deux histoires d’amour marquantes avec Jean-Louis Trintignant et Sami Frey, sous-estimant ses talents pour la comédie et le drame, ayant peu confiance en elle et souffrant de la difficulté à prendre une décision.

Arte diffusa les 15 et 18 mai 2016 le numéro de Personne ne bouge ! (Abgedreht!) consacré à Brigitte Bardot : « Et Dieu créa la star. En marge du Festival de Cannes, « Personne ne bouge ! » s’incline devant l’actrice la plus incandescente des sixties. Avec une perle rare : Miss Bardot interviewée dans la langue de Shakespeare par la BBC, lors d’un tournage avec Sean Connery en 1968. Si son tailleur est riche, son anglais l’est un peu moins… »

« Avec Roger Vadim, à l’aube des années 1950, « BB » connaît le coup de foudre et le succès. Ils feront cinq films ensemble. Retour sur une histoire d’amour et de cinéma. Ballerines, bandeau, marinière, chignon bicolore, et l’indétrônable robe vichy : Bardot, c’est aussi la réinvention de la mode. 1963. Dans Le mépris, Godard filme la star comme personne, sur fond azur des eaux de Capri. En 1977, Bardot braque l’attention des médias sur le destin terrible des bébés phoques. Scandale ! De Jean-Max Rivière à Serge Gainsbourg, ils lui ont offert leurs chansons et elle en a fait des tubes : « La madrague », « Bonnie & Clyde », « Comic strip »… La méthode Bardot vous apprend à pousser la chansonnette avec élégance.

« Avec Roger Vadim, à l’aube des années 1950, « BB » connaît le coup de foudre et le succès. Ils feront cinq films ensemble. Retour sur une histoire d’amour et de cinéma. Ballerines, bandeau, marinière, chignon bicolore, et l’indétrônable robe vichy : Bardot, c’est aussi la réinvention de la mode. 1963. Dans Le mépris, Godard filme la star comme personne, sur fond azur des eaux de Capri. En 1977, Bardot braque l’attention des médias sur le destin terrible des bébés phoques. Scandale ! De Jean-Max Rivière à Serge Gainsbourg, ils lui ont offert leurs chansons et elle en a fait des tubes : « La madrague », « Bonnie & Clyde », « Comic strip »… La méthode Bardot vous apprend à pousser la chansonnette avec élégance.

Bardot la méprise

Arte a diffusé les 7 et 12 juin 2015 Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul (2013). « En 2011, Brigitte Bardot donne son accord pour un projet de documentaire biographique. Quand le réalisateur David Teboul la rencontre pour la première fois, sa réaction est sans appel : elle ne participera pas au film mais lui donne accès à ses archives familiales, une multitude de films réalisés par son père, des premières heures de son existence jusqu’à sa métamorphose en déesse des écrans. Elle l’autorise aussi à filmer librement les lieux de sa vie : les maisons de La Madrague et de La Garrigue à Saint-Tropez, ses refuges à elle. À partir de cette matière infime, précieuse, le cinéaste élabore un portrait intime de l’actrice en forme de déclaration d’amour. Il s’appuie aussi sur des passages d’ »Initiales B.B. », l’autobiographie de l’actrice, dits par Bulle Ogier (très émouvante) et sur des extraits de films. De son enfance en milieu bourgeois – auprès d’une mère indifférente, d’un père autoritaire et d’une petite sœur qu’on lui préfère – jusqu’à son retrait du monde il y a trente ans, David Teboul réussit un portrait rare, émouvant, empathique. Il y donne à voir, pour la première fois peut-être, toutes les contradictions d’une femme passionnément amoureuse, mélancolique et sauvage, qui parvenait si mal à distinguer la vie du cinéma qu’elle faillit en mourir ».

« J’ai 7 ans, mes parents m’offrent un album intitulé Brigitte Bardot, amie des animaux (…) C’est comme ça que je vous ai rencontrée. L’enfant que j’étais est tombé amoureux de vous. » Avec une délicatesse extrême, David Teboul scrute les images familiales et les extraits de films, s’y arrête parfois pour détecter un indice, un geste, imaginer ce que ressent cette enfant qui, à 15 ans, sera projetée brutalement sous la lumière. « En 1950, je devins mascotte de « Elle » et le destin se mit à marcher contre ma volonté », écrira-t-elle. Roger Vadim, Trintignant, Samy Frey, Gainsbourg… : les passions amoureuses s’enchaînent, les déceptions succèdent aux extases, la mélancolie s’installe toujours. Celle qui « met tous les personnages dans sa peau » tente de se suicider après le tournage de « La vérité », de Clouzot, en 1961. Jusqu’à se retrancher finalement avec ses animaux, comme réfugiée dans une nouvelle enfance, au creux d’une maison dont les murs, pourtant, sont couverts des images de cette gloire qu’elle a tant voulu fuir« .

Le père de Brigitte Bardot « aimait le cinéma, et l’a filmée depuis ses premiers jours jusqu’à ses 15 ans. Après avoir cherché à se dérober, Brigitte se tourne vers la caméra vers l’âge de 7 ans pour en  devenir prisonnière. On voit aussi comment la danse lui permet de fuir l’univers familial et de s’émanciper, même si le cinéma la rattrape à travers son désir pour Vadim. Et ce gourou, dont elle est amoureuse et qui la désinhibe, réalise Et Dieu créa la femme, un accident qui deviendra le phénomène que l’on sait… Après un premier rendez-vous manqué, j’ai été extrêmement bouleversé quand je l’ai rencontrée, une seule fois, à Saint-Tropez. Elle s’est alors beaucoup protégée et il a fallu la convaincre. Mais elle m’a dit quelque chose d’extraordinaire : « En ne voulant pas être dans votre film, je vous fais un cadeau. » J’ai compris qu’il fallait que je construise le récit sur cette absence. Elle m’a, en revanche, laissé libre accès à ses maisons de La Madrague et de La Garrigue, comme à toutes les archives de son père. Et dans ce décor qu’est son intérieur, j’ai  eu le sentiment de replonger dans les années 1960, avec une sorte d’étrangeté. Le tout constituait la matière cinématographique d’un film sur un fantôme vivant, sur le présent d’un passé. La tension du film repose sur une incertitude : on a le sentiment qu’elle peut surgir à tout moment… {La liberté de Bardot] tient essentiellement à son rapport naturel au corps, qui n’existe alors chez aucune  autre actrice de sa génération. Bardot est une conservatrice transgressive, d’où la puissance qui émane d’elle », confie le réalisateur.

France 2 a consacré sa soirée du 23 septembre 2014 à Brigitte Bardot : une interview par Laurent Delahousse (Un jour, un destin), puis Et Dieu créa la femmede Roger Vadim.

Et Dieu créa la femme
Et Dieu créa la femme… de Roger Vadim, avec Jean-Louis Trintignant propulse Brigitte Bardot au rang de star. « À Saint-Tropez, trois hommes s’enflamment pour la beauté sauvage d’une orpheline de 18 ans… Et Roger Vadim créa… le mythe Brigitte Bardot. Un film événement, diffusé dans une version restaurée ».

« À Saint-Tropez, Juliette, une orpheline de 18 ans, évolue parmi trois hommes qui la convoitent. Il y a Antoine, parti se chercher un avenir à Toulon. Mais aussi Michel, son frère cadet, qui a hérité de leur père un atelier de réparation de bateaux. Et puis il y a Éric Carradine, un quinquagénaire d’origine étrangère, promoteur et directeur de boîte de nuit qui rêve de bâtir un casino près de la plage. Placée dans une famille d’accueil, Juliette vend la presse dans une boutique sur le port mais elle n’aspire qu’à danser, flirter et vivre. Indignée de ces prétentions, la bonne société provinciale la condamne à retourner jusqu’à sa majorité dans une institution. Pour conserver sa liberté, le mariage seul peut la sauver… »

« À sa sortie en 1956, Et Dieu… créa la femme a connu un retentissement bien au-delà des frontières hexagonales, jusqu’aux États-Unis. Révélation du talent de cinéaste d’un jeune reporter de Paris match nommé Roger Vadim, le film fait entrer en pleine lumière le phénomène Brigitte Bardot ».

« Passée par la danse classique, la jeune actrice, que vient d’épouser le réalisateur, y campe un personnage de femme-enfant, à la fois innocente et troublante, attirée par le plaisir et attisant autour d’elle un désir ravageur. Sacrée sex-symbol, la starlette ne le sera plus longtemps : une incroyable carrière l’attend. Sous le soleil d’un petit village au bord de la Méditerranée, pas encore point d’attraction de la jet set, Et Dieu… créa la femmea d’abord créé un mythe. Il se résume à deux initiales : BB ».

Le 28 décembre 2016, Arte diffusa Et Dieu créa la femme…, de Roger Vadim, avec Jean-Louis Trintignant, puis le numéro de Personne ne bouge consacré à Brigitte Bardot.

En cas de malheur 

En cas de malheur, est un film réalisé par Claude Autant-Lara, puis Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul.

Produit par Raoul J. Lévy et Ray Ventura, En cas de malheur, de Claude Autant-Lara offre une adaptation d’un roman de Simenon par Claude Autant-Lara, Jean Aurenche et Pierre Bost. « Yvette et Noémie font un hold-up dans une boutique tenue par un couple âgé. Le casse tourne mal : la belle Yvette assomme la vieille dame et Noémie se fait pincer. Yvette se rend chez un avocat en vue, maître Gobillot. Elle lui expose son affaire, qu’il juge désastreuse. Puis, elle relève sa jupe, lui proposant de le payer en nature ». Une scène censurée à l’époque. Le « digne avocat mûr a du mal à rester impassible » et accepte la délinquante aux mœurs libres  telle qu’elle est… La rencontre entre deux monstres sacrés, Brigitte Bardot et Jean Gabin, finement orchestrée par Claude Autant-Lara ».

Intimidée à l’idée de jouer avec Jean Gabin, la jeune Brigitte Bardot butte sur ses répliques lors du tournage de la première scène avec le célèbre comédien. Faisant montre d’une fine élégance, Jean Gabin, qui connait par cœur son texte, fait semblant de l’ignorer. Ce qui détend Brigitte Bardot.

La robe Vichy

Arte diffusa le 23 janvier 2019 « La robe Vichy de Jacques Estérel » (Coutures. Das Vichykleid von Jacques Esterel), documentaire de Anna-Célia Kendall-Yatzkan et Muriel Edelstein.

« Une histoire en deux volets de pièces phares de notre garde-robe. Dans cet épisode : l’indémodable robe vichy. Sans voile ni satin, avec une robe de mariée taillée dans une cotonnade à rideau bon marché, Brigitte Bardot et le couturier Jacques Estérel défient en 1959 le star-system et les conventions en offrant aux femmes un glamour enfin abordable :  seins hauts dans un corsage ajusté, taille étranglée dans une profusion de tissu froncé sur un jupon gonflant ».

« Certains vêtements traversent les époques sans prendre une ride, à l’instar de la robe vichy, consacrée par Brigitte Bardot en 1959″. Une robe portée par la star lorsqu’elle apparaît devant les médias avec son deuxième mari, l’acteur Jacques Charrier. Généralement associé au terroir français, le tissu vichy passe allègrement les frontières. On le trouve jusqu’à Bali où il est paré de vertus spirituelles. Pourquoi un tel engouement ? Des confitures de nos grands-mères aux guerriers massaï, des culottes à carreaux des ânes de l’île de Ré aux Lolita d’aujourd’hui, le vichy n’en finit pas de surprendre. »

La vérité

En 1960, sort La Vérité, film dramatique d’Henri-Georges Clouzot.

« Dominique Marceau, jeune femme au charme dévastateur, passe en cour d’assises. Accusée d’avoir assassiné son amant Gilbert Tellier, elle clame désespérément qu’il s’agit d’un crime passionnel. Mais nul ne la croit. Et son avocat a lui-même abandonné l’idée de la sortir des griffes du défenseur de la partie civile. Avec la complicité du président du tribunal, ce dernier revient sur la vie débauchée de la jeune femme pour en dessiner un portrait peu flatteur : égoïste, instable, provocatrice et oisive, Dominique aurait volé le petit ami de sa sœur Annie par pure jalousie… »

Signé Henri-Georges Clouzot, un « drame aussi précis qu’épris de liberté, où la sensuelle » Brigitte Bardot révèle son talent de tragédienne et s’avère époustouflante dans ses scènes devant la Cour, face au séduisant Sami Frey, Paul Meurisse, « avocat cynique et cruel », Charles Vanel « et sa dérision savoureuse », Louis Seigner, sociétaire de la Comédie française, Marie-José Nat, Jacques Perrin.  Clouzot y raille les ténors du barreau parisien.

« À la mise en scène « théâtrale » du procès, réglée avec une précision d’orfèvre – et émaillée de joutes oratoires incisives, tantôt noires, tantôt cocasses -, Clouzot juxtapose en un montage judicieux des flash-backs de la vie de l’héroïne. Tournées au Quartier latin en décor réel, ces scènes révèlent le quotidien d’une jeunesse bohème, éprise de liberté et provocatrice. Une génération porteuse des bouleversements à venir, qui s’oppose aux codes moraux bourgeois et rigides des aînés. De quoi faire taire les railleries de la Nouvelle Vague qui, à l’époque, voulait rejeter le cinéaste à l’arrière-garde ».

La Vérité (1960) de Henri-Georges Clouzot est un « suspense judiciaire autour du procès d’une jeune femme accusée du meurtre de son amant. Clouzot le terrible, fidèle à sa réputation, réalise un film d’une noirceur extrême et tyrannise la pauvre Brigitte Bardot, forcée d’abandonner ses pitreries pour jouer dans un registre paroxystique. Avec le temps, le film a gagné en étrangeté. La vulgarité du film et les poncifs qu’il véhicule sur la jeunesse sont datés, mais la mise en scène ne manque pas de force et Bardot est assez géniale », a analysé Olivier Père.
Et de conclure : « À travers le procès de cette jeune femme trop désirable, libre et amorale, coupable d’avoir trop aimé et provoqué l’amour, on peut voir celui de son actrice, star et symbole sexuel dont la vie privée passionnelle et scandaleuse faisait couler davantage d’encre que ses performances à l’écran, dans une France pudibonde et conservatrice. Il s’agirait alors d’une mise en abyme cruelle, et même sadique, typique des systèmes de domination des acteurs instaurés par Clouzot sur ses tournages, mais au résultat remarquable sur le plan dramatique. Précipité de misanthropie, La Vérité brille par la qualité de son interprétation : Paul Meurisse et Charles Vanel sont impressionnants en ténors du barreau, Sami Frey est parfait en beau ténébreux. La diffusion de La Vérité permet de saluer la mémoire de l’actrice Marie-José Nat, disparue le 10 octobre 2019. Clouzot lui offre le deuxième rôle important de sa jeune carrière après Rue des prairies de Denys de La Patellière : celui de la rivale de B.B. auprès de son amant interprété par Sami Frey. Quant à Brigitte Bardot, elle suscite l’admiration et parvient à s’imposer à l’écran en véritable tragédienne, dans ce qui restera le sommet de sa filmographie, avec Le Mépris de Jean-Luc Godard, trois ans plus tard ».

Arte diffusera le 13 juillet 2021 « La bride sur le cou » (In Freiheit dressiert), film franco-italien de Roger Vadim (1961), avec Brigitte Bardot, Michel Subor, Claude Brasseur, Mireille Darc.

« Une mannequin entreprend de se venger d’un amant trop volage… Cinq ans après « Et Dieu… créa la femme », Roger Vadim retrouve Brigitte Bardot pour une comédie romantique aussi légère qu’une bulle de champagne. »
« Sophie, mannequin, découvre que Philippe, son amant photographe du moment, est tombé amoureux de Barbara, une riche héritière américaine. Profondément blessée, la jeune femme humilie Philippe sous les yeux de Barbara et des consommateurs du Café de Flore où la scène se déroule. Deux jeunes chirurgiens, Claude et Alain, tous deux éblouis par la beauté de Sophie, ne perdent pas une miette de l’esclandre. Ils entreprennent de consoler la jeune femme, qui décide de se venger. »
« Roger Vadim imagine un nouvel écrin pour sublimer BB, qui était sa femme lorsqu’il fit d’elle un sex-symbol international dans Et Dieu… créa la femme en 1956. Cinq ans plus tard, si les deux époux ont divorcé, Vadim dirige de nouveau sa muse dans cette comédie romantique enlevée dont une partie de l’action se déroule à Villard-de-Lans. Au programme, numéro de danse et scènes dénudées mémorables. »

Viva Maria

En 1965, Louis Malle réalise Viva Maria avec deux stars : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau. « Deux chanteuses de music-hall font la révolution en Amérique centrale et inventent le strip-tease !  » Un film récompensé par le Grand prix du cinéma français et diffusé par Arte les 1er et 9 septembre 2016.

« Au début du XXe siècle, à l’occasion de leur premier duo sur scène, deux jeunes femmes que le hasard a réunies au sein d’une troupe de music-hall ambulante tirent parti d’un accident vestimentaire pour inventer le strip-tease. Tout irait bien pour elles si elles ne se trouvaient mêlées à une révolution paysanne conduite par un ardent jeune homme dont elles s’éprennent toutes les deux, l’une ouvertement, l’autre en secret… »

« Sur une musique de Georges Delerue, un western échevelé réalisé en 1965 par Louis Malle avec les deux stars féminines de l’époque : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau ».

Avec la chanson Ah ! Les p’tites femmes (de Paris) signée de Louis Malle, Jean-Claude Carrière et Georges Delerue. Et des pépites drôles – Jeanne Moreau haranguant des paysans mexicains en citant Jules César de Shakespeare pour les inciter à faire la révolution malgré la mort du chef Florès – ou surréalistes : le magicien qui retire la balle du corps de sa colombe décédée et qui reprend vie ou l’homme d’église mort qui s’avance en tenant sa tête entre ses mains.

« Spécial Bardot » par François Reichenbach et Eddy Matalon

Pour le Jour de l’an 1968, l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), organisme public audiovisuel, a diffusé le show musical Spécial Bardot. Dans une atmosphère conviviale, la star est entourée de ses amis : Sacha Distel, élégant en smoking pour La Belle vie, Claude Brasseur, Serge Gainsbourg, Claude Bolling…

Une série de clips de ses succès – pieds nus pour La Madrague, en cuissardes pour Harley Davidson – et de reprise de standard de jazz – Everybody Loves My Baby accompagnée par Claude Bolling et son orchestre – qui alternent avec des séquences de Brigitte Bardot lors d’une séance photo avec Sam Lévin et David Bailey, arborant des min-robes sexy et des styles différents – robe Charleston frangée des années 20, vêtements de hippie – et flânant à La Madrague, à Saint-Tropez, à Port Grimaud, à Paris et à Londres. « Révolutionnaire ! Un crescendo ascensionnel qui s’achève sur une vision de Bardot sanglée d’un parachute, s’envolant dans les airs en chantant « Mr Sun » dans une robe hippie (griffée, tout de même [Paco Rabanne, nda]) ».

Filmée avec talent et amour, au summum de sa beauté et de son succès, la star française mondiale déploie l’étendue de son talent dans des registres variés : de la nostalgie à la comédie. Souveraine. Sensuelle. Ironique. Rayonnante. La démarche souple et gracieuse de ballerine. Les yeux charbonneux soulignés de khôl.

Et avec des guest stars : Sacha Distel (La bise aux hippies), Claude Brasseur (Bubble Gum), Serge Gainsbourg – Comic Strip, Bonnie and Clyde (duo mythique) – et Manitas de Plata.

Une « émission culte » des sixties exaltant dans certains titres une joie de vivre, une bonne humeur et l’insouciance !

Un modèle parfois imité – show télévisé Isabelle Adjani en 1984 -, mais jamais égalé.

On ne peut que regretter que les visuels disponibles soient en noir et blanc pour une émission en couleurs : celles automnales de la Côte d’Azur et de Paris, celles pimpantes et chatoyantes des hippies.

Défense des animaux
En 1973, Brigitte Bardot annonce son retrait du show business afin de se consacrer à la défense des animaux.

Une décision reçue avec incrédulité par les médias.

Brigitte Bardot quitte définitivement les studios de cinéma, et crée sa fondation. L’un de ses combats les plus médiatisés a concerné la protection des bébés phoques.

« En Allemagne et en France, on ne sait pas ce que c’est que de gérer un territoire hostile de 10 millions de km²… Au Canada, si. On parvient même à maintenir sur la banquise, zone hostile s’il en est, une relative harmonie entre phoques et chasseurs. Jusqu’à ce que Brigitte Bardot s’en mêle. En 1977, encore dotée de son aura de sex-symbol international, BB débarque sur la banquise et braque l’attention des médias du monde entier sur le destin du pauvre petit blanchon. Comment peut-on briser à coups de gourdin les crânes de ces créatures cotonneuses aux grands yeux humides ? »

Aquarelles de Manara

Le 12 juin 2016, vingt-cinq œuvres – aquarelles et encres de Chine – du dessinateur italien septuagénaire Manara représentant la jeune Brigitte Bardot ont été vendues par 592 702 euros lors d’enchères organisées par la maison parisienne Millon. Manara est célèbre pour ses bandes dessinées érotiques : Le déclic, Un été indien.

Le tableau vendu le plus cher (35 090 euros) « représente l’actrice nue de profil, assise, avec les genoux repliés sur sa joue ». « Pour cette vente réalisée en duplex à Bruxelles et Paris, les enchères ont débuté à 15000 euros ».

La « dernière fois que l’actrice française, aujourd’hui âgée de 81 ans, a autorisé un artiste à la représenter remonte à 1968, quand le sculpteur Aslan avait créé à son effigie un buste de Marianne, figure de la République française qui orne nombre de mairies et sites officiels ».

Les « 25 aquarelles ont été signées au dos par l’ancienne actrice, qui a également intégré à chaque dessin le symbole qui lui est le plus personnel, une « marguerite à sept pétales qui veut dire je t’aime discrètement à ceux qui la reçoivent…» Certains tableaux évoquent la célèbre photographie de Sam Lévin ou Bardot immortalisée avec son Harley Davidson, d’autres des films ou son amour pour les animaux. L’artiste a su, en général, restituer l’intensité du regard, les jambes fuselées, et le port de ballerine de Brigitte Bardot.

 

« C’est la salle de ventes parisienne Millon, assistée des experts en BD bruxellois Alain Huberty et Marc Breyne, qui a établi le contact entre l’ex-star de cinéma et Manara, leurs proposant de réaliser une série originale. « Reproduire son visage est très difficile car il a des expressions subtiles, entre ironie, mystère, séduction et provocation», avait déclaré l’artiste italien dans un entretien réalisé en mai par l’AFP. « Il a fait des dessins vivants. On y sent le vent… On y lit une révolte, une sensualité, un amusement », avait commenté Brigitte Bardot ».

Attentats terroristes islamistes

Le 29 juillet 2016, Brigitte Bardot a twitté : « Attentats : J’ai mal au cœur, à tous mes cœurs. Je vomis ces terroristes islamistes. Stop à « l’Aïd el Kebir humain » ! » D’une part, elle se référait aux attentats terroristes islamistes revendiqués par l’Etat islamique et commis par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, Tunisien, sur la Promenade des Anglais à Nice dans la soirée du 14 juillet 2016 –  – 84 personnes tuées et 286 blessées -. et par Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, à l’église Saint-Étienne de Saint-Étienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016 – le père Jacques Hamel égorgé près de l’autel, un paroissien blessé. Et d’autre part, elle évoquait la fête islamique au cours de laquelle les musulmans sacrifient traditionnellement un animal, notamment un mouton, en l’égorgeant. Ce tweet de Brigitte Bardot a été liké 987 fois et retweeté 657 fois au 834 fois au 31 juillet 2016.

Son message a suscité une polémique. Directrice du Huffington Post, la journaliste Anne Sinclair a répondu sur son compte Twitter : « Le Mépris était un beau film« . Son twitt a été liké 63 fois et retweeté à 50 reprises.

Le 20 juin 2016, dans sa tribune Magnanville, Rennes, Tel Aviv : trois versions d’un même déni (Le Figaro, 20 juin 2016)Shmuel Trigano, philosophe et sociologue spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain, affirme que les « hommes politiques et intellectuels, marqués par le postmodernisme, oublient que les actes terroristes sont aussi des actes religieux. Pour s’en démarquer, les musulmans doivent condamner ce retour primitif au sacrifice humain » :

« Les derniers événements à Tel Aviv, Orlando, Magnanville et Rennes marquent un tournant dans le rapport à la situation, que certains d’entre nous connaissent bien depuis 15 ans. La défaite des belles âmes qui ont parasité la conscience collective du réel est annoncée…  Une information très contrariante a été squizée tout simplement par les médias car elle éclairait trop grossièrement la réalité: à savoir qu’une femme a reçu trois coups de poignard à Rennes le jour même de Magnanville, de la part d’un individu qui voulait selon ses mots « faire un sacrifice pour le Ramadan ». C’est ce qu’on pouvait lire sur le moment dans les dépêches de presse des chaînes d’information. Puis on a lu que ce meurtrier mystique était un « déséquilibré » et l’information a ensuite disparu…Le meurtre [à Rennes] est justement défini par l’auteur comme un « sacrifice », c’est à dire un acte religieux, ce que sont tous ces actes barbares et pas uniquement « terroristes ». Leur finalité est religieuse – sauf que la religion du califat est aussi sa politique… Or c’est ce que le discours officiel s’évertue à nier et cacher, ce qui a conduit à la confusion totale des esprits et à l’égarement du public.
En France des débats médiatiques s’évertuent à comprendre – disent-ils – les causes d’un tel phénomène et s’épuisent en considérations qui n’ont de sociologiques que le nom car elles négligent le constat du fait idéologique, religieux et politique, qui est pourtant au cœur du social.
Une telle situation vaut aussi pour Tel Aviv… Le soir même du massacre, toutes les villes de Cisjordanie et de Gaza ont célébré l’ignominie avec feux d’artifices, offrande de douceurs, comme s’il y avait là un rituel de Ramadan…
Il y a aujourd’hui dans l’islam, un courant qui se revendique de ses valeurs pour commettre ces actes. C’est un problème pour les musulmans qui doivent le combattre s’ils veulent s’en démarquer… La guerre de religion qui fait rage dans l’islam contemporain entre sunnites et chiites confirme cet état de faits. Il y a tout simplement, si l’on peut dire, un courant, l’islamisme, qui est à l’œuvre dans ce chaos. Dans les rangs de cet univers religieux, se produit dans une terrible régression de l’humanité qui voit la religion régresser aux temps primitifs des sacrifices humains, des crimes rituels…
Il faut appeler un chat, un « chat ». C’est la condition sine qua non de la salubrité publique et de la santé mentale, ce que le discours dominant officiel autant que médiatique a mis en très grave danger depuis 15 ans. La question doit être posée au monde musulman. C’est comme cela qu’il faut concevoir un rapport d’égalité et de respect que nous sommes en droit d’attendre et d’exiger ».

Le 28 juillet 2016, dans sa tribune Terrorisme : on sacrifie les victimes pour ne pas avoir à livrer bataille contre les bourreaux publiée par Le Figaro, Shmuel Trigano, professeur émérite des universités, a écrit :

« Les actes terroristes sont commis explicitement au nom de l’islam…

Le meurtre des non-musulmans est perpétré par les islamistes comme un sacrifice religieux offert à la divinité, un meurtre «moral», «sacré», de même que la mort recherchée du pseudo « martyr » lui ouvre la porte du paradis : un véritable culte de la mort.

Il faut comprendre cette logique d’un autre âge, profondément régressive sur le plan de l’histoire humaine (la régression de la religion au sacrifice humain!), pour comprendre le motif de tous ces massacres. Cette explication n’est pas un commentaire de ma part. Elle découle de sources coraniques et elle est confirmée par l’imam Qaradawi, qui siège au Qatar, pays ami de la France, et qui est le chef du Conseil de la Fatwa pour l’Europe, le mentor sur la plan de la Charia des Frères Musulmans (et donc de leurs émules français). Dans ses décisions juridiques, il justifie le meurtre des non musulmans, et avant tout des Juifs, comme un moyen licite de défendre et illustrer l’islam. Il va même jusqu’à estimer que, si le «martyr» le juge nécessaire, le meurtre des non-musulmans pourrait s’accompagner, pour le succès de l’opération, de la mort de musulmans (ainsi expédiés illico presto au paradis). Sur ce dernier point, cela montre parfaitement que le fait que les attentats frappent aussi des musulmans ne diminue en rien le caractère et la justification exclusivement islamiques de ces actes. À ce propos, il est pitoyable de voir journalistes et experts se perdre en conjectures sur les motifs des massacres et entraîner avec eux un public sidéré et égaré, parce qu’ils se refusent à voir la réalité en face…

« Statue

Le 28 septembre 2017, pour les 83 ans de la star, Saint-Tropez a dévoilé une statue en bronze à son effigie. « La beauté de la statue de Brigitte Bardot, inspiré de la Naissance de Vénus de Botticeli, revisité par le maître italien de la BD érotique Milo Manara, n’a pas enthousiasmé tous les admirateurs de l’actrice… Cette œuvre grandiose, de quelque 700kg et de 2,5m de hauteur, a été offerte à la mairie par le commissaire-Priseur Alexandre Millon. Il avait été le responsable de la vente aux enchères des 25 aquarelles de Manara dédiées à l’icône ».

Un bel hommage et une œuvre de gratitude à l’égard de Brigitte Bardot qui a rendu mondialement célèbre ce port de pêche apprécié de peintres impressionnistes.

Moi je joue

Le 25 octobre 2017, sort Moi je joue, de Brigitte Bardot avec la collaboration de François Bagnaud. « La chanson, c’était ma récréation après les tournages ! » « Gilbert Bécaud, Sacha Distel, Georges Brassens, Jacques Brel, Nino Ferrer… tous ont voulu composer pour Brigitte Bardot en célébrant sa beauté et sa sensualité. Mais ce sont Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois («La Madrague», «Le Soleil»), et bien sûr Serge Gainsbourg («Harley Davidson», «Bonnie and Clyde») qui lui écriront ses plus belles et inoubliables chansons. Entre sourire et émotion, B.B. partage ses souvenirs souvent inédits, parfois touchants et inattendus, sur sa carrière de chanteuse ».

Combats

Le 17 janvier 2018, dans un entretien avec Paris Match, Brigitte Bardot a déclaré : « Je vis très simplement avec mes animaux et pour ma fondation. Loin de ce qu’on avait baptisé la “bardolâtrie”, quand les gens me poursuivaient pour des autographes. Je veux vaincre l’indifférence des gouvernements et des peuples vis-à-vis des animaux. C’est mon amour pour eux et ce combat qui, jour après jour, me donnent à mon âge cette force. Par ailleurs, je ne parle que si j’ai quelque chose à dire. Je me réveille à La Madrague vers 9 heures, m’occupe de mes neuf chiens et six chats, puis de moi. Après, j’appelle la fondation pour un tour d’horizon. Bernard, mon compagnon et mari, me sert d’intermédiaire avec les fax et les e-mails. Je n’ai ni ordinateur ni tablette. Pas même de portable, cet instrument qui sert aussi à faire d’horribles selfies – on ne peut aller nulle part sans que quelqu’un se colle à vous ! La journée commence donc avec le courrier. Je reçois quelque 60 à 70 lettres par jour. Je réponds moi-même à celles qui sont importantes ou me touchent. A 13 heures, je vais à La Garrigue, ma ferme, retrouver mes autres animaux, une cinquantaine, parmi lesquels Candy le poney et Bonhomme l’âne, vivant en liberté en compagnie de sept cochons, huit chèvres, autant de moutons, deux boucs, une tortue, des oies, des canards, des poules et dix-sept chiens et chats. Là, je me consacre à la fondation. En trois décennies, elle a pris beaucoup d’importance. Vers 18 heures, fatiguée, je regagne La Madrague. Il faut reconnaître que je n’ai jamais eu autant de travail que maintenant, à 83 ans ! Je dîne avec Bernard, passe quelques coups de fil et me couche. Je ne vais jamais à Saint-Tropez. Non seulement pour ne pas risquer de provoquer d’émeute ou me mettre en danger, mais parce que ça n’a plus rien du petit port de pêche que j’ai connu. C’est devenu une vitrine du luxe, un lieu sans âme ».

Et de se souvenir : « Partout où je passais, j’étais traquée. J’ai encore du mal à comprendre ce qui m’est arrivé, une sorte d’enchaînement incontrôlable m’ayant rendue très méfiante à l’égard de la race humaine. Je n’ai quasiment pas gardé de relations dans ce milieu, d’autant qu’à mon âge il me reste peu d’amis de ces années-là. Mes seules attaches : un peu Delon, Belmondo, Mylène Demongeot, Robert Hossein. On se téléphone une ou deux fois par an, un lien surtout dû aux animaux, sujet qui nous rapproche ».

Sur le harcèlement sexuel : « Concernant les actrices, et pas les femmes en général, c’est, dans la grande majorité des cas, hypocrite, ridicule, sans intérêt. Cela prend la place de thèmes importants qui pourraient être discutés. Moi, je n’ai jamais été victime d’un harcèlement sexuel. Et je trouvais charmant qu’on me dise que j’étais belle ou que j’avais un joli petit cul. Ce genre de compliment est agréable. Or il y a beaucoup d’actrices qui font les allumeuses avec les producteurs afin de décrocher un rôle. Ensuite, pour qu’on parle d’elles, elles viennent raconter qu’elles ont été harcelées… En réalité, plutôt que de leur profiter, cela leur nuit ».

Sur son combat contre le cancer : « La maladie, la souffrance, la mort, c’est grave et pas trop rigolo, n’est-ce pas ? Comment prétendre le contraire ? Mais puisque c’est inéluctable, il faut essayer de l’apprivoiser. Quand j’ai eu un cancer du sein, ça a été très difficile. J’étais toute seule et j’avais décidé de faire uniquement de la radiothérapie, et pas cette épouvantable chimio, pour ne pas perdre mes cheveux. Elle détruit le mal mais aussi le bien et on en sort anéanti. Je vois des gens qui, après cette épreuve, sont des loques. Jamais je ne voudrais passer par là. Cette maladie m’a obligée à me retrouver face à moi-même. Et maintenant, si j’aime bien parfois la solitude, je ne peux néanmoins vivre seule. Je n’ai pas paniqué, pensant que je vaincrais, que je n’allais pas mourir. C’est resté secret jusqu’au jour où le mal a été derrière moi. Cela fait une bonne trentaine d’années, maintenant. Mais ma plus belle victoire est celle que je n’ai pas encore obtenue pour les animaux ».

« Moi non plus« 

Le Théâtre de la Madeleine présente « Moi non plus« , pièce de Bertrand Soulier, dans une mise en scène de Philippe Lellouche, avec Jérémie Lippmann et Mathilde Bisson. « Décembre 1967. Brigitte rejoint Serge dans la nuit secrète d’un palace parisien. « Écris-moi la plus belle des chansons d’amour », demande l’actrice au compositeur. Les amants ne le savent pas encore mais leur idylle vient d’entrer dans l’Histoire.  Les paroles seront d’une impudeur grandiose, la mélodie d’une sensualité inégalée… Gainsbourg s’installe derrière le piano sous les yeux de Bardot : la légende est en marche ».

Pampelonne
Le 14 juillet 2018, Brigitte Bardot a déploré les projets de réaménagement de la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, sur la presqu’île de Saint-Tropez.

Elle a déclaré à Paris-Match : « Au début il n’y avait rien. Et puis des plages sont apparues avec le film « Et Dieu… créa la femme ». Chacune était différente, rigolote et non conforme. Il y avait de la joie, c’était le symbole de la liberté. Avec ce projet de réaménagement cette plage va devenir monotone, alors qu’elle était si charmante… C’est dramatique ! »
Et d’ajouter : « On est en train de tuer l’âme de Pampelonne. C’est une époque qu’ils vont foutre en l’air. L’argent va tuer cet endroit, comme c’est déjà le cas dans le village de Saint Tropez, où je ne vais plus… Au début du Club 55, ce n’était qu’une buvette. Il n’y avait pas un rat. L’Esquinade avec la famille Urbini fait partie de ma famille. Comme les Moreu Des Jumeaux. Aujourd’hui j’apprends qu’ils ont perdu leur plage. Pourtant elle est élégante, joyeuse, très couleur locale. Jean-Claude Moreu a continué malgré le décès de son frère jumeau. Aujourd’hui en lui enlevant leur création de plus de trente ans, on a tué une deuxième fois son frère ».

Aïd el-kébir 2018

À l’occasion de cette fête musulmane, la Fondation Brigitte Bardot a annoncé avoir sauvé près de 650 moutons et les avoir mis en sécurité. « Pour la 4ème année consécutive, la Fondation Brigitte Bardot était présente dans les Bouches-du-Rhône sur plusieurs sites clandestins, en renfort des autorités qui ont préparé et rendu possibles les interventions, pour organiser la prise en charge d’un maximum de moutons. »

« Plus de 400 moutons ont été saisis dans les Bouches-du-Rhône, plus de 200 en Île-de-France, une cinquantaine d’autres en Normandie et en Alsace… Tous ces animaux, qui devaient être égorgés un 21 août, à l’occasion de l’Aïd el-Kebir, dans des conditions abjectes, rejoignent la plus grande ferme des animaux sauvés de la mort, l’arche de la Fondation Brigitte Bardot ! À ce stade nous ne pouvons donner trop de détails sur l’origine des animaux, compte-tenu des procédures engagées. Pour en savoir plus, suivez-nous sur Facebook et sur Twitter », a conclu la Fondation Brigitte Bardot.

Le président Macron

Le 24 juillet 2018, durant l’affaire Benalla, Brigitte Bardot a été reçue par le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron. Elle s’est dite « confiante » après cet entretien.
Brigitte Bardot a critiqué le gouvernement d’Edouard Philippe sur plusieurs thèmes.
Le 28 août 2018, sur BFMTV, Brigitte Bardot s’est dite « ravie » de la démission de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, et « furieuse » à l’égard du président Emmanuel Macron qu’elle accusait de se mettre « à genoux » devant les chasseurs : « Je suis furieuse contre Macron. Alors que j’ai eu un petit espoir quand je l’ai rencontré le 24 juillet à l’Elysée, cet espoir s’est envolé. Je suis très sévère depuis hier avec Emmanuel Macron, quelqu’un qui peut à ce point là se mettre à genoux devant des assassins, parce que les chasseurs sont des assassins. Nicolas Hulot « a été certainement aussi horrifié que moi par l’allégeance de Macron devant les chasseurs »..

Le 28 novembre 2018, jour anniversaire de la sortie de « Et Dieu… créa la femme » réalisé par Roger Vadim, Brigitte Bardot a posté sur Twitter une photo d’elle prise à La Garrigue, une de ses deux maisons tropéziennes avec la Madrague. Son chien et elle arborent un gilet jaune. Et Brigitte Bardot légende ainsi sa photographie : « Avec vous ! » Au Var Matin, elle a confié son soutien à ce mouvement de protestation contre la politique du président Emmanuel Macron.
Le 1er décembre 2018, Brigitte Bartot a explicité sa position : « Je suis avec eux. Macron n’a pas accordé la baisse des taxes prévue en janvier. Vous avez d’un côté des ministres avec chauffeur, de l’autre, des gens qui ont trois francs six sous pour finir le mois. Je vais finir par devenir communiste… Non quand même pas (sourire). Mais Macron tue les petites gens. Ça me fait mal au cœur. Je lui souhaite… une bonne jaunisse… [Le président Emmanuel Macron] se comporte comme un maître sans empathie, extrêmement lointain, supérieur, avec un côté royal. Mais seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Pourquoi ne pas accorder une prime de Noël aux Gilets jaunes afin qu’ils puissent acheter des cadeaux pour leurs enfants… [Le président Emmanuel Macron m’a rencontrée car il] voulait connaître nos besoins urgents. Le résultat n’a pas été à la hauteur. Dès qu’on a eu le dos tourné, il a accordé des avantages scandaleux aux chasseurs. On devait se revoir en décembre, mais il a remis le rendez-vous aux calendes grecques. Ce que je demande, c’est l’abaissement de la TVA sur les médicaments vétérinaires de 20 à 5,5 %. Les soins pour tous ces gens sans argent qui ont des animaux, c’est trop cher… Macron a un charme fou. Il devrait être acteur ce type. Il a un physique agréable, il est extraordinairement séduisant. [Brigitte Macron] est arrivée au milieu de notre rendez-vous avec leur chien. Je l’ai trouvée tout à fait charmante. Ils ont beaucoup d’allure tous les deux. C’est très joli leur histoire. Mais je préfère deux mochetés qui donnent des résultats. Le gouvernement ne fait rien (elle épelle) : R.I.E.N. »
Et Brigitte Bardot d’ajouter : « Je suis écœurée par la politique. J’en ai ras le bol. Je trouvais que Mélenchon avait de bonnes idées, et il est végétarien. C’est un type formidable, un meneur, quelqu’un qui pourrait vraiment réussir, mais il en fait trop, avec les immigrés par exemple… Plein de petits vieux n’ont rien à bouffer, on ferait bien de s’en occuper ».
Elle a aussi confié au Parisien son admiration pour l’essayiste Eric Zemmour : « Je le regarde à la télé. Il a du courage. Il dit ce qu’il pense, dans ce pays de langue de bois où, dès que l’on dit quelque chose de travers, on est traîné devant les tribunaux. J’ai été condamnée cinq fois. La plupart des gens n’osent pas l’ouvrir parce que c’est mal vu. J’ai toujours dit ce que je pensais. Ce n’est pas à 84 ans que je vais arrêter… Je l’adore ».
Le château de la Buzine à Marseille (Bouches-du-Rhône) accueille, jusqu’au 10 mars, l’exposition « Et Bardot créa le mythe ».

« Brigitte Bardot – Biographie »

En novembre 2018, les éditions Akfg ont publié « Brigitte Bardot – Biographie« . « Brigitte Bardot comme vous ne l’avez jamais lue, révélée par l’un des proches, Bruno Ricard « son ami de combat », écrira t-elle, son fan absolu, surtout le plus grand collectionneur « Bardophile » au monde, depuis des lustres responsable de son blog ! C’est ainsi qu’il vous raconte sa passion – la nôtre aussi – son parcours atypique, une BB vue sous toutes les coutures, sa famille, ses débuts, sa carrière, ses combats – surtout ceux voués sans cesse à la cause animale -, mais aussi ses petits secrets, l’histoire de sa vie, de ses victoires comme de ses échecs, un portrait sans fard de celle qui demeure l’icône absolue du cinéma français. Tout cela raconté à travers un récit dense, des témoignages, des anecdotes, une histoire qui va plus loin que ses (nombreuses) biographies puisque pétrie d’une authentique passion, presque un amour fou ressenti par les seuls vrais admirateurs qui n’ignorent rien de l’objet de leur fascination. Au final, un livre qui sort des sentiers battus qui, tour à tour, étonne, emporte, fascine, dérange parfois, illustrant au fil des pages une image différente de « sa Brigitte », radieuse et ombrageuse, naturelle et sophistiquée, simple et compliquée, douce et tonitruante, une femme simple qui, de Paris à Hollywood via Saint-Tropez, changea un jour le face du monde. De la star fabriquée à la farouche résistante, il fait le tour de BB à travers sa propre approche de ce qui demeure un authentique phénomène du cinéma, à la fois actrice adulée mais aussi férocement détestée, un véritable paradoxe entre les images radicalement opposées de l’ingénue de ses débuts à la femme libérée – car la libération de la femme a bien pris son essor à partir du mythe BB – celle aussi d’une incroyable transition entre la star que l’on imaginait parée de fourrures, et la farouche passionaria de la cause animale. Derrière ce paradoxe – de la reine du box-office à la Fondation BB ― un portrait habilement dressé de l’une des femmes incontournables de l’histoire du XXe siècle. Ce livre en apporte la preuve formelle… »

La Réunion
Dans une lettre rendue publique par la Fondation Brigitte Bardot, Brigitte Bardot s’est indignée de la maltraitance envers les animaux dans l’île de La Réunion : « Les autochtones ont gardé leurs gênes de sauvages », accusant les Réunionnais de « barbarie » à l’encontre des animaux. Elle évoque pêle-mêle « des réminiscences de cannibalisme des siècles passés », « une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches ».

Le préfet de La Réunion et des élus ont saisi le procureur de la République à propos de ces propos condamnés par le gouvernement et l’Assemblée nationale.

« Brigitte Bardot amoureuse »
Le 12 avril 2019, France 3 diffusa deux documentaires sur Brigitte Bardot : à 21 h 05, « Brigitte Bardot amoureuse » de Virginie Linhart – « En 1973, à 38 ans, Brigitte Bardot faisait ses adieux au cinéma, mettant un point final à une carrière riche d’une cinquantaine de films, dont une poignée de chefs-d’œuvre. Ce documentaire, fondé sur de nombreuses archives (filmographie, reportages, interviews, témoignages…), retrace la fabuleuse carrière de BB à travers sa quête d’amour. Surtout, il s’appuie sur une source inédite : les films amateurs tournés par Louis Bardot, le père de Brigitte. On y voit la future icône de Et Dieu créa la femme, de sa naissance à son adolescence, jusqu’à son mariage avec le réalisateur Roger Vadim. Des images du bonheur ? Pas sûr… » – et à 22 h 55 : « Brigitte Bardot le serment fait aux animaux » de Rachel Kahn et François Chaumont : « Dès 1973, connue du monde entier par ses seules initiales, BB fuit les caméras et devient une pionnière de la lutte pour les droits des animaux. Pour la première fois, la créatrice de la FBB raconte l’histoire de son engagement, porté par une passion sans faille »..

« La robe Vichy de Jacques Estérel » par Anna-Célia Kendall-Yatzkan et Muriel Edelstein
France, 2013
Sur Arte le 23 janvier à 3 h 30

À partir du 19 janvier 2018
Au Théâtre de la Madeleine 
19, rue de Surène. 75008 Paris

Du mardi au samedi à 19h.

Et Dieu créa la femme… de Roger Vadim
Iéna Productions, Cocinor, U.C.I.L, Raoul J. Lévy, 1956, 88 min

Image : Armand Thirard

Montage : Victoria Mercanton

Musique : Paul Misraki

Scénario : Roger Vadim, Raoul J. Lévy

Avec Brigitte Bardot, Curd Jürgens, Jean-Louis Trintignant, Christian Marquand, Georges Poujouly, Jean Tissier, Jeanne Marken, Mary Glory, Isabelle Corey, Jean Lefebvre, Philippe Grenier, Jacqueline Ventura, Paul Faivre

Sur Arte le 28 décembre 2016 à 20 h 55

« La vérité » par Henri-Georges Clouzot
France, Italie, 1960, 123 minutes
Scénario : Henri-Georges Clouzot, Véra Clouzot, Simone Drieu, Jérôme Géronimi, Michèle Perrein et Christiane Rochefort
Production : CELAP, Iéna Productions
Producteur/-trice : Roger Debelmas et Raoul Lévy
Image : Armand Thirard
Montage : Albert Jurgenson
Musique : Igor Strawinski et Ludwig van Beethoven
Avec Brigitte Bardot, Charles Vanel, Sami Frey, Paul Meurisse, Marie-José Nat
Sur Arte le 23 mars 2020 à 20 h 55

Scandale ! Brigitte Bardot au secours des bébés phoquesde Philippe Collin, Xavier Mauduit, Frédéric Bonnaud
Sur Arte le 15 août 2015 à 20 h 36

« La bride sur le cou » de Roger Vadim

France, Italie, 1961, 86 min
Scénario : Jean Aurel, Roger Vadim et Claude Brulé
Production : Les Productions Jacques Roitfeld, Vides Cinematografica
Producteurs : Jacques Roitfeld, Francis Cosne
Image : Robert Lefebvre
Montage : Albert Jurgenson
Musique : James Campbell
Avec Brigitte Bardot (Sophie), Michel Subor (Alain Varnier), Mireille Darc (Marie-Jeanne), Joséphine James (Barbara Wilbury), Claude Brasseur (Claude), Jacques Riberolles (Philippe)
Sur Arte le 13 juillet 2021 à 15 h 50
Disponible du 06/07/2021 au 04/08/2021
Visuels : © Productions Roitfeld

Viva Maria, de Louis Malle

Nouvelles Editions de Films, Les Productions Artistes Associés, Vides Cinematografica, Oscar Dancigers, 1965, 112 min

Image : Henri Decaë

Montage : Kenout Peltier, Suzanne Baron

Musique : Georges Delerue

Scénario : Louis Malle, Jean-Claude Carrière

Avec Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Claudio Brook, Paulette Dubost, Poldo Bendandi, George Hamilton, Carlos López Moctezuma, José Ángel Espinosa ‘Ferrusquilla’

Sur Arte les 15 août à 13 h 35, 23 août à 13 h 35, 1er septembre à 13 h 35 et 9 septembre 2016 à 13 h 35

Visuels : © Gaumont 2013

« Spécial Bardot »

Par François Reichenbach et Eddy Matalon

France, 1968, 47mn

Musique : Francis Lai

Diffusion le 22 juillet 2012 à 16 h 15

Visuels : 
© Arte pour En cas de malheur
© Studio Canal
© Sony Pictures pour La Vérité
© Jean Adda
© Sipa. 1977 – Brigitte Bardot en campagne pour sauver les bébés-phoques au Canada

Cet article a été publié pour la première fois le 21 juillet 2012, puis le :

– 9 septembre 2012 à l’approche de la soirée Gainsbourg sur France 2 – Gainsbourg (Vie héroïque) de Joann Sfar, puis Un jour un destin, Gainsbourg – ce 9 septembre 2012 dès 20 h 45 ;

– 25 décembre 2012 à l’approche de la diffusion de Viva Maria, de Louis Malle, avec Jeanne Moreau et Brigitte Bardot, le 26 décembre 2012 à 0 h 05 ;

– 27 novembre 2013. Arte a diffusé Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul, ce 27 novembre 2013 à 20 h 50 ;

– 24 mars 2014. Arte a diffusé à 20 h 40 La vérité d’Henri-Georges Clouzot, avec Brigitte Bardot, Sami Frey et Marie-José Nat ;

– 23 mai 2014. France 5 a diffusé le 24 mai 2014 Le mystère Bardotdocumentaire de Gilles Nadeau ;

– 13 août et 23 septembre 2014. Toute l’histoire a diffusé les 13, 14 et 16 août 2014 Bardot, la méprise ;

– 7 juin 2015. Arte diffusa les 7, 9 et 26 juin 2015 En cas de malheur, de Claude Autant-Lara, puis Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul ;

– 7 décembre 2015. Le 9 décembre 2015, Toute l’Histoire diffusa Brigitte Bardot, la méprise ;

15 mai, 15 juin, 1er septembre et 29 décembre 2016, 26 octobre 2017, 25 mars et 21 décembre 2018, 13 avril 2019.

[Source : www.veroniquechemla.info]

A trompetista, xenio precoz, que sacou o seu primeiro disco con 15 anos, traballa nun disco cunha banda neoiorquina en que amplía a súa paleta de cores cunha fusión de funk e groove

Por HÉCTOR J.

«Ojazz moi contemporáneo vólvese ás veces demasiado elitista e duro de escoitar, déixache fría», confesa a trompetista, saxofonista e cantante Andrea Motis (Barcelona, 1995), que sempre se moveu nun terreo jazzístico máis clásico, con especial querenza polo swing. Pasa con algunhas composicións orixinais, prosegue, que sacan ao público do concerto se o oínte non é moi experimentado. «Versionar estándares achega máis á xente ao jazz, dunha forma máis rápida, e dar un toque persoal ao tema é sempre un desafío», incide.

A nivel de pensamento e de teoría, cre, «habería que falar máis a favor de versionar moitas cancións xa feitas e que son marabillosas». E é que, sostén, prexudica que a crítica sexa sempre máis proclive a eloxiar ao artista que se presenta ao concerto ou á gravación con obra propia. «No mundo dos músicos e a cultura hai preferencia polo orixinal. Pero a min ségueme interesando moito saber como tal intérprete afronta e recrea este ou aqueloutro tema que coñezo», defende para matizar que ela se sente recoñecida a nivel de público: «Sempre fixen isto e tiven audiencia, sempre puiden tocar, e prográmanme en ciclos e festivais», corrobora Motis.

E lembra o que facían Chet BakerLouis ArmstrongSara VaughanSinatra ou Ela Fitzgerald. «O jazz era entón -argúe- tamén a interpretación de estándares, que non deixaban de ser a verdadeira música pop da época», as cancións de Cole Porter, Irving BerlinJerome KernHoagy Carmichael e tantos outros.

Cando unha intérprete de 26 anos di que sempre fixo este tipo de música pode parecer que cae na frivolidade, pero hai que valorar que con só 15 anos gravou, xunto ao seu profesor, o primeiro disco: Joan Chamorro presenta Andrea Motis. E antes xa actuara en festivais coa Sant Andreu Jazz Band, a formación infantil e xuvenil do seu barrio, da Escola Municipal de Música de Sant Andreu, que dirixe o saxofonista e contrabajista Joan Chamorro, o seu mentor.

Aínda que entende que lla encasille así, nega ser unha nena prodixio. «Só son afortunada. Tocar, sendo unha nena, cunha banda con profesionais foi unha auténtica escola, unha aprendizaxe. Foi o meu inicio no mundo do jazz, empezoume a enganchar así, a miña primeira experiencia profesional e o meu ambiente. Eu era consciente de que non tiña un nivel moi alto, non sabía improvisar. Foi a experiencia e o coñecemento de Chamorro e [o pianista] IgnasiTerraza ; apoiáronme sempre, creron moito en min e só por iso dediqueime á música».

Logo viría liderar unha banda, con novos proxectos e espectáculos. Foi un crecemento moi natural, ao que axudou que ao seu pai (e xestor) gústalle o jazz. A ela, a medida que ía tocando, tamén lle ía gustando máis. Empezou a gozar da escoita e foi avanzando no coñecemento dos distintos estilos, ampliando os seus horizontes. «Sempre estás a empezar de novo, aprendendo», confirma para engadir que aos poucos ha ir practicando «unha visión máis aberta do jazz» e atrévese con «unha vía máis moderna». Non quere quedar estancada: «Agora xa non toco tanto swing. Admiro a creadores heterodoxos como o trompetista Roy Hargrove e a contrabajista Esperanza Spalding. Gústanme moitas músicas que están nesta onda, e, aínda que non me obsesiona un cambio radical, camiñarei cara a unha fusión máis atrevida. Sempre se pode crecer cara a outros horizontes, pero non me impoño obxectivos. E son do estilo máis clásico e seguirei gozando co estándar, co swing».

Música brasileira

E é certo que algo comezou a virar. O seu último disco, o oitavo, Do outro lado do azul (2019) -segundo que publicou cunha compaña multinacional-, foi un proxecto de fusión brasileira, con músicas de raíz e tamén temas orixinais, gravado co seu quinteto e músicos brasileiros.

Profundando nesa senda, a trompetista, saxofonista e cantante traballa xa nun álbum cunha banda de músicos neoiorquinos no deixa temporalmente a tutela de Chamorro e Terraza e amplía definitivamente a súa paleta de cores internándose nunha fusión máis audaz que dá entrada ao funk, o groove e o hard bop.

Acepta que o seu público sempre foi maior que ela, aínda que cre que nos concertos vai gañando sitio un espectro máis familiar, de pais que levan aos seus fillos, que rexuvenece a media. «Alégrame ver xente nova, identifícome máis co público. É que tiña 15 anos cando empecei e o público non estaría lonxe dos 60. Pero os mozos non teñen diñeiro, é difícil independizarse, ter traballo. ¡Como para gastar en concertos de jazz! E non se forman novos públicos tan facilmente», advirte. Motis sabe que a industria se move nos medios de comunicación, «e aí están os grupos que o petan entre os mozos» e que invisten en promoción: «Nas cadeas de radio máis novos todo está comprado, é pura mercadotecnia, sen cabida para sorpresas, non se programa ao azar ou por gusto, o diñeiro manda. Isto provoca que sexa aburrido, sempre o mesmo, a música de masas acapárao todo».

Agora tras superarse o máis grave da pandemia, volve retomar os escenarios. A comezos deste mes actuou co seu quinteto no festival Música en Segura, en Segura de la Sierra (Xaén). Admite que durante o confinamento se dedicou a gozar da súa nai e a coidar o seu propio embarazo -aínda que deu algún pequeno recital-. Por fin dispuña de tempo para crear unha familia. Tivo un neno en outubro, que agora rolda os nove meses. Non todo foi feliz, porque perdeu á súa avoa. Pero quere extraer unha lectura positiva dun parón que evidenciou algo preocupante: «Vivimos metidos dentro dun ritmo moi acelerado e impómonos obxectivos que nos impiden vivir, gozar, saborear as cousas».

 

 

[Imaxe: Jean-Marc Viattel – fonte: http://www.lavozdegalicia.e]

 

 

«Aline», «Suprêmes», «Annette»… La sélection du festival brille d’œuvres qui s’expriment fort et passionnément par la musique, résonnant comme un cri après un long silence.

Le groupe The Velvet Underground est à l'honneur avec un document très créatif réalisé par Todd Haynes. | Capture d'écran The Upcoming via YouTube

Le groupe The Velvet Underground est à l’honneur avec un document très créatif réalisé par Todd Haynes. | Capture d’écran The Upcoming via YouTube

 

Écrit par Lucile Bellan 

Les plus belles comédies musicales naissent souvent des plus grandes épreuves socio-économiques et politiques. Dans les années 1930, Fred Astaire, Ginger Rogers et leurs contemporains font rêver le public. La comédie musicale s’offre son premier âge d’or. La musique et la danse sont sublimées par de splendides décors de cinéma et des tableaux avec quantité de figurants. Les thèmes sont souvent classiques: l’amour et les destins exceptionnels ont les bonnes grâces du public qui s’échappe ainsi d’un quotidien difficile avec du rêve sur grand écran.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la comédie musicale connaît son second âge d’or avec des productions toujours plus outrancières comme Ziegfield Folies (un film inspiré des productions Ziegfield à Broadway) et créatives comme Un Américain à Paris. Une quantité de ces films deviennent instantanément des classiques du cinéma et ravissent le public.

La comédie musicale, loin de se cantonner à passer de la pommade sur les plaies béantes des spectateurs et spectatrices du monde entier, s’approprie aussi des sujets difficiles qu’elle vient adoucir: Cabaret de Bob Fosse avec Liza Minelli aborde la violence nazie, quand Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy fait de la guerre d’Algérie un véritable enjeu de son intrigue. West Side Story place son Roméo et Juliette new-yorkais sur fond de tragique guerre raciale. Il n’est plus nécessaire d’attacher les paillettes à des sourires: le divertissement peut sans mal s’offrir une profondeur qui l’honore.

Place à la musique

Le Festival de Cannes 2021, pour son grand retour après une année blanche, s’inscrit dans cette tradition avec une sélection où brillent des œuvres qui s’expriment fort et passionnément par la musique. C’est d’ailleurs Annette, le drame musical concocté par les Sparks et Leos Carax, qui a ouvert le bal.

Au-delà de ses morceaux musicaux entraînants et addictifs, le film a surtout pour sujet les ravages de la masculinité toxique et la responsabilité du public dans la starification d’artistes dont l’humour et l’œuvre, quelle qu’elle soit, sont basés sur des aveux de comportements inappropriés (comme ça a été le cas avec l’humoriste Louis CK par exemple). Malgré ses magnifiques grands tableaux musicaux, Annette nous interroge avec brutalité sur l’éternel débat de la séparation entre l’œuvre et l’artiste et adresse, sans grande subtilité, ce qui semble être un mea culpa personnel. Leos Carax, spécialiste de la romantisation à l’extrême de situations dramatiques, est bien conscient de la noirceur de son personnage principal et de son film. Il le dit d’ailleurs lui-même en conférence de presse, à Cannes: «Un film n’est pas un procès. Mais il n’y a aucune indulgence envers le personnage d’Adam Driver dans Annette. C’est un mauvais père, un mauvais homme, un mauvais artiste.»

Dans un tout autre genre, les débuts du groupe de rap NTM sont revisités dans le film Suprêmesprésenté dans la sélection Hors compétition. Si une grande place est laissée, à raison, aux morceaux coups de poing de l’un des plus grand groupe de rap français, un propos engagé sur les violences policières actuelles ancre le film dans notre présent. L’énergie musicale est toujours là et la rage des concerts de MJC des débuts chaotiques du groupe n’est jamais détachée des raisons de cette colère et de cette soif de s’en sortir: la pauvreté, un climat délétère fait de drogue et de vols, l’abandon de la jeunesse de banlieue par les pouvoirs publics mais aussi la pression insupportable mise sur la jeunesse par les forces de l’ordre.

Il existe par ailleurs une tradition de la mise en avant de documentaires musicaux signés de grands réalisateurs à Cannes. Cette année, c’est le groupe The Velvet Underground qui est à l’honneur avec un document très créatif réalisé par Todd Haynes.

Un film sur une époque révolue, et dont un nombre considérable de protagonistes ne sont d’ailleurs plus là pour en témoigner, mais dont l’esprit de liberté fait particulièrement envie après plus d’un an et demi de Covid.

Une chanson récompensée

Le Genou d’Ahed, de Nadav Lapid, présenté en compétition officielle, n’est pas une comédie musicale. Mais au cœur de sa charge atomique contre l’État d’Israël, le réalisateur en grande forme glisse plusieurs scènes musicales chantées et dansées (dont une sur le morceau «Be My Baby» de Vanessa Paradis). Cette porosité entre les genres est aujourd’hui très prisée sur la Croisette; elle a été largement nourrie ces dernières années par l’amour de la musique du réalisateur Xavier Dolan.

On retrouve aussi la musique pour prendre le contrepied de la pandémie à la remise du prix Nespresso Talents, concours de films verticaux de la célèbre marque de café partenaire de la Semaine de la critique où «Doing is Love» de Cristina Aguilera Ochoa a été récompensé d’un prix.

Enfin, Aline, film musical de et avec Valérie Lemercier et inspiré de la chanteuse Céline Dion, est présenté Hors compétition. Ce faux biopic très attendu du public, maintes fois repoussé à cause de la pandémie mondiale, sera à découvrir dans les salles en novembre prochain. Nul doute que cette comédie en forme d’hommage à la diva saura mettre des étoiles dans les yeux des festivaliers avec ce qui s’annonce comme un show à la hauteur du talent de la chanteuse québécoise.

Le Festival de Cannes est toujours un moment de grande intensité. On voit trop de films. On pleure beaucoup, on rit plus fort que d’habitude, on s’insurge là où on aurait normalement fait preuve d’indifférence. La musique a toujours une place importante dans ce trop-plein d’émotions.

Mais cette année, probablement un peu plus que les précédentes, elle est là pour faire battre nos cœurs un peu endormis, pour enflammer nos esprits avec l’idée qu’il faut reprendre la vie et continuer à s’engager et à s’insurger. Elle résonne comme un cri après un long silence. Une décharge d’énergie après notre engourdissement. Oui, nous avons vécu des moments difficiles, qui ne sont pas totalement derrière nous, mais la musique et le cinéma sont toujours là. Pour nous offrir le spectacle, l’exutoire à nos frustrations, à notre ennui, à notre colère. Comme pour nous rappeler avec véhémence qu’on peut toujours compter sur la danse et la chanson (et le Festival de Cannes) pour enflammer nos corps et nos esprits.

 

[Source : http://www.slate.fr]

Tras lanzar la tercera y última isla –así las llamó ella– de su proyecto discográfico más reciente, titulado Amor, Samantha Navarro repasó las historias de esta obra en la que reúne canciones de distintas épocas a través de un hilo conceptual y expresivo: el amor. También reflexionó sobre cómo su vida atraviesa el trabajo compositivo –y viceversa– para definir su estilo como una construcción vital e intensa.

Escrito por Alexander Laluz.

En el patio de la casa de Samantha, Victoria y Simón, hay una enorme piscina azul al lado de los girasoles. Al lado de los girasoles –altos, exuberantes como exuberante es su amarillo–, el muro, plantas, pasto. Todo está cuidado, pero sin el esmero de un jardinero profesional, sin los brillos ni la estética de los jardines de diseño; aquí ese todo es verde, amarillo, azul, y parece brotar solo, como si existiera una secreta y amistosa complicidad con los habitantes del lugar. Hay también una escalera, hay otra casa, hay una mesa y sillas de jardín, hay sombra, hay sol. Adentro, está la heladera, la cocina, la mesa con platos y vasos, la ropa para doblar, la penumbra del lugar de estudio y trabajo, los libros, los discos, la guitarra, la computadora; adentro hay una penumbra estival confortable, llena de hogar.

En ese paisaje interior, a unas pocas cuadras de la playa, donde el tiempo parece transcurrir en un leve bucle vespertino, con permiso para caminar descalzos y la promesa de un chapuzón, Samantha y su familia construyeron un refugio. Es el lugar donde se prepara la comida de Simón, donde Simón juega, donde las mamás miran cómo juega Simón, juegan con él, y fraguan sus proyectos. Es otra cosa criarlo acá, dicen Samantha y Victoria. En la ciudad, en Montevideo, el ajetreo es complicado. Acá hay aire y tiempo. La casa será, dirían, quizás, un proyecto mayor: un proyecto de amor. Suena cursi, ¿no? ¿Suena trillado, obvio, como una declaración del famoso o famosa en un programa de cocina o de variedades para televidentes que consuelan el aburrimiento? Claro que sí. Claro que no. Es que a esa palabra se le permite actuar de forma cursi, ser banal, ser exagerada e intensa, misteriosa también, existencialista, seria, profunda, banal. A esa palabra se le permite ser parte de un verso de canción. O ser el título de un disco. O lucir con orgullo el desgaste de lo bizarro, del doble sentido, de la picaresca popular. Incluso puede ser el punto de partida y el de arribo para un crucero por islas imaginadas. Se le permite todo, hasta la tan temida contradicción.

Aquí, a la sombra de un patio de la Ciudad de la Costa, la palabra amor se enuncia como título y razón para escuchar, justamente, el proyecto Amor –pero ahora anotado en itálicas– y sus tres islas, que se ofrecen como un recorrido por algunos sentidos posibles a los maridajes de palabra y sonido paridos, escudriñados, amados, ordenados, por la frondosa creatividad de Samantha Navarro.

Las canciones de Samantha tienen una cualidad que solo podría nombrarse así: Samantha. No es un juego de palabras pseudointeligente o pretencioso. Si aceptamos, aunque sea a regañadientes, el mandato social de que todo tiene que tener una etiqueta, entonces las canciones de Samantha pertenecen al género Samantha.

Para quien no la conozca –ella dirá que son muchos los que no la conocen–, su lenguaje es raro, extraño. Y ella dirá: “Porque yo siempre fui la rara; desde chica era la extraña”. Los que la conocen –y, aunque ella no lo diga, son muchos– la reconocerán en los primeros compases, y quizás antes de que ella comience a cantar. Lo correcto sería anotar que tiene un estilo afirmado, que ha madurado una red de rasgos de lenguaje que trascienden las variantes puntuales de cada canción, de cada período creativo, de cada disco. Esto es: Samantha suena a Samantha. Una maraña de rulos sónicos que dislocan el tiempo para contar quién es esta chica desde muy chica y desde la vida adulta, desde que sube a un ómnibus –el 104, que le sigue fascinando porque recorre toda la rambla, o el 105, o el 116– y descubre a un personaje para sus historias o compone una canción o devora casi todo un libro; desde que vuelve sobre sus historias familiares, sus padres, las músicas cultas que ellos escuchaban e interpretaban; desde los discos de Pink Floyd que escuchó en el tocadiscos de una amiga de la adolescencia; desde el descubrimiento del amor, o los amores; desde Bowie a El Príncipe; desde las primeras canciones de la adolescencia hasta Amor. Desde Samantha hasta Samantha. La contemplación en estas condiciones no admite la indiferencia ni la quietud. En cada sonido algo está latente, a punto de explotar. Y hay que estar preparados.

¿No me cree? Haga el experimento: antes de escuchar las islas del proyecto Amor, que ya están, por ejemplo, en su perfil de Spotify, repase Saltar al tiempo deseado, que es el disco anterior, de 2015. O Mujeres rotas, de 1998 o cualquier otro de sus títulos como solista. O el proyecto Trovalinas, que la reunió con Eli-U Pena y Rossana Taddei, o con La Dulce. O léala en alguno de sus libros de ficción. O búsquela en Wikipedia si está apurado o apurada.

¿Lo intentó? ¿Se dio cuenta de que algo pasa en cada canción, algo irresistible que incluso puede ir más allá del “me gusta” y “no me gusta”? ¿No logra explicarlo? La explicación racional está sobrevalorada; se le exige demasiado a las palabras. ¿Es una genialidad? Eso no importa mucho. Sumidos en la otra pandemia a escala planetaria, la del sinsentido, la estupidez de plástico, si una trama de sonidos conmueve, revuelve la percepción del tiempo y nos coloca al borde de lo posible, es una proeza poética y musical. Y cuando Samantha suena a Samantha pasa algo de esto. El resto de las etiquetas y los juicios altisonantes sobran.

“Desde chica no me conectaba con las canciones que sonaban en la radio –cuenta Samantha–. Eran del estilo romántico, melódico… era la época en que sonaba mucho Pimpinela. Me puse entonces a hacer canciones distintas, que me cantaban y contaban otras cosas. Eso fue en un momento muy especial, la adolescencia, cuando una se sentía la no besada, la rara. Y empecé a hacer canciones sobre otras cosas, sobre otras historias que me imaginaba. Pasó el tiempo y sigo en eso”.

En ese camino, con curvas, idas y venidas, encontró que muchas de esas canciones que venía componiendo desde el principio de todo tenían como tópico central al amor, pero concebido y desarrollado desde un lugar diferente. “Por eso me imaginé para este proyecto Amor como una especie de crucero del amor por unas islas y que cada isla tuviera una particularidad”.

La piedra de toque está fechada: 2016. Ese año la invitaron a registrar un ciclo de tres canciones en el estudio donde suele grabar, que luego serían utilizadas como recurso didáctico para un curso sobre técnicas de registro y edición de sonido. Cuenta Samantha que las canciones quedaron, pero el plan de continuar con el proyecto quedó congelado. “Seguí componiendo y encarando otras ideas hasta que, en algún momento, surgió la idea de armar un disco. También en ese momento, con mi hermano queríamos grabar un disco muy pop. Y así comencé a trabajar con ideas y materiales en ese plan pop y a grabarlas. Todo estaba pronto, o casi pronto, como para darle forma a un nuevo disco”.

Y cuando Samantha cuenta, allí, a la sombra, a pasos de los girasoles, sus ojos se agrandan, sonríe como si estuviera descubriendo su historia en ese momento. Pero es un relato que ella conoce muy bien. Lo ha vivido y revivido intensamente: su cabeza no se detiene. Trabaja mucho con sus ideas, con sus vivencias, y el tiempo se revuelve: pasado y presente dejan de ser casilleros fijos, dejan de ser una suma de hitos en una cronología, para asumir un solo estado, un estado fluido, cambiante, intensamente motivador. Se convierten en Samantha, ahí, a la sombra, con bermudas, remera. Mamá, pareja, compositora, intérprete, escritora, devoradora de todo lo que está escrito –sea libro, revista, nota pegada en la heladera–. Todo se suma. Todo se lee como trazo vital dispuesto a ser redescubierto.

Como ráfaga de viento, Simón vuelve al patio. Tiene una misión: ir a buscar a la abuela. Y nada mejor que Victoria para oficiar de asistente, con música y juguetes como armas. La piscina, los otros juguetes, los girasoles esperarán su regreso. Besos, bromas, corridas. Todo se pliega en una historia.

Samantha ya terminó el café, arma un tabaco, y cuenta.

“Como te decía, el proyecto Amor lo armé con tres islas separadas en el tiempo, siempre con la idea de que el viaje por las canciones fuera como un crucero, y que cada una tuviera tres canciones.”

Comencemos por la primera, entonces.

La primera es la isla más cercana, que es la más pop; es la que lancé primero.

¿Es la del amor más positivo?

Sí, claro, positivo al mango, el más exagerado, el del I love you, el amor que yo por ti siento.

Toda la miel.

¡Claro! Y ahí hay una canción para mi esposa, otra para Simón, mi hijo, que la titulé “Centeno”, que la compuse antes de que existiera: “Elegiremos el camino perfecto, fuerte la roca y suave el centeno. Abrazaremos el misterio del tiempo, resistiremos el ataque del miedo”. Es una canción llena de optimismo y energía pop.

Qué hermosa y qué contundente es la palabra centeno.

Es que soy muy fan del pan de centeno, me da mucha felicidad comerlo. Y la palabra es hermosa.

En esta isla está también “I love you”.

Sí, “I love you” empezó a partir de una idea grabada en el Garage Band durante un viaje en ómnibus. Creo que fue en un 116. ¿Viste?, siempre están los ómnibus. Esta es una canción de amor concreto, inevitable, donde el microcosmos y el macrocosmos se encuentran: “El amor que yo por ti siento, viento que alimenta el día, gira el mundo en el espacio, otra vuelta suelta, libra las amarras, vuela”. Este grupo de canciones las grabé durante 2019 junto a Guillermo Berta, que se encargó de la producción.

Antes de que se lanzara esta isla completa, en los primeros meses del año pasado, ya había salido el hitazo bailable, descarado, swingueado, de “Pulso redentor. Claro, es la canción de Ricky Martin, que es una canción de amor al santificado. Es ese amor que a veces sentimos los uruguayos –no sé si a veces hay diferencias entre las capitales y lo rural–, la inmersión en el mundo místico.

Es el camino a lo sagrado, la trascendencia.

“Es muy fuerte ese fenómeno a la vez religioso y popular. La canción tiene las partes del ritual, de la celebración, de la confianza… una confianza desde esa otra forma de amor que me encanta. Es como un mundo alternativo. Alternativo a ese mundo científico, donde Dios es la ciencia. Por supuesto que todo esto lo pensé después de que tenía la canción. Me pareció increíble que Ricky Martin fuera como un santo. El ídolo pop que había llevado todo un camino de aceptación, de la exposición de su orientación sexual, de su camino en el amor. Vi ese poder de comunicación que me pareció que no está del todo aprovechado. Me hace acordar al Hombre Araña, cuando el tío le dice a Peter Parker que todo poder conlleva una gran responsabilidad. Hay ahí una cuestión con la responsabilidad con la comunidad.

“¿Otro café?”, pregunta Samantha.

Después llegó la segunda isla, como este segundo café.

Sí, la isla del amor complicado. No complicado de un lugar tipo Pimpinela, o Rodrigo… más en el lugar del amor imposible porque se murió la persona y el no haber dicho lo que tendrías que haber dicho por miedo, por estupidez, ese tipo de historias. Por eso está la canción “2 de noviembre”.

Esta isla entonces tiene un aire más introspectivo.

Por supuesto, más intimista, meditativo. La sonoridad que logramos es más suave, orgánica. Hay una canción muy luminosa, “Siempre me decía”, que es una de agradecimiento al azar: “Mi madre siempre me decía, que el amor ya me tocaría”, era cuestión de no desesperar. Hay como una parte de la confianza en el amor, un momento en que las expectativas se bajan para que no sean una barrera y para dejar que fluya. Es un poco de luz en esa isla que tiene lo del amor muerto. Por eso le hice una canción a Bowie. Otro ídolo. Esa canción la comencé como un ejercicio de composición. Quise usar un número de ómnibus, el 526, entonces lo asocié al campo armónico de do mayor: sol mayor, la dominante, re menor, la menor. Y lo hice en inglés porque era Bowie. Nunca lo pude ver en vivo… ni a Prince. A Spinetta sí… fui la telonera de él acá, y me venía en los sueños a pasar temas. “Bowie” es un relato intenso sobre los amores imposibles y de un ideal inalcanzable.

¿Qué músicos participaron en esta tríada de canciones?

Acá estuvieron Martín Ibarburu en batería, Shyra Panzardo en bajo, José Redondo en teclados. Yo canté, hice los arreglos y también me encargué de la producción.

Y llegamos a la última isla, el final del crucero.

Es la más vieja, además.

Sí, la más distante, es la que reúne las canciones de 2016. Aquí las temáticas rondan por el amor más carnal, erótico. Tiene una versión, “Electrodomésticos”, que es una composición genial de Silvia Meyer y Marco Maggi. La elegí porque tiene una conexión con una historia familiar. Resulta que mi abuelo, que amaba mucho a mi abuela, siempre le regalaba electrodomésticos, tanto en fechas especiales como en otras. Y mi abuela le decía: “Pero por qué no me regalás otra cosa”. Entonces, cuando ella protestaba mucho mi abuelo le regalaba otra cosa… era como que no podía pensar en otra cosa para regalarle. Era onda “Te voy a regalar esto porque así va a ser todo más fácil en tu vida”. Los electrodomésticos eran objetos hermosos en esa época, y valían mucha plata. El electrodoméstico se enfoca desde muchos lados: lo que significa la mujer en ciertos imaginarios, como el lugar de la mujer en la casa. Y tiene esa otra parte de ese amor raro… y el amor que le agarrás a los electrodomésticos. Yo, por ejemplo, tuve una relación muy intensa y amorosa con mi heladera, a la que le puse nombre: Gertrudis. Después esta isla tiene “Al vino y al cielo”, que es la historia de esos amores de una noche y que después se transforma en amor de toda la vida; es una oda al alcohol deshinibidor, mago, liberador”.

¿Cuál es la historia de “A punta de llama”?

“Esta canción relaciona el amor con la comida. La historia es muy divertida. Estábamos en un cumpleaños fantástico, en el que había mucho alcohol y muy poca comida. Una combinación letal pero divertida. En cierto momento, ya avanzada la noche, pintaron unos chorizos. Y para apurar el asunto se hicieron a punta de llama. Ahí me enteré de que esa es una técnica tradicional en el medio rural, que era como el microondas de los gauchos. Me encantó la imagen de “a punta de llama”. Y en la canción está conectada con el deseo máximo, ese amor ya jugado, intenso, que solo quiere eso: cocinarse a punta de llama.

 

[Fotos del autor – fuente: http://www.revistadossier.com.uy]

Los hinchas holandeses animan a su equipo gritando “¡Hup, Holland, hup!” (“Vamos, Holanda, vamos”)

Los narradores periodísticos de la Eurocopa de fútbol asumieron a cierra­ojos la denominación “Países Bajos” para una nación a la que hasta ahora habían venido llamando “Holanda”, si bien en muchos casos conservaron el gentilicio “holandés” frente a “neerlandés” (derivado este del nombre oficial del país en su lengua: Nederland).

Lástima que esa unanimidad no se haya aplicado también para corregir errores flagrantes como “medirse a” en vez del correcto “medirse con”; o las pronunciaciones inadecuadas de nombres extranjeros como París San Yermén para París Saint Germain, donde se aproximaría más al nombre original decir París San Yermán; o sus siglas como Pe-ese-ye, en rara mezcla del deletreo en español y en francés (o se dice “Pe-ese-ge o se escoge Pe-es-ye, pero no la mezcla de ambas). Entre otros ejemplos.

En todo eso, no. Pero el periodismo deportivo sí se ha aplicado con notable disciplina en el asunto de Países Bajos. ¿Y de dónde viene esta moda?

La zona del actual Países Bajos (Nederland en su idioma) ha constituido históricamente un pequeño lío de nombres y extensiones. Esa denominación surge ya en el siglo XVI como la más habitual para un territorio en el que llegaron a estar comprendidas Bélgica y Luxemburgo. Y del mismo modo que en el siglo XVII se llamaba aquí “Flandes” a una extensión superior al condado de ese nombre, hoy en día “Holanda” es sólo una parte de los Países Bajos. Entre 1806 y 1813 (Napoleón mediante) el país pasa a llamarse “Reino de Holanda” (“tierra de maderas”), según había sido conocida cuando sus navegantes salían a conquistar el mundo desde las provincias costeras de Holanda del Norte y Holanda del Sur. Pero a partir de 1815 (tras Waterloo) su nombre oficial es de nuevo Países Bajos.

Ya en nuestros días, en 2020, el Gobierno holandés promovió una campaña destinada a que “Nederland”, con sus adaptaciones en cada idioma (“Países Bajos” en español), se impusiera a “Holland” y las suyas (“Holanda” en castellano). Así lo contó entonces en este diario Isabel Ferrer desde La Haya. A los holandeses les pareció que las versiones de “Holland” (usadas por ejemplo en España, Italia y Francia) remitían a la tradición, los molinos, los quesos y los tulipanes; mientras que “Nederland” se asociaba con la modernidad, la innovación, la pujanza. Pues no sé; a mí cuando he ido a Holanda me han interesado más las tradiciones, los molinos y los tulipanes que la economía industrial. Pero en fin, como dicen por Andalucía, el que la lleva la entiende.

Tras esa campaña, las federaciones deportivas internacionales empezaron a usar “Países Bajos” en vez de “Holanda”. Y les secundaron los periodistas.

Ahora bien, la denominación “Países Bajos” parece haber desatado más entusiasmo en España que en la propia Holanda. Es cierto que los holandeses se suelen presentar como neerlandeses, incluso si nacieron en las provincias llamadas Holanda, pero su Oficina de Turismo ofrece aún la ciberdirección Holland.comcuya versión en español recoge el término “Holanda” 35 veces. Por su parte, los hinchas holandeses gritan “¡Hup, Holland, hup!” (“¡Vamos, Holanda, vamos!”), título de una canción escrita en 1950 por Jan de Cler y Dico van der Meer (“¡no dejes que el león se quede parado en la camiseta!”).

Los holandeses creerán que su nombre oficial suena mejor que “Holanda”. No lo discuto, es su percepción; pero que sepan que, en la nuestra, Holanda siempre jugó mejor al fútbol que Países Bajos.

[Fuente: http://www.elpais.com]

La apertura de la serie, que incluirá los 21 clips generados entonces, fue con “Zona de promesas”, tema que la enorme intérprete tucumana cantó con su autor Gustavo Cerati.

La producción audiovisual en torno a “Cantora”, el álbum doble publicado en 2009 que reunió a Mercedes Sosa con exitosos artistas internacionales de diversos géneros, tiene desde la noche del miércoles en YouTube el primero de los 21 clips generados entonces.

La apertura de la serie fue con “Zona de promesas” que la enorme intérprete tucumana cantó con su autor, Gustavo Cerati, y el segundo en la nómina es “Desarma y sangra”, clásico de Serú Girán que compartió con el creador del tema, su amado Charly García.

“Hasta la fecha, lo que se podía ver en YouTube eran solo tramos parciales, en el documental ‘Un viaje íntimo’, con escenas de las grabaciones del álbum ‘Cantora’. De ese material fílmico original, se pudieron realizar estos 21 videos con las canciones completas, junto a cada invitado”, informó una nota de prensa de la compañía discográfica.

Mercedes "La Negra" Sosa falleció el 4 de octubre de 2009.

Mercedes « La Negra » Sosa falleció el 4 de octubre de 2009.

El material puso a Mercedes en conexión con una galería integrada por Joan Manuel Serrat, Caetano Veloso, Shakira, Jorge Drexler, René Pérez (ex Calle 13), Lila Downs, Joaquín Sabina, Julieta Venegas, Franco de Vita y Daniela Mercury, citando apenas a parte del elenco.

Entre las figuras locales se contaron, además de Cerati y García, Soledad Pastorutti, Luis Alberto Spinetta, Gustavo Santaolalla, Fito Páez, Teresa Parodi, Diego Torres, León Gieco, Pedro Aznar, María Graña, Liliana Herrero, Leopoldo Federico y Vicentico, entre más.

Si bien la convocatoria resultó impactante, el resultado estético de aquella experiencia no está entre lo más notable de la magnífica trayectoria de Sosa que la ungió como baluarte de la canción iberoamericana.

[Fuente: http://www.telam.com.ar]