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imatge del seminari

Aquesta setmana participem al seminari internacional « Neologismos como estrategias para el aumento del caudal léxico de un idioma minorizado », organitzat pel Departament d’Educació de la Universitat de Santiago de Xile.

Concretament, Dolors Montes, secretària del Consell Supervisor, impartirà la sessió “Estudios y medidas en favor de la implantación terminológica del catalán”, en què farà un repàs de la tasca duta a terme pel TERMCAT, des de la seva creació l’any 1985, en favor de la difusió i la implantació de la terminologia catalana, i exposarà els factors procedimentals, lingüístics i extralingüístics que poden influir en la implantació dels termes.

Obrirà el seminari la presidenta de la Secció Filològica, i presidenta també del Consell Supervisor del TERMCAT, M. Teresa Cabré, que farà una sessió dedicada a la normalització terminològica del català.

El seminari s’emmarca en un projecte d’investigació sobre creació de terminologia maputxe en l’àmbit educatiu, impulsat per les Dres. Elisa Loncon i Belén Villena, especialistes en neologia de la llengua mapudungun de les universitats de Santiago de Xile i Catòlica de Valparaíso, respectivament. Està destinat, fonamentalment, a docents de mapudungun i a lingüistes interessats en neologia i en la revitalització d’aquesta llengua minoritzada —també anomenada araucàmaputxe o mapudungu—, que parlen actualment unes 300.000 persones a Xile.

 

[Font: http://www.termcat.cat]

Mathieu Dosse a reçu cet automne le Prix de la traduction d’Arles pour Mon oncle le jaguar et autres histoires de João Guimarães Rosa. Il explique à EaN les particularités de la langue, unique et baroque, de l’écrivain brésilien, notamment dans son unique roman Grande Sertão : Veredas (Diadorim en français) : « La nouveauté de cette écriture a imposé aux traducteurs une tâche difficile ».

Écrit par Mathieu Dosse

« Je veux tout : le mineiro, le brésilien, le portugais, le latin, peut-être même l’esquimau et le tatar. Je voudrais la langue qu’on parlait avant Babel », disait João Guimarães Rosa dans un entretien qu’il accorda au critique allemand Günter Lorenz. Ces quelques mots définissent les contours d’un projet littéraire unique dans la littérature brésilienne. La langue baroque créée par Guimarães Rosa regorge d’archaïsmes, de néologismes, de régionalismes, de mots érudits et de déplacements de sens (l’ampleur de cette exubérance verbale est attestée par un lexique de huit mille mots, dont près de trois mille néologismes, paru en 2001). Sa syntaxe, où l’ellipse et la syncope prédominent, fuit tous les stéréotypes ; s’inspirant de la langue parlée (et plus précisément de celle employée par les paysans du Minas Gerais), elle s’écarte résolument de tout réalisme et, s’imprégnant de mystère, ouvre des espaces nouveaux en langue portugaise.

L’importance du rythme, au sens fort du terme, est capitale chez Guimarães Rosa : de longues phrases sont ponctuées par l’irruption de mots très courts, presque des onomatopées, qui surgissent abruptement et les coupent comme autant de motifs percussifs ; d’autres phrases très saccadées, ponctuées de virgules, de points-virgules et de deux points cèdent soudain la place à de longs mots sonores. Les phrases-mots, les ellipses, les syncopes, les nombreuses parenthèses transforment plastiquement le discours. La difficulté à pénétrer un texte aussi dense est réelle. À ce propos, le traducteur norvégien Bård Kranstad rapporte une anecdote amusante : « Après la parution de Grande Sertão, certains des premiers lecteurs de Guimarães Rosa ont pu se trouver réconfortés grâce à une vignette du Jornal do Brasil. Le dessin représentait un lecteur brésilien irrité face à un traducteur. L’image était sous-titrée par le dialogue suivant : – Est-il vrai que vous pouvez traduire toutes les langues ? – Oui, c’est exact. Je traduis sans exception toutes les langues, les vivantes et les mortes.  – Auriez-vous donc la gentillesse de me traduire João Guimarães Rosa ?! ».

Il faut ainsi, pour lire Guimarães Rosa, un certain temps d’habituation à cette nouvelle langue, temps pendant lequel le lecteur se familiarise avec les tournures nouvelles qu’il rencontre. Mais, passé ce temps d’accoutumance, le lecteur se surprend à lire les paragraphes sans temps morts, comme s’il avait effectivement appris une langue étrangère. Cet apprentissage, qui est aussi une découverte, comme le dit Clarice Lispector (l’autre grand auteur brésilien) à propos de l’écriture de Rosa, fait écho à un passage de la nouvelle « Campo Geral » qui ouvre le premier grand recueil de l’auteur, Corpo de Baile. Dans les tout derniers paragraphes, Miguilim, âgé de huit ans, et qui ne se savait pas myope, essaye pour la première fois une paire de lunettes, qu’un voyageur étranger au village portait sur lui. Il découvre alors le monde, le ciel, l’enclos, le jardin, le bétail, le vert des buritis (les palmiers du sertão, arbres emblématiques qui reviennent sans cesse dans l’œuvre de l’auteur) : « le Mutúm était beau ! Il le savait maintenant ». Nous pouvons lire dans ce passage une métaphore de son écriture, de l’effet qu’elle provoque sur le lecteur. Le traducteur néerlandais August Willemsen décrit précisément ce tournant : « Je me souviens que je m’étais débattu à travers les premières pages, progressant lentement, revenant en arrière pour ne pas perdre le fil. Et puis un jour, sans rien changer à ma pratique, tout me parut différent, plus éclatant. Je vis clair. Soudainement, le pouls du livre battait sous ma peau, et j’en voulais davantage, encore et encore, je lisais sans interruption, dans un état grandissant d’extase presque fiévreuse ».

Auteur de plusieurs nouvelles, Guimarães Rosa a écrit un seul roman, Grande Sertão : Veredas (Diadorim en traduction française), paru en 1956 et qui s’est imposé d’emblée comme un classique. Ce livre épais, aux paragraphes touffus, dépourvu de chapitres, est porté par le monologue de Riobaldo, ancien bandit reconverti en fermier. Son amour inavoué pour Diadorim, son compagnon d’armes, ainsi qu’un pacte, réel ou rêvé, avec le diable, constituent les points forts de l’intrigue. Mais, comme l’indique le titre original du livre, le véritable sujet du roman est le sertão. Cette zone géographique bien réelle du Brésil se transforme chez Guimarães Rosa en un lieu imaginaire, littéraire, habité par des personnages universaux, sous l’apparence du local : « le sertão est partout », dit Riobaldo dès le premier paragraphe de son récit. Le lecteur est ainsi convié à un voyage verbal captivant, porté par une langue inouïe : « On parle dans le sertão la langue de Goethe, de Dostoïevski et de Flaubert, parce que le sertão est le terrain de l’éternité, de la solitude, là où Inneres und Äußeres sind nicht mehr zu trennen (là où l’intérieur et l’extérieur ne peuvent plus être séparés) », dit encore Guimarães Rosa à Günter Lorenz.

La nouveauté de cette écriture a imposé aux traducteurs une tâche difficile. On ne cesse pourtant de traduire Grande Sertão : Veredas dans le monde : il existe à ce jour quinze traductions du roman, dans treize langues (la plus récente est une retraduction en langue espagnole, parue en Argentine en 2009, mais une retraduction en allemand est également en cours). Lorsqu’on compare ces traductions, toutes langues confondues, on s’étonne de leur diversité, comme si ces livres émanaient d’originaux différents. En anglais, en suédois et en français (dans la traduction de Jean-Jacques Villard, première traduction française du roman, parue en 1965), Riobaldo parle comme un véritable paysan, avec une pointe de vulgarité dans la voix. On n’y observe guère d’invention lexicale ou syntaxique, mais une reproduction plus ou moins fidèle d’un parler existant. Au contraire, les traductions néerlandaise, espagnole et norvégienne contiennent des néologismes, des inventions verbales et syntaxiques qui éloignent le texte de toute forme de reproduction. Ainsi, le Riobaldo norvégien s’exprime, si l’on en croit son traducteur, en « riobaldien », une langue inventée pour l’usage unique du roman : « J’avais besoin d’une langue mixte, avec des racines dans le langage parlé par les classes populaires. Une langue “terreuse”. Un mélange de nynorsk et de bokmål avec de forts éléments que je perçois comme assez dévalués aujourd’hui en Norvège. Une langue qui excède la grammaire commune et la norme orthographique, une langue qui reflète à la fois le peuple et l’élite, qui puisse rendre vivantes à la fois les descriptions minutieuses et l’introspection réflexive du ruminement. Comme Benoni ou August, chez Hamsun, Riobaldo aime décorer sa langue de mots empruntés ; c’est une langue pleine de contradictions et de méprises, et qui a la capacité de refléter tous les états d’esprit et les conditions réelles de la vie de Riobaldo ».

Il s’agit moins de dire ici que ces dernières traductions sont meilleures que les premières citées, que de prendre acte d’une telle différence. Sans doute les grands chefs-d’œuvre que l’on qualifie d’« intraduisibles » sont-ils voués, au contraire, à être sans cesse traduits et retraduits, comme si une traduction ne pouvait à elle seule épuiser l’œuvre originale. C’est ainsi que le sertão de Guimarães Rosa vit en tchèque, en danois, en italien… sans cesse renouvelé, différent à chaque fois, comme les branches d’un seul et même buriti.

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

No século XX, guerras se “urbanizaram” — e Direito Internacional avalia tornar ataques à patrimônios culturais e históricos crimes contra a humanidade. “Novo” conceito poderia banalizar a tipificação de genocídio? Como punir a destruição de cidades?

Escrito por Juliette Robichez

Em setembro de 2018, o Brasil perdeu uma das suas joias culturais, o Museu Nacional do Rio de Janeiro, e, em abril de 2019, a França assistiu à destruição do emblema de Paris e da nação, a catedral Notre-Dame de Paris. Essas novas “catástrofes culturais”, usando a expressão da professora francesa especialista da história da arte1, espantaram e entristeceram o planeta. A transmissão ao vivo, durante intermináveis horas, da ação do fogo em ambos os patrimônios da humanidade e a emoção mundial que esses incêndios provocados pela imprudência e negligência suscitaram, demonstram que estamos apegados ao que estampa a história, a memória, a cultura, a identidade da humanidade, em resumo, a dignidade dos seres humanos. Esses sentimentos de indignação e de desespero se acentuam quando a destruição do nosso patrimônio é o fruto de um ato deliberado, como acontece nos tempos de conflitos armados, quando os bens culturais se tornam alvo prioritário dos beligerantes.

A sociedade internacional, em particular sua componente civil, vítima dos atos deliberados de tentativa de aniquilamento da sua cultura, mobiliza-se para despertar a consciência dos representantes dos Estados a respeito da gravidade da situação e refletir sobre como reagir de maneira eficaz para prevenir o desmoronamento do patrimônio e sobretudo punir os que cometeram infrações contra a herança cultural do gênero humano. Já houve várias iniciativas no campo jurídico que merecem nossa atenção2. Desde os tempos remotos, o direito humanitário foi pioneiro em criar um arsenal normativo rematado, visando preservar os bens culturais em tempo de guerra. A fundação da Organização das Nações Unidas para a Educação, a Ciência e a Cultura – Unesco, depois da 2ª Guerra Mundial – evento histórico, um símbolo, diante do vandalismo, a pilhagem e a destruição em grande escala de cidades históricas –, constituiu também um grande avanço para a concretização dos instrumentos internacionais existentes, a elaboração de novos diplomas legais e a extensão da proteção dos bens culturais no tempo de paz. Esta organização internacional elaborou, por exemplo, a lista do patrimônio em 1972, que está em constante atualização. As jurisdições penais internacionais que surgiram depois da queda do Muro de Berlim – inspirados pelo Tribunal de Nuremberg, que julgou os crimes nazistas – efetivaram as normas internacionais que visam conservar os bens culturais. Existem hoje vários julgamentos condenando carrascos por terem cometido crimes de guerra ou crimes contra a humanidade ao deliberadamente destruírem o patrimônio da humanidade3. No entanto, esses avanços merecem, segundo uma corrente doutrinária, serem aperfeiçoados, para tornar a luta contra a devastação dos bens culturais uma prioridade.

Este artigo visa iniciar uma reflexão sobre a proposta doutrinária de promover um novo crime, que consiste em destruir deliberadamente o patrimônio cultural e histórico de um povo, ao patamar mais elevado das infrações internacionais, para oferecer uma proteção melhor aos bens culturais. Alguns jurisinternacionalistas sugerem não mais se contentar em apenas incluir a ruína do patrimônio cultural como elemento de um dos crimes internacionais elencado no Estatuto de Roma de 1998; militam em prol da concepção de um crime sui generis, o “crime de urbicídio”. Esta proposta merece ser apresentada e analisada de maneira crítica. Na perspectiva de descobrir como o conceito “urbicídio” surgiu e de defini-lo (cap. 1), realizou-se uma pesquisa qualitativa, bibliográfica e documental, com enfoque na literatura estrangeira, baseada em procedimentos metodológicos comparativos e históricos. A partir deste estudo preliminar, foi iniciada uma análise crítica deste novo conceito: foram ressaltadas suas vantagens em comparação com os outros crimes internacionais, e destacadas as vicissitudes que criam potenciais obstáculos a sua posteridade, como novo crime no rol do Estatuto de Roma (cap. 2).

1. Evolução histórica e definição do conceito “crime de urbicídio”

Na Idade Média e até o século XVIII, a guerra de sítio era fundamental. Porém, na época de Clausewitz e de Napoleão, as modalidades dos conflitos mudaram: era o tempo do “levante em massa”4 e das batalhas-flashes (relâmpagos) e depois das grandes lutas sociais. O exército era responsável por manter a ordem nas cidades, mas preferia usar seus armamentos cada dia mais industrializados em palco de operação que permitia seu desdobramento, longe da população civil, no campo. Os estrategistas da Primeira Guerra Mundial evitaram os combates urbanos. Sem dúvida, os da Segunda Guerra teriam preferido evitar também, mas algumas cidades começaram a tornar-se cidades simbólicas da guerra na Rússia, como Leningrado5. As operações contra centros urbanos alemães e japoneses, no final do conflito, instigam perguntar se a “guerra para a cidade” não se transformou doravante em “guerra na cidade”. A partir dos anos 80, a guerra se “urbaniza”, segundo a expressão de Jean-Louis Dufour6. Ao comentar os acontecimentos em Sarajevo, durante a guerra na ex-Iugoslávia, atacada das alturas rurais circundantes, Aleppo, a capital da Chechênia, aniquilada pelos russos, ou os territórios palestinos ocupados pelos israelenses, começamos a ler na literatura científica ou jornalística, ou ouvir na boca dos políticos as expressões “guerra contra a cidade” e “urbicídio”.

Antes de definir o complexo conceito em gestação, de urbicídio (b), é necessário entender em que contexto histórico ele surgiu (a).

a) Evolução histórica do conceito “urbicídio”

Não existem ainda textos normativos consagrando o crime específico de urbicídio. A ideia, no patamar internacional, surgiu após o ataque direto, em 1993, contra a ponte de Mostar, na ex-Iugoslávia, alvo de bombardeios, posto que não representava nenhum caráter militar, não abrigava munições, não tinha nenhum valor castrense estratégico. A explosão pelos talibãs fanáticos dos budas monumentais de Bamiyan, estátuas de 38 e 55 metros erguidas no século V da nossa era, provocou, em 2001, a adoção de uma resolução pela IV Comissão da UNESCO7. Abalada pelo desaparecimento total de obras, fruto de uma extraordinária fusão artística de várias culturas que testemunhavam a riqueza cultural afegã, a organização internacional, sediada em Paris, convidou os Estados permanentes do Conselho de Segurança da ONU a lutar de maneira mais eficaz contra a demolição propositada dos tesouros da humanidade. Uma das recomendações foi conceber um novo crime internacional, o “crime contra o patrimônio comum da humanidade”, para facilitar a condenação dos responsáveis de ações predatórias pelos tribunais internacionais.

Não há dúvida de que a inclusão de um quinto crime internacional no rol do Estatuto de Roma8 promoveria a tutela do patrimônio cultural como uma nova grande prioridade da sociedade internacional. Outra proposta para tornar mais eficaz a aplicação das normas seria, segundo o mesmo documento, dar mais poder ao diretor geral da Unesco para informar ao secretário geral das Nações Unidas quando o patrimônio comum da humanidade for ameaçado de destruição intencional, a fim que ele possa, por exemplo, propor medidas necessárias para proteger os bens histórico-artísticos. Sabemos que somente o Conselho de Segurança goza de legitimidade para adotar medidas militares, além das de natureza diplomática, política, econômica, no âmbito internacional. Somente em dezembro de 2012 o principal órgão das Nações Unidas refere-se, em uma das suas resoluções, ao patrimônio da humanidade. Ele condenou, no conflito maliano (guerra civil que começou em 2012 com a insurreição de grupos salafistas jihadistas e independentistas denominados Azawad), as violações dos direitos humanos pelos grupos islâmicos radicais, assim como “a pilhagem, o roubo ou a destruição dos sítios culturais e religiosos”9. Com certeza, essas organizações internacionais foram influenciadas pelas ideias difundidas pela sociedade civil internacional (intelectuais, ONGs, juristas etc.), preocupada com a urgência em salvar o patrimônio histórico-cultural em perigo.

A repetição dos fatos de vandalismo intencional pelos grupos jihadistas de obediência islâmica – fúria guerreira que sempre existiu na história da humanidade, porém, fenômeno novo, acompanhada por uma divulgação em grande escala como meio de propaganda e de terrorismo10 –, levou uma parte da doutrina a pensar em adaptar o direito penal internacional à evolução dos modos de conflitos armados. Assim, à luz da criação do genocídio pela Convenção sobre a Prevenção de Repressão do Genocídio de 1948, da tentativa doutrinária de positivar o “crime de ecocídio” nos anos 6011, o “crime de urbicídio” emergiu na literatura nos anos 90, período ilustrado pelas guerras que ocorreram na ex-Iugoslávia. Todavia, o conceito entrou na posteridade só recentemente.

Um grupo de historiadores de arte, arquitetos e jornalistas12 manifestou sua aflição com uma nova dimensão dos problemas humanitários: o aniquilamento da identidade do inimigo pela destruição dos seus monumentos e lugares de culto que acompanham os assassinos, a fome, os sofrimentos e os êxodos. Cinco arquitetos que assistiram à destruição planejada da capital da Bosnia-Herzegovina, em 1991 e 1992, decidiram testemunhar e alertar o mundo sobre os acontecimentos com uma exposição itinerante que eles batizaram “Warchitecture13 – Urbicide Sarajevo”14. Foi apresentada, por exemplo, no Museu de Arte Moderna Contemporânea de Paris, no Centre Georges Pompidou em 199415. A ONG francesa Groupe, Reportage Étudiants, Environnement, Sociétés – GREES, associada ao projeto dos arquitetos precitados Midhat Cesovic, Borislav Curic, Nasif Hasanbegovic, Darko Serfic e Sabahundin Spilja, explica o uso do neologismo na época:

Porque se o assassinato de um povo é chamado de genocídio, a destruição de uma cidade e o que está acontecendo em Sarajevo pode sim ser chamado de urbicídio. (…) O urbicídio é óbvio, e é isso que estão tentando mostrar estes cinco arquitetos reunidos na associação multiétnica de arquitetos da Bósnia-Herzegovina e Sarajevo Das-Sabih. (…) Esta é uma das realidades da guerra na Bósnia e, mais geralmente, na ex-Iugoslávia. Claro que esta não é a única, mas esta guerra é marcada, entre outros crimes, pelo desejo de destruir as cidades e o que elas representam, para melhor aniquilar o inimigo. Osijek, Vukovar, Zadar, Mostar, Sarajevo … a lista é longa. Os sérvios querem matar a cidade porque ela encarna a civilização, a multietnicidade, as trocas. E Sarajevo entre as cidades do mundo goza de um lugar especial: “Com Jerusalém, Sarajevo é a única cidade do mundo que mistura tantas culturas e religiões diferentes”, explica Midhat Cesovic. Em Sarajevo, há uma catedral católica ao lado de uma sinagoga, de uma grande mesquita e de uma igreja ortodoxa. É o ponto triplo do encontro entre três grandes placas da civilização: o cristianismo ortodoxo grego, o catolicismo e o islamismo. (trad. nossa)

Essa nova terminologia foi rapidamente difundida nos discursos políticos e na mídia. O neologismo “urbicídio” começou a ganhar fama em particular na fala do arquiteto e professor Bogdan Bogdanovic16, um dos maiores oponentes ao regime ultranacionalista de Milosovic, acusado pelo Tribunal Penal para a ex-Iugoslávia antes de morrer e antigo prefeito de Belgrado. Assim, após a mutilação da futura capital da Bósnia-Herzegovina e diante da vergonhosa capitulação da comunidade internacional, o jornal francês Le Monde em maio de 199417 interpelou a opinião pública: “L’urbicide, le mémoricide, le nettoyage ethnique resteront-ils impunis ? Aucun tribunal international ne jugera-t-il jamais les auteurs de ces délits de lèse-humanité?” [“O urbicídio, o memoricídio, a limpeza étnica ficarão impunes? Nenhum tribunal internacional jamais julgará os perpetradores desses crimes contra a humanidade?”]. Hoje, várias obras científicas18 fizeram eco a este conceito que necessita ser definido juridicamente.

b) Definição jurídica do conceito de urbicídio

O termo “urbicídio” foi fabricado seguindo o modelo do conceito de “genocídio” idealizado por Raphael Lemkin em 194419. Sua etimologia é límpida: do latim urbs, cidade, e caedere, destruir, matar; “urbicídio” significa então destruição da cidade. O primeiro uso registrado da expressão “urbicídio” foi feito na obra do prolífico autor britânico de ficção científica Michael Moorcick na novela “Elric: Dead God’s Homecoming”, publicada em 196320. Os norte-americanos de obediência marxista em geral usaram, a partir da década dos anos 60, este conceito para se referirem à reestruturação urbana (ou destruição), como o Bronx em Nova York, que tinha como efeito operar uma reconversão agressiva sobre a experiência social urbana21. Foi depois dos acontecimentos de Sarajevo, na década 90, que o neologismo abraçou outra realidade. Esse novo conceito designa uma realidade antiga, quer dizer, as violências que visam a destruição da cidade22, não na condição de objetivo estratégico, mas na condição de identidade urbana. Para retomar a expressão bastante eficaz de Paul Virilio23 – urbanista, sociólogo e filósofo francês que viveu os bombardeios da sua cidade Nantes na sua infância, em 1943 –, a estratégia da nova guerra, hoje, é uma estratégia anticidade. O espaço urbano tornou-se alvo não apenas por motivos estratégicos, mas sobretudo pelos significados que ele incorpora: identidade, valores sociais e culturais. O conceito compartilha com o de “genocídio” a ideia de purificação, limpeza étnica, aniquilamento. Porém o primeiro não centra sua atenção sobre o ser humano como objeto direto da destruição, como o segundo o faz. A cidade é o símbolo do que é detestado: a polis encarna o lugar de civilização, o centro de poder a ser derrubado, o epicentro de encontros, de trocas entre as populações. Este acordo entre populações de diferentes comunidades que forjam um modo de morar baseado no multiculturalismo ou cosmopolitismo, em valores sociais e culturais torna-se um alvo para os beligerantes que buscam promover uma única identidade da sua comunidade e aniquilar os “geossímbolos”24 do encontro entre as populações e terminar com o “komsiluk” (boa vizinhança)25. O urbicídio é um crime complexo: além de uma grade de análise que se refere somente aos fatores étnicos, religiosos e linguísticos, demonstra que os conflitos são também o fruto de lutas entre urbanos e rurais, entre dois modos de morar opostos que não se entendem26. O apagamento da cidade do mapa não visa exclusivamente, como foi o caso durante toda a história da humanidade, ganhar a batalha ou a guerra e desmoralizar o inimigo27; objetiva instaurar uma supremacia também cultural sobre o inimigo, o “Outro”. Se, na cidade, se concentram os poderes econômicos, os centros de informação, os locais estratégicos, há uma densidade populacional que a torna vulnerável; nela também são sediados os monumentos que refletem uma identidade, uma história, uma cultura a serem apagadas da memória.

Não é à toa que alguns locais são visados pelos bombardeios ou ataques por explosivos. O geografo Rémi Baudouï sublinhou assim como o incêndio da biblioteca de Sarajevo, em agosto de 1992, testemunhou no plano simbólico da raiva que animava os militares sérvios o intuito de acabar com a “cultura do Outro”28. A ponte de Mostar, que ligava dois bairros étnicos diferentes, um bosniano e o outro croata, tornou-se alvo privilegiado também dos bombardeios sérvios. Essa folia assassina irracional, esse “meurtre rituel des villes”29 caracteriza também as exações dos grupos como os talibãs, Al Qaeda no Magrebe Islâmico-AQMI, Ançar Eddine e o Grupo Estado Islâmico (ISIS, segundo o acrônimo inglês) relatados acima. Ponto comum que podemos salientar à leitura dos discursos dos líderes dos beligerantes, ultranacionalistas ou jihadistas, que rejeitam a identidade do inimigo, é a necessidade de apagar as cidades consideradas “impuras”.

Vale destacar que, no Afeganistão, no Mali ou na Síria, no século XXI, os beligerantes privilegiaram o ataque do patrimônio do inimigo aos alvos políticos, econômicos ou militares estratégicos. Em razão da facilidade de derrubar e surrupiar os bens culturais? Ou em razão do forte simbolismo que as estátuas, museus, sítios arqueológicos, mausoléus ou manuscritos representam? Segundo François Chaslin, no seu livro Um ódio monumental30, a resposta é óbvia: “O conflito na ex-Iugoslávia expressa um ódio ao monumento, uma vontade de destruir tudo que participa de uma história comum” (trad. nossa).

Por estas razões, muitas vezes, os traços deixados pelos eventos de guerra nos tecidos urbanos estão carregados de fortes valores simbólicos e a fase de reconstrução torna-se um momento de reescrever a paisagem da memória da cidade. Os projetos de intervenções de restauração, reconstrução ou demolição pós-guerra são, nessa perspectiva, a expressão de narrativas coletivas que estabelecem uma relação cada vez diferente entre a cidade, o evento de guerra e sua memória31.

Uma vez contextualizado e definido, resta analisar de maneira crítica a contribuição do novo crime à teoria do direito penal internacional.

2. Vantagens e desvantagens do novo conceito “urbicídio”

Uma reflexão preliminar sobre o risco da criação de um novo crime pode suscitar, na teoria do direito, uma comparação entre os crimes preexistentes e o novo crime de urbicídio.

2.1. Efeitos nocivos da inflação normativa

Entendemos a intenção dos defensores da criação de um novo crime internacional suscetível de tornar o Tribunal Penal Internacional (TPI) competente: conscientizar a comunidade internacional da extrema gravidade da pulverização da identidade de uma população através de seu patrimônio; insistir também sobre o efeito profilático da consagração de um crime ao acentuar, dramatizar esse caráter grave de todos os atos predatórios para acabar com essas atrocidades. Porém não podemos negar as vicissitudes próprias que surgem quando se cria um novo conceito. Como delimitar precisamente as fronteiras deste crime em gestação? Como atender melhor o princípio de legalidade? Esse crime pode realmente ser considerado um crime internacional capaz de fundar a competência da jurisdição criminal internacional? Não é redundante com os outros crimes internacionais? De modo mais geral, quais são os critérios para avaliar a relevância da constituição de novos crimes internacionais? Sem pretensão de exaustividade, podemos citar as propostas recentes de criação de infrações relativas à proteção dos indivíduos e dos povos (escravidão, apartheiddiscriminação racial, tortura…), as relativas aos espaços e ao meio ambiente (ecocídio, pirataria, poluição, espaciocídio32…), as relativas à proteção do Estado, das organizações internacionais e de seus agentes (atos de terrorismo33…) ou as relativas às trocas internacionais (tráfico de entorpecentes, luta contra a corrupção internacional ou contra os paraísos fiscais…), as econômicas e financeiras34 etc.35. Todas são legítimas e dignas de atenção, porém não contribuem para inflação normativa criminal? Este crescimento exagerado não tem o risco de banalizar o crime internacional e finalmente tornar a luta contra a impunidade ineficaz?

Ao acolher todas essas propostas, chegaremos a uma hipótese de “non-droit”, quer dizer, a hipótese extrema da inefetividade do direito que seria a “ausência de direito em um determinado número de relações humanas onde a lei tinha a vocação teórica de estar presente”36, descrita pelo renomado sociólogo de direito francês, Jean Carbonnier, no meio do século passado. Tanto a escassez de direito quanto sua proliferação podem aniquilar ele mesmo, “como a serpente que se devora pela cauda. Em um imenso número de casos, ele devora fenômenos legais, neutraliza sua juricidade”37. Essa neutralização pela banalização já foi debatida e denunciada a respeito da qualificação quase sistemática dos massacres de população em genocídio (como foi feito para caracterizar os crimes na ex-Iugoslávia nos anos 90, no Darfur no Sudão, em Israel nos anos 2000 ou da juventude negra brasileira atualmente)38.

Em resumo: positivar o crime de “urbícidio”, seria o meio ruim para alcançar um bom objetivo? Precisa-se trivializar os crimes internacionais para “enobrecer” a destruição em massa do patrimônio da humanidade que assola atualmente várias regiões do mundo vítimas da ação de grupos obscurantistas ou de Estados visando nelas impor sua hegemonia? Essas questões merecem uma reflexão aprofundada para conciliar de maneira satisfatória a efetividade jurídica e a luta contra a impunidade.

Uma vez levantado o risco ligado à criação de um novo crime internacional, podemos questionar a sua relevância.

2.2. Comparação do crime de urbicídio com os crimes internacionais positivados

Na jurisprudência dos tribunais penais internacionais ad hoc e do TPI, a destruição deliberada dos bens culturais foi assimilada aos crimes contra a humanidade e aos crimes de guerra. Vale então desenhar as semelhanças e diferenças entre esses crimes.

Os crimes de urbicídio e os crimes contra a humanidade ou de guerra apresentam elementos comuns: visam aniquilar o inimigo e constituem atos de violência coletiva. Porém existem distinções profundas e intrínsecas. No crime contra a humanidade ou de guerra, os valores protegidos dos atos subjacentes visam diretamente a pessoa e, além disso, a espécie humana, como atentados à vida sob a forma de assassinato ou homicídio, atentados à integridade física e mental e à liberdade de deslocamento (sequestros e raptos). O crime de urbicídio é antes de tudo um crime direcionado contra o Estado. Mesmo se ele visa civis que vão sofrer na sua carne, visa de maneira colateral os símbolos do modelo combatido: a potência comercial e financeira, a supremacia militar, o poder político, o patrimônio cultural, através de um impacto simbólico e um grande choque midiático. Nota-se que o criminoso da humanidade ou de guerra busca eliminar os rastros das suas monstruosidades. Ao inverso, os responsáveis pelo urbicídio usam plenamente dos meios de comunicação para divulgar seus crimes. A violência contra o patrimônio, nesses últimos anos, foi teatralizada no intuito de melhor difundir o terror diante das populações visadas, e a reivindicação torna-se um elemento necessário. Parece que os bens são interesses jurídicos protegidos pelas duas incriminações, porém isso fica marginal para o crime contra a humanidade ou crime de guerra. O crime de urbicídio entende resguardar, tanto a pessoa humana quanto os bens da humanidade e os dos Estados. Enfim, o crime contra a humanidade ou de guerra só pode ser cometido por um Estado, enquanto os atos de urbicídio podem ser realizados por particulares para seus próprios interesses39.

Essas diferenças poderiam justificar a razão de ser do novo crime. Porém, do ponto de vista pragmático, sua concretização traz mais perguntas que soluções.

Com efeito, uma discussão a ser resolvida, por exemplo, é de determinar quais seriam os elementos da sua definição a serem comprovados para punir o crime de urbicídio. As evoluções da jurisprudência do Tribunal Penal para a ex-Iugoslávia – TPII corroboram a dificuldade quanto à qualificação do crime (crime de guerra ou crime contra a humanidade?) e quanto aos critérios exigidos para determinar se houve ou não um crime contra o patrimônio da humanidade.40 Em vários julgamentos, o TPII, de maneira solene, condenou os atos visando o patrimônio cultural41. No “caso Kordic”, julgado em 26 de fevereiro de 2001, o ato de demolição e degradação de edifícios consagrados à religião ou à educação, quando tal ato é perpetrado deliberadamente, foi equiparado a um ato de perseguição, posto que equivale a: “um ataque contra a identidade religiosa própria de um povo. Assim, o Tribunal exemplifica a noção de crime contra a humanidade, pois deste fato, é a humanidade no seu conjunto que é afetada pela destruição de uma cultura religiosa específica e dos objetos culturais vinculados”42. No “caso Miodrag Jokic”, o julgamento de 18 de março de 2004 puniu, mais uma vez, esses atos bárbaros de hostilidades contra o patrimônio cultural nesses termos: “O bombardeio da velha cidade de Dubrovnik (classificada na lista da UNESCO) constituiu um ataque não somente contra a história e o patrimônio da região mas também contra o patrimônio cultural da humanidade”43. No julgamento de 3 de março de 200044, T. Blaskic foi acusado por ter atacado o patrimônio cultural do inimigo. No entanto, o tribunal ad hoc entendeu de maneira restritiva o artigo 3° al. d). Foi estabelecido que o dano ou a destruição precisam ser cometidos de maneira deliberada contra edifícios claramente identificados como consagrados à religião ou ao ensino e não usados, no momento dos fatos, para fins militares. Neste “caso Blaskic”, o ataque contra os edifícios não caracterizou um dos quatro crimes internacionais, tornando o TPII competente, pois eles estavam localizados perto de objetivos militares, condição que legitima os bombardeios. No entanto, a jurisprudência da corte criminal evoluiu: no julgamento “Natelic e Martinovic” do 31 de março de 200345, a definição do crime não contemplou mais o elemento de proximidade do edifício bombardeado com os objetivos militares. Mas os juízes internacionais requereram a prova da intenção do autor do delito de degradar o imóvel, prova sempre delicada a fornecer, como é para qualquer elemento subjetivo. Essas exigências são compreensíveis, pois se trata da definição dos crimes internacionais, quer dizer, os de maior gravidade, que afetam a comunidade internacional no seu conjunto, justificando a competência excepcional dos tribunais penais internacionais e relativizando a soberania dos países beligerantes.

O terrorismo compartilha várias semelhanças com o urbicídio, em particular o de propagar o terror e destruir, não somente física mas também moralmente, uma parte da população civil, focar em alvos simbólicos da identidade do inimigo. Mas vale lembrar os fracassos da sociedade internacional ao definir o primeiro para descartar o raciocínio analógico46. Apesar de o terrorismo ser considerado uma das ameaças mais terríveis destas últimas décadas, não houve consenso internacional até hoje, para circunscrever este conceito47, o que não deixa pressagiar, pelo menos a curto prazo, novo conceito de urbicídio.

Mesmo que o desafio da delimitação do conceito esteja superado, restarão outras questões a serem resolvidas. Qual seria seu regime jurídico? O crime é mais grave que os outros crimes internacionais vigentes hoje no Estatuto de Roma? A sanção deveria ser agravada? Quais são as causas para se eximir da sua responsabilidade pela destruição de uma cidade?

Estes são apenas exemplos de incertezas jurídicas que o TPI permanente encontrará se o conceito de urbicídio vier a ser incorporado no artigo 8 do Estatuto de Roma. Além disso, a capacidade deste termo para abranger uma variedade de campos, tais como, direito, política internacional, urbanismo e arquitetura, história da arte, antropologia, filosofia e sociologia, tornará especialmente difícil estabelecer uma definição finita que satisfaça a todos.

Conclusão

A discussão doutrinária sobre a qualificação jurídica aplicável às violações voluntárias aos monumentos históricos tem o mérito de demonstrar as novas expectativas da sociedade internacional quanto à tutela do patrimônio da humanidade. Porém, por enquanto, parece mais conveniente conservar a principal caracterização de “crime de guerra” aplicada pelo TPI. Se a criação de um crime sui generis apresenta intelectualmente argumentos a favor, a mudança da terminologia poderia ser contraproducente. O governo francês, nas suas “50 proposições para proteger o patrimônio da humanidade” reveladas em 201548, propôs sistematizar o acionamento do TPI para responsabilizar individualmente os que perpetraram crimes de lesa-patrimônio (proposição n° 42) sem, no entanto, tentar modificar a qualificação de crimes de guerra para outro crime. Emendar o Estatuto de Roma no intuito de criar uma nova infração tem o risco de deixar entender, segundo Jean-Luc Martinez, redator das proposições, que as destruições das pedras podem ficar no mesmo patamar que os massacres da população, o que é difícil de ser compreendido pela opinião pública. Essa falta de legibilidade provocada pela alteração de jurisprudência seria contraditória com a preocupação de consolidar a efetividade das regras em germinação existentes. Ademais, o processo de reforma do Estatuto de Roma pode revelar-se arriscado pois a probabilidade de uma emenda entrar em vigor é fraca. Alterar as cláusulas do tratado de 1998 necessita da aquiescência da maioria dos 2/3 dos Estados membros da jurisdição criminal internacional e vinculará somente os Estados que ratificaram a emenda. Como o TPI está hoje sofrendo uma fase de contestação, em particular pelos países africanos que contestam sua legitimidade49 e também pelos presidentes russo, Vladimir Putin, norte-americano, Donald Trump, é melhor não dar oportunidade aos Estados de denunciar ou enfraquecer o ato constitutivo desta instituição judiciária, que demonstrou recentemente sua importante contribuição na luta eficaz contra a destruição do patrimônio da humanidade.


1 SARTRE-FAURIAT, Annie. Proche-Orient : patrimoines en grand danger. Anabases, Toulouse, n° 23, 2016, p. 139.

2 ROBICHEZ, Juliette. A destruição do patrimônio cultural da humanidade como instrumento de aniquilamento da dignidade da pessoa humana. A gênese da proteção jurídica do patrimônio cultural da humanidade. Diálogos possíveis, Salvador, v. 14, 2015, p. 96. – ROBICHEZ, Juliette. A proteção do patrimônio histórico-cultural da humanidade e a crise do direito internacional. In: MENEZES, Wagner; ANUNCIAÇÃO, Clodoaldo S. da, VIEIRA, Gustavo M. (org.). Direito internacional em expansão, Belo Horizonte: Arrães Ed., 2015, p. 122.

3 ROBICHEZ, Juliette. A destruição deliberada do patrimônio cultural da humanidade: “crime de guerra” ou crime contra a humanidade”? Revista de Direito Internacional, 2020, v. 17, n.° 3, Dossiê temático: Direito da arte e do patrimônio cultural, p. 357. Disponível em: https://www.publicacoesacademicas.uniceub.br/rdi/article/view/6591. Acesso em: 21 abr. 2021.

4 Definido no artigo 4, A, §6 da Terceira Convenção de Genebra. Termo francês para a conscrição durante as Guerras Revolucionárias francesas, particularmente a de 23 de agosto de 1793.

5 DUFOUR, Jean-Louis. La guerre, la ville et le soldat. Paris: Odile Jacob, 2002.

6 DUFOUR, Jean-Louis. Villes et combats urbains au XXe siècle, in Guerres mondiales et conflits contemporainsParis, 2002/2, n° 206, p. 95. Disponível em: https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2002-2-page-95.htm. Acesso em: 07 mai. 2019.

7 UNESCO. Quatorzième assemblée générale des États parties à la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. Paris, 14-15/Out/2003, p. 2. Disponível em: <http://whc.UNESCO.org/archive/2003/whc03-14ga-inf01f.pdf>. Acesso em: 10 fev. 2014.

8 Por enquanto, os crimes internacionais são: crime de genocídio, crime contra a humanidade, crime de guerra e crime de agressão.

9 Resolução 2085 (2012). Disponível em: <http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2013/02/15/patrimoine-mondial_1833424_3210.html>. Acesso em: 05 mai. 2014.

10 No seu sentido próprio de aterrorizar a população.

11 CABANES, Valérie. Un nouveau droit pour la terre. Pour en finir avec l’écocide. Paris: Seuil, 2016.

12 Colóquio sobre as cidades destruídas nas guerras recentes, 31 jan. 1995, Ecole d’architecture de Paris-La Défense, sob a iniciativa da revista Urbanisme et da Associação Patrimônio sem Fronteiras. V. EDELMANN, Frédéric. Comment réconcilier les villes martyres et leur histoire. Le Monde, Paris, 11 fev. 1995. Disponível em: <http://www.lemonde.fr/archives/article/1995/02/11/comment-reconcilier-les-villes-martyres-et-leur-histoire_3836761_1819218.html#mQ8aDPHigO6hDpLU.99>. Acesso em: 14 mar. 2017.

13 Neologismo elaborado a partir da palavra “war”, guerra em inglês e “architecture”, arquitetura.

14 GREES. Urbicide à Sarajevo. Blogue Immersion à Sarajevo, s.d. Disponível em: <https://grees2009.wordpress.com/nos-recherches/urbanisme/urbicide-a-sarajevo/>. Acesso em: 14 mar. 2017. Fato interessante, o neologismo “urbicídio” não foi traduzido em inglês na mídia nova-iorquina, o outro “warchitecture-Sarajevo”, associando a palavra “guerra” e “arquitetura”, foi privilegiado para falar de uma cidade “ferida” (“A Wounded City”). V. STOREFRONT FOR ART AND ARCHITECTURE. Warchitecture-Sarajevo: a Wounded City. 04 fev. 1995. Disponível em: <http://storefrontnews.org/programming/warchitecture-sarajevo-a-wounded-city/>. Acesso em: 14 mar. 2017.

15 Une exposition sur Sarajevo au Centre Pompidou. Les ruines d’une ville assiégée. Le Monde, Paris, 03 mai. 1994. Disponível em: <http://www.lemonde.fr/archives/article/1994/05/03/une-exposition-sur-sarajevo-au-centre-pompidou-les-ruines-d-une-ville-assiegee_3829085_1819218.html#0D7axomAHhypp4uf.99>. Acesso em: 07 set. 2016.

16 BOGDANOVIC, Bogdan. Vukovar, Sarajevo. La guerre en ex-Yougoslavie. Paris: Ed. Esprit, 1993.

17 Pourquoi Sarajevo. Le Monde, Paris, 27 mai. 1994. Disponível em: <http://www.lemonde.fr/archives/article/1994/05/27/pourquoi-sarajevo_3831329_1819218.html#rUgtrD2dZmqhOEYS.99>. Acesso em: 07 set. 2016. Tradução nossa: “O urbicídio,o memoricídio e a limpeza étnica ficarão impunes? Nenhum tribunal internacional nunca julgará os autores destes delitos de lesa-humanidade?”

18 Por ex.: MAZZUCCHELLI, Francesco. Urbicidio. Il senso dei luoghi tra distruzioni e ricostruzioni nelle ex Jugoslavia. Bononia University Press, Bolonha, 2010.

19 LEMKIN, Raphael. Chapter IX: Genocide. In: ______. Axis Rule in Occupied Europe: Laws of Occupation – Analysis of Government – Proposals for Redress. Washington: Carnegie Endowment for International Peace, 1944. p. 79-95. Disponível em: <http://www.academia.edu/5846019/Raphael_Lemkin_-_Axis_Rule_in_Occupied_Europe_Laws_of_Occupation_-_Analysis_of_Government_-_Proposals_for_Redress_Chapter_IX_Genocide_&gt;. Acesso em: 08 mai. 2019.

20 MOORCOCK, Michael. Dead God’s Homecoming. Science Fantasy, n° 59, Nova Publishing, 1963, apud WIKIPEDIA, Urbicídio. Disponível em: <https://es.wikipedia.org/wiki/Urbicidio>. Acesso em: 08 mai. 2019. Nesta obra, o protagonista Elric, imperador de Melniboné, abandona seu trono para viajar e assiste impotente à destruição do seu mundo para deixar seu lugar ao nosso.

21 Por exemplo: MARSHALL, Berman. Falling Towers: City Life After urbicide, in CROW, Dennis, Geography and Identity. Ed. Maisonneuve Press, Washington, 1996, p. 172.

22 Pensamos em Troia sitiada e devastada pelos Gregos (1240 a.C.); a tomada de Cartago, cidade sediada no norte da África, originariamente colônia fenícia pelos Romanos que se espalharam pela cidade e semearam as terras de sal para que nada mais repele como diz a lenda (146 a.C.); a tomada de Tenochtitlán (antigo México), capital dos Astecas, pelos Espanhóis (1521)…

23 VIRILIO, Paul. Stratégie de la déception: à partir du conflit au Kosovo, réflexion sur la stratégie militaire du contrôle et de désinformation tous azimuts. Paris: Ed. Galilée, 2000.

24 TRATNJEK, Bénédicte. Des ponts entre les hommes : les paradoxes de géosymboles dans les villes en guerre. Cafés géographiques, rubrique Vox geographi, 12 dez. 2009. Disponível em: <https://halshs.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/440892/filename/Des_ponts_entre_les_hommes.pdf>. Acesso em: 28 mai. 2019.

25 O termo “komsiluk”, de origem turca, designa as relações de vizinhança no seu conjunto. Na Bósnia-Herzegovina, no contexto pluricomunitário bosníaco, o termo abrangia um sistema de coexistência cotidiana entre as diferentes comunidades. Expressava-se essencialmente no trabalho, na vida hodierna, na associação na comemoração de todos aos eventos religiosos e familiares. BOUGAREL, Xavier. Bosnie. Anatomie d’un conflit. Paris: La Découverte, 1996, p. 81.

26 TRATNJEK, Bénédicte. La notion d’urbicide : exemples en ex-Yougoslavie. Blogue Géographie de la ville en guerre, 22 out. 2008. Disponível em: <http://geographie-ville-en-guerre.blogspot.com.br/2008/10/la-notion-durbicide-dimensions.html>. Acesso em: 07 set. 2016. Podemos também citar o exemplo de Phnom Penh, capital da Camboja, que sofreu graves destruições e descuidados durante a República Khmer (1970-1975). A “Pérola da Ásia” foi bombardeada pelas tropas comunistas e esvaziada durante quase quatro anos. Em 1975, a nova Kampuchea democrática evacuou pela força seus dois milhões de residentes para que estes trabalhassem nas fazendas rurais e se tornem o “novo povo”. Ver a obra cinematográfica sobre este tema: The killing Fields. Direção de Rolland JOFFÉ, Reino Unido, 1984 (138 min.).

27 Pensamos nos bombardeios de Paris e Londres na Primeira Guerra Mundial, de Guernica durante a guerra civil na Espanha ou Hiroshima e Nagasaki durante a Segunda Guerra Mundial.

28 BAUDOUï, Rémi. De la menace atomique aux conflits de “faible intensité”. L’emprise croissante de la guerre sur la ville. Annales de la recherche urbaine, n° 91, dossier “Villes et guerres”, 2001, pp. 31-32.

29 Idem. “Assassinato ritual de uma cidade”. (trad. nossa)

30 CHASLIN, François. Une haine monumentale. Essai sur la destruction des villes en ex-Yougoslavie. Paris: Descartes & Cie, 1997. – V. também TRATNJEK, Bénédicte. La notion d’urbicideOp. cit.

31 Uma das primeiras medidas adotadas pela população vítima desses atos bárbaros foi de reconstruir a ponte de Mostar ou os mausoléus de Tombuctu.

32 HANAFI, Sari. Spatiocide, réfugiés, crise de l’Etat-nation. Multitudes, Paris, 2004-4, n° 18, p. 187. Disponível em: <http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=MULT_018_0187>. Acesso em: 17 mar. 2017 – LEVY, Jacques. Topologie furtive. Espacestemps.net, 2008. Disponível em: <http://www.espacestemps.net/articles/topologie-furtive/>. Acesso em: 17 mar. 2017. Esses autores demonstram que o espaço é um recurso usado pelo Estado israelense para impedir a construção estatal palestina: as políticas de expropriações gerais das terras, deslocamento ou expulsão maciça dos habitantes; o assentamento consistente, exaustivo e definitivo por colonos visa a romper a continuidade territorial, a suprir a relação entre Palestino e seu território.

33 ROBICHEZ, Juliette; SPÍNOLA, Luíza M. C. A complexa definição de ato terrorista como crime contra a humanidade. Revista da Faculdade de Direito – UFPR, Curitiba, v. 65, n° 2, mai./ago. 2020, p. 149. Disponível em: https://revistas.ufpr.br/direito/article/view/69797/41512. Acesso em: 17 dez. 2020. V. também: MOLINS, François. Actes de terrorisme : nouveaux crimes contre l’humanité ? Paris: Colloque à la Cour de cassation: 70 ans après Nuremberg – Juger le crime contre l’humanité, 30 set. 2016. Disponível em: <https://www.courdecassation.fr/IMG/F%20Molins%20-%20Actes%20de%20terrorisme%20%20noueaux%20crimes%20contre%20l%20humanit%C3%A9%20-%2070%20apr%C3%A8s%20Nuremberg%20-%20Juger%20le%20crime%20contre%20l%20humanit%C3%A9.pdf>. Acesso em: 17 mar. 2017.

34 MUNIZ, Lucas Maia Carvalho. A tutela dos crimes contra o sistema financeiro nacional no Tribunal Penal Internacional. Trabalho de Conclusão de Curso, Faculdade Ruy Barbosa, Curso de direito, orientador: Juliette Robichez, 2013 (n.p.).

35 Para maiores desenvolvimentos V. ASCENSIO, Hervé, DECAUX, Emmanuel, PELLET, Alain. Droit international pénal. Paris: A. Pedone, 2° ed., 2012, pp. 183 e s.

36 CARBONNIER, Jean. Flexible droit. Pour une sociologie du droit sans rigueur. Paris: LGDJ, 7° ed., 1992, p. 23 e s. Trad. nossa.

37 Idem. Trad. nossa

38 Ex.: JARREAU, Patrick. Simone Veil s’inquiète de la banalisation du génocide des juifsLe Monde, Paris, 18 mai. 2003. Disponível em: <http://abonnes.lemonde.fr/une-abonnes/article/2003/05/15/simone-veil-s-inquiete-de-la-banalisation-du-genocide-des-juifs_320122_3207.html?xtmc=simone_veil_s_inquiete_de_la_banalisation_du_genocide&xtcr=1>. Acesso em: 21 abr. 2019.

39 V. ausência de consenso sobre essa questão no debate na Comissão de Direito Internacional sobre o projeto de código dos crimes contra a paz e a segurança da humanidade. ACDI, 1986, vol. II, 2 e partie, p. 48, § 98. V. também ACDI, 1990, vol. II, 2 e parte, comentários do art. 16 in fine, p. 29. Contra: Resolução da AG/OEA, 30/06/70, equiparando os atos de terrorismo a crimes contra a humanidade. Mesma posição nas resoluções 863 de 1986, 1170 de 1991 e na recomendação 1644 de 2004 da Assembleia Parlamentar do Conselho da Europa. V. ROBICHEZ, Juliette; SPÍNOLA, Luíza M. C. Loc. cit.

40 DIAS, Anauene. Destruição do patrimônio cultural: crime de guerra. Revista Via IurisBogotá, 2018, n° 25, p. 1. Disponível em: <https://www.academia.edu/38358730/Destruição_do_patrimônio_cultural_como_crime_de_guerra.pdf?email_work_card=view-paper>. Acesso em: 28 mai. 2019.

41 CARDOSO, Tatiana de Almeida F. R. Novos desafios ao direito internacional humanitário: a proteção dos bens culturais em caso de conflito armado. Revista de Direitos Fundamentais e Democracia, Curitiba, v. 14, n° 14, jul./dez. de 2013, p. 196. Disponível em: <http://revistaeletronicardfd.unibrasil.com.br/index.php/rdfd/article/view/381/338>. Acesso em: 25 jul. 2018.

42 TPII – TRIBUNAL PENAL INTERNACIONAL PARA EX-IUGOSLÁVIA. Câmara de Primeira Instância. Procurador v. Kordic & Cerkez. 27 fev. 2001. N° IT-95-14/2-T. <Disponível em http://www.icty.org/x/cases/kordic_cerkez/tjug/fr/kor-010226f.pdf>. Acesso em: 21 mar. 2014, pp. 64 e 65; p. 101 e s. e p. 311 e s. Trad. livre

43 TPII – TRIBUNAL PENAL INTERNACIONAL PARA EX-IUGOSLÁVIA. Câmara de primeira instância I. Procurador c. Miodrag Jokic. 18 mar. 2004. N° IT-01-42/1-S. Disponível em: <http://www.icty.org/x/cases/miodrag_jokic/tjug/fr/jok-sj040318f.pdf>. Acesso em: 21 mar. 2014, p. 21 e s. Trad. livre.

44 TPII – TRIBUNAL PENAL INTERNACIONAL PARA EX-IUGOSLÁVIA (2000a). Câmara de Primeira Instância I. Procurador c. Tihomir Blaskic.03 mar. 2000. N° IT-95-14-T. Disponível em: <http://www.icty.org/x/cases/blaskic/tjug/fr/bla-tj000303f.pdf>. Acesso em: 21 mar. 2014, p. 5 e s., pp. 53 e 56, p. 63 e s., p. 144 e s.

45 TPII – TRIBUNAL PENAL INTERNACIONAL PARA EX-IUGOSLÁVIA. Câmara de primeira instância. Procurador v. Mladen Naletilic e Vinko Martinovic. 31 mar. 2003. N° IT-98-34-6. Disponível em: <http://www.icty.org/x/cases/naletilic_martinovic/tjug/fr/tj030331f.pdf>. Acesso em: 21 mar. 2014, p. 230 e s., pp. 274-275.

46 ROBICHEZ, Juliette; SPÍNOLA, Luíza M. C. Loc. cit.

47 JAPIASSÚ, Carlos Eduardo A. Coleção para entender: o Direito Penal Internacional. Belo Horizonte: Del Rey, 2009. – MALUF, Elisa L. Terrorismo e prisão cautelar: eficiência e garantismo. São Paulo: LiberArs, 2016.

Ver referências in: ROBICHEZ, Juliette; SPÍNOLA, Luíza M. C. Loc cit.

48 MARTINEZ, Jean-Luc.Cinquante propositions françaises pour protéger le patrimoine de l’humanité. In: Rapport au Président de la République sur la protection du patrimoine en situation de conflit armé. Nov. 2015. Disponível em: <http://www.elysee.fr/assets/Uploads/Cinquante-propositions-francaises-pour-proteger-le-patrimoine-de-lhumanite.pdf>. Acesso em: 05 fev. 2017.

49 Acusado de ser uma instituição “racista e neocolonial” pela União Africana, alguns Estados africanos manifestaram sua vontade de sair da organização internacional. A partir de 2015, a África do Sul, o Burundi e a Gâmbia introduziram um processo de denúncia do Tratado de Roma de 1998.Ver ROBICHEZ, Juliette. A justiça penal internacional e a África. Análise crítica do “afrocentrismo” do Tribunal Penal Internacional. Cientifico, Salvador, 2018, p. 147. Disponível em: <https://revistacientefico.adtalembrasil.com.br/cientefico/article/view/626/390>. Acesso em: 21 abr. 2019.

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

L’Italie célèbre cette année l’auteur de «La Divine Comédie», mort il y a 700 ans. Comment appréhender ce chef-d’œuvre de la littérature mondiale? Comment parle-t-il encore au lecteur de 2021? La traductrice Danièle Robert nous sert de guide

Portrait de Dante Alighieri – 1265 – 1321 – source : Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images

Écrit par Lisbeth Koutchoumoff

Cette semaine ont débuté en Italie les festivités qui vont marquer tout au long de l’année le 700e anniversaire de la mort de Dante Alighieri, «sommo poeta», poète suprême, «père» de la langue italienne et de l’un des trésors de la littérature mondiale. Le 25 mars a ainsi été décrété Dantedì, jour de Dante, en écho à la date où débute La Divine Comédie, ce poème de 14 233 vers, écrit probablement entre 1304 et 1321, l’année de la mort de l’écrivain florentin. Un texte fleuve où Dante se met en scène en voyageur de l’au-delà, traversant les trois royaumes des morts – Enfer, Purgatoire et Paradis –, un parcours initiatique, mystique, dont la beauté, l’invention, la modernité continuent de subjuguer.

La postérité de l’écrivain, son génie ont fait de l’ombre à l’homme qu’a été aussi Dante Alighieri et c’est le mérite de l’historien Alessandro Barbero que de le replacer dans son siècle, brillant et turbulent, dans une biographie qui fait date, publiée chez Flammarion. Plusieurs nouvelles traductions de La Divine Comédie ont aussi vu le jour. Une seule parmi elles a tenu le pari de suivre la structure originale des vers de Dante. C’est Danièle Robert qui a réalisé ce tour de force. Sa traduction est parue ce mois-ci en version intégrale chez Babel Actes Sud. Elle a accepté de nous servir de guide.

Quels seraient vos conseils à quelqu’un qui voudrait lire pour la première fois «La Divine Comédie»?

Danièle Robert: Je lui dirais: «Une telle lecture est une véritable aventure qui va vous réserver d’incroyables surprises, dans des domaines très divers, et vous faire passer par les émotions les plus contradictoires, les sentiments les plus extrêmes, donc vous apporter beaucoup; mais c’est aussi une lecture qui demande du temps, de la réflexion… Par conséquent, n’essayez pas de lire le poème en continu, d’une seule traite, vous abandonneriez très vite. Au contraire, savourez-le chant après chant, en le laissant reposer comme on fait d’une pâte pour la faire lever, et commencez par l’Enfer, bien sûr, continuez par le Purgatoire et finissez par le Paradis; c’est dans ce sens que Dante a fait le voyage, c’est dans ce sens qu’il faut le faire à votre tour pour être en phase avec son propos et goûter pleinement la composition du poème.»

L’expérience que Dante a faite sur et en lui-même est celle que tout être humain peut faire à son tour

En quoi cette immense traversée du royaume des morts parle-t-il encore aux lecteurs de 2021?

Il nous parle depuis 700 ans, quel que soit notre pays, notre langue, notre culture, parce qu’il s’agit d’un poème de dimension universelle. Ce qu’il nous raconte comme appartenant au royaume des morts est, d’une part, un tableau du monde dans lequel nous vivons avec ses multiples aspects, et, d’autre part, l’expression de nos aspirations, de nos angoisses, de nos efforts, de nos rêves.

Le texte, en effet, ne se résume pas à son sens premier de voyage imaginaire dans l’au-delà; l’expérience que Dante a faite sur et en lui-même est celle que tout être humain peut faire à son tour, c’est avant tout une expérience intérieure qui conduit d’une constatation et de la prise de conscience d’une réalité, quelle qu’en soit la forme, à la décision de transformer ce que l’on a «vu» et compris (autour de soi et en soi) et d’accéder à une autre vérité, différente pour chacun de nous et par laquelle nous affirmons notre liberté.

Pour ce voyage, Dante a pour guide Virgile. Pourquoi a-t-il choisi ce poète de l’Antiquité, étranger au christianisme, alors que le périple est une plongée au cœur de la mystique chrétienne?

Virgile, poète latin qui a vécu au premier siècle av. J.-C., sous le règne d’Auguste, c’est-à-dire au moment où l’Empire romain était à son apogée, est pour Dante un modèle sur plusieurs plans: il a chanté dans l’Enéide le voyage d’Enée et des Troyens partis pour fonder un monde nouveau après la chute de leur ville, il a célébré à la fois la grandeur de l’Empire et les joies simples de la vie rurale et, surtout, Dante le voit, à l’instar de ses contemporains, comme un prophète (sans le savoir) de la venue du Christ, à cause de la IVe églogue des Bucoliques dans laquelle il a décrit la naissance d’un enfant annonciateur d’un nouvel âge d’or et d’un avenir radieux.

De plus, au Moyen Age, l’Antiquité païenne et le christianisme sont étroitement liés dans la conscience collective, l’un se nourrissant de l’autre. Mais Virgile est principalement pour Dante l’incarnation de la parole poétique qui, seule, va lui permettre de dire aux humains ce qu’il a vu dans l’autre monde, de s’acquitter de la mission qui lui a été confiée en tant que poète, médiateur entre le ciel et la terre.

Les traductions récentes sont nombreuses en français, mais vous êtes la seule à respecter la forme poétique choisie par Dante. Quelle est cette forme?

Dante a créé, spécialement pour ce poème, un système de rimes qui, au lieu de fonctionner deux par deux le font trois par trois, formant une sorte de tresse qui donne au poème ce rythme ternaire caractéristique. À cela s’ajoute l’emploi de l’endecasillabo, le vers impair de 11 syllabes qui existait à son époque et était largement utilisé par les poètes italiens comme il l’est encore de nos jours; ce n’est donc pas une création, mais Dante l’emploie sur des strophes de trois vers, les terzine, où l’on retrouve le chiffre 3, et si l’on pousse plus loin l’observation, on voit que trois vers de 11 syllabes équivalent à 33 syllabes, qu’il y a trois parties dans le poème, chacune d’elles étant composée de 33 chants sauf l’Enfer qui en compte 34, ce qui donne en tout 99 + 1 = 100 chants.

Que veulent dire ces nombres?

Ces calculs sont loin d’être le fruit du hasard ou d’une quelconque coquetterie stylistique: le 1, le 3 et leurs multiples reviennent à tout moment dans le poème pour nous signifier que la vérité à laquelle adhère Dante, et les chrétiens avec lui, est la foi dans la Trinité. On peut donc affirmer que cette forme est inséparable du sens de l’œuvre.

Ce rythme à trois temps emporte comme une valse. Il rappelle aussi le pas du marcheur…

Oui, et ce mouvement, cette pulsation, est précisément ce qui nous entraîne dans la lecture et nous invite à notre tour à entreprendre le voyage.

On considérait jusqu’ici trop difficile de plier le français à ce rythme-là?

On a longtemps soutenu – et certains traducteurs actuels le soutiennent encore – qu’on ne pouvait rendre en français les rimes dantesques telles que voulues par leur auteur, la langue française étant trop cérébrale pour les uns, la versification trop rigide ou inadaptée pour les autres…

Il a tenté une sorte d’unification linguistique alors même que l’unification politique était loin d’être réalisée

Qu’est-ce qui vous a convaincue de relever le défi?

Je n’ai pas hésité un seul instant: l’écoute de ce rythme – qui n’a absolument rien de monotone ni d’ennuyeux –, de cet entrelacs de rimes qui procèdent par vagues successives m’a immédiatement poussée à trouver ce qui, dans ma propre langue, pouvait correspondre à la musique que j’entends lorsque je lis Dante à haute voix, à lui faire écho, en quelque sorte; et c’est cette musique qui m’a guidée constamment dans ma traduction.

Les lecteurs les plus enthousiastes quant à l’intérêt et la nécessité d’avoir traduit Dante en tierce rime, ce sont les Italiens francophones qui, tous sans exception, en portent témoignage: eux qui ont dans l’oreille la voix de Dante et qui en sont imprégnés dans leurs fibres mêmes, sont capables d’entendre sa musique dans le texte français.

On dit que Dante a inventé une langue, qui deviendra l’italien moderne, avec ce poème. Expliquez-nous.

Il n’a pas vraiment inventé une langue, qui existait bien avant lui, mais il a tenté une sorte d’unification linguistique alors même que l’unification politique était loin d’être réalisée. Il a donc puisé aux sources des dialectes et parlers locaux des régions qu’il a traversées, du toscan au romagnol, du sicilien au provençal, et le latin lui a offert également d’immenses ressources pour bâtir une langue dite «vulgaire», c’est-à-dire parlée par le peuple, aussi noble, aussi «illustre» que le latin classique alors utilisé dans tous les écrits administratifs, politiques, religieux, etc. De plus, sur le plan poétique, il a créé des déplacements de sens sur certains mots et, bien sûr, de nombreux néologismes.

Si vous deviez citer trois passages parmi vos préférés?

Pour l’Enfer, je choisirais comme beaucoup le chant V, la célèbre histoire de Paolo et Francesca empreinte d’une émotion intense; pour le Purgatoire, c’est le chant XXVIII, l’entrée de Dante dans le paradis terrestre et la rencontre d’une dame mystérieuse qui le conduira vers Béatrice; là aussi, un pur joyau; pour le Paradis, c’est évidemment le chant XXXIII, une apothéose.


Dante Alighieri, La Divine Comédie, trad. de l’italien par Danièle Robert, 918 p.

 

Avec ou sans rimes

Plusieurs autres traductions de La Divine Comédie sont parues récemment. C’est celle de Jean-Charles Vegliante, très libre, rassemblée dans la collection Poésie/Gallimard, qui a été choisie par l’Institut italien à Paris pour un livre audio en 33 langues conçu pour cet anniversaire. René de Ceccatty a proposé sa version en octosyllabes non rimés que l’on trouve chez Points. Les Éditions La Dogana accueillent celle de Michel Orcel dont l’Enfer est paru en 2019 et le Purgatoire en 2020. On attend le Paradis pour ce printemps. Le poète a choisi le décasyllabe et la rime parfois.


L’empreinte d’un poète exilé

Alessandro Barbero suit la trace de Dante dans une Italie brillante et conflictuelle

«Dante d’Aldighieri degli Aldighieri, poète florentin». Cette mention dans un registre de la corporation des médecins et apothicaires de la ville au lys a été introduite entre 1297 et 1301. Elle fait partie des quelques traces documentaires laissées par un homme dont la trajectoire, malgré une célébrité universelle, reste en partie mystérieuse. Des traces qu’Alessandro Barbero invite à déchiffrer dans une biographie où les extrapolations littéraires sont laissées de côté au profit d’un examen rigoureux des sources. Ce travail austère, facilité par le talent de vulgarisateur de l’auteur, en dit autant sur le contexte, les idéaux, les drames politiques de l’Italie médiévale que sur un homme dont le génie échappe à l’enquête historique.

Dante médecin, donc, ou apothicaire? Non. La corporation accueille un peu tout le monde: merciers, papetiers, libraires et même rentiers. Il est sans doute un peu homme d’affaires, comme son père négociant et usurier. Ses œuvres ont commencé à le rendre célèbre même si la mention «poète florentin» est sans doute tardive. Comme beaucoup de bourgeois, il est attiré par les usages des grands, gens d’épée, de prestige et de querelles que la Commune s’efforce de maintenir sur la touche. C’est en chevalier qu’il a participé à la bataille de Campaldino contre Arezzo en 1289. Mais c’est bien en tant que représentant du peuple qu’il s’est lancé en politique. Un peuple qui se divise entre celui des artisans et commerçants – le menu peuple – et celui des négociants, banquiers, entrepreneurs – le peuple gras. Et se déchire avec entrain entre gibelins, exclus de la ville, guelfes blancs et guelfes noirs.

Exil de vingt ans

Ce jeu dangereux, mené à la fin au plus haut niveau, se conclut pour Dante par un exil de vingt ans. Si le sens exact de son engagement politique reste difficile à comprendre aujourd’hui, la dureté de la sanction est éclatante: en lien au début avec les autres bannis blancs, puis de plus en plus seul, il se retrouve sans biens – saisis –, loin de son épouse, dépendant de la générosité des puissants qui l’accueillent dans les seigneuries ligures, à Bologne, Vérone, et Ravenne, où il meurt en 1321.

Sa trace se perd parfois: est-il passé rue du Fouarre, à Paris, où il situe le philosophe averroïste Siger de Brabant? Il rend des services – des poèmes de circonstance, des travaux de chancellerie peut-être. Il comprend, écrira-t-il au chant XVII du Paradis, «comme a saveur de sel le pain d’autrui et comme il est dur à descendre et monter l’escalier d’autrui.» Et il rédige sans doute l’essentiel de la Divine comédie.

Perdu dans une «forêt obscure»

C’est en 1300, année où il est devenu pour quelques mois l’un des six prieurs qui composent la Seigneurie de Florence, qu’il a atteint 35 ans – le «milieu du chemin de notre vie» avec lequel commence la Comédie, une vie estimée alors à 70 ans. Il a alors «quitté la voie droite» et s’est perdu dans une «forêt obscure». Il est aussi perdu dans l’activité politique qui lui vaudra un an plus tard son bannissement et un procès avant tout politique pour corruption. Une quinzaine d’années plus tard, les chants de l’Enfer et du Purgatoire sont attestés par des citations de tiers. Pour le reste, une seule chose de sûre: la malédiction de l’exil s’est transformée en bénédiction pour des générations de lecteurs.

Et Béatrice? D’elle, aussi, on sait très peu hormis ce qu’en raconte le poète lui-même. Sinon que, mariée à 17 ans, elle est morte en 1290 à l’âge de 25 ans. Un destin commun pour une femme de son époque.

Sylvie Arsever


 

Biographie
Alessandro Barbero
Dante
Traduction de l’italien de Sophie Royère
Flammarion 472 p.


Le Dantedì ou l’Italie en fête

Des centaines d’événements sont prévus à travers tout le pays et en ligne à l’occasion de festivités dantesques ternies par la pandémie.

«E quindi uscimmo a riveder le stelle.» Dante sort de l’Enfer sur ce vers. «Et enfin nous sortîmes pour revoir les étoiles», symboles de la lumière au bout du tunnel en cette période de pandémie, 700 ans après la mort du poète italien. Le ministre de la Culture veut voir dans cette ligne et cette année de célébrations un signe d’espoir pour encourager les Italiens. «Dante nous aide à nous sentir communauté et enseigne à avoir confiance», se réjouit Dario Franceschini début mars en présentant les diverses initiatives autour de cet anniversaire.

Parmi les plus attendues, la récitation à la télévision par Roberto Benigni du cinquième chant de l’Enfer de la Divine Comédie. Le verbe dantesque est ainsi entré chez tous les Italiens jeudi 25 mars grâce à l’acteur et réalisateur primé aux Oscars et habitué de l’exercice. Les amateurs pourront le suivre grâce à l’application Inferno5. La date est choisie car elle marque le jour du début du voyage allégorique de Dante Alighieri à travers le royaume des morts jusqu’au paradis, en passant par le purgatoire. Baptisée Dantedì, elle a été désignée l’an dernier comme la journée nationale dédiée au père de la langue italienne.

La cime de l’arbre

Des centaines d’autres initiatives sont aussi prévues ce même jour et tout au long de l’année, principalement en ligne. Le gouvernement en a financé une centaine et parrainé près de 400, tout comme l’ont fait villes et régions. Il a aussi tenté de les recenser au sein d’une même liste, triée géographiquement. Mais il est difficile d’y distinguer l’offre en ligne de celle des régions. Comme en Toscane, terre d’origine de l’écrivain, où les curieux pourront assister à la représentation de tel ou tel chant à Florence ou parcourir une exposition sur «la vision de l’art de Dante» à Forlì, dans le respect des restrictions sanitaires.

Ainsi, à l’occasion de ce Dantedì, la capitale toscane inaugure sur la place de la Seigneurie, en partenariat avec le Musée des Offices, l’œuvre d’art Sapin de Giuseppe Penone, une sculpture imposante de 22 mètres, en référence à un vers tiré du Paradis de Dante et détaillant la cime de l’arbre. Comme pour être, selon le souhait du ministre de la Culture, toujours plus proche des étoiles.

Antonino Galofaro, Rome

 

[Source : http://www.letemps.ch]

Le choix entre « tu » et « vous » résulte en partie de codes sociaux, mais aussi de préférences liées à notre éducation, à notre milieu professionnel et à nos émotions.
Écrit par Michel Feltin-Palas
C’est une anecdote qui en dit long sur le personnage. Dans les années 1970, François Mitterrand n’est encore que le premier secrétaire du Parti socialiste, mais il a déjà une certaine idée de lui-même. Un jour, alors qu’un vieux militant s’aventure à lui demander s’il peut le tutoyer, Mitterrand répond… à la Mitterrand : « Si vous voulez »…
« Tu » ou « vous » ? En cette matière, beaucoup dépend des codes sociaux, mais aussi d’inclinations individuelles liées à notre éducation, à notre milieu professionnel, à nos émotions. Tentons néanmoins de déterminer quelques lois générales.
Globalement, les enfants tutoient spontanément, avec un grand naturel, mais ils ne sont pas les seuls. Le tutoiement est désormais la règle dans l’écrasante majorité au sein des familles « Seules 20 000 d’entre elles font encore exception », précise Etienne Kern, auteur d’un livre passionnant sur le sujet, subtilement titré Le tu et le vous, l’art français de compliquer les choses(1). Il est aussi la marque d’une relation qui s’installe dans la durée : on vouvoie les personnes que l’on rencontre pour la première fois ; on finit souvent par les tutoyer quand on les connaît mieux.
Il est pourtant des cas où l’on tutoie des personnes que l’on n’a jamais vues, que ce soit au sein des clubs de sports, des associations, des réseaux sociaux… C’est là une manière de signifier que l’on se trouve entre égaux, que l’on partage une passion ou du moins que l’on participe à une oeuvre commune. « Dans de telles circonstances, introduire le vouvoiement reviendrait à établir une distance ou une hiérarchie », précise la linguiste Julie Neveux.
À l’inverse, l’usage de « tu » traduit parfois une forme de mépris. C’est le cas quand un policier utilise ce pronom avec un gardé-à-vue. C’est aussi le cas sur les routes. Quand un chauffard nous fait une queue de poisson (car ce sont toujours les autres qui conduisent mal, évidemment), nous le tutoyons spontanément, et ce n’est pas vraiment pour lui faire part de notre amitié ou de notre admiration…
Quand on y réfléchit, le vouvoiement (2) est une incongruité. Pourquoi utiliser la deuxième personne du pluriel pour s’adresser à un seul individu ? C’est sans doute la raison pour laquelle il est apparu assez tardivement en latin vers le IVe siècle après Jésus-Christ, comme le précise le même Etienne Kern. Il présente de surcroît une sérieuse faiblesse puisqu’en français, une phrase comme « Vous êtes là » ne permet pas de savoir si l’on s’adresse à une seule personne que l’on vouvoie, à un groupe d’individus que l’on tutoie individuellement ou encore à un groupe d’individus dont on vouvoie chaque membre… S’il a néanmoins réussi à s’imposer dans la quasi-totalité des langues indo-européennes – à l’exception notable de l’anglais moderne, qui l’a perdu – c’est donc qu’il répond à une nécessité, et même à plusieurs.
Ordinairement, on utilise le « vous » pour s’adresser à un inconnu, évidemment, mais aussi à une personne plus âgée : encore aujourd’hui, 80% de gendres et des brus tutoient leurs beaux-parents. L’emploi du « vous » peut aussi marquer une hiérarchie sociale. Sous l’Ancien Régime, un paysan se devait de tutoyer les bourgeois, lesquels vouvoyaient les aristocrates, alors que le tutoiement était de rigueur dans l’autre sens. Il en va de même dans certaines entreprises, où les subordonnés vouvoient les supérieurs hiérarchiques.
Voilà pour la théorie, car, en pratique, il n’est pas toujours facile d’éviter les impairs, a fortiori quand on est étranger. L’art est d’autant plus difficile à maîtriser que la règle varie dans l’espace (les Français tutoient moins que les Québécois, mais plus que les Wallons) et surtout dans le temps. Toujours selon Etienne Kern, le « tu » aurait commencé à progresser à la fin du XVIIIe siècle, une époque où le registre du sentiment et de l’émotion commence à émerger. En 1793, c’est le grand saut. Le comité de salut public impose le tutoiement dans l’administration pour symboliser l’égalité nouvelle entre les citoyens. L’initiative fera long feu, et il faudra au fond attendre Mai 1968 pour voir le « tu » progresser de nouveau.
Certains s’en réjouissent, y voyant le moyen d’instaurer une société moins formelle et moins corsetée. D’autres le déplorent, à l’instar de l’académicien Frédéric Vitoux. Selon lui, sa généralisation nuit à la délicatesse des rapports sociaux, notamment dans la relation amoureuse. « Il faut aimer tout autant le « vous » de la séduction que le « tu » qu’échangent ensuite les amants ; il existe un érotisme du vouvoiement ou de son abandon comme il y en a un du dévoilement… », écrit-il. Et de conclure par un joli néologisme : « le tutoielitarisme est un totalitarisme. »
Que l’on s’en félicite ou qu’on le regrette, le tutoiement progresse indéniablement depuis 50 ans. On a vu un journaliste, Karl Zéro, tutoyer systématiquement ses invités, fussent-ils ministres ou députés. On voit aujourd’hui des patrons exiger d’être tutoyés par leurs employés, notamment dans les start-up. Tant et si bien que la situation s’est presque retournée. Dans certains cas, le « vous » n’est plus perçu comme une marque de respect, mais comme un signe de défiance ou de mésestime. Et le tutoiement est menacé d’apparaître comme un nouveau conformisme.
(2) Vouvoiement a remplacé l’originel « voussoiement », jugé désormais « vieilli » par les dictionnaires.
[Source : http://www.lexpress.fr]

Triángulo Reutersvärd

 

Escrito por Joám Lopes Facal

Cremos observar maior toleráncia com a escrita reintegracionista e mesmo um incipiente avanço, perceptível na imprensa digital. Entre os cultores da modalidade reintegracionista há quem até se atreve a prognosticar um hipotético armistício com os mandatários da normativa habitual que denominam bi-normativismo ou bi-modalismo. Embora prefiramos guardar um saudável cepticismo sobre a possibilidade de um armistício honroso em matéria ortográfica, tampouco é descartável tal eventualidade caso o segmento social alheio às vantagens de adoptar a ortografia histórica — RAG, ILG, imprensa, editoriais — vaiam aceitando as virtudes derivadas da Lei 1/2014 de aproveitamento dos vínculos com a lusofonia, ou, mais provavelmente, o crescente influxo da aranheira global, mais conhecida por a WEB.

Sinais prometedores nom faltam, algum tam avançado como a proposta do galego de qualidade formulada e praticada polo ilustre gramático X. R. Freixeiro Mato que, em rigor, cabe interpretar como reintegracionismo genuíno salvo no formato ortográfico. Já agora, senhores académicos, para quando o reconhecimento do nosso melhor gramático como membro numerário da RAG? Seria óptimo poder comprovar que a RAG é mes que um club.

Como quer que seja, os efeitos benéficos do reintegracionismo começam a patentear-se na generosa ampliaçom da flexom verbal, na precisom sintáctica, na adopçom de marcadores discursivos ou na crescente presença de neologismos estáveis frente às frágeis improvisaçons habituais na matéria. Tempo ao tempo. Resiste-se por enquanto a mudança ortográfica nom obstante as suas manifestas vantagens. A ortografia histórica, rejeitada por motivos de comodidade ou por simples inércia espanholista, proporcionaria ao nosso idioma umha potente marca identificativa ante a inexorável deriva assimilativa ao castelhano e, o mais importante, permitir-nos-ia ler e pronunciar correctamente os nossos próprios apelidos e a nossa toponímia genuína, percebidos agora como um corpo estranho.

Neste árduo percurso do provinciano galeñol ao galeguês internacional há ainda outra área essencial a explorar, refiro-me ao universo lexicográfico próprio, próximo ou ampliado.

Proponho ao leitor umha breve visita guiada a esse fascinante continente da mão de três avezados exploradores: Issac Alonso Estraviz (1935), Álvaro Iriarte Sanromán (1962) e Carlos Garrido Rodrigues (1967). De formaçom humanística e férreo compromisso lexicográfico o primeiro; de sólido compromisso linguístico e ampla dedicaçom docente o segundo; de reconhecida competência científica em biologia e técnicas de traduçom o terceiro. Laureados polos seus pares com a inclusom no modesto olimpo dos lusistas observantes que é a AGLP1 os dous primeiros; experimentado artífice na arte da taxonomia lexicográfica — tam ligada ao ofício de biólogo — e avezado analista do ecossistema das línguas europeias, como mestre de traduçom que é, o terceiro.

IE)- O tenaz empenho que deu lugar ao Dicionário on line de Isaac Estraviz2 e a sua opulência lexicográfica nom o salvou da condenaçom ao ostracismo sem atenuantes nem julgamento. O pertinaz desdém oficial pola benemérita compilaçom lexicográfica de Estraviz poderia proceder talvez da indiferenciada inclusom no magno Dicionário de vocábulos de genuína estirpe galega com outros de procedência internacional. Ou talvez do menosprezo polos méritos académicos do filólogo de Trasmiras. Tudo é possível em matéria de fobias filológicas. A arrogáncia da congregaçom académica evoca de imediato o caso exemplar da insigne lexicógrafa Maria Moliner, excluída em vida da honra académica por motivaçons talvez semelhantes, agudizadas no seu caso pola impenitente misoginia dos círculos do poder. Umha certa afinidade moral acentua a semelhança entre ambos lexicógrafos: Isaac leva enriquecendo o seu dicionário toda a sua vida; o ímpar Diccionario de uso del español de Maria Moliner foi também obra de longa maduraçom; iniciada em 1952 ficou inconclusa no momento da sua morte, em 1981, o que lhe furtou a satisfaçom de poder contemplar a ediçom em papel e CD-ROM de 1998.

O legado lexical de Estraviz, custodiado por umha sólida equipa de suporte, luze sem tacha as suas 138.000 entradas que atraem meio milhom de consultas cada ano. A abertura do Dicionário à ecúmena luso-galaica nom lhe impediu o mais minucioso rastejo do vocabulário autóctone3. A propósito, atrevo-me a sugerir ao eminente lexicógrafo e à sua competente equipa a conveniência de assinalar como é devido o vocabulário especificamente galego com a marca [gz], reservada até o momento a balizar a colisom do ditongo alóctone [-ão] com o autóctone [-om]: edição (-om, gz). A equiparaçom assimétrica das três variantes do sufixo [-om / -ám / -ao: funçom / capitám / verao], em benefício imerecido do indesejado ditongo [-ão], Fernando Venâncio dixit, é tam respeitável como objectável num dicionário galego de vocaçom normativa como é o Estraviz.

O facto de o Estraviz disponibilizar o léxico autóctone galego através de híper vínculos (456) nom soluciona adequadamente o problema, porquanto remete a um simples vocabulário desligado das entradas ordinárias do dicionário. O qualificativo de tesouro lexical galego-português do Dicionário bem merece a delimitaçom das diferentes províncias lexicais de procedência, como o Houaiss fai. O respeito à dimensom nacional do galego assi o demanda.

AI)- A equipa de suporte do Dicionário Estraviz guarda com discriçom um outro vértice da minha tríade lexicológica particular de referência: Álvaro Iriarte Sanromán7. Figura discreta do nobiliário reintegracionista que nom pode ocultar o seu inapreciável magistério na arte de transitar os traiçoeiros desfiladeiros que fracturam a fronteira linguística castelhano-portuguesa.

O professor Iriarte, redondelano de nascimento e bracarense de adopçom, é o redactor e responsável do Dicionário Espanhol-Português (Porto Editora, primeira ediçom, 2008) de incontornável referência para os praticantes do português deste lado da fronteira. A filosofia que o inspira luze na citaçom do Livro do Desassossego de Pessoa que lhe serve de lema:” por que escrevo eu este livro? Porque o reconheço imperfeito. Calado seria a perfeição, escrito imperfeiçoa-se; por isso o escrevo”. Aforismo de teor zen adoptado por quem sabe medir a distáncia que vai do perfeito ao imperfeito que os doutorados em autossuficiência ignoram.

Se a intençom do Dicionário Estraviz fica claramente exposta no seu prefácio: reintegrar o galego na sua linhagem linguística8; a do Iriarte adentra-se ousadamente na árdua destrinça do enguedelho da interface linguística luso-espanhola. Além de delimitar com precisom semelhanças e diferenças terminológicas, o autor avança com pé firme na selva semántica das palavras. A declaraçom de intençons sobre o contido da tarefa lexicográfica empreendida admira pola ambiçom do propósito9definiçons e transcriçom fonéticamapa semántico e restriçons de usoinformaçom gramatical e enciclopédicainformaçom pragmática (contextual) e sintagmática (combinatória), pormenorizadamente ilustrado com exemplos aclarativos. Um potente arsenal, apto para reactivar a nossa fronteira linguística com o castelhano, tam magoada polo embate das interferências substitutivas e das extravagáncias hiperenxebristas. Consultem a voz pié e o seu mapa de conexons com o pé português e observam os amigos dos dicionários10 o dilatado continente de semelhanças e diferenças que se abre ante os seus olhos.

CG)- O perfil do professor da Universidade de Vigo Carlos Garrido assenta na firme vocaçom pedagógica e divulgadora e a manifesta mestria na arte taxonómica, tam congruente com a sua formaçom de biólogo. Carlos Garrido presidiu a Comissom Linguística da AGAL entre 2000 e 2015, e preside a da AEG desde 2016, tarefa prolongada nos incisivos comentários filológicos que continua publicando na imprensa digital. Contodo, a vocaçom pedagógica e divulgadora do professor é umha parte apenas do seu valioso contributo ao aperfeiçoamento do galego como língua nacional merecedora de norma própria. Aqueles que desconheçam a dimensom científica de Carlos Garrido podem ficar surpreendidos com o facto de ele ter publicado um dicionário de biologia de referência na prestigiosa editorial universitária brasileira EDUSP11: o Dicionário de Zoologia e Sistemática dos Invertebrados em quatro idiomas12 em cujas virtudes nom vou insistir porque já tem sido objecto do meu comentário em Praça Pública ao qual remeto o interessado13. A obra, gostaria acrescentar, contribui a potenciar a projecçom científica do galego e a erradicar a sua consideraçom como modesta língua doméstica e coloquial. O mesmo que Iriarte, Carlos Garrido encabeça o seu Dicionário com umha requintada referência a Carvalho Calero, à qual já aludim no meu artigo em Praça. Pessoa e Carvalho, dous poderosos padroeiros do galego sem fronteiras.

O decidido empenho de depuraçom lexical acometida polo professor ourensao-viguês, dirigido a confirmar um galego autocentrado e congruente com a sua família na romanística, inspirou a elaboraçom de duas ambiciosas obras de codificaçom e crítica lexical: a monumental investigaçom Léxico Galego: Degradaçom e Regeneraçom, (2011, Edições da Galiza) e O Modelo Lexical Galego. Fundamentos da Codificaçom Lexical do Galego-Português da Galiza, (2012, Através). Duas obras complementares de análise lexicográfica e diagnose precisa do processo de degradaçom que tolhe o nosso idioma e dos critérios que devem presidir a sua reabilitaçom.

Léxico Galego foi objecto de umha elogiosa resenha do professor X. M. Sánchez Rei na Revista Galega de Filoloxía à qual remeto o interessado14. Quanto ao Modelo Lexical, é um pormenorizado catálogo das doenças degenerativas do galego e das suas consequentes estratégias correctoras: variaçom sem padronizaçom (geográfica, de registo, de frequência), substituiçom castelhanizante (por reforço ou usurpaçom), erosom ou estagnaçom com suplência castelhanizante, sem esquecer os diferencialismos, corpos estranhos estes, resistentes a tratamento pola sua habilidade para mimetizar-se como galego genuíno. Um potente aparelho conceptual, em fim, arquitectado para tabular o léxico e isolar as suas variedades tóxicas. O Santo Graal do reintegracionismo que inspira o minucioso labor lexicográfico de Carlos Garrido é esse Padrom Lexical Galego, PLGz, limpo das pejas adventícias que conspiram para degradá-lo a simples bable do castelhano.

O mau agoiro da extinçom por confluência com o castelhano é exorcizado polo nosso terceto virtuoso como prenúncio desse galego emancipado, livre por fim da gaiola dourada em que vive confinado.

Notas

1 https://pt.wikipedia.org/wiki/Academia_Galega_da_L%C3%ADngua_Portuguesa

2 https://www.estraviz.org/prefacio.php

3 Além de vocábulos de inequívoca procedência galega como “enxebre”, “chainhas”, “trosma”, “relambido”, “nifroso”, “interquenência”, “duira” e tantos outros; também inclui locuçons infrequentes como “bardantes de” bem viva na minha memória linguística familiar e abonada aliás pola minha irmã Susana na sua tesinha de licenciatura na USC, Fala e cousas de Toba, (1968), resumida no Anuário galego de filologia Verba, vol.2, 1975.

4 https://gl.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9xico_da_Galiza

5 https://www.estraviz.org/lexicoaglp.php

6 https://web.archive.org/web/20160617075850/http://www.academiagalega.org/publicacoes/lco-da-galiza-mainmenu-50/114-lexico-da-galiza-edicao-on-line.html

7 https://uminho.academia.edu/AlvaroIriarteSanrom%C3%A1n/CurriculumVitae

8 Dicionário Estraviz, https://www.estraviz.org/acerca-de.php

9 https://alvaroiriarte.wordpress.com/2008/02/25/algumas-caracteristicas-do-novo-dicionario-de-espanhol-portugues/

10 Permitam-me recomendar-lhes um aliciante opúsculo de um amante informado deste fascinante disciplina: https://editorial.csic.es/publicaciones/libros/11916/978-84-00-09228-3/la-presunta-autoridad-de-los-diccionarios.html

11 http://www.porsinal.pt/index.php?ps=directorio&cat=27&iddir=297

12 https://www.edusp.com.br/livros/dicionario-de-zoologia/

13 https://praza.gal/opinion/nomear-invertebrados-com-cg

14 https://illa.udc.gal/Repository/Publications/Drafts/1444129797990_Carlos_Garrido.pdf

[Fonte: http://www.praza.gal]

Una iniciativa propone “huérfilo” como término que se refiera al tremendo vacío que sufren los padres

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

El portal change.orgque reúne firmas a favor de todo tipo de causas, ha recibido de nuevo una propuesta –ya planteada en 2017, y suscrita ahora por María de los Ángeles Moreno– encaminada a que la Real Academia acepte la palabra “huérfilo”. Ha sumado 60.000 apoyos en 15 días.

En su texto, Moreno cuenta que una semana antes había perdido a su hijo Marco, de tres años. Y explica que así como la muerte de los padres nos deja huérfanos, la de los hijos no ofrece un término equivalente que refleje tan tremenda ausencia.

Estas bienintencionadas iniciativas, y otras similares, coinciden con una idea muy extendida según la cual la Academia gobierna las palabras como si fuera su dueña. Sin embargo, el camino es el inverso: una palabra debe asentarse en el uso para que la acoja el Diccionario.

“Huérfano” deriva de orphanus, en latín (nuestra lengua madre), que a su vez lo tomó de orphanós en griego (nuestra lengua tía). La raíz previa (orbh) se halla más lejos, en el indoeuropeo (nuestra lengua abuela); y con ella se formaron en distintos idiomas de Europa y de Asia palabras relacionadas con la separación, el alejamiento, la desgracia o la debilidad: conceptos que se reúnen en la palabra “huérfano”.

Ese vacío se identificó desde antiguo con la ausencia de los padres cuando los hijos no son adultos. Pero siempre faltó un término equivalente que designara la ausencia del hijo para sus progenitores. La lengua tiene otros huecos así: aunque existe “paternidad”, nos faltan las simétricas “abuelidad” o “filialidad”, posibles para el sistema pero apenas activadas en el uso.

No obstante, en la entrada “huérfano” de la obra académica aparece desde 1925 una segunda acepción que sí abarca ese vacío: “Dícese de la persona a quien han faltado los hijos”. Esto congenia con la etimología que remite a la ausencia o la pérdida (por eso decimos que alguien está huérfano de talento, o huérfano de riquezas…; y por eso podemos decir “huérfano de hijos”). Pero las academias marcan esa segunda acepción como “poética”; es decir, ha formado parte de un lenguaje figurado y literario. ¿Se podría extender, no obstante, al uso común? Sí, es posible; pero eso llevaría su tiempo.

La alternativa “huérfilo” toma filo como supuesta derivación del latín filius (hijo) para sustituir a una hipotética terminación de “huérfano”. Así, huér-fano se opondría a huér-filo. Pero ni hay dos elementos en “huérfano” (sino uno solo), ni existe en español, que yo sepa, ninguna composición en la que el elemento filo (con o) signifique “hijo”, sino “amante de”, “amigo de” o “aficionado a” (bibliófilo, anglófilo, filosocialista…), a partir del usadísimo término griego.

La Academia ha incluido “huérfilo” en su Observatorio de Palabras, como “neologismo no generalizado” (Google le da unos pobres 1.170 casos, muchos de ellos referidos a estas iniciativas). No sabemos si se extenderá, o si lo hará en su lugar una opción como “huérfano de hijo”. Sin embargo, tal vez resulte más fácil recuperar un término que sí cubre ese espacio vacío, y que ya fue citado en 2017 como alternativa por el académico Darío Villanueva: “deshijado”. “Dicho de una persona: Que ha sido privada de los hijos”. (En Argentina se usa entre ganaderos para designar la acción de separar a las crías de sus madres). Este vocablo se incorporó al Diccionario en 1817. Ya se marcaba entonces como “anticuado”, pero ahí sigue aún, agarrado a su página como un percebe y esperando pacientemente a que alguien lo reanime, quizás con otra petición en change.org.

[Foto: GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO – FOTODUETS- fuente: http://www.elpais.com]

 

basmati

Primera documentació: 14/06/2013

Tipus manlleu de l’hindi
Contextos Tots tenen la seva textura, el seu gust també especial, per exemple, el basmati és més aromàtic, el bomba absorbeix més les essències. [Avui, 14/06/2013]
Agafa uns dauets de xoriço envasat i els disposa amb gracilitat sobre una immensa paella on bullen granets d’arròs basmati. [Ara, 7/10/2016]
Observacions L’arròs basmati (o simplement, el basmati) és una varietat d’arròs llarg que es cultiva al Panjab, entre l’Índia i el Pakistan, des de fa centenars d’anys. Basmati en hindi és बासमती, i significa ‘la reina de les fragàncies’ perquè és un arròs amb una olor (i un gust) molt agradable. Per cuinar-lo es recomana rentar l’arròs amb aigua freda per treure’n l’excés de midó i coure’l amb el triple d’aigua que d’arròs durant deu o vint minuts, segons si és blanc o negre.

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

Primera documentació: 11/09/1991

Tipus manlleu del francès
Contextos
Per l’expressió totalment despectiva de patois es referia a totes les llengües (bretó, català, fràncic, alsacià, basc, cors, flamenc, occità) parlades dins l’Estat francès. [Avui, 5/04/1995]
Repeteixo: potser no hi ha res a fer i el català s’ha d’anar galleguitzant irreversiblement cap a un patois del castellà. [Avui, 11/08/2020]
Observacions
A l’Estat francès sovint s’ha fet servir el terme patois per designar qualsevol llengua que no és el francès. Així, aquesta expressió servia per denominar l’occità, el bretó, el basc, el català, etc., tal com il·lustra el primer context. Es tracta, per tant, d’un terme despectiu que respon a una política lingüística centralista per part de la República francesa, que únicament ha promogut el francès, l’única llengua oficial de l’Estat. L’ús d’aquest mot ha transcendit el francès i també s’ha usat en altres llengües, com en català, fins al punt que és un terme força usat en sociolingüística, però sempre amb connotacions negatives.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

matalàs

Primera documentació: 23/09/1994

Tipus semàntic
Contextos
Un alt càrrec d’aquestes forces comentava dimarts en privat que la retirada del matalàs amortidor d’Unprofor donaria pas a una guerra total de previsible violència. [Punt Diari, 23/09/1994]
Com més espècies hi intervinguin i més espècies intermèdies posem com a matalàs, el risc per a la nostra salut és baix. [La Vanguardia, 9/05/2020]
Observacions
Un matalàs és un ‘sac rectangular de tela cosit de tots costats, ple de llana, crin, ploma, escuma de niló, etc., que serveix ordinàriament, estès sobre un llit, per a jeure-hi al damunt’ (DIEC2). Més enllà d’aquesta funció, però, també trobem matalàs usat metafòricament per indicar tant la cosa que serveix per alleujar una situació difícil com, especialment en l’àmbit de les competicions esportives, per fer referència al marge favorable que té un esportista o un equip respecte d’un altre.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

Primera documentació: 11/12/1994

Tipus manlleu del portuguès
Contextos El compositor i pianista brasiler […] està considerat el pare de la bossa nova, l’estil suau i càlid que va conquerir el món a partir dels anys 60. [Punt Diari, 11/12/1994]
Tot acompanyat d’una decoració colonial caribenya, jazz i bossa nova i personal amable i elegantment vestit amb camises caribenyes. [La Vanguardia, 10/02/2018]
Observacions El sintagma bossa nova en portuguès vol dir literalment ‘estil nou’, però se sol traduir per nova onada i designa un gènere musical de la música popular brasilera derivada de la samba i amb una forta influència del jazz. Aquest gènere va ser promogut a finals dels cinquanta del segle xx per una generació de músics entre els quals destaquen João Gilberto o Vinícius de Moraes, autor, juntament amb Antônio Carlos “Tom” Jobim, de la famosa “Garota de Ipanema” (1962), que ha estat versionada en diferents llengües i per cantants tan diversos com Frank Sinatra, Jarabe de Palo, Peggy Lee o Amy Winehouse.La bossa nova es basa en una instrumentació simple i un ús elegant de les dissonàncies, cosa que va ajudar a desenvolupar un llenguatge propi d’un lirisme íntim molt característic. Es considera que la bossa nova va acabar el 1965 al I Festival de Música Popular Brasilera on es va presentar la cançó “Arrastão”. Tanmateix, el final cronològic no va significar l’extinció estètica de l’estil, que ha estat una referència ineludible per a generacions posteriors de músics i el seu llegat, que ha deixat peces que es consideren joies de la música nacional brasilera, com “Eu sei que vou te amar”, “Coisa mais linda” o “Desafinado”, a més de la ja esmentada “Garota de Ipanema”.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

syrah

Primera documentació: 1/03/2001

Tipus manlleu del francès
Contextos L’alcalde de Barcelona, Joan Clos, va plantar ahir a Collserola els primers ceps de vinya que en els pròxims anys produiran el Vi de Barcelona, un projecte vinícola que té com a objectiu, segons Clos, “recuperar els ceps propis del Mediterrani” per elaborar un vi negre de qualitat, la base del qual és la garnatxa i el syrah, barrejat amb tres varietats més. [Avui, 1/03/2001]
El Rosa d’abril està elaborat amb les varietats de macabeu, malvasia i syrah. [Ara, 17/04/2016]
Observacions Syrah és el nom d’un vi fosc, amb cos i aroma de fruites i espècies, però també és el nom del raïm negre amb què s’elabora aquest vi i del cep que produeix aquesta varietat de raïm conreat tradicionalment a la regió francesa de la vall del Roine però que s’adapta bé a qualsevol zona perquè és resistent, encara que poc productiu.Syrah és un manlleu del francès d’etimologia incerta: podria provenir de la ciutat persa Shiraz o de la ciutat siciliana Siracusa i, segons la llegenda, va ser el croat Guy de Sterimberg qui va portar a França la llavor del cep tornant de les croades i s’hi va establir com a ermità. El syrah s’anomena també hermitage.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

favela

Primera documentació: 10/01/1991

Tipus manlleu del portuguès
Contextos
Ho explica un corresponsal d’El País: « Al Brasil, uns vuit milions de nens viuen al carrer, desnonats de les faveles, allà on les barraques no tenen nevera ni aigua corrent”. [Avui, 10/01/1991]
En els últims assajos abans de la gran desfilada del carnaval de l’escola de samba de la favela Mangueria, diumenge passat, l’ambient era d’expectació, de desafiament i també de neguit. [La Vanguardia, 25/02/2020]
Observacions

Al Brasil, favela és el nom que es dona als assentaments precaris que creixen a prop o dins mateix de les ciutats grans del país. Les faveles estan construïdes amb materials aprofitats, solen ser reduïdes i no tenen les condicions òptimes per a l’habitabilitat.

L’origen d’aquest nom sembla que té relació amb una planta agresta de la família de les euforbiàcies, de fulles urticants i llavors comestibles, la Cnidoscolus phyllacanthus, coneguda en portuguès amb el nom de favela, que cobria el turó de Gamboa de Rio de Janeiro on es van instal·lar el 1897 prop de 20.000 soldats que havien lluitat a la guerra de Canudos a Bahia (Brasil), després d’esperar infructuosament que el Govern els proporcionés l’habitatge promès.

L’existència d’aquest tipus de construcció és, malauradament, present a molts països, motiu pel qual rep noms diferents segons la zona: en català parlem de barraques, al Brasil es diuen faveles i a l’Argentina, villas miseria, etc.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

prokurd

Primera documentació: 21/02/1999

Tipus prefixació
Contextos
L’operació ha derivat aquesta setmana en una crisi de govern que ha cristal·litzat amb la dimissió de tres ministres per la pressió prokurda, o més aviat antiturca, de l’opinió pública. [Avui, 21/02/1999]
El líder islamista havia rebut un cop electoral el juny del 2015, quan els prokurds van entrar amb força al parlament i li van fer perdre a la majoria absoluta i cinc mesos més tard els comicis es van repetir i l’AKP va recuperar la majoria, però no va tenir prou suport per assegurar-se la reforma constitucional. [Ara, 1/4/2019]
Observacions El Kurdistan és una nació que es troba en una regió muntanyosa de l’Àsia occidental, repartida entre quatre estats: Síria, Iraq, Turquia i Iran. Els kurds, paraula que en persa significa ‘heroi’, conformen la minoria ètnica més gran de l’Orient Mitjà, amb una població del voltant dels 40 milions de persones, tot i que no existeixen censos oficials.Tot i que després de la Primera Guerra Mundial el Tractat de Sèvres reconeixia el dret a l’autodeterminació de les nacionalitats dels antics imperis, mai no es va ratificar ni va entrar en vigor, per la qual cosa, el 1945, després de la Segona Guerra Mundial, els kurds van demanar a l’ONU la independència del territori. Fins ara, només han aconseguit la consideració de regió autònoma del Kurdistan dins Iraq, on els peixmergues kurds van col·laborar activament amb les tropes d’ocupació aliades per derrocar Saddam Hussein (1937-2006), de la mateixa manera que a Síria resisteixen la invasió gihadista d’Estat Islàmic que pretén instaurar el seu califat en territori kurd, amb la qual cosa se’ls va concedir la ciutadania síria (a la qual no podien optar des de 1962).

Per altra banda, la relació amb Turquia ha estat sempre conflictiva i no ha estat fins que el procés iniciat per Turquia per adherir-se a la Unió Europea ha fet que hagi hagut d’aprovar algunes mesures de reconeixement de drets culturals dels kurds, com ara mitjans audiovisuals en idiomes diversos del turc (com el kurd). Tot i aquests petits avenços, la Unió Europea dona suport a la integritat territorial de l’Iraq, per la qual cosa les manifestacions prokurdes, a favor del poble kurd, no cessen.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

xurrasco

Primera documentació: 5/09/2009

Tipus manlleu del castellà
Contextos
S’estarà posant cec de xurrascos a l’Argentina. [Avui, 5/09/2009]
Per al plat farem servir 1,2 kg de xurrasco davanter de vedella (d’1-1,5 cm de gruix). [Cuina, 23/04/2018]
Observacions El xurrasco és un tall de carn de vedella d’un o dos centímetres de gruix que s’obté del costellam o de la paleta. Generalment es prepara a la brasa o a la graella, però també es pot preparar a la paella, i sol desossar-se prèviament. És un plat típic de l’Amèrica del Sud, especialment de Brasil, Argentina i Uruguai. Sol acompanyar-se d’una salsa, com el chimichurri, o condiments picants.

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

doppelgänger

Primera documentació: 23/01/2008

Tipus manlleu de l’alemany
Contextos Segons les llegendes de les illes britàniques, trobar-se amb el doppelgänger d’un amic o familiar augura la seva mort imminent. [El Periódico, 23/01/2008]
Però ella i el seu doppelgänger, el T-800 (Schwarzenegger), no són els únics lluitadors d’aquesta funció d’inevitable sensació de déjà vu, perquè tots dos acompanyen una nova generació d’heroïnes que responen a un model de lideratge molt diferent dels valors encarnats pel personatge de Hamilton. [Ara, 30/10/2019]
Observacions En alemany, la paraula Doppelgänger està formada per doppel ‘doble, duplicat’ i Gänger ‘caminant’, que prové de Gang ‘camí, passeig, marxa’. El novel·lista Jean Paul (1763-1825) va encunyar aquesta forma el 1796 per fer referència a un doble que es presenta amb aspecte fantasmagòric, és a dir, l’aparició d’una persona viva, un espectre. Així doncs, en les llegendes nòrdiques i germàniques, veure el propi doppelgänger és un auguri de la mort. Fins i tot, les creences afirmen que si algun amic o familiar veu el doppelgänger d’una persona coneguda del seu entorn pot portar-li mala sort o tenir problemes de salut greus.

Els doppelgängers apareixen en diverses obres literàries de ciència-ficció i de fantasia, en les quals imiten una persona per algun motiu, generalment maligne, per la qual cosa també se’ls coneix com a “bessons malvats”. Alguns exemples que trobem en la literatura són El doble (1846) de Dostoievski, L’estrany cas del Dr. Jekyll i Mr. Hyde (1886) de Robert Louis Stevenson, o Rayuela (1963) de Julio Cortázar.

Avui dia, el significat més estès de doppelgänger és el que designa una ‘persona que s’assembla tant a una altra que podria confondre totes dues’ (Langenscheidt Online-Wörterbuch), tal com es pot observar en el segon context. Cal apuntar, però, que en català trobem una paraula que defineix més o menys el mateix concepte, sòsia ‘persona que s’assembla extraordinàriament a una altra, amb relació a aquesta’ (GDLC), i que deriva del francès sosie, nom d’un personatge de l’obra Amfitrió (1668), de Molière, rèplica de la comèdia homònima de Plaute, en la qual el déu Mercuri adopta la figura d’un esclau anomenat Sòsia.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

Primera documentació: 25/03/1996

Tipus sufixació
Contextos El Departament de Seguretat Interior va deixar entreveure ahir que investiga possibles vincles de Loughner amb American Renaissance, un grup de supremacistes blancs, antiimmigrants i antisemites. [El Periódico, 10/01/2011]
L’estratègia consisteix a presentar Quim Torra com un “intransigent” (de fet, el mateix Sánchez es preguntava si un supremacista voldria negociar amb ell). [La República, 9/06/2018]
Observacions La supremacia és el ‘poder absolut, preeminència sobre tota altra autoritat’ (GDLC), i a partir d’aquest substantiu s’han creat dues denominacions més. D’una banda, el supremacisme, que és la ‘ideologia que postula la supremacia d’un grup d’individus’ (Termcat), és a dir, la creença que un és superior i que no s’ha de sotmetre a cap autoritat. De l’altra, els supremacistes, que són les persones partidàries d’aquesta ideologia.

Una de les manifestacions més notables d’aquesta ideologia és l’anomenat supremacisme blanc, originari dels Estats Units, que està estretament vinculada a postures racistes, ja que els seus partidaris consideren que l’home blanc occidental està per sobre de totes les altres ètnies. El supremacisme blanc s’associa a societats xenòfobes com ara el Ku Klux Klan, i els últims anys hi ha hagut molta polèmica pel tracte diferenciat que es fa, encara ara, de les persones segons el color de la seva pell, ja sigui d’origen afroamericà o llatinoamericà, i fins i tot s’associa aquest pensament amb el president Donald Trump.

En el context català l’Observatori ha recollit moltes ocurrències que estan relacionades amb la realitat estatunidenca, però més recentment aquest adjectiu ha començat a aparèixer a la premsa usat despectivament per referir-se al moviment independentista.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

C’est toujours un régal de découvrir les équivalents en français de mots anglais entrés dans notre quotidien !

podcast termes français

Écrit par Elizabeth Sutton 

La Commission d’enrichissement de la langue française a publié au 17 nouveaux termes parus au Journal officiel. Parmi eux, il y en a quelques-uns qui touchent à la Culture.

Dites-le en français please

Parmi la collecte de ces nouveaux termes à dire en français on découvre qu’il ne faut plus écrire et dire « podcast » qui trouve son origine dans la marque « iPod ». Il faudra donc dire désormais « audio à la demande (AAD) », voire « programme ou émission à la demande ».

La commission propose aussi d’autres termes. En effet, elle a créé le néologisme « vidéotox » (pour deep fake).

Plutôt que le mot « spoil » vous choisirez désormais « divulgâcher » (pour to spoil).

La très sérieuse commission salue l’arrivée d’un nouveau métier chez les éditeurs : le « démineur éditorial » (en anglais sensitivity reader).

Pour rappel, autre mot très important, plutôt que de dire : « nègre (littéraire) » choisissez plutôt le terme « prête-plume » ou encore « auteur ou écrivain ou plume de l’ombre » (choix pris en 2017, mais toujours bon à rappeler).

Enfin, pour les accros du shopping qui s’habillent en Prada et dévorent le Journal de Bridget Jones : la chick lit se dit « romance urbaine » en français.

Et pour conclure, on ne dira plus fake news mais … « information fallacieuse »

 

[Source : http://www.idboox.com]

procrastinació

Primera documentació: 28/04/2015

Tipus sufixació
Contextos “Com acabar amb la procrastinació a Internet?”, deia un titular de Slate. [Ara, 28/04/2015]
La mandra utilitza el recurs de la procrastinació, allargant de manera indefinida la tasca. [El Periódico, 4/07/2019]
Observacions En psicologia, la procrastinació es defineix com la ‘tendència patològica a diferir o a remetre una acció al dia següent’ (Termcat). Tanmateix, hi ha un ús general més relacionat amb la mandra i, fins i tot, amb el dolce far niente, tot i que tinguem bastanta feina a fer.Tot i que es tracta d’un cultisme pres del llatí (cras significa ‘demà’), fins fa poc no s’ha començat a utilitzar de manera habitual en els mitjans, probablement per influència de l’anglès, llengua en la qual a més té un afegit d’ajornar l’acció per indecisió.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]