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Château de Sanssouci, Potsdam. Richard Mortel, Wikimedia CommonsCC BY-SA

Écrit par Pierre-Yves Modicom

Maître de conférences en études germaniques, Université Bordeaux Montaigne

L’observation du comportement linguistique des Françaises et des Français est une source inépuisable d’articles, de chroniques et de controverses, aussi bien dans la presse que dans les discussions quotidiennes. Parmi les objets de cette critique, une expression semble susciter une opposition particulière, à l’aune de son succès : l’emploi de Pas de souci ! pour signaler que l’on prend bonne note de l’intention ou du propos exprimé par l’autre.

Client dans un café : Un allongé, s’il vous plaît.

Serveur : Pas de souci ! (entendu à Bordeaux, 12 juillet 2021)

Cette expression est souvent jugée « fautive » voire impolie. Mais elle suscite aussi des commentaires plus précis, instructifs pour s’intéresse aux discours sur la langue et sur le changement des langues. Dans un sketch, l’humoriste Blanche Gardin explique que Pas de souci ! serait l’expression d’un « cocktail parano-mégalo ». Les personnes employant l’expression auraient selon elle « la sensibilité affective d’un nourrisson de six mois ». On retrouve le même reproche sous la plume d’autres critiques. L’hypothèse sous-jacente ? Quand on dit Pas de souci !, on suggérerait qu’on aurait pu prendre ombrage de l’intention exprimée, et que dans ce cas, on aurait demandé à l’autre d’y renoncer. Cette formule serait donc très égocentrique.

Le souci sans l’affect

Cette interprétation rencontre deux problèmes. Le premier est que souci ne désigne pas forcément une émotion ou un état psychique. Ainsi, le souci de soi, ce n’est pas vraiment l’inquiétude de soi, mais plutôt une attention vigilante. De même, On a un souci ou Il y a un souci ne signalent pas d’affres psychologiques particulières, ni même d’inquiétude : souci, ici, veut manifestement dire « problème à résoudre ». Or le Y a pas de souci qui a donné naissance à Pas de souci ! pourrait bien être tout simplement la négation de ce Y a un souci.

Enfin, au travail, envoyer un document à des collègues avant une réunion « dans un souci d’efficacité » ne signifie pas forcément qu’on se fasse sérieusement du souci pour l’efficacité de la réunion. Il s’agit de marquer une intention d’efficacité. Là où dans un but d’efficacité servirait à désigner un objectif vers lequel on veut aller (sans forcément l’atteindre), dans un souci de signale qu’on veut écarter un obstacle potentiel. Le sens global de souci a donc évolué, et pas seulement dans l’expression Pas de souci !. Aujourd’hui, sans même parler du caresouci désigne une attention tournée vers l’avenir, anticipant un problème éventuel pour l’écarter.

Un souci pour qui ?

Deuxième objection : Qui, au juste, « aurait un souci » s’il y avait un souci ? Il n’y a pas de marque de première personne (je, me, moi…) dans Pas de souci !. Rien n’autorise donc à paraphraser cette formule par « ça ne me pose pas de souci » ni à faire comme si l’on disait Pas de souci pour moi !. Aujourd’hui, les formes brèves de la langue sont considérées pour elles-mêmes, sans invoquer « l’ellipse » de tel ou tel mot (verbe, pronom sujet…). Si les marques ont un sens, leur absence aussi en a un. Il n’est pas anodin que notre expression ne nomme ni Je, ni TuPas de souci ! ne veut pas dire que « je » n’ai pas de souci, mais qu’« il n’y a pas de souci », c’est-à-dire pas d’obstacle en perspective qui serait susceptible d’entraver la réalisation de l’action.

Il faut se garder de projeter spontanément les opérations de parole sur un « je » ou un « tu » participant à l’interaction. L’« interactionalisme » a une pertinence dans l’étude de la communication linguistique, surtout celle de l’échange spontané. Mais la valeur des tournures communicatives figées ne doit pas être automatiquement rabattue sur le psychisme des participants de l’échange.

Comprendre les tournures figées

Le mot le plus important dans ce qui précède est sans doute « figé ». En linguistique, le figement renvoie à l’idée d’une forme stabilisée, routinière, soumise à peu ou pas de variation. On dit Pas de souci ! et non Pas de vrai souci !, ni Aucun souci !. Cette dernière forme existe, certes, mais son emploi ne s’est pas banalisé de la même manière, et son sens s’est probablement moins affaibli. De la même manière, dans un souci de est une tournure « figée ». On ne dit pas, dans les mêmes contextes, avec un souci d’information ni dans un souci pour l’information ni avec un sérieux souci d’information.

Une locution comme dans un souci de est en grande partie « grammaticalisée ». Cette notion de « grammaticalisation » désigne l’évolution de mots ou d’expressions en tournures figées avec un sens plus abstrait, donc plus « grammatical » : dans un souci de remplit un rôle qu’on peut comparer à celui de la préposition pour. De même, la préposition durant s’est « grammaticalisée » à partir d’une forme du verbe durer, ou à peine à partir du nom peine.

Pas de souci ! représente le deuxième type de spécialisation d’usage après la grammaticalisation : la « pragmaticalisation ». Ce terme un peu barbare désigne la spécialisation dans une valeur liée à la situation d’interaction, ou dans une fonction d’accompagnement de la communication. La pragmatique est la branche des sciences du langage qui étudie l’usage de la parole au prisme de l’action : que fait-on et que veut-on faire quand on parle ? La relation entre « grammaticalisation » et « pragmaticalisation » est complexe, avec de nombreux cas limites.

Mais il y a des exemples indubitables de cette « spécialisation dans une valeur pragmatique », qui sont les actes de langage stéréotypésPas de souci ! en fait partie. D’autres exemples en français seraient C’est du joli ! ou Tu parles ! ou encore La belle affaire !. Il s’agit d’unités figées et autosuffisantes associées à certains contextes de communication. Les actes de langage stéréotypés sont généralement des réactions à un propos ou à un événement dans la conversation. Leur emploi s’apparente à une routine. Leur but est d’exprimer un positionnement de la personne qui parle face à un élément nouveau. Mais lequel ?

Garder la face

Une forme comme Pas de souci ! est représentative de ce qu’on appelle le facework, le « travail de la face », à la suite du sociologue Erving Goffman. Cette expression désigne tout ce qui, dans l’interaction, permet à la personne qui parle de « garder la face », mais aussi de « ne pas faire perdre la face » à l’autre. La face renvoie au territoire symbolique qu’occupent les contributeurs de l’échange, mais désigne aussi leur visage, l’image qu’ils renvoient.

Le facework est un terrain de concurrence et de coopération, qui repose sur l’anticipation des petits désagréments que l’on pourrait infliger à autrui. Notre Pas de souci ! contribue à fluidifier l’interaction. Utiliser cette expression, c’est envoyer un signal à l’autre : accomplir l’intention signalée n’exposera personne à une situation d’où pourrait émerger un malentendu, un obstacle, ou toute cause de malaise. Pour reprendre l’exemple de l’allongé en terrasse de café : Pas de souci ! signifie que la commande sera transmise sans faute et apportée sans anicroche, qui serait pénible pour les deux parties.

L’absence de pour et de pour toi/pour vous prend tout son sens ici : ce Pas de souci ! dépersonnalisé désamorce tout risque de concurrence entre la face de l’un et de l’autre. T’inquiète ! n’a pas cette neutralité, ni cette flexibilité : il implique le tutoiement, et place la personne qui parle dans une attitude de surplomb presque paternaliste. Tranquille ! n’a pas de marque de personne, mais s’applique à un être humain et pas au déroulement d’une action : il est plus susceptible d’être interprété affectivement.

Pas de souci ! est donc une forme très dépersonnalisée et très peu affective. On peut certes prendre ombrage du glissement de sens que révèle cette expression, mais ce changement de sens de souci s’observe aussi ailleurs. Enfin, l’expression n’est ni irrespectueuse ni égocentrique : son but est de pacifier la communication. Les débats sur le changement linguistique gagneraient donc à s’inspirer de l’éthique du discours dont cette expression témoigne.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

 

La Cour suprême américaine vue à travers un drapeau arc-en-ciel

La Cour suprême américaine vue à travers un drapeau arc-en-ciel lors d’une manifestation en décembre 2017. Brendan Smialowski/AFP

Écrit par Anthony Castet

Maître de Conférences civilisation nord-américaine, Université de Tours

 

La Cour suprême américaine a récemment rendu un arrêt de portée limitée dans l’affaire Fulton v. City of Philadelphia, réaffirmant que la moindre défaillance en matière de neutralité de l’État (au niveau fédéral et fédéré) et d’application générale de toute loi ou réglementation est susceptible de représenter une entrave substantielle à la liberté religieuse, ce qui relève d’une enfreinte à la libre clause de libre exercice des cultes du Ier Amendement.

À l’unanimité des neuf juges, la Cour reconnaît que la ville de Philadelphie a failli à son obligation d’impartialité en mettant un terme au contrat qui la liait à une agence de placement familial catholique (Catholic Social Services, CSS), laquelle, au nom de ses croyances religieuses, refuse l’agrément des couples adoptifs de même sexe unis par les liens du mariage.

Ce jugement, qui fait suite à l’arrêt rendu dans l’affaire Masterpiece Cakeshop (2018), quand la Cour avait donné raison à un pâtissier qui avait refusé, pour des raisons religieuses, de confectionner un gâteau de mariage pour un couple d’hommes, conforte un peu plus le principe de liberté religieuse tel que l’entend la Cour suprême.

Un procès d’intention contre Catholic Social Services ?

CSS et plusieurs de ses familles d’accueil ont attaqué en justice la ville de Philadelphie pour hostilité caractérisée à l’égard de convictions religieuses solidement ancrées, en lien avec une conception traditionnelle du mariage comme le « lien sacré entre un homme et une femme ».

Le président de la Cour suprême, John Roberts, auteur de l’opinion majoritaire, s’appuie notamment sur des éléments contextuels probants qui montrent que la ville n’avait aucune intention d’engager une approche conciliatrice pour permettre à CSS de poursuivre sa participation aux procédures d’agrément. Or l’histoire montre que l’Église catholique a fait preuve d’un engagement sans faille pour servir les intérêts de la communauté philadelphienne et de ses orphelins depuis 1798 ; et cela, dans le respect le plus strict de ses principes religieux.

À l’origine de cette affaire, il y a un représentant de l’archidiocèse de Philadelphie, qui aurait affirmé en 2018 que CSS ne peut pas expertiser les demandes éventuelles de couples mariés de même sexe, dans la mesure où la délivrance d’un agrément constituerait une marque d’approbation du mariage des couples de même sexe. Selon la Cour, c’est sur la base de simples conjectures – relayées dans la presse – que la ville de Philadelphie a alors décidé d’ouvrir une enquête dont les conclusions font nettement apparaître une volonté de nuire aux convictions religieuses ancestrales de cette agence privée. En effet, lors de l’audition de CSS, un membre de la commission des ressources humaines de la ville déclare aux représentants de cette agence que « les choses ont changé depuis 100 ans » et qu’« il serait formidable de suivre les enseignements du pape François, la voix de l’Église catholique ».

Or, la liberté de conscience couvre un spectre très large de croyances placées sous les auspices du Ier Amendement, sans qu’il soit nécessaire de juger de leur cohérence et de leur acceptabilité (Thomas v. Review Bd. Of Ind. Employment Security Div., 1981). D’après Roberts, ce jugement réprobateur exprimé lors de l’audition de CSS suffit à démontrer que la commission a outrepassé ses prérogatives, en disqualifiant de manière hostile les croyances de CSS, ce qui constitue une violation du principe de neutralité – qui est au cœur de la conception états-unienne de la séparation des Églises et de l’État – ainsi que du libre exercice de la religion garanti par le Ier Amendement (Church of Lukumi Babalu Aye v. Hialeah, 1993).

Roberts juge cohérent l’ensemble des conditions d’agrément fixées par cette agence, y compris les dispositions exceptionnelles à l’encontre des couples homosexuels ou hétérosexuels en concubinage, qui sont également exclus du dispositif. En revanche, les personnes homosexuelles célibataires restent éligibles. Dans ces conditions, les accusations de « discrimination fondée sur l’orientation sexuelle » sont pour le moins ténues, voire infondées, puisqu’aucune famille homoparentale n’a déposé la moindre demande d’agrément auprès de CSS. En outre, l’obligation d’égalité de traitement, issue du XIVe Amendement, est respectée dans la mesure où plus d’une vingtaine d’agences s’engagent à délivrer des agréments aux couples de même sexe et que, d’après Roberts, CSS promet, le cas échéant, de transférer à ces agences de telles demandes qu’elle recevrait.

Ainsi, pour la Cour, il ne fait aucun doute que la ville de Philadelphie a fait montre d’une attitude discriminante à l’égard de la liberté religieuse, en refusant tout compromis, alors que la réglementation en vigueur le permettait. Pire, elle impose un dilemme cornélien, en enjoignant à CSS d’agréer les couples de même sexe, sous peine de radiation définitive. En vertu du Religious Freedom Restoration Act (1993), cette affaire relève donc d’un examen strict de constitutionnalité. De surcroît, la procédure d’agrément des familles d’accueil de CSS n’a pas vocation à servir l’intérêt général au sens strict du terme.

La Cour divisée sur la pertinence de la jurisprudence de l’affaire Employment Division v. Smith (1990)

Dans cette affaire, la Cour avait conclu que des lois neutres d’application générale ne pouvaient constituer une violation de la clause de libre exercice du Ier Amendement. L’État de l’Oregon était en droit de proscrire l’utilisation du peyotl (un psychotrope puissant) dans le cadre de rituels religieux, et de refuser l’allocation chômage à toute personne ayant été licenciée pour avoir enfreint cette règle.

D’après les représentants de la ville de Philadelphie, CSS ne serait pas en mesure d’objecter une exemption religieuse puisque l’agence aurait manqué à ses obligations contractuelles qui proscrivent la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle, principe figurant également dans l’arrêté relatif aux pratiques professionnelles équitables (Fair Practices Ordinance), promulgué par la ville de Philadelphie.

Si l’on suit la logique des accusés, s’appuyant sur la jurisprudence rendue dans Smith, CSS devait se conformer à ses obligations sans se prévaloir de la clause de libre exercice du Ier Amendement, étant donné que ces clauses s’appliquent de manière générale et neutre. Toutefois, Roberts s’emploie à démontrer que la ville de Philadelphie a commis une erreur d’exécution dans la mesure où l’interdiction de la discrimination ne relève pas d’une application générale, car les termes du contrat en vigueur prévoient des exceptions à la règle :

« Rejet de la demande : le prestataire ne doit pas rejeter un enfant ou une famille, y compris, sans toutefois s’y limiter, les parents d’accueil ou adoptifs potentiels, pour des services, en raison de leur orientation sexuelle, à moins qu’une dérogation ne soit accordée par le Commissaire ou son représentant, à sa seule discrétion. »

En d’autres termes, il revenait à la ville de Philadelphie d’établir un intérêt impérieux qui justifierait son traitement exceptionnel vis-à-vis de CSS. Or, « maximiser le nombre de parents adoptifs » et « protéger la ville contre toute responsabilité juridique » ne sont pas des motifs suffisamment crédibles aux yeux de la Cour, en l’absence d’éléments factuels précis et solides. En revanche, d’après Roberts, « garantir une égalité de traitement des familles d’accueil et des enfants qui leur sont confiés » est effectivement une nécessité absolue, vu que « notre société a fini par reconnaître que les personnes homosexuelles et les couples de même sexe ne peuvent être traités comme des parias sociaux ou comme des êtres inférieurs en dignité et en valeur. » (Masterpiece Cakeshop, 2018).

Toutefois, rien ne saurait justifier le traitement défavorable auquel CSS a été soumis, puisque, dans l’état actuel des choses, cette agence n’a commis aucun impair incompatible avec cette obligation d’égalité de traitement. Si des dérogations sont possibles vis-à-vis d’autres agences d’adoption, dans une perspective laïque, alors CSS était en droit d’exiger un traitement similaire. Ainsi, il n’est nul besoin d’arbitrer le présent litige du point de vue de la jurisprudence rendue dans Smith, selon les juges.

De manière habile et stratégique, Roberts, en tant qu’institutionnaliste, soutenu par les juges progressistes, consolide la jurisprudence actuelle, pour le moins hostile à la liberté religieuse. En revanche, trois autres des neuf juges de la Cour suprême, les conservateurs Alito, Thomas et Gorsuch, se positionnent favorablement face aux arguments avancés par la ville de Philadelphie, de sorte qu’un cheminement reste possible pour infirmer le jugement dans Smith afin de mieux sanctuariser les croyances et pratiques religieuses qui se heurteraient à l’application générale d’une loi, ce qui ouvrirait la voie à une politique d’exemptions religieuses. Dans son opinion convergente de 77 pages, Alito met en évidence la principale défaillance technique du jugement rendu dans Fulton pour mieux justifier un revirement de la jurisprudence actuelle :

« La ville n’a pas hésité à faire pression sur CSS pour qu’elle cède, et si la ville veut contourner la décision d’aujourd’hui, elle peut simplement éliminer le pouvoir d’exemption jamais utilisé. Si elle fait cela, alors, voilà, la décision d’aujourd’hui disparaîtra – et les parties reviendront au point de départ. La ville prétendra qu’elle est protégée par Smith ; CSS soutiendra que Smith devrait être annulé ; les tribunaux inférieurs, liés par Smith, rejetteront cet argument ; et CSS déposera une nouvelle requête devant cette Cour pour contester Smith. »

L’égalité des Américain·e·s LGBTQ+ sur le plan fédéral : l’impasse

Bien que la légitimité des lois anti-discrimination, fondées notamment sur l’orientation sexuelle, soit renforcée, cette affaire devrait interpeller le mouvement LGBTQ+ sur les limites actuelles de la judiciarisation de la liberté religieuse afin de la rendre intégralement compatible avec l’égalité des personnes LGBTQ+.

Un changement de paradigme s’impose. Le mouvement pourrait prôner, au contraire, une approche délibérative bilatérale, afin d’atteindre une résolution coopérative, au lieu de s’attaquer frontalement aux croyances religieuses des fidèles par opérateur juridique interposé – une démarche qui reste profondément contre-productive. En effet, elle conforte les prétentions des chrétiens conservateurs qui se disent « persécutés dans leur foi » et alimente une forte réaction négative, sur le plan politique, dans les États conservateurs, notamment depuis le jugement rendu dans Bostock (2020) et la défaite de Donald Trump. Une centaine de projets de loi discriminatoires contre les Américain·e·s transgenres ont été déposés, interdisant à ces personnes tout accès aux transitions médicales ainsi qu’à certaines compétitions sportives.

Au Congrès, dans l’optique d’adopter l’Equality Act – qui prévoit justement d’amender le titre VII de la loi sur les droits civiques de 1964 afin de garantir que soient protégées l’orientation sexuelle et l’identité de genre contre la discrimination dans les domaines y compris l’accès au crédit bancaire, à l’éducation et à la fonction de juré –, l’absence d’une majorité de 60 sénateurs démocrates (ils sont aujourd’hui 48 contre 50 républicains et 2 indépendants), qui seule permettrait de neutraliser la flibuste, est une aubaine pour Mitch McConnell, actuel chef de la minorité, et le Parti républicain. Ceux-ci se livrent à une guerre sans merci contre le genre en tant que concept social et politique de la construction des sexes.

Les discussions sont au point mort et la polarisation actuelle ne permet pas à Joe Biden d’avancer plus sereinement sur son programme de réformes. Dans ce contexte morose, une rencontre avec les leaders du mouvement LGBTQ+ a été organisée à la Maison Blanche pour réaffirmer l’engagement total du gouvernement Biden vis-à-vis de l’égalité LGBTQ+, bien qu’aucune stratégie d’influence visant à convaincre certains sénateurs républicains, ni même un calendrier d’adoption de la loi n’aient fuité.

Enfin, les propos tenus par l’un des membres de la commission RH de la ville de Philadelphie sont sujets à caution. En effet, les multiples déclarations encourageantes du pape François, qui s’est déclaré favorable aux unions civiles pour les couples de même sexe (Francesco, 2020), ne doivent pas occulter les efforts qui restent à faire sur le plan doctrinal et hiérarchique pour permettre aux catholiques LGBTQ+, en dissonance cognitive, d’être mieux intégrés, tant que « Dieu ne pourra en aucun cas bénir le péché. » Le Vatican s’est effectivement inquiété d’un projet de loi du gouvernement italien qui s’apprêtait à condamner la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ainsi que les crimes homophobes. Reste à savoir à quel moment opportun les déclarations du pape François seront suivies par des actes forts de la part du Vatican.

Il appartient donc aux Églises d’entreprendre les démarches nécessaires pour participer à l’effort d’inclusion dans la lutte contre les discriminations, selon un calendrier qu’elles jugeront approprié. Sur le plan doctrinal, plusieurs exemples d’Églises attestent que seul le recours à la démocratie participative, dans le respect mutuel de positions contradictoires, permettra, à terme, de désarmer la politisation, parfois haineuse, de la foi afin que des lieux de culte soient en mesure de contribuer au plein épanouissement des fidèles LGBTQ+. Comme l’écrit la chercheuse Serene Jones :

« Il nous faut comprendre que Dieu est assez grand pour admettre d’innombrables formes de culte et de louange tout en explorant les spécificités de nos propres traditions religieuses. Mais aucune religion ne détient le monopole de la vérité et dans un monde pluraliste, personne ne devrait agir en ce sens. »

 

[Source : http://www.theconversation.com]

La lectura cuidadosa de Propuesta de acuerdo sobre el lenguaje inclusivo, el más reciente libro de Álex Grijelmo, y de algunas otras obras llevó al autor de este ensayo a reflexionar sobre los notorios y revolucionarios cambios que está viviendo la lengua española.

Escrito por Fabio Vélez

Para cualquier amante del idioma español, sobre todo de sus palabras y gramática, los libros y artículos de Álex Grijelmo han adquirido la categoría de imprescindibles, básicos de biblioteca. Y aunque sigamos extrañando los afilados “dardos” de Lázaro Carreter, podemos respirar tranquilos porque sabemos que Grijelmo continuará con sus periódicas entregas en la prensa y seguirá obsequiándonos con ejemplares tan memorables como La seducción de las palabras o La gramática descomplicada. Así también, su última entrega: Propuesta de acuerdo sobre el lenguaje inclusivo.1

Atento observador y estudioso de la lengua viva, Grijelmo no eludió la polémica cuando ésta se presentaba y se enfrascó en el acalorado debate acerca de la presunta inclusividad o no de nuestro idioma. Huelga decir, no obstante, que el tema ya había sido abordado décadas atrás y que ha sido sólo desde hace unos cuantos años, con el feminismo situado en la agenda mediática, que esta cuestión vuelve a discutirse, si bien ahora con una dimensión pública.

No es mi objetivo resumir aquí este interesante y documentado libro de Grijelmo. El título permite, en buena medida, adivinar la postura y la propuesta del autor, a saber: buscar un espacio de consenso entre las posiciones más conservadoras (por lo común, defendidas desde las “academias”) y las más radicales (presentes, en la mayoría de los casos, en las “guías” para un uso no-sexista de la lengua). Dos lecturas previas a este libro —conviene dejar constancia de las deudas— ya me habían ayudado a despejar parte del camino en esta querella. Por un lado, El género y la lengua, de Pedro Álvarez de Miranda,2 destacado académico de la RAE (y, por cierto, conocido también por su amor a las palabras; véase su Más que palabras); por otro lado, la respuesta (en parte) de María Martín, feminista y activista, en Ni por favor ni por favora.3 Desahogadas sus respectivas posturas, debo confesar que, en términos generales, me resultó más convincente la propuesta de Martín. Es más: creo que el conflicto sobre el que se asientan sus argumentos y medidas —es decir, sobre cuál es el verdadero principio que rige el funcionamiento de la lengua, el de la “economía” (o mínimo esfuerzo) en un caso y el de la “no ambigüedad” en el otro— no son excluyentes y, en consecuencia, no es forzoso tener que tomar partido por uno de ellos. Efectivamente, dependiendo de los usos y los contextos, puede prevalecer uno u otro aspecto. Pero tampoco es mi propósito aquí comentar sendos textos, por mucha enjundia que entrañen.

* * *

Vayamos con la primera cuestión que me interesa abordar, de manera especulativa, del más reciente libro de Grijelmo. En el primer capítulo desmonta una idea, a su juicio errónea, acerca del presunto machismo de la lengua española, producto, según sostienen sus adalides, del patriarcado. En este punto el autor procede por vía doble. Por un lado, amparándose en los estudios de lingüística sobre el indoeuropeo (esa protolengua de la que se derivaron, entre otros muchos idiomas, el latín y el español), nos recuerda cómo éste estableció primero dos géneros para distinguir entre seres animados e inanimados y cómo después, para identificar de entre los animados a las hembras de los machos, se vio obligado a especificar un género femenino para diferenciarlo del genérico animado. La discordia vendría luego al tener, a su vez, que reconocer un masculino en contraposición a ese nuevo femenino explicitado, al utilizar de nuevo el genérico animado para ello. O dicho con un ejemplo que servirá para ilustrar la reconstrucción de lo acontecido: que de la palabra “trabajador” salió “trabajadora”, pero no “trabajadoro” (sino “trabajador”). De modo que, expresado con la ironía que caracteriza a Grijelmo, a diferencia de lo que se sostiene en la Biblia, podríamos afirmar que el género femenino no habría salido de una “costilla” masculina, sino de una genérica.

El segundo argumento que utiliza Grijelmo para tratar de invalidar el presunto machismo de la lengua tiene lugar a raíz de un análisis comparativo con otros idiomas. La estrategia es sencilla: si se defiende que el español es por defecto excluyente y que esto es consecuencia del patriarcado que fluye por su gramática, entonces los idiomas en donde no existieran los géneros o, incluso, en donde el genérico fuera en femenino, tendrían que florecer en sociedades más igualitarias e inclusivas. Pues bien, resulta que tampoco. Ni los países de habla inglesa, donde los sustantivos y adjetivos carecen de género, aunque no así los pronombres personales ni los posesivos; ni lenguas como con el turco, prácticamente sin género; ni el afaro en Etiopía, con un femenino genérico, por poner algunos ejemplos, han demostrado ser sociedades menos machistas que la nuestra.

Lo anterior, deduce Grijelmo, nos permite advertir que nos hallamos frente a una falacia, es decir, dos hechos yuxtapuestos no implican una relación de causalidad entre uno y otro: que el indoeuropeo se construyera en una sociedad patriarcal no permite deducir que el masculino genérico sea consecuencia de ello. De modo que, según él, no hay evidencia alguna de que el masculino genérico sea una imposición de los hombres sobre las mujeres y, por tanto, “no debe considerarse machista, ni masculinista, ni androcéntrico” por sí mismo; lo que todo caso podría serlo es el contexto y el uso por parte de quienes hablan.

Se la agradece, y mucho, a Grijelmo (y también a quienes se han dedicado a reconstruir el indoeuropeo y a aclarar estas cuestiones: F. Rodríguez Adrados, M. A. Calero, J. F. Ledo-Lemos) que sitúe el debate sobre las bases científicas de la lingüística. Pero hay una observación que, tal vez, nos permitiera especular (estamos hablando de algo sucedido hace cinco milenios) en otro sentido. El primer pasaje, que en cuestión me gustaría comentar, es el siguiente:

Parece probable que en algún momento sí sintieran sus individuos [del Neolítico] la necesidad de nombrar a personas y animales del sexo femenino, una vez consolidadas las primitivas sociedades ganaderas y agrícolas. La influencia del factor reproductivo de los animales y su relevancia para el ser humano queda patente […] Es probable que el genérico que abarcaba a hombres y a mujeres (y luego también solamente a hombres) se especializara como fruto no de una dominación masculina, sino, por el contrario, de la importancia que todos los hablantes dieron a la condición femenina. No en el sentido que ahora emplearíamos, desde luego, pero sí con una visión práctica y descriptiva de la vida [cursivas mías].

Este pasaje me inspira varias preguntas: ¿Fue la necesidad de destacar y distinguir a un conjunto concreto de seres animados —mujeres y hembras—, por su particular relevancia para la reproducción, lo que justificó la necesidad de inventar el género femenino? ¿La “importancia” que ameritó resaltar precisamente estas capacidades y no otras (por ejemplo, creativas o intelectuales), fue de todos (masculino genérico: todos y todas) o sólo de todos (masculino específico: todos los hombres)? ¿Hay alguna relación entre esa visión “práctica y descriptiva” de las hembras con el mandato de género que el patriarcado asigna a las mujeres? En suma: ¿late un incipiente androcentrismo en la motivación de visibilizar, entre los seres animados, a las hembras?

El apoyo para sustentar la pertinencia o no de estas preguntas ha sido extraído precisamente de uno de los ejemplos aportados por el propio Grijelmo. En algún punto, él mismo repara en el hecho de que, a la hora de establecer semejante distinción, no pareció interesar en rigor la diversa genitalidad que presentaban los seres animados; no había, por así decirlo, un genuino interés taxonómico-anatómico; lo que parece que de verdad importaba, sin embargo, era discriminar el sexo de aquellos animales imprescindibles para el sustento vital, es decir, el de los animales domésticos. Así se explicaría, según Grijelmo, el especial cuidado a la hora de identificar el sexo de estos animales ayudándonos de nombres heterónimos (distintos en función de su sexo): toro y vaca, caballo y yegua, gallo y gallina, etcétera; o de nombres flexionados (en el artículo o el sustantivo): los perros y las perras, los cerdos y las cerdas, etcétera, pero también, la peculiar despreocupación por el sexo de los animales salvajes a los que, no por caso, solemos asignarles nombres epicenos (con un sólo género para ambos sexos): las jirafas, las ballenas, los mosquitos, etcétera. Una mirada al reino vegetal, dejando por un momento de lado el texto de Grijelmo, podría revelar aspectos igualmente interesantes. En Un dinosaurio en un pajar, Stephen J. Gould4 ha evidenciado con su acostumbrada mordacidad cómo, para el caso de la botánica, las veinticuatro clases que Linneo llegó a reconocer en la que es considerada la primera propuesta de taxonomía sexual —recuérdese: en función del número y la disposición de los órganos masculinos (estambres) y femeninos (pistilos) en las flores— no era sino un reflejo, a pesar de su aparente neutralidad, de la moral social conservadora y sexista del siglo XVIII. Sin pretender equiparar sendos eventos, cabría formularse unas cuantas preguntas: ¿Qué importa más en la anterior distinción (la de los animales de Grijelmo), el sexo o su valor doméstico? ¿Es fruto del azar que las mujeres, como las hembras de los animales domésticos, tuvieran nombres específicos o marcas de género? A propósito de esto último, ¿a qué se debe que en la actualidad determinados gremios profesionales sean siempre referidos en femenino: las enfermeras, las limpiadoras, las niñeras…? ¿Por qué no decimos las médicas, las juezas (o las jueces), etcétera? ¿Puede atribuirse a la casualidad que los “cuidados” —como lo reproductivo, lo doméstico, etcétera— vayan siempre en femenino?

Richard Wrangham, por aquello de continuar en el terreno de la especulación, ha propuesto una interesantísima y holística hipótesis para completar la tesis antropológica, célebre por lo demás (aunque no por ello menos discutida), de que la caza nos hizo humanos. En su libro En llamas,5 Wrangham sostiene que el cazador sólo era posible si tenía a su disposición una cocinera. No podemos demorarnos en la compleja reconstrucción de su argumentación, pero lo interesante, para este particular, es que sin fuego y sin cocina es inviable —nutricionalmente hablando— la mera caza y que fue, en razón de ello, que se produjo la división sexual del trabajo: los hombres podían salir a cazar porque las mujeres —además de gestar, lactar y cuidar— se quedaban a recolectar y cocinar. Una vez más, aunque el término resulte anacrónico, la mujer es importante por su papel indispensable en la producción y reproducción de lo doméstico. Con lo anterior presente: ¿es tan neutral la aparición de género femenino en el indoeuropeo?

* * *

Prosigamos con el segundo comentario especulativo que me gustaría esbozar. En el anterior pasaje citado, Grijelmo hacía una observación de carácter temporal que también merecería ser leída con atención. Recordemos: “La importancia que todos los hablantes dieron a la condición femenina. No en el sentido que ahora emplearíamos, desde luego, pero sí con una visión práctica y descriptiva de la vida” [cursivas mías]. Como ya se ha insinuado merced a una serie de preguntas, podría suceder que detrás de esa “visión práctica y descriptiva de la vida” se guareciera sibilinamente el patriarcado. Pero vayamos con la observación, a modo de reserva, que he destacado ahora en la cita. Esta, qué duda cabe, se prestaría fácilmente a diversas interpretaciones: ¿Está sugiriendo Grijelmo que nuestra idea de la condición femenina ha cambiado? Si es el caso, como parece, ¿desde qué concepción y hacia cuál otra? Asumamos por un momento que Grijelmo estuviera señalando que hemos avanzado hacia sociedades más igualitarias, más feministas, ¿podría suscitar este cambio una contrapartida en el lenguaje de un tenor similar? Por ejemplo, ¿con el uso de duplicativos —dejemos para otro texto las triplicaciones “no binarias”— que especificaran explícita, y no tácitamente, el género femenino? ¿Y con la aparición de un neologismo genérico distinto al masculino específico?

Grijelmo se muestra partidario de un uso “moderado” del lenguaje inclusivo —como también Martín; de ahí que el subtítulo de su libro sea Cómo hablar con lenguaje inclusivo sin que se note (demasiado)—, de no tener que llegar a extremos en los que deberíamos decir: “El perro y la perra son el mejor amigo y amiga del hombre y la mujer”. Sin embargo, también señala que “no se debe confundir ‘ausencia del género femenino’ en el significante con ‘invisibilidad de las mujeres’ en el significado”. Es decir, según Grijelmo, la convención gramatical y el contexto permitirían asimismo un uso legítimo —no machista— del masculino genérico. Aunque entiendo el argumento de Grijelmo, comprendo igualmente que haya muchas mujeres que puedan sentirse insatisfechas con él.6 Como declara Martín en las primeras páginas de su libro: “Sé perfectamente que el masculino es el género gramatical designado por la lengua española como no marcado y que emplearlo es correcto. Aunque es machista. Así que cuando se emplea, me siento molesta”. ¿Debería el lenguaje reflejar esta inconformidad si un uso generalizado en contra de la norma actual se empezara a propagar? Creo que ni Grijelmo ni Álvarez de Miranda se opondrían a reconocer, llegado el caso, un uso asentado por los y las hablantes, verdaderos soberanos y verdaderas soberanas de la lengua. Ahora bien, mientras se normalizan o no estos nuevos usos, ¿se aceptarían, a falta de un sintagma más afortunado, las “acciones afirmativas” en la lengua (por ejemplo, los desdoblamientos inclusivos, la corrección de usos sexistas, etcétera), tal y como se emprenden en política? Pues bien, es en este punto donde vuelven a asomar las discrepancias entre los autores y las autoras, y no tanto por las previsibles dificultades para aplicarlas en la pragmática del lenguaje cotidiano (como ha demostrado, diría que con acierto, Grijelmo), sino por las diferentes concepciones que se manejan sobre el lenguaje. Todo depende del poder que se le reconozca a éste: ¿el lenguaje refleja los cambios sociales y culturales o también puede producirlos? Si sólo los refleja, la estrategia pasaría inexorablemente por cambiar la realidad, pero ¿y si también contribuyera a modificarlos? Sea como sea, Grijelmo estaría más cercano a la primera postura, y Martín, a la segunda. Lo importante, en cualquier caso, es que incluso Grijelmo admitiría que esas “acciones afirmativas” en el lenguaje público —político, administrativo, periodístico, etcétera— servirían “legítimamente hoy como un símbolo de que se comparte esa lucha por la desigualdad”. Ahora bien: mientras que para él, en una hipotética realidad feminista de facto, estas “intervenciones” dejarían de tener sentido y serían abandonadas, para Martín, éstas lo mantendrían por entero, aunque probablemente no con el mismo significado político.

Y con esto me gustaría concluir: pese a las diferencias, tal vez merezca la pena buscar acuerdos cuando la causa lo merece, aunque no siempre se compartan ni los argumentos ni los medios en su integridad. De ahí el título del libro de Grijelmo: Propuesta de acuerdo. Se trata de mera propuesta (razonada, aunque propuesta al cabo), pues serán los y las hablantes —y no les ministres de l’éducation, como en el caso reciente de Francia— quienes tengan la última palabra.

 

Fabio Vélez
Profesor de Teoría e Historia en la Facultad de Arquitectura de la UNAM e investigador del Conacyt. Entre sus publicaciones: La palabra y la espada. A vueltas con HobbesAntes de Babel. Una historia retóricaDesfiguraciones. Ensayos sobre Paul de ManSobre el derecho a la ciudad. Textos esenciales y Arquitectura. Historias de un equívoco


1 Grijelmo, A. Propuesta de acuerdo sobre el lenguaje inclusivo, Taurus, México, 2021.

2 Álvarez de Miranda, P. El género y la lengua, Turner, Madrid, 2018.

3 Martín, M. Ni por favor ni por favora. Cómo hablar con lenguaje inclusivo sin que se note (demasiado), Catarata, Madrid, 2019.

4 Gould, J. S. Un dinosaurio en un pajar, Crítica, Barcelona, 1997.

5 Wrangham, R. En llamas. Cómo la cocina nos hizo humanos, Capitán Swing, Madrid, 2019.

6 Este texto empezó a gestarse, valga la retroactividad de la observación, hace unos años cuando me invitaron a ser parte de la asamblea del Instituto de Liderazgo Simone de Beauvoir. Ahí experimenté cómo las y los integrantes éramos interpelados desde un —inaudito para mí— femenino genérico (o no marcado). A la perplejidad inicial (¿por qué no se nos incluía?), le siguió de inmediato una aceptación estratégica de su uso y, al poco, una familiaridad similar a la de cualquier otro nuevo hábito adquirido.

 

[lustración: Kathia Recio – fuente: http://www.nexos.com.mxfuent]

     Paula Cons

Escrito por Montse Dopico

Galicia tivo, nos anos 40, a súa febre do ouro. Só que era un ouro negro: o volframio, usado para a construción de armamento. Arredor del configurouse, nas poucas aldeas nas que podía extraerse este mineral, un auténtico Far West. Con homes con pico, pá e pistola. Con puros que se acendían con billetes de mil pesetas, -das de aquela-. A produtora e xornalista Paula Cons cóntao nun documental, A batalla descoñecida, no que debulla o enorme negocio armado polo réxime franquista arredor da exportación do volframio aos alemáns, no marco da súa política de conivencia cos nazis, que durou ata pouco antes de rematar a II Guerra Mundial.
« Fronte á fame, a miseria e o máis férreo puritanismo, alí corría o diñeiro, o vicio, a delincuencia e a alegría salvaxe de vivir », di a directora deste filme. Mais, -aclara-, non se trataba de deixarse deslumbrar polo brillo do ouro. Pola riqueza efémera que trouxo para algúns. Porque a venda do volframio era unha das facianas da actitude do goberno franquista nestes anos, que non foi, fronte ao reiterado pola propaganda, a neutralidade. Senón a complicidade con Hitler. E iso trouxo graves consecuencias para a maioría da poboación.
Había algún proxecto anterior que trataba de contar o que pasou co volframio e os nazis en Galicia na Segunda Guerra Mundial, coma o documental de Encarna Otero. Como se espertou o teu interese polo tema?
Pois cando comecei a traballar en ficción, en realidade era unha xornalista facendo ficción e os temas que me interesaban eran os feitos reais descoñecidos. Atraíame pescudar nos motivos dese descoñecemento e nese caso o grande tema sen tocar na nosa ficción era o do volframio. E aí comecei xunto con Felipe Rodríguez e Noelia del Río a desenvolver a película Lobos Sucios.
De que xeito o filme de ficción Lobos sucios te levou, tamén, a este documental? 
Na película chegou un momento que as tramas e os personaxes comeron, loxicamente, o contexto histórico, político, e xa non quedaba moito oco para eles. Pero eu sentía que quería contar mellor esa historia e facelo do xeito máis amplo e ambicioso posible. Quedaba tantísimo por contar e cando rematei a película e comecei a ler e investigar decateime de que aínda sabía tan pouco sobre o tema…
Emilio Grandío e Javier Rodríguez debullaron o tema no libro War zone. La II Guerra Mundial en el noroeste de la Península Ibérica, e Eduardo Rolland en Galicia en guerra: espías, batallas, submarinos e wolframio: do desfile da Wehrmacht en Vigo á fuxida dos criminais nazis. Os dous están entre os entrevistados no teu documental. O obxectivo era, neste sentido, divulgar máis o que xa nos revelaran os historiadores?
O traballo de investigación e de loita na trincheira fixérono eles, iso está claro, pero aínda así o audiovisual ten outro acceso ao público e quería narralo do xeito máis visual e ameno dentro do complexo do tema. Tamén é verdade que cada experto é especialista nunha parcela determinada e eu quería xuntalas todas. Quería a visión máis ampla posible e por iso xuntalos a todos.
De todos os xeitos eu tiña tamén unha intencionalidade, case que unha hipótese a demostrar co documental, e era que aínda que o volframio enriquecera a moitos, e deixou ríos efémeros de diñeiro nalgunhas poboacións, as consecuencias da actitude do goberno franquista respecto ao tema foron moi graves, e provocaron o empobrecemento dunha grande parte da poboación: polo encarecemento de certos productos por parte dos británicos, e polo bloqueo de petróleo. E esa visión só a atopei nun dos libros.
Entre as fontes atópanse, ademais de historiadores, outros expertos -como enxeñeiros de minas- e veciños das zonas nas que extraeu o volframio. Moitas veces, a montaxe mestura o que din uns e outros, -un comeza a contar algo e outro remata, case, a frase do anterior-. É como se quixeras construír un relato coral, plural, complexo, do que pasou, sen atender tanto ás achegas individuais. Era un pouco a idea? Como escolliches os entrevistados?
Efectivamente, a idea é demostrar que en certos aspectos o que se conta é unha verdade incuestionable na que moitos están dacordo, á que moitos chegaron despois de moito investigar, que non é algo sen fundamento. Tratei de escoller os entrevistados de xeito que conseguise abranguer os máximos aspectos do tema: económicos, políticos, históricos, persoais, xornalísticos, novelísticos…
Tamén hai material de arquivo: algunhas imaxes do NO-DO, animacións que parecen feitas a partir de fotos reais… E unha voz en off que conduce o relato da historia, ademais de imaxes das minas abandonadas, na actualidade. Que papel xogan no documental estes materiais? Tiveches problemas para atopalos? Como foi, en especial, a relación cos veciños?
Eses materiais de novo xogan o papel de demostrar que o que estamos a contar é verdade, ocorreu, e ocorreu tal como estamos a contar. Por outra banda as imaxes das minas abandonadas son unha metáfora directa do propio abandono e agochamento do tema pola poboación e as institucións en xeral.
Moito do material foi proporcionado polos propios expertos. Eles son a clave do documental, a pedra angular. Por exemplo para a relación cos veciños que facilitou un deles, Diego Casal. E á marxe disto, a relación cos veciños foi máxica porque eles converten en carne todo o contado, son historia viva. De feito pasounos unha cousa ben especial e emocionante cando, tras rematar unha das entrevistas no exterior das antigas instalacións mineiras, decateime que ese home non volvera estar alí desde que tiña 20 anos, e asistimos canda el ao seu reencontro.
Sesenta bares, catro cines, puros que se acendían con billetes de mil pesetas… E o estraperlista co pico, a pa e a pistola. Todo un Galician Western. É a imaxe que proxectan os relatos dos expertos e, en especial, dos veciños. Supoño que o documental quixo salientar, en primeiro lugar, a magnitude do fenómeno: o impacto que tivo nas aldeas nas que se extraía o volframio, as cantidades astronómicas de diñeiro que pagaron alemáns e aliados. É así? En que sentido?
Esa febre do ouro que se viviu, e que por exemplo non recollimos na película Lobos Sucios, é tan brutal que estou agora mesmo desenvolvendo unha serie de televisión sobre o tema, e tal como dis, en formato western. Aquilo foi unha suspensión temporal e moral absoluta do que estaba a acontecer non só en España senón a escasos quilómetros. Fronte á fame, á miseria e o máis férreo puritanismo, alí corría o diñeiro, o vicio, a delincuencia e a alegría salvaxe de vivir.
Mais, alén dos datos, o documental cuestiona, basicamente, o relato da « neutralidade » de Franco na Segunda Guerra Mundial. Lembrando, por exemplo, que en Hendaya Franco e Hitler non chegaron a acordo porque Franco pedía máis do que Hitler estaba disposto a dar. Como pode resumirse a colaboración franquista cos nazis?
O franquismo, Franco en concreto, estaba en débeda con Hitler pola axuda recibida durante a Guerra Civil. Neste caso deixándolles extraer o volframio, tan importante para o armamento nazi, pero tamén enviándolle alimentos, enviando a División Azul, deixando que a espionaxe campase non só en Tánxer senón tamén en España, permitíndolles abastecer os seus submarinos nos nosos portos, ou arranxar as súas averías. E finalmente, unha vez rematada a guerra, o franquismo dilatou moitísimo a entrega dos nazis agochados en España ou mesmo os nacionalizou.
O comezo da exportación de volframio -un material estratéxico para a construción de armamento- á Alemaña nazi comezou case por casualidade, porque un empresario, Bernhardt, conseguiu nada menos que entrevistarse con Hitler… no descanso dunha ópera. Como destes con esta historia?
Para min ese é o verdadeiro descubremento do documental, a figura fundamental na nosa historia de Johannes Bernhardt, totalmente descoñecido. Eu creo que os nazis virían igualmente extraer volframio a España, Galicia e Portugal porque xa non podían sacalo de China e estes eran os únicos lugares onde había. Pero ese encontro entre Hitler e Bernhardt, que viaxaba de parte de Franco, na ópera, foi vital para facer máis forte o vínculo entre Hitler e Franco e sobre todo para a Guerra Civil.
Despois comezou a guerra comercial polo volframio español entre os nazis e os aliados. A grandes trazos, en que consistiu? De que xeito a fomentou o réxime franquista? De que xeito se canalizan as exportacións? Algúns dos entrevistados falan de fortunas familiares que se crearon nese tempo e que continúan hoxe.
O franquismo decatouse rapidamente de que podía sacar moita tallada do comercio do volframio, moita máis da que estaba a conseguer e, como primeira medida, impuxo altas taxas, cada vez máis altas. Tanto á produción como á exportación. Pero a lotería tocoulle cando os aliados entraron no comercio só para evitar que o volframio chegase ás mans nazis e para tratar de arruinalos disparando os prezos.
O que ocorría é que daquela as empresas tiñan que ser de capital español polo que tanto nazis como aliados precisaban homes de palla, testaferros, para montar aquí as súas empresas e pagar esas altísimas cantidades polo volframio ou incluso extraelo eles mesmos. Un deses testaferros foi o Conde de Argillo, consogro de Franco, tal como se pode comprobar nunhas escrituras.
Emilio Grandío di nun momento que « Galicia puido converterse nunha nova Normandía ». Por que? Este mesmo historiador explica que España non foi neutral na II Guerra Mundial, senón que ata o 44, é dicir, as 3/4 partes do tempo, tivo unha importante conivencia co nazismo. Que foi o que fixo cambiar esa actitude do réxime?
Emilio di iso porque os norteamericanos sobre todo, Roosevelt e a súa opinión pública estaban fartos da actitude do réxime con Hitler e pedían man dura con España. E un dos plans era invadirnos. Tal cal. E España era consciente deste perigo, e foi ameazada directamente, pero nada cambiaba. A actitude cambiou case totalmente cando os aliados embargaron petrolíferamente a España, que é unha medida durísima. Dise que non voaron avións nesa época. Pero o verdadeiro corte só chegou cando tras o Desembarco de Normandia cortouse a comunicación terrestre a través de Francia con Alemaña.
En xeral, que consecuencias tivo para a poboación esa política de apoio ao nazismo? No documental explícase que a exportación de alimentos a Alemaña foi unha das causas da fame. Que foi dos estraperlistas despois de acabar todo aquilo?
Eu creo que tal como din os propios entrevistados, o diñeiro que rápido chega rápido marcha. E foi un diñeiro que salvo en escasos casos dilapidouse, como di unha historiadora, un xeito masculino de despilfarrar. Agás no caso de mulleres que invertiron en terras, en casas, en gando… E, para a poboación en xeral, para o único que valeu foi para prolongar a fame.
Algo máis que queiras engadir? 

Para min tamén foi chamativo e triste atopar o complicado que é acceder a certa documentación do noso pasado, ben porque foi destruída, ben porque hai arquivos aínda non accesibles, como o de Defensa. Cando con simplemente con teclear wolfram e Spain na biblioteca dixital do Congreso de USA obtés multitude de documentos valiosísimos. E expresar o meu agradecemento tanto aos entrevistados pola súa enorme e desinteresada axuda coma ao equipazo que tiven, que conseguiron transformar un documental histórico e de investigación nun thriller político.

Cartaz do ‘A batalla descoñecida’ para a Seminci, en Valladolid

[Fonte: http://www.praza.gal]

Escrito por Rafael de Mesquita Diehl, graduado, mestre e doutor em História pela Universidade Federal do Paraná (UFPR)

Em uma cerimônia solene no ano de 1939, o general Francisco Franco de Bahamonde (1892-1975)[1], líder da facção vitoriosa na Guerra Civil Espanhola, entrou na Igreja de Santa Bárbara de Madri onde depositou sua espada diante do altar. Estava trajando a farda militar sobre uma camisa azul e cobria a cabeça com uma boina vermelha, representando as três principais forças por trás do levante do 18 de julho de 1936 que havia dado início àquela longa contenda fratricida: o Exército, a Falange e os Requetés.[2] A entrega da espada possuía um simbolismo muito claro: demonstra o agradecimento de Franco a Deus pela vitória naquilo que ele considerava como uma cruzada[3] contra o comunismo e o ateísmo da II República Espanhola (proclamada no ano de 1931).

O general Franco entrega sua espada a altar da Igreja de Santa Bárbara em Madrid em 1939.

A propaganda franquista, contudo, mascarava um irônico e curioso detalhe, que poderia ser visto em outros aparições do “Generalíssimo” (título ostentado por Franco como chefe supremo das Forças Armadas): a presença da vistosa “Guarda Moura” com seus turbantes e capas brancas, formada por soldados muçulmanos marroquinos! Não só ao lado da “Cruzada” franquista, mas também ao lado da II República houve combatentes muçulmanos. Tal dado, contudo, é frequentemente esquecido pelo fato de a complexa Guerra Civil Espanhola ser mostrada com um dualismo simplista de “católicos versus comunistas” (visão de alguns grupos de direita) ou de “democratas versus fascistas” (visão de alguns grupos de esquerda). Considerada pelos historiadores como um confronto entre a “velha” e a “nova” Espanha ou um ensaio dos conflitos entre as ideologias que se enfrentaram na Segunda Guerra Mundial (1939-1945), a Guerra Civil Espanhola foi um fenômeno histórico de muitos contrastes, nos quais diferentes grupos e interesses se aliavam buscando derrotar um inimigo em comum.

Cartaz de propaganda do Bando Nacional durante a Guerra Civil Espanhola: a Guerra de Franco é comparada a uma Cruzada e à Espanha é atribuída a providencial função de ser orientadora espiritual do mundo.

Para entender a Guerra Civil Espanhola em sua complexidade, bem como a participação dos muçulmanos nesse conflito, é necessário retrocedermos ao final do século XIX. No ano de 1898, a Espanha (que no século XVI havia possuído colônias nas Américas, África e Oceano Pacífico) perdera suas duas últimas relevantes colônias, Cuba e Filipinas, para os Estados Unidos da América. Tal fenômeno havia sido um choque para a geração daquele tempo, já que as colônias, sustentadas pelo poderio militar, eram um motivo de orgulho para a Espanha. Sem as colônias, a Espanha era apenas um país majoritariamente agrário adentrando atrasada no cenário de uma Europa ocidental em franca expansão do que foi depois chamado de 2ª Revolução Industrial (iniciada na segunda metade do século XIX). O século XIX também é o século do nacionalismo. É verdade que já havia certos “sentimentos nacionais” antes do século XIX, mas é neste século que algumas ideologias políticas europeias começaram a sustentar a necessidade de uma identificação entre a Nação (identidade de um povo, de uma cultura) com o Estado (poder político centralizado em uma estrutura impessoal e burocrática).[4]

Se é verdade que a industrialização estava em alta na virada do século XIX para o século XX, também é verdade que a busca por colônias estava na ordem do dia entre as potências ocidentais do período. O governo espanhol, portanto, apostava em investir em um protetorado[5] no Marrocos como forma de reviver as glórias militares do passado. Apesar de já possuir domínios sobre alguns territórios litorâneos do norte da África desde o século XVI, a Espanha formou seu protetorado no Marrocos através de um tratado firmado com a França (que já possuía uma colônia na região) no ano de 1912 que reconhecia como protetorado espanhol os territórios de Rife e Jebala. Contudo, houve resistência da população local, especialmente de algumas tribos berberes que lideraram ataques contra os assentamentos coloniais na região do Rife. Durante os anos de 1920 a 1927 houve a Guerra do Rife, na qual a Espanha buscou consolidar seu domínio na região eliminando a resistência das tribos berberes.

Mapa do protetorado espanhol no Marrocos

Foi durante essa guerra que se formaram os oficiais e soldados espanhóis ditos “africanistas”, que cresceram em prestígio militar e viam com maus olhos a política conduzida por civis e parlamentos. Foram também formadas tropas coloniais com soldados da população local, o que era comum no colonialismo, como os Regulares Marroquíes (soldados de infantaria) e os Tiradores de Ifni (soldados de infantaria leve). Ambas as tropas eram utilizadas na guerra como vanguarda, iniciando os ataques nos combates. A maioria dos membros de ambas unidades militares eram recrutados em Ceuta e Melilla. Usavam uniformes parecidos: fardas em tons beges e na cabeça um fez vermelho ou um turbante branco.[6]

Soldados dos Regulares Marroquinos. Note que, além da diferença de alguns usarem o turbante branco enquanto outros usam o Fez vermelho na cabeça, há também uma diversidade de feições e tons de pele, o que mostra a variedade étnica e genética dos muçulmanos marroquinos.

Entre 1923 e 1930 o rei Afonso XIII delegou o governo ao general Primo de Rivera, que governou na prática como um ditador. Apesar do apoio dos grandes proprietários de terra, das forças armadas e de setores da Igreja Católica que se mostravam preocupados com o crescimento de movimentos socialistas e anarquistas entre as classes populares, o regime repressivo de Primo de Rivera declinou o prestígio da monarquia. Com a vitória dos candidatos republicanos na maior parte do país durante as eleições municipais de 1931, o rei e sua família partiram para o exílio, o que culminou na proclamação da II República espanhola em 14 de abril de 1931.

A II República era um regime semipresidencialista, com o presidente da República exercendo a chefia de Estado e compartilhando as funções de chefe de Governo com o presidente do Conselho de Ministros. As forças que haviam proclamado a República eram diversas: nelas havia republicanos moderados, liberais, republicanos radicais (com teor mais laicista), nacionalistas bascos e catalães, socialistas e comunistas. Além disso, havia expressivos grupos anarquistas e anarcossindicalistas especialmente na região da Catalunha, uma das zonas mais industrializadas do país. A Constituição de 1931 prometia amplas reformas sociais e buscava a separação entre Igreja e Estado. Tal separação, contudo, revelou-se radical com a expulsão de algumas ordens religiosas, fechamento de conventos e escolas católicas em prol do estabelecimento de um ensino público de caráter laico. Houve também maiores concessões de autonomia à Catalunha e ao Países Basco, o que gerava preocupação nos setores militares que defendiam um nacionalismo espanhol de tipo mais unitário.

Como reação às novas políticas da República, a oposição ao regime buscou organizar-se também, formando em 1933 a CEDA – Confederación Española de Derechas Autónomas (coalização de partidos católicos de direita) e a Falange (movimento nacional-sindicalista com inspiração no Fascismo italiano). Mas o regime republicano também revelava fissuras internas, especialmente quanto ao caráter e ao ritmo das reformas sociais. Em 1934 o governo utilizou-se da Legião estrangeira espanhola para esmagar uma revolta dos mineradores de Astúrias, influenciados por ideais socialistas e anarquistas. Encabeçando o sufocamento ao levante estava o general Francisco Franco, um dos oficiais da Legião.

Os conflitos políticos cresciam durante a II República, com enfrentamentos nas ruas entre grupos falangistas, socialistas e anarquistas (que adquiriam, cada vez mais, caráteres paramilitares). O governo não atacava igrejas e conventos, mas também não buscava conter esses incidentes de perseguição religiosa. Para conter o que viam como uma ascensão do fascismo (lembremos que em 1933 Hitler havia chegado ao poder na Alemanha e que Mussolini já controlava o governo italiano desde 1922) vários partidos de orientação socialista e comunista, republicanos de esquerda e o sindicato anarquista CNT (Confederação Nacional do Trabalho) uniram-se na Frente Popular para as eleições de janeiro de 1936, na qual saíram vitoriosos, tendo formado um governo de coalizão, do qual não participaram os anarquistas e alguns socialistas independentes.

A direita espanhola via com preocupação o crescimento dos grupos comunistas, socialistas e anarquistas. Muitos oficiais militares de tendências direitistas (que haviam sido estrategicamente movidos pelo governo para postos distantes) já conspiravam buscando uma forma de derrubar o governo, embora o general Franco (em cargo nas Ilhas Canárias) ainda hesitasse envolver-se na conspiração. Não obstante, o clima de antagonismo e violência política continuava a subir. Em 12 de julho de 1936 grupos de direita assassinaram o tenente socialista da Guarda de Assalto, José del Castillo Sáenz de Tejada, fato que foi vingado no dia seguinte quando socialistas mataram o jurista e deputado José Calvo Sotelo, líder das direitas nas Cortes (parlamento espanhol). Tal fato foi considerado como pretexto para os conspiradores colocarem em prática seu plano.

Em 17 de julho inicia-se a sublevação de militares e falangistas no protetorado do Marrocos e no dia seguinte o levante estoura na península com a adesão das milícias carlistas. Contudo, o golpe de Estado em Madri fracassa e na Catalunha as milícias anarquistas se impõem aos sublevados. A falta de êxito na tomada de poder em regiões importantes do país fez com que o golpe se transformasse em uma guerra civil. De um lado havia os autores do levante e seus apoiadores, que se denominaram Bando Nacional, composto por monarquistas afonsinos e monarquistas carlistas, falangistas, membros da CEDA, entre outros. Juntaram-se à defesa do governo no Bando Republicano nacionalistas bascos e catalães, republicanos moderados e radicais, socialistas, comunistas, anarcossindicalistas, anarquistas, liberais e democratas.

Milicianos anarquistas se armando para enfrentar o levante militar em Barcelona, 18 de julho de 1936.

Do ponto de vista militar também havia um impasse: embora muitos generais e militares tivessem participado do alzamiento junto às milícias falangistas e carlistas, muitos setores do exército e a maior parte da marinha e da força aérea permaneceram em uma postura legalista de apoio ao governo vigente. O Bando Nacional contava com o Exército de África para pender o peso da balança ao seu favor, já que os legionários e os soldados marroquinos possuíam melhor treinamento e experiência militar por conta da Guerra do Rife. Franco se havia colocado à frente das tropas africanas após o início do levante na península. Com o Estreito de Gilbraltar bloqueado pela marinha espanhola, Franco buscou a ajuda militar da Alemanha, que enviou aviões que transportaram legionários e soldados marroquinos para a Espanha entre os meses de julho e outubro.

Tropas regulares marroquinas em Tetuão aguardando o embarque em um avião de guerra alemão. 1936.

Os muçulmanos recrutados no Marrocos constituíam uma população de árabes, berberes e descendentes dos muçulmanos expulsos da Península Ibérica nos séculos XV, XVI e XVII. Isso é evidenciado pelas fotografias dos soldados, nos quais frequentemente podemos notar uma variedade de feições faciais e tons de pele.

Ilustrações dos tipos de uniformes usados pelos regulares marroquinos.

O maior número de muçulmanos que combateram na Guerra Civil Espanhola se encontrava no Bando Nacional e eram alistados nos Regulares Marroquíes e nos Tiradores de Ifni. O que teria levado esses muçulmanos a combaterem ao lado de uma liderança que dizia lutar uma Cruzada[i] em defesa da Espanha católica contra um governo comunista? Como em muitos outros grupos que tomaram parte nesse conflito, não há uma resposta única sobre os motivos e circunstâncias que levaram esses moros a unirem-se ao alzamiento contra a II República. O primeiro grupo que podemos citar são os dos muçulmanos marroquinos que já pertenciam às tropas coloniais de maneira profissional, integrados à hierarquia. Ao outro grupo pertenciam principalmente pessoas de origem pobre de aldeias ou áreas rurais submetidos a um regime de vínculo pessoal com os chefes locais.  Muitos testemunhos, memórias e estudos historiográficos apontavam como motivações comuns para o alistamento: fugir da fome e da pobreza (com a garantia de soldo e provisões diárias); o sentimento de ligação com o território peninsular (no caso de famílias descendentes de muçulmanos outrora expulsos da Europa) e também motivações religiosas instrumentalizadas pelas lideranças de Franco (como a propaganda anticomunista associando a II República ao regime ateu soviético ou promessas de auxílio financeiro do futuro governo franquista para peregrinações à Meca a alguns soldados).

Os motivos acima elencados são, sem dúvida, bastante subjetivos. Explicam casos particulares, mas não uma adesão tão grande quanto a obtida pelos sublevados, ainda mais levando em conta a existência de movimentos nacionalistas que viam o colonizador espanhol como o verdadeiro inimigo a ser combatido. Ademais, havia a fidelidade pessoal dos aldeões aos chefes tribais e locais. Seria então possível encontrarmos um elemento comum que tenha favorecido uma grande adesão de recrutas ao alistamento (que, aliás, durou praticamente toda a guerra)?

Adnan Mechbal, professor da Universidade de Angers, aponta uma explicação geopolítica para a improvável grande adesão de marroquinos ao exército colonizador para combater em uma causa nacionalista espanhola. O militar espanhol africanista Juan Luis Beigbeder y Atienza (1888-1957) possuía bom conhecimento da língua árabe e vínculos com lideranças marroquinas locais. Beidbeder utilizou-se da falta de comprometimento do governo republicano com as reivindicações dos nacionalistas marroquinos (que esperavam um estatuto de autonomia como havia sido concedido à Catalunha) e de seus contatos com a Alemanha nazista (que defendia um discurso pró-árabe e anticolonialista) para fazer tais líderes crerem que a República estava comprometida com os interesses geopolíticos da Grã-Bretanha e França, que se beneficiavam do colonialismo na posição estratégica do Marrocos e do Estreito de Gibraltar.

O militar espanhol Juan Luis Beigbeder em trajes civis

Beigbeder também se utilizou do medo da influência do comunismo ateísta da União Soviética sobre a República para dissuadir os nacionalistas marroquinos do alinhamento com os legalistas. O militar espanhol também conseguiu convencer as demais autoridades militares do protetorado a manterem o principal líder nacionalista marroquino, Abdelkhalek Torres (1910-1970) – que havia liderado movimentos contra as autoridades coloniais bem como negociado com os republicanos –, em prisão domiciliar, ao invés da aplicação de penas mais severas. No mesmo ano foi inclusive concedido a Torres formar um partido nacionalista marroquino, dessa vez com elementos de inspiração falangistas e fascistas.

O líder nacionalista e político marroquino Abdelkhalek Torres

Por outro lado, os dois intentos de adesão dos marroquinos por militantes de esquerda não lograram apoio do governo republicano, em parte pela descrença no sucesso de tal operação e em outro lado pela pressão britânica e francesa que se interessava em preservar o status colonialista na região do norte africano. Além das diferentes cisões nos movimentos de esquerda e nacionalistas marroquinos espanhóis, não há indícios de que, às vésperas do levante de 17 de julho de 1936, houvesse alguma organização coordenada entre os marroquinos do protetorado espanhol e os marroquinos do protetorado francês.

O jalifa Muley Hassán el Mehdi em Madri, em uma fotografia de 1942.

Embora o Jalifa[7] Muley el Hassán ben el Mehdi (reinou de 1925 a 1956) tivesse aderido diretamente à política de alistamento dos espanhóis sublevados do protetorado, o sultão[8] Mohammed V (reinou de 1923 a 1957 como sultão e de 1957 a 1961 como rei do Marrocos) não apoiou explicitamente o alistamento, embora ele, seu séquito e as lideranças marroquinas locais tenham facilitado a conscrição de seus súditos nas fileiras do Bando Nacional. Como o levante contra a II República se constituía, a priori, como uma rebeldia perante a ordem geopolítica internacional, era prudente ao sultão manter a neutralidade para assegurar o status quo de seu governo. Quando membros do governo republicano apontaram a ilegalidade do recrutamento, o general Franco[9] habilmente acusou a República de estar em conluio com a França conspirando contra a soberania do sultão, apresentando-se assim com a imagem de um defensor da autonomia do Marrocos.

O sultão Mohammed V do Marrocos em fotografia de 1934

Outro trunfo usado pela propaganda do bando franquista foi a de uma associação do passado comum entre Espanha e Marrocos pela história de Al-Andalus e a necessidade de cooperação dos dois credos, cristão e muçulmano, na luta contra um governo que, de acordo com eles, buscaria a abolição de todas as igrejas e mesquitas da Espanha e seus territórios.

As tropas marroquinas continuaram sendo recrutadas e transladadas à península durante os anos seguintes da Guerra Civil Espanhola e participaram da maior parte dos combates importantes e da tomada das posições mais estratégicas. A presença desses muçulmanos no Bando Nacional marcou o imaginário dos combatentes do Bando Republicano, como na célebre canção ¡Ay Carmela!, que em um de seus versos dizia “Luchamos contra los moros,/rumba la rumba la rumba la./Luchamos contra los moros,/rumba la rumba la rumba la/mercenarios y fascistas,/¡Ay Carmela! ¡Ay Carmela!/mercenarios y fascistas,/¡Ay Carmela! ¡Ay Carmela!” Os números de muçulmanos marroquinos participantes ao longo de toda a guerra ainda permanecem um assunto de muita divergência entre os estudiosos, com cifras mais céticas oscilando entre 75.000 e 80.000 homens.

Apesar de serem muito mais recordados, os moros de Franco não foram os únicos muçulmanos combatentes no trágico conflito espanhol. Muçulmanos de diferentes origens (marroquinos desertores, argelinos, iraquianos, sírios, egípcios, árabes, palestinos, franceses, libaneses) uniram-se, por diferentes motivações e circunstâncias, às fileiras do Bando Republicano. Os números desses participantes, contudo, são bastante modestos comparados aos do Bando Nacional, contabilizando aqueles apenas entre 760 a 1.000 pessoas. O contexto dos muçulmanos republicanos foi distinto do caso dos marroquinos nacionais: não houve um programa de recrutamento massivo por parte da II República em uma região específica. Isso explica-se por dois motivos: a) a falta de mando efetivo do governo republicano sobre alguma colônia (dado que o protetorado marroquino, única colônia restante, se havia juntado ao levante); b) o apoio tímido dos aliados da República no cenário internacional.

Embora reconhecessem como legítimo governo espanhol a II República, França e Grã-Bretanha não estavam dispostas a enviar suas forças armadas para o conflito, pois o encontro destas tropas com a Legion Condor de Hitler e o Corpo Truppe Volontarie de Mussolini enviadas em apoio aos nacionais poderia expandir a guerra para além das fronteiras espanholas. A política de Josef Stálin à frente da União Soviética através da Internacional Socialista (órgão que, em tese, reunia todos os partidos e organizações socialistas e comunistas mas que, na prática, era uma forma de Moscou controlar os referidos partidos e suas formas de atuação nos países capitalistas) na época consistia em concentrar o desenvolvimento do sistema socialista na própria URSS, enquanto incentivava nos outros países a formação de frentes antifascistas através de alianças dos socialistas e comunistas com grupos de outras orientações políticas.

Diferentemente do Bando Nacional que unificou seus exércitos e milícias sob a liderança suprema de Francisco Franco, o Bando Republicano permitiu a formação de diferentes milícias com suas próprias regras, estruturas de comando e agendas políticas. Em Barcelona, por exemplo, as milícias anarquistas exerciam de facto o controle da cidade no lugar das autoridades oficiais. A propaganda republicana, especialmente de órgãos anarquistas e socialistas, buscava arregimentar os muçulmanos com chamadas de rádio e panfletos dirigidos em árabe à França e a outros países do norte africano e do mundo árabe, apresentando o fascismo como inimigo de todos os homens e opressor dos muçulmanos, ressaltando a necessidade dos seguidores do islã se juntarem à luta dos oprimidos.

Bandeira das Brigadas Internacionais

A entrada de muçulmanos de diferentes países no Bando Republicano se inseriu no contexto das Brigadas Internacionales, órgão militar criado para arregimentar voluntários de todos os países que desejassem combater pela República contra os nacionais. É importante frisar que nem todos os brigadistas eram socialistas ou comunistas, mas de diferentes correntes políticas que se viam ameaçados com a ascensão dos regimes fascistas e seus aliados pela Europa. Nesse sentido, é importante observar que a composição e motivação desses muçulmanos brigadistas eram muito mais diversas: intelectuais, militantes políticos, operários, desertores, camponeses… e é possível que muitos fossem muçulmanos apenas nominalmente ou com uma interpretação muito flexibilizada disso, nos casos de indivíduos ligados a movimentos socialistas, anarquistas ou nacionalistas. Dentre esses combatentes destaca-se o militante comunista palestino Muhammad Najati Sidqi (1905-1979), que tentou sem sucesso conseguir a adesão dos marroquinos de Franco à causa republicana. Em muitos ambientes republicanos via-se com desconfiança o exercício da liderança por muçulmanos ou a sua organização massiva, influenciados pelo contexto da sublevação no Marrocos. O que é certo é que o maior número de muçulmanos alistados no lado republicano era de origem argelina.

O militante comunista palestino Muhammad Najati Sidqi

A Guerra Civil Espanhola foi oficialmente encerrada com um discurso de Franco em 1º de abril de 1939, quando as tropas nacionais haviam tomado os últimos redutos de resistência (Madri havia sido tomada em 28 de março daquele ano). Sobre a finalidade dos combatentes de ambos os lados, além das inúmeras baixas, os destinos foram diversos… Alguns regulares marroquinos passaram a integrar a Guarda Moura e outras guardas relacionadas ao governo franquista (o que talvez nos revele algo sobre as tensões internos que permaneceram entre os diferentes grupos militares, falangistas, carlistas e monarquistas após a vitória de Franco). Outros voltaram para o Marrocos, onde grande parte dos contingentes foram desmilitarizados, voltando à vida ordinária. Com relação aos muçulmanos republicanos, com o encerramento das Brigadas Internacionais pelo governo em 1938, muitos acabaram caindo em mãos do inimigo como prisioneiros (com destino incerto), outros tentaram atravessar a fronteira francesa, mas não eram recebidos com a mesma facilidade que os “camaradas” europeus. Alguns de maior destaque voltaram a seus países onde continuaram sua militância política, geralmente associada a um tipo de nacionalismo árabe de tendências de esquerda.

Membros da XV Brigada Internacional às margens do rio Ebro em janeiro de 1938. Nessa unidade participaram alguns argelinos.

Propaganda republicana de 1936 mostra um regular marroquino abraçando um soldado republicano.

Há, por fim, um outro elemento a ser considerado: tanto no imaginário nacional quanto republicano: o “mouro” foi frequentemente associado à crueldade e às atrocidades de saques, assassinatos sumários, torturas e estupros que foram cometidos após muitas tomadas de território pelas tropas franquistas. Há aqui de separar a objetividade histórica das subjetividades das memórias individuais. É compreensível que os espanhóis comuns, acostumados a ver os mouros como elemento estranho e opositor na história forjada pelo nacionalismo e marcados pelo impacto das guerras e conflitos do Marrocos colonial, ficassem mais marcados pela lembrança de muçulmanos realizando atrocidades que os marcaram por toda a vida. Isso foi usado como arma psicológica por ambos os bandos… pelos nacionais, para incutir terror no inimigo; pelos republicanos, para aumentar o desprezo e ódio pelos “fascistas”. Nota-se aqui o predomínio da típica mentalidade etnocêntrica e orientalista do colonialismo ocidental: sempre associando o Oriente ao exótico, ao sensual, ao selvagem…

Propaganda republicana associando o mouro à violência contra mulheres e crianças.

Não há evidências históricas, contudo, de que as atrocidades cometidas estejam associadas em maior grau aos combatentes muçulmanos. Um dos primeiros elementos a se ter em mente quando analisamos a Guerra Civil Espanhola é precisamente não a ver sob um prisma maniqueísta/dualista ou com vendas ideológicas. Esse conflito teve altos índices de crueldades e arbitrariedades de ambos os lados (talvez com a diferença de que no Bando Nacional elas aconteciam sob certa direção de seus comandantes, enquanto no Bando Republicano eram mais consequência da falta de controle do governo sobre as diferentes milícias e organizações que lutavam ao seu lado): grevistas ou simpatizantes de lutas trabalhistas eram sumariamente executados por militares pelo delito de serem rojos (“vermelhos”, comunistas); sacerdotes e religiosos eram torturados e fuzilados por serem considerados “fascistas”… Estamos falando de um conflito de elevadas polarizações em que o que unia cada um dos bandos era muito mais o desejo de eliminar um inimigo em comum do que um programa de ideias bem delineadas, embora o discurso e a propaganda tratassem sempre de sacralizar a causa. Em muitas regiões, especialmente nos pueblos (povoados, vilarejos, aldeias), o território era constantemente tomado e retomado por um bando ou outro: juntavam-se às rivalidades ideológicas as rixas pessoais, colocando literalmente vizinhos contra vizinhos e até mesmo uma família contra si mesma!

General Miguel Cabanellas passando em revista uma tropa de regulares marroquinos no início da guerra em 1936.

O estudo da participação dos muçulmanos na Guerra Civil Espanhola é mais um exemplo histórico de como é difícil julgarmos a História em bloco ou analisar uma crença ou corrente de pensamento pelos atos isolados de alguns de seus membros.

Franco discursando em um palanque vigiado por dois membros da Guarda Moura.

 

Notas:

1: Por tratar-se de um tema ligado à história de um país ocidental, utilizaremos a datação cristã ao longo do texto, bem como nos referiremos a algumas periodizações comuns à historiografia ocidental.

2: Os Requetés, que se distinguiam por suas boinas vermelhas, eram as milícias do movimento monarquista carlista, que defendia a legitimidade dos descendentes de Carlos Maria de Bourbon, príncipe das Astúrias, em contraposição aos da rainha Isabel II, uma disputa iniciada em 1830 após a morte de Fernando VII. Também defendiam um modelo de monarquia tradicional com maior influência da Igreja Católica em oposição ao modelo de monarquia parlamentarista e liberal.

3: Mesmo no caso da Igreja Católica não se pode dizer que a adesão ao lado de Franco tenha sido incondicional. Embora o Episcopado espanhol tenha apoiado o alzamiento nacional (nome que os sublevados deram ao movimento militar iniciado para derrubar a II República), houve críticas de membros da hierarquia eclesiástica aos fuzilamentos sumários conduzidos pelos sublevados ou mesmo a desilusão e abandono do movimento por parte de intelectuais católicos como o escritos George Bernanos ou o filósofo Jacques Maritain. Também havia o caso particular do País Basco, local onde a República não havia atuado de forma anticlerical e, portanto, contava com a adesão do clero e fiéis católicos locais. A Sé Apostólica reconheceu o novo governo formado por Franco, mas houve tensões entre a Igreja e o governo franquista mesmo após o término da guerra, sobretudo sob o pontificado de Paulo VI (1963-1978). O forte partidarismo adotado por muitos setores do clero e laicato católico na Espanha já mesmo antes da II República pode ter sido um dos motivos pela qual o sacerdote espanhol Josemaría Escrivá de Balaguer (1902-1975) insistia fortemente no caráter apolítico e apartidário do Opus Dei, instituição católica que fundara em 1928 e que já contava com membros em algumas localidades da Espanha por ocasião do início do conflito em 1936. Para tanto, vide FERNÁNDEZ GARCÍA, 1985; GARAY, 2017; GARCÍA-VILLOSLADA, 1979; GARRIGUES, 2016; MEER 2003; RAIFORD, 2014; RILLA, 2020; RUTGERS, 1984; VÁZQUEZ DE PRADA, 2004.

4: Até o início da chamada “racionalização administrativa” (que buscava padronizar as leis e instituições em todos os territórios da Coroa) promovida pelos monarcas espanhóis da dinastia Bourbon no século XVIII, a “Espanha” era um conjunto de diferentes reinos (Castela e Leão, Galícia, Navarra, Aragão, Granada, etc) com seus ordenamentos jurídicos e costumes distintos unidos apenas sob um mesmo rei cristão. Assim, o cristianismo e a Igreja Católica apareciam como um elemento constitutivo da identidade dos espanhóis.

5: O regime de protetorado foi adotado em vários contextos do colonialismo das potências ocidentais a partir do século XIX. Nele se mantinha uma autoridade local nominalmente autônoma com guarnições militares coloniais que ocupava locais estratégicos e exercia algumas funções administrativas ou coercitivas a título de “proteção”.

6: Não confundir essas tropas de soldados locais com a Legião estranjera espanhola, tropa de elite inspirada na Legião estrangeira francesa, que aceitava estrangeiros de outros países europeus em suas fileiras.

7: É importante esclarecer que a construção do ideal de Cruzada se delineia após o início do conflito. Também Franco não era líder inconteste dos sublevados no início do levante.

8: Jalifa, corruptela espanhola da palavra árabe Khalifah (Califa) era o título utilizado pelo governante marroquino sediado na cidade de Tetuão, que representava o sultão do Marrocos frente às autoridades espanholas do protetorado.

9: O sultão do Marrocos era nominalmente o chefe de Estado do Marrocos sediado na cidade de Rabat, sob controle do protetorado francês. Como era natural nos protetorados, esse chefe de Estado deveria estar alinhado aos interesses da potência colonial europeia para conservar suas prerrogativas.

10: É somente no mês de outubro de 1936 que Franco se torna o único e inconteste líder do Bando Nacional. A partir desse momento, buscará construir uma forte imagem de culto à sua personalidade, o que pode ser exemplificado em sua apropriação do discurso católico (defendido especialmente pelos carlistas e antigos membros da CEDA) e da fusão, sob seu comando de duas milícias bastante opostas: os requetés carlistas e os camisas-azuis falangistas. A execução de José Antônio Primo de Rivera (fundador da Falange) pelos milicianos de esquerda em novembro de 1936 foi duplamente conveniente para a liderança unitária de Franco: eliminava um potencial concorrente e ao mesmo tempo dava um mártir para ser usado como símbolo de inspiração para o movimento dos sublevados. Para tanto, vide GARCÍA-HEVIA, 2009; GIMÉNEZ MARTÍNEZ, 2015; MORENO ALMENDRAL, 2014.

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[Fonte: http://www.historiaislamica.com.br]

 

Escrito por Pablo Martínez Sánchez

A II Guerra Mundial na península balcánica (1941-1944) amosou toda unha amalgama de problemáticas étnicas e nacionais sen resolver durante o goberno da dinastía Karadjordjevic en Iugoslavia. Os problemas aparecerán con gran forza durante a guerra e serán causas que poden explicar a violencia e dureza emprendida polos diferentes movementos que se consolidan durante a invasión de Hitler.

A operación 25

Iugoslavia era unha entidade política que comezou a súa andadura tras a I Guerra Mundial. Foi unha monarquía que estaba dirixida pola dinastía dos Karadjordjevic1 . Durante a formación de alianzas previas á II Guerra Mundial, Iugoslavia mantiña unha posición de neutralidade a pesar das continuas presións de Hitler. O rexente Pablo de Iugoslavia, gobernante durante a minoría de idade do príncipe e herdeiro Pedro, tratou de seguir con esa postura de neutralidade. Porén, as conquistas das potencias do Eixo no territorio dos Balcáns como Grecia e Albania, levaron a que Iugoslavia  se unira ao Pacto Tripartito comandado por Alemaña, Italia e Xapón. Isto vai provocar un golpe de Estado en 1941 por parte do exército serbio contrario á adhesión ao pacto. Posteriormente, a fuxida do rexente ao exilio e a subida ao trono do príncipe herdeiro Pedro II. O novo rei non tardará en firmar un pacto de amizade coa Unión Soviética en 1941, posicionándose en contra das potencias do Eixo2 .

Retrato de Pedro II de Iugoslavia, herdeiro ao trono iugoslavo.

O pacto de amizade coa Unión Soviética fixo que un Hitler furioso, ordenase a invasión de Iugoslavia. A península balcánica tiña un forte atractivo tanto para Alemaña como para Italia, debido ás importantes materias primas que había na rexión3 , destacando o petróleo que se encontraba en Romanía. As redes de comunicación tamén eran un foco de atracción, xa que o petróleo podería ser transportado polo río Danubio, a principal ruta fluvial de transporte do territorio4 .

Estas vantaxes dos Balcáns levaron á conquista xermana. A invasión foi denominada Operación 25 polo alto mando do exército Nazi. Durou doce días e os xermanos capturaron 360.000 soldados, os cales eran serbios na súa maioría5 . Belgrado sería bombardeada o 6 de abril de 1941, provocando a rendición dos iugoslavos6 . Sen unha firme oposición aos invasores, as tropas xermanas e itálicas provocarían desequilibrios territoriais, políticos e sociais de inmensa envergadura.

Cambios territoriais e poboacionais

A consecuencia inmediata da invasión das tropas de Hitler foi un profundo cambio territorial nos Balcáns. Eslovenia foi repartida entre Italia e Alemaña, a costa de Dalmacia e as illas do mar Adriático que pertencían a Croacia foron anexionadas por Italia. Montenegro e Kosovo foron incorporadas por Albania e Italia e creouse a Serbia de Nedic, un Estado monicreque baixo a administración directa dos Nazis7 .

As transformacións territoriais e políticas afectaron á sociedade, incidindo no aumento de tensións entre as minorías étnicas e nacionais da zona. Un claro exemplo foi a creación do Reino de Croacia. Os croatas non se sentían integrados dentro de Iugoslavia e comezaron a aparecer movementos que proclamaban unha nación independente nos Balcáns. A caída de Iugoslavia foi a oportunidade perfecta para que se creara un Estado monicreque croata baixo o goberno dos Ustashas; unha organización terrorista formada por seguidores e colaboradores dos nacional-socialistas xermanos. Gozaban empregando a violencia contra poboacións como os xudeus e os serbios, os cales eran enviados a campos de concentración como o de Jasenovac8 .

Ustashas cortándolle a cabeza a un prisioneiro en Jasenovac. Fonte: Wikimediacommons

O Reino de Croacia foi un claro exemplo de uso da violencia contra as minorías do seu territorio. Co seu líder Ante Pavelic, denominado co título de Poglavnik, promoveu a persecución dos xudeus coas leis de 1941. O principal obxectivo desta organización era limpar o país dos serbios que vivían nas fronteiras9 .

Neste sentido, todas as transformacións experimentadas durante a invasión derivarán en importantes movementos de poboación por todo o país e un aumento da homoxeneización étnica10 .

A resistencia iugoslava e o final da guerra

As palabras de Julián Casanova no seu libro “Una violencia indómita. El siglo XX Europeo” reflicten moi ben a gravidade da situación, cando afirma que “Foi unha guerra contra as potencias do Eixo e unha guerra civil”11 . A II Guerra Mundial nos Balcáns propiciou a aparición de movementos guerrilleiros contra os invasores como os Chetniks. Dirixidos por Draza Mihailovic, eran monárquicos que defendían o nacionalismo serbio fronte a outras minorías como os musulmáns, para levar a cabo unha limpeza étnica en beneficio dos serbios12 . Foron importantes as campañas no territorio de Bosnia-Herzegovina cando os Chetniks mataron a miles de habitantes que non eran serbios no país13 , ou as atrocidades documentadas na rexión de Sandzak, onde unha trintena de vilas musulmáns foron queimadas14 .

O outro movemento de resistencia foi o dos partisanos. Nacen durante a invasión da Unión Soviética por parte dos nazis en xuño de 1941. Stalin pide axuda aos continxentes comunistas de todo o mundo e o Partido Comunista Iugoslavo crea este grupo armado liderado polo croata Josip Broz Tito, englobando a diversas nacionalidades como serbios, croatas e musulmáns15 .

O nome oficial do movemento de resistencia dos comunistas iugoslavos fronte á invasión foi Fronte Nacional de Liberación, o cal era dirixido polo Consello Antifascista de Liberación Nacional de Iugoslavia, un nome máis atractivo que non incorporaba referencias ao comunismo para conseguir apoios sociais16 . O obxectivo de Tito foi crear un Estado socialista en Iugoslavia para levar a cabo o comunismo unha vez se liberase a rexión dos invasores. A pesar das diferenzas ideolóxicas, os Chetniks e os partisanos colaboraron inicialmente para loitar contra nazis, fascistas italianos e Ustashas. Liberaron zonas de Montenegro, Bosnia e a rexión occidental de Serbia. Uns buscaban a revolución social e outros a limpeza étnica en beneficio dos serbios12 .

Tito e Churchill en Nápoles, 1944.

A medida que a guerra chegaba ao seu fin, as tropas de Mihailovic e as de Tito entraron en conflito debido as súas diferenzas ideolóxicas insalvables, loitando en zonas de Bosnia como a famosa batalla do río Neretva de 1943. Os partisanos posteriormente aceptaron a axuda dos Aliados para gañar a guerra na conferencia de Teherán de 1943, aínda que temían que logo tomaran Iugoslavia e non puideran construír o Estado socialista que desexaban17 . Así, o vinte de outubro de 1944, os partisanos, o exército vermello e as tropas búlgaras liberaron Belgrado. Formouse un goberno de coalición respaldado pola Unión Soviética e Tito foi elixido primeiro ministro en 1945 da República Popular Federativa de Iugoslavia. Mihailovic sería executado en 1946 e Tito lideraría unha república socialista composta por Eslovenia, Croacia, Bosnia-Herzegovina, Macedonia, Montenegro e Serbia, máis as rexións autónomas de Vojvodina e Kosovo18 . Nace a Iugoslavia socialista, un Estado multiétnico e multinacional con tres alfabetos, tres relixións e enormes diferencias que non saerán á luz ata os últimos anos previos á desintegración de Iugoslavia nos anos 90. Iugoslavia, un experimento artificial que aglutinaba a diferentes nacionalidades unidas baixo un partido e un líder emprendía o camiño do socialismo que duraría trinta e cinco anos.

*Foto de portada. Tito durante a II Guerra Mundial en Iugoslavia (maio, 1944). Fonte: wikimediacommons

Bibliografía

BAREFIELD, Michael R.: Overwhelming Force, Indecisive Victory: The German Invasion of Yugoslavia, 1941, School of Advanced Military Studies, Fort Leavenworth, Kansas, 1993.

BIBB, Brian Robert: “Dueling Eagles: Mihailovic, Tito, and the Western impact on World War II Yugoslavia”, Chancellor’s Honors Program Projects, University of Tennesse, Knoxville, tese doutoral, 2009.

CASANOVA, Julián: Una violencia indómita. El siglo XX europeo, Crítica, Barcelona, 2020.

De DIEGO GARCÍA, Emilio: Los Balcanes ante el siglo XX, Arco Libros S.L., Madrid, 2001.

HARMON, Gail: War in the Former Yugoslavia: Ethnic Conflict or Power Politics?, Boston College, Boston, tese doutoral dirixida por Kathleen Bailey, 2007.

MALCOLM, Noel: Bosnia a short history, Pan Books, London, 2017.

MAZOWER, Mark: The Balkans. From the end of Byzantium to the Present Day, Weidenfeld & Nicolson,  Phoenix, 2001.

NAVARRO, Marcos Ferreira: “Crisis y conflictos en el siglo XX. Yugoslavia: desde la idea nacional hasta la Guerra de Croacia”, Tiempo y sociedad, no 18, 2015, pp. 87-132.

SÁNCHEZ ARANAZ, Fernando: Breve historia de la guerra de Bosnia, Nowtilus, Madrid, 2019.

VUCICEVIC, Damir: Tito, Yugoslavia and Communism: Historical Revisionism of the Second World War and its Competing Memories, Tufts University, Boston, Tese Doutoral dirixida por Peter Wim, 2017.

  1. De DIEGO GARCÍA, Emilio, Los Balcanes ante el siglo XX, Arco Libros S.L., Madrid, 2001, p. 28. []
  2. NAVARRO, Marcos Ferreira, “Crisis y conflictos en el siglo XX. Yugoslavia: desde la idea nacional hasta la Guerra de Croacia”, Tiempo y sociedad, no 18, 2015, pp. 98-100. []
  3. MALCOLM, Noel, Bosnia a short history, Pan Books, London, 2017, pp. 174-176. []
  4. BAREFIELD, Michael R., Overwhelming Force, Indecisive Victory: The German Invasion of Yugoslavia, 1941, School of Advanced Military Studies, Fort Leavenworth, Kansas, 1993, pp. 4-5. []
  5. BAREFIELD, Michael R., Overwhelming Force, Indecisive Victory: The German Invasion of Yugoslavia, 1941, School of Advanced Military Studies, Fort Leavenworth, Kansas, 1993, p. 16. []
  6. NAVARRO, Marcos Ferreira, op. cit. pp. 98-100. []
  7. VUCICEVIC, Damir, “Tito, Yugoslavia and Communism: Historical Revisionism of the Second World War and its Competing Memories”, Tufts University, Boston, Tesis Doctoral dirigida por Peter Wim, 2017, p. 13. []
  8. MAZOWER, Mark, The Balkans. From the end of Byzantium to the Present Day, Weidenfeld & Nicolson,  Phoenix, 2001, pp. 123-124. []
  9. MALCOLM, Noel… op. cit. pp. 174-176. []
  10. MAZOWER, Mark, op. cit. pp. 124. []
  11. CASANOVA, Julián, Una violencia indómita. El siglo XX europeo, Crítica, Barcelona, 2020, pp. 254-255. []
  12. MALCOLM, Noel… op. cit. pp. 176-179. [] []
  13. MAZOWER, Mark, op. cit. p. 124. []
  14. HARMON, Gail, “War in the Former Yugoslavia: Ethnic Conflict or Power Politics?”, Boston College, Boston, tese doutoral dirixida por Kathleen Bailey, 2007, pp. 103-104. []
  15. HARMON, Gail, op. cit. pp. 103-104. []
  16. BIBB, Brian Robert, “Dueling Eagles: Mihailovic, Tito, and the Western impact on World War II Yugoslavia”, Chancellor’s Honors Program Projects, University of Tennesse, Knoxville, tese doutoral, 2009, pp. 20-21. []
  17. HARMON, Gail… op. cit. p. 107. []
  18. SÁNCHEZ ARANAZ, Fernando, Breve historia de la guerra de Bosnia, Nowtilus, Madrid, 2019, p. 36. []

 

[Fonte: http://www.mazarelos.gal]

 

 

 

Perguntas que 150 anos não calaram. Como negros brasileiros e camponeses argentinos foram jogados contra o jovem país que se erguia. O que isso revela sobre nacionalismos oligárquicos e mercantis. Que heranças nos oprimem até hoje

Tela de Pedro Américo retrata batalha em que 19 mil brasileiros massacraram 5 mil paraguaios. Mas o faz apresentando como agressor o povo dizimado pela Tríplice Aliança

 

Escrito por Roberta Traspadini

Quem cria a memória? A memória, essa operação coletiva
dos acontecimentos e das interpretações do passado
que se quer salvaguardar, se integra (…)
em tentativas mais ou menos conscientes
de definir e de reforçar sentimentos de pertencimento. (…)
A referência ao passado serve para manter a coesão
dos grupos e das instituições que compõem uma sociedade,
para definir seu lugar respectivo, sua complementariedade,
mas também as oposições irredutíveis.

O memoricídio, termo sustentado pelo venezuelano Fernando Báez em A destruição cultural da América Latina, é uma arma de destruição em massa secular que apaga, silencia e desconstrói trajetórias ao longo de sua produção hegemônica. Em tempos de velocidade técnico-científica e de memórias artificiais, nas nuvens, relembrar as histórias dos genocídio torna-se fundamental para o processo geracional formativo. Assim, é na convicção da não neutralidade da História que propomos uma viagem no tempo das dores e das lutas de contestação presentes em mais um dos sanguinários capítulos violentos sobre o povo da América Latina.

Essa viagem rumo à recuperação histórica está assentada na dignidade rebelde presente no nosso continente. Suas histórias, mesmo que não contadas pela história oficial ou por parte do pensamento crítico, são narradas nos cantos musicais e nas esquinas dialógicas das resistências. Na América Latina pulsa vida em meio à propagação do mar de sangue.

Uma viagem ao tempo da Guerra da Quádrupla Aliança contra o Paraguai

Data: 16 de agosto de 1869. Território atual: Eusébio Ayala (Paraguai). Batalha: Acosta Ñu (Acosta das crianças). Cenário: A guerra contra o povo paraguaio iniciada em 1864. Em 1865, crianças de Eusébio Ayala tiveram que cumprir a função de defesa nacional no lugar dos adultos. Do lado paraguaio da trincheira, crianças. Do lado da “aliança”, negros que lutavam em nome de uma possível alforria, ou ganho de terras. Na saga da guerra, os filhos dos povos latinos encontravam-se com os adultos em processo de alforria condicionada. Entre os dois, corria um mundo de perversidades.

Segundo os relatos históricos, na batalha de Acosta Ñu, 20.000 homens cercaram 3.500 crianças entre 5 e 15 anos que assumiram a defesa do país contra a invasão do Império brasileiro e a República Argentina. A perseguição dos exércitos brasileiros, argentinos e uruguaios ao marechal Francisco Solano López apresentava sua face mais avançada de violência, desumanidade, pelo lado do capital; e da defesa da soberania nacional de uma produção de um imaginário coletivo que se assentava sobre a dignidade, o território e a liberdade mercantil, por parte do povo paraguaio em luta. Os relatos comoventes do recorrido das vidas e lutas das crianças, das suas mães, de cada habitante desse território em guerra, é apenas um capítulo de uma história que completa, em 2020, 150 anos.

A guerra “em aliança” contra o Paraguai reconfigurou o sentido de progresso e desenvolvimento até então produzido naquele país. Dentro da lógica mercantil reinante, o Paraguai figurava como potência. A violência sobre seu território colocava em xeque a constituição de sua nacionalidade.1 A dizimação do seu povo e a invasão-ocupação militar brasileira e argentina por mais de 7 anos após a guerra, que culminou na perda territorial de mais de 50% do país, é um recordar latino-americano nada agradável ante o vivido. Narrar parte das histórias dessa história é tirar do esquecimento não somente as tragédias, mas dar voz àqueles e àquelas que a história oficial insiste em ocultar.

A guerra ocorrida no território paraguaio foi, em realidade, contra os povos da América Latina. No caso brasileiro, parte expressiva dos combatentes eram escravos na luta pela alforria ou camponeses pobres na luta pelo direito a um pedaço de terra. No entanto, a produção generalizada, no continente, de um imaginário de defesa nacional – enquanto o combate ocorria, de fato, entre trabalhadores – dificulta analisar a história real. Em especial, quando as dores físicas-psíquicas foram vividas pelos próprios sujeitos que, por diferentes motivos, e uma pseudodefesa comum dos patriotismos lutavam por outros, na busca de suas liberdades.

Em cada um dos nascentes Estados nacionais da América Latina, ao longo do século XIX, a guerra contra o Paraguai significou mutilações físicas, psíquicas e a conformação de uma disputa nacional que não se resolverá na história do capitalismo industrial no continente. Entre os sentimentos concretos das perdas, apresentam-se, com justeza, os ressentimentos de uma história mutiladora.2

No capitalismo, a guerra é sempre contra e sobre os povos e seus territórios. Na América Latina do século XIX, pleno período das independências formais e da chegada do capitalismo na Europa a sua fase imperialista (1890), materializou-se a guerra contra crianças, homens e mulheres indígenas, negros e camponeses empobrecidos.

Entre 1864 e 1870, definia-se um sentido territorial de apropriação sobre as fronteiras vizinhas, por parte do Brasil, do Uruguai e da Argentina, assessorados e financiados pela Inglaterra-EUA. Forjava, no continente, um sentido de Pátria alicerçado nos mandamentos mercantis, a exemplo da Revolução Francesa e da independência dos Estados Unidos.

No caso do Brasil, por exemplo, à luz do decreto imperial 3.371, de chamado e criação à constituição dos Voluntários da Pátria, o então Estado imperial prometia terras, empregos públicos, títulos, alforrias, concomitante com o processo de mercantilização das terras e “liberação” para a venda do até então trabalho escravo – Lei de Terras e Lei Eusébio de Queiroz, ambas de 1850. Em nome da construção material da Pátria-Brasil, forjava-se, no seio da classe trabalhadora ainda escravizada formalmente, uma ideia de liberdade condicionada à defesa da nação.3

A luta contra o Paraguai apresentava um lado ideo-político que não será apagado do quefazer político latino-americano: o condicionamento à liberdade mercantil, à fraternidade das armas, à igualdade meramente formal dos títulos, em meio à manutenção da desigualdade estrutural. José Luís Chiavenato, em 1979, ao publicar em plena ditadura militar Genocídio americano: a guerra do Paraguai, reforça os números da atrocidade do capital sobre a independência paraguaia:

– Uma população de aproximadamente 800 mil pessoas, antes da guerra, reduziu-se a somente 194 mil após a guerra. Ou seja, 75,75% da população paraguaia foi dizimada neste conflito cuja produção de territorialidade contra um povo foi demarcada também pelas estruturas internas – coloniais e escravistas – do Brasil, da Argentina e do Uruguai, somadas às mudanças internacionais de uma hegemonia inglesa entrando em agonia frente ao esplendor de sua ex-colônia – os Estados Unidos, agora o império em ascensão no controle dos recursos minerais e na exploração da força de trabalho no plano internacional.

– Sobreviveram apenas 14 mil homens, dos quais 9 mil eram crianças com até 10 anos de idade; saldo negativo, desumano, destrutivo da guerra em termos de pessoas: 606 mil mortos e mortas.

A isso é preciso somar a perda do território paraguaio, entregue ao Império do Brasil e à República Argentina, e a ocupação militar dos exércitos invasores no Paraguai até 7 anos depois da guerra, criando os principais partidos políticos do país e dirigindo os governos na disputa de saque contínuo de sua terra e riquezas.

O extermínio somado à apropriação territorial, conduziram, segundo Oscar Creyd4, a economia paraguaia a um processo de recolonização, tornando-a praticamente semifeudal. Se de desenvolvimento capitalista se trata, a guerra contra o Paraguai significou o aniquilamento de uma possível potência econômica industrial. Daí definir como soberana, democrática e popular, levam-se muitos necessários e comedidos passos no entendimento da história.

Viagem ao passado com os pés no presente

Se é certo que o capital externo promove
a integração econômica da América Latina,
não é menos certo que esta integração
não conduz à superação da dependência externa,
nem abre a possibilidade de um desenvolvimento compartido,
que assegure maior equidade nas relações
entre os próprios países latino-americanos.
Sem a superação da dependência
e sem uma relativa equidade nas relações
entre os próprios países latino-americanos,
não é possível aspirar a uma verdadeira interdependência
no plano internacional.
E sem esta interdependência,
a integração será apenas subordinação

Ruy Mauro Marini,
La inversión extranjera: dependencia e interdependencia, 1977

Tempo percorrido do final da guerra contra o Paraguai e os povos até o momento: 150 anos. História real: as batalhas das elites contra os projetos nacionais populares no continente. Cada país vivia, para dentro de suas formações, evoluções insurgentes contra a ordem hegemônica. Os conflitos para fora não aniquilaram a dificuldade militar de organização nacional para dentro. Isto vale para a Argentina, o Uruguai, o Brasil e os Estados Unidos, em se tratando de ex-colônias. Memória geral: a resistência dos povos na defesa do seu território e suas dores como povo, decorridas das derrotas generalizadas nas guerras. Saldo político: mortes, mutilações, imaginários distorcidos sobre o inimigo principal e a vitória dos nacionalismos republicanos mercantis. Estratégia de rebeldia digna: rememorar a luta dos povos para explicitar as armadilhas da história e consolidar, à luz das resistências, os registros sobre nossos mundos necessários e possíveis.

Para a reconstrução desse importante processo latino-americano, pretendemos trazer à luz temas-problemas que reverberam em nosso tempo como esquecimentos. Afinal, passados tantos anos, de formação geracional se trata no âmbito da política.

No próximo texto sobre a guerra contra os povos no Paraguai, trabalharemos as lutas de independências na América Latina em geral, o caso paraguaio em particular e os legados que esta história nos deixa na resolução dos dilemas no século XXI. Partimos, de antemão, de algumas premissas sobre os equívocos analíticos intencionais e propagados sobre a história desta guerra:

  1. O equívoco da narrativa histórica assentada sobre o tema Guerra “do Paraguai”. Foi uma guerra contra o Paraguai, especificamente contra o povo paraguaio e seu processo de produção da independência. Foi uma guerra contra os povos da América em geral, onde os povos do Brasil, da Argentina e do Uruguai, ao lutarem em uma guerra que beneficiava a Inglaterra e as classes dominantes dos seus respectivos países, fomentavam, no continente, muitas arestas difíceis de dissipar com o tempo.
  2. O equívoco da conformação imagética de que o inimigo principal dos paraguaios ou foi o negro brasileiro, ou foi o camponês brasileiro-argentino-uruguaio. O inimigo foi o capital internacional. As guerras foram protagonizadas pelos populares de cada território, porque estes dependiam, literalmente, de uma carta-aval para terem o direito a viver. Eles foram também vítimas da guerra e lutavam por suas diversas alforrias ou direitos a ter terra, em sociedades que transitavam da era colonial à era nacional. Nesse sentido, se a guerra foi entre os povos, a pergunta que se abre é em nome de quem e de que os mesmos lutavam.
  3. O equívoco de não perseguirmos as pistas das resistências. A guerra foi sanguinária sem dúvida, mais foi também de resistência popular e de confirmação, na prática, dos discursos de “libertação”, que na prática não ocorreram no interior dos nossos países. Nos relatos dos/das lutadores, na história oral, cantaram-se os dramas, as sagas, as dores, as incompreensões e as tristezas-alegrias sobre a situação ora vivida. A história não é imparcial. Tampouco seu apagamento. Ano: 2020. Contexto: epidemias e vírus diversos.

Em plena era de pandemia, as violências proliferam-se. Entre elas, apagar a história como forma de manter a dominação. São 156 anos do início de uma guerra que tem muito a nos ensinar. Entre as perguntas que ficam, temos uma em especial: na memória e na história dos nossos povos, quem ganhou e quem perdeu essa guerra?

Tese: a intencional lógica de destruição em massa dos povos da América Latina. Antítese: a história das resistências e da criação-produção coletiva da riqueza e do mundo. Síntese: a contradição.

É na esteira da conformação do capitalismo dependente que analisaremos a história dessa guerra à luz dos dilemas geracionais do nosso tempo. Em 16 de outubro de 1864 deflagrava-se a guerra contra os povos no Paraguai.

1 O texto conta com os aportes e debate de Cecilia Vuyk, paraguaia e latino-americana (1986).

1 Sobre a questão do Estado binacional paraguaio e sua independência em 1811, há diversos debates e defesas que vão desde uma concepção democrática-nacional e popular do significado da independência paraguaia, afirmada pelas teses de Oscar Creydt, até as teses que definem, à luz do debate das independências em meio à transição do capitalismo concorrencial para o monopolista, das independências formais constitutivas de dependências reais para a América Latina.

2 As realidades concretas dos países e as disputas políticas entre os movimentos-partidos políticos de esquerda definirão as interpretações factíveis acerca da formação histórica e social de cada país. Nesse sentido, olhando a história da América Latina a partir do Brasil, como em uma fotografia em preto e branco do cenário regional daquela época, a tese da soberania nacional e popular apresenta-se com muita dificuldade de ser digerida. Talvez porque tenhamos vivido processos muito diferentes no Brasil. Talvez por interpretações históricas divergentes no interior da esquerda sobre o contexto histórico mundial do século XIX.

3 Ver os depoimentos dos “voluntários” e/ou de seus familiares recuperados dos arquivos de jornais da época por Marcelo Santos Rodrigues, em sua tese de doutorado, defendida em 2009: Guerra do Paraguai, os caminhos da memória entre a comemoração e o esquecimento.

4 Ver: Creydt, Oscar. Formación histórica de la nación paraguaya (2011).

[Imagem: Pedro Américo,A Batalha do Avaí (detalhe) – fonte: http://www.outraspalavras.net]

(J. Karita/AP Photo)

Desde a renúncia forçada de Evo Morales em 10 de novembro de 2019, após uma eleição polêmica, a Bolívia tem sido governada por um governo não eleito, que chegou ao poder com o apoio dos principais partidos políticos da oposição, em circunstâncias no mínimo confusas. A ruptura resultante da sucessão constitucional levou ao poder uma presidente interina, Jeanine Áñez, cuja missão era convocar novas eleições dentro de um prazo de três meses. Elas finalmente acontecem este 18 de outubro de 2020.

Depois de ter inaugurado seu governo com perseguições a dirigentes do Movimiento al Socialismo (MAS) e seus apoiadores, rebaixados à categoria de “hordas” e acusado de “terrorismo”, com ameaças à uma imprensa nacional e internacional qualificada como “sediciosa” e uma repressão que deixou pelo menos 33 mortos e centenas de feridos, a presidente interina foi certamente muito além da sua missão. Além da retirada da ALBA e da UNASUL, da substituição sistemática de seus embaixadores ou mais recentemente da promoção de militares por decreto, o governo de transição tomou, sem o respaldo do voto do povo boliviano, uma série de decisões que preocupam os defensores da democracia em todo o mundo. Se o retorno de ex-exilados, acusados pelo governo de Morales de participação em organizações terroristas ou extorsão de fundos públicos, foi saudado pelo governo Áñez como um sinal de retorno à « normalidade », hoje, várias centenas de ex-líderes do MAS e de organizações sociais estão sendo processados sem reação de parte daqueles que, no outono, se mobilizaram em nome da democracia. Vários relatórios internacionais denunciaram os abusos do governo Áñez, incluindo o da Human Rights Watch que menciona « um ataque político contra Morales e seus partidários » e aponta para « restrições à liberdade de expressão e uso excessivo e arbitrário da prisão preventiva”.

As revelações de contas falsas no Facebook difundem propaganda governamental, as nomeações polêmicas para chefiar empresas estatais nacionais, a liberalização das exportações agrícolas e o decreto que autoriza o cultivo de novas espécies de OGM em benefício do agronegócio na rica região de Santa Cruz, baluarte da oposição ao MAS, são todos elementos que devem alertar para a crise democrática que a Bolívia atravessa. Em junho passado, o governo interino se aventurou a doar terras estatais ao setor agroexportador e, sob o falso pretexto de combater a Covid-19, a realizar uma transferência de 600 milhões de dólares de fundos públicos para saldar dívidas de grandes empresas privadas de Santa Cruz (dentre os seus principais beneficiários, encontrava-se o novo ministro Branko Marinkovic). O desejo de reorientar as políticas públicas a favor das grandes empresas privadas incluía a autorização de aumento das taxas de juros bancárias, a redução da alíquota de impostos das grandes empresas e a tentativa de privatizar a empresa pública de distribuição de energia elétrica de Cochabamba (ELFEC).

Além do escândalo da compra de respiradores superfaturados e inutilizáveis %u20Bpara hospitais, que levou à prisão do ministro da Saúde, os empréstimos feitos ao Estado boliviano para fazer frente à crise sanitária, inclusive o de 327 milhões dólares acertado com o FMI sem a aprovação da assembleia, ilustram o estado de corrupção generalizada no país: pelo menos 20 casos de corrupção e irregularidades afetaram ministros ou pessoas próximas ao governo Áñez. Sob o pretexto de « economizar » e redirecionar o orçamento para o setor sanitário, o executivo fechou suas embaixadas no Irã e na Nicarágua no início de junho. Na mesma linha, os Ministérios da Cultura, do Esporte e da Comunicação foram colocados sob a supervisão de outros ministérios, com orçamentos e competências reduzidos, e os programas de televisão pública em idiomas ameríndios, foram abolidos. E é em nome da crise sanitária que o governo Áñez aspirava ainda adiar as eleições, finalmente marcadas para 18 de outubro de 2020.

A repressão continua sob o rígido controle de Arturo Murillo, ministro do Interior que parece ser, às vezes, quem governa o país. Em poucos meses elevou para 15 milhões de dólares os gastos do Estado boliviano com a importação de armas para equipar a força policial, ou seja, dezoito vezes mais que em 2019. Enquanto violências se repetem contra militantes do MAS, também tenta-se impedir a candidatura de Luís Arce, do mesmo partido, considerado favorito segundo as pesquisas eleitorais. E os interesses comuns entre os poderosos agroindustriais autonomistas de Santa Cruz e o Brasil de Jair Bolsonaro deixam dúvidas sobre as intenções do “bloco democrático” boliviano de querer assegurar o respeito ao voto mais do que impedir o retorno do MAS ao poder. Dúvida reavivada pela recente intervenção da ministra boliviana Karen Longaric perante a Comissão de Relações Exteriores do Parlamento Europeu, fortemente criticada pela grande maioria dos grupos parlamentares. Como mostra a experiência pessoal de Lula no Brasil, a América do Sul, tornou-se lugar-comum recorrer a manobras políticas para armar tentativas de desestabilização eleitoral ou judicial para inibir candidatos inconvenientes. A acusação de fraude eleitoral que precipitou a saída de Evo Morales em novembro passado foi amplamente baseada em um relatório da Organização dos Estados Americanos (OEA), hoje questionado por vários estudos, difundidos enormemente pela imprensa internacional. Um processo semelhante parece ser usado pelo governo interino atual, que aponta à ameaça de uma futura fraude.

Certas instâncias internacionais, em particular a OEA e a União Europeia, que não hesitaram, em 2019, em convocar um segundo turno eleitoral, atualmente demonstram uma neutralidade intrigante. O resultado pacífico desta eleição só pode ser garantido se todos os cidadãos bolivianos, residentes na Bolívia ou em outros lugares, tiverem acesso irrestrito e transparente a este voto decisivo, e se seus resultados forem respeitados por todos os candidatos. Num contexto de significativa violência cometida durante a campanha eleitoral, principalmente contra o MAS, é imprescindível aumentar a vigilância sobre as condições em que se realizarão estas eleições extremamente polarizadas. O povo boliviano, fortemente afetado pela crise de Covid-19, não deve, em hipótese alguma, reviver os trágicos acontecimentos de novembro de 2019 e deve ser capaz de encontrar uma saída democrática para esse conflito e essa polarização da sociedade. Está em jogo a responsabilidade de todos os atores políticos bolivianos, mas também da comunidade internacional.

Victor Audubert (Univ. Sorbonne Paris Nord, IDPS), Olivier Compagnon (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA), Hervé Do Alto (Univ. Côte d’Azur, ERMES), Élise Gadea (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA/IFEA), Pablo Laguna (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA), Claude Le Gouill (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA), Françoise Martinez (Univ. Paris 8, LER), Baptiste Mongis (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA), Franck Poupeau (CNRS, CREDA).

 

 

[Foto: J. Karita/AP Photo – fonte: http://www.cartamaior.com.br]

(J. Karita/AP Photo)

Depuis la démission forcée d’Evo Morales le 10 novembre 2019 à l’issue d’un scrutin présidentiel controversé, la Bolivie est dirigée par un gouvernement non élu dont l’arrivée au pouvoir s’est jouée, avec l’appui des principales formations politiques d’opposition, dans des circonstances confuses. La rupture de la succession constitutionnelle a porté au pouvoir une présidente par intérim issue d’un parti conservateur largement minoritaire, Jeanine Áñez, et dont la mission était de convoquer de nouvelles élections sous trois mois. Celles-ci ont finalement lieu ce 18 octobre 2020.

Après avoir inauguré sa gestion par des persécutions contre des dirigeants du Movimiento al Socialismo (MAS) et ses partisans, rabaissés au rang de « hordes » et accusés de « terrorisme », par des menaces contre la presse « séditieuse » et par une répression qui a fait au moins 33 morts et des centaines de blessés, la présidente par intérim a largement outrepassé sa mission. Au-delà du retrait de l’ALBA et de l’UNASUR, de la relève de nombreux ambassadeurs ou de la promotion de militaires par décret, le gouvernement de transition a, sans mandat du peuple bolivien, cumulé des décisions préoccupant les défenseurs de la démocratie à travers le monde. Si le retour d’anciens exilés, accusés par le gouvernement Morales de participer à des organisations terroristes ou d’extorsion de fonds publics, a été salué par le gouvernement Áñez comme le signe d’un retour à la « normale », ce sont aujourd’hui plusieurs centaines de dirigeants du MAS et d’organisations sociales qui sont poursuivis par la justice sans que ceux qui, à l’automne, s’étaient mobilisés au nom de la démocratie ne s’en émeuvent. Plusieurs rapports internationaux ont dénoncé les exactions du gouvernement Áñez, dont celui de Human Rights Watch en septembre qui évoque « une attaque politique contre Morales et ses partisans » et pointe « des restrictions de la liberté d’expression et l’usage excessif et arbitraire de la détention préventive ».

Les révélations de faux comptes Facebook diffusant de la propagande gouvernementale, des nominations controversées à la tête d’entreprises publiques, la libéralisation des exportations agricoles et le décret autorisant la culture de nouvelles espèces OGM au bénéfice de l’agro-industrie de la riche région de Santa Cruz, bastion de l’opposition au MAS, sont autant d’éléments qui devraient alerter sur la crise démocratique que traverse la Bolivie. En juin, le gouvernement par intérim s’est aventuré dans une dotation de terres au secteur agro-exportateur et, sous prétexte de lutter contre la Covid-19, dans un transfert de 600 millions de dollars de deniers publics pour rembourser les dettes de grandes entreprises privées de Santa Cruz (dont l’un des principaux bénéficiaires n’est autre que le ministre Branko Marinkovic). La volonté de recentrer les politiques publiques en faveur du secteur privé s’est aussi traduite par une hausse des taux d´intérêts bancaires, une réduction du taux d’imposition des grandes entreprises et la tentative de privatiser la compagnie publique de distribution d´électricité de Cochabamba (ELFEC).

En plus du scandale de l’achat pour les hôpitaux de respirateurs surtaxés et inutilisables qui a conduit à l’arrestation du ministre de la Santé, ce sont les prêts versés à l’État bolivien pour affronter la crise sanitaire, dont celui de 327 millions de dollars accordé par le FMI sans l’aval de l’assemblée, qui illustrent l’état de la corruption généralisée dans le pays. Au moins 20 cas de détournements et autres irrégularités ont touché des ministres ou des proches du gouvernement Áñez. Sous prétexte de « faire des économies » et de réorienter leurs budgets vers celui de la santé, l’exécutif a fermé ses ambassades en Iran et au Nicaragua. Les ministères de la Culture, du Sport et de la Communication ont été mis sous tutelle d’autres ministères avec des compétences et des budgets réduits ; les programmes télévisés publics en langues amérindiennes, ont été supprimés. Et c’est encore au nom de la crise sanitaire que le gouvernement Áñez souhaitait de nouveau reporter les élections, finalement fixées au 18 octobre.

Par ailleurs, la répression se perpétue sous la férule d’Arturo Murillo, ministre de l’Intérieur qui semble parfois gouverner le pays. En quelques mois, les dépenses de l’État bolivien en importation d’armes pour équiper la police ont été multipliées par 18 par rapport à 2019. Alors que des violences se répètent contre des militants du MAS, son candidat, Luis Arce, donné favori par les sondages, a aussi fait l’objet de tentatives d’empêchement de se présenter. Et les intérêts communs entre les puissants agro-industriels autonomistes de Santa Cruz et le Brésil de Jair Bolsonaro laissent planer le doute sur la volonté du « bloc démocratique » bolivien de faire respecter le vote plutôt que de faire barrage au retour du MAS au pouvoir. Un doute ravivé par la récente intervention de la ministre bolivienne Karen Longaric devant la Commission des Affaires Étrangères du Parlement Européen, vivement critiquée par la grande majorité des groupes parlementaires. Comme en témoigne l’expérience personnelle de Lula au Brésil, il est devenu monnaie courante, en Amérique du Sud, de recourir à des tentatives de déstabilisation judiciaire pour se débarrasser des candidats encombrants. L’accusation de « fraude électorale » qui a précipité en novembre dernier le départ d’Evo Morales reposait largement sur un rapport de l’Organisation des États Américains (OEA) qui, aujourd’hui, a été remis en cause par plusieurs études largement relayées par la presse internationale. Un stratagème similaire pourrait être utilisé par le gouvernement intérimaire qui agite déjà la menace d’une fraude à venir.

Certaines instances internationales comme l’OEA et l’Union Européenne, qui n’avaient pas hésité à demander en 2019 l’organisation d’un second tour, adoptent aujourd’hui une neutralité déroutante. L’issue pacifique de ce scrutin ne sera garantie que si tous les citoyens boliviens, vivant dans leur pays ou ailleurs, ont accès sans restriction et de façon transparente à ce vote décisif et si les résultats sont respectés par tous les candidats. Dans le contexte violent qui a marqué la campagne électorale, essentiellement à l’encontre du MAS, une vigilance accrue sur les conditions dans lesquelles vont se tenir ces élections polarisées à l’extrême est donc indispensable. Meurtri par la crise sanitaire, le peuple bolivien ne doit en aucun cas revivre les tragiques événements de novembre 2019 et est en droit d’attendre un débouché démocratique à la polarisation croissante de la société. La responsabilité de tous les acteurs politiques boliviens est en jeu, celle de la communauté internationale également.

Victor Audubert (Université Sorbonne Paris Nord, IDPS), Olivier Compagnon (Université Sorbonne Nouvelle, CREDA), Hervé Do Alto (Université Côte d’Azur, ERMES), Élise Gadea (Université Sorbonne Nouvelle, CREDA/IFEA), Pablo Laguna (Université Sorbonne Nouvelle, CREDA), Claude Le Gouill (Université Sorbonne Nouvelle, CREDA), Françoise Martinez (Université Paris 8, LER), Baptiste Mongis (Université Sorbonne Nouvelle, CREDA), Franck Poupeau (CNRS, CREDA)

 

[Photo : J. Karita/AP Photo – source : http://www.cartamaior.com.br]

(J. Karita/AP Photo)

Desde la renuncia forzosa de Evo Morales el 10 de noviembre de 2019, luego de unas controvertidas elecciones, Bolivia ha sido gobernada por un gobierno no electo, que llegó al poder con el apoyo de los principales partidos políticos de la derecha, en circunstancias al menos confusas. La ruptura resultante de la sucesión constitucional llevó al poder a una presidenta interina, Jeanine Áñez, cuya misión era convocar a nuevas elecciones en tres meses. Finalmente tienen lugar este 18 de octubre de 2020.

Luego de inaugurar su gobierno con persecuciones a líderes del Movimiento al Socialismo (MAS) y sus simpatizantes, degradados a la categoría de “hordas” y acusados de “terrorismo”, con amenazas a una prensa nacional e internacional calificada de “sediciosa” y un aparato represivo que dejó al menos 33 muertos y cientos de heridos, la presidenta interina fue ciertamente mucho más allá de su misión. Además del retiro del ALBA (Alternativa Bolivariana a los Pueblos de Nuestra América) y de UNASUR (Unión de Nacionales Sudamericanas), el reemplazo sistemático de sus embajadores o, más recientemente, la promoción de los militares por decreto, el gobierno de transición tomó, sin el apoyo del pueblo boliviano, una serie de decisiones que preocupan a los defensores de la democracia y de los derechos humanos en todo el mundo. Por un lado, el regreso de los exiliados, acusados por el gobierno de Morales de participar en organizaciones terroristas o extorsión de fondos públicos, fue acogido por el gobierno de Áñez como una señal de un retorno a la “normalidad”. Por el otro, hoy varios centenares de exdirigentes del MAS y de las organizaciones sociales están siendo procesadas sin reacción de quienes, en el otoño, se movilizaron en nombre de la democracia. Varios informes internacionales han denunciado los abusos del gobierno de Áñez, incluyendo el de Human Rights Watch que menciona “un ataque político a Morales y sus partidarios”, señalando “restricciones a la libertad de expresión y uso excesivo y arbitrario de la prisión preventiva”.

Las revelaciones de cuentas falsas de Facebook difundieron propaganda gubernamental, nombramientos controvertidos para presidir empresas estatales nacionales, la liberalización de las exportaciones agrícolas y el decreto que autoriza el cultivo de nuevas especies de OGM (organismos genéticamente modificados) en beneficio de la agroindustria en la rica región de Santa Cruz de la Sierra, baluarte de la oposición al MAS, son elementos que deben alertar sobre la crisis democrática que atraviesa Bolivia. En junio pasado, el gobierno interino se aventuró a donar terrenos estatales al sector agroexportador y, con el falso pretexto de combatir la pandemia de covid-19, transfirió 600 millones de dólares de los fondos públicos para saldar deudas de grandes empresas privadas de Santa Cruz – entre sus principales beneficiarios, estaba el nuevo ministro Branko Marinkovic, uno de los terratenientes más poderosos del país. El deseo de reorientar las políticas públicas en favor de las grandes empresas privadas incluyó la autorización para aumentar las tasas de interés bancarias, la reducción de la tasa impositiva de las grandes empresas y el intento de privatizar la empresa pública de distribución de electricidad en Cochabamba (ELFEC).

Además del escándalo de la compra de respiradores sobrevalorados e inutilizables para hospitales, que derivó en la detención del entonces ministro de Salud, los préstamos hechos al Estado boliviano para enfrentar la crisis sanitaria, incluidos los 327 millones de dólares pactados con el FMI (Fondo Monetario Internacional) sin la aprobación del Congreso ilustran el estado de corrupción generalizada en el país: al menos 20 casos de corrupción e irregularidades han afectado a ministros o personas cercanas al gobierno de Áñez. Con el pretexto de “ahorrar” y reorientar el presupuesto hacia el sector de salud, el ejecutivo cerró sus embajadas en Irán y Nicaragua a principios de junio. En la misma línea, los ministerios de Cultura, Deporte y Comunicación quedaron bajo la supervisión de otros ministerios, con presupuestos y competencias reducidos, y se abolieron los programas de televisión pública en idiomas amerindios. Además, en nombre de la crisis sanitaria, el gobierno de Áñez todavía aspiraba a posponer las elecciones, finalmente previstas para este 18 de octubre.

La represión continúa bajo el estricto control de Arturo Murillo, ministro de Gobierno, que a veces parece ser quien realmente gobierna el país. En pocos meses, aumentó el gasto del Estado boliviano en importación de armas para equipar a la fuerza policial a 15 millones de dólares, es decir, 18 veces más que en 2019. Además de la violencia contra los militantes del MAS, también intenta impedir la candidatura de Luis Arce, del mismo partido, considerada favorita según las encuestas electorales. Y los intereses comunes entre las poderosas empresas agroindustriales autonomistas de Santa Cruz y del Brasil de Jair Bolsonaro dejan dudas sobre las intenciones del “bloque democrático” boliviano de querer asegurar el respeto al voto, más que impedir el regreso del MAS al poder. Duda reavivada por la reciente intervención de la ministra Karen Longaric ante la Comisión de Asuntos Exteriores del Parlamento Europeo, que fue fuertemente criticada por la gran mayoría de los grupos parlamentarios. Como muestra la experiencia personal de Lula en Brasil, América del Sur se ha convertido en un lugar común para maniobras políticas marcadas por intentos de desestabilización electoral o judicial para inhabilitar a candidatos inconvenientes. La acusación de fraude electoral que precipitó la salida de Evo Morales el pasado mes de noviembre se basó en gran parte en un informe de la OEA (Organización de Estados Americanos) cuyo rigor técnico ha sido cuestionado ya por varios estudios, que han sido ampliamente difundidos en la prensa internacional. Un proceso similar parece ser utilizado por el actual gobierno interino, lo que apunta a la amenaza de un futuro fraude.

Ciertos organismos internacionales, en particular la OEA y la Unión Europea, que no dudaron en 2019 en convocar a una segunda vuelta electoral, demuestran actualmente una intrigante neutralidad. El resultado pacífico de esta elección solo puede garantizarse si todos los ciudadanos bolivianos, residentes en Bolivia o en otro lugar, tienen acceso irrestricto y transparente a este voto decisivo, y si sus resultados son respetados por todos los candidatos. En un contexto de violencia significativa cometida durante la campaña electoral, especialmente contra el MAS, es fundamental aumentar la vigilancia sobre las condiciones en las que se llevarán a cabo estas elecciones extremadamente polarizadas. El pueblo boliviano, fuertemente afectado por la crisis de covid-19, no debe bajo ninguna circunstancia revivir los trágicos acontecimientos de noviembre de 2019, y debe ser capaz de encontrar una salida democrática a este conflicto y esta polarización de la sociedad. Está en juego la responsabilidad de todos los actores políticos bolivianos, pero también de la comunidad internacional.

Victor Audubert (Univ. Sorbonne Paris Nord, IDPS), Olivier Compagnon (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA), Hervé Do Alto (Univ. Côte d’Azur, ERMES), Élise Gadea (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA/IFEA), Pablo Laguna (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA), Claude Le Gouill (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA), Françoise Martinez (Univ. Paris 8, LER), Baptiste Mongis (Univ. Sorbonne Nouvelle, CREDA), Franck Poupeau (CNRS, CREDA)

 

 

[Foto: J. Karita/AP Photo – fuente: http://www.cartamaior.com.br]

Difícil encontrar alguém que não conheça uma baixinha argentina chamada Mafalda. Seja como souvenir, estampando camisas e cartazes do movimento estudantil, ou através dos já clássicos livros-coletânea, “cinquentona” menina insiste em se fazer presente. Apesar da curta trajetória (1964 a 1973), trata-se da personagem de histórias em quadrinhos (hq’s) mais popular da Argentina e uma das mais conhecidas no mundo.

 

Escrito por Carlos Eduardo Rebuá Oliveira

Ao contrário do que muitos pensam, Mafalda não foi contemporânea da ditadura do triunvirato Videla, Massera e Agosti, conhecida como Processo de Reorganização Nacional (1976-1983) – um dos seis golpes civil-militares pelos quais aquele país passou no século XX, com um saldo de cerca de trinta mil mortos/desaparecidos.

A personagem de Quino “nasceu” na conturbada década de 1960, durante o governo de Arturo Umberto Illia (1963-1966), derrubado por outro golpe – a chamada Revolução Argentina, que colocou no poder os generais Onganía, Levingston e Lanusse. Mais exatamente, o “nascimento” de Mafalda se dá no mesmo ano em que no Brasil é deflagrado o Golpe que duraria vinte e um anos.

Em seu curto período de vida, Mafalda e sua turma (ela só “existe” a partir das relações que constrói com a família e com os amigos Manolito, Miguelito, Susanita, Felipe, Libertad) “assistiram” a inúmeros acontecimentos significativos – a caça aos comunistas pós-Revolução Cubana; as ditaduras civil-militares na América do Sul, também com forte ingerência estadunidense; o assassinato de líderes como Martin Luther King (em 1968) e Malcom X (em 1965), bem como o de Che Guevara (1967), na Bolívia, com participação da CIA; o Maio de 1968 na França, sob o lema “a imaginação no poder”, que incendiou a juventude; o Festival de Woodstock (1969), com seu pacifismo à moda flower power; a Primavera de Praga, que tentou construir uma democracia socialista na Tchecoslováquia de Dubcek; a derrota estadunidense no Vietnã, à custa de milhares de vidas dos dois lados; a eleição de Salvador Allende no Chile (1970), a chegada do homem (estadunidense) à Lua (em 1969), no contexto da corrida espacial com a URSS; o fim dos Beatles (fato que sem dúvida afetou profundamente Mafalda…) e o tricampeonato da seleção brasileira de futebol no México (o que também não deve ter agradado os conterrâneos da “baixinha”), ambos em 1970.

Até há pouco tempo, as histórias em quadrinhos “entravam” na escola pela “porta dos fundos” e, na universidade, após um pedido de desculpas. Eram considerados uma subarte, uma subliteratura, representando uma linguagem “menor” e assumindo um caráter apenas de brincadeira. Felizmente, muita coisa mudou nestes últimos trinta anos no que diz respeito ao olhar acadêmico sobre as hq’s.

A criticidade na aula de História é requisito fundamental, bem como a associação entre processos históricos e a identificação de rupturas e permanências ao longo do tempo. Mafalda faz isso a todo instante: analisa criticamente a realidade, sem buscar uma pretensa neutralidade. (Esse é outro requisito importante nos debates realizados numa aula de História: tomar partido.) Ela não aceita o mundo que “recebeu” e o questiona constantemente. Ora tem atitudes de uma criança “típica” (que tem medo, depende dos pais, é ingênua…), ora age como uma criança excepcional (não no sentido de superdotada) e constrói belas metáforas, “saindo” da dimensão do concreto que caracteriza a criança em seus anos iniciais. Lúcida, crítica, consegue discutir a Guerra do Vietnã, por exemplo, e muitas vezes colocar os adultos em situações embaraçosas.

Em minha dissertação, defendida em 2011 no Programa de Pós-Graduação em Educação da UERJ, intitulada “Mafalda na aula de História: a crítica aos elementos característicos da sociedade burguesa e a construção coletiva de sentidos contra-hegemônicos”, analisei Mafalda buscando investigar como é possível, a partir da baixinha argentina, “tocar” em elementos basilares do tipo de sociedade da qual fazemos parte, grosso modo, há mais de duzentos anos: o individualismo, a democracia burguesa, o estímulo ao consumo, a valorização do lucro, a propriedade privada, o progresso, o livre-comércio, a naturalização das diferenças, a desumanização e a competição.

Como um apaixonado por Mafalda, gosto de usá-la em provas, debates, trabalhos, tentando “extrair” ao máximo sua criticidade, suas indagações diante de um mundo confuso e “ao contrário”. O curioso é que Mafalda – uma personagem criança que não foi produzida pensando no público infantil – dialoga com diferentes faixas etárias. A partir dela é possível, por exemplo, tanto debater a democracia grega com o sexto ano como problematizar o conceito de alienação, a partir da mídia e do consumo, com uma turma de graduação em Pedagogia.

As hq’s são recursos poderosos, ferramentas importantes na relação de ensinar-aprender. E Mafalda é um exemplo paradigmático, dada a atualidade da crítica e o alcance da narrativa tecida pelo artista argentino. Todavia, é fundamental lembrar que as hq’s sozinhas não tornam uma aula mais ou menos atraente, tampouco transmitem um conteúdo em toda a sua integridade.

A genialidade de Quino

Quino é um dos artistas mais completos que surgiram em nuestra América. Embora Mafalda não tenha sido editada na forma de gibi (como a Turma da Mônica, por exemplo), seja datada (trata da Guerra Fria, das ditaduras na América Latina, etc.) e tenha durado apenas sete anos, a personagem fez e continua a fazer sucesso, tendo sido traduzida em países como Japão, Noruega, Austrália – sociedades muito distintas das existentes em nosso continente.

O enorme alcance da obra de Quino (cuja genialidade vai muito além de Mafalda) deve-se ao fato de que o artista argentino abordou questões “permanentes”, como a da liberdade ou da soberania de um povo, por exemplo. Esta talvez seja a marca fundamental de um gênio – seja Beethoven, Dostoiévski ou… Quino.

Ao responder pergunta sobre se é possível modificar algo através do humor, Quino certa vez afirmou: “Não. Acho que não. Mas ajuda. É aquele pequeno grão de areia com o qual contribuímos para que as coisas mudem”. Não tenho dúvidas de que Mafalda e sua turma representam importantes “grãos de areia” na construção de outras leituras/interpretações de nossa realidade, e logo, no limite, na construção de um outro mundo possível e necessário.

*Carlos Eduardo Rebuá Oliveira, licenciado em História pela UFF, mestre e doutorando em Educação, é professor de ensino superior e da educação básica nas redes pública e privada.

 

[Fonte: http://www.vermelho.org.br]

 

 

Inclusive

Escrito por Eduardo Affonso

Muita gente criticou um vídeo sobre linguagem inclusiva, com as novas regras para a neutralização do idioma.

Machistas estruturais, homofóbicos crônicos, transfóbicos empedernidos, todos profundos desconhecedores do mistérios da linguagem e da neurolinguística, sentiriam que estariam sendo privados desse instrumento de opressão que é a língua de Camões, Vieira, Machado, Dilma e Carluxo.

Serenados os ânimos, apaziguados os espíritos, todos já devem ter compreendido que a linguagem neutra só trará benefícios, pondo fim à violência lexical e à polarização verbal.

Quem antes passava pela Glória, pela Avenida Atlântica e pela Praça do Ó, abria o vidro do carro e gritava “Traveco filho da puta!”, agora poderá abrir o vidro do carro e gritar “Traveque filhe de pute” – e isso não constituirá mais nenhuma ofensa, porque todo o caráter insultuoso terá sido neutralizado. Em vez de lhe erguer o dedo médio, as profissionais do sexo acenarão felizes, como misses na passarela, sentindo-se acolhidas na sua diversidade.

Quem poderá se sentir agredido/a/e ao ser chamado/a/e de “arrombade”? De “canalhe”, “escrote” ou “babaque”?  Toda a carga negativa, advinda do caráter sexista da língua, terá sido zerada, reduzida a pó.

Ao fim das manifestações contra e pró Freixo ou Crivella, Lula ou Bolsonaro, Fefito ou Giromini, a turma de vermelho e a turma de amarelo poderão se reunir para um chope na orla ou uma catuaba selvagem na Praça São Salvador, se tratando cordial e neutralmente de “petiste corrupte” e “bolsomínie fasciste”. Não haverá briga nem na hora de rachar a conta, porque o “garçom de merde” admitirá que houve um pequeno equívoco naqueles dois zeros a mais na quantidade de pedidos, pedirá desculpas em nome daquele “corne do caixa” e todos cantarão, com cantos e contracantos, o hino nacional e a internacional socialista.

Chame-o de “escrote”, e o guardinha não multará seu carro estacionado irregularmente.

Diga que ele é um “babaque”, e o segurança te deixará entrar (“Mas só desta vez, hein?”) sem máscara no shopping.

Explique que não curte “gorde”, e a moça não ficará magoada – e tampouco você se sentirá humilhado se ela fizer comentários sobre seu “mau hálite”, “falta de pegade” e “pau pequene”.

Por tudo isso, seu idiote, volte lá no vídeo e retire tudo o que disse. Graças àquele troca-troca de vogais, teremos finalmente a serenidade, o entendimento e o respeito de que precisamos para conviver civilizadamente. Tá esperando o quê, caralhe?

 #paz

 

[Fonte: http://www.eduardoaffonso.com]

Image tirée de Pixabay, sous Licence Pixabay, remixée par Global Voices.

Dans les mois à venir, Global Voices explorera des initiatives linguistiques non-binaires, initialement connues sous le nom de « langage inclusif ». Cette première histoire collective commence par une exploration du genre dans les langues romanes.

La langue peut être considérée comme une forme de magie qui a un impact sur le monde. Ce que nous disons et la façon dont nous utilisons le langage affecte notre pensée, notre imagination et notre réalité.

Dans la plupart des langues romanes, il existe des marques du genre féminin ou masculin pour les pronoms, les noms, les adjectifs, les déterminants et les démonstratifs. Dans les situations où le genre d’une personne est inconnu ou lorsqu’il s’agit de faire référence à un groupe mixte, les conventions actuelles des langues romanes donnent la priorité à la forme masculine, en tant que norme générique. Contrairement au roumain, qui a préservé le genre neutre du latin, les langues française, espagnole, portugaise, italienne et catalane n’ont que des formes de genre binaires et, par conséquent, posent des difficultés particulières pour exprimer la neutralité de genre.

L’activisme pour la neutralité de genre dans le langage fait partie d’un mouvement plus large visant à remettre en question, à résister et à démanteler le sexisme véhiculé par le langage. Les activistes affirment que la domination du genre masculin dans les langues n’est pas neutre, comme on le prétend, mais qu’elle a plutôt été imposée historiquement par des processus idéologiques et politiques.

Au cours des dernières décennies, des mouvements ont fait pression pour accroître la visibilité des femmes et des autres genres dans le langage en encourageant l’utilisation de pronoms et d’inflexions neutres, à l’aide de différentes combinaisons de symboles ou de voyelles.

En français, les anciennes règles sont remises en question

Photo par Chabe01, Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0

Les enfants qui étudient le français apprennent rapidement la règle de grammaire souvent répétée : « le masculin l’emporte sur le féminin ». Cela signifie que dans les phrases au pluriel qui comportent différents genres, la forme masculine domine. Au sein des communautés francophones, une orthographe connue sous le nom d’écriture inclusive a pris de l’importance ces dernières années pour lutter contre ce préjugé linguistique sexiste.

La première façon d’adopter une écriture inclusive est d’utiliser, dans la mesure du possible, les formes épicènes existantes, par exemple, « lectorat » au lieu de « lecteurs » (m.) ou « lectrices » (f.). La deuxième technique inclut explicitement les terminaisons masculines et féminines. Par exemple, les terminaisons « -e » et « -ice », souvent utilisées pour les formes féminines, se combinent avec la forme masculine pour former, par exemple, « lecteur·ice·s ».

Bien que cette orthographe ait été adoptée par certains médias, certaines universités et quelques entreprises, elle reste très controversée, notamment en France, où des critiques affirment qu’elle est inutile.

Le nouveau pronom le plus courant utilisé pour désigner les personnes non-binaires ou un groupe mixte est « iel », contraction de « il » et « elle ». Pourtant, il n’y a toujours pas de consensus sur la manière de marquer un genre neutre dans d’autres parties du discours. Par exemple, si « iel » est utilisé, les locuteur·ice·s pourraient tout de même être obligé·e·s de choisir, plus tard, l’une des options binaires de genre pour les accords des adjectifs ou les terminaisons de verbes. Jusqu’à présent, les pronoms et les alternatives neutres en termes de genre n’ont pas reçu d’approbation institutionnelle et ne sont pas largement utilisés en dehors des cercles queer, LGBTQI+ et féministes.

Des débats actifs en espagnol et en portugais

“Aucun enfant ne naît macho” – un panneau de la marche pour les droits des femmes à Santa Fe, en Argentine, en 2017. Photo tirée de Wikipedia, sous licence CC BY-SA 4.0

Les mouvements du monde hispanophone ont fait pression pour la neutralité de genre. L’activisme linguistique a été particulièrement fort en Argentine [en], où il est devenu un puissant outil rhétorique et politique [es] dans le discours public : le président Alberto Fernández [es] a utilisé certaines formes de langage non-sexiste dans ses discours, plusieurs universités [es] l’ont autorisé dans leurs documents universitaires et des organismes publics comme la Banque centrale [es] l’ont inclus dans leurs communications officielles.

Plusieurs tentatives de neutralité de genre ont été mises en œuvre au cours des dernières décennies en espagnol ; les premières comprenaient l’utilisation de « x » et « @ » pour remplacer la voyelle qui marque le genre comme « tod@s » (« tout le monde »). Plus récemment, les militant·e·s ont commencé à utiliser le « e » comme une alternative générique et neutre, et le pronom neutre « elle » est apparu comme une alternative à « él/ella » (« il/elle »).

Bien que ces formes soient principalement utilisées au sein des communautés LGBTQI+ et féministes, un rapport [es] récent publié sur le site Chequeado, spécialisé dans la vérification des faits d’actualité, montre que certains mots non-sexistes sont déjà acceptés (ou tolérés) par les locuteurs et locutrices argentin·e·s. Par ailleurs, une nouvelle enquête de l’organisation espagnole Fundéu [es ; pdf] a mis en évidence l’utilisation croissante de « x », « @ » ou « e » par les utilisateur·ice·s hispanophones de Twitter dans chaque pays.

Le portugais est similaire à l’espagnol en ce qui concerne les alternatives permettant d’exprimer la neutralité de genre. En 2015, Andrea Zanella, une psychologue brésilienne, a créé un manifeste pour une « communication radicalement inclusive » en portugais, en partenariat avec une entreprise appelée Diversity Box [pt]. Depuis lors, Diversity Box a créé des guides sur l’inclusivité en termes de genre à destination des entreprises [pt].

Comme en espagnol, l’utilisation de « x » ou « @ » est devenue populaire sur Internet, en particulier parmi les groupes féministes [pt], bien qu’elle ne fasse pas partie des règles de grammaire [pt] de la langue portugaise, un changement qui nécessiterait des amendements juridiques par le Congrès brésilien. La question n’est pas actuellement à l’ordre du jour du calendrier législatif au Brésil.

En italien, des hésitations sur le schwa

Schéma des voyelles de l’Alphabet phonétique international (API), tiré de Wikipedia sous licence CC BY-SA 3.0

En Italie, même si les débats sur la neutralité de genre ne sont pas aussi répandus que dans les communautés hispanophones, il existe une discussion [it] menée par la linguiste italienne Vera Gheno sur le schwa ou scevà (ә), un symbole de l’Alphabet phonétique international (API).

Le schwa est issu de dialectes du centre et du sud de l’Italie et peut être utilisé pour désigner plusieurs personnes sans distinction de genre. Il pourrait remplacer le * or @ à la fin des mots genrés, ce qui est très courant en ligne mais ne peut être prononcé en italien oral. En août 2020, la blogueuse italienne Alice Orrù a expliqué [it] comment prononcer le schwa.

Cette proposition [it] a été faite il y a cinq ans par le projet citoyen « Italiano Inclusivo »[it] (« italien inclusif »), bien que l’autorité linguistique officielle, l’Accademia della Crusca [it], refuse [it] toujours d’accepter le schwa (et toute autre forme alternative) comme une évolution vers une langue italienne neutre.

Féministes et communautés LGBTQI+ prennent les devants en Catalogne

Dans les territoires catalanophones, une adaptation des solutions linguistiques non-binaires développées dans le monde hispanophone prend de l’ampleur au sein des communautés féministes et LGBTQI+. « Elli » et « ellis » deviennent des alternatives à « ell/ella » (il/elle) et aux formes plurielles « ells/elles » (ils/elles).

Bien que de nombreuses institutions — y compris le gouvernement local de Catalogne [es] — recommandent l’utilisation d’un langage non-binaire depuis plusieurs dizaines d’années, les directives [es ; pdf] de l’Université autonome de Barcelone se concentrent sur des stratégies telles que la préférence accordée aux alternatives épicènes existantes telles que « el professorat » (le corps enseignant) ou les formes dédoublées comme « els professors i les professores » (les professeurs et professeures), ou les termes génériques féminins.

Les défis du langage non-binaire en roumain

Le langage non-binaire est particulièrement difficile en roumain. Des formes telles que « @ » ou « e » ne fonctionnent pas pour le roumain car « o » n’est généralement pas une terminaison masculine et les noms féminins sont traditionnellement formés en ajoutant un suffixe au masculin (« activist » > « activistă »). Parfois, la terminaison alternative « X » est utilisée, par exemple, « activistX » au lieu de « activiști » / « activiste » (activistes, m. / activistes, f.). Cependant, les militant·e·s utilisent les pronoms « ei » ou « ele » (comme traduction approximative du « they » anglais) pour éviter d’utiliser des marques de genre.

Contrairement aux langues susmentionnées, le roumain a conservé le genre neutre du latin, mais il est surtout utilisé pour les objets ou les entités collectives. Tous les noms neutres sont masculins au singulier et féminins au pluriel ; par conséquent, la neutralité grammaticale ne correspond pas nécessairement à la neutralité dans une perspective de langage non-binaire. Ainsi, malgré l’avantage linguistique apparent, la neutralité de genre en roumain semble loin de prospérer pour le moment.

[Source : http://www.globalvoices.org]

Escrito por J.S. de MONTFORT

Confía(ba) uno al enfrentar la lectura de Nueve (Demipage, 2014), el último libro de relatos de Rodrigo Hasbún, y no sin gran alegría, en que iba a responder al deseo de su autor, manifestado en diversos lugares, (1 & 2) de que, al fin, dos de sus libros de cuentos, precisamente denominados Cinco (Gente Común, 2006) y Cuatro (El Cuervo, 2014), quedasen reunidos en un mismo libro bajo el título de Nueve. Y, así, imagina(ba) -y agradec(ía)- el lector español -y más aun el crítico- tener, por fin, a su disposición la integridad de la obra breve de Hasbún, para trazar cabalmente una panorámica del autor y poder ir, así, sacando algunas conclusiones, siendo que su obra cuentística (publicada) supera ya la veintena de relatos.

Pero no.

Lo que nos encontramos en Nueve es otra cosa:

“es una condensación o un resumen posible de la aventura intensa e inquietante que hasta ahora ha significado para mí escribir cuentos” 3, en palabras del propio autor.

El libro recientemente editado por Demipage, contiene los cuatro cuentos que conforman Cuatro, dos de los cuentos de Cinco (uno de los cuales fue re-publicado en Los días más felices) y tres cuentos de Los Días más felices. En definitiva: solo cinco de  los nueve cuentos le son desconocidos al lector español. Para añadir más confusión al caso, los cuentos de cada uno de los libros se presentan no juntos sino alternándose, en la idea (imagino) de que la variabilidad de los cuentos (debida específicamente a su momento compositivo) produjese una cierta ilusión de antología. Esto, que beneficia al no lector de Hasbún, y que supone uno vendrá a operar al modo del warm-up para el próximo lanzamiento de la novela Los afectos, que publicará Mondadori 3b el año próximo, se constituye en un escollo hermenéutico para el crítico.

Así las cosas, y siendo que ya hemos escrito en otro lugar sobre Los días más felices 4, nos centraremos en los cinco textos nuevos que ofrece el volumen. El primero de ellos, “Carretera”, un texto primerizo de Hasbún, de 2006, un relato que a mí me ha recordado mucho a la obra de Carlos Castán, podría funcionar al modo del prólogo. Pues significa una oportunidad -perdida- para clausurar la adolescencia que Hasbún explorará en Los días más felices. En él, un chico va a la boda de su primer amor, Ana, que se va a casar con otro chico. Se emborracha durante el viaje, y finge y miente (diciendo a los meseros de los bares en los que va recalando que es él quien se va a casar). Poco a poco descubrimos que Ana era prima suya y está embarazada de su futuro marido. Y lo más importante, y que va a marcar un estilema central en la obra de Hasbún: el sentimiento de nostalgia y de tristeza inofensiva. Una parálisis emocional que o bien tiene a los personajes ensimismados en su inconsciente temeridad (Los días más felices) o bien yacen sumidos en el espanto, la perplejidad y una cierta autoconmiseración (Cuatro).

En los siguientes cuatro cuentos nuevos nos encontramos con una mayor concisión; Hasbún lo definió como una “menor autorreferencialidad” 5. Se podría decir que son menos irracionales y vaporosos; en ellos prima más la certeza (aunque se trate de una certeza que no desea asumirse todavía), que la sensación. Diríamos que son, pues, los ecos de la fiesta. Y se sienten como un tránsito o acaso un epílogo. Pueden entenderse estos textos como un diario de vidas ajenas. Y tiene algo de afán testimonial, de retrato de las venalidades del mundo contemporáneo.

Hay en estos cuentos siempre un secreto desvelado, pero que no afecta sustancialmente a lo narrado, sino que funciona como paisaje de fondo, como marca de la traición, podríamos decir, de lo que significa sumergirse, de lleno, en el mundo adulto. De igual manera sucede con la ciega obediencia al deseo y la claudicación del sexo, como bien ha señalado José Angel Rojo 6. Pero se trata de la sexualidad de la juventud, que se anhela o teme, se imagina o finge, que se testimonia siempre con una mezcla de incredulidad, asombro, resquemor y nostalgia. Vaya, lo que ocurre es que los hijos se han vuelto padres (y algunos incluso van camino de ser abuelos).

La sexualidad, de hecho, es un síntoma de la presencia de la muerte, más en tanto que vida apasionada que ha desaparecido, y no como amenaza directa a la extinción del cuerpo. Esta idea de la inexorabilidad degenerativa del cuerpo viene acompañada de la presencia sancionadora de la ley, con la intercesión y presencia de las fuerzas de seguridad del Estado, pero también se manifiesta en la ruptura de los vínculos familiares y/o matrimoniales. Amén de que el libro esté trufado de múltiples decesos que se sienten como sirenas amenazadoras que circundan el espacio y la emotividad sentimental de los personajes. La intimidad ha devenido, en cierta medida, cruel instancia quasipornográfica, pero esto se explica porque los relatos nos hablan ya de unos personajes en una época postinocente, más allá de los reflejos enamoradizos de la juventud. En este sentido, es interesante destacar como la tercera persona del plural holística, y cohesionadora, de Los días más felices (en el sentido de estructura narrativa desjerarquizada), aquí se presume como amenaza o acaso como una fantasmagoría del pasado que retorna (casi como farsa). El narrador del relato “Los nombres” lo explica muy bien así: “no sabíamos resignarnos todavía a que la fiesta ya no era nuestra” (p. 100).

Los protagonistas de estos cuentos ya dejaron atrás la mocedad y la miran con recelo y abatimiento, con incredulidad. Sufren el síndrome del estatus frustrado, pues parecen incapaces de asimilar su actual estado identitario y vital y buscan razones y atajos para orillarlo (unas cincuentonas que se emborrachan salvajemente, cual adolescentes, un padre que no es capaz de hacer el esfuerzo por comprender la naivedad de su hija, un profesor de escritura creativa incapaz de adivinar la tragedia que se cierne sobre sus estudiantes o un niño algo repelente, que ya desde la edad madura recuerda a una prima suya muerta de leucemia).

Estructuralmente, el más complejo de los cuentos es “Tanta agua tan lejos de casa”. Se yuxtaponen en él múltiples voces y espacios, pero no al modo del flujo de conciencia, sino en retazos de monólogos interiores, a los que se suma la vocinglería del fluir de la vida, y el apaciguamiento de la naturaleza, que en su grandeza parece tener un efecto balsámico y, en su aislamiento salvaje, un afán embrutecedor.

“Syracuse” le queda a Hasbún, en mi opinión, algo trunco (y ello es porque evidencia la naturaleza sincopada -emocionalmente- del narrador), pues se siente en sordina; no carece de morbidez, pero sí de ternura. Es tremendista y metanarrativo. Y muestra más abatimiento que comprensión. La felicidad es aquí liberación (muerte, otra vez, en forma de suicidio). La historia la cuenta un profesor de escritura creativa que es, al tiempo, instigador y testigo de los actos, pues conmina a sus alumnos a escribir unos diarios en los que mezclen verdad y mentira, y el incierto “estatuto de verdad” de lo relatado provocará una historia de amor trágica entre dos de sus alumnos. La escritura no sirve aquí como espacio de reflexión y análisis, sino como mero dietario, donde se da cuenta de los hechos y se fabula lo justo, con prevención y con una cierta neutralidad flemática, que esconde un miedo larvario y cruel a la realidad del sentimiento, a la hondura del desarraigo, a la intensidad del desamor. No en vano es el único de los cuentos que sucede en los Estados Unidos y solo se menciona nominalmente a los dos protagonistas, el resto no son sino referidos por motes.

Respecto a la construcción de “La mujer y la niña”, se ha de decir que se trata de una estructura más o menos convencional, lineal y referida en pretérito imperfecto. Y la construcción formal de “Los Nombres”, un cuento que guarda cierto parecido con la obra de Juan Forn, entronca con las estructuras focales utilizadas en Los días más felices, oscilando entre un narrador autodiegético en primera persona y una tímida tercera persona del plural que ha perdido fuerza y vigor (ya que cada vez se hace más difícil la identificación grupal).

Vale la pena constatar la tensión que se invoca en estos cuentos y que hace referencia a la lucha entre la sociedad y el individuo. Si en Los días más felices el individuo tenía al grupo para reforzar su individualidad, para hacer fuerza común contra la ferocidad normativa de la comunidad, aquí el individuo teatraliza un síndrome generacional, que no es exactamente el de peterpan, pues no hay en ellos ingenuidad, sino resabio y acomodamiento.

Por concluir, diría que Cuatro -en mi opinión- se fundamenta en la exploración de la inclemencia del pudor, escudo inútil frente a la procacidad y la pornografía del mundo actual. Es el candor, entendido como tesoro, la imposible inocencia, lo más bello que se agazapa en estos cuatro cuentos. Y es que el tema que explora Hasbún sigue siendo el mismo de siempre: los posibles modos de la adolescencia. Pero aquí no como hecho presente o condición inexcusable, sino como memoria, recuerdo, anhelo o falso disfraz. Se indaga en la adolescencia en tanto que estado mental, la lacra de nuestro tiempo. Por ello sus textos son radicalmente contemporáneos y evocan en el lector una cierta conmiseración apagada. En cuanto a la ambición de las construcciones narrativas, yo diría que se trata de cuentos que se centran menos en el estilo que en la forma; con matices: donde antes Hasbún proponía más variabilidad para las estructuras del relato, aquí se nota un intento por vigorizar las formas para así poder expandirlas y ampliarlas, digamos, en lo que parecen tentativas que propenden hacia modelos de escritura de mayor aliento.

Escribía Manuel Pérez Subirana en su novela Lo importante es perder (Anagrama, 2003) que “crecer es traicionarse”. Estos cuentos últimos de Hasbún, donde se perciben giros bolañescos y homenajes onettianos, unos cuentos que, por momentos, hacen pensar en la obra del costarricense Rodrigo Soto, retratan precisamente ese conflicto y nos muestran esos instantes de lucha en los que los adultos se resisten a aceptar un cambio en el que están ya irremisiblemente insertos.

1. Declaraciones de Rodrigo Hasbún a Martín Zelaya Sánchez: « Algún día quisiera publicarlos (los cuentos de Cuatro) junto a los cuentos de Cinco, en un volumen titulado Nueve« . « Rodrigo Hasbún: Cuatro son suficientes ».  Página 7, 12-Junio-2014.
2. A la pregunta de Claudia Gonzales Yaksic « ¿Alguna relación de esta obra con otra suya que presentó y tituló “Cinco? », Hasbún contesta: « Me gustaría algún día publicarlos juntos (los cuentos de Cuatro), bajo el título de “Nueve”. Hay cierta continuidad entre ambos –personajes que envejecen de un libro a otro, una necesidad de explorar en la intimidad– pero también hay una suerte de transición ». « Rodrigo Hasbún: Remediando silencios ». Los Tiempos, 15-Junio-2014.
3. Rodrigo Hasbún: « El cuento siempre se ha mantenido vivo en Latinoamérica », El Cultural, 02-diciembre-2014.
3b. Novela ya publicada este año de 2015
4. Escenas de la vida gaseosa, J.S. de Montfort, Tendencias21, 15-marzo-2013
5. Rodrigo Hasbún: Cuatro son suficientes, Los Tiempos, 12-junio-2014
6. Nueve trozos de un mundo roto, José Ángel Rojo, Babelia / El País, 26-diciembre-2014

[Fuente: http://www.enriquevilamatas.com]

El bisbe català ha mort al Brasil als 92 anys. Recuperem l’article que li va dedicar Josep M. Font arran del seu 90è aniversari

Escrit per Josep-Maria Font

Capellà, promotor i activista cultural de Terrassa

Amb aquesta cita del bisbe català Pere Casaldàliga i Pla nascut a Balsareny el 16 de febrer del 1928 per a glòria de Catalunya, de l’Església i dels més pobres del món i en concret del Brasil, on ell és un més de la comunitat des d’ara fa just 50 anys. És a dir, que ara n’ha fet noranta.

He tingut l’oportunitat de parlar, veure i compartir moments amb persones que han viscut prop de Pere Casaldàliga. No n’he trobat ni una que no s’hagi sentit tocada per la seva senzillesa i compromís amb l’Evangeli de Jesús i amb el món. Tot un referent que fa realitat l’estimar als altres, malgrat la repressió política i eclesial que ha patit durant molts anys. Just això és el que el fa creïble i enganxa als qui el coneixen encara que nomes hagin passat unes hores, o uns dies amb ell.

Com deia tots tornen corpresos, cap indiferent; conviure prop seu esdevé com una mena d’exercici espiritual modern, talment una sacsejada a l’ànima. El cap rutlla a cent per hora davant tantes preguntes que hom es fa des d’aquest món veient el compromís d’en Pere. Fins i tot els qui només n’han sentit parlar. No puc deixar de pensar en la reacció dels testimonis directes als quals el 2016 vaig demanar de participar en un cicle d’activitats ben diverses que la Fundació Torre del Palau va organitzar al Centre Cultural Terrassa a l’entorn del bisbe Pere.

Alguns d’aquests testimonis, prou coneguts, van ser Eduard Fernández, Kai Puig, Mónica López, Francesc Escribano, Joan Guerrero, Mónica Terribas, Joan Soler Felip, Clara Segura i Antoni Traveria, tots tocats per en Pere. Quan els trucava ningú es va resistir a venir: “Per aquest senyor el que calgui”. Sentien un enyor que es palpava en tots ells, recordant dies que van ser allà rodant la pel·lícula. Recordo que la Terribas tenia un desig de poder-hi tornar: “llàstima que no puc, però ho necessito”, em deia. Anar a Säo Félix do Araguaia al Mato Grosso al costat del Pere esdevenia remei pel mal de cada dia, la seva presència interrogava i feia que es deixessin enrere les nimietats, o potser no tant, quotidianes. Als esmentats, molts agnòstics, se’ls va remoure el cor i l’ànima i van albirar un món i una Església que podrien ser molt, molt i molt diferents. Llàstima que en aterrar de nou a Barcelona, sempre tan avançada, van retrobar el món amb el diner per Déu. Ni la mateixa Església amb l’Evangeli per bandera i la creu de Jesús per capçalera es proposen decididament anar més a fons en el missatge evangèlic.

Malgrat tot, en Pere no ha perdut mai l’esperança que ha estat fortament provada. Francesc, el bisbe de Roma, tampoc l’ha perdut, el seu testimoni, bàsicament verbal, al costat d’altres bisbes (malauradament massa pocs) que oportunament i inoportuna insisteixen en portar l’Evangeli a la vida de cada dia, donen un nou rostre que fa creïble aquest tresor que com diu l’Evangeli, “portem en vasos de terrissa”.  Que tinguin llarga vida i mantinguin la força i alhora la tossuderia per seguir plantant cara al cor de l’Església de la qual tenen responsabilitat d’acostar-la al poble amb més coherència.

I vull acabar amb unes idees d’en Pere aplicables a l’avui del nostre país:  “La revolució l’hem de començar dins del cor”, “ la causa indígena m’ha fet més català”, “el fet de ser català m’ha tornat més sensible al problema de la llengua i la identitat dels indis…”, “en amor, en fe i en revolució no és possible la neutralitat”, “l’expressió no violenta no ha de ser sinònim de passivitat”. Que cadascú en tregui les seves conclusions.

Jo m’apunto a la recuperació de la llibertat  i de la justícia amb el perill de ser acusat de tumultuós, rebel, sediciós; i em refereixo al món i a l’Esglèsia. 

Per cert, us recomano el poemari Jo vaig néixer a Cal Lleter que conté 17 poemes d’en Pere,+CD+DVD. El trobareu a les llibreries. Tot una mostra del seu pensament i del poeta.

[Font: http://www.nuvol.com]

 

 

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Escrito por Julián Schvindlerman

A fines de los años 50 del siglo pasado, el mundo árabe era uno de los espacios más receptivos al existencialismo fuera de . Jean-Paul Sartre era un nombre conocido en los ámbitos intelectuales de la región. Con la sola excepción de Karl Marx, era el intelectual occidental más leído, traducido, debatido y admirado. El autor egipcio Ahmad Abás Salih lo expresó con precisión en una carta pública que dirigió al filósofo francés:

Tu influencia en esta región es más profunda y amplia que la de cualquier otro escritor. Eres el único escritor occidental al que todos los diarios árabes siguen de cerca.

En su magistral No Exit: Arab Existentialism, Jean-Paul Sartre, and Decolonization (Sin salida: el existencialismo árabe, Jean-Paul Sartre y la descolonización), el académico Yoav Di-Capua aborda la relación de amor y odio que unió a los árabes con este pensador francés.

En su búsqueda del hombre nuevo árabe en un Medio Oriente poscolonial, una pléyade de intelectuales árabes vieron en Sartre un héroe, un modelo, un guía. Su antiimperialismo, antiamericanismo y anticolonialismo, junto a su filotercermundismo, sedujeron intensamente a la intelligentsia mesoriental, la cual expresó su apego al existencialismo sartreano en multitud de ensayos, cuentos, novelas, poemas, obras de teatro, críticas literarias y reseñas culturales. Entre sus adeptos más destacados cabe mencionar a la pareja libanesa conformada por el escritor Suhayl Idris y la traductora Aida Matraji, al intelectual-activista palestino Fayiz Saygh, a la autora feminista Layla Baalbaki, al novelista sirio Hani al Rahib, al poeta iraquí Husayn Mardan y, en Egipto, al matrimonio conformado por Liliane y Lufti al Khuli, al filósofo Abd al Rahmán Badawi, al crítico literario Mahmud Amín al Alim y al introductor de Sartre en las letras árabes, Taha Husayn. Sartre los reciprocó estableciendo conexiones intelectuales y vínculos personales con varios de ellos.

El iconoclasta pensador francés se había ganado los corazones de buena parte de la intelectualidad tercermundista con su polémico prefacio al icónico libro Los condenados de la Tierra, del escritor revolucionario caribeño Frantz Fanon, en el cual defendía a la insurgencia argelina contra  en términos muy violentos. “Matar a un europeo es matar dos pájaros de un tiro, suprimir a la vez a un opresor y a un oprimido”, decía allí; “quedan un hombre muerto y un hombre libre”. Su desprecio por el colonialismo europeo le llevó a criticar la política británica antisionista en Palestina. Declaró en 1947: “No podemos desvincularnos de la causa de los hebreos”, y al año siguiente definió como “un luchador por la libertad” a un militante de la Banda Stern que había sido atrapado con explosivos.

Enseguida se mostró ambivalente en torno a la cuestión israelo-palestina. Celebró el establecimiento del Estado de  como “uno de los acontecimientos más importantes de nuestra era, uno de los pocos que nos permiten conservar la esperanza”, y a la vez apoyó el derecho de los palestinos a retornar a los hogares que dejaron atrás en la guerra de 1948; lo que estaba en las antípodas de su respaldo a la existencia de . Tal como dijo su discípulo israelí Ely Ben Gal: “Sartre era muy proisraelí y también muy propalestino”.

Cuando visitó Egipto e , a principios de 1967, esa contradicción eclosionó. Su intento de mantener la neutralidad respecto del conflicto árabe-israelí lo empujó hacia la incongruencia intelectual. Como resultado de ese viaje, Sartre perdió su estatus de figura reverenciada en el mundo árabe. Di-Capua detalla el intenso y escandaloso periplo.

En febrero de aquel año, Sartre arribó a Egipto en compañía de Simone de Beauvoir y Claude Lanzmann. La liberalidad del trío de amantes (la célebre feminista era pareja del filósofo y había sido amante del cineasta) era muy extraña para el conservadurismo local. Sartre saludó a sus anfitriones por medio de una carta abierta en árabe: “Desde hace mucho tiempo, y especialmente desde la guerra de liberación argelina, nos unen lazos de fraternidad”. La revista popular Al Hilal los recibió con fotos de Sartre, Beauvoir e –inesperadamente– una semidesnuda Brigitte Bardot en la portada y la contratapa. Asimismo, el filósofo se sorprendió al toparse con la edición árabe de su obra El existencialismo es humanismo y ver que la tapa llevaba una mujer desnuda.

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Mantuvieron una reunión de tres horas con el presidente egipcio Gamal Abdel Naser, quien les causó una excelente impresión. La pareja francesa dio dos conferencias en la Universidad del Cairo. Sartre parece no haber impresionado demasiado con su ponencia sobre el papel del intelectual en la sociedad contemporánea (un extranjero presente dijo que fue “un pedazo de mierda”), mientras que Beauvoir electrizó a la audiencia con un alegato feminista y antipatriarcal. Durante una visita a dos campamentos de refugiados palestinos en Gaza, Sartre respaldó el derecho al retorno palestino: “Reconozco por completo el derecho nacional de los refugiados palestinos a regresar a su país”. La pareja quedó impresionada por las paupérrimas condiciones de vida en los campamentos, de las que responsabilizaron a las naciones árabes.

Esa visita concluyó caóticamente cuando una muchedumbre quiso evitar que Lanzmann arrebatara el rollo a un fotógrafo que había captado a Sartre junto a un niño con la bandera palestina. Epítetos antijudíos acompañaron la escena. Una cena con el titular de la OLP, Ahmad Shuqayri, también causó decepción. El filósofo francés favorecía tanto el derecho a la existencia de  como el derecho de los palestinos al retorno; “pero”, según recordó luego Beauvoir, “los palestinos insistieron en que los judíos debían ser expulsados de la Palestina ocupada”.

El trío llegó a  a mediados de marzo. Muchos israelíes veían esa visita con suspicacia. El recuerdo no muy lejano de otra visita polémica –la de Hannah Arendt, para cubrir el juicio contra Eichmann– y la superposición del arribo del escritor Günter Grass –que había criticado a  por el acuerdo de reparaciones con Alemania– puso las sensibilidades a flor de piel. La dinámica interna del grupo de intelectuales venía agitada, al punto de que Lanzmann, fastidiado por lo que consideraba una actitud prejuiciosa de Sartre hacia los israelíes, abandonó el tour y regresó a París. Sartre se reunió con el líder socialista Meir Yaari (con quien tuvo una tensa conversación sobre el retorno palestino), con el ministro laborista y exgeneral Yigal Alón (“el fascista más simpático que jamás he conocido”), con el titular de la Confederación General de Trabajadores (“su Histadrut es un monstruo sagrado”) y con el primer ministro, el presidente y otras autoridades oficiales. Rehusó visitar una base militar (sí lo hizo en Egipto) y canceló un encuentro pautado con Isaac Rabín, entonces jefe del ejército (“vine a reunirme con el pueblo, la izquierda y la sociedad civil, no con los militares”). También dejó sin efecto reuniones con parlamentarios de centro y derecha, con editores de izquierda y, controversialmente, con David ben Gurión. Mantuvo las reuniones previstas con unos ciudadanos árabes-israelíes, con miembros del Partido Comunista israelí, con activistas opuestos a la guerra de Vietnam, con  y con el prominente académico Gershon Scholem. Cerró su viaje con una conferencia de prensa en Tel Aviv, tras la cual Le Monde le atribuyó una frase amable sobre Theodor Herzl, padre del sionismo político, lo cual provocó una reacción airada en la prensa árabe y forzó al filósofo francés a publicar una aclaración en la que reiteraba su postura favorable a la existencia y soberanía de Israel y contraria a la idea de que todos los judíos del mundo debieran emigrar allí.

Así sintetiza Di-Capua la visita de Sartre al país hebreo:

Aunque se esforzó en no decir ni escribir nada concluyente, sus gestos, lenguaje corporal y actitud general condescendiente mostraron una aversión profunda al sionismo. Deploró el militarismo y rechazó cualquier cosa identificada con el Estado israelí, sus símbolos, rituales y narrativas.    

Sartre se guardaba un as en la manga, no obstante. A fines de mayo, con la posteriormente conocida como Guerra de los Seis Días precipitándose, destacados artistas, escritores, periodistas y profesores, entre los que se contaban Arthur Koestler, Pablo Picasso, Marguerite Duras, Simone de Beauvoir y Jean-Paul Sartre, publicaron una declaración en Le Monde en la que se leía:

Los abajo firmantes, intelectuales franceses, (…) afirmamos que el Estado de Israel está mostrando un claro deseo de calma y paz (…) Israel es el único país cuya mera existencia está en juego.

Este pronunciamiento marcó la ruptura definitiva entre Sartre y sus admiradores árabes. Previamente incómodos con su ambigüedad política, ahora estaban decididamente irritados. En Irak prohibieron sus obras (y las de Beauvoir). En Argelia se quemaron sus libros. En Egipto, un grupo de intelectuales lo condenó con vehemencia y la revista Al Hilal vaticinó una era postsartreana en la región. En un gesto cargado de dramatismo, la viuda de Frantz Fanon, Josie, pidió a la editorial de su difunto marido que removiera el famoso prefacio del pensador francés a Los condenados de la Tierra, a lo que la editorial se avino en la siguiente edición. En el año 2000, el intelectual palestino Edward Said dirá que Sartre fue “una decepción amarga para todo árabe (no argelino) que lo hubiera admirado”.

Sin embargo, Sartre nunca abandonó del todo su zigzagueo moral. Cuando unos terroristas palestinos masacraron a once deportistas israelíes en las Olimpíadas de Múnich de 1972, justificó la acción como una forma de resistencia legítima. En 1974 se sumó a otros intelectuales que protestaron contra la decisión de la Unesco de boicotear a Israel. Dos años después aceptaba un doctorado honoris causa de la Universidad Hebrea de Jerusalém, lo cual fue singularmente interesante, dado su repudio al Premio Nobel de  en 1964.

Andando el tiempo, un segmento de la intelectualidad árabe hizo las paces con el existencialista francés. En 1980, con motivo de su muerte, Suhayl Idris publicó una edición especial, titulada La ausencia de Sartre, dedicada a sus posturas políticas ambivalentes, con estudios académicos sobre sus teorías, traducciones de sus artículos sobre Argelia, Cuba y el colonialismo, su prefacio al libro de Fanon y varios obituarios sobre su persona.

Di-Capua nos regala una perla final. Un vestigio curioso de la era del existencialismo en el Medio Oriente se encuentra en un barrio de El Cairo: un almacén llamado El Ser y la Nada (Al Wujud wal Adam). Sartre podría, pues, hallar consuelo en el hecho de que, cuarenta años después de su muerte, su legado en el mundo árabe no ha sido del todo descartado.

 

[Fuente: elmed.io]

 

 

 

Dans le pays, le langage dégenré a dépassé les cercles militants en conquérant les universités et institutions publiques au point que même le chef d’État décline ses discours en employant ce mode.

Le président argentin Alberto Fernández à Buenos Aires le jour où il est entré en fonction, le10 décembre 2019. | HO / Présidence argentine / AFP

Écrit par Fabien Palem 

À chacune de ses interventions, le contraste entre le son et l’image est saisissant. Son phrasé paternaliste et sa moustache, impeccablement démodée, lui donnent des airs de maître d’école d’antan et pourtant, le verbe du président argentin est tout sauf has been.

Alberto Fernández domine, pratique et promeut un langage des temps modernes: le langage dit «inclusif», «dégenré» ou encore «non sexiste». Ce mode d’expression jadis limité aux cercles militants s’est depuis propagé de génération en génération. Ces codes, similaires en français comme en espagnol, Slate.fr les utilise depuis plusieurs années déjà. Votre serviteur, quant à lui, s’y adapte au fil de ces lignes.

L’égalité des genres, une priorité

En campagne pour l’élection présidentielle ou durant les discours de prolongation de la quarantaine obligatoire, M. Fernández aime utiliser le langage inclusif. Chef d’une nation si chrétienne qu’elle a vu naître le pape François, il parvient à se positionner comme un père de famille exemplaire en faisant appel à cet outil. Car son ouverture sur les thématiques de genre, il la doit surtout à ses conversations avec son fils Estanislao, alias Dyshy, artiste drag queen et cosplay.

Dans une société où le mouvement social le plus grand et le plus actif est celui réclamant la légalisation de l’avortement et l’égalité des genres, l’usage de formulations linguistiques non discriminatoires devient un argument politique de poids. Le mandataire, arrivé au pouvoir fin 2019, dépasse son statut d’homme blanc, sexagénaire et hétérosexuel, pour se montrer à l’écoute d’une clameur très répandue dans son pays. Celle d’une lutte contre les inégalités de genre et leurs répercussions linguistiques.

Avant que l’actualité sociale argentine ne soit monopolisée par l’avancée de la pandémie, elle était d’ailleurs concentrée autour de l’usage du langage inclusif et de la loi de légalisation de l’IVG, mise en suspens par la quarantaine.

Un usage déjà bien ancré

Si cette thématique est omniprésente dans le pays, c’est bien parce que l’approbation du langage inclusif va croissante, dans la rue comme dans les institutions. Les uns après les autres, les départements d’université l’intègrent à leurs communiqués, à commencer par les Facultés de sciences sociales, humanités et éducation. Des thèses sont ainsi écrites en langage inclusif et pas seulement dans la capitale, Buenos Aires, épicentre du bouillonnement culturel et militant. Ce sont d’ailleurs l’université de Río Cuarto puis celle de Rosario qui ont fait les premiers pas.

Les différentes administrations, ministères, communes et régions (celle de Buenos Aires en particulier) incluent peu à peu «el inclusivo».

Si cette thématique est omniprésente, c’est que l’approbation du langage inclusif va croissante, dans la rue comme dans les institutions.

C’est aussi le cas du PAMI, le programme (public) de soins médicaux complets qui s’adresse aux retraité·es, aux septuagénaires et aux ex-combattant·es de la guerre des Malouines. Comme si le phénomène avait vocation à convaincre les aîné·es…

Malgré l’ampleur du phénomène, les enquêtes d’opinion manquent. Seule l’entreprise de travail intérimaire Adecco a réalisé un sondage sur ce sujet. Selon ses résultats, six Argentin·es sur dix seraient opposé·es à l’usage du langage inclusif dans leur travail.

Un «e» qui neutralise

D’un point de vue technique, l’une des traces les plus fréquentes du langage inclusif en espagnol est autant graphique que sonore. Au pluriel, le processus consiste à placer un «e» en lieu et place du «o» masculin ou du «a» féminin des terminaisons. On abandonne le dédoublement genré et le masculin du pluriel dit «générique». Ce «e» neutre vient remplacer les caractères «@» et les «x», précédemment utilisés dans les cercles féministes et LGBT, mais illisibles.

Concrètement: les diputados et diputadas («députés» et «députées») deviennent diputades. C’est avec ce terme que Natalia Mira, alors vice-présidente du Bureau des élèves du lycée Carlos Pellegrini, popularisa l’usage du «e» neutre, en répondant aux questions d’une chaîne d’info en continu.

La jeune femme évoque au micro les «diputades indecises» (double «e» neutre), des député·es indécis·es appelé·es à se positionner sur le projet de loi de légalisation de l’IVG. Nous sommes en juin 2018. L’extrême fluidité de son expression témoigne d’une naturalisation des outils de langage. Le président argentin, lui, se montre parfois plus balbutiant mais s’en sort toujours. Plutôt qu’une neutralisation, il opte pour un triple dédoublement: «Argentinos», «Argentinas», «Argentines».

L’Académie des lettres veille

Dès lors qu’il dépasse les cercles militants, le langage inclusif oblige l’Académie argentine des lettres (AAL) à se positionner. On constate une différence entre la prise de position de la présidente, Alicia María Zorrilla et celle de Santiago Kalinowski, directeur du Département de recherches linguistiques de cette même entité, responsable de l’étude et de la réglementation de l’utilisation de la langue espagnole en Argentine.

«La différence entre nos positions est surtout une différence de tonalité, relativise M. Kalinowski. Car sur le fond, ma position à titre institutionnel ne diffère pas tant de celle de la présidente. Je considère moi aussi que la discussion qui tourne autour des règles grammaticales n’est pas pertinente.»

Il considère son travail comme des règles auxquelles il doit prêter attention: «Ce langage [inclusif] condense une réclamation politique et n’a donc rien à voir avec la grammaire. Notre rôle, en tant qu’entité, est d’observer l’usage des locuteurs et l’analyser, sans intervenir. Il faut ajouter que l’usage de formulations inclusives est en débat de puis des dizaines d’années: la Constitution vénézuélienne [de 1999] utilisait déjà le dédoublement Vénézuéliens et Vénézuéliennes.»

Grammaire et politique

Peut-on parler de phénomène purement militant ou est-ce le reflet d’un changement de paradigme? Selon Karina Galperin, docteure en lettres et professeure à l’université Torcuato Di Tella, le langage inclusif est «nécessaire, pour beaucoup de gens, et dépasse la revendication féministe»«Mon fils de 14 ans écrit avec le “e” sans aucune intervention militante dans ses chats de WhatsApp. L’usage est peut-être encore embryonnaire mais c’est déjà une forme d’utiliser la langue«, précise l’universitaire, dans un débat avec ce même Kalinowski, sur le plateau du journal conservateur La Nación.

Malgré les liens que maintient l’AAL avec le reste des Académies de la langue espagnole et Real academia española (RAE), M. Kalinowski s’autorise une critique en direction de la sacrosainte académie espagnole: «On croit parfois que les changements linguistiques sont promus par la RAE. Ce n’est pas le cas. La langue ne se décide pas dans ces entités centralisées.»

«Mon fils de 14 ans écrit avec le “e” sans aucune intervention militante dans ses chats de WhatsApp.»

Karina Galperin, docteure en lettres et professeure

«Quand la RAE se prononce sur l’usage de formules non grammaticales des locuteurs, elle fait elle-même de la politique. Les temps sociaux et linguistiques sont très différents et pour qu’un changement trouve un écho grammatical, il faut beaucoup de temps.»

Le sujet du langage inclusif est tellement politisé dans le monde hispanique que le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez, à son tour, y a vu une belle fenêtre de tir. En début d’année, la vice-présidente Carmen Calvo a sollicité un audit de la RAE sur l’éventuelle intégration du langage inclusif à la Constitution espagnole. Outre la diabolisation opérée par le journal hyper conservateur ABCle gouvernement espagnol n’aura pas récolté beaucoup plus qu’une nouvelle maladresse de la RAE. Pour l’entité régulatrice de la langue de Cervantes, c’est le masculin pluriel qui est «inclusif».

Un débat dans le monde hispanique

Générateur de débat politique, le langage dégenré alimente également la symbolique de tensions géopolitiques larvées, au sein d’un monde hispanique très étendu et hétéroclite. Le prix Nobel de littérature péruvien Vargas Llosa, connu pour ses positions sociales conservatrices, défend de son côté une position inflexible, alignée sur celles de la RAE. En mars 2019, il évoque par exemple «les excès risibles du féminisme» dans une interview à La Voz del Interior, journal basé dans la ville argentine de Cordoue, où s’est déroulé le VIIIe congrès de la langue espagnole, la deuxième la plus parlée au monde.

Ce débat linguistique est si étendu au pays de Borges, que tous les médias nationaux, y compris ceux catalogués à droite, ont posé la question du langage inclusif à Luis García Montero, directeur de l’Institut Cervantes. Contacté par téléphone, le numéro 1 de l’institution chargée du rayonnement de la langue et basé à Madrid, insiste sur le fait que «l’Institut Cervantes, qui n’est pas une entité régulatrice à la différence de la RAE, considère que la langue appartient aux locuteurs».

«Je préfère utiliser les ressources dont dispose la langue que de la falsifier.»

Luis García Montero, directeur de l’Institut Cervantes

M. García Montero, poète de profession et plusieurs fois candidats à des élections pour le compte de la Gauche Unie (Izquierda Unida), salue «la diversité dans la langue, qui est une richesse de l’espagnol, à laquelle le langage inclusif participe».

«Il est évident que nombre de nos règles ont surgit durant des périodes où la société était machiste, poursuit-il. Je trouve donc très sain qu’il y ait un travail de séduction démocratique qui s’applique aussi au domaine de la langue. Cependant, je préfère utiliser les ressources dont dispose la langue que de la falsifier. Si j’utilise le “e” neutre, j’exclue par exemple ma mère, qui ne verra dans ce changement guère plus qu’une folie de son fils ou bien une lubie provenant des élites qui jouent aux cultureux de par le monde.»

Les Espagnol·es sont-ils si loin que ça de toucher à un monument identitaro-littéraire, comme Don Quichotte: les Argentin·es leur font déjà du pied en «traduisant» le texte national sacré, Martín Fierro. Preuve que même les gauchos n’ont pas peur de discuter de thématiques de genre.

[Source : http://www.slate.fr]

Scandale du « sévice public »

Saint Nicolas à Amsterdam en 2013. Les « Zwarte Piet » précèdent l’arrivée de Saint Nicolas

Aux Pays-Bas, la tentative par la très officielle Société de Diffusion Néerlandaise d’imposer le multiculturalisme a subi un revers à la suite d’une révélation embarrassante. 

Écrit par René ter Steege

400 journalistes de ce pilier de la radio et télévision publique qu’est la Société de Diffusion Néerlandaise participaient à un concours qui récompensait celui ou celle qui avait le plus contribué à promouvoir la « diversité ». À la fin de chaque mois, un jury annonçait le nom de l’heureux gagnant du trophée instauré spécialement à cet effet.

Le scoop a également révélé l’existence au sein des rédactions de la NOS d’une base de données contenant les noms et coordonnées de spécialistes de tous bords, pourvu qu’ils soient d’origine non-européenne

Après le tollé qu’a soulevé le scoop du site d’investigation GeenStijl, le directeur de la chaîne publique NOS s’est vu contraint, la semaine dernière, de mettre un terme au concours. Selon lui, il s’agissait d’une initiative journalistique ludique plutôt que d’un projet officiel de sa fondation. Mais le mal était fait. L’échec a été d’autant plus cuisant que même des politiciens et des écrivains « issus de l’immigration » ont exprimé leur dégoût de « ce racisme soi-disant bien intentionné », selon un directeur de journal.

La Société de Diffusion Néerlandaise (NOS) au cœur de la polémique

La crédibilité de la NOS, de loin la plus grande société de diffusion, financée par les deniers publics, en a pris un coup. Bien des auditeurs et de téléspectateurs voient dans ce scandale, qui ne se borne pas au petit monde médiatique, la preuve d’une discrimination anti-Blancs. L’initiative « ludique » a eu un effet diamétralement opposé au but recherché : faire accepter par la population néerlandaise l’existence de minorités ethniques comme des atouts pour la société, au lieu d’assistés, de délinquants ou de musulmans détestant la société impie néerlandaise. Le site GeenStijl alerte depuis belle lurette contre ce qu’il qualifie de culture du politiquement correct de la NOS, bête noire de politiciens marqués à droite comme MM. Geert Wilders et Thierry Baudet. Ceux-ci ont exigé des explications au gouvernement sur ce qu’ils estiment être du détournement de l’argent du contribuable en faveur d’un projet foireux.

Le scoop a également révélé l’existence au sein des rédactions de la NOS d’une base de données contenant les noms et coordonnées de spécialistes de tous bords, pourvu qu’ils soient d’origine non-européenne. Les rédacteurs puisent dans cette base chaque fois qu’ils ont besoin d’un expert censé pouvoir éclairer le public. Ceci dans le but de ne pas montrer que des visages blancs, ou masculins lors des journaux télévisés, où la NOS règne en maître. Si la direction vient d’interdire le concours pour le trophée de la diversité, le « divibokaal » instaurée fin 2019, il n’en va pas de même de cette base de données ethniques, cette preuve « d’apartheid à la sauce progressiste », selon ses pourfendeurs.

Novlangue orwellienne

Les dénonciateurs utilisent cette affaire pour rappeler également le rôle de la NOS pour faire accepter des changements dans le vocabulaire néerlandais, car dans la plupart des médias certains mots sont bannis depuis peu. Tel « blank », blanc, pour désigner quelqu’un de peau blanche ou claire. Pour blank, on a imposé wit, blank étant considéré comme faisant preuve de la supériorité de la race blanche, pardon, wit. Autre mot banni : allochtoon, pour désigner l’origine non-néerlandaise, extra-européenne, de quelqu’un. Au fil des ans, ce mot aurait acquis une connotation péjorative, car lié souvent comme adjectif à « criminel ».

La NOS suit de tels préceptes à la lettre, jamais officiels mais fortement recommandés d’en haut. Elle a également banni les visages noircis des Zwarte Piet. Ce sont les auxiliaires du bon Saint-Nicolas, patron d’une des plus importantes fêtes traditionnelles, le 5 décembre. Dorénavant, Piet n’est plus noir, zwart, mais grimé dans plusieurs autres couleurs, car la version originale serait dégradante pour les personnes originaires du Surinam ou des Antilles néerlandaises.

Relai militant

La NOS a joué un rôle d’avant-garde dans le blanchiment de Zwarte Piet, ce qui a donné lieu à des actes de résistance de citoyens « traditionalistes ». Ceux-ci ont empêché des manifestants anti Zwarte Piet de se rendre à la province de Friesland, Frise, en coupant l’autoroute vers la ville où le cortège de Saint-Nicolas ferait son entrée triomphale. (Une lauréate du trophée de la diversité a vu récompenser son reportage sur des Néerlandais de couleur se plaignant du racisme qu’ils disaient éprouver, surtout autour du 5 décembre.)

Partout aux Pays-Bas, la police a dû séparer pourfendeurs et défenseurs de Zwarte Piet prêts à en découdre. Scènes de violence qui ont de quoi choquer dans un pays peu connu pour ses passions identitaires. Selon ses critiques, la NOS a contribué à enflammer les passions en faisant fi de la neutralité qu’impose son statut.

Sur le plan culturel, des activistes dans un état colérique permanent intiment les Néerlandais à ne plus désigner le 17ème siècle comme leur siècle d’or, Gouden Eeuw. C’est oublier que pendant cette période des Hollandais s’étaient enrichis grâce à la traite des Noirs, aux dires de la directrice du Musée d’Amsterdam, elle-même originaire du Surinam. Bien des Néerlandais ne pardonneraient pas à la NOS une énième génuflexion dans le choix du vocabulaire.

Ce serait une autre preuve de sa collaboration avec les ennemis de la fierté et de l’identité néerlandaises, remplacées par le dénigrement systématique de l’homme blanc, dans les sanglots duquel se mêlent tristesse et colère. Même l’utilisation du mot slaaf (esclave) lui est interdit désormais, car censé désigner un malheureux né dans cette condition inférieure aux Blancs. Comme alternative, les multiculturalistes prônent ‘quelqu’un fait esclave’ et certains médias commencent à obtempérer.

En écoutant les indignés, on dirait que les hommes blancs fâchés et grincheux constituent la majorité aux Pays-Bas, étouffant toute velléité de renouveau. En réalité, un peu plus de la moitié des habitants d’Amsterdam, Rotterdam et La Haye pouvaient être qualifiés d’allochtones avant que l’usage de ce mot ne fût proscrit.

Si le trophée de la diversité a été aboli, il est à craindre que ses effets pervers se fassent sentir encore longtemps. Un écrivain néerlandais d’origine turque s’est demandé mi-moqueur-mi-affligé : « La prochaine fois qu’on m’interviewe à la télé, serait-ce uniquement parce que mon nom figure dans une base de données comme Turc de service ? »

[Photo : AMORIM PAULO/SIPAUSA/SIPA – numéro de reportage : SIPAUSA30096924_000007 – source : http://www.causeur.fr]

A ‘¿Puedes oírme?’, Pedro Ballesteros dibuixa el mapa filosòfic fonamental de l’escultor

Jaume Plensa, espiritualitat i matèria

Escrit per Gerard E. Mur

De petit, els dies de tempesta, després de barallar-se amb el seu germà, Jaume Plensa s’amagava al piano vertical del pare. Hi cabia replegat en un costat. De vegades, el pare tocava aquell piano sense saber que un dels fills s’hi refugiava dins. Al llarg dels anys, l’escultor ha deduït que va ser a l’interior d’aquell instrument on va començar a entendre la vibració del material, “el moment en què tu i el tot esteu en la mateixa vibració, el mateix ritme, com si tu i l’univers forméssiu part del mateix organisme; potser per això vaig acabar sent escultor”. Aquesta i altres reflexions de l’artista desfilen pel documental ¿Puedes oírme?, de Pedro Ballesteros, una de les propostes de la nova edició del DocsBarcelona. El film funciona com una antologia de la filosofia de Plensa. Una filosofia que cristal·litza en la seva obra, sovint monumental: l’espiritualitat dels grans rostres, la comunitat representada en les figures de lletres, la proximitat permanent amb l’aigua, la col·locació de l’escultura com una plantació, un arrelament.

Ballesteros ha seguit l’escultor per un grapat dels països on té instal·lades obres. El director no ha volgut tancar-se al taller de Plensa (que en un determinat moment sí que visitem). La reflexió aflora al costat de cada creació. Com una invocació. De vegades, l’obra està en plena materialització (Voices); en altres ocasions –la majoria–, l’escultura ja fa temps que està integrada en el seu entorn. El mapa de Plensa abasta una bona part del globus. El seu pensament ha niat als Estats Units, al Japó, a Suècia, a França, etc. Als llocs on l’obra ja porta uns anys instal·lada, Plensa recorda, confirma i detecta canvis (penso en les tortugues del petit pavelló d’Ogijima). Ballesteros ha distribuït els viatges en funció dels conceptes claus de l’escultor: paraules, plaça, memòria, silenci, temps… Cada obra explica un d’aquests conceptes. Algunes, però, n’expliquen, en manifesten, més d’un.

La filosofia escultòrica de Plensa llança idees recurrents; i és aquí on el documental guanya volum: Ballesteros ha dibuixat el mapa filosòfic fonamental de l’artista. Afermen cinc conceptes concomitants i obstinats: l’espiritualitat i l’energia (“necessitem que els espais urbans tinguin alguna cosa que ens abraci i ens protegeixi”), l’espai públic (“el gran espai públic és l’aigua”), la comunitat, el valor de la diferència (“la uniformització sempre és un desastre”) i la reclusió de l’obra (“l’escultura també ha de saber viure sola”). De mica en mica, reflexió rere reflexió, absorbim la idea central del documental: l’ofici de Jaume Plensa és el pensament, que ell mateix precisa i projecta en escultures. Cal dir, però, que, de vegades, el sentit del missatge es perd, per confús o perquè no hi trobem la solidesa que esperem.

Més enllà del pensament, Ballesteros també s’atura en altres punts de la vida, l’obra i la trajectòria de Plensa: els orígens de la reflexió artística (el pare, lector de novel·les, li transmet la passió per la literatura, que ell adquireix a través de la poesia; “el poeta és l’ànima d’una societat”, diu l’artista, que parla de Baudelaire, Blake, Rilke, Williams Carlos Williams…); el treball de projecció manual del seu equip, que l’escultor supervisa de prop; el taller de Sant Feliu (Plensa diu que necessita treballar en zones de neutralitat, buides de bellesa); la connexió japonesa (“el meu treball a l’espai públic va començar al Japó”); la dedicació solitària que demanen les obres de format menor (dibuix, pintura, instal·lació, gravat…); la retrospectiva que va muntar el MACBA el 2018, etc.

Paral·lelament al testimoni de Plensa, Ballesteros exposa l’opinió de veus expertes que valoren el treball de l’artista: la galerista Mary Sabbatino (Galeria Lelong), Ferran Barenblit, director del MACBA, Fumio Nanjo, del Mori Art Museum, el comissari Sune Nordgren, els també galeristes Stefan Andersson i Fram Kitagawa, etc. Sabbatino destaca “la commoció i la humanitat presents en cada manifestació física de la seva obra” i la combinació, quan parla dels grans rostres, de la fugacitat de la imatge amb la resistència material, “una nova manera de retratar”. Nanjo subratlla el trencament de Plensa respecte de la tradició escultòrica: “Sovint, una escultura és un objecte voluminós i tancat. Les seves figures humanes formades per lletres retallades [Roots] no tenen volum; això transmet una sensació de lluminositat i transparència; ens deixa veure l’altre costat de l’obra”. Tots coincideixen en un punt: el seu treball és una presència que converteix la ciutat en un lloc més acollidor. Reconeixen seducció i immediatesa.

Finalment, toca avaluar la forma. La factura del documental és notable. El ritme és bo, no encalla. Els testimonis complementaris estan inserits amb sentit. La música apareix en el moment oportú. Cap element grinyola amb estridència. És una narració compacta i lleugera –amable– alhora. Ballesteros, a més, ha decidit no intervenir; una decisió que ajuda a tancar el focus del documental sobre Plensa; es tracta d’aïllar el personatge, acompanyar-lo, que s’expliqui únicament ell.

[Font: http://www.nuvol.com]

Un libre vulgarisator de mai sus l’istòria d’Occitània

« Petite histoire de l’Occitanie » de Joan Sagnes

Escrich per Pèire Rabasse

            Joan Sanhas (Sagnes dins la lenga de l’ocupant) es un istorian occitan especializat dins l’istòria contemporanèa. A mai que mai trabalhat sus las regions occitanas e lo Nòrd de Catalonha. Es estat professor a l’Universitat Pau Valèri de Montpelhièr. Sos estudis fan autoritat dins lo domèni. Es ara retirat.

            L’ora sembla èsser venguda de far conéisser a totes los ciutadans d’Exagonia l’existéncia del país nòstre. Èra ora ! mas es pas jamai tròp tard per plan far. Ja aguèri lo plaser de presentar dins lo N° 131 del Lugarn lo libre de Felip Martèl títolat « Histoire de l’Occitanie » paregut en 2019. D’uèi es vengut lo moment per ieu de vos parlar del libre de Joan Sanhas, paregut un pauc abans amb lo títol de « Petite histoire de l’Occitanie ». Me desencusarètz d’aver pas respectat la cronologia, mas son los azards de mas crompas librescas que comandan la redaccion de mos articles.

            Una remarca per començar a prepaus de l’edicion d’aquestes dos obratges. Nòti, un còp de mai, que son pas estat editats a París o en França. Lo de Felip Martèl o foguèt per un ostal breton e aqueste per un ostal occitan. Lo mesprètz contunha. L’escanament se perseguís. Qual se n’estonariá ? Partent del principi que quand se parla pas d’una causa, aquesta existís pas, França e son intelligentzia parisenca fan tot çò que pòdon per nos ignorar e atal nos escafar de la comunitat de las civilizacions umanas. Es una arma politica utilizada per totes los imperialismes. Aquel refús caparrut de París de parlar pas de nosaus deuriá dobrir los uèlhs als Occitans. Lo denonciar pas, seriá nos respectar pas.

            Aquel libre es un obratge de sintèsi que, plan solide, tota l’istòria d’un país -quin que siá- non saupriá claure dins un libre de pòcha. Pasmens, l’essencial i es e Dieu sap qu’en matièra de sintèsi cal sempre anar a l’essencial. L’obratge es tras que plan engimbrat compte tengut que lo conceptor de l’edicion a pas debrembat cap dels simbòls nacionals d’Occitània. Tre la pagina primièra se tròba lo drapèu. Es pas per èsser chauvin que dire que la bandièra d’un país es un marcaire important de l’identitat d’una nacion. Autre marcaire important que permet una mirada immediata de l’objècte estudiat, aquò’s la mapa del país. Aquesta es plaçada a la pagina segonda del libre. Son pas que las doas solas illustracions del libre mas son sufisentas per permetre al legeire de se far una idèia visuala d’Occitània.

            Lo contengut es condreitament despartit en mantunes capítols : « Los tempses preistorics e antics » ; « A l’origina : una lenga, un territòri » ; « Trobadors, catars e crosats (XIIen e XIIIen sègles) » ; etc… Lo libre s’acaba per una prospèctiva « D’uèi, una occitanitat novèla ? ». Per cada capítol, o puslèu al dintre de cada capítol, se tròba d’encarts que permeton a l’autor de desvolopar tal punt o tal autre. Atal pòt far alternar los traches bèls amb los detalhs. De gaire escriuriái que fa alternar l’istòria granda amb la pichona.

            Lo vos vau pas espepissar pel menut, mas a l’ora dels regionalismes exacerbats al dintre del movement nacional occitan pòdi pas passar lis sus fach que Joan Sanhas nòta plan l’unitat de la lenga a l’Edat-Mejana : « Parlant de l’occitan poetic, l’egrègi especialista de l’occitan Pèire Bèc soslinhèt lo fach que tocant a l’italian, a l’espanhòl o al francés èra aisit de constatar d’importantas diferéncias dialectalas segon las originas geograficas. Mentre que tre la debuta de l’occitan avèm afar a una lenga de circulacion literària relativament unificada ont es malaisit de trobar una coloracion dialectala quina que siá, o mai exactament, ont los critèris dialectals apareisson talament pauc qu’una localizacion geografica del tèxte es fòrça malaisida ». D’aquò me sembla necessari de ne tirar qualques leiçons. La primièra d’aquestas e qu’aprèp cinc cents ans de colonizacion lingüistica de massa e d’esparpalh de la lenga, l’ora es arribada de tornar a un estandard occitan se volèm reconquistar lo terren perdut.

            Sol pichon bemòl (e plan mòl) tocant a l’objectivitat de l’autor es que pel periòde contemporanèu menciona lo Partit Occitan sens parlar del Partit de la Nacion Occitana : « D’uèi, sol lo Partit Occitan fondat en 1987 perseguís lo combat sul terren politic… ». Joan Sanhas pòt pas ignorar l’existéncia del partit occitan mai ancian qu’es lo Partit de la Nacion Occitana. Es indenegable que per un istorian d’aquel calibre se pòt pas trachar d’un oblit e s’es pas un oblit es plan una causida e mai una volontat politica de lo nomar pas. Ne pòrta sol la responsabilitat e los Occitans ne jutjaràn.

            Mentretant, e per èsser mai objectiu qu’el, dirai que tot al long de l’obratge, l’istorian a saput servar una distància professionala. Es aquela neutralitat que, dins l’ensemble, fa la fòrça e l’interés del libre. Per acabar, la causa es importanta e interessarà fòrça las gents, a la fin de cada capítol balha una bibliografia fornida per los que voldrián cavar lo subjècte desvolopat.

            Un libre d’ofrir a totes los immigrats qu’arrivan en Occitània.

« Petite histoire de l’Occitanie » de Joan Sagnes. Edicions Cairn.

Acabat d’imprimir en junh de 2018. 215 paginas.

[Poblejat dins lo.lugarn-pno.over-blog.org]