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Capture d’écran d’une vidéo sur YouTube [1] sur des manifestations au Pays Basque pour la protection de l’enseignement immersif

É

La France a longtemps pratiqué une politique linguistique axée sur l’imposition du français comme seule “langue de la République” tout en ignorant, voire interdisant l’usage de plus de vingt autres langues parlées sur son territoire européen. Au 21ᵉ siècle, les attitudes ont changé grâce à un regain d’intérêt pour les cultures régionales, ainsi qu’à certaines mesures législatives. Une nouvelle loi censée protéger les langues régionales passée en mai de cette année vient relancer le débat.

La nouvelle loi, intitulée Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion  [2](dite aussi Loi Molac du nom du député Paul Molac [3] qui avait proposé ce projet de loi), entérine certaines avancées sur l’usage des langues régionales. Le texte législatif reconnaît ainsi l’importance de ces langues en termes généraux en leur conférant d’une part un statut de “trésor national” et d’autre part en soutenant l’enseignement des langues régionales, obligeant les communes “à contribuer aux frais de scolarité des écoles privées proposant un enseignement bilingue”.

Toutefois, la loi butte sur de nombreux aspects et continue à discriminer les locuteurs de langues régionales dans deux domaines : l’enseignement immersif et l’emploi de signes diacritiques spécifiques aux langues régionales dans les papiers d’identité.

En France, l’enseignement immersif consiste à plonger de très jeunes enfants dans un cursus où toutes les matières ou presque sont enseignées dans la langue cible. Ainsi l’histoire ou les mathématiques sont par exemple enseignées en breton ou en basque. Cet enseignement concerne 14 000 élèves [4]ce qui représente 0,1 % des élèves français, un chiffre en augmentation régulière [5].

La Bretagne a montré le chemin en 1977 en créant les écoles Diwan qui proposent une éducation bilingue dans plus de 50 écoles [6]. Ce mouvement a été suivi pour l’occitan (écoles Calandreta [7]) ainsi que d’autres langues comme l’alsacien, le corse et le basque. Ces écoles sont dites associatives, financées par l’État et les familles, et dispensent un programme scolaire approuvé par le ministère de l’Éducation nationale avec un statut d’”enseignement privé sous contrat”, dont relèvent également la plupart des écoles privées catholiques, par exemple.

Dans la rédaction finale du texte de la loi du 21 mai, le Conseil Constitutionnel s’est référé à l’article 2 de la constitution française [8] qui déclare que “La langue de la République est le français” pour justifier l’interdiction de l’enseignement immersif en langues régionales.

Un État-nation qui impose une langue unique 

Pour l’État français, la centralisation est un élément constitutif de son identité, et ceci inclut le rôle de la langue française.

Le français est une langue romane qui a évolué à partir du latin qui se divise au Moyen-Âge en langues d’oc et d’oïl au sud et au nord du territoire de la France actuelle.

En 1539, un premier document impose l’usage du français, qui remplace le latin comme langue officielle pour tous les documents publics. Il s’agit de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts [9] du roi François Ier. Au départ, le français reste une langue minoritaire qui cohabite avec d’autres langues, mais peu à peu il s’impose comme langue dominante et exclusive dans tous les domaines : gouvernance, jurisprudence, éducation, commerce, religion, littérature et médias.

Au 19ᵉ siècle le système éducatif renforce ce rejet des langues autres que le français en particulier sous l’égide du ministre de l’Éducation de l’époque, Jules Ferry [10], qui interdit l’usage des langues régionales à l’école sous peine de châtiments. C’est la fameuse sentence énoncée dans les écoles publiques du pays: “Interdit de cracher par terre et de parler breton [11] (ou basque, occitan ou toute autre langue régionale).

Une diversité linguistique en net déclin

Aujourd’hui, une institution étatique est en charge des langues parlées en France, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France [12]. Elle répartit les langues en trois catégories en dehors du français: langues régionales [13] parlées en France métropolitaine, les langues non-territoriales [14]comme le yiddish, le romani ou la langue des signes, et les langues des Outre-mer [15] dont on compte plus de 50 et parmi lesquelles figurent le kanak, le tahitien, ou le créole.

Les 23 langues régionales officiellement reconnues représentent une grande diversité linguistique comportant des langues romanes (catalan, corse, occitan, francoprovençal), germaniques (flamand, alsacien), celtes (breton) et non-indo-européennes comme le basque.

Mais si ces langues étaient les principales langues maternelles de millions de Français et Françaises jusqu’au 19ᵉ siècle [16], aujourd’hui on estime le nombre de locuteurs de ces langues à 2 millions, soit un peu moins de 3 % de la population de France métropolitaine. Voilà pourquoi l’État devrait se mobiliser pour freiner ce déclin et encourager un renouveau linguistique pensé dans la diversité.

Une politique en zigzag qui semble systématiquement opposer reconnaissance de la pluralité et défense du français

Toutefois, l’État français maintient une position ambiguë au sujet des langues régionales, hésitant entre diversité linguistique et protection sourcilleuse du français. En 1992, il a tenu à faire amender la constitution de la 5ᵉ République pour stipuler pour la première fois la place officielle de la langue française, mentionnée dans ce fameux article 2 afin de défendre la langue française qui semblait en péril face à une progression de l’anglais.

De plus, la France refuse de ratifier les 39 articles de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires [17] qu’elle a signée, en évoquant encore une fois une contradiction avec le même article de sa constitution. Ce traité datant de 1992 du Conseil de l’Europe [18] se propose de sauvegarder la diversité linguistique en Europe et inclut “la nécessité d’une action résolue de promotion des langues régionales ou minoritaires, afin de les sauvegarder; la facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée la mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement et d’étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés.”

Des changements interviennent en 2008 lors d’une révision constitutionnelle [19]qui mentionne ces langues dans l’article 75-1 de la Constitution : “Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.” À ce sujet, le seul domaine où on peut noter un relatif engagement de l’État est l’aide financière apportée à des programmes radio et télé qui s’ajoutent à des initiatives privées principalement pour l’alsacien, le basque [20], le breton [21], le corse [22] et l’occitan. [23]

Manifestations et retour en arrière du Conseil Constitutionnel 

Suite au passage de la loi du 21 mai, de nombreuses manifestations [24] ont eu lieu à travers toute la France principalement au mois de mai pour dénoncer une censure de l’enseignement immersif qui dépend largement d’un soutien financier de l’État. Des pétitions [25] ont été lancées qui rappellent que l’article 2 de la constitution avait été élaboré et présenté comme une défense du français à l’encontre de l’anglais. Fait à noter, de nombreuses écoles bilingues français-anglais pratiquent l’immersion linguistique en France et ne semblent pas tomber sous le coup de cette loi.

Les activistes rappellent également que le président français Emmanuel Macron avait pris la défense [26] des langues régionales dès le 26 mai, s’opposant clairement à la décision du Conseil Constitutionnel qui a fini par réagir le 16 juin [27] en précisant que l’enseignement immersif est anticonstitutionnel uniquement dans l’enseignement public, mais autorisé dans le secteur privé.

Les activistes se penchent maintenant sur la définition du terme d’école associative [28] qui peut être interprété comme faisant partie du service public. La partie de ping-pong politico-législative va donc continuer. Reste à savoir si le 2 septembre, les élèves qui parlent alsacien, basque, breton, corse ou occitan retrouveront le chemin de leurs écoles.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/07/20/266601/

URLs dans ce post :

[1] sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=-hHvFsDdIEM

[2] Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion : https://www.vie-publique.fr/loi/278001-loi-sur-les-langues-regionales-loi-molac#:~:text=25%20mai%202021-,Loi%20du%2021%20mai%202021%20relative%20%C3%A0%20la%20protection%20patrimoniale,r%C3%A9gionales%20et%20%C3%A0%20leur%20promotion&text=La%20proposition%20de%20loi%20apporte,enseignement%20et%20les%20services%20publics.

[3] Paul Molac: https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Molac

[4] 14 000 élèves : https://www.youtube.com/watch?v=aqhfv2-dvA8

[5] un chiffre en augmentation régulière: https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/29/01016-20130729ARTFIG00330-le-succes-des-langues-regionales-a-l-ecole.php

[6] éducation bilingue dans plus de 50 écoles: https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecoles-diwan-40-ans-enseignement-bilingue-langue-bretonne-toujours-menacee-1354929.html

[7] (écoles Calandreta: http://calandreta.org/

[8] l’article 2 de la constitution française: https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur#:~:text=DE%20LA%20SOUVERAINET%C3%89-,ARTICLE%202.,Libert%C3%A9%2C%20%C3%89galit%C3%A9%2C%20Fraternit%C3%A9%20%C2%BB.

[9] ’Ordonnance de Villers-Cotterêts: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts

[10] Jules Ferry: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry

[11] Interdit de cracher par terre et de parler breton: https://www.breizh-info.com/2016/05/25/44012/frederic-morvan-de-disparition-de-langue-bretonne/

[12] Délégation générale à la langue française et aux langues de France: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9l%C3%A9gation_g%C3%A9n%C3%A9rale_%C3%A0_la_langue_fran%C3%A7aise_et_aux_langues_de_France

[13] langues régionales: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-regionales

[14] langues non-territoriales : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-non-territoriales

[15] langues des Outre-mer: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-des-Outre-mer

[16] 19ᵉ siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France

[17] Charte européenne des langues régionales ou minoritaires: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires

[18] Conseil de l’Europe: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Europe

[19] révision constitutionnelle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_23_juillet_2008

[20] basque: https://www.communaute-paysbasque.fr/basque-et-gascon/basque/vivre-en-basque/les-medias-bascophones

[21] breton: https://www.missionbretonne.bzh/liens/medias-bretons/

[22] corse: https://www.isula.corsica/linguacorsa/Approche-de-la-langue-corse-a-travers-les-medias_a81.html

[23] l’occitan.: https://www.cfpoc.com/accueil/liens-utiles/medias/

[24] nombreuses manifestations: https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/langues-regionales-ce-qu-il-faut-retenir-du-debat-sur-la-loi-molac-7279489

[25] pétitions: https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/justice-nos-langues/147179?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20210608081501_23_nl_nl_lexpress_bout_des_langues_60bdc55a8a44675e7c7b23c6#EMID=4978ab130374749a14c630b07c77777415f957230f857034c02e5b56c20cdef9

[26] avait pris la défense: https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/26/langues-regionales-emmanuel-macron-defend-leur-enseignement_6081548_823448.html

[27] réagir le 16 juin: https://www.francebleu.fr/infos/education/langues-regionales-l-interdiction-de-l-enseignement-immersif-ne-concerne-que-le-public-selon-les-1624008746

[28] école associative: http://calandreta-milhau.fr/ecole-associative/

Un òme sonat Jean-Louis Iratzoki aguèt fracturats lo peronè e una cavilha per aver conversat amb son nebot en basco a Sant Joan de Lus (Bascoat), çò raportàvem aqueste dissabte dins las paginas de Jornalet. L’òme èra per carrièras davant l’ostal de son fraire e charrava amb son nebot qu’èra al balcon quand foguèt interpelat e brutalament agressat. “Sèm en França aicí, qu’es aquò, aquel patois?”, çò li diguèron los assalhidors. “Sèm en França aicí, qu’es aquò, aquel patois?”, vaquí la rason que justifica una tala agression.

La redaccion de Jornalet, coma la majoritat de las personas dotadas de consciéncia, sèm espantats davant aquel fach e esperam que los assalhidors seràn localizats e jutjats. Mas, tant que i aurà un estat oficialament —e constitucionalament— bascofòb, britofòb, catalanofòb, occitanofòb e fòb de tot çò qu’es pas francés, i aurà d’assalhidors per justificar quina agression que siá amb l’argument  “Sèm en França aicí, qu’es aquò, aquel patois?”

França, creatritz del mot  pervèrs patois, reclama falsament d’èsser lo brèç dels dreches umans e de la libertat. En nom d’aquelas libertat, egalitat e fraternitat, a practicadas d’umiliacions e de vexacions suls enfants de lengas occitana, alsaciana, arpitana, basca, bretona, catalana, còrsa o flamenca a l’escòla, per los obligar de renonciar a lors lenga e cultura. França a condemnat de nacions entièras a viure jos la “vergonha“ dins un procès pervèrs e maquiavelic de genocidi cultural. Los assalhidors de Sant Joan de Lus an integrats los arguments qu’an justificadas aquelas persecucions. “Sèm en França aicí, qu’es aquò, aquel patois?”.

En mai de se batre per un cambiament constitucional que permeta la liura expression de totas las lengas e culturas, es urgent que las autoritats francesas reconescan oficialament aquel culturicidi, que las escòlas ensenhen aquela istòria de vergonha e que se divulgue los testimoniatges de tant de mond qu’an patit en rason de lor lenga. Cal que totes los ciutadans sàpian quant de mond foguèron tustats suls dets amb la règla, foguèron umiliats en portant un bonet d’ase sul cap o un esclòp al còl; quant de ciutadans foguèron obligats de lecar los excrements dels comuns o d’urinar dins las bragas per una sola rason: “Sèm en França aicí, qu’es aquò, aquel patois?”.

Jean-Louis Iratzoki es pas estat la sola agression bascofòba qu’an patit los abitants de Sant Joan de Lus durant aquestes darrièrs jorns. Una de las victimas raportava a Mediabask que las violéncias bascofòbas an aumentat car “la cultura basca s’es refortida a Sant Joan de Lus e d’unes son contra”.

Tant que l’estat francés, luènh de demandar perdon per la Vergonha, presicarà lo mesprètz de las lengas e culturas autoctònas autras que l’oficiala, aquelas agressions aumentaràn a mesura que las culturas dels “mespresats” se veuràn refortidas. E cal dire qu’avèm l’intencion de nos batre per refortir nòstre occitan al país.

 

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Francesc Xavier Vila es l’autor del primièr estudi sociolingüistic de l’occitan en Aran

Imatge

La Direccion Generala de la Politica Lingüistica de la Generalitat de Catalonha es venguda un secretariat. Aquela pojada de reng cèrca de garentir l’avenir del catalan, de l’occitan e de la lenga dels signes catalana. La foncion màger del Secretariat de la Politica Lingüistica es d’analisar, planificar, dirigir, coordenar e executar la politica lingüistica de la Generalitat de Catalonha. A mai, son prètzfach es d’elaborar de proposicions legislativas restacadas a aquelas tres lengas territorialas, dont l’occitan.

Per dirigir aquel nòu secretariat, s’es nomenat lo sociolingüista Francesc Xavier Vila. Professor de l’Universitat de Barcelona e expèrt de l’evolucion de las lengas dins la societat catalana, Vila es l’autor d’Eth coneishement der aranés ena Val d’Aran, considerat coma lo primièr estudi sociolingüistic de l’occitan en Aran fach amb un metòde e de paramètres de recèrca omologables.

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Escrich per Lo Quentin

Lo 4 de junh lo despartament d’intelligéncia artificiala de Facebook publiquèt un papièr coma dison tocant las traduccions automaticas de mantuna lenga. Dos jòcs de donadas, un de 46 lengas e un autre de 101. 101 es l’identificant dels cors per debutant dins lo sistèma escolar estatsunidenc. Dins los dos grop trobem la lenga occitana representada. De 6000 lengas estimadas pel monde, causèron d’inclure nòstra lenga. Per aquesta experiéncia calguèt trobar un traductor professional per traduire 3001 frasas de l’anglés a l’occitan, frasas de la Wikipèda en anglés. Per çò qu’es dels còrpus, l’occitan es considerat coma «pauc dotat» en tèxtes numerizats e anonats. Mas un paragraf del papièr nos indica aquò:

«Al contrari [de las lengas africanas], la traduccion dins mantuna lenga europèa, amai lengas paucas dotadas coma l’occitan, an de melhoras performàncias. Aqueste resultat met en davant l’importància tan del nombre de donadas que lo transferiment d’aprentissatge de lengas ligadas. Per exemple, la traduccion cap a e a partir de l’occitan pòt naturalament manlevar de lengas plan dotadas coma lo francés, l’italian e l’espanhòl.»
Aprenèm doncas que la maquina poguèt crear de palancas entre lengas de meteissa familha per compensar las paucas ressorsas disponiblas. Seriá de bon contar al monde contra lo multilingüisme aquò.

Òm pòt se demandar l’interest de Facebook de menar aqueste estudi. Encara que siasque pas perfiècha la traduccion automatica permet de comprendre l’idèa màger d’un messatge. Pòdi pas rescondre qu’aqueste malhum social practica de censura pels governaments e autres grops de pression. Per acabar amb una nòta positiva, los jòcs de donadas son provesits en open source.

Ligam cap al blog Facebook AI: https://ai.facebook.com/blog/the-flores-101-data-set-helping-build-better-translation-systems-around-the-world/

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

 

 

C’est à Paris que l’Italien Tommaso Melilli a fait ses premières armes derrière les fourneaux. Chantre de la trattoria, l’ex-étudiant en lettres publie «L’Ecume des pâtes», récit généreux mêlant petite et grande histoire

«Enfant, je préparais des soupes de fleurs pleines de fantaisie, avec de l’eau du robinet, des pissenlits, des violettes, de la chicorée sauvage et des marguerites. Je m’installais et je touillais», raconte Tommaso Melilli.

Il dort jusqu’à ce que l’odeur et la vapeur des pâtes égouttées dans l’évier atteignent son lit

L’Ecume des pâtes est un livre où l’on voyage à travers les cuisines et les régions, qui entremêle dans une joyeuse anarchie les passions des chefs, les anecdotes historiques et les confidences personnelles. «Je retourne deux fois par an dans la petite ville où je suis né. C’est là où vit ma famille», confie au téléphone notre chef italien en quête de racines. Chez lui, de retour dans le village où il a grandi en Lombardie, près de Crémone, il dort jusqu’à ce que l’odeur et la vapeur des pâtes égouttées dans l’évier atteignent son lit. Puis, au bout de trois jours, il cherche une excuse pour repartir.

Soupes aux fleurs

«La maison où j’ai grandi avait été une petite ferme», écrit-il. Quand ils le voient arriver, les voisins s’exclament: «Regardez qui est là, le Gitan!» Les souvenirs reviennent: «Derrière la maison, nous avions un grand jardin avec des orties qui me piquaient les mollets. À la campagne, on est seul, et enfant, je n’aimais pas être seul. Je n’aimais donc pas la campagne. Certains après-midis, je m’asseyais par terre, sous un abricotier: je préparais des soupes de fleurs pleines de fantaisie, avec de l’eau du robinet, des pissenlits, des violettes, de la chicorée sauvage et des marguerites. Je m’installais et je touillais.»

Quelques années plus tard, il se rend à vélo dans un village proche de chez lui entre Crémone et Mantoue, où Elda et Giuseppe ont repris dans les années 1960 une auberge au nom énigmatique: La Crepa (la faille), située sur la place du village au style Renaissance, qui abrite un théâtre, une église et la mairie. Les enfants et petits-enfants sont aujourd’hui aux fourneaux. Melilli fraternise avec le dernier venu, un Japonais du nom de Tatsuya. Là, sur ses terres, il prend conscience qu’il cuisine en parlant le dialecte de Crémone. Et, comme dans sa rubrique Pentole e parole (des casseroles et des mots) qu’il tient dans le journal La Repubblica, il disserte sur les mots et sur les plats.

On découvre le brocoli fiolaro qui vient de Vénétie, «gros bulbe de feuilles lancéolées, entre les feuilles de fougère et de chicorée»; le chou spigarello, aux feuilles frisées, légume de Campanie, avec lequel on prépare la soupe noire. De la plaine du Pô, on passe à San Maurizio di Frassino, en vallée occitane, où le mets simple et magistral est le «Tuma, patate e aïoli» – fromage frais, pommes de terre et aïoli. Ce plat délicat est célébré par le chef Juri Chiotti, fondateur du restaurant Reis (racines, en occitan).

L’espoir d’une gaffe

On est loin de Paris, quand il cuisinait chez le chef Giovanni Passerini le pigeon presque cru et le cavolonero, le chou noir. À Milan, ville où il réside aujourd’hui, Tommaso Melilli continue à se souvenir et à méditer: «Pour ceux qui ont eu la chance d’en avoir un, le bar est un lieu qui enseigne la différence. Les codes du politiquement correct n’y sont jamais entrés parce que la possibilité que quelqu’un commette une gaffe est un espoir, une occasion de combattre l’ennui.»

Melilli est resté un rat des champs dans la jungle des villes, qui retrouvent sous sa plume leur authenticité perdue grâce, par exemple, à un plat traditionnel comme le bouillon aux marubini, raviolis typiques de Cremone. «Je n’y peux rien, avoue-t-il: ce sont les choses que j’ai envie de manger, de cuisiner et d’offrir aux autres.»

Ce livre, en somme, est un hymne à l’amitié et à la sensualité des mets, qui pourrait se réclamer de celle que l’on nomma «la poétesse du goût», l’écrivaine Mary Frances Kennedy Fisher, Américaine qui découvrit elle aussi la gastronomie en exil et qui déclara: «Il me semble que nos trois besoins essentiels, de nourriture, de sécurité et d’amour, sont tellement mêlés entre eux que nous ne pouvons réellement penser à l’un sans le lier aux autres. Et c’est ainsi que lorsque j’écris sur la faim, j’écris vraiment sur l’amour, et sur la faim de cet amour, et sur la chaleur et l’amour et la faim de cette chaleur… et enfin sur la chaleur et la richesse et la splendide réalité de la faim apaisée… et tout ne fait plus qu’un.»

Récit
Tommaso Melilli
«L’Ecume des pâtes – À la recherche de la vraie cuisine italienne»
Traduit de l’italien par Vincent Raynaud
Stock, 240 pages.

 

 

 

 

 

[Photo : Greta Plaitano – source : http://www.letemps.ch]

La nova Secretaria de Política Lingüística impulsarà un “gran pacte” per incrementar l’ús del català

El govern català ha presentat aquest dimarts el decret de reestructuració del Departament de Cultura que, entre altres coses, preveu elevar Política Lingüística al rang de secretaria en lloc de direcció general com fins ara. El Departament de Cultura es proposa “reforçar la vocació transversal i constructiva de la nova Secretaria de Política Lingüística.

Acte de presentació del programa Ep! Escolta i Parla, el maig del 2019 / R.G.A.

La fins ara directora general de Política Lingüística, Ester Franquesa, s’ha acomiadat del càrrec tot destacant els “molts projectes realitzats” per la llengua catalana, l’aranès i la llengua de signes catalana tot i l’”escassedat de recursos” i les “situacions abans inimaginables” en els darrers anys “molt convulsos però també apassionants” que ha viscut el país.

El Departament de Cultura, ara en mans d’Esquerra Republicana de Catalunya, ha anunciat que el secretari de Política Lingüística es nomenarà “properament” i tindrà com a encàrrec principal desenvolupar “un gran pacte per la llengua per tal de protegir, incentivar i incrementar l’ús del català en tots els sectors”. El departament assegura que la llengua serà una “prioritat governamental” i que s’actualitzaran “els mecanismes que estudien i n’impulsen l’ús des d’una visió integradora i cohesionadora dins de la societat catalana”.

 

 

[Font: http://www.diaridelallengua.cat]

El govern espanyol les diferenciava en els informes que envia sobre compliment de la Carta europea de llengües regionals o minoritàries.

La Unió Europea li ha dit a l’executiu espanyol que el català i el valencià són la mateixa llengua. El govern de Pedro Sánchez pretenia fer-les passar per dues llengües diferenciades, però la Carta Europea de les llengües regionals o minoritàries els hi ha contestat que a l’Estat espanyol es parla « català a les Illes Balears, Catalunya i sota el nom de valencià/català al País Valencià ». Segons l’Estat les llengües cooficials són el basc, el gallec, el valencià, el català i l’occità/aranès.

El consell de ministres de Pedro Sánchez, format per membres del PSOE i Unides Podem, compta amb 2 ministres catalans; Miquel Iceta (Política Territorial i Funció Pública) i Manuel Castells (Universitats), nascut a Hellín (Albacete), i 3 ministres valencians; José Luis Ábalos (Transports, Mobilitat i Agenda Urbana), José Manuel Rodríguez Uribes (Cultura i Esports) i Lluís Planas (Agricultura, Pesca i Alimentació). Pedro Duque (Ciència i Innovació), malgrat ser madrileny, estiueja des de petit i té casa a Xàbia.

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

De polemicas politicas e judiciàrias an marcat en Catalonha los examens que comencèron dimars passat, e l’occitan es estat, indirèctament, dins lo debat

Ongan, un tribunal a ordenat al govèrn de la Generalitat que done a totes los escolans los enonciats dels examens en catalan, castelhan e occitan aranés, après una denóncia d’una associacion espanholista que planhiá que se balhèsse sonque los enonciats en catalan. Los jutges argumentan que lo catalan pòt pas èsser considerat coma “una lenga preferenciala”.

Ça que la, l’administracion catalana respondèt que los examens se farián en catalan mas que totes los estudiants avián a lor disposicion d’examens dins las tres lengas oficialas e qu’aurián, per tant, d’examens en espanhòl o en occitan s’o demandavan.

A la fin, sonque 67 escolans, sus mai de 5000, demandèron los fuèlhs d’examen en espanhòl. Sabèm pas quantes escolans los sollicitèron en occitan.

Es lo tresen còp que l’administracion prepausa de fuèlhs d’examen en occitan aranés.

Malgrat que l’occitan siá oficial al Principat de Catalonha dempuèi 2006, es sonque a partir de 2019 que las administracions comencèron de trabalhar per garentir los dreches lingüistics dels candidats occitanofòns. Dins aquel sens, cal mençonar l’estudianta aranesa Lourdes Bruna, qu’en 2017 respondèt pel primièr còp a dos examens preüniversitaris en aranés, après o demandar pr’amor de l’oficialitat de la lenga.

 

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

« De l’esperança a l’indignació ». El 29 de maig Perpinyà clamarà a favor de l’ensenyament en català

Cartell de la convocatòria a favor de la immersió educativa del 29 de maig a Perpinyà el

Cartell de la convocatòria a favor de la immersió educativa del 29 de maig a Perpinyà.

La sentència del Consell Constitucional francès barrant el pas a l’ensenyament immersiu del català ha provocat molt malestar a la comunitat educativa i a la societat de la Catalunya del Nord. L’anomenada ‘llei Molac’, elaborada pel diputat bretó Paul Molac pretenia defensar la protecció del patrimoni de les llengües regionals i la seva promoció, per primera vegada en diverses dècades.

Tot i això, la immersió lingüística en català i altres llengües regionals ha estat tombada perquè « la llengua de la República és el francès ». La prohibició pot afectar escoles que imparteixin classes en bretó, basc, català o occità.

Des de les Escoles Bressola s’ha resumit molt bé el trànsit que s’ha viscut entre l’aprovació de la llei i la seva derogació pel part del Constitucional: « Amb poques setmanes de diferència hem passat de l’esperança a la indignació ». Aquesta indignació és el sentiment que marca el comunicat que han emès per valorar la sentència i convocar una manifestació a favor del sistema immersió pel pròxim dissabte 29 de maig a les 15h a la Plaça Catalunya de Perpinyà.

La sentència no només reafirma la supremacia del francès respecte totes les llengües de l’Estat, sinó que posa en risc el model educatiu de la Bressola, perquè, segons la sentència, seria « il·legal » ensenyar en català.

Cartell de la convocatòria de la manifestació a favor de l’educació immersiva. 

 

 

[Imatge: La Bressola – font: http://www.racocatala.cat]

se faire brutalement répudier ; se faire éconduire désagréablement ; aller se faire voir ; se faire renvoyer brutalement

Origine et définition

Les Grecs avaient autrefois une réputation affirmée de pédérastie (je ne suis pas allé vérifier ce qu’il en est aujourd’hui, mais on me susurre dans mon oreillette qu’elle est très surfaite).
Alors quand on propose à quelqu’un d’aller chez eux, c’est parce qu’on veut rapidement s’en débarrasser et qu’on lui souhaite « bien du plaisir » une fois arrivé là-bas.
C’est tout aussi aimable que de proposer à quelqu’un « d’aller au Diable » afin qu’il aille brûler dans les flammes de l’enfer.

Compléments

Aujourd’hui, pour éconduire quelqu’un, on a aussi « casse-toi ! ». C’est plus court, mais ça fait moins travailler l’imagination.
Des variantes de cette expression existent avec des verbes nettement plus vulgaires à la place de ‘voir’, ce qui en accentue encore le côté désagréable.
Parmi ceux-ci, il y a le très imagé ‘empapaouter‘, qu’on comprend actuellement comme ‘enculer’ (‘sodomiser’ pour les oreilles chastes). Ce mot est en fait issu de l’occitan ’empapautar’, légèrement plus raffiné car il veut normalement dire ‘rouler’, ‘arnaquer’.

Exemples

En France, on a une expression injurieuse pour éconduire un individu, on dit « aller se faire voir chez les Grecs« .
C’est pour beaucoup le summum de l’impolitesse! (lire plus) France – Belgique – Luxembourg – Suisse « Aller se faire voir chez les Grecs » Quelle vulgarité!

Comment dit-on ailleurs ?

Langue

Expression équivalente

Traduction littérale

Allemand

geh doch dahin, wo der Pfeffer wächst

va où pousse le poivre!
Anglais fuck off ! / Piss off ! va te faire foutre ! / Va chier !
Anglais get lost vas te perdre, perds-toi !
Anglais go to bath aller au bain
Anglais go to Halifax aller à Halifax
Anglais go to Jericho aller à Jericho
Anglais (USA) fuck you ! va te faire foutre !
Anglais (USA) go get fucked vas te faire baiser, sodomiser
Arabe (Tunisie) mché yaq’dhi il est allé faire des courses
Espagnol (Espagne) ir a freír espárragos aller faire frire des asperges
Espagnol (Espagne) que te den por el culo va te faire foutre
Espagnol (Espagne) mandar a hacer puñetas envoyer faire des poignets
Espagnol (Espagne) ir a tomar por culo aller se faire foutre
Espagnol (Espagne) ¡Que te zurzan! va te faire reprendre !
Espagnol (Colombie) vaya que lo bañen va te faire laver
Espagnol (Argentine) andar a freír churros aller se faire frire des churros
Finnois painu helvettiin! va dans l’enfer
Français (Canada) aller jouer sur la ligne jaune
Français (Canada) aller se faire voir ailleurs aller se faire voir ailleurs
Français (Canada) envoyer jouer dans le trafic

se débarrasser de quelqu’un ou envoyer promener quelqu’un

Grec καλά ξεκουμπίδια! bon debarras !
Grec άντε και πηδήξου! va te faire sauter !
Hébreu נתבקש בישיבה של מעלה

on nous demandera de nous asseoir

Italien va fan culo ! va te faire foutre !
Italien vaffanculo! – Va al diavolo!

va dans le derrière – Va chez le diable

Italien vatti a far friggere va te faire frire
Néerlandais (Belgique) je kan de boom in tu peux monter l’arbre
Néerlandais (Belgique) kus mijn kloten ! embrassez mes couilles
Néerlandais (Belgique) loop naar de haaien! vas-t`en
Néerlandais de deur wijzen montrer la porte
Polonais idz do diabla! va au diable!
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[Source : http://www.expressio.fr]

 

Pasmens, serà lo president de la cambra que decidirà quora es necessari de passar a l’espanhòl

Desenant, los deputats del Parlament d’Astúrias poiràn pas parlar sonque en asturian. Lo burèu de la cambra regionala a decidit que deuràn tornar dire lors parladisses en castelhan s’un dels deputats ispanofòns se planh d’aver pas comprés.

Pasmens, serà lo president de la cambra que decidirà quora es necessari de passar al castelhan. Curiosament, los qu’an votat en favor d’aquesta règla son los membres del burèu del Partit Socialista e d’Esquèrra Unida del temps que los drechistas s’abstenián —es lo cas de Ciudadans— o votavan contra, los del Partit Popular.

Una lenga protegida mas non oficiala

L’asturian fa partida d’una lenga romanica dicha asturleonés qu’en mai d’Astúrias se parla dins las províncias de Leon e Zamora, dins qualque val de la zòna de Cantàbria e en qualque endrech d’Extremadura. E mai, dins l’encontrada de Miranda, dins lo nòrd-èst de Portugal, es lenga oficiala amb lo nom de mirandés e una grafia subsidiària de la portuguesa.

Per quant al galèc-asturian, apelat localament eonaviego, es parlat dins la zòna occidentala d’Astúrias al lindal amb Galícia. L’Acadèmia de la Lenga Asturiana lo considèra coma una lenga pròpria e diferenciada del galèc, mas l’Acadèmia Galèga lo vei ela coma una varianta del galèc.

L’asturian ten una cèrta proteccion en Astúrias dempuèi 1998 gràcias a la Lei d’Usatge e de Promocion de l’Asturian. Mas las associacions que defendon la lenga denóncian que l’administracion contraven sovent a aquela lei. En mai d’aquò, planhon que los dreches lingüistics que prepausa la lei sián fòrça limitats.

Pr’aquò, l’asturian e l’aragonés son pas reconeguts coma lengas oficialas. Si qu’o son lo basco, lo catalan e lo galèc dins lors airals lingüistics e l’occitan en Aran e al Principat de Catalonha.

 

 

[Imatxe: Europa Press – poblejat dins http://www.jornalet.com]

Escrich per Joan-Marc Leclercq

Se ditz sovent que lo gost per la musica e per las lengas son ligats. Solide. Una lenga, es purmèr una musica.

Per malastre, coneishi pas las chifras per l’occitan, mes sabi que cada lenga utiliza una “benda passanta”, es a díser una platja de frequéncias que l’es particulara. Lavetz que l’uman sap ausir los sons entre 16 e 16 000 Hertz, la lenga francesa, per exemple, utiliza pas los entre 300 e 1000 Hz e s’estanca a 2000 Hz dens los aguts.

Los campions de la frequéncia son sen discutida las lengas eslavas, (rus, polonés, chèc, eslovac, etc), qu’utilizan totis los sons entre 100 e 16 000 Hz. Pas besonh de’vs díser qu’un natiu de país eslau a mens de dificultats que non pas un aute per reconéisher (e doncas poder prononciar com cau) los sons d’una lenga estrangièra qu’apreng.

Per comparar encara milhor dambe la musica, lo francés utiliza pas qu’una sola octava. Se volètz saber çò qu’aquò vòu díser, sufís pas que de cantar: “dò, re, mi, fa sol, la, si dò” e n’auratz atau l’estenguda. Melodiós, lo francés? L’anglés, eth, utiliza 4 octavas e lo rus … 11! Quan un Rus ausís un Francés parlar sa lenga, tot aquò le sembla plan plat.

Se los Poloneses de Varsovia parlan drin com los Angleses, dambe una votz meslèu aguda e un ton precioset, qu’un professor de cant diseré “una votz de cap”, los Silesians de Katowice hèn bronir lora garganta, çò que’us balhar un parlar que sembla mès raspós e garronhut.

Me brembi plan d’un jorn quan èri dens un restaurant a Praga dens una sala plena. Lo brut de las charradissas semblava lo bronzinar d’un buc plen d’abelhas (la lenga chèca es meslèu aguda), levat una taula on parlavan totis dambe una votz d’otratomba au punt qu’aquò aperèc mon atencion. Après conta-ròtle deus amics chècs presents, èra una taula d’Eslovacs. E totun, las duas lengas, a l’escrit, son fòrça vesinas, los locutors se comprenguen aisidament. Mes cantan pas parièr.

La musica, es pas sens que las nòtas, es hèita tanben lo ritme. E aquiu tanben, cada lenga a lo son pròpri. S’apèla l’accent tonic.

Lo francés possedís un accent que cad regularament sus la darrèra sillaba, levat s’i a un “e” mut a la fin deu mot, qu’es pas prononciat au nòrd, çò que cambia pas ren. Los parlars franceses “deu sud”, aquestes qu’utilizan lo sistèma fonologic (aperat “accent”) de l’occitan, prononcian plan lo “e” dit “mut”, çò que perpausa una varianta mens monocòrda, mès rica e que pareish “cantanta” a l’escota. L’occitan eth medish utiliza aquestas duas possibilitats de ritme “mascle” (l’ostau) o “femenin” (la hemna).

Lo chèc e lo hongrés, que totun son pas brica de la medisha familha lingüistica mes vesins geograficament, partatjan la particularitat d’aver totis los mots accentuats sus la purmèra sillaba. Aquò les balha una vam especiau e un caractère energic. Daubuns an notat que las òbras compausadas per musicaires chècs e hongareses, pr’amor d’aquesta particularitat, an una melodia que comença suu purmèr temps, lo temps fòrt.

A mon vejaire, las lengas qu’an un accent tonic irregular son las mès bèras per escotar. Dambe un pichona inclinason au rus e a l’italian. Un mot dambe l’accent tonic sus l’abans-darrèra sillaba dens la lenga de Dante se ditz una parola sdrucciola, (un mot eslenc) dambe l’accent que cad suu “u”, ensajatz de prononciar. Es polit. Es lo cas per crescere, domenica, riconoscere, ultimo, grafico. Podètz tanben cantar lo famós La donn’é mobile …

Lo rus, eth, alternarà l’accent dens la cançon:

Kalinka, kalinka, kalinka maïa,
Fsado ïagada, kalinka, malinka maïa …

Cada lenga a doncas sa tessitura (sa hautor), son ritme e sa melodia (combinason deus dus). Après, coma una cançon, cada lenga a tanben son tèxte, son univèrs, son imatgeria, sa risuessa lexicala. Mes, aquò, es quicòm mès …

 

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Un desenat de familhas l’an ja demandat, e desenant se prepausarà a totes los nòus maridatges

Doas familhas de Biàrritz an recebut lo primièr libret de familha bilingüe, que sas lengas son lo francés e lo basco. La consolessa màger de la vila del Bas Ador, Maider Arosteguy, vòl atal “aubrir ua nava èra a Biàrritz en tot despartimentar la lenga basca”, çò rapòrta Mediabask.

Lo document l’an revisat d’especialistas de l’Ofici Public de la Lenga Basca, en collaboracion amb de professors de drech de l’Universitat del Bascoat, per tal que la terminologia administrativa e legislativa siá exacta. Tanben s’es volgut que de bon completar pels oficièrs de l’estat civil non bascofòns.

Après un trabalh de sièis meses, lo document bilingüe es disponible e, après una comunicacion de la comuna dins la revista muncipala, i a mai de dètz familhas de la vila que l’an demandat. A mai, se prepausarà lo document a totes los maridatges que se celebraràn desenant. Arosteguy encoratja d’autras comunas que prepausen aquel “dispositiu simbolic”.

Los librets de familha bilingües francés-breton an ben capitat dins fòrça comunas de Bretanha. Seriá plan que las administracions occitanas o prepausèsson tanben en occitan, e que se faguèsse de versions en gascon dins las comunas del Bas Ador per qual o desirariá tanplan en la lenga nòstra.

[Imatge: Ville de Biàrritz – poblejat dins http://www.jornalet.com

Escrich per Joan-Marc Leclercq

Es interessant d’espiar com cada lenga resistís o reagís a l’omnipreséncia deus mots angleses (o globish) dens lo mitan professionau o jornalistic. Segon son estructura o son grad de capacitat de creacion, cada lenga guardarà son originalitat … o pas.

L’exemple mès simple es lo deu mot computer. Lo japonés l’adoptat d’un biaish fonetic dambe コンピューター [Konpyūtā], que benlèu un anglofòne reconeisheré pas obligatòriament a l’escota, quan lo chinés creèc lo mot 电脑 [Diànnǎo] que vòu díser “cervèth electric” (电 = electricitat 脑 = cervèth).

Si lo catalan e l’espanhòu an causit la solucion latina ordinador e ordenador, l’italian, mès anglicizat, a cedit a computer quan lo portugués a creat lo mescladís risolièr computador. De notar tanben lo roman dambe son drin susprenent calculator, e lo prèmi de la concision reveng au suedés dambe dator que m’agrada fòrça.

Mes existís un nivèu superior a l’acceptacion de mots anglosaxons, es lo de’n crear autes que son quitament pas en usatge ni dens las isclas britanicas ni aus USA. Lo siti La culture générale n’a trobats 41 en francés. N’an hèit la lista. Podèm doncas comparar dambe l’usatge de l’occitan qu’es una lenga que resistís mès a l’envasida de l’anglés gràcia a son esperit creatiu. Vaquí doncas una seleccion personala:

Purmèr podèm remercar un beròi grop de mots en -ing que son sovent inventats o lavetz sonque la purmèra part d’una expression, que tot solets vòlon pas díser gran causa en anglés:

Brushing (blow-dry) Camping (campsite / campground) Dressing (wardrobe / closet) Forcing (-) Footing (jogging) Lifting (face lift) Parking (car park / parking lot) Pressing (dry cleaner’s) Relooking (makeover) Shampooing (shampoo) Smoking (dinner-jacket / tuxedo) Travelling (tracking shot / dolly shot / trucking shot) Warning (hazard lights, flashers).

L’occitan perpausa fòrça simplament las reviradas:

Brossatge, campatge, vestider, lo tot, corruda, tibapèth, parcatge/pargue, netejader, cambiamustra, lavacap, vèsta de serada, plan sus via, lutz de destressa (en francés tanben).

Puèi lo dusau grop es lo deus mots en -man e -woman qu’existissen pas tanpauc:

Perchman (boom operator) Recordman (record holder) Rugbyman (rugby player) Tennisman (tennis player).

Mercés a sas numerosas terminasons (-aire, -ista, -ador) l’occitan fòrma aisidament:

Perjaire, recordaire, jogador de rugbí, tenista.

E vaquí qu’arriba una tièra de mots que cadun per aicí crei de la lenga de Shakespeare mes qu’ac son pas brica:

Baby-foot (table football / table soccer) Baskets (sneakers) Catch (wrestling) Open space (open plan) Pin’s (lapel pin / enamel pin) Pompom girl (cheerleader) Slip (briefs).

L’occitan se trufa de tot aquò dambe:

Butabala de taula, solièrs d’espòrt, luta liura, burèu obèrt, espingleta, clapateras, culòta.

De notar tanben los risolièrs “Book” que los anglofònes disen portfolio (!), lo mot de soca gascona “Caddie” (trolley / shopping cart) vengut de “capdèth” (èi escrit un article suu caminament mondiau d’aqueste mot) e l’inexplicable Talkie-walkie qu’es en vertat walkie-talkie.

Dens un filme de Woody Allen, vesoi un còp que l’expression anglesa the daylies èra revirada “les rushes”.

Lo nivèu de penetracion deus anglicismes dens una lenga seguís reglas que son pas fòrça regularas. Se lo francés n’es victima, se lo shuc de “canneberge*” es vengut cranberry sus la botelhas, se lo “doubeurre[1]” estoc abandonat per butternut, la lenga de Coluche a totun resistit per çò qu’es de l’embarrament, sia “confinement”, que fòrça paises sequenon an adoptat devath la fòrma lockdown.

Çò qu’es meslèu rassegurant, es que, a còps, anglicismes pòden desaparéisher deu vocabulari. En tot huelhetar un vielh diccionari, èi trobat los mots macadam macintosh (per un manto de ploja) qu’èi pas ausits dempuèi … longtemps.


[1] Èi pas trobat de revirada en occitan d’aquestes plantas.
[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

La trace, la voix, le genre

2021

Frédérique Le Nan

Domaine : Littérature | Littérature Moyen Âge
Collection : Interférences

Format : 15,5 x 21 cm
Nombre de pages : 272 p.

ISBN : 978-2-7535-8037-4

Disponibilité : en librairie
Prix : 25,00 €

Dix-sept poétesses ont composé en Occitanie médiévale entre 1170 et 1240 des pièces lyriques, des lettres et des débats. Pour autant nous ne détenons de cet âge d’or, antérieur à la Croisade des Albigeois, que des fragments épars, des pièces isolées, des capitales ornées et de rares notations musicales.

Ces poétesses composèrent en langue d’oc, une langue de culture relativement homogène.

Leur appartenance à la noblesse, leur éducation et la liberté probable dont elles jouissaient les y disposaient.

Avec le soutien de l’université d’Angers.

Sommaire :

  • Les premières traces d’une auctorialité au féminin
  • Ce que les « enseignes » disent
  • La voix, le texte et le genre
  • Postérité : après le Moyen Âge en France
  • La critique universitaire au prisme du genre

 

[Source : http://www.pur-editions.fr]

Primera documentació: 11/09/1991

Tipus manlleu del francès
Contextos
Per l’expressió totalment despectiva de patois es referia a totes les llengües (bretó, català, fràncic, alsacià, basc, cors, flamenc, occità) parlades dins l’Estat francès. [Avui, 5/04/1995]
Repeteixo: potser no hi ha res a fer i el català s’ha d’anar galleguitzant irreversiblement cap a un patois del castellà. [Avui, 11/08/2020]
Observacions
A l’Estat francès sovint s’ha fet servir el terme patois per designar qualsevol llengua que no és el francès. Així, aquesta expressió servia per denominar l’occità, el bretó, el basc, el català, etc., tal com il·lustra el primer context. Es tracta, per tant, d’un terme despectiu que respon a una política lingüística centralista per part de la República francesa, que únicament ha promogut el francès, l’única llengua oficial de l’Estat. L’ús d’aquest mot ha transcendit el francès i també s’ha usat en altres llengües, com en català, fins al punt que és un terme força usat en sociolingüística, però sempre amb connotacions negatives.

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

Una analisi de la distància entre los neolocutors militants e los natius, e dels problèmas d’estandardizacion e d’ensenhament

Las politicas lingüisticas de l’estat francés an ben capitat a far venir gaireben inexistenta la transmission intergeneracionala de l’occitan e de las autras lengas territorialas franc del francés. Pasmens, aquela transmission se contunha de far per mejan de l’educacion, de l’ensenhament associatiu, d’iniciativas individualas de reapropriacion, e tanben per transmission familiala dins las familhas militantas.

Foguèt publicat en decembre passat lo libre Entre francizacion e demarcacion qu’analisa, en francés, las problematicas dels diches neolocutors en relacion sustot amb las questions d’ensenhament e d’estandardizacion tant del ponch de vista de la lingüística descriptiva coma de la sociolingüistica. L’òbra detalha lo pauc de contacte entre los locutors qu’an popat la lenga al brèç e los neolocutors militants, a causa de la situacion sociolingüistica del país, e lo sentiment de rompedura que pòt existir entre las doas comunautats.


BANEGAS SAORIN, Mercedes e SIBILLE, Jean. Entre francisation et démarcation. Usages hérités et usages renaissantistes des langues régionales de France. L’Harmattan, 2020. 234 paginas. 25 èuros.

 

[Imatge: Guilhèm Sevilha – poblejat dins http://www.jornalet.com]

E mai parlèsse occitan, escriguèt totjorn en francés de libres, scenaris e paraulas de cançons. Trabalhèt, demest d’autras collaboracions, amb lo Dalai Lama, Luís Buñuel, Jacques Deray o Miloš Forman

Es mòrt a l’edat de 89 ans l’escrivan poligraf, realizaire de cortmetratges e scenarista lengadocian Jean-Claude Carrière. D’esperel se definissiá coma un “contaire”. Trabalhèt, demest d’autras collaboracions, amb lo Dalai Lama, Luís Buñuel, Jacques Deray o Miloš Forman. Segon l’AFP, patissiá pas cap de malautiá particulara e nos quitèt diluns passat mentre que dormissiá, çò precisèt sa filha Kiara Carrière. Delà l’omenatge que li fan a París, ont defuntèt, Carrière serà enterrat a Colombièiras d’Òrb, sa vila natala al país d’Espinosa.

E mai parlèsse occitan, sa lenga d’escritura foguèt tostemps lo francés dins una setantena de scenaris e aperaquí 80 libres. A mai, foguèt actor, dramaturg, traductor de Tchekhov e Shakespeare, e paraulièr de cançons de Juliette Gréco, Brigitte Bardot o Jeanne Moreau.

Jean-Claude Carrière a plaçat sa vida jol signe dels “rescontres, d’amistats e de mèstres de vida”, coma lo Dalai Lama, amb lo qual escriguèt un libre, o lo cineasta aragonés Luis Buñuel, amb lo qual collaborèt 19 ans fins a sa mòrt.

Èra tanben passionat de dessenh, d’astrofisica, de vin e de tai chi.

 

[Imatge: Roman Bonnefoy / Wikimedia – poblejat dins www. jornalet.com]

Miniatura das Cantigas de Santa María – CCG

Escrito por Montse Dopico

Presentar a figura real de Afonso X” -no ano que se conmemoran o 800 aniversario do seu nacemento-, cos seus “avatares políticos, o seu labor cultural e a súa relación con Galicia”,é o obxectivo da exposición Afonso X e Galicia: 1221-2021, que a Igrexa da Universidade, en Compostela, acolle ata o 24 de abril. A partir, entre outros elementos, das Cantigas de Santa María “como manifestación visual e sonora da Idade Media galega e europea e como testemuño do patrimonio lingüístico da lingua galega e da súa importancia no mundo románico medieval”, a mostra percorre a vida do monarca, a súa obra cultural e a súa época a partir de documentos e de testemuños arqueolóxicos, literarios e musicais. [Aquí podes escoitar varias pezas].

Afonso X foi o impulsor, a través das Cantigas de Santa María, “dun dos principais monumentos da cultura europea do seu tempo”, tal como salienta o profesor Henrique Monteagudo nun dos vídeos que poden verse na exposición. A escolla, para esta obra, do do galego, tivo que ver, segundo este catedrático de Filoloxía Galega e Portuguesa da USC, coa promoción do romance fronte ao latín, usado pola Igrexa, no contexto do proxecto de Afonso X de reforzar o poder monárquico. A literatura galega -subliña, neste mesmo sentido, noutro dos vídeos da exposición a profesora Elvira Fidalgo- debe enorgullecerse de ter as Cantigas, un conxunto de 420 relatos sobre os milagres da Virxe na sociedade da época.

O Rei Sabio

Así, Afonso X foi autor, en lingua galega, das 420 composicións das Cantigas máis de 38 poemas -26 del, tres en coautoría e nove atribuídos a Afonso de León- encadrados no xénero das cantigas de escarnio e maldicir. “O monarca” -explica un dos paneis da exposición- “elabora unha proxección política do elemento devocional mariano, no que intenta, mediante a súa representación nas miniaturas do manuscrito, enxalzar a súa persoa converténdose no intermediario entre Deus, a Virxe e o pobo. Unha estratexia para minimizar o estamento relixioso do seu tempo. A manipulación e o cambio de atribución dos milagres de Santiago Apóstolo á Virxe supoñen outra manobra política contra o cabido compostelán e contra a peregrinaxe a Santiago de Compostela”. Na mostra pode verse unha reprodución do Códice de Toledo, un dos manuscritos nos que se conservan as Cantigas.

Tamén están expostas na Igrexa da Universidade diversas reconstrucións de instrumentos musicais medievais: organistro, zanfona, viola de brazo, rota, arpa, cítola, frauta e tambor. Nun dos vídeos da mostra, Carlos Núñez subliña a relación entre os instrumentos que poden verse nas esculturas do Pórtico da Gloria e os presentes nas Cantigas. “Estou convencido” -di- “que o mellor xeito para dar nova vida ás músicas das Cantigas de Santa María sería conectalas coas músicas urbanas. As músicas das Cantigas están plagadas de modos e de ritmos que hoxe existen en músicas coma o rock, o trap e incluso as músicas celtas”.

A lírica das culturas medievais -pode lerse na mostra- “e, e concreto, o repertorio mariano alfonsino viven nun mundo oral. Se a isto lle engadimos a vontade relixiosa e exemplar de Afonso X, non nos debe estrañar a utilización voluntaria de elementos da liturxia cristiá medieval para caracterizar os textos con ecos melódicos litúrxicos, connotativos para o público cristián medieval. A composición musical das Cantigas ten como trazo particular a existencia dunha vontade intertextual e intermelódica”.

A orixinalidade das Cantigas reside así, segundo explica un dos paneis da mostra, “tanto na multiplicidade de temas que abordan como na confluencia de culturas e tradicións, da que son un bo exemplo os músicos cristiáns, árabes e xudeus a tocaren conxuntamente, tal como mostra o segundo códice escurialense. É ademais un reflexo literario e gráfico da sociedade medieval, dos seus protagonistas, dos seus avatares, doenzas e oficios e dos diferentes estamentos sociais, desde a realeza ata o pobo máis humilde. Os protagonistas deste corpus literario son o culto mariano, o monarca, a sociedade medieval e a lingua galega”.

O monarca adoptou o galego “como instrumento de comunicación internacional, literaria, cultural e política, tal como fixeran anteriormente os trobadores occitanos, cataláns e italianos”.Na súa obra lírica, o Rei Sabio utilizou esta lingua como idioma de prestixio europeo, “co obxectivo —sobre todo na súa obra mariana— de lograr apoios internacionais e do papado para o seu proxecto político de ser elixido emperador do Sacro Imperio: o fecho del Imperio”.

A promoción do castelán

Mais dentro do ámbito xurídico, “redactou as súas obras en lingua castelá e levou ese idioma á chancelaría”, polo que apostou polo castelán como idioma da Administración. Do campo xurídico, Eduardo Cebreiros subliña nun dos vídeos da exposición o Fuero Real, o Espéculo e as Sete Partidas. O obxectivo do monarca -indica- era reforzar o poder rexio, reivindicar o monopolio da fundamentación do Dereito para o rei, acabar cos particularismos e renovar o Dereito. O interese de Afonso X pola aplicación do dereito romano na súa obra lexislativa ten, deste xeito, como obxectivo -segundo pode lerse na exposición- “a concentración do poder na monarquía en detrimento da nobreza, dos concellos, dos gremios e dos burgueses”.

A promoción da lingua castelá neste ámbito inscríbese no seu proxecto político, nun ambiente plurilingüístico no que esta lingua convivía co galego, o occitano, o latín, o árabe, o grego, o italiano, o catalán e o francés. O monarca impulsou proxectos de tradución de diferentes linguas. Colaborou, así, coa Escola de Tradutores de Toledo, dedicándose a reunir todo tipo de textos científicos, tanto en hebreo como en árabe como da tradición clásica. “Se nunha primeira época os textos orixinais se traducían ao latín, nos tempos do monarca afonsino traducíronse ao castelán”, pode lerse na exposición.

O monarca mandou redactar tamén unha historia universal, a General Estoria, e a Estoria de EspannaTamén neste caso, o importante da súa produción é “o discurso dirixido a defender e enaltecer os intereses do monarca, tanto nas obras que se redactan por orde do rei como nas que son da súa responsabilidade, concepción e execución, e que de continuo son revisadas nun afán de perfección”. A profesora Helena de Carlos subliña ao respecto noutro dos vídeos da exposición que “Afonso crea unha historia onde os personaxes viven, os personaxes falan e escriben, as mulleres escriben tamén”. A perspectiva histórica afonsina “parte dunha concepción relixiosa cristiá canto á tradición visigótica da monarquía castelá, valorando a tradición romana e obviando a árabe”, segundo a mostra do Consello da Cultura Galega. 

Ao respecto, os profesores Xosé Miguel Andrade Cernadas e Anselmo López Carreira escriben no ensaio O Reino Medieval de Galicia (Xerais), recentemente publicado, que “a obra do arcebispo toledano Rodrigo Ximénez de Rada” -a quen cita Helena de Carlos- “e as varias historias elaboradas nos medios adxuntos á corte de Afonso X, caso da Grande e General Estoria e a Crónica General, están todas elas animadas pola confluencia dos respectivos intereses por consolidar a primacía da Igrexa toledana e o reforzamento da monarquía presidida pola Casa de Castela, triunfante coa unión dos reinos de Galiza-León e de Castela-Toledo, que ten lugar co ascenso de Fernando III ao trono, elevando o conxunto, en palabras de Emilio Mitre, á categoría de “bloque político hexenómico” na Península”.

Miniaturas das Cantigas de Santa María © Consello da Cultura Galega

O contexto político

Afonso X era fillo de Fernando III (1217-1252) e Beatriz de Suabia (1205-1235). Da súa nai herdara o dereito a reivindicar a coroa imperial, que non conseguiu. Accedeu ao poder no 1252, tras a morte do seu pai, nun contexto de “profunda crise política e económica, o que o impele a adoptar medidas que a nobreza considera abusivas porque van en detrimento do seu poder e da súa riqueza”, segundo pode lerse na exposición.

Crónicas posteriores ao seu reinado salientan a súa prepotencia, o seu autoritarismo e unha ambición persoal que poñía por enriba do seu territorio e dos seus habitantes. “Non obstante, unha serie de acontecementos foron os detonantes da rebelión: a morte do infante don Enrique, irmán de Afonso, por orde deste, así como a doutros nobres, o que provocou a fuxida dalgúns membros da nobreza do Reino de Castela; o quebrantamento do réxime xurídico dos nobres, o contencioso co cabido compostelán e as medidas fiscais (a moeda foreira), as peticións económicas extraordinarias e o aumento da presión fiscal”, explica a mostra. O motivo principal da súa inimizade co cabido compostelán foron “cuestións económicas e o privilexio do emperador Carlomagno que o cabido esgrimía sobre a exención da cidade de pagar impostos ao rei”.

O Rei Sabio esgrime a liñaxe dos Staufen por liña materna para reclamar ser proclamado emperador, apoiado pola República de Pisa. Mais o papa Inocencio IV “estaba a mal cos Staufen polo poder que exercían en Sicilia e por intereses contrapostos cos do papado”, polo que o seu proxecto vai fracasar. Xa antes de ser proclamado rei, participara como infante nalgunhas das campañas militares do seu pai. Tras a morte deste continuou a súa loita contra os musulmáns, ocupando Xerez e Cádiz e combatendo a revolta dos mudéxares no val do Guadalquivir. A actitude do monarca con musulmáns e xudeus sería, malia todo, segundo se pode ler na mostra, tolerante nun primeiro momento, mais logo iríase “endurecendo”, xa fose “por razóns de ideoloxía relixiosa ou polo enfrontamento cos benimeríns, ou cos musulmáns do Levante e de Andalucía”.

As transformacións no reino

Durante o seu reinado favoreceu o comercio “concedendo feiras a cidades e vilas”, instaurou un sistema aduaneiro e fiscal “para incrementar a recadación de impostos e fomentou a repoboación das terras das que expulsara os musulmáns, xerando problemas de despoboación nas zonas de orixe dos novos colonos. “As continuas demandas de diñeiro á nobreza para sustentar a súa candidatura a emperador, as súas campañas bélicas e o seu labor cultural decimaron a economía do reino e particularmente a da nobreza”, o cal motivará a rebelión desta. O seu reinado rematou nunhas circunstancias que mostran o relativo fracaso dos seus proxectos políticos: o seu fillo Sancho rebelouse, co apoio da nobreza, contra el, que acabou sendo deposto polas Cortes.

O investigador Francisco Prado interpreta nun dos vídeos da exposición que “o que lle interesaba a Afonso, que se vía na tesitura dun reino expandido, con varios reinos, que tiña unhas minorías étnicas e relixiosas moi importantes, era tentar facer un proceso de construción nacional. Practicamente el crea esta idea de España multicultural, que despois non puido levar a cabo”.

Andrade Cernadas e López Carreira axudan a comprender en O Reino medieval de Galicia o papel de Galicia no contexto do reino de Afonso X, cuxo proxecto político era máis ben castelanista. Á morte de Afonso VII, o reino de León correspondéralle a Fernando III, pai de Afonso X. Deste xeito, León e Castela quedaran unidos definitivamente. Polo que a Coroa de Castela quedara constituída polo reino de León-Galicia e por Castela, á que se foron incorporando territorios ata entón baixo dominio dos musulmáns como froito da expansión militar: Córdoba, Sevilla, Murcia…

Outra miniatura das Cantigas de Santa María – CCG

Sendo aínda infante, Afonso X participou con seu pai na conquista de Murcia e Sevilla. E é nestes momentos cando, segundo Cernadas e Carreira, “o reino de Galicia, que viña dunha etapa de singular protagonismo durante a súa pertenza á monarquía leonesa, pasa a quedar integrada nunha realidade política moito máis extensa territorialmente e, xa que logo, diluída e xogando un papel moito menos determinante do que viña sendo usual ata entón”.

Na exposición -excesivamemente textual- pode verse tamén un vídeo de fotografías de obxectos das catro provincias galegas relacionados co legado de Afonso X: códices, esculturas, moedas, xoias… Trátase de pezas seleccionadas polo comisario da exposición, Antoni Rosell. A través do web do Consello da Cultura pódese acceder a este vídeo e aos que recollen as entrevistas cos expertos e expertas citados, ademais de ler información sobre o proxecto expositivo ou escoitar as Cantigas. O Consello da Cultura organizará, por outra banda, xunto coa Asociación Galega do Videoxogo, unha gamejam de temática alfonsina. Os contidos da exposición pódense ampliar a través de códigos QR dispoñibles no percorrido pola mesma a través dos seis espazos e a sala central, deseñados por Antoni Rosell e polo arquitecto Roger Badia, nas que se atopan os paneis expositivos, proxeccións, audios e obxectos que a conforman.

 

[Fonte: http://www.praza.gal]