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Tous nos prénoms sont le fruit de siècles de brassage.

Zemmour en 2015 I EMMANUEL DUNAND / AFP

Zemmour en 2015

 

Écrit par Camille Malnory 

«Donner un prénom qui n’est pas français à ses enfants, c’est ne pas se détacher de l’islam, c’est vouloir continuer la tradition islamique en France et c’est vouloir transformer la France en un pays de plus en plus musulman», clame le polémiste Eric Zemmour dans l’émission «C à vous» de ce mardi 6 septembre, alors qu’il est invité pour parler de son nouveau livre Un quinquennat pour rien. Il y évoque l’islam en long en large et en travers, qu’il amalgame, comme le dit l’animatrice Anne-Sophie Lapix, «à l’islamisme et au djihadisme».

Sa sortie sur les prénoms français ne manque pas de faire réagir, d’autant plus que le prénom Éric, porté par le polémiste préféré des plateaux télé, n’est absolument pas d’origine «française», mais tire ses racines du scandinave Eirikr. Et si on veut aller plus loin, il n’a été donné en France qu’à partir des années 1930 et a connu son apogée dans les années 1960 après s’être popularisé dans les pays anglo-saxons et scandinaves.

Les prénoms français n’existent pas

La science des noms propres s’appelle l’onomastique –mot d’origine grecque signifiant le nom. C’est une branche de la linguistique. Pour Stéphane Gendron, chercheur dans ce domaine et membre de la société française d’onomastique, «parler de prénom français n’a aucun sens», et surtout «ne veut pas dire grand chose». Tous les prénoms français sont issus du brassage culturel et des vagues migratoires qu’à connu la France depuis ses débuts –et même bien avant que notre pays ne devienne celui que nous connaissons aujourd’hui. À l’origine, notre pays n’est qu’un ensemble de régions, qui parlaient des dialectes différents et ont des cultures différentes, nos prénoms sont donc bien antérieurs à la notion même de France.

«Les prénoms viennent tous un peu de l’extérieur», explique Stéphane Gendron, et ont tous des origines latines, germaniques, grecques, hébraïques, voire même araméennes. Le prénom Louis, porté par plusieurs de nos grands rois, vient du germanique Hlodowig et Emma, l’un des noms les plus données aux petites filles ces dernières années, vient de l’hébreu Immanu-el (Dieu est avec nous). D’ailleurs, lorsqu’on parle de modes des prénoms, on parle des prénoms «les plus donnés en France», et pas de prénoms français, ce qui est en soi un indicateur.

Jusqu’au XIXe siècle, le choix des prénoms se faisait dans un «stock», assez restreint. «Dans les campagnes, les prénoms étaient plutôt stables et se transmettaient de père en fils et de mère en fille. On reprenait les prénoms des ancêtres pour faire perdurer une lignée», explique le chercheur en onomastique. Des familles se sont ainsi retrouvées avec des Pierre ou des Marie dans toutes les générations. Une décision de la Cour de cassation en 1981 puis une réforme du Code Civil en 1993 vont permettre aux parents de pouvoir choisir les prénoms dans un éventail beaucoup plus large.

Ils se retrouvent par ailleurs davantage soumis à des effets de mode. On a connu par le passé des générations entières de Virginie, Nathalie, Stéphane, et aujourd’hui, on assiste à une vague de Léo, Gabriel, Emma et Louise. Mon propre prénom, Camille –du latin camillus– a été attribué 7.467 fois en 1998, alors qu’en 2013, on ne compte qu’un peu plus de 3.000 nouvelles petites Camille.

Français par l’usage

Mais ces prénoms susnommés sont bien considérés comme français, peu importe qu’ils soient latins ou étrusques, et c’est bien évidemment à cela que fait allusion Éric Zemmour lorsqu’il parle de patronyme français. «Un prénom français, est un prénom qui a été porté au fur et à mesure des siècles», explique Stéphane Gendron.

Prenons le prénom Kevin. Du gaëlique Caoimhim «bien aimé», il est au départ majoritairement porté par les Anglo-saxons, avant de faire une entrée fracassante dans l’Hexagone. En 1991, 13.712 Kevin ont vu le jour. Et contrairement au grinçant imaginaire collectif, tous les Kevin ne sont pas issu de classes populaires.

«Ce prénom a été porté par tout type de famille, et cette adoption très large a conduit Kevin a être intégré dans toute la lignée des prénoms français, ce fameux stock de prénoms», précise Gendron.

Il faudrait ainsi que le prénom soit largement popularisé dans des familles de toutes origines culturelles pour que le prénom soit assimilé comme «français». «Si je décide d’appeler mon enfant Mehmet, alors que je suis pas de cette tradition culturelle, cela va interpeller, mais ça ne va pas aller plus loin. Il faut qu’il y ait un mouvement de masse», ajoute le spécialiste. En gros, ce sont les Français qui font que le prénom n’est plus rattaché à une origine. «On se trompe si on parle d’étymologie des prénoms, il faut parler d’appropriation», conclut Stéphane Gendron.

Dans Le Nom des gens, film de 2010 traitant des questions d’identité, Bahia (Sara Forestier) et Arthur (Jacques Gamblin) décident de donner à leur nouveau-né un prénom asiatique, ce qui n’est pas du tout leur culture, afin de montrer que l’origine des prénoms n’est finalement qu’une question politique. Il ne peut pas par définition être rattaché à une origine religieuse ou ethnique, ce qu’avait défendu Nadia Daam, collaboratrice de Slate. Viendra peut-être un temps où Fatima, Mehmet, Santiago, Fatoumata, Yoko, Li, Wladislaw, Pilar ou Vito seront intégrés dans les prénoms français, n’en déplaise à Monsieur Zemmour.

 

 

[Photo : EMMANUEL DUNAND / AFP – source : http://www.slate.fr]

 

Hai unhas semanas, cando visitaba o Arquivo Histórico Provincial de Lugo topei dun modo totalmente casual, un testamento do ano 1862,  redactado ante notario, nunha casa de Santalla, en Ribeira de Piquín, en Lugo.

O testador era Pedro Vispalia, “hijo de Juan Vispalia y Manuela Méndez Pisón, natural del pueblo de Buzet, tierra conocida de la Baja Navarra correspondiente al departamento de Pau, en los Bajos Pirineos del imperio de Francia”dicía o documento. Pedro era castrador.

Este era o segundo castrador da mesma orixe, co que daba en pouco tempo.

Uns días antes, atopei tamén dunha forma casual no Arquivo Diocesano de Lugo, a partida de defunción dun home falecido en Monforte de Lemos en 1809, que dixo ser castrador.  E isto nun tempo, en que Galicia loitaba por se desfacer das tropas napoleónicas.

O seu nome completo era Francisco Arrateig, “hijo de Juan Arrateig y Catalina de Gora, vecinos de Santa María de Escote, provincia de Aspa, obispado de Loron, departamento de los Bajos Pirineos”, segundo declarou ás persoas que o asistiron, no seu derradeiro suspiro.

Despois dunha pequena investigación descubrin que ámbolos dous homes procedían do departamento francés, hoxe coñecido como os Pirineos Atlánticos. O primeiro era de Buziet e o segundo de Escot.  Os dous eran bearneses, como a salsa!

Esta rexión non só deu ó mundo a súa coñecida salsa. Tamén foi exportadora durante séculos de castradores, que desempeñaban o seu oficio con habelencia en toda a península. Así que, estes homes que normalmente anunciaban a súa chegada cun chifre, viñan de lonxe.

No libro “Les Crestadous” publicado en 1994 por René Arripe contan moito desta sorprendente historia dos castradores do Val de Ossau, nas terras de España e Portugal. E nos listados, que o autor elaborou con moita paciencia, podemos atopar a varios Bispalie e tamén Arrateig, que traballaron en lugares indeterminados da península.

As migracións destes profesionais eran estacionais, aínda que algúns acabaron por quedar nos lugares, onde traballaban. Co tempo, adaptaron os seus nomes á fala local e mudaron o seu acento. Espazaron as  súas visitas ós seus lugares de nacemento e ós poucos esqueceron as montañas e vales, de onde tiñan partido.

Así debeu de ocorrer cos descendentes de Pedro Vispalia, nado Pierre Bispalie, fillo de Jean Bispalie e Jeanne Marie Pissou. Grazas ó seu testamento, sabemos que o pai de Pierre, castrador de profesión, falece en Meira en 1837.

Pierre herda o oficio e casa cunha local en Xermar, Cospeito. Cando falece lega ó seu fillo Manuel unha egua pinta e á súa filla Josefa unha torda preñada. Aínda que o testamento non o di, é probable que Manuel tamén herdase o oficio, que pasaba de pais a fillos ou de tíos a sobriños. E así ata chegar a Serafín, tataraneto de Jean e bisneto de Pierre.

Serafín, alcumado “O Vispalia” será o derradeiro capador da Chaira lucense. Foi o derradeiro en herdar non só o oficio senón tamén o monopolio sobre unha ampla zoa, que ía desde Guitiriz a Outeiro de Rei e desde Friol a Terras de Meira.

A historia deste personaxe emblemático está recollida en “Os Vilares, lareira de soños”, escrito por Pas Veres. Ben! Este libro que recolle e preserva a memoria colectiva da parroquia de Os Vilares, en Guitiriz, dedica un pequeno capítulo a Serafín. Tiña que ser así! Á fin e ó cabo “O Vispalia” era como un trapeiro dos Vilares, só que os seus antepasados viñan de lonxe.

Con todo, nada se fala no libro das raíces bearnesas do “Vispalia”. Conta a autora, que nas conversas que mantivo coa familia de Serafín, algo falaron de Francia. Era algo así como un eco lonxano, que dicía: “Nous sommes hongreurs”.   

Pero, lembraban realmente, que as súas raíces están en Buziet, nun lugar do prepirineo francés que está en no camiño do Piamonte, a só tres etapas de distancia do mítico Saint-Jean-Pied-de-Port? Saberían acaso que Vispalia era a versión deturpada do apelido Bispalie?

Definitivamente, Vispalia é un apelido exótico. E tamén é máis que probable que as persoas con ese apelido, que hoxe vivan en Galicia teñan algo que ver con ese primeiro Pierre que hai uns 200 anos casou en Xermar!

[ Do blog Bisagras de Papel ]

Au pays d’Isabelle la Catholique, tout le monde porte deux noms de famille depuis des siècles. Cet usage ressemble au système que propose le collectif Porte mon nom, relayé par le député Patrick Vial, qui a sollicité une réforme en ce sens début juin.

L'initiative du député Patrick Vial vise à rendre automatique la transmission des deux noms de famille à la naissance d'un enfant. | freestocks.org via Pexels

L’initiative du député Patrick Vial vise à rendre automatique la transmission des deux noms de famille à la naissance d’un enfant.

Écrit par Alban Elkaïm 

«Si, comme en France, mon nom de famille avait dû disparaître de celui de mes enfants, ça aurait été une grosse dispute pour savoir quel patronyme ils porteraient!» Toute sa vie, Melisa Tuya a porté le sien avec fierté. Un nom peu commun en Espagne, originaire des Asturies, région montagneuse verdoyante dans le nord du pays. Mais de l’autre côté des Pyrénées, on attribue deux noms de famille aux nouveaux-nés. Celui du père, puis celui de la mère. Ou vice versa, même si c’est plus rare.

Un système assez proche de celui que propose le député LREM Patrick Vial. Il a transmis un dossier au ministère de la Justice pour demander une réforme en ce sens, mardi 1er juin. Le but? Corriger un fonctionnement qui fait qu’en 2019, 81,4% des nouveaux-nés portaient uniquement le nom de leur père sur le territoire français. C’est ce que demande le collectif Porte mon nom, incarné par la médiatique Marine Gatineau Dupré, à l’origine de l’initiative.

«Si, comme en France, mon nom de famille avait dû disparaître de celui de mes enfants, ça aurait été une grosse dispute pour savoir quel patronyme ils porteraient!» Toute sa vie, Melisa Tuya a porté le sien avec fierté. Un nom peu commun en Espagne, originaire des Asturies, région montagneuse verdoyante dans le nord du pays. Mais de l’autre côté des Pyrénées, on attribue deux noms de famille aux nouveaux-nés. Celui du père, puis celui de la mère. Ou vice versa, même si c’est plus rare.

Un système assez proche de celui que propose le député LREM Patrick Vial. Il a transmis un dossier au ministère de la Justice pour demander une réforme en ce sens, mardi 1er juin. Le but? Corriger un fonctionnement qui fait qu’en 2019, 81,4% des nouveaux-nés portaient uniquement le nom de leur père sur le territoire français. C’est ce que demande le collectif Porte mon nom, incarné par la médiatique Marine Gatineau Dupré, à l’origine de l’initiative.

Plus égalitaire, mais…

Institutionnalisé par l’Église au cours du XVIe siècle, le système a évolué depuis.

Aujourd’hui, «le double emploi du nom des Espagnols est un des principes d’ordre public du système [de ce pays]», explique le Registre civil, chargé d’enregistrer les enfants à la naissance. «La loi prévoit que l’on attribue toujours le premier nom de famille de chaque progéniteur [à un nouveau-né].» En résumé, seul le nom de famille placé en premier passe à la postérité. Le second disparaît à la génération suivante.

Plus égalitaire, donc. «Oui… Mais en général, le premier nom de famille est celui du père», fait remarquer Irene Rose, militante féministe espagnole de 22 ans qui a vécu les quatre dernières années à Paris. Elle est autrice du livre La terreur féministe: petit éloge du féminisme extrémiste, paru en avril 2021. Elle-même porte deux noms de famille: celui de son père, puis celui de sa mère. «Donc le nom que je transmettrai à mes enfants sera celui de mon père. Je crois que les femmes en tant que telles n’ont pas de nom de famille. Car même les noms de famille qu’elles transmettent ont toujours été hérités d’un homme.» Pour la jeune instagrameuse, ce mécanisme participe de l’effacement des femmes dans l’histoire, «même les femmes de notre histoire personnelle». C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle choisit de signer du nom d’Irene. Tout court.

Melisa Tuya en souffre, évoquant «une petite épine qui me pique chaque fois que je remplis un formulaire avec le nom de mes enfants» dans un article de blog au titre explicite: «Moi, j’aurais voulu que mes enfants portent mon nom en premier». «Je suis fille unique de fils unique, raconte-t-elle à Slate.fr. Cela signifie que mon patronyme finira par disparaître. Alors que mon conjoint s’appelle González, un nom très commun en Espagne.»

Livrer la bataille du nom de famille?

Théoriquement, il aurait été possible que le nom de Melisa Tuya figure en premier. En 1999, une réforme de la loi du Registre civil avait introduit la possibilité de choisir que le nom de la mère soit placé avant celui du père. «Mais si les deux parents n’en faisaient pas la demande d’un commun accord, la règle générale restait l’attribution du patronyme en premier lieu», concède l’institution.

En 2006, quand la future jeune maman en parle à son conjoint, il refuse. «Je n’ai pas mené la bataille», reconnaît la blogueuse. Elle avait 29 ans. «J’étais très jeune. Et cette réforme était encore récente. Je m’étais déjà faite à l’idée que cela allait arriver. Je n’ai pas voulu me battre à ce moment. Je n’avais pas envie. C’est avec le recul que je me suis dit: “Quel dommage! J’aurais dû.” Pour les femmes de ma génération, je crois aussi que, quand nous avions 20, 25 ou 30 ans, il y avait beaucoup d’attitudes micromachistes que nous ne distinguions même pas. Nous n’avions pas les outils nécessaires à l’époque. Tout le monde trouvait ça normal et nous avions accepté que ces choses-là nous arriveraient. Il y a eu une explosion du féminisme ces dernières années, qui nous a fait prendre conscience du fait que ce n’était pas normal, et que nous devions dire “non”.»

«Donc je comprends qu’en général les Françaises n’imposent pas leur nom de famille. Il leur arrive probablement la même chose qu’à moi», compatit Melisa Tuya. En France aussi, depuis 2002, les parents peuvent choisir le nom qu’ils transmettent à leur enfant. Celui du père, celui de la mère ou les deux, dans l’ordre de leur choix. En 2013, la loi Taubira a rendu les deux noms automatiques en cas de désaccord entre les progéniteurs. Mais dans les faits, seuls 11,7% des nouveaux-nés de 2019 portent les deux noms, 6,6% uniquement celui de la mère… et 81% ne portent que le patronyme hérité du père.

«Le fait qu’on t’oblige à décider, donc à en parler, t’oblige à y réfléchir et à te demander: pourquoi mon nom? Pourquoi pas?»

Melisa Tuya, journaliste et blogueuse, mère de deux enfants

«99% du temps [les pères] ont le dernier mot», dénonce le collectif Porte mon nom dans une pétition qui avait recueilli plus de 26.500 signatures le 8 juin. À sa demande, le député Patrick Vial a déposé un dossier sollicitant un nouveau décret auprès du ministère de la Justice. L’initiative vise à rendre automatique la transmission des deux noms de famille à la naissance d’un enfant, à moins que les deux parents n’expriment explicitement et d’un commun accord leur souhait qu’il en soit autrement.

«Bien sûr que ce serait une avancée», estime Irene, qui a longtemps vécu entre l’Hexagone et la péninsule Ibérique et connaît l’usage de part et d’autre des Pyrénées. «La France a des années-lumière de retard en la matière. Ici, non seulement les femmes ne transmettent pas leur nom de famille, mais elles portent celui de leur mari! [ce n’est pas le cas en Espagne, ndlr]»

«Le fait que l’on t’oblige à décider, donc à en parler, est un pas important. Cela t’oblige à y réfléchir et à te demander: pourquoi le mien? Pourquoi pas? Toutes les décisions de couple devraient être prises de cette façon», considère pour sa part Melisa Tuya. L’Espagne a déjà sauté le pas en 2017. L’entrée en vigueur d’un article de la nouvelle loi du Registre civil a définitivement éliminé la préférence pour le patronyme hérité du père. «Il oblige les progéniteurs à se mettre d’accord conjointement et à manifester expressément dans le formulaire correspondant dans quel ordre apparaissent les noms des descendants avant l’inscription», précise l’administration. Sinon, les deux noms sont automatiquement attribués dans un ordre qui ne privilégie pas le nom du père, dans le respect du principe garantissant l’intérêt supérieur de l’enfant.

Une tradition encore très ancrée

Mais changer la loi ne suffit pas à faire bouger les habitudes. En 2020, sur un peu plus de 168.000 naissances enregistrées en Espagne selon l’Institut national de statistiques (INE), 2.200 ont été inscrites avec le nom de la mère en premier selon le Registre civil. Soit… 1,3%. Et la dernière réforme ne semble pas spécialement avoir inversé la tendance. En 2016, 2.916 nouveaux-nés avaient hérité du nom de leur mère en premier lieu. Ils ont été 2.751 l’année suivante.

«Nous restons dans une société patriarcale qui donne la priorité au nom du père, regrette Irene. Comment faire changer cela? Au niveau de la société, je ne sais pas. Mais quand je serai mère, si c’est avec un homme, je lui dirai: “Du ventre de qui est sorti cet enfant?” Il n’y a pas de débat là-dessus. Fin!»

De son côté, Melisa Tuya insiste sur un autre aspect de la question, essentiel à ses yeux: «Le nom de famille du père, celui de la mère. C’est l’enfant qui vivra avec. On devrait surtout laisser l’enfant libre de choisir.» Une démarche aujourd’hui relativement simple en Espagne, et que le dossier déposé récemment auprès du ministère de la Justice en France propose également de simplifier.

Et pour ceux qui s’inquiètent des possibles conséquences d’une arrivée massive de bébés portant deux noms, Melisa Tuya ironise: «Qu’ils ne prennent pas si peur! En Espagne, un pays très traditionnel, nous avons toujours fait comme ça, depuis des siècles. Cela n’a jamais posé aucun problème à l’administration.» María Teresa Álvarez Moreno, directrice du département de droit civil à l’Université Complutense de Madrid, ajoute même: «C’est une façon d’éviter qu’il y ait confusion entre deux personnes qui porteraient le même prénom et le même nom.» Parole d’experte.

[Photo : freestocks.org via Pexels – source : http://www.slate.fr]

Los argumentos de Fuerza Popular para intentar anular actas electorales «revelan su ignorancia completa y fortalecen sus consabidas maniobras de racismo, violencia y discriminación hacia los pobladores de zonas rurales».

Los reclamos se basan en un completo desconocimiento de la realidad peruana, un desprecio por las formas de literacidad que existen en el Perú, sostiene la lingüista María C. Chavarría.

No existe fundamento para invalidar actas electorales por que los miembros de mesa tienen apellidos similares, los ciudadanos firmaron de forma distinta a su documento de identidad o solo pusieron una huella digital.

«La rúbrica es un grafismo que se debe aprender, fuera de la escuela muchas veces, para poder acceder a la documentación que el ciudadano necesita», señala Chavarría, quién recopiló argumentos y testimonios de diversos especialistas.

Cita al historiador Agustín Enrique Bardales Padilla, quien sostiene que esas formas de rúbrica no son inconstitucionales, y así lo establece la Carta Magna y los reglamentos del Jurado Nacional de Elecciones.

A continuación reproducimos el ensayo escrito por María C. Chavarría publicado en el fanpage de Facebook: Lenguas y Sociedades Amerindias.

Tu apellido no vale, tu firma menos

Sobre apellidos, rúbricas  y huellas digitales: ignorancia y discriminación letrada  en el proceso electoral 2021

Escrito por María C. Chavarría*

La literacidad es un conjunto de prácticas sociales en torno a la escritura. De acuerdo a los nuevos estudios de literacidad, la lectura y escritura se deberían analizar desde una perspectiva etnográfica en atención a los sujetos y a sus coyunturas socioculturales.

Y este es el contexto en que tratamos de rechazar los ninguneos a las firmas de los ciudadanos de zonas rurales y su  desconocimiento de cómo se otorgan los apellidos en comunidades altoandinas, a tal punto que se ha tratado de acusar de fraude a tres miembros de mesa de apellido Catacora en Puno, quienes piden a la candidata Fujimori se retracten de haberles dado ese apelativo que mancha sus honras, bajo pena de llevarla a los tribunales, a lo que ella ya está acostumbrada.

Parece que se desconoce que dentro de la tradición aimara, antiguamente, los apellidos no existían como tales y lo que identificaba a los individuos era el nombre y la pertenencia al ayllu, al territorio del que forman parte. De modo que en una ciudad pueden figurar muchos Mamani, Wamán o Catacora, sin necesidad de ser “familia” término que también debe ser racionalizado a la luz de la organización social andina.

Si existe un estudio exhaustivo del sistema de parentesco, el aimara ha sido uno de los más investigados, tal como lo documentó la historiadora Ximena Medinaceli (2003) ¿Nombres o apellidos? El sistema nominativo aymara. Sacaca Siglo XVIII. Uno de sus aportes es que indaga en el valor simbólico del nombre desde una mirada trasnsdisciplinaria donde nos sorprende al decir que este no tenía trasmisión directa.

Por ser un tema más complejo y el espacio breve, invito a los especialistas del grupo Fujimori a documentarse más al acusar de autores de fraude a esos tres miembros de mesa que llevan el apellido Catacora y que fueron elegidos para ejercer esos cargos.

Desde el 9 de junio, Fuerza Popular, ha venido sosteniendo la invalidez de actas donde hay votantes que “supuestamente han incumplido al firmar de una manera extraña después de emitir su voto”. Fuerza Popular y su staff de abogados ha deslizado la sospecha de que en zonas rurales, las más alejadas del país: específicamente en zona amazónica, lugares en zonas de frontera y el sur andino se han producido irregularidades sistemáticas, llevadas a cabo por ciudadanos que no han firmado las actas debidamente o que han puesto solo su huella digital. Es decir, o han puesto una inicial o una firma diferente a la que aparecen en su DNI, o solo una huella digital. Esto obedecería a una forma de dolo sistemático que ha favorecido al candidato Castillo. Por lo tanto, estas firmas y los votos que suscriben serían observados y se impugnarían, usando los términos más adecuados de la contienda electoral.

Estos argumentos no tienen asidero legal y lo vamos a demostrar en este breve ensayo. Como profesionales tanto lingüistas como antropólogos y educadores, con amplia experiencia en zonas rurales, queremos hacer la siguiente exposición para advertir los varios errores que acompañan a este intento de que no se cumpla la voluntad de los votantes. Para ello pedimos a los lectores de nuestro blog Lengua y sociedades amerindias en Facebook su colaboración y este breve documento es el resultado desde nuestra convocatoria de ayer.

Los reclamos se basan en un completo desconocimiento de la realidad peruana, un desprecio por las formas de literacidad que existen en el Perú

Los reclamos se basan en un completo desconocimiento de la realidad peruana, un desprecio por las formas de literacidad que existen en el Perú. Se intenta ignorar cómo es la vida en las zonas andinas o amazónicas, en esa ruralidad que hoy está en cuestión, donde pocos llegan a terminar su educación primaria por la falta de escuelas secundarias, se carece de bibliotecas, son zonas donde no hay materiales de lectura, diarios ni librerías que permitan seguir practicando la lecto escritura del castellano como segunda lengua, pues muchos no han recibido una educación bilingüe intercultural. En el campo o zona rural no hay escuelas suficientemente equipadas, bibliotecas escolares donde se pueda leer para no llegar al analfabetismo funcional que hoy aflige a miles de peruanos.

En esta contienda electoral, el tema medio ambiental, educativo y cultural han sido pasados por alto, no son de interés nacional. Ni hay lápices ni libros en las escuelas pues la ‘nueva normalidad’ obliga a usar tablets y teléfonos. Solo se escribe para mandar las tareas on line, si es que tienen celulares y conexión de internet. Solo se escribe en las escuelas  al hacer la tareas. La práctica de escribir es muy poca, incluso en las grandes urbes y capitales de provincia.

La rúbrica es un grafismo que se debe aprender, fuera de la escuela muchas veces, para poder acceder a la documentación que el ciudadano necesita

La rúbrica es un grafismo que se debe aprender, fuera de la escuela muchas veces, para poder acceder a la documentación que el ciudadano necesita. Una vez obtenido el DNI o la cuenta en el banco respectivo, la firma se usa pocas veces pues el DNI solo sirve para las elecciones o para contadas ocasiones. Los agricultores por ejemplo, hacen sus transacciones de venta con dinero efectivo y nadie tiene cheques que se tengan que firmar cada vez que se hace una compra o venta. Todo es circulante. Las asambleas comunales donde todos se conocen, se pasa lista y no necesariamente se firma asistencia con DNI en mano. Las votaciones se hacen a mano alzada y los únicos que usan firmas son los delegados o representantes, no toda la comunidad. Entonces, las ocasiones de firmar documentos es muy reducida y como no se practica con frecuencia, la firma o rúbrica no es exacta ni será 100% a la versión con la que se sacó el DNI. Hay ciencias como la grafotécnica que aunque un individuo varíe su rúbrica, puede detectar rasgos que todavía identifican al individuo, como la forma de realizar los círculos, semicírculos, verticales, puntos, etc. Estos peritos aparecen en las series de crímenes y detectives que nos llegan del extranjero y que van directo a los televisores, si los tenemos. Dudamos que estas pericias grafotécnicas hayan sido consideradas por el Jurado Nacional de Elecciones.

En medio de esta realidad, el mismo Estado peruano permite hacer salvedades ante la identidad de rúbricas de un mismo individuo. Es así que los funcionarios del MINEDU cuando tienen que hacer firmar las asistencias a sus eventos, talleres de capacitación, aceptan la huella digital en las hojas de asistencia e incluso cuando reciben las ansiadas tablets. Daniel Gonzáles, gentilmente, nos ha proporcionado el siguiente testimonio con una foto que ilustra lo que estamos diciendo.

 

“Estas son actas donde un padre de familia pone huella digital en vez de firma por no haber aprendido una firma. La original es la 23-33. adjunto otras donde pudieran diferir las firmas del padre en el acta y la del DNI. Se podría verificar con las firmas del DNI de RENIEC.”

Y comenta:

“Se están intentando invalidar los casos donde un votante rural solo deja su huella digital cuando emite su voto. Pero el uso de la huella digital es una práctica común para los ciudadanos que no aprendieron una firma o no saben escribir. Aquí vemos una prueba de esta costumbre”. Tomado de Facebook, 9 de junio de 2021.

Otra colega lingüista, quien ha participado de varios talleres donde asisten poblaciones amazónicas que recién van a discutir cómo tener un alfabeto, declara en el mismo medio de comunicación:

“Sí, es así,  además muchas de las de sus acuerdos las firman usando solo las huellas. Esto ocurre básicamente con las poblaciones monolingües de la selva peruana”. Tomado de Facebook el 9 de junio 2021.

Otra docente universitaria, formadora de maestros bilingües en la Amazonía, comenta: “La huella digital incluso tiene más valor que la firma”. Tomado de Facebook el 9 de junio 2021.

Pero todos estos testimonios tienen un origen, el post del lingüista y profesor de la PUCP Gonzalo Segura donde dice lo siguiente:

“A propósito de la no coincidencia de las firmas en las actas provenientes de la Amazonía peruana, la señora K no conoce la idiosincrasia ni la vida de los hermanos indígenas de nuestra Amazonía. La mafiosa no solamente tendría que anular las 503 actas, porque las firmas no concuerdan con las del DNI de los miembros de mesa, sino casi todas.

La señora y sus compinches realmente tienen que ser muy miserables para no conocer esta realidad. Urgente: ¡Educación Intercultural para todos en Lima!

Ellos y ellas casi nunca firman documentos. Por eso es que no están familiarizados con su firma, más si son personas del campo o viven lejos de las ciudades, nunca firman. Cuando se les pregunta por qué no firman igual que en su DNI, responden: « Nunca firmamos, profesor, solo ustedes nos hacen firmar, por eso no me acuerdo de mi firma ».

Un extrabajador del MED, encargado en las tareas de normalización escrituraria de lenguas indígenas, me cuenta: « Solo cuando le pedíamos que miren bien su DNI trataban de hacerlo igual, pero ni así… ..hacíamos los talleres del MED y les pedíamos que firmen las actas para devolverles sus gastos. Igual pasa también las zonas rurales donde la gente no tiene costumbre de firmar… y eran docentes… Eso lo sabemos todos del MED, las firmas de las actas eran diferentes… nunca firman igual ». Tomado de Facebook, 9 de junio de 2021.

Su post tuvo 869 likes y ha sido compartido muchas veces.

Este docente universitario, original de Puno, enseña en dos universidades limeñas y es un connotado profesional. Su reclamo de que haya una Educación Intercultural para todos en Lima obedece al descontento de ver que somos un país que no puede ver al otro sin menospreciarlo, ignorarlo o hacerlo desaparecer, como sugiere esta contienda electoral. Tenemos documentos y políticas de sobra que dignifican y exaltan el hecho de ser un país multicultural y lingüísticamente diverso. Pero que no tenemos la menor empatía por el Otro.

Otra colaboración que hemos recibido proviene del reconocido editor Dante González, de Pakarina Ediciones, quien tiene amplia experiencia en recorrer el Perú al asistir a ferias de libros durante todo el año. El subscribe este testimonio:

« Cuando distribuimos materiales por la sierra de Sánchez Carrión (Huamachuco), por ejemplo, en la zona de Calemar, punta de carretera, que pertenece a Sartimbamba, para cruzar el Marañón y trasladar el material a Bambamarca tuvimos que contratar porteadores de la zona. Para el pago tenían que firmar recibos, pero como no recordaban entonces con la huella digital y un garabato era suficiente.

El Huaytará, Huancavelica, algo parecido. En Casa Blanca, al frente de Cajabamba, Huaylas, en la cordillera Negra, también. Así, un listado ».

Y adscribe otro testimonio más:

« En la región Loreto, en la provincia de Datem del Marañón, conocida por ser una zona intercultural por contar con un porcentaje poblacional casi de 75% indígenas de diferentes etnias como la kandoshi, shawi, shapra, quechua, awajun, shiwilo, entre otras.

Esta población en casi el 80% las mujeres no firman (Reniec) solo colocan su huella digital y así cobran programas como juntos y cuna más, pero están aprendiendo a realizar garabatos, colocar sus iniciales o nombre por firma y se respeta la intención, sin actualizar en Reniec por no contar con los recursos económicos y lo lejana que es la comunidad donde viven (característico de la zona).

De igual forma los varones, si bien serán un porcentaje menor, también y en su mayoría colocan solo huella (Reniec) y los que están aprendiendo colocan garabatos o sus nombres por firma. Y aquí se respeta la intención de los hermanos indígenas.

Muy triste y lamentable que se quiera sacar ventaja de esta población ».

Creo que va quedando claro que en el Perú, no solamente en las zonas rurales, existen ciudadanos cuya práctica de literacidad no se puede comparar con la que tienen otros, habitantes de ciudad letrada que están expuestos a la necesidad de escribir con frecuencia o firmar, viven en grandes ciudades, donde la burocracia de las instituciones públicas o privadas así lo requieren. Y si tienen que firmar lo hacen con dificultad, con vergüenza, a veces, porque no tienen esa práctica y entonces se recurre a un grafismo que simula una firma o una simple inicial. El historiador Agustín Enrique Bardales Padilla sostiene que esas formas de rúbrica no son inconstitucionales, así lo establece en primer lugar la Carta Magna y los reglamentos del Jurado Nacional de Elecciones que han sido entregados a los personeros y a quienes han trabajado en el proceso electoral.

Tenemos el Compendio Electoral Peruano (edición actualizada al 2020 y que se encuentre en libre disponibilidad en el portal de la ONPE). Este documento señala en su artículo 4: De las actas no observadas, lo siguiente:

4.2.- El acta electoral de aquella mesa de sufragio que cuente con miembros de mesa iletrados, o que se encuentren en incapacidad de firmar, siempre que dichos miembros estén debidamente identificados, con la consignación de sus datos (nombre y número de DNI). En estos casos el miembro de mesa debe consignar su huella digital y se dejará constancia de las causas que le impidieron firmar en la parte de observaciones del acta electoral. Solo en este supuesto, la falta de firma no es causal de observación del acta.

A su vez, los manuales de la ONPE también señalan lo mismo, basándose en este artículo. En dicho manual se señala:

“¿Qué sucede si el miembro de mesa no puede firmar el acta de instalación por ser iletrado o por imposibilidad física? Respuesta. Se le pide colocar su huella en la línea para firmar. Luego, se escriben sus nombres, apellidos y número de DNI, y se escribe en el campo de observaciones del acta lo siguiente: El Sr. … no firmó porque… Finalmente, se solicita al personal de la ONPE traer láminas de protección para cubrir el campo de observaciones”.

La indignación de estos ciudadanos que han cumplido con emitir su voto al verse señalados con la posibilidad de ser parte de un fraude es totalmente justa, pues incumple el artículo 2 que garantiza los Derechos de la Persona, en varios aspectos.

Artículo 2.- Derechos fundamentales de la persona
Toda persona tiene derecho: 1. A la vida, a su identidad, a su integridad moral, psíquica y física y a su libre desarrollo y bienestar. El concebido es sujeto de derecho en todo cuanto le favorece.

Concordancia: LORENIEC: Arts. 2,7 incisos d), f) y j) 2. A la igualdad ante la ley. Nadie debe ser discriminado por motivo de origen, raza, sexo, idioma, religión, opinión, condición económica o de cualquiera otra índole.

3. A la libertad de conciencia y de religión, en forma individual o asociada. No hay persecución por razón de ideas o creencias. No hay delito de opinión. El ejercicio público de todas las confesiones es libre, siempre que no ofenda la moral ni altere el orden público.

Concordancia: LOE art. 188.

4. A las libertades de información, opinión, expresión y difusión del pensamiento mediante la palabra oral o escrita o la imagen, por cualquier medio de comunicación social, sin previa autorización ni censura ni impedimento algunos, bajo las responsabilidades de ley. Los delitos cometidos por medio del libro, la prensa y demás medios de comunicación social se tipifican en el Código Penal y se juzgan en el fuero común…”

Finalmente queremos terminar con un texto, gentilmente enviado por la escritora y poeta Gloria Cáceres y con esto creemos que hemos argumentado lo suficiente para defender a quienes no firman igual o no firman tal como lo dice el DNI.

“En mi pueblo Colta Ayacucho, los pobladores que vienen de los caseríos próximos, como Llamocpamapa o Vitama en busca de justicia por alguna eventualidad, después de la audiencia suelen sellar su compromiso con su huella digital y lo refrendan con un garabato. Ya sea porque están apurados o porque no existe la práctica de escribir, de estar escribiendo su nombre y firmando. Hay credibilidad entre los contrayentes, es más que suficiente. Esta práctica es común en muchos lugares del Perú”.

En conclusión:

Los argumentos de los abogados y/o representantes de FUERZA POPULAR solo revelan su ignorancia completa y fortalecen sus consabidas maniobras de racismo, violencia y discriminación hacia los pobladores de zonas rurales. Esas sí son formas sistemáticamente del accionar de FUERZA POPULAR contra el pueblo.

Lima, el 10 de junio de 2021.


* María C. Chavarría es profesora de Lingüística en la Universidad Nacional Mayor de San Marcos y una profesional comprometida y apasionada por la Amazonía.

[Publicado en el fanpage Lenguas y Sociedades Amerindias: https://www.facebook.com/groups/572061159505935 – reproducido en: http://www.resumenlatinoamericano.org]

Existem princípios que regem o nome social ou empresarial, assim como o das pessoas naturais. Seja FIRMA, seja DENOMINAÇÃO, está sujeito a dois princípios: da veracidade ou fidelidade, e da novidade ou ineditismo.

Escrito por Irineu Mariani

1. PRINCÍPIO DA VERACIDADE OU FIDELIDADE – Na espécie FIRMA, tanto na empresa individual quanto na coletiva e também na sociedade limitada unipessoal, admitida pelos §§ 1º e 2º do art. 1.052 do CC, acrescidos pela Lei nº 13.874/19, não é possível usar nome que não do respectivo titular ou que não seja sócio e, ainda, pessoa natural.

Exemplos: se o empresário individual não se chama Antônio, este nome não pode constar na respectiva FIRMA, e se não há sócio Alfredo Marques, este nome não pode constar na FIRMA da sociedade.

Na espécie DENOMINAÇÃO, se o objeto social é “X”, exemplo, indústria de ventiladores, não pode, mesmo genericamente, usar palavra que identifique o objeto “Y”, exemplo, indústria de climatizadores. Isso corresponde à segunda parte do nome social ou empresarial. Deve, necessariamente, identificar o objeto social.

Assim como o apelido de família ou sobrenome da pessoa natural, é imutável, salvo alteração do objeto. Já em relação à primeira parte do nome ou prenome, que corresponde à fantasia, é possível na sociedade anônima o nome de pessoa natural, mesmo que não seja acionista.

Pode homenagear o fundador ou quem tenha contribuído para o êxito da empresa (CC, art. 1.160, parágrafo único; Lei 6.404/76, art. 3.º, § 1.º). Exemplo: Alfredo Marques – Indústria de Ventiladores S/A, ou Alfredo Marques S/A – Indústria de Ventiladores, ou S/A Alfredo Marques – Indústria de Ventiladores.

Já se for uma sociedade limitada por quotas, pressuposto é que haja sócio com tal nome (CC, art. 1.158, § 2.º).

2. PRINCÍPIO DA NOVIDADE OU INEDITISMO – Deve distinguir-se dos outros já inscritos, tanto quanto necessário, para não desorientar o mercado (CC, art. 1.163, caput, e parágrafo único; Lei 6.404/76, art. 3.º, § 2.º), o que não vigora em relação à pessoa natural.

Existem milhares de pessoas naturais homônimas. Exemplos: João da Silva, Maria da Silva etc. É diferente em relação ao nome social ou empresarial. Neste vigora o princípio da anterioridade. O posterior deve modificar ou acrescentar elemento suficiente para não confundir o mercado. Exemplo: Ivo e Yvo não são homógrafos, logo, não são idênticos, mas são homófonos, o que basta para desorientar o mercado.

 

 

[Fonte: http://www.espacovital.com.br]

En 1848, des centaines de milliers d’individus sont libérés et deviennent des citoyens. Comment les appeler ? La IIe République va répondre à cette question. À sa manière…
Écrit par Michel Feltin-Palas
On le sait : l’esclavage a été définitivement aboli en France en 1848. On le sait moins : il a fallu alors attribuer des patronymes aux anciens esclaves qui, jusqu’alors, ne portaient que des prénoms ou des surnoms. Or la manière dont la IIe République va s’acquitter de cette tâche est particulièrement étonnante (1).
L’enjeu est d’importance pour les individus concernés, car le nom de famille est un élément essentiel de l’identité de chacun. Il l’est aussi pour l’État, qui a besoin d’établir des registres d’état-civil, veut connaître l’âge, le lieu de naissance et de résidence des intéressés, tout en « favorisant la constitution des familles », en attribuant le même patronyme au père, à la mère et aux enfants. Il s’agit également de fixer l’assiette des impôts et d’établir les listes électorales sur lesquelles seront inscrits ces nouveaux citoyens. Au total, il faut « inventer » quelque 100 000 patronymes, que ce soit en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à La Réunion, selon les calculs de l’historien Frédéric Régent, maître de conférences à l’université Paris I Panthéon Sorbonne et auteur de plusieurs livres sur ce sujet (2). La tâche est gigantesque.
Comment faire ? Pour les prénoms, conformément aux usages de l’époque, on puise dans le calendrier et dans l’histoire ancienne : Marie, Françoise, Pierre, Joseph, César, Electre… Pour les noms, c’est plus difficile. Pas question, évidemment, d’attribuer un patronyme porté par une autre famille (à moins que celle-ci ne soit d’accord). Pour le reste… Les officiers d’état-civil disposent d’une grande liberté dont ils vont user, et parfois abuser, selon leur culture, leur région d’origine et leur humeur. Les chercheurs ont réparti leurs trouvailles en plusieurs familles :
· L’histoire, la mythologie et la religion. C’est la thématique la plus utilisée. Alcibiade, Romulus, Pline, Archimède voisinent avec Josué, Ismaël, Judée.
· La géographie. Apparaissent ici et là des Madère, des Laponie, des Lausanne, des Liban, des Équateur et des Guadeloupe… L’Afrique, dont sont pourtant originaires les esclaves, sert rarement de source d’inspiration, même si l’on trouve des Congo et des Niger.
· Les associations d’idées. Les officiers d’état-civil n’hésitent pas à recourir aux jeux de mots. Marguerite devient Fleurie ; Céleste, Étoilé ; Hector, Troyen. De temps en temps, ils optent pour des noms volontairement ridicules, tels Nonfortuné ou Grossomodo tandis qu’un prénommé Cinq-Sous se voit affublé du patronyme Navard (un avare)…
· L’anagramme. À partir du prénom Edouard, on forme le nom de famille Douared. Ursule sera Surule ou Elusur ; Figaro s’appellera Oragif ou Garofi… Parfois, l’anagramme n’est que partielle. Tel esclave se prénommait Mathurin ? Son patronyme sera Thuram – oui, l’ancêtre du footballeur Lilian. De même, Marie-Julienne écope de Jumarie, Marie-Claire de Marclaie, Marie-Anne de Rima, etc. Il arrive aussi que l’on combine le prénom et le surnom. À partir de Sylvestre, dit Dubois, on crée Sylesbois ; Jules, dit Laguerre, se transforme en Juguerre, et ainsi de suite.
· Les suffixes. À Pointe-à-Pitre, les fonctionnaires, sans doute moins imaginatifs, semblent avoir une prédilection pour les suffixes en « court « (Alcourt, Delcourt, Pelcourt, Zelcourt) ; en « al » (Obal, Ofal, Potal) ; en « ir » (Véfir, Gésir, Rézir) ou en « dur » (Codur, Godur, Nodur, Rodur). À Anse-Bertrand, on privilégie plutôt les « us » : Bonifacius, Carlus, Edranicus, Jeanus, Lauritius, Nodunus… C’est ainsi que s’explique le patronyme de Pascal Légitimus, des Inconnus.
· Les prénoms. Comme en métropole, un certain nombre d’anciens esclaves ont pour patronymes un simple prénom. C’est notamment le cas des ancêtres de la comédienne Firmine Richard, mais aussi du poète et homme politique Aimé Césaire.
Dans l’immense majorité des cas, les intéressés n’ont pas eu leur mot à dire. Mais ne caricaturons pas : la proportion de patronymes ridicules est faible, note Frédéric Régent. Surtout, ajoute-t-il, « les nouveaux libres se sont appropriés leurs patronymes et c’est avec eux qu’ils sont entrés dans la citoyenneté. Dès août 1848, les anciens esclaves participaient à l’élection de l’Assemblée nationale ».
(1) Cette tâche n’avait pas été accomplie après la première abolition de 1794. En revanche, en 1838, une ordonnance avait fixé des règles pour attribuer des patronymes aux esclaves affranchis. Celle-ci aura une influence sur la méthode suivie en 1848.
(2) Notamment La France et ses esclaves (Grasset) et Les maîtres de la Guadeloupe (Tallandier)
[Source : http://www.lexpress.fr]

Le collectif Porte mon nom œuvre pour instaurer automatiquement le double nom, des deux parents, à la naissance. Un décret pour modifier la loi, défendu par le député LREM Patrick Vignal, doit être présenté cette semaine au garde des Sceaux.

Malgré la loi de 2002 qui autorise les parents à donner le nom du père, de la mère, ou les deux, environ 80 % des enfants portent encore le nom de leur père.

« À l’aéroport, on me demande chaque fois de prouver que je suis bien la mère de mes enfants, c’est un sketch », souffle Marine Gatineau Dupré. Parce qu’elle ne porte pas le nom de sa fille et de son fils, nés de deux pères différents dont elle est séparée, cette mère se retrouve à « ressortir les livrets de famille pour toutes les démarches administratives », pour prouver sa maternité.

Une expérience qui l’a amenée à fonder le collectif Porte mon nom, qui milite aujourd’hui pour l’instauration automatique du double nom de famille à la naissance, du père et de la mère. Des témoignages comme le sien, Marine Gatineau Dupré en a récolté plus de 2 400. Et la pétition lancée par le collectif rassemblait déjà, ce mardi 25 mai, plus de 6 900 signatures.

« La situation est dramatique. On n’avait pas réalisé l’ampleur du problème. Il y a le cas des femmes divorcées, des familles recomposées mais aussi celui des enfants abandonnés, qui portent le nom d’un père absent. Il y a les cas de violences conjugales, ou même des histoires de viol, où l’enfant doit porter le nom de son bourreau », s’afflige Marine Gatineau Dupré.

Une « tradition ancestrale »

Pourtant, la loi du 4 mai 2002 permet aux parents de donner à leur enfant soit le nom du père, soit celui de la mère, soit les deux accolés. Mais aujourd’hui encore, la plupart − environ 80 % des parents selon l’Insee − choisissent de donner le nom du père. Non parce qu’il est plus facile à porter, ou du fait d’un choix réfléchi, mais parce que « c’est comme ça ». Une « tradition ancestrale » qui peine à évoluer, constate Marine Gatineau Dupré.

Quand bien même la mère souhaite ajouter son nom à celui de l’enfant, comme elle l’avait demandé pour sa fille, « c’est quasiment tout le temps le père qui décide », confie celle qui n’a pas obtenu gain de cause avec son conjoint de l’époque.

« Au moment de l’accouchement, les femmes n’ont ni le temps ni la force d’être en désaccord pour un nom. C’est à la société d’aider à cet accord. »

« L’automatisation et non l’obligation »

Pour ce faire, le collectif travaille à l’écriture d’un décret pour modifier la loi. Concrètement, le collectif demande une automatisation du double nom dans l’état civil à la naissance, dans l’ordre choisi par les parents, ou l’ordre alphabétique en cas de désaccord.

Il prévoit aussi la possibilité de rajouter son nom à celui du premier parent, si l’on se sépare de celui-ci, avec une démarche simplifiée, ainsi que la possibilité pour l’enfant de choisir, à 18 ans, un nom ou les deux. Quant au nom d’usage, le collectif demande à ce que le nom de naissance de la mère puisse être accolé en nom d’usage à celui des enfants, sans l’autorisation du père, et ce, quand la mère le souhaite.

L’idée, c’est « l’automatisation du double nom, et non l’obligation », résume le député LREM de l’Hérault Patrick Vignal, interrogé par « l’Obs », qui doit défendre le projet lors d’une réunion avec le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti « dans la semaine ». Si les parents décident de donner un nom plutôt que l’autre à leur enfant, libre à eux de le faire, mais il faudra qu’ils fassent une déclaration commune. Une « solution intelligente » qui permettrait, selon le député, de régler la majorité des problèmes dus à la domination du patronyme.

« Dans une société où l’égalité des sexes progresse, la transmission du nom du père reste une grande inégalité. C’est un marqueur fort, qui montre que l’on est encore dans une société très patriarcale », martèle le député. Il prône aujourd’hui une « inversion de la tendance » qui contribuerait à « améliorer la place de la femme dans la société ».

 

[Photo : DIDIER PALLAGES/AFP – source : http://www.nouvelobs.com]

Marcas comerciais galegas – fonte: CCG

 

Escrito por Marcos Pérez Pena 

O galego vende. O emprego da lingua tanto na publicidade como nas marcas comerciais (e agora nas páxinas web ou na escolla do dominio propio .gal) achega identidade a un produto e un valor que o liga a un territorio ou a un xeito de facer. Con todo, a utilización do galego na publicidade é aínda minoritario e seguen sendo moitas as empresas -galegas ou foráneas- que rexeitan empregalo para chegar aos seus e ás súas posibles consumidoras.

A Real Academia Galega vén de publicar o último volume de Estudos de Onomástica, centrado nos « nomes comerciais », e que recolle nove contribucións presentadas o pasado 7 de novembro na V Xornada de Onomástica Galega, un encontro anual que conta co apoio da Deputación de Pontevedra e o Museo de Pontevedra. A obra, que se pode descargar de balde, afonda en distintas cuestións relacionadas co uso do galego nas marcas comerciais e na publicidade, tanto de forma xeral como en sectores determinados, como o vitivinícola, e contou coa participación de filólogas, da zoqueira Elena Ferro ou das publicistas Irene García e Raquel Boo, de Ekinocio, que subliñaron na súa intervención que “a verdadeira distinción está no propio”. 

Primeiro anuncio en galego publicado na prensa do país. 1876. Fonte: Real Academia Galega

A lingua e o dominio .gal, ausentes en moitas das grandes marcas galegas

A idea da identidade como valor estivo presente na maior parte das intervencións, coma a do profesor da Universidade de Vigo Benigno Fernández Salgado, que analizou as estra­texias lingüísticas de naming (a operación de poñer nome a unha marca ou em­presa) en marcas galegas e tamén se preguntou sobre a existencia ou non da “marca Galicia” e sobre cales son as vantaxes que ten empresarial e monetaria­mente a súa utilización. O profesor conclúe que « a situación de risco da lingua galega dependerá da vontade da sociedade para darlle vida tamén nas marcas comerciais, para que siga a cumprir o seu cometido desde que xurdiu: nomear o mundo ».

Hai importantes marcas galegas que non teñen punto .gal, que o teñen inactivo ou que só o empregan para direccionar a súa web a outro enderezo

Fernández Salgado tamén avaliou a utilización da lingua galega por marcas nas súas webs corporativas e na escolla ou non do dominio .gal. Para iso analizou as 50 marcas galegas máis coñecidas polo estudantado da Universidade de Vigo, concluíndo que só catro delas (Gadisa, R, Galaxia e Reizentolo) empregan habitualmente o dominio .gal; a elas pódese sumar Leite Río, que ten a web de Leyma en galego e emprega o .gal.

Pola contra, hai importantes marcas que non teñen punto .gal (Abanca, Larsa, Celta de Vigo…), outras que o teñen rexistrado pero o enderezo está inactivo (Inditex, Zara, LeiteNoso, Deleite…), outras que o empregan pero unicamente para redireccionar a unha páxina .es que ten versión en galego (Feiraco, Deportivo da Coruña, Monbús…) e as que o usan para redireccionar a unha páxina sen versión en galego (Ence, Naturgy…).

O 89% das marcas de viño do Ribeiro empregan o galego

O volume inclúe tamén un artigo da filóloga Raquel Rodríguez Parada baseado na investigación que realizou sobre os nomes das adegas e dos viño inscritos na Denominación de Orixe Ribeiro. O sector vitivinícola foi un dos primeiros en valorar a lin­gua galega como imaxe de marca e que, polo tanto, empezou a utilizala para bautizar os seus produtos. Os nomes dos viños Salto d’o CanEnxe­bre Veira d’o Miño, publicitados no xornal La Tierra Gallega da Habana están entre as primeiras marcas en galego.

Hoxe en día o sector do viño é un dos que emprega o galego na súa etiquetaxe con menos prexuízos, tanto para a súa distribución en Galicia como no estranxeiro, partindo do feito de que « a procedencia e o nome dos produtores son aval seguro para un bo viño ». De feito, na denominación de orixe, o 89% das denominacións empregan a lingua galega ou usan topónimos e antropónomos propios nas súas marcas comerciais. « Moitas das persoas adegueiras e colleiteiras son conscientes de que a lingua é unha boa carta de presentación para vender os seus produtos », conclúe a investigadora, que engade que mesmo para vender fóra de Galicia « gustan de identificar o viño ribeirao coa lingua da comunidade onde se produce, entendemos que para marcar a diferenza cos seus produtos, ben coñecidos a nivel mundial ».

Etiquetaxe en galego dun viño. Fonte: A flor e a abella

Xose González: dos ‘Contos do Castromil’ á militancia como consumidores

Xosé González, en representación do Foro Enrique Peinador, fixo un percorrido por algún dos avances experimentados nos últimos anos en Galicia na utilización comercial da lingua galega, sinalando tamén algúns dos retos pendentes. González subliñou, por exemplo, a iniciativa impulsada en 1989 pola Asociación de Funcionarios para a Normalización Lingüística e a empresa Castromil : a edición dos Contos do Castromil, distribuídos en todas as liñas da compañía e que durante anos supuxo a impresión e distribución de 450.000 exemplares de trinta obras orixinais, escritas ex professo para a ocasión.

O proceso de galeguización da compañía levou tamén nomear a os autobuses con nomes de personaxes senlleiros de Galicia. Desta maneira “Otero Pedrayo”, “Álvaro Cunqueiro”, “Castelao”… pasaron a ser nomes de liñas. “Vou no Álvaro Cunqueiro”, “Fomos de excursión no Luís Seoane”, escoitábase. “Co paso do tempo, a empresa Castromil contaxiou o seu exemplo a outras. Foi así como a Asociación de Funcionarios lle deu forma a un grupo de empresas que asumían, en distintos graos, a súa galeguización, pero que, dadas as súas características, cambiaron o código lingüístico nas súas comunicacións publicitarias”, destacou Xosé González.

Na súa intervención afirmou que “que haxa máis publicidade en galego e que sexa maior o número de produtos de consumo que incorporen a lingua galega nas súas etiquetas (que é publicidade) vai depender dalgunhas variables”, destacando en primeiro lugar que a Xunta “anime as empresas a galeguizárense. Pensamos, por exemplo, que nas liñas de subvencións abertas para as empresas en todas as modalidades, se incorpore entre as cláusulas estipuladas a obrigatoriedade de respectar os dereitos lingüísticos dos consumidores, consonte co establecido na Lei galega 2/2012”, que sinala que “a Administración autonómica incentivará a utilización da lingua galega na oferta de compra, na información de carácter fixo e documentación, nas relacións entre os consumidores, e destes cos ofertantes”.

Xosé González fixo tamén unha apelación aos partidos políticos e sindicatos do ámbito do galeguismo para que “concreten o seu discurso” deixando claro que “defender Galicia é defender os produtos locais que se identifican cos nosos valores patrimoniais”. “Ignoramos cales son os milleiros exactos de afiliados en xunto deses partidos e sindicatos. Pero si que afirmamos que, de seren máis consecuentes na exhortación de galeguidade, moito cambiaría o conto”, dixo, engadindo que “de nada valen as concentracións de masas en sinaladas datas do calendario (Día das Letras, 25 de Xullo…) se nelas non se concretan as medidas que cada cidadán debe exercer para defender a identidade deste país”. 

Os ‘Contos do Castromil’

Finalmente, González afirmou que “nunca Galicia tivo tantos medios humanos (profesorado de galego) e recursos (subvencións) para defender a lingua galega e tan escasos resultados” e buscou a razón “no mal enfoque que se lle deu ao proxecto normalizador da lingua galega”, destinando “os esforzos de medios e recursos ao ámbito literario, piar sobre o que se asentou a política lingüística”. “Xa que este representa, polo interese suscitado, unha ínfima parte da sociedade, quedou a inmensa maioría desasistida”, sinalou.

“Son ben sabidas as dificultades que hai que vencer para que a marea da galeguidade avance en ámbitos extraliterarios. Pero admitámolo: pola vía literaria pouco máis hai que agardar que non sexa satisfacer o interese dunha mínima porcentaxe da poboación. Unha lingua sobrevivirá se está presente en todos os eidos sociais, culturais e económicos”, concluíu.

[Fonte: http://www.praza.gal]

 

L’escriptor Arturo Pérez-Reverte

L’Ajuntament de Palma ha eliminat del nomenclàtor de la ciutat 12 carrers pel seu vestigi franquista, en compliment amb la Llei de Memòria i Reconeixement Democràtic, aprovada el 2018 pel Parlament de les Illes Balears. Aquests carrers formaven part del Cens de símbols, llegendes i mencions franquistes redactat per la Comissió Tècnica que té previst tirar endavant amb la Llei. Entre els nous noms, destaquen els dedicats a la filòloga Aina Moll, la sindicalista Francesca Vidal i la política Frederica Montseny.

Així, l’avinguda de Joan March, es denominarà avinguda del Gran i General Consell; el carrer de Gabriel Rabassa, Federica Montseny; el carrer d’Antoni Sancho, Aina Moll; la plaça de l’Almirall Churruca canviarà el seu nom pel de plaça de Mateu Pruners; la via d’Almirall Gravina s’anomenarà a partir d’ara d’Angelí Dulcert; el carrer de l’Almirall Cervera durà el nom de Pere Rossell; el carrer de Toledo, passarà a conèixer-se com a carrer de Rafel Valls; el carrer de Josep d’Oleza, carrer de Marc Ferragut; la plaça del Bisbe Planas, plaça del Poble. Finalment, els carrers d’Alfambra i de Brunete, canviaran a Joan Daurer i de Joan Desí, respectivament.

Aquesta decisió ja ha rebut les primeres crítiques de mitjans de dretes, l’alcaldia de Toledo o l’escriptor Arturo Pérez-Reverte que ha titllat d' »idiota » el batle de Palma.

Hila ha replicat Pérez-Reverte informant-lo que els carrers de Churruca, Gravina i Cervera no estaven dedicats a aquests militars, sinó a tres vaixells franquistes.

Malgrat l’explicació del batle, l’escriptor no l’ha donat per bona i ha insistit a atacar-lo.

[Font: http://www.racocatala.cat]

Dans un essai placé sous le signe de la Trinité, l’universitaire Steven Sampson explore l’œuvre de l’écrivain américain Philip Roth. Stimulant mais brouillon.

Écrit par Anne-Laurence GOLLION

Corpus Rothi
Steven Sampson
2011
Léo Scheer
152 pages

Une fois refermé, le petit ouvrage de Steven Sampson, Corpus Rothi, laisse perplexe. En prenant le parti de placer l’œuvre foisonnante de Philip Roth sous le signe de la religion chrétienne, avec Philip Roth lui-même dans le rôle du Christ, l’entreprise était risquée. Le résultat est acrobatique.

Roth est aujourd’hui quasi unanimement désigné comme le plus grand écrivain américain vivant. Il est également l’éternel candidat malheureux au Nobel, comme si l’ultime reconnaissance butait constamment sur les récifs de certains romans au goût de soufre et de scandale. Et ce sont avant tout ces derniers qui intéressent Sampson : il ignore en effet la fameuse trilogie américaine composée de La TacheJ’ai épousé un communiste et Pastorale américaine, soit les récits les plus transparents de leur auteur, qui l’ont fait accéder au rang de grand décrypteur de son époque. Corpus Rothi dissèque donc Portnoy et son complexeGoodbye, Columbus, la fameuse trilogie Zuckerman, Le Sein ou encore Opération Shylock, romans autofictionnels obsédés par le corps, la religion mais aussi le nombril de Roth.

Sampson élude ainsi la dimension politique et historique de l’œuvre pour se concentrer sur les phallus des alter egos rothiens, qui ne retrouvent leurs sens que lorsqu’ils sont éclairés par le prisme de la judéité. Car tout est limpide selon Sampson : “Les Juifs appartiennent tous à la même espèce, ce qui fait qu’ils peuvent se marier entre eux. C’est une appartenance transmise par le sang. Brenda est un pur-sang, tout comme Neil [personnages de Goodbye, Columbus, paru en 1959] tous comme Philip Roth, troubadour des pur-sang, poète chevaleresque dont le prénom signifie ‘celui qui aime les chevaux’”.

Noms et obsessions

La filiation, l’impossibilité à s’extraire de son milieu et de son ascendance : ce sont, il est vrai, les thèmes de prédilection de Philip Roth. Mais, nous dit Sampson qui se livre à des exercices d’anthroponymie complexes, nous n’avons pas assez pris conscience du degré d’imprégnation de ces obsessions dans la mise en place des personnages : “Dans The Professor of Desire, Roth dote David Kepesh d’une fiancée qui s’appelle Claire Ovington. Nous voilà dans le domaine des archétypes : le nom Kepesh est une déformation de Kepel, ou ‘tête’ en yiddish, ce qui suggère chez Roth la tête du phallus. Et le nom Ovington évoque l’œuf (ovum) et l’ovulation. Les deux personnages sont des figures du Phallus et de l’Œuf”   .

Le reste est à l’avenant : ainsi, lorsque Portnoy rencontre sa compagne “Le Singe”, il a trente-trois ans, l’“âge du Crucifié”   et se trouve à l’angle de la 52e Rue et de Lexington Avenue, l’avenue de la Loi, “ce qui, pour Portnoy, deviendra Leche-ington, l’avenue du lèchement. C’est la Nouvelle Alliance, celle entre le Juif non réformé et la fille du Nouveau Testament”   . C’était donc ça…

L’essai pâtit légèrement de son écriture potache et profane, mêlant sérieux et outrancier, ne reculant jamais devant la vulgarité et l’accumulation. L’intitulé des chapitres laisse rêveur : “Trou Love”, “Le doigt de retour”, “Phallus Ex Machina”… De même que les provocations liminaires : “Un chrétien est un Juif qui a été circoncis deux fois”, ou encore “Le meilleur refuge se trouve auprès d’une shikse [‘femme non-juive’ en yiddish]. À l’intérieur d’elle, dans un des trous dont elle est si miraculeusement dotée, le condamné peut faire l’autruche. Les rabbins n’iront pas la chercher là. C’est encore mieux si l’on change souvent de trou. Le phallus de Portnoy est le nouveau Juif errant, voyageant de shikse en shikse”   .

Le refus de l’auto-engendrement

Pourtant, la pertinence rôde souvent derrière la provocation. L’analyse du personnage rothien comme aspirant à la vie éternelle, refusant la fertilité et l’enfantement, par exemple, est très défendable. Le héros rothien ploie toujours sous le poids de son ascendance mais se refuse à devenir père, pétrifié, nous dit Sampson, par la Jewish American Princess (JAP) et tiraillé par son “besoin d’occuper la nichée d’autres mâles”   . Il ne peut donc qu’endosser le rôle du Christ, “debout et figé”   , sacrificiel et respecté, afin de pouvoir se trouver dans l’histoire, celle que nous raconte Roth. Il se retrouve donc en état d’errance, séduit des Italiennes (la fascination pour Rome est récurrente) mais se montre incapable de faire de même en Israël : “Le phallus descend des hauteurs, aussi flaccide et exsangue que fut le cadavre du Christ”   .

Mais l’analogie entre Roth et le Christ est la plus frappante dans Opération Shylock, peut-être le roman le plus abouti de Roth, grande fresque où il se met en scène sous les traits d’un écrivain en tournée en Israël et persécuté par un imposteur qui prône le retour des Juifs en Pologne. L’imposteur devient l’Antéchrist dans l’eschatologie chrétienne : il est le faux messie qui veut renverser le pouvoir des prêtres de Jérusalem, il moque l’ambition du vrai Roth qui entend peser sur la politique grâce à sa plume. Et “le procès de Shylock est mis en parallèle avec le mystère de la Passion, comme si c’était Shylock qui était persécuté à Pâques”   .

L’Europe comme salut ?

Corpus Rothi vaut également pour l’attention qu’il porte à quelques œuvres oubliées de Roth, comme sa nouvelle Looking at Kafka, parue en 1976, qui revisite d’une manière particulièrement iconoclaste le parcours de l’écrivain pragois : Kafka ne serait donc pas mort en 1924, mais aurait simplement fui l’Europe pour devenir professeur d’hébreu dans le New Jersey. Sampson revient sur un aspect récurrent de la figure du Juif chez Roth et analyse avec justesse comment ce dernier crée la figure du Judas avec son personnage réinventé d’un Kafka célébré.

Car Roth, pour construire son œuvre, a besoin de la mythologie et de l’histoire européenne. Lui l’Américain non patriote qui se situe dans une judéité douloureuse et dans un sionisme compliqué, se reconnecte avec son identité morcelée sur le Vieux Continent. Ou, pour reprendre les termes de Steven Sampson : “Pour réussir à féconder la femme blanche, il faut un véritable écrivain juif, trempé dans la souffrance européenne, et non pas la version américaine et édulcorée, devenue impuissante”. Une affirmation si juste aurait gagné à être énoncée plus clairement, en élaguant un peu dans les circonvolutions et les jeux de jambes.

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Un artigo de Xulio Sousa

Na década dos oitenta do século pasado o xenetista italiano Luigi Luca Cavalli-Sforza comezou a publicación dunha serie de traballos que descubrían a existencia de similitudes entre a diversificación e distribución territorial de grupos xenéticos e de familias lingüísticas.

Desde os anos cincuenta Cavalli-Sforza, formado en xenética bacteriana, interesouse pola xenética de poboacións, movido polo propósito de reconstruír a historia de dispersión das poboacións humanas. Ao longo dos tempos, os humanos organizáronse en grupos que comparten tradicións culturais, características lingüísticas e trazos xenéticos. Cavalli-Sforza suxeriu que a análise dos datos xenéticos podería permitir trazar unha árbore das liñaxes das poboacións humanas, e comezar a recoñecer a existencia de paralelismos entre a clasificación xenética, e a clasificación das linguas e outros trazos culturais.

Luigi Luca Cavalli-Sforza nun encontro en 2010. Foto: Luca Giarelli CC-BY-SA 3.0

As conclusións dos traballos de Cavalli-Sforza e dos seus colaboradores orixinaron controversias que resultaron moi frutíferas para o avance dos distintos ámbitos científicos concernidos: derivan as linguas actuais dunha única lingua?, teñen as linguas africanas características máis arcaicas que o resto?, apoian as diferenzas xenéticas a singularidade lingüística de linguas como o vasco? Como todos os traballos sólidos e singulares, serviron tamén de acicate para moitas investigacións interdisciplinares.

Os traballos do grupo de Cavalli-Sforza fundamentábanse no estudo de xenes e tiñan como obxectivo poboacións e familias lingüísticas de continentes enteiros, ou ben de todo o mundo. Investigacións posteriores comezaron a indagar se existía tamén algún paralelismo entre a diversidade xenética e lingüística a menor escala. No ámbito europeo realizáronse estudos fundamentalmente nos dominios das linguas xermánicas e románicas, moitos deles botando man dun indicador menos preciso que os xenes, e que fora aproveitado no estudos de poboacións desde había tempo: os apelidos. Como exemplo, en 2015 un grupo de investigadores identificaron conexións entre a fragmentación dos reinos medievais de España, os romances peninsulares e a organización rexional dos apelidos contemporáneos.

Apelidos e poboacións

O uso dos apelidos nos estudos xenéticos remóntase ao século XIX, cando George Darwin, fillo de primos irmáns (Charles e Emma), estudou a consanguinidade en poboacións rurais de Inglaterra a partir da coincidencia de apelidos dos dous membros da mesma parella (a estimación da isonimia). Na maioría das sociedades europeas, os apelidos fixéronse hereditarios a partir da Idade Media, e desde o século XVIII, boa parte dos Estados oficializaron o seu uso.

Henry Brougham Guppy. Foto cortesía do Nationaal Herbarium Nederland

Poucos anos despois do estudo de Darwin, o seu compatriota Henry Guppy demostrou que os apelidos (family names) distribuíanse territorialmente de forma organizada, e tiñan límites de difusión similares ás fronteiras políticas e naturais. Traballos posteriores descubriron que algúns apelidos, como os orixinados a partir de nomes de lugar (Ariza, Barceló, Orozco, Ares, etc.), estendíanse trazando un radio que marcaba a mobilidade e extensión dos grupos poboacionais. Os apelidos, como os xenes, funcionan como contedores de información que podían ser aproveitados para indagar na historia, as vinculacións e a distribución das poboacións.

Apelidos e dialectos

Seguindo o método empregado nalgúns destes traballos, un grupo interdisciplinar de lingüistas e matemáticos emprendemos o estudo dos apelidos de distintas zonas peninsulares, para descubrir que nos poden dicir estes nomes propios sobre as poboacións que os portan. No noso estudo, publicado na revista Journal of Linguistic Geography, analizamos a distribución territorial dos apelidos de Asturias.

A diferenza de traballos previos baseados en datos provinciais e máis parciais, a nosa investigación parte de censos completos dos 78 municipios asturianos. Estes rexistros foron filtrados de dous modos para obter un conxunto máis significativo:

  1. Elimináronse aqueles apelidos que pola súa frecuencia dificultan o descubrimento das agrupacións rexionais (os máis frecuentes –García, Fernández, Rodríguez, etc.– e os máis raros);
  2. Ademais, realizouse un corte temporal (apelidos de persoas nadas antes de 1960) para minimizar a repercusión dos movementos de poboación consecuencia das migracións ás cidades.

O conxunto resultante tratouse con procedementos estatísticos que permitiron identificar as principais rexións de apelidos de Asturias.

O resultado mostra catro agrupacións compactas, separadas por barreiras que corren de norte a sur e que se asemellan bastante no seu trazado ás isoglosas, que separan as variedades lingüísticas asturianas.

Así mesmo, é posible recoñecer que os dous primeiros grandes bloques da fragmentación dos apelidos amosa coincidencias evidentes coa partición do territorio asturiano entre unha área lingüística occidental, con características compartidas co galego, e outras tres zonas, identificadas con trazos exclusivos do asturiano.

Rexións de apelidos e límites lingüísticos en Asturias.

Un campo de datos a explotar

Os lingüistas interesados pola variación lingüística investigamos os datos coa intención de descubrir as causas que axuden a comprender como e por que diverxen as linguas. O estudo da distribución de apelidos nunha poboación permite obter información sobre a súa mobilidade e sobre a extensión das relacións grupais.
As características lingüísticas difúndense socialmente na interacción e, por tanto, son dependentes das relacións e movementos das comunidades, que poden ser observadas a partir da información proporcionada polos apelidos.
Os resultados destacados no noso traballo dan conta de que as similitudes entre as dúas clases de datos poden ser consecuencia de formas de ocupación do territorio do pasado. Con seguridade, a cooperación de investigadores de distintas disciplinas contribuirá a continuar explotando todo o valor informativo desta clase tan peculiar de nomes propios.

The Conversation

Xulio Sousa é profesor titular e investigador na Universidade de Santiago de Compostela

[Foto de apertura: Shutterstock / paula sierra – fonte: http://www.luzes.gal]

Arsenal de Ferrol / foto: hwi62CC0

“As abaixo asinantes, presas políticas de Ferrol na ditadura, tivemos coñecemento polos medios de comunicación que o ministerio de Xustiza está a traballar na reforma do Código Penal que tipificaría como delito a apoloxía ou exaltación do franquismo. Tamén que Adriana Lastra manifestaba que se retirará a simbología franquista que aínda queda en lugares públicos, así como a existencia dun anteproxecto de Lei de Memoria Democrática prohibe actividades de exaltación e enaltecemento da ditadura”.

“Pero manifestamos o noso escepticismo porque desde hai máis de corenta anos é unha evidencia que os sucesivos gobernos dende a morte do ditador Franco non tiveron vontade política para acabar con esta vergoña”. Así fala unha carta enviada á Ministra de Defensa Margarita Robles por 17 presas políticas de Ferrol e na que se denuncia a permisividade coa exaltación do franquismo así como os máis de 23 símbolos e nomes franquistas nas instalacións militares de Galicia.

Capitanía Xeral na Coruña / foto: turismo.gal

A historia dunha esixencia de democracia

Tal e como lembra a carta, xa no ano 1981 fíxose na cidade de Ferrol o primeiro gran intento por retirar os símbolos do franquismo. Foi na alcaldía do socialista Xaime Quintanilla Ulla, na que se aprobou retirar as rúas con significacións franquistas e militares golpistas da cidade. Mentres isto sucedía, como recolle o texto “o Ministerio de Defensa permitía que varias rúas do Arsenal Militar de Ferrol fosen bautizadas con eses mesmos nomes”, que perviven hoxe en día.

Despois, coa aprobación da Lei de Memoria Histórica en 2007, os sucesivos ministerios de Defensa dos gobernos de PSOE e PP non retiraron eses polo menos dez nomes desas rúas franquistas do Arsenal. No ano 2009 o Pleno de Ferrol, alcaldía do socialista Vicente Irisarri e cos votos a favor do PSOE, Esquerda Unida e BNG, pedía ó Ministerio de Defensa o cambio de nomes desas rúas. “Pero Defensa non fixo nada”.

Escola Naval de Marín / foto: Contando Estrelas CC-By Wikimedia

Máis tarde, no ano 2014 a deputada do PSOE no Congreso, María Paloma Rodríguez Vázquez, presentaba en xaneiro de 2014 unha proposición non de lei para que se retirasen esas rúas do Arsenal Militar de FerrolA petición tampouco foi atendida polo goberno de Mariano Rajoy.

Finalmente, xa no ano 2018 o Manifesto en contra do franquismo nas Forzas Armadas, denunciaba o incumprimento da Lei de Memoria Histórica e apuntaba cara esas placas e nomes das rúas do arsenal. Mesmo se pedía a colaboración de historiadoras como Bernardo Máiz, Xosé Manuel Suárez e Soledad Gómez de las Heras, para presentar o nome de dez persoas relacionadas coa Armada e o Arsenal ferrolán, que loitaron e sufriron polos valores democráticos e cívicos, como reemprazo. Mais tampouco tivo resposta.

Museo Militar de Galicia na cidade da Coruña / foto: Albert Galiza CC-By Wikimedia

23 símbolos e nomes franquistas nas instalacións militares de Galicia

Segundo os represaliados que asinan a carta, a presenza, máis de corenta anos despois do final do franquismo destes nomes no Arsenal, trátase “dunha ofensa á democracia e ás 714 persoas, entre civís e militares, asasinadas polo franquismo na comarca de Ferrol”. Máis a nómina de símbolos franquistas nas instalacións militares de Galicia é aínda maior. Estes son algún deles:

  • CUARTEL SÁNCHEZ DE AGUILERA. Denúnciase que ademais dos dez nomes desas rúas franquistas do Arsenal na cidade de Ferrol poden atoparse outros símbolos. Dentro do mesmo arsenal, no cuartel Sánchez Aguilera aínda se conserva un escudo franquista na súa fachada.
  • IGREXA DE SAN FRANCISCO DE FERROL. Na entrada e en lugar preferente atópase unha gran cruz coa inscrición: Caídos por Dios y por España. Despois unha placa con este texto: La Marina de Guerra a los gloriosos caídos del Baleares, caídos por Dios y por España en el Crucero Baleares ¡Presentes!. Segundo a carta “unha igrexa convertida, coa colaboración do Ministerio de Defensa, nun auténtico museo de exaltación do franquismo”, na que tamén está sinalizada a pía onde foi bautizado o ditador Franco.
  • HOSPITAL JUAN CARDONA DE FERROL. O propio nome xa fai alusión a un militar golpista. Mais na entrada do hospital pode verse a escultura de Camilo Alonso Vega, tamén militar golpista, tenente xeneral, ministro da ditadura que é cualificado nunha placa como un Soldado heroico. Gobernante exemplar. Paradigma de lealtades. Alonso Vega era coñecido entre a militancia antifranquista como “Camulo”, pola represión violenta contra o pobo.

  • COLEXIO MORENO FERNÁNDEZ EN PONTEVEDRA. Segundo a carta “o Defensa se nega dende hai anos a cambiar o nome do colexio Moreno Fernández, que depende deste ministerio”, na cidade de Pontevedra. Moreno Fernández estaba ó mando do acoirazado Canarias na chamada “Espantá” ou fuxida de máis de 100.000 persoas pola estrada Málaga-Almería, bombardeadas polos franquistas, provocando máis de 5.000 mortes.
  • RESIDENCIA GENERAL BARROSO EN SANTIAGO EN SANTIAGO. En Santiago está a Residencia de Estudiantes Teniente General Barroso, que depende do Ministerio de Defensa. Trátase dun militar golpista que durante a Guerra Civil foi xefe do Cuartel Xeneral de Franco e despois ministro do Exército entre 1957 e 1962. Por En Valencia retirouse por unanimidade a distinción de Fillo Adoptivo do xeneral en 2016.
  • SALA DE HONRA Ó XENERAL YAGUE NA CAPITANÍA DA CORUÑA. No edificio de maior rango militar de Galicia, a Capitanía Xeneral e Real Audiencia da Coruña, na Cidade Alta, consérvase unha placa sinala o nome da Sala de Honor: Gral. Yagüe. Foi coñecido popularmente como Carniceiro de Badajoz, despois de asasinar ó mando do exército franquista a 4.000 persoas na praza de touros desa cidade, declarando despois: “naturalmente que los hemos fusilado”.
  • MUSEO HISTÓRICO MILITAR DE CORUÑA. Denuncian tamén varios contidos do Museo Histórico Militar da Coruña. “A explicación do alí exposto podería corresponder perfectamente a calquera ano da ditadura. O retrato e o busto de Francisco Franco está acompañado dun texto no que non se fai referencia a que o 18 de xullo de 1936 houbo unha sublevación militar contra a Constitución e tampouco se cualifica a Franco como ditador”. Nos retratos do Marqués de Cavalcanti -José Cavalcanti de Alburquerque y Padierna- e do xeneral José Luis Romero Corral “non se explica que se trata de dous golpistas que participaron no exército dos sublevados en 1936”. Sergio Peñamaría de Llano ten un retrato no museo ó seu uniforme de militar e condecoracións e unha vitrina coa súa pistola. Non hai referencias a que “protoganizou unha criminal represión como tenente da Lexión en 1939 na comarca de Valdeorras e tamén como fiscal militar, solicitando penas de morte, entre outros, para dirixentes do PCE”.

Igrexa de San Francisco de Ferrol / foto: turismo.gal

Na carta á ministra afírmase que “é moi preocupante a exaltación do ditador Franco en manifestos públicos de militares, cando algúns fixeron a súa carreira na democracia”. Recordan que “o Código Penal de Alemaña contempla penas de até tres anos de cárcere por exaltación do nazismo” e “en Italia a apoloxía do fascismo pode ser castigada até con catros anos de prisión e tamén está penalizada a propaganda do réxime fascista”.

Escola Naval de Marín / foto Drow male CC-By Wikimedia

 

 

[Fonte: http://www.historiadegalicia.gal]

A especialista en antroponimia ocupará a cadeira que o pasamento do escritor, poeta e avogado Xosé Luís Franco Grande deixou vacante

A filóloga Ana Isabel Boullón Agrelo (A Pobra do Caramiñal, 1962)

A filóloga Ana Isabel Boullón Agrelo (A Pobra do Caramiñal, 1962)

Escrito por G. NOVÁS

O pleno da RAG que designou este luns o Día das Letras Galegas do 2021 como homenaxe á poeta Xela Arias, tamén elixiu como académica de número a Ana Isabel Boullón Agrelo (A Pobra do Caramiñal, 1962), que ocupará a cadeira vacante tras o pasamento do escritor, poeta e avogado Xosé Luís Franco Grande, o pasado mes de marzo. Profesora de Filoloxía Galega da Universidade de Santiago, adscrita ao Instituto da Lingua Galega, é unha investigadora de referencia no campo da antroponimia galega, unha das súas liñas de investigación principais xunto á toponimia, a edición de textos e a lexicografía. Ten publicado textos non literarios medievais e estudado a transmisión textual da Crónica de Iria; e ademais é coautora de diversos dicionarios, tanto de nomes persoais e de apelidos como de léxico común e especializado.

No 2012, lembra a RAG, foi elixida académica correspondente e dende entón é membro do seu Seminario de Onomástica, aínda que a colaboración coa Academia remóntase aos anos 90. É tamén membro de varias asociacións científicas e preside a Asociación Galega de Onomástica.

A académica electa integrou os equipos que promoveron ferramentas informáticas en liña para o estudo do léxico medieval (Dicionario de dicionarios do galego medieval) e planificou xunto a Xulio Sousa a Cartografía dos apelidos de Galicia), esta última por encarga da RAG. Nestes momentos, está a coordinar a elaboración do Dicionario dos apelidos galegos, en fase de revisión; e a posta en marcha da Guía dos nomes galegos, que estará dispoñible na web da Academia para que o público poida facer pescudas sobre os nomes propios: forma estándar, etimoloxía, posibles variantes, hipocorísticos e equivalencias en distintos idiomas.

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Lors de la cérémonie du concours Miss France 2021, la candidate April Benayoum a été la cible d’injures antisémites sur Twitter. En fus-je surpris? Hélas non.

April Benayoum, Miss Provence, ce 19 décembre.

Ayant encore deux sous de raison, je n’ai évidemment pas regardé le concours des Miss France, ce sommet d’imbécilité qui ferait passer Intervilles pour un jeu hautement intellectuel. C’est donc le lendemain que j’ai appris la consternante mésaventure arrivée à April Benayoum, innocente victime d’injures antisémites. En fus-je surpris? Hélas non. Avec un nom pareil, il fallait forcément s’y attendre. Moi-même, dans ma prime jeunesse, quand je me suis présenté au concours de Mister Univers, j’ai été la cible d’attaques qui visaient tout autant ma calvitie naissante que mon patronyme barbare, tir de barrage qui me valut d’être exclu du podium.

M’eût-elle demandé conseil au moment de présenter sa candidature que je lui aurais conseillé de rester bien sagement chez elle. Ou de changer de nom. Ou de prétendre qu’elle était orpheline. Tout sauf d’affirmer que son père était d’origine israélienne. Quelle folie! Quelle imprudence! Et quelle provocation aussi. Quand on a le malheur d’avoir un père né dans un pays connu pour pratiquer une politique digne des plus belles heures du Troisième Reich voire même du Quatrième, si ce n’est du Cinquième, on le cache au lieu de l’exhiber de la sorte.

D’ailleurs, depuis quand présente-t-on des jeunes filles juives au concours de Miss France? Je pensais la compétition réservée aux Françaises de souche pas aux produits d’importation. Où va-t-on si, désormais, on prend le risque d’avoir comme candidate des demoiselles qui ne sont pas françaises sur au moins cinq générations? À ce rythme-là, vous verrez, un jour, on se retrouvera avec une Pakistanaise déguisée en Marianne. Une honte nationale.

Samedi soir, l’un de ses aimables détracteurs s’est fendu d’un tweet rageur dont je retranscris ici le verbatim: «Tonton Hitler ta oublié d’exterminer Miss Provence.» On notera avant tout la qualité littéraire de la répartie avec cette élégiaque adresse au plus admirable des Allemands, j’ai nommé Tonton Hitler. Ceci dit, le «Tonton» m’interpelle quelque peu, étant donné que la généalogie de notre cher Adolf a toujours été encombrée d’un voile mystérieux. Aux dernières nouvelles, il aurait bien eu quelques frères mais tous morts en bas-âge –les bienheureux. Et un demi-frère, Alois. Quant à sa sœur, Paula, elle n’eut pas de descendance. D’où mon interrogation: comment peut-on être tonton si on a aucun neveu à se mettre sous la main?

Mais passons sur ce simple «détail» de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Reste, la magnifique, la sublime épître, «ta oublier d’exterminer Miss Provence». On passera outre la minuscule faute d’orthographe qui caractérise le début de l’apostrophe. Qui, en apprenant que, derrière Miss Provence, se cachait une espionne du Mossad, n’a jamais trébuché sur le clavier de son portable? Qui, en apprenant les racines judéo-bolchéviques-maçonniques de la représentante de la région Provence, n’en a pas avalé son Bescherelle de surprise? Dans la fureur –führer, devrais-je écrire, ah ah ah– à dénoncer cette supercherie, on peut comprendre cette très légère entorse à la langue de Molière.

D’autant plus que le soin pris à bien mettre l’apostrophe au verbe exterminer –d’exterminer donc et non dexterminer, comme on aurait pu le craindre dans l’empressement à clamer sa légitime indignation– rehausse avec éclat le niveau de l’ensemble. Il est vrai que dexterminer aurait fait bien pâle figure tant on aurait eu grand-peine à comprendre la signification de la diatribe. Tandis que là, c’est clair, c’est net, c’est franc, c’est sans appel, quasi célinien, aussi efficace qu’un billet de train en première classe pour Auschwitz, même si le départ de Marseille ou d’Aix-en-Provence complique quelque peu le trajet, obligeant les infortunés voyageurs à traverser d’abord la Suisse avant l’Allemagne puis la Pologne.

Les autres insultes étant du même calibre, on s’excusera de ne pas les prendre trop au sérieux et de ne pas tomber à bras raccourcis sur ces jeunes décérébrés, victimes d’un confinement qui les aura obligés à se taper, en ce samedi soir funèbre, une cérémonie aussi désuète que celle des Miss France. Aussi, au lieu d’une condamnation judiciaire des plus banales et sans aucun effet, on préférera une interdiction de portable jusqu’à nouvel ordre.

Et un voyage d’études dans les camps dextermination!

Avec Tonton Hitler comme accompagnateur.

 

 

[Photo : Loic Venance/AFP – source : http://www.slate.fr]

A arqueoloxía, a epigrafía e, sobre todo, a onomástica foron campos que Nicandro Ares (1926-2017) cultivou como investigador. En todas estas achegas profunda o volume de homenaxe ao académico correspondente Don Nicandro Ares. Bo e sabio, unha edición a cargo de Javier Diéguez publicada por Vozesnavoz. O libro recolle unha ducia de colaboracións, entre elas o prólogo do académico Xesús Alonso Montero e dous traballos asinados polos tamén académicos Antón Santamarina e Xesús Ferro Ruibal.

As contribucións de Antón Santamarina e Xesús Ferro Ruibal céntranse no labor de Nicandro Ares como estudoso da toponimia. O Seminario de Onomástica da RAG, ao que ambos os dous pertencen, recompilou en 2012 en dous volumes todos os estudos sobre a toponimia galega do académico correspondente, que abranguen case cinco mil nomes de lugar de 36 dos 47 concellos da provincia de Lugo. « Hoxe contamos cun corpus de traballos toponímicos moi notable e de solvencia equiparable á de calquera outro dominio europeo. (…). E un dos alicerces máis firmes é o que proporciona a obra de don Nicandro », salienta Antón Santamarina. « Podo asegurar que arredor da súa persoa, sexa no aspecto humano sexa no aspecto académico, hai unanimidade absoluta: era un home bo e sabio », engade.

Xesús Ferro Ruibal define na mesma liña a Nicandro Ares como « mestre da onomástica galega ». A súa obra, subliña, é en parte autodidacta: « coma algún outro crego lugués, el formouse rompendo a cabeza con documentos dos arquivos eclesiásticos lugueses e lendo os traballos da filoloxía románica e alemá ».

Don Nicandro Ares. Bo e sabio reúne tamén estudos sobre o autor de Argimiro López Rivas, Felipe Arias Vilas, Enrique Jorge Montenegro Rúa, Manuel Rodríguez Sánchez e Ricardo Polín; e mais testemuños  de Adolfo de Abel Vilela, Xosé López Díaz, Anxo González Guerra, Gregorio Ferreiro Fente e Xoán Carlos García Porral.

 

 

 

 

[Fonte: http://www.academia.gal]

Carrers i barris de Barcelona, l’any 1858. Ramon Alabern (AMCB)

Las calles de Barcelona de de l’escriptor i historiador Víctor Balaguer (Barcelona, 11 de desembre de 1824 – Madrid, 14 de gener de 1901) és una obra imprescindible si es vol conèixer la història dels carrers de la Barcelona d’intramuralles, com anuncia el seu subtítol: « Origen de sus nombres, sus recuerdos, sus tradiciones y leyendas, biografías de los personajes ilustres que han dado nombre a algunas; historia de los sucesos y hechos célebres ocurridos en ellas y de los edificios más notables, así públicos como particulares, que existen en cada una, con la reseña y noticia de todo lo más importante relativo a la capital del Principado, ed. de gran lujo adornada con preciosas láminas« .

L’obra ens ofereix tota una sèrie de dades i anècdotes antigues (no sempre documentades històricament), que no és possible trobar enlloc més, tret d’Històries i llegendes de Barcelona, de Joan Amades.
Si la voleu consultar, Google ens n’ofereix la versió digitalitzada dels dos volums, en l’edició original de Salvador Manero de 1865, amb la possibilitat de fer cerques sobre tot el text. Cliqueu els enllaços següents per accedir a cadascun dels dos volums.
 
Víctor Balaguer és també l’autor del projecte de nomenclatura per als carrers de l’Eixample de Barcelona, amb noms dedicats als territoris de la Corona d’Aragó (Aragó, València, Mallorca, Rosselló, Còrsega, Sardenya, Sicília, Nàpols…), a les institucions catalanes (les Corts Catalanes, la Diputació, el Consell de Cent) o a personatges històrics importants (Pau Claris, Roger de Llúria, Roger de Flor…), que va ser adoptat en bona part, però amb modificacions i canvis de localització que en van trencar la lògica urbana (per exemple, els carrers amb els noms dels territoris van acabar separats en dos blocs). Posteriorment, durant la dictadura, alguns d’aquests noms van ser alterats, i no es van recuperar fins a la democràcia. Alguns, però, perdent el seu sentit inicial, com el Carrer del Compromís de Casp, que s’ha mantingut com a carrer de Casp.

Publicat per Enric H. March 

 

[Font: enarchenhologos.blogspot.com]


Mon oncle Joaquín Segura Hernández (1895-1979), militant socialiste d’Elche (Espagne), baptisa ainsi ses enfants: Jaures, Liebknecht, Hilario, Matteotti, Fraternidad, Estrella, Marxina, Ezequiel.

La poétesse uruguayenne Idea Vilariño (1920-2009) était la fille de Leandro Vilariño (1892-1944), anarchiste et poète. Ses frères s’appelaient Numen (1929-2017), Poema, Azul et Alma.

Le poète surréaliste Benjamin Péret (1899-1959) a eu un fils avec la cantatrice brésilienne Elsie Houston. Il s’appelait Geyser et est né le 31 août 1931 à Rio de Janeiro.

André Breton et Jacqueline Lamba ont eu une fille Aube qui est née le 20 décembre 1935.

Échos d’histoire. Des prénoms peu catholiques.

“Parmi les anarchistes rencontrés ou évoqués par l’historien américain Paul Avrich dans les années 1970, nombreux sont celles et ceux qui portent de jolis prénoms : Anarchia, Ateo, Athos, Ferrer, Freethought (libre pensée), Hyperion, Ideale, Thoreau, Liber et Liberto et Liberty, Lucifer, Marx, Proudhon, Radium, Revolte, Ribelle, Spartaco, Voltaire et Voltairine, la seule un peu connue.

Le militant anarchiste italien Onofrio Gilioli, établi à Fontenay-sous-Bois, avait quant à lui neuf enfants : Rivoluzio (1903-1937), Libero (1905-1927), Siberia (1908-2005), Equo (Egal, 1910-1997), Scintilla (Etincelle, 1912-2004), Protesta (1916-2006), Sovverte (Subversive, 1920-2004), Ribelle (1923-en vie) et Feconda Vendetta (Vengeance féconde, 1926-2008).

Quant au cousin de Louis Bertoni, Mosè, il quitta la Suisse pour fonder une colonie libertaire au Paraguay, avec semble-t-il ses treize enfants, aux noms patriotiques ou militants : Reto Divicone (selon Divico, chef helvète vaincu par Jules César), Arnold da Winkelried, Werner Stauffacher, Walter Fürst (les « trois Suisses » qui auraient fondé la Confédération en 1291 ou en 1307), Guillermo Tell, Vera Zassulich, Sofia Perovskaja, Elvezia Libera (Libre Helvétie), Linneo (Linné), Aristotele…

L’état civil français peut être frileux. Lorsqu’en 1884 Paule Mink et Maxime Negro voulurent prénommer leur fils Lucifer Blanqui Vercingétorix, sans d’ailleurs le déclarer, ils furent sérieusement tancés par le tribunal civil de Montpellier, qui attribua à l’enfant le prénom de son père et condamna ce dernier aux dépens.

D’autres communes semblent plus ouvertes. Aimé Auguste Barthelemi Charpentier eut trois fils à Paris, tous trois militants anarchistes : Spartacus en 1892, Cyvoct Auguste en 1894 (en l’honneur de Cyvoct), Vindex en 1897, figurant sous ces prénoms à l’état civil. La fille de Jean Baptiste Martenot, Vengeance, est née à Dijon en 1891 et morte à Madagascar en 1973 sous son même prénom. À Vienne (Isère) en 1889, Victor Fages aurait prénommé son fils Spies en l’honneur d’un des martyrs de Chicago de 1887.

Les prénoms commémoratifs peuvent être guerriers, Napoléon ou Vercingétorix ou Joffre, parfois simplement connotés : je me souviens d’une rencontre au CIRA de deux visiteurs nés dans les années 1940, Joseph et Benito… Mais Ferrer Lallemand est né trois ans après l’exécution de Francisco Ferrer, et il y aurait eu une trentaine de garçons nés en France entre 1910 et 1912 à porter ce prénom.

C’est la République qui inspire le plus souvent les parents anticléricaux : on trouve dans le Maitron une vingtaine de Voltaire, une douzaine de Danton, deux Robespierre. Et le Dictionnaire international des militants anarchistes raconte que « Pedro Beltran Wells, dont le véritable nom était Auguste Maximilien Robespierre Audoui, avait appelé son fils Auguste, Voltaire, Platon Audoui et ses trois filles Violette Louise Michel, Aurore et Harmonie ». Le calendrier offre des prénoms chantants : le Maitron connaît une dizaine de Germinal, six Floréal, ainsi que Louis, Marceau, Albert, Fructidor Volat, Albert Messidor Crudenaire, Noël, Prairial, Ferdinand Ducastel (qui avait probablement un frère, Noël Républicain). Pas de prêtres, mais des réjouissances : le fils de Lavalette, né à Genève en 1873, fut « baptisé » au vin blanc, au Temple-Unique, du nom de Louis-Michel, en hommage évidemment à Louise Michel ; et on aurait vu Marguerite Tinayre présider la même année « la cérémonie d’un baptême civil et donner aux nouveau-nés les noms de Danton, de Millière et de Flourens ».

On ne rigole pas toujours avec le calendrier. En 1936, André Prudhommeaux découvre que les mairies détiennent des registres des prénoms autorisés et que « la loi vient même de restreindre notablement le champ des fantaisies individuelles » : pas de prénoms à consonance étrangère, ni de noms de fleurs ou tirés de l’histoire, révolutionnaire ou pas ; « les dérogations admises durant la dernière guerre en faveur de braves imbéciles qui désiraient appeler leur fils Joffre ou leur fille Artillerie-Baïonnette-Victoire ont été abolies par un retour complet à la loi du 1er avril 1803 ». Il s’amuse à citer, dans un article de la petite revue Simplement (« Le monopole des prénoms », n° 31, mai-juin 1936), quelques dizaines de noms absurdes et imprononçables. « Le droit d’ignorer l’État n’existant pas, tout nouveau-né doit être présenté à l’état civil, qui l’enregistre et l’affuble d’un nom, d’une nationalité, d’une famille, à peu près comme on marque les veaux ou les moutons des initiales de leur propriétaire. » Deux ans plus tard, Dori et André pourront quand même appeler leur fille Jenny, peut-être grâce à une mère suisse.

En Espagne, les prénoms républicains ou progressistes (Lénine, Trotsky, Durruti, Libertad…) ou encore catalans fleurissent dans les années trente. Déjà le 26 février 1939, un décret oblige les parents à changer l’état civil de leurs enfants dans les registres, sous peine de leur voir attribuer le nom du saint de leur jour de naissance. C’est la victoire de l’imaginaire national catholique. Les enfants d’Espagnols nés en France prennent leur revanche, ils s’appellent Ideal, Frater, Liberto, Everest, Myrtille ou Amapola, joli coquelicot.

D’autres font d’habiles détournements : les sœurs italiennes Ana et Dina apprirent sur le tard que l’on aurait voulu les prénommer Anarchia et Dinamite… Qui dit mieux ?

P.S. du 26 novembre : Les deux fils d’Auguste Gauvin s’appelaient Platon Démosthène et Lucrèce.”

(Le Maitron. Dictionnaire biographique. Mouvement ouvrier. Mouvement social)

[Source : http://www.lesvraisvoyageurs.com]