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Longtemps considéré comme une langue littéraire et administrative importante, le provençal est aujourd’hui menacé de disparition.

Écrit par Michel Feltin-Palas

Demandez à un Français de vous dire ce qu’il connaît de la Provence. Dans 9 cas sur 10, vous aurez droit au soleil, aux cigales, à la bouillabaisse, au rosé, à Pagnol, à la pétanque et à la garrigue. Demandez-lui maintenant de vous parler de la langue provençale. Je précise : non pas de parler provençal, mais de parler du provençal, de son histoire, de son origine, de ses caractéristiques, de ses écrivains. Là, dans 9 cas sur 10, ce sera un silence total. D’où l’utilité du livre (1) que vient de publier Philippe Blanchet. Ce sociolinguiste reconnu, inventeur notamment du concept de « glottophobie » (la discrimination fondée sur la langue), a beau enseigner à Rennes, il est provençal d’origine et c’est à mieux faire connaître cette langue de France qu’il s’emploie dans ce petit ouvrage très pédagogique.
Résumons l’essentiel.
Le provençal est une langue romane, c’est-à-dire une évolution du latin qui a pris sur place une forme particulière. Cette variante est assez éloignée du français, marqué par une influence germanique très forte due à l’installation massive des Francs au nord de la Loire. Elle est plus proche des autres langues romanes du sud comme l’italien, le portugais, le castillan (la langue de Madrid), le catalan (celle de Barcelone) ou le corse.
Le provençal a été utilisé pendant des siècles comme langue de gouvernement et comme langue littéraire. Il dispose même avec Frédéric Mistral d’un prix Nobel de littérature, décerné en 1904. C’est là l’aboutissement d’un grand mouvement de renaissance, appelé le Félibrige, dont l’auteur de Mirèio était l’une des chevilles ouvrières. Avec Joseph Roumanille, Mistral a également élaboré un nouveau système orthographique, encore utilisé aujourd’hui dans la région.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, le déclin de la pratique, net depuis les années 1950, ne tient pas à de supposés défauts « intrinsèques » de cette langue et moins encore à un prétendu « libre choix » des populations. Non, cet affaiblissement s’explique en partie par des raisons sociologiques (l’arrivée massive de populations extérieures à la Provence), et – surtout – par des raisons politiques. Depuis des décennies, toutes les fonctions de prestige ont été attribuées au français tandis que la langue historique du territoire était renvoyée à la sphère privée.
Peut-on encore sauver le provençal ? « Oui, mais… », répond Philippe Blanchet. Oui, car le nombre de locuteurs est encore significatif. Faute d’enquête officielle, le sociolinguiste, après avoir réuni diverses données, aboutit à l’estimation suivante : 250 000 personnes environ parleraient encore le provençal, soit 5 % de la population, sachant que de 250 000 à 500 000 personnes supplémentaires le comprendraient. Ce n’est pas rien. Et à ceux qui jugeront ces chiffres surestimés, l’universitaire rappelle un fait trop souvent oublié. Dans une société qui ne leur laisse quasiment aucune place officielle, l’usage des langues régionales est aujourd’hui souvent réservé à l’intimité. Il échappe donc généralement aux yeux et aux oreilles de ceux qui ne les pratiquent pas.
Venons-en au « mais ». Le constat est simple et il est terrible. Les locuteurs du provençal sont âgés et disparaissent au fil des ans sans être remplacés par des jeunes générations, faute notamment d’un enseignement massif de cette langue à l’école. De fait, écrit Blanchet, « aucune politique linguistique ambitieuse, efficace et affirmée n’a été mise en place, ni au niveau régional ni encore moins au niveau national pour freiner ou renverser cette dégradation qui résulte d’une politique nationale et qui n’a rien d’inéluctable ». En clair, si la France ne mène plus aujourd’hui ouvertement une politique d’éradication du provençal, elle ne fait rien pour empêcher sa disparition en s’abstenant de prendre les mesures qui lui permettraient de se développer.
En provençal mistralien, cette attitude porte un nom : ipoucrisìo. En bon français aussi.
(1) A la descuberto dóu prouvençau, lengo óuriginalo, lengo amenaçado (À la découverte du provençal, langue originale, langue menacée), par Philippe Blanchet. Éditions de l’Observatoire de la langue et de la culture provençales (le livre est rédigé en français).

 

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Les consonnes quiescentes sont celles que l’on a ajoutées à l’écrit alors qu’on ne les entend pas à l’oral. Soit pour des raisons étymologiques, soit… par erreur.
Écrit par Michel Feltin-Palas
Je suis certain que vous connaissez tous les boules Quies, ces protections auditives qui permettent de passer une nuit (à peu près) tranquille quand on s’aperçoit – trop tard – que celui ou celle dont on partage les nuits est un (ou une) épouvantable ronfleur (-euse). Mais savez-vous que ce mot, en latin, signifiait « calme », « tranquillité » et évidemment « quiétude » ? Savez-vous aussi qu’il s’agissait aussi du nom d’une divinité romaine servante du Dieu sommeil ? Savez-vous enfin qu’il est également à l’origine de l’expression « consonnes quiescentes », une formule un peu savante utilisée par les linguistes pour désigner ces lettres que l’on écrit, mais que l’on n’entend pas, comme le -d de « sourd » (justement) ?
Le plus souvent, celles-ci ont une origine étymologique, comme le montre l’exemple du mot « doigt ». Ne me dénoncez pas à mon directeur de la rédaction, mais, de vous à moi, on pourrait parfaitement l’orthographier « doi ». J’en veux pour preuve que cette graphie a eu cours en des temps reculés – si, si -, avant qu’il ne se produise un phénomène dont nous connaissons encore aujourd’hui les conséquences.
Effectuons un petit retour au Moyen Age et plaçons-nous au cœur de la chancellerie royale, soit l’épicentre de la haute administration. Pour composer les actes au nom du roi, celle-ci a longtemps recouru à la seule langue jugée digne de ce nom à cette époque : le latin. Jusqu’au jour où cela a commencé à déplaire aux monarques. La langue de Cicéron n’était-elle pas aussi, n’était-elle pas surtout, celle de l’Église catholique, cette puissance qui bridait leur autorité ? Aussi ont-ils commencé à partir du XIIIe siècle à demander que l’on rédige certains documents en français. « Le premier texte qui émane de la chancellerie date de 1254 », précise Gilles Siouffi dans Mille ans de langue française (1). Le basculement n’est pas acquis pour autant. En 1328, au début du règne de Philippe VI de Valois, le latin domine encore largement.
C’est que les érudits employés au service du souverain rechignent. À leurs yeux, libeller des actes dans la langue du peuple est une faute de goût, presque une déchéance. Certes, ils vont finir par obéir – comment faire autrement ? – mais en profitant de la moindre occasion pour … relatiniser en douce ce français qu’on les oblige à utiliser et dont la graphie n’est pas encore fixée. Pour cela, ils vont notamment ajouter ici et là des lettres que l’on n’entend pas : nos fameuses lettres quiescentes. Les Romains disaient digitus ? Ils décident donc de transformer « doi » en « doigt », avec un -g et un-t qui, selon eux, apportent à ce mot une note à la fois chic et antique.
Le mouvement est lancé ; il ne s’arrêtera pas.Tout au long de son histoire, que ce soit à l’initiative de lettrés divers, des imprimeurs ou de l’Académie française, notre langue se verra ornée à l’écrit de consonnes que l’on ne prononce pas à l’oral. Avec toutefois des fortunes diverses, comme le montrent ces quelques exemples :
Celles que l’on a gardées : outre « doigt »,figurent dans cette listehiver (de hibernus, anciennement iver) ; « paix » (de pax, anciennement pais) ; « sept » (de septem, anciennement set) ; temps (de tempus, anciennement tems) ; vingt (de vingiti, anciennement vint).
Celles que l’on a perdues. Les graphies ci-dessus nous paraissent naturelles car nous les avons conservées, mais certaines formes qui furent en usage ont depuis disparu. Notre « dette » s’écrivit jadis debte (du latin debita) ; « fait », faict (de facta) ; « soudain » soubdain (de subitaneum). Et l’on peut se demander comment nous réagirions s’il nous fallait revenir à adjustement (d’après ad et justus) ; doubte (dubitare);nuict (noctem) ousaulmon (salmonem).
Celles qu’il n’est jamais venu à l’idée de personne d’ajouter. Si l’on respectait l’étymologie de manière rigoureuse, bien des mots changeraient de forme. « Avoir », par exemple, devrait céder sa place à havoir puisqu’il est issu du latin habere et « orge » à horge (hordeum).
Celles que l’on a ajoutées par erreur. Certaines graphies sont carrément loufoques.Pour rester avec notre h, savez-vous pourquoi il y en a un à « posthume » ? Parce que l’on s’est trompé ! Ce mot vient en effet du latinpostumus, « enfant né postérieurement au décès de son père ». Mais on a cru y voir l’influence d’humare (« enterrer », « inhumer »). À ce compte-là, on pourrait aussi écrire posthérieur
L’amusant est que l’écrit a une influence sur l’oral. De fait, nous avons parfois fini par prononcer ces fameuses lettres censées rester silencieuses. C’est ainsi que « arAIgnée » a pris le pas sur arAgnée (du latin aranea) et « suBtil « sur suti(l) (de subtilis). « Cette évolution tient paradoxalement à la montée du niveau d’éducation, indique le linguiste Mathieu Avanzi. Au fil des décennies, les Français se sont mis à articuler des lettres que l’on n’entendait pas auparavant, tout simplement parce qu’avec le recul de l’illettrisme, ils se sont mis à les voir. La prononciation a suivi l’orthographe. »
Et c’est ainsi que certaines lettres quiescentes… ne le sont plus !
Sources
– Mille ans de langue françaisepar Frédéric Duval, Alain Rey et Gilles Siouffi, Editions Tempus.
– Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert
– Chronologie, L’histoire de la langue française, par Frédéric Duval, Jacques Dürrenmatt, Jean Pruvost, Gilles Siouffi et Agnès Steuckardt, Editons Bescherelle
– Page personnelle d’André Thibault, professeur à la Sorbonne. http://andre.thibault.pagesperso-orange.fr/
[Source : http://www.lexpress.fr]

Façamos uma breve viagem à escrita de outras épocas. Começamos por Eça, passamos por Camões e terminamos em Fernão Lopes. Aproveitamos para falar de tradução.

Escrito por Marco Neves

Como escrevia Eça?

Vamos chegar a Camões, nesta viagem no tempo, mas primeiro peço ao leitor que abra uma qualquer edição actual d’Os Maias. Estará na ortografia portuguesa — algumas edições usam o novo acordo ortográfico, outras aplicam a ortografia de 1945 com as alterações introduzidas nos anos 70.

O que nenhuma editora faz é apresentar-nos o texto tal e qual o próprio autor o escreveu.

Eça usava a ortografia da época, muito pouco estável, diga-se — é a ortografia que encontramos no texto transcrito nesta página, por exemplo. O início mostra-nos logo algumas das diferenças:

A casa que os Maias vieram habitar em Lisboa, no outono de 1875, era conhecida na visinhança da rua de S. Francisco de Paula, e em todo o bairro das Janellas Verdes, pela casa do Ramalhete ou simplesmente o Ramalhete. Apesar d’este fresco nome de vivenda campestre, o Ramalhete, sombrio casarão de paredes severas, com um renque de estreitas varandas de ferro no primeiro andar, e por cima uma timida fila de janellinhas abrigadas á beira do telhado, tinha o aspecto tristonho de Residencia Ecclesiastica que competia a uma edificação do reinado da sr.ª D. Maria I: com uma sineta e com uma cruz no topo assimilhar-se-hia a um Collegio de Jesuitas.

Perante isto, as editoras têm de decidir o que fazer com o texto ou arriscam-se a pôr nas mãos dos leitores textos com «á», com «visinhança», com «assimilhar-se-hia» e por aí fora.

Por mim, acho curioso encontrar os textos assim. Mas imagino as cartas furiosas que as editoras iriam receber se se atrevessem a tanto.

Tem de haver alguém que faça aquilo a que se chama «fixação do texto». Há uma edição famosa das obras do Eça da Livros do Brasil em que o nome de Helena Cidade Moura aparece com muito destaque como responsável por essa fixação. É a pessoa que decide o que fazer com as diferenças ortográficas, com a pontuação, com os itálicos, entre outras decisões nem sempre óbvias e muito menos fáceis.

Helena Cidade Moura | Eça de Queirós

Que tipo de alterações são estas? Dou um exemplo. Procuro ao calhar do dedo um extracto d’Os Maias:

D. Anna, depois de bocejar de leve, retomou a sua idéa:
—Sem contar que o pequeno está muito atrazado. A não ser um bocado de inglez, não sabe nada… Nem tem prenda nenhuma!
—Mas é muito esperto, minha rica senhora! accudiu Villaça.
—É possivel, respondeu seccamente a intelligente Silveira.
E, voltando-se para Euzebiosinho, que se conservava ao lado d’ella, quieto como se fosse de gesso:
—Oh filho, dize tu aqui ao sr. Villaça aquelles lindos versos que sabes… Não sejas atado, anda!… Vá, Euzebio, filho, sê bonito…

Procuremos agora este texto numa edição actual d’Os Maias. Encontraremos algo parecido com isto:

D. Ana, depois de bocejar de leve, retomou a sua ideia:
— Sem contar que o pequeno está muito atrasado. A não ser um bocado de inglês, não sabe nada… Nem tem prenda nenhuma!
— Mas é muito esperto, minha rica senhora! — acudiu Vilaça.
— É possível — respondeu secamente a inteligente Silveira.
E, voltando-se para Eusebiosinho, que se conservava ao lado dela, quieto como se fosse de gesso:
— Ó filho, diz tu aqui ao Sr. Vilaça aqueles lindos versos que sabes… Não sejas atado, anda!… Vá, Eusébio, filho, sê bonito…

Passámos de «idéa» para «ideia», arrancámos algumas belas letras, mudámos o nome ao Eusébio — até corrigimos o verbo «dizer», na última frase! E os travessões também se multiplicaram…

Enfim, remexemos no texto muito para lá do que pensa quem lê Eça e julga estar perante o texto original — e isto é assim com tantos e tantos autores. Aliás, por vezes, a complicação é outra: qual será o texto original? Entre manuscritos, edições, correcções, nem sempre é fácil responder à pergunta.

As armas, & os barões aßinalados

Pois é: a grafia dos nossos clássicos não é a grafia que os autores viram impressa nas primeiras edições.

Façamos agora uma viagem até ao século XVI. Olhemos para Os Lusíadas.

Aqui fica uma transcrição o mais fiel possível, que encontrei nesta edição em linha d’Os Lvsiadas (sic):

As armas, & os barões aßinalados,
Que da Occidental praya Luſitana,

Por mares nunca de antes nauegados,
Paſſaram, ainda alem da Taprobana,
Em perigos, & guerras esforçados,
Mais do que prometia a força humana.
E entre gente remota edificarão
Nouo Reino, que tanto ſublimarão.

Aquele «ſ» e aquele «ß» assustam, não é? Curiosamente, quem souber alemão ficará um pouco mais à vontade para perceber que «ß» é um símbolo tipográfico que representa «ss». Já o «ſ» é o «s» simples em certas posições.

Fica aqui a imagem retirada da edição disponível na página da Biblioteca Nacional:

Mesmo sem alterar uma única palavra, é preciso mexer muito no texto para que este não afaste logo o leitor moderno. Depois, claro, temos as notas que enfeitam as edições actuais: as palavras estão lá, mas já é preciso explicá-las em muitos casos…

Nesta nossa viagem ao passado dos textos em português, haveremos de chegar ao ponto em que mudar a ortografia e pôr umas notas já não chega…

Traduzir Fernão Lopes?

A ortografia é uma convenção — a língua já é outra coisa, um sistema complexo que vai mudando sem plano ao longo dos séculos (as razões biológicas e culturais dessa mudança ficam para outro dia). Ora, se muda, mais tarde ou mais cedo as obras mais antigas começam a precisar de mudanças tão profundas que podemos, então, falar de tradução.

Quando tinha os meus 14 anos, decidi pôr-me a ler a Crónica de D. João I numa edição de bolso da Europa-América.

Ora, li com alguma dificuldade, mas também algum prazer. Aquilo que passou pelos meus olhos já não foi uma mera actualização ortográfica. Não consigo encontrar a edição que li, mas consigo encontrar a versão original, cujo início está transcrito aqui (e mesmo assim já tem algumas adaptações):

Grande lyçença deu aafeyção amuytos que teueeram carguo dordenar eſtorias moormente dos señores em cuja merçe & teerr a viuyam ehomde forã o naados seus antigos avoos semdolhe muyto fauorauees no recontamento de seus feytos.

A Crónica está disponível em linha, na página da Torre do Tombo. Reparem no original digitalizado do extracto em itálico acima:

A versão que li não se limitava a adaptar a ortografia. Também alterava o vocabulário, alguma sintaxe… Enfim, aproximava-se já duma tradução — o sabor ainda era de um texto muito antigo, mas esse tipo de decisões são decisões próprias de quem traduz: quanta estranheza manter no texto traduzido? (Quem se interessar por este assunto fará bem em ler um pouco mais sobre os Estudos de Tradução.)

Mais tarde ou mais cedo, os autores do passado têm de ser adaptados e, com os séculos a passar, a adaptação aproxima-se dos processos usados pelos tradutores.

Ou seja, a tradução não nos aproxima apenas dos autores de outras línguas: aproxima-nos também dos textos escritos em fases anteriores da nossa própria língua.

E, sim: disse mesmo aproxima-nos. Ao contrário do que se diz por aí, a tradução aproxima-nos do original, não nos afasta. Sim, se eu falar russo perfeitamente, consigo ler Tolstói no original. Mas se não for o caso, a tradução aproxima-me do texto (o texto russo é um muro intransponível). Outro caso: se eu falar inglês quinhentista na perfeição, uma tradução de Shakespeare para português afasta-me do original. Mas se não for o caso, a tradução aproxima-me do texto original.

No caso de Eça, não preciso de tradução. Uma arrumação ortográfica ajuda-me a ler o texto com menos ruído, mas é só.

No caso d’Os Lusíadas, também não preciso de tradução — mas já tem de haver algum treino e muitos de nós não passamos sem as notas de rodapé das várias edições.

No caso de Fernão Lopes, já não há volta, a não ser que passemos algum tempo a estudar o português da época.

No caso dos textos latinos, já precisamos de aprender a língua para lê-los no original.

Aquilo que nós podemos ler sem tradução ocupa um espaço limitado no presente, mas também no passado.

Felizmente, há quem escave mais fundo e estude textos longínquos no espaço e no tempo. Alguns até fazem o favor de os trazer para o nosso português de agora. São os tradutores, claro está, que merecem — sei que não sou muito imparcial nisto… — algum reconhecimento pelo seu labor.

Agora, claro, uma vez por outra, é bom ser atrevido. Podemos usar traduções, mas também podemos, um ou outro dia, sair do conforto da língua exacta que falamos hoje em dia, aqui e agora. Podemos abrir uma primeira edição d’Os Maias ou d’Os Lusíadas e aventurar-nos pelas delícias das pequenas (ou grandes) diferenças.

 

[Fonte: certaspalavras.substack.com]

Être polyglotte, c’est mélanger parfois les accents, la syntaxe, exprimer différemment les choses selon la langue choisie. C’est ce voyage permanent que nous ont décrit les lectrices et les lecteurs plurilingues de “Courrier Expat”.

De très nombreux lecteurs et lectrices ont répondu à notre appel à témoignages au sujet du plurilinguisme et de ses conséquences pratiques. Ils ont décrit comment, au fil des histoires familiales, des déplacements des expatriations et autres aventures, ils ont appris puis maîtrisé entre 3 et 7 langues.

Mélanges, erreurs et failles

Monika est née dans une famille polyglotte et jongle entre l’allemand, le flamand, l’anglais et le français (ainsi que, dans une moindre mesure, l’espagnol). Elle évoque justement ce jeu permanent de va-et-vient entre plusieurs langues pour elles et ses proches : “Être polyglotte nous permet de mieux communiquer car nous trouvons qu’un mot est parfois plus adapté dans une autre langue que celle parlée à un moment précis. Ou l’un de nous ne trouve pas le mot correct et le propose dans une autre de nos quatre langues. Eh oui, avec l’âge, nous mélangeons parfois deux langues, voire trois !”

Mauricio, qui maîtrise le français, l’espagnol, le portugais brésilien, l’anglais et le tchèque, raconte la même tendance à mélanger les langues et les accents. Marie-Laurence voit dans ce phénomène une chance, tout comme Héléna (prénom changé à sa demande). Au sujet de ces “failles entre [ses] langues parlées”, Héléna écrit :

“Il y a une jubilation à utiliser volontairement la syntaxe d’une autre langue dans ma langue maternelle, c’est-à-dire celle que je maîtrise au point d’assumer des licences poétiques. Il y a aussi une jubilation à reconnaître la syntaxe d’une autre langue dans un texte écrit ou traduit.”

L’importance des sons

Tous expliquent que, dans la mesure où ils sont déjà plurilingues, l’apprentissage d’une nouvelle langue est plus facile de façon phonétique. Pascal, par exemple, parle français, espagnol et anglais mais a du mal à écrire certains mots, appris uniquement à l’oral, comme cough (“toux”) en anglais. “Après une petite recherche, j’ai retrouvé son orthographe, mais ce curieux incident m’a laissé à penser que les mots se mémorisent souvent avec leurs sons, comme cela se passe pour les enfants qui ne savent pas encore lire et écrire. Cette faculté reste, même une fois que nous savons écrire.”

Héléna dit pouvoir apprendre facilement des mots ou expressions simples dans une langue inconnue en conversant (perse, hébreu, coréen, japonais…) et se voit comme la marionnette d’un ventriloque.

Une question d’âge ?

Gérard, qui converse en anglais et en français (en changeant parfois de langue au milieu d’une phrase), remarque que son petit-fils de 9 ans, qui est bilingue depuis la petite enfance, n’a jamais de problème de glissement involontaire d’une langue à l’autre. Mauricio note – et c’est l’opinion majoritaire – que “les enfants ont moins de problèmes que les parents avec les différentes langues”.

Monika remarque, quant à elle, que le plurilinguisme permet de conserver plus longtemps de bonnes facultés cognitives :

Mon père est 100 % unilingue, ma mère est très douée pour les langues mais n’a jamais vraiment eu l’occasion d’apprendre des langues autrement qu’en immersion, lors de vacances. Devinez qui souffre de démence aujourd’hui…”

Avantages professionnels

Évidemment, maîtriser plusieurs langues est aussi un atout dans le monde professionnel. Monika, qui a vécu au Canada, raconte que c’est grâce à son bilinguisme français-anglais qu’elle a pu travailler pour le gouvernement fédéral canadien. Au fil de sa carrière, cela lui a permis de mieux communiquer avec ses collègues. D’ailleurs, elle est devenue spécialiste en allemand et en français dans une entreprise du Colorado sans jamais avoir fait d’études linguistiques. “Même mes connaissances pourtant rudimentaires en néerlandais sont valorisées.”

“Je suis la langue que je parle”

On n’exprime pas les mêmes idées et on ne le fait pas de la même façon suivant la langue qu’on emploie. Anja-Hélène van Zandwijk, née en France de parents néerlandais et désormais installée aux Pays-Bas, décrit une “impression de double personnalité qui [l’] a perturbée dans [sa] jeunesse mais [la] fascine aujourd’hui”. Comme tous les lecteurs qui nous ont écrit, elle évoque un rapport sentimental avec ses langues et évoque “une lutte constante” et “un certain rapport de méfiance et d’incertitude avec chacune de [ses] deux langues”.

Monika a rencontré son mari en France. Pour le couple, “le français reste la langue sentimentale” :

“J’ai pourtant grandi en parlant allemand, et je suis restée en Allemagne jusqu’à mes 19 ans. Le français et moi, c’est et ç’a toujours été une histoire d’amour !”

Même si Monika utilise l’allemand pour communiquer avec ses parents et ses frères, le français est restée une langue de choix, “celle qu’[elle] utilise pour compter, parler aux bébés et aux animaux”.

Héléna, qui maîtrise cinq langues, a remarqué que sa voix changeait en fonction de celle qu’elle utilisait : “On me dit que le ton de ma voix change énormément selon la langue : il est plus grave en anglais et en italien, plus aigu en français.”

“C’est comme si mon cerveau devenait différent à chaque langue. Ma personnalité, je dirais même.”

“De plus, selon la langue utilisée, un même fait ou les mêmes infos pratiques peuvent prendre une connotation différente, pas seulement à cause du vocabulaire. Il y a probablement une couche culturelle assimilée avec la langue. […] Finalement, je suis la langue que je parle.”

Elle conclut son témoignage avec un regret, celui de ne pas avoir de Courrier international multilingue, avec la possibilité de lire les articles dans le texte original, y compris dans des langues inconnues, comme on lit des éditions bilingues”. Sachez, chers polyglottes, que nous publions toujours les liens URL menant aux articles originaux que nous utilisons et qu’il existe même des éditions de Courrier international au Portugal et au Japon !

 

[Illustration : AEDRIAN/ UNSPLASH – source : http://www.courrierinternational.com]

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Escrito por Raquel C. Pico

«Antes tenías mejor letra». Es algo que me ha dicho mi madre no en una sino en varias ocasiones durante los últimos años, cuando se ha tenido que enfrentar a alguna nota que le he dejado con algún mensaje. Cuando hablamos por WhatsApp no tiene que enfrentarse a mi mala caligrafía, pero sí cuando lo hacemos por notas escritas. Y no ha sido tímida a la hora de decirme que mi letra nadie la entiende. «Con lo bonita que la tenías antes, que era redondita».

¿He ido a peor en la escritura desde que era adolescente? ¿O es mi terrible caligrafía no solo una oportunidad perdida de haber estudiado Medicina —bien sabe todo el mundo que lo más importante para ser médica es tener mala letra—, sino un síntoma de cómo han cambiado los tiempos? Al fin y al cabo, cada vez es más habitual cruzarse con cuadernillos, como los de la etapa escolar, pero para adultos. Parece inevitable pensar que, como ahora escribimos a mano mucho menos, hemos perdido el ejercicio de la buena caligrafía. Acusar a las pantallas y a la tecnología de estar matando a la buena letra resulta casi lo esperable.

Decidida a descubrir por qué escribimos peor (y si lo hacemos), les pregunté sobre nuestra caligrafía a los editores de los Cuadernos Rubio, esos en los que la infancia milenial aprendimos a escribir, pero donde también lo hicieron nuestros padres. «A grandes rasgos, podría decirse que nuestra caligrafía sí que ha ido perdiendo precisión con el paso de los años», concede Enrique Rubio, director general de Rubio.

Enrique Rubio da una lista de «múltiples factores» por los que esto está ocurriendo. «Entre los principales, están la pérdida del hábito de la escritura a mano debido a la aparición de las nuevas tecnologías, que han supuesto un cambio importante en la forma en la que escribimos», señala.

Además, también ha cambiado el peso que tiene la caligrafía en la educación. «Antiguamente, en las escuelas se hacía mucho hincapié en la importancia de trabajar la caligrafía porque era parte de tu presentación y una puerta de entrada al mundo laboral», apunta. «Los jóvenes no la practican, y lo que no se practica no puede llegar a convertirse en costumbre».

«Y quien la tenía (los mayores) la ha perdido por falta de necesidad», me dice, por otro lado, Anna Coll, de la Escuela de Caligrafía Deletras, quien, por cierto, me señala que la buena letra es «la itálica, basada en formas triangulares». Mi letra «redondita» estaba condenada desde el principio.

La cuestión de si la tecnología ha matado a la caligrafía no es exactamente nueva. Durante la última década se han ido sucediendo análisis y estudios que abordaban la cuestión. En 2012, un estudio británico ya señalaba que el 33% de las personas tenía problemas para leer su propia letra (el viral momento de Mariano Rajoy en el que justamente le pasaba eso fue del año anterior), pero también que, en realidad, se estaba escribiendo menos a mano. Uno de cada tres participantes en el estudio reconocía que no había tenido que escribir nada a mano en los seis meses previos.

En 2019, una investigación de OnePoll para Bic USA —que como fabricantes de bolígrafos no son exactamente una parte no interesada en la debacle de la escritura manual— determinó que la mala letra ya estaba causando problemas en el entorno corporativo. Si la gente odiaba a sus compañeros de oficina era, se podría decir, porque no lograban entender lo que escribían.

De media, cada trabajador se había enfrentado a dos situaciones realmente problemáticas en su carrera causadas por no entender la mala letra de otra persona. Siete de cada diez personas aseguraban que, a menudo, se encontraban con caligrafías de difícil lectura en el trabajo. Quizás, su propia letra era la que amargaba a los demás. En sus cuentas, que parten de una muestra de trabajadores estadounidenses, el porcentaje de gente que reconoce que leer su propia letra le cuesta había subido: era ya el 45%.

¿Y QUÉ OCURRE CON LOS NIÑOS? 

¿Está, entonces, ya no la buena letra, sino directamente la escritura a mano en peligro? Si, total, vamos a perder esa habilidad con el paso de los años y si, total, todo está en manos de los dispositivos electrónicos, ¿deberíamos dejar de enseñar a escribir a mano? Cuando Finlandia empezó a dar más peso a la escritura a máquina que a la manual en las escuelas hace unos años, las voces apocalípticas comenzaron a cuestionarse el futuro de la caligrafía.

Sin embargo, los escolares continúan aprendiendo a escribir y lo hacen igual que lo hacían los de los 90 y los de los 60. «Los niños siguen aprendiendo a escribir con papel y lápiz, comenzando por trazos simples y sueltos y, poco a poco, evolucionando hasta elaborar trazos más complejos», apunta Enrique Rubio.

Sus Cuadernos Rubio de caligrafía se siguen vendiendo año tras año. ¿Han cambiado los propios cuadernos? «Si hablamos del aprendizaje básico, las necesidades de los niños siguen siendo las mismas, ya que tanto las letras como el proceso de aprendizaje son los mismos pese a la aparición de las nuevas tecnologías, por lo que nuestra metodología sigue siendo igual de válida», señala, apuntando que lo que ha cambiado en los cuadernos es lo mismo que lo ha hecho en la sociedad. Las frases con las que se practica se han adaptado «a los nuevos tiempos».

Lo que sí han notado en la editorial es que ahora se cometen más faltas de ortografía y gramática, porque la escritura inmediata en dispositivos móviles y el tener un autocorrector cambian cómo y cuándo se escribe. Incluso, explica Enrique Rubio, «al no estar tan familiarizados con la escritura a mano, lo que les hace guiarse más por el código oral, es decir, que escriben como hablan». Por supuesto, también hay cuadernos especiales para corregir que pase eso.

El cómo se aprende a escribir es importante, porque afecta no solo a cómo se aprende en la infancia, sino también a cómo se hará luego. «La letra, si tiene consistencia de base, no suele variar (se estropea si se hace rápido)», apunta Anna Coll. «Quien tiene mala letra es normalmente por haberla aprendido mal y hacerla utilizado de manera descuidada, por prisas o exceso de uso», añade. (En mi defensa, diré que la culpa de mi mala letra debe estar, entonces, en las notas tomadas a toda velocidad en las ruedas de prensa).

EL BUM DEL ‘LETTERING’

Curiosamente, a pesar de que el temor a que la población adulta haya perdido capacidad de escritura ha estado presente en estos últimos años, también ha aparecido una moda caligráfica. Se ha puesto de moda el lettering. «El lettering hacía referencia tradicionalmente al dibujo de letras, diferente de la caligrafía, que se realiza en trazos preestablecidos», explica Anna Coll. «Algunas personas se acercan por lo vistoso que resulta, y al tomar algunas clases, empiezan a apreciar la vertiente relajante y creativa del proceso», añade, aunque recuerda que si no se tiene ya buena letra o habilidad dibujando, «es difícil tener éxito inmediato».

]Los fans del lettering son ya una comunidad activa y establecida, que ven a esa práctica como algo artístico —y relajante—, pero que no acaban en ella decididos a mejorar su caligrafía.

¿No queda esperanza para la gente que hemos caído en la espiral de la mala letra? ¿Estamos llamadas mi madre y yo a no entendernos nunca más a través de notas escritas? Le pregunté a la experta en caligrafía por esta cuestión. «Pues escribe despacito. Y si de verdad te apetece mejorar tu letra, consulta con un buen maestrillo de caligrafía, que tenemos nuestros librillos», me promete Anna Coll.

 

[Imágenes: Cuadernos Rubio – fuente: http://www.yorokobu.es]

O profesor de portugués da Escola Oficial de Idiomas de Santiago publica un libro a partir da súa experiencia docente e das respostas do alumnado

Valentim Fagim, profesor de Portugués na Escola Oficial de idiomas de Santiago, co seu recente libro.

Escrito por JOEL GÓMEZ

Valentim Fagim, profesor de portugués da Escola Oficial de Idiomas de Santiago desde o 2012, e con experiencia como docente no ensino deste idioma desde o 2001, publica agora Estou a estudar português. É un novo título, que acrecenta a outros publicados antes, como Do Ñ para o NHO galego (im)possível, ou O galego é uma oportunidade, entre outros traballos, alén de cursos en liña e actividades de portugués para o ensino secundario galego. «Con este novo libro quero axudar a falantes de galego ou de castelán a aprender ben o portugués. A idea foi reunir nun único volume todos os elementos de interese para as persoas que se aproximan ao portugués de Portugal ou do Brasil, como son a fonética, a ortografía, a gramática ou o léxico, e cunha serie de exercicios breves, para os que hai solución no propio libro, que axudan para apañar o esencial. Hai libros moi bos onde esa información está tratada de forma moi concreta; porén, neste a vantaxe é que reúno todos eses materiais».

Tivo en conta a súa experiencia nas aulas e as respostas do alumnado nestes anoso feito de que «a maioría conseguen un bo dominio do portugués. Unha das maiores dificultades é a fonética do portugués; hai persoas que conseguen un bo dominio no resto e teñen problemas para pronunciar ben. Felizmente non hai ningunha doenza que imposibilite a unha persoa falante de galego ou de castelán pronunciar ben os fonemas portugueses, ese é un dos temas principais. Tamén na ortografía hai áreas que provocan confusión, como o uso do ç, ou diferenciar entre s simple e ss, e indico como se pode conseguir, é cuestión de hábito. A gramática non costuma ser moi complicada; e no léxico insisto en certas complicacións, como os falsos amigos, onde se debe prestar máis atención para evitar confusións; por exemplo, o significado de exquisito é ben diferente en Portugal e en España», esclarece.

Por iso, Valentim insiste en que este é «un libro de consulta para calquera dúbida que poda haber. En definitiva, todo o que a persoa que aprende portugués precisa saber, reunín todo o que pode ser útil para aprender ben portugués desde o galego ou desde o castelán».

En Galicia os últimos anos aumentaron as persoas interesadas en estudar portugués: «Mellorou a situación coa Lei Paz Andrade, aprobada por unanimidade no Parlamento galego, agora estamos mellor que antes». Porén, afirma, «a presenza do portugués é máis destacada na comunidade autónoma da Estremadura. De feito, un 75 % das persoas que aprenden portugués no Estado español no ensino obrigatorio, ou nas escolas oficiais de idiomas, estudan en Estremadura, a pesar de ter unha menor poboación que Galicia. É así porque o Goberno estremeño apostou con decisión polo ensino do portugués, e hai un recoñecemento de Portugal e do portugués no seu Estatuto de Autonomía, o que non acontece aquí. Así, un 80 % dos centros de ensino de Estremadura ofrecen portugués, e é a segunda lingua en moitos; e na nosa comunidade só un 12-13 %; a diferenza é enorme».

E como é a resposta en Portugal perante o visitante do Estado español que tenta falar portugués?: «En xeral, as persoas portuguesas son moi amábeis, e tentan falar o idioma das persoas de fóra, sexa español, inglés ou francés. No ensino obrigatorio portugués non se estuda a realidade lingüística de España; son un pouco máis coñecidos os idiomas do País Vasco e Cataluña pola maior forza dos seus nacionalismos; co galego non acontece o mesmo, e tamén non coñecen a relación do galego e do portugués. Por iso acontece que moitas veces queren axudar a falantes de galego, cando non é necesario», afirma.

 

[Foto: PACO RODRÍGUEZ – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Foto facilitada por El Hadji Ibrahima DIAGO y usada con autorización

 

Escrito por Rising Voices – traducido por Gabriela García Calderón Orbe

Como parte de nuestra serie en curso que destaca el trabajo de los activistas que promueven lenguas africanas en los espacios digitales, presentamos a El Hadji Ibrahima DIAGO (@elibdiago [1]) de Senegal.

Es hablante de wolof [2], lengua usada por aproximadamente 10 millones de hablantes como primera o segunda lengua en Senegal y otras partes de África Occidental. Su trabajo se puede escuchar en el podcast Wolof Tech [3], que destaca las iniciativas relacionadas con la tecnología.

Rising Voices (RV): Por favor, cuéntanos de to.

El Hadji Ibrahima DIAGO (EHID): Soy ingeniero informático y podcaster desde hace varios años. Soy senegalés y me apasionan las nuevas tecnologías, eso desde mi infancia. Creé hace dos años un podcast llamado Wolof Tech, programa que habla de las nuevas tecnologías en wolof, lengua local de Senegal hablada por más del 90 % de la población.

El podcast está organizado en varias temporadas, y cada incluye unos diez episodios en los que invitamos a expertos, empresarios, profesores y estudiantes para hablar de temas de nuevas tecnologías.

RV: ¿Cuál es el estado actual de tu lengua en línea y fuera de ella?

EHID: Ahora, en el ámbito de las nuevas tecnologías, el wolof está poco representado. La mayor parte del material didáctico está en francés e inglés, lo que excluye a una parte muy importante de la población, es decir, a los no escolarizados, que representan el 53 % de la población.;

RV: ¿Cuáles son tus motivaciones para que tu lengua esté presente en los espacios digitales?

EHID: Creemos que la lengua es apenas una herramienta para acceder al conocimiento, que en sí mismo es universal, no tiene color ni pertenencia. Podemos y debemos usar nuestra lengua materna para acceder a todo conocimiento. Y esto requiere un enorme trabajo para hacer la traducción de los contenidos y la adaptación de algunos ejemplos para mejor comprensión de los conceptos.

Pensamos que si conseguimos que nuestras poblaciones entiendan el impacto y el interés de estas nuevas tecnologías en sus vidas, podrán tener nuevas reflexiones para mejorar su vida, su trabajo, etc.

Una colaboración entre los expertos del rubro y las poblaciones necesitadas de cambio y evolución será el comienzo de una nueva era que nos llevará hacia el verdadero desarrollo donde todas las partes estarán implicadas, con una gran mejora de los niveles de comprensión.

RV: Describe algunos de los retos que impiden que tu lengua se use plenamente en línea.

EHID: La lengua wolof no se enseña en la escuela en Senegal. No está incluida en el plan de estudios y esta es la razón por la que nuestra gente ni siquiera puede escribir las palabras correctamente. Por eso, observamos una anarquía en la ortografía de las palabras, especialmente en las redes sociales.

RV: ¿Qué medidas concretas crees que se pueden tomar para animar a los más jóvenes a empezar a aprender su lengua o a seguir usándola?

EHID: El primer paso es añadir el wolof a la lista de lenguas que deben aprenderse en los programas escolares hasta el nivel universitario.

También será necesario promoverla a través de iniciativas como el podcast que estamos haciendo y que está directamente dirigido a estas poblaciones.

Hoy en día, como francófono en nuestras empresas, las reuniones en las que participa un angloparlante pasan directamente al uso del inglés como lengua de comunicación. Así que por qué no hablar wolof entre nosotros para un mejor entendimiento, sobre todo porque hemos notado que en algunas empresas los empleados a menudo tienen miedo de expresar la sustancia de sus pensamientos porque no quieren equivocarse.

Así que tengamos el valor de valorar nuestras lenguas usándolas a diario y correctamente antes de que desaparezcan. Se lo debemos a la generación futura.

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

URL del artículo:  https://es.globalvoices.org/2022/06/04/conoce-a-el-hadji-ibrahima-diago-activista-de-lengua-wolof/

URLs en este posteo:

[1] @elibdiago: https://www.twitter.com/elibdiago

[2] wolof: https://es.wikipedia.org/wiki/Idioma_w%C3%B3lof

[3] Wolof Tech: https://woloftech.buzzsprout.com/

 

Licenciado en Historia da Arte pola Universidade de Santiago e en Belas Artes pola de Vigo, responsable da web historia-arte.com, profunda na biografía do xenio aragonés

Miguel Calvo (Ordes, 1979), biógrafo de Goya

Por O. P. ARCA

Miguel Calvo Santos (Ordes, 1979) é licenciado en Historia da Arte pola Universidade de Santiago e en Belas Artes pola de Vigo, pero o seu traballo foi por outro lado: está á fronte da empresa familiar de instalacións de gas en Ordes. Así que canalizou a súa paixón de sempre pola arte a través dunha web con visitas de medio mundo, e vén de asinar unha biografía sobre Francisco de Goya, que se presenta este venres ás 20.30 horas no Museo do Traxe Juanjo Liñares, de Ordes.

—Cando empezou con historia-arte.com, que acada os 47.000 seguidores en Instagram?

—Eu tiña un blog de arte, no que facía pequenas recensións de cadros que me gustaban. Empecei no 2015, e uns meses despois un bo amigo meu, Óscar Otero, co que xa fixera outros proxectos de fanzíns e cómics e se dedica ao deseño web, propúxome levar el o tema máis técnico, centrándome eu no contido. A páxina foi crecendo ata converterse no que é hoxe.

—Cantos cadros teñen analizados?

—Xa temos un bo catálogo de obras reseñadas, son 1.814 de 602 artistas, e poderíase definir como unha enciclopedia de arte. Non quero dicir que sexa un referente, porque non é unha páxina académica, é sobre opinións e cadros. En canto a visitas, podemos ter unhas 30.000 diarias, de todas partes do mundo, esencialmente de países de fala hispana.

—Cal é o segredo desa difusión?

—Temos artigos dalgún tema no que nos estendemos máis, pero cada recensión lese en dous minutos. Por iso supoño que ten tanto éxito, porque no mundo actual todo vai moi rápido e a xente ten pouco tempo para ler. Xa bastante sorte é que nos lean, porque non temos vídeos nin podcasts. Se a historia a contas mal, pode ser un coñazo, pero se a explicas con outros ollos, é como unha novela: ben contada, pode enganchar á xente. A web ten un toque humorístico moi ácido ás veces, sempre tiramos por aí. Facemos tamén entrevistas, como a Antonio García Villarán, un coñecido divulgador de arte, e hai seccións de museos, técnicas e movementos artísticos, xunto con efemérides. Isto é sen ánimo de lucro, así que puxemos camisetas, calcetíns e cadernos co noso logotipo para quen queira colaborar.

—E de editor da web historia-arte.com a biógrafo de Goya. Como se dá ese paso?

—A min chamáronme da editorial valenciana Sargantana, supoño que pola web, para que escribira unha biografía dentro da súa colección de personaxes ilustres. Eu propuxen a Goya, porque na miña opinión fixo avanzar a arte máis ca ningún outro pintor. Todo o mundo sabe que é unha eminencia, pero eu quería investigar tamén sobre a súa vida. Estiven un ano nese traballo, e descubrín aspectos moi suculentos sobre a súa vida e a súa obra.

—Por exemplo?

—A súa pésima ortografía, non sabía escribir moi ben. Os seus amoríos, que, na miña opinión, pode ser que fora bisexual, unha cuestión controvertida pero que deixo caer no libro. E está a súa vida: el traballou para os reis de España, aínda que tiña moi mala relación con Fernando VII, pero ao tempo era un home de tabernas, moi popular e moi de clases baixas. Foi bailando dun lado ao outro, igual que foi investigando e creando novos estilos que eran mal vistos, pero que grazas a el foron aprezados. Foi unha persoa moi estraña no mundo da arte, sobre todo nunha época en que España era un deserto cultural (seguimos así un pouco), pola Inquisición e mil factores. E el foi unha figura clave en toda Europa, porque influenciou a artistas europeos da época e de moitos anos despois, mesmo de hoxe.

—Que destacaría da súa pintura?

—El era un mestre tecnicamente. Pero a súa creatividade e imaxinación non se viran ata el. Inventou o que ninguén creara, como as pinturas negras, os caprichos ou os disparates, precedentes do humor gráfico dun xornal de hoxe, ou do cómic underground dos anos sesenta, do impresionismo, do expresionismo, de todas as vangardas históricas… Foi o primeiro: se hoxe miras atrás, en todos os estilos chegas a el sempre.

[Foto: Paco Rodríguez – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

L’executiu balear reclama a Espanya que es respecti el nom i la unitat del català

El govern espanyol s’ha empescat una nova denominació per a la llengua pròpia de les Illes Balears i ha qualificat, aquest cop, el català com a baleà. Ho ha fet al web oficial de la campanya La seguretat salva vides, del Pla Nacional de Sensibilització en Seguretat i Salut per al Sector Pesquer, que depèn del Ministeri de Treball, Migracions i Seguretat Social.

En aquest web, els usuaris podien descarregar-se el material en sis idiomes: castellà, català, baleà, basc i valencià. El contingut en català, baleà i valencià, però, estava en la mateixa llengua. El Ministeri va retirar el menú en la nova llengua al cap d’unes hores.

Aquest episodi recorda una altra iniciativa peculiar, en aquella ocasió, del grup parlamentari d’Unides Podem (UP) al Congrés dels Diputats espanyol, que l’any passat va tenir la pensada de presentar unes esmenes en les quals reclamava que s’anomenés “balear” la llengua catalana parlada a les Illes Balears.

La nova denominació de la llengua del govern espanyol, a part de provocar burles a les xarxes socials, ha causat la indignació del govern balear, que a través de la Direcció General de Política Lingüística (DGPL) s’ha queixat a l’executiu de PSOE i Unides Podem del fet que “impulsi la fragmentació lingüística utilitzant denominacions diverses per referir-se a la llengua catalana, incloent-ne d’inventades i amb grafies no normatives”.

La DGPL retreu al govern espanyol que “a més de distingir habitualment entre català i valencià, en contra de criteris científics i de la jurisprudència dels tribunals espanyols, el Ministeri de Treball, Migracions i Seguretat Social ofereix la versió lingüística en “baléà””, una denominació que “no s’ajusta ni a la normativa ni a cap nomenclatura popular, i a més s’ofereix escrita en una ortografia no acadèmica”.

El govern balear ha fet gestions per aclarir els fets i exigir una rectificació i l’adequació a la llei i a la ciència. “Les institucions oficials s’han de referir a la llengua pròpia de les Illes Balears com a “català” o, si ho considera necessari, i seguint el criteri del Consell d’Europa, com a “català/valencià”, per evitar oferir dues versions lingüístiques idèntiques sota etiquetes diferents que poden donar peu a interpretar que es tracta de dues llengües diferents”, remarca l’executiu.

També ha expressat el seu rebuig al menyspreu a la llengua pròpia l’Obra Cultural Balear (OCB), que ha denunciat que “és intolerable que un govern promogui denominacions acientífiques”. La Plataforma per la Llengua ha demanat al govern espanyol que “deixin d’inventar llengües i, de pas, s’aturi la fragmentació del català”.

 

[Font: http://www.diaridelallengua.cat]

Emili Piera

Emili Piera | © Francesc Vera

Escrit per Vicent Garcia Devís

Sonen les campanes de l’ermita de Santa Llúcia i el periodista i escriptor Emili Piera i Cardo (Sueca, 1954) arriba amb una puntualitat feréstega al jardí recinte de l’Hospital Vell de València. Plou espurnejant i, mentre parlem de la seua trajectòria literària i periodística, passen i repassen les màquines de la neteja en aquest entorn arqueològic de columnes renaixentistes que només suporten l’infinit i el cel. Les merles busquen la protecció de les quatre oliveres que envolten el recinte de l’Hospital dels Folls de València, el primer psiquiàtric que va entrar en funcionament al món. Emili Piera ha triat aquest lloc, diu, perquè ací es troba la que és, possiblement, la biblioteca més bella d’Europa. «En aquest ‘barri xino’, el districte dels Velluters, es curava la follia i també la sífilis. I aquestes pedres són un tresor que prové de l’antic Palau Reial de València i d’altres casals i castells dels regnes de Nàpols i Sicília, des d’on les va dur Alfons el Magnànim», assegura Piera. Santa Llúcia, campanes femenines de so afrancesat, tant distint al so gros de les castellanes, és un ermitori que va ser fundat en les primeries de la conquesta de la ciutat per les tropes de Jaume I.

Emili, autor de quasi una vintena de llibres, l’últim és el dietari Escriure a pessics, ve vestit com un mariner danès: gorra i jaqueta creuada en blau marí. I la seua conversa és, com sempre, des que el conec, gràfica i enriquidora. Especialista en temàtica mediambiental i gastronòmica, és un fervent defensor de l’heterodòxia, també en la recepta de la paella. Com deia Joan Fuster en un dels seus aforismes, «I morir deu ser deixar d’escriure», Piera pensa el mateix que el seu paisà, però ell encara està ben viu, continua escrivint a diari, cada dia de la seua atrafegada vida.

Malgrat la pluja, quin lloc més especial, no?

Sí, l’ermita de Santa Llúcia és una raresa. Una ermita urbana que un dia va estar als afores de València. I és ací on el pare Jofré curava a tots aquells que estaven mal del perol. Jo he viscut molt de temps en aquest barri i li tinc un afecte especial.

Dieu que aquesta biblioteca és una de les més belles d’Europa. A mi em ve al cap la desapareguda biblioteca d’Alexandria. Què és el què faríeu si es produïra una catàstrofe similar en aquest edifici ple de mots i saviesa?

És material inflamable, ja ho sabem. André Breton, l’impulsor del surrealisme, va dir una vegada que si s’incendiara el Museu del Prado s’enduria només les flames, salvaria el foc. Això mateix podríem dir els que ens agrada el món de la literatura, de la comunicació social, de la cultura en general, el món de les paraules: salvaríem el foc, el foc de la creació. No seria irreparable. Hem caigut sempre en l’error que, en la desfeta dels imperis clàssics, bàsicament de l’Imperi Romà, s’havien perdut molts coneixements… però no és així, des de sempre, totes les cultures han traduït els clàssics: els àrabs traduïren els textos platònics i d’altres savis grecs. En un moment de la història del catolicisme, un nombrós grup de frares catòlics irlandesos van emigrar al continent i transmeteren bona part del pensament clàssic.

© Luis Castellano

Caldria afegir la cultura de l’oralitat, tan important en la història de la Humanitat.

Sí, exacte. Com més analfabeta és una societat, més potència narrativa oral existeix. La creació de cultura no és patrimoni només de catedràtics, escriptors o pintors! L’oralitat és creació de cultura de la gent en general, mira com ha funcionat en el tema de la Memòria Històrica. El dimoni està en els detalls, quan una persona ens parla de tot allò que li contaren sobre un familiar víctima del terror franquista quasi mai erra, l’oralitat ha estat cabdal per a localitzar un afusellat, un assassinat de les idees. Un detall, una botelleta sota el cap, una anomalia física, un vestit… La paraula és tan rellevant com l’escriptura, o més.

La paraula, la llengua…

Sí, recorde el cas de l’advocat laboralista Alberto Garcia Esteve, que, estant a la presó de la dictadura franquista, el va visitar sa mare i els guàrdies els obligaren a mantenir la conversa en castellà. Havia parlat en castellà amb moltes persones, però mai amb sa mare. I es van quedar muts, no eren ells! Recorde que ell mateix ho contava en un acte sindical en un teatre de Sueca i, com que em va impressionar tant, se’m va quedar gravat en la memòria.

El valencià, quantes prohibicions! No estava a l’ensenyament, no era oficial, estava prohibit parlar per telèfon en aquesta llengua… fins i tot estava regulat que les làpides dels cementeris estigueren escrites i tallades en castellà…

Sempre he pensat que el futur d’una llengua depèn dels seus usuaris. La llengua acorralada és propensa a les manifestacions identitàries, amb un toc de victimisme, i jo em confesse com el primer que es queixa. La primera vegada que em vaig revoltar va ser quan em vaig assabentar que al Mercat Central, que a mi tant m’agrada, hi havia ja més parades que parlaven castellà que valencià. Uns l’entenen, però no el parlen. S’ha produït un relleu generacional que ha canviat aquell mercat que jo coneixia de les primeries de quan vaig arribar a València. El Mercat Central en castellà és una pura traducció d’aquella versió original del Mercat Central en valencià… que era el cor de la ciutat. Si els usuaris no l’utilitzem, el prestigiem, el mantenim i els transmetem… les paraules dels nostres ancestres tindran els dies comptats. Pitjor està l’euskera i els bascos s’han decidit a mantindre’l i ho estan aconseguint. I s’ha de fer en tots els registres, quan jo era jove el valencià estava ben integrat fins i tot en la «Ruta del Bacalao» en l’entorn geogràfic del meu poble. L’escola, a més, pense, a penes pot integrar els nouvinguts. Hem de crear registres en tots els àmbits de la nostra societat, també a les xarxes del més joves.

L’Estat juga sempre en contra de les cultures perifèriques?

Espanya i Portugal són els únics països que no han canviat la seua configuració durant el procés de construcció dels estats moderns, des de fa cinc-cents anys, i molt menys les seues fronteres lingüístiques. A la dreta espanyola li sembla igual d’inviable canviar la Constitució com reconèixer les fronteres, en aquest cas les lingüístiques d’unes llengües que tenen història literària i prestigi històric, que encara estan vives i són vehicle de comunicació social. I d’això la dreta, i especialment la dreta castellana, no vol ni sentir-ne parlar. Suïssa ha demostrat que això podria ser viable, com ho fa el vint per cent de la població irlandesa que parla gaèlic.

Sou de Sueca, un poble que ha sigut una fàbrica de personalitats en molts àmbits. Salvant algunes diferències: Joan Fuster, Antoni Furió, Manuel Baixauli, Josep Palacios, Víctor Labrado, Francesc Vera, el mestre Serrano, Bernat i Baldoví, el polític Joan Baldoví i tu mateix. Quina fàbrica! Com és això?

Jo crec que hi ha una raó immediata… quan no tens un duro, si fas una carrera, pots fer-te de respectar en el camp que siga si la teua producció és vàlida en qualsevol matèria. No cal que la teua família siga rica, com no ho és en el meu cas. Sueca té motius per a estar orgullosa de la seua aportació a la cultura valenciana, però, desgraciadament, no acaba de deixar enrere la ciutat agrària que ha sigut sempre. Sueca no s’ha transformat en la ciutat industrial o postindustrial que haguera pogut ser, fer un pas cap a la modernitat. Hi ha poc de treball per a la gent que acaba d’eixir de la universitat amb un títol flamant i això continua sent un problema. Hauríem d’haver fet com Alcoi o Ontinyent, amb un «humus» industrial especial que, quan ve una crisi o una reconversió, acaben adaptant-se a la nova realitat gràcies al background acumulat del pas del temps i l’experiència.

©Luis Castellano

«Jo soc nòmada, potser ho he estat sempre sabent-ho o no, però les experiències inicials als carrers d’infantesa, el carrer Carabassers i el carreró Sueco (homenatge a Bernat i Baldoví), el Carreró sense eixida que moria en la Casa de les viudes, tot allò tan intensament familiar, era una continuació de les vivències uterines, amb l’al·licient afegit dels oficis practicats a la vista del públic: el senyor Rafael era corretger i com no tenia fills jugava amb els xiquets del veïnat. El senyor Bernardino tampoc no tenia fills, però la seua barberia, ben assortida de premsa, era el lloc perfecte. El senyor Bernardino, que li déiem, també feia cadires de boga i apanyava rellotges».

(Escriure a Pessics, Emili Piera)

El vostre pare va morir quant éreu encara molt menut…

Sí, jo tenia només onze anys i la seua absència sempre ha estat present en el meu pensament, sempre he tingut al pare en el cap. Ma mare i el meu germà són els que van dur la casa endavant. Ma mare i la meua germana cosien i no paraven de cosir per a les veïnes més benestants i el meu germà, als quinze anys, ja estava treballant en l’obra i jo faenejava tots els estius. Mon pare era mecànic i arreglava bicicletes… i encara avui a mi alguns em diuen «Bicicleta» al poble. Jo volia molt a Maria, la mare, però als dèsset anys me’n vaig anar de casa, aquell ja no era el meu lloc. Vaig marxar molt jove de Sueca. Sabia que si continuava sota la seua tutela mai em faria un home, havia d’anar-me’n de casa… i fer aquell pas em va reconciliar definitivament amb ella, pertanyíem ja a dos mons distints. La meua família em va ajudar molt, cada un de nosaltres anem a la nostra… però que no em toquen als germans que tant m’estime.

I vau poder estudiar a la Universitat Complutense de Madrid.

Sí, jo tenia ganes de fugir de Sueca i no per res, sinó perquè no trobava el meu encaix en aquella societat, que també era la meua. Una societat que trobava estrany que marxares a la muntanya, plantares una tenda i passares allí la nit. Et miraven com un boig! Si t’agradava aprendre de memòria poemes passava el mateix, et miraven de gaidó. Era l’ambient d’un poble agrícola qualsevol, en el qual no comptava entre els seus valors llegir poesia o fer excursionisme.

Vau abandonar la poesia i us trobeu més còmode escrivint un dietari que una novel·la… No?

L’avantatge del dietari no és escriure sobre allò que et passa en un moment pel cap. M’exigeix menys implicació emocional escriure un dietari que una novel·la, encara que estiga ple d’emoció. Com els cucs de la seda, en el dietari segregue la substància amb molta més facilitat, en canvi en la novel·la pots naufragar a mig fer, una situació que m’espanta i m’ompli de terror. Ara tinc entre les mans mig embastada una novel·la de ciència-ficció (El déu combatent) arran d’un somni estrany que vaig tindre i que he fet i refet moltes vegades fins que m’he convençut que pot funcionar. Ser jubilat per a aquesta mena d’empresa és una benedicció divina. Aquesta serà la cinquena que escric i podria tindre-la a punt per a finals de l’estiu. Sempre «fabrique» diverses coses alhora i salte d’una a l’altra; ara estic entre dos textos –una novel·la i un llibre de relats. Un dia escric deu hores, un altre només dos i un tercer… el prenc per a corregir. M’he de cuidar la vista, no puc fer cada dia deu hores (toquen de nou les campanes de Santa Llúcia)!

Us podria passar com a Pedro Camacho (Varguitas) en La tia Julia i el escribidor… que feia guions de radionovel·les i acabà confonent els personatges… i tornant boja l’audiència.

No [riu]. Tenint en compte que jo soc molt despistat… Em podria passar això més d’una vegada. Mira, quan jo treballava de periodista, intentava fer literatura amb qualsevol pretext en cada notícia. Tant se valia si el tema era la contaminació de l’Albufera com si era la processó del Corpus.

Fuster, en un dels seus aforismes, deia que l’únic pecat mortal són les faltes d’ortografia. D’orígens humils, d’on tréieu els llibres? Quines van ser les vostres primeres lectures, el primers passos en l’aprenentatge?

Jo havia llegit uns quants llibres als quinze anys, poquets. I un company d’escola em va dir: has llegit Sinuhé el egipcio? I el vaig llegir! Havia passat de Bécquer a la literatura mundial, vaig començar a llegir de tot: Éxodo, de Leon Uris, una novel·la descaradament sionista, la vaig llegir i m’agradà, per descomptat. Després em vaig llegir dos llibres d’Aldous Huxley The Yellow Mustard i Essays New and Old. I em va obrir un món.

Oficio de Lance va ser el vostre últim llibre abans d’Escriure a pessics, no?

Si, Oficio de Lance. De cómo llegué a comer incluso bien del periodismo. He viscut bé, el periodisme ha sigut ma mare. Té moltes satisfaccions immediates, no has d’esperar a morir-te per a assaborir la glòria. Dalt de ma casa tinc una rajoleta que diu «Llombai, a Emili Piera».

Qui et dona això per un llibre o per una altra faena?

El món de la comunicació està acabat? Els grans conglomerats es troben en mans dels bancs i de grups empresarials, no?

Tu i jo vam tindre el privilegi de fer periodisme, però ara jo crec que l’ofici està molt malament, cada vegada és més complicat ser periodista i viure del periodisme. Quan es va produir la Guerra d’Iraq, que era tan il·legal com la de Putin, França i Alemanya van mostrar la seua disconformitat contra l’ofensiva del Trio de les Açores –Bush, Blair i Aznar– i només hi havia una versió oficial. Ara a Rússia també només hi ha una versió oficial o et tanquen a la presó. Ací hi ha vint versions oficials, però totes diuen el mateix. Així està el periodisme avui al món.

Es crea la realitat, es fabrica l’opinió pública? Es construeix la realitat com apuntaven els sociòlegs Peter L. Berger i Thomas Luckmann?

Hi ha una construcció en marxa de la realitat, però eixa construcció és deficitària per tots els costats, fracassaran. Al final, tot se sap. El nostre imperi occidental dreça la seua realitat, la Xina fabrica la seua i l’Estat espanyol també posa les bastides per a manufacturar un estat d’opinió. Jo crec que sempre acaben fracassant. Gràcies al poder salvífic del desastre mai acaben triomfant.

L’educació privada acabarà salvant-nos?

L’educació privada és un desastre, amb molt poca nota u pot ser metge, notari o periodista. Crec que s’ha de prestigiar l’escola pública com fan a França o Alemanya. El sistema públic ha d’acollir els fills de totes les famílies, pobres i menys pobres. Com en la sanitat, acabarà sent així si els usuaris i els professionals –mestres i sanitaris– ens encabotem que siga així, com et deia en el tema de la llengua. Volem que acabe passant-nos com als Estats Units?

Als EUA s’entén com una feblesa, com una falta de virilitat, l’establiment de les ajudes estatals, el suport a una sanitat pública o a una educació igualitària…

Sí, anar sol pel món és de mascles alfa, si t’ajuden, si l’estat t’arreplega quan caus, si et protegeix, es considera una debilitat femenina, com una actitud maternal. Estan bojos! Un pare pot fer el mateix que una mare, no ha d’haver-hi diferències! La protecció és humana, no femenina!

© Francesc Vera

Sou un bon especialista de periodisme mediambiental. Què us sembla el Botànic?

Si jo fora un Mass Doctor que assessora els polítics sempre els diria que la moderació, també la verbal, sempre els farà guanyar vots, sempre, excepte en períodes electorals on tot es magnifica. Si jugues amb els amics en el casino no comences pegant colps de peu a la taula, t’han d’acceptar i després ja anirem mostrant les nostres cartes, algun front de «radicalitat». A mi el que em va sorprendre d’aquest govern al principi era la qüestió de la imatge: presentaven un altre producte molt diferent del d’abans. Passaren alguns mesos i tant l’alcalde Joan Ribó com des de la Generalitat optaren per un perfil molt baix… i això és el que em costa molt d’entendre. I dic perfil baix quan em referisc a l’ambició política. Això sí… ho han fet molt bé des del punt de vista mediambiental: grans zones de vianants, jardins i zones verdes que humanitzen la ciutat deixant el vehicle en segon pla, la dependència… Jo a penes utilitze el cotxe, ofeguen conscientment la circulació viària innecessària. Ens perjudica individualment i ens beneficia de forma col·lectiva! En els anys cinquanta el cotxe era el mag de la llàntia que et deia: On et porte, amo meu? Això s’ha acabat a les nostres ciutats, com a tota Europa.

Zones per als vianants que semblen més destinades al turisme que als veïns.

Sí, el turisme és un motor econòmic i hem de comptar amb ell, mentre no vertebrem un altre model econòmic més polièdric. El que no desitjaria és que tota la ciutat es convertisca en una fira com el barri de Russafa, on el veïnat desapareix i els que queden no poden dormir. Al turista li hem d’exigir el mateix respecte que al veí, no podem anar en bicicleta contra direcció.

Us imagineu un govern de la Generalitat PP-VOX?

Sí, és una possibilitat real, per desgràcia. Per això s’han de fer polítiques pròpies i no de «marca blanca», com moltes vegades passa. Però és possible que, quan li vegem el morro al llop, ens mobilitzem. Mira, quan la guerra d’Iraq, jo vaig votar el PSOE, com va fer molta gent. I ho vam fer a toc de campana per a parar-li els peus a la guerra i a l’Aznar. Ell devia saber que la seua presa de posició en el plànol internacional era només una foto amb les potes damunt la taula, al costat de Bush i Blair. Aznar estava destinat a ser la baula més feble de la tríada. Ells manaven i ell només havia de servir-los el cafè!

Mira França.

Han desaparegut els partits tradicionals. Per a mi, el principal problema és que ha desaparegut la principal referència socialdemòcrata. Però des de Brussel·les, per contra, mane qui mane, es projecta una política socialdemòcrata des del centre del continent cap a totes les perifèries. D’això hem d’aprendre! Hi ha vasos comunicants, si un estat està més endarrerit en sanitat o educació se l’ajuda. Això que funciona tan bé a Europa, no va tan bé a casa, dintre dels estats nacionals… i tampoc a Espanya.

En matèria de justícia, Brussel·les i Estrasburg els marquen el camí als jutges espanyols, no?

Existeix un franquisme sociològic i també en la cúpula judicial. En temps de Franco podies parlar de tot menys del dictador i el seu règim, com ara amb el rei. Ens infantilitzen de forma grollera. Encara sort que els alts tribunals europeus ens saben d’algunes ignomínies i estan a l’aguait.

L’Església no ha ajudat massa, no?

Cada vegada hi ha menys catòlics, jo soc cristià i ho reivindique des del fenomen cultural col·lectiu. És, per a mi, la referència cultural més tolerant, ara com ara, en un món global. Això també és Europa.

© Francesc Vera

Ja que parleu de política europea i de socialdemocràcia, estareu d’acord en el fet que a Madrid es fa la política neoliberal més dura d’una capital d’estat de la UE…

Sí, a Madrid es fa una política salvatge. Mira, Voltaire va invertir tots els seus diners en bons i accions espanyols del govern de Madrid i es va fer milionari. Madrid és Amèrica! I avui en dia, la capital de l’Estat, és un pol d’atracció per als grans especuladors.

Has treballat a la Túria, al diari Levante des de Ferran Belda i també amb Amadeu Fabregat des dels temps de TVE Aitana…

Ja no estic en la Túria. Vicent Vergara ens va dir que no podia sostenir la cartellera si continuava pagant-nos. Ho vaig entendre i vaig treballar gratis durant tres anys. Després, davant la manca d’explicacions, vaig entendre que no hi havia de seguir col·laborant, tot al meu pesar. A Ferran Belda li dec molt, només he de tindre gratitud per ell; al marge que té un geni pudent del qual alguna vegada he sigut víctima, pense que amb cap altre director haguera tingut les oportunitats que em va brindar. Ell podria considerar-se coautor de tot allò que he escrit en el que fou el seu diari. Sobre Amadeu Fabregat, només puc dir que ara, amb els anys, sense acritud, em trobe despagat amb ell perquè considere que haguera pogut fer les coses manifestament millor: sense tanta arbitrarietat, sense tanta «estupendez», amb una millor disposició en tot allò que ha fet. Li ha faltat ser el motor d’iniciatives comunicatives i audiovisual amb vida pròpia, fent i creant un producte de qualitat fet des de casa, al país. És una persona que ha aconseguit el que volia: ha fet diners i és una persona influent. És un home intel·ligent i brillant que hauria destacat en qualsevol camp. Però val la pena fer alguna altra cosa que es puga canviar pel plaer d’escriure lliurement el que et dona la gana?

Quines referències periodístiques i literàries us han marcat més?

Primer van ser Manuel Vicent, Juanjo Millás i després, sobretot, Umbral, aspre per fora i tendre per dins, com un cranc. Dels catalans, la poesia de Pere Quart, els articles i els contes de Quim Monzó, les cançons de Ramón Muntaner o les de Serrat, que va musicar Joan Salvat-Papasseit.

«Ulls clucs
l’amor
sap que la vida sempre és una festa
una cançó
Déu se l’estima com la llàntia encesa»

Santa Llúcia marca el migdia com un carilló flamenc i Emili em proposa anar al Palmar, al costat de l’Albufera, per a parlar de gastronomia i sostenibilitat ambiental, davant d’una moixama de tenca i un arròs amb fesols i naps en cassola… com un gravat impressionista. La marjal està en saó, després d’un mes de pluges, i des del finestral del Bonaire es veuen els canals i els llauradors que femen i preparen la plantada al costat del carrer del Jesuset de l’Hort. Repassem el Piera verd i ecològic que ha escrit El cas de l’Albufera i L’aigua de tots, entre altres proclames aflamades.

El planeta és finit, hi haurà minerals (liti, cobalt… Terres rares) i energia per a tots? Els rics viuran millor si poden pagar-ho tot, com un telèfon mòbil o un televisor de plasma, la llum o l’aigua?

I no trobarem un altre planeta de recanvi! Ho tenim difícil, ja hi ha restaurants a l’Índia que tenen reservats amb aire pur perquè hi mengen els que poden pagar-ho. Però ells encara no saben que l’oxigen pur amb què enriqueixen l’aire fa que envellim més de pressa, que accelera l’envelliment de les cèl·lules i el cervell. Res és tan simple i fàcil!

El cas de l’Albufera és una soflama contra els ecologistes pessimistes?

En aquest llibre he escrit un pamflet en la línia dels il·lustrats francesos, que és un al·legat, un text passional, que ataca un determinat pessimisme mediambiental, volia atacar el derrotisme irrellevant de quan començaven a fer-se coses que sí que podien salvar l’Albufera. Per exemple el col·lector oest i una sèrie d’actuacions que es feren després del llibre i no dic que fora només mèrit meu ni de Rafael Blasco, que, en aquell temps, era conseller d’Obres Públiques. El problema estava en l’aire i entre tots, tota la societat, vam activar l’espoleta del canvi. La cacera es va regular, les denúncies augmentaren, i la ciutadania, com en el llit vell del Túria, va assumir que calia salvar el llac.

La ZAL i l’ampliació del port de València.

Això sempre en fa recordar els territoris ocupats de Palestina. Fa igual el que diga la població indígena, es va expropiar, de forma preventiva, amb un cinisme absolut, aquella part de la Punta. I pensaren… «Anem a expropiar i ja veurem què és el que fem!»

Expropiaren i posaren fi a la vida dels que allí vivien i encara hi volen viure. I, amb el port, Madrid farà el que voldrà… perquè eixe port és el de la capital de l’estat. Dues injustícies com dues catedrals. Si fora per a construir un hospital hauríem de callar, però això només vol dir negoci i diners… expropiaren sense miraments ni mirar pèl!

En el tema del port… Ja veurem si la UE no els ho para perquè ara hi ha més sensibilitat ambiental a Europa. Hauran d’explicar, a més, com compensarà el port pel mal que provocarà l’ampliació a la resta d’usuaris de la mar: els pescadors, els que tenen camps al litoral, els banyistes o els turistes. L’ampliació afectarà negativament l’Albufera, de segur.

Emili Piera i el germà gran, amb l’àvia.

Has escrit sobre gastronomia, de cassola i cullera, sobretot. I sobre el món de l’arròs, alta política: Un disc solar anomenant paella és un dels teus llibres, sobre com es vivia la paella a casa o en l’època que anàveu en família a la mar, no?

Sí i en part en clau d’humor. Qui era l’encarregat de matar el conill i li llevava la pell com un pijama, qui matava el pollastre. Ma mare quan sacrificava la gallina li aguantava les potes i li xafava les ales… i jo li mantenia el cap perquè ella li tallara el coll i el dessagnara. Després el penjàvem a la llimera i, en passar el rigor mortis, ja estava a punt per a sofregir en la paella. I tot això, a l’hora de missa. Hi ha un filòsof francès, Michel Onfray, que ha establit distintes categories de pensament gastronòmic segons la nostra conducta en la taula. El llibre és divertit i em va inspirar per a escriure el meu tracta de la paella. Mira, a Itàlia, els feixistes defensaven l’arròs enfront de la pasta. Asseguraven que la pasta feia als italians molls, conformistes i irònics, tot el contrari de l’èpica. L’arròs els tornava braus per a la guerra. Ja veus!

Ací, a les marjals valencianes, es feia i es fan les enviscades, és una festa de caçadors mascles que, en plena llibertat, cacen, beuen i cuinen tot el que volen. I això explicaria com la cuina de cacera és tan creativa, inventen, improvisen, sense normes. I creen nova gastronomia, nous plats saborosos, al marge de la cacera, que això ja és un altre món.

La teua recepta de la paella, la definitiva…

Aigua, sal, oli, arròs, tomaca, bajoca o roget, garrofó, si eres de Sueca un poc d’all (si no ho eres, no en poses perquè et diran de tot!), pebre roig, pollastre i conill. Eixa és la fórmula de paella valenciana que tot el món reconeix. Paco Alonso i la seua Viquipaella admet que aquests són els ingredients que, en un vuitanta per cent, tot el món assumeix. Però, per mi, tot està bé, benvinguts els que hi posen faves tendres, carxofes o tota classe de verdures.

Encara plou en gotes mínimes i el cel, d’un gris metàl·lic, es reflecteix sobre l’Albufera deixant la marjal com una safata d’estany. Els agrons trauen del fang cucs llargs i grossos com els cabells de la medusa de Caravaggio. Al fons, la muntanyeta dels Sants, entre camins de terra de dibuixos geomètrics que fereixen la marjaleria entre séquies i canals plens per les últimes pluges. El vent ha menat l’arena del Sàhara fins al llac i ha tenyit d’un tel vermell la capa superior de l’aigua.

[Font: http://www.laveudelsllibres.cat]

Si seulement tous les noms prenaient un s au pluriel, la langue française serait simple. Hélas, les exceptions sont légion.
Écrit par Michel Feltin-Palas
Nous l’avons tous appris sur les bancs de l’école : « En français, le s est la marque du pluriel ». Un arbre, des arbres ; une voiture, des voitures ; une table ; des tables, et ainsi de suite. Sauf que non. Un certain nombre de vocables jouent les rebelles et ne respectent pas cette pseudo-loi d’airain. En voici quelques exemples.
· Les pluriels en oux. Commençons par les vedettes de la catégorie. Bijoucaillouchougenouhiboujoujou et pou prennent un x au pluriel, à la différence des autres mots en ou qui, eux, se terminent par un s : des trous, des clous, des filous et même des scoubidous (bidous-wouah !)… L’explication ? Sans entrer dans les détails, retenez simplement qu’en ancien français, les termes de la première liste comportaient un mouillé : on écrivait ainsi pouil et genouil et que « ce l final a entraîné un x, comme dans vitrail > vitraux », comme le précisait l’historienne de l’orthographe Nina Catach dans le Dictionnaire historique de l’orthographe française (Larousse). La fameuse énumération n’est d’ailleurs pas forcément complète. L’usage hésite aujourd’hui pour tripou et ripou, auxquels on peut accoler aussi bien un s qu’un x.
· Les mots qui ont deux pluriels. Encore plus sioux, si j’ose dire, certains termes poussent le raffinement jusqu’à posséder deux pluriels. Aïeul, par exemple, donne aïeuls quand il s’agit de nos grands-parents, mais aïeux quand on évoque l’ensemble de nos ancêtres. Subtilité encore avec ail, qui débouche sur la forme ails pour la plante, mais sur aulx pour le condiment. Plus poétique : ciel a pour pluriel ciels quand on parle de peinture (« Les ciels de Léonard de Vinci »), de paysages (« Les ciels de Provence ») ou de décoration intérieure (« Les ciels-de-lit »). En revanche, cieux est de rigueur pour le firmament (« L’immensité des cieux ») ; l’univers religieux (« Notre Père qui est aux cieux ») de même que dans certaines expressions (« Partir sous d’autres cieux »). Citons enfin banal qui aboutit généralement à banals (« des propos banals ») mais à banaux dans son sens féodal – « à la disposition de tous » (« Des fours banaux »).
· Les adjectifs en al. Habile transition : ce dernier exemple m’offre l’occasion d’évoquer les adjectifs en al qui acceptent deux pluriels, sans que cela entraîne de changement de sens. On peut ainsi écrire « des classements finals » et « des classements finaux ». D’autres représentants de cette famille, en revanche, n’acceptent que les pluriels en aux : des vents automnaux, des artistes géniaux, des profits maximaux, des conflits tribaux… Certains de leurs cousins, au contraire, se terminent exclusivement par als : fractal donne fractals ; bancal, bancals et il en va de même pour natal et naval. Attention au piège : si fanal (grosse lanterne) au pluriel aboutit à fanaux, fatal exige fatals ! Sachez enfin que les dictionnaires ne sont pas toujours d’accord entre eux. Ainsi, le Robert tolère tonals et tonaux tandis que le Larousse refuse cette dernière forme. En revanche, c’est l’inverse pour jovial, terme pour lequel le Larousse préconise la souplesse tandis que son concurrent n’admet que joviaux (non, l’aspirine n’est pas fournie avec cette chronique)…
· Les mots qui changent complètement de forme. Nous n’y prenons plus garde, mais il n’y a rien d’évident à ce qu’un œil ajouté à un autre aboutisse à deux yeux. Pour comprendre cette curiosité, il faut savoir qu’à partir des six déclinaisons du latin, l’ancien français en avait conservé deux, et qu’il nous en reste quelque chose. « Œil » correspond en fait à l’ancienne forme de « cas régime singulier » et « yeux » à l’ancien cas régime pluriel. Cela dit, œils – oui, avec un s – se rencontre dans certains mots composés comme œils-de-bœuf ou œils-de-perdrix. On l’emploie également quand il revêt un sens technique (les œils d’une voile ou des caractères d’imprimerie) ou encore… dans les conférences de rédaction de L’Express (où les œils désignent les articles à caractère éditorial). À noter enfin que l’on distingue les clins d’œil des clignements d’yeux, comme le remarque malignement le site Projet Voltaire.
Il est encore bien des originalités dans notre lexique. Cheval donne généralement chevaux, sauf dans l’expression chevau-légers. Orguedélice et amour, masculins au singulier, deviennent féminins au pluriel (« Un bel orgue, de grandes orgues »). Travail peut s’écrire travails quand on veut parler de « l’appareil servant à maintenir les grands animaux domestiques pour les ferrer ou les soigner » (ce qui, reconnaissons-le, n’arrive pas tous les jours) et il fut un temps où le pluriel de portail était « portaux » (si, si).
Autant d’exceptions à la règle qui avaient conduit après-guerre un très haut fonctionnaire, Aristide Beslais, directeur de l’enseignement au ministère de l’Éducation nationale de 1947 à 1959, à proposer une réforme radicale : la généralisation du s pour la totalité des pluriels, qu’il s’agisse des bijous, des cheveus, des gens heureus ou des faus billets. Il dut cependant battre en retraite face à l’opposition farouche des amoureus de la tradition…
[Source : http://www.lexpress.fr]

O Seminario de Onomástica da Real Academia aproba a adaptación dos nomes da capital e doutras cidades ucraínas e tamén dalgúns xentilicios

Por G. N.

Kiev será Kíiv a partir de agora en galego. O Seminario de Onomástica da RAG (Real Academia Galega) aprobou na súa última xuntanza as adaptacións de varios topónimos de Ucraína, o da capital pero tamén o de outras cidades e diversos accidentes xeográficos. Unha iniciativa oportuna sabendo que a invasión rusa pon en xogo nos medios de comunicación e na vida cotiá todo o que ten que ver coas localizacións e o territorio deste país do leste europeo, hoxe en horas moi difíciles.

De acordo coas recomendacións internacionais e a necesaria transliteración dende o alfabeto cirílico da lingua ucraína, sancionouse Kíiv para o caso da capital do país, xa que -razoan fontes da RAG- é a forma máis adaptada ao sistema vocálico galego acorde coa propia denominación oficial ucraína.

Como criterio xeral, o Seminario de Onomástica segue as recomendacións do grupo de expertos en nomes xeográficos da ONU (Organización das Nacións Unidas), baseadas no respecto ás formas de cada topónimo na súa lingua orixinal. Pero non sempre é posible facelo, debido á existencia de formas históricas na tradición de cada lingua ou a problemas de transliteración cando os nomes proceden, como sucede cos ucraínos, dunha lingua que se escribe con caracteres diferentes.

Neste último caso procúrase manter a coherencia das solucións propostas e ter en conta a harmonía coas linguas veciñas e internacionais, e mais a lexibilidade para a comunidade galega, detallan desde o Seminario de Onomástica.

O nome da capital de Ucraína difundírase internacionalmente a través da adaptación rusa, Kiev. Pero tras a independencia desta antiga república soviética, o Goberno ucraíno promove para os usos internacionais Kyiv, un exónimo baseado nun sistema de transliteración que parte da pronuncia autóctona do nome. Esta solución foi recoñecida polo grupo de expertos en nomes xeográficos da ONU e é na que se basea Kíiv, adaptada ao sistema ortográfico galego, para posibilitar que se poida ler sen problemas.

Outros topónimos ucraínos translitéranse ao uso internacional co dígrafo <kh> para representar o son fricativo velar xordo, /x/, ausente do sistema consonántico galego, sinala a RAG. Nestes casos, proponse seguir a grafía internacional pero empregando o sistema de acentuación da lingua galega, para facilitar a lectura de topónimos como Khersón e Khárkiv.

O Seminario de Onomástica abordou tamén a denominación doutras localidades de Ucraína como Lviv. Este é o nome oficial dunha cidade que foi coñecida historicamente en varios países europeos coa súa tradución ao grego, Leópolis (así se lle chamou en italiano, portugués ou castelán). A RAG considera correctas en galego as dúas formas, a oficial e a versión latinizada.

Outros topónimos que foron tratados, algúns dos cales xa constan no Dicionario da RAG, son Belarús (xentilicio: belaruso/belarusa, bielorrusio/bielorrusa), Mariupol, Luhansk, Donbás, río Dniéper, río Donets, Donetsk (cidade), Sebastopol, Odesa, República Moldova (xentilicio: moldovo/moldova).

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

 

 

‘Una mujer escribiendo’, de Johannes Vermeer.  Wikimedia Commons / Google Art Project

 

Escrito por Belén Almeida Cabrejas

Profesora de Lengua Española , Universidad de Alcalá

 

En el siglo XVI, mucha gente en toda Europa, y también en España, adquirió la habilidad de leer y escribir. Esto se debió a diferentes causas. Los viajes a América o las guerras en Europa crearon la necesidad de comunicarse con quienes estaban lejos, y el desarrollo de la administración supuso un aumento de la burocracia. No solamente muchos hombres aprendieron a escribir, también bastantes mujeres lo hicieron.

Las mujeres y la escritura

Durante los siglos XVI y XVII, algunas personas advirtieron de los peligros de enseñar a escribir a las mujeres. Decían que si una mujer sabía escribir, podría ponerse en contacto con otras personas sin que lo supieran sus padres o su marido. Por ello, defendían que solo aprendiesen a leer.

Así opinaban Gaspar Astete, en su Tratado del gobierno de la familia y estado de viudas y doncellas (1597), y Juan de la Cerda en su Vida política de todos los estados de mujeres (1599).

Portada del libro ‘Vida politica de todos los estados de mugeres’ de Juan de la Cerda, 1599. Wikimedia Commons

Pedro Sánchez de Acre es autor de una obra titulada Árbol de consideración y vana doctrina (1584). Cuando detalla las cualidades que debe buscar un hombre en la mujer con la que va a casarse, recomienda elegir “una muger que no sepa escribir, y aun no la devría desechar porque no supiesse leer”. Juan de la Cerda señala que “el escrebir ni es necesario ni lo querría ver en las mujeres; no porque ello de suyo sea malo, sino porque tienen la ocasión en las manos de escrebir billetes y responder a los que hombres livianos les envían”.

Estas ideas en contra de enseñar a escribir a las jóvenes tuvieron influencia en la educación de bastantes niñas, ya que llevaron a muchos padres a plantearse no enseñar a sus hijas a escribir. Sin embargo, otras niñas sí recibieron esta formación, y algunas mujeres aprendieron a escribir durante su vida adulta, al necesitar la escritura para sus tareas.

Naturalmente, la mayoría de las mujeres alfabetizadas en la infancia eran miembros de familias nobles o de alta posición social. Entre las clases bajas, el analfabetismo era lo más frecuente entre las mujeres y entre los hombres. Pero siempre hubo, en cualquier grupo social, más hombres que mujeres que eran capaces de escribir, y esto se dio en España desde el siglo XVI hasta el siglo XX.

Diferencias entre hombres y mujeres

Pero incluso entre quienes sabían escribir, no todo el mundo escribía de la misma manera. Quienes habían recibido una formación básica realizaban letras grandes y líneas torcidas, mientras que quienes tenían buena formación y escribían con frecuencia formaban trazos ágiles y rápidos.

Los usos gráficos, es decir, las letras y signos utilizados para la escritura, eran también muy diferentes entre unas personas y otras. Igual que actualmente dominar la ortografía exige años de práctica y enseñanza, también en el pasado los modos de escribir más prestigiosos eran aprendidos con un profesor durante varios años. Quienes no tenían este tipo de aprendizaje utilizaban grafías diferentes, una puntuación más sencilla, un uso de mayúsculas menos desarrollado, etc.

Y al igual que siempre hubo, en cualquier grupo social, más hombres que mujeres que eran capaces de escribir, también se observa una diferencia entre cómo escriben los hombres y cómo escriben las mujeres: los hombres escriben mejor que las mujeres de su mismo grupo social. Vamos a ver varios ejemplos.

Fray Luis de León (c1527-1591) y Santa Teresa de Jesús (1515-1582) fueron contemporáneos. Se conocieron y se admiraban. Tenían muchas cosas en común, pero no precisamente sus usos gráficos, como se comprueba en los documentos que escribieron.

‘Santa Teresa de Jesús escribiendo’, por Antonio Palomino. Wikimedia Commons

Fray Luis, que tuvo una excelente formación, presenta una ortografía tradicional, que ya no se correspondía en ese momento a distinciones de sonido, pero que él había aprendido en el curso de su educación.

Por ejemplo, fray Luis escribe “dixo”, “dezir”, “fuerça”, “parece”, “deue”, “sabido”, “passa”, “assi”, “meses”, “an”, “hablo”. ¿Es que pronunciaba de diferente manera ç y z? No. ¿Diferenciaba la pronunciación de ss y de s? Tampoco. Entonces, ¿distinguía el sonido de x y j al hablar? La respuesta es también negativa. ¿Diferenciaría al hablar la b y la v? Probablemente no. Sin embargo, en su modo de escribir mantiene todas las distinciones gráficas. Esto es lo mismo que sucede ahora cuando alguien es capaz de escribir “hirsuto”, “exhaustividad” o “gerundio”, aunque la “h” no suene y “gerundio” podría escribirse también con j. ¿Por qué se sabe hacerlo? Porque se ha aprendido, como le sucedía a fray Luis de León.

En cambio, santa Teresa, en sus documentos autógrafos, escribe “llege” (llegué) y “gie” (guíe); “ablar”, “echo” y “olgado”; “traje” y “deje” (y no “traxe”, “dexe”); “diçe” (y no “dize”). En resumen, usa un sistema de escritura más cercano a su pronunciación y alejado de la ortografía tradicional. Además, da entrada en sus textos escritos a formas que muestran pronunciaciones menos prestigiosas como “anque” (y no “aunque”) o “perfición” (y no “perfección”).

Siglos después

Dando un gran salto temporal, encontramos un matrimonio a comienzos del siglo XIX que también presenta esta divergencia. Las cartas interceptadas durante la Guerra de la Independencia de Josef Cervera, prefecto de Málaga, y su mujer Librada son profundamente diferentes en trazo, ortografía y expresión.

Centrándonos en la grafía, el marido tiene ya usos casi actuales, como “dignase”, “exonerarme”, “concepto”, “exceso”, incluso el uso de tildes en los futuros (“será”).

En cambio, la grafía de Librada, la mujer, no es tan cercana a la norma ortográfica del momento, pues presenta muchos errores en el uso de b y v (“Sebilla”, “bea”, “aber”) y de h (“ace”, “ablas”, “hir”), al igual que problemas en la escritura de la vibrante múltiple (“Coreos”, “arasado”) y de la g y j (“degarlo”, “manegan”, “siges”).

‘Mujer escribiendo una carta’, por Albert Edelfelt, 1887. Nationalmuseum, Suecia

Esta diferente habilidad en la escritura era algo socialmente conocido y, en parte, aceptado. Damos dos ejemplos. En la primera Ortografía de la RAE, de 1741, se afirma que separar al escribir las sílabas de las palabras es “defecto comun en las mugeres, y algo usado en los poco doctos”.

Por otra parte, en una carta de 1787, María Antonia del Pulgar, una noble, le comenta a su suegro “el escrúpalo con que siempre he quedado de que V. pueda entender lo que le escrivo tan sin atadero, pues yo no gasto la menor ortografía, porque, aunque mi amado papá quiso que la aprendiese, se ha ido quedando así, y últimamente me dijo que sentía que hubiese llegado el caso de que yo escriviese sin sentido por no haberme acostumbrado, pero que ya no tenía remedio por haora, y que en una mujer no era tan reparable”.

En resumen, de los siglos XVI al XIX las diferencias en la educación de hombres y mujeres se advertían no solamente en el mayor porcentaje de analfabetismo entre las mujeres, sino también en la escritura de las mujeres y hombres que sabían escribir. Esto puede comprobarse comparando textos de mujeres y de hombres del mismo grupo social.

Las críticas a la escritura de mujeres, en el siglo XVI y XVII, atacan su mala letra, y desde el siglo XVIII se centran en su incorrecta ortografía. Sin embargo, incluso tan tempranamente como en el siglo XVI, se comprueba que hay bastantes diferencias entre la ortografía de los hombres de grupos sociales elevados y la de las mujeres de estos grupos que saben escribir.

 

 

[Fuente: http://www.theconversation.com]

O politólogo Carlos Taibo vén de publicar O Feitiço das línguas (Através Editora, 2022). Autor de máis de trinta libros en galego e castelán, moitos deles relativos ás transicións na Europa central e oriental, afonda agora nesta obra na súa paixón polas linguas empregando de maneira singular o xénero da autobiografía. Presentouno esta quinta feira na Coruña e na sexta estará en Compostela (Libraría Couceiro, 19 horas).
O politólogo presentará O Feitiço das línguas (Através Editora) hoxe na Libraría Couceiro de Compostela (Xabier Armendaritz).

O politólogo presentará O Feitiço das línguas (Através Editora) hoxe na Libraría Couceiro de Compostela

Por A. Escuredo

Cal é a razón escribir agora unha obra entre autobiográfica e lingüística?

Ás veces non hai unha razón precisa. A miña vida intelectual, e non lle dou ningún relevo a este adxectivo, é unha mesa con catro pés. Un deles é o meu traballo na universidade vencellado coas mudanzas na Europa central e oriental. Outro o activismo político que me invita a contestar ao capital e ás súas regras. O terceiro serían os libros como obxecto marabilloso sen os que a miña vida non tería sentido. E o cuarto as linguas.

Decateime non hai moito que boa parte das historias e brincadeiras que eu conto teñen unha base lingüística. Pareceume que tiña sentido de facer unha homenaxe ás linguas que para min son a creación máis marabillosa da especie humana. Ese é o miolo do que xorde o libro.

Ese amor polas linguas tamén é algo revolucionario nun mundo que, cada vez máis, procura concentrarse en poucas e dominantes?

Cando alguén celebra a desaparición dunha lingua, eu pregunto que é o que ten dentro da cabeza. A desaparición dunha lingua é a desaparición dunha cultura. Certamente, aínda que no libro hai unha dimensión de brincadeira, mesmo nalgún caso canalla, hai unha reivindicación das linguas e singularmente das linguas minorizadas.

Este libro é produto dun compromiso lingüístico coa lingua do meu país, o galego-portugués. É unha mestura entre a vocación de chamar a atención dunha maneira razoabelmente divertida e relaxada sobre as linguas e ao mesmo tempo unha reivindicación política coas que están nunha situación difícil e que creo que merecen o noso apoio.

Debo salientar, en calquera caso, que eu non son un gran dominador de linguas. Ás veces a xente pensa que eu teño grandes habilidades, que son un políglota e non é así. Son un curioso que foi mergullando en moitas linguas e que espera seguir facéndoo no tempo..

Boa parte do libro trata do reintegracionismo e da necesidade dun intercambio mutuo. Hai esa vontade tamén en Portugal e no mundo lusófono?

Esa vontade foi forte na retórica mais nos feitos débil. Porén, teño a impresión de que as cousas están empezando a mudar. Ultimamente escoito moito en Portugal, cando saben que es da Galiza, dicir “que sorte tedes na Galiza que conservades a nosa lingua primixenia cando a nosa está deturpada pola influencia do inglés e falamos cada vez peor”. Esa idea ten a parte saudábel de que identifican unha xenealoxía entre o galego e o portugués mais a parte débil é unha ignorancia manifesta do estado decrépito da lingua da Galiza.

De calquera maneira, este tipo de percepcións en Portugal significan que algo está comezando a mudar. Nos estamentos oficiais probabelmente continúan a triunfar a retórica que anuncia unhas cousas mais sen medidas precisas que supuxesen un achegamento efectivo entre os dous espazos lingüísticos.

Cales cre que son os atrancos máis importantes que teñen as persoas para non dar o salto ao galego-portugués?

Eu pasei por esa situación hai 20 anos. Houbo unha época en que eu era reintegracionista, porén empregaba a ortografía oficial. O paso non é sinxelo. Escribir un galego reintegrado reclama un esforzo innegábel. Mais, sospeito que por tras hai un exercicio de comodidade, de aceptación dunha orde que sabemos que non é a nosa e que depara certas vantaxes.

Eu non podo queixarme moito de ter sido discriminado por empregar un galego internacional ou reintegrado. É verdade que é unha reflexión un pouco falsa por ser expulsado dos medios de comunicación do sistema, polo que non ten sentido escribir en galego internacional en La Voz de Galicia porque non penso en escribir nese medio.

[Foto: Xabier Armendaritz – fonte: http://www.nosdiario.gal]
L’orthographe de notre langue nationale est bien plus éloignée de la prononciation que celle de nos voisins transalpins – alors même que toutes deux sont issues du latin.
Écrit par Michel Feltin-Palas
Parlez-vous italien ? Non. Ce n’est pas grave. Essayez tout de même de prononcer à haute voix ces cinq mots : silenzio, quello, muratore, pozione, passare. C’est chose faite ? Bon, cela ne suffira sans doute pas à vous faire passer pour un natif de Rome ou de Naples, mais je suis à peu près certain que vous avez réussi cette épreuve sans trop de difficultés dans la mesure où, chez nos voisins, l’écrit correspond à peu près à l’oral.
Imaginons maintenant l’exercice inverse et demandons à un Italien ne connaissant pas un traître mot de français de lire la traduction de ces mêmes mots dans notre langue : « silence », « cela », « maçon », « potion », « passer ». Le pauvre ne sortira pas probablement indemne de l’aventure tant les pièges sont innombrables. Pour transcrire le son [ s ] » en français, on peut en effet utiliser de multiples solutions : s (« souris »), deux s (« poisson »), c (« cygne »), ç (« hameçon »), sc (« science »), t (« ration »), x (« dix »), z (« quartz »), th (« forsythia »), sth (« asthme »), deux c (« succion ») et sç (« il acquiesça »). Sachant que, pour ne rien arranger, quand on lit la lettre -s, on peut aussi bien la prononcer [z] (rose), [s] (soupe) que… ne pas la prononcer du tout (poires). Conclusion ? « Cela fait un son, 12 manières de l’écrire ; une lettre, trois façons de la prononcer ! », comme le soulignent Arnaud Hoedt et Jérôme Piron dans leur excellent spectacle, La convivialité.
D’où cette question que je me pose depuis longtemps : pourquoi, alors que l’italien et le français sont deux langues latines, notre orthographe est-elle bien plus compliquée que celle de nos amis transalpins ? C’est pour y répondre que j’ai rencontré une linguiste et philologue nommée Gabriella Parussa et j’ai fait bonne pioche ! Car non seulement cette brillante universitaire est native de Turin, mais elle enseigne l’histoire de la langue française au sein de notre vénérable Sorbonne. Et voici, en substance, ce qu’elle m’a appris.
« C’est en raison de l’histoire de chaque langue de nos deux pays que le français est aujourd’hui bien plus éloigné du latin que ne l’est l’italien », a-t-elle commencé par m’expliquer. Et pour cause : le français a connu une évolution particulière à partir de l’arrivée de Clovis et de ses amis, au Ve siècle après Jésus-Christ. Car si les Francs n’étaient pas assez nombreux pour imposer leur langue, leur francique va néanmoins germaniser le latin tardif que pratiquaient « nos ancêtres les Gaulois ». Et cela va avoir plusieurs conséquences majeures, qu’a énumérées Gabriella Parussa.
« Le français a perdu à l’oral de nombreuses consonnes et voyelles finales, voire des syllabes entières« . Or, ces lettres qu’on n’entend plus continuent d’être écrites, comme le d de « chaud » (calidus en latin, caldo en italien) et le t de tout (totus en latin, tutto en italien). Rien de tel en Italie, où la voyelle finale, elle, est systématiquement prononcée, ce qui a favorisé la conservation de la consonne qui la précède : lupo, giorni, freddo, caso 
« Le français a besoin de distinguer les homonymes. » À force de perdre des fins de mots, le français s’est retrouvé avec un nombre considérable de termes qui possèdent la même prononciation, mais des orthographes différentes. Ainsi, ma table de salon est en « verre », cet arbre est « vert » ; le poète écrit des « vers », etc. Rien de tel de l’autre côté des Alpes : là-bas, une table en verre se dit « un tavolo in vetro  » ; le vert de l’arbre est verde ; le vers du poète verso… Il n’est pas nécessaire de recourir à la graphie pour s’y retrouver.
« En français, on a ajouté des lettres muettes pour relier des mots de la même famille.«  Le saviez-vous ? Le « sang » qui circule dans nos veines s’est longtemps écrit « sanc », avant qu’on ne décide de remplacer le -c par un -g pour le rapprocher de « sanguin » ou « sanguinolent ». « Les Italiens, eux, n’ont pas recours à ce type de stratagèmes puisqu’ils ont continué à prononcer les consonnes devenues finales en français : le sang se dit sangue« , souligne Gabriella Parussa.
« Le français a créé des sons nouveaux, sans équivalents en latin, qu’il a fallu trouver un moyen de transcrire à l’écrit ». Le latin nepótem, par exemple, est devenu « neveu » en français, avec deux syllabes qui se prononcent [eu] à partir du XIe siècle. Pour noter ce [eu], nous utilisons une graphie consistant à accoler le -e et le -u et cela paraît naturel aux francophones natifs. En revanche, cela ne l’est pas du tout pour les étrangers car ces deux voyelles ne sont pas prononcées successivement – [e], puis [u] – mais ensemble. « L’italien ne connaît pas cette difficulté : le même nepotem a donné tout simplement nipote », précise Gabriella Parussa.
Il existe ainsi toute une série de raisons « techniques » qui expliquent la complexité de notre orthographe. Il en est toutefois d’autres, d’un tout autre ordre, où intervient une part de psychologie collective.
Une volonté de donner du prestige à la langue. « Quand, à la fin du Moyen Age, les Français ont pris conscience que leur langue était très éloignée du latin – la grande langue de culture de cette période – ils ont essayé d’y remédier, au moins à l’écrit, indique Gabriella Parussa. C’est alors qu’il a été décidé d’ajouter des lettres étymologiques qui ne se prononçaient pourtant plus. » Doi, par exemple, devient doigt pour suggérer digitus ; cor, corps (corpus) ; tens, « temps » (tempus)… Ce faisant, on a creusé l’écart entre l’oral et l’écrit.
Les Italiens n’ont évidemment pas ce problème. D’une part, ils se vivent – à raison – comme les descendants directs des Romains. Et surtout, on l’a dit, leur langue est restée plus proche du latin et n’a nul besoin d’artifice pour revêtir des airs de romanité. Dans la Botte, on dit et on écrit dito, corpo, tempo, et voilà tout.
L’utilisation de l’orthographe comme outil de distinction sociale. Un autre élément va intervenir au XVIIe siècle, avec la création de l’Académie française. À l’époque, un débat oppose les tenants d’une écriture proche de la prononciation aux partisans d’une graphie étymologisante. Ces derniers l’emportent, conformément à la nature aristocratique de l’Ancien Régime où l’on entend « distinguer les gens de lettres d’avec les ignorants et les simples femmes« , comme l’écrit son secrétaire perpétuel, François Mézeray. Une approche que conserveront nos Républiques, qu’on aurait pu imaginer plus soucieuses de faciliter l’appropriation de la langue nationale par le plus grand nombre.
Les Italiens, eux aussi, ont connu le même débat, mais l’ont tranché différemment. Il est vrai que, de l’autre côté des Alpes, « tout ajout d’une consonne à l’écrit aurait des répercussions à l’oral, comme le rappelle Gabriella Parussa. Résultat : Contare (« compter ») s’écrit avec un simple -t et non un -p et un -t, bien qu’il vienne du latin computare. De même, azione (« action »), issu du latin actio, prend un z alors même que cette lettre n’existait pas en latin ». Même chose avec les mots d’origine grecque. À Florence comme à Palerme, notre pompeuse « philosophie » s’écrit filosofia et cela n’empêche personne de lire Platon.
Et l’on s’étonne après cela que les Italiens soient des Français de bonne humeur ? (1)
(1) La formule est de Jean Cocteau.
[Source : http://www.lexpress.fr]

Dans un rapport rendu public mardi, l’Académie française dénonce une « envahissante anglicisation » du français dans les communications des entreprises, mais aussi des institutions.

Le siège de l’Académie française, à Paris.

Écrit par SUZANNE COLPRON

Les exemples sont nombreux. Air France a sa « skyteam » ; Citroën, sa « Connect Box » ; Canal+, son « My Canal » et les meilleurs programmes en « live » et en « replay » ; les magasins Carrefour ont leurs « drive piéton » ; Ma French Bank utilise des « cookies » et offre le service « Let’s Cagnotte ».

Il y a en effet, de l’autre côté de l’Atlantique, une invasion surprenante de l’anglais dans la langue courante qui étonne toujours les Québécois qui mettent les pieds en France. Cela tient en partie au fait que ce pays ne dispose pas d’outils pour contrer l’invasion du franglais comme l’Office québécois de la langue française.

C’est dans ce contexte que l’Académie française a créé, en janvier 2020, une commission composée de six académiciens – Gabriel de Broglie, Florence Delay, Danièle Sallenave, Dominique Bona, Amin Maalouf et Michael Edwards – pour étudier la communication institutionnelle depuis 15 ans. Le résultat tient en une trentaine de pages.

« La syntaxe est bousculée »

Première observation : si l’ajout de vocables étrangers se faisait à travers un processus de francisation progressive jusqu’au XXsiècle, c’est le contraire qui se produit actuellement.

L’entrée « quasi immédiate d’un nombre sans cesse croissant d’anglicismes rend désormais difficile leur assimilation et produit des effets sur la structure même de la phrase : la syntaxe est bousculée, ce qui constitue une véritable atteinte à la langue, en ce que la logique même de la pensée en est affectée, la structure analytique de la phrase française étant supplantée par celle, synthétique, de l’anglais », s’inquiète l’Académie, gardienne de la langue de Molière.

Cela se traduit notamment par la disparition des prépositions (ex. : le Manager Travaux) et par l’inversion de l’ordre des mots (ex. : un QR code).

L’amalgame qui s’effectue insensiblement entre français et “anglais” crée aujourd’hui un véritable flou grammatical qui nuit à la clarté de l’expression, occasionnant une perte de repères susceptible de mener jusqu’à une forme d’insécurité linguistique chez les locuteurs francophones.

Extrait du rapport de l’Académie française

L’Académie ajoute que cela risque de causer une double fracture linguistique, sociale et générationnelle, dans la société.

Des slogans utilisés pour attirer l’attention (« I Love Nice » ou « Only Lyon », « Maubeuge, Creative Cities », « My Loire Valley », « Alpes IsHere ») ne sont pas toujours bien compris par le public. « Sarthe me up », par exemple, est la marque de la Sarthe, dans la région Pays de la Loire. Et « Made for Sharing » est le slogan de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024.

Il y a aussi des jeux de mots retenus par des entreprises ou des institutions pour leur sonorité, mais dont la signification n’est pas évidente : « CY (« See Why »), nom donné à l’Université Cergy Paris, FUN (France Université Numérique) ou Saikle (recyclage de cycles).

L’internet et le numérique

Sans surprise, le domaine le plus fortement « anglicisé », après la mode et le sport, est celui de l’internet et du numérique.

En France, un gestionnaire de communauté est devenu un « community manager ». L’analyste de données est un « data analyst ». Le concepteur de jeu, un « game designer » et les compétences générales, des « soft skills ».

L’usage de certains mots anglais est généralisé : blog, booster, coach(ing), live, miles, smartphone, tag, cookies, hashtag, mail, newsletter… D’autres sont employés très fréquemment : box, cloud, collector, follower, low-cost, playback, podcast, tech, web, workshop, top ten, gamer/gaming, playlist, teaser. Et d’autres sont d’apparition plus récente, mais largement répandus : big data, blockchain, Fab Lab, fake news, millennials et pitch.

On constate aussi que des mots français perdent du terrain par rapport aux anglicismes correspondants, dont l’emploi n’est justifié par aucune nécessité. C’est le cas de « matcher » au lieu de concorder ou correspondre, « dispatcher » à la place de déployer ou répartir, « packaging » pour emballage, « mix » pour mélange, « fake » pour faux ou mensonger, ou encore « implémenter » pour réaliser.

Au surplus, une grande partie de ces anglicismes n’a aucune cohérence orthographique (start-up ou startups, data ou Data).

En conclusion, les académiciens notent qu’« il importe de ne pas s’accommoder complaisamment d’une uniformisation et d’une simplification excessives, de ne pas entrer dans un moule unique, se laisser entraîner vers une pensée unique ».

Consultez le rapport de l’Académie française

QUELQUES EXEMPLES SOULEVÉS PAR L’ACADÉMIE FRANÇAISE

Acces-4-All

Ce terme est utilisé dans les établissements recevant du public par la Fabrique numérique, incubateur de services numériques du pôle ministériel.

One Health

Le ministère français des Solidarités de la Santé propose le concept de One Health : « une vision unifiée de la santé publique, animale et environnementale ».

Zenway

L’application Zenway (façon zen) de la SNCF propose une recherche d’itinéraire plus intuitive.

Pickup Station

La Poste française offre une consigne « Pickup Station », qui propose une gamme complète de services pour les expéditions et les envois de colis, le « Pickup ».

Easy Life

La marque Renault facilite la vie de ses clients avec les technologies Renault EASY DRIVE et Renault EASY CONNECT, son application Renault MOBILITY et son « Showroom Digital ».

French Days

Ce sont « les jours imbattables du e-commerce français ».

Bleisure

Un mélange entre les termes « business » (affaires) et « leisure » (loisirs).

EN SAVOIR PLUS

  • 9
Nombre de mois pendant lesquels s’est déroulée l’enquête sur les usages linguistiques, de mars à novembre 2020.
SOURCE : ACADÉMIE FRANÇAISE

[Photo : WIKIPÉDIA – publié sur http://www.lapresse.ca]

La grammaire du français est-elle intrinsèquement sexiste ? Des éléments de réponse socio-historique à l’heure des débats sur l’usage de l’écriture inclusive.

Écrit par Martin CHABERT

« Sceptique, c’est-à-dire contre ». C’est ce qu’a écrit Laélia Véron dans un courrier au Monde diplomatique, qui signalait le livre dirigé par Danièle Manesse et Gilles Siouffi, Le féminin et le masculin dans la langue. L’écriture inclusive en questions. Selon Laélia Véron, le fait que le livre soit écrit par des non spécialistes du sujet suffirait à le disqualifier. Cette critique ne laisse pas d’étonner : les huit contributeurs ne sont-ils pas linguistes ?

Le féminin et le masculin dans la langue. L’écriture inclusive en questions Gilles Siouffi, Danièle Manesse                   2019                         ESF                            208 pages

Parmi eux, on compte quatre professeurs émérites, dont André Chervel, spécialiste de l’histoire de la grammaire française et de son enseignement, Bernard Colombat, spécialiste des rapports entre le latin et le moyen français, Danièle Manesse, spécialiste de l’orthographe et de son rapport pédagogique, et Gilles Siouffi, spécialiste des normes linguistiques. Ces chercheurs-là auraient-ils pris la peine d’écrire leur livre sans avoir rien à dire de scientifique sur l’écriture inclusive ? La réponse est évidente, sauf à considérer que la recherche sur l’écriture inclusive ne relève pas de ces domaines mais d’une discipline scientifique distincte. Non moins évidente est la réduction d’un travail critique à une prise de position politique : développer un point de vue « sceptique » quant à certains usages scripturaux promus par l’écriture inclusive, est-ce se prononcer « contre » l’écriture inclusive   ?

Sans doute inévitables, de telles polémiques soulèvent pourtant des enjeux d’importance : sur quoi est fondée la légitimité scientifique des « spécialistes » intervenant dans l’arène médiatique ou éditoriale ? En quoi l’instrumentalisation des connaissances sur la langue engage-t-elle une définition de la division du travail scientifique ?

Le livre dirigé par D. Manesse et G. Siouffi avait précisément pour ambition de mettre à distance la politisation de l’écriture inclusive, en déplaçant le regard porté sur elle, au-delà des justifications politiques : qui prescrit l’écriture inclusive et sur quelles pratiques débouche-t-elle ?

Qu’inclut donc l’écriture inclusive ?

Qu’apprend-on dans ce livre ? Que, au vu de ses présupposés et de sa stratégie, la promotion d’une écriture inclusive visant à réformer la langue est un échec annoncé d’avance. Bien sûr, il faut se réjouir des débats sur la place des femmes dans la langue auxquels elle a donné lieu et qui ont permis de sensibiliser à la féminisation des noms de métier   et à l’élargissement du lexique. En insistant sur le fait que la langue est un fait social et non un monde à part, éthéré, un trésor à préserver, la critique sociale du langage (qui a une longue histoire) a permis, sous sa forme féministe, de mettre à l’agenda politique la question de la représentation linguistique du genre féminin. Mais dans le même mouvement, les « bonnes pratiques » d’écriture qui se voient prescrites sont parfois problématiques malgré leurs bonnes intentions   . Pourquoi ?

D’abord pour des raisons qui touchent à la maîtrise de certaines pratiques préconisées par l’écriture inclusive. En effet, elle tend à complexifier l’interface entre oralité et écriture. Les auteurs dressent ainsi la liste des difficultés qu’elle soulève : accroissement du nombre de signes non prononcés (lettres, syllabes, signes, par exemple)   ; signes détournées de leur fonction habituelle (majuscule, point, parenthèse)   ; création de mots créés pour l’écrit et rarement prononcés (illes ou elscelleux ou ceulles…)   ; ajout de règles orthographiques métadiscursives qui exigent de « différencier animés, humains ou non humains » pour l’application du point médian   ; et surtout, rupture généralisée de la linéarité de la lecture   car il faut, pour la lire à haute voix, suivre des règles implicites, sans mode d’emploi clair. Ces difficultés évoquent celles rencontrées à la lecture à haute voix d’une formule mathématique complexe, à multiples parenthèses et dénominateurs, qu’on ne saurait par quel bout prendre ; ou d’un texte qui serait remplit d’abréviations inhabituelles.

En effet, lorsque l’on sait que « plus d’un jeune français sur dix [âgés de 16 à 25 ans] sont [encore] en difficultés de lecture »     , comment défendre une telle complexification orthographique ? Non sans ironie, Danièle Manesse remarque que la difficile maîtrise de l’écriture inclusive semble trahie par l’inconstance de son application par ses promoteurs eux-mêmes   , qui l’utilisent souvent comme effet d’annonce en début de texte, pour s’en passer par la suite. Plus fondamentalement, elle souligne que l’usage de la langue est d’abord oral : c’est pour cette raison que les réformes de l’orthographe ont fréquemment eu pour objectif d’adapter l’écrit à la parole.

« Soyons franc·he·s : l’écriture inclusive peut poser des difficultés. Iel est probable que cela compliquera l’apprentissage des écolier·ière·s et des lycéen·ne·s. Iels auront peut-être plus de mal à comprendre la consigne écrite du·de la professeur·e ou de l’instituteur·trice. » On trouve cette fausse concession sous la plume de David Caviglioli, dans un texte satirique rendu particulièrement illisible par une trouvaille stylistique : dans un geste de surenchère « inclusive », l’auteur est allé jusqu’à transformer le « il » (réputé) impersonnel en « iel » (par exemple dans « iel est probable que… »). Ce qui est ainsi tourné en ridicule, c’est le présupposé le plus central de l’écriture inclusive, qui veut que la grammaire du français soit fondamentalement sexiste. Qu’en est-il ?

La grammatisation du français est-elle sexiste ?

La linguiste et défenseure de l’écriture inclusive Maria Candea en est intimement convaincue : « l’idéologie sexiste des grammairiens du XVIIe siècle, […] le masculin était tout simplement supérieur au féminin en tous contextes, par analogie avec la supériorité des hommes sur les femmes »   . Maria Candea est une spécialiste de sociophonétique   . Ses propos, argumentés, manquent toutefois de nuances comparés aux textes réunis dans Le masculin et le féminin dans la langue et écrits par Bernard Colombat et André Chervel, tous deux historiens de la langue française et de sa grammatisation. Pour eux, la critique féministe contemporaine tendrait à simplifier des processus de longue durée et en partie autonomes en projetant sur eux des intentions sexistes. Seule l’étude de la grammatisation du français permettrait de rendre compte de l’asymétrie des genres masculin et féminin dans la langue.

Grammatisation ? Le mot est barbare. Il désigne, après Sylvain Auroux, « le processus par lequel une langue se trouve « outillée », notamment à l’aide de grammaires et de dictionnaires » et qui met en lumière l’action de standardisation et de stabilisation de ces outils sur la langue   . Or, ce processus tend à s’autonomiser à partir de la fin du XVIe siècle, comme l’ont montré également d’autres auteurs   . Bernard Colombat, quant à lui, souligne que s’est fait « sentir » la nécessité de codifier certaines figures de construction jugées instables, qu’il appelle la « syllepse » (« mise en commun d’un élément avec plusieurs autres si bien qu’il en résulte une distorsion », p. 71) : « Les grammairiens ont senti progressivement une hiérarchie dans les accidents et établi une priorité dans ce qu’ils appellent la « dignité » (dignitas). Ainsi, pour le nombre, le pluriel sera jugé plus digne que le singulier ; pour la personne, la première personne plus digne que la deuxième, elle-même plus digne que la troisième ; pour le genre, le masculin plus digne que le féminin, lui-même plus digne que le neutre. »   À maintes reprises d’ailleurs, Bernard Colombat et André Chervel montrent que la construction systématique d’un parallélisme entre l’accord de genre avec celui de nombre a été déterminante pour l’élaboration d’une telle « hiérarchie des accidents ».

Ces règles grammaticales, dans un premier temps énoncées aux seuls lettrés (non sans quelques balbutiements), se sont progressivement imposées à la population, notamment par le développement de la scolarisation ; mais elles ont toujours coexisté avec d’autres règles, moins fréquemment appliquées et parfois contradictoires, comme l’accord de proximité (ou « de voisinage ») qui privilégie « l’euphonie » et permet de « fixer l’attention » sur un des deux substantifs   . Actuellement, l’appel au retour en grâce de l’accord de voisinage par les défenseurs de l’écriture inclusive révèle que cette règle était en fait devenue largement obsolète, bien qu’enseignée encore tardivement, comme le montre André Chervel   , contrairement à ce qu’a pu prétendre Éliane Viennot   . La tendance historique de long terme serait donc à la simplification des règles d’accord, ne causant elle-même qu’indirectement la prépondérance du genre grammatical masculin. Les auteurs semblent ainsi suggérer que, passant du statut de production savante à celui de manuels d’enseignement destiné au plus grand nombre, la grammaire aurait profondément changé de fonction en changeant d’échelle. Les figures de l’ambiguïté syntaxique deviennent distinctives ou désuètes et disparaissent progressivement de l’enseignement. Ce qui se transmet oralement, ce sont des formules qui « marchent » même si elles sont « fausses » pour les grammairiens savants (et donc non écrites dans les manuels, comme le montre André Chervel), telles que « le masculin l’emporte ».

Face à la domination masculine, grammaticale comme sociale, l’écriture inclusive imagine restaurer une symétrie perdue entre les genres. Mais loin de reposer sur une parité imparfaite qu’on pourrait corriger, André Chervel insiste sur la profonde asymétrie entre les genres inscrite dans la langue française, « et cette constatation est d’une telle généralité que les règles d’accord de l’adjectif [sur lesquelles se focalisent les débat de l’écriture inclusive] ne compte en réalité que pour peu de choses »   . Et le linguiste de lister les constructions issues du masculin : les formes verbales actives qui font appel au participe (« j’ai fait ») ; l’infinitif du verbe (« conduire trop vite est dangereux ») ; les adjectifs substantivés (« le froid et le chaud ») ; et tous les autres mots substantivés (« le pour et le contre », « le qu’en-dire-t-on ») ; ou le pronom impersonnel « il » (« il pleut »). Seule la construction des adverbes en -ment s’appuie sur la forme féminine des adjectifs (« sérieusement »). Au passage, André Chervel contredit certaines fausses idées d’Éliane Viennot sur le participe présent ou certains pronoms qu’on aurait masculinisés, car leur genre peut aussi bien être expliqué par des raisons proprement linguistiques, qui touchent le parallélisme du genre et du nombre   .

Pour André Chervel, l’asymétrie des genres grammaticaux a donc bien contribué à fixer les règles d’accord qui les hiérarchisent. Mais, alerte-t-il, l’ambiguïté du mot « masculin » est piégeuse : désignant à la fois un genre grammatical et une construction sociale, les rapports que le « masculin » entretient avec le « féminin », dans la langue ou dans la société, sont incomparables. André Chervel va plus loin : « l’éventuel sexisme de la langue française reposerait donc sur un terme ambigu, et donc équivoque, le mot « masculin » »   . La phrase aura pris le risque d’être lue comme une dénégation de sexisme linguistique : en insistant sur l’autonomie des mécanismes de transformation linguistique, qui semblait sous-estimée par les défenseurs de l’écriture inclusive, peut-être écarte-t-on trop vite l’histoire sociale de la grammatisation et avec elle les biais sexistes des grammairiens. C’est que l’articulation de ces deux domaines n’est certes pas une mince affaire et requiert des travaux interdisciplinaires de longue haleine dont l’urgence politique tend à presser la marche et raccourcir les exigences.

L’autonomie linguistique en questions

Mais s’il est faux d’affirmer que la langue française serait devenue intentionnellement sexiste, peut-être l’est-elle dans ses usages et ses effets. L’angle mort du livre réside probablement dans l’absence de réflexion d’ordre psycholinguistique, pourtant soulignée par les défenseurs de l’écriture inclusive. Certes, Danièle Manesse remarque en début d’ouvrage que « l’ordre de la langue n’est pas celui du monde »   et donc que les genres grammaticaux ne correspondent pas aux sexes du monde sensible. « Ce n’est pas l’individu qui est dans la langue, c’est ce qu’on en dit. » Et en effet, une taie d’oreiller n’est pas plus de sexe féminin que l’oreiller masculin. Mais les auteurs ne rappellent pas, en revanche, que la déconnexion du genre grammatical avec l’identité de genre de l’objet représentée cesse largement d’être arbitraire lorsqu’il s’agit d’êtres humains : malgré quelques cas invariables en genre (une sentinelle, un mannequin, une vedette, une victime, une personne, un génie, une idole…), l’usage semble signaler une préférence pour la correspondance entre le genre du signifiant social et celui du signifié linguistique   . Au point que, dans le cas contraire, lorsqu’elle n’est pas « désagréable à l’oreille », l’absence de correspondance peut produire des effets de sens poétiques, comme dans la belle formule de Jean Genet que cite Danièle Manesse : « Les folles amours de la sentinelle et du mannequin ».

Concernant les effets de l’usage du générique masculin en français, le psychologue Markus Brauer, dans une étude souvent citée   , a montré que « le générique masculin, qui n’est finalement qu’un moyen arbitraire d’éviter les répétitions trop lourdes […] semble bien avoir un impact sur les pensées. Il ne suffit donc pas d’invoquer l’absence d’ambiguïté de la règle grammaticale du générique masculin et d’insister sur le fait que le masculin est le genre non marqué. Il ne suffit pas non plus d’affirmer que le masculin ne conquiert pas l’autre sexe, mais efface le sien. » Cependant, « les études rapportées dans cet article ne nous renseignent pas sur les processus cognitifs sous-jacents », ni sur l’invisibilisation causée par les règles d’accord.

D’un côté, donc, la langue française code arbitrairement le genre et marque peu la différence entre humains et non humains ; de l’autre, ses locuteurs développent des attentes de correspondance entre le genre grammatical et le genre social, conduisant indirectement à marquer davantage la différence entre humains et non humains. À ces contradictions, l’écriture inclusive est-elle l’unique et meilleur remède ? Probablement pas. Soutenir cette thèse et pire : l’écrire, est-ce trahir, comme l’écrit Maria Candea, une « peur d’émasculation » ? Laissons au lecteur juger cette hypothèse pour le moins simpliste. En attendant, les dissonances des règles grammaticales avec les attentes sociales ouvrent un boulevard aux prescripteurs de normes linguistiques et aux sur-significations qu’ils prêtent à la langue. Enseignants de lettres ou militants lettrés, les intellectuels défenseurs de l’écriture inclusive sont portés à sur-investir la langue comme enjeu de luttes, c’est-à-dire à s’aveugler sur les conditions de maîtrise de l’écriture inclusive. Une lutte sans doute portée sur le devant de la scène académique avec d’autant plus d’urgence qu’est violente la précarisation des corps étudiants et enseignants (et que se poursuit leur féminisation : entre 1992 et 2018, on passe de 35 à 44 % de femmes maîtresses de conférences et de 12 à 25 % de femmes professeures des universités).

En un mot, il n’y a aucune raison de penser que les enjeux sociaux du genre (comme identité sociale) et que les enjeux linguistiques du genre (comme catégorie grammaticale) soient les mêmes. À n’en pas douter, on gagnerait en clarté à distinguer ces deux « genres », homonymes fondés sur l’équivalence fallacieuse et intellectualiste du langage avec le monde (social). Aucune cause politique ne justifie d’introduire une telle confusion dans un débat si important – confusion qui témoigne surtout de l’absence de réelles recherches interdisciplinaires   .

Résumons. Contre l’idée selon laquelle la grammatisation du français serait intrinsèquement sexiste, il importe d’analyser les conditions sociales ayant présidé à son autonomisation et la fonction sociale remplie par la simplification des règles d’accord. Contre le féminisme appliqué à la linguistique, ou à la science en général, « il vaut sans doute mieuxnote Marc Jolyse tenir à distance de tous les « ismes » et éviter de faire dépendre le progrès des sciences du progrès des causes morales et politiques. » Contre l’ambition universaliste des défenseurs de l’écriture inclusive, « nous pouvons fort bien nous satisfaire, note Gilles Siouffi, de voir demeurer [ces formes expérimentales d’écriture] dans un espace relativement restreint ». On peut douter que les prescripteurs d’écriture inclusive se contentent de la place marginale à laquelle cette pratique, en l’état, semble pourtant les vouer. Mais tant que le débat sur la féminisation de la langue sera porté, dans l’espace médiatique, par une avant-garde qui discrédite d’avance toute résistance comme autant de pulsions réactionnaires, alors que l’écriture inclusive pose de vraies questions d’usages et d’apprentissage de l’écrit, la vraie réaction, à n’en pas douter, a de beaux jours devant elle.

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Plus personne ne lit les textes du grand Jean-Baptiste dans leur version originelle car, depuis leur parution, leur orthographe a été considérablement modifiée. Ce qui ne nous empêche pas d’apprécier le génie de cet homme né voilà exactement quatre siècles.
Écrit par Michel Feltin-Palas
– Qv’est-ce donc ? qu’auez-vous ?
– Laissez-moy, ie vous prie
– Mais, encor, dites-moy, quelle bizarerie…
– Laissez-moy là, vous dis-je, et courez vous cacher.
Non, je ne me suis pas mis à taper à côté des touches de mon ordinateur une fois sur deux. Ce que vous avez lu est bien du Molière dans le texte – du moins tel que celui-ci a été imprimé dans sa version originale, au XVIIe siècle.
Précisons encore : il s’agit là de la scène I de l’acte I du Misanthrope, que Molière écrivait d’ailleurs Le Misantrope – oui, sans h. Cela surprend, évidemment, car nous avons été éduqués dans l’idée qu’il y aurait un seul français et une seule orthographe. Or la réalité est bien différente. En dehors d’une poignée de spécialistes, plus personne ne lit Molière dans l’orthographe de Molière.Celle-ci a été rectifiée, corrigée, adaptée au fil des rééditions. En clair : il ne faut pas confondre la langue de Molière et sa graphie.
Que l’on me comprenne bien. Loin de moi l’idée de plaider pour un laxisme généralisé en la matière. Oui, « les arbres » doivent continuer de prendre un s, marque du pluriel. Oui, il faut distinguer « ces » et « ses ». Oui, il faut accorder les adjectifs en genre et en nombre avec les noms auxquels ils se rapportent : un rat affamé ; une souris verte ; un journaliste impertinent, etc.
En revanche, cette reproduction de la véritable langue de Molière dans sa version originelle nous le montre : l’orthographe a considérablement évolué ces derniers siècles. Qui le sait ? Depuis la parution de la première édition de son dictionnaire, en 1694, l’Académie française elle-même a modifié l’écriture de… la moitié des mots ! Teste est ainsi devenue « tête » ; abbaisser, « abaisser » ; amitiez, « amitiés » ; poësie, « poésie. « Le tollé fut immense (la Poësie était défigurée), quelques académiciens menaçant de claquer la porte ; un changement inverse déclencherait sans doute aujourd’hui une semblable tempête », rappelle malicieusement le linguiste Bernard Cerquiglini dans un article paru dans la revue L’Histoire (1). Mieux encore : en 1835, la terminaison en – ois est alignée sur la prononciation – en ais. Le connoisseur évolue alors en « connaisseur » tandis que le nom même de notre idiome national change – oui – puisque la langue françoise devient la langue française… Nul crime de lèse-majesté, pourtant, mais une simple adaptation à la prononciation du temps. Car c’est ainsi : tout comme une partition n’est pas la musique, l’orthographe n’est pas la langue, mais simplement le moyen de la transcrire.
Or, si notre orthographe s’appuie parfois sur l’étymologie, elle présente dans bien des cas tous les dehors de l’arbitraire. Pourquoi un -p à « dompter », qui vient du latin domitare ? Pourquoi un -h à « haut » et pas à « altitude » alors que ces deux termes sont issus de altus ? Pourquoi pas « oeconomie » et « phantôme » puisque tous deux sont d’origine grecque ?Disons-le gentiment : les règles régissant l’écrit ont parfois autant de rapport avec une science exacte que le vol d’un papillon avec la ligne droite et, bien souvent, nous sommes simplement accoutumés à ce que nous avons appris. Nous serions choqués – moi le premier – si nous lisions donter, aut et oeconomie. Et pourtant, leur graphie actuelle ne repose sur aucun argument logique, comme le soulignent Maria Candea et Laélia Véron dans un ouvrage stimulant (2).
La graphie de notre langue nationale a donc déjà changé considérablement et continuera probablement de le faire à l’avenir. Quant aux multiples modifications intervenues dans l’orthographe des pièces de Molière, elles ne changent nullement son oeuvre. Osons un paradoxe : peut-être même nous permettent-elles de mieux comprendre ses textes et, ainsi, d’apprécier son génie à sa juste valeur…
(1) Comment l’Académie française s’est mêlée de l’orthographe, par Bernard Cerquiglini, L’Histoire n° 487, septembre 2021.
(2) Le français est à nous, Maria Candea et Laélia Véron, La Découverte.
[Source : http://www.lexpress.fr]

El mítico escritor y el tango fueron contemporáneos y se retroalimentaron. Pero la influencia del autor de Los lanzallamas alcanza al presente e incluye otros géneros.

Escrito por Mariano Del Mazo

Resulta natural vincular a Roberto Arlt con el tango. Pese a que las referencias no son tan numerosas como se podría suponer, el escritor y el desarrollo del género son contemporáneos. Arlt y el primer tango han compartido la misma época, caminado la misma ciudad. Se advierte por caso un diálogo medular entre un narrador como Arlt, un poeta como Raúl González Tuñón y un letrista como Enrique Santos Discépolo. Zanjando las diferentes perspectivas ideológicas –un anarcosocialista, un comunista, un futuro peronista–, cualquiera de los personajes de Los siete locos pudo haber habitado los tangos de Discepolín o los poemas de Tuñón. La desesperanza que respiran Erdosain, El Astrólogo, Ergueta, Astier, pertenece a un universo compartido. “Cuando rajés los tamangos/ buscando ese mango/ que te haga morfar/ la indiferencia del mundo/ que es sordo y es mudo/ recién sentirás”, por citar solo un verso discepoliano, manipula un tipo de crueldad habitual en Arlt. Ricardo Piglia escribió que su obra se lee como un tango novelado, “entreverado con marchas militares, con himnos del Ejército de Salvación, con canciones revolucionarias, una especie de tango anarquista donde se cantan las desdichas sociales”.

En una de sus Aguafuertes porteñas, Arlt escribió sobre el rupturista Sexteto de Julio de Caro. Llegó a describir la pieza “Mala junta” como un “tango demasiado lindo para ser tango, un tango donde todavía persiste el olor a fiera y tumulto bronco de la leonera”. Vuelve a hablar en “Elogio del bandoneón arrabalero”, citado en el libro Cien tangos fundamentales, de Irene Amuchástegui y Oscar del Priore. “Quiero elogiar en el bandoneón arrabalero toda la bronca de ‘Mala junta’, la melancolía de ‘La cumparsita’, la tristeza de las pérdidas en ‘Esta noche me emborracho’; quiero elogiar lo más profundamente doloroso que encierra la belleza del tango; del tango cuyos diques son nuestros diques y que es la válvula de escape de la pena de esta ciudad”. 

PUENTES Y CATALIZADORES

Alejandro Guyot es escritor, compositor y cantante. Desde hace décadas lidera la agrupación 34 Puñaladas, que hace poco cambió su nombre por Bombay Bs. As. El título del primer disco, Tangos carcelarios (2002), lo extrajo de Los lanzallamas. “Mi obra está surcada por lo arltiano. En abril sale mi primera novela, Sangre. Al igual que Erdosain, el protagonista es una especie de inventor que sueña con salvarse”. Guyot entiende que quien catalizó a Roberto Arlt por medio de González Tuñón fue el Tata Cedrón. “Él nos acercó ese mundo literario a través del tango. Nuestra generación aprendió de las audacias del Tata”.

El Cuarteto Cedrón publicó en 2007 el álbum conceptual Orejitas perfumadas. Semblanzas arltianas. Está integrado por doce temas con letras de Mario Paoletti y músicas del Tata Cedrón. Es un proyecto con la hondura y la pretensión características de las intervenciones poéticas de Cedrón, que, más allá de Tuñón, musicalizó a Juan Gelman, a Julio Cortázar y hasta a Dylan Thomas y Walt Whitman. “Fioca porque todo lo aburría/ y por vengarse de una casquivana/ Donde tuvo el corazón ahora tenía/ un bufoso más negro que su alma”, canta en “El rufián melancólico”.

Desde el instrumental “A Roberto Arlt”, de Eduardo Rovira Trío (con Rodolfo Alchourron en guitarra eléctrica), hasta el nombre de una de las orquestas que animan el panorama actual, Barsut, el tango condensó la cosmogonía arltiana. Hubo también un cantautor con aires tangueros llamado Gustavo Benavidez que llegó a grabar un disco y que escribió esmera dos temas, como “Luba” o “La ventana iluminada”. Pero después, como un personaje de Los lanzallamas, quedó atrapado en un callejón existencial sin salida, se convirtió al cristianismo y cambió el humoso ambiente de los burdeles por loas al Señor.

Las referencias rockeras son más epidérmicas o forzadas. Hay quienes quieren ver un tamiz arltiano en las líricas del Indio Solari y en el arte de Rocambole. La palabra “aguafuerte” aparece en un libro de Andrés Calamaro y en algunas puntuales canciones de Fito Páez y Super Ratones. Existe la tentación de relacionar todo lo que es urbano y marginal a Roberto Arlt, pero el escritor dejó un legado mucho más complejo y singular que la vaga idea de un merodeo por la ciudad y alguna reflexión sobre la derrota escrita con faltas de ortografía. 

ACTITUD Y ESTÉTICA

Hubo, sí, una banda con actitud y estéticas arltianas: Pequeña Orquesta Reincidentes. Entre la mixtura de ritmos balcánicos, el tango y el rock a lo Nick Cave, se advierte la impronta del autor de El juguete rabioso en un puñado de oscuras y prosaicas canciones, muchas de ellas escritas por su cantante Juan Pablo Fernández, hoy vocalista de Acorazado Potemkin. Por ejemplo “Cruz”, que parte del apellido del jugador de fútbol para describir una situación de avería: “Otra es poner la guita y las pistolas, arriba de esta misma mesa, mirarse a los ojos y manotear./

¿Quién agarra la guita y quién las pistolas?/ Se reparta la necesidad. Como una cruz, de un palo depende el otro./ Pero la verdad es que no movemos un dedo./ Salvo cuidarnos las espaldas./ Porque no hay ni fierros ni plata ni una mierda. Y pienso en los palos cruzados. Y levanto la voz y pregunto: ‘Che, este de River, Cruz ¿juega en Holanda?’”. Señala Fernández: “Admiro profundamente a Arlt. Él siempre jugaba a la tensión entre el sinsentido de una vida miserable y las ilusiones. Me gusta ir por ahí”.

Escribió Juan Carlos Onetti: “Los intelectuales interrumpieron los dry martinis para encoger los hombros y rezongar piadosamente que Arlt no sabía escribir. No sabía, es cierto, y desdeñaba el idioma de los mandarines. Pero sí dominaba la lengua y los problemas de millones de argentinos capaces de comprenderlo y sentirlo como amigo que acude –hosco, silencioso o cínico– en la hora de la angustia”. La hora de la angustia no acabó. Él describió el tango como la válvula de escape de la pena de esta ciudad, y esa pena perdura. Es quizás el motivo de la extraña potencia del pensamiento de Roberto Arlt en el inconsciente colectivo porteño como un perfume, un rumor y, por qué no, como una música. La música de la desesperación.

 

[Fuente: http://www.carasycaretas.org.ar]