Archives des articles tagués Patrimonio

Libertad. Os profetas do Mestre Mateo non queren que os leven a Madrid”. Con esta sorna a asociación O Sorriso de Daniel, un dos grandes referentes da protección, estudo e divulgación do patrimonio medieval de Galicia, queren reivindicar a permanencia das dúas esculturas dos profetas, que hoxe se atopan no Pazo de Meirás, en Galicia.

E é que o pasado 20 de abril coñecíase a nova de que a Audiencia Provincial da Coruña fallaba a favor da familia Franco, devolvéndolle os bens mobles situados a día de hoxe no interior do Pazo de Meirás. A sentencia determinaba que a demanda da parcela catastral feita pola Avogacía do Estado non inclúe os seus bens mobles, así como que os Franco deberán ser indemnizados polos danos e prexuízos que lles puido ocasionar esta situación.

Entre o extenso catálogo de antigüidades, moitas delas desaparecidas ata a apertura ó público do pazo, atópanse dous Bens de Interese Cultural (BIC) declarados pola administración autonómica, estas dúas esculturas do taller do Mestre Mateo e máis a biblioteca de Emilia Pardo Bazán. Tal e como recollían varios medios a familia Franco tiña intención de retiralas todas.

Precisamente por isto moitas voces foron as que lle pediron á Xunta que actuara de urxencia para evitar a saída das pezas BIC de Meirás. Pois ó ser obras pertencentes ó patrimonio cultural galego a Dirección Xeral de Patrimonio podería, tal e como opinan algúns expertos, ó non estar garantida a súa seguridade ou integridade non autorizar a saída. Mais polo de agora non existe ningún pronunciamento por parte desta administración.

Sexa como for O Sorriso de Daniel teno claro. As dúas esculturas, obras cumio da nosa arte románica, debería permanecer en Galicia. Así con sorna apelan a vontade das estatuas de ficar no lugar no que foron creadas. Dúas esculturas que máis alá de dous profetas, previsiblemente Abraham e Isaac, xa son a día de hoxe un verdadeiro símbolo da loita da democracia contra a familia do ditador.

A Audiencia Provincial da Coruña devólvelle ós Franco a propiedade dos bens do interior de Meirás

 

[Fonte: http://www.historiadegalicia.gal]

Écrit par Anselm Jappe 

Le droit à l’oncle

Le Sénat vient de refuser d’entériner la Procréation médicale assistée (PMA, parce que dans le monde du progrès tout se résout en acronyme) pour toutes et tous. L’Assemblée nationale va la rétablir, parce que c’était une promesse du président Hollande – ou peut-être ne la rétablira-t-elle pas, parce qu’il faut complaire à la droite… En attendant, des manifestations d’orientation opposée, mais toujours avec des participants très remontés, s’alternent devant les lieux du pouvoir. En effet, les enjeux sont nombreux et de la plus haute importance : PMA seulement pour les couples mariés ou aussi pour ceux qui sont en union libre ; pour les homosexuels ou pas ; pour les femmes seules ou pas ; remboursée par la sécu ou aux frais du client ; avec sélection prénatale des embryons ou pas ; savoir combien d’embryons « surnuméraires » on crée ; avec congélation des embryons surnuméraires (et pour quel usage) ou avec leur destruction ; avec donateur anonyme ou pas ; avec utérus externe ou pas ; post mortem ou pas ; avec modification du génome ou pas ; etc. Chacune de ces questions soulève des débats passionnés, voire haineux. Mais il y a une question qui n’est presque jamais posée : s’il doit y avoir une quelconque forme de PMA, ou s´il ne serait pas préférable qu´elle n´existe pas du tout. À peu près toutes les forces en présence – les partis politiques, les associations en tout genre, les manifestants dans les rues, les média généraux et spécialisés – s’écharpent uniquement sur les détails de l’application de la PMA : pas du tout sur le principe. Même la droite « dure », la « Manif pour tous », les intégristes catholiques n’osent que rarement la critiquer en tant que telle. En général, ils veulent simplement soumettre son usage aux critères de leur morale, laquelle semble désespérément surannée au reste de la population. Mais si c’est le couple traditionnel qui veut y faire recours, la plupart d’eux ne semblent y voir aucune objection. On ne peut que s’étonner d’un tel acquiescement des « obscurantistes » et « réactionnaires » à la technoscience la plus récente.

Mais il faut s’étonner encore beaucoup plus – ou au moins il faudrait s’étonner – de l’enthousiasme presque unanime à « gauche » pour ce nouveau droit humain rendu possible par la technoscience. Une adhésion qui s’étend même au champ écologiste, libertaire, féministe radical. On devrait penser que la PMA, dans toutes ses variantes, depuis la « simple » insémination artificielle jusqu’à l’implantation d’un embryon génétiquement modifié dans un utérus « loué » (gestation pour autrui), la greffe d’utérus, et jusqu’à l’utérus artificiel encore en voie d’élaboration, appartient au même monde que les centrales nucléaires et les pesticides, le clonage des animaux et l’amiante, la dioxine dans les poulets et le plastique dans les océans : une violente invasion de produits technologiques très récents dans les cycles biologiques, avec des conséquences incalculables. Il est totalement incompréhensible que des gens qui sont en toute sincérité contre ces inventions mortifères puissent tout à coup accepter un de leurs développements les plus invasifs. Ils ou elles y tiennent même tellement qu’ils attaquent violemment les points de vue opposés (par exemple, en empêchant les conférences de personnes d’ailleurs si différentes qu’Alexis Escudero ou Sylvaine Agacinski) et réussissent à réduire au silence les nombreuses voix (assurément plus nombreuses que les leurs) qui ne partagent pas leur enthousiasme, en taxant tout adversaire, même des féministes historiques, d’homophobe, mysogine, transphobe, réactionnaire, lepeniste, facho, et en utilisant des stratégies qui rappellent la mainmise du stalinisme sur la gauche entre les deux Guerres mondiales sous prétexte d’« antifascisme ». On constate même une curieuse convergence des intérêts de multinationales comme Monsanto[1], ou des mafias qui organisent la gestation pour autrui dans des pays pauvres, et les pro-PMA à gauche : une convergence qui ne s’explique probablement pas par un transfert de fonds, ou d´obscurs complots, mais par une énième ruse de la non-raison, dans ce cas-là de la forme-sujet bourgeoise.

Il n’est pas seulement question des conséquences pour la santé (c´est un autre mystère de savoir pourquoi des femmes et des féministes se ruent pour s’offrir comme cobayes à la science ou acceptent tacitement l’esclavage des « mères porteuses » dans les pays pauvres). La PMA est aussi une espèce de point d’orgue, d’aboutissement du processus pluriséculaire d’expropriation de toute notre « dotation originaire ». Les terres (dans le processus connu comme enclosures), les eaux, les savoirs, la communication, la culture, la reproduction domestique – tout a été séquestré peu à peu par le capital, et non seulement par le capital économique, mais aussi par la technoscience. Nous ne pouvons plus ni bouger ni nous nourrir, ni nous chauffer ni nous instruire sans l’aide de la mégamachine. Aucune autonomie nulle part. Une bonne partie de nos contemporains a même perdu la capacité de traverser la rue sans l’aide de son GPS. Déjà auparavant, la capacité d’additionner 5+3 sans l’usage d’une calculette était devenue rare[2]. On pourrait poursuivre la liste presque à l’infini. Les individus appartiennent toujours à des groupes sociaux différents, à des ethnies ou religions diverses, vivent en différents parties de la terre, sont analphabètes ou érudits, réfugiés ou nantis : mais tous, ou presque, vivent dans la même dépendance au biberon technologique. En Somalie comme en Californie. Tout le monde se plaint du respect qu’il ne reçoit pas, de la discrimination ou marginalisation ou manque de reconnaissance qu’il subit et insiste sur l’empowerment auquel il ou elle aurait droit : mais personne ne semble trouver humiliant de ne plus pouvoir vivre un jour sans son smartphone, un outil dont on pouvait très bien se passer jusqu’à une date très récente – parce qu’il n’existait pas – et qui est géré par des entreprises privées qui ne poursuivent rien d’autre que leurs intérêts.

Toutefois, même les plus démunis ont toujours eu au moins une chose qui était à eux. Comment appelait-on la classe la plus basse, la plus pauvre des citoyens de la Rome antique ? Les prolétaires : ils ne possédaient rien à part leur proles. Les enfants étaient le degré zéro de la propriété, ce que tout le monde peut avoir et à travers quoi on peut être membre de la communauté à défaut d’autre moyen. Aucune expropriation subie sur d’autres terrains ne pouvait enlever aux pauvres la faculté la plus fondamentale, celle de se reproduire et de s’insérer dans la communauté à travers la « filiation », sans aide de personne, sans permis à demander. Á présent, la PMA nous dépossède de notre ultime faculté, celle que le pouvoir ne pouvait pas s´approprier jusqu´ici : la filiation biologique. La PMA nous rend littéralement des sous-prolétaires, des moins-que-prolétaires : ceux qui n’ont même plus de proles à eux, parce qu’ils ont accepté de déléguer ce dernier reste d’autonomie à la technoscience du capital (et il n’en existe pas d’autre que celle-ci)[3].

Les arguments en faveur de la PMA sont bien connus. Que faut-il proposer aux gens qui veulent avoir des enfants et n’y arrivent pas ? On a proclamé le « droit à l’enfant ». Quelle drôle d’idée ! Existe-t-il le droit à avoir un oncle ? Puis-je demander à la technoscience de me créer un oncle, parce que la nature ne m’en a pas donné et ma vie est incomplète sans un oncle ? Et un autre être humain peut-il constituer un « droit » pour moi ?

Faut-il alors que les gens sans enfants se résignent à leur funeste destin ? En vérité, toutes les cultures humaines ont offert des solutions à ce problème, mais aucune n’a eu l’idée de recourir à la PMA. La solution consiste évidemment dans les différentes formes d’adoption. N’est-ce pas suffisant pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas recourir à la procréation biologique ? On sait qu’actuellement il est assez difficile et coûteux d’adopter un enfant. Mais ne serait-il pas, tout compte fait, plus facile de changer les lois humaines que les lois biologiques ? On dirait que la préférence accordée à la PMA plutôt qu’à l’adoption cache un désir très archaïque, très « essentialiste » ou « naturaliste » : avoir un enfant « de son propre sang », avec son propre ADN. Il est étrange que des gens qui fustigent à longueur de journée les mentalités « rétrogrades » ou « traditionnalistes » de leurs adversaires pratiquent eux-mêmes une attitude qui est on ne peut plus bourgeoise et « biologique ». Un enfant qui ne soit pas de mon sperme ou de mes ovocytes ne m’intéresse pas…

En effet, les différentes cultures ont développé des réponses souvent surprenantes aux problèmes de filiation. L’anthropologue Françoise Héritier rappelle, parmi d’autres, ce cas particulièrement éclatant : chez les Nuer au Soudan, une femme qui après le mariage n’enfante pas (on attribue automatiquement la stérilité à la femme) est renvoyée par le mari dans sa famille d’origine, où elle peut, si elle en a les moyens, « acheter » une ou plusieurs épouses qu’elle fait mettre enceinte par un de ses gardiens de vaches, gardant enfin les enfants comme les siens. On peut en tirer la conclusion – et beaucoup d’ « experts » dans les « comités d’éthique » le font – que la famille occidentale classique est tout sauf « naturelle » et qu’on ne voit pas a priori pourquoi sortir de ce cadre devrait causer des traumas pour les enfants qui y grandissent. Mais on peut aussi en conclure que le recours à des solutions médicales témoigne, pour le moins, d’un terrible manque d’imagination : plutôt que de recourir au symbolique – à des enfants acceptés comme « fils » même si génétiquement ils ne le sont pas – on pratique de la zoologie médicalement assistée. Une« zoologie appliquée » : les êtres humains sont réduits, comme un cheptel, à leurs caractéristiques biologiques qu’il s’agit de transmettre. C’est le principe fondamental de l’élevage, dont la résurgence chez des gens qui passent leur vie à tonitruer contre l’« essentialisme » et le « naturalisme » en prônant la « déconstruction » est pour le moins surprenante…

Dans la société gouvernée par l’ « individualisme grégaire » la première question qui se pose est la suivante : si l’individu le veut, qui a le droit de s’y opposer ? Si, du moins, ce désir ne nuit pas à d’autres individus. C’est un argument parfaitement « libéral », et il est bien curieux que les mêmes gens y aient recours, qui dans tous les autres domaines critiquent justement la « liberté de l’individu » de circuler par tous les moyens, de consommer sans freins, de dire toujours « moi, moi, moi ». Prétendre mettre la biologie à l’envers pour avoir son enfant « vrai » : n’est-ce le comble du narcissisme, lequel mesure le monde entier à l’aune de ses caprices ? N’est-ce le triomphe du libéralisme et du « chacun pour soi » ?

Ainsi, nous en arrivons à l’argument ultime qui paraît irrécusable: qui est contre la PMA doit être « homophobe ». Sûr ? Cet argument vaut à peu près l’affirmation selon laquelle qui critique l´emploi de pesticides est « contre les paysans », affirmation qui a déjà produit la « cellule Demeter » de la police pour combattre l’agro-bashing, nom qui désigne toute critique de l’agriculture industrielle. Cela vaut aussi pour l´affirmation selon laquelle celui qui demande la fermeture des usines les plus polluantes ou des centrales nucléaires serait « contre les ouvriers ».

L’eugénisme semblait avoir disparu du monde avec le nazisme qui avait révélé la vérité de cette « science », laquelle auparavant avait même séduit certains milieux de gauche (de Trotski à Salvador Allende, entre autres). Mais l’application directe de la technoscience à la biologie humaine et à sa transmission héréditaire est trop « en phase » avec le progrès en général pour pouvoir disparaître à cause d’un épisodique usage « malveillant »… L’eugénisme a donc fait un grand retour à partir des années 1980, cette fois-ci en veste libérale : personne n’y est obligé. Au lieu de l’eugénisme « négatif » (éviter la propagation des mauvais gènes à travers la stérilisation forcée, l’empêchement de procréer, ou carrément l’élimination physique) on est passé à l’eugénisme « positif ». Les porteurs des meilleurs matériaux génétiques sont encouragés à se reproduire, et surtout on améliore directement le patrimoine génétique : sélection prénatale des embryons, choix du sperme et des ovocytes sur catalogue, intervention directe dans l’ADN, création (future ?) des gènes de synthèse.

Le film Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (1997) a su montrer à un large public l’aspect qu’aurait une société de castes basées sur la génétique, où les riches peuvent se permettre des descendants qui font automatiquement partie des classes supérieures, tandis que ceux qui sont nés sans le secours de la science sont destinés à être les serviteurs des « améliorés ». La littérature et le cinéma en ont proposé d’autres approches ; mais presque tout l’essentiel sur l’eugénisme a déjà été dit dans Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley (dont le frère Julian a été un des représentants principaux de l’eugénisme). Avec deux différences : en 1932 on ne connaissait pas encore la structure de l’ADN, la manipulation des embryons se déroulant donc dans le Brave New World à travers la chimie. Et surtout elle est organisée par les pouvoirs publics et casse tout lien de filiation : tous les « donneurs » sont anonymes. Appeler quelqu’un « père » ou « mère » y est une insulte obscène. En revanche, dans le meilleur des mondes postmoderne, la famille traditionnelle survit, et on paie cher pour avoir des descendants à l’avenir assuré.

Le monde de Gattaca aide aussi à mieux cerner une autre question : la PMA ne sera jamais la règle, ne sera jamais majoritaire, parce que la plupart des personnes préfère, et probablement préférera toujours, la bonne vieille méthode pour faire des enfants, et parce que les variantes plus sophistiquées – avec amélioration – sont trop coûteuses. Soit. Mais il n’est pas nécessaire qu’un phénomène social soit pratiqué par la majorité de la population pour devenir un paramètre, un idéal de vie, une norme du désirable, et pour établir des hiérarchies sociales. Même en Europe, la plupart des gens ne peut pas faire des vacances sur les Îles Seychelles, s’habiller chez Prada et exhiber le dernier modèle d’I-phone : mais ceux qui peuvent le faire donnent le ton à la société entière et indiquent aux autres ce qu’il faut faire pour être une personne « comme il faut ». De même, la majorité qui ne recourt pas à la technoscience pour procréer sera invitée à se sentir en même temps coupable, envers leurs enfants, et inférieure, envers la société. Déjà maintenant, ceux qui ne se soumettent pas aux examens prénataux et mettent ensuite au monde un enfant handicapé sont à peu près considérés comme des irresponsables (et qui coûtent cher à la société). Certes, il ne manquera pas des bonnes âmes à gauche pour demander, dans un souci d’ « égalité », de veiller à ce que chaque citoyen(ne) ait le même accès aux techniques reproductives, même les plus chères.

D’ailleurs, une gestion « démocratique » ou « populaire » de ces techniques ne serait nullement préférable. Il y a quelques années, on proposait le « bio-hacking » (appelé aussi « Do-it-yourself-biology“ ou “biologie participative”) : sous forme de kits envoyés à la maison, d’open source ou dans des « bio-cafés » conçus en analogie avec les cybercafés, chacun peut accéder aux technologies et conseils nécessaires pour fabriquer son petit monstre personnel, du moins sous forme de mouche.

Cette inscription de la hiérarchie sociale dans les gènes mêmes est justement considérée comme l’horreur absolue par de nombreux anticapitalistes. Rien n’arrête en revanche ses promoteurs ; l’eugénisme positif a tout naturellement donné lieu au « transhumanisme ». Ses apôtres les plus convaincus, pour le moment, ne sont pas des États totalitaires, mais Google et les libertarians californiens. On ne voit pas du tout comment on pourrait avoir, dans les conditions actuelles, une PMA sans renforcer la poussée vers l’homme génétiquement augmenté et renforcer ultérieurement le pouvoir de ceux qui en détiennent les clefs. Mais ceux et celles qui ne pensent qu’à leur « droit à l’enfant » en sont tellement obsédés qu’ils jettent sans hésiter par-dessus bord tous leurs principes habituels. Certains féministes, surtout dans les années 1980-90 avaient dénoncé dans les techniques de reproduction une expropriation des corps des femmes par une technoscience de caractère masculine. Ont-elles été « invisibilisées » par les fanatiques de la PMA ?

[1]« Tout comme Monsanto avait fait sa fortune en stérilisant les semences pour pouvoir les revendre tous les ans, les tentatives de banaliser l’hétéronomie reproductive ressemblent bien à une tentative de nous forcer à devoir acheter nos propres enfants »  à commenté une personne bien avertie.

[2] En 1984 d’Orwell, O’Brian torture Winston pour l’obliger à admettre que 2 + 2 = 5. La première fois qu’O Brian lui demande combien font 2 +2, Winston répond spontanément : « 4 ». Aujourd’hui, il est très probable qu’il aurait demandé de pouvoir utiliser une calculette.

[3] Pour éviter des malentendus : ici, on ne parle pas des familles « prolétaires » modernes et du rôle que les femmes y tiennent, mais de la catégorie juridique romaine ancienne. Pouvoir avoir des enfants était une condition suffisante pour être citoyen. Et cette condition était automatiquement attribuée à chaque homme libre : c’était ce que personne ne peut perdre. Évidemment, c´est une situation qui n’a rien de désirable en tant que telle : cette forme de citoyenneté était réservée aux hommes, et aux hommes libres. De plus, elle servait les exigences militaires. Mais sur un plan métaphorique on peut dire que perdre l’autonomie reproductive signifie tomber encore plus bas que les proletarii anciens.

 

[Source : blogs.mediapart.fr/anselm-jappe]

Hace cinco años, el gobierno alemán hizo un histórico mea culpa en relación con el caso Colonia Dignidad. Pero más allá de eso, ¿cuánto se avanzó con respecto a esclarecimiento, justicia y reparación para las víctimas?

Chile: Colonia Dignidad, hoy Villa Baviera.

Colonia Dignidad, hoy conocida como Villa Baviera, es un asentamiento de alemanes en el sur de Chile, fundado por el predicador Paul Schäfer en 1961.

Escrito por Victoria Dannemann

« La diplomacia alemana debería haber aconsejado y ayudado a sus ciudadanos (…). Debió haber ejercido presión diplomática sobre la cúpula de la colonia y adoptado medidas jurídicas”. El discurso del entonces ministro de Relaciones Exteriores alemán Frank-Walter Steinmeier -hoy presidente del país-, el 26 de abril de 2016, marcaron un hito.

« Por primera vez, el gobierno asumió la responsabilidad de la diplomacia alemana en relación con los crímenes de Colonia Dignidad, aunque solamente la calificara como responsabilidad moral”, dice a DW Jan Stehle, del Centro de Investigación y Documentación Chile-Latinoamérica, en Berlín.

El ministro reconoció que los diplomáticos perdieron la brújula interna y prefirieron mirar hacia otro lado, en su afán de mantener buenas relaciones con Chile, antes que proteger a las víctimas de la secta que Paul Schäfer fundó en 1961 en el sur de ese país. Durante décadas ocurrieron allí una serie de crímenes y violaciones a los derechos humanos, como abuso sexual de menores, tortura, medicación forzada, trabajo esclavo, tráfico de armas y desaparición de detenidos políticos en la dictadura.

Tras el discurso, Alemania abrió anticipadamente parte de los archivos del caso. Más tarde, el Bundestag emitió una resolución unánime para impulsar la búsqueda de verdad, justicia y reparación para las víctimas y se creó una comisión mixta Chile-Alemania para avanzar en estos temas. Han pasado cinco años, y diversos actores cercanos al caso, consultados por DW, valoran el histórico discurso, pero también advierten sobre la necesidad de más avances concretos.

La excolona Doris Gert (izqda.) y la experta alemana Elke Gryglewski en un encuentro de víctimas en la actual Villa Baviera. (2018).

La excolona Doris Gert (izqda.) y la experta alemana Elke Gryglewski en un encuentro de víctimas en la actual Villa Baviera, como parte de los talleres para elaborar un concepto de sitio de memoria. (2018).

« Después de décadas de negación por parte de instituciones gubernamentales, tuvo una gran importancia para los diferentes grupos de víctimas. Significó un reconocimiento en el sentido de aceptar y apreciar sus sufrimientos”, destaca Elke Gryglewski, del grupo de expertos que elaboró el concepto de memorial para la ex Colonia Dignidad y directora de la Fundación de Sitios de Memoria de Baja Sajonia, en entrevista con DW.

El reconocimiento llegó tras décadas de lucha de las víctimas por visibilizar el caso y buscar justicia en Chile y Alemania, « seis años después de que Paul Schäfer muriera en prisión en Chile”, observa, por su parte, la investigadora de la Universidad Libre de Berlín Meike Dreckmann-Nielen, quien estudia este tema y es autora de Colonia Dignidad-Public History Forschungsblog. « Sé por algunos de los afectados que significó mucho, al menos en el plano simbólico”, dice a DW.

Por otra parte, fue un mensaje hacia los funcionarios de Relaciones Exteriores, señala Gryglewski, en el sentido de que se espera que contribuyan a la elaboración de ese capítulo de la historia. También impulsó la misión de estudiar y aprender de este caso para no repetir los errores.

Manifestación de la Agrupación de Familiares de Detenidos Desparecidos de Talca. Santiago, Chile. 15.06.2019.

Manifestación de la Agrupación de Familiares de Detenidos Desparecidos de Talca. Santiago, Chile. 15.06.2019.

Más allá de la responsabilidad moral

En opinión de Stehle, la investigación científica en base a fuentes históricas indica que « la diplomacia y la Justicia alemanas durante décadas supieron o tenían claros indicios de los crímenes y aun así no tomaron medidas adecuadas para impedir que se siguieran cometiendo. La corresponsabilidad alemana trasciende lo moral; es fáctica”.

« El discurso fue un primer paso importante, que valoramos, pero tiene que traducirse en una colaboración efectiva de ambos Estados. No escatimar recursos humanos ni económicos para establecer lo ocurrido con los detenidos desaparecidos y colaborar en el acceso a la justicia y en la persecución de jerarcas que huyeron de Chile y manejan información valiosa”, señala ante DW la abogada chilena Mariella Santana.

Gryglewski observa avances, como el fondo de ayuda para las víctimas y la realización de seminarios y talleres en que diferentes grupos de afectados « pudieron discutir qué esperan de un sitio de memoria en la actual Villa Baviera para recordar y trabajar el pasado violento de la Colonia Dignidad. Todo eso son éxitos reales”.

Juristas alemanes visitan la ex Colonia Dignidad junto con víctimas y familiares de estas. (2018).

Juristas alemanes visitan la ex Colonia Dignidad junto con víctimas y familiares de estas. (2018).

La excolona Doris Gert es una de las beneficiadas por el fondo de ayuda del gobierno alemán, que entrega hasta diez mil euros. « La ayuda ha llegado, pero solo a unos pocos. Y tampoco nos alcanza. A nosotros se nos acabó enseguida por una operación en el hospital”, relata. Como ella, los colonos trabajaron por décadas como esclavos, sin recibir sueldo ni renta, con castigos y medicación forzada. « De Alemania llego algo de ayuda, pero de Chile, nada”, lamenta.

En materia de verdad y memoria, el grupo de expertos presentó en 2019 un concepto de memorial y centro de documentación en terrenos de la excolonia, pero falta llevarlo a cabo. El diputado Friedrich Straetmanns, del partido La Izquierda y miembro de la comisión conjunta del gobierno y el Bundestag por Colonia Dignidad, espera que el gobierno alemán ejerza mayor presión ante Chile, donde ministros del actual gobierno, partidarios de la dictadura, fueron cercanos a la secta: « Una señal correcta para las víctimas sería que la primera piedra del memorial se pusiera este otoño”, señala en un comunicado.

Muchos niños fueron víctima de abusos en la ex Colonia Dignidad liderada por el alemán Paul Schäfer, en Chile.

Muchos niños fueron víctima de abusos en la ex Colonia Dignidad liderada por el alemán Paul Schäfer, en Chile.

La lucha contra la impunidad

También falta avanzar en el esclarecimiento y castigo de los crímenes. « Los familiares de las víctimas de tortura política, los sobrevivientes y también los niños que fueron víctimas de violencia sexual por Paul Schäfer siguen sufriendo mucho por la continua impunidad de los responsables. El caso más conocido es probablemente el del médico Hartmut Hopp, quien eludió su detención en Chile hace unos años”, afirma Dreckmann-Nielen.

« En Alemania la Justicia ha fracasado completamente, por eso muchos victimarios o presuntos victimarios se han sustraído de la Justicia chilena, y hoy gozan de impunidad en este país. Los avances son escasos, y los años van pasando. Muchos familiares de detenidos desaparecidos son de avanzada edad o han fallecido sin conocer el destino de sus seres queridos y sin contar con un lugar de memoria para recordarlos”, observa Stehle.

Una trascendental tarea de la comisión mixta chileno-alemana, cuyo resultado se mantiene en secreto, es el esclarecimiento del patrimonio de Villa Baviera, que hoy funciona como restorán y centro turístico. « Es un patrimonio heredado de una organización criminal, que beneficia a la actual administración, en perjuicio de las numerosas víctimas”, alerta Stehle. « Ellos cuentan con abogados que pagan con dinero de nuestros bienes y a nosotros no nos llega nada”, reclama Doris Gert.

En opinión del diputado Straetmanns, « el optimismo de 2016 ha dado paso en gran medida a la impaciencia y la resignación”. En Chile, en tanto, genera gran esperanza el trabajo que está iniciando la jueza Paola Plaza, quien acaba de asumir el caso en reemplazo del Mario Carroza, tras su ingreso a la Corte Suprema.

En los últimos días ha realizado entrevistas y diligencias en terreno. « La gran traba es el pacto de silencio del círculo de protección de los jerarcas. El manto de protección tejido en torno a Colonia Dignidad fue posible por la anuencia de las autoridades chilenas y alemanas, no solo en dictadura, sino hasta la actualidad” asegura Santana. « Esperamos que el peritaje de geomagnetismo arroje algún resultado en pos de determinar el área de las fosas donde finalmente fueron enterradas las víctimas”, agrega la abogada chilena.

La búsqueda de esclarecimiento, sumada a la del esperado centro de memoria y documentación, es una forma de hacer justicia, explica Gryglewski: « La justicia también se da cuando la historia es contada con estándares científicos y contradiciendo a los mitos e historias que crean aquellos que no quieren manejar el pasado real”.

 

[Fuente: http://www.dw.com]

Pelo menos dezesseis povos indígenas da Amazônia Legal que tiveram contato com a Covid-19 têm idiomas ameaçados de desaparecimento

Ilustração: Carvall

Escrito por Gustavo Queiroz
Em janeiro deste ano, o indígena Pedro Arthur Kampé foi internado no Hospital Municipal de Alta Floresta d’Oeste, em Rondônia, com sintomas de gripe e cansaço. Chegou a receber alta e foi acompanhado pela Casa de Saúde Indígena do município. Os sintomas voltaram em menos de uma semana, e Pedro, de 84 anos, não sobreviveu à segunda internação. Deixou oito sobrinhos e cerca de quarenta sobrinhos-netos. Mas a morte de Pedro Arthur foi também um golpe para a memória indigena: ele era o último falante pleno do kampé, uma variante da língua sakurabiat, do ramo tupari. Desde o início da pandemia, a Covid-19 atinge povos indígenas com força avassaladora e escancara um problema: a morte dos últimos anciãos de um povo muitas vezes significa o desaparecimento completo de línguas originárias.

Até o dia 26 de abril, 1.048 indígenas morreram de Covid no Brasil – mais do que o total de mortos pela doença em países como Austrália e Moçambique – segundo levantamento autônomo da Articulação dos Povos Indígenas do Brasil (Apib). Deste total, ao menos dez eram de povos cujos idiomas estão listados como “criticamente ameaçados” no Atlas Mundial das Línguas em Perigo, da Unesco. Se considerados todos os povos da Amazônia Legal que tiveram algum contato com a doença, há dezesseis idiomas em risco de desaparecimento. Em culturas que dependem do conhecimento oral para a sobrevivência de sua identidade, cada morte é sentida por uma aldeia inteira. Em todo o Brasil, foram 52,9 mil casos confirmados de Covid entre indígenas em 163 povos, mais da metade dos 305 existentes no país.

De acordo com a linguista Ana Vilacy, pesquisadora do Museu Paraense Emílio Goeldi, Pedro Arthur era membro dos siokweriat – um dos subgrupos da etnia sakurabiat. “Os sakurabiat são os remanescentes de um povo que sofreu uma drástica redução populacional a partir dos primeiros contatos com não indígenas”, explica Vilacy. Quando deixou a Terra Indígena Rio Mequéns e se mudou para a TI Rio Branco, ambas em Rondônia, Pedro Arthur passou a identificar-se também como kampé, bem como o idioma falado por ele – uma variedade linguística do sakurabiat, língua que agora conta com apenas doze falantes fluentes em todo o mundo. “A gente perdeu um historiador, um livro. Era uma pessoa muito boa, muito gentil”, afirma o professor Raul Tupari, parente de Pedro.

O levantamento da Unesco elenca 45 línguas indígenas brasileiras na categoria “criticamente ameaçada”, nível que levanta o maior alerta de perigo. Uma delas é o yawalapiti, idioma do povo de mesmo nome – e cujo risco de desaparecimento aumentou após a morte do ancião Aritana Yawalapiti, de 71 anos, por Covid-19, em 5 de agosto de 2020. Após quinze dias de internação, o líder indígena morreu na mesma data em que o Supremo Tribunal Federal (STF) obrigou o governo federal a tomar medidas para proteger comunidades indígenas do avanço do coronavírus. Por maioria, os ministros referendaram uma liminar no âmbito da Arguição de Descumprimento de Preceito Fundamental (ADPF) 709, que denunciava a omissão das autoridades na gestão da crise.

Aritana Yawalapiti era um líder reconhecido do Alto Xingu, região localizada dentro do Parque Indígena Xingu, área no Mato Grosso demarcada em 1961 e onde vivem dezesseis povos. Mas para ele a decisão do STF chegou tarde. Em seu povo, agora apenas sete pessoas vivas têm domínio pleno do idioma, destacou Tapí Yawalapiti, filho de Aritana, ao defender sua dissertação de mestrado em Linguística na Universidade de Brasília (UnB). Intitulada Documentação da Língua Yawalapíti: uma língua que não deve morrer, foi uma homenagem ao pai. “O significado da língua é a identidade de um povo, é o documento do povo, então através dela a gente se reconhece”, conclui a dissertação.

Tapí Yawalapiti com seu pai, Aritana – Foto: acervo pessoal/Tapí Yawalapiti

O último censo do IBGE, realizado em 2010, apontou a existência de 274 idiomas indígenas no país – o número total varia de acordo com a metodologia de análise dos troncos linguísticos, e o mais aceito por especialistas circula entre 150 e 170. Estima-se que, no início do século XVI, 1.078 línguas eram faladas por aqui. Isso significa que, no melhor cenário, a cada dois anos de história do Brasil três línguas indígenas deixaram de existir. Além daquelas em risco máximo, há ainda outras 145 línguas “em perigo” no Brasil. Esse silenciamento das línguas originárias tem várias razões – a redução populacional, a pressão social para uso do português e a quebra de transmissão entre gerações são apenas algumas delas, explica Ana Vilacy. A morte de línguas resultante desse “deslocamento linguístico” é chamada de glotocídio. “Se você não tem acesso à própria cultura, não tem o ensino nas escolas e ninguém fala, a língua torna-se restrita. Ela é empurrada e fica naquele pequeno espaço fechado, reduzido”, conclui.

A Covid-19 vem na esteira de vários outros problemas, como a ostensiva atividade mineradora em terras indígenas no Pará e o aumento das queimadas na Amazônia, aponta levantamento do MapBiomas. Análise do Conselho Indigenista Missionário (Cimi) também mostra que, no primeiro ano de gestão do governo de Jair Bolsonaro, os casos de violência contra povos indígenas aumentaram. A invasão e exploração ilegal de recursos mais que dobraram em relação a 2018. Monitoramento do Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais (Inpe) também indica que 2019 bateu recorde no aumento do desmatamento sobreposto a áreas indígenas da Amazônia. Foram 490,78 km² dizimados – a maior desde o início da série histórica, em 2008.

“tratamento precoce” – e sem comprovação científica – contra a Covid-19, estimulado pelo governo federal, fez vítimas entre os indígenas. Foi administrado ao ancião e último guerreiro da etnia juma, Aruká Juma – atendido inicialmente em Humaitá (AM) e depois levado para Porto Velho (RO), onde morreu de Covid-19 em meados de fevereiro. A informação foi compartilhada por uma funcionária da Casa de Atendimento de Saúde Indígena (Casai) de Humaitá, órgão do Ministério da Saúde, e divulgada pela agência Amazônia Real. Em nota, a Coiab lamentou: “O último homem sobrevivente do povo juma está morto. Novamente, o governo brasileiro mostrou-se criminosamente omisso e incompetente. O governo assassinou Aruká. Assim como assassinou seus antepassados, é uma perda indígena devastadora e irreparável.” A redução populacional dos juma segue a mesma fórmula dos umutina e sakurabiat: caiu de 12 mil índios no século XVIII para apenas quatro, de acordo com o Instituto Socioambiental (ISA). Segundo a família, Aruká falava poucas palavras em português e guardava um mar de conhecimentos sobre a língua.

Os dados oficiais sobre a Covid dentro dos territórios indígenas homologados ainda são insuficientes. Levantamento de setembro passado da ONG Open Knowledge Brasil apontava que, na Amazônia Legal, apenas 56% dos estados divulgaram informações sobre etnias indígenas afetadas pela doença. Documento do Comitê Nacional pela Vida e Memória Indígena denuncia que muitas vezes os indígenas são classificados como “pardos” nas fichas de identificação. Estudo publicado na revista Frontiers in Psychiatry indicou que a mortalidade por Covid entre povos da Amazônia Legal é 110% maior que a média brasileira. Os pesquisadores usaram dados da Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira (Coiab). Se fossem consideradas as informações da Secretaria Especial de Saúde Indígena (Sesai), a taxa seria reduzida pela metade.

Em nota, o ministério da Saúde afirmou que a Sesai desenvolve estratégias de proteção, prevenção, diagnóstico e tratamento da Covid-19 desde o início da pandemia. “Junto com o Ministério da Defesa, a Sesai realizou vinte missões interministeriais em aldeias, onde foram feitos mais de 60 mil atendimentos. Todos os Distritos Sanitários Especiais Indígenas receberam, também, mais de 6,6 milhões de itens de insumos, como testes para Covid-19, medicamentos e EPI”, informa. Com as especificidades da ADPF 709, os povos indígenas passam a ter prioridade no Plano Nacional de Operacionalização da Vacinação contra a Covid. A Sesai calcula que 907 mil doses serão necessárias para imunizar essa população. Até o último dia 26, 77% dos indígenas aldeados receberam a primeira dose da vacina.

Procurada pela piauí, a Funai afirmou que, por meio da Coordenação de Processos Educativos (Cope), apoia processos para valorizar línguas, culturas, conhecimentos, saberes e práticas tradicionais. Destacou que o Museu do Índio atua nessa área por meio do Projeto Salvaguarda de línguas indígenas, proveniente de acordo com a Organização das Nações Unidas para a Educação, a Ciência e a Cultura (Unesco), com a formação de pesquisadores indígenas para a documentação e línguas e culturas dos povos originários. No âmbito da proteção territorial, destaca que realizou 306 ações em 2214 Terras Indígenas desde o início da pandemia para coibir ilícitos como extração ilegal de madeira, garimpo, caça e pesca predatórias. A Funai afirmou ainda que distribuiu 600 mil cestas básicas a famílias indígenas e investiu 46 milhões de reais em ações preventivas contra a Covid.

Em meados de dezembro de 1985, o linguista Gilvan Müller de Oliveira iniciou uma série de entrevistas com a última falante da língua indígena umutina. O pesquisador recém-formado realizava encontros diários para um trabalho de recuperação do idioma, a pedido da Fundação Nacional do Índio (Funai). Mas a entrevistada Kozakaru Umutina resistia, emocionava-se, e as perguntas precisavam ser interrompidas. A anciã havia passado trinta anos sem falar o próprio idioma, suprimido após incontáveis repressões desde o primeiro contato de seu povo com não indígenas, em 1911. Um desses massacres foi também uma epidemia, agora de sarampo, que dizimou um terço da aldeia. “Eu diria que essa experiência da Kozakaru é um cristal que reflete para todos os lados muitas situações semelhantes e igualmente trágicas que vêm acontecendo todos os dias”, afirma Müller.

O linguista percebeu que, para a anciã Umutina, falar a própria língua era motivo de sofrimento, e decidiu não dar continuidade ao projeto. Voltou a Brasília com 190 palavras anotadas e 60 minutos em vídeo. Após a morte de Kozakaru, um irmão dela que retornou à aldeia ainda falava o idioma materno. “A língua surge em determinados momentos, sendo um monumento da memória, da identidade, das relações culturais e da própria memória da perda”, explica Müller, hoje professor da Universidade Federal de Santa Catarina (UFSC). No caso do indígena Pedro Arthur Kampé, a morte dele pode não significar o fim do idioma. Para Leonio Kampé, ainda não é tarde para revitalizar o idioma de seu tio-avô, já que algumas pessoas aprenderam elementos da língua e agora podem tentar resgatá-la.

Uma das mais importantes iniciativas de resgate de idiomas indígenas foi preservada por acaso do fogo que consumiu boa parte do acervo do Museu Nacional, no Rio de Janeiro. No dia do incêndio, o Estudo Sincrônico de Línguas Indígenas do Alto Xingu estava em processo de higienização e, por isso, não se encontrava no terceiro andar do prédio, local em que ficavam as demais publicações desse tipo. Digitalizado um ano depois pelo Centro de Documentação de Línguas Indígenas (Celin), ele apresenta um vocabulário inédito da língua Yawalapiti documentado em 1977 pela então professora da Universidade Federal do Rio de Janeiro Renata Bondim. O texto dispõe de 2.784 verbetes que auxiliam linguistas como Tapí a manter viva a memória yawalapiti.

Segundo a fundadora da Associação de Defesa Etnoambiental Kanindé, Ivaneide Cardozo, os juma também têm a oportunidade de manter o idioma vivo depois da morte do ancião Aruká Juma. “Não é verdade que Aruká era o último falante da língua. As filhas dele sabem falar também.” As três filhas e os netos continuam a estudar o próprio idioma. “Estamos na vez de aprender a falar mais a língua do povo juma”, afirma Puré Juma Uru Eu Wau Wau, de 19 anos, neto de Aruká e presidente da associação do povo Indígena Juma-Jawara Pina. “O desejo é manter a verdadeira língua indígena do juma na aldeia e passá-la para as próximas gerações.”

Em Rondônia, estado que concentra mais de vinte línguas de povos originários, apenas três anciãos tinham conhecimento do idioma puruborá até o início do ano passado, data em que Eliézer Puruborá faleceu após contrair Covid-19. Um ano depois foi a vez de Nilo Puruborá, de causas naturais. Agora resta apenas um último falante idoso: Paulo Aporeti Puruborá, de 90 anos presumidos. Mas o trabalho de documentação da língua realizado pelos puruborás com Ana Vilacy e outros pesquisadores pode contribuir para a revitalização do idioma. Junto com os anciãos, o povo organizou o “Vocabulário Ilustrado de Animais na Língua Puruborá” e outros materiais de documentação que agora são utilizados por professores indígenas para ensinar os mais novos.

A política da diversidade linguística no Brasil vai completar apenas onze anos e tem como carro-chefe o Inventário Nacional da Diversidade Linguística – instrumento de reconhecimento de línguas como patrimônio cultural. Em paralelo, a política de cooficialização de línguas permite que os municípios tomem decisões de tornar oficial, junto com o português, outra língua presente em seu território. “Essas políticas contrabalançam esse momentos de ameaça, mas não chegam a garantir que essas línguas saiam dessa posição”, afirma Müller. O linguista entende que é necessário trazer as línguas para o âmbito público e utilizar tecnologias conhecidas de documentação. A pesquisadora Vilacy reforça: “As políticas públicas devem prezar pela manutenção da vida, além da garantia da terra, junto com políticas que garantam educação e alternativas de trabalho nas aldeias. Está tudo relacionado. Eles dizem: ‘Precisamos continuar vivos.’ A língua precisa ter falantes. Só vai permanecer se tiver pessoas vivas.”

O linguista australiano Christopher Moseley ficou sabendo da morte de Aritana Yawalapiti por meio da imprensa internacional – o ocorrido foi noticiado por New York Times, Reuters Washington Post. Além de ter sido o editor-chefe da última versão do Atlas da Unesco, Moseley é membro da Foundation for Endangered Languages, organização que atua com a conscientização, monitoramento e apoio à documentação e propagação de línguas sob risco de desaparecer. Ele reforça que trabalhos como o de Tapí são essenciais para a manutenção de línguas indígenas: “Boas documentações, materiais educativos adequados e professores qualificados podem aumentar o prestígio de uma língua aos olhos das crianças.” O pesquisador elenca ações possíveis em um período de pandemia, como a tradução e divulgação de informações de saúde na língua originária. A Unesco instituiu a “Década das Línguas Indígenas” para os próximos dez anos.

No Alto Xingu, Tapí não tem pretensões de assumir o lugar de Aritana, chamado de “articulador de mundos”. Quer ser exemplo para os mais jovens e ajudar a preservar, além da língua, a cultura de seu povo. “Aprendi com meu pai e hoje estou aplicando na prática o que me passou, me preparou e me ensinou”, afirmou o linguista à piauí. “A minha luta hoje é documentar nossa língua materna e fazer livros didáticos para os professores indígenas trabalharem com as crianças.” Ao documentar o idioma originário de seu povo, Tapí tenta mantê-lo vivo. Mas sabe que a língua só fica viva se aqueles que a utilizam também sobreviverem.

[Fonte: http://www.piaui.com.br]

Investigadores do proxecto Frontespo analizan a variedade de vocabulario existente nos bordos xeográficos con Portugal

Escrito por PABLO VARELA

En Santiago de Rubiás, un pequeno pobo do concello ourensán de Calvos de Randín, o xamón tamén é presunto, a navalla pode ser unha faca e o tenedor un garfo. É a herdanza lingüística de anos e anos de contacto entre galegos e portugueses na Raia Seca. A ambos os dous lados da fronteira, o vocabulario dos veciños mestúrase e afloran os matices, tamén as variacións da linguaxe. «Pero aquí todos nos entendemos», apunta Francisco Rodríguez, residente en Rubiás.

No ano 2016, Francisco e Dolores González, a súa muller, foron entrevistados por investigadores do proxecto Frontespo, coordinado polo profesor pontevedrés Xosé Afonso Álvarez, da Universidade de Alcalá, e que analiza a diversidade léxica nos bordos xeográficos co país luso. Desde o estuario do río Miño ata o termo do Guadiana, na localidade onubense de Ayamonte, documentaron centos de horas de gravacións, un patrimonio imperecedoiro que toca de preto a poboacións como Arbo, en Pontevedra, ou Castromil, cun pé no concello ourensán da Mezquita e o outro no zamorano de Hermisende.

«No que poderíamos definir como unha fase piloto, do ano 2015 ó 2017, tivemos financiamento do Goberno e dividimos os 1.200 quilómetros da Raia en dez áreas, collendo catro ou cinco localidades en cada unha delas, buscando sempre un equilibrio entre España e Portugal», detalla Álvarez. A idea principal do proxecto é analizar o estadio lingüístico actual destes territorios. «E iso ten unha posible explotación complementaria, un aproveitamento secundario», agrega Álvarez.

O que rompeu Schengen

En Calvos de Randín, a historia dos anos do contrabando segue moi viva. David Rodríguez, investigador oriúndo de Redes (A Coruña), percorreu a zona durante a primeira fase do proxecto entrevistando precisamente a veciños como Francisco e Dolores, herdeiros de palabras que afloraban en anos de incursións entre ambos os países.

«Nestes ámbitos rurais, as variacións léxicas son prolíficas. A Raia xeopolítica non é necesariamente lingüística, porque hai fenómenos que ían máis alá dunha liña fronteiriza. Co proxecto buscamos demostrar que hai trazos fonéticos que van dun lado a outro», razoa Rodríguez. O paradoxo é que foi a posta en marcha do espazo Schengen, coa apertura de fronteiras, o que trastornou esta dinámica. «O que che din algúns veciños é que acabou ca tipoloxía de negocio que había nestas zonas, e empobrecéronse», indica. É dicir, que a fronteira, para algunhas cousas, é máis fronteira que antes.

https://galego.lavozdegalicia.es/noticia/ourense/calvos-de-randin/2021/04/28/el-tesoro-linguistico-raia-sumerge-anos-contrabando/0003_202104G28P38991.htm?jwsource=cl

Francisco sorrí ao lembrar que, outrora, había xornadas nas que se pasaban o día enteiro cos seus veciños portugueses, na montaña. Os investigadores de Frontespo determinaron o estudo de áreas que se penetran 15 quilómetros ao interior de cada país desde o bordo, un auténtico mapa de xergas e acentos que fala da realidade da Raia: para quen habitan alí, falar de límites xeográficos é pouco máis que unha anécdota. «Aquí fálase un galego distinto, un castelán distinto e un portugués distinto», incide Francisco, que alude ao caso de Turei -a poboación de Tourém, en Portugal, a escasos minutos de Calvos de Randín-: «Falan o castelán coma nós, pero o seu acento portugués é moito máis marcado. E se te achegas de Braga para abaixo igual xa non entendes todo», explica.

Xosé Afonso Álvarez razoa que a heteroxeneidade do vocabulario nas zonas da Raia responde ás idas e vindas constantes pola amizade de veciños, os anos do contrabando e tamén as romarías. «Hai cuestións específicas de cada localidade», apunta. Pero o problema está, como case sempre, na substitución xeracional. «Os rapaces máis novos xa non están tanto con isto», di Dolores, sorrindo.

Os municipios ourensáns da Gudiña e A Mezquita serán analizados na segunda rolda do proxecto, este verán

A idea dos investigadores de Frontespo é, aos poucos, ir completando zonas da fronteira que aínda están por explorar. A pandemia de coronavirus freou a folla de ruta prevista para a segunda rolda do proxecto, que contempla novas mostras persoais en concellos como A Gudiña e A Mezquita, ambos os ao sueste da provincia de Ourense. «Se os prognósticos epidemiolóxicos son favorables, a idea é facelo no verán deste ano. A grandes trazos, o que buscamos é unha análise exhaustiva dos territorios da Raia, e tocar o maior número de poboacións posibles dentro desa franxa», profunda Xosé Afonso Álvarez. O obxectivo é ir bordeando a liña fronteiriza pola contorna de Zamora e Bragança, indo a núcleos moi concretos con máis intensidade.

 

Xosé Afonso González, profesor en la Universidad de Alcalá, coordina el proyecto Frontespo

Xosé Afonso González, profesor na Universidade de Alcalá, coordina o proxecto Frontespo.

Xa durante os meses de agosto e setembro do ano pasado, cando a segunda onda da pandemia aínda non se fixo palpable no país, Álvarez e os seus colaboradores traballaron en áreas de Estremadura como Olivenza (Badaxoz) e Cedillo (Cáceres). «Falamos case que de territorios lusófonos que están xeograficamente en España. E nós non imos traballar no referente a temas etnográficos ou históricos, pero entendemos que é moi relevante seguir facendo pescudas», estima este profesor galego da Universidade de Alcalá.

Que estar fronte a fronte ante os veciños, e non a distancia, é a única vía factible para rexistrar o máximo posible do seu vocabulario, ten a súa lóxica. «Para nós, documentar a realidade lingüística destes territorios vai ligado a coñecer como era, e é, o día a día dos veciños. E o que nos interesa é ter unha conversa relaxada, máis ou menos libre. Que o veciño esqueza que está nunha entrevista para dar un rexistro de tipo oral», razoa.

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

A Real Academia Galega está de estrea na Rede. A páxina web da institución, academia.gal, dálles a benvida aos usuarios e usuarias nunha portada renovada concibida para facer máis sinxelo e atractivo o acceso aos distintos recursos divulgativos e orientados ao público investigador. A nova imaxe tamén atinxe o Dicionario, que gaña visibilidade na páxina de inicio e incorpora ademais as categorías gramaticais ao menú de buscas avanzadas.

A función de procuras por marcas gramaticais súmase a outras utilidades como o conxugador de verbos ou a aplicación que ofrece a pronuncia de cada entrada. Distingue máis de trinta categorías, dende os adverbios e os adxectivos ata as conxuncións e os verbos, que se poden combinar coas demais opcións de buscas avanzadas: as procuras nos lemas, tendo en conta os grupos de letras polos que comezan ou rematan, e mais as que atinxen ao contido das entradas. Estas últimas tamén se enriquecen, xa que á posibilidade de realizalas nas definicións e nos exemplos engádese a opción de procuralas na fraseoloxía.

A nova sección do Dicionario suxire ademais outros recursos dixitais lexicográficos para a resolución de dúbidas: o Dicionario de dicionarios, unha colección de obras lexicográficas galegas dos séculos XIX e XX, recompiladas e transcritas baixo a coordinación do académico Antón Santamarina; e mais o TERGAL, o banco de datos terminolóxicos das linguas de especialidade, dirixido polo tamén académico Manuel González.

A páxina web da Real Academia Galega avanzou a súa nova imaxe na Rede o pasado outono dende o sitio das Letras Galegas e o espazo de comunicación, un deseño que agora se estende a outras seccións e que nos vindeiros meses servirá tamén para presentar novas propostas para a difusión do patrimonio lingüístico, bibliográfico e arquivístico que coida a institución.

[Fonte: academia.gal]

El libro más reciente de la lingüísta Yásnaya Elena Aguilar Gil nos recuerda el destino de discriminación que han sufrido las lenguas indígenas en México. No se trata, como nos aclara esta reseña, de sopesar que algunas lenguas son mejores que otras, sino de exigir que la sociedad valore la diversidad lingüística y su presencia como eje fundamental en la educación.

 


Sacrificamos México en aras de crear la idea de México
—Yásnaya Elena Aguilar Gil

 

Escrito por Patricia Córdova

La experiencia está siempre al servicio de la conciencia y de la imaginación; para no sucumbir ante el caos de la existencia, el ser humano acota ambas con relatos y moralejas de todo tipo.  Nuestras vidas —hemos aprendido— transcurren según la estructura de una narración: planteamiento, causas, consecuencias, nudos y desenlaces. Por ello, el sentido de lo vivido es  tan limitado como las historias y argumentos que interiorizamos.

Escribimos la historia de nuestra vida —e interpretamos la de los otros— al seleccionar los nudos con los que explicamos lo que acontece a nuestro alrededor. El sentido es siempre una selección que pone en evidencia nuestros alcances y nuestras limitaciones. Este sutil, pero poderoso hecho, propicia la madre de todas las batallas: la de las narrativas.

§

No ha habido inocencia en la expansión del español en la propia península ibérica ni en América. Desde Antonio de Nebrija, el andaluz que escribió la primera gramática del español en 1492, quedó claro que si la publicaba y la dedicaba a la reina Isabel la Católica era porque “siempre la lengua fue compañera del imperio”. En las primeras páginas de Gramática de la lengua castellana, Nebrija explica la importancia histórica de lenguas como el hebreo, griego y latín y argumenta que la lengua es una pieza clave para extender la fe religiosa.

La primera gramática del español es un nudo lingüístico y político con el que España define una expansión económica, religiosa y sociocultural que marcó la historia de su colonia,  la posterior América Latina. Sin embargo, el proceso de evangelización y dominio que se extendió a lo largo de trescientos años de colonia llevó también a la escritura de las lenguas originarias, a la confección de sus gramáticas (artes de las lenguas primigenias) y al inventario de vocabularios concebidos de acuerdo a lo que los líderes religiosos y nuevos gobernantes necesitaban que nombraran los recién conquistados.

En 1820, justo antes de la consumación de la Independencia de México, el 65% de la población eran hablantes de alguna lengua indígena. Hoy solo el 6.5% de la población habla una de las 68 lenguas indígenas que existen en el país. La Independencia destituyó a los españoles, pero a la vez revictimizó a las comunidades indígenas. Fueron sometidas a un proyecto de nación en el cual se condicionó su existencia a la negación de sus lenguas, de sus territorios y de una autonomía política que ya había sido arrebatada. Este es el antecedente histórico y la situación glotopolítica que Yásnaya Elena Aguilar Gil aborda en Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística (Almadía, 2020).

§

Desde el primer texto, “Ser o no ser: bilingüismos”, Yásnaya imprime su particular estilo: una mirada aguda sobre la política lingüística que se ha aplicado a las lenguas originarias, a partir del análisis de experiencias cotidianas. El contraste entre el bilingüismo en su comunidad Ayutla, Oaxaca, y en Ciudad de México, marcó su manera de narrar el mundo. Dos cosas sorprenden a la autora: en Ayutla se desdeña la educación bilingüe y se prefiere la “formal” (monolingüe en español) y en Ciudad de México se pondera el bilingüismo (no español-náhuatl, sino español-inglés). Su cierre es auténtico y espontáneamente irónico: “Entendí, en pocas palabras, que no es lo mismo ser bilingüe que ser bilingüe”.

Yásnaya es ayuujk jä’äy, mixe, y muestra una singular y permanente disposición al cuestionamiento. Le seduce pensar en la existencia de la lengua, la diversidad y la injusticia. La génesis de su lucidez y lucha las presenta, claramente, en Un nosotrxs sin Estado (Ona Ediciones, 2020). A Yásnaya la educaron con una disciplina rigurosa en la lectura de los clásicos. De niña sus tíos la hacían leer en voz alta, cada día, para que adquiriera un español sin acento. El libro rojo de Mao Tse-Tung, Los vedas, el PanchatantraLas mil y una noches, la Ilíada y la Odisea de Homero, las obras de Amado Nervo, Manuel José Othon, Sor Juana Inés de la Cruz, Alexander Pushkin, Ánton Chéjov, Fiódor Dostoievski, Walt Whitman y Lev Tolstói —el nombre de Yásnaya es, de hecho, un homenaje a este autor—, fueron lecturas, “edificios sonoros”, cuyo significado ignoraba, y que más tarde se iluminaron a la luz de sus estudios de preparatoria, licenciatura y posgrado en Ciudad de México.

Los textos que componen Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística son una compilación de ensayos breves publicados en la revista Este país entre 2011 y 2015. Los compiladores —Ana Aguilar Guevara,  Julia Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez— también han incluido  tuits y entradas de Facebook de la lingüista que aluden a los temas de tales ensayos.

El libro es evidencia del sincretismo lingüístico y cultural que ha sucedido a lo largo de 500 años, pero tiene el gran mérito de ser el primero escrito en su género por una mujer, una ayuujk jä’äy, y por alguien cuya agudeza analítica le permite exponer, de forma clara, las diversas aristas del asunto. Su empatía por el mundo la lleva a aprender de todo y de todos. De una amiga japonesa, compañera universitaria, aprende que es mejor sentirse contenta y no orgullosa de hablar una lengua, y sentencia: “El orgullo puede estrechar lazos con la dignidad pero también con la soberbia o, en el peor de los casos, se utiliza como un parche emotivo que cubre una herida amplia y profunda. Un relleno que trata de compensar una carencia”.

La dificultad de la convivencia entre lenguas que gozan con un mayor o menor prestigio también la lleva a anotar que para una niña que habla italiano, inglés y español en casa lo extraño es un entorno monolingüe, prebabélico. La también maestra en lingüística hispánica, Yásnaya Elena —cuya madre, por cierto, se llama Eneida— evoca, en otro ejemplo, el rechazo que provoca hablar español en ciertos contextos en Estados Unidos, de la misma manera en que han sido denostadas las lenguas originarias en México. Su conclusión es que no existen lenguas minoritarias, sino minimizadas al extremo de crear familias que rechazan que sus hijos sean educados en armonía con su lengua materna, sea esta una lengua originaria o el español hablado en México.

La censura sistemática, algunas veces casi invisible, con que se ha tratado a las lenguas originarias se manifiesta en la ignorancia y desprecio que despiertan más allá de los círculos de lingüistas cuyo interés no rebasa, en ocasiones, la obsesión por partículas morfológicas o por la construcción y crítica de una gramática. “¿Por qué la diversidad cultural y lingüística no es un eje temático importante en los contenidos educativos?”, pregunta la autora. En su histórico discurso “México. El agua y la palabra”, pronunciado en la Cámara de Diputados el 26 de febrero de 2019 y que forma parte del libro, la lingüista recuerda que, en promedio, una lengua muere cada tres meses. En un centenar de años se habrán extinguido la mitad de las lenguas del planeta. Causa pudor que no se sepa nombrar las lenguas habladas en México, causa desconcierto que se haga tan poco para preservar las del mundo. Con ello se niega el derecho a una vida propia y digna de estas comunidades. El monolingüismo, además, adelgaza la inteligencia, pues nos alejamos de la complejidad creativa y cognitiva que cada lengua entraña al nombrar el mundo. Aprender que en ayuujk el azul y el verde se mezclan en una sola palabra  —tsujxk—advierte que los colores pueden ser percibidos en un continuo cromático, sin las divisiones con que otras lenguas los definen. Asimismo, saber que täay puede significar “ser chistoso” en el mixe de Ayutla, pero “mentir” en el mixe de Tlahuitoltepec, puede disparar la creatividad si se imaginan los enredos comunicativos que dicha variante puede causar. Yásnaya Aguilar convive, precisamente, en ambas comunidades.

Los conflictos lingüísticos se convierten en conflictos identitarios, pero la seriedad con que Yásnaya los aborda no necesariamente implican una renuncia a su particular humor: “En Europa fui mexicana, en México soy oaxaqueña, en Oaxaca estoy siendo mixe, en la sierra suelo ser de Ayutla. En algún punto soy indígena, pero eso me lo dijeron o lo intuí en el contraste antes de que llegara el nombre. Durante un ataque de fuerzas extraterrestres seguro que seré terrícola, y lo seré con pasión.” La conciencia de esta multirreferencialidad contrasta con la sencilla elegancia con que en ayuujk se nombra a todo aquel que no sea mixe: akäts. La visión del mundo mixe se simplifica en este aspecto, así como en Harry Potter a todos aquellos que no pueden hacer magia se les llama muggles.

La fascinación que suscita conocer nuevas lenguas, sin embargo, no puede ser un hecho si el fomento de la diversidad no cuenta con el apoyo de un gobierno y de sus instituciones. Cuando la lingüista afirma: “Hay tantas razones para querer aprender nuevas lenguas, pero solo  una para querer dejar de hablarlas”, se refiere al racismo, maltrato y negación a que los pueblos originarios han sido sometidos a lo largo del tiempo.

§

El proyecto de nación mexicana, que tuvo su origen a partir de la consumación de la Independencia en 1821, ha sido también el proyecto de la negación de los pueblos indígenas y su pluralidad. Una negación no sólo del reconocimiento de las lenguas, sino del derecho a las tierras, al agua, a los recursos naturales y a gobiernos autónomos: “La pérdida de una lengua no es un proceso pacífico en el que los hablantes abandonan una lengua por otra, es un proceso en el que median castigos, menosprecios y en la mayoría de los casos, colonialismo contra los pueblos que la hablan”. Llegada la discusión a este punto, la lingüista Yásnaya Elena Aguilar Gil se torna activista. No son solo lenguas las que se ignoran, sufren segregación y mueren, son naciones indígenas. En un tuit de 2017 apunta: “Nación mapuche dividida en dos Estados: Argentina y Chile; nación sami dividida en cuatro Estados: Suecia, Noruega, Finlandia y Rusia; nación cucapá dividida en dos Estados: México y Estados Unidos”.

En defensa de los pueblos originarios, Yásnaya parece recuperar la etimología de la palabra nación: del latín natio -ōnis, es decir,“lugar de nacimiento” -“pueblo”. Hablar desde la cultura mixe, desde su lengua materna de la familia otomangue, la coloca en un territorio discursivo que es también tierra, organización política y social, conocimiento y mitología ancestral, costumbres familiares y culinarias concretas. El ayuujk encarna el nacimiento, desarrollo y consolidación de un pueblo que sigue luchando por ser respetado y reconocido. Inspirada en el periodista mapuche Pedro Cayuqueo, Yásnaya Elena plantea, en su libro Un nosotrxs sin estado, que México es un Estado plurinacional y no una nación multicultural; critica la educación indígena impartida en español, los hospitales y juzgados sin intérpretes que conozcan la lengua de cada región. La idea de mexicanidad —reclama— los ha ignorado: “No hay penacho de Moctezuma ni mariachi ni huapango de Moncayo ni china poblana que pueda borrar ese hecho. La multiculturalidad niega la idea de nación tal y como fue pensada en sus inicios por los que la proclamaron”.

Si se ha construido una nación unívoca que niega la diversidad, solo hay una aparente salida para la autora: la conformación de un Estado plurinacional en el que se reconozca a las comunidades indígenas como naciones con derecho a la autodeterminación social, económica, lingüística y política. La idea es una seductora utopía. Sin embargo, el lector no puede dejar de preguntarse cómo, en un entorno global que encarna la competencia permanente, se podría legitimar geopolíticamente la existencia de 68 naciones bajo el lema de un país llamado México.

Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística pone sobre la mesa un conflicto social que cobró fuerza política, en 1994, con el levantamiento zapatista y, más tarde, en 1995, con los Acuerdos de San Andrés Larraínzar. A 25 años, el despojo de tierras y la extracción de recursos naturales a las comunidades indígenas sigue sucediendo. El Estado mexicano no ha incorporado un modelo que respete la riqueza cultural y geográfica del territorio. En la narrativa nacionalista promovida desde el Estado, la diversidad cultural de México no ha sido efectiva ni equitativamente incorporada. El sistema de castas se ha superado porque ya no se obliga a escribir la etnia o grado de pureza de la sangre en un acta de nacimiento. No obstante, como afirma la autora, aún existe el gesto disuasorio en los registros civiles para no darles a los recién nacidos nombres que no provengan del español o del inglés; aún se escriben notas periodísticas en que un problema judicial, de salud o de autoridad, se reporta como un problema originado por no saber hablar español. Si bien es cierto que el español mexicano hace tiempo que dejó de ser colonizante, en el sentido de que no representa valores y variantes de un lugar lejano llamado España, y en el sentido de que el español de México es ya patrimonio cultural del país, también es un hecho que las instituciones gubernamentales y la educación pública siguen aplicando prácticas colonizantes en los servicios institucionales que ofrecen a comunidades indomexicanas. De ahí el valor de Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística de Aguilar Gil, un libro que pone en evidencia las prácticas insuficientes e injustas con que se incorpora a estas comunidades y el discurso nacionalista que afirma lo contrario.

§

En La vida contada por un sapiens a un neandertal (Alfaguara, 2020), el paleoantropólogo Juan Luis Arsuaga se esfuerza por explicarle al escritor Juan José Millás la razón por la cual los australopitecos se desplazan de la selva tropical a la pradera: buscan la luz. Al ver una frutería —porque la conversación ocurre en una caminata por el mercado—, Arsuaga rectifica y decide hablar mejor del Homo erectus. Seguramente, por su capacidad de coleccionar frutas. Millás expresa que así habrá más orden en la exposición. La indignación del paleontólogo es más que sugestiva: “–Oye, qué es eso del orden. Esto no es un cuento. Si quieres un cuento, te lees el Génesis. La evolución no tiene la estructura de un relato. No hay planteamiento, nudo ni desenlace. La evolución es el mundo del caos”.

El pasaje me hizo reflexionar en las anotaciones que hice al principio de este texto. La exuberancia de la existencia es, al margen de nuestro pensamiento, siempre caótica. Somos nosotros quienes, acorralados por la conciencia y la angustia connatural que esta desata, nos vemos en la necesidad de construir relatos sobre los hechos que experimentamos o de los cuales tenemos noticias. Los hechos están ahí, sueltos. Cada día salimos a la calle, o al espacio digital, a encontrarnos con los otros. Cada uno hilvana con palabras la historia que es capaz de construir. La madre de todas las batallas es la lucha entre estas narrativas porque ahí se define quién entra o quién sale de la escena; quién tiene derecho o quién no. Arsuaga sabe que los hechos pueden significar por un instante y en un contexto reducido, para luego seguir suspendidos en el espacio de lo no explicable o a merced de narrativas diversas.

En Ää: Manifiestos sobre la diversidad lingüística se construye una narrativa sobre la historia indígena de México y de sus lenguas. ¿Fueron los indígenas de la era de la domesticación del maíz, hace 9000 años, los mismos sometidos durante 300 años por los españoles? ¿Es el mexicano una invención ilegítima del proyecto nacional de 1821? ¿Cómo integrar la existencia del español de México (la lengua) con la existencia de las lenguas originarias? Construir un territorio narrativo para luchar por una nación, o por un ideal social, tiene mucho más peso que la narrativa con la que recordamos nuestras vivencias cada noche. Sin embargo, ambas narrativas son brújulas capaces de guiar individuos y legiones. La narrativa de una nación y los hechos en que se fundamenta tendrán que ser siempre inclusivos, sin prejuicio de ningún grupo humano, o entidad natural que habita el territorio. Cuando Yásnaya Aguilar Gil analiza la coexistencia de las lenguas y de las culturas parece saber esto último. La narrativa de los ensayos que componen este libro es una defensa de las lenguas originarias de México y de los pueblos indígenas que las hablan. También es una genuina invitación a que dichas lenguas se incorporen al horizonte sociopolítico de los hablantes nativos del español de México.

• Yásnaya Elena  A. Gil, Ää: manifiestos sobre la diversidad lingüística, Ana Aguilar Guevara, Julio Bravo Varela, Gustavo Ogarrio Badillo y Valentina Quaresma Rodríguez (comps.), México, Almadía, 2020.

Patricia Córdova es profesora investigadora de Lingüística Hispánica y directora de la División de Estudios Históricos y Humanos de la Universidad de Guadalajara.

 

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

No século XX, guerras se “urbanizaram” — e Direito Internacional avalia tornar ataques à patrimônios culturais e históricos crimes contra a humanidade. “Novo” conceito poderia banalizar a tipificação de genocídio? Como punir a destruição de cidades?

Escrito por Juliette Robichez

Em setembro de 2018, o Brasil perdeu uma das suas joias culturais, o Museu Nacional do Rio de Janeiro, e, em abril de 2019, a França assistiu à destruição do emblema de Paris e da nação, a catedral Notre-Dame de Paris. Essas novas “catástrofes culturais”, usando a expressão da professora francesa especialista da história da arte1, espantaram e entristeceram o planeta. A transmissão ao vivo, durante intermináveis horas, da ação do fogo em ambos os patrimônios da humanidade e a emoção mundial que esses incêndios provocados pela imprudência e negligência suscitaram, demonstram que estamos apegados ao que estampa a história, a memória, a cultura, a identidade da humanidade, em resumo, a dignidade dos seres humanos. Esses sentimentos de indignação e de desespero se acentuam quando a destruição do nosso patrimônio é o fruto de um ato deliberado, como acontece nos tempos de conflitos armados, quando os bens culturais se tornam alvo prioritário dos beligerantes.

A sociedade internacional, em particular sua componente civil, vítima dos atos deliberados de tentativa de aniquilamento da sua cultura, mobiliza-se para despertar a consciência dos representantes dos Estados a respeito da gravidade da situação e refletir sobre como reagir de maneira eficaz para prevenir o desmoronamento do patrimônio e sobretudo punir os que cometeram infrações contra a herança cultural do gênero humano. Já houve várias iniciativas no campo jurídico que merecem nossa atenção2. Desde os tempos remotos, o direito humanitário foi pioneiro em criar um arsenal normativo rematado, visando preservar os bens culturais em tempo de guerra. A fundação da Organização das Nações Unidas para a Educação, a Ciência e a Cultura – Unesco, depois da 2ª Guerra Mundial – evento histórico, um símbolo, diante do vandalismo, a pilhagem e a destruição em grande escala de cidades históricas –, constituiu também um grande avanço para a concretização dos instrumentos internacionais existentes, a elaboração de novos diplomas legais e a extensão da proteção dos bens culturais no tempo de paz. Esta organização internacional elaborou, por exemplo, a lista do patrimônio em 1972, que está em constante atualização. As jurisdições penais internacionais que surgiram depois da queda do Muro de Berlim – inspirados pelo Tribunal de Nuremberg, que julgou os crimes nazistas – efetivaram as normas internacionais que visam conservar os bens culturais. Existem hoje vários julgamentos condenando carrascos por terem cometido crimes de guerra ou crimes contra a humanidade ao deliberadamente destruírem o patrimônio da humanidade3. No entanto, esses avanços merecem, segundo uma corrente doutrinária, serem aperfeiçoados, para tornar a luta contra a devastação dos bens culturais uma prioridade.

Este artigo visa iniciar uma reflexão sobre a proposta doutrinária de promover um novo crime, que consiste em destruir deliberadamente o patrimônio cultural e histórico de um povo, ao patamar mais elevado das infrações internacionais, para oferecer uma proteção melhor aos bens culturais. Alguns jurisinternacionalistas sugerem não mais se contentar em apenas incluir a ruína do patrimônio cultural como elemento de um dos crimes internacionais elencado no Estatuto de Roma de 1998; militam em prol da concepção de um crime sui generis, o “crime de urbicídio”. Esta proposta merece ser apresentada e analisada de maneira crítica. Na perspectiva de descobrir como o conceito “urbicídio” surgiu e de defini-lo (cap. 1), realizou-se uma pesquisa qualitativa, bibliográfica e documental, com enfoque na literatura estrangeira, baseada em procedimentos metodológicos comparativos e históricos. A partir deste estudo preliminar, foi iniciada uma análise crítica deste novo conceito: foram ressaltadas suas vantagens em comparação com os outros crimes internacionais, e destacadas as vicissitudes que criam potenciais obstáculos a sua posteridade, como novo crime no rol do Estatuto de Roma (cap. 2).

1. Evolução histórica e definição do conceito “crime de urbicídio”

Na Idade Média e até o século XVIII, a guerra de sítio era fundamental. Porém, na época de Clausewitz e de Napoleão, as modalidades dos conflitos mudaram: era o tempo do “levante em massa”4 e das batalhas-flashes (relâmpagos) e depois das grandes lutas sociais. O exército era responsável por manter a ordem nas cidades, mas preferia usar seus armamentos cada dia mais industrializados em palco de operação que permitia seu desdobramento, longe da população civil, no campo. Os estrategistas da Primeira Guerra Mundial evitaram os combates urbanos. Sem dúvida, os da Segunda Guerra teriam preferido evitar também, mas algumas cidades começaram a tornar-se cidades simbólicas da guerra na Rússia, como Leningrado5. As operações contra centros urbanos alemães e japoneses, no final do conflito, instigam perguntar se a “guerra para a cidade” não se transformou doravante em “guerra na cidade”. A partir dos anos 80, a guerra se “urbaniza”, segundo a expressão de Jean-Louis Dufour6. Ao comentar os acontecimentos em Sarajevo, durante a guerra na ex-Iugoslávia, atacada das alturas rurais circundantes, Aleppo, a capital da Chechênia, aniquilada pelos russos, ou os territórios palestinos ocupados pelos israelenses, começamos a ler na literatura científica ou jornalística, ou ouvir na boca dos políticos as expressões “guerra contra a cidade” e “urbicídio”.

Antes de definir o complexo conceito em gestação, de urbicídio (b), é necessário entender em que contexto histórico ele surgiu (a).

a) Evolução histórica do conceito “urbicídio”

Não existem ainda textos normativos consagrando o crime específico de urbicídio. A ideia, no patamar internacional, surgiu após o ataque direto, em 1993, contra a ponte de Mostar, na ex-Iugoslávia, alvo de bombardeios, posto que não representava nenhum caráter militar, não abrigava munições, não tinha nenhum valor castrense estratégico. A explosão pelos talibãs fanáticos dos budas monumentais de Bamiyan, estátuas de 38 e 55 metros erguidas no século V da nossa era, provocou, em 2001, a adoção de uma resolução pela IV Comissão da UNESCO7. Abalada pelo desaparecimento total de obras, fruto de uma extraordinária fusão artística de várias culturas que testemunhavam a riqueza cultural afegã, a organização internacional, sediada em Paris, convidou os Estados permanentes do Conselho de Segurança da ONU a lutar de maneira mais eficaz contra a demolição propositada dos tesouros da humanidade. Uma das recomendações foi conceber um novo crime internacional, o “crime contra o patrimônio comum da humanidade”, para facilitar a condenação dos responsáveis de ações predatórias pelos tribunais internacionais.

Não há dúvida de que a inclusão de um quinto crime internacional no rol do Estatuto de Roma8 promoveria a tutela do patrimônio cultural como uma nova grande prioridade da sociedade internacional. Outra proposta para tornar mais eficaz a aplicação das normas seria, segundo o mesmo documento, dar mais poder ao diretor geral da Unesco para informar ao secretário geral das Nações Unidas quando o patrimônio comum da humanidade for ameaçado de destruição intencional, a fim que ele possa, por exemplo, propor medidas necessárias para proteger os bens histórico-artísticos. Sabemos que somente o Conselho de Segurança goza de legitimidade para adotar medidas militares, além das de natureza diplomática, política, econômica, no âmbito internacional. Somente em dezembro de 2012 o principal órgão das Nações Unidas refere-se, em uma das suas resoluções, ao patrimônio da humanidade. Ele condenou, no conflito maliano (guerra civil que começou em 2012 com a insurreição de grupos salafistas jihadistas e independentistas denominados Azawad), as violações dos direitos humanos pelos grupos islâmicos radicais, assim como “a pilhagem, o roubo ou a destruição dos sítios culturais e religiosos”9. Com certeza, essas organizações internacionais foram influenciadas pelas ideias difundidas pela sociedade civil internacional (intelectuais, ONGs, juristas etc.), preocupada com a urgência em salvar o patrimônio histórico-cultural em perigo.

A repetição dos fatos de vandalismo intencional pelos grupos jihadistas de obediência islâmica – fúria guerreira que sempre existiu na história da humanidade, porém, fenômeno novo, acompanhada por uma divulgação em grande escala como meio de propaganda e de terrorismo10 –, levou uma parte da doutrina a pensar em adaptar o direito penal internacional à evolução dos modos de conflitos armados. Assim, à luz da criação do genocídio pela Convenção sobre a Prevenção de Repressão do Genocídio de 1948, da tentativa doutrinária de positivar o “crime de ecocídio” nos anos 6011, o “crime de urbicídio” emergiu na literatura nos anos 90, período ilustrado pelas guerras que ocorreram na ex-Iugoslávia. Todavia, o conceito entrou na posteridade só recentemente.

Um grupo de historiadores de arte, arquitetos e jornalistas12 manifestou sua aflição com uma nova dimensão dos problemas humanitários: o aniquilamento da identidade do inimigo pela destruição dos seus monumentos e lugares de culto que acompanham os assassinos, a fome, os sofrimentos e os êxodos. Cinco arquitetos que assistiram à destruição planejada da capital da Bosnia-Herzegovina, em 1991 e 1992, decidiram testemunhar e alertar o mundo sobre os acontecimentos com uma exposição itinerante que eles batizaram “Warchitecture13 – Urbicide Sarajevo”14. Foi apresentada, por exemplo, no Museu de Arte Moderna Contemporânea de Paris, no Centre Georges Pompidou em 199415. A ONG francesa Groupe, Reportage Étudiants, Environnement, Sociétés – GREES, associada ao projeto dos arquitetos precitados Midhat Cesovic, Borislav Curic, Nasif Hasanbegovic, Darko Serfic e Sabahundin Spilja, explica o uso do neologismo na época:

Porque se o assassinato de um povo é chamado de genocídio, a destruição de uma cidade e o que está acontecendo em Sarajevo pode sim ser chamado de urbicídio. (…) O urbicídio é óbvio, e é isso que estão tentando mostrar estes cinco arquitetos reunidos na associação multiétnica de arquitetos da Bósnia-Herzegovina e Sarajevo Das-Sabih. (…) Esta é uma das realidades da guerra na Bósnia e, mais geralmente, na ex-Iugoslávia. Claro que esta não é a única, mas esta guerra é marcada, entre outros crimes, pelo desejo de destruir as cidades e o que elas representam, para melhor aniquilar o inimigo. Osijek, Vukovar, Zadar, Mostar, Sarajevo … a lista é longa. Os sérvios querem matar a cidade porque ela encarna a civilização, a multietnicidade, as trocas. E Sarajevo entre as cidades do mundo goza de um lugar especial: “Com Jerusalém, Sarajevo é a única cidade do mundo que mistura tantas culturas e religiões diferentes”, explica Midhat Cesovic. Em Sarajevo, há uma catedral católica ao lado de uma sinagoga, de uma grande mesquita e de uma igreja ortodoxa. É o ponto triplo do encontro entre três grandes placas da civilização: o cristianismo ortodoxo grego, o catolicismo e o islamismo. (trad. nossa)

Essa nova terminologia foi rapidamente difundida nos discursos políticos e na mídia. O neologismo “urbicídio” começou a ganhar fama em particular na fala do arquiteto e professor Bogdan Bogdanovic16, um dos maiores oponentes ao regime ultranacionalista de Milosovic, acusado pelo Tribunal Penal para a ex-Iugoslávia antes de morrer e antigo prefeito de Belgrado. Assim, após a mutilação da futura capital da Bósnia-Herzegovina e diante da vergonhosa capitulação da comunidade internacional, o jornal francês Le Monde em maio de 199417 interpelou a opinião pública: “L’urbicide, le mémoricide, le nettoyage ethnique resteront-ils impunis ? Aucun tribunal international ne jugera-t-il jamais les auteurs de ces délits de lèse-humanité?” [“O urbicídio, o memoricídio, a limpeza étnica ficarão impunes? Nenhum tribunal internacional jamais julgará os perpetradores desses crimes contra a humanidade?”]. Hoje, várias obras científicas18 fizeram eco a este conceito que necessita ser definido juridicamente.

b) Definição jurídica do conceito de urbicídio

O termo “urbicídio” foi fabricado seguindo o modelo do conceito de “genocídio” idealizado por Raphael Lemkin em 194419. Sua etimologia é límpida: do latim urbs, cidade, e caedere, destruir, matar; “urbicídio” significa então destruição da cidade. O primeiro uso registrado da expressão “urbicídio” foi feito na obra do prolífico autor britânico de ficção científica Michael Moorcick na novela “Elric: Dead God’s Homecoming”, publicada em 196320. Os norte-americanos de obediência marxista em geral usaram, a partir da década dos anos 60, este conceito para se referirem à reestruturação urbana (ou destruição), como o Bronx em Nova York, que tinha como efeito operar uma reconversão agressiva sobre a experiência social urbana21. Foi depois dos acontecimentos de Sarajevo, na década 90, que o neologismo abraçou outra realidade. Esse novo conceito designa uma realidade antiga, quer dizer, as violências que visam a destruição da cidade22, não na condição de objetivo estratégico, mas na condição de identidade urbana. Para retomar a expressão bastante eficaz de Paul Virilio23 – urbanista, sociólogo e filósofo francês que viveu os bombardeios da sua cidade Nantes na sua infância, em 1943 –, a estratégia da nova guerra, hoje, é uma estratégia anticidade. O espaço urbano tornou-se alvo não apenas por motivos estratégicos, mas sobretudo pelos significados que ele incorpora: identidade, valores sociais e culturais. O conceito compartilha com o de “genocídio” a ideia de purificação, limpeza étnica, aniquilamento. Porém o primeiro não centra sua atenção sobre o ser humano como objeto direto da destruição, como o segundo o faz. A cidade é o símbolo do que é detestado: a polis encarna o lugar de civilização, o centro de poder a ser derrubado, o epicentro de encontros, de trocas entre as populações. Este acordo entre populações de diferentes comunidades que forjam um modo de morar baseado no multiculturalismo ou cosmopolitismo, em valores sociais e culturais torna-se um alvo para os beligerantes que buscam promover uma única identidade da sua comunidade e aniquilar os “geossímbolos”24 do encontro entre as populações e terminar com o “komsiluk” (boa vizinhança)25. O urbicídio é um crime complexo: além de uma grade de análise que se refere somente aos fatores étnicos, religiosos e linguísticos, demonstra que os conflitos são também o fruto de lutas entre urbanos e rurais, entre dois modos de morar opostos que não se entendem26. O apagamento da cidade do mapa não visa exclusivamente, como foi o caso durante toda a história da humanidade, ganhar a batalha ou a guerra e desmoralizar o inimigo27; objetiva instaurar uma supremacia também cultural sobre o inimigo, o “Outro”. Se, na cidade, se concentram os poderes econômicos, os centros de informação, os locais estratégicos, há uma densidade populacional que a torna vulnerável; nela também são sediados os monumentos que refletem uma identidade, uma história, uma cultura a serem apagadas da memória.

Não é à toa que alguns locais são visados pelos bombardeios ou ataques por explosivos. O geografo Rémi Baudouï sublinhou assim como o incêndio da biblioteca de Sarajevo, em agosto de 1992, testemunhou no plano simbólico da raiva que animava os militares sérvios o intuito de acabar com a “cultura do Outro”28. A ponte de Mostar, que ligava dois bairros étnicos diferentes, um bosniano e o outro croata, tornou-se alvo privilegiado também dos bombardeios sérvios. Essa folia assassina irracional, esse “meurtre rituel des villes”29 caracteriza também as exações dos grupos como os talibãs, Al Qaeda no Magrebe Islâmico-AQMI, Ançar Eddine e o Grupo Estado Islâmico (ISIS, segundo o acrônimo inglês) relatados acima. Ponto comum que podemos salientar à leitura dos discursos dos líderes dos beligerantes, ultranacionalistas ou jihadistas, que rejeitam a identidade do inimigo, é a necessidade de apagar as cidades consideradas “impuras”.

Vale destacar que, no Afeganistão, no Mali ou na Síria, no século XXI, os beligerantes privilegiaram o ataque do patrimônio do inimigo aos alvos políticos, econômicos ou militares estratégicos. Em razão da facilidade de derrubar e surrupiar os bens culturais? Ou em razão do forte simbolismo que as estátuas, museus, sítios arqueológicos, mausoléus ou manuscritos representam? Segundo François Chaslin, no seu livro Um ódio monumental30, a resposta é óbvia: “O conflito na ex-Iugoslávia expressa um ódio ao monumento, uma vontade de destruir tudo que participa de uma história comum” (trad. nossa).

Por estas razões, muitas vezes, os traços deixados pelos eventos de guerra nos tecidos urbanos estão carregados de fortes valores simbólicos e a fase de reconstrução torna-se um momento de reescrever a paisagem da memória da cidade. Os projetos de intervenções de restauração, reconstrução ou demolição pós-guerra são, nessa perspectiva, a expressão de narrativas coletivas que estabelecem uma relação cada vez diferente entre a cidade, o evento de guerra e sua memória31.

Uma vez contextualizado e definido, resta analisar de maneira crítica a contribuição do novo crime à teoria do direito penal internacional.

2. Vantagens e desvantagens do novo conceito “urbicídio”

Uma reflexão preliminar sobre o risco da criação de um novo crime pode suscitar, na teoria do direito, uma comparação entre os crimes preexistentes e o novo crime de urbicídio.

2.1. Efeitos nocivos da inflação normativa

Entendemos a intenção dos defensores da criação de um novo crime internacional suscetível de tornar o Tribunal Penal Internacional (TPI) competente: conscientizar a comunidade internacional da extrema gravidade da pulverização da identidade de uma população através de seu patrimônio; insistir também sobre o efeito profilático da consagração de um crime ao acentuar, dramatizar esse caráter grave de todos os atos predatórios para acabar com essas atrocidades. Porém não podemos negar as vicissitudes próprias que surgem quando se cria um novo conceito. Como delimitar precisamente as fronteiras deste crime em gestação? Como atender melhor o princípio de legalidade? Esse crime pode realmente ser considerado um crime internacional capaz de fundar a competência da jurisdição criminal internacional? Não é redundante com os outros crimes internacionais? De modo mais geral, quais são os critérios para avaliar a relevância da constituição de novos crimes internacionais? Sem pretensão de exaustividade, podemos citar as propostas recentes de criação de infrações relativas à proteção dos indivíduos e dos povos (escravidão, apartheiddiscriminação racial, tortura…), as relativas aos espaços e ao meio ambiente (ecocídio, pirataria, poluição, espaciocídio32…), as relativas à proteção do Estado, das organizações internacionais e de seus agentes (atos de terrorismo33…) ou as relativas às trocas internacionais (tráfico de entorpecentes, luta contra a corrupção internacional ou contra os paraísos fiscais…), as econômicas e financeiras34 etc.35. Todas são legítimas e dignas de atenção, porém não contribuem para inflação normativa criminal? Este crescimento exagerado não tem o risco de banalizar o crime internacional e finalmente tornar a luta contra a impunidade ineficaz?

Ao acolher todas essas propostas, chegaremos a uma hipótese de “non-droit”, quer dizer, a hipótese extrema da inefetividade do direito que seria a “ausência de direito em um determinado número de relações humanas onde a lei tinha a vocação teórica de estar presente”36, descrita pelo renomado sociólogo de direito francês, Jean Carbonnier, no meio do século passado. Tanto a escassez de direito quanto sua proliferação podem aniquilar ele mesmo, “como a serpente que se devora pela cauda. Em um imenso número de casos, ele devora fenômenos legais, neutraliza sua juricidade”37. Essa neutralização pela banalização já foi debatida e denunciada a respeito da qualificação quase sistemática dos massacres de população em genocídio (como foi feito para caracterizar os crimes na ex-Iugoslávia nos anos 90, no Darfur no Sudão, em Israel nos anos 2000 ou da juventude negra brasileira atualmente)38.

Em resumo: positivar o crime de “urbícidio”, seria o meio ruim para alcançar um bom objetivo? Precisa-se trivializar os crimes internacionais para “enobrecer” a destruição em massa do patrimônio da humanidade que assola atualmente várias regiões do mundo vítimas da ação de grupos obscurantistas ou de Estados visando nelas impor sua hegemonia? Essas questões merecem uma reflexão aprofundada para conciliar de maneira satisfatória a efetividade jurídica e a luta contra a impunidade.

Uma vez levantado o risco ligado à criação de um novo crime internacional, podemos questionar a sua relevância.

2.2. Comparação do crime de urbicídio com os crimes internacionais positivados

Na jurisprudência dos tribunais penais internacionais ad hoc e do TPI, a destruição deliberada dos bens culturais foi assimilada aos crimes contra a humanidade e aos crimes de guerra. Vale então desenhar as semelhanças e diferenças entre esses crimes.

Os crimes de urbicídio e os crimes contra a humanidade ou de guerra apresentam elementos comuns: visam aniquilar o inimigo e constituem atos de violência coletiva. Porém existem distinções profundas e intrínsecas. No crime contra a humanidade ou de guerra, os valores protegidos dos atos subjacentes visam diretamente a pessoa e, além disso, a espécie humana, como atentados à vida sob a forma de assassinato ou homicídio, atentados à integridade física e mental e à liberdade de deslocamento (sequestros e raptos). O crime de urbicídio é antes de tudo um crime direcionado contra o Estado. Mesmo se ele visa civis que vão sofrer na sua carne, visa de maneira colateral os símbolos do modelo combatido: a potência comercial e financeira, a supremacia militar, o poder político, o patrimônio cultural, através de um impacto simbólico e um grande choque midiático. Nota-se que o criminoso da humanidade ou de guerra busca eliminar os rastros das suas monstruosidades. Ao inverso, os responsáveis pelo urbicídio usam plenamente dos meios de comunicação para divulgar seus crimes. A violência contra o patrimônio, nesses últimos anos, foi teatralizada no intuito de melhor difundir o terror diante das populações visadas, e a reivindicação torna-se um elemento necessário. Parece que os bens são interesses jurídicos protegidos pelas duas incriminações, porém isso fica marginal para o crime contra a humanidade ou crime de guerra. O crime de urbicídio entende resguardar, tanto a pessoa humana quanto os bens da humanidade e os dos Estados. Enfim, o crime contra a humanidade ou de guerra só pode ser cometido por um Estado, enquanto os atos de urbicídio podem ser realizados por particulares para seus próprios interesses39.

Essas diferenças poderiam justificar a razão de ser do novo crime. Porém, do ponto de vista pragmático, sua concretização traz mais perguntas que soluções.

Com efeito, uma discussão a ser resolvida, por exemplo, é de determinar quais seriam os elementos da sua definição a serem comprovados para punir o crime de urbicídio. As evoluções da jurisprudência do Tribunal Penal para a ex-Iugoslávia – TPII corroboram a dificuldade quanto à qualificação do crime (crime de guerra ou crime contra a humanidade?) e quanto aos critérios exigidos para determinar se houve ou não um crime contra o patrimônio da humanidade.40 Em vários julgamentos, o TPII, de maneira solene, condenou os atos visando o patrimônio cultural41. No “caso Kordic”, julgado em 26 de fevereiro de 2001, o ato de demolição e degradação de edifícios consagrados à religião ou à educação, quando tal ato é perpetrado deliberadamente, foi equiparado a um ato de perseguição, posto que equivale a: “um ataque contra a identidade religiosa própria de um povo. Assim, o Tribunal exemplifica a noção de crime contra a humanidade, pois deste fato, é a humanidade no seu conjunto que é afetada pela destruição de uma cultura religiosa específica e dos objetos culturais vinculados”42. No “caso Miodrag Jokic”, o julgamento de 18 de março de 2004 puniu, mais uma vez, esses atos bárbaros de hostilidades contra o patrimônio cultural nesses termos: “O bombardeio da velha cidade de Dubrovnik (classificada na lista da UNESCO) constituiu um ataque não somente contra a história e o patrimônio da região mas também contra o patrimônio cultural da humanidade”43. No julgamento de 3 de março de 200044, T. Blaskic foi acusado por ter atacado o patrimônio cultural do inimigo. No entanto, o tribunal ad hoc entendeu de maneira restritiva o artigo 3° al. d). Foi estabelecido que o dano ou a destruição precisam ser cometidos de maneira deliberada contra edifícios claramente identificados como consagrados à religião ou ao ensino e não usados, no momento dos fatos, para fins militares. Neste “caso Blaskic”, o ataque contra os edifícios não caracterizou um dos quatro crimes internacionais, tornando o TPII competente, pois eles estavam localizados perto de objetivos militares, condição que legitima os bombardeios. No entanto, a jurisprudência da corte criminal evoluiu: no julgamento “Natelic e Martinovic” do 31 de março de 200345, a definição do crime não contemplou mais o elemento de proximidade do edifício bombardeado com os objetivos militares. Mas os juízes internacionais requereram a prova da intenção do autor do delito de degradar o imóvel, prova sempre delicada a fornecer, como é para qualquer elemento subjetivo. Essas exigências são compreensíveis, pois se trata da definição dos crimes internacionais, quer dizer, os de maior gravidade, que afetam a comunidade internacional no seu conjunto, justificando a competência excepcional dos tribunais penais internacionais e relativizando a soberania dos países beligerantes.

O terrorismo compartilha várias semelhanças com o urbicídio, em particular o de propagar o terror e destruir, não somente física mas também moralmente, uma parte da população civil, focar em alvos simbólicos da identidade do inimigo. Mas vale lembrar os fracassos da sociedade internacional ao definir o primeiro para descartar o raciocínio analógico46. Apesar de o terrorismo ser considerado uma das ameaças mais terríveis destas últimas décadas, não houve consenso internacional até hoje, para circunscrever este conceito47, o que não deixa pressagiar, pelo menos a curto prazo, novo conceito de urbicídio.

Mesmo que o desafio da delimitação do conceito esteja superado, restarão outras questões a serem resolvidas. Qual seria seu regime jurídico? O crime é mais grave que os outros crimes internacionais vigentes hoje no Estatuto de Roma? A sanção deveria ser agravada? Quais são as causas para se eximir da sua responsabilidade pela destruição de uma cidade?

Estes são apenas exemplos de incertezas jurídicas que o TPI permanente encontrará se o conceito de urbicídio vier a ser incorporado no artigo 8 do Estatuto de Roma. Além disso, a capacidade deste termo para abranger uma variedade de campos, tais como, direito, política internacional, urbanismo e arquitetura, história da arte, antropologia, filosofia e sociologia, tornará especialmente difícil estabelecer uma definição finita que satisfaça a todos.

Conclusão

A discussão doutrinária sobre a qualificação jurídica aplicável às violações voluntárias aos monumentos históricos tem o mérito de demonstrar as novas expectativas da sociedade internacional quanto à tutela do patrimônio da humanidade. Porém, por enquanto, parece mais conveniente conservar a principal caracterização de “crime de guerra” aplicada pelo TPI. Se a criação de um crime sui generis apresenta intelectualmente argumentos a favor, a mudança da terminologia poderia ser contraproducente. O governo francês, nas suas “50 proposições para proteger o patrimônio da humanidade” reveladas em 201548, propôs sistematizar o acionamento do TPI para responsabilizar individualmente os que perpetraram crimes de lesa-patrimônio (proposição n° 42) sem, no entanto, tentar modificar a qualificação de crimes de guerra para outro crime. Emendar o Estatuto de Roma no intuito de criar uma nova infração tem o risco de deixar entender, segundo Jean-Luc Martinez, redator das proposições, que as destruições das pedras podem ficar no mesmo patamar que os massacres da população, o que é difícil de ser compreendido pela opinião pública. Essa falta de legibilidade provocada pela alteração de jurisprudência seria contraditória com a preocupação de consolidar a efetividade das regras em germinação existentes. Ademais, o processo de reforma do Estatuto de Roma pode revelar-se arriscado pois a probabilidade de uma emenda entrar em vigor é fraca. Alterar as cláusulas do tratado de 1998 necessita da aquiescência da maioria dos 2/3 dos Estados membros da jurisdição criminal internacional e vinculará somente os Estados que ratificaram a emenda. Como o TPI está hoje sofrendo uma fase de contestação, em particular pelos países africanos que contestam sua legitimidade49 e também pelos presidentes russo, Vladimir Putin, norte-americano, Donald Trump, é melhor não dar oportunidade aos Estados de denunciar ou enfraquecer o ato constitutivo desta instituição judiciária, que demonstrou recentemente sua importante contribuição na luta eficaz contra a destruição do patrimônio da humanidade.


1 SARTRE-FAURIAT, Annie. Proche-Orient : patrimoines en grand danger. Anabases, Toulouse, n° 23, 2016, p. 139.

2 ROBICHEZ, Juliette. A destruição do patrimônio cultural da humanidade como instrumento de aniquilamento da dignidade da pessoa humana. A gênese da proteção jurídica do patrimônio cultural da humanidade. Diálogos possíveis, Salvador, v. 14, 2015, p. 96. – ROBICHEZ, Juliette. A proteção do patrimônio histórico-cultural da humanidade e a crise do direito internacional. In: MENEZES, Wagner; ANUNCIAÇÃO, Clodoaldo S. da, VIEIRA, Gustavo M. (org.). Direito internacional em expansão, Belo Horizonte: Arrães Ed., 2015, p. 122.

3 ROBICHEZ, Juliette. A destruição deliberada do patrimônio cultural da humanidade: “crime de guerra” ou crime contra a humanidade”? Revista de Direito Internacional, 2020, v. 17, n.° 3, Dossiê temático: Direito da arte e do patrimônio cultural, p. 357. Disponível em: https://www.publicacoesacademicas.uniceub.br/rdi/article/view/6591. Acesso em: 21 abr. 2021.

4 Definido no artigo 4, A, §6 da Terceira Convenção de Genebra. Termo francês para a conscrição durante as Guerras Revolucionárias francesas, particularmente a de 23 de agosto de 1793.

5 DUFOUR, Jean-Louis. La guerre, la ville et le soldat. Paris: Odile Jacob, 2002.

6 DUFOUR, Jean-Louis. Villes et combats urbains au XXe siècle, in Guerres mondiales et conflits contemporainsParis, 2002/2, n° 206, p. 95. Disponível em: https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2002-2-page-95.htm. Acesso em: 07 mai. 2019.

7 UNESCO. Quatorzième assemblée générale des États parties à la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. Paris, 14-15/Out/2003, p. 2. Disponível em: <http://whc.UNESCO.org/archive/2003/whc03-14ga-inf01f.pdf>. Acesso em: 10 fev. 2014.

8 Por enquanto, os crimes internacionais são: crime de genocídio, crime contra a humanidade, crime de guerra e crime de agressão.

9 Resolução 2085 (2012). Disponível em: <http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2013/02/15/patrimoine-mondial_1833424_3210.html>. Acesso em: 05 mai. 2014.

10 No seu sentido próprio de aterrorizar a população.

11 CABANES, Valérie. Un nouveau droit pour la terre. Pour en finir avec l’écocide. Paris: Seuil, 2016.

12 Colóquio sobre as cidades destruídas nas guerras recentes, 31 jan. 1995, Ecole d’architecture de Paris-La Défense, sob a iniciativa da revista Urbanisme et da Associação Patrimônio sem Fronteiras. V. EDELMANN, Frédéric. Comment réconcilier les villes martyres et leur histoire. Le Monde, Paris, 11 fev. 1995. Disponível em: <http://www.lemonde.fr/archives/article/1995/02/11/comment-reconcilier-les-villes-martyres-et-leur-histoire_3836761_1819218.html#mQ8aDPHigO6hDpLU.99>. Acesso em: 14 mar. 2017.

13 Neologismo elaborado a partir da palavra “war”, guerra em inglês e “architecture”, arquitetura.

14 GREES. Urbicide à Sarajevo. Blogue Immersion à Sarajevo, s.d. Disponível em: <https://grees2009.wordpress.com/nos-recherches/urbanisme/urbicide-a-sarajevo/>. Acesso em: 14 mar. 2017. Fato interessante, o neologismo “urbicídio” não foi traduzido em inglês na mídia nova-iorquina, o outro “warchitecture-Sarajevo”, associando a palavra “guerra” e “arquitetura”, foi privilegiado para falar de uma cidade “ferida” (“A Wounded City”). V. STOREFRONT FOR ART AND ARCHITECTURE. Warchitecture-Sarajevo: a Wounded City. 04 fev. 1995. Disponível em: <http://storefrontnews.org/programming/warchitecture-sarajevo-a-wounded-city/>. Acesso em: 14 mar. 2017.

15 Une exposition sur Sarajevo au Centre Pompidou. Les ruines d’une ville assiégée. Le Monde, Paris, 03 mai. 1994. Disponível em: <http://www.lemonde.fr/archives/article/1994/05/03/une-exposition-sur-sarajevo-au-centre-pompidou-les-ruines-d-une-ville-assiegee_3829085_1819218.html#0D7axomAHhypp4uf.99>. Acesso em: 07 set. 2016.

16 BOGDANOVIC, Bogdan. Vukovar, Sarajevo. La guerre en ex-Yougoslavie. Paris: Ed. Esprit, 1993.

17 Pourquoi Sarajevo. Le Monde, Paris, 27 mai. 1994. Disponível em: <http://www.lemonde.fr/archives/article/1994/05/27/pourquoi-sarajevo_3831329_1819218.html#rUgtrD2dZmqhOEYS.99>. Acesso em: 07 set. 2016. Tradução nossa: “O urbicídio,o memoricídio e a limpeza étnica ficarão impunes? Nenhum tribunal internacional nunca julgará os autores destes delitos de lesa-humanidade?”

18 Por ex.: MAZZUCCHELLI, Francesco. Urbicidio. Il senso dei luoghi tra distruzioni e ricostruzioni nelle ex Jugoslavia. Bononia University Press, Bolonha, 2010.

19 LEMKIN, Raphael. Chapter IX: Genocide. In: ______. Axis Rule in Occupied Europe: Laws of Occupation – Analysis of Government – Proposals for Redress. Washington: Carnegie Endowment for International Peace, 1944. p. 79-95. Disponível em: <http://www.academia.edu/5846019/Raphael_Lemkin_-_Axis_Rule_in_Occupied_Europe_Laws_of_Occupation_-_Analysis_of_Government_-_Proposals_for_Redress_Chapter_IX_Genocide_&gt;. Acesso em: 08 mai. 2019.

20 MOORCOCK, Michael. Dead God’s Homecoming. Science Fantasy, n° 59, Nova Publishing, 1963, apud WIKIPEDIA, Urbicídio. Disponível em: <https://es.wikipedia.org/wiki/Urbicidio>. Acesso em: 08 mai. 2019. Nesta obra, o protagonista Elric, imperador de Melniboné, abandona seu trono para viajar e assiste impotente à destruição do seu mundo para deixar seu lugar ao nosso.

21 Por exemplo: MARSHALL, Berman. Falling Towers: City Life After urbicide, in CROW, Dennis, Geography and Identity. Ed. Maisonneuve Press, Washington, 1996, p. 172.

22 Pensamos em Troia sitiada e devastada pelos Gregos (1240 a.C.); a tomada de Cartago, cidade sediada no norte da África, originariamente colônia fenícia pelos Romanos que se espalharam pela cidade e semearam as terras de sal para que nada mais repele como diz a lenda (146 a.C.); a tomada de Tenochtitlán (antigo México), capital dos Astecas, pelos Espanhóis (1521)…

23 VIRILIO, Paul. Stratégie de la déception: à partir du conflit au Kosovo, réflexion sur la stratégie militaire du contrôle et de désinformation tous azimuts. Paris: Ed. Galilée, 2000.

24 TRATNJEK, Bénédicte. Des ponts entre les hommes : les paradoxes de géosymboles dans les villes en guerre. Cafés géographiques, rubrique Vox geographi, 12 dez. 2009. Disponível em: <https://halshs.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/440892/filename/Des_ponts_entre_les_hommes.pdf>. Acesso em: 28 mai. 2019.

25 O termo “komsiluk”, de origem turca, designa as relações de vizinhança no seu conjunto. Na Bósnia-Herzegovina, no contexto pluricomunitário bosníaco, o termo abrangia um sistema de coexistência cotidiana entre as diferentes comunidades. Expressava-se essencialmente no trabalho, na vida hodierna, na associação na comemoração de todos aos eventos religiosos e familiares. BOUGAREL, Xavier. Bosnie. Anatomie d’un conflit. Paris: La Découverte, 1996, p. 81.

26 TRATNJEK, Bénédicte. La notion d’urbicide : exemples en ex-Yougoslavie. Blogue Géographie de la ville en guerre, 22 out. 2008. Disponível em: <http://geographie-ville-en-guerre.blogspot.com.br/2008/10/la-notion-durbicide-dimensions.html>. Acesso em: 07 set. 2016. Podemos também citar o exemplo de Phnom Penh, capital da Camboja, que sofreu graves destruições e descuidados durante a República Khmer (1970-1975). A “Pérola da Ásia” foi bombardeada pelas tropas comunistas e esvaziada durante quase quatro anos. Em 1975, a nova Kampuchea democrática evacuou pela força seus dois milhões de residentes para que estes trabalhassem nas fazendas rurais e se tornem o “novo povo”. Ver a obra cinematográfica sobre este tema: The killing Fields. Direção de Rolland JOFFÉ, Reino Unido, 1984 (138 min.).

27 Pensamos nos bombardeios de Paris e Londres na Primeira Guerra Mundial, de Guernica durante a guerra civil na Espanha ou Hiroshima e Nagasaki durante a Segunda Guerra Mundial.

28 BAUDOUï, Rémi. De la menace atomique aux conflits de “faible intensité”. L’emprise croissante de la guerre sur la ville. Annales de la recherche urbaine, n° 91, dossier “Villes et guerres”, 2001, pp. 31-32.

29 Idem. “Assassinato ritual de uma cidade”. (trad. nossa)

30 CHASLIN, François. Une haine monumentale. Essai sur la destruction des villes en ex-Yougoslavie. Paris: Descartes & Cie, 1997. – V. também TRATNJEK, Bénédicte. La notion d’urbicideOp. cit.

31 Uma das primeiras medidas adotadas pela população vítima desses atos bárbaros foi de reconstruir a ponte de Mostar ou os mausoléus de Tombuctu.

32 HANAFI, Sari. Spatiocide, réfugiés, crise de l’Etat-nation. Multitudes, Paris, 2004-4, n° 18, p. 187. Disponível em: <http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=MULT_018_0187>. Acesso em: 17 mar. 2017 – LEVY, Jacques. Topologie furtive. Espacestemps.net, 2008. Disponível em: <http://www.espacestemps.net/articles/topologie-furtive/>. Acesso em: 17 mar. 2017. Esses autores demonstram que o espaço é um recurso usado pelo Estado israelense para impedir a construção estatal palestina: as políticas de expropriações gerais das terras, deslocamento ou expulsão maciça dos habitantes; o assentamento consistente, exaustivo e definitivo por colonos visa a romper a continuidade territorial, a suprir a relação entre Palestino e seu território.

33 ROBICHEZ, Juliette; SPÍNOLA, Luíza M. C. A complexa definição de ato terrorista como crime contra a humanidade. Revista da Faculdade de Direito – UFPR, Curitiba, v. 65, n° 2, mai./ago. 2020, p. 149. Disponível em: https://revistas.ufpr.br/direito/article/view/69797/41512. Acesso em: 17 dez. 2020. V. também: MOLINS, François. Actes de terrorisme : nouveaux crimes contre l’humanité ? Paris: Colloque à la Cour de cassation: 70 ans après Nuremberg – Juger le crime contre l’humanité, 30 set. 2016. Disponível em: <https://www.courdecassation.fr/IMG/F%20Molins%20-%20Actes%20de%20terrorisme%20%20noueaux%20crimes%20contre%20l%20humanit%C3%A9%20-%2070%20apr%C3%A8s%20Nuremberg%20-%20Juger%20le%20crime%20contre%20l%20humanit%C3%A9.pdf>. Acesso em: 17 mar. 2017.

34 MUNIZ, Lucas Maia Carvalho. A tutela dos crimes contra o sistema financeiro nacional no Tribunal Penal Internacional. Trabalho de Conclusão de Curso, Faculdade Ruy Barbosa, Curso de direito, orientador: Juliette Robichez, 2013 (n.p.).

35 Para maiores desenvolvimentos V. ASCENSIO, Hervé, DECAUX, Emmanuel, PELLET, Alain. Droit international pénal. Paris: A. Pedone, 2° ed., 2012, pp. 183 e s.

36 CARBONNIER, Jean. Flexible droit. Pour une sociologie du droit sans rigueur. Paris: LGDJ, 7° ed., 1992, p. 23 e s. Trad. nossa.

37 Idem. Trad. nossa

38 Ex.: JARREAU, Patrick. Simone Veil s’inquiète de la banalisation du génocide des juifsLe Monde, Paris, 18 mai. 2003. Disponível em: <http://abonnes.lemonde.fr/une-abonnes/article/2003/05/15/simone-veil-s-inquiete-de-la-banalisation-du-genocide-des-juifs_320122_3207.html?xtmc=simone_veil_s_inquiete_de_la_banalisation_du_genocide&xtcr=1>. Acesso em: 21 abr. 2019.

39 V. ausência de consenso sobre essa questão no debate na Comissão de Direito Internacional sobre o projeto de código dos crimes contra a paz e a segurança da humanidade. ACDI, 1986, vol. II, 2 e partie, p. 48, § 98. V. também ACDI, 1990, vol. II, 2 e parte, comentários do art. 16 in fine, p. 29. Contra: Resolução da AG/OEA, 30/06/70, equiparando os atos de terrorismo a crimes contra a humanidade. Mesma posição nas resoluções 863 de 1986, 1170 de 1991 e na recomendação 1644 de 2004 da Assembleia Parlamentar do Conselho da Europa. V. ROBICHEZ, Juliette; SPÍNOLA, Luíza M. C. Loc. cit.

40 DIAS, Anauene. Destruição do patrimônio cultural: crime de guerra. Revista Via IurisBogotá, 2018, n° 25, p. 1. Disponível em: <https://www.academia.edu/38358730/Destruição_do_patrimônio_cultural_como_crime_de_guerra.pdf?email_work_card=view-paper>. Acesso em: 28 mai. 2019.

41 CARDOSO, Tatiana de Almeida F. R. Novos desafios ao direito internacional humanitário: a proteção dos bens culturais em caso de conflito armado. Revista de Direitos Fundamentais e Democracia, Curitiba, v. 14, n° 14, jul./dez. de 2013, p. 196. Disponível em: <http://revistaeletronicardfd.unibrasil.com.br/index.php/rdfd/article/view/381/338>. Acesso em: 25 jul. 2018.

42 TPII – TRIBUNAL PENAL INTERNACIONAL PARA EX-IUGOSLÁVIA. Câmara de Primeira Instância. Procurador v. Kordic & Cerkez. 27 fev. 2001. N° IT-95-14/2-T. <Disponível em http://www.icty.org/x/cases/kordic_cerkez/tjug/fr/kor-010226f.pdf>. Acesso em: 21 mar. 2014, pp. 64 e 65; p. 101 e s. e p. 311 e s. Trad. livre

43 TPII – TRIBUNAL PENAL INTERNACIONAL PARA EX-IUGOSLÁVIA. Câmara de primeira instância I. Procurador c. Miodrag Jokic. 18 mar. 2004. N° IT-01-42/1-S. Disponível em: <http://www.icty.org/x/cases/miodrag_jokic/tjug/fr/jok-sj040318f.pdf>. Acesso em: 21 mar. 2014, p. 21 e s. Trad. livre.

44 TPII – TRIBUNAL PENAL INTERNACIONAL PARA EX-IUGOSLÁVIA (2000a). Câmara de Primeira Instância I. Procurador c. Tihomir Blaskic.03 mar. 2000. N° IT-95-14-T. Disponível em: <http://www.icty.org/x/cases/blaskic/tjug/fr/bla-tj000303f.pdf>. Acesso em: 21 mar. 2014, p. 5 e s., pp. 53 e 56, p. 63 e s., p. 144 e s.

45 TPII – TRIBUNAL PENAL INTERNACIONAL PARA EX-IUGOSLÁVIA. Câmara de primeira instância. Procurador v. Mladen Naletilic e Vinko Martinovic. 31 mar. 2003. N° IT-98-34-6. Disponível em: <http://www.icty.org/x/cases/naletilic_martinovic/tjug/fr/tj030331f.pdf>. Acesso em: 21 mar. 2014, p. 230 e s., pp. 274-275.

46 ROBICHEZ, Juliette; SPÍNOLA, Luíza M. C. Loc. cit.

47 JAPIASSÚ, Carlos Eduardo A. Coleção para entender: o Direito Penal Internacional. Belo Horizonte: Del Rey, 2009. – MALUF, Elisa L. Terrorismo e prisão cautelar: eficiência e garantismo. São Paulo: LiberArs, 2016.

Ver referências in: ROBICHEZ, Juliette; SPÍNOLA, Luíza M. C. Loc cit.

48 MARTINEZ, Jean-Luc.Cinquante propositions françaises pour protéger le patrimoine de l’humanité. In: Rapport au Président de la République sur la protection du patrimoine en situation de conflit armé. Nov. 2015. Disponível em: <http://www.elysee.fr/assets/Uploads/Cinquante-propositions-francaises-pour-proteger-le-patrimoine-de-lhumanite.pdf>. Acesso em: 05 fev. 2017.

49 Acusado de ser uma instituição “racista e neocolonial” pela União Africana, alguns Estados africanos manifestaram sua vontade de sair da organização internacional. A partir de 2015, a África do Sul, o Burundi e a Gâmbia introduziram um processo de denúncia do Tratado de Roma de 1998.Ver ROBICHEZ, Juliette. A justiça penal internacional e a África. Análise crítica do “afrocentrismo” do Tribunal Penal Internacional. Cientifico, Salvador, 2018, p. 147. Disponível em: <https://revistacientefico.adtalembrasil.com.br/cientefico/article/view/626/390>. Acesso em: 21 abr. 2019.

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Denez (Prigent) chante – en breton – sur tous les continents, mais ne passe quasiment jamais à la télévision dans son propre pays. « Je n’ai rien contre le français, explique-t-il. En revanche, certains voudraient que je ne sois que français. Là, je dis non. » Entretien.

 

Écrit par Michel Feltin-Palas

Chanter en langue régionale n’est pas l’idéal pour faire carrière, sauf, apparemment, quand on a le talent de Denez. Cet artiste étonnant parvient à donner – en breton – des concerts à Paris, en Écosse, en Espagne, en Allemagne, au Québec, au Kazakhstan, en Chine… L’un de ses titres a même été repris par le réalisateur Ridley Scott (Alien, Blade Runner…) dans son film La chute du faucon noir.
Denez a sorti ce 16 avril son onzième album (1), mêlant chant d’inspiration traditionnelle, trame électro, musique acoustique, musiciens solistes, percussionnistes et sonneurs de bagad. Des compositions originales, souvent envoûtantes, dominées par sa voix singulière, qui contribuent à redonner ses lettres de noblesse à une culture souvent méprisée. Une fois n’est pas coutume : c’est sous forme d’entretien que se présente donc cette semaine cette lettre d’information. Pour laisser la parole à un homme rare.
Le breton est-il votre langue maternelle ?
Presque. Mes parents m’ont éduqué en français, mais je passais beaucoup de temps chez ma grand-mère, dans une petite ville du Léon où 95 % de la population parlaient breton. Je ressentais un lien entre cette langue que j’entendais, la force du vent et la beauté des paysages alentour. J’étais fasciné. À 10-12 ans, je parlais les deux langues.
Pourquoi chantez-vous en breton ?
Il n’y a qu’en France que ce genre de situations étonne… Si j’étais né au Tibet, je chanterais en tibétain ; Je suis né en Bretagne, il me paraît naturel de parler breton. Le français est une très belle langue, mais chaque langue a sa beauté. Je me souviens d’avoir été invité à une émission de radio avec un homme qui avait réalisé le tour du monde pour écrire un livre sur les odeurs. Je lui ai expliqué qu’en breton, on ne « respire » pas un parfum de fleurs mais qu’on « l’entend ». Il n’en revenait pas. « Je n’ai rencontré cela nulle part ailleurs », m’a-t-il dit, en avouant ne pas avoir enquêté en Bretagne. C’est typique : les Français ne savent pas voir l’étrangeté dans leur propre pays.
Votre carrière a-t-elle pâti du choix de cette langue ?
Sans doute. On m’a souvent dit : « Avec ta voix, si tu chantais en français, tu aurais beaucoup plus de succès. » J’ai toujours refusé car ce n’est pas dans mon ADN. Je n’ai rien contre le français. En revanche, certains voudraient que je ne sois que français. Là, je dis non. Le breton est ma langue de cœur.
Tout de même : cela ne vous ferme-t-il pas certaines portes ?
C’est certain. Mes disques ne passent en général que sur les radios bretonnes. Dans les télévisions et les radios nationales, on me dit : « C’est en breton ? Alors pas question : les gens ne comprendront pas. » Je leur demande alors pourquoi ils passent des chansons en anglais.
Et que vous répond-on ?
Rien. Ils se retrouvent face à leurs contradictions.
Sur votre dernier disque, l’un des titres est en trois langues : breton, français et anglais. Pourquoi ce choix ?
Je ne me suis pas posé la question. L’idée était simplement de réunir autour d’un style musical qui ne leur était pas familier trois artistes différents : Aziliz Manrow, qui vient de la country ; Oxmo Puccino, issu du rap français, et moi-même, habitué au chant en langue bretonne.
Vous replier sur le breton n’est-il pas une forme de communautarisme ?
Cet argument est incroyable ! En France, une petite caste parisienne a imposé sa culture à toutes les autres régions et c’est moi, qui suis bilingue, que l’on accuse de repli ! En réalité, les communautaristes, ce sont les partisans de la langue unique. Pour moi, la France est une grande prairie où s’épanouissent des fleurs différentes. La Bretagne est l’une de ses fleurs, le Pays basque une autre, l’Alsace une troisième, etc. Là est notre richesse. Et au lieu de s’émerveiller devant cette beauté, Paris veut transformer cette prairie en un champ de blé avec des épis identiques et tous alignés ! Pourquoi la France s’émerveille-t-elle de sa diversité dans la gastronomie et dans les paysages, et pas dans la culture ? La vie, c’est la différence !
Comment envisagez-vous l’avenir du breton ?
Avec pessimisme. L’Unesco le classe parmi les langues « sérieusement en danger » et c’est hélas la réalité. La plupart des locuteurs sont âgés et ne sont pas remplacés par les jeunes. Il y a encore un espoir, bien sûr, mais si l’on ne change rien à la politique linguistique actuelle, cela ne suffira pas. Or le breton n’est pas un patrimoine « régional », mais un patrimoine universel. C’est la seule langue présente sur notre territoire qui nous rattache à notre passé gaulois ! Laisser dépérir la langue bretonne n’est pas seulement un crime contre la Bretagne : c’est un crime contre la France !
Que faudrait-il faire ?
Il y a une mesure simple à prendre : généraliser dans toutes les écoles de la Bretagne bretonnante l’enseignement du breton – au côté du français. C’est la seule mesure efficace pour former de nouveaux locuteurs. Et c’est aussi une mesure de justice.
En quoi ?
Cette région a vécu un traumatisme. Pendant des décennies, on a interdit aux élèves de parler à l’école la langue qu’ils avaient entendue dans le ventre de leur mère et qu’ils entendaient dans leur famille. Pire : on les a punis à coups de règles en leur posant un objet humiliant autour du cou dont ils ne pouvaient se débarrasser qu’en dénonçant un autre enfant « coupable » de parler breton. Voilà comment on a convaincu les Bretons de « choisir » le français. Le retour au bilinguisme est le seul moyen de réparer ce qu’il convient d’appeler un crime contre l’humanité.
Vous n’exagérez pas un peu ? La France n’est tout de même pas l’URSS …
Non, mais il existe plusieurs formes de dictature. On peut tuer un peuple par des méthodes brutales – comme a tenté de faire Staline en russifiant les pays baltes. On peut aussi le tuer à petit feu, c’est la méthode française. C’est une dictature un peu sourde, mais c’est une dictature.
Avec un tel discours, n’êtes-vous pas tenté de vous impliquer en politique ?
Non. Ma vocation reste le chant. Beaucoup de gens me disent qu’ils se sont mis à apprendre le breton après m’avoir entendu. Certains d’entre eux l’enseignent aujourd’hui. C’est peut-être ma manière de faire de la politique.

 

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Jitomate, aguacate, calabaza, vainilla, frijol, amaranto, elíxires de agave: no cabe duda de que el legado mesoamericano a la gastronomía global es, por decir lo menos, extraordinario. Pero quizás el mayor de los tesoros alimenticios de origen mexicano sea el maíz. Estamos hablando del monocultivo más vasto del planeta; un mar de mazorcas variopintas que inunda el mercado de los alimentos.

Escrito por Andrés Cota Hiriart

Jitomate, aguacate, calabaza, vainilla, frijol, amaranto, elíxires de agave: no cabe duda de que el legado mesoamericano a la gastronomía global es, por decir lo menos, extraordinario. Pero quizás el mayor de los tesoros alimenticios de origen mexicano sea el maíz, Zea mays, cuya domesticación a partir del teocintle (Euchlaena mexicana Schrod, su ancestro de ocurrencia natural) se remonta a hace nueve mil años. Al menos, ese es el consenso actual, aunque su origen pudiera ser aun más remoto; ya lo dirá el registro fósil. Lo seguro es que el maíz ha probado ser trascendente no solo para las culturas mesoamericanas —que, nutriéndose de sus granos, fundaron imperios emblemáticos: olmecas, mexicas, mayas, zapotecas, mixtecos y demás naciones que adoraban una deidad particular asociada a esta planta: Cintéotl, Yum Kaax, Pitao Cozobi— sino para la humanidad en toda la extensión del término, ya que, con el transcurrir de los siglos, el oro de los pastos estaría destinado a consagrarse como el alimento de mayor relevancia a escala mundial.

Así como es imposible comprender la evolución temprana de nuestra especie sin la innovación tecnológica aplicada a cocinar los alimentos —y la cascada de complejidad nutricional y asimilación energética para el organismo que conlleva este proceso—, lo es también evocar la cuna de la civilización, cualquiera que esta sea, sin traer a cuento la agricultura y los granos primordiales. Si bien somos primates de naturaleza predominantemente omnívora, con un gusto marcado por la carne, la verdad es que el grueso de nuestros apetitos y demandas energéticas no podría satisfacerse sin los componentes de origen vegetal en nuestras dietas. Sin los tubérculos, las nueces, los brotes, las frutas, las legumbres, los azúcares y los aceites pero, sobre todo, sin los cereales, sencillamente no estaríamos donde estamos. No se puede concebir el desarrollo moderno sin los aportes nutrimentales que trajo consigo la revolución agroindustrial.

Si es cierto que somos lo que comemos, entonces, fundamentalmente, somos lo que sembramos. De acuerdo con estimaciones de la Organización de las Naciones Unidas de la Alimentación y la Agricultura (FAO, por sus siglas en inglés), aproximadamente 90% del consumo energético alimenticio a nivel mundial proviene de los cultivos y, de este cuantioso margen, dos terceras partes provienen solo de tres cereales: el maíz, el arroz y el trigo, que constituyen el alimento base para unos 4 mil 500 millones de personas.

gatopardo maiz-somos-el-tesoro-alimeticio-de-origen-mexicano cesar rodriguez 2

Maíz palomero de la región otomí de San Bartolo Morelos, en Estado de México.

No hay otra forma de decirlo: más que ningún otro factor, las plantas nos han hecho quienes somos. Y entre la amplia diversidad botánica, los pastos o gramíneas son el grupo que ha desempeñado el papel más determinante en nuestra historia, puesto que en gran medida la humanidad entera se sustenta de ellas. La mayor parte de la dieta de los seres humanos contemporáneos se obtiene de las gramíneas, tanto en forma directa (granos de cereales y sus derivados, como harinas y aceites) como indirecta (carne, leche y huevos, que provienen del ganado y las aves de corral que se alimentan de forrajes y granos, significativamente constituidos por maíz). Y es que, al menos en su origen, las grandes civilizaciones de la antigüedad se erigieron sobre los cereales (el maíz, el arroz, el trigo, la avena, la cebada, el centeno, etcétera), que no son más que pastos modificados, domesticados a lo largo de generaciones, por medio de la selección artificial para obtener cada vez más granos de sus espigas.

O, cuando menos, ese es el discurso que solemos favorecer: que nosotros amansamos a los pastos y no al revés. Aunque cabe cuestionarse: ¿quién domesticó realmente a quién?, ¿el animal pensante a las plantas que comenzó a cultivar a mansalva? o ¿fueron ellas las que nos subyugaron a nosotros? Porque los que cambiamos de forma drástica (para bien y para mal) a raíz de la relación de interdependencia que comenzó a fraguarse entre el Homo sapiens y sus cultivos fuimos nosotros o, mejor dicho, nuestros antepasados, quienes pasaron de llevar un estilo de vida nómada, de cazadores-recolectores, con una dieta sumamente variada y compleja, a una vida sedentaria y dependiente por completo de esas contadas especies de plantas de las que nos empezamos a valer. Este compromiso de exclusividad probaría ser de por vida.

Desde esta perspectiva, ¿no podría ser que, como propone Michael Pollan en The Botany of Desire: A Plant’s-Eye View, la agricultura fuera el resultado de una manipulación gestada por los pastos y los cereales para propagarse, de la mano del mono consciente, por el mundo?; ¿qué mejor estrategia para traspasar las limitantes intrínsecas de un organismo sésil y con alcances de dispersión relativamente modestos que manipular al humano incauto y, gracias a sus cuidados y esmero, multiplicarse de manera exponencial y alcanzar todos los resquicios fértiles del planeta? Hasta donde sabemos, las plantas carecen de intenciones concretas, por lo que tendría que haber sido un proceso no premeditado; sin embargo, con agenda o sin ella, los cereales se vieron altamente beneficiados en términos evolutivos a partir de su relación con el ser humano y emigraron de sus sitios de origen particulares para abarcar el mundo entero.

El asunto es que, a cambio de unos cuantos nutrientes esenciales, los humanos estuvimos dispuestos a hacer lo que fuera necesario por nuestros pastos. Sin detenernos a pensar en las consecuencias ecológicas, allanamos estepas, drenamos mantos acuíferos, rociamos los terrenos con herbicidas, insecticidas y abonos, nos esclavizamos con devoción al trabajo de la tierra y deforestamos porciones inmensas del globo terráqueo para convertirlas en campos de cultivo. Y quizás no exista mejor ejemplo de esta saga desenfrenada que lo acontecido con el maíz desde sus albores.

gatopardo maiz-somos-el-tesoro-alimeticio-de-origen-mexicano cesar rodriguez

Para preservar y promover el maíz nativo y el consumo de sus derivados, se celebra el concurso de La Mazorca más Grande del Mundo cada año en Jala, Nayarit, con ejemplares de hasta 50 centímetros de largo.

Actualmente, el maíz constituye el principal producto agrícola a nivel mundial. Desde hace varias décadas, su producción y demanda son mayores que las de cualquier otro cereal (o, en realidad, de cualquier otro alimento). Su producción anual hoy en día rebasa los mil cien millones de toneladas en grano; esta cantidad se cultiva en 1 620 000 km² (digamos que sería equivalente a México, si le sustrajéramos la superficie correspondiente al estado de Chihuahua). Estamos hablando del monocultivo más vasto del planeta; un mar de mazorcas variopintas que inunda el mercado de los alimentos. Los jarabes que provienen del maíz, con alto contenido de fructosa, se enlistan como endulzante de buena parte de la oferta en el extenso catálogo de productos ultraprocesados; múltiples empresas codician sus almidones y aceites; y sus etanoles se han consolidado como biocarburantes en el lucrativo negocio de las energías renovables. Sin ir más lejos, en 2018, el valor de la exportación del maíz alcanzó los 33 mil 900 millones de dólares.

No es de extrañar entonces que los dos mayores productores de maíz a nivel mundial sean las superpotencias, Estados Unidos y China, que amasan cerca de 60% de la producción total, ni que Monsanto, Dupont y otras transnacionales ambicionen controlar fracciones cada vez más grandes del mercado con su biotecnología feroz, sus transgénicos homogéneos y patentados que ponen en riesgo, de paso, a la variedades nativas de maíz que aún se cultivan en diversas regiones de México y Centroamérica, y que representan la seguridad alimentaria de decenas de millones de habitantes que viven debajo del margen de la pobreza.

En cuanto a México, las cosas no marchan nada bien, a pesar de ocupar el séptimo puesto en el índice de mayores productores. La nación que legó este glorioso alimento al mundo también se destaca como el segundo mayor importador de sus granos; la precarización laboral, no obstante, engulle al campo mexicano. Recientemente, el gobierno federal anunció que el maíz transgénico y los agroquímicos como el glifosato se eliminarán de forma paulatina del campo mexicano, hasta su desaparición completa en 2024, con el propósito de contribuir a la seguridad y a la soberanía alimentarias, y como medida especial de protección al maíz nativo, la milpa, la riqueza biocultural, las comunidades campesinas, el patrimonio gastronómico y la salud. Falta ver que se logre.

 

[Fotos: César Rodríguez – fuente: http://www.gatopardo.com]

Le vendredi 9 avril est lancée Nutrisco, la bibliothèque numérique patrimoniale du Havre, qui vient rejoindre le programme « Gallica marque blanche » proposé par la Bibliothèque nationale de France. Ce dispositif de coopération numérique permet de partager les savoir-faire et l’expertise technique de la BnF avec ses partenaires afin de mieux valoriser leurs collections en ligne.

ActuaLitté

Ce sont ainsi 15.000 documents conservés à la Bibliothèque municipale du Havre – qui fait partie du réseau des Bibliothèques numériques de référence – et dans d’autres institutions havraises, qui sont rendus accessibles au plus grand nombre, témoignant de la richesse du patrimoine local. Nutrisco est enrichie de nombreux documents relatifs au Havre issus de Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, qui réunit aujourd’hui plus de 8 millions de documents.

De même, cette collaboration entre les deux bibliothèques permet d’intégrer la richesse du patrimoine havrais à Gallica, et de réunir numériquement les ressources issues de la BnF et celles de la ville du Havre dans une même bibliothèque.

Une mise en valeur du fonds remarquable du patrimoine havrais

Le nom Nutrisco, « Je me nourris » en latin, est inspiré de « Nutrisco et extinguo », la devise du Havre et de François Ier, fondateur de la ville en 1517, et annonce la richesse des collections dévoilées dans la bibliothèque numérique. Cette dernière rassemble les collections numérisées issues de la Bibliothèque municipale du Havre et de différentes institutions havraises, telles que les Archives municipales du Havre, le Centre havrais de recherches historiques, la Société havraise d’études diverses, etc. S’y trouvent des images, des cartes, des livres, des manuscrits et des journaux concernant Le Havre et la Normandie, mais aussi des documents tournés vers le reste du monde, témoignages du rayonnement international du Havre et de son port à travers l’histoire.

Nutrisco met en valeur de nombreuses images, notamment des représentations de la ville au fil des époques (dessins, estampes, photographies) et permet de redécouvrir Le Havre d’autrefois, presque totalement disparu depuis les bombardements de 1944. Parmi ces images se trouve un des célèbres Soleil au zénith du photographe Gustave Le Gray.

La bibliothèque numérique patrimoniale contient également de nombreux documents relatifs à l’ouverture du Havre vers la mer et le reste du monde, comme un Atlas nautique ou Atlas portulan de l’Europe, de l’Afrique et des Amériques, exécuté entre 1535 et 1547, peu de temps après la découverte de l’Amérique, ou encore un recueil manuscrit de sourates de 1835 trouvé dans la poche d’un esclave brésilien.

Les collections patrimoniales du Havre sont également riches de nombreux trésors manuscrits désormais consultables, tels la Chronique de Fontenelle (1050) – le plus ancien document conservé -, mais aussi le journal d’un jeune Havrais de 14 ans sous le Second Empire, Armandus Roessler, en 11 volumes abondamment illustrés par l’auteur.

Par la suite, Nutrisco sera alimentée de manuscrits d’écrivains havrais conservés par la Bibliothèque municipale du Havre, notamment ceux de Raymond Queneau et de Bernardin de Saint-Pierre.

Les collections numérisées sont présentées selon six grandes thématiques pour proposer la plus large représentation des fonds et satisfaire tous les publics : Le Havre en images (avec différents sous-chapitres illustrant les bains de mer, le Havre avant 1944, le Havre bombardé, etc.) ; Le Havre en cartes depuis la Renaissance ; Le Havre : port, commerce, industrie ; Histoire du Havre (manuscrits et imprimés) ; Culture, science et sport havrais ; Trésors et curiosités.

Dès son ouverture, Nutrisco donne accès à près de 15.000 documents de la Bibliothèque municipale du Havre et autres institutions havraises, soit plus de 11.500 photographies, une centaine d’estampes, 700 cartes, 290 imprimés relatifs à l’histoire du Havre, 35 manuscrits, 2.200 fascicules de périodiques. Mais c’est aussi plusieurs centaines de documents sur Le Havre provenant de la Bibliothèque nationale de France, dont d’étonnants enregistrements du début du XXe siècle de patois normand.

Un partenariat entre Le Havre et la BnF

Fruit du partenariat entre la BnF et la ville du Havre, Nutrisco est la treizième bibliothèque numérique réalisée dans le cadre du programme « Gallica marque blanche ». Le site bénéficie ainsi de l’infrastructure et des fonctionnalités de Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, tout en déployant sa propre identité graphique et ses axes d’éditorialisation.

Le principe de la marque blanche permet à la fois une mutualisation des investissements techniques et informatiques réalisés par la BnF et la constitution d’une collection numérique nationale. Les collections havraises viennent enrichir les plus de 8 millions de documents réunis sur Gallica. Réciproquement, les collections du Havre seront complétées dans Nutrisco par des fonds de la BnF pour une diffusion toujours plus large du patrimoine.

Le dispositif “Gallica marque blanche” de la BnF

Outre Nutrisco, douze bibliothèques numériques ont déjà été réalisées grâce au dispositif « Gallica marque blanche » dont une en accès réservé pour des documents sous droit et onze accessibles en ligne, dont notamment Yroise, bibliothèque numérique patrimoniale de la ville de Brest (2021), mais aussi Pireneas, la bibliothèque numérique de la Communauté d’Agglomération Pau Béarn Pyrénées (2020), Rosalis, la bibliothèque numérique patrimoniale de Toulouse (2020) et bien d’autres.

 

[Source : http://www.actualitte.com]

Máis de catrocentos cantares en lingua galega constitúen as Cantigas de Santa Maríaunha das obras máis importantes da lírica medieval europea, escritas vai preto de oito séculos baixo o padroado do rei Afonso X. Este conxunto único da cultura medieval chegou a nós en catro códices elaborados nos tempos do propio rei, no s. XIII.

Un dos volumes, o Códice de Toledo, atópase na Biblioteca Nacional de España e pode consultarse no sitio web da institución. Outro permanece na Biblioteca Nacional Central de Florencia (Italia), tamén está dispoñible na Rede. Os outros dous atópanse na Biblioteca de San Lorenzo de El Escorial. Trátase dos chamados Códice dos Músicos e Códice Rico, este último o máis célebre polas súas espléndidas ilustracións.

Estes dous últimos non se atopan abertos ó publico. E é por isto polo que neste ano 2021, no que se conmemora o 800 aniversario do nacemento de Afonso X o Sabio, a Real Academia Galega reclamoulle a Patrimonio Nacional que siga os pasos doutras moitas bibliotecas en materia de difusión dos seus fondos e comparta na Rede os dous códices deste patrimonio cultural da humanidade custodiados no Escorial.

Ilustración das cantigas de Santa María / foto: PD Wikimedia

Edicións antigas ou de luxo

E é que, tal e como a institución daba a coñecer o pasado mércores 24, a RAG contactou o pasado mes de xaneiro con Patrimonio Nacional solicitándolle a posta a disposición pública na rede destes dous importantes códices. “É chegado o momento de que o público interesado, ademais dos e das especialistas, teñan acceso libre a estes códices, a través de reprodución dixital dispoñible en aberto na Web”, expresa a institución nunha declaración.

Pois mentres que o Códice de Toledo e o da Biblioteca Nacional Central de Florencia, están abertos ó público de xeito on-line, estes dous códices presentan bastantes dificultades para a súa consulta. Pois o Códice dos Músicos foi editado na década dos 60 do século pasado en condicións moi precarias e o Códice Rico, foi unicamente obxecto de edicións facsimilares de luxo por parte de editoras privadas, só ó alcance das persoas e das institucións que poden adquirilas a prezos moi elevados.

Na súa resposta, Patrimonio Nacional limitouse a indicar que a dixitalización das obras de Afonso X se contempla na súa programación cultural. Porén a institución indicaba tamén no breve escrito que está a expensas do desenvolvemento da planificación institucional, sen suxerir, por tanto, ningunha data concreta para a súa difusión.

De feito, nos anos 2003 e 2008 o códice de Toledo da Biblioteca Nacional foi levado ó prelo por parte do Consello da Cultura Galega, publicándose este último na súa web. “É hora de que Patrimonio Nacional de España faga o mesmo co Códice dos Músicos e co Códice Rico das Cantigas de Santa María de Afonso o Sabio. Débello á cultura galega, á cultura hispánica, á cultura europea e á cultura universal”, conclúen dende a RAG.

Detalle do Códice Rico da biblioteca do Escorial / foto: Real Academia Galega

 

[Fonte: http://www.historiadegalicia.gal]

Publicado por Maria Eduarda Fagundes Nunes

Jacob Rodrigues Rivera (pintado por Gilbert Stuart)

A importância da comunidade judaica (em particular a sefardita) na vida econômica e cultural das Américas, desde os tempos do descobrimento e ocupação do Novo Mundo, esquecida pela população em geral, vem sendo resgatada pela comunidade acadêmica atual.

Fugidos da Inquisição Ibérica, os judeus de origem portuguesa e espanhola (sefarditas) do século XVI ao século XIX encontraram, a principio, no continente americano,  um lugar para ganhar a vida e assumir a sua religião.

Após a expulsão dos holandeses de Pernambuco em 1654, boa parte dos judeus instalados no nordeste brasileiro fugiram para o interior da província ou partiram para as Colônias Inglesas (Barbados e Jamaica) e Holandesas do Caribe e Suriname, até chegar à Nova Ansterdam (hoje New York). Em geral eram plantadores de cana-de-açúcar, donos de escravos e engenhos, ou comerciantes oriundos da diáspora sefardita portuguesa que dispersados na Europa (Portugal, Espanha, Holanda, França e Inglaterra) haviam encontrado na América Portuguesa a possibilidade de viver longe da Inquisição.

Na nova sociedade americana, esses cristãos-novos e bnei anussim (descendentes de judeus batizados à força), mesmo sendo elementos estranhos à sociedade local,  conseguiram formar uma comunidade cultural, econômica e socialmente influente. Assim é que os sefarditas (judeus portugueses e espanhóis) como os asquenazitas (judeus da Europa oriental) sofreram modificações impingidas pelo meio ambiente, tanto quanto pela religião que os regiam. Como um judeu português é diferente de um judeu tedesco (alemão), o português católico  comporta-se diferentemente de um judeu português.

A presença judaica sefardita, de influencia colonial americana, desenvolveu sem muitos escrúpulos o comércio de escravos e a transferência o riquezas (ouro, prata, açúcar, rum, peixe salgado, chocolate, tabaco,…) de um lado para outro do Atlântico. Plantaram e manufaturaram, comercializaram e distribuíram produtos usando seus próprios navios. Enriqueceram, tornaram-se influentes através de casamentos, atividades culturais, filantrópicas e comerciais. Elevaram-se socialmente, despertaram a cobiça e a inveja em cristãos, holandeses e piratas. Apesar dos reveses, firmaram-se na nova sociedade americana onde contribuíram definitivamente com seu desenvolvimento.

A partir do século XVII, Newport progrediu mais fortemente, tanto no setor econômico como no cultural, com a chegada da comunidade judaica que ali se instalou. Entre esses indivíduos destacou-se Jacob Rodrigues de Rivera, além de outros das famílias judias Lopez, Seixas, Gomes, de Toro ou Touro, Levy, Hays, Meyers, Hart. Trouxeram consigo tradições e desejos de liberdade que marcaram a identidade do povo americano. Famílias com larga prole, que se relacionavam em redes de negócios e casamentos, propiciaram uma grande influência econômica e cultural na sociedade estadunidense.

Segundo a pesquisadora Sandra Malamed, Jacob Rodrigues de Rivera teria nascido em Portugal, em 1717, porém de família originária de Sevilha. Em criança foi para New York com seu pai. Fez carreira mercantil. Chegou a Curaçau onde havia comunidade judaica e entreposto comercial. Ali casou com Hannah Pimentel. Desse enlace nasceram em New York seus filhos Abraham e Sarah Rodrigues de Rivera que se casou com o primo de seu pai, Aaron Lopez (nascido Duarte Lopez, em Portugal), rico comerciante, traficante de escravos e armador de navios em Newport.

Naturalizou-se em 1746 (N.Y) e em 1748 mudou-se para Newport, onde, associado a Aaron Lopez, torna-se um dos mais importantes comerciantes da região.

Àquela época colonial americana, Newport era um verdadeiro “melting pot” de culturas e etnias, onde se abrigavam cidadãos católicos britânicos, hugenotes franceses, judeus sefaraditas (fugidos da Inquisição) e escravos.  Nessa cidade foi pioneiro com seu primo na introdução do comercio do espermacete, óleo retirado da cabeça de baleia (cachalote) usado na manufatura de velas (técnica aprendida em Portugal e transferida para a América) e como  lubrificante e combustível para lâmpadas. Com Nicholas Brown de Providence (RI), membro da família Brown, cofundadora da Universidade de Brown, manteve rentável negócio praticado com as Índias Ocidentais e África, pois os barcos que transportavam as mercadorias (rum, açúcar, escravos, sabão, peixe, farinha, óleo de baleia, velas,…) eram também de sua propriedade ou da sociedade com seu primo Aarão Lopez, um dos mais importantes e ricos comerciantes de Rhode Island.

Jacob Rodrigues de Rivera era um cidadão de espírito público. Sua atuação se dava também em âmbito cultural. Além de organizar o Clube Hebraico de Newport, teve seu nome associado com a formação da Biblioteca Redwood e com a construção da sinagoga de Yeshuat Israel. Em 1773 foi nomeado administrador do Cemitério Judaico de Savannah.

Na ocasião da Revolução Americana, Jacob Rodrigues de Rivera teve que partir para Massachussets em 1777, devido ao bloqueio marítimo britânico à cidade. Esteve em Boston e depois em Leicester, onde sua filha e genro estavam. Mais uma vez ali seu nome aparece ligado à cultura local. Torna-se então um dos benfeitores do Yale College. Ofereceu um quadro do rabi Hajim Issac Carigal ao colégio, agradando Erza Stiles, teólogo, professor e director da Instituição.

No período da Revolução Americana, devido ao tipo de negócio que desenvolvia, teve graves reveses financeiros. Mas o seu espírito, tino comercial, redes e associações fizeram com que ele se recuperasse. Conta-se que, já superadas as dificuldades financeiras, convidou seus antigos credores para um jantar, onde debaixo de cada prato havia a quantia de seu crédito com os seus convidados, com os juros e correcção monetária!

Em 1782 retornou a Newport, e passou a residir numa casa hoje referência arquitectónica do período Colonial Americano. Quando morreu em 1789 deixou para os herdeiros um abastado património. Seus livros, a sua Torah, ouro e prata ficaram para seu filho Abraham. Os bens restantes foram divididos entre Sarah, Hannah e Abraham. Gilbert Stuart retratou-o num quadro doado à Redwood Library (Newport).

Muitas foram as benfeitorias da comunidade judaica na antiga Colônia inglesa e no desabrochar da nova nação norte-americana. Universidades, livrarias, sinagogas, lojas maçônicas, entrepostos comerciais, indústrias, bancos, clubes. Instituições hoje reconhecidas mundialmente.

No entanto, a diáspora sefardita, o número crescente de consórcios entre judeus e não judeus, as perseguições político-religiosas, as intolerâncias abertas e as veladas, fizeram com que a identidade judaica se diluísse no mundo ocidental. Mas, apesar de tudo, é inegável que a marca desse povo está historicamente presente na cultura e na força financeira dos países onde houve empenho no trabalho e tolerância etnorreligiosa.

Dados compilados de:

Mercadores e Gente de Trato (Dicionário Histórico dos Sefarditas Portugueses). Direção Científica de A. A. Marques de Almeida. Lisboa 2009. 1ª edição.

Os Judeus, o dinheiro e o mundo (Jacques Attali)

Enciclopédia Judaica 1906 (por Cyrus Adler, L. Hühner)

[Fonte: abemdanacao.blogs.sapo.pt]

Maria Altmann (1916-2011), Juive américaine d’origine viennoise, a mené un combat difficile, long – 50 ans – et victorieux, avec son avocat Me Randol Schoenberg, pour récupérer des biens familiaux, dont cinq tableaux de Gustav Klimt (1862-1918) – deux portraits de sa tante Adèle Bloch-Bauer et trois paysages (1900-1907) – ayant appartenu à son oncle, Ferdinand Bloch-Bauer, Juif autrichien spolié en 1938 par les Nazis. « L’affaire Klimt » (Stealing Klimt), documentaire passionnant de Jane Chablani et Martin Smith (2006) retrace ce combat. Diffusé par Arte le 4 avril 2021,  La femme au tableau (« Woman in Gold”), film de Simon Curtis, fondé largement sur le livre The Lady in Gold d’Anne-Marie O’Connor, évoque le combat de Maria Altmann, interprétée par Helen Mirren, et de Me Randol Schoenberg, joué par Ryan Reynolds. La Neue Galerie présenta l’exposition « Austrian Masterworks From Neue Galerie New York » (Chefs d’œuvres autrichiens de la Neue Galerie de New York). Parmi les œuvres picturales exposées : le portrait d’Adele Bloch-Bauer.

 

Publié par Véronique Chemla

« Je ne suis pas procédurière. Je combats pour obtenir ce qui nous a toujours appartenu », déclare calmement Maria Altmann, nonagénaire. Et parmi ces biens : Le portrait doré de sa tante Adèle Bloch-Bauer (1881-1925) peint par Klimt.

Au travers de son combat, apparaissent les refus de l’Autriche d’affronter les pans sombres de son histoire et le fonctionnement du marché de l’art, ainsi que le rôle des Juifs viennois dans l’essor économique et culturel de l’empire d’Autriche-Hongrie.

La Vienne de la Sécession et du Jugendstil (Style jeune)

La majorité des Juifs autrichiens font partie des classes moyennes.

Maria Hartman est née en 1916 dans une famille juive de la haute bourgeoisie autrichienne.

Thérèse Bauer, sa mère, et la sœur de celle-ci, Adèle Bauer, toutes deux filles d’un directeur de banque, ont épousé deux frères, Ferdinand Bloch, magnat du sucre, et Gustav, avocat.

Adèle et Ferdinand Bloch-Bauer n’ont pas d’enfant. Cinq enfants, dont Maria la benjamine, naissent de l’union de Thérèse et de Gustav. Passionné de musique classique, Gustav Bloch-Bauer joue en amateur sur son violoncelle, un Stradivarius, lors de concerts de musique de chambre le vendredi, à son domicile viennois.

Parallèlement à l’Art nouveau en France, dans cette Vienne où vivent Freud, Klimt, Wittgenstein et Schnitzler, s’épanouit une effervescence artistique, le Jugendstil (Style jeune) et la Sécession viennoisefondée en 1897 par Klimt, Schiele et Moser, liée aux arts décoratifs, et voulant rompre avec la peinture traditionnelle. Dans cette cité brillante, échoue Hitler.

Les Bloch-Bauer sont de grands mécènes. Curieuse, élégante, Adèle Bloch-Bauer tient un salon réputé à Vienne, fréquenté par des artistes dont les peintres Kokoschka, qui portraiture Ferdinand Bloch-Bauer, et Klimt, déjà cher et célèbre, et le compositeur Richard Strauss.

À la demande de Ferdinand Bloch-Bauer, Klimt débute en 1904 le portrait de son épouse Adèle ; il l’achève en 1907, année de son exposition. Le collier porté par Adèle Bloch-Bauer dans cette œuvre est offert à Maria lors de son mariage, à 21 ans, avec Fritz Altmann, jeune et talentueux chanteur d’opéra, à la synagogue de Turnergasse – sa sœur Louise s’était mariée à la grande synagogue de Vienne.

Amitié amoureuse ou amour entre un peintre séducteur et cultivé et sa modèle ? Fait exceptionnel, Klimt effectue un second portrait d’Adèle Bloch-Bauer, en 1912.

En janvier 1923, Adèle Bloch-Bauer rédige son testament. Elle lègue tous ses biens à son mari Ferdinand, et demande que ses toiles soient confiées au musée national du Belvédère après la mort de son époux. Or, elle n’est pas la propriétaire de ces toiles : c’est son mari qui les a payées et en est propriétaire selon la loi autrichienne qui discrimine les femmes.

En 1925, Adèle Bloch-Bauer meurt d’une méningite à 43 ans. Ses « cendres sont déposées au caveau familial du cimetière communal de Vienne ».

Éploré, Ferdinand Bloch-Bauer transforme la chambre de son épouse décédée en autel à sa mémoire en la décorant de ses toiles de Klimt et de fleurs.

Le mythe d’une Autriche victime du nazisme

Janvier 1933. Hitler arrive au pouvoir en Allemagne.

12 mars 1938. Arthur Seyss-Inquart, fondateur du Parti national-socialiste autrichien, devient chancelier d’Autriche sous la pression d’Hitler. L’Autriche est annexée au IIIe Reich (Anschluss).

« Les Autrichiens ont prétendu plus tard qu’ils étaient victimes. Ils ont accueilli les nazis avec enthousiasme. Les cloches sonnaient. Les femmes jetaient des fleurs sur les soldats. La liesse avait envahi les rues », se souvient Maria Altmann.

C’est la « fin de la merveilleuse vie des Juifs à Vienne. Ferdinand Bloch-Bauer se réfugie dans son château à Prague (Tchécoslovaquie). L’intensité et la violence de l’antisémitisme des Autrichiens surprennent même les Allemands ». Les Juifs autrichiens sont victimes d’agressions, d’humiliations – contraints de nettoyer les rues viennoises à genoux -, d' »aryanisations sauvages » – confiscations spontanées des biens (appartements, boutiques) d’une famille juive -, etc. sans pouvoir obtenir la moindre protection de voisins, de la police ou de la justice. Quand les autorités autrichiennes prennent conscience que ces « aryanisations sauvages » induisent un manque-à-gagner pour elles, elles ordonnent l' »aryanisation systématique » par en expropriant les Juifs de leurs « outils économiques – comptes bancaires, police d’assurances – et personnels : mobilier, maisons, etc.

Fin mars 1938, la Gestapo exige la remise du Stradivarius « attesté par la déclaration de biens par les Rothschild ». Le maître d’hôtel des Bloch-Bauer le leur donne. Profondément affecté, Gustav Bloch-Bauer meurt quelques mois plus tard.

Terrifiée, Maria Altmann est contrainte de remettre ses bijoux aux nazis Par peur, elle donne aussi ceux déposés chez son joaillier viennois, Rozet et Fischmeister. Son mari est arrêté peu après, et interné à Dachau. L’usine de cachemire du frère de Fritz, Bernhard Altmann, est saisie. Sous la pression des nazis, Bernhard Altmann, qui se trouve à Paris, signe un pouvoir en faveur des nazis contre la libération de son frère.

Le frère de Maria Altmann est arrêté en 1938. Interrogé, il découvre qu’il avait sauvé la vie en 1934 de son interlocuteur, un neveu de Hitler. Ce nazi lui conseille : « Partez aussi vite que possible ».

Adolf Eichmann, « un des artisans de la Solution finale, dirige le Bureau d’émigration des Juifs ». Ceux-ci ne peuvent quitter l’Autriche qu’en y laissant tous leurs biens. « Des amis de mes parents s’étaient suicidés car ils ne savaient pas où aller. Notre pédiatre a pris de la morphine, et une amie de ma mère se suicida avec son fils. Les gens qui n’avaient pas d’argent et ne parlaient pas de langue étrangère se trouvaient face à un grand rideau noir. Derrière ce rideau, il n’y avait rien. Que fallait-il faire ? », déplore Maria Altmann.

Après deux vaines tentatives, et avec l’aide de Bernhard Altmann, Fritz et Maria Altmann quittent l’Autriche pour Munich, puis en train pour Aix-la-Chapelle. Direction : Paris, et l’Angleterre.

Ferdinand Bloch-Bauer est accusé de fraude fiscale, et doit payer une amende. Une accusation sans fondement, mais qui prélude l’expropriation de ses biens. En 1938, les nazis saisissent la sucrerie de Ferdinand Bloch-Bauer, sa maison à Elisabethstrasse, sa collection de porcelaines et d’œuvres d’art, dont sept Klimt.

Le 9 novembre 1938, la nuit de Cristal, une nuit d’incendies, de pillages et de meurtres visant les Juifs, renforce leurs craintes et accélère leur départ vers Amsterdam, Paris, Harwich (Grande-Bretagne). En 1939, 120 000 Juifs autrichiens avaient fui leur pays, soit les deux tiers de la communauté juive autrichienne.

En mars 1939, les nazis envahissent la Tchécoslovaquie. Ferdinand Bloch-Bauer se réfugie alors en Suisse. Sa résidence à Prague est occupée par Reinhard Heydrich, un des responsables de la Shoah (Holocaust).

Le pillage des œuvres d’art par les nazis se poursuit, effectué par des commandos de pillards agissant pour des dirigeants nazis – en 1945, Hitler détient 5 000 œuvres d’art de maîtres -, des galeristes et des musées. À Vienne, le Dorotheum devient la « salle des ventes des nazis ». La collection des Bloch-Bauer nourrit un « intérêt considérable » : sous le patronage du gouvernement autrichien nazi, est montée l’exposition Klimt en 1943.

De Zurich, Ferdinand Bloch-Bauer écrit à Kokoschka, qui s’est réfugié à Londres : « Je vis comme un mendiant. Je saurai dans les deux semaines à venir si on va me rendre les deux portraits de mon épouse défunte ».

Jonathan Petropoulos détruit le mythe d’une Autriche victime des nazis : « Les Autrichiens représentaient 8% de la population du IIIe Reich, mais 14% chez les nazis, et 40% parmi les gardes des camps de concentration et d’extermination ». En Autriche, se trouvent aussi des camps de concentration, tel celui de Mauthausen où les Juifs, les opposants politiques y souffrent, « affamés, fouettés à morts et gazés ».

Une victoire judiciaire tardive

Les Alliés ont quasi-oublié « les crimes de guerre des Autrichiens, la complicité de l’Autriche dans la Shoah ». Probablement pour « ancrer l’Autriche dans le camp occidental lors de la Guerre froide » et par manque de connaissance sur l’action de ce pays pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Après 1945, les Alliés veillent à récupérer les œuvres d’art volées. Ils « donnent carte blanche à l’Autriche ». Galeristes, musées, marchands d’art et commissaires priseurs, actifs pour spolier les Juifs avant et pendant la guerre, redeviennent actifs après la fin du conflit.

En octobre 1945, Ferdinand Bloch-Bauer rédige un nouveau testament : il ne veut pas exécuter le souhait de son épouse de donner ses Klimt au musée du Belvédère ; il désire que ses neveux et nièces héritent de ses biens.

Un mois plus tard, il décède. Ses cendres reposent près de celles de son épouse.

Maria et Fritz Altmann ont immigré en 1942 aux États-Unis. Ils élèvent à Hollywood leurs enfants dans des conditions modestes. En 1948, ils contactent un avocat afin d’obtenir la restitution des tableaux volés, tout en ignorant les termes exacts du testament d’Adèle Bloch-Bauer qui comportait un vœu, et non une clause obligatoire.

L’Autriche s’abrite derrière les lois qui protègent son patrimoine historique et culturel national et l’embargo sur l’exportation des œuvres d’art.

Les héritiers de Ferdinand Bloch-Bauer – Maria, son frère et sa sœur – signent un accord avec l’Autriche au terme duquel ils récupèrent certains biens contre l’abandon de leurs demandes visant les Klimt. Un prix élevé pour les Bloch-Bauer, qui revendent ces biens pour améliorer leur niveau de vie grâce au produit de la vente.

Déçus, les Juifs autrichiens qui espéraient récupérer leurs biens dont les Nazis les avaient dépossédés, se retrouvent grugés à la fin des années 1940 et dans les années 1950 malgré leurs requêtes et malgré des lois sur les restitutions de biens.

De plus, dans les années 1970, sont délibérément détruits des documents sur les œuvres d’art volées en Autriche. Aussi l’ampleur des spoliations demeure inconnue.

« Des grands responsables économiques et sociaux, des personnalités du monde économique, appartiennent aux familles ayant tiré profit des expropriations de Juifs », explique une historienne.

Publiée par Art News en décembre 1984, une enquête – A Legacy of Shame Nazi Art Loot in Austria – révèle que des œuvres d’art volées à des Juifs sont entreposées dans un couvent du XIVe siècle à Mauerbach, près de Vienne. Le gouvernement autrichien est embarrassé, mais malgré les pressions internationales rejette des requêtes d’ayant-droits réclamant leurs biens volés. En 1996, la collection d’environ 8 000 œuvres d’art – porcelaines, tapisseries, peintures, livres, mobiliers, monnaies, armures, etc. – cachée dans ce couvent est dispersée lors d’une vente aux enchères qui rapporte 14 millions de dollars essentiellement versés à la communauté juive viennoise.

En 1998, deux tableaux d’Egon Schiele – Portrait de Wally et La ville morte – prêtées au Musée d’art moderne de New York (MOMA) par la galerie Leopold de Vienne sont saisis sur ordre du procureur général de New York Robert Morgenthau. Ils étaient revendiqués par les descendants d’une galeriste juive autrichienne, Léa Bondi, spoliée en 1938. Le Portrait de Wally du peintre expressionniste reviendra en août 2010 à cette galerie Léopold, après que la fondation Léopold ait versé 19 millions de dollars.

À l’initiative de la ministre autrichienne de la Culture, Elisabeth Gehrer, l’Autriche adopte fin 1998 une loi obligeant l’État à restituer les œuvres cédées de force par des propriétaires juifs en échange de permis d’exportation.

Hubertus Czernin, journaliste ayant révélé le passé nazi de Kurt Waldheim devenu secrétaire général des Nations unies, réunit en 1998, au terme d’une enquête d’un an, l’ensemble des archives autrichiennes concernant les spoliations des Juifs.

Grâce à son travail, Maria Altmann voit enfin, en 1998, le testament de sa tante. Auparavant, l’Autriche lui avait affirmé détenir les droits de propriété sur cinq Klimt revendiqués : les deux portraits d’Adèle Bloch-Bauer, Le pommier (1911) La forêt de bouleaux (1903), et Les Maisons d’Unterach sur le lac d’Attersee (1916). Or, dès 1948, le directeur du musée était au courant de l’illégalité de la détention de ces Klimt, de l’absence de tout titre de propriété par le musée. Les deux portraits d’Adèle Bloch-Bauer étaient jusque-là exposés avec un panneau alléguant une fausse date de propriété par le musée : « 1936 » pour le premier, et « 1928 » pour le second. Or, ces deux Klimt ornaient alors la chambre-autel de l’appartement des Bloch-Bauer à Elisabethstrasse. Une résidence viennoise occupée à ce jour par les chemins de fer autrichiens (Österreichische Bundesbahnen, ÖBB). Une spoliation plus que symbolique quand on sait le rôle réseaux ferrés dans la Shoah (Holocaust).

Maria Altmann s’adjoint les conseils d’un jeune avocat, Randol Schoenberg, petit-fils du musicien réfugié Arnold Schoenberg, ami de Fritz Altmann depuis leur jeunesse à Vienne.

En septembre 1998, cet avocat engage une procédure en Autriche pour restitution de toiles de Klimt. Les médias autrichiens expriment leur hostilité à l’égard de Maria Altmann, citoyenne américaine qui revient en Autriche en 1999. Le directeur du musée Gerbert Frodl confie à cette ayant-droit : « Nous avons de nombreux paysages. Prenez les paysages et laissez-nous les portraits« .

Le 28 juin 1999, sur avis d’une commission, la ministre de la Culture Elisabeth Gehrer refuse de restituer les Klimt au motif qu’ils n’auraient pas été volés par les Nazis. Sa décision unilatérale a été prise sans débat contradictoire.

Les ayants-droits songent à entamer une procédure judiciaire. Mais il leur faudrait déposer une somme proportionnelle aux Klimt, soit plusieurs millions de dollars. Ils demandent une dispense qui leur est refusée.

En 2000, Maria Altmann décide d’agir devant la juridiction américaine qui, à chaque niveau et jusqu’à la Cour suprême en juin 2004 (six voix contre trois), s’estime compétente dans ce contentieux. La Cour suprême estime également qu’il n’y a aucune prescription. Curieusement, l’administration Bush s’était jointe à ce procès par un amicus curiae en faveur de… l’Autriche. Elle arguait des risques d’incidences de ce procès sur ses alliés.

Forte de sa victoire pourtant non prévisible, Maria Altmann va poursuivre la procédure au fond, quand l’Autriche lui propose de résoudre leur contentieux en s’en remettant à la décision d’un tribunal arbitral composé de trois avocats autrichiens. L’Autriche s’engage à restituer les Klimt si ce tribunal arbitre en faveur de Maria Altmann.

En janvier 2006, ce tribunal arbitral reconnaît que le testament d’Adèle Bloch-Bauer n’a pas de valeur juridique, que la famille Bloch-Bauer a été spoliée et ordonne la restitution de cinq Klimt. Un sixième Klimt fait l’objet d’une procédure distincte et un septième Klimt reste en Autriche.

L’Autriche dispose d’un droit de préemption au prix du marché, soit 300 millions de dollars pour cinq Klimt. En février 2006, elle annonce n’avoir pas les moyens financiers pour acquérir ces Klimt. et les expédie aux États-Unis.

Ces Klimt sont exposés au musée d’art de Los Angeles (LACMA) en avril 2006.

Le collier que Maria Altmann a enrichi la collection de l’épouse de Goering, mais il n’a jamais été retrouvé.

« C’est notre Mona Lisa » (Ronald S. Lauder)

Lors d’une vente chez Christie’s en juin 2006, les cinq Klimt sont achetés à des prix élevés. Ronald S. Lauder, magnat de la cosmétique, ancien ambassadeur des États-Unis en Autriche et membre de la World Jewish Restitution Organization, se porte acquéreur du portrait d’Adèle Bloch-Bauer pour sa Neue Gallery à New York, au prix de 135 millions de dollars. Un record.

Maria Altmann est morte à 94 ans le 7 février 2011.

Selon ce documentaire remarquable, mais qui n’explique pas pourquoi le couple Bloch-Bauer a choisi l’incinération, sa victoire judiciaire fait figure d’exception parmi les procédures menées par des survivants de la Shoah pour récupérer leurs œuvres d’art. Environ 65 000 Juifs autrichiens sont morts lors de la Shoah. Depuis 1995, 30 000 Juifs survivants autrichiens ont reçu une indemnité symbolique de 6 000 dollars. Un Fonds de compensation a été crée par l’Autriche et doté de 200 millions de dollars par l’État, la ville de Vienne et des industries autrichiennes. Il a traité plus de 200 000 demandes. L’Autriche a restitué 10 000 œuvres volées à des Juifs sous le nazisme. De nombreuses autres ornent les cimaises de musées ou des appartements de particuliers.

Une victoire judiciaire similaire serait-elle possible en France ? On peut en doute après l’issue du procès intenté par la famille Waitzfelder contre L’Oréal. Une histoire relatée par la metteur en scène d’opéras, Monique Waitzfelder, dans son livre « L’Oréal a pris ma maison ».

Le 4 novembre 2011, lors de la vente aux enchères Litzlberg am Attersee, tableau de Klimt qui avait été restitué en juillet 2011 à Georges Jorisch, petit-fils d’Amalie Redlich, Juive autrichienne spoliée de cette oeuvre par les Nazis, a été vendu pour 40 millions de dollars. Cette oeuvre a alors rejoint le musée d’art moderne de Salzburg.

« Woman in Gold”
« Woman in Gold” (La Femme au tableau), film de Simon Curtis, fondé largement sur le livre The Lady in Gold d’ Anne-Marie O’Connor, ex-reporter au Los Angeles Times, évoque le combat de Maria Altmann, interprétée par Helen Mirren, et de son avocat Me Randol Schoenberg joué par Ryan Reynolds.

Le scénariste Alexi Kaye Campell « s’est servi de documents écrits, de récits personnels et des nombreuses interviews que Maria Altmann a accordées, puisant ainsi dans une documentation fournie qui lui a permis de dépeindre une vie fascinante. La fuite de Vienne de Maria et de ses proches aurait pu faire l’objet d’un film à part entière ».

« Il y a cette histoire extraordinaire du frère de Maria qui a pu quitter Vienne parce qu’il avait un jour sauvé un neveu d’Hitler à la suite d’un accident de ski en le descendant de la montagne sur son dos car il s’était cassé une jambe. Deux ans plus tard, ledit neveu l’a convoqué au quartier général nazi pour lui remettre des papiers lui permettant de quitter le pays », confie Alexi Kaye Campbell.

« Depuis cette affaire, Schoenberg s’est spécialisé dans la restitution d’œuvres d’art et a créé un cabinet entièrement consacré à cette mission. Il a également utilisé une partie de ses fonds pour créer une nouvelle aile dans le musée de l’Holocauste de Los Angeles, afin de préserver le souvenir de cette tragédie pour les générations futures ». « J’espère vraiment que ce film parlera aux jeunes et qu’ils se retrouveront en Randy. C’est une histoire extraordinaire de rédemption, de justice, et d’équité. Je pense qu’il est important que les jeunes générations voient ce film et que les générations moins jeunes y trouvent un bon moyen de se remémorer ces événements », explique Ryan Reynolds.

En juin 2015, l’actrice Helen Mirren a reçu un prix du Congrès juif mondial.Ce film est sorti en France le 15 juillet 2015. Il a été diffusé par Canal + Décalé le 20 novembre 2016 à 23 h 30, par OCS le 31 mai 2017, puis le 3 octobre 2017. France 3 le  diffusa le 26 avril 2018 à 20 h 55.

« Austrian Masterworks From Neue Galerie New York »

La Neue Galerie présenta l’exposition « Austrian Masterworks From Neue Galerie New York » (Chefs d’œuvres autrichiens de la Neue Galerie de New York). « Highlights from the museum’s extensive collection of Austrian art from the period 1890 to 1940 are on view, including major works by Gustav Klimt, Oskar Kokoschka, Alfred Kubin, and Egon Schiele ». Parmi les œuvres picturales exposées : le portrait d’Adele Bloch-Bauer.

« The display features an extraordinary selection of Klimt’s paintings, including the early portrait of Gertha Loew (1902) and the “golden style” portrait of Adele Bloch-Bauer (1907). These are complemented by two works with unidentified sitters—the Symbolist Pale Face (1903) and The Black Feathered Hat (1910), which shows Klimt’s careful study of the art of Henri de Toulouse-Lautrec. The late unfinished works, Ria Munk III (1917) and The Dancer (1916-17), offer unparalleled insight into Klimt’s working method. In both, he initially sketched an outline of the composition in charcoal and then painstakingly filled in the details with oil. In addition, two of Klimt’s highly coveted landscapes are on view—Park at Kammer Castle (1909) and the Forester’s House in Weissenbach II (Garden) (1914), which were painted during his summer holidays on the Attersee, a popular lake in the Salzkammergut region of upper Austria. »

« An adjoining gallery features a prominent group of paintings by Oskar Kokoschka and Egon Schiele. Especially noteworthy are the early Expressionist portraits by Kokoschka, including Martha Hirsch (1909), Peter Altenberg (1909), Ludwig Ritter von Janikowski (1909), Rudolf Blümner (1910), and Emil Löwenbach (1914). Two late landscapes by Egon Schiele, Stein on the Danube, Seen from the South (Large) (1913) and Town among Greenery (The Old City III) (1917), are complemented by Schiele’s ethereal Danaë (1909).  This early work, completed in oil and metallic paint, was done when the young artist was still under the influence of his mentor Klimt ».

« Three sculptures by George Minne—The Kneeling Youths (1898) and The Bather (ca. 1899)—are notable both for their artistry and for their provenance. Born in Belgium, Minne exhibited his work at the Vienna Secession, where he quickly drew acclaim. Both Kokoschka and Schiele were influenced by Minne’s example, with his attenuated forms and evocations of pathos. The Kneeling Youths were originally owned by Adele and Ferdinand Bloch-Bauer and were donated to the museum in 2007 by their heirs. The Bather once belonged to Fritz Waerndorfer, the initial financial backer of the Wiener Werkstätte (Vienna Workshops). »

« Icons of modern design round out the presentation, including Josef Hoffmann’s Sitzmaschine and Adolf Loos’s Knieschwimmer, as well as an exceptional array of luxurious silver objects made by the Wiener Werkstätte after designs by Hoffmann, Koloman Moser, and Dagobert Peche. A stunning group of mirror frames by Peche in carved and gilt wood are highlights of the show, along with a selection of clocks by Loos, Hans Prutscher, and Joseph Urban ».

Du 28 février au 2 septembre 2019 
À la Neue Galerie New York
1048 Fifth Avenue (at 86th Street). New York, NY 10028
Tel. : +1 (212) 628-6200
Du jeudi au lundi de 11 h à 18 h. Fermetures mardi et mercredi.
Entrée libre de 18 h à 21 h les premiers vendredis du mois.


Visuel :
Gustav Klimt (1862–1918)
Adele Bloch-Bauer I (detail), 1907
Oil, silver, and gold on canvas
Neue Galerie New York. Acquired through the generosity of Ronald S. Lauder, the heirs of the Estates of Ferdinand and Adele Bloch-Bauer, and the Estée Lauder Fund

« Woman in Gold” (La Femme au tableau) de Simon Curtis
Royaume-Uni, 2015
Avec Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Brühl, Katie Holmes, Max Irons, Charles Dance

Sur Arte le 4 avril 2021 à 20 h 55

« L’affaire Klimt »
Documentaire de Jane Chablani et Martin Smith

Allemagne, 2006

1 h 28 minutes

Diffusions les 16 mai 2011 à 23 h 30 et 30 mai 2011 à 10 h 15

Mystérieusement Klimtfilm d’Herbert Eisenschenk
52 minutes
Diffusion sur Arte les 18 juillet à 22 h 20, 30 juillet à 11 h 50 et 1er août 2012 à 3 h 05.

Visuels : © Stardust Filmverleih-Erich Lessing-AKG London et DR
Gustav Klimt :
Le portrait d’Adèle Bloch-Bauer I (1907)
Le portrait d’Adèle Bloch-Bauer II (1912)
La forêt de bouleaux (1903)
Le pommier (1911)
Les Maisons d’Unterach sur le lac d’Attersee (1916)

Maria Altmann et son avocat Randy Schoenberg lors d’une conférence de presse

 

Cet article a été publié une première fois le 16 mai 2011, et republié :
– le 4 novembre 2011 ;
– à l’occasion de la diffusion de Mystérieusement Klimtfilm d’Herbert Eisenschenk sur Arte les 18 juillet à 22 h 20, 30 juillet à 11 h 50 et 1er août 2012 à 3 h 05 ;
– le 21 octobre 2012, à l’approche de la diffusion du numéro de la série La vie privée des chefs d’œuvre intitulé Le Baiser de Klimt, film de Jeremy Bugler sur Histoire les 22 et 28 octobre, et 10 novembre 2012 ;
le 6 mars 2014. Complément d’enquête, sur France 2, évoquera à 22 h 20 le sort des œuvres d’art dérobées par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Aux Baux-de-Provence, les Carrières de Lumières accueillent Klimt et Vienne. Un siècle d’or et de lumières (7 mars 2014-4 janvier 2015) ;
– les 29 mars et 15 juillet 2015 ;
– les 21 novembre 2016, 30 mai et 2 octobre 2017, 27 avril 2018, 2 septembre 2019.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Jeanne Moreau (1928-2017) était une comédienne – Ascenseur pour l’échafaud, Les Amants, Moderato cantabile, Jules et Jim, Eva, Le Journal d’une femme de chambre, Viva Maria !, La mariée était en noir, La Vieille qui marchait dans la mer… — -, pensionnaire de la Comédie Française (1947-1952), chanteuse, scénariste, réalisatrice, fine cuisinière et gastronome française, et membre de  l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France. Durant l’Occupation, par solidarité avec ses condisciples juives, elle a porté l’étoile jaune. Arte diffusera le 28 mars 2021 « Le train » (Der Zug) de John Frankenheimer et Bernard Farrel (1964), puis « Jeanne Moreau, l’affranchie » (Jeanne Moreau – Die Selbstbestimmte) de Virginie Linhart.

Publié par Véronique Chemla

Pour Jeanne Moreau (1928-2017), la vie d’un être humain était composée d’une série de premières fois.
 
« Jeanne Moreau, l’affranchie »
Arte diffusera le 28 mars 2021 « Jeanne Moreau, l’affranchie » (Jeanne Moreau – Die Selbstbestimmte) de Virginie Linhart.
« Disparue en 2017, à l’aube de ses 90 ans, « Mademoiselle Moreau » a placé sa vie et sa carrière sous le signe de la liberté. Flash-back sur les films et les réalisateurs (d’Antonioni à Truffaut en passant par Demy, Bunuel et Welles) qui l’ont révélée au public en même temps qu’à elle-même. »
« Dès qu’il y a une nouvelle vague quelque part, on sonne à ma porte », se plaisait à affirmer celle qui a fougueusement embrassé l’audace de cinéastes en quête de modernité ».
« Formée à la Comédie-Française, qui encaisse péniblement ses infidélités, l’actrice traverse une décennie de films commerciaux avant de trouver sa place dans le septième art ».
« Quasi novice, son pygmalion se nomme Louis Malle, qui lui crée un rôle de toutes pièces dans son adaptation du roman de Noël Calef, Ascenseur pour l’échafaud (1958). Les déambulations nocturnes de la comédienne, illuminées par les néons de la capitale et bercées par la trompette de Miles Davis, propulsent alors le cinéma hexagonal dans une nouvelle ère ».
« La même année, Les amants, dans un film homonyme infusé de leur passion, dynamiteront les conventions en emplissant le cadre d’une nudité et d’une sensualité jusqu’ici refoulées en contrechamp ».
« Après avoir incarné les bourgeoises à la dérive dans Moderato cantabile (1960) de Peter Brook et La notte (1961) d’Antonioni, l’actrice trouve dans la Nouvelle Vague un écho à son désir de légèreté : Jules et Jim (1962) et son tourbillon d’amour triangulaire, mis en scène par François Truffaut, la consacre égérie moderne en même temps que chanteuse d’immortelles ritournelles ».
« Sublimée par les tenues de Pierre Cardin, couturier homosexuel dont elle partage un temps la vie, l’actrice crève l’écran en noir (Eva de Joseph Losey) comme en blanc (La baie des anges de Jacques Demy), en France comme à l’international (Orson Welles, Luis Buñuel et son Journal d’une femme de chambre). »
« Composé d’extraits de ces pellicules inoubliables et d’interviews de l’actrice et de ceux qui l’ont dirigée, ce voyage cinéphile dans la décennie qui la vit éclore rend un vibrant hommage au jeu et à la personnalité hors du commun de celle qui incarna l’émancipation féminine avant l’heure, à la vie comme à la scène ».
« Jeanne Moreau, actrice et inspiratrice »

Serge Toubiana a rendu ce bel hommage à Jeanne Moreau lors d’une rétrospective à la Cinémathèque française en 2008 :

« Rieuse et tendre. C’est ainsi que François Truffaut décrit celle qu’il dirigea deux fois : dans Jules et Jim puis dans La Mariée était en noir. Mais leur complicité se manifesta auparavant sous forme d’un clin d’œil, dès Les Quatre cents coups. Jeanne Moreau y faisait une apparition très poétique aux côtés de Jean-Claude Brialy. Souvenez-vous : Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) erre dans les rues de Pigalle. Il a fugué et cherche un endroit pour dormir. Il croise une femme emmitouflée dans un manteau, qui court après son chien. Oh ! vous pouvez m’aider à l’attraper ? Surgit Brialy dans le rôle du dragueur : Eh ! Petit, c’est ta sœur ? Jeanne Moreau fut donc en quelque sorte la marraine de Truffaut en cinéma. Rôle hautement symbolique, qui dit l’importance de leur relation ou de leur lien. Auparavant, il y eut Louis Malle. Rencontre décisive, pour l’un comme pour l’autre. Ascenseur pour l’échafaud, puis Les Amants, et plus tard encore Viva Maria. Quand il évoque cette période, Malle est d’une totale franchise : « Quand j’ai tourné Ascenseur pour l’échafaud, j’avais une peur bleue des acteurs, tout simplement parce que je n’avais pas l’habitude d’avoir affaire à eux. Et s’il n’y avait pas eu Jeanne Moreau, qui m’a incroyablement aidé dans les deux premiers films que j’ai tournés avec elle… j’étais tellement novice, tellement ignorant ; dans ce genre de situation, quand on est paniqué… et jeune… on a tendance à vouloir jouer au chef. Pour ne pas se laisser dominer, sans doute. Et quand je revois mes anciens films, je me rends compte que j’ai fait des erreurs monumentales, non seulement dans la direction d’acteurs, mais parfois dans le casting. Mais c’est comme ça qu’on apprend. […] Il m’a fallu plusieurs films pour apprendre à connaître les acteurs ».
Ce que Jeanne Moreau apporta à cette génération de cinéastes, c’est d’abord l’audace, le courage d’innover, de prendre des risques, de se libérer du poids de la technique cinématographique. D’oser filmer vrai. Louis Malle dit aussi ceci, qui est essentiel : « On s’est soudain rendu compte qu’elle pouvait être une star de cinéma. Jusque-là, on disait que tout en étant une grande actrice, et très sexy, elle n’était pas photogénique. J’avais avec moi Henri Decae, ce grand opérateur que je connaissais des premiers films de Melville, comme Bob le flambeur. Ainsi que tous ceux de la Nouvelle Vague, je l’admirais énormément. Il m’a lancé, il a lancé Chabrol, puis Truffaut, et plusieurs autres. Mais j’étais le premier de ma génération à travailler avec lui. Quand on a commencé à tourner [Ascenseur pour l’échafaud], les premières scènes qu’on a faites avec Jeanne Moreau se passaient dans la rue, sur les Champs-Élysées. La caméra était dans une voiture d’enfant et Jeanne Moreau n’était pas éclairée… c’était un film en noir et blanc, bien entendu ; on avait pris ce nouveau film rapide, la Tri-X qui, de l’avis des cinéastes sérieux, donnaient un grain trop gros. Nous avons fait plusieurs longs travellings de Jeanne Moreau et, bien sûr, quand le film a été terminé, on a mis la magnifique musique de Miles Davis, plus sa voix à elle, sa voix intérieure. Elle n’était éclairée que par les vitrines des Champs-Élysées. Ça ne s’était encore jamais fait. Les opérateurs voulaient toujours qu’elle soit maquillée et ils l’éclairaient beaucoup, sous prétexte qu’elle n’avait pas un visage photogénique. La première semaine, il y a eu une émeute parmi les techniciens du labo, quand ils ont vu les rushes. Ils sont allés trouver le producteur et lui ont dit : « Il faut empêcher Malle et Decae de détruire Jeanne Moreau. ».
Détruire Jeanne Moreau. On se demande qui aurait pu détruire cette actrice, qui avait débuté une dizaine d’années avant que Malle ne lui confie le rôle inoubliable d’une femme errant la nuit dans les rues de Paris à la recherche de son amant. Tout commence au théâtre, où elle passe par le Conservatoire, puis par la Comédie-Française, puis encore par le TNP de Jean Vilar, où elle joue aux côtés de Gérard Philipe dans Le Cid. Au cinéma, elle tourne de nombreux films, alternant rôles secondaires et principaux, réalisés par Gilles Grangier (Gasoil, Trois jours à vivre, Échec au porteur), Jacques Becker (Touchez pas au grisbi), Henri Decoin (Dortoir des grandes, Les Intrigantes), Marc Allégret (Julietta), Jean Dreville (La reine Margot) ou d’autres encore, avant de croiser la génération de la Nouvelle Vague. Avec Malle, Truffaut, Roger Vadim (Les Liaisons dangereuses), Michelangelo Antonioni (La Notte), Joseph Losey (Eva, et plus tard : Monsieur Klein, puis La Truite, adaptation du roman de Roger Vailland), Orson Welles (Le Procès, Falstaff, Une histoire immortelle, The Deep/Dead Reckoning), Jacques Demy (La Baie des anges), Luis Buñuel (Le Journal d’une femme de chambre) et tant d’autres, Jeanne Moreau est une actrice qui inspire ses metteurs en scène. Louis Malle, encore lui, rappelle que c’est par son intermédiaire qu’il rencontra Louise de Vilmorin, qu’il sollicitait en vue d’adapter une nouvelle de Vivant-Denon, Point de lendemain, qui devait donner Les Amants. Lorsqu’il entra en relation épistolaire avec Henri-Pierre Roché, sollicitant son approbation pour adapter Jules et Jim, Truffaut envoya une photo de Jeanne Moreau (vraisemblablement dans Les Amants) à l’écrivain, en lui disant à peu près ceci : Voilà, c’est elle qui sera Kate (ou Catherine) dans mon film. « Grand merci pour les photos de Jeanne Moreau. Elle me plaît. Je n’ai bien sûr pas pu sortir pour voir Les Amants. Je suis content qu’elle aime Kathe. J’espère la connaître un jour. » C’est cela, une actrice qui inspire les cinéastes : celle qui, en plus de jouer, fait aussi trait d’union. C’est-à-dire rend possible leur désir ou leur rêve. Jeanne Moreau incarne, avant même que le film ne se tourne, le personnage et l’univers romanesque du film. Donc sa matérialité même.
Comment l’imaginer, sinon au centre ou au croisement de plusieurs mondes où se côtoient la littérature, la musique, la chanson bien sûr (impossible d’oublier Le Petit théâtre de Jean Renoir : une prise, une seule, sur Jeanne Moreau chantant *Quand l’amour meurt*), disons tous les arts, et le cinéma. L’aventure (sentimentale) du cinéma. Elle autorise ces croisements, elle les permet, pour ne pas dire qu’elle les met elle-même en scène. Il y a cette double dimension chez Jeanne Moreau, d’actrice et d’inspiratrice. Les cinéastes qui la choisissent l’ont fait en connaissance de cause. Pour sa voix, sa grâce, sa force de caractère et sa fragilité, son audace – car elle peut tout dire, user du langage avec mélodie, musicalité, tout en étant aussi parfois très prosaïque. Elle a fini par incarner le cinéma. Je n’aime pas beaucoup l’expression facile, souvent utilisée en parlant d’elle, d’ « ambassadrice du cinéma ». Cela la met sur un piédestal, alors qu’elle est infiniment plus simple et plus abordable, prête à toutes les aventures cinématographiques. Ce que prouve sa belle filmographie. C’est ce caractère qui me paraît la définir de la manière la plus vraie. Du côté des cinéastes, prête à prendre des risques avec eux, en protégeant leurs films. Donc leurs rêves. Protéger un film, qu’est-ce que cela veut dire ? De quoi faut-il protéger un film en train de se faire ? Bien sûr, des intempéries. Mais, surtout, de la perte de confiance, du train-train professionnel, du manque d’entrain et de gaieté. De l’ardeur de faire un film ensemble, acteurs et techniciens réunis. Truffaut encore : « À l’intérieur de mes vingt ans de cinéma, le tournage de Jules et Jim, grâce à Jeanne Moreau, reste un souvenir lumineux, le plus lumineux. »
Un mot, un seul, résume ce caractère ou ce sentiment : Liberté. J’ai retrouvé la lettre que Jeanne Moreau écrivit, à l’occasion d’un hommage rendu à Orson Welles en 1975, par l’American Film Institute :
« Orson Welles, où êtes-vous ? Chasseur chassé dans votre recherche sans fin, où êtes-vous ? Partout. Combien d’avions ? Combien de vols ? Combien d’aéroports ? Combien de villes et de pays ? Combien de suites d’hôtels ? Combien de tampons sur vos passeports ? Combien de coups de téléphone ? On vous croit ici, mais vous êtes déjà là. « Autrefois, quand faire des vœux était encore de quelques secours », vous auriez possédé le monde. Maintenant il n’y a ni pays heureux, ni paix, ni beauté à posséder, mais personne ne peut être dépouillé de sa fantaisie. […]
Orson Welles est devenu un fabricant de rêves, un magicien des sons, un poète, un cinéaste.
Quand l’écran lui appartient, nous lui appartenons.
Séquences fluides, gros plans, mots, mouvements de caméra ;
L’œil de la caméra d’Orson Welles,
Regardant, scrutant, contemplant, glissant, crée le charme qui rompt le mauvais sort.
Nous regardons.
Nous savons que nous ne serons pas trompés. […]
Un poète nous aide à vivre. Un homme libre est partout »
Lorsque l’on retrace le parcours de Jeanne Moreau, actrice et inspiratrice, elle-même cinéaste (Lumière et L’Adolescente), on croise à maintes reprises la liberté. C’est à cela que la Cinémathèque rend hommage. »
« Jules et Jim« 

Les 21 et 27 novembre 201728 mars à 15 h 05, 3 avril à 15 h et 9 avril 2018 à 15 h 05, Histoire diffusa Il était une fois… Jules et Jim (Folamour Production, 2004). « Tous les grands films sont des témoignages exceptionnels de l’époque où ils ont été conçus. Cette collection dresse le portrait d’un cinéaste à un moment de sa vie, à travers l’un de ses films. Portrait d’une époque, portrait d’un cinéaste, portrait d’un long-métrage et grande leçon de cinéma. « Il était une fois en 1962, Jules et Jim« , le troisième film de François Truffaut, adapté d’un roman de Henri-Pierre Roché. Ce film raconte l’histoire de deux amis, Jules l’Allemand et Jim le Français, qui aiment les femmes, mais lorsqu’ils rencontrent Catherine : ils tombent tous les trois amoureux ».

Sorti en 1962, le film est adapté du roman du même nom de Henri-Pierre Roché.

Il entrelace deux histoires d’amour – celle entre Jules et Catherine, celle entre Jim et son épouse Catherine – vécues un long moment, alternativement ou simultanément, sans apparemment que nul n’en souffre.

Mais la scène finale révèle le refus létal de Catherine que Jim mette un terme à leur relation amoureuse et vive une histoire d’amour avec une autre femme.

Jeanne Moreau y interprète la chanson « Le tourbillon », écrite par Serge Revzani (Cyrus Bassiak).

« Le Train »
Arte diffusera le 28 mars 2021 « Le train » (Der Zug) de John Frankenheimer et Bernard Farrel (1964). Suzanne Flon y incarne Rose Valland, l’attachée de conservation au musée du Jeu de Paume à Paris qui a contribué à préserver des œuvres du patrimoine national convoitées par les nazis et dont un très grand nombre a été convoyé vers l’Allemagne.
« Après le débarquement allié, les Allemands veulent emporter par le train des tableaux de grande valeur en Allemagne ». Le colonel Franz von Waldheim veut envoyer par un train spécial en direction de l’Allemagne les oeuvres d’art stockées au musée du Jeu de Paume. « Mais la conservatrice du musée alerte la résistance-fer. Sous la direction tenace de Labiche, sous-chef du secteur ferroviaire, toute la ligne où le convoi doit passer est sur le pied de guerre ».
 
« Alors que la libération de Paris approche, des résistants tentent d’empêcher un train contenant d’inestimables œuvres d’art volées d’arriver jusqu’à Berlin… »
« Par John Frankenheimer, un film d’action historique avec Burt Lancaster, Jeanne Moreau, Michel Simon et Suzanne Flon. »
« Paris, début août 1944. Le colonel Franz von Waldheim, grand amateur d’art, a la haute main sur les œuvres dites « dégénérées » spoliées en France par les nazis. Alors que les Alliés poursuivent leur avancée vers la capitale, l’officier de la Wehrmacht accélère les opérations pour transporter vers l’Allemagne des dizaines de toiles signées Picasso, Miró, Degas ou encore Renoir. Informé par Mlle Villard de la nature du précieux chargement, le résistant Paul Labiche mobilise des cheminots pour empêcher le convoi de quitter le pays. »
« Peu après le début du tournage, Arthur Penn, auquel la réalisation avait été confiée, est débarqué par la production, Burt Lancaster l’ayant alertée du… train trop paisible que prenait le film. Le comédien fait appeler à la rescousse John Frankenheimer, qui l’avait déjà dirigé dans Le temps du châtiment et Le prisonnier d’Alcatraz, pariant, à raison, que sa mise en scène transformera en course contre la montre le périlleux sauvetage dont son personnage prend les commandes ».
« Inspiré d’un récit que fit, après-guerre, Rose Valland, l’ancienne attachée de conservation du musée du Jeu de Paume sous l’Occupation, le trajet du convoi est ponctué de bombardements alliés sur les gares, mais surtout des sabotages héroïques commis par les cheminots résistants auxquels Le train rend hommage ».
« Réunissant aux côtés de Burt Lancaster une poignée de comédiens français, parmi lesquels Michel Simon, Suzanne Flon et Jeanne Moreau, un film d’action historique mené de main de maître, diffusé par ARTE en version restaurée. »
https://www.arte.tv/fr/videos/098025-000-A/le-train/
Pierre Cardin

Pierre Cardin a aussi habillé les personnages de la série britannique au succès mondial, Chapon melon et bottes de cuir, et l’actrice Jeanne Moreau, alors sa compagne, à la ville et à l’écran, notamment dans La Mariée était en noirde François Truffaut.

« La mariée était en noir »

Arte diffusa le 19 octobre 2020 « La mariée était en noir » (Die Braut trug schwarz) de François Truffaut.

« Une femme décide de venger son mari assassiné sous ses yeux le jour de leurs noces… En version restaurée, un hommage de François Truffaut à Alfred Hitchcock, porté par Jeanne Moreau. La sublime et fatale Jeanne Moreau y est entourée d’une pléiade d’exquis acteurs : Michel Bouquet, Jean-Claude Brialy, Charles Denner, Claude Rich, et Michael Lonsdale, décédé le 21 septembre dernier ».

« Julie et David viennent de se marier. Mais alors qu’il sort de l’église au bras de son épouse, David est abattu d’une balle venue d’on ne sait où. La mariée devenue veuve se lance à la recherche de l’assassin. Plusieurs hommes, pour leur malheur, croiseront son chemin… »

« Lorsqu’il réalise La mariée était en noir, adaptation du roman éponyme de William Irish, François Truffaut sort du demi-échec commercial de Fahrenheit 451 et travaille à son fameux livre d’entretiens avec Alfred Hitchcock ».

« De fait, de l’atmosphère à la direction artistique, en passant par la musique signée Bernard Herrmann, compositeur attitré du Britannique, aucun film du cinéaste n’a été aussi ouvertement influencé par l’œuvre du maître du suspense ».

« Plus que les meurtres successifs des assassins du mari, c’est la relation de Julie avec le dernier d’entre eux, Fergus, qui a vraiment inspiré Truffaut ».

« En plaçant le dénouement de l’histoire au milieu du film, il se consacre entièrement, dans la seconde partie, à son étude. Fasciné par les liens entre l’amour et la mort, le réalisateur livre ici sa vision personnelle de la femme fatale, entourée d’hommes lâches et immatures ».

« Aussi fantomatique que vénéneuse, Jeanne Moreau épouse le rôle d’une mariée qui n’est pas sans évoquer l’héroïne vengeresse de Kill Bill de Quentin Tarantino ».

Une femme enfermée dans sa passion amoureuse et son projet meurtrier, incapable ou refusant de saisir la chance de renouer une relation amoureuse avec le peintre Fergus, interprété de manière bouleversante par Charles Denner.

 

« Veuve le jour de son mariage, Julie Kohler se transforme en ange de la vengeance et élimine un à un les responsables de la mort de son époux, l’amour de sa vie. Mal aimé par les exégètes du cinéaste et par son auteur lui-même, La mariée était en noir est un film étrange dans lequel Truffaut tente d’appliquer les principes de son maître Alfred Hitchcock, sans pour autant renoncer à sa propre personnalité de cinéaste. Cela donne un résultat paradoxal », a analysé Olivier Père.

Et de poursuivre : « Les citations visuelles ou musicales – Truffaut emprunte à Hitchcock son compositeur fétiche, Bernard Herrmann – ne font que souligner les différences qui existent entre La mariée était en noir et les films du cinéaste anglais. Truffaut ne laisse pas vraiment la place au suspens, et refuse de diaboliser les coupables, décrits comme des échantillons de masculinité ridicules ou pathétiques – ils sont interprétés par les géniaux Michel Bouquet, Michael Lonsdale ou Charles Denner. Truffaut, français jusqu’au bout des ongles, ne parvient jamais au niveau de sophistication et de « glamour » de son modèle. Il y a dans son film une trivialité inséparable des personnages et des décors qu’il décrit, malgré des intentions déréalisantes qui emmènent parfois La mariée était en noir sur les territoires de l’onirisme. Jeanne Moreau hante le film comme un fantôme. Elle exécute son plan de manière méthodique, avec une sorte de folie froide. La mariée était en noir rejoint les grands films monomaniaques de Truffaut, qui imagine une héroïne obsédée par la mort. Le programme de cette adaptation française d’un roman de William Irish fait immanquablement penser à Kill Bill. Quentin Tarantino a pourtant déclaré n’avoir jamais vu le film de Truffaut ».

« Troublante égérie  »
« Incarnation de la femme libre et anticonformiste à l’écran comme dans la vie, Jeanne Moreau a fait tourner la tête de nombreux réalisateurs pour lesquels elle fut plus qu’une muse. Retour sur trois rencontres déterminantes pour l’actrice. Par Marie Gérard.
Louis Malle
À 25 ans, ce jeune homme prometteur a déjà coréalisé le documentaire Le monde du silence avec le commandant Cousteau. Après dix ans de carrière au théâtre et au cinéma, Jeanne Moreau, 29 ans, ne se reconnaît pas dans le cinéma français traditionnel des années 1950.

Louis Malle la filme déambulant dans les rues de Paris sur une partition de Miles Davis, le visage et les émotions à nu, dans un film noir mythique, Ascenseur pour l’échafaud (1958). Entre l’actrice et le cinéaste naît une passion qui irrigue leur film suivant, Les amants, objet de scandale. « C’est le premier film qui a été fait pour moi », dira Jeanne Moreau. Mais Louis Malle la quitte en 1958. Il lui offrira néanmoins un petit rôle dans son chef-d’œuvre, Le feu follet, puis orchestrera son duo avec l’autre grande star française de l’époque, Brigitte Bardot, dans l’explosive comédie Viva Maria, en 1965.

Admirateur déclaré, le jeune critique écrivait en 1957 dans Les cahiers du cinéma qu’elle était « la plus grande amoureuse du cinéma français ». Ils deviennent amis intimes, Jeanne fait notamment une apparition dans Les quatre cents coups et le cinéaste ne voit qu’elle pour jouer Catherine, une femme amoureuse de deux amis, dans Jules et Jim en 1962. L’actrice s’y montre éblouissante : à la fois légère, drôle, fatale et tragique. Elle débute aussi une fructueuse carrière de chanteuse grâce au succès de la chanson Le tourbillon, de son ami Serge Rezvani, qu’elle interprète dans le film de Truffaut. Ce dernier vit une brève histoire d’amour avec son égérie quelques années plus tard, avant de lui confier un rôle hitchcockien dans La mariée était en noir en 1967. Ils resteront proches, François se réfugiant souvent dans la maison de Jeanne à La Garde-Freinet.

La toute jeune pensionnaire de la Comédie-Française y rencontre le réalisateur démiurge de Citizen Kane en 1951. S’ensuivra une amitié d’une fidélité sans faille jusqu’au décès de Welles en 1985. L’Américain en exil lui propose un petit rôle dans Le procès, d’après Kafka, en 1962, puis une partition shakespearienne dans son Falstaff (1965), où elle démontre sa parfaite maîtrise de l’anglais, la langue de sa mère, une danseuse britannique. Jeanne Moreau est surtout la troublante héroïne d’Une histoire immortelle, tiré d’un récit de Karen Blixen, que Welles tourne en couleur pour la télévision française en 1967. La star française joue aussi dans The Deep, un des nombreux films inachevés du génie mal-aimé d’Hollywood, dont elle louait la démesure créatrice, elle qui aura traversé plus d’un demi-siècle de cinéma éprise d’absolu et de liberté. »

« Jeanne Moreau, l’affranchie » de Virginie Linhart
France, Kuiv Productions, 2017, 54 min
Avec la participation de TV5MONDE, CINE + et la RTS Radio Télévision Suisse
En coproduction avec Arte et l’INA
Sur Arte le 28 mars 2021 à 23 h 05
Disponible du 21/03/2021 au 23/09/2021

« Le train » de John Frankenheimer 

France, Italie, États-Unis, 1964
Version restaurée
Scénario : Franklin Coen et Frank Davis, d’après Le front de l’art – Défense des collections françaises, 1939-1945 de Rose Valland
Production : Les Productions Artistes Associés, Les Films Ariane, Dear Film Produzione
Producteur : Jules Bricken
Image : Jean Tournier, Walter Wottitz
Montage : David Bretherton
Musique : Maurice Jarre
Avec Burt Lancaster (Paul Labiche), Paul Scofield (le colonel Franz von Waldheim), Jeanne Moreau (Christine), Michel Simon (« Papa » Boule), Suzanne Flon (Mademoiselle Villard), Wolfgang Preiss (major Herren), Albert Rémy (Didont)
Sur Arte le 28 mars 2021 à 20 h 55
Visuels :
Burt Lancaster (Paul Labiche) et Jeanne Moreau (Christine) dans le film  » Le train » de John Frankenheimer
Burt Lancaster (Paul Labiche) et Michel Simon ( » Papa » Boule) dans le film  » Le train » de John Frankenheimer
Scène du train qui déraille dans le film  » Le train » de John Frankenheimer
© 1964 Metro-Goldwyn-Mayer Stud© 1964 Metro-Goldwyn-Mayer Studio

« La mariée était en noir » de François TruffautFrance, Italie, 1968, 1 h 43mn. Version restaurée

Auteur : Wiliam Irish

Scénario : Jean-Louis Richard, François Truffaut

Production : Dino de Laurentiis Cinematografica, Les Films du Carrosse, Les Productions Artistes Associés

Producteurs : Marcel Berbert, Oscar Lewenstein

Image : Raoul Coutard

Montage : Claudine Bouché

Musique : Bernard Herrmann

Avec Jeanne Moreau (Julie Kohler), Michel Bouquet (Coral), Jean-Claude Brialy (Corey), Charles Denner (Fergus), Claude Rich (Bliss), Michael Lonsdale (René Morane), Daniel Boulanger (Delvaux), Serge Rousseau (David)

Sur Arte les 19 octobre 2020 à 20 h 55 et 6 novembre 2020 à 13 h 35

Visuels : © Metro Goldwyn Mayer

 

Les citations sur les films proviennent d’Arte.

[Source : http://www.veroniquechemla.info/%5D

 

 

José Eduardo Agualusa aborda confinamento em novo livro de ficção

Agualusa ambientou 'Os vivos e os outros' na Ilha de Moçambique, com enredo em torno de um encontro literário

Agualusa ambientou ‘Os vivos e os outros’ na Ilha de Moçambique, com enredo em torno de um encontro literário.

Escrito por VALENTINE HEROLD

Quando terminou de escrever Os vivos e os outros, José Eduardo Agualusa não imaginava que estaria, poucos meses depois, vivenciando uma experiência similar à de seus personagens. Era novembro de 2019 e o premiado escritor angolano (Independent Foreign Fiction Prize por O vendedor de passados e Prêmio Literário Internacional Impac de Dublin por Teoria geral do esquecimento, entre outros) finalizava este que é seu 15º romance, recém-lançado em Portugal, pela Quetzal Editores, e, no Brasil, pela Planeta de Livros, através do selo Tusquets. Entre fevereiro e março do ano seguinte, o mundo parou em decorrência da pandemia do novo coronavírus, o lema passou a ser o do #fiqueemcasa, as fronteiras entre os países foram fechadas e a sensação era de um medo apocalíptico jamais vivenciado pelas presentes gerações, beirando os relatos ficcionais sobre o fim do mundo.

Seriam as semelhanças entre o universo cativante de Agualusa e a dura realidade de 2020 mais um exemplo da potência profetizadora da arte? Difícil aqui – em se tratando de um autor cujas narrativas são sempre um tanto quanto mágicas e que eleva a linguagem a um patamar inteligentemente simples e rebuscado – ser meramente racional. Há um componente fantástico inegável, a começar pela cidade que acolhe o livro, ela também um personagem.

O romance se passa na Ilha de Moçambique, território localizado no norte do país e considerado, desde 1991, Patrimônio Mundial da Humanidade pela Unesco. O próprio Agualusa encontrou morada na cidade, há cerca de quatro anos, e divide com seus seguidores do Instagram lindas imagens do lugar. Um festival literário – o primeiro da ilha – está prestes a acontecer e tudo começa justamente com a chegada dos escritores, vindos não só de Moçambique como de diversos outros países africanos, e segue por uma semana, tendo seus capítulos divididos do primeiro ao sétimo dia. O tempo de celebração pelos reencontros e descontração é interrompido já no primeiro dia, com o aparente começo do fim, “a noite rasgando-se num enorme clarão, e a ilha separando-se do mundo. Um tempo terminando, um outro começando”.

Os moradores da ilha e os convidados do festival se veem então isolados do resto do mundo, sem sinal de telefone, sem acesso à internet. Até o contato com o continente se torna inexistente, uma vez que nuvens pesadas e tempestades bloqueiam o acesso à ponte, enquanto o clima da ilha permanece ensolarado e aberto. Quem está à frente da organização do evento é o escritor e ex-jornalista Daniel Benchimol e a artista Moira Fernandes, casal já conhecido dos leitores de A sociedade dos sonhadores involuntários, livro lançado por Agualusa em 2017. Se a primeira narrativa marcava o encontro entre o angolano e a moçambicana na África do Sul e o começo da paixão, enquanto Daniel se aventurava na busca pelos mistérios da linha tênue entre sonho e realidade, agora eles residem na Ilha de Moçambique e estão à espera de um bebê.

A não ser pelo fato de ser um excelente livro, não há necessidade de ter lido A sociedade dos sonhadores involuntários para mergulhar no universo de Os vivos e os outros, já que não se trata de uma continuação.

O casal precisa não apenas lidar com a situação inusitada justo nos últimos dias da gravidez de Moira, como também dar atenção às demandas de seus amigos escritores e continuidade ao festival. A narrativa foca em alguns dos autores convidados. Com a perspicácia e ironia característica de Agualusa, somos apresentados ao tranquilo e sábio Uli Lima, conterrâneo e amigo de longa data de Daniel; às moçambicanas Ofélia Eastermann – autora veterena muito segura de si – e Luzia Valente, jovem poeta que está ainda à procura de sua voz literária; e aos nigerianos Jude d’Souza – autor digital influencer que carrega sempre consigo uma câmera Leica –, e Cornélia Oluokum – a grande atração do festival, autora reverenciada no mundo todo e radicada em Nova York. Outras figuras vão compondo o dia a dia dessa estranha semana, mas, sem dúvida, as mais peculiares talvez nem sejam os escritores e, sim, personagens de suas obras mais famosas que aparentam ter saído das páginas dos livros diretamente para a Ilha de Moçambique…

Há uma razão para esse súbito isolamento tecnológico, mas ela só será revelada ao final do livro. Ao longo de uma semana, vamos sendo guiados com curiosidade e leveza pelos mistérios da ilha encantada, que parecem ser indissociáveis do fazer literário. Na vida real, grandes nomes da literatura de língua portuguesa passaram pela ilha (Camões teria terminado de escrever Os lusíadas durante estadia de dois anos), e na literatura do autor angolano a ínsula é palco de reflexões e debates sobre o ofício do escritor e o papel da literatura hoje. “– Não tem receio de que seus leitores o confundam com ele”, questiona Daniel a Jude, sobre seu protagonista “egocêntrico, narcisista, machista e misógino.” “– Agrada-me explorar a possibilidade de ser um outro, diverso de mim, continuando a ser eu mesmo. Também me agrada confundir os leitores”, responde o nigeriano.

Em outro momento, Daniel Uli e Cornélia estão desabafando sobre os estigmas e estereótipos criados pela crítica europeia em torno de autores africanos. “A literatura africana deveria servir para confirmar a África imaginada por eles. Um escritor africano que optasse, eu sei lá, por escrever um romance sobre a guerra civil espanhola seria considerado um alienado”, analisa o anfitrião. Pílulas que nos vão  revelando um pouco também dos pensamentos do próprio Agualusa acerca dessa narrativa metalinguística.

Privados do contato com o mundo exterior, todos mergulham não apenas nessas reflexões coletivas, como também precisam aceitar que essa viagem é um recolhimento para dentro de si. É o momento de fazer as pazes com questões mal resolvidas do passado, muitas delas relacionadas ao extraordinário aparecimento de seus personagens. O tempo, aliás, é outro tema central em Os vivos e os outros: o passado colonial e o presente da ilha, os sete dias que delimitam o desenrolar da narrativa e, principalmente, como a percepção do tempo é alterada a partir do momento em que não há celulares e outros aparatos tecnológicos. A iminente ideia do fim também acelera – ou retarda? – essa consciência.

Assim como no mundo real, a pandemia representou o fim de um mundo como o conhecíamos, o término dessa inusitada semana na Ilha de Moçambique ressignificou para os personagens a essência da vida humana e da literatura. “Os anos multiplicam-se e terminam ocupando tudo. Então, o tempo para. Olhas para dentro de ti e vês os instantes inumeráveis, todos imóveis, cada segundo da tua vida absolutamente estático, e voltas a sentir a alegria ou a tristeza que experimentaste enquanto passavas por eles. A cada estado, quando o tempo para de crescer dentro de nós, a isso chamamos morte.”

VALENTINE HEROLD, jornalista e mestre em Sociologia.

 

[Fonte: http://www.revistacontinente.com.br]

A editorial Malpaso rescata o ensaio clásico máis heterodoxo de José Luis Ortiz Novo e que cumpre 25 anos desde a súa aparición

El Niño de Elche, en plena actuación en A Illa, en el 2016, es un ejemplo del flamenco más libre de la escena actual

O Neno de Elxe, en plena actuación na Illa, no 2016, é un exemplo do flamenco máis libre da escena actual.

Por H. J. P.

Alegación contra a pureza de José Luis Ortiz Novo (Archidona, Málaga, 1948) converteuse nun clásico heterodoxo sobre o flamenco nos 25 anos que cumpre desde a súa primeira aparición, en 1996, en PM, un pequeno selo barcelonés. Desde entón incorporou addendas, modificacións, incluso correccións ou leves arrepentimentos, ata case duplicar a súa extensión, grazas á edición que preparou Barataria no 2010 e que agora vén de rescatar Malpaso.

Ortiz Novo emprega un estilo que mestura un aire arcaizante cun simulacro vangardista, nunha formulación que xoga a ancorarse na linguaxe dos gaceteiros do século XIX. Todo iso redunda nun caos non sempre medido que inclúe como nun pastiche pensamentos e textos doutros e que lle serven a el para lanzar (disparar, diríase) a súa cadea de reflexións e aforismos, invectivas e reconvencións en favor dunha arte libre que non ha de dar contas a ninguén. Historiador, investigador e profundo coñecedor do universo flamenco, que fundou e dirixiu a Bienal de Flamenco de Sevilla e coordinou o equipo redactor da memoria para a declaración do flamenco como Patrimonio Oral da Humanidade, arremete no seu persoal ensaio contra os apocalípticos -algúns tan insignes e informados como José Manuel Caballero Bonald e Antonio Gala, en distinta medida, iso si-, moitos dos cales se pasan a vida advertindo do perigo que ameaza esta cultura -e que comporta incluso a morte, a extinción- por mor do descoñecemento (e a falta de respecto) da tradición.

O libro ten moito de reivindicación poética e de exercicio de emoción íntima que se le de forma volandera e enganosamente lixeira. E unha pregunta resoa no aire: ¿Como ha de ser a pureza a alma dunha arte, como o flamenco, de natureza absolutamente mestiza?

 

[Imaxe: MARTINA MISER – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Dans l’épisode 80 d’Histoire en séries, Nadia Vargaftig présente la série Le Domaine qui narre l’Histoire d’une grande famille de la fin de la dictature de Salazar à l’entrée du Portugal dans l’Europe

Écrit parYohann CHANOIR et Nicolas CHARLES

Nadia Vargaftig (*) présente ici la série Le Domaine diffusée sur Arte. Elle montre comment cette famille est toxique et dysfonctionnelle, basée sur un patriarcat destructeur. Elle étudie également la religion, pilier du régime salazariste et fondement de la société portugaise. Elle étudie ensuite le régime de Salazar finissant : incarné par un certain nombre de personnages sinistres, des bureaucrates du ministère de l’Intérieur, des militaires et le personnel de la sinistre PIDE (police politique).

Après la révolution des Œillets de 1974, elle montre le rôle du Communisme, incarné par le personnage de Leonel. Vers la fin de la série, Nadia Vargaftig met en lumière le rôle de l’Europe, incarnée à partir de 1991 par l’endettement de Joao vis-à-vis des banques. La série évoque aussi les colonies et leur décolonisation à partir de 1975. Cette série est enfin l’occasion de découvrir aussi les paysages et le patrimoine de la région de l’Alentejo portugais. Elle termine en faisant une proposition pour la classe de Première en HGGSP.

Plus d’infos sur https://www.histoireenseries.com

 

(*) Nadia Vargaftig est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’université de Reims Champagne-Ardenne depuis 2015. Sa thèse, publiée aux éditions de la Casa de Velazquez en 2016, a porté sur les politiques de propagande dans les expositions coloniales des régimes fasciste en Italie et salazariste au Portugal (Des Empires en carton. Les expositions coloniales au Portugal et en Italie, 1918-1940). Ses travaux portent depuis sur les images et les imaginaires coloniaux et post-coloniaux des anciennes puissances européennes (France, Portugal, Belgique, Grande-Bretagne), notamment à travers la photographie et la constitution des collections de musées. Elle publie une chronique historique mensuelle dans Libération.

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Las Jornadas de cine boliviano son una plataforma de difusión y reflexión alrededor de trabajos de investigación concluidos o en desarrollo sobre el cine boliviano. A su vez, se constituyen en un espacio de diálogo interdisciplinario y puesta en valor del patrimonio.

En esta tercera edición, que se desarrolla de manera virtual hasta el viernes 19 de marzo, el evento bienal propone pensar el cine boliviano desde cinco ejes o mesas temáticas, a desarrollarse durante las jornadas de encuentro.

  • Mesa 1: Estéticas de producción: formas de ver y hacer cine en Bolivia.  
  • Mesa 2. El pueblo en el cine boliviano. Representaciones cinematográficas y audiovisuales de las colectividades y las masas.
  • Mesa 3. Violencia descubierta. Imágenes de las relaciones de exceso y cuerpo en el cine boliviano
  • Mesa 4. Mujeres en el cine boliviano. Aportes, procesos de producción y obras.
  • Mesa 5. Imágenes fuera de campo. Apuntes para una historia crítica del cine en Bolivia.

Los investigadores e investigadoras compartirán sus ponencias junto a invitados e invitadas internacionales. Participarán, entre otros, David Wood, Isabel Seguí, Gabriela Zamorano, Santiago Espinoza, Andrés Laguna, Verónica Córdova, Viviana Saavedra, Álvaro Olmos, Josefa Salmón, Jaime Salinas, Gilmar Gonzáles, Marjory Maceres y Kantay Melgarejo.

Presentaciones de libros

Durante las III Jornadas de Cine Boliviano se presentarán La Memoria II Jornadas de cine boliviano. Los lugares de la mirada y el libro de la investigadora argentina María Aimaretti Video boliviano de los ’80. Experiencias y memorias de una década pendiente en la ciudad de La Paz. 

La Memoria de las II Jornadas de Cine Boliviano. Lugares de la mirada recoge las intervenciones de 12 participantes de las mesas de la actividad, desarrollada entre el 25 y el 29 de marzo de 2019. Esas jornadas tuvieron el objetivo de discutir y divulgar estudios y sensibilidades que afectan a la cultura cinematográfica en Bolivia. Pensar el lugar de la mirada indefectiblemente a través de nociones como territorio, memoria, espacio, representación, espectadores, pantallas, entre otras categorías para el análisis, tanto cinematográfico como el de la cultura visual. Para este encuentro bianual se establecieron cuatro mesas y temáticas: 1) Cuerpos en el plano: corporalidades en el cine boliviano; 2) Imaginando Bolivia; 3) Cine y política: imaginarios políticos en el cine boliviano; 4) Arte contemporáneo y cine.

El libro de María Aimaretti reúne una investigación que realizó desde fines de 2014 hasta principios de 2020, en torno del video boliviano de la década de los ochenta, centrándose en la ciudad de La Paz. Apuntando a problematizar un vacío reflexivo tanto en la agenda de estudios sobre cine boliviano como en la de estudios culturales latinoamericanos, el volumen forja una imagen de este objeto de estudio “perdido” de la historiografía, soslayado por la crítica y hasta incluso “olvidado” por sus propios actores que, sin embargo, merece una puesta en valor debido a su contribución tanto a la continuidad productiva y crítica de la historia del cine y el video local, como al escenario regional de la comunicación alternativa.

Los encuentros virtuales se realizan por Facebook Live desde las páginas de CCELP e ImagenDocs

Programa completo

 

 

[Fuente: http://www.nodal.am]