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Pris en tenaille entre son mentor Buñuel, et une relève plus populaire que lui (Almodóvar), Saura est un peu passé entre les mailles de l’histoire et de la cinéphilie contemporaine. Largement célébré à ses débuts, il reste aujourd’hui assez déconsidéré, voire oublié. Sa filmographie intermédiaire, celle des années 80 et 90, est peu montrée et mal éditée en dvd, à quelques exceptions près. Et depuis une quinzaine d’années, les titres de sa période la plus créative, de la mi-60 à la fin 70, sont devenus indisponibles, sauf « Cría cuervos », son chef d’œuvre de 75 qui lui valut une reconnaissance à double tranchant (elle occulte encore aujourd’hui le reste de la filmographie), et « Los Golfos », son premier long-métrage, une rareté récemment éditée.

Ce tort est enfin réparé par l’éditeur et distributeur Tamasa, avec la reprise en salles de films clés (« La Chasse », « Peppermint frappé » et bientôt le diptyque « Ana et les loups »/ « Maman a cent ans ») et surtout cet imposant coffret de 9 dvd, qui retrace la quasi intégrale des débuts jusqu’à la fin des années 70. Au vu des films, et de la continuité de l’œuvre de Saura, réalisateur encore bien actif aujourd’hui, on mesure combien cette relégation était injuste. Saura s’impose encore pour son appétit de recherche et d’invention, qui rend son œuvre stimulante de bout en bout, malgré des inégalités ponctuelles.

Écrit par William LURSON

Loin de se cantonner au statut de réalisateur subversif et grand critique de la fin du franquisme, dont la vigueur se serait amoindrie avec la chute du régime, Saura reste bien l’un des « auteurs » majeurs du cinéma moderne espagnol des années 60-70 (le terme n’est pas surfait puisqu’il écrit lui-même ses sujets, originaux en tous points). Le réalisateur invente un monde intérieur, baroque et fantasmatique, qui flirte parfois avec le fantastique, et oscille entre la fantaisie, le grotesque, la noirceur des pulsions humaines, et les embrouillaminis de l’inconscient. Les films sont en outre portés par une équipe quasi invariable : le scénariste Raphael Azcona (« La Chasse », « Peppermint frappé », « Anna et les loups »…), les chefs opérateurs Luis Cuadrado et Teodoro Escamilla, le monteur Pablo G. del Amo, et la musique de Luis de Pablo. Mais c’est surtout la muse et compagne de Saura durant cette période, l’actrice américaine Géraldine Chaplin, qui devient le faciès formidable de son univers : enfantine et tragique, hystérique ou fragile, d’une extrême malléabilité expressive. Elle reste malgré sa mélancolie une bouffée de fraîcheur qui vivifie la première partie de l’œuvre – une suite de films très audacieux qui cultivent souvent les huis-clos fantasmagoriques, théâtres des aliénations de toutes sortes, conjugales, sociales et politiques. Géraldine Chaplin cosignera notamment le scénario de « La Madriguera » en 1969, l’un des films les plus délirants de Saura.

« La Madriguera » (La Tanière, 1969)

Saura qui fût d’abord photographe, est encouragé par son frère aîné, le peintre Antonio Saura, à persévérer dans le cinéma. Carlos Saura signe, après une poignée de courts-métrages, son premier véritable film avec « Los Golfos » (Les Voyous) en 1959, sorte de pendant réaliste à « Los Olvidados » de Buñuel. Le film narre dans une facture semi-documentaire (que l’on rapprochera du néo-réalisme italien) les aspirations de la jeunesse madrilène déshéritée, et le rêve d’ascension sociale représenté par la tauromachie. D’emblée, Saura aura maille à partir (comme pour le reste de sa filmographie des années 60 et 70) avec la censure franquiste, religieuse et moraliste, qui mutilera largement son montage et empêchera tous les projets du réalisateur pendant cinq ans. Le film, absent du coffret (car édité par Blaq Out) garde encore toute son acuité réaliste et sa force lyrique malgré les coupes imposées. En 64, une tentative malheureuse de coproduction grand public, « Llanto por un bandito » (Les Bandits) – avec Lino Ventura et Francico Rabal dans les rôles clés – dont le contrôle artistique échappera tout autant à Saura, convaincra le réalisateur de se recentrer sur une économie de projet plus modeste, afin de garder une entière liberté. Il trouvera en la personne d’Elias Querejeta, lui-même réalisateur, un producteur exemplaire qui l’épaulera tout du long des années de « rébellion », et ce malgré l’adversité de la censure, toujours aux aguets.

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« La Caza » (La Chasse, 1966)

Le premier film produit par Querejeta, « La Chasse » en 1966, premier dvd du coffret, est une réussite éclatante. C’est l’un des chefs-d’œuvre indéniables que l’on peut mettre au crédit du réalisateur. Film de transition pleinement abouti, « La Chasse » concilie la veine quasi documentaire héritée de « Los Golfos » et celle, toujours plus allégorique et mentale, qu’il n’aura de cesse de développer au cours de la décennie suivante. Cette partie de chasse montre des ex-phalangistes, arrivés aux postes clés de la bourgeoisie espagnole, s’entredévorant à force de jalousies et d’humiliations mutuelles. La satire impressionne d’autant plus qu’elle déjoue la censure en jouant sur les non-dits et les métaphores. L’arrogance des parvenus, et la monstruosité du nouvel ordre qu’ils imposent, prolonge dans la violence et la haine sociale, leurs exactions d’antan. Comme « Le Bourreau » de Luis Berlanga, également scénarisé par Azcona, c’est une œuvre vitriolée, excessive et expressionniste, toujours sur le fil de l’humour et du malaise, d’une radicalité sans réels équivalents. Elle dépasse largement son temps « politique » par sa photographie, son invention dramatique, et son interprétation tonitruante.

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« Stres es tres, tres » (1968)

La suite du parcours cinématographique de Saura sera une succession ininterrompue d’expérimentations. Le réalisateur ne cessera de sonder la bourgeoisie espagnole, et son inféodation même inconsciente à l’ordre franquiste, mais il n’en fera pas pour autant un fond de commerce. « Stres es tres, tres » et « La Madriguera » déplacent quant à eux l’horizon filmique, en le recentrant sur le couple et la vacuité du matérialisme contemporain, enregistrant les fruits viciés du progrès dans des fables en forme d’apocalypses intimes. Au lieu de s’accomplir, les êtres deviennent de plus en plus frustrés, au point de se recroqueviller dans un égoïsme puéril, ou de sombrer dans une exclusivité maladive. « Peppermint frappé » investit les légendes populaires de la petite ville de Calanda (dans l’Aragon), où la population très pieuse est connue pour célébrer la Semaine sainte à coups de tambour continus, vingt-quatre heures durant, jusqu’à se mettre les doigts en sang. Le film est buñuelien, et presque hitchcockien avec sa figure double de personnage féminin, brune et blonde remodelée par un pygmalion pervers (l’excellent José Luis López Vásquez), mais il tire librement vers la fantaisie fantastique, la ritournelle et le conte, pour investir un territoire plus ouvert que les modèles initiaux. On penserait même à Bava, davantage qu’à Buñuel. L’éditeur Tamasa a eu la bonne idée d’ajouter en bonus le documentaire très rare de Juan Luis Buñuel, fils de Luis, tourné à Calanda, ville natale et lieu de résidence des Buñuel, durant les festivités du Vendredi saint. C’est un témoignage démentiel sur cette atmosphère de transe collective qui s’empare de tous les habitants, rassemblés jusqu’à se confondre en un énorme et sublime battement. Saura semble citer « Calenda » par d’habiles plans, reconstitués dans son propre film ; des inserts en noir et blanc granuleux d’une facture pseudo-documentaire, qui montrent Géraldine Chaplin au centre de la foule, en joueuse de grosse caisse.

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« Peppermint frappé » (1967)

Comme pour tous les réalisateurs qui ont un univers à ce point singulier, la grosse gageure de Saura sera de se renouveler au fil de sa filmographie. Même si ses films formeront un système de plus en plus apparent – allers-retours a chronologiques mêlant le présent, le passé revécu et les projections fantasmatiques, avec des jeux de personnages dédoublés, des confusions fréquentes –, ils auront le mérite de déployer à chaque fois un dispositif cinématographique propre à ce que Saura souhaite raconter, sans jamais répéter la même histoire. Il y aura la dévoration d’une belle « gouvernante » anglaise par une famille perverse, emblème de la grande bourgeoisie franquiste dans « Ana et les loups » ; le revécu infantile d’un industriel fortuné (José Luis López Vásquez) dans « Le Jardin des délices », devenu paralytique à la suite d’un accident automobile, et poussé par ses héritiers à recouvrir la mémoire… de ses comptes bancaires. Enfin, ce seront quelques souvenirs de jeunesse : ceux des amours doucement incestueux de Luis, fils de républicain, avec « La cousine Angélique », réprimés à coups de ceinturon par le père de cette dernière, un phallocrate franquiste ; et les retrouvailles fusionnelles d’une jeune femme en crise, Elisa, avec son vieux père mourant (Fernando Rey), dans « Elisa, mon amour ».

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« La prima Angélica » (La cousine Angélique, 1974)

Chaque film témoigne d’un effort pour se libérer des entraves individuelles, familiales et maritales, mais sans volonté de thèse ou de didactisme politique, en réalisant son programme de manière aussi elliptique que poétique, au cœur de la fiction et du romanesque. Saura cherche avant tout une modernité formelle. La liberté s’exprime dans la façon de conduire les récits, d’en brouiller les repères grâce à la mise en scène et au montage, en stimulant pleinement l’imaginaire des spectateurs par des équivoques. Il faut le dire, les films de Saura ne sont pas toujours sans défaut (on peut leur reprocher quelquefois la frontalité un peu plate de la mise en scène, leur artificialité trop fabriquée, et une narration relâchée), mais la volonté de recherche perpétuelle et d’autodépassement qui les anime, en font une entreprise cinématographique passionnante, constamment intéressante. Pour son « malheur », Saura a été salué dès ses débuts principalement pour son courage et son audace « politique ». Ce malentendu finira par masquer les qualités proprement cinématographiques de son travail. Une fois le franquisme déchu, la critique de cinéma peinera à regarder ses nouveaux films avec autant d’intérêt à défaut d’un arrière-fond subversif, dans lequel semblait se condenser toute la saveur créative… C’est peut-être la prochaine étape à conduire dans la réévaluation de cette œuvre : examiner la production des trente dernières années sans aucun préjugé.

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« Mamá cumple 100 años » (Maman a cent ans, 1979)

Peu de bonus sont présents sur les dvd, excepté « Calanda », le film de Juan Luis Buñuel, livré en supplément de « Peppermint Frappé », et un entretien avec Saura, malheureusement trop bref, sur le dvd de « Ana et les loups ». Cette courte durée (25 minutes à peine pour évoquer les riches péripéties de la période qui compte une dizaine de films) s’explique peut-être par le fait que Saura, tout comme Buñuel, est connu pour ses réticences à commenter ses films, et plus encore à leur donner des causes rationnelles. Il a toujours clamé la dimension intuitive et poétique de ses choix. Le désir « légitime » pour tout cinéaste en activité, de parler davantage de l’œuvre en cours que du passé, a pu jouer également.

En revanche, le coffret est complété par un livre de Marcel Oms, grand spécialiste du cinéma ibérique, et de Carlos Saura en particulier, qui examine l’ensemble de la filmographie jusqu’à « Deprisa, deprisa » en 1980 (une reprise a priori intégrale de sa monographie « Carlos Saura », paru aux éditions Edilig en 1981).

En somme, un coffret très complet, à l’exception de « Los Golfos », de « Cría cuervos », et surtout d’un absent, « Les yeux bandés », l’un des ultimes films avec Géraldine Chaplin réalisé avant « Maman a cent ans », qui clôt une période exemplaire en termes de recherche artistique. Si certains en doutaient encore, il faut redécouvrir Carlos Saura, talent original et pierre fondatrice du cinéma espagnol moderne.

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« La prima Angélica » (La cousine Angélique, 1974)

 

Carlos Saura – Les années rebelles 1965-1979 – coffret 9 dvd, Tamasa (sorti depuis le 30 novembre 2015)
La Chasse (1966) ; Peppermint frappé (1967) ; Stress es tres, tres (1968) ; La Madriguera (1969) ; Le Jardin des délices (1970) ; Ana et les loups (1973) ; La cousine Angélique (1974) ; Élisa, mon amour (1977) ; Maman a cent ans (1979) + Livre « Carlos Saura » par Marcel Oms.

Le coffret est à gagner en participant au concours organisé en partenariat avec Tamasa : suivre le lien.

 

[Source : http://www.culturopoing.com]

La movida

Miguel Trillo Afluencias. (CC) Enric Archivel.

Publicado por Juan Bonilla

Se sabe cómo empezó la movida madrileña: en el Rastro, con unos chavales tratando de montar un grupo. Allí iba Fernando Márquez con Carlos Berlanga a vender y comprar discos y fanzines y libros, y de allí salió Kaka de Luxe. Lo contó el propio Márquez en su temprano y muy valioso Música moderna. Durante dos o tres años todo aquello era underground puro, underground orgulloso de serlo, por decirlo así. La precariedad dándose la mano con las ganas de hacer algo —poesía significa acción— y desde luego mofarse de lo que la autoridad competente erigiera como símbolo cultural. El empuje de una juventud con ganas de bailar y de decir barbaridades en las canciones, de tomárselo todo a broma —el cantante de Glutamato Ye-Yé con aspecto de Hitler, quiero ser santa quiero ser beata, todos los negritos pasan hambre y frío, para ti que te burlas de los críticos seniles—, produjo medio millón de canciones malas y diez o doce buenas y, entre ellas, tres o cuatro inolvidables (una de ellas, la última acaso, también de Fernando Márquez: «Cuando todo esto acabe / cuando nadie nos busque / seguro que nos vemos en cualquier fiesta…»).

Pero lo cierto es que cuando llegó la hora adecuada, cuando los socialistas se auparon al poder para completar el perfil de la Nueva España, la autoridad competente supo hacer uso del ambiente para volverlo a su favor, darse esa pátina de descaro y juventud que le hacía falta al país: Tierno Galván gritando «Madrileños, el que no esté colocado que se coloque», y después un ministro como Solana apareciendo en la cubierta de una revista como La Luna de Madrid para completar la inteligente operación. Una operación que se ha producido muchas veces, por supuesto, tampoco hay que dárselas de ingenuo. Y que, en cierto modo, gracias a la propia retórica que ha de utilizarse en cada etapa de su crecimiento, es fácil de detectar cuando se produce. Si alguien del establishment te busca para que le eches una mano, ten por seguro que, por mucho que te digas que vas a mantener esa voz personal, esas maneras que han llamado la atención, lo que acabas de perder son la voz y las maneras.

Pongamos un sencillo ejemplo: La Fura dels Baus, el grupo teatral —o antiteatral— que sacudía bodegas abandonadas, yermos, ruinas, en todo el país con obras violentas, de metáforas excesivas quizá, muy abonadas al apocalipsis, pero con una rotundidad que acababa conmocionándonos. Su éxito los fue sacando poco a poco de esos establecimientos donde nos epataban con teatro sin texto, y esas maneras que llegaron a adoptarse como adjetivo —estética furera—  acabaron inclinándose hacia la evidencia de que todo aquel que consigue tener una voz muy personal y reconocible acaba cayendo en lo pompier. No debió extrañar a nadie que se hicieran de oro como escenógrafos de grandes óperas en los principales teatros del mundo o que se les encargaran celebraciones tan poco underground como la inauguración de unos Juegos Olímpicos. Podían decirse ellos mismos, naturalmente, que, a la vez que diseñaban un bonito cromo para todos los públicos que pudiera ser retransmitido al planeta entero, estaban estrenando en plena Expo de Sevilla una de sus obras más brutales, con actores montados en vehículos que hacían huir al público y unos andamios muy trabajados donde iban creciendo burbujas de agua en las que se criaban nuevos seres. Lo cierto es que todo lo que vino después tenía mucho más que ver con la bonitura que hicieron en la inauguración de los Juegos Olímpicos que con la barbaridad que hicieron en la Expo. Lo pompier triunfó sobre la pauta original.

Si comparamos las primeras canciones de la movida madrileña con las que se hicieron a partir de mediados de los ochenta, veremos ese mismo efecto —que también se puede observar en el cine de Almodóvar—. Pero lo significativo de épocas así, en las que se da, o parece que se da, una especie de afán creativo que se expande por una ciudad cualquiera e infecta como un virus a ciudades vecinas, es que del monto total de producciones que se realizan entre fiesta y fiesta, de los miles de cuadros que se pintan y los miles de canciones que se componen y los cientos de poemas y las decenas de cuentos macabro-eróticos que se escriben, lo que con el tiempo queda es una atmósfera, una «voz de época», un tono, un adjetivo: «ochentero», en el caso de la movida. Y ninguna disciplina sabe sacarle más partido a eso que la fotografía: allí donde las creaciones de músicos, letristas y pintores parecían conformarse con darle de comer al ahora en el que se producían, los fotógrafos, al documentar ese efímero paso de la cabalgata de artistas y personajes por la pasarela de la actualidad, consiguieron congelar el tiempo y, limitándose a tomar la realidad —porque por algo los fotógrafos hacen tomas—, acabaron componiendo la más distinguida y resistente obra de la época, aquella en la que la época quedaba mejor definida y expresada.

Tampoco en eso el Madrid de los ochenta es nada original, por supuesto. Se diría, variando la célebre frase de Mallarmé, que hay épocas que existen solo para acabar generando una serie de fotografías. O sea, no es que todo en el mundo exista para acabar en un libro, ni siquiera, como corrigió Susan Sontag, para acabar en una fotografía: todo existe más bien para acabar en un fotolibro. El swinging London produjo, entre otros, el espléndido London Pop Gesehen con el que Jürgen SeussGerold Dommermuth y Hans Maier encerraron los aromas y gestos y figuras y ambientes del mítico Londres de los sesenta. Hay otros muchos ejemplos, sin duda: del París de Moï Vehr a la Barcelona de los cincuenta de Miserachs. En el Madrid de los ochenta destacan algunas de las potentísimas imágenes de Alberto García-Alix, sí, suficientemente celebrado, entre cuyos fotolibros me parece que sobresale Autorretratos. También merecen mención las imágenes coloreadas de Ouka Leele y los retratos de artistas de Pérez Mínguez. Pero si hay un fotógrafo que consiguió retratar el underground madrileño produciendo underground madrileño, hay que pararse en la figura, insuficientemente valorada, de Miguel Trillo.

En 1980 Miguel Trillo empieza a fotografiar a la juventud española que va a los conciertos que se reparten por toda la capital. Decide currarse un fanzine para ir recopilando sus fotos agrupándolas en tendencias: el número cero, que es el peor impreso, es un especial «movidas»; luego dedica números al mod, al heavy, al punk, al tecno y a los heavies. Hacía cien ejemplares fotocopiados y, sin firmarlo, le ponía un título afortunadísimo: Rockocó. El resultado es puro underground bebiendo del underground, sin otra pretensión que fijar en el tiempo algo que merece ser más que presente. El fotógrafo no hace el más mínimo alarde de artista, es un ojo que caza, toma la realidad y la deposita en el papel. Desfilan por sus páginas decenas de chavales que miran a cámara o son captados cuando bailan, convencidos todos, sin haber leído a Nietzsche, de que no merece la pena ningún dios que no les haga bailar. Seguramente las copias originales del fanzine circularon, como tantos otros, entre los propios personajes que quedaban retratados, entre la gente que formaba parte de aquel primer grupo de «movidos». Solo ahora, hace unos meses, se han recopilado todos los números de Rockocó en una eficiente cajita editada por La Fonoteca. Miguel Trillo apenas ha escrito unos párrafos dando sus explicaciones o aliñando las imágenes con algo de contexto. Viene a decir, con su insólita modestia, que empezó en el año 80 «por el afianzamiento de la libertad en nuestro país» y que dejó de hacerlo en el 84 porque «el espíritu amateur de aquel tiempo se había diluido y la diversión ya se había afianzado en todas las ciudades». He ahí una perfecta definición del underground.

Trillo no fue el primero en retratar la escena musical que de repente sacude una ciudad cualquiera —frecuentemente grande, aunque no siempre, como demuestra el caso del beat de Liverpool—. Los punkis, tan fotogénicos, ya fueron convenientemente tomados por Salvador Costa en el libro Punk, pero los escenarios eran londinenses —como los del indispensable White Trash de Christopher Makos retrataban el punk yanqui—. Pero tanto Costa como Makos produjeron artefactos que usaban el underground para salir a la superficie: no eran obras underground como sí lo es de principio a fin la de Trillo. En la nota que pone a la reedición facsímil de Rockocó, a Trillo se le escapa, sonriente, una pequeña queja pero también un excelente canto al medio que tuvo que utilizar para dar salida a su obra: «Han sido muchos años haciendo fotos en la soledad de la felicidad. Pasarlo bien nunca ha necesitado de la solidaridad. Si me hubiera dedicado a retratar el sufrimiento, quizá hubiera recibido encargos de las ONG o fundaciones benéficas, pero no ha sido mi ruta. Los fanzines los considero caminos enrevesados del yo a la conciencia, ya sea de la palabra o la mirada. Me enseñaron a controlar el subsuelo de los territorios, a no tener que subastar los ojos en beneficio ajeno». La prueba de que Trillo ha seguido su camino, su ruta, como él dice, es que tampoco quiso sacarle más partido a su privilegiada posición y se marchó con su canción a otra parte, a otras juventudes, a fotografiar lo que hacían los muchachos en Asia, en otras movidas. Quizá sea de todos los pobladores de la movida madrileña el único que se ha mantenido realmente en la movida desde que empezó: entendió que la movida es un calambre que hoy pasa por Madrid y mañana por Hong Kong, y luego quizá alcance Ciudad de México para seguir electrizando a una ciudad cualquiera en un momento determinado.

Muchas veces, al hablar de los años de la movida madrileña, se ha hecho hincapié en que, salvo la primera película de Almodóvar, algunas canciones del Zurdo, de Nacha Pop o de Radio Futura, la movida no dejó más que la posibilidad de que alguien con talento, al hacer memoria de lo sucedido, lograra cerrar una buena novela. Se intentó en varias ocasiones e incluso se redactaron algunas memorias más o menos meritorias en las que pudiéramos abrevar a la nostalgia de haber sido adolescentes en una época orgullosa de su propia adolescencia. Pero no nos hace falta que nadie se ponga a la tarea, porque la gran novela de la movida madrileña ya se escribió hace muchos años, recién muerta la propia movida. José Luis Gallero, también militante del underground, pero sin amateurismo, con un inesquivable buen gusto en producción editorial y en diseño —como prueban las ediciones de la editorial CODA o la revista Amen—, labró la novela definitiva de aquellos años disfrazándola de tertulia, de libro de entrevistas, de encuesta. Se tituló Solo se vive una vez. Ahí comparecen decenas de voces que se ponen a hablar, a recordar, a analizar, para componer un entusiasmado artefacto narrativo, una especie de instalación, que consigue retratar la época con frescura y naturalidad espléndidas, sin renunciar a la crítica o el desdén ni a la melancolía; el hecho de que se ceda la palabra a tantas voces consigue que, como debe ser, no se pueda obtener una representación unánime de la época, que se nos presenta viva y convincente en un ejército de detalles que la vuelven a poner en pie, sin ser reducida a historia. El libro de Gallero vuelve a demostrar que hay épocas de explosión creativa que sufren esa excelente paradoja que consiste en que el estallido no produzca apenas nada que escale la tapia del tiempo, pero sin embargo sí lo consigan las obras documentales que se limitan a contar, a fotografiar, a decir lo que ocurrió en el lugar de la explosión.

 

[Fuente: http://www.jotdown.es]

El 2020 debería ser recordado como el año de los grandes documentales del cine español y, uno de ellos, es “Anatomía de un dandy“, que trata sobre uno de los mayores escritores españoles del siglo XX pero que, curiosamente, es conocido por la mayoría de la población por aparecer en ese programa de televisión donde irascible gritaba “He venido a hablar de mi libro”. Estamos hablando de Francisco Umbral sobre el cual uno de los personajes invitados a participar en este trabajo comenta “es junto a Sabina y a Almodóvar el gran cronista sobre Madrid de las décadas de los 80 y 90”.

El documental “Anatomía de un dandy”, codirigido por Charlie Arnaiz y Alberto Ortega, se centra en el apartado más personal de Francisco Pérez, un joven que firmaba con este nombre sus primeros artículos en “El norte de Castilla”, en Valladolid; un joven que adoraba a su madre y que sufrió mucho la ausencia de su padre; y que le cambió la vida para siempre el nacimiento y fallecimiento, con tan solo cinco años, de su hijo Pincho. Un escritor con más de 10.000 artículos publicados y más de 100 libros; un escritor cuya crónica de contraportada en “El País” y luego en “El Mundo” tenía más de un millón de lectores diarios; un escritor que se convirtió en toda una figura mediática, con su dialéctica afilada y su figura trabajada, apareciendo en multitud de programas televisivos.

Así, a través de múltiples entrevistas, con la voz en off de Aitana Sánchez Gijón, con su propia viuda, María España Suárez, y con un gran número de amigos de Umbral como Ramoncín, Raúl del Pozo, Juan Cruz, Manuel Jabois, Pedro J. Ramírez, Ángel Antonio Herrera, Antonio Lucas, David Gistau y Victoria Vera, conoceremos más sobre el escritor que ganó los premios más importantes de la literatura castellana pero que, sin embargo, nunca llegó a formar parte de la Real Academia Española.

Nota El Blog de Cine Español: 7

[Fuente: http://www.elblogdecineespanol.com]

«Te quiero». la exposición que celebra los 15 años del matrimonio igualitario en España.

(Imagen de Mariana Laín Claesson)

Escrito por Rogério Reis Weber

EXPOSICIÓN

Inaugurada el 24 de septiembre, la exposición Te Quiero se clausura el próximo domingo, 15 de noviembre en el Espacio Santa Clara y hacemos desde nuestro Cuaderno de Cultura un llamamiento a todos los sevillanos y sevillanas que todavía no se hayan acercado para ver esta que es, sin duda, la mayor y mejor exposición de temática gay, lésbica y trans ya celebrada en Andalucía.

La exposición forma parte de la cuarta edición del Festival Cultura con Orgullo (FOC) y conmemora los quince años de la legalización del matrimonio igualitario en España.

Todo empezó el 30 de junio del 2005 cuando en el Congreso de los Diputados y Diputadas se votó por unos pequeños cambios en el Código Civil que a partir de este momento permitían los matrimonios entre personas del mismo sexo. Estos “pequeños cambios” supusieron una enorme transformación en la vida de las personas LGBTI y también en el imaginario colectivo de todo un país, el tercero del mundo, tras Países Bajos y Bélgica, en dar ese pleno derecho a su ciudadanía y sin crear una ley específica, simplemente abriendo el marco legal para que entrasen todos.

Claro que durante estos quince años no faltaron los intentos de revertir este derecho por parte de los nostálgicos del franquismo, los partidos de la derecha y las instituciones más retrógradas de la sociedad española que no satisfechos con cuestionarlo constantemente han presentado un recurso ante el Tribunal Constitucional con el fin de arrebatar una conquista tan importante para millones de hombres y mujeres que además lograban con ella el reconocimiento implícito de que todos somos iguales ante la ley, independientemente de la orientación sexual.

Algunos podrán sorprenderse cuando al pasear por las salas de esta importante exposición se encuentren, por ejemplo, con unas láminas de Quino, el artista argentino, recientemente fallecido y creador del personaje de cómic Mafalda, entre tantos otros buenos artistas cuya condición de heterosexuales no les ha impedido intuir, fortalecer o brindar este avance civilizatorio representando con dignidad y respeto toda la diversidad humana, lejos del imaginario injurioso al que los gays, lesbianas y trans se vieron sometidos por siglos y que constituía una verdadera violencia simbólica.

Comisariada por Pablo Peinado, la exposición ‘Te quiero’ saca su nombre del título de un poema de Luis Cernuda que, junto a Federico García Lorca son dos de los andaluces homenajeados. También está dedicada a Pedro Zerolo, el principal impulsor de la ley del matrimonio igualitario que como decía José Luis Rodríguez Zapatero hizo de España un país más decente.

‘Te quiero’ es también un espacio de activismo, con algunas paredes repletas de información sobre la situación del colectivo LGTBIQ+ no solo de España, pero también de otros países del mundo, acercando una enorme cantidad del público y cumpliendo con una función pedagógica esencial además de encantar con las creaciones de más de 170 artistas de aproximadamente 20 países.  Entre ellos Nazario, Cecilia Paredes, Manuel Antonio Domínguez, Ocaña, Tom de Finlandia, David Hockney, Rodrigo, Pedro Almodóvar, Mariana Laín Claesson, Getulio Damado, Virginia Patrone, Ralf König, Rosa Navarro, Francisca Antúnez, Derek Jarman, David Trullo o Mariana Chiesa.

¡Imprescindible!

Espacio Santa Clara

Calle Becas, s/n – Sevilla

 

[Fuente: http://www.pressenza.com]


Escrito por MAURIZIO BAGATIN

Mouans-Sartoux a un paso de la lavanda de Grasse, haschisch barato en las brasseries, cuscús y Beaujolais, y el perfume de millones de flores, fábricas de perfumes y trabajo duro por marroquíes y tunecinos, por los clandestinos de todo el Magreb, esto es lo que no cuentan los de la Costa Azul, la petite bourgeoisie un día con Pétain y el otro contra Dreyfus, así una parte de la Francia de la Liberté, Égalité, Fraternité…

Y la estación de Niza, cerrada en la noche que, con 14 puntos de suturas en mi pierna, me dejo dormir justo en un parque de la ciudad que fue Reino de Piamonte, y un gringo gordo y borracho se me cae encima, grito, grito fuerte y el amigo que mientras había ido a comprar cigarro vuelve y lo patea hasta dejarlo tendido cerca de una fuente de agua pútrida…

Una noche Salvatore, extraño nombre por uno que viene de Treviso, nos lleva a Cannes, hay el festival del cine, una Deneuve aún belle de jour (et dans la nuit), Laura Morante joven y sensual, la musa de Almodóvar y simplemente Juliette Binoche; cruzamos los miles semáforos de la ciudad, verdes tras verdes sus luces, un boulevard interminable, smoking y Moët & Chandon, recuerdo de Serge Gainsbourg en su tumba en Montparnasse, un Gauloises tras otro Gauloises, un bourbon y su je t’aime moi non plus; todo esto antes del semáforo rojo no respetado y choque:”¿Oui, oui trés jolie!”, pero el choque ya fue y la cara de Salvatore en ver la chica casi desnuda saliendo del Chevrolet de un novio más preocupado por su perrito que por la dulce Genevieve…

En el Hospital de Grasse la enfermera me hace sentar, me mira por mucho rato, estoy sudando y pierdo sangre de la pierna… Observo el extraño color de sus ojos, de sus cabellos, y en su esquiva mirada veo Carlos Magno y Giuseppe Garibaldi, las peripecias de una utopía, unir o liberar, me pregunta si soy italiano, un día lo fuiste tú también le contesto, pero ¿cuándo seremos europeos?, ojos grandes o podridos, un viento del este, étimo aún incierto, miles de años y mucho esperma, viajes y retornos… entra el médico y empieza a coser, 14 puntos, 5 internos, 9 externos, le digo “ni el Olympique de Marsella tienen tantos puntos en la tabla”…

Viajamos toda la noche, única pausa Lyon, dos Stella Artois y una baguette con queso, uno de los muchos quesos que Francia produce, una cajetilla de cigarro alcanzará hasta el amanecer, Claudio conducirá hasta París, su hermano duerme en la hamaca colgada atrás, en el camión lleno de herramientas, de todo el material de trabajo, yo haré de copiloto hasta ver las primeras luces de Lutecia, luego despertaré a Daniele y prepararé el primer joint del día…

El hotelito estaba a un paso del metro Chatelet, el jefe en nuestro trabajo era un véneto con una diarrea permanente, la cual no le permitía tomar el metro y tenía que desplazarse con el auto y con un chofer siempre preparado en pararse en un bar, una brasserie o un café adonde el jefe podía entrar a la toilette y… una mañana vino a controlar los avances de nuestra obra, estábamos instalando puertas, ventanas, portones y ventanillas en un colegio fiscal, un colegio de Francia, una empresa italiana ganó la licitación y nos contrató, imagínense el ministerio de Educación a través del ministerio de Obras Públicas licita una obra que vienen ganada por una grandísima empresa italiana, la cual a su vez contrata otra empresa italiana para ejecutar la obra… antes escribí sobre la utopía de Carlo Magno y la de Giuseppe Garibaldi…

Empecé a frecuentar un pub en Rue du Mont Thabor, un pub irlandés, con mucha bulla, buenas cervezas, chicas con cabellos rojos y muchas pecas en su cara, afiches de James Joyce, Oscar Wilde, uno de Beckett que no puedo encontrar en ninguna imagen internauta. Un día apareció colgada una invitación a ser partícipe de un partido de futbol #%&¡Q, la otra palabra era ilegible y decidí jugar este partido de futbol #%&¡Q; el sábado por la tarde, después de un almuerzo liviano, sopa de cebolla y ¼ de vino tinto me fui al Bois de Boulogne, jugadores de petanque invadían la tarde soleada parisina, más al norte las canchas de fútbol estaban repletas pero logré ver mis compañeros de futbol #%&¡Q, listos con sus poleras rigurosamente verdes y botas con cachos de cuero. El partido empezaría a las tres de la tarde, pregunté contra quienes íbamos a jugar, el capitán de nuestro equipo me dijo contra los Gaelic Foot de La Courneuve…mientras veía que todos se pasan el balón con las manos, lo lanzaban con las manos y se empujaban y derribaban como en el rugby… le pregunté a nuestro capitán porque se calentaban así y me contestó, mirándome con asombro, que así se juega el futbol gaélico…

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[Imagen: Paul Cézanne/Los techos de París, 1882 – fuente: sugieroleer.blogspot.com]

Pedro Almodóvar regresa ao seu mellor forma con esta mediametraxe protagonizada por Tacha Swinton e que chega hoxe aos cines

Por SABELA PILLADO

Ao son de Ne me quitte pas (Non me deixes), Pedro Almodóvar facía que na celebrada A lei do desexo (1987) Carmen Maura declamase no escenario un texto teatral de Jean Cocteau, mediante o cal daba saída ás súas penas de amor. Partindo dese mesmo monólogo -polo que mantivo a fascinación ao longo dos anos- pero agora xa como peza única, Almodóvar constrúe libremente unha mediametraxe de emocións a flor de pel que se eleva sobre si mesmo grazas tanto ao seu labor como á complicidade e total entrega dunha das actrices máis magnéticas e carismáticas do panorama actual, unha sempre celebrada Tacha Swinton.

Esta actriz interpreta a unha muller que durante tres días permanece encerrada (salvo esporádica saída) esperando o seu ex amante, o cal acaba de abandonala. Soa e desprotexida fronte á cámara, debulla palabra a palabra o monólogo da chamada telefónica, transmitindo todo o abano de emocións dunha muller resentida, que mantén a súa dignidade aínda devorada polos demos do desamor mentres enarbora fisicamente unha machada, tal e como a Uma Thurman de Kill Bill (cuxa carátula, referencia buscada, destaca entre as películas da protagonista) facía catana en man na súa tarantiniana viaxe de vinganza.

Swinton é mestra de cerimonias dunha proposta escénica onde o fogar é un xigantesco decorado carente de teitos no interior dun hangar, e onde a teatralidade do espazo é subliñada por ese escenario dentro doutro escenario, unha casa de bonecas estraña e descontextualizada onde a protagonista pasea/desfila con elegancia cal evento de moda de alta costura, avanzando cos seus elegantes andares cara a un catártico final no cal as chamas purificadoras de cásaa-prisión devoran as penas e abren camiño cara á esperanza.

A voz humana -que se estrea hoxe- é a primeira incursión de rodaxe en inglés do director e devólvenos ao mellor Almodóvar, o que vimos en Dor e gloria, e faino mediante unha proposta hipnótica e cegadora, artificiosa á vez que desgarrada, onde as emocións van máis aló do ne me quitte pas.

«LA VOZ HUMANA» («THE HUMAN VOICE»)

España, 2020

Director: Pedro Almodóvar

Intérprete: Tacha Swinton

Drama

30 minutos

 

[Imaxe: AVALON – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Estrenado en 2017, “Chavela” llegó a Netflix recién en esta cuarentena. Y transita, con emoción y profundidad, la vida de una mujer que no se privó de nada, salvo del amor que su madre no le dio. Un recorrido por el desgarro, el talento y los excesos. En cinco escalas geográficas, sintetiza su viaje, que empezó en Costa Rica y terminó en México, a los 93 años.

Escrito por Silvina Lamazares

Eso era María Isabel Anita Carmen de Jesús Lizano. O simplemente Chavela. Y no es antojadizo que el documental, que hace unos días subió Netflix a su catálogo, lleve de título su apodo. Porque la película es el fiel reflejo de una mujer herida. Valiente. Vanguardista. Corajuda. Gozadora de la vida, apasionada hasta las llamas, dueña de una tristeza que no soltó hasta su muerte.

Chavela Vargas era un alma en pena embebida en tequila. Y era la gloria. Todos los trazados de su retrato aparecen, con más o menos estridencia -muchos de ellos en tajantes blanco y negro-, en esta historia estrenada en 2017 y que en tiempos de pandemia llegó al streaming.

Dirigida por Catherine Gund y Daresha Kyi, es una delicia. Podrán decir que es una biopic, o una película biográfica, o un ensayo sobre una de las artistas más atrevidas de América latina. Podrán decir lo que quieran. Yo, simplemente, digo que conviene verla. Hace bien. Uno queda con ganas de abrazarla.

Chavela siempre jugó con la imagen masculina. Era una de sus más afiladas herramientas de seducción.

Y cuando eso sucede, más acá o más allá de la impronta del personaje, es porque el relato encontró un maridaje perfecto entre quién y qué, entre qué y cómo, entre todo. Porque el universo de Chavela era más que sus canciones, era más que su tristeza infinita, era más que su desconsuelo por el prejuicio ajeno, era más que una mujer que necesitaba no ser condenada por ser lesbiana. Chavela, como bien desgrana Chavela en sus 93 minutos hermosos, es un grito de libertad. Ver su historia inspira.

Mujer que del bolero, las rancheras y las penas de amor hizo su patria, de ella siempre se supo mucho porque su arte trascendió las fronteras del México, que la esculpió como artista. Pero en este documental se pueden ver hasta la cicatrices más íntimas, sin pecar de fisgones. Solo de testigos de una vida intensa, vertiginosa, enredada en los excesos, anclada en la dignidad.

En esta pieza imperdible que ofrece Netflix, la voz de Chavela suena cuando habla. Cuando canta. Y cuando calla.

La película, un rompecabezas de testimonios, de viejos registros fílmicos de entrevistas caseras, de recuerdos, de sus actuaciones por el mundo, va mostrando sus distintas etapas, en un ritmo que va subiendo de tono, hasta volverse necesaria. Después de los primeros 20 minutos, se hace difícil dejar de verla. Y cuando, ya en la segunda mitad, aparecen Pedro Almodóvar, Martirio Miguel Bosé, entre otros nombres fuertes que fueron parte de su vida, las emociones hacen con uno lo que Chavela quiso.

Aquí, a modo de escalas en el viaje, las cinco paradas que geográficamente definen su recorrido arriba y abajo del escenario. Que, por cierto, como bien claro queda en esta historia, la que cantaba arriba y la que amaba y sufría abajo eran la misma. No hubo, nunca, amenaza de que el personaje se la comiera.

La Vargas fue una mujer de mundo, viajar le gustaba tanto como tomar.

Chavela era una sola. Y le hacía frente a quien sea. No vivió estos tiempos de empoderamiento ni de libertad sexual bastante generalizada. Pero se las ingenió para el goce. En el documental se la oye decir, por ejemplo, a cuento de una fiesta hollywoodense, que “Todo el mundo amaneció con todo el mundo, yo amanecí con Ava Gardner”. También apela a la poesía para describir la belleza de uno de sus grandes amores, la pintora Frida Kahlo: « Sus cejas juntas eran una golondrina en pleno vuelo”.

Comienza el viaje:

La Costa Rica que la vio nacer

Isabel, como la llamaban de chiquita, nació el 17 de abril de 1919, en Costa Rica. La película abre su derrotero mostrando su tierra en los sepia años ‘20. “Fui una niña muy triste”, dirá en algún tramo de los fragmentos que se pudieron desempolvar. La desprolijidad en ciertos rescates audiovisuales suman en este caso.

En la pintura de esta etapa se la oirá hablar de su estética más de niño que de niña, de la resistencia de su entorno, de la falta de amor de su madre (sus padres se separaron cuando era muy pequeña y terminó criada por otros familiares). Será el comienzo del desgarro, que luego echó raíces en su voz. Pero, en verdad, siempre le vino del alma.

México: la tierra que le dio alas

La cámara ya viaja a los años ‘30. Las fotos la muestran hermosa, de facciones delicadas, de pelo largo, de mirada triste, de mirada seductora. Se la empieza a ver bien plantada. La música ya es su mejor territorio: no sólo para hacerse escuchar, sino para desatar nudos.

Y ya está construida Chavela, así, sin tanto nombre de documento. Chavela, la que alborota los bares, la que vive “entequilada”, como le gustaba definirse, la que era capaz de entrar a un boliche el viernes y salir recién el lunes, con más mareos que recuerdos, pero con la certeza de haber gozado.

Chavela, la voz y la guitarra, un tándem para desgranar sus penas de amor.

México la vio formarse y brillar como artista, la vio pionera en varios sentidos sociales, la vio pareja de Frida y otras tantas mujeres. Se cuenta allí que era un as conquistando lo que se proponía, pero no andaba ventilando. Salvo cuando, con los años, contó con maestría y picardía su noche de gloria con Ava Gardner.

La abogada Alicia Elena Pérez Duarte fue una de sus relaciones más estables y es quien entrega, con un relato en un medio tono entre la añoranza y lo que quedó del amor, postales maravillosas con “La señora”, como la llamaba.

En México se consagró como la voz de la ranchera y del bolero, pero ella quería más. Quería butacas y grandes salas.

Chavela eligió morir en México. Fue trasladada desde España con la salud muy frágil.

España: mimada por los grandes y ovacionada por todos

Su biografía cuenta que en España comenzó su consagración europea, pero el documental abre la puerta a su universo íntimo de celebridades. Entonces se oye hablar, con admiración, amor y respeto a Pedro Almodóvar, a Martirio, a Miguel Bosé, gente que supo disfrutarla. Sorprende la ausencia del testimonio de Joaquín Sabina, uno de los españoles más militantes del estilo Chavela.

Se ve su llegada a los grandes teatros. Su magia intacta.

Y Madrid es uno de sus destinos elegidos para volver a abrir los brazos debajo del poncho después de 12 años de ausencia difícil de explicar para sus biógrafos.

Francia: el sueño cumplido, con toques almodovarianos

A Chavela le gustaba cantar donde pudiera, está claro ese punto. De chiquita, se acodaba donde podía. Pero su deseo, la ubicaba sobre el escenario del Olympia de París. Era su sueño, pero no estaban dadas las condiciones comerciales. Mejor descubrir en pantalla cómo se gestó su desembarco parisino, gracias a la lealtad de su amigo Almodóvar. Fue sorpresa y media para la Vargas. Y deleite para el público, que tenía butacas, pero se la pasó parado.

México: volver para decir adiós

El adiós. Hubo varios días de homenaje tras su partida, en agosto del 2012.

Luego de haber recorrido varios países, incluida la Argentina, a los 93 quiso volver a Madrid. Cantó. Y cantó como pudo, el cuerpo le pedía pausa. Y fue un concierto inolvidable. Su salud no tenía resto y su entorno quería dejarla internada en España, pero ella pidió volver a su tierra. No hablaba de Costa Rica, hablaba de México. Y fue ahí, en Cuernavaca, donde el 5 de agosto de 2012 se despidió de una vida de desgarro y soledad.

Se fue la Vargas, pero queda Chavela, un testimonio conmovedor.

 

[Fuente: http://www.clarin.com]

Publicado por Yaiza Santos

La devoción que produce México en quien lo prueba se parece a los efectos del chile. La capsaicina, sustancia fundamental en el tatarabuelo del pimiento dulce, provoca escozor pero libera endorfinas, irrita a la vez que quita el dolor, no es que sea adictiva pero causa placer. Así este país y, muy especialmente, su capital.

Las causas del embrujo, que opera en almas de Dios y del diablo por igual, son claras para el que lo experimenta como el amor de una madre. Se ve, se siente, se toca; otra cosa es poderlo explicar. En diez años viviendo aquí me han preguntado a menudo: ¿por qué te gusta tanto? Un lugar tan inseguro, donde la ley es de cumplimiento aleatorio y la violencia, en varias regiones, el Estado que prevalece. La respuesta inmediata que suelo dar es que todo eso es verdad, pero no es toda la verdad. México son muchos Méxicos, muchas veces contradictorios entre sí, una realidad compleja, difícil de mostrar a golpe de titulares, por definición alérgicos a los matices.

El primer enganchado a México del que se tiene noticia quizá sea Gonzalo Guerrero, natural de Palos de la Frontera. El soldado Bernal Díaz del Castillo lo describe, en su crónica indispensable Historia verdadera de la conquista de la Nueva España, junto a Jerónimo de Aguilar en Cozumel, donde los encontraron Hernán Cortés y sus muchachos. Ambos habían varado allí ocho años antes, cuando la expedición en la que iban, la de Juan de Valdivia, naufragó. Nada más saber de los nuevos castellanos, Aguilar opta por unirse a Cortés —del que acabará siendo traductor codo a codo con Malinalli Tenépatl, mejor conocida como La Malinche— e intenta convencer a Guerrero. Este le contesta:

«Hermano Aguilar, yo soy casado, tengo tres hijos, y tiénenme por cacique y capitán cuando hay guerras: íos vos con Dios; que yo tengo labrada la cara e horadadas las orejas; ¿qué dirán de mí desque me vean esos españoles ir desta manera? E ya veis estos mis tres hijitos cuán bonicos son. Por vida vuestra que me deis desas cuentas verdes que traéis, para ellos, y diré que mis hermanos me las envían de mi tierra»; e asimismo la india mujer del Gonzalo habló al Aguilar en su lengua muy enojada, y le dijo: «Mira con qué viene este esclavo a llamar a mi marido; íos vos, y no curéis de más pláticas».

Era el año de 1519 y ya existía una adicción llamada México. En ella caerían millones, a pesar de las dificultades para llegar al Nuevo Continente, que no solo tenían que ver con la Mar Océana. Las apunta Irving A. Leonard en Viajeros por la América Latina colonial (Fondo de Cultura Económica, 1992):

Para obtener pasaje en las flotas, cada viajero, incluso los miembros del clero, debían procurarse una licencia correspondiente a un pasaporte y presentar sus credenciales en la Casa de Contratación, concernientes a su estado legal y civil. La licencia concedida era válida solo por dos años, durante los cuales se esperaba que su poseedor viajara en la primera flota que pudiese alcanzar. Quienes carecían de este permiso tenían que entregar todas sus posesiones a la Corona: una quinta parte era para la persona y personas que hubiesen informado de la violación. Únicamente los oficiales, marinos y otros miembros de la tripulación quedaban exentos de la obligación de poseer una licencia; empero, si se prestaban a la evasión de la ley ayudando a viajeros no autorizados, también ellos incurrían en delitos plenos. Los pasajeros debían residir en la región de las colonias indicada en la solicitud; los que iban rumbo a Filipinas pasando por la Nueva España no podían permanecer aquí y, hasta donde fuera posible, debían negarse pasaportes a los súbditos españoles que, viviendo en aquel lejano archipiélago, quisiesen abandonar las islas. Este decreto era, evidentemente, un esfuerzo por estabilizar a la población europea en aquel remoto ámbito protegiendo así la precaria posesión de España.

Así las cosas, ¿por qué los habitantes de países ancestralmente civilizados se sentían atraídos por el altiplano mesoamericano? ¿Por qué se quedaban? Hace unos años, intenté desentrañar estas preguntas para un ensayo sobre artistas extranjeros en México —la cantidad de ellos era tal que tres mil palabras pronto se quedaron cortas—, y gracias a ello supe de otras muchas razones objetivas para el asunto que nos atañe. Encontré, para empezar, muchos lugares comunes —«la luz más increíble que jamás se ha visto» (el pintor Marsden Hartley); «México, el último de los países mágicos» (Pablo Neruda); «piensa en el sol de esta tierra, en las curvas de las montañas, tan pronunciadas, en los horizontes que se extienden más allá del infinito y en la vida de los hombres, tan insignificantes; no es una curiosidad que visitar, sino una vida que hay que vivir» (Henri Cartier-Bresson)—, pero pronto fueron desmentidos por especialistas vivos.

Muchos artistas pueden decir que la luz aquí es distinta y es una estupidez —me dijo el historiador de arte y curador James Oles—: los colores aquí no son distintos. Todos estos son mitos que propugnan los artistas desde los años veinte. México es más barato, es más flexible para hacer cosas, con todo y su burocracia.

Oles, que se mudó en 1991 al Distrito Federal siendo estudiante de doctorado en Yale, daba un porqué contundente: «Hay muy pocos países en el mundo que tengan la densidad cultural que tiene México en todas sus épocas, desde el año 0 al 1000, o al 1700 o al 2000. Si agregas la variedad de comida, de paisajes, de clima, tienes un país increíble para vivir».

En aquella ocasión también hablé con Eugenio Echeverría, director del Centro Cultural Border y nacido en Barcelona, con cuyas razones también estuve de acuerdo:

A diferencia de Europa, México está muy vivo. Yo no sabía eso antes de venir, pero enseguida lo puedes medir: es un país efervescente. Siento, aunque suene un poco místico, que el espíritu europeo está cansado y aletargado, y un poco deprimido. Es un continente con una energía agotada, todo demasiado articulado. Sus políticas que generan el bien común limitan mucho las libertades individuales; aquí hay inseguridad, sí, pero creo que es un ambiente mucho más propicio para el desarrollo personal.

Puritita paradoja, pues.

La flexibilidad y la actividad frenética —lo que propicia el trabajo— y la densidad cultural —la capital mexicana es, después de Londres, la ciudad con más museos del mundo— son los motivos más obvios. Cualquier habitante foráneo aquí los mencionaría, y figuran en una lista junto a algunas islas de belleza —Coyoacán, San Ángel, la colonia Condesa, la Roma, Polanco—, la cantidad de árboles y parques que alberga —algo sorprendente para quien piense que el paisaje de México se mueve entre el desierto y la selva Lacandona—, o el sincretismo con lo prehispánico —razón de ser de México, pirámides junto a iglesias, más de sesenta lenguas indígenas vivas que han alimentado el idioma español y una larga lista de costumbres que incluyen, por supuesto y de manera notoria, una gastronomía infinita—.

Mención aparte merece el Centro Histórico de la capital, que conserva el mayor número de palacios coloniales de América Latina. Construido sobre el lago desecado de Tenochtitlán, un oleaje de calles torcidas por los temblores —otro detalle que no disuade al extranjero: esto es zona sísmica—, un escaparate de quillas barrocas varadas entre el ir y venir de la gente, un sostén apenas fuerte para iglesias arrodilladas que de lejos parecen veleros. Nadie que entre al Palacio de Bellas Artes, la mole porfiriana por fuera, art déco por dentro, decorada con murales revolucionarios, quedará indiferente.

También es sustancia embriagadora la cortesía mexicana. Al profano desesperará que nunca jamás le digan que no, que empleen el camino más largo para decirle la verdad, que le siembren un velo de dudas a fuerza de buenas maneras. Pero. Una vez entendido el código, no podrá vivir sin él. El grito español le parecerá violento y la ausencia de ironía, muy triste.

Unido a ello se encuentran los usos y costumbres que rigen la amistad verdadera. Con el propio sexo no cabrá el secreto; con el contrario, el coqueteo será constante (¡y estimulante!). La amistad verdadera, como el amor por México, puede nacer de manera súbita, una noche cualquiera. Chavela Vargas lo llamó sutilmente, en una entrevista con el periodista Pablo Ordaz, «el tequilazo», cuando le contó la última vez que estuvo en una cantina, precisamente con Pedro Almodóvar (El País, 10 de mayo de 2009):

Fue muy gracioso. Nos sentamos en la mesa de José Alfredo Jiménez y Pedro estaba feliz. Y yo le dije: «No tomes tequila, porque cuando te dé el aire te caes». Y me dijo: «No te preocupes». ¡Pues en cuanto le dio el aire se cayó! Le pasa a todo el mundo. A todos los turistas. Se caen. Es encantador el tequilazo. Me parece divino que México tenga eso del tequilazo. Bajas del avión, te tomas un traguito ¡y al suelo!

No me detendré en la pared majestuosa de los volcanes Iztaccíhuatl y Popocatépetl —«la mujer blanca» y «el cerro que humea»—, hoy solo visibles unos cinco afortunados días al año. Ni en el aseo personal del que hacen gala los mexicanos desde que eran mexicas, que alcanza singularmente el cuidado de los dientes —documentado por los cronistas de Indias—, y que es indiferente a la condición social y económica. Ni en la casa del arquitecto Luis Barragán, de la que ya habló con cabalidad Arcadi Espada en una de sus columnas.

Sí lo haré en una de las razones más íntimas que me retienen en esta tierra: el baile. El son cubano, que entró a México por las costas de Veracruz y que está en peligro de extinción en su isla de origen, pervive aquí con fuerza y con naturalidad. No hay elaboración ni coreografía en lugares como La Embajada Jarocha, La Flor del Son, el Salón Los Ángeles, amenizados con orquestas en directo formadas por músicos de calidad. Hombres y mujeres se visten de punta en blanco y acuden en parejas a ejecutar pasos que han sabido desde siempre. Si una señorita no lleva pareja, algún señor la sacará a bailar y al terminar la pieza, con todo respeto, la acompañará a su mesa y le dará las gracias. La edad no importa. Es un lugar de otra época. ¿Me gusta México porque es decadente? Podría ser.

El caso es que, fuera de todas estas razones, sigo sin saber por qué. En la entrevista de marras, Chavela también le dijo a Ordaz: «A veces me despierto en Madrid y temo que esté temblando». A mí también me pasa. Y me descubro extrañando el terremoto.

[Fotos: Marysol – fuente: http://www.jotdown.es]

Vídeo divulgado pelo fotógrafo neste domingo apela a governo brasileiro a agir para retirar invasores ilegais das terras indígenas

O fotógrafo Sebastião Salgado e sua mulher, a designer gráfica Lélia Wanick, estão liderando uma campanha em defesa das populações indígenas do Brasil ante a crise de covid-19. Em vídeo divulgado neste domingo (3), o fotógrafo apela aos dirigentes do país pela vida das populações indígenas.

A campanha tem apoio de artistas de diversas nacionalidades, contando com nomes como os cantores Chico Buarque, Caetano Veloso, Paul MacCartney, Madona e Sting; o escritor Mário Vargas Llosa, os cineastas Pedro Almodóvar e Fernando Meireles.

A crise da covid-19 representa para os índios um risco ainda mais violento do que para outras populações. O fotógrafo adverte que os índios estão “ainda mais despreparados para enfrentar as doenças dos brancos. Os indígenas brasileiros têm sido vítimas de epidemias há mais de 500 anos. Mas agora se junta a essa ameaça o relaxamento da vigilância do Estado, as invasões de garimpeiros, madeireiros e fazendeiros ilegais e os incêndios criminosos, que aumentaram nas últimas semanas”.

O Brasil tem o maior número de grupos indígenas isolados em todo o planeta. A campanha defende que dirigentes dos três poderes no país criem uma força-tarefa para retirar das terras indígenas os invasores ilegais e possa garantir a proteção à saúde dessas populações.

A campanha tem um manifesto com o título “Ajude-nos a proteger os índios da Amazônia da covid-19”, que foi publicado neste domingo (3) pelo Journal du Dimanche. Ao todo, o documento é assinado por 50 personalidades que apoiam a iniciativa do artista.

[Fonte: http://www.brasil247.com]