Archives des articles tagués Política

Capture d’écran d’une vidéo sur YouTube [1] sur des manifestations au Pays Basque pour la protection de l’enseignement immersif

É

La France a longtemps pratiqué une politique linguistique axée sur l’imposition du français comme seule “langue de la République” tout en ignorant, voire interdisant l’usage de plus de vingt autres langues parlées sur son territoire européen. Au 21ᵉ siècle, les attitudes ont changé grâce à un regain d’intérêt pour les cultures régionales, ainsi qu’à certaines mesures législatives. Une nouvelle loi censée protéger les langues régionales passée en mai de cette année vient relancer le débat.

La nouvelle loi, intitulée Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion  [2](dite aussi Loi Molac du nom du député Paul Molac [3] qui avait proposé ce projet de loi), entérine certaines avancées sur l’usage des langues régionales. Le texte législatif reconnaît ainsi l’importance de ces langues en termes généraux en leur conférant d’une part un statut de “trésor national” et d’autre part en soutenant l’enseignement des langues régionales, obligeant les communes “à contribuer aux frais de scolarité des écoles privées proposant un enseignement bilingue”.

Toutefois, la loi butte sur de nombreux aspects et continue à discriminer les locuteurs de langues régionales dans deux domaines : l’enseignement immersif et l’emploi de signes diacritiques spécifiques aux langues régionales dans les papiers d’identité.

En France, l’enseignement immersif consiste à plonger de très jeunes enfants dans un cursus où toutes les matières ou presque sont enseignées dans la langue cible. Ainsi l’histoire ou les mathématiques sont par exemple enseignées en breton ou en basque. Cet enseignement concerne 14 000 élèves [4]ce qui représente 0,1 % des élèves français, un chiffre en augmentation régulière [5].

La Bretagne a montré le chemin en 1977 en créant les écoles Diwan qui proposent une éducation bilingue dans plus de 50 écoles [6]. Ce mouvement a été suivi pour l’occitan (écoles Calandreta [7]) ainsi que d’autres langues comme l’alsacien, le corse et le basque. Ces écoles sont dites associatives, financées par l’État et les familles, et dispensent un programme scolaire approuvé par le ministère de l’Éducation nationale avec un statut d’”enseignement privé sous contrat”, dont relèvent également la plupart des écoles privées catholiques, par exemple.

Dans la rédaction finale du texte de la loi du 21 mai, le Conseil Constitutionnel s’est référé à l’article 2 de la constitution française [8] qui déclare que “La langue de la République est le français” pour justifier l’interdiction de l’enseignement immersif en langues régionales.

Un État-nation qui impose une langue unique 

Pour l’État français, la centralisation est un élément constitutif de son identité, et ceci inclut le rôle de la langue française.

Le français est une langue romane qui a évolué à partir du latin qui se divise au Moyen-Âge en langues d’oc et d’oïl au sud et au nord du territoire de la France actuelle.

En 1539, un premier document impose l’usage du français, qui remplace le latin comme langue officielle pour tous les documents publics. Il s’agit de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts [9] du roi François Ier. Au départ, le français reste une langue minoritaire qui cohabite avec d’autres langues, mais peu à peu il s’impose comme langue dominante et exclusive dans tous les domaines : gouvernance, jurisprudence, éducation, commerce, religion, littérature et médias.

Au 19ᵉ siècle le système éducatif renforce ce rejet des langues autres que le français en particulier sous l’égide du ministre de l’Éducation de l’époque, Jules Ferry [10], qui interdit l’usage des langues régionales à l’école sous peine de châtiments. C’est la fameuse sentence énoncée dans les écoles publiques du pays: “Interdit de cracher par terre et de parler breton [11] (ou basque, occitan ou toute autre langue régionale).

Une diversité linguistique en net déclin

Aujourd’hui, une institution étatique est en charge des langues parlées en France, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France [12]. Elle répartit les langues en trois catégories en dehors du français: langues régionales [13] parlées en France métropolitaine, les langues non-territoriales [14]comme le yiddish, le romani ou la langue des signes, et les langues des Outre-mer [15] dont on compte plus de 50 et parmi lesquelles figurent le kanak, le tahitien, ou le créole.

Les 23 langues régionales officiellement reconnues représentent une grande diversité linguistique comportant des langues romanes (catalan, corse, occitan, francoprovençal), germaniques (flamand, alsacien), celtes (breton) et non-indo-européennes comme le basque.

Mais si ces langues étaient les principales langues maternelles de millions de Français et Françaises jusqu’au 19ᵉ siècle [16], aujourd’hui on estime le nombre de locuteurs de ces langues à 2 millions, soit un peu moins de 3 % de la population de France métropolitaine. Voilà pourquoi l’État devrait se mobiliser pour freiner ce déclin et encourager un renouveau linguistique pensé dans la diversité.

Une politique en zigzag qui semble systématiquement opposer reconnaissance de la pluralité et défense du français

Toutefois, l’État français maintient une position ambiguë au sujet des langues régionales, hésitant entre diversité linguistique et protection sourcilleuse du français. En 1992, il a tenu à faire amender la constitution de la 5ᵉ République pour stipuler pour la première fois la place officielle de la langue française, mentionnée dans ce fameux article 2 afin de défendre la langue française qui semblait en péril face à une progression de l’anglais.

De plus, la France refuse de ratifier les 39 articles de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires [17] qu’elle a signée, en évoquant encore une fois une contradiction avec le même article de sa constitution. Ce traité datant de 1992 du Conseil de l’Europe [18] se propose de sauvegarder la diversité linguistique en Europe et inclut “la nécessité d’une action résolue de promotion des langues régionales ou minoritaires, afin de les sauvegarder; la facilitation et/ou l’encouragement de l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et dans la vie privée la mise à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement et d’étude des langues régionales ou minoritaires à tous les stades appropriés.”

Des changements interviennent en 2008 lors d’une révision constitutionnelle [19]qui mentionne ces langues dans l’article 75-1 de la Constitution : “Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.” À ce sujet, le seul domaine où on peut noter un relatif engagement de l’État est l’aide financière apportée à des programmes radio et télé qui s’ajoutent à des initiatives privées principalement pour l’alsacien, le basque [20], le breton [21], le corse [22] et l’occitan. [23]

Manifestations et retour en arrière du Conseil Constitutionnel 

Suite au passage de la loi du 21 mai, de nombreuses manifestations [24] ont eu lieu à travers toute la France principalement au mois de mai pour dénoncer une censure de l’enseignement immersif qui dépend largement d’un soutien financier de l’État. Des pétitions [25] ont été lancées qui rappellent que l’article 2 de la constitution avait été élaboré et présenté comme une défense du français à l’encontre de l’anglais. Fait à noter, de nombreuses écoles bilingues français-anglais pratiquent l’immersion linguistique en France et ne semblent pas tomber sous le coup de cette loi.

Les activistes rappellent également que le président français Emmanuel Macron avait pris la défense [26] des langues régionales dès le 26 mai, s’opposant clairement à la décision du Conseil Constitutionnel qui a fini par réagir le 16 juin [27] en précisant que l’enseignement immersif est anticonstitutionnel uniquement dans l’enseignement public, mais autorisé dans le secteur privé.

Les activistes se penchent maintenant sur la définition du terme d’école associative [28] qui peut être interprété comme faisant partie du service public. La partie de ping-pong politico-législative va donc continuer. Reste à savoir si le 2 septembre, les élèves qui parlent alsacien, basque, breton, corse ou occitan retrouveront le chemin de leurs écoles.

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/07/20/266601/

URLs dans ce post :

[1] sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=-hHvFsDdIEM

[2] Loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion : https://www.vie-publique.fr/loi/278001-loi-sur-les-langues-regionales-loi-molac#:~:text=25%20mai%202021-,Loi%20du%2021%20mai%202021%20relative%20%C3%A0%20la%20protection%20patrimoniale,r%C3%A9gionales%20et%20%C3%A0%20leur%20promotion&text=La%20proposition%20de%20loi%20apporte,enseignement%20et%20les%20services%20publics.

[3] Paul Molac: https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Molac

[4] 14 000 élèves : https://www.youtube.com/watch?v=aqhfv2-dvA8

[5] un chiffre en augmentation régulière: https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/29/01016-20130729ARTFIG00330-le-succes-des-langues-regionales-a-l-ecole.php

[6] éducation bilingue dans plus de 50 écoles: https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecoles-diwan-40-ans-enseignement-bilingue-langue-bretonne-toujours-menacee-1354929.html

[7] (écoles Calandreta: http://calandreta.org/

[8] l’article 2 de la constitution française: https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur#:~:text=DE%20LA%20SOUVERAINET%C3%89-,ARTICLE%202.,Libert%C3%A9%2C%20%C3%89galit%C3%A9%2C%20Fraternit%C3%A9%20%C2%BB.

[9] ’Ordonnance de Villers-Cotterêts: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts

[10] Jules Ferry: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry

[11] Interdit de cracher par terre et de parler breton: https://www.breizh-info.com/2016/05/25/44012/frederic-morvan-de-disparition-de-langue-bretonne/

[12] Délégation générale à la langue française et aux langues de France: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9l%C3%A9gation_g%C3%A9n%C3%A9rale_%C3%A0_la_langue_fran%C3%A7aise_et_aux_langues_de_France

[13] langues régionales: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-regionales

[14] langues non-territoriales : https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-non-territoriales

[15] langues des Outre-mer: https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Langue-francaise-et-langues-de-France/Politiques-de-la-langue/Langues-de-France/Langues-des-Outre-mer

[16] 19ᵉ siècle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France

[17] Charte européenne des langues régionales ou minoritaires: https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires

[18] Conseil de l’Europe: https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Europe

[19] révision constitutionnelle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_constitutionnelle_du_23_juillet_2008

[20] basque: https://www.communaute-paysbasque.fr/basque-et-gascon/basque/vivre-en-basque/les-medias-bascophones

[21] breton: https://www.missionbretonne.bzh/liens/medias-bretons/

[22] corse: https://www.isula.corsica/linguacorsa/Approche-de-la-langue-corse-a-travers-les-medias_a81.html

[23] l’occitan.: https://www.cfpoc.com/accueil/liens-utiles/medias/

[24] nombreuses manifestations: https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/langues-regionales-ce-qu-il-faut-retenir-du-debat-sur-la-loi-molac-7279489

[25] pétitions: https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/justice-nos-langues/147179?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20210608081501_23_nl_nl_lexpress_bout_des_langues_60bdc55a8a44675e7c7b23c6#EMID=4978ab130374749a14c630b07c77777415f957230f857034c02e5b56c20cdef9

[26] avait pris la défense: https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/26/langues-regionales-emmanuel-macron-defend-leur-enseignement_6081548_823448.html

[27] réagir le 16 juin: https://www.francebleu.fr/infos/education/langues-regionales-l-interdiction-de-l-enseignement-immersif-ne-concerne-que-le-public-selon-les-1624008746

[28] école associative: http://calandreta-milhau.fr/ecole-associative/

Parmi les très nombreux ouvrages qui paraissent régulièrement sur l’alimentation, quelques publications récentes entendent faire de la façon dont on se nourrit un enjeu du débat politique. À un an de l’élection présidentielle, le calendrier semble bien choisi. Je vous propose donc une nouvelle série de billets sur cette thématique, avec des textes plus ou moins récents, mais qui partagent tous la même finalité : inscrire la façon dont on se nourrit dans la réflexion et l’action politique.

Écrit par LAURE BONNAUD

Ce premier billet propose la lecture de Manger autrement, de Stéphane Gacon et Thomas Grillot (PUF/La vie des idées, 2017).

Couverture du livre de Stéphane Gacon et Thomas Grillot

Manger autrement a été publié en 2017. Il s’agit d’un livre court, de moins d’une centaine de pages, qui réunit quatre contributions initialement parues sur le site de La vie des idées : une exposition du propos du livre appuyée sur un état de l’art, par Stéphane Gacon ; un entretien avec Julie Guthman principalement à propos de ses travaux sur l’agriculture biologique, mené par Thomas Grillot et Nicolas Larchet ; un débat sur l’approvisionnement des villes et l’agriculture urbaine avec un texte assez provocateur de Roland Vidal et André Fleury auquel répond François Jarrige ; enfin un texte de Valeria Siniscalchi sur le mouvement international Slow Food. Ensemble, ces textes définissent l’avenir de systèmes alimentaires où l’on mangerait autrement : plus bio, plus local, plus sain, plus équilibré, etc.

« Manger autrement, c’est-à-dire ? », demande tout d’abord S. Gacon. Il propose de s’intéresser aux revendications du mouvement social alimentaire et dégage ainsi les grandes lignes d’une autre alimentation, qui suppose une évolution de notre rapport au temps et à l’espace : « S’approvisionner hors des circuits de distribution classiques, en particulier dans les circuits courts, retourner en cuisine et adopter un régime plus équilibré, moins carné, moins sucré, en réintroduisant de la commensalité et de la convivialité dans les prises alimentaires » (p. 11). Il note également que la contestation des normes alimentaires est historiquement concomitante des moments de forte contestation politique. Ainsi le Pure Food and Drug Act de 1906 naît dans une période de critique de l’industrialisation au début du XXe siècle aux États-Unis. De même, les travaux de Warren Belasco ont montré que le mouvement de la contre-culture américaine des années 1960-1970 concerne l’alimentation et accorde beaucoup d’intérêt à « apprendre » à mieux manger. Le rejet de la société de consommation passe alors aussi par la nourriture ; il suscite l’émergence d’une contre-cuisine, en réaction aux additifs et aux résidus de pesticides, qui affirme son authenticité et son ethnicité contre la cuisine WASP intégratrice. Ce programme militant pour l’alimentation faisait alors le pont avec les revendications écologiques émergentes, notamment celles qui remettaient en cause les façons de  produire, de distribuer et de consommer dans un système socio-technique né avec la révolution industrielle. Enfin, en s’appuyant sur les travaux de Christian Deverre1, S. Gacon présente le débat sur les rapports entre le modèle dominant et ses marges contestataires. Les systèmes agricoles et agroalimentaires alternatifs sont-ils voués à se fondre dans le capitalisme dominant (ce qu’on appelle aussi la conventionnalisation) ou condamnés à rester marginaux mais fidèles à l’idéal d’une agriculture artisanale à petite échelle (thèse de la bifurcation) ? C’est aussi à cette question que sont invités à répondre les autres contributeurs du livre.

Le laboratoire de l’agriculture californienne

Ce sujet est au cœur du travail de Julie Guthman, interrogée par Thomas Grillot et Nicolas Larchet. Géographe, elle mène depuis de nombreuses années des recherches sur l’agriculture en Californie. La Californie est une zone intéressante car l’agriculture n’y a jamais été paysanne, elle a été créée selon un modèle industriel dès le milieu du XIXe siècle, avec un recours important à la main d’œuvre immigrée : Chinois, Japonais, Mexicains, paysans blancs pauvres déplacés du sud-est pendant la Grande Dépression, puis originaires d’Amérique latine. Développer l’agriculture biologique dans cet environnement suppose non pas de préserver et d’adapter un modèle de culture à petite échelle préexistant, mais surtout d’obtenir des certifications bios. Or les normes constituent autant des opportunités que des obstacles pour les agriculteurs et c’est ce double mouvement qui intéresse J. Guthman, sachant que ce type d’agriculture reste ultra-minoritaire : seulement 1 % des terres agricoles sont consacrées à l’agriculture biologique. Elle insiste ensuite sur le fait que l’alimentation alternative ne s’appuie pas sur l’État et ne compte pas sur lui pour impulser une réforme agricole. Au contraire, certains de ses promoteurs sont farouchement antiétatiques. Leurs revendications concernent la recherche, le partage des coûts de certification, l’assurance-récolte pour les produits biologiques et non une transformation de grande ampleur en faveur de pratiques de production plus durables. Elle met également en évidence les caractéristiques du militantisme en faveur d’une alimentation alternative, qui est plutôt le fait de Blancs, plutôt aisés, instruits, habitants des villes. Ces derniers promeuvent une alimentation locale, sans relation au terroir comme en France, mais fondée sur l’approvisionnement des marchés urbains et des restaurants. Elle note que ce mouvement social est attentif aux critiques sociales (et des sciences sociales) dont il fait l’objet2. Il est en effet régulièrement accusé de constituer un activisme de privilégiés. De nombreuses initiatives ont été prises pour tenter d’élargir la base sociale de ce mouvement. Enfin, elle termine l’entretien en insistant sur la nécessité de ne pas s’en tenir à l’étude des marges du système alimentaire, mais de comprendre le cœur de l’agriculture conventionnelle et en présentant sa recherche sur la culture des fraises, qui a déjà fait l’objet d’un compte-rendu sur le blog…

 

Couverture du livre de Julie Guthman Agrarian Dreams

Les deux textes suivants forment un tout et organisent un débat entre Roland Vidal et André Fleury d’une part, qui s’intéressent à la notion de « ville autosuffisante » pour critiquer les projets d’approvisionnement local des villes, et François Jarrige, d’autre part, qui prend la défense des circuits courts.

Militer localement…

Avec « Alimenter les villes autrement : gare aux utopies ? », R. Vidal et A. Fleury proposent d’abord un détour historique et montrent que toutes les villes ne comportent pas dans leur territoire des terres agricoles capables de nourrir leur population. Dans l’Antiquité, Athènes et Rome, en se développant, ont dû importer une partie de leur alimentation : c’était le cas de 2/3 de l’alimentation consommée à Athènes lorsque la ville a compté 300 000 habitants par exemple. En outre, pour certaines productions, les marchés ne sont plus locaux depuis longtemps : les marchés mondialisés du blé et du riz permettent de nourrir des populations très éloignées. Par exemple, la production de blé du Bassin parisien dépasse largement les besoins de la seule population locale. Enfin, la consommation d’énergie nécessaire à la production alimentaire ne provient que pour une faible part du transport. C’est la production qui émet le plus de CO2. Pour eux, « recommencer à cultiver sur place la totalité des légumes, des fruits ou du vin que l’on consomme à Paris reviendrait à augmenter l’impact environnemental de la production alimentaire » (p. 50), d’autant plus que l’extension urbaine a beaucoup réduit les terres maraîchères les plus fertiles. Pour la région Île-de-France, contre l’idée de consacrer la production à l’approvisionnement de Paris et de multiplier les petites fermes de proximité, ils préfèrent défendre une « écologisation intensive » spécialisée dans la culture du blé, afin de valoriser ces terres très productives. De plus, ils proposent de relancer les initiatives pour que les campagnes récupèrent les déchets urbains organiques, selon une répartition des rôles très classique dans l’histoire. Au final, ils invitent à se défaire d’une certaine utopie et d’une imagerie bucolique des rapports villes-campagnes.

Il revient à François Jarrige de répondre à cette charge contre les circuits courts et l’approvisionnement local. Il s’efforce en particulier de décrire précisément les différentes formes d’approvisionnement local, beaucoup plus variées que ce que présentent R. Vidal et A. Fleury. Il recense la vente directe avec des marchés fermiers, des ventes ou cueillettes à la ferme, des associations entre producteurs et consommateurs (coopératives, Amap), la production directe par les consommateurs (jardins communautaires ou scolaires), des structures et administrations communales ou territoriales d’approvisionnement et de distribution alimentaires, etc. En bref, un foisonnement d’expériences et d’initiatives qui visent à redéfinir les relations marchandes en s’appuyant sur une forte dimension politique. Pour cette raison, on ne peut pas analyser le phénomène de l’approvisionnement local uniquement comme une question technique, mais on doit aussi envisager les enjeux politiques autour de la revendication de son existence. Les initiatives naissent souvent à partir de problèmes concrets qui ne trouvent pas de solution dans le circuit conventionnel, par exemple l’approvisionnement de certains quartiers en produits frais ou la piètre qualité de certains produits. D’autres fois, ces expériences s’inscrivent dans des mouvements sociaux qui luttent contre l’insécurité alimentaire, ou entendent redéfinir le rôle de la démocratie locale dans la mondialisation, à partir de l’alimentation. François Jarrige plaide ainsi pour une reconnaissance de l’apport critique de ces formes concrètes de contestation du système de production, de distribution et de consommation.

Ou internationalement ?

Enfin, le dernier texte de l’ouvrage aborde la question de l’expansion internationale des initiatives alternatives locales, à partir de l’exemple de Slow Food. Avec « Les politiques locales d’un mouvement international : le cas de Slow Food », Valeria Siniscalchi illustre avec un exemple concret ce militantisme alimentaire dont il est question depuis le début du livre.

Elle revient d’abord sur les origines d’un mouvement qui revendique aujourd’hui plus de 100 000 adhérents dans le monde. Slow Food naît en Italie au milieu des années 1980, sous le nom d’Arcigola, une branche de l’Arci, qui est un organisation des clubs issus du mouvement antifasciste. Ses fondateurs sont des militants issus de la gauche et de l’extrême-gauche, en majorité des hommes, qui revendiquent le plaisir et la convivialité de la table et du vin. Ils parcourent l’Italie à la découverte de productions locales et de spécialités traditionnelles à mettre en avant. Ils tissent des liens avec des artistes, des journalistes, des critiques gastronomiques et trouvent un relais important auprès des restaurateurs qui deviennent des ambassadeurs locaux du mouvement et fédèrent autour d’eux. En 1987, l’association publie un manifeste pour la slow food contre la fast food, qui célèbre la lenteur, le plaisir, le fait de prendre son temps, la convivialité, en réaction à la frénésie et à la standardisation de la nourriture et du goût. En 1990, une maison d’édition est créée pour diffuser ces messages plus largement.

L’association suit deux voies d’expansion, en Italie et dans le monde. Des liens avec la France sont tissés dès 1989. Progressivement, les thématiques auxquelles l’association s’intéresse s’enrichissent également : à la gastronomie et au plaisir du bien manger s’ajoute un intérêt pour les produits et les contextes de production, l’environnement, la biodiversité et la justice sociale. Le succès de Slow Food n’est cependant pas également réparti dans le monde et V. Siniscalchi se penche notamment sur les difficultés du mouvement en France. Alors que les contacts entre l’association italienne et la France ont été précoces, alors que Slow Food revendique l’influence de la physiologie du goût de Brillat-Savarin sur son manifeste, la structure nationale française ne parvient pas à exister durablement. Le mouvement est principalement présent via des comités locaux. Le problème n’est pas propre à la France et se rencontre dans plusieurs pays. V. Siniscalchi l’analyse comme le résultat d’une tension inhérente au mouvement avec d’un côté des producteurs qui agissent sur le terrain et de l’autre des professionnels du mouvement qui agissent pour que Slow Food soit reconnu en tant que mouvement politique et pèse sur les politiques publiques (notamment sur le modèle de la politique agricole commune). Ainsi, elle montre de façon très convaincante les différents enjeux d’une association à la fois très locale et mondiale, qui réunit des producteurs et des consommateurs, en prise avec les plaisirs de la table et avec les politiques publiques, qui doit s’adapter en permanence à la fois aux différentes scènes, mais aussi aux évolutions de chacune d’elle, sans perdre de vue les principes qui l’ont fondée.

L’ouvrage se termine avec bibliographie commentée d’une vingtaine d’ouvrages sur l’alimentation. Il constitue donc une bonne introduction aux différentes formes de mobilisation militante pour une autre alimentation…

 

Pour en savoir plus

  • Sur les auteurs

Stéphane Gacon : page personnelle

Thomas Grillot : page personnelle

Nicolas Larchet : page personnelle

Roland Vidal : site personnel

André Fleury : quelques lignes sur le site de La vie des idées

François Jarrige : page personnelle

Valeria Sinisclachi : page personnelle

 

  • Sur le livre

À propos de Julie Guthman : page personnelle sur le site de l’université de Santa Cruz

Agrarian Dreams

Wilted et article sur ce blog

 

À propos de Slow Food en France : lien


 

  1. et sur ce blog, on ajoutera « et de Christine de Sainte-Marie ». Cf. cet article qui présente leur analyse commune. []
  2. Ce point a déjà été abordé sur le blog, dans l’entretien avec Nicolas Larchet à propos de sa thèse. []

[Source : ritme.hypotheses.org]

 

Escrito por Paulo Nogueira Batista Jr.

Já disse, e repito hoje: não sou um sonhador. Cético de temperamento, parece-me até meio ridícula, ligeiramente demagógica e sentimental, a frequente referência a sonhos e à necessidade de sonhar. E, no entanto, …

Manoel Bomfim, um dos grandes pensadores brasileiros (injustamente esquecido como são muitos grandes brasileiros – enquanto, diga-se de passagem, não poucos trastes e mediocridades são celebrados intensamente), Bomfim dizia que uma nação precisa inventar os seus próprios sonhos, sonhar os seus sonhos plausíveis.

Sonhos plausíveis – inspirados de alguma forma, ainda que tênue ou não tão evidente, na realidade histórica e atual da nação. Temos que sonhar nossos sonhos, sonhados por nós, cultivar nossas próprias imagens, nossas próprias noções de beleza, verdade e valor, dizia ele por outras palavras.

Bonito. Mas aí é que se abre o alçapão. Sonhos podem ser perigosos. Certo tipo de sonho, justamente os plausíveis que desejava Bomfim. O sonho possível carrega em si a possibilidade da decepção e do sofrimento.

E, por essa via, chego ao verdadeiro assunto desta pequena crônica – um outro gênio da nossa raça, este verdadeiramente monumental. Refiro-me, leitor, ao grande, imenso, gigantesco Fernando Pessoa. A poesia, como sabemos, resiste tenazmente à tradução. Se Pessoa tivesse escrito em francês ou inglês (até escreveu nesta última língua, mas pouco), seria conhecido e venerado no planeta inteiro. Ele deixa na poeira, a meu ver, muitos luminares da literatura francesa ou anglo-americana. Quantos deles parecem realmente minúsculos ao lado do poeta português!

Não só por sua poesia, que é fulgurante, mas também por sua prosa. E dela retiro uma observação acurada sobre dois tipos de sonhos. Vamos passar a palavra a ele diretamente. Diz Pessoa, ou o heterônimo Bernardo Soares, no Livro do Desassossego:

“Tenho mais pena dos que sonham o provável, o legítimo, e o próximo, do que dos que devaneiam sobre o longínquo e o estranho. Os que sonham grandemente, ou são doidos e acreditam no que sonham e são felizes, ou são devaneadores simples, para quem o devaneio é a música da alma, que os embala sem lhes dizer nada. Mas o que sonha o possível tem a possiblidade real da verdadeira desilusão. Não me pode pesar muito o ter deixado de ser imperado romano, mas pode doer-me o nunca ter sequer falado à costureira que, cerca das nove horas, volta sempre à esquina da direita. O sonho que nos promete o impossível já nisso nos priva dele, mas o sonho que nos promete o possível intromete-se com a própria vida e delega nela sua solução. Um vive exclusivo e independente; o outro submisso das contingências do que acontece.”

Maravilhoso, não? A relação ambivalente com o sonho permeia a sua obra, também a poética. Por exemplo, no lindo poema Manhã dos outros!, que sei de cor e cheguei a tentar, quando morava em Washington, traduzir para o inglês para benefício de alguns amigos estrangeiros:

“Manhã dos outros! Ó sol que dás confiança/ Só a quem já confia! / É só à dormente, e
não à morta esperança/ Que acorda o teu dia.”

E aí vem o verso cintilante:

“A quem sonha de dia e sonha de noite, sabendo/ Todo sonho vão, / Mas sonha
sempre, só para sentir-se vivendo/ e a ter coração.
A esses raias sem o dia que trazes, ou somente/ Como alguém que vem/ Pela rua,
invisível ao nosso olhar consciente, / Por não ser-nos ninguém.”

Em inglês, ficou assim o verso central:

“To those that dream by day and dream by night, knowing / that all dreams are vain/
But go on dreaming, just to feel what it´s like to be alive/ And to have a heart”

Falei em “amigos estrangeiros”. Não queria dar pinta de quem explora a poesia para fins espúrios e extrapoéticos. Mas a verdade é que a tentativa de tradução foi para uma namorada estrangeira, linda, linda, mas por desgraça totalmente ignorante da bela língua portuguesa.

Mas volto ao poema. Vê-se, claramente, que a morta esperança não está tão morta assim. E que continua sonhando de dia e de noite, sonhando sempre, mesmo declarando todo sonho vão, por saber que a vida e o coração deixam de existir propriamente sem a capacidade de sonhar.

Já estou resvalando para uma defesa meio ingênua do sonho. Na verdade, o mais interessante, tanto no texto como no poema de Pessoa, é o embate, dentro da mesma alma, entre o impulso de sonhar e a resistência a ele. Ou em outros termos, talvez mais precisos: o conflito entre a vontade de sonhar e a incapacidade de fazê-lo plenamente, com o coração inteiro. A sua obra está eivada de paradoxos ou hesitações desse tipo, sempre muito carregadas de conotações emotivas.

Dou outro exemplo, também retirado do Livro do Desassossego, este do âmbito da política, sobre a dualidade sincero/insincero ou ilusão/realismo prático:

“O governo do mundo começa em nós mesmos. Não são os sinceros que governam o mundo, mas também não são os insinceros. São os que fabricam em si uma sinceridade real por meios artificiais e automáticos; essa sinceridade constitui a sua força, e é ela que irradia para sinceridade menos falsa dos outros. Saber iludir-se bem é a primeira qualidade do estadista. Só aos poetas e aos filósofos compete a visão prática do mundo, porque só a esses é dado não ter ilusões. Ver claro é não agir.”

Raramente encontrei um parágrafo tão brilhante, tão iluminado por paradoxos certeiros! Não são os sinceros nem os insinceros que lideram. A sinceridade do estadista é fabricada e real ao mesmo tempo. E, contrariamente ao senso comum, a visão realista do mundo não é do estadista, mas do poeta e do filósofo, cuja clarividência, entretanto, impede a ação. Enfim, repito, um gênio da nossa raça.

Talvez me esteja perdendo do assunto inicial. Mas nem tanto. Em relação a sonhos, cabe a mesma ambivalência. Os sonhos plausíveis de Bomfim são fonte de equívocos, desastres e decepções. Mas sem eles o que sobra da vida? Ela não se esvazia? Sonhar não pede coragem? E o ceticismo pode ser, no fundo, sintoma de perda de vitalidade. Talvez uma forma de covardia.

E, assim, continuamos. Mesmo sabendo ou proclamando todo sonho vão, vamos sonhando, de dia e de noite, sonhando sempre, para sentirmo-nos vivendo e a ter coração.

 

[Fonte: http://www.terapiapolitica.com.br]

Star, comédienne, chanteuse, danseuse, Brigitte Bardot a choqué par son mode de vie libre, manifesté son courage lors de la guerre d’Algérie, et a quitté le show business pour se consacrer à la défense des animaux. Arte a montré le show télévisé Spécial Bardot de François Reichenbach et Eddy Matalon (1968). Brigitte Bardot au sommet de sa célébrité interprète des chansons signées Gainsbourg, Rivière et Bourgeois, et se prête à des mises en scènes imaginatives. Arte diffusera le 13 juillet 2021 « La bride sur le cou » (In Freiheit dressiert) de Roger Vadim (1961), avec Brigitte Bardot, Michel Subor, Claude Brasseur, Mireille Darc.

Publié par Véronique Chemla

Au fil du documentaire Bardot, la méprise, apparaît une dame au caractère entier, paradoxale, sincère, lucide sur son passé, refusant toute concession, regrettant son insouciance qui a mené à la fin de ses deux histoires d’amour marquantes avec Jean-Louis Trintignant et Sami Frey, sous-estimant ses talents pour la comédie et le drame, ayant peu confiance en elle et souffrant de la difficulté à prendre une décision.

Arte diffusa les 15 et 18 mai 2016 le numéro de Personne ne bouge ! (Abgedreht!) consacré à Brigitte Bardot : « Et Dieu créa la star. En marge du Festival de Cannes, « Personne ne bouge ! » s’incline devant l’actrice la plus incandescente des sixties. Avec une perle rare : Miss Bardot interviewée dans la langue de Shakespeare par la BBC, lors d’un tournage avec Sean Connery en 1968. Si son tailleur est riche, son anglais l’est un peu moins… »

« Avec Roger Vadim, à l’aube des années 1950, « BB » connaît le coup de foudre et le succès. Ils feront cinq films ensemble. Retour sur une histoire d’amour et de cinéma. Ballerines, bandeau, marinière, chignon bicolore, et l’indétrônable robe vichy : Bardot, c’est aussi la réinvention de la mode. 1963. Dans Le mépris, Godard filme la star comme personne, sur fond azur des eaux de Capri. En 1977, Bardot braque l’attention des médias sur le destin terrible des bébés phoques. Scandale ! De Jean-Max Rivière à Serge Gainsbourg, ils lui ont offert leurs chansons et elle en a fait des tubes : « La madrague », « Bonnie & Clyde », « Comic strip »… La méthode Bardot vous apprend à pousser la chansonnette avec élégance.

« Avec Roger Vadim, à l’aube des années 1950, « BB » connaît le coup de foudre et le succès. Ils feront cinq films ensemble. Retour sur une histoire d’amour et de cinéma. Ballerines, bandeau, marinière, chignon bicolore, et l’indétrônable robe vichy : Bardot, c’est aussi la réinvention de la mode. 1963. Dans Le mépris, Godard filme la star comme personne, sur fond azur des eaux de Capri. En 1977, Bardot braque l’attention des médias sur le destin terrible des bébés phoques. Scandale ! De Jean-Max Rivière à Serge Gainsbourg, ils lui ont offert leurs chansons et elle en a fait des tubes : « La madrague », « Bonnie & Clyde », « Comic strip »… La méthode Bardot vous apprend à pousser la chansonnette avec élégance.

Bardot la méprise

Arte a diffusé les 7 et 12 juin 2015 Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul (2013). « En 2011, Brigitte Bardot donne son accord pour un projet de documentaire biographique. Quand le réalisateur David Teboul la rencontre pour la première fois, sa réaction est sans appel : elle ne participera pas au film mais lui donne accès à ses archives familiales, une multitude de films réalisés par son père, des premières heures de son existence jusqu’à sa métamorphose en déesse des écrans. Elle l’autorise aussi à filmer librement les lieux de sa vie : les maisons de La Madrague et de La Garrigue à Saint-Tropez, ses refuges à elle. À partir de cette matière infime, précieuse, le cinéaste élabore un portrait intime de l’actrice en forme de déclaration d’amour. Il s’appuie aussi sur des passages d’ »Initiales B.B. », l’autobiographie de l’actrice, dits par Bulle Ogier (très émouvante) et sur des extraits de films. De son enfance en milieu bourgeois – auprès d’une mère indifférente, d’un père autoritaire et d’une petite sœur qu’on lui préfère – jusqu’à son retrait du monde il y a trente ans, David Teboul réussit un portrait rare, émouvant, empathique. Il y donne à voir, pour la première fois peut-être, toutes les contradictions d’une femme passionnément amoureuse, mélancolique et sauvage, qui parvenait si mal à distinguer la vie du cinéma qu’elle faillit en mourir ».

« J’ai 7 ans, mes parents m’offrent un album intitulé Brigitte Bardot, amie des animaux (…) C’est comme ça que je vous ai rencontrée. L’enfant que j’étais est tombé amoureux de vous. » Avec une délicatesse extrême, David Teboul scrute les images familiales et les extraits de films, s’y arrête parfois pour détecter un indice, un geste, imaginer ce que ressent cette enfant qui, à 15 ans, sera projetée brutalement sous la lumière. « En 1950, je devins mascotte de « Elle » et le destin se mit à marcher contre ma volonté », écrira-t-elle. Roger Vadim, Trintignant, Samy Frey, Gainsbourg… : les passions amoureuses s’enchaînent, les déceptions succèdent aux extases, la mélancolie s’installe toujours. Celle qui « met tous les personnages dans sa peau » tente de se suicider après le tournage de « La vérité », de Clouzot, en 1961. Jusqu’à se retrancher finalement avec ses animaux, comme réfugiée dans une nouvelle enfance, au creux d’une maison dont les murs, pourtant, sont couverts des images de cette gloire qu’elle a tant voulu fuir« .

Le père de Brigitte Bardot « aimait le cinéma, et l’a filmée depuis ses premiers jours jusqu’à ses 15 ans. Après avoir cherché à se dérober, Brigitte se tourne vers la caméra vers l’âge de 7 ans pour en  devenir prisonnière. On voit aussi comment la danse lui permet de fuir l’univers familial et de s’émanciper, même si le cinéma la rattrape à travers son désir pour Vadim. Et ce gourou, dont elle est amoureuse et qui la désinhibe, réalise Et Dieu créa la femme, un accident qui deviendra le phénomène que l’on sait… Après un premier rendez-vous manqué, j’ai été extrêmement bouleversé quand je l’ai rencontrée, une seule fois, à Saint-Tropez. Elle s’est alors beaucoup protégée et il a fallu la convaincre. Mais elle m’a dit quelque chose d’extraordinaire : « En ne voulant pas être dans votre film, je vous fais un cadeau. » J’ai compris qu’il fallait que je construise le récit sur cette absence. Elle m’a, en revanche, laissé libre accès à ses maisons de La Madrague et de La Garrigue, comme à toutes les archives de son père. Et dans ce décor qu’est son intérieur, j’ai  eu le sentiment de replonger dans les années 1960, avec une sorte d’étrangeté. Le tout constituait la matière cinématographique d’un film sur un fantôme vivant, sur le présent d’un passé. La tension du film repose sur une incertitude : on a le sentiment qu’elle peut surgir à tout moment… {La liberté de Bardot] tient essentiellement à son rapport naturel au corps, qui n’existe alors chez aucune  autre actrice de sa génération. Bardot est une conservatrice transgressive, d’où la puissance qui émane d’elle », confie le réalisateur.

France 2 a consacré sa soirée du 23 septembre 2014 à Brigitte Bardot : une interview par Laurent Delahousse (Un jour, un destin), puis Et Dieu créa la femmede Roger Vadim.

Et Dieu créa la femme
Et Dieu créa la femme… de Roger Vadim, avec Jean-Louis Trintignant propulse Brigitte Bardot au rang de star. « À Saint-Tropez, trois hommes s’enflamment pour la beauté sauvage d’une orpheline de 18 ans… Et Roger Vadim créa… le mythe Brigitte Bardot. Un film événement, diffusé dans une version restaurée ».

« À Saint-Tropez, Juliette, une orpheline de 18 ans, évolue parmi trois hommes qui la convoitent. Il y a Antoine, parti se chercher un avenir à Toulon. Mais aussi Michel, son frère cadet, qui a hérité de leur père un atelier de réparation de bateaux. Et puis il y a Éric Carradine, un quinquagénaire d’origine étrangère, promoteur et directeur de boîte de nuit qui rêve de bâtir un casino près de la plage. Placée dans une famille d’accueil, Juliette vend la presse dans une boutique sur le port mais elle n’aspire qu’à danser, flirter et vivre. Indignée de ces prétentions, la bonne société provinciale la condamne à retourner jusqu’à sa majorité dans une institution. Pour conserver sa liberté, le mariage seul peut la sauver… »

« À sa sortie en 1956, Et Dieu… créa la femme a connu un retentissement bien au-delà des frontières hexagonales, jusqu’aux États-Unis. Révélation du talent de cinéaste d’un jeune reporter de Paris match nommé Roger Vadim, le film fait entrer en pleine lumière le phénomène Brigitte Bardot ».

« Passée par la danse classique, la jeune actrice, que vient d’épouser le réalisateur, y campe un personnage de femme-enfant, à la fois innocente et troublante, attirée par le plaisir et attisant autour d’elle un désir ravageur. Sacrée sex-symbol, la starlette ne le sera plus longtemps : une incroyable carrière l’attend. Sous le soleil d’un petit village au bord de la Méditerranée, pas encore point d’attraction de la jet set, Et Dieu… créa la femmea d’abord créé un mythe. Il se résume à deux initiales : BB ».

Le 28 décembre 2016, Arte diffusa Et Dieu créa la femme…, de Roger Vadim, avec Jean-Louis Trintignant, puis le numéro de Personne ne bouge consacré à Brigitte Bardot.

En cas de malheur 

En cas de malheur, est un film réalisé par Claude Autant-Lara, puis Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul.

Produit par Raoul J. Lévy et Ray Ventura, En cas de malheur, de Claude Autant-Lara offre une adaptation d’un roman de Simenon par Claude Autant-Lara, Jean Aurenche et Pierre Bost. « Yvette et Noémie font un hold-up dans une boutique tenue par un couple âgé. Le casse tourne mal : la belle Yvette assomme la vieille dame et Noémie se fait pincer. Yvette se rend chez un avocat en vue, maître Gobillot. Elle lui expose son affaire, qu’il juge désastreuse. Puis, elle relève sa jupe, lui proposant de le payer en nature ». Une scène censurée à l’époque. Le « digne avocat mûr a du mal à rester impassible » et accepte la délinquante aux mœurs libres  telle qu’elle est… La rencontre entre deux monstres sacrés, Brigitte Bardot et Jean Gabin, finement orchestrée par Claude Autant-Lara ».

Intimidée à l’idée de jouer avec Jean Gabin, la jeune Brigitte Bardot butte sur ses répliques lors du tournage de la première scène avec le célèbre comédien. Faisant montre d’une fine élégance, Jean Gabin, qui connait par cœur son texte, fait semblant de l’ignorer. Ce qui détend Brigitte Bardot.

La robe Vichy

Arte diffusa le 23 janvier 2019 « La robe Vichy de Jacques Estérel » (Coutures. Das Vichykleid von Jacques Esterel), documentaire de Anna-Célia Kendall-Yatzkan et Muriel Edelstein.

« Une histoire en deux volets de pièces phares de notre garde-robe. Dans cet épisode : l’indémodable robe vichy. Sans voile ni satin, avec une robe de mariée taillée dans une cotonnade à rideau bon marché, Brigitte Bardot et le couturier Jacques Estérel défient en 1959 le star-system et les conventions en offrant aux femmes un glamour enfin abordable :  seins hauts dans un corsage ajusté, taille étranglée dans une profusion de tissu froncé sur un jupon gonflant ».

« Certains vêtements traversent les époques sans prendre une ride, à l’instar de la robe vichy, consacrée par Brigitte Bardot en 1959″. Une robe portée par la star lorsqu’elle apparaît devant les médias avec son deuxième mari, l’acteur Jacques Charrier. Généralement associé au terroir français, le tissu vichy passe allègrement les frontières. On le trouve jusqu’à Bali où il est paré de vertus spirituelles. Pourquoi un tel engouement ? Des confitures de nos grands-mères aux guerriers massaï, des culottes à carreaux des ânes de l’île de Ré aux Lolita d’aujourd’hui, le vichy n’en finit pas de surprendre. »

La vérité

En 1960, sort La Vérité, film dramatique d’Henri-Georges Clouzot.

« Dominique Marceau, jeune femme au charme dévastateur, passe en cour d’assises. Accusée d’avoir assassiné son amant Gilbert Tellier, elle clame désespérément qu’il s’agit d’un crime passionnel. Mais nul ne la croit. Et son avocat a lui-même abandonné l’idée de la sortir des griffes du défenseur de la partie civile. Avec la complicité du président du tribunal, ce dernier revient sur la vie débauchée de la jeune femme pour en dessiner un portrait peu flatteur : égoïste, instable, provocatrice et oisive, Dominique aurait volé le petit ami de sa sœur Annie par pure jalousie… »

Signé Henri-Georges Clouzot, un « drame aussi précis qu’épris de liberté, où la sensuelle » Brigitte Bardot révèle son talent de tragédienne et s’avère époustouflante dans ses scènes devant la Cour, face au séduisant Sami Frey, Paul Meurisse, « avocat cynique et cruel », Charles Vanel « et sa dérision savoureuse », Louis Seigner, sociétaire de la Comédie française, Marie-José Nat, Jacques Perrin.  Clouzot y raille les ténors du barreau parisien.

« À la mise en scène « théâtrale » du procès, réglée avec une précision d’orfèvre – et émaillée de joutes oratoires incisives, tantôt noires, tantôt cocasses -, Clouzot juxtapose en un montage judicieux des flash-backs de la vie de l’héroïne. Tournées au Quartier latin en décor réel, ces scènes révèlent le quotidien d’une jeunesse bohème, éprise de liberté et provocatrice. Une génération porteuse des bouleversements à venir, qui s’oppose aux codes moraux bourgeois et rigides des aînés. De quoi faire taire les railleries de la Nouvelle Vague qui, à l’époque, voulait rejeter le cinéaste à l’arrière-garde ».

La Vérité (1960) de Henri-Georges Clouzot est un « suspense judiciaire autour du procès d’une jeune femme accusée du meurtre de son amant. Clouzot le terrible, fidèle à sa réputation, réalise un film d’une noirceur extrême et tyrannise la pauvre Brigitte Bardot, forcée d’abandonner ses pitreries pour jouer dans un registre paroxystique. Avec le temps, le film a gagné en étrangeté. La vulgarité du film et les poncifs qu’il véhicule sur la jeunesse sont datés, mais la mise en scène ne manque pas de force et Bardot est assez géniale », a analysé Olivier Père.
Et de conclure : « À travers le procès de cette jeune femme trop désirable, libre et amorale, coupable d’avoir trop aimé et provoqué l’amour, on peut voir celui de son actrice, star et symbole sexuel dont la vie privée passionnelle et scandaleuse faisait couler davantage d’encre que ses performances à l’écran, dans une France pudibonde et conservatrice. Il s’agirait alors d’une mise en abyme cruelle, et même sadique, typique des systèmes de domination des acteurs instaurés par Clouzot sur ses tournages, mais au résultat remarquable sur le plan dramatique. Précipité de misanthropie, La Vérité brille par la qualité de son interprétation : Paul Meurisse et Charles Vanel sont impressionnants en ténors du barreau, Sami Frey est parfait en beau ténébreux. La diffusion de La Vérité permet de saluer la mémoire de l’actrice Marie-José Nat, disparue le 10 octobre 2019. Clouzot lui offre le deuxième rôle important de sa jeune carrière après Rue des prairies de Denys de La Patellière : celui de la rivale de B.B. auprès de son amant interprété par Sami Frey. Quant à Brigitte Bardot, elle suscite l’admiration et parvient à s’imposer à l’écran en véritable tragédienne, dans ce qui restera le sommet de sa filmographie, avec Le Mépris de Jean-Luc Godard, trois ans plus tard ».

Arte diffusera le 13 juillet 2021 « La bride sur le cou » (In Freiheit dressiert), film franco-italien de Roger Vadim (1961), avec Brigitte Bardot, Michel Subor, Claude Brasseur, Mireille Darc.

« Une mannequin entreprend de se venger d’un amant trop volage… Cinq ans après « Et Dieu… créa la femme », Roger Vadim retrouve Brigitte Bardot pour une comédie romantique aussi légère qu’une bulle de champagne. »
« Sophie, mannequin, découvre que Philippe, son amant photographe du moment, est tombé amoureux de Barbara, une riche héritière américaine. Profondément blessée, la jeune femme humilie Philippe sous les yeux de Barbara et des consommateurs du Café de Flore où la scène se déroule. Deux jeunes chirurgiens, Claude et Alain, tous deux éblouis par la beauté de Sophie, ne perdent pas une miette de l’esclandre. Ils entreprennent de consoler la jeune femme, qui décide de se venger. »
« Roger Vadim imagine un nouvel écrin pour sublimer BB, qui était sa femme lorsqu’il fit d’elle un sex-symbol international dans Et Dieu… créa la femme en 1956. Cinq ans plus tard, si les deux époux ont divorcé, Vadim dirige de nouveau sa muse dans cette comédie romantique enlevée dont une partie de l’action se déroule à Villard-de-Lans. Au programme, numéro de danse et scènes dénudées mémorables. »

Viva Maria

En 1965, Louis Malle réalise Viva Maria avec deux stars : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau. « Deux chanteuses de music-hall font la révolution en Amérique centrale et inventent le strip-tease !  » Un film récompensé par le Grand prix du cinéma français et diffusé par Arte les 1er et 9 septembre 2016.

« Au début du XXe siècle, à l’occasion de leur premier duo sur scène, deux jeunes femmes que le hasard a réunies au sein d’une troupe de music-hall ambulante tirent parti d’un accident vestimentaire pour inventer le strip-tease. Tout irait bien pour elles si elles ne se trouvaient mêlées à une révolution paysanne conduite par un ardent jeune homme dont elles s’éprennent toutes les deux, l’une ouvertement, l’autre en secret… »

« Sur une musique de Georges Delerue, un western échevelé réalisé en 1965 par Louis Malle avec les deux stars féminines de l’époque : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau ».

Avec la chanson Ah ! Les p’tites femmes (de Paris) signée de Louis Malle, Jean-Claude Carrière et Georges Delerue. Et des pépites drôles – Jeanne Moreau haranguant des paysans mexicains en citant Jules César de Shakespeare pour les inciter à faire la révolution malgré la mort du chef Florès – ou surréalistes : le magicien qui retire la balle du corps de sa colombe décédée et qui reprend vie ou l’homme d’église mort qui s’avance en tenant sa tête entre ses mains.

« Spécial Bardot » par François Reichenbach et Eddy Matalon

Pour le Jour de l’an 1968, l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française), organisme public audiovisuel, a diffusé le show musical Spécial Bardot. Dans une atmosphère conviviale, la star est entourée de ses amis : Sacha Distel, élégant en smoking pour La Belle vie, Claude Brasseur, Serge Gainsbourg, Claude Bolling…

Une série de clips de ses succès – pieds nus pour La Madrague, en cuissardes pour Harley Davidson – et de reprise de standard de jazz – Everybody Loves My Baby accompagnée par Claude Bolling et son orchestre – qui alternent avec des séquences de Brigitte Bardot lors d’une séance photo avec Sam Lévin et David Bailey, arborant des min-robes sexy et des styles différents – robe Charleston frangée des années 20, vêtements de hippie – et flânant à La Madrague, à Saint-Tropez, à Port Grimaud, à Paris et à Londres. « Révolutionnaire ! Un crescendo ascensionnel qui s’achève sur une vision de Bardot sanglée d’un parachute, s’envolant dans les airs en chantant « Mr Sun » dans une robe hippie (griffée, tout de même [Paco Rabanne, nda]) ».

Filmée avec talent et amour, au summum de sa beauté et de son succès, la star française mondiale déploie l’étendue de son talent dans des registres variés : de la nostalgie à la comédie. Souveraine. Sensuelle. Ironique. Rayonnante. La démarche souple et gracieuse de ballerine. Les yeux charbonneux soulignés de khôl.

Et avec des guest stars : Sacha Distel (La bise aux hippies), Claude Brasseur (Bubble Gum), Serge Gainsbourg – Comic Strip, Bonnie and Clyde (duo mythique) – et Manitas de Plata.

Une « émission culte » des sixties exaltant dans certains titres une joie de vivre, une bonne humeur et l’insouciance !

Un modèle parfois imité – show télévisé Isabelle Adjani en 1984 -, mais jamais égalé.

On ne peut que regretter que les visuels disponibles soient en noir et blanc pour une émission en couleurs : celles automnales de la Côte d’Azur et de Paris, celles pimpantes et chatoyantes des hippies.

Défense des animaux
En 1973, Brigitte Bardot annonce son retrait du show business afin de se consacrer à la défense des animaux.

Une décision reçue avec incrédulité par les médias.

Brigitte Bardot quitte définitivement les studios de cinéma, et crée sa fondation. L’un de ses combats les plus médiatisés a concerné la protection des bébés phoques.

« En Allemagne et en France, on ne sait pas ce que c’est que de gérer un territoire hostile de 10 millions de km²… Au Canada, si. On parvient même à maintenir sur la banquise, zone hostile s’il en est, une relative harmonie entre phoques et chasseurs. Jusqu’à ce que Brigitte Bardot s’en mêle. En 1977, encore dotée de son aura de sex-symbol international, BB débarque sur la banquise et braque l’attention des médias du monde entier sur le destin du pauvre petit blanchon. Comment peut-on briser à coups de gourdin les crânes de ces créatures cotonneuses aux grands yeux humides ? »

Aquarelles de Manara

Le 12 juin 2016, vingt-cinq œuvres – aquarelles et encres de Chine – du dessinateur italien septuagénaire Manara représentant la jeune Brigitte Bardot ont été vendues par 592 702 euros lors d’enchères organisées par la maison parisienne Millon. Manara est célèbre pour ses bandes dessinées érotiques : Le déclic, Un été indien.

Le tableau vendu le plus cher (35 090 euros) « représente l’actrice nue de profil, assise, avec les genoux repliés sur sa joue ». « Pour cette vente réalisée en duplex à Bruxelles et Paris, les enchères ont débuté à 15000 euros ».

La « dernière fois que l’actrice française, aujourd’hui âgée de 81 ans, a autorisé un artiste à la représenter remonte à 1968, quand le sculpteur Aslan avait créé à son effigie un buste de Marianne, figure de la République française qui orne nombre de mairies et sites officiels ».

Les « 25 aquarelles ont été signées au dos par l’ancienne actrice, qui a également intégré à chaque dessin le symbole qui lui est le plus personnel, une « marguerite à sept pétales qui veut dire je t’aime discrètement à ceux qui la reçoivent…» Certains tableaux évoquent la célèbre photographie de Sam Lévin ou Bardot immortalisée avec son Harley Davidson, d’autres des films ou son amour pour les animaux. L’artiste a su, en général, restituer l’intensité du regard, les jambes fuselées, et le port de ballerine de Brigitte Bardot.

 

« C’est la salle de ventes parisienne Millon, assistée des experts en BD bruxellois Alain Huberty et Marc Breyne, qui a établi le contact entre l’ex-star de cinéma et Manara, leurs proposant de réaliser une série originale. « Reproduire son visage est très difficile car il a des expressions subtiles, entre ironie, mystère, séduction et provocation», avait déclaré l’artiste italien dans un entretien réalisé en mai par l’AFP. « Il a fait des dessins vivants. On y sent le vent… On y lit une révolte, une sensualité, un amusement », avait commenté Brigitte Bardot ».

Attentats terroristes islamistes

Le 29 juillet 2016, Brigitte Bardot a twitté : « Attentats : J’ai mal au cœur, à tous mes cœurs. Je vomis ces terroristes islamistes. Stop à « l’Aïd el Kebir humain » ! » D’une part, elle se référait aux attentats terroristes islamistes revendiqués par l’Etat islamique et commis par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, Tunisien, sur la Promenade des Anglais à Nice dans la soirée du 14 juillet 2016 –  – 84 personnes tuées et 286 blessées -. et par Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, à l’église Saint-Étienne de Saint-Étienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016 – le père Jacques Hamel égorgé près de l’autel, un paroissien blessé. Et d’autre part, elle évoquait la fête islamique au cours de laquelle les musulmans sacrifient traditionnellement un animal, notamment un mouton, en l’égorgeant. Ce tweet de Brigitte Bardot a été liké 987 fois et retweeté 657 fois au 834 fois au 31 juillet 2016.

Son message a suscité une polémique. Directrice du Huffington Post, la journaliste Anne Sinclair a répondu sur son compte Twitter : « Le Mépris était un beau film« . Son twitt a été liké 63 fois et retweeté à 50 reprises.

Le 20 juin 2016, dans sa tribune Magnanville, Rennes, Tel Aviv : trois versions d’un même déni (Le Figaro, 20 juin 2016)Shmuel Trigano, philosophe et sociologue spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain, affirme que les « hommes politiques et intellectuels, marqués par le postmodernisme, oublient que les actes terroristes sont aussi des actes religieux. Pour s’en démarquer, les musulmans doivent condamner ce retour primitif au sacrifice humain » :

« Les derniers événements à Tel Aviv, Orlando, Magnanville et Rennes marquent un tournant dans le rapport à la situation, que certains d’entre nous connaissent bien depuis 15 ans. La défaite des belles âmes qui ont parasité la conscience collective du réel est annoncée…  Une information très contrariante a été squizée tout simplement par les médias car elle éclairait trop grossièrement la réalité: à savoir qu’une femme a reçu trois coups de poignard à Rennes le jour même de Magnanville, de la part d’un individu qui voulait selon ses mots « faire un sacrifice pour le Ramadan ». C’est ce qu’on pouvait lire sur le moment dans les dépêches de presse des chaînes d’information. Puis on a lu que ce meurtrier mystique était un « déséquilibré » et l’information a ensuite disparu…Le meurtre [à Rennes] est justement défini par l’auteur comme un « sacrifice », c’est à dire un acte religieux, ce que sont tous ces actes barbares et pas uniquement « terroristes ». Leur finalité est religieuse – sauf que la religion du califat est aussi sa politique… Or c’est ce que le discours officiel s’évertue à nier et cacher, ce qui a conduit à la confusion totale des esprits et à l’égarement du public.
En France des débats médiatiques s’évertuent à comprendre – disent-ils – les causes d’un tel phénomène et s’épuisent en considérations qui n’ont de sociologiques que le nom car elles négligent le constat du fait idéologique, religieux et politique, qui est pourtant au cœur du social.
Une telle situation vaut aussi pour Tel Aviv… Le soir même du massacre, toutes les villes de Cisjordanie et de Gaza ont célébré l’ignominie avec feux d’artifices, offrande de douceurs, comme s’il y avait là un rituel de Ramadan…
Il y a aujourd’hui dans l’islam, un courant qui se revendique de ses valeurs pour commettre ces actes. C’est un problème pour les musulmans qui doivent le combattre s’ils veulent s’en démarquer… La guerre de religion qui fait rage dans l’islam contemporain entre sunnites et chiites confirme cet état de faits. Il y a tout simplement, si l’on peut dire, un courant, l’islamisme, qui est à l’œuvre dans ce chaos. Dans les rangs de cet univers religieux, se produit dans une terrible régression de l’humanité qui voit la religion régresser aux temps primitifs des sacrifices humains, des crimes rituels…
Il faut appeler un chat, un « chat ». C’est la condition sine qua non de la salubrité publique et de la santé mentale, ce que le discours dominant officiel autant que médiatique a mis en très grave danger depuis 15 ans. La question doit être posée au monde musulman. C’est comme cela qu’il faut concevoir un rapport d’égalité et de respect que nous sommes en droit d’attendre et d’exiger ».

Le 28 juillet 2016, dans sa tribune Terrorisme : on sacrifie les victimes pour ne pas avoir à livrer bataille contre les bourreaux publiée par Le Figaro, Shmuel Trigano, professeur émérite des universités, a écrit :

« Les actes terroristes sont commis explicitement au nom de l’islam…

Le meurtre des non-musulmans est perpétré par les islamistes comme un sacrifice religieux offert à la divinité, un meurtre «moral», «sacré», de même que la mort recherchée du pseudo « martyr » lui ouvre la porte du paradis : un véritable culte de la mort.

Il faut comprendre cette logique d’un autre âge, profondément régressive sur le plan de l’histoire humaine (la régression de la religion au sacrifice humain!), pour comprendre le motif de tous ces massacres. Cette explication n’est pas un commentaire de ma part. Elle découle de sources coraniques et elle est confirmée par l’imam Qaradawi, qui siège au Qatar, pays ami de la France, et qui est le chef du Conseil de la Fatwa pour l’Europe, le mentor sur la plan de la Charia des Frères Musulmans (et donc de leurs émules français). Dans ses décisions juridiques, il justifie le meurtre des non musulmans, et avant tout des Juifs, comme un moyen licite de défendre et illustrer l’islam. Il va même jusqu’à estimer que, si le «martyr» le juge nécessaire, le meurtre des non-musulmans pourrait s’accompagner, pour le succès de l’opération, de la mort de musulmans (ainsi expédiés illico presto au paradis). Sur ce dernier point, cela montre parfaitement que le fait que les attentats frappent aussi des musulmans ne diminue en rien le caractère et la justification exclusivement islamiques de ces actes. À ce propos, il est pitoyable de voir journalistes et experts se perdre en conjectures sur les motifs des massacres et entraîner avec eux un public sidéré et égaré, parce qu’ils se refusent à voir la réalité en face…

« Statue

Le 28 septembre 2017, pour les 83 ans de la star, Saint-Tropez a dévoilé une statue en bronze à son effigie. « La beauté de la statue de Brigitte Bardot, inspiré de la Naissance de Vénus de Botticeli, revisité par le maître italien de la BD érotique Milo Manara, n’a pas enthousiasmé tous les admirateurs de l’actrice… Cette œuvre grandiose, de quelque 700kg et de 2,5m de hauteur, a été offerte à la mairie par le commissaire-Priseur Alexandre Millon. Il avait été le responsable de la vente aux enchères des 25 aquarelles de Manara dédiées à l’icône ».

Un bel hommage et une œuvre de gratitude à l’égard de Brigitte Bardot qui a rendu mondialement célèbre ce port de pêche apprécié de peintres impressionnistes.

Moi je joue

Le 25 octobre 2017, sort Moi je joue, de Brigitte Bardot avec la collaboration de François Bagnaud. « La chanson, c’était ma récréation après les tournages ! » « Gilbert Bécaud, Sacha Distel, Georges Brassens, Jacques Brel, Nino Ferrer… tous ont voulu composer pour Brigitte Bardot en célébrant sa beauté et sa sensualité. Mais ce sont Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois («La Madrague», «Le Soleil»), et bien sûr Serge Gainsbourg («Harley Davidson», «Bonnie and Clyde») qui lui écriront ses plus belles et inoubliables chansons. Entre sourire et émotion, B.B. partage ses souvenirs souvent inédits, parfois touchants et inattendus, sur sa carrière de chanteuse ».

Combats

Le 17 janvier 2018, dans un entretien avec Paris Match, Brigitte Bardot a déclaré : « Je vis très simplement avec mes animaux et pour ma fondation. Loin de ce qu’on avait baptisé la “bardolâtrie”, quand les gens me poursuivaient pour des autographes. Je veux vaincre l’indifférence des gouvernements et des peuples vis-à-vis des animaux. C’est mon amour pour eux et ce combat qui, jour après jour, me donnent à mon âge cette force. Par ailleurs, je ne parle que si j’ai quelque chose à dire. Je me réveille à La Madrague vers 9 heures, m’occupe de mes neuf chiens et six chats, puis de moi. Après, j’appelle la fondation pour un tour d’horizon. Bernard, mon compagnon et mari, me sert d’intermédiaire avec les fax et les e-mails. Je n’ai ni ordinateur ni tablette. Pas même de portable, cet instrument qui sert aussi à faire d’horribles selfies – on ne peut aller nulle part sans que quelqu’un se colle à vous ! La journée commence donc avec le courrier. Je reçois quelque 60 à 70 lettres par jour. Je réponds moi-même à celles qui sont importantes ou me touchent. A 13 heures, je vais à La Garrigue, ma ferme, retrouver mes autres animaux, une cinquantaine, parmi lesquels Candy le poney et Bonhomme l’âne, vivant en liberté en compagnie de sept cochons, huit chèvres, autant de moutons, deux boucs, une tortue, des oies, des canards, des poules et dix-sept chiens et chats. Là, je me consacre à la fondation. En trois décennies, elle a pris beaucoup d’importance. Vers 18 heures, fatiguée, je regagne La Madrague. Il faut reconnaître que je n’ai jamais eu autant de travail que maintenant, à 83 ans ! Je dîne avec Bernard, passe quelques coups de fil et me couche. Je ne vais jamais à Saint-Tropez. Non seulement pour ne pas risquer de provoquer d’émeute ou me mettre en danger, mais parce que ça n’a plus rien du petit port de pêche que j’ai connu. C’est devenu une vitrine du luxe, un lieu sans âme ».

Et de se souvenir : « Partout où je passais, j’étais traquée. J’ai encore du mal à comprendre ce qui m’est arrivé, une sorte d’enchaînement incontrôlable m’ayant rendue très méfiante à l’égard de la race humaine. Je n’ai quasiment pas gardé de relations dans ce milieu, d’autant qu’à mon âge il me reste peu d’amis de ces années-là. Mes seules attaches : un peu Delon, Belmondo, Mylène Demongeot, Robert Hossein. On se téléphone une ou deux fois par an, un lien surtout dû aux animaux, sujet qui nous rapproche ».

Sur le harcèlement sexuel : « Concernant les actrices, et pas les femmes en général, c’est, dans la grande majorité des cas, hypocrite, ridicule, sans intérêt. Cela prend la place de thèmes importants qui pourraient être discutés. Moi, je n’ai jamais été victime d’un harcèlement sexuel. Et je trouvais charmant qu’on me dise que j’étais belle ou que j’avais un joli petit cul. Ce genre de compliment est agréable. Or il y a beaucoup d’actrices qui font les allumeuses avec les producteurs afin de décrocher un rôle. Ensuite, pour qu’on parle d’elles, elles viennent raconter qu’elles ont été harcelées… En réalité, plutôt que de leur profiter, cela leur nuit ».

Sur son combat contre le cancer : « La maladie, la souffrance, la mort, c’est grave et pas trop rigolo, n’est-ce pas ? Comment prétendre le contraire ? Mais puisque c’est inéluctable, il faut essayer de l’apprivoiser. Quand j’ai eu un cancer du sein, ça a été très difficile. J’étais toute seule et j’avais décidé de faire uniquement de la radiothérapie, et pas cette épouvantable chimio, pour ne pas perdre mes cheveux. Elle détruit le mal mais aussi le bien et on en sort anéanti. Je vois des gens qui, après cette épreuve, sont des loques. Jamais je ne voudrais passer par là. Cette maladie m’a obligée à me retrouver face à moi-même. Et maintenant, si j’aime bien parfois la solitude, je ne peux néanmoins vivre seule. Je n’ai pas paniqué, pensant que je vaincrais, que je n’allais pas mourir. C’est resté secret jusqu’au jour où le mal a été derrière moi. Cela fait une bonne trentaine d’années, maintenant. Mais ma plus belle victoire est celle que je n’ai pas encore obtenue pour les animaux ».

« Moi non plus« 

Le Théâtre de la Madeleine présente « Moi non plus« , pièce de Bertrand Soulier, dans une mise en scène de Philippe Lellouche, avec Jérémie Lippmann et Mathilde Bisson. « Décembre 1967. Brigitte rejoint Serge dans la nuit secrète d’un palace parisien. « Écris-moi la plus belle des chansons d’amour », demande l’actrice au compositeur. Les amants ne le savent pas encore mais leur idylle vient d’entrer dans l’Histoire.  Les paroles seront d’une impudeur grandiose, la mélodie d’une sensualité inégalée… Gainsbourg s’installe derrière le piano sous les yeux de Bardot : la légende est en marche ».

Pampelonne
Le 14 juillet 2018, Brigitte Bardot a déploré les projets de réaménagement de la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, sur la presqu’île de Saint-Tropez.

Elle a déclaré à Paris-Match : « Au début il n’y avait rien. Et puis des plages sont apparues avec le film « Et Dieu… créa la femme ». Chacune était différente, rigolote et non conforme. Il y avait de la joie, c’était le symbole de la liberté. Avec ce projet de réaménagement cette plage va devenir monotone, alors qu’elle était si charmante… C’est dramatique ! »
Et d’ajouter : « On est en train de tuer l’âme de Pampelonne. C’est une époque qu’ils vont foutre en l’air. L’argent va tuer cet endroit, comme c’est déjà le cas dans le village de Saint Tropez, où je ne vais plus… Au début du Club 55, ce n’était qu’une buvette. Il n’y avait pas un rat. L’Esquinade avec la famille Urbini fait partie de ma famille. Comme les Moreu Des Jumeaux. Aujourd’hui j’apprends qu’ils ont perdu leur plage. Pourtant elle est élégante, joyeuse, très couleur locale. Jean-Claude Moreu a continué malgré le décès de son frère jumeau. Aujourd’hui en lui enlevant leur création de plus de trente ans, on a tué une deuxième fois son frère ».

Aïd el-kébir 2018

À l’occasion de cette fête musulmane, la Fondation Brigitte Bardot a annoncé avoir sauvé près de 650 moutons et les avoir mis en sécurité. « Pour la 4ème année consécutive, la Fondation Brigitte Bardot était présente dans les Bouches-du-Rhône sur plusieurs sites clandestins, en renfort des autorités qui ont préparé et rendu possibles les interventions, pour organiser la prise en charge d’un maximum de moutons. »

« Plus de 400 moutons ont été saisis dans les Bouches-du-Rhône, plus de 200 en Île-de-France, une cinquantaine d’autres en Normandie et en Alsace… Tous ces animaux, qui devaient être égorgés un 21 août, à l’occasion de l’Aïd el-Kebir, dans des conditions abjectes, rejoignent la plus grande ferme des animaux sauvés de la mort, l’arche de la Fondation Brigitte Bardot ! À ce stade nous ne pouvons donner trop de détails sur l’origine des animaux, compte-tenu des procédures engagées. Pour en savoir plus, suivez-nous sur Facebook et sur Twitter », a conclu la Fondation Brigitte Bardot.

Le président Macron

Le 24 juillet 2018, durant l’affaire Benalla, Brigitte Bardot a été reçue par le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron. Elle s’est dite « confiante » après cet entretien.
Brigitte Bardot a critiqué le gouvernement d’Edouard Philippe sur plusieurs thèmes.
Le 28 août 2018, sur BFMTV, Brigitte Bardot s’est dite « ravie » de la démission de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, et « furieuse » à l’égard du président Emmanuel Macron qu’elle accusait de se mettre « à genoux » devant les chasseurs : « Je suis furieuse contre Macron. Alors que j’ai eu un petit espoir quand je l’ai rencontré le 24 juillet à l’Elysée, cet espoir s’est envolé. Je suis très sévère depuis hier avec Emmanuel Macron, quelqu’un qui peut à ce point là se mettre à genoux devant des assassins, parce que les chasseurs sont des assassins. Nicolas Hulot « a été certainement aussi horrifié que moi par l’allégeance de Macron devant les chasseurs »..

Le 28 novembre 2018, jour anniversaire de la sortie de « Et Dieu… créa la femme » réalisé par Roger Vadim, Brigitte Bardot a posté sur Twitter une photo d’elle prise à La Garrigue, une de ses deux maisons tropéziennes avec la Madrague. Son chien et elle arborent un gilet jaune. Et Brigitte Bardot légende ainsi sa photographie : « Avec vous ! » Au Var Matin, elle a confié son soutien à ce mouvement de protestation contre la politique du président Emmanuel Macron.
Le 1er décembre 2018, Brigitte Bartot a explicité sa position : « Je suis avec eux. Macron n’a pas accordé la baisse des taxes prévue en janvier. Vous avez d’un côté des ministres avec chauffeur, de l’autre, des gens qui ont trois francs six sous pour finir le mois. Je vais finir par devenir communiste… Non quand même pas (sourire). Mais Macron tue les petites gens. Ça me fait mal au cœur. Je lui souhaite… une bonne jaunisse… [Le président Emmanuel Macron] se comporte comme un maître sans empathie, extrêmement lointain, supérieur, avec un côté royal. Mais seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Pourquoi ne pas accorder une prime de Noël aux Gilets jaunes afin qu’ils puissent acheter des cadeaux pour leurs enfants… [Le président Emmanuel Macron m’a rencontrée car il] voulait connaître nos besoins urgents. Le résultat n’a pas été à la hauteur. Dès qu’on a eu le dos tourné, il a accordé des avantages scandaleux aux chasseurs. On devait se revoir en décembre, mais il a remis le rendez-vous aux calendes grecques. Ce que je demande, c’est l’abaissement de la TVA sur les médicaments vétérinaires de 20 à 5,5 %. Les soins pour tous ces gens sans argent qui ont des animaux, c’est trop cher… Macron a un charme fou. Il devrait être acteur ce type. Il a un physique agréable, il est extraordinairement séduisant. [Brigitte Macron] est arrivée au milieu de notre rendez-vous avec leur chien. Je l’ai trouvée tout à fait charmante. Ils ont beaucoup d’allure tous les deux. C’est très joli leur histoire. Mais je préfère deux mochetés qui donnent des résultats. Le gouvernement ne fait rien (elle épelle) : R.I.E.N. »
Et Brigitte Bardot d’ajouter : « Je suis écœurée par la politique. J’en ai ras le bol. Je trouvais que Mélenchon avait de bonnes idées, et il est végétarien. C’est un type formidable, un meneur, quelqu’un qui pourrait vraiment réussir, mais il en fait trop, avec les immigrés par exemple… Plein de petits vieux n’ont rien à bouffer, on ferait bien de s’en occuper ».
Elle a aussi confié au Parisien son admiration pour l’essayiste Eric Zemmour : « Je le regarde à la télé. Il a du courage. Il dit ce qu’il pense, dans ce pays de langue de bois où, dès que l’on dit quelque chose de travers, on est traîné devant les tribunaux. J’ai été condamnée cinq fois. La plupart des gens n’osent pas l’ouvrir parce que c’est mal vu. J’ai toujours dit ce que je pensais. Ce n’est pas à 84 ans que je vais arrêter… Je l’adore ».
Le château de la Buzine à Marseille (Bouches-du-Rhône) accueille, jusqu’au 10 mars, l’exposition « Et Bardot créa le mythe ».

« Brigitte Bardot – Biographie »

En novembre 2018, les éditions Akfg ont publié « Brigitte Bardot – Biographie« . « Brigitte Bardot comme vous ne l’avez jamais lue, révélée par l’un des proches, Bruno Ricard « son ami de combat », écrira t-elle, son fan absolu, surtout le plus grand collectionneur « Bardophile » au monde, depuis des lustres responsable de son blog ! C’est ainsi qu’il vous raconte sa passion – la nôtre aussi – son parcours atypique, une BB vue sous toutes les coutures, sa famille, ses débuts, sa carrière, ses combats – surtout ceux voués sans cesse à la cause animale -, mais aussi ses petits secrets, l’histoire de sa vie, de ses victoires comme de ses échecs, un portrait sans fard de celle qui demeure l’icône absolue du cinéma français. Tout cela raconté à travers un récit dense, des témoignages, des anecdotes, une histoire qui va plus loin que ses (nombreuses) biographies puisque pétrie d’une authentique passion, presque un amour fou ressenti par les seuls vrais admirateurs qui n’ignorent rien de l’objet de leur fascination. Au final, un livre qui sort des sentiers battus qui, tour à tour, étonne, emporte, fascine, dérange parfois, illustrant au fil des pages une image différente de « sa Brigitte », radieuse et ombrageuse, naturelle et sophistiquée, simple et compliquée, douce et tonitruante, une femme simple qui, de Paris à Hollywood via Saint-Tropez, changea un jour le face du monde. De la star fabriquée à la farouche résistante, il fait le tour de BB à travers sa propre approche de ce qui demeure un authentique phénomène du cinéma, à la fois actrice adulée mais aussi férocement détestée, un véritable paradoxe entre les images radicalement opposées de l’ingénue de ses débuts à la femme libérée – car la libération de la femme a bien pris son essor à partir du mythe BB – celle aussi d’une incroyable transition entre la star que l’on imaginait parée de fourrures, et la farouche passionaria de la cause animale. Derrière ce paradoxe – de la reine du box-office à la Fondation BB ― un portrait habilement dressé de l’une des femmes incontournables de l’histoire du XXe siècle. Ce livre en apporte la preuve formelle… »

La Réunion
Dans une lettre rendue publique par la Fondation Brigitte Bardot, Brigitte Bardot s’est indignée de la maltraitance envers les animaux dans l’île de La Réunion : « Les autochtones ont gardé leurs gênes de sauvages », accusant les Réunionnais de « barbarie » à l’encontre des animaux. Elle évoque pêle-mêle « des réminiscences de cannibalisme des siècles passés », « une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches ».

Le préfet de La Réunion et des élus ont saisi le procureur de la République à propos de ces propos condamnés par le gouvernement et l’Assemblée nationale.

« Brigitte Bardot amoureuse »
Le 12 avril 2019, France 3 diffusa deux documentaires sur Brigitte Bardot : à 21 h 05, « Brigitte Bardot amoureuse » de Virginie Linhart – « En 1973, à 38 ans, Brigitte Bardot faisait ses adieux au cinéma, mettant un point final à une carrière riche d’une cinquantaine de films, dont une poignée de chefs-d’œuvre. Ce documentaire, fondé sur de nombreuses archives (filmographie, reportages, interviews, témoignages…), retrace la fabuleuse carrière de BB à travers sa quête d’amour. Surtout, il s’appuie sur une source inédite : les films amateurs tournés par Louis Bardot, le père de Brigitte. On y voit la future icône de Et Dieu créa la femme, de sa naissance à son adolescence, jusqu’à son mariage avec le réalisateur Roger Vadim. Des images du bonheur ? Pas sûr… » – et à 22 h 55 : « Brigitte Bardot le serment fait aux animaux » de Rachel Kahn et François Chaumont : « Dès 1973, connue du monde entier par ses seules initiales, BB fuit les caméras et devient une pionnière de la lutte pour les droits des animaux. Pour la première fois, la créatrice de la FBB raconte l’histoire de son engagement, porté par une passion sans faille »..

« La robe Vichy de Jacques Estérel » par Anna-Célia Kendall-Yatzkan et Muriel Edelstein
France, 2013
Sur Arte le 23 janvier à 3 h 30

À partir du 19 janvier 2018
Au Théâtre de la Madeleine 
19, rue de Surène. 75008 Paris

Du mardi au samedi à 19h.

Et Dieu créa la femme… de Roger Vadim
Iéna Productions, Cocinor, U.C.I.L, Raoul J. Lévy, 1956, 88 min

Image : Armand Thirard

Montage : Victoria Mercanton

Musique : Paul Misraki

Scénario : Roger Vadim, Raoul J. Lévy

Avec Brigitte Bardot, Curd Jürgens, Jean-Louis Trintignant, Christian Marquand, Georges Poujouly, Jean Tissier, Jeanne Marken, Mary Glory, Isabelle Corey, Jean Lefebvre, Philippe Grenier, Jacqueline Ventura, Paul Faivre

Sur Arte le 28 décembre 2016 à 20 h 55

« La vérité » par Henri-Georges Clouzot
France, Italie, 1960, 123 minutes
Scénario : Henri-Georges Clouzot, Véra Clouzot, Simone Drieu, Jérôme Géronimi, Michèle Perrein et Christiane Rochefort
Production : CELAP, Iéna Productions
Producteur/-trice : Roger Debelmas et Raoul Lévy
Image : Armand Thirard
Montage : Albert Jurgenson
Musique : Igor Strawinski et Ludwig van Beethoven
Avec Brigitte Bardot, Charles Vanel, Sami Frey, Paul Meurisse, Marie-José Nat
Sur Arte le 23 mars 2020 à 20 h 55

Scandale ! Brigitte Bardot au secours des bébés phoquesde Philippe Collin, Xavier Mauduit, Frédéric Bonnaud
Sur Arte le 15 août 2015 à 20 h 36

« La bride sur le cou » de Roger Vadim

France, Italie, 1961, 86 min
Scénario : Jean Aurel, Roger Vadim et Claude Brulé
Production : Les Productions Jacques Roitfeld, Vides Cinematografica
Producteurs : Jacques Roitfeld, Francis Cosne
Image : Robert Lefebvre
Montage : Albert Jurgenson
Musique : James Campbell
Avec Brigitte Bardot (Sophie), Michel Subor (Alain Varnier), Mireille Darc (Marie-Jeanne), Joséphine James (Barbara Wilbury), Claude Brasseur (Claude), Jacques Riberolles (Philippe)
Sur Arte le 13 juillet 2021 à 15 h 50
Disponible du 06/07/2021 au 04/08/2021
Visuels : © Productions Roitfeld

Viva Maria, de Louis Malle

Nouvelles Editions de Films, Les Productions Artistes Associés, Vides Cinematografica, Oscar Dancigers, 1965, 112 min

Image : Henri Decaë

Montage : Kenout Peltier, Suzanne Baron

Musique : Georges Delerue

Scénario : Louis Malle, Jean-Claude Carrière

Avec Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Claudio Brook, Paulette Dubost, Poldo Bendandi, George Hamilton, Carlos López Moctezuma, José Ángel Espinosa ‘Ferrusquilla’

Sur Arte les 15 août à 13 h 35, 23 août à 13 h 35, 1er septembre à 13 h 35 et 9 septembre 2016 à 13 h 35

Visuels : © Gaumont 2013

« Spécial Bardot »

Par François Reichenbach et Eddy Matalon

France, 1968, 47mn

Musique : Francis Lai

Diffusion le 22 juillet 2012 à 16 h 15

Visuels : 
© Arte pour En cas de malheur
© Studio Canal
© Sony Pictures pour La Vérité
© Jean Adda
© Sipa. 1977 – Brigitte Bardot en campagne pour sauver les bébés-phoques au Canada

Cet article a été publié pour la première fois le 21 juillet 2012, puis le :

– 9 septembre 2012 à l’approche de la soirée Gainsbourg sur France 2 – Gainsbourg (Vie héroïque) de Joann Sfar, puis Un jour un destin, Gainsbourg – ce 9 septembre 2012 dès 20 h 45 ;

– 25 décembre 2012 à l’approche de la diffusion de Viva Maria, de Louis Malle, avec Jeanne Moreau et Brigitte Bardot, le 26 décembre 2012 à 0 h 05 ;

– 27 novembre 2013. Arte a diffusé Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul, ce 27 novembre 2013 à 20 h 50 ;

– 24 mars 2014. Arte a diffusé à 20 h 40 La vérité d’Henri-Georges Clouzot, avec Brigitte Bardot, Sami Frey et Marie-José Nat ;

– 23 mai 2014. France 5 a diffusé le 24 mai 2014 Le mystère Bardotdocumentaire de Gilles Nadeau ;

– 13 août et 23 septembre 2014. Toute l’histoire a diffusé les 13, 14 et 16 août 2014 Bardot, la méprise ;

– 7 juin 2015. Arte diffusa les 7, 9 et 26 juin 2015 En cas de malheur, de Claude Autant-Lara, puis Bardot, la méprise, documentaire de David Teboul ;

– 7 décembre 2015. Le 9 décembre 2015, Toute l’Histoire diffusa Brigitte Bardot, la méprise ;

15 mai, 15 juin, 1er septembre et 29 décembre 2016, 26 octobre 2017, 25 mars et 21 décembre 2018, 13 avril 2019.

[Source : www.veroniquechemla.info]

A cada cinco anos, coincidindo com as eleições municipais, artistas e profissionais ligados à arquitetura e ao design da cidade de Montevidéu participam de uma campanha artístico-política paralela às eleições. Partindo de uma perspectiva ancorada nas artes, o projeto conclama a participação da sociedade para reimaginar como pode ser a vida na cidade.

Interação de visitantes com a obra “Somos Patrimonio, Plan Piloto barrio la Aguada“ (Somos patrimônio – Plano piloto para o bairro de La Aguada), criação realizada em realidade aumentada por Rodrigo Labella, Bruno Tortorella e Anaïs Vaillant para a exposição do Ghierra Intendente de 2020.

Interação de visitantes com a obra “Somos Patrimonio, Plan Piloto barrio la Aguada“ (Somos patrimônio – Plano piloto para o bairro de La Aguada), criação realizada em realidade aumentada por Rodrigo Labella, Bruno Tortorella e Anaïs Vaillant para a exposição do Ghierra Intendente de 2020. Foto: Rodrigo Labella, Bruno Tortorella e Anaïs Vaillant

Inspirador é um projeto que está repensando cidades sustentáveis ao identificar e compartilhar iniciativas inspiradoras e políticas de mais de 32 cidades em todo o mundo. A pesquisa está sistematizando esses casos e essas ideias em categorias, representadas por hashtags.

#imaginação_política
Questões que já eram importantes na vida cotidiana agora se mostram urgentes, e algumas ideias desenvolvidas podem inspirar-nos a lidar com o que se apresenta da melhor maneira possível. Campanhas criativas e políticas de emergência foram criadas para disputar o futuro do ponto de vista do desenvolvimento cultural. Nesta categoria, apresentamos laboratórios de design e sustentabilidade, cultura do cuidado, fóruns e plataformas de discussão filosófica sobre esperança, transformação e imaginação política.

O projeto Ghierra Intendente, que pode ser traduzido como “Ghierra Prefeito”, é uma performance-exposição que discute beleza, memória e patrimônio arquitetônico na cidade de Montevidéu. O grupo apresenta propostas que usualmente são deixadas de lado em campanhas tradicionais pela prefeitura, chamando a atenção para que entrem na agenda dos políticos. O coletivo traz uma outra visão sobre a cidade, ressaltando o papel dos habitantes de Montevidéu neste ambiente.

“O nosso projeto tem a ver com a recuperação do tempo e do espaço da cidade para os cidadãos, e da consciência de que a cidade somos nós.”

Alfredo Ghierra

Preservar o patrimônio histórico contribui para a qualidade do espaço público

Montevidéu não tem nem 300 anos, mas, no contexto da América Latina, parece ser uma cidade mais antiga do que outras por conta do seu incrível acervo de arquitetura. No entanto, nem a população nem os gestores políticos acabam dando atenção para esse tesouro, e a falta de políticas públicas nas cidades torna-se uma ameaça à preservação da memória.

“Tudo começou há dez anos pela minha preocupação com a destruição sistemática do patrimônio arquitetônico da cidade”, conta Ghierra. De início, o projeto realizava denúncias, e foi então que Ghierra percebeu que os problemas com que estavam lidando eram muito mais complexos.

Essa problemática incide sobre a identidade urbana. A preservação do patrimônio cultural contribui para a qualidade do espaço público e para a coesão geral da sociedade, além de ser uma indústria criativa e cultural enorme que gera muitos empregos.

O projeto foi desenvolvendo-se organicamente. No primeiro ano foi realizada uma mostra de ideias e olhares para a cidade de Montevidéu, e o sucesso foi muito grande. Mas foi só cinco anos depois, com o auge das redes, que o projeto realmente estourou. Para cada campanha, o grupo tem uma frase emblemática. Em 2015 foi “A cidade que a gente quer” e, em 2020, sob o lema “Somos a cidade”, a mostra foi dividida em três eixos: patrimônio, ecocidade e periferia.

“Quando você rompe esse elo com o que foi feito pelas gerações anteriores, você corre o risco de perder a noção histórica do que é a construção de uma cidade.”

Alfredo Ghierra

“Montevideo: las dos ciudades” (Montevidéu: as duas cidades) da BMR Productora Cultural para a exposição do Ghierra Intendente de 2020.

“Montevideo: las dos ciudades” (Montevidéu: as duas cidades) da BMR Productora Cultural para a exposição do Ghierra Intendente de 2020. Foto: BMR Productora Cultural

O Ghierra Intendente hoje reúne muitas pessoas. Uma de suas maiores preocupações ao convocar artistas, arquitetos e designers para o projeto foi criar espaço para que novas vozes e perspectivas fossem ouvidas. “Os governos dificilmente contam com o artista ou com o olhar das artes, e raramente você vê essas profissões fazerem parte dos quadros de governo”, conta Ghierra.

A beleza como forma de ação

A principal questão com a qual o projeto trabalha é a imaginação, tanto no sentido da criação de outro mundo possível quanto como forma de encorajar a participação das pessoas na construção da cidade. Através das mostras e outras iniciativas, o grupo busca criar ideias que provocam as pessoas a agir.

Ghierra diz que para governar uma cidade ou um país é necessário lidar com a realidade do dia a dia e também programar o futuro. Esta é uma tarefa muito difícil, e que demonstra a complexidade envolvida no funcionamento público. “O que não consigo perdoar é a falta de imaginação. É nisso que queremos insistir: na imaginação e também em muito humor”.

A cidade, se abandonada às regras do mercado, fica privada de processos democráticos. No Uruguai há uma forte tradição democrática, mas parte da sociedade civil acha que é suficiente votar a cada eleição e, no meio tempo, só pagar os impostos. “Os governos não são capazes de abranger o espectro inteiro do que significa uma cidade”, afirma Ghierra, ressaltando que, para ele, a cidade é um esforço coletivo, no qual a sociedade civil, cidadãos e artistas desempenham um papel decisivo. Se a sociedade não participa, a cidade não funciona. O projeto Ghierra Intendente revela como os artistas podem usar seu olhar como uma ferramenta que pode mudar a realidade.

O projeto insere-se na agenda da cidade temáticas que eram ignoradas

Em 2020, a performance aconteceu pela terceira vez. Ghierra nos conta que, surpreendentemente, as últimas eleições representaram a primeira vez em que todos os candidatos incluíram o reconhecimento, a preservação e a valorização do patrimônio histórico em suas agendas políticas. “Isso antes não existia, sabe? Todos incluem transporte, mobilidade, resíduos… mas dessa vez também incluíram patrimônio. Toda mudança cultural é muito lenta, não é imediata. É difícil dimensionar, mas vale a pena”.

Ao ocupar esse lugar que estava vago, o grupo se transformou em um interlocutor para as autoridades. Ghierra ressalta que demorou até que eles criassem esse vínculo de confiança com o poder político e que sua maneira de trabalhar fosse vista não como uma brincadeira, mas como uma voz importante.

“É realmente sério, mas seriedade não quer dizer falta de imaginação e muito menos falta de humor.”

Alfredo Ghierra

A mobilização nas redes também chamou a atenção do poder político. Uma publicação no Facebook feita pelo grupo sobre a demolição de uma casa foi apoiada por 150 mil pessoas. Para Montevidéu, que tem uma população de cerca de 1,3 milhão de habitantes, isso é muita gente: esse número de pessoas pode mudar uma eleição. “Eu acho que esse é o nosso poder: ter descoberto que esses temas que pareciam laterais, desimportantes, realmente importam para muita gente”, explica Ghierra.

Para aqueles que desejam começar um projeto semelhante, Ghierra recomenda que se tenha uma ideia inicial muito nítida. “A ideia do Ghierra Intendente é realmente muito simples: é dizer: ‘Venha cá, pessoal, vamos juntar-nos e fazer uma campanha em paralelo com as eleições reais’”.

Ele nos conta, que quando amamos nossa rua e de repente começamos a ver casas ou outros elementos que gostamos serem derrubados ou árvores sendo removidas, nossa primeira impressão é de que não podemos fazer nada. Que isso está sendo feito por alguma razão, que alguém decidiu isso. Mas algo diferente acontece durante as campanhas do Ghierra Intendente. As pessoas começam a investigar, denunciar, perguntar. É como se uma semente fosse plantada na cabeça delas, e elas começassem a acreditar que aquilo é possível. Artistas, arquitetos e toda a população se reúnem para pensar e imaginar juntos – ainda mais em tempos de pandemia, quando há a necessidade de mantermos distância uns dos outros.

ESTA SÉRIE É SOBRE O QUÊ?

O projeto Inspirador para Cidades Possíveis é uma criação colaborativa de Laura Sobral e Jonaya de Castro com o objetivo de identificar experiências entre iniciativas, conteúdos acadêmicos e políticas públicas que visam cidades mais sustentáveis e cooperativas. Se assumirmos que nosso estilo de vida dá origem aos fatores que estão por trás da crise climática, temos que admitir nossa corresponsabilidade. Cidades verdes planejadas com autonomia alimentar e saneamento baseado em infraestruturas naturais podem ser um ponto de partida para a construção do novo imaginário necessário para uma transição. O projeto apresenta políticas públicas e iniciativas coletivas de diversas partes do mundo que apontam para outros modos de vida possíveis.

O projeto sistematiza casos e ideias inspiradores nas seguintes categorias, representadas pelas hashtags:
#redefinir_desenvolvimento, #democratizar_espaço, #(re)generar_recursos, #intensificar_resistência_e_colaboração, #imaginação_política

[Fonte: http://www.goethe.de]

O conflito entre oligarquias que levou ao autogolpe de Moïse. Por que velha mídia tenta acobertá-lo. O que diz o Judiciário. O papel dos EUA, França e Canadá na crise haitiana. Uma análise em profundidade, para além da cobertura eurocêntrica

Escrito por Lautaro Rivara

Em 7 de fevereiro, o presidente Jovenel Moïse, agora interino, consumou no Haiti um autogolpe após o período de cinco anos de governo estipulado na Constituição do país ter expirado. Assim, Moïse coroa uma longa deriva autoritária que o confrontou e o confronta com a permanente mobilização das classes populares, da oposição política e de todos os poderes e instituições do Estado. Em recente entrevista concedida por Moïse ao jornal espanhol El País, em algumas intervenções públicas de membros de seu governo e na voz de alguns comentaristas sobre a situação do Haiti, circularam uma série de teses que distorcem a situação atual e a crise em curso no país caribenho ao ponto de torná-la incompreensível. Algumas delas são risíveis, outras são criativas mas não rigorosas, e a maioria delas são apenas a reciclagem de velhos preconceitos racistas, eurocêntricos e coloniais. Nas linhas a seguir, tentaremos acertar contas com algumas dessas ideias.

1) A crise política no Haiti é eterna, generalizada e incompreensível

A crise no Haiti não é abstrata, nem metafísica, nem eterna. Ela tem datas, causas e responsabilidades específicas. Em primeiro lugar, a longa história de ocupações, interferências e golpes de Estado com apoio internacional, que fizeram do país uma neocolônia francesa apenas alguns anos após a Revolução de 1804, e depois uma neocolônia norte-americana após a ocupação dos fuzileiros navais ianques entre 1915 e 1934. Em termos gerais, os grandes protagonistas desta política de recolonização e tutela têm sido a tríade composta pelos Estados Unidos, França – que nunca abandonou realmente a ilha – e Canadá – talvez o país que pratica uma política imperialista mais invisível e desleal em nosso continente, sempre por trás de suas corporações mineradoras. Mas nos últimos 50 anos, organizações multilaterais como a Organização dos Estados Americanos (OEA), a ONU e grupos interessados, como o Grupo Central – formado por países autodenominados “amigos do Haiti”, em sua maioria europeus, com interesses mineradores, migratórios, financeiros ou geopolíticos no país, também desempenharam um papel importante na mediação e no desempenho de um papel de liderança. O surgimento do chamado “intervencionismo humanitário” no período pós Guerra Fria, ou ideologias similares como a “responsabilidade de proteger” (R2P na sigla em inglês) ou o “princípio da não indiferença”, foram inseridas no laboratório haitiano, nas inúmeras missões civis, policiais e militares que desembarcaram na costa oeste da ilha, desde a pioneira MICIVIH em 1993, até a tristemente famosa MINUSTAH durante o período 2004-2017. Os louváveis objetivos declarados por essas missões e agências têm sido a paz, a estabilidade, a governança, a justiça, a reconstrução e o desenvolvimento. Entretanto, o Haiti, impedido de seguir uma política fundamentalmente soberana, regrediu em todas essas áreas e indicadores nos últimos 30 anos.

Aqueles que no Norte global que gostam de apontar e medir os deficits democráticos dos países periféricos com a régua de suas robustas democracias liberais – sem importar o fato de que nelas ainda parasitam monarcas ou correspondentes de tempos não republicanos – geralmente param para apontar o número de governos e presidentes que o Haiti teve nos últimos anos como um sintoma inequívoco de instabilidade política. Entretanto, eles tendem a não mencionar que, desde 1957, todos os governos do Haiti – com exceção do primeiro governo do padre progressista Jean-Bertrand Aristide e mais tarde de seu deputado René Préval – chegaram ao Palácio Nacional com a mediação, intervenção, golpe ou ocupação promovidas por sucessivas administrações americanas, sejam elas democratas ou republicanas. A longa lista de figuras executivas preparadas pelos países ocidentais inclui um ditador vitalício, seu filho adolescente, efêmeros tiranos, um general aposentado, um ex-ministro, um pastor evangélico, um contador, um cantor de konpa, um empresário bananeiro, etc.

O Haiti não é um “estado falido”, nem um “estado frágil”, nem uma “entidade caótica ingovernável”, nem sua população tem uma propensão natural e genética para o caos, a instabilidade e o desgoverno. Pelo contrário, um entusiasmo democrático incomum e uma verdadeira enxurrada de votos levaram ao poder o primeiro presidente progressista da região, mesmo antes do início da chamada “primavera latino-americana”. Nesta eleição fundamental de 1990, 75% do eleitorado – em eleições não obrigatórias – deram a Aristide uma vitória retumbante com 67,39% dos votos. Mesmo após o golpe que o tirou do poder – com a participação direta dos Estados Unidos – em uma nova eleição realizada em 2000, o povo haitiano demonstrou novamente seu compromisso democrático com uma participação de cerca de 50%, elegendo novamente Aristide por 91,7% dos votos válidos. Em 2004, Aristide foi novamente derrubado, desta vez pela ação de uma Força Provisória Multinacional composta por tropas dos Estados Unidos, França e Canadá.

2) São esperadas mudanças substanciais na política da administração Biden

Tanto a administração republicana quanto a democrata têm seguido as seguintes estratégias no país, sem distinção: destruir sua economia agrícola e agroindustrial, assim como privatizar poucas empresas nacionais no Haiti; liberalizar o comércio e as finanças; aplicar as prescrições neoliberais, como a eliminação dos subsídios promovida pelo Fundo Monetário Internacional; tornar o país um nó periférico nas cadeias globais de valor, particularmente nos setores têxtil e eletrônico; promover, apoiar e financiar golpes; organizar e assessorar missões internacionais de ocupação; infiltrar mercenários e paramilitares, etc.  Provavelmente e paradoxalmente, talvez nenhum presidente estadunidense tenha causado tantos danos ao país quanto o carismático e progressista Bill Clinton, copresidente da Comissão Interina para a Reconstrução do Haiti (IHRC) que desviou para o setor privado grande parte do dinheiro enviado ao país pela cooperação internacional após o devastador terremoto de 12 de janeiro de 2010. Como afirma Clinton em sua própria autocrítica, foi o principal responsável pela destruição da economia do arroz do país, o que levou à ruína agrícola e induziu o êxodo de centenas de milhares de camponeses que mais tarde se transformaram em balseros [pessoas que emigram ilegalmente em embarcações precárias e improvisadas].

Como em tantos outros aspectos e em relação a tantos outros países, o que podemos ver sob a nova e reluzente administração democrática é uma mudança de métodos, mas não de estratégias, na tentativa de mitigar os custos de algumas alianças que são tão sensíveis quanto indefensáveis. A interrupção da venda de armas à Arábia Saudita para desacelerar sua ofensiva no Iêmen, a caracterização de Honduras de Juan Orlando Hernández como um “narcoestado” pelos próprios funcionários do establishment e alguns limites e condições “democráticas” impostas ao governo de Jovenel Moïse devem ser lidos na mesma linha. No Haiti, em particular, o governo PHTK foi cominado a retomar uma certa ordem constitucional. Para este fim, foi solicitada uma maratona eleitoral, embora por um Conselho Eleitoral Provisório – permanentemente provisório, na realidade – nomeado unilateralmente pelo Executivo; certo desconforto foi manifestado sobre o fechamento do Parlamento em janeiro de 2020; houve apelos para a libertação de alguns juízes do Tribunal de Cassação acusados de sedição; e a criação de uma opaca Agência Nacional de Inteligência, bem como decretos sobre segurança e “antiterrorismo” foram apontados como contrários às liberdades civis e aos direitos humanos. E mesmo sob a Lei Magnistky, dois funcionários do governo e um chefe de quadrilha aliado ao governo foram punidos no início deste ano por seu envolvimento no Massacre de La Saline cometido em 2018. Julie Chung, vice-secretária adjunta da Secretaria de Assuntos do Hemisfério Ocidental do Departamento de Estado dos EUA, elevou o tom das declarações, contestando o apoio sem reservas de outros funcionários estadunidenses a Moïse: “Estou alarmada com as recentes ações autoritárias e antidemocráticas, desde a destituição unilateral e nomeações de juízes do Tribunal de Cassação até ataques contra jornalistas”. Ela acrescentou que seu país “não ficará em silêncio quando as instituições democráticas e a sociedade civil forem atacadas” e que condenam “todas as tentativas de minar a democracia através da violência, da supressão das liberdades civis e da intimidação”.

Por enquanto, o esboço destas coordenadas é uma chamada explícita para “cuidar dos formatos”, o que estabelece uma série de condições para o cartão de imunidade que Donald Trump havia concedido a Moïse quando ele consumou sua virada contra a República Bolivariana da Venezuela em janeiro de 2019. A etapa insurrecional desatada em julho de 2018, prolongada e superdivulgada apesar do cerco da mídia, o apelo do Departamento de Estado dos EUA diz respeito a uma normalização rápida e forçada, mesmo que seja através de eleições condicionadas e fraudulentas. Políticas de baixo custo e alto impacto: essa parece ser a fórmula globalista e multicultural para recuperar a confiança e margem na geopolítica da América Latina, do Caribe e do mundo.

3) Existe um conflito de interpretações constitucionais

Se tal discrepância existiu efetivamente, já foi esclarecida pelo Poder Judiciário, o poder encarregado de interpretar as leis em qualquer República que se preze. No Haiti, como em qualquer outro país soberano – ou quando não seja uma colônia formal – existem tribunais competentes encarregados de resolver as discrepâncias constitucionais. No dia 7 de fevereiro, o Conselho Superior do Poder Judiciário (CSPJ) emitiu uma sentença sobre a data final do governo de Jovenel Moïse, assentando uma firme posição entre a interpretação do próprio governo e seus aliados ocidentais, e a interpretação que fizeram, entre outros atores, o Parlamento, os sindicatos e centrais sindicais do país, as câmaras empresariais, a Conferência Episcopal e os setores evangélicos, a Ordem dos Advogados, diversas agrupações da diáspora, organizações feministas, movimento de mulheres, sociais, rurais e urbanos, e um longo etc. O CSPJ fez uma interpretação limitante do artigo 134, inciso 2, da Constituição de 1987, estabelecendo que a presidência de Moïse terminou no último 7 de fevereiro, após 5 anos da realização das eleições que em 2016 o levaram ao poder, sendo improcedente a extensão de seu mandato por adiamento de uma posse formal. É paradoxal que esta mesma interpretação restritiva da Carta Magna tenha sido utilizada pelo próprio Moïse para fechar o Parlamento em janeiro de 2020, quando dois terços dos deputados e o conjunto dos senadores encerraram o prazo de seus mandatos, sem a possibilidade de renová-los perante a incapacidade do governo para organizar eleições legislativas previstas para 2019.

Portanto, o que define a crise política do Haiti não é um enfrentamento entre poderes – como coloca Moïse- ou uma crise institucional. O que se observa é a extensão ilegal de um mandato presidente que expirou. Isto, somado aos atentados contra os poderes do Estado por parte do Executivo, confirma a consolidação de um regime interino, supralegal e anticonstitucional por completo, que governa por decreto, carece de orçamento público, aprisiona e nomeia juízes de forma improcedente, persegue seus opositores politicamente e agora propõe uma Reforma Constitucional expedita para ratificar não o estado de direito, mas sim o estado de forças existente no país.

Manifestante com cartaz “EUA tirem as mãos do Haiti”

4) O governo de Moïse sofreu uma tentativa de golpe de Estado quando um juiz se “autoproclamou” presidente

É simplesmente tão impossível afirmar isto quanto afirmar exatamente o contrário. Até o momento, o governo de Moïse não apresentou nenhuma prova para apoiar a acusação de tentativa de assassinato contra ele, o que levou à prisão de Ivickel Dabrésil, juiz do Tribunal de Cassação, Marie Louise Gauthier, inspetora-geral da Polícia Nacional, e outras 20 pessoas. Como prova fidedigna, foram apresentados aos meios nacionais e internacionais dois fuzis automáticas, duas escopetas calibre 12, um facão, dinheiro e alguns telefones, o que demonstraria uma capacidade financeira e operativa suspeitosamente precária por parte dos insubordinados, quando não uma operação tosca por parte de um governo que se tenta vitimizar. Tampouco houve explicações sobre a prisão, na República Dominicana, de Ralph Youry Chevry, ex-prefeito de Porto Príncipe e uma conhecida figura da oposição, que denunciou que poderia ser assassinado caso fosse deportado para seu país.

Em relação à acusação de golpismo contra um setor da oposição, tal golpe não poderia existir legalmente. Poderia ser lido antes como um processo de insubordinação civil, já que a quebra da ordem constitucional esteve a cargo do presidente interino Jovenel Moïse. O oposto seria argumentar, ridiculamente, que o movimento democrático haitiano dos anos 80 foi um golpe ao derrubar a ditadura pela vida de Jean-Claude Duvalier. Poderia ser lido antes como um processo de insubordinação civil, já que a ruptura da ordem constitucional era de responsabilidade do presidente de facto Jovenel Moïse. O oposto seria argumentar, ridiculamente, que o movimento democrático haitiano dos anos 80 foi um golpe ao derrubar a ditadura pela vida de Jean-Claude Duvalier. Pelo contrário, o que estamos vendo no Haiti é o início de um esquema de duplo comando, já que o governo Moïse se agarra ao poder e mantém o controle das fracas alavancas do Estado haitiano – em particular, de suas forças repressivas – enquanto a grande maioria dos setores da sociedade civil e da oposição política decidiram nomear um presidente provisório – o juiz Joseph Mécène Jean Louis – com o objetivo de comandar o que eles chamam de “transição de ruptura” e de convocar eleições transparentes e democráticas a médio prazo. No meio, o governo interino e um setor da oposição mais conservadora estão competindo pelo favor da todo-poderosa embaixada dos EUA, como evidenciado pela comunicação de Patrick Leahy, presidente pró-tempore do Senado, ao secretário de Estado dos EUA Antony Blinken, solicitando seu apoio para a transição.

Evidentemente, por trás da eleição de Mécène Jean Louis há uma luta de poder entre diferentes setores da oposição, desde movimentos sociais até partidos conservadores e antigos membros da casta política. Uma luta na qual, sem dúvida, o corredor com maior vantagem seria a formação de centro-direita do Setor Democrático e Popular liderada pelo advogado André Michel, embora ele esteja longe de ter o controle decisivo das mobilizações de rua que poderiam mudar a correlação de forças num futuro imediato. As propostas soberanistas e antineoliberais que enfatizam o elemento de ruptura e não apenas o elemento de transição são de responsabilidade dos movimentos da CLOC-Via Campesina e da Articulação dos Movimentos Sociais rumo à ALBA, que junto com outras organizações e partidos construíram um polo de oposição mais radical chamado Fórum Patriótico Popular. Apesar do que Mécène Jean Louis representa neste delicado equilíbrio de forças e além de sua real capacidade de agência, o que está claro é a improcedência de descrevê-lo como uma espécie de presidente “autoproclamado”, desenhando analogias confusas e inapropriadas com o caso de Juan Guaidó na Venezuela.

Isto se deve a pelo menos três fatos fundamentais: porque o consenso social e as forças progressistas não estão aqui do lado do partido governista, mas daqueles que exigem a saída de Moïse; porque o magistrado não foi autoproclamado de forma sediciosa diante de um governo democraticamente constituído, mas eleito pela oposição social e política para preencher o vazio legal diante da consumação de um autogolpe; e fundamentalmente porque a política dos EUA, a verdadeira e fiel balança do equilíbrio no país, está inclinada, pelo menos por enquanto, para a continuidade do governo PHTK e não para a construção de um governo de transição, muito menos para uma ruptura que ameaça seu domínio sobre a geopolítica da Bacia do Caribe.

5) A violência no país é cega, espontânea e generalizada

Ao contrário do senso comum, os níveis de violência dos cidadãos no Haiti são relativamente baixos, pelo menos na comparação com o Caribe e a América Latina. Especialmente se assumirmos o excelente terreno fértil gerado pelas condições generalizadas de pobreza, desemprego, marginalidade, fome e desigualdade. Por razões que diferentes intelectuais do país iluminaram com as suas pesquisas, a sociedade haitiana é uma comunidade humana particularmente homogênea e integrada em termos sociais, linguísticos e culturais, com elementos importantes como a existência abrangente de uma cultura popular muito rica, de uma língua nacional e popular singular, como o crioulo haitiano, ou de formas de organização socioterritorial típicas da vida camponesa. Isto não significa, é claro, que não exista violência no Haiti. Pelo contrário, o que observamos no país são altos índices de violência política organizada. Com isto, queremos dizer que os atores da violência mais flagrante no país – notadamente grupos criminosos, quadrilhas armadas, paramilitares – são atores organicamente ligados ao poder político, ao Estado e às potências internacionais. A maioria destes grupos foi criada e financiada por senadores, ministros e presidentes, se não diretamente incentivada pelas potências imperialistas.

É por isso que é impossível entender a atual onda de sequestros que está varrendo o país, os sucessivos massacres em comunidades rurais ou bairros populares da capital – Carrefour Feuilles, La Saline, Bel Air, a lista é extensa sob o governo Moïse – sem entender seus fundamentos e seus objetivos políticos. Trata-se de desmobilizar a população que em julho de 2018 tomou massivamente as ruas do país, gerando uma insurreição social de tal volume e radicalismo que é, até hoje, impossível de administrar e reprimir pelas fracas forças de segurança do Estado haitiano. Suas Forças Armadas, dissolvidas por Aristide em 1996 e nominalmente reconstruídas em 2017, não estão realmente operacionais. A Polícia Nacional, a principal força de segurança, tem poucos  membros e carece de capacidade logística. Por sua vez, a ONU retirou seu último pessoal policial e militar com a partida da MINUJUSTH em 2019. A questão em sotto voce do establishment local e internacional é como reprimir e desmobilizar as classes populares que levaram à própria interrupção do ciclo de acumulação de capital em numerosas ocasiões, forçando a paralisação do comércio, a suspensão das importações, ameaçando o fluxo de remessas e produzindo um foco de perigosa instabilidade geopolítica a poucos quilômetros de Cuba, Venezuela, no Canal do Panamá e nas costas da Flórida. Isso contradiz as próprias afirmações de Moïse em sua entrevista ao El País, e repetidas por seus aliados, quando ele se refere à existência de “pequenos bandos da oposição mobilizada”. Basta mencionar que o pacote do FMI e seu decreto para eliminar os subsídios aos combustíveis geraram em julho de 2018 uma mobilização estimada de dois milhões de pessoas – num país de 11 – uma figura sideral e sem precedentes em termos históricos, se extrapolarmos para a dimensão de países como o Brasil ou os Estados Unidos.

Considerando que uma nova missão de ocupação é muito cara em termos políticos e financeiros – apesar de nunca faltarem lobistas para esta causa -, pesando sobre ela o fardo dos numerosos crimes e escândalos da MINUSTAH – violência sexual generalizada, massacres, a introdução de uma epidemia de cólera, etc. – e considerando que as ações da Polícia Nacional são muito deficientes, a última aposta, a partir da administração Trump, pareceu ser a “via Líbia”, ou utilizar referências mais próximas, elementos combinados do modelo e práticas colombianas, hondurenhas e salvadorenhas da Guerra Híbrida aplicadas sistematicamente contra a Venezuela. É claro que ninguém aqui está considerando atacar diretamente os fundamentos sociais e econômicos do profundo mal-estar social que levou a grande maioria da população haitiana ao limiar da reprodução da vida, catapultando-a uma e outra vez nas ruas do país. A única resposta parece ser a destruição completa do robusto tecido social haitiano que sustenta e reproduz suas forças organizadas e sua capacidade de mobilização política, em meio às condições materiais mais adversas de todo o hemisfério.

É por isso que o governo teceu uma aliança firme com uma espécie de coalizão de grupos criminosos chamada “G9”, que hoje cogoverna o território haitiano, em certas regiões até mesmo com um domínio mais substancial do que o do próprio Estado. A panóplia de fundações, agências de cooperação, ONGs coloniais e igrejas neopentecostais norte-americanas que tentaram cooptar e desmobilizar movimentos rurais e urbanos, difundindo teorias coloniais, teologias mercantis e concepções pseudodesenvolvimentistas e competindo pelo que consideram uma clientela cativa, não é mais suficiente. O poder duro mas invisível é exercido através da promoção do tráfico de drogas, do crime organizado e do paramilitarismo. Basta lembrar os casos comprovados de infiltração de paramilitares – norte-americanos, haitianos, sérvios, russos, mas todos eles contratados ou ex-militares das Forças Armadas dos Estados Unidos – que foram detidos no Aeroporto Internacional Toussaint Louverture carregados com armamento de alta potência e equipamentos avançados de telecomunicações. É até impossível compreender a surpreendente facilidade com que as armas circulam em um país que apenas 30 anos atrás estava praticamente e milagrosamente livre delas, se não fosse pelos recursos injetados pelo exterior, ou pelo próprio tráfego gerado pelos capacetes azuis durante os anos dourados da MINUSTAH.

Jovenel Moïse, do Partido PHTK e Luis Almagro, secretário-geral da Organização dos Estados Americanos (OEA), reunidos no último mês.

6) A oligarquia quer tomar o poder

Na entrevista mencionada acima, Moïse afirmou que por trás da oposição a seu governo estava a “oligarquia que quer tomar o poder”. Antes de tudo, é preciso dizer que a oligarquia no Haiti nunca deixou o poder, e nunca houve nada que se assemelhasse a uma burguesia liberal, progressista e industrial, além da transferência do poder da tradicional burguesia mulata para uma burguesia negra consumada pela ditadura de François Duvalier. Em particular, o que um escritor haitiano eloquentemente chamou de “elite repugnante” é composto de uma classe oligárquica, mas acima de tudo de uma burguesia importadora que se reproduz de forma parasitária através do controle da alfândega do país. Uma burguesia que não produz nada, consome tudo e quase não vive em seu próprio país. Além disso, o fato risível de Moïse denunciar a oligarquia de tentar apropriar-se do poder é como Guillermo Lasso acusar os banqueiros de querer governar o Equador – de novo -, ou Álvaro Uribe fazer acusações idênticas aos traficantes de drogas colombianos. O próprio Moïse é um típico empresário do setor bananeiro, catapultado para a política a partir do seu capital acumulado no setor agrícola e agroindustrial, com empresas comprovadamente fraudulentas como a AGRITRANS, participantes de vários desfalques do erário público.

Sem dúvida, nem todos os interessados na saída de Moïse são camponeses, migrantes, classe média ou os pobres urbanos. É claro que existe um setor da classe dominante haitiana que também está trabalhando para substituí-lo, mas neste caso são os setores que são, a rigor, menos oligárquicos. Em particular, o governo tentou construir um épico popular tardio e pouco convincente através de seu confronto com Dimitri Vorbe em particular e com empresas de eletricidade como a Sogener em geral. De fato, a proposta da campanha estrela de Moïse era trazer energia para todas as residências “24/24”, dado que o serviço de eletricidade mal chega a 40% da população, e considerando que mesmo na capital seu serviço é deficiente e intermitente. Apesar das lutas pelo controle da empresa elétrica nacional (EDH), seria ingênuo fingir que as outras frações da classe dominante haitiana não operam contra um governo incapaz de oferecer as mínimas garantias de estabilidade para o processo de acumulação, bem como elaborar teorias conspiratórias que tentam culpar um ou dois operadores por uma crise orgânica de hegemonia que se expressa em todas as áreas e se baseia, principalmente, na incessante mobilização das classes populares e na permanente deterioração de suas condições de vida.

7) O Haiti, incapaz de resolver seus próprios problemas, precisa de ajuda e cooperação internacional

Esta declaração é uma faca de dois gumes. Algo semelhante é declarado em um editorial recente no The New York Times intitulado “O Haiti precisa de ajuda”, onde se prevê “uma solução” na qual “poderes externos – alguma combinação dos Estados Unidos, da OEA, da ONU e da União Europeia” teriam algum tipo de influência – ainda mais notória – sobre o país. Mas um país soberano não é uma criança, para andar por aí exigindo acompanhamento e tutela. Menos ainda se foi o país que aboliu a escravidão de forma pioneira, que criou uma filosofia humanista que eclipsaria a das próprias revoluções burguesas, que consumou a primeira revolução social no hemisfério e que construiu a primeira República independente ao sul do Rio Bravo. Mas também é impossível isolar os chamados “problemas do Haiti” como se fosse uma cepa de vírus, sem enquadrá-los na geopolítica regional e global e na longa história de interferência que já desenvolvemos. Para dar um exemplo recente e prático: estamos convencidos de que nenhum governo teria suportado um único dia a mobilização ativa e radical de um quinto de sua população sem o apoio político, financeiro, diplomático e eventualmente militar dos Estados Unidos e de organizações multilaterais. Nenhum governo, de qualquer caráter, teria sido capaz de superar o tremor de uma coalizão de oposição que inclui praticamente todos os setores sociais e todas as forças políticas do país. Ainda hoje, Moïse terminaria seu mandato imediatamente se não tivesse a promessa dos Estados Unidos de uma salvaguarda, dinheiro e um visto para ele e toda sua família uma vez consumada sua saída do poder, dado que o destino habitual que o país tem dado a presidentes ainda menos impopulares é o linchamento em praça pública. Nem as eleições e a Reforma Constitucional proposta – a última tentativa de recuperar alguma legitimidade – poderiam ocorrer, como é evidente, sem o apoio financeiro, logístico e técnico desses mesmos países e organizações que durante anos controlaram o sistema eleitoral haitiano.

Portanto, o “problema Moïse”, assim como o problema das políticas neoliberais e seus efeitos devastadores sobre o país mais empobrecido do continente – políticas que não caíram do céu mas foram impostas impiedosamente pelo FMI e pelo Departamento de Estado dos EUA – não são apenas problemas do Haiti. São, antes, problemas de geopolítica regional que se expressam fortuitamente nesse castigado, mas orgulhoso país. Mas ainda podemos resgatar esta sétima e última tese num sentido bem intencionado e propositivo. A ajuda e cooperação que o Haiti precisa é a de todos os governos populares, setores democráticos, forças progressistas e esquerdistas, organizações de direitos humanos, organizações autônomas de integração e militantes imperialistas da região e do mundo que querem enfrentar a interferência devastadora do que veio a ser chamado de “comunidade internacional”, formada na realidade por um minúsculo grupo de países ricos e poderosos. Um velho slogan, cunhado durante o tempo da MINUSTAH, ainda parece manter sua eloquência: “É hora de deixar o Haiti em paz”. É o Haiti, em paz e com plena soberania, que mais uma vez conquistará um bom governo que possa resolver seus próprios problemas.

[Fotos: CHANDAN KHANNA / AFP – fonte: http://www.outraspalavras.net]

Né en 1921 dans une famille juive originaire de Salonique, Edgar Morin est un sociologue français. Pacifiste, libertaire, anti-fasciste, il a été membre du Parti communiste de 1941 à 1951 et a résisté durant l’Occupation. Il a tenu des propos anti-israéliens. Arte diffusera le 8 juillet 2021 à 23 h 55 « Edgar Morin, journal d’une vie » de Jean-Michel Djian. À voir également sur Arte.tv le 17 juillet 2021 : « Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin« . « Une lecture-spectacle de Nicolas Truong et Edgar Morin dans la cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon », réalisée par Stéphane Pinot, avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla. 

Publié par Véronique Chemla

Né en 1921 dans une famille juive originaire de Salonique, Edgar Morin est un sociologue et philosophe français, directeur de recherche émérite au CNRS et docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères.

Dans sa bibliographie pluridisciplinaire souvent traduite : Le Cinéma ou l’homme imaginaire (Éditions de Minuit, 1956), Les Stars (1957), Autocritique, (Le Seuil, 1959)L’Esprit du temps (1960), L’esprit du temps. Essai sur la culture de masse (1962), Mai 68, La Brèche (avec Claude Lefort et Cornelius Castoriadis) édité par Fayard (1968), Journal de Californie (Le Seuil, 1970), De la nature de l’URSS (1983), Les Fratricides : Yougoslavie-Bosnie (1991-1995) publié par Arléa (1995), Pour une politique de civilisation (Arléa, 2002), La Méthode en six volumes (Le Seuil, 2008), Le Monde moderne et la question juive (Le Seuil, 2006 ; réédition, Le Seuil, 2012).

En 1989, est publié « Vidal et les siens » d’Edgar Morin avec Véronique Grappe-Nahoum et Haïm Vidal Séphiha (Le Seuil). « Avec Vidal Nahoum mourut en 1984 l’un des survivants du monde englouti de la Salonique séfarade où il était né en 1894. Son grand-père venait de Toscane et parlait italien, sa langue maternelle était l’espagnol du XVe siècle, mais, tout jeune, il sut s’exprimer en français et en allemand. Naïf et malin, animé d’un optimisme et d’une gaieté sans faille, d’un sens de la famille quasi religieux et d’un goût inépuisable pour la nourriture, il traversa les guerres balkaniques, l’écroulement de l’Empire ottoman et les deux guerres mondiales. À partir de documents historiques et personnels, Edgar Morin, son fils, restitue ici son histoire irremplaçable, celle des hommes et femmes de sa famille, celle d’un XXe siècle marqué par la complexité des relations entre l’Orient et l’Occident. »

Dans La Rumeur d’Orléans (1969), Edgar Morin et son équipe analysent une rumeur antisémite dans une ville de province française. « Une rumeur étrange (la disparition de jeunes filles dans les salons d’essayage de commerçants juifs) s’est répandue, sans qu’il y ait la moindre disparition, dans la ville dont le nom symbolise la mesure et l’équilibre : Orléans. Edgar Morin et une équipe de chercheurs ont mené l’enquête sur place. Pourquoi Orléans ? Pourquoi des Juifs ? Pourquoi et comment se propage une rumeur ? Cette rumeur véhicule-t-elle un mythe ? Quel est ce mythe et que nous dit-il sur notre culture et sur nous-mêmes ? Des questions se posent : un antisémitisme jusqu’alors latent s’est-il à nouveau éveillé ? N’y a-t-il pas, dans nos cités modernes, un nouveau Moyen Âge qui ne demande qu’à surgir à tout moment ? »

Pacifiste, libertaire, anti-fasciste, Edgar Morin a été membre du Parti communiste de 1941 à 1951 et a résisté durant l’Occupation.
En 1960, Edgar Morin et Jean Rouch réalisent « Chronique d’un été », qui a contribué au cinéma-vérité. Intéressés par l’idée du bonheur, ils suivent des jeunes alors inconnus et de tous horizons – étudiants, ouvriers, etc. – durant l’été 1960 : Marceline Loridan-Ivens, Régis Debray, Marilù Parolini…

En 1963, Edgar Morin et le réalisateur Henri Calef coécrivent le scénario de L’Heure de la vérité. « Un ancien officier SS, Hans Wernert, a pris l’identité d’un juif allemand liquidé, Jonathan Strauss, et a trouvé refuge en Israël où il s’est intégré dans la vie quotidienne. Mais survient un jeune étudiant américain qui enquête sur le camp dont l’imposteur serait le seul survivant… » Le tournage se déroule en Israël, avec Karlheinz Böhm, Daniel Gélin et Corinne Marchand. Des dissensions surgissent entre Henri Calef et Edgar Morin qui apparait au générique sous le pseudonyme de Beressi, nom de jeune fille de sa mère. Le film n’est pas distribué en France car les producteurs font faillite.

En 1946, il se marie avec la philosophe Violette Chapellaubeau. Le couple a deux filles, Irène Nahoum et Véronique, anthropologue. En 1970, Edgar Morin épouse Johanne Harelle. En 1982, il épouse Edwige Lannegrace. Veuf en 2008, il se remarie en 2012 avec la sociologue Sabah Abouessalam. Tous deux sont les auteurs du livre « L’homme est faible devant la femme » (Presses de la Renaissance, 2013), et « Changeons de voie – Les leçons du coronavirus » (Denoël, 2020).

Edgar Morin a tenu des propos anti-israéliens durant la deuxième Intifada déclenchée par Yasser Arafat. Le 4 juin 2002, le quotidien Le Monde, la tribune partiale « Israël-Palestine : le cancer » signée par Edgar Morin, Danièle Sallenave et Sami Naïr. Ces derniers écrient notamment que « ce cancer israélo-palestinien s’est formé, d’une part, en se nourrissant de l’angoisse historique d’un peuple persécuté par le passé et de son insécurité géographique ; d’autre part, du malheur d’un peuple persécuté dans son présent et privé de droit politique ».
Les auteurs fustigent « l’unilatéralisme » de la vision israélienne. « C’est la conscience d’avoir été victime qui permet à Israël de devenir oppresseur du peuple palestinien. Le terme Shoah qui singularise le destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du Goulag, des Tsiganes, des Arméniens, des Noirs esclavagisés, des Indiens d’Amérique) devient la légitimation d’un colonialisme, d’un apartheid et d’une ghettoïsation pour les Palestiniens ».
France-Israël et Avocats sans frontières poursuivent judiciairement les auteurs pour « diffamation raciale et apologie des actes de terrorisme ». Relaxés en première instance en 2004, condamnés par la Cour d’appel de Versailles en 2005, les auteurs sont relaxés en 2006 par la Cour de cassation : « Les propos poursuivis, isolés au sein d’un article critiquant la politique menée par le gouvernement d’Israël à l’égard des Palestiniens, n’imputent aucun fait précis de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération de la communauté juive dans son ensemble en raison de son appartenance à une nation ou à une religion, mais sont l’expression d’une opinion qui relève du seul débat d’idées, la cour d’appel a violé les textes susvisés. » Une procédure judiciaire d’une rare rapidité.
« Je suis juif par le sentiment de fidélité à tous ceux qui dans le passé ont été persécutés en tant que Juifs. Je suis juif en tant que membre du peuple maudit. Je refuse d’être du peuple élu », a déclaré Edgar Morin au Journal du Dimanche (4 juillet 2021).
« Edgar Morin, journal d’une vie »

Arte diffusera le 8 juillet 2021 à 23 h 55 « Edgar Morin, journal d’une vie » (Ein Philosoph mit Einfluss: Edgar Morin) de Jean-Michel Djian.

« Embrassant les disciplines académiques, le sociologue Edgar Morin, né en 1921, a traversé son siècle en observateur éclairé et en chercheur indiscipliné. Jean-Michel Djian lui consacre un lumineux portrait, tissé de ses interviews passées et récentes. »
« Philosophe de la complexité, sociologue des pratiques culturelles et pourfendeur de l’incurie de l’enseignement de la pensée, Edgar Morin a renouvelé, avec autant de rigueur que de conviction, la figure de l’intellectuel ».
« Au seuil des années 1980, il figure parmi les premiers à pressentir les ravages de la « mondialisation techno-économique » sur notre fragile Terre-Patrie (titre de l’un de ses ouvrages) et les désastres dont elle menace l’humanité ».
« Né Edgar Nahoum à Paris, en 1921, dans une famille de commerçants juifs originaire de Salonique, il rejoint encore adolescent le courant pacifiste et antifasciste ».
« La guerre venue, tout juste diplômé en histoire et en droit, il s’engage à Toulouse, en 1942, dans les rangs de la Résistance communiste, où il adopte le pseudonyme de Morin dont il ne s’est plus départi ».
« Auteur d’une centaine d’ouvrages, docteur honoris causa d’une quarantaine d’universités dans le monde, Edgar Morin n’a eu de cesse de s’interroger et d’interroger ses contemporains afin de donner du sens à la fraternité qui nous fait tenir ensemble, malgré l’adversité. »
« Comment esquisser les grandes lignes d’une vie aussi féconde, tout entière dédiée à la pensée et à l’engagement humaniste ? »
« Suivant un fil chronologique, du Paris de l’avant-guerre à son refuge sur les rives de la Méditerranée d’aujourd’hui, en passant par son incursion au californien Salk Institute, où directeur de recherche du CNRS il posa un temps ses valises, ce portrait retrace ses compagnonnages intellectuels (avec le philosophe Régis Debray, les idéaux du communisme), ses fidélités indéfectibles (avec le couple Duras-Antelme) comme les rares frictions avec ses pairs, notamment Pierre Bourdieu ».
« Alors qu’Edgar Morin fête ce 8 juillet son centième anniversaire, Jean-Michel Djian, en tissant ensemble un choix éclairant d’archives filmées, de ses interviews, passées et récentes, et de ceux qui l’ont côtoyé, donne à entendre la voix de l’un de nos plus vaillants résistants au conformisme des idées ».
Conférence de presse
Lors de la 75e édition du Festival d’Avignon (5-25 juillet 2021), aura lieu le 13 juillet 2021 à 12 h 30 une conférence de presse avec Eva Doumbia, Victoria Duhamel, Théo Mercier, Edgar Morin et Nicolas Truong.
« Se souvenir de l’avenir »

À voir également sur Arte.tv le 17 juillet 2021 : « Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin« . « Une lecture-spectacle de Nicolas Truong et Edgar Morin dans la cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon », réalisée par Stéphane Pinot, avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla.

« Le 13 juillet dans la Cour d’Honneur du Festival d’Avignon, à travers l’évocation de ses souvenirs les plus marquants, Edgar Morin lancera, en compagnie d’invités inspirés par ses idées, quelques salves d’avenir afin de dessiner une nouvelle voie pour notre temps. »
« VERBATIM »
 
« On est à nouveau dans une époque barbare, où barbarie et civilisation se mêlent étroitement mais où, de plus, on se rend compte que nous sommes sur une planète totalement rétrécie, mais en même temps entièrement déchirée, incapable de résoudre ses problèmes et livrée à des monstres paranoïdes que sont les États-nations modernes. »
« Dans les processus dominants, on ne peut qu’être inquiet. Que ce soit la dissémination nucléaire, les périls sur la biosphère, le dérèglement économique, la démographie galopante, la marche incontrôlée de la technique et de la science… Tous ces processus semblent aller probablement vers on ne sait quelle catastrophe. Or, dans l’histoire, le probable n’arrive pas toujours. Et souvent, l’improbable heureux arrive. »
« Le fait de vivre aujourd’hui comme j’ai toujours vécu, et d’une façon même exceptionnelle à mon âge, en ayant les mêmes sentiments juvéniles que je peux avoir pour mon épouse, et ou bien pour mes amis, c’est quelque chose qui fait que je ne me laisse jamais submerger par la nostalgie. »
 
« Edgar Morin, journal d’une vie » de Jean-Michel Djian
France, 2021, 54 mn
Coproduction : ARTE France, Les Films d’Ici Méditerranée, Les Films d’Ici, INA
Sur Arte le 8 juillet 2021 à 23 h 55
Disponible sur Arte.tv du 01/07/2021 au 05/09/2021
Visuels :
Edgar Morin en 1968
© Michèle Bancilhon / AFP
Edgar Morin
Les Films d’Ici Méditerranée
Edgar Morin à la Seyne-sur-mer en 2020
© Les Films d’ Ici Méditerrané
« Se souvenir de l’avenir. Autour d’Edgar Morin » réalisé par Stéphane Pinot
Production : La Compagnie des Indes/Gildas le Roux – – Festival d’Avignon avec la participation d’Arte (1h)
Avec Edgar Morin, Christiane Taubira et Judith Chemla

 

 

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

 

La elección de una activista mapuche Elisa Loncon como presidenta de la Convención Constitucional da cuenta de los cambios sociales que atraviesa Chile. A la marea feminista se suma el uso de la bandera mapuche como símbolo de resistencia más allá de las poblaciones indígenas.

Escrito por Noam Titelman*

En octubre de 2019, Chile vivió un inédito estallido social que llevó a millones a la calle. El movimiento social que nació en esas manifestaciones no tenía un programa único, voceros ni organización nacional. Sin embargo, a lo largo y ancho del país, algunas cosas se repetían. Primero, no había banderas partidarias. No podía ser de otro modo, pues el movimiento reflejaba un fuerte rechazo a la institucionalidad política de los últimos 30 años, que se expresaba sobre todo en un sentimiento antipartidos. Segundo, abundaban íconos que hacían referencias a las mareas feministas, incluido el pañuelo verde, símbolo de la lucha por la despenalización del aborto.

Por último, dos banderas ocupaban un rol protagónico en las protestas: la bandera chilena en blanco y negro, y la bandera mapuche. No en vano, varios declaraban que el estallido social había hermanado las demandas históricas del pueblo mapuche con la diversidad de malestares que aquejaban a la sociedad chilena en su conjunto. Demandas vinculadas a mejoras en el sistema de pensiones, la educación y la salud, o las luchas feministas o regionales encontraron en la bandera mapuche un símbolo potente de la incapacidad de la política para responder al nuevo Chile que estaba emergiendo.

En noviembre de 2019, en un intento de canalizar institucionalmente el descontento, un acuerdo transversal de la política chilena acordó iniciar un proceso constituyente. Se decidió también que este estuviera a cargo de una convención constitucional. Un órgano que, a diferencia del Congreso, tuviera reglas de paridad de género, facilitara la incorporación de candidaturas independientes y, por cierto, tuviera cupos reservados para pueblos originarios. El pasado domingo 4 de julio, marcado por la pandemia que obligaba a mantener protocolos de distancia social y uso de mascarillas, se conformó la Convención. En su primer acto oficial, el cónclave eligió a su presidencia. La persona electa para el cargo fue la académica mapuche Elisa Loncon, quien contó con una holgada cantidad de votos de diferentes fuerzas políticas. Justamente, Loncon fue una de las que participaron en la creación de la bandera mapuche a comienzos de la década de 1990.

Como explica el historiador Fernando Pairrican, la bandera Wenüfoye nació en un esfuerzo colectivo, en octubre de 1992, y desde que apareció fue reprimida. El movimiento mapuche generó este emblema como símbolo de sus demandas por derechos fundamentales y de autodeterminación. Los gobiernos de la Concertación de la época enfrentaron los intentos de recuperación de tierras, las marchas civiles y a la Wenüfoye como una amenaza terrorista, aplicando leyes de excepción como la Ley de Seguridad Interior del Estado. Como explica Pairrican: «La Wenüfoye representó un paso en el proceso de descolonización ideológica. Acompañada de ellas vendrían la reconstrucción política de la nación mapuche, que posicionó a sus autoridades tradicionales como las conductoras del proceso de Liberación Nacional».

Según el censo de 2017, los pueblos originarios representan un segmento importante de la población chilena, con 12,8% que se autoidentifica en este grupo (aproximadamente 2.185.792 de personas). Lo que hace particularmente compleja la relación del Estado chileno con el pueblo mapuche, que cuenta con más de 1.700.000 personas, es que, a diferencia con lo ocurrido con otros pueblos, su dominación no fue en la era colonial sino que su conquista fue obra del Estado chileno independiente. Este anexó sus territorios en el Wallmapu a mediados del siglo XIX. Asimismo, a lo largo de la historia de Chile, pertenecer a un pueblo originario y, en particular, mapuche, ha estado asociado una serie de marginaciones y exclusiones.

Así, mientras que en la población no indígena la pobreza multidimensional alcanza 20,9%, en la población indígena este llega a 30,8%, según datos del Banco Interamericano de Desarrollo. Más aún, las clases altas chilenas se han visto marcadas por su ascendencia predominantemente blanca, mientras que los individuos de ascendencia indígena se han encontrado sistemáticamente marginados de las profesiones más prestigiosas y mejor remuneradas. Esto se refleja en que los apellidos más frecuentes entre médicos, abogados e ingenieros son de ascendencia castellana, vasca, inglesa, francesa, italiana y alemana, y los indígenas son escasos o marginales.

La historia de este fenómeno de exclusión es larga y compleja. Como explica Pablo Marimán en su artículo «Los mapuche antes de la conquista militar chileno-argentina» (2019), al menos una parte de esta diferencia socioeconómica se explica por una política deliberada de usurpación del territorio mapuche que tiene sus orígenes en la llamada «Comisión Radicadora de Indígenas» de 1883. A través de esta, las 10 millones de hectáreas de territorio mapuche reconocidas por España se vieron reducidas a tan solo 536.000 hectáreas para 150.000 personas, lo que dejó a la enorme mayoría sin tierras.

Las tierras mapuche tienen una importancia fundamental para el sustento económico de este pueblo, pues la agricultura había sido tradicionalmente el eje central de su actividad productiva. A esta usurpación historia se ha sumado el desarrollo, en los últimos 30 años, de una industria extractivista que ha pauperizado aún más las vidas de las comunidades. Este ha sido el caso de empresas forestales y salmoneras que han ocupado sus territorios y recursos marítimos. Dos hitos significativos de este proceso fue la instalación de la represa de Ralco en 1993, que inundó terrenos ancestrales mapuches, y la quema de tres camiones de la forestal Arauco en 1997. La historia de abusos por parte del Estado y las empresas desde aquella época está jalonada de hechos similares. El reclamo contra las políticas de los últimos 30 años, sello del estallido del 2019, podía verse con claridad en el movimiento mapuche.

Estas marginaciones económicas y culturales a los pueblos originarios se replican con notoria profundidad en el ámbito político. Con el fin de la dictadura de Augusto Pinochet en 1990, la democracia chilena no ha revertido sustancialmente la desigualdad política. La presencia indígena en el Congreso ha sido mínima y, prácticamente, inexistente en la primera línea del Poder Ejecutivo.

En este sentido, la llegada de Loncon a la presidencia de la Convención Constitucional es un hecho inédito en la historia nacional. Con ella se alza una voz que nunca había podido tener el podio para sí. Pero, más aún, llega una voz que puede reflejar a millones en el país, incluso más allá de las demandas mapuche. El apoyo transversal que ha concitado es notorio. Más allá de lo que ha dicho, su presencia encarna la demanda de presencia de esta voz. Así, lo que las encuestas muestran que Loncon cumple con el perfil exigido por la ciudadanía. 91% afirma que buscaba una presidencia sin militancia política, 67% que no fuera de Santiago, 56% experta/ académica (Loncon tiene dos doctorados) y 47% que sea mujer. En este sentido, la referente mapuche ya se ha constituido en una figura política que puede hablar con una legitimidad de la que carece gran parte de la dirigencia chilena.

Por otro lado, el gran apoyo que ha generado viene acompañado de elevadas expectativas y será un desafío no menor estar a la altura. Un elemento que permite cierto optimismo respecto a la ardua labor que tendrá en su tarea de liderar una Convención Constitucional extremadamente plural es que ha mostrado una notoria conciencia del rol que le ha tocado jugar. Así lo mostró en su discurso inaugural, al momento de ser electa: «Hoy se funda un nuevo Chile plural, plurilingüe, con todas las culturas, con todos los pueblos, con las mujeres y con los territorios, ese es nuestro sueño para escribir una Nueva Constitución». Además, en un gesto que indudablemente recuerda el estallido de 2019, le dedicó su triunfo a todo el pueblo de Chile, a todos los sectores, regiones, pueblos y naciones originarias, a la diversidad sexual y a las mujeres que marcharon contra todo sistema de dominación. Sea cual sea el resultado de la convención, el nuevo Chile, por fin, tiene rostro. Y es mujer. Y también es mapuche.

[Fuente: http://www.nuso.org]

La lectura cuidadosa de Propuesta de acuerdo sobre el lenguaje inclusivo, el más reciente libro de Álex Grijelmo, y de algunas otras obras llevó al autor de este ensayo a reflexionar sobre los notorios y revolucionarios cambios que está viviendo la lengua española.

Escrito por Fabio Vélez

Para cualquier amante del idioma español, sobre todo de sus palabras y gramática, los libros y artículos de Álex Grijelmo han adquirido la categoría de imprescindibles, básicos de biblioteca. Y aunque sigamos extrañando los afilados “dardos” de Lázaro Carreter, podemos respirar tranquilos porque sabemos que Grijelmo continuará con sus periódicas entregas en la prensa y seguirá obsequiándonos con ejemplares tan memorables como La seducción de las palabras o La gramática descomplicada. Así también, su última entrega: Propuesta de acuerdo sobre el lenguaje inclusivo.1

Atento observador y estudioso de la lengua viva, Grijelmo no eludió la polémica cuando ésta se presentaba y se enfrascó en el acalorado debate acerca de la presunta inclusividad o no de nuestro idioma. Huelga decir, no obstante, que el tema ya había sido abordado décadas atrás y que ha sido sólo desde hace unos cuantos años, con el feminismo situado en la agenda mediática, que esta cuestión vuelve a discutirse, si bien ahora con una dimensión pública.

No es mi objetivo resumir aquí este interesante y documentado libro de Grijelmo. El título permite, en buena medida, adivinar la postura y la propuesta del autor, a saber: buscar un espacio de consenso entre las posiciones más conservadoras (por lo común, defendidas desde las “academias”) y las más radicales (presentes, en la mayoría de los casos, en las “guías” para un uso no-sexista de la lengua). Dos lecturas previas a este libro —conviene dejar constancia de las deudas— ya me habían ayudado a despejar parte del camino en esta querella. Por un lado, El género y la lengua, de Pedro Álvarez de Miranda,2 destacado académico de la RAE (y, por cierto, conocido también por su amor a las palabras; véase su Más que palabras); por otro lado, la respuesta (en parte) de María Martín, feminista y activista, en Ni por favor ni por favora.3 Desahogadas sus respectivas posturas, debo confesar que, en términos generales, me resultó más convincente la propuesta de Martín. Es más: creo que el conflicto sobre el que se asientan sus argumentos y medidas —es decir, sobre cuál es el verdadero principio que rige el funcionamiento de la lengua, el de la “economía” (o mínimo esfuerzo) en un caso y el de la “no ambigüedad” en el otro— no son excluyentes y, en consecuencia, no es forzoso tener que tomar partido por uno de ellos. Efectivamente, dependiendo de los usos y los contextos, puede prevalecer uno u otro aspecto. Pero tampoco es mi propósito aquí comentar sendos textos, por mucha enjundia que entrañen.

* * *

Vayamos con la primera cuestión que me interesa abordar, de manera especulativa, del más reciente libro de Grijelmo. En el primer capítulo desmonta una idea, a su juicio errónea, acerca del presunto machismo de la lengua española, producto, según sostienen sus adalides, del patriarcado. En este punto el autor procede por vía doble. Por un lado, amparándose en los estudios de lingüística sobre el indoeuropeo (esa protolengua de la que se derivaron, entre otros muchos idiomas, el latín y el español), nos recuerda cómo éste estableció primero dos géneros para distinguir entre seres animados e inanimados y cómo después, para identificar de entre los animados a las hembras de los machos, se vio obligado a especificar un género femenino para diferenciarlo del genérico animado. La discordia vendría luego al tener, a su vez, que reconocer un masculino en contraposición a ese nuevo femenino explicitado, al utilizar de nuevo el genérico animado para ello. O dicho con un ejemplo que servirá para ilustrar la reconstrucción de lo acontecido: que de la palabra “trabajador” salió “trabajadora”, pero no “trabajadoro” (sino “trabajador”). De modo que, expresado con la ironía que caracteriza a Grijelmo, a diferencia de lo que se sostiene en la Biblia, podríamos afirmar que el género femenino no habría salido de una “costilla” masculina, sino de una genérica.

El segundo argumento que utiliza Grijelmo para tratar de invalidar el presunto machismo de la lengua tiene lugar a raíz de un análisis comparativo con otros idiomas. La estrategia es sencilla: si se defiende que el español es por defecto excluyente y que esto es consecuencia del patriarcado que fluye por su gramática, entonces los idiomas en donde no existieran los géneros o, incluso, en donde el genérico fuera en femenino, tendrían que florecer en sociedades más igualitarias e inclusivas. Pues bien, resulta que tampoco. Ni los países de habla inglesa, donde los sustantivos y adjetivos carecen de género, aunque no así los pronombres personales ni los posesivos; ni lenguas como con el turco, prácticamente sin género; ni el afaro en Etiopía, con un femenino genérico, por poner algunos ejemplos, han demostrado ser sociedades menos machistas que la nuestra.

Lo anterior, deduce Grijelmo, nos permite advertir que nos hallamos frente a una falacia, es decir, dos hechos yuxtapuestos no implican una relación de causalidad entre uno y otro: que el indoeuropeo se construyera en una sociedad patriarcal no permite deducir que el masculino genérico sea consecuencia de ello. De modo que, según él, no hay evidencia alguna de que el masculino genérico sea una imposición de los hombres sobre las mujeres y, por tanto, “no debe considerarse machista, ni masculinista, ni androcéntrico” por sí mismo; lo que todo caso podría serlo es el contexto y el uso por parte de quienes hablan.

Se la agradece, y mucho, a Grijelmo (y también a quienes se han dedicado a reconstruir el indoeuropeo y a aclarar estas cuestiones: F. Rodríguez Adrados, M. A. Calero, J. F. Ledo-Lemos) que sitúe el debate sobre las bases científicas de la lingüística. Pero hay una observación que, tal vez, nos permitiera especular (estamos hablando de algo sucedido hace cinco milenios) en otro sentido. El primer pasaje, que en cuestión me gustaría comentar, es el siguiente:

Parece probable que en algún momento sí sintieran sus individuos [del Neolítico] la necesidad de nombrar a personas y animales del sexo femenino, una vez consolidadas las primitivas sociedades ganaderas y agrícolas. La influencia del factor reproductivo de los animales y su relevancia para el ser humano queda patente […] Es probable que el genérico que abarcaba a hombres y a mujeres (y luego también solamente a hombres) se especializara como fruto no de una dominación masculina, sino, por el contrario, de la importancia que todos los hablantes dieron a la condición femenina. No en el sentido que ahora emplearíamos, desde luego, pero sí con una visión práctica y descriptiva de la vida [cursivas mías].

Este pasaje me inspira varias preguntas: ¿Fue la necesidad de destacar y distinguir a un conjunto concreto de seres animados —mujeres y hembras—, por su particular relevancia para la reproducción, lo que justificó la necesidad de inventar el género femenino? ¿La “importancia” que ameritó resaltar precisamente estas capacidades y no otras (por ejemplo, creativas o intelectuales), fue de todos (masculino genérico: todos y todas) o sólo de todos (masculino específico: todos los hombres)? ¿Hay alguna relación entre esa visión “práctica y descriptiva” de las hembras con el mandato de género que el patriarcado asigna a las mujeres? En suma: ¿late un incipiente androcentrismo en la motivación de visibilizar, entre los seres animados, a las hembras?

El apoyo para sustentar la pertinencia o no de estas preguntas ha sido extraído precisamente de uno de los ejemplos aportados por el propio Grijelmo. En algún punto, él mismo repara en el hecho de que, a la hora de establecer semejante distinción, no pareció interesar en rigor la diversa genitalidad que presentaban los seres animados; no había, por así decirlo, un genuino interés taxonómico-anatómico; lo que parece que de verdad importaba, sin embargo, era discriminar el sexo de aquellos animales imprescindibles para el sustento vital, es decir, el de los animales domésticos. Así se explicaría, según Grijelmo, el especial cuidado a la hora de identificar el sexo de estos animales ayudándonos de nombres heterónimos (distintos en función de su sexo): toro y vaca, caballo y yegua, gallo y gallina, etcétera; o de nombres flexionados (en el artículo o el sustantivo): los perros y las perras, los cerdos y las cerdas, etcétera, pero también, la peculiar despreocupación por el sexo de los animales salvajes a los que, no por caso, solemos asignarles nombres epicenos (con un sólo género para ambos sexos): las jirafas, las ballenas, los mosquitos, etcétera. Una mirada al reino vegetal, dejando por un momento de lado el texto de Grijelmo, podría revelar aspectos igualmente interesantes. En Un dinosaurio en un pajar, Stephen J. Gould4 ha evidenciado con su acostumbrada mordacidad cómo, para el caso de la botánica, las veinticuatro clases que Linneo llegó a reconocer en la que es considerada la primera propuesta de taxonomía sexual —recuérdese: en función del número y la disposición de los órganos masculinos (estambres) y femeninos (pistilos) en las flores— no era sino un reflejo, a pesar de su aparente neutralidad, de la moral social conservadora y sexista del siglo XVIII. Sin pretender equiparar sendos eventos, cabría formularse unas cuantas preguntas: ¿Qué importa más en la anterior distinción (la de los animales de Grijelmo), el sexo o su valor doméstico? ¿Es fruto del azar que las mujeres, como las hembras de los animales domésticos, tuvieran nombres específicos o marcas de género? A propósito de esto último, ¿a qué se debe que en la actualidad determinados gremios profesionales sean siempre referidos en femenino: las enfermeras, las limpiadoras, las niñeras…? ¿Por qué no decimos las médicas, las juezas (o las jueces), etcétera? ¿Puede atribuirse a la casualidad que los “cuidados” —como lo reproductivo, lo doméstico, etcétera— vayan siempre en femenino?

Richard Wrangham, por aquello de continuar en el terreno de la especulación, ha propuesto una interesantísima y holística hipótesis para completar la tesis antropológica, célebre por lo demás (aunque no por ello menos discutida), de que la caza nos hizo humanos. En su libro En llamas,5 Wrangham sostiene que el cazador sólo era posible si tenía a su disposición una cocinera. No podemos demorarnos en la compleja reconstrucción de su argumentación, pero lo interesante, para este particular, es que sin fuego y sin cocina es inviable —nutricionalmente hablando— la mera caza y que fue, en razón de ello, que se produjo la división sexual del trabajo: los hombres podían salir a cazar porque las mujeres —además de gestar, lactar y cuidar— se quedaban a recolectar y cocinar. Una vez más, aunque el término resulte anacrónico, la mujer es importante por su papel indispensable en la producción y reproducción de lo doméstico. Con lo anterior presente: ¿es tan neutral la aparición de género femenino en el indoeuropeo?

* * *

Prosigamos con el segundo comentario especulativo que me gustaría esbozar. En el anterior pasaje citado, Grijelmo hacía una observación de carácter temporal que también merecería ser leída con atención. Recordemos: “La importancia que todos los hablantes dieron a la condición femenina. No en el sentido que ahora emplearíamos, desde luego, pero sí con una visión práctica y descriptiva de la vida” [cursivas mías]. Como ya se ha insinuado merced a una serie de preguntas, podría suceder que detrás de esa “visión práctica y descriptiva de la vida” se guareciera sibilinamente el patriarcado. Pero vayamos con la observación, a modo de reserva, que he destacado ahora en la cita. Esta, qué duda cabe, se prestaría fácilmente a diversas interpretaciones: ¿Está sugiriendo Grijelmo que nuestra idea de la condición femenina ha cambiado? Si es el caso, como parece, ¿desde qué concepción y hacia cuál otra? Asumamos por un momento que Grijelmo estuviera señalando que hemos avanzado hacia sociedades más igualitarias, más feministas, ¿podría suscitar este cambio una contrapartida en el lenguaje de un tenor similar? Por ejemplo, ¿con el uso de duplicativos —dejemos para otro texto las triplicaciones “no binarias”— que especificaran explícita, y no tácitamente, el género femenino? ¿Y con la aparición de un neologismo genérico distinto al masculino específico?

Grijelmo se muestra partidario de un uso “moderado” del lenguaje inclusivo —como también Martín; de ahí que el subtítulo de su libro sea Cómo hablar con lenguaje inclusivo sin que se note (demasiado)—, de no tener que llegar a extremos en los que deberíamos decir: “El perro y la perra son el mejor amigo y amiga del hombre y la mujer”. Sin embargo, también señala que “no se debe confundir ‘ausencia del género femenino’ en el significante con ‘invisibilidad de las mujeres’ en el significado”. Es decir, según Grijelmo, la convención gramatical y el contexto permitirían asimismo un uso legítimo —no machista— del masculino genérico. Aunque entiendo el argumento de Grijelmo, comprendo igualmente que haya muchas mujeres que puedan sentirse insatisfechas con él.6 Como declara Martín en las primeras páginas de su libro: “Sé perfectamente que el masculino es el género gramatical designado por la lengua española como no marcado y que emplearlo es correcto. Aunque es machista. Así que cuando se emplea, me siento molesta”. ¿Debería el lenguaje reflejar esta inconformidad si un uso generalizado en contra de la norma actual se empezara a propagar? Creo que ni Grijelmo ni Álvarez de Miranda se opondrían a reconocer, llegado el caso, un uso asentado por los y las hablantes, verdaderos soberanos y verdaderas soberanas de la lengua. Ahora bien, mientras se normalizan o no estos nuevos usos, ¿se aceptarían, a falta de un sintagma más afortunado, las “acciones afirmativas” en la lengua (por ejemplo, los desdoblamientos inclusivos, la corrección de usos sexistas, etcétera), tal y como se emprenden en política? Pues bien, es en este punto donde vuelven a asomar las discrepancias entre los autores y las autoras, y no tanto por las previsibles dificultades para aplicarlas en la pragmática del lenguaje cotidiano (como ha demostrado, diría que con acierto, Grijelmo), sino por las diferentes concepciones que se manejan sobre el lenguaje. Todo depende del poder que se le reconozca a éste: ¿el lenguaje refleja los cambios sociales y culturales o también puede producirlos? Si sólo los refleja, la estrategia pasaría inexorablemente por cambiar la realidad, pero ¿y si también contribuyera a modificarlos? Sea como sea, Grijelmo estaría más cercano a la primera postura, y Martín, a la segunda. Lo importante, en cualquier caso, es que incluso Grijelmo admitiría que esas “acciones afirmativas” en el lenguaje público —político, administrativo, periodístico, etcétera— servirían “legítimamente hoy como un símbolo de que se comparte esa lucha por la desigualdad”. Ahora bien: mientras que para él, en una hipotética realidad feminista de facto, estas “intervenciones” dejarían de tener sentido y serían abandonadas, para Martín, éstas lo mantendrían por entero, aunque probablemente no con el mismo significado político.

Y con esto me gustaría concluir: pese a las diferencias, tal vez merezca la pena buscar acuerdos cuando la causa lo merece, aunque no siempre se compartan ni los argumentos ni los medios en su integridad. De ahí el título del libro de Grijelmo: Propuesta de acuerdo. Se trata de mera propuesta (razonada, aunque propuesta al cabo), pues serán los y las hablantes —y no les ministres de l’éducation, como en el caso reciente de Francia— quienes tengan la última palabra.

 

Fabio Vélez
Profesor de Teoría e Historia en la Facultad de Arquitectura de la UNAM e investigador del Conacyt. Entre sus publicaciones: La palabra y la espada. A vueltas con HobbesAntes de Babel. Una historia retóricaDesfiguraciones. Ensayos sobre Paul de ManSobre el derecho a la ciudad. Textos esenciales y Arquitectura. Historias de un equívoco


1 Grijelmo, A. Propuesta de acuerdo sobre el lenguaje inclusivo, Taurus, México, 2021.

2 Álvarez de Miranda, P. El género y la lengua, Turner, Madrid, 2018.

3 Martín, M. Ni por favor ni por favora. Cómo hablar con lenguaje inclusivo sin que se note (demasiado), Catarata, Madrid, 2019.

4 Gould, J. S. Un dinosaurio en un pajar, Crítica, Barcelona, 1997.

5 Wrangham, R. En llamas. Cómo la cocina nos hizo humanos, Capitán Swing, Madrid, 2019.

6 Este texto empezó a gestarse, valga la retroactividad de la observación, hace unos años cuando me invitaron a ser parte de la asamblea del Instituto de Liderazgo Simone de Beauvoir. Ahí experimenté cómo las y los integrantes éramos interpelados desde un —inaudito para mí— femenino genérico (o no marcado). A la perplejidad inicial (¿por qué no se nos incluía?), le siguió de inmediato una aceptación estratégica de su uso y, al poco, una familiaridad similar a la de cualquier otro nuevo hábito adquirido.

 

[lustración: Kathia Recio – fuente: http://www.nexos.com.mxfuent]

El origen remoto sobre el continuo uso de “género” se halla en el puritanismo victoriano

Algunas palabras se mueven en retirada. En las noches electorales, todo es “recuento” y nada “escrutinio”. En las conversaciones telemáticas, todo es “¿se me escucha?” y nada “¿se me oye?”. En la radio, todo acto “arranca” y nada “empieza”. De igual modo, ya por todas partes se oye hablar del “género” donde antes se decía “sexo”.

El origen remoto de esta tendencia actual se halla en el puritanismo victoriano de los británicos, durante el siglo XIX, cuando las clases dominantes evitaban decir sex porque esa palabra se contaminaba del juicio hipócrita que les merecía su práctica. Para sustituirla, eligieron el eufemismo gender, que un siglo después llegaría al español traducido como “género”.

Pero este nuevo significado no se ha asentado aún entre nosotros, empezando por que ofrece sentidos confusos. Es negativo en “discriminación de género” o “violencia de género”, donde se puede reemplazar por el adjetivo “machista”; pero se convierte en positivo al hablar de “políticas de género” (donde sustituye a “igualdad”) o de “perspectiva de género” (que cabría sustituir por “perspectiva feminista” o “igualitaria”).

Con atención a esa tendencia, las academias añadieron en 2014 en la vieja entrada “género” esta acepción: “Grupo al que pertenecen los seres humanos de cada sexo, entendido este desde un punto de vista sociocultural en lugar de exclusivamente biológico”. Por su parte, el feminismo había venido considerando que “sexo” se refiere a una cuestión biológica relativa a los seres vivos, mientras que “género” refleja un conjunto de discriminaciones que se deben abolir.

Este uso reciente de “género” en nuestra lengua fue impulsado por la traducción anglocentrista del texto original en inglés aprobado por la Conferencia de Pekín en 1995, organizada por la ONU. Su informe, de 232 páginas, incluye 239 veces aquel viejo eufemismo “género” (gender en el original), que desplaza a expresiones más precisas: “barreras basadas en el género” en vez de “basadas en el sexo”; “perspectivas de género”, en lugar de “perspectivas igualitarias”; o “la desigualdad basada en el género”, cuando se entendería mejor “basada en el machismo”. A partir de ahí, nos encontramos con “estadísticas por géneros”, o con que el festival de San Sebastián “no hará distinción de género”. O “factores de riesgo por género” con la aparición de trombosis tras la vacuna (como si al adenovirus le importaran los grupos socioculturales). O que la ley trans permitirá la “autodeterminación de género” para que cada cual pueda cambiar en el DNI… su sexo.

En aquel texto de la ONU, paradójicamente, no aparece “violencia de género” (es decir, la “violencia machista”), ni en inglés ni en la traducción española, sino “violencia contra la mujer”.

A tenor de las preferencias actuales, y según argumentaba el académico Pedro Álvarez de Miranda (El género y la lengua, Turner Minor, 2018), hoy en día el primer libro feminista en español, La secreta guerra de los sexos (de María Laffitte, en 1948), se habría denominado La secreta guerra de los géneros; una obra fundamental como El segundo sexo, de Simone de Beauvoir, en 1949, se habría llamado El segundo género; y el pionero en la crítica del lenguaje sexista en español, Álvaro García Meseguer, habría elegido para su revelador ensayo el título Lenguaje y discriminación de género, en vez de Lenguaje y discriminación sexual (1977).

Apoyo las ideas feministas; y a intersexuales, transexuales y demás identidades, pero creo que el término “género” ha contribuido a oscurecer aún más el lenguaje público y que está desplazando a la indefensa palabra “sexo”, nuevamente convertida en sospechosa.

 

[Foto: ARTAULT ERWAN / SYGMA VIA GETTY IMAGES – fuente: http://www.elpais.com]

Francesc Xavier Vila es l’autor del primièr estudi sociolingüistic de l’occitan en Aran

Imatge

La Direccion Generala de la Politica Lingüistica de la Generalitat de Catalonha es venguda un secretariat. Aquela pojada de reng cèrca de garentir l’avenir del catalan, de l’occitan e de la lenga dels signes catalana. La foncion màger del Secretariat de la Politica Lingüistica es d’analisar, planificar, dirigir, coordenar e executar la politica lingüistica de la Generalitat de Catalonha. A mai, son prètzfach es d’elaborar de proposicions legislativas restacadas a aquelas tres lengas territorialas, dont l’occitan.

Per dirigir aquel nòu secretariat, s’es nomenat lo sociolingüista Francesc Xavier Vila. Professor de l’Universitat de Barcelona e expèrt de l’evolucion de las lengas dins la societat catalana, Vila es l’autor d’Eth coneishement der aranés ena Val d’Aran, considerat coma lo primièr estudi sociolingüistic de l’occitan en Aran fach amb un metòde e de paramètres de recèrca omologables.

 

[Poblejat dins http://www.jornalet.com]

Em livro provocador, a obra do revolucionário peruano em diálogo com esquerdas. Morto aos 35, criativo e profundo, ele destoou dos marxistas ortodoxos – mas também dos que viam a tradição dos povos originários como congelada e imutável

Escrito por Ruy Braga

Enquanto escrevo esta apresentação, a eleição presidencial peruana de 2021 segue indefinida, mesmo após a apuração de todas as urnas do país. Pedro Castillo obteve uma estreita vantagem de 44 mil votos sobre Keiko Fujimori e deve ser declarado vencedor assim que a justiça eleitoral peruana julgar os recursos impetrados pela candidata da extrema-direita. É impossível não ver na provável vitória eleitoral de Castillo, um professor e líder sindical com fortes laços indígenas à frente de um partido político que combina educação popular, ativismo sindical e auto-organização indígena, o espectro do mais original pensador marxista latino-americano: José Carlos Mariátegui.

Afinal, Mariátegui foi o maior defensor da articulação entre o radicalismo político derivado das análises marxistas com a linguagem dos movimentos populares e indígenas da América Latina. E nove décadas após sua morte, o partido-movimento Perú Libre recupera as tarefas emancipatórias legadas por Mariátegui aos trabalhadores peruanos ao derrotar o velho projeto autoritário, colonialista e extrativista sintetizado na candidatura de Keiko Fujimori. Não parece despropositado observar na atual conjuntura político-eleitoral peruana o anúncio de um novo momento para a América Latina: as forças do progresso tendem a triunfar, ainda que tenham que superar a encarniçada resistência dos acólitos reacionários representantes da política de espoliação neoliberal.

Exatamente por se tratar de uma disputa tão importante para o futuro de nosso subcontinente é que necessitamos compreender as ideias que balizam parte significativa da esquerda peruana e, ainda hoje, alimentam o imaginário de ativistas sociais, sindicalistas, trabalhadores e comunidades tradicionais em diferentes contextos nacionais: o comunalismo ayllu enraizado nas tradições de resistência e luta das comunidades indígenas andinas que, a despeito do genocídio colonial imposto pelos europeus, jamais deixaram de reinventar suas próprias tradições rebeldes, tanto no campo quanto nas cidades. Mariátegui foi quem melhor compreendeu a força dessa tradição de luta contra o Estado colonial antes e depois do ciclo de independências políticas que varreu a América Latina do século XIX.

Criador do jornal socialista “Amauta” – “sábio” em quíchua, língua do império inca –, órgão cultural que marcou toda uma geração de intelectuais e ativistas políticos nos anos 1920 e 1930, além de secretário-geral do Partido Socialista Peruano, Mariátegui morreu com apenas 35 anos, porém, ainda assim, deixou uma marca indelével no pensamento radical latino-americano. Atento tanto às rebeldias locais, indígenas, estudantis e trabalhistas, quanto aos levantes europeus, ele soube sintetizar as dimensões universal e particular da emancipação humana em um projeto político singular cuja força se alimentava da combinação de movimentos populares regionais com a teoria revolucionária marxista, conhecido como “socialismo indo-americano”.

Esquematicamente, trata-se de uma síntese apoiada na aposta de que as lutas de classes modernas seriam bem recebidas por formas culturais pré-modernas, isto é, “protocomunistas” existentes nos Andes. Nesse sentido, a comunidade ayllu, que havia resistido ativamente à mercantilização capitalista impulsionada pela colonização, seria o embrião de um movimento socialista capaz de transformar sociedades de castas neocoloniais em verdadeiros Estados nacionais independentes. Isso só aconteceria quando o comunalismo ayllu e socialismo europeu se aliassem em uma atividade revolucionária de massas capaz de unificar povos indígenas e trabalhadores organizados por meio de um projeto político, capaz de articular as escalas local, nacional e internacional.

Ou seja, Mariátegui almejou “formar” uma nação recorrendo a uma espécie de desvio internacionalista por meio do qual incontáveis comunidades indígenas espalhadas por diferentes partes da América Latina superariam os limites dos atuais Estados nacionais unificando-se ao redor de um projeto voltado para o futuro do subcontinente e não mais sufocado por seu passado colonial. Em outras palavras, o marxismo romântico e decolonial de Mariátegui não essencializou a cultura ameríndia pré-colonial – de resto, tarefa levada a cabo pelos próprios colonizadores a fim de reproduzir as bases de sua dominação. Ao contrário, ele procurou desnaturalizar os fundamentos de nossa subordinação pós-colonial por meio de uma síntese politicamente internacionalista que se enraíza, por isso mesmo, nas tradições locais e nacionais.

De uma certa maneira, o livro de Deni Alfaro Rubbo, “O labirinto periférico: aventuras de Mariátegui na América Latina”, moveu-se impulsionado por essa dialética entre o local, o nacional e o internacional posta pelo marxismo mariateguiano. Até onde eu sei, trata-se do primeiro estudo sistemático sobre a recepção da obra de José Carlos Mariátegui nas ciências sociais latino-americanas. Tendo por base uma refinada pesquisa teórica e documental desenhada para compreender a circulação e a apropriação das ideias do marxista peruano em nosso subcontinente, o livro de Deni amparou-se em um vasto material empírico abarcando desde entrevistas com militantes, intelectuais e editores diretamente ligados ao legado de Mariátegui, além de notável esforço de consulta de acervos públicos e arquivos particulares em diversos países. Entre esses acervos e bibliotecas vale destacar a Casa Museo José Carlos Mariátegui em Lima, a Bibliothèque Nationale de France (BNF) em Paris e a Casa de las Américas em Havana. No Brasil, Deni debruçou-se sobre o Fundo Florestan Fernandes (FFF) da Universidade Federal de São Carlos (UFSCar), além do Memorial Darcy Ribeiro da Universidade de Brasília (UnB) e do Centro de Documentação e Memória (Cedem) da Universidade Estadual Paulista (Unesp).

É dispensável dizer que a investigação desse conjunto de coleções, acervos e fontes espalhados por América Latina e França permitiu que o livro adquirisse uma riqueza ímpar em termos de precisão e profundidade, tornando seu enfoque marcadamente inovador no campo de estudos mariateguianos. Deni afirma que a combinação entre um esforço editorial hercúleo levado adiante pelos familiares de Mariátegui e determinadas circunstâncias sociopolíticas e culturais vividas no Peru e na América Latina viabilizou a construção de redes de circulação internacional, espalhando as ideias do marxista peruano. Assim, aos poucos, uma imagem heterodoxa de Mariátegui como um dos principais referenciais de reconstrução do marxismo latino-americano emergiu em flagrante contraste tanto em relação às teses dualistas e desenvolvimentistas que marcaram historicamente a esquerda em nosso subcontinente, quanto em relação às teorias culturalistas que essencializam os povos tradicionais atualizando o mito do “bom selvagem”.

Explorando a dialética entre o local, o nacional e o internacional, um dos pontos fortes desse livro é, sem dúvidas, a minuciosa análise do processo de difusão, em especial a partir dos anos 1960, da obra de Mariátegui por diferentes conjunturas políticas e realidades nacionais, as tais “aventuras latino-americanas” referidas no subtítulo. Além das apropriações ideológicas realizadas por órgãos estatais e organizações políticas peruanas, Deni estuda a apropriação de Mariátegui por duas figuras-chave do marxismo latino-americano: o peruano Aníbal Quijano e o argentino José Aricó.

Ademais, Deni demonstra como o campo de estudos “decoloniais” na América Latina, em especial o Grupo Modernidade/Colonialidade, apropriou-se de Mariátegui por meio da “crítica ao eurocentrismo”. Finalmente, o livro examina a recepção de Mariátegui no Brasil com base em um mapeamento de seus leitores: intelectuais, exilados e militantes de organizações partidárias. Trata-se de uma espécie de arqueologia das ciências sociais no país, com especial destaque para Florestan Fernandes e Michael Löwy. Assim, percebemos como o autor dos “Sete ensaios de interpretação da realidade peruana”, a despeito de raramente referir-se ao Brasil, influenciou intérpretes decisivos de nossa sociedade. Por tudo isso, tenho certeza de que o livro de Deni Alfaro Rubbo irá satisfazer a todos aqueles que buscam compreender e transformar a atual encruzilhada latino-americano. Afinal, o labirinto periférico continua tão desafiador nos dias correntes quanto nos tempos de Mariátegui.

O labirinto periférico: aventuras de Mariategui na América Latina, de Deni Alfaro Rubbo, publicado pela Autonomia Literária, parceira de Outras Palavras.

[Retrato: Bruno Portuguez Nolasco – fonte: http://www.outraspalavras.net]

Imposer sa langue est aussi une manière d’imposer sa vision du monde et d’écouler ses marchandises. Les États-Unis l’ont parfaitement compris. Les Européens et les Français, beaucoup moins…

Écrit par Michel Feltin-Palas

De La Fontaine à Hugo en passant par Marivaux, les enseignants de France et de Navarre s’efforcent de faire découvrir à nos chères têtes blondes les oeuvres de nos grands écrivains et c’est très bien ainsi. En revanche, ils ne leur dispensent aucune culture linguistique, ce qui est plus regrettable, y compris sur le plan géopolitique. Car la langue, on l’oublie souvent, est aussi un instrument d’influence des États. Le latin du temps de l’Empire romain ; l’espagnol et le portugais en Amérique latine ; l’arabe au Proche-Orient ; le français au Maghreb et en Afrique de l’Ouest… Dans l’Histoire, langue et expansion territoriale sont souvent allées de pair.
Cette règle profite aujourd’hui principalement à l’anglais, qui a commencé à se répandre dans des pays bien éloignés des îles britanniques au fur et à mesure des conquêtes coloniales de l’Angleterre. La langue de Shakespeare profite aujourd’hui de la puissance des États-Unis, dont l’impérialisme a connu trois grandes phrases : d’abord, la conquête de l’Ouest ; puis l’annexion de territoires plus ou moins éloignés, comme Hawaï, l’Alaska et Porto Rico, avant qu’une rupture ne s’opère après la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1945, en effet, l’impérialisme linguistique américain ne dépend plus de l’extension géographique des États-Unis, mais de trois autres éléments : la technologie, la puissance militaire et la domination linguistique, comme le souligne l’historien Daniel Immerwahr (1). Winston Churchill l’avait bien compris : « Contrôler la langue offre bien plus d’avantages que prendre des provinces ou des pays pour les exploiter », déclarait en substance l’ancien Premier ministre britannique. Avant d’ajouter avec son sens bien connu de la formule : « Les empires du futur seront spirituels ». Un précepte que complète Donald Lillistone – un Anglais – dans un excellent article de la revue Défense de la langue française, en écrivant : « Les langues façonnent les sociétés et le statut privilégié dont jouit actuellement l’anglais est donc lourd de conséquences profondes » (2).
Les États-Unis en ont parfaitement conscience, comme l’a spectaculairement révélé un autre universitaire, Robert Phillipson, professeur au département d’anglais de la Copenhagen Business School (3) dans un ouvrage tout bonnement intitulé Linguistic Imperialism (Impérialisme linguistique) publié en 1992. Il y dévoilait un rapport confidentiel établi après une conférence anglo-américaine sur l’enseignement de l’anglais qui s’était tenue en 1961, à Cambridge. Les choses y étaient énoncées clairement dès le discours d’ouverture : « L’anglais doit devenir la langue dominante et remplacer les autres langues et leurs visions du monde ». Une uniformité culturelle qui s’oppose directement à notre modèle européen fondé sur l’enrichissement par la pluralité, dont témoigne sa devise : « Unie dans la diversité ».
Aussi néfaste soit-elle, la politique américaine a pour elle le mérite de la cohérence : tout Empire, fût-il spirituel, cherche à défendre ses intérêts. Washington sait pertinemment que Disney, Netflix, Apple et les autres constituent les meilleurs moyens pour conquérir les esprits et écouler ses marchandises. On ne peut en dire autant de l’Union européenne qui, malgré le Brexit, s’emploie au contraire à dérouler le tapis rouge devant l’anglais, la langue du pays qui vient de la quitter et de la puissance qu’elle prétend concurrencer ! On ne peut pas non plus en dire autant de la France, dont une grande partie des « élites » croient du dernier chic de multiplier les anglicismes, jouant ainsi le rôle d’idiots utiles de l’impérialisme américain. Joe Biden, Google, Amazon et les autres n’en demandent pas tant.
(2) L’empire spirituel, par Donald Lillistone, Défense de la langue française n° 279
(3) Linguistic Imperialism, par Robert Phillipson, Presses universitaires d’Oxford, 1992.

[Source : http://www.lexpress.fr]

Entrevistem al responsable de relacions institucionals d’Amnistia Internacional Catalunya per conèixer la seva visió sobre el reconeixement del dret de les treballadores sexuals a formar un sindicat

Eduard Martínez és el responsable de relacions institucionals d’Amnistia Internacional Catalunya. Font: Amnistia Internacional

Per Ignasi Robleda

El Tribunal Suprem va ratificar en una sentència aquest mes de juny el dret de l’organització OTRAS (Organització de Treballadores Sexuals) a constituir un sindicat. De totes maneres no es va pronunciar sobre si era o no una activitat legal ni tampoc admetia la possibilitat de treballar per compte d’altri o tenir un contracte. El debat, molt polaritzat, segueix encara pendent d’afrontar-se, tot i que aquest pas sembla donar més drets i seguretat a aquest col·lectiu.

Imatge d’un barri del centre de Barcelona on s’exerceix la prostitució. Font: Ignasi Robleda

Com valoreu la sentència del Tribunal Suprem d’aquest juny, que en principi avala els estatuts del sindicat de treballadores sexuals de l’organització OTRAS?

Nosaltres ho valorem positivament perquè el nostre enfocament és de la protecció dels drets i de petició de garanties de les dones que exerceixen la prostitució, ja siguin drets socials, de seguretat, a la salut o laborals.

La sentència estableix que ‘això no suposa la legalització, tolerància o penalització de la prostitució per compte d’altri’. Això com s’interpreta?

Nosaltres no hem fet una anàlisi exhaustiva de la sentència del Suprem però sí que encaixa una mica amb el nostre posicionament: no estem a favor de la regulació de la prostitució però estem en contra de les polítiques que criminalitzen, tan policialment com judicialment, el treball sexual per compte propi i de forma voluntària.

Nosaltres, sense proposar una regulació, defensem el seu dret a sindicar-se, que està reconegut en la Declaració Universal dels Drets Humans.

És una mica complex o confús d’entendre que, per una banda, no s’estigui a favor de la regulació d’aquest tipus d’activitat i, per l’altra, es defensin els seus drets com a treballadores.

Sí que és complex perquè, a més, el debat en aquest àmbit està molt polaritzat: hi ha qui advoca per la regulació i hi ha qui és abolicionista. Nosaltres pensem que, depenent de com es facin les coses en un sentit o altre, pot tenir unes conseqüències de vulneració dels drets humans. Amb el que sí que estem en contra i que creiem que s’hauria de perseguir és el tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual.

No entrem en termes de regulació de la prostitució, tot i que advoquem per la protecció dels drets i per la seva descriminalització. Sigui com sigui, sí que declarem que no estem a favor de la regulació d’aquest sector tot i que estem oberts a conèixer les posicions i els plantejaments que puguin proposar institucions i entitats que sí que ho estan.

En la sentència no s’admet la possibilitat d’un contracte de treball. Com s’explica això a la vegada que es reconeix que es poden sindicar?

No t’ho sabria respondre perquè no sóc un expert en aquest àmbit, però sí que és cert que malgrat les restriccions que pugui suposar a nivell laboral el que poden i no poden fer, ja la simple constitució d’un sindicat pot ser un bon pas pel reconeixement dels drets d’aquestes persones. També representa un benefici en drets socials i de seguretat. Sindicar-se pot millorar les seves condicions.

Què n’opineu de les declaracions del Govern de l’estat el 2018 quan es va publicar al BOE la constitució d’OTRAS i que es va qualificar d’’un gol per l’escaire’.

Doncs respecte a aquelles declaracions no podem dir res més enllà que les autoritats el que han de fer és vetllar per la protecció dels drets de les dones en situació de major vulnerabilitat. I per a nosaltres, Amnistia Internacional, les treballadores sexuals entren en aquest col·lectiu perquè estan marginades de les polítiques socials i perquè estan sotmeses a polítiques policials i judicials abusives.

Per tant, en lloc de pensar en termes d’’ens l’han colat’ o de ‘tot o res’, el que haurien de fer és donar més paraula, més participació, a les persones afectades. Conèixer les condicions d’aquestes persones i enfocar les polítiques en funció de les seves necessitats.

Respecte a la prostitució, entesa aquesta com la que s’exerceix de forma lliure i voluntària, com s’hauria de tractar?

La resposta que podem donar a aquesta pregunta és que nosaltres el que hem vist és que les postures de criminalització o d’abolició de la prostitució no es poden vincular directament amb què s’acabi amb el problema o la greu vulneració de drets humans que representa el tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual.

Vam publicar un informe fa dos anys en què analitzàvem les mancances de l’estat espanyol a l’hora d’identificar i protegir les víctimes de tràfic. Denunciàvem que la perspectiva des d’on s’afrontava la situació era bàsicament policial i migratòria. I, per tant, les víctimes eren utilitzades per a perseguir les xarxes d’explotació però, un cop es feia la denúncia i el procés judicial i de persecució criminal començava, aquestes dones es veien desemparades. No podien accedir a ajudes perquè no hi havia un pla de protecció d’aquestes dones. Cal fer un canvi de perspectiva.

I s’està en aquesta línia?

Sí, sí. Nosaltres estem en contacte amb autoritats policials, el ministeri de Justícia… A les autoritats autonòmiques corresponents, els demanem que desenvolupin plans de formació en diferents graus i tipologies per al funcionariat. Un exemple serien els inspectors de treball, que reclamem que tinguin la formació necessària per identificar els possibles casos de tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual. O també, pel personal sanitari o dels serveis socials.

Volem que tots puguin rebre la formació per identificar aquest tipus de situacions i després es creï tot un circuit d’acompanyament integral d’aquestes persones per poder sortir d’aquestes xarxes.

Respecte a les persones que exerceixen la prostitució de forma voluntària i lliure, cas per exemple d’aquest sindicat, per què des de l’Administració o la Justícia no es vol aclarir si és o no legal o els drets que tenen?

Hi ha molts estigmes, amb poca participació i veu de les persones afectades, siguin treballadores sexuals o que hagin estat víctimes de xarxes. I el debat està molt polaritzat. El mateix moviment feminista té un debat important sobre tota aquesta qüestió, entre postures abolicionistes, que pensen que tallant la demanda desapareix el subministrament. I, d’altres que estan per la regulació.

En aquest sentit, nosaltres fem també estudis comparatius amb altres països del món per saber com han enfocat aquest tema i quins són els efectes adversos de cada model.

I quines conclusions n’heu extret?

Pensem que poden servir com un aprenentatge interessant. Sobre un país nòrdic que va adoptar una posició abolicionista, això va generar un mercat negre de prostitució on encara hi havia més inseguretat per a les treballadores sexuals.

Quines mesures es van adoptar?

Doncs, es podia perseguir de forma criminal tot aquell propietari d’un habitatge que el llogués a una persona que exercís la prostitució. Això va generar que ningú els hi llogués i, per tant, les trobades sexuals es podien tenir en llocs, espais a l’aire lliure, on les treballadores sexuals estaven en una situació de major risc o que eren més propícies a poder ser víctimes d’algun tipus d’agressió o de violència.

El debat, per tant, no està en el blanc o el negre sinó en els grisos, i caldria tenir una perspectiva més general del que passa en altres països per poder trobar punts en comú.

Tornant a la sentència, la legalització del sindicat per part del Suprem pot donar peu a què en sorgeixin més a tot l’estat i la seva normalització.

Sí, a partir d’aquesta sentència sembla clar que se’ls ha de tenir en compte i se’ls ha de donar l’oportunitat d’explicar-se. I jo crec que les autoritats les han de tenir com a interlocutores vàlides.

 

 

[Font: http://www.xarxanet.org]

¿Qué hacer frente al radicalismo y el esencialismo? ¿Qué soluciones se pueden prever para tener políticas públicas claras para la población LGBT+? En esta entrevista con motivo del Día Internacional del Orgullo LGBT, Marta Lamas aborda temas como el fundamentalismo y el fenómeno de las TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminists); así como posibles soluciones para la inclusión de las mujeres trans en espacios públicos, particularmente, en el transporte rosa; la población no binaria; y el papel de los hombres feministas en el mismo movimiento.

Por Ever Aceves


Ever Aceves: ¿En dónde se encuentra la población trans y no binaria en los espacios públicos? Transporte rosa, probadores, sanitarios. Es algo de lo que no se habla mucho y me gustaría saber tu opinión al respecto.

Marta Lamas: Yo creo que la población de las mujeres trans, así como de las mujeres cis, está dividida en clases sociales. Y hay mujeres trans de la clase alta que viajan, que tienen toda una serie de privilegios y, más bien, son las mujeres trans de la clase media para abajo, las que están presentando problemas de discriminación, de opresión, incluso de violencia transfóbica. No podemos generalizar, pero sí podemos decir que la mayoría de las mujeres trans en nuestro país viven situaciones de discriminación, opresión y violencia transfóbica.

EA: ¿Qué soluciones consideras apropiadas para erradicar la marginalización en aquellos espacios de donde las mujeres trans son excluidas? El transporte rosa, sanitarios, probadores…

ML: Creo que la reacción hacia las mujeres trans puede ser una reacción de ignorancia, en donde ciertas personas sienten amenazadas su propia identidad, en donde ciertas personas las visualizan como un hombre vestido de mujer y, en ese sentido, se sienten amenazadas de que vayan al mismo espacio que ellas. Y es distinto del rechazo, del cual yo discrepo, que tiene un sector del feminismo, que tiene toda una elaboración teórica para argumentar que, si no menstruas, no eres mujer, ¿no? Es decir, una confusión conceptual entre lo que es ser una hembra humana y lo que es ser una mujer en términos de identidad de género. Entonces, el fondo del asunto es: la ignorancia en un caso y, en el otro caso, es un pensamiento extremista, radicalizado, fundamentalista. Pero los dos: tanto la ignorancia como el extremismo, lo que están mostrando es el nivel de inseguridad sobre su propia identidad. ¿Por qué reaccionan de esta manera? Porque se les mueve el piso por diferentes razones. Estas mismas personas a lo mejor no se dan cuenta de que puede ser que se sientan erotizadas, que sientan que en el fondo ellas también querrían ser así. Es decir, la subjetividad humana es muy amplia.

Ahora, una política pública sí tiene que apuntar a dar un piso de conocimiento. Sí creo que en lo que son instancias de gobierno, instancias públicas como el transporte rosa, debería de haber una persona, un policía, por ejemplo, bien entrenada. Hay mujeres trans que pasan sin que se note que son un macho biológico transformado en una mujer social; hay otras que no, que se nota, por el tamaño, la voz, la nuez de Adán, por toda una serie de cosas. Entonces si tú pasas y nadie se da cuenta de que eres mujer trans y pasas como mujer cis, no tienes problema. El problema es cuando llega una mujer muy alta o fornida, vestida de mujer; y lo que despierta eso es inseguridad en las otras mujeres, de “¿por qué se nos está colando aquí un hombre?”. Sí creo que la comunidad tendría que hacer una petición muy formal al gobierno de la ciudad de que a nuestros transportes, durante una temporada, vaya una persona bien capacitada para que, cuando llegue una mujer trans y empiece a ver una reacción, se pueda parar y decir “a ver, no, espérense, ustedes tienen que diferenciar sexo y género”, y que haya, a lo mejor, algún tipo de panfleto que se le pueda repartir a la gente en donde se les explique que una cosa es el sexo, determinado por los cromosomas; y otra cosa es la identidad de género. Aparte, creo que habría que hacer campañas publicitarias en tiempo de elecciones, pero aquí hay un tema de ignorancia brutal, ¡y hay miedo!

En el caso de las TERFs, las feministas radicales; hay una posición en donde no solo es lo trans, también están en contra de la maternidad subrogada, del comercio sexual. Es decir, es todo un paquete de cosas que consideran que atentan en contra de la esencia de ser mujer. Lo que estamos trabajando desde el Centro de Investigaciones de Estudios de Género y desde muchos otros centros, es una línea de conocimiento antiesencialista, que se entienda que no hay una esencia porque tengas unos determinados cromosomas, y que la identidad se construye por procesos psíquicos y que hay muchas maneras de ser mujer, muchas de ser hombre, y muchas maneras de ser ser humano que no se asume ni como mujer ni como hombre. Estamos en un momento cultural de mutación y de cambio, y siempre los cambios y las mutaciones de lo que era el lugar común y lo tradicional, generan violencia, miedo y discriminación. Las campañas educativas y políticas son importantes, así como el debate público; hablar de estas cosas. Por eso yo agradezco la oportunidad de esta entrevista, en el sentido de ir hablando de qué es esto y hasta dónde, muchas veces, ese miedo, que es un miedo a veces defensivo, lleva a muchas personas a una reacción muy agresiva, incluso violenta, como se ha visto en los últimos asesinatos de mujeres trans.

EA: ¿Qué opinas con respecto a los hombres al interior del feminismo?

ML: Yo creo que el feminismo es, además de un movimiento, una posición, una postura ideológica que tienes adentro, en la cabeza. Es una manera de entender la vida, la política y es una crítica de la cultura. Eso lo pueden hacer seres humanos que han desarrollado esa postura, así vengan en cuerpo de hombre, de mujer, trans, de quimera o de lo que sea. Creo que el problema es que los movimientos de repente requieren espacios no mixtos. Cuando yo inicié, hace cincuenta años, mi activismo en el movimiento feminista, era muy importante reunirnos entre mujeres, hablar solo las mujeres. Yo venía de una militancia de izquierda en grupos mixtos y, de repente, descubrí que, si no había hombres, podíamos hablar de muchas intimidades y de cosas que en frente de los hombres no hubiéramos hablado. Así como las cantinas, yo creo que debe haber cantinas solo para mujeres, solo para hombres y cantinas mixtas. Y a veces te dan ganas de ir solo con tus amigas a un lugar donde no haya hombres, a los hombres les deberían de dar ganas de ir a un lugar solo de hombres, donde no haya mujeres; y de repente dan ganas de ir a un lugar mixto. Con la política, lo que ha pasado muchas veces es que en las marchas y las movilizaciones que inician las feministas, hay muchos hombres que quieren participar y tienen que aprender que hay un espacio donde ellos no pueden participar. Yo sí creo que hay hombres con pensamiento y compromiso feminista. Yo tengo amigos varones así. Un hombre muy famoso fue Carlos Monsiváis, quien desarrolló toda una crítica de la cultura feminista.

También es cierto que hay momentos en donde cierto tipo de reivindicaciones las tienen que levantar los colectivos. Yo podré sentir mucha solidaridad y compromiso con la causa indígena, pero pues soy una mujer blanca. Si yo empiezo en lugares públicos a hablar del rollo de las indígenas, me van a decir, “¿y esa por qué está hablando de eso?”. Entonces, es difícil, muchas veces, para algunos varones que están comprometidos con el tema, entender que, bueno, hagan sus grupos de hombres, hagan sus movimientos de hombres feministas; apoyen a los grupos feministas y encontremos una manera en donde las voces, las representaciones y las presencias del feminismo vayan prioritariamente a cargo de feministas, y luego, acompañadas por hombres feministas también. El punto es saberte ubicar en qué momento puedes hablar por ti mismo, “yo como hombre feminista, pienso…”. Ahora, si es un mitin de feministas y se para el cuate del sindicato o del partido y quiere tomar el micrófono, evidentemente lo van a correr. Es muy importante el lugar, el contexto para que los hombres feministas, que sí los hay, se puedan expresar. Y cómo habrá veces que tienen que estar en la retaguardia, colaborando en los espacios en los que se les permite estar, de la misma manera que muchas de nosotras podemos estar comprometidas con la causa indígena o, incluso, con el tema trans. Yo no hablaría en un mitin, yo dejaría que las propias personas hablen de sus problemas, y ahí estaría yo, aplaudiendo. Ese es un punto que, si no se entiende, si se piensa que el feminismo es un asunto de tener cierto cuerpo, ¡pues están equivocados! Se trata de tener cierto pensamiento, cierto compromiso y cierta práctica política.

EA: Coincido completamente contigo, el feminismo no se encuentra en la anatomía, sino en el pensamiento. ¿Qué sucede cuando la interseccionalidad del feminismo no se respeta y, en cambio, se coarta? Ha habido marchas en varios estados de la república de feministas radicales que se dedican a presionar contra la Ley de Identidad de Género, puesto que dicen: hay un “borrado de mujeres”; así lo llaman, como si la población trans y no binaria pretendiera borrar a las mujeres, ¿cuál es tu opinión al respecto?

ML: Ese es un pensamiento equivocado, es una práctica política extremista, fundamentalista. Yo creo que, para donde vamos, si es que el proceso democrático avanza y no explota este planeta, es para que en un momento determinado no importe si eres hombre, mujer, quimera, lo que sea: eres ser humano y como seres humanos todos tenemos los mismos derechos humanos. La sociedad nos ha dado dos modelos de identificación: el de hombre y el de mujer; eso le pasa también a las personas intersexuadas. Los cromosomas que te determinan biológicamente, determinan a machos, hembras y personas intersexuadas; personas que pueden tener un ovario y un testículo, por ejemplo, que antes se llamaban hermafroditas. Estas personas, cuando nacen, no pueden los papás llegar al registro civil y responder la pregunta “¿es niño o niña?” con: “es hermafrodita, es intersexuado”, pues eso no existe. De la misma manera que en la biología hay más categorías de sexo, aparte de macho y hembra; en el psiquismo, hay más categorías que hombre y mujer, como lo están mostrando las personas no binarias, identidades disidentes, transgénero, etcétera. Frente a esa variedad, ¿qué pasa con el feminismo radical? Está yendo para atrás de lo que ha sido una de las luchas fundamentales del feminismo, que fue decir: ¡que no nos determinen nuestras oportunidades en la vida por nuestra biología! Hubo todo un proceso político para demostrar que, aunque tuviéramos una biología distinta que la de los machos considerados hombres, éramos seres humanos que queríamos los mismos derechos que ellos. Ya que ganamos eso, ahora resulta que un grupo de feministas quiere regresar a que “¡no, no! Si no tienes tal biología, entonces no eres mujer”. Es un retroceso y uno muy preocupante porque, además, está fundamentado en ignorancia y en una cosa de rabia y de coraje como de que les están quitando algo de su identidad, sin entender que hay muchas maneras de ser mujer, muchas maneras de ser hombre y muchas maneras de ser ser humano.

Sí hay que entrar en una reflexión sobre que somos todos seres humanos, de eso no hay discusión; y que, claro, hay situaciones en las que se separa a mujeres de hombres, como en el vagón del metro porque hay una violencia hacia las mujeres, y entonces hay que educar a las personas responsables de esos espacios para que entiendan que una mujer trans que no pasa fácilmente como mujer cis, sí puede entrar a un baño de mujeres porque, además, si entrara a un baño de hombres le iría probablemente peor y podría vivir violencia. Son situaciones nuevas que están pasando en los últimos años en nuestro país; hay otros países que ya lo han resuelto, han puesto baños neutros y utilizado todo otro tipo de dispositivos de funcionamiento. Pero sí hay que hablar de estas cosas, discutir, ¡y preguntarles a estas feministas por qué se sienten tan afectadas, tan amenazadas! Nadie les quita que son hembras, o que son mujeres cis; hay mujeres cis y hay mujeres trans, ¿¡cuál es la bronca!? Y puede que en un futuro haya otra cosa nueva. Es decir, lo interesante es qué tipo de sociedad queremos construir: una sociedad donde todas las personas tengamos los mismos derechos, y que cada quién haga de su culo un papalote, y lo que se le antoje sexualmente, laboralmente, etcétera. Sí es un tema muy complicado, estamos en un momento de transición. Todavía en México no hay protocolos en donde a los adolescentes trans se les permita bloquear sus procesos hormonales, sino hasta después de que ya se masculinizaron o se feminizaron: hembras y machos.

Me parece muy importante que se trate el tema. Con los grupos fundamentalistas es muy difícil dialogar, están como con orejeras, muy en su rollo, de la misma manera que lo están con el aborto. Entonces, hay que buscar alianzas; por ejemplo, trabajar con sindicatos, partidos políticos, con el sindicato del metro, y tener una interlocución para que sean escuchados y que se explique que, si una mujer trans quiere ir en el vagón de mujeres, es legítimo y tienen que permitírselo; que si hay gente que se siente amenazada por eso, que haya una posibilidad de una intervención: “no se sienta usted enojada, mejor le damos este folletito: qué es una mujer trans y qué es una mujer cis”. La educación bien encaminada, Ever, ayuda mucho. Hay personas que no entienden y que tienen esta fantasía que las TERFs también han difundido: “es un hombre que se viste de mujer para entrar en un baño y aprovecharse de las mujeres o violarlas” ¡Por favor! Las violan afuera todo el tiempo, nadie se tendría que disfrazar de mujer para violar a una mujer. Pero son fantasías que hay que desmontar, y hay que desmontarlas con conocimiento.

EA: ¿Crees que estas fantasías, como bien mencionas, están fundamentadas en un pensamiento de ultraderecha, sumamente conservador, machista y patriarcal?

ML: Fíjate que desgraciadamente no. Muchas veces sí, pero de repente te encuentras a feministas que han sido progresistas, que no son derechosas, que están a favor del aborto en muchas cosas, y hay un giro extraño ahorita con el tema de los trans. Para mí sería muy fácil decir “todas son conservadoras”. No, no todas son conservadoras; hay gente que viene de la izquierda y que de repente ahí hay algo que da este giro y hay una cosa de sentirse amenazadas. Hay que entender bien el fenómeno de las TERFs.

EA: Microsoft recientemente implementó estos baños neutros en México, pero hay muchas empresas que se ostentan de ser pro LGBTQ+, pero ya en la práctica no lo cumplen y, por debajo del agua, a pesar de que están en las marchas y demás, no cumplen del todo estas premisas.

ML: Los cambios culturales son cambios muy lentos. Lo dice Braudel, un historiador: de siglo en siglo. Yo entré al feminismo hace cincuenta años y apenas ahorita estoy viendo algunos cambios. Digamos, la comunidad trans empieza a organizarse en México hace muy pocos años. Antes empiezan a organizarse las feministas; llevamos medio siglo y todavía no conseguimos muchísimas de las cosas por las que nos hemos organizado. Entonces, hay que tener paciencia, hay que ser persistentes y hay que saber discutir; eso es importante: tener buenos argumentos, desmontar. Hay mucho trabajo de sensibilización que hay que hacer. La comunidad trans es muy pequeñita, tienen muy pocas voceras y de repente no traen una elaboración de “por qué nos sentimos distintas a la categoría tradicional que se usa respecto a nuestra biología”. No hay esta intervención pedagógica que a veces hay que hacer. Lo mismo pasa con las feministas, no creas que solo pienso que les pasa a las mujeres trans. Para hacer política debes tener argumentaciones que convenzan, tienes que entender quiénes son tus adversarios. Hay enemigos que ni siquiera vale la pena tratar de convencer. Yo no voy a tratar de convencer a los obispos, por ejemplo. Pero yo sí trataría de convencer a los líderes sindicales. Hay necesidad de una información sólida que haga que la gente no se sienta amenazada, porque las reacciones agresivas se dan muchas veces porque se sienten amenazados: “porque si ese macho biológico que ahora se siente mujer y se viste como mujer, ¿entonces yo qué? ¿Yo qué soy?” Hay también toda una crisis identitaria en las personas cis que se sienten asustadas con estos cambios culturales, estamos en una mutación cultural muy fuerte como civilización. Da más tranquilidad aferrarse a lo tradicional, “papá, mamá, hijo, hija”, por eso dicen que son conservadoras, o sea, da mucho miedo abrirse a nuevas identidades, a nuevas relaciones.

EA: Y como mencionas al principio, tal vez sienten temor por sentirse atraídos hacia una mujer trans, por ejemplo.

ML: ¡Claro!

EA: El problema también se agrava cuando las feministas radicales atacan, cuando no respetan la lucha trans

ML: Claro, pero mi pregunta a la comunidad trans, es: ¿se ha hecho un folleto sobre por qué las mujeres trans pueden entrar en el transporte público? Se podría hacer una como historieta, es decir, ustedes lo que pueden hacer es cambiarse a sí mismos, no pueden cambiar ni a las feministas TERFs ni a las otras. Lo que aprendimos las feministas hace unos años fue que nosotras teníamos que educar a la población, a los periodistas. Teníamos que hacer talleres con feministas y periodistas, invitarlos, discutir e irles cambiando el chip. Yo no veo que la comunidad esté haciendo eso. Siendo realistas, la gente no cambia tan fácilmente a menos que los empujes, y una manera de empujarlos es esta explicación: qué es una mujer trans, por qué una mujer trans va a un vagón de mujeres, porque sabe que, si va a uno de los otros vagones, la van a agredir igual que a otras mujeres. Esa explicación no la he escuchado de ninguna mujer trans ni en ninguna otra parte. Hay un tema de organización muy importante que tienen que empezar. Es un movimiento que lleva muy poco aún; igual nos pasó a nosotras, nos tomó veinte años hasta que se nos prendió el foco de hacer una ONG, etcétera. Ahí hay un trabajo de la comunidad trans que tienen que enfrentar y asumir.

EA: Ahí hay un espacio, claro. Pero yo creo que sí se está haciendo un trabajo, aunque, a veces, los medios a través de los cuales podemos llegar a difundirlo, se cierran. Impulsados también por el feminismo radical, lo cual puede llegar a dificultar la difusión.

ML: Antes tampoco se abrían para hablar del aborto y lo que hacíamos era buscar amigos intelectuales que tenían entrada y nos colaba. Hay gente alrededor que los apoyaría. Se debe tener una estrategia, un mapa de actores de aliados, adversarios. Pero hay intelectuales a los que se les puede pedir que entiendan el asunto; pero se les tienen que dar argumentos, un escrito, invitarlos a un conversatorio, tienen que hacer estrategias organizativas.

EA: Claro, hay personas que apoyan la causa, en quien puede apoyarse la comunidad trans. Y qué bueno que mencionaste a Carlos Monsiváis, con este libro que lograron publicar poco después de su muerte, Braulio Peralta y tú. Un libro maravilloso: Que se abra esa puerta (2010). Para finalizar, ¿te gustaría agregar algo?

ML: Creo que es una causa justa, creo que hay mucho trabajo pedagógico que hacer en muchas intervenciones públicas, creo que sí tienen que desarrollar una red de aliados y aliadas. En la UNAM está Siobhan Guerrero, una investigadora trans, superaliada. Pensar políticamente en qué tipo de aliados deben tener. Yo creo que deben ir con las autoridades del metro, pedir una cita y que se explique por qué las mujeres trans deben ir en los vagones de mujeres y hacer a lo mejor este folleto. Y hay que diversificar las formas de protesta y encauzarlas en acciones muy aterrizadas. Les deseo mucha suerte, mucha, mucha suerte.

 

Ever Aceves es licenciado en Psicología por la UAEM. Ha publicado en las revistas: Replicante, Praxis, La Lengua de Sor Juana La libreta de Irma. Twitter: @aceves_ever.

[Ilustración: Víctor Solís – fuente: http://www.nexos.com.mx]

El espectador (Apuntes, 1991-2001)

Imre Kertész

Traducción de Adan Kovacsics

Editorial Acantilado

Barcelona 2021     233 páginas

 

IMRE KERTESZ EN LA ANTESALA DEL ADIÓS

 

Escrito por Iñigo Linaje

Recuerdo la lectura de La última posada, el diario de Imre Kertesz publicado póstumamente por Acantilado en 2016, como uno de los testamentos literarios más desoladores y descarnados que he leído los últimos años. De todos es sabido que el Nobel húngaro estuvo prisionero -en su adolescencia- en el campo de concentración de Auswchitz, experiencia que determinará su vida y su obra y de la que dará testimonio en un libro terrible: Sin destino.

La editorial Acantilado, que editó hace años Diario de la galera, fechado entre 1961 y 1991, acaba de publicar ahora el tomo central de su particular trilogía diarística bajo el título El espectador, que recoge los apuntes del autor durante los años noventa del siglo pasado. Así, este diario toma el testigo del primero y precede al último, donde expone con una desesperación y crudeza terribles los estertores de su acabamiento y su adiós definitivo en 2016.

Kertesz no tarda en fijar su particular poética existencial en estas páginas: “Escribo para salvar y rescatar nuestras almas de la fatalidad espiritual que crea la política, la economía y la ideología que las sostiene”. Una visión de la realidad marcada por sus vivencias juveniles que, no obstante, cualquiera podría suscribir al vislumbrar nuestra historia reciente. Pero sus notas de diario trascienden lo histórico o el ámbito social para inmiscuirse también en su intimidad. De esta manera, el autor consigna lecturas de Wittgenstein y Thomas Mann, anota reflexiones puntuales y atiende las lecciones de su compatriota Sandor Marai: que no pase un solo día sin leer unas líneas de Tolstoi o escuchar una pieza de Bach.

El diario se activa y toma vigor hacia la mitad del volumen, coincidiendo con la enfermedad y posterior muerte de su mujer, un acontecimiento que enfrenta a Kertesz a ver el itinerario de su vida desde una perspectiva aún más angustiosa: la de una soledad radical y dolorosa. “Quien no ha sido feliz no sabe morir”, escribirá esos días en algunas de las notas más amargas del diario.

Entre reflexiones sobre la actualidad de su país, remembranzas de un pasado siempre presente y lecturas discurren las últimas páginas de El espectador, donde Kertesz confiesa su último deseo: terminar los proyectos literarios emprendidos. Algo que tomará cuerpo en las devastadoras anotaciones incluidas en La última posada, que, acaso, anticipan estas palabras: “El hombre cree que su vida tiene sentido porque es el único ser capaz de concebir el sinsentido de la vida”.

 

 

[Fuente: http://www.culturamas.es]

Dois filmes tratam do conflito Israel-Palestina: no cotidiano de um palestino da Cisjordânia e na visão crítica de judeus franceses

Cena de ‘200 mètres’, do cineasta palestino Ameen Nayfeh (fonte: Metafora Productions)

Escrito por Leneide Duarte-Plon

«200 mètres» e «Pas en mon nom !» têm em comum apenas a região do mundo a que se referem: Israel-Palestina.

Ambos falam do longo e insuperável problema do Oriente Médio. No primeiro, «200 mètres», um palestino vive a realidade da ocupação, a humilhação e a violência do dia a dia. No outro, «Pas en mon nom !», oito franceses judeus explicam por que criticam a política colonialista de Israel em vez de assumirem a defesa incondicional do país, como a maioria dos judeus franceses.

«200 mètres» é um road movie realizado pelo cineasta palestino Ameen Nayfeh, que em seu primeiro longa metragem conta a história de um pai que precisa atravessar com urgência o muro que separa Israel da Cisjordânia para ver seu filho hospitalizado em Israel, onde mora com a mãe e os dois irmãos. Apesar de estarem separados por apenas 200 metros, a fronteira intransponível do muro é uma realidade que torna a vida quotidiana do personagem do filme totalmente kafkiana, como a de milhares de palestinos que vivem na Cisjordânia e trabalham em Israel.

Todas as noites, o pai de família, que mora em Tulkarem, diz boa-noite aos filhos e à sua esposa através de sinais luminosos que acendem e apagam de um lado e do outro do muro. Salwa, a mulher de Mustafa (vivido pelo ator Ali Suliman), tem a nacionalidade israelense para poder morar e trabalhar do outro lado do muro, em Israel. O marido se recusa a pedir a nacionalidade do ocupante para morar do outro lado do monstro de concreto de 8 metros de altura, presença material do apartheid real que reina em Israel e nos territórios ocupados.

Com seu documento de trabalho vencido e com a urgência de ver o filho, Mustafá entra num esquema alternativo de passagem clandestina que o leva a viver momentos de angústia e muito risco para atravessar os diversos check-points controlados por soldados de Israel. A chegada ao hospital é o fim de uma aventura arriscada e estressante que faz o pai de família percorrer 200 quilômetros para encontrar a família que vive a 200 metros.

O cineasta Ameen Nayfeh foi separado de toda a família materna – avós, tios, tias, além de amigos de infância – quando o muro foi construído e conhece as dificuldades e humilhações que os palestinos vivem no cotidiano para trabalhar e simplesmente rever os parentes. Muitas mulheres palestinas têm filhos nos «currais» dos check-points onde a fila de espera pode durar horas.

200 mètres (fonte: Metafora Productions)

Extremamente bem realizado, «200 mètres» foi apresentado em diversos festivais e recebeu vários prêmios, entre eles o do público da Jornada dos Autores do Festival de Veneza de 2020.

Pas en mon nom !

O segundo filme, realizado pelo cineasta Daniel Kupferstein, é um documentário que relata em entrevistas a recusa de alguns judeus franceses – dois deles muito conhecidos, o ex-presidente da ONG Médicos sem Fronteiras, Rony Brauman, e a historiadora e senadora Esther Benbassa – de apoiar incondicionalmente o Estado de Israel.

Esther Benbassa escreveu, entre outros, o livro «Être juif après Gaza» (Ser judeu depois de Gaza), publicado em 2009, depois que Israel bombardeou Gaza na «primeira guerra de Gaza». Depois dessa, vieram mais três, inclusive a deste ano, a «quarta guerra de Gaza», que matou centenas de civis além de 66 crianças palestinas do território que é conhecido como a «maior prisão a céu aberto do mundo».

 

Cena de ‘Pas en mon nom !’, de Daniel Kupferstein (fonte: Télérama)

«A verdadeira religiosidade dos judeus hoje consiste na sacralização de Israel e no fervor que o país lhes inspira», escreve Esther Benbassa no livro. «Essa sacralização pressupõe que Israel está, a priori, ao abrigo de todo erro, de toda falta, de todo desvio moral ou político».

Rony Brauman costuma falar do conflito Israel-Palestina como de uma «guerra» totalmente assimétrica que envolve um dos exércitos mais bem armados do mundo e um povo que fabrica armas artesanalmente. Ele considera Israel um «gueto superarmado» como escreveu no seu artigo do livro “Antissemitismo, a intolerável chantagem- Israel-Palestina, um affaire francês?”.

O título do filme retoma o nome de um grupo de judeus americanos, “Not in my name”, que desaprovam a ocupação da Cisjordânia e de Jerusalém Leste por Israel e condenam a política colonialista do Estado judaico. Eles não admitem que “os crimes de Israel contra o povo palestino, inclusive ignorando diversas de resoluções da ONU, sejam imputados a todos os judeus do mundo.”

Kupferstein justifica seu documentário dizendo que, frequentemente, na França «quando o conflito do Oriente Médio volta ao noticiário, as pessoas de origem judaica são convidadas a apoiar incondicionalmente o Estado de Israel. No entanto, um certo número deles, como eu, se recusam a ser colocados nessa bolha identitária, mesmo se temem o desenvolvimento do antissemitismo. Foi por isso que fiz o documentário”.

Esther Benbassa escreveu, entre outros, o livro «Être juif après Gaza» (Ser judeu depois de Gaza), publicado em 2009, depois que Israel bombardeou Gaza na «primeira guerra de Gaza». Depois dessa, vieram mais três, inclusive a deste ano, a «quarta guerra de Gaza», que matou centenas de civis além de 66 crianças palestinas do território que é conhecido como a «maior prisão a céu aberto do mundo».

Cena de ‘Pas en mon nom !’, de Daniel Kupferstein (fonte: Télérama)

Os entrevistados pelo cineasta são Bernard Bloch, Emmeline Fagot, Andrée Bensoussan, Maurice Rasjfus, Karen Akoka, Rony Brauman, Robert Kissous e Esther Benbassa.

Para ter uma diversidade de origens, os judeus franceses entrevistados vêm do Egito, da Argélia, do Marrocos e da Europa Central como a Polônia e a região da Alsácia.

Em geral, os entrevistados falam de sua relação com Israel e de sua história familiar ou profissional que os leva a se afastar de uma postura comunitarista, que prevê uma solidariedade cega com todos os atos de Israel.

Todos os entrevistados defendem um Estado palestino ou, como é mais provável atualmente, um Estado binacional com igualdade de direitos para todos os cidadãos, o que é longe da realidade atual na qual os cidadãos israelenses de origem palestina, isto é não judeus, são cidadãos de segunda classe de um país que se define como «Estado-Nação do povo judeu».

Em 2011, o filósofo Alain Badiou e o escritor e editor Eric Hazan já trataram do tema do filme «Pas en mon nom !» no livro “L’antisémitisme partout-Aujourd’hui en France” para denunciar os “propagandistas” de Israel, intelectuais franceses judeus, que usam essa falsa acusação de antissemitismo para calar críticos do governo israelense, como Hazan (filho de judeus) e Badiou.

Alguns anos antes, fora publicado o livro  L’antisémitisme, l’intolérable chantage” em que nove intelectuais judeus – como o filósofo marxista Etienne Balibar, a filósofa americana Judith Butler, o jornalista israelense Michel Warschawski e o médico Rony Brauman – denunciavam a chantagem da acusação de antissemitismo para calar vozes que denunciam a ocupação por Israel de territórios palestinos e o Estado de apartheid em que o país se transformou. “Antissemitismo, a intolerável chantagem-Israel-Palestina, um affaire francês?” foi traduzido por mim para a editora Anima em 2004.

Leneide Duarte-Plon é coautora, com Clarisse Meireles, de «Um homem torturado, nos passos de frei Tito de Alencar» (Editora Civilização Brasileira, 2014). Em 2016, pela mesma editora, a autora lançou «A tortura como arma de guerra – Da Argélia ao Brasil: como os militares franceses exportaram os esquadrões da morte e o terrorismo de Estado». Ambos foram finalistas do Prêmio Jabuti. O segundo foi também finalista do Prêmio Biblioteca Nacional

[Fonte: http://www.cartamaior.com.br]

 

Comentário sobre o livro “Los asaltantes del cielo” do escritor argentino, recém-falecido

Escrito por GABRIEL COHN*

Dentre as muitas coisas que os fascinavam nas aulas do mestre argentino por quem sentiam uma grande simpatia, os estudantes que nos anos 1980 assistiam a seus cursos na Escola Livre de Sociologia e Política de São Paulo (livre porque, existindo desde antes da Universidade de São Paulo e dos órgãos federal do Ministério da Educação, que imporiam normas e regras a todas as instituições de nível superior no país, cultivava o orgulho de seguir sua própria orientação) se recordariam muitos anos depois de uma que constituía experiência singular.

Com Horacio González exercitavam um método inventado por ele, o método Leopold Bloom, que consiste em “caminhar, observar, rememorar”. A principal característica do Método Leopold Bloom é que não é um método, proclamava seu inventor, pouco antes de levar seus estudantes, literalmente, para as ruas, onde se dispersavam pelas esquinas e esconderijos da cidade, recolhendo impressões de todas as maneiras e por todos os meios. Guardo até hoje (esperando o momento de oferecê-lo finalmente a Horacio) um volume dos resultados de um dia de aplicação desse não método, em que a Chicago de Robert Park se mesclava com a Dublin de James Joyce num jogo de travessas alusões que no fundo remetiam a outra relação, esta sim mais séria, que dava sentido ao trabalho de Horacio em seu exílio brasileiro: Buenos Aires e São Paulo, duas referências com grande carga afetiva.

No meu entender, faz parte da grandeza de Horacio não ter vacilado um instante sobre a primazia entre essas suas duas cidades queridas: tão logo foi possível suspender o exílio que o havia trazido ao Brasil, agiu em nome de um compromisso que superava tudo o que seus amigos e colegas paulistas poderiam oferecer-lhe, e retornou à Argentina, seu lugar no mundo, que merecia e exigia retomar em novos termos a antiga militância política e cultural.

E quanto trabalho acumulou nesses anos de volta para casa! Não satisfeito com sua decisiva presença na brilhante equipe responsável por um empreendimento de real envergadura como é a revista El Ojo Mocho, Horacio publicou nesse período uma importante sequência de livros. Livros que são relidos com prazer após uma década, como La ética picaresca, de 1994 (com o subtítulo “secreto”: Pretexto y tragedia en el origen de la política), cuja fonte, já um tanto remota, é a tese com que havia conquistado o título de doutor em Sociologia pela USP, num caso raro em que todos achavam que ele devia ser doutor, menos ele mesmo, refratário como sempre foi ao rotineiro jogo das instituições.

Resultado ocasional de um mero trabalho acadêmico? Não: a referência de fundo no livro (seria interessante examinar até que ponto já presente na tese) é, como revela Horacio ao leitor desprevenido, a política argentina, “ainda que talvez não se note”. Aí está Horacio inteiro, e gostaria de insistir sobre isto. Existe um núcleo duro nos escritos de Horacio: a Argentina, em todas suas formas e metamorfoses. (Será muito indiscreto lembrar que há uma interlocutora constante, a quem são dedicados livro após livro, que ela retribui com lindíssimas canções?).

Todavia, a luxuriante proliferação de referências e de ideias que aparecem como uma conversa (o modelo horaciano da produção intelectual, a “simples conversa amável e generosa da amizade”, segundo a expressão de um autor que Horacio aprecia) exige um tipo particular de disciplina na leitura, para que se evite uma dupla perda: a que consiste em se perder nesta rede de referências cruzadas e deixar escapar o núcleo do argumento, e a perda maior que consiste em renunciar à experiência de acompanhar os fios das digressões, aparentemente erráticas, mas que se revelam adiante essenciais ao argumento.

Ou então, esse livro extraordinário que é Restos pampeanos. Ciencia, ensayo y política en la cultura argentina del siglo XX, onde leva adiante, em grande estilo, a recuperação do debate sobre a condição história argentina, por meio de um filão tão caro a Horacio como é a figura pública do intelectual. Ou também, em seguida, Retórica y locura. Para una teoría de la cultura argentina, quatro conferências parisienses proferidas por esse portenho empedernido, e uma mais (“Sobre la idea de la muerte en Argentina”) que, para a alegria de seus amigos brasileiros, pronunciou em São Paulo, depois de ter examinado na USP a notável tese de doutorado de Eduardo Rinesi, cujas afinidades horacianas já se revelam em seu título: Política e tragédia.

Nesse livro, as alusões não são mais joguetes como nas suas aulas paulistas, se bem tudo seja alusivo, sinuoso e sutil, como sempre. Estamos diante nada menos do que reflexões orientadas para uma teoria da cultura argentina, coisa que, à distância do exílio, não lhe teria ocorrido fazer. O retorno para a Argentina já vinha provocando o que se poderia chamar de “paradoxo do compromisso”. Pois é justamente quando a distância física no exílio, com tudo o que ela implica de desgaste pessoal, é substituída pela proximidade física e pela exigência de refletir e tomar partido, que se torna possível o afastamento, que é condição para a crítica.

Entre esses dois livros, há que se destacar um ensaio mais ambicioso, La crisálida. Metamorfosis y dialéctica. Neste ponto, suspeito, abre-se uma nova etapa da produção intelectual de Horacio. Por sorte posso usar as velhas desculpas e dizer que não é este o lugar, ou que não há espaço suficiente, ou que falta o tempo necessário para desenvolver aqui a questão, e limitar-me a deixá-la assinalada.

A ideia é que o tema da metamorfose explicita uma antiga linha de preocupações de Horacio, e o faz num registro novo e mais forte, que projeta para uma nova dimensão (na realidade, para duas, já que é a tensa relação entre a metamorfose, esse processo sempre impulsionado por referências extrínsecas, e a dialética, regido por um dinamismo intrínseco, o que está em jogo) seu grande tema no período do exílio, que é o do movimento, do trajeto, do percorrido – uma ideia que não cessa de emergir, mas que agora aparece como sublimada.

Metamorfoses e dialética são discutidas nesse livro como formas de pensamento, numa mudança de foco a partir do registro mais “sociológico” anterior, que concentrava o olhar nos intelectuais e em suas situações, para o registro “filosófico” das formas de pensar como objeto de uma reflexão que, sem embargo, não esquece o social e o político. Um passo a mais, enfim, no grande projeto, jamais enunciado com todas as letras (exceto no subtítulo levemente irônico de Retórica y locura), de produzir uma teoria política da cultura argentina, projeto para o qual contribuem experiências como a da notável revista cultural  El Ojo Mocho, e agora a da Biblioteca Nacional, como igualmente os livros mais “monográficos” de Horacio, como El filósofo cesante, sobre Macedonio Fernández, ou Política y locura, sobre Roberto Arlt.

Falei dos livros de teor mais monográfico. Os três que estão reunidos neste volume, sobre Camus, sobre Marx e sobre a Comuna de Paris, têm essa característica. Entre Marx e a Comuna de Paris é possível estabelecer uma clara continuidade temática (ainda que Horacio não seja “marxista” ao ler a Comuna). Junto a eles está aqui Camus, que constitui um antigo desafio para Horacio (como lembramos quando tivemos a sorte de ouvi-lo falar a respeito no pequeno e simpático teatro Ágora, em São Paulo). Há algo de desdobramento da “ética picaresca” (e uma pitada do “método Leopold Bloom”) em tudo isso.

A questão elementar da mobilidade e de suas contrariedades é projetada para grandes cenários históricos nos casos de Marx e da Comuna, e para uma trajetória existencial ao se falar de Camus. Os percursos que Horácio acompanha com delicada minúcia não são lineares: parecem-se mais a meandros entrecortados por desfiladeiros onde as diferentes correntes convergem e produzem diversas transfigurações (para usar o termo que ele mesmo utiliza ao final de sua análise da Comuna), transfigurações que por sua vez incidem sobre o próprio espaço histórico onde ocorre a ação, mudando ou fixando o rosto dos personagens, estreitando ou dilatando o tempo dos acontecimentos.

Claro que nisso já está presente o grande tema da metamorfose e de seu par, a dialética. E está presente também a ideia, que orienta a brilhante construção “cinematográfica” do livro sobre Camus, de que os percursos lineares (neste caso, o do automóvel que transporta Camus ao longo de um tempo escandido hora a hora) conduzem ao desastre, pois prefiguram mais que transfiguram: provocam um destino, como escreve Horacio em outro contexto. É essa visão que lhe permite, no livro sobre Marx, uma fina análise de O 18 Brumário, onde se restitui seu verdadeiro significado àquela célebre frase, de aparência ortodoxamente historicista, segundo a qual “os homens fazem sua história, mas…”, revelando que esse significado reside na ideia, inteiramente não historicista-conservadora, da opressão do pretérito sobre a mente dos que tentam traçar seus próprios caminhos.

Por todas essas razões, a edição em espanhol destes três pequenos livros reunidos neste volume constitui uma importante contribuição para o conhecimento da obra de Horacio González, ao permitir o acesso ao leitor argentino de algumas das peças mais importantes de sua atividade nos anos de exílio paulista, quando seu próprio caminho se definia.

*Gabriel Cohn é professor emérito da FFLCH- USP. Autor, entre outros livros, de Weber, Frankfurt (Azougue).

Referência


Horacio González. Los asaltantes del cielo: politica y emancipación. Buenos Aires, Editorial Gorla, 2006, 180 págs.

 

[Fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]