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Ou comment la musique peut devenir une arme de résistance aux totalitarismes.

Malgré une démarche pacifique, la «jeunesse swing» allemande subit la répression. | Eric Awuy via Unsplash

Écrit par Nicolas Méra — édité par Natacha Zimmermann

«Le jazz […] est selon moi une expression des idéaux les plus élevésaffirmait John Coltrane, l’un des jazzmen les plus influents de sa génération, en 1962. Par conséquent, il contient de la fraternité. Et je crois qu’avec de la fraternité il n’y aurait pas de pauvreté, il n’y aurait pas de guerre.»

Plongeant ses racines dans la culture musicale afro-américaine de la fin du XIXe siècle, le jazz est avant tout un hymne de résistance –résistance à l’oppression, à l’indifférence et à la persécution des communautés noires. Ce n’est donc pas un hasard si le swing, frère cadet du jazz importé en Europe dans les années 1930, a servi de rempart aux pulsions totalitaires.

Bonnes et mauvaises notes

Toutes les formes de musique ne sont plus tolérées sous le Troisième Reich. Le parti nazi mène alors une véritable croisade contre ce qu’il appelle «l’art dégénéré»: à partir des années 1930, la propagande condamne les «renversements rythmiques hystériques caractéristiques des races barbares», qualifiant le jazz et le swing de «Negermusik» («musique nègre»). Ces styles sont bannis à partir d’octobre 1935.

Selon les nazis, la musique afro-américaine serait une arme politique utilisée par les juifs afin de faire triompher la démocratie et le capitalisme, des valeurs typiquement nord-américaines. Caractérisée par des «danses indécentes» et des «excès négroïdes de tempo» tranchant avec l’impératif aryen de discipline et de modération, la musique dite dégénérée serait source de corruption, de désordre, de «décadence culturelle». La preuve: on ne peut pas marcher au pas sur un air de jazz…

En conséquence, tandis que les représentants de l’école musicale allemande sont glorifiés –à commencer par Mozart, Bach, Haydn ou Wagner–, artistes noirs et compositeurs juifs sont chassés des scènes germaniques. Certains sont contraints à l’exil; d’autres sont purement et simplement déportés. Ce qui n’empêche pas Coco Schumann, guitariste berlinois de jazz, de former, au sein du camp de concentration de Theresienstadt, le groupe des Ghetto Swingers –signe que la musique peut encore s’élever derrière les barbelés.

En 1939, le ministre de la Propagande du régime, Joseph Goebbels, va jusqu’à créer un groupe de jazz allemand, Charlie and His Orchestra, dont les compositions parodiques moquent les Américains et leurs alliés. Il paraît que Churchill, régulièrement taclé dans leurs chansons pour son penchant pour l’alcool, trouvait les paroles hilarantes.

Danser pour résister

C’est dans la foulée de la Grande Guerre que le jazz et le swing se sont répandus comme une traînée de poudre en Europe. En France, en Allemagne, en Belgique, en Tchécoslovaquie ou en Grande-Bretagne, ces styles radicalement nouveaux, survitaminés et dansants ont aidé à évacuer les mauvais souvenirs de 1914-1918. Et si le jazz aidait à guérir?

Malgré les interdictions progressives faites aux orchestres allemands de consacrer plus de 20% de leur répertoire au jazz, des clubs dédiés à cette nouvelle tendance se forment dans les années 1930, fleurissant à Berlin, Francfort et Hambourg. S’y rassemble un public jeune et ouvert sur le monde, conquis par l’aspect libertaire de cette musique et, plus largement, par l’esprit extraverti et le laisser-faire qui transpire de la culture américaine. «Nous étions habités par un désir de vie à l’américaine, de démocratiese souvient Frederich Ritzel, un habitué des swing clubsTout était connecté –et connecté à travers le jazz.»

Ces fans de musique clandestine, on les appelle «Swingjugend», littéralement «jeunesse swing». Selon les fichiers de la police, ce sont de jeunes Allemands et Allemandes âgés de 14 à 19 ans, arborant chapeaux hollywoodiens, cheveux longs, parapluies quelle que soit la météo, et parlant couramment l’anglais. Ils parodient d’ailleurs le fameux salut nazi «Sieg Heil!» en lançant à la place «Swing Heil!», véritable pied-de-nez à la figure d’Adolf Hitler.

Généralement issus des couches sociales élevées de la société allemande, ils ne constituent pas un mouvement de résistance armé. Bien au contraire, le groupe se définit comme apolitique et non violent. Mais sa rébellion s’exerce autrement: par la non-conformité avec l’identité nationale et les valeurs promues par l’idéologie nazie. Certains éludent leur service dans les Jeunesses hitlériennes ou la Ligue des jeunes filles allemandes; d’autres confrontent leurs homologues rangés sous les drapeaux. Il s’agit avant tout de court-circuiter l’idéal aryen.

Dans le viseur de la Gestapo

Malgré une démarche pacifique, cette «jeunesse swing» subit la répression. En 1941, la Gestapo prend le problème à bras-le-corps, organisant des descentes dans les clubs de jazz, les écoles de danse et les autres lieux où ces habitués se rencontrent. Ces derniers sont contraints de poursuivre leur passion illégalement, au fond de caves aveugles ou de bars clandestins.

Quelles punitions risquent-ils? Les sanctions infligées à ces «déviants» peuvent aller du simple fait de leur couper les cheveux à l’enrôlement forcé dans l’armée, voire à la déportationHeinrich Himmler, le chef des SS, considère les adorateurs de jazz comme une véritable menace; selon lui, seules des mesures drastiques permettront «d’éradiquer la dangereuse diffusion de ce mouvement anglophile à l’heure où l’Allemagne se bat pour son existence». À Hambourg, près de 400 d’entre eux sont raflés entre 1940 et 1942. Soumis à des peines allant de deux à trois ans d’emprisonnement, ils sont roués de coups, brimés et humiliés par les geôliers des camps d’internement pour mineurs.

Une affiche de propagande nazie du Troisième Reich contre les «musiques dégénérées». | leewrightonflickr via Wikimedia Commons

Mais on se tromperait en pensant que les travaux forcés brident leur oreille musicale. «La mine de sel dans laquelle était l’usine avait une très bonne acoustiqueracontera ainsi Günter Discher, déporté au camp de redressement de Moringen. L’un de nous jouait sur les cartouches –des sortes de boîtes en bois– avec des baguettes de fortune. Nous improvisions toutes sortes de choses, qui sonnaient plus ou moins bien. Mais dans tous les cas, cela nous aidait à tenir pendant les pauses déjeuner.»

C’est peut-être la plus belle leçon de la Swingjugend: celle de voir, même au cœur de l’horreur concentrationnaire, les contours incandescents d’une piste de swing… Du reste, le jazz clandestin n’a bientôt plus eu lieu d’être: passée l’année 1945, les musiques noires ont fini par être blanchies.

 

[Source : http://www.slate.fr]

 

Escrito por Rui Martins

https://www.observatoriodaimprensa.com.br/wp-content/uploads/2023/01/disturbios_antidemocraticos_supremo_tribunal_federal_vac_abr_1001233738-300x225.jpg

Onde está o ovo da serpente responsável por essas violências em Brasília, praticadas com tanto ódio à democracia e feitas com o uso indevido da nossa bandeira e da camiseta da seleção canarinho? Onde foi fecundada a semente do mal, onde ela germinou discretamente e cresceu, até chegar ao quebra-quebra da versão brasileira do Capitólio norte americano?

Houve quase uma coincidência de datas entre os dois ataques golpistas: os extremistas trumpistas atacaram, há dois anos, o Capitólio em Washington, no dia 6 de janeiro, enquanto o ataque dos extremistas bolsonaristas ocorreu no dia 8 de janeiro, felizmente sem mortes, mas com alguns feridos.

Toda imprensa internacional comentava, na TV e nos onlines, no domingo, a tentativa de putsch ou golpe de bolsonaristas, com a invasão e atos de depredação em Brasília dos prédios da Presidência, do Congresso Nacional, do Supremo Tribunal e da Esplanada dos ministérios, felizmente vazios com o recesso parlamentar e com a viagem de Lula a Araraquara.

Na segunda-feira, 9 de janeiro, o ataque dos golpistas ocupava as manchetes e as principais páginas dos jornais impressos em todo mundo, com declarações de apoio de políticos e governantes ao presidente democraticamente eleito Lula, cogitando a ONU em Genebra, por proposta latinoamericana, aprovar um postulado mundial em favor do respeito à democracia.

O Brasil não precisava dessa propaganda negativa deflagrada por um bando de bolsonaristas vândalos, movidos pelo ódio e pelas teorias golpistas. Mas esse ataque vinha sendo minuciosamente preparado, embora seu incitador não esteja mais no Brasil e tenha fugido há alguns dias apenas para Orlando, na Flórida, nos EUA. Isso também está contando a imprensa internacional.

A ideia de golpe vinha sendo lançada e alimentada há quatro anos – e isso poucas pessoas alertaram – por pastores nos púlpitos, nas congregações ou tendas evangélicas, agindo junto a pessoas simples crédulas e sem cultura, chamadas geralmente de massa de manobra. Uma grande maioria dos dirigentes protestantes, agora também conhecidos como evangélicos, aceitaram aderir à extrema-direita fascista bolsonarista para ter acesso ao Poder político. É o exemplo da conhecida ex-ministra Damares Alves e do ex-ministro Milton Ribeiro.

A evangelização deixou de ser voltada exclusivamente para Cristo e passou também a ser utilizada para endeusar o candidato e depois presidente Messias Bolsonaro, em troca de ministérios, cargos no governo e possibilidade de agir nos setores formadores da opinião como escolas, controle do ensino, intervindo também na deformação da cultura brasileira. Era o toma lá dá cá.

As igrejas com cultos duas vezes por semana, escolas dominicais, reuniões semanais de jovens e idosos são hoje o setor mais politizado do país, um verdadeiro viveiro ou berçário de ideias, onde se cultivam as vertentes fundamentalistas de extrema-direita vindas dos Estados Unidos, porém de maneira discreta, mesmo imperceptível para os profanos. A grande imprensa leiga, que não frequenta os evangélicos, desconhece esses lugares onde se abastecem os cérebros do gado bolsonarista.

Foram elas, as igrejas, com seu proselitismo a base da vitória de Bolsonaro de 2018. A senadora Damares Alves, exploradora desse filão, eleita com mais de novecentos mil votos é uma prova. “Santa” Michelle uma versão evangélica da católica Maria, poderá ser uma ameaça, caso o marido se torne inelegível.

Qual o segredo do rápido crescimento político do evangelismo? Não há necessidade de uma plataforma de promessas econômicas, salariais, profissionais, de saúde, nada disso. Cria-se um clima de comunidade na qual os pastores prometem o céu e as pessoas simples aceitam, serão felizes depois da morte. O investimento é quase zero, os chamados pastores não fazem curso de teologia, muitos mal frequentaram o curso primário, basta distribuírem-se algumas Bíblias, ter alguns bancos cadeiras e principalmente ter lábia de vendedor, sem esquecer de ameaçar com o inferno quem não se converter.

Mas, além das igrejas, há as redes sociais misturando o reino dos céus com o perigo do comunismo, a receita infalível! Ninguém viu o reino dos céus, ninguém sabe o que é o comunismo, exceto ser vermelho, mas a pregação dá resultado. O comunismo aqui na vida terrena e o inferno no além assustam e dão calafrios, que só passam com muita oração! Os evangélicos eram 5% nos anos 1960, e hoje já são mais de 35%, dos quais cerca de 30% rezam ou oram segundo o rito bolsonarista.

Não podemos esquecer o efeito das pregações e os gritos golpistas de Silas Malafaia, os apelos golpistas de Cláudio Duarte e de outros pastores usando sem vergonha a Bíblia para justificar suas falas antidemocráticas em favor de uma ditadura teocrática bolsonarista. Em Brasília, havia, sem dúvida, seguidores de Malafaia e Duarte.

E quando não são os pastores são os chamados jornalistas formadores de opinião da Jovem Pan ou da Record e deve haver outras rádios e jornais e redes sociais na mesma linha. Há mesmo gente falando dos EUA, onde se sentem seguros para pregar o golpe. Ainda agora, descrevendo as invasões em Brasília, Jovem Pan e Record chamavam os vândalos criminosos de manifestantes e não de golpistas.

Para eles, tudo é permitido em nome da liberdade, inclusive pregar um golpe de Estado, querer fechar o STF e depredar os prédios dos três poderes em Brasília. Pouco antes dos ataques, circulavam vídeos pela Internet falando da criação de uma Ditadura do PT em Brasília, como o vídeo de Carla Ceccato, contra as intenções do novo governo de acabar com os acampamentos e fechamento de redes sociais golpistas. Eles acreditam, como acreditava o ministro José Múcio, ser uma simples questão de liberdade de expressão pedir golpe e pregar a destruição do STF com o ministro Moraes dentro.

Lembram-se do quebra-quebra em Brasília, no 12 de dezembro, dia da diplomação de Lula como presidente, quando incendiaram carros e ônibus? Com a maior cara de pau e o maior cinismo, falavam terem sido petistas infiltrados os autores das depredações e, agora, devem estar falando a mesma coisa… Não é, Rodrigo Constantino e Roberto Motta? Mas há outros, que se dizem jornalistas…

E falar em Distrito Federal ou Brasília, no 12 de dezembro, a polícia do governador Ibaneis Rocha não prendeu ninguém! Verdade, não houve prisões, e ficou por isso mesmo. Essa cegueira era meio difícil de engolir, mas o presidente ainda era o Bolsonaro e ficou por isso mesmo.

Ainda agora, no começo da tarde do domingo 8 de janeiro, quando centenas de bolsonaristas invadiram a Esplanada e iam chegando ao Palácio do Planalto, ao Congresso e ao STF, não havia reforço policial e provavelmente também não haveria prisões, se não houvesse a intervenção federal no Distrito Federal.

E diante dos estragos feitos, inclusive em obras de arte depois dos ataques dos golpistas, o que fez Rocha? Escreveu uma carta de desculpas ao presidente Lula. Ora, deveria ter apresentado sua demissão, embora seja agora provável que ela ocorra depois de processo por imprevidência, conluio ou cumplicidade com os golpistas. O ministro Alexandre de Moraes do STF quer saber por que Ibaneis não agiu contra os golpistas e aplicou-lhe uma suspensão do cargo por três meses.

Mas não foram só falsos jornalistas, mentores de redes sociais, pastores e governadores que vinham preparando o golpe na água morna, nestes quatro anos, havia parlamentares como Carla Zambelli, PMs de Brasília tomando água de coco enquanto se quebravam as portas do Palácio do Congresso ou do STF. Outros conduzindo mesmo os golpistas aos seus alvos.

Tudo isso poderia ter sido evitado se o procurador geral da República, Augusto Aras, ou sua substituta, Lindora Araújo, tivessem aplicado a lei. Por que não aplicaram? Devem ter razões bem fortes… logo iremos saber. Renan Calheiros e outros querem também saber!

E o responsável por tudo isso já foi para bem longe, de onde agora será difícil de voltar. Jair Bolsonaro o presidente instigador do golpe, que negociou o apoio com os pastores evangélicos, pensava ir pedir a nacionalidade italiana, que lhe daria imunidade na Itália, mas a chefe do governo italiano Giorgia Meloni, embora sendo também de extrema-direita, já criticou os ataques em Brasília, juntando-se na condenação aos golpistas feita também por Emmanuel Macron, Joe Biden e outros. Vai ser difícil para Bolsonaro tornar-se italiano para escapar de uma condenação no Brasil e será também difícil renovar o visto de sua presença em Orlando, nos EUA. Joe Biden cuidará disso…

[Foto: Valter Campanato/Agência Brasil – fonte: http://www.observatoriodaimprensa.com.br]

La sivdad Linz de Austria disho ke va trokar el nombre de la kaye Porsche por modo del pasado del fondador nazi, Porsche, ke es el nombre de una marka de otomobiles luksiozos.

Prezentado por Dora NİYEGO

Una komision investigando nombres kontrovertidos enkontro ke el pasado nazi de Porsche era « problematiko ».

En las ultimas tres dekadas el pais empeso a egzaminar seriozamente su rolo en el Olokosto. Un tersio de la populasion judia fue asasinada en el Olokosto.

La Porscheweg i otras tres kayes van a trokar de nombre en Linz. Se esta asperando ke el Senato de la sivdad va afirmar el trokamiento de nombre este mez.

Linz enkargo una komision de sesh ekspertos en 2019 para investigar los nombres de las kayes de la sivdad. En su raporto publikado en noviembre la komision enkontro 64 nombres « problematikos ». Los 61 ombres i las 3 mujeres eran miembros del partido nazi. Mezmo ke no eran aktivos, estuvieron aziendo la propaganda de la ideolojia nazi.

Aparte de Porsche, los otros tres nombres ke la komision esta pensando ke son partikularmente « defektuozos » – i por modo de esto se van a trokar los nombres – son el kompozitor Hans Pfitzner, el animator Franz Resl i el papaz Johannes Maria Gfoellner.

Munchas kayes en Austria fueron renombradas despues ke se deskuvrio ke eran rasistas, o onorando figuras istorikas antisemitikas.

Dezeamos ke los otros paizes agan la mezma koza ke Austria esta aziendo.

 

 

[Orijin: http://www.salom.com.tr]

Traducció d’Arnau Barios

Victoria Lomasko

Escrit per Josep Ballester

Recentment se li ha atorgat el Premi Veu Lliure del Pen Català 2022 al llibre L’última artista soviètica de Victoria Lomasko, una creadora amb una llarga trajectòria internacional. Ja abans havíem tingut l’oportunitat de llegir i de gaudir la seua primera obra traduïda al català, Altres Rússies (Godall, 2020) realitzada per Marta Nin. En els seus llibres explora, amb una òptica ben perspicaç i sense embuts, la societat russa contemporània, en especial tots aquells col·lectius més amagats, invisibilitzats i discriminats per l’oficialitat. Una alenada d’aire fresc dins d’una atmosfera resclosida i inquietant com és la Rússia que se’ns mostra de les darreres dècades.

Aquesta artista gràfica i escriptora, nascuda a Sérpukhov el 1978, ha fet del reportatge gràfic o periodisme il·lustrat la seua manera de retratar la realitat de Rússia i de les antigues repúbliques soviètiques. Amb dibuixos fets en directe i amb textos que els expliquen i els acompanyen, ens conta una història molt diferent d’aquella que podem copsar als mitjans de comunicació que són ben a prop del règim governamental. Lomasko es va graduar en arts gràfiques i disseny a la Universitat Estatal de Belles Arts de Moscou i ha realitzat exposicions en diferents indrets d’Europa. No ha deixat mai de col·laborar amb diferents ONGs, tant fent-los materials com impartint tallers, tant en presons com en altres indrets on es barreja l’activisme, la solidaritat i l’art.

una societat que pateix i que protesta, millor dit que protestava, ara la situació s’hi ha acarnissat d’una manera brutal. Podem observar des d’activistes del moviment LGTBIQ+ als creients ortodoxos

El seu primer llibre publicat en català, Altres Rússies, no sols ens mostra, així mateix ens suggereix a voltes de forma subtil, d’altres, sense cap filtre, una societat que pateix i que protesta, millor dit que protestava, ara la situació s’hi ha acarnissat d’una manera brutal. Podem observar des d’activistes del moviment LGTBIQ+ als creients ortodoxos o les penúries dels treballadors immigrants o les vagues dels sindicats dels camioners, sense oblidar-se de la diversitat de situacions de penúria dels camperols fora de Moscou. Un quadre ben polièdric i gens oficial de la realitat. Aquests llibre va guanyar l’any 2018 el prestigiós premi Pushkin House Best Book in Translation, a la millor obra traduïda publicada en anglés.

Godall (2022)

Ara fa uns mesos Godall Edicions ha publicat en primícia mundial i en català la primera edició de L’última artista soviètica (2022), amb traducció d’Arnau Barios. En aquesta ocasió retrata la diversitat cultural i de tota mena de l’antic espai soviètic, negada i amb clars intents d’eliminació pel discurs oficial que defensa la russificació i l’opressió de les minories i d’algunes de les manifestacions multitudinàries en tota la geografia de l’antiga URSS. Un intent de documentar, però no ha estat possible, primer per la pandèmia i després per l’esclat de la guerra d’Ucraïna, de recórrer aquell vast espai exsoviètic. Sí que visita entre altres Armènia, Kirguizistan, Geòrgia o Ingúxia.

El llibre està estructurat en dues parts: en la primera Lomasko recull aquest itinerari per les exrepúbliques entre el 2014 i el 2017; la segona part es dirigeix directament a la lluita clandestina dels opositors al règim tant a Bielorrússia i a Rússia durant el temps de pandèmia. Un bon exemple és el judici contra les Pussy Riot. Per tant aquella feina artística de dibuixar allò que observa en directe s’ha transformat en fet subversiu. Naturalment s’ha hagut d’exiliar.

la tècnica tradicional del dibuix en directe i al moment que s’esdevé un fet que li interessa contar-nos. Aquella manera d’esbossar amb un traç ràpid i instantani que es va practicar durant el setge de Leningrad o als gulags

Intentar fer una definició de la tipologia textual o gènere que pràctica aquesta artista és realment complicat, encara que ella no li agrada que l’anomenen ni dibuixant ni il·lustradora, això per a començar. La mena d’obra que realitza sovint està a mitjan camí entre l’assaig gràfic més directe i el reportatge, que potser seria la nomenclatura on es pot sentir més còmoda i que millor enquadra en el treball que fa de manera quotidiana. De capítol a capítol ha crescut el text i la reflexió al voltant de l’art i d’allò que hi contempla amb ulls penetrants. Encara que amb més espai podríem intentar afinar molt millor la seua creació ben radical i trencant molts dels motles que tenim a l’ús. Ha recuperat, i li agrada reivindicar-ho, la tècnica tradicional del dibuix en directe i al moment que s’esdevé un fet que li interessa contar-nos. Aquella manera d’esbossar amb un traç ràpid i instantani que es va practicar durant el setge de Leningrad o als gulags. Fins i tot aquella manera que també va servir per a la propaganda soviètica, ara la transforma, la desconstrueix. Ja no és possible ser artista i soviètica. Sols entén l’art com un exercici cívic de contar el temps i el context en el qual li ha tocat viure. L’art com a dissidència.

Godall (2020)

Cal agrair l’aposta que ha fet Godall Edicions, primer amb la publicació d’Altres Rússies i ara, sent la primera traducció que s’ha publicat del rus, amb L’última artista soviètica. Tot un encert ben radical.

 

[Foto: Eleonora Faust – font: http://www.laveudelsllibres.cat]

 

 

 

Monument a Jan Hus, a Praga, sacerdot i rector de la universitat de la capital txeca, cremat a la foguera, precursor del protestantisme, modernitzador de la llengua txeca.

Escrit per Josep-Lluís Carod-Rovira

L’alemany al culte i les escriptures

La versió de les escriptures feta per Luter va tenir conseqüències determinants sobre la llengua alemanya moderna i va estimular la modernització de la majoria d’idiomes europeus, amb les respectives traduccions bíbliques. Un segle abans,  Jan Hus ja havia incorporat els càntics en txec en els cultes religiosos del seu país i el mateix farà, abans que Luter, Thomas Müntzer, cap de l’ala esquerra de la Reforma, pel que fa a l’alemany. És en el context de l’onada de mesures reformadores que es produeixen canvis significatius, com ara la substitució dels cants en llatí, per d’altres en alemany, en les cerimònies religioses. Així, les cançons populars i tradicionals profanes, de les quals tothom coneix la melodia, amb un simple canvi de lletra esdevenen cants religiosos, conservant-ne la vivor del ritme tradicional, i poden ser entonades no sols en el temple, sinó a la feina, a casa o en el lleure.

Les noves idees religioses promogudes pel protestantisme s’estenen ràpidament gràcies a la impremta amb la difusió de llibres i gravats i la versió en llengües vulgars de les escriptures, així com d’altra literatura religiosa, particularment la modalitat del pamflet o opuscle, com a instrument de comunicació i propaganda religiosa. El 1523, les obres de Luter ja havien conegut prop de 400 edicions i, dos anys després, gairebé tres milions de pamflets seus circulaven ja per tots els punts d’Alemanya. Luter i el seu pensament, a favor o bé en contra, constituïen el centre d’interès fonamental de la majoria de textos que s’hi imprimien i eren, sens dubte, els que més èxit editorial aconseguien. A la pràctica, la impremta, tal i com la coneixem a Occident, gràcies a l’alemany Johannes Gutenberg, va ser la gran aliada de la Reforma, l’instrument més eficaç de difusió de les noves idees.

Alhora, les llengües europees, romàniques o no, anaven substituint el llatí en àmbits on, fins aquell moment, tenia una presència exclusiva. L’opció per les llengües vives, parlades per la gent, era també una forma d’allunyament del poder romà i de diferenciació d’aquest, a partir de la pròpia afirmació idiomàtica. De fet, era tota una revolució cultural i política, no tan sols religiosa. Molta gent, a Europa, gràcies al protestantisme va sortir de l’analfabetisme, aprenent a llegir sobre els textos de la Bíblia, en versions de referència per a la modernització de l’idioma i la unificació literària de les llengües vulgars, a les quals va afaiçonar molt positivament. Lectura i protestantisme han anat sempre de bracet i, ja el 1520, Luter reclamava una escola per a nois i una altra per a noies a cada poble i, el 1536, quan Ginebra adopta el protestantisme com a confessió de la ciutat, la instrucció hi esdevé obligatòria. És aquí on Teodor de Beza, successor de Joan Calví, fundarà l’Acadèmia ginebrina, el 1559, per tal de preparar els futurs difusors del cristianisme reformat i serà ell qui  proposarà Pere Galès, el protestant català més destacat de la història, com a professor de filosofia a la universitat de Ginebra. A Estrasburg, Martí Bucer hi organitzarà també una escola i una acadèmia.

L’Institution de la religion chrétienne, traduïda de l’original llatí pel seu autor, Joan Calví, tindrà una influència notable en l’evolució de la llengua francesa.

En aquest nou cristianisme, lluny de les llargues  i incomprensibles oracions en llatí, la predicació esdevé l’eix central del culte, així com la incorporació de la música i els càntics en alemany per a ser entonats per tothom, com a factor emotiu d’atracció popular, en contrast amb el cant gregorià i en llatí dels catòlics, que situava els fidels en un paper del tot passiu, en no entendre què cantaven i on es limitaven, simplement, a oir missa, sense comprendre-la. Més endavant, amb la calvinització del protestantisme, el cant dels psalms constituirà un factor essencial en la pràctica religiosa col·lectiva dels creients i un instrument de difusió amable de la nova doctrina reformada. Amb l’ús de la llengua vernacla en els psalms el poble alemany pot pregar i participar en una cerimònia religiosa, íntegrament, en el seu idioma nacional, des del principi fins al final. Al costat  dels psalms,  els  himnes  cantats  tindran  un  paper  fonamental  en  el  culte protestant  i el mateix Luter, autor de les lletres de 36 himnes, escriurà el 1529 el càntic protestant més popular, variació del salm 45: “Déu és l’auxili, un ferm castell”.

El valencià Furió i el suport a les traduccions

Luter, amb el nom de cavaller Jordi, s’amagà al castell de Wartburg on traduí el Nou Testament a l’alemany, text essencial per a la codificació de la llengua alemanya que serví també d’estímul per a altres idiomes europeus.

Un dels llibres que més se significarà, a Europa, per la defensa a ultrança de versions de la Bíblia en les llengües i dialectes que més n’acostessin la lectura i comprensió a la gent, serà obra de l’humanista valencià Frederic Furió i Ceriol (1527-1592). Es tracta de Bononia sive de libris sacris in vernaculam  linguam  convertendis, publicada a Basilea, el 1556, obra que serà incorporada a l’índex de llibres prohibits per la Inquisició espanyola el 1559 i el 1583. Furió no sols en defensava la traducció a les llengües que parlava la gent, en la línia erasmista que el Nou Testament “estigués traduït a les llengües de tots els pobles”, sinó també que tothom pogués tenir accés directe a la Bíblia: ”els cuiners, els sabaters, els artesans, els forners, els picapedrers i els apedaçadors”. La seva aspiració per a fer de les escriptures un text comprensible el duia fins i tot a plantejar-se versions dialectals de la Bíblia dintre d’una mateixa llengua: “si la traducció feta per un home de València no fos entesa pels homes de Barcelona, Mallorca o Eivissa, caldria fer altres traduccions en cada un d’aquests dialectes”. Abans, a Lovaina, havia participat en les reunions de cristians dissidents a casa de Pedro Ximénez, en les quals es llegien llibres reformats i també havia tingut relació amb protestants d’Anvers i en el seu període parisenc, havia rebut la influència del protestant francès Petrus Ramus.

Carrer de València dedicat a Frederic Furió i Ceriol, autor de l’obra Bononia, on defensava la traducció de la Bíblia a les diferents llengües per a ser coneguda per tothom.

Reforma i traduccions bíbliques

Les versions de la Bíblia fetes pels primers reformadors a les diferents llengües europees van constituir un element destacadíssim d’atracció de la població cap a les noves idees de retorn a la simplicitat i puresa evangèlica dels primers temps del cristianisme. Abans, però, altres moviments dissidents de Roma, tinguts per herètics, ja havien insistit en la conveniència de traduir les escriptures als idiomes de cada territori. És el cas dels càtars, que disposaren d’una versió del Nou Testament en occità i hi predicaven, en contrast amb l’ús del llatí per part dels catòlics. Però, sobretot, dels pre-reformadors, com l’anglès John Wycliffe (1330-1384) i el txec Jan Hus (1372-1415). Amb els seus textos religiosos, Hus introduí l’ús d’accents diacrítics en l’ortografia de la llengua txeca i en modernitzà l’idioma. Fou cremat a la foguera, però el 1433 Roma acceptà la comunió en les dues espècies i a la lectura en txec de l’epístola i l’evangeli, per als catòlics de Txèquia, com ell volia. Flandes, amb Anvers en primer lloc, serà un focus de difusió escrita molt important, com Lió, Venècia, Basilea, París, Colònia o Augsburg, grans centres editorials de l’època. En els països catòlics, s’establirà un autèntic sistema de distribució clandestina de llibres del cristianisme de la Reforma, gràcies al qual els textos circulaven de contraban amb una certa fluïdesa, amb argúcies tipogràfiques, com amagar-ne el nom de l’autor o posar-n’hi un altre, o bé amb un títol que no desvetllés sospites, per evitar la repressió de l’autoritat eclesiàstica.

La història de Mary Jones, la jove que caminà descalça desenes de quilòmetres per adquirir la seva pròpia Bíblia en llengua gal·lesa, és tota una llegenda en els cercles protestants.

Martí Luter (1483-1546) creia que “la impremta és el darrer  i el més gran do de Déu, ja que gràcies a ella el Senyor vol fer conèixer la causa de la religió veritable a tot arreu, fins a la fi delmón i difondre-la en totes les llengües”. Així, el 1534 publica la Bíblia completa en alemany, de la qual sortiran un milió d’exemplars en més de 350 edicions totals o parcials, en vida seva, tot contribuint així a la unificació i modernització de l’idioma alemany, idioma al qual aportà tota la seva plasticitat i capacitat expressiva, claredat i vivor. El 1521 ja havia preparat la seva versió del Nou Testament a l’alemany, sense la qual aquesta llengua, avui, seria tota una altra cosa, en opinió d’Umberto Eco, ja que ha estat fonamental en la configuració de l’idioma modern. Apareguda l’any següent, l’havia preparada al castell saxó de Wartburg, on l’havia acollit l’elector Frederic. La primera edició tindrà el tiratge inusual de 3.000 exemplars i n’apareixeran 85 edicions a la dècada següent.

Quatre anys després de la versió en alemany, és l’hora de l’anglès, l’holandès i el suec. El 1526, William Tyndale publicava la Bíblia en anglès, a Worms (Alemanya), començant pel Nou Testament, en la versió coneguda per Shakespeare i que, durant molts anys, serà la de referència en el món anglòfon, particularment en el cas dels psalms. La traducció, feta directament  del grec i l’hebreu, durà Tyndale a morir cremat per la Inquisició, prop de Brussel·les. El 1535, Miles Coverdale, reformador eclesiàstic anglès i bisbe d’Exeter, farà també la seva versió completa de la Bíblia a l’anglès. I el mateix 1526, surt a la venda una versió de la Bíblia en llengua holandesa i, fins al 1566, n’apareixeran 136 edicions, de caire reformat, en neerlandès. També el 1526, Gustav Vasa, rei de Suècia, promou la publicació del Nou Testament en suec i, el 1541, de tota la Bíblia, gràcies al treball de Lars Andersson i els germans Olaus i Laurentius Petri, partint de la versió alemanya de Luter. Amb aquesta traducció s’establirà un model estàndard per a

La versió a l’anglès de les escriptures, duta a terme per William Tyndale, li comportà la mort a la foguera, prop de Brussel·les.

la llengua sueca.

Antonio Brucioli, el 1530, publica, a Venècia, el Nou Testament en italià i, dos anys després, hi apareix la traducció de l’Antic Testament, versions que més endavant seran censurades per l’autoritat eclesiàstica, posades a l’Índex de 1559 i Brucioli perseguit per heretge. És la primera versió bíblica feta per un laic. El 1535, Pierre Robert, conegut com Olivétan, edita a Neuchâtel (Suïssa) la versió en francès de la Bíblia, amb pròleg del seu cosí Joan Calví. La traducció esdevindrà tot un clàssic en el món protestant de l’època i serà considerada la versió oficial pels reformats francesos al llarg de tres segles. Sis anys després, L’Institution de la religion chrétienne, versió francesa de l’obra magna de Calví escrita en llatí, traduïda per ell mateix, contribuirà molt clarament al desenvolupament de la llengua francesa. El luterà Miquel Agrícola, format a Wittenberg, deixeble de Luter i Melanchton i el més destacat dels reformadors a Finlàndia, conegut  com  el  pare  de  la  llengua  finesa, publicà el 1548 el Nou Testament en aquest idioma i també va compondre un llibre de pregàries per a la nova església luterana de Finlàndia. Aquest treball serví per tal de construir l’ortografia i la llengua estàndard del finès actual. Oddur Gottskálksson, el 1540, tradueix el Nou Testament a l’islandès, primer llibre imprès en aquest idioma, i, el 1584, el bisbe protestant Guðbrandur Þorláksson ja hi publicarà la primera traducció completa de la Bíblia. El 1550 s’edita la Bíblia de Cristià III, una traducció danesa dirigida per l’humanista luterà Christiern Pedersen. En polonès sortirà el 1563, a cura d’estudiosos calvinistes i serà coneguda com a Bíblia de Brest o de Radziwill. Sis anys després, a Basilea, serà el torn de l’espanyol, amb la versió coneguda com a Bíblia de l’Ós, referent bíblic dels protestants hispanòfons, obra de Casiodoro Reina, la qual serà revisada el 1602 per Cipriano de Valera, també monjo jeroni, i editada a Amsterdam després de dues dècades de treball continuat. Es tracta de la versió coneguda com a Reina-Valera, la més emprada habitualment pels protestants de llengua espanyola.

Pierre Robert, conegut com Olivétan, editarà el 1535 l’edició en francès de la Bíblia a Neuchâtel (SuÏssa), amb pròleg del seu cosí Joan Calví, text de referència durant segles per als protestants francòfons.

El 1571 apareix a La Rochelle, veritable baluard protestant a la façana atlàntica francesa, la traducció en basc del Nou Testament, feta pel pastor Joannes Leizarraga, encarregada, set anys abans, per Joana Albret, reina de Navarra i protestant. És el segon llibre imprès en aquesta llengua, el primer en prosa. El 1583, a Ortès, prop de Pau, es publiquen Los psalmes de David metuts en rima bernesa, en una impressió magnífica, comparable a les més destacades edicions fetes a Ginebra, adaptació del salteri aparegut en aquesta ciutat. Es tracta d’una versió a la variant bearnesa del gascó, dialecte occità, feta pel pastor Arnaud de Salette, dialecte que veurà amb aquest llibre la seva primera codificació ortogràfica. L’any següent, apareix la versió de la Bíblia en eslovè, obra del  protestant Primož Trubar, fundador de la llengua literària eslovena i creador de la seva ortografia. En agraïment a la seva tasca, el seu rostre apareix avui en les monedes d’euro fetes al seu país. Pel que fa a Txèquia, la  configuració  del  seu  idioma  com  a  llengua  moderna  deu molt als germans moraus, els hereus protestants dels seguidors de Jan Hus, que editaren la primera edició completa de les escriptures en txec, entre 1579 i 1593, versió coneguda com a Bíblia de Kralice, un dels factors de la qual, Jan Blahoslav, publicà el 1571 la gramàtica de la llengua txeca que ha servit després de model lingüístic per a aquest idioma.

Monument a Turku (Finlàndia) al luterà Miquel Agrícola, traductor del Nou Testament i considerat el pare de la llengua finesa.

El 1611 veu la llum la King James, nova versió anglesa de la Bíblia feta per 47 acadèmics,  traducció  que  ha  mantingut  la  seva  vigència  fins  avui  i  que ha  estat  el referent en llengua anglesa de les escriptures, durant cinc segles. Pel que fa al gaèlic irlandès, Nicholas Walsh, bisbe anglicà d’Ossory, promogué llibres de pregàries i catecismes impresos en aquesta llengua i n’enllestí la versió del Nou Testament el 1573, apareguda el 1603. L’Antic Testament aparegué el 1685 de la mà del també bisbe de l’Església d’Irlanda William Bedel i, cinc anys després, sortí la Bíblia completa. El bisbe William O’Donnell traduí també les escriptures del grec al gaèlic irlandès, així com el Llibre de pregària comuna, referent bàsic dels anglicans, que s’hi edità el 1603. Pel que fa al gaèlic escocès, el 1767 hi van traduir el Nou Testament James Stuart i Dugald Buchanan.

Casiodoro Reina traduí la coneguda com a Bíblia de l’Ós a l’espanyol, revisada pel també ex momjo jeroni el 1602, anomenada Reina-Valera, la més emblemàtica entre els protestants d’aquesta llengua.

Fora d’Europa

El mataroní Francis de Paula Castells, anglicà i maçó, durant la seva estada a Centreamèrica promogué l’edició de fragments de les escriptures al maia iucatec, al carib i al quitxé.

El 7 de març de 1804, la necessitat urgent de Bíblies per a la distribució provoca una reunió de 300 persones que funden la Societat Bíblica Britànica i Estrangera (SBBE), per difondre les escriptures, sense notes ni comentaris a peu de plana, arreu del món, en una llengua comprensible per al lector i a un preu accessible. El primer text bíblic traduït és l’Evangeli segons Joan, a la llengua dels indis mohawk del Canadà, aquest mateix any. El presbiterià anglo-escocès Robert Morrison, primer missioner protestant a la Xina, arribà el 1807 al Macau portuguès, i morí el 1834 a Cantó (Guandong). Bon coneixedor del xinès mandarí i del cantonès, va traduir-hi el Nou Testament (1813) i tota la Bíblia (1921i és autor també d’un diccionari xinès-anglès en tres volums, una gramàtica xinesa i diversos tractats de llengua. El 1816, neix a Freetown un comitè auxiliar de la SBBE que ja hi publica l’Evangeli en bullom, en versió de G.J.Nyländer. Quan el 1827 la Missió de Basilea comença el seu treball a l’actual Ghana, hi arriba proveïda de Bíblies en anglès, francès i en àrab. El 1823, el pastor baptista escocès James Thompson es troba al Perú on comença a traduir el Nou Testament al quítxua i, l’any següent, a l’aimara, amb l’ajut de Pazos Kanki, ex sacerdot catòlic.

El 1835, el missioner anglès David Jones fixa l’ortografia del malgaix, la llengua de Madagascar, en completar la versió sencera de la Bíblia a aquest idioma. Al Camerun, J.Merrick fa estampar el Nou Testament, el 1862, i tota la Bíblia, el 1872, traduïda per Alfred Saker al duala. A Ghana, el 1866, també s’havia editat una edició de la Bíblia en ga i, el 1871, en twi. El 1868, a Nigèria, les escriptures van aparèixer en efik i, el 1884, en ioruba. L’ex frare dominic espanyol a Filipines, Manrique Alonso Lavalle, pastor protestant, el 1889 feu una versió del Nou Testament al pagasí, de la qual s’editaren 8.000 exemplars. També arribà a Filipines, el 1900, el missioner baptista suec Eric Lund, que havia fundat esglésies a Catalunya i al País Valencià i parlava i escrivia en català. Traduí la Bíblia sencera al panaià i el Nou Testament al cebuà i al samarenc. El 1893, el missioner anglicà català Francesc de Paula Castells arribà a Centreamèrica enviat per la SBBE i hi encarregà traduccions de fragments de les escriptures al maia iucatec i al carib. El 1898 feu traduir l’Evangeli de Marc al quitxé, del qual aparegueren tres edicions amb un tiratge global de 7.000 exemplars.

Doctrina enfront de Bíblia

Joana Albret, reina de Navarra i protestant, encarregà a Joannes Leizarraga la versió en basc del Nou Testament, primer llibre en prosa imprès en aquest idioma.

Facilitar la lectura dels textos sagrats en les llengües vulgars fou una de les claus de l’avenç de la Reforma, en la mesura que posant-los a disposició de tothom, li llevaven el caràcter de secretisme classista o elitista que en tenia la interpretació única per part de la jerarquia eclesiàstica, talment un monopoli absolut de la veritat revelada. D’aquesta forma, a més, el lector podia comprovar com les escriptures no esmentaven el papa de Roma, ni el purgatori, ni el culte a la mare de Déu o els sants, ni les relíquies, ni la confessió auricular, ni el celibat obligatori dels clergues, ni indulgències, butlles, processons, pelegrinatges, misses votives o misses privades, entre altres elements incorporats per l’església de Roma, al llarg dels segles, al seu corpus de creences i pràctiques bàsiques.

Catecisme catòlic imprès a Lleida el 1864, basat en el sistema clàssic de preguntes i respostes per memoritzar.

La paraula escrita, doncs, va esdevenir banderera indiscutible de la nova fe cristiana representada per la Reforma, atès que l’església catòlica mai no havia afavorit la pràctica de la lectura individual de les escriptures, en clar contrast amb l’hàbit dels jueus a llegir la Torà o dels musulmans a fer el mateix amb l’Alcorà, memoritzant-ne fragments. De fet, l’església de Roma ha posat sempre més interès a fer conèixer el dogma, la doctrina expressada en el Catecisme, que no pas la paraula de Déu continguda a la Bíblia, en discrepància clara amb el protestantisme, motiu pel qual el catolicisme ha prioritzat les versions del catecisme als diferents idiomes abans que la traducció de la Bíblia a totes les llengües. Així, mentre els xiquets de famílies catòliques anaven a doctrina i en memoritzaven el contingut, els pertanyents a famílies protestants acudien a les escoles dominicals on se’ls instruïa en el món de les escriptures amb un llenguatge entenedor per a la seva edat. El cas més emblemàtic en el món protestant, pel que fa al desig de llegir les escriptures en el propi idioma, és el de Mary Jones, la xiqueta gal·lesa que, als 15 anys, caminà uns 40 kms, descalça, per comprar-se la Bíblia en llengua gal·lesa, amb els estalvis de sis anys. Justament, la SBBE va néixer, en part, com a resultat de conèixer-se la seva experiència singular.

Moneda de 2 euros dedicada al pastor protestant  Primož Trubar, traductor de la Bíblia a l’eslovè, fundador de la literatura eslovena i autor del primer llibre editat en aquesta llengua.

[Font: http://www.eltemps.cat]

Las aves se han apoderado de los cielos y expulsado a los pájaros. Leonardo da Vinci soñó muchas veces con una humanidad voladora, pero no se le ocurrió nunca, sin embargo, inventar un ave asesina al servicio de la guerra

Gorrioncillos posados sobre unos juncos.

Escrito por Santiago Alba Rico 

Del folclore cristiano lo que más me gusta son sus historias de pajaritos o “pajarcillos”, como los llama el romance de San Antonio cantado por Joaquín Díaz. La más sencilla y, al mismo tiempo, filosófica es la de san Virila, abad del monasterio de Leyre en el siglo IX, que salió un día a pasear abismado en sus pensamientos, muy preocupado por el misterio de la eternidad, y regresó tres siglos más tarde. ¿Cómo pudo ser? Pues ocurrió que de pronto se posó ante él un pajarito y Virila se quedó encandilado escuchando su trino. Cuando volvió a casa, ya no era abad del monasterio y el monasterio mismo había cambiado de forma y composición; y ninguno de los monjes que en él habitaban lo reconoció. Resulta que habían pasado trescientos años; Virila, atrapado en la belleza del ruiseñor, se había extraviado en la profundidad de ese instante de descuido. Los monjes, asombrados, se reunieron en la iglesia. Por una de sus ventanas entró el pajarcillo con el anillo abacial en el pico, se lo puso a Virila y le dijo: “Virila, piensa que trescientos años han pasado en un momento escuchando mi canto; más o menos lo mismo durará la eternidad”.

Cuando era adolescente y perpetraba mis primeros pinitos literarios, se los llevaba a Rosa Chacel, que era como mi abuela, y ella me daba siempre el mismo consejo: “No digas nunca ‘ave’ cuando puedas decir ‘pájaro’”. Es verdad. Si uno dice “pájaro” puede añadir un cursi “cantarín”, pero si uno escribe “ave”, entonces se impone el pedante e insufrible “canora”. Pájaro cantarín, ave canora. En realidad, se trata de dos criaturas distintas y no solo porque una designe la especie y la otra el nombre familiar; las aves y los pájaros vuelan a distinta altura y en distintas direcciones, en dos mundos paralelos, y por eso una exige barroquismos rebuscados y la otra permite hipocorísticos ligeros, adjetivos domésticos y vuelos de andar por casa. Si uno se deja tentar por las “aves”, se corre el riesgo de descarrilar en una chatarra de lujo. La palabra “ave” me hace pensar siempre en el culterano y empalagoso fray Hortensio Paravicino y en ese sermón fúnebre, escrito en 1644, en el que exploraba sin pudor la homonimia entre la especie animal y el saludo romano de la conocida oración mariana: es decir, el Ave María. Leamos esta atrocidad: “Ya de la boca de Platón mienten, de la de Ambrosio (con más razón divino) cuentan que entraban a ellas a labrar la salvia del cielo las abejas. Pero de la de Simón salen Aves, y esas Marías: nuevo panal de miel, nunca con más rigor virgen, porque Aves Marías solo salen de la boca de Gabriel (si dijésemos) en su virilidad; pero de la de Simón en su infancia”. Veinte años antes, el muy católico y socarrón Quevedo, parece haberse burlado por anticipado de su futuro imitador en las traviesas frases que El sueño de la muerte atribuye a Juan de la Enzina: “De las carnes, la mujer; de los pescados, el carnero; de las aves, la Ave María”. Cuando uno dice “ave” ya no puede decir “pan” ni “agua” ni “vida” ni “amor” ni “sangre”. Está obligado a despeñarse en una lengua alicatada de cultismos y eufemismos: de “célibes” y “réspices” y “cíngulos” y “súcubos”.

Que “pájaro” y “ave” no designan el mismo objeto y que determinan concepciones incompatibles de la literatura y de la humanidad lo prueba la propia etimología. Nuestro “pájaro” proviene del latín passer, conservado en el italiano passero, que indica al más humilde y familiar de todos ellos: el gorrión. Algo de este origen se ha trasladado a nuestra relación con los pájaros en general, que imaginamos pequeños, tiernos, sociables, asequibles, tangibles, mientras que las aves, cuyo origen latino remite al hecho mismo de volar, nos las representamos grandes, remotas e inalcanzables. Pájaros son el gorrión, el verderón, el carbonero, el mirlo, la calandria, mientras que el águila, símbolo de los imperios, es un “ave majestuosa”. Pájaros son los pequeñuelos de san Francisco y los que convocó y reunió san Antonio para que no devorasen el sembrado; y aquellos bulliciosos cuyo lenguaje hablaba Salomón; pájaros son, por supuesto, el ruiseñor y la alondra sobre los que Romeo y Julieta, espantados ante la idea de separarse, discuten en el acto III de la  escena 5 de la obra de Shakespeare. Nos imaginamos a las aves volando y a los pájaros posándose. Aunque el vencejo común puede pasar diez meses al año en el aire, lo propio de los pájaros, no se olvide, es posarse y no volar. Para posarse, claro, tienen que haber volado y tienen que volver a volar, pero se definen como “pájaros” en el acto de posarse, mientras que las “aves” lo hacen en el acto de volar: el “águila majestuosa”, por ejemplo, no se posa; solo la vemos –y siempre la imaginamos– en el momento de precipitarse sobre la presa; únicamente desciende de sus abstractas alturas, en efecto, para arrebatar de manera fulminante una víctima y reemprender sin detenerse el vuelo. Hay que dar a esta diferencia la importancia que merece. Los pájaros, gorriones todos en nuestra memoria, nos gustan porque se posan; porque parecen más libres cuando se posan que cuando vuelan; porque al posarse posan con ellos la volatilidad angustiosa de los humanos.

Precisamente a causa de estas diferencias, la famosa película de Hitchcock Los pájaros no se podría haber llamado nunca Las aves, pues lo que resulta terrorífico –siniestro, según la acepción de Freud– es el volteo del arquetipo, ese extrañamiento amenazador del gorrión inocente y cercano, convertido de pronto en un asesino rapaz. Y por eso Harper Lee tituló su obra maestra de 1960 Matar un ruiseñor, porque el “ruiseñor” subroga aquí el nombre de la inocencia vulnerable encarnada en la figura de Boo Radley. El que mata un pájaro mata un gorrión; es decir, un niño; es decir, una casa; es decir, la casa de todos llamada Tierra.

Es un principio general que no deberíamos olvidar: lo más eficaz es siempre respetar las bellezas pequeñas que se justifican por sí mismas

Por eso mismo, de entre todas las atrocidades del maoísmo la que nos parece más inhumana es la matanza de gorriones de 1958. En medio del delirio del Gran Salto Adelante, Mao había calculado que con el grano que un millón de gorriones arrebataban a las cosechas se podía alimentar a 60.000 chinos. Así que incluyo al gorrión entre las Cuatro Plagas, junto a las ratas, las moscas y los mosquitos, y movilizó a millones de ciudadanos, que desfilaban por los campos aporreando ollas y sartenes hasta que los pájaros caían al suelo por agotamiento. Es difícil aceptar esta tropelía simbólica: negar al pájaro el derecho a posarse es negar la categoría “pájaro” misma. La propaganda oficial anunció que habían sido eliminados 1.500 millones de ratas, más de 110 millones de kilos de moscas, unos 12 millones de kilos de mosquitos, ¡y 1000 millones de gorriones! Estas cifras abultadísimas eran sobre todo bravuconería publicitaria (¡jactarse, ay, de haber matado mil millones de pájaros!), y fuentes más fidedignas reducen el número de gorriones asesinados a “solo” 65 millones, un país entero de pequeñas inocencias aladas. Como sabemos, la operación fue además una ruina, causa en parte de la hambruna que azotó China: pues los gorriones eran mucho menos destructivos y voraces que los insectos y langostas que, aprovechando su ausencia, los sustituyeron. Es un principio general que no deberíamos olvidar: lo más eficaz es siempre respetar las bellezas pequeñas que se justifican por sí mismas.

Los aviones no se toman ni siquiera el trabajo de deshumanizar a sus víctimas; ni siquiera de mirarlas; las mira de tal manera que el acto mismo de mirarlas las hace desaparecer del mundo

Svetlana, una mujer ucraniana que consiguió huir de los bombardeos, decía a su llegada a Polonia: “Nos asustábamos hasta de los pájaros. Pensábamos que eran aviones rusos”. Los aviones no son pájaros, amiga Svetlana; los aviones son aves, como su propio nombre indica. Las aves se han apoderado de los cielos y expulsado a los pájaros. Es otra gran derrota humana. Leonardo da Vinci, experto en poliorcética, soñó muchas veces con una humanidad voladora, pero no se le ocurrió nunca, sin embargo, inventar un ave asesina al servicio de la guerra. Diseñó, sí, algunos artilugios alados pensando en la posibilidad  –según él mismo escribió– de recoger nieve de las montañas a fin de esparcirla por el mundo y atemperar el calor del verano. Marcel Proust, cuatrocientos años después, testigo del nacimiento de la aviación, también pensaba ingenuamente en los pájaros al ver volar por encima de París los primeros aeroplanos: eran “los ojos de la humanidad” que, al contemplar el mundo desde las alturas, lo constituían en una “maravilla”, un objeto –literalmente– digno de ser mirado. Ahora bien, enseguida los aviones dejaron de ser pájaros para convertirse en aves, como si mirar hacia abajo, en lugar de volver amable el mundo, impusiera como más apetecible el deseo irresistible de destruirlo. El Dios de la Biblia lo intentó varias veces, anticipando el fuego que los hombres, sustituyéndolo en el cielo, hicieron caer sobre Guernica, Dresde, Hiroshima, Bagdad y un largo etcétera que aún sigue lloviendo sobre ciudades y barrios. Muchas veces, desde 1927, se intentaron prohibir los bombardeos aéreos, pero el propio tribunal de Nuremberg, que condenó los lager y la guerra (“comenzar una guerra es el crimen internacional supremo”), tuvo que aceptar el uso criminal de la aviación como una “práctica consuetudinaria” general, y ello de manera que hemos acabado asumiendo, sin que nuestra imaginación se estremezca, esta especie de fenómeno meteorológico que suspende de hecho la presunción de inocencia, autoriza las ejecuciones extrajudiciales y trata el cuerpo humano como si fuera desde el principio solo un residuo. Los aviones no se toman ni siquiera el trabajo de deshumanizar a sus víctimas; ni siquiera de mirarlas, como soñaba Proust; las mira de tal manera que el acto mismo de mirarlas las hace desaparecer del mundo.

No eran pájaros cantarines, amiga Svetlana, sino aves canoras con un terrible mensaje en el vientre. Las aves majestuosas, por desgracia, se han impuesto a los banales gorriones posados en nuestros tendederos. Vuelvo al abad Virila, al que el breve canto de un ruiseñor mantuvo en vilo trescientos años. Pero si se quedó prendido en ese trino, no lo olvidemos, fue justamente porque no contenía ningún mensaje para él. Porque no intentaba decirle nada. Porque se limitaba a decirse a sí mismo. El milagro era su canto, no el anillo. Hay un viejo proverbio chino que me gusta mucho. Es este: “Un pájaro no canta porque tenga la respuesta de algo, canta porque tiene un canto”. Cuidado con los que no se posan nunca. Cuidado con los que tienen respuestas para todo. Hay preguntas que ni siquiera se deben hacer. El que tiene un canto no nos pide que lo escuchemos; pide sencillamente que lo dejemos cantar.

De los pájaros, el gorrión; de las aves, la torpe gallina de corral.

De las miradas, siempre la tuya.

 

[Foto: PICSELS – fuente: http://www.ctxt.es ]

En el marco del Festival de Cine Latinoamericano se exhibe la película de una mirada urticante y no exenta de polémica.

Elad Abraham nació en Israel, volvió a Argentina y viajó a ese país a cumplir con el servicio militar.

Está en curso la 28ª edición del Festival de Cine Latinoamericano que organiza el Centro Audiovisual Rosario, y entre las novedades destaca la categoría Largometraje Santafesino. Ya pudieron verse dos de los tres largos seleccionados: Amando (El Genio de los Acuario) con dirección de Fernanda Otero y Juan Pablo Menchón, dedicado al último maquinista de trenes a vapor del país; y Gonzalo., en donde el realizador Gonzalo Giuliano indaga en su historia de vida en una película zigzagueante, que es un hallazgo. Este sábado (a las 20 en Nuevo Monumental) la triada se completa con Bajar, Subir, Bajar, un trabajo dilemático y bienvenido, en donde el director Elad Abraham bucea también en su propia historia mientras entreteje una mirada urticante sobre el sionismo.

“La película tiene un punto de vista político que no pasa desapercibido, pero lo trabaja a partir de un registro un poco autorreferencial. Me pongo como motor dramático, y a partir de mi historia doy paso a una reflexión un poco más profunda sobre lo que sucede en Israel y Palestina. Yo soy nacido en Israel, durante el exilio de mis padres; cuando volvió la democracia a la Argentina ellos vinieron para acá, que es donde me crié. En el año 2001, durante la crisis económica y jurídica, me exilié yo, mi familia tenía una fábrica que quebró y quedamos en la lona. Me fui al ejército de Israel, también porque, al haber nacido allí, me tocaban tres años de servicio. Pero después de algunos cuantos episodios críticos me encerraron en un psiquiátrico, no estaba dispuesto a hacer servicios en lo que son los territorios ocupados y no pude soportar más esa maquinaria bélica sobre mi cabeza”, comenta Elad Abraham a Rosario/12.

Bajar, Subir, Bajar plantea un formato intimista, tendiente a pensar el contexto y los motivos por los cuales el mundo interior del director hizo eclosión. “A raíz de esa expulsión del ejército por presunta locura, empiezo el camino de desarmar cómo fue que había llegado hasta ahí. En esas indagaciones tuve que preguntarme cómo había sido educado, cuáles eran esos mandatos a los cuales había acudido sin pensar, que entraban en una contradicción profunda con cualquier tipo de ética. La película hace ese recorrido a través de mi vivencia personal y en cómo, a partir de eso, pude empezar a pensar cómo funciona el sistema de propaganda del Estado de Israel y el del sionismo, así como en el genocidio que hay en Palestina, masacres que Occidente omite o trata de esconder bajo la alfombra cotidianamente”, continúa.

-Tuviste que encontrar, también, una forma cinematográfica que contuviera todo esto.

-Cuando uno empieza a producir un film, inicialmente hay muchísimas ideas y hay que hacer un recorte, también porque para hacer cine en la periferia los recursos suelen ser escasos; además, al ser una temática álgida, enfría cualquier tipo de discusión, nadie quiere hablar sobre lo que pasa con el sionismo. Eso hace que se limite la capacidad narrativa a lo que tenés; al guion lo escribí 19 veces.

-¿Durante cuánto tiempo estuviste con el proyecto?

-Desde que arranqué el proceso, fueron ocho años. La película está terminada desde hace un año, pero como en el 2015 ganó el concurso Raymundo Gleyzer, entró en la línea de audiencia media y tuvimos que hacer un camino distinto. Ahora fue seleccionada por el Festival de Cine Latinoamericano y se va a poder ver en Rosario, pero también se va a estrenar en diciembre en Buenos Aires, en el Gaumont.

-¿Cómo llegaste a los entrevistados y por qué?

-En líneas generales, los entrevistados son personas que se cuestionan su propio vínculo con el sionismo y el judaísmo; como Silvana Rabinovich, ella es directora de la carrera de Filosofía en la UNAM, en México DF, es rosarina y con un background similar al mío; se formó en los movimientos juveniles sionistas y a raíz de sus investigaciones pudo comprender lo que ella llama la heteronomía de la justicia, es decir, comprender la justicia no como la forma en que uno la concibe, sino comprendiendo que del otro lado también hay maneras diferentes de pensarla. Está también Illán Pappé, uno de los primeros historiadores que pudo organizar la información que se descubrió a principios de los años ’80, respecto de los planes sistemáticos de expulsión de los palestinos de su tierra. También está el músico Gilad Atzmon, que tiene una manera muy particular de concebir la cuestión del sionismo, algo que lo lleva a un plano vinculado a los orígenes del judaísmo; hay quienes lo nombran como antisemita pero no es así, lo que propone es una reversión de lo que dice Marx sobre las religiones como el opio de los pueblos, pero con otros matices que amplían la discusión y llevan a la pregunta de hasta dónde estirar la idea del “pueblo elegido”. Mi intención no es que el judío sea marginado; de hecho, yo soy de origen judío y no puedo no sentirme parte de eso. Lo que hacemos es criticar cómo, al amparo de una religión, el sionismo deviene una doctrina nacionalista.

-¿Cómo fue el trabajo de archivo, habida cuenta de que hay registros personales, algunos de ellos durante tu estadía en el ejército?

-El trabajo de archivo personal implica darle un sentido nuevo a esas imágenes, como las del momento con amigos, tocando la guitarra y tomando una cerveza, apenas vuelto de Israel. La intención original no era otra que la de registrar un momento de alegría, pero uno no sabe la potencia que tiene eso a lo largo de una narración. Es esa calidad pésima que tiene la imagen y su textura, la que lo pone en un lugar cercano del espectador, porque estoy narrándome a partir de lo que hay; las imágenes están y trato de encontrarles sentido.

-Un sentido que parece surgir a medida que el film transcurre, como una sumatoria de varias piezas que finalmente logran una imagen general.

-Como en cualquier proceso, uno tiene que romper todo lo que es; y al poner todo sobre la mesa lo que aparece es un collage. Hay que aprender a narrar con eso, a narrarse uno, y uno no es lineal. Yo parto de la premisa de que el archivo está roto; sea personal o histórico, siempre hay un sesgo. Narrar linealmente lo llevaría a un plano en donde se pretendería tomar al objeto en la observación y convertirlo en una mirada lejana, pero yo estoy involucrado en este proceso, así que la forma de narrar está necesariamente rota, es emocional, visceral, y tiene saltos como el pensamiento propio. De alguna manera, la película se puede leer en clave de una carta personal que le dejo a mis hijas, en donde transmuto lo que me pasó en algo que irradie belleza: ese es mi sueño, que de toda esta miseria y angustia que sufrí en lo personal, y lo que denuncio a raíz de mis investigaciones, haya una chispa de luz.

[Fuente: http://www.pagina12.com.ar]

On retrouve dans Débrouille-toi avec ton violeur toute la force et l’inventivité du post-exotisme d’Antoine Volodine, ces univers étouffants, dévastés, d’où sortent des voix portées par la conviction que c’est grâce au travail sur la langue, qu’elle soit « neutralisée » ou furieusement poétique, qu’en dernier recours on crée des espaces libérés. Signé Infernus Iohannes, ce livre rassemble trois textes de révolte, violents, sombres, radicaux. Trois textes dans lesquels leurs auteures, des militantes révolutionnaires, réagissent à l’aliénation, en particulier dans ses dimensions corporelles, par l’invention de langues débarrassées de leurs éléments oppressifs.

Infernus Iohannes, Débrouille-toi avec ton violeur. L’Olivier, 256 p., 19 €

Écrit par Sébastien Omont

Tout en citant Antoine Volodine, la quatrième de couverture précise qu’« Infernus Iohannes est une signature collective qui regroupe aussi bien des auteures que leurs traductrices ». L’écrivain post-exotique n’apparaît ici qu’en tant que traducteur du dernier texte, « Slogans » de Marina Soudaïeva, déjà publié indépendamment en 2004. Débrouille-toi avec ton violeur s’inscrit dans un ensemble intitulé « Nos grandes traductions ». C’est une traduction que l’avant-propos présente comme une « coécriture », les traductrices (et le traducteur) n’ayant pas hésité à modifier l’œuvre de départ. Le collectif Infernus Iohannes affirme la volonté d’écrire dans une « langue de traduction », y compris lors de la production d’un texte original, avec la même « vigilance sur ce que l’on va confier à la langue d’accueil », en cherchant à « extirper de la langue ce qui renvoyait directement ou secrètement à des traditions religieuses, poétiques et littéraires […] pour que la littérature post-exotique ne soit pas troublée par des proximités culturelles et des non-dits idéologiques dont elle n’a que faire ». Pour autant, écrire dans une langue libérée des « références à des traditions », « neutre », ne revient pas à rejeter sa richesse, ses « mille nuances et mille formes » possibles.

Débrouille-toi avec ton violeur, d'Infernus Iohannes

Antoine Volodine

« Débrouille-toi avec ton violeur », le premier et le plus long des trois textes, illustre cette déclaration d’intention. Miaki Ono, à qui il est attribué, y affirme, martèle, assène, que toute pénétration est un « viol », que les femmes considèrent comme naturel uniquement à cause de millénaires de conditionnement. Si cette thèse radicale appartient à son auteure, la dénonciation devient de plus en plus persuasive grâce à la convergence entre les arguments développés et la langue pour les dire. La force des traditions et des normes sociales pour faire accepter l’acte hétérosexuel apparaît d’autant mieux que Miaki Ono et ses traductrices cherchent à les expulser de leur écriture, usant d’un langage cru, n’évitant pas les répétitions, refusant les euphémismes, excluant le vocabulaire du libertinage ou de la séduction, parlant de « femelle animale humaine » plutôt que de « femme », de « danse nuptiale avant dépucelage » plutôt que de « mariage ». Le texte emprunte à la littérature révolutionnaire et au pamphlet son martèlement, ses aphorismes, mais le point de vue de Miaki Ono, femme et militante révolutionnaire en lutte contre l’oppression, a sa cohérence, y compris dans ses paradoxes, lorsqu’elle dénonce la revendication du plaisir féminin à l’époque récente comme un nouveau stade de « propagande totalitaire », visant à faire intérioriser aux femmes le désir du viol.

Le message excessif est servi par des arguments justes, si bien que le lecteur ne sait trop à quoi s’en tenir. D’autant plus que le statut de l’auteur se brouille entre Antoine Volodine l’écrivain, son personnage Miaki Ono, ses traductrices Irina Kobayashi et Astrid Koenig qui dépassent ce seul texte puisqu’elles font partie des auteurs cités dans la bibliographie du Post-exotisme en dix leçons, leçon onze et du collectif Infernus Iohannes (auquel Antoine Volodine le traducteur appartient et n’appartient pas puisque ce collectif est censé n’être formé que de femmes). Alors, dénonciation littérale ? pure fiction ? démonstration de l’efficacité rhétorique du martèlement ? critique de la rhétorique du martèlement à fins de propagande ? ironie ? (l’avant-propos mentionne des « répétitions parfois naïvement adolescentes et même scolaires »). Tout cela à la fois sans doute. Ne reste donc au lecteur qu’à se raccrocher au texte, avec sa force et sa véhémence « cristallisées et épurées » et l’état d’inquiétude dans lequel, comme toutes les grandes œuvres, il nous maintient. Débrouille-toi avec ce texte ; au fond, il est fait pour ça.

« Sous les viandes » décrit une autre contrainte du corps, la naissance. Non comme une expulsion hors d’un cocon protecteur mais comme un enfermement, un traumatisme qui n’en finirait pas, puisque, dans le monde que décrit Molly Hurricane, des méduses extraterrestres ont entièrement recouvert la Terre de leurs masses gigantesques. Les êtres humains rescapés vivent donc à l’intérieur de la viande, sans faim mais asphyxiés par « la société des mille-tripes » tenue par « les boyaux-démocrates » et divisée entre « pourris du haut » et « pourris du bas ». Dans ces boyaux-démocrates, « leurs habituelles tartufferies – mollesse, malhonnêteté, discours liquoreux, double langage, proclamations humanistes, appels à l’effort, appels à l’égalité, mépris des pauvres » et leurs « discours de la stagnation, la justification des avantages accordés aux riches, les mêmes promesses aux démunis et aux laissés-pour-compte », on reconnaît sans peine l’idéologie dominante actuelle.

« Sous les viandes » frappe par sa description d’une société immobile et d’une angoisse liée à l’enveloppe corporelle, métaphore d’un monde fermé, mou et sombre, sans perspective, qui engloutit lentement, telle la viande de la méduse, tels les rêves où la narratrice, Djennie Saranian, n’en finit pas d’essayer de tuer un juge corrompu. L’onirisme incertain, l’errance dans des non-lieux vagues et sombres, la confusion entre ce qui est réel et rêvé, les états intermédiaires, sont des caractéristiques du post-exotisme mais, dans « Sous les viandes », on en vient à désirer la mort tout en redoutant qu’elle ressemble à la vie.

Paru une première fois en 2004, « Slogans » n’a rien perdu de sa sauvagerie énigmatique, de ses éclats coupants. La rhétorique exaltante des communismes russe et chinois, des guerres révolutionnaires, est subvertie par des images quasi surréalistes : « Sorcière nue, quand tu te décapites, n’appelle pas la pluie, ouvre les yeux » ; « Offre du groupe number dva : désincarnez Natacha Amayoq, nous quitterons les maisons étranges ». Les slogans interpellent presque toujours des personnages féminins et évoquent en grande majorité des êtres féminins, « araignes absinthes », « naines rouges », « chrysalides gueuses » dans un contexte de combat, où domine le nihilisme – beaucoup de slogans se terminent par « rien ! » ou « nitchevo ! ». Les paradoxes abondent, absurdes – ou pas : l’absence de contexte ne permet pas au lecteur de choisir une signification, il ne peut que rester en alerte jusqu’au slogan suivant, et ainsi de suite. Pourtant, le post-exotisme ne se referme jamais sur un désespoir tragique. Les trois sections de 343 slogans s’arrêtent toutes sur « Les mauvais jours finiront ! » et Miaki Ono finit « Débrouille-toi avec ton violeur » par « nous aimons aimer quelqu’un d’autre ».

Débrouille-toi avec ton violeur désarçonne, secoue, interroge, mais avec une cohérence impressionnante. Les trois parties résonnent entre elles comme des insurrections féminines face à la contrainte, à la violence, comme des actes de libération grâce au fier retournement des moyens de langage utilisés par l’oppression.

 

[Photo : Jean-Luc Bertini – source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

El recetario de la familia Fenves sobrevivió gracias a la cocinera de la casa y gracias a un chef israelí, las recetas cobraron vida y detallan lo que la comunidad comía previo a ser llevados a los campos de concentración

El libro de cocina original de la familia Fenves, mostrado por Anne Marigza, conservadora del Museo Conmemorativo del Holocausto de EE. UU. (Deb Lindsey para The Washington Post)

El libro de cocina original de la familia Fenves, mostrado por Anne Marigza, conservadora del Museo Conmemorativo del Holocausto de EE. UU. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Escrito por Tim Carman

Steven Fenves no la notó esa mañana de mayo de 1944 cuando él y su familia fueron expulsados de su casa en Subotica, como parte de las deportaciones ordenadas por los alemanes después de que tomaron el control de la ciudad en la ex Yugoslavia. Fenves, su madre y su hermana tomaron lo que pudieron cargar de su apartamento del segundo piso. Mientras bajaban las escaleras, se encontraron con vecinos y gente del pueblo, todos en fila para saquear su casa.

Nunca vio a Maris entre los saqueadores. Corpulenta, con gran cabello negro y mejillas sonrosadas, normalmente sería difícil pasarla por alto. Pero Fenves no estaba buscando a la excocinera de la familia, a quien solo conocía por su nombre de pila. Hacía tres años que no trabajaba en la cocina de su familia, desde que las potencias del Eje invadieron Yugoslavia y Hungría, aliada de Alemania, se anexionó Subotica.

“Mientras la gente te grita, te maldice y te escupe, no los miras a la cara”, dijo Fenves, de 91 años, en su sala de estar en Chevy Chase, Maryland.

Pero Maris estaba allí, esperando su oportunidad. Tenía una misión, entonces desconocida para los Fenves, que se dirigían al primero de dos guetos judíos. Iba al apartamento a rescatar, entre otras cosas, el recetario familiar. El que la madre de Fenves, Klara, había compuesto en su letra húngara apretada, diminuta y casi impecable. El que Maris había usado para cocinar durante años.

Herraduras con nueces y semillas de amapola, un plato navideño húngaro adaptado para la mesa judía, conservado en el medio de la página izquierda en el libro de cocina de la familia Fenves. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Herraduras con nueces y semillas de amapola, un plato navideño húngaro adaptado para la mesa judía, conservado en el medio de la página izquierda en el libro de cocina de la familia Fenves. (Deb Lindsey para The Washington Post)

La familia Fenves vivió una vida de clase media alta en Subotica, donde su padre, Louis, era el editor de un influyente periódico en idioma húngaro, impreso en una planta adjunta a la residencia de la familia.

Además de Maris, sus padres contrataron a una criada, un chofer y una institutriz, que serían los tutores de Fenves y su hermana mayor, Eszti. Su madre, Klara, era una artista formada formalmente. Transmitió su pasión por el arte a sus hijos, pero dejó la cocina a Maris, quien la trató como un estado soberano en el que nadie podía entrar sin autorización.

Para la comida principal del mediodía, Maris puede preparar un soufflé de parmesano, paté de hígado de pato, ensalada de arenque, torta de avellanas o patatas apiladas húngaras, este último un plato estilo cazuela con patatas, huevos duros, mantequilla y, a veces, salchichas. La madre de Fenves servía a todos desde la cabecera de la mesa.

La comida se basó en gran medida en las tradiciones húngaras, lo que sugiere cómo los Fenves se habían sumergido en la cultura local. El único plato judío que recuerda haber comido cuando era niño era el cholent, un guiso que tradicionalmente se sirve en sábado.

La casa de la infancia de Steven Fenves, a la izquierda en su álbum de fotos familiar, se ha convertido en un museo en Subotica. (Deb Lindsey para The Washington Post)

La casa de la infancia de Steven Fenves, a la izquierda en su álbum de fotos familiar, se ha convertido en un museo en Subotica. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Había comidas para ocasiones especiales, como el pastel de carne de pavo, en el que Maris quitaba la piel de un pavo fresco, cortaba la carne del hueso, la molía con especias, presionaba la carne molida contra el esternón y la cubría con piel. A Fenves y su hermana les encantó el plato. Lo que no les gustó fue la sopa campesina de Maris con albóndigas pequeñas y duras. Los niños la llamaban “sopa de sobres”, porque cada vez que ella la hacía, robaban sobres pesados de la imprenta.

“Cuando nadie miraba, con nuestras cucharas sacamos las albóndigas y las pusimos en el sobre”, dijo Fenves.

Ninguno de los platos de Maris está en el recetario de la familia Fenves. La mayoría de las más de 140 recetas fueron creadas por una tía, una prima, una cuñada, una amiga o la propia Klara.

Maris tuvo que ser despedida en 1941 cuando Hungría tomó el control de su región e impuso leyes que prohibían a los judíos emplear a no judíos. Al mismo tiempo, el gobierno se hizo cargo de la imprenta de Fenves, lo que obligó a la familia a luchar por el dinero. Klara vendía artesanías. Fenves vendió su querida colección de sellos.

Su padre fue el primero en ser enviado a los guetos, luego a Auschwitz, antes de aterrizar en una mina de carbón en Silesia. Cuando Fenves y el resto fueron expulsados de su casa unos días después, tuvieron que dejar casi todo atrás: el arte, los libros, los recuerdos, las fotos de Klara, incluso el libro de cocina familiar. Además de la familia, Maris era quizás la única persona en Subotica que sabía dónde encontrar el libro o por qué valía la pena salvarlo.

Fotos de la infancia de Steven Fenves y su hermana mayor, Eszti. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Fotos de la infancia de Steven Fenves y su hermana mayor, Eszti. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Después de un viaje de cinco días en un vagón de tren, lleno de gente pero sin comida ni agua, Fenves y su familia aterrizaron en Auschwitz. Su abuela, sacada de su propio apartamento, fue enviada a la cámara de gas. Su madre moriría unos días después, pero nunca se supo cómo. Fenves y su hermana fueron dirigidos a barracones juveniles en dos recintos separados.

En su cuartel, Fenves estaba rodeado de decadencia y muerte. Le daban de comer una sopa aguada una vez al día de un caldero. “Eso fue una muerte lenta”, recordó.

A él no le gustaba exactamente su exinstitutriz, una alemana a la que describió como una “mujer horrible” en una entrevista con el Museo Conmemorativo del Holocausto de EE. UU., pero sus lecciones de alemán lo ayudaron a sobrevivir. Se le ordenó que sirviera como intérprete para los criminales alemanes que supervisaban a los prisioneros. “Mi recompensa fue que después de que la gente se alimentara de los grandes calderos”, dice Fenves, “tuve el privilegio de raspar el fondo”.

Aunque no sabía ni una palabra de polaco, más tarde serviría como intérprete para un preso político polaco que se desempeñaba como supervisor, o kapo, en otro cuartel. Los kapos polacos eran parte de la resistencia, y si trabajabas para ellos, también eras parte de la resistencia. Fenves se convirtió en corredor en el mercado negro del campo. Su unidad monetaria era el reloj de oro, que se quitaba a quienes entraban en Auschwitz.

“Yo era el más pequeño y delgado del grupo” de corredores, recordó Fenves. “A veces tenía ocho o diez relojes de oro atados a mi muslo”.

El sobreviviente del Holocausto Steven Fenves, de 91 años, mira un álbum de fotos familiar, debajo de un retrato de su madre y litografías de ella. (Deb Lindsey para The Washington Post)

El sobreviviente del Holocausto Steven Fenves, de 91 años, mira un álbum de fotos familiar, debajo de un retrato de su madre y litografías de ella. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Cuando necesitaba algo, por lo general podía comerciar en el mercado negro, como cuando vendió sus productos para asegurar un suéter, una bufanda y una barra de margarina para su hermana, que estaba siendo transportada fuera de Auschwitz.

“Cuando nos reunimos, me dijo que se comió [la margarina] de una sola vez y se enfermó terriblemente”, dijo Fenves.

En octubre de 1944, Fenves fue enviado a Niederorschel, un subcampo de Buchenwald, donde lo pusieron a trabajar en la fabricación de aviones de combate alemanes. El 1 de abril de 1945, cuando las fuerzas aliadas se acercaron, Fenves y el resto de los prisioneros fueron enviados a Buchenwald en una marcha de la muerte. Duró 11 días, durante los cuales, recordó, a menudo no tenían qué comer. Un guardia rompió el brazo de Fenves durante la marcha cuando le respondió a un cabo alemán. Cuando finalmente llegó a Buchenwald, se quedó dormido en una litera, con el brazo todavía dolorido. Se despertó al día siguiente cuando los Aliados liberaron el campo.

Pasó dos semanas en un hospital de campaña de Estados Unidos. No recuerda su primera comida allí.

Fenves y su hermana, Eszti, regresaron a Subotica después de la guerra, pero Yugoslavia, bajo el gobierno comunista recién formado, no era la misma, y tampoco lo era su padre. Cuando Louis regresó en un tren del hospital militar soviético, estaba “totalmente destrozado física y emocionalmente”, dijo Fenves en una charla en el Museo del Holocausto. Meses después, Louis murió.

Los hermanos no podían quedarse en Yugoslavia. Obtuvieron pasaportes y visas de salida y se dirigieron a París, donde renunciaron a su ciudadanía yugoslava. Varios años después, emigraron a los Estados Unidos.

El libro de cocina familiar, que estuvo brevemente en manos de Fenves y Eszti después de la guerra, fue devuelto a Maris para su custodia.

La colección de recetas de la familia probablemente era un libro de contabilidad que la madre de Steven Fenves adaptó a un libro de cocina. (Deb Lindsey para The Washington Post)

La colección de recetas de la familia probablemente era un libro de contabilidad que la madre de Steven Fenves adaptó a un libro de cocina. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Un jueves por la tarde de junio en el Centro Shapell, las instalaciones de investigación y colecciones del Museo del Holocausto en Bowie, Maryland, la conservadora Anne Marigza abrió el libro de cocina de la familia Fenves sobre una mesa blanca inmaculada. Colocó una almohada delgada y doblada debajo de la cubierta para mantenerla nivelada con la primera página del libro, tratando de preservar lo que quedaba de la encuadernación.

Según la mejor suposición de Marigza, el libro fue encuadernado en la década de 1920 en un taller. (Fenves, dicho sea de paso, dijo que el volumen fue “claramente” hecho en el taller de encuadernación en el sótano de la residencia familiar). Las letras doradas en relieve se han erosionado, pero aún se puede leer “receptek”, que en húngaro significa “recetas”. En la esquina inferior derecha, un nombre sigue siendo legible: Fenyves Lajosne, que se traduce como Sra. Louis Fenyves, un recordatorio de que Fenves cambió la ortografía de su apellido cuando se convirtió en ciudadano estadounidense naturalizado en 1954.

La cubierta está hecha jirones, manchada de tinta y sucia en los bordes. Los contornos fantasmales de la cinta adhesiva son visibles a lo largo de la carpeta. Cada página tiene las reglas de un libro de registros, como si Klara hubiera reutilizado un libro mayor. Las pestañas que separan cada sección — aperitivos, pastas y ensaladas; sopas, carnes y salsas; y así sucesivamente, mira cortado a mano. Las páginas están manchadas por los dedos sucios y las salsas salpicadas.

En el mundo anterior a la guerra, la industria editorial no se parecía en nada a lo que es hoy. Los volúmenes profesionales dedicados a la cocina judía fueron escasos. El conocimiento culinario judío a menudo se transmitía de generación en generación de mujeres, como Klara, que coleccionaba recetas en libros de cocina familiares. Muchos de estos volúmenes fueron parte de la vasta historia cultural que se borró cuando la Alemania nazi asesinó sistemáticamente a 6 millones de judíos.

Los prisioneros judíos que intentaban conservar los platos familiares en los campos y guetos escribían recetas en trozos de papel, en el reverso de las fotos e incluso en folletos de propaganda nazi. En el libro “In Memory’s Kitchen“, que recopila recetas escritas por mujeres en el gueto y campo de Theresienstadt en lo que ahora es la República Checa, un sobreviviente dijo que los prisioneros hablaban tanto sobre la comida que tenían un término para ello: “cocinar con la boca”.

El Museo del Holocausto ha recogido los papeles de cerca de 30 familias y personas que, de una forma u otra, intentaron conservar sus recetas. Susie Greenbaum Schwarz escribió un diario mientras se escondía en granjas de los Países Bajos, mezclando observaciones personales con recetas. Eva Ostwalt creó un libro de cocina mientras estaba encarcelada en el campo de Ravensbrück. Mina Pächter recolectó recetas en Theresienstadt, donde, antes de su muerte, le pidió a un amigo en el campamento que de alguna manera encontrara a su hija y le pasara el libro de cocina. Décadas más tarde, en 1969, un extraño entregó un paquete, incluido el libro de cocina, a la hija de Mina en Manhattan.

El libro de cocina de Fenves, ahora archivado en el Centro Shapell en Bowie, Maryland, probablemente fue encuadernado y cortado a mano en el sótano de la residencia de la familia en Subotica. (Deb Lindsey para The Washington Post)

El libro de cocina de Fenves, ahora archivado en el Centro Shapell en Bowie, Maryland, probablemente fue encuadernado y cortado a mano en el sótano de la residencia de la familia en Subotica. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Pensar en la comida era, en parte, una distracción, “porque obviamente no comían tan bien como escribían sobre comida”, dijo Kyra Schuster, curadora de arte y artefactos del Museo del Holocausto. “Pero fue algo que los mantuvo en tierra, mantuvo su humanidad”.

El recetario de la familia Fenves es diferente. Estaba completamente formado antes de que Fenves y su familia fueran deportados. Las recetas podrían haberse perdido en la historia, como tantas otras durante la guerra, si no fuera por la cocinera que se puso en peligro al intentar salvarla.

“Es muy revelador que esto fue lo que ella tomó en lugar de agarrar tal vez prendas de vestir u otros objetos de valor de la familia, si todavía había alguno en el apartamento”, dijo Schuster. “Creo que eso dice mucho de la importancia”.

Cuando Fenves volvió a ver el libro de cocina de su madre, había creado una nueva vida. A principios de la década de 1960, fue profesor de ingeniería civil en la Universidad de Illinois en Urbana-Champaign. En 1962, pasó un año en el Instituto Tecnológico de Massachusetts, donde trabajó con un par de colegas para desarrollar una herramienta informática de análisis estructural que consolidaría la reputación de Fenves como pionero en el campo.

Mientras era estudiante de la Universidad de Illinois y Eszti vivía en el lado sur de Chicago, recibieron un paquete lleno de matasellos y estampillas de Yugoslavia. Maris había enviado por correo a los hermanos el libro de cocina, la obra de arte de su madre, un diario y otros recuerdos. Fenves dijo que él y su hermana estaban mucho más interesados en los dibujos y grabados.

Eszti ocasionalmente usó el libro de cocina para el propósito previsto, dijo Fenves, pero nunca lo hizo.

El libro de cocina de la familia, el regalo de Maris, quien murió en algún momento desconocido para los niños que alguna vez cuidó, esencialmente languideció durante años hasta que apareció un “joven chef entrometido nacido en Israel”, dijo Fenves.

El chef Alon Shaya cocina en una recaudación de fondos para el Museo Conmemorativo del Holocausto de EE. UU. en la casa de Joan Nathan en DC en junio. (Deb Lindsey para The Washington Post)

El chef Alon Shaya cocina en una recaudación de fondos para el Museo Conmemorativo del Holocausto de EE. UU. en la casa de Joan Nathan en DC en junio. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Desde que visitó Yad Vashem, el monumento conmemorativo del Holocausto más grande de Israel, el chef de Nueva Orleans, Alon Shaya, había estado pensando en los que murieron en los campos y en cómo “arriesgaron sus vidas robando papeles, recibos y trozos de tela para escribir estas recetas”. Estaba considerando un proyecto sobre cómo la comida, o simplemente la idea de la comida, “sirvió como un puente emocional para conectarse con momentos más felices en sus vidas cuando se estaban muriendo de hambre”.

Luego, Shaya vio el libro de cocina de Fenves en el sótano del Museo del Holocausto, que había presentado el volumen en una exhibición unos años antes. Allí comprendió que el valor del esbelto libro radicaba no solo en sus recetas, sino también en la única persona que podía ayudar a reconstruirlas: Fenves, que entonces tenía 88 años (Eszti había muerto en 2012).

“Se encendió una bombilla en mi cabeza que decía: ‘Vaya, esta es una oportunidad para obtener un recuerdo en primera persona de estas recetas y poder hablar con él uno a uno sobre sus recuerdos del libro y el recetas’”, dijo Shaya.

Luego vino el trabajo duro: traducir e interpretar recetas húngaras de casi un siglo de antigüedad que eran, en muchos aspectos, solo bocetos, diseñados para aquellos que intuitivamente conocían los ingredientes, las medidas (generalmente en decagramos) y las técnicas que a menudo estaban implícitas. Una vez que Fenves tradujo unas 17 recetas, Shaya se puso a trabajar reconstruyéndolas. La propia conexión del chef con la cocina húngara, a través del lado paterno de la familia, no ayudaría con la tarea, porque Shaya nunca había explorado realmente la cocina.

Círculos de patatas con champiñones y tomillo, uno de los platos del libro de cocina familiar de Steven Fenves que el chef Alon Shaya sirvió en una recaudación de fondos en junio. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Círculos de patatas con champiñones y tomillo, uno de los platos del libro de cocina familiar de Steven Fenves que el chef Alon Shaya sirvió en una recaudación de fondos en junio. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Una receta, herraduras con nueces y semillas de amapola, fue un trabajo duro. Shaya había asumido que una instrucción, “guarde un poco de masa para decorar”, significaba que el plato festivo tenía una corteza de celosía encima, como un pastel. Así que enrolló la masa en forma de herradura, la llenó con nueces y semillas de amapola y cubrió la parte superior con una celosía.

Solo después de hablar con Fenves y realizar más investigaciones, se dio cuenta de que se suponía que el pastel se enrollaba como un pastel de gelatina. El plato, supuso, era un riff de beigli, un rollo húngaro hecho tradicionalmente en Navidad, pero adaptado para la mesa judía.

Otras recetas también plantearon preguntas. El descrito como “círculos de papa” requería que los círculos de masa se cubrieran con carne molida mezclada con crema agria. No especificó qué tipo de carne o cómo estaba condimentada. Basándose en conversaciones con Fenves, Shaya optó por saltear la carne de res con cebolla, ajo, tomillo, pimienta de Jamaica y pimentón, el último de los cuales, según Fenves, se usaba en “casi todo”.

Este toma y daca entre ambos creció electrónicamente durante la pandemia. Desarrollaron alrededor de 10 recetas. Una vez que se bloquearon las recetas, Shaya envió algunos platos en hielo seco a Fenves en Chevy Chase y a sus cuatro hijos, repartidos por todo el país, para que los probaran.

Para el chef, la opinión de Fenves era la que importaba. Fenves era el único que había probado estos platos tal como se preparaban originalmente, aunque era un niño más interesado en los sellos y el arte que en la comida.

“Quiero hacer justicia a las recetas”, dijo.

Palitos de sémola, una receta de su libro de cocina familiar que Steven Fenves disfrutó cuando era niño. (Scott Suchman para The Washington Post; estilo de comida de Lisa Cherkasky para The Washington Post)

alitos de sémola, una receta de su libro de cocina familiar que Steven Fenves disfrutó cuando era niño. (Scott Suchman para The Washington Post; estilo de comida de Lisa Cherkasky para The Washington Post)

Shaya, de 43 años, lleva consigo un recuerdo como un objeto sagrado: era un niño de Bat Yam, Israel, que comenzaba una nueva vida en Filadelfia con su madre, que había dejado a su marido y estaba criando a dos hijos. Una inmigrante que no hablaba bien el inglés, Shaya se sintió desatada. Un día de 1984, Shaya entró en su casa de Filadelfia y se encontró con el aroma de pimientos y berenjenas asándose al fuego. Él sabía lo que significaba: su saba y safta, hebreo para abuelo y abuela, estaban de visita desde Israel.

“Simplemente relacioné el olor de la comida con mi familia volviendo a estar junta y sintiendo que la vida iba a estar bien por un tiempo”, dijo. “Supongo que estaba tratando de evocar una emoción en Fenves como la que tuve en ese momento”.

El chef quería recrear los platos de Fenves en parte para recuperar también a Fenves. A una vida antes de la guerra. A una casa donde su madre todavía servía el almuerzo en la cabecera de la mesa. A una familia todavía en su mejor momento.

Algunas de las degustaciones fueron capturadas durante las sesiones de Facebook Live organizadas por el Museo del Holocausto. Moderadas por la historiadora Edna Friedberg, las sesiones conectaron a Fenves y Shaya a través de las distancias, pero también conectaron a Fenves a través del tiempo, con comida que no había probado desde 1944. Como semolina sticks, un refrigerio dulce y salado que Fenves disfrutaba cuando era niño. Shaya había enviado a Fenves y a su esposa, Norma, muestras para que las probaran en cámara.

“Mmm, fantástico”, le dice Fenves a Norma en el video.

“¿Lo entendió bien?”, Friedberg le pregunta a Fenves.

“Muy bien, sí”, dice.

“Está bien, bien”, responde Shaya, claramente aliviada. “Estaba realmente nervioso”.

En otra sesión en video, Fenves prueba un pastel de crema de nuez hecho con, como señala Shaya, cinco tazas de nueces molidas. Una vez más, Friedberg se pregunta qué significa para él probar este pastel después de una pausa de 75 años.

“Al comer esto, sinceramente, no puedo aislar el recuerdo de este plato de los recuerdos de todos los demás platos dulces”, dice.

Más de un año y medio después de esas degustaciones, Fenves se sentó en su nuevo apartamento en un centro para personas mayores, donde él y Norma se mudaron después de que sufrió una caída este año. En su sala de estar, nuevamente buscaba las palabras para describir sus sentimientos acerca de probar la comida de su infancia. Dijo que “fue un gran placer”. Luego hizo una pausa y ofreció una especie de confesión.

“No soy una persona tan emocional”, dijo, el hombre de las matemáticas.

Steven Fenves, con el chef Alon Shaya, a la izquierda, en una recaudación de fondos en junio para el Museo Conmemorativo del Holocausto de EE. UU. Steven estaba mostrando un número de prisionero, tatuado en su brazo en Auschwitz, a los invitados Edye Fox Abrams y Steven Abrams. (Deb Lindsey para The Washington Post)

teven Fenves, con el chef Alon Shaya, a la izquierda, en una recaudación de fondos en junio para el Museo Conmemorativo del Holocausto de EE. UU. Steven estaba mostrando un número de prisionero, tatuado en su brazo en Auschwitz, a los invitados Edye Fox Abrams y Steven Abrams. (Deb Lindsey para The Washington Post)

Más tarde, Shaya reconoció que él y Fenves, a pesar de su estrecha colaboración, son personas diferentes. Shaya se describió a sí mismo como “una persona extremadamente emocional”.

“Tal vez estaba un poco confiado en el hecho de que podía evocarle una emoción a través de la comida”, dijo. Pero, agregó, la experiencia seguía siendo “un conector. Si no es un conector emocional de un sabor o un olor, la forma en que siempre ha sido mi vida, sigue siendo un puente hacia una conversación y una amistad”.

Las recetas serán un conector de otra manera. Dada la gran cantidad de tiempo que llevaría convertir las recetas de Fenves en un libro de cocina contemporáneo, Shaya tiene diferentes planes para el proyecto: se embarcará en una gira para hablar sobre el libro, incluso cocinar algunos platos de él, en un puñado de ciudades. Los eventos recaudarán fondos para ayudar a ampliar la colección del Museo Conmemorativo del Holocausto, que ya incluye más de 23.800 objetos. Hizo un evento similar este año en la casa de Joan Nathan, la estimada autora de libros de cocina, y generó 180.000 dólares.

Pero igualmente importante, dijo, espera que los eventos puedan reducir la horrible escala del Holocausto a algo agradable, identificable, para las generaciones más jóvenes que, según algunos, están viendo un aumento del fascismo en sus propias vidas. Su adolescente básico, dice el chef, puede no comprender el nivel de pena y dolor humano vinculado a millones de muertes y las políticas que llevaron a esos asesinatos.

“Le horneas un pastel y luego le cuentas la historia de Maris y su heroísmo para arriesgar su vida y salvar este libro de cocina”, dijo Shaya. “De repente, esta es una historia que un niño de 13 años puede respaldar y comprender”.

[Publicado originalmente en The Washington Post – reproducido en http://www.infobae.com]

 

Il s’agissait du plus grand camp de prisonniers français à Berlin durant la Deuxième Guerre mondiale. Et pourtant, il était tombé dans l’oubli. Ses dernières traces devaient disparaître à jamais avec le lancement d’un énorme projet immobilier. Mais des initiatives citoyennes se sont mobilisées pour que l’histoire ne soit pas effacée à jamais. Une exposition « Le passé, on oublie ? » consacrée à ce camp vient de s’ouvrir à Berlin.

Prisonniers de guerre français lors d’une distribution de nourriture, 1940. CICR

Écrit par Pascal Thibaut

Joseph Baby a 22 ans lorsqu’il est mobilisé en 1939. Le jeune Français est fait prisonnier de guerre après la défaite de la France quelques mois plus tard. Il arrive au camp de Lichterfelde, au sud de Berlin, en août 1940 ; il porte le matricule 28 468. Au total, 1,8 million de Français seront prisonniers durant la guerre en Allemagne. Les Soviétiques seront trois fois plus nombreux et devront endurer des conditions bien plus dures. Les jeunes Allemands sont au front ; la main d’œuvre des pays occupés doit permettre à l’industrie germanique de tourner.

Joseph Baby restera cinq ans dans la capitale du IIIᵉ Reich où d’innombrables camps de prisonniers et de travailleurs forcés sont créés. Il rentre en France durant l’été 1945 et ne parlera quasiment jamais de ces années à Berlin.

Prisonniers de guerre français au camp de Lichterfelde, 1940. CICR

Les anciens prisonniers ne parlent pas forcément de leur passé en Allemagne. Le pays tourne la page. L’armée américaine utilise le site de l’ancien camp pour un centre d’entraînement et rase ce qu’il en reste dans les années 1990. Des petites entreprises utilisent d’anciens bâtiments du camp. Depuis les années 1950, des soldats français stationnés à Berlin-Ouest rendent hommage à leurs 400 camarades morts en détention durant la guerre dans la capitale allemande. Leurs restes sont transférés vers la France.

C’est très tard, il y a cinq ans, que des initiatives citoyennes, engagées dans le travail de mémoire dans cette partie de Berlin, effectuent des démarches pour sauvegarder le site après son rachat par un investisseur qui prévoit un vaste projet immobilier de 2 500 logements. L’engagement de ces groupes auprès de l’entreprise et de l’arrondissement permet de trouver un compromis : deux bâtiments de l’ancien camp seront sauvegardés. L’un d’eux sera utilisé dans les prochaines années comme centre de rencontre pour la jeunesse ; le second deviendra un lieu de mémoire rappelant l’existence du camp de prisonniers français.

La caserne Landweg 35a sera préservée, un mémorial doit être construit ici. © Antonia Weiße/Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit frei.

Thomas Schleissing-Niggemann dirige l’une des initiatives sur place. L’engagement de l’infatigable septuagénaire est intimement lié à son histoire familiale : « Mon père était membre du parti nazi et de l’organisation Todt. Ma propre biographie est liée à l’histoire avec un grand H. Je m’engage pour que ce sombre passé ne soit pas oublié. Le travail de mémoire reste central ».

Lors du vernissage de l’exposition « Le passé, on oublie ? », Thomas Schleissing-Niggemann a interpellé l’adjoint au maire à la Culture de la ville de Berlin présent, lui déclarant « Adoptez cet enfant. Faites en sorte que notre engagement pour conserver cette mémoire ne reste pas un feu de paille ». Une fois le projet immobilier réalisé, il faudra savoir qui gère ce lieu de mémoire et avec quels moyens.

Agnès Tanière, la fille du prisonnier de guerre Joseph Baby, a pu rencontrer ceux qui ont permis au camp de ne pas être oublié, et qui contribuent quelque part à ce que le passé de son père ne disparaisse pas : « J’ai été très émue d’apprendre que ces personnes s’étaient engagées pour que la mémoire du camp ne disparaisse pas. Ça réchauffe le cœur de voir qu’elles éprouvent une responsabilité devant l’histoire ; elles ont compris la souffrance de tous ces prisonniers qui étaient dans ces camps ».

L’exposition temporaire, lancée et hébergée par le Centre de documentation sur le travail forcé sous le IIIᵉ Reich et visible jusqu’à fin mai 2023, se veut aussi un moyen de rendre cette redécouverte publique et de contribuer à pérenniser un projet encore balbutiant.

Exposition sur l’ouverture du camp de Lichterfelde avec le sénateur pour la Culture Klaus Lederer et Christine Glauning, responsable du centre de documentation NS-Zwangsarbeit. © Andreas Schoelzel/Dokumentationszentrum NS-Zwangsarbeit frei.

L’exposition présente la vie des prisonniers dont les conditions de vie ont été perçues comme décentes lors de premières inspections de la Croix Rouge. Elles se détériorèrent par la suite. Les détenus travaillaient dans des entreprises ou déblayaient les dégâts causés par les bombardements alliés. Ils disposaient au sein du camp de leur logement sommaire, mais aussi d’une bibliothèque. Des cours furent organisés ainsi que des performances théâtrales. René Duverger, ancien champion olympique en haltérophilie, participa aux activités de cette troupe. Le magazine « Matricule X » aura environ 50 numéros entre 1941 et 1945. La publication réalisée par les prisonniers était soumise à une étroite censure et reprenait à son compte la propagande collaborationniste du régime de Vichy.

Des artistes français firent le déplacement pour « remonter le moral des troupes », comme Edith Piaf, qui chanta devant des prisonniers de guerre en Allemagne, également à Berlin à deux reprises. On la voit dans l’exposition sur une photo avec d’autres artistes au pied de la porte de Brandebourg. Après la guerre, l’artiste pourra prouver que ses voyages en Allemagne avaient été utilisés pour aider des prisonniers à s’évader.

Agnès Tanière aura sans doute beaucoup appris à travers les recherches des historiens sur le camp où fut interné son père et sur sa vie quotidienne à Berlin entre 1940 et 1945. La fille de Joseph Baby avait déjà en amont découvert, après la mort de son père, une centaine de lettres que ce dernier avait rédigées durant sa captivité. « Lorsque j’ai lu la première, j’ai dû m’interrompre et pleurer. C’était vraiment trop dur de découvrir ce passé dont il n’avait jamais parlé ».

Agnès Tanière, fille de l’ancien prisonnier de guerre français Joseph Baby © Andreas Schoelzel/Centre de documentation sur le travail forcé NS.

 

[Source : http://www.rfi.fr]

L’historienne Annette Wievorka revient sur le parcours de sa famille juive polonaise, de leur pays natal à la France occupée.

Écrit par Myriam ANISSIMOV

Historienne de renom, spécialiste de l’histoire de la Shoah, Annette Wieviorka est l’auteur de nombreux ouvrages de référence, notamment Auschwitz expliqué à ma fille (Seuil, 1999)traduit dans le monde entier, et L’Ère du témoin (Hachette, 2002). En 2011, elle revenait dans un livre d’entretiens sur ses nombreux travaux, consacrés moins à l’histoire de la Shoah qu’à celle de sa mémoire et du témoignage des rescapés.

La Chine maoïste, un aveuglement de jeunesse

Tombeaux. Autobiographie de ma famille – Annette Wieviorka, 2022 – Seuil, 380 pages

Entreprenant le récit de sa vie, elle publie en 2021 Mes Années chinoises (Stock), dans lequel elle revisite les deux années qu’elle a passées à enseigner le français à Canton, pendant la Révolution culturelle. Membre des Amitiés franco-chinoises et intoxiquée comme nombre de jeunes intellectuels français par la propagande chinoise, elle avait fait un premier voyage en Chine en 1970. Elle avoue n’avoir alors rien vu, rien soupçonné. Envisageant même de s’y installer, elle était repartie en 1974 dans l’espoir, écrit-elle, de « comprendre de l’intérieur l’alchimie de la révolution ». En 1979, elle avait déjà médité sur son expérience dans un livre intitulé L’Écureuil de Chine (Les Presses d’Aujourd’hui), mais l’ampleur de son ignorance à l’époque l’a conduite à se pencher de nouveau sur ses « années chinoises ».

Souvenez-vous, c’était l’époque où tous les gens « branchés » portaient le bleu de chauffe et le col Mao, où tous les gens branchés possédaient un exemplaire « du-petit-livre-rouge-de-Mao » et ne se privaient pas de le citer à tout propos. Parfaitement ignorante, j’en avais aussi acheté un, que je n’ai jamais ouvert. Mais en 1971, j’ai lu Les Habits neufs du président Mao de Simon Leys (Champ Libre, 1960), et en 1974, peu de temps après mon unique achat à la librairie chinoise du Boulevard Sébastopol, Prisonnier de Mao de Jean Pasqualini (Gallimard, 1974)qui m’ont encouragée à redescendre sur terre. Cela dit, en ces années-là, Le Monde était aussi dithyrambique sur la Chine de Mao, qu’il allait l’être sur « les libérateurs » du Kampuchéa démocratique.

Annette Wieviorka ne rompit pas son contrat d’enseignement en Chine. Ainsi qu’elle l’écrit, elle alla jusqu’au bout, redoutant d’avouer « à tout le monde d’avoir fait fausse route. » Dans un entretien accordé au journal Le Monde, elle explique : « Ce dont je témoigne en restituant mes sentiments, c’est qu’il peut y avoir une aspiration au totalitarisme, un goût de la soumission ». 

La Pologne juive, un pays disparu

Mes années chinoises – Annette Wieviorka  – 2021 – Seuil, 320 pages

De nombreuses années après avoir abandonné toute idéologie et avoir redécouvert « la pensée personnelle, la liberté intérieure », Annette Wieviorka se penche aujourd’hui dans Tombeaux. Autobiographie de ma famille sur l’histoire tragique des membres de sa famille juive polonaise, immigrée en France.

C’est un très beau livre, un livre vrai qui est à la fois un récit autobiographique et le fruit d’un vaste travail de recherches et de la reconstitution de destins engloutis par la Shoah, mené avec une grande maîtrise d’historienne et un vrai talent de conteuse. C’est un livre qu’on lit d’une traite avec une sorte de ferveur : il est rare que je m’implique personnellement en rendant compte d’un ouvrage. Mais étant née dans le même monde, chacune de ses phrases me renvoie à ma propre histoire. Celle des enfants des survivants de la Shoah dont l’esprit sans repos cherche et fouille les traces de ceux qui ont été engloutis.

Annette Wieviorka a fini par retrouver assez d’éléments pour reconstituer des histoires certes, fragmentaires, lacunaires, de ceux qui ont été exterminés, de ceux qui ont survécu, de ceux qui ont livré quelques souvenirs. Elle donne un visage, une voix à ces « êtres sans destin », comme l’écrit si bien Imre Kertesz. Elle s’intéresse beaucoup à sa mère Rachel, surnommée Ritch, toujours en vie, à son père Aby, mais plus encore à son grand-père, l’écrivain yiddish Wolf Wieviorka disparu au cours de La Marche de la Mort, pendant l’évacuation nocturne du camp d’Auschwitz, au mois de janvier 1945, sur la route glacée qui conduisait les Juifs à Gleiwitz, où les attendaient les plateformes habituellement destinées au fret du charbon. On songe alors à Alberto, l’ami de Primo Levi, lui aussi évacué sur la route gelée d’Auschwitz, peut-être abattu par un SS, ou mort de froid ou de faim, sur ces wagons découverts, dans lesquels on s’asseyait sur les morts et on mangeait de la neige.

Wieviorka évoque l’intense vie intellectuelle des Juifs en France avant le Khurb’n, la catastrophe en yiddish, nommée Shoah par Claude Lanzmann. Elle raconte l’histoire du Bund, l’organisation sociale-démocrate née à Wilno en 1897 qui devint le premier parti politique juif, socialiste, marxiste et laïque en Pologne, Lituanie et Russie. Mais le Bund créa aussi un intense mouvement culturel, dont la langue yiddish était la sève nourricière. C’est au sein des jeunes du Bund que naquit l’insurrection du ghetto de Varsovie. Ces jeunes se nommaient Emmanuel Ringelblum, Mordechaï Anielewicz, Marek Edelman, pour ne citer que les plus célèbres parmi les héros du ghetto.

Annette Wieviorka décrit la vie des Juifs polonais à Paris vivant de l’artisanat dans des taudis, mais créant une bibliothèque, des journaux, des institutions culturelles et éducatives, des clubs sportifs.

La France, un fragile refuge

Elle évoque de façon très vivante le monde yiddish disparu de Belleville, de la rue Rochechouart et du quartier de la République. Elle mêle ses souvenirs aux récits qu’elle recueille, aux lettres qu’elle retrouve, aux documents officiels qui constituent un puzzle, et restituent les fragments d’une civilisation exterminée au cœur de l’Europe dans la plus grande indifférence, voire avec la complicité des États, comme ce fut le cas en France, où le gouvernement de Vichy livra les Juifs aux Allemands.

À Nice, ces derniers offraient « pour chaque Juif dénoncé 500, puis 1 000 et jusqu’à 5 000 francs », après le retrait des Italiens de la zone d’occupation de la région de Nice et de Marseille. C’est à Nice que l’oncle Roger Perelman, dénoncé et arrêté sur la promenade des Anglais, dut baisser son pantalon, fut ensuite transféré au siège de la Gestapo, et passé à tabac. Roger s’en est miraculeusement sorti, pas les autres membres de sa famille réfugiés à Nice, où ils vécurent leurs dernières semaines.

Ce livre retrace une histoire des Juifs polonais immigrés de Pologne, presque tous socialistes ou communistes pendant les années où la France semblait un refuge sûr. Rares furent ceux qui, tel Roger, ont survécu en se cachant en France, en franchissant la Ligne de Démarcation, puis la frontière Suisse, comme le firent mes tout jeunes parents à Saint-Julien-en-Genevois pendant les rafles lyonnaises du mois de novembre 1942.

Comme Annette Wierviorka, j’ai demandé à ma mère de tracer sur une carte son périple et celui de mon père (l’administration des camps à Zurich séparait les couples) pendant trois ans dans les camps suisses, et comme elle, je suis allée marcher dans leurs pas, interroger ceux qui se souviendraient peut-être des Juifs.

On pourrait qualifier ce beau livre de Izker Bukh (Livre du souvenir) que les survivants ont publiés pendant les années de l’immédiat après-guerre en yiddish ou en hébreu pour offrir une sépulture aux Juifs de leurs communautés exterminés. C’est sans doute le premier Livre du Souvenir publié en français. Mais il s’agit également d’un retour unificateur à l’origine puisqu’en 1983, Annette Wieviorka avait publié avec Itzhok Niborski un livre intitulé Les Livres du Souvenir-Mémoriaux Juifs de Pologne (Collection Archives).

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

 

 

Grandes redes de restaurantes investem pesado para converter galpões, estacionamentos e containers em linhas de produção de refeições. Só num bairro de SP, há 35. A tônica: lucro máximo e condições insalubres para os trabalhadores

Escrito por Marco Antonio Gonsales de Oliveira

Como parte da pesquisa que desenvolvi com entregadores(as) em empresas-plataforma de trabalho, em 2021, minha inserção etnográfica no setor, além de confirmar as indignas condições de trabalho enfrentadas pela categoria, me revelou algo inusitado. Muitas vezes, quando era chamado para ir com a minha bicicleta retirar uma refeição, ao invés de um restaurante, uma padaria ou uma lanchonete, encontrava residências, garagens, galpões e locais improvisados e adaptados para servirem de cozinhas industriais, as famosas cozinhas escuras (darkghostcommissary, smart, digital ou cloud kitchens1)

As cozinhas escuras são unidades de produção de refeições que utilizam principalmente as empresas-plataforma de entregas para comercializar e distribuir suas mercadorias. Configuram-se como uma nova versão das pequenas (quase sem mesas) pizzarias de bairros de São Paulo e dos populares restaurantes takeway2 dos EUA repaginados com o advento e o crescimento do mercado de entregas por plataformas e potencializado com a pandemia da covid-19.

Há, principalmente, dois tipos de negócios que envolvem as dark kitchens. O primeiro se refere às cozinhas escuras que possuem marca(s) própria(s) direcionadas substancialmente ao mercado de entregas por aplicativos. São cozinhas que muitas vezes operam com mais de uma marca, produzindo, no mesmo espaço, diferentes estilos gastronômicos e tipos de refeições. Por exemplo, podem operar com três marcas produzindo comida mexicana, baiana e mineira, ou mesmo, oferecendo refeições similares em formatos diversos para grupos socioeconômicos distintos. Um nicho que conta com marcas de refeições conhecidas como o Sush1, o Savage, o Patties, Papila Deli, dentre outras. Entretanto, parte considerável desse mercado é formado por micros e pequenas empresas que enfrentam as dificuldades características das suas estruturas e suas condições limitadas, como a falta de experiência, de recursos, a dificuldade do acesso ao crédito, a carência de trabalhadores(as) capacitados(as) e a caixa preta das plataformas3.

A propaganda do universo do management promove o empreendedorismo no setor afirmando que abrir um “restaurante” nunca foi tão fácil, afinal, dizem os(as) “especialistas”, montar ou locar uma cozinha escura é menos custoso do que um restaurante ou uma padaria, por exemplo. O espaço é menor, a quantidade de trabalhadores também e as plataformas se responsabilizam pelas vendas.

No entanto, as cozinhas escuras dependem, assim como os(as) entregadores(as) plataformizados(as), da caixa preta dos algoritmos das empresas de entregas. Como sabemos, os algoritmos não são mediadores e tampouco são neutros. São construídos para beneficiar seus proprietários, as empresas-plataforma. No caso das cozinhas escuras, os algoritmos beneficiam os estabelecimentos que pagam para serem favorecidos, promovendo um ambiente ainda mais perverso para o pequeno capital. Ou seja, assim como motoristas e entregadores(as) das empresas-plataforma, os(as) pequenos(as) empresários(as) estão à mercê das caixas pretas (da lógica operacional dos algoritmos) das empresas de entregas.

O segundo formato de negócios baseado no conceito de cozinhas escuras é constituído por empresas especializadas em locar espaços para a produção de refeições destinadas ao mercado de delivery. Muitas empresas oferecem aos seus clientes cozinhas equipadas com fornos, coifas, refrigeradores, caldeirões, trabalhadores (as) capacitados (a), além de programas de gestão interconectados com as principais empresas-plataformas de delivery. O(a)s grandes capitalistas do setor não precisam se preocupar em comprar, locar ou construir as suas próprias cozinhas, tão pouco em contratar trabalhadores(as) ou mesmo fazer a gestão da força de trabalho, visto que já há um mercado que o auxilia nesse processo.

Uma das maiores empresas nesse nicho é a multinacional californiana CloudKitchens, de propriedade do cofundador da Uber, Travis Kalanick. A empresa foi fundada em 2017 e teve o seu primeiro grande aporte financeiro do próprio Travis em 2018, ano em que ele investiu 150 milhões de dólares na companhia, tornando-se sócio majoritário. Em 2019, a empresa, avaliada à época em 5 bilhões de dólares, recebeu um dos maiores investimentos da história para uma nova startup. No Brasil, a Kitchen Central é o braço brasileiro da CloudKitchens4. Outra gigante é a também californiana C3 (Creating Culinary Communities) que foi fundada em 2019 e conta com mais de 800 cozinhas apenas nos Estados Unidos e, durante o ano de 2021, produziu 2,3 milhões de refeições5.

Na Inglaterra, chamam a atenção as RooBoxes, da empresa de entrega de refeições Deliveroo, uma das maiores da Europa. A empresa loca para seus clientes (restaurantes e lanchonetes) cozinhas-containers expostas em estacionamentos, obras e outros espaços ociosos. O interessante é que restaurantes famosos no país, como o MEATLiquor ou o Patty & Bun6, similares ao Outback, estão produzindo parte de suas refeições nestes tipos de instalações.

No Brasil, uma das empresas mais fortes nesse seguimento é a SmartKitchens, fundada em 2018, que conta com 9 centros de cozinhas escuras em São Paulo, Belo Horizonte, Campinas e Fortaleza7. No entanto, há diversas pequenas empresas especializadas na locação de espaços para cozinhas em comércios adaptados, áreas ociosas em estacionamentos ou em galpões, muitas vezes improvisados com o uso de containers.

No que se refere ao trabalho, apesar de ainda não haver um estudo aprofundado com este foco, sabemos que nunca foi fácil trabalhar em cozinhas industriais. E, neste caso, não é diferente. O trabalho é executado em espaços muitas vezes inadequados, úmidos, com temperaturas elevadas, iluminação deficiente, pouca ventilação, excesso de ruídos e intenso fluxo de pessoas. São atividades cansativas, que exigem longos períodos em pé, com frequentes deslocamentos e carregamento de objetos pesados. Tais condições resultam invariavelmente em problemas de saúde e acidentes de trabalho.

Outra questão importante se refere aos problemas que as cozinhas escuras causam no entorno de onde se estabelecem. As reclamações dos(as) moradores(as) referem-se a barulhos ensurdecedores, odores, fumaça, gordura lançada dentro das residências e outros impactos gerados pela própria operação das cozinhas, como trânsito intenso de motociclistas e de caminhões. Para se ter uma ideia, a unidade da Kitchen Central, que fica no bairro da Lapa, em São Paulo, uma região predominantemente residencial e comercial, opera com 35 cozinhas escuras8, um verdadeiro conglomerado industrial que não cabe na região.

Em suma, independentemente do tipo de negócio, seja ele o de marcas próprias de refeições produzidas em cozinhas escuras ou o de locação de espaços, máquinas, ferramentas para este mercado, é evidente que o setor vive um processo de reestruturação produtiva aos moldes da gestão flexível do trabalho: grandes empresas, muitas multinacionais, produzindo grande parte de seus produtos através de empresas terceirizadas e conectadas através das novas tecnologias da informação e da comunicação.

Isto significa, ao final, uma precarização cada vez maior do trabalho, um aprofundamento da terceirização e um total descaso com as condições de vida e trabalho.


1 Existem também as lojas escuras ou mercados escuros (dark stores), que, assim como as cozinhas escuras, especializaram-se em vender mercadorias para o mercado de delivery por plataforma.

2 Estabelecimento que produz e vende refeições para serem apreciadas em outros locais.

3 Ver Phoebe V. Moore, Simon Joyce. Black box or hidden abode? The expansion and exposure of platform work managerialism (Review of International Political Economy, 2019).

4 Bárbara Muniz Vieira, Barulho de turbina de avião, gordura impregnada na casa e mau cheiro: vizinhos de ‘dark kitchens’ em SP relatam “pesadelo” (São Paulo, G1, 29 mar. 2022). Disponível em: https://g1.globo.com/sp/sao-paulo/noticia/2022/03/29/barulho-de-turbina-de-aviao-gordura-impregnada-na-casa-e-mal-cheiro-vizinhos-de-dark-kitchens-em-sp-relatam-o-pesadelo-de-viver-ao-lado.ghtml. Acesso em: 2 abr. 2022.

5 PR Newswire. Uber Eats’ Head of Dark Kitchens Joins C3–Fastest Growing Food Tech Platform–as Chief Strategy Officer (10 jan. 2022). Disponível em: https://www.prnewswire.com/news-releases/uber-eats-head-of-dark-kitchens-joins-c3fastest-growing-food-tech-platformas-chief-strategy-officer-301457576.html Acesso em: 22 abr. 2022.

6 Sarah Butler, How Deliveroo’s ‘dark kitchens’ are catering from car parks (Londres, The Guardian, News, 28 out. 2017). Disponível em: https://www.theguardian.com/business/2017/oct/28/deliveroo-dark-kitchens-pop-up-feeding-the-city-london. Acesso em: 2 abr. 2022.

7 Smart Kitchens Disponível em: https://www.smartkitchens.com.br/ Acesso em: 13 mar. 2022.

8 Bárbara Muniz Vieira, Barulho de turbina de avião, gordura impregnada na casa e mau cheiro: vizinhos de ‘dark kitchens’ em SP relatam “pesadelo” (São Paulo, G1, 29 mar. 2022). Disponível em: https://g1.globo.com/sp/sao-paulo/noticia/2022/03/29/barulho-de-turbina-de-aviao-gordura-impregnada-na-casa-e-mal-cheiro-vizinhos-de-dark-kitchens-em-sp-relatam-o-pesadelo-de-viver-ao-lado.ghtml. Acesso em: 2 abr. 2022.

 

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Longtemps occulté dans la mémoire soviétique officielle, le massacre de Babi Yar, à Kyiv, les 29 et 30 septembre 1941, est peu connu en France. Les groupes mobiles de tuerie (Einsatzgruppen) de la Wehrmacht ont fusillé au bord de ce ravin 33 771 Juifs en deux jours, ce qui a inauguré, à l’est de l’Europe, la mise en œuvre de la Shoah par les nazis. ll a fallu attendre 1976 pour que, sans mention des Juifs, un monument célèbre les « citoyens soviétiques » et les militaires « fusillés par les fascistes allemands ». Ce n’est qu’en 1991, après diverses initiatives et protestations sous la perestroïka, qu’est érigée une grande menorah en mémoire des victimes juives. Depuis, des hommages officiels sont rendus régulièrement, mais les mémoires restent divisées. Elles donnent lieu à des oppositions, surtout avec les autorités soviétiques puis russes, ravivées par la guerre actuelle. Dans cet environnement douloureux, le cinéaste ukrainien Sergueï Loznitsa a réalisé un documentaire avant la guerre, plus exactement un « re-montage d’archives » dont la sortie en salle coïncide avec la publication d’un ouvrage collectif consacré au cinéaste.    

Sergueï Loznitsa, Babi Yar. Contexte. Documentaire néerlando-ukrainien. En salle, septembre 2022.

Céline Gailleurd, Damien Marguet et Eugénie Zvonkine (dir.), Sergueï Loznitsa. Un cinéma à l’épreuve du monde. Presses universitaires du Septentrion, 274 p., 25 €

Écrit par Jean-Yves Potel

Né en 1964, Loznitsa a grandi à Kyiv, non loin des lieux du massacre. Après une formation d’ingénieur, il s’est exilé à Moscou où il est devenu cinéaste et professeur à l’École du nouveau cinéma. Il vit depuis 2001 à Berlin. Il a entrepris ce dernier film à la fin des années 2010. C’était, dit-il dans ses nombreuses interviews, « une urgence ». Le « re-montage d’archives » se distingue de ses fictions ou documentaires habituels, c’est une technique que François Albera, dans Un cinéma à l’épreuve du monde, attribue à une « généalogie soviétique ». Loznitsa choisit de re-monter des images de propagande tournées à l’époque concernée, de les resonoriser et de la présenter sans commentaires en voix off. Lors de la masterclass publiée dans ce livre, le cinéaste mentionne même ses tentatives pour les mélanger avec des images qu’il tourne lui-même, afin « que le spectateur ne sache plus distinguer entre les deux. Pour cela j’utilise des optiques anciennes ». Ainsi, le film, peut « explorer les angles morts de l’Histoire » (Céline Gailleurd) et atteindre une vérité cachée. Outre le montage subtil qui condense sa narration, Loznitsa restitue/invente une bande-son et améliore la qualité de l’image. Des restaurations plus que réalistes. Il profite des techniques du passage au numérique pour nettoyer la photo ou modifier la lumière, créant une étrangeté, l’illusion d’un filmage live. Et c’est souvent très réussi, tout en soulevant des questions troublantes au regard de l’Histoire et des mémoires.

En effet, cette illusion peut également conduire à un trompe-l’œil. Plusieurs critiques s’en inquiètent dans le cas de Babi Yar. Contexte. Ainsi, Orphir Lévy, qui admire le talent du cinéaste, « s’étonne, dans la revue Positif (n° 733, p. 84), de la relative légèreté de son argumentation ». Il lui paraît difficile de « congédier tout questionnement sur le rapport à la factualité et à l’authenticité de ce que le film donne à percevoir ». Tel est le principal problème. Il est accentué par les circonstances mémorielles et politiques de la sortie du film, certes réalisé avant l’agression russe contre l’Ukraine, le 24 février. Cet autre contexte aurait pu obliger le réalisateur à une délicatesse que son écriture ne permet pas.

Pour en juger, il faut revenir à l’événement, car souvent la fascination et l’émotion produites par ces images de guerre remodelées se substituent à une perception historique de Babi Yar et de son contexte. Les deux batailles de Kyiv (l’occupation par les Allemands en 1941, la libération par les Soviétiques en 1943-1944) ne sont pas de même nature, ce qui ne les empêche pas d’être également vantées dans la propagande de leurs vainqueurs, lesquels utilisent l’outil le plus performant de l’époque, le cinéma. Les deux armées ont donc beaucoup filmé. Ce qui donne du matériau, des sources au cinéaste et à l’historien aujourd’hui, au propagandiste hier. Or le film de Loznitsa ne précise pas qu’il s’agit d’images de propagande, au contraire. Le cinéaste insiste dans ses entretiens sur sa capacité à faire disparaître les différences avec les autres images. Il y aurait, dit-on, des images d’amateurs (de qui ? quand ? on ne sait pas). Qu’y a-t-il de vrai et de faux dans ces films ? Ce n’est pas dit (sauf, semble-t-il, dans le dossier de presse). On dispose pourtant de témoignages et d’analyses fouillées d’autres tournages réalisés par les Allemands, par exemple dans les ghettos de Theresienstadt ou de Varsovie, qui ont clairement révélé les usages nazis en la matière. Dans le domaine du documentaire, on peut citer celui de Yael Hersonski, An Unfinished Film (2010), qui démystifie magnifiquement ces « archives » nazies.

En fait, ça ne semble pas intéresser Loznitsa. Dans Un cinéma à l’épreuve du monde, l’historienne Masha Cerovic constate, à propos d’un film de fiction antérieur, Dans la brume, « une mise à distance certaine du discours historique » qu’elle juge problématique. De plus, il « choisit de se libérer du carcan mémoriel et de s’adresser à un autre public ». Ce qui peut très bien fonctionner sur certains sujets, mais comment prendre ouvertement congé de l’Histoire, et pourquoi devant un tel massacre sur fond de déportations et de tueries de masse ? C’est gênant.

Babi Yar. Contexte, de Sergueï Loznitsa : Babi Yar en trompe-l'œil

« Babi Yar. Contexte » © Atoms & Void

L’absence de commentaires rend difficile au spectateur non familier de l’histoire ukrainienne de comprendre ce qu’il voit. Pendant près de deux heures, défilent sous ses yeux des chars, des foules, des chevaux, et des hommes de troupe sans qu’on puisse vraiment distinguer les uniformes, défilés intercalés de bombardements, de ruines en feu et d’épaves de matériel militaire. On voit des Juifs battus et des Ukrainiens en costume folklorique saluer la Wehrmacht, offrir le pain et le sel traditionnels. De temps en temps, des explosions. La rue principale de Kyiv, minée par les Soviétiques avant qu’ils se replient (ce qui n’est pas dit), est détruite. En représailles, les Allemands rassemblent les Juifs et les fusillent au bord d’un ravin avec l’aide de supplétifs ukrainiens. Puis, lorsque l’Armée rouge revient, en 1943, on voit les mêmes défilés et des Ukrainiens qui déchirent les portraits de Hitler pour le remplacer par celui de Staline, un montage des images qui ressemble à celui de l’entrée des Allemands deux ans auparavant. Peut-on vraiment suggérer une répétition ?

En revanche, des moments contextualisés émeuvent : une succession de photographies en gros plans des visages de Juifs rassemblés avant une exécution, le beau texte de Vassili Grossman donné à lire par un intertitre, L’Ukraine sans les Juifs, serrent le cœur. Ou encore, à la fin du film, les dépositions de criminels nazis au procès de 1946 (notamment un jeune SS de la division Wiking, organisatrice de pogroms et de fusillades), et surtout de bouleversants témoignages de victimes rescapées. L’une d’elles, Dina Pronicheva, a réussi plusieurs fois à sortir des charniers, n’ayant pas été touchée.

En construisant une histoire confuse, Loznitsa esquive ou caricature, sans doute malgré lui, la plupart des questions historiques ou mémorielles que peut susciter cet événement, que ce soit dans un cadre académique ou au sein de l’opinion publique en Ukraine. Certes, il ne s’agit pas de demander à un artiste de se transformer en historien, mais il le fait quand même en se permettant de « re-monter » l’Histoire. Plus généralement, le respect des mémoires des victimes exige de tenir compte des deux contextes. Celui de Babi Yar, encore douloureux, absent du film malgré son titre, et celui de sa projection en 2022, en pleine agression de la Russie contre l’Ukraine. Ce second contexte envahit l’écran, il est omniprésent dans la tête des spectateurs abreuvés d’images télévisées de la guerre actuelle. La présentation d’un montage d’archives à caractère historique qui ne retient que les Ukrainiens agitant de petits drapeaux hitlériens peut choquer. Notamment lorsque la Russie prétend « dénazifier » le pays.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Son nom seul est associé à l’infamie et au génocide le plus brutal que XXe siècle ait connu : la figure d’Hitler impliquera certainement pour des années encore que se multiplient les parutions pour expliquer, raconter et témoigner. La propagande nazie n’ayant, hélas, pas disparu avec le dictateur allemand, deux parutions prochaines apportent un éclairage supplémentaire.

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Publié par Clément Solym

Mi-octobre, Olivier Mannoni publiera chez Héloïse d’Ormesson un ouvrage peu commun : voilà plusieurs années, il prit part avec les éditions Fayard à la traduction de Mein Kampf, dans une édition historicisée et contextualisée. Dix années de labeur qu’il raconte dans un essai, Traduire Hitler.

Un récit qui évoque les tempêtes suscitées par l’annonce de cette nouvelle édition, la lutte au corps à corps avec une prose confuse et pernicieuse, la nécessité impérieuse de l’affronter, envers et contre tout, avec des instruments d’ordinaire dédiés au service du savoir et de l’art. Et l’auteur de pointer les innombrables échos sociaux et politiques qui, depuis, résonnent autour de lui, dans un monde où les démons semblent, peu à peu, renaître.

Mais pour un traducteur, que signifie de plonger dans cette terrifiante époque, à travers les mots de celui qui fit trembler le monde ? « Historiciser le mal, retranscrire la haine », une gageure…

Déjouer les ruses

Chez Armand Colin, c’est l’ouvrage d’Emmanuel Thiébot qui revient sur tout le travail de propagande : à partir des années 30, tout support devint bon à véhiculer l’idéologie nazie : timbres, cartes postales, jouets pour les enfants… Et même dans la vie de ses concitoyens, avec distribution de son livre Mein Kampf aux jeunes mariés.

« Après l’échec du putsch du 9 novembre 1923, Hitler, qui avait eu très peur y compris physiquement, avait jugé plus raisonnable d’investir les institutions pour les subvertir de l’intérieur. Pour cela, l’histoire est connue, il eut assez de flair, car il savait s’entourer, pour se rallier Josef Goebbels qui n’était pas au nombre de ses partisans, bien au contraire », écrit dans sa préface Johann Chapoutot, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris IV et spécialiste du nazisme et de l’Allemagne.

Cet ouvrage parcourt, à travers quelque 350 illustrations, les messages du Führer, aussi bien que les caricatures le tournant en ridicule et les tentatives des alliés de contrer la montée du nazisme. À travers Propaganda Hitler, le lecteur découvrira en effet que l’imagination des propagandistes hitlérien comme celle des alliés en réponse ne connaissait pas de limites.

Avec cet avertissement, sans réserve : « Cet ouvrage présente ces documents au public français dans un but pédagogique et une démarche historique, démontrant leur impact désastreux sur l’opinion depuis l’accession au pouvoir jusqu’à la chute d’Hitler. En effet, ils ont été utilisés dans le double but de manipuler les esprits des Allemands et d’endormir la méfiance des États voisins, ou d’intimider ceux-ci par des démonstrations de force. L’auteur met en avant dans ce livre les idées fausses et les déformations utilisées dans le cadre de cette propagande. En aucun cas l’auteur ou l’éditeur ne cautionnent les idées véhiculées par ces documents ni n’en font l’apologie. »

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Emmanuel ThiébotArmand Colin
Propaganda Hitler. Du « sauveur » au monstre, les 1000 visages du Führer
19/10/2022
264 pages
35,00 €

 

[Photo : Mit Hitler im Western, 1940 ; © L’Aube, 1944 – source : http://www.actualitte.com]

El pasado domingo, día 11, murió el director de cine Alain Tanner (1929-2022). Artífice de una obra profunda que renovó el cine suizo, retrató la sociedad centroeuropea de la segunda mitad del siglo XX con moderadas dosis de esperanza, certificando sus dificultades para adaptarse a la voracidad del sistema y sus crecientes atrocidades.

El realizador suizo Alain Tanner, en París, en 1985. Foto: Pierre Perrin/Gamma-Rapho (Getty Images)

Escrito por Ramón Ayala

El director suizo Alain Tanner, nacido en Ginebra en 1929, se formó como economista. Tras un período trabajando en empresas de transportes, funda junto a Claude Goretta el cineclub universitario de Ginebra en 1952. Ambos pretendían poner de manifiesto, por medio del cine, la realidad histórica y social de un país. Un retrato oculto por la moral o por las pintorescas imágenes turísticas de una falsa felicidad que, muchas veces, se identifica con el alto nivel de vida helvético. Este proyecto resulta casi imposible de realizar en una Suiza oficialmente indiferente al séptimo arte e industrialmente anémica en lo audiovisual.

Siempre acompañado por Goretta, Alain Tanner va a Londres, frecuenta a realizadores del free cinema, trabaja para el British Film Institute y rueda con su compañero un cortometraje, “Nice Time” (1957), que es galardonado en el Festival de Venecia. De vuelta a su ciudad natal, filma películas por encargo y, finalmente, realiza su primer largometraje, “Charles, vivo o muerto” (1969), tras un paso por París donde frecuentó los círculos de la Cinémathèque de Langlois y se empapó de primera mano del primer espíritu de la nouvelle vague. Tras ganar el Leopardo de Oro de Locarno, la buena fama de este debut –donde un ejecutivo se rebela contra el capitalismo al que sirve– permitirá el nacimiento de un cine nacional suizo junto con otros realizadores como Michel Soutter, el citado Claude Goretta, Jean-Louis Roy y Jean-Jacques Lagrange. Su segunda obra, y primera en la historia subvencionada por el estado suizo, es “La salamandra” (1971), con Bulle Ogier como protagonista, escrita a cuatro manos con el escritor inglés y teórico de la estética John Berger, con quien también firmará “El centro del mundo” (1974) y “Jonás, que cumplirá los 25 años en el año 2000” (1976).

“Charles, vivo o muerto”, nostálgica e intimista, se convertirá en una especie de película fetiche de toda una generación marcada por la década de 1960. En estas primeras obras Tanner sitúa a los personajes centrales sintiéndose al margen de una sociedad que intenta estandarizarlos: mientras que el Charles de la primera verá abrirse ante él las puertas del asilo psiquiátrico, la Rosemonde de “La salamandra” evoluciona de la laxitud existencial a la rebelión contra la vida ordenada, incluso mentalmente.

Alain Tanner con Catherine Rétoré y Clementine Amouroux en el rodaje de “Messidor” (1979). Foto: Getty Images

Alain Tanner con Catherine Rétoré y Clementine Amouroux en el rodaje de “Messidor” (1979). Foto: Getty Images

La obra de Tanner concentrada en la década de 1970 muestra una Suiza lejos de sus antiguas virtudes paradisíacas que se descubre, con estupor, vulnerable, sometida a tensiones que no pueden camuflar las coartadas de la neutralidad. Su “nuevo” cine le permitió una toma de conciencia; rompió los tabúes para dejar aflorar verdades profundas, en un movimiento estético y ético ferviente que basta para explicar la audiencia inesperada que convocó. Una audiencia que ya había vivido la contracultura y el Mayo del 68 en el país vecino. Hijo de su época, el cine de Tanner es paradigmático del cine político europeo, flirtea con la utopía, la denuncia, al señalar al rey desnudo y otorgar una profundidad psicológica de innovadora complejidad a los roles femeninos. De un didactismo brechtiano y un realismo desencantado, el cine de Tanner visto hoy supera la ingenuidad ideológica para seguir siendo relevante en sus retratos humanos, dirigidos con gran psicología aunque con cierta planicie estética. Aprisionados en un presente determinado por el pasado y con un futuro desesperanzado, sus personajes se valen tan solo de sueños para defenderse de un retrato determinista. Sus criaturas son antagonistas de un villano siempre invisible, pero que las rodea las 24 horas. Una lección aprendida décadas después por Laurent Cantet o Nicolas Klotz.

Algunos títulos, al igual que los temas que sustentan las obras de Tanner, clarifican esta problemática del enclaustramiento cobarde y del profundo aunque inútil deseo de liberarse: “Vuelta de África” (1973), “El centro del mundo”, las utopías pedagógicas de “Jonás, que cumplirá los 25 años en el año 2000”, la imitación de Ícaro que persigue el adolescente de “A años luz” (1981), la puesta entre paréntesis de “En la ciudad blanca” (1983) con el marino suizo en Lisboa interpretado por Bruno Ganz, deseoso de desaparecer.

El cine que Tanner deja es una obra en cierta manera de evasión, más deseada que vivida. Un cine de utopías poco optimistas. Más ideológico que político. Es testimonio de una Europa en la que, como último veneno de las guerras mundiales y la barbarie, queda la corriente de insatisfacciones de una juventud demasiado idealista para ser feliz en tiempos de pragmatismo y cinismo. ∎

Póquer de Tanner


“La salamandra”
 (1969)
Un periodista y un novelista investigan un incidente para la televisión suiza. Supuestamente un hombre se disparó a sí mismo limpiando un rifle, pero hay que dilucidar si fue su sobrina Rosamonde (Bulle Ogier) quien apretó el gatillo. La Rosamonde de Tanner –quijotesca, libre y salvaje– se introduce en la vida de los dos y cataliza un cambio social en ambos: los exilia de la “normalidad”. Contra la búsqueda de argumentos para comportamientos atípicos.


“Jonás, que cumplirá 25 años en el año 2000”
 (1976)
Ocho personas que vivieron juntos el Mayo del 68. Entre ellas un editor desencantado, una cajera que ofrece descuentos a los mayores, una estudiosa del sexo tántrico, Jonás que tiene seis años y una mirada ingenua sobre el mundo. La cinta es paradigmática de una retórica ideológica muy fechada, pero, precisamente, como un mosquito en ámbar, es un documento valioso: libertad sexual, generosidad y consideración, fe en el intelecto contra el reduccionismo político, ateísmo ilustrado, espíritu comunal. Si Jean Eustache expresó un desencanto dandi hacia el Mayo del 68 y Jean-Luc Godard flirteaba con la lucha armada y la propaganda subido a un deportivo, Tanner se reservó la utopía.


“Messidor”
 (1979)
Antes de “Thelma y Louise” (Ridley Scott, 1991), estuvo esta película. Dos amigas, una estudiante y una dependienta, un viaje en autoestop sin destino concreto, una violación, una pistola robada, el reverso del paisaje pintoresco suizo. La promesa de ser libres. Pero la libertad acaba cuando se acaba el dinero. Tanner sitúa a sus personajes en una hipótesis utópica y deja que la realidad conduzca la dramaturgia hacia un realismo pragmático sin rastro de ironía. No hay suicidios heroicos sobre el Gran Cañón. Tan solo la vida en el vacío en una pantalla blanca.


“En la ciudad blanca”
 (1983)
Para salir de la sociedad establecida, Paul (Bruno Ganz) decide parar. Y bajar del barco donde trabaja en Lisboa, alquilar una habitación, pasear, rodar películas en Súper 8 que envía a su pareja suiza, enamorarse de una camarera, hacer nada en absoluto. La película más estéticamente potente del suizo tiene a su favor esconder el subtexto político en algo más sutil y universal, la capital lusa como un plató en estado de gracia y una escritura que dirige la mirada a una hermosa fantasmagoria a pleno sol. ∎

 

Publicado por Rafael Amaral

Escrito por Ingmar Bergman

No verão em que completei dezesseis anos fui mandado para a Alemanha como estudante de intercâmbio. Isso significava que permaneceria seis semanas na casa de uma família alemã, junto com um garoto da minha idade. Quando suas férias de verão começassem, ele me acompanharia à Suécia, onde ficaria durante o mesmo período.

Fui recebido pela família de um pastor em Turíngia, numa pequena localidade que se chamava Haina, entre Weimar e Eisenach. A aldeia ficava em um vale e era cercada de belas construções. Entre as casas insinuava-se um riacho indolente e turvo. Na aldeia havia uma igreja exageradamente grande, uma praça com um monumento de guerra e uma estação de ônibus.

A família era grande: seis filhos e três filhas, o pastor e sua mulher, além de uma parenta mais velha, que era diaconisa ou freira auxiliar. Ela tinha bigode, suava a cântaros e dirigia a família com mão de ferro. O pai era um homem esbelto, com barba de bode, olhos azuis carinhosos, chumaços de algodão nos ouvidos e uma boina preta bem puxada sobre a testa. Era lido e musical, tocava vários instrumentos e cantava com voz suave de tenor. A mulher era gorda, maltratada e submissa, ficava a maior parte do tempo na cozinha e me dava tapinhas tímidos na bochecha. Talvez estivesse pedindo desculpas pelo fato de a casa ser tão pobre.

Meu companheiro, Hannes, parecia recortado de um jornal de propaganda nacional-socialista: louro, esbelto e de olhos azuis, com um sorriso saudável, orelhas muito pequenas e uma barba incipiente. Nós nos esforçávamos para entender um ao outro, mas não era fácil. Meu alemão era o resultado do estudo de gramática daquele tempo: não estava no plano do curso que a língua teria de ser falada.

Os dias eram tristes. Às sete horas, as crianças iam para a escola e eu era deixado sozinho com os mais velhos. Lia, perambulava, sentia saudade de casa. De preferência ficava no gabinete de trabalho do pastor ou o acompanhava nas visitas às famílias. Ele dirigia uma velha banheira de capota alta, levantando poeira pelas estradas, no calor imóvel; por toda parte desfilavam gansos gordos e zangados.

Perguntei ao pastor se devia estender a mão e dizer Heil Hitler como todas as outras pessoas. Ele respondeu: “Meu caro Ingmar, isso seria considerado mais do que mera educação”. Levantei a mão e disse Heil Hitler, foi engraçado.

Depois, Hannes sugeriu que eu o acompanhasse à escola e às aulas. Dada a escolha entre a peste e a cólera, escolhi a escola, que ficava numa localidade maior, a alguns quilômetros, de bicicleta, de Haina. Fui recebido com efusiva cordialidade e me sentei ao lado de Hannes. A sala de aula era espaçosa, maltratada e fria pela umidade, apesar do calor de verão do lado de fora da alta janela. O assunto era religião, mas Mein Kampf [Minha Luta], de Hitler, estava sobre as carteiras. O professor leu algo de um jornal que se chamava Der Stürmer. Só me lembro de uma frase, que me pareceu estranha. Ele repetia insistentemente, em tom objetivo: “envenenado pelos Judeus”. Perguntei mais tarde de que se tratava. Hannes riu: “Ingmar, tudo isso não é para estrangeiros”.

No domingo a família ia ao culto solene. O sermão do pastor era surpreendente: ele não falava baseado nos evangelhos, e sim no Mein Kampf. Depois da igreja havia o café no salão da paróquia. Muitos usavam uniformes e eu tive numerosas oportunidades de levantar a mão e dizer Heil Hitler.

Todos os jovens da casa pertenciam a alguma organização, os meninos à Juventude Hitlerista, as meninas à Juventude Feminina Alemã. À tarde fazia-se exercício com espada em vez de revólver ou se praticava esporte nas quadras; à noite assistíamos a conferências com exibição de filmes ou cantávamos e dançávamos. Com dificuldade nos banhávamos no riacho, cujo fundo era puro lodo e cuja água cheirava mal. Os panos de menstruação das moças, tecidos de algodão grosso, estavam pendurados na lavanderia primitiva, sem água quente ou outras comodidades.

Era dia de parada em Weimar, uma gigantesca marcha com Hitler à frente. Na casa paroquial havia pressa, camisas eram lavadas e passadas, botas e cinturões lustrados, os jovens partiram ao amanhecer. Eu e a família do pastor seguiríamos depois, no carro. A família mencionava com certa ênfase que havia conseguido lugares perto da tribuna de honra. Alguém brincou dizendo que minha presença era o motivo da localização vantajosa.

Nessa manhã irrequieta, o telefone tocou, era uma ligação de casa. Muito longe escutei a bonita voz de tia Anna, pois sua imensa riqueza lhe permitia fazer essa ligação tão cara. Ela nem sequer se incomodava em apressar-se, só aos poucos chegava perto de seu objetivo principal. Mencionou uma amiga que vivia em Weimar e era casada com um diretor de banco: ela soubera por intermédio de minha mãe que eu me encontrava perto e logo telefonara à sua amiga sugerindo que eu fosse visitar sua família. Depois, tia Anna falou com o pastor em alemão fluente, voltou a falar comigo e mostrou seu contentamento em saber que eu me encontraria com sua amiga e suas lindas crianças.

Chegamos a Weimar por volta do meio-dia. A parada e o discurso de Hitler começariam às três. A cidade fervilhava numa excitação festiva, com as pessoas passando pelas ruas em seus trajes domingueiros ou em uniformes. Por toda parte orquestras tocavam, as casas estavam cobertas de guirlandas de flores e bandeirolas. Os sinos das igrejas tocavam, tanto os sombrios tons protestantes como os alegres tons católicos. Um grande parque de diversões tinha surgido numa das velhas praças. No Opera House anunciava-se Rienzi, de Wagner, apresentação que seria seguida de fogos de artifício, à noite.

Eu e a família do pastor ficamos próximos à tribuna de honra. Enquanto esperávamos na soalheira pesada que anunciava um temporal, bebemos cerveja e comemos sanduíches de um embrulho engordurado que a mulher do pastor, durante a viagem, trouxera apertado contra o seu peito inchado.

Às três em ponto ouviu-se alguma coisa parecendo um furacão que se aproximava. O ruído surdo e amedrontador se espalhou pelas ruas e foi de encontro às paredes das casas. Lá longe, no prolongamento da praça, avançava devagar um cortejo de carros pretos abertos. O barulho cresceu e se sobrepôs aos trovões, que se desencadeavam; a chuva caiu como uma cortina transparente, enquanto os estrondos se precipitavam sobre o local da festa.

Ninguém se importou com a tempestade; toda a atenção, todo o êxtase, toda a glória se concentravam numa só figura. Ele estava de pé, imóvel, no enorme automóvel preto que contornou a praça lentamente. Voltou-se e olhou para todas aquelas pessoas possuídas, gritando e chorando. A chuva banhava seu rosto e o uniforme, que a água embebía, estava escuro. Aí ele saltou devagar, pisou o tapete vermelho e desfilou sozinho até a tribuna de honra. Seus seguidores se mantiveram a distância.

De repente, tudo ficou em silêncio, somente a chuva tamborilava nas pedras das ruas e nas balaustradas. O Führer falava. Foi um discurso curto. Não entendi muito, porém a voz era às vezes solene, às vezes burlona, os gestos sincronizados e bem ajustados. Quando o discurso acabou, todos gritaram seus Heil, o temporal cessou e a luz quente irrompeu por entre as formações de nuvens negro-azuladas. Uma enorme orquestra tocava e a parada surgiu das ruas laterais em direção à praça, passou pela tribuna de honra e, depois, em frente ao teatro e à catedral.

Eu nunca, jamais, tinha visto algo parecido com aquele arrebatamento, tal manifestação de força. Gritei como todos os outros, estendi a mão como todos os outros, bradei como todos os outros, amei como todos os outros.

Em nossas conversas noturnas, Hannes explicara a guerra da Abissínia, como fora importante que Mussolini finalmente cuidasse dos indígenas que viviam na escuridão e com mãos generosas lhes transmitisse a milenar cultura italiana. Tinha dito também que nós, lá longe na Escandinávia, não entendíamos como os judeus, após o colapso, tinham explorado o povo alemão. Esclareceu que os alemães construíram um baluarte contra o comunismo, que fora consequentemente sabotado pelos judeus, e afirmou que todos nós devíamos amar o homem que formara nosso destino comum, e com decisão nos unira para juntos sermos uma vontade, uma força, um povo.

No meu aniversário, ganhei um presente da família: uma fotografia de Hitler. Hannes pendurou-a sobre a minha cama para que “sempre tivesse esse homem diante dos olhos”, para que aprendesse a amá-lo da mesma forma que Hannes e a família Haid o amavam.

Eu o amei também. Durante muitos anos estive do lado de Hitler, alegrando-me com suas vitórias e entristecendo-me com as derrotas.

Meu irmão foi um dos diretores e organizadores do partido nacional-socialista sueco; meu pai votou diversas vezes nos nacional-socialistas. Nosso professor de história tinha entusiasmo pela “velha Alemanha”, o professor de ginástica viajava todo verão para os encontros de oficiais na Baviera, alguns pastores da paróquia eram criptonazistas, amigos próximos da família expressavam forte simpatia pela “nova Alemanha”.

***

Quando as declarações das testemunhas dos campos de concentração me alcançaram, não compreendi e não aceitei o que meus olhos registravam. Como muitos outros, chamava as fotos de montagens propagandísticas mentirosas. Quando a verdade finalmente venceu minha resistência, fui tomado de desespero, e o desprezo por mim mesmo, que já era uma carga pesada, cresceu até os limites do insuportável. Não percebi senão muito mais tarde que apesar de tudo era inocente.

Como estudante de intercâmbio, não vacinado, despreparado, mergulhei de cabeça numa realidade reluzente de idealismo e culto ao herói. Além de tudo, estava entregue, indefeso, a uma agressividade que em grande parte coincidia com a minha. O brilho exterior me ofuscou. Não enxerguei o escuro.

Quando, no ano seguinte, com o fim da guerra, cheguei ao Teatro Municipal de Göteborg, havia um corte profundo e sangrento dividindo o foyer dos artistas. Lá estavam o locutor do cinejornal da UFA, os produtores de filmes de propaganda nacionalista e seus partidários incondicionais de sempre, de um lado. Do outro lado: os judeus, os seguidores de Segerstedt, atores com amigos noruegueses e dinamarqueses. Todos estavam lá sentados, mastigando seus sanduíches trazidos de casa, tomando a repugnante bebida da cantina. O ódio era visível, palpável.

Quando soava a campainha, entrava em cena e se apresentava a melhor companhia de teatro do país.

Eu me calava sobre os meus extravios e meu desespero. Uma estranha resolução amadurecia devagar. Política nunca mais! Naturalmente, deveria ter tomado uma decisão bem diferente.

Trecho de Lanterna Mágica, autobiografia de Ingmar Bergman (Cosac Naify; pgs. 131-136; tradução de Marion Xavier).

[Imagem do cabeçalho: Ingmar Bergman no início de carreira – fonte: palavrasdecinema.com]

Incarcérée en 2016, Figen Yüksekdag fut l’une des figures du Parti démocratique des peuples (HDP), en tant qu’ancienne coprésidente. Mais Ankara n’apprécie rien de moins qu’un mouvement politique entretenant des liens — même distendus — avec le PKK, ou Parti des travailleurs du Kurdistan. Accusée de terrorisme, Figen Yüksekdag, elle aura bientôt purgé six années de détention.

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Écrit par Nicolas Gary

Durant son séjour derrière les barreaux, Figen Yüksekdag, 48 ans, s’est décidée à écrire : un recueil de poèmes a vu le jour en 2020 Yıkılacak Duvarlar (Des murs à démolir). Avec Selahattin Demirtas, autre ex-coprésident du HDP, ils ont été reconnues coupables de « propagande pour le compte d’une organisation terroriste », avec 10 années d’emprisonnement à la clef. Plusieurs autres responsables du HDP — 28 précisément — sont également incarcérés avec elles.

Dans une décision rendue ce 8 septembre, le tribunal pénal d’Antalya a décidé d’interdire la publication de l’ouvrage sorti deux ans plus tôt. Tous les exemplaires en librairies ont été confisqués ou doivent être renvoyés : selon les actes d’accusation, la poétesse versait dans l’éloge du PKK à travers ses textes.

Le tribunal s’est en effet penché sur quelques extraits, pour en démontrer le caractère tendancieux. L’évocation de massacres en 2016 dans la ville de Cizre pointe par exemple les exactions de l’armée turque : le siège organisé aura en effet entraîné la mort de 288 personnes, dans des circonstances particulièrement glauques. Mais pour la justice, loin de mettre en cause les forces armées, cette allusion renforcerait la ferveur à l’égard du PKK — tout en cherchant à rallier sa cause, précise Rojinfo.

L’éditeur Ceylan, basé à Istanbul, a évidemment condamné cette décision, mais assuré dans un communiqué être tristement habitué à ces méthodes des autorités turques. « Aucun tribunal ne fera taire la voix des poèmes », assure-t-il. « Ceux qui ont conduit à cette décision, ceux qui l’ont signée, savent aussi que ces vers sont déjà parvenus au-delà des murs. […] Nous continuerons à publier de la poésie en toutes circonstances, les romans révolutionnaires en toutes circonstances. […]. Résistez à une obstination vivante… »

De son côté, le HDP a également dénoncé « la mentalité prohibitive du pouvoir, hostile à toute forme de beauté ». Le média Rudaw souligne qu’entre 2016 et 2021, 109 ouvrages ont ainsi été sanctionnés, tous liés à la culture kurde — dont 31 écrits en kurde.

En outre, la Haute Cour de Turquie avait statué, en avril dernier : aucun droit de l’homme n’avait été violé lors de l’arrestation de Figen Yüksekdağ. Sa demande de réviser le procès était « dénuée de tout fondement » a tranché la justice : elle n’avait donc ni été privée de ses droits ni mise en danger.

Son arrestation découle de manifestations survenues à Kobani (sud-est du pays), ville à majorité kurde, en 2014. Le HPD accusait le gouvernement, dans un exercice de répression, d’avoir engendré des morts. 108 personnalités politiques du parti ont été jugées dans le cadre du procès qu’a déclenché Ankara — justifiant son intervention au motif du terrorisme…

 

[Photo : Figen Yüksekdag – source : http://www.actualitte.com]

Los expertos lingüistas de Babbel, una plataforma de aprendizaje de idiomas, enumeraron las palabras o expresiones a las que apelan las empresas en sus publicidades para hacerse eco de las reivindicaciones que atraviesan la sociedad. 

Los trminos del marketing social se ven en etiquetas y publicidades

Los términos del marketing social se ven en etiquetas y publicidades.

Un grupo de lingüistas desarrolló un glosario con palabras que se utilizan para nombrar cómo, desde hace años, las empresas alrededor del mundo han capitalizado la coyuntura social, las luchas de derechos y las oleadas de empatía hacia causas iniciadas, por ejemplo, por el movimiento feminista o la comunidad LGBTQ+, reflejada en términos como « pinkwashing » o « eco friendly ».

Mediante campañas de marketing y publicidades llenas de frases, expresiones, colores y símbolos, haciendo referencia a su apoyo a las distintas causas -diversidad, inclusión, igualdad y equidad de género- muchas corporaciones buscan influenciar positivamente a su audiencia, pero no siempre tienen un verdadero propósito de inclusión y transformación, sino que son una clara estrategia de marketing aprovechando la agenda mediática y social.

Para entender y detectar estas prácticas, los expertos lingüistas de Babbel, una plataforma de aprendizaje de idiomas, desarrollaron un glosario con los términos y palabras que se utilizan en este sentido y que reflejan el apoyo fingido de las corporaciones como « pinkwashing », « purplewashing » o « rainbow washing ».

Uno de los primeros términos que surgió en inglés y que literalmente significa « lavado rosa » o « lavado de imagen rosa » es « pinkwashing » (del verbo wash=lavar y pink=rosa). Esta palabra es utilizada para señalar cuando una empresa, partidos políticos y países utilizan diferentes estrategias de marketing para dar a conocer su apoyo o simpatía al movimiento LGBTQ+, principalmente en fechas conmemorativas como el « Día Internacional del Orgullo LGBTQ+ » o « Día del Orgullo ».

El término se acuñó durante la década de los 90 y en un principio fue utilizado por la organización Breast Cancer Action, en Estados Unidos, para criticar a las empresas que se pintaban de rosa para apoyar la lucha contra el cáncer de mama, sin que realizaran acciones contundentes contra esta enfermedad. Un ejemplo claro de esta práctica es el cambio de los logos de distintas empresas a los colores de la bandera del orgullo sin hacer ningún cambio estructural en sus políticas.

« Purplewashing » hace referencia al color violeta o púrpura (purple), que siempre ha sido relacionado con el movimiento feminista. El « lavado de imagen púrpura o violeta » ha cobrado mayor fuerza en los últimos años por la creciente exposición de la desigualdad y violencia que viven las mujeres en todos los ámbitos de la vida cotidiana y empresarial. Aunque las corporaciones y organizaciones políticas enarbolan la bandera de la igualdad entre hombres y mujeres, no necesariamente eso se ve reflejado en, por ejemplo, la igualdad de salarios, espacios libres de violencia o un mayor número de mujeres en posición de liderazgo.

Otro término, « Rainbow washing », refiere a la apropiación y mercantilización de los colores asociados a la comunidad LGBTQIA+ con fines lucrativos, y por lo general sucede exclusivamente durante el mes de junio de cada año. Se venden miles de diseños de ropa, calzado u objetos en tonos arcoíris.

El « Red washing » o « lavado de imagen rojo » es una forma de propaganda en la que se utilizan discursos de izquierda de manera engañosa para promover la percepción de que una organización o empresa comprometida con la igualdad social, en alusión al color que es símbolo mundial del socialismo.

« Green washing » alude a los productos « maquillados » de color verde (green en inglés) sin que realmente sean respetuosos con el medio ambiente. Este es el más cotidiano y una gran cantidad de empresas y organismos se autoproclaman « Eco friendly » poniendo sellos en sus envases o empaques, cuando en realidad sus políticas terminan perjudicando el entorno que los rodea, explicaron los expertos lingüistas en el comunicado de prensa difundido por Babbel.

[Fuente: http://www.telam.com.ar]