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On la surnomme l’«amie fidèle» et la légende veut qu’il existe mille et une façons de la cuisiner. Quel est ce lien si particulier qui unit le Portugal au «bacalhau», pêché dans les eaux froides de l’Atlantique nord ?

La morue et le Portugal, un lien comme il n’en existe nulle part ailleurs. Johan Ricou

Écrit par Johan Ricou

À l’origine de la relation unique entre le Portugal et le bacalhau (morue en portugais), il y a la volonté du régime de Salazar (État nouveau, 1933-1974) de parvenir à l’autonomie alimentaire, notamment au moyen d’une pêche massive du cabillaud dans les eaux froides et hostiles de Terre-Neuve ou du Groenland. Une priorité pour l’État dictatorial de ce pays, qui importait 90 % de ce qu’il consommait. Les pêcheurs de tout le littoral furent alors massivement mobilisés et envoyés dans l’Atlantique à bord de navires mères, d’où ils étaient largués au milieu des vagues et des icebergs, dans de minuscules embarcations en bois appelées dori. La propagande de l’État nouveau fut mise au service de cette cause nationale, avec en point d’orgue une messe annuelle organisée au Monastère des Hiéronymites, à Belém, clin d’œil appuyé à la glorieuse période des découvertes maritimes, que le régime rêvait de retrouver.

Présentés comme des héros, les pêcheurs étaient même exemptés de conscription et échappaient aux guerres coloniales en Afrique. Il fallait bien cela pour les convaincre de s’aventurer dans la mission aussi éprouvante que dangereuse de « Rapporter à la patrie le pain des mers ». Sous l’impulsion de Salazar, qui organisa sa pêche et son commerce, le bacalhau est ainsi peu à peu devenu « l’ami fidèle » d’une population nécessiteuse, « la viande des pauvres » que l’on trouvait à toutes les tables et à toute occasion. Un poisson dont le lien avec la nation n’existe nulle part ailleurs. Voici nos quelques conseils pour apprécier au mieux son histoire et sa gastronomie, à table, sur le pouce, en conserve, au musée ou dans vos valises !

À table

Règle nº 1 pour apprécier la morue : en manger, encore et encore ! Terra Nova – Populi

Le meilleur moyen de découvrir la morue est… d’en manger ! Le plus possible. Car ne croyez pas qu’une rapide dégustation vous permettra d’en apprécier tous les contours : en carpaccio ou tartare, en beignet, en tapas (petisco), bouillie, rôtie, grillée à la braise, frite, en filet ou effilée, au quotidien ou à Noël, en tartine (tiborna), entrée ou plat principal, à la mode de Lisbonne, de Porto ou de Braga, au curry ou confite… Il existe bel et bien mille et une façons de préparer cet ex-libris de la cuisine du pays, comme l’affirment fièrement ses habitants.

Et comme pour le cochon, dans la morue, tout est bon ! Ne vous étonnez donc pas de retrouver à certaines cartes des plats composés de joues (bochechas) ou de têtes (cara) de bacalhau, ou de parties de son estomac (bucho) ; les langues (linguas) de bacalhau se savourent cuisinées avec du riz ou panées ; quant à ses œufs, frais ou fumés, ils constituent d’excellentes tapas.

Sur le pouce

Tradition ou modernité ? À vous de choisir ! Casa do Bacalhau

Vous voilà pris d’une soudaine fringale lors de votre visite du centre historique parfois escarpé de Lisbonne ? Rassurez votre estomac : « l’amie fidèle » se déguste à toute heure, sous la forme d’un beignet semblable aux acras antillais (mais sans piment), le pastel de bacalhau (bolinho de bacalhau dans le nord du Portugal). À base de morue, de pomme de terre et de persil, sa recette date de 1904 et d’un traité de cuisine d’un officier de l’armée portugaise. Vous en trouverez dans tous les cafés du pays, ou presque, mais avec un petit bémol : pour ne rien perdre de son croustillant, il doit se manger chaud, ce qui est rarement le cas.

Depuis quelques années, une mode à fait son apparition, loin de faire l’unanimité : le beignet de morue au fameux fromage crémeux Queijo da Serra. Les uns y voient un sacrilège, un affront fait à une formule immuable. Les autres apprécient cette alliance de deux produits emblématiques de la gastronomie portugaise. Traditionaliste ou avant-gardiste ? Essayez les deux et forgez-vous votre avis ! Si vous vous sentez l’âme conservatrice, la Tasca Estrela d’Ouro (quartier de Graça) propose d’excellents beignets classiques. Mais si la modernité a votre préférence, ruez-vous sur les polémiques beignets de la Casa Portuguesa do Pastel de Bacalhau, à l’origine du concept et qui dispose désormais de nombreux points de vente. Ils y sont préparés devant vous et servis chauds.

En conserve…

Les assortiments de conserves font office de cadeau idéal. Maël Sandro Ricou

Lisbonne est connue pour ses incroyables conserves de poisson et parmi les sardines, saumons, lamproies, poulpes et maquereaux, la morue est elle aussi mise en boîte depuis les années 1930. La « viande des pauvres » s’apprécie alors grillée ou bouillie, avec de l’huile de l’olive et de l’ail. Ses œufs fumés sont également un grand classique. À Lisbonne, les deux conserveries historiques de la capitale sont situées à quelques mètres l’une de l’autre, à deux pas de la Place du Commerce, dans la bien nommée « Rua dos Bacalhoeiros » (rue des marchands de bacalhau).

La Conserveira de Lisboa, la plus ancienne (1930), a préservé le charme désuet des boutiques et des emballages typiques du début du XXe siècle. La Conserveira Comur, née dans la ville d’Aveiro en 1940, propose pour sa part un packaging au design bien plus moderne, aux couleurs vives, composant de magnifiques rayons. Dans les deux cas, vous y trouverez des produits de qualité et de délicieux souvenirs gastronomiques à offrir à votre entourage. Les assortiments sont toujours très appréciés.

… ou au musée

Découvrez l’histoire du bacalhau au musée qui lui est consacré. Turismo de Lisboa – Lismarketing – CIHBacalhau

C’est en 2020 que le Centre d’interprétation de l’histoire de la morue a ouvert les portes de son exposition consacrée à l’amie fidèle du Portugal. Situé en plein centre-ville de la capitale, sur la grande Place du Commerce, il retrace en quelques salles thématiques (saga, vie à bord, propagande, à table…) l’histoire d’un poisson intimement associé à la culture du pays ; celle de ses pêcheurs qui bravaient autrefois les mers hostiles de l’Atlantique nord sur de frêles barques en bois ; ou de la politique du régime de Salazar, qui éleva la pêche du cabillaud au rang de priorité nationale.

Les plus petits apprécieront la reconstitution de l’expérience de ces valeureux Portugais, dans une pièce spéciale à la température très fraîche, assis dans un bateau en mouvement, entourés d’images de forte houle et de dangereux icebergs… À la sortie, une superbe boutique vous permettra de prolonger l’aventure. Peluche bacalhau pour les enfants, morue de l’Atlantique vendue en emballage scellé, conserves, vaisselle ou t-shirts thématiques : si vous souhaitez mettre un peu de morue dans votre vie, précipitez-vous-y ! Un regret : les éléments audio et les sous-titres des vidéos ne sont pas traduits en français. Sans maîtrise de l’anglais ou du portugais, point de salut.

Praça do Comercio | Tous les jours, de 10 h à 19 h | Adulte, 4 € ; 6-15 ans, 2 € ; + 65 ans, 3 € ; Lisboa Card, gratuit.

Rapporter de la morue dans la valise

Boutique spécialisée dans la vente de morue, en centre-ville historique de Lisbonne. Johan Ricou

Vous mourrez d’envie d’épater votre famille ou vos amis en leur préparant une recette de bacalhau typiquement portugaise, découverte pendant vos vacances ou votre week-end au pays de Fernando Pessoa ? Rien de plus simple : il existe de nombreuses échoppes spécialisées dans la vente de morue, entière ou à la découpe, en morceaux ou effilée, en conserves ou en sachets hermétiques faciles à transporter, y compris en avion (pour ceux qui n’y ont jamais été confrontés, sachez que les effluves dégagés par ce poisson salé sont proches de l’insoutenable pour les narines les plus délicates).

La Rua do Arsenal (qui part la Place du Commerce) pullulait autrefois d’odorantes boutiques traditionnelles de morue. Deux ont résisté, l’épicerie Rei do Bacalhau et la Pérola do Arsenal. La célèbre et ancienne Mantegaria Silva, dans le centre de Lisbonne, est aussi reconnue pour la qualité de son bacalhau depuis 1956. Son excellent jambon fumé (presunto) vaut également le déplacement. À défaut, les grandes surfaces disposent toutes d’un rayon consacré à la morue.

 

[Source : http://www.lefigaro.fr]

 

 

 

 

 

 

El último libro de Néstor Kohan, Hegemonía y cultura en tiempos de contrainsurgencia soft (Ocean Sur, 2021), es de lectura urgente para comprender a profundidad los procesos actuales que el comandante Fidel Castro consideró como batalla de ideas, en los ámbitos de la cultura y las ciencias sociales.

Escrito por Gilberto López y Rivas 

El libro está precedido por fragmentos de sendos escritos de dos respetados profesores argentinos, secuestrados y desaparecidos por la dictadura militar, Daniel Hopen y Haroldo Conti, que muestran uno de los rasgos distintivos del fascismo y el terrorismo global de Estado: su odio a la intelectualidad revolucionaria. Estos epígrafes conllevan un propósito central de la obra: mostrar que, pese a represiones o cooptaciones, es posible resistir al enemigo de la humanidad y la vida en el planeta: el capitalismo y los Estados imperialistas que imponen su explotación y dominación a los pueblos oprimidos y recolonizados por la vía de una contrainsurgencia letal, que ha provocado catástrofes humanitarias en numerosos países, o una contrainsurgencia soft, blanda.

Néstor Kohan no es dado a irse por las ramas. Entra directo a expresar que se embarca en una sociología de la cultura e historia intelectual con la declarada intención de desatar polémica, lo cual siempre logra, girando su trabajo en torno a tres problemas centrales: hegemonía/contrahegemonía, imperialismo y contrainsurgencia.

El libro trata un caso en particular: Cuba y su lucha contra el imperialismo estadunidense, la metáfora de David y Goliat, que ha sido una dramática realidad por más de 60 años: enfrentar con éxito las incontables incursiones militares abiertas y encubiertas, sabotajes, guerra bacteriológica, intentos de asesinato de dirigentes, actos terroristas, el bloqueo y las acciones de sus múltiples aparatos de inteligencia y contrainteligencia, que se complementan con el más notorio: la Agencia Central de Inteligencia (CIA). Esta estrategia de contrainsurgencia militar ha sido acompañada de otra táctica imperialista dedicada a minar la moral y hegemonía socialista de la revolución cubana. A la denuncia sobre el papel que juegan las fundaciones fachadas de la CIA que proporcionan los fondos para la compra de conciencias, Néstor, con su ya proverbial erudición, va desbrozando la maleza ideológica de una contrarrevolución que se esfuerza por “construir una opción pretendidamente ‘democrática’ […] contra el proyecto comunista, al que sigue calificando, con escasa originalidad, de ‘totalitario’ […], donde las palabras ‘democracia’ y ‘república’ se enarbolan sin nombre ni apellido, sin referencias de clase ni determinaciones históricas, sociales ni geopolíticas”.

En torno al reciente debate cubano, Néstor afirma que revolución cultural es lucidez y es socialismo, sobre todo en el contexto de la crisis capitalista más profunda de la historia, en la que la especie humana está en peligro. Precisamente, en los momentos en que circulaba la demanda del Premio Nobel para la brigada médica cubana internacionalista Henry Reeve, y en plena emergencia sanitaria del Covid-19, estalla, ¡qué casualidad!, el Movimiento San Isidro en Cuba, el cual, como era de esperarse, recibe la cobertura mediática ­internacional.

Néstor observa, con dolor, las firmas de amigos y compañeros en un manifiesto, junto con conocidos trásfugas, y se debate entre la amistad y la necesidad ética de definirse frente a ese movimiento, optando por no perder la brújula del eje de la lucha de clases y las relaciones de fuerza, a partir del cual hace un recorrido crítico de gran envergadura teórica, sobre la línea discursiva del manifiesto. Kohan reitera su posicionamiento, con el que concordamos plenamente: “Revolución socialista, la cubana, que durante décadas ha sido y seguirá siendo la única vacuna y el único antídoto para garantizar la autodeterminación nacional y popular de Cuba frente a las pretensiones anexionistas de Estados Unidos, sea en su versión neofascista, sea en su presentación light y soft, igualmente imperialista”.

Asumiendo que los conflictos y los intentos de dominación no han desaparecido y que la guerra ideológica, fría, tibia o caliente, abierta o encubierta, simétrica o asimétrica, continua, y a propósito de la polémica sobre imperialismo, ciencias sociales y cultura, Kohan convoca a recuperar un programa antiimperialista y anticapitalista actualizado y acorde con nuestra época, como una tarea urgente y en el centro de la agenda. Exhorta a reactualizar y elaborar colectivamente nuevos planes culturales contrahegemónicos. Remontar la pendiente inclinada de las derrotas genocidas que padecimos, desmontando la avalancha asfixiante de propaganda y manipulación de la opinión pública que enfrentamos a diario.

El estudio y la discusión sobre este oportuno y excelente libro de nuestro camarada y amigo Néstor Kohan ofrecen las herramientas teóricas para estar a la altura de estos desafíos.

 

[Fuente: http://www.jornada.com.mx]

 

 

 

 

Zuckerberg governa 3 bilhões de usuários, manipula emoções, explora fake news e ataca democracias – e “apagão” da plataforma foi novo indício do desastre de seu monopólio. Insubmissão será essencial para resgatar projeto de internet livre

Escrito por Adrienne LaFrance

Em 1947, Albert Einstein, escrevendo ao The Atlantic, propôs a criação de um governo mundial único para proteger a humanidade da ameaça da bomba atômica. Sua ideia utópica obviamente não se consolidou, mas hoje outro visionário está construindo seu simulacro de cosmocracia.

Mark Zuckerberg, ao contrário de Einstein, não inventou o Facebook por um senso de dever moral ou zelo pela paz mundial. Nos últimos meses, a população do regime supranacional de Zuckerberg atingiu 2,9 bilhões de usuários ativos mensais, mais humanos do que vivem nas duas nações mais populosas do mundo – China e Índia – juntas.

Para Zuckerberg, fundador e CEO do Facebook, eles são cidadãos da Facebooklândia. Há muito tempo, ele começou a chamá-los de “pessoas” em vez de “usuários”, mas ainda são engrenagens em uma imensa matriz social, fontes abundantes de dados para satisfazer os anunciantes que despejaram US$ 54 bilhões no Facebook apenas no primeiro semestre de 2021: uma soma que supera o produto interno bruto da maioria das nações da Terra.

Comparar o valor do Facebook com o PIB de países é revelador não apenas porque aponta para seu poder extraordinário, mas porque assim podemos vê-lo como realmente é. O Facebook não é apenas um site, uma plataforma, um editor, uma rede social, um diretório online, uma empresa, um utilitário. Ele é todas essas coisas. Mas o Facebook também é, efetivamente, uma potência estrangeira hostil.

Isso é fácil de perceber ao notar seu foco único na própria expansão; sua imunidade a qualquer senso de obrigação cívica; seu histórico de facilitar o enfraquecimento das eleições; sua antipatia pela imprensa livre; a insensibilidade e a arrogância de seus governantes; e sua indiferença à resistência da democracia estadunidense.

Alguns dos maiores críticos do Facebook fazem pressão pela criação de uma regulamentação antitruste, o desenrolar de suas aquisições e qualquer coisa que possa desacelerar seu poder, que cresce como uma bola de neve. Mas se você pensar no Facebook como um Estado-nação – uma entidade engajada em uma guerra fria com os Estados Unidos e outras democracias – verá que isso requer uma estratégia de defesa civil tanto quanto a regulamentação da Comissão de Valores Mobiliários [agência norte-americana de regulamentação e controle dos mercados financeiros].

Hillary Clinton me disse no ano passado que sempre sentiu um cheiro de autoritarismo em Zuckerberg. “Sinto às vezes como se estivesse negociando com uma potência estrangeira”, disse ela. “Ele é imensamente poderoso.” Um de seus primeiros mantras no Facebook, de acordo com Sheera Frenkel e Cecilia Kang em seu livro, An Ugly Truth: Inside Facebook’s Battle for Domination [2021, sem edição no Brasil], era “empresa acima do país”. Quando essa empresa tem todo o poder de um país, essa ideia ganha um significado mais sombrio.

Os componentes básicos da nacionalidade são mais ou menos esses: é preciso ter terra, moeda, filosofia de governança e pessoas.

Quando você é um imperialista no metaverso, não precisa se preocupar tanto com a área física – embora Zuckerberg possua 1.300 acres [526 hectares] em Kauai, uma das ilhas havaianas menos povoadas. Quanto ao restante dos itens da lista, o Facebook tem todos.

A empresa está desenvolvendo seu próprio dinheiro, um sistema de pagamento baseado em blockchain conhecido como Diem (antes era chamado de Libra) que os reguladores financeiros e os bancos temiam que pudesse derrubar a economia global e dizimar o dólar.

E durante anos Zuckerberg falou sobre seus princípios de governança para o império que construiu: “Conectividade é um direito humano”; “Votar é ter voz”; “Anúncios políticos são uma parte importante da voz”; “O grande arco da história humana inclina-se para que as pessoas se reúnam em números cada vez maiores.” Ele estendeu essas ideias em um novo tipo de colonialismo – com o Facebook efetivamente anexando territórios onde um grande número de pessoas ainda não estava online. Seu polêmico programa Free Basics, que oferecia às pessoas acesso gratuito à internet – desde que o Facebook fosse seu portal – foi anunciado como uma forma de ajudar a conectar as pessoas. Mas seu verdadeiro objetivo era fazer do Facebook a experiência de internet de facto em países de todo o mundo.

O que o Facebook possui acima de tudo, é claro, são pessoas: uma população gigantesca de indivíduos que optam por viver sob o governo de Zuckerberg. Em seus escritos sobre o nacionalismo, o cientista político e historiador Benedict Anderson sugeriu que as nações não são definidas por suas fronteiras, mas pela imaginação. A nação é, em última análise, imaginária porque seus cidadãos “nunca conhecerão a maioria de seus companheiros, nem os encontrarão ou nem mesmo ouvirão falar deles, mas na mente de cada um vive a imagem de sua comunhão”. As comunidades, portanto, distinguem-se acima de tudo “pelo estilo em que são imaginadas”.

Zuckerberg sempre tentou fazer os usuários do Facebook imaginarem-se como parte de uma democracia. É por isso que ele se inclina mais para a linguagem da governança do que para o decreto corporativo. Em fevereiro de 2009, o Facebook revisou seus termos de serviço para que os usuários não pudessem excluir seus dados, mesmo que fechassem o site. A raiva contra o estado de vigilância do Facebook foi rápida e alta, e Zuckerberg relutantemente reverteu a decisão, dizendo que tudo tinha sido um mal-entendido. Ao mesmo tempo, apresentou em uma postagem no blog o conceito de uma Declaração de Direitos e Responsabilidades do Facebook, convidando as pessoas a compartilharem seus comentários – mas apenas se elas se inscrevessem com uma conta no Facebook.

“Mais de 175 milhões de pessoas usam o Facebook”, escreveu à época. “Se fosse um país, seria o sexto país mais populoso do mundo. Nossos termos não são apenas um documento que protege nossos direitos; é o documento que rege como o serviço é usado por todos em todo o mundo.”

Desde então, a população do Facebook aumentou para 17 vezes esse tamanho. Ao longo do caminho, Zuckerberg lançou-se repetidamente como o chefe da nação do Facebook. Sua obsessão com o domínio do mundo parece previsível, em retrospecto – sua inquietação antiga com o Império Romano e com César Augusto, a versão digital de Risk que ele codificou quando adolescente, seu interesse permanente em psicologia humana e contágio emocional.

Em 2017, em um manifesto sinuoso sobre sua “comunidade global”, Zuckerberg escreveu: “No geral, é importante que a governança de nossa comunidade se dimensione com a complexidade e as demandas de seu povo. Temos o compromisso de sempre fazer melhor, mesmo que isso implique a construção de um sistema de votação mundial para dar a você mais voz e controle”. Claro, como em qualquer negócio, os únicos votos que importam para o Facebook são os de seus acionistas. Mesmo assim, o Facebook sente a necessidade de disfarçar seu comportamento em busca de lucro com falsos pretextos sobre os mesmos valores democráticos que ameaça.

Fingir terceirizar suas decisões mais importantes para esvaziar imitações de corpos democráticos tornou-se um mecanismo útil para Zuckerberg evitar a responsabilização. Ele controla cerca de 58% das ações com direito a voto da empresa, mas em 2018 o Facebook anunciou a criação de uma espécie de braço judiciário, conhecido, à moda orwelliana, como Oversight Board. O conselho faz chamadas difíceis em questões espinhosas que têm a ver com moderação de conteúdo. Em maio, proferiu a decisão de manter a suspensão de Donald Trump pelo Facebook. O Facebook diz que os membros do conselho são independentes, mas é ele quem os contrata e paga.

Agora, de acordo com o The New York Times, o Facebook está considerando formar uma espécie de corpo legislativo, uma comissão que poderia tomar decisões sobre questões relacionadas às eleições – preconceito político, propaganda política, interferência estrangeira. Isso desviaria ainda mais o escrutínio para longe da liderança do Facebook.

Todos esses arranjos dão a impressão de um sistema de justiça “Potemkin”, que revela o que o Facebook realmente é: um Estado estrangeiro, povoado por pessoas sem soberania, governado por um líder com poder absoluto.

Os defensores do Facebook gostam de argumentar que é ingênuo sugerir que o poder do Facebook é prejudicial. As redes sociais são algo que faz parte das nossas vidas, eles insistem, e não vão embora tão cedo. Estão certos: ninguém deveria desejar retornar aos ecossistemas de informação dos anos 1980, 1940 ou 1880. A democratização da publicação é maravilhosa. Ainda acredito que a tripla revolução provocada pela internet, smartphones e mídias sociais foi benéfica para a sociedade. Mas isso só é verdade se insistirmos em plataformas que atendam ao interesse público. Não é o caso do Facebook.

O Facebook é um instrumento de disseminação de mentiras para o colapso civilizacional. Ele é projetado para reações emocionais abruptas, reduzindo a interação humana ao clique de botões. O algoritmo guia os usuários inexoravelmente em direção a conteúdos menos matizados e mais extremos, porque isso é o que mais eficientemente provoca emoções. Os usuários são treinados implicitamente para buscar reações ao que postam, o que perpetua o ciclo. Os executivos do Facebook têm tolerado a promoção em sua plataforma de propaganda política, recrutamento de terroristas e genocídio. Eles apontam para virtudes democráticas como a liberdade de expressão para se defender, enquanto desmontam a própria democracia.

Essas hipocrisias já estão tão estabelecidas quanto a reputação de crueldade de Zuckerberg. O Facebook conduziu experimentos psicológicos em seus usuários sem o consentimento deles. Construiu um sistema secreto em camadas para isentar seus usuários mais famosos de certas regras de moderação de conteúdo e censurou a pesquisa interna sobre os efeitos devastadores do Instagram na saúde mental de adolescentes. Rastreou indivíduos pela web, criando perfis de sombra de pessoas que nunca se cadastraram em sua rede para armazenar seus contatos. Jura combater a desinformação, ao mesmo tempo que confunde os pesquisadores que estudam esses fenômenos e dilui o alcance das notícias de qualidade em suas plataformas.

Até mesmo os fiéis ao Facebook admitem que é um lugar para lixo, hipérboles, falsidade – mas argumentam que as pessoas deveriam ser livres para controlar a ingestão de tais toxinas. “Embora o Facebook possa não ser nicotina, acho que provavelmente é como o açúcar”, escreveu o antigo executivo da empresa, Andrew “Boz” Bosworth, em um memorando de 2019. “Como com todas as coisas, nós nos beneficiamos com a moderação… Se eu quiser comer açúcar e morrer prematuramente, essa é uma opinião válida.”

O que Bosworth deixou de dizer é que o Facebook não tem apenas a capacidade de envenenar o indivíduo, mas está fazendo. Quando se trata de 2,9 bilhões de pessoas, o que é necessário é moderação em escala, não a nível pessoal. A liberdade de autodestruir-se é uma coisa. A liberdade de destruir a sociedade democrática é outra bem diferente.

O Facebook se vendeu às massas prometendo ser um meio de liberdade de expressão, de conexão e de comunidade. Na verdade, é uma arma contra a internet aberta, contra a autoatualização e contra a democracia. Tudo isso para que a plataforma pudesse exibir seus dados aos anunciantes.

A algum grau, isso é algo que o Facebook tem em comum com sua subsidiária Instagram e seus rivais Google, YouTube (que é propriedade do Google) e Amazon. Todas exibem um posicionamento “nobre” – seu propósito é, de várias maneiras, ajudar as pessoas a compartilharem suas vidas, fornecer respostas às perguntas mais difíceis e satisfazer necessidades. Mas, dos gigantes, o Facebook é o mais evidente em suas abdicações morais.

O Facebook precisa que seus usuários continuem acreditando que sua dominação é um presente, que ignorem o que está fazendo à humanidade e usem seus serviços mesmo assim. Qualquer pessoa que busque proteger a liberdade individual e a governança democrática deveria incomodar-se com essa aceitação do status quo.

Os reguladores estão de olho no Facebook por um bom motivo, mas a ameaça que a empresa representa para os norte-americanos é muito mais do que seu monopólio de tecnologia emergente. A ascensão do Facebook é parte de um movimento autocrático maior, que está corroendo a democracia em todo o mundo, à medida que líderes autoritários definem um novo tom para a governança global. Considere como o Facebook se retrata como um contrapeso a uma superpotência como a China. Os executivos da empresa alertaram que as tentativas de interferir no crescimento desenfreado do Facebook – por meio da regulamentação da moeda que está desenvolvendo, por exemplo – seriam um presente para a China, que quer que sua própria criptomoeda seja dominante. Em outras palavras, o Facebook está competindo com a China da mesma forma que uma nação faria.

Talvez os estadunidenses se tenham tornado tão cínicos que desistiram de defender sua liberdade contra a vigilância, a manipulação e a exploração. Mas se a Rússia ou a China estivessem realizando exatamente as mesmas ações para minar a democracia os norte-americanos certamente veriam isso de forma diferente. Ver o Facebook como uma potência estrangeira hostil pode fazer as pessoas reconhecerem do que estão participando e do que estão desistindo quando se conectam. No final das contas, não importa realmente o que é o Facebook. Importa o que o Facebook está fazendo.

O que poderíamos fazer? Empresas “socialmente responsáveis” poderiam boicotar o Facebook, privando-o de receita publicitária da mesma forma que as sanções comerciais privam as autocracias de divisas estrangeiras. No passado, porém, os boicotes de grandes corporações como a Coca-Cola e a CVS mal tiveram repercussão. Talvez os funcionários comuns do Facebook pudessem fazer lobby por reformas, mas nada menos que greves em massa, do tipo que tornaria a operação contínua do Facebook impossível, surtiria grande efeito. E isso exigiria uma coragem extraordinária e ação coletiva.

Os usuários do Facebook são o grupo com mais poder para exigir mudanças. O Facebook não seria nada sem a atenção deles. Os cidadãos estadunidenses e de outras democracias podem evitá-lo, bem como o Instagram, não apenas como uma escolha de estilo de vida, mas por uma questão de dever cívico.

Será que um número suficiente de pessoas poderia reunir-se para derrubar o império? Provavelmente não. Mesmo que o Facebook perdesse 1 bilhão de usuários, sobrariam mais 2 bilhões. Mas precisamos reconhecer o perigo que corremos. Precisamos livrar-nos da noção de que o Facebook é uma empresa normal ou que sua hegemonia é inevitável.

Talvez um dia o mundo se reúna como um só, em paz, como sonhou Einstein, indivisível pelas forças que lançaram guerras e desmoronaram civilizações desde a antiguidade. Mas se isso acontecer, se nos pudermos salvar, certamente não será por causa do Facebook. Será apesar dele.

[Publicado em The Atlantic – traduzido por Vitor Costa – reproduzido em http://www.outraspalavras.net]

Une critique acérée des lieux communs associés au cinéma direct depuis les années 1960, doublée d’une réflexion précieuse sur l’actualité de cette manière de réaliser des films.

A Suppressed Masterwork of Moroccan Political Cinema Is Suddenly Streaming  | The New Yorker

Écrit par Rémy BESSON

Caroline Zéau ouvre son ouvrage sur le Cinéma direct par le constat que la catégorie de films désignée par cette expression a souvent été caricaturée. Leur écriture documentaire serait, en effet, « dominée par l’immersion et le mimétisme et caractérisée [par] l’absence d’inventivité formelle » (p. 11). Ces films se retrouvent régulièrement définis par la négative, « pas de scénario, pas de mise en scène, pas d’interférence, par de manipulation » (p. 19). La chercheuse ajoute, plus loin, « sans entretiens ni commentaire, pratiquement sans auteur » (p. 57).

Le cinéma direct : un art de la mise en scène
Caroline Zéau
2020
L’Âge d’homme
272 pages

L’expression qui donne son titre au livre correspond ainsi à une forme d’effacement du point de vue de l’équipe du film qui serait comme subordonné à la représentation d’une situation vécue. Cette acception renvoie aussi à l’idée d’une forme de transparence du dispositif technique qui permet la captation sur le vif d’une histoire du quotidien. Or, Zéau a choisi pour sous-titre : un art de la mise en scène, la chercheuse revendiquant tout à la fois une perspective auteuriste (ces films étant considérés comme relevant du domaine de l’art) et l’expression de « mise en scène » comme caractéristique principale. Elle se livre ainsi à une critique acérée des lieux communs associés au cinéma direct et à une révision très précise de l’ensemble des présupposés qui se sont imposés au cours du temps à son sujet.

De l’histoire du cinéma direct à l’actualité de la démarche

Pour ce faire, la chercheuse commence son propos par un retour sur les vues tournées entre la fin des années 1890 et le début des années 1900, ainsi que par une étude du développement du cinéma documentaire dans les années 1920-30. Adoptant une démarche comparative entre d’un côté les vues et de l’autre côté le cinéma direct, il s’agit pour elle d’insister sur le caractère originel du désir des opérateurs de capter quelque chose du réel. Il est aussi question de distinguer le direct de ce que le cinéma documentaire est devenu quand il s’est institutionnalisé (il n’est qu’à penser aux documentaires de propagande à commentaires grandiloquents tournés pendant la Deuxième Guerre mondiale).

Elle propose ensuite une série d’analyses portant sur des films réalisés principalement en France, aux États-Unis, au Québec, entre les années 1954 et 1965. Cette décennie correspond au moment du direct, soit à la période durant laquelle des tournages en extérieur avec un équipement léger et un son synchronisé avec l’image sont progressivement devenus possibles. La réduction des coûts de production, ainsi que les transformations dans la composition de l’équipe du film induites par ces évolutions techniques, sont alors présentées.

Il est notamment question du rôle essentiel acquis par l’ingénieur du son et, dans une moindre mesure, du montage (l’ouvrage demeure focalisé sur des enjeux de mise en scène, et Zéau note avec justesse p.159 que « le montage est l’opération refoulée des discours sur le cinéma direct »). Le plan-séquence qui permet d’inscrire la présence des personnes filmées dans la durée, c’est-à-dire de leur laisser le temps nécessaire afin d’agir et de s’exprimer, est présenté à plusieurs reprises comme constituant un geste central de l’esthétique du direct.

Mais, c’est surtout l’implication nouvelle des personnes filmées dans le processus créatif qui est mis en lumière, l’idéal revendiqué étant de « tend[re] vers une relation démocratique entre l’artiste et son sujet » (p. 224). La thèse défendue est que « la pertinence politique du cinéma direct tient à cette volonté de penser la mise en scène à même l’observation du réel, de saisir le sens des choses en-deçà des discours et d’être attentif au désir des personnes filmées » (p. 181). La chercheuse insiste alors sur la manière dont les principaux réalisateurs du moment du direct — Jean Rouch, Edgar Morin, Mario Ruspoli, Richard Leacock, Robert Drew, Albert Maysles, Donn Alan Pennebaker, Michel Brault, Pierre Perrault — ont mis en scène leurs protagonistes et la place accordée à une forme d’auto-mise-en-scène de leur part.

Toutefois, ce n’est ni l’histoire de ce mouvement protéiforme ni l’établissement d’un panthéon des auteurs du direct qui se trouve au cœur de l’investigation. Cela est clairement rendu visible par le fait que de nombreux décrochages temporels sont effectués tout au long de l’argumentation. Ainsi, Zéau se penche avec beaucoup d’attention sur les œuvres de Johan van der Keuken (et ce avant même de présenter Jazz Dance de Richard Leacock et Roger Tilton, 1954), de Sylvain L’Espérance (de 1988 et les Écarts perdus à 2016 et Combat au bout de la nuit) et d’Alice Diop (de 2003 et Mon père ici et là à 2016 et la Permanence).

L’ouvrage quitte d’ailleurs progressivement son fil chronologique pour s’intéresser plus frontalement aux « assises philosophiques du cinéma direct » (p. 130) ainsi que sur sa dimension politique. Il est alors entendu que le cinéma direct ne désigne pas seulement un moment de l’histoire du cinéma (la conquête du son synchrone léger entre 1954 et 1965), mais une manière de faire du cinéma qui est plus que jamais actuelle.

Une approche politique du cinéma direct

Ainsi, à l’articulation entre des réflexions sur la technique (quels dispositifs d’enregistrement sont utilisés ? avec quelles conséquences sur l’interaction filmeur-filmé ?) et d’analyses portant sur les discours (pourquoi utiliser ces expressions de « cinéma direct » et « cinéma-vérité » ? avec quels effets sur la réception des films ?) qui ont déjà été développés ailleurs (voir nos propres recensions de Pour un cinéma léger et synchrone de Vincent Bouchard, et de Le cinéma-vérité : films et controverses de Séverine Graff), Zéau se penche sur l’actualité du cinéma direct.

L’expression est considérée tout à la fois comme renvoyant à une matrice qui sert d’ancrage à de nombreuses démarches documentaires contemporaines et de lieu pour penser une manière de créer en marge du cinéma commercial (y compris du cinéma documentaire commercial). Cette manière de faire des films passe, selon elle, tout d’abord par une très grande attention et sensibilité portée à ceux qui sont filmés, soit à leur parole, à leurs gestes et à leurs corps. Dès son introduction Zéau pose à ce propos que « l’indétermination du terme n’est donc pas fortuite puisqu’il ne désigne rien moins qu’un changement de rapport entre le vécu et le cinéma » (p. 15).

Cela passe aussi par le fait d’inclure le spectateur (ou tout du moins un spectateur idéal) comme étant impliqué dans l’expérience du film. Le réalisateur occupe ainsi, régulièrement, la posture du tiers qui cherche à mettre en relation par son œuvre ceux qui sont filmés lors du tournage et ceux qui visionnent le film achevé. La manière dont les regards des filmeurs, des filmés et des spectateurs se croisent (ou non) est particulièrement questionnée, notamment à travers les notions de construction participante, de feed-back et de regard rétrospectif.

Le cinéma direct, dans un renversement total vis-à-vis des lieux communs cités au début de ce compte rendu, devient alors un art de l’après-coup, voire du « différé » (p. 240). Cela revient à dire que pour faire du cinéma direct, mieux vaut prendre ses distances avec toute idée d’une mise en contact la plus transparente possible avec ce qui se passe dans la société. Au contraire, l’équipe du film est amenée à penser des manières de s’approcher de l’espace public dans lequel elle se trouve et de la vie privée des protagonistes en les pensant comme des « scènes » (p.199 : « la chorégraphie de la caméra portée, la continuité et l’interaction filmeur-filmé – permettent de construire un espace filmique – que j’appellerai une scène – capable de révéler, voire de rehausser grâce à la distance critique ainsi créée, la dramaturgie inhérente à l’événement filmé »).

Pour ce faire, les membres de l’équipe doivent créer des mises en scène (on retrouve ici le sous-titre du livre) qui se situent à la jonction entre une volonté de création et d’intervention dans la société (et non à la jonction entre une volonté de représentation la plus fidèle possible et un devoir d’objectivité). L’intervention dans l’espace profilmique n’est ainsi pas considérée comme un tabou. Au contraire, la création de situations provoquées est envisagée comme une possibilité parmi d’autres. De même, la dramatisation de l’expérience vécue est perçue comme étant une ressource à la disposition de l’équipe du film lors du tournage.

Assumer une dimension utopique, voire subversive

La chercheuse insiste sur la dimension utopique des démarches qu’elle présente en essayant de déployer tout leur potentiel politique, voire subversif. Il est entendu que ce potentiel ne réside pas principalement dans le sujet abordé (même si le choix de ce dernier est déterminant), mais dans la façon de filmer aussi bien le singulier que le collectif et, surtout, dans le rapport que la mise en scène permet d’établir avec ceux qui ont acceptés d’être filmés. Il s’agit de trouver une manière de leur donner accès à une forme de visibilité et de faire entendre leur voix dans l’espace public. Zéau revient pour cela sur le processus de création de certains films importants — de Chronique d’un été (Rouch et Morin, 1961) à Pour la suite du monde (Brault, Carrière, Perrault, 1963), en passant par Méthode 1 (Ruspoli, 1961) et Primary (Drew, Leacock, Pennebaker, Maysles, 1960) — en se basant quand cela est possible sur l’étude des rushes et sur le propos de leurs réalisateurs.

Pour les films plus récents, elle se livre surtout à de nombreuses ekphrasis de séquences représentatives de la démarche en question. Ces passages, particulièrement convaincants, permettent de mieux saisir ce que la chercheuse entend par mise en scène relevant du direct (et non seulement du documentaire) à l’époque actuelle. Ainsi, sans oublier les enjeux techniques et discursifs, elle défend l’idée que « le cinéma direct n’interdit aucun procédé, car il est hybride par nature et son objet privilégié est la compréhension des relations qui sous-tendent l’organisation sociale » (p. 242). Cette attention portée à la mise en scène ainsi qu’aux enjeux politiques fait de cet ouvrage une publication importante pour qui souhaite s’interroger sur le devenir du cinéma direct en particulier, mais aussi du cinéma documentaire de manière plus générale.

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Blackie Books publicó una nueva edición y traducción de ‘Matadero cinco’, la novela de Kurt Vonnegut que es ya un clásico moderno

Escrito por ALEJANDRO BADILLO

En una de las historias que aparecen en Matadero cinco (1969) nos enteramos de una civilización extraterrestre: los tralfamadorianos, seres que perciben la realidad en cuatro dimensiones. Estos personajes tienen una relación especial con el tiempo, ya que pueden observarlo no de una manera secuencial sino como una pintura o una formación montañosa. Todo puede ocurrir en el mismo momento, y el punto de vista –la perspectiva del espectador– nos permite ir atrás y adelante sin sucumbir al caos. Esta peculiar teoría es la propuesta estructural de Matadero cinco, una de las novelas más conocidas del autor estadounidense Kurt Vonnegut (1922-2007), editada en español hace algunos años por la editorial Anagrama y ahora puesta de nuevo en circulación, con una nueva traducción a cargo de Miguel Temprano García, gracias a Blackie Books.

Matadero cinco cuenta el bombardeo aliado a la ciudad alemana de Dresde en febrero de 1945. Este bombardeo es una de las historias más dramáticas y polémicas de la Segunda Guerra Mundial. Al igual que Hiroshima y Nagasaki, Dresde no era un objetivo militar y, también, había una sensación de que esa ciudad no sería víctima de fuertes intervenciones por parte del enemigo. Sin embargo, fue arrasada por bombardeos continuos que redujeron edificios y personas a cenizas. El escritor alemán W.G. Sebald escribió en Sobre la historia natural de la destrucción acerca de las posibles razones por las cuales los alemanes enterraron la memoria de las víctimas civiles (más de 600 mil personas) que fueron borradas del mapa en varios bombardeos. El papel de víctima, negado a los alemanes porque pertenecían al bando de los nazis, pone de relieve los conflictos de la historia oficial y los matices que, muchas veces, se pierden en medio de la propaganda.

Vonnegut, a través de Billy Pilgrim, alter ego suyo, describe el caos, la esquizofrenia y el absurdo de la guerra. Pilgrim, soldado norteamericano, es llevado por los alemanes a un centro de detención, un rastro, mientras Dresde comienza a arder. La locura, en este caso, es un asidero que permite la sobrevivencia. A través de bifurcaciones, ramificaciones sin sentido lógico más que desahogar anécdotas que van adelante y atrás en el tiempo, conocemos la historia del personaje. El caos es, quizá, la única manera de entender las sinrazones de las guerras modernas. Si antes se enfrentaban ejércitos contra ejércitos, a partir del bombardeo a la ciudad española de Guernica, en 1937, durante la Guerra Civil Española, la población civil es la principal víctima de tácticas que no buscaban necesariamente apoderarse de territorios, sino sembrar el terror y desmoralizar al enemigo.

Por estas razones Matadero cinco puede entenderse como la excursión alucinada a la mente de un sobreviviente de la guerra, alguien como Vonnegut, que estaba en Dresde mientras las bombas caían. En esa excursión tiene cabida todo: un asesinato por robar un tetera; un accidente tiempo después de la guerra; incluso los encuentros con los tralfamadorianos, seres que parecen un bálsamo en medio de la locura desatada por las bombas.

La novela de Kurt Vonnegut, rehuyendo de la razón y del carácter documental de muchas obras sobre la guerra, es, quizás, el reflejo más fiel de un mundo en el que aquello que nos vuelve humanos se ha perdido.   

Kurt Vonnegut, Matadero cinco, traducción de Miguel Temprano García, Blackie Books, Barcelona, 2021

 

[Foto: Seven Stories Press – fuente: http://www.latempestad.mx]

 

O campo de concentração de Joinville

Escrito por MARLON DE SOUZA

DCM teve acesso a documento inédito que prova a existência de campos de concentração no Brasil durante a Segunda Guerra Mundial. Não é novidade que eles existissem, mas o fato era de certa forma ocultado pela historiografia e restrito a círculos acadêmicos discretos. É a primeira vez que este material vem a público.

O destaque é o ofício veiculado aqui com exclusividade do prefeito de Joinville, Arnaldo Moreira Douat, de 8 julho de 1942 ao interventor federal Nereu Ramos (de Santa Catarina), em que explicita que, por determinação do governador, o hospital psiquiátrico da cidade foi “adaptado para servir de presídio político” – isto é, o manicômio foi fechado e na mesma edificação foi instalado o campo de concentração para encarcerar nazistas.

Outra prova é o comunicado entre o ministro das Relações Exteriores do Brasil, Oswaldo Aranha, para o ministro da Justiça e Negócios, Alexandre Marcondes Filho, do dia 14 de julho de 1943 – documento que até então só havia sido publicado em livro -, que revela que campos de concentração para encarcerar hitleristas foi uma política do governo Getúlio Vargas. 

Houve, oficialmente, no total, dez campos em sete estados (PA, PE, RJ, MG, SP, SC e RS) entre 1942 e 1945 para aprisionar suspeitos por espionagem, propaganda, apoio político e logístico ao regime nazista. Em Santa Cataria foram dois: um em Joinville e outro em Florianópolis. A Segunda Guerra Mundial se iniciou em 1939, mas o Brasil entrou efetivamente no conflito em 1942 junto aos Aliados (EUA, França, Inglaterra) contra os países do Eixo (Alemanha, Itália e Japão), ano em que o presidente Vargas rompe as relações diplomáticas e declara guerra à Alemanha.  

Hospital psiquiátrico convertido em campo de concentração para nazistas

Em Joinville, o campo de concentração foi instalado em um local onde anteriormente funcionava um manicômio, o Hospital Oscar Schneider, que ficava localizado na rua Borba Gato, no bairro Atiradores. Por determinação do governador do estado o hospital foi reformado para ser instalado o campo de concentração. 

A reportagem do DCM encontrou ofício do prefeito de Joinville, Arnaldo Moreira Douat, de 8 julho de 1942, ao interventor federal Nereu Ramos (governador), em que está registrado que o Hospital Oscar Schneider foi “adaptado para servir de presídio político”, conforme o “caráter urgente e imprevisto” por determinação do governador Nereu Ramos. E descreve que o valor gasto para a adaptação somou a “importância de 24.407$300” (réis, moeda corrente na época). 

Ofício do prefeito de Joinville sobre investimento de recursos públicos para a reforma do hospício Oscar Schneider  para ser adaptado em “presídio político”

Durante a Segunda Guerra Mundial, países que estavam neutros representavam os interesses de imigrantes de países envolvidos no conflito. A diplomacia da Espanha ficou encarregada de observar as condições de tratamento dispensados aos alemães presos nos campos de concentração no Brasil.

Ofício do ministro das Relações Exteriores do Brasil, Oswaldo Aranha, para o ministro da Justiça e Negócios Interiores do Brasil, Alexandre Marcondes Filho, do dia 14 de julho de 1943, dispõe que: “O Ministro de Estado das Relações Exteriores cumprimenta atenciosamente o seu colega da Justiça e Negócios Interiores e tem a honra de levar ao conhecimento de Sua Excelência haver a Embaixada da Espanha, encarregada dos interesses dos alemães no Brasil, solicitado a intercessão do Itamaraty para que seja permitido ao encarregado do Vice-Consulado honorário da Espanha em Florianópolis visitar aos súditos alemães que se acham internados nos campos de concentração de ‘Trindade’, perto de Florianópolis, e ‘Oscar Scheneider’, nos arredores de Joinville.

Este documento foi encontrado pela professora da Universidade Estadual de Santa Catarina (Udesc) de História Marlene Fáveri e transcrito em 2004 em seu livro Memórias de uma (outra) guerra: cotidiano e medo durante a Segunda Guerra em Santa Catarina – resultado de sua tese de doutorado, e pela primeira vez é agora publicado este ofício do Ministério das Relações Exteriores na imprensa.

Prisões políticas oficiais

Documento do Ministério das Relações Exteriores pede encarceramento de “súditos alemães”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

O emprego da palavra campo de concentração no ofício do ministro das Relações Exteriores do Brasil não é uma força de expressão, ou o uso do termo em sentido figurado, mas sim  a partir da definição do Direito Internacional Público e em particular na normatização das Relações Internacionais em sua Teoria do Costume, que define campo de concentração.

De acordo com a Drª em História Social pela Universidade de São Paulo (USP) Priscila Perazzo, na definição do Direito Internacional “estes lugares não integravam os sistemas penitenciários civis ou militares, eram instalados durante o período da instabilidade armada, quase sempre provisórios, abrigavam grande quantidade de pessoas, prisioneiros de guerra que eram mantidos encarcerados até o final do conflito”.

O ofício do ministro das Relações Exteriores se refere a prisões que não integravam o sistema prisional regular e à instalação de locais onde não eram encarcerados criminosos comuns que infringiram o Código Penal – furto, roubo, ladrões, homicidas, mas somente determinados grupos étnicos, políticos ou de nacionalidades específicas. Em levantamento feito por Perazzo para sua tese de doutorado onde discorre sobre o tema identificou dez campos de concentração pelo país, mas de acordo com a historiadora havia inúmeros outros espaços destinados para o encarceramento de súditos do eixo que não constam nos registros oficiais.

Em Santa Catarina, a historiadora Marlene Fáveri identificou, além dos de Joinville e de Florianópolis, ao menos mais dois campos de concentração menores que não apareciam nos registros oficiais; outro também em Florianópolis e, no Sul do estado, nos municípios de Timbé do Sul e Bom Retiro.

Nestes campos de concentração no Brasil eram presos somente pessoas de origem étnica dos países do Eixo (Itália, Japão, Alemanha). Dados do anuário estatístico do Brasil do Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística (IBGE) demonstram que entre 1819 a 1940 entraram no Brasil 4.705.365 imigrantes, dentre os quais 232.972 eram alemães e em sua maior parte migraram para Santa Catarina. Por estes dados é possível presumir que devido a esta concentração étnica alemã no estado, os presos nos campos de concentração eram majoritariamente alemães.

O campo de concentração de Florianópolis ficava onde hoje é a UFSC

Há ainda resquícios de alguns dos prédios do campo de concentração de Florianópolis no bairro Trindade. A reportagem com a historiadora Marlene Fáveri identificou o local. Hoje é onde está instalada a equipe de segurança do campus da UFSC.

Resquícios de prédios do Campo dO campo de concentração de Trindade, em Florianópolis, ficava onde hoje é a UFSC

O campo de concentração de Trindade, em Florianópolis, ficava onde hoje é a UFSC.

Os descendentes de alemães, japoneses e italianos foram presos nos campos de concentração no Brasil na tipificação legal de prisioneiros de guerra disposto no seu artigo 81, de 27 de julho de 1929 da Convenção de Genebra. Há vários documentos que revelam um amplo debate conflitante interministerial do governo Vargas referente a extensão da legislação sobre prisioneiros de guerra para os civis no Brasil e o tratamento dispensado aos estrangeiros nos campos de concentração administrados pelo Ministério da Justiça e Negócios Interiores.

O próprio ministro da Justiça e Negócios Interiores Alexandre Marcondes Filho se opôs inicialmente em tipificar os estrangeiros como prisioneiros de guerra por considerar que a Convenção de Genebra tipificava como tal apenas militares presos no campo de batalha por países envolvidos no conflito.

Houve um extenso debate registrado em documentos nos quais se concedia aos italianos, japoneses e alemães o status de internos civis ou de prisioneiros de guerra, mas ao final o ministro da Justiça e Negócios Interiores Alexandre Marcondes Filho encontrou na jurisprudência internacional e em brechas interpretativas justificativa inclusive para a repressão aos estrangeiros naquele período no Brasil, e aderiu a tese.

Aos cidadãos detidos sob o status de prisioneiros de guerra a Convenção de Genebra salvaguardava determinado tratamento humanitário sob pena de que os países beligerantes que contrariassem essas normas estariam sujeitos a processos jurídicos para apurar os atos cometidos e punir os autores.

O fato é que os campos de concentração do Brasil reservavam condições muito melhores aos prisioneiros do que o sistema prisional regular brasileiro e de sobremaneira do que os campos de concentração da Alemanha onde eram presos os judeus, ciganos, poloneses, franceses e todos os perseguidos pelo III Reich.

Em correspondências da Embaixada alemã na Espanha, Madri, para o Ministério Exterior em Bonn (onde ficava o ministério à época), que a reportagem encontrou em apuração arquivológica, há relatórios sobre os campos de concentração em Santa Catarina a partir de visitas dos diplomatas aos locais. Nestes documentos estão detalhados as características e tamanho dos edifícios, dos cárceres e o tratamento dispensado aos prisioneiros alemães onde não são detalhados ambientes insalubres, pelo contrário, pelos relatos eram lugares que dispunham de cama, pia, banheiro e tinham direito a visitações de familiares.

A pesquisadora argentina Elda González Martínez, que integra o Conselho Superior de Investigações Científicas (CSIC) da Espanha, encontrou em 2015 documentos encaixotados desde a época da ditadura espanhola do general Franco que revelam parte da atividade da diplomacia espanhola no Brasil nos anos da Segunda Guerra. Nestes relatórios há descrições de que alguns dos alemães foram vítimas de torturas nos campos de concentração. A reportagem entrevistou vizinhos dos campos de concentração de Joinville que moram no mesmo local até hoje e que narram que ouviam gritos que vinham do campo de concentração.

Partido Nazista no Brasil

A doutora em História Social pela USP e atualmente professora de Ciências e Humanidades da Universidade Federal do ABC Ana Maria Dietrich, autora da tese Nazismo Tropical? O Partido Nazista no Brasil, conta que o III Reich tinha uma instituição denominada Organização do Partido Nazista no exterior (A.O), uma espécie de seção que gerenciava os partidos nazistas em outros países. De acordo com Ana Maria Dietrich, “o Partido Nazista no Brasil funcionou de 1928 a 1938 na legalidade, e o Brasil foi o país com maior número de filiados fora da Alemanha, com 2.900 integrantes, e se fez presente em 17 estados, sendo que São Paulo teve o maior número de filiados, 785, e Santa Catarina o segundo maior, com 528”.

Campo de concentração de Joinville (SC)

O Partido Nazista realizava reuniões semanais com seus filiados, e encontros de caráter organizacional eram realizados em diversos locais das cidades. Paralelamente, havia reuniões periódicas dos dirigentes partidários e o envio de relatórios para a direção na Alemanha, reportando as atividades partidárias nas comunidades alemãs no Brasil. Filiava somente alemães natos ou descendentes que tinham cidadania alemã, teuto-brasileiros de terceira e quarta gerações eram considerados cidadãos de segunda classe; 92,8% dos filiados eram alemães de nascimento.

Mantinham ações de difusão da ideologia e propaganda nazista através de palestras de seus dirigentes e de publicação de periódicos como o jornal Deutscher Morgen (Aurora Alemã) – órgão oficial do Partido Nazista no Brasil. Estavam presentes em empresas, associações de todos os tipos das antigas colônias onde se inseriam nas diretorias, em igrejas, clubes e em embaixadas e consulados da Alemanha do Brasil.

“O público-alvo do Partido Nazista eram os alemães que moravam no Brasil e a orientação era de não interferir na política do país e de não disputar eleições, mas de preservar a cultura alemã através do germanismo e o de raça superior como também das políticas partidárias-institucionais nazistas segregacionistas. Já a partir de 1939 passam a atuar na clandestinidade e há registros de ações de espionagem nazista no Brasil”, afirma Dietrich.

O fato é que havia uma sólida organização hitlerista no Brasil. A reportagem encontrou nos arquivos do Departamento de Ordem Política e Social (DOPS) menção a Ludwig Neeb, que, de acordo com a ficha do DOPS, era tesoureiro da representação brasileira do Partido Nazista. Neeb profissionalmente exercia o cargo de diretor de Finanças da Empresul, empresa de energia elétrica privada formada com capital alemão que tinha a concessão para operar o setor na região norte de Santa Catarina.

Neeb foi preso por 3 anos no campo de concentração em Joinville. A reportagem encontrou seu túmulo no Cemitério Municipal de Joinville. Irngard Priess Leye, hoje com 93 anos, moradora de Joinville, conheceu Neeb, e relata que ele foi namorado de sua irmã e que após a prisão foi morar com ela. Irngard Priess afirma que Neeb sempre negou que tivesse qualquer relação com o Partido Nazista e que contava a elas que foi torturado no campo de concentração de Joinville.

Ao final da Segunda Guerra, a partir do Decreto Federal 8.206, de 22.11.1945, como indenização de guerra as ações da Empresul foram incorporadas ao patrimônio nacional brasileiro, uma empresa que anos mais tarde veio a incorporar-se e a tornar-se em 1955 a o que é hoje Centrais Elétricas de Santa Catarina S.A. (CELESC) – empresa de economia mista da qual o governo estadual tem o controle acionário, com 50,2% das ações ordinárias.

Guerharld Vollrath, filho de preso no campo de concentração

Inocentes presos nos campos de concentração

Inúmeros inocentes – que não tinham nenhuma relação com o hitlerismo – foram presos nos campos de concentração por suspeição, sem provas, sem direito a defesa e julgados em tribunais de exceção, invariavelmente acusado por crimes contra a segurança nacional.

Somente entre 1942 e 1943, mais de 200 cidadãos foram detidos por ordem de segurança nacional. A  historiadora Marlene Fáveri aponta que em um dos relatórios do DOPS de Santa Catarina, que está no Arquivo Público de São Paulo, entre janeiro de 1942 e janeiro de 1943 foram efetuadas 695 detenções em Santa Catarina por motivo de segurança nacional. Sendo que destes, 465 foram postos em liberdade por não terem “apurado gravidade”, 15, por terem os processos arquivados pelo Tribunal de Segurança Nacional, e 2, por pena cumprida ao mesmo tribunal, “continuando os demais detidos”, “inclusive 36 que se encontravam recolhidos na Ilha das Flores (Colônia Penal Cândido Mendes), no Rio de Janeiro”. Em relatório de 03 de dezembro de 1943 do próprio campo de Trindade (Florianópolis) aparece que nessa data estavam presos 69, condenados ou processados por ligação ao Partido Nazista. Já no relatório da Cruz Vermelha Internacional no Brasil, entre fevereiro e março de 1943 havia 90 alemães internos no campo de concentração da Trindade em Florianópolis.

Irngard Priess Leye foi proprietária até meados dos anos de 1990 de uma bem frequentada livraria na Rua XV de Novembro em Joinville. A livraria levava o mesmo nome da rua. Irngard presenciou seu pai ser preso por volta de 1942 em uma festa de família. Segundo Irngard, isso ocorreu simplesmente porque ele falava alemão. Ingrid quando criança visitava o pai no campo de concentração e se lembra de que a mãe levava comida. Lembra-se de que na escola ela, assim como todas as crianças, eram estigmatizadas como “quinta coluna”. Sua filha hoje mora em Potsdam na Alemanha e trabalha na Kavo – empresa de tecnologia odontológica.

A historiadora e professora da Universidade da Região de Joinville (Univille) Msc. Ilanil Coelho afirma que o Exército brasileiro foi designado como órgão responsável para a efetivação da Campanha de Nacionalização. “Em Joinville, o programa de ação nacionalizadora foi dirigida pela 5ª Região Militar sob supervisão do general Meira de Vasconcelos, auxiliado pelo 13º Batalhão de Caçadores (hoje o 62º Batalhão de Infantaria sediado em Joinville)”, destaca a historiadora. Em Joinville nos anos de 1940 inúmeros teuto-brasileiros mal falavam o português, e alguns só sabiam falar alemão.

O DCM publica no pé desta reportagem a lista de prisioneiros do Campo de Concentração “Oscar Schneider” de Joinville. Esta lista pertence ao acervo do livreiro de Curitiba Paulo José da Costa. De acordo com o livreiro, a lista de prisioneiros pertencia a Hans Kiekbush. Costa presume que Kiekbush desempenhava alguma atividade consular alemã em Joinville, “cônsul honorário ou algum assessor da diplomacia nesta atividade onde morou”.

O livreiro conta que Kiekbush se mudou para Curitiba e morreu no início dos anos 2000, época em que Costa comprou da família de Kiekbush vários documentos que estavam arquivados na sua residência no centro da capital paranaense, entre os quais fotos dos presos no campo de concentração de Joinville, relatório sobre os presos e a lista com o nome e profissão dos prisioneiros onde se percebe que foram presas pessoas das mais distintas classes sociais: industriários, funcionários públicos e agricultores.

Na terceira página do livro está datilografado em alemão “Campo de Concentração (Internados alemães) “Oscar Schneider”.

O senhor Guerharld Vollrath (foto em anexo), tinha 12 anos em 1943. Hoje, aos 89, conta que naquele ano o pai, Traugott Treuherz Vollrath, 49 anos, e o marido da sua irmã, Konrad Josef Paul Jäckel, 32 anos, foram presos porque falaram a língua alemã no comércio que era de propriedade da família. Era uma “venda” de secos e molhados, a Treuherz x Jäckel, que ficava na Rua North Strasse, hoje Av. Dr. João Colin, na esquina da Sociedade América, no bairro do mesmo nome.

O casarão está lá até hoje com ótimas características de conservação. Vendiam-se roupa, calçados, comidas, querosene, lenha. “Naquela época era proibido falar alemão, italiano e japonês. Um dia chegou um senhor querendo comprar querosene. Em tempo de guerra era racionado e não tinha, mas ele achou que meu pai não queria vender para ele, o que não era verdade. Então ele ficou com raiva. Logo mais, entrou outra senhora mais de idade, e ela não falava português. Ela trocou umas palavras em alemão com meu pai e o senhor que estava lá para comprar querosene viu e denunciou o meu pai no batalhão (Exército)”, narra com voz trôpega Vollrath.

Era 20 horas da noite quando chegaram três militares, um sargento e dois soldados. Já na porta do mercado, o oficial deu voz de prisão ao pai e ao cunhado de Vollrath. 

Na mesma noite, por volta das 23 horas, foram soltos. O homem que havia delatado os descendentes de alemães porque falaram a língua estrangeira ficou sabendo que tinham sido soltos e os denunciou formalmente na delegacia da Polícia Civil. “Eu me lembro até do nome do delegado na época, Arlindo Godoy. Depois de alguns dias veio uma intimação para se apresentarem. Quando se apresentaram, foram presos e levados para o campo de concentração Hospital Oscar Schneider”, conta com tristeza.

Vollrath relata ainda que não chegou a visitar o pai, mas que a alimentação era por conta dos próprios presos e que chegou a levar de carroça acompanhado de outros adultos os mantimentos para os prisioneiros. Os pedidos eram anotados em papel, os parentes compravam e depois entregavam. Nunca chegou a ver o pátio, mas lembra de que havia muitos alemães de outras cidades do estado e que viviam em boas condições. Runilda Munich, hoje com 87 anos, lembra de que o pai era barbeiro e nunca teve simpatia pelo nazismo. “Foi preso na própria barbearia em Joinville porque falava em alemão com um cliente que não entendia português. Sempre suspeitamos que alguém que passou pelo local ouviu meu pai falando em alemão e o denunciou”, narra Runilda.

Considerações sobe a esquerda e o identitarismo branco

Charles Sheeler (1883–1965), Manhattan

Escrito por LEONARDO SACRAMENTO*

O nacionalismo paulista

No dia dos atos contra Bolsonaro, em 24 de julho, a estátua de Borba Gato foi queimada por um coletivo chamado Revolução Periférica. O ato organizado com aproximadamente 30 pessoas foi assumido pelo grupo. Paulo Galo foi preso arbitrariamente em uma sentença que explicita a relação entre prisão, tortura e delação, ou seja, preso justamente por não delatar os companheiros do coletivo.

Contudo, um segmento minoritário da esquerda empreendeu uma cruzada contra a organização, classificando-a de “identitária”, o novo jargão da esquerda para atacar o que não compreende ou o que colide com os interesses do grupo político, com destaque para a eleição de 2022, em que nada pode sair do planejado para o retorno de Lula, inclusive revoltas populares, mesmo que pontuais, mas com grande alcance midiático. Em outro sentido, o ataque de “identitário” ao coletivo também se expressou através da defesa da estátua e da figura do Borba Gato, transformado em herói, sobretudo na fala de Aldo Rebelo e Rui Costa Pimenta, apresentados com grande destaque pelo Portal 247, que (re)transmitiu, de forma contínua e abnegada, as entrevistas em reportagens ao longo da semana.

Podemos dividir esse tema entre o simbolismo da estátua e a defesa dos “anti-identitários”. Para compreender ambos, é necessário fazer um mergulho no que convencionaram conceituar de nacionalismo. Borba Gato, como se sabe, viveu e morreu antes da Independência, dos ciclos cafeeiro e escravagista em São Paulo, da Revolução de 1930 e da Revolta de 1932, em uma São Paulo que, na prática, não existia. Borba Gato morreu dois séculos antes de Afonso Taunay, responsável pelo Museu Paulista, aclamar, institucionalmente, em 1917, o sertanista como bandeirante e fundador paulista do Brasil. Não foi obra política de Taunay, ele apenas foi um meio de algo que já estava dado.

A estátua de Borba Gato somente seria inaugurada em 1963, em ampla ascensão da oposição a Jango e crescimento de organizações golpistas de extrema-direita, como o IPES, instaladas e capitalizadas pela elite paulista. Por que Borba Gato foi escolhido para representar, nesse momento histórico, pré-golpe de 1964, os paulistas? Por que foi alçado a herói? Mais importante do que compreender a vida de Borba Gato, é compreender por que a elite paulista, no começo da década de 1920, passou a financiar a ideia de que justamente a elite paulista de 1920 era a herdeira dos sertanistas de três séculos antes, de uma São Paulo que não existia, completamente diferente da província da segunda metade do século XIX, quando concentrou quase todos os africanos escravizados por meio do tráfico interprovincial? Completamente diferente do estado de São Paulo de 1920? Mais importante é saber o porquê, para que e como.

Borba Gato surge no século XX, na prática, como resultado de uma construção supremacista dos paulistas não somente sobre os negros e nativos, mas sobre as outras elites regionais. A província de São Paulo só assumiria alguma relevância política em meados da segunda metade do século XIX. Em 1922, Júlio de Mesquita Filho, proprietário do jornal O Estado de São Paulo, publicou um manifesto na Revista do Brasil, dirigida por Monteiro Lobato, chamado A Comunhão Paulista.[1]

A Comunhão Paulista foi um movimento, infelizmente pouco conhecido pela esquerda, de formação de uma elite política que seria responsável por guiar o país ao desenvolvimento, por ser naturalmente superior às outras elites e aos outros estados. Mas onde entram os bandeirantes? Entram na ideia de que o Brasil teria sido fundado e alargado por eles, sendo a elite de 1920 a herdeira natural da “bravura” e da “inteligência” dos verdadeiros fundadores do país. Logo, o próprio grupo d’O Estado, a quem caberia dirigir o país. Disse Júlio de Mesquita Filho no manifesto: “A realização deste legado do passado há de, por força, mobilizar-lhe todas as regiões. (…) Somos fortes, somos ainda dignos do passado das bandeiras, justamente porque às enganosas vitórias da política militante, sabemos ainda preferir as rudes vitórias que pontilham a história da nossa evolução. As sadias emoções da vida livre da lavoura, das tentativas audaciosas de que todos os dias temos notícias, empolgam a visão segura e afoita do paulista, desviando-o da estagnação acabrunhadoramente niveladora dos nossos partidos políticos. Nos momentos capitais da história nacional, de São Paulo sempre partiu a palavra que haveria de decidir dos destinos da nacionalidade”.[2]

A Província de São Paulo, fundado por Júlio de Mesquita, o pai, era escravocrata e sobrevivia com anúncios de vendas de escravizados e de capitães do mato. O filho acreditava que a abolição, da forma como foi feita, teria sido um erro que fez “circular no sistema arterial do nosso organismo político a massa impura e formidável de 2 milhões de negros subitamente investidos das prerrogativas constitucionais” (A Crise Nacional).[3]

Alberto Sales, irmão de Campos Sales, escrevera Pátria Paulista em 1887, obra separatista que confiava aos paulistas superioridade intelectual, política e evolutiva; propunha a separação do estado, na prática para manter o escravagismo, sobretudo na região de Campinas, para que o estado, depois de transformado em desenvolvido, sem as amarras dos não desenvolvidos, voltasse à nação para guiar as outras regiões ao desenvolvimento. Foi nesse período histórico que essa elite, após a Revolta de 1932 e a sua aproximação a Getúlio, tornara-se a elite hegemônica do estado, substituindo politicamente a velha oligarquia cafeeira, combalida pela crise econômica de 1929. A USP foi criada em 1934 para criar essa elite intelectual paulista ou “paulistanizada” que dirigiria o país: “considerando que a formação das classes dirigentes, mormente em países de populações heterogêneas e costumes diversos, está condicionada à organização de um aparelho cultural e universitário, que ofereça oportunidade a todos e processe a seleção dos mais capazes; considerando que, em face do grau de cultura já atingido pelo estado de São Paulo, com escolas, faculdades, institutos, de formação profissional e de investigação científica, é necessário e oportuno elevar a um nível universitário a preparação do homem, do profissional e do cidadão”.[4]

Em 1926, Fernando de Azevedo havia publicado, financiado pelo grupo d’O Estado, o Inquérito sobre a Educação Pública em São Paulo. Ele defendia que o sistema de ensino deveria ser dividido em duas partes: um em que os trabalhadores se adequavam ao mundo do trabalho e outro voltado para as elites. No subsistema voltado para as elites haveria uma nova divisão, entre ensino secundário para as classes médias e ensino superior para a formação das elites. As elites produziriam “a verdade”, as classes médias transmitiriam aos trabalhadores, que trabalhariam nas funções ideais e corretas para o desenvolvimento urbano e industrial. Toda a referência de Fernando de Azevedo era a república platônica, em que uma elite guiaria e discricionaria sobre o conjunto orgânico da sociedade.

Foi nesse momento que essa elite passou a lutar bravamente contra a migração de nordestinos, vistos como seres que “enegreceriam” o estado novamente, após a grande imigração europeia, financiada como política de Estado justamente para substituir o “elemento africano”. Por isso, na falta de opções, preferiam os japoneses – e aqui há uma longa história desde o Congresso Agrícola de 1878 e a sinofobia, reverberada pelo bolsonarismo –, um meio-termo entre negros e brancos na visão supremacista e cientificista do liberalismo da época, sobretudo após a vitória japonesa sobre os russos, em 1905.

Em 1935, o deputado estadual paulista Alfredo Elis Júnior, sociólogo e ex-aluno de Taunay, que, no ano, escrevera Jaraguá: romance de penetração bandeirante e, em 1924, O bandeirismo paulista e o recuo do meridiano, promotor da ideia da produção da mestiçagem eugênica ocorrida apenas São Paulo, nos moldes formulados por Euclides da Cunha em Os Sertões, defendia a imigração japonesa ao invés da migração nordestina nos seguintes termos: “O nordestino tem sangue preto, e tem conformação osteológica diferente da nossa, transparecendo em seus crânios chatos e largos, em sua cor de charuto a grande influência de índio. O nordestino não tem outro estoque racial, não se fixa, é volante. Felizmente o nosso sistema racial está livre de sofrer a influência dessa gente. O japonês é incalculavelmente melhor para nós e para o nosso corpo social, pois existe entre nós e os japoneses mais afinidades do que entre nós e os nordestinos”.[5]

Os negros e nordestinos (negros) eram fatores exógenos à mestiçagem eugênica paulista. Admitia-se o melhoramento. Para tanto, os imigrantes europeus vieram ao Brasil como fruto de uma política supremacista e segregacionista, em que o africano deveria ser substituído. Borba Gato é a expressão em monumento do mito da mestiçagem eugênica paulista, que produziria um branco. Quem lê o artigo e possui ascendência europeia, é importante que saiba que está aqui, no Brasil, especialmente no sudeste e no sul, por dois motivos: exportação/queima de capitais e de força de trabalho no continente europeu e supremacismo brasileiro, o qual financiou a vinda de sua família e concedeu auxílios financeiros para que São Paulo não “enegrecesse”.

Ou seja, na Europa foram repelidos/expulsos por não serem os tipos ideais ao desenvolvimento nacional, seja pela pobreza e miséria, seja pela racialização (raça) – é o caso, por exemplo, dos italianos do sul, considerados não brancos pelos italianos do norte –; já a elite brasileira, com grande protagonismo da paulista, considerava impossível desenvolver o país com negros, devendo o Estado imigrar europeus (mesmo os não brancos nacionais do sul da Itália, aqui considerados brancos) e desaparecer com o negro. Uma espécie de “solução final” evolucionista. E, segundo dados mais atuais das relações raciais no século XX, muito provavelmente os pais, avôs e bisavôs dos leitores tenham sido grandes promotores dessa racialização, garantindo a segregação de espaços, empregos e estudos.

A título de exemplo do que se possui hoje, Karl Monsma, historiador da UFSCar, constatou linchamentos, espancamentos e enforcamentos de negros por brasileiros brancos e imigrantes italianos em São Carlos (SP) com alusão a KuKluxKlan no começo do século XX. Segundo o historiador, “as semelhanças nos elementos rituais de linchamento”, como “a mutilação de corpos das vítimas e a tendência de pendurá-los de árvores nas praças centrais nas cidades do interior, sugerem que os linchamentos brasileiros imitavam os linchamentos norte-americanos descritos nos jornais”.[6]

Portanto, o racismo está longe de ser um resíduo da escravidão, ou um “identitarismo” indevido e importado, como defendeu Aldo Rebelo. No interior paulista – e na capital paulista –, havia, de fato, medidas segregacionistas que proibiam, oficial e extraoficialmente, a entrada de negros em clubes, escolas e salões, por exemplo, ao mesmo tempo que garantia uma espécie de cota fechada aos imigrantes europeus e brasileiros brancos sobre o capital e o trabalho, em que brancos empregavam brancos e imigrantes empregavam imigrantes – é o caso das indústrias Matarazzo, que iniciaram a contratação de negros no interior paulista apenas em 1970, quando da derrocada fiscal e da necessidade de rebaixamento salarial.

A imigração europeia fazia parte da construção do melhoramento da raça paulista, a mestiçagem eugênica paulista, que eliminava a passos largos o elemento africano.

Alfredo Elis Júnior, em Populações Paulistas, obra de 1934, compreendia que, nos tempos coloniais, “o negro era muito mais numeroso do que o branco”, que, mesmo com o término do “tráfico africano”, reproduzia-se “com grande fecundidade”. Todavia, “essas condições evoluíram em São Paulo”, pois “recebemos grandes massas imigratórias da Europa, e os negros com seus mestiços começaram então a minguar”. Com “a luta social, caíram em decadência”. Por fim, “a diminuição alarmante da natalidade e o aumento da mortalidade provocam seu desaparecimento”.[7] De fato, a população negra no começo do século XX registrou crescimento demográfico negativo.

Desde então, tudo deveria ser referenciado naquilo que foi criado para ser tipicamente paulista: os bandeirantes. Rodovias, escolas, rádios e TVs com essas referências são os detalhes desse processo. Estátuas, idem! Como complemento do bandeirantismo, o jesuitismo, uma paixão de Fernando de Azevedo homenageada pela escolha do nome da Fundação Padre Anchieta, fundado por Roberto Costa de Abreu Sodré, governador à época preocupado com a “continuidade revolucionária” de 1964.[8] Em certa medida, a ascensão dos bandeirantes deve-se a um processo semelhante de ascensão dos farroupilhas em Porto Alegre na mesma época. É uma obra de meia dúzia de autoproclamados intelectuais da genialidade e da raça paulistas (sic!).

Não há nada de popular, a despeito de sua propaganda oficial. Era o comum da época, pois todo Estado-Nação formado no século XIX teve e tem uma dimensão racial, como mostram Alemanha e os Estados Unidos. É o mesmo papel que o germanismo cumpriu para o nazismo e os peregrinos escolhidos cumpriram para os norte-americanos anglo-saxões, como evidencia Domenico Losurdo em A Contra-História do Liberalismo.

Portanto, queimar ou não estátuas é uma disputa de projeto de poder, uma disputa sobre a nacionalidade, da mesma forma que a sua construção e imposição, pois as estátuas, sobretudo a do Borba Gato, representam um projeto de poder e uma dada nacionalidade. Construir e destruir estátuas e representações sociais e simbólicas são expressões da luta de classes. Borba Gato é uma representação racializada e neocolonial. É realmente impressionante ver pessoas e organizações de esquerda, ou autoproclamadas, condenarem o ato pelo seu conteúdo, simplesmente relegando-o ao identitarismo. Até poderia haver uma discussão (equivocada) sobre o dia, mas jamais sobre o conteúdo, especialmente com argumentos baseados na “arte” e na “memória”, como se fossem entes desprovidos de relações de poder.

Quando aconteceu, por óbvio, fui ver a posição do… Estadão. Afinal, o negócio queimado é, também, um legado familiar. Para a minha surpresa, à luz daquilo que se deve esperar, o Estadão não esperneou. Tampouco a Folha de São Paulo. Penso que ambos perceberam que não é mais possível manter o mito, e, de certa forma, disputam o agora com um discurso supostamente mais “plural”. Dória restringiu-se a uma nota genérica sobre “vandalismos”. Entretanto, a julgar pela investigação e pelas decisões judiciais do Tribunal de Justiça, o comportamento talvez seja mais teatral.

Os bolsonaristas, segundo os críticos de esquerda alarmados, chamaram o ato de terrorista: é o esperado no jogo. Não preciso dizer que a posição pública dos descendentes dos pais da ideia me fez ficar ainda mais surpreso com os “defensores de esquerda” da estátua e da memória de Borba Gato. Esperava ouvir e ler algo semelhante vindo da família Mesquita.

Aldo Rebelo e o Integralismo

Publicamente, Aldo se notabiliza em defender os generais, baluartes do bolsonarismo e entranhados no orçamento federal, os grandes fiadores de Bolsonaro, de sua família e dos genocídios pandêmico e policial sobre os trabalhadores, sobretudo negros. Defende que os militares são nacionalistas, mesmo que tenham entregado a base de Alcântara para os EUA e as relações com as Forças Armadas e os serviços de espionagem norte-americanos sejam explícitas.

Quando deputado, foi o responsável pela alteração do Código Florestal, acusando todos os contrários de serem financiados por grandes potências, assim como faz o bolsonarismo com quem denuncia o desmatamento e as queimadas. Aldo faz coro, sobretudo em atividades mineradoras em terras indígenas e na acusação contra organizações que atuam na preservação do meio ambiente na Amazonia. Hoje também se notabiliza por criar uma pauta em concordância com movimentos integralistas, que, ao que tudo indica, depositam-no cada vez mais alguma estima. Guardadas as devidas proporções, Aldo é o nosso Policarpo Quaresma ao inverso, um nacionalista acrítico que enxerga Floriano Peixoto no identitarismo, não nos militares e no bolsonarismo.

Aldo milita em um movimento (ultra) nacionalista chamado O Quinto Movimento. Segundo esse movimento, em livro escrito pelo próprio Aldo, “o objetivo final deste identitarismo é a desconstrução da mestiçagem como expressão étnica do Brasil, que adotaria o modelo norte-americano de sociedade bicolor de pretos e brancos”.[9] A capa desse livro consiste em Aldo olhando para cima, com pose impositiva, lembrando a de Getúlio Vargas. O discurso não é só conservador, mas reacionário, com ampla concordância discursiva de Bolsonaro e de organizações da extrema-direita.

Ele continua: “O problema é que a mestiçagem no Brasil é muito mais que a promessa da raça cósmica na feliz expressão do filósofo mexicano José Vasconcelos”. A noção de “raça cósmica” foi utilizada em um manifesto de 1929, uma das muitas dissidências da Semana de Arte Moderna de 1922. Essa dissidência, organizada no Manifesto Verde-Amarelo, foi liderada por Guilherme de Almeida, Menotti del Picchia, Plínio Salgado e Cassiano Ricardo, com grande impacto em… Plínio Salgado e no movimento integralista. Esse movimento defendia que a nacionalidade estava dada no tupi, um brasileiro não radical, “antijacobino”, e não no tapuia, um índio não civilizado. O antijacobino consiste em estrangeirismos indevidos à índole nacional, como o comunismo e o socialismo, ou qualquer “radicalismo”. O tapuia, que significa inimigo, é um constructo elaborado por José de Alencar, em Iracema. Alencar também acreditava em uma nova raça, baseada nos estudos de Humboldt sobre o surgimento de uma nova língua na América, porém, para isso, haveria a necessidade de o negro desaparecer no novo homem americano, branco e superior. “A próxima civilização do universo será americana como a atual é europeia. Essa transfusão de todas as famílias humanas no solo virgem deste continente ficaria incompleta se faltasse o sangue africano, que, no século VIII, afervorou o progresso da Europa”.[10]

Por isso Oswald de Andrade se pergunta “tupi or not tupi” no Manifesto Antropofágico e Gilberto Freyre narra os seus “estupros” de forma adocicada e, absolutamente, necessária. Esse movimento trabalhou ativamente no Estado Novo na perseguição a comunistas, considerado uma ideologia estrangeira, antibrasileira e antipovo. O Manifesto Verde-Amarelo se fundamentava na “opinião bem fundamentada do sociólogo mexicano Vasconcelos”, que defendia o surgimento, “entre as bacias do Amazonas e do Prata”, da “‘quinta raça’, a ‘raça cósmica’”, que realizaria “a concórdia universal”.[11]

Como se nota, Aldo está dialogando abertamente com a pauta fascista e integralista, de um manifesto feito em 1929 por protofascistas que trabalhariam no Estado Novo. Aldo está no fascismo. Se ele percebe ou não, é outra história. Ele está referenciando-se em documentos importantes para o movimento integralista, sob uma noção abertamente protofascista. Diz Aldo em seu livro-manifesto: “Diante da ofensiva contra a mestiçagem por parte do mercado, da mídia e da academia, cabe ao Estado a tarefa de defendê-la difundindo-a e valorizando-a no sistema educacional, nas Forças Armadas e nos espaços públicos ainda não dominados pelo identitarismo”.[12]

Em suma, caberia ao Estado, sobretudo às Forças Armadas e ao sistema educacional, combater o elemento antibrasileiro, o identitarismo, ou, para usar o jargão da extrema-direita, o “marxismo cultural”. Salienta-se, a tarefa caberia a um Estado burguês. Inclui, além do mercado e da mídia, a academia, que estaria em conluio com as outras duas esferas. Mas, na esquerda, parece ser proibitivo constatar o óbvio em nome da tradição. Corramos o risco: Aldo está com os dois pés no protofascismo, em pontos de contato com o bolsonarismo.

O bandeirante Rui Costa Pimenta

Rui é um desbravador. Como tal, assim como Júlio de Mesquita Filho, a extrema-direita do IPES, proclamou-se bandeirante. Como para com Neymar, o menino Ney, Rui conceituou os bandeirantes símbolos nacionais anti-imperialistas. Diz o bandeirante temporão: “A construção da nação brasileira é produto, em um certo sentido, da luta de classes. É um progresso que foi alcançado, apesar de toda a pressão contrária. Para o colonialismo e o imperialismo, o ideal é que as nações oprimidas sejam pequenininhas e fracas. Eles dividem os países como se fosse tirando uma fatia de bolo, como na Iugoslávia e na antiga União Soviética. Eles querem países pequenos e fracos. O Brasil é um país grande, e isso é um progresso muito grande”. (…) “Eles foram instrumentos do progresso econômico nacional e abriram o caminho para a construção do Brasil. Se o Brasil fosse dividido em cinco países, a América Latina seria muito mais oprimida do que hoje. O Brasil é um estorvo na dominação política, assim como a Índia e a China”.[13]

Walter Pomar pescou,[14] de sua intragável entrevista ao Portal Brasil 247, o dado essencial da personalidade de Rui na seguinte afirmação: “Eu sou paulista e paulistano, aqui em São Paulo o bandeirantismo é o símbolo do estado de São Paulo”. A dedução, se for possível, é a seguinte: todo paulista é bandeirante. Rui é paulista, ou melhor, paulistano, porque paulista não basta. Logo, Rui é bandeirante. Como disse um grande amigo ao ler essa pérola, “pensei que Rui fosse operário, trabalhador e proletariado antes de ser paulista”.

A mistura sem sentido e bizarra de paulistanismo com luta anti-imperialista, misturando uma ideia apagada de Brics, tamanho do território e bandeirantismo, ainda cai na armadilha da falsificação histórica: os bandeirantes não tiveram relação alguma com a manutenção do território. Segundo Vitor Nunes Leal, em Coronelismo, Enxada e Voto,[15] a centralização se deu no Império após o golpe da maioridade e a introdução da Guarda Nacional para debelar as revoltas regenciais. Se houve algum momento em que o Brasil se poderia desmembrar, foi quando as revoltas regenciais impuseram pautas consideradas deletérias aos escravagistas. O medo era que, se uma província se tornasse independente, os escravizados poderiam fugir, caso ela declarasse a abolição aos escravizados, provocando um desabastecimento de força de trabalho nas províncias escravagistas – irônica a análise culturalista e antimarxista de Rui.

Aconteceu algo similar entre Rio Grande do Sul e Uruguai, em que, inclusive, um dos pontos entre os farrapos e a coroa para o fim do conflito foi o da assinatura de acordos com o Uruguai para a extradição de africanos. Foram cinco ao todo – é a liberdade farroupilha. Borba Gato havia morrido mais de cem anos antes. Estaria Rui contrapondo-se às revoltas regenciais, como a Revolta dos Malês, defendendo a unidade em favor do escravagismo, o único elemento, de fato, responsável pela manutenção do território nacional?

Estaria Rui defendendo a Guarda Nacional e a repressão aos movimentos libertadores da década de 1830, sobretudo os populares? O último estado a ameaçar com a independência ou a autonomia regional, para manter o escravagismo, foi justamente São Paulo, como prova A Pátria Paulista. Na Olímpiada de História, para as escolas de ensino fundamental e ensino médio, os paulistas costumam ter desempenho pífio. O protagonismo é dos cearenses, pernambucos e potiguares. Analisando-se Rui, o identitário paulista e paulistano, o fracasso dos estudantes paulistas fica explicado.

Eis o identitarismo branco

Mas o que permite que Aldo e Rui classifiquem o coletivo de identitários? Rui chegou a dizer que “foi coisa de intelectuais pequeno-burgueses”. Aldo chamou-os de “canalhas, bandidos, assassinos da memória nacional” e “filhinhos de papai de ‘esquerda’”. Essa conjuntura fluída e desconexa da realidade da esquerda permite indagações tão desconexas quanto, como a de Leonardo Avritzer, que questionou “a linguagem desse questionamento e se a utilização da violência como método é a linguagem correta da disputa histórica”.[16] O que permite Aldo Rebelo identificar-se com a “raça cósmica” do Integralismo? O que permite Rui Pimenta Costa identificar-se paulista? O que permite identificar bandeirantismo com nacionalidade? O que permite vincular identitarismo como algo pejorativo, liberal e antirrevolucionário, somente à identidade africana e negra? Identitarismo branco, posicionando-o como unidade universal e indivisível. Criticar a fogueira pedagógica de Borba Gato não é só burrice, mas oportunismo com pitadas de identitarismo branco, liberalismo, racismo, neocolonialismo e protofascismo.

*Leonardo Sacramento é doutor em Educação pela UFSCar e presidente da Associação dos Profissionais de Ensino de Ribeirão Preto. Autor do livro A universidade mercantil: um estudo sobre a universidade pública e o capital privado (Appris).

Notas


[1] Sobre o tema, ver o excelente A universidade da Comunhão Paulista, de Irene Cardoso. CARDOSO, Irene de Arruda Ribeiro. A universidade da Comunhão Paulista (o projeto de criação da Universidade de São Paulo). São Paulo: Editora Autores Associados/Cortez Editora, 1982.

[2] MESQUITA Filho, Júlio. A Comunhão Paulista. Revista do Brasil, 1922, ano VII, v. XXI, nº 84.

[3] MESQUITA FILHO, Júlio. A Crise Nacional. In:CARDOSO, Irene de Arruda Ribeiro. A universidade da Comunhão Paulista (o projeto de criação da Universidade de São Paulo). São Paulo: Editora Autores Associados/Cortez Editora, 1982, p. 34.

[4] ESTADO DE SÃO PAULO, Decreto-Lei n. 6.283, de 25 de janeiro de 1934. Decreto-Lei de fundação da Universidade de São Paulo.

[5] BORGES, Selma Santos. O nordestino em São Paulo: desconstrução e reconstrução de uma identidade. Dissertação apresentada à Pontifícia Universidade Católica de São Paulo. São Paulo, 2007, p. 66.

[6] MONSMA, Karl. A reprodução do racismo: fazendeiros, negros e imigrantes no Oeste paulista, 1890-1914. São Carlos: EdUFSCar, 2016, p. 138.

[7] ELLIS JÚNIOR, Alfredo. Populações paulistas. São Paulo, Editora Nacional, 1934, p. 96.

[8] Sobre o governador, ver http://www.fgv.br/cpdoc/acervo/dicionarios/verbete-biografico/roberto-costa-de-abreu-sodre.

[9] REBELO, Aldo O quinto movimento: propostas para uma construção inacabada. Porto Alegre: Jornal JÁ Editora, 2021, p. 10.

[10] ALENCAR, José de. Cartas ao imperador. In: Cartas de Erasmo/José de Alencar; organizador José Murilo de Carvalho. Rio de Janeiro: Academia Brasileira de Letras, 2009, p. 293.

[11] MANIFESTO VERDE-AMARELO. In: TELES, Gilberto Mendonça. Vanguarda europeia e modernismo brasileiro: apresentação e crítica dos principais manifestos vanguardistas. 7ª ed. Petrópolis: Vozes, 1983.

[12] REBELO, Aldo O quinto movimento: propostas para uma construção inacabada. Porto Alegre: Jornal JÁ Editora, 2021, p. 197-198.

[13] Disponível em https://www.brasil247.com/brasil/bandeirantes-foram-instrumento-do-progresso-nacional-diz-rui-costa-pimenta.

[14] Disponível em https://www.pagina13.org.br/rui-pimenta-e-borba-gato/.

[15] LEAL, Vitor Nunes. Coronelismo, enxada e voto: o município e o regime representativo no Brasil. 7ª edição. São Paulo: Companhia das Letras, 2012.

[16] Disponível em https://aterraeredonda.com.br/bastilha-e-borba-gato/.

 

[Fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

Écrit par Jean Szlamowicz

Il existe une tension entre l’histoire comme discipline, cherchant à se fonder sur des sources et tendant à l’objectivité factuelle, et l’histoire comme récit idéologique, servant à exalter des causes, à fustiger des adversaires et à justifier une action politique. Dans ce dernier cas, le récit prétend à une vérité légitimante et l’histoire se confond avec une vaste entreprise rhétorique consistant à organiser le réel en fonction de catégories mythéologiques : victoires, conquêtes, résistances se déclinent alors selon des jugements de valeurs qui versent volontiers dans le manichéisme. Les notions y sont alors porteuses d’interprétations dont la circulation permet la validation. L’enjeu de l’histoire comme propagande est de réussir à diffuser les interprétations qui conviennent à un pouvoir. Comme le rappelle Jean-Pierre Faye, « il existe, dans l’histoire un effet de production d’action par le récit »[1].

On constate ainsi que l’accusation de colonisation, de racisme, d’apartheid est devenue un procédé narratif permettant de condamner l’Occident et de le pétrifier dans une culpabilité qui l’affaiblit et le rend perméable à des influences étrangères. Ces accusations sont plus particulièrement dirigées contre Israël, au point de miner sa légitimité nationale et culturelle. De fait, la consultation d’un moteur de recherche fait apparaître, en tout premier lieu, le mot apartheid en collocation avec Israël et non pas avec l’Afrique du Sud, ni d’ailleurs avec aucun autre pays pratiquant une discrimination juridique entre ses populations. Le concept d’apartheid est bien l’un des outils de la réprobation d’Israël. Il est même désormais un lieu commun discursif indissociable d’Israël dans le discours militant dont l’objectif est d’en faire une réalité narrative irrémédiable. Il faut pourtant revenir sur la singularité historique de l’apartheid pour en concevoir l’unicité culturelle.

Origines historiques

Le mot apartheid provient de l’afrikaans, langue dérivée du néerlandais, développée par les Boers, colons installés au XVIIe siècle au Cap de Bonne Espérance, qui n’est alors qu’un comptoir commercial tenu par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Dès le XVIIIe siècle, les Boers viennent à se considérer comme Afrikaners, c’est-à-dire à se distinguer des Néerlandais de métropole : ils vont alors s’opposer à la Compagnie dont l’administration coloniale dépend de ce qu’on appelle alors les Provinces-Unies. Le Cap et sa région passent progressivement sous contrôle de la Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle qui désire ainsi contrer l’influence régionale de Napoléon. Les Pays-Bas ne voient le jour qu’en 1815, à la suite de Traité de Paris qui signe la fin de l’Empire napoléonien après la bataille de Waterloo. Dans le contexte des guerres anglaises contre les Zoulous entre 1876 et 1879, se développera la rébellion des Boers contre le pouvoir anglais. Les « Guerres des Boers », contre le pouvoir colonial anglais en 1880 et 1899 mèneront au statut de dominion en 1910 et à l’indépendance en 1961. L’Afrique du Sud est, de fait, une colonie émancipée de sa tutelle néerlandaise puis britannique.

La ségrégation de fait qui existe entre populations africaines et populations d’origine européenne (néerlandaises et anglaises) repose sur divers facteurs, dont le contrôle de la main d’œuvre et la mise en place d’un pouvoir fondée sur la supériorité raciale blanche. La création de laisser-passer, des zones résidentielles distinctes, l’organisation d’un droit de vote racial et censitaire et la mise en place d’une colour bar se développent juridiquement de manière progressive au fil de lois diverses (1923, Native Urban Areas Act). Le fondement de la hiérarchisation raciale est clairement la suprématie blanche opposant les maîtres blancs et les travailleurs noirs.

Le concept d’apartheid, c’est-à-dire littéralement « le fait d’être à part », renvoie à cette histoire et à la façon dont le pouvoir afrikaans a établi une ségrégation raciale inégalitaire dont la portée était juridique, économique et culturelle. La création des bantoustans, la régulation de l’accès aux services et aux lieux publics, la représentation politique (provinces noires représentées par des blancs), l’accès à la propriété immobilière, l’inégalité de l’enseignement (les zoulous recevaient une éducation « limitée à leurs besoins immédiats »), etc. ont ainsi construit une société dont la mixité était juridiquement exclue.

Héritière d’une situation coloniale, la société afrikaaner répondait à une logique de suprématisme racial, de séparation ethnique et de domination économique. L’histoire et les fondements d’Israël sont de nature profondément différente puisque les Juifs sont un peuple autochtone, conquis, opprimé et débouté de sa souveraineté depuis des siècles et dont la renaissance nationale en 1948 est l’expression de son autonomie politique en tant que peuple. C’est aussi une nation dont la situation politique est déterminée par les agressions constantes de ses voisins (1948, 1967, 1973) et de diverses entités belligérantes (Hamas, Hezbollah, etc.), sa survie étant conditionnée par des mesures sécuritaires spécifiques. La comparaison avec Israël est donc totalement infondée, historiquement et socialement : il n’existe aucune ambition de séparation ethnique en Israël qui est l’une des sociétés les plus multiraciales au monde avec de nombreuses minorités (Arabes, Druzes, Érythréens, Circassiens…) disposant toutes des mêmes droits.

Discrimination, ségrégation, inégalités

Dans la société, toute différence n’est pas une inégalité et toute inégalité n’est pas nécessairement intentionnelle ou juridiquement matérialisée. L’emploi du terme discrimination est donc lui-même susceptible d’interprétations diverses selon qu’il désigne une discrimination établie, juridiquement ou culturellement, c’est-à-dire reconnue par les institutions d’un pays ou bien selon qu’il renvoie à des inégalités sociales qu’il désigne alors essentiellement par hyperbole et analogie. Les discriminations ou inégalités sociales ne sont pas constitutives d’un système de gouvernement, or l’apartheid se définit comme régime fondé sur la discrimination et la séparation.

La séparation fondée sur l’ethnie ou la religion, de facto ou de jure, existe ou a existé dans de nombreuses configurations. Le ghetto juif est en Europe et le mellah ou hara en Afrique du nord est l’incarnation même d’une ségrégation spatiale relayant une ségrégation juridique. La Révolution Française émancipera les Juifs des discriminations fiscales des dominations locales. Ils seront enfin pleinement intégrés à la Nation comme citoyens en 1807 par les douze questions posées aux Juifs par Napoléon dans le cadre du Grand Sanhédrin afin de leur faire reconnaitre la loi française.

Le Maghreb n’a pas connu une telle intégration des Juifs à la citoyenneté puisqu’elle a toujours été conditionnée par l’appartenance à l’islam : les Juifs du Maghreb n’y ont donc acquis une pleine citoyenneté que lors de la période de colonisation européenne. Quand cette dernière a pris fin, la pression politique et les pogroms les ont chassés : l’épuration ethnico-religieuse du Maghreb, débutée avant la Seconde Guerre mondiale, s’est concrétisée après-guerre avec les diverses indépendances en causant le départ d’environ 900 000 Juifs, vers Israël, l’Europe et les USA.

Plus largement, le statut de dhimmi dans le monde musulman définit à ses minorités religieuses un statut légal de dominés. La forme spécifique que cela prendra dans l’Empire Ottoman, les millets reconnaissent de la même manière une séparation sous la forme de la domination.

À des degrés et dans des dimensions variées, qui comprennent l’absence de liberté de conscience pour les minorités religieuses ou l’esclavage, de nombreux pays musulmans pratiquent différentes formes de discriminations collectives : Libye, Mauritanie, Malaisie, Arabie Saoudite, Qatar, Maroc, Tunisie, etc.

Pourtant, le terme d’apartheid n’est que rarement appliqué à ces pays et dans le consensus de la culture politique occidentale, ces pays ne sont pas associés à ce mot. De fait, il semblerait anachronique de décrire la situation des non-musulmans dans l’Empire ottoman comme relevant d’un apartheid. Pourtant, c’est bien une situation de discrimination juridique patente qui est comparable. En revanche, apartheid s’applique volontiers à Israël et l’association des deux mots est même devenue incontournable dans l’esprit non seulement des discours militants mais dans le vocabulaire du discours journalistique.

Mutations sémantiques

En linguistique, on parle de néologie sémantique quand un mot prend un nouveau sens. La trajectoire du mot apartheid est un cas de néologie sémantique dans la mesure où il ne décrit plus seulement la situation politique de l’Afrique du Sud, mais est devenu une catégorie juridique, notamment dans le « crime pour apartheid » (défini par l’assemblée général de l’ONU en 1973). Plus largement encore, dans la langue courante, apartheid sert désormais à décrire une situation d’inégalité entre groupes sociaux dans d’autres contextes nationaux que l’Afrique du Sud. On a même vu le mot apartheid resurgir récemment pour critiquer l’instauration d’un passe sanitaire en France.

Or, si la transformation d’un événement historique en une catégorie du politique n’est pas un phénomène rare, elle ne va jamais sans certaines distorsions axiologiques.[2] Par exemple, définir une loi, un comportement ou une politique comme fasciste constitue une extension analogique qui applique des caractéristiques de ce moment historique de l’histoire italienne pour les considérer comme composantes d’un corpus idéologique qui devient applicable à d’autres situations. Il en va de même du mot ghetto, initialement appliqué aux seuls Juifs à Venise au XVIe siècle, devenu un concept social décrivant toute situation d’inégalité dans la géographie urbaine où qu’elle soit. On pourrait étendre ce phénomène à des mots comme démocratie ou agora qui décrivaient des réalités grecques ou à des mots comme thatchérismegaullismekeynesianisme qui ont désigné des politiques avant d’être plus ou moins considérés comme des doctrines et de servir à décrire d’autres circonstances historiques.

Ce n’est pas le sort de tous les termes politiques car seuls certains connaissent cette extension conceptuelle là où d’autres restent plutôt ancrés dans une réalité spécifique (carlismephalangismeboulangisme). Il faudrait aussi étudier la façon dont, inversement, on transforme parfois des concepts génériques en les faisant essentiellement correspondre à une seule situation historique. C’est ainsi que colonisation ou esclavage sont aujourd’hui tendancieusement utilisés pour décrire uniquement la colonisation européenne du XIXe siècle et le commerce triangulaire du XVIIIe siècle, sans prendre en compte toutes les autres situations historiques de colonisation et d’esclavage.[3]

L’extension sémantique de tels termes repose sur le passage d’une valeur désignative spécifique, c’est-à-dire historiquement située, à leur reconfiguration comme concepts. Le terme ne désigne plus alors la situation d’origine mais la prend comme référence conceptuelle, comme modèle dont on se sert pour l’appliquer, par filiation, analogie, comparaison, à d’autres situations[4].

Ce sont donc des termes qui sont porteurs d’une confusion fondamentale : aucun événement historique n’étant, ontologiquement, identique à un autre, l’emploi de ces termes se fonde forcément sur une ressemblance et non sur une identité. Les contours sémantiques de ces mots s’appuient donc sur certains traits, envisagés implicitement comme définitoires, mais qui constituent une interprétation de l’histoire, laquelle ne saurait être qu’idéologique.

La notion de démocratie est ainsi considérée positivement dans la langue française alors que la notion de fascisme possède des connotations négatives : indépendamment des réalités historiques — la démocratie athénienne est loin de ressembler à la nôtre — l’emploi du terme implique une forme de jugement idéologique plus ou moins nécessairement anachronique. L’objectivation scientifique consiste à démêler la référence historique spécifique et la conceptualisation abstraite générique.

Dans le cas du concept d’apartheid, il est remarquable de noter que son extension nait avec la disparition de l’apartheid historique en Afrique du Sud et que son transfert désignatif pour accuser Israël s’est notamment réalisé lors de la Conférence de Durban en septembre 2001, événement fondateur de la criminalisation contemporaine d’Israël par les puissances islamiques qui ont, à cette occasion, trouvé dans le vocabulaire des droits de l’homme les ressources de cette allégation. Depuis, c’est devenu un poncif des campagnes médiatiques d’associations comme B’Tselem ou Human Rights Watch qui utilisent le terme apartheid de manière à en faire une accusation juridique.

Oubliant la situation d’agression permanente dont est victime Israël, ce discours transforme toute mesure sécuritaire en injustice séparatiste : ce retournement rhétorique fait donc du djihadisme palestinien la victime d’un État présenté comme suprématiste. Dans l’oubli du référent fondateur d’apartheid qu’est la société afrikaner, seule la captation de connotations négatives persiste, indépendamment des faits réels. C’est un cas d’habituation discursive qui a fini par transformer une insulte hyperbolique en doxa.

Mutation idéologique

C’est précisément le consensus idéologique contre l’apartheid qui en fait désormais un concept accusateur et non descriptif. Tel est le sort des notions qui deviennent des parangons de négativité : racisme, sexisme, fascisme, etc. Une fois passées dans le consensus social, elles servent à délégitimer les adversaires et non plus à décrire réellement une situation politique. La société est saturée de tels discours où les notions circulent avec le naturel de l’évidence alors que leur manipulation est un enjeu de pouvoir déterminant. L’effet de justification de telles notions sert de levier diplomatique : c’est bien au nom de l’antiracisme que s’était déchaîné l’antisémitisme à Durban en septembre 2001. Derrière le consensus idéologique porté par ce lexique on trouve l’hypocrisie de l’exploitation politique.

Par un puissant effet de propagande discursive, l’utilisation massive d’une analogie délégitimant Israël a transformé le sens même du mot apartheid pour lui conférer une valeur négative et non plus une valeur descriptive. Car si apartheid désignait une configuration juridique et sociale particulière propre à l’Afrique du Sud, le mot ne peut s’appliquer à la situation israélienne sans constituer un mensonge social. Alors qu’il pourrait s’appliquer à tous les pays pratiquant une discrimination juridique de séparation entre ses citoyens, il s’est attaché uniquement à Israël, qui ne le pratique pas.

En effet, les droits sont les mêmes pour tous les citoyens d’Israël. Les Arabes israéliens servent dans l’armée, siègent à la Cour Suprême, et n’ont aucune interdiction de pratiquer la profession de leur choix. Il y a même des députés islamistes et anti-israéliens à la Knesset. S’il existe des mesures sécuritaires, elles sont éminemment justifiées tant le pays doit faire face à des attentats et des attaques de manière constante. Les événements de mai 2021 ont justement montré que l’antisémitisme des populations musulmanes pouvait s’exprimer, justement dans des villes mixtes, où elles se sont livrées à des violences anti-juives à Lod, Yafo, Akko ou Haifa.

L’accusation d’apartheid va de pair avec celle de vouloir imposer la « suprématie juive ». Cette locution trompeuse calque l’idéologie raciale afrikaner qui se fondait sur une prétention à la supériorité. Le droit à l’autodétermination du peuple juif est ainsi par ce seul biais lexical présenté comme une injustice. La diabolisation est patente car pareille accusation gratuite pourrait être construite, de façon purement proclamative, pour tout État : « suprématie espagnole », « suprématie française », « suprématie britannique », « suprématie italienne », etc.

De fait, si le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne semble pas poser de problème quand les Arabes de Palestine choisissent de se déterminer comme communauté musulmane, on trouvera illégitime qu’Israël se détermine comme communauté juive. De la même manière, l’accusation d’apartheid ne porte que sur Israël — qui intègre 20% de population arabo-musulmane — là où l’Autorité palestinienne se déclare a priori intolérante à toute présence juive sur ses terres, véritable apartheid fondée sur un État appelé à être judenrein. Tel est le double discours des puissances islamiques : la dénonciation de l’apartheid israélien comme discours à destination de l’Occident, où sa condamnation est un consensus moral et, d’autre part, une organisation sociale islamique qui ne tolère de présence juive ou chrétienne que subordonnée à la charia dans une condition de dhimmi.

Comme on le voit, le pouvoir d’évocation lexicale du mot apartheid supplante les réalités politiques dont de tels concepts sont censés rendre compte. Le mythe de l’apartheid relève de ce que j’ai pu décrire ailleurs comme une « mythéologie », autrement dit un récit faux mais dont la propagation comme mythe politique sert des intérêts idéologiques.

L’exploitation du consensus moral négatif qui entoure des notions délégitimantes mène ainsi à une guerre rhétorique dont les faits sont exclus. Le mythos remplace le logos : la factualité socio-historique est débordée par sa représentation mythifiée, fable corrompue par sa manipulation narrative.

Conclusion

Avatar des retournements victimaires qui ne cessent de peser sur Israël et les Juifs, l’accusation d’apartheid vient parachever le narratif accusatoire qui s’articule essentiellement sur le recours imprécatoire à un lexique de délégitimation. Ce sont donc les Juifs, qui ont vécu la majorité de leur histoire dans la condition de victimes de l’apartheid — dhimmi en terre d’islam, opprimés dans les ghettos européens — auxquels on applique un concept dirimant, accusation d’autant plus injuste qu’elle n’est en rien fondatrice de la société israélienne alors qu’elle reste déterminante dans le monde arabo-musulman.

La mutation sémantique d’un terme historique devenant un concept politique est relativement courante mais une telle évolution n’est pas uniquement conceptuelle : elle est susceptible de prendre place dans un cadre qui est celui de l’instrumentalisation militante.

On pourra faire le parallèle avec la façon dont Palestine a changé de référent, passant d’un sens géographique où il décrivait une région à un sens politique construisant par sa seule appropriation dénominative la prétention à fonder un État national arabo-musulman qui n’avait jamais existé en lui conférant une légitimité historique — qui est par contre refusée à l’État juif. Comme le montrent les discours d’atténuation et de justification du terrorisme, c’est par l’artifice langagier que l’on excuse le passage à l’acte et qu’on en prépare l’acceptation sociale. Le langage est ainsi enrôlé comme moteur fondateur d’une action, diplomatique autant que militaire, drapée dans la rhétorique conjointe de la légitimité et de la délégitimation. Le mot apartheid appartient désormais à l’arsenal rhétorique du militantisme sans avoir la moindre pertinence descriptive. Il entre dans le corpus général d’une économie narrative et lexicale dont le rapport pervers à la vérité sert les basses œuvres de la violence.

[1] Jean-Pierre Faye, p. 21. Introduction aux langages totalitaires. Théorie et transformation du récit, Hermann, 2003.

[2] Nous n’aborderons pas la question théorique de savoir s’il s’agit de néologie ou de mutation sémantiques, de métonymie ou encore de formes d’antonomase ou d’éponymie. L’essentiel est bien de constater ici une évolution de sens solidaire d’une exploitation rhétorique et politique.

[3] On peut songer aussi à un emploi du mot communisme pour désigner non pas un corpus idéologique mais son application historique en Russie, ce qui en fait un dans ces cas-là un synonyme de soviétique.

[4] Notons aussi que ce phénomène discursif et représentationnel est éminemment culturel et se développe différemment selon les langues et les époques. On remarque ainsi que nazi en américain est une hyperbole relativement banale signifiant « fondamentaliste », comme dans l’expression grammar nazi pour désigner quelqu’un de tatillon sur les questions de correction linguistique)

 

 

[Source : http://www.menora.info]

Banda musical romaní Bengas. Foto de Jiří Bernovský, usada con autorización de Migel Milan Horvát.

 

Aunque los gitanos son la mayor minoría étnica de Chequia, con un 2,2 % de su población, se les considera una de las minorías más estigmatizadas y discriminadas del país. Hasta con la discriminación y los estereotipos indebidos, el pueblo romaní sigue teniendo un enorme impacto social y destaca mucho en la escena musical checa.

Conversamos con representantes de la comunidad musical romaní checa sobre los prejuicios y la discriminación que enfrentan, las últimas noticias sobre la opresión de los romaníes y la naturaleza sin fronteras de la música.

Minoría romaní y su exclusión social

La discriminación contra los romaníes tomó notoriedad en junio tras la muerte de un romaní [1] a manos de la policía el 19 de junio. La muerte desencadenó una ola de disturbios y protestas en la comunidad romaní, ya que algunos medios romaníes compararon el conflicto con el asesinato de George Floyd en Estados Unidos. Aunque los tribunales checos dictaminaron que la policía no fue responsable de la muerte del hombre, el caso llamó la atención sobre las tensiones entre la mayoría checa y la minoría nacional y étnica romaní.

Estas tensiones no son nuevas, sobre todo cuando se trata de la dinámica social y cultural de Chequia. Por ejemplo, el Consejo de Europa señaló recientemente que muchos programas escolares europeos no reconocen al pueblo romaní en sus planes de estudio y que muchos relatos históricos relacionados con los romaníes son poco objetivos o incompletos [2] y caen en los estereotipos.

En su informe de 2020 [3], el Consejo de Europa recomendó a República Checa que abordara la discriminación y los prejuicios contra los romaníes, incluida su historia en los libros de texto y abordara la cuestión de la propaganda y la información falsa sobre los romaníes en internet y redes sociales. También advirtieron a Chequia [4] sobre la falta de avances en sus programas de lengua romaní, pues escuelas primarias y secundarias debían ofrecer clases de lengua romaní. Estas iniciativas forman parte de un plan de 20 años para proteger a los romaníes y nómadas [5], y luchar contra el racismo, la intolerancia y la exclusión social.

Los resultados de una encuesta de junio de 2021 mostraron que el 70 % de los encuestados en Chequia expresaron antipatía por los romaníes [6].

Músicos romaníes y su inclusión social

El grupo musical gitano Kale. Foto usada con autorización de Emil “Pupa” Miko

A pesar de la impopularidad y la exclusión social de los romaníes como pueblo, la opinión pública predominante los considera una nación muy musical.

Así lo explica Migel Milan Horvát, del grupo Bengas [7]:

We are six musicians. We have no problem with fusion, the whole family plays some instrument. We play not only Romani-Gypsy folklore, but also a lot of Latin music, Balkan music (Kusturica or Bregovič), Russian Gypsy music, Polish songs, funk, soul, and of course such evergreens as Bésame Mucho [8].

Somos seis músicos. No tenemos problemas de fusión, toda la familia toca algún instrumento. No solo tocamos el folclore gitano-romaní, sino también mucha música latina, música balcánica (Kusturica o Bregovič), música gitana rusa, canciones polacas, funk, soul y, por supuesto, temas de siempre, como Bésame mucho [9].

La música romaní es la favorita del público en general, y compositores clásicos checos de fama mundial, como Karel Bendl [10] o Antonín Dvořák [11] incluyen a menudo melodías romaníes en sus obras. En los últimos años, la música romaní puede encontrarse en casi todas las emisoras de radio, debido a la popularidad de los franceses Gypsy Kings [12] o la banda checo-estadounidense N.O.H.A. [13], famosos por su estilo romaní-latino.

En la escena checa de la música pop hay bastantes músicos de origen romaní, pero en su mayoría cantan melodías convencionales.

Horvát explica:

Czechs are a rock nation. Chinaski, Kabát — these are the leading Czech musicians, which is listened to by almost every Czech. Jan Bendig, musician of Roma origin, is probably the only one who has established himself out of many Roma people.

Los checos son una nación de rock. Chinaski, Kabát… son los principales músicos checos, que escuchan casi todos los checos. Jan Bendig, músico de origen romaní, es probablemente el único que se ha consolidado entre muchos gitanos.

Emil “Pupa” Miko, músico romaní y antiguo integrante de las bandas Věra Bílá [14] y Kale [15], discrepa:

…on the Czech scene you can hear and see musicians of Roma origin, but they do not sing Roma music, but they rather are musically assimilated with Czech music or taste.

…en la escena checa se pueden escuchar y ver músicos de origen romaní, pero no cantan música romaní, sino que están asimilados musicalmente con la música o el gusto checo.

Aunque los festivales en vivo de todo el país suelen contar con la participación de músicos romaníes o gitanos, no aparecen en muchos de los canales convencionales.

Miko reflexionó al respecto:

We have been officially playing since 1996, when we released our first CD. Since then, we have played not only in the Czech Republic but also abroad, we have toured 36-37 countries. We play our universal music, it’s Roma music, positive, dance, that everyone likes.

Czechs perceive our songs positively, they even sing our songs along with us in our concerts…

However, when we tried to promote our music on radio, even through commercial channels, they refused to play “black music”, due the fear of losing their listeners… In fact, since then did not changed much, they play old songs, for example of Antonin Gondola, or our old songs only if there is some “great” occasion.

Llevamos tocando oficialmente desde 1996, cuando publicamos nuestro primer CD. Desde entonces, hemos tocado en la República Checa, y también en el extranjero, hemos hecho giras por 36-37 países. Tocamos nuestra música universal, es música romaní, positiva, bailable, que gusta a todos.

Los checos perciben nuestras canciones positivamente, incluso cantan nuestras canciones con nosotros en nuestros conciertos…

Sin embargo, cuando intentamos promocionar nuestra música en la radio, incluso a través de canales comerciales, se negaron a poner “música negra”, por miedo a perder sus oyentes… Es más, desde entonces no ha cambiado mucho, tocan canciones antiguas, por ejemplo de Antonin Gondola, o nuestras canciones antiguas solo si hay alguna “gran” ocasión.

Horvát expresó una opinión similar:

The Roma are a musical nation, we have a musical tradition for centuries… Our group is called Bengas, translated from Romani as “devils”, since we play such energetic things and as fast as devils…

Czech people invite us a lot, but privately, to their celebrations. We also play a lot at festivals. The Czechs like the way we play, it won’t take even 5 minutes before someone dances. Although, we are called as the “band on which you dance”, however, on the Czech market, in larger scale it is hard to get, and I know it is on the basis of the nationality. Couple of times we were giving an interview to the Czech TV and radio, but none released our music, and they didn’t want to promote us in any way…

Los romaníes somos una nación musical, tenemos una tradición musical desde hace siglos… Nuestro grupo se llama Bengas, traducido del romaní como “diablos”, ya que tocamos cosas tan enérgicas y tan rápidas como los diablos…

Los checos nos invitan mucho, pero en privado, a sus celebraciones. También tocamos mucho en festivales. A los checos les gusta cómo tocamos, no pasan ni cinco minutos y ya hay alguien bailando. Aunque nos llaman “la banda que baila”, en el mercado checo, en mayor escala es difícil de conseguir, y sé que es por la nacionalidad. Algunas veces estuvimos dando una entrevista a televisión y radio checas, pero ninguna difundió nuestra música, y no quisieron promocionarnos de ninguna manera…

Ambos abordan la cuestión de un fenómeno como la música romaní del mundo, y señalan que el reciente punto álgido de aceptación y reconocimiento de esta música en Chequia se produjo cerca de a 2004, lo que estuvo relacionado con la visita al país de la mundialmente famosa banda Gypsy Kings.

Horvát recordó que su banda actuó como telonera en el concierto de Gypsy Kings en el estadio T-Mobile de Praga:

We also travel a lot in Europe. There are only 4–5 of us such Roma bands that travel around Europe. We lived in France for a while. Although, we try to avoid the negative thoughts, but when we compare the attitude, in Czechia, at the official level, there is a different relationship with the Roma than, for example, in France or even in neighboring Slovakia. Privately, Czechs, individuals, love us. But political discourse does not always benefit society.

También viajamos mucho por Europa. Somos cuatro o cinco bandas romaníes que viajamos por Europa. Vivimos en Francia durante un tiempo. Aunque intentamos evitar los pensamientos negativos, si comparamos la actitud, en Chequia, a nivel oficial hay una relación diferente con los romaníes a lo que hay, por ejemplo, en Francia y hasta en la vecina Eslovaquia. En privado, los checos, las personas, nos quieren. Pero el discurso político no siempre beneficia a la sociedad.

Aunque ambos músicos compartieron experiencias ampliamente positivas de aceptación por parte del pueblo checo a título individual, ambos coinciden en que a nivel más amplio existe discriminación, incluida discriminación en los medios, prejuicios y dificultad para encontrar vivienda para ellos o trabajo para sus familiares.

A la pregunta de qué necesitan los músicos romaníes para conseguir igualdad en Chequia, Emil “Pupa” Miko respondió:

I think it would take time to change that mood, the mentality and the way people with different skin colors are perceived, as it is in the USA now.

Creo que se necesitaría tiempo para cambiar ese estado de ánimo, la mentalidad y la forma en que se percibe a las personas con diferentes colores de piel, como ocurre ahora en Estados Unidos.

Migel Milan Horvát concluyó:

I believe, the future is in the hands of children… What I am most interested in, when we play, is the reactions of the children. If the child is interested in something, it is immediately recognizable. Adults can lie, but children will not. I know that. We played for over 10 years in orphanages. Plus, we’re all in the band around 50 years old now. It is important to stay positive, and Roma music is positive.

Creo que el futuro está en manos de los niños… Lo que más me interesa, cuando jugamos, son las reacciones de los niños. Si el niño está interesado en algo, se reconoce inmediatamente. Los adultos pueden mentir, pero los niños no. Yo lo sé. Hemos tocado durante más de diez años en orfanatos. Además, todos los miembros de la banda tenemos alrededor de 50 años. Es importante ser positivo, y la música romaní lo es.

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

URL del artículo: https://es.globalvoices.org/2021/07/10/musicos-romanies-hablan-de-inclusion-en-la-comunidad-checa-en-general/

URLs en este posteo:

[1] romaní: https://amp-theguardian-com.cdn.ampproject.org/c/s/amp.theguardian.com/global-development/2021/jun/22/death-of-romany-man-knelt-on-by-czech-police-compared-to-george-floyd?fbclid=IwAR23w4aOlBLrq1cTDMyfKssq5kGg_8ROWO_jiFopc-JGBf09bYJX1KgSsRI

[2] poco objetivos o incompletos: https://www.pf.jcu.cz/stru/katedry/pgps/ikvz/podkapitoly/d01kapitoly.pdf

[3] informe de 2020: https://www.coe.int/en/web/portal/-/schools-should-include-roma-and-traveller-history-in-teaching-curricula

[4] advirtieron a Chequia: https://www.lidovky.cz/domov/rada-evropy-vyzvala-cr-aby-rozsirila-vyuku-romstiny-na-skolach.A200923_135808_ln_domov_libsm

[5] romaníes y nómadas: https://www.coe.int/en/web/roma-and-travellers

[6] antipatía por los romaníes: https://www.avcr.cz/cs/veda-a-vyzkum/socialne-ekonomicke-vedy/Jak-se-Romove-citi-ve-vetsinove-spolecnosti-Vedce-zajima-romska-perspektiva/

[7] grupo Bengas: http://www.bengas.net/o-bengas.php

[8] Bésame Mucho: https://en.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9same_Mucho

[9] Bésame mucho: https://es.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9same_mucho

[10] Karel Bendl: https://es.wikipedia.org/wiki/Karel_Bendl

[11] Antonín Dvořák: https://es.wikipedia.org/wiki/Anton%C3%ADn_Dvo%C5%99%C3%A1k

[12] Gypsy Kings: https://www.youtube.com/watch?v=qmbx4_TQbkA

[13] N.O.H.A.: https://www.youtube.com/watch?v=xi20Si3jRIo

[14] Věra Bílá: https://es.wikipedia.org/wiki/V%C4%9Bra_B%C3%ADl%C3%A1

[15] Kale: https://bandzone.cz/kale

Claude Berri (1934-2009), acteur, réalisateur, producteur, collectionneur d’art moderne, est né dans une famille juive d’origine polonaise. Après avoir réalisé des films inspirés de sa vie, Claude Berri s’oriente vers l’adaptation de romans. Personnage incontournable du cinéma français, mû par la volonté de produire des films populaires et d’auteur, il a ouvert une galerie d’art exposant des œuvres d’art contemporain qu’il collectionnait. CINE + CLASSIC diffusera le 23 juillet 2021 « Claude Berri, le donneur de cartes » de Jérôme Wybon.

 

Publié par Véronique Chemla 

 
« Autoportrait », de Claude Berri, c’est l’histoire émouvante de Claude Berel Langmann, le fils d’un fourreur polonais et d’une mère roumaine. Une autobiographie relatée sans fard. Ainsi, l’auteur révèle avoir causé involontairement l’accident de voiture ayant gravement blessé sa compagne, l’actrice alors débutante Marlène Jobert, évoque la maladie psychiatrique dont souffrait sa première épouse Anne-Marie Rassam, ses remords de n’avoir pas perçu à temps l’extrême sensibilité de son fils aîné Julien Rassam…

« Être celui qui donne les cartes, et à des gros »
Claude Berri grandit dans un quartier ouvrier, populaire, dans un domicile-atelier de confection au 8 passage du Désir, dans le 10e arrondissement de Paris. Son ex-beau-frère, Maurice Pialat s’inspirera de l’atmosphère familiale, parfois tendue de relations passionnelles, dans son film À nos amours (1983).

L’enfance de Claude Berri est marquée par l’Occupation. De son placement en « enfant caché » au sein d’une famille catholique en France campagnarde, Claude Berri réalise Le Vieil homme et l’enfant. Son premier long métrage, qu’il produit avec sa société de production, Renn productions, créée avec l’aide financière d’amies actrices, est salué par un François Truffaut, réalisateur admiré redevenu critique enthousiaste. Et son deuxième film, après son court métrage oscarisé Le Poulet (1966), inspiré d’un fait divers lu dans un journal.

Le garçon attaché à sa mère grandit en se rapprochant de son père. Et Claude Berri restera « le fils de son père », tant la relation entre tous deux demeure profonde. De son père, il retiendra la maxime : « Il faut être celui qui donne les cartes, et à des gros ». Un adage que l’un de ses fils, Thomas Langmann, heureux producteur césarisé et oscarisé pour The Artist, réalisé par Michel Hazanavicius, rappellera dans une déclaration publique de remerciement. Gardant un « souvenir éblouissant » de son père, Thomas Langmann, qui a débuté comme acteur, nomme sa société La Petite reine en clin d’œil à Renn productions.

Au célèbre cours Simon, Claude Berri se lie avec d’autres jeunes acteurs Gérard Lebovici, futur agent artistique et éditeur, Gérard Barray

Trop longtemps à son goût, il incarne des seconds rôles, vend des scénarios à des amis acteurs.

Il réalise son premier court métrage Le Poulet (1966), inspiré d’un fait divers lu dans un journal, et oscarisé.

Son premier long métrage Le Vieil homme et l’enfant, qu’il produit avec sa société de production, Renn productions, créée avec l’aide financière d’amies actrices, est salué par un François Truffaut, réalisateur admiré redevenu critique enthousiaste.

Cette veine personnelle se poursuit avec Mazel Tov ou le mariage (1968), Le Pistonné (1969), Le cinéma de Papa (1970) – un échec commercial qui le blessera -, Sex-Shop (1972), La Première fois (1976).

Admiratif du talent de Miloš Forman – avec son beau-frère Jean-Pierre Rassam, il amènera l’épouse et les fils jumeaux du réalisateur à Paris après le printemps de Prague (1968) – et de Roman Polanski – les soucis lors du tournage de Tess rendent diabétique Claude Berri, et des tensions avec le réalisateur empêcheront toute autre collaboration ultérieure -, marqué par des drames familiaux – divorce, suicide de sa première épouse Anne-Marie Rassam, issue d’une famille de la haute bourgeoisie chrétienne libanaise, accident puis suicide de son fils aîné Julien Rassam -, Claude Berri délaisse cette veine intimiste, pour adapter des romans, notamment Jean de Florette et Manon des sources (1986), Ensemble, c’est tout (2006).

Claude Berri compte parmi les réalisateurs dont il a (co)produit les films : Claude Zidi (Astérix et Obélix contre César), Pascal Thomas (Pleure pas la bouche pleine), Roman Polanski (Tess), Bertrand Blier (La Femme de mon pote), Patrice Chéreau (L’Homme blessé, La Reine Margot), Claude Sautet (Garçon !), Jean-Jacques Annaud (L’Ours et L’Amant), Milos Forman (Taking Off et Valmont), Pedro Almodovar (Tout sur ma mère), Dany Boon (Bienvenue chez les Ch’tis), Yvan Attal (Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants).

Après s’être séparé de la costumière Sylvie Gautrelet avec qui il a son troisième fils, prénommé Darius, Claude Berri vit avec Nathalie Rheims, actrice et romancière. Il se réjouit de la judéité de sa compagne, fille du commissaire priseur et académicien Maurice Rheims (1910-2003) et de Lili Krahmer (1930-1996), liée à la branche « von Worms » de la famille Rothschild. Nathalie Rheims a choisi comme nom de sa société de production : « Bérel ».
Quinquagénaire, Claude Berri découvre et a un coup de foudre pour l’art moderne, en particulier non figuratif, conceptuel. Collectionneur d’art contemporain, il  réalise en 1988 un documentaire  en trois volets, didactique et passionnant : Portrait de Leo Castelli (1907-1999), galeriste et marchand d’art juif américain ayant promu l’expressionnisme abstrait. Nurith Avvi assure la direction de la photographie. En 2008, il ouvre l’Espace Claude Berri afin de permettre à tous d’apprécier ses œuvres d’art. En février 2011, ses fils Thomas et Darius Langmann vendent la collection d’art contemporain de leur père, notamment quatre Robert Ryman, un Ad Reinhardt et Lucio Fontana, à semble-t-il l’émirat du Qatar pour la somme de 50 millions d’euros.  Pour le plus grand dépit du Centre Pompidou qui espérait une dation au profit de son musée national d’art moderne.

Luttant contre sa dépression, victime d’un accident vasculaire cérébral, il continue son activité professionnelle et décède lors du tournage de Trésor, film inspiré de son couple et terminé par François Dupeyron.

 
Claude Berri est enterré au cimetière de Bagneux, lors d’une cérémonie religieuse juive.
« Claude Berri, le donneur de cartes »
CINE + CLASSIC diffusera le 23 juillet 2021 « Claude Berri, le donneur de cartes » de Jérôme Wybon. « 
« Un portrait classique, mais solidement écrit, d’un exemple rare de polyvalence dans le cinéma français. Car Claude Berri était aussi bien acteur, producteur, scénariste et réalisateur. »
« Comme il aimait à le souligner, le destin de Claude Berri n’a jamais été tout tracé. Fils de fourreur, il se rêve acteur de cinéma, devient scénariste, puis réalisateur. Et par la force des choses, se transforme en producteur et en distributeur influent du cinéma français. Son histoire est aussi portée par des milliers de mineurs en Hauts-de-France avec qui il entretenait une grande complicité. Ce documentaire est la retranscription d’un lien étroit entre un réalisateur et une région. C’est ce parcours incroyable et inédit que raconte Claude Berri, le donneur de cartes, avec l’aide d’interviews de Roman Polanski, Arlette Langmann, Claude Zidi, Pierre Grunstein, Jérôme Seydoux, Yvan Attal, Josiane Balasko. »
Le vieil homme et l’enfant
Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de l’Occupation, Claude, fils d’un pelletier juif et petit garçon turbulent interprété par Alain Cohen, « est reconduit chez lui après avoir volé un tank dans un magasin de jouets. Craignant que son geste n’attire l’attention de la Gestapo, son père le confie à une voisine qui le conduit chez ses vieux parents près de Grenoble. Influencé par la propagande de Vichy, le vieil homme, ancien poilu et maréchaliste, « bouffe » du juif, du bolchevik et du franc-maçon à longueur de journée. L’arrivée de cet enfant dont il ignore tout va transformer l’existence du vieux couple et l’arracher à la solitude ».
Émouvant et drôle, le premier long métrage de Claude Berri s’avère inspiré de faits réels mêlés d’éléments fictifs. « Monstre sacré », Michel Simon apprend au jeune réalisateur qu’on « ne dirige pas Michel Simon ».
« Depuis vingt ans, j’attendais le film réel de la France réelle de l’Occupation réelle, le film des Français de la majorité, c’est-à-dire de ceux qui ne se sont frottés ni à la collaboration ni à la Résistance, ceux qui n’ont rien fait, ni en bien ni en mal, ceux qui ont attendu en survivant, comme les personnages de Beckett. À comparer notre hexagone à un jeu d’échecs, le cinéma nous donnait toujours le point de vue de la tour ou du fou, jamais celui des pions. (…) Si l’on prend un plaisir intense en regardant ce film, c’est qu’il nous mène de surprise en surprise, nous ne pouvons jamais anticiper la scène à venir et, lorsqu’elle arrive, nous l’approuvons et la reconnaissons comme vraie tout en nous nous émerveillant de la folie qu’elle recèle. Observons à ce propos que les films qui ne brassent que du mensonge, c’est-à-dire des personnages exceptionnels dans des situations exceptionnelles, sont finalement raisonnables et ennuyeux alors que ceux qui partent à la conquête de la vérité – personnages vrais dans des situations vraies – nous donnent une sensation de folie, et cela se vérifie de Vigo à Berri en passant par Guitry et Renoir », écrit François Truffaut (Le Nouvel observateur, 8 mars 1967).

« Mon grand-père fut l’un des premiers distributeurs de cinéma à Paris. Il passait notamment les films de Charlie Chaplin… On répétait avec une doublure de Michel et ensuite Claude ne faisait qu’une prise. Sauf lorsque je merdais trop. Claude, pour sa part, était très exigeant. Quand il arrivait sur le plateau, il fallait qu’on puisse dire Moteur tout de suite. En même temps, je me souviens, autour de délires de Michel Simon, d’incroyables fous rires sur des fins de scène… On le disait très misanthrope mais il aimait les enfants et les animaux. Pour moi, c’était un père Noël de cinéma qui m’a tout donné. J’ai appris, bien longtemps après le tournage, qu’il avait interdit qu’on m’engueule… J’avais 30 ans lorsque j’ai retrouvé un 33 tours avec des dialogues de Drôle de drame, mais aussi une interview de Michel Simon à la radio où il disait que le petit Cohen était un gamin merveilleux… J’avais craqué pour lui mais il avait aussi craqué pour moi », se souvient Alain Cohen, architecte reconverti dans la découverte et la vente d’excellents fruits, légumes et fleurs, à de célèbres chefs étoilés.


Mazel Tov ou le mariage

En 1969, Claude Berri réalise Mazel Tov ou le mariage (1 h 27), avec Claude Berri (Claude), Elisabeth Wiener (Isabelle), Grégoire Aslan (monsieur Schmoll), Gabriel Jabbour (le père de Claude), Betsy Blair (une prof d’anglais). Un film qu’il a co-produit, et dont il est le scénariste-dialoguiste.

Issu d’un milieu modeste, « un fils d’artisans juifs est contraint de se marier avec la fille d’un riche diamantaire, qui attend un enfant de lui ». Mais il s’éprend d’une jolie Britannique interprétée par Prudence Harrington.

Le 19 mai 2017, OCS Géants diffusa Mazel Tov ou le mariage.

Le cinéma de Papa 

« Printemps 1946. Dans un Paris à peine libéré, un garçon juif grandit dans une famille d’artisans fourreurs, d’origine polonaise, rescapée de la Shoah. Il accueille la naissance d’une petite sœur. Alors que son père le pousse à réussir son certificat d’études pour reprendre l’entreprise familiale de peaux de lapin, le petit Claude se rêve en haut de l’affiche en vedette de cinéma ».

« Dans ce film hommage à son père, dédié à sa mère, Claude Berri tisse un récit autobiographique à l’humour irrésistible. L’enfance cancre y est le brouillon fidèle d’une jeunesse où se mènent tambour battant les péripéties d’un piètre comédien. La recréation de l’univers – à l’époque déjà en voie de disparition – des fourreurs du faubourg Poissonnière est l’une des réussites de ce portrait d’un père au verbe haut et d’un fils qui resta à jamais inconsolable de la mort prématurée de son yiddishe papa ».
Après avoir tourné brièvement dans un court métrage, le père de Claude Berri confie à son fils son bonheur sur le tournage, partager et avoir compris sa passion pour le jeu d’acteur. Il décède peu après son premier et dernier tournage, sans avoir vu son fils réussir de manière éclatante dans le milieu cinématographique.
 
Un moment d’égarement 

« Pierre et Jacques, associés et amis de toujours, partent en vacances avec leurs filles respectives sur la Côte d’Azur. Au cours d’une fête, Françoise, la fille de Jacques, se jette dans les bras de Pierre. À la fois troublé et embarrassé, Pierre tente de mettre fin à cette idylle inattendue. Mais l’adolescente, très amoureuse, avoue bientôt à son père sa passion pour un homme de 40 ans… »

« Signée Claude Berri, une chronique acidulée des années 1970, qui a inspiré à Jean-François Richet un remake sorti récemment. Galeries de 504 surchargées, plages bondées, soirées bercées par « Y a d’la rumba dans l’air » et répliques machos (« Quand les femmes se mêlent de réfléchir, c’est jamais bon »)…« 
« Ancrée à Saint-Tropez dans des années 1970 moins libérées qu’il n’y paraît, cette chronique d’un Claude Berri au regard lucide sur son époque met en scène deux copains perdus au tournant de la quarantaine, l’un divorcé (le toujours impeccable Jean-Pierre Marielle), l’autre (Victor Lanoux, parfait en peignoir bleu) contraint à la pause conjugale. Et dans la torpeur estivale, l’idylle dérangeante, portée à l’origine par le seul désir assumé de l’adolescente – lumineux débuts d’Agnès Soral –, traduit surtout l’émancipation féminine en cours. Laquelle laisse l’attachant duo de moustachus pantois, la tête dans le sable, face à une évolution des mœurs qui les dépasse ».
 
Tchao Pantin

« Pompiste de nuit revenu de tout, Lambert noie sa solitude dans l’alcool, au fond d’une station-service. Il y rencontre un petit voleur de Mobylette, Bensoussan, auquel il s’attache peu à peu. Entre les deux hommes s’instaure une relation presque filiale. L’assassinat du jeune homme ravive les blessures de Lambert, dont le fils est mort d’une overdose. Ancien flic, Lambert se lance à la poursuite des meurtriers. Il est aidé dans son enquête par une amie de Bensoussan, une jeune punk, Lola ».

Une « balade sauvage dans un Paris nocturne, signée Claude Berri. Premier rôle dramatique et son plus beau rôle de Coluche, dont la carrière cinématographique restera essentiellement cantonnée aux comédies, Tchao pantin impressionne tout d’abord par la densité et la sensibilité de l’interprétation de l’humoriste. Anti-héros à la silhouette massive, Lambert traîne son dégoût de la vie dans un univers lugubre, entre ambiance nocturne glauque et petits matins blêmes. Situé dans un Paris quasi spectral où l’on ne croise que des marginaux, Tchao pantin est un véritable film noir, sans doute l’un des plus sombres de son réalisateur».
« Habitué jusque-là à mettre en scène ses propres récits, souvent plus ou moins autobiographiques, Claude Berri adaptait pour la première fois un roman, aux couleurs de série noire, avec la collaboration de son auteur, Alain Page. De l’aperçu du milieu punk (avec des images du concert du groupe Gogol Ier) à l’esprit nihiliste qui plane, quelque chose du désenchantement du début des années 1980 imprègne l’image ».
j« Si le film a marqué son époque, on en retient surtout la performance inoubliable de Coluche, impressionnant en pompiste alcoolique et torturé, dont l’amitié pour un petit dealer prendra une dimension tragique, mais aussi la prestation de Richard Anconina en jeune paumé, qui donne au récit et à son personnage principal une touche d’humanité salvatrice ».

Lucie Aubrac

Le 6 mars 2018 à 20 h 55, Chérie 25 diffusa Lucie Aubrac, réalisé par Claude Berri (France, 1996), avec Carole Bouquet, Daniel Auteuil, Jean-Roger Milo, Patrice Chéreau, Heino Ferch, Eric Boucher, Jean Martin, Bernard Verley, Alain Maratrat, Andrzej Seweryn, Maxime Henry, Franck de La Personne.

« Lucie et Raymond Samuel se sont engagés dans la Résistance active sous le pseudonyme d’«Aubrac». Ils organisent des attentats, transportent des messages, se déplacent de manière constante et risquent ainsi leur vie quotidiennement. Le 21 juin 1943, Raymond se fait arrêter en compagnie de Jean Moulin, chez le docteur Dugoujon à Caluire. Au premier étage du cabinet médical devait se tenir une réunion secrète, mais une dénonciation a permis à Klaus Barbie de mettre la main sur le réseau de résistants. Ils ont tous de faux papiers et risquent gros. Raymond est soumis à la torture. Pendant ce temps, Lucie fait tout ce qu’elle peut pour sortir son mari de prison… »
 
Une femme de ménage 
Le 6 décembre 2017Arte rediffusa Une femme de ménage de Claude Berri (2002) avec Jean-Pierre Bacri, Emilie Dequenne, Brigitte Catillon. 
« Ingénieur du son, quinquagénaire désabusé et passionné de jazz, Jacques vit seul dans son grand appartement parisien depuis que sa femme l’a quitté quelques mois auparavant. Il s’ennuie et a laissé le désordre et la saleté envahir les lieux.
« Jusqu’au jour, où, dans une boulangerie, il aperçoit une petite annonce d’une femme de ménage qui recherche du travail. Il la contacte et l’embauche. L’intéressée, Laura, est une jolie jeune femme. Petit à petit, elle prend de plus en plus de place dans la vie de Jacques, au sens propre comme au figuré. Jacques s’éprend de cette jeune femme simple au cœur volage. Sa vie s’allège un peu… »
Claude Berri « signe un film intimiste et empreint d’une mélancolie légère, servi par le joli duo Bacri-Dequenne. Scindé en deux parties, l’une se déroulant à Paris, l’autre sur la côte bretonne, Une femme de ménage est l’histoire d’une rencontre improbable et touchante entre un homme d’âge mûr, bougon et désabusé, soudain saisi par le démon de midi, et une jeune fille au cœur tendre toujours prête à s’enflammer, mais incapable de faire la différence entre le désir et l’amour. Claude Berri offre à deux excellents acteurs, Jean-Pierre Bacri (égal à lui-même en ours mal léché se laissant aller à la tendresse) et Émilie Dequenne (ex-Rosetta, très émouvante ici, tout en fraîcheur et candeur), cette variation amoureuse adaptée du roman éponyme de Christian Oster. Nuancée, leur interprétation évite le piège de la lourdeur et du convenu. Ce film intimiste est ainsi une jolie comédie romantique et légère, teintée de mélancolie » sur la solitude, le désarroi du personnage principal.
 
 
Claude Berri, « Autoportrait ». Editions Léo Scheer, 2003. 363 pages. ISBN 2 914172 68 0
« Claude Berri, le donneur de cartes » de Jérôme Wybon
France, 2018, 57 min
Image : Alexis Caillaud, Mehdi Manser
Son : Noël Paul
Montage : Jérôme Wybon, Mickaël Samson
Musique originale : Benjamin Ramón
Production / Diffusion : L’ Atelier d’images, Ciné+
Participation : Pathé Films, CNC
Sur CINE + CLASSIC les 16 juillet 2021 à 05 h 55 et 23 juillet 2021 à 19 h 50
« Le vieil homme et l’enfant » de Claude Berri
84 min, 1967
Producteur/-trice : Paul Cadéac, André Hunebelle ; P.A.C., Renn Productions, Valoria Films
Scénario : Claude Berri, Gérard Brach, Michel Rivelin
Musique : Georges Delerue
Image : Jean Penzer
Montage : Denise Charvein, Sophie Coussein
Son : Jean Labussière, Julien Coutellier
Avec Michel Simon, Alain Cohen, Charles Denner, Luce Fabiole, et Zorica Lozic
Sur Arte les 21 septembre à 20 h 55 et  24 septembre 2015 à 13 h 35, 18 juin 2018 à 13 h 35 et 1er juillet 2018
Visuels : © Pathé Renn Production
« Le cinéma de Papa » de Claude Berri
1970, 93 min
Sur Arte les 14 septembre à 22 h 25, 18 septembre à 13 h 35 et 22 septembre 2015 à 1 h 10
Production : Columbia France, Renn Productions
Producteur : Claude Berri
Musique : Lino Léonardi
Montage : Sophie Coussein
Image : Jean Penzer
Décor : Jacques Saulnier
Avec Yves Robert, Henia Suchar, Claude Berri, Alain Cohen
Visuels : © Pathé Distribution
« Un moment d’égarement » de Claude Berri 
1977, 82 min
Sur Arte les 21 septembre à 22 h 20 et 22 septembre 2015 à 13 h 35
Producteur : Pierre Grunstein
Production : Renn Productions, Société Française de Production (SFP)
Scénario et réalisation : Claude Berri
Musique : Michel Stelio
Montage : Jacques Witta
Image : André Neau
Son : Jean Labussière
Avec Jean-Pierre Marielle, Victor Lanoux, Christine Dejoux, Agnès Soral
Visuels : © Pathé Distribution
« Tchao Pantin  » de Claude Berri
1983, 91 min
Producteur : Pierre Grunstein
Production : Renn Productions
Musique : Charlélie Couture
Image : Bruno Nuytten
Montage : Hervé de Luze
Scénario : Claude Berri, d’après le roman d’Alain Page
Avec : Coluche(Lambert), Richard Anconina(Bensoussan), Agnès Soral(Lola), Mahmoud Zemmouri(Rachid), Philippe Léotard(Bauer), Albert Dray(Sylvio)
Sur Arte les 14 septembre à 20 h 55, 15 septembre à 13 h 35 et 25 septembre 2015 à 2 h 30
Visuels : © ARD Degeto

« Lucie Aubrac«  réalisé par Claude Berri 

France, 1996, 115 minutes

Scénario : Claude Berri et Lucie Aubrac
Production : Pierre Grunstein
Musique : Philippe Sarde
Photographie : Vincenzo Marano
Cadreur : Marc Koninckx
Montage : Hervé de Luze
Avec Carole Bouquet, Daniel Auteuil, Jean-Roger Milo, Patrice Chéreau, Heino Ferch, Eric Boucher, Jean Martin, Bernard Verley, Alain Maratrat, Andrzej Seweryn, Maxime Henry, Franck de La Personne
« Une femme de ménage » de Claude Berri
France, 2002, 85 min
Producteur : Claude Berri
Production : Hirsch, TF1 Films Production, Canal+, Centre National de la Cinématographie, Pathé Renn Productions
Montage : François Gédigier
Image : Eric Gautier
Scénario et réalisation : Claude Berri, d’après le livre de Christian Oster
Avec Jean-Pierre Bacri, Emilie Dequenne, Brigitte Catillon, Catherine Breillat, Jacques Frantz
Sur Arte les 9 septembre à 20 h 50 et 10 septembre 2015 à 13 h 35, 6 décembre 2017 à 20 h 55
Visuels : © Hirsch-Pathé Renn
 
 

Les citations viennent d’Arte. Cet article a été publié le 9 septembre 2015, puis les 9 juin 2016 et 17 mai et 5 décembre 2017, 7 mars et 18 juin 2018, 27 décembre 2019.

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Psicografia de “Os demônios” no Brasil

Escrito por MARIANA LINS COSTA*

“Embora sejamos provincianos e por isso, é claro, dignos de pena, sabemos entretanto que

por enquanto ainda não aconteceu no mundo nada de tão novo que nos fizesse chorar”

(Dostoiévski, Os demônios).

É verdade que quando Dostoiévski afirmou que a sua época era a mais literária possível, ele justificou esse seu diagnóstico pela constatação de que a divisão interna e externa que então se via na sociedade era na verdade expressão de uma sede generalizada por convicção moral e direção.[i] Noutras palavras: se a sua época era a mais literária possível, isso se devia também às próprias convicções e direção estarem para ser novamente criadas, o que por sua vez implicava em que já estavam sendo efetivamente criadas, naquele momento mesmo, nas ruas. O que, como não poderia ser diferente, abria caminho para todo tipo de vigarice e vigarista.

“Ainda existem nos jornais muitos vestígios da inesperada falta de firmeza nas convicções, que leva à prática dos atos mais terríveis” – escreveu em carta, na ocasião em que rascunhava Crime e castigo.[ii] Uma falta de firmeza nas convicções que, de um lado, se fazia ver nos próprios fatos relatados nos jornais. E de outro, na forma mesma com que eles, os “fatos”, eram relatados, posto que nem sempre os jornalistas se manteriam fiéis à causa da verdade factual, fosse pela falta de cuidado na verificação das fontes, fosse porque a distorção mesma era o que efetivamente possibilitava uma “boa” história.[iii]

Que a “boa história” pudesse acarretar na destruição de vidas e reputações, tal como os mais atrozes dos fatos relatados, ora, isso era justamente o que se garantia tratar de uma boa história! E o ponto é que foi justamente aí, onde o escritor vislumbrou o “horror real” que então se anunciava na sua época: “A possibilidade de considerar a si mesmo – e algumas vezes ser efetivamente – uma pessoa honrada enquanto comete uma vilania óbvia e inegável”.[iv]

Lido tal paradoxo com as lentes estapafúrdias deste nosso triste ano de 2021, parece deveras surpreendente que Dostoiévski tenha chegado a tais conclusões sem conhecer o Brasil atual. Remetendo-nos a um dos casos mais recentes, o acompanhamento midiático das buscas pelo assassino e estuprador, Lázaro Barbosa, testemunhamos que fatos atrozes moldados em “boas histórias” são capazes não só de transformar um miserável numa espécie de anti-herói digno de Hollywood, como, justamente, por isso, espetacularizar a sua execução – que apesar de ter conseguido furar o cerco da invisibilidade estatística, de outro lado, a cada dia que passa se torna tão banal e pouco memorável quanto um blockbuster. Revelação de uma miséria tão nossa de convicção moral e direção, que faz até pensar com mais benevolência na grotesca declaração do grotesco “Abe” Weintraub de que somente a “pena de morte pode nos devolver a esperança”;[v] benevolência, porque se fosse mesmo o caso de ter de escolher entre um coliseu high-tech estrelado em meio à aula remota das crianças – num tempo em que sequer é mais possível distinguir quem é fera e quem é gladiador – e a assepsia de uma morte indolor, programada e privada, com direito a uma última refeição e um padre ou pastor para arrepender-se dos pecados caso deseje… a verdade é que coisa toda estaria em maus lençóis.

Mas Dostoiévski vai além. Assim, ainda mais surpreendente é que esse magnânimo tenha, já no seu tempo, antevisto que dentre as mais variadas espécimes de vigarista e vigarice, o caos e atrocidade absolutos poderiam ter os caminhos deliberadamente abertos, quando não só os fatos relatados fossem cada vez mais atrozes eles mesmos, mas quando os seus relatos, sob o formato de “boas histórias”, dispusessem dos mecanismos necessários para espraiá-los aos quatro cantos de maneira contraditória suficiente até o ponto de gerar uma descrença e desorientação tão absolutas que se transmutariam em perplexidade, quando não em desespero. Embora as fake news, hoje se apresentem a muitos de nós como uma amarga novidade, os seus métodos já se encontram descritos em Os demônios, há exatos 150 anos. E mais do que seus métodos, lá encontramos também os seus fins: o caos absoluto como preparatório de um regime político de dominação até então inaudito e que, segundo postulado em Os demônios, virá simplesmente por ser “ourivesaria” e “coisa do futuro”.[vi] Quiçá o Brasil seja mesmo o país do futuro! Ainda que num sentido bem outro do vislumbrado por Stefan Zweig que, de todo modo, visto de hoje, como se por vaticínio se suicidou.

Para confirmar o velho ditado apocalíptico “Quem tiver ouvidos para ouvir que ouça”! – é o caso de espiarmos um excerto justamente de Os demônios: “— Até onde pude compreender, […] o senhor mesmo, no início e depois mais de uma vez, desenvolveu […] um quadro da Rússia coberta por uma rede infinita de nós. Por sua vez, cada um dos grupos em ação, ao fazer prosélitos e disseminar-se em seções laterais ao infinito, tem como tarefa desacreditar constantemente, mediante uma propaganda sistemática de denúncias, a importância do poder local, gerar perplexidade nos povoados, engendrar o cinismo e escândalos, a total descrença no que quer que exista, a sede do melhor e, por fim, lançando mão de incêndios como meio predominantemente popular, no momento determinado lançar o país até no desespero em caso de necessidade. São ou não são suas essas palavras que procurei lembrar literalmente? É ou não é seu esse programa de ação, comunicado pelo senhor na qualidade de representante de um tal comitê central, ainda hoje absolutamente desconhecido e quase fantástico para nós?

— Está certo, só que o senhor delonga demais.”[vii]

Não foram poucos os intelectuais e estudiosos, caso de Charles Taylor e Albert Camus, que viram no ideal político prenunciado em Os demônios o que posteriormente veio a se chamar de totalitarismo e nos meios para um tal ideal certa sistematização do que, pouco tempo depois de publicada a obra, veio a ser designado terrorismo. Em Os demônios, testemunhamos a tessitura da relação entre terrorismo e totalitarismo como se passos subsequentes de uma única dança. Como se método e fim. Se o fim não for passível de ser imediatamente atingido não significa que o método não possa causar suficientes estragos, de modo inclusive a abrir caminho para a futura instauração desse fim mesmo.

É surpreendente observar como Dostoiévski estava consciente de que a desestruturação absoluta de uma sociedade era preparatória para o fanatismo e dominação. Conforme ilustrado no excerto acima, as táticas terroristas apresentadas em Os demônios já incluíam além do derramamento de sangue propriamente dito, sobretudo a desestabilização psicológica e social propiciada via a “propaganda sistemática” “por uma rede infinita de nós” com a “tarefa” de “desacreditar constantemente”, como se houvesse aí um esboço da cartilha da guerra híbrida com as suas Opsis, antes mesmo da sua existência.[viii]

E isso quando o escritor vivia numa sociedade czarista e não poderia, segundo os fatos, sequer suspeitar que o terrorismo ao invés de grupos clandestinos de jovens radicais viria a ser levado a cabo pelo próprio Estado – auxiliado quer deliberadamente ou não pelas chamadas big techs – com o fim da ampliação do poder de certos vigaristas até o ponto de tornar necessário reduzir à maioria se não à morte, à condição mais abjeta. É deveras terrível a insistência com que o teórico do totalitarismo do romance ou, segundo as suas palavras, o teórico “da organização social da sociedade do futuro que substituirá a atual”, assegura já não haver mais qualquer outra solução possível para a “fórmula social” – “Ne-nhu-ma!”, soletra.[ix]

Partindo da liberdade ilimitada que todos os vigaristas de todos os tempos buscaram atingir (e não só eles, convenhamos) chegar-se-á, garante-nos, por necessidade lógica, finalmente ao despotismo ilimitado; e se “rebaixar o nível da educação, das ciências e do talento” seria uma das primeiras ações necessárias, a dificuldade real que se lhe apresentava era a de não haver na sua época meios eficazes o suficiente para promover a morte em massa. Afinal, resume um dos seus entusiastas, se “é impossível curar o mundo por mais que tratemos dele”, cortar “cem milhões de cabeça” certamente facilitaria a coisa toda.

Em face de tamanha incurabilidade é que o teórico assegura não estar a propor qualquer infâmia, mas antes “o paraíso terrestre”.[x] Ou ainda, conforme berra aquele que disse saber como dar o primeiro passo para transformar a teoria em plano e ação: “Já sem a ciência há material suficiente para mil anos, mas precisamos organizar a obediência. No mundo só falta uma coisa: obediência”![xi] Sim, sob uma tal perspectiva, o nosso ex-ministro da Educação, a despeito do seu kafta, nem sabe que coisa profunda conseguiu predizer.

Se fosse o caso de não só compreender a vida como literatura, mas interpretá-la à luz da literatura, mesmo uma leitura superficial de Os demônios tornaria difícil, ao vivenciar o governo Bolsonaro, não se juntar às fileiras dos que aclamam Dostoiévski como profeta; uma aclamação que, de todo modo, no nosso caso, implica supor que o grande número do circo dos horrores orquestrado pelo presidente (ou do qual ele é o representante de um quase fantástico partido fardado absolutamente desconhecido para nós) talvez ainda esteja por vir.

Pois, se de um lado, a desestabilização social (acompanhada da morte em massa) tem sido levada a cabo, em múltiplas frentes, com maestria pelo seu governo, recentemente reunido com a CIA,[xii] essa mesma desestabilização é alimentada com ininterruptas ameaças de golpe – como a do dia 19 de março, em que o presidente apresentou ipsi literirs o caminho antevisto em Os demônios ao afirmar que “um terreno fértil para a ditadura é exatamente a miséria, a fome, a pobreza, onde o homem com necessidade perde a razão”.[xiii]

E que Bolsonaro pareça excessivamente tosco ou demasiadamente estúpido para algo como um golpe, talvez um motim, neste nosso país do pós-pré-sal, bem isso também está previsto no romance, na fala daquele que poderia ser compreendido como o seu duplo literário, o personagem Piotr Stiepanovitch Vierkhoviénski: “Pois bem, resolvi em definitivo que o melhor é a gente falar, e precisamente por mediocridade, isto é, muito, muito, muito, apressar-se muito em demonstrar e acabar sempre se enredando em suas próprias demonstrações, de modo que o ouvinte sempre se afaste de você, fique sem saber o que dizer, mas o melhor é que dê de ombros. […] Com licença, depois disso quem vai suspeitar de que você tem intenções misteriosas? Sim, qualquer um deles ficaria ofendido com quem dissesse que eu tenho intenções secretas. Além do mais, às vezes eu faço rir — e isso já é precioso. […] Eles vão me assediar e tornarei a mentir. Todos já me deixaram de lado; “É capaz, dizem, mas caiu da lua”.[xiv]

E eis que, para além dos fatos transmutados em boas histórias, ao olhar para a nossa realidade com as lentes de Os demônios, parece que estamos a nos aproximar do momento determinado em que este nosso país já desesperado será lançado numa outra qualidade de desespero. Pois é confirmado pelo prognóstico oferecido pelo romance que o fenômeno Bolsonaro não se encerrará com a sua tão sonhada derrocada, seja via impeachment ou pela derrota nas próximas eleições. E para o caso de um outro analista político surrealista e mais otimista vir a gritar “Lula presidente em 2022!”, baseando-se para isso, além de nas pesquisas de intenções de voto, inclusive no final mesmo do romance, dado que a cidadezinha em que se passam os terríveis acontecimentos narrados na obra volta aparentemente

, num jantar em Washington: “O Brasil não é um terreno aberto onde nós pretendemos construir coisas para o nosso povo. Nós temos é que desconstruir muita coisa. Desfazer muita coisa. Para depois nós começarmos a fazer. Que eu sirva para que, pelo menos, eu possa ser um ponto de inflexão, já estou muito feliz”[xvii]

*Mariana Lins Costa é pós-doutoranda em Filosofia pela Universidade Federal de Sergipe.

Notas


[i] Dostoiévski apud Moser, C. A. “Dostoevsky and the aesthetics of journalism”. Dostoevsky’s Studies, vol. 3, 1982.

[ii] Dostoiévski apud Frank, J. Dostoiévski: os anos milagrosos, 1865-1871. São Paulo: Edusp, 2003, p. 75.

[iii] Moser, C. A. “Dostoevsky and the aesthetics of journalism”. Dostoevsky’s Studies, vol. 3, 1982.

[iv] Dostoiévski. A writer’s diary. Volume One 1873-1876. Evanston, Illinois: Northwestern University Press, 1994, pp. 286-287.

[v] https://www.correiobraziliense.com.br/politica/2020/08/4871753-weintraub-defende-pena-de-morte—pode-nos-devolver-a-esperanca.html

[vi] Ou como diria Piero Leirner: Reboot. http://www.ihu.unisinos.br/610493-projeto-bolsonaro-e-finito-mas-e-preciso-ficar-atento-aos-militares-entrevista-especial-com-piero-leirner

[vii] Dostoiévski. Os demônios. Trad. Paulo Bezerra. São Paulo: Editora 34, 2004, p. 532-533.

[viii] É inevitável que pensemos aqui sobre quantas “narrativas” giraram – e ainda giram entre smartphones e farmácias –, em torno do fármaco hidroxocloroquina; o que, de outro lado, faz também pensar que para além de Bolsonaro, seus representantes e do follow the money (agora praticamente esquecido com a nova história da Covaxin), não só a Dra. Nise Yamaguchi (até junho deste ano, médica no Hospital Albert Einstein), como parte significativa da significativa classe médica aderiu ativamente (ou autonomamente) à recomendação do “kit”, vide o caso de nada menos do que o Conselho Federal de Medicina. Detalhe que traz alguma perturbação à verdadeiramente inspiradora história da ciência contra o genocídio contada, até outro dia, na CPI da covid, quando as duas coisas na História mesma, a com “H” maiúsculo, digamos assim, de um modo geral, sempre andaram juntas…

(https://www.diariodocentrodomundo.com.br/essencial/cfm-nao-nos-representa-diz-nota-da-rede-de-medicos-populares-e-medicos-pela-democracia/)

[ix] Dostoiévski. Os demônios, p. 391;392.

[x] Idem, p. 395.

[xi] Idem, p. 407.

[xii] https://oglobo.globo.com/mundo/em-visita-ao-brasil-diretor-da-cia-se-encontra-com-ministros-de-bolsonaro-1-25085980

[xiii] https://www.correiobraziliense.com.br/politica/2021/03/4912817-bolsonaro-o-caos-vem-ai–a-fome-vai-tirar-o-pessoal-de-casa.html

[xiv] Dostoiévski. Os demônios, p. 222; 227.

[xv] Idem, p. 649.

[xvi] Idem, p. 392.

[xvii] https://noticias.uol.com.br/colunas/rubens-valente/2020/05/24/reuniao-bolsonaro-governo.htm

[Imagem: Stanislav Kondratiev – fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

 

Albert Richter (1912-1940) est, l’un des plus grands coureurs cyclistes allemands de l’entre-deux-guerres. Ce champion refusa d’incarner le modèle aryen, s’opposa à l’utilisation du sport à des fins de propagande nazie et aida Ernst Berliner, son entraîneur juif victime des persécutions antisémites du régime hitlérien. Ce qui lui coûta la vie. Un livre et un film diffusé sur Arte ont restitué la haute stature morale de ce champion. Le Tour de France a lieu du 26 juin au 18 juillet 2021.

Publié par Véronique Chemla

Pour les amoureux de la « petite reine », la figure d’Albert Richter est connue et source d’admiration.

Pour les autres, Albert Richter, le champion qui a dit non, documentaire passionnant, riche de photos et de témoignages inédits, réalisé par Michel Viotte (2005), diffusé par Arte, a restitué la stature d’un sportif exceptionnel, d’un homme attachant aux qualités physiques et morales – fidélité en amitié, courage, rectitude morale – remarquables.

Renate Franz, Andreas Hupke et Bernd Hempelmann ont également consacré une biographie « Der vergessene Weltmeister, Das rätselhafte Schicksal des Radrennfahrers Albert Richter » (Le Champion du monde oublié, l’énigmatique destin du cycliste Albert Richter) publiée aux éditions Emons (1998, rééditée en 2007 par Covadonga) à ce sportif au destin fulgurant hors du commun.

Ce champion est aussi évoqué dans l’exposition itinérante Le sport européen à l’épreuve du nazisme. Des J.O. de Berlin aux J.O. de Londres (1936-1948) au Mémorial de la Shoah (Paris).

Une passion précoce

Albert Richter est né en 1912 à Ehrenfeld, « quartier populaire de Cologne, une ville rattachée arbitrairement à la Prusse au XIXe siècle et dirigée par Konrad Adenauer, un homme à l’esprit indépendant ». Il grandit au sein une famille modeste et mélomane. Le père désigne un instrument à chacun de ses trois fils : le saxophone pour Charles, la clarinette pour Josef et la violon pour Albert.

Passionné par le vélo dans une ville qui vibre lors des manifestations sportives, le jeune Albert s’inscrit en cachette dans un club de cyclisme, sport populaire.

À 15 ans, il quitte l’école pour travailler dans une fabrique de figurines d’art et s’entraîne chaque soir, après son travail.

À 16 ans, il dispute des courses sur piste et sur route. Sa carrière débute, fulgurante. À 19 ans, il est déjà un amateur remarqué et prometteur : ses pointes de vitesse impressionnent. « Il dépasse les professionnels à l’entraînement et dans les courses », rappelle Lilo Nitsche, sa nièce. Les photos le montrent grand, blond, les yeux clairs, souriant. Ses proches évoquent son humour, son caractère chaleureux, sympathique et calme, voire un peu naïf, et un sportif très rigoureux dans sa pratique.

En juillet 1932, à l’âge de 20 ans, Albert Richter gagne le Grand Prix de Paris. Pour un photographe, il pose devant un magasin de cycles à Cologne dont la vitrine indique : « Notre Albert Richter a gagné le Grand Prix de Paris ». Le public le surnomme « le canon de Ehrenfeld ».

Ernst Berliner, ancien cycliste devenu entraîneur à Cologne, le remarque alors. « Une relation profonde, respectueuse, fidèle se noue entre le cycliste et son entraîneur, dépassant la différence d’âge et de religionBerliner lui révèle dès 1932 ses talents de coureur sur piste et de sprinter, et l’aide par ses conseils avisés à atteindre les plus hauts sommets » : champion du monde amateur en 1932, puis champion d’Allemagne professionnel sans discontinuité jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

« Mon père se revoyait en Albert. C’est pourquoi il a donné le meilleur de lui-même, pour qu’Albert soit parfait. Il n’a jamais eu de fils et cela lui manquait. Albert était un perfectionniste. Il savait que s’il écoutait mon père, il réussirait. Il passait du temps à la maison. Il aimait la cuisine de ma mère », se souvient Doris Markus, fille d’Ernst Berliner.

En septembre 1932, Albert Richter gagne sa première grande victoire lors du Championnat du monde de vitesse amateur à Rome, comme son compatriote Mathias Engel, médaille d’or en 1927.

Janvier 1933. Hitler arrive au pouvoir et impose en quelques mois sa dictature. Bientôt, Konrad Adenauer est destitué et banni.

Pour aider sa famille, et dans un contexte de grave crise économique, Albert Richter devient professionnel.

Il ne se sent pas d’affinités avec la nouvelle Allemagne qui se construit sur la haine, la violence, la fin de la démocratie et les discriminations.

Sur les conseils de Ernst Berliner, il s’installe à Paris. La France est le pays où « les champions de vitesse gagnent le mieux leur vie : la capitale compte quatre vélodromes et des courses y sont organisées toute l’année  ».

Albert Richter « apprend le français en fréquentant les cinémas et, après des débuts difficiles, triomphe au Vel d’Hiv, le Saint des saints, en remportant le Prix du sprinter étranger. En quelques mois, il devient l’idole du public qui apprécie son style fluide et puissant et le surnomme « la 8-cylindres allemande » ».

Il passe sa vie entre Paris, Cologne, où il passe quelques semaines par an pour voir sa famille, et les circuits internationaux, où il retrouve ses amis coureurs.

De 1933 à 1939, en six ans, ce champion international de la vitesse sur piste devient un familier des podiums internationaux, sans accéder à la plus haute marche. Il est l’un des « trois Mousquetaires » sprinters, avec le Français Louis Girardin, dit « Toto », et le Belge Jef Sherens.

« La force de caractère de s’opposer au régime »

Son aversion pour le régime hitlérien et sa résistance au nazisme, Albert Richter les manifeste tôt : en juillet 1934, il vient de remporter le championnat d’Allemagne de vitesse à Hanovre. Des spectateurs enthousiasmés affluent auprès de lui. Ils font le salut nazi. Seul, Albert Richter garde ostensiblement sa main droite sur sa cuisse et sa coude gauche posé sur l’épaule de son entraineur Ernst Berliner. Cette image est immortalisée par un photographe et publiée à la une d’un journal outre-Rhin. « Albert ne voulait pas saluer. Il était totalement anti-nazi. Les Nazis ont pris ça comme une gifle en pleine figure », commente Doris Markus.

En août 1934, Albert Richter concourt aux championnats du monde de vitesse à Leipzig en arborant l’ancien maillot sportif décoré de l’aigle impérial, alors que tous les autres membres de l’équipe allemande portent celui officiel à la croix gammée.

Fidèle à l’éthique sportive et à son ami juif, Albert Richter s’oppose au dévoiement qu’opèrent les Nazis. Ces derniers assignent au sport plusieurs missions : « restaurer le prestige de l’Allemagne, embrigader les esprits, former une élite militaire et préparer les Allemands à combattre ».

Cette opposition ferme, déterminée et calme aux Nazis, Albert Richter, protégé un certain temps par sa célébrité, est amené à la modifier sur les conseils de son entraîneur : il nuance ses propos et effectue à contrecœur le salut nazi. La surveillance dont il fait l’objet à partir de 1938, les pressions sur les cyclistes et la nomination d’un officier SS à la direction de la Fédération cycliste l’amènent à s’interroger sur son avenir en Allemagne. Il envisage de changer de nationalité.

Interdit en 1934 d’exercer son métier en raison de sa religion, Ernst Berliner est informé par un ami de son arrestation imminente par la Gestapo. Il parvient à fuir l’Allemagne avec sa femme et leur fille et rejoint en 1937 les Pays-Bas. Albert Richter refuse un entraîneur aryen et lui demeure fidèle. Tous deux se retrouvent dans les compétitions, notamment lors des championnats du monde d’Amsterdam en 1938.

1er septembre 1939. Albert Richter vient de remporter la médaille de bronze aux Championnats du monde de Milan. Pour gagner la médaille d’or, se préparent Jef Scherens et Arie Van Vliet. Soudain, on apprend l’invasion de la Pologne par l’Allemagne. La compétition est interrompue.

9 décembre 1939, Albert Richter est vainqueur au Grand Prix de Berlin. Ce francophile convaincu pressent que le conflit touchera bientôt la France, un pays qu’il aime et qui l’adule : « Richter, pas Hitler » crient les spectateurs du Vel d’Hiv. Cet homme refuse de combattre : « Je ne peux pas devenir soldat. Je ne peux pas tirer sur des Français, ce sont mes amis ! ».

Conscient que l’étau se resserre autour de lui dans son pays, refusant d’espionner à l’étranger au profit de l’Allemagne nazie, Albert Richter décide de fuir en Suisse par le train, emportant une paire de skis, son vélo et une valise où est cachée une importante somme d’argent destinée à un ami juif réfugié à l’étranger. Bien informés, les douaniers fouillent ses bagages et y découvrent l’argent. Albert Richter est incarcéré.

Trois jours plus tard, la Gestapo annonce le 3 janvier le suicide du champion … par pendaison. Son cercueil est scellé et on en interdit l’ouverture. Les Nazis salissent sa mémoire, et « condamnent au déshonneur et à l’oubli cette idole ». La Fédération allemande de cyclisme (DRV) diffuse alors un communiqué : « En trafiquant des devises pour un Juif, Albert Richter a commis un terrible crime, et le suicide était pour lui le seul geste qui lui restait à faire. Son nom est effacé de nos rangs, de nos mémoires, à jamais ». Malgré l’absence d’annonce du décès, « le cimetière est noir de monde », se souvient Lilo Nitsche, nièce du champion.

Albert Richter avait 27 ans. Le mystère demeure sur les circonstances de sa mort. Ce documentaire suggère qu’un ami cycliste de Albert Richter souhaitait en devenir l’entraîneur et l’aurait dénoncé pour le forcer à se séparer de Ernst Berliner, sans soupçonner l’issue tragique de son acte.

Ernst Berliner ne s’est jamais remis de la mort de son ami. Après-guerre, il vit aux États-Unis et se rend à Cologne pour persuader les autorités de mener une enquête afin d’élucider ce mystère et de réhabiliter le nom de son ami. Son action provoque « gêne et colère chez les anciens sportifs ». Ernst Berliner cherche à découvrir « les sportifs qui travaillaient alors pour les Nazis, pour établir la vérité. Quand mon père est revenu, ils ont été surpris de le voir vivant », se souvient sa fille.

À Cologne, un vélodrome porte le nom de ce champion.

Grâce soit rendu au documentaire de Michel Viotte de retracer sa vie trop brève, mais admirable. « Albert Richter est resté fidèle à ses convictions. Il ne s’est jamais renié : il a dit non, contrairement à la majorité des Allemands à l’époque », résume Mme Franz.

« Albert Richter, le champion qui a dit non »

Réalisé par Michel Viotte d’après une idée originale de Jean-François Joyet

ARTE France, Gedeon Programmes avec la participation de la RTBF, TSR et Ciel Ecran, France, 2005, 52 mn

Visuels : © DR

Départ de course. Sur la droite : Albert Richter et Ernst Berliner, son manager.

Albert Richter devant un magasin de cycles à Cologne. Sur la vitrine est inscrit : « Notre Albert Richter a gagné la Grand Prix de Paris ».

Les citations sont extraites de ce documentaire.

Mon article avait été publié en 2005 par Guysen en une version plus courte et sous le pseudonyme de Ray Archeld. Il a été publié sur ce blog le :
– 15 avril 2012 à l’occasion de l’exposition Des JO de Berlin aux JO de Londres (1936-1948) au Mémorial de la Shoah (Paris) ;

– 2 juillet 2015. Le Tour de France a eu lieu du 4 au 26 juillet 2015 ;

– 5 juillet 2016. Le Tour de France a eu lieu du 2 au 24 juillet 2016 ;

-20 juillet 2017. Le Tour de France a eu lieu du 1er au 23 juillet 2017 ;

– 26 juillet 2018 ;

– 18 juillet 2019. Le Tour de France a eu lieu du 6 au 28 juillet 2019 ;

– 18 septembre 2020. Le Tour de France a lieu du 29 août-20 septembre 2020.

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Estuvo nominado al León de Oro en el Festival de Venecia (2020); también, al Premio Oscar 2021 a Mejor Filme en Lengua No Inglesa, siendo la representante de Bosnia y Herzegovina. Asumamos que no fue únicamente una elección artística, sino también política. En el mes en el que se conmemora el genocidio cometido por fuerzas serbias en la ciudad de Srebrenica, vale la pena hablar de acontecimientos históricos tanto como de buen cine.

Escrito por Andrés Vartabedian

1.

La cámara recorre lentamente los rostros y cuerpos de tres hombres, casi inmóviles, sentados en el living de una casa. Inmediatamente, vemos una mujer, también sentada, sola en el cuadro, pero que parece compartir ese espacio, con la mirada fija hacia adelante, como perdida; la postura rígida de su cuerpo y una respiración casi agitada, la hacen ver tensa, a la vez que distante. Quizá no comparta el mismo tiempo. El plano comienza a cerrarse sobre ella.

La imagen siguiente nos distiende y distrae mínimamente: las ramas de un árbol se sacuden al compás de un viento suave; a través suyo contemplamos el sol por unos segundos… El cañón de un tanque de guerra lo cubrirá; acto seguido, el propio tanque destrozará el pequeño árbol. Nos encontramos, ahora, acompañando el avance de ciertas fuerzas de combate a campo traviesa. Aquí no hay lugar para la mirada bucólica.

2.

El 6 de julio de 1995, el ejército serbio de Bosnia y Herzegovina, comandado por Ratko Mladic, inició el ataque a la ciudad de Srebrenica; ciudad de 40.000 habitantes, mayoritariamente bosnios de religión musulmana, que había sido declarada, por la ONU, como una de las seis “zonas de seguridad” dentro de aquel territorio que fuera una de las repúblicas que integraron Yugoslavia hasta su disolución como régimen socialista, federal y multicultural, a inicios de los años 90.

Para el día 11 de julio, las fuerzas serbias habían tomado el control total del lugar. Habían comenzado disparando a los puestos de control de la ONU, intentando amedrentar a los cascos azules holandeses para que los abandonasen, y habían tomado rehenes entre ellos; posteriormente, avasallaron las defensas de la misión de paz, que contaba únicamente con unos 600 soldados. Alrededor de 25.000 personas habían huido y se habían congregado a las puertas del predio ocupado por dicha misión, en las afueras de la ciudad. Los mandos militares holandeses allí a cargo, esperaron y alentaron el accionar de la ONU o, en su defecto, el de la OTAN, para frenar el avance serbio y colaborar en la evacuación de la población. Nunca se produjo. Todo quedó en palabras -o silencios ensordecedores- y en dilaciones burocráticas. Lo atroz se catapultó.

“Bajo la dirección del general Radislav Krstic, el 12 de julio, 50 o 60 camiones y autobuses realizaron la deportación. Separaron a padres, hermanos, hijos, de sus esposas, hermanas o madres, bajo la consigna de que se volverían a ver pronto; debían saber si eran responsables de crímenes de guerra, decían. Los transportes que trasladaron a las mujeres a las proximidades de Tuzla -otra zona de seguridad- fueron detenidos en el camino para que los paramilitares serbios pudieran violar a quienes eligieran. El trayecto resultó tortuoso también por las imágenes de cadáveres de hombres al costado de la ruta, muchos degollados, mutilados.

Miles de los varones que nunca volverían fueron trasladados a un gimnasio, se les ordenó quitarse hasta la ropa interior para luego transportarlos, vendados, a plazas de ejecución en la pradera. Mientras llegaba su turno, debían esperar en autobuses o depósitos. En oportunidades, esos depósitos sirvieron para que los soldados serbios se apostaran en puertas y ventanas y abrieran fuego con sus rifles o arrojaran granadas dentro. Luego de los asesinatos, las topadoras preparaban el terreno para el siguiente grupo, llevando los cuerpos a las fosas comunes”.[1]

En pocos días, más de 8.000 varones musulmanes -se habla de 8.372- de esa localidad de Bosnia y Herzegovina fueron asesinados.

Aquellas guerras de los Balcanes o guerras yugoslavas, fueron las que introdujeron definitivamente en nuestro vocabulario el concepto de “limpieza étnica”. Sin embargo, no es un concepto jurídico en sí mismo, sino que se enmarca dentro de lo que conocemos como crímenes de guerra, crímenes de lesa humanidad y crímenes de genocidio.

A partir de la masacre de Srebrenica, y luego de los dictámenes del Tribunal Penal Internacional para la ex Yugoslavia, siguiendo el espíritu de la Convención sobre Genocidio, quedó en evidencia que la comisión del delito de genocidio no implica, como suele suponerse erróneamente, centenares o millones de muertes y que, ante la ausencia de documentos probatorios de la intención de destruir al grupo, esta puede deducirse de las circunstancias que rodean la ejecución del crimen.

“En ese sentido, es sintomática la exposición que el fiscal estadounidense Mark Harmon realizara ante el tribunal al iniciarse el juicio a Krstic, el 13 de marzo de 2000. En ella señalaba cómo las pruebas demostraban la cuidadosa elaboración del plan de exterminio de la población de hombres y muchachos de Srebrenica y la celeridad con que se lo había llevado a cabo:

«Consideren por un momento lo que hizo falta para poner en marcha este operativo de matanza masiva:

    • Impartir, transmitir, y distribuir órdenes a todas las unidades que participaron o asistieron en el movimiento, la matanza, entierro y reentierro de las víctimas.
    • Reunir un número suficiente de autobuses y camiones para transportar a las miles de víctimas musulmanas hacia los centros de detención cercanos a los lugares de ejecución.
    • Obtener suficiente combustible para estos vehículos, en una época en que era escaso a causa del embargo de combustibles.
    • Identificar y obtener instalaciones de detención adecuadas cerca de los lugares de ejecución en donde reunir a los prisioneros antes de matarlos.
    • Conseguir vendas para los ojos y ligaduras suficientes para estos prisioneros.
    • Organizar los escuadrones de la muerte.
    • Requisar y transportar equipo pesado necesario para cavar fosas comunes.
    • Enterrar a las miles de víctimas ejecutadas en variadas localidades (y más tarde hacer lo mismo al reenterrarlas).
    • Preparar y coordinar propaganda de la división Drina y de todos los niveles militares y gubernamentales (…) para rebatir las bien fundadas afirmaciones de que se cometieron atrocidades». (POWER, 2005: 568)

En agosto de 2001, luego de 16 meses de juicio, Krstic fue declarado culpable de genocidio. La Convención no establece que se deba eliminar a todos los miembros del grupo para que se configure el delito. Krstic había sido absolutamente consciente de los efectos que causaría la muerte de todos los hombres para el futuro del grupo víctima. Las bases de reproducción de los musulmanes bosnios en ese lugar habían sido definitivamente atacadas”.[2]

3.

Como corresponde a la toma de ciertas decisiones vinculadas a la construcción de la narración dramática, Jasmila Zbanic, la directora bosnia (Sarajevo, 1974), también guionista, se saltea algunos de estos sucesos o los sintetiza de forma diferente a su desarrollo cronológico, de acuerdo a los intereses de la obra, variando detalles, creando personajes… Nada extraño: el cine no es Historia y no debe siquiera pretenderlo. Sin embargo, ello no es óbice para establecer que Zbanic se mantiene fiel a los acontecimientos en muchos sentidos y recrea buena parte de los terribles momentos que la población de Srebrenica debió padecer. En ese sentido, y de acuerdo a los conocimientos de este comentador, es la primera vez que la ficción cinematográfica los aborda con esta magnitud, transformándolos en el centro del relato.

Ese relato se concentra en aquellos pocos y lamentablemente inolvidables días de julio, en materia temporal y, básicamente, en torno a la base militar de las fuerzas de paz -interior y exterior-, en materia espacial. Zbanic (Sarajevo, mon amourEn el caminoFor those who can tell no tales) nos sumerge de lleno en las vicisitudes vividas por la población civil, en las falsas negociaciones entre serbios y cascos azules, en lo atroz, estrictamente dicho, y en un hoy que se ubica entre la memoria y el olvido -o su intento-, permeando la convivencia entre víctimas y victimarios o entre víctimas y negacionistas -incluyendo la descendencia de todas las partes-. Lo hace sin melodías delicadas acompañando imágenes dolorosas, sin pomposas editorializaciones discursivas, sin utilizar a las víctimas y su sufrimiento para proporcionarnos golpes bajos, sin regodearse en el encarnizamiento y la violencia…  En ciertas circunstancias, el ruido de la metralla y el silencio de la muerte pueden ser lo suficientemente expresivos para dar cuenta del horror. Nuestros conocimientos históricos también harán su parte. En otros momentos dentro del filme, contaremos con todos los elementos necesarios para completar perfectamente el fuera de campo que nos propone.[3] Zbanic es simple y directa, su construcción cinematográfica es su mejor editorial. Basada en su puesta en escena y en el pulso con el que sostiene el ritmo de la acción, Quo vadis, Aida? se torna ágil, tensa y contundente; por momentos, trepidante, logrando transmitir todo el nerviosismo de la hora. Lo hará a través de su eje transversal, el personaje que encarnará y sintetizará todo el vaivén emotivo de los acontecimientos: Aida (Jasna Djuricic, notablemente intensa).

Aida es maestra, pero, desde la instalación de la misión de paz, trabaja como intérprete de inglés para esta. Está casada con Nihad y tiene dos hijos varones: Hamdija y Sejo, ambos muy jóvenes. Se encuentra ubicada en el centro de todos los sucesos, maneja información que otros no poseen, es el puente entre la población indefensa y sus “protectores” y, en ocasiones, entre alguna de esas partes y los agresores. Es quien dará voz a una buena porción de lo que allí acontezca; también, será la voz del drama al que asistiremos; será, de algún modo, nuestro guía. A la vez que ejerce su función, intentará salvar a sus seres queridos por todos los medios. A pesar de sus fundados temores, su resistencia y coraje serán el sostén psicológico y emocional de ese núcleo familiar. Su esposo, profesor de Historia, director de una escuela secundaria, se muestra timorato, dubitativo y hasta con cierta inocencia en relación a los hechos que lo rodean. Mientras tanto, su hijo menor posee rasgos suyos, pero aún es un adolescente, y su primogénito, más parecido a su padre, sumará problemas nerviosos, producto de la situación límite a la que se ven expuestos. Aida será el relato y la memoria.

Su rol no es meramente funcional a la historia. En Srbrenica, son las mujeres las portadoras de la lucha por verdad y justicia, las que aún se reúnen para reclamar, las que siguen buscando y tratando de identificar los restos de las fosas comunes que aún hoy continúan hallándose, las que resisten la desmemoria y el negacionismo y sostienen la esperanza… Las que continúan cumpliendo sus labores cotidianas, tanto dentro como fuera de sus casas, incluso a cuenta de sus propias llagas. Zbanic las reivindica en su cotidianidad, sin epopeyas ni monumentos.

Atrás (¿atrás?), el calor de los platos que se preparaban cuando la ciudad les fue arrebatada; la convivencia de décadas entre seres a los que luego convencieron de que su vecino era su enemigo y de que la pertenencia a cierta “nación” los hacía superiores; los gritos del bullicio y del desorden de multitudes apiladas, el hedor de tanta reunión sin condiciones de aseo e higiene mínimas; la falta de pan y de agua; la humillación del otro al proporcionárselos cual dádiva a un animal encerrado en un viejo zoológico; el engaño al que fueron sometidos, ya que el pan no era sinónimo de vida; la desidia, la inoperancia y el desinterés político y humano de una comunidad internacional que de “comunidad” tiene muy poco; el registro fílmico que realizó Ratko Mladic de todas estas instancias -con tenor falseado-, tanto para su « gloriosa posteridad », como para estafar al mundo, preparando ya la negación ulterior del delito (varios de estos registro ubicables en internet)… Zbanic es clara y dura con todo ello, además de profundamente humana.

Pero la vida puede más, y las sociedades se reconstruyen. Los niños vuelven a la escuela y las maestras a sus lugares de trabajo; en ocasiones, para educar, también, a los hijos de los asesinos. Y aunque haya quienes escondan los lugares de enterramiento, las fosas se siguen abriendo y las mujeres persisten en identificar a sus familiares, recorriendo los restos encontrados… esos huesos, esos retazos de ropa, esos zapatos, esas piezas dentales… Alguien cae arrodillada… los sollozos forman parte del sonido ambiente de la consuetudinaria búsqueda… Ello no impide continuar.

Lamentablemente, las sociedades se mueven entre el deseo de ver y el de esconder, y no sabemos si asumirán cerrar los ojos o abrirlos definitivamente.

Ficha técnica

Título originalQuo vadis, Aida?
Bosnia-Herzegovina/Austria/Rumania/Países Bajos/Alemania/Polonia/Francia/Noruega/Turquía, 2020, 101 min.

Dirección: Jasmila Zbanic
Producción: Jasmila Zbanic, Damir Ibrahimovich
Guion: Jasmila Zbanic
Fotografía: Christine A. Maier
Música: Antoni Lazarkiewicz
Edición: Jaroslaw Kaminski

Elenco: Jasna Djuricic (Aida Selmanagic), Izudin Bajrovic (Nihad), Boris Ler (Hamdija), Dino Bajrovic (Sejo), Johan Heldenbergh (coronel Karremans), Raymond Thiry (mayor Franken), Boris Isakovic (general Ratko Mladic)

[1] Srebrenica: el genocidio que Europa intentó no ver, por Andrés Vartabedian, Vadenuevo, año 9, núm. 97, octubre de 2016.

[2]  Ibid..

[3] Sintéticamente, se llama fuera de campo a todas las acciones que acontecen fuera, justamente, de lo que la cámara encuadra, tanto en materia de imagen como de sonido.

[Fuente: http://www.vadenuevo.com.uy]

Le photographe suisse Patrick Gilliéron Lopreno nous livre une «carte blanche» photographique consacrée au peintre helvétique Eugène Burnand pour le centenaire de sa mort.

Écrit par Patrick Gilliéron Lopreno

Je connais l’œuvre du peintre naturaliste Eugène Burnand, depuis des années. Je suis, par ailleurs, venu de nombreuses fois au Musée Eugène Burnand voir ses toiles. Celles qui m’ont le plus touchées sont celles réalisées en Camargue. Les couleurs pastel permettent au ciel, à la mer et au sable de s’entremêler dans une dynamique de couleur et de libérer l’émotion enfermée dans le trop juste respect de la réalité. À cette intersection, j’ai perçu chez Burnand cette belle opposition entre réalité et lyrisme. Même dans un souci méticuleux de peindre ce qu’il voyait, à la virgule près, le peintre, en revanche, ne peut lutter contre ses propres sentiments. En peignant, il insuffle, à travers son pinceau, sa propre vision de la réalité; donc d’une certaine subjectivité.

Tout en étant inscrit dans le mouvement pictural naturaliste, qui donne aux peintures une sorte d’objectivisme, Eugène Burnand, par sa composition, ses choix de couleurs et sa technique, ne se défait pas d’un certain subjectivisme. À mon avis, le syncrétisme de ces deux tendances opposées donne naissance à l’œuvre et à l’auteur; sinon on tomberait bassement dans un réalisme soviétique avant l’heure. L’art, c’est avant tout l’expression du ressenti de l’homme et la propagande, l’imposition d’un style d’école qui abolit de fait l’artiste.

Il y a deux ans, j’ai débuté un projet photographique sur le monde paysan, qui a abouti à la publication du livre Champs, en mars de cette année. Durant des mois et des mois, j’ai sillonné la même campagne peinte par Eugène Burnand. Je l’ai aimée; profondément. Les paysages de brumes matinales, les lumières rasantes d’été, la terre dense des champs labourés et les hommes de caractère qui la peuplent donnent l’impression que l’éternité l’habite. J’ai vraiment été influencé dans ma démarche par l’œuvre du peintre moudonnois et cette dualité esthétique entre réalisme et lyrisme me poursuit depuis mes premiers travaux. Il est évident, pour moi, que la poésie se trouve dans la réalité. Le poète Philippe Jaccottet le disait très justement.

En juillet 2020, j’ai pris contact avec Justin Favrod de la Fondation du Musée Eugène Burnand pour lui proposer une «carte blanche» photographique pour le centenaire de la mort d’Eugène Burnand. C’est avec enthousiasme qu’il m’a reçu et que ma demande a été validée par le comité de la Fondation.

J’ai donc pu librement travailler autour du peintre et me confronter à lui, dans un combat vital et pacifique. J’ai choisi quatre axes, comme des chapitres, pour construire mon exposition «Champ et hors-champ», qui est actuellement présentée, de mai à octobre, au Musée Eugène Burnand à Moudon.

Ma première série de photographies est appelée «photos-tableaux». En effet, j’ai voulu, par des mises en scène photographiques et naturalistes, réaliser des images qui soient comme des tableaux et qui tendent à ressembler, par les thématiques, à des toiles, mais photographiques, d’Eugène Burnand. J’ai été influencé par les tableaux: Taureau dans les Alpes (1884) et Le Paysan (1894).

Ensuite, comme au moyen d’un carnet de notes, j’ai pris des photos au domaine du Seppey et pu pénétrer à l’intérieur de l’atelier du peintre, qui est actuellement à l’abandon. J’ai ressenti une vive émotion car le lieu est encore chargé de la présence de l’artiste; comparable à l’atelier Cézanne à Aix-en-Provence, si on le visite seul. Sous une table, j’ai trouvé des albums de famille, des carnets de voyage, des coupures de presse et, aux murs, se trouvent encore des toiles peintes par David Burnand. Par hasard, en ouvrant un des albums, je suis tombé sur une photographie d’Eugène Burnand aux côtés de sa femme Julia (Girardet), assis sur un banc. Une impression de sérénité et d’amour s’en dégageait. C’est ce face-à-face avec ces deux visages d’humanité qui m’a rendu encore plus attachant cet homme qui, malgré une certaine austérité et son appartenance à l’église libre, devait être un mari aimant et un père de famille exemplaire. Tout à coup, une connexion entre deux temps lointains et différents m’a fait aimer l’homme et non plus uniquement le peintre.

Après avoir travaillé sur le domaine du Seppey, je suis monté à Vuillens, photographier la chapelle et le cimetière, où sont enterrés la plupart des Burnand. À peine passé le portail, sur la droite, se trouve la tombe d’Eugène et de Julia, unis et liés sous les branches d’un arbre protecteur.

Pour clore, ma dernière série photographique est composée de vues de campagne, en format restreint, des environs et deux images montrent le champ du Labour dans le Jorat (1916).

Avec mon livre Champs et mon exposition «Champ et hors-champ», j’ai pu mieux connaître l’œuvre d’Eugène Burnand et m’interroger, comme dans un effet miroir, sur le naturalisme, qui, en photographie, pourrait s’apparenter au documentaire-social. La représentation du réel, dans un respect strict de la réalité, est intimement constitutive de l’apparition de la photographie pour documenter la vie des hommes et de l’Histoire. Cependant, je me suis toujours senti enfermé dans une vision trop descriptive et réaliste de l’image. Avec le temps, je me suis enfin allégé et libéré en adoptant un point de vue qui mêle poésie, onirisme et réalité, sans trahir la nature des êtres et des choses.

Je n’ai donc pas triché avec la Création. Eugène Burnand non plus, d’ailleurs.

Image de couverture: Photographie de Patrick Gilliéron Lopreno extraite du livre d’art Champs, paru en mars de cette année et dont la critique est disponible dans notre précédente édition (N° 74) © Patrick Gilliéron Lopreno / Olivier Morattel Editeur

[Source : http://www.leregardlibre.com]

Une bande dessinée met en image la vie de Gino Bartali, et son engagement silencieux dans la résistance au fascisme.

La couverture du roman graphique sur Gino Bartali.

 

Écrit par Olivier Haralambon

Sans doute, Fausto Coppi fut le plus grand coureur italien de l’histoire, qui surpasse les autres champions majuscules par le palmarès et par la classe, et parce que son règne marqua l’entrée du cyclisme dans sa « modernité ». Mais Gino Bartali, à qui on l’oppose souvent au seul motif que la foi de l’un met en exergue l’incroyance de l’autre, pèse d’un poids tout différent, non pas seulement sur l’histoire de son sport, mais bel et bien sur l’Histoire.

Gino est né en 1914, après ses deux sœurs et avant son frère Giulio. Enfant d’extraction modeste, peu porté sur la chose scolaire, il deviendra mécanicien de cycles et, tôt, coureur cycliste professionnel. Il est connu aussi bien pour son talent précoce que pour sa longévité phénoménale. Ainsi Bartali gagna-t-il le Giro dès 1936, à la veille de ses 22 ans, renouvelant l’exploit l’année suivante. Quant au Tour de France, il en remporta deux éditions à dix ans d’intervalle – en 1938 et 1948 !

Mais Bartali est aussi connu pour être un catholique fervent que la mort accidentelle de son frère en juillet 1936, frappa, selon ses propres mots, « comme un avertissement divin », et mena au seuil du mysticisme. C’est vraisemblablement pendant le Tour 1937 – on le répute alors méditer chaque soir les écrits de Sainte Catherine de Sienne – qu’il hérite de ce surnom qui ne le quittera plus : Gino le Pieux.

Or, pour exaltée qu’elle fut peut-être, la foi de Bartali n’avait rien d’aveugle, relevant d’un humanisme profond et teinté de mélancolie. C’est de cette tonalité saturnienne qu’a su s’empreindre le beau « roman graphique » publié ces jours-ci aux Éditions Marabulles : « Gino Bartali, un champion cycliste parmi les Justes ». L’illustratrice Lorena Canottiere y dessine à traits sobres et dans ce chromatisme aussi subtil que limité (rouges, oranges, ocres – virant parfois au bleu glacial selon les exigences du récit) qui évoque la sanguine, la vie du héros à travers les heures sombres de l’Italie fasciste.

Ce registre tout en douceur qui semble fait pour estomper la brutalité du réel, donne l’impression d’adopter le point de vue Bartali lui-même, de voir le monde par ses yeux, d’enfant puis d’adulte, tour à tour, joyeux, incrédules, circonspects, tristes. La part du texte, réduite à l’os, confère au livre un côté « impressionniste ». C’est l’image qui, occupant parfois jusqu’aux bulles enfermant la parole des personnages, dit tout. Le scénario de Julian Voloj balaie des temporalités diverses, procédant par une alternance d’évocations fugaces et d’appesantissements – telle cette image, du vélo à la guidoline déchirée, abandonné par Gino qui cesse un moment de courir après la mort de son frère.

Bien sûr, le centre de gravité du récit, c’est le refus par Gino d’un régime fascisme qui l’instrumentalisa pourtant – l’obligeant par exemple à préférer le Tour au Giro, à des fins de propagande. C’est sa stupéfaction et son indignation à la promulgation des lois « sur la pureté de la race » qui obligèrent la famille d’un ami d’enfance à s’exiler à la campagne.

C’est donc surtout le rôle qu’il joue pendant la guerre : entré en résistance à l’instigation du cardinal Dalla Costa (qui à l’occasion de la visite d’Hitler à Florence déclara « refuser que soient vénérées d’autres croix que celles du Christ » !), le champion risqua sa vie à transporter des messages et de faux papiers d’identité dissimulés dans les tubes de son vélo. Au prétexte de s’entraîner, il parcourait ainsi des distances de plus de 300km, reconnus dans les villages qu’il traversait par des admirateurs ou des soldats allemands qui l’imaginaient tous préparer son retour à la compétition.

Il ne fit jamais mention lui-même de ces activités, et c’est en 2013 seulement qu’il fut élevé au rang de « Juste parmi les Nations » par le Mémorial de Yad Vashem. Bien entendu, sauver des dizaines de vies en risquant la sienne relativise l’exploit sportif, mais il fait surtout de Bartali le plus grand des champions, un héros sans héroïsation métaphorique.

 

« Gino Bartali, un champion cycliste parmi les Justes », par Lorena Canottiere et Julian Voloj – Éditions Marabulles

[Illustration : Éditions Marabulles – source : http://www.lequipe.fr]

 

L’Arxiu Històric de Barcelona presenta l’exposició ‘Quan plovien octavetes. Clandestinitat, premsa i propaganda antifranquista’

L’Arxiu Històric de la Ciutat de Barcelona (AHCB) inaugura dimarts l’exposició ‘Quan plovien octavetes. Clandestinitat, premsa i propaganda antifranquista’, on posa en valor la propaganda clandestina (premsa, octavetes, fulls volanders, etc.) durant 40 anys de lluita contra la dictadura. La mostra treu la pols a la col·lecció que es conserva al mateix arxiu, una de les més importants de Catalunya, formada a partir de les donacions de partits, entitats i organitzacions diverses, però també de les que feien ciutadans anònims a la bústia de l’arxiu o que amagaven entre llibres i revistes que consultaven. Per la naturalesa intrínsecament efímera d’aquests fulls hi ha poques col·leccions d’aquest tipus, cosa que dona un gran valor al fons.

La col·lecció de premsa clandestina de l’ACHB té més de 1.000 títols i la col·lecció de fulls volanders (octavetes) reuneix 9.000 documents. L’exposició que s’inaugura dimarts en presenta una petita selecció, que ha anat a cura del professor de la UB i investigador de la repressió franquista, Manel Risques Corbella. Com a reclam, al pati de l’arxiu s’hi ha ubicat una instal·lació efímera que anuncia la mostra i connecta l’arxiu amb el carrer, amb una pluja de fulls volants que estan suspeses sobre la font del pati.

Ja a l’interior de l’Arxiu, la mostra dissecciona la col·lecció de fulls volanders, de temàtica molt diversa i que abasta des de documents de vida associativa, propaganda política, activitats culturals, etc. No obstant això, predominen els fulls de matèries polítiques i socials que permeten conèixer l’existència d’esdeveniments, declaracions polítiques, manifestacions, concentracions, vagues. Fets que eren –sovint- clandestins, i que difícilment s’haurien pogut documentar per altres fonts.

No es tracta tan sols de les octavetes informatives i/o de convocatòries de diversa índole, sinó també de la premsa clandestina després que el règim escapcés tota publicació que no fos afí al règim. Van ser publicacions elaborades en la clandestinitat o a l’exili, en condicions precàries i perilloses, com recorda Risques. En part, algunes capçaleres que van sobreviure van possibilitar la vertebració de les organitzacions antifranquistes i dels moviments socials, a més de servir d’eina d’agitació i propaganda, sobretot a partir dels anys 60 i 70.

La desarticulació d’aquests aparells de propaganda va ser una de les obsessions del règim, que va practicar una persecució sistemàtica. « Avui en dia ens resulta molt difícil imaginar i valorar el que suposava dur a terme aquestes activitats: podia representar la detenció, la tortura, Consell de Guerra, el Tribunal d’Ordre Públic i en algun cas l’execució », assevera el comissari.

« L’exposició ens permet conèixer aquesta realitat durant el franquisme, i com era la pròpia societat durant aquesta època », diu Risques. El comissari també remarca el fet que part d’aquest fons de l’Arxiu Històric tingui un origen ciutadà anònim, amb centenars de donacions que es deixaven a la bústia de la institució o s’amagaven entre els seus llibres i revistes de consulta per burlar la censura i deixar constància d’aquesta documentació.

[Foto: Pau Cortina – font: http://www.racocatala.cat]

La película checa “Viaje lejano” (1949) fue una de las primeras cintas en dramatizar la Shoá. Prohibida durante décadas y recientemente restaurada, su descripción de los horrores nazis sigue siendo una de las más impresionantes.

Escrito por James Hoberman

La primera cinta de Alfréd Radok, Viaje lejano [Daleká cesta], de 1949, era (y es) un hito, una película de su tiempo que sigue teniendo algo que decirle al nuestro. Realizada en un Estado antaño comunista y que ya no existe, durante el invierno de Guerra Fría de 1948-1949, el notable debut de Radok constituye  una obra maestra del cine checo. Fue una de las primeras, y sigue siendo una de las películas más sólidas, más originales y más influyentes a la hora de abordar el asesinato de la judería europea.

Viaje lejano tuvo su estreno en Nueva York en agosto de 1950, cuando no habían transcurrido ni tres meses de guerra en Corea, en el Stanley, un destartalado cine de Times Square que funcionaba como refugio de películas “yiddish”, documentales israelíes e importaciones soviéticas. A la película se le puso el título “yiddish” de Geto Terezin, por el “campo de tránsito” de Theresienstadt, conocido en checo como Terezin, donde se ubicaba en buena medida y se filmó parcialmente; tuvo un recibimiento tan entusiasta que se mantuvo en cartel durante más de un mes.

El crítico del New York Times, Bosley Crowther, llamó a Viaje lejano “la más brillante, la más potente y horripilante película sobre la persecución de los judíos por los nazis” que él hubiera visto, si bien advertía a “los débiles de corazón” que vieran la película “bajo su propia responsabilidad”. El diario de lengua “yiddish” Morgn Frayhayt daba cuenta de la asombrada respuesta pública de al menos una espectadora que afirmó reconocer en la pantalla a su yo convertido en ficción…Y con razón. Las primeras películas en representar el Holocausto, producidas en Europa Oriental poco después de la guerra las hicieron de manera característica supervivientes de verdad, y/o se realizaron con ellos. Todas tenían aspectos de psicodrama, docudrama, y documental.

Viaje lejano, que si es algo es personal, la escribió Erik Kolár, un abogado checo, judío asimilado, que, casado con una gentil, logró esquivar la deportación a Terezin hasta 1945. El director, Radok, hijo de una madre católica y un padre judío, se crió en una aldea bohemia y pasó buena parte de la guerra escondido, antes de que le enviaran a un campo de trabajos forzados para mischlings [término racial usado por los nazis para los “medio judíos”] en Polonia. Tanto su padre como su abuelo murieron en Terezin. Sobre la base de sus experiencias, Kolár adoptó una actitud conciliatoria hacia sus compatriotas gentiles; Radok, basándose en su experiencia, no. En su actitud y en su atención al detalle, Viaje lejano fue la película más judía realizada en Checoslovaquia hasta esa fecha y quizás en toda su historia.

oNinguno de los dos hombres había tenido con anterioridad implicación alguna en el cine. Radok era director de teatro cuando el estudio Barrandov, recién nacionalizado, le comprometió para dirigir el guión de Kolár. Su escuela cinematográfica fue Ciudadano Kane, que se había estrenado en Checoslovaquia después de la guerra (en 1947, Radok declaró a un periodista que, para él, Kane era la revelación más profunda del año). Al igual que KaneViaje lejano recurría al lenguaje visual del cine expresionista: una película estilizada que se autodramatizaba, de súbitas sombras y resplandecientes reflejos, tomas de espejos y ángulos que asoman, algunos tan bajos que mostraban visiblemente el techo.

Al igual que Welles, pero de modo distinto, Radok incorporó noticiarios en su relato, recurriendo a un pequeño encuadre dentro de otro para insertar el drama en el documental. Echando mano de películas de propaganda nazi como El triunfo de la voluntadViaje Lejano deja sentada la ocupación de Checoslovaquia de marzo de 1939 con una serie de trazos rápidos y diestros — soldados que marcan el paso de la oca, pintadas antisemitas, largas filas en el exterior de los consulados occidentales — y se centra luego en la situación de Hana Kaufmannová, una médico judía que se anticipa a su inevitable deportación a Terezin casándose con un colega gentil, Toník Bureš. La elección de la protagonista es crucial: Hana y Toník son seres racionales modernos, ejemplares. Además, como preludio a la puesta en práctica de las excluyentes leyes de Nuremberg, la primera orden de los nazis prohibió a los doctores judíos prácticas “arias”.

Aunque la deportación masiva a campos de concentración comenzaría unos dos años después, parece como si, casi de la noche a la mañana, la cultivada familia Kaufmann y sus vecinos judíos se viesen sistemáticamente humillados y despojados de sus derechos. A Hana la envían a trabajar a una clínica judía, Toník pierde también su empleo. Su cena de boda mezcla alegría y terror: los formales invitados burgueses marcados para la muerte con sus preceptivas estrellas judías. La normalidad se ve todavía más trastornada por un uso wellesiano del sonido de parte de Radok. A lo largo de la cinta se repiten como un eco tonalidades discordantes. Un suicidio se ve acompañado de una serie de monótonas escalas de piano que proceden del piso de arriba. Las deportaciones se llevan a cabo como una danza macabra y al son del inquitante bolero marcial de Jiří Sternwald.

El mundo vaciado de la película, de nudosa gente mayor, burocracia deshumanizadora e inmensos almacenes llenos de pertenencias judías confiscadas no puede sino evocar a Franz Kafka. En eso, Viaje lejano tiene mucho en común con Vida con una estrella, del novelista judío checo Jiří Weil, publicada en 1949, el mismo año del estreno checo de la película. Después de fingir su propia muerte, Weil sobrevivió a la guerra escondido. Su relato convertido en ficción constituye una desapasionada descripción del proceso por el cual, sin ninguna razón discernible, un empleado de banca de Praga se ve despreciado, degradado y expulsado (no se menciona la palabra “judío”, ni tampoco “nazi.”). Tanto en la novela como en la película, la irracionalidad manda. La única cosa que distingue a los judios de sus conciudadanos checos es la estrella amarilla.

En una medida no menor que Vida con una estrellaViaje lejano pertenece a lo que Jean-Paul Sartre denominó “literatura de situaciones extremas”, y se vincula a la novela de 1948 de Albert Camus, La peste. La película de Radok y la novela de Weil no solo evocan la sensación de Kafka de sistemática deshumanización sino también el género de existencialismo de Camus, que define la condición humana en términos de libertad de elección y responsabilidad personal bajo sentencia de muerte, frente a un universo hostil, incognoscible. Hay un diálogo de Viaje lejano que podría haberse tomado de La peste: “No estoy aquí esperando a la muerte”, le dice un judío a otro. La réplica es: “¿Dónde la vas a esperar entonces?”

Vida con una estrella alude, pero no se aventura por Terezin, la guarnición del siglo XVIII a 60 kilómetros de Praga, cuyas fachadas de los Habsburgo ocultaban casi diez veces más habitantes de los que se había construido para acoger. Un corral de espera para músicos, artistas, eruditos conocidos y otra gente “destacada”, Terezin era esencialmente la antecámara del exterminio, un lugar de constante coacción, comida insuficiente, y terrible higiene. En conjunto, unos 140.000 judíos pasaron por este campo de concentración denominado “modelo”. Allí murieron cerca de 33.000 personas; otras 87.000 fueron luego transportadas hasta Auschwitz.

En Viaje lejano, Terezin es un proceso: una fila entra en el campo mientras en otra fila se llevan a los muertos. Es también una pesadilla. El espacio es incoherente, tremendamente claustrofóbico. Los interiores son chapuceros. A lo incomprensible se suman vistas obstruidas y misiones enigmáticas. Las imágenes de ancianas fregando la estrecha acera en la que niños y danzarinas aterradas bailan como autómatas, o el breve atisbo de una marioneta que desciende por las tortuosas escaleras de algún nido secreto de ratas son dignas de Bedřich Fritta, artista gráfico cuyos dibujos fueron condenados por los nazis como “pornografía del horror”.

Con todo, algunos supervivientes de Terezin, sobre todo Arnošt Lustig, le han puesto objeciones a la estilización de Radok: “Había orden en Terezin, no esta clase de caos”, mantenía uno de ellos. Pero en el Terezin de Radok, caos y orden son indistinguibles. La única claridad es la que proporciona la desapasionada crueldad de los jefes supremos nazis.

Teniendo en cuenta que el campo se fundamentaba en el engaño, el uso que hace Radok de lo fantástico es una forma de verosimilitud. Terezin era ya un decorado de película. Los nazis filmaron allí dos pseudodocumentales. El segundo, filmado durante el verano de 1944, se vio precedido de meses de “embellecimiento”: se encalaron edificios, se limpiaron a fondo las calles, se puso césped, se plantaron rosales a fin de crear una alegre fachada para una delegación de la Cruz Roja danesa.

Las escenas más convincentes de Radok se basan en hechos reales: el “embellecimiento”; la misteriosa llegada de un millar de niños famélicos y harapientos (únicos supervivientes del alzamiento del gueto de Bialystok) inexplicablemente aterrorizados a la vista de las duchas de Terezin; los trenes cargados de judíos agonizantes, contagiados de tifus, enviados al campo en las semanas previas a la liberación.

En su crítica de Viaje lejano, Bosley Crowther se asombraba de que una película así hubiera podido hacerse en Checoslovaquia. Ciertamente, aunque Erik Kolár había presentado su guion a la industria cinematográfica recién nacionalizada menos de un año después de que terminase la II Guerra Mundial, Viaje lejano vino a realizarse durante un periodo confuso (que en cierto modo refleja), no menos para los judíos de Checoslovaquia que habían sobrevivido.

Radok se inscribió en el proyecto justo cuando los comunistas checoslovacos daban un golpe contra el gobierno de coalición de del país. Tres meses después, Checoslovaquia reconocía diplomáticamente a Israel y de inmediato dio comienzo a varios años de vender armas al Estado recién nacido. Mientras tanto, quizás anticipando la trampa que evoca la película, los judíos iban apresurándose a dejar el país. Viaje lejano se filmó durante un periodo de manifestaciones “contrarrevolucionarias”. Divulgada en principio, la película se estrenó prácticamente en secreto en el verano de 1949 en la primera oleada de juicios políticos, organizados principalmente por Rudolf Slánský (un comunista judío al que le llegaría su hora en 1952) y fue retirada después de una breve exhibición.

Igual que Checoslovaquia exportaba armas, exportaba también Viaje lejano. La película participó oficialmente en dos festivales internacionales de cine, entre ellos el de Cannes, ese verano; en 1950 se exhibió comercialmente en Bulgaria, Suiza, Israel, la Unión Soviética, los Estados Unidos y Francia, donde la recomendo “apasionadamente” el gran crítico André Bazin, quien escribió que “quizás ahora, por vez primera, se puede invocar el nombre de Kafka en relación con el cine”.

Se podría haber invocado el nombre de Kafka en relación a la carrera de Radok. Despedido del Teatro Nacional mientras Viaje lejano se encontraba en fase de producción, se vio obligado a esperar varios años para dirigir sus demás películas —una opereta anticuada y una comedia de época todavía más inocua — y se vio luego incluido en la lista negra por ser insuficientemente comercial. En un cambio de marchas, Radok pasó a iniciar la Laterna Magica, una mezcla de película, teatro y proyección de diapositivas que fue un exitazo en la Feria Mundial de Bruselas de 1958 y de la que fue igualmente purgado.

Radok abandonó finalmente Checoslovaquia tras la invasión de 1968. Para entonces, redescubierta por una generación de cineastas más jóvenes, Viaje lejano era una película de culto, anticipando e inspirando un aluvión de películas de la “nueva ola” referentes al destino de los judíos de Checoslovaquia durante la II Guerra Mundial. Prohibida una vez más, no se exhibió hasta después de la Revolución de Terciopelo, y se vio por primera vez en televisión en 1991, 15 años después de que Radok muriera en Viena.

Vida con una estrella termina con su antihéroe dando un salto existencial. Viaje lejano no ofrece esa conclusión positiva. Después de que el Ejército Rojo, al que no se ve, libere Terezin, los presos despiertan de su pesadilla al frenesí y el olvido. La discordante escenal final de la película reúne a los dos médicos en un enorme cementerio, en busca de algún significado por haber sobrevivido. Se oye una letanía de campos de concentración y una monumental estrella de David parpadea brevemente en pantalla, pero todas las tumbas están señaladas con una cruz. Esta coda podría parecer una imposición del estudio en el último minuto, salvo por el hecho de que Radok, evidentemente, hizo que fabricaran las cruces.

Uno se acuerda de una amarga observación en Vida con una estrella: “Desaparecía tanta gente a cada minuto que era mejor pensar que nunca habían existido”. En un absurdo histórico final, los judíos de Praga se han desvanecido hasta en la muerte.

James Hoberman : reputado crítico cinematográfico norteamericano, trabajó durante varias décadas para The Village Voice, una de las publicaciones culturales esenciales del periodismo neoyorquino. Autor de una docena de libros, ha sido profesor de cine en la escuela universitaria Cooper Union, dictando asimismo cursos en Harvard y la Universidad de Nueva York.

[Fuente: The Tablet – traducción: Lucas Antón – reproducido en http://www.sinpermiso.info]

El fantasma del comunismo vuelve otra vez. Nuestro amauta José Carlos Mariátegui La Chira también fue víctima de esta peregrina acusación que cada cierto tiempo renace para intentar desacreditar y reprimir a sectores populares y democráticos. Así lo veremos en el siguiente informe que publicamos un 14 de junio, fecha del nacimiento del gran amauta peruano, quien a pesar del tiempo transcurrido nos sigue dando lecciones de ética e integridad política.

Escrito por Jorge Agurto

El fantasma del comunismo vuelve otra vez. Nuestro amauta José Carlos Mariátegui La Chira también fue víctima de esta peregrina acusación que cada cierto tiempo renace para intentar desacreditar y reprimir a sectores populares y democráticos.

El viernes 8 de junio de 1927 el gobierno de Augusto Leguía desplegó un operativo represivo de gran envergadura para desbaratar un supuesto « complot comunista ».

El balance del operativo fue la reclusión en la isla San Lorenzo de cuarenta ciudadanos, entre escrito­res, intelectuales y obreros; clausura de la revista « Amau­ta », órgano de los intelectuales y artistas de vanguardia.

Además, la deportación de los poetas Magda Portal y Serafín Delmar a La Habana; acusaciones y vejámenes a la poetisa urugua­ya Blanca Luz Brum, viuda del gran poeta peruano Juan Parra del Riego.

La prisión de Mariátegui en el Hospi­tal Militar duró seis días, al cabo de los cua­les se le devolvió a su domicilio con la notificación de que quedaba bajo la vigilancia de la policía.

Se intervino una sesión ordinaria de la Edi­torial Obrera « Claridad » citada por la prensa, en la se trataba sobre la adquisición de una pequeña imprenta. Aquí se arrestó a cuatro estudiantes y a algunos obreros, en su mayor parte gráfi­cos.

Además, la policía extrajo violentamente de sus domicilios a los más conocidos organizadores obreros, a quienes se les presentaba como concurrentes a una reunión clandestina.

Sin embargo, se detuvo a personas ajenas a la Editorial Claridad como el escritor Jorge Basadre, responsable de un es­tudio sobre la penetración económica de los Estados Unidos en Centro y Sudamérica, y particularmente, en el Perú.

Titular del diario La Crónica, del 8 de junio de 1927, sindica a José Carlos Mariátegui como dirigente del comunismo en Lima. Tomado de la Revista Punto de Vista 82, Lima, 1982, pág. 4.

El motivo del operativo policial fue cesar la crítica desarrollada por la revista Amauta que en su número 9 dedicó su edición a cuestionar la penetración del imperialismo yanqui en Perú y en el resto de América.

Según lo explica Ricardo Martínez de la Torre « la Embajada de los Estados Unidos presionó al Gobierno de Leguía, para que suspendiera la revista y persiguiera a sus redactores y colaboradores » (Apuntes para una interpretación marxista de historia social, tomo II)..

El Ministerio de Gobierno distribuyó cartas y documentos que luego fueron reproducidos por los medios de prensa el viernes 8 de junio y fue la primera vez que se escuchó en el Perú de los « comunistas criollos » que entonces despertó mas curiosidad que temor.

 

La respuesta de Mariátegui 

El amauta José Carlos Mariátegui La Chira respondió con resolución las acusaciones del Ministerio de Gobierno. Admitió la responsabilidad íntegra de sus ideas, y rechazó su participación de un supuesto « plan o complot folletinesco de subversión ».

Remarcó que dada su condición de marxista « convicto y confeso » se encuentra « lejano de utopismos en la teoría y en la práctica » y se entretenga en « confabulaciones absurdas ».

« Soy extraño a todo género de complots crio­llos de los que aquí puede producir todavía la vieja tra­dición de las « conspiraciones ». La palabra revolución tie­ne otra acepción y otro sentido », aclara Mariàtegui.

El comportamiento purulento de El Comercio

En su carta a la revista La Correspondencia Sudamericana, Mariátegui observa el comportamiento de la prensa local que se hizo eco de la conspiración comunista sin cruzar fuentes.

En particular, cita el caso del decano de la prensa « El Comercio », al cual califica de « órgano de la clase conservadora », el cual « coreó con estúpida gravedad la versión poli­cial del « descubrimiento de un complot » ».

En una carta a Miguel Angel Urquieta del 21 de junio de 1927, escribe: « El repugnante Comercio ha aprovechado esta miserable ocasión para dedicarnos las más pérfidas puñaladas. Pero esta es también la prueba de que cumplimos nuestro deber ».

« Todos los periódicos han hecho caso al bluff policial. El más encarnizado y purulento ha sido El Comercio. Sin embargo, este balín se va desinflando solo poco a poco ».

Carta al diario La Prensa

Hospital San Bartolomé,
Lima, 10 de junio de 1927.

No es, absolutamente, mi intención polemizar con las autoridades de policía respecto del llamado « complot comunista » que aseveran haber descubierto, pero sí quiero rectificar sin tardanza las afirmaciones que me conciernen de la versión policial acogida por el diario que Ud. dirige.

En respuesta a los cargos que tan imprecisamente se me hacen, me limitaré a las siguientes, concretas y precisas declaraciones:

1º- Acepto íntegramente la responsabilidad de mis ideas expresadas claramente en mis artículos de las revistas nacionales o extranjeras en que colaboro o de la revista « Amauta », fundada por mí en setiembre último, con fines categóricamente declarados en su presentación; pero rechazo en modo absoluto las acusaciones que me atribuyen participación en un plan o complot folletinesco de subversión.

2º- Remito a mis acusadores a mis propios escritos públicos o privados, de ninguno de los cuales resulta que yo, marxista convicto y confeso, -y como tal, lejano de utopismos en la teoría y en la práctica- me entretenga en confabulaciones absurdas, como aquella que la policía pretende haber sorprendido y que tampoco aparece probada por ninguno de los documentos publicados.

3º- Desmiente terminantemente mi supuesta conexión con la central comunista de Rusia (o cualquiera otra de Europa o América); y afirmo que no existe documento auténtico alguno que pruebe esta conexión. (Recordaré a propósito que cuando se dio cuenta de los resultados del registro de la oficina rusa en Londres, se anunció que no se había encontrado, entre las direcciones o datos de corresponsales de América, ninguno relativo al Perú).

4º- La revista « Amauta » -revista de definición ideológica de la nueva generación- ha recibido mensajes de solidaridad y aplauso de intelectuales como Gabriela Mistral, Alfredo Palacios, Eduardo Dieste, José Vasconcelos, Manuel Ugarte, Emilio Frugoni, Herwarth Walden, F. T. Marinetti, Joaquín García Monje, Waldo Frank, Enrique Molina, Miguel de Unamuno y otros de renombre mundial o hispánico que no militan en el comunismo.

5º- Tengo segura noticia de que la reunión sorprendida por la policía en el local de la Federación Gráfica ha sido una reunión de la Editorial Obrera « Claridad » que nada tenía de ilícita ni clandestina. Las citaciones respectivas se publicaban en los diarios.

No rehuyo ni atenúo mi responsabilidad. Las de mis opiniones las acepto con orgullo. Pero creo que las opinio­nes no están, conforme a la ley, sujetas al contralor, y me­nos a la función de la policía ni de los tribunales.

Dos méritos me han sido siempre generalmente reconocidos: un poco de inteligencia y sinceridad en mis convicciones. « La Prensa », comentando mi libro « La Escena Contemporánea », reconoció generosamente en este libro que señala mi posición ideológica, una y otra cosa. Tengo, pues, algún derecho a que se me escuche y crea una afirmación que está en rigurosa coherencia con mi actitud y mi doctri­na: la de que soy extraño a todo género de complots crio­llos de los que aquí puede producir todavía la vieja tra­dición de las « conspiraciones ». La palabra revolución tie­ne otra acepción y otro sentido.

Espero de su lealtad periodística la publicación de esta carta y me suscribo de usted muy atto. S.S.

José Carlos Mariátegui

En « La Correspondencia Sudamericana », (Nº 29, del 15 de agosto de 1927, Buenos Aires), Mariátegui publicó una carta destinada a desmentir la noticia propagada por las agencias cablegráficas yanquis:

Carta a La Correspondencia Sudamericana

Lima,

Estimado compañero:

Tengo el deber de protestar ante la opinión latinoameri­cana contra las falsas acusaciones lanzadas por la policía de Lima contra los intelectuales y obreros de vanguardia del Perú, para explicar su persecución. Estas acusaciones, recogidas sin ninguna crítica por la mayoría de los corres­ponsales, han sido propagadas por la gran prensa. En el Perú ha circulado sin más réplica que una carta mía por encontrarse, como es notorio, toda la prensa bajo el con­tralor o la censura del gobierno. En esta ocasión, además, el ministro de Gobierno, llamó a su despacho a los perio­distas para comunicarles dramáticamente el peligro que ha­bía corrido el Estado, la sociedad, etc., de ser intempes­tivamente barridos por una súbita, marejada comunista. Y el decano de la prensa de Lima « El Comercio », órgano de la clase conservadora, que pasa por silencioso adversario del gobierno, coreó con estúpida gravedad la versión poli­cial del « descubrimiento de un complot ».

Aunque no es probable que la parte más avisada y consciente del público latinoamericano haya concedido el menor crédito a esta mentira, conviene, por la difusión que le han dado las agencias y los diarios -generalmente sin ninguna juiciosa reserva- oponerles el más categórico desmentido.

En el Perú no se ha descubierto ninguna conspiración comunista. La policía no ha podido apoyar sus enfáticas aseveraciones en ninguna prueba seria. Los documentos pu­blicados consisten en cartas cambiadas entre estudiantes desterrados y obreros de Lima, que no contienen más que la reafirmación de ideas fervorosamente profesadas y la enunciación de propósitos de propaganda. La reunión sor­prendida por la policía fue una sesión ordinaria de la Edi­torial Obrera « Claridad », para la cual se había citado por la prensa. En esta sesión, en la que se arrestó a cuatro estudiantes y a algunos obreros, en su mayor parte gráfi­cos, se trataba sobre la adquisición de una pequeña impren­ta. La policía extrajo violentamente de sus domicilios, la misma noche, a los más conocidos organizadores obreros, tanto para paralizar una segura protesta como para dar mayor volumen a su pesquisa. La versión oficial presenta­ba a todos los presos como concurrentes a una reunión clandestina. Entre ellos se contaban, sin embargo, personas que no trabajaban absolutamente en la Editorial « Claridad » como el escritor Jorge Basadre, responsable solo de un es­tudio sobre la penetración económica de los Estados Unidos en Centro y Sud América, y particularmente, en el Perú.

El balance de la represión es el siguiente: reclusión en la isla San Lorenzo de cuarenta ciudadanos, entre escrito­res, intelectuales y obreros; clausura de la revista « Amau­ta », órgano de los intelectuales y artistas de vanguardia; deportación de los poetas Magda Portal y Serafín Delmar a La Habana; acusaciones y vejámenes a la poetisa urugua­ya Blanca Luz Brum, viuda del gran poeta peruano Juan Parra del Riego; cierre por una semana de los talleres y oficinas de la Editorial Minerva; prisión mía en el Hospi­tal Militar donde permanecí seis días, al cabo de los cua­les se me devolvió a mi domicilio con la notificación de que quedaba bajo la vigilancia de la policía.

El pretexto del « complot comunista » -no obstante la unánime aceptación que ha merecido de la prensa limeña, incondicionalmente a órdenes del ministro de gobierno- a la mayor parte del público le parece aquí grotesco. La bati­da policial ha estado exclusivamente dirigida contra la orga­nización obrera, contra la campaña antiimperialista, con­tra el movimiento del A.P.R.A. y contra la revista « Amau­ta », cada día más propagada en el Perú. Se denuncia al A.P.R.A. como una organización comunista, cuando se sabe bien que es una organización antiimperialista latinoameri­cana, cuyo programa se condensa en estos tres puntos: « Con­tra el imperialismo yanqui, por la unidad política de Améri­ca Latina, para la realización de la justicia social ».

Usted, estimado compañero, conoce a « Amauta ». Apelo a su testimonio para rechazar y condenar las acusaciones con que se pretende justificar la clausura de esta revista, que representa un movimiento ideológico no solo peruano sino continental. Invoco el juicio de los intelectuales honra­dos. De muchos he recibido ya generosamente demostracio­nes de solidaridad que me honran y alientan.

José Carlos Mariátegui


Carta a La Correspondencia Sudamericana », Nº 29, del 15 de agosto de 1927, Buenos Aires, Argentina.

 

Dos años después Mariátegui sería víctima de una nueva acusación de un supuesto « complot judío ». Foto: Paseo por el bosque de Matamula. Miguel Adler, Jorge del Prado, José Carlos Mariátegui, Noemí Milstein, Blanca del Prado y Ricardo Flores (1929).

 

[Fuente: http://www.servindi.org]

Normalización de la discriminación y el racismo, tras los resultados electorales.

Intolerancia a flor de piel

¿Sería necesaria otra campaña política para que nos diéramos cuenta de que todas las voces importan?

Escrito por Gabriela Coloma

LIMA. Brillante y transparente. Ese es el significado que toma el apellido más común del Perú: Quispe. Según un informe realizado por el Reniec en el 2019, aproximadamente 1 212 114 peruanos llevan este apellido, el cual proviene del aimara y quechua; lenguas habladas en muchas de las zonas más pobres del país. En esta última campaña electoral, los Quispe han tomado cierto protagonismo, pero no de forma positiva. En un meme compartido por varios usuarios de las redes sociales, se mostraba la imagen de un hombre con rasgos andinos donde señalaban a los Quispe como unos ‘resentidos sociales’. Además de ser ‘comunistas y alcohólicos’, se les increpaba de siempre elegir a malos gobernadores regionales y culpar a la capital por esos resultados. La estigmatización, para ciertos peruanos, se encasillan en características puntuales. Los Quispe son personas de los Andes, gente agrícola, con bajos recursos y son cholos. Para muchos, se resumen en los flamantes votantes de Pedro Castillo.

Cholear es la forma más de común de discriminación racial en el Perú. Los rasgos físicos, el nivel socioeconómico, el nivel educativo y la calidad de migrante son elementos que los peruanos utilizan para clasificarse entre sí. “Esta evaluación te señala a donde perteneces”, afirma el sociólogo Walter Twanama. En un experimento social de índole personal, pregunté a un grupo de usuarios de Instagram cuál sería su opinión con respecto a la discriminación en la imagen contra los Quispe. Los comentarios recibidos mostraron un desprecio a la señalización racista y clasista hacia este apellido. No obstante, un argumento llamó mi atención; una de las personas resaltó lo acomplejado de ese discurso. “Gracias a un Quispe tienen una papa que comer”, escribía. Sin darse cuenta que cuando señalaba su repudio a estos comentarios discriminatorios, terminaba cometiendo uno igual. Al emitir discursos, muchas veces uno no es consciente del significado que toma. ¿Es acaso la clasificación de los peruanos y la normalización de comentarios racistas y clasistas validados actualmente?

Para Marco Avilés, escritor y periodista especializado en temas de racismo y discriminación, esto es típicoLos peruanos aprenden a ver que los diferentes grupos demográficos tienen que estar inmovilizados. “Una persona indígena está bien sembrando sus papas y eso les encanta a las agencias de viajes. Es lo normal, pero cuando el indígena sale de ahí, terremoto. Pedro Castillo es el Quispe que no te está dando la papa, [es] el que quiere gobernar”, afirma. Es así, que la incomodidad de cierto sector de la población valida argumentos racistas, pues las personas que son discriminadas poseen características puntuales. Sin embargo, el racismo no es algo nuevo, se ha vivido a lo largo de toda la historia republicana del país.

El racismo es una constante, es una de las instituciones más sólidas en el país y lo problemático de ser una institución sólida que se reproduce y que se exhibe, no hacemos nada a nivel institucional para enfrentar el racismo. Genera violencia, genera pobreza, genera atraso y genera confrontación”, señala Avilés. Es esta confrontación la que se ha hecho evidente en los últimos meses. Los peruanos han sido testigos de la gran contracampaña hacia Pedro Castillo y sus simpatizantes. Los medios de comunicación, la propaganda mediática, las élites limeñas e incluso figuras internacionales argumentan que, si el profesor de Chota saliera victorioso, el retroceso del país sería irreparable. Mientras que la otra mitad del país creía que el modelo imperante solo les había traído pobreza y olvido por parte del Estado.

La victoria de Pedro es inminente. Los ánimos se exaltan, la larga espera se acorta y el futuro susurra que el virtual presidente del Perú es el profesor chotano. Un hombre de 51 años que contra todo pronóstico y montando en un caballo, él y su sombrero de ala ancha, se volvería la máxima autoridad de un país polarizado.

Los votos que no quieren contar

Tras conocerse los resultados oficiales de la ONPE, los argumentos usados para desacreditar el presunto triunfo de Castillo eran las actas que presentaban cero votos para la contrincante naranja. Algunas de las regiones donde Castillo ha tenido la mayor cantidad de votos son Cusco, Huancavelica, Madre de Dios y Puno. En este último lugar, el referente de Perú Libre obtuvo 89.25% frente al 10.74% que consiguió Keiko Fujimori. El descontento se evidenció cuando argumentó un presunto fraude. Cómo sería posible que, en la provincia de Mariscal Nieto, en el distrito de San Cristóbal, en Moquegua, la mesa de sufragio número 902569, la candidata haya obtenido cero votos. Aunque no fue sorprendente la impopularidad que Pedro Castillo alcanzó a nivel internacional. En una mesa en Miami, la candidata obtuvo 95 votos a su favor, mientras que el líder de izquierda consiguió cero. El no aceptar los votos de las zonas rurales obedece a una “lógica” idea de la imposibilidad de que Keiko Fujimori no sea tan popular a escala nacional. Es decir, que las personas de las zonas rurales del país que han visto en Pedro Castillo un cambio significativo, no han podido elegir con raciocinio, sino por desconocimiento.

Recientemente, mientras algunos pueblos indígenas de la Amazonía luchan por defender su voto en las calles, los limeños también luchan porque los pedidos de nulidad, presentados por Fuerza Popular, sean aceptados. La polarización y el discurso de ambos candidatos ha significado que el país se divida en dos ideas. El votar por uno es la democracia y la vía para salvar al país, mientras que la otra se dirige al empoderamiento de los pueblos que Lima ha olvidado. Discursos motivados por las redes, discursos que han estado presentes en esta segunda vuelta han roto, incluso más, la desunión del país. La rabia de la lideresa, al pedir que se investigue una mesa en la que tres de sus miembros tenían el mismo apellido, continúa dividiendo al país. En Ácora (Puno) Keiko Fujimori señaló que en ese lugar habría que anular una mesa entera, pues los tres miembros tendrían el mismo apellido, Catacora. Luego de estas acusaciones, los implicados declararon que a pesar de llevar el mismo apellido no eran familia y no poseían ningún parentesco.

Es esta idea de fraude y la creencia de que el sector rural no sabe votar la que destrozará la democracia y hará que el país se divida hasta niveles irreparables. Los sectores rurales, quienes además sufrieron lo peor de la guerra interna de los años 1980 al 2000, están siendo estigmatizados por la otra mitad del país. La discriminación es un delito y tiene una pena de cuatro años de prisión. Según Ipsos, uno de cada tres peruanos ha sufrido discriminación. Entonces, ¿los cambios logrados hasta el momento han sido mínimos?, por no decir nulos. ¿Será necesario otra campaña política para darnos cuenta que todas las voces importan?

Los esfuerzos por defender al Perú han sido entendidos de maneras ambiguas. Cada quien comprende lo que conviene interpretar. El racismo, como señala Avilés, no debería ser una de las instituciones más sólidas de nuestro país. Lo tenebroso de esta campaña política es la fuerza de la discriminación racial. Aunque la cuestión ya no es como antes, esto no significa que no esté presente. No es un tema del modelo económico o de las voces que se resignan a afirmar que nada va a cambiar. Es reflexionar y cuestionar que los espacios deben abrirles. No, no es normal que Lima sea el centro de la discusión, no es adecuado que Lima sea el lugar de las oportunidades. Es momento de cuestionar los discursos que emiten y entender que justificarlos trae consecuencias que dividen. Seamos libres de elegir quién queremos que gobierne en país, seámoslo siempre.

 

 

[Fuente: http://www.inforegion.pe]

Pedro Castillo vence apesar de demonizado pela mídia e ausente, até há pouco, das redes sociais. Sintonia com nova geração política, e com sentimento antiestablishment das maiorias, produziu resultado – que diz algo à América Latina

Escrito por Lucas Malaspina e Marcos Doudtchitzky

Pedro Castillo, o professor sindicalista que venceu as eleições presidenciais peruanas, surpreendeu em todos os níveis. Até então desconhecido do grande público, o candidato do partido Peru Libre derrota Keiko Fujimori, provavelmente a política mais conhecida da atualidade – para o bem e para o mal – do país. Uma das facetas mais surpreendentes de Castillo está ligada à sua presença (ou, na verdade, sua ausência) nas redes sociais. Quando entrou na votação, ele tinha apenas 3.000 seguidores no Twitter e atualmente tem 79.000 contra mais de um milhão de Keiko Fujimori. Ironicamente, ele poderia ter sido inicialmente chamado de “o candidato sem likes”. Mas em que medida foi esse o caso? Como é possível que no século XXI – quando os consultores de comunicação enfatizam constantemente a importância de uma estratégia política integrada nas diferentes plataformas – um candidato conquiste a presidência nessas condições? Em última análise, qual é a distância entre a mídia social e a “realidade”?

A política baseia-se em acordos. Assim, um quadro político pode reunir os votos necessários para vencer e até mesmo governar – e estar fora das redes sociais – se tiver apoio político suficiente. O ex-presidente uruguaio José “Pepe” Mujica nunca teve um perfil oficial . Alberto Fernández, atual presidente da Argentina, não tinha mais de 30 mil seguidores no Twitter quando se soube que seria ele quem enfrentaria o então presidente Mauricio Macri. No caso de Alberto Fernández (hoje com 2 milhões de seguidores) é evidente que ele recebeu grande parte desse novo público graças a Cristina Fernández de Kirchner, já que alcançou essa posição alavancado pela estrutura de militância construída pelo atual vice-presidente da Argentina. O caso de Castillo é completamente diferente, pois nenhuma estrutura previamente consolidada e unificada cedeu sua capacidade de ampliação para chegar às urnas. A microestrutura do Peru Libre era insignificante em face de tal desafio. Tornou-se pertinente fazer duas perguntas. Por um lado, que elementos podemos levar em conta para explicar tal singularidade? E, por outro lado, o que pode ensinar essa experiência atípica da comunicação digital, que em tão pouco tempo passou por desafios tão intensos?

 #MerinoRenuncia e a «Geração Bicentenária»

Seguindo o costume de Cronos, o sistema político peruano alimenta-se de seus próprios filhos. Desde que os desdobramentos da Operação Lava Jato chegaram ao Peru, nenhum ex-presidente ficou de pé. Acusações de corrupção varreram todos eles. A crise política também levou ao nascimento, em novembro de 2020, da chamada “Geração Bicentenária”, como tem sido chamado o movimento que saiu às ruas em defesa da democracia [Leia mais em Outras Palavras: 1 2 3]. Ao questionar as graves desigualdades enfrentadas pela nação andina, a “Geração Bicentenário” também respondeu à decisão do Congresso de retirar Martín Vizcarra (vice e posterior sucessor de Pedro Pablo Kuczynski) do poder. O consultor político argentino Mario Riorda chamou a atenção para o fato histórico por ocorrer “no país com o maior descontentamento político da região”. Com a hashtag #MerinoRenuncia como emblema, os jovens inundaram o Facebook, Instagram e TikTok.

O enorme potencial da Geração Bicentenário também teve expressão no Twitter, como observou Julián Macías Tovar, analista de redes sociais vinculado ao Podemos (Espanha) e chefe da Pandemia Digital. Macías Tovar conseguiu exibir a monstruosa superioridade das comunidades que forçaram a queda do governo interino de Manuel Merino nas conversações do Twitter, revelando o poder do uso de certas hashtags (#MerinoNoEsMiPresidente com mais de 370.000 tweets #MerinoNoMeRepresenta com mais de 130.000).

Do Peru rural (desconectado?) à bolha de Lima

Poucos meses depois das mobilizações que expulsaram Merino, ocorreu o primeiro turno presidencial que colocou Pedro Castillo e Keiko Fujimori na disputa final. Para Giovanna Peñaflor, analista política peruana e diretora do Imasen, o fenômeno de Pedro Castillo está associado a um catalisador político peculiar vindo do Sul peruano: «É preciso destacar que o Sul tem se manifestado de forma diferente do resto do país em cada um processo eleitoral (…) É como uma força que questiona o establishment ou o que se considera o status quo. Em outros momentos, isso favoreceu [os ex-presidente] Toledo e Humala; hoje, é Castillo. É preciso lembrar que o terrorismo ocorreu com maior força no Sul e lá está instalada a mineração em grande escala, uma das fontes de maior geração de riquezas do Peru. Onde a mineração grande está presente, Castillo teve uma votação maior. No Sul, fica clara a incapacidade dos governos de integrar a atividade — exceto em Arequipa, que de alguma forma consegue inserir-se no desenvolvimento com a questão extrativista.

Ao analisar-se um fenômeno político produzido naquela região do país, especialmente quando não foi percebido pela intelligentzia do país concentrada em Lima, emerge o seguinte. Dado que a vantagem de Keiko Fujimori está fundamentalmente em Lima e a de Castillo no interior, isso pode estar relacionado à menor conectividade das regiões em que Castillo se fortaleceu? Ou simplesmente, como já foi apontado em outros casos internacionais, tem a ver com o fato de que nas redes nos alimentamos em bolhas de usuários que pensam como nós?

Por um lado, deve-se destacar que na região metropolitana de Lima, entre a população de seis anos ou mais de idade, mais de 80% estão conectados à internet de suas residências, enquanto no restante do país esse percentual de conexão mal ultrapassa os 40%. Dos que acessam, sabe-se que 90% o fazem pelo celular. Por outro lado, de acordo com um estudo da IPSOS de 2020, “13,2 milhões de peruanos conectados são usuários de redes sociais”. Nessa massa, a penetração é liderada pelo Facebook com 94%, seguido pelo WhatsApp com 86%, Instagram com 60%, Twitter com 29% e TikTok com 18%.

[…]

Ativismo digital e ação «de baixo»

Em um artigo muito ilustrativo , o correspondente Jimena Ledgard afirma que a aparição surpresa de Castillo em primeiro lugar no primeiro turno “levou os comentaristas de Lima a declarar que ‘o Peru sem internet falou’, oferecendo assim uma explicação conveniente para a vitória inesperada. Mas uma conversa com os apoiadores Castillo na zona rural e entre os trabalhadores urbanos revela uma história mais complexa. Ledgard argumenta que “alguns jovens rurais peruanos desafiam ainda mais o estereótipo de que suas regiões são fundamentalmente desconectadas. A hashtag #PedroCastilloPresidente tem mais de 7,7 milhões de visualizações no TikTok , com muitos dos criadores vindos de áreas rurais dos Andes. E embora Castillo não tenha uma página validada no Facebook, dezenas de grupos nesta rede social surgiram organicamente para expressar seu apoio ao candidato.  

Tanto Ledgard quanto Vivas apontam para a importância dos grupos pró-Castillo no Facebook. Devido à sua dinâmica, os grupos do Facebook podem ser públicos ou privados. Entre eles estão Pedro Castillo Presidente 2021 (268.000 membros), Pedro Castillo Presidente do Bicentenário (59.000 membros), Pedro Castillo no Segundo turno (62.000 membros), Todos com Pedro Castillo resgatando Peru mais Saúde e Educação (43.300 membros) ou Pedro Castillo “Presidente dos Pobres” (43.400 membros), incluindo pelo menos dez grupos de várias dezenas de milhares de membros. Vivas ressalta que esses grupos começaram a ficar agitados pouco antes do primeiro turno. Em face da votação, muitos deles ultrapassam 800, 900 e até 1.700 publicações diárias.

De acordo com Ledgard, os grupos do Facebook por região também são muito ativos. Por exemplo, Pedro Castillo Presidente- Região de Cusco (39.400 membros). “Nossa abordagem é descentralizar a política. É por isso que deixamos as regiões falarem por si. Isso inclui estratégias de comunicação. Damos algumas orientações aos adeptos de cada local, mas deixamos que façam os seus próprios spots”, explicou o cientista político Franco Pomalaya Neyra a Legard. Pomalaya Neyra faz parte da equipe de networking do Peru Libre e é responsável pelas transmissões ao vivo, vindas do Coletivo Dignidad .

A grande questão é: como surgiram essas comunidades ígneas que instalaram o professor de esquerda “de baixo” na luta eleitoral? A crônica de Fernando Vivas oferece algumas pistas muito valiosas para entender esse processo a partir do registro das mudanças de nome de vários desses grupos do Facebook. «O grupo Pedro Castillo Presidente acabou de fazer a renomeação castillista a 12 de abril. Antes se chamava Folclore Peruano, e antes ainda, Programa Nacional Juntos Cadastre seu Filho Menor para o Bônus de 200 soles. Esse percurso pode dar uma ideia dos motivos comuns que se sobrepõem em poucos meses: o impacto da pandemia e da crise, o cultivo do folclore e suas recompensas de “identidade”, e o afeto político em um contexto eleitoral polarizado (. ..) O grupo Pedro Castillo Presidente 2021 foi denominado assim no dia 9 de fevereiro, mas a partir de outro grupo criado em 2017 com o nome de Férias para Professores Peru. Não é difícil inferir, neste caso, o entusiasmo dos professores com um candidato de origem e uma agenda de professor”.

Vivas continua: «Comparamos a história dos grupos de Castillo com a dos grupos maiores de apoio a Keiko Fujimori e vimos que, em todos os casos, nasceram associados a ela (…) Por outro lado, com Castillo é comum a reconversão, ou dos membros, ou pelo menos dos administradores do grupo, que partem de interesses alheios à política. Aqui está o fenômeno da novidade do outsider deixando uma marca perfeitamente legível nas redes ». Vivas destaca que outros grupos pró-Castillo também surgiram com denominações de apoio a outros líderes políticos como Francisco Sagasti ou Daniel Urresti e alerta para essa uma metabolização hiperdinâmica do processo de conscientização da “Geração do Bicentenário”.

Nos grupos do Facebook, os apoiadores do Castillo participam de discussões políticas, compartilham vídeos, artigos, memes e também entrelaçam-se intimamente por meio do WhatsApp. Dessa forma, os grupos do Facebook tornam-se a ponta do iceberg de uma rede muito mais próxima e indetectável. A importância dos grupos de WhatsApp (cujo limite inalterável é de 256 membros), já foi vista na campanha de Jair Bolsonaro, com a sutil diferença que nenhuma empresa ou qualquer mecanismo malicioso de envio artificial de mensagens operou aqui. Para conhecer a atuação desses grupos, Vivas imergiu um colaborador anônimo no WhatsApp. Após a investigação, ele esclarece que nos grupos do WhatsApp “encontramos mensagens mais íntimas e emocionais, destacadas com emoticons; além de mais interação e conversa. As coordenações para recrutar representantes, por exemplo, passam mais por esses grupos. Nos grupos do Facebook, a propaganda prevalece. Além disso, argumenta que “se o confronto e a polarização prevalecem no Twitter, aqui predominam as mensagens de adesão”, e destaca os seguintes temas: “rejeição do “terruqueo” [gíria peruana para “demonização”] de Castillo, conservadorismo em matéria de direitos (um apoiador lamenta que a candidata Verónika Mendoza [de esquerda alternativa urbana] apoie o casamento gay) e as poucas menções de Vladimir Cerrón (fundador do Peru Libre e governador de Junín acusado de corrupção)».

Por tudo isso, o pesquisador da PUCP Eduardo Mansilla Villanueva argumenta em seu texto: “As redes são o Peru. Basta saber olhar para elas». Quando « muitos repetem o mantra segundo o qual “o Peru não são as redes”, o que querem dizer é que o Peru não é a rede deles, aquela que lhes dizia todos os dias que havia muitos conhecidos entusiasmados negando a realidade».

Um ambiente propício as fake news

As eleições geralmente se desenvolvem em torno de uma pergunta. A luta para fazer essa pergunta na maioria das vezes define o vencedor. Bem, é sabido que as eleições não são definidas por grupos radicais. A chave está geralmente em uma porcentagem que decide seu voto mais perto da eleição. Esse é um público que tende a combinar suas posições de maneiras mais difíceis de captar em estudos pré-eleitorais. E é justamente para mobilizar esse setor que é fundamental definir o quadro, o que está em jogo na votação.

Para tentar inclinar a balança a seu favor, Keiko Fujimori teve um enorme dispositivo de comunicação digital. Como explica Héctor Venegas Díaz, do Politlogos Digitales: “O fujimorismo (…) tem experiência na coordenação de pequenas agências com atores políticos ou com a campanha central. Esses veículos ou páginas satélites que também servem para colocar conteúdo podem ser mais bem recebidos do que aparecer em uma fanpage de Keiko Fujimori ou que tenha o nome da festa. Todo um gigantesco ecossistema – liderado pela grande mídia peruana – brandia em favor de Keiko uma campanha “contra o comunismo” que, segundo ela, Castillo representa, reforçando a imagem de que um governo do Peru Livre seria “ditatorial como Venezuela e Cuba”.

As fake news têm como objetivo definir o segmento intermediário dos indecisos. A campanha do Peru não pode ser exceção. Embora depois se espalhem por todas as redes sociais, o Twitter é o terreno mais favorável para a divulgação de notícias falsas, dada sua maior tolerância aos bots e seu controle praticamente nulo sobre a veracidade dos perfis. Quando Castillo venceu no primeiro turno, ele conseguiu 50.000 menções, seguidas por 35.000 menções de López Aliaga e 22.000 menções de Keiko. Em suma, como destacou o especialista em comunicação política Ignacio Ramírez , “a distribuição de opiniões na sociedade, que é o que importa, não se reflete no Twitter. O Twitter não representa nada, exceto ele mesmo. Nada mais nada menos.

[…]

Sob o guarda-chuva do antifujimoriismo

Desde o primeiro turno, a equipe de imprensa de Castillo conseguiu formar uma equipe de networking. O principal desafio foi centralizar a palavra e a imagem do Castillo em canais oficiais reconhecidos pelo maior número possível de usuários, para evitar dispersão e confusão.

Apesar disso, a reta final não foi sem contratempos. Os jornalistas Diego Quispe e David Pereda argumentam que “a campanha de Castillo teve tropeços e desordem em seus sites oficiais. No dia 14 de maio, o candidato postou no Twitter uma ilustração com a frase “Antes de um ditador, agora professor”. A postagem foi interpretada literalmente como dizendo que o professor de Cajamarca é um totalitário reabilitado. Apesar de seu crescimento exponencial no Facebook e no Twitter, Castillo não explora o Instagram nem possui um TikTok oficial. Para Quispe e Pereda, isso “mostra seu sigilo eleitoral”.

O publicitário peruano Milton Vela, do Café Taipa, afirma na mesma reportagem que no Fuerza Popular, a frente que apoiou Fujimori, havia “mais articulação nas redes sociais do que no Peru Libre. Mas a campanha da candidata deparou-se com a rejeição ao fujimorismo e, em especial, uma organização espontânea mais articulada, por ter jovens com alta cultura digital e que se mobilizam”. É aí que residiu a verdadeira força de Castillo antes do segundo turno, em 6 de junho: nas massivas ações de rua e digitais que acontecem na última semana da campanha sob os slogans #KeikoNoVa ou # FujimoriNuncaMas.

O caso de Castillo mostra claramente a importância de lembrar que, como afirma Eduardo Mansilla Villanueva, as redes sociais são, antes de tudo, redes. Ou seja, elas não são simplesmente mídias sociais (como alguns as chamam), mas fundamentalmente padrões de interação moldados por padrões comuns de sociabilidade. E, nesse sentido, para um grande número de segmentos sociodemográficos (no Peru e em muitos outros países), a forma de expressão e conexão que o Facebook privilegia, bem como a penetração que proporciona, tem a capacidade de oferecer ainda um amostra muito maior, processos significativos que se aninham dentro do grupo constituinte do que os dados mais abertos e facilmente obtidos no Twitter.

O monitoramento de comunidades no Facebook (especialmente restrito devido ao Regulamento Geral de Proteção de Dados e o escândalo Cambridge Analytica), bem como a investigação de conversas no WhatsApp (muito difícil devido à sua obscuridade e privacidade), podem ser, apesar de sua complexidade, tão ou mais útil para entender o que está acontecendo em grandes segmentos da opinião pública do que a análise cada vez mais difundida dos dados do Twitter.

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]