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Panier, viande, poulain, pommade… Bien des termes que nous utilisons aujourd’hui avaient jadis une tout autre signification. Pourquoi ne l’ont-ils pas gardée ?
Écrit par Michel Feltin-Palas
Avouez-le. Vous pestez régulièrement contre votre neveu lorsqu’il emploie un mot dans un sens « fautif ». « Conséquent », par exemple, au lieu d' »important ». Ou « trop » à la place de « très ». Alors un conseil : arrêtez de lui adresser des remarques dans ce domaine car si, par manque de chance (pour vous), il suit plus tard des études de linguistique, il vous expliquera que tout le monde fait pareil depuis la nuit des temps, vous compris. Et il aura raison.
Par exemple, il m’étonnerait que vous ne partiez pas faire le marché avec votre panier alors que, stricto sensu, celui-ci ne servait au départ qu’à transporter du pain… Le cas est loin d’être isolé. « Il arrive en effet souvent que nous ne connaissions qu’une seule des acceptions d’un mot que nos ancêtres utilisaient ou que nous utilisions ce mot avec sens différent », souligne le linguiste André Thibault en citant cet autre exemple : »Saoul voulait dire autrefois « rassasié, repu » (appliqué à quoi que ce soit, c’est-à-dire autant à de la nour­ri­ture qu’à une boisson quelconque ou à une boisson alcoolisée) ; à force de l’entendre surtout en référence à l’alcool, on a fini par interpréter ce mot comme signifiant uniquement « ivre » » .
C’est ainsi : au fil du temps, de nombreux termes changent de sens. Il suffit pour le constater de plonger dans un livre écrit voilà quelques siècles. Chez Molière, par exemple, tout à l’heure signifie « immédiatement » ; bailler veut dire « donner » et la fortune correspond au sort, propice ou funeste, comme le souligne le linguiste Jean Pruvost dans un ouvrage que j’ai déjà chroniqué et que je recommande vivement (1).
Les linguistes se sont efforcés de classer ces évolutions en plusieurs catégories.
· Les restrictions de sens. Comme saoul, bien des termes ont vu leur emploi se spécialiser. Viande, comme son nom l’indique, désignait originellement tous les aliments servant à entretenir la vie. Traire signifiait « tirer » de manière générale, avant qu’il ne finisse par désigner uniquement l’extraction du lait des animaux domestiques. Conformément au latin pullus (« jeune animal »)poulain s’employait pour les petits de tous les animaux, et pas seulement pour celui du cheval (poulet a d’ailleurs la même origine). Le verbe trépasser ne fait plus aujourd’hui référence qu’à la mort alors qu’il signifiait simplement « aller au-delà ». Quant à accident, il a longtemps eu le sens d' »événement », heureux ou malheureux, avant de n’être utilisé que dans les circonstances néfastes.
· Les extensions de sens. À l’exemple de panier, d’autres termes ont vu inversement leur emploi s’élargir. La pommade n’était au départ qu’une pulpe de pomme ; un épicier ne vendait que des épices ; on arrivait exclusivement sur une rive tandis qu’un boucher tuait uniquement les boucs…
· Les affaiblissements de sens. Certains mots n’ont pas vraiment changé de signification, mais ont perdu leur intensité initiale. À l’origine, un ravissement était un enlèvement au ciel. Charmer était l’équivalent de ensorceler (d’où l’expression jeter un charme). Être étonné signifiait que l’on semblait avoir été frappé d’un coup de tonnerre. Gâter avait la force de dévaster. L’inquiétude désignait une forte agitation ; le déplaisir, une profonde douleur ; l’ennui, un chagrin violent… Formidable signifiait « qui inspire la crainte » et terrible renvoyait à la terreur.
· Les mots qui ont acquis une connotation péjorative. L’expression art nègre en témoigne : originellement, cet adjectif n’avait pas une valeur péjorative. C’est à force d’être utilisé dans les discours racistes qu’il a fini par l’acquérir. C’est d’ailleurs aujourd’hui au tour du mot noir de subir le même sort, si bien que certains préfèrent recourir à la formule personne de couleur ou à l’anglicisme black.
· L’influence des langues étrangères. Précisément, une partie de notre lexique subit l’influence de l’anglais. Ainsi, réaliser est souvent utilisé pour « se rendre compte » alors qu’il signifie théoriquement « faire, élaborer ». Supporter prend la place de « soutenir » alors que ses sens premiers étaient « recevoir le poids », « endurer », « tolérer ».
· Les évolutions technologiques. Une invention donne souvent naissance à un nouveau mot, mais, parfois, on se contente de recycler un objet proche qui lui ressemble. La voiture était un mode de transport tiré par des chevaux ? Elle désigne aujourd’hui une automobile bénéficiant de la force d’un moteur.
· Les inversions de sens. De manière plus surprenante, quelques termes signifient aujourd’hui le contraire de ce qu’ils voulaient dire primitivement. Une personne énervée était celle qui avait subi une énervation et était donc dénuée de nerfs ? L’adjectif s’applique aujourd’hui à celle qui se trouve dans un état de nervosité inhabituel. Du temps où l’Espagne était occupée par les Arabes, les laquais étaient de hauts fonctionnaires. Ce n’est qu’à la suite de la Reconquista qu’ils ont été ravalés au rang de « valets d’armée », puis de « valets » tout court, et c’est ce sens qui s’est imposé en français, comme le souligne Henriette Walter (2). Autre exemple frappant avec rien – issu du latin rem, c’est-à-dire « chose ». À force d’être utilisé dans des formules négatives, pour renforcer ne, ce nom signifiant « chose » a fini par être senti comme un pronom signifiant « aucune chose » !
· Les erreurs. Terminons cette liste par la catégorie qui m’amuse le plus : les bévues. Celles-ci peuvent provenir d’une fausse étymologie, comme je l’ai déjà évoqué dans une lettre précédente. Souffreteux, par exemple, se rapportait à l’origine aux indigents, considérés comme des personnes en rupture avec la société, conformément à son origine latine suffringere, « rompre par le bas ». Mais sa ressemblance avec souffrir l’a conduit peu à peu à désigner un individu de santé fragile… Même attraction fatale pour rustre sur fruste alors que ces deux termes n’ont pourtant rien à voir. Frustum en latin, voulait dire « mis en morceaux » alors qu’un rustre est un homme grossier et brutal. Mais voilà : à l’oreille, les deux mots se ressemblent et fruste a fini par signifier « rude, inculte, lourdaud, primitif ».
Comme quoi, même les dictionnaires recèlent leur lot d’injustices…
(1) Jean Pruvost, Les secrets des mots, La librairie Vuibert

 

 

[Source : http://www.lexpress.fr]

Hay montones de heridos, de detenidos, de desaparecidos, aun sin poder cuantificar. El estallido fue tan inesperado y tan masivo que los cubanos no sabemos cuántos participamos y cuántos de esos ahora nos faltan.

Escrito por Abraham Jiménez Enoa

En la calle Galiano, en Centro Habana, había un hombre doblado con el torso hacia adelante. Le corrían gruesas gotas de sudor por la cara, que al llegar a la mejilla se mezclaban con la sangre de su boca, reventada por un costado, y se estrellaban una detrás de otra contra el pavimento. Al hombre golpeado lo sostenía de la mano un niño de unos diez años, que le quitó la mascarilla sucia del rostro y la tiró al piso. Él se sacó la camiseta gris que llevaba puesta y se la amarró a la cara, como un motorista, tapándose nariz y boca para protegerse de la Covid-19. Se percató de que lo miraba a unos metros de distancia y me dijo, señalando al niño: “Lo traje aquí para que después en su escuela no le cambien la historia”.

Al mismo tiempo, decenas de personas caminaban hacia la calle Galiano, empuñando palos y banderas cubanas o pancartas con el rostro de Fidel Castro. “Váyanse, gusanos, abajo la gusanera, esta calle es de Fidel”, nos gritaban descontrolados, con una mirada desafiante, poseída. En un parpadeo perdí al hombre y al niño. No los volví a ver. Con el grupo de gente llegaron también policías con bastones, tropas antimotines con pastores alemanes sin bozal, que ladraban con fiereza entre agentes de la seguridad del Estado, armados, pero vestidos de civil.

Un par de horas antes, el presidente Miguel Díaz-Canel dijo en un comunicado gubernamental que se transmitió por todas las emisoras de radio, canales de televisión y redes sociales de los periódicos del país: “Convocamos a todos los revolucionarios a salir a las calles a defender la Revolución en todos los lugares. No vamos a entregar la soberanía, ni la independencia de esta nación. Tienen que pasar por encima de nuestro cadáver si quieren tumbar la Revolución”. El sucesor de los hermanos Castro, hacía con sus palabras un llamado a la violencia, a un enfrentamiento civil entre cubanos, entre los partidarios del régimen y sus contrarios. Y eso fue lo que sucedió en al menos 50 puntos de la isla.

Las primeras protestas sucedieron en San Antonio de los Baños, Artemisa, y en Palma Soriano, en Santiago de Cuba. Dos zonas rurales del país, dos zonas pobres, donde los residentes llevan más de una semana con apagones diarios que pueden durar hasta doce horas en un solo día. Esa fue, quizás, la gota que colmó la copa, antes de extenderse al resto de las provincias. Han pasado ya muchos meses desde que los mercados, agros y tiendas en Cuba son auténticos cementerios. En las farmacias no hay medicinas ni condones, y pese a la producción de vacunas contra el coronavirus, el sistema de salud está colapsado por el incremento de casos que se están reportando, alrededor de siete mil por día. En los dos puntos donde todo comenzó y en los que se fueron sumando más adelante, la gente no pide más que “libertad”, “comida”, “medicamentos”. Le grita al castrismo: “Váyanse y déjennos vivir”.

Déjennos en paz por primera vez en sesenta y dos años, ya fue demasiado tiempo aguantando.

En los videos que los manifestantes publicaron en las redes sociales, se veían calles atestadas de gente indignada, gritando: “Ya no tenemos miedo, abajo la dictadura”. Esas primeras imágenes contagiaron a la nación y la sublevación se extendió como un campo minado que va estallando poco a poco.

Cincuenta puntos a lo largo de la isla, uno lo dice y no lo cree. En las últimas seis décadas el pueblo se ha levantado para protestar contra el castrismo en muy contadas ocasiones, los dedos de las manos sobran. Pero este 11 de julio, Cuba volvió a pertenecer a Latinoamérica, donde los estallidos sociales son el deporte regional. Han pasado sesenta y dos años desde que los Castro nos desconectaron del mundo y del resto de los latinos para convertirnos en una aldea de otra galaxia. Pero el internet nos devolvió a la Tierra y hoy nos tiene peleando con los dientes apretados por todo lo que hemos perdido. Me encanta decir que de tanto perder, de tanto que nos han quitado, o más bien robado, hasta sin miedo nos dejaron.

Las protestas eran pacificas: ciudadanos pidiéndole al gobierno que deje de vivir en su mundo paralelo y escuche al pueblo, que se está muriendo porque carece de lo básico. Pero el régimen cubano no entiende, su único idioma es el de la confrontación y no hay cabida en él para quienes le señalan con el dedo lo que ha hecho mal. A esos los reprime, los encarcela, los saca del camino. Solo les da la palabra a quienes están dispuestos a seguir subordinados.

Entonces, este domingo, como era de esperar, mandó a las calles como perros de presa a las fuerzas represivas. Y lo que se hubiera quedado en protestas pacíficas se transformó en enfrentamientos populares. Patrullas volcadas, tiendas abatidas a pedradas, ciudadanos que comenzaron a defenderse de los golpes para seguir avanzando. Hay escenas grabadas que parecen haber ocurrido en cualquier otro sitio, pero no en Cuba. Escenas cargadas de hartazgo: ancianos golpeando cazuelas con las manos, jóvenes mirando a los ojos a militares con armas de largo alcance, hombres lanzando piedras a policías que respondían con fuego.

Hay montones de heridos, de detenidos, de desaparecidos, aun sin poder cuantificar. El estallido fue tan inesperado y tan masivo que los cubanos no sabemos cuántos participamos y cuántos de esos ahora nos faltan, porque están tras las rejas o quién sabe dónde. Las listas de los ausentes se han empezado a confeccionar, yo conozco a mucha gente que hoy no aparece. Los familiares de esas personas se han presentado en las unidades policiales para exigir la liberación de los presos políticos, pero el régimen ha declarado que no será así, al menos no por ahora.

Nadie sabe qué pueda ocurrir, pero estoy seguro de que si el régimen persiste en su idea de encarcelar a quienes se manifiesten eso provocará un estallido aún mayor.

Las calles del país permanecen militarizadas. Las tropas especiales recorren las ciudades como si fueran autos clásicos. Las protestas han mermado, pero sigue el descontento y los levantamientos sociales en varios puntos del país, mientras los medios de comunicación del gobierno insisten en ocultar lo que está ocurriendo realmente. El gobierno, en palabras de Diaz-Canel, ha dicho que el domingo 11 de julio fue otra “jornada histórica de la Revolución”, “otra victoria”, y que la isla está en paz. Pero no hay nada más dañino para las dictaduras, que la ingenua intención de seguir ignorando lo que les rodea.

 

[Fuente: http://www.gatopardo.com]

Somos muchos los que lo pensamos, pero pocos los que lo decimos. Dentro del mundo del vino hay muchas cosas que no se entienden y que, hoy en día, el exceso de información no te ayuda demasiado a saber que es o no verdad.

Escrito por JAVIER CAMPO

Por ejemplo ¿Qué es mejor: mencionar en la etiqueta que el vino es crianza porque tiene un determinado número de meses en barrica o el tiempo que pasa en barrica sin ponerle un apellido en concreto? Se supone que el vino si está bueno lo está y si no, pues no. Pero hay quien, si no pone la palabra mágica en la etiqueta y en su lugar pone diez meses, ya no le parece tan bueno, aunque no lo haya probado, porque, no es crianza.

Otra de las cosas flipantes es hacer una película sobre vinos y en el rodaje utilizar una basura de copas. ¿Alguien ha visto El Sumiller en Netflix? ¿o Entre Copas? ¿o Un Buen Año? ¿en serio, no pueden contratar a alguien que les diga cómo son las copas que se usan de « verdad » en el mundo del vino? Lo lamentable es que en otras películas que no son de vino aún es peor, y entonces, vuelves a la vida real y te das cuenta de que… es igual.

Y se sigue llamando caldo al vino. Y esto no es nuevo y aunque no lo crean algunos de nuestros lectores, más de uno hemos escrito a la RAE para explicarles que por mucho que sepan de letras y sigan erre que erre, el caldo es caldo y el vino es vino. Deberíais ver que contestan desde la UNIDRAE.

¿Os ha pasado que buscáis la diferencia entre rosado y clarete y encontráis cosas un tanto solapadas o incluso incongruentes? Pues haced la prueba y veréis que no sabes por dónde tirar, incluyendo textos « legales » y por supuesto dejando aparte a los periodistas que no tienen ni idea de vino y escriben los que se le viene a la cabeza. O no. Escriben lo que leen en internet, pero sin contrastar.

¿Cómo es posible que depende de quién escriba sobre las cualidades del vino pueda ser muy dañino o beneficioso para la salud? ¿en qué quedamos? Pues no quedamos en nada. Cada uno que lea lo que quiera y que experimente en su propio cuerpo. Luego que nos lo cuente, por favor.

He dejado para el final los foros. Por supuesto que hay comentarios inteligentes y aportaciones muy interesantes, pero hay verdaderas barrabasadas que suelen ir acompañadas de exabruptos y contestaciones punzantes para entrar en polémica que, por otro lado, es lo que buscan muchos, ya que, si no fuese por eso, pues, no tendrían su minuto de gloria y notoriedad.

Y ¿me juego a que alguien de los últimos me diga algo? Pues es probable, pero, por favor, dejadme en el anonimato y que este escrito no tenga relevancia.

Javier Campo es sumiller y escritor de vinos

 

[Fuente: http://www.vinetur.com]

La inteligencia artificial se ha hecho vegana: los sabores se combinan según lo que dicta un algoritmo. ¿Comer carne pero no animales es el futuro inmediato?

 

Escrito por Soledad Barruti

-No te preocupes por mi comida, mamá, ya pedí Rappi.

El asunto empezó a los pocos días de declararse el confinamiento preventivo y obligatorio por Covid 19 mientras mi hijo empezaba a transitar su último año de escuela secundaria. Primero fue una propuesta tímida y espaciada. No sabría decir cuándo se instaló como norma, pero en algún momento de la cuarentena cada dos o tres días tocaba el timbre de casa algún chico en bicicleta cargando el mochilón térmico de donde salía una bolsita de papel madera manchada de aceite.

En estos meses eternos de insomnio y clases por zoom, la comida de llegada rápida fue para Benjamín lo que para muchos: respiro, espacio de fuga, estímulo de dopamina para elevar los centros neurálgicos del placer que la pandemia aplastó. Mi hijo pidió en un año más de cien hamburguesas, y llegó así al promedio colectivo nacional (que aún sigue en franco crecimiento).

Dos medallones de carne de 150 gramos cheddar liquid, cuatro fetas de panceta, cebolla crispy, papas fritas, bol de barbacoa.

Dos medallones de carne de 250 gramos, dos fetas de panceta, dos fetas de cheddar, cebolla morada, pepinos agridulces, ketchup y mostaza, papas fritas.

Medallón 350 gramos, queso cheddar, fideos moñito, panceta crispy y papas.

Cuatro medallones, queso cheddar, pepinos, lechuga morada, pan brioche untado en manteca.

« Hamburguesas caseras », las define él, convencido como tantos de que hay un salto cuántico entre la comida de los locales McDonalds y la de bares donde la carne es amasada por un humano del otro lado del mostrador, los panes tienen gusto a pan y las lechugas no parecieran de plástico.

« Hamburguesas Gourmet », « de autor », « fast good » las celebran afamados cocineros que saben que la propuesta de carne molida, redonda pastilla, decorada con cosas y sellada entre dos panes, nunca fue una moda (y menos pasajera). Declaradas cancerígenas como el plutonio y el cigarrillo por la OMS en 2015, las hamburguesas son desde los años 50 punta de lanza de un sistema económico arrollador, puro símbolo y síntoma. Un modo de ser y de vincularse, un modo de desear y de pensar, una ideología que consumen y encarnan incluso quienes detestan las ideologías: un poderoso acto político y agrícola.

Las hamburguesas somos nosotros: comedores voraces de esa combinación perfecta de grasas (carne, quesos, panceta, papas, aderezos) con sal (que exprime las papilas gustativas exaltando los sabores) y azúcar (que se cuela de la carne dorada, de los caramelizados, del kétchup, de los panes). Una combinación que nos hace adictos y nos destruye. Somos comensales que engullen y digieren combos sin identidad que comandan la misma orden que reciben: inmediatez, homogeneización, ningún cuestionamiento, ni siquiera hoy que estamos a un tris del colapso colectivo.

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Una vaca pesa unos 500 kilos. Quitando su cuero, mucha de su grasa, sus órganos y huesos le quedan unos 150 kilos de carne para picar. Son entre cuatro mil y 600 hamburguesas, dependiendo si el productor es McDonalds o uno de esos nuevos generosos hamburgueseros que sirven medallones de 250 gramos. Se necesitan muchas vacasunas mil millones se engordan por año- para un antojo global carnista comandado por Estados Unidos, donde se comen 50 mil millones de hamburguesas al año. Un gusto mundial que, si dejamos, se espera crezca un 75 por ciento hasta 2050.

Pasando por alto la vida y muerte violenta de esos rumiantes, los daños colaterales de este gusto puntual incluyen selvas destruidas, bosques talados y humedales prendidos fuego para que crezca aquello que comerán las vacas: pastos o granos regados con venenos. Muchos gases de efecto invernadero: tantos que si las vacas conformaran un país serían el tercer emisor del mundo. Toneladas de agua potable: 15 mil litros por kilo de carne. Suelos desiertos. Plagas como esta que nos tiene encerrados, zoonosis que salen como maldición apocalíptica cuando la naturaleza queda rota y otros males provocados por el uso demencial de antibióticos que hace esa industria. Migraciones forzadas de comunidades enteras que no pueden vivir sin selva ni bosques ni agua ni suelos y se van ya enfermos a la periferia marginal que les depara la vida urbana. Un reguero de muerte con tantas plantas y animales en su haber que tiene un nombre que suena a estreno de Hollywood: La Sexta Extinción.

Un drama tan grave y cercano que pone en duda la posibilidad de salud y adultez de mi propio hijo. Pero él, adolescente, no está pensándolo de ese modo y menos en pandemia. Tampoco lo piensan muchos que han dejado de comer carne. Ni hacia ahí se orientan las fuerzas de la ciencia o de quienes tienen el poder que podría cambiarlo todo.

¿Un mundo sin hamburguesas? De eso nada.

De Bill Gates a Jeff Bezos, de Silicon Valley a Harvard, de la ONU a la organización animalista PETA, todos parecen estar trabajando por la misma misión: el futuro será con ellas o no será.

***

Entonces acá estoy, un martes a las 9 am dentro del corazón de un laboratorio. Voy vestida con tres trajes blancos de distintos grosores, superpuestos y cerrados para cubrir mi cuerpo completo hasta formar una capa hermética. Uso un barbijo n95 que me aprieta la cara como un bozal, anteojos de plástico que se empañan con el barbijo aunque la respiración es tan dificultosa que la visión es lo de menos. También un par de guantes de latex largos, una cofia que me sujeta el pelo y una escafandra de tela que cierra por encima. Mi imagen es una postal que parece tomada los primeros días de Covid en Wuhan.

Ponerme todo esto significó pasar por tres salas selladas al vacío con diferencia de presión para evitar la circulación de aire. Una fuerza que vuelve a las puertas pesadas y un poco también al cuerpo. Además, aprender movimientos precisos para pasar de una sala a la otra, colocarme cada mameluco en banquitos de transición y no tocar más que lo imprescindible. Dar un paso en falso, dejar un pelo suelto, un fragmento de piel sin tapar o una partícula que salga de mi cuerpo, podría ser fatal. No para mí ni para los dos científicos que me guían -la bióloga Laura Correa y el bioquímico Diego Dominici- sino para la carne en formación que ahora tengo enfrente: pequeños aros blanquecinos y gelatinosos flotando en un líquido violeta encerrados en una caja Petri (un recipiente de cristal que se usa en los laboratorios para preservar la esterilidad).

Lo que veo, me dicen, es el futuro próximo. Carne (casi) sin cuerpos ni talas ni matanza. Células que forman tejidos que pueden ser amasados entre sí y adicionados con cosas hasta volverse parecidos a la carne molida.

« Come carne no animales », decía un folleto en la mesa de entrada de este lugar llamado Craveri, un laboratorio al que llegué para intentar comprender de qué se trata esta propuesta más ¿provocativa? ¿ambiciosa? ¿delirante? de la ciencia para una humanidad que camina hacia el abismo pero no desea cambiar el menú.

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El laboratorio está en una calle tranquila del barrio de Caballito en la ciudad de Buenos Aires, y desde hace 25 años se dedica a la ingeniería de tejidos: cultivos in vitro para tratar enfermedades humanas. Si necesitas un trasplante de epitelio corneal, cartílago o piel, aquí es donde pueden tomar una muestra y fabricar el pedacito que falta. Y en poco tiempo, si todo va bien, puede que sea acá también a donde vengan a abastecerse de carne los locales de hamburguesas.

Laura Correa es bióloga y dirige el área de bioingeniería del laboratorio que ahora, centrado en este proyecto, tiene por nombre BIFE. Una mujer de 43 años vegetariana desde los 15, locuaz y simpática. Diego Dominici, su compañero de equipo, es dos años menor, tampoco come carne porque no come nada que no se animaría a obtener por sus propios medios y está convencido de que para salir del atolladero apocalíptico hay que activar la imaginación, aventurarse. Laura, Diego y un pequeño equipo que no llega a ocho personas comparten desde hace cinco años el mismo trip: este universo intenso de la carne cultivada; y esta sala de aire inmaculado sin ventanas ni olor, con luces blancas, una pequeña mesada, microscopios, dos heladeras y dos máquinas para reproducir las condiciones que necesitan las células para formar un músculo. O sea, un lugar ocupado por máquinas que reemplazan a un cuerpo: el de un novillo vivo del cual extrajeron las muestras.

-Las biopsias se hacen en un campo ganadero en Tandil (provincia de Buenos Aires) -dice Diego acercándome un tubo de ensayo con un cubo de carne oscura adentro-.

-¿Cómo se extraen?

-Utilizamos un novillito para el que todo esto es muy poco traumático. Se lo seda para poder tumbarlo y en una escisión muy chiquita los veterinarios sacan la muestra, lo suturan, y él sigue con su vida normal.

-¿Lo puedo ver?

-Claro -dice y abre un cuaderno de notas escritas a mano, una especie de diario del proyecto, y tres fotos del novillo en cuestión-.

Es un animal negro, « macho castrado raza cruza Aberdeen Angus de un año ». Se lo ve parado y sostenido con una soga, después tumbado y medio tieso, con cuatro campos quirúrgicos marcados sobre el lomo. De ahí se tomarán las muestras: pedazos de animal « del tamaño de un caramelo Halls », dice Diego.

-Esta muestra que sacaron acá es un poco más grande. Con la mitad de esto podríamos arreglarnos, dice volviendo al tubo y pienso en los veterinarios aprendiendo a elegir a un animal sano que no va a ir al matadero para cortarle cachitos que terminarán reproduciendo carne.

En cada biopsia, Diego busca extraer las células, ubicarlas en una estructura determinada, nutrirlas y guiarlas para que sigan haciendo lo que creen que están haciendo: reparar una lesión en el cuerpo del que eran parte. Así las células trabajan en las placas Petri como si estuvieran cerrando una herida: se multiplican, se agrupan, se dividen, dibujan líneas, arman fibras y de repente, voilá: carne.

Suena sencillo, no lo es.

Las células son frágiles y demandantes. Se reproducen rápido pero no tan rápido como una bacteria, por eso toda la instalación estéril de este laboratorio que, entre otras cosas, cuesta millones. Una vez aisladas, son alojadas en un biorreactor; una caja de metal que ofrece las condiciones de vida necesarias. « Acá siempre hay 37 grados, un porcentaje de dióxido de carbono de 5 por ciento y humedad saturada », dice Diego, y abre la puerta del sofisticado aparato de metal donde viven miles de células distribuidas en seis cajas Petri con forma de botella aplastada.

Las células no son visibles sin microscopio pero ahí están, sumergidas en el líquido rojo que las contiene y transporta. El alimento que les proporciona lo que un cuerpo animal necesita es sangre: Suero fetal bovino extraído en los frigoríficos cada vez que -se supone sin querer ni saber porqué se supone que está prohibido- en el establecimiento matan a una vaca preñada. Entonces extraen al feto « accidental » que deben chequear esté muerto y con una punción cardíaca extraen de ese cuerpo la sangre que puedan. Esa sangre es filtrada e industrializada con glucosa, proteínas, vitaminas, oligoelementos, hormonas y factores de crecimiento. El producto -suero fetal- se vende a más de cien dólares por litro para una cantidad enorme de propósitos: vacunas, reactivos, cosmética y ahora, también -círculo perfecto- la industria de la carne.

Aunque hay búsquedas para evitar el suero fetal bovino (« nuestra intención es comenzar a testear formulaciones que lo reemplacen », dice Laura) y otras para saltearse las biopsias a novillos castrados, las ofertas con las que la carne de cultivo seduce hoy no son tanto los ingredientes originales sino el tiempo y el espacio. Quitar a la carne de la naturaleza y pasarla a un laboratorio para su crecimiento artificial, aseguran quienes la promueven, dejaría a millones de animales en paz y permitiría devolverle el lugar a los bosques, contener el calentamiento global.

La clave está en la gracia natural de la biología: su persistencia. Las células sanas tienen la capacidad de dividirse exponencialmente hasta que envejecen y entonces dejan de reproducirse. La tarea de los científicos consiste en acompañarlas durante ese camino, guiarlas, nutrirlas y separarlas para que el proceso vuelva a empezar. Si la tecnología los acompaña, eso podría dar mucha carne.

-Seis mil hamburguesas a partir de una sola muestra -dice Diego abriendo sus grandes ojos negros como un chico ilusionado-.

-¿Tantas?

-Claro. Nosotros al conocimiento científico lo tenemos -se suma Laura con tal seguridad que convence-. Lo que nos falta es desarrollo tecnológico para llevarlo a cabo.

Más biorreactores. O sea más espacio y energía. Tanta energía que algunos estudios comparativos objetan que la carne de cultivo pueda significar menos emisión de gases de efecto invernadero. Y, finalmente, más dinero, lo que deviene en otro vicio de época: el patentamiento de técnicas y servicios y la privatización, en este caso de la carne, por un par de compañías en el mundo (tal vez incluso una sola). Una versión superior a la agricultura sin agricultores que piensa actualmente el agronegocio transgénico: un sistema alimentario cyborg.

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Pero lo cierto es que si bien ese otro mundo es posible, para que la carne cultivada descolle aún falta: las máquinas que tengo enfrente, solitas no pueden hacer más que un par de medallones. Ni estas ni las máquinas activas que existen hoy en todo el planeta. « Si se toma toda la capacidad biofarmacéutica del mundo trabajando al máximo, alcanzaría para alimentar solo a la Capital Federal de Argentina », dice Diego sin perder el brillo onírico, a pesar de que está diciendo tres millones de personas en un mundo que va a los nueve mil millones mañana.

***

La primera hamburguesa de carne cultivada fue anunciada en 2013 por el profesor de fisiología vascular Mark Post, de la universidad Maastricht, Holanda. Costó 300 mil dólares, fue cocinada por el chef Richard McGeown y probada por el investigador Josh Schonwald y la crítica Hanni Rützler. « Le falta jugo y grasa, pero la consistencia es perfecta. Sabe a carne », dijo Rützler. El evento fue celebrado por activistas reconocidos en el mundo del veganismo como Paul Shapiro, fundador de la organización Compasión antes que Matanza (Compassion over Killing), luego escribiría un libro en el cual presenta a la carne cultivada como la tan ansiada liberación animal. Clean Meat fue publicado en 2019 y prologado por otro vegano célebre, el historiador Iuval Harari.

Algunos años antes, en 2008, la organización animalista PETA ofrecía un millón de dólares a algún grupo científico que fuera capaz de desarrollar algo parecido a la carne cultivada. Hoy existen 40 investigaciones formales en curso con inversores como Sergey Brin, uno de los fundadores de Google; Richard Branson, CEO del conglomerado Virgin; y los gigantes de la carne Tyson Foods y Smithfields. Se realizan congresos anuales donde se han presentado ensayos con canguros, ratones y peces, porque todo lo que tenga células se puede cultivar. Hay carne hecha de células extraídas de plumas y de embriones. Hay también planes para desarrollar un cultivo madre que pueda durar por siempre a partir de células cancerosas que, al contrario de las células sanas, tienen la capacidad de inmortalizarse.

-Esas líneas de investigación que nos alejan cada vez más de lo animal son muy interesantes -dice Laura-. No para el mercado, pero sí, por ejemplo, para la exploración espacial donde no podrían ir con un animal vivo para tomar muestras, pero sí con un cultivo inmortalizado.

La escucho y, aunque entiendo las palabras, llego a un punto en el cual no puedo imaginar ese futuro ni tampoco dimensionar este presente rarísimo en el cual ya existe una carne cultivada que se puede comprar: pollo.

En diciembre de 2020 un restaurante en Singapur -el primer país en tomar el desarrollo como seguro y apto para el consumo humano- empezó a ofrecer nuggets salidos íntegramente de un laboratorio.

-¿Por qué siempre son elaborados?

-Porque desarrollar un bife es más complejo -explica Laura-. En las salchichas, los nuggets, las hamburguesas y los saborizantes tienen un efecto primordial. Por eso, como primera estrategia funcionan muy bien.

-¿Las comerían?, pregunto a los dos científicos.

-Yo creo que esa no es la pregunta -responde Diego-. La carne cultivada no se plantea como una alternativa para los que ya no estamos comiendo carne. Lo que busca es disminuirla entre quienes quieren seguirla comiendo. El cambio real es ese.

El investigador es consciente de que todavía existen muchos obstáculos a superar para que eso ocurra, pero también vive satisfecho porque en eso anda. Sus misiones primordiales ahora son encontrar sustitutos para la sangre y las estructuras que guíen a las células, desarrollar más tejidos. « La carne tiene tejido muscular, adiposo, conectivo, nervioso, vascular: todos aportan al sabor, la textura, la consistencia. Si queremos emular la carne tenemos que poder cultivar esos elementos, y lograr una buena receta que tiente comensales. »

-Este año todo se demoró por la pandemia, pero ya hice unas pruebas -dice Diego-. Fui a la cocina, le pedí al cocinero un poco de aceite y especias para ver cómo se comportaba: si se achicaba, si cambiaba el color, la consistencia…

-¿Y?

-No lo pude comer porque no te podés comer tu experimento, pero olía a rotisería.

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***

– ¿Comerías hamburguesas de carne cultivada?-, le pregunto a mi hijo.

– Si son ricas, why not.

– Por ahí te parece raro comer algo que crece en un laboratorio.

– No tengo ni idea dónde crece el queso cheddar.

Tiene razón. Hace rato que nadie sabe de dónde viene nada, hace rato que tampoco importa.

La industria explica sus creaciones con publicidad, el Estado autoriza y un tendal de expertos lo avala con intención o por omisión. Además, un buen combo de hamburguesas funciona para inhibir cualquier impulso de indagar: solo con pensar ese alimento se activan intensamente en el cerebro las zonas de recompensa que llevan del deseo al me gusta y del me gusta al quiero más. Una cascada de reacciones químicas tan reconfortantes como para volvernos dependientes. Al resto lo hace esta modernidad con sus animales que no valen nada, sus bosques fundidos, sus Rappi a granel: suprimiendo los obstáculos que van del quiero al puedo y formando a millones de paladares con grasa, azúcar y artificio, acostumbrándonos a placeres instantáneos a los que luego no resulta fácil renunciar.

En ese contexto surgen las propuestas que consisten en invertir cerebros y fortunas para desarrollar tecnologías que sirvan para cambiar el origen sin perder el objeto de deseo.

Mientras la idea de carne sin animales aún tiene que esperar y resolver algunos dilemas éticos, económicos y técnicos, la inteligencia artificial ya se ha hecho vegana. Lo demuestra cocinando medallones con ingredientes surgidos de plantas para Burger King y otros locales donde también compra mi hijo.

Según la consultora Nielsen, solo en Estados Unidos ese tipo de productos aumentó un 42 por ciento entre 2016 y 2019, mientras que las carnes apenas un 1 por ciento. En América Latina la moda comenzó tímida con leches de semillas, pero en los últimos dos años un promedio del 10 por ciento de la población de nuestros países se veganizó. Tanto se aceleró el proceso que en 2021 una compañía de alimentos chilena plant based cotizará en Wall Street: NotCo.

– Me gustaría que conocieras la experiencia porque una cosa es hablar y otra probarlas -me sugirió del otro lado del zoom Mauricio Alonso, el referente argentino de la transnacional chilena-. Un hombre de 39 años y hablar pausado que hace un mes fue padre por segunda vez y hace tres años dejaba su puesto de ejecutivo en Danone para aventurarse en esta empresa que lo ha hecho pensar como nunca en plantas, hasta hacerse un 95 por ciento vegetariano.

– ¿Decís que pida un menú por Rappi?, le pregunto y me enlista los restaurantes de Buenos Aires que venden sus hamburguesas.

Entonces decido hacer algo que no hago nunca: pedir sin preguntar ni investigar demasiado, sin leer la lista de ingredientes de lo que voy a comer.

-Vos sabés que a mí lo vegano no me gusta -me anticipó Benjamín, que ya está un poco acostumbrado a ser parte de mis experimentos y sus fracasos. Consensuamos: la suya será convencional y la mía la de carne vegetal, queso de almendras y mayonesa vegana con papas-.

Un chico agitado en bicicleta saca de su mochilón la bolsa de papel que trae las dos cajas adentro. Cerradas en papel aluminio y con las papas fritas incluidas, una hamburguesa es carne y la otra vegana, pero se ven iguales: rellenas, gigantes, deliciosas.

En esta parte debo contar que adoro comer carne. Me gustan todos los cortes y sobre todo las costillas bien jugosas. Las hamburguesas no son mi plato favorito pero me declaro no inmune a su poder de seducción: si las tengo enfrente se me hace agua la boca. Si desde hace un tiempo las evito igual que a los asados es porque tengo demasiada información. Vi los campos, estuve en los corrales, sentí el dolor de esos animales, olí el miedo y la mierda. Me gusta la carne pero ya no puedo comerla. ¿La propuesta de NotCo? Que la tecnología me dé lo que la naturaleza ya no puede.

Mi hamburguesa huele a carne tanto como la de Benjamín, aunque el aspecto de la mía es distinto: más entera, más naranja, más sólida. Le pido que pruebe primero la vegana. Le da un mordisco gigante, enseguida otro más y finalmente su veredicto: « Mirá, prefiero la de carne, pero si me invitás a comer a un restaurante vegano y me das esto, le entro feliz ».

Pruebo yo. Es tierna y consistente como la carne; tiene el efecto parrilla y la grasa y el jugo de una hamburguesa complejizada por los aderezos, el pan, el queso que sobresale, esa combinación imbatible agridulce con grasa.

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Agua, proteína texturizada de arveja, aceite de coco, aceite de girasol alto oleico, fibra de bambú, proteína aislada de arveja, sal, proteína aislada de arroz, cacao alcalino en polvo, proteína aislada de chía, espinaca en polvo, aromatizantes, metilcelulosa, colorante rojo remolacha; aceite de girasol, agua, almidón, vinagre, azúcar, sal, harina de garbanzo, jugo de limón concentrado, mostaza, ajo en polvo, pimienta blanca, aromatizantes naturales, goma xantana, ácido cítrico y etileno diamina tetra acetato. Veintinueve ingredientes sin contar los del pan, el queso de almendras y las papas fritas que acompañan, ingredientes que desconozco porque lamentablemente los locales de comida no incluyen lista de ingredientes.

Mi hamburguesa ultraprocesada sin carne y mayonesa ultraprocesada sin huevos son un tetris de sustancias derivadas de plantas, de la matriz principal a cada uno de sus aditivos. (Salvo el muy polémico antioxidante etileno diamina tetra acetato que agregan a la mayonesa y se obtiene por síntesis del formaldehído, etilendiamina y el cianuro de sodio; una sustancia que debería incluir lista de contraindicaciones al menos para niños o embarazadas). Productos que jamás podría replicar en mi cocina ni sé bien qué efecto tienen en mi organismo porque ningún alimento puede compararse con alguna de sus partes aisladas. Quien las diseñó fue Giuseppe: un algoritmo que debe su nombre a Giuseppe Arcimboldo, el pintor milanés que creaba rostros ensamblando plantas y frutas.

Giuseppe el algoritmo tiene un archivo de cientos de plantas que analiza no según sus cualidades culinarias sino molecularmente, buscando aquellas sustancias que puedan emular las texturas, aromas, colores y sabores de la carne (o de la mayonesa, o de la leche, o del pescado). Decodifica arvejas, repollo, chía, pero lo que obtiene no son necesariamente alimentos sino más bien estímulos que combinados entre sí pueden actuar sobre nuestra percepción con la eficacia de convencernos de que comemos algo que en realidad no es.

« La comida son adn, arn, carbohidratos, proteínas, grasas. Entre especies hay más similitudes que diferencias, pero lo que da la diferencia y hace a la identidad del alimento es el desafío a romper: se busca que el cerebro ante la sustitución no note las diferencias », dice uno de sus creadores, Pablo Zamora, en un capítulo de la serie digital La Era IA, producido por Google y conducida por Robert Downey Jr.

La primera empresa en mostrar esto fue Impossible Foods, que se metió a explorar carne hasta que descubrió heme, la molécula que le da sabor. Una molécula que curiosamente no es exclusiva de la carne sino que se encuentra en todas las criaturas del planeta. Con ese descubrimiento lanzó en 2011 la primera de estas creaciones, Impossible Burguer. Un medallón ultraprocesado que sangra soja, leghemoglobina de soja transgénica y otros 20 ingredientes amasados en un laboratorio.

NotCo llegó unos años más tarde de la mano de tres muchachos chilenos de veintipico de años que estudiaban en algunas de las universidades más famosas de Estados Unidos (Berkeley, Stanford y Harvard). Pablo Zamora, Matías Muchnik y Karim Pichara; un genetista, un experto en finanzas y un ingeniero. « ¿Cómo puede ser que entre tantos avances que hay en exploración espacial nuestra comida siga siendo igual? », se preguntaban mientras soñaban con su startup -emprendimiento prometedor y tecnológico- al cual no tardó en llegarle la inversión: 30 millones de dólares de Jeff Bezos, el fundador del gigante mundial Amazon.

« Yo jamás me había planteado estas cosas pero tienen todo el sentido: alimentar una vaca dos años para matarla y comerla es un absurdo y un gastadero », me dice Mauricio, el argentino de NotCo del otro lado del zoom. « El futuro está acá », dice también mientras me explica que la misión de Not Co es crecer, posicionarse y enseñar.

« El 92 por ciento de quienes consumen nuestros productos no son veganos ni vegetarianos », dicen también en NotCo mientras caminan por la puerta grande que abren junto a compañías como Sweet Earth de Nestlé o Pure Farm Land del productor de carnes Smithfields. Porque la industria Plant Based, como les gusta llamarse, no viene a dar una batalla de opuestos con la industria carnica sino a sumarse: usar sus inversiones, plantas procesadoras, canales de distribución, góndolas y restaurantes.

« Venimos a cambiar a la industria desde adentro », resume Mauricio.

Una apuesta que aún no fue probada. De hecho, cuanto más grandes se vuelven estas marcas más propensas se muestran a hacer lo contrario: cambiar sus principios para encajar en ese mercado de gigantes. Impossible Burguer comenzó utilizando fuentes de producción orgánica y unos años más tarde se volvía promotor de los organismos genéticamente modificados porque dicen: « Necesitamos reemplazar 10, 12 libras de productos animales para lograr nuestra misión. 10 libras no salvarán al mundo. Ser una empresa alimentaria de éxito no es suficiente. Incluso ser la empresa de alimentos más exitosa de la historia no es suficiente. Necesitamos crecer exponencialmente, duplicando la escala cada año durante los próximos 15 años. Eso significa no solo aumentar la escala de nuestro impacto y nuestro negocio todos los años, sino escalar cada vez más rápido cada año. Lo que se siente grande ahora, en 5 años o incluso en 10 años, se verá diminuto » .

Producir mucho de una sola cosa  -vacas, soja, o arvejas- y ultraprocesarlas lleva inevitablemente a forzar a la naturaleza que son animales, son plantas, somos nosotros. Todos los problemas que nos acorralan surgen de ese paradigma de simplificar, homogeneizar e industrializar el campo y la alimentación: los monocultivos tóxicos, las granjas-fábrica, el cambio climático, el empobrecimiento rural y el hacinamiento urbano. Y finalmente el boom de cosas comestibles hechas siempre de lo mismo y maquilladas para que se vean distinto, los « alimentos » que nos enferman.

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Esta es una historia larguísima aún con final abierto y algunas ideas sueltas, pienso mientras pongo al horno un par de medallones de garbanzo que me regalaron unos amigos. Ellos aprovecharon la crisis pandémica para armar Sazón Comiditas Veganas, un emprendimiento de hamburguesas de legumbres preparadas con ingredientes agroecológicos comprados a productores familiares. Aunque no tiene nada que ver con una experiencia hamburguesa, son deliciosas y seguramente me caerán mejor que la que comí anoche. Además podré compartirla con mi hija de casi tres años que aún no probó ningún comestible ultraprocesado y entonces es una niña que disfruta de la comida con un placer sin dilemas, honesto, simple y concreto. 

¿Qué es comer? ¿Qué función cumple ese acto más allá de la nutrición y del sabor que nos lleva de las narices?  

Comer es conectar y vincularse con un territorio, sus plantas, sus animales, las personas, su historia. Una historia que puede ser de crueldad y extinción masiva con mataderos o experimentos millonarios, o puede ser algo muy distinto: una historia de reconexión y de amor. 

Cuando empezaba la pandemia entrevisté a la científica y líder ambiental Vandana Shiva: Hablamos del mundo por venir, de la necesidad de reparación, de cómo eso puede darse. Hablamos también de estas hamburguesas imposibles.  

Imposible Burger -me dijo Vandana Shiva- es una hamburguesa artificial creada en un laboratorio mediante plantas salidas de monocultivos tóxicos, o sea, tratadas con violencia, que para su producción violentan campesinos, mariposas y abejas, y animales que por supuesto ya no viven en torno a esos cultivos. Esa hamburguesa de soja que parece carne sangrienta es una mentira. Y hay algo que se llama verdad: no se puede pregonar una idea de alimentación no violenta partiendo de esos alimentos, de esa relación mentirosa con la tierra y con el propio cuerpo. Tal vez quien come esas invenciones crea que llegó a algo mejor pero solo porque permanece ciega a todo el horror que decidió no ver. Y así comiendo la hamburguesa, como un adicto a la heroína, será llevado por este sistema hacia otro nivel más oscuro y difícil del que salir, con un costo altísimo para la tierra en su totalidad y para sí mismo”. 

Estamos al borde de la extinción masiva por la imposición de un sabor absoluto  -llamémoslo hamburguesas, o mejor llamémoslo capitalismo- que no puede convivir con otros. Al mundo se lo quedan y comen una y otra vez los mismos: el agronegocio de vacas y soja, el de Bill Gates y Jeff Bezos, el de los laboratorios a donde quienes tienen el conocimiento para cultivar la tierra, guardar semillas, o cocinar con comida de verdad solo pueden entrar como personal de limpieza.  

Pocas cosas resultan más fascinantes que esta misión llamada futuro. Sin embargo hasta ahora ha resultado en costosas apuestas que, en su mejor versión, la evidencia proyecta como paliativos temporales para un planeta que está hecho añicos. Alternativas tan fantasiosas como creer que nuestra civilización puede seguir siendo parte de esta destructiva bacanal carnista y que haya futuro. Comamos sobre todo plantas pero diversas, frescas, cosechadas y elaboradas por personas con las culturas alimentarias como guía. Ese plan, sostenido por millones de agricultores desde hace diez mil años, es descartado por poco sofisticado por un poder enamorado de Silicon Valley. Sin embargo es el que sigue sosteniendo lo mejor de nuestro sistema alimentario: su biodiversidad, sus sabores reales y esa conexión con la naturaleza que necesitamos recuperar antes de que sea demasiado tarde.

Esta investigación es parte del especial Carne publicado en Bocado.lat

 

[Fuente: http://www.revistaanfibia.com]

La elección de una activista mapuche Elisa Loncon como presidenta de la Convención Constitucional da cuenta de los cambios sociales que atraviesa Chile. A la marea feminista se suma el uso de la bandera mapuche como símbolo de resistencia más allá de las poblaciones indígenas.

Escrito por Noam Titelman*

En octubre de 2019, Chile vivió un inédito estallido social que llevó a millones a la calle. El movimiento social que nació en esas manifestaciones no tenía un programa único, voceros ni organización nacional. Sin embargo, a lo largo y ancho del país, algunas cosas se repetían. Primero, no había banderas partidarias. No podía ser de otro modo, pues el movimiento reflejaba un fuerte rechazo a la institucionalidad política de los últimos 30 años, que se expresaba sobre todo en un sentimiento antipartidos. Segundo, abundaban íconos que hacían referencias a las mareas feministas, incluido el pañuelo verde, símbolo de la lucha por la despenalización del aborto.

Por último, dos banderas ocupaban un rol protagónico en las protestas: la bandera chilena en blanco y negro, y la bandera mapuche. No en vano, varios declaraban que el estallido social había hermanado las demandas históricas del pueblo mapuche con la diversidad de malestares que aquejaban a la sociedad chilena en su conjunto. Demandas vinculadas a mejoras en el sistema de pensiones, la educación y la salud, o las luchas feministas o regionales encontraron en la bandera mapuche un símbolo potente de la incapacidad de la política para responder al nuevo Chile que estaba emergiendo.

En noviembre de 2019, en un intento de canalizar institucionalmente el descontento, un acuerdo transversal de la política chilena acordó iniciar un proceso constituyente. Se decidió también que este estuviera a cargo de una convención constitucional. Un órgano que, a diferencia del Congreso, tuviera reglas de paridad de género, facilitara la incorporación de candidaturas independientes y, por cierto, tuviera cupos reservados para pueblos originarios. El pasado domingo 4 de julio, marcado por la pandemia que obligaba a mantener protocolos de distancia social y uso de mascarillas, se conformó la Convención. En su primer acto oficial, el cónclave eligió a su presidencia. La persona electa para el cargo fue la académica mapuche Elisa Loncon, quien contó con una holgada cantidad de votos de diferentes fuerzas políticas. Justamente, Loncon fue una de las que participaron en la creación de la bandera mapuche a comienzos de la década de 1990.

Como explica el historiador Fernando Pairrican, la bandera Wenüfoye nació en un esfuerzo colectivo, en octubre de 1992, y desde que apareció fue reprimida. El movimiento mapuche generó este emblema como símbolo de sus demandas por derechos fundamentales y de autodeterminación. Los gobiernos de la Concertación de la época enfrentaron los intentos de recuperación de tierras, las marchas civiles y a la Wenüfoye como una amenaza terrorista, aplicando leyes de excepción como la Ley de Seguridad Interior del Estado. Como explica Pairrican: «La Wenüfoye representó un paso en el proceso de descolonización ideológica. Acompañada de ellas vendrían la reconstrucción política de la nación mapuche, que posicionó a sus autoridades tradicionales como las conductoras del proceso de Liberación Nacional».

Según el censo de 2017, los pueblos originarios representan un segmento importante de la población chilena, con 12,8% que se autoidentifica en este grupo (aproximadamente 2.185.792 de personas). Lo que hace particularmente compleja la relación del Estado chileno con el pueblo mapuche, que cuenta con más de 1.700.000 personas, es que, a diferencia con lo ocurrido con otros pueblos, su dominación no fue en la era colonial sino que su conquista fue obra del Estado chileno independiente. Este anexó sus territorios en el Wallmapu a mediados del siglo XIX. Asimismo, a lo largo de la historia de Chile, pertenecer a un pueblo originario y, en particular, mapuche, ha estado asociado una serie de marginaciones y exclusiones.

Así, mientras que en la población no indígena la pobreza multidimensional alcanza 20,9%, en la población indígena este llega a 30,8%, según datos del Banco Interamericano de Desarrollo. Más aún, las clases altas chilenas se han visto marcadas por su ascendencia predominantemente blanca, mientras que los individuos de ascendencia indígena se han encontrado sistemáticamente marginados de las profesiones más prestigiosas y mejor remuneradas. Esto se refleja en que los apellidos más frecuentes entre médicos, abogados e ingenieros son de ascendencia castellana, vasca, inglesa, francesa, italiana y alemana, y los indígenas son escasos o marginales.

La historia de este fenómeno de exclusión es larga y compleja. Como explica Pablo Marimán en su artículo «Los mapuche antes de la conquista militar chileno-argentina» (2019), al menos una parte de esta diferencia socioeconómica se explica por una política deliberada de usurpación del territorio mapuche que tiene sus orígenes en la llamada «Comisión Radicadora de Indígenas» de 1883. A través de esta, las 10 millones de hectáreas de territorio mapuche reconocidas por España se vieron reducidas a tan solo 536.000 hectáreas para 150.000 personas, lo que dejó a la enorme mayoría sin tierras.

Las tierras mapuche tienen una importancia fundamental para el sustento económico de este pueblo, pues la agricultura había sido tradicionalmente el eje central de su actividad productiva. A esta usurpación historia se ha sumado el desarrollo, en los últimos 30 años, de una industria extractivista que ha pauperizado aún más las vidas de las comunidades. Este ha sido el caso de empresas forestales y salmoneras que han ocupado sus territorios y recursos marítimos. Dos hitos significativos de este proceso fue la instalación de la represa de Ralco en 1993, que inundó terrenos ancestrales mapuches, y la quema de tres camiones de la forestal Arauco en 1997. La historia de abusos por parte del Estado y las empresas desde aquella época está jalonada de hechos similares. El reclamo contra las políticas de los últimos 30 años, sello del estallido del 2019, podía verse con claridad en el movimiento mapuche.

Estas marginaciones económicas y culturales a los pueblos originarios se replican con notoria profundidad en el ámbito político. Con el fin de la dictadura de Augusto Pinochet en 1990, la democracia chilena no ha revertido sustancialmente la desigualdad política. La presencia indígena en el Congreso ha sido mínima y, prácticamente, inexistente en la primera línea del Poder Ejecutivo.

En este sentido, la llegada de Loncon a la presidencia de la Convención Constitucional es un hecho inédito en la historia nacional. Con ella se alza una voz que nunca había podido tener el podio para sí. Pero, más aún, llega una voz que puede reflejar a millones en el país, incluso más allá de las demandas mapuche. El apoyo transversal que ha concitado es notorio. Más allá de lo que ha dicho, su presencia encarna la demanda de presencia de esta voz. Así, lo que las encuestas muestran que Loncon cumple con el perfil exigido por la ciudadanía. 91% afirma que buscaba una presidencia sin militancia política, 67% que no fuera de Santiago, 56% experta/ académica (Loncon tiene dos doctorados) y 47% que sea mujer. En este sentido, la referente mapuche ya se ha constituido en una figura política que puede hablar con una legitimidad de la que carece gran parte de la dirigencia chilena.

Por otro lado, el gran apoyo que ha generado viene acompañado de elevadas expectativas y será un desafío no menor estar a la altura. Un elemento que permite cierto optimismo respecto a la ardua labor que tendrá en su tarea de liderar una Convención Constitucional extremadamente plural es que ha mostrado una notoria conciencia del rol que le ha tocado jugar. Así lo mostró en su discurso inaugural, al momento de ser electa: «Hoy se funda un nuevo Chile plural, plurilingüe, con todas las culturas, con todos los pueblos, con las mujeres y con los territorios, ese es nuestro sueño para escribir una Nueva Constitución». Además, en un gesto que indudablemente recuerda el estallido de 2019, le dedicó su triunfo a todo el pueblo de Chile, a todos los sectores, regiones, pueblos y naciones originarias, a la diversidad sexual y a las mujeres que marcharon contra todo sistema de dominación. Sea cual sea el resultado de la convención, el nuevo Chile, por fin, tiene rostro. Y es mujer. Y también es mapuche.

[Fuente: http://www.nuso.org]

À Tel-Aviv, des dizaines de milliers de personnes ont fêté le week-end dernier la première Marche des Fiertés depuis deux ans. Six camions décorés ont défilé le long de la promenade et le parc Charles Clore a proposé des concerts et des spectacles.  Juste avant le début de la parade, Israël avait réimposé le port du masque en intérieur et conseillé de le porter également lors des grands rassemblements en plein air. Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, lui-même ouvertement homosexuel, a demandé aux participants de veiller à leur santé : « Faites la fête, amusez-vous mais respectez les consignes afin d’assurer la sécurité et la santé de tous et de nous permettre de continuer à vivre normalement ».

Depuis qu’en 2015 une jeune fille a été poignardée par un extrémiste ultra-orthodoxe lors de la Marche des Fiertés à Jérusalem les mesures de sécurité sont devenues draconiennes. Lors de la parade à Tel-Aviv plusieurs personnes en possession de couteaux et envisageant de s’attaquer aux participants ont été arrêtées. À noter toutefois que la Marche des Fiertés de Tel-Aviv est la plus importante du genre dans tout le Proche-Orient où l’homosexualité est punie par la loi, voire est passible de la peine de mort dans de nombreux pays de la région. Pour la première fois, le drapeau arc-en-ciel a été hissé sur le bâtiment abritant le ministère de l’Intérieur à Jérusalem.

Les personnes critiquant la parade lui reprochent de seulement faire la fête sans s’attaquer aux vrais problèmes de la communauté homosexuelle en Israël. C’est ainsi qu’il est impossible à des partenaires de même sexe de se marier et, pour les hommes homosexuels, faire reconnaître un enfant né d’une mère porteuse s’apparente à une mission difficile et éprouvante.

 Visiteurs de la Marche des Fiertés à Tel-Aviv (photo : KHC)

 

[Source : http://www.israelentreleslignes.com]

Compartimos la edición 178 de la publicación mensual de Lucha Indígena, correspondiente a julio de 2021 con 32 páginas a color, con una variedad de artículos que analiza con mirada crítica el acontecer internacional.

La revista política fundada por el legendario luchador don Hugo Blanco Galdós contiene una crónica de este personaje en el Cusco, y analiza los dilemas que enfrenta el candidato electo Pedro Castilo.

Manuel Rozental esboza el contexto que atraviesa Colombia y hay otras notas sobre el despojo del agua en Puebla, México, la quema de iglesias en Canadá y un artículo sobre ¿Cómo sabotear el apartheid 2.0 de Israel? entre otros temas.

Destaca un informe sobre la persecución y detención de opositores, defensores de derechos humanos y periodistas, de cara a las elecciones en Nicaragua, por el régimen de Daniel Ortega.

 

Lucha Indígena puede ser descargado libremente desde el siguiente enlace:

A continuación, reproducimos el editorial:

Son 200 años de república en el Perú, 73 000 días

Tal vez valdría la pena darse el tiempo de contar así, a gotas. Porque es la cotidianeidad la que revela las condiciones de vida: vivienda, alimentación, salud, educación, libertad…paz.

En los libros de texto los procesos de paz, la atención a los derechos de la mujer, la educación intercultural, la consulta previa, la atención integral de salud, los derechos de la madre tierra y otras maravillas más se cuentan como logros. En el “día a día”, Colombia sufre una violencia (querríamos decir increíble, pero somos pueblos indígenas y las heridas de la historia están muy vivas) repetida desde la conquista, los feminicidios y su apología en los medios espantan, durante la pandemia confirmamos mundialmente que la educación y la salud públicas no existen para nosotrxs, “por hora” invaden, destruyen, contaminan, saquean nuestros territorios. Contaminan el agua impunemente. Nos ofenden con mesas de diálogos que reabren las carreteras y no sirven para nada. Los estados los conforman también los narcos y mafias madereras que nos asesinan, el estado es también la transnacional que alquila policías, que nos quita el agua, que vierte el petróleo; el estado también es el Banco Mundial, el FMI.

Por eso, el Estado peruano celebra su cumpleaños sin invitar a los pueblos. No fuimos invitados a su repartición de nuestros territorios a inicios del siglo XIX, no fuimos invitados a fundar el sistema político corrupto contra el que hoy luchamos y resistimos en Brasil, Colombia, Chile, Guatemala, Canadá, Perú. A pesar que sin duda, en el largo “periodo independentista” del Abya Yala, la participación de los pueblos indígenas fue la que permitió la formación de estos estados.

Nosotras y nosotros resistimos en una dimensión muy distinta adentro en nuestras montañas, en nuestras selvas, en nuestras comunidades, en nuestros corazones. El río, la laguna, el apu, el monte son nuestros; vivimos en ellos, nos alegra su existencia, nos desgarra la madre tierra aprisionada, alambrada, esterilizada. Menospreciadas y perseguidos, aun así tenemos nuestra justicia, nuestro orden; nos reunimos para celebrar y para enfrentar juntos las dificultades, recorremos nuestros territorios, saludamos a nuestra madre selva, madre tierra, madre agua. Hemos traído hasta aquí nuestras canciones y remedios. Combatimos íntima e intensamente contra el monstruo que nos aliena incesantemente.

Para nuestros pueblos la historia republicana ciertamente ha sido, como decía Scorza, un continuo circular de cinco estaciones: primavera, verano, otoño, invierno y masacre. Pero hoy toca, nos debería tocar, una larga primavera en que las estatuas caigan fuera y dentro de nuestros corazones y nuestros pensamientos para siempre, una primavera que destape el horror que nos hicieron vivir en el pasado, que vivimos en el presente, y que se vaya limpiando con el último humo de la rabia.

 

[Fuente: http://www.servindi.org]

Se tituló como profesora de inglés de la Universidad de La Frontera, en La Araucanía, y cuenta con estudios de posgrado en el Instituto de Estudios Sociales de La Haya y en la Universidad de Regina en Canadá. También posee un doctorado en Humanidades por la Universidad de Leiden y un doctorado en literatura en la Universidad Católica. Nacida en Traiguén en la región de La Araucanía, en el sur de Chile, bastión mapuche, vivió su infancia en la comunidad Lefweluan. Con mayoría absoluta, Loncon, profesora indígena mapuche y lingüista, fue elegida para presidir una asamblea que planteará el reconocimiento de los pueblos originarios en Chile. 

En una decisión cargada de simbolismo y reflejo del espíritu de la nueva Convención Constituyente inaugurada este domingo en Chile, Elisa Loncon fue elegida presidenta del órgano que debe redactar una nueva Constitución.

Los 155 miembros de la Constituyente que harán la nueva Constitución de Chile eligieron este domingo a Loncon, una mujer indígena de 58 años, para presidir el órgano que creará la nueva Carta Magna, la que debe sustituir a la actual, heredada de la dictadura de Augusto Pinochet (1973-1990).

Loncon, una profesora, lingüista y activista mapuche -la etnia indígena mayoritaria en Chile-, fue elegida por mayoría absoluta (96 votos) en segunda vuelta en la sesión inaugural de la Convención, que se detuvo durante casi una hora por la protesta de un grupo de constituyentes tras los enfrentamientos en el centro de Santiago entre policía y manifestantes.

“En estos momentos en los que todos los pueblos esperan lo mejor de nosotros, agradezco los apoyos otorgados hasta ahora. Juntos podremos construir el Chile plurinacional que soñamos”, expresó Loncon en su cuenta de twitter este domingo.

Loncon Antileo, de 58 años, es madre, profesora, defensora de los derechos lingüísticos de los pueblos originarios, nació en la comunidad mapuche Lefweluan, comuna de Traiguén, provincia de Malleco, en la Araucanía. Su lengua materna es el mapudungun, habla, además, castellano e inglés.

Durante la dictadura cursó sus estudios primarios y secundarios en Traiguén, ingresó a la Universidad de la Frontera en Temuco, graduándose de profesora de Estado, mención en inglés. Vivió en el hogar universitario mientras trabajaba para aportar en su mantención durante las vacaciones como asesora del hogar.

Posee un magíster en Lingüística de la Universidad Autónoma Metropolitana de México y es doctora en Humanidades en la Universidad de Leiden, Holanda, así como el doctora en Literatura de la Pontificia Universidad Católica de Chile. Además, cursó postítulos en el Instituto de Estudios Sociales de la Haya (Holanda) y en la Universidad de Regina (Canadá).

Actualmente se desempeña como académica del Departamento de Educación de la Universidad de Santiago de Chile, como profesora externa de la Pontificia Universidad Católica de Chile y es coordinadora de la Red por los Derechos Educativos y Lingüísticos de los Pueblos Indígenas de Chile.

Ha dedicado su vida profesional al rescate de las lenguas indígenas, al sistema lingüístico del mapudungun, las metodologías de enseñanza, así como el diseño curricular de la asignatura de lengua mapuche. Además, ha publicado libros y artículos académicos referidos a la filosofía y las lenguas indígenas, fundamentalmente del mapudungun.

Participó de diversas organizaciones sociales mapuche desde su infancia, en la universidad lo hizo en grupos de estudiantes indígenas y del Teatro Mapuche Admapu. Fue miembro activo del Consejo de Todas las Tierras, destacando en la creación de la bandera mapuche y la recuperación de tierras indígenas.

El compromiso social de Elisa Loncon Antileo fue heredado de su familia y comunidad. Su bisabuelo, de apellido Loncomil, luchó contra la ocupación militar del wallmapu y fue aliado de José Santos Quilapan (1840-1878), reconocido como el último lonko que resistió la ocupación de La Araucanía y derrotó al ejército chileno, en Quechereguas (1868), entre otras múltiples aportes a la defensa del pueblo y territorio mapuche.

Es la cuarta de siete hermanos y hermanas, su bisabuelo paterno, como líder de su comunidad, participó en las recuperaciones de tierras previo a la reforma agraria de los años 60.

Su madre, Margarita Antileo Reiman, en la década del 70 participó de la experiencia de autogestión territorial en Lumaco-Quetrahue. Por los mismos años, su padre, Juan Loncon, fue militante socialista y candidato a diputado por la USOPO. La agricultura y la construcción de muebles son algunos de los oficios que la madre y el padre de Elisa cultivaron durante su vida. Después del golpe de Estado, su familia fue perseguida y su abuelo materno, Ricardo Antileo, líder de la zona Lumaco-Quetrahue, fue encarcelado por la dictadura cívico militar por dirigir la recuperación de tierras a fines de los años 60 y comienzos de los años 70.

Elisa tiene siete hermanas y hermanos, uno de ellos abogado y militante del PPD; otra hermana es hablante e intérprete de mapudungun y trabaja en literatura mapuche. Con todos, hay colaboración en el rescate de la lengua y la reivindicación de los derechos de las naciones originarias.

*En su época universitaria, Loncon participó de la lucha contra la dictadura en diversas organizaciones estudiantiles de izquierda y mapuche. El año 1983, participó en las movilizaciones estudiantiles junto a un centenar de compañeros universitarios, quienes quedaron como estudiantes condicionales en la universidad. En su labor como lingüista y defensora de los derechos de los pueblos originarios abraza las luchas de otros pueblos de América Latina, donde se le reconoce su contribución sobre los derechos lingüísticos de las naciones originarias del continente.

Elisa Loncon, desde su rol de mujer y educadora mapuche, ha promovido la educación intercultural bilingüe en la Ley General de Educación y presentó el proyecto de ley de derechos lingüísticos para los pueblos indígenas. Lidera actualmente la reivindicación de los derechos de las mujeres indígenas desde la filosofía mapuche, los derechos colectivos en clave feminista y desde la descolonización.

Sus primeros pasos como profesora los realizó en la enseñanza del inglés y mapudungun fundamentalmente en la región de la Araucanía, colaborando con el Ministerio de Educación, la UNESCO, las universidades del Bío-Bío, La Frontera, Católica de Temuco, entre otras.

En el extranjero asesoró la Coordinación General de Educación Intercultural Bilingüe de la Secretaría de Educación Pública (SEP) de México, incorporando el enfoque de la educación intercultural en el currículo nacional de la Educación Secundaria en México.

Desarrolló múltiples investigaciones sobre la morfología y aspectos del mapudungun, metodologías de enseñanza del mapudungun, el uso de la tradición oral en los procesos de enseñanza de la lengua y la reivindicación de los derechos de los pueblos a la lengua, la autodeterminación, la interculturalidad, la plurinacionalidad y el goce pleno de los derechos como naciones originarias.

Cabe mencionar que el acuerdo entre partidos es que la presidencia de la Convención vaya rotando, aunque aún no está definido cuánto duraría cada período al frente de la asamblea.

Elección simbólica

Su elección es simbólica debido a que uno de los principales debates para redactar la nueva Carta Magna es el reconocimiento de los pueblos indígenas.

La definición de los derechos para las comunidades originarias y el debate sobre un Estado plurinacional es uno de los temas fundamentales de la Convención.

La Convención Constitucional instalada este domingo incorpora a 17 representantes indígenas pertenecientes a los diez pueblos originarios chilenos reconocidos por el Estado, entre ellos, los mapuches, aimaras, quechuas y diaguitas.

Entre las demandas de estas comunidades está la de crear un Estado plurinacional, con el que se acepte su autonomía y sus derechos. Además, plantean la necesidad de contar con garantías en términos territoriales y el reconocimiento de su cultura y su lengua, entre otras cosas.

“Este es un tema grande, que va a costar, donde habrá que hacer mucha reparación histórica. Y obviamente es complicado, porque toca derechos de propiedad. Pero es fundamental. Los modelos de Nueva Zelanda y Canadá son los más interesantes”, propuso hace unas semanas en conversación con BBC Mundo Juan Pablo Luna, doctor en Ciencia Política y profesor en la Universidad Católica de Chile.

Chile y Uruguay son de los pocos países de América Latina que carecen de un reconocimiento explícito de los pueblos indígenas en su Carta Fundamental.

En la otra vereda están Bolivia y Ecuador, dos naciones que no solo reconocen a estos pueblos, sino que han optado por consagrar el carácter plurinacional del Estado en sus Constituciones.

Luna dice que el resultado sobre la inclusión de derechos garantizados y reconocidos en la Constitución para las comunidades indígenas no representa solo un fuerte efecto simbólico.

“Hay varios países de América Latina que incorporaron esos derechos y que hoy se hacen justiciables, como ocurre en Brasil o Colombia, donde la salud se empieza a litigar en cortes a partir de su reconocimiento como un derecho constitucional”, recuerda.

*Nota del Editor: Este párrafo, referido a los problemas que tuvo Elisa Loncon en sus tiempos de estudiante de la Universidad de La Frontera, fue modificado posterior a su publicación, pues se atribuía erróneamente que en ese tiempo -1983- el rector de la casa de estudios era Heinrich von Baer. Esta afirmación es incorrecta porque el actual presidente nacional de la Fundación Chile Descentralizado asumió como rector de esa universidad recién en septiembre de 1987.

 

 

[Foto: ATON – fuente: http://www.elmostrador.cl]

Malgré le risque d’accoutumance, en Europe, les médecins persistent à prescrire anxiolytiques, somnifères et antidépresseurs sur des longues périodes. Un problème amplifié par le sous-investissement dans les soins psychologiques.

 

Écrit par Eva Belmonte, Ángela Bernardo, Antonio Cerrillo, Carmen Torrecillas – CIVIO (Madrid)

Traduit par Céline Michaud

 

Des milliers de personnes subissent quotidiennement des états d’anxiété, de dépression, et d’insomnie. Ainsi témoigne Maria, une patiente roumaine qui a souhaité que son nom soit modifié : “sans traitement, je pense que je ne m’en serais pas sortie.” Chaque année, de plus en plus d’européens ont recours aux antidépresseurs. L’Espagne, l’Italie, la Croatie et la Slovaquie font partie des pays dans lesquels se développe la prise d’anxiolytiques tels que le diazépam ou le lorazépam, mieux connus sous leurs noms de marque Valium et Orfidal.

Depuis 2010, la consommation d’antidépresseurs ne cesse d’augmenter, au moment où les diagnostics d’anxiété et de dépression se multiplient. En 2017, bien avant la pandémie de COVID-19, plus de 100 doses quotidiennes pour 1 000 habitants ont été prescrites au Royaume-Uni et au Portugal, où la consommation d’antidépresseurs est particulièrement élevée. Dans la revue scientifique International Journal of Environmental Research and Public Health, Marta Estrela, chercheuse en sciences biomédicales, et ses coauteurs affirment que “ce phénomène peut être expliqué par plusieurs facteurs : l’augmentation de la prévalence des troubles mentaux communs, la tendance à prescrire des antidépresseurs plutôt que des thérapies non-médicamenteuses, la facilité d’accès aux antidépresseurs, ou encore le manque d’investissement dans l’innovation thérapeutique”.

Cependant, si la prise d’antidépresseurs est à surveiller, les anxiolytiques génèrent encore plus d’inquiétude parmi les professionnels de santé mentale. Le Portugal se positionne à nouveau en tête des prescripteurs de ce type de traitement. L’Espagne et la Croatie le suivent de près. Par exemple, le diazépam était le septième médicament le plus consommé en Croatie en 2019, devant l’ibuprofène qui était à la neuvième place. Les anxiolytiques sont souvent prescrits pour traiter les problèmes d’insomnie et d’anxiété, mais le corps médical recommande d’en limiter la consommation afin d’éviter une accoutumance. Les données montrent que de nombreuses personnes ignorent ce conseil. Marta Estrela et ses collègues suggèrent que ces chiffres élevés peuvent être liés à un “effet cumulatif qui révèle l’existence d’utilisateurs prenant des anxiolytiques au-delà de la durée de prescription.”

Anxiolytiques
Dose quotidienne/1000 habitants

Abus de benzodiazépines

Les benzodiazépines sont les anxiolytiques générant le plus d’accoutumance. “Il est conseillé de ne pas prolonger la durée de prescription au-delà de trois semaines, mais certaines personnes prennent ces comprimés pendant trois mois, voire dix ans : il s’agit de l’un des médicaments les plus consommés. Il serait préférable de prendre des antidépresseurs, mais il existe une stigmatisation qui pousse les individus à refuser les antidépresseurs, bien que ces derniers les aideraient davantage”, déclare Antonio Cano Vindel, professeur de psychologie à l’université Complutense de Madrid, et président de la Société espagnole d’étude de l’anxiété et du stress.

L’Organe international de contrôle des stupéfiants désigne l’Espagne comme étant le pays affichant la plus forte consommation légale de benzodiazépines au monde. En 2017, les benzodiazépines étaient le troisième médicament le plus vendu en Espagne. Le lorazépam, qui est une molécule de la classe des benzodiazépines, figurait à la septième place, tout comme en Croatie.

D’après une étude conduite dans la province de Lérida entre 2002 et 2015, les femmes de plus de 65 ans font partie des plus grands consommateurs de benzodiazépines. Une autre analyse réalisée dans cinq pays européens a tiré une conclusion similaire : le nombre de prescriptions de benzodiazépines augmente avec l’âge des patients, en particulier chez les femmes. Bien que cette prescription soit répandue, elle n’est pas appropriée pour autant. La consommation de benzodiazépines par des sujets de plus de 65 ans “comporte des risques évitables de détérioration cognitive, et augmente la mortalité liée aux chutes”, selon le département de la santé du gouvernement de Catalogne.

En 2009, les Pays-Bas ont adopté des mesures drastiques pour limiter la consommation au long cours de benzodiazépines : ils les ont retirés de la liste des médicaments remboursables. Ainsi, les Néerlandais doivent payer les comprimés de benzodiazépine de leur poche. Selon l’OMS, cette mesure a conduit à une “réduction modérée du nombre de nouveaux diagnostics, et à une réduction des amorces thérapeutiques basées sur les benzodiazépines chez des patients souffrant de troubles de l’anxiété ou du sommeil nouvellement diagnostiqués.”

Antidépresseurs
Dose journalière/1000 habitants

Pas de thérapie, mais des médicaments…

Marta Estrela et ses coauteurs notent que “la prescription de ces anxiolytiques se fait essentiellement dans le cadre des soins de santé primaires.” De nombreux cas d’anxiété et de dépression sont traités par des médecins de famille qui constituent un maillon essentiel dans les parcours de soins de santé mentale. Les médecins de premier recours ont alerté depuis des années sur l’augmentation de la consommation de benzodiazépines. Ils ont donc un rôle primordial à jouer pour réduire la prise de ces anxiolytiques en communiquant avec les patients, ainsi que l’indique une récente recherche.

La prescription fréquente de médicaments pour le traitement de l’anxiété et de la dépression est probablement liée à un manque d’accès aux soins psychologiques. Marta Estrela et ses coauteurs remarquent que, dans le cas du Portugal, “les fortes consommations d’antidépresseurs, d’anxiolytiques, de sédatifs et d’hypnotiques peuvent s’expliquer par un faible accès aux traitements non-médicamenteux dans le cadre du [système de santé national]. Le manque d’investissement chronique dans le secteur de la santé, particulièrement de la santé mentale, en est une cause probable.”

Selon de récentes recommandations, les systèmes de santé nationaux devraient disposer de 20 psychologues pour 100 000 habitants. La plupart des pays de l’UE n’atteignent pas ce quota. Les pays de la péninsule ibérique ont moins de 10 psychologues pour 100 000 habitants et moins de 14 psychiatres pour 100 000 habitants.

Les traitements médicamenteux restent prédominants. Néanmoins, une étude récente du professeur en psychologie Antonio Cano-Vindel et de ses coauteurs a montré que les soins psychologiques dispensés dans le cadre des soins de santé primaires sont efficaces pour les individus souffrant d’anxiété et de dépression. Antonio Cano-Vindel affirme que “si l’on compare les antidépresseurs avec [des soins basés sur] l’information et l’entraînement à la régulation émotionnelle, l’information et l’entraînement psychologique l’emportent.”

La pandémie n’a pas aidé

Marcin Rodzinka, porte-parole de l’organisation Mental Health Europe (une ONG travaillant sur la santé mentale en Europe), estime que “d’après les expériences et les récits que nous avons rassemblés dans différents pays, il y a une tendance à prescrire davantage de médicaments, souvent avec de bonnes intentions, en raison du manque de temps et de ressources.” La pandémie a initié une situation sans précédent pour les systèmes de soins de santé mentale. De nombreuses personnes suivies par des psychiatres ou des psychologues ont interrompu leurs consultations, ou bien les ont poursuivies par téléconsultation qui n’est pas une solution accessible à tous. En Angleterre, on a relevé une baisse de 235 000 consultations psychologiques entre mars et août 2020 par rapport à la même période en 2019, selon le service de santé britannique. Les médecins anglais ont prescrit 4 millions d’antidépresseurs de plus en 2020 qu’en 2019.

Depuis le début de la pandémie, les prescriptions de médicaments, en particulier de benzodiazépines, ont augmenté dans toute l’Europe, d’après l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction) : “ce phénomène peut s’expliquer en partie par le besoin de lutter contre l’anxiété générée par la pandémie de COVID-19 et par les mesures de confinement.


Méthodologie

Les données relatives à la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques proviennent de la base de données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec quelques nuances. Dans le cas de la consommation d’anxiolytiques en Italie, les chiffres de l’OCDE sont anormalement bas. Nous avons donc cherché à confirmer ces données auprès de l’Agence italienne du médicament dont les chiffres se sont révélés différents de ceux de l’OCDE. Nous avons donc procédé au remplacement de ces données dans notre analyse. Par ailleurs, nous avons également choisi d’inclure le Royaume-Uni car nos données s’arrêtent en 2018, c’est-à-dire bien avant le Brexit.

Enfin, toutes les valeurs de notre base de données sont exprimées en dose thérapeutique quotidienne (Defined Daily DoseDDD) pour 1 000 habitants. Cette mesure est celle qui est recommandée par l’OMS dans ce contexte. Les données utilisées dans le présent reportage peuvent être téléchargées ici pour les antidépresseurs, et ici pour les anxiolytiques. Si vous notez la moindre erreur, contactez-nous à : contacto@civio.es.

Ainsi que l’explique l’OCDE dans la description de sa méthodologie, il est difficile de comparer les données de différents pays. En effet, chaque pays possède son propre système de santé ainsi qu’une procédure spécifique de collecte de données. Par exemple, la Belgique et la Hongrie ne disposent pas de données sur la consommation d’anxiolytiques car ces derniers ne font pas partie des médicaments remboursés. En ce qui concerne la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques en Allemagne, seules sont incluses les données relatives à l’assurance maladie obligatoire. Enfin, en Suède et en République Tchèque, les données tiennent également compte de la consommation en hôpital et des médicaments payés de la poche des patients.

Nous avons également recherché des données relatives aux pays de l’UE ne faisant pas partie de l’OCDE. La seule base de données que nous avons trouvée est celle de l’Agence des médicaments et des dispositifs médicaux de Croatie.

[Illustration : Miguel Morales Madrigal | Cartoon movement – source : http://www.voxeurop.eu]

 

La solitude des personnes âgées est un phénomène connu depuis de nombreuses années en France, mais il concerne tout particulièrement les seniors LGBT+.

L'isolement touche beaucoup de personnes âgées, et les LGBT+ en particulier. | Huy Phan via Unsplash

L’isolement touche beaucoup de personnes âgées, et les LGBT+ en particulier.

Écrit par Hélène Paquet 

«J’ai divorcé à 69 ans. J’ai dû quitter l’appartement où je vivais, j’ai changé de région. Quand on m’a demandé le motif, j’ai dit “écoutez, je suis homosexuel, je rencontre des hommes”, et la moitié de ma famille m’a tourné le dos. Je me suis retrouvé seul.»

Comme beaucoup d’homosexuels de sa génération, Claude Perquin, 73 ans aujourd’hui, a longtemps refoulé son homosexualité et a épousé une femme avec qui il est resté quarante-deux ans. Arrivé à l’âge de la retraite, il commence à rencontrer des hommes, puis divorce. Il se retrouve alors confronté à l’isolement durant plusieurs mois.

D’après un rapport réalisé en 2013 par Aides, SOS Homophobie et le groupe SOS, les personnes LGBT+ sont particulièrement vulnérables au risque d’isolement en vieillissant. Que ce soit à cause des discriminations ou des ruptures familiales, il est compliqué de vieillir LGBT+.

Santé et désir de vivre

«L’isolement, c’est la précarité dans toute sa globalité. Dans les liens sociaux, dans les besoins affectifs, face aux nouveaux outils informatiques. C’est une vie au ralenti et amputée de tout ce qu’on ne peut plus faire soi-même», décrit Francis Carrier, fondateur et président de Grey Pride, une association qui cherche à sensibiliser aux difficultés rencontrées par les seniors LGBT+. En effet, l’isolement expose les personnes âgées à des conséquences allant d’un risque accru de maltraitance et d’abus de confiance à une mauvaise santé physique et psychologique.

«Le désir de vivre va de pair avec la qualité de vie que l’on a. Moins on a de qualité de vie, moins on a de désirs. On n’attend qu’une chose, c’est d’en finir. En vieillissant, on a besoin des autres, et s’ils ne sont pas là, ou s’ils ne vous accordent que le minimum, c’est-à-dire manger, dormir et se soigner, eh bien progressivement, on se laisse mourir», ajoute-t-il.

«Ma fille refuse de rencontrer mon compagnon. Et mon fils n’a pas cherché à me voir. Je lui ai proposé, il a refusé.»

Claude Perquin, 73 ans

Or, d’après le rapport de 2013, les personnes LGBT+ sont généralement moins bien entourées. Parce que leurs unions n’avaient aucune reconnaissance jusqu’à la loi sur le pacs en 1998, et parce que leurs proches n’acceptent pas toujours leur identité, beaucoup ne peuvent pas ou peu compter sur le soutien d’une famille.

«Mes enfants, quand ils ont découvert mon homosexualité, on va dire qu’ils l’ont bien pris, mais ils ne recherchent pas de contact avec moi, regrette Claude Perquin. Je suis plus proche de ma fille, que je vais voir deux fois par an, mais seul. Elle refuse de rencontrer mon compagnon. Et mon fils n’a pas cherché à me voir. Je lui ai proposé, il a refusé.» Sa situation s’est toutefois améliorée depuis son divorce: il vit aujourd’hui avec son partenaire, et une partie de sa famille l’accepte mieux.

Autre facteur aggravant: la pauvreté. Selon une étude de 2010 menée par la Fondation de France, elle double le risque d’isolement social. Pour Francis Carrier, cela concerne beaucoup de personnes LGBT+, car «les ruptures professionnelles, liées au VIH ou aux transitions de genre par exemple, font que la carrière professionnelle a été hachée et que les retraites sont toutes petites».

L’épidémie de VIH, qui a durement touché la communauté homosexuelle dans les années 1980, contribue également à cette situation. Selon l’enquête de 2013, 62,6% des personnes de plus de 50 ans vivant avec le VIH sont seules, que ce soit en raison du décès de leur compagnon ou parce que les stéréotypes sur le virus les ont conduites à s’isoler. De plus, beaucoup n’ont pas imaginé atteindre un jour le troisième âge et n’ont donc pas constitué d’épargne pour leur retraite.

L’invisibilité, cause indirecte de l’isolement

Enfin, s’ajoute à cela l’invisibilité à laquelle sont renvoyées les personnes LGBT+ lorsqu’elles vieillissent. Selon le président de Grey Pride, les raisons qui poussent les seniors à «retourner au placard» sont diverses. Là où il peut s’agir pour les hommes gays et les personnes trans d’une stratégie pour se protéger des discriminations ou être «un homme ou une femme comme les autres», l’invisibilité des lesbiennes est inscrite dans le regard que porte la société sur elles. «Lorsque l’on voit deux femmes ensemble, 9 fois sur 10 on considérera que c’est deux amies, deux cousines», commente Francis Carrier.

Cette invisibilité a des conséquences néfastes sur l’estime de soi des seniors LGBT: «On considère les vieux dans notre société comme des objets de soin, et on leur enlève toute une part de leur identité, comme leurs besoins affectifs, leur sexualité et leur histoire. On est face à un tabou social qui empêche d’imaginer que ce sont des choses qui font partie de nous jusqu’à notre mort.»

Une mauvaise estime de soi est également un facteur d’isolement, car elle va pousser au repli: «L’estime de soi passe aussi parfois par le retrait, résume Dominique Lefèvre, psychologue sexologue et membre de Grey Pride. La stigmatisation réduit la personne à une de ses composantes qui la dévalue. Cela ne permet pas de construire ses capacités à être soi, dans des relations authentiques, et l’on peut être amené à construire sa propre exclusion.»

La résilience des seniors LGBT+

D’après le sociologue Régis Schlagdenhauffen, il y a tout de même un point positif: la résilience des personnes et de la communauté LGBT+. «Paradoxalement, une méta-analyse anglophone tend à montrer que les LGBT ont plus d’atouts en ce qui concerne le vieillissement, en raison d’un vécu qui n’a pas forcément été facile. Il y a un bagage d’expérience qui peut aider à faire face à des situations complexes: une instabilité du foyer, la nécessité de reconstruire une vie, de créer de nouvelles sociabilités avec des personnes qui vous comprennent…»

Il ne s’agit pas de considérer que tout est rose, insiste-t-il, mais cette analyse montre qu’il existe des ressources que les personnes LGBT+ peuvent mobiliser face à l’isolement, comme la capacité à se constituer une famille choisie, «de cœur».

Trouver des solutions au sein de la communauté, c’est d’ailleurs la raison d’être de Grey Pride. Luc Anberrée, administrateur de l’association, participe à l’un de ses projets phares, un habitat partagé où les gens se choisissent pour vieillir ensemble. «Ça reste l’alternative la moins chère à l’Ehpad. On écrit des chartes, des règlements intérieurs, et on essaie de faire vivre la colocation dans un esprit qui va bénéficier à tout le monde. C’est une seconde famille, affinitaire. C’est ça que je trouve bien, mais il ne faut pas croire que c’est facile.»

Toutefois, ce constat se heurte à la relative inertie du mouvement LGBT+ sur la question de la vieillesse. «Les associations LGBT de ma ville proposent des moments de convivialité dans des bars et des randonnées, plaisante Claude Perquin, mais à mon âge, je ne suis plus tellement sportif, et les seniors préfèrent la convivialité en petits groupes.»

 

[Photo : Huy Phan via Unsplash – source : http://www.slate.fr]

Só quatro vacinas aceites como prova para emigrantes entrarem em Portugal

Os portugueses residentes no estrangeiro que queiram entrar em Portugal apresentando prova de vacinação contra a covid-19 apenas o poderão fazer se tiverem recebido uma das quatro vacinas aprovadas pela Comissão Europeia, se testarem negativo ou comprovarem recuperação.

De acordo com fonte oficial da Direção Geral da Saúde (DGS), para as pessoas que queiram viajar para Portugal terem o certificado de vacinação covid da União Europeia (UE) aceite terão de ter recebido as vacinas aprovadas pela Comissão Europeia, de acordo com a recomendação da Agência Europeia de Medicamentos.

Estas vacinas, que estão a ser administradas em Portugal e na maioria dos Estados-membros da UE, são a BioNTech-Pfizer, a Moderna, a AstraZeneca e a Janssen.

Isso significa que os portugueses que tenham recebido outras vacinas nos países onde residem, como a Sinopharm ou a Sinovac (chinesas), Sputnik (russa), Covaxin (indiana), Epivaccorona (russa) ou a Soberana (cubana), entre outras, e que queiram entrar em Portugal mediante prova de vacinação, não o poderão fazer.

Estes portugueses poderão, no entanto, entrar em Portugal mediante a apresentação de um certificado de recuperação, no caso de já ter contraído a infeção.

Segundo a DGS, as pessoas recuperadas da covid-19, titulares de um certificado válido, emitido entre os 11º e o 180º dia, após a realização de teste laboratorial (positivo), que confirmou o diagnóstico de infeção por SARS-CoV-2, poderão entrar em Portugal.

Outra possibilidade de entrar em Portugal é apresentando um certificado de teste com resultado negativo.

Os testes que estão a ser aceites são o de amplificação de ácidos nucleicos (TAAN) para detetar a presença de RNA de SARS-CoV-2, cuja amostra tenha sido colhida nas 72 horas anteriores à entrada em território nacional, e o teste rápido de antigénio (TRAg), de uso profissional, cuja amostra tenha sido colhida nas 48 horas antes da entrada em Portugal.

 

 

[Fonte: http://www.mundoportugues.pt]

Le marché des « protéines alternatives » est en plein développement.

 

Écrit par Lucie Wiart

Docteure en sciences de gestion, Sciences Po Lille

et

Nil Özçaglar-Toulouse

Professeure des universités, Université de Lille

 

La surconsommation de viande est aujourd’hui considérée comme un problème public majeur par de nombreux scientifiques et organisations internationales.

La consommation moyenne globale de viande par personne aurait en effet doublé en 50 ans, un rapport de la FAO estimant même que cette consommation augmenterait de 76 % d’ici 2050.

Cet essor, notamment dans les pays émergents comme en Chine et Asie de l’Est, exerce une pression importante sur les ressources naturelles ; c’est ce que soulignent des rapports de la FAO, du GIEC ou des études scientifiques.

Pollution, antibiorésistance et questionnement éthique

L’élevage s’est intensifié et industrialisé : en France, par exemple, on a pu observer une réduction du nombre d’exploitations malgré une augmentation de la production ; dans un récent rapport l’ONG Greenpeace rappelle ainsi que 1 % des exploitations françaises produit aujourd’hui les deux tiers des porcs, poulets et œufs.

L’élevage génère d’autre part une importante pollution : l’azote et le phosphore présents dans les déjections animales dégradent les eaux de surface et souterraines, nuisant aux écosystèmes aquatiques et à la santé humaine. En France, Greenpeace a dénoncé le lien entre prolifération des algues vertes et industrialisation de l’élevage breton.

L’élevage serait également responsable de fortes émissions de gaz à effets de serre – la FAO estime cette part à 14,5 % des émissions de GES globales – et aurait des impacts négatifs sur les habitats naturels ; en constituant notamment un facteur clé de la déforestation et en occupant de manière préoccupante les surfaces émergées.

Toujours selon la FAO, 70 % des terres agricoles mondiales seraient aujourd’hui affectées à la production de nourriture pour les animaux d’élevage, soit 30 % des terres émergées.

Au-delà de ces impacts environnementaux, il faut aussi mentionner des problématiques de santé publique, l’élevage intensif ayant par exemple une part de responsabilité dans l’accélération du phénomène de résistance aux antibiotiques.

Par sa participation à la déforestation, l’élevage serait également responsable d’une fragmentation des habitats et d’une augmentation des contacts entre humains, animaux sauvages et pathogènes, développant le risque de zoonoses.

Mentionnons enfin la dimension éthique de cette consommation de viande et du sort réservé aux animaux d’élevage, qui s’invitent régulièrement dans le débat, alimenté par les actions d’associations de défense de la cause animale comme L214.

Proposer des alternatives

Face à ces multiples constats, un nouveau marché se développe : celui des protéines dites « alternatives ».

Ces protéines sont principalement d’origine végétale, on les retrouve notamment dans les légumineuses, mais aussi dans les céréales et fruits oléagineux.

Ces alternatives pourront également, dans le futur, provenir de l’agriculture cellulaire et de la viande dite « cultivée ».

Nous allons voir, en nous basant sur nos travaux, comment cette nouvelle offre a été construite pour les viandes végétales, en étudiant les représentations et la réception par les consommateurs.

De la viande élaborée avec des plantes

Les « viandes végétales » se basent sur la transformation de légumineuses, notamment du pois protéagineux et du soja. Elles peuvent également être développées à partir de champignons : la marque Quorn commercialise par exemple ses substituts de viande à base de mycoprotéine, produite à partir de Fusarium venenatum. Le produit est ensuite transformé et aromatisé.

Par leur imitation de la viande – tant sur le goût que l’apparence et la texture –, ces produits permettraient de la remplacer partiellement, tout en ne modifiant ni la structure des repas, ni les habitudes de cuisine des consommateurs. Elles permettent ainsi de corriger l’image d’une alimentation végétale et végétarienne considérée comme insipide, trop radicale et politique.

Si les légumineuses, riches en protéines, peuvent à elles seules constituer des substituts à fort potentiel pour élever l’apport en protéines végétales dans l’alimentation, elles pâtissent néanmoins d’une image assez négative ; délaissées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale au profit des pâtes et de la viande, elles sont considérées comme étant difficiles à digérer, compliquées et chronophages à cuisiner.

Un secteur dynamique

Ces alternatives végétales étaient autrefois uniquement distribuées en magasins spécialisés, par des marques peu connues du grand public. Elles sont désormais de plus en plus visibles, grâce à l’investissement de grands groupes comme Carrefour, Herta ou Fleury Michon.

Grâce à leur légitimité sur le marché originel de la viande, ces entreprises visent une clientèle plus large et consommatrice de viande. Xerfi estimait ainsi en 2019 le chiffre d’affaires en France de la vente de produits végétariens et végans à 400 millions d’euros et prévoyait une croissance de 3 % par an.

Barclays estime de son côté le marché de la viande alternative à 140 billions de dollars d’ici 2029. La banque d’investissement estimait ainsi que la viande végétale occuperait d’ici à 2029 10 % du marché global de la viande… contre 1 % aujourd’hui.

Les start-up pas en reste

En complément des acteurs historiques (comme Cereal ou Quorn), des grandes marques de distributeurs et d’entreprises spécialisées dans les produits carnés, des start-up se lancent également sur ce marché, ouvrant des lignes de production en France, à l’image des Nouveaux Fermiers ou d’Hari&Co.

Elles sont à l’origine d’un soutien aux systèmes de cultures végétales, pour sécuriser un approvisionnement en légumineuses encore timide.

Un nouvel horizon pour les légumineuses

Contrairement à ce qui a pu être affirmé dans certains débats publics, ces produits ne viennent pas se construire « contre les agriculteurs » ; ils pourraient bien leur proposer des solutions en les accompagnant dans une transition agricole plus durable tout en leur offrant de nouveaux débouchés économiques.

Avec la prise de conscience d’une nécessaire diminution de la consommation de viande, le développement du marché des légumineuses pourrait en effet être favorisé.

Leur culture possède des atouts agro-environnementaux non négligeables ; elle permet, par exemple, de fixer l’azote atmosphérique et donc réduire l’usage d’engrais azotés pour les cultures suivantes. De tels atouts pourraient être davantage valorisés, notamment grâce à l’instauration de paiements pour services environnementaux.

Ces produits doivent toutefois gagner en légitimité auprès des consommateurs, en France notamment, où la question de l’alimentation végétale génère de forts débats politiques et où l’alimentation carnée reste centrale.

La tactique des noms

Les dimensions climatique et environnementale s’avèrent essentielles dans la communication des entreprises sur ces nouveaux produits.

Concernant la question du bien-être animal, par exemple, nous avons étudié comment ces entreprises encouraient le risque d’être targuées d’idéologie en vantant l’absence de produits d’origine animale dans leur production ; les vifs débats autour des noms donnés à ces aliments en témoignent : entre « viande végétale », « fausse viande » ou « viande végane », chaque dénomination aura une influence sur le choix des consommateurs.

Cette dynamique complexe pourrait à long terme questionner la légitimité de ces produits.

La culpabilité des mangeurs de viande

Ces aspects de représentations sont essentiels : dans leurs travaux sur la symbolique de la viande, les socioanthropologues comme Jean‑Pierre Poulain ou Noëllie Vialles mettent en avant la centralité de la question de l’animal, et surtout de sa mort.

Cette mort – contestée par de nombreux philosophes depuis l’Antiquité, on pense ici à Plutarque – apparaît incontournable lorsqu’on étudie la viande et les viandes dites « végétales ».

La socioanthropologie de l’alimentation montre que cette mort est source de forte culpabilité pour le mangeur. Autrefois légitimée dans le cadre de sacrifices, la mort animale est désormais soustraite aux consommateurs, par une mise en distanciation du processus d’abattage et une esthétisation des produits carnés.

Pour l’anthropologue Noëlie Vialles, cette culpabilité se gère par un comportement dit « sarcophage » : les consommateurs feraient tout pour éviter de faire le lien entre viande et provenance animale. La viande est ainsi vidée de sa substance symbolique.

Mais les actions d’organisations de défense animale bousculent désormais cette posture, avec par exemple la diffusion de vidéos tournées dans les abattoirs. En soulignant d’autre part les nombreuses capacités cognitives des animaux de ferme, elles viennent lutter contre les représentations négatives vis-à-vis de ces êtres vivants en mobilisant une approche scientifique.

Ce sont ces consommateurs qui peuvent constituer la cible principale de ce nouveau marché des viandes alternatives, en remplaçant l’origine animale de la viande par une origine végétale (on peut en consommer sans culpabilité).

À l’instar de la viande cultivée en laboratoire, les « viandes végétales » participeraient ainsi à cette même « ruse » de substitution.

Une nécessité de transparence nutritionnelle

Reste un enjeu majeur pour ce nouveau marché, qui porte sur la nécessité d’une transparence nutritionnelle, environnementale et sanitaire.

Notre recherche rappelle la volonté croissante des consommateurs de s’affranchir des produits industrialisés, suremballés et non issus de l’agriculture biologique. Pour ces derniers, si la « viande végétale » peut faire office de facilitateur de transition, elle ne peut représenter une solution sur le long terme.

Une forte attention doit donc être portée aux qualités nutritionnelles et environnementales de ces produits, régulièrement attaqués. Il faudrait ainsi limiter la trop grande transformation, éviter certaines techniques (comme le cracking, qui consiste à décomposer à l’extrême les légumineuses) afin de limiter la dégradation des micronutriments.

Une réduction des prix serait également souhaitable, afin d’augmenter l’acceptation de ces produits, certains étant parfois plus chers que leurs équivalents « carnés ». Enfin, d’autres innovations pourront être développées dans le domaine des substituts : il n’existe par exemple à ce jour que très peu de substituts à viande de porc, l’une des plus consommées par les Français.

 

[Photo : Shutterstock – source : http://www.theconversation.com]

Le gouvernement grec a annoncé qu’il prévoyait de donner 150 euros à tous les jeunes grecs qui ont été vaccinés contre la Covid-19 ou qui devraient l’être bientôt. Pour Athènes, cette récompense témoigne de la reconnaissance portée envers la population.

Environ 940 000 jeunes pourraient recevoir le Freedom Pass et dépenser la somme dans des voyages, activités touristiques ou services culturels au sein du pays.

 

Écrit par Sarantis Michalopoulos

Le « Freedom Pass» sera assorti d’un crédit prépayé de 150 euros et sera distribué aux jeunes nés entre 1996 et 2003 ayant au moins reçu la première dose du vaccin ou planifiant de la recevoir cette année.

Environ 940 000 jeunes pourraient ainsi recevoir le Freedom Pass et dépenser la somme dans des voyages, activités touristiques ou services culturels au sein du pays.

« Nous devons témoigner notre reconnaissance à la jeunesse, nous devons la remercier de sa patience et sa détermination, en particulier à l’arrivée de l’été prochain », a fait savoir le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis lundi (28 juin).

Grâce à cette carte, les bénéficiaires pourront prendre le bateau et le train ; louer une voiture ; séjourner dans des hôtels et des campings ; aller à des évènements culturels, au cinéma, au théâtre, au musée ; visiter des sites archéologiques ; et participer à des cours de danse.

De son côté, le ministre grec de la Gouvernance numérique Kyriakos Pierrakakis a déclaré que cette décision soutiendra également la culture et le tourisme grecs face aux retombées de la pandémie.

« Avec ce cadeau inédit offert aux jeunes pour les encourager à sortir et explorer la Grèce, les autorités protègent non seulement la santé publique, mais elles investissent également pour relancer l’industrie touristique si précieuse au pays », a-t-il dit.

Jusqu’à présent, la Grèce a administré 8 millions de doses de vaccin tandis que 33 % de la population est totalement vaccinée.

Lors d’une allocution, Kyriakos Mitsotakis a expliqué que le nouveau variant Delta se transmettait plus rapidement à ceux non vaccinés. De ce fait, il a insisté sur la nécessité d’atteindre au moins 70 % de personnes vaccinées au sein de la population.

Le pays au bord de la mer Méditerranée peine à redynamiser son tourisme tout en évitant une nouvelle vague au cours de la période estivale – ce qui causerait de graves dommages à une économie déjà mal en point.

Les secteurs liés au tourisme craignent également que d’éventuelles restrictions soient imposées en raison du variant Delta, comme c’est le cas en Allemagne et au Portugal.

Si la Grèce a opté pour un cadeau à 150 euros, la Serbie a décidé d’offrir aux personnes de plus de 16 ans un montant de 25 euros pour se faire vacciner.

Du côté de la République tchèque, seules les sociétés privées ont offert à leurs employées des bonus financiers s’ils se font vacciner.

Selon EURACTIV République tchèque, les débats sont en cours à Prague pour décider de l’introduction du système d’incitations financières à l’échelle nationale à partir de juillet. Cependant, rien de concret n’a été décidé pour l’heure.

 

[Photo : EPA-EFE/OLIVIER HOSLET – source : http://www.euractiv.fr]

Do presunto saudável à margarina com creme de leite, os ultraprocessados mais crocas ganham holofotes em meio à maior crise de fome vivida nos últimos anos

Escrito por Nathália Iwasawa

Chafurdada em casa no segundo ano pandêmico do Sars-Cov-2 achei que a quarentena não passaria de um mês, mesmo sendo uma palavra bem sugestiva quanto ao seu conceito. Já fui aquela pessoa que tentava fazer do ócio um tempo produtivo e via lições positivas de uma reclusão. É claro que foi uma fase passageira.

Depois de algum tempo, achei que seis meses era mais realista, depois, me conformei com um ano. E cá estamos agora, na segunda temporada do interminável 2020. Tem dia que ainda me confundo no calendário.

Mas de uma coisa tenho certeza: é junho e estamos com mais de 500 mil vidas perdidas na conta e 60% da população em situação de insegurança alimentar grave. Estamos aprendendo a (sobre)viver num cotidiano moldado pela barbárie, com picos de ódio àquele que não merece ser citado e problemas estruturais que não temem o vírus.

Faço uma leitura que vai da nossa necessidade de formulação (compulsória) de novos hábitos ao desespero genuíno por um entretenimento que substitua um boteco de quarta-feira, para dizer que as telas ganharam de vez o papel centralizador das nossas relações com o mundo – interno e externo, seja lá como você queira interpretar isso.

Poderia citar aqui a infinidade de séries que assisti em um ano e meio que superou tudo o que já tinha visto em matéria de streaming. Poderia falar sobre cursos que topei fazer e, no meio do caminho, pensei: onde fui amarrar meu burro? Poderia lembrar-me dos grupos de estudo que surgiram espontaneamente e desapareceram no mesmo estalar de dedos. Isso sem falar dos bares (cof, cof) online aos quais me sujeitei para ver os amigos e matar um pouquinho a saudade dos meus.

Mas o ponto que me interessa chegar é no entretenimento vanguardista desse Brasil: a televisão. Passei a ver TV durante a pandemia como quem se prepara para o apocalipse, apegada à ideia de que o plantão da Globo me avisaria sobre qualquer bomba quentíssima. Foi assim que acompanhei as primeiras notícias. De Wuhan à Cidade Tiradentes, zona leste de São Paulo, onde morava Rosana Urbano, primeira vítima registrada no país.

A programação quadrada da família Marinho ganhou espaço no meu dia a dia. Mas arrisco dizer que não foi só comigo. Não à toa, o BBB 21 teve a ganhadora mais famosa da história. As pessoas estão nas telas como nunca, é a afirmação empírica mais consciente que posso me dar ao luxo de fazer.

Passei não somente a assistir à Globo, como também tornei-me assídua dos realitys que antes eu nem sabia existir. Pronta para uma distração de qualidade, liguei a televisão para ver o Mestre do Sabor – essa era a programação da família quarentenada para uma quinta à noite. O programa de disputa gastronômica entre chefs, apresentado pela dupla Claude Troisgros e Batista, parece ir de vento em popa, muito obrigada. Quem diz isso são os patrocinadores de peso. Seara, Santander e a Eisenbahn garantiram suas cotas nesta terceira temporada.

Mas não tem sido fácil, Brasil… Já no terceiro programa, exibido em maio, a prova de eliminação teve como ingrediente obrigatório o Levíssimo. Aí, claro, você deve perguntar-me: que raios é Levíssimo? Desconcertada e ainda incrédula, respondo: presunto. Sim, uma carne de porco embutida que promete estar entre o peito de peru e presunto, é o merchan feito pela própria Seara. Mas eu insisto: é presunto. Não por uma convicção técnica do que pode ser enquadrado nessa categoria de alimento que insiste em descaracterizar os animais abatidos, mas porque tem aparência de presunto, denunciam minhas lembranças da época em que meu pai tinha uma padaria e eu via de pertinho todas as camadas de uma peça de frios.

“É o novo Levíssimo Seara, pra gente comer sem culpa. É fonte de proteínas, feito com carne de lombo, saboroso e diferente, com 38% menos sódio e 30% menos gordura”, dizia o roteiro narrado por Claude. Um conceito de saudabilidade que é vendido a todo custo, só faltou dizer, mesmo, que Levíssimo é bom para aumentar a imunidade.

Os chefs que caíram na berlinda tinham que usar o produto da patrocinadora no prato que os salvaria da eliminação. Eu chamo a atenção aqui para o fato de que os apresentadores não chamam o tal de carne, de embutido, ou… de presunto. Levíssimo. Levíssimo. Levíssimo, que acabou virando piada entre meu núcleo familiar debochado.

Mas a essa altura a gente sabe o que é, né? Ultraprocessado.

Essa história ganha uma boa parcela das minhas reflexões porque a gourmetização de produtos de baixa qualidade e, por isso, mais baratos e acessíveis, ganha um espaço oportuno quando o país se afunda em uma crise socioeconômica jamais vivida nas últimas décadas. Com a queda do consumo de carne em 44% desde o início da pandemia, seria ingenuidade achar que a indústria não encontraria novos caminhos para continuar dentro do jogo cotidiano – e do reality.

Mas o meu incômodo não parou por aí, não. No início de junho foi a vez da margarina Delícia dar as caras no programa. A ex-marca do conglomerado Bunge passou a ser da Seara – empresa da JBS – em um acordo oficializado no final de 2020. Tá passada? Sim, margarina. E com um adendo: agora a Delícia é feita com creme de leite. As suas preparações ficarão mais cremosas e gostosas, disse Claude, que também está contratado pela empresa para ser o garoto-propaganda da nova versão da margarina.

No programa exibido na última semana (18/6), a margarina virou estrela da calda que levava café expresso e canela. “A Delícia mudou, e mudou para melhor”, propagandeou Claude.

A essa altura, meus caros e minhas caras, essa que vos fala já perdeu a esperança de uma distração tranquila em qualquer tela que seja. Peço licença para brincar com a sintaxe, mas a elevação de produtos de baixa qualidade a um nível gourmet, como se propõe o programa, é um golpe baixo.

Se o consumo de carne deve ser problematizado, e o uso da manteiga, moderado, quem dirá o de presunto e margarina. Quando o quilo da carne de segunda pesa nos bolsos e um pote singelo de manteiga passa dos vinte reais, é preciso dizer à sociedade: não deixem de consumir os nossos produtos, dá para fazer coisas “incríveis” com menos.

É mesmo? Pois eu conclamo que o preço é alto. Vai-se embora seu salário suado e a saúde que lhe resta, para dizer o mínimo.

Se há algum lugar para onde fugir agora, por favor, me avise, os realitys da Globo já não cumprem o papel que tinham antes. Pelo menos, não para mim. Não sei se eu vou ficando – como diria a minha mãe – mais radical a cada dia, ou nem uma alienaçãozinha está dando conta do que é ser brasileira em 2021.

 

[Fonte: ojoioeotrigo.com.br]

Entrevistem al responsable de relacions institucionals d’Amnistia Internacional Catalunya per conèixer la seva visió sobre el reconeixement del dret de les treballadores sexuals a formar un sindicat

Eduard Martínez és el responsable de relacions institucionals d’Amnistia Internacional Catalunya. Font: Amnistia Internacional

Per Ignasi Robleda

El Tribunal Suprem va ratificar en una sentència aquest mes de juny el dret de l’organització OTRAS (Organització de Treballadores Sexuals) a constituir un sindicat. De totes maneres no es va pronunciar sobre si era o no una activitat legal ni tampoc admetia la possibilitat de treballar per compte d’altri o tenir un contracte. El debat, molt polaritzat, segueix encara pendent d’afrontar-se, tot i que aquest pas sembla donar més drets i seguretat a aquest col·lectiu.

Imatge d’un barri del centre de Barcelona on s’exerceix la prostitució. Font: Ignasi Robleda

Com valoreu la sentència del Tribunal Suprem d’aquest juny, que en principi avala els estatuts del sindicat de treballadores sexuals de l’organització OTRAS?

Nosaltres ho valorem positivament perquè el nostre enfocament és de la protecció dels drets i de petició de garanties de les dones que exerceixen la prostitució, ja siguin drets socials, de seguretat, a la salut o laborals.

La sentència estableix que ‘això no suposa la legalització, tolerància o penalització de la prostitució per compte d’altri’. Això com s’interpreta?

Nosaltres no hem fet una anàlisi exhaustiva de la sentència del Suprem però sí que encaixa una mica amb el nostre posicionament: no estem a favor de la regulació de la prostitució però estem en contra de les polítiques que criminalitzen, tan policialment com judicialment, el treball sexual per compte propi i de forma voluntària.

Nosaltres, sense proposar una regulació, defensem el seu dret a sindicar-se, que està reconegut en la Declaració Universal dels Drets Humans.

És una mica complex o confús d’entendre que, per una banda, no s’estigui a favor de la regulació d’aquest tipus d’activitat i, per l’altra, es defensin els seus drets com a treballadores.

Sí que és complex perquè, a més, el debat en aquest àmbit està molt polaritzat: hi ha qui advoca per la regulació i hi ha qui és abolicionista. Nosaltres pensem que, depenent de com es facin les coses en un sentit o altre, pot tenir unes conseqüències de vulneració dels drets humans. Amb el que sí que estem en contra i que creiem que s’hauria de perseguir és el tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual.

No entrem en termes de regulació de la prostitució, tot i que advoquem per la protecció dels drets i per la seva descriminalització. Sigui com sigui, sí que declarem que no estem a favor de la regulació d’aquest sector tot i que estem oberts a conèixer les posicions i els plantejaments que puguin proposar institucions i entitats que sí que ho estan.

En la sentència no s’admet la possibilitat d’un contracte de treball. Com s’explica això a la vegada que es reconeix que es poden sindicar?

No t’ho sabria respondre perquè no sóc un expert en aquest àmbit, però sí que és cert que malgrat les restriccions que pugui suposar a nivell laboral el que poden i no poden fer, ja la simple constitució d’un sindicat pot ser un bon pas pel reconeixement dels drets d’aquestes persones. També representa un benefici en drets socials i de seguretat. Sindicar-se pot millorar les seves condicions.

Què n’opineu de les declaracions del Govern de l’estat el 2018 quan es va publicar al BOE la constitució d’OTRAS i que es va qualificar d’’un gol per l’escaire’.

Doncs respecte a aquelles declaracions no podem dir res més enllà que les autoritats el que han de fer és vetllar per la protecció dels drets de les dones en situació de major vulnerabilitat. I per a nosaltres, Amnistia Internacional, les treballadores sexuals entren en aquest col·lectiu perquè estan marginades de les polítiques socials i perquè estan sotmeses a polítiques policials i judicials abusives.

Per tant, en lloc de pensar en termes d’’ens l’han colat’ o de ‘tot o res’, el que haurien de fer és donar més paraula, més participació, a les persones afectades. Conèixer les condicions d’aquestes persones i enfocar les polítiques en funció de les seves necessitats.

Respecte a la prostitució, entesa aquesta com la que s’exerceix de forma lliure i voluntària, com s’hauria de tractar?

La resposta que podem donar a aquesta pregunta és que nosaltres el que hem vist és que les postures de criminalització o d’abolició de la prostitució no es poden vincular directament amb què s’acabi amb el problema o la greu vulneració de drets humans que representa el tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual.

Vam publicar un informe fa dos anys en què analitzàvem les mancances de l’estat espanyol a l’hora d’identificar i protegir les víctimes de tràfic. Denunciàvem que la perspectiva des d’on s’afrontava la situació era bàsicament policial i migratòria. I, per tant, les víctimes eren utilitzades per a perseguir les xarxes d’explotació però, un cop es feia la denúncia i el procés judicial i de persecució criminal començava, aquestes dones es veien desemparades. No podien accedir a ajudes perquè no hi havia un pla de protecció d’aquestes dones. Cal fer un canvi de perspectiva.

I s’està en aquesta línia?

Sí, sí. Nosaltres estem en contacte amb autoritats policials, el ministeri de Justícia… A les autoritats autonòmiques corresponents, els demanem que desenvolupin plans de formació en diferents graus i tipologies per al funcionariat. Un exemple serien els inspectors de treball, que reclamem que tinguin la formació necessària per identificar els possibles casos de tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual. O també, pel personal sanitari o dels serveis socials.

Volem que tots puguin rebre la formació per identificar aquest tipus de situacions i després es creï tot un circuit d’acompanyament integral d’aquestes persones per poder sortir d’aquestes xarxes.

Respecte a les persones que exerceixen la prostitució de forma voluntària i lliure, cas per exemple d’aquest sindicat, per què des de l’Administració o la Justícia no es vol aclarir si és o no legal o els drets que tenen?

Hi ha molts estigmes, amb poca participació i veu de les persones afectades, siguin treballadores sexuals o que hagin estat víctimes de xarxes. I el debat està molt polaritzat. El mateix moviment feminista té un debat important sobre tota aquesta qüestió, entre postures abolicionistes, que pensen que tallant la demanda desapareix el subministrament. I, d’altres que estan per la regulació.

En aquest sentit, nosaltres fem també estudis comparatius amb altres països del món per saber com han enfocat aquest tema i quins són els efectes adversos de cada model.

I quines conclusions n’heu extret?

Pensem que poden servir com un aprenentatge interessant. Sobre un país nòrdic que va adoptar una posició abolicionista, això va generar un mercat negre de prostitució on encara hi havia més inseguretat per a les treballadores sexuals.

Quines mesures es van adoptar?

Doncs, es podia perseguir de forma criminal tot aquell propietari d’un habitatge que el llogués a una persona que exercís la prostitució. Això va generar que ningú els hi llogués i, per tant, les trobades sexuals es podien tenir en llocs, espais a l’aire lliure, on les treballadores sexuals estaven en una situació de major risc o que eren més propícies a poder ser víctimes d’algun tipus d’agressió o de violència.

El debat, per tant, no està en el blanc o el negre sinó en els grisos, i caldria tenir una perspectiva més general del que passa en altres països per poder trobar punts en comú.

Tornant a la sentència, la legalització del sindicat per part del Suprem pot donar peu a què en sorgeixin més a tot l’estat i la seva normalització.

Sí, a partir d’aquesta sentència sembla clar que se’ls ha de tenir en compte i se’ls ha de donar l’oportunitat d’explicar-se. I jo crec que les autoritats les han de tenir com a interlocutores vàlides.

 

 

[Font: http://www.xarxanet.org]

El escritor italiano Valerio Magrelli ofrece una crónica en la que reflexiona sobre lo que rodea a la vacunación contra el covid-19

Escrito por Valerio Magrelli 

Por fin me he vacunado. Incluido como profesor en las listas redactadas por la universidad, llegué a la estructura que instalaron frente a la estación Termini de Roma. La organización resultó impecable, con personal preparado y amable, esperas mínimas, filas bien distribuidas, locales amplios e higiénicos: no pudo ir mejor. Debemos sentirnos orgullosos de lo que hemos logrado. Lo cual es no es poca cosa, ya que se han vacunado unos 30 millones de ciudadanos.

De camino a casa, recordé un viejo suceso de hace más de veinte años. Mientras enseñaba en un aula con una veintena de estudiantes, se me ocurrió mencionar la cicatriz circular que  permanece en mi hombro izquierdo (seguramente hablaba de historia de la medicina). Semejante al rosetón místico de una catedral, esta huella es el resultado de una vacuna que compartí con mi generación como un auténtico ritual de la infancia. Pues bien, curiosamente mi confesión resultó inaudita para muchos estudiantes que han pasado ilesos a través de las más variadas modificaciones corporales: tatuajes de distintas disposiciones, colores y tamaños, multitud de aretes, piercings en todas partes y quizá hasta brandings (una alteración de la piel entre marca de fuego y cicatrización, semejante a las que practican algunas tribus africanas o amerindias).

Veía miradas atónitas, en busca de una explicación. Simplemente no comprendían mi insignia en la piel. ¡Ellos, los Grabados, los Cuadros, los Decorados! “Pero nosotros nos vacunamos por vía oral, ¿no lo sabe?”. No, no lo sabía. Efectivamente, los jóvenes que asistieron a la universidad en los años noventa ignoraban completamente la punción que los de la generación de 1957, y de todos los años anteriores, habían padecido durante la escuela primaria o secundaria.

El intruso

Pensaba en esto, camino a casa. Pero después, de repente, tuve un sobresalto, mientras en mi cabeza irrumpió violentamente el título de un ensayo de Jean-Luc Nancy, El intruso. En efecto, me pregunté, ¿qué había hecho sino dejarme inyectar algo extraño, extraño y peligroso, es decir, el enemigo que va segando víctimas en el mundo hasta llegar a los 3.8 millones de muertos? No soy un antivacunas, como se ha visto, pero esta vez el encuentro con el Otro, o sea con la Enfermedad, con el Mal en persona, me impresionó. Poliomielitis, viruela, etcétera, obviamente no son enfermedades menos graves, pero su vacuna, durante mi juventud, formaba parte de lo cotidiano. Además, esas patologías ya habían sido erradicadas y, por decirlo así, jubiladas. Acá no. Aquí se trata de inyectarse a un predador en plena actividad, inoculándonos el virus que se sigue extendiendo por todo el planeta. Así que fui a releer a Nancy…

En 1990 el filósofo francés tuvo un trasplante urgente de corazón, y poco después fue atacado por un tumor, probablemente generado por los medicamentos inmunosupresores. Por lo tanto, explicó Andrea Cortellessa, en esta historia clínica la presencia del intruso es triple: órgano ajeno tomado de otro cuerpo y colocado en el paciente, y un medicamento que, según la ambigüedad etimológica, cura y al mismo tiempo envenena: intruso que altera la vida de las células. Solo nueve años después de la operación, Nancy redactó un ensayo que se titula El intruso (traducido por Valeria Piazza en el año 2000 para Cronopio). Lo hizo por invitación de la revista Dédale, para un número titulado La llegada del extranjero. Esto para decir que, aunque el texto nunca toca temas explícitamente políticos, la política permanece cercana al pensamiento del autor, a la par del concepto de lo extraño.

Ahora volvamos a la vacunación de los italianos. Con respecto a la imagen del trasplante-tumor en Nancy, surge de inmediato una diferencia que, de hecho, podemos leer al principio del texto: “El intruso se introduce por fuerza, por sorpresa o por astucia; en todo caso, sin derecho y sin haber sido admitido de antemano”. Cortellessa comenta el pasaje subrayando otra ambivalencia etimológica, relativa esta vez al término “huésped”: “L’hospes [amigo, extranjero] coexiste con el l’hostis [enemigo], y el huésped, figura híbrida –activa-pasiva–, lleva en sí alojado, también, al que es hostil y pragmático, que se confronta con el primero”.

Liberado del círculo

Pero regreso al tema de la vacunación. No hace falta decir que la vacuna AstraZeneca, a diferencia de lo que sucedió a Nancy, no se introdujo en mi organismo por la fuerza, con la sorpresa o la astucia. Al contrario, yo la busqué ávidamente, y la invité con entusiasmo, pidiéndole que se sentara en mi casa como lo hace un personaje famoso, admirado. Un poco avergonzado, siento como si, para cenar con un VIP, no dudara en pagar sumas exorbitantes (aunque, por suerte, la obtuvimos gratis). Porque lo admito, pagaría tranquilamente, y no poco, para salir de este… cómo llamarlo, ¿delirio, pesadilla, molestia?

Será porque en casa, sin hacer nada, me congelo, pero se me ocurrió la imagen de un período glaciar. Me doy cuenta, sin embargo, de que esto es algo totalmente equivocado, ya que nuestro planeta –sobrecalentado– se derrite; de hecho, debería llamarse “incendiado”, toda vez que ha sido reducido a un enfermo grave por causa de los daños que todos conocemos (sobrepoblación descontrolada, deforestación, derrames petroleros) y que por desgracia son las mismas fuentes del covid. Si tuviera que elegir otra definición, tal vez al final optaría por “anillo”. Me gusta la palabra porque evoca una hermosa película paradigmática de la situación actual. Melania Mazzucco ya lo mencionó, pero quiero repetirlo: nuestras vidas parecen imitar El día de la marmota (Groundhog Day) que da el título a una película de 1993. En ella el héroe, Bill Murray, se ve prisionero dentro de una forma atroz del “eterno retorno”, obligado a repetir el mismo día una y otra vez. Esto también nos sucede a nosotros en este anillo agotador, que en inglés significa “círculo”, e indica objetos y estructuras formadas por líneas cerradas o en anillos. Si digo esto es porque, además de salvadora, la AstraZeneca me parece precisamente una vacuna anticírculo, una sustancia mágica; todavía mejor: el Príncipe Azul que inyecta al enemigo, pero para expulsarlo y romper el hechizo de la repetición.

El principio de los similares

Y aquí debo rendir homenaje a mi madre, una pediatra homeópata con la que discutí ferozmente, convirtiéndome a la alopatía después de renegar de la medicina casera. Lo confieso, estoy haciendo un mea culpa familiar. Me explico. Después del final de la Segunda Guerra mi madre abrazó esta extraña disciplina, heterodoxa, hereje, muy ilustre, ya que representa uno de los productos más afortunados de la ciencia romántica. Fundada por Samuel Hahnemann (1755-1843), y retomada en Italia por su heredero Antonio Negro (1908-2010), la homeopatía sigue el “principio de los similares”, es decir, una terapia contraintuitiva según la cual las enfermedades se curan con su semejantes (hay que ver, por ejemplo, los antídotos), en lugar de sus opuestos: Similia similibus curenter.

Está claro que este tipo de procedimientos pertenecen a la historia de la medicina y, con Hipócrates, preceden a Hahnemann dos milenios. Pero me gusta imaginar que, en el siglo XIX, la homeopatía fue la que retomó un proceso de tan difícil comprensión, sugiriendo a Pasteur la idea de la vacuna. De hecho, ¿qué es más contraintuitivo? ¡Me inyecté el mismo virus que durante un año, con tanto cuidado, traté de evitar! ¡Meses y meses evadiendo el peligro y luego poniéndomelo en el cuerpo, abriéndole la casa! Hice bien, desde luego, pero es bastante extraño saber que está aquí, dentro de mí.

Sin duda recordaré este día, a la espera de la segunda dosis, teniendo presente, como se nos advirtió, que este anhelo parece escasear. Quisiera concluir mi crónica invitando a escuchar un video que acaba de salir y que es muy instructivo sobre la cuestión de las vacunas contra el covid-19. Se trata de cuatro minutos en los cuales Manon Aubry, diputada del Parlamento Europeo, acusa a la Unión Europea de estar en contra de la vacuna patentada por Big Pharma. Me quedé impresionado, debo admitirlo. Ahora, como vacunado, puedo decirlo: chapeau! 

Traducción del italiano de Roberto Bernal

 

[Foto: Mufid Majnun en Unsplash – fuente: http://www.latempestad.mx]

Il n’y a pas d’autre sujet plus pertinent à aborder au Brésil aujourd’hui que celui de la manière dont la pandémie de Covid-19 a été gérée dans le pays.

Écrit par Ivan de Sampaio

Un projet cohérent ?   

Il n’y a pas d’autre sujet plus pertinent à aborder au Brésil aujourd’hui que celui de la manière dont la pandémie de Covid-19 a été gérée dans le pays. En général, la presse a abordé ce sujet en se concentrant sur l’incompétence du gouvernement fédéral à combattre l’avancée du virus. Dans cet article, nous entendons montrer non pas l’analyse négative de l’action ou la négligence de la puissance publique, mais bien plutôt sa dimension active ou positive. Il est possible d’observer ces événements de l’année dernière au Brésil, non pas comme un échec du gouvernement, mais comme son succès dans la réalisation d’un projet de nation cohérent et engagé dans les orientations politiques générales du Palais du Planalto (Le Palais du Planalto est le siège du bureau du président de la République du Brésil). Ainsi, nous espérons montrer dans ce bref article une ligne cohérente qui relie le projet politique de Jair Bolsonaro et les actions du gouvernement face à la pandémie, indiquant que la situation actuelle du Brésil n’est pas le résultat d’un défaut, mais plutôt du triomphe et de l’efficacité d’un programme extrêmement transparent.

«la situation actuelle du Brésil n’est pas le résultat d’un défaut, mais plutôt du triomphe et de l’efficacité d’un programme extrêmement transparent»

Le discours minimisationniste du gouvernement

Dans un premier temps, il convient de faire une brève rétrospective de la manière dont le gouvernement fédéral a agi face à la pandémie au Brésil. Dans la liste des actions gouvernementales, la première, et peut-être la plus révélatrice, se trouve dans le discours présidentiel lui-même. Depuis la première déclaration publique jusqu’à aujourd`hui, le discours présidentiel est resté pratiquement inchangé. Jair Bolsonaro est resté irréductiblement opposé aux gestes barrières et farouchement réfractaires aux confinements mis en œuvre par certains des États membres de la fédération. D’ailleurs, son discours et ses pratiques publiques convergent. Le refus de porter le masque, l’insistance à serrer la main sous la caméra, les accolades et les baisers dans les rangs des supporters sont des comportements fréquents du président de la République.

Cette attitude réitérée de Bolsonaro a également servi d’encouragement pour ses partisans. Les réseaux d’extrême droite ont agi contre toutes les mesures, menées par les gouverneurs des États-membres, visant à contenir la pandémie. En plus de la diffusion massive de fake news par des groupes WhatsApp idéologiquement alignés avec le président de la République, ces réseaux ont organisé plusieurs manifestations avec de nombreux participants contre les confinements au niveau des États-membres. Certaines de ces manifestations ont même vu la présence du président lui-même, des membres du premier niveau de son gouvernement ainsi que des parlementaires alliés.

«Les réseaux d’extrême droite ont agi contre toutes les mesures, menées par les gouverneurs des États-membres, visant à contenir la pandémie.»

Dans ce sens, on peut voir que le discours et l’exemple de Bolsonaro sont aussi des directives politiques générales pour les membres du gouvernement. Ainsi, cette attitude de refus aux gestes barrières est devenue le « protocole officiel » du gouvernement fédéral. À ce moment, l’un des rares à avoir refusé de suivre pleinement la directive du Palais du Planalto était le ministre de la Santé de l’époque, Luiz Henrique Mandetta. En allant à l’encontre des directives présidentielles, il n’est pas surprenant que le ministre ait été démis de ses fonctions à la mi-avril 2020, un moment critique de la pandémie au Brésil. Bolsonaro a nommé un autre médecin pour prendre en charge le ministère de la Santé, mais il n’a pas tenu 30 jours en fonction. Puis, le général Pazuello, un homme dont la spécialité est de suivre les ordres, a pris le poste.

La campagne de vaccination

Au cours de son service au ministère de la Santé, qui a duré près d’un an, le général Pazuello a refusé d’acheter la quasi-totalité des vaccins en cours de développement, obligeant les États à conclure des accords individuels pour acquérir les vaccins. Au même moment, les laboratoires de l’armée ont commencé à produire le médicament hydroxychloroquine, et le ministère de la Santé a lancé sa campagne de distribution du remède dans un paquet de « traitement précoce » de la Covid-19. À ce stade, le discours officiel de la présidence présente une contradiction apparente. Tout en refusant d’acheter des vaccins au motif qu’ils étaient encore en cours de développement et qu’il n’y avait aucune garantie de leur efficacité, il a distribué massivement un médicament dont l’efficacité pour traiter la maladie n’est pas scientifiquement prouvée. Le problème à ce stade n’a jamais été l’efficacité ou non du médicament ou des vaccins. L’insistance du gouvernement sur le traitement précoce est fondée sur l’effort de postuler l’existence d’un « remède » pour la maladie. Qu’elle existe ou non est moins pertinent, l’important est de créer une atmosphère favorable pour que les gens adhèrent au discours officiel de minimisation de la pandémie et fassent fi des mesures de confinement mises en place dans les états. Pour le gouvernement, l’hydroxychloroquine était le placebo immédiatement disponible, le vaccin n’était qu’une promesse future. De plus, la maladie que le gouvernement cherchait à guérir n’était jamais la Covid-19, mais plutôt le confinement.

Avec la promesse de l’arrivée des premières doses de vaccin, assurée par l’Institut Butantã à São Paulo, le gouvernement fédéral a commencé à agir de manière à entraver la campagne de vaccination, en soulevant des discours antivaccins et en mettant en doute la sécurité du sérum avec un discours xénophobe face à l’origine chinoise du laboratoire partenaire de l’institut à São Paulo. Parallèlement, l’administration fédérale a cherché à acheter n’importe quel vaccin dans le monde entier, dans le seul but de remporter la victoire symbolique de l’application de la première dose avant la campagne de vaccination du gouverneur de São Paulo.

Les efforts du gouvernement fédéral dans cette course à la première dose n’ont pas été fructueux. En tout état de cause, les actions visant à retarder la campagne nationale de vaccination ont été efficaces. Le Brésil possède l’un des plus grands systèmes de santé publique au monde, une tradition de campagnes de vaccination et une infrastructure installée capable d’appliquer 5 millions de doses de vaccin par jour. Mais, devant les efforts actifs du ministère de la Santé, qui a boycotté l’élaboration d’un plan national d’immunisation, jusqu’au début avril 2021, seulement un peu plus de 5 millions de personnes avaient reçu les deux doses du vaccin.

L’aide d’urgence

D’autre part, contrairement aux actions du gouvernement, à partir d’avril 2020, l’aide d’urgence fédérale est entrée en vigueur. La suspension des contrats de travail a été autorisée, et les personnes qui n’étaient pas protégées par la sécurité sociale ont commencé à recevoir une allocation mensuelle, dont les valeurs varient entre 600 R$ (85 €) et 1200 R$ (170 €). Ces actions ne sont pas nées de l’initiative du gouvernement fédéral, elles sont le résultat d’une imposition au gouvernement. Après une forte pression politique, le ministère de l’Économie a présenté une proposition d’aide de seulement 200 R$ (30 €) par mois. Le Congrès national, principalement à l’initiative des partis d’opposition, a imposé un montant plus élevé au gouvernement. Malgré cela, l’aide a pris fin en décembre 2020. Elle n’a pas été renouvelée en 2021. Le pays a vécu le pire moment de la pandémie sans soutien financier pour les plus défavorisés, poussant les travailleurs les plus vulnérables économiquement à s’exposer au virus. La nouvelle aide offerte par le gouvernement fédéral n’a commencé qu’en avril 2021, alors que le Brésil comptait déjà le plus grand nombre de décès par jour dû au Covid-19 dans le monde, en chiffres absolus et relatifs. De plus, dans cette deuxième édition, l’aide a été drastiquement réduite à un montant compris entre 150 R$ (22€) et 350 R$ (50€) par mois, somme insuffisante même pour garantir la sécurité alimentaire dans un pays où le coût moyen du panier-repas de base est de 640 R$ (91 €).

La stratégie de l’immunité grégaire

Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses actions du gouvernement fédéral réalisées en rapport avec la pandémie. Notons qu’à aucun moment, il n’a été dit ici qu’il s’agissait d’actions pour combattre la pandémie. Ceci, pour une raison très simple, le but du gouvernement n’a jamais été d’empêcher la circulation du virus. Ainsi, nous arrivons au point crucial qui donne une cohérence et un sens précis aux actions du gouvernement brésilien au cours de l’année dernière. L’action efficace du gouvernement avait pour principal objectif de favoriser la circulation du virus. L’idée, lancée au début de la pandémie, d’une « immunité grégaire » n’a jamais disparu des ambitions du gouvernement fédéral. L’importance de cette insistance renvoie au projet politique plus large du gouvernement actuel. Tout d’abord, il convient de rappeler qu’il n’existe aucune preuve scientifique sûre permettant de postuler l’efficacité réelle de l’immunité générale après l’infection par le virus, et les cas de réinfection déjà documentés augmentent l’incertitude de cette hypothèse. Mais, même si ce doute n’existait pas, le fait est que les modèles mathématiques élaborés par l’Imperial College indiquent le chiffre de plus d’un million de décès au Brésil avant d’atteindre la supposée « immunité collective ». Ces mêmes modèles, qui ont effrayé d’autres politiciens de droite comme Boris Johnson, n’ont pas découragé Bolsonaro à mettre en oeuvre  son programme.

Des morts acceptés ?

«Pour le président, succomber à la maladie est une marque de faiblesse, une indication que la personne malade n’est pas un spécimen digne de figurer parmi son peuple.»

La raison principale de la résistance du gouvernement sur ce point n’est pas seulement un conformisme indifférent à l’égard des victimes. En effet, l’agenda fédéral effectif est une politique active d’extermination motivée par l’ambition de l’eugénisme. Ce n’est pas sans raison que le discours officiel du président parle du Covid-19 comme d’une « petite grippe » qui ne le menacerait pas au vu de son « record d’athlète » et que le Brésilien « doit être étudié, car il n’attrape rien ». Pour le président, succomber à la maladie est une marque de faiblesse, une indication que la personne malade n’est pas un spécimen digne de figurer parmi son peuple. Tout comme chercher à se protéger de la contagion est un signe de « lâcheté ». Cette trace d’instrumentalisation de la mort pour purger le peuple brésilien de ses maux endogènes n’est pas une nouveauté, mais plutôt une constante dans pratiquement toute la carrière politique de Jair Bolsonaro. La peine de mort, l’extermination des opposants, l’incitation à l’armement, l’ode à la guerre civile, sont des thèmes fréquents dans les manifestations de Bolsonaro, parfois même ensemble, comme dans une interview de 1999, où Bolsonaro déclare : « Cela ne changera malheureusement que lorsque nous partirons pour une guerre civile, en faisant un travail que le régime militaire n’a pas fait. Tuer quelque 30 000 personnes ».

Dans cette optique, l’esthétique même adoptée par le gouvernement, à plusieurs reprises, fait explicitement référence aux symboles suprémacistes. Les discours en direct de Bolsonaro avec ses conseillers où tout le monde prend un verre de lait pur, ou encore le cas le plus explicite, lorsque l’ancien secrétaire à la Culture du gouvernement a fait une annonce vidéo d’un programme national, reproduisant en détail un discours de Goebbels. Récemment encore, l’un des assistants présidentiels a fait, devant les caméras, un geste suprémaciste au Sénat. Ce sont des comportements, des gestes et des symboles fréquents et le gouvernement en est truffé et la gestion de la pandémie est la matérialisation pratique de ces symboles.

Des groupes défavorisés d’autant plus touchés par le virus

À contrario, il serait possible de postuler que la pandémie aurait un caractère aléatoire et que les décès ne pourraient être contenus ou dirigés vers des groupes sociaux spécifiques. Le Brésil a donné des preuves que ce n’est pas vrai. Même avec un virus à diffusion aérienne et qui circulait d’abord parmi les classes les plus aisées, les inégalités sociales dans le pays ont réussi à faire en sorte que les taux d’infection et de décès les plus élevés soient ceux des plus pauvres. Dans les études sur la prévalence du virus dans la population, il est étonnant de constater que les taux les plus élevés se trouvent précisément dans les quartiers les plus pauvres des villes. Comme si cela ne suffisait pas, même la campagne de vaccination pourrait être censitaire, puisque la Chambre des députés, avec le soutien des partis au pouvoir, a approuvé l’autorisation pour les entreprises privées d’acquérir des vaccins et de promouvoir leurs propres campagnes de vaccination. Ainsi, ceux qui peuvent payer le vaccin sont autorisés à sauter la ligne du système de santé publique. Les décès ne sont pas aléatoires.

Si d’une part les actions du président sont le signe à travers duquel on peut comprendre le projet qui guide la gestion de la pandémie au Brésil, d’autre part il faut reconnaître qu’il n’agit pas seul. Une bonne partie des églises évangéliques néo-pentecôtistes du pays, importante base de soutien du gouvernement, lorsque plus de 4 000 morts par jour étaient dénombrés par la Covid-19, ont même mobilisé le pouvoir judiciaire pour tenter de maintenir les temples ouverts. On ne peut que supposer qu’il s’agissait d’une tentative pour amener leurs fidèles à rencontrer Dieu plus vite. Les militaires, quant à eux, n’avaient jamais eu une participation aussi importante au gouvernement fédéral, même si l’on considère les deux décennies de dictature militaire entre les années 1960 et 1980. Pour reprendre les termes de Gilmar Mendes, ministre de la Court Suprême (STF) : « l’armée s’associe au génocide ». La phrase du ministre est si assertive qu’elle a provoqué une réaction immédiate des militaires, dans une indignation typique de ceux qui n’ont pas de défense.

Le fait est que le gouvernement a trouvé de nombreux partisans prêts à s’associer à ce crime contre l’humanité. Ce n’est qu’à la mi-avril qu’une réaction institutionnelle directe à ce programme d’extermination a commencé à se manifester. La « CPI da Covid » a été créé au Sénat fédéral pour enquêter sur les actions du gouvernement pendant la pandémie. En tout état de cause, le scénario concernant la responsabilité effective de ce crime n’est pas particulièrement encourageant. Le président lui-même a déjà accumulé plus de 100 demandes de destitution, dont le traitement est bloqué par la présidence de la Chambre des députés. L’histoire institutionnelle du Brésil elle-même regorge des crimes pour lesquels personne n’a jamais été tenu responsable et qui restent sans compensation, surtout si l’on pense à ces crimes qui ont fait des victimes non pas d’une seule personne, mais de tout un peuple. À titre d’exemple, il suffirait de rappeler que le Brésil est le pays qui a maintenu en esclavage le plus grand nombre de personnes noires dans toute l’histoire coloniale de l’Occident et que l’esclavage a pris fin sans aucune sorte d’initiative publique pour compenser les victimes directes ou leurs descendants.

«L’histoire institutionnelle du Brésil elle-même regorge des crimes pour lesquels personne n’a jamais été tenu responsable. À titre d’exemple, il suffirait de rappeler que le Brésil est le pays qui a maintenu en esclavage le plus grand nombre de personnes noires dans toute l’histoire coloniale de l’Occident et que l’esclavage a pris fin sans aucune sorte d’initiative publique pour compenser les victimes directes ou leurs descendants.»

Face à ce massacre, la première étape importante est de l’appeler par son nom. Le Brésil connaît aujourd’hui un crime contre l’humanité. Pas une figure rhétorique, pas une utilisation politique des morts de la pandémie, l’extermination est le seul terme qui nous permet de commencer à décrire ce qui se passe au Brésil. Il est impératif de ne pas hésiter à le dire en toutes lettres. La victoire sur la pandémie en dépend. Il n’est pas possible d’avoir un Brésil sain et un autre qui étouffe. Traverser la pandémie, la laisser derrière soi ne sera possible que face à cette reconnaissance. Le refus répété de réparer le passé conduit à une incapacité effective de le laisser passer, de telle sorte que l’extermination des peuples traditionnels, l’esclavage, les dictatures brésiliennes ne sont jamais complètement passés, leurs effets restent vivants et aujourd’hui tous se manifestent et se répètent dans le gouvernement de la pandémie. Sans reconnaissance de ce crime contre l’humanité en tant que telle, sans responsabilisation de tous ceux qui y ont été associés ou collaboré, la pandémie ne passera pas non plus. Le Brésil marche pour devenir une couveuse mondiale de variantes virales, pour éviter que le pays ne devienne ce grenier à épidémies, il est impératif d’empêcher que les crimes de l’actuel gouvernement deviennent une autre tombe commune de l’histoire.

 

[Photo de l’auteur – source : citeunie.org]

 

Escrito por Patricia Rivero

Nas últimas semanas, nesse enorme e belo país tropical, assistimos em todos os canais de TV, no YouTube, Instagram e até naqueles streams que desconheço, aos depoimentos de convidados à Comissão de Inquérito Parlamentar, comissão que investiga o comportamento de figuras centrais do governo durante a pandemia da Covid-19, a chamada CPI da Covid.

A pandemia da Covid-19 não acabou, não nos vamos enganar. Mas, paralelamente ao seu avanço, acionaram-se os mecanismos institucionais para que fossem apuradas as responsabilidades que fizeram deste país um dos países no mundo onde o coronavírus tem provocado mais vítimas. Ainda não acabou – e já são mais de 480 mil pessoas vítimas fatais da infecção. Dores negadas, corpos hermeticamente fechados em sacos pretos de plástico, enterros sem velório, perdas sem despedida vão se acumulando-se.

Os números mantêm-se num patamar de aproximadamente 1.800 vidas perdidas por dia, com variações. No dia 1 de abril desse ano, chegaram a ser perto de 4.000 pessoas mortas pela Covid-19 num dia só. Desde que se instaurou a CPI da Covid, temos assistido a 11 senadores inquirindo ou apoiando depoimentos de convocados, testemunhas e convidados que tiveram ou ainda têm responsabilidade sobre as políticas aplicadas ou omitidas para conter o avanço da doença.

Além das mortes e UTIs lotadas, há filas de infectados que em alguns casos chegam a ser mais de 2.000 pessoas aguardando um lugar na UTI. Também falta oxigênio nos centros hospitalares, e as pessoas morrem asfixiadas nas portas dos hospitais, ou dentro destes, enquanto familiares correm desesperados tentando comprar os galões que aparecem tarde demais. Para piorar a situação, faltam medicamentos sedativos. As pessoas que são entubadas para poder sobreviver à doença têm que suportar a dor do procedimento sem analgésicos, anestésicos ou algum tipo de medicamento que diminua o sofrimento.

Enquanto isso, vários convocados e convocadas depõem e respondem às questões da CPI da Covid. São eles ex-ministros da Saúde ou o ministro atual, secretários e secretárias com responsabilidades diretas sobre a distribuição de medicamentos e implementação de políticas específicas de saúde, o ex-ministro de Relações Exteriores encarregado de atrapalhar qualquer tipo de negociação para a obtenção de vacinas, CEOs de empresas farmacêuticas produtoras de vacinas, autoridades de agências reguladoras em saúde, médicas, consultoras, generais, etc. Várias figuras do governo e das empresas envolvidas têm prestado depoimento. Todas elas tentam delimitar o seu campo de ação e eximir-se de responsabilidades. Mas aqueles que têm tido responsabilidade direta no aprofundamento da infecção, ajudando o vírus a reproduzir-se e levando as pessoas a adoecerem até a morte, chamam a atenção pela tranquilidade e frieza dos seus depoimentos.

Cada vez que essas pessoas, homens e mulheres que atuam ou atuaram junto do líder de governo que promove comportamentos de aglomeração, critica o uso de máscara e defende a prática chamada de “imunidade de rebanho”, depõem na comissão, produzem calafrios e espanto. Dita imunidade supõe a possibilidade de imunização em relação ao vírus por exposição à infecção, o que comprovadamente levaria a um número de vítimas excessivo por ultrapassar todas as capacidades de qualquer sistema hospitalar. Essa prática, embora tentada em alguns países logo no início da pandemia, foi descartada por ser impraticável e desumana. Nos lugares onde se ousou iniciar estratégia semelhante, a mortalidade e saturação do sistema médico foi tal, que a tese teve de ser abandonada. No entanto, nesse imenso país continental, os integrantes do governo logo aderiram a esta estratégia. Hoje, tanto na prática como no discurso, vários membros do governo promovem-na ativamente, tendo como principal incentivador o próprio presidente da república.

O que a CPI tenta agora é demonstrar que as políticas desenvolvidas têm produzido descontrole da doença, disseminação do vírus e aumento da mortalidade. Mortes, que poderiam ser evitadas com simples medidas comportamentais, têm sido incrementadas pelo estímulo a comportamentos de disseminação da infecção. Além da promoção de aglomerações sem máscara e sem distanciamento, um dos instrumentos defendidos pelo governo central desde o início da pandemia até agora é o uso de medicamentos sem eficácia científica comprovada para evitar a infecção e morte das pessoas.

No entanto, um dos depoimentos que mais me chamou a atenção foi o da médica “consultora” do governo, principal defensora da aplicação deste tratamento sem eficácia comprovada. Ela, convidada pela comissão, esteve durante mais de oito horas quase ininterruptas, prestando depoimento e defendendo, com voz impávida, suave e monocórdia, o uso desses medicamentos e a estratégia de imunidade de rebanho por infecção. Amparada em diversos títulos e na autoridade de sua trajetória profissional, defendeu impávida, sem sair do seu tom de voz nem por um segundo, a continuidade destas práticas que já levou a esse escandaloso número de mortes.

O que mais surpreende na doutora, é que por detrás da máscara, seus olhos apenas pestanejam. Sua postura corporal estática, apesar de acompanhada pelo movimento expansivo das suas mãos, é um marco de algum tipo de postura estética que se pretende ética. Vestida de branco, com um colar de contas de madrepérola e um anel no qual se vislumbra um enorme cristal, quase do tamanho da sua pequena mão, tenta incorporar uma aura de pureza e luminosidade. Assim como o fazem os gurus de algumas seitas religiosas, sua pretensa aparência pacífica oculta uma verdade escura e mortífera. Sim, com voz suave e incomovível, a doutora defende a morte.

Seus argumentos esvaem-se frente a questionamentos assertivos de alguns senadores que são médicos ou que apresentam informações revelando a falsidade das suas fontes ou a solidez do seu conhecimento. Ela se pretende cientista, quase uma deusa da teoria da imunização. Mesmo caindo em contradição, ficando sem resposta frente a argumentos científicos fundamentados, ela continua, maquinalmente, sem sensação aparente. Por detrás do anel, das mangas do seu casaco branco folgado, deixam-se ver umas manchas avermelhadas na pele. Eu me pergunto se serão fruto de uma doença, talvez sequelas de coronavírus, ou se serão parte de algum ritual de autoflagelação que seja capaz de expiar a culpa. Mas não, não há culpas nessa voz, nessa postura messiânica, nesse aparente encontro com seres de luz. A luz que está por trás dessa personagem é a luz das trevas, a escuridão que carrega a dor e o sofrimento de milhares de mortes por Covid-19 neste belo país continental.

Qualquer semelhança com a realidade não é coincidência…

 

[Fonte: http://www.terapiapolitica.com.br]

Yaïr Lapid et Naftali Bennett

Naftali Bennett (à droite) vient de devenir premier ministre, succédant à Benyamin Nétanyahou, qui avait exercé cette fonction pendant les douze dernières années. Dans un an, il sera remplacé par son allié de coalition, Yaïr Lapid. Gil Cohen-Magen/AFP

 

Écrit par Ran Porat

Le 36ᵉ gouvernement de l’histoire d’Israël vient d’être approuvé, avec la plus faible des marges, par 60 députés de la Knesset contre 59.

Le nouveau premier ministre est le chef du parti national-religieux Yamina, Naftali Bennett. Cet ancien commandant d’une unité d’élite de l’armée, très religieux et entrepreneur à succès dans le domaine des technologies de pointe a été contraint de former un gouvernement d’union avec le centriste Yaïr Lapid, chef du deuxième plus grand parti d’Israël, Yesh Atid.

Il est prévu dans l’accord passé entre ces formations que Lapid deviendra premier ministre en 2023. Les autres partenaires de la coalition sont deux partis de gauche, Meretz et le parti travailliste ; deux partis de droite, Tikva Hadasha (« Nouvel espoir ») et Israel Beiteinu (« Israël est notre maison »), ainsi que le parti centriste Bleu et Blanc de Benny Gantz.

À cet assemblage très hétérogène au niveau idéologique s’ajoute la Liste arabe unie (Ra’am), dirigée par Mansour Abbas. Ce dernier est ainsi devenu, conformément à son plan stratégique, le premier chef de parti arabe à entrer dans un gouvernement israélien.

Mansour Abbas (à droite) en conversation avec Naftali Bennett à la Knesset, le 13 juin 2021. Emmanuel Dunand/AFP

Sa décision signifie que de nombreux Israéliens arabes préfèrent se concentrer sur les priorités nationales, telles que la réduction de la criminalité et l’obtention rétrospective de permis légalisant des constructions illégales dans les villes arabes, plutôt que sur le nationalisme palestinien.

Les grands perdants sont les partis ultra-orthodoxes. Pour la première fois depuis de nombreuses années, ils se retrouvent hors du gouvernement, déconnectés de la source de financement public qui alimente depuis longtemps leurs instituts religieux et éducatifs.

Les défis du nouveau gouvernement

Les huit partis formant le gouvernement n’avaient qu’une seule chose en commun : leur détermination à évincer le premier ministre ayant détenu ce poste plus que quiconque depuis la création de l’État d’Israël, le charismatique Benyamin « Bibi » Nétanyahou.

Chef du parti de droite Likoud, Benyamin Nétanyahou a été le visage d’Israël au cours des douze dernières années, ainsi que lors de son premier passage au poste de premier ministre de 1996 à 1999. Célèbre pour ses tours de passe-passe politiques et ses habiles manœuvres pour former des coalitions, il a fini par perdre la confiance de la quasi-totalité des acteurs politiques. Nombre de ses anciens alliés ont participé à son éviction.

Ce nouveau gouvernement hétérogène devra maintenant apporter des changements, et il devra le faire rapidement. Une nouvelle flambée des tensions avec le Hamas, désigné comme organisation terroriste par de nombreux pays, est probable. Un budget doit être approuvé rapidement, après deux années sans budget. Et Nétanyahou ne peut plus être blâmé si le gouvernement ne tient pas ses promesses.

L’ensemble complexe d’accords de coalition signés entre les partis signifie que le gouvernement concentrera très probablement son attention sur les questions intérieures et évitera de prendre des initiatives majeures sur des sujets qui divisent, comme la question palestinienne. L’une des tâches essentielles sera d’apaiser les tensions sociales qui ont refait surface en Israël ces dernières années, divisant Arabes et Juifs, laïcs et religieux, gauche et droite.

La coalition doit trouver un moyen de travailler efficacement. Dans le cas contraire, elle risque de s’effondrer rapidement. Le leader de l’opposition officielle, Benyamin Nétanyahou, a fait savoir qu’il ne comptait pas quitter la politique et qu’il allait travailler sans relâche pour évincer le nouveau gouvernement.

Mais Nétanyahou pourrait bien être contraint de s’effacer, car il risque une peine de prison ferme. Il fait l’objet de plusieurs actes d’accusation pour corruption, fraude et abus de confiance. Son procès pourrait durer des années, et a été la principale motivation de ses tentatives presque désespérées de se maintenir au pouvoir. Bon nombre d’électeurs se sont mobilisés contre lui parce qu’il est considéré comme corrompu et décadent.

Vers de nouveaux traités de paix dans la région ?

À Washington, le départ de Nétanyahou a sans doute donné lieu à un soupir de soulagement. Le premier ministre sortant s’est mis à dos l’ancien président américain Barack Obama en raison de la volonté de ce dernier de signer l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran. Le président actuel, Joe Biden, a été l’un des premiers à appeler Bennett, signe que les États-Unis espèrent avoir plus d’influence sur le nouveau gouvernement.

Nétanyahou laisse en héritage à ses successeurs d’indéniables succès diplomatiques, économiques et politiques, mais aussi les effets d’une stratégie délibérée visant à monter les Israéliens les uns contre les autres, exacerbant ainsi des clivages internes durables.

Sous sa férule, Israël est devenu un leader mondial dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. S’appuyant sur ses liens personnels avec le PDG de Pfizer, Nétanyahou a mobilisé le système de santé pour vacciner la quasi-totalité de la population adulte d’Israël en un temps record.

Grâce à sa relation étroite avec l’ancien président américain Donald Trump, il a également orchestré le déménagement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, consolidant ainsi le statut de la ville en tant que capitale d’Israël.

Nétanyahou a maintenu une position ferme et intransigeante sur la question de l’accession de l’Iran à l’arme nucléaire, ce qui a aidé Israël à obtenir les accords d’Abraham – les fameux traités de paix avec quatre pays musulmans. Israël a également entrepris un discret rapprochement avec l’Arabie saoudite, le chef de file du camp anti-iranien.

Au final, à l’issue du règne de Nétanyahou, Israël jouit d’un statut renforcé dans la région et d’une économie prospère.

La gestion du conflit avec les Palestiniens

Le bilan de Nétanyahou dans le domaine de la relation avec les Palestiniens est beaucoup plus discutable. Il est arrivé au pouvoir après l’assassinat du premier ministre travailliste Yitzhak Rabin en 1994, et a effectivement rompu avec les accords de paix d’Oslo signés par Rabin avec les dirigeants palestiniens, sans pour autant les dénoncer complètement.

Rappelons qu’il a été élu, en 1996, dans un contexte marqué par une recrudescence des attentats commis par le Hamas et le Djihad islamique palestinien, avec l’engagement de ralentir le retrait d’Israël des territoires de Cisjordanie. Il a également donné satisfaction à sa base électorale en poursuivant l’expansion des colonies dans cette zone contestée, en dépit de l’opposition de nombreux membres de la communauté internationale.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou rencontre les chefs des autorités des colonies israéliennes dans la colonie d’Alon Shvut, dans le bloc de Gush Etzion, en Cisjordanie, le 19 novembre 2019. Menahem Kahana/AFP

Au cours des douze dernières années, Nétanyahou s’est surtout employé à gérer – et non à résoudre – le conflit. Son approche de la solution à deux États a été au mieux ambiguë, même s’il a montré une certaine volonté de faire des concessions lors des pourparlers menés par les États-Unis en 2014. Tenter d’apaiser le Hamas en lui permettant d’obtenir de l’argent provenant du Qatar – illustration de son approche de gestionnaire – s’est retourné contre lui de manière spectaculaire lors de la dernière guerre avec Gaza.

Nétanyahou a donc été écarté du pouvoir – du moins pour le moment. Le gouvernement Bennett-Lapid ne devrait pas beaucoup s’écarter des politiques étrangères israéliennes qu’il avait mises en œuvre. Les opérations stratégiques d’Israël contre l’Iran vont sans doute se poursuivre.

En ce qui concerne les Palestiniens, il ne faut attendre d’avancées notables tant qu’un autre dirigeant de longue date n’aura pas été évincé, à savoir le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, âgé de 86 ans, qui est de plus en plus considéré comme corrompu et incapable d’exercer correctement ses fonctions.

Le nouveau gouvernement repose sur des bases fragiles. Tous ses participants savent qu’un seul d’entre eux peut faire tomber le gouvernement. Mais personne n’a envie de se lancer dans de nouvelles élections ; les membres de la coalition y auraient trop à perdre. Il semble que, au moins pour les douze prochains mois, Israël aura enfin un gouvernement.

 

 

[Source : http://www.theconversation.com]