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Le photographe suisse Patrick Gilliéron Lopreno nous livre une «carte blanche» photographique consacrée au peintre helvétique Eugène Burnand pour le centenaire de sa mort.

Écrit par Patrick Gilliéron Lopreno

Je connais l’œuvre du peintre naturaliste Eugène Burnand, depuis des années. Je suis, par ailleurs, venu de nombreuses fois au Musée Eugène Burnand voir ses toiles. Celles qui m’ont le plus touchées sont celles réalisées en Camargue. Les couleurs pastel permettent au ciel, à la mer et au sable de s’entremêler dans une dynamique de couleur et de libérer l’émotion enfermée dans le trop juste respect de la réalité. À cette intersection, j’ai perçu chez Burnand cette belle opposition entre réalité et lyrisme. Même dans un souci méticuleux de peindre ce qu’il voyait, à la virgule près, le peintre, en revanche, ne peut lutter contre ses propres sentiments. En peignant, il insuffle, à travers son pinceau, sa propre vision de la réalité; donc d’une certaine subjectivité.

Tout en étant inscrit dans le mouvement pictural naturaliste, qui donne aux peintures une sorte d’objectivisme, Eugène Burnand, par sa composition, ses choix de couleurs et sa technique, ne se défait pas d’un certain subjectivisme. À mon avis, le syncrétisme de ces deux tendances opposées donne naissance à l’œuvre et à l’auteur; sinon on tomberait bassement dans un réalisme soviétique avant l’heure. L’art, c’est avant tout l’expression du ressenti de l’homme et la propagande, l’imposition d’un style d’école qui abolit de fait l’artiste.

Il y a deux ans, j’ai débuté un projet photographique sur le monde paysan, qui a abouti à la publication du livre Champs, en mars de cette année. Durant des mois et des mois, j’ai sillonné la même campagne peinte par Eugène Burnand. Je l’ai aimée; profondément. Les paysages de brumes matinales, les lumières rasantes d’été, la terre dense des champs labourés et les hommes de caractère qui la peuplent donnent l’impression que l’éternité l’habite. J’ai vraiment été influencé dans ma démarche par l’œuvre du peintre moudonnois et cette dualité esthétique entre réalisme et lyrisme me poursuit depuis mes premiers travaux. Il est évident, pour moi, que la poésie se trouve dans la réalité. Le poète Philippe Jaccottet le disait très justement.

En juillet 2020, j’ai pris contact avec Justin Favrod de la Fondation du Musée Eugène Burnand pour lui proposer une «carte blanche» photographique pour le centenaire de la mort d’Eugène Burnand. C’est avec enthousiasme qu’il m’a reçu et que ma demande a été validée par le comité de la Fondation.

J’ai donc pu librement travailler autour du peintre et me confronter à lui, dans un combat vital et pacifique. J’ai choisi quatre axes, comme des chapitres, pour construire mon exposition «Champ et hors-champ», qui est actuellement présentée, de mai à octobre, au Musée Eugène Burnand à Moudon.

Ma première série de photographies est appelée «photos-tableaux». En effet, j’ai voulu, par des mises en scène photographiques et naturalistes, réaliser des images qui soient comme des tableaux et qui tendent à ressembler, par les thématiques, à des toiles, mais photographiques, d’Eugène Burnand. J’ai été influencé par les tableaux: Taureau dans les Alpes (1884) et Le Paysan (1894).

Ensuite, comme au moyen d’un carnet de notes, j’ai pris des photos au domaine du Seppey et pu pénétrer à l’intérieur de l’atelier du peintre, qui est actuellement à l’abandon. J’ai ressenti une vive émotion car le lieu est encore chargé de la présence de l’artiste; comparable à l’atelier Cézanne à Aix-en-Provence, si on le visite seul. Sous une table, j’ai trouvé des albums de famille, des carnets de voyage, des coupures de presse et, aux murs, se trouvent encore des toiles peintes par David Burnand. Par hasard, en ouvrant un des albums, je suis tombé sur une photographie d’Eugène Burnand aux côtés de sa femme Julia (Girardet), assis sur un banc. Une impression de sérénité et d’amour s’en dégageait. C’est ce face-à-face avec ces deux visages d’humanité qui m’a rendu encore plus attachant cet homme qui, malgré une certaine austérité et son appartenance à l’église libre, devait être un mari aimant et un père de famille exemplaire. Tout à coup, une connexion entre deux temps lointains et différents m’a fait aimer l’homme et non plus uniquement le peintre.

Après avoir travaillé sur le domaine du Seppey, je suis monté à Vuillens, photographier la chapelle et le cimetière, où sont enterrés la plupart des Burnand. À peine passé le portail, sur la droite, se trouve la tombe d’Eugène et de Julia, unis et liés sous les branches d’un arbre protecteur.

Pour clore, ma dernière série photographique est composée de vues de campagne, en format restreint, des environs et deux images montrent le champ du Labour dans le Jorat (1916).

Avec mon livre Champs et mon exposition «Champ et hors-champ», j’ai pu mieux connaître l’œuvre d’Eugène Burnand et m’interroger, comme dans un effet miroir, sur le naturalisme, qui, en photographie, pourrait s’apparenter au documentaire-social. La représentation du réel, dans un respect strict de la réalité, est intimement constitutive de l’apparition de la photographie pour documenter la vie des hommes et de l’Histoire. Cependant, je me suis toujours senti enfermé dans une vision trop descriptive et réaliste de l’image. Avec le temps, je me suis enfin allégé et libéré en adoptant un point de vue qui mêle poésie, onirisme et réalité, sans trahir la nature des êtres et des choses.

Je n’ai donc pas triché avec la Création. Eugène Burnand non plus, d’ailleurs.

Image de couverture: Photographie de Patrick Gilliéron Lopreno extraite du livre d’art Champs, paru en mars de cette année et dont la critique est disponible dans notre précédente édition (N° 74) © Patrick Gilliéron Lopreno / Olivier Morattel Editeur

[Source : http://www.leregardlibre.com]

 

Escrito por RICARDO FORSTER*

Cómo escribir, mientras la tristeza me recorre el alma, sobre alguien que hizo de la escritura un arte sublime. Que transformó su pasión argentina en una aventura intelectual construida desde la intensidad de un lenguaje único, laberíntico, exuberante y de una belleza que desafía la inteligencia de los lectores. Cómo escribir de alguien que hizo de la enseñanza una experiencia capaz de conmover a miles de estudiantes. Cómo escribir de alguien que le dio a la palabra “maestro” una nueva significación convocando, en su larga y prolongada caminata universitaria, a varias generaciones de discípulos que disfrutaron de su generosidad.

Cómo escribir de alguien que vivió con una intensidad y compromiso desbordante la larga travesía de un país siempre en estado de provisionalidad, de crisis y de esperanza. Cómo escribir de alguien que cultivó la amistad como si fuera una obra de arte, atravesada por conversaciones infinitas, escuchas persistentes y comprensivas, complicidades capaces de conjurarse para diseñar mil proyectos de revistas, de cátedras, de espacios políticos, de congresos contra académicos.

Cómo escribir sobre alguien que fue construyendo su andadura acumulando bibliotecas enteras en su acervo de lector infatigable; de alguien que hizo de la erudición un gesto de humildad mientras nos dejaba sin respiro a sus lectores entusiasmados tratando de seguirle la pista a sus pesquisas que podían surcar geografías muy diferentes. Cómo escribir de alguien que hizo del peronismo la materia desbordante de sus indagaciones interminables, que supo interpelarlo con una agudeza y una originalidad inigualable al mismo tiempo que lo vivió en la plenitud y en el desconsuelo del entusiasmo político.

Cómo escribir de alguien que nunca renunció a un lenguaje y a una escritura copiosas -algunos dirían “barrocas” creyendo que lo disminuían- y que jamás subestimó la inteligencia de sus lectores ni buscó quitarles su dimensión emancipadora. Cómo escribir de alguien que prefería el anacronismo a las modas pasajeras, que elegía las causas perdidas a los dispositivos legitimadores. Cómo escribir sobre alguien que sentía en carne propia la tragedia de nuestra época y que buscaba la clave que le permitiese descifrar el misterio de nuestra deriva histórica.

Cómo escribir sobre alguien que construyó un estilo único, inclasificable e imposible de imitar porque, eso lo sentía y lo expresaba, un estilo es el cuerpo del escritor, su encarnación, su idiosincrasia, su personalidad y su concepción del mundo. Cómo escribir de alguien que llegó a la Biblioteca Nacional, la de Groussac y Borges, y la cambió para siempre convirtiéndola en un eje de la vida cultural y en un espacio vital en el que los libros, satisfechos, se sintieron partícipes de un jolgorio de lecturas, músicas, exposiciones, presentaciones, debates políticos, simposios internacionales sobre cine, teatro, poesía, filosofía, arquitectura, ciudades y cuanto tema y cuestión cayeran en el radar de un hombre infatigable a la hora de hacer del edificio diseñado por Clorindo Testa el sitio más espléndido para dejar que la cultura volara cada vez más alto.

Cómo escribir de alguien que habitó los bares de Buenos Aires, que hizo de ellos un lugar imborrable, espacio del encuentro con los amigos, de conversaciones guarecidas por la serenidad nocturna y que se convirtieron esos bares, para él, en su lugar de lectura y escritura, en su propio vientre materno.

Cómo escribir de Horacio González sin detenerse en cada una de las estaciones de su vida, en cada uno de esos lugares que frecuentó y en esos espectros -sus amigos, como Roberto Carri, David Viñas, León Rozitchner o Nicolás Casullo, apenas para citar a algunos- con los que nunca dejó de conversar. Acaso con Horacio se va el último de quienes constituyeron un mundo intelectual, político y cultural que se ha desvanecido. Un mundo en el que la pasión de la revolución se entrecruzaba con la búsqueda de la palabra justa capaz de darle al poema, a la novela o al ensayo su potencia y su esplendor. Un mundo en el que se podían encontrar lo plebeyo de un ideal justiciero con la urdimbre refinada de un lector de alturas. Un mundo que incluía a su Villa Pueyrredón de infancia y adolescencia con sus inolvidables conferencias parisinas sobre “retórica y locura” en las que elaboró una teoría de la cultura argentina.

Cómo escribir de alguien que, como dijo sabiamente Mauricio Kartún, “es como un relámpago, en un instante breve ilumina un territorio y cuando desaparece, la imagen queda inscripta adentro tuyo”. Eso produce Horacio en quien lo escucha. Su hablar espiralado que va desgranando un tumulto de ideas y de imágenes que siguen fluyendo en quien lo escucha aunque el tiempo de la comprensión no deja de demorarse. Una huella que persiste, que no se borra, que nos hace recorrer el camino sin tener prisas para llegar a destino. Con Horacio uno sigue las huellas de una indagación que nunca termina. Internarse en sus libros constituye una experiencia prodigiosa, una aventura de la que no se vuelve al punto de partida. Un gozoso extravío.

Lo veo a Horacio hablando ante una audiencia numerosa, mirando hacia un punto lejano, dejándose llevar por la ondulación de sus frases, buscando la ilación de un pensamiento que se calienta de a poco y que termina creando un clima único y enigmático en el que cada uno de los que están atravesando la aventura de escucharlo siente que algo de esa prodigiosa inteligencia lo toca y lo inspira. Con Horacio González se va, quizás, el último de los grandes intelectuales argentinos. Alguien que supo conjugar la pasión política, la sed de emancipación e igualdad, el cultivo de la amistad construida como si fuera una torre de babel en la que todas las ideas y todos los idiomas se entremezclan gustosamente, y el maestro insobornable de causas nobles destinadas a galopar sin un destino cierto ni garantías de éxito. Con Horacio González se va una parte mayúscula de nuestro mundo. Sin su palabra, sin su escritura la época se vuelve más oscura e indescifrable.

 

[Imagen: Pablo Piovano – fuente: http://www.pagina12.com.ar]

Foto

El nostre destí és arribar a ser més forts i feliços. I per aconseguir-ho Rafael Santandreu ens proporciona, en aquest llibre, un mètode pràctic, accessible i demostrat científicament. Amb un estil propi, en combinació amb la seva llarga experiència com a psicòleg i amb vivències personals, l’autor mostra com transformar la nostra manera de pensar i actuar per arribar a ser persones serenes, alegres i optimistes. Emprant les eines de la psicologia cognitiva, l’escola terapèutica més reconeguda del món, L’art de no amargar-se la vida s’ha convertit en un llibre de referència imprescindible, que ha ajudat centenars de milers de persones a ser més felices.

Biografia de l’autor

Rafael Santandreu és un dels psicòlegs més prestigiosos del país. Després d’haver cursat els seus estudis a Espanya i al Regne Unit, va exercir de professor a la Universitat Ramon Llull. A la dècada del 2000 va treballar amb el cèlebre psicòleg Giorgio Nardone a Itàlia al Centro di Terapia Strategica d’Arezzo. Actualment, reparteix la seva feina entre la psicoteràpia amb pacients -la seva gran passió- i la formació de metges i psicòlegs. A les seves consultes de Barcelona i de Madrid hi tracta pacients d’arreu del món tant d’una manera presencial com a través de videotrucada. Els seus llibres anteriors, Les ulleres de la felicitat, Ser feliç a Alaska i No hi ha res és tan terrible, han esdevingut referents internacionals en l’àmbit de la psicologia.

Títol: L’art de no amargar-se la vida
Autor: Rafael Santandreu
Editorial: Rosa dels Vents
Pàgines: 440
ISBN: 978-8418033599

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

Ela é atestada em todos os povos e culturas: a capacidade de colocar-se no lugar do outro, compartilhar de sua dor e assim aliviá-la.

Escrito por Leonardo Boff

Através do Covdi-19 a Mãe Terra está movendo um contra-ataque à humanidade como reação ao avassalador ataque que vem sofrendo já há séculos. Ela simplesmente está defendendo-se. O Covif-19 é igualmente um sinal e uma advertência que nos envia: não lhe podemos fazer uma guerra como temos feito até agora, pois está destruindo as bases biológicas que a sustenta e sustenta também todas as demais formas de vida, especialmente, a humana.

Temos que mudar, caso contrário nos poderá enviar vírus ainda mais letais, quem sabe, até um indefensável contra o qual nada poderíamos. Então estaríamos seriamente ameaçados como espécie. Não é sem razão que o Covid-19 atingiu apenas os seres humanos, como aviso e lição. Já levou milhões à morte, deixando uma via-sacra de sofrimentos a outros milhões e uma ameaça letal que pode atingir a todos os demais.

Os números frios escondem um mar de padecimentos por vidas perdidas, por amores destroçados e por projetos destruídos. Não há lenços suficientes para enxugar as lágrimas dos familiares queridos ou dos amigos mortos, dos quais não puderam dizer um último adeus, nem sequer celebrar o luto e acompanhá-los à sepultura.

Como se não bastasse o sofrimento produzido para grande parte da humanidade pelo sistema capitalista e neoliberal imperante, ferozmente competitivo e nada cooperativo. Ele permitiu que 1% dos mais ricos possuísse pessoalmente 45% de toda a riqueza global enquanto os 50% mais pobres ficasse com menos de 1%, segundo relatório recente do Crédit Suisse. Ouçamos aquele que mais entende de capitalismo no século XXI, o francês Thomas Piketty referindo-se ao caso brasileiro. Aqui, afirma, verifica-se a maior concentração de renda do mundo; os bilionários brasileiros, entre o 1% dos mais ricos, ficam à frente dos bilionários do petróleo do Oriente Médio. Não admira os milhões de marginalizados e excluídos que esta nefasta desigualdade produz.

Novamente os números frios não podem esconder a fome, a miséria, a alta mortandade de crianças e devastação da natureza, especialmente na Amazônia e em outros biomas, implicada nesse processo de pilhagem de riquezas naturais.

Mas nesse momento, pela intrusão do coronavírus, a humanidade está crucificada e mal sabemos como baixá-la da cruz. É então que devemos ativar em todos nós uma das mais sagradas virtudes do ser humano: a compaixão. Ela é atestada em todos os povos e culturas: a capacidade de colocar-se no lugar do outro, compartilhar de sua dor e assim aliviá-la.

O maior teólogo cristão, Tomás de Aquino, assinala na sua Suma Teológica que a compaixão é a mais elevada de todas as virtudes, pois não somente abre a pessoa para a outra pessoa senão que a abre para a mais fraca e necessitada de ajuda. Neste sentido, concluía, é uma característica essencial de Deus.

Referimo-nos ao princípio compaixão e não simplesmente à compaixão. O princípio, em sentido mais profundo (filosófico) significa uma disposição originária e essencial, geradora de uma atitude permanente que se traduz em atos, mas nunca se esgota neles. Sempre está aberta a novos atos. Em outras palavras, o princípio tem a ver com algo pertencente à natureza humana. Porque é assim podia dizer o economista e filósofo inglês Adam Smith (1723-1790) em seu livro sobre a Teoria dos Sentimentos Éticos: “Até a pessoa mais brutal e anticomunitária não está imune à força da compaixão”.

A reflexão moderna nos ajudou a resgatar o princípio compaixão. Foi ficando cada vez mais claro para o pensamento crítico que o ser humano não se estrutura somente sobre a razão intelectual-analítica, necessária para darmos conta da complexidade de nosso mundo. Vigora em nós algo mais profundo e ancestral, surgido há mais de 200 milhões de anos quando irromperam na evolução os mamíferos: a razão sensível e cordial. Ela significa a capacidade de sentir, de afetar e ser afetado, de ter empatia, sensibilidade e amor.

Somos seres racionais, mas essencialmente sensíveis. Na verdade, construímos o mundo a partir de laços afetivos. Tais laços fazem com que as pessoas e as situações sejam preciosas e portadoras de valor. Não apenas habitamos o mundo pelo trabalho senão pela empatia, o cuidado e a amorosidade. Este é o lugar da compaixão.

Quem tratou dessa virtude melhor que nós ocidentais foi o budismo. A compaixão (Karuná) se articula em dois movimentos distintos e complementares: o desapego total e o cuidado. Desapego significa deixar o outro ser, não o enquadrar, respeitar sua vida e destino. Cuidado por ele, implica nunca o deixar só em seu sofrimento, envolver-se afetivamente com ele para que possa viver melhor; carregando mais levemente sua dor.

O terrível do sofrimento não é tanto o sofrimento em si, mas a solidão no sofrimento. A compaixão consiste em não deixar o outro só. É estar junto com ele, sentir seus padecimentos e angústias, dizer-lhe palavras de consolo e dar-lhe um abraço carregado de afeto.

Hoje os que sofrem, choram e se desalentam com o destino trágico da vida, precisam desta compaixão e desta profunda sensibilidade humanitária que nasce da razão sensível e cordial. As palavras ditas que parecem corriqueiras ganham outro sonido, reboam dentro do coração e trazem serenidade e suscitam um pequeno raio de esperança de que tudo vai passar. A partida foi trágica, mas a chegada em Deus é bem-aventurada.

A tradição judaico-cristã testemunha a grandeza da compaixão. Em hebraico é “rahamim” que significa “ter entranhas”, sentir o outro com profundo sentimento. Mais que sentir é identificar-se com o outro. O Deus de Jesus e Jesus mesmo mostram-se especialmente misericordiosos como se revela nas parábolas do bom samaritano (Lc 10,30-37) e do filho pródigo (Lc 15,11-32). Curiosamente, neste parábola, a virada se dá não no filho pródigo que volta, mas no pai que se volta para o filho pródigo.

Mais do que nunca antes, face à devastação feita pelo Covid-19 em toda a população, sem exceção, faz-se urgente viver a compaixão com os sofredores como o nosso lado mais humano, sensível e solidário.

*Leonardo Boff é ecoteólgo e filósofo. Autor com Werner Müller do livro Princípio compaixão & cuidado (Vozes).

 

 

[Fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

 

Prezentado por Sharope Blanco

Keridos Amigos

Saviyash ke Marc Chagall era un pintor judyo ke se yamava Moishe Zakharowitch i ke nasyo en Rusya en Vitebsk, el 7 julyo 1887 ?

Paso a la nasyonalitad franseza en 1937 i se muryo el 28 de marso 1985 en Saint-Paul de Vence.

Chagall kon Picasso era de los mas famozos artistos ke se establisaron en Fransa en el siglo XX. Su ovra, enteramente independente de kualker eskola, se atribua « surrealista » i « primitizmo muevo ». Su identitad judiya se puede klaramente ver en su ovra ande figuran la egzistensya en Shtetle (kazales judyos de la Europe del Este) i el folklor ruso.

Chagall, a parte de su ovra pintada, fue rekonosido ke un autor de poeziyas i un artisto de vitray! Un muzeo se ha fundado a su nombre en Nice, Fransa.

« Si kada vida tiene una fin, devemos koloriar la muestra kon las kolores de muestros amores i muestra esperansa! », eran sus biervos

« El amor de mi mama era tan grande ke para provarlo tuve ke lavorar muy duro », tambien.

« Mi sirko es en los sielos », « La guerra », « La kruz blanka », « La tres kandelas », « La kuchara de leche », « Bevienta del soldado », « El gayo », « La orasyon del judyo », « El aniversaryo », « El ponte de Passy », « La soledad », « La immolasyon de Isaac », las gravuras del opera Garnier en Paris, « El hombre ke korta pan », « La Madonna del Kazal », « Enamorados i las flores », « Enamorados aryento de los lilas » , « La mujer kazada i el assoplador « , « Los pontes ensina del rio la Seine », « Los enamorados ke bolan i el buketo de flores », « Adam i Eva », « Jesus kitando los judyos de Egypto ! » , « Un pintor en el lunar », « Delantre de una pintura », « El violonisto », « El angelo pintor », « Oyir el gayo », las vitrayes de la iglesya Tudeley son sus ovras mayoras.

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Deke vo lo eskrivi esto ?

Nebil i su espoza vinyeron ayer para azerme una sorpreza de PURIM! Fiesto semana entera kon eyos a mi lado …. Mi alma kanta de felisitad!

Nebil ama muncho Chagall i tiene freskas suyas en sus ventanas…. Son transparentes, por seguro! A mi me kaye el kapak! No me plaze todo esto sharonfonfon i fantezisto a parte de las kolores manyifas…… No me entyendo es poko dizir! A el le plaze….

Su mujerika, una pelota de seda, mi kerida Melissa, no le plaze tambien ma esta tanta en edmirasyon delantre de el (lokuras de amor, ahhhh!) ke mizmo si metiya el desino ke el ijo del lechero izo a sinko anyos iva dizir ke es una ovra de arte maraviyoza! Las ijikas! Va i entyendelas! El Di-o ke los alegre komo me alegraron a mi! Me yora la alma para ke vayamos (i kon los gatos!) a Inglaterra. Pya lo tengo todo en regla ma vinid ver ke yo i mi santo korason no estamos dispuestos por agora!

No se si esto sera posivle… Veremos! Me desho ir kon el koryente… No me importa mas ande bivo! Basta el minimum ke tengo de menester! Ke lokura era lo de antes… Me paresiya ke la vida nunka va eskapar! Planos, azer mas i mas planos, merkar…dezear… ver i mas ver…. El mundo me viniya chiko! No kaviya en dingun lugar! Todo era poko i kaliya mas alkansar… Mas lavorar… Mas ganar…. Tener mas.. Agora bivo el kalmo de lo dospues de las tempestas!

Ke kalmo, ke serenitad……Ke maraviya es de bivir, de desharse bivir a lo largo de los diyas… Be keyf! Torni a mis 12 anyos! Bivo mi chikes i mi entusyasmo delantre de kada kozika la mas chika… Tomo plazer de kolores, de jugetes, de historyikas de ser amada i de dar mi immenso karinyo! El bleu de los sielos, los pasharikos, todas las plantas, las frutas, la mar, el sol i la luvya….. La tierra me enkantan! No tuve tiempo en mi manseves de observar esto todo i gozar…

No bastante! Es agora ke me inche de sentimentos maraviyozos i un kanto de adorasyon se assuve de mi para el Kreador de tanta ermozura…

Les di a komer…Verduras komo les plaze! Se namoraron!

Son komo chikitikos ke se van a la eskola primera! La kaza me se alegra de sus rizas, del bruido ke azen para bivir! I yo era ansin ? No me akodro! Estan tan ermozos! Paresen a los artistos… De verlos kon jeans i bluzikas de koton kon mangas kurtas en invyerno (nunka tienen friyo!) sin un gramo de grasa en sus puerpos antrenados de tanto sport, dingunos diran ke este es un profesor i la otra (28 anyos!) una akademista akumplida!

El mundo troko! En mi tiempo, personas ansina eran seryozos, repozados i no komo estos mitad trololos! Amanyana me los va yevar al merkado lokal! Ke veygan lo ke es merkado! Una abundansya ke no tengo visto en dinguna sivdad… Kuando estava en Israel preferiya irme al Shouk (Lod – Ramleh – Carmel) kuando puediya evitar el supermerkado! Lo tengo todo delantre de mis ojos. Ke alegriya era! Guadri este plazer. Dayinda me enkanta…

Ke pasesh una buena nochada (o demanyanada para los unos…)

Karinyozamente,

sharope.blanco@gmail.com

[Orijin: http://www.diariojudio.com]

Escrito por José de Montfort

Jenisjoplin es la segunda novela para adultos que publica la escritora vasca Uxue Alberdi, después de Aulki-jokoa (Elkar, 2009). También ha publicado un par de libros de relatos, así como una crónica literaria, el ensayo Kontrako eztarritik, por el que ha recibido este año el Premio Euskadi, y varios títulos de literatura infantil. Jenisjoplin es la primera de sus obras que se traduce del vasco al castellano y fue galardonada en 2017 con el Premio 111 Akademia, un galardón que otorgan los lectores vascos.

Se trata de una ficción realista que, sin embargo, tiene algo de fantasmagoría o más bien de entelequia, dado que el personaje central que guía el libro es, en sí mismo y por decirlo filosóficamente, principio de su acción y fin. Jenisjoplin es el mote cariñoso que le pone a Nagore Vargas Alkorta su padre, un maqueto (nombre despectivo de los emigrantes españoles que fueron a trabajar a Euskal Herria) con fuerte conciencia de clase y ambición revolucionaria, de quien Nagore heredará el inconformismo y el compromiso con la lucha política de izquierda.

La acción arranca en los últimos días del verano de 2010, cuando la protagonista tiene 28 años, y llega hasta los primeros días de 2014. Sin embargo, gracias a su estructura narrativa de idas y venidas, recorre casi tres décadas de la historia colectiva de Euskadi. Los recuerdos intercalados que la protagonista va dispersando por la narración le imprimen velocidad a la historia y se presentan en tanto que ensoñaciones que revelan una cierta transitoria pérdida de la conciencia, tema que es central en Jenisjoplin.

Y es que el punto de giro de esta historia se produce cuando a Nagore le diagnostican el VIH. Hasta ese momento se ha dejado guiar por la irracionalidad de las pasiones, ha vivido a merced de la violencia del deseo: todas sus relaciones con los demás estaban mediadas por la seducción de la carne. Su vida era un torbellino de pulsiones kamikazes, un seguir hacia delante por pura intuición. La conciencia de la enfermedad, del cuerpo débil y vulnerable, obliga a Nagore a reinventarse, a entender que tiene que parar el vértigo, que en la velocidad y en el límite no está la verdad, sino que esta anda más cerca de la ternura y los cuidados, de la lealtad y del equilibrio de la interdependencia. Al aceptar su debilidad, Nagore adquiere una fuerza mayor, una seguridad férrea que le permite pensar en la idea de futuro y le da, paradójicamente, esperanza.

La historia de Nagore le sirve a Uxue Alberdi para radiografiar a esa generación del “lumpen vasco” nacida en los ochenta, que asiste al abandono de la lucha armada del grupo terrorista ETA, para la que el infierno de la heroína es más una sombra que un recuerdo, pero que aún lucha en las calles contra la policía, se manifiesta (con el temor real de ir presos y acabar torturados) y pone en marcha proyectos periodísticos alternativos. Una generación enrabietada, que se creía inmune, que suda adrenalina y que se ve forzada a acabar cuestionándose si el triunfo y la derrota no son conceptos relativos.

Mención aparte merecen las relaciones paternofiliales que refleja la novela. De un lado, está el vínculo de Nagore con su padre, quien la ha educado sin miedos, en la valentía del arrojo y la disidencia y con quien, en privado, mantiene una extraña relación de colegueo. De otro, está la relación con la madre, más conflictiva, debido al silencio y a la distancia que siempre hubo entre ellas y que, sin embargo, después del divorcio y la marcha del padre, se torna más cercana y, finalmente, gracias a la enfermedad, se atenúa y enternece. Relaciones ambas, unidas a la de su novio Luka (quien permanece a su lado, diligente y amoroso, paciente y amable), que le permitirán a Nagore entender qué es la sororidad, pero también redimirse de la androfilia. A celebrar la serenidad, la calma y el placer de la belleza, sin que este ande mediado por la politización de la ideología de clase.

Uxue Alberdi, Jenisjoplin, traducción de Irati Majuelo Itoiz, Consonni, 2020, 256 págs.

 

[Fuente: http://www.revistaotraparte.com]

 

 

Asistimos a un ‘revival’ del cliché conservador sobre lo inmorales y monstruosos que son todos los intelectuales, en especial los de izquierdas, y a la constatación de que nuestros referentes fueron unos tipos tirando a mala gente.

 

Escrito por Xandru Fernández (*)

¿Fue Michel Foucault un depredador sexual, un pedófilo, un monstruo? No hay pruebas que permitan afirmarlo. ¿De dónde sale entonces el rumor, esa sospecha que están difundiendo algunas cabeceras de la prensa amarilla y/o rojiparda? De Guy Sorman, un escritor francés que, en plena campaña de promoción de su último libro, soltó la perla en una entrevista para The Times. Según Sorman, en 1969 visitó a Foucault en Túnez y allí fue testigo de cómo este citaba a adolescentes en un cementerio para tener sexo a cambio de dinero. Es verosímil, por desgracia. Sea falso o verdadero, no es en absoluto inimaginable, ni sería el primer caso que conociéramos de una conducta semejante por parte de un intelectual de prestigio. Incluso el escenario tunecino es coherente, encaja con la escenografía clásica de la pederastia europea poscolonial, si bien el detalle del cementerio quizá sea un exceso imaginativo que resta verosimilitud al conjunto.

¿Sería asqueroso si fuera cierto? Sí, por supuesto, igual en su caso que en el de André Gide, Gil de Biedma, Pablo Neruda o Antonio Machado. Y en muchos otros: la lista varía en longitud e intensidad, cada uno añade sus filias y sus fobias, disculpa a este o propone a aquel en función de criterios no siempre transparentes, aunque cabe suponer que con la mejor de las intenciones. Lo cual (lo de las intenciones) no es lo de menos: si algo podemos sacar en claro de todas estas discusiones sobre personajes históricos que fueron en su día ejemplo vivo de conductas hoy consideradas por la mayoría como deplorables, censurables y punibles, es que, después de todo, vamos avanzando por la senda del respeto, nos volvemos cada día más compasivos con las víctimas de abusos y atropellos, lo que de algún modo es un consuelo después de ver lo mal que nos está yendo en otras áreas del progreso. Pero supongo que más de un lector querrá agarrarse a alguna forma de relativismo moral o impugnación de ese sentir mayoritario, y no soy yo precisamente el que tenga mucho que objetar a ese enfoque, mucho menos acogiéndome a sagrados universalismos normativos, al contrario: asumo que también yo escribo desde mi propia e intransferible perspectiva, según la cual un adulto que se beneficia de serlo y de tener dinero y poder y experiencia y el respaldo cultural y social de la asimetría poscolonial para tener sexo con niños que no poseen ninguna de esas cosas, y a los que obviamente es sencillo someter exhibiendo todo ese poder, toda esa riqueza y esa exuberancia de señorito metropolitano, merece un trato penal y personal de esos cuyo diseño encargaría uno a la mafia, a Stephen King o al propio Foucault, cuya fascinación por la truculencia conocemos muy bien todos los lectores de Vigilar y castigar.

Si esa sospecha se confirmara, lo que es, de todos modos, mucho suponer, ¿hasta qué punto influiría en nuestra lectura de Foucault? Hasta todos los puntos, me temo: no somos lectores angélicos, capaces de separar la obra del autor, sobre todo si se trata de un autor cuya obra pone en cuestión las aspiraciones universalistas de la epistemología normativa y, por tanto, las de la ética (aunque también de un autor al que debemos un texto bastante razonable sobre el mito del autor y de la coherencia del sujeto de discurso). Lo leeríamos a la luz de esa revelación en la misma medida en que leemos a Heidegger o a Carl Schmitt sabiendo que fueron nazis. Aunque no sea el mismo caso, puesto que Heidegger y Schmitt fueron efectivamente nazis, mientras que lo que estamos comentando de Foucault es tan solo un rumor, por verosímil que sea. ¿Por qué estamos entonces hablando de ello? Por sentido de la oportunidad: Foucault funciona en cierta esfera del infotainment como filósofo de cabecera del pensamiento queer, la posmodernidad y la cultura de la cancelación, de modo que puede parecer oportuno jugar al cazador cazado y usar su endeble constitución moral para atacar a toda la tradición de pensamiento que dice beber de él y, por extensión, a toda la izquierda. Dando por hecho que Foucault fuera de izquierdas, lo que no deja de ser sumamente discutible: toda vez que la pareja izquierda/derecha es solo visible a la luz negra del discurso ilustrado de la emancipación, es difícil encajar ahí una propuesta teórica que se dibuja, si no abiertamente antiilustrada, en todo caso hostil al momento humanista de la Ilustración. Aun aceptando, no obstante, una noción laxa, no humanista ni progresista, de la izquierda, tampoco parece que la « cultura de la cancelación » pegue mucho con Foucault, en la medida en que esta parece abastecerse de una fuente de indignación absoluta y obrar como una especie de tribunal del sentido moral de la cultura no muy congruente con el discurso foucaultiano.

Tal vez estemos a las puertas de un proceso de tipo político, similar al que tuvo lugar hace unos años cuando se trató de « cancelar » a Sartre por su inacción ante los gulag, haciendo de ello una causa general contra el comunismo y la izquierda en bloque. El objetivo, la pieza a batir, si es el caso, sería ahora todo aquello que el pensamiento conservador, de derechas o de izquierdas, considera expresión de una mentalidad malsana, antinatural, hostil a la determinación naturalista de la esencia de las cosas: el pensamiento queer, el posmodernismo, la diversidad como mal absoluto. ¿Qué tiene que ver Foucault con esas cosas? Todo y nada: más allá de la evidente influencia de Foucault en el discurso de las ciencias sociales contemporáneas, y en el tratamiento filosófico de las ideas de sujeto e identidad, lo cierto es que, como imagen corporativa, el magisterio de Foucault hay que reconducirlo a, por una parte, su condición de referencia para autores y activistas del feminismo y los derechos sexuales y, por otra parte, su aura de icono modernillo de cierta izquierda pop que, sobre todo en Estados Unidos, pero también en parte de América del Sur, lo reclama como « uno de los nuestros ».

Sea como sea, estamos lejos de poder abordar con serenidad un debate más grave (de gravitas) sobre cuestiones como esta, puesto que, por un lado, asistimos a un revival del cliché conservador sobre lo inmorales y monstruosos que son todos los intelectuales, en especial los de izquierdas (aunque no lo sean, ni inmorales ni monstruosos ni de izquierdas), y, por otro, a la constatación de que, con cementerios o sin ellos, muchos de nuestros referentes intelectuales fueron unos tipos tirando a mala gente, muy dados a disculpar en sí mismos comportamientos que denunciaban en los demás y a beneficiarse de asimetrías y jerarquías (de poder, de distinción, de capital simbólico y cultural) que decían combatir.

 

(*) Xandru Fernández es profesor y escritor.

[Fuente: http://www.bitacora.com.uy]

El código de comportamiento de la nueva normalidad es una pérdida de lo que conquistaron nuestras abuelas y bisabuelas

Dos chicas se saludan con los codos en Madrid.

Dos chicas se saludan con los codos en Madrid.

La semana próxima tocará un gran amigo, músico de jazz, en un local de Buenos Aires. Recibo la invitación y durante unos minutos el optimismo me domina, porque lo escucharé en vivo y todo volverá a ser como antes. Pero, enseguida, corrijo mi ilusionado error, porque nada volverá a ser igual. No voy a abrazarlo y casi seguramente nadie irá a comer a una fonda donde, después de la música, se conversa hasta las tres de la madrugada. En primer lugar, porque esa fonda no estará abierta ni admitirá, si lo estuviera, una mesa de ocho o diez comensales que griten sus opiniones.

Y también porque cada uno de nosotros tiene miedo, aunque trate de disimularlo con la calma elegante que se llama desenvoltura, a la que Ernst Jünger le dedicó un ensayo. La desenvoltura, afirma Jünger, es la “inocencia de la fuerza”, un talento difícil de poseer e imposible de imitar. Es una gracia que solo excepcionalmente se combina con la fuerza y, mucho menos, con la conciencia de poseerla. Es una especie de alegre serenidad. Ninguna de las palabras que acabo de escribir son toleradas en el reino de la pandemia.

La desenvoltura es improbable si tengo que estar pensando en las consecuencias de cada uno de mis mínimos gestos. La desenvoltura no puede ser desconfiada, porque la desconfianza le haría perder la espontaneidad, que es su rasgo principal. Es imposible ser, al mismo tiempo, autoconsciente hasta la obsesión y desenvuelto.

Hace muchos años, antes de leer el ensayito de Jünger sobre la desenvoltura, yo admiraba esa gracia sin saber que llevaba tal nombre. En el español del Río de la Plata, el sinónimo con que se nombra a un sujeto desenvuelto es “canchero”; para que no me reten quienes custodian la nueva ortodoxia de una lengua transgénero, debo aclarar que ese adjetivo calificaba a los hombres y solo muy excepcionalmente a las mujeres. Con el tiempo, se fue extendiendo a todas las orientaciones sexuales. Más tarde, me pareció que cool quería decir lo mismo en inglés.

Por alguna razón que los historiadores de la moda podrán explicarme, hasta la lejana década de 1960 la desenvoltura no parecía un atributo de la apariencia femenina ni de su estilo. La prueba está en las fotografías de ropa y modelaje que se encuentran a miles en la web. La mujer podía mostrarse casta o explosiva, elegante como Audrey Hepburn o glacial y perfecta como Grace Kelly, pero no desen­vuelta. Marilyn Monroe era atrevida, una cualidad que puede confundirse con desenvoltura. Los actores contemporáneos a esas estrellas fueron bendecidos por la desenvoltura. Pienso en Cary Grant o Frank Sinatra, por ejemplo. El atrevimiento de Marilyn le había costado demasiado. El de Sinatra parece innato.

Casi podría pensarse que la desenvoltura fue una cualidad masculina, o que se apreció solo en los hombres y, de algún modo, se reguló en las mujeres, que debieron recorrer un largo camino para obtener el derecho a la desenvoltura, que es una conquista feminista, como usar pantalones en cualquier circunstancia y no solamente para una situación cuidadosamente definida, como montar a caballo, esquiar o caminar por el campo.

Entre las cualidades que la pandemia ha liquidado, figura en primer lugar la desenvoltura. Si me acerco a un amigo o una amiga se acerca, ambos vacilamos, como si quedáramos una fracción de segundo suspendidos en el gesto acostumbrado, que hoy reemplazamos por los de un nuevo código: pegarse codazos, o golpearse la espalda sin mirarse de frente ni acercarse, o repartir puñetazos inocuos en las costillas. No llamo a esto la nueva normalidad, porque la fórmula me parece un pobre consuelo, ya que perdimos más de lo que ganamos. Lo llamo, en cambio, el fin de los gestos que caracterizaron a viejos y jóvenes hasta hace muy poco. Finalmente, quizá sean mayoría en el planeta las culturas donde la gente no se saludó nunca estrechando la mano o besando la mejilla. Esos dos gestos han sido siempre excepcionales en EE UU, por ejemplo.

La nueva normalidad es un código de comportamiento que no reemplaza al anterior, sino que propone abandonarlo y arreglarnos para obtener una nueva desenvoltura en esos contactos fugaces que imitan, con sanitaria prudencia, nuestros saludos de antaño. La norma impide tocarse a menos de metro y medio de distancia. La nueva normalidad es una pérdida de lo que conquistaron nuestras abuelas y bisabuelas. Pero habrá que arreglarse con los movimientos modelados no por el estilo, sino por las reglas del distanciamiento. Quizá vayamos superando la aparatosa ejecución de codazos y se inventen formas más graciosas de propinar leves puñetazos a nuestros conocidos cuando los saludemos. Quizá los hombres repitan la leve reverencia, apenas una inclinación, con que se acompañaba, sin más contacto, el saludo a una dama.

No hay que impacientarse. Las reglas sociales de la pandemia a lo mejor introducen nuevas formas de la desenvoltura o reciclen viejos gestos. Y un día cualquiera nos encontremos juzgando la gracia puesta en la ejecución del codazo o en el choque de dos puños cerrados.

[Foto: JAIME VILLANUEVA – fuente: http://www.elpais.com]

[BLOG You Will Never Hate Alone] Dans l’affaire qui oppose Richard Berry à sa fille, nous voilà pris au piège de deux sentiments qui s’opposent: la compassion et la nécessité de préserver à tout prix la présomption d’innocence.

Richard Berry le 21 septembre 2017. | Lionel Bonaventure / AFP

Richard Berry, le 21 septembre 2017

Écrit par Laurent Sagalovitsch 

L’un des problèmes posé par les révélations faites par la fille de Richard Berry est que de nouveau nous voilà sommés de prendre parti dans une affaire qui ne nous concerne ni de près ni de loin. Pire, quelle que soit la nature de nos sentiments, ces derniers iront forcément à l’encontre d’un des deux principes qui sont au cœur même de notre humanité: la solidarité quasi instinctive avec la victime et la nécessité de clamer qu’une société qui s’assoierait sur le principe de la présomption d’innocence romprait son attachement à l’idée de civilisation telle qu’on l’entend depuis la nuit des temps.

C’est un principe inaliénable: quiconque se voit accusé sur la place publique de faits hautement répréhensibles, tant que cette personne conteste la version donnée par la partie adverse et jusqu’au jour de son jugement, cette personne demeure envers et contre tout rigoureusement innocente. Le problème étant que ce principe fondamental se heurte à la logique de la justice médiatique laquelle accuse, juge et condamne sans laisser à l’accusé la moindre chance de s’en sortir.

Quand bien même la justice finirait par le laver de tout soupçon, l’écume même de la dénonciation continuera à le poursuivre jusqu’à la fin de ses jours et même au-delà. Coupable ou innocent, il perdra tout: son honneur, sa réputation, l’essence même de sa vie. Certes, s’il est coupable, il n’aura eu que ce qu’il mérite. Mais s’il ne l’est pas? S’il s’avère que les faits qui lui étaient reprochés n’étaient que l’expression d’un trouble de la personnalité, d’une distorsion de la réalité, comment donc cette personne pourrait retrouver la sérénité de sa vie d’avant?

C’est ce qu’il y a de tragique et de douloureux dans ces affaires qui remontent si loin dans le passé. On sent bien que quel que soit le zèle mis par la justice -s’il n’y a pas prescription– ou même la qualité des témoignages recueillis, la vérité n’apparaîtra jamais dans toute sa clarté. On restera à jamais dans une zone grise, cette sorte de clair-obscur de l’intime où à la parole de l’un répondra la parole de l’autre sans qu’on puisse établir d’une manière certaine la véracité des propos tenus.

La victime supposée maintiendra ses dires, la personne accusée clamera son innocence, et nous malheureux public, nous resterons à contempler les uns et les autres s’agiter dans un dévoilement de la vie privée qui nous mettra singulièrement mal à l’aise. De ces deux individus qui s’affrontent sous nos yeux nous ne savons rien, nous ne pouvons rien savoir. À jamais l’assise de leur personnalité, la construction de leur relation, l’intensité de leur animosité, la profondeur de leur ressentiment, nous resteront nimbés de la lumière de l’équivoque.

À aucun prix, nous ne souhaiterons remettre en cause le témoignage de l’accusatrice. Le simple fait d’avoir pu être victime d’attouchements de nature sexuelle à un âge précoce nous la rendra d’emblée sympathique et suscitera notre indéfectible compassion. Par ce simple mécanisme de transfert qui fait que nous n’aurions aimé à aucun prix être à cette place, nous tairons en nous ce petit sifflement du doute qui chantonne au loin sa petite complainte.

Et l’accusé aura beau jeu d’aligner démentis sur démentis, de jurer sur tous les dieux de la terre sa parfaite innocence, il aura toutes les peines du monde à se faire entendre. Face à lui se dressera cette terrible assertion, ce syllogisme de l’évidence contre laquelle il ne pourra rien: pourquoi donc irait-on inventer pareils bobards? Quelle serait donc la personne assez dérangée pour se répandre en de pareilles accusations si elles n’étaient pas l’expression même de la vérité?

Évidemment, ce serait mal connaître le cœur humain et les impossibles conflits dans lesquels parfois il se débat. Ce serait aussi nier la complexité même de la nature humaine, les profondeurs où parfois elle plonge et s’agite, ces insondables mystères dont elle s’entoure quand elle agit d’une manière qui semble défier toute logique. De ces vertiges de l’âme prise aux pièges de ses propres contradictions naissent de temps à autre des drames dont nous ne saisirons jamais la logique interne, le cheminement intérieur.

Ces subtilités ne pèseront guère face à la gravité des accusations. La plupart du temps, elles seront même révoquées avec colère par ceux et celles qui se tiennent aux côtés de la victime. Comment osez-vous rajouter de la souffrance à la souffrance? Comment pouvez-vous remettre en cause la version de cette personne qui a déjà eu à souffrir autant dans la vie? Savez-vous seulement les dégâts occasionnés par ce genre de sévices, cette destruction de la personnalité qui empêche la naissance du bonheur?

Non, nous ne pouvons pas. Non, nous n’oserons pas. Non, nous ne savons pas.

Et c’est bien là tout le problème.

 

[Photo : Lionel Bonaventure/AFP – source : http://www.slate.fr]

 

Juan Carlos Pinto Quintanilla (LWS)

Escrito por Leonardo Wexell Severo

Faleceu nesta quarta-feira, abatido pela Covid-19, Juan Carlos Pinto Quintanilla (Juanca), renomado sociólogo, escritor, intelectual e ex-líder guerrilheiro da Bolívia.

No último período, Quintanilla vinha apoiando o governo do Movimento ao Socialismo (MAS), priorizando a defesa de um projeto nacional de industrialização, com ênfase no lítio, e por meio do aprofundamento da luta política-ideológica e da democratização dos meios de comunicação.

« Estamos perplexos pela perda irreparável deste irmão, expressou o presidente Luis Arce Catacora, para quem Juan Carlos Quintanilla foi “um lutador implacável pela justiça social em favor das grandes maiorias na Bolívia”. “Sua partida deixa um grande legado na trincheira revolucionária. Nossas sentidas condolências à sua família », destacou.

O ex-presidente Evo Morales disse que recebeu com tristeza a notícia do falecimento de Quintanilla, “um intelectual revolucionário que dedicou sua vida e seu compromisso com o povo”. “Nosso profundo pesar à sua família e à militância que o choram”, acrescentou.

Igualmente solidário, o secretário-geral da Aliança Bolivariana para os Povos de Nossa América (Alba) e ex-embaixador da Bolívia nas Nações Unidas, Sacha Llorenti, reiterou que Quintanilla foi “um verdadeiro revolucionário que dedicou a vida à construção de uma sociedade mais justa, um intelectual comprometido com o povo, uma pessoa amável e carinhosa”.

Para o ministro de Governo, Eduardo del Castillo, Quintanilla foi, « um homem que predicou com o exemplo, um revolucionário que sabia que os seres humanos não estão neste mundo para contemplá-lo, mas para transformá-lo”. “Força e serenidade à sua família nestes momentos”, ressaltou.

A ex-ministra da Saúde, Gabriela Montaño, disse não ter palavras neste momento de dor, porque “Juanca Pinto foi um companheiro que sempre pensou no mundo a partir dos homens e mulheres descalços, um lutador social com todas as letras”.

A Defensora do Povo interina, Nadia Cruz, destacou que comunicava a partida do “querido Juanca” com profunda dor em seu coração. « Com sua luta consequente, inabalável e terna, ele nos aponta um caminho a seguir, a construir e não desistir”, enfatizou.

Para o pesquisador e cientista social Porfirio Cochi, “a partida prematura de Quintanilla é uma perda irreparável, pois foi um ser humano sempre solidário, comprometido com as grandes maiorias e consequente com os seus princípios”. Cochi recordou que “neste último golpe de Estado, o de Jeanine Áñez, ele não hesitou em nenhum instante em estar ao lado do povo, combatendo os entreguistas e o servilismo ao imperialismo”.

TRAJETÓRIA MILITANTE

Formado pela Universidade Nacional Autônoma do México (UNAM), Quintanilla retornou à Bolívia em 1985, onde se somou ao Exército Guerrilheiro Tupac Katari (EGTK) junto a Álvaro Garcia Linera, com quem havia estudado os primeiros anos de sua vida em Cochabamba e, posteriormente, convivido no exterior. Por sua militância guerrilheira esteve preso no cárcere de San Pedro durante cinco anos (1992-1997).

Ao concluir seus estudos de sociologia, sua tese sobre o sistema penal intitulada “O cárcere de São Pedro” se esgotou no primeiro mês de publicação. Ao sair da prisão, em 1997, assessorou e coordenou a Pastoral Penitenciária Nacional até 2004, tendo escrito outros quatro livros sobre esta dura realidade, “Cárceres e Família”, “Reforma penal”, “Os cárceres em Bolívia” e “Reflexões livres de um encarcerado”.

Em 2005 foi integrado como responsável de capacitação e difusão da Representação Presidencial para a Assembleia Constituinte (REPAC), ligada à vice-presidência, quando realizou trabalho de acompanhamento e formação de parlamentares.

Entre 2009 e 2010 coordenou a elaboração da Enciclopédia Histórica Documental do Processo Constituinte boliviano, obra composta por oito volumes que reúne a documentação produzida durante o processo de debate e elaboração da Constituição convertida em referência doutrinária à disposição de juízes, fiscais, investigadores, professores e dos cidadãos.

De março de 2011 até fevereiro de 2015 foi diretor do Serviço Intercultural de Fortalecimento Democrático (SIFDE), ligado ao Tribunal Superior Eleitoral (TSE), onde realizou importantes aportes no âmbito da democracia intercultural.

Infatigável, atuou como diretor-geral de Fortalecimento Cidadão da Vice-Presidência do Estado Plurinacional até o golpe de Estado de 2019.

CONTRIBUIÇÃO COLETIVA

Mais do que tudo, Quintanilla era um homem extremamente confiante na força da Humanidade, tendo apontado na pujança do plural o caminho a seguir. Em entrevista que realizamos pouco antes das eleições de outubro de 2020, o sociólogo reafirmou este compromisso. “Necessitamos que as pessoas entendam que estamos construindo a mudança rumo ao bem-estar familiar e pessoal. Como perspectiva política coletiva. A industrialização dos nossos recursos naturais fundamentais básicos é um objetivo central que defendo, que deve estar à frente no combate da superação de crise que vive não só o país, mas todo o mundo, e o nosso continente em particular. Então, é preciso que as pessoas entendam que não poderemos sair da crise sós. Porque o próprio povo pode nos derrubar se não se sentir envolvido, com todos juntos. E nesse processo coletivo já começa a repolitização, que acompanhe as mudanças e que as pessoas sejam protagonistas”.

 

[Foto: LWS – fonte: http://www.cartamaior.com.br]

 

Le Musée juif de Belgique (MJB) expose Kurt Lewy (1898-1963), artiste juif allemand, lié à l’héritage du Bauhaus puis à l’art abstrait belge.

Écrit par Roland Baumann

Kurt Lewy était un des artistes à l’honneur en 2019 dans l’exposition Aufbruch im Westen, au musée de la Ruhr -ouvert sur le site de l’ancien complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein à Essen, sa ville natale. Organisée pour le 100e anniversaire du Bauhaus, cette exposition évoquait la colonie d’artistes de la Margarethenhöhe, cité-jardin que fit construire Margarethe Krupp à Essen. La construction en 1919 d’une maison-atelier, puis d’un grand atelier de céramique, attira à la Margarethenhöhe tout un groupe d’artistes, dont le talentueux photographe Albert Renger-Patzsch, et Kurt Lewy, qui y travaillait avec l’orfèvre Elisabeth Treskow et la relieuse Frida Schoy. Lewy enseignait alors le graphisme à l’école Folkwang d’Essen, un centre majeur de la création artistique moderniste, animé par des notions d’œuvre d’art totale (Gesammtkunstwerk) et dont l’impulsion initiale venait de Karl Ernst Osthaus, célèbre collectionneur et mécène, dont le musée Folkwang rassemblait les chefs-d’œuvre de l’art moderniste européen et aussi de l’art africain.

Démis de ses fonctions par les nazis dès 1933, Lewy s’enfuit en 1935, avec sa femme Lilly Schulte et sa mère malade à Bruxelles. En mai 1940, arrêté par les autorités belges et déporté dans le sud de la France, il est interné à Saint-Cyprien, puis à Gurs, d’où il réussit à s’enfuir en 1942. Lewy regagne Bruxelles et entre dans la clandestinité. En juin 1944, il est arrêté à Woluwe-Saint-Pierre. Enfermé à la Caserne Dossin, il échappe à la déportation, et est libéré en septembre 1944.

Directrice des musées d’Anderlecht et auteur d’un article biographique sur Kurt Lewy, Zahava Seewald précise : « La Belgique reconnut ses talents et une grande exposition de peintures et de miniatures sur émail est organisée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1952. Au lendemain de cette exposition, Kurt Lewy abandonne la figuration pour se consacrer à la peinture abstraite géométrique ». Dans les années 1950, Lewy fait partie des groupes Art Abstrait et Formes, avec des artistes renommés tels Jo Delhaut, Pol Bury et Guy Vandenbranden. Comme le déclarait Lewy à l’exposition Art Abstrait : « l’art ne se conçoit pas pour moi dans le vague, l’indéterminé, l’effervescent, mais bien dans la clarté et la netteté des éléments de mon choix ».

« Oublié de l’art belge »

Commissaire de Kurt Lewy : Towards Abstraction au MJB, Bruno Benvindo souligne que cette exposition, organisée en collaboration avec la galerie anversoise Callewaert-Van Langendonck, « montre l’évolution de Lewy vers l’art abstrait. En tant qu’émailleur, il joue déjà avec les lignes et les couleurs, et s’engage sur le chemin de l’art abstrait. Sa Fenêtre brisée de 1949, un tableau avec la guerre en arrière-plan, manifeste sa volonté de tenir à distance son expérience d’exilé et survivant de la Shoah, telle que l’évoquaient deux natures mortes de 1944 et barbelés de 1947. Lewy fait partie de la jeune peinture belge d’après 1945. Son style, très personnel marque une volonté de grande sérénité, d’équilibre et une recherche formelle qui le caractérise déjà dans sa période figurative. Nous montrons la cohérence de son œuvre et son obsession de recherche formelle. Il n’a pas fait école et sa disparition précoce en a fait un oublié de l’art belge ».

En documentant la participation de Kurt Lewy à la colonie d’artistes de la Margarethenhöhe et l’art moderniste sous la république de Weimar, cette exposition bruxelloise met à l’honneur son œuvre picturale d’après 1945 et contribue certainement à mettre en valeur l’apport de cet artiste juif allemand à la peinture abstraite belge.

Kurt Lewy : Towards Abstraction – Musée juif de Belgique, jusqu’au 7 février 2021. Rue des Minimes 21, 1000 Bruxelles – www.mjb-jmb.org

 

[Source : http://www.cclj.be]

Escrito por Horacio Otheguy Riveira

Desde que falleciera en París a los 53 años, María Callas ha generado muchas páginas, documentales, y algunas películas realizadas por gente prestigiosa y ninguna ha dado la talla. Ni siquiera la dirigida por quien mejor la conoció, el director de teatro, ópera y cine Franco Zeffirelli.

Personaje perfecto para ser idealizado por haber llegado a lo más alto entre los grandes artistas del bell canto, posiblemente la más grande, y decaer fatalmente enamorada como una colegiala del hombre equivocado (el multimillonario hecho a sí mismo, griego como ella, Aristóteles Onassis) hasta morir en angustiosa desolación, como un personaggio di Verdi o Puccini.

Donde mejor se la ha retratado ha sido en el teatro, y ninguna de las dos obras se llevó al cine: Master Class, de Terrence McNally. y La camarera de la Callas, de Roberto D´Allessandro.

Las películas para cine o televisión que se han ocupado de ella han resultado muy malas como, por ejemplo, Callas Forever, inexplicablemente ridícula por su gran reparto y dirección de uno de los más grandes registas de la ópera, Franco Zeffirelli: un bodrio que intenta glosar un periodo de la vida de la diva combinado con una ficción muy artificial. Los protagonistas, excelentes comediantes como Fanny Ardant y Jeremy Irons, dicen un texto sin alma como si leyeran la lista de la compra. O peor aún, con auténticos deseos de pasar página y salir de esos decorados y olvidar que han estado allí.

En la gran pantalla rompe la maldición de la mediocridad el documental Maria by Callas (2017), dirigido por el jovencísimo Tom Volf (París, 1986), donde durante dos horas se está siempre a la altura del inmenso talento de la protagonista. Su principal hallazgo es la creación de una película testimonial sin narrador, con las voces de ella misma en diversos acontecimientos, los periodistas que la entrevistaron y unos pocos personajes como compañeros de ruta.

El relato de sus experiencias profesionales y sentimentales discurre con una serenidad y una placidez muy gratas para el admirado espectador que recibe el mejor regalo que puede pedirse —y que rara vez sucede en los biopic de los cantantes—, pues pueden disfrutarse varias arias completas sin interrupción ni intervención alguna por parte del equipo de producción.

Cada tramo de la película demuestra un amor incondicional por parte del realizador, exhibiendo el talento de la diva y sus debilidades con una delicadeza excepcional. Hay imágenes muy antiguas bien restauradas, igual que otras más recientes. Hay que tener en cuenta que falleció en 1977, de manera que el material está más basado en fotografías que en vídeos, pero lo que se ha rescatado es muy valioso y lo que se escucha tiene gran valor.

El filme está tan bien elaborado que se permite un epílogo conmovedor; hasta el último instante sentimos que convivimos con su último suspiro a través de un repertorio único que reclama la repetición de dos temas de increíble belleza: Casta Diva, de Norma de Bellini, y como coda final, La Mamma Morta de la ópera Andrea Chenier, de Umberto Giordano.

 

cin

 

Extracto de una entrevista de Javier Estrada al director Tom Volf, publicada en Metrópoli, diario El Mundo, mayo 2018.

¿Ha sido un lujo poder incluir arias enteras en esta cinta?

¡Por supuesto! Es un regalo que quería hacer a la audiencia y que, en algunos casos, no se extienden más allá de 3 o 4 minutos. Tuve muy claro desde el principio que debía incluir esas piezas en la cinta porque es la manera perfecta de respetar tanto a su autor como a la persona que la interpreta: en este caso, Maria Callas. Es toda una experiencia poder escucharla en una sala de cine, sentado en una butaca, como si ella fuera una actriz que actúa delante de ti. Porque, al fin y al cabo, su trabajo pasaba por interpretar delante del público. Ojalá la gente salga de las salas de cine pensando que Maria ha cantado para ellos.

¿Alguien te ha comentado que Maria Callas es la fuente de la que beben todas las popstars del momento?

¡Todo el tiempo! Y estoy de acuerdo con que es una fuente de inspiración para las popstars actuales. Ella se convirtió en un fenómeno que logró que personas hicieran colas durante horas y hasta días y noches enteras para poder conseguir una entrada. A nadie le extraña hoy ver a una estrella de la música rodeada por una nube de fotógrafos y de fans. Pero, hace 50 años, solo ella lo logró. Consiguió, además, hacer accesible la ópera. Y que los jóvenes apreciaran su música.

¿Qué te han comentado las personas que la conocieron en su vida?

Que era fascinante. Tanto las personas que la vieron durante un momento, con las que intercambió apenas unas palabras, como las que la trataron más a menudo me han comentado que Maria causaba un gran impacto. Saber por qué es un gran misterio que todavía no soy capaz de desentrañar.

Junto a Pier Paolo Pasolini, que la dirigió en Medea, versión libre del clásico de Eurípides donde la Callas fue solo una gran actriz, sin cantar en ningún momento. Por primera y única vez en su carrera.

 

[Fuente: http://www.culturamas.es]

Les professionnels du cinéma appréhendent que la fermeture des salles devienne une mesure sanitaire généralisée. Dans cette tribune, exploitants et distributeurs revendiquent le maintien de leurs activités pour le bien-être du public

Des spectateurs installés devant le film «L’Ile aux oiseaux», projeté dans la salle du cinéma CityClub le jour de sa réouverture, le samedi 6 juin 2020, à Pully près de Lausanne.

Collectif*

La situation sanitaire s’aggrave dans notre pays et nous comprenons la nécessité pour les cantons et la Confédération de renforcer les mesures de protection de la population. Cependant, nous ne comprenons pas pour quelle raison les cinémas feraient partie des premiers lieux à devoir être fermés comme l’ont décidé dernièrement les autorités valaisannes, bernoises et italiennes, cherchant une solution pour faire face à la recrudescence des cas de Covid-19 dans leur région. Une analyse objective des faits devrait conduire à l’inverse: ces lieux sont des refuges et doivent être fermés en dernier.

Des mesures suffisantes

Les fermetures des cinémas ont en effet été prononcées en même temps que celles des théâtres, des musées et des bibliothèques, laissant à penser que ces lieux de culture sont actuellement, d’une quelconque façon, dangereux. Ils présenteraient donc autant de dangers que les discothèques, les stades de foot ou les salles de fitness, qui ont été fermés en même temps. Et représenteraient donc plus de dangers que les restaurants, les bars, les salons de coiffure ou de massages qui eux, restent ouverts.

Contrairement à tous ces lieux, où il peut sembler difficile de respecter constamment les règles de sécurité sanitaire comme la distanciation ou le port du masque par exemple, les salles de cinéma et autres salles de spectacle, où le public est assis, offrent une sécurité éprouvée au-delà même des exigences de l’Office fédéral de la santé publique et des médecins cantonaux. La vision d’un film dans une salle de cinéma reste en effet un moment où l’on peut se sentir en sécurité.

C’est un fait: à ce jour, en Suisse, aucun cinéma n’a été identifié comme lieu de départ de la moindre infection. Cette constatation est également observable dans les autres pays.

Certes, il faut prendre les chiffres avec précaution, mais si on les compare aux données des autres lieux de notre vie sociale, ce type de résultat est assez extraordinaire.

Enfin, pas tant que cela. Les raisons de cette relative sécurité sont d’abord inhérentes à notre métier. Les spectateurs sont assis tranquillement, concentrés, à la découverte d’un nouveau film, regardant tous dans la même direction. Pas d’alcool, pas d’activité physique et pas de contact rapproché risquant de faire oublier les gestes barrières. Mais cette sérénité est aussi directement liée aux mesures prises par les cinémas: tous les spectateurs sont masqués, ils restent à bonne distance les uns des autres, les salles sont systématiquement ventilées durant et entre les projections et le flux des spectateurs entre les séances est géré afin que les partants et les arrivants ne se croisent pas.

Le besoin de s’évader

Si, au printemps, la population suisse a pu s’aérer l’esprit dans la nature et atténuer ainsi partiellement l’impact psychologique d’un semi-confinement, tout porte à croire que les longs mois d’hiver qui s’annoncent vont être plus difficiles à supporter. Maintenir ouverts les lieux de culture permettrait à la population de s’évader et d’échapper, pour un temps, au climat anxiogène généré par cette pandémie, sans pour autant que cette activité fasse prendre des risques inconsidérés aux spectateurs qui se rendent dans ces lieux.

La perspective toute proche d’avoir à renoncer aux traditionnelles fêtes de famille de fin d’année ne réjouit personne. Pourquoi, dans ce cas, priver les gens de cinéma et de spectacles dans des lieux aussi sécurisés?

On comprend bien qu’aujourd’hui l’objectif des autorités est d’assurer le plus longtemps possible l’ouverture des magasins et des entreprises pour ne pas entraver la bonne marche du commerce. L’enjeu sanitaire voudrait toutefois qu’on définisse une liste des activités plus ou moins risquées et qu’on ferme les établissements dans l’ordre de cette liste. À ce compte-là, les cinémas devraient faire partie des derniers lieux à devoir fermer et non pas des premiers.


*Edna Epelbaum, exploitante, Meryl Moser, exploitante, Loïc Trocme, distributeur, Marc Maeder, distributeur, Laurent Dutoit, exploitant et distributeur, Jean-Yves Gloor, attaché de presse

 

[Photo : LAURENT GILLIERON/Keystone – source : http://www.letemps.ch]

 

 

L’itinerari ‘Ciutat’ de la Biennal de Pensament aborda les noves dimensions de la ciutat: habitable, glocal, resilient, saludable, rural, inclusiva i del futur

Carles Muro, Iñaki Alonso i Coque Claret durant l’acte Ciutat Habitable

Escrit per Joan Simó i Rodríguez

És la fi del món. Sembla que tothom hi està d’acord. Plagues, crisis, fam i conflictes polítics diversos fan del nostre planeta un lloc cada dia més terrible. És en moments com aquests que l’utopisme pren força. No en va Plató va escriure la República en plena decadència del model grec de polis, plantejant una societat alternativa que servís de punt final per la pervertida democràcia atenenca. Seguint els seus passos, Sant Agustí d’Hipona va publicar La ciutat de Déu a les acaballes de l’Imperi Romà, i Thomas More ideà la seva Utopia en una Anglaterra recentment eixida de la Guerra de les Roses i a punt d’enfrontar-se al sanguinari regnat d’Enric VIII.

En un context més lleu però no menys decadent, la Biennal de Pensament Ciutat Oberta d’aquest any -celebrada del 13 al 18 d’octubre– ha dedicat un dels seus itineraris a això tan maco de “repensar la ciutat”, amb una clara intenció d’encaminar-la cap a les utopies verdes, sostenibles i digitalitzades dels nostres temps. Aquell qui es fixi en els 7 adjectius que donen nom als diversos models d’urbs que es plantegen durant aquesta setmana –habitable, glocal, saludable, resilient, rural, inclusiva i del futur-, s’adonarà que es tracta de termes totalment líquids, aplicables a tot i a res i que, en general, s’acostumen a fer servir per dotar a qualsevol producte, ideologia o conjunt d’edificis d’un toc brillant i progressista que en fa difícil la crítica.

Però comencem pel principi. Dimarts passat, a la vella fàbrica de Fabra i Coats, els arquitectes Carles MuroAnna PuigjanerIñaki Alonso i Coque Claret van reflexionar sobre el concepte d’habitabilitat, més important que mai ara que això de quedar-se a casa ha passat a ser rutina. Citant al filòsof Pol B. Preciado, Puigjaner va incidir en com les pandèmies acceleren tendències socials preexistents i en el perill d’encaminar-nos cap a una societat més segregada i desigual a través d’aquells discursos que entenen l’habitatge com una eina per a protegir-nos contra tota alteritat.

L’acte va comptar amb la presència en diferit de Nasrine Seraji que, des de París, va recordar-nos com és d’important que els arquitectes tornin a centrar-se en la construcció de vivenda, abandonant els deliris de grandesa que els porten a dissenyar sensacionals edificis mancats de cap vocació social. A això s’hi va afegir una reflexió de Puigjaner sobre la necessitat de desconstruir la figura del professional de l’arquitectura, vestigi d’un passat colonial del qual, segons ella, potser hauríem de desempallegar-nos. “Hem de fer un exercici d’humilitat”, deia Iñaki Alonso.

“Josep Maria Ganyet va deixar anar una sentència lapidària: “El futur ja és aquí, el problema és que és car”.

De les fàbriques a les presons. Dimecres es va celebrar l’acte Ciutat del futur. Mentre Barcelona estava a punt de quedar amputada dels seus bars i terrasses, la periodista Anatxu Zabalbeascoa moderava un debat entre Ethel BaraonaRoi Salgueiro i Oriol Nel·lo, amb l’aparició estel·lar del flamant comissari de la propera Biennal de Venècia: Hashim Sarkis. Mobilitat, desigualtat i tecnologia varen ser els tres punts centrals d’una taula rodona amb més voluntat predictiva que analítica i d’on hom va sortir amb la sensació que l’urbs del demà està cridada a ser més ecològica, més justa, més eficient, més diversa i més de tot.

Va ressonar especialment la idea que, malgrat tot, el futur era a les ciutats i que, per molt que s’han de produir canvis substancials, aquests no passen per un èxode rural massiu, sinó per recuperar conceptes com la walkability de Jane Jacobs, present al futurible París dels 15 minuts. Malgrat tot, varen faltar respostes concretes, guies, plans d’acció determinats que no impliquessin deixar-ho tot en mans de la iniciativa ciutadana, a la qual l’exdiputat socialista Oriol Nel·lo va apel·lar repetidament. Queda molt maco parlar de solidaritat i cooperació, però només els polítics cobren per actuar.

El pati de la Model durant l’acte Ciutat del futur

La tercera xerrada, celebrada al Centre Cívic Can Felipa, va servir per posar aigua a l’embriagador i tecnoptimista de les seves predecessores. No tot és tan esperançador i alegre com el convidat d’honor, Neil Gernshenfeld, va voler-ho veure. José Luis de Vicente i Josep Maria Ganyet van donar la nota més pessimista de la nit, només contrastada per una alegre Mara Balestrini, confiada en l’emprenedoria ciutadana com a motor per a futurs canvis. En una intervenció posterior, Ganyet va deixar anar una sentència lapidària: “El futur ja és aquí, el problema és que és car”.

Quan, a la presentació d’un dels actes, Txell Bonet deia que la biennal tenia la intenció de “servir d’àgora” i no ser “una cosa elitista”, les seves paraules no podien contrastar més amb la realitat. Els vianants que tafanejaven per damunt els improvisats murs del recinte no semblaven entendre res de res. El gemec de la moto d’un gamberro local contrastava amb la serenor i la complexitat d’allò que es deia damunt de l’escenari. La ciutat, aliena a les reflexions dels seus gurus, s’esfondra sense que ningú proposi res per a salvar-la i tot és cada dia més gris i més precari per aquells que no han sentit en sa vida el neologisme “glocal”, inclòs al títol d’una de les conferències.

Després cal tenir present la pandèmia, fèrtil camp de cultiu per a discursos que, ignorant el patiment d’una ciutadania empobrida i angoixada, encara volen convèncer-nos que aquesta catàstrofe ens ha de fer millors persones. Coque Claret no va poder evitar dir-nos que “necessitàvem una pandèmia” per tal d’adonar-nos de com era d’important lluitar contra el canvi climàtic -menció a Greta Thumberg inclosa- i, ja de pas, repensar el nostre model de societat. L’evident desconnexió envers la realitat fa que, determinats plantejaments, malgrat partir de bones intencions, puguin acabar semblant més aviat cínics.

A l’hora del torn de preguntes, un enginyer present entre el públic, un home comú d’aquells que no fan servir expressions com “teixir complicitats” o “generar sinergies”, va demanar respostes, formes de dur a terme aquesta arquitectura del futur sense el suport de les administracions i el gran capital privat. Alonso va parlar de banca ètica i projectes comunals esperançadors, Claret va reincidir en el seu discurs ecologista, cridant a la responsabilitat individual, a renunciar als nostres cotxes i privilegis. A part d’això, cap resposta. Aquí no hem vingut a donar solucions, hem vingut a pensar. Després ens estranya que gent com Trump guanyi eleccions.

La Biennal de Pensament es tanca aquest diumenge. L’itinerari Ciutats s’ha completat amb la taula Ciutat resilient, que podeu recuperar en vídeo aquí. També s’ha celebrat la taula Ciutat inclusiva. I es tanca aquest diumenge amb les sessions Ciutat saludable i Ciutat rural.

[Font: http://www.nuvol.com]

 

El filósofo y escritor español conversa en exclusiva con Culturamas sobre distintos temas que hoy sacuden nuestras vidas. Así como habla de lo mucho que podría “empapar” su nuevo libro “Lluvia oblicua”, afirma que “escribe para curarse del mal de vivir”.

Por Diego Marlasca

Toda una proclama a favor de a literatura se respiran en sus respuestas.

Pregunta: – ¿Por qué escribe? ¿Qué ocurriría en su vida si no escribiera?

Respuesta: – Escribo para curarme del mal de vivir. Creo que si no escribiera me volvería loco. Como decía hace poco una joven escritora, tal vez de no escribir acabaría matando a alguien. De Rilke a Lispector, se dijo hace tiempo que solo vale la pena escribir (y posiblemente leer) aquello que salió a la fuerza, que no pudo no ser hecho. Escribo para distanciarme de un mundo de cuya estupidez abomino. También para liberarme de mis fantasmas, asesinando lo que odio en mí. En tal sentido, escribir es una forma de intervenir en el mundo y a la vez retirarse de él. El frustrado hombre de acción que soy encuentra así una especie de monasterio, un campamento-base para cada día intentar un equilibrio difícil entre la cólera y la serenidad. Aunque no sé, en verdad, si puedo ser sincero sobre todo esto.

P: -En un mundo de ruidos, ¿para qué sirve la literatura?

R: – Es un alivio de nuestro feroz pragmatismo. En la literatura podemos al fin respirar, nos sentimos menos miserables. Secundariamente, es obvio, la literatura sirve también para entretenernos, igual que una película bien hecha o cualquier clase de espectáculo. Y no hay que despreciar la importancia del entretenimiento en un mundo que, desde siempre y para siempre, es extremadamente cruel. Precisamente por esto hay otra función última de la literatura, tal vez un poco desesperada. Creo que nos da armas para sobrevivir en un mundo caótico e implacable. Es posible, quiero decir, que Borges haya salvado más vidas que Freud.

P: – ¿Definiría a “Lluvia oblicua” como un artefacto literario? ¿Por qué?

R: – Es un libro de filosofía, con todos los quebraderos de cabeza y de corazón propios de la filosofía. Es también un «artefacto literario» porque en él el estilo, la rítmica de la letra es clave. Como en Lluvia oblicua se trata, sin moralizar, de reconciliar los opuestos que separamos habitualmente, y prepararnos para una vida mortal, la fluidez circular de lo escrito dice tanto o más que el más duro de los contenidos. De hecho, en ese libro y en otros que me interesan, no hay diferencia entre contenido y forma. Difícilmente podía ser de otro modo en un texto que se ha empeñado en combatir nuestra cobarde separación entre lo sagrado y lo profano. Además, también mi libro es «de ficción» porque, literalmente, no se entiende bien qué relación tiene con lo que llamamos realidad. Fíjese en este fragmento, que es solo un ejemplo: «Nos pasamos el día eligiendo, contando, seleccionando, separando. La misma mañana que ordenamos la basura y nos preocupamos por el medio ambiente, nos recreamos en la crueldad impasible de perseguir a los que han caído del lado del mal. Y esto en medio de fascinantes series televisivas, música reggae de ascensor, supermodelos británicos, ambientes climatizados en temperaturas uterinas y cazadoras de color rojo menstrual». La radicalidad laberíntica de la literatura nos otorga a los escritores y filósofos cierta impunidad. Como se entiende difícilmente, nadie llama a la policía o a los bomberos.

P: – ¿Su literatura sana o alborota los traumas?

R: – En primer lugar, alborota los traumas. A la larga, esto puede ser una forma ardua de sanar. Incluso se corresponde con una medicina anómala que, más en Oriente que en Occidente, gana cada día más adeptos. Algunos no buscamos combatir el mal con quimioterapia, sino escucharlo, dejarle hablar.

P: – ¿La estupidez va en aumento, disminuye o se mantiene?

R: – Aparentemente, va en aumento. Pocas veces hemos visto tantas estrellas imbéciles, tantos ídolos que no son otra cosa que un remedo monstruoso de Dios. ¿Hemos puesto en pie la religión del Ateísmo para esto, para que se multipliquen los dioses de cartón-piedra? No obstante, es posible que esta idea de que la estupidez crece es una ilusión óptica de cualquier época. Junto con la ignorancia y todas las formas del mal, la estupidez es un bajo de fondo que recorre la historia entera. Igual que la energía, aunque en este caso negativa, la estupidez no puede disminuir ni aumentar. Probablemente se mantiene constante. Es otra de las señales de que el Progreso, entendido como un absoluto, es la más tonta de las quimeras.

P: – ¿Estamos condenados a ser la sociedad que escribió Orwell?

R: – Es posible que la ciencia ficción de hace décadas, que nos auguraba un mundo totalitario dirigido por un centro, se haya quedado un poco anticuada. Lo digo porque ahora parece que cada individuo, hombre o mujer, joven o mayor, parece haber interiorizado con sonrisas y aplausos la obediencia al dios Sociedad. Esto explica que la policía sea cada día menos necesaria. Mientras se uno se entretiene y se enreda, también se oprime y se explota a sí mismo. Es lo que se podía llamar opresión expresiva, represión a través de una divertida libertad obligada. No soy un experto en él, pero no sé si Orwell pudo prever tal maravilla.

P: – ¿Cuál es el virus que más daño nos causa como sociedad mundial?

R: – El contagio informativo. Todos los otros virus son formas secundarias de este, daños colaterales. La información masiva nos ha llevado a formas de repetición autómata inimaginables hace treinta años. Con una simpática variante. La Unión Soviética era monstruosamente uniforme. Nosotros hemos logrado un infierno mucho más perfecto, a través de una superficie de variación continuamente espectacular. No sé si Arendt pudo prever esta versión lúdica del totalitarismo. Juraría que si Stalin o Goebbels levantasen la cabeza se quedarían muy impresionados al ver lo lejos que ha llegado el control de las almas. Marchamos todos juntos, pero cada uno con un paso ligeramente personalizado. No me diga que no es políticamente adorable. Ahora bien, tal vez la cosa no es tan grave. No olvidemos que no somos una «sociedad mundial», sino una pequeña secta en la tierra. Nueve décimas partes de la humanidad, literalmente, no saben de qué estamos hablando.

P: – ¿Me podría citar algunos libros a los cuales siempre vuelve?

Para bien y para mal, soy un hombre de libros. No puedo dejar de volver a la Biblia y a Tiqqun, a Chéjov, Walser y Foster Wallace. A Simone Weil, Lispector, Handke y Limónov… la lista es interminable. No soy pacifista, cada día necesito buscar armas para mantenerme en la guerra del mundo. También las busco dentro de una larga lista de nombres hispanos, de Valle a Zambrano, de Rulfo a Onetti, que el autoodio de nuestra cultura mantiene discretamente sepultados.

P: – ¿En camino algún otro libro? ¿Cómo “¿Lluvia oblicua”, también empapará?

La verdad, no sé si he conseguido empapar a alguien con Lluvia oblicua. Está en marcha, muy próximo a terminarse, un libro sobre el encuentro, la lujuria y la tristeza. Se llamará Sexo y silencio, o algo así. Me encantaría mojar a alguien, no sé si con lágrimas de risa, de pena o con fluidos sexuales. Pero hoy el prójimo está muy protegido con un preservativo numérico que ha invadido mentalmente su cuerpo entero. Veo difícil que alguien resulte embarazado.

 

[Fuente: http://www.culturamas.es]

Inclusive

Escrito por Eduardo Affonso

Muita gente criticou um vídeo sobre linguagem inclusiva, com as novas regras para a neutralização do idioma.

Machistas estruturais, homofóbicos crônicos, transfóbicos empedernidos, todos profundos desconhecedores do mistérios da linguagem e da neurolinguística, sentiriam que estariam sendo privados desse instrumento de opressão que é a língua de Camões, Vieira, Machado, Dilma e Carluxo.

Serenados os ânimos, apaziguados os espíritos, todos já devem ter compreendido que a linguagem neutra só trará benefícios, pondo fim à violência lexical e à polarização verbal.

Quem antes passava pela Glória, pela Avenida Atlântica e pela Praça do Ó, abria o vidro do carro e gritava “Traveco filho da puta!”, agora poderá abrir o vidro do carro e gritar “Traveque filhe de pute” – e isso não constituirá mais nenhuma ofensa, porque todo o caráter insultuoso terá sido neutralizado. Em vez de lhe erguer o dedo médio, as profissionais do sexo acenarão felizes, como misses na passarela, sentindo-se acolhidas na sua diversidade.

Quem poderá se sentir agredido/a/e ao ser chamado/a/e de “arrombade”? De “canalhe”, “escrote” ou “babaque”?  Toda a carga negativa, advinda do caráter sexista da língua, terá sido zerada, reduzida a pó.

Ao fim das manifestações contra e pró Freixo ou Crivella, Lula ou Bolsonaro, Fefito ou Giromini, a turma de vermelho e a turma de amarelo poderão se reunir para um chope na orla ou uma catuaba selvagem na Praça São Salvador, se tratando cordial e neutralmente de “petiste corrupte” e “bolsomínie fasciste”. Não haverá briga nem na hora de rachar a conta, porque o “garçom de merde” admitirá que houve um pequeno equívoco naqueles dois zeros a mais na quantidade de pedidos, pedirá desculpas em nome daquele “corne do caixa” e todos cantarão, com cantos e contracantos, o hino nacional e a internacional socialista.

Chame-o de “escrote”, e o guardinha não multará seu carro estacionado irregularmente.

Diga que ele é um “babaque”, e o segurança te deixará entrar (“Mas só desta vez, hein?”) sem máscara no shopping.

Explique que não curte “gorde”, e a moça não ficará magoada – e tampouco você se sentirá humilhado se ela fizer comentários sobre seu “mau hálite”, “falta de pegade” e “pau pequene”.

Por tudo isso, seu idiote, volte lá no vídeo e retire tudo o que disse. Graças àquele troca-troca de vogais, teremos finalmente a serenidade, o entendimento e o respeito de que precisamos para conviver civilizadamente. Tá esperando o quê, caralhe?

 #paz

 

[Fonte: http://www.eduardoaffonso.com]

Dues imatges casuals i l’obra d’una fotògrafa dedicada al retrat de tota mena d’artistes. De Joan Miró i Henry Moore a Doris Lessing, Giacometti o Le Corbusier.

 

Escrit per Gerard E. Mur

En poc temps he topat, casualment, amb dues fotografies d’Ida Kar. En una –una postal– apareix l’escriptora Doris Lessing, guanyadora del Nobel de Literatura el 2007, autora d’El quadern daurat o Canta l’herba. La fotografia és el retrat d’una Lessing jove (30 anys); de mirada resistent i interpel·lant. En l’altra imatge –trobada en una revista– els retratats són el pintor francès Pierre Soulages i la seva dona, Colette Llaurens. Soulages, l’artista de la llum negra, el pintor viu més cotitzat de França, mira dret i seriós l’objectiu; vesteix una granota protectora. En un gest tendríssim, Llaurens, somrient, li agafa suaument l’avantbraç. És el retrat d’una parella sense fissures aparents. Es poden veure recipients de pintura negra i alguna pinzellada al llenç del fons. La fotografia data del 1954 i està feta al taller de París de l’artista. Soulages tenia 34 anys (el desembre passat va complir el centenari). Miro d’esbrinar qui era Kar, quina va ser la seva obra.

Ida Kar
Kar per Kar. |

Ida Kar (1908-1974) va ser eminentment la fotògrafa dels artistes que vivien o passaven per Londres, que és la ciutat on va instal·lar-se el 1945 amb el seu segon marit, el poeta i marxant Victor Musgrave. Abans d’establir-se al Regne Unit, però, la pista de Kar apareix en diversos països. Nascuda a Tambov (Rússia), els seus pares, armenis, traslladen la família a Iran quan la fotògrafa té vuit anys. Amb tretze, la família viu una altra mudança, aquest cop a Alexandria, on Kar estudiarà al Liceu Francès, una escola premonitòria: als vint se’n va a París per cursar Medicina i Química, però aviat ho deixarà estar. Estudia cant i s’escola en els cercles de l’avantguarda parisenca de la Rive Gauche (Pierre Mondrain, Yves Tanguy, Salvador Dalí…). S’interessa ràpidament pel surrealisme i començar a dedicar-se professionalment a la fotografia.

El 1930, Kar torna a Egipte, al Caire, on es casa amb Edmond Belali. La parella obre un estudi fotogràfic (de nom terrible: Idabel). D’aquella època se’n conserven autoretrats (en solitari i en parella), imatges dels pares o estudis surrealistes. Al Caire, de fet, la fotògrafa també freqüentarà cercles artístics (el moviment surrealista Art et Liberté, per exemple). Serà, però, a Londres on la carrera de Kar esclati. Hem dit que el 1945, l’artista s’instal·la al Regne Unit amb el seu segon marit, que ha conegut a Egipte (també hi ha imatges de l’inici de la relació).

A Londres, Musgrave és el fundador i propietari de la Gallery One i és en aquesta sala on Kar desplegarà, el 1954, la seva primera mostra: Forty Artists from Paris and London. Retrats sempre en blanc i negre; les mirades, els cossos i els escenaris dels escriptors Randolph Churchill (fill del primer ministre) i Ronald Duncan, les actrius Mai Zetterling i Sylvia Syms, els pintors John Christoforou i Sam Kaner, els escultors Jacob Esptein i Henry Moore, el fotògraf (i tantes altres coses) Man Ray, Soulages, Lessing, etc.

Joan Miró
Joan Miró per Kar. |

Els retrats –una forma més aviat clàssica– tenen en Kar, en la seva mirada, una manifestació divergent: poden ser perfectament convencionals o poden contenir elements distorsionadors (una composició inusual, una postura inesperada…). És habitual trobar en les imatges un ambient que combina tragèdia i serenor; bondat i confiança. Miró, segons com, si oblidem la camisa i la corbata, sembla un Sant Pare.

Del 1956 fins a la seva mort, Kar serà ajudada per diferents assistents; els més destacats són el futur marxant John Kasmin i Terry Taylor, que també desenvoluparà el paper d’amant esporàdic. Una de les funcions fonamentals dels assistents serà avisar a la fotògrafa de les visites dels artistes estrangers a Londres (alguns els retratarà al seu taller). Establerta definitivament a la capital britànica, part essencial de la vida bohèmia de la ciutat, Kar no deixarà de viatjar: entre el 1957 i el 1959 visita Armènia, la Unió Soviètica, París o Berlín. El 1960 arriba el punt culminant de la seva trajectòria: una exposició retrospectiva, en solitari, a la Whitechapel Gallery. La mostra la situarà en un lloc exacte: serà una de les millors retratistes d’artistes de la segona meitat del segle XX. Per davant de la seva càmera haurà desfilat l’espessor artística de Londres i París.

El llegat artístic de Kar el conserva i difon la National Portrait Gallery des del 1999, any en què va adquirir el fons de la fotògrafa. El 2011, la figura de Kar va viure una nova revifalla gràcies a una extensa i completa exhibició a la seu del museu (Ida Kar: Bohemian Photographer 1908–1974). Fins aleshores, el coneixement popular de la fotògrafa s’havia anat apagant, adormint. Avui, no descarto tornar-me-la a topar enmig d’un llibre, un diari o un catàleg. La seva obra ­–clara i prolífica– pot il·lustrar un llarguíssim grapat de perfils. Kar morí el 1974 al barri londinenc de Bayswater.

 

 

[Font: http://www.nuvol.com]

Star glamorous, chanteuse et actrice mythique née Norma Jeane Mortenson, Marilyn Monroe (1926-1962) a brillé dans les comédies et les drames et s’est convertie au judaïsme. Dotée d’une personnalité complexe, cette artiste a dirigé sa carrière en choisissant les réalisateurs les plus talentueux de Hollywood et a suivi les cours de l’Actor’s Studio à New York. Elle est décédée le 5 août 1962. 

Publié par Véronique Chemla

Le mythe Marilyn Monroe, « c’est le grand mythe du demi-siècle écoulé. Trois mythes. Le rêve américain de l’ascension d’une pauvre fille devenue la femme la plus célèbre de son temps. De la femme-enfant ou plutôt de l’enfant-femme incarnant à la fois l’innocence sexuelle et la femme absolue. D’un destin où se nouent sexe et pouvoir. Sa mort jeune, dans des circonstances mystérieuses, ajoute au mythe », déclare Michel Schneider, auteur du roman Marilyn, dernières séances publié par Grasset.

Et d’ajouter : « Ravissante blonde idiote ? Ravissante, sans doute, blonde, pas vraiment, et idiote, pas du tout. Aujourd’hui, c’est le paradoxe de la postérité de Marilyn. Les 80 % de ses admirateurs ne sont pas des hommes avides d’un sex-appeal vintage, mais de jeunes femmes qui ne l’ont jamais vue dans un film ». Une blondeur proche de celle d’une star des années 1930, Jean Harlow.

Parmi les hommages à cette actrice-chanteuse-danseuse, Arte a diffusé « Marilyn, dernières séances » par Patrick Jeudy les 4 et 12 août 2012 – « portrait totalement inattendu de la star dans sa relation avec le psychanalyste Ralph Greenson » (1960-1962) -, puis « Bert Stern. Objectif Marilyn » (Bert Stern, The man who shot Marilyn), remarquable documentaire de Shannah Laumeister les 5 et 30 août 2012. Le musée Maillol à Banyuls-sur-Mer a présenté l’exposition Marilyn photographiée par Bert Stern avec « 13 photos incontournables de la dernière séance » photographique de la star glamorous.

De Norma Jeane Mortenson à Marilyn Monroe

Marilyn Monroe est née Norma Jeane Mortenson (ou Baker) en 1926, dans un milieu modeste. Elle souffre de l’absence de son père. Sa mère, qui travaille comme monteuse dans un laboratoire cinématographique Hollywood, souffre d’instabilité mentale.

Placée dans des familles d’accueil et des orphelinats, elle se marie en 1942, à l’âge de 16 ans, avec James « Jim » Dougherty, un voisin âgé de 21 ans.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, son mari sert dans la Marine américaine dans le Pacifique, et elle travaille dans une usine d’assemblage d’avions.

Là, en 1945, elle est repérée par un photographe, David Conover, chargé d’effectuer un reportage sur l’engagement des Américaines dans l’effort de guerre. Le reportage photos avec la jeune ouvrière est publié, et vaut un début de célébrité à la jeune femme.

Elle débute comme mannequin et pin-up.

Elle signe en 1946 un contrat avec le studio, la 20th Century Fox confiante en sa ciné-génie. Ce studio la rebaptise Marilyn Monroe, la façonne en blonde platine. L’actrice divorce.

Pour divers studios, elle enchaîne les tournages à Hollywood – L’Extravagante Miss Pilgrim (1947), La pêche au trésor des Marx Brothers – sous la direction de réalisateurs prestigieux. Et s’impose dans les rôles de blonde pulpeuse et de sex-symbol.

Agent d’artistes, Johnny Hyde la représente et lui trouve un premier rôle important et complexe dans The Asphalt Jungle (Quand la ville dort, 1950), de John Huston.

Corée

Le 15 février 1954, Marilyn Monroe « interrompt son voyage de noces au Japon » avec le célèbre et populaire joueur de base-ball Joe DiMaggio « pour aller chanter en Corée auprès des GI. Cette tournée durera quatre jours. Que racontent les images tournées par les cameramen de l’armée américaine ? » Le  couple di Maggio se rend au Japon en raison du contrat signé par le champion retraité pour effectuer des démonstrations de ce sport et des séances d’entrainement de l’équipe japonaise au pays du Soleil levant. Les relations entre Marilyn Monroe et la Fox, dont elle est l’une des vedettes, sont alors tendues. Le 1er février 1954, le couple est accueilli par les fans du champion et de la star à son arrivée à l’aéroport nippon. En raison de la guerre de Corée, plus de 120 000 GI’s sont stationnés dans cet Extrême-Orient. À Tokyo, la star se rend auprès de soldats américains soignés dans des hôpitaux à Tokyo : elle est filmée serrant notamment la main de soldats noirs, mais ces images ne seront pas diffusées aux États-Unis.

En pleine Guerre froide, à la demande de l’Armée américaine, Marilyn Monroe se rend à Séoul, capitale de la Corée du sud, à plus de 1000 km du Japon. But : remonter le moral des plus de 100 000 soldats américains, basés pour la plupart au nord de Séoul, dans des camps le long de la frontière avec la Corée du nord : quelques années après la guerre de Corée, 18 divisions américaines et sud-coréennes sont installées le long de la frontière, sur moins de 300 km, de l’autre côté, sept corps des armées chinoises et deux divisions nord-coréennes. L’actrice Betty Hutton en 1952, Joe di Maggio et son ami joueur de base-ball Lefty O’Doul l’y avaient précédée pour des tournées militaires.

Délaissant robe et manteau de fourrure, mais gardant de jolies boucles d’oreilles, la star est vêtue d’un uniforme militaire au col largement ouvert à son arrivée en Corée. Cette tournée réunit la chanteuse et ses amis, des musiciens militaires, une infirmière aux armées. Des hélicoptères amènent l’équipe dans les camps où sont prévus, le jour-même, deux spectacles, dont l’un pour les Marines.

Pour ces neuf spectacles en quatre jours dans une région montagneuse, elle interprète trois chansons de ses récents films. C’est la première fois qu’elle chante sur scène. Des hauts-parleurs sont placés pour permettre aux 10 000 Marines d’écouter au mieux les airs hollywoodiniens, dont Diamonds are a Girl’s Best Friend. Vêtue d’une robe décolletée à fines bretelles, arborant des créoles aux oreilles, la star enchaîne ses succès malgré le froid. L’Armée filme la scène mais leurs caméras n’enregistrent pas les sons, tandis que des soldats prennent des photos. Malgré son inexpérience de la scène, la star enregistre un succès auprès d’un public composé de plus de 10 000 soldats lors de chaque représentation. Au fil des jours, la fatigue se lit sur le visage de la star, se prêtant toujours souriante aux séances de photos et aux bains de foule, chantant sur une scène non protégée des intempéries (pluie hivernale). Avant son retour à Tokyo, Marilyn Monroe fait une halte à Séoul. Elle souffre d’un début de pneumonie qui nécessitera bientôt son hospitalisation.

Sous le titre Marilyn « Wows ‘Em » in Korea!, le reportage filmé en ces quelques jours par Paramount News est diffusé dans les salles de cinéma et dans les télévisions aux États-Unis. Joe di Maggio espérait que son épouse abandonnerait le monde du cinéma qu’il déteste. Or, son rêve ne se concrétise pas. Le couple divorce. Marilyn Monroe gagne en respect à Hollywood, assoit sa popularité et s’inscrit dans la liste des stars américaines ayant soutenu l’effort de guerre : dès 1918, le couple Pickford/Fairbanks et Charlie Chaplin invitaient les Américains à contribuer financièrement à la Première Guerre mondiale.

De Hollywood à l’Actor’s Studio

All About Eve (Ève, 1950) de Joseph L. Mankiewicz avec Anne Baxter et Bette Davis, Monkey Business (Chérie, je me sens rajeunir, 1952), Clash by Night (Le démon s’éveille la nuit, 1952), Niagara (1953), Gentlemen Prefer Blondes (Les hommes préfèrent les blondes, 1953), How To Marry A Millionaire (Comment épouser un millionnaire, 1953), River Of No Return (Rivière sans retour, 1954), The Seven Year Itch (Sept ans de réflexion, 1955), Bus Stop  (Arrêt d’autobus, 1956), The Prince and the Showgirl (Le prince et la danseuse, 1957), Some Like It Hot (Certains l’aiment chaud, 1959), Let’s Make Love (Le milliardaire, 1960) – sur le tournage, l’actrice a une aventure avec Yves Montand -, The Misfits (Les désaxés, 1961), Something’s Got to Give (1962)… La liste est longue des comédies ou drames incarnées par la talentueuse actrice et chanteuse.

Manque de confiance en elle, souhait d’améliorer son talent d’actrice, curiosité ? Marilyn Monroe quitte Hollywood pour s’installer pendant quelques années à New York dans les années 1950. Là, elle travaille auprès de Lee Strasberg à The Actor’s Studio.

Après un mariage avec Joe Di Maggio, champion américain de base-ball, qui s’achève par un divorce en 1954, Marilyn Monroe se convertit au judaïsme et épouse en 1956 le dramaturge Arthur Miller, alors soupçonné de sympathies communistes.

Le couple divorce en 1961.

Certains l’aiment chaud

Le 12 août 2018, dans le cadre de son « Summer of Lovers », Arte diffusa « Certains l’aiment chaud » (Some like it hot, Manche mögen’s heiß) de Billy Wilder, avec Marilyn MonroeTony Curtis et Jack Lemmon. « Pour échapper à des malfaiteurs, deux compères musiciens se déguisent en femmes et se font engager dans un orchestre exclusivement féminin… Rythme échevelé, dialogues incisifs, mise en scène virtuose signée Billy Wilder et trio génial : Marilyn MonroeTony Curtis, Jack Lemmon. Un pur moment de bonheur. »

 

« Chicago, hiver 1929. Joe et Jerry, deux musiciens au chômage, obtiennent un contrat pour le bal de la Saint-Valentin. Mais témoins involontaires d’un règlement de comptes entre deux bandes rivales, ils sont pourchassés par les gangsters du parrain victorieux, qui veut leur peau. Travestis tant bien que mal, ils parviennent à se fondre dans un orchestre exclusivement féminin en partance pour la Floride, où ils tombent sous le charme renversant de la chanteuse “Sugar Cane”. Malheureuse en amour, celle-ci est bien décidée à harponner le premier millionnaire venu, mais c’est Jerry qui décroche le pompon, en la personne du vieil et richissime Osgood Fielding, troisième du nom… »

« Personne n’est parfait ! » À la fin des années 1950, la libération des mœurs n’est pas encore à l’ordre du jour, mais Billy Wilder concocte déjà une comédie sur la confusion des sentiments et l’ambiguïté des sexes. L’homosexualité latente des deux protagonistes masculins ne fait plus guère de doute. Mais, loin de choquer, le réalisateur obtient avec son film cinq nominations aux Oscars et un succès exceptionnel au box-office. Bien sûr, Wilder a érigé des garde-fous, dont la distance temporelle, mais aussi le rythme. L’excès de vitesse du montage donne un tel tournis que le spectateur n’a pas le temps de saisir l’essence de situations résolument amorales. Enfin, le scénario repose entièrement sur la tromperie et dédouane le public de tout problème de conscience : le comique peut fonctionner. L’inversion des rôles, soulignée par des dialogues à l’équivoque irrésistible, déclenche l’hilarité. Wilder désamorce la suggestion d’homosexualité et en double le pouvoir comique en plaçant aux côtés du couple masculin une déesse à la sensualité fragile, incarnation absolue de la femme : Marilyn Monroe. Un trio inoubliable dans une comédie virtuose. »

Arte introduit le film par « Certains l’aiment chaud » de Billy Wilder – Un regard, une minute (« Manche mögen’s heiß » von Billy Wilder – Ein Film, eine Minute). « Au-delà de son statut iconique, “Certains l’aiment chaud” repose sur un audacieux mélange des genres. Le film criminel le plus noir dérape vers la comédie la plus délirante. Le réalisateur Billy Wilder est l’héritier cinématographique direct de la peinture vériste allemande des années 20, représentant le grotesque, le burlesque et le pittoresque de la nature humaine. »

« Le travestissement est un éternel ressort comique, exploité jusqu’à la corde, avec néanmoins, assez régulièrement, des réussites éclatantes sous la responsabilité d’acteurs et d’auteurs talentueux. Certains l’aiment chaud est l’une de ces réussites, c’est même le titre étalon d’un genre (la « comédie du travestissement »), avec le splendide Victor Victoria de Blake Edwards (1982). Écrit par Billy Wilder et son fidèle scénariste I.A.L. Diamond, Certains l’aiment chaud est un « remake » inavoué de Fanfare d’amour de Richard Pottier (1935). Billy Wilder avait déjà illustré les thèmes du déguisement et de ambiguïté sexuelle avec le mineur Uniformes et jupons courts (1942) où une jeune femme s’habillait en fillette afin de resquiller dans un train. Certains l’aiment chaud est l’un des triomphes commerciaux de Billy Wilder et aussi un film pivot dans sa carrière, entre les classiques des années 40 et 50 et des films plus délurés et audacieux des années 60 et 70 qui ne rencontreront pas le même écho auprès du public et qui sont peut-être les meilleurs et les plus personnels du cinéaste. Il semblerait que les derniers films de Billy Wilder souffrent encore de la comparaison avec Boulevard du crépuscule ou Certains l’aiment chaud. Sans minimiser les qualités de ces chefs-d’œuvre de noirceur ou d’humour (et parfois les deux à la fois), on est en droit de leur préférer une poignée de films tardifs dans lesquels l’intelligence et la cruauté de Wilder se teintent d’une mélancolie déchirante », a analysé Olivier Père.

Et d’ajouter : « Certains l’aiment chaud, au-delà de son statut iconique, est un film étrange dont le succès et la popularité reposent sur un audacieux mélange des genres : le film criminel le plus noir (l’action débute à Chicago en pleine Prohibition, et nos héros sont mêlés au massacre de la Saint-Valentin) dérape vers la comédie la plus délirante. Les courses poursuites qui parsèment le récit sont un hommage au « slapstick » et aux comédies de Mack Sennett. Le film propose un cocktail de virtuosité et de trivialité, et l’humour irrésistible du couple formé par Jack Lemmon et Tony Curtis est contrebalancé par les à-côtés sordides de l’histoire. Des personnages plutôt sympathiques sont animés de sentiments et de motivations vulgaires comme la cupidité, le mensonge ou la convoitise. On retrouve dans Certains l’aiment chaud, comédie hollywoodienne atypique, l’influence de la peinture vériste allemande des années 20 (Otto Dix par exemple), qui représentait le grotesque, le burlesque et le pittoresque de la nature humaine, et dont Wilder est un héritier cinématographique direct.

The Prince and the Showgirl

En 2012-2013, la National Portrait Gallery a présenté l’exposition Marilyn Monroe: A British Love Affair (Marilyn Monroe : Une histoire d’amour britannique). Magazines sur cette star glamorous de 1947 à 1962, « portraits de l’actrice par des photographes britanniques dont Cecil Beaton, photographies lors du tournage, couvertures, extraits de films soulignent les liens entre la star et ce pays où elle arrive le 14 juillet 1956, avec son époux le dramaturge Arthur Miller, pour y tourner dans le film de Laurence Olivier, d’après la pièce de Terence Rattigan, « The Prince and the Showgirl ». Un tournage difficile pour ce film Le Prince et la danseuse coproduit par la star.

« Lors de son séjour de quatre mois, Marilyn Monroe est présentée lors d’une soirée à la reine Elisabeth II ». Photographe pour Life, Larry Burrows a été un des nombreux photographes ayant couvert la visite de quatre mois de Marilyn Monroe en Grande-Bretagne dont la conférence de presse pour The Prince and The Showgirl au Savoy Hotel.

« Les désaxés »

Arthur Miller écrit pour son épouse le scénario du film The Misfits (Les désaxés) réalisés par John Huston, avec Clark Gable, Montgomery Clift et Eli Wallach. Peu après la fin du tournage à Reno (Nevada), Clark Gable meurt d’un infarctus à l’âge de 59 ans.

Dans sa filmographie, Something’s Got to Give demeure marqué par les conflits entre la star et le studio qui, irrité par les retards de Marilyn Monroe, envisage de la licencier et de la remplacer par Lee Remick. Mais, Dean Martin, autre star du film, refuse tout remplacement de Marilyn Monroe. Celle-ci organise une campagne médiatique et juridique pour sa réintégration et la revalorisation de son salaire. Et remporte une victoire ! Le film demeure inachevé en raison du décès de Marilyn Monroe. Demeurent quelques scènes filmées, dont celles avec des enfants acteurs et de la star se baignant nue dans la piscine.

Marilyn, dernières séances de Patrick Jeudy et Michel Schneider brosse « un portrait de Marilyn Monroe totalement inattendu dans sa relation avec le célèbre psychanalyste d’Hollywood, Ralph Greenson. Trente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, ils formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien. Elle lui avait donné comme mission de l’aider à se lever, de l’aider à jouer au cinéma, de l’aider à aimer, de l’aider à ne pas mourir. Il s’était donné comme mission de l’entourer d’amour, de famille, de sens, comme un enfant en détresse. Il voulut être comme sa peau, mais pour avoir été la dernière personne à l’avoir vue vivante et la première à l’avoir trouvée morte, on l’accusa d’avoir eu sa peau. Cette rencontre de deux stars nous fait revivre les milieux du cinéma (Cukor, Huston, Wilder), de la littérature (Capote, Miller) et de la politique (les Kennedy, la CIA, le FBI) ».

Ce n’est qu’à la fin de sa vie, en 2011, que Jerry Lewis a confié avoir une relation intime avec Marilyn Monroe, mais sans préciser l’année et en réponse à une question sur le président John F. Kennedy et son frère Robert Kennedy. Une passion charnelle qui a duré un mois. « Marilyn Monroe toute nue… Je peux vous dire qu’il fallait avoir la forme pour être son amant. Pendant un mois, je ne pouvais même plus bouger », se souvenait Jerry Lewis.

Le corps inanimé de Marilyn Monroe est retrouvé le 5 août 1962 dans sa maison de Brentwood. Le médecin légiste conclut à une mort par overdose de somnifères de la star âgée de 36 ans.

Suicide ? Assassinat ? Depuis cinquante ans, les rumeurs circulent, extrapolant à partir des tentatives de suicides de la star, de ses fréquentations avec des individus liés à la Mafia, de ses relations avec le président John F. Kennedy et son frère ministre de la Justice, Robert F. Kennedy.

Marilyn Monroe a inspiré de nombreux artistes, dont Madonna, Elton John, Andy Warhol, Lady Gaga.

« With Marilyn An Evening 1961 » par Douglas Kirkland

La galerie Basia Embiricos a présenté l’exposition With Marilyn An Evening 1961, consacrée aux photos de Douglas Kirkland.

Né au Canada, Douglas Kirkland débute sa carrière de photographe pour Looket Life Magazine dans les années 1960-1970, « âge d’or » du photojournalisme, au côté d’Irving Penn.

Il a travaillé sur le tournage d’environ 100 films : Butch Cassidy and The Sundance Kid, 2001, A Space Odyssey, Out of Africa, Titanic de James Cameron, Moulin Rouge, “Australia”, etc.

Ses portraits de Marilyn Monroe, Elizabeth Taylor, Angelina Jolie, Kim Basinger et Antonio Banderas sont célèbres.

Ce photographe a été distingué par de nombreux prix.

Pour le numéro de Look célébrant les 25 ans du magazineDouglas Kirkland, alors âgé de 27 ans, photographie la star en 1961 dans des draps de soie blanche dans un lit défait.

Marilyn Monroe y apparaît spontanée, rieuse, pendant cette séance de séduction réciproque.

En 2002, Douglas Kirkland photographie l’actrice Angelina Jolie lors de son film Life Or Something Like It en blonde posant en Marilyn.

Le Jouet Mondes Musée Bâle (Spielzeug Welten Museen Basel) a présenté l’exposition Marilyn privée : l’être humain derrière le concept Monroe (Private Marilyn – der Mensch hinter der Kunstfigur MonroePrivate Marilyn – the person behind the concept of Monroe).

« Confessions inachevées »

En 2006, l’éditeur Taylor Trade Publishing a publié « My Story » par Marilyn Monroe avec Ben Hecht. Un livre préfacé par Joshua Green, fils du photographe Milton Green.

« Written at the height of her fame but not published until over a decade after her death, this autobiography of actress and sex symbol Marilyn Monroe (1926-1962) poignantly recounts her childhood as an unwanted orphan, her early adolescence, her rise in the film industry from bit player to celebrity, and her marriage to Joe DiMaggio. In this intimate account of a very public life, she tells of her first (non-consensual) sexual experience, her romance with the Yankee Clipper, and her prescient vision of herself as « the kind of girl they found dead in the hall bedroom with an empty bottle of sleeping pills in her hand. The Marilyn in these pages is a revelation: a gifted, intelligent, vulnerable woman who was far more complex than the unwitting sex siren she portrayed on screen. Lavishly illustrated with photos of Marilyn, this special book celebrates the life and career of an American icon—-from the unique perspective of the icon herself. »

En 2011, les éditions Robert Laffont ont publié une traduction de ce livre sous le titre de « Confessions inachevées » par Marilyn Monroe et Ben Hecht.

« Il y avait quelque chose de spécial chez moi, et je savais ce que c’était. J’étais le genre de fille qu’on retrouve morte dans une chambre minable, un flacon de somnifères vide à la main. » Marilyn Monroe, 1954.

« C’est en 1954 que l’agent de Marilyn, Charles Feldman, contacta Ben Hecht pour lui demander d’aider l’actrice à écrire ses mémoires. À 28 ans, elle a déjà tourné une vingtaine de films, dont ses premiers succès – Niagara et Les hommes préfèrent les blondes -, et elle est lasse des inventions et potins des feuilles à scandale. Elle lui dicte les mots qu’il couche sur le papier… Pour des raisons personnelles, elle ne poursuivit pas ces séances de travail, mais confia le texte inachevé au photographe Milton Greene, son ami de toujours. Vingt ans après avoir recueilli ces feuillets, douze ans après cette soirée d’août où Marilyn s’est endormie à jamais dans la solitude de sa villa, Milton Greene décida de révéler au public ce que la star elle-même avait à dire… »

« Qui était Marilyn Monroe ? Une blonde un peu gourde qui pose nue sur des calendriers, sex-symbol et actrice ingénue ? Ou une jeune femme mélancolique, perfectionniste, cultivée, passionnée de littérature ? Lire cette Confession inachevée, c’est se rapprocher d’elle, entendre sa voix bien reconnaissable dévoiler les deux faces de sa personnalité, raconter les étapes de sa brève existence. D’abord Norma Jean, l’enfant dont la mère est internée, ballottée entre différentes familles d’accueil, puis la jeune fille qui crie son manque d’amour, son besoin constant d’attirer l’attention, et épouse le premier homme qu’elle fréquente. Enfin Marilyn, le sex-symbol qui côtoie et déteste Hollywood, avec ses ratés, ses dragueurs et ses escrocs, qui se heurte à la jalousie des femmes, mais qui reste lucide sur la tragédie de son milieu d’adoption – « À Hollywood, la vertu d’une jeune fille a beaucoup moins d’importance que le style de sa coiffure. On vous juge sur votre apparence, pas sur le reste. Hollywood, c’est un endroit où on vous offre mille dollars d’un baiser et cinquante cents de votre âme. Je le sais, j’ai assez souvent refusé la première proposition et tenu bon pour les cinquante cents. » Tiraillée entre les paillettes et les coulisses, entre la beauté et la souffrance, ce n’est pas qu’une fragile Marilyn qui se livre ici, mais aussi une observatrice lucide et intelligente ».

La dernière séance photo

Arte a présenté le portrait de « l’homme qui a immortalisé Marilyn Monroe, six semaines avant sa disparition ».

Né à New York en 1929, Bert Stern débute sa carrière de photographe pendant son service en tant que soldat en Corée.

Il s’oriente ensuite vers la publicité : il lance la campagne « Driest of the dry » pour la vodka Smirnoff. Devenu célèbre dans le monde du cinéma, il photographe les plus belles femmes du monde : Audrey Hepburn, Brigitte BardotLiz Taylor lors du tournage de Cléopâtre de Joseph Mankiewicz, etc.

En 1962, Bert Stern propose au célèbre magazine américain Vogue de réaliser des photos, dont peut-être certaines nues, avec Marilyn Monroe. Vogue accepte. Ce serait une première car la star n’a jamais posé nue pour un magazine. Très jeune, elle avait posé nue pour un calendrier.

Lieu des photos : l’hôtel Bel-Air, « l’hôtel le plus secret, le plus protégé, le plus ravissant de Los Angeles », selon Bert Stern.

Jouant avec un voile, Marilyn Monroe se livre totalement à l’objectif de Bert Stern, qui prend 2 571 clichés en deux séances.

Vogue s’avère déçue : la star est trop déshabillée, et n’arbore pas assez de vêtements de mode.

À la demande de Bert Stern, Marilyn Monroe accepte de poser en juin 1962, tout de noir vêtue.

Le 5 août 1962, elle décède sans voir la publication de ces photos. Elle avait rayé d’une croix rouge les clichés dont elle refusait la divulgation.

Bert Stern décide de vendre en 1982 sa série Last Sitting (La dernière séance). Léon Constantiner, collectionneur new-yorkais l’acquiert à Sotheby’s.

Cinquante-neuf de ces photos sont présentées en 2006 au musée Maillol à Paris dans l’exposition Marilyn, la dernière séance. Dans la collection de Michaela et Leon Constantiner.

Treize de ces photographies sont montrés dans l’exposition au musée Maillol à Banyuls-sur-Mer sous le titre Marilyn photographiée par Bert Stern.

Curieusement, la collection Marilyn Monroe-Dernière séance n’a pas trouvé preneur lors d’une vente aux enchères à New York le 9 mai 2012. Elle était évaluée entre 18 000 et 25 000 dollars par la maison Bonhams.

Les 6 et 9 mars 2016, Arte diffusa, dans le cadre de Personne ne bouge ! un Spécial Marilyn Monroe.

I Wanna Be Loved By You 


L’Hôtel de Caumont-Centre d’Art a présenté l’exposition Marilyn, I Wanna Be Loved By You (22 octobre 2016 – 1er mai 2017).

Marilyn Monroe (1926-1962) « est certainement la star la plus photographiée dans l’histoire du cinéma. André de Dienes, Milton Greene, Philippe Halsman, Eve Arnold, Cecil Beaton, Richard Avedon, Sam Shaw, Ed Feingersh, George Barris, Bert Stern… les meilleurs photographes de son temps l’ont immortalisée, faisant de Marilyn l’icône que tout le monde connaît ».

« À travers une soixantaine de tirages photographiques, principalement issus de collections privées, et de nombreux supports multimédia, l’exposition « Marilyn » raconte l’histoire de la relation particulière que Marilyn Monroe a toujours entretenue avec la photographie et les photographes. Une relation centrale dans la construction de son image mythique ».

« Plus encore que la caméra, Marilyn aimait l’appareil photo et les photographes le lui rendaient bien. On sait combien Marilyn Monroe s’est prêtée au jeu de la célébrité, renvoyant à chaque paparazzi un sourire éclatant. Très jeune, elle dévore les magazines de cinéma dont les photos idéalisées éveillent son intérêt pour la photographie. Débutant comme modèle puis comme pin-up, elle comprend vite le pouvoir de l’image, dont elle a besoin pour lancer sa carrière cinématographique, et s’en empare. Sa photogénie exceptionnelle et son travail intensif avec les photographes hollywoodiens réputés portent vite leurs fruits et elle apparaît en couverture de nombreux magazines, contribuant au développement de sa popularité comme de son érotisme. C’est sous l’objectif des photographes publicitaires des studios que Norma Jeane Baker, petite fille à l’enfance difficile, devient Marilyn Monroe, la star. Les médias construisent l’image toute faite d’une femme joyeuse, radieuse. Or Marilyn est multiple, complexe. Car l’icône a deux faces : celle, solaire et lumineuse, de la blonde ; et celle, plus sombre, d’une jeune femme perfectionniste, fragile et vulnérable ».

Marilyn « noue un dialogue de confiance avec les photographes, plus qu’avec les journalistes ou même les réalisateurs. Elle initie très régulièrement des séances de photographie pour façonner elle-même son image et se défaire du rôle dans lequel l’enferment les médias et les studios hollywoodiens, la Fox en particulier. Marilyn tient à contrôler chaque image – comme sur ces planches contacts de la « Dernière Séance » de Bert Stern, présentée en fin d’exposition, où elle barre les clichés qui lui déplaisent. C’est cette coconstruction de son image, révélant la maîtrise du photographe autant que la sienne, qui est ainsi donnée à voir ».

Robe vendue aux enchères


Au fil des enchères – La robe de Marilyn Monroe (Zum Ersten, zum Zweiten, zum Dritten! Das Kleid von Marilyn Monroe) est un documentaire intéressant de Stéphane Carrel (2016, 27 Min).  En novembre 2016 cette robe a atteint le prix de 4,8 millions de dollars lors d’une vente aux enchères, alors qu’elle était estimée entre deux et trois millions de dollars par Julien’s Auctions.

« Le destin de pièces exceptionnelles proposées dans des salles des ventes, qui racontent à elles seules toute une époque. Dans ce volet, nous découvrons la robe de couleur chair portée par Marilyn le 19 mai 1962 au Madison Square Garden, à New York, lorsqu’elle a chanté de manière sensuelle « Happy Birthday » au président Kennedy ».

« Ambiance glamour et champagne : pour sa vente consacrée à l’icône éternelle (la plus importante de ces dix dernières années), Julien’s Auction, maison d’enchères californienne spécialisée dans les effets de stars, n’a pas lésiné sur les moyens. La pièce phare est une robe de couleur chair portée par Marilyn le 19 mai 1962 au Madison Square Garden, à New York, lorsqu’elle a chanté « Happy Birthday » au président John F. Kennedy.

La robe a été dessinée par Robert Mackie, alors débutant dans l’atelier de Jean-Louis, célèbre créateur oscarisé de costumes à Hollywood. C’est une robe moulante en tulle, parsemée de petits cristaux qui a coûté 12 000 dollars.

Prix de vente estimé : entre 2 millions et 3 millions de dollars ! » La robe a été achetée par Believe It Or Not Museum de Ripley.

« The Essential Marilyn Monroe Milton H. Greene: 50 Sessions »

En 2017, ACC Art Books a publié « The Essential Marilyn Monroe Milton H. Greene: 50 Sessions« . Un livre conçu par Joshua Greene, fils aîné du photographe et photographe lui aussi.

– « Including over 100 never-before-published images, this archive immortalises Marilyn at the height of her beauty and fame :

– 280 photos, a large percentage of which previously unpublished ;

– Photographs of Marilyn Monroe in various settings, from swimming pools to ballerina dresses, can finally be viewed as originally intended ;

– Taken by Milton H. Greene and restored by Greene’s son Joshua, these photos document not only Marilyn’s ability to light-up on camera but also the effort Joshua dedicated to restoring his father’s work ».

« Milton H. Greene (1922-1985), famous for his fashion photography and celebrity portraits from the golden age of Hollywood, met Marilyn Monroe on a photo shoot for Look magazine in 1953. The pair developed an instant rapport, quickly becoming close friends and ultimately business partners. In 1954, after helping her get out of her studio contract with 20th Century Fox, they created Marilyn Monroe Productions, Inc. Milton and Marilyn were much more then business partners, Marilyn became a part of the Greene family. By the time their relationship had ended in 1957, the pair had produced two feature films, in addition to more than 5,000 photographs of the iconic beauty. There was magic in Milton and Marilyn’s working relationship. The trust and confidence they had in each other’s capabilities was on full display in each photo. »

« Greene passed in 1985, thinking his life’s work was succumbing to the ravages of time. His eldest son, Joshua, began a journey to meticulously restore his father’s legacy. A photographer himself, Joshua spent years researching ways to restore his father’s photographs as well as cataloging and promoting Milton’s vast body of work all over the world. As a result, Joshua established « The Archives, » a company committed to the restoration and preservation of photography. After spending nearly two decades restoring his father’s archive, Joshua Greene and his company are widely regarded as one of the leaders in photographic restoration and have been at the forefront of the digital imaging and large-format printing revolution. »

« Now Joshua Greene, in conjunction with Iconic Images, presents The Essential Marilyn Monroe: Milton H. Greene, 50 Sessions. With 280 photographs, including many never-before published and unseen images, newly scanned and restored classics, as well as images that have appeared only once in publication, Greene’s Marilyn Monroe archive can finally be viewed as it was originally intended when these pictures were first produced more than 60 years ago. These classic sessions – 50 in all – cover Monroe at the height of her astonishing beauty and meteoric fame. From film-sets to the bedroom, at home and at play, Joshua has curated a lasting tribute to the work of a great photographer and his greatest muse. »

Poignant and powerful, joyful and stunning – these breathtaking images of an icon stand above all the rest. The Essential Marilyn Monroe: Milton H. Greene, 50 Sessions is sure to be a book that will become the platinum standard in photography monographs. »

« Marilyn, divine et fragile » 

Le 12 août 2018 à 22h55, Arte diffusa « Marilyn, divine et fragile » (Marilyn Monroe – Eine sterbliche Göttin ; Marilyn:The Mortal Goddess) par Bill Harris.

« Toute l’histoire de Norma Jean Baker, alias Marilyn : sa jeunesse triste dans les arrière-cours de l’industrie du cinéma, son ascension de top model, sa transmutation en actrice blonde platine à la silhouette parfaite, travaillant avec acharnement. Et en marge de sa carrière, les blessures de l’existence, des trois mariages successifs aux innombrables amants, avant le naufrage final… »

« Depuis des décennies, elle incarne à la fois un emblème de l’Amérique, un sex-symbol et une légende hollywoodienne. Derrière sa gloire cinématographique brille le halo fragile d’une femme peu sûre d’elle, éternellement assoiffée d’amour et de reconnaissance. Disparue à 36 ans, en 1962, dans des circonstances mal éclaircies qui ont encore ajouté à son mystère, l’enfant la plus connue de l’Amérique aurait succombé à une overdose de somnifères, un soir de solitude ».

« Ce documentaire rend hommage à la femme et au mythe, notamment grâce à des interviews de son premier mari James Dougherty, de sa doublure Evelyn Moriarty et d’autres proches tels que la journaliste féministe Gloria Steinem, les comédiens Susan Strasberg (fille de Lee, le fondateur de l’Actors Studio) et Don Murray, son biographe Donald Spoto… Le film raconte ainsi toute l’histoire de Norma Jeane Baker, alias Marilyn : sa jeunesse triste dans les arrière-cours de l’industrie du cinéma, son ascension de top-modèle, sa transmutation en star blonde platine à la beauté parfaite, travaillant avec acharnement. Et en marge de la carrière, les blessures de l’existence, des trois mariages successifs aux innombrables amants, avant le naufrage final. »

Livre de prières juives

Le 12 novembre 2018, à New York, le livre de prières juives (sidour, en hébreu) de Marilyn Monroe a été vendu par J. Greenstein & Company, Inc., maison de ventes aux enchères spécialisée dans le judaïca, pour 21 000 dollars, hors taxes. La maison de ventes espérait atteindre 15 000 $. Publié en 1922, ce livre avait été donné à l’actrice après sa conversion au judaïsme en 1956, après son mariage avec Arthur Miller Il est annoté par Marilyn Monroe.

« Printed in Vienna, 1922. Titled “THE FORM OF DAILY PRAYERS ACCORDING TO THE CUSTOM OF THE GERMAN AND POLISH JEWS”. Published by H. Wagner. Many notations in hand written pencil as if someone were receiving instructions on what prayers to recite/not to recite. Possibly by Monroe when she was learning her newly adopted religion or Arthur Miller. Marilyn Monroe who converted to Judaism in 1956 at the same time as he marriage to American playwright Arthur Miller. Rabbi Robert Goldberg of Connecticut presided over her conversion. Miller’s synagogue was Cong. Torah Vodat-The Avenue N Jewish Center which was reportedly Conservative at the time. Monroe and Miller divorced in 1961 but remained committed to her new religion. Sold in Christie’s in the October 27/28, 1999 sale. Lot number 543. With original Christie’s sticker affixed to back cover. Worn with spine nearly detached. Sold for $26,250 ».

Golden Globe

Le 17 novembre 2018, le Golden Globe décerné à Marilyn Monroe dans la catégorie Best Actress in a Motion Picture – Comedy or Musical  pour son rôle dans Some Like It Hot, de Billy Wilder, a été vendu aux enchères et acheté 250 000 $.

Un record pour un Golden Globe, prestigieuse récompense, vendu aux enchères.

 

Voiture

Le 17 novembre 2018, la Raven Black Ford Thunderbird convertible de 1956 de Marilyn Monroe a été vendue aux enchères pour la première fois.

Une photographie en noir et blanc montre la star hollywoodienne avec son époux Arthur Miller au volant. Marilyn Monroe l’aurait achetée après son succès dans « The  Seven Year Itch ». L’actrice l’aurait gardée jusqu’à sa mort.

La valeur de ce coupé a été estimée entre 300 000 dollars et 500 000 dollars. Cette automobile a été achetée 490 000 $. Selon according to Hagerty’s Price Guide, ce modèle est vendu d’ordinaire environ 79 000 dollars.

 

« Divine Marilyn »

La Galerie Joseph dans le Marais « propose l’exposition « Divine Marilyn« . « Pour la première fois en France, cette grande exposition sur 850m² regroupe les trois plus grands noms de la photographie américaine (Sam Shaw, Milton Greene et Bert Stern) qui ont immortalisé Marilyn Monroe à différentes époques de sa vie au travers de près de 200 photos ou documents. Elle est réalisée avec la collaboration de Meta et Edith Shaw, filles de Sam Shaw ; Joshua Greene, fils de Milton Greene, et Olivier Lorquin, président de la Fondation Dina Vierny – Musée Maillol pour Bert Stern ». L’exposition « s’agrandit avec le dispositif « Update Marilyn »

Corner Sam Shaw

« De 1952 à 1962, Sam Shaw capture un grand nombre de clichés de la vie privée de la pin-up, notamment son quotidien de jeune épouse auprès du dramaturge Arthur Miller, une période où elle semble comblée de bonheur. 50 photos respirant la simplicité seront exposées dans ce corner, mais aussi des clichés emblématiques, comme celui de Marilyn retenant l’envolée de sa robe blanche au-dessus d’une bouche de métro à New York, sur le tournage du film de Billy Wilder « Sept ans de réflexion »

Corner Milton Greene

« Un autre corner met en avant 50 photos du photographe Milton Greene. Des clichés iconiques qui ont fait le tour du monde comme ceux de la star en tenue de ballerine. Grâce à son travail tout en finesse et en élégance, Milton Greene rappelle la capacité de cette femme aux mille visages à changer de personnage avec un naturel qui étonne ».

Corner Bern Stern

« Mondialement connu pour avoir été le dernier photographe à immortaliser Marilyn Monroe, Bert Stern sera également à l’honneur à travers l’exposition d’une douzaine de tirages grands formats de la « dernière » séance photo de Marilyn qu’il réalise pour Vogue en 1962, quelques jours avant sa disparition. Une séance photos qui durera 3 jours pendant lesquels 2571 photos seront shootées. Stern avait capturé une Marilyn sans fards, dans un moment de liberté et d’abandon mais c’est elle-même qui avait choisi les photos sur les planches contact avec le souci constant de contrôler son image ».

Corner Arty

« Symbole de la culture pop et du street-art, Marylin est souvent revisitée sous d’autres formes. Collages, pochoirs et dessins, une quinzaine d’œuvres d’artistes émergents y seront exposées ».

L’exposition « retrace également le parcours et la métamorphose de Norma Jeane Baker en Marilyn Monroe ».

Au 123 rue de Turenne, « Update Marilyn » montre huit œuvres du photographe, né en Hongrie, Andre de Dienes (1913-1985) prêtées exceptionnellement par la Staley Wise Gallery, à New York, ainsi qu’une installation digitale, une pièce de théâtre et une série fiction « Certains l’aiment froid ».

« La vie du photographe de mode Andre de Dienes bascule un jour de 1945 où il rencontre une charmante apprentie mannequin nommée Norma Jeane Baker, il tombe immédiatement amoureux, les deux vont pendant un temps être fiancés. Le photographe de mode de Dienes perçoit l’instinct de Marilyn, par la simple vision de ce corps aux formes vivantes, au visage d’enfant. Certaines séances seront particulièrement touchantes avec des messages de désespoirs, ses demandes d’amour et d’affection, ses dérobades. Le reste est affaire de magie, de mystère, de lumière qui allait propulser Norma Jeane jusqu’en haut de l’affiche. De Dienes rassemble vite bon nombre de clichés, qui vont aider la petite brune souriante à réaliser le rêve de sa vie. De Dienes saura capturer Marilyn sur toute les coutures : le bonheur, la mélancolie, l’introspection, la sérénité, la tristesse, le tourment, le désarroi, allant jusqu’à lui demander d’interpréter la mort ».

« Update Marilyn » est né du coup de foudre pour le livre « Confessions inachevées » de Marilyn Monroe, recueillies par Ben Hecht.

Marilyn durant la guerre de Corée 

« Alors qu’elle était en voyage de noces en Japon avec son mari Joe DiMaggio, Marilyn s’est rendue  en Corée pour divertir les soldats américains à la fin de la guerre de Corée en 1954. Un épisode méconnu de sa vie que les commissaires d’exposition ont pu recréer grâce à des films d’archives et des clichés réalisés par les quatre photographes officiels, mais aussi par des photos prises par les soldats eux-mêmes ».

L’histoire du tournage de « 7 ans de réflexion »

Un « corner consacré à l’histoire de la photo la plus célèbre et la plus sulfureuse du cinéma hollywoodien. Une scène culte qui élèvera Marilyn au rang des légendes mondiales, mais qui provoquera aussi son divorce avec Joe DiMaggio ».

L’exposition « vise à montrer à travers des clichés inédits que Marilyn était loin d’être la “Pin-up blonde” qu’elle prétendait être et qui lui avait servi de masque lors de chaque sortie publique, mais qu’elle était également une femme enjouée et vraie, loin de l’image à laquelle elle est souvent rattachée. Marilyn a réussi à construire sa propre histoire et sa légende, au-delà de l’image emblématique que les industries de la publicité et du cinéma ont fait d’elle.

Les « commissaires  Patrice Gaulupeau et Ghislaine Rayer  de Display productions ont réalisé ces trois dernières années les expositions consacrées à Steve McQueen puis à Johnny Hallyday, ainsi que les expositions « Pop-Art/Pop-Up », « Bikini, la légende », « Pin-Up » et « Lingerie Treasures »… aussi bien à la Galerie Joseph qu’à Milan, New-York ou Shanghai. La simplicité sont exposées dans ce corner, mais aussi des clichés emblématiques, comme celui de Marilyn retenant l’envolée de sa robe blanche au-dessus d’une bouche de métro à New York, sur le tournage du film de Billy Wilder « Sept ans de réflexion »

Du 9 juillet au 22 septembre 2019

À la Galerie Joseph dans le Marais 
116 et 123 rue de Turenne, 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 71 20 22
Tous les jours de 11 h à 20 h y compris jours fériés. Nocturnes jusqu’à 2 h les vendredis et samedis

Visuels :
Marilyn Monroe et Arthur Miller © Sam Shaw Inc., courtesy Shaw Family Archives, Ltd
Marilyn Monroe en ballerine par Milton Greene. © Milton Green
Marilyn Monroe, Artwork, Laurent-Durey
Marilyn Monroe, par Andre de Dienes. Courtesy of Staley Wise Gallery, New York
Marilyn Monroe en Corée. © DR
Marilyn Monroe par SamShaw lors du tournage de « Seven Years Itch ». © Sam Shaw
Marilyn Monroe par Sam Shaw. Exclusivité. © Sam Shaw
Marilyn Monroe en 1945. © DR

 « Marilyn, divine et fragile » par Bill Harris

États-Unis, 1996, 92 min
Sur Arte les 12 août 2018 à 22h55, 19 août 2018 à 16h10, 25 août 2018 à 5h45

Visuels :

Zur ARTE-Sendung Marilyn Monroe – Eine sterbliche Göttin Marilyn Monroe – wie gewohnt glamourös, perfekt inszeniert © 1996 Twentieth Century Fox Foto: ARTE Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung « Bild: Sendeanstalt/Copyright ». Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wölk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tv
Credit : © 1996 Twentieth Century Fox
Milton Greene

Au fil des enchères – La robe de Marilyn Monroe, de Stéphane Carrel

2016, 27 Min

Sur Arte les 27 août 2017 à 19h15 et 23 septembre 2017 à 5 h, 21 janvier 2018 à 11 h 20
Visuels :

La robe emblématique que la star a porté le 19 mai 1962 au Madison Square Garden à New York quand elle a chanté Happy Birthday au président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy, a été vendu dans la salle des ventes des stars : Julien’s Auction.

© Gedeon Programmes

Du 22 octobre 2016 au 1er mai 2017

À l’Hôtel de Caumont-Centre d’Art

3, rue Joseph Cabassol. 13100 Aix-en-Provence

Tél. : 04 42 20 70 01

Tous les jours : de mai à septembre : 10 h -19 h, d’octobre à avril : 10 h – 18 h

Marilyn, dernières séances, de Patrick Jeudy et Michel Schneider

Sur Arte les 8, 13, 17 mars 2016,

Jusqu’au 6 avril 2014

Au Jouet Mondes Musée Bâle

Steinenvorstadt 1 | 4051 Basel 

Tél. :  +41 (0)61 225 95 95

Tous les jours de 10 h à 18 h

  1. Marilyn Monroe en Corée,par Serge Viallet 

numéro de la série Mystères d’archives

Diffusion par Arte, les :

– 13 juillet à 18 h 10 et 19 juillet 2013 à 17 h 35 ;

– 28 janvier 2013 à 15 h 10, 9 février à 5 h 50 et 13 février 2014 à 10 h 25 ;
– 24 novembre, 1er et 8 décembre 2015. 

Du 29 septembre 2012 au 24 mars 2013

À la National Portrait Gallery

St Martin’s Place. Londres WC2H 0HE

Du samedi au mercredi de 10 h à 18 h. Le jeudi et le vendredi de 10 h à 21 h

Jusqu’au 28 octobre 2012

Au musée Maillol à Banyuls-sur-Mer

Tél. : 04 68 88 57 11

Ouvert toute l’année sauf le lundi et les jours fériés. Du 1er octobre au 30 avril de 10 h à 12 h et de 14 h à 17h, du 2 mai au 30 septembre de 10 h à 12 h et de 16 h à 19 h

Jusqu’au 13 octobre 2012

À la galerie Basia Embiricos

14, rue des Jardins Saint-Paul. 75004 Paris

Tél. : 01 48 87 00 63

Du mercredi au samedi de 13 h 30 à 18 h 30. Dimanche sur rendez-vous.

« Marilyn, dernières séances » par Patrick Jeudy

France, 2009, 91 minutes

Les Films d’ici

Diffusions sur Arte les 4 août 2012 à 20 h 45 et 12 août 2012 à 10 h 10 ;

« Bert Stern. Objectif Marilyn » de Shannah Laumeister

États-Unis, 2011, 93 minutes

Diffusions sur Arte les 5 août 2012 à 17 h et 30 août 2012 à 10 h 20.


Visuels :

© Photos INA, Bert Stern, puis Douglas Kirkland

Affiche de The Prince and The Showgirl, 1957, courtesy Lloyd Ibert Collection

Sam Shaw, Marilyn Monroe, Amagansett, New-York, 1957. Tirage. 50,8 x 60, 96 cm

Photo by Sam Shaw © Sam Shaw Inc. courtesy Shaw Family Archives, Ltd.

Sam Shaw, Marilyn Monroe with co-star Tom Ewell during the filming of «The Seven Year Itch», New York, NY, 1954.

Photo by Sam Shaw © Sam Shaw Inc. courtesy Shaw Family Archives, Ltd.

Cet article a été publié le 5 août, puis les 27 septembre et 14 décembre 2012, le 13 mars et le 10 juillet 2013 à l’approche de la diffusion de 1954. Marilyn Monroe en Corée, numéro de la série Mystères d’archives, par Histoire le 14 mars 2013, ;

– 24 juin 2013 en raison de My week with Marilyn de Simon Curtis sur Canal + Family les 24 et 25 juin, 1er et 3 juillet 2013,

– 8 août 2013 alors que vient d’être publié These Few Precious Days: The Final Year of Jack with Jackie, par Christopher Andersen qui évoque Marilyn Monroe ;

– 16 janvier 2014 : France 5 a diffusé à 21 h 38 Le secret de la dernière malle de Marilyn ;

– 5 février et 3 avril 2014 ;

– 5 août 2014. Arte a rediffusé 1954. Marilyn Monroe en Corée, numéro de la série Mystères d’archives réalisé par Serge Viallet. Star hollywoodienne mythique,  Marilyn Monroe est une jeune mariée quand elle accepte en 1954 d’interrompre son voyage de noces au Japon pour aller chanter pour les soldats américains en Corée ;
– 20 mai 2015. Les 21, 24, 27 et 31 mai, 2, 12 et 18 juin 2015, Histoire diffusa Marilyn, dernières séancesde Patrick Jeudy. « Un portrait de Marilyn Monroe totalement inattendu dans sa relation avec le célèbre psychanalyste d’Hollywood, Ralph Greenson. Trente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, ils formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien. Elle lui avait donné comme mission de l’aider à se lever, de l’aider à jouer au cinéma, de l’aider à aimer, de l’aider à ne pas mourir. Il s’était donné comme mission de l’entourer d’amour, de famille, de sens, comme un enfant en détresse. Il voulut être comme sa peau, mais pour avoir été la dernière personne à l’avoir vue vivante et la première à l’avoir trouvée morte, on l’accusa d’avoir eu sa peau. Cette rencontre de deux stars nous fait revivre les milieux du cinéma (Cukor, Huston, Wilder), de la littérature (Capote, Miller) et de la politique (les Kennedy, la CIA, le FBI) » ;
– 5 août et 24 novembre 2015. Dans le cadre de Mystères d’archives, Arte rediffusa les 24 novembre, 1er et 8 décembre 2015 1954. Marilyn Monroe en Corée, par Serge Viallet ;

– 8 août et 21 octobre 2016, 22 avril et 28 août 2017, 18 janvier, 12 août et 17 décembre 2018, 6 août 2019.

 Il a été modifié le 2 août 2020. Les citations sur les films sont d’Arte.

 

[Source : www.veroniquechemla.info]

De los muchos problemas que ejercitaron la temeraria perspicacia de Lönnrot, ninguno tan extraño —tan rigurosamente extraño, diremos— como la periódica serie de hechos de sangre que culminaron en la quinta de Triste-le-Roy, entre el interminable olor de los eucaliptos. Es verdad que Erik Lönnrot no logró impedir el último crimen, pero es indiscutible que lo previó. Tampoco adivinó la identidad del infausto asesino de Yarmolinsky, pero sí la secreta morfología de la malvada serie y la participación de Red Scharlach, cuyo segundo apodo es Scharlach el Dandy. Ese criminal (como tantos) había jurado por su honor la muerte de Lönnrot, pero éste nunca se dejó intimidar. Lönnrot se creía un puro razonador, un Auguste Dupin, pero algo de aventurero había en él y hasta de tahur.

El primer crimen ocurrió en el Hôtel du Nord, ese alto prisma que domina el estuario cuyas aguas tienen el color del desierto. A esa torre (que muy notoriamente reúne la aborrecida blancura de un sanatorio, la numerada divisibilidad de una cárcel y la apariencia general de una casa mala) arribó el día tres de diciembre el delegado de Podólsk al Tercer Congreso Talmúdico, doctor Marcelo Yarmolinsky, hombre de barba gris y ojos grises. Nunca sabremos si el Hôtel du Nord le agradó: lo aceptó con la antigua resignación que le había permitido tolerar tres años de guerra en los Cárpatos y tres mil años de opresión y de pogroms. Le dieron un dormitorio en el piso R, frente a la suite que no sin esplendor ocupaba el Tetraca de Galilea. Yarmolinsky cenó, postergó para el día siguiente el examen de la desconocida ciudad, ordenó en un placard sus muchos libros y sus muy pocas prendas, y antes de medianoche apagó la luz. (Así lo declaró el chauffeur del Tetrarca, que dormía en la pieza contigua.) El cuatro, a las 11 y 3 minutos A.M., lo llamó por teléfono un redactor de la Yidische Zaitung; el doctor Yarmolinsky no respondió; lo hallaron en su pieza, ya levemente oscura la cara, casi desnudo bajo una gran capa anacrónica.

Yacía no lejos de la puerta que daba al corredor; una puñalada profunda le había partido el pecho. Un par de horas después, en el mismo cuarto, entre periodistas, fotógrafos y gendarmes, el comisario Treviranus y Lönnrot debatían con serenidad el problema.

—No hay que buscarle tres pies al gato —decía Treviranus, blandiendo un imperioso cigarro—. Todos sabemos que el Tetrarca de Galilea posee los mejores zafiros del mundo. Alguien, para robarlos, habrá penetrado aquí por error. Yarmolinsky se ha levantado; el ladrón ha tenido que matarlo. ¿Qué le parece?

—Posible, pero no interesante —respondió Lönnrot—. Usted replicará que la realidad no tiene la menor obligación de ser interesante. Yo le replicaré que la realidad puede prescindir de esa obligación, pero no las hipótesis. En la que usted ha improvisado interviene copiosamente el azar. He aquí un rabino muerto; yo preferiría una explicación puramente rabínica, no los imaginarios percances de un imaginario ladrón.

Treviranus repuso con mal humor:

—No me interesan las explicaciones rabínicas; me interesa la captura del hombre que apuñaló a este desconocido.

—No tan desconocido —corrigió Lönnrot —. Aquí están sus obras completas—. Indicó en el placard una fila de altos volúmenes; una Vindicación de la cábala; un Examen de la filosofía de Robert Fludd; una traducción literal del Sepher Yezirah; una Biografía del Baal Shem; una Historia de la secta de los Hasidim; una monografía (en alemán) sobre el Tetragrámaton; otra, sobre la nomenclatura divina del Pentateuco. El comisario los miró con temor, casi con repulsión. Luego, se echó a reír.

—Soy un pobre cristiano —repuso—. Llévese todos esos mamotretos, si quiere; no tengo tiempo que perder en supersticiones judías.
—Quizás este crimen pertenece a la historia de las supersticiones judías —murmuró Lönnrot.
—Como el cristanismo —se atrevió a completar el redactor de la Yidische Zaitung. Era miope, ateo y muy tímido.

Nadie le contestó. Uno de los agentes había encontrado en la pequeña máquina de escribir una hoja de papel con esta sentencia inconclusa

La primera letra del Nombre ha sido articulada.

Lönnrot se abstuvo de sonreír. Bruscamente bibliófilo o hebraísta, ordenó que le hicieran un paquete con los libros del muerto y los llevó a su departamento. Indiferente a la investigación policial, se dedicó a estudiarlos. Un libro en octavo mayor le reveló las enseñanzas de Israel Baal Shem Tobh, fundador de la secta de los Piadosos; otro, las virtudes y terrores del Tetragrámaton, que es el inefable Nombre de Dios; otro, la tesis de que Dios tiene un nombre secreto, en el cual está compendiado (como en la esfera de cristal que los persas atribuyen a Alejandro de Macedonia), su noveno atributo, la eternidad, es decir, el conocimiento inmediato de todas las cosas que serán, que son y que han sido en el universo. La tradición enumera noventa y nueve nombres de Dios; los hebraístas atribuyen ese imperfecto número al mágico temor de las cifras pares; los Hasidim razonan que ese hiato señala un centésimo nombre. El Nombre Absoluto.

De esa erudición lo distrajo, a los pocos días, la aparición del redactor de la Yidische Zaitung. Este quería hablar del asesinato; Lönnrot prefirió hablar de los diversos nombres de Dios; el periodista declaró en tres columnas que el investigador Erik Lönnrot se había dedicado a estudiar los nombres de Dios para dar con el nombre del asesino. Lönnrot, habituado a las simplificaciones del periodismo, no se indignó. Uno de esos tenderos que han descubierto que cualquier hombre se resigna a comprar cualquier libro, publicó una edición popular de la Historia de la secta de los Hasidim.

El segundo crimen ocurrió la noche del tres de enero, en el más desamparado y vacío de los huecos suburbios occidentales de la capital. Hacia el amanecer, uno de los gendarmes que vigilan a caballo esas soledades vio en el umbral de una antigua pintorería un hombre emponchado, yacente. El duro rostro estaba como enmascarado de sangre; una puñalada profunda le había rajado el pecho. En la pared, sobre los rombos amarillos y rojos, había unas palabras en tiza. El gendarme las deletreó… Esa tarde, Treviranus y Lönnrot se dirigieron a la remota escena del crimen. A izquierda y derecha del automóvil, la ciudad se desintegraba; crecía el firmamento y ya importaban poco las casas y mucho un horno de ladrillos o un álamo. Llegaron a su pobre destino: un callejón final de tapias rosadas que parecían reflejar de algún modo la desaforada puesta de sol. El muerto ya había sido identificado. Era Daniel Simó Azevedo, hombre de alguna fama en los antiguos arrabales del Norte, que había ascendido de carrero a guapo electoral, para degenerar después en ladrón y hasta en delator. (El singular estilo de su muerte les pareció adecuado: Azevedo era el último representante de una generación de bandidos que sabía el manejo del puñal, pero no del revólver.) Las palabras en tiza eran las siguientes:

La segunda letra del Nombre ha sido articulada.

El tercer crimen ocurrió la noche del tres de febrero. Poco antes de la una, el teléfono resonó en la oficina del comisario Treviranus. Con ávido sigilo, habló un hombre de voz gutural; dijo que se llamaba Ginzberg (o Ginsburg), y que estaba dispuesto a comunicar, por una remuneración razonable, los hechos de los dos sacrificios de Azevedo y Yarmolinsky. Una discordia de silbidos y de cornetas ahogó la voz del delator. Después, la comunicación se cortó. Sin rechazar la posibilidad de una broma (al fin, estaban en carnaval), Treviranus indagó que le habían hablado desde el Liverpool House, taberna de la Rue de Toulon —esa calle salobre en la que conviven el cosmorama y la lechería, el burdel y los vendedores de biblias. Treviranus habló con el patrón. Este (Black Finnegan, antiguo criminal irlandés, abrumado y casi anulado por la decencia) le dijo que la última persona que había empleado el teléfono de la casa era un inquilino, un tal Gryphius, que acababa de salir con unos amigos. Treviranus fue enseguida al Liverpool House. El patrón le comunicó lo siguiente: Hace ocho días, Gryphius había tomado pieza en los altos del bar. Era un hombre de rasgos afilados, de nebulosa barba gris, trajeado pobremente de negro; Finnegan (que destinaba esa habitación a un empleo que Treviranus adivinó) le pidió un alquiler sin duda excesivo; Gryphius inmediatamente pagó la suma estipulada. No salía casi nunca; cenaba y almorzaba en su cuarto; apenas si le conocían la cara en el bar. Esa noche, bajó a telefonear al despacho de Finnegan. Un cupé cerrado se detuvo ante la taberna. El cochero no se movió del pescante; algunos parroquianos recordaron que tenía máscara de oso. Del cupé bajaron dos arlequines; eran de reducida estatura y nadie pudo no observar que estaban muy borrachos. Entre balidos de cornetas, irrumpieron en el escritorio de Finnegan; abrazaron a Gryphius, que pareció reconocerlos, pero que les respondió con frialdad; cambiaron unas palabras en yiddish —él en voz baja, gutural, ellos con las voces falsas, agudas— y subieron a la pieza del fondo. Al cuarto de hora bajaron los tres, muy felices; Gryphius, tambaleante, parecía tan borracho como los otros. Iba, alto y vertiginoso, en el medio, entre los arlequines enmascarados. (Una de las mujeres del bar recordó los losanges amarillos, rojos y verdes.) Dos veces tropezó; dos veces lo sujetaron los arlequines. Rumbo a la dársena inmediata, de agua rectangular, los tres subieron al cupé y desaparecieron. Ya en el estribo del cupé, el último arlequín garabateó una figura obscena y una sentencia en una de las pizarras de la recova.

Treviranus vio la sentencia. Era casi previsible; decía:

La última de las letras del Nombre ha sido articulada.

Examinó, después, la piecita de Gryphius—Ginzberg. Había en el suelo una brusca estrella de sangre; en los rincones, restos de cigarrillo de marca húngara; en un armario, un libro en latín —el Philologus hebraeograecus (1739), de Leusden— con varias notas manuscritas. Treviranus lo miró con indignación e hizo buscar a Lönnrot. Este, sin sacarse el sombrero, se puso a leer, mientras el comisario interrogaba a los contradictorios testigos del secuestro posible. A las cuatro salieron. En la torcida Rue de Toulon, cuando pisaban las serpentinas muertas del alba, Treviranus dijo:

—¿Y si la historia de esta noche fuera un simulacro?

Erik Lönnrot sonrió y le leyó con toda gravedad un pasaje (que estaba subrayado) de la disertación trigésima tercera del Philologus: Dies Judaeorum incipit a solis occasu usque ad solis occasum diei sequentis. Esto quiere decir —agregó—, El día hebreo empieza al anochecer y dura hasta el siguiente anochecer.

El otro ensayó una ironía.

—¿Ese dato es el más valioso que usted ha recogido esta noche?
—No. Más valiosa es una palabra que dijo Ginzberg.

Los diarios de la tarde no descuidaron esas desapariciones periódicas. La Cruz de la Espada las contrastó con la admirable disciplina y el orden del último Congreso Eremítico; Erns Palast, en El Mártir, reprobó “las demoras intolerables de un pogrom clandestino y frugal, que ha necesitado tres meses para liquidar tres judíos”; la Yidische Zaitung rechazó la hipótesis horrorosa de un complot antisemita, “aunque muchos espíritus penetrantes no admiten otra solución del triple misterio”; el más ilustre de los pistoleros del Sur, Dandy Red Scharlach, juró que en su distrito nunca se producirían crímenes de ésos y acusó de culpable negligencia al comisario Franz Treviranus.

Este recibió, la noche del primero de marzo, un imponente sobre sellado. Lo abrió: el sobre contenía una carta firmada Baruj Spinoza y un minucioso plano de la ciudad, arrancado notoriamente de un Baedeker. La carta profetizaba que el tres de marzo no habría un cuarto crimen, pues la pinturería del Oeste, la taberna de la Rue de Toulon y el Hôtel du Nord eran “los vértices perfectos de un triángulo equilátero y místico”; el plano demostraba en tinta roja la regularidad de ese triángulo. Treviranus leyó con resignación ese argumento more geometrico y mandó la carta y el plano a casa de Lönnrot, indiscutible merecedor de tales locuras.

Erik Lönnrot las estudió. Los tres lugares, en efecto, eran equidistantes. Simetría en el tiempo (3 de diciembre, 3 de enero, 3 de febrero); simetría en el espacio también… Sintió, de pronto, que estaba por descifrar el misterio. Un compás y una brújula completaron esa brusca intuición. Sonrió, pronunció la palabra Tetragrámaton (de adquisición reciente) y llamó por teléfono al comisario. Le dijo:

—Gracias por ese triángulo equilátero que usted anoche me mandó. Me ha permitido resolver el problema. Mañana viernes los criminales estarán en la cárcel; podemos estar muy tranquilos.
—Entonces, ¿no planean un cuarto crimen?
—Precisamente, porque planean un cuarto crimen, podemos estar muy tranquilos.
—Lönnrot colgó el tubo. Una hora después, viajaba en un tren de los Ferrocarriles Australes, rumbo a la quinta abandonada de Triste-le-Roy. Al sur de la ciudad de mi cuento fluye un ciego riachuelo de aguas barrosas, infamado de curtiembres y de basuras. Del otro lado hay un suburbio donde, al amparo de un caudillo barcelonés, medran los pistoleros. Lönnrot sonrió al pensar que el más afamado —Red Scharlach— hubiera dado cualquier cosa por conocer su clandestina visita. Azevedo fue compañero de Scharlach; Lönnrot consideró la remota posibilidad de que la cuarta víctima fuera Scharlach. Después, la desechó… Virtualmente, había descifrado el problema; las meras circunstancias, la realidad (nombres, arrestos, caras, trámites judiciales y carcelarios) apenas le interesaban ahora.

Quería pasear, quería descansar de tres meses de sedentaria investigación. Reflexionó que la explicación de los crímenes estaba en un triángulo anónimo y en una polvorienta palabra griega. El misterio casi le pareció cristalino; se abochornó de haberle dedicado cien días.

El tren paró en una silenciosa estación de cargas. Lönnrot bajó. El aire de la turbia llanura era húmedo y frío. Lönnrot echó a andar por el campo. Vio perros, vio un furgón en una vía muerta, vio el horizonte, vio un caballo plateado que bebía del agua crapulosa de un charco. Oscurecía cuando vio el mirador rectangular de la quinta de Triste-le-Roy, casi tan alto como los negros eucaliptos que lo rodeaban. Pensó que apenas un amanecer y un ocaso (un viejo resplandor en el oriente y otro en el occidente) lo separaban de la hora anhelada por los buscadores del Nombre.

Una herrumbrada verja definía el perímetro irregular de la quinta. El portón principal estaba cerrado. Lönnrot, sin mucha esperanza de entrar, dio toda la vuelta. De nuevo ante el porton infranqueable, metió la mano entre los barrotes, casi maquinalmente, y dio con el pasador. El chirrido del hierro lo sorprendió. Con una pasividad laboriosa, el portón entero cedió.

Lönnrot avanzó entre los eucaliptos, pisando confundidas generaciones de rotas hojas rígidas. Vista de cerca, la casa de la quinta de Triste-le-Roy abundaba en inútiles simetrías y en repeticiones maniáticas: a una Diana glacial en un nicho lóbrego correspondía en un segundo nicho otra Diana; un balcón se reflejaba en otro balcón; dobles escalinatas se abrían en doble balaustrada. Lönnrot rodeó la casa como había rodeado la quinta. Todo lo examinó: bajo el nivel de la terraza vio una estrecha persiana.

La empujó: unos pocos escalones de mármol descendían a un sotano. Lönnrot, que ya intuía las preferencias del arquitecto, adivino que en el opuesto muro del sótano había otros escalones. Los encontró, subió, alzó las manos y abrió la trampa de salida.

Un resplandor lo guió a una ventana. La abrió: una luna amarilla y circular definía en el triste jardín dos fuentes cegadas. Lönnrot exploró la casa. Por ante comedores y galerías salió a patios iguales y repetidas veces al mismo patio. Subió por escaleras polvorientas a antecámaras circulares; infinitamente se multiplicó en espejos opuestos; se cansó de abrir o entreabrir ventanas que le revelaban, afuera, el mismo desolado jardín desde varias alturas y varios ángulos; adentro, muebles con fundas amarillas y arañas embaladas en tarlatán. un dormitorio lo detuvo; en ese dormitorio, una sola flor en una copa de porcelana; al primer roce los pétalos antiguos se deshicieron. En el segundo piso, en el último, la casa le pareció infinita y creciente. La casa no es tan grande, pensó. La agrandan la penumbra, la simetría, los espejos, los muchos años, mi desconocimiento, la soledad.

Por una escalera espiral llegó al mirador. La luna de esa tarde atravesaba los losanges de las ventanas; eran amarillos, rojos y verdes. Lo detuvo un recuerdo asombrado y vertiginoso. Dos hombres de pequeña estatura, feroces y fornidos, se arrojaron sobre él y lo desarmaron; otro, muy alto, lo saludó con gravedad y le dijo:

—Usted es muy amable. Nos ha ahorrado una noche y un día.

Era Red Scharlach. Los hombres maniataron a Lönnrot. Este, al fin, encontró su voz.
—Scharlach, ¿usted busca el Nombre Secreto?

Scharlach seguía de pie, indiferente. No había participado en la breve lucha, apenas si alargó la mano para recibir el revólver de Lönnrot. Habló; Lönnrot oyó en su voz una fatigada victoria, un odio del tamaño del universo, una tristeza no menor que aquel odio.

—No —dijo Scharlach—. Busco algo más efímero y deleznable, busco a Erik Lönnrot. Hace tres años, en un garito de la Rue de Toulon, usted mismo arrestó e hizo encarcelar a mi hermano. En un cupé, mis hombres me sacaron del tiroteo con una bala policial en el vientre. Nueve días y nueve noches agonicé en esta desolada quinta simétrica; me arrasaba la fiebre, el odioso Jano bifronte que mira los ocasos y las auroras daban horror a mi ensueño y a mi vigilia. Llegué a abominar de mi cuerpo, llegué a sentir que dos ojos, dos manos, dos pulmones, son tan mostruosos como dos caras. Un irlandés trató de convertirme a la fe de Jesús; me repetía la sentencia de los goim: Todos los caminos llevan a Roma. De noche, mi delirio se alimentaba de esa metáfora: yo sentía que el mundo es un laberinto, del cual era imposible huir, pues todos los caminos, aunque fingieran ir al Norte o al Sur, iban realmente a Roma, que era también la cárcel cuadrangular donde agonizaba mi hermano y la quinta de Triste-le-Roy. En esas noches yo juré por el dios que ve con dos caras y por todos los dioses de la fiebre y de los espejos tejer un laberinto en torno del hombre que había encarcelado a mi hermano. Lo he tejido y es firme: los materiales son un heresiólogo muerto, una brújula, una secta del siglo XVIII, una palabra griega, un puñal, los rombos de una pinturería.

El primer término de la serie me fue dado por el azar. Yo había tramado con algunos colegas —entre ellos, Daniel Azevedo— el robo de los zafiros del Tetrarca. Azevedo nos traicionó: se emborrachó con el dinero que le habíamos adelantado y acometió la empresa el día antes. En el enorme hotel se perdió; hacia las dos de la madrugada irrumpió en el dormitorio de Yarmolinsky. Este, acosado por el insomio, se había puesto a escribir.

Verosímilmente, redactaba unas notas o un artículo sobre el Nombre de Dios; había escrito ya las palabras La primera letra del Nombre ha sido articulada. Azevedo le intimó silencio; Yarmolinsky alargó la mano hacia el timbre que despertaría todas las fuerzas del hotel; Azevedo le dio una sola puñalada en el pecho.Fue casi un movimiento reflejo; medio siglo de violencia le había enseñado que lo más fácil y seguro es matar… A los diez días yo supe por la Yidische Zaitung que usted buscaba en los escritos de Yarmolinsky la clave de la muerte de Yarmolinsky. Leí la Historia de la secta de los Hasidim; supe que el miedo reverente de pronunciar el Nombre de Dios había originado la doctrina de que ese Nombre es todopoderoso y recóndito. Supe que algunos Hasidim, en busca de ese Nombre secreto, habían llegado a cometer sacrificios humanos… Comprendí que usted conjeturaba que los Hasidim habían sacrificado al rabino; me dediqué a justificar esa conjetura.

Marcelo Yarmolinsky murió la noche del tres de diciembre; para el segundo “sacrificio” elegí la del tres de enero. Muró en el Norte; para el segundo “sacrificio” nos convenía un lugar del Oeste. Daniel Azevedo fue la víctima necesaria. Merecía la muerte: era un impulsivo, un traidor; su captura podía aniquilar todo el plan. Uno de los nuestros lo apuñaló; para vincular su cadáver al anterior, yo escribí encima de los rombos de la pinturería La segunda letra del Nombre ha sido articulada.

El tercer “crimen” se produjo el tres de febrero. Fue, como Treviranus adivinó, un mero simulacro. Gryphius-Ginzberg-Ginsburg soy yo; una semana interminable sobrellevé (suplementado por una tenua barba postiza) en ese perverso cubículo de la Rue de Toulon, hasta que los amigos me secuestraron. Desde el estribo del cupé, uno de ellos escribió en un pilar La última de las letras del Nombre ha sido articulada. Esa escritura divulgó que la serie de crímenes era triple. Así lo entendió el público; yo, sin embargo, intercalé repetidos indicios para que usted, el razonador Erik Lönnrot, comprendiera que es cuádruple. Un prodigio en el Norte, otros en el Este y en el Oeste, reclaman un cuarto prodigio en el Sur; el Tetragrámaton —el nombre de Dios, JHVH— consta de cuatroletras; los arlequines y la muestra del pinturero sugieren cuatro términos. Yo subrayé cierto pasaje en el manual de Leusden: ese pasaje manifiesta que los hebreos computaban el día de ocaso a ocaso; ese pasaje da a entender que las muertes ocurrieron el cuatro de cada mes. Yo mandé el triángulo equilátero a Treviranus. Yo presentí que usted agregaría el punto que falta. El punto que determina un rombo perfecto, el punto que prefija el lugar donde una exacta muerte lo espera. Todo lo he premeditado, Erik Lönnrot, para atraerlo a usted a las soledades de Triste-le-Roy.

Lönnrot evitó los ojos de Scharlach. Miró los árboles y el cielo subdivididos en rombos turbiamente amarillos, verdes y rojos. Sintió un poco de frío y una tristeza impersonal, casi anónima. Ya era de noche; desde el polvoriento jardín subió el grito inútil de un pájaro. Lönnrot consideró por última vez el problema de las muertes simétricas y periódicas.

—En su laberinto sobran tres líneas —dijo por fin—. Yo sé de un laberinto griego que es una línea única, recta. En esa línea se han perdido tantos filósofos que bien puede perderse un mero detective. Scharlach, cuando en otro avatar usted me dé caza, finja (o cometa) un crimen en A, luego un segundo crimen en B, en 8 kilómetros de A, luego un tercer crimen en C, a 4 kilómetros de A y de B, a mitad de camino entre los dos. Aguárdeme después en D, a 2 kilómetros de A y de C, de nuevo a mitad de camino. Máteme en D, como ahora va a matarme en Triste-le-Roy.

Para la otra vez que lo mate —replicó Scharlach—, le prometo ese laberinto, que consta de una sola línea recta y que es indivisible, incesante.

Retrocedió unos pasos. Después, muy cuidadosamente, hizo fuego.

 

[In: Ficciones, Emecé Editores, S.A. – Buenos Aires. 1956]

La mise en avant des seniors par les marques attire l’attention, car celle-ci demeure peu courante. Syda Productions / Shutterstock

Écrit par Corinne Chevalier

Maître de Conférences en Sciences de Gestion, Université Paris-Saclay

et Gaëlle Moal-Ulvoas

Professeure associée en marketing et affaires internationales, Brest Business School

 

Face au potentiel démographique et économique que représente le marché des seniors, les annonceurs utilisent de plus en plus fréquemment des mannequins âgés au sein de leurs publicités. Nous avons mené une étude auprès de 40 seniors âgés de 50 à 80 ans afin de savoir comment cette présence accrue est perçue par les principaux concernés.

Nos répondants estiment pertinente l’utilisation de seniors au sein des annonces qui font la promotion de produits correspondant à leurs propres besoins, mais également pour les produits consommés par tous les âges. Le fait de recourir à des mannequins âgés engendre de nombreux bénéfices selon nos interviewés : des bénéfices marketing, psychologiques et sociétaux.

Générer la confiance et l’identification

Tout d’abord, la présence de mannequins matures au sein d’une annonce permet de crédibiliser la marque grâce à l’expérience liée au vécu des seniors. En effet, les seniors ont une longue expérience de consommation, ce qui leur procure une réelle expertise. La présence de mannequins âgés rassure ainsi les seniors sur le bien-fondé du produit (son utilité, sa qualité, etc.).

« Les seniors inspirent le sérieux, la maturité, l’expérience, la connaissance. Le senior donne confiance. L’âge avancé est signe de confiance et de connaissance, donc ça rassure ».

Le recours à un mannequin mature peut ainsi influencer le consommateur âgé et susciter l’achat de la marque. En effet, le fait de voir des seniors l’aide à s’identifier et à se projeter en tant que consommateur potentiel de la marque. L’identification positive rassure le consommateur âgé et facilite la prise de décision selon nos répondants.

De plus, la présence de senior attire l’attention, car celle-ci demeure peu courante. Elle permet de sensibiliser le senior à la marque.

« La présence de senior apporte une touche de diversité et crée une surprise ! On retient plus la marque ! »

Les seniors sont parfois employés au sein de publicités humoristiques dans lesquelles ils tiennent un rôle décalé – notamment s’ils vantent un produit destiné à un jeune public.

Campagne de communication du magazine promouvant l’utilisation de préservatifs pour lutter contre le sida. Têtu (2009)

Nos répondants estiment que ces mises en scène peuvent moderniser l’image d’une marque (et non la vieillir !) et accroître le capital sympathie de celle-ci.

« Ça fait un contraste intéressant de voir un senior. Ça peut amuser, sortir de l’ordinaire, donner un côté sympathique au produit. Ça offre une nouvelle image de la marque, et la modernise, car peu de marques osent utiliser des seniors ! »

Au-delà des bénéfices marketing, le fait de recourir à des seniors dans la publicité peut susciter des bénéfices psychologiques auprès de cette population.

Renforcer l’estime de soi

La présence d’un mannequin âgé au sein d’une annonce aide les seniors à développer une image positive d’eux-mêmes (si leur représentation est positive), et ce de deux façons.

Premièrement, les personnes âgées dans les publicités peuvent promouvoir un type de beauté différent, qui n’est pas associé à la jeunesse, mais au bonheur et à la sérénité.

Publicité BNP Paribas mettant en scène des seniors actives telle une affiche de film.

Deuxièmement, elles peuvent mettre en avant l’image d’adultes matures, conscients de ce qu’ils ont accompli dans la vie et profitant pleinement de la vieillesse.

Voir des mannequins seniors encourage également les personnes âgées à être plus actives et peut agir comme un stimulant psychologique afin de remonter le moral. Ainsi, nos répondants décrivent leur sentiment d’être motivés pour aller de l’avant lorsqu’ils voient des mannequins âgés dynamiques.

« Des femmes âgées en pleine santé et rayonnantes me donnent envie de me lever le matin, de me pomponner et d’aller faire des achats ! Elles prouvent qu’on peut rester énergique même en étant âgée ».

En outre, le fait d’être exposé à des mannequins seniors crée également des émotions positives selon nos interviewés. En effet, les publicités sont perçues comme divertissantes lorsque des seniors jouent des personnages décalés ou excentriques.

« Je trouve que c’est marrant les seniors dans la pub ! Il y a un décalage et c’est moins sérieux que les publicités avec des jeunes. Ces pubs me font bien rire, ça fait du bien ! »

L’utilisation de mannequins âgés contribue également à réduire les sentiments négatifs ressentis par de nombreux seniors tels que le fait de ne pas être compris et de se sentir isolé.

« J’aime voir des personnes âgées dans les publicités parce que j’ai l’impression que la personne que j’ai en face de moi, lorsque je regarde la télévision, me comprend ».

Utiliser des mannequins âgés suscite donc de nombreux avantages psychologiques auprès d’une population mature, mais aussi des bénéfices sociétaux.

Rapprocher les générations

En effet, cette présence donne aux personnes âgées le sentiment d’exister au sein de la société et les valorise. Nos répondants considèrent qu’il est normal de recourir à des seniors au sein de la publicité puisque ces derniers sont de plus en plus nombreux, font partie de la société actuelle et sont des consommateurs à part entière.

Cette utilisation dans les publicités fait qu’ils ne se sentent pas exclus de la société et leur permet de se sentir encore présents et utiles. Cette présence est donc très valorisante pour les seniors.

« C’est important de ne pas se sentir oublié. Lorsque je vois des publicités avec des personnes âgées, je me dis que nous ne sommes pas pour autant écartés de la société comme de vieux croûtons ! »

Allant plus loin, certains répondants pensent que l’utilisation de mannequins seniors suscite un réel bénéfice au niveau de la société puisqu’elle permet d’améliorer l’image que les individus – notamment les jeunes – peuvent avoir des personnes âgées, mais aussi la perception que les seniors ont d’eux-mêmes.

Selon nos interviewés, le fait de mettre en scène des mannequins âgés permet de donner une bonne image de la vieillesse (si les mannequins sont représentés de manière non stéréotypée et comme des personnes actives) et peut atténuer certains préjugés que les jeunes ont des personnes âgées.

« De nos jours, je trouve que les seniors n’ont pas le respect qu’ils mériteraient. On les méprise et souvent on les ignore. Les jeunes pensent qu’on est séniles, malades et inactifs ! La pub peut les utiliser pour rehausser cette image, ce serait une excellente chose pour la société ».

Enfin, les personnes âgées apprécient les publicités intergénérationnelles montrant que plusieurs classes d’âge peuvent vivre heureuses ensemble.

Publicité LEGO mettant en scène une grand-mère s’amusant avec son petit fils. Pubenstock.com

En effet, tout en reconnaissant que les générations sont différentes et ont leurs propres besoins spécifiques, nos répondants estiment que ces publicités permettent de montrer que jeunes et seniors ont beaucoup à gagner à vivre en harmonie les uns avec les autres, et que chaque génération peut apporter aux autres.

« Il existe un trop grand fossé entre les jeunes et les vieux. Nous n’avons peut-être pas l’air d’avoir beaucoup de choses en commun, mais l’un des défis actuels est de vivre ensemble. Il faut y faire face et créer des liens entre les générations, les rassembler. C’est un défi subtil et en même temps si complexe que le mettre en scène dans une publicité n’est pas mal ».

Depuis quelques années, même si l’utilisation de mannequins âgés au sein des publicités est plus fréquente, les annonceurs demeurent encore plutôt réticents face à cette présence, notamment par crainte de nuire à leur image de marque et de la vieillir.

Cependant, au vu des résultats de cette étude, il semble primordial de recourir plus fréquemment à la présence de personnes âgées au sein des annonces tant les bénéfices sont nombreux pour les marques elles-mêmes comme pour les seniors.

 

 [Source : http://www.theconversation.com]