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Francine Rosenwald est une artiste peintre figurative parisienne aimant représenter une nature apaisée en offrant des visions fragmentées selon des angles divers. Du 23 octobre au 3 novembre 2021, la Galerie du Montparnasse accueille l’exposition de Francine Rosenwald et d’Emma Coffin. Vernissage le 26 octobre 2021 de 18 h à 21 h en présence de cette artiste sympathique qui accueillera les visiteurs durant toute la durée de l’exposition. Venir avec le pass sanitaire.
Publié par Véronique Chemla
Regarder les huiles de Francine Rosenwald, c’est oublier que dehors il pleut, vente ou neige.

C’est observer une nature apaisée, baignée d’un soleil estival : sous des cieux azurs sans nuage, des mers émeraudes et étales attendent les baigneurs et pêcheurs, et, au premier plan, dans une végétation luxuriante, s’épanouissent des hortensias ou d’autres fleurs colorées.

Ce qui suscite un sentiment de sérénité.

Paysagiste
Née dans le quartier des Batignolles (XVIIe arrondissement de Paris), Francine Rosenwald a grandi à Paris.

Diplômée de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, cette artiste a été lauréate du Prix de l’Académie des Beaux-arts.

« Depuis ses études d’art, le paysage est le sujet de prédilection de Francine Rosenwald. Ses peintures reflètent la nature en été dans les nombreux endroits où elle aime voyager ».

Ses tableaux font penser à des reportages autour du monde. Lorsqu’elle se promène, elle fait des croquis et prend des photos. Puis l’artiste commence à peindre en atelier, compartimentant ses toiles à la manière d’une page de bande dessinée pour raconter une histoire, une émotion, passant d’un horizon à un plan plus proche puis à des détails en gros plans. Sa technique est gestuelle, vive, l’ensemble coloré et tonique. Cette démarche originale entraîne le spectateur à se promener librement dans son espace pictural ».

Francine Rosenwald fragmente sa toile en plusieurs espaces offrant d’un paysage généralement verdoyant des visions différenciées par l’angle ou l’échelle (« La Montagne »). Comme le faisaient certains films des années 1960-1970.

Depuis quelques années, Francine Rosenwald dépeint les univers aquatiques lui offrant l’opportunité de mille et un reflets de lumière et une infinité de déclinaisons de bleu et de vert selon les mouvements agitant ces mers.

Elle a pratiqué parfois le « Land Art » (intervention artistique sur le paysage), notamment en Bretagne où elle a parsemé la Nature de ses fausses fleurs peintes.

« Eaux en couleurs »
En 2019, la Mairie du VIIIe arrondissement de Paris a accueilli l’exposition « Eaux en couleurs » de cette artiste sympathique et volubile. L’artiste était présente durant toute la durée de son exposition (5-14 novembre 2019).Un ensemble harmonieux composé d’une soixantaine de toiles, de l’installation in situ « Torrent », peinture acrylique sur calque posé sur papier non tissé avec galets et d’encres de Chine sur papier, et inspiré des voyages de Francine Rosenwald.

« Vous faites des croquis, vous prenez des photographies. Quand vous peignez, vous compartimentez votre toile à la manière d’une page de bande dessinée pour raconter une histoire, une émotion. Cette démarche contemporaine amène le spectateur à se promener librement dans les tableaux passant d’un horizon à un plan plus proche, puis à des détails en gros plan. Vous peignez essentiellement des huiles et votre technique est gestuelle et vive. L’ensemble très coloré et tonique. Vous avez aussi des talents de graphiste avec ces encres de Chine sur papier que vous exposez aussi dans la salle ».Et l’édile d’ajouter : « Vous nous invitez à la découverte de différentes côtes océanes, de la Normandie à la Bretagne et la Méditerranée, la promenade se poursuit entre l’Asie à l’Amérique latine. Nous sommes particulièrement heureux de vous accueillir pour partager vos promenades de la Mer du nord à la Méditerranée, sans oublier l’île d’Elbe, le Japon et le Vietnam », a déclaré Jeanne d’Hauteserre, maire du VIIIe arrondissement de Paris, lors du vernissage de l’exposition.

Après avoir remercié la maire, Francine Rosenwald, qui structure ses tableaux, a déclaré : « Chaque tableau est une balade… Je compartimente mes toiles selon ce que je veux représenter : je fais des petites et grandes cases, des carrés de petites ou grandes tailles, comme un tourbillon autour du tableau ».

Du 23 octobre au 3 novembre 2021, la Galerie du Montparnasse accueille l’exposition de Francine Rosenwald et d’Emma Coffin. Vernissage le 26 octobre 2021 de 18 h à 21 h.

Francine Rosenwald sera « très heureuse de vous retrouver au vernissage mardi 26 octobre de 18 h à 21 h ou à un autre moment car elle sera tous les jours présente pour vous accueillir dans la galerie ».
Vingt-cinq tableaux, des peintures à l’huile sur toile. « Je travaille toujours sur la nature, mon thème de prédilection. Je mets plusieurs fenêtres sur mon tableau pour que les gens aient plusieurs vues du paysage. Notre regard se promène du loin au près… Dans l’exposition, j’ai choisi d’accrocher mes derniers tableaux : nous partons de la campagne du nord de la France en passant par Belle-Île, puis nous arrivons dans l’ouest California pour tomber dans les chutes d’Iguaçu… Le tout dans une technique colorée, dynamique et gestuelle », m’a confiée Francine Rosenwald.
Dans le site de l’artiste – www.francinerosenwald.com -, l’Internaute trouvera tout sur la démarche et les thématiques de la peintre.
Du 23 octobre au 3 novembre 2021. Vernissage le 26 octobre 2021 de 18 h à 21 h. Venir avec le pass sanitaire
55, rue du Montparnasse. 75014 Paris.
Téléphone : 01 43 22 72 77
Tous les jours (sauf lundi) de 11 h à 23 h
Visuel :
Xbryce canyon et le pin
80×80 (2)

Du 5 au 14 novembre 2019
Salle des expositions
Escalier C – Rez-de-chaussée
3, rue de Lisbonne. 75008 Paris
Du lundi au vendredi de 12 h à 18 h. Le jeudi de 12 h à 19 h. Le samedi de 9 h à 12 h
Visuels :
Parc de magnolias
Grand champ d’oliviers
Dans le pommier
Grande rizière
Grande chute Iguazu
Cet article a été publié le 4 novembre 2019.
[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Em uma canetada, Guedes reduziu os recursos destinados ao ministério da Ciência e Tecnologia em 12,5 vezes – para míseros R$ 55,2 milhões. Afetará principalmente pesquisas e laboratórios. Renato Janine Ribeiro analisa o desmonte

Publicado por Nádia Pontes, no DW

Para Renato Janine Ribeiro, presidente da Sociedade Brasileira para o Progresso da Ciência (SBPC), corte de mais de R$ 600 milhões que iriam para a ciência é uma escolha política com consequências devastadoras. Sem ciência, o Brasil está fadado ao atraso, diz.

Em uma manobra que pegou a comunidade científica de surpresa, o Ministério da Economia provocou um corte drástico em recursos aguardados pelo Ministério da Ciência, Tecnologia e Inovações (MCTI). Dos R$ 690 milhões previstos por meio de um projeto de lei, apenas R$ 55,2 milhões foram direcionados para a pasta. A redução foi feita pela comissão mista de orçamento do Congresso Nacional a pedido do ministério comandado por Paulo Guedes.

O montante inicial abasteceria principalmente o Conselho Nacional de Desenvolvimento Científico e Tecnológico (CNPq), que contava com a verba para viabilizar uma nova chamada de projetos – que tinha sido suspensa em 2018 por falta de recursos.

Para Renato Janine Ribeiro, ex-ministro da Educação e atual presidente da Sociedade Brasileira para o Progresso da Ciência (SBPC), a decisão do governo ameaça a continuidade da pesquisa no país. “É uma situação inacreditável”, afirma em entrevista à DW Brasil, apontando que o Brasil pode estar diante de um “apagão científico”.

Numa carta voltada aos parlamentares, a SBPC e as demais entidades que compõem a Iniciativa para a Ciência e Tecnologia no Parlamento (ICTP.br) – Academia Brasileira de Ciências, Andifes, Confap, Conif, Confies, Consecti e IBCHIS – classificam o corte de uma afronta e fazem um apelo para que os políticos revertam a decisão. “Está em questão a sobrevivência da ciência e da inovação no país”, alertam.

Sem ciência, o país está fadado ao atraso, considera Janine Ribeiro. “O Brasil está perdendo chances gigantescas de projetar-se”, diz.

DW Brasil: O corte nos recursos pegou a comunidade científica de surpresa?

Renato Janine Ribeiro: Foi uma surpresa total. Imagine o projeto de lei (PLN 16/2021) estar para ser votado, na hora chega uma carta do ministro que desautoriza tudo o que estava sendo feito, e que muda todas as coisas… Isso não existe. É uma situação inacreditável o que aconteceu, um choque muito grande para a comunidade científica. As pessoas ficaram sem saber o que fazer diante disso.

É o choque e a preocupação. O ministro da Economia nem avisou o colega da Ciência, o Marcos Pontes, do que estava acontecendo, segundo o que sabemos. Isso também é uma atitude que não é usual, tratar um colega do ministério dessa maneira.

Quais são as consequências imediatas desse corte que vocês já conseguem vislumbrar?

São devastadoras. Ficamos praticamente sem financiamento para fazer pesquisa. Fica muito limitado. Desse valor total (R$ 690 milhões), R$ 200 milhões iriam para o chamado Edital Universal do CNPq (Conselho Nacional de Desenvolvimento Científico e Tecnológico).

Ele lança editais específicos e, de vez em quando, um edital universal. O específico pode ser, por exemplo, para pesquisar uma vacina, para tratar de um problema específico, para desenvolver uma área que está precisando de aportes novos, etc. Já o edital universal está aberto para todas as áreas do conhecimento e tem finalidade de atender a todas as áreas que se qualifiquem. Esse edital tinha R$ 250 milhões, dos quais R$ 200 milhões viriam desse dinheiro novo. E agora não virá, foi cortado.

Foram 30 mil pedidos de investimentos que entraram para esse edital até o dia 30 de setembro, que seriam analisados agora e que não terão mais como seguir.

Bolsas também serão afetadas?

Pelo o que sabemos até agora, foram afetados alguns auxílios, como as bolsas RHAE, que são bolsas de recursos humanos para atender empresas. Elas servem para financiar um aluno, um mestrando ou doutorando, para melhorar o desempenho econômico de uma empresa. Essas bolsas foram cortadas também na faixa de centenas de milhões de reais.

O que é possível fazer para minimizar esse impacto que o senhor classifica como devastador?

Temos que fazer uma grande mobilização. Já convocamos para o dia 15 próximo uma jornada de defesa da ciência. Nossa ideia é mostrar para a sociedade brasileira a importância da ciência, mostrar como a ciência se traduz numa melhor vida para as pessoas, como isso pode ser decisivo.

Tem que ficar claro que não estamos pedindo coisas para nós, que somos da área da ciência. Queremos mostrar o papel decisivo que a ciência tem para o desenvolvimento econômico e social do país.

Na sua visão, a busca por soluções para frear a pandemia deveria ter mostrado isso aos governantes e à sociedade?

Nós fomos capazes de muito. Nós temos Jaqueline Goes de Jesus, a biomédica negra que fez o sequenciamento do genoma do vírus SARS-CoV-2 em apenas 48 horas após a confirmação do primeiro caso de covid-19 no Brasil.

Se o governo tivesse canalizado recursos para vacina, nós já teríamos tido uma vacina brasileira. Cuba tem sua própria vacina, e o Brasil tem mais cientistas e PIB (produto interno bruto) que Cuba. Mas, em vez disso, o governo colocou dinheiro na cloroquina. É muito complicado isso.

O que pode acontecer com as universidades públicas, que já vêm sofrendo com cortes e falta de verbas?

Corremos risco de ver laboratórios fecharem-se. É como ter uma Ferrari e deixar o motor fundir porque não se coloca óleo. Temos laboratórios que receberam investimento, construíram muitos resultados, com muita dedicação e, de repente, param de funcionar. Eles não se atualizam, os equipamentos não são mais reparados, não se recebem mais pesquisadores, estudantes não são mais enviados ao exterior para conhecer novas tecnologias e novas descobertas científicas. É algo tenebroso. Não consigo entender a lógica disso.

Como o senhor enxerga o futuro de um país que não investe em ciência?

O futuro é contrário, por exemplo, ao futuro alemão. A Alemanha é a atual potência que é devido à ciência. O país conseguiu chegar aonde chegou porque usou muito o resultado de pesquisas científicas. Laboratórios como os do Instituto Max Planck são fundamentais.

Se o Brasil não for capaz de fazer isso, nós vamos ficar um país atrasado. É como exportar o pó de café para importar as cápsulas feitas para as máquinas da bebida. É uma linha divisória que a industrialização pretendia romper na década de 1960, mas não basta ter indústria, é preciso ter conhecimento científico aprimorado.

O Brasil está perdendo chances gigantescas de projetar-se. Assim como a mudança na diplomacia ambiental brasileira significou a perda de protagonismo internacional, já que o Brasil sempre foi um país respeitado por suas políticas de meio ambiente e serenidade na diplomacia, nós temos agora o risco de ter um apagão científico. E um apagão desse é algo que acontece depressa, e, depois, para reaver é muito demorado.

É possível reverter de imediato parte desse dano?

Existe dinheiro. Tanto que se perdoam multas ambientais em grande valor. O governo abre mão de recursos para outras áreas. Por que ele abre mão de multas de crimes ambientais e não canaliza esses recursos para a ciência? É uma escolha política.

 

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

 

Le Lévitique condamne l’homosexualité masculine. Le judaïsme, quel que soit ses courants, accueille les Juifs homosexuels. Depuis 1977, des homosexuels français sont réunis dans l’association dynamique, Beit Haverim (« La maison des amis », en hébreu). Deux affaires récentes montrent leur situation paradoxale. Le 3 juin 2016, l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk a déploré l’homosexualité et la Gay Pride à Tel Aviv, lors de sa chronique hebdomadaire matinale sur Radio J. Une polémique s’en est suivie, mêlant postures « politiquement correctes », hypocrisie, crainte de s’aliéner un lobby particulièrement actif dans les milieux politiques et médiatiques, électoralisme – « vote homosexuel » dans certains arrondissements parisiens -, réactions liberticides, propos comminatoires, ignorance du judaïsme, silence rabbinique, mépris pour l’altérité, la norme et l’autorité spirituelle ou morale, clientélisme, etc. Le 17 août 2021, Fabien Azoulay a été transféré d’une prison en Turquie, où il effectuait sa peine résultant d’une condamnation pour importation d’une substance illicite, à une maison d’arrêt en France. Un transfert bénéficiant d’une mobilisation d’institutions juives françaises qu’elles ont refusée au Dr Lionel Krief, spolié.

Publié par Véronique Chemla

Le Lévitique, troisième des cinq livres de la Torah, présente la relation sexuelle entre hommes comme une « abomination » (« To’évah », en hébreu) :

« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination« . (Lévitique 18:22)

Le Lévitique ajoute (20:13) : « L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux ».

Une exécution théorique car la peine de mort n’est pas appliquée : à partir de la chute du Temple, un sanhédrin ne peut pas se former pour l’énoncer.

Selon le rabbin libéral Gabriel Farhi, la prohibition de l’homosexualité masculine viserait la sodomie.” Delphine Horvilleur, rabbin du mouvement juif libéral, considère que « le texte n’est pas clair. Selon elle, il dénoncerait des relations sexuelles ayant un caractère humiliant entre hommes, mais pas la tendance homosexuelle. Quand à l’homosexualité féminine, elle serait “sans impact”.

« Gilles Berneim ancien grand rabbin de France, avait signé une déclaration contre l’homophobie, mais ce n’est jamais suivi par des actes », a déploré Alain Beit, président du Beit Haverim (« La maison des amis », en hébreu), association française créée en 1977 et regroupant des homosexuels juifs (Le Point, 25 septembre 2017).

Si l’homosexualité comme pratique est condamnée par le judaïsme orthodoxe, les divers courants du judaïsme s’accordent sur l’accueil des homosexuels. Le mouvement juif libéral américain ordonne des rabbins homosexuels. Et, en mai 2019, Daniel Atwood, âgé de 27 ans, a été le premier rabbin orthodoxe gay ordonné à Jérusalem, alors que la Yeshivat Chovevei Torah, séminaire juif libéral newyorkais, ait refusé sa semikha ou ordination après qu’il se soit fiancé à un homme.

En octobre 2020, Benny Lau, rabbin orthodoxe israélien influent du courant sioniste religieux, « a déclaré que la loi juive n’interdisait pas aux membres de la communauté LGBTQ de fonder une famille. Il a fait cette déclaration dans le cadre d’une série de directives, publiées sur sa page Facebook, à l’intention des Juifs pratiquants appartenant à la communauté LGBTQ et à leurs proches, sous l’intitulé « Être seul n’est pas une bonne chose pour l’Homme ».

Sur ce sujet large, j’aborderai deux affaires importantes : la polémique liée aux propos de Joseph Haïm Sitruk, ancien grand rabbin de France (1987-2008) sur Radio J en 2016, et la campagne d’institutions juives françaises unanimes visant le transfert de Fabien Azoulay, franco-américain quadragénaire gay, d’une prison turque à une prison française. Une mobilisation publique qu’ils ont refusée au Dr Lionel Krief, spolié.

Radio J
Né en 1944 à Tunis, l’ancien grand rabbin de France, Joseph Haïm Sitruk, est un chroniqueur régulier de Radio J, une des quatre radios de la fréquence juive en Île-de-France, le vendredi matin, vers 7 h 50,

Le 3 juin 2016, il a déploré l’homosexualité et la Gay Pride à Tel Aviv, lors de sa chronique hebdomadaire radiophonique qui dure quelques minutes.

Cette chronique a suscité l’hostilité générale, d’abord dans la blogosphère juive, puis légèrement au-delà. Et en plus, Joseph Haïm Sitruk a osé viser une niche touristique israélienne. Donc aucun renfort à espérer d’outre-Méditerranée. Quant aux rares sites Internet ayant défendu Haïm Sitruk tout an avançant la maladresse dans l’expression, tels JSS News et Dreuz, malheur à eux : ce fut un hallali.

Le 5 juin 2016, Serge Hajdenberg, directeur de Radio J, a expliqué sur cette radio qu’il laissait toute liberté à l’ex-grand rabbin de France Haïm Sitruk, puis s’est désolidarisé des propos tenus le 3 juin 2016 et qu’il a condamnés. Le propre du journalisme, c’est d’autoriser des opinions différentes dans le cadre de la loi. Et l’ancien grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk a le droit de ne pas être « politiquement correct », et de rappeler la position du judaïsme orthodoxe.

En enlevant cette chronique du site de la radio – pour éviter un procès ? -, Serge Hajdenberg a rendu difficile l’étude du contenu de la chronique. Tout un chacun a réagi sur les réseaux sociaux à partir d’un mot ou d’une phrase sortis de leur contexte. Sauf s’il est parvenu à trouver le podcast sur un autre site Internet.

Guy Rozanowicz, secrétaire général de la radio, a aussi évoqué des « propos dangereux » de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk.

Quelle est l’audience de la chronique hebdomadaire de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk ? Alain Granat pense-t-il sincèrement qu’un internaute attentif et influençable se rendrait immédiatement à Tel Aviv pour ne serait-ce qu’exprimer son opposition morale à la Gay Pride ? Un acte violent a-t-il été commis lors de cette manifestation sous surveillance policière accrue ?

Jewpop

Dès le 4 juin 2016, sur Jewpop, le « site qui voit des Juifs partout », Alain Granat a fustigé cette chronique du 3 juin 2016, sur Radio J, de Haïm Sitruk, ancien grand rabbin de France, hostile à la Gay Pride. Cette chronique est absente du site de la radio de la fréquence juive francilienne.

Alain Granat a écrit :

« Le 3 juin, jour de la Gay Pride de Tel-Aviv, c’est un torrent d’homophobie qu’il a déversé en toute impunité à l’antenne de la fréquence juive, Radio J se métamorphosant alors en Radio CourtoiJ.

Une bonne chronique radio, tout comme le sermon d’un rabbin, se doit de démarrer par une accroche forte. Joseph Sitruk, malgré sa santé fragile après plusieurs AVC et la maladie qui le frappe, a conservé ses réflexes en la matière. Avec une introduction ne laissant nul doute sur la teneur à venir de ses propos, toute en empathie et compréhension pour les juifs homosexuels. L’esprit apaisant du shabbat s’annonce sur les ondes de la radio juive : « La Torah considère l’homosexualité comme une abomination et un échec de l’Humanité ». Vous nous rétorquerez que de telles paroles provenant de Joseph Sitruk n’ont rien de surprenantes. Tenant, durant ses mandats successifs de grand rabbin de France (de 1987 à 2008), d’une ultra-orthodoxie tranchant avec l’esprit d’ouverture de ses prédécesseurs les Grands rabbins Kaplan et Sirat, le contraire eût étonné.

La suite de son intervention est à l’avenant, axée sur la Gay Pride de Tel-Aviv, qui « rabaisse au rang le plus vil » Israël, « initiative de tentative d’extermination morale » de son peuple. Et concluant en beauté sur le mode djihad : « J’espère que les auditeurs écouteront mon appel au secours et réagiront de façon radicale à une telle abomination ». On se souvient de l’assassinat l’année dernière d’une adolescente de 16 ans, Shira Banki, lors de la Gay Pride de Jérusalem, par un intégriste juif. Radical.

On se pose aussi légitimement la question de la responsabilité de la direction de l’antenne de Radio J, diffusant en direct sur ses ondes des propos d’une telle violence et les cautionnant de facto par son absence de réaction. Alain Beit, nouveau président de l’association juive LGBT Beit Haverim, s’en est indigné, soulignant à juste titre que si Joseph Sitruk est dans son droit d’exprimer son désaccord avec la Gay pride de Tel-Aviv, sa chronique déborde largement de ce cadre en incitant à la haine des homosexuels.

On passera sur la « mise en onde » surréaliste de cette chronique, offrant en spectacle aux auditeurs la voix d’un homme affaibli par la maladie, entre extrait sonore d’un épisode de Star Wars et parodie d’un discours de Bouteflika. Vous êtes bien sur une radio juive. On en sourirait presque si ces propos et leur diffusion irresponsable n’étaient aussi lamentables ».

À chaque élection au Grand rabbinat de France, on nous fait le même coup : le candidat « ouvert » contre le tenant de l’orthodoxie. Orthodoxie ? Je connais le sens de ce mot. Mais que signifie « ultra-orthodoxe » ? Existe-t-il des critères pour évaluer l’orthodoxie ? Si oui, lesquels ?

Pourquoi évoquer le djihad, spécifique à l’islam ? L’interprétation par Alain Granat du mot « radical » ne repose sur aucun mot. Aucun appel à l’assassinat dans cette formulation maladroite du grand rabbin Haïm Sitruk. Par un raccourci honteux, Alain Granat enchaîne sur l’assassinat de l’adolescente israélienne Shira Banki, en 2015, par un fanatique. Que signifie « radical » ? Il existe un Parti radical de gauche. Pourquoi dénigrer ce vocable « radical » ?

Avec Jewpop, aucune voix divergente ne doit s’exprimer, même maladroitement, même d’une voix quasi-inaudible, même émanant d’une personne atteinte de maladies graves ? Alain Granat aurait-il réagi ainsi si cette chronique avait été diffusée lors des mandats (1987-2008) de cet ancien grand rabbin Joseph Haïm Sitruk ? S’est-il indigné que celui-ci ait continué d’exercer sa fonction éminente malgré sa grave maladie ? Faut-il être « politiquement correct », donc de gauche, pour être publié sur Jewpop ?

Alain Granat qui évoque « RadioCourtoiJ », un jeu de mot évoquant Radio Courtoisie, média souvent classé à droite ou à l’extrême-droite.

Où est l’appel à la haine ? Il y a un appel à l’action, mais sans aucune précision sur celle à mener. Par contre, le texte d’Alain Granat est d’une rare agressivité. « On ne tire pas sur une ambulance », avait pourtant écrit la journaliste Françoise Giroud.

Et, dans un autre domaine, Alain Granat s’est-il indigné du discours de l’actuel grand rabbin de France Haïm Korsia, le 6 septembre 2015, lors de la cérémonie en mémoire aux martyrs de la Déportation, invitant à un « sursaut civique et humain« , à « des gestes forts » en faveur de l’accueil des « migrants » ? En quoi était-il « civique » d’accueillir des immigrés en situation irrégulière, originaires d’États inculquant dès le plus jeune âge l’antisémitisme à leurs habitants ? Des « gestes forts », c’est moins grave qu’une « réaction radicale » ?

Gabriel Farhi
Gabriel Farhi a fondé l’AJTM (Alliance pour un judaïsme traditionnel et moderne) représenté par la synagogue parisienne Beth Yaacov. Il est le fils du rabbin Daniel Farhi, qui dirigea le MJLF (Mouvement juif libéral de France).

Le 5 juin 2016, sur Judaïques FM, Gabriel Farhi, rabbin de la communauté Beth Yaacov et aumônier israélite des hôpitaux, a exprimé son dégoût face aux propos de l’ancien grand rabbin de France et « une certaine clémence considérant l’état de santé de l’ancien grand rabbin de France en lui reconnaissant une certaine constance sur le sujet ». Dans l’article L’Homophobie n’est pas une opinion sur son blog :

Vous souvenez-vous de Shira Banki ? C’était cette jeune fille de tout juste 16 ans qui défilait le 30 juillet dernier lors de la Gay Pride à Jérusalem. Un homme, prétendument religieux, s’est jeté sur elle et l’a poignardée à mort. Elle a succombé à ses blessures trois jours plus tard. La veille de son passage à l’acte le meurtrier faisait part de sa haine à l’encontre des homosexuels sur les ondes d’une radio israélienne. Pourquoi ce rappel alors que nous n’avons pas encore atteint la date anniversaire ? Parce que d’autres propos, similaires, ont été entendus cette fois-ci sur les ondes françaises de nos voisins d’antenne Radio J. Le Grand Rabbin Sitruk, ancien Grand Rabbin de France, a exprimé avec « violence » je reprends ses propos toute sa désapprobation de la tenue le jour même de la Gay Pride à Tel Aviv vendredi dernier. Joseph Sitruk « crie son indignation dans des termes radicaux et violents ». L’homosexualité est une « abomination » et une « catastrophe ». C’est même une « tentative d’extermination morale du peuple d’Israël ». Face à un tel péril, Joseph Sitruk en appelle aux auditeurs de Radio J en leur demandant de « réagir de façon radicale à une telle abomination »…

Comment un ancien grand rabbin de France pour lequel il nous est demandé de prononcer régulièrement des Psaumes face à son état de santé critique peut-il dans un sursaut, d’une voix chancelante, tenir de tels propos ? … On ne peut faire le reproche à Joseph Sitruk de son ultra-orthodoxie et de sa lecture littérale de la Torah. Mais a t-il vu le monde évoluer ? A t-il entendu parler de Shira Banki ? Sait-il qu’en tant que maître il a des disciples qui entendront cet appel à une réaction « radicale » comme un appel au meurtre des homosexuels. Sait-il enfin qu’en France les propos homophobes sont pénalement punis par la justice ?

Curieusement, Gabriel Farhi fuit le dialogue sur la position du judaïsme sur l’homosexualité pour se réfugier dans l’émotion vertueuse, voire dans la menace procédurière.


Delphine Horvilleur
Sur son compte Facebook, Delphine Horvilleur, femme rabbin du MJLF, a invité le 5 juin 2016 à relire le numéro de Tenoua sur l’homosexualité, tout en rappelant la mémoire de Shira.

Antoine Strobel-Dahan, rédacteur-en-chef de Tenouaa publié sur le site de la revue du (MJLF), un texte intitulé Homophobie condamnant la chronique objet de la controverse. Il consacre environ la moitié du texte à l’assassinat de Shira Banki en 2015 et de Rabin. Il oriente les lecteurs vers le numéro 60 de la revue consacré à la position du judaïsme sur l’homosexualité. Il publie l’enregistrement audio des interventions du grand rabbin, de Serge Hajdenberg et de Guy Rozanowicz, secrétaire général de la radio évoquant des « propos dangereux », sur Radio J.

Caroline Fourest

Dans sa chronique du 6 juin 2016 sur France Culture intitulée L’appel à haine du rabbin Sitruk, Caroline Fourest, journaliste qui ne cache pas son homosexualité, a fustigé le grand rabbin Sitruk qualifié d' »intégriste ». À tort, elle a allégué que l’homosexualité serait une « obsession » du chroniqueur, et l’homosexuel un « nouveau bouc émissaire ». Combien de textes sur ce thème par ce chroniqueur de Radio J ? 5, 10 sur des centaines ? Plus ? Moins ? Et Caroline Fourest de conclure sur l’impératif de condamner l’ancien grand rabbin. Les mêmes qui « sont Charlie » refusent la liberté d’expression à ceux ayant un avis distinct du leur ?! Ce « politiquement correct » conduit à la censure, à une société totalitaire.

« Le rejet de l’homosexualité est un classique des religieux conservateurs mais si on ne s’en n’émeut plus, on le légitime, et à force de le légitimer, il ne faut pas s’étonner que des fous de Dieu, (…) finissent pas exécuter ce qu’ils pensent être un ordre divin », a poursuivi la journaliste. N’importe quoi. Plus de huit millions d’habitants, dont 6,1 millions de Juifs, vivent en Israël, et aucun homosexuel n’y a été assassiné. C’est tellement plus facile, et prudent, de condamner un grand rabbin de France malade que la persécution des homosexuels par l’Autorité palestinienne, ou par divers pays musulmans.

« Ce sont les propos de Joseph Sitruk, qu’il faut abréger », a conclu Caroline Forest. Comment ? Par une réaction « radicale » ?

En 2014, Caroline Fourest avait déjà consacré une tribune au guet, divorce juif, mais en prenant une certaine liberté par rapport aux faits. En 2008, elle avait aussi publié dans Charlie hebdo un article à charge contre le grand rabbin Joseph Sitruk, sans lui donner la parole. En 2012, elle a allégué à tort que la France aurait exterminé « six millions de Juifs » (sic) lors de la Deuxième Guerre mondiale, et déplorait l’insuffisante culture générale en France. Elle souhaite limiter la liberté sur Internet, et précisait : « La haine raciste est la seule limitation à la liberté d’expression ». Apparemment, l’ex grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk ferait partie, selon elle, de ces « haineux » qu’il serait bon d’assigner en justice à fin de condamnation pénale. Et dire qu’elle enseigne à Sciences Po « Faire ou défaire société : différents modèles face aux contestations de la démocratie » !

Réseaux sociaux

Jean-Daniel Flaysakier, journaliste-médecin, l’AJC (American Jewish Committee) Paris représentée par Simone Rodan-Benzaquen, Raphaël Glucksmann, Yael Mellul, avocate, Frédéric Haziza, journaliste… La condamnation est unanime : « propos homophobes », « extrémiste », « inacceptables appels à la violence ». Combien ont entendu la chronique ayant suscité le controverse ? On ignorait l’audience si exceptionnelle de la chronique hebdomadaire sur Radio J, vers 7 h 50, de l’ex-grand rabbin de France.

Frédéric Haziza anime une des rares émissions de radios françaises juives à avoir atteint une dimension nationale : le Forum dominical de Radio J. Il collabore aussi au Canard enchaîné et à La Chaîne parlementaire. En mars 2011, il avait invité Marine Le Pen, présidente du Front national (FN). Ce qui avait suscité l’indignation de responsables communautaires et la division au sein de la direction de la radio. Radio J avait rapidement décidé de ne pas l’accueillir dans son Forum. Pour Frédéric Haziza, liberté devrait être donnée à Marine Le Pen, mais pas à l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk.

Le 4 juin, Frédéric Haziza a twitté : « Propos du GR Sitruk inacceptables. L’homophobie est un délit, une forme de racisme ». On ignorait que les homosexuels constituaient « une forme de race ». Une phrase qui n’a pas choqué les « belles âmes ».

C’est curieux : les mêmes qui exhortent à accepter la différence, l’autre, sont les premiers à condamner celui qui affirme le même impératif, et au premier lieu de l ‘altérité, la différence sexuelle.

« En qualifiant la Gay Pride de Tel Aviv de « tentative d’extermination morale du peuple d’Israël », et en appelant à réagir « de façon radicale à une telle abomination », l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruck a-t-il réalisé la gravité des paroles qu’il a tenues hier sur Radio J ? », s’est indigné Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF, qui a dénoncé les propos de l’ancien grand rabbin de France. C’est le même qui a refusé de rencontrer Naftali Bennett, alors ministre d’un gouvernement issu d’élections démocratiques en Israël.

« Je préfère cette photo aux propos haineux prononcés par Sitruck. Elle rassemble alors les propos peuvent tuer », a twitté Gil Taieb le 4 juin  2016. Ce membre du Conseil du Consistoire israélite de Paris Île-de-France a refusé d’aider le Dr Lionel Krief, médecin nucléaire juif français qui lutte contre sa mort socio-professionnelle. Tout comme l’AJC France. La solidarité avec les homosexuels prévaut sur celle avec les Juifs ? Gil Taieb entamera-t-il des démarches au sein du Consistoire contre Haïm Sitruk ?

Beit Haverim

« C’est bien l’unité de la communauté dans son ensemble que vous avez compromise », a déclaré Alain Beit, président de l’association juive LGBT, Beit Haverim, à Haïm Sitruk. Depuis quand « la communauté juive » est-elle unie ? Même pas pour défiler contre l’antisémitisme en 2002. Récemment, Serge Klarsfeld a manifesté son opposition à la conférence à laquelle participait l’essayiste Eric Zemmour car elle se tenait à la grande synagogue de la rue des Victoires. Jusqu’où ces dirigeants associatifs iront-ils dans des atteintes à nos libertés fondamentales ? La chronique du grand rabbin Joseph Haïm Sitruk a-t-elle été instrumentalisée dans une offensive impitoyable contre le judaïsme orthodoxe, consistorial ?

Alain Beit a l’intention d’assigner en justice Haïm Sitruk pour « incitation à la haine ». Alain Beit va-t-il assigner aussi Tenoua qui diffuse le podcast de la chronique litigieuse ou Frédéric Haziza pour son tweet ? Vraisemblablement non, en raison notamment de la proximité avec le MJLF, Et Alain Beit poursuivrait quels propos ? Un mot traduit en français ? Une opposition à la Gay Pride ? Vous imaginez une audience avec un septuagénaire respectable se déplaçant difficilement, arborant au revers de sa veste l’insigne de commandeur de la Légion d’Honneur, et peinant à répondre aux questions de magistrats ou d’avocats ? Et un juge de ces « territoires perdus de la justice« , si réjoui de voir des Juifs se disputer, oserait condamner la Bible, le judaïsme, ou la traduction d’un mot hébreu en « abomination » – vocable utilisé aussi pour désigner l’adultère -, voire le terme « radical » ? Est-ce ce que visent des homosexuels revendiqués et leurs soutiens ? Cette audience judiciaire risquerait de se tourner à leur désavantage dont il donnerait une image inquiétante. Leur vrai visage ? Entre deux identités – juif et homosexuel – laquelle prévaut au sein du Beit Haverim ?

Le ridicule tue aussi.

Le 18 décembre 2015, présidée par Alain Bourla, la XVIIe chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Paris a condamné Christine Boutin, ancienne ministre et ex-présidente du Parti chrétien démocrate, à 5 000 euros d’amende pour « incitation et provocation à la haine et à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle », en l’occurrence envers les homosexuels. Le « tribunal correctionnel a été au-delà des réquisitions du procureur, qui avait réclamé à l’audience fin octobre une amende de 3 000 euros à son encontre. Christine Boutin a également été condamnée à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à chacune des deux associations, Mousse et Le Refuge, qui s’étaient constituées parties civiles ». Dans un entretien au magazine Charles (2 avril 2014) et intitulé « Je suis une pécheresse », Christine Boutin avait déclaré : « L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné ». « Ce que l’on entend dans vos propos, c’est que les homosexuels sont une abomination », avait résumé le procureur, indiquant que le parquet avait reçu 500 plaintes de particuliers outrés après sa déclaration ». Qui on ? Est-on condamnable en fonction de la perception, variable selon les individus, de ses propos ? L’avocat de Christine Boutin « avait plaidé la relaxe, estimant que sa cliente était jugée pour « une opinion ». Il lançait alors : « Votre décision aura des conséquences énormes sur la liberté d’expression. Si vous suivez les réquisitions du procureur, alors il faut saisir la Bible ! » « Mon opinion s’inscrit dans la tradition chrétienne. Mais je suis une femme directe, j’essaye d’être en accord avec mes convictions profondes mais cela ne veut pas dire que je condamne les personnes homosexuelles. Je ne pensais pas blesser avec ce mot. Depuis, je ne l’ai pas redit », avait déclaré l’ancienne députée des Yvelines, en faisant part de ses regrets. Le procureur avait déclaré en audience devant un public essentiellement composé de soutiens des parties civiles : « Nous ne sommes pas dans la simple expression d’une opinion, c’est une stigmatisation publique. » En rappelant que la loi condamnant l’incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle avait été votée en 2004, il a ajouté : « Il n’y a pratiquement pas de jurisprudence, c’est la raison pour laquelle votre décision est attendue ». Un jugement inquiétant pour la liberté d’opinion et de culte.

Beit Haverim va-t-il ajouter une jurisprudence à ce jugement lourd ?

Haïm Korsia

Le 8 juin 2016, interrogé par Laetitia Enriquez pour Actualité juive hebdo, le grand rabbin de France Haïm Korsia a dit « comprendre que les propos du grand rabbin Sitruk aient pu choquer, plus particulièrement dans le contexte de l’horrible assassinat perpétré l’an dernier dans un même défilé qui se déroulait à Jérusalem… Mais je connais bien le grand rabbin Sitruk, et je peux vous assurer que ses propos ont largement dépassé sa pensée, et qu’ils ne correspondent pas à ce que le grand rabbin Sitruk a construit d’humanité tout au long de sa carrière ».

Et de poursuivre : « Il faut être autant rigoureux avec soi-même qu’il faut être généreux et bienveillant envers les autres. C’est là la grandeur du judaïsme et c’est ce que le grand rabbin Sitruk m’a lui-même appris tout au long de ces années que j’ai passées à ses côtés. Si le mot abomination est bien la traduction du mot qu’emploie la Torah au sujet de l’homosexualité, pour autant, la Torah ne parle pas de condamnation humaine. Chacun doit au contraire accueillir l’autre dans le respect de son intimité et, de façon plus générale, en œuvrant en faveur de la lutte contre les discriminations, y compris contre l’homophobie. Or, en matière de lutte contre les discriminations, le grand rabbin Sitruk a toujours été à l’avant-garde de tous les combats menés par la société française au cours de ces trente dernières années ».

Le grand rabbin Korsia « assure en outre que son prédécesseur n’avait pas mesuré le risque d’interprétation d’appel à la violence de ses mots sur d’éventuelles actions radicales de qui que ce soit », car « le grand rabbin Sitruk a toujours affirmé que celui qui commet un crime au nom de l’Éternel, commet un crime contre l’Éternel ».

D’un grand rabbin de France, de l’auteur d’un essai sur le judaïsme et la sexualité, on attendait une réaction d’une autre nature. Le long silence de Haïm Korsia sur la polémique née des propos du grand rabbin dont il a été le conseiller spécial intrigue et s’avère éloquent. Une piste explicative peut être trouvée dans un droit de réponse de Me Alex Buchinger publié par Actualité juive (n° 1394, 9 juin 2016). Cet avocat avait été pris à partie par le rabbin Gabriel Farhi dans cet hebdomadaire (1er juin 2016), dans un texte intitulé Le grand rabbin de France n’est pas libéral. Me Alex Buchinger écrit : « En tant que secrétaire rapporteur de l’ACIP » (Association consistoriale israélite de Paris), « je suis l’interlocuteur de ses salariés. Plusieurs rabbins consistoriaux m’avaient fait part de leurs préoccupations du fait de la place prise de plus en plus grande, par les dirigeants du mouvement libéral aux côtés du grand rabbin de France, et ce, au détriment de l’institution consistoriale ». Cet avocat affirmait sa conviction que le grand rabbin Korsia n’était pas libéral.

Même silence de la part du grand rabbin de Paris Michel Gugenheim.

Aucun rabbin, consistorial ou libéral, n’a indiqué, dans un communiqué de presse ou un post, la position du judaïsme sur l’homosexualité afin d’éclairer, d’informer, Juifs et non-Juifs. Aucun n’a fait ce travail indispensable de pédagogie. Ce qui aurait pu aussi mettre un terme à la polémique. Seul le rabbin Raphaël Sadin, Roch Kollel du Kollel Elicha dans le quartier de Bayit Vegan, à Jérusalem (Israël), a soutenu vers le 22 juin 2016, sur EspaceTorah.com, le grand rabbin Sitruk, et présenté de manière didactique la position du judaïsme sur l’homosexualité.

Rappeler la position du judaïsme sur l’homosexualité aurait également risqué de s’aliéner ce mouvement juif libéral et d’écorner l’image du grand rabbin de France Haïm Korsia.

L’affaire Bernheim a aussi marqué les rabbins français et les a incités à la prudence à l’égard de l’homosexualité. La position de Gilles Bernheim, alors grand rabbin de France, contre le mariage entre homosexuels, promu alors par le président François Hollande et le gouvernement socialiste, s’avère à l’origine de la découverte publique de sa fausse agrégation et de ses plagiats, ainsi que de la fin de sa fonction éminente. Nul Juif ne peut seul s’opposer au pouvoir politique en France. Une leçon bien comprise.

Pauline Bebe

Sur le Huffington Post, Pauline Bebe, première femme rabbin de France, a publié le 9 juin 2016 une lettre ouverte au grand rabbin Joseph Sitruk intitulée « J’ai été scandalisée lorsque j’ai pris connaissance des propos que vous avez tenus sur les ondes de la communauté à la veille de shabbath dernier » :

« Vous qui êtes rabbin, vous ne pouvez pas ignorer le pouvoir des mots, cette phrase des Proverbes (18, 21): « La vie et la mort sont entre les mains de la langue » et son interprétation talmudique (TJ Péah 1, 1) « Dites au médisant: il parle ici et il tue à Rome, il parle à Rome et il tue en Syrie ».
Ne croyez-vous pas que le fanatisme et les appels à la haine ont fait couler assez de sang sur la surface de la terre ?

Dois-je je vous rappeler ce que dit la tradition juive sur la responsabilité des dirigeants dont les propos ont une influence plus grande sur ceux qui les écoutent ? « Avtalion disait: Sages, mesurez vos paroles » (M. Avoth 1, 11).
Vous citez la Torah, mais cette même Torah ne dit-elle pas dans la même parasha kedoshim : « Ne reste pas indifférent au danger de ton prochain » (Lev.19, 16) ?
Alors je ne peux me taire en entendant vos propos qui incitent à la haine, et si Shira Blanki (de mémoire bénie) a été assassinée, vos propos sont aussi assassins !
Monsieur le grand rabbin, en proférant ces paroles monstrueuses contre la communauté homosexuelle, vous semblez vous prévaloir de la Torah, pourtant faudrait-il établir une hiérarchie dans le domaine de l’éthique ? Il semblerait que vous effectuez un choix dans cette Torah. Continuez-vous à mettre en pratique la lapidation par exemple du « fils rebelle et insoumis (Deut. 21, 18-21) pour lequel les sages rabbins de la Tossefta (Tos. Sanh. 11) ont dit « un fils rebelle et insoumis n’a jamais existé » ?
Continuez-vous à pratiquer la polygamie qui a été interdite par une takana, un décret de Rabbenu Guershom au XIIIème siècle, refusez-vous d’établir une ketouba, un acte de mariage sous prétexte qu’il aurait été inventé par Shimon ben Shétah au premier siècle pour protéger les droits de la femme et n’existait pas dans la « Torah » ? Continuez-vous d’appliquer la peine de mort alors qu’elle a été quasi-abrogée par les rabbins du Talmud (M. Makkoth 1, 10) ? Lorsque les rabbins ont trouvé une loi injuste, ils ont eu le courage de la faire évoluer parce qu’il fallait s’assurer que la halakha, la loi juive, reste éthique.
Ainsi aucun juif aujourd’hui ne peut se targuer d’observer la Torah à la lettre et heureusement ! Et le Deutéronome (17, 9) ne nous dit-il pas qu’il faut consulter les juges de notre temps ? Lorsque cela correspond à vos propres préjugés homophobes, il faudrait écouter un verset qui est marqué par son temps et ne correspond plus à notre sens de l’éthique aujourd’hui ?
Comme les rabbins ont fait évoluer la loi sur « le fils rebelle et insoumis », nous devons faire évoluer les esprits sur ce sujet.
Monsieur le grand rabbin, l’humiliation de la communauté homosexuelle est une ‘avera, une transgression du principe fondamental d’éthique de la Torah : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lev.18, 19) ainsi qu’une incitation à la haine. Rashi sur Berakhot (20a) disait : « Dans de nombreux cas les sages ont permis de déraciner les paroles de la Torah lorsqu’il s’agit de kevod habrioth, de l’honneur dû à toute personne créée par Dieu ».
Pensez-vous que la communauté homosexuelle n’a pas droit à ce kevod habrioth, à cet honneur, qui est dû à tout être humain quelles que soient ses origines, sa naissance, son orientation sexuelle ? Feriez-vous des différences entre les créatures de Dieu ?
Alors pour donner un autre visage au judaïsme, je veux vous dire que je suis fière de faire partie du mouvement religieux juif majoritaire dans le monde aujourd’hui, réunissant près de deux millions de juifs dans 50 pays du monde qui affirme la totale égalité de leurs fidèles et qui donne aux juifs homosexuels la même place qu’aux hétérosexuels.
Je suis fière que l’Etat d’Israël organise cette marche de fierté (gay pride) alors que d’autres pays continuent de persécuter, prôner l’exclusion et la violence envers cette communauté. Je suis fière de voir des drapeaux multicolores flotter dans le ciel d’Israël aux côtés des drapeaux bleus et blancs. Je suis fière de compter de nombreuses personnes gays dans ma communauté et qu’elles puissent accéder comme tous les autres juifs à tous les rites, transmettre le judaïsme et le vivre au quotidien en portant haut l’étendard de la kedousha, de la sainteté.
Comme tous les êtres humains, ils portent en eux l’étincelle divine car quelle que soit notre orientation sexuelle, nous avons tous « été créés à l’image de Dieu, betselem elohim » (Gen.1, 27) !
La Shekhina (Présence Divine) pleure dès qu’un être humain en humilie un autre et pire lorsqu’il incite à la violence. Monsieur le grand rabbin, vous faites pleurer la Shekhina.
Mais je sais que chaque fois qu’un être humain reconnaîtra la dignité d’un autre, différent de lui, en le regardant droit dans les yeux et qu’il ne niera pas son héritage de la Torah et sa place légitime, entière et juste dans la tradition juive, la Shekhina séchera ses larmes ». Ce texte riche en citations, et au ton violent, révèle la mission que s’est assignée Pauline Bebe : « Faire évoluer les esprits sur ce sujet » et « faire évoluer une loi injuste ». Quel programme !

Épilogue
Le 10 juin 2016, dans sa chronique matinale sur Radio J, l’ancien grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk est revenu sur sa précédente chronique. Il a affirmé ne pas vouloir exclure. Puis, il a souhaité aux auditeurs de « vivre un Chavouot dans la sérénité ».

Le 16 juin 2016, sur Radio J, le grand rabbin Haïm Korsia a défendu son prédécesseur – « Il a toujours défendu les libertés individuels et ceux en situation de faiblesse, et contre les discriminations » – en se plaçant uniquement sur le terrain des libertés et de la lutte contre l’homophobie : « On est dans la protection des droits de chacun. L’honneur du judaïsme est qu’à coté de Martin Luther King, des Juifs ont porté son combat… L’horrible tuerie d’Orlando [attentat terroriste contre un club homosexuel en Floride et revendiqué par un terroriste au nom de l’État islamique, Nda] est motivée par la haine. On doit combattre cette haine d’où qu’elle vienne ».

Radio J a diffusé une annonce publicitaire sur un prochain événement du Beit Haverim. Le 19 juin 2016, Guy Rozanowicz a interviewé en direct le responsable de l’association fondée en 1975 qui a regretté le silence du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) sur la chronique controversée.

Cette polémique inutile a terni l’image du judaïsme, présenté comme rétrograde et dangereux, et de ses principaux protagonistes. À lire les réactions et gloses, souvent outrancières, des représentants du mouvement juif libéral, on s’interroge sur leur respect des textes juifs.

Débat communautaire

Le grand rabbin de France Haïm Korsia a répondu favorablement à l’invitation du Beit Haverim et participa au débat Judaïsme contre toutes les discriminations, le 29 juin 2016, à 18 h 30, au Centre communautaire de Paris. Ce débat a été animé par Eva Soto et Pierre Gandus, journalistes respectivement sur Judaïques FM et Radio Shalom, et Jean-François Strouf, responsable de la communication et des projets au Centre et à l’ECUJE (Espace culturel et université juif d’Europe) et membre d’Avenir du judaïsme.

Organisée par le Centre communautaire de Paris et le Beit Haverim, le 29 juin 2016, cette réunion est ainsi présentée : « Dans la plus récente actualité comme dans les grandes tendances de la société, les questions de discrimination sont hélas à l’ordre du jour. On a parfois du mal à mettre des mots sur des actes. Après l’attentat d’Orlando, il aura fallu attendre plusieurs heures avant que soit prononcée l’expression « crime homophobe » – quid de l’absence du mot « islamiste » ? -, « aussi longtemps que pour l’expression « attentat antisémite » après l’attaque contre l’HyperCacher. Quel regard le judaïsme, comme doctrine, et ses dirigeants portent-ils sur ces discriminations ? À l’intérieur même de la communauté juive, les femmes sont-elles considérées avec équité par nos institutions ? Les homosexuels sont-ils réellement les bienvenus dans nos synagogues ? Dans quelle mesure l’orthodoxie juive dialogue-t-elle avec les autres courants du judaïsme ? « 

Selon le rabbin Farhi, ce débat avec Alain Beit, président de Beit Haverim, sera l’occasion de « réfléchir sur les discriminations, de présenter le regard du judaïsme sur les discriminations, de faire un tour d’horizon sur la place des femmes, les différents courants – loubavitch, conservateur, libéral, masorti – du judaïsme ». Une manière de noyer la question de l’homosexualité parmi des thématiques diverses. Le statut des femmes est-il comparable à celui des homosexuels ? Dans aucune synagogue on interroge les fidèles sur leur sexualité, et l’entrée à la synagogue n’est pas subordonnée à l’hétérosexualité.

L’AFP (Agence France Presse) publiait une dépêche intitulée La place des homosexuels dans le judaïsme français en débat. « C’est la première fois qu’un grand rabbin de France en exercice accepte notre invitation, qui sera aussi l’occasion de parler de plusieurs sujets qui fâchent », a expliqué à l’AFP Alain Beit, président de l’association de juifs homosexuels. Le grand rabbinat a tenu à « élargir le propos à d’autres discriminations, comme le sexisme », ainsi qu’aux relations entre le judaïsme incarné par le Consistoire israélite, traditionaliste et orthodoxe, et les courants progressistes (libéral ou massorti), confirme-t-on dans l’entourage du chef religieux de la première communauté juive d’Europe ».

L’AFP citait Jean-François Strouf qui considérait la déclaration de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk « en contravention avec la loi : en France, l’homophobie n’est pas une opinion, c’est un délit… Ma lecture, qui est celle de la très grande majorité des Juifs pratiquants, est que ce que dit la Torah n’est jamais au service de la stigmatisation. Si quelqu’un ne veut pas respecter le shabbat, par exemple, personne ne peut le stigmatiser. Cela doit s’appliquer à tous les sujets ».

L’AFP évoquait aussi le guet, divorce juif, la « candidature d’une femme à la présidence du Consistoire central qui a été contestée par des dayanim, les juges rabbiniques ». Sur l’homosexualité, « sujet pas vraiment abordé par le Consistoire », déplore Alain Beit, « les tabous demeurent. Est-ce que les juifs homosexuels sont des parias ? Ou bien sont-ils les bienvenus dans les synagogues, traités sur un pied d’égalité au niveau des rites, avec une possibilité de « monter à la Torah » par exemple ? » D’où l’idée d’un premier débat, dont le mouvement homosexuel espère qu’il ne sera « pas un rendez-vous unique ».

Le 29 juin 2016 à 18 h 24, la page Facebook de cet événement indiquait : 17 Internautes intéressés dont moi, 15 participants et quatre invités. Parmi les participants : le rabbin Gabriel Farhi, deux journalistes d’Actualité juive hebdo – Sandrine Szwarc et Pierre Regini – et Yaël Hirschhorn, conseillère en Communication du grand rabbin de France. Bigre ! L’événement passionne…

La rare photographie publiée sur Twitter révèle une faible assistance. Lors du débat, aucun post n’a été publié sur cette page Facebook. Sur Twitter, Mikael Zenouda, président d’Act Up-Paris, a twitté quelques citations des orateurs.

Exemples : « Les discriminations contre les femmes ne tuent pas en France et dans le monde occidental, ailleurs oui envers les jeunes filles » (Haïm Korsia) – or, le « 4 octobre 2002, Sohane Benziane, 17 ans, était brûlée vive dans une cave de la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine » -, « Réprobation collective contre les maris qui ne remettent pas le guet à son ex femme, symbole d’asservissement de la femme » et « Place des femmes : aucune limitat° à l’accès à l’étude, mais pr rabbinat : posit° libérale non partagée par le judaïsme orthodoxe » (Korsia), « Il y a déjà un placard dans une synagogue, n’en rajoutons pas un 2eme » (Beit Haverim). Quoi de neuf ? Rien.

Ultime tweet de Mikael Zenouda à 20 h 54 à la fin du débat : « Rencontre korsia / beit : questions du public, aucune femme n’a eu la parole. @labarbelabarbe se frotterait les mains ». Puis, Mikael Zenouda s’est ravisé et a interpellé Haïm Korsia sur ce fait. À 23 h 54, il a interrogé : « Je n’ai tjrs pas compris votre conception différente de l’homophobie, condamnable et d’être contre l’homosexualité, acceptable ».

Par ce débat entre personnes partageant peu ou prou les mêmes idées, le grand rabbin Haïm Korsia a poli son image en « rabbin-prônant-l’ouverture-et-la-tolérance » par un discours convenu. Fiasco ?

Curieusement, Actualité juive hebdo (n° 1398, 7 juillet 2016) a publié un article d’une demi-page présentant de manière louangeuse ce débat. « Sans précédent également étaient à la fois la teneur et la fermeté des propos tenus car, avec audace, si ce n’est courage, la plus haute autorité religieuses du judaïsme français a martelé que l’homophobie est d’abord un délit pénalement condamnable et que « l’homophobie n’a absolument pas sa place dans le judaïsme, ni à la synagogue, ni à l’école juive », a écrit Sandrine Szwarc. Cette « plus haute autorité religieuse du judaïsme français » a-t-elle défini l’homophobie ? Où est son courage ? Le Code pénal définit-il l’homophobie ? Cet article illustre l’écart abyssal entre un média communautaire et un regard extérieur critique.

Ce « débat » est révélateur d’un manque ou d’un refus de lucidité de dirigeants communautaires sur l’urgence de défendre les Juifs spoliés sous un « gouvernement des juges », telle la sexagénaire Eva Tanger, qui affronte aussi des problèmes liés à son divorce religieux (guet), et sur laquelle pèse une menace d’expulsion alors que le fond du dossier est en cours d’examen. Au lieu d’affronter le pouvoir politique, le grand rabbin Korsia, qui n’a pas aidé le Dr Lionel Krief victime de spoliations et d’antisémitisme, a tenu des propos creux similaires à ceux énoncés lors de sa campagne électorale en 2014 et depuis son élection. Au mieux, aucun intérêt. Au pire : lamentable.

Décès

Né en 1944 à Tunis, l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk (z »l) est mort le 25 septembre 2016, à 71 ans. J’adresse mes condoléances à sa famille.

En 1990, quelques jours après la profanation du cimetière juif de Carpentras, Joseph Sitruk, alors grand rabbin de France, s’était rendu dans un réunion qu’il avait conclue par ces mots : « Je perçois votre émotion. Je la comprends. J’y suis sensible. Permettez-moi de vous raconter une histoire que m’a relatée un de mes étudiants. Celui-ci a vu ces trois inscriptions sur un mur de l’université hébraïque de Jérusalem : « Dieu est mort », signé Nietzsche ». Au-dessous, quelqu’un avait écrit : « Nietzsche est mort », signé Dieu ». Et au-dessus de cette inscription, une troisième personne avait conclu : « Le peuple juif est vivant ! »

Radio J quarantenaire
Le 7 mai 2017, Radio J a invité le Beit Haverim à l’occasion du quarantenaire de sa création. A été notamment évoqué le refus du CRIF d’accepter l’association Beit Haverim comme association membre.

Pour cet anniversaire, le Beit Haverim a édité le livre Judaïsme et homosexualité. « Ce livre militant fait un bond en arrière de 40 ans pour expliquer comment une poignée de Juifs ashkénazes, en 1977, ont décidé de créer ce groupe embryonnaire qui deviendra le Beit Haverim. Traversant les décades, l’association n’a cessé de lutter pour la reconnaissance des droits des homosexuels. Quelles sont les clés qui permettent d’assumer son identité juive quand on est gay, lesbienne ou trans ? Comment la communauté juive, par l’intermédiaire de son grand rabbin de l’époque, a joué un rôle majeur pour tenter d’empêcher le mariage pour tous ? Malgré les pressions traditionnalistes, les couples de même sexe sont de plus en plus décomplexés et renouent avec une valeur chère au judaïsme, le désir de transmission, en devenant parents. Ces avancées ne peuvent malheureusement pas cacher l’homophobie d’une partie de la communauté (d’ailleurs dans le déni à ce sujet). Pourtant, le meurtre de Shira Banki à Jérusalem, puis les violents propos de l’ex-grand rabbin de France, Joseph Sitruk, interpellent. Face à tous ces tumultes, le Beit Haverim reste une oasis permettant à ses membres de maintenir un lien avec le judaïsme sans avoir à se cacher ou à craindre le regard des autres. Il n’existe pratiquement aucune bibliographie en langue française sur le thème Judaïsme et homosexualité. Cela n’est pas étonnant car les institutions juives pratiquent depuis des années une politique de l’autruche sur ce sujet en niant ou négligeant l’existence du problème. Cependant, notre position de double minorité demeure très inconfortable car nous, homosexuels juifs, « pesons » peu au sein de la communauté. De fait, très peu d’efforts sont faits pour notre inclusion ; les représentants de nos institutions semblent n’avoir tiré aucune leçon de notre statut de minorité, refusant de nous accorder un statut, ce dont ils ont eux-mêmes souffert. Pourtant, le judaïsme enseigne de ne pas faire à autrui ce qu’on ne veut pas qu’il nous fasse. Alors que les rabbins libéraux et massortis échangent avec nous depuis assez longtemps, les rabbins du Consistoire refusent pour la plupart de s’afficher avec nous. Il a été extrêmement difficile de trouver un rabbin du Consistoire qui accepte d’écrire pour le livre. Nous regrettons d’ailleurs que l’actuel grand rabbin de France ait décliné notre invitation alors qu’il est sensé représenter tous les Juifs. L’objet de ce livre est donc de réparer ces lacunes en présentant une analyse des rapports entre judaïsme et homosexualité, afin de favoriser l’émergence de pistes d’inclusion des personnes LGBT juives dans la communauté pour la prochaine décennie ».

Le Beit Haverim organise aussi une série d’événements en 2017 : conférence, etc.

S’il a participé à la Gay Pride à Paris lors de chabbat, le Beit Haverim défend l’État d’Israël accusé notamment de pinkwashing, c’est-à-dire de promouvoir par des actions de marketing son image gay-friendly, de tolérance à l’égard des homosexuels via la Gay Parade de Tel Aviv.

Fabien Azoulay

C’est un twitt publié le 10 avril 2021 par Mikaël Journo, rabbin de la communauté de Chasseloup-Laubat à Paris (75015) et alors candidat au poste de grand rabbin de France, qui a révélé à beaucoup d’Internautes et publiquement l’incarcération en Turquie du Franco-américain juif Fabien Azoulay, âgé de 43 ans.

Le 27 février 2018, Fabien Azoulay avait été condamné par la Cour d’assises d’Istanbul à 16 ans et 8 mois de prison, pour avoir acheté en 2017 du GBL, un produit rendu illégal en Turquie six mois auparavant. Un achat effectué sur un site Internet, par carte bancaire, depuis Istanbul où ce quadragénaire se trouvait dans le cadre d’un tourisme médical (opération d’implants capillaires).

Le GBL (gamma-butyrolactone) est un produit chimique utilisé initialement comme un solvant industriel. « Utilisé comme stimulant sexuel ou excitant dans les clubs parisiens, le GBL, une fois entré dans l’organisme, se change en GHB, un anesthésiant utilisé en médecine et surnommé « drogue du viol ». Si cette substance se fait plus discrète depuis 2018, lorsque les autorités et le milieu de la nuit parisienne ont tiré la sonnette d’alarme, cela n’empêche pas sa consommation de perdurer, principalement dans des cadres privés. » Une overdose de GHB induit un coma ou le décès du consommateur.

Depuis sa condamnation, le quadragénaire a « été transféré à la prison de Giresun, à huit cents kilomètres d’Istanbul, ce qui rend les visites de ses proches impossibles. Son isolement est total ».

« Incarcéré depuis le 16 septembre 2017, il a été victime de violences aggravées commises par un codétenu, qui lui a infligé des brûlures en raison de son homosexualité et de son appartenance à la religion juive. Il est constamment l’objet d’intimidations et de harcèlement en vue de sa conversion à l’Islam »

Les avocats de Fabien Azoulay, dont Me François Zimeray, ont souligné l’innocence de leur client. En mai 2019, ils ont demandé son transfert, « une procédure complexe ». « La demande de transfèrement de Fabien n’a connu aucune évolution depuis bientôt novembre 2019. Selon ses avocats, Maîtres Carole-Olivia Montenot et François Zimeray : « Nous ne méconnaissons pas ce qui fait que les relations sont distendues entre la France et la Turquie, mais il n’est pas admissible que Fabien Azoulay en fasse les frais. Nous appelons au sens des responsabilités de part et d’autre pour qu’une solution humanitaire soit trouvée et qu’il soit transféré en France. »

Des institutions juives françaises, dont le CRIF et le B’nai B’rith France, se sont mobilisées en faveur de Fabien Azoulay.

Dans une lettre au président de la République Emmanuel Macron, les avocats de la famille de Fabien Azoulay ont alerté sur la condition dramatique du condamné dans une geôle turque. Ils y ont dénoncé « une audience expéditive et une condamnation anormalement lourde. Fabien est désespéré et ses jours sont en danger ».

Lancée par David Benaym, la pétition « Transférez Fabien Azoulay incarcéré en Turquie, harcelé, torturé car français, Juif et gay » a recueilli 120 189 signatures au 18 août 2021. Sous-titre : « Le Midnight Express de Fabien Azoulay, incarcéré en Turquie ». Cette pétition rappelait les faits et exhortait à transférer Fabien Azoulay dans une prison française. « La famille considère que le risque que Fabien attente à ses jours est réel. Elle compte sur l’implication du président Macron, désormais personnellement informé de la situation, pour mettre un terme à cette situation ».

Les présidents français et turc se sont entretenus pendant 45 minutes en tête-à-tête avant le début du sommet de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique nord) le 14 juin 2021, à Bruxelles (Belgique). Le président de la République Emmanuel Macron a twitté :

« J’ai pu évoquer le cas de notre compatriote Fabien Azoulay. Les conditions d’un transfèrement rapide avancent et je l’espère nous permettront d’aboutir dans les meilleurs délais. La discussion de ce matin produit des résultats d’ores et déjà utiles ».

Le 17 août 2021, sa mise à l’écrou a été signifiée à Fabien Azoulay qui a été incarcéré à la maison d’arrêt de La Santé.

« Quand l’administration [Quai d’Orsay ou ministère des Affaires étrangères, Ndlr] se retrouve dans une situation d’inertie, il n’est pas de meilleure arme que la mobilisation de l’opinion publique. La mobilisation a permis que les deux présidents, français et turc, se parlent. Les choses ont pu s’améliorer très rapidement », a déclaré Me Carole-Olivia Montenot, avocate de Fabien Azoulay, sur Radio J, le 18 août 2021.

Elle a demandé pour son client un accompagnement psychologique et par l’aumônier de La Santé. Elle a déploré que le parquetier ait interdit à Xavier Azoulay de voir son frère revenu de Turquie. Elle a remercié ceux qui se sont mobilisés en faveur du transfèrement.

Elle a annoncé qu’elle allait déposer pour son client des demandes de permis de communiquer, et une requête en adaptation de la peine turque pour importation de produit stupéfiant au droit français : recel de vente de GBL, une infraction punie d’une peine d’emprisonnement de cinq ans. Devrait suivre la « libération quasi-immédiate » de Fabien Azoulay, compte tenu des quatre années d’emprisonnement déjà effectuées.

 

Cet article a été publié le 8 juin 2016, puis les 25 septembre 2016 et 8 mai 2017.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Le photographe suisse Patrick Gilliéron Lopreno nous livre une «carte blanche» photographique consacrée au peintre helvétique Eugène Burnand pour le centenaire de sa mort.

Écrit par Patrick Gilliéron Lopreno

Je connais l’œuvre du peintre naturaliste Eugène Burnand, depuis des années. Je suis, par ailleurs, venu de nombreuses fois au Musée Eugène Burnand voir ses toiles. Celles qui m’ont le plus touchées sont celles réalisées en Camargue. Les couleurs pastel permettent au ciel, à la mer et au sable de s’entremêler dans une dynamique de couleur et de libérer l’émotion enfermée dans le trop juste respect de la réalité. À cette intersection, j’ai perçu chez Burnand cette belle opposition entre réalité et lyrisme. Même dans un souci méticuleux de peindre ce qu’il voyait, à la virgule près, le peintre, en revanche, ne peut lutter contre ses propres sentiments. En peignant, il insuffle, à travers son pinceau, sa propre vision de la réalité; donc d’une certaine subjectivité.

Tout en étant inscrit dans le mouvement pictural naturaliste, qui donne aux peintures une sorte d’objectivisme, Eugène Burnand, par sa composition, ses choix de couleurs et sa technique, ne se défait pas d’un certain subjectivisme. À mon avis, le syncrétisme de ces deux tendances opposées donne naissance à l’œuvre et à l’auteur; sinon on tomberait bassement dans un réalisme soviétique avant l’heure. L’art, c’est avant tout l’expression du ressenti de l’homme et la propagande, l’imposition d’un style d’école qui abolit de fait l’artiste.

Il y a deux ans, j’ai débuté un projet photographique sur le monde paysan, qui a abouti à la publication du livre Champs, en mars de cette année. Durant des mois et des mois, j’ai sillonné la même campagne peinte par Eugène Burnand. Je l’ai aimée; profondément. Les paysages de brumes matinales, les lumières rasantes d’été, la terre dense des champs labourés et les hommes de caractère qui la peuplent donnent l’impression que l’éternité l’habite. J’ai vraiment été influencé dans ma démarche par l’œuvre du peintre moudonnois et cette dualité esthétique entre réalisme et lyrisme me poursuit depuis mes premiers travaux. Il est évident, pour moi, que la poésie se trouve dans la réalité. Le poète Philippe Jaccottet le disait très justement.

En juillet 2020, j’ai pris contact avec Justin Favrod de la Fondation du Musée Eugène Burnand pour lui proposer une «carte blanche» photographique pour le centenaire de la mort d’Eugène Burnand. C’est avec enthousiasme qu’il m’a reçu et que ma demande a été validée par le comité de la Fondation.

J’ai donc pu librement travailler autour du peintre et me confronter à lui, dans un combat vital et pacifique. J’ai choisi quatre axes, comme des chapitres, pour construire mon exposition «Champ et hors-champ», qui est actuellement présentée, de mai à octobre, au Musée Eugène Burnand à Moudon.

Ma première série de photographies est appelée «photos-tableaux». En effet, j’ai voulu, par des mises en scène photographiques et naturalistes, réaliser des images qui soient comme des tableaux et qui tendent à ressembler, par les thématiques, à des toiles, mais photographiques, d’Eugène Burnand. J’ai été influencé par les tableaux: Taureau dans les Alpes (1884) et Le Paysan (1894).

Ensuite, comme au moyen d’un carnet de notes, j’ai pris des photos au domaine du Seppey et pu pénétrer à l’intérieur de l’atelier du peintre, qui est actuellement à l’abandon. J’ai ressenti une vive émotion car le lieu est encore chargé de la présence de l’artiste; comparable à l’atelier Cézanne à Aix-en-Provence, si on le visite seul. Sous une table, j’ai trouvé des albums de famille, des carnets de voyage, des coupures de presse et, aux murs, se trouvent encore des toiles peintes par David Burnand. Par hasard, en ouvrant un des albums, je suis tombé sur une photographie d’Eugène Burnand aux côtés de sa femme Julia (Girardet), assis sur un banc. Une impression de sérénité et d’amour s’en dégageait. C’est ce face-à-face avec ces deux visages d’humanité qui m’a rendu encore plus attachant cet homme qui, malgré une certaine austérité et son appartenance à l’église libre, devait être un mari aimant et un père de famille exemplaire. Tout à coup, une connexion entre deux temps lointains et différents m’a fait aimer l’homme et non plus uniquement le peintre.

Après avoir travaillé sur le domaine du Seppey, je suis monté à Vuillens, photographier la chapelle et le cimetière, où sont enterrés la plupart des Burnand. À peine passé le portail, sur la droite, se trouve la tombe d’Eugène et de Julia, unis et liés sous les branches d’un arbre protecteur.

Pour clore, ma dernière série photographique est composée de vues de campagne, en format restreint, des environs et deux images montrent le champ du Labour dans le Jorat (1916).

Avec mon livre Champs et mon exposition «Champ et hors-champ», j’ai pu mieux connaître l’œuvre d’Eugène Burnand et m’interroger, comme dans un effet miroir, sur le naturalisme, qui, en photographie, pourrait s’apparenter au documentaire-social. La représentation du réel, dans un respect strict de la réalité, est intimement constitutive de l’apparition de la photographie pour documenter la vie des hommes et de l’Histoire. Cependant, je me suis toujours senti enfermé dans une vision trop descriptive et réaliste de l’image. Avec le temps, je me suis enfin allégé et libéré en adoptant un point de vue qui mêle poésie, onirisme et réalité, sans trahir la nature des êtres et des choses.

Je n’ai donc pas triché avec la Création. Eugène Burnand non plus, d’ailleurs.

Image de couverture: Photographie de Patrick Gilliéron Lopreno extraite du livre d’art Champs, paru en mars de cette année et dont la critique est disponible dans notre précédente édition (N° 74) © Patrick Gilliéron Lopreno / Olivier Morattel Editeur

[Source : http://www.leregardlibre.com]

 

Escrito por RICARDO FORSTER*

Cómo escribir, mientras la tristeza me recorre el alma, sobre alguien que hizo de la escritura un arte sublime. Que transformó su pasión argentina en una aventura intelectual construida desde la intensidad de un lenguaje único, laberíntico, exuberante y de una belleza que desafía la inteligencia de los lectores. Cómo escribir de alguien que hizo de la enseñanza una experiencia capaz de conmover a miles de estudiantes. Cómo escribir de alguien que le dio a la palabra “maestro” una nueva significación convocando, en su larga y prolongada caminata universitaria, a varias generaciones de discípulos que disfrutaron de su generosidad.

Cómo escribir de alguien que vivió con una intensidad y compromiso desbordante la larga travesía de un país siempre en estado de provisionalidad, de crisis y de esperanza. Cómo escribir de alguien que cultivó la amistad como si fuera una obra de arte, atravesada por conversaciones infinitas, escuchas persistentes y comprensivas, complicidades capaces de conjurarse para diseñar mil proyectos de revistas, de cátedras, de espacios políticos, de congresos contra académicos.

Cómo escribir sobre alguien que fue construyendo su andadura acumulando bibliotecas enteras en su acervo de lector infatigable; de alguien que hizo de la erudición un gesto de humildad mientras nos dejaba sin respiro a sus lectores entusiasmados tratando de seguirle la pista a sus pesquisas que podían surcar geografías muy diferentes. Cómo escribir de alguien que hizo del peronismo la materia desbordante de sus indagaciones interminables, que supo interpelarlo con una agudeza y una originalidad inigualable al mismo tiempo que lo vivió en la plenitud y en el desconsuelo del entusiasmo político.

Cómo escribir de alguien que nunca renunció a un lenguaje y a una escritura copiosas -algunos dirían “barrocas” creyendo que lo disminuían- y que jamás subestimó la inteligencia de sus lectores ni buscó quitarles su dimensión emancipadora. Cómo escribir de alguien que prefería el anacronismo a las modas pasajeras, que elegía las causas perdidas a los dispositivos legitimadores. Cómo escribir sobre alguien que sentía en carne propia la tragedia de nuestra época y que buscaba la clave que le permitiese descifrar el misterio de nuestra deriva histórica.

Cómo escribir sobre alguien que construyó un estilo único, inclasificable e imposible de imitar porque, eso lo sentía y lo expresaba, un estilo es el cuerpo del escritor, su encarnación, su idiosincrasia, su personalidad y su concepción del mundo. Cómo escribir de alguien que llegó a la Biblioteca Nacional, la de Groussac y Borges, y la cambió para siempre convirtiéndola en un eje de la vida cultural y en un espacio vital en el que los libros, satisfechos, se sintieron partícipes de un jolgorio de lecturas, músicas, exposiciones, presentaciones, debates políticos, simposios internacionales sobre cine, teatro, poesía, filosofía, arquitectura, ciudades y cuanto tema y cuestión cayeran en el radar de un hombre infatigable a la hora de hacer del edificio diseñado por Clorindo Testa el sitio más espléndido para dejar que la cultura volara cada vez más alto.

Cómo escribir de alguien que habitó los bares de Buenos Aires, que hizo de ellos un lugar imborrable, espacio del encuentro con los amigos, de conversaciones guarecidas por la serenidad nocturna y que se convirtieron esos bares, para él, en su lugar de lectura y escritura, en su propio vientre materno.

Cómo escribir de Horacio González sin detenerse en cada una de las estaciones de su vida, en cada uno de esos lugares que frecuentó y en esos espectros -sus amigos, como Roberto Carri, David Viñas, León Rozitchner o Nicolás Casullo, apenas para citar a algunos- con los que nunca dejó de conversar. Acaso con Horacio se va el último de quienes constituyeron un mundo intelectual, político y cultural que se ha desvanecido. Un mundo en el que la pasión de la revolución se entrecruzaba con la búsqueda de la palabra justa capaz de darle al poema, a la novela o al ensayo su potencia y su esplendor. Un mundo en el que se podían encontrar lo plebeyo de un ideal justiciero con la urdimbre refinada de un lector de alturas. Un mundo que incluía a su Villa Pueyrredón de infancia y adolescencia con sus inolvidables conferencias parisinas sobre “retórica y locura” en las que elaboró una teoría de la cultura argentina.

Cómo escribir de alguien que, como dijo sabiamente Mauricio Kartún, “es como un relámpago, en un instante breve ilumina un territorio y cuando desaparece, la imagen queda inscripta adentro tuyo”. Eso produce Horacio en quien lo escucha. Su hablar espiralado que va desgranando un tumulto de ideas y de imágenes que siguen fluyendo en quien lo escucha aunque el tiempo de la comprensión no deja de demorarse. Una huella que persiste, que no se borra, que nos hace recorrer el camino sin tener prisas para llegar a destino. Con Horacio uno sigue las huellas de una indagación que nunca termina. Internarse en sus libros constituye una experiencia prodigiosa, una aventura de la que no se vuelve al punto de partida. Un gozoso extravío.

Lo veo a Horacio hablando ante una audiencia numerosa, mirando hacia un punto lejano, dejándose llevar por la ondulación de sus frases, buscando la ilación de un pensamiento que se calienta de a poco y que termina creando un clima único y enigmático en el que cada uno de los que están atravesando la aventura de escucharlo siente que algo de esa prodigiosa inteligencia lo toca y lo inspira. Con Horacio González se va, quizás, el último de los grandes intelectuales argentinos. Alguien que supo conjugar la pasión política, la sed de emancipación e igualdad, el cultivo de la amistad construida como si fuera una torre de babel en la que todas las ideas y todos los idiomas se entremezclan gustosamente, y el maestro insobornable de causas nobles destinadas a galopar sin un destino cierto ni garantías de éxito. Con Horacio González se va una parte mayúscula de nuestro mundo. Sin su palabra, sin su escritura la época se vuelve más oscura e indescifrable.

 

[Imagen: Pablo Piovano – fuente: http://www.pagina12.com.ar]

Foto

El nostre destí és arribar a ser més forts i feliços. I per aconseguir-ho Rafael Santandreu ens proporciona, en aquest llibre, un mètode pràctic, accessible i demostrat científicament. Amb un estil propi, en combinació amb la seva llarga experiència com a psicòleg i amb vivències personals, l’autor mostra com transformar la nostra manera de pensar i actuar per arribar a ser persones serenes, alegres i optimistes. Emprant les eines de la psicologia cognitiva, l’escola terapèutica més reconeguda del món, L’art de no amargar-se la vida s’ha convertit en un llibre de referència imprescindible, que ha ajudat centenars de milers de persones a ser més felices.

Biografia de l’autor

Rafael Santandreu és un dels psicòlegs més prestigiosos del país. Després d’haver cursat els seus estudis a Espanya i al Regne Unit, va exercir de professor a la Universitat Ramon Llull. A la dècada del 2000 va treballar amb el cèlebre psicòleg Giorgio Nardone a Itàlia al Centro di Terapia Strategica d’Arezzo. Actualment, reparteix la seva feina entre la psicoteràpia amb pacients -la seva gran passió- i la formació de metges i psicòlegs. A les seves consultes de Barcelona i de Madrid hi tracta pacients d’arreu del món tant d’una manera presencial com a través de videotrucada. Els seus llibres anteriors, Les ulleres de la felicitat, Ser feliç a Alaska i No hi ha res és tan terrible, han esdevingut referents internacionals en l’àmbit de la psicologia.

Títol: L’art de no amargar-se la vida
Autor: Rafael Santandreu
Editorial: Rosa dels Vents
Pàgines: 440
ISBN: 978-8418033599

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

Ela é atestada em todos os povos e culturas: a capacidade de colocar-se no lugar do outro, compartilhar de sua dor e assim aliviá-la.

Escrito por Leonardo Boff

Através do Covdi-19 a Mãe Terra está movendo um contra-ataque à humanidade como reação ao avassalador ataque que vem sofrendo já há séculos. Ela simplesmente está defendendo-se. O Covif-19 é igualmente um sinal e uma advertência que nos envia: não lhe podemos fazer uma guerra como temos feito até agora, pois está destruindo as bases biológicas que a sustenta e sustenta também todas as demais formas de vida, especialmente, a humana.

Temos que mudar, caso contrário nos poderá enviar vírus ainda mais letais, quem sabe, até um indefensável contra o qual nada poderíamos. Então estaríamos seriamente ameaçados como espécie. Não é sem razão que o Covid-19 atingiu apenas os seres humanos, como aviso e lição. Já levou milhões à morte, deixando uma via-sacra de sofrimentos a outros milhões e uma ameaça letal que pode atingir a todos os demais.

Os números frios escondem um mar de padecimentos por vidas perdidas, por amores destroçados e por projetos destruídos. Não há lenços suficientes para enxugar as lágrimas dos familiares queridos ou dos amigos mortos, dos quais não puderam dizer um último adeus, nem sequer celebrar o luto e acompanhá-los à sepultura.

Como se não bastasse o sofrimento produzido para grande parte da humanidade pelo sistema capitalista e neoliberal imperante, ferozmente competitivo e nada cooperativo. Ele permitiu que 1% dos mais ricos possuísse pessoalmente 45% de toda a riqueza global enquanto os 50% mais pobres ficasse com menos de 1%, segundo relatório recente do Crédit Suisse. Ouçamos aquele que mais entende de capitalismo no século XXI, o francês Thomas Piketty referindo-se ao caso brasileiro. Aqui, afirma, verifica-se a maior concentração de renda do mundo; os bilionários brasileiros, entre o 1% dos mais ricos, ficam à frente dos bilionários do petróleo do Oriente Médio. Não admira os milhões de marginalizados e excluídos que esta nefasta desigualdade produz.

Novamente os números frios não podem esconder a fome, a miséria, a alta mortandade de crianças e devastação da natureza, especialmente na Amazônia e em outros biomas, implicada nesse processo de pilhagem de riquezas naturais.

Mas nesse momento, pela intrusão do coronavírus, a humanidade está crucificada e mal sabemos como baixá-la da cruz. É então que devemos ativar em todos nós uma das mais sagradas virtudes do ser humano: a compaixão. Ela é atestada em todos os povos e culturas: a capacidade de colocar-se no lugar do outro, compartilhar de sua dor e assim aliviá-la.

O maior teólogo cristão, Tomás de Aquino, assinala na sua Suma Teológica que a compaixão é a mais elevada de todas as virtudes, pois não somente abre a pessoa para a outra pessoa senão que a abre para a mais fraca e necessitada de ajuda. Neste sentido, concluía, é uma característica essencial de Deus.

Referimo-nos ao princípio compaixão e não simplesmente à compaixão. O princípio, em sentido mais profundo (filosófico) significa uma disposição originária e essencial, geradora de uma atitude permanente que se traduz em atos, mas nunca se esgota neles. Sempre está aberta a novos atos. Em outras palavras, o princípio tem a ver com algo pertencente à natureza humana. Porque é assim podia dizer o economista e filósofo inglês Adam Smith (1723-1790) em seu livro sobre a Teoria dos Sentimentos Éticos: “Até a pessoa mais brutal e anticomunitária não está imune à força da compaixão”.

A reflexão moderna nos ajudou a resgatar o princípio compaixão. Foi ficando cada vez mais claro para o pensamento crítico que o ser humano não se estrutura somente sobre a razão intelectual-analítica, necessária para darmos conta da complexidade de nosso mundo. Vigora em nós algo mais profundo e ancestral, surgido há mais de 200 milhões de anos quando irromperam na evolução os mamíferos: a razão sensível e cordial. Ela significa a capacidade de sentir, de afetar e ser afetado, de ter empatia, sensibilidade e amor.

Somos seres racionais, mas essencialmente sensíveis. Na verdade, construímos o mundo a partir de laços afetivos. Tais laços fazem com que as pessoas e as situações sejam preciosas e portadoras de valor. Não apenas habitamos o mundo pelo trabalho senão pela empatia, o cuidado e a amorosidade. Este é o lugar da compaixão.

Quem tratou dessa virtude melhor que nós ocidentais foi o budismo. A compaixão (Karuná) se articula em dois movimentos distintos e complementares: o desapego total e o cuidado. Desapego significa deixar o outro ser, não o enquadrar, respeitar sua vida e destino. Cuidado por ele, implica nunca o deixar só em seu sofrimento, envolver-se afetivamente com ele para que possa viver melhor; carregando mais levemente sua dor.

O terrível do sofrimento não é tanto o sofrimento em si, mas a solidão no sofrimento. A compaixão consiste em não deixar o outro só. É estar junto com ele, sentir seus padecimentos e angústias, dizer-lhe palavras de consolo e dar-lhe um abraço carregado de afeto.

Hoje os que sofrem, choram e se desalentam com o destino trágico da vida, precisam desta compaixão e desta profunda sensibilidade humanitária que nasce da razão sensível e cordial. As palavras ditas que parecem corriqueiras ganham outro sonido, reboam dentro do coração e trazem serenidade e suscitam um pequeno raio de esperança de que tudo vai passar. A partida foi trágica, mas a chegada em Deus é bem-aventurada.

A tradição judaico-cristã testemunha a grandeza da compaixão. Em hebraico é “rahamim” que significa “ter entranhas”, sentir o outro com profundo sentimento. Mais que sentir é identificar-se com o outro. O Deus de Jesus e Jesus mesmo mostram-se especialmente misericordiosos como se revela nas parábolas do bom samaritano (Lc 10,30-37) e do filho pródigo (Lc 15,11-32). Curiosamente, neste parábola, a virada se dá não no filho pródigo que volta, mas no pai que se volta para o filho pródigo.

Mais do que nunca antes, face à devastação feita pelo Covid-19 em toda a população, sem exceção, faz-se urgente viver a compaixão com os sofredores como o nosso lado mais humano, sensível e solidário.

*Leonardo Boff é ecoteólgo e filósofo. Autor com Werner Müller do livro Princípio compaixão & cuidado (Vozes).

 

 

[Fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

 

Prezentado por Sharope Blanco

Keridos Amigos

Saviyash ke Marc Chagall era un pintor judyo ke se yamava Moishe Zakharowitch i ke nasyo en Rusya en Vitebsk, el 7 julyo 1887 ?

Paso a la nasyonalitad franseza en 1937 i se muryo el 28 de marso 1985 en Saint-Paul de Vence.

Chagall kon Picasso era de los mas famozos artistos ke se establisaron en Fransa en el siglo XX. Su ovra, enteramente independente de kualker eskola, se atribua « surrealista » i « primitizmo muevo ». Su identitad judiya se puede klaramente ver en su ovra ande figuran la egzistensya en Shtetle (kazales judyos de la Europe del Este) i el folklor ruso.

Chagall, a parte de su ovra pintada, fue rekonosido ke un autor de poeziyas i un artisto de vitray! Un muzeo se ha fundado a su nombre en Nice, Fransa.

« Si kada vida tiene una fin, devemos koloriar la muestra kon las kolores de muestros amores i muestra esperansa! », eran sus biervos

« El amor de mi mama era tan grande ke para provarlo tuve ke lavorar muy duro », tambien.

« Mi sirko es en los sielos », « La guerra », « La kruz blanka », « La tres kandelas », « La kuchara de leche », « Bevienta del soldado », « El gayo », « La orasyon del judyo », « El aniversaryo », « El ponte de Passy », « La soledad », « La immolasyon de Isaac », las gravuras del opera Garnier en Paris, « El hombre ke korta pan », « La Madonna del Kazal », « Enamorados i las flores », « Enamorados aryento de los lilas » , « La mujer kazada i el assoplador « , « Los pontes ensina del rio la Seine », « Los enamorados ke bolan i el buketo de flores », « Adam i Eva », « Jesus kitando los judyos de Egypto ! » , « Un pintor en el lunar », « Delantre de una pintura », « El violonisto », « El angelo pintor », « Oyir el gayo », las vitrayes de la iglesya Tudeley son sus ovras mayoras.

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Deke vo lo eskrivi esto ?

Nebil i su espoza vinyeron ayer para azerme una sorpreza de PURIM! Fiesto semana entera kon eyos a mi lado …. Mi alma kanta de felisitad!

Nebil ama muncho Chagall i tiene freskas suyas en sus ventanas…. Son transparentes, por seguro! A mi me kaye el kapak! No me plaze todo esto sharonfonfon i fantezisto a parte de las kolores manyifas…… No me entyendo es poko dizir! A el le plaze….

Su mujerika, una pelota de seda, mi kerida Melissa, no le plaze tambien ma esta tanta en edmirasyon delantre de el (lokuras de amor, ahhhh!) ke mizmo si metiya el desino ke el ijo del lechero izo a sinko anyos iva dizir ke es una ovra de arte maraviyoza! Las ijikas! Va i entyendelas! El Di-o ke los alegre komo me alegraron a mi! Me yora la alma para ke vayamos (i kon los gatos!) a Inglaterra. Pya lo tengo todo en regla ma vinid ver ke yo i mi santo korason no estamos dispuestos por agora!

No se si esto sera posivle… Veremos! Me desho ir kon el koryente… No me importa mas ande bivo! Basta el minimum ke tengo de menester! Ke lokura era lo de antes… Me paresiya ke la vida nunka va eskapar! Planos, azer mas i mas planos, merkar…dezear… ver i mas ver…. El mundo me viniya chiko! No kaviya en dingun lugar! Todo era poko i kaliya mas alkansar… Mas lavorar… Mas ganar…. Tener mas.. Agora bivo el kalmo de lo dospues de las tempestas!

Ke kalmo, ke serenitad……Ke maraviya es de bivir, de desharse bivir a lo largo de los diyas… Be keyf! Torni a mis 12 anyos! Bivo mi chikes i mi entusyasmo delantre de kada kozika la mas chika… Tomo plazer de kolores, de jugetes, de historyikas de ser amada i de dar mi immenso karinyo! El bleu de los sielos, los pasharikos, todas las plantas, las frutas, la mar, el sol i la luvya….. La tierra me enkantan! No tuve tiempo en mi manseves de observar esto todo i gozar…

No bastante! Es agora ke me inche de sentimentos maraviyozos i un kanto de adorasyon se assuve de mi para el Kreador de tanta ermozura…

Les di a komer…Verduras komo les plaze! Se namoraron!

Son komo chikitikos ke se van a la eskola primera! La kaza me se alegra de sus rizas, del bruido ke azen para bivir! I yo era ansin ? No me akodro! Estan tan ermozos! Paresen a los artistos… De verlos kon jeans i bluzikas de koton kon mangas kurtas en invyerno (nunka tienen friyo!) sin un gramo de grasa en sus puerpos antrenados de tanto sport, dingunos diran ke este es un profesor i la otra (28 anyos!) una akademista akumplida!

El mundo troko! En mi tiempo, personas ansina eran seryozos, repozados i no komo estos mitad trololos! Amanyana me los va yevar al merkado lokal! Ke veygan lo ke es merkado! Una abundansya ke no tengo visto en dinguna sivdad… Kuando estava en Israel preferiya irme al Shouk (Lod – Ramleh – Carmel) kuando puediya evitar el supermerkado! Lo tengo todo delantre de mis ojos. Ke alegriya era! Guadri este plazer. Dayinda me enkanta…

Ke pasesh una buena nochada (o demanyanada para los unos…)

Karinyozamente,

sharope.blanco@gmail.com

[Orijin: http://www.diariojudio.com]

Escrito por José de Montfort

Jenisjoplin es la segunda novela para adultos que publica la escritora vasca Uxue Alberdi, después de Aulki-jokoa (Elkar, 2009). También ha publicado un par de libros de relatos, así como una crónica literaria, el ensayo Kontrako eztarritik, por el que ha recibido este año el Premio Euskadi, y varios títulos de literatura infantil. Jenisjoplin es la primera de sus obras que se traduce del vasco al castellano y fue galardonada en 2017 con el Premio 111 Akademia, un galardón que otorgan los lectores vascos.

Se trata de una ficción realista que, sin embargo, tiene algo de fantasmagoría o más bien de entelequia, dado que el personaje central que guía el libro es, en sí mismo y por decirlo filosóficamente, principio de su acción y fin. Jenisjoplin es el mote cariñoso que le pone a Nagore Vargas Alkorta su padre, un maqueto (nombre despectivo de los emigrantes españoles que fueron a trabajar a Euskal Herria) con fuerte conciencia de clase y ambición revolucionaria, de quien Nagore heredará el inconformismo y el compromiso con la lucha política de izquierda.

La acción arranca en los últimos días del verano de 2010, cuando la protagonista tiene 28 años, y llega hasta los primeros días de 2014. Sin embargo, gracias a su estructura narrativa de idas y venidas, recorre casi tres décadas de la historia colectiva de Euskadi. Los recuerdos intercalados que la protagonista va dispersando por la narración le imprimen velocidad a la historia y se presentan en tanto que ensoñaciones que revelan una cierta transitoria pérdida de la conciencia, tema que es central en Jenisjoplin.

Y es que el punto de giro de esta historia se produce cuando a Nagore le diagnostican el VIH. Hasta ese momento se ha dejado guiar por la irracionalidad de las pasiones, ha vivido a merced de la violencia del deseo: todas sus relaciones con los demás estaban mediadas por la seducción de la carne. Su vida era un torbellino de pulsiones kamikazes, un seguir hacia delante por pura intuición. La conciencia de la enfermedad, del cuerpo débil y vulnerable, obliga a Nagore a reinventarse, a entender que tiene que parar el vértigo, que en la velocidad y en el límite no está la verdad, sino que esta anda más cerca de la ternura y los cuidados, de la lealtad y del equilibrio de la interdependencia. Al aceptar su debilidad, Nagore adquiere una fuerza mayor, una seguridad férrea que le permite pensar en la idea de futuro y le da, paradójicamente, esperanza.

La historia de Nagore le sirve a Uxue Alberdi para radiografiar a esa generación del “lumpen vasco” nacida en los ochenta, que asiste al abandono de la lucha armada del grupo terrorista ETA, para la que el infierno de la heroína es más una sombra que un recuerdo, pero que aún lucha en las calles contra la policía, se manifiesta (con el temor real de ir presos y acabar torturados) y pone en marcha proyectos periodísticos alternativos. Una generación enrabietada, que se creía inmune, que suda adrenalina y que se ve forzada a acabar cuestionándose si el triunfo y la derrota no son conceptos relativos.

Mención aparte merecen las relaciones paternofiliales que refleja la novela. De un lado, está el vínculo de Nagore con su padre, quien la ha educado sin miedos, en la valentía del arrojo y la disidencia y con quien, en privado, mantiene una extraña relación de colegueo. De otro, está la relación con la madre, más conflictiva, debido al silencio y a la distancia que siempre hubo entre ellas y que, sin embargo, después del divorcio y la marcha del padre, se torna más cercana y, finalmente, gracias a la enfermedad, se atenúa y enternece. Relaciones ambas, unidas a la de su novio Luka (quien permanece a su lado, diligente y amoroso, paciente y amable), que le permitirán a Nagore entender qué es la sororidad, pero también redimirse de la androfilia. A celebrar la serenidad, la calma y el placer de la belleza, sin que este ande mediado por la politización de la ideología de clase.

Uxue Alberdi, Jenisjoplin, traducción de Irati Majuelo Itoiz, Consonni, 2020, 256 págs.

 

[Fuente: http://www.revistaotraparte.com]

 

 

Asistimos a un ‘revival’ del cliché conservador sobre lo inmorales y monstruosos que son todos los intelectuales, en especial los de izquierdas, y a la constatación de que nuestros referentes fueron unos tipos tirando a mala gente.

 

Escrito por Xandru Fernández (*)

¿Fue Michel Foucault un depredador sexual, un pedófilo, un monstruo? No hay pruebas que permitan afirmarlo. ¿De dónde sale entonces el rumor, esa sospecha que están difundiendo algunas cabeceras de la prensa amarilla y/o rojiparda? De Guy Sorman, un escritor francés que, en plena campaña de promoción de su último libro, soltó la perla en una entrevista para The Times. Según Sorman, en 1969 visitó a Foucault en Túnez y allí fue testigo de cómo este citaba a adolescentes en un cementerio para tener sexo a cambio de dinero. Es verosímil, por desgracia. Sea falso o verdadero, no es en absoluto inimaginable, ni sería el primer caso que conociéramos de una conducta semejante por parte de un intelectual de prestigio. Incluso el escenario tunecino es coherente, encaja con la escenografía clásica de la pederastia europea poscolonial, si bien el detalle del cementerio quizá sea un exceso imaginativo que resta verosimilitud al conjunto.

¿Sería asqueroso si fuera cierto? Sí, por supuesto, igual en su caso que en el de André Gide, Gil de Biedma, Pablo Neruda o Antonio Machado. Y en muchos otros: la lista varía en longitud e intensidad, cada uno añade sus filias y sus fobias, disculpa a este o propone a aquel en función de criterios no siempre transparentes, aunque cabe suponer que con la mejor de las intenciones. Lo cual (lo de las intenciones) no es lo de menos: si algo podemos sacar en claro de todas estas discusiones sobre personajes históricos que fueron en su día ejemplo vivo de conductas hoy consideradas por la mayoría como deplorables, censurables y punibles, es que, después de todo, vamos avanzando por la senda del respeto, nos volvemos cada día más compasivos con las víctimas de abusos y atropellos, lo que de algún modo es un consuelo después de ver lo mal que nos está yendo en otras áreas del progreso. Pero supongo que más de un lector querrá agarrarse a alguna forma de relativismo moral o impugnación de ese sentir mayoritario, y no soy yo precisamente el que tenga mucho que objetar a ese enfoque, mucho menos acogiéndome a sagrados universalismos normativos, al contrario: asumo que también yo escribo desde mi propia e intransferible perspectiva, según la cual un adulto que se beneficia de serlo y de tener dinero y poder y experiencia y el respaldo cultural y social de la asimetría poscolonial para tener sexo con niños que no poseen ninguna de esas cosas, y a los que obviamente es sencillo someter exhibiendo todo ese poder, toda esa riqueza y esa exuberancia de señorito metropolitano, merece un trato penal y personal de esos cuyo diseño encargaría uno a la mafia, a Stephen King o al propio Foucault, cuya fascinación por la truculencia conocemos muy bien todos los lectores de Vigilar y castigar.

Si esa sospecha se confirmara, lo que es, de todos modos, mucho suponer, ¿hasta qué punto influiría en nuestra lectura de Foucault? Hasta todos los puntos, me temo: no somos lectores angélicos, capaces de separar la obra del autor, sobre todo si se trata de un autor cuya obra pone en cuestión las aspiraciones universalistas de la epistemología normativa y, por tanto, las de la ética (aunque también de un autor al que debemos un texto bastante razonable sobre el mito del autor y de la coherencia del sujeto de discurso). Lo leeríamos a la luz de esa revelación en la misma medida en que leemos a Heidegger o a Carl Schmitt sabiendo que fueron nazis. Aunque no sea el mismo caso, puesto que Heidegger y Schmitt fueron efectivamente nazis, mientras que lo que estamos comentando de Foucault es tan solo un rumor, por verosímil que sea. ¿Por qué estamos entonces hablando de ello? Por sentido de la oportunidad: Foucault funciona en cierta esfera del infotainment como filósofo de cabecera del pensamiento queer, la posmodernidad y la cultura de la cancelación, de modo que puede parecer oportuno jugar al cazador cazado y usar su endeble constitución moral para atacar a toda la tradición de pensamiento que dice beber de él y, por extensión, a toda la izquierda. Dando por hecho que Foucault fuera de izquierdas, lo que no deja de ser sumamente discutible: toda vez que la pareja izquierda/derecha es solo visible a la luz negra del discurso ilustrado de la emancipación, es difícil encajar ahí una propuesta teórica que se dibuja, si no abiertamente antiilustrada, en todo caso hostil al momento humanista de la Ilustración. Aun aceptando, no obstante, una noción laxa, no humanista ni progresista, de la izquierda, tampoco parece que la « cultura de la cancelación » pegue mucho con Foucault, en la medida en que esta parece abastecerse de una fuente de indignación absoluta y obrar como una especie de tribunal del sentido moral de la cultura no muy congruente con el discurso foucaultiano.

Tal vez estemos a las puertas de un proceso de tipo político, similar al que tuvo lugar hace unos años cuando se trató de « cancelar » a Sartre por su inacción ante los gulag, haciendo de ello una causa general contra el comunismo y la izquierda en bloque. El objetivo, la pieza a batir, si es el caso, sería ahora todo aquello que el pensamiento conservador, de derechas o de izquierdas, considera expresión de una mentalidad malsana, antinatural, hostil a la determinación naturalista de la esencia de las cosas: el pensamiento queer, el posmodernismo, la diversidad como mal absoluto. ¿Qué tiene que ver Foucault con esas cosas? Todo y nada: más allá de la evidente influencia de Foucault en el discurso de las ciencias sociales contemporáneas, y en el tratamiento filosófico de las ideas de sujeto e identidad, lo cierto es que, como imagen corporativa, el magisterio de Foucault hay que reconducirlo a, por una parte, su condición de referencia para autores y activistas del feminismo y los derechos sexuales y, por otra parte, su aura de icono modernillo de cierta izquierda pop que, sobre todo en Estados Unidos, pero también en parte de América del Sur, lo reclama como « uno de los nuestros ».

Sea como sea, estamos lejos de poder abordar con serenidad un debate más grave (de gravitas) sobre cuestiones como esta, puesto que, por un lado, asistimos a un revival del cliché conservador sobre lo inmorales y monstruosos que son todos los intelectuales, en especial los de izquierdas (aunque no lo sean, ni inmorales ni monstruosos ni de izquierdas), y, por otro, a la constatación de que, con cementerios o sin ellos, muchos de nuestros referentes intelectuales fueron unos tipos tirando a mala gente, muy dados a disculpar en sí mismos comportamientos que denunciaban en los demás y a beneficiarse de asimetrías y jerarquías (de poder, de distinción, de capital simbólico y cultural) que decían combatir.

 

(*) Xandru Fernández es profesor y escritor.

[Fuente: http://www.bitacora.com.uy]

El código de comportamiento de la nueva normalidad es una pérdida de lo que conquistaron nuestras abuelas y bisabuelas

Dos chicas se saludan con los codos en Madrid.

Dos chicas se saludan con los codos en Madrid.

La semana próxima tocará un gran amigo, músico de jazz, en un local de Buenos Aires. Recibo la invitación y durante unos minutos el optimismo me domina, porque lo escucharé en vivo y todo volverá a ser como antes. Pero, enseguida, corrijo mi ilusionado error, porque nada volverá a ser igual. No voy a abrazarlo y casi seguramente nadie irá a comer a una fonda donde, después de la música, se conversa hasta las tres de la madrugada. En primer lugar, porque esa fonda no estará abierta ni admitirá, si lo estuviera, una mesa de ocho o diez comensales que griten sus opiniones.

Y también porque cada uno de nosotros tiene miedo, aunque trate de disimularlo con la calma elegante que se llama desenvoltura, a la que Ernst Jünger le dedicó un ensayo. La desenvoltura, afirma Jünger, es la “inocencia de la fuerza”, un talento difícil de poseer e imposible de imitar. Es una gracia que solo excepcionalmente se combina con la fuerza y, mucho menos, con la conciencia de poseerla. Es una especie de alegre serenidad. Ninguna de las palabras que acabo de escribir son toleradas en el reino de la pandemia.

La desenvoltura es improbable si tengo que estar pensando en las consecuencias de cada uno de mis mínimos gestos. La desenvoltura no puede ser desconfiada, porque la desconfianza le haría perder la espontaneidad, que es su rasgo principal. Es imposible ser, al mismo tiempo, autoconsciente hasta la obsesión y desenvuelto.

Hace muchos años, antes de leer el ensayito de Jünger sobre la desenvoltura, yo admiraba esa gracia sin saber que llevaba tal nombre. En el español del Río de la Plata, el sinónimo con que se nombra a un sujeto desenvuelto es “canchero”; para que no me reten quienes custodian la nueva ortodoxia de una lengua transgénero, debo aclarar que ese adjetivo calificaba a los hombres y solo muy excepcionalmente a las mujeres. Con el tiempo, se fue extendiendo a todas las orientaciones sexuales. Más tarde, me pareció que cool quería decir lo mismo en inglés.

Por alguna razón que los historiadores de la moda podrán explicarme, hasta la lejana década de 1960 la desenvoltura no parecía un atributo de la apariencia femenina ni de su estilo. La prueba está en las fotografías de ropa y modelaje que se encuentran a miles en la web. La mujer podía mostrarse casta o explosiva, elegante como Audrey Hepburn o glacial y perfecta como Grace Kelly, pero no desen­vuelta. Marilyn Monroe era atrevida, una cualidad que puede confundirse con desenvoltura. Los actores contemporáneos a esas estrellas fueron bendecidos por la desenvoltura. Pienso en Cary Grant o Frank Sinatra, por ejemplo. El atrevimiento de Marilyn le había costado demasiado. El de Sinatra parece innato.

Casi podría pensarse que la desenvoltura fue una cualidad masculina, o que se apreció solo en los hombres y, de algún modo, se reguló en las mujeres, que debieron recorrer un largo camino para obtener el derecho a la desenvoltura, que es una conquista feminista, como usar pantalones en cualquier circunstancia y no solamente para una situación cuidadosamente definida, como montar a caballo, esquiar o caminar por el campo.

Entre las cualidades que la pandemia ha liquidado, figura en primer lugar la desenvoltura. Si me acerco a un amigo o una amiga se acerca, ambos vacilamos, como si quedáramos una fracción de segundo suspendidos en el gesto acostumbrado, que hoy reemplazamos por los de un nuevo código: pegarse codazos, o golpearse la espalda sin mirarse de frente ni acercarse, o repartir puñetazos inocuos en las costillas. No llamo a esto la nueva normalidad, porque la fórmula me parece un pobre consuelo, ya que perdimos más de lo que ganamos. Lo llamo, en cambio, el fin de los gestos que caracterizaron a viejos y jóvenes hasta hace muy poco. Finalmente, quizá sean mayoría en el planeta las culturas donde la gente no se saludó nunca estrechando la mano o besando la mejilla. Esos dos gestos han sido siempre excepcionales en EE UU, por ejemplo.

La nueva normalidad es un código de comportamiento que no reemplaza al anterior, sino que propone abandonarlo y arreglarnos para obtener una nueva desenvoltura en esos contactos fugaces que imitan, con sanitaria prudencia, nuestros saludos de antaño. La norma impide tocarse a menos de metro y medio de distancia. La nueva normalidad es una pérdida de lo que conquistaron nuestras abuelas y bisabuelas. Pero habrá que arreglarse con los movimientos modelados no por el estilo, sino por las reglas del distanciamiento. Quizá vayamos superando la aparatosa ejecución de codazos y se inventen formas más graciosas de propinar leves puñetazos a nuestros conocidos cuando los saludemos. Quizá los hombres repitan la leve reverencia, apenas una inclinación, con que se acompañaba, sin más contacto, el saludo a una dama.

No hay que impacientarse. Las reglas sociales de la pandemia a lo mejor introducen nuevas formas de la desenvoltura o reciclen viejos gestos. Y un día cualquiera nos encontremos juzgando la gracia puesta en la ejecución del codazo o en el choque de dos puños cerrados.

[Foto: JAIME VILLANUEVA – fuente: http://www.elpais.com]

[BLOG You Will Never Hate Alone] Dans l’affaire qui oppose Richard Berry à sa fille, nous voilà pris au piège de deux sentiments qui s’opposent: la compassion et la nécessité de préserver à tout prix la présomption d’innocence.

Richard Berry le 21 septembre 2017. | Lionel Bonaventure / AFP

Richard Berry, le 21 septembre 2017

Écrit par Laurent Sagalovitsch 

L’un des problèmes posé par les révélations faites par la fille de Richard Berry est que de nouveau nous voilà sommés de prendre parti dans une affaire qui ne nous concerne ni de près ni de loin. Pire, quelle que soit la nature de nos sentiments, ces derniers iront forcément à l’encontre d’un des deux principes qui sont au cœur même de notre humanité: la solidarité quasi instinctive avec la victime et la nécessité de clamer qu’une société qui s’assoierait sur le principe de la présomption d’innocence romprait son attachement à l’idée de civilisation telle qu’on l’entend depuis la nuit des temps.

C’est un principe inaliénable: quiconque se voit accusé sur la place publique de faits hautement répréhensibles, tant que cette personne conteste la version donnée par la partie adverse et jusqu’au jour de son jugement, cette personne demeure envers et contre tout rigoureusement innocente. Le problème étant que ce principe fondamental se heurte à la logique de la justice médiatique laquelle accuse, juge et condamne sans laisser à l’accusé la moindre chance de s’en sortir.

Quand bien même la justice finirait par le laver de tout soupçon, l’écume même de la dénonciation continuera à le poursuivre jusqu’à la fin de ses jours et même au-delà. Coupable ou innocent, il perdra tout: son honneur, sa réputation, l’essence même de sa vie. Certes, s’il est coupable, il n’aura eu que ce qu’il mérite. Mais s’il ne l’est pas? S’il s’avère que les faits qui lui étaient reprochés n’étaient que l’expression d’un trouble de la personnalité, d’une distorsion de la réalité, comment donc cette personne pourrait retrouver la sérénité de sa vie d’avant?

C’est ce qu’il y a de tragique et de douloureux dans ces affaires qui remontent si loin dans le passé. On sent bien que quel que soit le zèle mis par la justice -s’il n’y a pas prescription– ou même la qualité des témoignages recueillis, la vérité n’apparaîtra jamais dans toute sa clarté. On restera à jamais dans une zone grise, cette sorte de clair-obscur de l’intime où à la parole de l’un répondra la parole de l’autre sans qu’on puisse établir d’une manière certaine la véracité des propos tenus.

La victime supposée maintiendra ses dires, la personne accusée clamera son innocence, et nous malheureux public, nous resterons à contempler les uns et les autres s’agiter dans un dévoilement de la vie privée qui nous mettra singulièrement mal à l’aise. De ces deux individus qui s’affrontent sous nos yeux nous ne savons rien, nous ne pouvons rien savoir. À jamais l’assise de leur personnalité, la construction de leur relation, l’intensité de leur animosité, la profondeur de leur ressentiment, nous resteront nimbés de la lumière de l’équivoque.

À aucun prix, nous ne souhaiterons remettre en cause le témoignage de l’accusatrice. Le simple fait d’avoir pu être victime d’attouchements de nature sexuelle à un âge précoce nous la rendra d’emblée sympathique et suscitera notre indéfectible compassion. Par ce simple mécanisme de transfert qui fait que nous n’aurions aimé à aucun prix être à cette place, nous tairons en nous ce petit sifflement du doute qui chantonne au loin sa petite complainte.

Et l’accusé aura beau jeu d’aligner démentis sur démentis, de jurer sur tous les dieux de la terre sa parfaite innocence, il aura toutes les peines du monde à se faire entendre. Face à lui se dressera cette terrible assertion, ce syllogisme de l’évidence contre laquelle il ne pourra rien: pourquoi donc irait-on inventer pareils bobards? Quelle serait donc la personne assez dérangée pour se répandre en de pareilles accusations si elles n’étaient pas l’expression même de la vérité?

Évidemment, ce serait mal connaître le cœur humain et les impossibles conflits dans lesquels parfois il se débat. Ce serait aussi nier la complexité même de la nature humaine, les profondeurs où parfois elle plonge et s’agite, ces insondables mystères dont elle s’entoure quand elle agit d’une manière qui semble défier toute logique. De ces vertiges de l’âme prise aux pièges de ses propres contradictions naissent de temps à autre des drames dont nous ne saisirons jamais la logique interne, le cheminement intérieur.

Ces subtilités ne pèseront guère face à la gravité des accusations. La plupart du temps, elles seront même révoquées avec colère par ceux et celles qui se tiennent aux côtés de la victime. Comment osez-vous rajouter de la souffrance à la souffrance? Comment pouvez-vous remettre en cause la version de cette personne qui a déjà eu à souffrir autant dans la vie? Savez-vous seulement les dégâts occasionnés par ce genre de sévices, cette destruction de la personnalité qui empêche la naissance du bonheur?

Non, nous ne pouvons pas. Non, nous n’oserons pas. Non, nous ne savons pas.

Et c’est bien là tout le problème.

 

[Photo : Lionel Bonaventure/AFP – source : http://www.slate.fr]

 

Juan Carlos Pinto Quintanilla (LWS)

Escrito por Leonardo Wexell Severo

Faleceu nesta quarta-feira, abatido pela Covid-19, Juan Carlos Pinto Quintanilla (Juanca), renomado sociólogo, escritor, intelectual e ex-líder guerrilheiro da Bolívia.

No último período, Quintanilla vinha apoiando o governo do Movimento ao Socialismo (MAS), priorizando a defesa de um projeto nacional de industrialização, com ênfase no lítio, e por meio do aprofundamento da luta política-ideológica e da democratização dos meios de comunicação.

« Estamos perplexos pela perda irreparável deste irmão, expressou o presidente Luis Arce Catacora, para quem Juan Carlos Quintanilla foi “um lutador implacável pela justiça social em favor das grandes maiorias na Bolívia”. “Sua partida deixa um grande legado na trincheira revolucionária. Nossas sentidas condolências à sua família », destacou.

O ex-presidente Evo Morales disse que recebeu com tristeza a notícia do falecimento de Quintanilla, “um intelectual revolucionário que dedicou sua vida e seu compromisso com o povo”. “Nosso profundo pesar à sua família e à militância que o choram”, acrescentou.

Igualmente solidário, o secretário-geral da Aliança Bolivariana para os Povos de Nossa América (Alba) e ex-embaixador da Bolívia nas Nações Unidas, Sacha Llorenti, reiterou que Quintanilla foi “um verdadeiro revolucionário que dedicou a vida à construção de uma sociedade mais justa, um intelectual comprometido com o povo, uma pessoa amável e carinhosa”.

Para o ministro de Governo, Eduardo del Castillo, Quintanilla foi, « um homem que predicou com o exemplo, um revolucionário que sabia que os seres humanos não estão neste mundo para contemplá-lo, mas para transformá-lo”. “Força e serenidade à sua família nestes momentos”, ressaltou.

A ex-ministra da Saúde, Gabriela Montaño, disse não ter palavras neste momento de dor, porque “Juanca Pinto foi um companheiro que sempre pensou no mundo a partir dos homens e mulheres descalços, um lutador social com todas as letras”.

A Defensora do Povo interina, Nadia Cruz, destacou que comunicava a partida do “querido Juanca” com profunda dor em seu coração. « Com sua luta consequente, inabalável e terna, ele nos aponta um caminho a seguir, a construir e não desistir”, enfatizou.

Para o pesquisador e cientista social Porfirio Cochi, “a partida prematura de Quintanilla é uma perda irreparável, pois foi um ser humano sempre solidário, comprometido com as grandes maiorias e consequente com os seus princípios”. Cochi recordou que “neste último golpe de Estado, o de Jeanine Áñez, ele não hesitou em nenhum instante em estar ao lado do povo, combatendo os entreguistas e o servilismo ao imperialismo”.

TRAJETÓRIA MILITANTE

Formado pela Universidade Nacional Autônoma do México (UNAM), Quintanilla retornou à Bolívia em 1985, onde se somou ao Exército Guerrilheiro Tupac Katari (EGTK) junto a Álvaro Garcia Linera, com quem havia estudado os primeiros anos de sua vida em Cochabamba e, posteriormente, convivido no exterior. Por sua militância guerrilheira esteve preso no cárcere de San Pedro durante cinco anos (1992-1997).

Ao concluir seus estudos de sociologia, sua tese sobre o sistema penal intitulada “O cárcere de São Pedro” se esgotou no primeiro mês de publicação. Ao sair da prisão, em 1997, assessorou e coordenou a Pastoral Penitenciária Nacional até 2004, tendo escrito outros quatro livros sobre esta dura realidade, “Cárceres e Família”, “Reforma penal”, “Os cárceres em Bolívia” e “Reflexões livres de um encarcerado”.

Em 2005 foi integrado como responsável de capacitação e difusão da Representação Presidencial para a Assembleia Constituinte (REPAC), ligada à vice-presidência, quando realizou trabalho de acompanhamento e formação de parlamentares.

Entre 2009 e 2010 coordenou a elaboração da Enciclopédia Histórica Documental do Processo Constituinte boliviano, obra composta por oito volumes que reúne a documentação produzida durante o processo de debate e elaboração da Constituição convertida em referência doutrinária à disposição de juízes, fiscais, investigadores, professores e dos cidadãos.

De março de 2011 até fevereiro de 2015 foi diretor do Serviço Intercultural de Fortalecimento Democrático (SIFDE), ligado ao Tribunal Superior Eleitoral (TSE), onde realizou importantes aportes no âmbito da democracia intercultural.

Infatigável, atuou como diretor-geral de Fortalecimento Cidadão da Vice-Presidência do Estado Plurinacional até o golpe de Estado de 2019.

CONTRIBUIÇÃO COLETIVA

Mais do que tudo, Quintanilla era um homem extremamente confiante na força da Humanidade, tendo apontado na pujança do plural o caminho a seguir. Em entrevista que realizamos pouco antes das eleições de outubro de 2020, o sociólogo reafirmou este compromisso. “Necessitamos que as pessoas entendam que estamos construindo a mudança rumo ao bem-estar familiar e pessoal. Como perspectiva política coletiva. A industrialização dos nossos recursos naturais fundamentais básicos é um objetivo central que defendo, que deve estar à frente no combate da superação de crise que vive não só o país, mas todo o mundo, e o nosso continente em particular. Então, é preciso que as pessoas entendam que não poderemos sair da crise sós. Porque o próprio povo pode nos derrubar se não se sentir envolvido, com todos juntos. E nesse processo coletivo já começa a repolitização, que acompanhe as mudanças e que as pessoas sejam protagonistas”.

 

[Foto: LWS – fonte: http://www.cartamaior.com.br]

 

Le Musée juif de Belgique (MJB) expose Kurt Lewy (1898-1963), artiste juif allemand, lié à l’héritage du Bauhaus puis à l’art abstrait belge.

Écrit par Roland Baumann

Kurt Lewy était un des artistes à l’honneur en 2019 dans l’exposition Aufbruch im Westen, au musée de la Ruhr -ouvert sur le site de l’ancien complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein à Essen, sa ville natale. Organisée pour le 100e anniversaire du Bauhaus, cette exposition évoquait la colonie d’artistes de la Margarethenhöhe, cité-jardin que fit construire Margarethe Krupp à Essen. La construction en 1919 d’une maison-atelier, puis d’un grand atelier de céramique, attira à la Margarethenhöhe tout un groupe d’artistes, dont le talentueux photographe Albert Renger-Patzsch, et Kurt Lewy, qui y travaillait avec l’orfèvre Elisabeth Treskow et la relieuse Frida Schoy. Lewy enseignait alors le graphisme à l’école Folkwang d’Essen, un centre majeur de la création artistique moderniste, animé par des notions d’œuvre d’art totale (Gesammtkunstwerk) et dont l’impulsion initiale venait de Karl Ernst Osthaus, célèbre collectionneur et mécène, dont le musée Folkwang rassemblait les chefs-d’œuvre de l’art moderniste européen et aussi de l’art africain.

Démis de ses fonctions par les nazis dès 1933, Lewy s’enfuit en 1935, avec sa femme Lilly Schulte et sa mère malade à Bruxelles. En mai 1940, arrêté par les autorités belges et déporté dans le sud de la France, il est interné à Saint-Cyprien, puis à Gurs, d’où il réussit à s’enfuir en 1942. Lewy regagne Bruxelles et entre dans la clandestinité. En juin 1944, il est arrêté à Woluwe-Saint-Pierre. Enfermé à la Caserne Dossin, il échappe à la déportation, et est libéré en septembre 1944.

Directrice des musées d’Anderlecht et auteur d’un article biographique sur Kurt Lewy, Zahava Seewald précise : « La Belgique reconnut ses talents et une grande exposition de peintures et de miniatures sur émail est organisée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1952. Au lendemain de cette exposition, Kurt Lewy abandonne la figuration pour se consacrer à la peinture abstraite géométrique ». Dans les années 1950, Lewy fait partie des groupes Art Abstrait et Formes, avec des artistes renommés tels Jo Delhaut, Pol Bury et Guy Vandenbranden. Comme le déclarait Lewy à l’exposition Art Abstrait : « l’art ne se conçoit pas pour moi dans le vague, l’indéterminé, l’effervescent, mais bien dans la clarté et la netteté des éléments de mon choix ».

« Oublié de l’art belge »

Commissaire de Kurt Lewy : Towards Abstraction au MJB, Bruno Benvindo souligne que cette exposition, organisée en collaboration avec la galerie anversoise Callewaert-Van Langendonck, « montre l’évolution de Lewy vers l’art abstrait. En tant qu’émailleur, il joue déjà avec les lignes et les couleurs, et s’engage sur le chemin de l’art abstrait. Sa Fenêtre brisée de 1949, un tableau avec la guerre en arrière-plan, manifeste sa volonté de tenir à distance son expérience d’exilé et survivant de la Shoah, telle que l’évoquaient deux natures mortes de 1944 et barbelés de 1947. Lewy fait partie de la jeune peinture belge d’après 1945. Son style, très personnel marque une volonté de grande sérénité, d’équilibre et une recherche formelle qui le caractérise déjà dans sa période figurative. Nous montrons la cohérence de son œuvre et son obsession de recherche formelle. Il n’a pas fait école et sa disparition précoce en a fait un oublié de l’art belge ».

En documentant la participation de Kurt Lewy à la colonie d’artistes de la Margarethenhöhe et l’art moderniste sous la république de Weimar, cette exposition bruxelloise met à l’honneur son œuvre picturale d’après 1945 et contribue certainement à mettre en valeur l’apport de cet artiste juif allemand à la peinture abstraite belge.

Kurt Lewy : Towards Abstraction – Musée juif de Belgique, jusqu’au 7 février 2021. Rue des Minimes 21, 1000 Bruxelles – www.mjb-jmb.org

 

[Source : http://www.cclj.be]

Escrito por Horacio Otheguy Riveira

Desde que falleciera en París a los 53 años, María Callas ha generado muchas páginas, documentales, y algunas películas realizadas por gente prestigiosa y ninguna ha dado la talla. Ni siquiera la dirigida por quien mejor la conoció, el director de teatro, ópera y cine Franco Zeffirelli.

Personaje perfecto para ser idealizado por haber llegado a lo más alto entre los grandes artistas del bell canto, posiblemente la más grande, y decaer fatalmente enamorada como una colegiala del hombre equivocado (el multimillonario hecho a sí mismo, griego como ella, Aristóteles Onassis) hasta morir en angustiosa desolación, como un personaggio di Verdi o Puccini.

Donde mejor se la ha retratado ha sido en el teatro, y ninguna de las dos obras se llevó al cine: Master Class, de Terrence McNally. y La camarera de la Callas, de Roberto D´Allessandro.

Las películas para cine o televisión que se han ocupado de ella han resultado muy malas como, por ejemplo, Callas Forever, inexplicablemente ridícula por su gran reparto y dirección de uno de los más grandes registas de la ópera, Franco Zeffirelli: un bodrio que intenta glosar un periodo de la vida de la diva combinado con una ficción muy artificial. Los protagonistas, excelentes comediantes como Fanny Ardant y Jeremy Irons, dicen un texto sin alma como si leyeran la lista de la compra. O peor aún, con auténticos deseos de pasar página y salir de esos decorados y olvidar que han estado allí.

En la gran pantalla rompe la maldición de la mediocridad el documental Maria by Callas (2017), dirigido por el jovencísimo Tom Volf (París, 1986), donde durante dos horas se está siempre a la altura del inmenso talento de la protagonista. Su principal hallazgo es la creación de una película testimonial sin narrador, con las voces de ella misma en diversos acontecimientos, los periodistas que la entrevistaron y unos pocos personajes como compañeros de ruta.

El relato de sus experiencias profesionales y sentimentales discurre con una serenidad y una placidez muy gratas para el admirado espectador que recibe el mejor regalo que puede pedirse —y que rara vez sucede en los biopic de los cantantes—, pues pueden disfrutarse varias arias completas sin interrupción ni intervención alguna por parte del equipo de producción.

Cada tramo de la película demuestra un amor incondicional por parte del realizador, exhibiendo el talento de la diva y sus debilidades con una delicadeza excepcional. Hay imágenes muy antiguas bien restauradas, igual que otras más recientes. Hay que tener en cuenta que falleció en 1977, de manera que el material está más basado en fotografías que en vídeos, pero lo que se ha rescatado es muy valioso y lo que se escucha tiene gran valor.

El filme está tan bien elaborado que se permite un epílogo conmovedor; hasta el último instante sentimos que convivimos con su último suspiro a través de un repertorio único que reclama la repetición de dos temas de increíble belleza: Casta Diva, de Norma de Bellini, y como coda final, La Mamma Morta de la ópera Andrea Chenier, de Umberto Giordano.

 

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Extracto de una entrevista de Javier Estrada al director Tom Volf, publicada en Metrópoli, diario El Mundo, mayo 2018.

¿Ha sido un lujo poder incluir arias enteras en esta cinta?

¡Por supuesto! Es un regalo que quería hacer a la audiencia y que, en algunos casos, no se extienden más allá de 3 o 4 minutos. Tuve muy claro desde el principio que debía incluir esas piezas en la cinta porque es la manera perfecta de respetar tanto a su autor como a la persona que la interpreta: en este caso, Maria Callas. Es toda una experiencia poder escucharla en una sala de cine, sentado en una butaca, como si ella fuera una actriz que actúa delante de ti. Porque, al fin y al cabo, su trabajo pasaba por interpretar delante del público. Ojalá la gente salga de las salas de cine pensando que Maria ha cantado para ellos.

¿Alguien te ha comentado que Maria Callas es la fuente de la que beben todas las popstars del momento?

¡Todo el tiempo! Y estoy de acuerdo con que es una fuente de inspiración para las popstars actuales. Ella se convirtió en un fenómeno que logró que personas hicieran colas durante horas y hasta días y noches enteras para poder conseguir una entrada. A nadie le extraña hoy ver a una estrella de la música rodeada por una nube de fotógrafos y de fans. Pero, hace 50 años, solo ella lo logró. Consiguió, además, hacer accesible la ópera. Y que los jóvenes apreciaran su música.

¿Qué te han comentado las personas que la conocieron en su vida?

Que era fascinante. Tanto las personas que la vieron durante un momento, con las que intercambió apenas unas palabras, como las que la trataron más a menudo me han comentado que Maria causaba un gran impacto. Saber por qué es un gran misterio que todavía no soy capaz de desentrañar.

Junto a Pier Paolo Pasolini, que la dirigió en Medea, versión libre del clásico de Eurípides donde la Callas fue solo una gran actriz, sin cantar en ningún momento. Por primera y única vez en su carrera.

 

[Fuente: http://www.culturamas.es]

Les professionnels du cinéma appréhendent que la fermeture des salles devienne une mesure sanitaire généralisée. Dans cette tribune, exploitants et distributeurs revendiquent le maintien de leurs activités pour le bien-être du public

Des spectateurs installés devant le film «L’Ile aux oiseaux», projeté dans la salle du cinéma CityClub le jour de sa réouverture, le samedi 6 juin 2020, à Pully près de Lausanne.

Collectif*

La situation sanitaire s’aggrave dans notre pays et nous comprenons la nécessité pour les cantons et la Confédération de renforcer les mesures de protection de la population. Cependant, nous ne comprenons pas pour quelle raison les cinémas feraient partie des premiers lieux à devoir être fermés comme l’ont décidé dernièrement les autorités valaisannes, bernoises et italiennes, cherchant une solution pour faire face à la recrudescence des cas de Covid-19 dans leur région. Une analyse objective des faits devrait conduire à l’inverse: ces lieux sont des refuges et doivent être fermés en dernier.

Des mesures suffisantes

Les fermetures des cinémas ont en effet été prononcées en même temps que celles des théâtres, des musées et des bibliothèques, laissant à penser que ces lieux de culture sont actuellement, d’une quelconque façon, dangereux. Ils présenteraient donc autant de dangers que les discothèques, les stades de foot ou les salles de fitness, qui ont été fermés en même temps. Et représenteraient donc plus de dangers que les restaurants, les bars, les salons de coiffure ou de massages qui eux, restent ouverts.

Contrairement à tous ces lieux, où il peut sembler difficile de respecter constamment les règles de sécurité sanitaire comme la distanciation ou le port du masque par exemple, les salles de cinéma et autres salles de spectacle, où le public est assis, offrent une sécurité éprouvée au-delà même des exigences de l’Office fédéral de la santé publique et des médecins cantonaux. La vision d’un film dans une salle de cinéma reste en effet un moment où l’on peut se sentir en sécurité.

C’est un fait: à ce jour, en Suisse, aucun cinéma n’a été identifié comme lieu de départ de la moindre infection. Cette constatation est également observable dans les autres pays.

Certes, il faut prendre les chiffres avec précaution, mais si on les compare aux données des autres lieux de notre vie sociale, ce type de résultat est assez extraordinaire.

Enfin, pas tant que cela. Les raisons de cette relative sécurité sont d’abord inhérentes à notre métier. Les spectateurs sont assis tranquillement, concentrés, à la découverte d’un nouveau film, regardant tous dans la même direction. Pas d’alcool, pas d’activité physique et pas de contact rapproché risquant de faire oublier les gestes barrières. Mais cette sérénité est aussi directement liée aux mesures prises par les cinémas: tous les spectateurs sont masqués, ils restent à bonne distance les uns des autres, les salles sont systématiquement ventilées durant et entre les projections et le flux des spectateurs entre les séances est géré afin que les partants et les arrivants ne se croisent pas.

Le besoin de s’évader

Si, au printemps, la population suisse a pu s’aérer l’esprit dans la nature et atténuer ainsi partiellement l’impact psychologique d’un semi-confinement, tout porte à croire que les longs mois d’hiver qui s’annoncent vont être plus difficiles à supporter. Maintenir ouverts les lieux de culture permettrait à la population de s’évader et d’échapper, pour un temps, au climat anxiogène généré par cette pandémie, sans pour autant que cette activité fasse prendre des risques inconsidérés aux spectateurs qui se rendent dans ces lieux.

La perspective toute proche d’avoir à renoncer aux traditionnelles fêtes de famille de fin d’année ne réjouit personne. Pourquoi, dans ce cas, priver les gens de cinéma et de spectacles dans des lieux aussi sécurisés?

On comprend bien qu’aujourd’hui l’objectif des autorités est d’assurer le plus longtemps possible l’ouverture des magasins et des entreprises pour ne pas entraver la bonne marche du commerce. L’enjeu sanitaire voudrait toutefois qu’on définisse une liste des activités plus ou moins risquées et qu’on ferme les établissements dans l’ordre de cette liste. À ce compte-là, les cinémas devraient faire partie des derniers lieux à devoir fermer et non pas des premiers.


*Edna Epelbaum, exploitante, Meryl Moser, exploitante, Loïc Trocme, distributeur, Marc Maeder, distributeur, Laurent Dutoit, exploitant et distributeur, Jean-Yves Gloor, attaché de presse

 

[Photo : LAURENT GILLIERON/Keystone – source : http://www.letemps.ch]

 

 

L’itinerari ‘Ciutat’ de la Biennal de Pensament aborda les noves dimensions de la ciutat: habitable, glocal, resilient, saludable, rural, inclusiva i del futur

Carles Muro, Iñaki Alonso i Coque Claret durant l’acte Ciutat Habitable

Escrit per Joan Simó i Rodríguez

És la fi del món. Sembla que tothom hi està d’acord. Plagues, crisis, fam i conflictes polítics diversos fan del nostre planeta un lloc cada dia més terrible. És en moments com aquests que l’utopisme pren força. No en va Plató va escriure la República en plena decadència del model grec de polis, plantejant una societat alternativa que servís de punt final per la pervertida democràcia atenenca. Seguint els seus passos, Sant Agustí d’Hipona va publicar La ciutat de Déu a les acaballes de l’Imperi Romà, i Thomas More ideà la seva Utopia en una Anglaterra recentment eixida de la Guerra de les Roses i a punt d’enfrontar-se al sanguinari regnat d’Enric VIII.

En un context més lleu però no menys decadent, la Biennal de Pensament Ciutat Oberta d’aquest any -celebrada del 13 al 18 d’octubre– ha dedicat un dels seus itineraris a això tan maco de “repensar la ciutat”, amb una clara intenció d’encaminar-la cap a les utopies verdes, sostenibles i digitalitzades dels nostres temps. Aquell qui es fixi en els 7 adjectius que donen nom als diversos models d’urbs que es plantegen durant aquesta setmana –habitable, glocal, saludable, resilient, rural, inclusiva i del futur-, s’adonarà que es tracta de termes totalment líquids, aplicables a tot i a res i que, en general, s’acostumen a fer servir per dotar a qualsevol producte, ideologia o conjunt d’edificis d’un toc brillant i progressista que en fa difícil la crítica.

Però comencem pel principi. Dimarts passat, a la vella fàbrica de Fabra i Coats, els arquitectes Carles MuroAnna PuigjanerIñaki Alonso i Coque Claret van reflexionar sobre el concepte d’habitabilitat, més important que mai ara que això de quedar-se a casa ha passat a ser rutina. Citant al filòsof Pol B. Preciado, Puigjaner va incidir en com les pandèmies acceleren tendències socials preexistents i en el perill d’encaminar-nos cap a una societat més segregada i desigual a través d’aquells discursos que entenen l’habitatge com una eina per a protegir-nos contra tota alteritat.

L’acte va comptar amb la presència en diferit de Nasrine Seraji que, des de París, va recordar-nos com és d’important que els arquitectes tornin a centrar-se en la construcció de vivenda, abandonant els deliris de grandesa que els porten a dissenyar sensacionals edificis mancats de cap vocació social. A això s’hi va afegir una reflexió de Puigjaner sobre la necessitat de desconstruir la figura del professional de l’arquitectura, vestigi d’un passat colonial del qual, segons ella, potser hauríem de desempallegar-nos. “Hem de fer un exercici d’humilitat”, deia Iñaki Alonso.

“Josep Maria Ganyet va deixar anar una sentència lapidària: “El futur ja és aquí, el problema és que és car”.

De les fàbriques a les presons. Dimecres es va celebrar l’acte Ciutat del futur. Mentre Barcelona estava a punt de quedar amputada dels seus bars i terrasses, la periodista Anatxu Zabalbeascoa moderava un debat entre Ethel BaraonaRoi Salgueiro i Oriol Nel·lo, amb l’aparició estel·lar del flamant comissari de la propera Biennal de Venècia: Hashim Sarkis. Mobilitat, desigualtat i tecnologia varen ser els tres punts centrals d’una taula rodona amb més voluntat predictiva que analítica i d’on hom va sortir amb la sensació que l’urbs del demà està cridada a ser més ecològica, més justa, més eficient, més diversa i més de tot.

Va ressonar especialment la idea que, malgrat tot, el futur era a les ciutats i que, per molt que s’han de produir canvis substancials, aquests no passen per un èxode rural massiu, sinó per recuperar conceptes com la walkability de Jane Jacobs, present al futurible París dels 15 minuts. Malgrat tot, varen faltar respostes concretes, guies, plans d’acció determinats que no impliquessin deixar-ho tot en mans de la iniciativa ciutadana, a la qual l’exdiputat socialista Oriol Nel·lo va apel·lar repetidament. Queda molt maco parlar de solidaritat i cooperació, però només els polítics cobren per actuar.

El pati de la Model durant l’acte Ciutat del futur

La tercera xerrada, celebrada al Centre Cívic Can Felipa, va servir per posar aigua a l’embriagador i tecnoptimista de les seves predecessores. No tot és tan esperançador i alegre com el convidat d’honor, Neil Gernshenfeld, va voler-ho veure. José Luis de Vicente i Josep Maria Ganyet van donar la nota més pessimista de la nit, només contrastada per una alegre Mara Balestrini, confiada en l’emprenedoria ciutadana com a motor per a futurs canvis. En una intervenció posterior, Ganyet va deixar anar una sentència lapidària: “El futur ja és aquí, el problema és que és car”.

Quan, a la presentació d’un dels actes, Txell Bonet deia que la biennal tenia la intenció de “servir d’àgora” i no ser “una cosa elitista”, les seves paraules no podien contrastar més amb la realitat. Els vianants que tafanejaven per damunt els improvisats murs del recinte no semblaven entendre res de res. El gemec de la moto d’un gamberro local contrastava amb la serenor i la complexitat d’allò que es deia damunt de l’escenari. La ciutat, aliena a les reflexions dels seus gurus, s’esfondra sense que ningú proposi res per a salvar-la i tot és cada dia més gris i més precari per aquells que no han sentit en sa vida el neologisme “glocal”, inclòs al títol d’una de les conferències.

Després cal tenir present la pandèmia, fèrtil camp de cultiu per a discursos que, ignorant el patiment d’una ciutadania empobrida i angoixada, encara volen convèncer-nos que aquesta catàstrofe ens ha de fer millors persones. Coque Claret no va poder evitar dir-nos que “necessitàvem una pandèmia” per tal d’adonar-nos de com era d’important lluitar contra el canvi climàtic -menció a Greta Thumberg inclosa- i, ja de pas, repensar el nostre model de societat. L’evident desconnexió envers la realitat fa que, determinats plantejaments, malgrat partir de bones intencions, puguin acabar semblant més aviat cínics.

A l’hora del torn de preguntes, un enginyer present entre el públic, un home comú d’aquells que no fan servir expressions com “teixir complicitats” o “generar sinergies”, va demanar respostes, formes de dur a terme aquesta arquitectura del futur sense el suport de les administracions i el gran capital privat. Alonso va parlar de banca ètica i projectes comunals esperançadors, Claret va reincidir en el seu discurs ecologista, cridant a la responsabilitat individual, a renunciar als nostres cotxes i privilegis. A part d’això, cap resposta. Aquí no hem vingut a donar solucions, hem vingut a pensar. Després ens estranya que gent com Trump guanyi eleccions.

La Biennal de Pensament es tanca aquest diumenge. L’itinerari Ciutats s’ha completat amb la taula Ciutat resilient, que podeu recuperar en vídeo aquí. També s’ha celebrat la taula Ciutat inclusiva. I es tanca aquest diumenge amb les sessions Ciutat saludable i Ciutat rural.

[Font: http://www.nuvol.com]

 

El filósofo y escritor español conversa en exclusiva con Culturamas sobre distintos temas que hoy sacuden nuestras vidas. Así como habla de lo mucho que podría “empapar” su nuevo libro “Lluvia oblicua”, afirma que “escribe para curarse del mal de vivir”.

Por Diego Marlasca

Toda una proclama a favor de a literatura se respiran en sus respuestas.

Pregunta: – ¿Por qué escribe? ¿Qué ocurriría en su vida si no escribiera?

Respuesta: – Escribo para curarme del mal de vivir. Creo que si no escribiera me volvería loco. Como decía hace poco una joven escritora, tal vez de no escribir acabaría matando a alguien. De Rilke a Lispector, se dijo hace tiempo que solo vale la pena escribir (y posiblemente leer) aquello que salió a la fuerza, que no pudo no ser hecho. Escribo para distanciarme de un mundo de cuya estupidez abomino. También para liberarme de mis fantasmas, asesinando lo que odio en mí. En tal sentido, escribir es una forma de intervenir en el mundo y a la vez retirarse de él. El frustrado hombre de acción que soy encuentra así una especie de monasterio, un campamento-base para cada día intentar un equilibrio difícil entre la cólera y la serenidad. Aunque no sé, en verdad, si puedo ser sincero sobre todo esto.

P: -En un mundo de ruidos, ¿para qué sirve la literatura?

R: – Es un alivio de nuestro feroz pragmatismo. En la literatura podemos al fin respirar, nos sentimos menos miserables. Secundariamente, es obvio, la literatura sirve también para entretenernos, igual que una película bien hecha o cualquier clase de espectáculo. Y no hay que despreciar la importancia del entretenimiento en un mundo que, desde siempre y para siempre, es extremadamente cruel. Precisamente por esto hay otra función última de la literatura, tal vez un poco desesperada. Creo que nos da armas para sobrevivir en un mundo caótico e implacable. Es posible, quiero decir, que Borges haya salvado más vidas que Freud.

P: – ¿Definiría a “Lluvia oblicua” como un artefacto literario? ¿Por qué?

R: – Es un libro de filosofía, con todos los quebraderos de cabeza y de corazón propios de la filosofía. Es también un «artefacto literario» porque en él el estilo, la rítmica de la letra es clave. Como en Lluvia oblicua se trata, sin moralizar, de reconciliar los opuestos que separamos habitualmente, y prepararnos para una vida mortal, la fluidez circular de lo escrito dice tanto o más que el más duro de los contenidos. De hecho, en ese libro y en otros que me interesan, no hay diferencia entre contenido y forma. Difícilmente podía ser de otro modo en un texto que se ha empeñado en combatir nuestra cobarde separación entre lo sagrado y lo profano. Además, también mi libro es «de ficción» porque, literalmente, no se entiende bien qué relación tiene con lo que llamamos realidad. Fíjese en este fragmento, que es solo un ejemplo: «Nos pasamos el día eligiendo, contando, seleccionando, separando. La misma mañana que ordenamos la basura y nos preocupamos por el medio ambiente, nos recreamos en la crueldad impasible de perseguir a los que han caído del lado del mal. Y esto en medio de fascinantes series televisivas, música reggae de ascensor, supermodelos británicos, ambientes climatizados en temperaturas uterinas y cazadoras de color rojo menstrual». La radicalidad laberíntica de la literatura nos otorga a los escritores y filósofos cierta impunidad. Como se entiende difícilmente, nadie llama a la policía o a los bomberos.

P: – ¿Su literatura sana o alborota los traumas?

R: – En primer lugar, alborota los traumas. A la larga, esto puede ser una forma ardua de sanar. Incluso se corresponde con una medicina anómala que, más en Oriente que en Occidente, gana cada día más adeptos. Algunos no buscamos combatir el mal con quimioterapia, sino escucharlo, dejarle hablar.

P: – ¿La estupidez va en aumento, disminuye o se mantiene?

R: – Aparentemente, va en aumento. Pocas veces hemos visto tantas estrellas imbéciles, tantos ídolos que no son otra cosa que un remedo monstruoso de Dios. ¿Hemos puesto en pie la religión del Ateísmo para esto, para que se multipliquen los dioses de cartón-piedra? No obstante, es posible que esta idea de que la estupidez crece es una ilusión óptica de cualquier época. Junto con la ignorancia y todas las formas del mal, la estupidez es un bajo de fondo que recorre la historia entera. Igual que la energía, aunque en este caso negativa, la estupidez no puede disminuir ni aumentar. Probablemente se mantiene constante. Es otra de las señales de que el Progreso, entendido como un absoluto, es la más tonta de las quimeras.

P: – ¿Estamos condenados a ser la sociedad que escribió Orwell?

R: – Es posible que la ciencia ficción de hace décadas, que nos auguraba un mundo totalitario dirigido por un centro, se haya quedado un poco anticuada. Lo digo porque ahora parece que cada individuo, hombre o mujer, joven o mayor, parece haber interiorizado con sonrisas y aplausos la obediencia al dios Sociedad. Esto explica que la policía sea cada día menos necesaria. Mientras se uno se entretiene y se enreda, también se oprime y se explota a sí mismo. Es lo que se podía llamar opresión expresiva, represión a través de una divertida libertad obligada. No soy un experto en él, pero no sé si Orwell pudo prever tal maravilla.

P: – ¿Cuál es el virus que más daño nos causa como sociedad mundial?

R: – El contagio informativo. Todos los otros virus son formas secundarias de este, daños colaterales. La información masiva nos ha llevado a formas de repetición autómata inimaginables hace treinta años. Con una simpática variante. La Unión Soviética era monstruosamente uniforme. Nosotros hemos logrado un infierno mucho más perfecto, a través de una superficie de variación continuamente espectacular. No sé si Arendt pudo prever esta versión lúdica del totalitarismo. Juraría que si Stalin o Goebbels levantasen la cabeza se quedarían muy impresionados al ver lo lejos que ha llegado el control de las almas. Marchamos todos juntos, pero cada uno con un paso ligeramente personalizado. No me diga que no es políticamente adorable. Ahora bien, tal vez la cosa no es tan grave. No olvidemos que no somos una «sociedad mundial», sino una pequeña secta en la tierra. Nueve décimas partes de la humanidad, literalmente, no saben de qué estamos hablando.

P: – ¿Me podría citar algunos libros a los cuales siempre vuelve?

Para bien y para mal, soy un hombre de libros. No puedo dejar de volver a la Biblia y a Tiqqun, a Chéjov, Walser y Foster Wallace. A Simone Weil, Lispector, Handke y Limónov… la lista es interminable. No soy pacifista, cada día necesito buscar armas para mantenerme en la guerra del mundo. También las busco dentro de una larga lista de nombres hispanos, de Valle a Zambrano, de Rulfo a Onetti, que el autoodio de nuestra cultura mantiene discretamente sepultados.

P: – ¿En camino algún otro libro? ¿Cómo “¿Lluvia oblicua”, también empapará?

La verdad, no sé si he conseguido empapar a alguien con Lluvia oblicua. Está en marcha, muy próximo a terminarse, un libro sobre el encuentro, la lujuria y la tristeza. Se llamará Sexo y silencio, o algo así. Me encantaría mojar a alguien, no sé si con lágrimas de risa, de pena o con fluidos sexuales. Pero hoy el prójimo está muy protegido con un preservativo numérico que ha invadido mentalmente su cuerpo entero. Veo difícil que alguien resulte embarazado.

 

[Fuente: http://www.culturamas.es]

Inclusive

Escrito por Eduardo Affonso

Muita gente criticou um vídeo sobre linguagem inclusiva, com as novas regras para a neutralização do idioma.

Machistas estruturais, homofóbicos crônicos, transfóbicos empedernidos, todos profundos desconhecedores do mistérios da linguagem e da neurolinguística, sentiriam que estariam sendo privados desse instrumento de opressão que é a língua de Camões, Vieira, Machado, Dilma e Carluxo.

Serenados os ânimos, apaziguados os espíritos, todos já devem ter compreendido que a linguagem neutra só trará benefícios, pondo fim à violência lexical e à polarização verbal.

Quem antes passava pela Glória, pela Avenida Atlântica e pela Praça do Ó, abria o vidro do carro e gritava “Traveco filho da puta!”, agora poderá abrir o vidro do carro e gritar “Traveque filhe de pute” – e isso não constituirá mais nenhuma ofensa, porque todo o caráter insultuoso terá sido neutralizado. Em vez de lhe erguer o dedo médio, as profissionais do sexo acenarão felizes, como misses na passarela, sentindo-se acolhidas na sua diversidade.

Quem poderá se sentir agredido/a/e ao ser chamado/a/e de “arrombade”? De “canalhe”, “escrote” ou “babaque”?  Toda a carga negativa, advinda do caráter sexista da língua, terá sido zerada, reduzida a pó.

Ao fim das manifestações contra e pró Freixo ou Crivella, Lula ou Bolsonaro, Fefito ou Giromini, a turma de vermelho e a turma de amarelo poderão se reunir para um chope na orla ou uma catuaba selvagem na Praça São Salvador, se tratando cordial e neutralmente de “petiste corrupte” e “bolsomínie fasciste”. Não haverá briga nem na hora de rachar a conta, porque o “garçom de merde” admitirá que houve um pequeno equívoco naqueles dois zeros a mais na quantidade de pedidos, pedirá desculpas em nome daquele “corne do caixa” e todos cantarão, com cantos e contracantos, o hino nacional e a internacional socialista.

Chame-o de “escrote”, e o guardinha não multará seu carro estacionado irregularmente.

Diga que ele é um “babaque”, e o segurança te deixará entrar (“Mas só desta vez, hein?”) sem máscara no shopping.

Explique que não curte “gorde”, e a moça não ficará magoada – e tampouco você se sentirá humilhado se ela fizer comentários sobre seu “mau hálite”, “falta de pegade” e “pau pequene”.

Por tudo isso, seu idiote, volte lá no vídeo e retire tudo o que disse. Graças àquele troca-troca de vogais, teremos finalmente a serenidade, o entendimento e o respeito de que precisamos para conviver civilizadamente. Tá esperando o quê, caralhe?

 #paz

 

[Fonte: http://www.eduardoaffonso.com]

Dues imatges casuals i l’obra d’una fotògrafa dedicada al retrat de tota mena d’artistes. De Joan Miró i Henry Moore a Doris Lessing, Giacometti o Le Corbusier.

 

Escrit per Gerard E. Mur

En poc temps he topat, casualment, amb dues fotografies d’Ida Kar. En una –una postal– apareix l’escriptora Doris Lessing, guanyadora del Nobel de Literatura el 2007, autora d’El quadern daurat o Canta l’herba. La fotografia és el retrat d’una Lessing jove (30 anys); de mirada resistent i interpel·lant. En l’altra imatge –trobada en una revista– els retratats són el pintor francès Pierre Soulages i la seva dona, Colette Llaurens. Soulages, l’artista de la llum negra, el pintor viu més cotitzat de França, mira dret i seriós l’objectiu; vesteix una granota protectora. En un gest tendríssim, Llaurens, somrient, li agafa suaument l’avantbraç. És el retrat d’una parella sense fissures aparents. Es poden veure recipients de pintura negra i alguna pinzellada al llenç del fons. La fotografia data del 1954 i està feta al taller de París de l’artista. Soulages tenia 34 anys (el desembre passat va complir el centenari). Miro d’esbrinar qui era Kar, quina va ser la seva obra.

Ida Kar
Kar per Kar. |

Ida Kar (1908-1974) va ser eminentment la fotògrafa dels artistes que vivien o passaven per Londres, que és la ciutat on va instal·lar-se el 1945 amb el seu segon marit, el poeta i marxant Victor Musgrave. Abans d’establir-se al Regne Unit, però, la pista de Kar apareix en diversos països. Nascuda a Tambov (Rússia), els seus pares, armenis, traslladen la família a Iran quan la fotògrafa té vuit anys. Amb tretze, la família viu una altra mudança, aquest cop a Alexandria, on Kar estudiarà al Liceu Francès, una escola premonitòria: als vint se’n va a París per cursar Medicina i Química, però aviat ho deixarà estar. Estudia cant i s’escola en els cercles de l’avantguarda parisenca de la Rive Gauche (Pierre Mondrain, Yves Tanguy, Salvador Dalí…). S’interessa ràpidament pel surrealisme i començar a dedicar-se professionalment a la fotografia.

El 1930, Kar torna a Egipte, al Caire, on es casa amb Edmond Belali. La parella obre un estudi fotogràfic (de nom terrible: Idabel). D’aquella època se’n conserven autoretrats (en solitari i en parella), imatges dels pares o estudis surrealistes. Al Caire, de fet, la fotògrafa també freqüentarà cercles artístics (el moviment surrealista Art et Liberté, per exemple). Serà, però, a Londres on la carrera de Kar esclati. Hem dit que el 1945, l’artista s’instal·la al Regne Unit amb el seu segon marit, que ha conegut a Egipte (també hi ha imatges de l’inici de la relació).

A Londres, Musgrave és el fundador i propietari de la Gallery One i és en aquesta sala on Kar desplegarà, el 1954, la seva primera mostra: Forty Artists from Paris and London. Retrats sempre en blanc i negre; les mirades, els cossos i els escenaris dels escriptors Randolph Churchill (fill del primer ministre) i Ronald Duncan, les actrius Mai Zetterling i Sylvia Syms, els pintors John Christoforou i Sam Kaner, els escultors Jacob Esptein i Henry Moore, el fotògraf (i tantes altres coses) Man Ray, Soulages, Lessing, etc.

Joan Miró
Joan Miró per Kar. |

Els retrats –una forma més aviat clàssica– tenen en Kar, en la seva mirada, una manifestació divergent: poden ser perfectament convencionals o poden contenir elements distorsionadors (una composició inusual, una postura inesperada…). És habitual trobar en les imatges un ambient que combina tragèdia i serenor; bondat i confiança. Miró, segons com, si oblidem la camisa i la corbata, sembla un Sant Pare.

Del 1956 fins a la seva mort, Kar serà ajudada per diferents assistents; els més destacats són el futur marxant John Kasmin i Terry Taylor, que també desenvoluparà el paper d’amant esporàdic. Una de les funcions fonamentals dels assistents serà avisar a la fotògrafa de les visites dels artistes estrangers a Londres (alguns els retratarà al seu taller). Establerta definitivament a la capital britànica, part essencial de la vida bohèmia de la ciutat, Kar no deixarà de viatjar: entre el 1957 i el 1959 visita Armènia, la Unió Soviètica, París o Berlín. El 1960 arriba el punt culminant de la seva trajectòria: una exposició retrospectiva, en solitari, a la Whitechapel Gallery. La mostra la situarà en un lloc exacte: serà una de les millors retratistes d’artistes de la segona meitat del segle XX. Per davant de la seva càmera haurà desfilat l’espessor artística de Londres i París.

El llegat artístic de Kar el conserva i difon la National Portrait Gallery des del 1999, any en què va adquirir el fons de la fotògrafa. El 2011, la figura de Kar va viure una nova revifalla gràcies a una extensa i completa exhibició a la seu del museu (Ida Kar: Bohemian Photographer 1908–1974). Fins aleshores, el coneixement popular de la fotògrafa s’havia anat apagant, adormint. Avui, no descarto tornar-me-la a topar enmig d’un llibre, un diari o un catàleg. La seva obra ­–clara i prolífica– pot il·lustrar un llarguíssim grapat de perfils. Kar morí el 1974 al barri londinenc de Bayswater.

 

 

[Font: http://www.nuvol.com]