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Le Canal Saint-Martin

Des personnes au bord du Canal Saint-Martin, à Paris, le 21 février 2021. Anne-Christine Poujoulat/AFP

 

Écrit par Michelle Lecolle

Linguiste, Université de Lorraine

Organisation de la vie publique, projets de loi en débat, problèmes écologiques : tout nous ramène à la question collective et sociale – au politique en définitive. Chaque jour, les mots que nous utilisons parlent aussi de ce qui fait que nous (humains) vivons en société et comment.

Lien social, solidarité et « vivre ensemble », « communs », regroupement, identité et altérité, inclusion et exclusion, ségrégation, classification et hiérarchie : au sein des sociétés, ces questions sont omniprésentes, dans nos pratiques, nos réflexions et les discours auxquels nous sommes confrontés, que ce soit dans notre vie quotidienne ou dans les médias.

Ainsi avec la publicité : par exemple, sur les quais du métro parisien en 2021, cette opposition seul/ensemble, appuyée par l’opposition (choc) entre les photos, dans laquelle le deuxième terme (ensemble) est valorisé.

Affiche dans le métro de la Fondation Abbé Pierre. Photo : M. Lecolle

Ou, dans l’affiche suivante, où l’addition d’individualités (« je », « tu ») ouvre vers un autre possible, avec un pluriel (« ils »), lui aussi positif.

Sur le plan de la langue, le français offre un large éventail de formes linguistiques traitant plus ou moins directement de la vie en société.

Affiche dans la rue, « Je donne, tu donnes, ils nagent ». Photo : M. Lecolle

Parmi ces dernières, les noms supposés désigner le collectif – les noms de groupes humains. Aussi usuels et communs soient-ils, ces noms présentent des propriétés spécifiques sur les plans sémantique et rhétorique, opposant et parfois associant la cohésion et la dispersion, le singulier et le multiple, l’identique et le différent.

Vie et relations en société : lexique, grammaire, expressions

Dans le champ du lexique et de la phraséologie, on trouve plusieurs expressions se rapportant aux relations et structurations sociales : tout d’abord, le mot ensemble – adverbe (être ensemble), déterminant (l’ensemble des gens), nom (créer un ensemble).

Ensuite, plusieurs expressions portent sur la constitution elle-même de groupes : constituer, créer un groupe, un mouvement, une association ; fonder une famille, une communauté, une confrérie, un mouvement ; sur le regroupement : se regrouper en associationêtre, se retrouver en famille(mettre) en commun ou encore (escroquerie) en bande organisée.

La référence à la vie sociale est également présente dans des mots composés et des locutions : intérêt généralbien communbien publiccontrat socialcorps constituécorps socialle « vivre ensemble » ; (avoir) l’esprit d’équipefaire équipefaire société.

Des noms de groupes

Le français, comme de nombreuses autres langues, possède des noms qui, avec une forme au singulier, désignent un groupe, c’est-à-dire une pluralité d’individus isolables mais similaires à certains égards (forêtbouquetbétailhordeargumentairefamillejeunesse).

On les nomme des « noms collectifs », et ils intéressent le grammairien et le linguiste, à plusieurs titres : à cause de la discordance entre la forme (singulier) et le sens (pluriel) et ses conséquences sur l’accord grammatical, sur les jeux de mots qu’elle rend possibles ; à cause du flou attaché à certains d’entre eux (quelles sont les limites d’une forêt, d’une foule, d’une multitude ?) ; à cause aussi des modes d’appréhension différenciés qu’ils permettent (appréhension globale comme un groupe constitué, ou pointant vers les individus), comme ce qui apparait dans la comparaison des deux titres suivants (la jeunesseles jeunes) :

« Manuel Valls a annoncé hier différentes mesures. La jeunesse a été écoutée. » (titre, Direct Matin, 12 avril 2016)

« Le gouvernement sort le grand jeu pour tenter d’apaiser les jeunes. » (titre, Médiapart, 11 avril 2016)

Ou dans cet extrait d’une interview de la philosophe Catherine Larrère (l’humanité/les hommes) :

« Aux XVIIIe ou XIXe siècles, l’humanité était encore une abstraction ; aujourd’hui, c’est devenu une réalité : tous les hommes sont sur le même bateau. Ils sont condamnés à l’intérêt général ! »

Se regrouper autour d’un « faire »

Parmi les noms collectifs, certains désignent spécifiquement des humains : les « noms collectifs humains » par exemple : peuplepopulationmouvement ou encore arméecommunautéassociationcomitégouvernementhumanité.

Ils renvoient, en particulier, à des modes ou objectifs de regroupement, à des relations humaines, à des identités communes, réelles ou supposées.

La société se structure par le biais de l’activité humaine (loisirs, travail) ; dans ce cadre, le regroupement des individus se base sur un « faire ». D’une manière générale, beaucoup de noms d’humains relèvent du « faire » (par exemple, pour les individus, les noms de professions et de statuts sociaux) ; mais, pour les noms collectifs humains, il s’agit plutôt d’un « faire ensemble ».

Voici quelques exemples : compagnieconseilcorporationsyndicatpartigangbandejuryrédactionstafforchestrechoraleéquipeexpéditionassociation

L’observation montre qu’ils ne se répartissent pas harmonieusement sur les réalités à nommer, mais présentent des zones de condensation voire des redondances lexicales, et aussi des manques.

En effet, ils sont plus ou moins nombreux et diversifiés selon les types de milieux et de regroupements sociaux (famille, école, monde du travail, monde politique, justice, religion, loisirs), mais particulièrement abondants dans certains domaines comme l’armée ou l’Église (détachementbataillongarnisonlégionrégimentbrigadepatrouille ; conclavecongrégationsynode, et quelques autres).

Dans le cadre des sociétés humaines, les relations entre humains peuvent être de solidarité ou de filiation, d’amitié, ou encore de hiérarchie, de division ou de conflit. Certains noms collectifs humains sont fondés sur ces relations. En voici quelques-uns : cellulecommunautéconfrériecouplefratriefamilleguildecoterieliguevoisinage.

À partir de ceci, plus spécifiquement encore, certains, comme cellulecouplefamille allient les traits d’/unité interne/du groupe et de/partie d’un tout/, participant d’une structuration de la société.

Le fractionnement en parties peut également relever de l’antagonisme, ce qu’illustrent plusieurs noms collectifs : factionclansectefront.

Un lien entre l’appartenance au groupe et l’identité des membres

D’autres noms collectifs humains posent un lien entre l’appartenance au groupe et l’identité entre les membres du groupe (« être comme » – d’un certain point de vue) : fratriegénérationpublicsociété civileopinion (publique).

Cette identité dessine une appartenance à une même classe (au sens logique) : paysanneriehumanitéjeunessepatronatmagistrature, ou, de manière plus lâche, une appartenance à un même groupe : faire partie d’un orchestre, c’est être musicien, et un orchestre est constitué d’éléments semblables en ce qu’ils sont musiciens.

Musiciens de l’orchestre de Paris qui jouent au Musée d’Orsay le 26 mars 2021. Photo : Stephane de Sakutin/AFP

D’une autre manière, faire partie de la droite, de la gauche, c’est être de droite, de gauche. Et l’opinion publique, comme nom collectif, désigne un ensemble fondé sur une appartenance de ses éléments à… l’opinion publique.

Flou, double sens et problèmes d’identification

On terminera par une illustration succincte de faits d’ambiguïté avec les noms collectifs humains.

D’un point de vue sémantique, ceux-ci présentent, on l’a vu, une prédisposition au flou, mais aussi aux phénomènes de double sens, et ceci en particulier à cause de leur structuration en double niveau (celui du groupe et celui des éléments) évoquée plus haut, à quoi s’ajoute souvent la polysémie (propriété pour un mot d’avoir plusieurs sens, différents mais liés entre eux).

Ainsi dans l’exemple suivant :

« Les voix du peuple : l’espace public sonore au XVIIIᵉ »

Ce titre réfère à un entretien de l’historienne Arlette Farge, 23 mai 2012, à propos de l’ouvrage Essai pour une histoire des voix au XVIIIe siècle (Bayard, 2009). Ici, peuple a deux acceptions possibles : « classe populaire » ou « totalité des individus composant une nation », et les voix peut s’interpréter comme « distribué » sur chaque membre du peuple, ou se rapporter au groupe.

L’exemple suivant (avec société) présente le même type d’ambiguïté (qualification des individus ou du groupe), à quoi s’associe la pratique professionnelle (recours aux statistiques, moyennes) de l’énonciateur – chercheur en sciences sociales.

« On a une société vieille. » (France Culture, 20 mars 2006)

C’est, avec société aussi, de cette même ambiguïté que joue le titre de l’ouvrage de Pierre Le Goff La société malade (paru chez Stock en 2021) ; si l’auteur explique bien dans le descriptif que c’est de la société en tant que telle qu’il est question (« je voudrais montrer en quoi cette crise sanitaire est révélatrice d’un état problématique de notre société »), le lecteur ne peut pas ne pas envisager, en temps de pandémie, la maladie des individus, membres de la société.

Un dernier exemple avec le nom opposition, tiré d’une chronique politique radiophonique, illustrera la difficulté, pour peu qu’on y regarde de près, à circonscrire le référent d’un nom collectif humain (l’opposition) :

« Renseignement pris auprès du gouvernement et de l’opposition, un consensus semble se dégager autour d’un report de quelques mois, un report au mois de juin. » (France Culture, novembre 2020, à propos des élections départementales et régionales, 2021)

Alors que, avec le gouvernement, on sait parfaitement de qui il est question, l’opposition ne reçoit pas la même interprétation : étant donné la pratique journalistique, étant donné aussi le caractère composite de ladite opposition (qui comprend des groupes de tendances diverses, de la droite à la gauche jusqu’à la France Insoumise), la désignation peut valoir pour la totalité ou pour une partie, jugée représentative – et dans ce cas, laquelle ? La question n’est pourtant pas anodine. Parce que routinisée, la pratique de désignation du tout pour la partie n’est ici sans doute pas consciente, et c’est bien l’observation des noms collectifs qui permet de la déceler.

Les groupes humains présentent une réalité composite sur le plan politique et social. Mais la réalité n’en est pas moins riche et complexe sur le plan linguistique, celui des noms collectifs humains. Au-delà de la simple désignation de groupes humains, ceux-ci, comme outils lexicaux et discursifs, interrogent le rapport du groupe aux sous-groupes et à l’individu, et participent de la représentation de ces groupes, voire de leur constitution – langagière.

 

 

[Source : http://www.theconversation.com]

Un an après le début de la crise sanitaire, certains espèrent que l’après-Covid s’inscrira dans le sillage des années 1920.

Paris la nuit, dans un dancing de Montmartre en 1927. | Manuel Orazi via Wikimedia

Paris la nuit, dans un dancing de Montmartre en 1927. | Manuel Orazi via Wikimedia

Écrit par Hélène Bourelle

Depuis mars 2020, les mesures prises pour faire face à la crise sanitaire ont mis un terme aux rencontres, aux voyages et aux fêtes, à une précieuse insouciance qu’on prenait autrefois pour acquise. Malgré la difficulté actuelle à se projeter dans le «monde d’après», l’idée que la crise laissera place à une période de prospérité, d’innovation et de créativité similaire à celle vécue dans les années 1920 fait son chemin. Cette comparaison est révélatrice des fantasmes fortement ancrés dans l’imaginaire collectif, qui continuent d’entourer ces folles années.

Il faut dire qu’après le traumatisme collectif engendré par la Grande Guerre, les Années folles (ou Roaring Twenties) constituèrent une véritable parenthèse d’effervescence culturelle et artistique en Occident. Malheureusement, elles prirent un tour dramatique lorsqu’en 1929, le krach boursier éclata à New York, annonçant de début de la Grande Dépression.

Les rugissantes années 1920

Il ne fait nul doute que la prospérité économique et l’émulation intellectuelle foisonnante, emblématique des années 1920-1929, marquèrent considérablement le XXe siècle. Des deux côtés de l’Atlantique, cette presque décennie fut le théâtre de mouvements qui révolutionnèrent le monde de l’art, à l’image de l’avant-garde surréaliste, de l’expressionnisme ou encore du courant Art déco. Des figures littéraires immuables telles que F. Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, Gertrude Stein, Colette et bien d’autres émergèrent pendant qu’à Paris, Joséphine Baker brûlait les planches et que Coco Chanel bannissait le corset pour libérer le corps des femmes.

Mais les Années folles furent aussi le terrain d’événements moins reluisants. En tant que produit d’une crise majeure, elles furent marquées par d’importantes fractures sociales et identitaires, comme l’explique Olivier Richomme, maître de conférence en civilisation américaine à l’université Lumière Lyon 2 et spécialiste des questions raciales et politiques: «Aux États-Unis, mais aussi en Europe, il y a eu un versant sombre aux années 1920. On mesure toujours l’impact des décisions politiques et sociales prises à l’époque dans la société aujourd’hui.»

Une décennie vécue entre conservatisme et tensions migratoires

En fait, les années 1920 furent loin de véhiculer des idées progressistes. «Aux États-Unis, la décennie 1920 a été marquée par un contexte d’intense ségrégation raciale, précise Olivier Richomme. C’est à cette époque que le Ku Klux Klan, société suprématiste blanche fondée en 1865, a fait son grand retour. Au XIXe siècle, le clan se résumait à des groupuscules isolés. Entre 1924 et 1926, il a atteint son apogée avec 4 millions d’adhérents à travers le pays, dont certains au plus haut sommet de l’État.»

En parallèle, les premiers quotas visant à restreindre l’immigration venue d’Asie, d’Europe de l’Est, du Sud ou encore d’Irlande furent votés à Washington.

«Ceux qui pâtissent des crispations engendrées par les crises sont souvent, en premier lieu, les immigrés.»

Evelyne Barthou, sociologue

«Ces lois spectaculaires eurent pour effet de freiner l’immigration jusqu’aux années 1960. On ne peut s’empêcher de noter l’analogie entre les États-Unis de 1920 et ceux de 2020 sous l’ère Trump», note Olivier Richomme.

Pour Evelyne Barthou, sociologue et enseignante-chercheuse à l’université de Pau, les périodes succédant aux crises sont alimentées par la peur de l’autre: «Les crises peuvent entraîner des phénomènes de repli sur soi et des sentiments de méfiance exacerbée. Ceux qui pâtissent de ces crispations sont souvent, en premier lieu, les immigrés.» À l’heure actuelle, l’immigration cristallise déjà les tensions en Europe et aux États-Unis. Après le mur de Trump le long de la frontière mexicaine, le Brexit et les crispations autour de la supposée porosité des frontières européennes, on peut se demander quel sera l’impact de la pandémie sur les débats autour des questions migratoires.

Années folles pour les uns, noires pour les autres

En Occident, les Roaring Twenties ont également assisté à la montée de l’eugénisme, un ensemble de théories nées de la volonté d’améliorer la race humaine, dont s’inspirèrent les mouvements fasciste et nazi. «Cette pensée, considérée à l’époque comme étant à la pointe de la modernité, a eu des conséquences désastreuses», précise Olivier Richomme. Aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Suède, puis dans l’Allemagne nazie, des campagnes de stérilisation forcées furent menées à grande échelle auprès des populations pauvres et/ou issues des minorités. Une tentative de contrôle des corps qui résonne étrangement avec certaines des décisions actuellement prises aux États-Unis et en Europe. En janvier 2021, la Pologne a interdit l’avortement, suivie de près par l’État de l’Arkansas, en mars 2021. «L’histoire mais aussi l’actualité récente nous montrent que les droits des femmes et des minorités peuvent être bouleversés du jour au lendemain, note Evelyne Barthou. Ces catégories d’individus sont les premières à pâtir des crises. Pour elles, rien n’est jamais vraiment gagné.»

Dès 1920, le 19e amendement entra en vigueur aux États-Unis «Cet amendement donna le droit de vote aux femmes. Mais en réalité, jusqu’au Civil Rights Act de 1965, la majorité des Afro-Américains n’avait pas accès aux urnes. Un comble quand on pense qu’au XIXe siècle, féministes et mouvement anti-esclavagiste travaillaient main dans la main, rappelle Olivier Richomme. En aucun cas les Années folles ne marquèrent une inversion des rapports de force politiques.»

Par-delà les clubs littéraires et les soirées sur fond de jazz ou de charleston, ce supposé âge d’or américain fut aussi traversé par la Prohibition, une manœuvre du lobby conservateur visant à interdire la fabrication et la vente d’alcool sur le territoire américain. «Ce genre de politique d’interdiction à grande échelle n’est jamais le signe d’une société qui se porte bien», analyse Olivier Richomme. Pour cause, la Prohibition favorisa, en coulisses, la montée de la corruption mais aussi des réseaux mafieux ultraviolents de l’entre-deux-guerres.

https://www.ina.fr/video/CPF09003549

Dans les années 1920, l’Occident assista également à l’avènement du capitalisme tel qu’on le connaît aujourd’hui. Une croissance économique soutenue par la mise en place d’une nouvelle division du travail, mais qui vit, en parallèle, se creuser de vertigineuses inégalités. Selon Olivier Richomme, «les Années folles ont été une période de prospérité, mais seule une proportion réduite de la population a pu en profiter». En 1929, l’absence totale de régulation de l’économie, les spéculations à outrance et l’endettement des États menèrent tout droit au krach boursier, la plus grave crise de l’histoire du capitalisme, dont les conséquences sur les populations furent dramatiques. À l’heure où la pandémie accélère les inégalités sociales, on peut plutôt espérer que, contrairement aux Années folles, la fête puisse profiter au plus grand nombre.

Bâtir le monde d’après

Car au-delà des percées scientifiques et technologiques favorisées par la pandémie, l’après-Covid présentera de nombreux défis. «Les gens ont pris conscience des limites de notre système économique et de nos modes de consommation, avance Evelyne Barthou. Il est probable que de nouvelles opportunités ressortent de cette pandémie, mais il faudra rester extrêmement prudent quant à la tournure que prendront les événements.»

L’émergence du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis et le soutien qu’il a reçu en Europe prouvent que les problématiques raciales sont toujours tristement d’actualité.

Parallèlement, quel sera le poids donné à l’impératif écologique mais aussi à la nécessité de repenser les modèles économiques et démocratiques actuels?

«De nombreuses questions éthiques vont se poser, analyse la sociologue. Après cette période de crise teintée de politiques sécuritaires, il faudra être particulièrement vigilant quant à la question de la liberté des individus.» Alors, à défaut de «nouvelles années folles», ne se prendrait-on pas à rêver d’un monde capable de prendre de la hauteur et de cultiver de nouveaux imaginaires pour que cet «après» tant espéré nous permette d’aller (vraiment) de l’avant?

 

[Source :  http://www.slate.fr]

 

El cineasta Bertrand Tavernier, en el Festival de Cannes del 2016

O cineasta Bertrand Tavernier, no Festival de Cannes do 2016.

 

Escrito por ANXO LUIS ÓSO

O falecemento dunha persoa á que coñecemos supón un revulsivo no noso interior e un revivir situacións gravadas no recordo; isto sucedeume ao coñecer a noticia da desaparición de Bertrand Tavernier.

Máis aló de lembrar as sensacións que xorden cando vemos os seus filmes e que son testemuño da súa admiración pola historia, a súa preocupación pola realidade social dos grupos máis diversos, o seu desexo de obrigarnos a non esquecer a repercusión das guerras sobre as persoas ou evidenciarnos a importancia da educación, vénme á cabeza a súa profunda humanidade e a súa continua preocupación pola cultura e a educación, todo iso envolto nunha gran proximidade e calidez no trato coas persoas que se lle achegaban.

Eses trazos puidémolos constatar en Santiago de Compostela cando aceptou participar (e pronunciar a conferencia de clausura) no terceiro Congreso Internacional de Historia e Cine (2011). Estivo connosco toda a semana e participou de xeito activo con presentacións e coloquios no ciclo das súas películas que se proxectaban diariamente (recordo cando o primeiro día me preguntou: «¿A que hora é a proxección?» e como, ao dicirlle que non estaba obrigado a ir, asegurou que tiña gran interese).

A súa humanidade mostrábase nos pequenos detalles como a súa admiración (como bo gourmet) polo arroz negro que probou e que fixo que lle regalásemos unhas bolsas de tinta de lura para que puidese elaboralo na súa casa.

Nos seus encontros cos xornalistas, en faladoiros cos congresistas, nas sobremesas cos relatores, sempre mostraba que as temáticas das súas películas eran vivencias e preocupacións persoais. A cultura era unha obsesión para el e loitaba, como fixo sempre na sociedade francesa, por transmitir aos seus interlocutores a necesidade de non esquecelo, con aquela frase que repetía: «Cuestionase o que se inviste en cultura, pero non se preguntan o custoso que é para un país ter unha sociedade inculta».

Anxo Luis Óso é catedrático de Historia do Cine da Universidade de Santiago

 

[Imaxe: IAN LANGSDON/EFE – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Escrito por MIGUEL ANXO FERNÁNDEZ

Pídela a un documental unha boa historia, pero tamén que che sorprenda, que fuxía do canon, ese pousado déjà vu que afecta o xénero e que moitas veces non é tanto dispor de produción como relucir talento. Maite Alberdi (Santiago de Chile, 1983) vai sobrada do último e administra moi ben un orzamento que se adiviña limitado. Son varias as sensacións que provoca O axente topo, un dos filmes máis orixinais que este comentarista teña visto en anos, que son bastantes… A primeira, o acerto en elixir a Sergio Chamy -actor debutante case nonaxenario-, un faísca de lei, que responde a un anuncio para traballar de detective infiltrado nunha residencia de maiores e sacar de dúbidas a unha clienta con sospeitas de malos tratos á súa nai. Chamy achega crédito e dignidade ao resultado, tanto pola súa riqueza xestual, como polo seu físico e incluso a súa voz. O que arrinca con aparencia de parodia de Bond, coqueteando co documental, derivará en un torrente emocional que desborda a pantalla.

Aqueles primeiros minutos, os preparatorios do improvisado investigador, progresan en canto o noso home penetra na institución e comeza a investigar, enviando os informes preceptivos nun ton que non desvelaremos para evitar spoiler, entre outras cousas porque tamén o suspense está ben armado. Certo que a moral final xira ao redor da soidade, mal que afecta moi en particular ás sociedades urbanas.

Os distintos retratos de muller que vai trazando a cinta teñen no noso home ao seu peculiar terapeuta, e nese sentido hai secuencias impagables. Non afirmarei que debese ser de visión obrigada, pero faría moito ben a difusión masiva dunhas imaxes que zumegan verdade e, aínda na súa dureza, tamén encanto. O xurado do pasado Ourense Filme Festival, presidido por Inés París, concedeulle o seu premio especial «pola brillantez e orixinalidade coa que aborda un tema tan actual e sensible […]. O seu magnífico retrato do desamparo, a vulnerabilidade e a capacidade de esperanza dos seres humanos, sacando o máximo partido a un elenco non profesional». Suficiente.

«O AXENTE TOPO»

Chile, Alemaña, España, EE.UU., Holanda. 2020

Directora: Maite Alberdi

Intérpretes: Sergio Chamy, Rómulo Aitken, Marta Oliveirais, Zoila González, Berta Ureta, Petronila Abarca

Documental

84 minutos

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

El pasado día 25 nos dejó Bertrand Tavernier, uno de los últimos clásicos del cine francés. El cineasta, nacido en Lyon en 1941, tenía 79 años. Su filmografía, diversa en temas y estilos, refleja como pocas la influencia del cine estadounidense y su adaptación a una escritura propia y profundamente personal.

Escrito por Eulàlia Iglesias

La ópera prima de Bertrand Tavernier (1941-2021), “El relojero de Saint Paul” (1974), tuvo algo de contramanifiesto. Nacido en Lyon en 1941, la formación del francés se ajusta a las dinámicas del bullicioso ecosistema cinéfilo que floreció en el París de posguerra. Funda con algunos colegas un cineclub, el Nickelodeon, destinado a recuperar películas estadounidenses, y escribe como crítico en diferentes revistas. Es la única figura significativa que colabora tanto en ‘Cahiers du cinéma’ como en ‘Positif’, las dos publicaciones que polarizan los debates de la época. Acaba asociado a la segunda cabecera, pero destaca como la firma más cahierista de ‘Positif’ por su defensa del cine norteamericano. Y al mismo tiempo, para su puesta de largo tras la cámara, contrata como guionistas a Jean Aurenche y Pierre Bost, los dos escritores que se habían convertido dentro del ámbito de influencia de la nouvelle vague en el epónimo de esa cierta tendencia del cine francés contra la que cargaba François Truffaut en su famoso artículo de 1963.

Tanto en su escritura como en su práctica fílmica, Tavernier se sitúa en una tercera vía. Su filmografía se distancia del anhelo de modernidad de parte del cine francés de los 60 y los 70 para resituarse en una tradición narrativa de raíz literaria. Pero también está atravesada como pocas por las influencias del cine de género estadounidense y la fascinación por la cultura afroamericana. Celebra, por ejemplo, esa tradición francesa (y belga) de acoger y reivindicar el jazz en “Alrededor de la medianoche” (1986), que brindó a Herbie Hancock un Óscar a la mejor banda sonora, y recorre junto a Robert Parrish el sur de Estados Unidos en el documental “Mississippi Blues” (1983). Además de sus peculiares incursiones en el polar, como su ópera prima o esa variante del género de época y rural que es “El juez y el asesino” (1976), en los años posteriores ofrece títulos marcados por una reconexión a la vida desde un tono entre la nostalgia y la ligereza renoiriana, como “Un domingo en el campo” (1984), “Daddy Nostalgie” (1990), la última película que protagoniza Dirk Bogarde como ese padre ausente con el que se reconcilia el personaje de Jane Birkin, o incluso un homenaje en femenino al cine de aventuras (y a la figura de Riccardo Freda), “La hija de D’Artagnan” (1994).

Tradición narrativa de raíz literaria. Foto: George Wilhelm (Getty Images)

Tradición narrativa de raíz literaria. Foto: George Wilhelm (Getty Images)

Junto a estos filmes de contornos luminosos, el cine de Tavernier también presenta títulos más sombríos en los que, ya sea desde una mirada histórica o desde una perspectiva actual, plasma un sentimiento de desolación respecto al devenir de la sociedad contemporánea. En sus bellísimas aproximaciones a la Primera Guerra Mundial, “La vida y nada más” (1989) y “Capitán Conan” (1996), se interna en el conflicto bélico desde una escala humanista que le permite recoger el dolor causado por la batalla. “Ley 627” (1992) anticipa “The Wire” en su manera de despojarse de las inercias del policíaco clásico para ofrecer una inmersión realista en el funcionamiento de una brigada antidroga que acaba proyectando una denuncia estructural del sistema. Y en “La carnaza” (1995) perfila un retrato de esa juventud de fin de siglo atrapada en su fascinación nihilista por la Norteamérica del consumismo.

En “Hoy empieza todo” (1999) se adentra en el cine social con puro acento francés. Aquí, el profesor protagonista no pretende convertirse en esa figura mesiánica que consigue convertir o salvar a sus alumnos, sino que actúa como un agitador que nos recuerda que la enseñanza es una cuestión de estado clave para garantizar la igualdad de derechos y el bienestar de los menores. Con “Salvoconducto” (2002) se mete de lleno en el cometido incómodo e insólito de calibrar el papel de la industria del cine francés durante la ocupación nazi, en un drama que, sin embargo, resulta en exceso convencional en su reivindicación de los profesionales que trabajaron en ese difícil contexto. En uno de sus últimos títulos, el southern noir “En el centro de la tormenta” (2009), regresa desde la ficción a ese sur norteamericano por el que ha transitado de otras formas. “Las películas de mi vida” (2016) constituye su más que oportuno testamento, un recorrido propio por el cine francés que marcó su trayectoria vital y profesional. ∎

El recuerdo empieza hoy


La muerte en directo 
(1980)
Actriz habitual de Claude Sautet, uno de esos directores fuera de la órbita cahierista reivindicados por Tavernier, Romy Schneider se confirma como la intérprete más conmovedora del cine europeo en este insólito filme en torno a una mujer que se deja filmar en sus últimos días de vida. El francés anticipa la tendencia de convertir en entretenimiento la intimidad de los individuos en este cruce entre la ciencia ficción y el melodrama que se despliega a ritmo de thriller, dejando a su paso un rastro de profunda amargura.

1280 almas (1981)
En una de las mejores traslaciones de una novela a la gran pantalla, Tavernier trasplanta la novela homónima de Jim Thompson de la Norteamérica profunda cargada de inercias racistas al Senegal ocupado por los franceses. Philippe Noiret, actor fetiche de su carrera, da vida al policía que convierte su mediocridad en la mejor coartada para cometer impunemente una serie de crímenes. El director mantiene el trasfondo de humor oscuro en este retrato de la sofocante podredumbre ética que preside la vida cotidiana de la Francia colonial.

Capitán Conan (1996)
En las postrimerías de la Primera Guerra Mundial, el capitán Conan (un enérgico Philippe Torreton) encarna a una estirpe a punto de desvanecerse, la del hombre que encuentra en la batalla su razón de ser, enfrentado tanto a las élites militares como a un ejército funcionarial, y que esgrime a la vez un férreo código ético. Tavernier sitúa a sus personajes en esa tierra de nadie de los conflictos remanentes tras un armisticio para poner en evidencia los desajustes propios de una guerra, y cierra su filme con uno de los epílogos más desoladores, en su trágica normalidad, del cine bélico.

Las películas de mi vida (2016)
En la introducción a su voluminoso repaso a “50 años de cine norteamericano” (1991; coescrito con Jean-Pierre Coursodon), Tavernier aboga por una práctica crítica que mantenga “la apertura de espíritu” y “un eclecticismo más sereno”, frente a las tendencias dogmáticas de otras épocas. Esta predisposición se hace patente en “Las películas de mi vida”, esas memorias cinéfilas que cierran su filmografía y tienen mucho de recuperación de buena parte del cine francés denostado por la política de los autores. Aunque el filme arranca con otro de esos cineastas amados igualmente por ‘Cahiers’, Jacques Becker, cuya obra Tavernier resume de la mejor forma posible como un cine de la “decencia ordinaria”.

« La définition de l’IHRA a semé la confusion et affaibli la lutte contre l’antisémitisme », écrivent plus de 200 universitaires de différents pays, engagés dans les études sur l’histoire de l’Holocauste, les études juives et les études sur le Moyen-Orient, qui viennent de publier la  « Déclaration de Jérusalem sur l’Antisémitisme » (JDA).

jda

Cette définition, qui retoque la définition de l’IHRA (l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste), estime que la critique, même radicale, du sionisme, n’est pas de l’antisémitismeEt en accord avec l’arrêt de la CEDH, elle souligne qu la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre le régime israélien, n’est pas antisémite non plus.

Macron qui avait assimilé l’antisionisme à l’antisémitisme lors du diner du CRIF de février 2019, est ainsi remis à sa place, de même que les parlementaires qui ont voté la « résolution Maillard » et adopté la définition très biaisée de l’IHRA.

Préambule

Nous, soussignés, présentons la Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme, le produit d’une initiative née à Jérusalem. Nous incluons dans notre groupe des universitaires internationaux travaillant dans les études sur l’antisémitisme et les domaines connexes, y compris les études juives, de l’Holocauste, d’Israël, de Palestine et du Moyen-Orient. Le texte de la Déclaration a bénéficié de consultations avec des juristes et des membres de la société civile.

Inspirés de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, de la Convention de 1969 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, de la Déclaration de 2000 du Forum international de Stockholm sur l’Holocauste et de la résolution des Nations Unies de 2005 sur la mémoire de l’Holocauste, nous soutenons que si l’antisémitisme présente certaines particularités, la lutte contre lui est indissociable de la lutte globale contre toutes les formes de discrimination raciale, ethnique, culturelle, religieuse et de genre.

Conscients de la persécution historique des Juifs à travers l’histoire et des leçons universelles de l’Holocauste, et regardant avec inquiétude la réaffirmation de l’antisémitisme par des groupes qui mobilisent la haine et la violence dans la politique, la société et sur Internet, nous cherchons à fournir un outil utilisable, définition de base concise et historiquement informée de l’antisémitisme avec un ensemble de lignes directrices.

La Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme est une réponse à « la définition de l’IHRA », le document qui a été adopté par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) en 2016. Parce que la définition de l’IHRA n’est pas claire à certains égards et largement ouverte à différentes interprétations, elle a semé la confusion et a généré une controverse, affaiblissant ainsi la lutte contre l’antisémitisme. Notant qu’elle se qualifie elle-même de « définition de travail », nous avons cherché à l’améliorer en offrant (a) une définition de base plus claire et (b) un ensemble cohérent de lignes directrices. Nous espérons que cela sera utile pour surveiller et combattre l’antisémitisme, ainsi qu’à des fins éducatives. Nous proposons notre déclaration non juridiquement contraignante comme alternative à la définition de l’IHRA. Les institutions qui ont déjà adopté la définition de l’IHRA peuvent utiliser notre texte comme un outil pour l’interpréter.

La définition de l’IHRA comprend 11 « exemples » d’antisémitisme, dont 7 se concentrent sur l’État d’Israël. Bien que cela insiste indûment sur un aspect polémique, il existe un besoin largement ressenti de clarté sur les limites du discours et de l’action politiques légitimes concernant le sionisme, Israël et la Palestine. Notre objectif est double: (1) renforcer la lutte contre l’antisémitisme en clarifiant ce qu’il est et comment il se manifeste, (2) protéger un espace de débat ouvert sur la question épineuse de l’avenir d’Israël / Palestine. Nous ne partageons pas tous les mêmes opinions politiques et nous ne cherchons pas à promouvoir un agenda politique partisan. Déterminer qu’un point de vue ou une action controversée n’est pas antisémite n’implique ni que nous l’approuvons ni que nous ne l’approuvons pas.

Les lignes directrices qui se concentrent sur Israël-Palestine (numéros 6 à 15) doivent être prises ensemble. En général, lors de l’application des directives, chacune doit être lue à la lumière des autres et toujours en tenant compte du contexte. Le contexte peut inclure l’intention derrière un énoncé, ou un modèle de discours au fil du temps, ou même l’identité de l’orateur, en particulier lorsque le sujet est Israël ou le sionisme. Ainsi, par exemple, l’hostilité envers Israël pourrait être l’expression d’une animosité antisémite, ou elle pourrait être une réaction à une violation des droits de l’homme, ou cela pourrait être l’émotion qu’une personne palestinienne ressent en raison de son expérience aux prises avec l’État d’Israël. En bref, il faut du jugement et de la sensibilité pour appliquer ces lignes directrices à des situations concrètes.

Définition

L’antisémitisme englobe la discrimination, les préjugés, l’hostilité ou la violence contre les Juifs en tant que juifs (ou les institutions juives en tant que juives).

Lignes directrices

A- En général

1- Il est raciste d’essentialiser (traiter un trait de caractère comme inhérent à une population donnée) ou de faire des généralisations négatives radicales sur cette population. Ce qui est vrai du racisme en général est vrai de l’antisémitisme en particulier.

2- Ce qui est particulier dans l’antisémitisme classique, c’est l’idée que les Juifs sont liés aux forces du mal. Cela est au cœur de nombreux fantasmes anti-Juifs, tels que l’idée d’une conspiration juive dans laquelle « les Juifs » possèdent un pouvoir caché qu’ils utilisent pour promouvoir leur propre agenda collectif aux dépens des autres. Ce lien entre les Juifs et le mal se poursuit dans le présent: dans le fantasme que « les Juifs » contrôlent les gouvernements avec une « main cachée », qu’ils possèdent les banques, contrôlent les médias, agissent comme « un État au sein d’un État », et sont responsable de la propagation de la maladie (comme Covid-19). Toutes ces caractéristiques peuvent être instrumentalisées par des causes politiques différentes (et même antagonistes).

3- L’antisémitisme peut se manifester par des mots, des images visuelles et des actes. Des exemples de formulations antisémites incluent des déclarations selon lesquelles tous les Juifs sont riches, intrinsèquement avares ou antipatriotiques. Dans les caricatures antisémites, les Juifs sont souvent dépeints comme grotesques, avec de gros nez et associés à la richesse. Des exemples d’actes antisémites sont: agresser quelqu’un parce qu’il ou elle est juive, attaquer une synagogue, barbouiller des croix gammées sur des tombes juives, ou refuser d’embaucher ou de promouvoir des gens parce qu’ils sont Juifs.

4- L’antisémitisme peut être direct ou indirect, explicite ou codé. Par exemple, « Les Rothschild contrôlent le monde » est une déclaration codée sur le pouvoir présumé des « Juifs » sur les banques et la finance internationale. De même, dépeindre Israël comme le mal ultime ou exagérer grossièrement son influence réelle peut être une manière codée de racialiser et de stigmatiser les Juifs. (Les signataires ne sont pas spécialistes de géopolitique et pas nécessairement les mieux placés pour juger de l’ « influence réelle » d’Israël. NDRL) Dans de nombreux cas, l’identification de la parole codée est une question de contexte et de jugement, en tenant compte de ces lignes directrices.

5- Nier ou minimiser l’Holocauste en affirmant que le génocide nazi délibéré des Juifs n’a pas eu lieu, ou qu’il n’y avait pas de camps d’extermination ou de chambres à gaz, ou que le nombre de victimes ne représentait qu’une fraction du total actuel, est antisémite.

B – Israël et Palestine: des exemples qui, à première vue, sont antisémites

6- Appliquer les symboles, images et stéréotypes négatifs de l’antisémitisme classique (voir directives 2 et 3) à l’État d’Israël.

7- Tenir les Juifs collectivement responsables de la conduite d’Israël ou traiter les Juifs, simplement parce qu’ils sont Juifs, comme des agents d’Israël.

8- Exiger des gens, parce qu’ils sont Juifs, qu’ils condamnent publiquement Israël ou le sionisme (par exemple, lors d’une réunion politique).

9- En supposant que les Juifs non Israéliens, simplement parce qu’ils sont Juifs, sont nécessairement plus fidèles à Israël qu’à leur propre pays.

10- Refuser le droit des Juifs dans l’État d’Israël d’exister et de s’épanouir, collectivement et individuellement, en tant que Juifs, conformément au principe d’égalité.

C. Israël et Palestine: des exemples qui, à première vue, ne sont pas antisémites (que l’on approuve ou non la vue ou l’action)

11- Soutenir la demande palestinienne de justice et la pleine reconnaissance de leurs droits politiques, nationaux, civils et humains, tels qu’ils sont inscrits dans le droit international.

12- Critiquer ou s’opposer au sionisme en tant que forme de nationalisme, ou plaider pour une variété d’arrangements constitutionnels pour les Juifs et les Palestiniens dans la région située entre le Jourdain et la Méditerranée. Il n’est pas antisémite de soutenir des arrangements qui accordent une égalité totale à tous les habitants « entre le fleuve et la mer », que ce soit dans deux États, un État binational, un État démocratique unitaire, un État fédéral ou sous quelque forme que ce soit.

13- Critique étayée sur les agissements d’Israël en tant qu’État. Cela inclut ses institutions et ses principes fondateurs. Cela inclut également ses politiques et pratiques, nationales et étrangères, telles que la conduite d’Israël en Cisjordanie et à Gaza, le rôle qu’Israël joue dans la région, ou quelle que soit la manière dont, en tant qu’État, il influence les événements dans le monde. Il n’est pas antisémite de signaler une discrimination raciale systématique. En général, les mêmes normes de débat qui s’appliquent à d’autres États et à d’autres conflits d’autodétermination nationale s’appliquent dans le cas d’Israël et de la Palestine. Ainsi, même s’il est controversé, il n’est pas antisémite, en soi, de comparer Israël avec d’autres cas historiques, y compris le colonialisme des colons ou l’apartheid.

14- Le boycott, le désinvestissement et les sanctions sont des formes courantes et non violentes de protestation politique contre les États. Dans le cas israélien, ils ne sont pas, en eux-mêmes et par eux-mêmes, antisémites.

15- Le discours politique n’a pas besoin d’être mesuré, proportionné, tempéré ou raisonnable pour être protégé en vertu de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ou de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres instruments relatifs aux droits de l’homme. Les critiques que certains peuvent considérer comme excessives ou litigieuses, ou comme reflétant un « double standard », ne sont pas, en soi, antisémites. En général, la ligne qui sépare discours antisémite et non antisémite est différente de celle entre discours déraisonnable et raisonnable.

[ Traduit par Philippe G. pour CAPJPO-EuroPalestine – source et liste des signataires sur : https://jerusalemdeclaration.org/ – reproduit sur http://www.mediapart.fr]

Proust es un escritor impresionista, y la materia de su arte es el tiempo y el pasado, que vuelve a él a través de sensaciones a las que les da palabras.

Escrito por Derian Passaglia

Marcel Proust no es solamente uno de los mejores escritores del siglo XX, también es uno de los ensayistas más intuitivos y sensibles. El ensayo no se asocia a la sensibilidad, sino a la inteligencia, a la habilidad para argumentar. Proust cambia el paradigma, y dice que no es necesaria la inteligencia a la hora de escribir: “Cada día me doy cuenta de que solo fuera de ella puede volver a captar el escritor algo de nuestras impresiones, es decir, alcanzar algo de sí mismo y de la materia única del arte”. Antes que razonamiento, el arte exige de nosotros algo que escapa a toda comprensión, y que es posible cuando dejamos de lado la lógica y la inteligencia y nos aproximamos a los sentimientos y las impresiones. Proust es un escritor impresionista, y la materia de su arte es el tiempo y el pasado, que vuelve a él a través de sensaciones a las que les da palabras. Cada hora de nuestra vida, piensa Proust, se encarna y se oculta en cuanto muere en algún objeto material. Por eso los objetos son importantes en su literatura, y de hecho los siete tomos de En busca del tiempo perdido nacen de una taza de té.

Cuando Proust tiene que hablar sobre Balzac lo hace a través de las lecturas de las personas que lo rodeaban: condesas, mesdames y señores distinguidos de la alta sociedad francesa del siglo XIX. En esto se parece un poco a Manuel Puig, salvando las distancias, quien hace de los lenguajes de tías, abuelas y madres de pueblos del interior de provincia una forma literaria. César Aira dijo que escribía novelas convencionales para señoras burguesas. Hay una potencia vanguardista en utilizar registros orales que pertenecen a sectores considerados conservadores, el lenguaje de la clase media vuelto forma literaria. Proust, en cambio, es un señorito bien, delicado y distinguido, que supo mirar el universo de su clase social para transformar la gran novela del siglo XIX en tiempo, subjetividad, impresiones y pasado.

Para Proust, Balzac es un historiador. Le parece vulgar y grasa, pero igual lo quiere, porque escribe sin medir sus palabras, con la fuerza de un estilo que le nace de adentro: “De Balzac sabemos todas sus vulgaridades, que al principio nos han repelido; luego se empieza a gustar de él, se sonríe ante todas esas simplezas que tan suyas son, y se gusta de él con un poquitín de ironía mezclada con ternura; conocemos sus defectos, sus mezquindades, y las apreciamos porque constituyen su más acusada característica”. A Proust le llama la atención cómo Balzac considera sus personajes como personas reales de carne y hueso, una diferencia que para Proust será fundamental para renovar el arte literario. Balzac muestra tantos y tantos detalles reales que se termina convirtiendo en arte, al exponer en sus novelas un documento de época. Proust lee a Balzac como si lo diseccionara en sus diferentes elementos, y viera en la composición de sus “exteriores”, es decir, la vestimenta, los palacios, los modos y registros de sus personajes, como pertenecientes a un determinado momento del desarrollo de la historia. Una novela es así un testimonio del tiempo antes que una narración.

El principal enemigo de Proust en sus ensayos es Sainte-Beuve, uno de los críticos más famosos del siglo XIX. Al día de hoy, el método de lectura de Sainte-Beuve suena ridículo, y consiste en que para conocer en profundidad una obra debemos conocer todo sobre el autor, hablar con las personas que lo frecuentan, conocer sus gustos, lo que desayuna a la mañana, lo que merienda y cena, sus manías, su personalidad, etcétera. De esta manera, Sainte-Beuve creía que era posible comprender una novela. Proust se indigna. “Este método -dice Proust- desconoce lo que un contacto más profundo con nosotros mismos nos enseña: que un libro es el producto de otro yo distinto al que expresamos a través de nuestras costumbres, en sociedad, en nuestros vicios. Si queremos intentar comprender ese yo, como podemos lograrlo es yendo hasta el fondo de nosotros mismos”. Proust fue uno de los primeros escritores que intuyó que una cosa es el yo real, el que escribe, y otra muy distinta el yo que crea la escritura, una diferencia que parece evidente y que no lo es.

Marcel Proust hizo de la sensibilidad una forma y transformó los sentidos en palabras. Es increíble cuando habla de la vieja arquitectura de Combray, y de cómo se superpone el tiempo en un mismo espacio, siglos y siglos apilados en antiguos monumentos que sobreviven en el presente: “Lo que hay de bello en Guermantes es que los siglos que ya no existen luchan por perdurar todavía; el tiempo ha adoptado la forma del espacio, pero no se le confunde (…) Se cruzan los tiempos, como cuando un recuerdo antiguo nos viene a la memoria. Esto no ocurre ya en la memoria de nuestra vida, sino en la de los siglos. (…) Y si Guermantes no decepciona, como todas las cosas de la imaginación cuando se convierten en algo real, es sin duda porque en ningún momento constituye algo real, pues incluso cuando uno se pasea, se siente que las cosas que hay allí no son más que la envoltura de otras, que la realidad no está allí sino muy lejos, que esas cosas con las que se ha tomado contacto no son más que una encarnación del Tiempo, y la imaginación trabaja sobre el Guermantes visto, como sobre el Guermantes leído, porque todas esas cosas no son todavía más que palabras, palabras llenas de magníficas imágenes y que significan otra cosa”.

 

[Fuente: http://www.eltrueno.com.py]

Carta-manifesto de ativistas e intelectuais reunidos pelo Van Leer Jerusalem Institute

Blanca Alaníz, serie Cuadrados, fotografía digital y fotomontaje a partir de la obra Planos em Superficie Modulada de Lygia Clark (1957), Brasília, 2016.

Preâmbulo

Nós, abaixo assinados, apresentamos a Declaração de Jerusalém sobre o Antissemitismo, produto de uma iniciativa que se originou em Jerusalém. Incluímos em nosso grupo estudiosos internacionais que trabalham com estudos de antissemitismo e áreas relacionadas, incluindo estudos judaicos, do Holocausto, de Israel, da Palestina e do Oriente Médio. O texto da declaração beneficiou-se de consultas a juristas e membros da sociedade civil.

Inspirado na Declaração Universal dos Direitos Humanos de 1948, na Convenção para a Eliminação de todas as formas de Discriminação Racial de 1969, na Declaração do Fórum Internacional de Estocolmo sobre o Holocausto de 2000 e na resolução das Nações Unidas sobre a lembrança do Holocausto de 2005, defendemos que, enquanto o antissemitismo tem certas características distintivas, a luta contra ele é inseparável da luta geral contra todas as formas de discriminação racial, étnica, cultural, religiosa e de gênero.

Consciente da perseguição histórica aos judeus ao longo da história e das lições universais do Holocausto, e vendo com alarme a reafirmação do antissemitismo por grupos que mobilizam o ódio e a violência na política, na sociedade e na internet, procuramos fornecer uma definição fundamental, utilizável, concisa e historicamente informada de antissemitismo com um conjunto de diretrizes.

A Declaração de Jerusalém sobre o Antissemitismo responde à “Definição da IHRA”, o documento que foi adotado pela International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) em 2016. Como a definição da IHRA não é clara em aspectos-chave e amplamente aberta a diferentes interpretações, ela causou confusão e gerou polêmica, enfraquecendo a luta contra o antissemitismo. Observando que ela se autodenomina “uma definição funcional”, procuramos melhorá-la, oferecendo (a) uma definição básica mais clara e (b) um conjunto coerente de diretrizes. Esperamos que isso seja útil para monitorar e combater o antissemitismo, bem como usar para fins educacionais. Propomos a nossa declaração como alternativa à definição da IHRA, sem efeitos vinculantes do ponto de vista jurídico. As instituições que já adotaram a definição da IHRA podem usar nosso texto como uma ferramenta para interpretá-la.

A definição da IHRA inclui 11 “exemplos” de antissemitismo, 7 dos quais se concentram no Estado de Israel. Embora isso coloque ênfase indevida em uma arena, há uma necessidade amplamente sentida de clareza sobre os limites de discurso e ação política legítima em relação ao sionismo, Israel e Palestina. Nosso objetivo é duplo:

(1) fortalecer a luta contra o antissemitismo, esclarecendo o que é e como se manifesta; (2) proteger um espaço para um debate aberto sobre a problemática questão do futuro de Israel / Palestina. Todos nós não compartilhamos as mesmas visões políticas e não estamos buscando promover uma agenda política partidária. Determinar que uma visão ou ação controversa não é antissemita não implica que a endossemos nem que não a endossemos.

As diretrizes que enfocam Israel-Palestina (números 6 a 15) devem ser tomadas em conjunto. No geral, na aplicação das diretrizes, cada uma deve ser lida à luz das demais e sempre com o objetivo de levar em conta o contexto. Este pode incluir a intenção por trás de um enunciado, ou um padrão de fala ao longo do tempo, ou mesmo a identidade do locutor, especialmente quando o assunto é Israel ou sionismo. Então, por exemplo, hostilidade a Israel poderia ser uma expressão de um animus antissemita, ou poderia ser uma reação a uma violação dos direitos humanos, ou pode ser a emoção que um palestino sente por conta de sua experiência nas mãos do Estado. Em suma, julgamento e sensibilidade são necessários na aplicação dessas diretrizes para situações concretas.

Definição

Antissemitismo é discriminação, preconceito, hostilidade ou violência contra judeus como judeus (ou instituições judaicas como judaicas).

Diretrizes

A) Em geral

1- É racista essencializar (tratar um traço de caráter como inerente) ou fazer generalizações negativas abrangentes sobre uma determinada população. O que é verdade para o racismo em geral é verdade para o antissemitismo em particular.

2 – O que é particular no antissemitismo clássico é a ideia de que os judeus estão ligados às forças do mal. Isso está no cerne de muitos fantasias antijudaicas, como a ideia de uma conspiração judaica em que “os judeus” possuem poder oculto que eles usam para promover sua própria agenda coletiva às custas de outras pessoas. Esta ligação entre os judeus e o mal continua no presente: na fantasia de que “os judeus” controlam os governos com uma “mão oculta”, que eles possuem os bancos, controlam a mídia, agem como “um Estado dentro de um Estado”, e são responsáveis ​​por espalhar doenças (como Covid-19). Todas essas características podem ser instrumentalizadas por diferentes (e até antagônicas) causas políticas.

3 – O antissemitismo pode manifestar-se em palavras, imagens visuais e atos. Exemplos de palavras antissemitas incluem a ideia de que todos os judeus são ricos, inerentemente mesquinhos ou antipatrióticos. Em caricaturas antissemitas, os judeus são frequentemente descritos como grotescos, com narizes grandes e associados à riqueza. Exemplos de ações antissemitas são: agredir alguém porque ela ou ele tem origem judia, atacar uma sinagoga, pintar suásticas em túmulos judeus, ou recusar-se a contratar ou promover pessoas por serem judias.

4 – O antissemitismo pode ser direto ou indireto, explícito ou codificado. Por exemplo, “os Rothschilds controlam o mundo” é uma declaração codificada sobre o alegado poder dos “judeus” sobre os bancos e finanças internacionais. Da mesma forma, retratar Israel como o mal supremo ou exagerar grosseiramente sua influência real pode ser um forma codificada de racializar e estigmatizar os judeus. Em muitos casos, identificar a fala codificada é uma questão de contexto e julgamento, tendo em conta estas diretrizes.

5 – Negar ou minimizar o Holocausto, alegando que o genocídio deliberado nazista dos judeus não ocorreu, que não havia campos de extermínio ou câmaras de gás, ou que o número de vítimas foi uma fração do total real é antissemita.

B) Israel e Palestina: exemplos que, aparentemente, são antissemitas

6 – Aplicar os símbolos, imagens e estereótipos negativos do antissemitismo clássico (ver diretrizes 2 e 3) ao Estado de Israel.

7 – Responsabilizar os judeus coletivamente pela conduta de Israel ou tratar os judeus, simplesmente porque são judeus, como agentes de Israel.

8 – Exigir que as pessoas, por serem judias, condenem publicamente Israel ou o sionismo (por exemplo, em uma reunião política).

9 – Supor que judeus não israelenses, simplesmente porque são judeus, são necessariamente mais leais a Israel do que aos seus próprios países.

10 – Negar o direito dos judeus no Estado de Israel de existir e florescer, coletiva e individualmente, como judeus, de acordo com o princípio da igualdade.

C) Israel e Palestina: exemplos que, aparentemente, não são antissemitas

(se alguém aprova ou não a visão ou ação)

11 – Apoiar a demanda palestina por justiça e a concessão total de seus direitos políticos, nacionais, civis e humanos, conforme encapsulados no direito internacional.

12 – Criticar ou opor-se ao sionismo como uma forma de nacionalismo, ou defender uma variedade de arranjos constitucionais para judeus e palestinos na área entre o rio Jordão e o Mediterrâneo. Não é antissemita apoiar arranjos que concedem plena igualdade a todos os habitantes “entre o rio e o mar”, seja em dois Estados, um Estado binacional, um Estado democrático unitário, um Estado federal ou em qualquer forma.

13 – Críticas baseadas em evidências de Israel como um Estado. Isso inclui suas instituições e princípios fundadores. Incluem também suas políticas e práticas, nacionais e internacionais, como a conduta de Israel na Cisjordânia e Gaza, o papel que Israel desempenha na região, ou qualquer outra forma em que, como um Estado, influencie eventos no mundo. Não é antissemita apontar a discriminação racial sistemática. Em geral, as mesmas normas de debate que se aplicam a outros Estados e a outros conflitos sobre autodeterminação aplicam-se no caso de Israel e Palestina. Assim, mesmo que contencioso, não é antissemita, por si só, comparar Israel com outros casos históricos, incluindo colonialismo de povoamento ou apartheid.

14 – Boicote, desinvestimento e sanções são formas comuns e não violentas de protesto político contra os Estados. No caso israelense, eles não são, por si só, antissemitas.

15 – O discurso político não precisa ser medido, proporcional, temperado ou razoável para ser protegido nos termos do artigo 19 da Declaração Universal dos Direitos Humanos ou artigo 10 da Convenção Europeia sobre Direitos Humanos e outros instrumentos de direitos. Críticas que alguns podem ver como excessivas ou contenciosas, ou como reflexos de um “padrão duplo”, não são, por si só, antissemitas. Em geral, a linha entre a fala antissemita e não antissemita é diferente da linha entre discurso irracional e discurso racional.

25 de março de 2021.

Os nomes de mais de 200 signatários dessa declaração encontram-se aqui: https://jerusalemdeclaration.org/?fbclid=IwAR20A9nGvFFBKrn0DFU5yS1gBnNmCy7j1N48TNJXLe9Pg_KS2qXWgBgHKPg

Tradução: Sean Purdy

 

[Fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

 

 

Nove mulheres revelam os motivos que as levaram até o Brasil e quais foram suas experiências no país. Nem todas as histórias de migração são iguais.

Publicado por Missão Paz, Angelo Martins Junior e Julia O’Connell Davidson

Histórias importam. Elas são importantes para nós, enquanto indivíduos. Como a poetisa e estudiosa literária Barbara Hardy escreveu: “Nós sonhamos, lembramos, antecipamos, esperamos, desesperamos, acreditamos, duvidamos, planejamos, revisamos, criticamos, construímos, fofocamos, aprendemos, odiamos e amamos pela narrativa. Para vivermos, de fato, inventamos histórias sobre nós mesmos e os outros, sobre o passado e o futuro pessoal e também social”. Elas também são importantes social e politicamente, porque as histórias não são apenas atos da mente. Eles também trabalham para moldar a cognição e gerar as mentalidades que informam diferentes tipos de políticas públicas, ações sociais e intervenções.

Histórias contadas sobre migrantes, requerentes de asilo e refugiados, seja por pesquisadores acadêmicos, bem como por formuladores de políticas, políticos, cineastas, ativistas e jornalistas, são um exemplo disso. Narrativas que estereotipam os migrantes e refugiados como trapaceiros e criminosos têm consequências sérias, às vezes letais. Atores que buscam defender os direitos dos migrantes e/ou reformar ou abolir os controles estatais sobre a mobilidade humana, por outro lado, contestam narrativas negativas sobre migrantes e refugiados contando histórias muito diferentes. Essas versões alternativas, contudo, muitas vezes retratam o « migrante » como uma vítima a ser lamentada, em vez de um vilão a ser punido, ou como um subalterno heroico que teria muito a ensinar sobre a solidariedade humana, resistência e resiliência.

Mas mesmo os pesquisadores que desejam evitar essas inversões e substituições simplistas de narrativas sobre o ‘migrante’ não contam necessariamente as histórias que seus sujeitos de pesquisa gostariam de contar sobre suas próprias vidas. E na luta por qual narrativa será privilegiada, as histórias que os próprios indivíduos contam costumam ser eclipsadas ou ignoradas.

Migrantes e refugiados africanos no Brasil

Esta série apresenta histórias de vida escritas por nove mulheres congolesas que vivem no Brasil. Alguns podem imaginar que o Brasil é um país acolhedor para essas mulheres. O mito do Brasil como uma sociedade cultural e racialmente híbrida e harmoniosa, uma « democracia racial », que foi tão importante para a construção da nação e da identidade nacional ao longo dos séculos 19 e 20, ainda tem força. Isso ajudou a criar uma percepção do Brasil como uma ‘nação arco-íris’ que prontamente acolhe migrantes de todas as regiões do globo. Essa visão otimista é apoiada pela atual Lei de Migração do Brasil de 2017 (13.445 / 2017), a qual alterou a política de migração para um foco nos direitos humanos, fraternidade, não discriminação e solidariedade. Como resultado, os pedidos de asilo têm uma chance muito maior de sucesso no Brasil do que na Europa.

No entanto, por trás da ênfase positiva no ‘hibridismo racial’, presente na mitologia nacional brasileira, a ambição (nem sempre declarada) de « embranquecer » a população para criar uma « raça brasileira » na qual a ancestralidade africana e indígena seria menos visível sempre esteve em jogo. Como sabemos, no século 19 e no início do século 20, tal ambição influenciou as políticas de imigração brasileiras que privilegiavam a chegada de migrantes brancos europeus, ao mesmo tempo em que desencorajava ou proibia a entrada de migrantes negros africanos.

Todas as mulheres nesta série tiveram suas vidas tocadas, de uma forma ou de outra, pela violência, sexismo, racismo, xenofobia, por práticas de fronteiras e sistemas de imigração, e por forças de exploração e marginalização.

Ao mesmo tempo, após a abolição da escravatura, em 1888, os africanos e seus descendentes que já viviam no Brasil foram marginalizados social, econômica e politicamente. Bairros com alta concentração de pessoas libertas da escravidão foram chamados pelas autoridades de ‘quilombos urbanos’ e caracterizados como locais moralmente impuros, sujos e perigosos onde ‘pessoas de cor’ praticavam sua religião ‘incivilizada’ e outros hábitos rotulados como ‘africanismos’. Esses bairros foram constantemente investigados, controlados e reprimidos pela polícia como parte do projeto de ‘civilização’ moral/racial das autoridades brasileiras.

No século 21, apesar da revogação de políticas de imigração expressamente racistas e dos aspectos mais inclusivos e baseados em direitos da nova lei de imigração de 2017, o racismo persiste e afeta fortemente a vida de migrantes e refugiados africanos no Brasil (o que representa, atualmente, aproximadamente 35.000 pessoas). Migrantes do Norte Global, especialmente aqueles racializados como brancos, são bem-vindos, tratados preferencialmente e muitas vezes retratados positivamente na mídia devido às suas ‘contribuições culturais e econômicas’ para o Brasil. Africanos, haitianos e bolivianos, por outro lado, são descritos por jornalistas e políticos como um « problema »; representariam uma « crise social ». Como será visto nas contribuições para esta série, essas pessoas enfrentam discriminação em todas as esferas de suas vidas no Brasil, e os bairros em que habitam hoje são descritos de forma parecida como foram os « quilombos urbanos » do passado.

Contexto por trás deste projeto

Parte do nosso projeto de pesquisa financiado pelo Conselho Europeu de Pesquisa, Modern Marronage? A Busca e Prática da Liberdade no Mundo Contemporâneo’, envolve uma colaboração com a Missão Paz, uma instituição filantrópica que apoia e acolhe migrantes e refugiados em São Paulo, a maior cidade do Brasil. A equipe da Missão Paz nos apresentou às autoras contribuintes desta série, que já estavam trabalhando juntas na ideia de um projeto de narrativas para abordar as experiências das mulheres congolesas no Brasil. O projeto inicial tinha como ideia combater o discurso dominante na mídia, assim como as narrativas políticas sobre os povos da África subsaariana que vivem no Brasil; narrativas que apagam suas particularidades humanas e as caracterizam simplesmente como ‘migrantes’, ‘refugiadas’, ‘africanas’, ‘vítimas’ ou ‘criminosas’. Assim, elas buscavam aproveitar o que uma das colaboradoras chamou aqui de ‘espaço de fala’ que o Brasil oferece para contar suas próprias histórias.

Pensando nisso, perguntamos às mulheres se gostariam de contar curtos relatos de vida, tendo como tema ‘liberdade’, para serem publicados pela openDemocracy. Elas aceitaram a proposta e a equipe da Missão Paz trabalhou com elas para gravar, transcrever, editar e traduzir suas narrativas. Esta coleção é o resultado deste trabalho conjunto.

Contando histórias contra um contexto e narrativas desumanizadoras

As mulheres que contam suas histórias aqui têm muito em comum: são todas mulheres africanas, congolesas, racializadas como negras. Todas realizaram jornadas para chegar no Brasil e atualmente residem no país. Todas tiveram suas vidas tocadas, de uma forma ou de outra, pela violência, sexismo, racismo, xenofobia, por práticas de fronteiras e sistemas de imigração projetados para restringir a liberdade de movimento de certos grupos, e por forças de exploração e marginalização. São pessoas que jornalistas, ativistas de direitos humanos e acadêmicos (incluindo-nos) poderiam retratar como ‘migrantes’, ‘refugiados’, ‘vítimas’ ou ‘heróis’ em narrativas sobre desigualdades sociais e políticas. Mas o que realmente transparece dos textos são suas individualidades.

Deixadas para narrar suas próprias vidas, nossas colaboradoras tornam suas diferenças visíveis. Há diversidade nas experiências que escolhem contar e nas narrativas que usam para dar sentido a si mesmas, aos outros, e a seus passados, presentes e futuros. Suas individualidades e diversidades não deveriam ser surpreendentes. O que mais poderíamos esperar de nove humanos diferentes? Mas os « migrantes » são tantas vezes imaginados e representados como seres homogêneos, definidos acima de tudo por sua ‘condição migratória’, que o alcance e a singularidade dessas histórias vão contra a corrente. Ao contá-las publicamente, nossas colaboradoras continuam seus esforços ativos, às vezes coletivos, para resistir a todas as formas de violência contra elas, incluindo a violência de estereótipos desumanizantes e narrativas unidimensionais.

[Leiam-se as histórias supramencionadas nesta ligação: https://www.opendemocracy.net/pt/be-congolese-woman-brazil-pt/%5D

Depuis les années 2005, les adultes migrants en France (hors-Union européenne) doivent signer un contrat d’intégration lors du passage à l’[Office Français de l’Immigration et de l’Intégration.

Écrit par Eric Mercier

Docteur en sociolinguistique et didactique des langues, Université de Tours

Lors du discours de Troyes en 2002, Jacques Chirac annonçait une refonte de la politique d’intégration des migrants réguliers :

« Chaque nouvel arrivant s’engage dans un véritable contrat d’intégration comprenant notamment la possibilité d’accéder à des formations et à un apprentissage rapide de notre langue. »

Ainsi depuis les années 2005, les adultes migrants en France (hors Union européenne) doivent signer un contrat d’intégration lors du passage à l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII). Le principe de ce contrat est de formaliser différents engagements du migrant et de la société d’accueil, dont en particulier l’apprentissage du français en formation spécifique.

Poursuivant un objectif prioritairement social (qui était initialement d’assurer le droit de tous à la formation en français), l’apparition du Contrat d’Accueil et d’Intégration (CAI) a fait basculer ces formations en véritable devoir pour s’intégrer. Lorsque les formations sont prescrites, la présence en formation et la passation d’un examen sont obligatoires, pouvant conditionner le renouvellement du titre de séjour. Le Contrat d’Intégration républicaine (CIR), apparu en 2016, renforce ces exigences avec l’obligation de progresser à trois tests en français.

Pourtant, différentes recherches en sciences du langage, en sociologie, ou encore en histoire, soulignent les limites de la logique « formation en langue = intégration », et une thèse récente en explore spécifiquement ses conséquences.

Imposer une formation : quels effets ?

La démarche de cette dernière étude a consisté à enseigner dans ce cadre, puis à aller à la rencontre de ses différents acteurs, participants et collègues formateurs, pour tenter de comprendre leurs démarches et leurs rapports à ces formations. Suite à ces expériences et à une vingtaine d’entretiens réalisés auprès de migrants, il ressort d’abord un certain nombre de points positifs.

D’abord, la grande majorité des participants rencontrés (plus de 200) font de l’apprentissage du français un objectif affirmé, souvent prioritaire. Certains migrants nouent des relations de confiance affirmées avec leurs formateurs de sorte que la formation constitue alors un espace d’accompagnement au-delà des contenus linguistiques. Le formateur peut alors représenter un accompagnateur social de référence, pour une écoute, un partage, et la formation peut pour certains migrants constituer un tremplin d’apprentissage voire d’intégration.

De très nombreux migrants jouent le jeu sans opposition apparente, laissant penser que ces formations obligatoires permettraient d’impliquer le plus grand nombre. Ceci étant dit, différents cas de figure se dessinent : si certains migrants font des progrès indéniables (et alors même que certains d’entre eux étaient réfractaires à se former au départ), à l’inverse d’autres semblent rester longtemps sans forcément tirer parti ou sans être pleinement satisfaits de l’apport de la formation.

Plus encore, les évaluations sur lesquelles repose désormais l’appréciation des efforts d’intégration sont déconnectées des pratiques réelles :

  • Ceux qui ont progressé de façon spectaculaire aux tests ne parviennent pas pour autant à appliquer ces savoirs en dehors de la classe. Certains d’entre eux surprendront leurs formateurs en stagnant, ou bien en perdant ces savoirs par la suite.
  • La situation inverse est courante aussi : certains migrants qui ne progressent pas aux tests ou bien ne s’investissent pas dans les formations, surprennent la classe en apprenant à travers d’autres situations (et parfois très rapidement à l’oral).

Si les formations linguistiques représentent bien un vecteur indéniable d’apprentissage, voire d’intégration, celles-ci ne sauraient représenter le point de départ et la solution exclusive de l’apprentissage du français et de l’intégration de tous.

Comment les migrants perçoivent-ils ces mesures ?

Si tous les migrants rencontrés veulent apprendre le français, un seul parmi ceux que nous avons reçus en entretien a fait état d’un accord affirmé avec le système de formations obligatoires. Pourtant, aucun n’avait laissé transparaître de réticence en classe, tous ont joué le jeu. Nombre d’entre eux ont saisi l’opportunité donnée par les entretiens pour faire part de ce dont ils ne parvenaient pas à discuter autrement. Plusieurs de ces entretiens surprennent alors par les positionnements particulièrement critiques de migrants pourtant volontaires en formation (voir exemple dans l’encadré ci-dessous).

Parmi les effets contre-productifs relevés, la formation en langue est parfois perçue comme une fausse solution, comme une impasse. Le manque de socialisation avant la formation, ou encore la déconnexion des projets ou des pratiques en France avec les contenus enseignés, participent à ces ressentis. La formation obligatoire risque alors de compromettre d’autres projets et opportunités qui peuvent se révéler tout aussi décisifs dans l’apprentissage, comme dans l’intégration (travail ou bénévolat, recherche d’un logement plus décent, des opportunités de socialisation…). Cela amène certains informateurs à exprimer se sentir sous-estimés dans leur potentiel d’apprentissage et d’intégration, ou encore se sentir empêchés de participer à la société française.

Les formations peuvent aussi être perçues comme le signe d’une intégration qui ne laisserait pas de place pour s’intégrer. De nombreux migrants s’interrogent sur le droit de parler leurs langues dans l’espace public ou à la maison, avec l’impression que le français doit venir les supplanter, voire les supprimer. Cela a parfois pour conséquence un certain renfermement, menant par exemple à imposer les seules langues d’origines à la maison pour compenser leur perte présumée.

Au final, l’obligation formative n’est selon cette étude pas une solution à rejeter, comportant un certain nombre de zones de pertinence (faire découvrir la formation/donner le pas à certains projets). Mais faire de ces formations la solution de l’intégration, fait courir le risque pour ceux qui ne peuvent s’y soumettre de passer à côté de ses propres objectifs, ou pire, d’amener à un sentiment de stigmatisation, de rejet. Au-delà de ces contradictions, l’objectif affiché des politiques comme des chercheurs est pourtant bien le même : viser à favoriser et accompagner l’intégration de tous.

Des pistes de recherche

Les entretiens réalisés soulignent l’intérêt de s’intéresser aux situations personnelles, aux histoires et aux projets de ces personnes dans le cadre d’un suivi : ce qui permettrait de comprendre et d’orienter (voire, de responsabiliser et d’engager) chacun de façon plus ouverte à différentes possibilités, dont il pourrait s’agir de tirer parti.

Lorsque la (seule) formation linguistique ne fait pas sens, d’autres solutions pourraient être cherchées en complémentarité :

  • formation/partenariats de stages professionnels ;
  • participation bénévole ou associative ;
  • participation de migrants à l’élaboration même de certains projets d’accompagnement.

Ce type d’expériences viserait aussi à mieux apprécier les possibilités d’intégration de chacun, évitant que l’on interprète systématiquement qu’un migrant qui n’a pas progressé en français ou bien à ses évaluations n’est pas sur la voie d’une bonne intégration.

Une seconde piste proposée est de travailler à la sensibilisation de toute la société à ces questions. Si l’on défend l’intégration comme un processus réciproque, la connaissance et la compréhension des migrants par la société relève alors également d’un enjeu de l’intégration, et d’une responsabilité de la société qui accueille.

 

[Photo :  Shutterstock – source : http://www.theconversation.com]

Simplemente brutal, así definiría yo la última novela del afamado escritor, director, guionista y productor mexicano Guillermo Arriaga, que hace de todo y en todo alcanza la excelencia, y ahí están las joyas cinematográficas Amores PerrosBabel o 21 gramos para demostrarlo. Se trata de un cóctel explosivo y sumamente adictivo de violencia y sexo de alto voltaje no apto para cardíacos que es una perfecta radiografía del México contemporáneo en el que unos pocos lo tienen todo, pero también miedo, mientras que a la mayoría ni siquiera les queda la esperanza.

Escrito por ASUNTA LÓPEZ

El hilo conductor es la historia romántica y pasional de Marina, una mujer de clase alta, casada y con hijos, que se dedica al baile clásico, y José Cuauhtémoc, un asesino múltiple convicto, que cumple una larga condena en una prisión de Ciudad de México. Marina comienza por aceptar llevar a su grupo de bailarines a la cárcel para realizar una representación para los presos y a partir de ese momento su vida dará un vuelco total al enamorarse perdidamente del reo 29846-8, sentenciado a cincuenta años y sin nada que perder ya. Pero, ¿será capaz Marina de poner en peligro su estabilidad económica, familiar y social para embarcarse en una aventura que muy probablemente estará de antemano abocada al fracaso; a dónde le llevara la pasión incontenible por el mestizo a la guapa millonaria; será verdad que el amor puede con todo o a la hora de la verdad hay cosas más importantes que no se pueden sacrificar para ser moderadamente feliz?

Extraordinario el manejo del idioma, así como del spaninglish mexicano, según se oigan unas u otras voces en esa sociedad tan polarizada, propio de un autor perfeccionista y concienzudo que repasa y corrige una y otra vez cada una de sus páginas: por algo tarda en publicar una media de siete años; y magnífica también la relación epistolar en un solo sentido entre el hermano del protagonista y su padre asesinado, porque el novio de la bailarina también es parricida, un hombre muy brillante intelectualmente, pero que ha criado a sus tres hijos en el maltrato más despiadado.

Una novela muy larga, pero a la que no le sobra ni una coma, con un claro mensaje de redención, horas y horas del mejor entretenimiento de un Arriaga en estado puro que esta vez se ha salido del mapa hasta llegar a la estratosfera. Su único defecto: que se termine, porque te quedas con ganas de más, con Guillermo Arriaga yo nunca tengo suficiente, porque, como dijo Jean Cocteau, Si el fuego quemara mi casa, ¿qué salvaría? Salvaría el fuego.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

Una nota sobre La ciudad solitaria, de Olivia Laing

 

Escrito por Paula Andrea Marín C.

Estamos viviendo un proceso de gentrificación en las ciudades y también en las emociones, una homogeneización progresiva que produce un efecto de blanqueamiento e insensibilización. En el esplendor del capitalismo tardío, se nos inocula la idea de que todos los sentimientos complicados –la depresión, la ansiedad, la soledad, la ira­- son simple consecuencia de una alteración química, un problema que hay que solucionar, en lugar de la respuesta a una injusticia estructural o, por otro lado, a la textura original de la encarnación corpórea, al hecho de cumplir condena… en un cuerpo alquilado, con todo el sufrimiento y la frustración que eso conlleva.

―Olivia Laing, La ciudad solitaria.

Llevo un poco más de tres años pensando en la soledad, conviviendo con ella, tratando de entender la forma en la que se mueve en mí, en la que actúa dentro de mí, más aún hace un año, después de que comenzaron los períodos de confinamiento por la pandemia. Cada cierto tiempo, con intervalos de semanas o de días, aparece la sensación, así esté rodeada de personas, incluso de personas cercanas. Es la sensación de que me falta una conexión profunda con alguien, de querer ser mirada con amor por alguien. Mi sensación me envía un mensaje: la compañía que tienes no es suficiente, tu propia compañía no es suficiente; solo tener a tu lado a la persona que te ama (y que amas) sería suficiente. Sin embargo, en estos tres años, he empezado a conocer las tretas de mi soledad: sé de dónde viene, sé que es mi herida de infancia (como lo es de tantos de nosotros), sé que la amplía la creencia de que solo en pareja se puede ser feliz y de que si no la tengo es por algún defecto mío, sé que mientras he tenido pareja la sensación también viene y me transmite el mismo mensaje: la compañía que tienes no es suficiente, necesitas otra conexión más profunda. Como una adicta, parece ser que entre más acompañada estoy, más necesidad tengo de estarlo. A veces, la soledad es real: paso el 90 por ciento de mi tiempo sola (con la gata con la que comparto mi casa) y cuando quiero encontrarme con alguien, a veces, está ocupado o ya tiene planes (por lo general, con su pareja) o, simplemente, me deja “en visto”. En ocasiones, la soledad es elegida: prefiero quedarme en casa o hacer mi plan de salida sola a encontrarme con alguien con quien no siento conexión alguna.

La soledad se me ha convertido en un tema obsesivo. Les pregunto a mis amigos si se sienten solos y si esta sensación llega a ser en ellos tan apabullante como puede llegar a serlo en mí. Las respuestas que escucho parecen evadir algo que a todos nos genera vergüenza, como explica Olivia Laing en su libro La ciudad solitaria (originalmente publicado en inglés en 2017) y cuya lectura me ha dado como regalo la certeza de que no estoy sola en esa sensación de soledad, de falta de conexión y de aislamiento. Llegué al libro de Laing (a su edición exquisita) gracias a un podcast español: Deforme semanal (que si no conocen, les recomiendo mucho escuchar). Olivia Laing (británica, escritora y crítica literaria, nacida en 1977) llega a Nueva York con la promesa de una vida feliz en pareja, pero estando allí todo se desmorona. Sin embargo, consigue un trabajo, se queda en la ciudad y empieza a indagar en su propia sensación de soledad, a partir de la investigación sobre la obra de seis artistas (visuales y musicales) quienes, a través de su arte, intentan restaurar su yo fragmentado en pedazos: Edward Hopper, Andy Warhol, David Wojnarowicz, Henry Darger, Klaus Nomi y Josh Harris. Gracias a becas de investigación, Laing pasa sus días recorriendo bibliotecas y revisando los archivos personales de estos artistas; el resultado es un libro que se aproxima a sus obras a través de la relación con sus experiencias de soledad. Una de las mayores riquezas de la obra de Laing es que no aborda la soledad únicamente desde el individuo, sino desde este en su interacción con la sociedad. Los artistas a los que se acerca la autora son seres cuya sensación de soledad se amplificó al chocar con un tipo de sociedad que los hizo sentir más aislados aún. Este tipo de sociedad (nuestra sociedad) rechaza a los que no se amoldan del todo a su estructura, a los “diferentes”.

Aquí, solo me detendré en David Wojnarowicz (busquen en Internet sus impresionantes collages y fotografías). Todos, de alguna manera, en mayor o menor grado, tenemos la herida de la soledad (del abandono, del rechazo, de la falta de conexión) y algunos, como David, están heridos por las secuelas de abandono y malos tratos en la infancia; esas secuelas nos hacen crecer con la creencia de no ser dignos de amor. “¿Por qué nos exponemos a situaciones de peligro? –se pregunta Laing- Porque algo nos dice que no valemos absolutamente nada”. En medio del peligro, buscamos algún sucedáneo del contacto, algo que se parezca al amor, así este venga en forma de sexo casual, como le pasaba a Wojnarowicz (y a tantos de nosotros). Laing introduce en este punto una reflexión necesaria (y muy actual) acerca de lo que ha significado el sida para la humanidad, desde 1982, cuando se bautizó y se asoció con la homosexualidad, hasta 1996, cuando se descubrió una terapia, luego de que habían muerto solo en 1992, en Estados Unidos, 194.476 personas por infecciones relacionadas con el sida, en medio del rechazo y del aislamiento. Una de las causas de estas muertes habían sido los continuos boicoteos a las investigaciones sobre el virus, por parte de políticos y ciudadanos ultraconservadores.

El libro de Laing nos deja algunos interrogantes en relación con la manera como afrontamos las enfermedades contagiosas y nuestra interacción con Internet; en ambas situaciones, la forma de conectarnos cambia: los virus nos han llevado a ser más asépticos, pero más aislados y las pantallas nos han dado la superficial sensación de estar más comunicados, sin el “peligro” de mostrarnos, exponernos. Cada vez obtenemos menos contacto físico de aquellos a quienes nos sentimos cercanos. Entre la necesidad de intimidad y, a la vez, el miedo que nos produce ser vistos o que nos toquen las heridas, las pantallas y las medidas de “bioseguridad” nos distancian y vuelven nuestra identidad algo cada vez más endeble (modelable, maleable) y nuestros cuerpos una fantasía. Parece ser que nos vamos acercando al deseo de Warhol: convertirnos en máquinas, no ser más vulnerables, liberarnos de la necesidad de ser valorados y queridos (aunque sepamos que lo que han producido las redes sociales virtuales es todo lo contrario).

Laing nos cuenta que más de la cuarta parte de los adultos de Estados Unidos sufre la soledad y que el 45 por ciento de los adultos británicos reconoce sentirse solo con frecuencia o a veces. La soledad es un signo de las grandes ciudades. La ciudad solitaria nos habla a aquellos que nos sentimos solos frecuentemente y a aquellos amantes del arte que podrán ver, desde otro punto de vista o por primera vez, a los artistas solitarios de los que se ocupó Laing (en mi caso, cuatro de los seis eran completos desconocidos). La autora nos invita a exponer nuestra falta de conexión y a entenderla como un signo de que estamos vivos, de que somos humanos y, por tanto, anhelamos sentirnos amados y, sobre todo, integrados: “Lo que resultó tan curativo para mis sentimientos de aislamiento: la voluntad de aceptar el fracaso o el sufrimiento de dejarse tocar… Disolvía la sensación de diferencia que surge cuando uno cree que sus sentimientos o sus deseos son únicos o vergonzosos” (La ciudad solitaria).

Me gustaría decir que no es cierto aquello de que solo cuando no deseas compañía es que la obtienes y no porque suene a frase de libro de autoayuda (género que suelo leer bastante), sino porque sé que lo único que puede ser una salida a la sensación de soledad es convertirse en la mejor compañía para sí mismo. Nadie sabe cómo hacerlo o si alguna vez llegaremos a lograrlo realmente; lo único cierto es que hay noches, muchas noches en que necesitamos que alguien nos mire con ojos de enamorado o que alguien nos pase la mano por la espalda, como si fuéramos gatos, o que alguien nos abrace ofreciéndonos un hogar. Y hay y habrá noches, numerosas noches, en que muchos, muchísimos de nosotros no tendremos eso de alguien, sino solo de nosotros mismos.

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Olivia Laing. La ciudad solitaria. Aventuras en el arte de estar solo. Trad. Catalina Martínez. Madrid: Capitán Swing, 2017.

 

 

[Fuente: http://www.revistacoronica.com]

Una acústica del pasado. Acerca de <i>Satisfaction en la ESMA</i>, de Abel Gilbert

 

Escrito por Sergio Pujol

Ya en su clásico Combates por la Historia (1953), Lucien Febvre advertía sobre la necesidad del historiador de ampliar la disponibilidad de fuentes para poder así llegar a una comprensión más acabada del pasado social: “La Historia se hace con palabras del pasado. Pero también con otros signos. Con paisajes y tejas. Con formas de campos y malas hierbas. Con eclipse de luna y correas de atelaje”. Y así seguía el historiador francés su listado heurístico, contra lo que llamaba “el estrago del olvido”. Listado inagotable e incontinente —casi borgeano, ¿verdad?—, complemento arqueológico del tipo de documento convencional con el que los memorialistas oficiales habían escrito las sagas de reinos y Estados: el poder historiándose a sí mismo.

Si Febvre, en el marco de la renovadora escuela de los Annales que supo integrar junto con Marc Bloch, no incluyó en su inventario documental los discursos sonoros (aunque en Combates por la Historia se dio el gusto de citar a Wagner, Debussy y Stravinski), seguramente no fue por indiferencia ante la música ni sordera frente al sonido, sino por la sencilla razón de que su agenda de historiador —entre Lutero y Rabelais— no traspasaba los inicios de la modernidad. ¿Cómo sonaban las épocas remotas? ¿Cómo traer al presente una memoria sonora perdida en el tiempo, ajena aún a los medios tecnológicos de almacenamiento del sonido? ¿Con partituras? Sí, pero las partituras, como sabemos, nunca fueron toda la música. Y jamás fueron el sonido.

Escuchando el siglo XX desde el siglo XXI, Abel Gilbert produjo en Satisfaction en la ESMA (Gourmet Musical, 2021) un ensayo virtuoso en torno a la música y el sonido durante la dictadura argentina de 1976-1983. Un ensayo sobre lo inasible y fugitivo por naturaleza circulando entre el poder y la sociedad civil. A no muchas cuadras del estadio Obras, templo del rock, se torturaba en la ESMA. En el Teatro Colón, las óperas Fidelio o Tosca ponían en escena representaciones de torturas cuando las de verdad no cesaban en el país de los desaparecidos. Esas imágenes conforman el cuadro dominante del libro, su punto neurálgico. A lo largo de nueve capítulos o secciones que van de la historia de las marchas militares (fanfarrias del advenimiento autoritario) al momento de transición entre dictadura y democracia, el libro transita una línea de tiempo sutilmente esbozada en la que se sitúan, a modo de marcas cronológicas “fuertes”, personajes y episodios de aquella cotidianeidad de supervivencia. La pétrea crueldad de Videla y el drama de los desaparecidos. La estetización fascista de Massera —“el mejor orador” de la Junta, el que supo tener un cuadro de Carlos Alonso en su casa, el que conocía tangos de memoria— y los goles gritados sobre los gritos acallados (o peor aún: ignorados) del Mundial 78. La visita de la CIDH y la “imagen exterior” del país en sombras. El interregno del campechano Viola y ciertos amagues de ablande cultural (¿un acercamiento al rock?). Y los síntomas de una modernidad en clave democrática: 1983. Gilbert deja afuera, premeditadamente, la Guerra de Malvinas y el papel que jugó la música entre los presos políticos. Lo hace prometiéndonos futuros abordajes. Aguardaremos.

Si bien no se define como historiador (“esta es apenas una historia reflexiva de la escucha”), Gilbert escribió un libro “histórico” en el sentido más hondo y, al mismo tiempo, controversial del término, allí donde las relaciones de contigüidad (el autor es una máquina de asociaciones horizontales) tensan al límite un principio básico de la epistemología de la historia: la cadena de causalidades, el antes y el después. Por supuesto, las teorías de la historia han ido cambiando al compás del pensamiento contemporáneo. Libremente adscripta al interdisciplinario campo de los sound studies, la inmersión de Gilbert en la textura sonora del pasado argentino reciente es de una originalidad tan notable como ejemplar (Lucien Febvre la aprobaría, mas no sin algún grado de perplejidad). Una inmersión oceánica que no establece jerarquías culturales en esa diversidad sonora hecha de timbres y alturas, formas y ritmos, voces y palabras, intertextualidades evidentes y ocultas. Siempre el detalle devenido indicio —la deuda de Gilbert con la microhistoria de Carlo Ginzburg está tan acreditada como la que lo une a las innovadoras investigaciones de Esteban Buch— y el trazo genealógico que quiebra, de pronto, la descripción de un determinado paisaje sonoro para emprender una inmersión más profunda aún, más atrás en el tiempo, un poco a la manera de Greil Marcus en Rastros de carmín.

¿Qué busca Gilbert al auscultar los registros sonoros de nuestros años más sombríos? Busca varias cosas: un régimen de escucha (cada época tiene el suyo), un particular modo de cantar y de hablar (el canto como delación, entre otras acepciones menos siniestras), un mapa de músicas oblicuamente críticas y un inventario —afortunadamente breve— de músicas afirmativas de la dictadura. He aquí una historia de cuerpos sonoros, vibrantes, que en un territorio sitiado por el Estado autoritario emiten y escuchan una serie de signos acústicos que algo dicen, siempre dicen algo. Una historia de los argentinos viviendo un tiempo de horror sin poder dejar de escuchar (no cerramos los oídos como cerramos los ojos). Una historia que, a la distancia, sigue resonando en músicas infames y músicas sublimes. Y ambas cosas a la vez. Pero entonces… ¿puede una música ser sublime e infame al mismo tiempo?

En ese sentido, el título del libro —incómodo, provocador— nos habla de ciertas escuchas violentadas, profanadoras, inducidas por la represión y traumáticamente decodificadas por las víctimas. Audiciones descontextualizadas, o puestas en el contexto menos pensado. “Yo no solo no puedo ver películas de suspenso o persecución”, explica un sobreviviente de un campo de detención, “sino que me hace mal escuchar el audio que acompaña esas escenas, aunque no las mire”. El uso perverso de una canción —o de la sinfonía número nueve de Beethoven, como es bien sabido a través de la historia europea— convierte alegría en tormento, fijando en la memoria aquel “efecto Ludovico” de La naranja mecánica que tan agudamente examina Gilbert.

De la parodia de Billy Bond a “La marcha de San Lorenzo”, al subtexto de “Canción de Alicia en el país” de Charly García y de algunos tangueros cómplices o indiferentes al papel activo de Palito Ortega y Alberto Ginastera (sí, ambos, en los extremos de un arco bizarro que conecta lo popular con lo culto), Gilbert conjuga su propia memoria auditiva con un despliegue suntuoso de referencias: artículos de revistas, crónicas de diarios, discos de rock progresivo (Películas, pero también Tarkus), legajos con testimonios de víctimas de los campos clandestinos de detención, cuadros y novelas, discursos de militares y civiles, letras de canciones y fotogramas de películas. Siempre la escucha disputándole a la enunciación su lugar de privilegio en la construcción de sentido. En definitiva, lo que aquí importa es describir la dimensión auditable del terrorismo de Estado.

Gilbert es perspicaz a la hora de detectar conexiones insospechadas. Puede ser un lapsus de ahínco militar en una obra como Libidium de Ginastera (figuras melorrítmicas semejantes a las de la marcha “Avenida de las Camelias”, esa banda sonora de los golpes de Estado en la Argentina) o la audacia del joven Luis Alberto Spinetta al cantar “Águila de trueno” (inspirada en el martirio de Túpac Amaru), canción que parece asociarse a la serie de pinturas El ganado y lo perdido de Carlos Alonso. Pueden ser el disco La grasa de las capitales (1979) de Serú Girán, y las novelas Respiración artificial (1980) de Ricardo Piglia y Flores robadas de los jardines de Quilmes (1980) de Jorge Asís. O, en un sentido dialéctico, pueden ser el arte de tapa del contestatario 4° LP de León Gieco y la contratapa del álbum naval Tango a bordo: en ambas, el Obelisco como metonimia del ser porteño, pero con significados muy diferentes.

El fantasma de la casualidad ronda el ensayo, pero nunca llega a cooptarlo. A menudo frenamos la lectura para preguntarnos: ¿no fue demasiado lejos? Pero antes de la decepción brota en la página el hallazgo revelador. Es como si Gilbert se detuviera a tiempo, sobre el filo que separa la prueba de la especulación, la certeza de la paranoia. Su colección de objetos encontrados —exquisita en un sentido historiográfico— son las pisadas acústicas de un pasado que creíamos conocer en toda su dimensión. Pero no: había muchas otras vibraciones por debajo de las conocidas. Algunas de esas vibraciones las escuchamos, para luego olvidarlas. Otras fueron colectivamente ignoradas y ahora salen a la luz, pródigas de sentido. De todas ellas da cuenta este libro impar, único en su especie. Libro que se presenta no solo como un aporte al conocimiento integral de la Argentina de la última dictadura militar, sino también como un modelo de análisis cultural novedoso que, mutatis mutandis, seguramente nos ayudará a comprender mejor otros períodos enmudecidos de (por) la historia.

[Imagen: “Paisaje con retrovisor II”, de Diana Dowek, 1975 – fuente: http://www.revistaotraparte.com]

Autora:  Ana María Velasco Molpeceres
Director: Guillermo A. Pérez Sánchez
Editorial/Institución editora:  Universidad de Valladolid
Ciudad: Valladolid
País: España
Año 2019
Tipo de publicación: Tesis
Tipo de tesis: Tesis doctorales
Materias de especialidad:  Estudios culturales, Estudios de género, Historia de España, Semiótica
Descripción: 

Este trabajo de investigación a cargo de Ana María Velasco Molpeceres, defendido en la Universidad de Valladolid en 2019, investiga la transformación social de España en el periodo contemporáneo, centrándose especialmente en los cambios producidos en el siglo XX. La historia de España en esta centuria es la de un país entre la dictadura y la democracia, entre lo antiguo y lo moderno. La Transición, por ello, supuso más que un proceso político, ya que modificó la sociedad española integralmente.

El cambio de situación de las españolas fue una de las cuestiones que más transformaron la sociedad, repercutiendo en los hombres, las familias, la economía, la política y la cultura.

El estudio del papel de la moda en estos cambios es de gran importancia porque la moda es un producto cultural, a la vez individual y colectivo. Además, tradicionalmente ha estado en la esfera femenina, por lo que es valioso para acercarse a la historia social.

La moda es una forma de comunicación que no puede desligarse de los procesos políticos ni de los medios de comunicación. Este trabajo se centra en la relación entre moda y `mass media´ y en su impacto social.

Página de Internet:  http://uvadoc.uva.es/handle/10324/40108
Correo electrónico: Contacto disponible en su página web
Fecha de publicación: Lunes, 22 de marzo de 2021

 

[Fuente: hispanismo.cervantes.es]

Graffiti rose dont le message " PMA pour toutes " a été réalisé au pochoir sur un mur gris.

Graffiti réclamant l’accès à la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes, Paris, 2018. Photo d’Ittmostt sur Flickr [1] (CC BY 2.0 [2])

Écrit par Laila Le Guen et Chloe Matz – traduit par Louise Sere

L’article original [3] a été publié en anglais le 09 mars 2021.

[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en français, ndlt.]

Les familles ne correspondant pas à la norme hétérosexuelle cisgenre « traditionnelle » existent depuis plusieurs décennies [4] et ont progressivement été acceptées [5] par la société française. La reconnaissance parentale et l’accès aux traitements d’assistance médicale à la procréation ne sont toutefois pas encore protégés par la loi. Cette situation atteste des inégalités [6] qui persistent lorsqu’un individu souhaite fonder une famille.

Dans une démarche visant à tenir la promesse émise lors de sa campagne de 2017, le président français Emmanuel Macron exerce aujourd’hui une certaine pression pour que le projet de loi soit adopté « d’ici l’été 2021 ». L’article principal de ce projet de loi devrait permettre de légaliser l’accès à la FIV et à l’insémination artificielle pour les femmes célibataires et les couples de femmes. Le rejet récent par le Sénat [7] de cette réforme clé a causé la déception des nombreux [8]· [8]ses militant·e·s [8] impliqué·e·s dans cette longue bataille juridique. Certain·e·s espèrent [9] que le projet de loi finira par être adopté par l’Assemblée nationale.

Il s’agit d’une question complexe bien plus profonde qu’un simple débat sur un État homogène confronté à des courants progressistes.

Une chose est certaine : pour l’exécutif français tout le monde n’a pas les mêmes chances de devenir parent. Les femmes célibataires sont curieusement qualifiées de « vulnérables [10] » par certain·e·s député·e·s, et les personnes transgenres souffrent d’un manque de considération tel, qu’elles sont à peine mentionnées dans le plan national [11] de lutte contre les discriminations LGBT+. Tout porte à croire qu’en France le désir de procréation de certaines catégories de personnes serait illégitime et considéré comme anormal [12], obligeant de nombreuses femmes célibataires et personnes LGBTQI+ à se tourner vers d’autre pays, en attendant que le leur ne décide de leur garantir un accès à la procréation médicalement assistée (PMA).

Le fait que les couples lesbiens ou les femmes célibataires puissent avoir un enfant sans père [13], soit en les « empêchant d’accéder à leurs véritables origines », est l’une des polémiques déclenchées par le collectif de La Manif Pour Tous, opposé au projet de loi. La question de l’équilibre psychologique de l’enfant pourrait facilement être résolue, non pas en empêchant les femmes d’accéder à la PMA mais par l’adoption de la proposition de loi concernant les dons semi-anonymes, grâce à laquelle des informations sur le donneur pourraient être accessibles sous certaines conditions.

Le fond du problème semble surtout reposer sur la crainte que les hommes pourraient perdre leur place dans la société. Les opposant·e·s au projet de loi estiment qu’autoriser les femmes à accéder à la procréation sans l’intervention d’un homme, le donneur de sperme excepté, reviendrait à approuver le fait qu’ils deviennent des « pères à usage unique [14] ». Il semblerait que cela menace de façon intrinsèque une société [15] organisée autour d’une séparation de genre binaire.

La question de la charge mentale qui pèse déjà sur les femmes en matière de procréation et d’éducation des enfants est également occultée par les partisans de La Manif Pour Tous. Le médecin français Baptiste Beaulieu a, à ce propos, souligné dans un tweet [16] que les femmes s’occupaient bien souvent davantage des enfants bien qu’« à la simple évocation de la PMA pour toutes, vous verrez des troupeaux d’hommes défendre leur droit à investir une paternité qu’ils délèguent souvent dans la vie réelle ». Nous pourrions, dès lors, rétorquer avec une pointe d’impertinence en demandant s’il est sain que les couples hétérosexuels aient des enfants. Ce n’est pas à nous d’en décider, comme nous tentons de le démontrer ici.

Le profil type du « bon candidat » pour l’adoption d’un enfant est un couple stable financièrement, menant une vie « équilibrée », de préférence hétérosexuel, blanc et non handicapé, selon une récente étude [17] portant sur les procédures d’adoption en France. Les assistant·e·s sociaux·ales se positionnent en fonction de ce qui est supposé être « le meilleur choix possible [17] » pour l’enfant. L’application de la loi est assurée par des agents autonomes qui prennent nombre de décisions impactant directement la sphère intime des citoyen·ne·s.

On est en droit de s’interroger sur ce que l’on entend par le terme « bonne famille » et, plus précisément, ce qui définit une famille aux yeux du gouvernement français, du reste majoritairement composé d’élu·e·s non concerné·e·s par ces questions.

Qu’est-ce qu’une « famille » ?

Le droit français, resté assez conservateur en la matière, a conservé le principe de primauté biologique [18]. La loi considère expressément comme parents les deux individus censés avoir apporté le matériel génétique nécessaire à la conception de l’enfant, c’est-à-dire la personne ayant accouché et l’homme qui est marié avec elle ou qui se présente en mairie comme étant le père. Aujourd’hui, tous les autres cas, qu’il s’agisse de coparentalité [19] [en], de familles recomposées [20] [en] ou de parents LGBTQ+ [21], se résolvent par un bricolage juridique impliquant, dans la majorité des cas, une procédure d’adoption.

Cela signifie, par exemple, que lorsque trois ou quatre personnes décident de s’engager dans la voie de la coparentalité, seules deux d’entre elles sont considérées comme parents au regard de la loi, les autres étant totalement exclues [22] de la famille jusqu’au dépôt des dossiers d’adoption. Les couples de femmes sont confrontés à un problème similaire, en effet, seule la mère ayant donné naissance peut être inscrite sur l’acte de naissance. Dans les cas précédemment cités, si une séparation a lieu avant que le processus d’adoption ne soit finalisé, l’un des parent peut être complètement exclu [23] de la vie de l’enfant.

Grâce à des familles « atypiques » aujourd’hui de plus en plus visibles [24] et qui se font désormais entendre [25], la définition sociale du concept de famille évolue. Il s’agit d’un phénomène qui s’amplifie au sein de la société mais les juges et le pouvoir législatif ont la capacité de le restreindre en délimitant les contours d’une parentalité « légitime ». L’enjeu est de taille et ne se limite pas à une question purement juridique. En effet, même si le projet de loi qui se fraye en ce moment un chemin dans les couloirs du gouvernement est adopté, il restera encore beaucoup à faire pour que la diversité des familles françaises soit pleinement admise.

Le chemin à parcourir pour normaliser la parentalité en dehors des normes strictes définies par la loi est encore long. Dès lors que la parentalité est inaccessible sans assistance médicale ou du moins sans l’intervention d’un donneur, chacun·e, du religieux au politique, tente de prendre part au débat. Les entraves matérielles et mentales sous-jacentes à ces questions peuvent, hélas, empêcher certains futurs parents de mener à bien leur projet. Quoi qu’il advienne, ceux et celles qui choisissent d’affronter ces procédures administratives fastidieuses car il·elle·s désirent être parent tôt ou tard, le font en toute connaissance de cause et en ayant conscience de contourner la loi.

Il semble difficile d’anticiper la direction que prendra le Parlement à ce sujet, mais ce dont nous sommes sûres c’est que les militant·e·s, dans un camp comme dans l’autre, n’abandonneront pas. 

 

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[1] Flickr: https://www.flickr.com/photos/66944824@N05/40116024294/

[2] CC BY 2.0: https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/

[3] article original: https://globalvoices.org/2021/03/09/who-can-become-a-parent-in-france/

[4] existent depuis plusieurs décennies: https://www.erudit.org/fr/revues/efg/2011-n15-efg030/1008145ar/

[5] été acceptées: https://www.lemonde.fr/famille-vie-privee/article/2016/09/14/les-familles-homoparentales-mieux-acceptees_4997454_1654468.html

[6] inégalités: https://www.aufeminin.com/news-societe/en-france-on-envisage-de-laisser-les-hommes-morts-procreer-mais-toujours-pas-les-lesbiennes-s4022091.html

[7] rejet récent par le Sénat: https://fr.globalvoices.org/2021/02/07/261729/

[8] déception des nombreux: https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/04/les-associations-furieuses-du-rejet-de-l-extension-de-la-pma-a-toutes-les-femmes-par-le-senat_6068796_3224.html

[9] espèrent: https://www.publicsenat.fr/article/politique/gilles-le-gendre-sur-la-pma-le-senat-n-a-pas-ete-a-la-hauteur-de-ses

[10] vulnérables: https://mamensolo.fr/la-pma-pour-toutes-mais-que-pour-les-couples/

[11] plan national: https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2020/12/dilcrah_plan-lgbt_2020-2023_en_0.pdf

[12] considéré comme anormal: https://clara-magazine.fr/pma-liberte-egalite-sororite/

[13] sans père: https://www.lamanifpourtous.fr/nos-combats/pma-sans-pere

[14] pères à usage unique: https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/25/bioethique-pma-sans-pere-ou-avancee-societale-majeure-les-deputes-entrent-dans-le-vif-du-sujet_6013053_3224.html

[15] menace de façon intrinsèque une société: https://www.lefigaro.fr/vox/societe/pma-pour-toutes-l-eviction-des-peres-20190627

[16] tweet: https://twitter.com/BeaulieuBap/status/1361358675785486340

[17] récente étude: https://laviedesidees.fr/Les-meilleurs-choix-possible.html

[18] le principe de primauté biologique: https://www.lepoint.fr/politique/pma-l-eglise-en-terre-de-mission-au-parlement-22-07-2019-2325950_20.php

[19] coparentalité: https://dictionary.cambridge.org/dictionary/english/co-parent

[20] familles recomposées: https://www.helpguide.org/articles/parenting-family/step-parenting-blended-families.htm

[21] parents LGBTQ+: https://www.collectiffamilles.com/blog

[22] totalement exclues: https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006165499/

[23] peut être complètement exclu: https://www.podcastics.com/podcast/episode/les-enjeux-de-la-s%C3%A9paration-pour-une-famille-homoparentale-par-ma%C3%AEtre-emilie-duret-61766/

[24] visibles: https://www.lesinrocks.com/2019/08/01/actualite/actualite/pma-pour-toutes-des-enfants-temoignent/

[25] entendre: https://www.franceinter.fr/emissions/pas-son-genre/pas-son-genre-13-septembre-2019

Un arxiu web recopila figures que han fet gala de la doble condició de ser dona i valenciana

La periodista, escriptora i activista cultural, Didín Puig i Grau

La periodista, escriptora i activista cultural, Didín Puig i Grau

[Font: http://www.racocatala.cat]

Pesquisadoras apontam tentativa de “sofisticar” superexploração. Precarização torna-se “empreendedorismo” — e aventa-se incluí-lo em currículos escolares. Objetivo é perpetuar racismo, minar senso coletivo e propagar vida sem reflexão

Escrito por Rosângela Ribeiro Gil e Manuella Soares

Para entender o mercado de trabalho, no Brasil, precisamos voltar mais de 500 anos, pelo menos. O “túnel do tempo” se faz necessário para saber como se deu a formação social e econômica do País. “É importante uma análise que leve em consideração questões estruturais”, pontua Marilane Oliveira Teixeira, economista e pesquisadora do Centro de Estudos Sindicais e de Economia do Trabalho (Cesit), ligado ao Instituto de Economia da Universidade Estadual de Campinas (IE-Unicamp). Para compreender a injusta capacidade de absorção do contingente de pessoas que ingressam, anualmente, no mercado de trabalho, ela observa: “Uma exclusão que tem a ver como a sociedade brasileira se foi conformando e excluindo uma parcela muito grande da população com idade ativa no mercado de trabalho mais regulado, protegido e com mais direitos.”

Estamos falando de um passado que permanece atual na sociedade brasileira e que alijou do trabalho com maior regulamentação e proteção, a população negra e as mulheres, mais ainda mulheres negras. “Historicamente estruturamos um mercado que sempre excluiu uma parcela da população dos melhores empregos. Esse processo se foi aprofundando ao longo das décadas”, explica.

Com a reestruturação produtiva, a partir dos anos 1990, o Brasil abre as fronteiras comerciais e financeiras e entra na economia globalizada de forma passiva, permitindo a implementação do neoliberalismo com muita força. Esse processo se constitui em meio a um mercado nacional estruturado em torno de um tímido setor industrial que foi dando lugar, nas últimas décadas, ao crescimento de outras formas de atividade econômica e de contratações basicamente ligadas ao setor terciário.

Foi um processo muito intenso de externalização com a terceirização, redução da atividade produtiva e industrial, com a eliminação de postos de trabalho e o aumento expressivo da informalidade e do trabalho por conta própria. Nesse momento, observa a pesquisadora, empurram-se os segmentos mais vulneráveis para os empregos mais precários. “Nos anos 2000, melhorou esse cenário, aumentou a formalização, melhorou o ingresso e a permanência no mercado de trabalho, mas não foi suficiente para alterar essa questão mais estrutural.”

Marilane informa que as mulheres negras, por taxas de desemprego por grupos, estão nas piores posições no trabalho: “É a maior taxa de desemprego, de subutilização, desalentado, situação que se agravará com a crise sanitária criada pela pandemia no novo coronavírus (Covid-19). O que já era preocupante, ficou ainda pior.”

Brasil nu

A pesquisadora nos instiga a pensar o Brasil em diversas direções e posições. Não dá para “tapar o sol com a peneira”, como nos ensina a sabedoria popular. Precisamos olhar o nosso mercado de trabalho brasileiro muito além da pandemia ou das crises econômicas. Vale repetir: precisamos entender que a miséria, a fome, o desemprego, o racismo, todas as injustiças sociais e as riquezas concentradas em poucas mãos, tudo o que nos atrasa e nos faz um dos países mais injustos e incorretos do planeta é estrutural. “A população negra compõe o maior número de desempregado e de informalidade. Quando a crise chega atinge mais essa parcela da população”, assevera.

Podemos dizer que o nosso sistema capitalista foi gerado com os genes do regime escravocrata. Ou seja, está no “sangue” da nossa economia e de boa parte da nossa sociedade o desrespeito, a humilhação, o preconceito. Um racismo “expandido”, de raça, de classe, de credo político; ou seja, tudo o que a “casa grande” considera diferente e não é o seu espelho é rejeitado, sacrificado, assassinado, preso e colocado na marginalidade.

A elite branca brasileira foi escravocrata por cerca de 400 anos contra pouco mais de 135 anos de vida republicana. Ou seja, em grande parte da história do país, as relações de trabalho são baseadas na escravidão, que não teve ruptura, apesar das muitas lutas contra. Na verdade, a habilidade da classe dominante violenta acabou fazendo essa abolição não por pressões internas, mas por pressão internacional. E logo depois tentou minimizar ou esquecer essa história, virou até um pouco folclórico, dizendo que a “nossa” escravidão era boa ou não era tão ruim.

Com esse DNA, o capital que se libertou do tráfico negreiro é o mesmo que imediatamente constituiu as lavouras do Centro-Sul do país, as grandes fazendas de café. E os grandes fazendeiros quem são? São aqueles que depois, na segunda geração, vêm para São Paulo e Rio de Janeiro para criar as primeiras indústrias. O capital sai do tráfico, vai para o café e vem para a construção do sistema industrial. Não existe contradição, está tudo interligado.

O racismo estrutural precisa ser enfrentado com ousadia. De novo, precisamos olhar cara a cara a sociedade brasileira para vê-la do jeito que ela é: altamente machista, misógina e antifeminista. A divisão sexual do trabalho, a responsabilidade das tarefas domésticas e do cuidado continuam em cima da mulher, tudo piorou muito com a pandemia. Para piorar, o Estado, com a política de ajuste fiscal e ao reduzir uma série de políticas públicas, confinou as mulheres ao ambiente doméstico ainda mais. Em nome de uma legitimidade, o Estado nacional atua como um poder de perseguição e com direito de matar.

O canto do tubarão

Escrevemos esse texto indo e vindo do passado para o presente, porque é assim que a vida é: feita de histórias de homens e mulheres. Uma história que se compõe de disputas o tempo todo. Nesse sentido, voltamos para os anos 2000, para falar dela: a contrarreforma trabalhista de 2017.

Cantada em verso e prosa como a redentora de todos os males brasileiros – muitos se entorpeceram na cantilena de que o Brasil, depois da destruição de direitos, entraria no paraíso do desenvolvimento e do pleno emprego –, a “reforma trabalhista” do governo golpista de Michel Temer (MDB) mostrou sua verdadeira cara: era apenas (mais) um plano das elites brancas para explorar ainda mais o trabalho dos brasileiros, pagando menos por ele, oferecendo menos direitos. O desenvolvimento e o emprego não vieram.

A “reforma trabalhista” completou três anos em novembro de 2020, e o discurso virou pó. “A reforma foi aprovada exatamente como eles quiseram, não conseguimos mudar nada. E, passados três anos, não teve nenhum impacto sobre o mercado de trabalho, não melhorou nem atraiu novos investimentos, não melhorou a formalização, não tornou a nossa economia mais competitiva. Do ponto de vista do mercado do trabalho a reforma não serviu absolutamente para nada”, diz a pesquisadora.

Regulação é direito

A narrativa econômica, sob o manto neoliberal, colocou na cabeça da sociedade que a legislação brasileira era excessivamente rígida, por isso impedia a criação de postos de trabalho. Sustentava, ainda, que o número grande de informais no Brasil era decorrente do excesso de rigidez. Outro ponto, como destaca Marilane, é o enfraquecimento das instituições públicas, sindicatos, Justiça e Ministério Público do Trabalho. “De 2017 para cá, vimos o aumento da informalidade. Estamos concluindo um livro que é um balanço dos três anos da reforma trabalhista, no Cesit, para mostrar que durante esses três anos o discurso que foi vendido não se concretizou; ao contrário, precarizou ainda mais as relações de trabalho no País.”

Vamos conviver com uma parcela da força de trabalho que necessariamente vai ter como principal a informalidade ou por conta própria. “Como constituir formas de regulação pública universal que não passam apenas pelos direitos previstos na CLT?”, questiona Marilane. Para ela, é fundamental a sociedade debater e exigir que, mesmo na forma do trabalho autônomo, sejam garantidos direitos, como o 13º salário, férias, previdência. “Mas como política pública, e não política privada, para poder incorporar todas as pessoas, independente da forma de inserção no mundo do trabalho, numa teia de proteção social a partir de uma política pública de Estado”, defende.

Matrix neoliberal

Um desestímulo total também para o jovem que fica mais suscetível ao discurso do empreendedorismo, do trabalho por conta própria etc. Como se fosse possível todos virarmos empresas em uma economia capitalista. “Estamos vivendo um período que combina uma série de mudanças mais estruturais, do ponto de vista tecnológico, com os problemas conjunturais.” Por questões estruturais, temos uma sociedade que se formou do ponto de vista social e econômico em cima de raízes fundantes da própria discriminação e da segregação racial.

Daniela de Campos, doutora em História e professora do Instituto Federal do Rio Grande do Sul (IFRS), campus Farroupilha, em Porto Alegre, traz a observação de quem está na sala de aula com meninos e meninas. “O léxico que está no mundo do trabalho também está na sala de aula.” Para ela, a narrativa agressiva que tenta desconstruir laços sociais e criar uma contra-história nos quer com uma vida e uma prática sem reflexão. “Incorporamos e repetimos discursos no nosso dia a dia. Não somos mais empregados ou trabalhadores, mas colaboradores. O empreendedorismo vem com a ideia de que o indivíduo é capaz de se autogerir, de ter sucesso por conta própria. O coletivo desaparece. Há uma pressão para incluir o empreendedorismo como disciplina nos nossos currículos. Se não estamos atentos isso vai entrando, e coloca-se para os jovens que isso é bom. E que a noção de ser empregado e ter direitos é ultrapassado”, alerta.

Outro marcador neoliberal muito em voga é a meritocracia, que também se vem apossando da educação no País. “Como falar em meritocracia num país que viveu assentado no trabalho escravizado por mais de 350 anos? Como falar em mérito, em igualdade de oportunidades, nesse país que após abolir o trabalho escravizado vai colocar na marginalidade uma população gigantesca de africanos e descendentes? Como falar em meritocracia para alunos de escola pública de periferia, que não tem estrutura, biblioteca nem professores suficientes? Quando esse aluno conseguirá competir, em condições de igualdade, por uma vaga numa faculdade pública?”

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Publicado por Nicolás Scheines

¿Quién no se ha desvelado una noche y se ha puesto a ver en TV a un hombre enfundado en una túnica blanca prometiendo en portuñol el fin del sufrimiento? En la Argentina esos programas que comienzan al finalizar la transmisión de aire existen desde los años noventa, y fueron creciendo en paralelo con la transformación de cines en templos religiosos bien distintos a las habituales iglesias católicas. El progresismo local ha prestado poca atención a este crecimiento constante del evangelismo en la Argentina, y si al comienzo nos divertimos frente a la tele, para luego sorprendernos en 2008 con el poder de convocatoria del pastor Luis Palau en el Obelisco, recién en 2018 tomamos verdadera conciencia del poder que fue sumando el evangelismo en las bases de la sociedad, con el pañuelo celeste como bandera para oponerse a la ley de interrupción voluntaria del embarazo y con un brazo armado que atemorizó a través de las redes sociales (el ejército autodenominado “Gladiadores del Altar”). En este contexto en el que se hace necesario recurrir a algunos investigadores que vienen siguiendo el fenómeno desde hace tiempo, Poder evangélico, de Ariel Goldstein, resulta esclarecedor: se trata de un escaneo de la influencia de los grupos evangélicos en la política de distintos países de América, desde los Estados Unidos de Donald Trump y el Brasil de Jair Bolsonaro al uribismo colombiano y la Venezuela de Nicolás Maduro.

Según indica Goldstein, en América Latina, grosso modo, si hasta 1960 el noventa y cinco por ciento de las personas se identificaban como católicas, para 2014 esos fieles no llegaban al setenta por ciento, mientras que los evangélicos, prácticamente inexistentes en la región a mediados del siglo pasado, hoy serían más del veinte por ciento. Gracias a herramientas propias del marketing y la comunicación de masas y una estructura no piramidal que hace que los pastores y las iglesias se multipliquen, los fieles no solo aumentan de manera exponencial sino que son profundamente observantes, ya que esto les asegura el crecimiento económico prometido en la “teleología de la prosperidad”. Pero el autor no se queda en el dato del avance religioso, sino que rápidamente se traslada a su verdadera preocupación: la injerencia de estos grupos ultraconservadores en la toma de decisiones de la política americana. Lo que debe llamar nuestra atención es la existencia de una masa significativa de ciudadanos que cree en la palabra de pastores que pregonan la existencia de un Cielo y un Infierno, y que sostienen lógicas opuestas a los valores democráticos: allí donde en una democracia se ve a un adversario, ellos ven un enemigo a vencer, dominado por el demonio, y su misión divina es destruirlo. Suena exagerado, pero basta ver expresiones de los evangélicos Trump —presbiteriano, pero seguidor desde hace años de la pastora evangélica Paula White—, Bolsonaro o Jeanine Áñez, que en forma constante justifican cada una de sus acciones de gobierno como un mandato del Señor.

La investigación de Goldstein analiza la situación en quince de los treinta y cinco Estados soberanos de América, que presentan escenarios distintos con una sola constante: el avance del poder evangélico real en la política de cada país, con el fin de obtener mayores recursos del Estado. Este avance se da tanto con gobiernos de izquierda como de derecha, pero si con los primeros persigue un fin meramente pragmático, con los segundos comparte la misma agenda y visión de mundo: al llegar al poder, buscan y muchas veces logran imponer sus valores reaccionarios al resto de la sociedad.

Ariel Goldstein, Poder evangélico. Cómo los grupos religiosos están copando la política en América, Marea, 2020, 240 págs.

[Fuente: http://www.revistaotraparte.com]