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Le Mémorial de la Shoah présenta l’exposition « L’internement des Nomades, une histoire française (1940-1946) » dotée d’un mini-site. L’histoire méconnue, voire ignorée, de la politique menée par la France à l’égard de ceux désignés sous le terme de « Nomades » par la loi : internement de « 6700 personnes, en majorité françaises, dont un grand nombre d’enfants, dans plus d’une trentaine de camps pour Nomades situés sur l’ensemble du territoire métropolitain », spoliations, déportations pour un certains nombre d’entre eux, etc. Histoire diffusera le 16 juin 2021 « Mémoires tsiganes, l’autre génocide« , documentaire réalisé par Idit Bloch et Juliette Jourdan (2011). 
Publié par Véronique Chemla
 
« On a souvent établi des parallèles entre la communauté juive et les communautés Sinti et Roma. Ne serait-ce que par le destin de stigmatisation, de mise au ban de la société, depuis des millénaires, jusqu’à l’idéologie nazie distinguant la race aryenne de toutes les autres races dites « inférieures » dont faisaient partie les Juifs et les Tsiganes. »
Simone Veil
Discours prononcé à l’occasion de la remise du prix européen des droits civiques Sinti et Roma*, Berlin, Allemagne, 2010
* Les Sinti désignent à l’heure actuelle les membres de la minorité vivant en Europe occidentale et centrale et les Roms ceux d’origine orientale et sud-européenne. Roma est utilisé comme un nom pour la minorité complète en dehors des régions germanophones.
« D’octobre 1940 à mai 1946, plus de 6 500 personnes, en majorité françaises dont un grand nombre d’enfants, ont été internées dans plus d’une trentaine de camps pour nomades situés sur l’ensemble du territoire métropolitain. En octobre 2016, le président François Hollande, dans un discours sur le site du camp de Montreuil-Bellay, admet la responsabilité de la République dans ces moments sombres de son histoire ».
« Avec cette exposition événement, le Mémorial de la Shoah propose pour la première fois, un éclairage complet sur la politique menée par la France entre 1939 et 1946 envers ceux que la loi française désignait sous le terme de Nomades. Si elle fut différente de la politique allemande menée dans le reste de l’Europe envers les « Zigeuner » (Tsiganes), cette politique constitue un épisode parmi les plus dramatiques de la Seconde Guerre mondiale sur notre territoire, une page terrible dont la mémoire fut longtemps occultée. »
« Au-delà de l’Occupation et de la présence allemande, la persécution des nomades est une histoire française qui s’amorce au tournant du XXe siècle. Dès 1895, l’État opère un recensement général et un fichage de tous les « nomades, bohémiens et vagabonds ».
« À partir de 1912, les autorités françaises identifient les familles nomades et surveillent leurs déplacements avec la mise en place du carnet anthropométrique, du carnet collectif et du carnet forain ».
« Assignés à résidence, enfermés dans des camps, les Nomades, hommes, femmes et enfants sont spoliés, internés dans des conditions indignes, empêchés de travailler librement, sous-alimentés et contraints aux travaux forcés. Nombre d’entre eux décèdent dans ces camps. À partir de 1943, certains internés sont déportés vers l’Allemagne dans le cadre du travail forcé. D’autres, libérés des camps français, sont raflés dans le nord de la France et déportés vers Auschwitz en 1944 avec le convoi Z dans le cadre d’une déportation raciale. L’internement des nomades se poursuit après la fin de la guerre et le dernier camp français ferme en mai 1946 ».
« Cette histoire tragique est évoquée dans l’exposition par le biais de témoignages et photographies inédits, de documents d’archives personnels ou administratifs, qui attestent de la souffrance morale et du dénuement matériel des internés. Demandes de libération, pétitions collectives, tentatives d’évasions, actes de rébellion sont autant de manifestations de résistances et de solidarités déployées par les familles internées dans les camps ». À noter un document révélant l’implication d’un architecte dans la conception d’un camp d’internement.
« Après les expositions Le premier génocide du XXe siècle – Herero et Nama dans le sudouest africain allemand (1904-1908)Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman : stigmatiser, détruire, exclure et Rwanda 1994 : le génocide des Tutsi, le Mémorial de la Shoah perpétue avec L’internement des nomades, une histoire française (1940-1946) sa mission primordiale pour l’étude et la mémoire de tous les génocides ».
Le Comité scientifique est composé de Ilsen About, chargé de recherche au CNRS, Centre Georg Simmel, EHESS, Jérome Bonin, président du Mémorial des Nomades de France, Alexandre Doulut, historien, doctorant à l’Université Paris 1, Emmanuel Filhol, enseignant chercheur à l’Université de Bordeaux 1, Théophile Leroy, doctorant en Histoire à l’EHESS, Monique Heddebaut, historienne et présidente de la société historique de Flines-les-Raches, Marie-Christine Hubert, historienne et archiviste. La coordination scientifique est assurée par Théophile Leroy, doctorant en histoire à l’EHESS,  la coordination/recherches iconographiques par Sophie Nagiscarde, Marine Lesage, Mémorial de la Shoah, Bruna Lo Biundo et Sandra Nagel, Past/Not Past, et la programmation
Autour de l’exposition, le Mémorial de la Shoah a organisé des visites guidées, et propose un minisite Internet en complément de la visite de l’exposition.
La séance inaugurale « Histoire et mémoire familiales » s’est déroulée en présence des commissaires scientifiques de l’exposition, Jérôme Bonin, Emmanuel Filhol, Monique Heddebaut, Marie-Christine Hubert, Théophile Leroy, et Nara Ritz, vice-président du Mémorial des nomades de France. Animée par Alexandre Doulut, historien : « L’histoire de l’internement d’une partie de la population française entre 1940 et 1946 reste encore méconnue du grand public. Depuis les années 1990, les travaux sur la France des camps et le sort des Nomades sont enfin publiés. Aujourd’hui, les victimes elles-mêmes veulent connaître et transmettre la connaissance des répressions qu’elles subirent en puisant dans l’histoire et les mémoires familiales ».
Les rencontres ont eu pour thèmes notamment le convoi Z du 15 janvier 1944. À l’occasion de la parution de Des Tsiganes vers Auschwitz. Le convoi Z du 15 janvier 1944, de Monique Heddebaut (éd. Tirésias-Michel Reynaud, 2018), la réunion a eu lieu en présence de l’auteure et de Laurence Schram, historienne, centre de documentation du musée Kazerne Dossin. Animée par Danielle Delmaire, professeure émérite, université Lille 3 : « À l’automne 1943, plus de 350 Tsiganes hommes, femmes, enfants sont arrêtés dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Ils formeront un unique convoi, le « convoi Z » vers Auschwitz-Birkenau. Pour la 1ère fois, l’histoire de ce cas de déportation fait l’objet d’une étude approfondie et globale, avec notamment les témoignages de deux survivants. »
À l’occasion de la parution de « L’Amour a vaincu la mort » (éd. PÉTRA, 2019), une réunion avec l’auteure, et Sidonia Bauer, traductrice, animée par Henriette Asséo, membre associé du Centre de recherches historiques, EHESS/CNRS, a évoqué Philomena Franz, « née en 1922 dans une famille de musiciens sinti. Rescapée des camps d’Auschwitz-Birkenau, Schlieben, Ravensbrück et Oranienburg, elle devient, après la guerre, le premier écrivain sinti en Allemagne. S’efforçant de faire connaître une culture qui a failli disparaître, elle a reçu de nombreux prix pour son travail infatigable y compris la Croix du mérite fédéral et le Prix Femmes d’Europe. »
Autre conférence : celle sur Henriette Théodore. Née en 1932, elle est arrêtée dans la Sarthe en juillet 1941 et internée avec sa famille au camp de Coudrecieux, à Mulsannen au camp de Montreuil-Bellay en août 1942 puis au camp de Jargeau. Les Théodore parviennent à être libérés en juin 1945, après quatre années d’internement, tandis que les derniers Nomades sortent du camp de Jargeau en décembre 1945. » La réunion était suivie par la projection d’extraits en avant-première de « Une honte oubliée » de Enola Cluzeau (France, documentaire, Niglo films, 2019) en présence du témoin et du réalisateur. Animé par Nara Ritz, vice-président du Mémorial des Nomades de France.
Ont été projetés « Route de Limoges » de Raphaël Pillosio (France, documentaire, 39 mn, l’atelier documentaire, 2003) – « Le camp de la Route de Limoges a enfermé, durant la Seconde Guerre mondiale, des Juifs et des Nomades. Félicia Combaud et Jean-Louis Bauer deux anciens internés de chaque communauté témoignent » – suivi de « Histoires du carnet anthropométrique de Raphaël Pillosio » (France, documentaire, 69 mn, l’atelier documentaire, 2012) en présence du réalisateur et de Ilsen About, chargé de recherche, CNRS, Centre Georg Simmel, EHESS – « En 1912, dans le cadre d’une loi visant à contrôler le commerce ambulant, la République Française imposait le port d’un Carnet Anthropométrique d’identité à une catégorie administrative créée à l’occasion, les « Nomades ». En interrogeant la permanence d’une exception juridique, ce film propose de réfléchir à la situation passée et actuelle des « Gens du Voyage » – et « Des Français sans Histoire » de Raphaël Pillosio (France, documentaire, 84 mn, l’atelier documentaire, 2009. Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah) en présence du réalisateur et de Ilsen About, chargé de recherche, CNRS, Centre Georg Simmel, EHESS : « Qu’ils soient d’origine gitane, manouche, yéniche, rom ou tout simplement des personnes pauvres qui vivaient en roulotte, des citoyens français ont été internés en tant que « Nomades » durant la Seconde Guerre mondiale. Plus de vingt-cinq camps, disséminés dans toute la France, ont emprisonné environ 6 000 personnes de mai 1940 à mai 1946. Ce film part à la recherche des dernières survivances de ce passé et des quelques internés dont le souvenir demeure ».
À été programmé, en présence du réalisateur et de Monique Heddebaut, historienne, le film « Liberté » de Tony Gatlif (France, fiction, 111 mn, Princes Production, France 3 Cinéma, Rhône Alpes Cinéma, 2009) avec Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James Thierrée : « Théodore, vétérinaire et maire d’un village situé en zone occupée pendant la Seconde Guerre mondiale, et Lise Lundi, l’institutrice, font la connaissance d’une famille de Tsiganes installée sur leurs terres. D’abord interdits de circulation, les Tsiganes sont bientôt enfermés dans des camps spéciaux. La pression de la police de Vichy et de la Gestapo s’intensifie peu à peu et le danger menace à chaque instant ».
La surveillance des Nomades au tournant du siècle
« Pourtant intégrés dans les circuits économiques régionaux et transfrontaliers depuis plusieurs siècles, les déplacements des travailleurs itinérants et saisonniers, des marchands ambulants, des familles dites « bohémiennes », foraines ou réputées nomades, suscitent peu à peu réprobation et défiance ».
« La stigmatisation de ces populations par les pouvoirs publics puise ses racines dans la deuxième moitié du XIXe siècle. La crise économique des années 1880, l’industrialisation et l’urbanisation bouleversent les structures et les économies des mondes ruraux et transforment le regard porté sur les familles itinérantes. Les discours xénophobes sur l’insécurité des espaces ruraux assimilent les familles itinérantes françaises à des vagabonds asociaux et apatrides, porteurs de maladies, espionnant et pillant les campagnes. »
« Ces déclarations trouvent un large écho dans la presse et un puissant relai politique : en 1884, une loi permet aux maires de s’opposer au stationnement des itinérants sur le territoire de leur commune ».
« Le 20 mars 1895, un premier dénombrement empirique de tous les « Nomades, bohémiens, vagabonds » vivant en France est organisé par le gouvernement. Le rapport de la commission extraparlementaire faisant suite au recensement donne le nombre de « 25 000 nomades en bandes voyageant en roulottes » sur le territoire français. En 1907, au moment où la question sécuritaire occupe les débats publics, le gouvernement français crée les brigades régionales de police mobile qui sont placées sous l’autorité de la Sûreté générale. À la même période, les parlementaires s’emparent de la question et élaborent un projet de loi visant à établir une réglementation des professions itinérantes ».
« Le terme de « nomade » s’impose dans les débats parlementaires pour réprimer un mode de vie associé au vagabondage et à la criminalité. »
Le carnet anthropométrique et les papiers de contrôle
« Le carnet anthropométrique individuel d’identité est obligatoire à partir de 13 ans. Ce carnet comporte une description précise du porteur : photographies de face et de profil, empreintes digitales et mesures du corps. Il a comme principal objectif d’identifier l’individu nomade en fixant sur le papier son état civil et les données biométriques permettant son identification. Ce document doit être visé à chaque entrée et à chaque sortie du territoire d’une commune par la gendarmerie, la police ou le maire et permet ainsi de connaître tous les déplacements effectués. L’émission d’un carnet anthropométrique engageait la production d’une notice individuelle en double exemplaire conservée dans les préfectures et dans les fichiers à la Sûreté générale, au ministère de l’Intérieur. »
« La législation impose en parallèle le port d’un carnet collectif dont le chef de famille est responsable. Ce document indique les liens de parenté du groupe familial, les signalements, photographies et empreintes digitales des enfants de 2 à 13 ans et doit noter les mentions des naissances, mariages et décès. La surveillance et l’identification des Nomades prennent ainsi une dimension collective, héréditaire et transgénérationnelle. »
« C’est bien la famille, dans son ensemble, qui est prise pour cible par les pouvoirs publics : les enfants nés de parents porteurs du carnet anthropométrique restent affiliés à la catégorie « nomade » et ne peuvent en sortir sans l’autorisation des services préfectoraux. »
La loi du 16 juillet 1912 : l’instauration d’un régime des Nomades
« La loi du 16 juillet 1912 sur « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades » crée trois catégories d’itinérants en conjuguant des critères de domiciliation, de nationalité et de profession. La réglementation des professions itinérantes fixe des statuts stables (ambulants, forains, nomades) à des individus qui pratiquent en réalité une mobilité intermittente et fige ces personnes dans des catégories administratives dont il est très difficile de sortir. Cette population se trouve placée sous le contrôle du ministère de l’Intérieur. »
Terminologie : Bohémiens, « Tsiganes », Nomades et Zigeuner
« Promulguée le 16 juillet 1912, la loi sur « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades » constitue un acte décisif dans la mise en place d’un système policier d’identification préventive et de surveillance des circulations des populations itinérantes. La catégorie « nomade » permet à l’administration de cibler tous ceux que l’opinion nomme péjorativement « Bohémiens, Tsiganes, Gitans, Caraques, Romani et Romanichels ». La visée ethnique de la répression exercée s’efface au profit d’un terme généraliste mais la dimension raciale de la loi demeure. »
« Tsigane » est aujourd’hui le mot privilégié par la recherche en sciences sociales pour désigner les trois branches des mondes romani présentes en France : Roms ou Roma, d’Europe centrale et balkanique ; Sinti ou Manouches, du bassin germanique et d’Italie ; et Kalé ou Gitans, de la péninsule ibérique. Les Yéniches, itinérants du bassin suisse-alémanique, mais aussi les voyageurs gadjé ou étrangers sont également associés aux mondes romani. »
« Pour autant, aucun terme ne permet d’unifier parfaitement des populations qui constituent une mosaïque de groupes aux traits sociaux, familiaux, économiques, culturels et linguistiques distincts. Le terme « Zigeuner » renvoie à la politique raciale allemande du début du XXe siècle et son usage est désormais rejeté en Allemagne où l’on emploie les termes Sinti et Roma. En France, le vocable « Tsigane » est de plus en plus remis en question par les membres des différentes communautés. Dans cette exposition, le terme « nomade » est employé car c’est ainsi qu’étaient désignées ces personnes par les autorités françaises depuis 1912. Cette population hétérogène, estimée à près de 40 000 personnes par les autorités en 1940, est assignée à résidence par un décret-loi signé du président de la République, Albert Lebrun, le 6 avril 1940. Les Nomades, mais aussi les forains, les circassiens et les familles itinérantes sont menacés par l’application de ce décret. Le 4 octobre, l’état-major allemand exige l’internement des « Zigeuner » de la zone occupée dans des camps familiaux surveillés et gérés par les autorités françaises. Le régime de Vichy traduit cette demande en internant les Nomades tels qu’ils sont définis par la loi de 1912. »
La Première Guerre mondiale et l’internement des Nomades en France
« En 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale, de nombreuses familles manouches et yéniches d’Alsace, de Moselle et de Lorraine sont perçues comme des espions potentiels notamment en raison de leur pratique de langues proches de l’allemand. Les autorités françaises internent ces « Alsaciens-Lorrains romanichels », souvent munis de certificats d’option, dans des camps qui leur sont destinés. »
« Le « dépôt surveillé » de Crest (Drôme) concentre peu à peu les familles itinérantes, jugées étrangères et suspectes, internées auparavant dans les camps pour civils. 268 hommes, femmes et enfants y sont détenus jusqu’au 14 juillet 1919. Les familles itinérantes ne sont pas internées à cause de leur mode de vie supposé mais bien parce qu’elles représentent un ennemi intérieur, susceptibles de renseigner les Allemands. »
Les Nomades dans l’entre-deux guerres
« Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la vie quotidienne des Nomades est soumise à un régime particulier d’exclusion ».
« La loi de 1912 entraîne de nombreuses restrictions et contraint les porteurs des carnets à entretenir des rapports quotidiens avec l’administration, la police et la gendarmerie. Dans les années 1920, de nombreuses municipalités prononcent des arrêtés qui limitent le stationnement des Nomades à 48 heures : des panneaux d’interdiction se multiplient sur l’ensemble du territoire. Les autorités de police s’efforcent de constituer des fichiers départementaux et un fichier national pour recenser la présence de tous les Nomades en France. En août 1939, le chef du service des Nomades à la Sûreté générale évoque 36 000 dossiers de Nomades et une « population flottante » de 150 000 personnes. »
« À la veille de la Seconde Guerre mondiale, sous l’influence des politiques spécifiques adoptées en Europe, juristes et experts policiers français suggèrent l’adoption de mesures plus radicales visant à faire disparaître ou dissoudre cette population. La possibilité de créer des « camps de concentration » est évoquée explicitement. »
La politique allemande envers les « Zigeuner » (1933-1940) avant l’occupation de la France
« Partie intégrante des sociétés allemandes depuis la fin du Moyen-Âge, les Zigeuner (Tsiganes) suscitent, à la fin du XIXe siècle, l’hostilité des pouvoirs publics et leur présence est perçue comme un « fléau ». Après l’arrivée au pouvoir des nazis en janvier 1933, la persécution des Zigeuner s’inscrit dans le cadre d’une politique raciale coordonnée ».
« Tous les groupes familiaux identifiés sous cette catégorie sont internés dans des camps en bordure des grandes villes, sous surveillance policière, créés à l’initiative des autorités municipales, comme à Francfort, Cologne, Düsseldorf, Hanovre ou Fribourg. »
« Le 8 décembre 1938, Heinrich Himmler, chef des polices allemandes, promulgue un décret destiné à « combattre le fléau tsigane », en ordonnant l’enregistrement de tous les Zigeuner vivant en Allemagne et en les classant selon les critères établis par l’Institut de recherche pour l’hygiène raciale dirigé par le docteur Robert Ritter. »
L’assignation à résidence
« Dès l’entrée en guerre de la France en septembre 1939, les Nomades subissent les conséquences de « l’état de siège ». En octobre, les autorités militaires interdisent par arrêté la circulation des familles nomades et foraines dans plusieurs départements sensibles et recommandent l’assignation à résidence ou le refoulement vers l’intérieur du territoire. Tous les porteurs du carnet anthropométrique et du carnet d’identité forain sont menacés par ces mesures. »
« Le 6 avril 1940, un décret-loi du président de la République Albert Lebrun étend l’interdiction de circulation des Nomades sur la totalité du territoire métropolitain pour la durée de la guerre. Aux yeux du gouvernement, les itinérants constituent une menace pour la sécurité nationale et sont de potentiels espions à la solde de l’ennemi qu’il faut neutraliser par une action préventive. Le choix de la commune d’assignation suscite souvent plaintes et protestations de la part des populations locales. Immobilisées dans un périmètre réduit, les familles nomades ne peuvent alors plus pratiquer leurs différents métiers reposant sur la mobilité, ni vendre leurs services ou leurs marchandises auprès de la clientèle locale. Les Nomades assignés à résidence rencontrent très vite des difficultés économiques. »
L’internement en zone occupée : une décision allemande appliquée par les autorités françaises
« Le 4 octobre 1940, l’administration militaire allemande charge les préfets de la zone occupée d’organiser l’internement des Zigeuner dans des camps pris en charge par les autorités françaises. Les archives montrent des divergences et des confusions dans la traduction du terme « Zigeuner ». Les préfets publient des arrêtés préfectoraux intimant à la gendarmerie d’arrêter les Nomades se trouvant dans leur département et déjà assignés à résidence. Mais des familles foraines se trouvent parfois explicitement visées par les préfectures et sont internées dans les camps. Bien que la décision de l’internement soit une initiative allemande, les arrestations des familles nomades ou foraines sont menées par les forces de police et de gendarmerie françaises. »
« Dans un premier temps, les Nomades sont rassemblés dans des lieux hétéroclites : une carrière, un château abandonné, une usine désaffectée, un cinéma, souvent à l’écart des bourgs. Les conditions de vie sont très précaires : habitat insalubre, ravitaillement inexistant, surveillance plus ou moins étroite de la gendarmerie. Passée l’urgence, les familles sont transférées dans des camps plus grands et mieux organisés. Les familles s’entassent dans des baraquements en bois ou en dur, entourés de fils barbelés, gardés par des gendarmes, des douaniers, parfois des troupes coloniales, obéissant à un directeur recruté parmi des militaires en congé d’armistice ou des policiers, le tout placé sous l’autorité du préfet. Début 1941, environ 1 700 personnes sont regroupées dans dix camps d’internement pour Nomades. Dans l’Est de la France, des camps sont établis à partir d’avril 1941 comme à Arc-et-Senans (Doubs) et à Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes (Yonne). »
L’internement des Nomades en zone libre
« Pour les familles nomades se déplaçant dans la zone libre avant la guerre, l’assignation à résidence reste la norme. La grande majorité des Nomades internés en zone libre viennent des espaces alsaciens et mosellans. Expulsés par les Allemands en juillet 1940, ces réfugiés nomades, de nationalité française pour la plupart, sont internés à l’instar des familles juives expulsées et de milliers d’étrangers fuyant l’avancée allemande. Les deux seuls camps réservés aux Nomades en zone libre sont créés par le régime de Vichy : il s’agit de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et Saliers (Bouches-du-Rhône). »
Les déportations vers l’Allemagne depuis la France
« Au cours de guerre, la politique nazie envers les Zigeuner se radicalise et conduit à la déportation et au meurtre de masse, en particulier dans le Reich, en Europe de l’Est et dans les Balkans. Le nombre de victimes du génocide des Roms et Sinti en Europe est estimé à plus de 200 000 personnes. Pendant l’Occupation en France, ces persécutions ne sont pas appliquées dans la zone occupée où les autorités allemandes délèguent aux Français la mise en oeuvre de l’internement. »
« Pour autant, certains Nomades connaissent la déportation depuis le camp de Poitiers (Vienne) dans le cadre d’une opération de répression. »
« En zone libre, des internés évadés ou indisciplinés sont envoyés dans la forteresse de Fort-Barraux (Isère), forteresse qui devient un camp répressif en 1943. Le 22 juin 1944, les Allemands décident la déportation des détenus dits de « droit commun » : 359 hommes sont déportés à Buchenwald au départ de Grenoble. Parmi eux, six ou sept Nomades dont trois reviendront vivants en 1945. C’est ainsi qu’un nombre encore indéterminé de Nomades ont été déportés pour ce qu’ils ont fait et non pour ce qu’ils étaient. »
Le convoi Z du 15 janvier 1944
« Le Nord et le Pas-de-Calais, rattachés au Haut Commandement militaire allemand de Bruxelles, connaissent une situation différente du reste de la France. Les familles dites « Tsiganes » ne sont ni assignées à résidence, ni internées. Mais le « décret d’Auschwitz » du 16 décembre 1942, qui donne le signal de la déportation de masse de tous les Zigeuner présents dans le Reich, est élargi le 29 mars 1943 aux « Tsiganes » du Nord de la France, de Belgique et des Pays-Bas. »
« Le 15 janvier 1944, le convoi Z part de Malines à destination d’Auschwitz-Birkenau. Il compte 351 personnes identifiées comme Zigeuner dont plus de 75% de femmes et d’enfants de moins de 15 ans. Parmi eux, 145 Français, 109 Belges, 20 Norvégiens et 18 Hollandais. C’est le seul convoi de déportation collective de ce type à destination d’Auschwitz-Birkenau en provenance des pays occupés d’Europe de l’Ouest avec celui de Westerbork (Pays-Bas) parti le 19 mai 1944. Les déportés du convoi Z sont internés à Birkenau, dans la seule section du camp destinée à des familles, le Zigeunerlager, qui se transforme en un véritable mouroir. »
« Le 16 mai 1944, une révolte éclate dans le Zigeunerlager contre les gardiens du camp. »
« Les 2 900 Zigeuner encore en vie dans le camp des familles sont éliminés dans la nuit du 2 au 3 août 1944. Sur les 23 000 Zigeuner internés au camp des familles d’Auschwitz-Birkenau, plus de 18 000 y ont péri. »
Des conditions de vie précaires pour les familles
« Tant en zone libre qu’en zone occupée, les conditions de vie sont très précaires. Les familles affrontent la faim, le froid l’hiver et la chaleur l’été, les maladies, l’isolement et l’indifférence. Le strict minimum autorisé lors de l’arrestation ne résiste pas au temps qui passe. Les vêtements deviennent des loques, les enfants vont pieds nus. Les 7 familles sont installées sans aucune intimité dans des baraques plus ou moins équipées de cloisons, de châlits, de poêles à bois. »
« L’approvisionnement en bois est aléatoire. »
« À Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique), les internés arrachent les planches de leurs baraques pour faire du feu. Les couvertures sont utilisées pour faire des vêtements. »
« Le ravitaillement est également très chaotique et les internés n’ont pas les moyens d’améliorer l’ordinaire comme le reste de la population. Les œuvres d’entraide, hormis la Croix-Rouge, n’interviennent pas dans les camps pour Nomades et les colis postaux parviennent rarement aux internés. »
« Souvent, l’incompétence, la corruption et les malversations du personnel affaiblissent les internés et condamnent les plus fragiles. »
« L’eau courante n’existe pas ; les douches fonctionnent de manière aléatoire. Les malades sont soignés par des infirmières qui logent sur place et des médecins qui visitent régulièrement les camps. Les dépouilles sont enterrées souvent sans sépulture aux abords du camp ou dans le cimetière de la commune, sans pierre tombale. »
Des enfants nombreux et instrumentalisés
« La population des camps d’internement pour Nomades est jeune : un interné sur deux a moins de 20 ans et un sur trois moins de 13 ans. En 1940, les Allemands ont demandé que les enfants soient scolarisés. Cette exigence allemande rencontre l’adhésion des autorités françaises qui considère l’école comme une étape nécessaire vers la sédentarisation des Nomades. Les tentatives pour scolariser les enfants dans les écoles des villages rencontrent l’hostilité des populations et des maires qui prétextent le dénuement des enfants pour les refuser. Quand les effectifs sont conséquents, l’administration organise une ou plusieurs classes dans l’enceinte du camp comme à Jargeau (Loiret). Leur fréquentation est rendue obligatoire. »
Résistances et solidarités des familles
« Il faut réunir deux conditions pour sortir légalement des camps d’internement : un travail et un domicile fixe. Les solidarités familiales jouent un rôle important et des parents se portent garants, contactent des cultivateurs pour du travail ou recrutent des avocats. Sur l’ensemble de la population nomade internée, un nombre non négligeable a pu être libéré pendant la guerre comme au camp de Jargeau (Loiret), qui connaît des libérations importantes, à l’été 1942, en juin et juillet 1943. La liberté obtenue est relative et précaire puisque les familles sont assignées à résidence et qu’à la moindre plainte d’un maire ou suite à l’une des nombreuses pétitions collectives émises par les riverains, elles réintègrent le camp. »
« Certains internés tentent de s’évader et profitent d’une administration défaillante, surtout dans les petits camps peu surveillés. »
« À Peigney (Haute-Marne), la moitié des internés recensés en octobre 1942 sont en réalité absents. Toutes les occasions sont bonnes pour fausser compagnie aux gardiens : les transferts à l’hôpital, sur les lieux de travail, lors des permissions, à l’occasion de la visite d’un proche ou lors du mitraillage ou du bombardement du camp par les Alliés, comme c’est le cas à Saliers et à Montreuil-Bellay. Les fugitifs sont repris la plupart du temps dans les jours qui suivent car ils retournent dans des lieux familiers où les attendent les gendarmes ou sont dénoncés par les populations voisines. Les adultes sont condamnés à une peine de prison avant de réintégrer le camp ou d’être transférés dans un camp où le régime de détention est plus sévère comme à Fort-Barraux (Isère) pour les hommes, à Brens (Tarn) pour les femmes. »
« Certains Nomades ont rejoint des réseaux de résistance tant en zone occupée qu’en zone libre comme Armand Schténégry, dit « Archange », qui a été un agent de liaison important dans le Vercors, ou Ignacio Gimenez, interné à Argelès et à Rivesaltes, qui participa à un mouvement de résistance après son évasion à l’âge de 17 ans. »
La sortie des camps : une libération inachevée
« La fin du régime d’Occupation et la Libération n’entraînent pas la fin de l’internement pour les Nomades. En août 1944, le Gouvernement provisoire de la République française ordonnait pourtant la libération de tous les prisonniers, sans distinction, détenus sur décision allemande. Mais, en novembre, le ministre de l’Intérieur, Adrien Tixier, apporte quelques nuances en adressant une circulaire aux commissaires régionaux de la République, où il précise que les Nomades ne seront pas libérés avant que chaque cas ne soit étudié individuellement. »
« Les derniers internés sortent du camp de Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes (Yonne)le 18 décembre 1945, de Jargeau (Loiret) le 31 décembre 1945. »
« Le maintien des Nomades dans les camps après l’été 1944 répond à une double logique explicitement formulée par le Gouvernement provisoire. D’une part, les Nomades sont toujours considérés comme de potentiels ennemis intérieurs. Le même argument qui a motivé la décision du 6 avril 1940 est donc repris, justifiant ainsi la prolongation de l’internement administratif. D’autre part, les autorités françaises considèrent l’internement des Nomades comme une première étape vers la sédentarisation des familles et voient alors l’occasion de mettre fin à l’itinérance. À leur libération, en 1946, le ministre de l’Intérieur informe les préfets que les Nomades doivent toujours être assignés à résidence. Le dernier interné est libéré le 1er juin 1946 du camp des Alliers, près d’Angoulême. Toutes les formes de contrôle associées à la loi de 1912 et au carnet anthropométrique d’identité reprennent sous les gouvernements successifs sans 9 aucune modification jusqu’en 1969. »
Bilan : abandon, survie, discriminations
« De 1940 à 1946, environ 6 500 personnes ont été internées en France parce qu’elles étaient identifiées comme Nomades par les autorités françaises. Lors des arrestations, les Nomades ont tout perdu : chevaux, roulottes, stands forains et des outils de travail parfois coûteux comme les appareils cinématographiques. L’argent et les biens confisqués au début de l’internement ne seront jamais restitués. Ils n’ont reçu aucune indemnisation pour ces spoliations et aucune aide à la sortie des camps. Certaines familles sont plongées dans une extrême pauvreté et rencontrent à nouveau l’hostilité des populations locales. Toutes les énergies sont mobilisées pour survivre sans attirer l’attention des autorités de peur d’une nouvelle arrestation arbitraire. »
« Après la guerre, un nombre réduit d’anciens internés accomplissent les formalités qui leur permettent d’accéder au statut d’ « interné politique », seul statut permettant de faire reconnaître une invalidité consécutive aux années de privation et ainsi de percevoir une pension. Par ailleurs, si des Nomades ont été internés dans des camps français, ce n’est nullement en raison de leurs activités politiques mais bien parce qu’ils appartenaient, aux yeux des autorités allemandes, à un groupe désigné suivant les principes d’une discrimination raciale. »
« Le régime des Nomades est remplacé le 3 janvier 1969 par celui des « Gens du voyage ». Les carnets anthropométriques laissent place aux carnets et livrets de circulation. »
« Ce nouveau dispositif moins contraignant est tout aussi discriminant sur un plan juridique. Le Conseil constitutionnel reconnaît d’ailleurs tardivement que le carnet est contraire aux principes de la Constitution. »
« Plusieurs actions en justice entraînent la suppression du carnet de circulation en 2012. Le 27 janvier 2017, la loi de 1969 est entièrement abrogée et les titres de circulation ainsi que l’obligation de posséder une commune de rattachement sont supprimés. »
« Les Voyageurs intègrent le droit commun mais leur mode de vie est mis à mal par les politiques publiques qui respectent la liberté de circuler mais restreignent la possibilité de stationner et ne reconnaissent pas l’habitat en caravane comme un logement. »
« Le sort réservé aux Nomades durant la Seconde Guerre mondiale n’est entré dans le champ historiographique français qu’à la fin des années 1980. En 2010, Hubert Falco, alors secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants, reconnaît la responsabilité des autorités françaises dans l’internement. »
« Le Conseil de l’Europe, par un vote du Parlement européen en 2015, institue une journée européenne de la mémoire du génocide des Roms et Sinti, tandis que les associations d’anciens internés investissent de leur propre chef l’Arc de Triomphe de Paris, chaque 2 août, date de l’assassinat des derniers Zigeuner d’Auschwitz-Birkenau. »
« Lors d’une cérémonie d’hommage sur le site de Montreuil-Bellay en octobre 2016, le président de la République François Hollande admet la responsabilité de la France dans l’internement de milliers de Nomades : « La République reconnaît la souffrance des Nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame ». Cette reconnaissance met fin au silence de l’État. » Oui, mais elle est sibylline, se place sur le registre de l’émotion, ne définit pas ce « drame ».

Les victimes et leurs ayants-droit espèrent que le Parlement adopte une loi afin de faire valoir leurs demandes d’indemnisation pour leurs préjudices.

« Forgotten Victims: The Nazi Genocide of the Roma and Sinti »

La Wiener Holocaust Library a présenté l’exposition « Forgotten Victims: The Nazi Genocide of the Roma and Sinti » (« Des victimes oubliées : Le génocide nazi des Rom et Sinti »).

« The genocide carried out against the Roma and Sinti communities of Europe by the Nazis and their collaborators during the Second World War – the persecution and murder of as many as 500,000 people – has been referred to as ‘the forgotten Holocaust’ by Professor Eve Rosenhaft. After the war, survivors and relatives of victims struggled to get recognition and compensation for the persecution and losses they had suffered. In Britain and Europe today, prejudice and discrimination against Roma and Sinti is still common. » (Un génocide perpétré contre ces communautés d’Europe par les Nazis & leurs collaborateurs durant la Deuxième Guerre mondiale – persécution & meurtre de 500 000 personnes).

« Our exhibition, Forgotten Victims: The Nazi Genocide of the Roma and Sinti, draws upon The Wiener Holocaust Library’s collections of material on the genocide to uncover the story of this little-known aspect of Nazi persecution. Our archives hold a wide range of relevant materials including eye-witness accounts, photographs, documents and books. »

« The exhibition explores Roma and Sinti life in Germany and Austria prior to the Second World War, and genocidal policies starting in German-occupied Poland in 1940. It also examines the post-war lives and legacies for Roma and Sinti, who fought to obtain recognition and compensation for their oppression. Finally, the exhibition reflects on the situation in Britain and Europe today and why Roma and Sinti have often been the ‘forgotten victims’ of genocide. »

Forgotten Victims Event Series
« The exhibition run will include a series of events designed to amplify themes in the exhibition. All the events are free but space is limited – please register to attend below. »

« Touring Exhibition Launch: Roma Stories. 26 November 2019
The Romani Genocide and its Aftermath: The Uses of the Past Workshop co-organised with the AHRC Research Network and the University of Liverpool. 6-7 November 2019
Keynote Lecture: Recording Romani Lives: The Use and Abuse of History for the Marginalized. Professor Ari Joskowicz. 6 November 2019
Talk: The Rescue and Self-Rescue of Roma and Jews in Ukraine during the Holocaust. Hanna Abakunova. 9 March 2020 ».

« Mémoires tsiganes, l’autre génocide »
Histoire diffusera le 16 juin 2021 « Mémoires tsiganes, l’autre génocide« , documentaire réalisé par Idit Bloch et Juliette Jourdan (2011). Lauréat du Prix « Rendez-vous de l’histoire du documentaire historique » aux 15e Rendez-vous de l’histoire de Blois (2012).

« Découvrez l’histoire des Tsiganes européens depuis les années 1920 jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce film met en lumière la tragédie si mal connue de ces familles persécutées ou exterminées… Le mécanisme de la persécution et de la destruction est exposé avec des images d’archives et la parole est donnée à des témoins directs, qui ont survécu la guerre. »

« Mémoires tsiganes, l’autre génocide, le documentaire d’Henriette Asséo, Idit Bloch et Juliette Jourdan raconte et explique méthodiquement le drame vécu par les populations tsiganes au XXe siècle, entre marginalisation, persécution et extermination. »
« Avec ce film et le livret pédagogique, l’enseignant dispose d’un outil exceptionnel révélant enfin des mémoires tsiganes restées longtemps refoulées, occultées par la geste résistante et le génocide juif. »
Mémoires tsiganes, l’autre génocide. Les Tsiganes dans l’Europe de la Seconde Guerre mondiale « présente les origines, le contexte et la spécificité du sort des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale en couvrant pour la première fois l’ensemble européen. »
« De l’exclusion à la persécution et jusqu’à l’extermination, le destin des Tsiganes est exposé par des images d’archives inédites, un commentaire historique rigoureux et sans concession et le témoignage de ceux qui l’ont vécu. »
« Par un cheminement original entre les sociétés d’avant-guerre et la machine nazie, le film jette un regard neuf sur la genèse des politiques nationales d’exclusion de l’entre-deux-guerres, sur le rôle déterminant de la « science raciale », sur la politique génocidaire nazie, dressant un tableau d’ensemble. Selon les régions, de 40 à 90 % des Tsiganes ont disparu. »
« Les témoins parlent de ces années terribles mais aussi de la vie d’avant. Leurs souvenirs et des documents d’archives exceptionnels nous permettent de découvrir une société européenne qui n’est plus. Un monde perdu, le nôtre. »
https://youtu.be/oG1w0ihf9us
LES CAMPS D’INTERNEMENT DES NOMADES EN FRANCE
Mérignac Beaudésert (Gironde), octobre – décembre 1940
« Après la débâcle militaire de mai 1940, Bordeaux devient le siège du gouvernement pour la troisième fois en 70 ans. L’armistice est signé le 22 juin et divise la France en différents territoires. En août, les Allemands refoulent vers l’intérieur des terres les Nomades et les indésirables de la côte atlantique pour des raisons sécuritaires. En décembre, 319 Nomades sont arrêtés par les brigades de gendarmerie sur tout le département de la Gironde et internés au camp de Mérignac, pour certains avec leurs voitures. Le commandant du camp tient scrupuleusement les minutes de cette période jusqu’à la vente aux enchères à des particuliers des moyens de transports des Nomades. En novembre 1940, ils sont transférés en deux groupes : l’un vers le camp de La Morellerie (Indreet-Loire), le second, par Civray, au camp de la route de Limoges, à Poitiers (Vienne). »
Linas-Montlhéry (Essonne), novembre 1940 – avril 1942
« Ouvert un mois après l’ordonnance allemande du 4 octobre 1940, le camp de Linas-Montlhéry est situé sur un autodrome désaffecté et isolé. Il regroupe 190 Nomades et forains français, belges mais aussi norvégiens arrêtés dans la région normande par la gendarmerie française et transférés par convoi depuis Rouen vers le sud de Paris. Érigé en urgence, les conditions de vie y sont très difficiles et les familles luttent auprès de l’administration pour obtenir une libération. Le ravitaillement du camp est défaillant en raison de la corruption du personnel. Pour les Allemands, ce camp pose problème car il mobilise une force de police importante à proximité de la capitale. En décembre 1940, l’autorité militaire allemande propose même la déportation des familles internées vers la Pologne. Finalement, le camp de Linas-Montlhéry s’installe dans la durée et ferme en avril 1942. Les internés sont alors transférés vers Mulsanne (Sarthe) puis vers Montreuil-Bellay (Maineet-Loire). »
Poitiers (Vienne), décembre 1940 – décembre 1943
« Le camp de la route de Limoges, à Poitiers, a d’abord été créé pour accueillir les réfugiés espagnols de la Retirada en 1939. Suite à l’ordre allemand du 4 octobre 1940, un grand nombre de nomades français et étrangers y sont internés. Au printemps 1941, les Français reçoivent l’ordre de recenser les Juifs étrangers vivant dans le Poitou. 151 adultes et 158 enfants sont alors internés dans le camp. Au 1er décembre 1941, il compte 801 internés : 27 Espagnols, 452 Nomades, et 322 Juifs rassemblés dans une quinzaine de baraques. Malgré les clôtures, les familles juives et nomades élaborent des liens de solidarité et s’entraident. Le père Fleury, aumônier du camp, apporte un soutien aux familles internées, tant nomades que juives et parvient à faire libérer des enfants juifs, qui échappent à la déportation. Les derniers internés nomades sont transférés vers Montreuil-Bellay à la fin de l’année 1943. »
Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), novembre 1941 – janvier 1945
« Le camp de Montreuil-Bellay est un maillage essentiel du réseau d’internement des Nomades en France. Il concentre les familles nomades auparavant internées dans les premiers camps de la zone occupée, créés à la fin de l’année 1940. Le camp ouvre en novembre 1941. Quatorze baraques sont prévues pour abriter vingt personnes chacune. Au total, plus de 1 800 Nomades sont internés dans cette ancienne poudrerie, située près de Saumur, entre 1941 et 1945 et surveillés par des gendarmes français. Des sœurs de la congrégation des Franciscaines Missionnaires de Marie ont volontairement partagé le quotidien des internés et assuré l’instruction religieuse des enfants. En 1943, des libérations sont accordées notamment à des familles belges. Le camp ferme en janvier 1945, les internés restant sont transférés à Jargeau (Loiret) et au camp des Alliers (Charente). »
Jargeau (Loiret), mars 1941 – décembre 1945
« Le 26 octobre 1940, l’administration militaire allemande d’Orléans ordonne aux autorités françaises de procéder à l’arrestation de tous les Nomades du département du Loiret et d’organiser leur internement.  Le camp de Jargeau ouvre en mars 1941 et regroupe au total plus de 1 700 personnes, en grande majorité des familles nomades. À partir d’octobre 1941, des prostituées, des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) et des étrangers sont aussi internés à Jargeau. Les baraques sont surpeuplées et la mortalité infantile est très forte. Certains Nomades acceptent de partir travailler dans les usines allemandes en échange de la libération de leur famille. Le camp ferme en décembre 1945 et constitue l’un des deux principaux camps de la zone occupée avec Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). »
Saliers (Bouches-du-Rhône), juin 1942 – octobre 1944
« Suite à la crise humanitaire dans les camps français en 1939-1940 et aux regards critiques de l’étranger, le gouvernement de Vichy décide de réorganiser la gestion des camps d’internement. En 1941, un projet de camp pour isoler les Nomades de la zone libre est envisagé. Le choix du lieu se porte sur la commune d’Arles, en Camargue, prétendu « berceau de la race gitane », en raison de la proximité avec le village des Saintes-Maries-de-la-Mer où se déroule chaque année un important pèlerinage. Le sous-préfet d’Arles, Jean des Vallières, fait appel à un architecte des monuments historiques pour construire un village typique camarguais. Construit ex nihilo, le camp de Saliers doit répondre à quatre objectifs : séparer la « race nomade » des autres internés, servir la propagande de Vichy, créer de la richesse par le travail des internés et les sédentariser à terme. Des Nomades sont envoyés de force du Barcarès et de Rivesaltes pour construire les structures du camp. La vie quotidienne est éprouvante pour les 668 internés passés par ce camp : le surpeuplement des baraques, le travail forcé, le ravitaillement défaillant, les enfants arrachés aux familles et placés et les femmes harcelées par les gardiens. On y dénombre 25 décès. Le camp, bombardé par l’aviation alliée en août 1944, est fermé le 15 octobre 1944. »
« Mémoires tsiganes, l’autre génocide » par Idit Bloch et Juliette Jourdan
Produit par Kuiv
Auteurs : Henriette Asseo, Idit Bloch et Juliette Jourdan
France, 2011
Sur Histoire TV les 21 mai 2020 à 10 h 40, 16 juin 2021 à 9 h 50.

30 October 2019 – 11 March 2020
Á la Wiener Holocaust Library

29 Russell Square
London
WC1B 5DP
Monday-Friday 10.00am-5.00pm
Tuesday 10:00am-7:30pm

Du 14 novembre 2018 au 17 mars 2019
Au Mémorial de la Shoah 
Entresol – Mezzanine
17, rue Geoffroy–l’Asnier. Paris 4
Tél. : 01 42 77 44 72
Tous les jours, sauf le samedi, de 10 h à 18 h. Nocturne jusqu’à 22 h le jeudi.
Entrée libre et gratuite
Visuels :
Photographie prise lors de la visite du Dr J. de Morsier, délégué du Comité International de la Croix Rouge (CICR) au camp de Jargeau. Loiret, 1er juillet 1941. Coll. CICR, V-P-HIST-00698-09

Enfants nomades au camp de Rivesaltes. Pyrénées-Orientales, 1941–1942.
Coll. Archiv für Zeitgeschichte: NL Friedel Bohny-Reiter/12, Zurich

Carnet anthropométrique de Yankowitch Kwick, née en 1931 © Archives départementales de Haute-Garonne

Camp de concentration des Nomades de Crest (Drôme), un groupe de vanniers et raccommodeurs de parapluies. © Auteur inconnu. Janvier 1916. / Coll. ministère de la Culture (France) – Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine – Diffusion RMN.

Refus de la « Nomade » Marie Reinhardt de se faire photographier pour un carnet anthropométrique, déclarant « qu’elle déchirerait le carnet anthropométrique qu’on lui remettrait », 10 juin 1942. Notice individuelle de Nomade.
Indre, 1941–1942. Coll. Archives départementales de l’Indre, 807 W 49.

« État des nomades proposés pour l’envoi dans un camp surveillé », Gendarmerie nationale,
compagnie de l’Indre. France, mars 1942.
Coll. Archives départementales de l’Indre, 807 W 49.

« Tsiganes opprimés ». Reportage paru dans Regards, no 17. 15 septembre 1945.
Coll. FNASAT/Médiathèque Matéo Maximoff, Paris.

Entrée du camp de Mérignac (Gironde) qui servit de camp d’internement de nomades en novembre et décembre 1940. Photographie prise lors de l’inspection par André Jean-Faure, inspecteur général des camps et centres d’internement du territoire, le 18 décembre 1941. Archives nationales,
F/7/15099 / pôle images.

Photographie prise au camp de Montreuil-Bellay le 3 septembre 1943 par Denise Doly (membre de l’ordre des Franciscaines Missionnaires de Marie). Maine-et-Loire. Coll. Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie/Jacques Sigot

Les citations sont extraites du dossier de presse. Cet article a été publié le 14 mars 2016, puis le 10 mars 2020.
[Source : http://www.veroniquechemla.info]

El fantasma del comunismo vuelve otra vez. Nuestro amauta José Carlos Mariátegui La Chira también fue víctima de esta peregrina acusación que cada cierto tiempo renace para intentar desacreditar y reprimir a sectores populares y democráticos. Así lo veremos en el siguiente informe que publicamos un 14 de junio, fecha del nacimiento del gran amauta peruano, quien a pesar del tiempo transcurrido nos sigue dando lecciones de ética e integridad política.

Escrito por Jorge Agurto

El fantasma del comunismo vuelve otra vez. Nuestro amauta José Carlos Mariátegui La Chira también fue víctima de esta peregrina acusación que cada cierto tiempo renace para intentar desacreditar y reprimir a sectores populares y democráticos.

El viernes 8 de junio de 1927 el gobierno de Augusto Leguía desplegó un operativo represivo de gran envergadura para desbaratar un supuesto « complot comunista ».

El balance del operativo fue la reclusión en la isla San Lorenzo de cuarenta ciudadanos, entre escrito­res, intelectuales y obreros; clausura de la revista « Amau­ta », órgano de los intelectuales y artistas de vanguardia.

Además, la deportación de los poetas Magda Portal y Serafín Delmar a La Habana; acusaciones y vejámenes a la poetisa urugua­ya Blanca Luz Brum, viuda del gran poeta peruano Juan Parra del Riego.

La prisión de Mariátegui en el Hospi­tal Militar duró seis días, al cabo de los cua­les se le devolvió a su domicilio con la notificación de que quedaba bajo la vigilancia de la policía.

Se intervino una sesión ordinaria de la Edi­torial Obrera « Claridad » citada por la prensa, en la se trataba sobre la adquisición de una pequeña imprenta. Aquí se arrestó a cuatro estudiantes y a algunos obreros, en su mayor parte gráfi­cos.

Además, la policía extrajo violentamente de sus domicilios a los más conocidos organizadores obreros, a quienes se les presentaba como concurrentes a una reunión clandestina.

Sin embargo, se detuvo a personas ajenas a la Editorial Claridad como el escritor Jorge Basadre, responsable de un es­tudio sobre la penetración económica de los Estados Unidos en Centro y Sudamérica, y particularmente, en el Perú.

Titular del diario La Crónica, del 8 de junio de 1927, sindica a José Carlos Mariátegui como dirigente del comunismo en Lima. Tomado de la Revista Punto de Vista 82, Lima, 1982, pág. 4.

El motivo del operativo policial fue cesar la crítica desarrollada por la revista Amauta que en su número 9 dedicó su edición a cuestionar la penetración del imperialismo yanqui en Perú y en el resto de América.

Según lo explica Ricardo Martínez de la Torre « la Embajada de los Estados Unidos presionó al Gobierno de Leguía, para que suspendiera la revista y persiguiera a sus redactores y colaboradores » (Apuntes para una interpretación marxista de historia social, tomo II)..

El Ministerio de Gobierno distribuyó cartas y documentos que luego fueron reproducidos por los medios de prensa el viernes 8 de junio y fue la primera vez que se escuchó en el Perú de los « comunistas criollos » que entonces despertó mas curiosidad que temor.

 

La respuesta de Mariátegui 

El amauta José Carlos Mariátegui La Chira respondió con resolución las acusaciones del Ministerio de Gobierno. Admitió la responsabilidad íntegra de sus ideas, y rechazó su participación de un supuesto « plan o complot folletinesco de subversión ».

Remarcó que dada su condición de marxista « convicto y confeso » se encuentra « lejano de utopismos en la teoría y en la práctica » y se entretenga en « confabulaciones absurdas ».

« Soy extraño a todo género de complots crio­llos de los que aquí puede producir todavía la vieja tra­dición de las « conspiraciones ». La palabra revolución tie­ne otra acepción y otro sentido », aclara Mariàtegui.

El comportamiento purulento de El Comercio

En su carta a la revista La Correspondencia Sudamericana, Mariátegui observa el comportamiento de la prensa local que se hizo eco de la conspiración comunista sin cruzar fuentes.

En particular, cita el caso del decano de la prensa « El Comercio », al cual califica de « órgano de la clase conservadora », el cual « coreó con estúpida gravedad la versión poli­cial del « descubrimiento de un complot » ».

En una carta a Miguel Angel Urquieta del 21 de junio de 1927, escribe: « El repugnante Comercio ha aprovechado esta miserable ocasión para dedicarnos las más pérfidas puñaladas. Pero esta es también la prueba de que cumplimos nuestro deber ».

« Todos los periódicos han hecho caso al bluff policial. El más encarnizado y purulento ha sido El Comercio. Sin embargo, este balín se va desinflando solo poco a poco ».

Carta al diario La Prensa

Hospital San Bartolomé,
Lima, 10 de junio de 1927.

No es, absolutamente, mi intención polemizar con las autoridades de policía respecto del llamado « complot comunista » que aseveran haber descubierto, pero sí quiero rectificar sin tardanza las afirmaciones que me conciernen de la versión policial acogida por el diario que Ud. dirige.

En respuesta a los cargos que tan imprecisamente se me hacen, me limitaré a las siguientes, concretas y precisas declaraciones:

1º- Acepto íntegramente la responsabilidad de mis ideas expresadas claramente en mis artículos de las revistas nacionales o extranjeras en que colaboro o de la revista « Amauta », fundada por mí en setiembre último, con fines categóricamente declarados en su presentación; pero rechazo en modo absoluto las acusaciones que me atribuyen participación en un plan o complot folletinesco de subversión.

2º- Remito a mis acusadores a mis propios escritos públicos o privados, de ninguno de los cuales resulta que yo, marxista convicto y confeso, -y como tal, lejano de utopismos en la teoría y en la práctica- me entretenga en confabulaciones absurdas, como aquella que la policía pretende haber sorprendido y que tampoco aparece probada por ninguno de los documentos publicados.

3º- Desmiente terminantemente mi supuesta conexión con la central comunista de Rusia (o cualquiera otra de Europa o América); y afirmo que no existe documento auténtico alguno que pruebe esta conexión. (Recordaré a propósito que cuando se dio cuenta de los resultados del registro de la oficina rusa en Londres, se anunció que no se había encontrado, entre las direcciones o datos de corresponsales de América, ninguno relativo al Perú).

4º- La revista « Amauta » -revista de definición ideológica de la nueva generación- ha recibido mensajes de solidaridad y aplauso de intelectuales como Gabriela Mistral, Alfredo Palacios, Eduardo Dieste, José Vasconcelos, Manuel Ugarte, Emilio Frugoni, Herwarth Walden, F. T. Marinetti, Joaquín García Monje, Waldo Frank, Enrique Molina, Miguel de Unamuno y otros de renombre mundial o hispánico que no militan en el comunismo.

5º- Tengo segura noticia de que la reunión sorprendida por la policía en el local de la Federación Gráfica ha sido una reunión de la Editorial Obrera « Claridad » que nada tenía de ilícita ni clandestina. Las citaciones respectivas se publicaban en los diarios.

No rehuyo ni atenúo mi responsabilidad. Las de mis opiniones las acepto con orgullo. Pero creo que las opinio­nes no están, conforme a la ley, sujetas al contralor, y me­nos a la función de la policía ni de los tribunales.

Dos méritos me han sido siempre generalmente reconocidos: un poco de inteligencia y sinceridad en mis convicciones. « La Prensa », comentando mi libro « La Escena Contemporánea », reconoció generosamente en este libro que señala mi posición ideológica, una y otra cosa. Tengo, pues, algún derecho a que se me escuche y crea una afirmación que está en rigurosa coherencia con mi actitud y mi doctri­na: la de que soy extraño a todo género de complots crio­llos de los que aquí puede producir todavía la vieja tra­dición de las « conspiraciones ». La palabra revolución tie­ne otra acepción y otro sentido.

Espero de su lealtad periodística la publicación de esta carta y me suscribo de usted muy atto. S.S.

José Carlos Mariátegui

En « La Correspondencia Sudamericana », (Nº 29, del 15 de agosto de 1927, Buenos Aires), Mariátegui publicó una carta destinada a desmentir la noticia propagada por las agencias cablegráficas yanquis:

Carta a La Correspondencia Sudamericana

Lima,

Estimado compañero:

Tengo el deber de protestar ante la opinión latinoameri­cana contra las falsas acusaciones lanzadas por la policía de Lima contra los intelectuales y obreros de vanguardia del Perú, para explicar su persecución. Estas acusaciones, recogidas sin ninguna crítica por la mayoría de los corres­ponsales, han sido propagadas por la gran prensa. En el Perú ha circulado sin más réplica que una carta mía por encontrarse, como es notorio, toda la prensa bajo el con­tralor o la censura del gobierno. En esta ocasión, además, el ministro de Gobierno, llamó a su despacho a los perio­distas para comunicarles dramáticamente el peligro que ha­bía corrido el Estado, la sociedad, etc., de ser intempes­tivamente barridos por una súbita, marejada comunista. Y el decano de la prensa de Lima « El Comercio », órgano de la clase conservadora, que pasa por silencioso adversario del gobierno, coreó con estúpida gravedad la versión poli­cial del « descubrimiento de un complot ».

Aunque no es probable que la parte más avisada y consciente del público latinoamericano haya concedido el menor crédito a esta mentira, conviene, por la difusión que le han dado las agencias y los diarios -generalmente sin ninguna juiciosa reserva- oponerles el más categórico desmentido.

En el Perú no se ha descubierto ninguna conspiración comunista. La policía no ha podido apoyar sus enfáticas aseveraciones en ninguna prueba seria. Los documentos pu­blicados consisten en cartas cambiadas entre estudiantes desterrados y obreros de Lima, que no contienen más que la reafirmación de ideas fervorosamente profesadas y la enunciación de propósitos de propaganda. La reunión sor­prendida por la policía fue una sesión ordinaria de la Edi­torial Obrera « Claridad », para la cual se había citado por la prensa. En esta sesión, en la que se arrestó a cuatro estudiantes y a algunos obreros, en su mayor parte gráfi­cos, se trataba sobre la adquisición de una pequeña impren­ta. La policía extrajo violentamente de sus domicilios, la misma noche, a los más conocidos organizadores obreros, tanto para paralizar una segura protesta como para dar mayor volumen a su pesquisa. La versión oficial presenta­ba a todos los presos como concurrentes a una reunión clandestina. Entre ellos se contaban, sin embargo, personas que no trabajaban absolutamente en la Editorial « Claridad » como el escritor Jorge Basadre, responsable solo de un es­tudio sobre la penetración económica de los Estados Unidos en Centro y Sud América, y particularmente, en el Perú.

El balance de la represión es el siguiente: reclusión en la isla San Lorenzo de cuarenta ciudadanos, entre escrito­res, intelectuales y obreros; clausura de la revista « Amau­ta », órgano de los intelectuales y artistas de vanguardia; deportación de los poetas Magda Portal y Serafín Delmar a La Habana; acusaciones y vejámenes a la poetisa urugua­ya Blanca Luz Brum, viuda del gran poeta peruano Juan Parra del Riego; cierre por una semana de los talleres y oficinas de la Editorial Minerva; prisión mía en el Hospi­tal Militar donde permanecí seis días, al cabo de los cua­les se me devolvió a mi domicilio con la notificación de que quedaba bajo la vigilancia de la policía.

El pretexto del « complot comunista » -no obstante la unánime aceptación que ha merecido de la prensa limeña, incondicionalmente a órdenes del ministro de gobierno- a la mayor parte del público le parece aquí grotesco. La bati­da policial ha estado exclusivamente dirigida contra la orga­nización obrera, contra la campaña antiimperialista, con­tra el movimiento del A.P.R.A. y contra la revista « Amau­ta », cada día más propagada en el Perú. Se denuncia al A.P.R.A. como una organización comunista, cuando se sabe bien que es una organización antiimperialista latinoameri­cana, cuyo programa se condensa en estos tres puntos: « Con­tra el imperialismo yanqui, por la unidad política de Améri­ca Latina, para la realización de la justicia social ».

Usted, estimado compañero, conoce a « Amauta ». Apelo a su testimonio para rechazar y condenar las acusaciones con que se pretende justificar la clausura de esta revista, que representa un movimiento ideológico no solo peruano sino continental. Invoco el juicio de los intelectuales honra­dos. De muchos he recibido ya generosamente demostracio­nes de solidaridad que me honran y alientan.

José Carlos Mariátegui


Carta a La Correspondencia Sudamericana », Nº 29, del 15 de agosto de 1927, Buenos Aires, Argentina.

 

Dos años después Mariátegui sería víctima de una nueva acusación de un supuesto « complot judío ». Foto: Paseo por el bosque de Matamula. Miguel Adler, Jorge del Prado, José Carlos Mariátegui, Noemí Milstein, Blanca del Prado y Ricardo Flores (1929).

 

[Fuente: http://www.servindi.org]

Dans son dernier livre Mossad Amazons, l’historien Michael Bar-Zohar, spécialiste des services secrets israéliens, dresse le portrait de vingt femmes ayant marqué l’histoire de l’agence de renseignement. Il délivre des anecdotes sur ces figures d’exception.

Michael Bar-Zohar a pu interroger des dizaines d’agents féminins du Mossad.

Écrit par Thierry Oberlé

 

LE FIGARO.- Quelle est la place des femmes dans le ?

Michael BAR-ZOHAR. – L’image du  dans le monde c’est des gars costauds, des James Bond mais il y a aussi des femmes qui ne sont pas moins capables que les hommes. Ce sont des femmes qui viennent du monde entier: d’Égypte, du Liban, de Pologne, du Canada, d’Australie, de France. Le  cherchait à l’origine des femmes qui pouvaient se mêler à la population et de ne pas éveiller des soupçons. Elles ont été recrutées en Israël et en ont reçu la nationalité. Aujourd’hui, elles montent dans la hiérarchie. Une femme avait été préparée pour devenir le chef du , elle était soutenue mais elle a préféré quitter l’agence. Elle m’a dit : « L’étincelle a disparu. Il faut pour faire le job avoir le patriotisme, mais aussi un esprit d’aventure, aimer les émotions fortes. J’ai senti que je n’avais plus ça ».

Elle avait commencé sa carrière comme secrétaire, puis a travaillé en duo dans des pseudo-couples d’agents. Les femmes espions ont des sens, des instincts, des capacités que les hommes n’ont pas. Et, elles n’ont pas souvent l’ego très fort des hommes. Ce que l’homme a en force physique est remplacé, selon moi, par une force intellectuelle. Elles sont plus en mesure d’improviser. L’une des plus brillantes d’entre elles fut sans conteste Yael. Elle a écumé les pays du Moyen-Orient de Beyrouth à Bagdad. Une carrière formidable marquée par l’attaque israélienne contre le réacteur nucléaire irakien. « Si on lui donnait toutes les médailles pour ses missions, il n’y aurait pas de place sur sa poitrine », dit d’elle Tamir Pardo, l’ex-patron du . Elle a 84 ans. Quand on la rencontre, on ne peut pas imaginer ce qu’a réalisé cette Mata Hari.

Y-a-t-il des figures françaises?

Bien sûr ! Comme cette jeune fille qui après mai 1968 était l’une de ces étudiantes féministes qui brûlaient leurs soutien-gorge sur les barricades. Elle a suivi des études en Israël où elle roulait en Harley Davidson. Elle a reçu un jour un courrier du ministère des Affaires étrangères israélien. Un groupe d’experts l’a interviewée pour la recruter. Elle est devenue la pseudo-femme d’un agent du  qui se trouvait au Caire après la guerre du Kippour. Ils y passèrent deux années.

Au début, son pseudo-mari lui prépara une chambre séparée. Elle refusa pour ne pas attirer les soupçons des domestiques. À Suez, au musée de la guerre du Kippour, elle a photographié des half-tracks tâchés de sang séché de combattants israéliens pour aider à l’identification des soldats tués. Ils sont tombés amoureux mais en rentrant de mission, l’agent est revenu à son amour d’antan. Après des déconvenues, il a fini par se suicider sur une plage d’une balle dans la tête. Elle est devenue une femme importante du Mossad. Aujourd’hui, elle chante du Brel et des chansons françaises sur scène dans une ville israélienne sans que personne ne se doute de son passé.

« L’image du Mossad dans le monde c’est des gars costauds, des James Bond mais il y a aussi des femmes qui ne sont pas moins capables que les hommes » Michael Bar-Zohar

Quel rôle ont joué les femmes dans l’opération Orchard qui, en 2007, a permis de détruire un réacteur nucléaire syrien ?

Tout commence à Vienne avec la visite du président de la commission syrienne de l’énergie atomique pour une réunion de l’AIEA. L’émissaire de Damas découvre une fille assise devant sa valise dans le couloir de l’hôtel. Elle dit avoir perdu la clé de son bagage qui contient sa clé d’hôtel, ses papiers, son argent. Il parvient à débloquer la fermeture avec le passe de sa chambre. La jeune femme saisit l’occasion pour en prendre l’empreinte. Le lendemain matin, au petit-déjeuner, il partage sa table avec une cliente de l’établissement. Elle s’énerve au téléphone: son compagnon lui fait faux bond pour un repas d’anniversaire dans un grand restaurant. La conversation se noue et le courant passe. Ils dînent ensemble dans le fameux établissement.

Un responsable arabe de ce rang qui rencontre une fille libérée laisse son téléphone portable à l’hôtel pour éviter les ennuis et ne pas être repéré. L’occasion pour une troisième comparse d’entrer dans sa chambre, de briser le code du portable et de découvrir 35 photos d’un réacteur nucléaire construit d’après les clichés par des Asiatiques. Damas bâtissait une centrale nucléaire à Deir es-Zor avec l’aide de la Corée du Nord et le Mossad n’en savait rien. Meir Dagan, le patron du Mossad se précipite chez le Premier ministre Ehud Olmert, qui demande à George W. Bush de bombarder le réacteur. Refus au nom du principe de respect de la souveraineté nationale syrienne. Les Israéliens se chargent de la mission. L’année suivante, le général Mohammed Sleiman, le maître d’œuvre du projet, est assassiné à Tartous sur la terrasse de sa résidence secondaire donnant sur la mer Méditerranée. Des plongeurs de combat israéliens l’ont abattu avec un silencieux.

Il existe également des échecs au féminin !

Oui ! Prenez l’opération « Colère de Dieu » montée pour éliminer les membres du commando de l’attaque contre les sportifs israéliens aux Jeux Olympiques de Munich en 1972. Un innocent a été tué à la suite d’une méprise à Lillehammer en Norvège et les agents du Mossad ont été arrêtés par la police locale. Parmi eux, Sylvia Rafael, une femme ravissante, très glamour. Basée à Paris, elle a une couverture de photographe de presse et un passeport au nom Patricia Roxburgh. À Djibouti, elle couvre une révolte sanglante. Un scoop mondial. Son agence organise une expo au Ritz à Paris.

Elle rencontre l’ambassadeur de Jordanie au vernissage qui l’invite à Amman. Elle est reçue au palais du roi pour une séance de photos avec la famille royale. C’est en lisant la une de son journal jordanien du matin, au petit-déjeuner, que le roi Hussein découvre la photo de Sylvia Rafael présentée comme un agent du Mossad. Sylvia avait besoin de passion. Elle avait une liaison à Paris avec un journaliste anglais, Jon Swain, et avec un journaliste allemand. Jalouse, elle avait demandé au Mossad de placer sous surveillance téléphonique son amant allemand. Le Mossad a fini par le recruter. En prison, elle est tombée dans les bras de son avocat norvégien. Ils ont vécu ensemble dans un kibboutz jusqu’à sa mort.

Les sentiments sont-ils compatibles avec un travail d’espion ?

Cela peut arriver. C’est le cas d’une Allemande. Elle tombe follement amoureuse d’un espion, israélien d’origine, dans un train qui traverse les Alpes. Le coup de foudre est réciproque. Ils se marient et partent en mission au Caire. Le couple ouvre une ferme équestre qui accueille la haute société du cru. Ils reçoivent avec élégance des scientifiques, d’ex-savants nazis qui mettent au point pour Égypte, au début des années soixante, des fusées équipées de déchets nucléaires. Ils s’en débarrassent en leur envoyant des colis piégés. Démasqués, ils risquent la peine de mort. Ils ont finalement été sauvés par les services secrets allemands qui ont obtenu leur libération.

 

 

[Photo : J Golby/jgolby – source : http://www.lefigaro.fr]

 

Os riscos de efeitos extremamente nocivos para às sociedades.

Escrito por SÉRGIO AMADEU DA SILVEIRA*

Existe uma lógica reforçada pela atual supremacia neoliberal de que toda tecnologia inventada deve ser utilizada. Uma variante desse pensamento pode ser encontrada na frase “quando uma tecnologia é de interesse mercantil não há como barrá-la”. Entretanto, os fatos indicam outras possibilidades. Muitas tecnologias foram proibidas e outras, depois de um certo período, foram banidas.

Por exemplo, armas químicas são consideradas inaceitáveis e os países democráticos não as utilizam. Diversos pesticidas foram abolidos, como o perigoso DDT. Em 2015, centenas de personalidades, entre elas, Noam Chomsky e Stephen Hawking assinaram uma carta aberta intitulada “Autonomous Weapons: An Open Letter From AI & Robotics Researchers” reivindicando o banimento das armas de inteligência artificial. A União Europeia definiu uma moratória à transgenia por mais de cinco anos. Enfim, diversas tecnologias sempre foram reguladas pelas democracias, uma vez que sua fabricação ou uso poderiam trazer riscos e efeitos extremamente nocivos para às sociedades.

Atualmente, cresce uma mobilização mundial pelo banimento das tecnologias de reconhecimento facial. Em 2019, antes da pandemia, aos legisladores de São Francisco, na Califórnia, decidiram proibir a utilização do reconhecimento facial pelas agências locais, incluindo a polícia e as autoridades de transporte. Foi definido também que qualquer tecnologia de vigilância precisa ser aprovada pelos administradores da cidade, não podendo mais ser considerada uma decisão exclusivamente técnica. O motivo é simples. Os benefícios do reconhecimento facial não compensam seus riscos e usos perigosos. Segundo diversos conselheiros da cidade de São Francisco, essa tecnologia tem sido utilizada para fragilizar ainda mais grupos sociais marginalizados.

Segundo a Rede de Observatórios de Segurança, no Brasil, 90% das pessoas presas por reconhecimento facial são negras. A biometria de identificação a partir dos rostos, em geral, utiliza os chamados algoritmos de deep learning ou aprendizado profundo, um dos ramos do guarda-chuva das tecnologias de inteligência artificial que dependem de muitos dados para adquirirem qualidade aceitável. Em geral, esses algoritmos são treinados em bancos de dados de fotos para aperfeiçoarem a extração de padrões faciais e sua capacidade de identificarem rostos.

A pesquisadora do MIT-Media Lab, Joy Buolamwini, tem demonstrado que os algoritmos de aprendizagem de máquina podem discriminar com base em classe, raça e gênero. Em um texto assinado com Timnit Gebru, denonimado Gender Shades: Intersectional Accuracy Disparities in Commercial Gender Classification, Buolamwini analisou três sistemas comerciais de classificação de gênero a partir de um conjunto de fotos. Eles constataram que as mulheres de pele mais escura são o grupo mais mal classificado (com taxas de erro de até 34,7%).

É importante compreender como funciona um sistema algorítmico de reconhecimento facial. Trata-se de um processo automatizado que compara uma imagem captada por uma câmera ou dispositivo de coleta com as imagens armazenadas em um banco de dados. Uma das primeiras missões do algoritmo é conseguir detectar o rosto da pessoa dentro da imagem. Depois da detecção do rosto, ele precisa ser alinhado, colocado virtualmente em determinada posição que facilite a fase seguinte que é a de extração de medidas. O algoritmo, conforme seu treinamento anterior, irá medir a distância entre olhos, entre os olhos e o nariz, a posição da boca, a textura da pele, enfim irá extrair medidas da imagem, irá quantificá-la.

Em seguida, conforme seu modelo, irá comparar a imagem quantificada com cada uma das fotografias digitalizadas e inseridas em seu banco de dados. Assim, o algoritmo vai emitindo uma pontuação enquanto compara duas imagens, dois rostos, o do seu alvo e o que está armazenado na estrutura de dados. Como procurei aqui mostrar até aqui, os sistemas de reconhecimento são probabilísticos. Eles não podem responder se aquela imagem é ou não é de determinada pessoa. Eles fornecem percentuais de semelhança e diferença.

Alguns sistemas podem oferecer o percentual de confrontação de diversas imagens e oferecer alternativas de rostos para identificar um alvo determinado. O treinamento dos algoritmos é fundamental para sejam capazes de extrair padrões das fotografias, uma vez que devem retirar padrões de imagens em diversas posições. Esse processo necessita de milhares de fotos para a realização do treinamento. Muitas vezes precisam de reforços e etiquetagem realizada por humanos.

A ação dos drones militares que usam sistemas de identificação facial nos podem ajudar a compreender esse problema. O pesquisador Gregory S. McNeal, no texto “US Practice of Collateral Damage Estimation and Mitigation”, analisou os efeitos colaterais dos ataques realizados por drones. Tais veículos aéreos não tripulados possuem câmeras de alta resolução que permitem identificar alvos. McNeal avaliou os danos colaterais cometidos pelos drones que resultaram em mortes de civis no Iraque e no Afeganistão. Concluiu que 70% deles decorreram de erros na detecção de identidades, ou seja, envolveram a chamada falha na “identificação positiva”. Mas o que seria uma identificação positiva em um sistema probabilístico? Semelhanças de 80%? 90%? 98%? Qual o percentual aceitável para considerarmos que uma pessoa procurada foi detectada?

O reconhecimento facial é uma biometria e compõem a categoria dos chamados dados sensíveis. Podem criar estigmas. Precisam ter seus usos analisados a partir do princípio da precaução. Atualmente são utilizados para a identificação das classes perigosas e os segmentos marginalizados.  Permitem a perseguição de alvos em tempo real. Os sistemas automatizados de reconhecimento facial reforçam preconceitos e ampliam o racismo estrutural na sociedade, bem como, favorecem o assédio de homossexuais, transexuais e ativistas indesejáveis para a Polícia. São tecnologias de acossamento, de vigilantismo e perseguição.

No Brasil, sou considerado uma pessoa branca. Dada a minha idade e tipo físico, caso um sistema algorítmico da polícia me identificasse erroneamente, a partir das câmeras do bairro de classe média que moro, provavelmente teria uma abordagem mais civilizada. Poderia até ser levado para uma delegacia de polícia. Lá o erro do sistema de reconhecimento facial seria detectado e o “falso positivo” seria denunciado.

Todavia, imagine um jovem negro chegando do trabalho no Jardim Ângela ou em Sapopemba e sendo erroneamente identificado pelo sistema de reconhecimento facial como um perigoso criminoso. A depender da unidade Rota que o abordasse talvez não teria nenhuma chance de permanecer vivo. Afirmo que as tecnologias de reconhecimento facial podem contribuir, hoje, para as práticas de extermínio de jovens negros nas periferias. Podem servir para a perseguição política de lideranças dos movimentos sociais, principalmente nas áreas onde as milícias estão justapostas na máquina do Estado.

Além disso, a identificação biométrica é um dispositivo típico dos velhos artifícios da eugenia. São utilizados para identificar imigrantes e segmentos indesejáveis na Europa e Estados Unidos. Na China servem a um autoritarismo inaceitável em uma democracia. Pessoas identificadas pelas câmeras ligadas aos sistemas de reconhecimento facial realizando ações não recomendáveis terão sua pontuação alterada e passarão a ter dificuldades de ter benefícios do Estado.

Sem possibilidade de defesa, sem poder contestar o modelo de probabilidade do reconhecimento, o policiamento ubíquo por meio de câmeras que alimentam os sistemas de reconhecimento facial não são aceitáveis nas democracias. Precisamos impedir a sua ampliação. Na verdade, precisamos bani-los se pretendermos ter coerência mínima com o princípio da precaução. Não podemos utilizar uma tecnologia que emprega sistemas algorítmicos que são falhos e que ainda não permitem uma adequada explicação. Precisamos banir as tecnologias de reconhecimento facial até que possam ser socialmente não discriminatórias, auditáveis e mais seguras.

*Sergio Amadeu da Silveira é professor da Universidade Federal do ABC. Autor, entre outros livros, de Software livre – a luta pela liberdade do conhecimento (Conrad).

 

[Fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

Illustration du réseau Caribbean Motus Collaboration, utilisée avec l’aimable autorisation de BirdsCaribbean. Les stations réceptrices du réseau Motus ont le même type de fonctionnement que les automates des postes de péage sur les autoroutes. Elles comptabilisent chaque oiseau qui passe au-dessus d’une borne de la même manière qu’un portique enregistre les plaques d’immatriculation. Leur portée est d’environ 9 miles, soit 15 km. Dessin représentant un Tournepierre à collier réalisé par Maikel Cañizares.

 

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Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages web en anglais.

Partout dans les Caraïbes, des milliers d’oiseaux de toutes les tailles et de toutes les espèces s’affairent pour préparer le long voyage qui va leur permettre de retourner dans leurs aires de reproduction situées plus au nord. C’est l’heure de la migration. Ce phénomène est célébré par la Journée mondiale des oiseaux migrateurs [1] qui a été créée en 1993 par le centre de recherche Smithsonian Migratory Bird Center [2]. Depuis, les passionné·e·s de faune aviaire d’Amérique du Nord se mobilisent pour cet événement qui se tient chaque année au mois de mai. En octobre, celles et ceux vivant dans les Caraïbes, en Amérique centrale ou en Amérique du Sud, se retrouvent à leur tour pour fêter le retour des migrateurs.

L’un des enjeux des défenseurs de l’environnement est de réussir à savoir quelles espèces d’oiseaux, parmi les 200 recensées, vont débuter leur migration à un instant T. Vers où vont-elles se diriger ? Leur voyage comprend-il des centaines ou des milliers de kilomètres ? Où s’arrêteront-elles pour se reposer et se ravitailler ? Aujourd’hui, un programme novateur pourrait contribuer à mettre en lumière certains aspects de la migration des oiseaux [3].

Le système de surveillance faunique Motus [4] [fr] a été créé pour suivre les mouvements des animaux dans le cadre de recherches sur l’écologie et la protection des espèces. Cet outil est le fruit d’un travail collaboratif mené par un important réseau de recherche et impulsé par l’organisation non gouvernementale Oiseaux Canada [5] [fr]. Décliné du terme latin signifiant « mouvement », Motus utilise la radiotélémétrie [6] automatisée pour étudier les déplacements et les comportements des animaux volants, comme les oiseaux, les chauves-souris et les insectes. Des nano-émetteurs sont placés sur les spécimens étudiés qui peuvent ensuite être suivis par les récepteurs Motus.

Une Paruline de Kirtland équipée d’un nano-émetteur léger. Ces minuscules transmetteurs, qui ne pèsent que 0,2 g, permettent aux scientifiques de détecter les mouvements de petits animaux avec précision à des milliers de kilomètres de distance. Photo de Scott Weidensaul, utilisée avec l’aimable autorisation de BirdsCaribbean.

Le système comprend des centaines de stations réceptrices et des milliers de nano-émetteurs déployés sur plus de 236 espèces animales, majoritairement des oiseaux. Les données recueillies par ce dispositif ont déjà permis aux scientifiques de mieux comprendre le comportement de l’avifaune. Ils ont pu ainsi localiser les routes de migration et les haltes migratoires majeures. Ce système va faciliter l’analyse des mouvements et des comportements des espèces en période et hors période de reproduction. Il permettra également de mieux étudier les habitats fréquentés par l’avifaune. Par ailleurs, ce nouveau système, le développement du réseau de partenaires et le partage des données sont une combinaison qui offre de grandes perspectives en matière de conservation des oiseaux et des animaux.

Cette technologie est un outil pédagogique précieux [7] pour promouvoir l’éducation à la préservation de l’environnement en classe ou à l’extérieur. Les organisations Oiseaux Canada et Northeast Motus Collaboration [8] ont élaboré un programme qui associe au système Motus des activités interactives en classe. Ce projet peut servir à initier les enfants locaux au phénomène de migration, à la découverte de l’avifaune et à la protection de l’environnement.

Implantée largement au Canada et aux États-Unis, la plate-forme Motus commence également à être répandue en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Toutefois, aucune station réceptrice active n’est encore présente dans les Caraïbes. Plus il y aura de stations Motus, plus il sera facile de comprendre où les oiseaux bagués se déplacent. Par ailleurs, de nombreuses espèces menacées ou vulnérables qui vivent ou migrent dans cette région du monde n’ont pas encore été baguées.

L’organisation non-gouvernementale régionale, BirdsCaribbean [9] est désireuse de combler les trous de couverture dans la distribution géographique. Elle sera fer de lance de l’organisation partenariale Caribbean Motus Collaboration (CMC) qui aura pour objectif d’étendre le réseau Motus au niveau régional. Le projet est d’installer puis d’entretenir des stations réceptrices à des endroits stratégiques situés dans les différentes îles. Des nano-émetteurs seront positionnés sur des espèces d’oiseaux prioritaires. Un programme éducatif adapté aux spécificités des Caraïbes pourra être établi.

Les Caraïbes insulaires sont des « zones sensibles pour la biodiversité mondiale [10] ». Elles abritent plus de 700 espèces d’oiseaux, environ la moitié d’entre elles sont présentes à l’année et 171 sont endémiques aux Caraïbes. Le reste des espèces, soit l’autre moitié, sont migratrices et partagent leurs temps entre les milieux tempérés et tropicaux, dans des habitats situés dans les trois sous-continents américains. Ces oiseaux peuvent être observés dans de nombreux pays tout au long de leurs routes migratoires [11].

Il s’agit d’un plan des stations réceptrices. Celles en activité sont identifiées par les points jaunes. Les îles des Caraïbes sont situées dans le carré blanc. Certaines stations Motus ont été endommagées dans plusieurs de ces îles suite aux tempêtes et aux ouragans. Elles doivent être réparées. Image de BirdsCaribbean, utilisée avec son aimable autorisation de BirdsCaribbean.

Les Caraïbes offrent des zones d’hivernage idéales pour certaines espèces d’oiseaux migrateurs qui s’y installent au début de l’automne pour repartir au printemps. D’autres font halte sur une ou plusieurs îles. Elles s’arrêtent sur les sites pour se reposer et se ravitailler avant de poursuivre leur voyage qui les conduit de leurs aires de reproduction et à celles d’hivernage situées plus au sud. Qu’ils restent ou qu’ils repartent, les oiseaux migrateurs sont des visiteurs très appréciés. Ils témoignent du passage des saisons et inspirent l’expression culturelle dans cette région du monde, allant du folklore [12] à la musique [13].

Les populations d’oiseaux voient cependant leurs effectifs décliner. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature [14], 59 espèces présentes dans les Caraïbes sont menacées d’extinction, 30 sont considérées comme vulnérables, 24 en danger et 5 en danger critique. Une étude récente révèle qu’en Amérique du Nord, près de 30 % des populations d’oiseaux ont disparu depuis 1970. Les espèces des Caraïbes ne font pas exception et beaucoup d’entre elles sont menacées.

Les oiseaux des Caraïbes sont confrontés à un large éventail de menaces dont la perte et la fragmentation de leurs habitats [15] [fr], la pollution et l’implantation d’espèces invasives. Par ailleurs, la région subit les effets de la crise climatique [16] qui constituent un danger permanent, pas seulement pour ses habitants, mais aussi pour son environnement naturel. On observe [17] de plus en plus d’ouragans dévastateurs [18] [fr], de longues périodes de sécheresse et de profondes modifications [19] [fr] de l’environnement marin.

La recherche sur les oiseaux des Caraïbes a fait des progrès considérables au cours des dernières décennies. On manque néanmoins de données de base sur certaines espèces. Les connaissances acquises grâce au projet Motus constituent des éléments essentiels pour protéger les oiseaux tout au long de leur cycle annuel et pour inverser le déclin des populations.

Des gestionnaires des ressources naturelles et des organisations environnementales basées dans les Caraïbes vont utiliser les données collectées par le réseau Motus. Ils pourront ainsi déterminer les sites majeurs d’alimentation et de repos des migrateurs et des espèces sédentaires qu’il est possible d’observer. À partir de là, les membres du réseau Motus vivant dans les Caraïbes et au-delà pourront concentrer leurs travaux sur ces zones. Leur objectif sera d’atténuer les menaces et de protéger ces sites.

Ce projet contribuera également à développer la recherche régionale et les programmes d’éducation à l’environnement. On espère ainsi améliorer les connaissances à l’échelle locale et accroître l’intérêt de la population pour l’avifaune. C’est un scénario gagnant-gagnant pour les oiseaux et pour ceux qui travaillent à leur préservation dans cette région du monde.

Une annonce de l’administration Joe Biden laisse des raisons d’espérer. Les autorités en place ont récemment déclaré leur intention de retirer [20] une décision très controversée de l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, qui fragilisait la portée d’une loi de protection de l’avifaune migratrice appelée Migratory Bord Treaty Act [21]. Cette réglementation instaurée en 1918 protégeait les oiseaux migrateurs, leurs œufs et leurs nids. Il était alors illégal de les chasser, de tirer, de les blesser, de les piéger, de les capturer et de les collectionner ou de tenter de le faire sans en avoir obtenu l’autorisation. Cette modification controversée de la loi initiale est entrée en vigueur le 8 mars dernier. Elle sera toutefois remplacée prochainement par de nouvelles mesures. L’issue de cette affaire est considérée comme une grande victoire par les ornithologues amateurs et les défenseurs de la nature à travers les Amériques.

Aujourd’hui, il est difficile de savoir quelle sera la première île des Caraïbes à accueillir une station réceptrice. Grâce à cet outil, ces fragiles populations d’oiseaux seront suivies au cours de leurs trajets Sud-Nord. Il faut espérer que ce projet va se développer rapidement et densément dans tout l’archipel.

 

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/05/11/264082/

URLs dans ce post :

[1] Journée mondiale des oiseaux migrateurs: https://www.migratorybirdday.org/

[2] Smithsonian Migratory Bird Center: https://nationalzoo.si.edu/migratory-birds

[3] migration des oiseaux: https://www.allaboutbirds.org/news/the-basics-how-why-and-where-of-bird-migration/

[4] système de surveillance faunique Motus: https://motus.org/?lang=fr

[5] Oiseaux Canada: https://www.oiseauxcanada.org/

[6] radiotélémétrie: https://nationalzoo.si.edu/migratory-birds/what-radio-telemetry#:~:text=Radio%20telemetry%20uses%20radio%20signals,antenna%20and%20a%20radio%20receiver.

[7] outil pédagogique précieux: https://motus.org/education/

[8] Northeast Motus Collaboration: https://www.northeastmotus.com/

[9] BirdsCaribbean: https://www.birdscaribbean.org/

[10] zones sensibles pour la biodiversité mondiale: https://www.unep.org/news-and-stories/story/valuing-and-protecting-biodiversity-caribbean#:~:text=The%20Caribbean%20is%20a%20biodiversity,many%20exotic%20fish%20and%20birds.

[11] tout au long de leurs routes migratoires: https://ebird.org/caribbean/science/status-and-trends/abundance-animations

[12] folklore: https://magazine.keycaribe.com/lifestyle/7-captivating-characters-from-caribbean-folklore/

[13] musique: https://www.youtube.com/watch?v=CfJXxZ1JBDU

[14] Union internationale pour la conservation de la nature: https://www.iucn.org/resources/conservation-tools/iucn-red-list-threatened-species

[15] habitats: https://fr.globalvoices.org/2021/04/22/263426/

[16] crise climatique: https://globalvoices.org/2019/10/02/the-caribbean-speaks-out-on-the-climate-crisis/

[17] observe: https://globalvoices.org/2017/09/20/we-dare-not-look-out-dominica-is-brutalised-by-hurricane-maria/

[18] ouragans dévastateurs: https://fr.globalvoices.org/2019/09/07/240150/

[19] profondes modifications: https://fr.globalvoices.org/2019/10/06/240401/

[20] retirer: https://www.audubon.org/news/biden-administration-says-it-will-revoke-trump-rule-let-companies-kill-birds

[21] Migratory Bord Treaty Act: https://www.animallaw.info/intro/migratory-bird-treaty-act-mbta#:~:text=The%20Migratory%20Bird%20Treaty%20Act%20(MBTA)%20was%20passed%20in%201918,bird%20populations%20were%20being%20decimated.

Conforme o aumento da presença das pessoas nas ruas durante a pandemia era detectado a partir de dados de localização compartilhados entre os setores empresarial e governamental, as imbricações do capitalismo de vigilância – que passa pelas plataformas de redes sociais – começaram a ser amplamente questionadas

As redes de wi-fi pode ser ferramentas de vigilância também

Passageiro com celular no aeroporto Internacional Juscelino Kubitschek (Crédito: Marcelo Casal Jr/Agência Brasil)

Escrito por Mariana Gomes

O aumento vertiginoso do número de infecções pelo coronavírus SARS-CoV-2 no Brasil coincidiu com um curioso crescimento do setor de tecnologia. Em abril de 2020, os valores do mercado de eletrônicos já estavam 30% mais caros do que no primeiro trimestre do mesmo ano. Em maio, o Ix.br, setor do Comitê Gestor da Internet (CGI.br) que promove a infraestrutura de internet no país, detectou 11 Tbps de tráfego de dados na rede, batendo o recorde histórico de 10 Tbps – consolidado em março anterior.

No período de setembro a outubro de 2020, 49% dos usuários de internet no Brasil já realizavam atividades de trabalho remotamente; 64% acompanhavam transmissões de áudio ou vídeo em tempo real e 72% buscavam informações relacionadas à saúde, segundo o Painel TIC Covid-19, do Cetic.br (Centro Regional de Estudos para o Desenvolvimento da Sociedade da Informação/CGI.br). “As pessoas tiveram de mudar, de maneira abrupta, do físico para o digital, ainda que muitos não estivessem preparados”, relata Flávia Carvalho, advogada especializada em direitos digitais.

Por outro lado, ao longo de 2020 nos deparamos com ataques cibernéticos a candidaturas eleitorais de pessoas LGBTs, mulheres, negros e indígenas, assim como a invisibilização da nova onda de protestos do movimento Vidas Negras Importam pelas plataformas de mídias sociais digitais. Também lidamos com a proposta do Cadastro Base do Cidadão[1] apresentada pela Presidência do Brasil e com os obstáculos on-line à distribuição do auxílio emergencial. Um ambiente complexo que nos levou a repensar o que em geral conhecemos como vigilância.

Privacidade não é luxo

O Brasil fechou o ano de 2019 com 134 milhões de pessoas acessando a internet, segundo o levantamento TIC Domicílios do Cetic.br. Contudo, 2020 é o ano que transforma profundamente nossos usos dessa tecnologia até aqui. Com a necessidade de cadastro on-line para recebimento do auxílio emergencial, ficava evidente que privacidade não é artigo de luxo.

Todo “esse movimento não veio acompanhado de uma educação digital necessária, tampouco do fortalecimento dos mecanismos de segurança. Então, como resultado, estamos ultrapassando uma grande onda de fraudes, ataques de ransomware[2], vigilantismo”, avalia Flávia Carvalho.

Conforme o aumento da presença das pessoas nas ruas durante a pandemia era detectado a partir de dados de localização compartilhados entre os setores empresarial e governamental, as imbricações do capitalismo de vigilância – que passa pelas plataformas de redes sociais – começaram a ser amplamente questionadas. Não à toa, a decisão do Whatsapp de compartilhar dados pessoais e conversas com o Facebook desdobrou-se em protestos já em janeiro de 2021. Pela influência de defensores dos direitos digitais, a big tech resolveu adiar a nova medida para 15 de maio.

“O monopólio das redes sociais desfavorece o alcance de postagens de alguns grupos políticos. Além de casos de monitoramento, espionagem, falta de transparência e suspensão de usuários que fazem denúncias de cunho racial. Ao passo que essas mesmas redes adotam uma postura condescendente sobre manifestações de racismo, xenofobia, misoginia e diversos crimes de ódio a grupos minorizados”, explica Bárbara Aguilar, programadora e fundadora do Kilombotech.

A pressão política também surge das disputas em torno da Lei 13.709/2018, mais conhecida como Lei Geral de Proteção de Dados (LGPD), que entrou em vigor em agosto de 2020, mesmo mês em que o Brasil chegava aos 100 mil mortos pela Covid-19. As alterações propostas pela legislação impactam desde as big tech até as pequenas empresas de tecnologia.

No caso da plataforma AfroSaúde, por exemplo, a LGPD impacta desde o momento de sua fundação. “Conseguimos alinhar-nos, desde o início lá em 2019, para que o nosso principal produto estivesse de acordo com as diretrizes da LGPD. Hoje, com a plataforma em funcionamento e a lei em vigor, podemos assegurar que a coleta das informações dos usuários está de acordo com a LGPD”, argumenta Igor Leonardo, cofundador da healtech brasileira.

A AfroSaúde promove a visibilidade de profissionais negros da saúde e conecta com os pacientes que procuram por um serviço qualificado e atento aos aspectos raciais na mesma área. Durante a pandemia, com apoio de outras oito entidades, criou o TeleCorona, projeto de telefone gratuito e canal de respostas on-line para auxiliar moradores de bairros periféricos a conter a propagação do vírus e a desinformação.

Além da internet – vigilância e opressão

A partir da internet é possível desenvolver outras tecnologias. Atualmente a rede não conecta somente pessoas e computadores, mas também dispositivos diversos entre si, na chamada Internet das Coisas. Os dados pessoais e de experiência coletados massivamente na interação entre múltiplas ferramentas do nosso dia a dia fomentam o caminhar de outras inovações, como a inteligência artificial (IA), a nanotecnologia e a impressão 3D.

“A urgência de contenção da pandemia tem sido utilizada como justificativa para sedimentar o discurso de controle e vigilância cibernética, porém deve ser acompanhada com atenção para não influenciar o fortalecimento de práticas de vigilância em massa nos próximos tempos”, avalia a especialista Bárbara Aguilar.

Os negócios de vigilância mobilizados a partir do big data ou da IA são treinados primordialmente em regiões e populações que não estão no centro do ocidente. No caso da inteligência artificial, as ruas das grandes capitais brasileiras têm-se tornado, desde 2019, celeiro de teste a partir de políticas de segurança pública. Apesar do afã do mercado sobre o uso de IA no contexto de “guerra às drogas”, por exemplo, dos 151 casos de pessoas presas com informação de raça e cor só naquele ano, 90,5% eram negras – conforme levantamento da Rede de Observatórios de Segurança.

Imagem do centro de vigilância da Secretaria de Segurança Pública da Bahia.

Diferente do que corre no senso comum – e até mesmo em setores da produção tecnológica –, computadores não são máquinas neutras, à prova de erro e desconexos da cultura. Quem programa os sistemas e trata as bases de dados o faz a partir de suas intenções, crenças e expectativas. “A inteligência artificial precisa ser treinada para responder com maior assertividade, porém, hoje, os principais provedores de softwares de reconhecimento facial possuem altos níveis de vieses raciais e de gênero”, explica Aguilar.

Durante a pandemia, vimos no Brasil protestos de combate ao racismo e ao fascismo, em que os manifestantes se colocaram no risco de contrair a doença para defender valores democráticos. As máscaras até dificultam a identificação por câmeras de reconhecimento facial que utilizam inteligência artificial e são operadas pelas polícias, contudo, o uso da força nesses casos foi desproporcional em relação ao empregado nos protestos de apoiadores da Presidência da República no mesmo período.

No contexto de economias giradas pelo capitalismo de vigilância, parte dos grupos beneficiados em razão da raça, do gênero e do território, mas à margem das decisões do capitalismo de dados, também são afetados pelas técnicas de vigilância. No entanto, o acirramento das políticas de fronteiras internacionais e lockdowns setorizados na pandemia, retendo, principalmente no Brasil, moradores das periferias, demonstram que os alvos históricos da desumanização lidam com o acúmulo de violências a partir das inovações tecnológicas para vigilância.

“Existe a preocupação sobre o tratamento desses dados coletados, uma vez que a LGPD trouxe exceções sobre a aplicação de suas normas para fins de segurança pública. As situações serão regidas por legislação específica que até agora não foi criada, gerando insegurança jurídica e terreno fértil para arbitrariedades”, explica Flávia Carvalho.

Vigilância como resistência

Como escreve Simone Browne, professora associada da Universidade do Texas em Austin em seu livro Dark Matters: On The Surveillance of Blackness, os debates sobre vigilância continuam a desenvolver-se sem perceber como sistemas de vigilância se desenvolvem através da racialização. Produzido em sintonia com os estudos de Steve Mann e em análise feminista negra sobre os aspectos raciais depois do panóptico de Bentham[3], Browne analisa os aspectos de raça implicados na vigilância, partindo dos navios negreiros até os aeroportos e a internet. A pesquisadora então cria uma abordagem sobre vigilância que também nos permita traçar o registro de experiências de liberdades no contexto da escravidão.

Uma dessas memórias de liberdade remonta aos idos 1848 nos Estados Unidos. Ellen e William Craft, duas pessoas negras até então escravizadas, saíram do estado da Geórgia, sudeste do país, rumo à liberdade, mas não como o casal que eram. Mulher negra de pele clara, Ellen conseguia muitas vezes passar-se por branca. Ela era filha de uma mulher negra “mestiça”[4], escravizada, e um homem branco, dono de escravos. Ao resgatar essa história, a pesquisadora Simone Browne revela que, viajando em trens e navios, Ellen driblou as expectativas de raça e gênero, apresentando-se como um homem branco, o suposto Sr. William Johnson. No disfarce, ela fingia ser dona de William Craft, seu marido. Dessa maneira, jogando com as regras dos sistemas de vigilância da época, o casal garantiu a liberdade.

Aqui no Brasil, a vigilância tem um sentido caro às populações indígenas, no que diz respeito à proteção de suas terras. Isso não tem sido diferente no contexto da pandemia. Contudo, essas populações têm lançado mão de novas técnicas a partir das tecnologias digitais, principalmente das redes sociais.

Em agosto de 2020, quando o Brasil alcançava a marca de 100 mil mortos por Covid-19, a aldeia Novos Guerreiros, da etnia pataxó, no sul da Bahia, foi ameaçada de reintegração de posse, após pedido da empresa Sky Dream Escola de Pilotagem, que tentou se apoderar de uma área da aldeia ocupada por 24 famílias. “Se não fosse nosso modo de vigilância, teria sido pior”, afirma Thyara Pataxó, liderança da aldeia Novos Guerreiros.

Protesto na aldeia Novos Guerreiros, da etnia pataxó, no sul da Bahia (Crédito: Emerson Pataxó)

Com a ameaça de perda das terras, a comunidade Novos Guerreiros mobilizou-se a partir das redes sociais para fazer valer a decisão do Supremo Tribunal Federal, de 6 de maio de 2020, que determinava a suspensão de todos os processos judiciais de reintegração de posse e anulação de terras indígenas.

“Antes íamos até Brasília para tentar derrubar uma liminar, mas, com todas as secretarias fechadas na pandemia, é impossível. Então escolhemos usar o celular de maneira consciente, postando fotos e vídeos da tentativa de reintegração de posse”, explica Thyara Pataxó, que é graduanda em Agroecologia pela Universidade Federal do Recôncavo da Bahia (UFRB).

A aldeia Novos Guerreiros localiza-se entre as cidades de Santa Cruz Cabrália e Porto Seguro, ao lado de outras 37 comunidades pataxós. As aldeias mais distantes do centro urbano não acessam televisão ou rádio. Entretanto, comunidades como a Novos Guerreiros acessam a internet, sobretudo por dados móveis nos celulares. Por meio de provedoras rurais de acesso à internet, são negociados também pacotes de wi-fi que auxiliam na comunicação entre as aldeias e nas escolas das comunidades.

A liderança relata ainda que os povos indígenas já vivem, desde antes da pandemia, em certa forma de isolamento, saindo das suas comunidades para resolver o que é necessário. “Esse modelo é o que nos faz bem hoje. Sentimo-nos confortáveis”, comenta a líder pataxó.

Ainda que usar as redes sociais para defesa dos direitos civis e políticos não seja mais novidade, as comunidades originárias têm muito a dizer sobre planejamento da vigilância como resistência. “De imediato, quando soubemos da Covid-19, colocamos o cadeado na entrada da comunidade. Fazíamos revezamento entre grupos de mulheres e homens, com álcool em gel e máscara, passando informações para quem não acreditava na pandemia. A vigilância que fizemos nas aldeias foi importante pela questão de suporte coletivo”, avalia Thyara Pataxó.

Com o acesso limitado à internet na região, o auxílio emergencial não chegou à maioria das famílias indígenas. Somado ao turismo em baixa, houve escassez de alimentos e outros insumos nas aldeias. Para solucionar o impasse, as comunidades pataxós do sul da Bahia organizaram-se para gerar renda por meio do comércio on-line. “Nós voltamos a cultivar nossos conhecimentos tradicionais, plantando e colhendo de três em três meses. Foi importante, porque, enquanto etnia pataxó, vivemos muito do artesanato, mas a gente não pode ficar à mercê de uma (única) fonte de renda. Além de vender a colheita, começamos a vender os artesanatos das aldeias pela internet”, afirma a liderança de Novo Guerreiros.

Hoje, os desafios em relação aos sistemas de vigilância são imensos: dificuldades de acesso à internet, “políticas de diversidade” segregadoras e algoritmos de redes sociais que minam a visibilidade de grupos historicamente desumanizados. Não esqueçamos também das corporações privadas que se satisfazem com a “guerra às drogas” e o desrespeito às comunidades tradicionais, lucrando com o uso do aparato tecnológico. Infelizmente o aumento da vigilância como estratégia de resistência não significa a diminuição da vigilância como tática de coerção. Assim, devemos questionar-nos: quais experiências de liberdade permitiremos daqui para frente? Já é mais que necessário abrir espaço nos altos postos de decisões para os saberes pioneiros das comunidades tradicionais, indígenas e negras, de LGBTs e mulheres em relação à miríade da vigilância.

Mariana Gomes, jornalista e cofundadora da Plataforma Conexão Malunga. Liderança negra apoiada pelo Fundo Baobá, é pesquisadora do Centro de Estudos e Pesquisa em Análise do Discurso – UFBA.

[1] Uma base de dados integradora de várias bases da administração pública que vai crescendo na medida que mais órgãos integram o cadastro. Com potencial de gradualmente reunir uma ampla diversidade de dados pessoais de toda a população brasileira, inclusive dados sensíveis, sem transparência ou explicação a respeito de finalidade específica de acesso a esses dados.

[2] Um tipo de código malicioso que torna inacessíveis os dados armazenados em um equipamento, geralmente usando criptografia, e que exige pagamento de resgate (ransom) para restabelecer o acesso ao usuário.

[3] Panóptico é um termo utilizado para designar uma penitenciária ideal, concebida pelo filósofo e jurista inglês Jeremy Bentham em 1785, que permite a um único vigilante observar todos os prisioneiros, sem que estes possam saber se estão ou não sendo observados.

[4] Nesta oportunidade, opta-se por mestiça para a tradução livre do termo “mixed race”, que, na língua inglesa, refere-se a pessoas nascidas de junções interraciais. Ao mesmo tempo, compreende-se que, na experiência brasileira, após as denúncias do mito da democracia racial, este termo tem sentido pejorativo. Contudo, o termo “parda” não seria adequado nesta tradução, visto as diferenças entre Brasil e EUA.

 

 

[Fonte: http://www.diplomatique.org.br]

Enganam-se os que creem que suas vidas não serão expostas – e por isso admitem a vigilância na rede. Novo livro mostra como a captura em massa dos dados pessoais manipula a democracia, as economias e as próprias escolhas pessoais

O capitalismo de vigilância precisa ser reconhecido
como uma força profundamente antidemocrática.”1

Shoshana Zuboff

Escrito por Ladislau Dowbor

A invasão da privacidade é hoje avassaladora, mas as pessoas em geral ainda estão pouco informadas ou indiferentes. Na rotina e monotonia do nosso cotidiano, nos pequenos embates da vida, a quem interessará bisbilhotar o que conosco acontece? A realidade é que interessa, e muito. A pessoa comum vai sentir de repente o impacto das informações pessoais apropriadas por diversos sistemas ao buscar um emprego, ao abrir uma conta ou um crediário, ao pedir um visto, ao contratar um seguro ou um plano de saúde, ao tentar proteger-se de ataques online e bullying cibernético. E ainda poderá constatar que pagou mais caro, numa compra online, do que outras pessoas pagaram, simplesmente porque o algoritmo constatou que o produto lhe é mais necessário, e que provavelmente estará disposta a desembolsar mais: chamam isso de discriminação de preço. A informação detalhada sobre a nossa pessoa, com nome, endereço e detalhes íntimos, na mão de poderosas instituições ou simplesmente de irresponsáveis, pode afetar profundamente as nossas vidas. E o sistema não esquece. Qualquer imagem comprometedora da alguma bobagem de juventude ficará gravada no nosso perfil para sempre.

O primeiro ponto é que as tecnologias tornaram a invasão da privacidade simples e barata. Na era da informática, ter informações detalhadas sobre milhões de pessoas não representa nenhum problema técnico. Os algoritmos permitem o tratamento e cruzamento de dados de tal maneira que se torna fácil para agentes interessados, sejam governos, empresas ou organizações criminosas, individualizar as informações para focar apenas uma pessoa, ou uma família, ou um grupo de trabalhadores de uma empresa, ou um tipo de doente e assim por diante.

A invasão de privacidade pode igualmente ter caráter estratégico nas áreas política e econômica. A NSA gravar conversas privadas de Angela Merkel ou Dilma Rousseff constitui um instrumento de política internacional — inclusive permite repassar as informações para outras instituições interessadas de outros países, pequenos favores que se fazem. Acessar as conversas internas de governos antes de reuniões internacionais, para conhecer de antemão as propostas que virão à mesa em reuniões internacionais, constitui uma vantagem estratégica que provocou protestos de países da União Europeia. Invadir os computadores da Petrobrás para ter acesso aos dados sigilosos sobre reservas do Pré-Sal configura espionagem política e industrial com impactos evidentes. Não é apenas a privacidade individual e pessoal que está em jogo.

Por trás desse acelerado processo de transformação está, naturalmente, a tecnologia. Os avanços são absolutamente impressionantes, e as transformações ultrapassam radicalmente em ritmo os lentos passos da legislação, da regulamentação, da própria mudança cultural. Os envelopes podiam ser fechados e lacrados, os dossiês podiam ser guardados em cofres, as portas de uma reunião podiam ser trancadas, as fotos íntimas ou simplesmente familiares dormiam na paz dos álbuns. Hoje tudo são sinais magnéticos, informações imateriais acessíveis por toda parte e passíveis de serem armazenadas, tratados com tecnologias de Big Data, analisados por meio de algoritmos, transmitidos para todas as partes do planeta em instantes. As técnicas de reconhecimento facial por meio de câmeras instaladas nas ruas de numerosas cidades já estão causando indignação. O próprio George Orwell não imaginaria o que o Big Brother de 1984 poderia ser, que dirá com as tecnologias de 2020.

O processo é profundamente assimétrico. Enquanto indivíduos, somos radicalmente vulneráveis. Mas os gigantes que manejam o sistema, seja em níveis governamentais (como por exemplo a NSA nos Estados Unidos ou a GCHQ na Grã-Bretanha, por onde passa o essencial dos fluxos de informação do mundo), seja em gigantes da informação como Facebook, Alphabet (Google), Microsoft, Apple, Amazon, Verizon e poucos mais constituem, para o comum dos mortais, caixas pretas. A não ser em momentos de raros vazamentos heroicos como os arquivos revelados por Edward Snowden, ou as iniciativas de Julian Assange, a população em geral não tem ideia do que acontece com as informações, e encontra-se na realidade impotente. Só conhecerá a extensão do problema justamente, como vimos, quando for pedir um emprego, um visto e assim por diante.

Em grande parte, somos nós mesmos que alimentamos essas cadeias de informação, através das nossas conversas online, dos arquivos que guardamos nos nossos computadores, das inúmeras mensagens e fotos nas mídias sociais, dos likes que traçam o nosso perfil, de cada informação comercial quando pagamos com o cartão de crédito, de cada medicamento que adquirimos na farmácia, dos nossos registros nos hospitais. Hoje nada escapa, tudo deixa rastros que, uma vez cruzados, servem aos mais variados fins de instituições que estão acima de nós, e sobre as quais nossas informações são praticamente nulas.

Não há como não ver também os lados positivos da maior abertura de informações e de uma maior transparência. Com a pandemia do covid-19, ficamos impressionados com a capacidade dos algoritmos, que, ao identificarem uma pessoa contaminada, reconstituem em poucos minutos todos os contatos, locais, pessoas que o doente visitou, e criam uma bolha de quarentena de todos em situação de risco. As tecnologias de reconhecimento facial inclusive permitem localizar as pessoas até em lugares públicos.

Nos países nórdicos, as declarações de impostos são abertas e acessíveis, o que reduz radicalmente a dimensão da corrupção. As conversas gravadas e divulgadas pelo Intercept, demonstrando a deformação profunda dos procedimentos jurídicos no quadro da Lava-Jato, permitem evidenciar as manipulações. O acesso aos arquivos hospitalares e registros dos doentes permite realizar análises mais profundas sobre a eficácia de diversos tipos de tratamentos. A Amazon analisa as minhas compras de livros e me sugere obras de perfil semelhante.

Mas é isso que eu quero? A transparência maior nos países escandinavos leva os capitais a migrarem para paraísos fiscais, o Deep Mind da Google admitiu uso ilegal de informações pessoais de doentes nos hospitais britânicos, o fato de a Amazon empurrar-me livros semelhantes tende a trancar-me numa bolha de repetição de opiniões parecidas. O uso de informações individualizadas para fins eleitorais, tanto na eleição do Trump, como no Brexit da Inglaterra, e evidentemente no Brasil, levou a uma deformação profunda do processo eleitoral. O escândalo do Cambridge Analytica permite hoje entender a profundidade e amplitude do processo, e a ameaça que isso representa para a democracia. O reconhecimento facial em lugares públicos veio para ficar, com milhões de câmeras.

Imaginamos sempre, com otimismo, sociedades em que o uso das nossas informações seria de certa forma controlado e regulamentado. Não é mais o mundo em que vivemos. Há uns tempos em Tunis, encontrei-me com jovens que tinham participado da Primavera Árabe, tendo conseguido, inclusive com ampla comunicação pelas redes sociais, mobilizar-se para derrubar a ditadura. Voltando a vê-los alguns anos depois, com novo governo forte, relataram que hoje o regime tem todas as informações das redes, dos organizadores, das amizades, inclusive com o conteúdo das mensagens trocadas. Devemos pensar não só o que fazem com as nossas informações, mas também o que poderão fazer.

Na realidade, a explosão mundial de acesso às informações e de invasão de privacidade ainda anda à procura tanto das respostas técnicas, com criptografia, antivírus e semelhantes, como de um sistema de regulação, de codificação de limites. É um mundo novo que se descortina, com oportunidades e ameaças. Por enquanto, claramente, quem está ganhando são as ameaças.

Nesta sociedade vigiada para a qual avançamos a passos largos, entender as dinâmicas torna-se muito importante, inclusive para acompanhar os novos marcos legais que estão sendo desenhados para proteger-nos.

Neste pequeno livro, tentamos abordar alguns temas-chave, resultado de uma pesquisa que realizamos no quadro da pós-graduação em Administração da PUC de São Paulo, com o apoio de pesquisadores da USP. Não é um texto de grandes complexidades, mas que dará sim ao leitor uma dimensão básica dos aspectos técnicos e jurídicos, formas de proteger-se, a evolução das principais tendências, as novas legislações protetivas.

Waldir Mafra apresenta a dimensão geral do desafio, a privacidade como direito humano, inclusive inscrito na nossa Constituição: “São invioláveis a intimidade, a vida privada, a honra e a imagem das pessoas, assegurado o direito a indenização pelo dano material ou moral decorrente de sua violação.” (Art. 5º) Mas o que a Constituição proíbe, as tecnologias permitem, e em escala impressionante. O desequilíbrio é claro.

O capítulo de Vicente Argentino está centrado na evolução da base de regulamentação com a qual as sociedades buscam proteger-se, restabelecendo um certo equilíbrio entre os gigantes da informação e a nossa fragilidade individual. É essencial a definição do que constituem “dados pessoais”, e os limites da invasão. A análise da legislação recente nos EUA, na União Europeia e no Brasil mostra as dificuldades de controlarem-se plataformas mundiais com leis locais. Este capítulo interessará em particular a empresas que se terão de adaptar ao novo marco regulatório.

O trabalho de Pedro Kelson apresenta em termos simples os principais mecanismos de invasão da privacidade e manipulação dos dados, com uso de psicometria, análise de Big Data, publicidade segmentada e semelhantes. Fica explícita a visão de Inacio Ramonet, de que mais eficiente do que os cassetetes e jatos d’água das forças de segurança são as novas armas de vigilância, que permitem identificar as lideranças de grupos não hegemônicos e tirá-las de campo antecipadamente. Os diversos mecanismos utilizados em diferentes países dão ao leitor a dimensão dos desafios.

Arlindo Rodrigues discute os riscos envolvidos na perda do controle sobre as informações pessoais da sociedade civil e as ferramentas utilizadas nessa apropriação indébita pelas corporações e pelo Estado. Elenca desde as ferramentas de vigilância massiva até a formação de “bolhas” de opinião política. Detalha também as inúmeras atividades por meio das quais inadvertidamente alimentamos os bancos de dados que irão permitir desde sistemas individualizados de influência até ataques pessoais como o cyberbullying.

José Roberto de Mello Franco Júnior entra mais profundamente nas dimensões técnicas de como nos podemos proteger da invasão, quando somos todos os dias submetidos a uma barganha: qualquer produto que acessamos online nos sugere que o autorizemos a instalar cookies e a disponibilizar informações. Na falta de opções, e precisando avançar no que pesquisamos, não temos opção senão dar o nosso acordo, inclusive confirmando que “lemos e estamos de acordo” com o que o clique significa. Quem é que alguma vez leu as dezenas de páginas que definiriam com o quê estamos de acordo? Mas no essencial, o capítulo de José Roberto detalha as diversas formas de protegermo-nos, desde o elementar para amadores, até o sofisticado para quem se quer proteger de forma mais rigorosa. Links para as principais ferramentas de proteção darão ao leitor, seja pessoa física ou empresa, instrumentos práticos para defender-se.

Bruno Bioni e Rafael Zanatta fecham o volume com um estudo acadêmico, em profundidade, das transformações em curso na área do que é hoje a batalha mundial em torno da economia da informação. Apoiam-se inclusive no recente aporte fundamental de Shoshana Zuboff, sobre a sociedade vigiada. Revisando as discussões nos Estados Unidos, na União Europeia e no Brasil, inclusive sobre a nossa recente Lei Geral de Proteção de Dados Pessoais, os autores fornecem-nos um instrumental particularmente rico para aprofundar as pesquisas, com notas e links para os principais documentos internacionais.

No conjunto, visamos com o presente livro dar ao leitor instrumentos práticos, ou ferramentas, para situar-se neste campo essencial da economia da informação, que traz novos desafios e também novas ameaças. O que não podemos é deixar de entender do que se trata. Bibliografias muito ricas no final de cada capítulo asseguram que o presente texto constitui inclusive um ótimo instrumento para avançar para pesquisas ulteriores, segundo o interesse do leitor. Como os diversos autores tiveram acesso aos trabalhos uns dos outros, além das discussões em grupo, acreditamos colocar nas mãos da comunidade de interessados um texto coerente e articulado. Boa leitura.

1“Surveillance capitalism must be recokoned as a profundly antidemocratic social force” – Shoshana Zuboff, The Age of Surveillance Capitalism, Public Affairs, New York, 2019, p. 515

 

À Tel-Aviv-Jaffa, on peut lire sur le bâtiment de la mairie le message traditionnel Ramadan Kareem pour le début de la fête du Ramadan. Aux informations, le quartier de Jaffa qui est le plus ancien quartier de Tel-Aviv et qui compte une importante population arabe a été nommément cité.

Des dizaines de milliers de Musulmans se sont rendus à Jérusalem pour les premières prières du Ramadan, soit le plus grand rassemblement depuis le début de la pandémie. Le Cheik Azzam al-Khatib, chef du Waqf, une fondation contrôlée et financée par la Jordanie qui est chargée, entre autres, de la surveillance des lieux islamiques saints sur le Mont du Temple, a déclaré à l’AFP qu’environ 70 000 pèlerins étaient venus de Jérusalem, de Judée-Samarie et de villages arabes en Israël pour ces prières. D’après les informations fournies par les autorités israéliennes, 10 000 Palestiniens vaccinés avaient reçu un visa d’entrée.

À Jérusalem Est notamment, les festivités ont malheureusement été assombries par des heurts avec la police israélienne.

Le Mont du Temple à Jérusalem est le lieu où se rendent de nombreux pèlerins pendant le Ramadan.

 

 

[Photo : KHC – source : http://www.israelentreleslignes.com]

Escrito por Rafael Narbona

«Hay que ser un héroe para no seguir la moralidad de tu tiempo», escribió Michel Foucault. ¿Se trata de una reflexión autobiográfica o una declaración filosófica? Foucault fue una de las primeras víctimas ilustres del SIDA. Falleció en 1984 en París, con cincuenta y ocho años. Desde entonces, se le ha acusado de perverso, pedófilo, sadomasoquista. Sinceramente, su vida privada no me interesa y no seré yo quien emita un juicio condenatorio. Cada uno es muy libre de organizar su vida sexual como le parezca, siempre y cuando no lesione derechos ajenos. Los juicios moralistas son insoportablemente miserables. Si, además, se realizan sobre un difunto, incurren en la obscenidad. Foucault me parece un embaucador, pero no por sus pasiones íntimas, sino por sus ideas, tan equivocadas y dañinas como las de Sartre, un sofista con un indudable genio para la polémica y la argumentación. El autor de Las palabras y las cosas también era un hábil urdidor de hipótesis. ¿En qué consistía su pensamiento?

Foucault escribió sobre sexualidad, psiquiatría, sociología, instituciones penitenciarias, literatura, medicina. Desde su punto de vista, el saber no es simple erudición, sino una mirada penetrante que destruye mitos y prejuicios, invitando al ser humano a recuperar la inocencia de la niñez, cuando la conciencia -«una vidriera superficial»- aún no se ha convertido en la cárcel del pensamiento. Foucault sostenía que hay una profundidad oculta donde discurren las motivaciones reales de nuestra vida psíquica. Esa convicción le empujó a escribir tres obras sobre la aparición de la psiquiatría en el mundo occidental: Enfermedad mental y psicologíaHistoria de la locura en la edad clásica y Nacimiento de la clínica. El loco ha ocupado el lugar del leproso. En el siglo XVIII, aparecen los primeros manicomios, cuya función es esencialmente represiva. No se busca curar, sino apartar, segregar, excluir. No es casual que en esas mismas fechas surjan las primeras escuelas obligatorias y las prisiones mejoren sus métodos de vigilancia mediante el panóptico, una estructura arquitectónica ideada por el filósofo utilitarista Jeremy Bentham. Gracias al panóptico, es posible vigilar a todos los reclusos desde una torre central, sin que ellos puedan advertirlo: «Las cárceles, los hospitales y las escuelas presentan similitudes porque sirven para la intención primera de la civilización: la coacción». La tarima del maestro y la torre de vigilancia provocan una poderosa intimidación, actuando como un gigantesco ojo que capta y escruta cualquier movimiento. La sensación es tan abrumadora que se interioriza y automatiza la sumisión, reprimiendo cualquier gesto o idea que cuestione el orden establecido. En el caso del enfermo mental, la coacción es más compleja, pues su mente es particularmente rebelde. Por eso, se recurre a supuestas terapias con un alto grado de violencia física y psíquica. Además, se asocia la locura al crimen, el libertinaje y la inmoralidad. El objetivo último no es tan solo alienar al enfermo mental de la sociedad, sino recluir en manicomios a rebeldes, extravagantes e inadaptados. Las reflexiones de Foucault servirán de apoyo a la antipsiquiatría, proporcionando argumentos psicológicos, filosóficos e históricos para cuestionar la psiquiatría tradicional.

Para Foucault, el manicomio y la enseñanza reglada no existirían sin un discurso dominante. El poder necesita controlar las ideas, monopolizar el saber, imponer su visión del ser humano y la realidad. El poder real no se ejerce solo desde las instituciones. El filósofo francés habla de «microfísica del poder» para explicar que el poder configura aspectos básicos de nuestra vida cotidiana, indicándonos cómo debemos vivir nuestra sexualidad, qué podemos comer o cuál es la forma correcta de vestirse. A partir del siglo XVIII, se invoca la Razón para radicalizar el sacramento católico de la confesión, convirtiendo la minuciosa expiación de los pecados en una experiencia terrorífica. Al igual que el panóptico, el confesionario somete al individuo violando su intimidad. «En Occidente –escribe Foucault- el hombre se ha convertido en una bestia de confesión». Se bendice el sexo reproductivo, pero se persigue implacablemente a «la mujer histérica, el niño masturbador y el adulto perverso». El deseo sexual de las mujeres se interpreta como un desarreglo neurótico. La exploración del propio cuerpo se prohíbe de forma tajante, especialmente durante la pubertad. Las fantasías sexuales se consideran aberrantes, pues incumplen la expectativa de procrear.

En Las palabras y las cosas, Foucault sustituye el concepto de época por el de episteme. Cada etapa histórica se desarrolla de acuerdo con un paradigma o modelo. El pensador francés divide la historia de la humanidad en tres epistemes: renacentista, clásica, moderna. Cada una representa una ruptura con la mentalidad anterior. Nuestra época se caracteriza –entre otras cosas-  por la medicalización del comportamiento humano. La medicina no cura, sino que vigila, clasifica y castiga. Al igual que el maestro o el policía, el médico ejerce una estrecha vigilancia sobre el individuo, reprimiendo cualquier conducta que se desvíe de la norma. Los manicomios no son centros de salud mental, sino espacios de reclusión con diferentes tipos de castigo: electrochoque, camisas de fuerza, internamiento indefinido, un arsenal farmacológico que colapsa la mente y el cuerpo. Michel Foucault llama «bipolítica» a la alianza entre la medicina y el poder: «El control de la sociedad sobre los individuos no solo se efectúa mediante la conciencia, sino también en el cuerpo y con el cuerpo. El cuerpo es una entidad biopolítica, la medicina es una estrategia política». La sobremedicación y la psiquiatriazación del comportamiento son mecanismos para desactivar cualquier forma de resistencia o rebeldía.

¿Es cierto que la psiquiatría no busca curar, sino apartar, segregar, excluir, y que la medicina se ha aliado con el poder político para controlarnos y narcotizarnos, anulando nuestro espíritu crítico mediante la sobremedicación? Casi da vergüenza responder a esta pregunta, pues no parece una tesis filosófica, sino una hipótesis extravagante gestada en un blog sobre conspiraciones y tramas ocultas. Las enfermedades mentales son reales y, gracias a los psicofármacos, el pronóstico de patologías como la esquizofrenia y la psicosis maníaco-depresiva ha mejorado sensiblemente. En cuanto a la alianza entre los médicos y el poder político, quizás hubo algo de eso en la Alemania nazi, pero actualmente nadie puede tomarse esta acusación en serio. No parece menos insensato afirmar que la cárcel, la escuela y los hospitales desempeñan una función similar, «normalizando» a los ciudadanos mediante la coacción. Es un argumento con la misma consistencia que la teoría de que la covid-19 es un invento de Bill Gates para dominar el mundo. Tampoco creo que se haya declarado la guerra a la mujer histérica, el niño masturbador y el adulto perverso. Salvo en el caso de la última figura, los prejuicios se diluyeron hace mucho tiempo. Es cierto que pervive el machismo, pero las mujeres cada vez gozan de más influencia, desempeñando las más altas responsabilidades en la política, la economía, la ciencia, el derecho, la medicina, la educación, el periodismo y las actividades creativas, como la literatura, el arte o el cine. En cuanto al adulto perverso, puede consumar todas sus fantasías, excepto cuando atentan contra los derechos de los demás, especialmente si son menores. Si queremos encontrar sistemas políticos que ejercen una coacción que no discrimina entre público y privado, el cuerpo y la mente tendremos que hacerlo en regímenes enemistados con la democracia occidental, como la Corea del Norte de Kim Jong-un, donde se han prohibido los comentarios sarcásticos sobre el gobierno, el alcohol los días de diario, las decadentes películas extranjeras, los jeans, la publicidad comercial (no la ideológica, que salpica muros, carteles y escaparates), internet, los piercings.

En Occidente, el ser humano ya no es un animal confesante, sino un animal autocomplaciente. Se ha perdido la costumbre de hacer examen de conciencia. La búsqueda del placer inmediato ha inhibido los escrúpulos. El sentido de culpabilidad, necesario para superar los errores, se ha esfumado, pues se estima que conspira contra la libertad. Se olvida que no experimentar remordimientos no constituye una victoria moral, sino un retroceso hacia la irresponsabilidad infantil, donde el otro solo es un estorbo. Para Foucault, las normas de la sociedad burguesa nacen de un error: creer que la verdad existe. La verdad es una invención, no un valor objetivo e independiente, y siempre está al servicio del poder dominante. El filósofo francés pasa por alto una objeción elemental. Si no hay verdad, si solo se suceden las interpretaciones y las expresiones de poder, ¿cómo demostrar la validez de cualquier argumento? Foucault habla como un profeta, siguiendo la estela de Nietzsche, no como un pensador o un científico.

Es indiscutible que los locos siguen sufriendo un injusto estigma social, pero describir sus delirios como una visión alternativa constituye una frivolidad. Solo el que conoce la enfermedad mental por los libros puede atreverse a sostener algo así. Los delirios no son interpretaciones, sino distorsiones de la realidad que desarticulan al individuo, colapsando su libertad y destruyendo su proyecto vital. Para Foucault, el cuerdo es el verdadero alienado, pues ha interiorizado la represión imperante. Afortunadamente han surgido disidentes, mentes de gran clarividencia, como las de Sade, Nietzsche y Artaud. Sus transgresiones son gestos de rebeldía. ¿Se refiere Foucault al gabinete de Sade, donde los cuerpos son humillados, degradados y martirizados? Cagar en la boca de una doncella, una de las grandes pasiones del divino marqués, ¿constituye un gesto liberador? Foucault responsabiliza a la burguesía de todos los males y presume que solo hay un camino para instaurar una sociedad nueva: «la supresión radical del aparato judicial, de todo lo que pueda reintroducir el aparato penal». Hay que erradicar los tribunales y los procesos judiciales. Foucault no explica cómo se protegería entonces la vida, la propiedad o la libertad. ¿Cree que un cambio político puede extirpar definitivamente los impulsos antisociales? ¿Piensa en el advenimiento de un paraíso donde no habrá crímenes, robos, violaciones ni abusos, porque imperarán nuevos valores? No hace falta ser una autoridad en política o historia para señalar que Foucault habla como un visionario o un adolescente.

Cuando enfermó de SIDA, el filósofo francés ingresó discretamente en el Hospital de la Pitié-Salpêtrière, que había sido un psiquiátrico. Allí, lejos de «normalizarlo» mediante la coacción, le atendieron con respeto y humanidad. Como señala Roger Scruton en Pensadores de la nueva izquierda, le asaltó la realidad y «maduró». El embaucador, el mago que seducía con las palabras, fue desenmascarado por la enfermedad, que le obligó a reconocer que pese a sus imperfecciones, «la única cosa que tenemos precisamente es la normalidad», tal como señala Scruton. El médico, el juez, el maestro, no son nuestros verdugos, sino los que nos cuidan, nos protegen y nos enseñan.

 

 

[Fuente: http://www.revistadelibros.com]

El filósofo francés es acusado póstumamente de pedofilia. La discusión pública gira en torno a si debemos “cancelarlo” o no. Pero ¿cómo afectaría a su obra esta revelación biográfica? y ¿cuáles son los riesgos de ignorar deliberadamente sus ideas? El siguiente texto propone algunas respuestas para ayudarnos, además, a entender las aristas de esta nueva “cultura de la cancelación”.

Escrito por Imanol López

Más de uno, como yo sin duda, escribe para perder el rostro. No me pregunten quién soy, ni me pidan que permanezca invariable:

es una moral de estado civil la que rige nuestra documentación. Que nos deje en paz cuando se trata de escribir.
—Michel Foucault, La arqueología del saber1

El martes pasado desperté con la noticia de que Michel Foucault (1926-1984) había sido acusado de abuso de menores en Túnez, en 1969. Aparecen varios artículos en diarios nacionales. Todos cuentan la misma historia: Guy Sorman, un intelectual franco-americano, visitaba a Foucault en Túnez en 1969 cuando fue testigo de que este le pagaba a niños de 9 o 10 años para tener relaciones con él en el cementerio del pueblo.

“Era de esperarse”, “canceladísimo”, leo rápidamente en tuiter. #Foucault es trending topic. Acusaciones muy graves para ser tomadas a la ligera. ¿Qué hacer cuando un referente intelectual es acusado de actos semejantes? ¿En verdad tenemos que “cancelar” sus libros, su pensamiento? ¿Debemos renunciar a utilizar sus conceptos como herramientas para pensar nuestros propios problemas porque alguien lo acusa de haber cometido actos imperdonables? ¿Es posible o necesario separar la obra del autor?

Guy Sorman nos diría que no es posible ni necesario. En su reciente libro Mon dictionnaire du bullshit, donde aparecieron originalmente las acusaciones, reduce toda la obra de Foucault a un esfuerzo por justificar teóricamente sus abusos y perversiones. Así, nos asegura que Foucault justificó su inmoralidad postulando que “toda ley, toda norma, era, por esencia, una forma de opresión por parte del Estado y de la burguesía”.2 Desde esta perspectiva, se explica que en 1977 Foucault firmara (junto con otros intelectuales franceses) una petición para cambiar la edad legal del consentimiento para permitir las relaciones sexuales entre adultos y menores de 15 años, como la consecuencia lógica de sus teorías sobre el poder. Asimismo, el periodista británico Matthew Campbell reprodujo y amplió dicha vinculación entre perversión sexual y filosofía crítica en un artículo publicado en el periódico de corte conservador The Times, el cual se viralizó y provocó la ola actual de cancelaciones de Foucault.

Encontramos un argumento similar en el artículo de Bernardo Bolaños “Foucault, cancelado”, donde el autor propone recontextualizar la obra de Foucault a la luz de estas acusaciones. Bolaños, por ejemplo, retoma la idea foucaultiana de heterotopía —a través de la cual el filósofo conceptualiza espacios como los cementerios, los jardines, los burdeles, las cárceles y las colonias como lugares totalmente “otros”: espacios fuera de todo lugar— para asegurar que Foucault comparaba las colonias, tales como Túnez, con burdeles.

Lo que estos tres textos tienen en común es que postulan, de forma más o menos explícita, una lógica que vincula vida y pensamiento. Y, aunque los tres autores aseguran que no están tratando de cancelar a Foucault, el efecto que tienen sus discursos es justamente ese: afirmar no solo que la vida del pensador fue inmoral y perversa, sino que su pensamiento también, por consecuencia casi silogística, lo es. Esto es lo que aquí voy a llamar la lógica de la cancelación, es decir, la forma de razonamiento que justifica la invalidez, la inutilidad, la indignidad de un pensamiento debido a la presunta inmoralidad de su autor.

Con esto no quiero decir que no podamos criticar la obra de una figura intelectual a la luz de su vida; ni que no existan pensadores (especialmente si son varones cisgénero, blancos y europeos) cuya biografía haya consistido en abusar sistemáticamente de su posición de poder. No me consta si es el caso de Foucault o no. No es esa mi tarea aquí.

Es cierto que las acusaciones por sí solas son graves y, en caso de ser ciertas, definitivamente tendrían repercusiones en cómo se lee, se discute y se usa el pensamiento de Foucault. Dicho esto, la interpretación de Bolaños me parece forzada, ya que quiere leer, con la carga de las acusaciones, una equiparación entre colonia y burdel que no es más que una mención simultánea y accidental en la exposición foucaultiana. En cuanto a las acusaciones  de Campbell, es claro que han sido movilizadas por un discurso reaccionario y conservador que las ha utilizado para vincular a Foucault con una perversión sexual que está secretamente en el origen de la “corrección política”, “las políticas de la identidad” o “la ideología woke” en la actualidad.3

 

Más allá de corroborar estos datos, no se trata de justificar los actos de Foucault ni de condenarlos, ni de reproducir los argumentos de la derecha quejosa de la cancelación y la corrección política; sino de ver cómo se pasa de las acusaciones sobre actos concretos a una imagen esencializada de la persona entera y de su pensamiento como perversos. En lugar de releer la obra a la luz de las acusaciones, para desprender de los fragmentos aparentemente neutrales y teóricos una confesión autobiográfica, conviene precisamente volver a  algunas herramientas teóricas foucaultianas para repensar el fenómeno. ¿Qué nos puede decir la obra foucaultiana sobre la llamada cultura de la cancelación?

La filósofa Natalie Wynn señala, en “Cancelling”, uno de sus videodramas, el proceso que normalmente sigue la cancelación de figuras públicas: se parte de algunas acusaciones concretas que resultan problemáticas (ej. Foucault pagó a niños por sexo en Túnez en 1969), que se presuponen como ciertas (Sorman es una fuente fiable, de primera mano), que posteriormente se transforman en los medios de comunicación en generalizaciones y abstracciones (la obra de Foucault no es más que autojustificación teórica de la pedofilia), para terminar por construir una identidad esencializante de la persona a partir de las acusaciones (ej. Foucault era pedófilo).

Con este movimiento sinecdótico, que toma la parte por el todo, se dificulta la tarea de escudriñar las acusaciones en concreto y dilucidar su posible veracidad. Se trata de un ejercicio argumentativo que tendría la siguiente forma: 1) X acusa a Y de haber cometido Z en tal momento, en tales circunstancias; 2) seguramente Y cometió Z, porque mira lo que dijo y escribió en otros momentos y circunstancias; 3) Y cometió Z; 4) Y es cancelable por perverso, mientras que X desaparece del plano.

Y bien ¿de dónde proviene esta lógica? Es, ante todo, una lógica punitiva. Viene del sistema penal. Precisamente Foucault analizó una lógica análoga en el curso lectivo de 1974-1975 en el Collège de France titulado Los anormales. Foucault sostiene que la psiquiatría del siglo XIX introduce en la práctica penal la noción de la perversión, que reviste y acompaña a la culpabilidad. La labor de un psiquiatra no era determinar si el acusado era un enfermo mental y, por lo tanto, no podía tener responsabilidad legal de los actos que cometió; sino que, en calidad de experto médico, debía elaborar toda una biografía de la perversidad como prueba de una criminalidad posible (los traumas infantiles, los abusos parentales, los patrones de violencia) y calificar al acusado como un individuo peligroso que bien podría haber cometido los actos que se le imputan. Nos dice Foucault sobre la función de las pericias psiquiátricas:

¿Qué es lo que se pone de relieve a través de esas pericias? ¿La enfermedad? En absoluto. ¿La responsabilidad? En absoluto. ¿La libertad? En absoluto. Son siempre las mismas imágenes, los mismos gestos, las mismas actitudes, las mismas escenas pueriles: “jugaba con armas de madera”, “les cortaba la cabeza a los insectos”, “afligía a sus padres”, “faltaba a la escuela”, “no sabía las lecciones”, “era perezoso”. Y: “concluyo de ello que era responsable”.4

Perversidad y peligro,  moralidad y  miedo. No se trata de demostrar la veracidad de las acusaciones, sino de trazar los rasgos perversos de una vida para comprobar lo que se asumió desde el comienzo: la culpabilidad. Es esa misma la lógica que opera en la cancelación: se pinta el retrato de un presunto culpable que es, por esencia, perverso, y se deriva la credibilidad de las acusaciones de este retrato a posteriori que proviene de las propias acusaciones. Una tautología.

En sus efectos prácticos, la cancelación en redes sociales se parece mucho a lo que Foucault apuntaba sobre el panoptismo en Vigilar y castigar.5 Como recordarán, el Panóptico—una propuesta arquitectónica carcelaria del filósofo británico Jeremy Bentham— consiste en una torre central desde donde se pueden vigilar celdas colocadas alrededor. Desde la torre se pueden vigilar todas las celdas, pero desde estas no se sabe si alguien te está observando o no, aunque las personas encerradas en las celdas se asumen como siempre vigiladas. Foucault estudia este diseño para explicar el funcionamiento de nuestra sociedad, a la que califica como “disciplinaria”; es decir, la exigencia de vigilancia permanente no se limita a la cárcel, sino que atraviesa el tejido social.

Autores como Byung-Chul Han sugieren que este modelo panóptico ya resulta inoperante en el mundo actual, porque en la sociedad mundial del siglo XXI somos nosotros mismos quienes nos vigilamos mutuamente y no una instancia exterior.6 Sin embargo, lo que Foucault quiso señalar del Panóptico es que no tiene que existir una entidad personalizada y externa de vigilancia para que el dispositivo tenga sus efectos de poder. Nadie es Big Brother ni el gobierno nos vigila con microchips; no es necesario, ya todo está dispuesto para que cualquiera pueda fungir de vigilante de quien sea:

Un individuo cualquiera, tomado casi al azar, puede hacer funcionar la máquina: a falta del director, su familia, los que lo rodean, sus amigos, sus visitantes, sus servidores incluso. Así como es indiferente el motivo que lo anima: la curiosidad de un indiscreto, la malicia de un niño, el apetito de saber de un filósofo que quiere recorrer este museo de la naturaleza humana, o la maldad de los que experimentan un placer en espiar y en castigar. Cuanto más numerosos son esos observadores anónimos y pasajeros, más aumentan para el detenido el peligro de ser sorprendido y la conciencia inquieta de ser observado. El Panóptico es una máquina maravillosa que, a partir de los deseos más diferentes, fabrica efectos homogéneos de poder.7

Nuestra sociedad sigue siendo panóptica en tanto que nos vigilamos todos mutuamente a través de las redes sociales. Los algoritmos son panópticos virtuales, móviles, donde todos estamos al mismo tiempo dentro de la torre y en una celda. Fiscalizamos likes, damos soft block, subtuiteamos, bloqueamos, doxxeamos, cancelamos. Y aunque lo hagamos partiendo de preocupaciones genuinas y con el objetivo de señalar la intolerancia, los abusos de poder, los prejuicios o la discriminación, los mecanismos que usamos son los mismos mecanismos del poder, las mismas estrategias punitivas. Eso es lo que Foucault llamó la ironía del dispositivo: “nos hace creer que en [él] reside nuestra ‘liberación’”.8

No pretendo asegurar que Foucault jamás habría cometido los actos “perversos” que se le imputan. No lo idealizo, pero tampoco lo cancelo. Simplemente, me parecen cuestionables tanto la lógica punitiva detrás de la cancelación como las consecuencias que traería cancelar a Foucault. Privarnos de las herramientas críticas de su obra es peligroso, ya que nos dejaría cegados ante el poder, especialmente ante el poder que nosotros mismos reproducimos. Para Foucault este peligro se llama fascismo, palabra tan malgastada en las redes hoy, como lo apunta en su introducción a la versión estadunidense de El Anti-Edipo de Gilles Deleuze y Felix Guattari:

En fin, el enemigo mayor, el adversario estratégico […]: el fascismo. Y no solamente el fascismo histórico de Hitler y Mussolini […], sino que también el fascismo que está en todos nosotros, que atormenta nuestros espíritus y conductas cotidianas, el fascismo que nos hace amar el poder, desear aquello mismo que nos domina y que nos explota.9

No quiero releer la obra a la luz de una vida ahora revelada como perversa. Las posibilidades de pensamiento que inaugura un concepto o una filosofía no están sobredeterminadas por la moralidad o inmoralidad de su autor o autora. Sin embargo, esto no significa que no debamos tomar en cuenta la  relación entre pensamiento y vida. Tal vez la cuestión no es separar a la obra del autor, sino aprender a pensar la relación entre pensamiento y vida fuera de la lógica del castigo.

Las preguntas urgentes son: ¿cómo es que un pensamiento nos puede empujar hacia otras formas de vida?, y ¿cómo es que una vida, con todo lo que implica, inaugura nuevas posibilidades de pensar? La relación entre vida y pensamiento no ha de ser moral o punitiva (lógica de la cancelación), sino política, dado que es en la vida misma donde se juegan las apuestas del poder político, y es sobre la vida donde se implementan sus tácticas y estrategias. Entre vida y pensamiento se abre un campo estratégico donde se juega lo político. Ser capaces de pensar la vida como práctica política, he ahí la apuesta. Quisiera cerrar con una de las indicaciones que Foucault dio, en su prefacio a Deleuze y Guattari,  para hacernos de una vida no fascista:

No utilice el pensamiento para dar a una práctica política un valor de verdad; ni la acción política para desacreditar un pensamiento, como si no fuera más que pura especulación. Utilice la práctica política como un intensificador del pensamiento, y el análisis como un multiplicador de las formas y de los dominios de intervención de la acción política.10

 

Imanol López es licenciado en Filosofía por la Universidad Autónoma de Querétaro. Actualmente imparte cursos de Prácticas filosóficas para no filósofos. Twitter: @imanollopezb.


1 México, Fondo de Cultura Económica, 1979, p. 29.

2 Guy Sorman, Mon Dictionnaire du Bullshit, Paris, Grasset, 2021, p. 287.

3 Publiqué al respecto en un hilo de Twitter.

4 Michel Foucault, Los anormales, Buenos Aires, Fondo de Cultura Económica, 2000, p. 44.

5 Michel Foucault, Vigilar y castigar. El nacimiento de la prisión, Buenos Aires, Siglo XXI, 2002, p. 199 y ss.

6 Véase Byung-Chul Han, La sociedad del cansancio, Barcelona, Herder, 2012, p. 17 y ss.

7 Michel Foucault, Vigilar y castigar, ob. cit., pp. 205-206.

8 Michel Foucault, Historia de la sexualidad I. La voluntad de saber, México,  Siglo XXI, 2005, p. 194.

9 Michel Foucault, “Preface” en Dits et Écrits. III, Paris, Gallimard, 1994, p. 134.

10 Idem, p. 135.

[Ilustración: Patricio Betteo – fuente: http://www.nexos.com.mx]

Professor e sindicalista do planalto andino de Cajamarca chega ao segundo turno. De retórica áspera, emergiu contra a violência no campo e nas grandes mobilizações pela educação em 2017 – e promete reverter duas décadas de neoliberalismo

O candidato presidencial do Peru Pedro Castillo monta a cavalo no fechamento de campanha, em 8 de abril.

O candidato presidencial do Peru Pedro Castillo monta a cavalo no fechamento de campanha, em 8 de abril.

Escrito por Inés Santaeulalia e Jacqueline Fowks

A mil quilômetros de Lima, montado em um cavalo e sob um chapéu de palha de aba larga, um professor de escola rural desafia o status quo peruano. Pedro Castillo segue de Chota (Cajamarca) ao Palácio do Governo como vencedor do primeiro turno das eleições presidenciais do Peru, realizadas no domingo. As elites da sociedade de Lima, berço do poder do país sul-americano e origem dos cinco últimos presidentes, acordaram na segunda-feira de ressaca eleitoral nocauteadas pela presença do mais incômodo de todos os candidatos ao seu ecossistema. O professor sindicalista de viés radical, que não liderou as pesquisas até a última semana, chega às portas da presidência com o lema “Já basta de pobres em um país rico”.

Pedro Castillo Terrones, de 51 anos, nasceu em Cajamarca, uma região andina das mais pobres do Peru. O professor, terceiro de uma família de nove irmãos, conseguiu em 1995 sua vaga como professor de ensino primário em uma escola de sua região, mas sempre teve pretensões políticas. Como líder regional do partido Peru Possível desde 2005, era um completo desconhecido no restante do país até 2017. Nesse ano, um enorme protesto de professores, que exigiam aumentos salariais pela instalação da avaliação periódica dos docentes, paralisou as aulas durante 75 dias em quase todo o Peru. Castillo colocou-se à frente das mobilizações e desde então mais ninguém voltaria a esquecer seu nome.

O professor navega sobre águas ideológicas complexas. “Tem uma retórica reivindicativa, um discurso basicamente radical, que pode se encaixar à esquerda e à direita”, diz o analista José Carlos Requena. Em seu ideário utiliza muitas vezes os exemplos do Equador e da Bolívia, mas também destaca a nacionalização do petróleo na Venezuela: “Frequentemente nos dizem que a nacionalização é ruim. Mas temos exemplos que desmentem essa teoria absurda”. Castillo promete nacionalizar o gás da Camisea, o projeto energético mais importante do país. Também quer aumentar o orçamento público em saúde e afirma que aumentará o da educação em até 10% ―atualmente está em 4% do PIB―. Os analistas e adversários consideram seus planos inviáveis.

Se conseguir levar a chave do Palácio do Governo promete revogar a Constituição de 1993 (promulgada durante o Governo de Alberto Fujimori) e ameaça fechar o Congresso se não o permitirem. A lista de propostas causa autêntico pânico nas elites peruanas, que sempre recusaram qualquer manifestação de esquerda. Em Lima, o voto conservador (grande parte dele ultraconservador) superou 50% no domingo, apoiado em um discurso que sempre relacionou a esquerda ao terrorismo do Sendero Luminoso, que causou milhares de mortes nos anos 80, e com o chavismo. Em Castillo veem refletido os dois lados.

O professor, desde a greve de 2017, é relacionado a grupos políticos formados por membros do Sendero Luminoso, em liberdade após cumprir condenação. Ele sempre se desvinculou, mas sua sombra o perseguiu até as urnas. O jornal Perú 21 alertou um dia antes da votação em uma manchete de página inteira em primeiro plano: “Cuidado, o Sendero Luminoso estará presente nestas eleições”. Uma capa que, de qualquer modo, não chegou aos seus eleitores, em sua maioria divididos entre o sul e as regiões mais pobres. No Peru, 20% da população vive na pobreza, de acordo com os últimos indicadores oficiais, ainda que se estime que a porcentagem tenha crescido durante a pandemia. Castillo foi ao segundo turno com 18% dos votos.

Apesar da enorme distância ideológica, o líder do Peru Livre compartilha uma parte de seu ideário com os políticos conservadores mais votados na capital, como Keiko Fujimori, Hernando de Soto e o candidato de extrema-direita Rafael López Aliaga. A agenda social, uma questão rara na política peruana, resume em uma emenda todos os avanços sociais que preocupam tão pouco da maioria dos arranha-céus de Lima ao grosso das montanhas andinas. Rejeição ao aborto, rejeição ao casamento homossexual, rejeição a incluir a igualdade de gênero no currículo escolar, rejeição à eutanásia.

Castillo promete lutar contra o poder estabelecido de seu passado como rondero, uma organização social criada em Chota na década de 70 por agricultores e camponeses para se defender do roubo de gado e da violência. O regime próprio dos ronderos, à margem da lei, inclui chicotadas e o escárnio público contra ladrões e malfeitores. Nas duas décadas em que o Peru sofreu a violência do Sendero Luminoso (1980-2000) a vigilância e força das rondas de Cajamarca deteve a entrada na região do terrorismo que semeava atentados e morte na maior parte dos Andes.

Restam dois meses ao segundo turno das presidenciais. Na espera da finalização da votação, tudo leva a crer que será a líder do fujimorismo a encarregada de representar um setor do Peru que não quer Castillo nem pintado de ouro. Ela também não cai no gosto da maioria. Keiko Fujimori é a candidata de maior rejeição entre os eleitores, mas em eleições tão fragmentadas, a porcentagem de fujimoristas acérrimos que ainda mantêm a levaram à segunda posição com apenas 14% dos votos.

As elites de Lima continuam procurando nesta segunda-feira no Twitter respostas a resultados que não entendem. Na escola 10465, no centro do povoado de Puña, na província de Chota, o professor de ensino primário às vezes leva seus alunos ao campo, levanta seu celular e caminham em silêncio procurando um ponto de internet para acessar o Google pela primeira vez.

 

[Foto: Aldair Mejía/EFE – fonte: http://www.elpais.com]

 

Soixante-dix ans après sa parution en anglais, en 1949, 1984 de George Orwell, traduit une première fois en 1950, est tombé dans le domaine public en France ; une période de retraductions s’est alors ouverte, tandis que l’histoire de Winston est sans cesse mobilisée par de multiples discours. Mais que devient la pensée politique d’Orwell dans ses différentes traductions ?

George Orwell, 1984. Trad. de l’anglais par Célia Izoard. Postface de Thierry Discepolo et Celia Izoard. Édition établie par Thierry Discepolo et Claude Rioux. Agone, 450 p., 15 €

George Orwell, Mil neuf cent quatre-vingt-quatre. Trad. de l’anglais et édité par Philippe Jaworski. Gallimard, coll. « Folio Classique », 512 p., 8,60 €

George Orwell, La ferme des animaux. Trad. de l’anglais par Philippe Mortimer. Libertalia, 168 p., 13 €

George Orwell, La ferme des animaux. Trad. de l’anglais par Philippe Jaworski. Gallimard, coll. « Folio », 176 p., 4,50 €

Célia Izoard, Philippe Jaworski : « 1984 » face à ses traducteurs

Statue de George Orwell à Londres (2018)

Écrit par Jean-Jacques Rosat

Pendant soixante-huit ans, les choses sont restées simples : lire 1984 en français, c’était ouvrir la traduction d’Amélie Audiberti, publiée par Gallimard en 1950 (un an après la parution du livre en anglais). Pour penser la politique, le totalitarisme et le contrôle des esprits avec les concepts forgés par Orwell, il y avait un vocabulaire bien établi, compréhensible par tous : Big Brothernovlanguedouble-penséepolice de la penséecrime par la pensée… L’éditeur eût-il seulement pris la peine de faire corriger les quelques dizaines d’erreurs grossières, de contresens patents et d’omissions qui l’obèrent, et de toiletter une poignée d’imprécisions ou de maladresses, que cette traduction aurait pu devenir la traduction classique de référence – datée, certes, mais plus que respectable.

En 2018, les éditions Gallimard ont lancé une « nouvelle traduction » (comme il est écrit en couverture), celle de Josée Kamoun. Néoparle et obsoparlementopolice et mentocrime… divers mots bizarres ont fait leur apparition dans le lexique franco-orwellien. J’ai exprimé dans ces colonnes mes plus vives réserves à l’égard de ces choix, et de la désinvolture avec laquelle la traductrice, dans le souci de rajeunir le texte, traitait les pages politico-philosophiques.

Et voilà que deux autres traductions viennent de paraître. La première, à nouveau aux éditions Gallimard, est signée Philippe Jaworski. Elle a d’abord été publiée, en octobre dernier, dans un volume de la Pléiade dirigé par lui (Marc Porée en a rendu compte ici même). Elle y est accompagnée d’une notice extrêmement riche, où l’on trouve une analyse littéraire tout à fait remarquable ; c’est, à ma connaissance, la première jamais écrite en français à ce niveau sur ce roman. Trois mois plus tard, cette traduction a reparu séparément dans la collection de poche « Folio classique ». Dans cette édition, les pages de la notice de la Pléiade consacrées aux questions de langue et de traduction sont intégralement reproduites en annexe. Et on retrouve dans la préface du traducteur certaines de ses analyses littéraires, extrêmement condensées.

Mais il y a un sujet sur lequel Philippe Jaworski se fait soudain beaucoup plus affirmatif : « La société de surveillance d’Océanie n’apprenait rien de vraiment nouveau au lecteur de la fin des années 1940, écrit-il, et rien qui ne sera aujourd’hui vite reconnu par le lecteur qui a lu Hannah Arendt, Claude Lefort, Michel Foucault ou tel témoignage d’un rescapé du nazisme ou des camps staliniens. » Le jugement est sans appel : Orwell est un pamphlétaire, un moraliste, un satiriste, un héritier de Swift et de Dickens, un grand romancier… mais pas un penseur. Sur les ressorts ultimes des régimes totalitaires, sur leur nature et leur nouveauté radicale comme systèmes de pouvoir, il ne nous dit rien que nous ne sachions déjà. Comme on le verra, ce point de vue n’est pas sans effet sur les choix du traducteur.

L’autre nouvelle traduction, due à Celia Izoard, est publiée par les éditions Agone – dernier maillon de la lignée de ces petits éditeurs indépendants, militants et compétents (Champ libre dans les années 1980, Ivréa et l’Encyclopédie des Nuisances dans la seconde moitié des années 1990, et Agone, donc, depuis 2008) qui, pendant ces décennies où Gallimard se contentait de réimprimer le bestseller, ont progressivement fait traduire la quasi-intégralité de l’œuvre d’Orwell (les livres de reportage, les romans, les essais, les centaines d’articles, la volumineuse correspondance), l’ont donnée à lire à des publics divers, et ont ainsi rendu possible la reconnaissance d’Orwell comme un auteur de premier plan – un classique pour tous.

Quatre traductions en français de 1984 se côtoient donc aujourd’hui sur les tables des libraires de France. Mais, comme le montre le petit tableau ci-dessous, s’agissant de ses mots, concepts et phrases clé, elles diffèrent considérablement. Il vaut la peine d’examiner quelques-uns de leurs choix, car ils mettent en jeu la compréhension du roman et l’usage politique que ses lecteurs peuvent en faire.

ORWELL AUDIBERTI KAMOUN JAWORSKI IZOARD
Big Brother is watching you Big Brother vous regarde Big Brother te regarde Le Grand Frère vous surveille Big Brother te regarde
newspeak (le) novlangue néoparler néoparle (la) novlangue
Thought Police police de la pensée mentopolice police de la pensée police de la pensée
Doublethink double-pensée doublepenser doublepense doublepensée
Thoughtcrime crime de penser mentocrime délit de pensée crime de pensée
Proles prolétaires prolos prolétos proles
Controlled insanity Folie dirigée Démence maîtrisée Folie contrôlée Psychose administrée

Enfin, un traducteur (Philippe Jaworski) ose Grand Frère ! Le maintien injustifié de Big Brother pendant soixante-dix ans a vidé de son sens le nom du Chef et a fait de celui-ci un être mystérieux, qui ressemble davantage à une divinité extraterrestre ou à une machine monstrueuse qu’à un être humain. La similitude entre le Parti qu’il dirige et l’Organisation secrète des oppositionnels (réelle ou fictive), la Fraternité (Brotherhood), était rendue invisible. Et surtout, on avait oublié que le Chef ne doit pas seulement être craint : il faut aussi l’aimer. « Il aimait le Grand Frère. » C’est la dernière phrase du livre, l’aboutissement de la rééducation de Winston. Face à l’insécurité absolue qu’engendre l’univers de terreur et de haine qu’Il a lui-même créé, le Grand Frère est l’unique protecteur. Curieusement, en traduisant « is watching you » par « vous surveille », Philippe Jaworski perd ce paradoxe et cette ambivalence. Car le Grand Frère ne surveille pas seulement ; il veille aussi, nuit et jour, sur tous et sur chacun. C’est ce qu’oublient toutes les interprétations du roman qui le réduisent à la description d’une société de surveillance. Xi Jinping est bien meilleur lecteur. C’est grâce à Lui que la Chine a remporté la grande victoire contre le covid ; en retour, tous les Chinois lui doivent reconnaissance et affection.

Pourquoi vouloir substituer néoparle à novlangue, et doublepense à double-pensée ? Parce que, explique Philippe Jaworski, newspeak et doublethink ne relèvent pas de l’anglais standard, mais d’une langue nouvelle en cours de fabrication : le newspeak, précisément. Dans cette langue minimale, toute différence entre nom et verbe est abolie. Il n’y a plus que des mots racines indifférenciés, ni noms ni verbes ou les deux à la fois (speakthink), et leurs dérivés (newspeakdoublethink). Pour parvenir – problème délicat – à en offrir des équivalents français, Philippe Jaworski, comme il le dit lui-même, a décidé de ne pas traduire directement mais de transposer au français le procédé de fabrication appliqué à l’anglais par les grammairiens imaginaires de 1984 : il commence par faire de « parle » et de « pense » des mots racines indifférenciés, puis il en dérive « néoparle » et « doublepense », et le tour est joué. C’est ingénieux, subtil, mais ça ne marche pas. Pour une raison bien simple : en français, la différence entre nom et verbe est irréductible ; il n’y a pas de place pour des mots racines indifférenciés. Prenons un exemple rudimentaire. Qu’ont fait les internautes francophones avec les « like » des sites anglophones ? Ils ne sont pas allés inventer un mot racine équivalent, « aime » : ç’aurait été ridicule et personne ne l’aurait utilisé. Spontanément, sur la base du mot racine anglais « like », qu’ils ont conservé, ils ont créé un verbe français, « liker », et le substantif correspondant, « un like ».

Si le newspeak n’était que la parodie swiftienne d’une langue de bois mécanisée et poussée à l’extrême, si Orwell n’avait imaginé que des exemples aussi grotesques que ceux qu’il donne dans l’appendice du roman (comme doublepluscold pour dire « excessivement froid »), la fabrication de ces chimères verbales inutilisables que sont néoparle et doublepense serait sans conséquence. Mais newspeak et doublethink ne sont pas des exemples amusants d’une pseudo-langue délirante. Ce sont des concepts fondamentaux, forgés par Orwell pour servir à la description et à la compréhension des mécanismes intellectuels du contrôle des esprits. Ils n’ont leur équivalent chez aucun autre penseur du totalitarisme, ni chez Arendt, ni même chez Lefort. Il vaudrait mieux que, dans leur traduction française, ces concepts élaborés par le rationaliste, empiriste et défenseur du sens commun qu’était Orwell ne se présentent pas sous des noms impossibles.

Célia Izoard, Philippe Jaworski : « 1984 » face à ses traducteurs

Bien sûr, dans le roman, ces concepts sont la création d’oligarques imaginaires et d’intellectuels à leur service. Mais c’est la conséquence du dispositif sur lequel repose 1984 : Orwell place toutes ses idées sur la nature et les ressorts des régimes totalitaires dans la bouche ou sous la plume de dictateurs d’une nouvelle génération, plus lucides sur eux-mêmes et sur les bases réelles de leur pouvoir que les dirigeants nazis ou bolcheviques. Il n’a pas créé newspeak et doublethink pour qu’ils restent enfermés dans une langue imaginaire ; il voulait les faire entrer dans la langue anglaise, et il y a réussi. Néoparle et doublepense, eux, sont construits pour demeurer dans le monde clos de la fiction et ne jamais entrer dans le français standard.

1984 est une satire politique : elle vise le monde réel ; elle est écrite pour que ses lecteurs fassent, dans ce monde réel, un usage réel de ses mots. Alors que les substantifs novlangue et double-pensée, créés par Amélie Audiberti, sont si facilement compréhensibles et assimilables qu’ils ont été depuis longtemps adoptés par d’innombrables locuteurs et auteurs francophones, néoparle et doublepense sont si étrangers à la langue française qu’ils paraissent relever d’un jargon ésotérique ou du vocabulaire d’une secte philosophique. Si un journaliste entreprend de raconter comment les firmes qui fabriquent des insecticides ont créé des fondations spécialement destinées à chercher toutes les causes possibles du déclin des populations d’abeilles… à l’exception de leurs propres produits, c’est double-pensée qui tombera naturellement sous sa plume, certainement pas doublepense. Et, pour mieux faire entendre à ses lecteurs que l’expression « aux-couleurs-de-la-Chine » est un opérateur langagier qui, accolé à « démocratie », permet aux dirigeants chinois de faire en sorte que ce mot signifie désormais « dictature », il suffira à un analyste politique de dire : « c’est un procédé typique de novlangue », et ses lecteurs auront compris. S’il avait employé néoparle, il les aurait plongés dans la perplexité.

La traduction de Jaworski réserve d’autres surprises. En diverses occurrences, il altère le sens du texte sans qu’on en comprenne la raison. Quand O’Brien proclame devant Winston : « We are the priests of power », il traduit : « Nous sommes le clergé du pouvoir ». Pourquoi écarte-t-il « prêtre » ? Jugerait-il plus pertinent de voir le commissaire politique comme le rouage d’une institution que comme le membre d’une caste sacerdotale ? Mais ce n’est pas l’idée d’Orwell. Ce qui soude entre eux les dirigeants du Parti dans 1984, c’est une mystique du pouvoir. Durant les séances de rééducation qu’il inflige à Winston, O’Brien ne cesse de lui dire qu’il va le purifier, le rendre parfait et sans tache, avant bien sûr de le liquider : il ne sera pas un martyr, mais une victime sacrificielle, qu’il faut préalablement débarrasser de ses souillures. On peut juger cela inapproprié, ou reculer devant de pareilles idées. Mais c’est ce qu’écrit Orwell. De même, pourquoi Jaworski traduit-il thoughtcrime par délit de pensée (et non, comme cela semble aller de soi, crime par la pensée), ce qui l’entraîne ensuite à traduire thought criminal par malpenseur ? Pourquoi affaiblir délibérément ce concept, jusqu’à le fausser, alors que le roman nous explique que le thoughtcrime – avoir, par exemple, le projet de tenir un journal à l’abri du télécran – est « le crime essentiel [essential crime] qui contient tous les autres » ? On se perd en conjectures.

Et puis, il y a l’entrée en scène des prolétos. Pour désigner les prolétaires – la classe des sans-parti, 85 % de la population –, Orwell utilise une forme abrégée de proletarians en vigueur depuis des décennies : the proles. Ce mot, explique Philippe Jaworski, « est relativement neutre en anglais ». Il refuse de le traduire par prolos (ce qu’a fait Josée Kamoun), car il juge ce terme « chargé de connotations méprisantes ou comiques ». (On pourrait discuter ce point : la pratique qui consiste pour un groupe dominé à retourner avec fierté un terme péjoratif n’est pas rare. Mais admettons.)

Qu’est-il proposé à la place ? Prolétos, qu’il emprunte à l’espéranto, où proleto signifie prolétaire. Cette solution laisse pantois. Le mot sonne comme un sobriquet, et il est tout sauf neutre. On le croirait inventé par des mondains de la Belle Époque venus s’encanailler à Belleville, et prononcé dans l’entre-soi avec un petit sourire amusé, tout de condescendance et de mépris. La traduction de proles n’est pas une question secondaire, car le slogan « if there is a hope, it lies in the proles » court comme un leitmotiv au fil du roman. Quand Winston, dans les premiers chapitres, déambule dans les quartiers populaires, cette formule lui apparaît comme « une palpable absurdité ». Mais, au terme de son cheminement intellectuel et moral (1984 étant, à certains égards, un roman d’éducation), juste avant d’être arrêté, quand il regarde depuis la fenêtre de sa mansarde l’imposante blanchisseuse qui chante dans la cour en étendant son linge, il a réussi à lui donner un sens : le Parti est la mort, les prolétaires sont la vie ; ils chantent, le Parti ne chante pas ; ils ont sauvegardé quelque chose de la décence commune ; ils sont l’avenir. Il importe qu’à cet instant le mot pour désigner les prolétaires ne porte aucune marque de mépris.

On se tourne alors vers l’autre nouvelle traduction, celle de Celia Izoard, dans l’espoir d’une solution. Mais c’est pour découvrir… qu’elle n’a pas traduit : elle a conservé le mot prole. Cette incompréhensible reculade a un effet immédiat : « prole » en français sonne comme le nom d’une espèce de fleur ou de papillon. Les prolétaires seraient-ils d’une autre espèce que les membres du Parti ? Il est vrai que, dans ce système de caste qu’est la société de 1984, les dominants et les dominés ne se mélangent pas. Mais la question de savoir ce que signifie « être humain », et qui le demeure encore dans l’univers totalitaire, est un des enjeux du roman. « Les prolétaires ne sont pas des humains », chuchotent entre eux les membres du Parti. Au terme de son parcours, à l’instant d’être arrêté, Winston retourne cette idée : l’inhumanité, c’est le Parti ; l’humanité, ce sont les prolétaires. On en vient à penser que Celia Izoard aurait été mieux inspirée de rester dans les traces d’Audiberti, comme elle l’a fait pour les autres mots clé, et de s’en tenir à « prolétaires ».

Pour le reste, la traduction de Celia Izoard est, de loin, la plus scrupuleuse des quatre ; mais cette modestie devant le texte se paie parfois d’une certaine gaucherie et, plus généralement, d’un manque de rythme et de relief. Le plain style d’Orwell – ce style simple et familier qui est sa marque de fabrique – n’est pourtant pas un style plat : il est incisif, direct, rugueux, brutal parfois ; les images sont concrètes ; les phrases, denses. En créer un équivalent français est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. D’autant que traductrices et traducteurs ont sous les yeux la maxime première de l’auteur, exprimée dans « La politique et la langue anglaise » (repris dans Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais, Ivréa & l’Encyclopédie des Nuisances, 2005) : « Ce qui importe avant tout, c’est que le sens gouverne le choix des mots, et non l’inverse. En matière de prose, la pire des choses que l’on puisse faire avec les mots est de s’abandonner à eux. » Autrement dit : ne laissez jamais les mots s’envoler d’eux-mêmes, encore moins s’engendrer les uns les autres. Orwell ne laisse pas de grands espaces de fantaisie à ses traducteurs ; leurs marges de manœuvre sont étroites.

Célia Izoard, Philippe Jaworski : « 1984 » face à ses traducteurs

Une autre maxime, tirée du même essai, vise à calmer les ardeurs théoriciennes : « N’utilisez jamais une expression étrangère, un terme scientifique ou spécialisé si vous pouvez leur trouver un équivalent dans la langue de tous les jours. » Elle devrait protéger contre les tentations de la sur-traduction et de la surinterprétation. Celia Izoard n’y échappe pas toujours – par exemple, quand controlled insanity devient sous sa plume « psychose administrée ». « Folie contrôlée » était-il trop simple ? Est-ce un écho de l’idée selon laquelle une société totalitaire est le paroxysme de la « société administrée » hyper-rationnelle ? (Cette vision classique, qui vient notamment d’Adorno, court en filigrane dans la postface qu’elle a cosignée avec Thierry Discepolo. Mais ce n’est certainement pas celle d’Orwell.)

En tout cas, par la faute de cette surcharge interprétative, on passe complètement à côté d’une idée qui, pour être très simple, n’en est pas moins une des plus fortes et des plus originales du roman. Les dirigeants totalitaires ont construit un univers délirant, où ils prétendent contrôler le passé (en le réécrivant) et la réalité extérieure (en décidant du vrai et du faux jusque dans les sciences de la nature). La folie est inhérente aux régimes totalitaires ; elle y est structurelle, et c’est parmi leurs dirigeants qu’elle culmine. Mais, comme dit Orwell, réalité et vérité n’en continuent pas moins d’exister dans leur dos. Pour conserver leur pouvoir, ils doivent garder un pied dans le réel. Et, pour cela, contrôler la folie qui est en eux. Sans en guérir toutefois, car elle est indissociable de leur pouvoir absolu. C’est un problème que tous les systèmes totalitaires, d’hier et d’aujourd’hui, ont rencontré. Les Khmers rouges ont sombré pour n’avoir pas maitrisé leur démence. En Chine, au contraire, après les dix années de folie mal contrôlée de la Révolution culturelle, Deng Xiaoping a repris les choses en main. Sans renoncer à la folie, bien entendu : encore aujourd’hui, le massacre de la place Tian’anmen (1989) n’a jamais eu lieu.

La situation éditoriale de La ferme des animaux, l’autre bestseller orwellien, est un peu semblable à celle de 1984. Pendant très longtemps, il n’y a eu qu’une seule traduction, celle de Jean Quéval (Ivréa, 1981, plus tard reprise en « Folio »). Deux nouvelles traductions viennent de paraître coup sur coup. D’abord, celle du même Philippe Jaworski dans la Pléiade, immédiatement rééditée, elle aussi, en format poche. Mais la notice et toutes les notes ont disparu ! Les jeunes générations seraient-elles si remarquablement informées sur l’affrontement Staline-Trotski, sur le stakhanovisme ou sur la conférence de Téhéran en 1943 (parodiée à la dernière page du roman) qu’elles n’auraient besoin d’aucune information pour décrypter cette satire allégorique et chronologique de la révolution russe et de ses suites ? Ou souhaite-t-on qu’elles le lisent comme « un conte de fées » (c’est le sous-titre du roman), au premier degré ?

Une autre traduction de La ferme des animaux, par Philippe Mortimer, vient de paraître aux éditions Libertalia. On y trouve les indispensables notes de bas de page, mais aussi (en annexe) les deux préfaces écrites par Orwell pour ce livre, et surtout (intégralement citée dans la préface du traducteur) sa lettre du 5 décembre 1946 à Dwight Macdonald où il explique, avec la plus grande précision, la signification politique qu’il donne à son roman. L’évolution de la révolution russe, conclut-il, « était entièrement prévisible […] en raison de la nature même du parti bolchevik. Ce que j’ai tenté de dire, c’est : « Vous ne pouvez pas faire la révolution si vous ne la faites pas vous-même. Il ne peut y avoir de dictature bienfaisante » ».

Comme on voit, contrairement à ce que voudrait nous faire croire une interprétation conservatrice de la pensée d’Orwell assez répandue aujourd’hui, il ne dit pas : « Toutes les révolutions aboutissent à des dictatures ». Il dit : si vous ne voulez pas que la révolution à laquelle vous aspirez dégénère en dictature, faites-la vous-même et ne laissez pas les dictateurs s’en emparer. Comme toujours chez lui, il n’y a ni déterminisme, ni loi de l’histoire. L’issue dépend de nous. Orwell est, comme Machiavel, un penseur de la contingence et de la volonté. Parmi les penseurs de gauche, c’est une qualité plutôt rare.

 

[Photo : CC/Ben Sutherland – source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

A fronteira se tornou uma das palavras-chave para ler o mundo, interpretá-lo e desvelá-lo. E a cena protagonizada por uma criança haitiana na fronteira Brasil-Peru exemplifica como elas têm sido protagonistas de um mundo pós-fronteiriço

Escrito por Handerson Joseph*

No último dia 14 de fevereiro, uma criança haitiana de aproximadamente 3 anos protagonizou uma cena pós-fronteiriça e humanizou a fronteira. Ela apertou as mãos dos policiais peruanos que formavam uma barreira na fronteira do Brasil com o Peru, no estado do Acre, para impedir a mobilidade das pessoas haitianas que queriam sair do Brasil, passando pelo país vizinho, para retornar ao Haiti e/ou tentar uma vida melhor em outros países.

Enquanto os policiais impediam os migrantes haitianos de cruzarem a fronteira, usando as forças estatais, o menino distribuía apertos de mãos e abraços aos policiais. Uma das cenas mais profundas das/nas fronteiras nesses últimos tempos, no seu gesto, desprovido da securitização das fronteiras, lá estava uma fronteira afetuosa possível, aquela de união enquanto humanos, independente das nossas diferenças etnorraciais, nacionais, linguísticas, religiosas etc.

No gesto do menino negro migrante espelha-se a fronteira da paz, do amor, da compaixão pelo outro. Por vezes os órgãos nacionais e internacionais pregam a paz e a união, mas na prática exercem suas forças destruidoras mais do que as forças humanas e afetuosas para a gestão das fronteiras e das mobilidades das pessoas.

Para transformar as fronteiras

A ideia de um mundo pós-fronteiriço para o qual tenho chamado a atenção em alguns dos meus trabalhos acadêmicos talvez seja a capacidade de transformar as fronteiras estatais em humanizadoras. O mundo e os governos têm muito o que aprender com as crianças, principalmente nos modos de gestão das fronteiras e das migrações.

As crianças têm sido protagonistas de um mundo pós-fronteiriço. Muitas delas, quando chegam às fronteiras, principalmente entre os Estados Unidos e o México, são separadas de seus pais e familiares, sem saber se um dia se poderão reencontrar nos corredores da vida e nos corredores migratórios. Outras não agem olho por olho, dente por dente, mas respondem à militarização das fronteiras com abraços e apertos de mãos, como a cena do menino haitiano.

Nessa última década, a fronteira se tornou uma das palavras-chave para ler o mundo, interpretá-lo e desvelá-lo. Hoje, as condições de possibilidades de uma transformação do mundo passam necessariamente por uma transformação das fronteiras, passam pela demolição dos muros, a destruição das cercas, a extinção dos regimes de controle e o desmantelamento das tecnologias de vigilância das fronteiras e das migrações.

Negação das fronteiras?

Os regimes e as tecnologias de controle e de dominação devem ser obrigatoriamente substituídos por mais pontes (simbólica e materialmente) para unir as pessoas e os países, por mais políticas equitativas entre indivíduos e nações para diminuir as desigualdades, por mais abraços e apertos de mãos entre aqueles que são de nacionalidades diferentes, em outras palavras, por um mundo pós-fronteiriço, notadamente um mundo sem fronteiras desagregadoras e assoladoras.

As fronteiras estatais devem entrar em ruínas para ceder espaço àquelas que são humanas e humanizadas, no sentido mais profundo e sensível do termo humano. Advogar por um mundo sem fronteiras não significa negar a existência (ainda forte) das que existem entre Estados.

Não se trata, necessariamente, de um mundo sem fronteiras, não há como as negar, pois onde há diversidade e diferenças, lá estão elas, sejam físicas ou simbólicas (culturais, étnicas, linguísticas, religiosas etc). Reafirmar a existência das fronteiras não significa advogar em nome das que são desagregadoras, mas sim dar um passo para transformá-las, humanizá-las, superando a dimensão estadocêntrica para alcançar um mundo pós-fronteiriço. O futuro do mundo é a mobilidade e o devir migratório.

Sobre o autor

Handerson Joseph é doutor em Antropologia Social pelo Museu Nacional, com doutorado sanduíche pela École des hautes études en sciences sociales (EHESS) e pela École normale supérieure (ENS) em Paris. Professor do Departamento de Antropologia e do Programa de Pós-Graduação em Antropologia (PPGAS) da Universidade Federal do Rio Grande do Sul (UFRGS). Professor permanente do Programa de Pós-Graduação em Estudos de Fronteira (PPGEF) da Unifap (Universidade Federal do Amapá), foi um dos fundadores e coordenador do PPGEF (2019-2020). Fundador do Programa de Apoio a Migrantes e Refugiados (PAMER).

 

[Fonte: http://www.migramundo.com]

https://correio68.com/wp-content/uploads/2021/02/150600216_422036112213881_7658153690056202066_n-1.mp4?_=1

Lee aquí « España », el inédito del escritor alemán sobre nuestra Guerra Civil incluido en el volumen ‘La guerra de España: reconciliar a los vivos y los muertos’ (Arpa), de Jean-Pierre Barou

Todos los grandes crímenes de este mundo se cometen en nombre de los intereses, que no tienen escrúpulos en sus «acciones». Esto es lo que estamos viendo en estos momentos en España. ¿Quién podría ocupar el papel de oponer las reivindicaciones de la conciencia a todos esos intereses, que no dejan de ser mezquinos aunque se pongan una máscara solemne, si no el poeta, el hombre de juicio libre? Él es quien debe alzar la voz y protestar contra un método que sitúa al crimen en la base de la política, violando todos los sentimientos humanos.

No existe desprecio más fácil que aquel con que se cubre al «poeta que baja al ruedo político». En el fondo, son los intereses los que hablan en estos términos. No quieren una vigilancia que pueda enturbiar sus acciones, e invitan al intelectual a recluirse amablemente en «lo espiritual». A cambio, se le permite considerar la política como algo indigno de su atención. ¿No debe percibir él sin duda que ese falso honor es una recompensa por su complicidad con los intereses a través de su abstención? En nuestro tiempo, retirarse a una torre de marfil carece de sentido. Es imposible no darse cuenta de ello en los tiempos que corren.

De hecho, la democracia se concreta en cada uno de nosotros, pues la política se ha convertido en el asunto de todo el mundo. Nadie puede escapar a ella, pues la presión inmediata que ejerce sobre cada individuo es demasiado fuerte. ¿No es cierto que el hombre al que oímos decir, como aún sucede, «A mí no me interesa la política», nos parece un ser «chapado a la antigua»? Un punto de vista como este no solo nos parece egoísta e irreal, sino además una falsedad bastante estúpida. No es tanto una prueba de ignorancia como de una indiferencia moral. El orden político y social forma parte de la totalidad humana, y esta es una realidad innegable. Solo es un aspecto del problema y del deber humanos, pero nadie puede ignorarlo sin pecar por ello contra la humanidad que intenta privilegiar frente a la política en el ámbito de lo esencial. Sin embargo, lo esencial, de lo que todo depende, es el orden político y social, porque el problema humano se plantea en nuestro tiempo con gravedad mortal en la política. ¿Cómo podría el poeta abstraerse, él, cuya naturaleza y cuyo destino lo han colocado en el lugar más expuesto de la historia de la humanidad? Al referirme a la gravedad «mortal» que reviste la cuestión política en nuestro tiempo, he querido expresar que todo hombre, y en particular el poeta, debe salvar su mente —o, ¿por qué no emplear el término religioso?—, salvar su alma. El poeta incapaz ante el problema humano, planteado en forma política, no solo es un traidor a la causa del espíritu en beneficio del bando de los intereses, sino que también es un hombre perdido. Su pérdida es ineluctable. Perderá su fuerza creadora, su talento, y no será capaz de hacer algo duradero de nuevo. Incluso su obra anterior, aunque no estuviera marcada por esta falta, si era buena, dejará de serlo. No significará ya nada a ojos de los hombres. Esta es mi convicción profunda, y hay ejemplos que la confirman.

Quizá me pregunten qué entiendo por «espíritu» o por «intereses». Pues bien, lo espiritual, considerado desde el punto de vista político y social, es la aspiración de los pueblos a mejorar sus condiciones de vida, a hacerlas más justas y felices, mejor adaptadas a la dignidad humana. Lo espiritual es la aprobación de ese deseo por parte de los hombres de buena voluntad.

Los intereses saben que un cambio semejante reduciría algunas de sus ventajas y privilegios. En consecuencia, intentan impedir tal evolución por todos los medios, incluido el crimen, o al menos detenerla por un tiempo, porque lo hacen sabiendo que convertirla en un imposible está fuera de su alcance. El bando de los intereses está interviniendo en España y la destruye con una falta de pudor desconocida hasta la fecha.

En realidad, lo que viene sucediendo en ese país desde hace meses constituye el escándalo más inmundo de la historia humana. ¿Pero es que el mundo no se da cuenta? Me temo que no, porque los intereses asesinos no saben hacer nada mejor que volver al mundo estúpido, ocultar su verdadero carácter. El otro día me llegó esta información desde el lugar más sombrío de Europa: Alemania. «¿Quién habría podido imaginar que, cayendo del cielo azul, los Rojos de España fueran capaces de tales horrores?». ¡Los Rojos! ¡Cayendo del cielo azul!

Todo el mundo sabe lo poco revolucionarias que eran las reformas del Frente Popular español, esa alianza de republicanos y socialistas sellada por una victoria electoral decisiva y legítima.

¿Es que ya no tenemos corazón? ¿Ni razón? ¿Queremos que el bando de los intereses nos arrebate los últimos restos de buen juicio y de libre pensamiento cayendo en la trampa que montan con tanta destreza? De hecho, ocultan los instintos más bajos bajo la máscara de ideas de cultura, de Dios, de orden y de patria. Un pueblo que vive bajo el yugo de una explotación de las más reaccionarias desea una existencia más clara, más humana, un orden social que cree que le permitirá ser más digno de su propia humanidad. Para este pueblo la libertad y el progreso no son aún nociones roídas por la ironía y el escepticismo. Cree en ellas como los valores más altos y dignos de su esfuerzo. Incluso ve en ellas las condiciones de su honor como nación. Este pueblo se ha proporcionado un gobierno que se propone remediar —procediendo con prudencia y teniendo en cuenta las circunstancias particulares— los abusos más indignantes. ¿Qué sucede a continuación? Estalla una rebelión de generales al servicio de las antiguas potencias explotadoras, estalla con la complicidad del extranjero. La rebelión fracasa, está a punto de perder, y entonces los gobiernos extranjeros, enemigos de la libertad, acuden en su ayuda y, a cambio de promesas de ventajas económicas en caso de victoria, proporcionan a los insurgentes dinero, hombres y material de guerra. Gracias a estos alimentos, la lucha sangrienta prosigue, engendrando en ambos bandos una crueldad cada día más implacable. Contra el pueblo que lucha desesperadamente por su libertad y sus derechos humanos, se lleva a la batalla a tropas de sus propias colonias. Los bombarderos extranjeros destruyen las ciudades, asesinan a los niños. Y todos esos se hacen llamar «nacionales». Esos crímenes que claman al cielo se llevan a cabo en nombre de Dios, del orden y de la belleza. Si las cosas hubiesen sucedido conforme a los deseos de la prensa de los intereses, hace tiempo que la capital del país debía haber caído y las «bandas marxistas» debían haber sido vencidas. Pero la capital, medio destruida, aún se mantiene en pie, al menos en el momento en que estas líneas se escriben, y las «bandas rojas», según el nombre que prefiere la prensa de los intereses, es decir, el pueblo español, defienden su vida y los valores en los que cree con una valentía sobrehumana, una valentía en la que los más embrutecidos escuderos de los intereses deberían encontrar la materia de reflexión que podría llevarlos a descubrir las fuerzas morales que están en juego.

El derecho de los pueblos a definirse a sí mismos goza hoy en el mundo del mayor respeto oficial. Incluso nuestras dictaduras y Estados totalitarios se emplean a fondo en hacernos creer que tienen entre el 90 y el 98 % del pueblo de su lado. Pues bien, si una cosa está clara, es la siguiente: los oficiales rebeldes sublevados contra la República española no tienen al pueblo con ellos. Y por el momento no pueden cambiar ese punto. De entrada, están obligados a crear la posibilidad de cambiar esa información con la ayuda de árabes y de soldados extranjeros. Si bien no podemos decir con exactitud qué es lo que quiere el pueblo español, sí podemos decir lo que no quiere: la dictadura del general Franco. La cuestión es que los gobiernos europeos, interesados en ver morir la libertad, han reconocido el poder de ese rebelde como el único legal, y esto en plena Guerra Civil, esa guerra que aún continúa gracias a su apoyo, si es que no la han provocado ellos. Ellos, que en sus países muestran en todo lo relativo a la alta traición cierta dureza —es lo mínimo que podemos decir—, apoyan a un hombre que entrega su propio país al extranjero. Ellos, que se hacen llamar «nacionalistas», ponen todo en marcha para llevar al poder a un partisano que no se preocupa en absoluto por la independencia del país, siempre que él consiga abatir la libertad y los derechos humanos. Este general declara que prefiere la muerte de dos tercios del pueblo español antes que ver reinar al marxismo, es decir, antes de contemplar la llegada de un orden mejor, más justo y humano.

Dejando de lado cualquier sentimiento de humanidad: ¿es esto nacional? ¿Qué partido tiene más derecho a hacerse llamar nacional? Me llamarán bolchevique, pero no puedo no pronunciarme en favor del derecho en el conflicto entre el derecho y la fuerza.

[Foto: Bundesarchiv Bild. CC – fuente: http://www.elcultural.com]

Ingrédient courant et rare, indispensable à la vie et pour conserver des aliments, associé à des expressions dans diverses langues – « manger avec quelqu’un un tonneau de sel », synonyme en polonais de nouer une amitié profonde ; « une addition salée » -, épandu sur une route enneigée, le sel, cet « or blanc », a été utilisé dès l’Antiquité et joue un rôle important dans le judaïsme. Arte diffusera le 17 février 2021, dans le cadre de « Xenius », « Le sel, indispensable matière première » (Salz. Der unentbehrliche Rohstoff) présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard. 

Publié par Véronique Chemla

Conservation des aliments – beurre, fromage, viande, poisson -, assaisonnement de mets, salaison de poissons et viandes, composant nutritif pour le bétail, instrument monétaire d’échange, objet d’un monopole royal sous l’Ancien Régime et à taxe (gabelle) en France, source de revenus, objet de contrebande organisée par des « faux sau(l)niers » tentant d’échapper à la surveillance des « gabelous », ingrédient dans des produits cosmétiques, … Naturel – fleur de sel, sel des marais salants ou sel gemme, riches en magnésium, en oligo-éléments et en fer – ou raffiné, le sel a permis de multiples utilisations, souvent source de revenus.
Des historiens ont souligné son importance économique – fabrication du papier, teinture de textiles -, commerciale – « routes du sel » reliant zones de production et de consommation en Europe, Afrique et Asie -, sociale, gastronomique – sel indispensable pour l’alimentation lors des guerres, lors des explorations et découvertes -, médicale – l’ajout d’iode évite des maladies – et stratégique.
Exploitant le sel dès l’an mille, la République de Venise édifia sa puissance.
À l’origine de la « marche du sel » initiée par le Mahatma Mohandas Karamchand Gandhi le 12 mars 1930 afin d’obtenir l’indépendance de l’Inde, partie de l’empire britannique : le refus du monopole détenu par l’empire britannique percevant l’impôt sur le sel.

Les nutritionnistes recommandent une consommation modérée de sel.

Diverses superstitions recourent au sel.

La mer Morte est un lac salé alimenté par le fleuve Jourdain.

L’Écran savant
« Durant l’Antiquité, les soldats romains percevaient leur solde en sel (salarium, à l’origine du mot « salaire »). C’est dire l’importance de ces petits cristaux, présents en grande quantité sur la planète et indispensables au bon développement de notre organisme  ».
« Cette semaine, « L’écran savant » met son grain de sel dans ce condiment que l’on trouve sur toutes les tables du monde ».
Judaïsme
La Bible hébraïque contient de nombreuses occurrences – 35 versets – du vocable « sel ».

Ainsi, malgré l’injonction de ne pas se retourner, l’épouse de Lot a regardé derrière elle les cités de Sodome et Gomorrhe détruites (Genèse 19:26) et fut transformée en colonne de sel.

Quand Abimélek ou Abimélec, juge d’Israël, a détruit la ville de Sichem ou Shechem, il « sème du sel dessus », vraisemblablement pour éviter que des hommes s’y établissent (Juges 9:45).

Le Livre de Job renferme la première occurrence du sel comme condiment. « Est-ce que ce qui est désagréable peut être mangé sans sel ? Ou est-ce qu’il y a un goût de blanc d’œuf ? » (Job 6:6).

Le pain salé/trempé dans le sel ou la ‘hallah est utilisé(e) lors du Kiddouch, cérémonie de sanctificationdu chabbat.

Lors de Pessah (Pâque juive), l’herbe amère trempée dans de l’eau salée rappelle les souffrances des Hébreux.

La viande cacher est longuement lavée et salée avant d’être cuite. But : enlever le sang qui ne doit pas être consommé.

Christianisme

Lors des jours sans viande prescrits par le catholicisme, le poisson séché et salé s’avère l’aliment substitué.

Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus a qualifié ses disciples de « sel de la terre ». L’apôtre Paul a invité les chrétiens à ce « que votre conversation soit toujours pleine de grâce, assaisonnée de sel  » (Colossiens 4:6).

Dans le rite catholique romain de l’eau sainte, le sel peut être adjoint à l’eau « là où il est d’usage ».

Arte diffusa le 14 janvier 2018, « Le sel » (Salz), de Juan Romay dans le cadre de L’Ecran savant (Didavision).
« Le sel, indispensable matière première »
Arte diffusera le 17 février 2021, dans le cadre de « Xenius », « Le sel, indispensable matière première » (Salz. Der unentbehrliche Rohstoff) présenté par Dörthe Eickelberg et Pierre Girard. « Le sel est vital pour le corps humain, en particulier pour le bon fonctionnement des muscles et de la digestion. Mais consommé avec excès, il peut provoquer de l’hypertension. « Xenius » mène l’enquête : quelle est la limite à ne pas dépasser ? Dans quels aliments trouve-t-on du sel ? »
Allemagne, 2020
Sur Arte le 17 février 2021 à 17 h 15
Disponible du 17/02/2021 au 17/05/2021
« Le sel » de Juan Romay
Espagne, 2007
Sur Arte le 14 janvier 2018 à 6 h 50

Les citations sont extraites du site d’Arte. Cet article a été publié le 12 janvier 2018.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Le confinement a permis à certains haredim de remettre en question leur éducation religieuse.

Un homme et une femme juifs ultra-orthodoxes dans un parc à Jérusalem.

Repéré par Juliette Thévenot

C’est le pire délit pour les juifs ultra-orthodoxes d’Israël et pourtant, depuis le début de la pandémie de Covid-19, beaucoup de haredim ont quitté leur communauté pour adopter un mode de vie laïque. Avec le confinement, la routine des ultra-orthodoxes a été totalement perturbée: les établissements d’enseignement religieux et les lieux de culte ont dû fermer leurs portes, les cérémonies ont été annulées et la surveillance sociale omniprésente des membres de la communauté a été mise à mal.

Certains ont donc profité de cette liberté inédite pour découvrir de nouvelles choses et remettre en question leur éducation juive ultra-orthodoxe. C’est notamment le cas de Racheli Ohayon, 21 ans. «Quand j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir, les questions se sont à nouveau multipliées», confie la jeune femme au New York Times. À cause du confinement, Racheli a dû arrêter de travailler. Elle a acheté un smartphone, découvert un nouveau monde d’informations et de musiques grâce à Google et YouTube, s’est inscrite à la bibliothèque de sa ville et a commencé à lire de la littérature qui lui était interdite.

«J’ai grandi avec le sentiment que les haredim étaient spéciaux et différents, poursuit-elle. J’ai découvert que je ne suis pas si spéciale ou différente, qu’il y a des millions de personnes comme moi. C’est ce qui m’a fait dire: “C’est fini, je m’en vais”.»

3.000 départs tous les ans

«S’ils ne sont pas dans leur cadre éducatif habituel, mais qu’ils vont sur internet, rencontrent des amis et vont à la plage, cela conduit [les haredim] à une grande exposition», explique au quotidien américain Gilad Malach, directeur du programme ultra-orthodoxe de l’Israel Democracy Institute, un centre de recherche indépendant consacré au renforcement de la démocratie israélienne. «Ils pensent à des options auxquelles ils ne songent pas quand ils sont dans la yechiva, et l’une d’entre elles est de partir.»

Pour l’instant, il n’existe aucune donnée pour chiffrer l’ampleur de cette défection. Mais les organisations qui aident les ultra-orthodoxes à passer de la vie en communauté à la vie dans la société israélienne moderne ont constaté une augmentation importante de la demande, rapporte le New York Times. Par exemple, l’organisation Hillel a dû créer une liste d’attente pour son refuge d’urgence à Jérusalem et a enregistré une augmentation de 50% du nombre d’anciens ultra-orthodoxes cherchant de l’aide en 2020.

Du côté du ministère du Travail et des Affaires sociales, Naftali Yawitz, qui dirige la division aidant à financer ces organisations, évoque simplement une «vague très importante» de nouveaux départs ces derniers mois. Le gouvernement israélien et l’armée ont d’ailleurs récemment reconnu les anciens haredim comme un groupe social distinct. Ils ont également instauré de nouvelles politiques leur donnant accès à des subventions, à des cours spéciaux pour les aider à aller à l’université ainsi qu’à des programmes de formation professionnelle.

Les départs de la communauté ultra-orthodoxe ne sont pas nouveaux, la crise sanitaire a seulement accéléré le phénomène. Selon une étude basée sur des données recueillies jusqu’en 2018 par l’Israel Democracy Institute, environ 3.000 jeunes adultes quittent chaque année cette communauté, qui compte plus d’un million de personnes.

 

[Photo : Menahem Kahana / AFP – source : http://www.slate.fr]

 

Es fácil culpar a los ciudadanos y ciudadanas por la rapidez con la que entregamos nuestros datos a cambio de un poco de comodidad. Pero lo cierto es que estamos jugando con cartas marcadas: pretender que sea la ciudadanía quien cargue con el peso de la desigualdad económica y social que implica proteger sus datos.

Escrito por MARIANNE DÍAZ

Hace pocos días se hizo público que los exámenes médicos y la información de salud de miles de personas habían sido expuestos debido a fallas de seguridad de los prestadores chilenos de servicios médicos RedSalud y Bupa. Sin embargo, el manejo de la noticia vino dado con un enfoque de peso en los datos de salud de diputados, senadores y otras autoridades, como si esta información sensible fuera la que originara la gravedad del fallo.

A principios de la pandemia mundial por COVID-19 se publicó la información georreferenciada de personas que habían dado positivo al test de diagnóstico de la enfermedad; el medio responsable señaló que no los había publicado con detalle “para evitar peleas entre vecinos o actos de discriminación”. 

Este nivel de indolencia y lassez-faire en el manejo de la información privada es endémica: basta prestar atención por cinco segundos para notar cómo en América Latina nuestros números de identificación personal (llámese cédula, RUT, carnet o como prefieran) están esparcidos por las bases de datos más diversas, públicas, privadas, gubernamentales, bancarias y de retail, que se los intercambian como fichas de bingo. En Venezuela, a más inri del sistema de vigilancia omnipresente, el propio gobierno ha inventado mecanismos de phishing para obtener datos sobre la conducta política de sus ciudadanos.

Es fácil en este punto culpar a los ciudadanos por la facilidad con la que estamos dispuestos a entregar nuestros datos a cambio de un poco de comodidad, a dar nuestro número de identificación para obtener un descuento o a iniciar sesión con nuestra cuenta de Google para evitar crear una nueva contraseña.

Lo cierto es que estamos jugando con cartas marcadas: pretender que sea el ciudadano el que cargue con el peso de la desigualdad económica y social que implica proteger sus datos. Perderse ese descuento que puede, hacer una diferencia a fin de mes; o tener el tiempo y el conocimiento necesario para comprender cuál es el trasfondo de usar una red social en lugar de otra menos privada. Eso es trasladar responsabilidades a quien menos debería acarrear con ellas.

Si nuestros propios gobiernos no son capaces de enfrentar el problema de la protección de los datos personales con la seriedad que merece, si manejan bases de datos centralizadas e inseguras que son vulnerables ante cualquier ataque y tampoco toman las medidas necesarias para sancionar a las empresas privadas que llevan a cabo las mismas prácticas, entonces de nada vale que nos pongamos el sombrero de papel aluminio y nos alejemos de la vida en sociedad.

¿Tendrá sentido que —de aquí a una década o quizás antes— tengamos que inventar nuevos mecanismos de verificación porque los patrones de nuestras huellas digitales se han perdido en una tras otra filtración de datos y ahora se requieren para hacer trámites bancarios, para comprar cosas, para entrar a nuestra casa o para desbloquear nuestro teléfono?

¿Valdrá la pena llorar sobre la leche derramada una vez que nuestra privacidad haya sido vulnerada hasta el punto de no retorno? ¿O quienes no tienen “nada que ocultar” publicarán finalmente la contraseña de su cuenta bancaria?

Hasta que no comprendamos la gravedad de un problema que nos afecta a todos y todas, no solo a diputados y ministros, nuestros datos personales seguirán siendo fichas de intercambio en un juego en el que la casa siempre gana.

 

 

[Fuente: http://www.derechosdigitales.org]