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Yaïr Lapid et Naftali Bennett

Naftali Bennett (à droite) vient de devenir premier ministre, succédant à Benyamin Nétanyahou, qui avait exercé cette fonction pendant les douze dernières années. Dans un an, il sera remplacé par son allié de coalition, Yaïr Lapid. Gil Cohen-Magen/AFP

 

Écrit par Ran Porat

Le 36ᵉ gouvernement de l’histoire d’Israël vient d’être approuvé, avec la plus faible des marges, par 60 députés de la Knesset contre 59.

Le nouveau premier ministre est le chef du parti national-religieux Yamina, Naftali Bennett. Cet ancien commandant d’une unité d’élite de l’armée, très religieux et entrepreneur à succès dans le domaine des technologies de pointe a été contraint de former un gouvernement d’union avec le centriste Yaïr Lapid, chef du deuxième plus grand parti d’Israël, Yesh Atid.

Il est prévu dans l’accord passé entre ces formations que Lapid deviendra premier ministre en 2023. Les autres partenaires de la coalition sont deux partis de gauche, Meretz et le parti travailliste ; deux partis de droite, Tikva Hadasha (« Nouvel espoir ») et Israel Beiteinu (« Israël est notre maison »), ainsi que le parti centriste Bleu et Blanc de Benny Gantz.

À cet assemblage très hétérogène au niveau idéologique s’ajoute la Liste arabe unie (Ra’am), dirigée par Mansour Abbas. Ce dernier est ainsi devenu, conformément à son plan stratégique, le premier chef de parti arabe à entrer dans un gouvernement israélien.

Mansour Abbas (à droite) en conversation avec Naftali Bennett à la Knesset, le 13 juin 2021. Emmanuel Dunand/AFP

Sa décision signifie que de nombreux Israéliens arabes préfèrent se concentrer sur les priorités nationales, telles que la réduction de la criminalité et l’obtention rétrospective de permis légalisant des constructions illégales dans les villes arabes, plutôt que sur le nationalisme palestinien.

Les grands perdants sont les partis ultra-orthodoxes. Pour la première fois depuis de nombreuses années, ils se retrouvent hors du gouvernement, déconnectés de la source de financement public qui alimente depuis longtemps leurs instituts religieux et éducatifs.

Les défis du nouveau gouvernement

Les huit partis formant le gouvernement n’avaient qu’une seule chose en commun : leur détermination à évincer le premier ministre ayant détenu ce poste plus que quiconque depuis la création de l’État d’Israël, le charismatique Benyamin « Bibi » Nétanyahou.

Chef du parti de droite Likoud, Benyamin Nétanyahou a été le visage d’Israël au cours des douze dernières années, ainsi que lors de son premier passage au poste de premier ministre de 1996 à 1999. Célèbre pour ses tours de passe-passe politiques et ses habiles manœuvres pour former des coalitions, il a fini par perdre la confiance de la quasi-totalité des acteurs politiques. Nombre de ses anciens alliés ont participé à son éviction.

Ce nouveau gouvernement hétérogène devra maintenant apporter des changements, et il devra le faire rapidement. Une nouvelle flambée des tensions avec le Hamas, désigné comme organisation terroriste par de nombreux pays, est probable. Un budget doit être approuvé rapidement, après deux années sans budget. Et Nétanyahou ne peut plus être blâmé si le gouvernement ne tient pas ses promesses.

L’ensemble complexe d’accords de coalition signés entre les partis signifie que le gouvernement concentrera très probablement son attention sur les questions intérieures et évitera de prendre des initiatives majeures sur des sujets qui divisent, comme la question palestinienne. L’une des tâches essentielles sera d’apaiser les tensions sociales qui ont refait surface en Israël ces dernières années, divisant Arabes et Juifs, laïcs et religieux, gauche et droite.

La coalition doit trouver un moyen de travailler efficacement. Dans le cas contraire, elle risque de s’effondrer rapidement. Le leader de l’opposition officielle, Benyamin Nétanyahou, a fait savoir qu’il ne comptait pas quitter la politique et qu’il allait travailler sans relâche pour évincer le nouveau gouvernement.

Mais Nétanyahou pourrait bien être contraint de s’effacer, car il risque une peine de prison ferme. Il fait l’objet de plusieurs actes d’accusation pour corruption, fraude et abus de confiance. Son procès pourrait durer des années, et a été la principale motivation de ses tentatives presque désespérées de se maintenir au pouvoir. Bon nombre d’électeurs se sont mobilisés contre lui parce qu’il est considéré comme corrompu et décadent.

Vers de nouveaux traités de paix dans la région ?

À Washington, le départ de Nétanyahou a sans doute donné lieu à un soupir de soulagement. Le premier ministre sortant s’est mis à dos l’ancien président américain Barack Obama en raison de la volonté de ce dernier de signer l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran. Le président actuel, Joe Biden, a été l’un des premiers à appeler Bennett, signe que les États-Unis espèrent avoir plus d’influence sur le nouveau gouvernement.

Nétanyahou laisse en héritage à ses successeurs d’indéniables succès diplomatiques, économiques et politiques, mais aussi les effets d’une stratégie délibérée visant à monter les Israéliens les uns contre les autres, exacerbant ainsi des clivages internes durables.

Sous sa férule, Israël est devenu un leader mondial dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. S’appuyant sur ses liens personnels avec le PDG de Pfizer, Nétanyahou a mobilisé le système de santé pour vacciner la quasi-totalité de la population adulte d’Israël en un temps record.

Grâce à sa relation étroite avec l’ancien président américain Donald Trump, il a également orchestré le déménagement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, consolidant ainsi le statut de la ville en tant que capitale d’Israël.

Nétanyahou a maintenu une position ferme et intransigeante sur la question de l’accession de l’Iran à l’arme nucléaire, ce qui a aidé Israël à obtenir les accords d’Abraham – les fameux traités de paix avec quatre pays musulmans. Israël a également entrepris un discret rapprochement avec l’Arabie saoudite, le chef de file du camp anti-iranien.

Au final, à l’issue du règne de Nétanyahou, Israël jouit d’un statut renforcé dans la région et d’une économie prospère.

La gestion du conflit avec les Palestiniens

Le bilan de Nétanyahou dans le domaine de la relation avec les Palestiniens est beaucoup plus discutable. Il est arrivé au pouvoir après l’assassinat du premier ministre travailliste Yitzhak Rabin en 1994, et a effectivement rompu avec les accords de paix d’Oslo signés par Rabin avec les dirigeants palestiniens, sans pour autant les dénoncer complètement.

Rappelons qu’il a été élu, en 1996, dans un contexte marqué par une recrudescence des attentats commis par le Hamas et le Djihad islamique palestinien, avec l’engagement de ralentir le retrait d’Israël des territoires de Cisjordanie. Il a également donné satisfaction à sa base électorale en poursuivant l’expansion des colonies dans cette zone contestée, en dépit de l’opposition de nombreux membres de la communauté internationale.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou rencontre les chefs des autorités des colonies israéliennes dans la colonie d’Alon Shvut, dans le bloc de Gush Etzion, en Cisjordanie, le 19 novembre 2019. Menahem Kahana/AFP

Au cours des douze dernières années, Nétanyahou s’est surtout employé à gérer – et non à résoudre – le conflit. Son approche de la solution à deux États a été au mieux ambiguë, même s’il a montré une certaine volonté de faire des concessions lors des pourparlers menés par les États-Unis en 2014. Tenter d’apaiser le Hamas en lui permettant d’obtenir de l’argent provenant du Qatar – illustration de son approche de gestionnaire – s’est retourné contre lui de manière spectaculaire lors de la dernière guerre avec Gaza.

Nétanyahou a donc été écarté du pouvoir – du moins pour le moment. Le gouvernement Bennett-Lapid ne devrait pas beaucoup s’écarter des politiques étrangères israéliennes qu’il avait mises en œuvre. Les opérations stratégiques d’Israël contre l’Iran vont sans doute se poursuivre.

En ce qui concerne les Palestiniens, il ne faut attendre d’avancées notables tant qu’un autre dirigeant de longue date n’aura pas été évincé, à savoir le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, âgé de 86 ans, qui est de plus en plus considéré comme corrompu et incapable d’exercer correctement ses fonctions.

Le nouveau gouvernement repose sur des bases fragiles. Tous ses participants savent qu’un seul d’entre eux peut faire tomber le gouvernement. Mais personne n’a envie de se lancer dans de nouvelles élections ; les membres de la coalition y auraient trop à perdre. Il semble que, au moins pour les douze prochains mois, Israël aura enfin un gouvernement.

 

 

[Source : http://www.theconversation.com]

 

Foto de Kristin Hardwick en stocksnap, [1] bajo dominio público

Escrito por Jacobo Nájera

En México se aprueba que datos biométricos, nombre y dirección de usuarios de telefonía móvil sean registrados en una base de datos, una decisión alarmante, según activistas. El gobierno de México ya ha fallado varias veces en la protección de datos personales.

El Senado de la República de México aprobó [2] y luego publicó el 16 de abril, el decreto [3] que modifica la ley mexicana de telecomunicaciones y radiodifusión para crear el Padrón Nacional de Usuarios de Telefonía Móvil (PANAUT).

El padrón consiste en la creación de una base de datos con información de los titulares de las líneas de telefonía móvil, bajo la custodia de los operadores de telefonía. Esto es lo que establece el decreto:

El registro del número de una línea telefónica móvil en el Padrón Nacional de Usuarios de Telefonía Móvil será obligatorio para el usuario, que deberá proporcionar identificación oficial, comprobante de domicilio y datos biométricos para la activación del servicio de la línea telefónica móvil (…)

Esto significa que exige a las personas usuarias de telefonía móvil en México el registro de sus tarjetas SIM con sus datos personales y biométricos, como las huellas dactilares o rasgos faciales. Los operadores de telefonía serán los encargados de recabar y administrar estos registros. Se estima que la creación del padrón tendrá un costo de 700 millones de pesos [4], o 35.4 millones de dólares.

La motivación para realizar estos cambios legislativos según en el Senado de México es “la colaboración con las autoridades competentes en materia de seguridad y justicia en asuntos relacionados con la comisión de ilícitos.” Para 2019 se estimaron 22.3 millones de personas víctimas [5] de delitos, según datos nacionales. Alcanzar “la paz y la seguridad [6]” fue uno de los ejes más importantes del presidente mexicano, Andrés Manuel Lopez Obrador, cuando fue elegido en 2018.

Durante el proceso legislativo y posterior a su aprobación han surgido críticas. Tal es caso de la organización civil Red en Defensa de los Derechos Digitales que advirtió [7] es las primeras fases del proceso que no existe evidencia de que este tipo de mecanismos contribuyan a la reducción de los delitos y a su vez es fácil de evadir. Mientras, también se atentaría contra derechos fundamentales como la privacidad y puede poner en riego la seguridad de las personas por la posibilidad del acceso no autorizado o filtración de los datos personales. La organización plantea que afectaría la presunción de inocencia ya que “la reforma establece que todos los actos jurídicos realizados desde una línea telefónica a la persona registrada al padrón”  [8]por lo que las personas tendrían que demostrar que no son responsables en el caso, por ejemplo, de robo o suplantación.

Por su lado un sector de la industria electrónica de telecomunicaciones, que agrupa 1000 empresas [9], pidió a los legisladores rechazar la iniciativa de ley [10]. Entre sus argumentos se encuentra la dificultad para la creación de una base de datos en un ecosistema en donde cada operador tiene tecnologías diferentes y la desincentivación en la inversión que esto puede ocasionar, además del argumento que no reduciría los niveles de criminalidad.

En México, si bien se registra un aumento en la confianza del gobierno federal según cifras oficiales [11], también los mexicanos perciben un incremento del 7.5% de las víctimas de corrupción según la Encuesta Nacional de Calidad e Impacto Gubernamental [12] de 2019. Las organizaciones temen que la lista de datos personales se pierda y que caiga en manos de personas malintencionadas, aumentando así el sentimiento de inseguridad.

En México se cuenta con varios casos documentados en donde instituciones de gobierno han fallado en la protección de datos personales, [13] según el organismo federal encargado de la protección de los datos personales. Uno de los más recientes es el de la Secretaria de la Función Pública, que expuso los datos de 830,000 funcionarios de la administración federal.  [14]

Otro caso se encuentra en el sector salud. En 2018 se registró la filtración y exposición de 2.3 millones de expedientes clínicos del estado de Michoacán [15]. En esta exposición de datos la autoridad federal determinó que la “responsabilidad potencial” fue la empresa de tecnológica Hova Health. También en este mismo sector, en 2020, se reportó que datos personales de pacientes trabajadores del estado estaban disponibles en motores de búsqueda [16] en internet.

En 2009 se intentó un padrón similar, el llamado Registro Nacional de Usuarios de Telefonía Móvil (RENAUT). Este mismo estuvo en funcionamiento durante dos meses para luego ser desechado después de que se informara que la base de datos estaba a la venta [17]. En 2013 el padrón electoral estuvo a la venta [18].

Frente a la creación del padrón de telefonía móvil la ciudadanía ha promovido acciones de defensa legal por medio de amparos, pero la mayoría de amparos fueron desechados [19] por los jueces. Por su parte, el Instituto Nacional de Transparencia, Acceso a la Información y Protección de Datos Personales determinó interponer acción de inconstitucionalidad  [20]porque considera que el padrón atenta contra la protección de datos personales y de acceso a la información. También se unió a estas acciones el Instituto Federal de Telecomunicaciones (IFT), al considerar [21] que no podría destinar recursos para la creación y operación del padrón, debido a que no se aprobó presupuesto, y además podría afectar a la libertad de expresión y el acceso a los servicios de telecomunicaciones.

Por su parte la iniciativa #NoALPadrón [22] que agrupa 10 organizaciones sociales exigió a la Comisión Nacional de Derechos Humanos, un organismo autónomo del Estado, que interponga una acción de inconstitucionalidad en contra del padrón. Sin embargo dicho organismo respondió que no se sumaría y solo dará seguimiento.

Artículo publicado en Global Voices en Españolhttps://es.globalvoices.org

URL del artículo: https://es.globalvoices.org/2021/05/25/piden-rechazo-del-padron-de-usuarios-de-telefonia-movil-en-mexico/

URLs en este posteo:

[1] stocksnap,: https://stocksnap.io/photo/smartphone-screen-NHNRJKATX2

[2] aprobó: http://comunicacion.senado.gob.mx/index.php/informacion/boletines/50696-senado-aprueba-en-lo-general-crear-padron-nacional-de-usuarios-de-telefonia-movil.html

[3] el decreto: https://dof.gob.mx/nota_detalle.php?codigo=5616165&fecha=16/04/2021

[4] 700 millones de pesos: https://www.eleconomista.com.mx/empresas/Entre-en-vigor-el-padron-de-telefonia-movil-que-obliga-a-usuarios-a-entregar-datos-biometricos-20210417-0007.html

[5] 22.3 millones de personas víctimas: https://www.inegi.org.mx/contenidos/programas/envipe/2020/doc/envipe2020_presentacion_nacional.pdf

[6] la paz y la seguridad: https://www.elfinanciero.com.mx/nacional/los-8-ejes-del-plan-nacional-de-seguridad-y-paz-de-amlo/

[7] advirtió: https://r3d.mx/wp-content/uploads/Ficha-PUTM-Senado.pdf

[8] “la reforma establece que todos los actos jurídicos realizados desde una línea telefónica a la persona registrada al padrón” : https://twitter.com/R3Dmx/status/1395484505163567105

[9] agrupa 1000 empresas: http://canieti.org/canieti/quienessomos.aspx

[10] rechazar la iniciativa de ley: http://www.canieti.org/comunicacion/noticias/vista/20-12-16/Pide_Canieti_a_Senado_rechazar_registro_de_celulares.aspx

[11] cifras oficiales: https://www.inegi.org.mx/app/saladeprensa/noticia.html?id=5724

[12] Encuesta Nacional de Calidad e Impacto Gubernamental: https://www.inegi.org.mx/contenidos/programas/encig/2019/doc/encig2019_principales_resultados.pdf

[13] han fallado en la protección de datos personales,: https://www.eleconomista.com.mx/politica/Funcion-Publica-incumplio-con-la-ley-por-fuga-de-datos-personales-Inai-20201124-0082.html

[14] expuso los datos de 830,000 funcionarios de la administración federal. : https://www.animalpolitico.com/2020/07/funcion-publica-datos-personales-empleados-gobierno/

[15] la filtración y exposición de 2.3 millones de expedientes clínicos del estado de Michoacánhttps://www.eleconomista.com.mx/opinion/Hova-Health-datos-personales-sensibles-a-la-vista-de-quien-sea-20180812-0020.html

[16] pacientes trabajadores del estado estaban disponibles en motores de búsqueda: https://www.eleconomista.com.mx/tecnologia/El-ISSSTE-vive-una-fuga-de-datos-sensibles-que-expone-la-salud-de-sus-usuarios-y…-no-hace-nada-20200818-0097.html

[17] estaba a la venta: https://archivo.eluniversal.com.mx/notas/685120.html

[18] el padrón electoral estuvo a la venta: https://es.globalvoices.org/2013/11/12/tambien-el-padron-electoral-mexicano-esta-a-la-venta/

[19] desechados: https://www.elsoldemexico.com.mx/mexico/justicia/aumenta-a-140-el-numero-de-amparos-rechazados-contra-padron-de-telefonia-movil-panaut-6656715.html

[20] determinó interponer acción de inconstitucionalidad : https://home.inai.org.mx/wp-content/documentos/SalaDePrensa/Comunicados/Comunicado%20INAI-139-21.pdf

[21] considerar: http://www.ift.org.mx/comunicacion-y-medios/comunicados-ift/es/el-pleno-del-ift-aprueba-interponer-controversia-constitucional-en-contra-de-diversas-disposiciones

[22] #NoALPadrón: https://noalpadron.mx/

[23] #CNDH: https://twitter.com/hashtag/CNDH?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[24] #AcciónDeInconstitucionalidad: https://twitter.com/hashtag/Acci%C3%B3nDeInconstitucionalidad?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[25] #ControversiaConstitucional: https://twitter.com/hashtag/ControversiaConstitucional?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[26] @SCJN: https://twitter.com/SCJN?ref_src=twsrc%5Etfw

[27] @INAImexico: https://twitter.com/INAImexico?ref_src=twsrc%5Etfw

[28] @IFT_MX: https://twitter.com/IFT_MX?ref_src=twsrc%5Etfw

[29] #LeyFederalDeTelecomunicacionesYRadiodifusión: https://twitter.com/hashtag/LeyFederalDeTelecomunicacionesYRadiodifusi%C3%B3n?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[30] #PadrónNacionalDeUsuariosDeTelefoníaMóvil: https://twitter.com/hashtag/Padr%C3%B3nNacionalDeUsuariosDeTelefon%C3%ADaM%C3%B3vil?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[31] #DefendemosAlPueblo: https://twitter.com/hashtag/DefendemosAlPueblo?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw

[32] pic.twitter.com/CpZ7c3h7LH: https://t.co/CpZ7c3h7LH

[33] May 18, 2021: https://twitter.com/CNDH/status/1394685023220031493?ref_src=twsrc%5Etfw

Pasaporte analógico con sellos de migraciones de Uruguay y Argentina

Escrito por MARÍA PAZ CANALES

Si bien las devastadoras consecuencias económicas y sociales que ha traído para la población el extendido período de pandemia son el aliciente para que los gobiernos busquen en este tipo de instrumentos una herramienta para “premiar” el comportamiento de la ciudadanía responsable que ha cumplido con su deber de inmunización, hay un problema severo en esta estrategia desde la perspectiva de la comunicación del riesgo primero, y luego respecto del ejercicio de derechos fundamentales.

A inicios de mayo, la prensa anunciaba que seis países de América Latina y el Caribe, entre ellos Chile, estaban desarrollando una iniciativa para impulsar proyectos que incentiven la transformación digital de la salud en la región y cuya primera iniciativa sería el desarrollo de un certificado de vacunación digital e interoperable para Covid-19. Se trataría de una iniciativa patrocinada por el Banco Interamericano de Desarrollo (BID), alineados con la Organización Mundial de la Salud (OMS) y la Organización Panamericana de la Salud (OPS)

La digitalización del expediente médico es un proceso en curso en muchos países de la región, entre ellos Chile. En los últimos años ha sido conducido de la mano de evaluaciones de cómo implementarse en una forma que proteja la seguridad y la privacidad de los datos de salud, y que no impacte negativamente el ejercicio de otros derechos fundamentales. La pregunta aún sin respuesta es si el anuncio sobre certificaciones digitales interoperables de vacunación en la región va a satisfacer tales estándares y cómo. Los riesgos de avanzar en certificaciones de vacunación e inmunidad digital o pases de movilidad se extienden a la inadecuada comunicación de riesgo y al impacto en el ejercicio de derechos.

Los certificados de vacunación tienen dos propósitos principales: generar un registro que facilite la continuación de las prestaciones de salud para la persona que ha recibido un tratamiento de inmunización, y entregar información acerca del tipo de inmunización recibida para hacer seguimiento a sus resultados o validez. A nivel mundial existe una larga historia de programas de inmunización que en el último siglo se han desarrollado sin problemas, entregando la información a sus beneficiarios en papel.

Todo evento de prestación de salud requiere del acceso a datos personales y datos sensibles que se configuran a partir de la prestación de salud recibida. Tales datos normalmente residen en la ficha médica, a la cual solo la paciente y sus prestadores de salud tienen acceso, y no son consignados en forma detallada en las certificaciones recibidas, que solo contemplan la información mínima para identificar a la paciente y su evento de inmunización. La digitalización de los certificados de vacunación va acompañada de un aumento de la cantidad de datos recogidos e incrementa la posibilidad de generar eventos de acceso no autorizado a esa información para propósitos que pueden ser completamente distintos a los originales, es decir, información de continuación de prestaciones de salud y prueba de inmunización. Creado el antecedente digital, y al forzar a la población a circular con esta información en sus dispositivos digitales, el riesgo de pérdida de control, derivado de usos no relacionados al tratamiento de salud, se extiende exponencialmente.

Los pases de movilidad proponen un caso de uso tanto más problemático, ya que intentan asociar a un episodio (o varios) de inmunización a un diferencial en cuanto a las posibilidad de ejercer la libertad de movimiento sin restricciones, en comparación de aquella limitada para las personas no inmunizadas. Los pases de movilidad se basan en una inferencia de riesgo menor de infección y contagio basado en el episodio de inmunización. Para que esa inferencia sea sólida, debe sostenerse en evidencia científica de cuál es el nivel de disminución de riesgo de contagio y de propagación del virus que la inmunización genera. En Chile, la Universidad de Chile ha indicado que ese riesgo se sitúa en el 56,5% como promedio para las vacunas en actual utilización en Chile. Mientras, el Ministerio de Salud declara que la vacuna SINOVAC (con la que mayoritariamente ha sido inmunizada la población nacional) tiene 67% de efectividad para prevenir Covid-19 sintomático. Es decir, incluso en la cifra más optimista, 3 de cada 10 personas vacunadas aún se encuentran en riesgo de contraer y transmitir COVID-19.

Avanzando en la trilogía, los pasaportes de inmunidad buscan generar un grado de certeza que permita la circulación de la población y la reactivación de las actividades económicas y sociales, incluso en el tránsito internacional. Su emisión depende de la existencia de métodos de medición de los grados de inmunidad desarrollada por la población frente a una enfermedad infectocontagiosa. Su objetivo es precisamente discriminar entre aquellos que cuentan con inmunidad y quienes carecen de ella, asignando consecuencias de movilidad y oportunidades de empleo a esa clasificación. Así, buscan imponer una restricción artificial sobre quién puede participar en actividades sociales y económicas, y quién no. Es por ello que las expertas llaman la atención acerca del riesgo de que los pasaportes de inmunidad creen un incentivo perverso para que las personas busquen infectarse, especialmente las más vulnerables, que no pueden permitirse un período de exclusión de la fuerza laboral, agravando las desigualdades sociales preexistentes. La OMS expresó en 2020 su preocupación por el desarrollo de pasaportes de inmunidad, advirtiendo la información insuficiente acerca del desarrollo de anticuerpos para el SARS-CoV-2, con los riesgos de errónea clasificación de los niveles de inmunidad de la población que ello podría implicar. En la actualización provista en mayo de 2021, la OMS vuelve a repetir que la evidencia sobre la respuesta inmune y su duración respecto de la infección de Covid-19 o su inmunización no se encuentra suficientemente comprendida a la fecha, con lo cual la correlación de su efecto de protección no puede ser aún establecida.

Para evitar las críticas internacionales a que han sido sujetos los pasaportes de inmunización, como el renombrado pase verde de la Unión Europea, en Chile las autoridades han optado por la nomenclatura de “pase de movilidad” que como vimos más arriba se encuentra sujeto a las mismas incertidumbres en la comunicación de riesgo que los pasaportes de inmunidad: ambos hacen inferencia hasta ahora no asentadas en evidencia científica de nivel de riesgo de contraer y contagiar el SARS-CoV-2.

Problema con la comunicación de riesgo

Tal como lo ha destacado el European Data Protection Board (EDPB) al emitir su opinión sobre la propuesta de certificado verde para la Unión Europea, “parece haber poca evidencia científica que respalde el hecho de que haber recibido una vacuna COVID-19 (o haberse recuperado de COVID-19) otorga inmunidad y por cuánto tiempo dura. Por lo tanto, el Certificado Verde Digital debe entenderse simplemente como una prueba verificable de una solicitud o historial médico fáctico con sello de tiempo que facilitará la libre circulación de los ciudadanos de la UE debido a su formato común en todos los Estados miembros. Sin embargo, advertimos derivar conclusiones sobre inmunidad o contagio, ya que una opinión científica consolidada aún está pendiente”.

Por su parte, el Ada Lovelace Institut ha advertido que los pasaportes digitales no deben implementarse mientras se desconoce tanto sobre COVID-19, particularmente el efecto de diferentes vacunas (y regímenes de vacunación) sobre la transmisión, la duración de la protección y la generalización de esos efectos. En otras palabras, el pasaporte de vacunación se basa en la premisa de que el estado de “vacunada” dice algo sobre el riesgo que una persona representa para otros, no simplemente el riesgo que cada persona enfrenta de contagiarse. “En la actualidad, el estado de vacunación no ofrece evidencia clara o concluyente sobre el riesgo de un individuo para otros a través de la transmisión. El estado de vacunación nunca puede ofrecer evidencia absolutamente concluyente del riesgo de un individuo para otros (o su propio riesgo), ya que ninguna vacuna será 100% efectiva para el 100% de los receptores”.

La consecuencia más grave sobre este error en la comunicación de riesgo, el incremento en la circulación del virus y el aumento en el nivel de contagios consecuente, fue denunciada en Chile por el Colegio Médico y un número relevante de Asociaciones Médicas al realizarse el anuncio de despliegue del pase de movilidad por el gobierno de Chile. Dos semanas luego de su implementación, la evidencia del aumento de casos a nivel nacional, con alrededor de 50 mil casos activos, parece respaldar que un relajamiento de la movilidad no se justifica ni siquiera con un programa de vacunación exitoso.

No se trata de poner en cuestión la utilidad de las vacunas que indudablemente reducen el riesgo de contraer la enfermedad o de presentar sus síntomas más severos. El cuestionamiento a los pases de movilidad o certificaciones de inmunidad no tiene nada que ver con la defensa al “derecho a no vacunarse” que algunos individuos han intentado enarbolar, de lo que se trata es de entregar información adecuada a la población que evite el relajamiento de las medidas sanitarias de distanciamiento social, uso de mascarillas e higiene de manos que siguen siendo esenciales para contener la pandemia.

Tristemente, aquí nos encontramos no solo frente a un problema de oportunidad que ha sido el ángulo enfatizado desde la comunidad científica, sino que, junto a la falta de certeza científica acerca de la predicción de riesgo que acompaña a la inmunización, se sitúa un problema social relacionado con cómo los pases de movilidad, los certificados de vacunación digital o los certificados de inmunidad pueden terminar transformándose en instrumentos de discriminación en el ejercicio de derechos, cuyos impactos negativos se extiendan a los ya dolorosos efectos económicos y sociales que afectan a sectores más vulnerables.

Discriminación en el ejercicio de derechos

No es casualidad que al inicio de la pandemia la Comisión Interamericana de Derechos Humanos (CIDH), a través de su Resolución 1/20 “Pandemia y Derechos Humanos en las Américas”, recomendó a los Estados de la región “adoptar de manera inmediata e interseccional el enfoque de derechos humanos en toda estrategia, política o medida estatal dirigida a enfrentar la pandemia del COVID-19 y sus consecuencias, incluyendo los planes para la recuperación social y económica que se formulen. Estas deben estar apegadas al respeto irrestricto de los estándares interamericanos e internacionales en materia de derechos humanos, en el marco de su universalidad, interdependencia, indivisibilidad y transversalidad, particularmente de los DESCA”.

Desde un punto de vista individual, un pase de movilidad registra datos de salud privados, ¿cómo se protege esta información? ¿Cómo se previene el riesgo de fraude o falsificación? ¿Cómo se previenen violaciones de la privacidad? Desde un punto de vista social, la adopción de pases de movilidad tiene impactos concretos en el ejercicio de la libre circulación, el derecho a reunión e incluso sus impactos pueden extenderse al acceso a las oportunidades de empleo. Estos pasaportes no deberían resultar en una herramienta de control social que restrinja la movilidad de la población en contextos de disidencia política o en una herramienta adicional para imponer restricciones abusivas a la migración, por nombrar solo algunos de los potenciales impactos negativos de estas implementaciones.

La creación de un pase de movilidad genera una indudable tentación para las empresas de condicionar el acceso a oportunidades de empleo a la titularidad de estos, en el marco de una campaña de vacunación que aún no alcanza la universalidad y, repetimos, cuyas condiciones de duración de inmunidad no se encuentra científicamente determinada aún. Un uso de este tipo tendrá consecuencias indudables de discriminación, pero también desafíos logísticos en torno a cómo se realizan las verificaciones de los pases y cómo se vigila que continúe la adopción de otras prevenciones sanitarias como el distanciamiento social y uso de mascarillas. El pase de movilidad puede fomentar una falsa sensación de seguridad, ya sea en su titular o en otras personas (como su empleador) y aumentar, en lugar de disminuir, los comportamientos de riesgo. Existe vasta experiencia previa desde la normativa de protección de los derechos de los trabajadores acerca de los riesgos de permitir decisiones de empleo atendidas a condiciones de salud, o de riesgos de salud derivados de condiciones de trabajo inadecuadas. Y esa experiencia será útil para calibrar los derechos en juego.

Otra forma palpable de discriminación que presentan las certificaciones de vacunación e inmunidad o los pases de movilidad digital está precisamente asociada a su carácter digital. Nuevamente, sin condiciones de conectividad universal a internet aseguradas para la población general, habilidades digitales limitadas en algunos segmentos o baja disponibilidad de dispositivos inteligentes, grupos de la población con acceso limitado a la tecnología por cualquiera de estos factores quedarán excluidas de su uso.

Estos riesgos fueron claramente anotados además en una recomendación específica emitida el año pasado por la CIDH en su Resolución 4/20 sobre los “derechos humanos de las personas con Covid-19”: “los Estados deben abstenerse de utilizar los datos sobre el estado de salud de las personas con COVID-19 para expedir certificaciones de inmunización que generen una diferencia de trato injustificada en el disfrute y ejercicio de otros derechos”.

Entonces avanzando un paso más en el análisis de necesidad, proporcionalidad y legalidad que exigen los estándares interamericanos de derechos humanos, ¿cuál es el marco de legalidad que acompaña al pase de movilidad en Chile? Sin una ley de protección de datos personales actualizada, con pocas certezas de como se manejan los datos de comisaría virtual y la opaca implementación de CoronApp previamente criticada por Derechos Digitales, la política pública desplegada tampoco ha sido acompañada de ningún tipo de certeza acerca de cómo los datos que son recogidos para generar el certificado digital serán procesados, accedidos (y por quién) o cómo será limitado su uso para otros fines.

Por último, las certificaciones de vacunación e inmunidad digital o los pases de movilidad pueden ser una distracción tentadora. Su desarrollo implica costos de oportunidad importantes desde una perspectiva de recursos públicos, lo que implica dejar de usar esos mismos recursos en otras intervenciones. Sin embargo, su utilidad específica para la pandemia se encuentra temporalmente limitada, ya que es esperable que con los programas de vacunación y la circulación del virus se alcance más temprano que tarde la inmunidad de grupo. ¿Vale la pena sacrificar derechos y libertades si una vez que haya inmunidad colectiva estos instrumentos de discriminación no tendrán sentido sanitario? ¿Qué haremos entonces con estas infraestructuras de control puestas en marcha? ¿Serán ellas desmanteladas? ¿Cómo aseguramos que los datos por ellas recogidas no sean extendidos a otros usos secundarios de control social?

 

[Fuente: http://www.derechosdigitales.org]

Os riscos de efeitos extremamente nocivos para às sociedades.

Escrito por SÉRGIO AMADEU DA SILVEIRA*

Existe uma lógica reforçada pela atual supremacia neoliberal de que toda tecnologia inventada deve ser utilizada. Uma variante desse pensamento pode ser encontrada na frase “quando uma tecnologia é de interesse mercantil não há como barrá-la”. Entretanto, os fatos indicam outras possibilidades. Muitas tecnologias foram proibidas e outras, depois de um certo período, foram banidas.

Por exemplo, armas químicas são consideradas inaceitáveis e os países democráticos não as utilizam. Diversos pesticidas foram abolidos, como o perigoso DDT. Em 2015, centenas de personalidades, entre elas, Noam Chomsky e Stephen Hawking assinaram uma carta aberta intitulada “Autonomous Weapons: An Open Letter From AI & Robotics Researchers” reivindicando o banimento das armas de inteligência artificial. A União Europeia definiu uma moratória à transgenia por mais de cinco anos. Enfim, diversas tecnologias sempre foram reguladas pelas democracias, uma vez que sua fabricação ou uso poderiam trazer riscos e efeitos extremamente nocivos para às sociedades.

Atualmente, cresce uma mobilização mundial pelo banimento das tecnologias de reconhecimento facial. Em 2019, antes da pandemia, aos legisladores de São Francisco, na Califórnia, decidiram proibir a utilização do reconhecimento facial pelas agências locais, incluindo a polícia e as autoridades de transporte. Foi definido também que qualquer tecnologia de vigilância precisa ser aprovada pelos administradores da cidade, não podendo mais ser considerada uma decisão exclusivamente técnica. O motivo é simples. Os benefícios do reconhecimento facial não compensam seus riscos e usos perigosos. Segundo diversos conselheiros da cidade de São Francisco, essa tecnologia tem sido utilizada para fragilizar ainda mais grupos sociais marginalizados.

Segundo a Rede de Observatórios de Segurança, no Brasil, 90% das pessoas presas por reconhecimento facial são negras. A biometria de identificação a partir dos rostos, em geral, utiliza os chamados algoritmos de deep learning ou aprendizado profundo, um dos ramos do guarda-chuva das tecnologias de inteligência artificial que dependem de muitos dados para adquirirem qualidade aceitável. Em geral, esses algoritmos são treinados em bancos de dados de fotos para aperfeiçoarem a extração de padrões faciais e sua capacidade de identificarem rostos.

A pesquisadora do MIT-Media Lab, Joy Buolamwini, tem demonstrado que os algoritmos de aprendizagem de máquina podem discriminar com base em classe, raça e gênero. Em um texto assinado com Timnit Gebru, denonimado Gender Shades: Intersectional Accuracy Disparities in Commercial Gender Classification, Buolamwini analisou três sistemas comerciais de classificação de gênero a partir de um conjunto de fotos. Eles constataram que as mulheres de pele mais escura são o grupo mais mal classificado (com taxas de erro de até 34,7%).

É importante compreender como funciona um sistema algorítmico de reconhecimento facial. Trata-se de um processo automatizado que compara uma imagem captada por uma câmera ou dispositivo de coleta com as imagens armazenadas em um banco de dados. Uma das primeiras missões do algoritmo é conseguir detectar o rosto da pessoa dentro da imagem. Depois da detecção do rosto, ele precisa ser alinhado, colocado virtualmente em determinada posição que facilite a fase seguinte que é a de extração de medidas. O algoritmo, conforme seu treinamento anterior, irá medir a distância entre olhos, entre os olhos e o nariz, a posição da boca, a textura da pele, enfim irá extrair medidas da imagem, irá quantificá-la.

Em seguida, conforme seu modelo, irá comparar a imagem quantificada com cada uma das fotografias digitalizadas e inseridas em seu banco de dados. Assim, o algoritmo vai emitindo uma pontuação enquanto compara duas imagens, dois rostos, o do seu alvo e o que está armazenado na estrutura de dados. Como procurei aqui mostrar até aqui, os sistemas de reconhecimento são probabilísticos. Eles não podem responder se aquela imagem é ou não é de determinada pessoa. Eles fornecem percentuais de semelhança e diferença.

Alguns sistemas podem oferecer o percentual de confrontação de diversas imagens e oferecer alternativas de rostos para identificar um alvo determinado. O treinamento dos algoritmos é fundamental para sejam capazes de extrair padrões das fotografias, uma vez que devem retirar padrões de imagens em diversas posições. Esse processo necessita de milhares de fotos para a realização do treinamento. Muitas vezes precisam de reforços e etiquetagem realizada por humanos.

A ação dos drones militares que usam sistemas de identificação facial nos podem ajudar a compreender esse problema. O pesquisador Gregory S. McNeal, no texto “US Practice of Collateral Damage Estimation and Mitigation”, analisou os efeitos colaterais dos ataques realizados por drones. Tais veículos aéreos não tripulados possuem câmeras de alta resolução que permitem identificar alvos. McNeal avaliou os danos colaterais cometidos pelos drones que resultaram em mortes de civis no Iraque e no Afeganistão. Concluiu que 70% deles decorreram de erros na detecção de identidades, ou seja, envolveram a chamada falha na “identificação positiva”. Mas o que seria uma identificação positiva em um sistema probabilístico? Semelhanças de 80%? 90%? 98%? Qual o percentual aceitável para considerarmos que uma pessoa procurada foi detectada?

O reconhecimento facial é uma biometria e compõem a categoria dos chamados dados sensíveis. Podem criar estigmas. Precisam ter seus usos analisados a partir do princípio da precaução. Atualmente são utilizados para a identificação das classes perigosas e os segmentos marginalizados.  Permitem a perseguição de alvos em tempo real. Os sistemas automatizados de reconhecimento facial reforçam preconceitos e ampliam o racismo estrutural na sociedade, bem como, favorecem o assédio de homossexuais, transexuais e ativistas indesejáveis para a Polícia. São tecnologias de acossamento, de vigilantismo e perseguição.

No Brasil, sou considerado uma pessoa branca. Dada a minha idade e tipo físico, caso um sistema algorítmico da polícia me identificasse erroneamente, a partir das câmeras do bairro de classe média que moro, provavelmente teria uma abordagem mais civilizada. Poderia até ser levado para uma delegacia de polícia. Lá o erro do sistema de reconhecimento facial seria detectado e o “falso positivo” seria denunciado.

Todavia, imagine um jovem negro chegando do trabalho no Jardim Ângela ou em Sapopemba e sendo erroneamente identificado pelo sistema de reconhecimento facial como um perigoso criminoso. A depender da unidade Rota que o abordasse talvez não teria nenhuma chance de permanecer vivo. Afirmo que as tecnologias de reconhecimento facial podem contribuir, hoje, para as práticas de extermínio de jovens negros nas periferias. Podem servir para a perseguição política de lideranças dos movimentos sociais, principalmente nas áreas onde as milícias estão justapostas na máquina do Estado.

Além disso, a identificação biométrica é um dispositivo típico dos velhos artifícios da eugenia. São utilizados para identificar imigrantes e segmentos indesejáveis na Europa e Estados Unidos. Na China servem a um autoritarismo inaceitável em uma democracia. Pessoas identificadas pelas câmeras ligadas aos sistemas de reconhecimento facial realizando ações não recomendáveis terão sua pontuação alterada e passarão a ter dificuldades de ter benefícios do Estado.

Sem possibilidade de defesa, sem poder contestar o modelo de probabilidade do reconhecimento, o policiamento ubíquo por meio de câmeras que alimentam os sistemas de reconhecimento facial não são aceitáveis nas democracias. Precisamos impedir a sua ampliação. Na verdade, precisamos bani-los se pretendermos ter coerência mínima com o princípio da precaução. Não podemos utilizar uma tecnologia que emprega sistemas algorítmicos que são falhos e que ainda não permitem uma adequada explicação. Precisamos banir as tecnologias de reconhecimento facial até que possam ser socialmente não discriminatórias, auditáveis e mais seguras.

*Sergio Amadeu da Silveira é professor da Universidade Federal do ABC. Autor, entre outros livros, de Software livre – a luta pela liberdade do conhecimento (Conrad).

 

[Fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

ÉTUDE – Pour saisir l’impact des nouvelles technologies sur l’écriture, Courbevoie, la ville « capitale du Mot », présente, dans le cadre de son événement Les Mots Libres qui se déroulera du 1er au 27 juin, une étude inédite sur le rapport des Français au mot à l’ère du numérique. Un sondage réalisé par Médiamétrie auprès d’un échantillon représentatif de Français âgés de 15 ans et plus, avec la participation de la chaire numérique de l’université Paris Dauphine. Il s’agit de la première étape d’un rendez-vous annuel pour connaitre les nouveaux usages des Français avec leur langue. 

ActuaLitté

L’étude nous apprend que 99% de Français pratiquent l’écriture, quel que soit le support pour communiquer avec les autres. Même si l’écriture dans son sens culturel et créatif apparaît désormais comme une pratique moins répandue que l’écriture numérique, elle demeure toujours présente. Mais pour autant, le monde numérique nous a contaminés.

Avec 98% de la population qui envoie des messages numériques, l’écriture confirme son virage numérique absolu. Les pratiques d’écriture les plus usuelles du quotidien sont les e-mails pour 90% des internautes, les messageries instantanées personnelles (81%), les SMS (79%) ainsi que les emails et les messageries instantanées professionnelles (pratiqués tout deux quotidiennement par 70% des utilisateurs). Pour 34% des internautes, le numérique a changé leurs habitudes, ils écrivent plus qu’avant en particulier à cause du confinement, en passant du papier au blog.

Contrairement à l’idée reçue sur le « langage SMS », l’orthographe et la syntaxe restent importantes pour une majorité́ des Français sur tous les supports (SMS, réseaux sociaux, messagerie). Elles sont particulièrement surveillées sur les emails (70% sont tout à fait d’accord avec l’affirmation « Je fais attention à mes phrases, à ce que j’écris », 77% avec l’affirmation « Je fais attention à l’orthographe de ce que j’envoie »).

Les messageries instantanées personnelles et les SMS misent sur l’écriture efficace : « Je vais à l’essentiel » (93%) est l’affirmation la plus en accord avec ces supports, suivie par « Je choisis des phrases courtes » sur les SMS.

Alors que les hommes disent souhaiter aller au plus efficace dans leurs messages, les femmes déclarent faire attention à leurs phrases, à leur syntaxe. Elles sont aussi plus sensibles à l’orthographe : 80% d’entre elles font particulièrement attention aux messages qu’elles envoient contre 73% des hommes … Le soin apporté à l’écrit est plus féminin que masculin…

Question de générations ?

Les jeunes utilisent les nouvelles technologies et jouent naturellement avec. 41% des 15-24 ans trouvent le langage numérique spontané. Les Français âgés ont plus de mal à le comprendre. 30% des 65 ans et + ne sont pas favorables au langage numérique et préfèrent l’éviter. Une tendance que l’on trouve principalement chez les hommes.

L’écriture pour communiquer et partager se fait majoritairement en continu toute la journée (64% pour les SMS, 61% pour les messageries instantanées personnelles, 50% pour les réseaux sociaux). En revanche, l’écriture « plaisir », a plutôt lieu au domicile sur les temps libres (54% pour les articles et critiques, 48% pour les romans, essais, poèmes, etc., 46% pour les carnets, carnets de voyage et notes de réflexion).

L’émergence d’un nouveau langage rapide, enrichi d’une représentation des émotions ? L’instantanéité́ est devenue une sorte de nouvelle valeur, synonyme dans le cadre professionnel d’existence, de dynamisme et d’engagement.

2020 aura marqué les Français par un bouleversement des pratiques médias, vidéos, de communication et l’année de confinement a encore mis à mal la communication en face à face et l’absence de décodage du langage non verbal et corporel.

Écrire vite, et se faire comprendre

Pour pallier cela, de petites iconographies « sympathiques » et enfantines ont pris de plus en plus d’importance dans l’ensemble des communications. Qui n’a pas répondu par un nuage ou un joyeux soleil, ou ponctué un e-mail professionnel d’un avenant petit smiley jaune venant arrondir les angles d’une demande un peu abrupte ?

Les émojis d’origine japonaise qui sont littéralement des images et par extension des émotions se trouvent partout.

Symptomatique de l’écriture numérique, ils sont désormais utilisés par 93% des Français. Décrits comme un moyen de « rendre un message plus sympa » par 61% des Français, ils sont de parfaits vecteurs d’émotions à l’écrit. Ils incarnent en effet à la fois les envies de rapidité propres au numérique et le besoin des individus de réagir ou de transcrire plus facilement leurs émotions par écrit.

Cette propension à une rédaction rapide est d’autant plus répandue grâce aux outils numériques : les individus affirment en effet qu’ils « vont à l’essentiel » et « choisissent des phrases courtes ». Ce sont également des messages courts qui sont le plus souvent échangés, et en général avec des réponses instantanées.

Globalement, la perception des nouveaux modes de communication numériques est plutôt positive : 96% des internautes les trouvent faciles d’utilisation, 92% pensent que c’est un bon moyen de communiquer et partager avec beaucoup de personnes. Pour 74% des internautes, c’est tout de même chronophage, et 59% pensent qu’ils nous coupent de ce qui nous entoure.

Pour ce qui est du langage utilisé sur le numérique, il est globalement compris (79%), mais une majorité n’y est pas favorable et préfère l’éviter (59%).

Outre les émojis qui se sont largement imposés pour scander les différents messages numériques, on constate l’émergence de nouveaux mots qui sont passés dans le vocabulaire commun et de plus en plus utilisés comme : like, podcast, streaming, zoom, uberisation, click and collect ou encore hashtag, etc.

[Photo : Siora Photography/ Unsplash – source : http://www.actualitte.com]

No teman por los argentinos pablo amargo

Publicado por Enric González

Argentina nació el 9 de julio de 1816. Tiene solo doscientos cuatro años. En teoría, el trabajo de sus historiadores debería ser fácil: todo es relativamente reciente y se supone que los periódicos contaron lo que ocurrió cada día desde la fundación. Sin embargo, la historia argentina está llena de misterios. En los siguientes párrafos intentaremos arrojar algo de luz sobre este país enigmático. Teniendo en cuenta que hablamos de Argentina, lo más probable es que estos apuntes aumenten la confusión del lector.

(Como aclaración inicial, digamos que los argentinos suelen hablar de «la Argentina», con artículo. Pero no lo hacen como los franceses cuando se refieren a «la France». En «la Argentina», con mayúscula dudosa, argentina no es nombre sino adjetivo: República Argentina. El la señala que se omite el término República. Por simplificar, y quizá para figurar entre los primeros en las listas alfabéticas de países).

Un misterio de entrada: ¿dónde están los negros? Buenos Aires fue capital continental del esclavismo. Según el censo de 1778, los afroamericanos constituían casi un tercio de la población. En 1816, los afroamericanos componían casi dos tercios del ejército del general José San Martín, héroe de la independencia, y se sabe que lucharon con valentía y destreza. Hacia 1850 se estimaba que la población total rondaba las ochocientas mil personas, de las que cien mil eran «mulatos» y veinte mil eran «negros». A principios del siglo XX apenas quedaban negros. ¿Qué pasó? Unos dicen que se extinguieron en las guerras decimonónicas porque siempre los situaban en primera línea de combate. Otros dicen que se blanquearon poco a poco con matrimonios interraciales. La cosa no está clara. En cualquier caso, pese a este misterio y a la existencia de unos novecientos mil ciudadanos que se autodefinen como miembros de los pueblos originarios, Argentina se considera una sociedad «blanca».

Otros países latinoamericanos tratan de enlazar su historia moderna con la historia de las civilizaciones precolombinas. No es el caso de Argentina. Por recurrir a una vieja y manida frase, que utilizaba de vez en cuando Jorge Luis Borges, «los peruanos descienden de los incas, los mexicanos descienden de los aztecas y los argentinos descienden de los barcos». Argentina es realmente un país de inmigrantes.

Los argentinos piensan como italianos, gesticulan como italianos, se besan como italianos y actúan como italianos. También saludan a la italiana. Frente al seco «hola» español, ellos tienden a algo más florido, del tipo «hola, qué tal, cómo va» en su versión más escueta. Accidentalmente los argentinos se expresan en idioma español, aunque adaptado a la fonética de los distintos dialectos italianos: no es «ven», sino «vení»; no es «corre», sino «corré»; no se dice «vale», sino «dale» (por el «dai» italiano). Del viejo español queda, sin embargo, el elegante «vos». Por razones desconocidas —otro misterio—, incluso los argentinos más cultos ignoran las conjugaciones del subjuntivo. Quizá sea una herencia vasca.

Los apellidos de origen vasco figuran entre los más augustos de la sociedad argentina. Estaban en la cúspide de la oligarquía a principios del siglo XX, cuando en Francia empezó a utilizarse la frase «plus riche qu’un argentin» para referirse a alguien que tenía muchísimo dinero. En su libro sobre la familia Anchorena, el historiador Juan José Sebreli cuenta que «cuando viajaban a Europa llevaban en el barco a los criados, cocineros, niñeras, chóferes, como así también gallinas y vacas para tener huevos y leche fresca». Clara Cobo de Anchorena salía de casa con un cargamento de guantes, porque los tiraba al sacárselos. Fabián Gómez de Anchorena arrojaba al mar, después de cada comida, la vajilla de oro.

(En 1910, Argentina era el primer exportador mundial de trigo, maíz y carne).

«Un argentino es un italiano que habla español, se viste como un inglés y cree ser francés». No estoy muy de acuerdo. Omitiremos los chistes sobre la supuesta egolatría de los argentinos. Aunque vale la pena recordar el titular de un diario colombiano cuando Jorge Bergoglio fue elegido papa: «Argentino pero modesto». Según mi experiencia, los argentinos son cordiales, hospitalarios y, al menos de forma colectiva, muy autocríticos. Coinciden todos en que el país, como Perú en la novela de Mario Vargas Llosa, se jodió en algún momento. Difieren en la designación de los culpables. Para los «gorilas», la ruina llegó con Juan Domingo Perón. Los «peronchos» culpan a la oligarquía.

El término gorila tiene un origen delicioso. En la película Mogambo (1953), un rugido hacía que Grace Kelly se lanzara a los brazos de Clark Gable, y este la calmaba: «Tranquila, deben de ser los gorilas». En 1955, en Argentina se recuperó la frase para una canción publicitaria que decía: «Deben ser los gorilas, deben ser, que andarán por ahí». Corrían rumores de un plan secreto para derrocar a Perón y los peronistas empezaron a hablar de «los gorilas que andan por ahí». La palabra perduró.

Es indiscutible, en cualquier caso, que a mediados del siglo XX la economía argentina, antes rutilante, se estancó. Y luego decayó. Y siguió decayendo. En cuanto a la perenne crisis del peso, con sus correspondientes desastres políticos, mejor que sea un maestro como Tato Bores quien la explique: acudan aquí para entender un poco la cosa. Entenderán, como digo, poco —Argentina es siempre un misterio—, pero reirán bastante.

Quizá una de las claves del enigma argentino sea geográfica. Este es un país remoto, pegado a la Antártida —a los niños se les enseña que la Antártida, igual que las Malvinas, es argentina—, a doce horas de avión de Nueva York o de Madrid. Cuando todo queda tan lejos, pero uno quiere sentirse tan cerca, con una capital tan parisina y una agroindustria tan exportadora, el conflicto interno es casi inevitable. Hay en cada corazón argentino un velo de melancolía.

Más del cuarenta por ciento de los argentinos viven hoy en la pobreza. Sin embargo, el país se sabe rico. La primera impresión de los inmigrantes que llegaron a Argentina fue de asombro ante la riqueza que ofrecía una tierra fértil e inacabable. Eso se nota en la gastronomía local, que podría definirse como la ensoñación de un italiano hambriento. ¿Pizza? Sí, pero con toneladas de muzzarella (con u) y muchos ingredientes. ¿Escalope a la milanesa? Sí, pero recubierto de pizza, con un huevo encima y con patatas. ¿Azúcar? Ahí están el dulce de leche y los alfajores, deliciosos pero capaces de dejar a un no argentino en coma diabético. Curioso que, con tanto mar, en Argentina se ignore el pescado. Supongo que porque en Italia era comida de pobres. Por el contrario, como la carne en Europa siempre fue comida de ricos y aquí la había en abundancia, los inmigrantes europeos que descendían de los barcos decidieron ser ricos para siempre devorando eternamente bifes espléndidos y cantidades ingentes de asado.

Ya que hablamos de ello, el asado argentino constituye un rito inefable, una celebración de la amistad, una de las ceremonias más hermosas que se conocen. La alegría del asado no suele verse empañada por el abuso del alcohol. A diferencia de los españoles, y al igual que los italianos, los argentinos beben poco. Les gusta el excelente vino local, cosa lógica, y les gusta el Fernet, cosa no tan lógica. Consignemos la cuestión del mate en el apartado de las peculiaridades misteriosas.

Argentina tiene una de las mayores comunidades judías del mundo. Alguna relación tendrá este hecho con el alto nivel del humor sofisticado argentino. Y con la creatividad de su industria publicitaria. Y con su cine. Y con su teatro. O tal vez no. Tal vez, simplemente, el argentino necesita expresarse y ha aprendido a hacerlo bien.

Este país es grande y ha acogido gente de todas partes, demostrando que la convivencia no requiere necesariamente de eso que denominamos «corrección política». En el lenguaje de la calle, cualquier persona de ascendencia medio oriental es un «turco». Un europeo del este es un «ruso». Y un calvo es un «pelado», y un moreno es un «negro», y un gordo es un «gordo». Así, a lo bestia. Son apelativos cariñosos.

La sociedad argentina es en general instruida y uno avanza la hipótesis de que el nivel colectivo de inteligencia es bastante alto. No hace falta esgrimir listas de premios Nobel ni de escritores eximios ni de inventores brillantes, ni hace falta recordar que poseen tecnología nuclear propia. Eso lo sabe todo el mundo. Tampoco hace falta subrayar que solo un cerebro argentino es capaz de entender las normas de la competición futbolística local, distintas cada temporada y cada vez más complejas. Cuando uno habla de inteligencia se refiere más bien a la capacidad de crítica y disensión: en este país, todo, lo humano, lo divino y lo mediopensionista, se caracteriza por la «interna». Todo tiene dentro una discusión y un conflicto, y a eso se le llama «interna». Ni siquiera hay ídolos más o menos unánimes, salvo tal vez Carlos Gardel y Diego Maradona. Ni Messi, ni el papa, ni Borges: muchos abominan de esas figuras. No digamos de Perón.

En cuanto a Buenos Aires, que nos gusta tanto a los extranjeros —es una ciudad escasa en monumentos turísticos pero riquísima en paisajes, en librerías dignas de Londres y cafés que parecen rincones vieneses—, muchos argentinos la detestan. O eso dicen.

(A los argentinos del resto del país no les gusta ser confundidos con los porteños, los habitantes de Buenos Aires. Ocurre que cuesta distinguir entre la ciudad y la provincia de Buenos Aires por el crecimiento frenético de la urbe más allá del término municipal, y ocurre que la provincia de Buenos Aires acumula casi el cuarenta por ciento de la población argentina y más de la mitad de la riqueza, y ocurre, por tanto, que es fácil confundir la parte con el todo. Los extranjeros nos asombramos al descubrir que hay otras Argentinas más allá del fangoso Río de la Plata). El país es enorme y diverso.

Argentina posee un pasado brillante, aunque más remoto cada día que pasa. También cuenta con un futuro rutilante: cada argentino está convencido de que ha de llegar un tiempo glorioso en el que su país ocupará un puesto de honor en el mundo. Fíjense, por ejemplo, en que los políticos hablan en futuro y en que cada nuevo presidente cree inaugurar la historia nacional. Lo que falla, siempre, de forma inexorable, es el presente. El presente no tiene arreglo. Hasta que llegue el momento que ha de llegar, los argentinos que pueden hacerlo acumulan dólares —otro dato de rango paranormal: los argentinos esconden en los lugares más inverosímiles el diez por ciento de los billetes estadounidenses que circulan por el planeta, una millonada— y se las arreglan para ir tirando.

Argentina no solo está habituada a vivir al borde del abismo: cae en él con frecuencia. Pero luego remonta y en cuanto puede se asoma de nuevo al vacío. No teman por los argentinos. Nacieron para sobrevivir a cualquier catástrofe. Y cuando no sobreviven, resucitan. Ese talento constituye el misterio supremo.

 

[Ilustración: Pablo Amargo – fuente: http://www.jotdown.es]

L’édition de la poésie enregistrée aux États-Unis des années 1950 aux années 1980 : l’exemple de Caedmon Records et de Giorno Poetry Systems – Martin George

Dès les années 1950 aux États-Unis, la voix des poètes se diffuse sur vinyle. Les stratégies utilisées par les labels qui éditent de la poésie enregistrée, selon qu’ils fassent de leurs disques de véritables « livres augmentés » ou, au contraire, jouent avec les codes de l’album de rock, permettent d’éclairer les redéfinitions de la littérature qui s’opèrent alors, modifiant durablement les frontières entre textualité et oralité poétiques.

Martin George est doctorant au LARCA.

En 2016, Jeff Alessandrelli, poète vivant à Portland (Oregon) et associé à la maison d’édition indépendante Octopus Books, fonde le label à but non-lucratif Fonograf Editions, qui se donne pour mission de publier à la fois des « albums aux influences littéraires et des livres aux influences musicales1. » Fonograf compte aujourd’hui à son catalogue près d’une dizaine de titres, accueillant pour certains des figures prestigieuses de la littérature américaine contemporaine, telles que Eileen Myles, Alice Notley ou Rae Armantrout. À rebours du modèle du livre audio contemporain distribué en streaming, en MP3 ou en CD, produit par une poignée de grandes maisons d’édition et privilégiant les récits, romans, mémoires et (auto)biographies, Fonograf Editions publie des disques de poésie hybrides qui visent à « marier le son et le mot dans toutes les permutations possibles2». Il actualise en cela une tradition de l’édition de poésie sur vinyle datant du milieu du xxe siècle.

Quelques titres du catalogue de Fonograf Editions

En effet, dans les années 1950 et 1960 aux États-Unis, le marché des disques de littérature s’envole, porté par quelques labels tels que Caedmon Records, Argo, Folkways Records, Fantasy ou encore Spoken Arts. Ces labels diffèrent par leur projet : Fantasy est à l’origine un label de jazz ; Folkways compte surtout parmi son catalogue à vocation ethno(phono)graphique des enregistrements de musiques vernaculaires du monde entier ; Argo est un label anglais qui produit à la fois des disques de littérature et de musique classique ; Caedmon et Spoken Arts se consacrent à la poésie avec des incursions vers d’autres genres littéraires3. Cependant, ils ont pour point commun de proposer une nouveauté qui séduit le public : ils commercialisent des enregistrements de textes contemporains lus par leurs auteurs4.

Certes, le champ de la poésie enregistrée avait été ouvert bien avant cette époque : des cylindres phonographiques conservent les voix de certains écrivains de la fin du xixe siècle, et les disques de poètes lisant leurs œuvres ne sont pas rares dans la première moitié du xxe siècle. On peut songer aux enregistrements du « Harvard Vocarium » effectués par Frederick C. Packard Jr. dès les années 19305, ou à la « Contemporary Poets Series » éditée conjointement par l’Université Columbia et le National Council of Teachers of English à la même époque6. Cependant, ces enregistrements étaient alors réalisés dans un but avant tout archivistique ou pédagogique, et non commercial7. Matthew Rubery remarque en outre qu’au milieu du xxe siècle les « livres parlants » (talking books) étaient fortement associés à l’idée de handicap puisqu’ils étaient produits depuis les années 1930 par des programmes publics pour les personnes aveugles et malvoyantes, et leur commercialisation était même interdite. En effet, il semblait alors parfaitement incongru d’écouter quelqu’un lire un texte alors que l’on était capable de le lire soi-même. Pour pouvoir exister sur le marché, il fallait donc que les éditeurs de littérature enregistrée persuadent le public qu’ils étaient capables d’apporter une plus-value par rapport au texte imprimé8. Cette idée sera résumée en quelques mots par le slogan de Caedmon: « A third dimension for the printed page », la troisième dimension du texte.

Examiner comment évoluent les manières de produire, de distribuer et de consommer la poésie enregistrée à partir des années 1950 permet d’éclairer le statut accordé à la part orale et performée de la littérature. Est-elle simplement un supplément au texte, comme le suppose le slogan de Caedmon, ou constitue-t-elle un genre littéraire à part entière ? Dans cette perspective, l’album vinyle doit-il être considéré comme un médium littéraire au même titre que le livre imprimé, avec des impératifs et des codes propres, ou ne reste-t-il qu’un support d’enregistrement servant à compiler des fragments disparates de textes oralisés ? Pour tenter de répondre à ces questions, deux labels de poésie enregistrée seront comparés ici. L’exemple de Caedmon Records, d’abord, permettra de mettre en évidence les stratégies utilisées pour désamorcer les aspects les plus antilittéraires de l’enregistrement audio afin de faciliter sa commercialisation en tant qu’objet littéraire, tout en profitant de certaines possibilités permises par le format de l’album vinyle. Puis la voie alternative empruntée par le label Giorno Poetry Systems, fondé par le poète-performer John Giorno, montrera comment des disques de poésie qui mélangent ouvertement les catégories du littéraire et du musical, de l’esthétique et du politique, peuvent servir à repenser le genre de l’anthologie poétique.

Dans les années 1950, les technologies d’enregistrement et de stockage du son n’ont plus rien à voir avec celles qui étaient disponibles une vingtaine d’années auparavant. En 1948, l’avènement du disque microsillon en vinyle, avec environ 22 minutes de son par face, rend obsolète le 78-tours en gomme-laque (shellac), plus fragile, plus lourd, et offrant une qualité sonore et une durée d’enregistrement bien moindres. De plus, les studios d’enregistrement utilisent depuis 1949 des bandes magnétiques, qui facilitent grandement l’édition et le montage sonore9. Avec elles, il est désormais possible aux ingénieurs du son de façonner minutieusement en post-production la voix des poètes, de supprimer leurs hésitations et de gommer le bruit ambiant. Mais en parallèle de ces innovations technologiques, la poésie enregistrée est également prête à trouver son public au sein d’une population accoutumée aux digests et aux clubs de lecture, qui désire à présent se familiariser avec les grandes voix de la littérature contemporaine10. Dans ce marché naissant, Caedmon Records, fondé en 1952 par Barbara Cohen et Marianne Roney, deux jeunes femmes de vingt-deux ans fraîchement diplômées du Hunter College de New York, va se tailler la part du lion, atteignant un demi-million de dollars de chiffre d’affaire en 195911.

Pochette de The Caedmon Treasury of Modern Poets Reading, Caedmon, 1957

Le label fait le choix d’une direction artistique colorée, ornant souvent ses pochettes d’illustrations douces qui contrastent avec l’austérité et la difficulté associées à la poésie contemporaine dans l’esprit du grand public. Cette volonté de dédramatisation s’accompagne d’un argumentaire qui, d’une part, identifie les enregistrements de poésie à la tradition orale présidant à la transmission de la littérature depuis Homère12, et, d’autre part, attribue à la lecture à voix haute la capacité d’éclaircir le discours, de le revitaliser, et parfois même de transcender le sens usuel des mots. Tout le paratexte des disques est ainsi mis au service d’une légitimation de ces enregistrements comme objets littéraires à part entière, censément dignes du même investissement intellectuel et symbolique qu’un livre. Les notes du double album anthologique The Caedmon Treasury of Modern Poets invitent à ce titre l’auditeur à effectuer une sorte « d’explication de voix13 » en prêtant attention aux subtilités qui « débordent le texte imprimé14». Les notes d’un disque de Robert Frost comportent quant à elles une citation du poète avertissant l’auditeur que la poésie ne peut être sauvée de la « monotonie » que par « la voix qui parle » déjà présente en puissance sur la page pour « l’oreille de l’imagination15 » – une voix que le disque ne ferait donc que dévoiler pour l’auditeur. En parallèle, les éditrices du label soulignent la valeur indicielle des enregistrements, le fait qu’ils témoignent d’un ici et maintenant de la vie de l’écrivain préservé à jamais par la technologie. Les notes de Dylan Thomas Reading, Volume Two détaillent ainsi la longue session nocturne durant laquelle Thomas a enregistré les poèmes du disque, ses questions aux éditrices, ses accès d’exaspération et ses efforts pour débarrasser sa voix de toute sentimentalité superflue, sans pour autant y parvenir tout à fait16. Ces détails sont d’autant plus significatifs que Thomas était décédé quatre ans avant la sortie de l’album, et que les enregistrements de sa voix déjà disponibles avaient largement contribué à façonner sa légende de poète maudit. Le premier album consacré par Caedmon à Ezra Pound raconte une histoire similaire : selon les notes, c’est après avoir rendu une visite impromptue au poète à l’hôpital psychiatrique où il était détenu depuis 1945, et entretenu une correspondance avec lui, que les deux éditrices réussirent à le persuader d’effectuer un enregistrement de ses textes, malgré ses sautes d’humeur17. Pour finir, l’idée que le disque fait entendre un fragment vivant de l’existence du poète sert parfois même à excuser la qualité du son : c’est par exemple le cas pour un album plus tardif de Brother Antoninus, enregistré lors d’une lecture publique, dont les bruits de fond sont justifiés comme faisant « partie intégrante de la présence vivante du poète18 ».

Album best-seller de Caedmon, Dylan Thomas Reading A Child’s Christmas in Wales and Five Poems, se serait écoulé à plus de 375 000 exemplaires en dix ans.

Plutôt que de jouer pleinement avec les possibilités offertes par les technologies de montage en termes d’effets sonores, d’ajouts musicaux ou de découpage non-linéaire, les enregistrements de Caedmon gardent l’intégrité du texte tout en en modelant le son pour le rendre plus rond et plus chaleureux. Le façonnage de la voix des poètes est minutieux, parfois allant jusqu’à retirer toute trace de souffle ou de respiration19. Cette utilisation poussée des techniques d’ingénierie du son au service de la magnification de la voix et de l’élimination des bruits parasites se rapproche donc moins de l’idée d’une « poésie sonore » (dans le sens développé par quelques poètes français dès la fin des années 1950, c’est-à-dire une exploration poétique poussée des virtualités de la voix, du langage, et des technologies de reproduction du son20) que d’une oralisation du texte qui se veut la plus transparente possible.

L’objectif de ce travail sur le son est d’encourager les auditeurs à s’engager dans une écoute attentive pour qu’ils obtiennent une compréhension plus fine des nuances du poème21, et aient l’impression de profiter d’un moment intime avec une figure littéraire de premier plan. Le label privilégie logiquement le format de l’album à une voix (un poète, un disque) et publie surtout des enregistrements d’une poignée de grands noms de la poésie anglo-saxonne, dont la plupart sont déjà identifiés dans les années 1950-1960 à un canon moderniste en passe de se stabiliser (T. S. Eliot, Ezra Pound, Gertrude Stein, William Carlos Williams, Wallace Stevens, e. e. cummings…). Le spectre du livre imprimé n’est pas loin, et il est d’ailleurs significatif que dans ses premières années, environ un tiers des ventes de Caedmon aient été réalisées en librairie22.

Caedmon adopte en fin de compte une stratégie ingénieuse qui lui permettra de s’imposer en tant qu’acteur à part entière de la culture littéraire légitime. Elle consiste à faire entrer les technologies de reproduction sonore dans le champ littéraire au nom d’une renaissance de la littérature orale, ainsi qu’à les mobiliser afin de préserver pour la postérité la voix des grandes figures de la littérature du premier xxe siècle, clôturant ainsi symboliquement un des grands chapitres de l’épopée moderniste. Cependant, cette stratégie fait mine d’ignorer l’appareillage technologique et commercial dont le label fait pourtant un usage adroit, entre machines à enregistrer et à reproduire ; découpage, mixage, publicité, diffusion, et distribution.

Une quinzaine d’années plus tard, un autre label se lance dans la poésie enregistrée, mu par une philosophie toute autre. Il s’agit de Giorno Poetry Systems (GPS), organisation à but non-lucratif créée de manière informelle en 1965 et fondée en société en 1969 par John Giorno, un poète influencé par les stratégies de détournement des images médiatiques et commerciales élaborées par le Pop Art. À l’origine conçu comme un forum pour étendre le champ de la poésie jusqu’aux moyens de divertissement de la vie courante23, GPS commence à produire des disques au début des années 1970 après le succès d’une installation d’art contemporain réalisée par Giorno, d’abord pour l’Architectural League de New York en 1968, puis pour le Museum of Contemporary Art de Chicago et le MoMA de New York en 1969 et 1970. Grâce à cette installation, nommée Dial-A-Poem, chacun pouvait appeler un numéro et entendre un poème choisi au hasard parmi environ 700 enregistrements de 55 poètes24, selon un programme modifié quotidiennement. Dial-A-Poem fit scandale à plusieurs reprises à cause du contenu sulfureux de certaines des sélections, notamment des extraits de The Basketball Diaries, texte autobiographique de Jim Carroll (publié en 1978) comportant des descriptions crues d’actes sexuels et de violence, des discours d’activistes du Black Panther Party, ou encore des poèmes tirés des Revolutionary Letters de Diane Di Prima évoquant les étapes de la préparation d’une action révolutionnaire armée. En 1972, Giorno édita certains des enregistrements de l’installation, dont les plus polémiques, dans un double album intitulé The Dial-A-Poem Poets25, qui deviendra le premier d’une série d’une quinzaine de disques publiés jusqu’au milieu des années 198026.

Pochette de The Dial-A-Poem Poets, Giorno Poetry Systems, 1972

Tandis que la politique éditoriale de Caedmon prenait des risques calculés en mettant en avant des poètes réputés exigeants mais déjà publiés et reconnus, GPS n’hésite pas à donner une place à des enregistrements d’horizons très variés, souvent contemporains et relativement peu connus. Les sélections de GPS donnent à entendre la grande diversité des nouvelles poésies américaines : l’école de New York, celles de Bolinas et de la côte ouest, la poésie concrète, la poésie beat, la poésie noire et la « Movement Poetry » – c’est-à-dire les textes des mouvements anti-impérialistes, contre-culturels et de la gauche radicale27. Certains des poètes les plus âgés de ces nouvelles écoles avait déjà été mis en avant par une anthologie de 1960, The New American Poetry, où ils étaient présentés comme « les véritables continuateurs du mouvement moderne dans la poésie américaine28. »

Les choix de Giorno poursuivent cet effort de recension du contemporain, tout en reflétant un bouleversement qui s’était produit depuis plusieurs années dans le monde de l’édition de la poésie : en effet, les années 1960 et 1970 voient exploser le nombre de petites maisons d’édition et de magazines indépendants à très petit budget. Surnommée « mimeo revolution29 » en raison de la place centrale qu’y occupe le miméographe (ou machine à ronéotyper), une machine de reproduction par transfert qui préfigure la photocopieuse, ce bouleversement permet à n’importe quel jeune poète de se lancer dans l’édition d’un magazine, d’inviter ses amis à y participer, et de participer en retour aux leurs. Une scène poétique alternative se forme alors, notamment à New York, caractérisée par une circulation très rapide des textes, une profusion de collaborations, et une réception quasi-immédiate30, qui suscitent des effets de conversation dans et hors des poèmes. L’utilisation du téléphone comme médium de diffusion de la poésie représentait alors une extension de ces évolutions qui prouvait que la littérature n’était plus nécessairement confinée au domaine de l’imprimé et pouvait se saisir des technologies de l’information et de la communication pour toucher d’autres publics. Si l’on considère comme Marshall McLuhan que « le médium est le message31, » on se rend compte de la portée iconoclaste qu’il y avait à faire transiter la poésie par le téléphone. Alors que l’usage que Caedmon prescrivait pour ses disques était une écoute attentive et aussi solennelle que la lecture d’un volume imprimé, Dial-A-Poem se saisissait d’un geste anodin de la vie courante, effectué d’habitude pour lancer une conversation décontractée avec un ami ou échanger des secrets intimes à voix basse à travers le combiné. Si le poème sur lequel on était tombé était trop ennuyeux, il n’y avait qu’à raccrocher et à composer le numéro à nouveau pour en écouter un autre. De plus, les enregistrements choisis accentuent les effets du médium, puisqu’ils sont souvent écrits en langue familière, prononcés sans emphase et précédés de présentations plus conversationnelles qu’explicatives, comme si le poème faisait partie d’une discussion entre l’auditeur et le poète.

John Giorno aux commandes des répondeurs téléphoniques de Dial-A-Poem en 1969

L’entreprise de GPS consiste, en somme, à adapter l’anthologie poétique à l’ère des médias de masse. Avec Dial-A-Poem, John Giorno réinvente de fond en comble le travail éditorial : pour collecter les poèmes, il ne faut plus éplucher les magazines et les recueils ou solliciter les auteurs pour obtenir leurs manuscrits, mais soit aller directement à leur rencontre avec un magnétophone, soit recueillir des enregistrements effectués lors de lectures publiques et disséminées dans des archives universitaires, privées ou semi-privées, pour lesquelles il n’existe pas encore d’outils de recherche autres que le bouche-à-oreille. Pour les classer, la linéarité alphabétique ou chronologique des anthologies papier est abandonnée : l’éditeur, dont le travail s’apparente alors plus à celui d’un informaticien ou d’un DJ, doit constituer des bases de données et mettre en place une série de programmes quotidiens32. Pour les distribuer, au lieu de passer par une maison d’édition, il doit mettre en place les moyens techniques qui permettent au service téléphonique de prendre en charge les appels et les rediriger aléatoirement vers une des boîtes vocales qui contiennent les enregistrements. Enfin, les disques de GPS qui compilent les sélections de Dial-A-Poem encouragent les auditeurs à se réapproprier les poèmes en devenant eux-mêmes des programmateurs, dans un esprit do-it-yourself. Les notes de The Dial-A-Poem Poets: Disconnected, lesecond album de GPS, comportent en effet un mode d’emploi et une fiche des tarifs pour installer une ligne téléphonique poétique, accompagnés de l’invitation suivante : « diffusez vos poètes locaux, et nous vous fournirons d’autres poètes33. » L’idée est donc de se saisir des médias de masse pour supprimer les intermédiaires institutionnels, et ainsi décentraliser la production et la diffusion de la poésie.

Dans le même esprit que ce rêve d’une poésie autogérée, les sélections de GPS se démarquent également par leurs fortes connotations politiques. La dernière face du premier double album de GPS est occupée à moitié par des extraits de discours de leaders du Black et du White Panther Party (John Sinclair, Bobby Seale, Kathleen Cleaver), et inclut également un protest poem du poète anglais Heathcote Williams. En outre, on peut voir au verso de la pochette de ce même album une scène d’arrestation collective lors d’un sit-in, montrant des officiers de police aux larges épaules, casqués et armés de matraques, encercler un petit groupe d’étudiants chevelus, tandis qu’à l’arrière-plan, d’autres jeunes manifestants sont entassés debout dans un camion de location qui semble être prêt à fermer son rideau et à partir pour le commissariat le plus proche. Le recto de la pochette comporte, quant à lui, une citation d’allure vaguement rebelle, qui semble justifier l’existence du disque : « Au point où on en est, avec la guerre et la répression et tout ça, on s’est dit que ça c’était un bon moyen pour que le Mouvement touche les gens34. » Exception faite du titre de l’album, l’objet n’avait rien d’un disque de poésie : on croyait plutôt avoir entre les mains un pamphlet audio publié par une organisation étudiante particulièrement déterminée. Cependant, le ton était donné : le « ça » en question, c’est-à-dire l’album vinyle, avait désormais un pouvoir de diffusion beaucoup plus important que celui du livre imprimé. Que ce soit pour faire entendre des poèmes ou disséminer des idées politiques radicales, Giorno avait bien compris qu’un disque valait mille mots.

Puisque le label émerge d’une culture qui met en valeur la pluralité des voix, c’est le format du disque collectif qui prédomine sans surprise chez GPS, donnant à entendre au fil des albums des poètes plus âgés (Charles Olson, Allen Ginsberg, Frank O’Hara, John Ashbery…) comme plus jeunes (Anne Waldman, Ted Berrigan, Bernadette Mayer…), ainsi que des figures de la littérature underground (William Burroughs, Charles Bukowski, Eileen Myles, Kathy Acker…). La direction artistique s’inspire quant à elle des pochettes d’albums de rock, en montrant des poètes qui posent en groupe avec des airs de dur à cuire ; ou flirte parfois avec le scandale, comme la pochette de Disconnected sur laquelle John Giorno, à genoux sur une plage, mime une masturbation dans l’écume d’une vague, tandis qu’un encadré en haut à droite le présente à moitié dévêtu sur un lit d’hôtel avec le combiné d’un téléphone en guise de cache-sexe. Cette parenté avec le marché de la musique n’est pas accidentelle : dans une interview publiée en 1975, Giorno dénigre l’expérience « assommante » qu’offre un disque de poésie traditionnel, avec une personne qui parle d’une voix monotone pendant une demi-heure ; il lui oppose la philosophie de GPS, qui emprunte aux albums de rock le concept de « morceau » (cut), c’est-à-dire un fragment qui peut aussi bien être écouté isolément, comme à la radio, que dans le contexte de la face du disque sur lequel il apparaît35. L’emballage aussi doit être séduisant : de la pochette à la promotion, en passant par l’ordre des poèmes sur le disque, tout est pensé pour répondre aux attentes esthétiques et commerciales du rock36. Les disques de GPS sont donc à considérer, plutôt que comme de simples anthologies poétiques, comme des supports mixtes qui détournent les impératifs de l’industrie musicale pour aboutir à une définition nouvelle du littéraire. Mais le brouillage des frontières entre poésie et musique ne s’arrête pas là, puisqu’au fil des années, GPS offrira à de nombreuses figures des scènes musicales punk et alternatives, dont les prétentions ont toujours été autant poétiques que musicales (Patti Smith, Richard Hell, Glenn Branca, Debbie Harry…), un terrain pour expérimenter des formes hybrides entre musique, poésie et art sonore37. Inspiré en retour par cette scène alternative, John Giorno créera même, au début des années 1980, un groupe de rock qui se produira dans les mêmes salles que les sommités du punk new-yorkais, comme CBGB, le Bottom Line, le Palladium ou encore le Ritz38.

L’édition de poésie enregistrée chez Giorno Poetry Systems est, en fin de compte, d’une toute autre nature que celle de Caedmon. En détournant les codes de l’industrie musicale, en mélangeant l’esthétique et le politique, en valorisant la diversité des styles, et en s’appuyant sur une définition large et inclusive de la littérature, GPS fait de ses anthologies des instantanés du temps présent qui désacralisent la voix du poète et encouragent le plus grand nombre à se saisir des moyens de production de la poésie. Caedmon, en revanche, commercialise des disques qui visent le statut d’objets littéraires légitimes, et dont le succès réside pour cette raison dans leur faculté à produire une voix réifiée, identifiable et assimilable à un corpus de textes reconnu par les institutions culturelles légitimes. L’explication de cette différence réside dans l’écart entre la situation historique et sociale dans laquelle se trouve chacun des deux labels : malgré la petite vingtaine d’années qui sépare leur création respective, Caedmon Records se fond dans une société pour laquelle il existe un lien avéré entre respect de la culture légitime et mobilité sociale, tandis que Giorno Poetry Systems émane d’un milieu contre-culturel pétri de valeurs égalitaristes et libertaires. S’il fallait trouver une filiation à ces deux éditeurs de poésie enregistrée dans notre économie contemporaine – et bien que la comparaison soit nécessairement limitée –, GPS serait sans doute à rapprocher des archives sonores gratuites en ligne telles que PennSound39, créé par Al Filreis et Charles Bernstein à l’Université de Pennsylvanie, ou UbuWeb40, fondé par l’écrivain Kenneth Goldsmith, qui s’efforcent, comme le fit Giorno en son temps, de rendre accessibles des enregistrements poétiques à faible intérêt commercial ; alors que Caedmon, racheté au cours des années 1970 par la maison HarperCollins, pourrait s’apparenter aux grandes entreprises d’édition de livres audio telles qu’Audible, la filiale d’Amazon, et son modèle axé sur des auteurs à succès et des titres à forte visibilité.


  1. « Devoted to bringing literary-influenced albums and musically-influenced books to both print and audio formats, Fonograf is one of the only entities of its kind in the U.S.» https://fonografeditions.com/about/ []
  2. « Existing to marry sound and word in all possible permutations, Fonograf publishes works influenced by language and literature. » Ibid. []
  3. Les catalogues de ces labels sont tous retranscrits sur le site https://www.discogs.com/ []
  4. Selon les articles de presse contemporains qui s’intéressent au phénomène, les bibliothèques et les établissements d’enseignement commencent à commander des disques de littérature au cours des années 1950, afin d’ajouter à leur catalogue de nouvelles ressources pédagogiques ou de divertissement, ce qui encourage les étudiants et les jeunes diplômés à les acheter pour eux-mêmes. Le marché, favorisé en partie par la démocratisation des tourne-disques portables, devient alors une niche financièrement solide, et les royalties touchés sur les albums auraient rapporté aux ayants-droit des poètes concernés parfois plus d’argent que les droits d’auteurs de leurs livres sur plusieurs années. Témoin de ce succès, l’album le plus populaire du genre, Dylan Thomas Reading A Child’s Christmas In Wales And Five Poems, Vol. 1 (Caedmon, 1952), se serait écoulé à 375 000 exemplaires en 1961, neuf ans à peine après sa sortie. Anon., « Actors Get Disk Break: Caedmon Inks Drama Stars For Big New Sales Pitch », The Billboard, 14 avril 1956, p. 31, 34 ; Niki Kalish, « Spoken Word LP’s Garner Steady Coin », Billboard Music Week, 20 novembre 1961, p. 13, 19. []
  5. Matthew Rubery, « Harvard Vocarium (1933-1956) », Washington D. C., United States Library of Congress’s National Record Registry, 2014. https://www.loc.gov/static/programs/national-recording-preservation-board/documents/Harvard%20Vocarium%20essay.pdf []
  6. Chris Mustazza, « Provenance report: William Carlos Williams’s 1942 reading for the NCTE », Jacket2, 2014.https://jacket2.org/article/provenance-report []
  7. George W. Hibbitt, professeur à l’Université Columbia de 1927 à 1963, rapporte à ce titre l’anecdote selon laquelle le poète Vachel Lindsay aurait été éconduit par une maison de disques qui l’avait invité pour un enregistrement de ses textes, avant de lui annoncer une semaine plus tard que la session était annulée, faute de perspectives de profit suffisantes pour un disque de poésie. George W. Hibbit, « Phonograph Recordings of Poets’ Readings », The English Journal, vol. 25, n° 6, 1936, p. 479-481: p. 479. []
  8. Matthew Rubery, The Untold Story of the Talking Book, Cambridge (Massachusetts) et Londres, Harvard University Press, 2016, p. 185-186. []
  9. Ibid., p. 188-189. []
  10. Matthew Rubery et Jacob Smith relient le succès de Caedmon à l’avènement dans les États-Unis d’après-guerre d’une culture « moyenne », ni intellectuelle, ni populaire (middlebrow culture), tandis que Sarah Parry identifie la diffusion de la voix des poètes comme un véhicule de l’idéologie humaniste et libérale de cette même période. (Rubery, op. cit., p. 189 ; Jacob Smith, Spoken Word: Postwar American Phonograph Cultures, Berkeley, University of California Press, 2011, p. 50-51 ; Sarah Parry, « The Inaudibility of ‘Good’ Sound Editing: The Case of Caedmon Records », Performance Research, vol. 7, n° 1, p. 24-33 : p. 27. []
  11. Rubery, op. cit., p. 188. []
  12. Ibid., p. 192-195. []
  13. C’est ainsi que Michel Murat traduit le concept de « close listening » proposé par Charles Bernstein dans un essai de 1998. Charles Bernstein, « Close listening : l’explication de voix », traduit de l’anglais par Michel Murat, in Abigail Lang, Michel Murat et Céline Pardo (dir.), Archives sonores de la poésie, Dijon, Les presses du réel, 2019, p. 21-47. []
  14. « We have only to listen to these poets reading their own works to know how important their interpretations are to a full comprehension of the poems. The ministerial intonations of Eliot, the passionate orchestrations of Thomas, the very, very precise formulations of Cummings, the easy conversational inflections of Frost, are integral, and lend those subtle clarifications which are beyond the printed page. » Collectif, The Caedmon Treasury of Modern Poets Reading Their Own Poetry [2×33t], New York, Caedmon, 1957. []
  15. « All that can save [sentences] is the speaking tone of voice somehow entangled in the words and fastened to the page for the ear of the imagination. That is all that can save poetry from sing-song, all that can save prose from itself. » Robert Frost, Robert Frost Reads His Poetry [33t], New York, Caedmon, 1957. []
  16. « Dylan worked terribly hard at his reading on this tape. […] He made errors and burst into the most colorful profanities which he himself relished even more than his audience. […] He tried over and over again to rid his voice of the sentimentalism with which he infused the final lines of the Poem on His Birthday, but he could not read in another way. It was his birthday[…]. » Dylan Thomas, Dylan Thomas Reading, Volume Two [33t], New York, Caedmon, 1957. []
  17. Ezra Pound, Ezra Pound Reading His Poetry [33t], New York, Caedmon, 1960. []
  18. « Indeed, the sounds of the shifting of gears and the acceleration of motors underscore the significance of today’s world rushing by unconcernedly while the poet’s audience, in an enraptured silence broken only a few times by coughs during the hour-long reading, sat transfixed by his every word and silence. The background sounds become an integral part of the poet’s living presence. » Brother Antoninus, The Savagery of Love: Brother Antoninus Reads His Poetry [33t], New York, Caedmon, 1968. []
  19. Parry, art. cit., p. 30-31. La même source rapporte le témoignage d’une personne ayant eu l’opportunité d’entendre en chair et en os un poète de Caedmon, qui avait noté des différences majeures entre la voix du poète sur vinyle et sa voix sur scène. []
  20. Pour une discussion des définitions possibles de la poésie sonore, voir Vincent Barras, « Entretien avec Bernard Heidsieck », in Vincent Barras et Nicholas Zurbrugg (dir.), Poésies sonores, Genève, Éditions Contrechamps, 1992, p. 137-146. https://books.openedition.org/contrechamps/130 []
  21. « Whereas today’s audiobooks advertise the freedom to drive or exercise while listening, Caedmon’s implied audience devoted its full attention to the record. (Most of the people I have spoken with did listen to spoken word recordings in this way either at home or in a library.) Doing otherwise risked admitting that spoken word recordings were not high art, as many consumers needed to believe at a time when the cultivation of taste was linked to social mobility. » Rubery, op. cit., p. 201-202. []
  22. Anon., « Actors Get Disk Break », art. cit., p. 34. []
  23. GPS produira entre autres des cassettes vidéo, des posters, des programmes de radio, des événements publics, des concerts, ou encore de la poésie prenant la forme d’objets de consommation courante (paquets d’allumettes, t-shirts, barres chocolatées…). John Giorno, « Giorno Poetry Systems », in You Got to Burn to Shine, Londres et New York, Serpent’s Tail/High Risk Books, 1994, p. 181-189. []
  24. John Giorno, « Dial-A-Poem Hype », notes de Collectif, The Dial-A-Poem Poets [2×33t], New York, Giorno Poetry Systems, 1972, reproduites dans Palais, 22, 2015, p. 89. []
  25. Collectif, The Dial-A-Poem Poets [2×33t], New York, Giorno Poetry Systems, 1972. []
  26. Le site Ubuweb a archivé la plupart des disques de GPS en format MP3 : https://www.ubu.com/sound/gps.html. []
  27. Giorno, « Dial-A-Poem Hype », op. cit. []
  28. Donald M. Allen (ed.), The New American Poetry, New York et Londres, Grove Press et Evergreen Books, 1960, p. xi. []
  29. Une exposition de 1998 à la Bibliothèque publique de New York intitulée « A Secret Location on the Lower East Side » a fait la chronique de cette période. Des essais, des images et un index des magazines et des maisons d’édition sont disponibles sur le site https://fromasecretlocation.com. []
  30. Daniel Kane, « The Aesthetics of the Little », in All Poets Welcome: The Lower East Side Poetry Scene in the 1960s, Berkeley, University of California Press, 2003, p. 57-122. []
  31. Marshall McLuhan, Understanding Media: The Extensions of Man, Cambridge (Massachussetts) et Londres, The MIT Press, 1994 [1964]. []
  32. Le site de la Fondation John Giorno permet de télécharger en format PDF les programmes et les listes détaillées des poèmes présentés lors des trois premières itérations de Dial-A-Poem, qui permettent de se rendre compte du travail minutieux de classification nécessaire à la mise en place du service : https://www.giornofoundation.org/dial-a-poem. []
  33. John Giorno, « This Album Is A Do-It-Yourself Dial-A-Poem Kit », notes de Collectif, The Dial-A-Poem Poets: Disconnected [2×33t], New York, Giorno Poetry Systems, 1974. []
  34. « At this point, with the war and the repression and everything, we thought this was a good way for the Movement to reach people. » []
  35. Winston Leyland et John Giorno, « Winston Leyland Interviews John Giorno », in Winston Leyland (ed.), Gay Sunshine Interviews, Volume One, San Fransisco, Gay Sunshine Press, 1978, p. 129-162: p. 149. []
  36. Ibid. []
  37. Daniel Kane, « Giorno Poetry Systems », in “Do You Have A Band?” Poetry and Punk in New York City, New York, Columbia University Press, 2017, p. 145-171. []
  38. Giorno, « Giorno Poetry Systems », op. cit., p. 185. []
  39. http://writing.upenn.edu/pennsound/ []
  40. https://www.ubu.com/sound/index.html []

 

 

[Source : flt.hypotheses.org/category/sonore]

Acadêmicos e publicações com laços financeiros com a indústria reforçam a artilharia contra Carlos Monteiro, professor da USP que mostrou que um saco de arroz é diferente de um pacote de salgadinho

Escrito por João Peres

Carlos Monteiro estava assistindo a um debate na sala Libertador A quando recebeu uma mensagem no celular: “Vem pra cá. Estão te atacando.” Mas a apresentação sobre o papel da biodiversidade na melhoria da saúde e da nutrição, para a qual havia sido convidado, estava muito interessante. E ataques, de qualquer maneira, não são novidade para o professor da Faculdade de Saúde Pública da USP.

Especialmente depois que ele formulou uma proposta que enfureceu a indústria de ultraprocessados: nomeá-la. Aceitar um rótulo não é fácil.

Foi isso que se deu em 2009, quando Monteiro e o Núcleo de Pesquisas Epidemiológicas em Nutrição e Saúde (Nupens) decidiram propor uma nova classificação de alimentos. No lugar dos macronutrientes (proteína, lipídios, carboidratos) e dos micro (vitaminas e minerais), entrou em cena o grau de processamento. A classificação NOVA, como é chamada, divide os alimentos em quatro grupos. Os três primeiros têm sido a base da alimentação humana por muitos séculos: alimentos não ou minimamente processados, ingredientes culinários processados e alimentos processados. E o quarto grupo, constituído por formulações industriais de substâncias derivadas de alimentos e aditivos cosméticos, chamadas de alimentos ultraprocessados.

Até ali, a indústria de ultraprocessados caminhava pelas ruas meio anônima. Alguns a chamavam de junk food. Outros, de tranqueira ou porcaria – “menino, não vá comer porcaria antes de jantar”. Mas não havia um nome científico consensual, o que, de certo modo, continua a não haver.

Mas a classificação dos alimentos pelo grau de processamento foi uma das sacadas que começaram a apontar o dedo para a indústria como a principal responsável pela epidemia de obesidade que explodiu nas últimas décadas. Vários grupos de pesquisa do mundo voltaram o olhar aos ultraprocessados e, desde então, não param de elencar evidências científicas sobre a associação entre o consumo e as doenças crônicas não transmissíveis (diabete, hipertensão, câncer). Recentemente, o Instituto Nacional do Câncer afirmou haver evidência sólida de correlação entre a obesidade e 13 tipos de câncer.

“Esses estudos, conduzidos por pesquisadores de vários países, têm comprovado o vertiginoso crescimento mundial do consumo de alimentos ultraprocessados, como refrigerantes, snacks industrializados e refeições congeladas, e o sistemático impacto negativo desses alimentos sobre a qualidade nutricional da alimentação humana e sobre o risco de obesidade, hipertensão, síndrome metabólica, dislipidemias e outras doenças crônicas não transmissíveis”, escreveu Monteiro na última semana, ao defender-se de um dos ataques mais recentes.

As transnacionais nunca pouparam recursos na criação de evidências científicas que apontassem o dedo para qualquer outro lado. O que a pesquisa de Monteiro fez foi pegar o menino que praticava bullying, colocá-lo no centro do pátio e mostrar a ele como é incômodo ficar exposto.

Muita coisa mudou até chegarmos a outubro de 2017, no Congresso Internacional de Nutrição, num hotel no centro de Buenos Aires.

O debate realizado a poucos metros da sala onde estava Monteiro adotou uma pegada forte na tentativa de desmerecê-lo como pesquisador. Quando o professor embarcou para a Argentina, já esperava que seu trabalho fosse submetido a críticas e elogios. Faz parte de estar em evidência. Mas, logo em um dos primeiros debates, surgiram pancadas acima do tom para o cauteloso universo científico.

“Alimentos processados: tecnologia alimentar para uma melhor nutrição” foi o mote escolhido pela Associação Latino-americana de Ciência e Tecnologia de Alimentos para um dos simpósios iniciais do megaevento.

“É errôneo acreditar que o desenvolvimento da obesidade e das doenças crônicas tenha a ver com o nível de processamento”, disse Julie Miller Jones, da Saint Catherine University. “A comida processada já é parte do sistema e está sendo julgada ou é considerada culpada pela obesidade, o que não é verdade.”

Na verdade, a NOVA propõe uma divisão bem clara entre processados e ultraprocessados. Contudo, os detratores normalmente apagam essa linha, o que faz com que pareça que a classificação é contra a industrialização.

“A comunidade científica de todo o mundo questionou a base científica e os benefícios da NOVA, que, além disso, implica numa demonização injustificada dos alimentos processados e o papel crucial historicamente desempenhado pela ciência e tecnologia de alimentos”, continuou Susana Socolovsky, presidente da Associação Argentina de Tecnólogos Alimentares.

Ela mostrou um slide: “O uso da classificação NOVA em políticas públicas é irresponsabilidade.” Foi uma alusão a um artigo publicado pouco tempo antes no American Journal of Clinical Nutrition por um grupo encabeçado por Michael Gibney, da Universidade de Dublin, na Irlanda.

“Alimentos processados na saúde humana: uma avaliação crítica” foi um ataque frontal à classificação NOVA. A alegação central é de que a separação entre in natura, processados e ultraprocessados é simplista e induz a erros. Os autores defendem que essa sistematização é inútil para lidar com as associações entre alimentação e doenças.

E propõem que se mantenha a abordagem por nutrientes. Essa abordagem se tornou dominante na segunda metade do século passado. Hoje, há dezenas, centenas ou milhares de especialistas para cada um desses nutrientes (sódio, zinco, vitamina A etc etc etc). E não parece que a ciência esteja caminhando para um consenso. O próprio Congresso Internacional de Nutrição dá provas disso: um mesmo nutriente aparece como vilão ou herói, a depender de quem organiza o simpósio.

Gyorgy Scrinis, professor da Universidade de Melbourne, cunhou para isso a expressão “nutricionismo”. “O reducionismo ao nutriente isolado frequentemente ignora ou simplifica as interações entre nutrientes, com os alimentos e com o corpo”, critica Scrinis no livro Nutritionism, no qual acusa haver uma abordagem determinista que indica esse ou aquele nutriente como responsável por determinada doença. Para ele, esse sistema levou a que a comunidade científica se desviasse da complexidade existente na alimentação, ignorando as mudanças no padrão alimentar ocorridas durante as últimas décadas, com a introdução de produtos com altos teores de sal, açúcar e gordura.

No artigo em que criticam a classificação NOVA, os autores confundem ultraprocessados com empacotados – o arroz é empacotado, mas não é ultraprocessado. E em certos momentos generalizam, dando a entender que o grupo de Monteiro é contra qualquer processamento – a farinha de trigo é processada.

O grupo de Gibney ainda diz que há “problemas éticos” em adotar a NOVA. Seria uma abordagem perigosa porque, ao supostamente desestimular o consumo de processados, não levaria em conta o papel desses produtos na ingestão de nutrientes. “Para nosso conhecimento, nenhum argumento foi oferecido sobre como, ou se, o processamento de alimentos em qualquer maneira constitui um risco para a saúde do consumidor”, escreveu.

Nos últimos meses, assistimos a várias abordagens parecidas.

“Eles querem que a gente tenha uma vaca na sacada do apartamento”, disse uma professora. “Vocês querem voltar a comer feijão com caruncho?”

“Querem nos levar de volta para a Idade Média. Você sabe qual era a expectativa de vida na Idade Média?”, perguntou-me um médico.

“Agora existe essa coisa romantizada de comer como na época dos avós. Vocês sabem como eram os alimentos na época dos nossos avós? As pessoas morriam de infecção alimentar”, ameaçou outra pesquisadora.

Vez ou outra há abordagens mais sutis, mas, no geral, as tentativas de desqualificar a classificação pelo grau de processamento preferem abraçar o exagero e desconsiderar a óbvia diferença existente entre um saco de arroz e um pacote de Fandangos.

Logo em seguida à publicação do artigo de Gibney, um site brasileiro produziu um texto que destacava que “eliminar alimentos processados do cardápio não te deixa mais saudável”. Além de citar trechos do trabalho original, a reportagem abria espaço ao comentário de uma nutricionista. Foi aí que a história começou a se revelar.

Essa nutricionista atua como consultora da Nestlé. O editor do site brasileiro decidiu retirar o conteúdo do ar, admitindo um claro conflito de interesses.

Gibney também tem contrato com a Nestlé. Monteiro alertou que outros dois autores do artigo ocultaram seus conflitos de interesses. Um deles trabalhou entre 2010 e 2014 ligado a um centro de pesquisas da transnacional. E outro foi consultor de uma empresa que tem o McDonalds como cliente.

“Esperamos que este episódio possa gerar uma discussão produtiva sobre a conflituosa e crescente infiltração da indústria de alimentos ultraprocessados em instituições acadêmicas, sociedades profissionais e revistas científicas”, cobrou o grupo de Monteiro.

Desde abril, pesquisando sobre essa área, vimos uma chuva de críticas contra a NOVA. Praticamente, todas partiram de cientistas com laços financeiros com a indústria de ultraprocessados.

Há alguns engenheiros de alimentos que fazem a ponderação de que alimentos processados são processados e ponto. Não faz sentido separar pelo grau de processamento. Mas, ainda assim, alguns admitem que desde a perspectiva da nutrição e da saúde pública a classificação NOVA pode ser importante.

A Associação Argentina de Tecnólogos Alimentares tem Coca e Danone como patrocinadoras. O mesmo vale para suas entidades homólogas nos outros países da América Latina.

O American Journal, onde saiu o artigo do grupo de Gibney, é conhecido no meio acadêmico. É uma das publicações da American Society for Nutrition, que tem atualmente 28 empresas parceiras – Coca, Kellogg, Pepsi, Nestlé, Monsanto e daí por diante. A organização é uma defensora dessas corporações. Já chegou a administrar a emissão de um selo positivo que decorou embalagens de cereais altíssimos em açúcar, entre outros ultraprocessados.

Em 2015, a pesquisadora Michele Simon, especializada na indústria alimentícia, publicou um artigo no qual aborda os luxuosos eventos da American Society. De 34 painéis científicos na edição daquele ano, 14 eram bancados por empresas ou associações empresariais – sem contabilizar instituições de fachada.

“É precisamente porque a indústria de alimentos tem objetivos vastamente diferentes das organizações de saúde que essas relações são problemáticas”, escreveu. “De modo a assegurar sua credibilidade, refletir a ciência objetiva que o público tem em mente e manter a indústria de alimentos sob observação, é primordial que a American Society for Nutrition reconsidere seus laços financeiros.”

Havia ainda um ponto interessante no artigo de Simon. Ela chamava atenção para a defesa enfática da entidade ao processamento de alimentos. E aqui podemos voltar ao texto de Gibney.

“Em relação ao uso da classificação NOVA no desenvolvimento de documentos de diretrizes alimentares, nós mostramos que a definição ampla de ultraprocessados torna isso impossível”, defende o artigo.

Na verdade, tanto é possível que já está em dois documentos do tipo, no Brasil e no Uruguai. Por aqui, o Ministério da Saúde publicou em 2014 o Guia Alimentar para a População Brasileira. O trabalho foi desenvolvido justamente pelo grupo de Monteiro. E saiu com uma recomendação clara: evite o consumo de ultraprocessados. A indústria fez altos esforços para que o documento não fosse publicado, mas não conseguiu.

O trabalho brasileiro foi saudado por figuras de boa reputação do mundo da nutrição. A FAO o considera um dos melhores documentos de orientação alimentar. O conceito de ultraprocessados é cada vez mais usado cientificamente. “Durante a fase de consulta pública do Guia, um setor absolutamente comprometido com a linguagem da indústria dizia que o termo não iria funcionar”, conta Patrícia Jaime, professora da Faculdade de Saúde Pública da USP e à época coordenadora-geral de Alimentação e Nutrição do ministério. “É impressionante ver como hoje está sendo utilizado pelas pessoas para fora do campo técnico da nutrição. A gente vê na imprensa. O conceito está sendo apropriado porque faz sentido para as pessoas.”

Alguns documentos do Ministério da Saúde e do Ministério do Desenvolvimento Social adotam a NOVA. O então ministro da Saúde, Ricardo Barros, determinou a proibição da venda de ultraprocessados nas dependências ministeriais — e ninguém por lá entendeu que isso significa não poder mais comer arroz ou produtos com farinha de trigo.

A Organização Panamericana de Saúde (Opas) adotou a NOVA para definir o modelo de perfil nutricional lançado no ano passado, que propõe que, se você consumir apenas alimentos que se encaixem nos padrões aceitáveis de sal, gordura, açúcar e calorias, ao final do dia provavelmente terá mantido uma dieta saudável. O documento é a base para a rotulagem frontal de processados e ultraprocessados no Uruguai, medida que está a uma assinatura de ser adotada.

Carlos Monteiro é respeitado pelos pares. Notamos isso não apenas circulando pelo congresso em Buenos Aires, mas nas entrevistas que fizemos com pesquisadores brasileiros cuja linha de raciocínio é oposta à dele. Todos reconhecem o rigor científico com que ele atua e a relevância de seu trabalho.

Por isso, via de regra, as críticas se concentram sobre o Guia e sobre a classificação. Logo em seguida à publicação do documento brasileiro, a American Society for Nutrition saiu em defesa dos processados, ignorando a linha divisória com os ultraprocessados, numa das primeiras indicações do rumo que o debate tomaria. Foi uma clara e rápida reação aos elogios que o trabalho recebeu na imprensa e na academia dos Estados Unidos.

O Guia brasileiro é pioneiro não apenas por falar sobre o grau de processamento, mas por propor uma linguagem acessível ao público em geral e pensar no alimento para além dos nutrientes, com o enaltecimento de questões culturais e do comer em conjunto.

A defesa enfática da American Society à indústria novamente levantou críticas de Michele Simon: “Em um momento em que os americanos estão crescentemente reconhecendo que os alimentos processados não são exatamente saudáveis, a posição é notavelmente surda.” Para ela, a única explicação para isso é a conexão com os patrocinadores.

No começo da década, Monteiro mostrou que o teto para o mercado de ultraprocessados é atingido quando correspondem a 60% da ingestão diária de energia, nível alcançado por alguns países do Norte. O Brasil, que foi de 20% e 28% na década passada, é portanto um mercado e tanto para a expansão. Ou uma nação que pode colocar um freio enquanto está no meio do caminho.

Este ano, o grupo de Monteiro divulgou na Public Health Nutrition um trabalho mostrando uma correlação direta entre ultraprocessados e obesidade: cada ponto de energia vindo de ultraprocessado eleva em 0,25 ponto a taxa de obesidade. Países com menor consumo apresentam índices mais baixos de obesidade.

Por isso, quando Gibney afirmou não haver evidências dessa correlação, Monteiro rebateu, acusando o colega de ignorar vários trabalhos científicos. “De fato, todos os estudos exceto o citado na ‘crítica’ mostram associações dos alimentos ultraprocessados com efeitos negativos à saúde”, diz o professor. O pesquisador da Irlanda deixou de fora dois estudos decorrentes de uma pesquisa de alta qualidade, feita na Espanha, que acompanhou durante nove anos um grupo populacional, mostrando a correlação do consumo de ultraprocessados com obesidade e hipertensão .

“O sistema de classificação NOVA desafia um sistema de classificação muito mais antigo e dominante, baseado na composição nutricional. É claro que deveria ser criticado. Mas os avanços científicos vêm da troca de argumentos embasados e razoáveis, e de um debate equilibrado”, lamentou o grupo brasileiro, em um comentário que acabou por sair na Public Health Nutrition, depois que o editor do American Journal recusou-se a abrir espaço às respostas dos pesquisadores brasileiros.

Ele tampouco quis publicar uma carta do professor da USP. E, até agora, não forneceu resposta quanto à omissão da relação entre alguns pesquisadores e empresas.

 

[Foto: Mauro Bellesa. IEA/USP – fonte:  http://www.ojoioeotrigo.com.br]

Illustration du réseau Caribbean Motus Collaboration, utilisée avec l’aimable autorisation de BirdsCaribbean. Les stations réceptrices du réseau Motus ont le même type de fonctionnement que les automates des postes de péage sur les autoroutes. Elles comptabilisent chaque oiseau qui passe au-dessus d’une borne de la même manière qu’un portique enregistre les plaques d’immatriculation. Leur portée est d’environ 9 miles, soit 15 km. Dessin représentant un Tournepierre à collier réalisé par Maikel Cañizares.

 

É

Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages web en anglais.

Partout dans les Caraïbes, des milliers d’oiseaux de toutes les tailles et de toutes les espèces s’affairent pour préparer le long voyage qui va leur permettre de retourner dans leurs aires de reproduction situées plus au nord. C’est l’heure de la migration. Ce phénomène est célébré par la Journée mondiale des oiseaux migrateurs [1] qui a été créée en 1993 par le centre de recherche Smithsonian Migratory Bird Center [2]. Depuis, les passionné·e·s de faune aviaire d’Amérique du Nord se mobilisent pour cet événement qui se tient chaque année au mois de mai. En octobre, celles et ceux vivant dans les Caraïbes, en Amérique centrale ou en Amérique du Sud, se retrouvent à leur tour pour fêter le retour des migrateurs.

L’un des enjeux des défenseurs de l’environnement est de réussir à savoir quelles espèces d’oiseaux, parmi les 200 recensées, vont débuter leur migration à un instant T. Vers où vont-elles se diriger ? Leur voyage comprend-il des centaines ou des milliers de kilomètres ? Où s’arrêteront-elles pour se reposer et se ravitailler ? Aujourd’hui, un programme novateur pourrait contribuer à mettre en lumière certains aspects de la migration des oiseaux [3].

Le système de surveillance faunique Motus [4] [fr] a été créé pour suivre les mouvements des animaux dans le cadre de recherches sur l’écologie et la protection des espèces. Cet outil est le fruit d’un travail collaboratif mené par un important réseau de recherche et impulsé par l’organisation non gouvernementale Oiseaux Canada [5] [fr]. Décliné du terme latin signifiant « mouvement », Motus utilise la radiotélémétrie [6] automatisée pour étudier les déplacements et les comportements des animaux volants, comme les oiseaux, les chauves-souris et les insectes. Des nano-émetteurs sont placés sur les spécimens étudiés qui peuvent ensuite être suivis par les récepteurs Motus.

Une Paruline de Kirtland équipée d’un nano-émetteur léger. Ces minuscules transmetteurs, qui ne pèsent que 0,2 g, permettent aux scientifiques de détecter les mouvements de petits animaux avec précision à des milliers de kilomètres de distance. Photo de Scott Weidensaul, utilisée avec l’aimable autorisation de BirdsCaribbean.

Le système comprend des centaines de stations réceptrices et des milliers de nano-émetteurs déployés sur plus de 236 espèces animales, majoritairement des oiseaux. Les données recueillies par ce dispositif ont déjà permis aux scientifiques de mieux comprendre le comportement de l’avifaune. Ils ont pu ainsi localiser les routes de migration et les haltes migratoires majeures. Ce système va faciliter l’analyse des mouvements et des comportements des espèces en période et hors période de reproduction. Il permettra également de mieux étudier les habitats fréquentés par l’avifaune. Par ailleurs, ce nouveau système, le développement du réseau de partenaires et le partage des données sont une combinaison qui offre de grandes perspectives en matière de conservation des oiseaux et des animaux.

Cette technologie est un outil pédagogique précieux [7] pour promouvoir l’éducation à la préservation de l’environnement en classe ou à l’extérieur. Les organisations Oiseaux Canada et Northeast Motus Collaboration [8] ont élaboré un programme qui associe au système Motus des activités interactives en classe. Ce projet peut servir à initier les enfants locaux au phénomène de migration, à la découverte de l’avifaune et à la protection de l’environnement.

Implantée largement au Canada et aux États-Unis, la plate-forme Motus commence également à être répandue en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Toutefois, aucune station réceptrice active n’est encore présente dans les Caraïbes. Plus il y aura de stations Motus, plus il sera facile de comprendre où les oiseaux bagués se déplacent. Par ailleurs, de nombreuses espèces menacées ou vulnérables qui vivent ou migrent dans cette région du monde n’ont pas encore été baguées.

L’organisation non-gouvernementale régionale, BirdsCaribbean [9] est désireuse de combler les trous de couverture dans la distribution géographique. Elle sera fer de lance de l’organisation partenariale Caribbean Motus Collaboration (CMC) qui aura pour objectif d’étendre le réseau Motus au niveau régional. Le projet est d’installer puis d’entretenir des stations réceptrices à des endroits stratégiques situés dans les différentes îles. Des nano-émetteurs seront positionnés sur des espèces d’oiseaux prioritaires. Un programme éducatif adapté aux spécificités des Caraïbes pourra être établi.

Les Caraïbes insulaires sont des « zones sensibles pour la biodiversité mondiale [10] ». Elles abritent plus de 700 espèces d’oiseaux, environ la moitié d’entre elles sont présentes à l’année et 171 sont endémiques aux Caraïbes. Le reste des espèces, soit l’autre moitié, sont migratrices et partagent leurs temps entre les milieux tempérés et tropicaux, dans des habitats situés dans les trois sous-continents américains. Ces oiseaux peuvent être observés dans de nombreux pays tout au long de leurs routes migratoires [11].

Il s’agit d’un plan des stations réceptrices. Celles en activité sont identifiées par les points jaunes. Les îles des Caraïbes sont situées dans le carré blanc. Certaines stations Motus ont été endommagées dans plusieurs de ces îles suite aux tempêtes et aux ouragans. Elles doivent être réparées. Image de BirdsCaribbean, utilisée avec son aimable autorisation de BirdsCaribbean.

Les Caraïbes offrent des zones d’hivernage idéales pour certaines espèces d’oiseaux migrateurs qui s’y installent au début de l’automne pour repartir au printemps. D’autres font halte sur une ou plusieurs îles. Elles s’arrêtent sur les sites pour se reposer et se ravitailler avant de poursuivre leur voyage qui les conduit de leurs aires de reproduction et à celles d’hivernage situées plus au sud. Qu’ils restent ou qu’ils repartent, les oiseaux migrateurs sont des visiteurs très appréciés. Ils témoignent du passage des saisons et inspirent l’expression culturelle dans cette région du monde, allant du folklore [12] à la musique [13].

Les populations d’oiseaux voient cependant leurs effectifs décliner. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature [14], 59 espèces présentes dans les Caraïbes sont menacées d’extinction, 30 sont considérées comme vulnérables, 24 en danger et 5 en danger critique. Une étude récente révèle qu’en Amérique du Nord, près de 30 % des populations d’oiseaux ont disparu depuis 1970. Les espèces des Caraïbes ne font pas exception et beaucoup d’entre elles sont menacées.

Les oiseaux des Caraïbes sont confrontés à un large éventail de menaces dont la perte et la fragmentation de leurs habitats [15] [fr], la pollution et l’implantation d’espèces invasives. Par ailleurs, la région subit les effets de la crise climatique [16] qui constituent un danger permanent, pas seulement pour ses habitants, mais aussi pour son environnement naturel. On observe [17] de plus en plus d’ouragans dévastateurs [18] [fr], de longues périodes de sécheresse et de profondes modifications [19] [fr] de l’environnement marin.

La recherche sur les oiseaux des Caraïbes a fait des progrès considérables au cours des dernières décennies. On manque néanmoins de données de base sur certaines espèces. Les connaissances acquises grâce au projet Motus constituent des éléments essentiels pour protéger les oiseaux tout au long de leur cycle annuel et pour inverser le déclin des populations.

Des gestionnaires des ressources naturelles et des organisations environnementales basées dans les Caraïbes vont utiliser les données collectées par le réseau Motus. Ils pourront ainsi déterminer les sites majeurs d’alimentation et de repos des migrateurs et des espèces sédentaires qu’il est possible d’observer. À partir de là, les membres du réseau Motus vivant dans les Caraïbes et au-delà pourront concentrer leurs travaux sur ces zones. Leur objectif sera d’atténuer les menaces et de protéger ces sites.

Ce projet contribuera également à développer la recherche régionale et les programmes d’éducation à l’environnement. On espère ainsi améliorer les connaissances à l’échelle locale et accroître l’intérêt de la population pour l’avifaune. C’est un scénario gagnant-gagnant pour les oiseaux et pour ceux qui travaillent à leur préservation dans cette région du monde.

Une annonce de l’administration Joe Biden laisse des raisons d’espérer. Les autorités en place ont récemment déclaré leur intention de retirer [20] une décision très controversée de l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, qui fragilisait la portée d’une loi de protection de l’avifaune migratrice appelée Migratory Bord Treaty Act [21]. Cette réglementation instaurée en 1918 protégeait les oiseaux migrateurs, leurs œufs et leurs nids. Il était alors illégal de les chasser, de tirer, de les blesser, de les piéger, de les capturer et de les collectionner ou de tenter de le faire sans en avoir obtenu l’autorisation. Cette modification controversée de la loi initiale est entrée en vigueur le 8 mars dernier. Elle sera toutefois remplacée prochainement par de nouvelles mesures. L’issue de cette affaire est considérée comme une grande victoire par les ornithologues amateurs et les défenseurs de la nature à travers les Amériques.

Aujourd’hui, il est difficile de savoir quelle sera la première île des Caraïbes à accueillir une station réceptrice. Grâce à cet outil, ces fragiles populations d’oiseaux seront suivies au cours de leurs trajets Sud-Nord. Il faut espérer que ce projet va se développer rapidement et densément dans tout l’archipel.

 

Article publié sur Global Voices en Français: https://fr.globalvoices.org

URL de l’article : https://fr.globalvoices.org/2021/05/11/264082/

URLs dans ce post :

[1] Journée mondiale des oiseaux migrateurs: https://www.migratorybirdday.org/

[2] Smithsonian Migratory Bird Center: https://nationalzoo.si.edu/migratory-birds

[3] migration des oiseaux: https://www.allaboutbirds.org/news/the-basics-how-why-and-where-of-bird-migration/

[4] système de surveillance faunique Motus: https://motus.org/?lang=fr

[5] Oiseaux Canada: https://www.oiseauxcanada.org/

[6] radiotélémétrie: https://nationalzoo.si.edu/migratory-birds/what-radio-telemetry#:~:text=Radio%20telemetry%20uses%20radio%20signals,antenna%20and%20a%20radio%20receiver.

[7] outil pédagogique précieux: https://motus.org/education/

[8] Northeast Motus Collaboration: https://www.northeastmotus.com/

[9] BirdsCaribbean: https://www.birdscaribbean.org/

[10] zones sensibles pour la biodiversité mondiale: https://www.unep.org/news-and-stories/story/valuing-and-protecting-biodiversity-caribbean#:~:text=The%20Caribbean%20is%20a%20biodiversity,many%20exotic%20fish%20and%20birds.

[11] tout au long de leurs routes migratoires: https://ebird.org/caribbean/science/status-and-trends/abundance-animations

[12] folklore: https://magazine.keycaribe.com/lifestyle/7-captivating-characters-from-caribbean-folklore/

[13] musique: https://www.youtube.com/watch?v=CfJXxZ1JBDU

[14] Union internationale pour la conservation de la nature: https://www.iucn.org/resources/conservation-tools/iucn-red-list-threatened-species

[15] habitats: https://fr.globalvoices.org/2021/04/22/263426/

[16] crise climatique: https://globalvoices.org/2019/10/02/the-caribbean-speaks-out-on-the-climate-crisis/

[17] observe: https://globalvoices.org/2017/09/20/we-dare-not-look-out-dominica-is-brutalised-by-hurricane-maria/

[18] ouragans dévastateurs: https://fr.globalvoices.org/2019/09/07/240150/

[19] profondes modifications: https://fr.globalvoices.org/2019/10/06/240401/

[20] retirer: https://www.audubon.org/news/biden-administration-says-it-will-revoke-trump-rule-let-companies-kill-birds

[21] Migratory Bord Treaty Act: https://www.animallaw.info/intro/migratory-bird-treaty-act-mbta#:~:text=The%20Migratory%20Bird%20Treaty%20Act%20(MBTA)%20was%20passed%20in%201918,bird%20populations%20were%20being%20decimated.

Fue la representante chilena en los últimos Oscar. Si bien no logró ingresar al elenco de las cinco finalistas a Mejor Filme de Habla No Inglesa, sí lo hizo en la categoría Mejor Largometraje Documental. También nominada en el Festival de Sundance, en los Premios Goya, y ganadora en San Sebastián del Premio del Público, he aquí una película que respira sensibilidad, compasión y calidez.

Escrito por Andrés Vartabedian

Convengamos que no es habitual encontrar un aviso, en el diario, con este tenor: “SE NECESITA ADULTO MAYOR HOMBRE. Jubilado entre 80 y 90 años. Autovalente, de buena salud, discreto y con manejo en tecnología. Para realizar investigación; con disponibilidad para vivir fuera de su casa por tres meses”. Sin embargo, allí está.

Una serie de “adultos mayores hombres” se presentarán, previo llamado o envío de correo electrónico, al lugar de la entrevista. El contratante es una agencia de investigaciones privada. Cierto documento de Rómulo Aitken (cara visible de la agencia) que vemos en pantalla -no sabemos si real o fraudulento-, lo vincula, incluso, a la Interpol chilena. Él realizará el casting correspondiente que determinará quién se transformará en nuestro “Agente Topo”. La presencia, explicitada, del equipo de filmación nos hará pensar que la elección no estará a cargo solo, ni principalmente, de Rómulo.

Sergio (Sergio Chamy) resultará el “afortunado” espía seleccionado. Su trabajo: ingresar e instalarse en el residencial de ancianos “San Francisco” para realizar una investigación acerca de la atención que recibe cierta “adulto mayor mujer”, cuya hija sospecha de un tratamiento que dejaría que desear por parte del personal del hogar, ya sea en lo concerniente a su salud, la seguridad de sus pertenencias o el propio trato cotidiano de la que es objeto.

Sergio recibirá el “entrenamiento” correspondiente antes de constituirse en el residencial; sobre todo en materia de tecnología, algo en lo que ninguno de los postulantes se mostró muy ducho al momento de las pruebas a las que fueron sometidos.

Hasta aquí, lo relatado puede sonar bastante extraño, ¿verdad? Efectivamente, lo es. Y todo este segmento del filme se desarrolla entre nuestra sorpresa y nuestra sonrisa. La información necesaria se nos brinda a través de breves pinceladas, cálidamente, y con un discreto y efectivo sentido del humor.

El primer punto de inflexión hacia otro tono lo encontraremos cuando la hija de Sergio debe despedirse de su padre, enfrentando su alejamiento transitorio y preocupada por las condiciones de trabajo que este debe asumir. Sergio tiene 83 años, una familia presente, y hace pocos meses ha enviudado. No olvidemos que aquí no hay actores profesionales interpretando roles, sino seres comunes, no habituados al medio, asumiendo roles dentro de una producción cinematográfica. En este momento, vemos nuevamente, realmente “en escena”, al equipo del filme intentando otorgar tranquilidad y seguridad al familiar algo atribulado; lo que también habla del tono con el que Maite Alberdi encaró su proyecto, dentro y fuera de la pantalla. Además, nos dice algo sobre el propio proceso cinematográfico, lo que se suele denominar metacine; reflexión que Alberdi parece abandonar, posteriormente.

A partir de ese momento, ingresaremos con Sergio al hogar -también con su tecnología a cuestas-, y nos estableceremos allí durante algunos meses, acompañando las pesquisas y los informes cotidianos que realiza y conociendo, simultáneamente, a todas y todos los “abuelos” que allí se encuentran. Principalmente, “todas”, ya que de acuerdo a uno de sus partes, sabremos, más allá de lo que podemos ver, que allí viven cuarenta mujeres y cuatro hombres. Tal vez para reafirmar la soledad de su masculinidad entre tanta fémina, destacarlo por oposición, y hasta transformarlo en un James Bond de la tercera edad -no solo por su condición de agente secreto, sino también por su capacidad de seducción-, es que tendremos noticia de varias de esas mujeres, pero ninguna acerca de los cuatro hombres en cuestión.

Sergio, quien parece entrometerse en los asuntos ajenos más de la cuenta, en un primer momento, irá moderando las formas de su investigación -de la mano de algunos consejos que le llegan desde el exterior, a través de Rómulo- y conseguirá acercarse a su “blanco” y al resto de las residentes de forma respetuosa y comprensiva. Y lo que asoma impostado, al comienzo, irá adquiriendo la autenticidad de un vínculo afectuoso y sincero, honesto en la manifestación de sus preocupaciones y hasta ocupado en el bienestar de sus compañeras de ocasión. Con algunas de ellas, generará un lazo que apunta a trascender los límites de su estancia en el hogar y los de la propia película.

Es que Sergio pasará de sentirse una especie de intruso con responsabilidades particulares a asumir el residencial como un lugar propio en el que puede incidir favorablemente. Su buen estado de salud física y mental se lo permiten. Atenderá su “blanco”, pero también tendrá tiempo de discurrir por y sobre el lugar, interactuar con aquellas mujeres diversas, de bienestar psicofísico y emocional dispar, de participar de las fiestas ocasionales tanto como de los sinsabores cotidianos… Generará vínculos de distinta índole… Se transformará casi que en “uno más”. Despertará, inclusive, en alguna de estas mujeres, sentimientos amorosos que parecen dormidos. Los pétalos de la margarita quizá vuelvan a tener algo que decir.

Sin embargo, con el paso de las semanas, su permanencia impondrá su contracara: Sergio comenzará a padecer ese encierro. Al mismo tiempo, a la vez que empieza a extrañar su vida fuera de ese recinto -a sus hijos, a sus nietos-, comienza a vislumbrar que los problemas no se encuentran tanto en el interior de ese hogar como en su exterior. Los ancianos no reciben visitas. Alberdi refuerza esa idea con la única a la que asistimos: la de la familia de Sergio el día de su cumpleaños número 84 -que también transcurre allí, efectivamente-. La soledad en la que se mueven esas mujeres y esos hombres respecto a sus familias es notoria. El agente encubierto parece percibirlo, al igual que nosotros. El topo ha descubierto algo y pretende comunicarlo a sus “superiores”. El filme hace lo propio. No existen condiciones materiales suficientes que protejan contra el abandono. El humor ha colaborado, hasta aquí, en disfrazarlo; sin embargo, es imposible ocultarlo.

Entretanto, casi en forma entrañable, compartiremos la mesa, la fe, el amor y la locura con esos ancianos. También el baile y la poesía, los camisones y la peluquería.

Ficha técnica

Título original: El Agente Topo
Chile/EE.UU./Alemania/Países Bajos/España, 2020, 84 min.

Dirección: Maite Alberdi
Producción: Marcela Santibañez
Guion: Maite Alberdi
Fotografía: Pablo Valdés
Música: Vincent van Warmerdam
Edición: Carolina Siraqyan

Elenco: Sergio Chamy, Rómulo Aitken, Marta Olivares, Berta Ureta, Zoila Gonzalez, Petronila Abarca, Rubira Olivares

 

[Fuente: http://www.vadenuevo.com.uy]

La European Right to Repair Campaign, Halte a l’Obsolescence Programme i eReuse exposen iniciatives i demandes per augmentar la durabilitat dels productes electrònics al Mobile Social Congress.

"Dena doing repairs on her phone" de dam (CC BY 2.0) Font: Dam (CC BY 2.0)

Escrit per Carla Fajardo

Reparar els nostres dispositius electrònics, reutilitzar-los i exigir a les empreses un compromís contra l’obsolescència programada, abans de recórrer al reciclatge. El Mobile Social Congress organitzat per Setem recorda quins mecanismes tenim les organitzacions i la ciutadania per allargar la vida dels productes electrònics, que tenen un impacte en el medi ambient i en la situació de les persones treballadores als països d’extracció de minerals i de fabricació.

A la llarga, la reparació pot estalviar al consumidor uns 200 euros depenent del dispositiu, diu Chloé Mikolajczak, de European Right to Repair Campaign. Nascuda el 2019, la coalició d’organitzacions europees que lluiten pel dret a la reparació compta amb la participació de xarxes de reparació, persones reparadores professionals, ONGs i diversitat de membres.

Consideren que els productes han de ser dissenyats perquè durin i siguin reemplaçats quan sigui necessari de tal manera que permetin desmuntar i reparar els seus components. Mikolajczak assenyala el preu com una de les principals barreres de la reparació: « No té sentit reparar quan te’n pots comprar un de nou ». Per això, treballen en un fons de reparació per retallar despeses amb aportacions de les organitzacions col·laboradores.

Demanen que es reguli i s’abordi la reparació des de la política europea, que ho està començant a tractar des de l’ecodesign. « Sobretot la dels softwares que impedeixen reparar molts productes », explica.

D’altra banda, Laetitia Vasseur, de Halte a l’Obsolescence Programme (HOP), ha explicat que hi ha diversos tipus d’obsolescència programada, que qualifica de « crim jurídic »:

  • Tècnica. Per exemple, quan el xip de la impressora ens diu que no hi ha tinta encara que en quedi.
  • Software. Per exemple, quan et descarregues un nou sistema operatiu que detecta que un ‘software’ no està fet per la pròpia empresa o no pots actualitzar-lo.
  • Cultural i psicològica. És la que exerceix la pressió social de la publicitat, que ens transmet el missatge que « encara que funcioni ja no està de moda ». En aquest sentit, Vasseur reclama més control: « Té un discurs global d’economia circular, però diu que compris cada vegada més. La incitació al consumisme no és compatible amb un futur sostenible« .

HOP ha portat als tribunals Apple i Epson per aquest tipus de pràctiques i treballa en un índex de reparabilitat i durabilitat per incentivar la transparència de les empreses i donar detalls de sostenibilitat a les persones consumidores. « Per què no sabem les hores que hem passat davant de l’ordinador o els cicles que hem fet amb la rentadora? Aquesta transparència ens ajudaria a fer un millor manteniment dels productes », diu Vasseur.

A Catalunya, també volem saber quants anys poden durar els nostres dispositius. EReuse aplega entitats locals que treballen per donar una segona vida als dispositius, forma part de la campanya del dret a decidir i lluiten contra l’obsolescència programada. Està formada per centres federats de reparació com Solidança o Andròmines, que treballen a través d’una aplicació de programari lliure que monitoreja el trajecte dels productes.

David Franquesa, participant de l’organització, comença la ponència amb una imatge de la nau espacial Orion de la NASA que va utilitzar una tecnologia que va durar dotze anys basada en la fiabilitat. « Per què no veiem el planeta com una nau espacial on utilitzem els nostres finits recursos infinites vegades? », es pregunta Franquesa, després d’haver comprovat amb dades que les persones consumidores valorem més la durabilitat que les noves funcionalitats.

Per saber quan duraran els nostres dispositius investiga la durabilitat dels productes que s’han utilitzat fins ara a través d’observacions de les persones consumidores. L’objectiu és un etiquetatge que doni informació a les persones consumidores per tal que puguin premiar fabricants que en el passat han fet productes mes durables.

« Fins ara les dades ens parlaven del processador, el futur són etiquetes d’impacte: si s’ha reutilitzat, la qualitat, els materials que s’han fet servir i, ¿per què no? La durabilitat », afirma, i afegeix: « Això pot generar un canvi sistèmic ».

 

 

[Foto: CC BY 2.0 – font: http://www.xarxanet.org]

O ensaio Caminos de incertidumbre (Catarata, 2020) presenta unha sólida argumentación do principio de precaución, ese que afirma que non debemos acender un lume a menos que saibamos que imos ser quen de apagalo. O seu autor, Albino Prada (O Bolo, 1955), doutor en Ciencias Económicas pola Universidade de Santiago de Compostela e profesor de Economía Aplicada na Universidade de Vigo, afonda nas incertezas relacionadas co uso da tecnoloxía e tratadas con anterioridade nas súas obras El despilfarro de las naciones (2017) e Crítica del hipercapitalismo digital (2019).

O prudente prevé o perigo e toma precaucións,
o inxenuo avanza ás cegas e sofre as consecuencias.

Proverbios 27:12.

Segundo o fundamento precautorio, abonda con existiren incertezas sobre que unha tecnoloxía poida serlle nociva á especie humana ou ao medio ambiente para abstérmonos de utilizala ou desenvolvela. No libro de Albino Prada, este principio vén enunciado de xeito claro en forma de metáfora: evitaremos prender algo que non sabemos se poderemos apagar. Cando non somos quen de prever as condicións baixo as que podería suceder un accidente, nin calcular a natureza e magnitude dos danos que causaría, entón non estamos ante un risco. O risco é calculábel, iso sábeno ben as compañías de seguros, pero a incerteza non, e unha mala xestión das incertezas vencelladas á intelixencia artificial, á enxeñaría xenética ou á tecnoloxía nuclear podería traer consigo consecuencias catastróficas non só para a aparentemente irrelevante morea de especies que nos arrodean, senón e sobre todo para a continuación da vida das persoas no planeta.

Fotograma de Devs, serie de ciencia ficción centrada nas consecuencias da tecnoloxía na humanidade.

O libro é unha guía para un percorrido pola historia universal dos avances tecnolóxicos máis relevantes na configuración da sociedade occidental, desde a evolución do instrumento técnico principal e xermolo de todos os demais, o cerebro, até a enxeñería xenética máis moderna. Para facermos unha viaxe tan especial non abonda un prisma homoxéneo e unilateral, antes ben cómpre esta abordaxe heteróclita que combina datos de diversos ámbitos do saber como a bioloxía, paleontoloxía, antigüidade clásica, lingüística, filosofía, economía, socioloxía, historia ou demografía, entre outros.

A fraxilidade dos soportes que gardan hoxe o «noso» coñecemento, os libros e a rede, é a orixe da desvalorización da nosa memoria. Para alén disto, globalización e capitalismo póñense novamente de acordo para privatizar ese coñecemento orixinalmente noso e mercantilizar o seu acceso

A debilitación das redes sociais humanas a causa da emerxencia da intelixencia artificial implicou a perda da intelixencia natural colectiva, e o desenvolvemento de técnicas artificiais de almacenamento e traslado de información debilitou a capacidade humana de reter e transmitir, a través dos medios naturais –ou sexa, os socioculturais e eventualmente tamén os biolóxicos–, os coñecementos necesarios e útiles para as sociedades de cada momento. A fraxilidade dos soportes que gardan hoxe o «noso» coñecemento, os libros e a rede, é a orixe da desvalorización da nosa memoria. Para alén disto, globalización e capitalismo póñense novamente de acordo para privatizar ese coñecemento orixinalmente noso e mercantilizar o seu acceso. A intencionalidade colectiva engádese á listaxe de elementos vertebradores do estudo, xa que a meirande parte das innovacións tecnolóxicas asumidas polos occidentais marcan un cambio evidente cara a unha individualidade cada vez máis inestábel. Co abandono do nomadismo a favor da vida sedentaria, as condicións de vida mudarán facendo que, comunidades primeiro e individuos despois, asumisen partes de terreo como propias e empezasen a utilizalas. Eleccións tecnolóxicas con certa idade que hoxe semellan inofensivas e sinónimas de progreso, como a agricultura ou a imprenta, disfrazan algúns dos chanzos polos que camiñou Occidente até se tornar nun modelo de sociedade «ineficaz».

Unha abella dron dun dos capítulos da serie de ciencia ficción Black Mirror.

O texto é un bo exercicio para lembrarmos a importancia de coñecer ben o pasado. Gran cantidade das ideas que viven neste libro foron enunciadas no suceder dos séculos, e o texto resulta finalmente unha mostra do imprescindíbel que é entender o que dixeron e fixeron as nosas xeracións devanceiras para sermos orixinais na elaboración doutras visións. Fronte ao afán do mundo globalizado por dirixirnos cara a camiños de vida centrados no concepto moderno de utilidade, estudar o pasado tórnase un dereito que debemos reivindicar. Malia o que poida parecer, este non é un libro de desesperanza ou apocalíptico, senón que nos dá razóns abondas para prevermos caer no abismo. Como afirma Manuel Rivas, autor do prólogo, este é un traballo de intelixencia preventiva. Para entender que toda innovación ten dúas faces non precisamos estudos recentísimos sobre os perigos que encerra a tecnoloxía. Poderiamos recuperar, como fai o autor, o xuízo de Thamus no Fedro de Platón, e de paso lembrar tamén a histórica diferenza entre erudición e coñecemento.

Descoñecemos o impacto que terá no devir evolutivo e no futuro do medio o inconsciente tsunami de modificacións xenéticas ao que se están sometendo moitos organismos. E se algún tomase un vieiro evolutivo inesperado e imposíbel de controlar?

De irmos ao libro máis importante na historia de Occidente, diriamos que se Eva tivese aplicado o principio de precaución, con certeza outro galo cantaría. O que arriscamos é bastante parello, o Edén que habitamos poderá converterse en averno se nos abstemos de tomar algunhas decisións. Para sermos máis concretos, descoñecemos o impacto que poderá ter no devir evolutivo e no futuro do medio o inconsciente tsunami de modificacións xenéticas ao que se están sometendo moitos organismos. E se un país decidise ir pola súa conta na exploración da mellora xenética? E se un ciberataque ou un fallo no funcionamento das Intelixencias Artificiais provoca un colapso nuclear? E se algún organismo tomase un vieiro evolutivo inesperado e imposíbel de controlar? O único risco que unha sociedade decente debería estar disposta a correr é ningún.

Fotograma da serie francesa Colapso, centrada nun ficticio fin do mundo, no que se inclúe o desastre nuclear.

Son, as deste ensaio, ideas fundamentais para a nosa sociedade diapandémica e pospandémica. O cambio a partir de agora, que ha ser obrigatoriamente sistémico, non será doado en canto non asumamos certas responsabilidades e non renunciemos a discorrer por sendas técnicas das que descoñecemos a saída. A ilusión de que o avance é unha acumulación progresiva de innovacións compromete a noción de falibilidade humana e isto reforza a concepción de que a retrospección é inútil e que desandar camiño, un fracaso. A obra achega un dato breve mais valioso: o feito de moitas civilizacións teren abandonado ou rexeitado certos cambios tecnolóxicos a prol de valores sociais fundamentais. Prado deixa claro que primar o desenvolvemento social fronte ao crecemento é crucial en tempos de individualismo extremo, perda de identidade e de intelixencia colectiva.

A ilusión de que o avance é unha acumulación progresiva de innovacións compromete a noción de falibilidade humana e isto reforza a concepción de que a retrospección é inútil e que desandar camiño, un fracaso

Con todo, malia estas ameazas seren reais, o problema non é só gnoseolóxico, a natureza dos perigos aos que nos enfrontamos hoxe é do máis variada: a insostíbel explotación das fontes de enerxía convencionais, a xestión do nuclear, a occidentalización do modelo alimentario, a permisión de patentes biolóxicas, a deslocalización industrial, o crecemento demográfico, o xenocidio lingüístico ou a superresistencia antibiótica son só uns poucos dos problemas que debemos arrostrar, e cuxa substancia queda examinada neste libro coa honestidade, imparcialidade e criterio necesarios nesta era da desinformación.

 

 

[Fonte: http://www.luzes.gal]

Écrit par Anselm Jappe 

Le droit à l’oncle

Le Sénat vient de refuser d’entériner la Procréation médicale assistée (PMA, parce que dans le monde du progrès tout se résout en acronyme) pour toutes et tous. L’Assemblée nationale va la rétablir, parce que c’était une promesse du président Hollande – ou peut-être ne la rétablira-t-elle pas, parce qu’il faut complaire à la droite… En attendant, des manifestations d’orientation opposée, mais toujours avec des participants très remontés, s’alternent devant les lieux du pouvoir. En effet, les enjeux sont nombreux et de la plus haute importance : PMA seulement pour les couples mariés ou aussi pour ceux qui sont en union libre ; pour les homosexuels ou pas ; pour les femmes seules ou pas ; remboursée par la sécu ou aux frais du client ; avec sélection prénatale des embryons ou pas ; savoir combien d’embryons « surnuméraires » on crée ; avec congélation des embryons surnuméraires (et pour quel usage) ou avec leur destruction ; avec donateur anonyme ou pas ; avec utérus externe ou pas ; post mortem ou pas ; avec modification du génome ou pas ; etc. Chacune de ces questions soulève des débats passionnés, voire haineux. Mais il y a une question qui n’est presque jamais posée : s’il doit y avoir une quelconque forme de PMA, ou s´il ne serait pas préférable qu´elle n´existe pas du tout. À peu près toutes les forces en présence – les partis politiques, les associations en tout genre, les manifestants dans les rues, les média généraux et spécialisés – s’écharpent uniquement sur les détails de l’application de la PMA : pas du tout sur le principe. Même la droite « dure », la « Manif pour tous », les intégristes catholiques n’osent que rarement la critiquer en tant que telle. En général, ils veulent simplement soumettre son usage aux critères de leur morale, laquelle semble désespérément surannée au reste de la population. Mais si c’est le couple traditionnel qui veut y faire recours, la plupart d’eux ne semblent y voir aucune objection. On ne peut que s’étonner d’un tel acquiescement des « obscurantistes » et « réactionnaires » à la technoscience la plus récente.

Mais il faut s’étonner encore beaucoup plus – ou au moins il faudrait s’étonner – de l’enthousiasme presque unanime à « gauche » pour ce nouveau droit humain rendu possible par la technoscience. Une adhésion qui s’étend même au champ écologiste, libertaire, féministe radical. On devrait penser que la PMA, dans toutes ses variantes, depuis la « simple » insémination artificielle jusqu’à l’implantation d’un embryon génétiquement modifié dans un utérus « loué » (gestation pour autrui), la greffe d’utérus, et jusqu’à l’utérus artificiel encore en voie d’élaboration, appartient au même monde que les centrales nucléaires et les pesticides, le clonage des animaux et l’amiante, la dioxine dans les poulets et le plastique dans les océans : une violente invasion de produits technologiques très récents dans les cycles biologiques, avec des conséquences incalculables. Il est totalement incompréhensible que des gens qui sont en toute sincérité contre ces inventions mortifères puissent tout à coup accepter un de leurs développements les plus invasifs. Ils ou elles y tiennent même tellement qu’ils attaquent violemment les points de vue opposés (par exemple, en empêchant les conférences de personnes d’ailleurs si différentes qu’Alexis Escudero ou Sylvaine Agacinski) et réussissent à réduire au silence les nombreuses voix (assurément plus nombreuses que les leurs) qui ne partagent pas leur enthousiasme, en taxant tout adversaire, même des féministes historiques, d’homophobe, mysogine, transphobe, réactionnaire, lepeniste, facho, et en utilisant des stratégies qui rappellent la mainmise du stalinisme sur la gauche entre les deux Guerres mondiales sous prétexte d’« antifascisme ». On constate même une curieuse convergence des intérêts de multinationales comme Monsanto[1], ou des mafias qui organisent la gestation pour autrui dans des pays pauvres, et les pro-PMA à gauche : une convergence qui ne s’explique probablement pas par un transfert de fonds, ou d´obscurs complots, mais par une énième ruse de la non-raison, dans ce cas-là de la forme-sujet bourgeoise.

Il n’est pas seulement question des conséquences pour la santé (c´est un autre mystère de savoir pourquoi des femmes et des féministes se ruent pour s’offrir comme cobayes à la science ou acceptent tacitement l’esclavage des « mères porteuses » dans les pays pauvres). La PMA est aussi une espèce de point d’orgue, d’aboutissement du processus pluriséculaire d’expropriation de toute notre « dotation originaire ». Les terres (dans le processus connu comme enclosures), les eaux, les savoirs, la communication, la culture, la reproduction domestique – tout a été séquestré peu à peu par le capital, et non seulement par le capital économique, mais aussi par la technoscience. Nous ne pouvons plus ni bouger ni nous nourrir, ni nous chauffer ni nous instruire sans l’aide de la mégamachine. Aucune autonomie nulle part. Une bonne partie de nos contemporains a même perdu la capacité de traverser la rue sans l’aide de son GPS. Déjà auparavant, la capacité d’additionner 5+3 sans l’usage d’une calculette était devenue rare[2]. On pourrait poursuivre la liste presque à l’infini. Les individus appartiennent toujours à des groupes sociaux différents, à des ethnies ou religions diverses, vivent en différents parties de la terre, sont analphabètes ou érudits, réfugiés ou nantis : mais tous, ou presque, vivent dans la même dépendance au biberon technologique. En Somalie comme en Californie. Tout le monde se plaint du respect qu’il ne reçoit pas, de la discrimination ou marginalisation ou manque de reconnaissance qu’il subit et insiste sur l’empowerment auquel il ou elle aurait droit : mais personne ne semble trouver humiliant de ne plus pouvoir vivre un jour sans son smartphone, un outil dont on pouvait très bien se passer jusqu’à une date très récente – parce qu’il n’existait pas – et qui est géré par des entreprises privées qui ne poursuivent rien d’autre que leurs intérêts.

Toutefois, même les plus démunis ont toujours eu au moins une chose qui était à eux. Comment appelait-on la classe la plus basse, la plus pauvre des citoyens de la Rome antique ? Les prolétaires : ils ne possédaient rien à part leur proles. Les enfants étaient le degré zéro de la propriété, ce que tout le monde peut avoir et à travers quoi on peut être membre de la communauté à défaut d’autre moyen. Aucune expropriation subie sur d’autres terrains ne pouvait enlever aux pauvres la faculté la plus fondamentale, celle de se reproduire et de s’insérer dans la communauté à travers la « filiation », sans aide de personne, sans permis à demander. Á présent, la PMA nous dépossède de notre ultime faculté, celle que le pouvoir ne pouvait pas s´approprier jusqu´ici : la filiation biologique. La PMA nous rend littéralement des sous-prolétaires, des moins-que-prolétaires : ceux qui n’ont même plus de proles à eux, parce qu’ils ont accepté de déléguer ce dernier reste d’autonomie à la technoscience du capital (et il n’en existe pas d’autre que celle-ci)[3].

Les arguments en faveur de la PMA sont bien connus. Que faut-il proposer aux gens qui veulent avoir des enfants et n’y arrivent pas ? On a proclamé le « droit à l’enfant ». Quelle drôle d’idée ! Existe-t-il le droit à avoir un oncle ? Puis-je demander à la technoscience de me créer un oncle, parce que la nature ne m’en a pas donné et ma vie est incomplète sans un oncle ? Et un autre être humain peut-il constituer un « droit » pour moi ?

Faut-il alors que les gens sans enfants se résignent à leur funeste destin ? En vérité, toutes les cultures humaines ont offert des solutions à ce problème, mais aucune n’a eu l’idée de recourir à la PMA. La solution consiste évidemment dans les différentes formes d’adoption. N’est-ce pas suffisant pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas recourir à la procréation biologique ? On sait qu’actuellement il est assez difficile et coûteux d’adopter un enfant. Mais ne serait-il pas, tout compte fait, plus facile de changer les lois humaines que les lois biologiques ? On dirait que la préférence accordée à la PMA plutôt qu’à l’adoption cache un désir très archaïque, très « essentialiste » ou « naturaliste » : avoir un enfant « de son propre sang », avec son propre ADN. Il est étrange que des gens qui fustigent à longueur de journée les mentalités « rétrogrades » ou « traditionnalistes » de leurs adversaires pratiquent eux-mêmes une attitude qui est on ne peut plus bourgeoise et « biologique ». Un enfant qui ne soit pas de mon sperme ou de mes ovocytes ne m’intéresse pas…

En effet, les différentes cultures ont développé des réponses souvent surprenantes aux problèmes de filiation. L’anthropologue Françoise Héritier rappelle, parmi d’autres, ce cas particulièrement éclatant : chez les Nuer au Soudan, une femme qui après le mariage n’enfante pas (on attribue automatiquement la stérilité à la femme) est renvoyée par le mari dans sa famille d’origine, où elle peut, si elle en a les moyens, « acheter » une ou plusieurs épouses qu’elle fait mettre enceinte par un de ses gardiens de vaches, gardant enfin les enfants comme les siens. On peut en tirer la conclusion – et beaucoup d’ « experts » dans les « comités d’éthique » le font – que la famille occidentale classique est tout sauf « naturelle » et qu’on ne voit pas a priori pourquoi sortir de ce cadre devrait causer des traumas pour les enfants qui y grandissent. Mais on peut aussi en conclure que le recours à des solutions médicales témoigne, pour le moins, d’un terrible manque d’imagination : plutôt que de recourir au symbolique – à des enfants acceptés comme « fils » même si génétiquement ils ne le sont pas – on pratique de la zoologie médicalement assistée. Une« zoologie appliquée » : les êtres humains sont réduits, comme un cheptel, à leurs caractéristiques biologiques qu’il s’agit de transmettre. C’est le principe fondamental de l’élevage, dont la résurgence chez des gens qui passent leur vie à tonitruer contre l’« essentialisme » et le « naturalisme » en prônant la « déconstruction » est pour le moins surprenante…

Dans la société gouvernée par l’ « individualisme grégaire » la première question qui se pose est la suivante : si l’individu le veut, qui a le droit de s’y opposer ? Si, du moins, ce désir ne nuit pas à d’autres individus. C’est un argument parfaitement « libéral », et il est bien curieux que les mêmes gens y aient recours, qui dans tous les autres domaines critiquent justement la « liberté de l’individu » de circuler par tous les moyens, de consommer sans freins, de dire toujours « moi, moi, moi ». Prétendre mettre la biologie à l’envers pour avoir son enfant « vrai » : n’est-ce le comble du narcissisme, lequel mesure le monde entier à l’aune de ses caprices ? N’est-ce le triomphe du libéralisme et du « chacun pour soi » ?

Ainsi, nous en arrivons à l’argument ultime qui paraît irrécusable: qui est contre la PMA doit être « homophobe ». Sûr ? Cet argument vaut à peu près l’affirmation selon laquelle qui critique l´emploi de pesticides est « contre les paysans », affirmation qui a déjà produit la « cellule Demeter » de la police pour combattre l’agro-bashing, nom qui désigne toute critique de l’agriculture industrielle. Cela vaut aussi pour l´affirmation selon laquelle celui qui demande la fermeture des usines les plus polluantes ou des centrales nucléaires serait « contre les ouvriers ».

L’eugénisme semblait avoir disparu du monde avec le nazisme qui avait révélé la vérité de cette « science », laquelle auparavant avait même séduit certains milieux de gauche (de Trotski à Salvador Allende, entre autres). Mais l’application directe de la technoscience à la biologie humaine et à sa transmission héréditaire est trop « en phase » avec le progrès en général pour pouvoir disparaître à cause d’un épisodique usage « malveillant »… L’eugénisme a donc fait un grand retour à partir des années 1980, cette fois-ci en veste libérale : personne n’y est obligé. Au lieu de l’eugénisme « négatif » (éviter la propagation des mauvais gènes à travers la stérilisation forcée, l’empêchement de procréer, ou carrément l’élimination physique) on est passé à l’eugénisme « positif ». Les porteurs des meilleurs matériaux génétiques sont encouragés à se reproduire, et surtout on améliore directement le patrimoine génétique : sélection prénatale des embryons, choix du sperme et des ovocytes sur catalogue, intervention directe dans l’ADN, création (future ?) des gènes de synthèse.

Le film Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (1997) a su montrer à un large public l’aspect qu’aurait une société de castes basées sur la génétique, où les riches peuvent se permettre des descendants qui font automatiquement partie des classes supérieures, tandis que ceux qui sont nés sans le secours de la science sont destinés à être les serviteurs des « améliorés ». La littérature et le cinéma en ont proposé d’autres approches ; mais presque tout l’essentiel sur l’eugénisme a déjà été dit dans Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley (dont le frère Julian a été un des représentants principaux de l’eugénisme). Avec deux différences : en 1932 on ne connaissait pas encore la structure de l’ADN, la manipulation des embryons se déroulant donc dans le Brave New World à travers la chimie. Et surtout elle est organisée par les pouvoirs publics et casse tout lien de filiation : tous les « donneurs » sont anonymes. Appeler quelqu’un « père » ou « mère » y est une insulte obscène. En revanche, dans le meilleur des mondes postmoderne, la famille traditionnelle survit, et on paie cher pour avoir des descendants à l’avenir assuré.

Le monde de Gattaca aide aussi à mieux cerner une autre question : la PMA ne sera jamais la règle, ne sera jamais majoritaire, parce que la plupart des personnes préfère, et probablement préférera toujours, la bonne vieille méthode pour faire des enfants, et parce que les variantes plus sophistiquées – avec amélioration – sont trop coûteuses. Soit. Mais il n’est pas nécessaire qu’un phénomène social soit pratiqué par la majorité de la population pour devenir un paramètre, un idéal de vie, une norme du désirable, et pour établir des hiérarchies sociales. Même en Europe, la plupart des gens ne peut pas faire des vacances sur les Îles Seychelles, s’habiller chez Prada et exhiber le dernier modèle d’I-phone : mais ceux qui peuvent le faire donnent le ton à la société entière et indiquent aux autres ce qu’il faut faire pour être une personne « comme il faut ». De même, la majorité qui ne recourt pas à la technoscience pour procréer sera invitée à se sentir en même temps coupable, envers leurs enfants, et inférieure, envers la société. Déjà maintenant, ceux qui ne se soumettent pas aux examens prénataux et mettent ensuite au monde un enfant handicapé sont à peu près considérés comme des irresponsables (et qui coûtent cher à la société). Certes, il ne manquera pas des bonnes âmes à gauche pour demander, dans un souci d’ « égalité », de veiller à ce que chaque citoyen(ne) ait le même accès aux techniques reproductives, même les plus chères.

D’ailleurs, une gestion « démocratique » ou « populaire » de ces techniques ne serait nullement préférable. Il y a quelques années, on proposait le « bio-hacking » (appelé aussi « Do-it-yourself-biology“ ou “biologie participative”) : sous forme de kits envoyés à la maison, d’open source ou dans des « bio-cafés » conçus en analogie avec les cybercafés, chacun peut accéder aux technologies et conseils nécessaires pour fabriquer son petit monstre personnel, du moins sous forme de mouche.

Cette inscription de la hiérarchie sociale dans les gènes mêmes est justement considérée comme l’horreur absolue par de nombreux anticapitalistes. Rien n’arrête en revanche ses promoteurs ; l’eugénisme positif a tout naturellement donné lieu au « transhumanisme ». Ses apôtres les plus convaincus, pour le moment, ne sont pas des États totalitaires, mais Google et les libertarians californiens. On ne voit pas du tout comment on pourrait avoir, dans les conditions actuelles, une PMA sans renforcer la poussée vers l’homme génétiquement augmenté et renforcer ultérieurement le pouvoir de ceux qui en détiennent les clefs. Mais ceux et celles qui ne pensent qu’à leur « droit à l’enfant » en sont tellement obsédés qu’ils jettent sans hésiter par-dessus bord tous leurs principes habituels. Certains féministes, surtout dans les années 1980-90 avaient dénoncé dans les techniques de reproduction une expropriation des corps des femmes par une technoscience de caractère masculine. Ont-elles été « invisibilisées » par les fanatiques de la PMA ?

[1]« Tout comme Monsanto avait fait sa fortune en stérilisant les semences pour pouvoir les revendre tous les ans, les tentatives de banaliser l’hétéronomie reproductive ressemblent bien à une tentative de nous forcer à devoir acheter nos propres enfants »  à commenté une personne bien avertie.

[2] En 1984 d’Orwell, O’Brian torture Winston pour l’obliger à admettre que 2 + 2 = 5. La première fois qu’O Brian lui demande combien font 2 +2, Winston répond spontanément : « 4 ». Aujourd’hui, il est très probable qu’il aurait demandé de pouvoir utiliser une calculette.

[3] Pour éviter des malentendus : ici, on ne parle pas des familles « prolétaires » modernes et du rôle que les femmes y tiennent, mais de la catégorie juridique romaine ancienne. Pouvoir avoir des enfants était une condition suffisante pour être citoyen. Et cette condition était automatiquement attribuée à chaque homme libre : c’était ce que personne ne peut perdre. Évidemment, c´est une situation qui n’a rien de désirable en tant que telle : cette forme de citoyenneté était réservée aux hommes, et aux hommes libres. De plus, elle servait les exigences militaires. Mais sur un plan métaphorique on peut dire que perdre l’autonomie reproductive signifie tomber encore plus bas que les proletarii anciens.

 

[Source : blogs.mediapart.fr/anselm-jappe]

La rencontre que propose BOZAR entre Erri De Luca et Alain Damasio s’annonce passionnante. Si les parcours de ces écrivains engagés sont très différents, leurs œuvres littéraires convergent en direction d’une même dénonciation de la violence sociale, qu’elle s’exerce à travers les rapports sociaux de production, les inégalités entre pays riches et pauvres, le contrôle normatif de l’État ou encore ce que Damasio appelle le technocapitalisme. Ne manquez pas cette conversation entre deux des auteurs les plus marquants de notre époque, placée sous le signe de la critique éclairée de nos sociétés. La conversation sera modérée par Pascal Claude (La Première).

De l’Italie à la France, la conscience politique d’Erri De Luca l’a porté à rejoindre les mouvements de la gauche militante, à enchaîner les métiers manuels et à participer à des actions humanitaires, en Yougoslavie et en Afrique. Son livre, Une fois, un jour, publié en 1989 sera le premier d’une longue série de succès qui lui vaudront notamment le prix Femina 2002 pour Montedidio, le Prix européen de littérature en 2013 et le Prix André Malraux de la fiction engagée 2020 pour Impossible. Son dernier ouvrage de poésie Aller simple suivi de L’hôte impénitent (Gallimard) évoque notamment l’épopée tragique des migrants. Il est, cette année, l’invité d’honneur de la Foire du livre de Bruxelles.

Lorsqu’il s’est lancé dans l’écriture, son projet était de prendre le contrepied d’Orwell. Et pourtant il y a, à n’en pas douter, quelque chose d’orwellien dans la littérature d’anticipation d’Alain Damasio. Comme dans son premier ouvrage, La Zone du Dehors (1999), traitant des sociétés de contrôle dans l’espace démocratique. Enchaînant de multiples succès, son œuvre sera fréquemment couronnée, comme La Horde du Contrevent, Les furtifs et Serf-made-man ? Ou la créativité discutable de Nolan Peskine publié dans Au bal des actifs. Demain le travail, respectivement Grand prix de l’Imaginaire 2006, 2020, dans la catégorie « roman francophone », et  2018 dans la catégorie « nouvelle francophone ». Avec Les furtifs, il a accédé au club très fermé des auteurs qui touchent aussi bien les lecteurs de science fiction que de littérature blanche. Fidèle à sa dénonciation de l’aliénation de la liberté par la technologie, son dernier opus Scarlett et Novak, destiné à la jeunesse, vient de sortir chez Rageot.

Date :
Vendredi, 14 mai 2021 20:00 → 21:30
Lieu :

Salle M
Rue Ravenstein, 23
1000 – BRUXELLES

Langue :

Français

Remarques :

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[Source : http://www.bozar.be]

Compuesto en 1973, el tema de Spinetta es escudriñado por Eduardo Berti en un libro, y sirvió de inspiración para el disco Te, de Diego Schissi Quinteto.

Escrito por MARIANO DEL MAZO

“’Por’ nació en el invierno de 1973, en un momento muy especial para nosotros dos, a meses de enamorarnos. En un cuarto donde se estaban cocinando los temas para el disco solista Artaud y donde la lectura surrealista impregnaba el espacio. Una noche, Luis con su guitarra y yo con cuaderno y lapicera en mano, comenzamos a darle forma a ese tema, con una sucesión de palabras que de alguna manera nos representaban. Las escribimos aleatoriamente, en un momento de comunión. Fuimos escribiendo en orden, buscando que encajasen con la métrica y la melodía. No puedo recordar quién dijo qué, todo lo que puedo decir es que fue una forma de conocernos más profundamente. No hubo intención de un juego intelectual ni nada prefijado. Fue un acto espontáneo”.

Patricia Zalazar, agosto de 2018.

El texto es uno de los prefacios de Por. Lecturas y reescrituras de una canción de Luis Alberto Spinetta (Gourmet Musical), de Eduardo Berti. El libro transita un camino en el que se mezclan lo lúdico, el surrealismo, non sense, el movimiento OuLiPo, la asociación libre, todo alrededor de esa pequeña canción del disco Artaud (1973) compuesta de 47 palabras: 46 sustantivos y la preposición “por”, que la titula. El texto de Zalazar –mujer de Spinetta durante veinte años, madre de sus cuatro hijos- testimonia una coautoría amorosa sin jactancias intelectuales. Pero la canción –en su inmediatez, en su estructura libre- quedó latiendo agazapada entre la canonización de Artaud como un punto de partida de otras audacias artísticas, como una ventana abierta.

Julieta Venegas

Mientras Berti daba forma a su inclasificable libro, Diego Schissi trabajaba sobre las palabras que constituyen Por. Berti, desde Francia, la tierra  de los poetas que iluminaban y atormentaban a Spinetta a principios de los ’70; Schissi desde su quinteto, un país en sí mismo. Después de décadas de dar vueltas alrededor de las encrucijadas que propone el tango de estos tiempos (no es casual que el primer disco del quinteto se llame Tongos), el quinteto se consolidó como una experiencia tonificante y, a su manera, revolucionaria. Nadie ni nada suena hoy, en el mundo, como el Diego Schissi Quinteto.

El merodeo spinetteano del músico derivó en el flamante disco Te. Espejado simétricamente con el libro de Berti, en este caso el Por significó una multiplicación. “A Eduardo lo conozco a partir del libro de entrevistas Spinetta, e iluminaciones, que devoré en su momento –dice Schissi -. Nunca nos conocimos personalmente. Hace unos años recibí un mail de él. Me contaba que se había enterado de que estábamos trabajando en lo que terminó siendo Te y para contarme sobre su libro. Me pidió ayuda para transcribir la canción a pentagrama, que después incluyó en el libro. Es una gran casualidad que los proyectos se hayan concebido a la par sin saberlo. O tal vez no sea tan casual: está Spinetta de por medio, con su capacidad de agitar las voluntades”. Desde Burdeos, donde reside, Berti coincide y completa: “Nuestro contacto modificó mi libro. Cuando Diego me contó que estaba usando las palabras como ‘títulos’, o como disparadores, me empujó a ahondar algo que todavía no había explorado en mis diferentes lecturas y reescrituras de la letra”.

Te, efectivamente, está compuesto por 18 piezas propias que se titulan como algunas de las palabras utilizadas en Por, más una versión de la misma canción inspiradora de Spinetta, ubicada en la lista de temas como cierre del álbum. Te es parte, digamos, de un plan: es un eslabón de una secuencia conceptual de discos cuyos títulos comienzan con la letra “t”, que es la “t” de tango: Tongos (2010), Tipas y tipos (2012), Timba (2016) y Tanguera (2018). La agrupación logró esquivar la sombra espesa de los formidables quintetos de Astor Piazzolla y fraguó, disco a disco, una propuesta vigorosa y originalísima dentro –y fuera- del tango del siglo XXI. Schissi se nutre de diferentes fuentes y, siempre, apunta a una idea integral. El disco como álbum; la trayectoria como obra.  Es un vicio sedimentado en su adolescencia rockera. Así, habla del quinteto como “una banda” y en ese sentido –un sentido grupal- no abandona la primera persona del plural. Como para que quede claro que la música que se escucha en Te, como la de toda la historia del quinteto, pertenece a una entidad abigarrada y al mismo tiempo monolítica: “Tenemos una tendencia involuntaria a lo conceptual.  Es fruto de aquellos viejos discos de Genesis y Yes, que a su vez debían inspirarse en obras clásicas de largo aliento. No lo planteamos como algo pretencioso. Es más bien el antídoto que encontramos al caos de la creación. A veces no se sabe de dónde vienen las ideas, ni adónde van. El hecho de usar un vector de encuentro de ideas dispersas es una manera de ponerles un borde, un límite: en definitiva, un orden. Creo que se puede escuchar como un todo y también como piezas sueltas, a gusto del oyente”.

Julieta Venegas

Más allá del principio ordenador spinetteano –“al fin, una excusa, nada trascendente”, dirá Schissi-, Te es un disco extraordinario. El formato da el aire suficiente como para que los integrantes cubran los espacios y en el mismo gesto liberen sus músicas. Se los escucha arrasadores y tan felices como se los veía en tiempos de normalidad en las gloriosas noches del Bar Virasoro. Santiago Segret en bandoneón, Guillermo Rubino en violín, Juan Pablo Navarro en contrabajo e Ismael Grossman en guitarra son solistas en potencia. De hecho varios encaran proyectos paralelos, como el maravilloso Juan Pablo Navarro y su septeto.

“Me preguntan –dice Schissi- qué clase de discos hacemos. La verdad es que nos lleva un tiempo entenderlos. Somos un grupo de la Argentina, del sur del sur, del confín sudamericano, y hacemos lo que queremos bastante, pero lo que podemos aún más. Producir un disco es posible pero bastante caro y necesita alinear muchas personas en tiempo y lugar. Una vez que se dan las condiciones no se puede dudar mucho. Hay que hacer. No sé si entendemos bien de qué va este disco. Creo que se une con nuestros trabajos anteriores, como parte del mismo recorrido. Es una estación más, un punto en el camino y seguimos en tránsito, buscando por dónde andar. Seguimos más entusiasmados que nunca, lo cual es un pequeño gran milagro”.

Pequeño gran milagro, de eso se trata. Acaso ya no importe el futuro del tango. Imposible saber si es una causa perdida, si se va a convertir en una música de elite, si la globalización y las nuevas tecnologías pudrieron toda posibilidad de desarrollo e impacto popular de las músicas de países periféricos. Existe el Diego Schissi Quinteto, una luz en el camino, pero también una posta incierta suspendida entre el pasado y el futuro de lo que en el invierno de 1973 Spinetta garabateó con su novia en su cuarto de Bajo Belgrano.


Conduce los programas Flores Negras, en Nacional Rock, y La Hora de los Magos, en Radio Ciudad. Escribió con Pablo Perantuono “Fuimos reyes“ (Planeta), una biografía sobre los Redonditos de Ricota. Y “Entre lujurias y represión. Serú Girán, la banda que lo cambió todo” (Sudamericana). En Twitter es @mdelmazoposta.

 

[Fuente: laagenda.buenosaires.gob.ar]

Conforme o aumento da presença das pessoas nas ruas durante a pandemia era detectado a partir de dados de localização compartilhados entre os setores empresarial e governamental, as imbricações do capitalismo de vigilância – que passa pelas plataformas de redes sociais – começaram a ser amplamente questionadas

As redes de wi-fi pode ser ferramentas de vigilância também

Passageiro com celular no aeroporto Internacional Juscelino Kubitschek (Crédito: Marcelo Casal Jr/Agência Brasil)

Escrito por Mariana Gomes

O aumento vertiginoso do número de infecções pelo coronavírus SARS-CoV-2 no Brasil coincidiu com um curioso crescimento do setor de tecnologia. Em abril de 2020, os valores do mercado de eletrônicos já estavam 30% mais caros do que no primeiro trimestre do mesmo ano. Em maio, o Ix.br, setor do Comitê Gestor da Internet (CGI.br) que promove a infraestrutura de internet no país, detectou 11 Tbps de tráfego de dados na rede, batendo o recorde histórico de 10 Tbps – consolidado em março anterior.

No período de setembro a outubro de 2020, 49% dos usuários de internet no Brasil já realizavam atividades de trabalho remotamente; 64% acompanhavam transmissões de áudio ou vídeo em tempo real e 72% buscavam informações relacionadas à saúde, segundo o Painel TIC Covid-19, do Cetic.br (Centro Regional de Estudos para o Desenvolvimento da Sociedade da Informação/CGI.br). “As pessoas tiveram de mudar, de maneira abrupta, do físico para o digital, ainda que muitos não estivessem preparados”, relata Flávia Carvalho, advogada especializada em direitos digitais.

Por outro lado, ao longo de 2020 nos deparamos com ataques cibernéticos a candidaturas eleitorais de pessoas LGBTs, mulheres, negros e indígenas, assim como a invisibilização da nova onda de protestos do movimento Vidas Negras Importam pelas plataformas de mídias sociais digitais. Também lidamos com a proposta do Cadastro Base do Cidadão[1] apresentada pela Presidência do Brasil e com os obstáculos on-line à distribuição do auxílio emergencial. Um ambiente complexo que nos levou a repensar o que em geral conhecemos como vigilância.

Privacidade não é luxo

O Brasil fechou o ano de 2019 com 134 milhões de pessoas acessando a internet, segundo o levantamento TIC Domicílios do Cetic.br. Contudo, 2020 é o ano que transforma profundamente nossos usos dessa tecnologia até aqui. Com a necessidade de cadastro on-line para recebimento do auxílio emergencial, ficava evidente que privacidade não é artigo de luxo.

Todo “esse movimento não veio acompanhado de uma educação digital necessária, tampouco do fortalecimento dos mecanismos de segurança. Então, como resultado, estamos ultrapassando uma grande onda de fraudes, ataques de ransomware[2], vigilantismo”, avalia Flávia Carvalho.

Conforme o aumento da presença das pessoas nas ruas durante a pandemia era detectado a partir de dados de localização compartilhados entre os setores empresarial e governamental, as imbricações do capitalismo de vigilância – que passa pelas plataformas de redes sociais – começaram a ser amplamente questionadas. Não à toa, a decisão do Whatsapp de compartilhar dados pessoais e conversas com o Facebook desdobrou-se em protestos já em janeiro de 2021. Pela influência de defensores dos direitos digitais, a big tech resolveu adiar a nova medida para 15 de maio.

“O monopólio das redes sociais desfavorece o alcance de postagens de alguns grupos políticos. Além de casos de monitoramento, espionagem, falta de transparência e suspensão de usuários que fazem denúncias de cunho racial. Ao passo que essas mesmas redes adotam uma postura condescendente sobre manifestações de racismo, xenofobia, misoginia e diversos crimes de ódio a grupos minorizados”, explica Bárbara Aguilar, programadora e fundadora do Kilombotech.

A pressão política também surge das disputas em torno da Lei 13.709/2018, mais conhecida como Lei Geral de Proteção de Dados (LGPD), que entrou em vigor em agosto de 2020, mesmo mês em que o Brasil chegava aos 100 mil mortos pela Covid-19. As alterações propostas pela legislação impactam desde as big tech até as pequenas empresas de tecnologia.

No caso da plataforma AfroSaúde, por exemplo, a LGPD impacta desde o momento de sua fundação. “Conseguimos alinhar-nos, desde o início lá em 2019, para que o nosso principal produto estivesse de acordo com as diretrizes da LGPD. Hoje, com a plataforma em funcionamento e a lei em vigor, podemos assegurar que a coleta das informações dos usuários está de acordo com a LGPD”, argumenta Igor Leonardo, cofundador da healtech brasileira.

A AfroSaúde promove a visibilidade de profissionais negros da saúde e conecta com os pacientes que procuram por um serviço qualificado e atento aos aspectos raciais na mesma área. Durante a pandemia, com apoio de outras oito entidades, criou o TeleCorona, projeto de telefone gratuito e canal de respostas on-line para auxiliar moradores de bairros periféricos a conter a propagação do vírus e a desinformação.

Além da internet – vigilância e opressão

A partir da internet é possível desenvolver outras tecnologias. Atualmente a rede não conecta somente pessoas e computadores, mas também dispositivos diversos entre si, na chamada Internet das Coisas. Os dados pessoais e de experiência coletados massivamente na interação entre múltiplas ferramentas do nosso dia a dia fomentam o caminhar de outras inovações, como a inteligência artificial (IA), a nanotecnologia e a impressão 3D.

“A urgência de contenção da pandemia tem sido utilizada como justificativa para sedimentar o discurso de controle e vigilância cibernética, porém deve ser acompanhada com atenção para não influenciar o fortalecimento de práticas de vigilância em massa nos próximos tempos”, avalia a especialista Bárbara Aguilar.

Os negócios de vigilância mobilizados a partir do big data ou da IA são treinados primordialmente em regiões e populações que não estão no centro do ocidente. No caso da inteligência artificial, as ruas das grandes capitais brasileiras têm-se tornado, desde 2019, celeiro de teste a partir de políticas de segurança pública. Apesar do afã do mercado sobre o uso de IA no contexto de “guerra às drogas”, por exemplo, dos 151 casos de pessoas presas com informação de raça e cor só naquele ano, 90,5% eram negras – conforme levantamento da Rede de Observatórios de Segurança.

Imagem do centro de vigilância da Secretaria de Segurança Pública da Bahia.

Diferente do que corre no senso comum – e até mesmo em setores da produção tecnológica –, computadores não são máquinas neutras, à prova de erro e desconexos da cultura. Quem programa os sistemas e trata as bases de dados o faz a partir de suas intenções, crenças e expectativas. “A inteligência artificial precisa ser treinada para responder com maior assertividade, porém, hoje, os principais provedores de softwares de reconhecimento facial possuem altos níveis de vieses raciais e de gênero”, explica Aguilar.

Durante a pandemia, vimos no Brasil protestos de combate ao racismo e ao fascismo, em que os manifestantes se colocaram no risco de contrair a doença para defender valores democráticos. As máscaras até dificultam a identificação por câmeras de reconhecimento facial que utilizam inteligência artificial e são operadas pelas polícias, contudo, o uso da força nesses casos foi desproporcional em relação ao empregado nos protestos de apoiadores da Presidência da República no mesmo período.

No contexto de economias giradas pelo capitalismo de vigilância, parte dos grupos beneficiados em razão da raça, do gênero e do território, mas à margem das decisões do capitalismo de dados, também são afetados pelas técnicas de vigilância. No entanto, o acirramento das políticas de fronteiras internacionais e lockdowns setorizados na pandemia, retendo, principalmente no Brasil, moradores das periferias, demonstram que os alvos históricos da desumanização lidam com o acúmulo de violências a partir das inovações tecnológicas para vigilância.

“Existe a preocupação sobre o tratamento desses dados coletados, uma vez que a LGPD trouxe exceções sobre a aplicação de suas normas para fins de segurança pública. As situações serão regidas por legislação específica que até agora não foi criada, gerando insegurança jurídica e terreno fértil para arbitrariedades”, explica Flávia Carvalho.

Vigilância como resistência

Como escreve Simone Browne, professora associada da Universidade do Texas em Austin em seu livro Dark Matters: On The Surveillance of Blackness, os debates sobre vigilância continuam a desenvolver-se sem perceber como sistemas de vigilância se desenvolvem através da racialização. Produzido em sintonia com os estudos de Steve Mann e em análise feminista negra sobre os aspectos raciais depois do panóptico de Bentham[3], Browne analisa os aspectos de raça implicados na vigilância, partindo dos navios negreiros até os aeroportos e a internet. A pesquisadora então cria uma abordagem sobre vigilância que também nos permita traçar o registro de experiências de liberdades no contexto da escravidão.

Uma dessas memórias de liberdade remonta aos idos 1848 nos Estados Unidos. Ellen e William Craft, duas pessoas negras até então escravizadas, saíram do estado da Geórgia, sudeste do país, rumo à liberdade, mas não como o casal que eram. Mulher negra de pele clara, Ellen conseguia muitas vezes passar-se por branca. Ela era filha de uma mulher negra “mestiça”[4], escravizada, e um homem branco, dono de escravos. Ao resgatar essa história, a pesquisadora Simone Browne revela que, viajando em trens e navios, Ellen driblou as expectativas de raça e gênero, apresentando-se como um homem branco, o suposto Sr. William Johnson. No disfarce, ela fingia ser dona de William Craft, seu marido. Dessa maneira, jogando com as regras dos sistemas de vigilância da época, o casal garantiu a liberdade.

Aqui no Brasil, a vigilância tem um sentido caro às populações indígenas, no que diz respeito à proteção de suas terras. Isso não tem sido diferente no contexto da pandemia. Contudo, essas populações têm lançado mão de novas técnicas a partir das tecnologias digitais, principalmente das redes sociais.

Em agosto de 2020, quando o Brasil alcançava a marca de 100 mil mortos por Covid-19, a aldeia Novos Guerreiros, da etnia pataxó, no sul da Bahia, foi ameaçada de reintegração de posse, após pedido da empresa Sky Dream Escola de Pilotagem, que tentou se apoderar de uma área da aldeia ocupada por 24 famílias. “Se não fosse nosso modo de vigilância, teria sido pior”, afirma Thyara Pataxó, liderança da aldeia Novos Guerreiros.

Protesto na aldeia Novos Guerreiros, da etnia pataxó, no sul da Bahia (Crédito: Emerson Pataxó)

Com a ameaça de perda das terras, a comunidade Novos Guerreiros mobilizou-se a partir das redes sociais para fazer valer a decisão do Supremo Tribunal Federal, de 6 de maio de 2020, que determinava a suspensão de todos os processos judiciais de reintegração de posse e anulação de terras indígenas.

“Antes íamos até Brasília para tentar derrubar uma liminar, mas, com todas as secretarias fechadas na pandemia, é impossível. Então escolhemos usar o celular de maneira consciente, postando fotos e vídeos da tentativa de reintegração de posse”, explica Thyara Pataxó, que é graduanda em Agroecologia pela Universidade Federal do Recôncavo da Bahia (UFRB).

A aldeia Novos Guerreiros localiza-se entre as cidades de Santa Cruz Cabrália e Porto Seguro, ao lado de outras 37 comunidades pataxós. As aldeias mais distantes do centro urbano não acessam televisão ou rádio. Entretanto, comunidades como a Novos Guerreiros acessam a internet, sobretudo por dados móveis nos celulares. Por meio de provedoras rurais de acesso à internet, são negociados também pacotes de wi-fi que auxiliam na comunicação entre as aldeias e nas escolas das comunidades.

A liderança relata ainda que os povos indígenas já vivem, desde antes da pandemia, em certa forma de isolamento, saindo das suas comunidades para resolver o que é necessário. “Esse modelo é o que nos faz bem hoje. Sentimo-nos confortáveis”, comenta a líder pataxó.

Ainda que usar as redes sociais para defesa dos direitos civis e políticos não seja mais novidade, as comunidades originárias têm muito a dizer sobre planejamento da vigilância como resistência. “De imediato, quando soubemos da Covid-19, colocamos o cadeado na entrada da comunidade. Fazíamos revezamento entre grupos de mulheres e homens, com álcool em gel e máscara, passando informações para quem não acreditava na pandemia. A vigilância que fizemos nas aldeias foi importante pela questão de suporte coletivo”, avalia Thyara Pataxó.

Com o acesso limitado à internet na região, o auxílio emergencial não chegou à maioria das famílias indígenas. Somado ao turismo em baixa, houve escassez de alimentos e outros insumos nas aldeias. Para solucionar o impasse, as comunidades pataxós do sul da Bahia organizaram-se para gerar renda por meio do comércio on-line. “Nós voltamos a cultivar nossos conhecimentos tradicionais, plantando e colhendo de três em três meses. Foi importante, porque, enquanto etnia pataxó, vivemos muito do artesanato, mas a gente não pode ficar à mercê de uma (única) fonte de renda. Além de vender a colheita, começamos a vender os artesanatos das aldeias pela internet”, afirma a liderança de Novo Guerreiros.

Hoje, os desafios em relação aos sistemas de vigilância são imensos: dificuldades de acesso à internet, “políticas de diversidade” segregadoras e algoritmos de redes sociais que minam a visibilidade de grupos historicamente desumanizados. Não esqueçamos também das corporações privadas que se satisfazem com a “guerra às drogas” e o desrespeito às comunidades tradicionais, lucrando com o uso do aparato tecnológico. Infelizmente o aumento da vigilância como estratégia de resistência não significa a diminuição da vigilância como tática de coerção. Assim, devemos questionar-nos: quais experiências de liberdade permitiremos daqui para frente? Já é mais que necessário abrir espaço nos altos postos de decisões para os saberes pioneiros das comunidades tradicionais, indígenas e negras, de LGBTs e mulheres em relação à miríade da vigilância.

Mariana Gomes, jornalista e cofundadora da Plataforma Conexão Malunga. Liderança negra apoiada pelo Fundo Baobá, é pesquisadora do Centro de Estudos e Pesquisa em Análise do Discurso – UFBA.

[1] Uma base de dados integradora de várias bases da administração pública que vai crescendo na medida que mais órgãos integram o cadastro. Com potencial de gradualmente reunir uma ampla diversidade de dados pessoais de toda a população brasileira, inclusive dados sensíveis, sem transparência ou explicação a respeito de finalidade específica de acesso a esses dados.

[2] Um tipo de código malicioso que torna inacessíveis os dados armazenados em um equipamento, geralmente usando criptografia, e que exige pagamento de resgate (ransom) para restabelecer o acesso ao usuário.

[3] Panóptico é um termo utilizado para designar uma penitenciária ideal, concebida pelo filósofo e jurista inglês Jeremy Bentham em 1785, que permite a um único vigilante observar todos os prisioneiros, sem que estes possam saber se estão ou não sendo observados.

[4] Nesta oportunidade, opta-se por mestiça para a tradução livre do termo “mixed race”, que, na língua inglesa, refere-se a pessoas nascidas de junções interraciais. Ao mesmo tempo, compreende-se que, na experiência brasileira, após as denúncias do mito da democracia racial, este termo tem sentido pejorativo. Contudo, o termo “parda” não seria adequado nesta tradução, visto as diferenças entre Brasil e EUA.

 

 

[Fonte: http://www.diplomatique.org.br]

Pelo menos dezesseis povos indígenas da Amazônia Legal que tiveram contato com a Covid-19 têm idiomas ameaçados de desaparecimento

Ilustração: Carvall

Escrito por Gustavo Queiroz
Em janeiro deste ano, o indígena Pedro Arthur Kampé foi internado no Hospital Municipal de Alta Floresta d’Oeste, em Rondônia, com sintomas de gripe e cansaço. Chegou a receber alta e foi acompanhado pela Casa de Saúde Indígena do município. Os sintomas voltaram em menos de uma semana, e Pedro, de 84 anos, não sobreviveu à segunda internação. Deixou oito sobrinhos e cerca de quarenta sobrinhos-netos. Mas a morte de Pedro Arthur foi também um golpe para a memória indigena: ele era o último falante pleno do kampé, uma variante da língua sakurabiat, do ramo tupari. Desde o início da pandemia, a Covid-19 atinge povos indígenas com força avassaladora e escancara um problema: a morte dos últimos anciãos de um povo muitas vezes significa o desaparecimento completo de línguas originárias.

Até o dia 26 de abril, 1.048 indígenas morreram de Covid no Brasil – mais do que o total de mortos pela doença em países como Austrália e Moçambique – segundo levantamento autônomo da Articulação dos Povos Indígenas do Brasil (Apib). Deste total, ao menos dez eram de povos cujos idiomas estão listados como “criticamente ameaçados” no Atlas Mundial das Línguas em Perigo, da Unesco. Se considerados todos os povos da Amazônia Legal que tiveram algum contato com a doença, há dezesseis idiomas em risco de desaparecimento. Em culturas que dependem do conhecimento oral para a sobrevivência de sua identidade, cada morte é sentida por uma aldeia inteira. Em todo o Brasil, foram 52,9 mil casos confirmados de Covid entre indígenas em 163 povos, mais da metade dos 305 existentes no país.

De acordo com a linguista Ana Vilacy, pesquisadora do Museu Paraense Emílio Goeldi, Pedro Arthur era membro dos siokweriat – um dos subgrupos da etnia sakurabiat. “Os sakurabiat são os remanescentes de um povo que sofreu uma drástica redução populacional a partir dos primeiros contatos com não indígenas”, explica Vilacy. Quando deixou a Terra Indígena Rio Mequéns e se mudou para a TI Rio Branco, ambas em Rondônia, Pedro Arthur passou a identificar-se também como kampé, bem como o idioma falado por ele – uma variedade linguística do sakurabiat, língua que agora conta com apenas doze falantes fluentes em todo o mundo. “A gente perdeu um historiador, um livro. Era uma pessoa muito boa, muito gentil”, afirma o professor Raul Tupari, parente de Pedro.

O levantamento da Unesco elenca 45 línguas indígenas brasileiras na categoria “criticamente ameaçada”, nível que levanta o maior alerta de perigo. Uma delas é o yawalapiti, idioma do povo de mesmo nome – e cujo risco de desaparecimento aumentou após a morte do ancião Aritana Yawalapiti, de 71 anos, por Covid-19, em 5 de agosto de 2020. Após quinze dias de internação, o líder indígena morreu na mesma data em que o Supremo Tribunal Federal (STF) obrigou o governo federal a tomar medidas para proteger comunidades indígenas do avanço do coronavírus. Por maioria, os ministros referendaram uma liminar no âmbito da Arguição de Descumprimento de Preceito Fundamental (ADPF) 709, que denunciava a omissão das autoridades na gestão da crise.

Aritana Yawalapiti era um líder reconhecido do Alto Xingu, região localizada dentro do Parque Indígena Xingu, área no Mato Grosso demarcada em 1961 e onde vivem dezesseis povos. Mas para ele a decisão do STF chegou tarde. Em seu povo, agora apenas sete pessoas vivas têm domínio pleno do idioma, destacou Tapí Yawalapiti, filho de Aritana, ao defender sua dissertação de mestrado em Linguística na Universidade de Brasília (UnB). Intitulada Documentação da Língua Yawalapíti: uma língua que não deve morrer, foi uma homenagem ao pai. “O significado da língua é a identidade de um povo, é o documento do povo, então através dela a gente se reconhece”, conclui a dissertação.

Tapí Yawalapiti com seu pai, Aritana – Foto: acervo pessoal/Tapí Yawalapiti

O último censo do IBGE, realizado em 2010, apontou a existência de 274 idiomas indígenas no país – o número total varia de acordo com a metodologia de análise dos troncos linguísticos, e o mais aceito por especialistas circula entre 150 e 170. Estima-se que, no início do século XVI, 1.078 línguas eram faladas por aqui. Isso significa que, no melhor cenário, a cada dois anos de história do Brasil três línguas indígenas deixaram de existir. Além daquelas em risco máximo, há ainda outras 145 línguas “em perigo” no Brasil. Esse silenciamento das línguas originárias tem várias razões – a redução populacional, a pressão social para uso do português e a quebra de transmissão entre gerações são apenas algumas delas, explica Ana Vilacy. A morte de línguas resultante desse “deslocamento linguístico” é chamada de glotocídio. “Se você não tem acesso à própria cultura, não tem o ensino nas escolas e ninguém fala, a língua torna-se restrita. Ela é empurrada e fica naquele pequeno espaço fechado, reduzido”, conclui.

A Covid-19 vem na esteira de vários outros problemas, como a ostensiva atividade mineradora em terras indígenas no Pará e o aumento das queimadas na Amazônia, aponta levantamento do MapBiomas. Análise do Conselho Indigenista Missionário (Cimi) também mostra que, no primeiro ano de gestão do governo de Jair Bolsonaro, os casos de violência contra povos indígenas aumentaram. A invasão e exploração ilegal de recursos mais que dobraram em relação a 2018. Monitoramento do Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais (Inpe) também indica que 2019 bateu recorde no aumento do desmatamento sobreposto a áreas indígenas da Amazônia. Foram 490,78 km² dizimados – a maior desde o início da série histórica, em 2008.

“tratamento precoce” – e sem comprovação científica – contra a Covid-19, estimulado pelo governo federal, fez vítimas entre os indígenas. Foi administrado ao ancião e último guerreiro da etnia juma, Aruká Juma – atendido inicialmente em Humaitá (AM) e depois levado para Porto Velho (RO), onde morreu de Covid-19 em meados de fevereiro. A informação foi compartilhada por uma funcionária da Casa de Atendimento de Saúde Indígena (Casai) de Humaitá, órgão do Ministério da Saúde, e divulgada pela agência Amazônia Real. Em nota, a Coiab lamentou: “O último homem sobrevivente do povo juma está morto. Novamente, o governo brasileiro mostrou-se criminosamente omisso e incompetente. O governo assassinou Aruká. Assim como assassinou seus antepassados, é uma perda indígena devastadora e irreparável.” A redução populacional dos juma segue a mesma fórmula dos umutina e sakurabiat: caiu de 12 mil índios no século XVIII para apenas quatro, de acordo com o Instituto Socioambiental (ISA). Segundo a família, Aruká falava poucas palavras em português e guardava um mar de conhecimentos sobre a língua.

Os dados oficiais sobre a Covid dentro dos territórios indígenas homologados ainda são insuficientes. Levantamento de setembro passado da ONG Open Knowledge Brasil apontava que, na Amazônia Legal, apenas 56% dos estados divulgaram informações sobre etnias indígenas afetadas pela doença. Documento do Comitê Nacional pela Vida e Memória Indígena denuncia que muitas vezes os indígenas são classificados como “pardos” nas fichas de identificação. Estudo publicado na revista Frontiers in Psychiatry indicou que a mortalidade por Covid entre povos da Amazônia Legal é 110% maior que a média brasileira. Os pesquisadores usaram dados da Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira (Coiab). Se fossem consideradas as informações da Secretaria Especial de Saúde Indígena (Sesai), a taxa seria reduzida pela metade.

Em nota, o ministério da Saúde afirmou que a Sesai desenvolve estratégias de proteção, prevenção, diagnóstico e tratamento da Covid-19 desde o início da pandemia. “Junto com o Ministério da Defesa, a Sesai realizou vinte missões interministeriais em aldeias, onde foram feitos mais de 60 mil atendimentos. Todos os Distritos Sanitários Especiais Indígenas receberam, também, mais de 6,6 milhões de itens de insumos, como testes para Covid-19, medicamentos e EPI”, informa. Com as especificidades da ADPF 709, os povos indígenas passam a ter prioridade no Plano Nacional de Operacionalização da Vacinação contra a Covid. A Sesai calcula que 907 mil doses serão necessárias para imunizar essa população. Até o último dia 26, 77% dos indígenas aldeados receberam a primeira dose da vacina.

Procurada pela piauí, a Funai afirmou que, por meio da Coordenação de Processos Educativos (Cope), apoia processos para valorizar línguas, culturas, conhecimentos, saberes e práticas tradicionais. Destacou que o Museu do Índio atua nessa área por meio do Projeto Salvaguarda de línguas indígenas, proveniente de acordo com a Organização das Nações Unidas para a Educação, a Ciência e a Cultura (Unesco), com a formação de pesquisadores indígenas para a documentação e línguas e culturas dos povos originários. No âmbito da proteção territorial, destaca que realizou 306 ações em 2214 Terras Indígenas desde o início da pandemia para coibir ilícitos como extração ilegal de madeira, garimpo, caça e pesca predatórias. A Funai afirmou ainda que distribuiu 600 mil cestas básicas a famílias indígenas e investiu 46 milhões de reais em ações preventivas contra a Covid.

Em meados de dezembro de 1985, o linguista Gilvan Müller de Oliveira iniciou uma série de entrevistas com a última falante da língua indígena umutina. O pesquisador recém-formado realizava encontros diários para um trabalho de recuperação do idioma, a pedido da Fundação Nacional do Índio (Funai). Mas a entrevistada Kozakaru Umutina resistia, emocionava-se, e as perguntas precisavam ser interrompidas. A anciã havia passado trinta anos sem falar o próprio idioma, suprimido após incontáveis repressões desde o primeiro contato de seu povo com não indígenas, em 1911. Um desses massacres foi também uma epidemia, agora de sarampo, que dizimou um terço da aldeia. “Eu diria que essa experiência da Kozakaru é um cristal que reflete para todos os lados muitas situações semelhantes e igualmente trágicas que vêm acontecendo todos os dias”, afirma Müller.

O linguista percebeu que, para a anciã Umutina, falar a própria língua era motivo de sofrimento, e decidiu não dar continuidade ao projeto. Voltou a Brasília com 190 palavras anotadas e 60 minutos em vídeo. Após a morte de Kozakaru, um irmão dela que retornou à aldeia ainda falava o idioma materno. “A língua surge em determinados momentos, sendo um monumento da memória, da identidade, das relações culturais e da própria memória da perda”, explica Müller, hoje professor da Universidade Federal de Santa Catarina (UFSC). No caso do indígena Pedro Arthur Kampé, a morte dele pode não significar o fim do idioma. Para Leonio Kampé, ainda não é tarde para revitalizar o idioma de seu tio-avô, já que algumas pessoas aprenderam elementos da língua e agora podem tentar resgatá-la.

Uma das mais importantes iniciativas de resgate de idiomas indígenas foi preservada por acaso do fogo que consumiu boa parte do acervo do Museu Nacional, no Rio de Janeiro. No dia do incêndio, o Estudo Sincrônico de Línguas Indígenas do Alto Xingu estava em processo de higienização e, por isso, não se encontrava no terceiro andar do prédio, local em que ficavam as demais publicações desse tipo. Digitalizado um ano depois pelo Centro de Documentação de Línguas Indígenas (Celin), ele apresenta um vocabulário inédito da língua Yawalapiti documentado em 1977 pela então professora da Universidade Federal do Rio de Janeiro Renata Bondim. O texto dispõe de 2.784 verbetes que auxiliam linguistas como Tapí a manter viva a memória yawalapiti.

Segundo a fundadora da Associação de Defesa Etnoambiental Kanindé, Ivaneide Cardozo, os juma também têm a oportunidade de manter o idioma vivo depois da morte do ancião Aruká Juma. “Não é verdade que Aruká era o último falante da língua. As filhas dele sabem falar também.” As três filhas e os netos continuam a estudar o próprio idioma. “Estamos na vez de aprender a falar mais a língua do povo juma”, afirma Puré Juma Uru Eu Wau Wau, de 19 anos, neto de Aruká e presidente da associação do povo Indígena Juma-Jawara Pina. “O desejo é manter a verdadeira língua indígena do juma na aldeia e passá-la para as próximas gerações.”

Em Rondônia, estado que concentra mais de vinte línguas de povos originários, apenas três anciãos tinham conhecimento do idioma puruborá até o início do ano passado, data em que Eliézer Puruborá faleceu após contrair Covid-19. Um ano depois foi a vez de Nilo Puruborá, de causas naturais. Agora resta apenas um último falante idoso: Paulo Aporeti Puruborá, de 90 anos presumidos. Mas o trabalho de documentação da língua realizado pelos puruborás com Ana Vilacy e outros pesquisadores pode contribuir para a revitalização do idioma. Junto com os anciãos, o povo organizou o “Vocabulário Ilustrado de Animais na Língua Puruborá” e outros materiais de documentação que agora são utilizados por professores indígenas para ensinar os mais novos.

A política da diversidade linguística no Brasil vai completar apenas onze anos e tem como carro-chefe o Inventário Nacional da Diversidade Linguística – instrumento de reconhecimento de línguas como patrimônio cultural. Em paralelo, a política de cooficialização de línguas permite que os municípios tomem decisões de tornar oficial, junto com o português, outra língua presente em seu território. “Essas políticas contrabalançam esse momentos de ameaça, mas não chegam a garantir que essas línguas saiam dessa posição”, afirma Müller. O linguista entende que é necessário trazer as línguas para o âmbito público e utilizar tecnologias conhecidas de documentação. A pesquisadora Vilacy reforça: “As políticas públicas devem prezar pela manutenção da vida, além da garantia da terra, junto com políticas que garantam educação e alternativas de trabalho nas aldeias. Está tudo relacionado. Eles dizem: ‘Precisamos continuar vivos.’ A língua precisa ter falantes. Só vai permanecer se tiver pessoas vivas.”

O linguista australiano Christopher Moseley ficou sabendo da morte de Aritana Yawalapiti por meio da imprensa internacional – o ocorrido foi noticiado por New York Times, Reuters Washington Post. Além de ter sido o editor-chefe da última versão do Atlas da Unesco, Moseley é membro da Foundation for Endangered Languages, organização que atua com a conscientização, monitoramento e apoio à documentação e propagação de línguas sob risco de desaparecer. Ele reforça que trabalhos como o de Tapí são essenciais para a manutenção de línguas indígenas: “Boas documentações, materiais educativos adequados e professores qualificados podem aumentar o prestígio de uma língua aos olhos das crianças.” O pesquisador elenca ações possíveis em um período de pandemia, como a tradução e divulgação de informações de saúde na língua originária. A Unesco instituiu a “Década das Línguas Indígenas” para os próximos dez anos.

No Alto Xingu, Tapí não tem pretensões de assumir o lugar de Aritana, chamado de “articulador de mundos”. Quer ser exemplo para os mais jovens e ajudar a preservar, além da língua, a cultura de seu povo. “Aprendi com meu pai e hoje estou aplicando na prática o que me passou, me preparou e me ensinou”, afirmou o linguista à piauí. “A minha luta hoje é documentar nossa língua materna e fazer livros didáticos para os professores indígenas trabalharem com as crianças.” Ao documentar o idioma originário de seu povo, Tapí tenta mantê-lo vivo. Mas sabe que a língua só fica viva se aqueles que a utilizam também sobreviverem.

[Fonte: http://www.piaui.com.br]

Escrito por Marcio Pochmann

A ascensão da globalização tem sido acompanhada pelo deslocamento do poder dos Estados nacionais para as corporações privadas transnacionais que monopolizam estruturas da competição capitalista, concentrando o comando econômico e as informações e análises para a tomada de decisões estratégicas. Por coletarem, armazenarem e sistematizarem informações à margem de qualquer tipo de comitê de ética, as corporações privadas estrangeiras das big techs (Google, Facebook, Apple, Amazon e Microsoft), por exemplo, já detêm um conjunto de dados pessoais – em uso por sistemas próprios de algoritmos – superior ao sistema público de produção e difusão do conhecimento nacional.

O atual abandono do Censo Demográfico no Brasil, promovido pelo governo Bolsonaro, constitui mais um prego no caixão a recepcionar o enterro da soberania nacional. A marcha fúnebre atual do apagão nos dados e estatísticas públicas expressa o quanto o país está de joelhos diante do colonialismo digital, fazendo jogar para fora qualquer possibilidade de segurança nos dados pessoais e no conjunto da nação.

Os exemplos são muitos e variados. Vão desde as universidades brasileiras que adotam o correio eletrônico e plataformas de ensino a distância e remoto de empresas estrangeiras, passando pela aceitação do governo federal em depositar o conjunto de informações estratégicas no exterior e em desenvolver o centro militar da guerra cibernética através de big tech estadunidense. Até mesmo a realização de cadastro dos beneficiários das políticas de governos municipais, estaduais e federal, bem como o controle do banco de dados do poder judiciário e até de partidos políticos encontram-se em mãos privadas e estrangeiras.

Atualmente, somente alguns poucos Estados ainda conseguem regular as grandes corporações privadas transnacionais, buscando combinar as transformações do capitalismo com os interesses da nação. Ainda que o Estado se mantenha fundamental na gestão das massas populacionais em espaços geográficos determinados por fronteiras físicas, o seu papel parece atender crescentemente à subordinação da política aos interesses das grandes corporações transnacionais.

No Brasil, a descrença na política e nas instituições públicas revela o quanto a soberania de vanguarda nas ciências e tecnologias se encontra abandonada, sobretudo com a adoção do receituário neoliberal que destrói o sistema de regulação nacional e domínio público. A consolidação do monopólio privado das grandes corporações transnacionais detendo mais informações e dados que o Estado nacional consagra a existência de uma espécie de neofeudalismo exercido na forma de verdadeiras ilhas de poder sob o controle de grandes grupos econômicos.

Por um lado, o feudo privado dos banqueiros controla a “independência” do Banco Central, enquanto, por outro, o feudo privado do agronegócio domina o parlamento, aprovando isenções fiscais, anistia do pagamento de dívidas ao setor público e uso generalizado e descabido dos agrotóxicos. A cada esfera estatal, o domínio privado se conforma como se fosse um feudo empoderado pela lógica do lucro imediato – como se fosse urubu em carniça.

A exemplificação mais recente disso se encontra revelada na definição da nova direção da CAPES (Coordenação de Aperfeiçoamento de Pessoal de Nível Superior), pertencente ao Ministério da Educação. Ao que parece, a conversão do comando do centro nevrálgico do sistema de pós-graduação em mais novo feudo dos interesses econômicos do setor privado aponta a confirmação da posição de joelhos a que o Brasil se submete diante da nova era do colonialismo digital.

A reação a isso não pode mais tardar. Uma nova cultura política democrática voltada ao enfrentamento do desmonte do Estado nacional soberano se torna imprescindível, pois do contrário, é crescente o risco de o país rebaixar ainda mais a atual posição de joelhos à cócoras.

 

[Fonte: http://www.terapiapolitica.com.br]