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Stefan Zweig (1881-1942) est né dans une famille juive viennoise. Biographe, chroniqueur de l’Empire austro-hongrois, ce romancier a décrit avec finesse les ressorts psychologiques de ses personnages. Un représentant de l’intelligentsia juive de la Mittle Europa fuyant le nazisme et disparue lors de la Seconde Guerre mondiale. Un des auteurs les plus lus au monde. Un « homme du paradoxe », discret sur ses tourments et biographe. Arte diffusera le 8 juillet 2021, dans le cadre de « Ah ! Ça lira… » (Lesefieber), « Le joueur d’échecs » (Schachnovelle). 


Publié par Véronique Chemla 
 
« Stefan Zweig, histoire d’un Européen » (Stefan Zweig. Ein Europäer von Welt) est un documentaire de Jean-Pierre Devillers et François Busnel (2013). Pourquoi pas un Européen juif ? Un « Européen ». C’est ainsi que le définit ce documentariste. Certes, mais un Européen Juif.

Le 22 février 1942, après avoir écrit à leurs proches et aux édiles de Petrópolis (Brésil), Stefan Zweig et sa fJemme Lotte, habillés élégamment, se suicident en consommant des barbituriques à Petrópolis où leur exil les avait conduits. 
 
« Malgré le fracas de la Seconde Guerre mondiale, le suicide de l’écrivain autrichien, dont les livres ont été brûlés quatre ans plus tôt, à Salzbourg, suscite une immense émotion. Le Brésil lui organisera des funérailles nationales ». Une « mort inexplicable ». Zweig « a perdu l’amitié et l’Europe ».
 
« Pourquoi le romancier, nouvelliste et biographe de génie, qui a connu un succès phénoménal de son vivant, a-t-il cédé à l’appel du vide ? »
 
Ce documentaire « remonte le fil de la vie tourmentée d’un écrivain de génie, l’un des premiers à rêver d’une Europe cosmopolite et moderne ».
 
« Pour démêler le jeu des forces obscures qui ont emporté sa vie, François Busnel et Jean-Pierre Devillers égrènent les étapes d’un parcours marqué par la recherche constante de la liberté ». 
 
Stefan Zweig est né en 1881 dans une famille bourgeoise viennoise apôtre de l’intégration. Son père dirige une usine de textile dans un empire austro-hongrois en déclins.

Zweig espère en une Europe au-delà des nationalismes. Sans passeport, il voyage en Europe, en Inde, aux États-Unis. Un goût de liberté.

« Spéléologue des âmes »
Zweig parle et écrit en cinq langues. Lucide, il décerne l’espoir dans la jeunesse, et l’ennui. Admirateur de Rimbaud, il publie ses poèmes à quinze ans.


Il découvre les innovations technologiques du début du XXe siècle, et une nouvelle discipline : la psychanalyse. Le Dr Sigmund Freud ouvre une voie originale.

Zweig publie Brûlant secret, une nouvelleUn premier livre qui exploite les mêmes thématiques que Freud : secret, paradoxe, forces obscures.

 
Ses « premiers succès, qui le rendent célèbre à 30 ans, son enthousiasme pour Freud, son goût du voyage et sa passion pour le progrès technique, annonciateur, croit-il, d’une humanité meilleure… : autant d’éléments biographiques qui éclairent une personnalité complexe ».

Marié, Zweig s’engage lors de la Première Guerre mondiale. Romain Rolland affirme son pacifisme. Zweig est convaincu par sa position. En 1915, Zweig se voit confier une mission.


En 1918, disparaît l’empire d’Autriche-Hongrie. Zweig se fixe à Salzbourg, en Autriche.

L’Allemagne de Weimar a succédé au Reich. En 1922, Zweig est profondément marqué par l’assassinat de Walther Rathenau, ministre allemande juif.

Zweig voyage. À Paris, « ville de l’éternelle jeunesse », il souhaite rencontrer Francis Scott Fitzgerald, déjà reparti aux États-Unis.

 
Mais l’auteur d’Amok, Lettre d’une inconnueconfession bouleversante d’un cœur aimant sans retour merveilleusement adapté par Max Ophüls, d’Amok, d’Ivresse de la métamorphose, roman à la structure complexe, ou du Joueur d’échecs voue un culte à l’amitié et exprime une foi profonde en une Europe moderne et cosmopolite.

« Ce livre est un chef d’œuvre ». Ainsi, est saluée La confusion des sentiments par Freud. Le succès de Zweig, quarantenaire, suscite jalousie et irritation. L’auteur se sent emprisonné dans sa fonction d’écrivain. Il puise dans l’écriture la force d’affronter la vie.

En 1929, Zweig est invité dans l’Union soviétique. Il constate la misère, la répression. Mais il ne dénonce pas publiquement le régime communiste. Ce qui lui vaut de vives critiques de la presse autrichienne.

 
« Deux croyances cruellement déçues : l’Europe se déchire dès 1933 et certains des proches de l’écrivain – comme beaucoup de ses lecteurs – critiquent sa réticence à prendre publiquement parti contre les régimes nazi et soviétique ».

Zweig présente des points communs à son personnage, Le bouquiniste Mendel. Les livres revêtent une importance majeure dans sa compréhension du monde et des êtres humains.

1933. Après l’avènement du nazisme, les écrivains juifs sont interdits de publication, et leurs livres brûlés.

 
Mais « si Zweig peine à s’engager, c’est qu’il préfère dans ses livres se faire l’archéologue des passions amoureuses ». Sa langue s’avère sa patrie.
 
Blessé, refusant la haine, silencieux – ce que critiquent Joseph Roth et Klaus Mann -, « devenu en tant qu’écrivain progressiste et Juif un paria en Autriche, il s’exile et ne se relèvera pas de ses désillusions  ». Déchiré, Zweig ne saisit pas l’ampleur des bouleversements à venir. Son épouse demeure à Salzbourg, et sa secrétaire l’accompagne. À Londres, ce quinquagénaire doit recommencer sa vie sans l’enthousiasme qui le portait dans sa jeunesse. Dans Erasme, il justifie ses positions, répond aux critiques…

En 1935, il poursuit ses voyages. Son opéra coécrit avec Strauss est interdit au bout de quelques jours. Ses livres sont définitivement mis à l’index par les Nazis. Brésil, Argentine… L’accueil est enthousiaste à l’exilé. Zweig achève La Pitié dangereuse.

Apatride, déchu de sa nationalité, Zweig sollicite la nationalité britannique qu’il obtient en 1940. Il prononce l’oraison funèbre de Freud.

En 1939, la Deuxième Guerre mondiale éclate. Divorcé, Zweig épouse Lotte.

Il quitte définitivement l’Europe en 1940. L’année suivante, il arrive à New York où il soutient le Comité de soutien aux réfugiés. Il débute son autobiographie, Le Monde d’hier.

En 1941, il rejoint le Brésil, pays de métissage, où il rencontre Bernanos.

Une « fatigue morale doublée d’un découragement politique » le saisissent. « La terreur que m’inspire l’époque croît jusqu’à la démesure », écrit Stefan Zweig avant de se suicider. Lotte souffre d’asthme. Zweig classe ses archives…

Arte rediffusera « Stefan Zweig, histoire d’un Européen » (Stefan Zweig. Ein Europäer von Welt), documentaire de Jean-Pierre Devillers et François Busnel (2013). Une « relecture passionnante d’une existence aussi tourmentée que son temps, et des œuvres qu’elle a brillamment produites ».

Du 16 septembre au 2 avril 2017, le Théâtre des Mathurins a présenté Le monde d’hier, d’après Stefan Zweig dans une mise en scène par Patrick Pineau et Jérôme Kircher. « Le Monde d’hier », l’autobiographie de Stefan Zweig, « est un livre-phare. Seul des grands textes de l’auteur de « Lettre d’une inconnue » à n’avoir jamais été adapté au théâtre, ce récit d’une vie dans le siècle embrasse toutes les splendeurs et les catastrophes de l’Europe depuis l’époque de la grandeur de Vienne jusqu’à son anéantissement. À la fois chant du cygne et message d’espoir, ce texte s’y avère d’une poésie et d’une puissance inouïes. Aujourd’hui plus que jamais, la voix de Zweig, éteinte un soir de février 1942, nous manque. Le projet de ce spectacle, adapté par Laurent Seksik (auteur des « Derniers Jours de Stefan Zweig ») et joué par Jérôme Kircher, est de la faire à nouveau entendre et de faire revivre sous nos yeux un  monde étincelant et perdu ».
« Conscience contre violence »

Republié en livre de poche en 2010, « Conscience contre violence » (Ein Gewissen gegen die Gewalt) écrit en 1936 sur une commande du pasteur Jean Schorer, « ce précieux document était devenu introuvable depuis près de cinquante ans ! À partir du conflit exemplaire entre Sébastien Castellion (1515-1563) et Calvin, Stefan Zweig nous fait vivre un affrontement qui déborde de beaucoup son cadre historique. Cette cause nous intéresse tous : liberté et tolérance contre intégrisme. »

Ce livre s’ouvre par une citation de l’humaniste défenseur de Michel Servet ayant contesté l’austère et autoritaire Calvin, maître de Genève : « La postérité ne pourra pas comprendre que nous ayons dû retomber dans de pareilles ténèbres après avoir connu la lumière. » (De Arte Dubitandi, 1562)

« Si Stefan Zweig finit de rédiger ce texte prémonitoire en 1936, en pleine montée du fascisme, il faut y voir un sens profond. En effet, comment ne pas faire le rapprochement entre la ville de Genève et l’Allemagne nazie, entre Calvin et Hitler, les sbires de Farel et les hordes hitlériennes ? »

« Quelques décennies plus tard, fanatisme religieux et résurgence des extrêmes droites doivent à nouveau nous ouvrir les yeux. Cet écrit polémique devient alors une charge d’une force redoutable. »


« Stefan Zweig, adieu l’Europe »

Le 21 novembre 2018, Arte diffusera « Stefan Zweig, adieu l’Europe » (Vor der Morgenröte) par Maria Schrader, avec Josef Hader, Aenne Schwarz, Barbara Sukowa, Nahuel Pérez. « En 1936, Stefan Zweig quitte l’Europe pour l’Amérique du Sud. D’abord accueilli à Rio de Janeiro, l’auteur de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme est célébré par la bonne société brésilienne. Mais le romancier, interrogé sur ses positions et son engagement, refuse de se laisser aller aux simplifications. Par ailleurs, fasciné par le Brésil, l’écrivain entreprend l’écriture d’une nouvelle œuvre. Accompagné par sa nouvelle épouse, Lotte, il explore différentes régions du pays. »

« De 1936 à 1942, cinq instantanés du long exil qui a précédé le suicide au Brésil de l’écrivain Stefan Zweig. Une sobriété documentaire que l’acteur autrichien Josef Hader rend bouleversante.

« 1936, Rio de Janeiro. Voici deux ans déjà que le mondialement célèbre Stefan Zweig, mis à l’index par l’Allemagne hitlérienne, a fui l’Autriche pour s’installer provisoirement en Grande-Bretagne, habité par la certitude prémonitoire que les nazis vont s’emparer de son pays et propager la guerre en Europe. Invité au Brésil avec sa jeune épouse Lotte, qui fut sa secrétaire, pour présider un dîner de gala, il rejoint ensuite à Buenos Aires le congrès du Pen Club, où on l’attend comme un oracle. Mais alors qu’à la tribune on scande son nom parmi ceux des écrivains persécutés par le IIIe Reich, l’auteur d’Amok et de Lettre d’une inconnue refuse face aux journalistes de condamner publiquement le régime. « Tout geste de résistance qui ne comporte aucun risque et reste sans effet relève de la pure vanité », objecte-t-il à Brainin, le jeune compatriote ulcéré qui le somme de dénoncer Hitler. »

« Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux », écrira Zweig le 22 février 1942, avant de se suicider au véronal avec Lotte dans leur maison de Petrópolis, non loin de Rio. Entre les prémices de la guerre et la sauvagerie qui jour après jour, à l’autre bout du monde, détruit tout ce qui lui est cher, entre un hiver new-yorkais et les luxuriances tropicales du Brésil, Maria Schrader (dont le film s’intitule en allemand « Avant l’aurore ») met en scène avec une précision et une sobriété documentaires cinq tableaux d’une errance de plus en plus douloureuse. Sans prétendre percer le mystère d’un homme qui décrivit si finement l’âme humaine, et dont les mots portent ce film, l’acteur autrichien Josef Hader suggère de façon bouleversante la souffrance, la peur et l’épuisement qui affleurent sous l’élégance. »
« Le joueur d’échecs »

Arte diffusera le 8 juillet 2021, dans le cadre de « Ah ! Ça lira… » (Lesefieber), « Le joueur d’échecs » (Schachnovelle). Ce court roman de Stefan Zweig a été édité à titre posthume en 1943. Sur un paquebot naviguant de New York à Buenos Aires,  deux joueurs d’échecs, aux parcours et style de jeu différents, se rencontrent…
« Avec la complicité du conteur Daniel Pennac, une invitation à la lecture et à l’écriture pour le jeune public. Lire et raconter ce qu’on a lu pour susciter l’envie, confronter Riad Sattouf ou Thomas Fersen aux Droits du lecteur de Daniel Pennac, sauter le pas et prendre soi-même la plume… Cette collection illustrée par les étudiants de l’École Estienne est une invitation à plonger dans dix romans classiques, aux âges où la littérature jeunesse se double d’une faim de littérature tout court. »
« Aujourd’hui : Joseph embarque sur un bateau pour une palpitante partie avec Le joueur d’échecs de Stefan Zweig. Est-on obligé de lire ? Lena et Zach posent la question à des stars de la littérature. Elia et Joseph imaginent un voyage dans le temps provoqué par l’ingestion de champignons phosphorescents. »
« Le joueur d’échecs »
France, 2020, 10 x 26mn
Collection documentaire de Charles Castella, Christian Popp et Alice de Poncheville
Coproduction : ARTE GEIE, Yuzu Productions
Sur Arte le 8 juillet 2021 à 6 h 35
Disponible sur arte.tv du 29/06/2021 au 06/08/2021

« Stefan Zweig, adieu l’Europe » par Maria Schrader
Allemagne, Autriche, 2016, 99 min
Scénario : Jan Schomburg, Maria Schrader

Production : Idéal Audience, Maha Productions, Dor Film Produktionsgesellschaft, BR, WDR, ARTE France Cinéma, ORF, X Filme Creative Pool
Producteur/-trice : Stefan Arndt, Danny Krausz, Denis Poncet, Uwe Schott, Pierre-Olivier Bardet, Kurt Stocker
Image : Wolfgang Thaler
Montage : Hansjörg Weissbrich
Musique : Tobias Wagner
Avec Josef Hader, Barbara Sukowa, Aenne Schwarz, Matthias Brandt, Charly Hübner, André Szymanski, Lenn Kudrjawizki, Vincent Nemeth
Sur Ciné + Club les 29 mai 2018 à 19 h et 1er, 3, 4, 7 ainsi que 8 juin 2018

Sur Arte le 21 novembre 2018 à 20h55

Du 16 septembre au 2 avril 2017
Au Théâtre des Mathurins

Adapté du texte original « Le Monde d’Hier »
Edition Les Belles Lettres – Traduction Jean-Paul ZIMMERMANN
Mise en scène : Patrick PINEAU et Jérôme KIRCHER
Scénographie et Lumières : Christian PINAUD
Musique : Michel WINOGRADOFF
Collaboratrice à la mise en scène : Valérie NEGRE
 
« Stefan Zweig, histoire d’un Européen » par Jean-Pierre Devillers, François Busnel
2013, 52 minutes
Sur Arte le 6 janvier 2015 à 22 h 35, le 29 novembre 2017 à 22h50 
 
Visuels :
La maison de Stefan Zweig à Salzbourg
© Rosebud Productions
 
 
Les citations sur le concert viennent d’Arte. L’article a été publié le 6 janvier 2016, puis les 14 mars et 29 novembre 2017, 28 mai et 21 novembre 2018.
 
[Source : http://www.veroniquechemla.info]

La versió catalana de l’enciclopèdia digital compleix tots els requisits per esdevenir un compte verificat: És « autèntica, notòria i està activa »

El compte oficial de Twitter de la Viquipèdia en català ha denunciat que aquesta xarxa social li denega la verificació. Aquest tràmit, que atorga la insígnia blava al costat del nom del compte, segons Twitter, serveix per confirmar « l’autenticitat dels comptes d’interès públic ». Els requisits per obtenir-lo són ser « autèntica, notòria i estar activa », tres requisits.

A la xarxa de l’ocell, la Viquipèdia compta amb més de 37.100 seguidors, publica regularment i a més, té a la vista l’enllaç de la pàgina oficial.

Cal recordar que Twitter Espanya ha estat una organització que ha rebut en diferents ocasions acusacions de tapar hashtags contraris als interessos de l’Estat espanyol, llevar seguidors a comptes contestataris amb el sistema o directament exercir la censura, mitjançant la suspensió temporal o l’eliminació del compte a usuaris per les seves opinions lligades a l’esquerra, a l’independentisme o al republicanisme.

La filial estatal es caracteritza també per mantenir una alta tolerància amb els usuaris d’extrema dreta a qui sovint sí que acaba suspenent després de múltiples queixes, un punt que no es dona amb les de sentit ideològic contrari.

[Font: http://www.racocatala.cat]

Mario Vargas Llosa

Escrito por Álvaro García Linera

Todas las cosas envejecen: los organismos vivos, las personas y las ideas. Es la dureza de la segunda ley de la termodinámica. Pero hay maneras dignas de hacerlo, manteniéndose leales a los principios con los que se alcanzó el cenit de la existencia, consciente de los errores y sin arrepentimientos ni transformismos de última hora. Pero hay existencias que se corrompen por elección, que se degeneran por decisión. Son los seres que se revuelcan en la putrefacción del alma arrastrando tras de sí las pestilencias de un destino extraviado.

Este es el patético devenir del político Vargas Llosa de hoy; no de aquel genio literario que hizo méritos propios para entrar en la estantería de las letras universales con “La ciudad y los perros” o “Conversación en la catedral”.  Su actual prosa política viene chabacana, llena de monstruosidades ideológicas que mancillan la pulcritud de los ideales conservadores que algún día profesó. Es como si hubiera un empeño deliberado por envilecer  a la persona que obtuvo el Premio Nobel  y dejar en pie a un decadente político atribulado por pasiones bárbaras.

Vargas Llosa se traga sus otrora enjundiosas convicciones democráticas para apoyar sin decoro a la heredera y encubridora del régimen fujimorista que cerró el Congreso de la República, suspendió al poder judicial, ordenó el asalto militar de medios de comunicación del Perú y promovió escuadrones de la muerte con decenas de masacres en su haber. Eso habla de un pervertido drama en el que un reposado liberal muta a un ardiente neofascista. 

Y no es un tema de temperamento débil o convicciones efímeras que quizá, en este caso, hayan ayudado a la elegancia de su prosa. En realidad, Vargas Llosa es un ejemplo letrado de un desplazamiento emocional de la época.

Respalda groseras maniobras de la derrotada Keiko Fujimori que denuncia “fraude” electoral y anula miles de votos de comunidades indígenas y mantiene un curioso silencio frente al manifiesto de ex jerarcas militares para que las Fuerzas Armadas desconozcan la victoria de Pedro Castillo.  Así se emparenta ideológicamente con Trump que instigó a sus seguidores a tomar violentamente el Congreso de Estados Unidos en enero del 2021; o con el candidato presidencial Carlos Mesa que, al conocer su derrota en noviembre del 2019 contra Evo Morales, convocó a los suyos a incendiar los tribunales electorales bolivianos, incluidos los votos de los ciudadanos. Se trata de actitudes no muy diferentes a la de Bolsonaro que reprocha a las dictaduras brasileñas (1964-1985) el solo haber torturado en vez de haber matado a los izquierdistas; o a la indignidad de Piñera arrugando su pequeña bandera nacional, para mostrarle a Trump que sus colores y estrella cabrían en una esquina de la bandera norteamericana.

Son síntomas del ocaso de un liberalismo político que, en su rechazo a asumir con aplomo el crepúsculo de sus luces, prefiere desnudar sus miserias en la retirada. Antes podía jactarse de su filiación democrática, su tolerancia cultural y conmiseración por los pobres, porque, con independencia del partido político victorioso, los ricos siempre triunfaban en el mundo en el que las alternativas de “mundos posibles” estaban diseñados a su medida.

Ahora el planeta se ha sumergido en una incertidumbre de destino. Las élites dominantes divergen sobre cómo salir del atolladero económico y medioambiental que han provocado, los pobres ya no se culpabilizan de su pobreza, la utopía neoliberal se desvanece y los sacerdotes del libre mercado ya no tienen a sus pies a feligreses a quienes embaucar con redenciones futuras a cambio de complacencias actuales.

Es el tiempo del ocaso del consenso globalista. Ni los de arriba tienen criterios compartidos de hacia dónde ir; ni los de abajo confían en el viejo curso que los de arriba les señalaban. Todos viven un estado de estupor colectivo, de ausencia de futuro factible que desencadena, entre los humillados globales, estallidos de angustia, malestar, enojo y sublevación. Occupy Wall Street, el Movimiento de los Indignados en España, los “chalecos amarillos” de Francia, los levantamientos populares de Chile, Perú y Colombia, las oleadas de progresismos latinoamericanos, son los síntomas de una convulsa de época de ansiedades desatadas que apenas comienza. Nadie de los inconformes sabe con certeza hacia dónde ir, aunque saben con claridad plebeya y callejera lo que ya no pueden soportar. Es la época de un presente que desfallece y de un futuro que no llega ni anuncia su existencia y las viejas creencias dominantes se fisuran, se repliegan para dar paso a la incredulidad radical primero, y luego, a la búsqueda de alguna nueva certidumbre donde enraizar las esperanzas.

Se trata de un caos creador que erosiona las viejas tolerancias morales entre los de “arriba” y los de “abajo” y que, con ello, empuja al consenso neoliberal que agrupó a la sociedad a replegarse. La calle y el voto, ya no los medios de comunicación ni los gobiernos, son ahora los espacios de la gramática donde se escribirá el nuevo estado de animo popular.  La democracia se revitaliza desde abajo, pero paradójicamente por ello, se ha convertido en un medio peligroso para los ideólogos neoliberales que fueron demócratas en tanto el voto no pusiera en riesgo el consenso privatizador y de libre mercado. Pero, ahora que la calle y el voto impugnan la validez de este único destino, la democracia se presenta como un estorbo y hasta un peligro para la vigencia del neoliberalismo crepuscular.

Las denuncias de fraude que se extiende por las Américas, y que seguramente se harán presentes en Europa, no son solo el aullido de guerra de los derrotados. Son la desesperada consigna de las ahora minorías neoliberales, para atacar sistemáticamente la institucionalidad democrática y la legitimidad del voto como modo de elección de gobernantes. El golpe de Estado tiende a instalarse como una opción factible en el repertorio político conservador.  Y todo ello lo hace cabalgando un lenguaje enfurecido que aplasta en su galope cualquier respeto por la tolerancia y el pluralismo. Enarbolan sin reparos el supremasismo racial contra indígenas y migrantes por igual.  Desprecian el inconformismo plebeyo al que califican de expresiones de “hordas salvajes”, “ignorantes” “alienígenas” o “terroristas”. Y en un anacronismo risible, desempolvan la fraseología “anticomunista” para encubrir con miedos atávicos el disciplinamiento violento de los pobres, las mujeres y los izquierdistas. El neoliberalismo va degenerando en un acomplejado neofascismo.

Estamos ante la descomposición del neoliberalismo político que, en su fase de ocaso y perdida de hegemonía, exacerba toda su carga violenta y está dispuesto a pactar con el diablo, con todos las fuerzas tenebrosas, racistas y antidemocráticas, para defender un proyecto ya malogrado. El consenso universalista del que se jactaba el neoliberalismo en los años 90s, ha dado lugar al odio enfeudado de una ideología de outlet. Y, como lo demuestra el último Vargas Llosa, la narración de esta putrefacción cultural es un bodrio literario carente de la épica de las derrotas dignas.    

 

[Foto: Télam – fuente: http://www.eldiarioar.com]

Entrevistem al responsable de relacions institucionals d’Amnistia Internacional Catalunya per conèixer la seva visió sobre el reconeixement del dret de les treballadores sexuals a formar un sindicat

Eduard Martínez és el responsable de relacions institucionals d’Amnistia Internacional Catalunya. Font: Amnistia Internacional

Per Ignasi Robleda

El Tribunal Suprem va ratificar en una sentència aquest mes de juny el dret de l’organització OTRAS (Organització de Treballadores Sexuals) a constituir un sindicat. De totes maneres no es va pronunciar sobre si era o no una activitat legal ni tampoc admetia la possibilitat de treballar per compte d’altri o tenir un contracte. El debat, molt polaritzat, segueix encara pendent d’afrontar-se, tot i que aquest pas sembla donar més drets i seguretat a aquest col·lectiu.

Imatge d’un barri del centre de Barcelona on s’exerceix la prostitució. Font: Ignasi Robleda

Com valoreu la sentència del Tribunal Suprem d’aquest juny, que en principi avala els estatuts del sindicat de treballadores sexuals de l’organització OTRAS?

Nosaltres ho valorem positivament perquè el nostre enfocament és de la protecció dels drets i de petició de garanties de les dones que exerceixen la prostitució, ja siguin drets socials, de seguretat, a la salut o laborals.

La sentència estableix que ‘això no suposa la legalització, tolerància o penalització de la prostitució per compte d’altri’. Això com s’interpreta?

Nosaltres no hem fet una anàlisi exhaustiva de la sentència del Suprem però sí que encaixa una mica amb el nostre posicionament: no estem a favor de la regulació de la prostitució però estem en contra de les polítiques que criminalitzen, tan policialment com judicialment, el treball sexual per compte propi i de forma voluntària.

Nosaltres, sense proposar una regulació, defensem el seu dret a sindicar-se, que està reconegut en la Declaració Universal dels Drets Humans.

És una mica complex o confús d’entendre que, per una banda, no s’estigui a favor de la regulació d’aquest tipus d’activitat i, per l’altra, es defensin els seus drets com a treballadores.

Sí que és complex perquè, a més, el debat en aquest àmbit està molt polaritzat: hi ha qui advoca per la regulació i hi ha qui és abolicionista. Nosaltres pensem que, depenent de com es facin les coses en un sentit o altre, pot tenir unes conseqüències de vulneració dels drets humans. Amb el que sí que estem en contra i que creiem que s’hauria de perseguir és el tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual.

No entrem en termes de regulació de la prostitució, tot i que advoquem per la protecció dels drets i per la seva descriminalització. Sigui com sigui, sí que declarem que no estem a favor de la regulació d’aquest sector tot i que estem oberts a conèixer les posicions i els plantejaments que puguin proposar institucions i entitats que sí que ho estan.

En la sentència no s’admet la possibilitat d’un contracte de treball. Com s’explica això a la vegada que es reconeix que es poden sindicar?

No t’ho sabria respondre perquè no sóc un expert en aquest àmbit, però sí que és cert que malgrat les restriccions que pugui suposar a nivell laboral el que poden i no poden fer, ja la simple constitució d’un sindicat pot ser un bon pas pel reconeixement dels drets d’aquestes persones. També representa un benefici en drets socials i de seguretat. Sindicar-se pot millorar les seves condicions.

Què n’opineu de les declaracions del Govern de l’estat el 2018 quan es va publicar al BOE la constitució d’OTRAS i que es va qualificar d’’un gol per l’escaire’.

Doncs respecte a aquelles declaracions no podem dir res més enllà que les autoritats el que han de fer és vetllar per la protecció dels drets de les dones en situació de major vulnerabilitat. I per a nosaltres, Amnistia Internacional, les treballadores sexuals entren en aquest col·lectiu perquè estan marginades de les polítiques socials i perquè estan sotmeses a polítiques policials i judicials abusives.

Per tant, en lloc de pensar en termes d’’ens l’han colat’ o de ‘tot o res’, el que haurien de fer és donar més paraula, més participació, a les persones afectades. Conèixer les condicions d’aquestes persones i enfocar les polítiques en funció de les seves necessitats.

Respecte a la prostitució, entesa aquesta com la que s’exerceix de forma lliure i voluntària, com s’hauria de tractar?

La resposta que podem donar a aquesta pregunta és que nosaltres el que hem vist és que les postures de criminalització o d’abolició de la prostitució no es poden vincular directament amb què s’acabi amb el problema o la greu vulneració de drets humans que representa el tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual.

Vam publicar un informe fa dos anys en què analitzàvem les mancances de l’estat espanyol a l’hora d’identificar i protegir les víctimes de tràfic. Denunciàvem que la perspectiva des d’on s’afrontava la situació era bàsicament policial i migratòria. I, per tant, les víctimes eren utilitzades per a perseguir les xarxes d’explotació però, un cop es feia la denúncia i el procés judicial i de persecució criminal començava, aquestes dones es veien desemparades. No podien accedir a ajudes perquè no hi havia un pla de protecció d’aquestes dones. Cal fer un canvi de perspectiva.

I s’està en aquesta línia?

Sí, sí. Nosaltres estem en contacte amb autoritats policials, el ministeri de Justícia… A les autoritats autonòmiques corresponents, els demanem que desenvolupin plans de formació en diferents graus i tipologies per al funcionariat. Un exemple serien els inspectors de treball, que reclamem que tinguin la formació necessària per identificar els possibles casos de tràfic de persones amb finalitats d’explotació sexual. O també, pel personal sanitari o dels serveis socials.

Volem que tots puguin rebre la formació per identificar aquest tipus de situacions i després es creï tot un circuit d’acompanyament integral d’aquestes persones per poder sortir d’aquestes xarxes.

Respecte a les persones que exerceixen la prostitució de forma voluntària i lliure, cas per exemple d’aquest sindicat, per què des de l’Administració o la Justícia no es vol aclarir si és o no legal o els drets que tenen?

Hi ha molts estigmes, amb poca participació i veu de les persones afectades, siguin treballadores sexuals o que hagin estat víctimes de xarxes. I el debat està molt polaritzat. El mateix moviment feminista té un debat important sobre tota aquesta qüestió, entre postures abolicionistes, que pensen que tallant la demanda desapareix el subministrament. I, d’altres que estan per la regulació.

En aquest sentit, nosaltres fem també estudis comparatius amb altres països del món per saber com han enfocat aquest tema i quins són els efectes adversos de cada model.

I quines conclusions n’heu extret?

Pensem que poden servir com un aprenentatge interessant. Sobre un país nòrdic que va adoptar una posició abolicionista, això va generar un mercat negre de prostitució on encara hi havia més inseguretat per a les treballadores sexuals.

Quines mesures es van adoptar?

Doncs, es podia perseguir de forma criminal tot aquell propietari d’un habitatge que el llogués a una persona que exercís la prostitució. Això va generar que ningú els hi llogués i, per tant, les trobades sexuals es podien tenir en llocs, espais a l’aire lliure, on les treballadores sexuals estaven en una situació de major risc o que eren més propícies a poder ser víctimes d’algun tipus d’agressió o de violència.

El debat, per tant, no està en el blanc o el negre sinó en els grisos, i caldria tenir una perspectiva més general del que passa en altres països per poder trobar punts en comú.

Tornant a la sentència, la legalització del sindicat per part del Suprem pot donar peu a què en sorgeixin més a tot l’estat i la seva normalització.

Sí, a partir d’aquesta sentència sembla clar que se’ls ha de tenir en compte i se’ls ha de donar l’oportunitat d’explicar-se. I jo crec que les autoritats les han de tenir com a interlocutores vàlides.

 

 

[Font: http://www.xarxanet.org]

La profesora de Harvard y columnista de El País Viri Ríos ha sido fuertemente criticada en las redes luego de que compartiera en su Twitter una infografía dedicada a los privilegios de los llamados ‘whitexicans’, o mexicanos de piel blanca.
La polémica imagen, titulada El privilegio de ser ‘whitexican’, cita un estudio de Oxfam México realizado en julio de 2019 según el cual « una de cada tres personas de tez blanca pertenece al 25% más rico de México« , un 103% más que los de piel morena u oscura. Las personas con tonos de piel oscuros también están en riesgo de no tener una educación básica, mientras que las mujeres blancas tienen más oportunidades de conseguir « un empleo prestigioso y bien pagado solo por el hecho de tener la piel clara ».

La publicación rápidamente viralizó el propio término whitexican, que proviene de las palabras inglesas white (blanco, en español) y mexican (mexicano). En los comentarios, algunos internautas consideraron que los datos de la infografía tienen poco que ver con la realidad, pues « las oportunidades en México están para todos », mientras otros aseguraron que el concepto está más relacionado con la actitud de una persona, y no con su ascendencia.
https://twitter.com/EnchufeRG/status/1407111706816520192
Sin embargo, algunos usuarios confesaron que sí fueron discriminados por el color de su piel:
También hubo quienes se sintieron ofendidos por el uso de dicho concepto y lo calificaron de racista y peyorativo:
Y tú, ¿qué opinas? ¿Te parece ofensivo el término whitexican?
[Fuente: http://www.sputniknews.com]

Fernando Arrabal raconte la fascinante vie du philosophe qui a été le précurseur de l’écologie. Il est notamment l’ auteur de «Walden, ou la vie dans les bois».

Par Fernando Arrabal

En lutte contre les brutalités d’une langue radicalement étrangère, Mohandas Karamchand Gandhi, dans sa prison de Mumbay (ex-Bombay), avait toujours à la main le texte de la conférence prononcée par le philosophe H D Thoreau. Conversation accueillie avec des sentiments mitigés, en 1846, et éditée trois ans plus tard ; ne méritant pas d’autre honneur ou épitaphe que le silence et l’oubli. Désobéissance civile se dit en sanskrit ahimsā : Gandhi allait répandre ce terme avec vénération.

Thoreau se refusa à collaborer avec un État en guerre contre son Mexique bien-aimé autant qu’inconnu ; en outre, il n’appréciait pas de voir ce même État maintenir un régime esclavagiste. C’est pourquoi, en simple citoyen, il refusa de payer ses impôts. Ce qui permit aux autorités de comprendre combien il se montrait fermement vertueux et radical dans ses fruits, ses branches et son tronc. Sans prendre plaisir aux douceurs de la tolérance, elles le mirent en prison, car, selon elles, le plus sûr était de ne pas réveiller un dormeur, quand le philosophe osa dire que l’arbre au plus noble sommet a des sabots aux pieds. Henry Miller a déclaré que Thoreau est ce qu’on peut trouver de plus rare sur la croûte terrestre. Le philosophe soutenait avec mesure et droiture : nous sommes des individus d’abord et seulement ensuite des citoyens. Il révéla le secret de la véhémence de ses opinions et de son extrême libéralisme en affirmant : Tout homme qui a davantage raison que ses voisins constitue une majorité d’UN. Il n’a jamais rien exigé de personne et était encore moins tenté par l’anarchie. Il n’a jamais demandé qu’il n’y ait pas de gouvernement mais un meilleur gouvernement. Sans mépris de sa condition (la plus obscure), il a déclaré qu’un État libre ne pourra jamais exister tant qu’il n’acceptera pas de reconnaître l’individu comme une puissance supérieure, seule source de son pouvoir et de son autorité.

Il était comme un Indien marchant vers sa destination dans un Far West de cowboys ; c’était le Spinoza de l’industrialisation, pensant son existence et vivant ses idées. Son journal était son examen de conscience quotidien alors qu’il décrivait le cosmos et l’univers à partir de sa Voie Lactée. Il ne s’est jamais départi de son éthique existentielle individuelle et radicale avec Schopenhauer, Stirner, Spinoza. C’était, sans prêcher, le contrepoint individualiste aux solutions et aux utopies.

Une photo et des dessins en hommage au philosophe Thoreau.

Montage de photo et dessins de Fernando Arrabal en hommage au philosophe, naturaliste et poète américain Henry David Thoreau.

Ni embusqué ni camouflé, observant sa conscience, il s’inspirait d’évidences telles que l’homme est riche en proportion de la quantité de choses dont il peut se passer. Il faisait don du fruit de son travail et de son adresse : chez moi il y avait trois chaises : une pour la solitude, la deuxième pour l’amitié, et la troisième pour la société. Il ne s’est pas laissé submerger par les incohérences ni par la colère de ses auditeurs et lecteurs les plus radicaux. Il affirmait que la bonté est le seul investissement qui ne déçoit jamais.

Il a pu écrire sur ce que presque personne ne songeait à faire : par exemple, sur la succession des arbres dans la forêt, les teintes de l’automne, les pommes sauvages, la lumière de la lune, les temps de maturation des fruits, la profondeur des étangs, ou les jours où les oiseaux migrent. Il a été le piéton-poète diverti par son penchant pour les libertés et les délices illicites. Ce fut le philosophe qui étudia scrupuleusement les phénomènes naturels et, amassant une foule d’exceptions et de confusions, est devenu un scientifique. Thoreau, et non seulement à cause de la nouvelle race de braillards, était et est considéré comme un homme des cavernes arriéré, un original réactionnaire, un provincial grincheux hostile à tout progrès matériel, un ultra qui tourne le dos à toute idée de progrès. On a prétendu qu’il s’aliénait le « positivisme scientifique ». Il y avait même ceux qui le taxaient de très mauvais, très mauvais, très mauvais… et en outre d’être un bigot ne cherchant qu’à conduire l’homme à une vie animale et dégradante. Au contraire, Jean Giono s’est inspiré de ses concepts philosophiques pour écrire son Refus d’Obéissance, Romain Rolland a qualifié ses écrits de Bible du grand individualisme et Marcel Proust, Léon Tolstoï Martin Luther ont tiré beaucoup de profit de sa lecture ; comme Ernest Hemingway ou Bernard Shaw. Thoreau a tenté de rencontrer Walt Whitman en parcourant 347,8 km : la distance entre son village et la mère du poète.

Henry David Thoreau est né le 12 juillet 1817 dans un petit bourg du Massachusetts : Concord, comme son élève, la romancière des Quatre filles du docteur March (« Little Women »). Son grand-père paternel d’origine anglaise était venu au Nouveau Monde sur un navire corsaire. Pendant la majeure partie de sa vie d’adulte, Thoreau a fabriqué des crayons comme son père et sa famille, et il les faisait à merveille ! Il a découvert le processus de fabrication de bons crayons avec du graphite de qualité inférieure. Il étudia à Harvard entre 1833 et 1837. Son grand-père maternel Asa Dunbar avait joui aussi d’une certaine notoriété en prenant la tête, en 1766 – précisément à Harvard – de la révolte du beurre : la première contestation étudiante. Les diplômes universitaires – droit, église, commerce, médecine – ne l’intéressaient pas. Il enseigna alors à l’école publique, mais il démissionna bientôt pour ne pas avoir à administrer les châtiments corporels obligatoires. Il refusa de payer les frais de cinq dollars par diplôme. Il dit à l’administration qu’il préférait que chaque mouton garde sa propre peau – à son époque, des rouleaux de peau de mouton étaient utilisés pour les diplômes.

Le 4 juillet 1845, son ami intime Ellery Channing [poète  « transcendentaliste », mais pas encore « satrape »] le recommandait : « Allez, construisez une cabane et commencez le grand processus de vous dévorer ». Thoreau éleva de ses mains une hutte au milieu de la forêt, dont aujourd’hui une réplique est visitée : à 2 km et demi de sa maison natale. C’était un endroit mystérieux pour lui. Une place murée (que voulait-il dire par un tel mot ?). Il connaissait bien l’étang (son lac) depuis son enfance. La construction de la hutte, décrite en détail, est une métaphore qui illustre la construction de l’âme. Il a essayé de disparaître temporairement de la vie, de rejeter l’existence occupée uniquement à la poursuite de la subsistance quotidienne, pervertissant de facto la liberté dans le désespoir. Il ne s’agit pas d’une évasion ou d’un refuge d’ermite, puisque l’écrivain revenait souvent voir ses amis, mais cela rappelle l’expérience de Jean-Jacques Rousseau dans la forêt d’Ermenonville. Thoreau en mouvement et en « inter-action » avec son environnement naturel et social offre toujours des découvertes, même avec ses promenades. Il fut le premier randonneur et un canoéiste de championnat. Il observe en détail la nature, ses concitoyens, son domaine, enregistre et note avec des observations de plus en plus détaillées « Ma vie est le poème que j’aurais aimé écrire puisque vivre est mon métier pour m’émerveiller de ce qui m’entoure ».

Dans la cabane, il a vécu en autarcie. Pour ce faire, il a planté un hectare de pommes de terre, haricots, blé, maïs, etc. Le lieu s’est fait connaître grâce à son livre Walden ou la vie dans la forêt : Une vie de simplicité, d’indépendance, de magnanimité et de confiance. Thoreau a donné à ses contemporains l’exemple d’une relation active avec la nature, le concept de « simplicité volontaire ». André Gide disait de Walden : Ce n’est ni un roman ni une véritable autobiographie, mais une critique du monde occidental, l’histoire d’un voyageur immobile qui narre sa révolte solitaire.

Thoreau contracta la tuberculose, ravivée par l’air chargé de poussière de graphite comme Spinoza frottant ses lunettes. Il continua à écrire des lettres et à tenir un journal jusqu’à ce qu’il se trouve trop frêle pour tenir un stylo. On était étonné de sa calme acceptation de la mort. Il s’est occulté le 6 mai 1862 dans son village non loin de son Wallden, à l’âge de 44 ans. Quelques jours avant que sa tante Louisa lui demande s’il avait fait la paix avec Dieu, Thoreau a répondu : « Je ne savais pas que nous nous disputions ».

John Updike m’a dit il y a une vingtaine d’années au restaurant Sardi’s à NY : « Walden est devenu un totem en un peu plus d’un siècle, le totem du retour à la nature ! Il a vécu, si authentiquement, en ermite, que son livre est en danger, comme la Bible, d’être acheté mais pas lu. »

 

[Source :  http://www.laregledujeu.org]

 

Au musée des Carrefours des Civilisations (Crossroads of Civilizations Museum) à Dubaï, « We Remember » est la première exposition permanente de ce type à commémorer la Shoah dans le monde arabe. Elle présente des témoignages de rescapés.

euronews

Une photo grandeur nature d’un jeune garçon du ghetto de Varsovie entourée d’armes datant de la guerre occupe une place centrale au sein de la galerie

Écrit par Jane Witherspoon

« Consolider nos racines »

« La communauté juive s’est considérablement développée aux Émirats arabes unis avec des Juifs qui viennent d’Israël, des États-Unis, d’Europe », indique Levi Duchman, rabbin aux Émirats arabes unis. « Alors que notre communauté continue de croître, c’est très important pour nous de bâtir les fondations de la communauté », poursuit-il.

« Le fait que ce musée commémore la mémoire de la Shoah, c’est quelque chose d’important : c’est un endroit où l’on peut venir avec nos enfants, on peut faire venir les écoles ou des communautés différentes pour qu’elles voient l’histoire des Juifs et de ce qu’ils ont enduré en Europe », dit-il.

Plus de six millions de Juifs ont été exterminés par les nazis entre 1941 et 1945. Cette exposition a pour objectif de transmettre le souvenir de la Shoah et de susciter une prise de conscience parmi les ressortissants de plus de 200 nationalités qui vivent à Dubaï.

« Nous voulions montrer l’espoir »

L’exposition intègre aussi une section dédiée aux Arabes et musulmans qui ont aidé à sauver des Juifs. « C’est l’un des plus grands crimes contre l’humanité et c’est vraiment important pour nous d’évoquer cela en parallèle de nos autres galeries où il est question de la tolérance et des trois religions monothéistes, » précise Yael Grafy, conservatrice au musée des Carrefours des Civilisations. « Nous voulions montrer l’espoir et présenter les personnes, les musulmans et les gens de la région qui ont aidé à sauver des Juifs », ajoute-t-elle.

Le rabbin Levi Duchman renchérit : « Quand on regarde l’histoire de la région, les Juifs et les Arabes ont toujours vécu ensemble. Au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Syrie ou au Liban, pour ne citer que quelques pays, il y avait de fortes communautés juives », fait-il remarquer.

Hommage aux personnes de la région qui ont sauvé des Juifs

Parmi les personnalités présentées au sein de la galerie, Selahattin Ülkümen, le diplomate turc qui a sauvé des Juifs de Rhodes de la déportation et le docteur Mohamed Helmy, médecin égyptien qui a évité à plusieurs Juifs d’être persécutés par les nazis à Berlin.

« Il a fait des études à Berlin et il y est resté par la suite, pendant la Seconde Guerre mondiale », raconte la conservatrice Yael Grafy. « Il a vu ce qui arrivait aux gens autour de lui et à lui-même en tant que musulman parce que le régime nazi ne visait pas uniquement les Juifs ; il a décidé de sauver plusieurs familles et grâce à lui, elles ont échappé à la Shoah », explique-t-elle.

« Évidemment, c’est très émouvant quand on parcourt l’exposition, quand on voit toutes les photos et que l’on lit les histoires de ces personnes, mais cela renforce aussi ce souvenir », estime le rabbin Levi Duchman. « Ce qui est utile pour consolider nos racines pour nos enfants, pour les générations futures car on comprend l’importance du travail en commun et de la coexistence pour construire des communautés unies aux Émirats, dans la région et le monde entier : nous avons besoin d’adhérer à ces valeurs », insiste-t-il.

« Celui qui sauve une vie sauve le monde entier »

À l’heure où le Moyen-Orient s’ouvre et normalise peu à peu ses relations, le fondateur du musée estime que cette exposition tombe à point nommé. « Il y a eu ces derniers temps, de très nombreux incidents, de nombreux signes d’une montée de l’antisémitisme et du racisme dans le monde, donc je crois que c’était le moment pour nous de présenter cette exposition », juge Ahmed Obaid Almansoori.

« Aux Émirats, nous avons un système en place, la culture de l’unité, de la solidarité et c’est pour cela que les gens viennent ici, ils ne viennent pas pour le pétrole ou pour l’argent, mais parce qu’ils se sentent chez eux », assure-t-il. « C’est un pays où les meilleurs profils du monde entier s’installent – et il y a de la beauté dans la différence – et où les gens peuvent apprendre de notre expérience en matière d’unité et nous pouvons transmettre cela à l’extérieur », estime-t-il.

Comme son nom l’indique, le musée des Carrefours des Civilisations a été créé pour mettre en avant les valeurs d’ouverture et de multiculturalisme. Cette exposition vise à montrer les leçons que l’on peut tirer de l’une des périodes les plus sombres de notre histoire.

« Il y a des choses qui se passent dans l’histoire et nous devons les étudier, nous concentrer sur les aspects positifs, apprendre des erreurs et s’assurer que cela ne puisse pas se produire de nouveau », insiste Ahmed Obaid Almansoori.

Yael Grafy conclut : « Vous pouvez lire la phrase que nous avons affichée à la fin de l’exposition : « Celui qui sauve une vie sauve le monde entier ». Quel que soit l’endroit d’où vous venez, quelle que soit votre religion, en sauvant une personne, c’est le monde entier que vous sauvez ».

[Photo : Euronews Dubaï – source : http://www.euronews.com]

 

Normalización de la discriminación y el racismo, tras los resultados electorales.

Intolerancia a flor de piel

¿Sería necesaria otra campaña política para que nos diéramos cuenta de que todas las voces importan?

Escrito por Gabriela Coloma

LIMA. Brillante y transparente. Ese es el significado que toma el apellido más común del Perú: Quispe. Según un informe realizado por el Reniec en el 2019, aproximadamente 1 212 114 peruanos llevan este apellido, el cual proviene del aimara y quechua; lenguas habladas en muchas de las zonas más pobres del país. En esta última campaña electoral, los Quispe han tomado cierto protagonismo, pero no de forma positiva. En un meme compartido por varios usuarios de las redes sociales, se mostraba la imagen de un hombre con rasgos andinos donde señalaban a los Quispe como unos ‘resentidos sociales’. Además de ser ‘comunistas y alcohólicos’, se les increpaba de siempre elegir a malos gobernadores regionales y culpar a la capital por esos resultados. La estigmatización, para ciertos peruanos, se encasillan en características puntuales. Los Quispe son personas de los Andes, gente agrícola, con bajos recursos y son cholos. Para muchos, se resumen en los flamantes votantes de Pedro Castillo.

Cholear es la forma más de común de discriminación racial en el Perú. Los rasgos físicos, el nivel socioeconómico, el nivel educativo y la calidad de migrante son elementos que los peruanos utilizan para clasificarse entre sí. “Esta evaluación te señala a donde perteneces”, afirma el sociólogo Walter Twanama. En un experimento social de índole personal, pregunté a un grupo de usuarios de Instagram cuál sería su opinión con respecto a la discriminación en la imagen contra los Quispe. Los comentarios recibidos mostraron un desprecio a la señalización racista y clasista hacia este apellido. No obstante, un argumento llamó mi atención; una de las personas resaltó lo acomplejado de ese discurso. “Gracias a un Quispe tienen una papa que comer”, escribía. Sin darse cuenta que cuando señalaba su repudio a estos comentarios discriminatorios, terminaba cometiendo uno igual. Al emitir discursos, muchas veces uno no es consciente del significado que toma. ¿Es acaso la clasificación de los peruanos y la normalización de comentarios racistas y clasistas validados actualmente?

Para Marco Avilés, escritor y periodista especializado en temas de racismo y discriminación, esto es típicoLos peruanos aprenden a ver que los diferentes grupos demográficos tienen que estar inmovilizados. “Una persona indígena está bien sembrando sus papas y eso les encanta a las agencias de viajes. Es lo normal, pero cuando el indígena sale de ahí, terremoto. Pedro Castillo es el Quispe que no te está dando la papa, [es] el que quiere gobernar”, afirma. Es así, que la incomodidad de cierto sector de la población valida argumentos racistas, pues las personas que son discriminadas poseen características puntuales. Sin embargo, el racismo no es algo nuevo, se ha vivido a lo largo de toda la historia republicana del país.

El racismo es una constante, es una de las instituciones más sólidas en el país y lo problemático de ser una institución sólida que se reproduce y que se exhibe, no hacemos nada a nivel institucional para enfrentar el racismo. Genera violencia, genera pobreza, genera atraso y genera confrontación”, señala Avilés. Es esta confrontación la que se ha hecho evidente en los últimos meses. Los peruanos han sido testigos de la gran contracampaña hacia Pedro Castillo y sus simpatizantes. Los medios de comunicación, la propaganda mediática, las élites limeñas e incluso figuras internacionales argumentan que, si el profesor de Chota saliera victorioso, el retroceso del país sería irreparable. Mientras que la otra mitad del país creía que el modelo imperante solo les había traído pobreza y olvido por parte del Estado.

La victoria de Pedro es inminente. Los ánimos se exaltan, la larga espera se acorta y el futuro susurra que el virtual presidente del Perú es el profesor chotano. Un hombre de 51 años que contra todo pronóstico y montando en un caballo, él y su sombrero de ala ancha, se volvería la máxima autoridad de un país polarizado.

Los votos que no quieren contar

Tras conocerse los resultados oficiales de la ONPE, los argumentos usados para desacreditar el presunto triunfo de Castillo eran las actas que presentaban cero votos para la contrincante naranja. Algunas de las regiones donde Castillo ha tenido la mayor cantidad de votos son Cusco, Huancavelica, Madre de Dios y Puno. En este último lugar, el referente de Perú Libre obtuvo 89.25% frente al 10.74% que consiguió Keiko Fujimori. El descontento se evidenció cuando argumentó un presunto fraude. Cómo sería posible que, en la provincia de Mariscal Nieto, en el distrito de San Cristóbal, en Moquegua, la mesa de sufragio número 902569, la candidata haya obtenido cero votos. Aunque no fue sorprendente la impopularidad que Pedro Castillo alcanzó a nivel internacional. En una mesa en Miami, la candidata obtuvo 95 votos a su favor, mientras que el líder de izquierda consiguió cero. El no aceptar los votos de las zonas rurales obedece a una “lógica” idea de la imposibilidad de que Keiko Fujimori no sea tan popular a escala nacional. Es decir, que las personas de las zonas rurales del país que han visto en Pedro Castillo un cambio significativo, no han podido elegir con raciocinio, sino por desconocimiento.

Recientemente, mientras algunos pueblos indígenas de la Amazonía luchan por defender su voto en las calles, los limeños también luchan porque los pedidos de nulidad, presentados por Fuerza Popular, sean aceptados. La polarización y el discurso de ambos candidatos ha significado que el país se divida en dos ideas. El votar por uno es la democracia y la vía para salvar al país, mientras que la otra se dirige al empoderamiento de los pueblos que Lima ha olvidado. Discursos motivados por las redes, discursos que han estado presentes en esta segunda vuelta han roto, incluso más, la desunión del país. La rabia de la lideresa, al pedir que se investigue una mesa en la que tres de sus miembros tenían el mismo apellido, continúa dividiendo al país. En Ácora (Puno) Keiko Fujimori señaló que en ese lugar habría que anular una mesa entera, pues los tres miembros tendrían el mismo apellido, Catacora. Luego de estas acusaciones, los implicados declararon que a pesar de llevar el mismo apellido no eran familia y no poseían ningún parentesco.

Es esta idea de fraude y la creencia de que el sector rural no sabe votar la que destrozará la democracia y hará que el país se divida hasta niveles irreparables. Los sectores rurales, quienes además sufrieron lo peor de la guerra interna de los años 1980 al 2000, están siendo estigmatizados por la otra mitad del país. La discriminación es un delito y tiene una pena de cuatro años de prisión. Según Ipsos, uno de cada tres peruanos ha sufrido discriminación. Entonces, ¿los cambios logrados hasta el momento han sido mínimos?, por no decir nulos. ¿Será necesario otra campaña política para darnos cuenta que todas las voces importan?

Los esfuerzos por defender al Perú han sido entendidos de maneras ambiguas. Cada quien comprende lo que conviene interpretar. El racismo, como señala Avilés, no debería ser una de las instituciones más sólidas de nuestro país. Lo tenebroso de esta campaña política es la fuerza de la discriminación racial. Aunque la cuestión ya no es como antes, esto no significa que no esté presente. No es un tema del modelo económico o de las voces que se resignan a afirmar que nada va a cambiar. Es reflexionar y cuestionar que los espacios deben abrirles. No, no es normal que Lima sea el centro de la discusión, no es adecuado que Lima sea el lugar de las oportunidades. Es momento de cuestionar los discursos que emiten y entender que justificarlos trae consecuencias que dividen. Seamos libres de elegir quién queremos que gobierne en país, seámoslo siempre.

 

 

[Fuente: http://www.inforegion.pe]

Pedro Castillo vence apesar de demonizado pela mídia e ausente, até há pouco, das redes sociais. Sintonia com nova geração política, e com sentimento antiestablishment das maiorias, produziu resultado – que diz algo à América Latina

Escrito por Lucas Malaspina e Marcos Doudtchitzky

Pedro Castillo, o professor sindicalista que venceu as eleições presidenciais peruanas, surpreendeu em todos os níveis. Até então desconhecido do grande público, o candidato do partido Peru Libre derrota Keiko Fujimori, provavelmente a política mais conhecida da atualidade – para o bem e para o mal – do país. Uma das facetas mais surpreendentes de Castillo está ligada à sua presença (ou, na verdade, sua ausência) nas redes sociais. Quando entrou na votação, ele tinha apenas 3.000 seguidores no Twitter e atualmente tem 79.000 contra mais de um milhão de Keiko Fujimori. Ironicamente, ele poderia ter sido inicialmente chamado de “o candidato sem likes”. Mas em que medida foi esse o caso? Como é possível que no século XXI – quando os consultores de comunicação enfatizam constantemente a importância de uma estratégia política integrada nas diferentes plataformas – um candidato conquiste a presidência nessas condições? Em última análise, qual é a distância entre a mídia social e a “realidade”?

A política baseia-se em acordos. Assim, um quadro político pode reunir os votos necessários para vencer e até mesmo governar – e estar fora das redes sociais – se tiver apoio político suficiente. O ex-presidente uruguaio José “Pepe” Mujica nunca teve um perfil oficial . Alberto Fernández, atual presidente da Argentina, não tinha mais de 30 mil seguidores no Twitter quando se soube que seria ele quem enfrentaria o então presidente Mauricio Macri. No caso de Alberto Fernández (hoje com 2 milhões de seguidores) é evidente que ele recebeu grande parte desse novo público graças a Cristina Fernández de Kirchner, já que alcançou essa posição alavancado pela estrutura de militância construída pelo atual vice-presidente da Argentina. O caso de Castillo é completamente diferente, pois nenhuma estrutura previamente consolidada e unificada cedeu sua capacidade de ampliação para chegar às urnas. A microestrutura do Peru Libre era insignificante em face de tal desafio. Tornou-se pertinente fazer duas perguntas. Por um lado, que elementos podemos levar em conta para explicar tal singularidade? E, por outro lado, o que pode ensinar essa experiência atípica da comunicação digital, que em tão pouco tempo passou por desafios tão intensos?

 #MerinoRenuncia e a «Geração Bicentenária»

Seguindo o costume de Cronos, o sistema político peruano alimenta-se de seus próprios filhos. Desde que os desdobramentos da Operação Lava Jato chegaram ao Peru, nenhum ex-presidente ficou de pé. Acusações de corrupção varreram todos eles. A crise política também levou ao nascimento, em novembro de 2020, da chamada “Geração Bicentenária”, como tem sido chamado o movimento que saiu às ruas em defesa da democracia [Leia mais em Outras Palavras: 1 2 3]. Ao questionar as graves desigualdades enfrentadas pela nação andina, a “Geração Bicentenário” também respondeu à decisão do Congresso de retirar Martín Vizcarra (vice e posterior sucessor de Pedro Pablo Kuczynski) do poder. O consultor político argentino Mario Riorda chamou a atenção para o fato histórico por ocorrer “no país com o maior descontentamento político da região”. Com a hashtag #MerinoRenuncia como emblema, os jovens inundaram o Facebook, Instagram e TikTok.

O enorme potencial da Geração Bicentenário também teve expressão no Twitter, como observou Julián Macías Tovar, analista de redes sociais vinculado ao Podemos (Espanha) e chefe da Pandemia Digital. Macías Tovar conseguiu exibir a monstruosa superioridade das comunidades que forçaram a queda do governo interino de Manuel Merino nas conversações do Twitter, revelando o poder do uso de certas hashtags (#MerinoNoEsMiPresidente com mais de 370.000 tweets #MerinoNoMeRepresenta com mais de 130.000).

Do Peru rural (desconectado?) à bolha de Lima

Poucos meses depois das mobilizações que expulsaram Merino, ocorreu o primeiro turno presidencial que colocou Pedro Castillo e Keiko Fujimori na disputa final. Para Giovanna Peñaflor, analista política peruana e diretora do Imasen, o fenômeno de Pedro Castillo está associado a um catalisador político peculiar vindo do Sul peruano: «É preciso destacar que o Sul tem se manifestado de forma diferente do resto do país em cada um processo eleitoral (…) É como uma força que questiona o establishment ou o que se considera o status quo. Em outros momentos, isso favoreceu [os ex-presidente] Toledo e Humala; hoje, é Castillo. É preciso lembrar que o terrorismo ocorreu com maior força no Sul e lá está instalada a mineração em grande escala, uma das fontes de maior geração de riquezas do Peru. Onde a mineração grande está presente, Castillo teve uma votação maior. No Sul, fica clara a incapacidade dos governos de integrar a atividade — exceto em Arequipa, que de alguma forma consegue inserir-se no desenvolvimento com a questão extrativista.

Ao analisar-se um fenômeno político produzido naquela região do país, especialmente quando não foi percebido pela intelligentzia do país concentrada em Lima, emerge o seguinte. Dado que a vantagem de Keiko Fujimori está fundamentalmente em Lima e a de Castillo no interior, isso pode estar relacionado à menor conectividade das regiões em que Castillo se fortaleceu? Ou simplesmente, como já foi apontado em outros casos internacionais, tem a ver com o fato de que nas redes nos alimentamos em bolhas de usuários que pensam como nós?

Por um lado, deve-se destacar que na região metropolitana de Lima, entre a população de seis anos ou mais de idade, mais de 80% estão conectados à internet de suas residências, enquanto no restante do país esse percentual de conexão mal ultrapassa os 40%. Dos que acessam, sabe-se que 90% o fazem pelo celular. Por outro lado, de acordo com um estudo da IPSOS de 2020, “13,2 milhões de peruanos conectados são usuários de redes sociais”. Nessa massa, a penetração é liderada pelo Facebook com 94%, seguido pelo WhatsApp com 86%, Instagram com 60%, Twitter com 29% e TikTok com 18%.

[…]

Ativismo digital e ação «de baixo»

Em um artigo muito ilustrativo , o correspondente Jimena Ledgard afirma que a aparição surpresa de Castillo em primeiro lugar no primeiro turno “levou os comentaristas de Lima a declarar que ‘o Peru sem internet falou’, oferecendo assim uma explicação conveniente para a vitória inesperada. Mas uma conversa com os apoiadores Castillo na zona rural e entre os trabalhadores urbanos revela uma história mais complexa. Ledgard argumenta que “alguns jovens rurais peruanos desafiam ainda mais o estereótipo de que suas regiões são fundamentalmente desconectadas. A hashtag #PedroCastilloPresidente tem mais de 7,7 milhões de visualizações no TikTok , com muitos dos criadores vindos de áreas rurais dos Andes. E embora Castillo não tenha uma página validada no Facebook, dezenas de grupos nesta rede social surgiram organicamente para expressar seu apoio ao candidato.  

Tanto Ledgard quanto Vivas apontam para a importância dos grupos pró-Castillo no Facebook. Devido à sua dinâmica, os grupos do Facebook podem ser públicos ou privados. Entre eles estão Pedro Castillo Presidente 2021 (268.000 membros), Pedro Castillo Presidente do Bicentenário (59.000 membros), Pedro Castillo no Segundo turno (62.000 membros), Todos com Pedro Castillo resgatando Peru mais Saúde e Educação (43.300 membros) ou Pedro Castillo “Presidente dos Pobres” (43.400 membros), incluindo pelo menos dez grupos de várias dezenas de milhares de membros. Vivas ressalta que esses grupos começaram a ficar agitados pouco antes do primeiro turno. Em face da votação, muitos deles ultrapassam 800, 900 e até 1.700 publicações diárias.

De acordo com Ledgard, os grupos do Facebook por região também são muito ativos. Por exemplo, Pedro Castillo Presidente- Região de Cusco (39.400 membros). “Nossa abordagem é descentralizar a política. É por isso que deixamos as regiões falarem por si. Isso inclui estratégias de comunicação. Damos algumas orientações aos adeptos de cada local, mas deixamos que façam os seus próprios spots”, explicou o cientista político Franco Pomalaya Neyra a Legard. Pomalaya Neyra faz parte da equipe de networking do Peru Libre e é responsável pelas transmissões ao vivo, vindas do Coletivo Dignidad .

A grande questão é: como surgiram essas comunidades ígneas que instalaram o professor de esquerda “de baixo” na luta eleitoral? A crônica de Fernando Vivas oferece algumas pistas muito valiosas para entender esse processo a partir do registro das mudanças de nome de vários desses grupos do Facebook. «O grupo Pedro Castillo Presidente acabou de fazer a renomeação castillista a 12 de abril. Antes se chamava Folclore Peruano, e antes ainda, Programa Nacional Juntos Cadastre seu Filho Menor para o Bônus de 200 soles. Esse percurso pode dar uma ideia dos motivos comuns que se sobrepõem em poucos meses: o impacto da pandemia e da crise, o cultivo do folclore e suas recompensas de “identidade”, e o afeto político em um contexto eleitoral polarizado (. ..) O grupo Pedro Castillo Presidente 2021 foi denominado assim no dia 9 de fevereiro, mas a partir de outro grupo criado em 2017 com o nome de Férias para Professores Peru. Não é difícil inferir, neste caso, o entusiasmo dos professores com um candidato de origem e uma agenda de professor”.

Vivas continua: «Comparamos a história dos grupos de Castillo com a dos grupos maiores de apoio a Keiko Fujimori e vimos que, em todos os casos, nasceram associados a ela (…) Por outro lado, com Castillo é comum a reconversão, ou dos membros, ou pelo menos dos administradores do grupo, que partem de interesses alheios à política. Aqui está o fenômeno da novidade do outsider deixando uma marca perfeitamente legível nas redes ». Vivas destaca que outros grupos pró-Castillo também surgiram com denominações de apoio a outros líderes políticos como Francisco Sagasti ou Daniel Urresti e alerta para essa uma metabolização hiperdinâmica do processo de conscientização da “Geração do Bicentenário”.

Nos grupos do Facebook, os apoiadores do Castillo participam de discussões políticas, compartilham vídeos, artigos, memes e também entrelaçam-se intimamente por meio do WhatsApp. Dessa forma, os grupos do Facebook tornam-se a ponta do iceberg de uma rede muito mais próxima e indetectável. A importância dos grupos de WhatsApp (cujo limite inalterável é de 256 membros), já foi vista na campanha de Jair Bolsonaro, com a sutil diferença que nenhuma empresa ou qualquer mecanismo malicioso de envio artificial de mensagens operou aqui. Para conhecer a atuação desses grupos, Vivas imergiu um colaborador anônimo no WhatsApp. Após a investigação, ele esclarece que nos grupos do WhatsApp “encontramos mensagens mais íntimas e emocionais, destacadas com emoticons; além de mais interação e conversa. As coordenações para recrutar representantes, por exemplo, passam mais por esses grupos. Nos grupos do Facebook, a propaganda prevalece. Além disso, argumenta que “se o confronto e a polarização prevalecem no Twitter, aqui predominam as mensagens de adesão”, e destaca os seguintes temas: “rejeição do “terruqueo” [gíria peruana para “demonização”] de Castillo, conservadorismo em matéria de direitos (um apoiador lamenta que a candidata Verónika Mendoza [de esquerda alternativa urbana] apoie o casamento gay) e as poucas menções de Vladimir Cerrón (fundador do Peru Libre e governador de Junín acusado de corrupção)».

Por tudo isso, o pesquisador da PUCP Eduardo Mansilla Villanueva argumenta em seu texto: “As redes são o Peru. Basta saber olhar para elas». Quando « muitos repetem o mantra segundo o qual “o Peru não são as redes”, o que querem dizer é que o Peru não é a rede deles, aquela que lhes dizia todos os dias que havia muitos conhecidos entusiasmados negando a realidade».

Um ambiente propício as fake news

As eleições geralmente se desenvolvem em torno de uma pergunta. A luta para fazer essa pergunta na maioria das vezes define o vencedor. Bem, é sabido que as eleições não são definidas por grupos radicais. A chave está geralmente em uma porcentagem que decide seu voto mais perto da eleição. Esse é um público que tende a combinar suas posições de maneiras mais difíceis de captar em estudos pré-eleitorais. E é justamente para mobilizar esse setor que é fundamental definir o quadro, o que está em jogo na votação.

Para tentar inclinar a balança a seu favor, Keiko Fujimori teve um enorme dispositivo de comunicação digital. Como explica Héctor Venegas Díaz, do Politlogos Digitales: “O fujimorismo (…) tem experiência na coordenação de pequenas agências com atores políticos ou com a campanha central. Esses veículos ou páginas satélites que também servem para colocar conteúdo podem ser mais bem recebidos do que aparecer em uma fanpage de Keiko Fujimori ou que tenha o nome da festa. Todo um gigantesco ecossistema – liderado pela grande mídia peruana – brandia em favor de Keiko uma campanha “contra o comunismo” que, segundo ela, Castillo representa, reforçando a imagem de que um governo do Peru Livre seria “ditatorial como Venezuela e Cuba”.

As fake news têm como objetivo definir o segmento intermediário dos indecisos. A campanha do Peru não pode ser exceção. Embora depois se espalhem por todas as redes sociais, o Twitter é o terreno mais favorável para a divulgação de notícias falsas, dada sua maior tolerância aos bots e seu controle praticamente nulo sobre a veracidade dos perfis. Quando Castillo venceu no primeiro turno, ele conseguiu 50.000 menções, seguidas por 35.000 menções de López Aliaga e 22.000 menções de Keiko. Em suma, como destacou o especialista em comunicação política Ignacio Ramírez , “a distribuição de opiniões na sociedade, que é o que importa, não se reflete no Twitter. O Twitter não representa nada, exceto ele mesmo. Nada mais nada menos.

[…]

Sob o guarda-chuva do antifujimoriismo

Desde o primeiro turno, a equipe de imprensa de Castillo conseguiu formar uma equipe de networking. O principal desafio foi centralizar a palavra e a imagem do Castillo em canais oficiais reconhecidos pelo maior número possível de usuários, para evitar dispersão e confusão.

Apesar disso, a reta final não foi sem contratempos. Os jornalistas Diego Quispe e David Pereda argumentam que “a campanha de Castillo teve tropeços e desordem em seus sites oficiais. No dia 14 de maio, o candidato postou no Twitter uma ilustração com a frase “Antes de um ditador, agora professor”. A postagem foi interpretada literalmente como dizendo que o professor de Cajamarca é um totalitário reabilitado. Apesar de seu crescimento exponencial no Facebook e no Twitter, Castillo não explora o Instagram nem possui um TikTok oficial. Para Quispe e Pereda, isso “mostra seu sigilo eleitoral”.

O publicitário peruano Milton Vela, do Café Taipa, afirma na mesma reportagem que no Fuerza Popular, a frente que apoiou Fujimori, havia “mais articulação nas redes sociais do que no Peru Libre. Mas a campanha da candidata deparou-se com a rejeição ao fujimorismo e, em especial, uma organização espontânea mais articulada, por ter jovens com alta cultura digital e que se mobilizam”. É aí que residiu a verdadeira força de Castillo antes do segundo turno, em 6 de junho: nas massivas ações de rua e digitais que acontecem na última semana da campanha sob os slogans #KeikoNoVa ou # FujimoriNuncaMas.

O caso de Castillo mostra claramente a importância de lembrar que, como afirma Eduardo Mansilla Villanueva, as redes sociais são, antes de tudo, redes. Ou seja, elas não são simplesmente mídias sociais (como alguns as chamam), mas fundamentalmente padrões de interação moldados por padrões comuns de sociabilidade. E, nesse sentido, para um grande número de segmentos sociodemográficos (no Peru e em muitos outros países), a forma de expressão e conexão que o Facebook privilegia, bem como a penetração que proporciona, tem a capacidade de oferecer ainda um amostra muito maior, processos significativos que se aninham dentro do grupo constituinte do que os dados mais abertos e facilmente obtidos no Twitter.

O monitoramento de comunidades no Facebook (especialmente restrito devido ao Regulamento Geral de Proteção de Dados e o escândalo Cambridge Analytica), bem como a investigação de conversas no WhatsApp (muito difícil devido à sua obscuridade e privacidade), podem ser, apesar de sua complexidade, tão ou mais útil para entender o que está acontecendo em grandes segmentos da opinião pública do que a análise cada vez mais difundida dos dados do Twitter.

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

Une membre des services civiques vérifie les documents – dont une attestation de test au Covid négatif – d’un passager au départ de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle le 5 février 2021. Gonzalo Fuentes/AFP

Écrit par Yoann Nabat

Doctorant en droit privé et sciences criminelles, Université de Bordeaux

Comment peut-on vivre avec le virus ? Plusieurs idées sont actuellement à l’étude par l’exécutif rapporte Le Monde, afin que les Français puissent retrouver un semblant de vie « normale ». Parmi elles, le passeport vaccinal.

Cette mesure fait actuellement l’objet d’une consultation citoyenne en ligne, lancée par le Conseil économique social et environnemental (CESE). Ailleurs, comme en Suède ou au Danemark, l’idée se concrétise. En France, c’est la compagnie aérienne Air France qui lance les hostilités en ouvrant une expérimentation dès le 11 mars en exigeant des passagers à destination des Antilles, les résultats d’un test PCR de moins de 72 heures, pour une validité d’un mois.

À l’heure où certains commencent à envisager l’idée d’apprendre à vivre avec le virus, le scénario a de quoi séduire, tout autant qu’il inquiète. Néanmoins, quel pourrait être son cadre juridique en France ? Un tel outil pourrait-il effectivement voir le jour ?

Qu’est-ce qu’un passeport ?

Revenons tout d’abord sur les termes. Le passeport est un outil bien connu depuis l’Ancien régime et encadré juridiquement : il est le titre d’identité (comme la carte nationale d’identité) délivré par l’administration d’un État pour certifier à la fois l’identité de la personne, sa nationalité et sa capacité à franchir librement les frontières, suivant les règles en vigueur pour chaque pays. Le passeport a ainsi par principe une vocation internationale, même s’il peut être utilisé sur le territoire national pour attester son identité.

Existe-t-il néanmoins à l’heure actuelle un passeport vaccinal, c’est-à-dire un tel titre fondé non sur l’identité ou la nationalité, mais sur l’état vaccinal de l’individu ? Les choses sont sur ce point claires : la réponse est négative. Aucune norme nationale ou européenne ne connaît le terme de « passeport vaccinal » ou « passeport sanitaire ». Historiquement, la notion est aussi inconnue, même si le XVIIIe siècle, marqué par des épidémies, voit naître des « billets de santé » permettant d’établir le « bon état sanitaire des voyageurs ».

Bien que des vaccins juvéniles soient obligatoires au niveau national ou pour franchir certaines frontières – le vaccin contre la fièvre jaune est ainsi obligatoire pour se rendre en Guyane par exemple –, ils ne sont pas intégrés au passeport.

Celui qui le souhaite peut faire établir auprès de son médecin un certificat de vaccination (ou de contre-indication à la vaccination) qu’il présente lors du passage de la frontière. Ce document est certes obligatoire, mais bien distinct, juridiquement au moins, du passeport.

Si on assimile un tel document au concept de passeport vaccinal, l’idée semble alors plus précise : pour se rendre dans certains lieux sur le territoire national (salle de concert, musée, école, etc.) ou pour voyager à l’international, la présentation d’un document attestant la vaccination au coronavirus serait obligatoire. L’usage d’un tel document serait ainsi à la fois national et international.

Un premier projet avorté

Une formulation assez proche de cette idée s’était trouvée, avant d’être retirée face aux contestations, dans le premier article d’un projet de loi « instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires » déposé par le Premier ministre à la fin de l’année dernière.

Il s’agissait en effet de :

« subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transport ou à certains lieux […] à la présentation des résultats d’un test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif ».

Le texte, qui n’avait pas vocation à s’appliquer à la crise sanitaire actuelle, mais à instaurer un régime juridique durable pour d’éventuelles crises sanitaires à venir, et pour lequel le Conseil d’État avait émis un avis réservé, visait d’un même élan le test négatif et le vaccin.

En effet, ne retenir que l’exigence du vaccin conduit, mécaniquement, à rendre la vaccination obligatoire (même si l’exigence est limitée à certains lieux ou activités, il y aura une forme d’obligation implicite).

Or, si une telle obligation est juridiquement admissible et déjà pratiquée pour les nouveau-nés, elle est soumise à la condition de l’accessibilité du vaccin : tout le monde doit pouvoir avoir accès, dans des conditions satisfaisantes, au vaccin.

La création intolérable d’une discrimination

Dans le scénario inverse (qui constitue la situation actuelle, où l’accès au vaccin est conditionné et complexe), il résulterait d’une telle disposition la création intolérable d’une discrimination.

Si les difficultés d’accès pouvaient être résolues dans quelques mois au niveau national, il n’est pas certain qu’il en soit de même sur le plan international. Il pourrait alors en résulter une inégalité entre pays riches, où les habitants seraient libres de circuler, car détenteurs d’un tel passeport, et pays pauvres, où le vaccin n’est pas disponible, et où la population serait donc isolée.

L’OMS et l’Union européenne mettent en avant ce risque.

Pour dépasser cette première difficulté, imaginons que le vaccin soit au moins disponible massivement sur le plan national, sans restriction, et qu’il puisse ainsi, même si le gouvernement s’est engagé en sens contraire, être rendu obligatoire sans risque de discrimination. Le passeport vaccinal pourrait-il alors exister sans davantage de contraintes juridiques ? La réponse est négative : d’autres difficultés se présenteraient à un tel projet.

Une telle obligation ne pourrait, selon ce que retient habituellement le Conseil d’État, que résulter de la loi (et non uniquement du pouvoir exécutif). Un débat s’engagerait ainsi devant l’Assemblée nationale et le Sénat. Projetons alors que, du fait majoritaire, le texte proposant l’obligation de la vaccination et l’instauration du passeport vaccinal soit adopté. Il devrait alors certainement faire face au contrôle a priori du Conseil constitutionnel.

La chose serait absolument inédite, puisqu’il ne s’agirait ici ni d’une exigence strictement internationale, ni d’une vaccination infantile, que le Conseil constitutionnel avait validée à ce titre.

Pour être constitutionnel, il faudrait alors que l’exigence d’un tel document soit absolument « nécessaire et proportionnée », selon la formule habituellement retenue, mais dont le contenu est d’appréciation souple (il n’en existe aucune définition précise).

Le passeport vaccinal constituerait en effet sans aucun doute une mesure attentatoire à plusieurs droits et libertés fondamentaux, comme la liberté d’aller et venir, l’intégrité corporelle, et même la vie privée (comme l’a reconnu par la Cour européenne des droits de l’homme il y a quelques années à propos de la vaccination obligatoire).

Or, si ces droits ne sont pas absolus, le contrôle du Conseil constitutionnel pourrait sur ce point constituer un obstacle, si le champ d’application et les finalités d’un tel document ne sont pas restrictivement définis (individus concernés, lieux exacts listés, modes de transport et distances, durée d’application de la mesure, etc.).

Faire appliquer une mesure aux contours flous

Néanmoins, la tendance habituelle à la tolérance du Conseil constitutionnel en période de crise sanitaire, au nom de l’impératif que constitue le droit à la santé (prévu par le préambule de la Constitution de 1946) et du fait des circonstances exceptionnelles, pourrait sans doute permettre de lever cette condition.

Sur le territoire national, les lieux ou déplacements où le passeport serait requis devraient cependant être très limitativement définis. Les lieux strictement vitaux pour les individus (dont la liste devrait immanquablement faire débat : lieux de santé, fournitures essentielles, etc.) devraient également sans doute en être exclus.

Il faudrait enfin prévoir d’assimiler la vaccination à la contre-indication au vaccin, sans que la différence apparaisse sur le document remis pour ne pas atteindre au secret médical.

Sans vaccin pas de circulation ? Image d’illustration : injection d’une dose d’AstraZeneca dans un centre médical le 25 février 2021 à Paris. Alain Jocard/AFP

L’obstacle passé, mettre en place un tel document nécessiterait impérativement la construction d’une base de données des personnes vaccinées. Or, s’il existe actuellement un fichier dédié (appelé SI Vaccin Covid), les finalités définies par le texte réglementaire qu’il encadre ne prévoient absolument pas son utilisation pour limiter le déplacement des individus.

Une base de données controversée

Une modification du texte serait sur ce point indispensable, ce qui induirait un contrôle de la CNIL, qui, bien que dépourvue d’un pouvoir contraignant, saurait sans doute soulever des méfiances importantes pour un tel projet. Il est pour le moment impossible de savoir si la CNIL a déjà été saisie d’un pré-projet en ce sens, mais la division prospective de l’autorité avait déjà livré de premières réflexions sur le sujet il y a quelques mois.

Il serait bien sûr théoriquement possible de se passer de l’existence d’un tel fichier centralisé, en utilisant le vieux « carnet de santé » individuel.

Mais on s’expose alors à une absence de sécurisation et à l’apparition de faux, comme c’est d’ores et déjà le cas pour les tests PCR obligatoires.

Plus largement sur la question des données personnelles, comment éviter, le traçage et le contrôle des individus qui suivraient nécessairement la mise en place d’un tel outil, notamment si le fichier est consulté lors des déplacements de l’individu ?

Le traçage des populations, déjà dénoncé en matière sécuritaire, trouverait ici un développement sanitaire important, bien plus loin encore de ce qui est déjà mis en place.

Comment ne pas percevoir également dans une telle démarche un nouvel exemple de biopouvoir, suivant les descriptions opérées par Michel Foucault, constitué par la saisine par le pouvoir politique du biologique.

L’État se saisirait avec un tel outil du plus intime de l’individu. Le choix même du vocabulaire est sur ce point révélateur : le passeport est un outil régalien, il appartient à l’État et en est l’un des symboles les plus importants. Il deviendrait ici un symbole de la prise en compte du corps biologique des individus.

En résumé, la création d’un passeport vaccinal n’est pas chose impossible juridiquement en France, bien que soumise à des contraintes importantes et de nombreuses zones d’incertitudes tant le procédé serait inédit. Cependant, même bien défini, encadré et délimité, un tel dispositif constituerait un pas de plus vers le traçage sanitaire des individus.


L’auteur effectue sa thèse sous la direction de Virginie Peltier.

[Source : http://www.theconversation.com]

Esther Goris (Bos Aires, 1963) é unha das grandes referencias da escena arxentina. Actriz de cine e de teatro, habitual nas series das canles de televisión, directora dun importante número de filmes e montaxes dramáticas e escritora, achéganos a súa relación coa Galiza, a terra natal do seu pai e da súa nai, á que permanece intimamente ligada. 
Esther Goris, no papel de Coco Chanel na montaxe teatral “Coco de París”. (Foto: Nós Diario)

Esther Goris, no papel de Coco Chanel na montaxe teatral “Coco de París”.

Escrito por Lois Pérez Leira

Imos dicir que son filla, neta, bisneta de galegos. Toda a miña familia naceu na Galiza e eu son a única que está na Arxentina. A familia da miña nai, Rosalía, naceu en Vila de Cruces. Eran 11 irmáns, e a familia de meu pai, cinco. É dicir, teño unha familia numerosísima na Galiza. Algunha xente moi nova da familia foise a outras zonas do Estado español. É moi incríbel, mais a primeira vez que fun á Galiza, un señor que ía por un camiño parouse e díxome: Din que es a miña curmá. Es dos Goris? Eu quedei sorprendida. Díxenlle que si, claro. O certo era que en toda a vila xa se sabía da miña presenza e, por certo, tiña moitos familiares.

Como se coñeceron os seus pais?

Coñecéronse alá, en Vila de Cruces, eran amigos. Aínda que a miña nai estaba moi namorada del, o meu pai parece que non tanto. Ademais había un gran problema, o meu pai era dunha familia moi pobre e a miña nai era da familia do médico. Aínda que nos períodos de posguerra tamén eran moi pobres. Eles pasaron todas as vicisitudes económicas despois da guerra.

Logo reencontráronse na Arxentina?

O tempo segue pasando até que en 1951, a miña nai parte do porto de Vigo na liña italiana Giovanna C. Chega a Bos Aires o 18 de xaneiro, por aquel entón tiña 28 anos. A arxentina estaba gobernada polo xeneral Perón e tiña unha economía próspera. Alí en Bos Aires estaban a esperala, entre abrazos e bágoas. Ante unha cidade de Bos Aires impoñente, a miña nai comeza unha nova vida e empeza a traballar como empregada do fogar.

Como segue a historia?

Despois a miña nai comezou a sementar flores. Ía cun cesto vendelos ao mercado. Consegue pór un posto e logo compra un negocio. Eu lembro que cando era moza a miña nai regresaba da feira cunha grande alegría. Na Galiza, ás mulleres, polo menos na casa da miña nai, non as deixaban sentar na mesa. A miña nai, polo feito de poder traballar, gañar o seu diñeiro e manexar a súa vida, foi enormemente feliz. Foi moi feliz na Arxentina. O meu pai axudouna traballando como xardineiro, e ese foi o traballo que el fixo desde os seis anos até o día da súa morte. Morreu aos 88 anos, coa miña nai dándolle un bico.

As súas últimas palabras foron: “Síntome mal”, recostouse e faleceu.

E vostede?

Eu tiven a sorte de poder acceder a unha educación, ao contrario que os meus pais. Estudei a carreira de Letras, na Facultade de Filosofía e Letras de Bos Aires, e daquela empecei tamén a estudar teatro. Tiña que traballar para poder estudar, de modo que tiña unha vida bastante ocupada. Malia a represión daqueles anos, participaba dun grupo de mozos que nos opuñamos ao Goberno do xeneral Videla. Na miña profesión tiven bastante sorte porque comecei a traballar como actriz moi cedo. É certo que despois tiven que ter unha gran paciencia, persistencia, unha gran tolerancia á frustración, que é o que ten que ter todo artista.

Como vivían os seus pais a súa carreira artística?

Vivían con moito orgullo os meus pequenos triunfos e con moita alegría cada un dos meus logros. Máis adiante, no ano 1995, eles deciden volver á Galiza.

O meu pai estrañaba moito a súa terra e a miña nai tamén. O meu pai non había día en que non falase da súa terra. Eu axudeinos, porque eles tiñan moita mágoa de deixarme a min aquí. Eu quería que fosen felices e deixeinos partir, aínda que despois arrepentinme un pouco.

Como foi a súa primeira visita á Galiza?

A primeira vez que fun á Galiza foi no ano 1990, cando fun traballar ao Estado español coa xira do espectáculo Tango Varsoviano, unha obra de Alberto Félix. Viñeron buscarme uns tíos a Madrid a tarde en que me despedín dos meus compañeiros e leváronme á Galiza. Recordo que había moita néboa. Entrei na Galiza como dunha maneira case máxica, como os contos de fadas ou como na literatura gótica. Foi inesquecíbel. Eu non coñecía a miña familia. Cando eu nacín, os meus pais xa eran maiores e había tempo que estaban casados. A miña nai non podía ter fillos e finalmente nacín, case como de milagre.

Que recordos ten da colectividade galega?

Recordo con moita felicidade cando era moza e os meus pais me levaban a bailar aos centros de galegos. Especialmente ao Centro da Estrada, de onde eran orixinarios. Recordo que a miña mamá levaba comida preparada ou ben era meu pai quen preparaba un asado. Comiamos e logo levantábanse as mesas e bailábase o pasodobre. Eu era tan feliz! Os meus pais bailaban moi ben e eu sentíame moi orgullosa e moi feliz cando o meu pai me sacaba a bailar.

Como naceu a idea de filmar Morriña?

Quería falar da loita dos inmigrantes na Arxentina e tomei como exemplo os meus pais. Conseguín unha axuda pequeniña e puxen eu outra parte do diñeiro.

A idea era filmar unha parte en Bos Aires e outra parte na Galiza, pero unha semana antes de comezar a rodaxe na Arxentina faleceu o meu pai. Eu creo que foi coa emoción de vir verme facer esa película, de modo que en lugar de vir aquí, fun eu ao seu enterro para despedirme del. Cando o enterramos, díxenlle a miña nai que iamos facer igual a película e así foi. Contratei un cámara en Santiago de Compostela e aí comezamos a filmar Morriña.

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]

Une « dictée pour tous » en octobre 2019, au Château de Versailles. Thomas Samson/AFP

Écrit par Christophe Benzitoun

Maître de conférences en linguistique française, Université de Lorraine

S’il y a bien un sujet qui transcende les clivages politiques et idéologiques, c’est la langue française. Il existe un large consensus concernant l’importance d’en connaître les formes correctes. C’est un instrument incontournable de la vie démocratique qui permet l’émancipation. Elle est considérée comme la pierre angulaire de la méritocratie républicaine, cette croyance qui veut que tout citoyen serait capable de la maîtriser au prix d’efforts consentis au sein de l’école de la République.

Des dizaines de milliers de professeurs œuvrent au quotidien pour aider l’ensemble des élèves, et plus particulièrement ceux issus de milieux défavorisés, à y parvenir. On ne compte plus les dictées, parfois « géantes » organisées aux quatre coins de France. Il existe même des plates-formes de remise à niveau en orthographe et la grammaire s’invite désormais au lycée.

Pourtant, malgré toute cette attention et ces milliers d’heures qui y sont consacrées, le niveau en langue est loin de l’excellence visée.

Des difficultés bien identifiées

7 % de la population adulte scolarisée en France est en situation d’illettrisme. Moins d’un élève sur deux en début de sixième est capable d’accorder correctement le verbe à son sujet dans la phrase « Des roses jaunes parfument le salon ». Seulement un élève de CM2 sur quatre parvient à orthographier correctement « inquiets » dans « Papa et maman, inquiets ». Même le président de la République, Emmanuel Macron, a été épinglé pour avoir écrit : « les traces qui nous permettronS ». Jean‑Michel Blanquer, l’actuel Ministre de l’Education, n’est pas en reste, ayant été distingué pour sa maîtrise approximative du passé simple.

En réalité, tout le monde est en butte à des difficultés plus ou moins importantes et rares sont les personnes pouvant se prévaloir d’une connaissance fine de la langue française. L’importance qui y est accordée, d’une part, et les erreurs généralisées, d’autre part, ont pour conséquence une pratique largement répandue : s’offusquer ou se moquer des fautes des autres et en profiter, au passage, pour dévaloriser le fautif.

Non, ce n’était pas mieux avant

Pour expliquer l’écart qu’il existe entre les discours et la réalité, il est nécessaire de décortiquer le problème. On entend souvent l’argument d’un supposé laxisme entraînant le déclin du français. On retrouve ici un motif bien connu : le syndrome du « c’était mieux avant ». Mais pour la langue française, ce supposé âge d’or n’a jamais existé. C’est la focalisation exclusive sur les textes littéraires qui entretient cette illusion. Et il ne faut pas perdre de vue que, jusqu’à une période récente, très peu de personnes étaient capables d’écrire en français. La large diffusion de l’écrit remonte à 1945.

Quant à la comparaison à un siècle d’intervalle, elle est loin d’être aisée. En effet, quand on dispose d’un échantillon représentatif d’un côté et des meilleurs élèves de l’autre, il est difficile d’en tirer des conclusions. Toujours est-il que l’on peut affirmer qu’il n’y a jamais eu autant de personnes écrivant quotidiennement français qu’aujourd’hui. Ainsi, le niveau moyen de la population est forcément meilleur qu’il y a un siècle.

Pour autant, ce niveau est-il suffisant pour une insertion réussie sur le marché du travail à une époque où savoir écrire est une compétence incontournable ? La réponse est sans doute négative. Et, contrairement à une idée reçue, ce n’est pas un problème purement français. Que ce soit au Canada, en Suisse ou en Belgique, les constats sont exactement les mêmes : une vision catastrophiste quant aux difficultés rencontrées par les élèves. Il faut donc chercher un autre coupable que le système scolaire français.

Plusieurs explications

Il y a en réalité deux paramètres principaux permettant d’expliquer ce phénomène. Le premier, c’est le nombre insuffisant d’heures d’enseignement. La majorité des élèves ne pourra pas dominer la langue française à partir du seul temps passé sur les bancs de l’école. Cela va donc créer des inégalités entre les enfants ayant de l’aide à la maison et les autres. Les études scientifiques montrent clairement le lien existant entre difficultés en français et milieux défavorisés.

Le second paramètre explicatif repose sur le caractère linguistiquement inadapté de l’orthographe française.

Elle souffre en effet de deux défauts majeurs : la déconnexion de l’oral et l’absence de régularité. Concrètement, la place de l’orthographe grammaticale s’est fortement réduite à l’oral et à partir de ressemblances formelles il est difficile de savoir comment s’écrit un mot.

« On écrit je prends mais je peinstu couds mais tu résousil vend et… ça craint ! » (Enfreindre ou absoudre, Hoedt & Piron)

Il a donc fallu rédiger des centaines de règles spécifiques et dresser des listes pour permettre aux élèves d’apprendre les conjugaisons, les pluriels irréguliers, les accords, etc. Or, la conjonction entre l’indépendance de l’écrit et le grand nombre d’informations à mémoriser ne fait pas bon ménage. Cela a une conséquence pratique : il faut plus de temps pour apprendre à écrire en français que dans la plupart des autres langues alphabétiques. Plus l’écrit est proche de l’oral, plus il est facile d’apprendre à écrire. Dans les évaluations internationales des systèmes éducatifs, cela revient donc à comparer deux épreuves distinctes : une course de 100m à une course de 110m haies. Il n’est donc pas étonnant que les petits Français soient à la traîne.

De plus, l’attachement viscéral à une forme pure immuable, en s’opposant systématiquement à toute évolution, fait courir un risque au français. Les langues naturelles cessent d’évoluer uniquement quand elles sont mortes. Les puristes, sincères dans leur combat pour la défense du français, risquent finalement d’aboutir au résultat inverse de celui escompté. Et les premières victimes sont les élèves et plus particulièrement ceux de milieux défavorisés. C’est donc le figement de la forme de référence, du bon usage, ainsi que son contenu qui expliquent au moins en partie les problèmes actuels. Pour ne pas que la situation empire, il faut agir vite.

Ni pure ni soumise

La langue française est une œuvre collective abritée en chacun de nous. Elle se modèle au gré des usages que nous en faisons. Elle n’est ni pure ni soumise (j’emprunte l’expression à Alain Rey). Dans un ouvrage paraissant le 6 mai 2021, j’aborde les problèmes que pose la distorsion qu’il existe entre la langue réellement en usage et le « bon usage ». La définition d’un bon usage mieux adapté à notre situation contemporaine est un enjeu démocratique majeur.

Pour défendre la langue française, encore faut-il laisser les locutrices et les locuteurs s’exprimer avec tolérance et convivialité ! Et plutôt que se moquer des personnes qui font des « fautes de français », il paraît plus fécond d’évaluer avec objectivité les problèmes que pose la norme à acquérir.

 

[Source : http://www.theconversation.com]

Publicado por Maria Eduarda Fagundes Nunes

Jacob Rodrigues Rivera (pintado por Gilbert Stuart)

A importância da comunidade judaica (em particular a sefardita) na vida econômica e cultural das Américas, desde os tempos do descobrimento e ocupação do Novo Mundo, esquecida pela população em geral, vem sendo resgatada pela comunidade acadêmica atual.

Fugidos da Inquisição Ibérica, os judeus de origem portuguesa e espanhola (sefarditas) do século XVI ao século XIX encontraram, a principio, no continente americano,  um lugar para ganhar a vida e assumir a sua religião.

Após a expulsão dos holandeses de Pernambuco em 1654, boa parte dos judeus instalados no nordeste brasileiro fugiram para o interior da província ou partiram para as Colônias Inglesas (Barbados e Jamaica) e Holandesas do Caribe e Suriname, até chegar à Nova Ansterdam (hoje New York). Em geral eram plantadores de cana-de-açúcar, donos de escravos e engenhos, ou comerciantes oriundos da diáspora sefardita portuguesa que dispersados na Europa (Portugal, Espanha, Holanda, França e Inglaterra) haviam encontrado na América Portuguesa a possibilidade de viver longe da Inquisição.

Na nova sociedade americana, esses cristãos-novos e bnei anussim (descendentes de judeus batizados à força), mesmo sendo elementos estranhos à sociedade local,  conseguiram formar uma comunidade cultural, econômica e socialmente influente. Assim é que os sefarditas (judeus portugueses e espanhóis) como os asquenazitas (judeus da Europa oriental) sofreram modificações impingidas pelo meio ambiente, tanto quanto pela religião que os regiam. Como um judeu português é diferente de um judeu tedesco (alemão), o português católico  comporta-se diferentemente de um judeu português.

A presença judaica sefardita, de influencia colonial americana, desenvolveu sem muitos escrúpulos o comércio de escravos e a transferência o riquezas (ouro, prata, açúcar, rum, peixe salgado, chocolate, tabaco,…) de um lado para outro do Atlântico. Plantaram e manufaturaram, comercializaram e distribuíram produtos usando seus próprios navios. Enriqueceram, tornaram-se influentes através de casamentos, atividades culturais, filantrópicas e comerciais. Elevaram-se socialmente, despertaram a cobiça e a inveja em cristãos, holandeses e piratas. Apesar dos reveses, firmaram-se na nova sociedade americana onde contribuíram definitivamente com seu desenvolvimento.

A partir do século XVII, Newport progrediu mais fortemente, tanto no setor econômico como no cultural, com a chegada da comunidade judaica que ali se instalou. Entre esses indivíduos destacou-se Jacob Rodrigues de Rivera, além de outros das famílias judias Lopez, Seixas, Gomes, de Toro ou Touro, Levy, Hays, Meyers, Hart. Trouxeram consigo tradições e desejos de liberdade que marcaram a identidade do povo americano. Famílias com larga prole, que se relacionavam em redes de negócios e casamentos, propiciaram uma grande influência econômica e cultural na sociedade estadunidense.

Segundo a pesquisadora Sandra Malamed, Jacob Rodrigues de Rivera teria nascido em Portugal, em 1717, porém de família originária de Sevilha. Em criança foi para New York com seu pai. Fez carreira mercantil. Chegou a Curaçau onde havia comunidade judaica e entreposto comercial. Ali casou com Hannah Pimentel. Desse enlace nasceram em New York seus filhos Abraham e Sarah Rodrigues de Rivera que se casou com o primo de seu pai, Aaron Lopez (nascido Duarte Lopez, em Portugal), rico comerciante, traficante de escravos e armador de navios em Newport.

Naturalizou-se em 1746 (N.Y) e em 1748 mudou-se para Newport, onde, associado a Aaron Lopez, torna-se um dos mais importantes comerciantes da região.

Àquela época colonial americana, Newport era um verdadeiro “melting pot” de culturas e etnias, onde se abrigavam cidadãos católicos britânicos, hugenotes franceses, judeus sefaraditas (fugidos da Inquisição) e escravos.  Nessa cidade foi pioneiro com seu primo na introdução do comercio do espermacete, óleo retirado da cabeça de baleia (cachalote) usado na manufatura de velas (técnica aprendida em Portugal e transferida para a América) e como  lubrificante e combustível para lâmpadas. Com Nicholas Brown de Providence (RI), membro da família Brown, cofundadora da Universidade de Brown, manteve rentável negócio praticado com as Índias Ocidentais e África, pois os barcos que transportavam as mercadorias (rum, açúcar, escravos, sabão, peixe, farinha, óleo de baleia, velas,…) eram também de sua propriedade ou da sociedade com seu primo Aarão Lopez, um dos mais importantes e ricos comerciantes de Rhode Island.

Jacob Rodrigues de Rivera era um cidadão de espírito público. Sua atuação se dava também em âmbito cultural. Além de organizar o Clube Hebraico de Newport, teve seu nome associado com a formação da Biblioteca Redwood e com a construção da sinagoga de Yeshuat Israel. Em 1773 foi nomeado administrador do Cemitério Judaico de Savannah.

Na ocasião da Revolução Americana, Jacob Rodrigues de Rivera teve que partir para Massachussets em 1777, devido ao bloqueio marítimo britânico à cidade. Esteve em Boston e depois em Leicester, onde sua filha e genro estavam. Mais uma vez ali seu nome aparece ligado à cultura local. Torna-se então um dos benfeitores do Yale College. Ofereceu um quadro do rabi Hajim Issac Carigal ao colégio, agradando Erza Stiles, teólogo, professor e director da Instituição.

No período da Revolução Americana, devido ao tipo de negócio que desenvolvia, teve graves reveses financeiros. Mas o seu espírito, tino comercial, redes e associações fizeram com que ele se recuperasse. Conta-se que, já superadas as dificuldades financeiras, convidou seus antigos credores para um jantar, onde debaixo de cada prato havia a quantia de seu crédito com os seus convidados, com os juros e correcção monetária!

Em 1782 retornou a Newport, e passou a residir numa casa hoje referência arquitectónica do período Colonial Americano. Quando morreu em 1789 deixou para os herdeiros um abastado património. Seus livros, a sua Torah, ouro e prata ficaram para seu filho Abraham. Os bens restantes foram divididos entre Sarah, Hannah e Abraham. Gilbert Stuart retratou-o num quadro doado à Redwood Library (Newport).

Muitas foram as benfeitorias da comunidade judaica na antiga Colônia inglesa e no desabrochar da nova nação norte-americana. Universidades, livrarias, sinagogas, lojas maçônicas, entrepostos comerciais, indústrias, bancos, clubes. Instituições hoje reconhecidas mundialmente.

No entanto, a diáspora sefardita, o número crescente de consórcios entre judeus e não judeus, as perseguições político-religiosas, as intolerâncias abertas e as veladas, fizeram com que a identidade judaica se diluísse no mundo ocidental. Mas, apesar de tudo, é inegável que a marca desse povo está historicamente presente na cultura e na força financeira dos países onde houve empenho no trabalho e tolerância etnorreligiosa.

Dados compilados de:

Mercadores e Gente de Trato (Dicionário Histórico dos Sefarditas Portugueses). Direção Científica de A. A. Marques de Almeida. Lisboa 2009. 1ª edição.

Os Judeus, o dinheiro e o mundo (Jacques Attali)

Enciclopédia Judaica 1906 (por Cyrus Adler, L. Hühner)

[Fonte: abemdanacao.blogs.sapo.pt]

Une enquête fouillée de Dominique Veillon restitue la vie des Parisiens à table hors de chez eux, entre refus et soumission.

Le restaurant Lasserre avec son toit ouvrant. | Olivier Buhagiar

Propos recueillis par Nicolas de Rabaudy 

Voici une enquête fouillée de l’historienne Dominique Veillon dans son ouvrage Paris allemand–Entre refus et soumission. L’autrice restitue la vie des Parisiens à table hors de chez eux, un récit d’une grande rigueur sur la capitale germanisée.

Tous les restaurants, cabarets, maisons closes de la capitale sont restés ouverts sous le joug allemand. La défaite de juin 1940 et l’Occupation de la capitale n’ont pas réduit la fréquentation des meilleures tables, des lieux de plaisir, des cafés (Lipp, Le Flore, etc.) qui ont été dans l’obligation d’accueillir la clientèle française et allemande en dépit des restrictions alimentaires, des tickets de rationnement indispensables pour se nourrir dans Paris occupé qui ont donné lieu à des trafics en tous genres.

L’historienne Dominique Veillon. | Tallandier

Vainqueurs, les officiers et soldats de la Wehrmacht veulent profiter de la douce vie parisienne, des restaurants, des hôtels, des cabarets et autres maisons closes comme Le Chabanais ou le One Two Two: quarante d’entre ces dernières sont réservées aux troupes allemandes.

Hermann Göring a vécu au Ritz aux côtés de Gabrielle Chanel. L’état-major de l’armée d’Occupation, les collabos et la pègre avaient souvent les meilleures tables chez Maxim’s, Lapérouse (trois étoiles), Drouant, Le Fouquet’s, La Marée, Lasserre dès 1942, Carrère rue Pierre Charron (disparu), chez Alix, la cantine du Tout-Paris (oublié), chez Châtaigner rue du Cherche-Midi (disparu)… Ces établissements cotés et onéreux sont souvent complets aux deux repas (500 francs le dîner de luxe). Ils ont obtenu une dérogation pour servir toute la clientèle.

Bien manger est une obsession pas facile à réaliser si l’on n’a pas ou peu d’argent. Les restaurants de luxe comme La Tour d’Argent sont très chers. Les Allemands y festoient en uniforme et non en civil, ce que prévoit la loi de l’armée. Ils sont bien servis et règlent la moitié des additions dans la ville Lumière, un rêve réalisé pour l’occupant heureux d’être là.

Lapérouse, comme les autres établissements de luxe, a obtenu une dérogation pour servir toute la clientèle. | Matthieu Salvaing

Homme de confiance d’Hitler, Hermann Göring clame qu’il ne veut pas voir de Français dans les restaurants, théâtres et music-hall, en vain. Les Parisiens qui sortent côtoient les officiers de l’armée d’Occupation, leurs affidés et les trafiquants du marché noir.

Les Allemands se conduisent comme chez eux, ce qui révulse l’écrivain résistant Jean Guéhenno évoquant un déjeuner avec son épouse dans un restaurant, «écœuré par l’assistance composée d’Allemands accompagnés d’affreuses putains».

Dans les restaurants les plus huppés, il n’est pas aisé de trouver une table, les Allemands ont des prix allégés.

Le gratin parisien dans les restaurants et cabarets (Le Lido, Les Folies Bergères, l’ABC, etc.) est composé aussi de Français dont une partie ne dédaigne pas frayer avec les Allemands, certains officiers francophiles étant sensibles à l’art de vivre à Paris. C’est le cas au Ritz à la clientèle très mélangée et protégée par les autorités françaises et allemandes.

Le palace est géré par une famille d’origine suisse. Il n’est pas fermé, est fréquenté par une clientèle française et étrangère. Des Juifs y seront cachés dans les étages grâce aux directeurs successifs.

Le gratin parisien est aussi composé de Français dont une partie ne dédaigne pas frayer avec les Allemands. Le Ritz en 2010. | Herry Lawford via Flickr

Une population mitigée

Hommes d’affaires, collabos ou pas, trafiquants de tout et de rien, truands compromis dans les combines avec l’occupant et de simples clients fêtards fréquentent ces établissements huppés dont Maxim’s, dirigé par le Viennois Otto Horcher, professionnel du métier qui bichonne les cadres de la Wehrmacht sensibles aux petites femmes de Paris. On danse durant le dîner et jusqu’à l’aube.

Lancé en 1898, ancien glacier, Maxim’s est le fief du «Tout-Paris allemand». Corinne Luchaire et son père Jean, très proches de l’occupant, sont invités à dîner au 3, rue Royale par Otto Abetz, ambassadeur d’Allemagne à Paris.

Selon le sculpteur Arno Breker«Maxim’s est chaque soir une fête pour les yeux telle que je n’en vis jamais avant ou après l’Occupation». L’artiste garde le souvenir de ce «métro fabuleux» où les croqueuses de diamants courtisent les proies faciles, les profiteurs de la collaboration et les gradés de la Wehrmacht. Là, les heures noires de l’Occupation n’existent plus, noyées dans la profusion de champagnes et la chère de luxe du plus fameux restaurant du monde. C’est la belle vie dans Paris occupé. Les ventes de champagnes Mumm, marque allemande, Moët, Clicquot, Krug vont dépasser 3 millions de bouteilles en 1943: un record pour un pays soumis aux ukases allemands et où la liberté est réglementée.

Le Maxim’s est dirigé par le Viennois Otto Horcher, professionnel du métier qui bichonne les cadres de la Wehrmacht sensibles aux petites femmes de Paris. | Jordi Motlló via Flickr

À côté de La Reine Pédauque, très courue, des brasseries alsaciennes et certains restaurants sont réservés à l’occupant comme La Chope Latine (disparue), cible d’attentats. La comédienne Arletty et son amant allemand vont déjeuner à La Tour d’Argent où Claude Terrail, fils du propriétaire, engagé volontaire, a fait murer la fabuleuse cave du sous-sol dès 1942. La Tour et sa vue panoramique est aussi cotée que Maxim’s à la fabuleuse ambiance.

Dans les restaurants les plus huppés, il n’est pas aisé de trouver une table au dîner, les Allemands ont des prix allégés. À La Marée, tout près de la salle Pleyel, connue pour ses fruits de mer et poissons des côtes françaises, «au dîner, cinquante personnes attendent au bar qu’une table se libère». Dans la soirée, les tables vont se renouveler trois fois, jamais on a vu une telle affluence avant la drôle de guerre. Les repas sont bien arrosés, les Allemands sont fous de champagne –les additions salées peuvent atteindre jusqu’à 2.000 francs chez Maxim’s contre 18 francs pour un déjeuner au bistrot du quartier.

Arletty et son amant allemand vont déjeuner à La Tour d’Argent. | latourdargent

«Les steaks interdits sont disséminés sous des œufs au plat»

Tous ces établissements à la mode ont leurs habitués, des cliques de collabos et de simples mangeurs: au Tyrol, 146, avenue des Champs-Élysées, ce sont les adhérents du Parti national socialiste français; les employés des collabos Bonny et Lafont ont leurs usages à la brasserie Mollard, face à la gare Saint-Lazare. L’écrivain Ernst Jünger est un hôte assidu de Drouant, de Prunier et de Lapérouse. Invitée à dîner chez Maxim’s par un grand ponte de la chambre syndicale de la couture, la journaliste Nicole Poiret, mère de Benoîte et Flora Groult, remarque «à la table d’à côté, deux Allemands accompagnés de deux vilaines Allemandes fayottes».

Tout le problème pour ces restaurants de bonne cuisine française, issus d’Escoffier, c’est le rationnement et les produits alimentaires qui manquent. À chaque repas servi doit correspondre le nombre de tickets dictés par la loi: certaines denrées comme la viande ne peuvent pas figurer tous les jours sur la carte des plats. Il y a des repas sans filet de bœuf ou carré d’agneau, mais les grands crus sont prisés et servis aux officiers allemands.

Tous les procédés sont bons pour contourner les règles d’approvisionnement: il y a des plats prohibés qui sont offerts aux bons clients. L’écrivain Jean Galtier-Boissière est stupéfait de ce qu’on lui sert en juin 1940 dans un restaurant à la mode. «Aucune restriction, les steaks interdits sont disséminés sous des œufs au plat, les vins les plus fins coulent à flots. Avec du fric, beaucoup de fric, on peut s’en fourrer jusque-là pendant que les ménagères font des heures de queue sous la neige. Je suis stupéfait, mais je m’empiffre tout de même pour le jour sans», écrit l’intellectuel parisien qui tient son journal.

«En avril 1940, la préfecture de police indique que 2.176 infractions ont été relevées sur des menus irréguliers.»

Dominique Veillon, «Paris allemand–Entre refus et soumission»

«En temps normal, les restaurants parisiens servent de 400.000 à 500.000 repas par jour. Dès l’automne 1940, en raison des produits introuvables, de nombreux restaurants sont dans l’incapacité de maintenir leur activité. Certains restaurants ferment, d’autres réduisent leur carte, affichent un menu du jour et la pratique du marché noir devient courante pour d’autres: cela permet de s’approvisionner clandestinement. La plupart des achats aux Halles sont réservés exclusivement aux grands restaurants fréquentés par les officiers allemands, les collabos et les fidèles de la maison», écrit l’historienne Dominique Veillon, bonne lectrice des archives.

Un grand nombre de restaurants de la capitale, huppés ou non, utilisent sans aucun scrupule un circuit illégal. La police parisienne signale dans un rapport d’avril 1941 que Le Lido pour les dîners-spectacles et Le Fouquet’s en face seraient des centres du marché noir dont le maître d’œuvre serait un Égyptien nommé Amar.

«Aux Halles, la viande est toujours saine et abondante en août 1941. Certains restaurants jouissent d’une tolérance spéciale. Un jour sans viande, on sert dans un établissement coté un haricot de mouton et un Châteaubriand. Addition 550 francs à quatre. En avril 1940, la préfecture de police indique que 2.176 infractions ont été relevées sur des menus irréguliers: défaut d’affichage, vente de viande et alcool interdits et plats servis en supplément, hausse illicite, 1.200 francs par personne. Aucun restaurant n’a jamais été fermé. Paris offre à l’occupant un éventail d’avantages –additions divisées par deux–, de plaisirs, de spectacles qu’on a peine à imaginer. Le Lido, les Folies Bergères, Le Casino de Paris, Le Moulin de la Galette sont pleins chaque soir», écrit Dominique Veillon.

Le Fouquet’s. | Yann Hermans  via Flickr

Mondanités, sociabilité et affaires font bon ménage. C’est le cas au restaurant Lasserre ouvert en 1942 par un enfant de Bayonne, René Lasserre, ancien maître d’hôtel à Paris, acquéreur d’un entrepôt à bières situé avenue Franklin Roosevelt au bas des Champs-Élysées, transformé en bistrot parisien animé. Le patron bichonne toute la clientèle.

Chez Lasserre, collabos et résistants à table

Orphelin de père tué à la guerre de 1914-1918, René Lasserre est monté à Paris au bras de sa mère Irma au début des années 1940. C’est une excellente cuisinière, employée chez des bourgeois connus de la capitale. Son fils est vif, poli et intelligent, il se frotte aux métiers de la restauration à peine sorti de l’adolescence: «À nous deux Paris.» À 20 ans et plus, il apprend les rudiments du service en salle chez Drouant, au Lido, sur les paquebots de luxe (le Normandie), au Pré Catelan et au Pavillon d’Armenonville où il est confronté à la belle clientèle de l’après-guerre qui oublie les affres de l’Occupation dans les soirées élégantes, animées des plus célèbres restaurants de Paris. Ce sera des années d’apprentissage du métier de restaurateur dans les beaux quartiers.

Au milieu de l’Occupation, trois ans avant la Libération de Paris, le Bayonnais enrichi par des salaires et des pourboires achète un bâtiment commercial avenue Franklin Roosevelt, qu’il transforme en table parisienne.

Des hommes de Jean Moulin et Jacques Chaban-Delmas confient à Lasserre des documents et des lettres confidentielles.

Sa mère, experte en andouillettes, poulardes et langoustines en sauce, mitonne une carte mobile liée aux approvisionnements irréguliers. En salle, des bourgeois du VIIIe et du XVIarrondissements, des collabos et des résistants en quête de missions, de messages et de virées à Londres: c’est le public très mélangé de Paris en survie.

Très vite, René Lasserre connaît son monde, se montre affable et souriant avec toute la clientèle. Des hommes de Jean Moulin et Jacques Chaban-Delmas, grand résistant, général à 27 ans, lui confient des documents et des lettres confidentielles. Lasserre, un bon Français, comprend bien l’utilité de son poste de passeur et de restaurateur en vue. Et de qualité: c’est très bon chez lui en dépit des restrictions imprévues qui altèrent la régularité des plats dont le foie gras chaud de la mère Irma. René Lasserre n’a jamais été inquiété, son restaurant marchait très bien au bas des Champs-Élysées.

Restaurateur-né choyant les clients, René Lasserre sera décoré de la Croix de la Légion d’Honneur par Jacques Chaban-Delmas en 1970. | Olivier Buhagiar

À la fin des hostilités, Lasserre construit un premier étage et un toit ouvrant, l’attraction inattendue qui fera beaucoup pour la notoriété et le succès du restaurant trois étoiles comme Maxim’s en 1952: le rêve de sa vie.

Restaurateur-né choyant les clients, René Lasserre sera décoré de la Croix de la Légion d’Honneur par Jacques Chaban-Delmas en 1970, et André Malraux sera son plus fidèle client, une à deux fois par semaine à table pour savourer la grande partition culinaire du restaurant de luxe: le foie gras de canard et d’oie servis dans la même assiette.

Après sa mort en 2006, Lasserre sera racheté par des investisseurs suisses toujours à la manœuvre. En 2021, le Michelin a maintenu son étoile à Lasserre au toit mobile si pratique pour l’évacuation des fumets issus de la cuisson du canard à l’orange et des profiteroles au chocolat chaud achevés en salle. Ce monument de la table parfaitement préservé est resté dans son jus tel que la gloire médiatique l’a forgé.

Paris allemand: entre refus et soumission

de Dominique Veillon

Éditions Tallandier

374 pages

22 euros

Paru le 11 février 2021

 

[Source : http://www.slate.fr]

Triángulo Reutersvärd

 

Escrito por Joám Lopes Facal

Cremos observar maior toleráncia com a escrita reintegracionista e mesmo um incipiente avanço, perceptível na imprensa digital. Entre os cultores da modalidade reintegracionista há quem até se atreve a prognosticar um hipotético armistício com os mandatários da normativa habitual que denominam bi-normativismo ou bi-modalismo. Embora prefiramos guardar um saudável cepticismo sobre a possibilidade de um armistício honroso em matéria ortográfica, tampouco é descartável tal eventualidade caso o segmento social alheio às vantagens de adoptar a ortografia histórica — RAG, ILG, imprensa, editoriais — vaiam aceitando as virtudes derivadas da Lei 1/2014 de aproveitamento dos vínculos com a lusofonia, ou, mais provavelmente, o crescente influxo da aranheira global, mais conhecida por a WEB.

Sinais prometedores nom faltam, algum tam avançado como a proposta do galego de qualidade formulada e praticada polo ilustre gramático X. R. Freixeiro Mato que, em rigor, cabe interpretar como reintegracionismo genuíno salvo no formato ortográfico. Já agora, senhores académicos, para quando o reconhecimento do nosso melhor gramático como membro numerário da RAG? Seria óptimo poder comprovar que a RAG é mes que um club.

Como quer que seja, os efeitos benéficos do reintegracionismo começam a patentear-se na generosa ampliaçom da flexom verbal, na precisom sintáctica, na adopçom de marcadores discursivos ou na crescente presença de neologismos estáveis frente às frágeis improvisaçons habituais na matéria. Tempo ao tempo. Resiste-se por enquanto a mudança ortográfica nom obstante as suas manifestas vantagens. A ortografia histórica, rejeitada por motivos de comodidade ou por simples inércia espanholista, proporcionaria ao nosso idioma umha potente marca identificativa ante a inexorável deriva assimilativa ao castelhano e, o mais importante, permitir-nos-ia ler e pronunciar correctamente os nossos próprios apelidos e a nossa toponímia genuína, percebidos agora como um corpo estranho.

Neste árduo percurso do provinciano galeñol ao galeguês internacional há ainda outra área essencial a explorar, refiro-me ao universo lexicográfico próprio, próximo ou ampliado.

Proponho ao leitor umha breve visita guiada a esse fascinante continente da mão de três avezados exploradores: Issac Alonso Estraviz (1935), Álvaro Iriarte Sanromán (1962) e Carlos Garrido Rodrigues (1967). De formaçom humanística e férreo compromisso lexicográfico o primeiro; de sólido compromisso linguístico e ampla dedicaçom docente o segundo; de reconhecida competência científica em biologia e técnicas de traduçom o terceiro. Laureados polos seus pares com a inclusom no modesto olimpo dos lusistas observantes que é a AGLP1 os dous primeiros; experimentado artífice na arte da taxonomia lexicográfica — tam ligada ao ofício de biólogo — e avezado analista do ecossistema das línguas europeias, como mestre de traduçom que é, o terceiro.

IE)- O tenaz empenho que deu lugar ao Dicionário on line de Isaac Estraviz2 e a sua opulência lexicográfica nom o salvou da condenaçom ao ostracismo sem atenuantes nem julgamento. O pertinaz desdém oficial pola benemérita compilaçom lexicográfica de Estraviz poderia proceder talvez da indiferenciada inclusom no magno Dicionário de vocábulos de genuína estirpe galega com outros de procedência internacional. Ou talvez do menosprezo polos méritos académicos do filólogo de Trasmiras. Tudo é possível em matéria de fobias filológicas. A arrogáncia da congregaçom académica evoca de imediato o caso exemplar da insigne lexicógrafa Maria Moliner, excluída em vida da honra académica por motivaçons talvez semelhantes, agudizadas no seu caso pola impenitente misoginia dos círculos do poder. Umha certa afinidade moral acentua a semelhança entre ambos lexicógrafos: Isaac leva enriquecendo o seu dicionário toda a sua vida; o ímpar Diccionario de uso del español de Maria Moliner foi também obra de longa maduraçom; iniciada em 1952 ficou inconclusa no momento da sua morte, em 1981, o que lhe furtou a satisfaçom de poder contemplar a ediçom em papel e CD-ROM de 1998.

O legado lexical de Estraviz, custodiado por umha sólida equipa de suporte, luze sem tacha as suas 138.000 entradas que atraem meio milhom de consultas cada ano. A abertura do Dicionário à ecúmena luso-galaica nom lhe impediu o mais minucioso rastejo do vocabulário autóctone3. A propósito, atrevo-me a sugerir ao eminente lexicógrafo e à sua competente equipa a conveniência de assinalar como é devido o vocabulário especificamente galego com a marca [gz], reservada até o momento a balizar a colisom do ditongo alóctone [-ão] com o autóctone [-om]: edição (-om, gz). A equiparaçom assimétrica das três variantes do sufixo [-om / -ám / -ao: funçom / capitám / verao], em benefício imerecido do indesejado ditongo [-ão], Fernando Venâncio dixit, é tam respeitável como objectável num dicionário galego de vocaçom normativa como é o Estraviz.

O facto de o Estraviz disponibilizar o léxico autóctone galego através de híper vínculos (456) nom soluciona adequadamente o problema, porquanto remete a um simples vocabulário desligado das entradas ordinárias do dicionário. O qualificativo de tesouro lexical galego-português do Dicionário bem merece a delimitaçom das diferentes províncias lexicais de procedência, como o Houaiss fai. O respeito à dimensom nacional do galego assi o demanda.

AI)- A equipa de suporte do Dicionário Estraviz guarda com discriçom um outro vértice da minha tríade lexicológica particular de referência: Álvaro Iriarte Sanromán7. Figura discreta do nobiliário reintegracionista que nom pode ocultar o seu inapreciável magistério na arte de transitar os traiçoeiros desfiladeiros que fracturam a fronteira linguística castelhano-portuguesa.

O professor Iriarte, redondelano de nascimento e bracarense de adopçom, é o redactor e responsável do Dicionário Espanhol-Português (Porto Editora, primeira ediçom, 2008) de incontornável referência para os praticantes do português deste lado da fronteira. A filosofia que o inspira luze na citaçom do Livro do Desassossego de Pessoa que lhe serve de lema:” por que escrevo eu este livro? Porque o reconheço imperfeito. Calado seria a perfeição, escrito imperfeiçoa-se; por isso o escrevo”. Aforismo de teor zen adoptado por quem sabe medir a distáncia que vai do perfeito ao imperfeito que os doutorados em autossuficiência ignoram.

Se a intençom do Dicionário Estraviz fica claramente exposta no seu prefácio: reintegrar o galego na sua linhagem linguística8; a do Iriarte adentra-se ousadamente na árdua destrinça do enguedelho da interface linguística luso-espanhola. Além de delimitar com precisom semelhanças e diferenças terminológicas, o autor avança com pé firme na selva semántica das palavras. A declaraçom de intençons sobre o contido da tarefa lexicográfica empreendida admira pola ambiçom do propósito9definiçons e transcriçom fonéticamapa semántico e restriçons de usoinformaçom gramatical e enciclopédicainformaçom pragmática (contextual) e sintagmática (combinatória), pormenorizadamente ilustrado com exemplos aclarativos. Um potente arsenal, apto para reactivar a nossa fronteira linguística com o castelhano, tam magoada polo embate das interferências substitutivas e das extravagáncias hiperenxebristas. Consultem a voz pié e o seu mapa de conexons com o pé português e observam os amigos dos dicionários10 o dilatado continente de semelhanças e diferenças que se abre ante os seus olhos.

CG)- O perfil do professor da Universidade de Vigo Carlos Garrido assenta na firme vocaçom pedagógica e divulgadora e a manifesta mestria na arte taxonómica, tam congruente com a sua formaçom de biólogo. Carlos Garrido presidiu a Comissom Linguística da AGAL entre 2000 e 2015, e preside a da AEG desde 2016, tarefa prolongada nos incisivos comentários filológicos que continua publicando na imprensa digital. Contodo, a vocaçom pedagógica e divulgadora do professor é umha parte apenas do seu valioso contributo ao aperfeiçoamento do galego como língua nacional merecedora de norma própria. Aqueles que desconheçam a dimensom científica de Carlos Garrido podem ficar surpreendidos com o facto de ele ter publicado um dicionário de biologia de referência na prestigiosa editorial universitária brasileira EDUSP11: o Dicionário de Zoologia e Sistemática dos Invertebrados em quatro idiomas12 em cujas virtudes nom vou insistir porque já tem sido objecto do meu comentário em Praça Pública ao qual remeto o interessado13. A obra, gostaria acrescentar, contribui a potenciar a projecçom científica do galego e a erradicar a sua consideraçom como modesta língua doméstica e coloquial. O mesmo que Iriarte, Carlos Garrido encabeça o seu Dicionário com umha requintada referência a Carvalho Calero, à qual já aludim no meu artigo em Praça. Pessoa e Carvalho, dous poderosos padroeiros do galego sem fronteiras.

O decidido empenho de depuraçom lexical acometida polo professor ourensao-viguês, dirigido a confirmar um galego autocentrado e congruente com a sua família na romanística, inspirou a elaboraçom de duas ambiciosas obras de codificaçom e crítica lexical: a monumental investigaçom Léxico Galego: Degradaçom e Regeneraçom, (2011, Edições da Galiza) e O Modelo Lexical Galego. Fundamentos da Codificaçom Lexical do Galego-Português da Galiza, (2012, Através). Duas obras complementares de análise lexicográfica e diagnose precisa do processo de degradaçom que tolhe o nosso idioma e dos critérios que devem presidir a sua reabilitaçom.

Léxico Galego foi objecto de umha elogiosa resenha do professor X. M. Sánchez Rei na Revista Galega de Filoloxía à qual remeto o interessado14. Quanto ao Modelo Lexical, é um pormenorizado catálogo das doenças degenerativas do galego e das suas consequentes estratégias correctoras: variaçom sem padronizaçom (geográfica, de registo, de frequência), substituiçom castelhanizante (por reforço ou usurpaçom), erosom ou estagnaçom com suplência castelhanizante, sem esquecer os diferencialismos, corpos estranhos estes, resistentes a tratamento pola sua habilidade para mimetizar-se como galego genuíno. Um potente aparelho conceptual, em fim, arquitectado para tabular o léxico e isolar as suas variedades tóxicas. O Santo Graal do reintegracionismo que inspira o minucioso labor lexicográfico de Carlos Garrido é esse Padrom Lexical Galego, PLGz, limpo das pejas adventícias que conspiram para degradá-lo a simples bable do castelhano.

O mau agoiro da extinçom por confluência com o castelhano é exorcizado polo nosso terceto virtuoso como prenúncio desse galego emancipado, livre por fim da gaiola dourada em que vive confinado.

Notas

1 https://pt.wikipedia.org/wiki/Academia_Galega_da_L%C3%ADngua_Portuguesa

2 https://www.estraviz.org/prefacio.php

3 Além de vocábulos de inequívoca procedência galega como “enxebre”, “chainhas”, “trosma”, “relambido”, “nifroso”, “interquenência”, “duira” e tantos outros; também inclui locuçons infrequentes como “bardantes de” bem viva na minha memória linguística familiar e abonada aliás pola minha irmã Susana na sua tesinha de licenciatura na USC, Fala e cousas de Toba, (1968), resumida no Anuário galego de filologia Verba, vol.2, 1975.

4 https://gl.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9xico_da_Galiza

5 https://www.estraviz.org/lexicoaglp.php

6 https://web.archive.org/web/20160617075850/http://www.academiagalega.org/publicacoes/lco-da-galiza-mainmenu-50/114-lexico-da-galiza-edicao-on-line.html

7 https://uminho.academia.edu/AlvaroIriarteSanrom%C3%A1n/CurriculumVitae

8 Dicionário Estraviz, https://www.estraviz.org/acerca-de.php

9 https://alvaroiriarte.wordpress.com/2008/02/25/algumas-caracteristicas-do-novo-dicionario-de-espanhol-portugues/

10 Permitam-me recomendar-lhes um aliciante opúsculo de um amante informado deste fascinante disciplina: https://editorial.csic.es/publicaciones/libros/11916/978-84-00-09228-3/la-presunta-autoridad-de-los-diccionarios.html

11 http://www.porsinal.pt/index.php?ps=directorio&cat=27&iddir=297

12 https://www.edusp.com.br/livros/dicionario-de-zoologia/

13 https://praza.gal/opinion/nomear-invertebrados-com-cg

14 https://illa.udc.gal/Repository/Publications/Drafts/1444129797990_Carlos_Garrido.pdf

[Fonte: http://www.praza.gal]

La Asociación de Cronistas Cinematográficos de la Argentina dio a conocer hoy los ganadores de la 68 edición de los Premios Cóndor de Plata, correspondiente a la producción cinematográfica 2019, cuya ceremonia se vio postergada por la emergencia sanitaria provocada por la pandemia del Covid-19. 

Los sonámbulos, de Paula Hernández, fue consagrada como mejor película del año. Su directora obtuvo el galardón a la dirección, premio que fue compartido con Alejandro Fadel por Muere, monstruo, muere.

En el film considerado por los críticos argentinos la mejor película nacional de 2019, Hernández cuenta la  historia de Luisa y su hija sonámbula de 14 años, quienes viven bajo los rituales endogámicos de una familia en una crisis silenciada. Aquí lo familiar, las relaciones y las historias cruzadas se construyen en una atmósfera donde lo sonámbulo es la forma que adquiere ese espacio familiar enrarecido. Además de ser considerada la mejor producción y Hernández la mejor directora, Los sonámbulos obtuvo los premios de actriz protagónica para Érica Rivas y actor de reparto para Luis Ziembrowski. Rivas comparte el premio con Sofía Gala Castiglione por El cuidado de los otros, de Mariano González.

La película de Fadel, que fue la más premiada con siete estatuillas, el terror funciona como medio para contar el poder desde aquello que permanece siempre oculto, en un espacio rural andino, de un modo muy intrigante, con una puesta en escena que utiliza lo oscuro como eje de su puesta en escena. Muere, monstruo, muere obtuvo también los premios correspondientes a fotografía, dirección de arte, diseño de vestuario, montaje, sonido y maquillaje y peluquería.

Por su parte Las buenas intenciones, de Ana García Blaya, logró cuatro galardones: mejor ópera prima, actor protagonista para Javier Drolas, actriz de reparto por el trabajo de Jazmín Stuart y el correspondiente a música original.

Breve historia del planeta verde, de Santiago Loza, obtuvo dos Cóndor de Plata. Por su guion original, correspondiente a Loza, y Romina Escobar consiguió el de revelación femenina. Loza trabaja, en una suerte de comedia queer, una historia donde lo sobrenatural y lo diverso se encuentran, no haya en un discurso sobre la tolerancia sino en una interpelación a lo normalizado.

Ausencia de mí de Melina Terribili,  sobre Alfredo Zitarrosa, su historia y su legado, fue distinguido como mejor documental.

Otro de los premios compartidos de la presente edición fue el de revelación masculina que quedó en manos de Benicio Mutti Spinetta por Ciegos y Gastón Re por Un rubio.

Leonel D’Agostino, por El hijo, ganó en la categoría guion adaptado gracias a la transposición cinematográfica de la novela “Una madre protectora” de Guillermo Martínez.

A partir de este año, la Asociación de Cronistas Cinematográficos premia la Mejor Película en coproducción con Argentina. El primer galardón recayó en Monos de Alejandro Landes (Colombia, Argentina, Países Bajos, Suecia, Uruguay, Estados Unidos, Suiza, Dinamarca, Francia). El Cóndor de Plata a la película iberoamericana fue para Dolor y gloria del español Pedro Almodóvar.

Por segundo año consecutivo se premió la mejor canción original para una película. La ganadora resultó “I’ll Be Waiting For Your Love” del film Los adoptantes, cuya música y letra corresponde a Pedro Onetto y es interpretada por Kevin Johansen.

Un oscuro día de injusticia, de Daniela Fiore Julio Azamor, y Playback, ensayo para una despedida, de Agustina Comedi, se llevaron los premios correspondientes a los cortometrajes de ficción y documental.

Ganadores Cóndor de Plata 2019

  • Mejor Película de Ficción: Los sonámbulos, de Paula Hernández
  • Mejor Película Documental: Ausencia de mí, Melina Terribili
  • Mejor Ópera Prima: Las buenas intenciones, de Ana García Blaya
  • Mejor Cortometraje de Ficción: Un oscuro día de injusticia, de Daniela Fiore y Julio Azamor
  • Mejor Cortometraje Documental: Playback, ensayo para una despedida, de Agustina Comedi
  • Mejor Película en Coproducción con Argentina: Monos, de Alejandro Landes (Colombia, Argentina, Países Bajos, Suecia, Uruguay, Estados Unidos, Suiza, Dinamarca, Francia)
  • Mejor Película Iberoamericana: Dolor y Gloria, de Pedro Almodóvar (España)
  • Mejor Dirección (ex aequo): Paula Hernández por Los sonámbulos, y Alejandro Fadel por Muere, monstruo, muere
  • Mejor Actriz (ex aequo): Sofía Gala Castiglione por El cuidado de los otros, y Erica Rivas por Los sonámbulos
  • Mejor Actor: Javier Drolas por Las buenas intenciones
  • Mejor Actriz de Reparto: Jazmín Stuart por Las buenas intenciones
  • Mejor Actor de Reparto: Luis Ziembrowski por Los sonámbulos
  • Revelación Femenina: Romina Escobar por Breve historia del planeta verde
  • Revelación Masculina (ex aequo): Benicio Mutti Spinetta por Ciegos, y Gastón Re por Un rubio
  • Mejor Guion Original: Santiago Loza por Breve historia del planeta verde
  • Mejor Guion Adaptado: Leonel D’Agostino por El hijo, basado en la novela “Una madre protectora” de Guillermo Martínez
  • Mejor Dirección de Fotografía: Julián Apezteguía y Manuel Rebella por Muere, monstruo, muere
  • Mejor Montaje: Andrés Estrada por Muere, monstruo, muere
  • Mejor Sonido: Santiago Fumagalli por Muere, monstruo, muere
  • Mejor Música Original: Ripe Banana Skins por Las buenas intenciones
  • Mejor Canción Original: “I’ll Be Waiting For Your Love” de Los adoptantes. Letra y música: Pedro Onetto. Intérprete: Kevin Johansen
  • Mejor Diseño de Vestuario: Florencia Caligiuri por Muere, monstruo, muere
  • Mejor Dirección de Arte: Laura Caligiuri por Muere, monstruo, muere
  • Mejor Maquillaje y Peluquería: Alberto Moccia por Muere, monstruo, muere

 

[Fuente: http://www.nodal.am]

 

 

História envolve fugas de países, um ataque de piratas e uma prisão na Jamaica

Escrito por Luís Barrucho

Londres | BBC News Brasil

A bordo do navio Valk, cerca de 600 judeus deixaram o Recife, em Pernambuco, expulsos pelos portugueses. Era o fim da ocupação holandesa no Brasil e também da liberdade de praticar sua religião.

Eles queriam voltar à terra natal —a Holanda, onde o culto do judaísmo era permitido devido ao calvinismo. De lá haviam chegado mais de duas décadas antes, quando os holandeses conquistaram parte do Nordeste brasileiro, de olho na produção e comércio do açúcar.

Mas uma tempestade desviou-os do caminho, e o navio foi saqueado por piratas.

O grupo foi resgatado por uma fragata francesa e levado à Jamaica, então colônia espanhola, e acabou preso por causa da Inquisição espanhola. Mas, graças à intervenção do governo holandês, foram libertados e, por motivos financeiros, parte deles seguiu para um destino mais próximo do que a Europa: a colônia holandesa de Nova Amsterdã, atual Nova York, então um mero entreposto comercial.

Pessoas celebram o feriado judaico de Purim no bairro do Brooklyn, em Nova York – Stephanie Keith/Reuters

Ali formaram a primeira comunidade judaica da América do Norte e contribuíram para o desenvolvimento da cidade. Atualmente, Nova York é a segunda cidade com o maior número de judeus no mundo, atrás apenas de Tel Aviv, em Israel.

Mas essa história rocambolesca não começa em 1654, ano em que Portugal derrotou os holandeses e retomou o controle do Nordeste, provocando, por consequência, a expulsão dos judeus, temerosos com a Inquisição.

Imigração judaica

A imigração judaica ao Brasil remonta à época do descobrimento, com os chamados « cristãos novos », judeus que foram obrigados a se converter ao cristianismo na Península Ibérica devido à perseguição pela Igreja Católica. Na então maior colônia portuguesa, alguns deles abdicaram das práticas judaicas. Outros as mantinham às escondidas.

Mas foi em fevereiro de 1630 com a ocupação holandesa que os judeus dos Países Baixos, alguns dos quais descendentes dos que haviam fugido da Península Ibérica rumo à Holanda, chegaram ao Brasil, diz à BBC News Brasil a historiadora Daniela Levy, autora do livro « De Recife para Manhattan: Os Judeus na Formação de Nova York » (Planeta), que demandou dez anos de pesquisa. Levy investigou inicialmente o tema para sua dissertação de mestrado, na USP (Universidade de São Paulo).

« Os judeus que vieram ao Brasil eram descendentes dos cristãos novos que se mudaram para a Holanda um século depois da conversão forçada pela Inquisição. Naquele país, eles puderam retornar ao judaísmo, recuperando tradições e reorganizando-se enquanto comunidade », explica Levy.

Muitos desses judeus holandeses integravam a Companhia das Índias Orientais, uma empresa de mercadores fundada em 1602 e cujo objetivo era acabar com o monopólio econômico da Espanha e de Portugal.

No Recife, eles foram abrigados por parentes aqui já estabelecidos, mas constituíram sua própria comunidade, na qual podiam, enfim, professar sua religião em paz, dedicando-se ao comércio, à botânica e à engenharia. Construíram escolas, sinagogas e cemitério, dando sua contribuição ao enriquecimento da vida cultural da região.

A primeira sinagoga das Américas, Kahal Zur Israel, foi fundada ali, ocupando um dos casarões da rua do Bom Jesus, então chamada de « rua dos judeus ». Ela foi reinaugurada em 2002, após restauração.

Fachada da sinagoga Kahal Zur Israel – Wikicommons/BBC

As estimativas sobre o número de judeus no período holandês variam muito, entre 350 e 1.450. O número é expressivo, considerando que cerca de 10 mil pessoas viviam na região.

Segundo Levy, a isso não só se deveu ao fato de que a Holanda era calvinista, permitindo a liberdade de culto, mas também graças a Johan Maurits van Nassau-Siegen, ou Maurício de Nassau, militar que governou a colônia holandesa no Recife de 1637 a 1643.

« A Holanda era um país protestante e abriu suas portas para outras religiões quando se tornou independente da Espanha. Foi então que os cristãos novos saíram de Portugal e foram para lá. Existiam alguns calvinistas que tinham animosidades contra os judeus, mas, de forma geral, a política holandesa era de tolerância religiosa », diz Levy.

« Maurício de Nassau, um grande humanista, defendia a visão de que o bom convívio de grupos de diferentes religiões seria politicamente mais proveitoso, e também do ponto de vista econômico », acrescenta.

Com o intuito de transformar Recife na « capital das Américas », Nassau investiu em grandes reformas, tornando-a uma cidade cosmopolita. Apesar de benquisto, ele acabou acusado de improbidade administrativa e foi forçado a voltar à Europa em 1644.

Após o fim da administração Nassau, a Holanda passou a exigir a liquidação das dívidas dos senhores de engenho inadimplentes, o que levou à Insurreição Pernambucana e que culminaria, mais tarde, com a expulsão dos holandeses do Brasil, em 1654.

Na prática, mesmo depois de terem sido derrotados, os holandeses receberam dos portugueses 63 toneladas de ouro para devolver o Nordeste ao controle lusitano no século 17.

O pagamento envolvia dinheiro, cessões territoriais na Índia e o controle sobre o comércio do chamado Sal de Setúbal, segundo disse à BBC News Brasil em 2015 Evaldo Cabral de Mello, historiador e integrante da ABL (Academia Brasileira de Letras).

O montante equivaleria a cerca de 500 milhões de libras (R$ 4 bilhões) em valores atualizados, de acordo com Sam Williamson, que fez o cálculo na ocasião a pedido da reportagem. Williamsom é professor de economia da Universidade de Illinois, em Chicago, nos Estados Unidos, e cofundador do Measuring Worth, ferramenta interativa que permite comparar o poder de compra do dinheiro ao longo da história.

Os judeus que haviam fincado raízes por aqui viram-se sem alternativa. Receberam um ultimato do então governador da região, Francisco Barreto de Menezes: três meses. Alguns deles fugiram para o sertão. Outros decidiram voltar à Holanda —dando início à epopeia que abre esta reportagem.

Após a intempérie com os piratas e a prisão na Jamaica, 23 deles, entre os quais famílias com crianças nascidas no Brasil, partiram rumo a Nova Amsterdã.

Quando Avi Tfilinski, 24, deixou a comunidade religiosa onde vivia, sua família ficou de luto como se ele estivesse morrido David Vaaknin/The Washington Post

Registros populacionais da prefeitura de Nova York mostram que eles chegaram em setembro de 1654, mas não foram « bem recebidos », conta Levy.

A então colônia holandesa era insignificante, quase deserta e governada por um calvinista fanático, Peter Stuyvesant, que impôs várias dificuldades aos recém-chegados.

« Stuyvesant não gostava de judeus. Ele não queria permitir a entrada deles. Mas a comunidade judaica da Holanda interferiu a favor deles e eles foram aceitos », diz Levy.

« O restante do grupo —que havia ficado preso na Jamaica— acabaria juntando-se aos 23 posteriormente », acrescenta.

A duras penas, os 23 judeus conseguiram sobreviver a partir do comércio, que logo cresceu, atraindo mais judeus para a cidade, que viria a mudar de nome (para Nova York) em 1664.

Depois da guerra de independência americana, seus descendentes alcançaram plena cidadania. Um deles, Benjamin Mendes (1745-1817), fundou a Bolsa de Nova York.

Na Grande Maçã, um monumento, chamado Jewish Pilgrim Fathers, rende homenagem aos Henrique, Lucena, Andrade, Costa, Gomes e Ferreira que ajudaram a fundar e desenvolver a cidade.

Recentemente, essa saga deu origem a um novo livro, « Arrancados da Terra – Perseguidos pela Inquisição na Península Ibérica » (Companhia das Letras), do escritor e jornalista Lira Neto.

Após a ocupação holandesa, imigrantes judeus começaram a chegar ao Brasil em 1810, oriundos, em sua maioria, do Marrocos. Eles se estabeleceram principalmente em Belém, onde fundaram a segunda mais antiga sinagoga do Brasil, que continua ainda hoje em pleno funcionamento. Ali também construíram o primeiro cemitério israelita do país.

A partir de então, a imigração judaica se intensificou, culminando na primeira metade do século 20, após a Segunda Guerra Mundial. Além do Nordeste, Sul e Sudeste foram os principais destinos. Os imigrantes partiram, na maior parte, da Europa e de alguns países árabes.

Dia Nacional da Imigração Judaica

Nesta quinta-feira (18), comemora-se o Dia Nacional da Imigração Judaica.

A data que celebra a contribuição do povo judeu na formação da cultura brasileira foi criada por um projeto de lei de autoria do então deputado federal Marcelo Itagiba (PSDB-RJ) e sancionado em 2009.

Para marcar a ocasião, a Conib (Confederação Israelita do Brasil) vai promover uma live reunindo Itagiba e o ex-chanceler Celso Lafer, professor e membro da ABL.

« O Brasil permitiu que imigrantes judeus reconstruíssem suas vidas com acolhimento e liberdade, e nossa comunidade, pequena, mas diligente, retribuiu com muito amor e trabalho. Aqui criamos nossas famílias e empresas, desenvolvemos carreiras profissionais nas mais diversas áreas de atuação e conhecimento », diz Claudio Lottenberg, presidente da Conib.

« Por isso, a comunidade judaica brasileira está tão bem integrada à comunidade maior de brasileiros, com diversidade e dedicação ao país generoso que acolheu nossos pais e avós », acrescenta.

Atualmente, o Brasil possui a segunda maior comunidade judaica da América Latina, com cerca de 120 mil cidadãos.

 

 

[Fonte: http://www.folha.com.br]

Escrito por ARIEL GONZÁLEZ JIMÉNEZ

En su Antología del cuento norteamericano, Richard Ford incluye un trabajo de Philip Roth que forma parte de su libro Goodbye Columbus, la obra que le abrió camino al autor fallecido el pasado miércoles. Se trata de un cuento de una gran profundidad y sencillez (dos materias que en literatura, por suerte, pueden campear unidas), donde un jovencito judío gusta de llevar la contra al rabino en el curso previo a la Bar Mitzvah (esa ceremonia judaica por la que todo hombre debe pasar a los 13 años, precisamente para asumir que ha dejado atrás la niñez).

El protagonista, Ozzie Freedman, cuestiona al rabino del modo más inocente, que es el que siempre resulta más provocador para todas las ortodoxias: “La primera vez había querido saber cómo podía el rabino Binder llamar a los judíos ‘el pueblo elegido’ si la Declaración de Independencia aseguraba que todos los hombres habían sido creados iguales”.

Son preguntas que sacan constantemente de quicio al rabino Binder, hasta que se genera una auténtica crisis. El relato se llama “La conversión de los judíos”, y no les diré más de qué va porque corro el riesgo de espoilearlos (como se dice ahora), lo cual sería una lástima porque el cuento no tiene desperdicio.

Lo que sí diré es que este texto prefigura uno de los grandes filones temáticos en la obra de Roth: el universo judaico, sus ritos, costumbres y representaciones más trascendentes, así como el humorístico, puntilloso y mordaz tratamiento que recibe por parte del que fuera una de las voces literarias más grandes del siglo XX estadunidense.

Su visión de lo judío significó en su obra una suerte de ejercicio crítico y liberador que no abandonaría nunca; le valdría incluso el desprecio de su comunidad y aun de escritores —bueno, también patriarcas del judaísmo— como Gershom Scholem, quien dijo que El lamento de Portnoy era la obra que habían estado esperando todos los enemigos de los judíos.

Lamentablemente para Scholem, había sido escrita no por un palestino ni por un nazi ni por un antisemita, sino por un judío. ¿Eso es posible? La verdadera literatura, emprendida como un ejercicio de absoluta libertad, confirma que sí. El lamento de Portnoy es el monólogo sincero (duro y humorístico, según se vea) que un tipo llamado Alexander Portnoy realiza frente a su psicoanalista, relatándole todas sus lujurias y frustraciones sexuales. Obviamente, toda la perversidad de la obra no encontró ninguna tolerancia entre la ortodoxia judía, si bien sirvió para catapultar su fama literaria.

Pero luego de que esta novela fuera estigmatizada por la comunidad judía, vinieron algunas chicas radicales a poner el ojo a la supuesta misoginia en esta y otras obras de Roth. Estas furibundas lectoras empezaron a encontrar toda clase de vicios y pecados que delataban cuando menos su misoginia, al punto de que llegó a hablarse del “complejo de vagina dentada” que, según estas doctas mujeres, estaba presente en la novelística de Roth.

Ahora, ya bien muerto, no faltaron en las redes sociales las (¿feministas?) que volvieron al tema de la misoginia de Roth, intentando patear sus restos como si se tratara de un bestial acosador o infame violador. Por suerte, uno de sus biógrafos salió a defenderlo recordando que en su lecho de muerte contó con la presencia de al menos cinco de sus exmujeres —porque eso sí, hay que reconocer que el señor Roth era un conquistador.

Por eso me encuentro que ya desde antes de su muerte algunas fanáticas lo incluían entre los escritores-machos que hay que denunciar y, supongo, dejar de leer y, en cuanto sea posible, prohibir sus libros. Vean esta joyita que me encontré en internet: “Pensemos en David Foster Wallace y los personajes que pueblan sus novelas, sí, pero también en Philip Roth, en Michel Houellebecq, en Normal Mailer, en Frédéric Beigbeder, en John Fante, en Martin Amis, en Elias Cannetti o en Charles Bukowski.

“Es decir, pensemos en una literatura rabiosamente cipotuda (sic), narcisistícamente fálica, que ya no erige su misoginia estructural en concepciones científicas, filosóficas o teológicas, sino de una literatura que se atrinchera en el reverso, en el negativo fotográfico de la aversión a lo femenino: en la crisis de lo macho, en la sobreexposición de unos miedos hasta ahora indecibles, en la problematización del sexo y las emociones, en la desconstrucción del propio privilegio”.

Quizás algo de eso tomó en cuenta la Academia Sueca para nunca darle el Nobel a Roth. La institución, tan políticamente correcta, ha sido incapaz en infinidad de ocasiones de defender la literatura por encima de lo ideológico y lo político. Pero que no se lo hayan dado a Roth demuestra que toda una generación de titanes de las letras que tampoco lo recibieron ni lo recibirán (John Updike y Norman Mailer, ya muertos, o los vivos Cormac McCarthy, Don de Lillo o Thomas Pynchon), simplemente no han estado en el radar de una Academia que quizás por eso está hoy en franca bancarrota.

 

[Fuente: http://www.milenio.com]

 

Le café, lieu de socialisation entre la synagogue, les institutions communautaires et l’espace privé domestique, a été, selon Shachar Pinsker, le vecteur de la modernité dans la culture juive. L’auteur montre que, du milieu du XIXe siècle à celui du XXe, le café a correspondu à la « route de la soie » de la modernité juive. Chemin faisant, d’Odessa à Tel Aviv-Jaffa, Pinsker livre une histoire culturelle du café en puisant ses sources dans un impressionnant répertoire de guides des villes de l’époque, de même que dans la littérature dans toutes les langues vernaculaires. Entre mythe et réalité, le café a contribué à la construction de l’imaginaire juif qui entoure les villes parcourues.

La rue Nalewski vers 1906

Shachar M. Pinsker, A Rich Brew. How Cafés Created Modern Jewish Culture [1]. New York University Press,  370 p., 22 $

Écrit par Sonia Combe

Si le rôle du café dans l’introduction de la modernité ne s’applique pas qu’à la culture juive, il est certain qu’il fut déterminant pour répandre la Haskala (les Lumières) dans les milieux juifs d’Europe centrale et orientale. L’absence des cafés parisiens dans le corpus des villes étudiées par Pinsker s’explique en raison du fait que Paris ne fut jamais une « ville juive », comparée à Odessa, Varsovie, Vienne, Berlin, New York et, enfin, Tel Aviv-Jaffa.

Pinsker s’inspire du concept de « route de la soie » (dû au géographe Ferdinand von Richthofen qui l’énonça en 1877 à propos du commerce avec la Chine) comme « métaphore spatiale » pour décrire l’interconnexion de la modernité avec les cafés qui se développent au cours de l’urbanisation de l’Europe de l’Est. Les Juifs auraient été immédiatement attirés par ce qu’ils appelaient « la taverne sans vin ». C’est dans cette institution, en laquelle Jürgen Habermas vit l’exemple-type de la sphère publique de la culture bourgeoise, qu’ils trouvèrent une alternative à la maison et aux centres communautaires. C’est dans ce lieu, où ils purent se mêler à des non-Juifs, que commença pour eux le processus d’intégration et d’acculturation. La presse juive, en yiddish, en hébreu ou dans l’idiome local, y naquit et y trouva ses lecteurs.

Odessa, « la ville du péché »

Pinsker démarre son tour d’horizon à Odessa, la ville des Luftmenschen décrits par Isaac Babel, qui ne travaillent pas et passent leur temps à prier et à mendier d’un café à l’autre pour nourrir leur famille. Confinés dans ce lieu reculé de l’empire russe, les Juifs du port franc d’Odessa y subissaient moins de restrictions que dans la « zone de résidence » où ils étaient assignés. Parmi eux, venus de Lemberg, des shtetl de Pologne ou de Vilna/Vilnius, nombre de Maskilim (adeptes de la Haskala). À la fin du XIXe siècle, la population juive y est estimée à 138 935 personnes. Odessa est déjà comparée à Paris « en raison de ses cafés colorés et joyeux, de leurs terrasses accueillantes ou de simples tables placées à l’ombre, sous les acacias ». C’est à Odessa  que vit le jour en 1860 le premier périodique juif en russe, Rassvet (« L’aube »). En 1894, Odessa compte 55 cafés. Les plus célèbres répertoriés dans les guides pour voyageurs sont le Zambrini que fréquente Tchekhov, le Fanconi, le Robina et le café Libmann dont le propriétaire est juif. Centre de la Haskala, Odessa abrite un temps un cercle d’intellectuels connus sous le nom de « Sages d’Odessa » qui ne savent comment réagir à l’attrait de leurs coreligionnaires pour les cafés dans « la ville du péché ». C’est surtout dans le Fanconi que se retrouvent les Maskilim. Arrivé de Kiev en 1891, l’écrivain en yiddish le plus célèbre, Scholem Aleichem, en fait le décor de nombre de ses nouvelles, tout comme plus tard Isaac Babel dans ses Contes d’Odessa.

Le café fut aussi un lieu de tensions lorsque l’antisémitisme se fit plus virulent après l’assassinat, en 1881, du tsar Alexandre II, puis à la suite du pogrome de la Moldavanka, quartier périphérique juif de la ville, en 1905. Plutôt épargnée en revanche par la violence révolutionnaire, Odessa passa neuf fois entre les mains des « Blancs » puis des « Rouges » et put apparaître entre 1917 et 1919 comme le lieu d’une renaissance de la vie culturelle juive. La mise au pas de cette dernière par la Yevsektsya (section juive du Parti bolchevique) après la Révolution, lorsque toutes les marques du particularisme juif doivent être éradiquées, contraint l’élite du judaïsme à quitter la ville pour Berlin, Paris ou l’Amérique. Babel fut le dernier à évoquer l’arôme des cafés d’Odessa, contribuant au mythe qui se perpétue aujourd’hui, quelque part au sud de Brooklyn [2].

Varsovie, « métropole juive »

Lorsque les nazis envahissent la Pologne en 1939, avec 375 000 Juifs, soit le tiers de sa population, Varsovie était bien davantage encore qu’Odessa une « métropole juive ». À la fin du XIXe siècle, le processus de sécularisation des Juifs, de même que le déclin économique des shtetl, ont pour conséquence la migration vers Varsovie à l’industrialisation de laquelle les Juifs prennent une part importante. Dans le quartier de Nalewski, les premiers cafés ne sont pas des espaces aussi larges qu’à Odessa, plutôt des salles, comme le café Scholem, situées dans les arrière-cours. On y trouve aussi le « café sioniste », rue Dzielna, dont le propriétaire est connu sous le nom du « Juif tranquille » et qui, comme le Scholem, est niché au fond d’une arrière-cour. Il faut dire qu’il fait plus froid à Varsovie qu’à Odessa. Le café le plus célèbre de la rue Nalewski sera le Kotik’s, ouvert peu avant la fin du XIXe siècle, qui devint rapidement le lieu de rencontre des intellectuels et activistes juifs. Il présente l’avantage de disposer d’un large éventail de journaux en différentes langues et aussi d’un téléphone. On y parle autant du sionisme que du socialisme et des affaires locales. Les bundistes (socialistes juifs non sionistes) et les sionistes s’y affrontent. On y publie des brochures politiques distribuées gratuitement aux consommateurs. L’âge d’or de la culture du café à Varsovie est l’entre-deux-guerres et les Juifs en sont une figure centrale. Les cafés Ziemianska et Tlomackie 13 sont tous deux fréquentés par les poètes et écrivains, ainsi Isaac Bashevis Singer qui fit son entrée en littérature yiddish au Tlomackie appelé « Der shrayber Klub » (le club des écrivains), tandis que Julian Tuwin, qui n’écrivit qu’en polonais, préfère le Ziemianska. Il y profère ses violentes attaques contre le judaïsme traditionnel dont il est issu, tout en revendiquant ses origines [3].

La relation entre les Juifs et le café s’acheva dans le ghetto. Dans cette antichambre des camps d’extermination au cœur de Varsovie, il ne fut plus question de refaire le monde mais de s’étourdir. Du moins pour ceux qui en avaient les moyens, les autres, soit la majorité, mourant à la porte de ces lieux de « plaisir ». Le pianiste Wladyslaw Szpilman écrivit dans ses mémoires, adaptés par Roman Polanski au cinéma (Le pianiste), que c’est dans le café Sztuka du ghetto qu’il perdit deux de ses illusions : la première concernait la solidarité juive ; la seconde, la prétendue oreille musicale des Juifs.

Vienne, « la ville des mythes qui fonctionnent »

Quoique figurant depuis 2011 dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, les cafés viennois sont loin d’être uniques. Les inscrire dans la culture autrichienne masque, dit Pinsker, le caractère transnational du café, de même que ses origines puisées dans les cafés orientaux (turcs et arméniens). Cela masquerait aussi le rôle des Juifs dans la culture du café à Vienne dans la période la plus emblématique (de 1880 à 1930). À son retour de New York en 1959, Friedrich Torberg (Kantor-Berg à l’origine) écrit dans son Traité sur le café viennois que Vienne est « la ville des mythes qui fonctionnent ». Au fait de l’interaction entre mythe et réalité qui soutient l’image de toute ville, Torberg pense que c’est à Vienne que les légendes perdurent le plus, le café viennois en étant l’illustration par excellence.

Au tournant du XIXe siècle, la capitale de l’empire des Habsbourg prend son essor et, avec elle, la communauté juive. Si sa présence remonte au XIIe siècle, la voie de son émancipation résultera de l’acte de tolérance de l’empereur Joseph II prononcé en 1782. À la fin du XVIIIe siècle, de même que Lemberg et Berlin, Vienne devient un centre de la Haskala. Comme à Berlin, le café a, en ce début du XIXe siècle, le salon pour rival. Tenu par des femmes de lettres, souvent d’origine juive, le salon n’offrait pas les mêmes opportunités de rencontres que le café, lequel joua un rôle décisif en 1948, lors du « Printemps des peuples ». Tandis qu’Adolf Fischhof plaide pour la liberté de la presse, Moritz Hartmann et Ignaz Kuranda publient des articles réclamant l’émancipation des Juifs. Lorsque, en 1867, la monarchie des Habsbourg devient l’Empire austro-hongrois, les Juifs (de sexe masculin) se voient accorder les mêmes droits civiques, politiques et religieux. En 1900, ils constituent 10 % de la population (147 000 personnes). À ce moment-là, Vienne n’a pas moins d’un millier de cafés fortement investis par les Juifs. Les deux les plus connus sont le Griensteidl et, surtout, le Central. Immortalisé par le satiriste Karl Kraus, le Griensteidl fut remplacé par le Central, fondé en 1876 et encore en activité aujourd’hui. Avant la révolution de 1917, les émigrés russes s’y retrouvent et Lev Davidovitch Bronstein, alias Trotsky, est un des ses habitués. On connaît l’anecdote à son sujet. Lorsqu’on avertit le ministre austro-hongrois des Affaires étrangères que la Première Guerre mondiale pourrait avoir pour conséquence une révolution en Russie, il aurait ironisé : « Avec à sa tête ce monsieur Bronstein assis dans le café Central ? »

Le Café Griensteidl, 1897, par Carl von Zamboni

 

Dans la Vienne fin-de-siècle, le lien entre les cafés et la culture juive est omniprésent. Né à Vienne en 1862 de parents juifs émigrés de Hongrie, Arthur Schnitzler préfère rencontrer ses amis à l’extérieur de l’université, « en terrain neutre », disait-il, c’est-à-dire au Central : il y lit la presse des heures durant, joue aux dominos ou au billard, ou encore aux échecs. Le Central est un home spirituel. Schnitzler prétendait se sentir comme à la maison dans l’« atmosphère de café ». Les cafés finirent par être identifiés comme des « lieux juifs », au point qu’ils furent sporadiquement attaqués par les antisémites (rappelons que Vienne élut en 1897 un maire antisémite, Karl Lueger). Quoique appréciant sa Gemütlichkeit [4], Theodor Herzl, le père du sionisme, estimait que le café illustrait la stagnation de la vieille Europe. Il représentait une impasse pour les Juifs émancipés et acculturés, raison pour laquelle il fallait quitter Vienne et aller se ressourcer en Palestine, terre des ancêtres. Cela n’empêcha pas Joseph Roth, émigré de Lemberg, de fréquenter les cafés de la rue Tabor, dans le quartier juif de Leopoldstadt. Le « cercle philosophique » de Kurt Gödel et Wittgenstein campa dans le café Arkaden, moins connu que le Central, mais dont les habitués étaient majoritairement juifs. Les Juifs auraient ainsi participé au magnétisme que Vienne et ses cafés exerça avant la fin de l’empire. Que serait devenue la ville sans les Juifs ? C’est ce qu’imagina Hugo Bettauer, dans son roman La ville sans Juifs (1922) : une ville morte ! Plus de vie culturelle, les cafés seraient redevenus des tavernes où l’on ne discuterait plus, où l’on n’échangerait plus d’idées, on s’y saoulerait et c’est tout. Au point que (dans le roman), Vienne rappellera ses Juifs…

Berlin, « plaque tournante des intellectuels juifs »

C’est de Berlin, où résidait la figure centrale de la Haskala, Moses Mendelssohn, que partit le mouvement, et plus précisément du café « érudit » Gelehrtes Kaffeehouse, une exception dans une ville qui ne connut l’établissement de cafés qu’un demi-siècle plus tard, la législation prussienne ayant limité la consommation du breuvage. Les Juifs berlinois semblent avoir été à l’avant-garde de leur établissement dans la ville. Le café réputé juif « Philipp Falk’s Kaffeehaus » se trouvait dans la rue où résida Moses Mendelssohn jusqu’à sa mort, Spandauerstrasse. Au début du XIXe siècle, le salon était encore le lieu de socialisation principal où Juifs et non-Juifs pouvaient se rencontrer. Henriette Herz, Rahel Levin-Varhangen et Dorothea Mendelssohn-Schlegl en étaient les hôtesses, mais si les salons continuèrent à exister tout au long du XIXe siècle, ils furent vite supplantés par les cafés dont la fréquentation était essentiellement masculine. Investis par les Juifs, ils durent subir la propagande antisémite qui conseillait à toute personne qui avait « l’odorat fin et l’oreille sensible » de les éviter.

Tandis que la population berlinoise connait un accroissement fulgurant entre 1880 et 1910 – elle passe d’un à deux millions d’habitants –, parallèlement la population juive va presque quadrupler (de 36 000 à 144 000). Le café Bauer, qui offre le plus large éventail de la presse, sert à Hirsch Hildesheimer pour faire sa sélection d’articles qu’il édite ensuite dans Die jüdische Presse. Au tournant du siècle, le café associé au modernisme et au mouvement naissant de l’expressionnisme est le Café des Westens, qui ouvre sur l’artère prestigieuse du Kurfürstendamm. Moins élégant que le Bauer, il est plus actif comme lieu de diffusion des idées d’émancipation. L’artiste juif et critique littéraire Herwarth Walden y établit son association « pour les arts » qui rassemble tous ceux qui sont intéressés par l’expressionnisme. Walden fut un temps le mari de la poétesse Else Lasker-Schüler, rare figure féminine à fréquenter les cafés. C’est dans le café Monopol qu’Itamar Ben Avi, fils d’Eliezer Ben Yehuda [5], venu faire ses études à Berlin, dit s’être trouvé le plus à l’aise : non seulement il pouvait rencontrer des intellectuels juifs et non juifs de tous les pays d’Europe, mais y lire la presse tout en ne consommant qu’un seul café. De fait, le Monopol passait pour un café sioniste. Lorsqu’il se rendit à Berlin en 1912, Shmuel Yosef Agnon y rencontra la plupart des intellectuels juifs allemands. Il en fera le centre de son roman Ad Henna qui se situe pendant la Première Guerre mondiale.

Vint ensuite le temps du Romanisches Café, lieu emblématique du monde intellectuel de la république de Weimar. Le fréquentèrent Franz Werfel, Kurt Tucholsky, Stefan Zweig, Alfred Döblin, Bertolt Brecht, Walter Benjamin, Joseph Roth, Otto Dix et même Billy Wilder. Autant de personnes qui allaient bientôt fuir l’Allemagne nazie. Nahum Goldmann écrira plus tard que chaque groupe y avait sa table : les yiddishisants, les bundistes et les sionistes s’interpellaient et polémiquaient d’une table à l’autre. Avant même que Hitler arrive au pouvoir, le Romanisches Café, « plaque tournante  des intellectuels juifs », est la cible des nazis. Le jour de Rosh Hashanah, en septembre 1931, le café est attaqué aux cris de « mort aux Juifs ». Après 1933, le café perd ses clients et son atmosphère. Il disparaitra sous les bombardements en 1943. Le café sera l’institution la plus regrettée par les futurs émigrés. C’est ce que Pinsker s’efforce de démontrer dans les deux dernières villes où il en recherchera les traces. Que ce soit à New York ou à Tel Aviv-Jaffa, les Juifs européens tenteront d’en exporter le modèle.

New York, « le club du pauvre »

Bien que l’établissement des cafés new-yorkais soit largement redevable aux émigrés arrivés dans le « Nouveau Monde » au cours du XIXe siècle, l’institution existait auparavant : quand la ville fut cédée à l’Angleterre par la Hollande, les Anglais y avaient installé leurs cafés, ou plutôt leurs pubs et clubs. Mais c’est avec l’arrivée des immigrants européens, entre 1830 et 1840, notamment celle de Juifs fuyant les pogromes d’Europe centrale, qu’apparut le café, « le club du pauvre », selon le critique James Hunecker. Le East Side Café, situé dans le Lower East Side, accueille les Juifs séculiers et bientôt révolutionnaires. C’est le lieu d’intervention de l’anarchiste Emma Goldmann. Il n’a guère la Gemütlichkeit du café viennois. Ici, le café reçut le nom de Kibitzarnya, terme yiddish russifié, soit l’endroit où l’on regarde par-dessus l’épaule d’un autre, où l’on se mêle d’une partie de cartes ou d’échecs sans y être convié. Dans l’une de ses nouvelles, Scholem Aleichem, qui émigra aux États-Unis, décrit la Kibitzarnya comme « une sorte de club où un cercle de l’intelligentsia se rassemble, parle littérature, théâtre et politique […]. On peut y avoir une vraie discussion, rapporter des ragots, dire du mal des uns et des autres ».

Brooklyn (2008). Photo : Jean-Luc Bertini

À New York, pour les écrivains juifs du début du XXe siècle, les cafés de l’East Side sont le lieu d’échanges productifs comme celui d’une indolence léthargique. Ouvert 24 h sur 24, le café Scholem est le lieu d’affrontements entre anciens et jeunes poètes yiddishisants. C’est dans la littérature de ces derniers qu’on trouve aujourd’hui les dernières traces importées du café européen avec sa fonction intégrative pour les Juifs à la recherche d’un pays où faire souche. À l’angle de la 12e rue et de la Second Ave, appelée le Broadway juif, vint s’installer le café Royal qui attira les célébrités également non juives, ainsi le poète russe Sergei Iessenine et sa femme, la danseuse Isadora Duncan. Même Charlie Chaplin lui fit l’honneur de sa visite. Le Royal ne fut guère du goût cependant d’Isaac Bashevis Singer, qui était parvenu à quitter la Pologne en 1935 : comparés aux habitués des cafés de Varsovie, ses clients lui semblèrent dépourvus de qualités intellectuelles et artistiques. Pourtant, c’est vers le Royal que convergeront les réfugiés de l’Allemagne nazie. En 1952, il fermera ses portes et sera remplacé par un pressing. À cette époque, Bashevis Singer pouvait continuer à écrire en yiddish comme il ne cessera de le faire, mais l’anglais l’avait remplacé comme langue vernaculaire du Royal.

Tel Aviv-Jaffa, la bataille linguistique

Tous les sionistes arrivés en Palestine ne partageaient pas l’idéal de la vie agricole et communautaire dans un kibboutz. Des citadins dans l’âme fréquentèrent dans un premier temps les cafés arabes de Jaffa, port où vivaient à la fin du XIXe siècle environ 30 000 Juifs ashkénazes et sépharades. Il ne fallut guère de temps aux nouveaux immigrants pour créer leurs propres établissements. Le premier café « hébreu » ouvre ses portes en 1905 : le Levanon. C’est dans ce lieu que serait née l’idée de bâtir Tel Aviv, en bordure de Jaffa. Peu après, des immigrés allemands ouvrirent le café Lorenz où l’on parlait toutes les langues de la Palestine : arabe, allemand, yiddish et hébreu, avant que commence la bataille linguistique. Les étudiants du lycée hébreu allèrent jusqu’à interrompre les conversations et représentations autres qu’en hébreu, jetant des pierres sur les consommateurs. La violence en défense de l’hébreu redoublera avec l’afflux des Juifs allemands. Elle se déroule boulevard Rothschild ou rue Herzl, à Tel Aviv. Le poète Bialik s’entretient au café Casino (qui n’a de casino que le nom) avec les commerçants juifs et arabes auxquels il raconte des anecdotes de son enfance à Odessa. Arthur Koestler, qui trouve Tel Aviv provinciale et sans humour, se réfugie au Café hongrois, repaire de la bohème locale. Les cafés leur font oublier qu’ils sont « en Asie », comme ils le disent alors.

À l’angle de la rue Ben Yehuda et de la rue Allenby, le Ginati, fondé en 1936, devint le refuge presque exclusif des immigrants allemands, un endroit sans lequel, dit le poète Segalovitsh, ils auraient pu se suicider, tant leur besoin de communiquer était grand. Le café changea de fonction à la vitesse des événements. À la mort de ses deux habitués, les poètes Leah Goldberg et Nathan Alterman en 1970, le célèbre café Kassit n’aurait plus continué à fonctionner que comme l’ombre de lui-même : les gens qui y venaient ignoraient qu’ils s’asseyaient là même où Goldberg et Alterman s’étaient assis avant eux et ignoraient jusqu’à leurs noms. Relique du temps passé, le Kassit n’avait plus lieu d’être le vecteur de la culture juive comme jadis, à Berlin, le Romanisches Café. Aharon Appelfeld, qui se souvient du sentiment de re-connaissance qu’il éprouva lorsque, à l’âge de 23 ans, il pénétra dans le Café Peter de la German Colony à Jérusalem (« à peine avais-je poussé la porte, je reconnus les habitués, c’étaient mes oncles, mes cousins »), notera plus tard que le café européen n’existe plus : ce ne sont plus que de grands espaces bruyants et bondés qui n’invitent pas à s’asseoir et à s’attarder et que l’on veut quitter au plus vite.

Ainsi s’est achevée la lente disparition du café, en lequel Appelfeld avait vu une institution culturelle. Toute tentative de le faire revivre, comme à New York, Orchard street par exemple, au début du XXIe siècle, s’est soldée par un échec. Le café a été remplacé par ces « cafés virtuels » que sont les réseaux sociaux. Et si l’on va au Starbucks, cela peut être pour ne pas être seul, mais pas pour y débattre comme au Kotik’s à Varsovie ou au Central à Vienne. Générateur de nostalgie chez des gens qui ne l’ont pas connu, le café ne survit plus aujourd’hui que dans l’imaginaire du monde juif d’hier.


  1. « Un riche breuvage. Comment les cafés ont contribué à la formation de la culture juive moderne ».
  2. Brighton Beach, quartier encore russe et juif de Brooklyn, est souvent appelé Little Odessa. Voir le film éponyme de James Gray (1994).
  3. Tuwim émigra aux États-Unis, mais rentra en Pologne après la guerre pour y construire le socialisme. Il y mourut en 1953.
  4. Ce mot, qui signifie à la fois « accueillant » et « confortable », fait partie des célèbres intraduisibles de la langue allemande. C’est sans doute un peu pédant de le souligner, mais ça n’est pas tout à fait faux. Qui connaît l’atmosphère du café traditionnel, qui existe encore à Berlin, à Vienne ou à Budapest, fera la différence avec le café parisien – pour ne rien dire du café new-yorkais où la Gemütlichkeit manque cruellement.
  5. L’hébreu, comme langue parlée, est l’œuvre d’Eliezer Ben Yehouda (1858-1922).