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Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) présente l’exposition « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse ». Un hommage à Hersh Fenster (Baranow, 1892 – Paris, 1964), journaliste et écrivain yiddish, auteur d’Undzere farpaynikte kinstler (Nos artistes martyrs), et édité à Paris en 1951 pour rappeler qui furent 84 artistes talentueux, célèbres ou méconnus, de l’« École de Paris » et assassinés lors de la Shoah. Traduit, ce « livre du souvenir » est publié par les éditions Hazan avec le concours de la Maison de la culture yiddish-bibliothèque Medem.

Publié par Véronique Chemla

« En écho à l’exposition « Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école, 1905-1940 », le mahJ rend hommage à Hersh Fenster (Baranow, 1892 – Paris, 1964), journaliste et écrivain yiddish, auteur d’Undzere farpaynikte kinstler (Nos artistes martyrs), publié à Paris en 1951 ».

« Tout à la fois mémorial et livre d’art, cet ouvrage retrace les trajectoires de 84 artistes juifs de la scène française qui périrent entre 1940 et 1945, sur lesquels Fenster rassemble des témoignages et des photographies pendant cinq ans ».

« Certains sont connus, comme Chaïm Soutine et Otto Freundlich, d’autres moins, comme Étienne Farkas ou Jacob Macznik. Tous appartiennent à l’ultime moment de ce que le critique André Warnod nomma, en 1925, l’« École de Paris ». Autant de peintres, de sculpteurs, d’illustrateurs, hommes et femmes, dont l’œuvre a été interrompue prématurément et parfois détruite. »

« L’ouvrage de Fenster, écrit en yiddish, préfacé par Chagall et publié à compte d’auteur rend tangible un monde disparu. Il se classe dans la catégorie des « livres du souvenir » parus après-guerre pour témoigner de l’anéantissement du yiddishland. À sa manière, Fenster sauve ainsi de l’oubli le « shtetl des artistes de Montparnasse ».

« Tiré à 375 exemplaires, Undzere farpaynikte kinstler était connu des seuls initiés. Le mahJ publie sa traduction intégrale avec les éditions Hazan et le concours de la Maison de la culture yiddish-bibliothèque Medem ».

L’exposition « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse » illustre la personnalité de Fenster à travers ses archives et permet de découvrir les œuvres de quelques-uns des artistes évoqués dans l’ouvrage : David Brainin, Étienne Farkas, Alexandre Fasini, Jules Gordon, Jacques Gotko, Samuel Granovsky, Jane Lévy, Jacob Macznik, Sigismond Sigur- Wittmann, Marcel Slodki, Abraham Weinbaum et Zber.
La Commissaire de l’exposition est Pascale Samuel, conservatrice de la collection moderne et contemporaine du mahJ.
L’exposition bénéficie du soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de la Fondation Pro mahJ.
Autour de l’exposition, le mahJ a organisé le 16 juin 2021 à 19h30 la rencontre « Nos artistes martyrs », avec la participation de Nadia Déhan-Rotschild, traductrice, Ariel Fenster, fils de Hersh Fenster, Natalia Krynicka, Maison de la Culture Yiddish ; Judith Lindenberg, mahJ, Yitskhok Niborski, spécialiste du yiddish, Nadine Nieszawer, marchande d’art et experte, Pascale Samuel, mahJ, Annette Wieviorka, historienne.
Le 27 septembre 2021, le conseil du IXe arrondissement de Paris a adopté à l’unanimité l’apposition d’une plaque commémorative au 41 rue Richer, en mémoire du premier “Dos Yiddishe Vinkl” (« le coin juif ») ou “Foyer Amical” créé par Hersh Fenster le 20 mars 1939. Il « est le secrétaire et animateur de cette association d’aide aux réfugiés fuyant le nazisme. Le Foyer est à la fois une cantine, une salle de conférences, de concerts et de célébrations ».
Une enquête internationale 

« La publication de Nos artistes martyrs, réalisée sous l’égide de Juliette Braillon, et l’exposition qui l’accompagne, placée sous le commissariat de Pascale Samuel, ont suscité des recherches dont les difficultés soulignent l’importance considérable du travail de Hersh Fenster de 1945 à 1951. »

« S’appuyant d’abord sur ses collections et les archives Fenster données au musée et à la Maison de la Culture Yiddish par Ariel Fenster, fils de l’auteur, le mahJ a ensuite sollicité des institutions publiques françaises et étrangères pour retrouver une soixantaine d’artistes. Ainsi Erna Dem (1889-1942) signalée pour son travail à la manufacture de Sèvres, a resurgi dans les inventaires du musée de l’Ermitage et à Rome. »
« Des particuliers, collectionneurs passionnés ou chercheurs, dont la famille de Fenster, ont contribué à mettre en lumière des œuvres et documents inédits – et en particulier le manuscrit de la préface de l’ouvrage par Chagall. Le mahJ a noué des liens avec les familles d’Abraham Berline (1894-1942), d’Étienne Farkas (1887-1944), d’Alexandre Heimovits (1900-1944), d’Isaac Kogan (1879-1943), de Jacob Macznik (1905-1945) et de Bela Meszoly (1889-1942), et une véritable chaîne a abouti notamment à la découverte d’une oeuvre de Karl Klein (1899-1943) à Toulouse, et de Yehouda Cohen (1897-1942) en Californie. Un avis de recherche, diffusé sur le site Internet du musée et relayé par la presse, a notamment permis de retrouver la petite nièce de Frania Hart (1896-1943) et de découvrir son autoportrait. »

« Afin de restituer un visage à chacun des 84 artistes évoqués par Fenster, d’illustrer chaque notice d’au moins une œuvre et de préciser les données factuelles de l’édition originale, le mahJ s’est ainsi appuyé sur de très nombreux informateurs. Néanmoins, quatre personnalités ne sont illustrées que par des clichés noirs et blancs repris de l’édition de 1951. C’est le cas, notamment, de Sophie Blum-Lazarus (1867-1944), qui participa pourtant aux Salon des Indépendants et au Salon d’Automne de 1909 à 1937, et exposa à la galerie Devambez et chez Berthe Weill. Mais l’enquête se poursuit avec l’espoir que la publication et l’exposition permettront d’autres redécouvertes. »
« LES ARCHIVES DE L’ÉDITION DE 1951 »

« Courriers, notes manuscrites, photographies et plaques de verre… les archives d’Undzere farpaynikte kinstler permettent de saisir la méthode suivie par Fenster. Il s’appuie non pas sur des archives historiques, mais sur le témoignage des rescapés et des artistes survivants : Michel Kikoïne et Morderhai Perelman évoquent Haïm Soutine et Moïse Kogan ; Alfred Aberdam écrit sur Marcel Slodki ; Elie Shor se souvient de Zber ; Isaac Lichtenstein écrit sur Henri Einstein ; Léon Weissberg et Isaac Weinbaum ; Sigmund Menkes rapporte ses souvenirs sur Isaac Weingart ; Isaac Antcher témoigne sur son ami Zardinsky-Madim ; Arthur Kolnik rédige ses souvenirs sur Ephraïm Mandelbaum et Marcel Slodki. »

« Ces témoignages sont principalement et volontairement rédigés en yiddish, langue maternelle de la majorité de ces artistes. Enfin, le carnet d’adresses – comportant près de 400 entrées – souvent biffées en fonction des déménagements successifs – illustre le réseau de relations de Fenster. »
II. Le Shtetl perdu de Montparnasse

« Quand je suis retourné à Paris, au lendemain de la grande destruction, ma première tâche a été de savoir qui avait survécu au brasier. Je suis allé à Montparnasse où j’avais beaucoup d’amis, où des artistes juifs parisiens venus de partout avaient l’habitude, après le travail dans leurs pauvres ateliers, de se retrouver dans les cafés et devant une tasse de café pour parler d’art et de création. Eux, les éternels rêveurs de beauté qui exprimaient sous une forme artistique leur nature intérieure […], eux les ambassadeurs spirituels de notre peuple, manquaient au rendez-vous : ils avaient été emportés par la tempête. Dans ma douleur, j’ai vu naître en moi l’idée d’évoquer leur personne et leur travail, de les rappeler aux générations futures ».

Hersh Fenster, Nos artistes martyrs
« Fenster situe son ouvrage dans le voisinage des livres de souvenir publiés dans l’immédiat après-guerre pour témoigner d’un shtetl disparu. Ce qui le singularise, c’est qu’il ne porte pas sur une ville ou un territoire donné, mais sur une communauté d’artistes, celle qui animait les ateliers et les trottoirs de Montparnasse, du 9, rue Campagne-Première chez Efraïm Mandelbaum, à la Ruche du passage Dantzig d’Henri Epstein, en passant par la Villa Seurat de Soutine ou la rue Vaugirard de Nahoum Aronson. Mais ce livre n’est pas tant un « tombeau de papier », comme certains l’ont écrit, qu’un « musée de papier ». C’est un livre où des artistes racontent d’autres artistes, qui permet d’incarner la vitalité de l’art à Paris et de redécouvrir un « monde disparu ».
« À travers 84 portraits d’hommes et de femmes, nés pour la plupart entre 1880 et 1910 en France, mais surtout en Europe centrale ou orientale (Pologne, Allemagne, Autriche, Hongrie, Roumanie, Russie, Ukraine…), Fenster décrit les multiples facettes de la communauté d’artistes juifs attirés par Paris, où ils pouvaient compléter leur formation dans les écoles et les académies, travailler librement et exposer leurs œuvres dans nombre de galeries et de salons. Ils ne sont d’aucune « École » au sens traditionnel : ils ne partagent pas un style, mais une histoire commune, un idéal et un destin ».
« La postérité a retenu le nom de quelques-uns comme Chaïm Soutine ou Otto Freundlich, mais nombre d’entre eux sont tombés dans l’oubli, ou restés ignorés de la critique. L’exil, la guerre, l’Occupation, la déportation briseront des vies et entraîneront souvent la disparition des archives et des fonds d’atelier, plongeant une seconde fois dans l’oubli l’oeuvre de nombreux acteurs de l’ultime moment de ce qu’André Warnod désignait comme l’École de Paris. »

« La publication en français de Nos artistes martyrs et l’exposition « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse » permettent notamment de découvrir la force des portraits d’Etienne Farkas, l’onirisme d’Ary Arcadie Lochakov, les paysages métaphysiques d’Alexandre Fasini, les aquarelles délicates de Jane Lévy ou encore les dessins réalisés par Jacques Gotko, Zber et David Brainin pendant leur internement à Compiègne ou à Beaune-la-Rolande, ainsi que des œuvres d’Abraham Berline, Alexandre Fasini, Georges Kars, Jules Gordon, Samuel Granovsky, Jacob Macznik, Sigismond Sigur-Wittman, Marcel Slodki et Abraham Weinbaum. »

« 84 artistes arrachés à l’oubli » 

Jean Adler, Bernard Altschuler, Naoum Aronson, Georges Ascher, Abraham Berline, Ernest Biro, Sophie Blum-Lazarus, David Brainin, Joseph Bronstein, Jefim Bruhis, Aron Brzezinski, Meyer Cheychel, Yehouda Cohen, Jacques Cytrynovitch, Erna Dem, Paul Doery, Léon Droucker, Henri Epstein, Étienne Farkas, Alexandre Fasini, Adolphe Feder, Michel Fink, Otto Freundlich, Jacques Gotko, Jules Gordon, David Goychman, Jules Graumann, Samuel Granovsky, Elie Grinman, Pierre Grumbacher, Henri Hague, Frania Hart, Alexandre Heimovits, Ignacy Hirszfang, Alice Hohermann, Georges Kars, Karl Klein, Meyer-Miron Kodkine, Isaac Kogan, Moïse Kogan, Chana Kowalska, Jacob Krauter, David-Michel Krewer, Samuel Liebewert, Samuel Lipszyc, Jane Lévy, Rudolf Levy, René Lévy, Israel Lewin, Marcel Lhermann, Ary Lochakow, Ephraim Mandelbaum, Jacob Macznik, Bela Meszoly, Jacob Milkin, Abraham Mordkhine, Jacques Ostrovsky, Paul Pitoum, Elisabeth Polak, Hirsch Poustchevoy, Joseph Rajnefeld, Alexandre Riemer Félix Roitman, Abraham Rosenbaum, Savely Schleifer, Isaac Schoenberg, Raphaël Schwartz, Sigismond Sigur-Wittmann, Léopold Sinayeff-Bernstein, Marcel Slodki, Chaïm Soutine, Yehiel Spoliansky, Manfred Starkhaus, G. Stuman, Rahel Szalit-Marcus, Paul Ullman, Zelman Utkès, Fernand Vago-Weiss, Abraham Weinbaum, Ossip Weinberg, Joachim Weingart, Léon Weissberg, Levi Zardinsky-Madim, Fiszel Zylberberg-Zber.

Hersh Fenster, Nos artistes martyrs 
Extraits 
Préface 
Par Paul Salmona, directeur du mahJ
« La publication en français d’Undzere farpaynikte kinstler (Nos artistes martyrs) répare une triple injustice : l’oubli dans lequel est tombée une génération d’artistes déportés ou morts pendant l’Occupation, la méconnaissance de la richesse culturelle de l’émigration yiddishophone dans le Paris de l’entre-deux-guerres et l’anonymat frappant leur mémorialiste, Hersh Fenster, journaliste et écrivain originaire de Galicie, installé à Paris en 1922.
Publié en yiddish dès 1951 à trois cent soixante-quinze exemplaires, Undzere farpaynikte kinstler évoque, alors que l’historiographie de la destruction des juifs d’Europe n’en est encore qu’aux prémices, le parcours de quatre-vingt-quatre artistes de l’École de Paris dont la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ont abrégé l’existence. Livre d’art et mémorial, l’ouvrage recense des créateurs pour la plupart effacés des mémoires, et dont les œuvres elles-mêmes ont parfois été détruites. Parmi eux, seuls Otto Freundlich et Chaïm Soutine ont connu la gloire. Certains, comme Jean Adler, Naoum Aronson, Erna Dem, Léon Droucker, Henri Epstein, Adolphe Feder, Georges Kars, Moïse Kogan, Léopold Sinayeff-Bernstein, Paul Ullman, Zelman Utkès, Abraham Weinbaum, Joachim Weingart, sont présents dans les collections publiques françaises grâce à des achats de l’État mais leurs œuvres restent invisibles ; les autres demeurent des inconnus pour la plupart des historiens de l’art. Le sévère traitement que leur réserve la postérité n’est pas dû à la qualité de leur oeuvre mais au fait qu’ils aient disparu corps et biens de la scène artistique. On mesure ainsi l’importance du travail de Fenster. Véritable ouvrage de référence, considéré comme un « usuel » pour qui s’intéresse à la première École de Paris, Undzere farpaynikte kinstler n’était pourtant accessible en français qu’en citations et n’était lisible en totalité que par de trop rares historiens de l’art yiddishophones.
Outre les artistes « emportés par la tempête » dont il rappelle l’existence, Fenster fait revivre dans le Paris de l’entre-deux-guerres une communauté artistique juive méconnue et qui n’est plus après la guerre, à l’instar du judaïsme d’Europe orientale, qu’un « monde disparu ». Installée dans la ville qui est alors la capitale mondiale de l’art, elle a ses rites et ses lieux, dont le moindre n’est pas le Foyer amical (Dos yidishe vinkl) ouvert rue Richer par Hersh Fenster en 1939, avec pour vocation d’accueillir des réfugiés fuyant le Reich. Paris abrite alors une importante émigration juive d’Europe centrale et orientale, gonflée au tournant du siècle par les pogroms dans l’Empire russe. Celle-ci sera durement touchée par les mesures antisémites du gouvernement de Vichy et par la déportation ; les nombreux artistes qu’elle comptait ne feront pas exception.
Enfin, cette publication permet de rendre hommage à Hersh Fenster (1892-1964), dont la vie et l’oeuvre sont pratiquement inconnues en France. En préambule, Natalia Krynicka évoque son militantisme socio-culturel, tandis que Pascale Samuel s’attache à ses relations avec les artistes, et que Judith Lindenberg met en perspective Undzere farpaynikte kinstler avec les « livres du souvenir » publiés en yiddish en France par les « sociétés d’originaires » des bourgades juives d’Europe orientale.
Pour le musée d’art et d’histoire du Judaïsme, la traduction et l’édition du texte de Fenster, en suscitant un retour vers ces artistes, ont contribué à leur assurer une place nouvelle dans la collection. Car, hormis Naoum Aronson, Étienne Farkas, Adolphe Feder, Otto Freundlich, Jules Gordon, Jacques Gotko, Moïse Kogan, Jacob Macznik, Sigismond Sigur-Wittmann, Marcel Slodki, Chaïm Soutine, Rahel Szalit-Marcus, Abraham Weinbaum, Joachim Weingart, Léon Weissberg et Zber – le plus souvent uniquement représentés par une ou deux œuvres –, la plupart des personnalités évoquées dans cet ouvrage étaient absentes des collections du mahJ.

Ainsi, le travail de Fenster donne-t-il, soixante-dix ans après la publication d’Undzere farpaynikte kinstler, une inflexion aux acquisitions du musée, qui s’attache aussi désormais à rassembler des exemples remarquables de la production de cette génération perdue, à l’instar du portrait de David Knout par Ary Arcadie Lochakow – un artiste absent des collections publiques françaises – acquis en 2020.

Achevé cinq ans après la guerre dans une perspective mémorielle, l’ouvrage de Fenster n’est évidemment pas conforme aux canons actuels de l’écriture de l’histoire de l’art, mais il recèle une somme remarquable d’informations et une riche iconographie. Sous l’égide de Juliette Braillon, responsable des éditions du mahJ, l’ouvrage a fait l’objet d’un travail méticuleux, notamment concernant la mise à jour des données biographiques ou l’enrichissement de l’iconographie, mais il ne pouvait épuiser le sujet. Aussi espérons-nous que cette traduction suscitera chez de jeunes historiens de l’art le désir d’entreprendre des recherches approfondies sur ces artistes injustement recouverts par le linceul de l’oubli.
L’édition française d’Undzere farpaynikte kinstler a permis de retrouver certains descendants des artistes et de rares collectionneurs de ces derniers. L’équipe s’est appuyée notamment sur les quelque quatre cent cinquante documents des archives de Fenster données au mahJ par son fils Ariel en 2000 et en 2013, et dont Rachel Koskas décrit ici la richesse. Le projet a fédéré des familles, des collectionneurs, des historiens qui ont eu à coeur de nous apporter leur soutien. Marc Chagall, dans l’édition de 1951, s’était fait le porte-parole des artistes survivants avec un poème ouvrant l’ouvrage. Aujourd’hui, ce sont ses ayants droit qui poursuivent leur soutien à l’oeuvre de Fenster en contribuant généreusement au financement de sa publication ; nous leur exprimons notre profonde gratitude ainsi qu’à la fondation pour la Mémoire de la Shoah. Nous adressons nos remerciements aux éditions Hazan, qui se sont engagées à nos côtés, ainsi qu’à la Maison de la culture yiddish, notre partenaire.
Nos remerciements vont aussi à Nadia Déhan et Évelyne Grumberg, qui ont traduit les textes de Fenster, ainsi qu’à Yitskhok Niborski, qui a revu la traduction. Enfin, cette publication n’aurait pu s’envisager sans l’adhésion fervente d’Ariel Fenster, fils de l’auteur, et de son épouse, Ann-Marie, qui ont soutenu et encouragé le projet ».
Marc Chagall « Aux artistes martyrs », 1950
« Les ai-je tous connus ?
Suis-je entré dans leurs ateliers ? Ai-je vu leur art de près ou de loin ?
À présent je sors de moi, de ma vie, je vais vers leur tombe inconnue.
Ils m’appellent. Ils me traînent dans leur fosse, moi l’innocent, moi le coupable.
Ils me demandent : Où étais-tu ?
– J’ai fui…
Eux ont été conduits aux douches de la mort où ils ont connu le goût de leur sueur.
Ils ont alors vu la lumière des tableaux qu’ils n’ont pas peints.
Ils ont compté les années qu’ils n’ont pas vécues, gardées précieusement, dans l’attente de voir leurs rêves accomplis : rêves en veille, rêves en sommeil.
Dans leur tête ils ont retrouvé :
ce coin d’enfance où la lune entourée d’étoiles leur annonçait un lumineux avenir ;
le jeune amour dans la chambre obscure, dans l’herbe des collines et des vallons, le fruit sculpté, baigné de lait, couvert de fleurs, leur promettant un paradis ;
les mains de leurs mères, leurs yeux les accompagnant au train vers la gloire lointaine.
Je les vois à présent qui se traînent en haillons et pieds nus sur des chemins muets.
Les frères d’Israëls, Pissarro et Modigliani, nos frères, ce sont les fils de Dürer, Cranach et Holbein qui les mènent au bout d’une corde à la mort dans les crématoires.
Comment puis-je pleurer, comment verser des larmes ?
On les a depuis longtemps noyées en même temps que le sel de mes yeux.
On les a desséchées dans la raillerie pour me faire perdre ma dernière espérance.
Comment pourrais-je pleurer ?
Alors que chaque jour j’ai entendu
arracher de mon toit la dernière planche,
alors que je suis épuisé de faire la guerre pour le petit bout de terre sur lequel je me suis arrêté, dans lequel plus tard on me couchera pour dormir.
Je vois le feu, la fumée, le gaz qui s’élèvent vers le nuage bleu et le noircissent.
Je vois les cheveux et les dents arrachés.
Ils me forcent aux couleurs enragées.
Je suis dans le désert devant des monceaux de bottes, vêtements, cendres, ordures,
et je murmure mon kaddish.
Et tandis que je suis là, descend à moi de mes tableaux la figure de David, sa harpe au bras. Il veut m’aider à pleurer en jouant des Psaumes.
Le suit notre Moïse.
Il dit : N’ayez peur de personne.
Il vous demande de rester tranquillement couchés
jusqu’au jour où il gravera de nouvelles Tables pour un monde nouveau.
S’éteint la dernière étincelle,
le dernier corps disparaît.
Le silence se fait comme avant un nouveau Déluge.
Je me lève et vous dis au revoir.
Je me mets en chemin vers le nouveau Temple
et j’y allume une bougie à votre image ».
Repères biographiques
« 1892 Naissance de Herman (dit Hersh) Fenster à Baranów (Galicie) dans une famille juive traditionnelle ; Yankev-Elye Fenster, son père, et Chaja Feingold, sa mère, auront neuf enfants ; étudiant au heder (école juive) puis à l’école publique, il manie facilement les langues : le yiddish, le polonais et l’allemand.
1914-1918 Il poursuit ses études à Cracovie puis à Vienne, où il est incarcéré pour avoir participé à des manifestations pacifistes ; sensible aux idées de Han Ryner, philosophe anarchiste individualiste, il en applique certaines comme l’autogestion, l’antimilitarisme et la non-violence ; il se forme auprès du pédagogue et psychanalyste Siegfried Bernfeld à Vienne.
1918 En réaction au pogrom du 21 au 23 novembre à Lwów (Galicie), Fenster rejoint les rangs de l’autodéfense juive à son retour à Baranów ; il y fonde un club culturel pour les jeunes, l’association Y. L. Peretz, du nom de l’écrivain yiddish.
1919-1921 Activité de journaliste pour l’Abend-Post. Il écrit alors en allemand, mais choisira ensuite le yiddish comme langue d’expression artistique.
1922 Arrivée à Paris ; Fenster s’inscrit à la Sorbonne et obtient le certificat de capacité à l’enseignement du français ; il enseigne le yiddish aux enfants dans le cadre de l’école du jeudi après-midi.
1923 Premières contributions régulières (nouvelles, essais et articles sur les écrivains et les artistes) à des périodiques yiddish de New York, Paris et Buenos Aires : Fraye arbeter shtime, Frayer gedank, Fraye tribune, Dos fraye vort.
1925 Fenster devient le secrétaire de l’écrivain de langue yiddish Sholem Asch ; il côtoie des intellectuels et des artistes de l’École de Paris ; leur collaboration s’arrête en 1930-1931, quand Asch s’installe à Nice.
1926 Fenster épouse religieusement Léa (Lotke) Gelernter chez ses beaux-parents à Tarnów (Pologne) ; ils se marient civilement à Paris en 1928 ; le métier de couturière de Léa permet au couple de subvenir à leurs besoins.
1929 Naissance le 25 mai de sa fille, Vivienne (Khayele en yiddish).
1937 Expédition ethnographique en Pologne avec Jacob Mącznik, pour documenter le patrimoine culturel juif, notamment les synagogues anciennes dans l’objectif de publier un livre.
1939 Avec le soutien du sculpteur Naoum Aronson et du philanthrope Isaac Kouliche, Fenster crée le 20 mars le Foyer amical Dos yidishe vinkl (« le coin juif »), une association d’aide aux réfugiés fuyant le nazisme, au 41, rue Richer à Paris. Fenster en est le secrétaire et principal animateur.
1940 Départ de la famille Fenster le 13 juin pour La Force près de Bergerac (Dordogne).
1941 Interné en juin au camp de Mauzac (Dordogne), Fenster est autorisé par le maire de La Force à se rendre au consulat américain de Marseille pour le suivi de sa demande d’immigration ; en juillet, il est transféré au groupement de travailleurs étrangers du camp de Mauriac (Cantal), puis en mai 1942, au camp de Saint-Georges-d’Aurac (Haute-Loire) et enfin à celui de Mons (Puy-de-Dôme).
1942 Le 16 juin, Fenster obtient une permission exceptionnelle et un sauf-conduit provisoire de trois semaines pour retourner à La Force rendre visite à sa fille malade ; à l’issue de cette permission, il entre dans la clandestinité avec l’aide de Pierre Pinson et du réseau de résistance local ; il est caché chez M. Charenton, le menuisier du village.
1943 En février, Pierre Pinson avertit Fenster de l’imminence d’une rafle et lui procure de faux papiers au nom de Chalon ; naissance de son fils Ariel à l’hôpital de Bergerac ; à partir du 18 juin Fenster se réfugie à Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie), alors en zone d’occupation italienne ; il y retrouve des proches comme l’écrivain Oser Warszawski ; de mai à juillet, Joseph Kott, responsable de la Fédération des sociétés juives de France, finance l’hébergement de centaines de juifs qui bénéficieront ensuite du soutien du Joint de Genève, par l’intermédiaire de Marc Jarblum, président de la Fédération des sociétés juives de France avant-guerre. Fenster participe au comité d’organisation ; une vie de solidarité s’organise ; Fenster et sa famille passent clandestinement en Suisse le 28 août ; arrêtés à la frontière, ils demandent le statut de réfugiés ; Fenster est conduit au centre d’accueil des Cropettes, puis au camp de réfugiés civils étrangers des Charmilles (Genève) ; sa fille est internée au camp de Champéry (Valais), puis hébergée à Bâle, et son épouse est internée un temps au camp de Hemberg (Saint-Gall).
1945 Retour le 4 octobre de la famille Fenster à Paris ; ils retrouvent l’appartement d’avant-guerre rue Ledion.
1945-1951 Fenster s’attèle à la rédaction d’Undzere farpaynikte kinstler, poursuit son travail de journaliste et son engagement associatif. Il écrit pour des journaux yiddish publiés à Paris comme Unzer shtime (« Notre voix ») ou Unzer vort (« Notre parole ») et à New-York comme Frayer arbeter shtime (« La voix libre des travailleurs ») ; le Foyer amical, transféré au 20, rue Richer, est remis en activité.
1951 Soirée le 24 mai à l’occasion de la parution d’Undzere farpaynikte kinstler, sous la présidence d’honneur de Marc Chagall.
Années 1950 Voyage en Israël, aux États-Unis et au Canada, où il envisage de s’installer.
Apatride, il n’a pas demandé la nationalité française.
1964 Décès à Paris. »
 

Sous la direction de Juliette Braillon, responsable des éditions, mahJ  « Nos artistes martyrs par Hersh Fenster ». Traduction du yiddish de Nadia Déhan et Évelyne Grumberg. Préfaces d’Ariel Fenster, de Tal Hever-Chybowski, directeur de la Maison de la culture yiddish – bibliothèque Medem et de Paul Salmona, directeur du mahJ. 2021. 312 pages. Code EAN : 9782754111935. 39 €. 

 
Du 19 mai au 10 octobre 2021
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Tél. : 01 53 01 86 53
Mardi, jeudi, vendredi de 11 h à 18h. Mercredi de 11 h à 21 h. Samedi et dimanche de 10 h à 19 h
Visuels :
Affiche
Portraits des artistes disparus épinglés par Hersh Fenster ; mahJ, archives Fenster – conception graphique Doc Levin
Portraits des artistes disparus épinglés par Hersh Fenster
mahJ, archives Fenster
Fonds Fenster du mahJ
Photo Christophe Fouin
Jaquette de couverture d’Undzere farpaynikte kinstler (Nos artistes martyrs) de Hersh Fenster, par Arthur Kolnik
Paris, 1951 ; Paris, Maison de la culture yiddish – Bibliothèque Medem
Nos artistes martyrs
Paris, mahJ-Hazan, 2021
Jacob Macznik (1905-1945)
Portrait de l’écrivain Wolf Wieviorka, 1941
Collection Samson Munn
Chaïm Soutine (1893-1943)
La Liseuse, 1940
Musée national d’art moderne – Centre Pompidou
Portrait de Hersh Fenster
Paris, vers 1960 ; mahJ
Jane Lévy (1894-1943)
Camp de Drancy, 1943
Paris, Mémorial de la Shoah
Alexandre Fasini (1892-1942)
Hommes et jeux d’optique, 1929
Association des Amis du Petit Palais, Genève
Ary Lochakow (1892-1941)
Le poète David Knout, 1923
mahJ

 

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Identifiquen l’autor del Memorial de greuges de Guitard Isarn, senyor de Caboet: El sotsdiaca Ramon, el primer escriptor d’un text escrit íntegrament en llengua catalana

Una recerca realitzada per dos investigadors de la Universitat Autònoma de Barcelona (UAB), el Prof. Jesús Alturo, catedràtic de Paleografia, Codicologia i Diplomàtica, i la doctoranda Tània Alaix, ofereix una nova aproximació als primers documents escrits totalment en llengua catalana, que se situen entre el segle XI i inicis del XIII. Una època, el del final de l’Alta Edat Mitjana, dominada culturalment per l’estament eclesiàstic, on el llatí s’aprenia a les escoles, però no ja al si de la família.

El principal resultat de l’estudi, que van presentar el 16 d’octubre en les 18enes Trobades Culturals Pirinenques a Montanui (Ribagorça), ha estat la identificació de l’autor del  Memorial de greuges de Guitard Isarn, senyor de Caboet, el primer text llarg escrit en català pràcticament en la seva totalitat i que es conserva a la Biblioteca de Catalunya. Els documents medievals solien ésser redactats pel mateix escrivà, però en ocasions l’autor de l’escrit i el de la còpia eren persones distintes. En el cas del Memorial, Alturo i Alaix demostren que ambdues funcions foren executades per una mateixa persona: un professional de l’escriptura que han pogut identificar com el sotsdiaca Ramon, un eclesiàstic de Cabó, al costat d’Organyà, al servei dels senyors de Caboet. El document es va escriure l’any 1105, una data que fins ara no havia estat fermament constatada.

El sotsdiaca Ramon, autor del Memorial de Greuges de Guitard Isarn, posa per escrit el testament sacramental de Guillem Guitard de Caboet el 8 de juny de 1106. La Seu d’Urgell, Arxiu de la Catedral d’Urgell, Fons de Caboet-Castellbò, perg. 2bis. © Arxiu del Bisbat d’Urgell.

Un home culte i de bona cal·ligrafia

El Memorial de greuges de Guitard Isarn és un pergamí indatat i anònim, que fa 10 centímetres d’alçada i 52 de llargada. En ell, el senyor de Caboet, Guitard Isarn, fa relació de totes les infraccions, faltes i ofenses que el seu vassall Guillem Arnall havia comès contra la seva persona, esposa i drets. El seu autor, va ser, en paraules dels investigadors de la UAB, un home culte i molt bon cal·lígraf.

“El sotsdiaca Ramon va néixer, es va educar i va desenvolupar la seva activitat com a escrivà i escriptor en un context —el del bisbat d’Urgell—, de bon nivell cultural, no sols en llengua llatina, sinó també en la pròpia del territori. Ell va ser un dels que van començar a posar per escrit textos totalment en català, però el primer de nom conegut. En aquest sentit, bé es mereix el títol de primer escriptor conegut de la literatura —en el sentit més ampli del terme— catalana”, destaquen els investigadors.

D’aquest escrivà, se’n conserven dotze documents originals i unes poques còpies més. Aquests pergamins es custodien a l’Arxiu del Bisbat d’Urgell —que custodia els documents més antics de Catalunya— i a la Biblioteca de Catalunya. “Era, sens dubte, un home culte, bon cal·lígraf, no mediocre llatinista i amb prou capacitat per a escriure un text llarg tot ell en català, per a la qual cosa, i contràriament al que sovint s’ha afirmat, calia capacitat i expertesa. Era necessària una llarga instrucció i un bon nivell cultural”, expliquen Alturo i Alaix, “perquè els primers textos escrits en català sorgeixen als Pirineus no per una menor romanització d’aquestes contrades, ni un menor nivell cultural, sinó, justament, per un nivell cultural superior, com demostra la presència de personatges com el bisbe Feliu d’Urgell o el canonge i jurista Ermengol Bernat, o la notable riquesa de la biblioteca de la catedral, coneguda, però no conservada”.

Alturo i Alaix han tornat a demostrar que els escrivans dels diplomes i els amanuenses dels còdexs eren molt sovint la mateixa persona i, sovint, personatges d’alta cultura, i, aplicant al seu estudi una metodologia pròpia basada en l’anàlisi dels idiotismes gràfics, és a dir, dels mínims detalls que personalitzen una escriptura, han assolit nous i positius resultats.

“Confiem d’anar aplicant aquesta metodologia basada en l’anàlisi paleogràfica i filològica a la resta de diòcesis catalanes amb semblant resultat: potser ens trobarem que també ens ofereixen una visió diferent de la que hem tingut fins ara, tal com hem vist en un altre recent estudi sobre la diòcesi d’Osona en època carolíngia”, conclouen.

Jesús Alturo i Tània Alaix han pogut assignar autoria al text més antic escrit en llengua catalana

Jesús Alturo i Tània Alaix han pogut assignar autoria al text més antic escrit en llengua catalana. Memorial de greuges de Guitard Isarn, senyor de Caboet. Barcelona, Biblioteca de Catalunya, reg. 1910, perg. 384. © Biblioteca de Catalunya.

Noves datacions per als primers textos escrits completament en català

Deixant de banda alguns mots aïllats o algunes breus frases que afloren en textos escrits bàsicament en llatí medieval, els primers textos completament escrits en català considerats literaris, en sentit ample, són dues traduccions del Liber iudicum (Llibre dels jutges), trobades als arxius de l’Abadia de Montserrat i de la Seu d’Urgell, i les celebèrrimes Homilies d’Organyà. En el seu estudi, Alturo i Alaix han precisat noves datacions per als fragments que es coneixen d’aquests documents, en base a detingudes anàlisis paleogràfiques.

Les homilies, una traducció catalana a partir d’un homiliari en provençal, confeccionat possiblement l’any 1204, van ser descobertes a la parròquia d’Organyà l’any 1905 per l’historiador Joaquim Miret i Sans, que les va considerar del segle XII-XIII. Els investigadors de la UAB han considerat la seva realització a una data propera a l’any 1220.

La traducció catalana del Liber iudicum de Montserrat va ser descoberta més d’un segle després de les homílies pel paleògraf Anscari M. Mundó, qui la va datar al voltant de l’any 1190. Alturo i Alaix el consideren dels primers decennis del segle XIII. Per contra, avancen la data de la còpia de la Seu d’Urgell. Aquest fragment de còdex va ser trobat l’any 2000 pels erudits eclesiàstics Benigne Marquès i Cebrià Baraut, els quals el van datar de cap al 1150. El tàndem d’investigadors Alturo-Alaix el fan dels darrers decennis del segle XI o dels primeríssims anys de la dotzena centúria.

 

[Font: http://www.nuvol.com]

En Twitter tamén se pode ter información sobre bibliografía de filosofía en galego. Unha conta deixanos cada día nesta rede social unha recomendación. 
A conta de Twitter "Filosofía en galego" (Nós Diario)

« Ola Mundo! Vou tratar de axudarvos a saber todo o que se pode ler de filosofía en galego. Cada día (se non hai nada de novo) vou compartir unha publicación diferente. Vou ir por orde alfabética e coido que non tardarei menos de dous anos e pico… Gozádeo! ».

Con esta mensaxe comezaba a súa andaina o pasado 19 de agosto a conta de Twitter « Filosofía en galego », unha aventura coa que Lois Rodríguez, profesor de filosofía en secundaria, busca visibilizar o publicado desta disciplina en lingua galega.

« Nace coa intención de apoñer diante do prexuízo xeneralizado de que non hai ciencia e filosofía en galego, un listado que visibilice que si hai pensamento en galego, e de que o uso da lingua galega no coñece fronteiras », explica este profesor a Nós Diario.

Mais, hai publicacións abondo na nosa lingua ou deberían incrementarse? Sobre este tema cre que « hai publicacións de todos os perfís filosóficos e doutrinais, mais evidentemente temos unha eiva importante na escasa tradución das obras cumio da cultura occidental á nosa lingua ».

Un dos problemas, se cadra, sería a especialización. « A tradución filosófica presenta o problema engadido de requirir unha dobre capacitación do tradutor, tanto do idioma de orixe coma do corpus filosófico da obra que se quere traducir. Así que non é sinxelo, máis cando posibelmente non sexa rendíbel para a industria editorial ».

Non todos os problemas veñen do mundo académico

As bibliografías que se recomendan no ensino secundario nas universidades ten algo de relación coa situación? Para Lois Rodríguez « recomendar bibliografía en galego evidentemente daría un pulo á nosa lingua en todos os ámbitos, mais non todos os problemas se arranxan no mundo académico ».

Neste caso, pensa que « as decisións persoais e a maneira de cada quen de definir o seu propio modelo de formación é o verdadeiramente transformador. A responsabilidade é de todos ».

 

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]

Lara Estany Freire presenta un assaig sobre la censura franquista en la traducció catalana fruit de la seva tesi doctoral premiada amb el Premi Rafael Patxot i Jubert

 Lara Estany Freire

Lara Estany Freire

 

Escrit per Jaume Forés Juliana

Actor, realitzador i gestor cultural

 

La Diputació de Barcelona, juntament amb l’Institut d’Estudis Catalans (IEC), publica Del silenci a la represa. La censura en la traducció catalana durant el franquisme, un assaig de Lara Estany Freire (Barcelona, 1984), traductora literària i membre del Grup d’Estudis de la Traducció Catalana Contemporània (GETCC) de la Universitat Autònoma de Barcelona, on podem resseguir, de manera detallada, la investigació que va dur a terme per demostrar, a la seva tesi doctoral, la importància que va tenir la traducció en la recuperació i el desenvolupament de la literatura catalana durant el franquisme. Aquesta tesi va ser guardonada el 2019 amb el vintè Premi Rafael Patxot i Jubert de l’IEC.

L’assaig de Freire proporciona detalls sobre la creació i el funcionament de l’aparell censor del règim franquista: des de la depuració dels fons bibliogràfics existents fins als paràmetres i criteris, sovint arbitraris, que regien el procés de censura. I fa especial èmfasi en les traduccions de narrativa publicades en català, per primer cop, durant el període desarrollista, és a dir, a partir de la dècada dels seixanta.

Per fer el seu estudi, Freire va analitzar els expedients de censura d’unes 288 novel·les que encara es conserven a l’Archivo General de la Administración (AGA) d’Alcalá de Henares i, malgrat que no se centra en la figura dels lectors de la censura franquista, sí que n’assenyala alguns noms destacats, com el pare Saturnino Álvarez Turienzo, el pare Miguel Oromí o el pare Francisco Aguirre. Més enllà de la seva col·laboració amb la maquinària repressora de la dictadura, els reconeix una gran capacitat per efectuar anàlisis altament crítiques i raonades de les obres que llegien i, fins i tot, admet que en més d’una ocasió, la seva intervenció va ser cabdal perquè determinades obres poguessin veure la llum sense problemes.

Així, doncs, l’obra de Freire presenta situacions paradoxals com el fet que La revolta dels animals de George Orwell es pogués publicar, en plena dictadura franquista, de manera íntegra i sense problemes, mentre que la saga d’espionatge de Ian Fleming protagonitzada per James Bond, va patir diversos episodis de censura pel seu excessiu contingut eròtic, en opinió dels censors.

Més enllà dels censors, però, l’obra també destaca els noms dels principals traductors de l’època com Maria Aurèlia CapmanyManuel de PedroloJosep VallverdúRafael Tasis i Joan Oliver i Sallarès, però per sobre de tot, el de Ramon Folch i Camarasa, traductor de 45 textos en un període de vuit anys comprès entre el 1962 i el 1969. Cal dir que la majoria d’aquests autors van trobar en la traducció, fos catalana o castellana, un refugi i una via de subsistència dins de l’esllanguit panorama editorial i literari del país, molt tocat per la repressió franquista.

De fet, a l’inici de l’assaig, Freire recull una citació del mateix Folch i Camarasa on es reconeix que “la prohibició absoluta del català a les escoles, als teatres i en els actes públics no solament afectà la creació d’obres originals en la nostra  llengua, sinó també la producció i l’edició de traduccions al català, totalment prohibides, en un intent assassí, del més gran refinament, de reduir els editors catalans a la publicació d’obres autòctones, quan tots els editors de tot el món havien i han de recórrer forçosament a la publicació de traduccions d’obres estrangeres per nodrir els seus catàlegs.”

La voluntat de les autoritats franquistes de folkloritzar la llengua i la literatura catalanes reduint-les a una simple manifestació cultural regionalista és força patent al llarg de tota l’obra; afortunadament, cap a la dècada dels anys seixanta, amb l’auge de l’activitat editorial catalana i el nomenament de Manuel Fraga Iribarne com a ministre d’Informació i Turisme, del qual depenia l’activitat censora, la situació va anar canviant.

Editorials com Plaza & Janés, Nova Terra, Mateu, Vergara, Bruguera i, molt especialment, Aymà-Proa, Club Editor i Edicons 62 van capitanejar el ressorgiment de la literatura catalana, sovint, a través de les traduccions. De fet, segons assenyala l’autora, tot citant a Montserrat Bacardí, directora de la seva tesi, “a mitjans dels anys seixanta, la llengua, lluny de ser un impediment, fins i tot podia facilitar les coses”, ja que els censors, en considerar la llengua catalana com una llengua secundària, amb poca difusió i menys ressò que la castellana, centraven la majoria dels seus esforços a revisar els textos publicats en castellà, que arribaven a un públic molt més ampli i que, per tant, consideraven més perillosos.

Si retornem a l’exemple de les novel·les d’Ian Fleming, veurem com un dels títols més coneguts de la saga 007, Dr. No, va patir moltes més retallades en la versió castellana que en la catalana. Tanmateix, pecaríem d’ingenus si creguéssim que la censura no va danyar el sistema cultural i editorial del país. La dictadura franquista va desnaturalitzar la tradició literària en català, gairebé tallant-la de soca-arrel, un fet extensament documentat en aquesta notable investigació de Freire. Els canvis polítics i socials a què es va veure abocat el país a finals dels anys cinquanta van forçar el règim a adaptar-se, i això va propiciar el ressorgiment de la literatura catalana malgrat l’aferrissada competència que hi havia entre les poques editorials en català supervivents, que lluitaven per tenir en cartera un mateix llistat d’autors i traductors.

Com la majoria d’obres editades per la Diputació, trobareu aquest assaig de Lara Estany Freire a la Llibreria de la Diputació de Barcelona, entre l’avinguda Diagonal i la Rambla de Catalunya de Barcelona. Podeu consultar el seu catàleg així com tots els serveis que us pot oferir en línia a la seva web.

 

 

 

[Font: http://www.nuvol.com]

 

Organizadores: Associação Brasileira de Hispanistas (ABH)
Tipo de actividad: Congreso, jornada, encuentro
Fecha límite de solicitud: Miércoles, 24 de noviembre de 2021
Descripción: 

La Associação Brasileira de Hispanistas (ABH) celebra este congreso del  31 de agosto al 3 de septiembre de 2022, en  São Paulo (Brasil). Hasta el 24 de noviembre de 2021 hay plazo para participar en la modalidad de simposio temático.

Se podrá participar en distintas modalidades:
-Coordinación de simposio temático
-Comunicación Individual en simposio temático y comunicación individual libre.

Enlace para la admisión en simposio temático:  https://doity.com.br/xii-congresso-brasileiro-de-hispanistas

Otros plazos:
Comunicación Individual: del 15/12/21 al 15/02/22
Comunicaciones individuales libres: del 15/12/21 al 15/03/2022.

Ciudad: San Pablo
País: Brasil
Fecha de inicio: Miércoles, 31 de agosto de 2022
Fecha de finalización: Sábado, 3 de septiembre de 2022
Dirección postal completa: Instituto Federal de Educação, Ciência e Tecnologia de São Paulo (Brasil)
Correo electrónico: 12cbhispanistas@gmail.com
Materias de especialidad: 

Enseñanza de ELE, Enseñanza de la lengua, Enseñanza y tecnología, Literatura españolaLiteratura española, Literatura hispanoamericana, Literatura peninsular, Literaturas orales, Pragmática, Sociolingüística, Teoría de la literatura,  Traducción

 

[Fuente: hispanismo.cervantes.es]

El Partido Maorí de Nueva Zelanda anunció una campaña para cambiar el nombre del país por Aotearoa, su denominación en la lengua nativa.

Escrito por Pierre Dumas

Aunque parezcan hechas para durar eternamente, las fronteras de los países son movedizas, como sucede después de guerras y movimientos independentistas, pero lo más curioso es cuando cambian de nombre. Al igual que los humanos que los crearon, los países también están sujetos a la problemática de la identidad, muchas veces simplificada en los colores de una bandera. El caso más conocido es el de Holanda, que actualmente se llama Países Bajos, pero hay muchos otros casos. Como el pequeño país del sur africano que hasta hace poco era conocido como Swazilandia. Es una curiosidad geográfica, etnológica e histórica. Además de tener la población más homogénea del continente, es la última monarquía absolutista del mundo junto con la de Arabia Saudita. Es justamente este rey de poderes infinitos quien decidió rebautizar su país con el nombre que tenía antes de la tutela británica: Eswatini.

El controvertido rey Mswati III de Eswatini, previamente conocido como Swazilandia, impulsor del cambio

El controvertido rey Mswati III de Eswatini, previamente conocido como Swazilandia, impulsor del cambio. Gobierno de Eswatini

El curioso caso de la FYROM

Hasta antes de la pandemia, en 2019, era el nombre de un pequeño país del sur de los Balcanes. No había que buscar el significado en antiguos manuales de etimología eslava: se trataba en realidad de una abreviatura que reflejaba la traducción al inglés del acuerdo entre Grecia y ese territorio, surgido del colapso de la ex Yugoslavia. La Former Yugoslavian Republic of Macedonia es ahora la República de Macedonia del Norte. Ese nombre, que suele designar en los menús una mezcla de frutas o verduras, fue el eje de una seria disputa entre la nueva nación y su vecina del sur, para el cual Macedonia es históricamente una región de lengua y cultura griega y no podía designar entonces a un país de cultura y lengua eslava. Identidad, identidad… Para los griegos se trataba de un reclamo que tenía fundamentos arraigados en la Antigüedad misma, ya que uno de los griegos más importantes de todos los tiempos, Alejandro Magno, era macedonio. El acuerdo votado y ratificado por los parlamentos de los dos Estados vecinos le dio finalmente un verdadero nombre a la FYROM, pero deja bien en claro que si hay una Macedonia del Norte, existe otra en el sur, bien griega: es la región de Μακεδονία, cuya capital es Tesalónica. Allí se habla griego, mientras en el norte el idioma oficial es de origen eslavo y utiliza el alfabeto cirílico, al igual que en Serbia y en Bulgaria, dos países que integraron fragmentos de territorios de la histórica Macedonia.

Kosovo y Sudán del Sur: los niños del planeta

El caso de la ex FYROM es muy ilustrativo de la importancia de la identidad. Los europeos lo saben bien y a lo largo de los siglos pasados lucharon muchas veces por esa causa. La última de tales guerras ocurrió hace no tantos años, entre dos vecinos de Macedonia del Norte, cuando Serbia tuvo que separarse dolorosamente de Kosovo, una región mayoritariamente poblada por albaneses, pero a la que considera como la cuna de su gesta nacional. Kosovo es actualmente el Estado más joven de Europa, pero varios países se guardan de reconocerlo (como España, que tiene sus propios problemas internos de identidad, como lo demostró el intento de independencia catalán en 2017).

Peć, que también es conocida como Pejë, es una población que esta ubicada en el noroccidente de Kosovo, el Estado más joven de Europa

Peć, que también es conocida como Pejë, es una población que está ubicada en el noroccidente de Kosovo, el Estado más joven de Europa.

Kosovo no tiene todavía 15 años de existencia y ya parece grande al lado del Estado más joven del mundo: se trata del Sudán del Sur, que ganó su independencia hace solo diez años, luego de décadas de guerra civil contra el norte del país, de confesión musulmana. Las identidades étnicas se superpusieron a las religiosas dentro de una construcción política artificial heredada del periodo colonial, como ocurrió en la enorme mayoría de los países africanos. El conflicto entre los dos Sudán no está del todo resuelto y su frontera común es objeto de tensiones y reclamos.

Las fronteras en América Latina

Es una problemática bien conocida en América Latina, donde el problema de los límites surgió de nuevo hace algunas semanas entre la Argentina y Chile, y donde Perú y Ecuador pasaron de las amenazas a los actos en 1995, en un conflicto que el premio Nobel de Literatura Mario Vargas Llosa calificó de “absurdo”. El tema de las identidades está claro entre las naciones del continente, aunque el resto del mundo -que ve a las antiguas colonias españolas como una región muy homogénea- no siempre lo percibe de la misma manera. El derrumbe del imperio español engendró múltiples fronteras, frutos de la geografía más que de irredentismos o identidades lingüísticas. La identidad va siempre de la mano con el territorio, y los emperadores austríacos -aquellos de abundante pilosidad y miradas austeras- lo supieron bien. Su imperio, que era un melting pot mucho antes de que Estados Unidos inventara el término, vivió numerosas convulsiones identitarias que terminaron por hacerlo implosionar. Al igual que el español, generó muchas fronteras. Algunas correspondían a aspiraciones de pueblos y otras fueron compromisos como Yugoslavia -el país de los eslavos del sur- que a su vez también estallaría en varios pedazos, décadas más tarde.

Sudán del Sur es el país más joven del mundo luego de décadas de guerra civil contra el norte del país

Sudán del Sur es el país más joven del mundo luego de décadas de guerra civil contra el norte del país – BBC / Getty Images

Cuestiones de nombre

Hay momentos de la historia en los que hay que reimprimir mapas con mayor frecuencia. Así fue a principios de los años 50 y 60, con el fin de los imperios coloniales, y a principios del 1990 con el derrumbe del “segundo mundo”. El fin del comunismo en Europa reavivó viejas cuestiones identitarias. En algunos casos se trató de un divorcio de mutuo acuerdo, como ocurrió entre la República Checa y Eslovaquia, que se separaron como lo hacen las parejas amablemente distanciadas. Otras soluciones fueron mucho más sangrientas, como el final anunciado de Yugoslavia o el retiro del oso ruso de la pólvora del Cáucaso. En cada caso, se redibujaron mapas, se crearon nuevos Estados, se concretaron nuevos espacios para identidades reprimidas. Sus nombres fueron cuidadosamente elegidos, para que el mundo entero no tenga dudas sobre ellas. Hubo casos sencillos cuando solo había que recuperar denominaciones ya utilizadas en el pasado (fue el caso de las repúblicas bálticas) y hubo otros que generaron intensas negociaciones, como Macedonia del Norte. Y están también los que tuvieron la suerte de poder elegir entre varios nombres, como los sudaneses del sur, que tuvieron distintas opciones: entre ellas la República del Nilo, el Nuevo Sudán, Equatoria (en referencia a la antigua provincia colonial británica) o Kush (en recuerdo del antiguo reino faraónico del mismo nombre). Optaron al final por lo menos original, pero la más cercana a su verdadera identidad. Y lo mismo hicieron los rebeldes de la antigua colonia portuguesa de Timor, invadida por Indonesia y asimilada por la fuerza de manera brutal durante décadas. Al momento de conseguir por fin su independencia, bautizaron su flamante país Timor Leste, que quiere decir Timor Oriental en portugués. Con la única salvación que Timur ya quería decir esto en el idioma local. Este nuevo Estado es entonces algo así como el Este del Este…

Los cambios que se vienen

El acceso a la independencia generó muchos cambios de nombres, sin que haya necesariamente relación con un acontecimiento bélico. La mayor cantidad de emancipaciones tuvo lugar en los años 60, principalmente en África, Asia y el Pacífico. Pero esta ola de libertad llegó también a las Américas y uno de los países más jóvenes del hemisferio cambió de nombre para borrar huellas coloniales: se trata del actual Belice, la ex Honduras Británica. La mayor cantidad de cambios de denominación tuvo lugar en África en las décadas del 60 y del 70. Allá las cuestiones de identidad son más complejas que en el resto del mundo, ya que las fronteras fueron trazadas por las potencias coloniales sin tomar en cuenta las realidades étnicas y lingüísticas.

Alto Volta sorteó el problema con astucia y decidió hacerse llamar Burkina Faso, el país de los hombres íntegros, una cualidad que ponía de acuerdo a todos los integrantes de las más de 60 etnias distintas que conviven en ese país. El caso del Congo también es interesante. Al igual que Níger y Sudán, es un nombre compartido por un par de países distintos. En este caso había que hacer la diferencia entre el Congo-Brazzaville (por el nombre de su capital, una excolonia francesa) y el Congo belga. Este último se transformó en Zaire durante un poco más de un cuarto de siglo hasta cambiar nuevamente de nombre y de identidad, por razones ideológicas esta vez. Es la actual República Democrática del Congo.

Zaire se transformó en la actual República Democrática del Congo

Zaire se transformó en la actual República Democrática del Congo – Shutterstock

El mismo proceso hizo Camboya durante la macabra dictadura de los Khmers Rojos. Durante algunos años el país figuró en los mapas como Kampuchea Democrática, aunque tenía muy poco de democrático y rompió todos los récords de violencias y de muerte. Mientras tanto otros países también cambiaban, sin lechos de rosas, desde la antigua isla de Ceylan -que se reconvirtió en Sri Lanka– a Pakistán Oriental (Bangladesh) o la Birmania (Myanmar).

En Nueva Zelanda el Partido Maorí anunció una campaña para cambiar el nombre del país por Aotearoa, su denominación en la lengua nativa, que ya convive con la heredada del poder colonial

La lista de cambios de nombres no termina aquí.

En este mismo momento hay un par en gestación, por suerte de manera totalmente pacífica. Es el caso de las Islas Cook, un archipiélago de quince islas en el Pacífico Sur. Lleva el nombre del explorador y marino inglés James Cook y sus habitantes quieren adoptar un nombre más acorde con su identidad polinesia. Se llamó a una consulta popular y esta micronación está lanzada en un proceso de cambio que seguramente terminará con la adopción del nombre Avaiki Nui, que parece ser el que tiene el mayor consenso en la actualidad.

Holanda adoptó el nombre de Países Bajos para representar a todas las zonas del país

Holanda adoptó el nombre de Países Bajos para representar a todas las zonas del país. BBC

El mismo camino quieren iniciar algunos en Nueva Zelanda: hace pocos días, el Partido Maorí anunció una campaña para cambiar el nombre del país por Aotearoa, su denominación en la lengua nativa, que ya convive con la heredada del poder colonial. “Somos un país polinesio, somos Aotearoa”, dice el lema de la campaña, de resultado aún incierto.

El otro caso es el del país de los pólderes, de los tulipanes, de los molinos de viento, pero también de las grandes multinacionales y de las tecnologías de punta. Se lo conoce históricamente como Holanda, pero se trata solo del nombre de dos de sus provincias (Holanda del Norte y Holanda del Sur), donde se encuentran las ciudades de Ámsterdam, Róterdam y La Haya, entre otras. El Reino de Holanda fue creado por Napoleón y suplantó la República Bátava: sin embargo, desde el año 2020 el gobierno “holandés” decidió muy oficialmente poner fin a la confusión y no permitir más que una parte llame al conjunto. En las documentaciones oficiales y a nivel internacional, prefiere que se use de ahora en adelante Países Bajos, la traducción de Nederland en el idioma local. Una vez más se trata de identidad. Los vecinos de Frisia, de Brabante, de Limburgo o de Zelanda sentirán con alivio que a partir de ahora su país es mucho más inclusivo…

El jurado reconoce a Anne-Hélène Suárez « su gran labor de difusión de la literatura china en España, en concreto sus traducciones de obras clásicas chinas acompañadas de introducciones para contextualizarlas, otorgando una enorme importancia a las claves culturales, históricas y sociales de la obra original, lo que permite al lector aprehenderlas en toda su dimensión ».

Por su parte, el jurado ha propuesto la obra de Helena Cortés Gabaudán al considerar que ‘El Diván de Oriente y Occidente’, Patrimonio Mundial de la Humanidad por la UNESCO, « es un intento pionero de fusionar las culturas de Oriente y Occidente ». Reconoce además que « presenta una especial complejidad, pues en la base de la parte poética del libro se encuentran poemas del mundo oriental, sobre todo del persa, aunque también del turco y el árabe, así como suras del Corán y otros ». El jurado destaca que se trata de un « texto clásico que se traduce íntegro por primera vez respetando la forma del original alemán, que, a su vez, se basa en las formas de la poesía persa. Se trata de un gran reto filológico para la lengua castellana por sus elementos rítmicos y métricos, cuya incorporación enriquece el canon de nuestra literatura ».

El Premio Nacional a la Obra de un Traductor, convocado por el Ministerio de Cultura y Deporte a través de la Dirección General del Libro y Fomento de la Lectura, tiene como objeto distinguir el conjunto de la labor realizada por un traductor o una traductora española, sea cual sea la lengua o lenguas utilizadas en el desarrollo de su labor, y que haya dedicado especial atención a la traducción de obras extranjeras a cualquier lengua oficial en el Estado español.

Por su parte, al Premio Nacional a la Mejor Traducción, convocado por el Ministerio de Cultura y Deporte a través de la Dirección General del Libro y Fomento de la Lectura, optan las obras literarias traducidas por traductoras o traductores españoles, desde cualquier lengua al castellano o a cualquiera de las lenguas oficiales en el Estado, y que haya sido publicada por primera vez en España en 2020. Cada uno de los premios está dotado con 20.000 euros.

Biografías

Anne-Hélène Suárez (Barcelona, 1960) es sinóloga (dedicada al estudio del mundo chino y, específicamente, su idioma, es decir, su familia de lenguas). Es profesora de lengua y literatura chinas y de traducción chino-español. Estudió en las Universidades de Pekín y Paris 7 y realizó el doctorado en la Universidad Autónoma de Barcelona (2009). Ha ejercido la docencia en la Facultad de Traducción e Interpretación de la Universidad Autónoma de Barcelona y actualmente trabaja en la Escuela Lun Yu en Madrid.

Entre sus ediciones de clásicos chinos, destacan las de pensamiento chino antiguo ‘Lun Yu, reflexiones y enseñanzas’, de Confucio (1997) y ‘Tao te king. Libro del curso y de la virtud’, de Lao zi (1998). Entre las de poesía china clásica, cabe mencionar ‘A punto de partir. 100 poemas’ de Li Bai (2005), ‘111 cuartetos de Bai Juyi’ (2003), y ’99 cuartetos de Wang Wei y su círculo’ (2000). Entre sus traducciones de narrativa moderna, destacan ‘¡Vivir!’ (2010), ‘Crónica de un vendedor de sangre’ (2014) o ‘Un amor que destruye ciudades’ (2016), de Eileen Chang. Desde 2007 traduce también las obras de la escritora francesa de serie negra Fred Vargas publicadas por Siruela: ‘La tercera virgen’, ‘Sin hogar ni lugar’, ‘Un lugar incierto’ y ‘El hombre del revés’.

Ha sido galardonada con los prestigiosos premios Ángel Crespo y Stendhal por su labor como traductora literaria.

Por su parte, Helena Cortés Gabaudán es licenciada y doctora en Filología Alemana por la Universidad de Salamanca y profesora titular de la Universidad de Vigo, en donde trabaja desde el año 1992. Entre 2005 y 2015, trabajó en régimen de servicios especiales como directora del Instituto Cervantes en sus sedes de Bremen, Hamburgo y Múnich. Está especializada en Friedrich Hölderlin y en toda la época clásico romántica alemana en torno a 1800. Además, ha trabajado en el campo del pensamiento mítico y la mitología germánica. Destacan sus traducciones y ediciones de estudio de clásicos alemanes como Hölderlin, Goethe, Grimm, Fontane o Rilke, además de monografías y artículos sobre esos mismos autores.

Asimismo, es la traductora al español de muchas obras de Martin Heidegger, autor sobre el que también ha investigado. Desde 2018 es miembro numerario de la Academia Alemana de la Lengua y la Literatura (Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung). También le ha sido otorgada la Medalla de Oro Goethe de la Sociedad Internacional Goethe por su contribución a la Germanística.

Jurados

Los jurados de ambos premios han tenido como vocales a Pedro García Barreno, a propuesta de la Real Academia Española; Xulio Río Paredes, por la Real Academia Gallega/Real Academia Galega; Jorge Giménez Bech, por la Real Academia de la Lengua Vasca/Euskaltzaindia; Monserrat Bacardí Tomàs, por el Instituto de Estudios Catalanes/Institut d´Estudis Catalans; Rocío Moriones Alonso, por la Asociación Colegial de Escritores de España (ACE); Isabel Durán Giménez-Rico, por la Conferencia de Rectores de las Universidades de España (CRUE); Francisco Javier Galán Gamero, por la Federación de Asociaciones de Periodistas de España (FAPE), y María Teresa Santamaría Hernández, por la Escuela de Traductores de Toledo.

Adicionalmente, el jurado del Premio Nacional a la Obra de un Traductor ha estado presidido por Jesús González González, subdirector adjunto de Promoción del Libro, la Lectura y las Letras Españolas. También han participado como vocales Inmaculada Senra Silva, por el Centro de Estudios de Género de la UNED; Berta Bias Mahou, por el Ministerio de Cultura y Deporte, y el traductor galardonado en la convocatoria de 2020, Francisco Xavier Senín Fernández.

Por su parte, el jurado del Premio Nacional de la Mejor Traducción ha estado presidido por María José Gálvez Salvador, directora general del Libro y Fomento de la Lectura. Han actuado como vocales Jorge Doce Chambrelán, por la persona titular del Ministerio de Cultura y Deporte; Cristina Garrigós González, por el Centro de Estudios de Género de la UNED, e Isabel García Adánez, galardonada en el año 2020.

 

 

[Fuente: http://www.lamoncloa.gob.es]

Bien mirado, ‘offshore’ se puede traducir como “escaqueo”. “Países de escaqueo”, “tiene dinero escaqueado”

Corinna Larsen en Moscú en febrero de 2019.

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

Los Papeles de Pandora han reanimado algunas palabras curiosas.

Corinna. Nombre de origen griego, derivado de Kore. Significa “mujer joven” (doncella, muchacha). Hay que recordar a algunos periodistas que las mujeres también tienen apellido. En este caso, Larsen.

compliance. Los bufetes de los refugios fiscales cuentan con programas de compliance. Pero “ningún programa de compliance es infalible”, se justificaron en uno de ellos. Procede del latín complere, y puede traducirse por “cumplimiento”. En definitiva, se trata de controlar. De controlar que no venga la policía.

fideicomiso. También ha aparecido en inglés: trust (a partir de to trust, confiar). Consiste en dejarle a otro unas propiedades para que haga lo que su dueño diga. O sea: ponte tú que a mí me da la risa.

magnate. “Mangante”, qué gran errata.

offshore, off shore. Literalmente, “fuera de la playa”. Para un inglés, fuera de la isla, en el exterior. (On shore significa “en tierra”; y shoreline, “línea de costa”). Ni quienes saben inglés entenderán su sentido fiscal a la primera si nadie se lo explica. Porque este término se refiere, sí, a países ajenos al contribuyente, pero también de escaso o nulo control fiscal. Bien mirado, offshore puede traducirse como “escaqueo”. “Lo llevó a un país de escaqueo”, “ese millonario escaquea impuestos”, “tiene dinero escaqueado”.

paraíso fiscal. Desde el punto de vista del escaqueador, sí se trata de paraísos, porque lo último que espera uno encontrarse en un paraíso es un inspector de Hacienda. La idea se refuerza con las evocaciones que traen sus nombres: islas Vírgenes, islas Caimán, las Seychelles, Suiza… Pero el nombre “paraísos” procede de un error de traducción. En francés se confundió el original tax haven (refugio fiscal) con tax heaven (paraíso fiscal). Y del erróneo francés paradis fiscaux copiamos nosotros “paraísos fiscales”. Como se trata de lugares que acogen todo tipo de dinero sucio, mejor podríamos llamarlos “países vertedero”, según propuso Baltasar Garzón en 2016. A eso se une que todo lo que se vierte en ellos no huele nada bien.

penthouse. Más usado en el español de América, aparece al hablar de inmuebles en Miami. Antes se traducía como “ático” o “azotea”; pero cuando un anglicismo entra en el español suele hacerlo con un halo de prestigio. Por eso en este contexto equivale a “apartamento de lujo en la última planta”. La palabra se forma con dos elementos: pent house. Este último significa “casa”, como mucha gente sabe. Y el primero, pent, emprendió su largo camino a partir del latín appendix (aditamento), adonde llegó desde el indoeuropeo *(s)pen, “estirar” (Roberts y Pastor). Por tanto, se trata de algo agregado a un edificio. Una famosa revista erótica británica se llamó precisamente Penthouse, en referencia al ático del varón soltero rico que llevaba allí a sus ligues. O sea, el “picadero” de toda la vida. La edición para España se tituló también Penthouse. Si la revista se hubiera creado aquí, nunca la habrían denominado El Picadero. Mejor algo en inglés, que en ese idioma todo se puede vender más caro.

Pandora. Mito griego. Lo que ahora llamamos “caja de Pandora” no tenía forma de caja sino de tinaja. Zeus hizo crear una mujer superdotada, Pandora, y le dio una tinaja donde se hallaban todos los males, con la advertencia de que no la abriera. Pero Epimeteo, su marido, que era un idiota (ese nombre ya significa “retrasado”), abrió la tinaja y todos los males salieron de fiesta. Los Papeles de Pandora también han destapado todos los males. (Bueno, lo del kilovatio ya venía de antes).

[Foto: VALERY SHARIFULIN/TASS – fuente: http://www.elpais.com]

Bien mirado, ‘offshore’ se puede traducir como “escaqueo”. “Países de escaqueo”, “tiene dinero escaqueado”

Corinna Larsen en Moscú en febrero de 2019.

Escrito por ÁLEX GRIJELMO

Los Papeles de Pandora han reanimado algunas palabras curiosas.

Corinna. Nombre de origen griego, derivado de Kore. Significa “mujer joven” (doncella, muchacha). Hay que recordar a algunos periodistas que las mujeres también tienen apellido. En este caso, Larsen.

compliance. Los bufetes de los refugios fiscales cuentan con programas de compliance. Pero “ningún programa de compliance es infalible”, se justificaron en uno de ellos. Procede del latín complere, y puede traducirse por “cumplimiento”. En definitiva, se trata de controlar. De controlar que no venga la policía.

fideicomiso. También ha aparecido en inglés: trust (a partir de to trust, confiar). Consiste en dejarle a otro unas propiedades para que haga lo que su dueño diga. O sea: ponte tú que a mí me da la risa.

magnate. “Mangante”, qué gran errata.

offshore, off shore. Literalmente, “fuera de la playa”. Para un inglés, fuera de la isla, en el exterior. (On shore significa “en tierra”; y shoreline, “línea de costa”). Ni quienes saben inglés entenderán su sentido fiscal a la primera si nadie se lo explica. Porque este término se refiere, sí, a países ajenos al contribuyente, pero también de escaso o nulo control fiscal. Bien mirado, offshore puede traducirse como “escaqueo”. “Lo llevó a un país de escaqueo”, “ese millonario escaquea impuestos”, “tiene dinero escaqueado”.

paraíso fiscal. Desde el punto de vista del escaqueador, sí se trata de paraísos, porque lo último que espera uno encontrarse en un paraíso es un inspector de Hacienda. La idea se refuerza con las evocaciones que traen sus nombres: islas Vírgenes, islas Caimán, las Seychelles, Suiza… Pero el nombre “paraísos” procede de un error de traducción. En francés se confundió el original tax haven (refugio fiscal) con tax heaven (paraíso fiscal). Y del erróneo francés paradis fiscaux copiamos nosotros “paraísos fiscales”. Como se trata de lugares que acogen todo tipo de dinero sucio, mejor podríamos llamarlos “países vertedero”, según propuso Baltasar Garzón en 2016. A eso se une que todo lo que se vierte en ellos no huele nada bien.

penthouse. Más usado en el español de América, aparece al hablar de inmuebles en Miami. Antes se traducía como “ático” o “azotea”; pero cuando un anglicismo entra en el español suele hacerlo con un halo de prestigio. Por eso en este contexto equivale a “apartamento de lujo en la última planta”. La palabra se forma con dos elementos: pent house. Este último significa “casa”, como mucha gente sabe. Y el primero, pent, emprendió su largo camino a partir del latín appendix (aditamento), adonde llegó desde el indoeuropeo *(s)pen, “estirar” (Roberts y Pastor). Por tanto, se trata de algo agregado a un edificio. Una famosa revista erótica británica se llamó precisamente Penthouse, en referencia al ático del varón soltero rico que llevaba allí a sus ligues. O sea, el “picadero” de toda la vida. La edición para España se tituló también Penthouse. Si la revista se hubiera creado aquí, nunca la habrían denominado El Picadero. Mejor algo en inglés, que en ese idioma todo se puede vender más caro.

Pandora. Mito griego. Lo que ahora llamamos “caja de Pandora” no tenía forma de caja sino de tinaja. Zeus hizo crear una mujer superdotada, Pandora, y le dio una tinaja donde se hallaban todos los males, con la advertencia de que no la abriera. Pero Epimeteo, su marido, que era un idiota (ese nombre ya significa “retrasado”), abrió la tinaja y todos los males salieron de fiesta. Los Papeles de Pandora también han destapado todos los males. (Bueno, lo del kilovatio ya venía de antes).

[Foto: VALERY SHARIFULIN/TASS – fuente: http://www.elpais.com]

Soixante-dix ans après sa première parution en yiddish, le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme et les éditions Hazan publient la traduction en français de Nos artistes martyrs. En 1951, Hersh Fenster (1892-1964) faisait paraître à compte d’auteur ce recueil composé en mémoire de quatre-vingt-quatre artistes juifs résidant en France morts au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Nos artistes martyrs, d'Hersh Fenster : un livre du souvenir

Portraits des artistes disparus épinglés par Hersh Fenster – photo : mahJ, archives Fenster

Hersh Fenster, Nos artistes martyrs. Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme/Hazan, 302 p., 39 €

Exposition : Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse. Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme. Jusqu’au 10 octobre

Écrit par Paul Bernard-Nouraud

La grande majorité d’entre eux ont péri assassinés dans ce que Fenster ne nomme pas à l’époque la Shoah, mais le khurbn, la « destruction » en yiddish. Quelques-uns se sont suicidés afin d’échapper à leurs assassins (Georges Kars, Joseph Raynefeld, Raphaël Schwartz), certains ont été tués en les combattant par les armes (Paul Ullman, Jules Gordon, Sigismond Sigur-Wittmann), d’autres en raison des privations provoquées par l’Occupation, la collaboration ou l’internement (Paul Pitoum, Ary Lochakow, Levi Zardinsky-Madim, Chaïm Soutine). La plupart de leurs proches ont subi le même sort. Leurs biens ont souvent été pillés et leurs œuvres détruites. À quelques exceptions près (Chaïm Soutine, Otto Freundlich, Henri Epstein…), leurs noms sont absents des livres d’histoire de l’art moderne.

Ils sont en revanche présents dans le livre de Hersh Fenster, qui n’est pourtant pas un livre d’histoire de l’art, pas plus que les historiens de l’art ne se sont beaucoup intéressés, jusqu’à présent, aux œuvres de ces artistes martyrs, quoi qu’on dise de l’irrésistible attrait qu’est censée exercer sur le public la figure de l’artiste maudit. Après ce livre, il serait cependant hasardeux d’écrire sur ces derniers sans le faire, d’une manière ou d’une autre, d’après lui. Les futurs chercheurs y trouveront des noms encore méconnus, et en les étudiant, à coup sûr, ils en découvriront d’autres encore (Sonia Mossé, par exemple, est étonnamment absente du volume, y compris de l’appareil critique), mais ils y découvriront aussi que, le travail de Fenster étant lui-même le fruit d’une recherche, attentive, scrupuleuse, ses principes de composition ont valeur d’exemple.

Ces principes sont ceux d’un « livre du souvenir », ainsi que l’auteur décrit son ouvrage dans ses remerciements, adressés tout particulièrement à l’imprimeur Naftali Milner, à ses yeux « véritable artisan de cette œuvre de piété ». C’est que Fenster est à la fois un homme pieux, un intellectuel épris de culture juive et de la langue yiddish, parlant le polonais ainsi que l’allemand et enseignant le français, et un sympathisant anarchiste, toutes qualités qui trouvent leur prolongement dans le mémorial de papier qu’il élabore après la guerre. Les yizker-biher désignent en effet en yiddish ces « livres du souvenir » conçus au lendemain du khurbn sur un mode coopératif : chaque témoin, chaque survivant d’une communauté y contribue autant que sa mémoire le lui permet – autant qu’un partage des mémoires est encore possible. Des références religieuses, des formules consacrées s’immiscent quelquefois dans l’entrecroisement des récits qui se répètent, s’attardent sur des anecdotes, suscitant, par la polyphonie, une forme de familiarité retrouvée. Insensiblement, en effet, les yizker-biher excèdent le cadre des événements catastrophiques proprement dits pour revenir à l’évocation du temps d’avant.

Nos artistes martyrs, d'Hersh Fenster : un livre du souvenir

Portrait de Hersh Fenster (Paris, vers 1960) – photo : mahJ

Hersh Fenster, pourtant, et c’est sans doute là l’un des aspects les plus saisissants découlant de la refonte des témoignages qu’il a collectés, écrit toutes ses biographies d’artistes au présent, n’usant du passé composé que lorsqu’il mentionne le destin de leurs proches, et, plus rarement, du futur simple afin d’en définir le mode narratif. « On racontera cette histoire de la manière suivante », prévient-il, par exemple, en commençant celle du peintre David Goychman. L’histoire de trois frères nés dans un shtetl ukrainien, l’un, Avrom, tué au combat en 1914-1918 comme engagé volontaire dans l’armée française, un autre, Eliezer, abattu lors d’un pogrom en Russie qui laisse David grièvement blessé et seul. L’histoire d’un peintre qui découvre la Palestine puis Paris, où il entre aux Beaux-Arts et vit de retouches photographiques pour pouvoir peindre. Une histoire qui s’interrompt à l’été 1941, lorsque David Goychman est interné au camp de Compiègne. Il y est retenu plus d’un an avant son transfert vers celui de Drancy, et sa déportation trois jours plus tard.

Une histoire à la fois représentative et singulière – dont les singularités mêmes possèdent une valeur représentative. Il y a ceux qui, comme Goychman, se font retoucheurs pour subvenir à leurs besoins, ceux qui deviennent chauffeurs de taxi, comme Benjamin Secunda ou Abraham Berline, qui ne conduit ses passagers qu’à la vallée de Chevreuse où il les dépose en même temps qu’il y installe son chevalet, celle qui exerce ses talents de maître d’armes, comme Rahel Szalit-Marcus, et tous ceux qui acceptent au jour le jour n’importe quel travail de force, à l’instar de Samuel Granovsky, que tout Montparnasse reconnaît à sa chemise brodée russe et à son chapeau de cow-boy lorsqu’il déambule en compagnie d’Aïcha la métisse. « Il est d’ailleurs difficile d’imaginer Montparnasse sans Granovsky », note Fenster.

Nos artistes martyrs, d'Hersh Fenster : un livre du souvenir

Jacob Macznik (1905-1945), « Portrait de l’écrivain Wolf Wieviorka », 1941 – photo : collection Samson Munn

Difficile d’imaginer aussi que c’est dans un camp qu’à 17 ans Jacques Ostrovsky a commencé à dessiner, et que c’est à cet âge qu’il a été déporté. Difficile d’imaginer la détresse de Sophie Blum-Lazarus qui, à 77 ans, ne voulait ni quitter la tombe de son mari ni se séparer de ses fils de soie lorsque des policiers allemands sont venus l’arrêter ; ou celle du sculpteur Raphaël Schwartz qui, quelques mois avant que les nazis ne frappent à son domicile, mit fin à ses jours après avoir passé son manteau cousu de l’étoile jaune. Difficile d’imaginer, enfin, son confrère Moïse Kogan refusant de porter cette marque d’infamie et pensant que sa notoriété ainsi que ses relations le protégeraient quoi qu’il arrive. Pourtant, « ni Despiau, ni Friesz, ni aucun autre n’a levé le petit doigt pour l’arracher des griffes sanglantes quand on l’a arrêté », accuse Fenster.

Sous sa plume régulière, la colère suscite ponctuellement chez le lecteur une étreinte d’une nature quelque peu différente mais non complètement étrangère à celle que provoquent la douleur et la douceur mêlées qui, à travers ses souvenirs, la précèdent à chaque fois. Certains d’entre eux sont manifestement personnels à Fenster, qui a rencontré ou fréquenté plusieurs de ces « artistes martyrs ». Les menus détails qu’à l’occasion il rapporte au sujet de leurs personnalités et de leurs existences indiquent aussi que leur recension ne s’adresse pas seulement à la postérité, mais à la communauté qui cherche à se reconstituer à partir d’eux. Bien que la langue choisie par Fenster désigne d’abord la communauté juive yiddishophone comme son premier lectorat, son projet concerne aussi d’autres cercles, familiaux, amicaux ou professionnels. Le quartier de Montparnasse les réunissait tous, instaurant pour nombre de défunts cités une communauté de refuge, de substitution ou de complément.

Nos artistes martyrs, d'Hersh Fenster : un livre du souvenir

Ary Lochakow (1892-1941), « Le poète David Knout », 1923 – photo : mahJ

C’est donc en partie aux membres du « shtetl perdu de Montparnasse », comme le désigne Pascale Samuel dans sa contribution à l’appareil critique de Nos artistes martyrs, désignation qu’a reprise le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme pour l’exposition qu’il lui consacre, qu’est destiné le livre de Fenster. C’est à eux qu’il confie et avec eux qu’il partage les souvenirs consignés par ses soins, comme s’il cherchait à éveiller ceux de ses lecteurs et à les faire converger, le livre devenant à son tour un lieu de rencontre et le moyen de recouvrer, à partir de l’écrit, une parole échangée.

« On voit souvent, attablée dans l’un des cafés de Montparnasse, une femme au beau visage délicat où se lit la bonté. Un crayon à la main, elle dessine. C’est l’artiste Frania Hart. » Le Montparno qui, en 1951, est susceptible de lire la description de Fenster revoit sans doute cette figure familière qu’il avait peut-être oubliée, se remémore son nom ou l’apprend, connaît les circonstances de sa disparition ou les ignore. En lisant la suite de sa biographie, il découvre peut-être qu’elle avait un mari, artiste et Juif comme elle, du nom de Benjamin Secunda, et que « le couple est arrêté en pleine nuit, le 24 juillet 1943, en même temps que leurs voisins : le sculpteur juif hongrois Fernand Vago-Weiss, Mlle Irène Sheynfled, couturière, et une vieille dame de soixante-douze ans, Elsa Wohl ». Ces noms-là aussi lui rappellent quelque chose, font remonter à sa mémoire d’autres bribes d’existences qui furent plus ou moins lointainement liées à la sienne, et qui ne le sont plus désormais.

Nos artistes martyrs, d'Hersh Fenster : un livre du souvenir

Alexandre Fasini (1892-1942), « Hommes et jeux d’optique », 1929 – photo : Association des Amis du Petit Palais, Genève

Il en va nécessairement autrement pour le lecteur d’aujourd’hui. Mais l’intérêt déclenché presque instantanément en lui tient au fait paradoxal que ces informations lui semblent d’autant plus précieuses que leur usage originel était restreint et que, par conséquent, elles ne lui étaient qu’indirectement destinées. Ces éclats de vie prennent alors dans l’esprit de celui qui les lit une importance considérable du simple fait qu’ils ont été fidèlement préservés, à l’image des portraits photographiques qui accompagnent la quasi-totalité des récits du même présent passé qu’eux. Car Hersh Fenster consigne tout, restitue l’ensemble des éléments dont il dispose, conscient qu’une certaine forme de justice rendue à l’histoire dépend de son souci d’exhaustivité, et que manquer de renseignements lui causerait au contraire un tort inversement proportionnel. Face à la disparition massive, paraît dire le zamler, le collectionneur et collecteur de mémoires, aucun nom ne saurait être de trop, le trait de caractère le plus banal comme le plus singulier mérite d’être relevé tant il représente quelque chose.

Sous ce rapport, il s’avère aussi futile qu’impérieux de se souvenir que le peintre Béla Meszoly aime et respecte tant les fleurs « qu’il n’en cueille jamais nulle part » ; que son confrère Léon Weissberg parvient à apaiser son chien par les caresses qu’il lui prodigue lorsqu’il est dans l’incapacité de le nourrir, « comme s’il comprenait la situation dans laquelle il se trouve : être le chien d’un pauvre artiste juif » ; que, de son côté, Sigismond Sigur-Wittmann a tant souffert de la faim qu’enfant son rêve à lui n’était aucunement de devenir peintre : « quand il serait grand, écrit Fenster, il irait travailler dans un magasin d’alimentation ».

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Rulfo era una persona asombrada de sí misma, incapaz de reconocerse en el escritor que todo el mundo elogiaba. Desde la comprensión que otorga la cercanía, Vicente Rojo dibuja la cotidianidad y el temperamento del autor de Pedro Páramo.
Escrito por Roberto García Bonilla

En el otoño de 1999 llamé por teléfono a Vicente Rojo para pedirle una entrevista. En varias ocasiones eludió el encuentro. Al final aceptó y la entrevista tuvo lugar el 6 de octubre de ese año en un estudio austero. El texto que a continuación se presenta, inédito en su conjunto, forma parte de más de cuarenta conversaciones que realicé entre 1998 y 2000 en torno a Juan Rulfo. Amigos del escritor, familiares, escritores, académicos y traductores respondieron mis preguntas, en ocasiones por escrito. Más de la mitad de esas entrevistas se mantienen inéditas y forman parte del libro Recuerdos y reflexiones sobre Juan Rulfo, que está en proceso de publicación.

Entre líneas, y a distancia, en el testimonio de Rojo se advierte la importancia nodal que adquirieron con el tiempo dos títulos de Rulfo –El gallo de oro y otros textos para cine y Los cuadernos de Juan Rulfo– publicados por Ediciones Era, que fundaron el propio Rojo, Neus y Tomás Espresate, José Azorín, Pilar Alonso y Carlos Fernández del Leal.

La historia de El gallo de oro y otros textos para cine es larga y compleja; recientemente ha atraído la atención de los académicos, quienes la sitúan junto a Pedro Páramo y debaten su lugar genérico como argumento literario, novela corta –nouvelle– o cuento largo.

Los cuadernos de Juan Rulfo, por su parte, adquirieron relevancia con el paso de los años al ahondar en el taller escritural del escritor jalisciense. Son noventa y siete textos agrupados en nueve secciones en las que se pueden encontrar esbozos de cuentos y relatos, así como de obras consumadas como Pedro Páramo y los borradores de La cordillera, novela mítica que nunca se publicó. En todos ellos se entrevé la confluencia del campo y la ciudad como escenarios en la obra rulfiana.

Ya sin preguntas, este retrato hablado está signado por la parquedad, el respeto y el afecto entrañable entre dos creadores que compartían las minucias de la vida cotidiana.

*

No recuerdo la fecha en que conocí a Rulfo; debió haber sido a principios de los años sesenta, en la casa de Alberto Gironella. Él y Bambi [Ana Cecilia Treviño], su esposa, hacían reuniones con bastante frecuencia y ahí llegábamos Alba y yo. En casi todas las reuniones con pintores se bebía mucho, y las de Gironella no eran la excepción. En ese tiempo, Juan vivía en Río Tigris 84, en el mismo edificio que Pedro Coronel.

1

 Cuando lo conocí todavía bebía, pero mi relación con él se hizo más estrecha cuando dejó de hacerlo.

Aunque yo no era un jovencito, aquella era para mí una época de aprendizaje, de formación lenta, y me impresionaba conocer gente cuya obra yo admiraba. Había leído los libros de Juan desde mediados de los cincuenta y para mí fueron doblemente importantes, porque no solo me iniciaba en el conocimiento de la literatura, sino en el de México. Su lectura me brindó no solo el placer de la gran literatura; yo tenía pocos años de haber llegado y Rulfo me mostró una de las más singulares visiones que se pueden tener de México: una visión que para mí fue entrañable y que me parecía muy real, precisamente, por ser irreal.

Al paso de los años los lazos entre Juan y yo fueron estrechándose más. Solíamos encontrarnos en reuniones y comidas en casas de amigos en común; después, comencé a diseñar libros para el Instituto Nacional Indigenista y lo veía con más frecuencia. Alba también trabajaba en ese instituto, y pasaba por Juan para ir a la oficina. A veces, a la hora de la comida, venía a la casa a comer o íbamos con él a algún lugar y luego lo llevábamos de regreso a la oficina.

Recuerdo a Rulfo en su oficina: silencioso. Poco a poco, como digo, se fortaleció la amistad entre nosotros. De mi parte, había hacia él una doble admiración: obviamente, como escritor, pero también como persona.

Hacia mediados de los setenta me pidió que ayudara a su hijo Juan Pablo, quien acababa de terminar la preparatoria y quería pintar. Rulfo me pidió que lo recibiera y platicara con él; conversamos y lo tomé como asistente. Juan Pablo era también muy retraído, muy tímido –y lo sigue siendo–, pero igualmente tiene una gran capacidad creativa, es un diseñador. Hicimos muy buena relación. Nos vimos muchas veces en París, cuando él vivía ahí. Yo le tengo mucho afecto, y creo que también él a mí. Me parece que durante el tiempo en que trabajamos juntos se le abrió un camino muy amplio que quizá no imaginaba, porque era muy joven. A partir de esa época la relación con Rulfo se fue haciendo todavía más cercana. Después, Juan se incorporó a las comidas que hacíamos Alba y yo en nuestra casa, todos los lunes, y a las que asistían Jaime García Terrés, Luis Cardoza y Aragón, Tito Monterroso y Barbarita Jacobs, Carlos Monsiváis y una muy larga lista de personas que se turnaban –semana a semana, durante más de veinte años– para comer con Fernando Benítez. A Rulfo le gustó tanto la idea que se hizo tan habitual a esas comidas como el mismo Benítez.

En estas reuniones se hablaba de todo, porque había escritores, periodistas –durante un tiempo asistió Manuel Buendía–; pintores, como Ricardo Martínez, que era muy asiduo y también muy amigo de Rulfo. (Como sabes, él hizo tres viñetas para Pedro Páramo. Una para la portada y dos para los interiores. Una de estas se la regaló a Monsiváis.)

2

Eran pláticas muy amenas, entre amigos, en las que se hablaba de todo. Un lunes podía tener un tono más literario; otro era más festivo, pero siempre en un ambiente amistoso. Nadie tenía el compromiso de aportar nada en especial más que el gusto de estar juntos.

Juan fue retraído casi siempre, pero en esas reuniones se sentía muy a gusto, acompañado de amigos. Nadie lo importunaba ni decía nada que él considerara impropio. Todo mundo lo respetaba, lo quería, y él se sentía tan bien que siguió asistiendo hasta que murió. Era un espacio en el que no se sentía obligado a hablar de su trabajo literario y nadie le preguntaba: “¿Cuándo publica su próximo libro?” Todos los amigos que nos reuníamos ahí evitábamos ese punto. Él nunca se dirigía a una persona en especial, porque era una mesa redonda. Cuando hablaba, se hacía el silencio en la mesa. En las reuniones había gente que lo conocía desde los años cuarenta y que sabía que lo que Rulfo decía no era verdad, que estaba inventando, pero todos guardábamos silencio para disfrutar de sus invenciones.

Entre Juan y yo nunca hubo pláticas sobre temas específicos. Él escribió sobre mí ocho líneas, en 1985 [“La moral artística”],

((“La obra de Vicente Rojo posee una calidad excepcional. En un trayecto que abarca varias décadas, ha pasado por diversas etapas. Mientras otros pintores se sintieron atraídos por la moda, por los intereses de los marchantes o por las escuelas de París y Nueva York, él, Vicente Rojo, supo fijar siempre sus reglas dentro de una rectitud solo comprometida con su moral artística.” “La moral artística” apareció en el libro catálogo de la gran exposición presentada por Vicente Rojo en la Biblioteca Nacional de Madrid (1985). Véase Juan Rulfo, Toda la obra, edición crítica de Claude Fell (coordinador), Colección Archivos, FCE/UNESCO, 2ª edición, Madrid, 1996, p. 442.
))

y supongo que lo hizo porque se las solicitaron, no porque tuviera un interés especial. Recuerdo que había escrito algo sobre Pedro Coronel, y después le hizo una nota muy bonita a Bambi, que presentó unos collages –también le gustaba hacer collages–, además de su trabajo periodístico. Rulfo tenía interés por todo.

((Juan Rulfo también escribió un texto (sin título) sobre la pintora Elvira Gascón (1911-2000). Véase 100 dibujos de Elvira Gascón, México, Siglo XXI Editores, 1972, p. 91. Gascón, asimismo, es la autora de la viñeta contenida en El llano en llamas (1953) de la colección Letras Mexicanas.
))

Era una persona muy preparada, conocedora, pero esa incapacidad de comunicación que tenía a veces no permitía que él hablara de todo lo que sabía. Tenía una enorme capacidad discursiva que podía mantener con gente como Fernando Benítez y con quienes se sentía realmente en confianza.

En algunas ocasiones fuimos a comer a su casa, con Clara y con sus hijos. Gracias a una de esas comidas Juan aceptó que se publicara El gallo de oro. El guion me lo dio Carlos Monsiváis –quien por cierto lo había obtenido por un camino no muy correcto: se lo había robado de la mesa de Carlos Velo–.

((Carlos Velo (1909-1988), documentalista y director de cine, fue el realizador de la primera versión cinematográfica (1967) de Pedro Páramo.
))

Rulfo tal vez aceptó que se publicara por la amistad que teníamos, aunque no estaba del todo convencido de ese texto. La presentación del guion para su publicación la hizo el crítico de cine Jorge Ayala Blanco. No tenía ninguna pretensión literaria; había sido escrito para el cine. Así fue como se presentó, aunque he leído que algunos ensayistas han encontrado en él algunos elementos que les interesan para ahondar en el conocimiento de la obra de Juan.

Cuando Rulfo murió, yo mantuve contacto con su hijo Juan Pablo. Me dijo que había una serie de materiales de su padre y me preguntó qué pensaba que se pudiese hacer con ellos; le propuse una edición anotada, porque se trataba de borradores, de fragmentos –algunos aislados–, y le dije que obviamente no podía presentarse como un libro de Juan Rulfo, sino como un libro de trabajo. Juan Pablo lo habló con su madre y sus hermanos y decidieron que fuera Yvette Jiménez de Báez

3

–que ya había publicado un libro sobre Juan– quien hiciera ese trabajo. Así fue como se realizó la edición de los cuadernos de Juan.

Las notas que Yvette hizo al principio eran, incluso, más grandes que los propios textos; la familia pensó que para esta presentación eran excesivas y casi desaparecieron. A mí en lo personal me parecía que habría estado bien mantenerlas. Existía el proyecto de hacer una nueva publicación con estas notas extensas, pero ya no se llevó a cabo.

Yo siempre vi a Juan como una persona asombrada de sí misma y que al final no se reconocía en el Juan Rulfo que todo el mundo elogiaba y admiraba. Me daba la impresión de que él se sentía como si esa persona hubiera sido otra y no él. Creo que al final de su vida Juan asumió la fama con este mismo asombro, como si esa fama no le perteneciera: como si él no hubiera escrito Pedro Páramo y El llano en llamas, que evidentemente crecieron en el aprecio del público lector y, con el tiempo, alcanzarían una gran influencia.

Juan se quejaba casi siempre de no haber sido reconocido ampliamente, pero yo pienso que la gloria, la fama en torno a su obra, comenzó muy pronto, sobre todo a partir de la traducción al alemán que hizo Mariana Frenk y que se publicó en 1958. Entonces empezó el reconocimiento fuera de México.

En los últimos años de su vida viajó mucho y en todos los lugares adonde iba le solicitaban entrevistas, y cada vez Juan contaba cosas distintas e inventaba otras. Yo creo que le gustaba crear confusión sobre sí mismo para preservar algo incompartible y que solo él sabía. No le importaba la fama de sus obras, pero para él mismo quería conservar una especie de tranquilidad, de paz interior que me temo nunca tuvo pero que siempre buscó. Quería encontrar ese equilibrio que nunca había tenido. Creo que buscó la felicidad, pero su misma desazón, su angustia interior le impedía conseguirla.

Jamás estuvimos juntos en España, pero sé del enorme interés que hay ahí por Rulfo; la gran cantidad de comentarios hechos por escritores sobre la obra de Juan. En España aparecen con frecuencia notas y comentarios en la prensa que lo citan, y son cada vez más, incluso entre escritores jóvenes.

Recuerdo que hacia el final de su vida me encontré con él en París. Estaba enfermo. Cuando viajaba se enfermaba continuamente. Fuimos a casa de Juan Pablo, que ya vivía en París, y Rulfo estaba en cama. Le preocupaba mucho su estado de salud. Cuando supo que tenía cáncer, buscó alguna cura efectiva y viajó a una sierra, no sé dónde, para ver a un brujo que pudiera ayudarlo a detener la enfermedad con medicinas naturales. Aunque el cáncer estaba ya muy avanzado, él mantenía ciertas esperanzas, no era tan abandonado de sí mismo como muchos aseguran. Era cuidadoso incluso en su apariencia; Rulfo siempre vistió impecablemente, de traje y corbata.

Rulfo me conmovía mucho y me emocionaba tratar con él. Para mí, Juan era alguien que necesitaba mucho cariño, como lo necesitamos todos, pero con la desesperación de sentirse fuera del personaje que le habían creado y que de alguna manera él también había ayudado a formar a través de las entrevistas.

No creo que Rulfo haya sido un hombre aislado; tenía relación con muchas personas. Me conmovía sobre todo esa obra tan breve y al mismo tiempo tan inmensa. Me conmovía verlo tan dolido consigo mismo, tan frágil. Esa es una imagen que conservo con muchísimo cariño.

Es difícil para mí trazar un retrato hablado de Juan, yo soy pintor.

¿Cómo se definen la amistad, el amor? Son indefinibles. ~

 

[Fuente: http://www.letraslibres.com]

O libro foi traducido por Adina Iona Vladu e está ilustrado pola artista Sara Lamas

A poetisa Luz Pozo Garza.

A poetisa Luz Pozo Garza

Escrito por M. GARCÍA

Unha camelia / One camellia blosson é ou título dá primeira antoloxía poética de Luz Pozo Garza traducida ao inglés. A publicación editada por Small Satations Press co apoio dá Xunta está formada por seis poemas así como ou Cuestionario Proust, que a autora luguesa respondera non ano 2010, fixando nel vos principais trazos e gustos dá súa personalidade. Ou libro está ilustrado pola artista Sara Lamas.

O xermolo desta publicación está na tradución dos poemas por parte da lingüista romanesa Adina Iona Vladu, que explica que tomou como referencia unha pequena antoloxía que xa fixera o tamén escritor Claudio Rodríguez Fer. «Tratábase duns poemas que Luz Pozo dedicara a Carmen Blanco e a el. Empecei a traducilos pola súa beleza e ver como resoaba a poesía de Luz, porque hai algúns temas que son universais», destacou Adina Iona Vladu, que incidiu especialmente na conexión entre mulleres que se fai, partindo de Li Yian, pasando por Rosalía e ata a propia Carmen Blanco, estudosa e crítica da poesía de Luz Pozo.

Canto á sororidade

A raíz desa tradución que fixera Adina Iona Vladu, que traballa no Instituto da Lingua Galega e formou parte do Centro Ramón Piñeiro para a Investigación en Humanidades, xurdiu a idea de publicar os textos nunha edición bilingüe en galego e inglés dos seis poemas, que son un canto á sororidade, unha exaltación do amor e unha oda a Galicia e á súa lingua.

Cal foi a maior dificultade á hora de traducir a poesía de Luz Pozo? «Foi o proceso de negociación co texto, no que me axudou moito un bo coñecedor da obra de Luz Pozo, como é Claudio Rodríguez Fer, que tamén me aclarou moitos dos significados. Foi unha tradución pasada pola miña propia sensibilidade, un diálogo coa voz de Luz e a lingua e literatura inglesa», respondeu a tradutora, que presentou este martes a antoloxía no pazo de San Roque de Santiago xunto ao secretario xeral de Política Lingüística, Valentín García; o fillo da autora, Gonzalo Vázquez Pozo; o crítico literario Armando Requeixo e o editor Jonathan Dunne, que asistiu telematicamente e tamén participou na tradución.

García agradeceu o traballo á tradutora e destacou que sempre é unha alegría ver como obras literarias escritas en galego espertan interese máis alá de Galicia e son difundidas polo mundo adiante mediante traducións e en edicións bilingües. Ademais, amosouse convencido de que a poesía de Luz Pozo recollida na publicación vai espertar o interese dos lectores pola literatura e a lingua galegas.

 

[Imaxe: Marcos Míguez – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

salut vieux ; on te revoit enfin

Origine et définition

Un salut, toutes les personnes un tant soit peu polies savent à peu près ce que c’est et dans quelles circonstances il s’utilise.
Le qualificatif ‘vieux’ ou ‘vieille’ s’emploie familièrement avec quelqu’un connu de longue date, le ‘vieux’ étant alors lié à la durée de la relation, bien plus qu’à l’âge de la connaissance.
Reste le plus intrigant : pourquoi ‘branche’ ?
Une explication parfois proposée est lié à l’argotique « se brancher avec quelqu’un » pour dire « entrer en rapport avec quelqu’un ». Issue du monde des électriciens, l’image est compréhensible à partir du moment où vous savez brancher une prise électrique et établir une relation forte entre la prise mâle et la prise femelle (sans sous-entendu sexuel obligatoire).
Partant de là, les éléments ‘branchés’ peuvent être appelés des branches. Et ces branches / individus qui sont branchés ou se connaissent depuis longtemps, deviennent l’un pour l’autre des vieilles branches.
Mais si l’explication semble tenir la route, elle ne résiste pas à l’analyse chronologique : en effet, le « vieille branche » est attesté depuis le milieu du XIXe siècle, avant que l’usage de l’électricité se répande dans les foyers, alors que « se brancher » date d’un siècle plus tard.
Il ne nous reste donc plus qu’à tenter de découvrir ailleurs le poteau rose.
C’est pourquoi nous allons remonter dans le temps avec Gaston Esnault, qui nous indique que c’est en 1400 qu’apparaît le terme ‘poteau’ pour désigner un ami proche, ce poteau-là donnant bien plus tard l’abréviation ‘pote’.
Et si, bizarrement, le mot avec cette acception semble ensuite ne plus être utilisé avant de réapparaître au milieu du XIXe siècle, l’explication quand même couramment donnée est que le poteau est quelque chose sur lequel on peut s’appuyer, tout comme on peut s’appuyer sur un ami fidèle.
Mais quel rapport avec la branche, me direz-vous ? Eh bien, il semblerait que ce soit une utilisation du même type de métaphore : l’ami peut nous empêcher de tomber (dans des travers divers ou dans la dépression, par exemple) comme on peut s’accrocher à une branche solide pour ne pas se casser la figure.

Exemples

« Wou-wou parla de nouveau. La traduction apparut.
– Salut vieille branche !
– Salut, dit M. Mac Ohm, et la machine traduisit.
– Ce n’est pas très poli de m’appeler vieille branche, je m’appelle Mac Ohm.
– OK Mac Ohm. Mais Mac Ohm c’est trop long : je t’appellerai Mac, dit Wou-wou. »
Francis Weill – L’inoubliable voyage au pôle Nord de M. Mac Ohm et de Wou-wou le chien – 2008

 

 

Langue

Expression équivalente

Traduction littérale

Allemand hallo altes Haus! salut vieille maison !
Anglais hello me old China ! salut ma vieille Chine !
Anglais hello old bean! bonjour vieux haricot !
Anglais hello old chap! bonjour le vieux !
Anglais hello old fruit! bonjour vieux fruit!
Anglais (USA) hey there, good buddy! dis donc, cher pote !
Anglais (USA) quoi ça dit, mon nèg’ ?

qu’est-ce que tu as à nous raconter, mon nègre ?

Espagnol (Espagne) ¿ Qué pasa tronco ? qu’est-ce qui arrive tronc ?
Espagnol (Espagne) hola compadre ! salut compère !
Gallois sut mae’r hen goes! salut la vieille jambe!
Hébreu

להטעין את הסוללה במחשב נייד (lehatinn ètt hassolela bamakhchèv niyèd)

charger la batterie dans un ordinateur portable

Italien vecchio mio! mon vieux !
Néerlandais gegroet ouwe rakker! salut vieux garnement !
Néerlandais hey ouwe deur! salut vielle porte!
Néerlandais hi, ouwe gabber! salut vieux pote!
Polonais czesc stary, czesc stara salut vieux, salut vieille
Portugais (Brésil) oi, velho! salut le vieux !
Roumain salut, bătrâne ! salut, vieux !
Roumain salutare, umbră veche! salutation, vieille ombre!
Roumain lume noua ! nouveau monde !
Serbe zdravo, stari moj! salut, mon vieux
Turc selam moruk / Selam ihtiyar salut vieux
Wallon (Belgique) vî strouk’ ! vieille branche !

 

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[Source : www.expressio.fr]

 

O secretario xeral de Cultura fai balance do traballo realizado neste eido nos actos da celebración da efeméride que se celebra hoxe

Beneficiáronse 120 empresas editoras desta liña de apoio coa que tamén se impulsa tanto a internacionalización da literatura galega como a promoción da lectura en galego de obras da literatura universal

No marco da efeméride, o Goberno autonómico participa hoxe en obradoiros internacionais, simposios e entregas de premios para promover este día

A Xunta conmemora hoxe o Día Internacional da Tradución a través da participación en diferentes iniciativas, como simposios, obradoiros e entregas de premios, co acto central na actividade Contigo na distancia, promovida pola Asociación Galega de Profesionais da Tradución e a Interpretación (AGPTI) en colaboración co Goberno galego, no que participa o secretario xeral de Cultura, Anxo M. Lorenzo.

No marco desta efeméride, Anxo M. Lorenzo, recorda a aposta do Goberno autonómico co sector da tradución, para o que a Xunta destinou preto de 3M€ desde a súa posta en marcha para este eido de xeito específico, hai 15 anos. Así, neste tempo, beneficiáronse un total de 120 empresas editoriais, tanto galegas como de fóra da comunidade, que editaron 1.196 proxectos.

O representante da Consellería de Cultura, Educación e Universidade apunta, neste sentido, a importancia desta liña de apoio tanto para a internacionalización da literatura galega, ao promover a súa tradución a outros idiomas, como para incentivar a lectura e edición en galego de obras procedentes doutras linguas. “Contribuímos a que a nosa literatura teña tamén unha saída cara ao exterior, o que implica unha maior visibilidade do libro galego e a apertura de novos públicos e mercados”, indica.

En cifras, durante este tempo, a Xunta facilitou 350 traducións de obras publicadas en galego a outras linguas, como o inglés, portugués, francés, italiano, alemán, ou finés, entre outras. Tamén se promoveu a tradución ao galego de máis de 800 obras orixinariamente publicadas noutras linguas, algo que, como engade, “tamén favorece que a cidadanía teña acceso ás obras da literatura universal en galego”.

Anxo M. Lorenzo afonda, ademais, na importancia deste apoio desde o punto de vista empresarial, xa que estas axudas están a contribuír a que as empresas editoras podan cubrir unha parte importante dos gastos derivados da tradución e da edición, “apoiando a profesionalización da actividade editora en Galicia”, engadiu.

Simposios e conversas

No marco do Día Internacional da Tradución a Xunta participa en actos como a apertura do XVIII Simposio O Libro e a Lectura, organizado polo Consello da Cultura Galega. Baixo o título Libros pola diversidade, afóndase na edición de contidos para a inclusión.

O simposio contou coa intervención da presidenta da Asociación de Familias de Menores Trans de Galicia (ARELAS), Cristina Palacios, responsable da conferencia de apertura. O panel de experiencias, Contidos Diversos, correu a cargo de representantes da Asociación BATA e de Kalandraka Editora, de docentes e dunha pedagoga. Tamén participan representantes da Consellería de Cultura, Educación e Universidade, de Hércules de Ediciones e da Editorial Galaxia; mentres que a conferencia de clausura estivo a cargo do filósofo, docente e escritor José Miguel Valle.

Ademais, celébrase Contigo na distancia, no Auditorio Neira Vilas da Biblioteca de Galicia, que reúne a dous tradutores galegos, Samuel Solleiro e Roi Vidal Ponte, nunha conversa sobre o día a día do seu labor, a relación co texto e cos seus códigos, a distancia e a proximidade coa autora ou co autor. Ambos conversarán sobre un traballo que ten como obxecto levar dunha lingua á outra as palabras, os matices, e os sensos que cohabitan en cada texto e cos que nos achegamos á voz da persoa que escribe. Samuel Solleiro e Roi Vidal Ponte artellan a conversa a partir das súas traducións máis recentes: Noite fiel e virtuosa de Louise Glück en galego no caso de Solleiro e Doentes de Roberto Vidal Bolaño —pai do tradutor— en castelán no caso de Vidal Ponte.

Tradución poética

Continuando coas conmemoracións, preséntase a décima edición do Obradoiro Internacional de Tradución Poética con barqueira e remador, que conta co apoio da Xunta. Trátase dunha iniciativa que se celebrará do 18 ao 23 de outubro na Illa de San Simón. Participarán seis persoas procedentes de diversos países e realizarán unha tradución colectiva, presencial e recíproca aos idiomas representados, que nesta edición serán o galego, o grego, o eslovaco, o flamengo e o albanés. Participarán a galega María Lado, o asturiano Pablo Texón, a grega Katerina Iliopoulou,o albanés Arian Leka, a eslovaca Maria Ferenčuhova e o belga Tom van de Voorde.

Ao remate, cada participante dará a coñecer os resultados en revistas especializadas, magazines literarios ou publicacións colectivas, completando o círculo dun proxecto singular que contribúe á divulgación dun xénero referencial como a poesía. Froito da X edición do Obradoiro publicarase un libro que recolle os poemas que produzan durante o período de dito obradoiro.

Recoñecemento a Laureano Araujo en Cambados

Pola súa parte, o secretario xeral de Política Lingüística, Valentín García, participou en Cambados na entrega do Premio Plácido Castro de Tradución, un galardón co que a fundación homónima, a Asociación Galega de Profesionais da Tradución e a Interpretación e o Instituto Galego de Análise e Documentación Internacional (IGADI), en colaboración coa Xunta de Galicia, destacan a calidade das traducións ao galego dos clásicos da literatura universal, ao tempo que contribúen ao proceso de normalización do galego e enriquecen o universo literario engrosándoo con grandes obras escritas noutras linguas.

Na 19ª edición do Premio Plácido Castro, cuxa entrega de premios tivo que aprazarse por mor da pandemia, o galardoado é Laureano Araujo pola súa tradución de Schlumpf, Erwin: Homicidio, obra do escritor suízo Friedrich Glauser. Formado en Dereito e Ciencia Política, ademais de poeta, Araujo (Berna, 1964) é profesor de alemán no ensino secundario e xa ten traducido a autores como Joseph Roth, Heinrich Böll, Thoman Mann ou Stefan Zweig. O premio consistiu nun diploma acreditativo, unha peza escultórica, obra de Xaquín Chaves, deseñada expresamente para o certame e 2.000€.

[Fonte: http://www.lingua.gal]

Escrito por Gerardo Gonzalo

Este año 2021 se cumplen 100 años del estreno de la película de Fritz Lang Las tres luces (Der Müde Todcuya traducción al alemán más exacta sería, “La muerte cansada”) Una película referencial en la historia del cine, que sustenta su prestigio en dos aspectos fundamentales.

En primer lugar, se trata de la primera gran película de uno de los grandes cineastas de todos los tiempos, Fritz Lang (1890-1976). En segundo lugar, porque es una obra que influyó de forma decisiva en el arte cinematográfico de la época, llegando a ser un film icónico, despertando la vocación por el cine de Luis Buñuel que señaló “al verla comprendí sin la menor duda que yo quería hacer cine” y citada por Alfred Hitchcock como la película que más le impresionó de esa época.

En lo que se refiere a su argumento, no he encontrado mejor forma de desmenuzarlo que citar al propio Fritz Lang cuando lo explicó en una entrevista con Peter Bogdanovich en el verano de 1965.

La acción no transcurre en ninguna época concreta: una chica lucha con la muerte por la vida de su amado. La Muerte le conduce a una sala enorme, con millones de velas encendidas. Cada vela es la luz de la vida de un ser humano. Dice la muerte: “Esas tres velas están parpadeando; o sea que su vida está a punto de extinguirse. Si consigues salvar alguna de las tres vidas, te devolveré a tu amado”. La película transcurre entre dos campanadas del reloj de una torre a las doce de la noche. La chica ha leído el libro de Salomón: “He aquí el amor, tan fuerte como la muerte” Y como quiere creer que el amor es más fuerte que la muerte, lucha. La película cuenta la historia de las tres velas ….”

En esta película, que como ya he dicho fue el primer gran éxito de su director, lo que Fritz Lang pretende es trasladar el carácter romántico alemán, en el contexto de una historia de amor y muerte que se mueve entre la realidad y la fantasía.

Junto a Lang es clave la presencia de la guionista Thea Von Harbou (por cierto, no puedo resistirme a comentar que la mujer de Lang falleció en extrañas circunstancias, cuando el director y Von Harbou eran amantes….) que sería su colaboradora principal a partir de este momento, en todas sus películas alemanas posteriores.

En mi opinión, es posible Las tres luces haya soportado peor el paso del tiempo que otras películas de la etapa muda de Lang, que como Metrópolis de 1927 o La mujer en la lunade 1929, vistas hoy resultan más sofisticadas y con mayor ritmo. Pero la fuerza de su mensaje y su simbolismo, siguen resultando aún hoy muy potentes. La batalla entre el amor y la Muerte, presentada como un personaje humanizado y hastiado por su labor o la identificación entre de la vida y la muerte en forma de velas encendidas, que acaban consumiéndose, nos llevan a ideas y conceptos que trascienden y que podemos atisbar en films posteriores como El Séptimo Sello (1957) de Ingmar Bergman.

Pero también evoca a otros clásicos. La llegada de la Muerte al pueblo recuerda al Nosferatu de Murnau, o al Drácula de Tod Browning, al irrumpir como una especie de sombra siniestra en un pequeño pueblo donde ocupa un terreno, aunque en este caso, rodeado de una enorme muralla…sin puertas. Incluso sorprende cierto hilo estético y argumental con La carreta fantasma rodada ese mismo año, pero en Suecia.

A todo esto, se la añade partes de exotismo y la suntuosidad de unos espectaculares decorados, especialmente en alguno de los tres episodios o subtramas, en las que el film enfrenta al amor y la muerte a través de la lucha de dos jóvenes frente al destino, con una muerte espectadora y protagonista al mismo tiempo, a la que cada vez le cuesta más hacer su trabajo.

Una obra que debe ser objeto de atención para cualquier cinéfilo o curioso por este arte, por la hondura y audacia de un argumento profundo y existencial.

[Fuente: http://www.culturamas.es]

Shakespeare sigue siendo una figura central en la actualidad literaria, un autor que se reposiciona cada año con traducciones de escritores argentinos, con novelas que llegan al país con el dramaturgo como protagonista y con películas que se estrenan a nivel mundial actualizando y resignificando sus obras más clásicas.

El escritor William Shakespeare

Escrito por Carlos Daniel Aletto

Una de las características de los autores clásicos es su permanente actualización, la facilidad que cada época lee sus temas, el vigor imperecedero de las tramas: todas esas variables confluyen en William Shakespeare, el dramaturgo inglés que murió hace 405 años y mantiene su vigencia con una obra joven, revitalizada, como lo demuestran la edición de una nueva traducción de « Romeo y Julieta », la novela « Hamnet » -que basada en un episodio de su vida escribió Maggie O’Farrell- y la adaptación cinematográfica de « La tragedia de Macbeth », a cargo de uno de los hermanos Coen.

Shakespeare sigue siendo una figura central en la actualidad literaria, un autor que se reposiciona cada año con traducciones de escritores argentinos, con novelas que llegan al país con el dramaturgo como protagonista y con películas que se estrenan a nivel mundial actualizando y resignificando sus obras más clásicas.

Sus temas: el amor contrariado, los celos, el poder, la locura pueden haber sido tratado por cualquier autor a lo largo de la historia de la literatura. Forman el núcleo de ese manojo de tópicos que cruzan por el centro la literatura de todos los tiempos y geografías. Una telenovela argentina de los años ochenta o una turca del 2020 puede haber tratado el amor o los celos, pero es olvidada al día siguiente; sin embargo, el entramado y lo que Harold Bloom denomina « la invención de lo humano » convierten a las obras del autor de « Macbeth » en irremplazables.

En línea con esa vigencia, por estos días circulan en la Argentina una serie de novedades vinculadas a la narrativa shakespereana como la novela « Hamnet » -una biografía fragmentaria en clave de ficción escrita por la irlandesa Maggie O’Farrell que llega al país de la mano de Libros del Asteroide-, en tanto que acaba de publicarse una traducción de « Romeo y Julieta » realizada por el escritor Carlos Gamerro y editada por el sello Interzona.

En conversación con Télam, el autor de « Las islas » y la reciente « La jaula de los onas » manifiesta que « en ‘Romeo y Julieta’ Shakespeare inventa el paradigma del amor romántico, que reemplaza al anterior del amor cortés, y sigue vigente (demasiado vigente, gracias a Hollywood, las telenovelas y las eternamente repetidas canciones de amor) en la actualidad ».

El escritor Carlos Gamerro.

El escritor Carlos Gamerro

Gamero asegura que al trabajar la obra de Shakespeare se puede ver cómo el dramaturgo inglés también « inventa el monólogo interior, que nos enseña a escuchar el lenguaje del pensamiento: de él aprenden Joyce, Virginia Woolf, Faulkner y por supuesto Freud », asegura el autor de « Harold Bloom y el canon literario ».

En la editorial Interzona, también el escritor Edgardo Scott hizo la traducción de una antología de 45 « Sonetos » de Shakespeare. « Vigencia y Shakespeare parecen sinónimos. ¿Cuál o quién sería mejor ejemplo? Hoy mismo, en un taller, hablando de las escrituras que se vuelven demasiado idénticas a sí mismas, y ante la razonable objeción de quién podría evitar eso, me salió con naturalidad: Shakespeare », dice el escritor.

El escritor Edgardo Scott.

El escritor Edgardo Scott

« Shakespeare es tan grande, tan diverso, tan imperfecto y por eso mismo genial que hasta lograr superar lo que para cualquier artista sería un logro: tener « su » sello. De la armonía naïve de la comedia ‘Como gustéis’ a la invención de la representación del poder y la política tal cual los conocemos – y padecemos- en ‘Macbeth’ o ‘Ricardo III’, de la maravilla hermética de sus sonetos a la creación de personajes como Falstaff, Yago, Ofelia o… ¡Hamlet! », apunta Scott.

Para Gamerro, Shakespeare « inventa un modelo de literatura política donde las ideas se ponen a prueba en el escenario y deja las conclusiones al lector o al espectador: la línea más política de su obra, que va de Ricardo III a Antonio y Cleopatra ».

El escritor y crítico señala que el dramaturgo lleva a cabo una permanente reflexión y puesta a prueba de las ideas de Maquiavelo, en un arco que va del rechazo moral a la aceptación ‘bajo protesta’ de la lógica de la realpolitik; « y como todavía seguimos, en la teoría y en la práctica política, discutiendo a Maquiavelo, la obra de Shakespeare es una de las mejores maneras de entrar en la lógica política del mundo actual (como prueban, entre tantos otros ejemplos, los ‘préstamos’ shakesperianos de ‘House of Cards’) », asegura.

« Acaso la idea de sujeto y la idea de personaje se reúnen en Shakespeare de un modo exacto y todavía indescifrable para la cultura. Por eso lo seguimos leyendo, actuando, filmando, citando. La vigencia de su obra es en verdad pura contemporaneidad. Su misterio sigue intacto », analiza Scott.

En su novela « Hamnet »Maggie O’Farrell toma como eje la vida del escritor, pero dejándolo en las sombras para concentrarse en su hijo Hamnet, que murió en 1596 en Stratford por motivos que no quedaron recogidos en los documentos oficiales de la época. Cuatro años después, su padre escribió una de sus obras más celebradas y la tituló con su nombre haciéndolo inmortal: « Hamlet ».

La autora irlandesa adopta la versión más difundida de la muerte del niño: una enfermedad mortal provocada por la peste negra, lo cual le da a su novela un casual toque de actualidad durante la pandemia. Sin embargo, la protagonista y heroína de « Hamnet » es Agnes (Anne Hathaway) la mujer ocho años mayor que Shakespeare, con la que este, a sus dieciocho, se habría visto obligado a casarse tras dejarla embarazada.

El cine ha sido otro bastión que ha abrevado largamente en la obra del autor de « Otelo ». A las incontables adaptaciones cinematográficas que se concretaron sobre su obra y su figura, este año se suman dos nuevos films. Uno sobre es « Todo es cierto », una película dirigida y protagonizada por Kenneth Branagh que gira alrededor de los últimos años de vida de Shakespeare y está disponible en Amazon Prime Video.

La otra novedad cinematográfica está basada en una de sus obras, « La tragedia de Macbeth » y será el primer film de Joel Coen sin la participación de su hermano Ethan, con el que filmó títulos como « Fargo » o « El gran Lebowski ». Estará protagonizado por Frances McDormand (quien además produjo la película), Denzel Washington y Corey Hawkins. La película se estrenará nivel mundial en cines el 25 de diciembre de este año y a partir de enero se podrá ver en la plataforma Apple TV+.

Tanto la película de Branagh como la novela de O’Farrell retoman el oscuro sentimiento que tiene Shakespeare frente a la pérdida de Hamnet, su hijo de once años. La película propone un juego de palabras desde el inicio: « All is true » -« Todo es cierto »- fue un título alternativo que circulaba en la época del estreno de « Enrique VIII », momento en el que con un cañonazo se incendia el teatro Globe, donde se montaban todas las obras que escribía el autor.. La película comienza con el fuego en el que se pierde el teatro para luego relatar el regreso del dramaturgo junto a su esposa en Stratford, un espacio donde recién empieza a elaborar el duelo por la muerte de su hijo.

En la Argentina, se han realizado proyectos importantes con la obra shakespereana: la colección « Shakespeare por escritores » de editorial Norma, dirigida por Marcelo Cohen, que tradujo la obra completa, con la participación de autores de distintos países de habla hispana, o el proyecto de Editorial Losada, para la cual Pablo Ingberg realizó el esfuerzo de completar el canon, a partir de lo hecho por autores y traductores de la talla de Pablo Neruda, Manuel Mujica Lainez, Cristina Piña e Idea Vilariño, entre otros.

Para Gamerro, Shakespeare siempre está a la vanguardia: « Si hubiera vivido en el siglo XX su obra hubiera puesto a prueba las ideas de Marx », asegura. De esta forma el crítico sostiene que el autor inglés recupera todo el teatro anterior e inventa todo el teatro posterior: « recrea la tragedia griega, que apenas conoció, y la comedia latina; es renacentista, barroco, romántico, absurdo y existencial; sus obras son tan flexibles que toleran puestas neoclásicas y de la vanguardia más experimental y su acción puede trasladarse sin merma al Japón feudal, a Latinoamérica, al África ecuatorial », indica.

Pero además, según Gamerro, « Shakespeare inventa el cine, pues las cualidades cinematográficas de Shakespeare, tantas veces señaladas, son en realidad cualidades shakesperianas que el lenguaje del cine tomó de él ».

Uno de los planteos de las traducciones y actualizaciones es lo que se pierde en el cambio de una lengua a otra, no solo de idioma sino en el tiempo. Para el autor de « Facundo o Martín Fierro », en la práctica, la distancia lingüística no es tanta: « incluso algunas obras contemporáneas combinan fragmentos de Shakespeare con otros hablados en inglés moderno, como ‘Rosencrantz y Guildenstern están muertos’ de Tom Stoppard, o el film ‘Mi mundo privado’ de Gus van Sant, donde los taxi boys de Seattle dicen los diálogos de ‘Enrique IV’, y apenas se notan los saltos », destaca.

La conclusión para Gamerro es clara: « las obras de Shakespeare funcionan por más que no las sigamos palabra por palabra, funcionan para cualquier público de cualquier edad, y en cualquier idioma: sobreviven a las peores traducciones. En las buenas, claro, son arrolladoras », cierra.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

La semana pasada se conocieron las finalistas de la decimosexta edición del Premio de Traducción Esther Benítez.
ACE Traductores

Escrito por BRISEIDA CIDONCHA

Este premio se ha convocado anualmente desde 2006 para recordar a la traductora Esther Benítez Eiroa, defensora incansable de los derechos del gremio y fundadora de ACE Traductores.

Esther Benítez, figura clave para el conocimiento de las letras italianas y francesas en nuestro país, no solo dedicó su vida a la traducción de literatura, sino también a la defensa de la dignidad profesional del traductor, de su condición de autor y de sus derechos patrimoniales. A la cabeza de ACE Traductores, no cejó en el propósito de crear conciencia social sobre la necesidad y la importancia del traductor literario como pieza indispensable en la difusión de la cultura.

Tras su fallecimiento, sus compañeros de ACE Traductores siguieron con la tarea de defender y dar visibilidad a la traducción; por este motivo, decidieron crear un premio de traducción que llevara su nombre.

El objetivo era, además, crear un premio distinto a los existentes. Así, uno de los rasgos distintivos es que su jurado lo integran profesionales de la traducción de libros, ya que todos los socios tienen derecho a proponer y a votar las obras candidatas.

Este mismo planteamiento abierto se aplica a las candidaturas, puesto que el jurado puede presentar obras de cualquier género, traducidas de cualquier idioma al castellano, catalán, euskera o gallego.

Hasta la fecha, han recibido este premio Isabel García Adánez, Carlos Milla e Isabel Ferrer, Dolors Udina, Pedro Pérez Prieto, Jesús Zulaika Goikoetxea, Daniel Najmías, Montserrat Gurguí y Hernán Sabaté, Gabriel Hormaechea, María Teresa Gallego Urrutia, Carmen Francí e Ismael Attrache, José Luis López Muñoz, Celia Filipetto, Marta Sánchez-Nieves Fernández, Carlos Mayor, Concha Cardeñoso, Eugenia Vázquez Nacarino y Teresa Lanero Ladrón de Guevara.

Las finalistas de este año son Rita da Costa por su traducción de Sontag. Vida y obra de Benjamin Moser (ed. Anagrama), Ana Flecha Marco por Estado del malestar de Nina Lykke (Gatopardo Ediciones), Carlos Fortea por Todo en vano de Walter Kempowski (Libros del Asteroide), Luisa F. Garrido Ramos y Tihomir Pištelek por Baba Yagá puso un huevo de Dubravka Ugrešic (Impedimenta), Julia Osuna Aguilar por Niña, mujer, otras de Bernardine Evaristo (Alianza de Novelas), Magdalena Palmer por Otoño de Ali Smith (Nórdica Libros) y Claudia Toda Castán por La pared de Marlen Haushofer (Volcano).

En la actualidad, el premio tiene una dotación económica de 3000 euros. El fallo del XVI Premio de Traducción Esther Benítez se conocerá el 3 de noviembre y su entrega será el 16 de diciembre en el Instituto Cervantes, en Madrid.

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

« No hay manera de escapar » y « El viaje de invierno & sus continuaciones » son trabajos que proponen relecturas y prolongaciones de las obras de Boris Vian y Georges Perec a cargo de los autores del taller de literatura potencial Oulipo, que tiene entre su filas al argentino Eduardo Berti, traductor de estos dos títulos que se publican ahora en la Argentina.

Escrito por Emilia Racciatti

El lenguaje y la matemática conviven en las formas creativas impulsadas por los integrantes de Oulipo, el « Taller de Literatura Potencial » creado hace 21 años en Francia, consolidado como un laboratorio lúdico del que se desprenden trabajos como « No hay manera de escapar » y « El viaje de invierno & sus continuaciones », relecturas y prolongaciones de las obras de Boris Vian y Georges Perec a cargo de los autores del colectivo que tiene entre su filas al argentino Eduardo Berti, traductor de estos dos títulos que se publican ahora en la Argentina.

Síntesis creativa entre la imaginación de un escritor -Raymond Queneau- y el rigor científico de un matemático -François Le Lionnais-, Oulipo irrumpió en 1960 para desacomodar los protocolos de escritura y estimular procedimientos alternativos en los modos de encarar un relato. Con adeptos tan célebres como Perec -autor de « La disparition », un texto en el que no aparece nunca la letra e-, Italo Calvino, Paul Fournel y hasta Marcel Duchamp, el colectivo fue desplegando un repertorio literario basado en « restricciones » formales que paradójicamente alentaban una suerte de « libertad » creativa.

De esa experiencia que sobrevive hasta el presente acaban de llegar al país « No hay manera de escapar » y « El viaje de invierno & sus continuaciones », dos títulos que tienen como traductor al escritor, periodista y editor Eduardo Berti, el único argentino que integra Oulipo desde 2014. « Fueron dos experiencias de traducción muy distintas porque yo también soy autor de varias páginas de ‘No hay manera de escapar’, mientras que no participé en la gestación de ‘El viaje de invierno & sus continuaciones’, dado que el libro se publicó antes de mi ingreso a Oulipo », dice a Télam.

« No hay manera de escapar » es una novela creada en coautoría: el escritor, ingeniero, poeta y dramaturgo francés Boris Vian escribió los primeros cuatro capítulos antes de morir, en 1959, un año antes de que Queneau y Le Lionnais crearan Oulipo. Esos capítulos, más una escueta sinopsis, llegaron a manos del colectivo y los herederos del autor de « La espuma de los días » autorizaron, 60 años después, la continuación y publicación de la historia.

Sobre el trabajo de traducción del título editado por Caja NegraBerti explica que tuvo tres distancias diferentes con el texto: « Primero traduje los cuatro capítulos iniciales (los que escribió Vian y son el punto de partida de la novela) como si fuesen ‘ajenos’. En la etapa siguiente, fui pasando de una ‘segunda distancia’ (textos escritos por los demás oulipianos, en los que intervine en la etapa de ‘edición’) a una ‘tercera distancia’: la de las páginas o frases propias. O sea, una autotraducción ».

La historia en la que un hombre regresa a su ciudad después de la guerra y se encuentra con los asesinatos de sus exnovias va construyendo, en sus 16 capítulos, un policial que enfrentó a Berti con los dilemas de la traducción de un texto en el que también pasaba sus palabras de un idioma a otro.

« Jacques Jouet escribió un ‘centón’ a partir de la obra de Vian: un texto hecho con frases que él sacó de distintos libros de Vian, una especie de collage. Por otro lado, yo escribí otro « capítulo-centón », pero a partir de mis propios libros en su traducción al francés: un collage con las traducciones que hizo Jean-Marie Saint-Lu de mis novelas y mis cuentos. Algunas partes de mi centón sobrevivieron. Así que, cuando me puse a traducir ‘No hay manera de escapar’, me vi en una disyuntiva: usar la versión original en castellano de estas frases o no. Opté por olvidarme de la versión original (hasta donde me era posible, claro) y traducir lo que ‘sonaba’ mejor en el marco de la novela », detalla.

En el caso de « El viaje de invierno & sus continuaciones » (Eterna Cadencia), la obra retomada y continuada pertenece a Perec (París, 1936-1982), quien publicó en 1979 un relato breve sobre la fascinación de un profesor de literatura llamado Vicent Degrael por un libro que llevaba como título, justamente, « El viaje de invierno ». El autor de ese libro, escribía Perec, era Hugo Vernier y había sido plagiado por casi todos los poetas del siglo XIX.

Uno de los integrantes de Oulipo, Jacques Roubaud, decidió escribir un cuento a partir de ese relato a modo de homenaje cuando se cumplieron diez años de la muerte de Perec. Ese cuento es el primero de esta serie de continuaciones de ese relato del autor de « La vida instrucciones de uso ».

Otro de los integrantes del colectivo que escribió uno de los relatos que dan continuidad a la historia es Daniel Levin Yvert, cuyo texto es « El viaje oscuro ».

« Fue muy interesante leer muy de cerca, mientras lo traducía, un texto que no estaba constreñido en sí mismo, pero que daba una visión bastante íntima (por no decir totalmente transparente) del funcionamiento interno de una mente que adoptó voluntariamente unas restricciones absolutamente disparatadas. Me atrevería a decir que este trabajo también me permitió apreciar la importancia del inconsciente, o algo parecido, en la escritura restringida (y en la escritura en general) », dice el oulipiano sobre el relato en el que trabaja el vínculo entre los sueños y la literatura y cómo esa suerte de alianza permite reflexionar sobre las bifurcaciones que atraviesan un proceso creativo y plantearse la pregunta por la originalidad.

Valérie Beaudouin es otra de las autoras que da continuidad a esa obra de Perec, pero lo hace con seudónimo: « Mi presencia en ‘El viaje de invierno y sus continuaciones’ es fantasmática. Una encarnación póstuma de Hugo Vernier », define en diálogo con esta agencia.

El texto firmado por Vernier, el autor creado por el narrador francés, lleva como título « El viaje infernal », por lo que se puede inferir que se trata del creado por Beaudouin, docente y escritora francesa.

« Estudié la estructura narrativa de esa colección de novelas cortas, que es como un laberinto con incursiones y bifurcaciones. Es una obra abierta sin la estructura enmarcada de un libro como ‘Si una noche de invierno un viajero’, de Italo Calvino. En su novela, Calvino inserta los relatos dentro de una metanovela o relato-marco que cuenta la historia de amor entre el lector y la lectora y la búsqueda del libro. En el viaje, no tenemos esa novela-marco que explícita los vínculos entres la diferentes novelas. El lector establece por si mismo la red de vínculos entre los diferentes episodios », grafica la autora.

Pero, ¿cómo retomar los universos de estos autores como Vian y Perec desde la perspectiva oulipiana? Para Berti, se trata de dos casos diferentes. « Perec es unos de los miembros más resonantes de Oulipo: ingresó en 1967, formó parte de la ‘segunda generación’ con Jacques Roubaud, Marcel Bénabou o Paul Fournel (quienes ingresaron entre 1966 y 1971) y su aporte al grupo fue sumamente valioso. En cierto aspecto, él parece haber hecho una ‘tentativa de agotamiento’ de Oulipo, ya que (además de las restricciones que aportó) retomó todas o casi todas las ideas existentes, las exploró, les buscó nuevas aristas, experimentó combinaciones, etc ».

Mientras que « el caso de Vian es muy distinto porque murió en 1959, quince meses antes de que en noviembre de 1960 se fundara Oulipo. Es casi seguro que Vian habría sido miembro de Oulipo. Cuesta pensar lo contrario. Y, por cierto, cinco oulipianos como Raymond Queneau, Jacques Bens, Noël Arnaud, Jacques Duchateau y Paul Braffort fueron amigos suyos y grandes defensores de su obra », apunta.

Al argentino radicado en Francia le cuesta un poco más imaginar qué le habría aportado Vian al grupo y, en contrapartida, de qué forma Oulipo podría haber influido en su trabajo.

« Una pista interesante puede estar en cuando él inventaba ‘falsos autores norteamericanos’ como Vernon Sullivan. Y en el hecho, muy oulipiano, de que primero Vian publicó ‘Escupiré sobre vuestra tumba’ como si él fuera el traductor al francés de una novela escrita por un estadounidense y, años más tarde (cuando la verdad salió la luz), llegó traducir al inglés el texto de la novela para producir de este modo una ‘falsa versión original’. Estos juegos (que ponen en duda las nociones habituales de autoría, algo muy típico de ciertas obras oulipianas) nos inspiraron mucho cuando completamos y terminamos la novela inconclusa de Vian. Por cierto, nuestro libro trae una serie de notas al pie que aluden a la supuesto ‘versión original’ en inglés o que incluso, por momentos, la citan textualmente », explica Berti.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Blackie Books publicó una nueva edición y traducción de ‘Matadero cinco’, la novela de Kurt Vonnegut que es ya un clásico moderno

Escrito por ALEJANDRO BADILLO

En una de las historias que aparecen en Matadero cinco (1969) nos enteramos de una civilización extraterrestre: los tralfamadorianos, seres que perciben la realidad en cuatro dimensiones. Estos personajes tienen una relación especial con el tiempo, ya que pueden observarlo no de una manera secuencial sino como una pintura o una formación montañosa. Todo puede ocurrir en el mismo momento, y el punto de vista –la perspectiva del espectador– nos permite ir atrás y adelante sin sucumbir al caos. Esta peculiar teoría es la propuesta estructural de Matadero cinco, una de las novelas más conocidas del autor estadounidense Kurt Vonnegut (1922-2007), editada en español hace algunos años por la editorial Anagrama y ahora puesta de nuevo en circulación, con una nueva traducción a cargo de Miguel Temprano García, gracias a Blackie Books.

Matadero cinco cuenta el bombardeo aliado a la ciudad alemana de Dresde en febrero de 1945. Este bombardeo es una de las historias más dramáticas y polémicas de la Segunda Guerra Mundial. Al igual que Hiroshima y Nagasaki, Dresde no era un objetivo militar y, también, había una sensación de que esa ciudad no sería víctima de fuertes intervenciones por parte del enemigo. Sin embargo, fue arrasada por bombardeos continuos que redujeron edificios y personas a cenizas. El escritor alemán W.G. Sebald escribió en Sobre la historia natural de la destrucción acerca de las posibles razones por las cuales los alemanes enterraron la memoria de las víctimas civiles (más de 600 mil personas) que fueron borradas del mapa en varios bombardeos. El papel de víctima, negado a los alemanes porque pertenecían al bando de los nazis, pone de relieve los conflictos de la historia oficial y los matices que, muchas veces, se pierden en medio de la propaganda.

Vonnegut, a través de Billy Pilgrim, alter ego suyo, describe el caos, la esquizofrenia y el absurdo de la guerra. Pilgrim, soldado norteamericano, es llevado por los alemanes a un centro de detención, un rastro, mientras Dresde comienza a arder. La locura, en este caso, es un asidero que permite la sobrevivencia. A través de bifurcaciones, ramificaciones sin sentido lógico más que desahogar anécdotas que van adelante y atrás en el tiempo, conocemos la historia del personaje. El caos es, quizá, la única manera de entender las sinrazones de las guerras modernas. Si antes se enfrentaban ejércitos contra ejércitos, a partir del bombardeo a la ciudad española de Guernica, en 1937, durante la Guerra Civil Española, la población civil es la principal víctima de tácticas que no buscaban necesariamente apoderarse de territorios, sino sembrar el terror y desmoralizar al enemigo.

Por estas razones Matadero cinco puede entenderse como la excursión alucinada a la mente de un sobreviviente de la guerra, alguien como Vonnegut, que estaba en Dresde mientras las bombas caían. En esa excursión tiene cabida todo: un asesinato por robar un tetera; un accidente tiempo después de la guerra; incluso los encuentros con los tralfamadorianos, seres que parecen un bálsamo en medio de la locura desatada por las bombas.

La novela de Kurt Vonnegut, rehuyendo de la razón y del carácter documental de muchas obras sobre la guerra, es, quizás, el reflejo más fiel de un mundo en el que aquello que nos vuelve humanos se ha perdido.   

Kurt Vonnegut, Matadero cinco, traducción de Miguel Temprano García, Blackie Books, Barcelona, 2021

 

[Foto: Seven Stories Press – fuente: http://www.latempestad.mx]