Archives des articles tagués Turismo
Materias de especialidad:  Lingüística, Lingüística aplicada, Traducción
Descripción: 

La revista `Mutatis Mutandis. Revista Latinoamericana de Traducción` presenta en este número, entre otros, los siguientes artículos:

– Terminología y fraseología del texto técnico en alemán: características y problemas en la aplicación de la traducción automática, María-Pilar Castillo Bernal

– Traducción de culturemas en textos turísticos: Tratamiento en español de las voces que designan la vestimenta tradicional coreana, Sara Robles Ávila, Jin Seo Park

– Inocuidad y alertas alimentarias: una visión léxico-traductológica (inglés-español), Jorge Leiva Rojo

– Reseñas gastronómicas en Brasil y Estados Unidos: una variedad de diferencias culturales y su impacto en la traducción, Rozane Rodrigues Rebechi, Rayane Ramos Nunes, Laura Rodrigues Munhoz, Nathália Oliva Marcon

– La medicina gráfica como herramienta para la traducción y la adaptación de textos biosanitarios, Ingrid Cobos López

– La competencia terminológica en la traducción especializada: definición y propuesta de medición en estudiantes de traducción, Javiera Vergara Toro, Sabela Fernández-Silva

– Metodología para la traducción de términos compuestos mediante corpus, Melania Cabezas-García

– ENALLTerm: hacia una base de datos al servicio de la traducción especializada, Ioana Cornea

– Cadlaws: un corpus paralelo de documentos jurídicos equivalentes inglés-francés, Francina Sole-Mauri, Pilar Sánchez-Gijón, Antoni Oliver

– Extracción de contextos definitorios de tecnologías biomédicas en corpus especializado francés, Manuel Cristóbal Rodríguez Martínez.

Correo electrónico: revistamutatismutandis@udea.edu.co
Página de Internet:  https://revistas.udea.edu.co/index.php/mutatismutandis/issue/view/3899
Ciudad: Medellín
País: Colombia

[Fuente: hispanismo.cervantes.es]

“A vida é igual a andar de bicicleta. Para manter o equilíbrio é preciso manter-se em movimento.”

– Albert Einstein

A maior conferência mundial de mobilidade em bicicleta acontece em Lisboa de 6-9 setembro 2021. O mote desta conferência é a diversidade que se encaixa perfeitamente na história da cidade de Lisboa.

O objectivo da conferência, influenciar os decisores a favor de uma mobilidade mais sustentável e inspirar debates vibrantes entre os participantes.

Os temas principais em discussão são a diversidade de bicicletas e mobilidade urbana, a Economia e turismo, a Reestruturação das cidades e política, a Construção comunitária, Cocriação e inclusão e a Saúde e resiliência climática.

Segundo os organizadores do evento, serão de 750 participantes presenciais, 1000 participantes digitais, 250 oradores, 45 países, 30 expositores e colaboradores e 4M de alcance social.

O Estrategizando estará presente a  pedalar e conta tudo nos próximos artigos e nas redes sociais.

 

[Fonte: http://www.estrategizando.pt]

 

 

Le Lévitique condamne l’homosexualité masculine. Le judaïsme, quel que soit ses courants, accueille les Juifs homosexuels. Depuis 1977, des homosexuels français sont réunis dans l’association dynamique, Beit Haverim (« La maison des amis », en hébreu). Deux affaires récentes montrent leur situation paradoxale. Le 3 juin 2016, l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk a déploré l’homosexualité et la Gay Pride à Tel Aviv, lors de sa chronique hebdomadaire matinale sur Radio J. Une polémique s’en est suivie, mêlant postures « politiquement correctes », hypocrisie, crainte de s’aliéner un lobby particulièrement actif dans les milieux politiques et médiatiques, électoralisme – « vote homosexuel » dans certains arrondissements parisiens -, réactions liberticides, propos comminatoires, ignorance du judaïsme, silence rabbinique, mépris pour l’altérité, la norme et l’autorité spirituelle ou morale, clientélisme, etc. Le 17 août 2021, Fabien Azoulay a été transféré d’une prison en Turquie, où il effectuait sa peine résultant d’une condamnation pour importation d’une substance illicite, à une maison d’arrêt en France. Un transfert bénéficiant d’une mobilisation d’institutions juives françaises qu’elles ont refusée au Dr Lionel Krief, spolié.

Publié par Véronique Chemla

Le Lévitique, troisième des cinq livres de la Torah, présente la relation sexuelle entre hommes comme une « abomination » (« To’évah », en hébreu) :

« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination« . (Lévitique 18:22)

Le Lévitique ajoute (20:13) : « L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux ».

Une exécution théorique car la peine de mort n’est pas appliquée : à partir de la chute du Temple, un sanhédrin ne peut pas se former pour l’énoncer.

Selon le rabbin libéral Gabriel Farhi, la prohibition de l’homosexualité masculine viserait la sodomie.” Delphine Horvilleur, rabbin du mouvement juif libéral, considère que « le texte n’est pas clair. Selon elle, il dénoncerait des relations sexuelles ayant un caractère humiliant entre hommes, mais pas la tendance homosexuelle. Quand à l’homosexualité féminine, elle serait “sans impact”.

« Gilles Berneim ancien grand rabbin de France, avait signé une déclaration contre l’homophobie, mais ce n’est jamais suivi par des actes », a déploré Alain Beit, président du Beit Haverim (« La maison des amis », en hébreu), association française créée en 1977 et regroupant des homosexuels juifs (Le Point, 25 septembre 2017).

Si l’homosexualité comme pratique est condamnée par le judaïsme orthodoxe, les divers courants du judaïsme s’accordent sur l’accueil des homosexuels. Le mouvement juif libéral américain ordonne des rabbins homosexuels. Et, en mai 2019, Daniel Atwood, âgé de 27 ans, a été le premier rabbin orthodoxe gay ordonné à Jérusalem, alors que la Yeshivat Chovevei Torah, séminaire juif libéral newyorkais, ait refusé sa semikha ou ordination après qu’il se soit fiancé à un homme.

En octobre 2020, Benny Lau, rabbin orthodoxe israélien influent du courant sioniste religieux, « a déclaré que la loi juive n’interdisait pas aux membres de la communauté LGBTQ de fonder une famille. Il a fait cette déclaration dans le cadre d’une série de directives, publiées sur sa page Facebook, à l’intention des Juifs pratiquants appartenant à la communauté LGBTQ et à leurs proches, sous l’intitulé « Être seul n’est pas une bonne chose pour l’Homme ».

Sur ce sujet large, j’aborderai deux affaires importantes : la polémique liée aux propos de Joseph Haïm Sitruk, ancien grand rabbin de France (1987-2008) sur Radio J en 2016, et la campagne d’institutions juives françaises unanimes visant le transfert de Fabien Azoulay, franco-américain quadragénaire gay, d’une prison turque à une prison française. Une mobilisation publique qu’ils ont refusée au Dr Lionel Krief, spolié.

Radio J
Né en 1944 à Tunis, l’ancien grand rabbin de France, Joseph Haïm Sitruk, est un chroniqueur régulier de Radio J, une des quatre radios de la fréquence juive en Île-de-France, le vendredi matin, vers 7 h 50,

Le 3 juin 2016, il a déploré l’homosexualité et la Gay Pride à Tel Aviv, lors de sa chronique hebdomadaire radiophonique qui dure quelques minutes.

Cette chronique a suscité l’hostilité générale, d’abord dans la blogosphère juive, puis légèrement au-delà. Et en plus, Joseph Haïm Sitruk a osé viser une niche touristique israélienne. Donc aucun renfort à espérer d’outre-Méditerranée. Quant aux rares sites Internet ayant défendu Haïm Sitruk tout an avançant la maladresse dans l’expression, tels JSS News et Dreuz, malheur à eux : ce fut un hallali.

Le 5 juin 2016, Serge Hajdenberg, directeur de Radio J, a expliqué sur cette radio qu’il laissait toute liberté à l’ex-grand rabbin de France Haïm Sitruk, puis s’est désolidarisé des propos tenus le 3 juin 2016 et qu’il a condamnés. Le propre du journalisme, c’est d’autoriser des opinions différentes dans le cadre de la loi. Et l’ancien grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk a le droit de ne pas être « politiquement correct », et de rappeler la position du judaïsme orthodoxe.

En enlevant cette chronique du site de la radio – pour éviter un procès ? -, Serge Hajdenberg a rendu difficile l’étude du contenu de la chronique. Tout un chacun a réagi sur les réseaux sociaux à partir d’un mot ou d’une phrase sortis de leur contexte. Sauf s’il est parvenu à trouver le podcast sur un autre site Internet.

Guy Rozanowicz, secrétaire général de la radio, a aussi évoqué des « propos dangereux » de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk.

Quelle est l’audience de la chronique hebdomadaire de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk ? Alain Granat pense-t-il sincèrement qu’un internaute attentif et influençable se rendrait immédiatement à Tel Aviv pour ne serait-ce qu’exprimer son opposition morale à la Gay Pride ? Un acte violent a-t-il été commis lors de cette manifestation sous surveillance policière accrue ?

Jewpop

Dès le 4 juin 2016, sur Jewpop, le « site qui voit des Juifs partout », Alain Granat a fustigé cette chronique du 3 juin 2016, sur Radio J, de Haïm Sitruk, ancien grand rabbin de France, hostile à la Gay Pride. Cette chronique est absente du site de la radio de la fréquence juive francilienne.

Alain Granat a écrit :

« Le 3 juin, jour de la Gay Pride de Tel-Aviv, c’est un torrent d’homophobie qu’il a déversé en toute impunité à l’antenne de la fréquence juive, Radio J se métamorphosant alors en Radio CourtoiJ.

Une bonne chronique radio, tout comme le sermon d’un rabbin, se doit de démarrer par une accroche forte. Joseph Sitruk, malgré sa santé fragile après plusieurs AVC et la maladie qui le frappe, a conservé ses réflexes en la matière. Avec une introduction ne laissant nul doute sur la teneur à venir de ses propos, toute en empathie et compréhension pour les juifs homosexuels. L’esprit apaisant du shabbat s’annonce sur les ondes de la radio juive : « La Torah considère l’homosexualité comme une abomination et un échec de l’Humanité ». Vous nous rétorquerez que de telles paroles provenant de Joseph Sitruk n’ont rien de surprenantes. Tenant, durant ses mandats successifs de grand rabbin de France (de 1987 à 2008), d’une ultra-orthodoxie tranchant avec l’esprit d’ouverture de ses prédécesseurs les Grands rabbins Kaplan et Sirat, le contraire eût étonné.

La suite de son intervention est à l’avenant, axée sur la Gay Pride de Tel-Aviv, qui « rabaisse au rang le plus vil » Israël, « initiative de tentative d’extermination morale » de son peuple. Et concluant en beauté sur le mode djihad : « J’espère que les auditeurs écouteront mon appel au secours et réagiront de façon radicale à une telle abomination ». On se souvient de l’assassinat l’année dernière d’une adolescente de 16 ans, Shira Banki, lors de la Gay Pride de Jérusalem, par un intégriste juif. Radical.

On se pose aussi légitimement la question de la responsabilité de la direction de l’antenne de Radio J, diffusant en direct sur ses ondes des propos d’une telle violence et les cautionnant de facto par son absence de réaction. Alain Beit, nouveau président de l’association juive LGBT Beit Haverim, s’en est indigné, soulignant à juste titre que si Joseph Sitruk est dans son droit d’exprimer son désaccord avec la Gay pride de Tel-Aviv, sa chronique déborde largement de ce cadre en incitant à la haine des homosexuels.

On passera sur la « mise en onde » surréaliste de cette chronique, offrant en spectacle aux auditeurs la voix d’un homme affaibli par la maladie, entre extrait sonore d’un épisode de Star Wars et parodie d’un discours de Bouteflika. Vous êtes bien sur une radio juive. On en sourirait presque si ces propos et leur diffusion irresponsable n’étaient aussi lamentables ».

À chaque élection au Grand rabbinat de France, on nous fait le même coup : le candidat « ouvert » contre le tenant de l’orthodoxie. Orthodoxie ? Je connais le sens de ce mot. Mais que signifie « ultra-orthodoxe » ? Existe-t-il des critères pour évaluer l’orthodoxie ? Si oui, lesquels ?

Pourquoi évoquer le djihad, spécifique à l’islam ? L’interprétation par Alain Granat du mot « radical » ne repose sur aucun mot. Aucun appel à l’assassinat dans cette formulation maladroite du grand rabbin Haïm Sitruk. Par un raccourci honteux, Alain Granat enchaîne sur l’assassinat de l’adolescente israélienne Shira Banki, en 2015, par un fanatique. Que signifie « radical » ? Il existe un Parti radical de gauche. Pourquoi dénigrer ce vocable « radical » ?

Avec Jewpop, aucune voix divergente ne doit s’exprimer, même maladroitement, même d’une voix quasi-inaudible, même émanant d’une personne atteinte de maladies graves ? Alain Granat aurait-il réagi ainsi si cette chronique avait été diffusée lors des mandats (1987-2008) de cet ancien grand rabbin Joseph Haïm Sitruk ? S’est-il indigné que celui-ci ait continué d’exercer sa fonction éminente malgré sa grave maladie ? Faut-il être « politiquement correct », donc de gauche, pour être publié sur Jewpop ?

Alain Granat qui évoque « RadioCourtoiJ », un jeu de mot évoquant Radio Courtoisie, média souvent classé à droite ou à l’extrême-droite.

Où est l’appel à la haine ? Il y a un appel à l’action, mais sans aucune précision sur celle à mener. Par contre, le texte d’Alain Granat est d’une rare agressivité. « On ne tire pas sur une ambulance », avait pourtant écrit la journaliste Françoise Giroud.

Et, dans un autre domaine, Alain Granat s’est-il indigné du discours de l’actuel grand rabbin de France Haïm Korsia, le 6 septembre 2015, lors de la cérémonie en mémoire aux martyrs de la Déportation, invitant à un « sursaut civique et humain« , à « des gestes forts » en faveur de l’accueil des « migrants » ? En quoi était-il « civique » d’accueillir des immigrés en situation irrégulière, originaires d’États inculquant dès le plus jeune âge l’antisémitisme à leurs habitants ? Des « gestes forts », c’est moins grave qu’une « réaction radicale » ?

Gabriel Farhi
Gabriel Farhi a fondé l’AJTM (Alliance pour un judaïsme traditionnel et moderne) représenté par la synagogue parisienne Beth Yaacov. Il est le fils du rabbin Daniel Farhi, qui dirigea le MJLF (Mouvement juif libéral de France).

Le 5 juin 2016, sur Judaïques FM, Gabriel Farhi, rabbin de la communauté Beth Yaacov et aumônier israélite des hôpitaux, a exprimé son dégoût face aux propos de l’ancien grand rabbin de France et « une certaine clémence considérant l’état de santé de l’ancien grand rabbin de France en lui reconnaissant une certaine constance sur le sujet ». Dans l’article L’Homophobie n’est pas une opinion sur son blog :

Vous souvenez-vous de Shira Banki ? C’était cette jeune fille de tout juste 16 ans qui défilait le 30 juillet dernier lors de la Gay Pride à Jérusalem. Un homme, prétendument religieux, s’est jeté sur elle et l’a poignardée à mort. Elle a succombé à ses blessures trois jours plus tard. La veille de son passage à l’acte le meurtrier faisait part de sa haine à l’encontre des homosexuels sur les ondes d’une radio israélienne. Pourquoi ce rappel alors que nous n’avons pas encore atteint la date anniversaire ? Parce que d’autres propos, similaires, ont été entendus cette fois-ci sur les ondes françaises de nos voisins d’antenne Radio J. Le Grand Rabbin Sitruk, ancien Grand Rabbin de France, a exprimé avec « violence » je reprends ses propos toute sa désapprobation de la tenue le jour même de la Gay Pride à Tel Aviv vendredi dernier. Joseph Sitruk « crie son indignation dans des termes radicaux et violents ». L’homosexualité est une « abomination » et une « catastrophe ». C’est même une « tentative d’extermination morale du peuple d’Israël ». Face à un tel péril, Joseph Sitruk en appelle aux auditeurs de Radio J en leur demandant de « réagir de façon radicale à une telle abomination »…

Comment un ancien grand rabbin de France pour lequel il nous est demandé de prononcer régulièrement des Psaumes face à son état de santé critique peut-il dans un sursaut, d’une voix chancelante, tenir de tels propos ? … On ne peut faire le reproche à Joseph Sitruk de son ultra-orthodoxie et de sa lecture littérale de la Torah. Mais a t-il vu le monde évoluer ? A t-il entendu parler de Shira Banki ? Sait-il qu’en tant que maître il a des disciples qui entendront cet appel à une réaction « radicale » comme un appel au meurtre des homosexuels. Sait-il enfin qu’en France les propos homophobes sont pénalement punis par la justice ?

Curieusement, Gabriel Farhi fuit le dialogue sur la position du judaïsme sur l’homosexualité pour se réfugier dans l’émotion vertueuse, voire dans la menace procédurière.


Delphine Horvilleur
Sur son compte Facebook, Delphine Horvilleur, femme rabbin du MJLF, a invité le 5 juin 2016 à relire le numéro de Tenoua sur l’homosexualité, tout en rappelant la mémoire de Shira.

Antoine Strobel-Dahan, rédacteur-en-chef de Tenouaa publié sur le site de la revue du (MJLF), un texte intitulé Homophobie condamnant la chronique objet de la controverse. Il consacre environ la moitié du texte à l’assassinat de Shira Banki en 2015 et de Rabin. Il oriente les lecteurs vers le numéro 60 de la revue consacré à la position du judaïsme sur l’homosexualité. Il publie l’enregistrement audio des interventions du grand rabbin, de Serge Hajdenberg et de Guy Rozanowicz, secrétaire général de la radio évoquant des « propos dangereux », sur Radio J.

Caroline Fourest

Dans sa chronique du 6 juin 2016 sur France Culture intitulée L’appel à haine du rabbin Sitruk, Caroline Fourest, journaliste qui ne cache pas son homosexualité, a fustigé le grand rabbin Sitruk qualifié d' »intégriste ». À tort, elle a allégué que l’homosexualité serait une « obsession » du chroniqueur, et l’homosexuel un « nouveau bouc émissaire ». Combien de textes sur ce thème par ce chroniqueur de Radio J ? 5, 10 sur des centaines ? Plus ? Moins ? Et Caroline Fourest de conclure sur l’impératif de condamner l’ancien grand rabbin. Les mêmes qui « sont Charlie » refusent la liberté d’expression à ceux ayant un avis distinct du leur ?! Ce « politiquement correct » conduit à la censure, à une société totalitaire.

« Le rejet de l’homosexualité est un classique des religieux conservateurs mais si on ne s’en n’émeut plus, on le légitime, et à force de le légitimer, il ne faut pas s’étonner que des fous de Dieu, (…) finissent pas exécuter ce qu’ils pensent être un ordre divin », a poursuivi la journaliste. N’importe quoi. Plus de huit millions d’habitants, dont 6,1 millions de Juifs, vivent en Israël, et aucun homosexuel n’y a été assassiné. C’est tellement plus facile, et prudent, de condamner un grand rabbin de France malade que la persécution des homosexuels par l’Autorité palestinienne, ou par divers pays musulmans.

« Ce sont les propos de Joseph Sitruk, qu’il faut abréger », a conclu Caroline Forest. Comment ? Par une réaction « radicale » ?

En 2014, Caroline Fourest avait déjà consacré une tribune au guet, divorce juif, mais en prenant une certaine liberté par rapport aux faits. En 2008, elle avait aussi publié dans Charlie hebdo un article à charge contre le grand rabbin Joseph Sitruk, sans lui donner la parole. En 2012, elle a allégué à tort que la France aurait exterminé « six millions de Juifs » (sic) lors de la Deuxième Guerre mondiale, et déplorait l’insuffisante culture générale en France. Elle souhaite limiter la liberté sur Internet, et précisait : « La haine raciste est la seule limitation à la liberté d’expression ». Apparemment, l’ex grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk ferait partie, selon elle, de ces « haineux » qu’il serait bon d’assigner en justice à fin de condamnation pénale. Et dire qu’elle enseigne à Sciences Po « Faire ou défaire société : différents modèles face aux contestations de la démocratie » !

Réseaux sociaux

Jean-Daniel Flaysakier, journaliste-médecin, l’AJC (American Jewish Committee) Paris représentée par Simone Rodan-Benzaquen, Raphaël Glucksmann, Yael Mellul, avocate, Frédéric Haziza, journaliste… La condamnation est unanime : « propos homophobes », « extrémiste », « inacceptables appels à la violence ». Combien ont entendu la chronique ayant suscité le controverse ? On ignorait l’audience si exceptionnelle de la chronique hebdomadaire sur Radio J, vers 7 h 50, de l’ex-grand rabbin de France.

Frédéric Haziza anime une des rares émissions de radios françaises juives à avoir atteint une dimension nationale : le Forum dominical de Radio J. Il collabore aussi au Canard enchaîné et à La Chaîne parlementaire. En mars 2011, il avait invité Marine Le Pen, présidente du Front national (FN). Ce qui avait suscité l’indignation de responsables communautaires et la division au sein de la direction de la radio. Radio J avait rapidement décidé de ne pas l’accueillir dans son Forum. Pour Frédéric Haziza, liberté devrait être donnée à Marine Le Pen, mais pas à l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk.

Le 4 juin, Frédéric Haziza a twitté : « Propos du GR Sitruk inacceptables. L’homophobie est un délit, une forme de racisme ». On ignorait que les homosexuels constituaient « une forme de race ». Une phrase qui n’a pas choqué les « belles âmes ».

C’est curieux : les mêmes qui exhortent à accepter la différence, l’autre, sont les premiers à condamner celui qui affirme le même impératif, et au premier lieu de l ‘altérité, la différence sexuelle.

« En qualifiant la Gay Pride de Tel Aviv de « tentative d’extermination morale du peuple d’Israël », et en appelant à réagir « de façon radicale à une telle abomination », l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruck a-t-il réalisé la gravité des paroles qu’il a tenues hier sur Radio J ? », s’est indigné Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF, qui a dénoncé les propos de l’ancien grand rabbin de France. C’est le même qui a refusé de rencontrer Naftali Bennett, alors ministre d’un gouvernement issu d’élections démocratiques en Israël.

« Je préfère cette photo aux propos haineux prononcés par Sitruck. Elle rassemble alors les propos peuvent tuer », a twitté Gil Taieb le 4 juin  2016. Ce membre du Conseil du Consistoire israélite de Paris Île-de-France a refusé d’aider le Dr Lionel Krief, médecin nucléaire juif français qui lutte contre sa mort socio-professionnelle. Tout comme l’AJC France. La solidarité avec les homosexuels prévaut sur celle avec les Juifs ? Gil Taieb entamera-t-il des démarches au sein du Consistoire contre Haïm Sitruk ?

Beit Haverim

« C’est bien l’unité de la communauté dans son ensemble que vous avez compromise », a déclaré Alain Beit, président de l’association juive LGBT, Beit Haverim, à Haïm Sitruk. Depuis quand « la communauté juive » est-elle unie ? Même pas pour défiler contre l’antisémitisme en 2002. Récemment, Serge Klarsfeld a manifesté son opposition à la conférence à laquelle participait l’essayiste Eric Zemmour car elle se tenait à la grande synagogue de la rue des Victoires. Jusqu’où ces dirigeants associatifs iront-ils dans des atteintes à nos libertés fondamentales ? La chronique du grand rabbin Joseph Haïm Sitruk a-t-elle été instrumentalisée dans une offensive impitoyable contre le judaïsme orthodoxe, consistorial ?

Alain Beit a l’intention d’assigner en justice Haïm Sitruk pour « incitation à la haine ». Alain Beit va-t-il assigner aussi Tenoua qui diffuse le podcast de la chronique litigieuse ou Frédéric Haziza pour son tweet ? Vraisemblablement non, en raison notamment de la proximité avec le MJLF, Et Alain Beit poursuivrait quels propos ? Un mot traduit en français ? Une opposition à la Gay Pride ? Vous imaginez une audience avec un septuagénaire respectable se déplaçant difficilement, arborant au revers de sa veste l’insigne de commandeur de la Légion d’Honneur, et peinant à répondre aux questions de magistrats ou d’avocats ? Et un juge de ces « territoires perdus de la justice« , si réjoui de voir des Juifs se disputer, oserait condamner la Bible, le judaïsme, ou la traduction d’un mot hébreu en « abomination » – vocable utilisé aussi pour désigner l’adultère -, voire le terme « radical » ? Est-ce ce que visent des homosexuels revendiqués et leurs soutiens ? Cette audience judiciaire risquerait de se tourner à leur désavantage dont il donnerait une image inquiétante. Leur vrai visage ? Entre deux identités – juif et homosexuel – laquelle prévaut au sein du Beit Haverim ?

Le ridicule tue aussi.

Le 18 décembre 2015, présidée par Alain Bourla, la XVIIe chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Paris a condamné Christine Boutin, ancienne ministre et ex-présidente du Parti chrétien démocrate, à 5 000 euros d’amende pour « incitation et provocation à la haine et à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle », en l’occurrence envers les homosexuels. Le « tribunal correctionnel a été au-delà des réquisitions du procureur, qui avait réclamé à l’audience fin octobre une amende de 3 000 euros à son encontre. Christine Boutin a également été condamnée à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à chacune des deux associations, Mousse et Le Refuge, qui s’étaient constituées parties civiles ». Dans un entretien au magazine Charles (2 avril 2014) et intitulé « Je suis une pécheresse », Christine Boutin avait déclaré : « L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné ». « Ce que l’on entend dans vos propos, c’est que les homosexuels sont une abomination », avait résumé le procureur, indiquant que le parquet avait reçu 500 plaintes de particuliers outrés après sa déclaration ». Qui on ? Est-on condamnable en fonction de la perception, variable selon les individus, de ses propos ? L’avocat de Christine Boutin « avait plaidé la relaxe, estimant que sa cliente était jugée pour « une opinion ». Il lançait alors : « Votre décision aura des conséquences énormes sur la liberté d’expression. Si vous suivez les réquisitions du procureur, alors il faut saisir la Bible ! » « Mon opinion s’inscrit dans la tradition chrétienne. Mais je suis une femme directe, j’essaye d’être en accord avec mes convictions profondes mais cela ne veut pas dire que je condamne les personnes homosexuelles. Je ne pensais pas blesser avec ce mot. Depuis, je ne l’ai pas redit », avait déclaré l’ancienne députée des Yvelines, en faisant part de ses regrets. Le procureur avait déclaré en audience devant un public essentiellement composé de soutiens des parties civiles : « Nous ne sommes pas dans la simple expression d’une opinion, c’est une stigmatisation publique. » En rappelant que la loi condamnant l’incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle avait été votée en 2004, il a ajouté : « Il n’y a pratiquement pas de jurisprudence, c’est la raison pour laquelle votre décision est attendue ». Un jugement inquiétant pour la liberté d’opinion et de culte.

Beit Haverim va-t-il ajouter une jurisprudence à ce jugement lourd ?

Haïm Korsia

Le 8 juin 2016, interrogé par Laetitia Enriquez pour Actualité juive hebdo, le grand rabbin de France Haïm Korsia a dit « comprendre que les propos du grand rabbin Sitruk aient pu choquer, plus particulièrement dans le contexte de l’horrible assassinat perpétré l’an dernier dans un même défilé qui se déroulait à Jérusalem… Mais je connais bien le grand rabbin Sitruk, et je peux vous assurer que ses propos ont largement dépassé sa pensée, et qu’ils ne correspondent pas à ce que le grand rabbin Sitruk a construit d’humanité tout au long de sa carrière ».

Et de poursuivre : « Il faut être autant rigoureux avec soi-même qu’il faut être généreux et bienveillant envers les autres. C’est là la grandeur du judaïsme et c’est ce que le grand rabbin Sitruk m’a lui-même appris tout au long de ces années que j’ai passées à ses côtés. Si le mot abomination est bien la traduction du mot qu’emploie la Torah au sujet de l’homosexualité, pour autant, la Torah ne parle pas de condamnation humaine. Chacun doit au contraire accueillir l’autre dans le respect de son intimité et, de façon plus générale, en œuvrant en faveur de la lutte contre les discriminations, y compris contre l’homophobie. Or, en matière de lutte contre les discriminations, le grand rabbin Sitruk a toujours été à l’avant-garde de tous les combats menés par la société française au cours de ces trente dernières années ».

Le grand rabbin Korsia « assure en outre que son prédécesseur n’avait pas mesuré le risque d’interprétation d’appel à la violence de ses mots sur d’éventuelles actions radicales de qui que ce soit », car « le grand rabbin Sitruk a toujours affirmé que celui qui commet un crime au nom de l’Éternel, commet un crime contre l’Éternel ».

D’un grand rabbin de France, de l’auteur d’un essai sur le judaïsme et la sexualité, on attendait une réaction d’une autre nature. Le long silence de Haïm Korsia sur la polémique née des propos du grand rabbin dont il a été le conseiller spécial intrigue et s’avère éloquent. Une piste explicative peut être trouvée dans un droit de réponse de Me Alex Buchinger publié par Actualité juive (n° 1394, 9 juin 2016). Cet avocat avait été pris à partie par le rabbin Gabriel Farhi dans cet hebdomadaire (1er juin 2016), dans un texte intitulé Le grand rabbin de France n’est pas libéral. Me Alex Buchinger écrit : « En tant que secrétaire rapporteur de l’ACIP » (Association consistoriale israélite de Paris), « je suis l’interlocuteur de ses salariés. Plusieurs rabbins consistoriaux m’avaient fait part de leurs préoccupations du fait de la place prise de plus en plus grande, par les dirigeants du mouvement libéral aux côtés du grand rabbin de France, et ce, au détriment de l’institution consistoriale ». Cet avocat affirmait sa conviction que le grand rabbin Korsia n’était pas libéral.

Même silence de la part du grand rabbin de Paris Michel Gugenheim.

Aucun rabbin, consistorial ou libéral, n’a indiqué, dans un communiqué de presse ou un post, la position du judaïsme sur l’homosexualité afin d’éclairer, d’informer, Juifs et non-Juifs. Aucun n’a fait ce travail indispensable de pédagogie. Ce qui aurait pu aussi mettre un terme à la polémique. Seul le rabbin Raphaël Sadin, Roch Kollel du Kollel Elicha dans le quartier de Bayit Vegan, à Jérusalem (Israël), a soutenu vers le 22 juin 2016, sur EspaceTorah.com, le grand rabbin Sitruk, et présenté de manière didactique la position du judaïsme sur l’homosexualité.

Rappeler la position du judaïsme sur l’homosexualité aurait également risqué de s’aliéner ce mouvement juif libéral et d’écorner l’image du grand rabbin de France Haïm Korsia.

L’affaire Bernheim a aussi marqué les rabbins français et les a incités à la prudence à l’égard de l’homosexualité. La position de Gilles Bernheim, alors grand rabbin de France, contre le mariage entre homosexuels, promu alors par le président François Hollande et le gouvernement socialiste, s’avère à l’origine de la découverte publique de sa fausse agrégation et de ses plagiats, ainsi que de la fin de sa fonction éminente. Nul Juif ne peut seul s’opposer au pouvoir politique en France. Une leçon bien comprise.

Pauline Bebe

Sur le Huffington Post, Pauline Bebe, première femme rabbin de France, a publié le 9 juin 2016 une lettre ouverte au grand rabbin Joseph Sitruk intitulée « J’ai été scandalisée lorsque j’ai pris connaissance des propos que vous avez tenus sur les ondes de la communauté à la veille de shabbath dernier » :

« Vous qui êtes rabbin, vous ne pouvez pas ignorer le pouvoir des mots, cette phrase des Proverbes (18, 21): « La vie et la mort sont entre les mains de la langue » et son interprétation talmudique (TJ Péah 1, 1) « Dites au médisant: il parle ici et il tue à Rome, il parle à Rome et il tue en Syrie ».
Ne croyez-vous pas que le fanatisme et les appels à la haine ont fait couler assez de sang sur la surface de la terre ?

Dois-je je vous rappeler ce que dit la tradition juive sur la responsabilité des dirigeants dont les propos ont une influence plus grande sur ceux qui les écoutent ? « Avtalion disait: Sages, mesurez vos paroles » (M. Avoth 1, 11).
Vous citez la Torah, mais cette même Torah ne dit-elle pas dans la même parasha kedoshim : « Ne reste pas indifférent au danger de ton prochain » (Lev.19, 16) ?
Alors je ne peux me taire en entendant vos propos qui incitent à la haine, et si Shira Blanki (de mémoire bénie) a été assassinée, vos propos sont aussi assassins !
Monsieur le grand rabbin, en proférant ces paroles monstrueuses contre la communauté homosexuelle, vous semblez vous prévaloir de la Torah, pourtant faudrait-il établir une hiérarchie dans le domaine de l’éthique ? Il semblerait que vous effectuez un choix dans cette Torah. Continuez-vous à mettre en pratique la lapidation par exemple du « fils rebelle et insoumis (Deut. 21, 18-21) pour lequel les sages rabbins de la Tossefta (Tos. Sanh. 11) ont dit « un fils rebelle et insoumis n’a jamais existé » ?
Continuez-vous à pratiquer la polygamie qui a été interdite par une takana, un décret de Rabbenu Guershom au XIIIème siècle, refusez-vous d’établir une ketouba, un acte de mariage sous prétexte qu’il aurait été inventé par Shimon ben Shétah au premier siècle pour protéger les droits de la femme et n’existait pas dans la « Torah » ? Continuez-vous d’appliquer la peine de mort alors qu’elle a été quasi-abrogée par les rabbins du Talmud (M. Makkoth 1, 10) ? Lorsque les rabbins ont trouvé une loi injuste, ils ont eu le courage de la faire évoluer parce qu’il fallait s’assurer que la halakha, la loi juive, reste éthique.
Ainsi aucun juif aujourd’hui ne peut se targuer d’observer la Torah à la lettre et heureusement ! Et le Deutéronome (17, 9) ne nous dit-il pas qu’il faut consulter les juges de notre temps ? Lorsque cela correspond à vos propres préjugés homophobes, il faudrait écouter un verset qui est marqué par son temps et ne correspond plus à notre sens de l’éthique aujourd’hui ?
Comme les rabbins ont fait évoluer la loi sur « le fils rebelle et insoumis », nous devons faire évoluer les esprits sur ce sujet.
Monsieur le grand rabbin, l’humiliation de la communauté homosexuelle est une ‘avera, une transgression du principe fondamental d’éthique de la Torah : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lev.18, 19) ainsi qu’une incitation à la haine. Rashi sur Berakhot (20a) disait : « Dans de nombreux cas les sages ont permis de déraciner les paroles de la Torah lorsqu’il s’agit de kevod habrioth, de l’honneur dû à toute personne créée par Dieu ».
Pensez-vous que la communauté homosexuelle n’a pas droit à ce kevod habrioth, à cet honneur, qui est dû à tout être humain quelles que soient ses origines, sa naissance, son orientation sexuelle ? Feriez-vous des différences entre les créatures de Dieu ?
Alors pour donner un autre visage au judaïsme, je veux vous dire que je suis fière de faire partie du mouvement religieux juif majoritaire dans le monde aujourd’hui, réunissant près de deux millions de juifs dans 50 pays du monde qui affirme la totale égalité de leurs fidèles et qui donne aux juifs homosexuels la même place qu’aux hétérosexuels.
Je suis fière que l’Etat d’Israël organise cette marche de fierté (gay pride) alors que d’autres pays continuent de persécuter, prôner l’exclusion et la violence envers cette communauté. Je suis fière de voir des drapeaux multicolores flotter dans le ciel d’Israël aux côtés des drapeaux bleus et blancs. Je suis fière de compter de nombreuses personnes gays dans ma communauté et qu’elles puissent accéder comme tous les autres juifs à tous les rites, transmettre le judaïsme et le vivre au quotidien en portant haut l’étendard de la kedousha, de la sainteté.
Comme tous les êtres humains, ils portent en eux l’étincelle divine car quelle que soit notre orientation sexuelle, nous avons tous « été créés à l’image de Dieu, betselem elohim » (Gen.1, 27) !
La Shekhina (Présence Divine) pleure dès qu’un être humain en humilie un autre et pire lorsqu’il incite à la violence. Monsieur le grand rabbin, vous faites pleurer la Shekhina.
Mais je sais que chaque fois qu’un être humain reconnaîtra la dignité d’un autre, différent de lui, en le regardant droit dans les yeux et qu’il ne niera pas son héritage de la Torah et sa place légitime, entière et juste dans la tradition juive, la Shekhina séchera ses larmes ». Ce texte riche en citations, et au ton violent, révèle la mission que s’est assignée Pauline Bebe : « Faire évoluer les esprits sur ce sujet » et « faire évoluer une loi injuste ». Quel programme !

Épilogue
Le 10 juin 2016, dans sa chronique matinale sur Radio J, l’ancien grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk est revenu sur sa précédente chronique. Il a affirmé ne pas vouloir exclure. Puis, il a souhaité aux auditeurs de « vivre un Chavouot dans la sérénité ».

Le 16 juin 2016, sur Radio J, le grand rabbin Haïm Korsia a défendu son prédécesseur – « Il a toujours défendu les libertés individuels et ceux en situation de faiblesse, et contre les discriminations » – en se plaçant uniquement sur le terrain des libertés et de la lutte contre l’homophobie : « On est dans la protection des droits de chacun. L’honneur du judaïsme est qu’à coté de Martin Luther King, des Juifs ont porté son combat… L’horrible tuerie d’Orlando [attentat terroriste contre un club homosexuel en Floride et revendiqué par un terroriste au nom de l’État islamique, Nda] est motivée par la haine. On doit combattre cette haine d’où qu’elle vienne ».

Radio J a diffusé une annonce publicitaire sur un prochain événement du Beit Haverim. Le 19 juin 2016, Guy Rozanowicz a interviewé en direct le responsable de l’association fondée en 1975 qui a regretté le silence du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) sur la chronique controversée.

Cette polémique inutile a terni l’image du judaïsme, présenté comme rétrograde et dangereux, et de ses principaux protagonistes. À lire les réactions et gloses, souvent outrancières, des représentants du mouvement juif libéral, on s’interroge sur leur respect des textes juifs.

Débat communautaire

Le grand rabbin de France Haïm Korsia a répondu favorablement à l’invitation du Beit Haverim et participa au débat Judaïsme contre toutes les discriminations, le 29 juin 2016, à 18 h 30, au Centre communautaire de Paris. Ce débat a été animé par Eva Soto et Pierre Gandus, journalistes respectivement sur Judaïques FM et Radio Shalom, et Jean-François Strouf, responsable de la communication et des projets au Centre et à l’ECUJE (Espace culturel et université juif d’Europe) et membre d’Avenir du judaïsme.

Organisée par le Centre communautaire de Paris et le Beit Haverim, le 29 juin 2016, cette réunion est ainsi présentée : « Dans la plus récente actualité comme dans les grandes tendances de la société, les questions de discrimination sont hélas à l’ordre du jour. On a parfois du mal à mettre des mots sur des actes. Après l’attentat d’Orlando, il aura fallu attendre plusieurs heures avant que soit prononcée l’expression « crime homophobe » – quid de l’absence du mot « islamiste » ? -, « aussi longtemps que pour l’expression « attentat antisémite » après l’attaque contre l’HyperCacher. Quel regard le judaïsme, comme doctrine, et ses dirigeants portent-ils sur ces discriminations ? À l’intérieur même de la communauté juive, les femmes sont-elles considérées avec équité par nos institutions ? Les homosexuels sont-ils réellement les bienvenus dans nos synagogues ? Dans quelle mesure l’orthodoxie juive dialogue-t-elle avec les autres courants du judaïsme ? « 

Selon le rabbin Farhi, ce débat avec Alain Beit, président de Beit Haverim, sera l’occasion de « réfléchir sur les discriminations, de présenter le regard du judaïsme sur les discriminations, de faire un tour d’horizon sur la place des femmes, les différents courants – loubavitch, conservateur, libéral, masorti – du judaïsme ». Une manière de noyer la question de l’homosexualité parmi des thématiques diverses. Le statut des femmes est-il comparable à celui des homosexuels ? Dans aucune synagogue on interroge les fidèles sur leur sexualité, et l’entrée à la synagogue n’est pas subordonnée à l’hétérosexualité.

L’AFP (Agence France Presse) publiait une dépêche intitulée La place des homosexuels dans le judaïsme français en débat. « C’est la première fois qu’un grand rabbin de France en exercice accepte notre invitation, qui sera aussi l’occasion de parler de plusieurs sujets qui fâchent », a expliqué à l’AFP Alain Beit, président de l’association de juifs homosexuels. Le grand rabbinat a tenu à « élargir le propos à d’autres discriminations, comme le sexisme », ainsi qu’aux relations entre le judaïsme incarné par le Consistoire israélite, traditionaliste et orthodoxe, et les courants progressistes (libéral ou massorti), confirme-t-on dans l’entourage du chef religieux de la première communauté juive d’Europe ».

L’AFP citait Jean-François Strouf qui considérait la déclaration de l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk « en contravention avec la loi : en France, l’homophobie n’est pas une opinion, c’est un délit… Ma lecture, qui est celle de la très grande majorité des Juifs pratiquants, est que ce que dit la Torah n’est jamais au service de la stigmatisation. Si quelqu’un ne veut pas respecter le shabbat, par exemple, personne ne peut le stigmatiser. Cela doit s’appliquer à tous les sujets ».

L’AFP évoquait aussi le guet, divorce juif, la « candidature d’une femme à la présidence du Consistoire central qui a été contestée par des dayanim, les juges rabbiniques ». Sur l’homosexualité, « sujet pas vraiment abordé par le Consistoire », déplore Alain Beit, « les tabous demeurent. Est-ce que les juifs homosexuels sont des parias ? Ou bien sont-ils les bienvenus dans les synagogues, traités sur un pied d’égalité au niveau des rites, avec une possibilité de « monter à la Torah » par exemple ? » D’où l’idée d’un premier débat, dont le mouvement homosexuel espère qu’il ne sera « pas un rendez-vous unique ».

Le 29 juin 2016 à 18 h 24, la page Facebook de cet événement indiquait : 17 Internautes intéressés dont moi, 15 participants et quatre invités. Parmi les participants : le rabbin Gabriel Farhi, deux journalistes d’Actualité juive hebdo – Sandrine Szwarc et Pierre Regini – et Yaël Hirschhorn, conseillère en Communication du grand rabbin de France. Bigre ! L’événement passionne…

La rare photographie publiée sur Twitter révèle une faible assistance. Lors du débat, aucun post n’a été publié sur cette page Facebook. Sur Twitter, Mikael Zenouda, président d’Act Up-Paris, a twitté quelques citations des orateurs.

Exemples : « Les discriminations contre les femmes ne tuent pas en France et dans le monde occidental, ailleurs oui envers les jeunes filles » (Haïm Korsia) – or, le « 4 octobre 2002, Sohane Benziane, 17 ans, était brûlée vive dans une cave de la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine » -, « Réprobation collective contre les maris qui ne remettent pas le guet à son ex femme, symbole d’asservissement de la femme » et « Place des femmes : aucune limitat° à l’accès à l’étude, mais pr rabbinat : posit° libérale non partagée par le judaïsme orthodoxe » (Korsia), « Il y a déjà un placard dans une synagogue, n’en rajoutons pas un 2eme » (Beit Haverim). Quoi de neuf ? Rien.

Ultime tweet de Mikael Zenouda à 20 h 54 à la fin du débat : « Rencontre korsia / beit : questions du public, aucune femme n’a eu la parole. @labarbelabarbe se frotterait les mains ». Puis, Mikael Zenouda s’est ravisé et a interpellé Haïm Korsia sur ce fait. À 23 h 54, il a interrogé : « Je n’ai tjrs pas compris votre conception différente de l’homophobie, condamnable et d’être contre l’homosexualité, acceptable ».

Par ce débat entre personnes partageant peu ou prou les mêmes idées, le grand rabbin Haïm Korsia a poli son image en « rabbin-prônant-l’ouverture-et-la-tolérance » par un discours convenu. Fiasco ?

Curieusement, Actualité juive hebdo (n° 1398, 7 juillet 2016) a publié un article d’une demi-page présentant de manière louangeuse ce débat. « Sans précédent également étaient à la fois la teneur et la fermeté des propos tenus car, avec audace, si ce n’est courage, la plus haute autorité religieuses du judaïsme français a martelé que l’homophobie est d’abord un délit pénalement condamnable et que « l’homophobie n’a absolument pas sa place dans le judaïsme, ni à la synagogue, ni à l’école juive », a écrit Sandrine Szwarc. Cette « plus haute autorité religieuse du judaïsme français » a-t-elle défini l’homophobie ? Où est son courage ? Le Code pénal définit-il l’homophobie ? Cet article illustre l’écart abyssal entre un média communautaire et un regard extérieur critique.

Ce « débat » est révélateur d’un manque ou d’un refus de lucidité de dirigeants communautaires sur l’urgence de défendre les Juifs spoliés sous un « gouvernement des juges », telle la sexagénaire Eva Tanger, qui affronte aussi des problèmes liés à son divorce religieux (guet), et sur laquelle pèse une menace d’expulsion alors que le fond du dossier est en cours d’examen. Au lieu d’affronter le pouvoir politique, le grand rabbin Korsia, qui n’a pas aidé le Dr Lionel Krief victime de spoliations et d’antisémitisme, a tenu des propos creux similaires à ceux énoncés lors de sa campagne électorale en 2014 et depuis son élection. Au mieux, aucun intérêt. Au pire : lamentable.

Décès

Né en 1944 à Tunis, l’ancien grand rabbin de France Haïm Sitruk (z »l) est mort le 25 septembre 2016, à 71 ans. J’adresse mes condoléances à sa famille.

En 1990, quelques jours après la profanation du cimetière juif de Carpentras, Joseph Sitruk, alors grand rabbin de France, s’était rendu dans un réunion qu’il avait conclue par ces mots : « Je perçois votre émotion. Je la comprends. J’y suis sensible. Permettez-moi de vous raconter une histoire que m’a relatée un de mes étudiants. Celui-ci a vu ces trois inscriptions sur un mur de l’université hébraïque de Jérusalem : « Dieu est mort », signé Nietzsche ». Au-dessous, quelqu’un avait écrit : « Nietzsche est mort », signé Dieu ». Et au-dessus de cette inscription, une troisième personne avait conclu : « Le peuple juif est vivant ! »

Radio J quarantenaire
Le 7 mai 2017, Radio J a invité le Beit Haverim à l’occasion du quarantenaire de sa création. A été notamment évoqué le refus du CRIF d’accepter l’association Beit Haverim comme association membre.

Pour cet anniversaire, le Beit Haverim a édité le livre Judaïsme et homosexualité. « Ce livre militant fait un bond en arrière de 40 ans pour expliquer comment une poignée de Juifs ashkénazes, en 1977, ont décidé de créer ce groupe embryonnaire qui deviendra le Beit Haverim. Traversant les décades, l’association n’a cessé de lutter pour la reconnaissance des droits des homosexuels. Quelles sont les clés qui permettent d’assumer son identité juive quand on est gay, lesbienne ou trans ? Comment la communauté juive, par l’intermédiaire de son grand rabbin de l’époque, a joué un rôle majeur pour tenter d’empêcher le mariage pour tous ? Malgré les pressions traditionnalistes, les couples de même sexe sont de plus en plus décomplexés et renouent avec une valeur chère au judaïsme, le désir de transmission, en devenant parents. Ces avancées ne peuvent malheureusement pas cacher l’homophobie d’une partie de la communauté (d’ailleurs dans le déni à ce sujet). Pourtant, le meurtre de Shira Banki à Jérusalem, puis les violents propos de l’ex-grand rabbin de France, Joseph Sitruk, interpellent. Face à tous ces tumultes, le Beit Haverim reste une oasis permettant à ses membres de maintenir un lien avec le judaïsme sans avoir à se cacher ou à craindre le regard des autres. Il n’existe pratiquement aucune bibliographie en langue française sur le thème Judaïsme et homosexualité. Cela n’est pas étonnant car les institutions juives pratiquent depuis des années une politique de l’autruche sur ce sujet en niant ou négligeant l’existence du problème. Cependant, notre position de double minorité demeure très inconfortable car nous, homosexuels juifs, « pesons » peu au sein de la communauté. De fait, très peu d’efforts sont faits pour notre inclusion ; les représentants de nos institutions semblent n’avoir tiré aucune leçon de notre statut de minorité, refusant de nous accorder un statut, ce dont ils ont eux-mêmes souffert. Pourtant, le judaïsme enseigne de ne pas faire à autrui ce qu’on ne veut pas qu’il nous fasse. Alors que les rabbins libéraux et massortis échangent avec nous depuis assez longtemps, les rabbins du Consistoire refusent pour la plupart de s’afficher avec nous. Il a été extrêmement difficile de trouver un rabbin du Consistoire qui accepte d’écrire pour le livre. Nous regrettons d’ailleurs que l’actuel grand rabbin de France ait décliné notre invitation alors qu’il est sensé représenter tous les Juifs. L’objet de ce livre est donc de réparer ces lacunes en présentant une analyse des rapports entre judaïsme et homosexualité, afin de favoriser l’émergence de pistes d’inclusion des personnes LGBT juives dans la communauté pour la prochaine décennie ».

Le Beit Haverim organise aussi une série d’événements en 2017 : conférence, etc.

S’il a participé à la Gay Pride à Paris lors de chabbat, le Beit Haverim défend l’État d’Israël accusé notamment de pinkwashing, c’est-à-dire de promouvoir par des actions de marketing son image gay-friendly, de tolérance à l’égard des homosexuels via la Gay Parade de Tel Aviv.

Fabien Azoulay

C’est un twitt publié le 10 avril 2021 par Mikaël Journo, rabbin de la communauté de Chasseloup-Laubat à Paris (75015) et alors candidat au poste de grand rabbin de France, qui a révélé à beaucoup d’Internautes et publiquement l’incarcération en Turquie du Franco-américain juif Fabien Azoulay, âgé de 43 ans.

Le 27 février 2018, Fabien Azoulay avait été condamné par la Cour d’assises d’Istanbul à 16 ans et 8 mois de prison, pour avoir acheté en 2017 du GBL, un produit rendu illégal en Turquie six mois auparavant. Un achat effectué sur un site Internet, par carte bancaire, depuis Istanbul où ce quadragénaire se trouvait dans le cadre d’un tourisme médical (opération d’implants capillaires).

Le GBL (gamma-butyrolactone) est un produit chimique utilisé initialement comme un solvant industriel. « Utilisé comme stimulant sexuel ou excitant dans les clubs parisiens, le GBL, une fois entré dans l’organisme, se change en GHB, un anesthésiant utilisé en médecine et surnommé « drogue du viol ». Si cette substance se fait plus discrète depuis 2018, lorsque les autorités et le milieu de la nuit parisienne ont tiré la sonnette d’alarme, cela n’empêche pas sa consommation de perdurer, principalement dans des cadres privés. » Une overdose de GHB induit un coma ou le décès du consommateur.

Depuis sa condamnation, le quadragénaire a « été transféré à la prison de Giresun, à huit cents kilomètres d’Istanbul, ce qui rend les visites de ses proches impossibles. Son isolement est total ».

« Incarcéré depuis le 16 septembre 2017, il a été victime de violences aggravées commises par un codétenu, qui lui a infligé des brûlures en raison de son homosexualité et de son appartenance à la religion juive. Il est constamment l’objet d’intimidations et de harcèlement en vue de sa conversion à l’Islam »

Les avocats de Fabien Azoulay, dont Me François Zimeray, ont souligné l’innocence de leur client. En mai 2019, ils ont demandé son transfert, « une procédure complexe ». « La demande de transfèrement de Fabien n’a connu aucune évolution depuis bientôt novembre 2019. Selon ses avocats, Maîtres Carole-Olivia Montenot et François Zimeray : « Nous ne méconnaissons pas ce qui fait que les relations sont distendues entre la France et la Turquie, mais il n’est pas admissible que Fabien Azoulay en fasse les frais. Nous appelons au sens des responsabilités de part et d’autre pour qu’une solution humanitaire soit trouvée et qu’il soit transféré en France. »

Des institutions juives françaises, dont le CRIF et le B’nai B’rith France, se sont mobilisées en faveur de Fabien Azoulay.

Dans une lettre au président de la République Emmanuel Macron, les avocats de la famille de Fabien Azoulay ont alerté sur la condition dramatique du condamné dans une geôle turque. Ils y ont dénoncé « une audience expéditive et une condamnation anormalement lourde. Fabien est désespéré et ses jours sont en danger ».

Lancée par David Benaym, la pétition « Transférez Fabien Azoulay incarcéré en Turquie, harcelé, torturé car français, Juif et gay » a recueilli 120 189 signatures au 18 août 2021. Sous-titre : « Le Midnight Express de Fabien Azoulay, incarcéré en Turquie ». Cette pétition rappelait les faits et exhortait à transférer Fabien Azoulay dans une prison française. « La famille considère que le risque que Fabien attente à ses jours est réel. Elle compte sur l’implication du président Macron, désormais personnellement informé de la situation, pour mettre un terme à cette situation ».

Les présidents français et turc se sont entretenus pendant 45 minutes en tête-à-tête avant le début du sommet de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique nord) le 14 juin 2021, à Bruxelles (Belgique). Le président de la République Emmanuel Macron a twitté :

« J’ai pu évoquer le cas de notre compatriote Fabien Azoulay. Les conditions d’un transfèrement rapide avancent et je l’espère nous permettront d’aboutir dans les meilleurs délais. La discussion de ce matin produit des résultats d’ores et déjà utiles ».

Le 17 août 2021, sa mise à l’écrou a été signifiée à Fabien Azoulay qui a été incarcéré à la maison d’arrêt de La Santé.

« Quand l’administration [Quai d’Orsay ou ministère des Affaires étrangères, Ndlr] se retrouve dans une situation d’inertie, il n’est pas de meilleure arme que la mobilisation de l’opinion publique. La mobilisation a permis que les deux présidents, français et turc, se parlent. Les choses ont pu s’améliorer très rapidement », a déclaré Me Carole-Olivia Montenot, avocate de Fabien Azoulay, sur Radio J, le 18 août 2021.

Elle a demandé pour son client un accompagnement psychologique et par l’aumônier de La Santé. Elle a déploré que le parquetier ait interdit à Xavier Azoulay de voir son frère revenu de Turquie. Elle a remercié ceux qui se sont mobilisés en faveur du transfèrement.

Elle a annoncé qu’elle allait déposer pour son client des demandes de permis de communiquer, et une requête en adaptation de la peine turque pour importation de produit stupéfiant au droit français : recel de vente de GBL, une infraction punie d’une peine d’emprisonnement de cinq ans. Devrait suivre la « libération quasi-immédiate » de Fabien Azoulay, compte tenu des quatre années d’emprisonnement déjà effectuées.

 

Cet article a été publié le 8 juin 2016, puis les 25 septembre 2016 et 8 mai 2017.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Ciudades con tanta historia y actividades que no querrás irte a ningún otro lugar.

Conocer el mundo es importante para muchos jóvenes. Después de años preparándose para la vida, aventurarse a lo desconocido es indispensable para muchos. Pero salir de su zona de confort muchas veces los lleva a pensar en destinos específicos que muchas veces no forman parte de un deseo propio, sino de las expectativas que otros tienen para ellos, o de lo que aparece en los medios de comunicación, o de la moda. A veces esos destinos no son lo que esperaban.

Europa posee una belleza incomparable con otros destinos del mundo, pero muchos creen que por tratarse del viejo continente es el único lugar a visitar. En realidad, hay muchas ciudades en América Latina que deberías conocer antes de pensar en un viaje al otro lado del charco. Su magia colonial, tradiciones o gastronomía, además de la vida nocturna que tienen te harán enamorarte cada vez más de América.

SANTA MARTA, COLOMBIA

Santa María

Considerado como uno de los lugares más antiguos de Colombia, es imposible no enamorarse de los paisajes y sus cálidas aguas. Además, en los últimos años se ha invertido mucho en salvar su patrimonio. La belleza del lugar ahora es impecable.

ZACATECAS, MÉXICO

Zacatecas

Con su cantera rosa, desearás caminar por las hermosas calles de una ciudad tan tranquila como hermosa y después desearás que llueva para maravillarte con los olores y colores que el paisaje puede ofrecerte. Una ciudad artística y cultural que no es tan apreciada como otras en México, pero que en pocos años va a demostrar ser una de las más importantes del país en ese ámbito.

AGUAS CALIENTES, PERÚ

Aguas Calientes

Uno de los destinos más cercanos a Machu Picchu (se encuentra a solo 30 minutos en autobús). Recorrer el imponente Machu Picchu es hermoso, pero al ir a la ciudad sagrada debes voltear a ver Aguas Calientes y maravillarte con su improvisada urbanización que le da un toque mágico en medio de tanta vegetación.

MONTEVIDEO, URUGUAY

Montevideo

Uruguay cada vez crece más como una opción para los turistas y con muy buenas razones. Desde inicios del siglo XXI se posicionó como una de las ciudades más visitadas de América Latina. Si el resto del mundo va a ella, ¿qué estamos esperando nosotros? Además de Montevideo, no puedes perderte el resto del país, con hermosos lugares como Cabo Polonio, Valizas o Colonia del Sacramento.

HEREDIA, COSTA RICA

Heredia

Después de conocer San José, no puedes perderte Heredia. Se encuentra a solo 20 minutos de la capital y tiene lugares como el Fortín, el Parque Central o la Parroquia Inmaculada Concepción que te darán un vistazo de la historia colonial del país. Además de las urbes, no puedes perderte todo el ecoturismo que puedes realizar en uno de los países más divertidos del mundo.

De Tierra de Fuego a Tijuana, en América Latina puedes encontrar miles de actividades e historias que siempre te harán querer saber más. Explora los sitios más recónditos y descubre que no necesitas ir tan lejos para encontrar lo que buscabas.

 

[Fuente: http://www.bioguia.com]

Le Musée des arts décoratifs a présenté l’exposition L’esprit du Bauhaus. L’histoire de la célèbre école d’enseignement artistique du XXe siècle visant à moderniser l’habitat et l’architecture en opérant une fusion entre les arts plastiques, l’artisanat et l’industrie. Une polémique a surgi concernant la mention du camp nazi d’Auschwitz, en Pologne, parmi les « réalisations d’anciens étudiants du Bauhaus ». Parmi les objets exposés : des candélabres. France Culture a rediffusé cette semaine une série documentaire passionnante sur le Bauhaus.
 
Publié par Véronique Chemla

« Architectes, sculpteurs, peintres, tous nous devons retourner à l’artisanat », écrit l’architecte Walter Gropius dans son manifeste du Bauhaus.

Créé en 1919 à Weimar, « dissout en 1933 à Berlin face à la montée du nazisme, le Bauhaus est une école d’enseignement artistique qui s’est imposée comme une référence incontournable de l’histoire de l’art du XXe siècle ». Un lieu d’effervescence créatrice, innovatrice artistique.

Elle « a été créée par Gropius pour rendre vie à l’habitat et à l’architecture au moyen de la synthèse des arts plastiques, de l’artisanat et de l’industrie ».

Le Musée des arts décoratifs « rend hommage à l’esprit du Bauhaus à travers plus de 900 œuvres, objets, mobilier, textiles, dessins, maquettes, peintures, replacés dans le contexte de l’école et témoignant de l’extrême richesse des champs d’expérimentation ». Parmi ces objets, fruits des réflexions d’anciens étudiants du Bauhaus : des candélabres.

L’exposition rappelle « le contexte historique et les sources qui ont permis au Bauhaus de voir le jour, pour inviter ensuite les visiteurs à suivre toutes les étapes du cursus des étudiants dans les différents ateliers ».

Elle s’achève « par une invitation à l’artiste Mathieu Mercier dont le regard porté sur les œuvres de ses contemporains (artistes, designers, plasticiens, créateurs de mode) témoigne de la permanence et de la vivacité de l’esprit du Bauhaus ».

Au terme du parcours, le visiteur découvre le planisphère « L’héritage du Bauhaus » qui a soulevé une polémique : il mentionne les réalisations des étudiants du mouvement : siège de l’Unesco, ouverture d’une station de ski, etc. Ce planisphère indique aussi : « Auschwitz, 1940 : Fritz Ertl participe à la conception du camp de concentration ».

Dans Télérama (16 novembre 2016), Xavier de Jarcy a retracé les itinéraires d’artistes du Bauhaus qui ont flirté (ou pire) avec les nazis. Et de citer Alfred Arndt (1896-1976), « étudiant au Bauhaus de 1921 à 1929. En 1930, nommé par Hannes Meyer au poste de directeur du département d’architecture intérieure. Quitte le Bauhaus en 1932. Adhère au parti nazi en 1937. Chef de la propagande de la ville de Probstzella, en Thuringe ». Fritz Ertl (1908-1982) : « cet Autrichien étudie l’architecture au Bauhaus de 1928 à 1931. Pendant la guerre, devenu membre des Waffen-SS, il dessine les plans des baraquements du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau ».

Le 11 décembre 2016, l’hebdomadaire Marianne a évoqué la polémique, notamment parmi les architectes, induite par ce planisphère et la mention d’Auschwitz.

Les commissaires de l’exposition se sont défendus en alléguant une « maladresse », et en indiquant que ces mots se différencient des autres « réalisations » par leurs caractères italiques. Olivier Gabet, directeur du Musée des arts décoratifs, s’est défendu vivement d’« aborder cette grave question avec légèreté ». Il a promis d’ajouter dans l’exposition un carton précisant que « cette carte présente une sélection de réalisations dues à un certain nombre d’anciens professeurs et élèves du Bauhaus après leur passage au sein de l’école. Elle mentionne des lieux et des dates avérés dans l’historiographie du Bauhaus et dans les biographies de chacun d’entre eux. L’héritage et la fortune critique du Bauhaus épousent l’histoire tragique du XXème siècle, et les trajectoires personnelles de certains de ses anciens membres ne reflètent pas toujours les idéaux généreux et progressistes de cette école pionnière de la modernité. »

Le 16 décembre 2016, Francis Kalifat, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), a écrit aux Arts décoratifs : « Peut-on qualifier le camp d’extermination de « réalisation architecturale » ? Peut-on même en attribuer la conception au mouvement Bahaus, alors que si certains disciples ont suivi l’idéologie nazie, d’autres se sont exilés ? Que ces mêmes architectes exilés ont participé à la construction de Tel Aviv, fleuron de l’architecture Bahaus ? » Francis Kalifat a précisé « d’ailleurs que le mouvement Bahaus a de suffisamment belles réalisations pour ne pas insulter la mémoire des millions de disparus en qualifiant le camp de la mort d’Auschwitz Birkenau de « réalisation architecturale ».
Une copie de « ce courrier a été adressée à madame Audrey Azoulay, ministre de la Culture, madame Anne Hidalgo, maire de Paris, et monsieur Olivier Fournier, président de la Fondation d’entreprise Hermès, mécène de l’exposition ».


Curieusement, aucun des journalistes présents lors du vernissage presse n’avait relevé la problématique mention du camp d’Auschwitz dans ce planisphère.

Les sources et les antécédents

L’exposition « s’ouvre sur les différentes sources du Bauhaus puisées autant dans l’organisation des chantiers des cathédrales et les arts de l’Asie que dans les modernités allemandes, les Arts and Crafts britanniques et les utopies viennoises, dont les Wiener Werkstätte ».

« En créant le Staatliches Bauhaus à Weimar, Walter Gropius poursuit les ambitions de Henry Van de Velde prônant l’alliance de l’industrie, de la modernité et de l’esthétique propre à la Deutscher Werkbund, (association d’architectes et d’industriels, dont il était membre aux côtés de Peter Behrens). Ce concept était lui-même directement issu des idées forgées par William Morris et les Arts and Crafts pour qui l’art se devait de répondre aux besoins de la société jugeant caduque la distinction entre les beaux-arts et la production artisanale. Gropius reprend ces idées en les radicalisant pour en faire, selon son manifeste, le cœur de la pédagogie « parce qu’il n’existe aucune différence, quant à l’essence, entre l’artiste et l’artisan ». Pour mieux en mesurer la filiation, les objets emblématiques de William Morris, Henry Van de Velde, Peter Behrens, et des artistes des Wiener Werkstätte tels que Koloman Moser ou Josef Hoffmann sont exposés au regard d’œuvres produites par le Bauhaus ».

« Au-delà de ces mouvements, Gropius jette les bases de l’organisation de l’école à partir des modèles empruntés au Moyen âge : la hiérarchie maîtres-compagnons-apprentis comme système de transmission, l’artisanat comme fondement de l’enseignement, ainsi que la collaboration de tous les arts en vue d’un projet commun. Il s’appuie en cela sur l’organisation des corporations travaillant sur les chantiers médiévaux des cathédrales où tous les corps de métiers se réunissaient pour accomplir ensemble « l’œuvre ». Pinacles de triptyque ou lectrins gothiques font échos au manifeste du Bauhaus illustré par la cathédrale de Lyonel Feiniger emblème de l’œuvre d’art globale et d’unité sociale ».

Les « expositions, les collections ou les publications sur les arts de l’Asie étaient suffisamment nombreuses en Allemagne pour que les artistes aient pu les observer. Théodor Bogler et Marianne Brandt partagent avec la Chine et le Japon cette même recherche des formes simples et usage des matériaux dans les objets du quotidien, tandis que les courants de pensée taoïstes auraient imprégné les réflexions de certains artistes parmi lesquels Johannes Itten et Wassily Kandinsky sur les contrastes, la composition ou le rythme ».


L’école

« À l’image d’un étudiant, le visiteur suit toutes les étapes de l’enseignement proposé, du cours préliminaire qui vise à briser les idées académiques et ouvrir l’esprit des élèves, aux passages dans les différents ateliers spécialisés ».

« Pendant quatre ans, l’élève suit ainsi une formation à la fois pratique et formelle. Cette partie de l’exposition couvre les productions de l’ensemble des ateliers de 1919 à 1933: mobilier, céramique, métal, vitrail, peinture murale, sculpture sur bois et sur pierre, tissage, typographie et publicité, photographie, théâtre… »

« Artistes de l’avant-garde et artisans enseignent et supervisent ensemble les ateliers, comme par exemple Paul Klee pour la théorie artistique, Wassily Kandinsky pour la peinture murale, Oskar Schlemmer pour le théâtre, Marcel Breuer pour le mobilier, Theodor Bogler pour la céramique, Gunta Stölzl pour le tissage, Marianne Brandt pour le métal, Herbert Bayer pour le graphisme ou encore Walter Peterhans pour la photographie. Tandis que Johannes Itten, László Moholy Nagy et Josef Albers se succèdent à la pédagogie du cours préliminaire, les rôles des maîtres de la forme, des maîtres artisans et des élèves ont su évoluer pour une plus grande transversalité. Les plus humbles travaux préparatoires des élèves sont mis en perspective des pièces les plus abouties ».

« Des études de matière, des exercices sur les couleurs, le rythme et le mouvement des formes, des maquettes, des projets en volumes, des échantillons de textile, des essais de typographie sont exposés chaque fois dans le cadre de l’atelier aux côtés des pièces produites. On découvre par exemple les productions des pièces uniques de poterie de Théodor Bogler ou ses récipients à épices en céramique de 1923 aux formes géométriques combinables et destinées à l’industrie. Les productions de Marcel Breuer permettent enfin de mettre ses pièces tubulaires les plus célèbres en perspective de ses multiples recherches sur le mobilier en bois plus brut et massif ».

Les « grands tapis et tapisseries, aux motifs répétitifs, appréhendés comme des œuvres picturales par Gunta Stölzl, sont présentés pour la première fois. Les essais typographiques de Bayer ou Albers et les campagnes publicitaires sur le tourisme de Dessau de Joost Schmidt témoignent de l’évolution de certains ateliers vers une véritable professionnalisation de leur domaine. C’est le cas de l’atelier de métal et des productions de Brandt ».

« L’atelier théâtre, animé par Schlemmer, réputé pour son Ballet Triadique (1922), est le lieu vers lequel convergent toutes les expérimentations. Il est à l’origine de très nombreuses fêtes où tous participent à la réalisation des décors, costumes, cartons d’invitation… La photographie occupe une place essentielle dans l’exposition, à la fois comme œuvre et témoignages documentaires. Les stéréotypes et photogrammes, fruits des expérimentations de Moholy Nagy, alternent avec les photographies des autres étudiants, qui prennent pour objet la vie de l’école et son incroyable bouillonnement créatif ».
Et ce sont « bien toutes ces expérimentations qui, aux côtés des œuvres de Itten, Kandinsky, Albers, font l’esprit du Bauhaus où les recherches vont autant vers l’expressionnisme, le folklore et l’art populaire, les arts primitifs, Dada et le photomontage, De Stijl et le constructivisme, que le fonctionnalisme ».


Le Bauhaus « n’est pas une école fermée sur elle-même et reste ouverte à toutes les tendances avant-gardistes de l’époque ».

En 1923, Gropius « organise la première exposition du Bauhaus, autour de la Haus am Horn, maison témoin, qui est le fruit d’un travail collaboratif des différents ateliers de l’école. Tous participent au but ultime du Bauhaus : la construction ».

Le « retentissement de cette exposition est considérable et propage les idées et les œuvres produites. Mais dès lors les élans expressionnistes d’Itten font place aux idées de Théo Van Doesburg ».

« Modernisme et constructivisme inclinent Gropius à modifier la devise du Bauhaus qui devient « L’art et la technique, une nouvelle unité ».

Dans « une Allemagne alors exsangue, le Bauhaus fait face aux difficultés matérielles et politiques et doit lutter pour survivre. Il déménage de Weimar à Dessau en 1925 dans un nouveau bâtiment qui illustre les idéologies de Gropius. L’école voisine avec les maisons de maîtres destinées aux enseignants et dont l’aménagement et le mobilier sont confiés à Marcel Breuer ».

La « vie, les productions et les fêtes reprennent jusqu’en 1932 : moment où le Bauhaus doit fermer à Dessau pour s’installer à Berlin. Hannes Meyer directeur du département architecture a alors remplacé Gropius, il sera renvoyé pour ses idées socialistes en 1930 ».

Ultime directeur de l’école, Ludwig Mies Van der Rohe est contraint de fermer l’école en 1933.


Le Bauhaus, une suite possible

L’héritage du Bauhaus a été important.

Et « bien qu’il ait marqué et imprégné tous les domaines de la création dès 1933, propagé par les enseignants et les élèves fuyant l’Allemagne, l’exposition prend le parti de rendre compte des résurgences les plus contemporaines du Bauhaus. A l’invitation du musée, l’artiste Mathieu Mercier porte son regard sensible sur les créations de plasticiens, de designers, de graphistes ou créateurs de mode qui, comme lui, poursuivent l’esprit du Bauhaus. Il a guidé son choix parmi 49 artistes tous nés après 1960 et œuvrant sans distinction entre art et art appliqué ».

Le 16 novembre 2017, de 20 h à 22 h, au mk2 Bibliothèquemk2 et Des Mots et Des Arts proposeront la conférence L’école du Bauhaus, la rencontre entre les arts. « Avec la Révolution industrielle, l’homme propulse la production de l’objet dans l’élan de la standardisation. En architecture, il réinvente la ville. Le XXe siècle démarre alors sa course folle aux grandes inventions. L’historien de l’art et journaliste Stefan Cornic vous invite à découvrir ces évolutions ».

Centenaire
Arte diffusa le 20 janvier 2019, dans le cadre de « Metropolis » (Metropolis Spezial), « Le centenaire du Bauhaus » (100 Jahre Bauhaus) réalisé par N.N. « Il y a un siècle, Walter Gropius fondait à Weimar le Bauhaus. Retour sur un mouvement novateur, qui associa architecture, design et arts appliqués. Avec notamment un sujet sur le rôle qu’ont joué les femmes au sein du mouvement, et un gros plan sur Tel-Aviv, où un ensemble de 4 000 bâtiments ont été construits dans les années 1930 selon les principes du Bauhaus.
Les femmes du Bauhaus
Le Bauhaus a-t-il pratiqué l’égalité homme-femme ? Pas vraiment. « Là où il y a de la laine, il y a aussi une femme… », se moquait Oskar Schlemmer, une des figures du mouvement. Walter Gropius, son fondateur, cantonnait ses étudiantes aux classes de tissage. Une série télévisée de Lars Kraume rend hommage aux femmes artistes qui se sont battues pour leurs droits au Bauhaus.
Tel Aviv et le Bauhaus
À Tel-Aviv, l’influence du Bauhaus s’affiche encore au travers d’un ensemble de 4 000 bâtiments, construits dans les années 1930 selon ses principes. Que reste-t-il aujourd’hui de cette utopie architecturale ?
Das Totale Tanz Theater
Avec son projet de « théâtre total », Walter Gropius souhaitait entraîner le spectateur au centre de l’action scénique. Oskar Schlemmer, lui, voulait mêler danse et géométrie. Grâce à la réalité virtuelle, les rêves de ces deux figures du Bauhaus deviennent réalité dans une installation intitulée Das Totale Tanz Theater.
Design, luxe et dépouillement
Le Bauhaus ambitionnait de créer un mobilier accessible à tous, fonctionnel et sans fioritures. Or, ses créations sont devenues des incontournables du design et des objets de luxe. Aux antipodes des idéaux du Bauhaus ?
Pour une ville ouverte !
Immeubles sinistres, autoroutes urbaines, les aberrations urbanistiques n’épargnent personne, pas même les figures du Bauhaus comme Walter Gropius. Débat sur les errements de certains architectes.
 
EXTRAITS DU CATALOGUE
 
« La chance de les connaître mais aussi de manger avec eux »
Nicholas Fox Weber
« (…)
Tout le monde ne vivait pas ainsi au Bauhaus, loin de là. Nina Kandinsky gardait toujours la nostalgie de la Russie tsariste et versait le thé d’un samovar très orné. Pour sa nouvelle maison à Dessau, elle ne voulait qu’un poêle à bois Kamin en fonte noire, au décor tarabiscoté, qui aurait eu davantage sa place dans une chaleureuse datcha que dans une cuisine contemporaine. Paul Klee, lui, aimait concocter des soupes et des ragoûts dont il choisissait les ingrédients avec la même spontanéité que les éléments de ses peintures, et de manière aussi aléatoire. Surtout, d’emblée, il y avait de l’ail.
(…)

Les règles du mazdéisme, surtout en matière d’alimentation, divisaient étudiants et professeurs en deux clans.

Au printemps et en été, les disciples de Zoroastre observaient de longs jeûnes, qui débutaient par la prise d’un puissant laxatif. Ensuite, ils ne mangeaient rien pendant trois semaines, ne consommant que des jus de fruits chauds. Pendant ces périodes, ils se retiraient dans un verger, que la secte possédait sur une colline des environs de Weimar, et là ils chantaient dévotement et entretenaient le terrain autour de leurs bosquets de framboisiers et de leurs arbres fruitiers. Ils prenaient aussi des bains rituels, brûlants, dans l’établissement de bains public de Weimar, puis se frottaient le corps avec des cendres ou du charbon. Leur objectif était de se purifier à l’extérieur comme ils l’avaient fait à l’intérieur par le jeûne et les laxatifs. Ils allaient jusqu’à se servir d’aiguilles pour se percer la peau avant de se frotter le corps avec la même huile qu’ils avaient prise comme laxatif. Cette opération était censée extraire les impuretés du sang (nous dirions aujourd’hui les « toxines »), ce qui transformait les petits trous en pustules nécessitant d’être pansées.

Ensuite, les adeptes se dépensaient avec ardeur pour transpirer beaucoup et soigner leurs ulcérations, processus qui leur provoquait souvent d’horribles démangeaisons pendant des mois.

En 1922, Itten parvint à persuader les responsables de la cuisine au Bauhaus d’adopter pendant un certain temps les préceptes mazdéens. Il insistait pour que tous les étudiants suivent les pratiques de la secte, mais Gropius s’y opposa.

Chacun dut prendre parti, finalement au profit de ce dernier. Le Conseil des maîtres intervint, Itten fut prié de se concentrer davantage sur l’enseignement ; il quitta ensuite l’école. Pour la majorité des membres du Bauhaus, l’idée qu’un ensemble de prescriptions et d’interdits, dans l’alimentation comme dans les habitudes personnelles, puisse mener à un perfectionnement spirituel était inacceptable. L’alimentation était jugée, comme tout le reste, une sphère de l’existence devant être régie par un principe de liberté, d’intelligence et une certaine désinvolture faisant la part du plaisir. En outre, l’alimentation et la cuisine étaient des sujets cruciaux à l’école, au propre mais aussi au figuré, en tant que métaphore. La cuisine était assimilée à la peinture. Par l’emploi de matériaux bruts et l’application correcte de certaines techniques on parvenait, avec les outils appropriés, à des résultats savoureux.
(…) »
« L’ésotérisme au Bauhaus »
Jean Louis Gaillemin
(…)

« L ’hystérie sublime » du gothique
Au moment où Kandinsky réalise ses premières œuvres « abstraites », Wilhelm Worringer oppose l’Einfühlung 11 des époques classiques — empathie et symbiose avec le monde organique extérieur — à l’abstraction — désir d’échapper aux incertitudes du monde extérieur en lui donnant une forme abstraite. Opposition qu’il reprend deux ans plus tard dans L’Art gothique (Formprobleme der Gotik) où l’architecture gothique, dénuée de tout souci de fonctionnalité, est une « construction en soi » : « Le constructif n’est plus un moyen pour atteindre un but, il est son propre but, qui est de satisfaire une volonté d’expression artistique. » Elle est une « fureur constructive sans objet ». (…)
Dans ses cycles de dessins des années de guerre qu’il s’apprête à publier, Taut, qui avait plaidé dans la revue Der Sturm pour une autonomie mi-cubiste mi-abstraite de l’architecture moderne tout à fait dans l’esprit de Worringer, multiplie les métamorphoses du gothique cristallin dans une architecture en symbiose avec la nature. Son architecture alpine se propose de transformer le massif qui était au cœur du conflit européen en temple de l’art et Taut s’adresse aux Européens.

Gropius au Bauhaus
Le 1er avril 1919, Gropius est finalement nommé à la direction de l’École des beaux-arts et de l’École des arts décoratifs de Weimar, qu’il réunit le 11 avril sous le nouveau nom de Bauhaus.
(…)
Il exalte la tâche commune : « Voulons, méditons et créons ensemble le nouveau Bâtiment de l’avenir, qui réunira tout, architecture et sculpture et peinture, dans une seule forme, qui, sorti des millions de mains des artisans, s’élèvera vers le ciel comme le symbole cristallin de la nouvelle foi qui s’annonce. ». Pour l’illustrer, une cathédrale cristalline entourée d’étoiles scintillantes de Lyonel Feininger. Le texte est souligné par le signet du Bauhaus de Karl Peter Röhl, symbole de l’union du terrestre et du divin, de l’origine de l’homme, de l’union des contraires : un petit homme dont les membres forment deux triangles et qui porte le Bau pyramidal, orné de quatre symboles où nous retrouvons le svastika.

La nécessité intérieure

Dans Du Spirituel dans l’art, rédigé de 1908 à 1910, Wassily Kandinsky appelait déjà de ses vœux cette union des arts qui animait le Bauhaus : « De cette unification naîtra avec le temps l’art que nous pouvons déjà entrevoir, le véritable art monumental. Et quiconque approfondit les trésors intérieurs cachés de son art […] contribue à élever la pyramide spirituelle, qui atteindra le ciel. ».

(…)
Kandinsky pense que le moment est également venu d’un « développement plus complet » de l’artiste qui lui permette de dépasser la simple perception physique et d’être sensible à la « résonance intérieure » des objets et des êtres. L’harmonie des formes et des couleurs, l’art abstrait du futur doivent reposer sur « le principe de la nécessité intérieure », lequel permet seul « le contact efficace de l’objet avec l’âme humaine ». Mais pour que cette intériorité ne reste pas un vain mot, pour que les phénomènes d’association ne viennent pas contaminer les correspondances synesthésiques, encore faut-il que l’artiste cultive sa sensibilité par des exercices de méditation qui permettraient cette métamorphose des expériences psychophysiques en expériences spirituelles.
(…)
En 1922, lorsqu’il est appelé au Bauhaus, Kandinsky a tempéré ses enthousiasmes ésotériques mais continue à se documenter sur l’astrologie, la quatrième dimension, le magnétisme pendulaire, la suggestion et l’autosuggestion, l’alchimie 41. Dans ses cours, les allusions aux phénomènes synesthésiques, ainsi que les termes de rythme, pulsations, énergie, force, sont une façon pour lui de questionner la réalité de la matière dans de vibrantes évocations des relations « micromacrocosmiques ».
 
« Le Bauhaus et les bâtisseurs de cathédrales »
Monique Blanc
 
« En tête du Manifeste du Bauhaus rédigé par Walter Gropius figure une gravure sur bois du peintre cubiste Lyonel Feininger, représentant une cathédrale gothique librement interprétée par l’artiste. Elle illustre la vision future de « l’œuvre d’art totale » en même temps qu’elle exprime la nostalgie du Moyen Âge.
(…)
Origine et statuts des Bauhütte
Au Bauhaus, le souvenir des grands chantiers des cathédrales du XIIIe siècle français flotte dans les esprits.

L’organisation des métiers en tant que communauté agissant dans l’unité et dans un même but rejoint l’idée de Gropius de « l’œuvre d’art totale sous l’égide de l’architecture », ainsi que celle de casser l’arrogante hiérarchie entre artistes et artisans, une distinction qui, précisément, n’existait pas au Moyen Âge. En revanche, on établissait alors une vraie frontière entre l’artiste et l’art, entre les arts libéraux, délivrés de la matière, d’une part, et les arts mécaniques, d’autre part ; le Bauhaus a d’ailleurs tenté une réconciliation entre arts libéraux et arts mécaniques en cherchant à faire correspondre différents modes d’expression : lignes, formes, couleur, musique, danse, notamment Oskar Schlemmer pour qui « l’être humain est autant un organisme de chair et de sang qu’un mécanisme fait de nombres et de mesures ». (…)


L’enseignement du Bauhaus
La formation est donnée par des maîtres (Meister), les élèves s’appellent apprentis (Lehrlinge) et peuvent devenir compagnons (Gesellen) ou jeunes maîtres (Jungmeister). Le conseil de maîtrise gère les affaires du Bauhaus et les nominations des jeunes maîtres, souvenir lointain des jurandes médiévales — maîtres, apprentis, compagnons, un vocabulaire repris du Moyen Âge.

L’organisation complexe des métiers jurés au Moyen Âge, véritable moteur économique du pays, ne peut bien sûr s’appliquer à une école qui en a retenu cependant l’essentiel : l’esprit, le souffle créateur, l’audace, le travail communautaire en atelier et la formation manuelle comme principe de base de l’enseignement. Jusqu’en 1925, l’enseignement au Bauhaus comporte deux volets : un enseignement de la forme (Formlehre) donné par un artiste, maître de forme, et un enseignement pratique (Werklehre) donné par un maître artisan. La présence d’un maître de forme dans l’atelier indique que l’artisan suit un modèle créé par lui, une notion étrangère au Moyen Âge puisque l’artisan maîtrisait une technique et pouvait soit reproduire un modèle, soit en inventer de nouveaux.

Chaque maître de forme enseignant au Bauhaus semble avoir sa propre liberté et originalité.

(…)
Mais peut-on dire que les formes gothiques ou Renaissance du décor se soient transmises au Bauhaus ?

Globalement non. Certains maîtres se sont, en revanche, fortement inspirés du répertoire iconographique médiéval, qu’ils ont librement interprété — Bogler et Marcks notamment. La Tour de Feu qu’Itten avait installée devant la Tempelherrenhaus ne se situe-t-elle pas entre Babel et pinacle gothique ? »
 
« L’objet en question, de quelques utopies décoratives avant le Bauhaus »
Olivier Gabet
(…)
« Longtemps la source incontestée a été les Pioneers of Modern Design de Nikolaus Pevsner, ouvrage réédité sous ce titre en 1949 (son titre original en 1936 était Pioneers of the Modern Movement). Le sous-titre, « From Willliam Morris to Walter Gropius », posait une filiation claire, mérite lui revenant de ne pas changer d’une édition à l’autre. 

Dans un exercice rétrospectif alors précurseur, Pevsner s’employait à définir les sources de la modernité en les enracinant dans un XIXe siècle relativement univoque, fondé sur la révolution philosophique et intellectuelle mûrie par les Anglais, John Ruskin et William Morris, et ses manifestations artistiques au sein du mouvement des Arts and Crafts. Cette fascination pour la pensée d’outre-Manche connaît un rayonnement puissant sur l’Europe, notamment en Allemagne, où se superposent plusieurs lectures : politique et sociale ; dynastique et artistique (…) et économique, en une réflexion sur la puissance industrielle comme fondement de la puissance allemande tout court.
(…)

Lorsque l’on expose le Bauhaus, la question des sources est le plus souvent éludée, alors que le rapprochement des objets parle souvent de lui-même. À une exhaustivité illusoire, on préférera s’arrêter sur quelques moments fondateurs de l’esprit du Bauhaus.

Avec la création de nombreux musées d’arts décoratifs partout en Europe, et particulièrement en Allemagne, et avec l’émergence d’un maillage intellectuel via la circulation élargie de revues spécialisées, ces développements artistiques ont été connus des acteurs du Bauhaus. Autant que les images, le goût et les objets voyagent, et la dimension devenue vite universelle du Bauhaus, diaspora artistique mondiale après 1933, est déjà en germe dans ces racines européennes.

Le règne des Arts and Crafts
Forte de la mise en exergue de Pevsner, l’influence la plus reconnue est celle de William Morris, sa pensée, son oeuvre et ses émules, selon des canaux historiques variés, en premier lieu Hermann Muthesius, architecte amoureux de l’Angleterre. De cet héritage, le Bauhaus retient évidemment les éléments conceptuels mais en les adaptant à un monde profondément métamorphosé, traumatisé par la Première Guerre mondiale : l’idée d’un progrès social passant par une conception nouvelle du travail, qui place l’épanouissement humain au coeur de toute activité, utopie socialiste généreuse qui se ressource à l’idée d’un âge d’or médiéval et renaissant où la communauté s’unit dans un mode de vie, non déshumanisé par le machinisme, non entravé par l’inesthétisme triomphant des productions jugées bâtardes de la première révolution industrielle anglaise. Retrouver des savoir-faire perdus, défendre une esthétique exigeante inspirée des répertoires historique, végétal et floral dans une stylisation renouvelée, penser un cadre de vie mettant en valeur l’unité du goût et du décor, alliance de l’architecture et des éléments d’ameublement (une conception qui en soi n’est pas neuve, elle est celle de tous les grands styles historiques) sont les mots d’ordre.
(…)
Influente est aussi l’organisation des ateliers des Arts and Crafts, celle qu’initie Morris avec Morris, Marshall, Faulkner & Co., organisés selon les spécialités de production, papier peint, textile, etc., et que perpétue dans les années 1880 Charles Robert Ashbee en installant dans Whitechapel la Guild of Handicraft, contribution à un projet de réforme sociale des quartiers pauvres de Londres.

Cette organisation ne cesse d’enthousiasmer ses émules, Henry Van de Velde, puis les différents mouvements de Sécession en Allemagne et en Autriche. A cette part des Arts and Crafts, il conviendrait d’ajouter celle de l’Aesthetic Movement, plus jouisseur et plus élitiste, culture de l’Art pour l’Art ou la tendance révolutionnaire semble jugulée, mais dont certaines figures dans le domaine décoratif ont un rôle indéniable, Edward Godwin dans ses recherches de formes géométriques, et Christopher Dresser, l’un des premiers designers au sens strict, qui considère incontournable le parachèvement de sa quête artistique par la production industrielle — il crée ainsi pour un éventail large de fabricants des modèles sophistiqués dont ce connaisseur de la botanique et de l’art japonais synthétise les formes les plus épurées, relevant plus du diagramme que de l’esquisse. Si cette fascination pour les potentialités de l’industrie est réelle, elle est un échec pour Dresser, dont les objets restent trop souvent coûteux. 

L’autre leçon anglaise, qui reste vivante chez Walter Gropius, c’est le rôle éminent de l’artiste — si l’on est en droit d’attendre de l’art qu’il change la vie, c’est bien à l’artiste, et non aux ingénieurs, qu’il incombe de mener à bien ce changement. C’est là un des piliers du Bauhaus.

Utopies allemandes et débats européens
Loin de se cantonner à l’Allemagne, l’esprit du Bauhaus est aussi à chercher du côté de l’Empire austro-hongrois — la philosophie des Arts and Crafts nourrit le projet de Josef Hoffmann et de Koloman Moser lorsqu’ils fondent les Wiener Werkstätte en 1903, après leur expérience à la Kunstgewerbeschule de Vienne. Là encore, comme pour Morris et Van de Velde, le projet se veut global, reprenant le principe de la Gesamtkunstwerk et, si leur première action est de créer un atelier consacré au métal, en quelques mois, ce sont tous les champs de la création que couvre l’installation des ateliers à la Neustiftgasse : reliure, cuir, laque et ébénisterie, le tout complété d’un bureau d’architecture.

La Guild of Handicraft d’Ashbee en façonne l’approche sociale et l’organisation du travail, des ateliers certes hiérarchisés, mais où chaque artisan jouit d’une liberté certaine dans la réalisation des modèles conçus par Moser et Hoffmann — les projets dessinés de ce dernier restent toujours d’une abstraction prégnante, la confiance étant absolue dans la capacité des artisans à exprimer par la matière l’essence du projet. Mais les Wiener Werkstätte rencontrent vite le même écueil que les autres utopies décoratives qui leur sont contemporaines : sur les conseils de l’Écossais Charles Rennie Mackintosh, particulièrement admiré par les Viennois, la première tendance adoptée est de privilégier une production à la commande, afin de concevoir des objets d’une parfaite portée artistique et d’une réalisation technique impeccable.

Dans cette optique d’exigence, la seconde étape, également recommandée par Mackintosh, d’un passage progressif à une diffusion plus démocratique par la fabrication industrielle, ne sera jamais atteinte — l’esprit des Wiener Werkstätte reste largement incompris, peu couronné de succès dans l’espace public, mis à part quelques chantiers comme le sanatorium de Purkersdorf en 1904 – 1905.
(…)
Là encore, le Bauhaus compte en son sein quelques passeurs évidents de la scène viennoise, Gropius a épousé Alma, la veuve du compositeur et chef d’orchestre Gustav Mahler, parfaite hôtesse du Vienne culturel et artistique, et le peintre Johannes Itten, ayant vécu à Vienne, s’y était forgé des amitiés certes plus radicales, d’Adolf Loos à Arnold Schönberg.

De la fin du XVIIIe siècle aux années 1910, de Londres à Vienne, de Darmstadt à Weimar, se mêlent références intellectuelles, principes d’organisation, répertoires formels et recherches techniques, enthousiasme respectueux pour l’artisanat, autant de ferments à l’origine des grandes utopies décoratives qui marquent ces décennies majeures.

À parts égales, le Bauhaus apparaît donc comme une synthèse longuement mûrie de ces débats et de ces tentatives, une rupture nouvelle après le chaos de la guerre, et le socle d’une modernité appelée à devenir aussi universelle que les sources dont son esprit procède ».
 
« Vivre au bauhaus : créer, enseigner, transmettre »
Anne Monier
(…)

« Paradoxalement, le Bauhaus souffre de sa popularité. Après des années de controverses esthétiques, historiques et politiques, le Bauhaus s’est imposé, mais a perdu son identité dans la bataille. On le voit comme un mouvement artistique, une période de l’histoire de l’art, surtout un style, mais rarement comme ce qu’il est en réalité, c’est-à-dire une école, un lieu de transmission, d’expérimentation et de création. Fondée en 1919 à Weimar par l’architecte Walter Gropius, afin de fusionner l’enseignement des Beaux- Arts (dispensé avant la Première Guerre mondiale par l’École des beaux-arts de Weimar) et celui des arts décoratifs (assuré par l’École des arts appliqués d’Henry Van de Velde) et ainsi abolir les frontières entre les disciplines artistiques, l’école vota sa propre dissolution en 1933, incapable de continuer sa mission dans le climat idéologique et politique allemand.

Les quatorze années d’existence du Bauhaus coïncident avec celles de la république de Weimar, tentative démocratique allemande coincée entre une monarchie autoritaire et un régime totalitaire. Comment une école aussi intrinsèquement liée à l’histoire de l’Allemagne, fondée qui plus est dans la ville de Goethe et de Schiller, est-elle devenue une source d’influence pour les architectes et designers du monde entier ? Comment une école a-t-elle pu réunir des professeurs aussi opposés que le mystique Johannes Itten et le rationnel László Moholy-Nagy, former des élèves aussi différents que le peintre Albers et la photographe Florence Henri ?

L’histoire du Bauhaus est émaillée de querelles plus ou moins violentes entre les fortes personnalités artistiques qui le composent, entre peintres et architectes, expressionnistes et constructivistes, mystiques et rationalistes, militants socialistes et tenants de l’apolitisme.

La force du Bauhaus est aussi d’avoir laissé ces différentes vues s’exprimer et coexister, animant sa communauté d’une vie artistique d’une extrême richesse, loin du dogmatisme souvent caractéristique des avant-gardes du XXe siècle.

Le Bauhaus surmonte ces apparentes contradictions car c’est avant tout l’esprit de l’école qui importe, esprit de  liberté, d’invention, de création et de transmission, que les 1 250 étudiants ainsi que les artistes, architectes et designers qui l’ont fréquenté ont ensuite transmis tout au long du XXe siècle.

Le Bauhaus est une utopie qui, pour faciliter l’émergence d’une nouvelle société, a repensé les conditions matérielles d’existence. Si cet esprit se prête particulièrement bien à l’Allemagne des années 1920, il est universel et permet de rassembler architectes, peintres, céramistes, orfèvres, etc., vers un but unique : la construction d’un nouvel environnement de vie.
(…)
Bauhaus vient de bauen, construire, et de Haus, maison. Il s’agit de construire, certes des bâtiments, mais surtout un environnement total permettant d’améliorer les conditions de vie de chacun. Proposer, à bas prix, des objets fonctionnels et esthétiques, des bâtiments équipés jusqu’au moindre détail, en faisant travailler main dans la main artistes, artisans et industriels, est l’ambition collective de l’école.
L’enseignement du Bauhaus
(…)

L’enseignement au Bauhaus, entre trois et quatre ans, commence par un cours préliminaire obligatoire, permettant de mettre tous les étudiants au même niveau, qu’ils s’agissent de peintres confirmés devant abandonner les habitudes prises au cours de leur carrière, d’étudiants devant oublier les préceptes qu’on leur a enseignés dans les académies d’art, ou de très jeunes gens sans formation.

À la suite du cours préliminaire, les étudiants choisissent l’atelier dans lequel ils souhaitent poursuivre leur éducation — du moins les hommes. Bien qu’elles soient acceptées au Bauhaus bien plus largement que dans les autres écoles d’art, les femmes sont quant à elles quasi systématiquement orientées vers les classes de tissage. À la fin de l’enseignement, les apprentis passent l’examen pour devenir compagnon, et peuvent également recevoir le diplôme du Bauhaus. Certains décident, par la suite, de rester au Bauhaus comme assistant dans un atelier.

Le but du cours préliminaire, élément pédagogique primordial et révolutionnaire en 1919, est de faire comprendre aux étudiants les propriétés de chaque matériau, de chaque forme, de chaque mouvement, afin qu’ils puissent les utiliser au mieux par la suite. Il porte la marque de ses trois maîtres successifs aux profils très différents.

Itten, peintre marqué par le mysticisme, met l’accent sur la perception et l’expression de l’individualité de chacun.
À partir d’analyses structurelles de tableaux de maîtres anciens, il expose des principes généraux de construction d’une image, mais aussi l’importance du regard dans la création artistique. Il s’agit de voir au-delà des contours de l’objet que l’on souhaite représenter et d’exprimer au mieux ce que l’on en a perçu. Il est aidé dans son enseignement par Gertrud Grünow, une musicienne travaillant sur les relations et les correspondances entre sons, couleurs et mouvements. Dans son cours de théorie de l’harmonie, elle cherche à améliorer la concentration des participants et l’utilisation de chaque sens, par des exercices de rythme, d’équilibre, de danse et de musique. Moholy-Nagy, qui reprend le cours en 1923, l’axe sur la perception visuelle, l’utilisation des trois dimensions et la construction.

Vivre au Bauhaus

Les différences existant entre le même cours dirigé par un maître différent soulignent que le Bauhaus est également une histoire de personne. Le Bauhaus est un lieu physique où maîtres, apprentis et compagnons vivent ensemble, et où la transmission du savoir se fait autant dans les ateliers ou les salles de classe qu’au quotidien. La pratique artistique est permanente : l’organisation de l’une des nombreuses fêtes (fête blanche, fête des barbes, des nez et des coeurs, fête pour l’ouverture du Bauhaus de Dessau, fête pour la naturalisation de Kandinsky, carnaval, etc.), au son de l’orchestre de l’école, suppose la création par les étudiants et les maîtres de décors, de costumes, de prospectus, de cartons d’invitation, etc. Des couples se forment, entre étudiants, mais aussi entre professeurs et étudiants ; des mariages se nouent, comme celui du couple le plus emblématique du Bauhaus : Josef et Anni Albers ; des rumeurs de liaisons circulent ; et des enfants naissent hors mariage, qui seront élevés au sein de l’école. Le Bauhaus est ainsi également une très belle utopie de vie en communauté, en essayant de faire fi de conditions matérielles très dures. Au lieu d’enseigner, Gropius passe une bonne partie de son temps à sillonner l’Allemagne pour donner des conférences, lucratives pour l’école mais également susceptibles d’y intéresser de généreux mécènes. 

Manque de temps pour se développer pleinement, incompréhension du public ou objectif irréalisable depuis le début, le Bauhaus n’arrivera en effet jamais à s’autofinancer par la vente de ses objets, dont la cible est mal définie. Sa dimension sociale est également difficile à saisir. Si les sympathies marxistes de son deuxième directeur, Hannes Meyer, l’orientent inévitablement, Gropius et Ludwig Mies van der Rohe cherchent quant à eux à garder l’école apolitique, refusant catégoriquement l’appellation de « cathédrale du socialisme ». La construction de lotissements bon marché et la création de produits beaux et pratiques, destinés à être fabriqués industriellement afin d’être les plus accessibles possible, classent néanmoins le Bauhaus du côté du progressisme social ».

 
« Architecture »
Louise Curtis
 
« L’architecture est la raison d’être de l’enseignement au Bauhaus. Dès l’ouverture de l’école en 1919, elle est au coeur des préceptes établis par Walter Gropius, dans un manifeste qui pose les bases de son programme pédagogique : « Le but ultime de toute activité plastique est l’édifice ! » Cette proclamation marque le point de départ de son raisonnement utopiste qui place la création sous l’égide de l’architecture.

Gropius y célèbre également l’idée d’un renouveau à la fois spirituel et social grâce au travail collectif de l’artiste et de l’artisan, dans un contexte d’après-guerre imprégné d’un besoin important de changement et d’harmonie. 
(…)
Malgré le rôle essentiel de l’architecture au sein du Bauhaus, un département ne lui est dédié qu’à partir de 1927 à Dessau.
(…)
La Haus am Horn, construite en 1923, est symptomatique des prises de position progressistes. Conçue à partir d’une esquisse de Georg Muche, elle est réalisée par Fred Forbát en tant que modèle grandeur nature pour la « Staatliches Bauhaus Ausstellung » (Exposition du Bauhaus) de 1923. Cette maison familiale révolutionne l’espace à habiter, tout en étant un prétexte pour vanter les prouesses effectuées par chaque atelier qui ont permis sa finalisation. Sobre et cubique, elle est un prototype pour la production en série de l’habitat modulable, qui s’articule autour d’une pièce à vivre principale.

Cette « architecture ruche », comme la surnommait Gropius, marque un tournant considérable pour l’organisation de la vie domestique puisqu’elle comprend des éléments totalement nouveaux, telle la cuisine standardisée et intégrée qui va être l’un des points de départ pour la fameuse Frankfurter Küche (1926) de Margarete Schütte-Lihotzky. À l’origine conçue comme une composante d’un lotissement (Siedlung) qui n’a jamais vu le jour, ce projet communautaire est une idée utopiste qui était déjà en germe dans des études plus anciennes, comme celles de Walter Determann (Bauhaus-Siedlung, 1920). La Haus am Horn est l’un des travaux les plus discutés de la « Staatliches Bauhaus Ausstellung » qui accueille également l’exposition internationale d’architecture. Bien qu’il n’existât pas encore de véritable cours d’architecture au Bauhaus, cet événement témoigne de l’importance omniprésente déjà accordée à la construction et aux utopies sociales.

Des photographies, des plans et des maquettes, réalisés par les plus grands acteurs de l’architecture moderne, sont également montrés pour l’occasion, dont ceux de Ludwig Mies van der Rohe, Frank Lloyd Wright, Le Corbusier et bien sûr Gropius. Alors que la Haus am Horn est contemporaine de tentatives de modifications de la maison unifamiliale, c’est avant tout un projet annonciateur pour le Bauhaus de Dessau et ses maisons de maîtres (1925) réalisés par Walter Gropius, ou encore pour la Siedlung Dessau- Törten (1926 – 1928) et la Weissenhofsiedlung de Stuttgart (1927) ».
 
« L’esprit des formes »
Marie-Sophie Carron de la Carrière
 
« Réactiver la pensée du Bauhaus en rassemblant une centaine d’œuvres d’une quarantaine d’artistes plasticiens, de designers et de créateurs de mode internationaux, datant pour la plupart des années 2000, a constitué l’idée principale de la section contemporaine de l’exposition. Le projet du musée a été confié à Mathieu Mercier, artiste majeur de la scène française, né en 1970, ayant vécu quelques années à Berlin, foyer ultime de l’école expérimentale. 

Sa passion pour le Bauhaus et pour le ready-made duchampien, sa pratique de plasticien explorant les confins du design et de l’architecture, son goût pour l’appropriation et la citation d’œuvres emblématiques de l’histoire de la modernité et des avant-gardes utopiques du début du XXe siècle ont imposé ce choix de direction artistique.

Cette attention qu’il porte à la relation entre l’art et l’objet s’incarne de manière fondatrice dans le projet du ready-made, mis au point par Marcel Duchamp en 1914 lorsqu’il expose un objet ordinaire manufacturé (un portebouteilles) dans la sphère artistique comme une œuvre de l’esprit. Dans une relation inversée, le Bauhaus produit des objets fonctionnels conçus par des artistes et destinés à la vie quotidienne. 
(…)
La référence au style moderniste des années 1920 et du début des années 1930 est soulignée par le regardanalytique et unificateur de Mathieu Mercier. Il fait alors preuve d’un véritable parti pris de télescopage et de rapprochement d’œuvres post-Bauhaus. Au-delà de l’évocation des avant-gardes européennes du début du XXe siècle, certaines pièces renvoient à des domaines culturels périphériques, comme la musique, le cinéma expérimental, ou à d’autres époques de l’histoire du design.
(…)
L’exposition devient un terrain de jeu expérimental, où les pistes de lecture des œuvres seraient brouillées au profit de la surprise. L’accrochage audacieux opère un retournement de sens des œuvres, qui sont à la croisée de plusieurs idées et de références. Le mobilier d’intérieur se charge d’une réelle ambiguïté entretenue par le dispositif de la présentation : l’étagère devient à la fois le support d’objets, comme dans un univers domestique, et une sculpture révélée par un montage de superpositions et d’affinités formelles.
(…)
Rassembler des artistes contemporains qui n’ont pas été eux-mêmes élèves du Bauhaus, c’est poser la question de la transmission d’éléments du passé dans le présent par les écoles d’art et par les travaux des artistes : un corpus de savoirs, de techniques et de pensées considéré et mis à distance dans une attitude réflexive et de dépassement de l’histoire. À la vue de leurs réalisations, le modèle historique du Bauhaus constitue une boîte à outils, autrement dit un répertoire de formes que les artistes, designers et créateurs de mode utilisent de manière décomplexée. Telle est la définition d’une tradition en transformation, c’est-à-dire vivante ».
 
« Le Bauhaus, une suite possible »
Mathieu Mercier
 
« De « quel » Bauhaus s’agissait-il d’explorer l’héritage ou, tout du moins, d’exposer une suite possible ?
(…)
Le parti pris a été de travailler à partir d’une idée globale du premier Bauhaus : celui, devenu mythique, d’une école qui a fait mouvement.

Une sélection a été faite d’une cinquantaine de créateurs dont les pratiques se croisent sur certains aspects et divergent sur d’autres, mais qui tous partagent des points communs qui font sens au regard du sujet traité. Nés après 1960, ils ont, pour la majorité, suivi une formation supérieure en école des beauxarts ou en arts appliqués. Appartenant à une génération qui a connu une période de réformes dans l’enseignement artistique, ils sont aujourd’hui en âge d’enseigner et interviennent de manière plus ou moins régulière auprès d’étudiants. La plupart ont, par ailleurs, un lien matériel avec Berlin, où ils sont plusieurs à avoir vécu au début des années 1990, dans l’atmosphère particulière, historique, de cette capitale en reconstruction, tout à la fois marquée par l’héritage du projet moderniste et les stigmates des totalitarismes les plus virulents du XXe siècle.
(…)
L’enseignement, la participation à la construction d’une ville nouvelle sur les bases du XXe siècle et le jeu sur les différentes catégories d’objets : tels sont les principaux points d’entrée qui ont guidé cette proposition. Celle-ci a aussi été conduite avec l’idée de présenter une petite série d’oeuvres plutôt qu’une seule oeuvre pour chaque participant, en adoptant un principe scénographique évoquant une présentation qui pourrait être faite au sein d’un grand atelier collectif. L’intention d’origine était de prendre en compte l’intégralité des différents cours dispensés à l’école, mais l’impossibilité matérielle d’inclure les questions relevant strictement de l’architecture est vite apparue.

Aussi n’est-il pas question, dans cette section contemporaine de « L’Esprit du Bauhaus », de l’architecture par des architectes, mais de l’architecture en tant qu’image, revue et citée par des artistes (Tatiana Trouvé). Parmi les œuvres réunies, plusieurs développent des liens forts entre la sculpture, l’architecture et l’espace (Jean-Pascal Flavien, Bojan Šarčević), dénotant souvent l’attention particulière portée par leur auteur à un usage social et politique de l’art (Liam Gillick, Joe Scanlan, Franck Scurti).

(…)
Si le Bauhaus demeure essentiel, c’est peut-être en premier lieu grâce au décloisonnement disciplinaire qu’il a opéré et à la porosité qu’il a insufflée entre les différentes catégories d’objets.

Aujourd’hui, beaucoup d’artistes prêtent, sans hésiter, une fonction utilitaire à leurs productions, modifiant ainsi profondément la relation à l’art. Certaines œuvres relèvent de l’application des valeurs d’usage (Oscar Tuazon, Atelier Van Lieshout, Jorge Pardo, Tobias Rehberger, Andrea Zittel), non sans une belle ambiguïté (Carol Bove, Koenraad Dedobbeleer, Simon Starling) ; d’autres, du détournement d’objets usuels du quotidien dont le caractère utilitaire est annihilé (Gabriel Kuri, Leonor Antunes) ou auxquels une forme de vie surréelle est insufflée (Ulla von Brandenburg) ».

« Le centenaire du Bauhaus » (100 Jahre Bauhaus) réalisé par N.N.
Allemagne, 2019
Sur Arte le 20 janvier à 12 h 30

 
Jusqu’au 26 février 2017
107, rue de Rivoli – 75001 Paris
Tél. : +33 01 44 55 57 50
Du mardi au dimanche de 11 h à 18 h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21 h
 
Visuels
Vassily Kandinsky, Kleine Welten I, lithographie en couleur,
1922, Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI,
Dist. RMN-Grand Palais / DR

Gyula Pap, Candélabre à sept branches, laiton, 1922
© Museum für Kunst und Gewerbe, Hamburg

Elisabeth (Lis) Bosien, Étude, panneau de fil métallique,
Bauhaus Dessau, 1923-1933
© The Josef and Anni Albers Foundation, VG Bild – Kunst, Bonn

Lyonel Feininger, Tête, bois polychrome, 1925
Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI,
Dist. RMN-Grand Palais / Bertrand Prévost / A.D.A.G.P. 2016

Lectrin à l’aigle, Église de Subligny (Cher), XVe siècle,
chêne sculpté © Musée des Arts décoratifs, Paris, Jean Tholance

Theodor Bogler, Machine à café, porcelaine, fer et osier, 1923 © Klassik Stiftung

Inconnu, La vie du Bauhaus, étudiants devant l’atelier vus depuis le balcon du Bauhaus (au premier plan: Anni Albers, Gunta Stölz; assis derrière: Bruno Streiff, Shlomoh Ben-David (Georg Gross), Gerda Marx, debout: Max Bill), photographie, 1927 © Bauhaus Archiv Berlin

Wilhelm Wagenfeld, Bauhauslampe, verre, nickel, 1923-1924.
Réalisée dans les ateliers de l’Ecole du Bauhaus.
Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI,
Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Claude Planchet / A.D.A.G.P. 2016

Herbert Bayer, Carte postale pour l’exposition Bauhaus, lithographie, 1923.
Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Droits réservés

Ruth Consemuller, Tapisserie, laine tissée, 1926 © Bauhaus-Universität Weimar, Archiv der Moderne

Lux Feininger, Masque de scène du Bauhaus
sur le toit du Bauhaus de Dessau, photographie, 1928
© Estate of T. Lux Feininger / Bauhaus-Archiv Berlin

Marianne Brandt, Théière et passe-thé, argent, ébène,
vers 1924 © The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMNGrand
Palais / image of the MMA / A.D.A.G.P. 2016

Marianne Brandt, L’Atelier se reflétant dans la boule (autoportrait dans l’atelier Bauhaus à Dessau), photographie, 1928-1929 © Bauhaus-Archiv Berlin / A.D.A.G.P. 2016

Dörte Helm, Carte postale issue d’un ensemble de 20 lithographies, 1923, Paris
Centre Pompidou © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

 
Josef Albers, Tables gigognes, placage de frêne, noir laqué, verre peint, 1927 © The Josef and Anni Albers Foundation, VG Bild – Kunst, Bonn
 
Marcel Breuer, Tables gigognes, bois, acier tubulaire, 1928
© Musée des Arts décoratifs, Paris, Jean Tholance / A.D.A.G.P. 2016
 

Bruno Paul, Candélabre à treize lumières, laiton, 1901 © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt, DR

Mathieu Mercier, Sans titre (Bougie/cercle chromatique de J. Itten), bougie, sublimation sur socle en Corian, vers 2011
© Mathieu Mercier et Mehdi Chouakri Berlin

Couverture du catalogue
Erich Consemüller, Scène du Bauhaus : inconnue au masque dans un fauteuil tubulaire de Marcel Breuer portant un masque de Oskar Schlemmer et une robe de Lis Beyer.
Photographie, 1926 © Bauhaus-Archiv Berlin

Muller Van Severen, Installation, cuir, laiton, propylène, 2012
© Musée des Arts décoratifs, Paris, Jean Tholance

Vassily Kandinsky, Neuf éléments de cercle chromatique,
peinture sur papier, 1922-1933
Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI,
Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

Exercice d’élève du Bauhaus-Dessau/Berlin, 1926-1933, Paris Centre Pompidou
© The Josef and Anni Albers Foundation / ADAGP / Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacques Faujour

Theodor Bogler, Théière avec poignée, grès, 1923 © Klassik Stiftung

Gyula Pap, Pichet, cuivre, argent et bronze, 1923
© Klassik Stiftung

Josef Albers, Tasse à thé avec soucoupe et remueur/brasseur, verre thermorésistant, acier chromé, ébène et porcelaine, 1925 © The Josef and Anni Albers Foundation / VG Bild-Kunst, Bonn

Marcel Breuer, Fauteuil Lattenstuhl, structure en érable, assise avec sangles de soutien en textile et coussin, 1929 © Ulrich Fiedler / Photographie, Martin Müller

Josef Albers, Gitterbild (Grid Mounted), verre, métal et fil métallique, 1921
© The Josef and Anni Albers Foundation / VG Bild-Kunst, Bonn

 

Gunta Stölzl, 5 Chöre, tapisserie jacquard, 1928 © St Annen-Museum / Fotoarchiv der Hansestadt Lübeck

T. Lux Feininger, Etudiants sur l’escalier du Bauhaus (à gauche, montant les marches : Lena Bergner, Grete Reichardt; au centre: Gunta Stölzl ; à côté d’elle: Lijuba Monastirsky; descendant : Otti Berger, Lis Beyer ; à sa droite: Elisabeth Mueller, Rosa Berger ; Ruth Hollos derrière Lisbeth Oestreicher au premier plan), photographie, 1927 © Bauhaus Archiv Berlin

Alma Buscher, Toupies, bois peint, 1923
© Die Neue Sammlung – The Design Museum / Foto Alexander Laurenzo

Marcel Breuer, Fauteuil Wassily (Chaise modèle B3), structure en tube d’acier chromé, assise, dossier et accoudoirs en cuir, 1927 © Ulrich Fiedler / Photographie, Martin Müller

Oskar Schlemmer, Metalltanz ou ‘’Dance in Metal’’ (Carla Grosch) sur la scène du Bauhaus Dessau, film sur acétate, 1929 © Bauhaus Archiv Berlin / Photographie, Robert Binnermann

Raphaël Zarka, maquette de la Colonne Prismatique nº 3, 2016, chêne, métal
Collection de l’artiste

Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 26 février 2017, puis les 15 novembre 2017 et 19 janvier 2019.
 
[Source : http://www.veroniquechemla.info]

A 80 años de su nacimiento, recuperamos este retrato de Rodolfo Enrique Fogwill escrito por Patricio Pron unos días después de su muerte

Fogwill retratado por Ale Guyot

Por Patricio Pron

Rodolfo Enrique Fogwill nació en Buenos Aires en 1941. Murió en 2010. No es poco habitual que la muerte de un escritor sea abordada mencionando el hecho de que “quedan sus libros” y que la existencia de esos libros se postule como paliativo al pesar por la pérdida. Aunque este argumento es esencialmente correcto, puesto que es la obra de un escritor la que realmente importa, y su muerte tan solo debería provocar pesar por suponer el final de esa obra, no es realmente aplicable al caso de Fogwill, y esto por dos razones.

La primera, porque la figura autoral de Fogwill resultaba casi tan importante como su propia obra, que a menudo la apuntalaba o la contradecía jovialmente. Fogwill fue increíblemente talentoso para reconocer aquellos territorios de la cultura argentina en los que se producían tensiones y para reconocer los cambios en las condiciones materiales y económicas que les daban lugar. Al reconocerlos, Fogwill se instalaba en ellos y realizaba una parodia de los elementos más conservadores que participaban del conflicto; su actitud era producto del agotamiento de la figura del intelectual “comprometido” en Argentina y del tránsito esperpéntico del maoísmo al liberalismo que realizaron muchos de ellos.

Fogwill comprendió muy pronto que las posibilidades de intervención política con las que contaba un escritor argentino tras el fracaso y la aniquilación de los proyectos políticos de construcción del socialismo en el período comprendido entre 1973 y 1983 eran mayores si este no amonestaba ni pretendía instalarse como una conciencia crítica o moral sino, precisamente, si asumía las actitudes más conservadoras y las llevaba a su paroxismo, exagerándolas.

Se sabe: la parodia es repetición con distancia crítica. En el caso de Fogwill esa distancia crítica (imperceptible para algunas personas, que le odiaron o simplemente prefirieron apartarse de su camino) provenía del hecho de que exageraba las posiciones conservadoras hasta ridiculizarlas, ridiculizándose de paso a sí mismo y a lo que se supone que un escritor argentino es o debería ser, y a menudo (lamentablemente) es. Un ejemplo típico de esta estrategia tenía lugar toda vez que Fogwill sostenía que los campos de concentración alemanes no habían existido nunca, y, contra toda evidencia, afirmaba que estos eran el resultado de una maniobra publicitaria de los Aliados; a continuación, pasaba a ponderar las virtudes del ejército israelí, y, en ese punto, su interlocutor comprendía las similitudes entre ambos argumentos, abandonaba los argumentos propios con los que había procurado hacer que Fogwill cambiara su postura y comprendía que simplemente había estado participando de un diálogo en el que se le había exigido que asumiese la defensa de unos argumentos que eran los correctos y que estaban en las antípodas de lo que sostenía el escritor argentino, caricaturizándolos.

A pesar de esta actitud principalmente escandalosa y beligerante, en manifiesta hostilidad a cierta corrección política que, por su naturaleza misma, no es política en absoluto, Fogwill era en la intimidad una persona agradable, y esta es la segunda razón por la que se le echará de menos. Nadie había leído tanto como él (solo Elvio E. Gandolfo, que era su amigo y uno de los pocos escritores argentinos que Fogwill realmente admiraba), nadie había visto todo lo que él había visto, nadie había sido todo lo que él había sido, lo que incluía una larga lista de profesiones y adicciones en una vida que debe haber sido muy difícil y muy feliz. A Fogwill le gustaba que sus amigos tuvieran hijos y me dicen que fue un padre  liberal pero sólido. También era extraordinariamente generoso con los jóvenes y lo fue con mis primeros libros. Una vez corrigió las erratas tipográficas de una novela que yo le había enviado, todas ellas y sin que yo se lo pidiera. Me dio dos consejos a lo largo de nuestro intercambio de cartas y de correos electrónicos: que escuchara mucho a Isaco Abitbol y que, a diferencia de algunos, no utilizara la literatura para hacer turismo. Ambos fueron excelentes consejos.

Cuando finalmente le conocí, en su última visita a Madrid, hablamos sobre sus libros y sobre su vida y él nos leyó, a sus editores y a algunos amigos, cuando terminamos en un restaurante, su poema “Llamado por los malos poetas y flirteó un poco con mi mujer. Al despedirnos nos abrazamos y algo sucedió y yo tuve el coraje del que casi siempre carezco en presencia de un escritor que admiro para agradecerle por sus libros, por lo que esos libros habían representado para mí y por su ejemplo. Fogwill respondió: “Gracias a ustedes por el viaje y acabó marchándose a un hotel que, en su opinión, estaba lleno de trampas mortales. Fuimos afortunados por haber sido sus contemporáneos y los contemporáneos de una obra cuya claridad y belleza harán comprender a quien no la conozca aun cuán grande es el tamaño de esta pérdida.

[Publicado originalmente en El Boomeran(g), 23 de agosto de 2010 – reproducido en http://www.latempestad.mx]

es.wikipedia.org

 

Escrito por Norberto Ovando

Una evaluación de la Unión Internacional para la Conservación de la Naturaleza nos da a conocer que “Estar dentro de la prestigiosa lista de Patrimonio Mundial Natural de la UNESCO no es sinónimo de que la biodiversidad del sitio está completamente protegida”

Por Prof. Norberto Ovando* y Gpque. Adalberto D. Álvarez**

La IUCN es el órgano consultivo sobre Patrimonio Mundial Natural que proporciona asesoramiento técnico independiente al Comité del Patrimonio Mundial.

Según un reciente informe de la Unión Internacional para la Conservación de la Naturaleza (IUCN por sus siglas en inglés), publicado en 2020, indica que el 33% de los 252 sitios catalogados como Patrimonio Mundial Natural de la UNESCO se encuentran amenazados principalmente por el cambio climático, seguido por las especies invasivas, el turismo masivo, la contaminación del agua, los incendios, entre otras.

Los resultados de la “Perspectiva 3 del Patrimonio Mundial de la UICN” muestran que, de todos los sitios naturales y mixtos del Patrimonio Mundial en América del Sur, el 48% se evalúa como“preocupación significativa”.

“El Patrimonio Mundial se distingue por la excelencia en la gestión y la nueva Perspectiva del Patrimonio Mundial hace un llamamiento a la acción para asegurar que todos los sitios en la lista demuestran de forma inequívoca lo mejor de la conservación, teniendo en cuenta tres factores: su valor natural, los problemas que enfrentan y la calidad de su gestión”.

Puesto que el Patrimonio Mundial (cultural y natural) es el legado que recibimos del pasado, lo que vivimos en el presente y lo que transmitimos a las futuras generaciones, la responsabilidad de protegerlo incumbe también a todos los Estados partes, a la comunidad internacional y a la sociedad civil en su conjunto.

Los sitios del Patrimonio Mundial pertenecen a todos los pueblos del mundo, independientemente del territorio en que estén localizados.

La Perspectiva de la IUCN evalúa tanto las amenazas actuales como las potenciales; aspectos críticos de la protección y la gestión, como la financiación sostenible, la observancia efectiva, la dotación de personal y la eficacia de la gestión en general, son sistemáticamente motivo de grave preocupación en muchos sitios.

Cada sitio recibe una calificación según el estado y la evolución de sus valores, amenazas, así como lo referido a su protección y gestión.

Como cualquier área natural, los sitios del Patrimonio Mundial pueden verse expuestos a amenazas, tanto dentro como fuera de sus límites. Dichas amenazas pueden ser de carácter natural, como los fenómenos medioambientales, o producidas por la acción del hombre, como los proyectos ineficientes de infraestructura (represas y carreteras), el daño producido a la flora y la fauna, etc.

Calificación asignada a cada Patrimonio Mundial en Argentina

Buena: los valores del sitio se encuentran en buen estado y es probable que se mantengan en un futuro previsible, siempre que también se mantengan las medidas de conservación actuales.

Parque Nacional Talampaya, La Rioja

Parque Provincial Ischigualasto, San Juan

Parque Nacional Los Alerces, Chubut

Buena con cierta preocupación: a pesar de la existencia de cierta preocupación, es probable que los aspectos básicos de los valores de los sitios puedan mantenerse a largo plazo si se aplican medidas de conservación menores de carácter adicional.

Área Natural Protegida Península Valdés, Chubut

Parque Nacional Los Glaciares, Santa Cruz

Alta preocupación: los valores del sitio están amenazados y/o muestran signos de deterioro. Se deben aplicar medidas de conservación adicionales significativas para poder mantener y/o restaurar los valores de medio a largo plazo.

Parque Nacional Iguazú, Misiones

Crítica: los valores del sitio están seriamente amenazados y/o deteriorándose. Se necesitan medidas de conservación adicionales a gran escala para mantener y/o restaurar los valores del sitio a corto y medio plazo o los valores pueden perderse.

Actualmente no hay sitios en nuestro país con esta calificación.

Por ser el Patrimonio Mundial, Parque Nacional Iguazú, con la más baja calificación en nuestro país, evaluaremos su estado actual y futuro inmediato.

En 1928 por Ley Nacional 6.712 se adquieren 75.000 hectáreas para crear un futuro parque, que recién se materializa como Parque Nacional Iguazú a través de la Ley n° 12.103 sancionada el 29 de septiembre de 1934, en el extremo noroeste del Territorio Nacional de Misiones. Recién el 10 de diciembre de 1953 por iniciativa del presidente Juan Domingo Perón, a través de la ley nº 14.294 se dispuso la provincialización del Territorio Nacional de Misiones, y el 24 de febrero de 1978 se declara a Puerto Iguazú municipio de primera categoría.

La superficie total del parque es de 67.698 ha que se subdivide entre el: Parque Nacional con 59.945 ha; la Reserva Nacional con 7.675 ha y la Reserva Natural Silvestre con 78 ha.

Objetivo de conservación: conservar una muestra de la selva húmeda subtropical (Paranaense), preservando la calidad del sistema hidrológico y los recursos paisajísticos naturales e históricos.

Categoría Internacional: el Parque Nacional Iguazú fue inscripto por la Organización de las Naciones Unidas para la Educación, la Ciencia y la Cultura (UNESCO) como “Sitio del Patrimonio Mundial” en 1984, cuyos criterios naturales de selección son (vii) y (x) y se refieren a:

(vii) “Contener fenómenos naturales superlativos o áreas de excepcional belleza natural e importancia estética”; y (x) “Contener los hábitats naturales más importantes y significativos para la conservación in situ de la diversidad biológica, incluidos los que contienen especies amenazadas de valor universal excepcional desde el punto de vista de la ciencia o la conservación“.

Criterio (vii): Parque Nacional Iguazú conserva una de las cascadas más grandes y espectaculares del mundo.

Criterio (x): forma el mayor remanente protegido de la selva subtropical paranaense, que pertenece al Bosque Atlántico Interior. La rica biodiversidad incluye más de 2000 especies de plantas, 400 especies de aves y posiblemente hasta 80 mamíferos, así como innumerables especies de invertebrados. Las especies carismáticas raras incluyen el caimán de hocico ancho, el oso hormiguero gigante, el águila arpía, el ocelote y el yaguareté. Junto a las cataratas, a lo largo del río y en las islas, un ecosistema altamente especializado lleno de vida ha evolucionado en respuesta a las condiciones extremas del agua que forma nubes de vapor de agua generado por los grandes saltos; dentro del ambiente con mayor biodiversidad de la Argentina.

Recientemente, las perspectivas de conservación de este sitio fueron evaluadas como “preocupación significativa”.

El Parque Nacional Iguazú conserva un importante remanente de la Selva Atlántica, una de las prioridades mundiales de conservación más amenazadas. Este bioma forestal que abarca históricamente grandes partes de la costa brasileña y se extiende hasta el norte de Argentina y Uruguay, así como el este de Paraguay, es conocido por su hábitat extremo y diversidad de especies, así como su alto grado de endemismo. Alrededor de 2000 especies de plantas, incluyendo unas 80 especies de árboles han sido evaluadas, junto con alrededor de 400 especies de aves, incluyendo el escurridizo águila arpía.

Hoy en día, ambos Parques Nacionales en Brasil y Argentina están rodeados principalmente por un paisaje que ha sido fuertemente alterado debido a la tala (corte de árboles desde su base), como a la transformación del uso de la tierra, tanto históricamente como en el presente.

La gestión eficaz de las áreas protegidas y la mitigación de los impactos del uso de la tierra en y desde el paisaje circundante aumentan la probabilidad de mantener muchos de los valores por los que el parque ha sido inscrito al patrimonio, y contribuyen a la supervivencia de las especies que lo habita. El papel destacado como un importante destino turístico internacional y nacional hace que el Parque Nacional Iguazú sea un área muy destacada. Es probable que las amenazas atraigan mucha atención y hay importantes incentivos políticos y económicos para invertir en el futuro de su conservación y manejo del turismo sostenible.

Requisitos y recomendaciones para la protección y manejo

El Parque Nacional Iguazú es propiedad exclusiva del Gobierno Nacional y es parte integral del Sistema Nacional de Áreas Protegidas Federales de Argentina (SIFAP), bajo la Ley de Parques Nacionales nº 22.351. El manejo de esta área protegida está en manos de profesionales capacitados, incluyendo guardaparques. Se dispone de un presupuesto anual para garantizar la infraestructura y el equipo necesarios para desempeñar sus funciones de manera responsable. Una oficina técnica regional presta apoyo profesional, y hay un centro de investigación subtropical que realiza estudios ecológicos.

Las represas afectan a sitios con valores estéticos, como las emblemáticas Cataratas del Iguazú. “Los niveles de agua de las Cataratas se modifican artificialmente a través de centrales río arriba en Brasil, como la Central Hidroeléctrica Gobernador José Richa, también conocida como Usina Hidroeléctrica Salto Caxias, ubicada en el río Iguazú, Estado de Paraná, causando impactos paisajísticos y ecológicos. Estos impactos requieren vigilancia y mitigación, y es necesario prevenir peores impactos futuros”.

“La gestión del turismo es una tarea clave en el parque, para minimizar los impactos directos e indirectos de las visitas masivas y maximiza las oportunidades en términos de conscientización para la conservación de la naturaleza y la financiación de la conservación”.

“El valor del parque se consolida por la contigüidad con el Parque Nacional do Iguaçu en Brasil, pero requiere una gestión efectiva correspondiente a ambos lados de la frontera internacional. Lo más inmediatamente posible es muy conveniente y, de hecho, necesaria una mayor armonización de la planificación, la gestión y la supervisión. Lo ideal sería que un enfoque conjunto incluyera el compromiso al más alto nivel político de llevar a cabo actividades tangibles sobre el terreno sobre la base de los esfuerzos existentes”.

“Entre las amenazas que requieren atención permanente se encuentran la deforestación en curso en la región, incluidos los bosques adyacentes en el cercano Brasil y el Paraguay, la invasión agrícola, así como la caza furtiva y la extracción de plantas. El turismo, la forma de recreación y la correspondiente infraestructura de transporte y alojamiento sin duda han estado impactando en el parque y pueden pasar rápidamente los límites aceptables”.

“Dada la transformación en curso del paisaje en torno a ambos Parques Nacionales Iguazú en Argentina y do Iguaçu en Brasil en las últimas décadas, la futura gestión tendrá que desarrollar escenarios y planes a más largo plazo teniendo en cuenta esta realidad. Más allá del parque, además, deberán encontrar un equilibrio entre la conservación y el uso de tierras circundantes y recursos en la provincia de Misiones para mantener o restaurar la conectividad del paisaje. Esto requerirá trabajar con otros sectores y comunidades locales. En corto tiempo, el Parque Nacional Iguazú debería ser amortiguado por una planificación adecuada y armonizada del uso de la tierra en las áreas adyacentes en Argentina, Brasil y Paraguay”.

Conclusión

Si bien se han logrado éxitos de conservación individuales en varios sitios, en general esta imagen muestra que se requiere mucho más para cumplir con la ambición de mejorar la conservación y perspectivas para todo nuestro Patrimonio Mundial Natural.

Los gobiernos deben poner manos a la obra para implementar medidas eficaces con partidas presupuestarias adecuadas y un mayor apoyo para el mantenimiento de las áreas naturales; lugares que están demostrado ser esenciales para la salud y el bienestar de la humanidad.

Fuente: IUCN/AAPN

*Presidente y ** vicepresidente de la Asociación Amigos de los Parques Nacionales (AAPN), expertos de las Comisiones Mundiales de Áreas Protegidas (WCPA) y Educación y Comunicación (CEC), Unión Internacional para la Conservación de la Naturaleza (IUCN).

 

[Imagen:  es.wikipedia.org – fuente: http://www.pressenza.com]

Cuba volvió a estar en el ojo del huracán, como cíclicamente hace 62 años, y la maquinaria mediática mundial acompañada por una megaingeniería de bots desplegó toda su artillería inundando pantallas y confundiendo subjetividades.

(AFP)

Escrito por Gerardo Szalkowicz

De este lado de la mecha predominó la defensa acrítica de la revolución, que además de inexacta resulta ineficaz en la disputa de sentido. ¿Hay margen para defender a Cuba en esta guerra no convencional sin caer en pensamientos binarios y conclusiones lineales?

Cualquier mirada sobre la isla que se pretenda honesta debe partir del omnipresente bloqueo impuesto en 1962, sostenido por todos los inquilinos de la Casa Blanca y ampliado por Trump con 243 nuevas sanciones en medio de la pandemia. Con Biden, por ahora, nada nuevo bajo el sol. El bloqueo no es abstracto ni discursivo: restringe por ejemplo el ingreso de alimentos e insumos básicos como medicamentos, jeringas o respiradores. Los daños acumulados en seis décadas ascienden a 144 mil millones de dólares.

Desde 1992, cada año la asamblea de la ONU vota una resolución casi unánime condenando el bloqueo; en junio pasado, 184 países pidieron ponerle fin y otra vez solo se opusieron Estados Unidos e Israel. Dimensionemos esto: nunca en la historia de la humanidad una superpotencia económica y militar agredió a un país pequeño por tanto tiempo y con tanta virulencia.

Solo un puñado de líderes de la región pusieron en primer plano este innegable condicionamiento de la realidad cubana: Lula da Silva, Alberto Fernández, Nicolás Maduro, Evo Morales, el futuro presidente peruano Pedro Castillo y el mexicano Andrés Manuel López Obrador, quien sintetizó: “Si se quisiera ayudar a Cuba, lo primero que se debería hacer es suspender el bloqueo”.

Dicho esto, vamos a lo novedoso que explotó el 11 de julio. Las protestas de ese día reclamaron por el desabastecimiento, los precios de los alimentos, la falta de medicinas y los cortes de energía. El escenario mediático se había cocinado desde el extranjero con un ejército de trolls que posicionaron la campaña #SOSCuba (operación probada por Julián Macías Tovar en su cuenta de Twitter). Germinó así una jornada inédita solo comparable al “Maleconazo” de 1994. Inédito también fue el grado de violencia de algunos grupos de manifestantes, así como la respuesta policial, las detenciones arbitrarias y el apagón digital.

La heterogeneidad de los sectores movilizados dificulta la caracterización a 6.900 km de distancia. Dice la revista cubana La Tizza: “Los que salieron a protestar eran pueblo, esa parte del pueblo que ha sido más desfavorecida con el inevitable aumento de la desigualdad social. Este sector fue activado por la agenda política de la contrarrevolución. Hubo espontaneidad pero también hubo una operación política y de inteligencia”.

Hace tiempo venían madurando las condiciones para que pasara algo así. El proceso de reformas económicas iniciado en 2011 viene demasiado lento e ineficiente, y durante la pandemia se agravó la crisis por el desplome del turismo y el recrudecimiento del bloqueo. La unificación monetaria de este año derivó en una devaluación-inflación que agudizó el desgaste, generando un escenario similar al “período especial” de los ´90.

En los últimos años emergieron algunos grupos opositores como el Movimiento San Isidro, artistas y youtubers, con cierta incidencia a partir de la masificación del internet móvil en 2018. Es indudable que hay un caldo de cultivo fogoneado y financiado desde Washington y Miami, como también que hay un sector de la población, sobre todo en la juventud, que salió a las calles a expresar genuinamente un descontento acumulado. Hace agua entonces la narrativa oficial del “son todos mercenarios proyanquis” que menosprecia el malestar ciudadano; el “golpe blando” es real pero no explica toda la película.

El asunto se complejiza por la descomunal sobredimensión y distorsión de los hechos en la prensa internacional, con un torbellino de noticias falsas y fotos manipuladas (imágenes de Egipto o de marchas oficialistas haciéndolas pasar por opositoras). Y con toda la derecha mundial bombardeando hipocresía. Llegaron al colmo tipos como Mauricio Macri predicando sobre “libertad y democracia” luego de revelarse que apoyó con armamento el golpe de Estado en Bolivia, o comunicados como el del gobierno colombiano pidiendo “respetar el derecho a la protesta” tras un tendal de 74 manifestantes asesinados en dos meses.

El escenario abierto el 11-J evidencia la necesidad de una revisión profunda. El escritor cubano Leonardo Padura describe el momento como “resultado de la desesperación de una larga crisis económica y sanitaria pero también de una crisis de confianza y de pérdida de expectativas. Una crisis que requiere respuestas no solo de índole material sino también de carácter político”. El gobierno enfrenta el desafío de encontrar soluciones inmediatas con tanto viento en contra pero sobre todo de proyectar una renovación política más pluralista que corrija anacronismos. De tener sentido del momento histórico para, como pregonaba Fidel, “cambiar lo que deba ser cambiado”.

Cuba siempre genera pasiones encontradas. Por haber elegido un camino de soberanía. Por ser bastión de resistencia y alternativa al capitalismo. Por eso desde hace seis décadas EE.UU. se obsesiona en asfixiarla y destruir su revolución. Una revolución que deberá reinventarse pero a partir del rumbo que decidan las cubanas y cubanos, sin bloqueos criminales ni injerencia extranjera.

 Gerardo Szalkowicz es editor de NODAL. Autor del libro “América Latina. Huellas y retos del ciclo progresista”. Conduce el programa radial “Al sur del Río Bravo”.

 

 

[Foto: AFP – fuente: http://www.pagina12.com.ar]

Escrito por José Ernesto Nováez Guerrero 

Los cubanos vivimos la jornada del 11 de julio con asombro, tensión e incertidumbre. Lo que inició con una protesta en el municipio de San Antonio de los Baños, en la provincia de Artemisa, se extendió rápidamente por el país, llevando a que muchos saliéramos a las calles para defender proyectos de país muchas veces contrapuestos.

Entender los sucesos en toda su complejidad resulta fundamental para el futuro de la isla. Lo ocurrido evidencia fracturas y retos que es necesario, como pueblo, asumir y resolver para evitar escenarios de una mayor escalada de tensiones.

En primer lugar está la crisis económica y sanitaria generada por la pandemia del Covid-19 a escala mundial y que ha golpeado duramente a todas las economías, en especial a las más pobres. En Cuba, con una economía constantemente tensionada por el bloqueo de Estados Unidos y un subdesarrollo estructural que no ha sido posible superar, ese impacto se ha visto reforzado.

Como consecuencia, se ha creado un escenario de desabastecimiento, ajustes, distribución racionada de los bienes de consumo básicos, escasez de fármacos e irregularidad en los servicios, lo cual contribuye a complejizar de sobremanera el día a día del cubano común. Por si fuera poco, en semanas recientes ha habido una nueva ola de contagios sin precedentes en el país que ha congestionando los servicios sanitarios en casi toda la isla y llevando a nuevas medidas restrictivas en un intento de las autoridades por frenar el aluvión de nuevos casos.

Para entender el estallido del domingo 11, es preciso tener en cuenta la estrategia sostenida de subversión del orden interno en Cuba por parte del gobierno de Estados Unidos. Esta estrategia, que se remonta a los inicios de la Revolución, ha transitado por diversas fases, que incluyen el apoyo a la contrarrevolución armada interna en los primeros años de la década de los 60, los atentados y sabotajes contra infraestructuras de servicios o productivas, la introducción de virus y enfermedades, como la fiebre porcina y el dengue hemorrágico.

Con los años se ha ido acrecentando y perfeccionando el mecanismo de sanciones orientadas a ahogar cualquier vía de liquidez para la economía cubana. Estas medidas, cuyo carácter extraterritorial Cuba y la Asamblea General de Naciones Unidas han condenado en numerosas ocasiones, contribuyen a dificultar significativamente la dinámica interna del país, sirviendo como aliciente para crear insatisfacción social.

La irrupción de las redes sociales en la cotidianeidad de los cubanos aporta otro elemento a esta estrategia de subversión. Dichas redes son empresas privadas capitalistas con claros compromisos ideológicos con la élite mundial, son actores políticos de subversión probados en numerosos escenarios internacionales. Baste recordar su papel en las revoluciones de colores o en la llamada primavera árabe. En nuestro continente podemos destacar su función en el golpe de Estado en Bolivia en 2019.

El analista español Julián Macías Tovar demostró cómo se construyó y magnificó mediante bots la etiqueta SOSCuba, involucrando a famosos y logrando generar estados de opinión que promovieran la inestabilidad en el país. También se han usado intensivamente fake news y fotos y videos orientados a crear la matriz de que existe una gran inestabilidad interna y que la policía ha sido represiva. En esta campaña de asalto simbólico lo menos importante es la verdad, sino el rédito a corto plazo en materia de lograr acciones y reacciones en lo nacional e internacional.

En este sentido, se pretenden manipular los hechos recientes para colocar en la agenda política estadunidense el tema de una invasión militar “humanitaria”, apelando a un supuesto colapso interno.

Para los cubanos en la isla lo ocurrido el 11 de julio plantea retos y contradicciones que debemos resolver como sociedad para garantizar un desarrollo armónico. El más importante es cómo lograr mayor grado de democracia y participación popular sin fracturar la unidad nacional, que tan importante ha sido para enfrentar la agresión constante de EU. Y como extensión de este está el de cómo construir sólidos vínculos entre la nación y la emigración, de forma tal que esta última no acabe actuando como instigadora de la agresión y persecución en contra de su país natal.

Es preciso lograr una penetración social más profunda de las estructuras de participación y asistencia social creadas por la Revolución. Entre los manifestantes del 11 de julio contra la Revolución muchos sostenían posturas anexionistas, contra las que combatió José Martí, quien comprendió con total lucidez que tras esta postura política se ocultaban intereses expansionistas.

El combate contra el anexionismo, que tiene en la industria cultural miamense y los símbolos que esta fabrica sus emblemas vitales en la hora presente, es una de las tareas mayores. Pero este combate es también contra las formas ideológicas de dominación del gran capital.

Estas horas de dificultad no pueden hacernos olvidar las perspectivas que se abren para el país, sobre todo con la vacuna Abdala. Antes de finalizar agosto el gobierno estima tener inoculada a más de 60 por ciento de la gente, lo que augura un escenario de progresiva normalización de la vida en el país y de retorno del turismo, vital para la economía.

Además, alegra comprobar que Cuba nunca ha estado ni estará sola. Muchos países e infinidad de amigos de todo el mundo han alzado sus voces enérgicas en defensa de la isla rebelde.

Los que salimos a las calles el 11 de julio al grito de patria o muerte no llamábamos a dañar a nadie, expresábamos la convicción de defender con nuestra vida aquello en lo que creemos. A pesar de la imagen que desde los medios cartelizados y las redes sociales se ha intentado construir, los revolucionarios cubanos no somos violentos. En Cuba se ha dialoga incansablemente, pero la línea roja siempre será la defensa de la soberanía como obra colectiva de justicia social.

Un país que se construye permanentemente en el ejercicio constante de todos los cubanos, que se crece ante las dificultades, que avanza entre el escarnio y la mentira. Un pequeño archipiélago que tuvo el atrevimiento de construir un proceso social de los humildes, por los humildes y para los humildes. Por eso, por todas estas razones y por muchas más, Cuba por siempre defendida.

* Coordinador del capítulo cubano de la Red en Defensa de la Humanidad

 

[Fuente: http://www.jornada.com.mx]

 

Convertir la ratafia catalana en un licor de referència als restaurants, les llars, per acompanyar l’aperitiu o combinar en un còctel

Un ermità mostrant una ampolla de ratafia

Un ermità mostrant una ampolla de ratafia.

Fer de la ratafia el licor de referència de les sobretaules al país, amb divulgació entre la població catalana i el turisme. Aquest és l’objectiu del Consell Regulador de la Ratafia Catalana, que prepara un seguit d’accions destinades a empreses del sector de la restauració i distribuïdors per impulsar el consum d’aquest beuratge tan nostrat.

Reivindicar la vigència i modernitat de la ratafia i aconseguir que sigui inclòs a les cartes dels restaurants, i recomanat per a les sobretaules per part dels propis restauradors.

Els fabricants s’han compromès a garantir els estàndards de qualitat de la beguda, preservant les formes d’elaboració i adequant el sector a les normatives europees que marquen els mètodes i la seguretat del procediment alimentari.

La ratafia ha de convertir-se en quelcom més que un xupet o digestiu, i apunten a que esdevingui també una beguda per acompanyar l’aperitiu o entri en l’àmbit de la cocteleria.

[Foto: Licors Portet – font: http://www.racocatala.cat]

Unhas guías turísticas desenvolvidas pola Rede de Xuderías de España vai poder permitir coñecer máis de preto esta parte da herdanza cultural e patrimonial máis esquecida.

Acto de presentación das guías turísticas da Red de Juderías de España

Acto de presentación das guías turísticas da Rede de Xuderías de España

Escrito por Patricia Otero

Rede de Xuderías de España presentou este xoves, 1 de xullo, en Santiago de Compostela as guías turísticas sefardís das tres cidades galegas que pertencen a esta asociación: Tui, Ribadavia e Monforte de Lemos. O obxectivo destas guías é dar a coñecer e poñer en valor o patrimonio xudeu, que é un dos menos coñecidos tanto de Europa como de España. “Fixemos unha guía que vai permitir que sexa moito máis entendible. Hai detrás todo un mundo que descubrir que forma parte da nosa identidade”, explicou a xerente da Rede de Xuderías de España, Marta Puig.

A directora de Turismo de Galicia, Nava Castro, expuxo que “o turismo cultural é unha das principais fortalezas de Galicia. Cada vez son máis os turistas que nos elixen para coñecer esta historia”. Polo tanto, explicou que o pasado xudeu forma parte da nosa identidade cultural como galegos e é necesario dar a coñecer estes territorios. “Eses viaxeiros que busquen ese legado xudeu en España tamén teñen Galicia”, recalcou Nava Castro. “É un destino que podemos defender con orgullo, non só polo que significa, senón polo que emociona. Ata os máis expertos da materia gozan coñecendo esa parte da historia”, engadiu Puig

A autora das guías, Alejandra Abulafia, explicou no acto que se realizou un traballo de máis de dous anos nos que se visitou e se coñeceu cada unha das cidades para poder elaborar as guías. Albufalia explicou que non existía ningunha guía sefardí específica para cada cidade e que eles decidiron facer unha que fora do xeral ao particular.

Primeiro hai unha cronoloxía e un contexto histórico para que “cada turista cando chegue á cidade poida recorrer cada punto por si mesmo” e a  continuación xa se desenvolven cada un dos puntos do itinerario. Ademais, na guía tamén se engaden outros lugares e actividades que visitar e ao final fálase da gastronomía“, para completar a experiencia. Que se poida levar un pouco o que é a gastronomía sefardí”, comentou Abulafia.

RIBADAVIA, TUI E MONFORTE DE LEMOS

As tres cidades galegas que contan con unha destas guías turísticas son Ribadavia, Tui e Monforte de Lemos. O alcalde de Monforte de Lemos, José Tomé, explicou que a publicación e a difusión destas guías vai supoñer un acto cualitativo moi importante para coñecer o patrimonio xudeu que atesoura Galicia. “As guías reflicten as vontades de colaboración cos que vimos apostando de xeito decidido os tres concellos. Para todos aqueles que queiran visitar Galicia, as xuderías son un elemento clave á hora de coñecer o noso mosaico cultural”, comentou Tomé.

O alcalde de Tui, Enrique Cabaleiro, engadiu que “temos o deber ético como sociedade de preservar e protexer”. Destacou que se senten “orgullosos e privilexiados” de que o xudaísmo forme parte da nosa historia e expón que Tui é un dos concellos que ten un maior legado patrimonial xudeu de todo o país.

Por último a alcaldesa de Ribadavia, Noelia Rodríguez Travieso, puxo de manifesto que o seu municipio leva apostando polo legado sefardí desde que se constituíu a Rede de Xuderías de España fai 21 anos. “Hoxe en día Ribadavia é a única cidade galega que dispón dun espazo dedicado á historia dos xudeus galegos”, destaca Rodríguez Travieso. Explicou que gracias a esta guía van poder achegar unha parte da historia a todos aqueles turistas que os van visitar.

 

[Fonte: http://www.galiciaconfidencial.com]

A crise da Cinemateca Brasileira e os muitos esforços para assegurar suaparea reabertura

(Van Campos/Fotoarena)

foto: Van Campos/Fotoarena

Escrito por Darlene J. Sadlier
Em 7 de agosto de 2020, mais de cem apoiadores reuniram-se na frente da Cinemateca Brasileira (CB) em São Paulo. Ali observaram membros da Polícia Federal Brasileira, armados com metralhadoras, acompanharem o representante de governo Hélio Ferraz de Oliveira, chefe interino da Secretaria Audiovisual (SAv), para coletar as chaves da instituição com Francisco Câmpera, diretor da Associação de Comunicação Educacional Roquette Pinto (ACERP), a qual fora oficialmente contratada em março de 2018 pelos ministérios da Educação e Cultura para gerir as operações da CB.[1]

Em dezembro de 2019, com menos de um ano da presidência de Jair Bolsonaro, que começou com o desmantelamento do Ministério da Cultura, o governo falhou na renovação do contrato com a ACERP. Novas propostas para a gestão da Cinemateca Brasileira (CB) supostamente seriam consideradas em fevereiro de 2020. Isso não aconteceu, e nem aconteceu de o governo concordar com a proposta emergencial da ACERP para assegurar a continuidade das operações e da segurança da CB até que uma nova organização pudesse ser nomeada.

Em fevereiro de 2020, enchentes em São Paulo atingiram uma das unidades da Cinemateca Brasileira, que perdeu mais de cem mil DVD’s, rolos de filmes e coleções de livros devido aos danos causados pela água. Em maio de 2020, a ACERP anunciou que não recebia, desde dezembro de 2019, fundos governamentais para manter utilidades e salários do pessoal, e para apoiar a missão institucional como centro nacional de aquisição, preservação, documentação e exibição dos materiais audiovisuais brasileiros. Essa missão também envolvia projetos e serviços nas áreas de pesquisa audiovisual e tecnologia da informação.

Uma semana após tensa entrega das chaves, a ACERP foi forçada a demitir os membros restantes dos inicialmente sessenta e dois técnicos da Cinemateca Brasileira (CB), os quais ficaram quatro meses sem pagamento para proteger os materiais, em especial as coleções de nitrato e acetato, que precisavam de um controle restrito de temperatura e de checagens regulares. O pessoal da segurança e da manutenção geral foi dispensado até que alertas a respeito da possibilidade de fogo e outros perigos que ameaçavam destruir a coleção inteira fossem feitos. Em resposta, o governo contratou um pequeno e destreinado pessoal para serviços básicos, incluindo limpeza, prevenção contrafogo e segurança.

Embora Oliveira tenha assegurado a um grupo de funcionários na entrega das chaves em agosto que uma nova organização de gestão seria em breve nomeada, as repetidas promessas a esse respeito ainda não foram cumpridas.[2] O que está na balança é a extensa memória audiovisual brasileira – um legado que data da virada do século XX. Partes dessa memória já tinham sido apagadas por quatro incêndios em depósitos de nitrato, o último em 2016. Ao longo dos últimos anos, cortes no pessoal especializado e substituições destreinadas colocaram a saúde e bem-estar da CB em perigo. O preocupante cenário atual está longe de ser único. Em 2018, uma parcela significativa do patrimônio nacional virou fumaça quando o Museu Nacional do Rio de Janeiro foi completamente queimado. Suas perdas incluíram artefatos insubstituíveis que documentavam a história da população indígena brasileira e sua rica herança.

As perdas potenciais na Cinemateca Brasileira (CB), o maior centro audiovisual da América do Sul, são significativas: estão em risco mais de 250 mil rolos de filmes, representando cerca de trinta mil títulos, e aproximadamente um milhão de documentos. Arquivos de grandes diretores como Glauber Rocha, Carlos Reichenbach e Ana Carolina; de companhias de cinema como Atlântida e Vera Cruz; da agência do governo Embrafilme; e do fundador da CB Paulo Emílio Salles Gomes estão dentre os muitos alojados ali. A larga coleção de cinejornais da Cinemateca Brasileira inclui noticiários da TV Tupi, a primeira rede de televisão aberta brasileira, criada em 1950. Seu trabalho de conservação e suas instalações para preservação são reconhecidos mundialmente, com a capacidade digital de, sozinha, possibilitar a transformação de películas de 8mm, 9.5mm, 16mm e 35mm em HD, 2K, 4K e 6K. Os materiais digitalizados incluem 6.322 filmes, 3.834 pôsteres de filmes brasileiros e internacionais, 53.381 fotos de produção e 24.354 outros itens que vão desde os roteiros de notícias da TV Tupi (1950-1980) até todas as edições do jornal de prestígio Filme Cultura, publicado pela primeira vez em 1966.[3]

Figura 1. Sede da Cinemateca Brasileira. Foto da autora



Ocupando uma área de mais de 23.200 metros quadrados, a sede da CB tem dois cinemas; um café; uma biblioteca de pesquisa; quatro salas com controle de temperatura, duas para filmes coloridos e duas para preto e branco; quatro salas em uma área separada para filmes de nitrato, cada uma com capacidade de mil rolos; mais escritório e espaços de exibição. Áreas separadas contêm filmes deteriorados, cópias de filmes para exibição, e as vastas coleções de vídeo e digitais. Há também laboratórios com equipamentos para conservação e preservação. Uma tela ao ar livre de aproximadamente 13 por 5,5 metros oferece projeções digitais e de filmes em 35mm. Tudo isso e mais foi tirado e trancafiado por um governo doente, sem sinais de liberação, a despeito de protestos, festivais manifesto, editoriais, cartas e petições pela esperançosa, ainda que cada vez mais ansiosa, comunidade de filmes no Brasil e no mundo. As propriedades e trabalhos extraordinários dessa renomada instituição, a qual tem sido feita de refém por razões políticas enganosas, têm sido negadas ao público brasileiro e mundial.


(a)


(b)


(c)


(d)

Figura 2. Instalações na sede da Cinemateca Brasileira, incluindo (a) um de dois cinemas, (b) o cofre de vídeo e digital, (c) o cofre principal, e (d) o cofre de nitrato. Imagem cortesia da autora.

Uma história muito concisa da Cinemateca Brasileira

A história da CB é um emaranhado de organizações privadas em constante mudança, ministérios do governo, disrupções políticas, e acidentes desastrosos.[4] A maioria dos pesquisadores que escrevem sobre a Cinemateca Brasileira consideram sua origem como pós Segunda Guerra Mundial, com a fundação do Segundo Cine Clube de São Paulo, em 1946, embora o curto Primeiro Cineclube de São Paulo, que fora iniciado em 1940 e banido em 1941 pelo governo de direita Estado Novo de Getúlio Vargas, seja citado de forma recorrente como fundacional. No Brasil, apesar dos praticantes e entusiastas de todas as persuasões políticas, a cultura cinematográfica está numa estrada rochosa em qualquer momento que a direita esteja no poder. Pela ditadura de Vargas (1937-1945) e a direita posterior do regime militar (1964-1985), um olhar atento foi mantido nas produções de filmes não governamentais, e a censura e repressão foram regularmente praticadas por agências como o Departamento de Imprensa e Propaganda de Vargas.

O banimento do primeiro Cineclube está sem dúvidas relacionado a dois de seus membros fundadores, Paulo Emílio Salles Gomes e Antonio Candido, que eram membros da União Socialista Democrática e ativos no Grupo Radical anti-Vargas para Ação Popular. Um jovem militante, Salles Gomes fugiu do Brasil no fim dos anos 1930, passando dois anos em Paris, na maior parte do tempo em cinemas e na cinemateca francesa, as quais foram fundamentais em sua evolução para o maior crítico de cinema do Brasil e defensor ferrenho do Segundo Cineclube de São Paulo.

Em 1949, o Segundo Cine Clube, uma entidade privada, assinou um acordo com o recém-criado Museu de Arte de São Paulo para estabelecer a Filmoteca do Museu, também uma entidade privada. Entre 1949 e 1956, a Filmoteca estava ativamente coletando materiais com o intuito de preservar o maior número possível de filmes brasileiros, desde seus primórdios, junto com uma seleção de filmes internacionais. Voltando a Paris em 1946, Salles Gomes construía relações entre o Segundo Cineclube/Filmoteca e a Federação Internacional de Arquivos de Filmes (FIAF), para a qual ele foi eleito vice-presidente em 1951. (A Filmoteca tornou-se membro da FIAF em 1948). De volta ao Brasil em 1954, ele assumiu a direção da Filmoteca enquanto continuava tendo laços estreitos com a FIAF, cujas doações, juntamente à coleção própria da Filmoteca, aumentaram o arquivo crescente de mais de 182 mil metros de celuloide para além do espaço que havia disponível no museu.

Também estava aparente em 1956 que havia uma diferença entre o interesse do museu na exibição de filmes e o desejo da Filmoteca de se tornar uma cinemateca completa, o que requer tanto o apoio estadual quanto o federal. Em 1956, a Filmoteca deixou o museu para se tornar a Cinemateca Brasileira, uma instituição autônoma cujos centro administrativo e coleção majoritária, incluindo os raros filmes de nitrato, foram movidos para um prédio comercial no centro de São Paulo; outras partes de seu grande acervo foram armazenadas pela cidade.

Durante o verão quente de 1957, um incêndio atingiu o altamente inflamável estoque de nitrato, destruindo um terço dos filmes da CB, junto com sua biblioteca de livros e gravações, tesouros de documentos, e coleções de câmeras. Quase sua coleção inteira de filmes e cópias para uso em cineclubes e outros locais foi perdida. Perdidos, também, foram os documentos doados por Alberto Cavalcanti, o qual deixara a Inglaterra para chefiar o hollywoodiano e de curta duração Estúdio Vera Cruz (1949-1954) em São Paulo. A CB recebeu doação de filmes, livros e outros materiais de todos os lugares, assim como pequenas quantias de dinheiro, enquanto manteve seu funcionamento com a verba de cursos de cinema e mostras de filmes na cidade e além. Seu centro administrativo e arquivos remanescentes foram realocados para as áreas de um prédio e espaços de armazenamento no Parque Ibirapuera, um dos maiores parques urbanos na América Latina. Em 1961, a CB mudou seu estado jurídico para o de fundação, o que a possibilitou receber fundos do estado de São Paulo. No ano seguinte, a Sociedade Amigos da Cinemateca (SAC), sem fins lucrativos, foi formada para ajudar a financiar atividades e projetos da CB, o que continuou fazendo no período do atual fiasco.[5]

Sem uma casa debaixo de um teto, sem armazenamento seguro para suas coleções, e com a inevitável ruína e fluidez do financiamento estatal e municipal, a Cinemateca Brasileira batalhou. Ainda assim, ela continuou ativa na aquisição e exibição. A cúpula militar de 1964 que derrubou o democraticamente eleito presidente João Goulart (1961-1964) não foi boa para a “cultura viva” de instituições como a CB, cujos eventos atraiam grandes e perspicazes públicos. A recém-criada Universidade de Brasília, com docentes de primeira linha, foi invadida pelos militares em 1964 e 1965; quinze membros da faculdade foram demitidos como subversivos e 223 dos restantes 305 membros renunciaram em protesto. Um dos campos que era desenvolvido lá, e que consequentemente perdeu para essa tragédia, era o campo audiovisual sob a direção de Salles Gomes, do diretor Nelson Pereira dos Santos e do crítico de filmes Jean-Claude Bernardet. A passagem do AI-5 em 1968 pela direita militar, a qual chegou a uma cúpula de sucesso junto ao governo naquele ano, suspendeu todos os direitos constitucionais. A tortura policial e militar de suspeitos de dissidência tornou-se predominante. Em 1969, a Cinemateca Brasileira perdeu ainda parte de sua coleção devido a um incêndio causado pelo nitrato autoinflamável.

Aqueles dias sombrios duraram anos, até a abertura política no fim dos anos 1970 e o retorno da democracia em 1985. A atividade majoritária da Cinemateca Brasileira em sua base modesta no Parque Ibirapuera era fornecer filmes para exibições em cineclubes. O cineasta Roberto Gervitz se lembra de quando era um adolescente indo às CB nas sextas-feiras de 1974 para pegar filmes para o cineclube de seu ensino médio.

Eu me perguntava como a Cinemateca poderia funcionar em um espaço tão precário, úmido e apertado. A pequena sala para ver os filmes tinha um par de cadeiras velhas, se eu não me engano, de algum cinema, e lá o gentil e paciente Seu Aloísio [Pereira Matos], funcionário de longa data, me entregava os rolos de filmes, pedindo sua devolução pontual.[6]

A morte do fundador e líder Salles Gomes em 1977, aos 60 anos, foi uma pancada devastante.

Houve alguns avanços com a aquisição de equipamentos usados de um laboratório comercial para copiar e limpar filmes, e o negócio de coletar materiais audiovisuais continuou. Acordos externos para o armazenamento dos arquivos foram feitos enquanto o escritório da Cinemateca Brasileira no Ibirapuera focava na administração, catalogação e preservação. Pequenos ganhos inesperados do Estado permitiram à CB adicionar equipe técnica, e em 1980 um novo centro de operações de filme para documentação e pesquisa foi aberto em prédios restaurados no Parque da Conceição, cedidos pelo município. Mas, apenas dois anos depois, outro incêndio causado pelos filmes em nitrato atingiu um dos prédios de armazenamento do Ibirapuera. Em 1984, enquanto uma crise econômica assolava o país, a Cinemateca Brasileira abandonou o seu duradouro status privado para ser incorporada à Fundação Nacional Pró-Memória no Ministério da Cultura e Educação, com garantias para sua autonomia administrativa e de gestão.

Na medida em que o país passou de uma ditadura de vinte anos para a democracia, os ministérios e sua vigilância mudaram. Em 1985, a fundação e a Cinemateca Brasileira foram atadas ao Ministério da Cultura após a separação da Educação em um ministério separado por José Sarney, o primeiro civil presidente depois da ditadura. O ano de 1988 foi um ano distintivo para o país e a CB. Uma nova constituição “cidadã”, criada desde o início com a contribuição dos cidadãos, foi celebrada nacionalmente. Em São Paulo, o prefeito Jânio Quadros cedeu à Cinemateca Brasileira os prédios e terrenos originalmente ocupados pelo matadouro municipal, no bairro Vila Clementino, próximo à Vila Mariana.

Construído no final do século XIX, o matadouro ajudou a alimentar a população de rápido crescimento da cidade, cujos muitos imigrantes, atraídos pelas oportunidades de trabalho, construíram casas nas terras agrícolas em seu entorno. Em 1927, enquanto os dois bairros cresciam e prosperavam, o matadouro fechou e suas instalações foram usadas como armazéns. Com início em 1988, os prédios de tijolo vermelho restantes com suas belas portas em arco foram preservados e restaurados ao longo de um período de dezenove anos, para se tornar uma das maiores cinematecas do mundo, além de um centro líder para preservação audiovisual.

Entre 1984 e 2003, a instituição teve o que pode ser chamado de um status protegido, como parte das fundações e institutos criados para preservar a herança ou patrimônio nacional. Essa era uma proteção importante durante a presidência conservadora de Fernando Collor de Mello (1990-1992), que substituiu o Ministério da Cultura em 1990 por uma Secretaria da Cultura atada a seu escritório, e que aboliu a agência federal Embrafilme, criada em 1969 para a produção, patrocínio e distribuição de filmes brasileiros. Collor também revogou a Lei Sarney de 1986, a qual reunia setores público e privados em um acordo para incentivar a produção cultural. (Em 1991, logo antes do impeachment de Collor, a Lei Rouanet foi instituída, não sem controvérsias, para fornecer incentivos fiscais para companhias e indivíduos promovendo produção cultural). Em 1992, o Ministério da Cultura foi revivido durante o governo de Itamar Franco (1992-1995), o qual sucedeu a desgraça de Collor como presidente. Ele foi reorganizado e fortalecido sob as presidências liberal-moderada e de esquerda liberal, respectivamente, de Fernando Henrique Cardoso (1995-2003) e Luiz Inácio Lula da Silva (2003-2011).

A cada troca de ares políticos, mudanças ocorreram. Em 2003, com a promessa de grandes subsídios da Secretaria Audiovisual(SAv) do Ministério da Cultura, os membros do conselho da Cinemateca Brasileira concordaram em renunciar a relação de longa duração da instituição com o Instituto Nacional de Patrimônio Artístico e Histórico (inicialmente Fundação Nacional Pró-Memória) e aderir ao Secretariado. Foi durante a gestão Lula que a Sociedade de Amigos da Cinemateca (SAC), a qual por longo período ajudou a CB, recebeu a aprovação do Ministério da Justiça para aderir a acordos de arrecadação de fundos e parcerias com setores públicos e privados. A SAC foi altamente exitosa nessa empreitada, e o período de 2008 a 2013 é geralmente lembrado como o mais estável e dinâmico da história da Cinemateca Brasileira.

As fortunas começaram a decair lentamente quando a ministra da cultura Marta Suplicy e Leopoldo Nunes, o líder da SAv, começaram uma investigação de três anos de duração em 2013 da escrituração e das compras da SAC.[7] Durante aquele período de tumulto, fundos reservados do ministério para a Cinemateca Brasileira foram congelados, o de longa data Conselho de Aconselhamento foi dissolvido e cerca de 140 membros do pessoal da CB foram dispensados. Ultimamente a investigação encontrou alguns problemas administrativos, mas apenas um por cento de seu orçamento de cem milhões de reais foi questionado. Em fevereiro de 2016, com recursos e pessoal diminuídos, a Cinemateca Brasileira ainda sofreu outro incêndio em um armazenamento externo de nitrato, o qual consumiu apenas mil fitas que representavam mais de 750 títulos de filmes, a larga maioria sendo cinejornais.

Infortúnios continuaram com o impeachment de Dilma Rousseff (2011-2016) e a posse de Michel Temer (2018-2018), seu vice-presidente, que ajudou a causar sua morte política. Em maio de 2016, Temer aboliu o Ministério da Cultura, muito embora o clamor público tenha sido tão grande que o ministério foi restaurado mais tarde no mesmo mês. No despertar daquele movimento fracassado, a ACERP, sob contrato com o Ministério da Educação, foi nomeada após um longo período de suporte à SAC para administrar a CB, a qual estava no Ministério da Cultura.

Em 2018, o logotipo geométrico de décadas de idade, vermelho vivo com uma linha reta e dois círculos representando uma vista transversal de um projetor, foi tirado de uso sem consultar a CB durante o governo Temer, que pensou que a imagem era fálica. Um sombrio logotipo geométrico e 3D substituiu o vibrante e original feito por Alexandre Wollner, um dos primeiros designers do Brasil.

O Ministério da Cultura também não sobreviveu e, juntamente a outros dois ministérios, foi abolido por Jair Bolsonaro, enquanto ele se preparava para entrar na presidência em janeiro de 2019. A Cinemateca Brasileira tornou-se parte da recentemente formada Secretaria Especial da Cultura (SEC), que é administrada pelo Ministério do Turismo. Vista como um vetor econômico, a cultura sob o governo Bolsonaro é oficialmente classificada como um veículo para a promoção do turismo. Em 2019 a ACERP também caiu em desgraça com o governo quando Bolsonaro acusou o Ministério da Educação de ser um viveiro de ativismo de esquerda por causa de sua programação. (Seu canal de educação exibiu um documentário sobre Rosa Parks.) Em dezembro, o governo não renovou o contrato com a ACERP, a pandemia logo chegou com tudo, a CB parou com as mostras e exibições de cinema, e, como outras instituições, fechou suas portas para o público em março.[8]

SOS Cinemateca Brasileira e seus Manifestos

Mas a Cinemateca Brasileira não era como outras instituições. Em março de 2020 não havia recursos para seus especialistas e demais pessoal, para serviços de segurança e proteção contra incêndios, e nem mesmo para os serviços públicos. Felizmente, a energia crucial das áreas com controle de temperatura para filmes e outros materiais vulneráveis não foi cortada, embora a conta estivesse crescendo. Em maio, estudiosos do cinema e profissionais que haviam sido associados com a CB ao longo dos anos, dentre os quais Carlos Augusto Calil, Ismail Xavier, Cacá Diegues e Eduardo Morettin, escreveram uma carta-manifesto aberta intitulada “A Cinemateca Brasileira Pede Ajuda”, para falar sobre a situação que rapidamente se deteriorava.[9]

Quase vinte mil apoiadores locais e internacionais assinaram para registrar sua preocupação e corrida para a defesa da CB. Naquele mesmo mês, a ACERP assinou uma ação judicial contra o governo por R$11 milhões (US$2 milhões) de despesas não remuneradas da CB desde 2019 a 2020. A ACERP continuou tendo controle apesar da decisão do governo de não renovar seu contrato. A organização reteve as chaves da CB e recusou sua devolução até que o governo oficialmente encerrou o acordo contratual.


(a)


(b)

Figura 3. (a) Cartaz para o movimento SOS Cinemateca Brasileira, do lado de fora da sede da CB, e (b) o logotipo original para o protesto, arte criada por Victor Nosek. Imagem cortesia da autora.

Em 4 de junho, o pessoal da CB que não havia sido pago iniciou um site de financiamento colaborativo para suporte emergencial, o qual levantou R$125000 (cerca de USD$23000) em trinta dias. No mesmo dia, e respeitando os protocolos da pandemia, 150 pessoas do movimento emergente SOS Cinemateca Brasileira se encontraram para protestar na frente da instituição. O “Manifesto Cinemateca Brasileira: Patrimônio da Sociedade” estava pronto e cópias foram distribuídas para os que estavam no local. Trinta e nove entidades, incluindo associações nacionais de críticos de filmes, diretores, cineastas e roteiristas, assim como uniões audiovisuais estatais, estavam dentre as assinaturas brasileiras. Dentre as mais de trinta entidades internacionais para assinar estava a FIAF, representando mais de 150 cinematecas ao redor do mundo.[10]

Com repórteres no local, o evento e manifesto recebem ampla cobertura midiática. Atores e diretores, muitos dos quais com status de celebridade, juntaram suas vozes ao protesto como representantes de mais de dois mil indivíduos que haviam depositado seus filmes e outros materiais com a CB. O logotipo original e vermelho da CB retornou como um símbolo dos protestos rolando, muitas vezes sobrepostos pelas iniciais em preto “SOS”. Em 12 de junho, empregados da CB entraram em greve, muito embora alguns se tenham voluntariado para continuar e salvaguardar os conteúdos valiosos.

Em 23 de junho, a nova cabeça da Secretaria da Cultura, o ator Mário Frias, o qual não tinha qualquer experiência com administração pública, substituiu a atriz Regina Duarte, outra apoiadora de Bolsonaro sem experiência administrativa.[11] Roberto Alvim, o primeiro a chefiar brevemente a Secretaria, foi dispensado em 17 de janeiro, após o clamor público acerca de um vídeo oficial transmitido na televisão nacional, em que ele imitava a linguagem de Joseph Goebbels, o ministro da Propaganda Nazista alemã, proclamando a arte como nacional e heroica. A música de fundo do vídeo era de Lohengrin, de Wagner, uma ópera muito apreciada por Hitler.

A dispensa de Duarte após sessenta dias de incompetência geral, fracasso para reagir às mortes de renomadas figuras culturais, e uso de uma música associada à ditadura militar, não teve nada do drama imediato da dispensa de Alvim; isto é, até que Bolsonaro anunciou em maio que a volta de Duarte à sua família em São Paulo (após sua “exoneração” do governo em maio) seria recompensada com outra indicação à SEC, que poderia ser administrada de São Paulo: a direção da Cinemateca Brasileira.

Entretanto, Bolsonaro foi rapidamente avisado de que ele não teria a menor habilidade para apontar um diretor de uma instituição sob controle de um sistema operacional privado, no caso, a ACERP. Frustrado, ele atacou publicamente sobre a situação em que o governo, apesar de financiar uma instituição, não tinha habilidade para remover ou apontar sua liderança.[12] Um rumor de que a CB seria realocada para Brasília foi efetivamente contra-atacado pelos oficiais da cidade de São Paulo. Um mais real e penetrante medo era de que a instituição seria simplesmente largada sem quaisquer fundos e irremediavelmente fechada.

Em 14 de julho, outra demonstração de apoio à Cinemateca Brasileira aconteceu. A palavra “abraçaço” (grande abraço) foi projetada na fachada enquanto os manifestantes deram os braços formando um círculo em volta do prédio. Dentre os muitos que estavam discursando em defesa da CB, estavam os diretores Roberto Gervitz, Joel Pizzini, Marcelo Machado e Tata Amaral, o exibidor Adhemar Oliveira e a editora Cristina Amaral. Largos estandartes de SOS, pôsteres e imagens projetadas pedindo apoiadores para a Cinemateca Brasileira e a greve de funcionários foram colocados estrategicamente na cidade.

Tensões entre a ACERP e o governo aumentaram. Em 8 de julho, o novo chefe da SEC Mário Frias enviou uma carta para a ACERP pedindo que devolvessem as chaves da Cinemateca Brasileira, o que a OS se recusou a fazer até que seus serviços estivessem oficialmente terminados. Pouco tempo depois, uma tentativa de representantes do Ministério do Turismo de entrar na CB foi bloqueada pelos servidores da ACERP de lá. Um relatório policial foi preenchido para reclamar de que oficiais do governo foram impedidos de cumprir com suas obrigações. No fim de julho, a Procuradoria de São Paulo preencheu uma ação judicial com o procurador geral para pedir que medidas fossem tomadas para proteger a Cinemateca Brasileira via novo contrato com a ACERP – um pedido que foi negado em 3 de agosto pelo Departamento de Justiça Federal, o qual declarou que decisões sobre gestão administrativa da instituição estava nas mãos do executivo. Quatro dias depois, em 7 de agosto, a ACERP entregou as chaves e dispensou o restante de seu pessoal, terminando com suas obrigações contratuais.

Figura 4. Manifestantes ao lado de fora da Cinemateca Brasileira em julho de 2020. Na fachada do prédio estava projetada a palavra abraçaço (significando “o grande abraço”). Imagem cortesia da autora.

O jogo da espera

Jornais, canais de TV e podcasts, juntamente a webinários e pequenos fóruns em mídias como o YouTube e Facebook, continuaram falando sobre a crise. Discussões online ao vivo apresentando acadêmicos, diretores de cinema, membros de formação do conselho da Cinemateca Brasileira e representantes da SAC avaliaram a situação, fornecendo atualizações e contexto sobre a necessidade urgente de resgatar o vasto patrimônio em risco. Uma página do Facebook chamada Cinemateca Acesa funciona como um calendário de eventos e espaço para assistir a entrevistas gravadas com ex-especialistas da CB, que descreveram seu trabalho e clamaram por ação pública numa série de vídeos chamada “Sem Trabalhadores Arquivos Não Podem Ser Construídos ou Preservados”.[13]

Um sombrio e irônico vídeo na página mostra dois oficiais do Ministério do Turismo conversando sobre a importância da CB e prometendo apoiar sua continuação. O vídeo é debochadamente chamado de “Jogo de Cena”, o título do documentário de 2007 de Eduardo Coutinho que questiona a habilidade de perceber se o que está sendo dito frente à câmera é verdade ou não.

A demora estratégica do governo na negociação da volta da Cinemateca Brasileira, com sua promessa vã de contratar uma nova OS, potencialmente manteve ações locais mais fortes e ruidosas sob sigilo. Não obstante, manifestos e cartas abertas com longas listas de assinaturas continuaram circulando com maior atenção internacional. Dentre os primeiros artigos a aparecerem fora do Brasil estava o curto embora convincente artigo de Isabel Steven “SOS Cinemateca Brasileira”, para a publicação de setembro de 2020 Sight & Sound (Visão & Som) do Instituto Britânico de Cinema.[14] A revista Cineaste seguiu, pouco tempo depois, com uma notícia de jornal, “Cinemateca Brasileira Is in Danger” (“A Cinemateca Brasileira Está em Perigo”), de Dennis West.[15]

Representando 180 instituições audiovisuais de sessenta e cinco países e seis continentes, a Associação Internacional de Cinema, Audiovisual e Escolas de Mídia (e International Association of Cinema, Audiovisual and Media Schools – CILECT) publicou sua declaração formal de apoio ao financiamento urgente e rápida resolução da crise da CB. Em 21 de setembro, a Associação Brasileira de Preservação Audiovisual (ABPA) publicou “Uma Carta Aberta em Defesa do Centro Técnico Audiovisual e da Cinemateca Brasileira”.[16] Sua longa lista de assinaturas incluiu sindicatos que representavam a indústria cinematográfica em oito estados. A Sociedade Brasileira de Estudos de Cinema e Audiovisual (SOCINE), a principal organização do país de estudos midiáticos, aderiu ao manifesto da ABPA e republicou-o por inteiro em seu site.[17]

Em 25 de setembro, Roberto Gervitz, uma das vozes de liderança no protesto, leu uma declaração no Festival de Cinema de Gramado, a qual rapidamente capturou a atenção e circulou como “Carta de Gramado”. Uma declaração forte, ela postulou vigorosamente quais são as circunstâncias presentes e eventos passados que pressagiavam o futuro da Cinemateca Brasileira: “O país que assiste impotente à queimada da fauna e da flora do Pantanal e da Amazônia irá tolerar o apagamento das imagens que constituem a nossa identidade como nação? Aceitaria a ocorrência de uma nova vergonha que se somaria à vasta lista de vergonhas nacionais, entre elas o calamitoso e anunciado incêndio no Museu Nacional?”[18]

O manifesto é sarcasticamente crítico dos serviços básicos reintegrados pelo governo, como a limpeza, manutenção e proteção contra incêndios, cujos trabalhadores, ele diz, estão completamente sem o treinamento e experiência necessários para manter a instituição segura.

Em 5 de outubro, dias após a leitura da Carta de Gramado, o Programa Mundial de Memória para a América Latina e o Caribe (MOWLAC) da UNESCO publicou um alerta sobre a importância da preservação do cinema e a necessidade de retornar a Cinemateca Brasileira à sua missão inicial de conservação da memória audiovisual da nação. A declaração cita como um exemplo o clássico do cinema mudo Limite (1930), de Mário Peixoto, preservado pela CB, que estava listado no registro de Memória Mundial.[19] Um dia depois, o Conselho de Coordenação das Associações de Arquivos Audiovisuais(CCAAA) publicou uma declaração para a resolução com financiamento imediato para possibilitar à CB continuar com sua missão “antes que seja tarde demais.”[20] Uma força de proteção para nove organizações de arquivo profissionais no mundo todo, incluindo a FIAF, a CCAAA chamou atenção em sua declaração para as consequências catastróficas dos incêndios e enchentes passadas, resultado da falta endêmica de recursos da Cinemateca Brasileira.

Mobilizações no início de outubro começaram a incluir um fórum online patrocinado pela Escola de Comunicação e Artes (ECA) na Universidade de São Paulo. Ela apresentou Gervitz, Eduardo Morettin (ECA), e Débora Butruce, presidente da Associação Brasileira de Preservação Audiovisual(ABPA), que discutiu o impacto das perdas de pessoal e financiamento na preservação, produção e atividades de pesquisa da CB.[21] Aquele debate coincidiu com o lançamento de um manifesto assinado por vinte e um diretores brasileiros no festival de cinema de documentário internacional É Tudo Verdade, agora em sua vigésima quinta edição. No manifesto, ataques especiais foram lançados contra a “baixa capacidade cultural e intelectual” do governo, como exemplificado pela substituição da SEC, no Ministério do Turismo, pelo Ministério da Cultura, que fora erradicado. O manifesto incitou cineastas a não se deixarem intimidar pela administração de Bolsonaro e “a encontrar novos modos de produção e registro da memória [brasileira].” Ele adicionava: “Um país sem imagens de si próprio é como alguém que não sabe quem é”.[22]

O jogo de gato e rato do governo com a SAC e seus apoiadores continuou a alimentar esperanças de um contrato de gestão que possibilitasse à Cinemateca Brasileira sua reabertura. Mas, enquanto semanas e meses passaram sem qualquer acordo, enquanto a pandemia tornava a mobilização de massas cada vez mais difícil, enquanto a miríade de denúncias locais e internacionais parecia incapaz de comover um governo teimoso, e enquanto a atenção da mídia voltava-se para outras crises domésticas, percebe-se que a situação estava sendo contornada a panos quentes. A questão é se algo ou alguém consegue levar um governo a agir quando ele não tem qualquer interesse em cultura, exceto como uma atração turística; e mesmo assim permanece hostil à mesma.

Um lamento lentamente se transforma em homenagens à Cinemateca Brasileira. Feito online no fim de outubro e início de novembro de 2020, a quadragésima quarta Mostra Internacional de Cinema de São Paulo quebrou com sua longa tradição de entregar seu prestigioso Prêmio Humanidade a um indivíduo para concedê-lo a todo o pessoal da CB. De acordo com a diretora da mostra, Renata de Almeida, a ideia de um beneficiário colaborativo emergiu após ela ter visto Gabriela Sousa de Queiroz, chefe do Centro de Documentação da CB, descrevendo, num fórum online, literalmente uma pista de obstáculos de uma porta trancada, um gerador quebrado e nenhuma luz, o que quase impediu uma reunião agendada com os trabalhadores da CB para discutir a defesa da instituição.[23]

O Prêmio Humanidade era um dos três maiores reconhecimentos da significância da Cinemateca Brasileira no festival. Numa demonstração de solidariedade audiovisual, a FIAF enviou ao festival uma coleção de trinta vídeo-comentários de um minuto em apoio à CB, feitos por trinta de seus representantes de arquivos e cinematecas ao redor do globo. Esses vídeos foram apresentados um a um como introdução aos filmes programados para a mostra.[24] Finalmente, como parte do fechamento do festival, a FIAF apresentou seu prêmio anual para Walter Salles, em reconhecimento de seus filmes, de seu papel fundamental na preservação da herança cinematográfica brasileira e sua solidariedade com a Cinemateca Brasileira. Na apresentação do prêmio lê-se: “Num tempo em que a mera existência da Cinemateca Brasileira, membro histórico da FIAF, está crescentemente sob ameaça, dar o Prêmio FIAF de 2020 a Walter Salles (um membro de formação do Conselho e Direção da Cinemateca e recente signatário de uma petição internacional em apoio à instituição) parece, para nós, particularmente oportuno”.[25]

O encerramento do festival também coincidiu com um artigo de jornal escrito por Salles que apareceu na Folha de S. Paulo, o qual reportou regularmente a crise da Cinemateca Brasileira e os muitos esforços para assegurar sua reabertura. O artigo intitulado “Ameaça à Cinemateca Brasileira sensibiliza até o diretor Martin Scorsese” traz a conhecimento público não apenas a preocupação do diretor mundialmente renomado e Presidente da Fundação de Cinema, mas também aquilo que o Brasil corria risco de perder.[26] Salles é muito bom em trazer a atenção pública para a grandeza da memória audiovisual em jogo, bem como para momentos específicos de orgulho nacional que podem nunca mais ser vistos de novo. “Os primeiros registros da paisagem física e humana do Brasil, em 1899. Os primeiros documentários que mostraram a Amazônia, o Nordeste, o Sul do país. A expedição do Marechal Rondon, entre 1924 e 1932. A história de nosso futebol, registradas pelas câmeras do Canal 100. Os dribles de Garrincha. Os gols de Pelé. Os rostos dos torcedores no Maracanã”.

A essas palavras ele adiciona as do próprio Scorsese: “As artes não são um luxo – são uma necessidade, como demonstrado pelo papel incontestável que têm na história da humanidade. E a preservação das artes, especialmente de uma tão frágil como o cinema, é uma tarefa difícil, porém necessária. Esta não é minha opinião. É um fato. Eu espero sinceramente que as autoridades federais no Brasil abandonem qualquer ideia de retirar o apoio financeiro e façam o que é necessário fazer para proteger o arquivo e o time dedicado da Cinemateca”.

Salles termina seu trabalho com uma chamada direta para o governo: “A Secretaria Especial da Cultura promete um edital para selecionar a próxima gestão da Cinemateca. Que escolham uma instituição com legitimidade e conhecimento para liderá-la de volta à posição que já teve. O tempo é urgente. Se algo acontecesse a seu arquivo, seria como perder nossa Biblioteca de Alexandria”.

Ao seu apelo para que o passado de uma nação sobreviva e floresça no futuro, pode-se apenas adicionar: Amém.

P.S.: Em dezembro de 2020, o governo anunciou que um contrato temporário de três meses seria assinado no meio de janeiro de 2021, com o patrono de longa data Sociedade Amigos da Cinemateca para gerir a instituição. Apesar disso, as discussões parecem continuar e há esperanças para a reabertura da Cinemateca. O contrato temporário ainda será assinado.

Darlene Sadlier é professora no departamento de Espanhol e Português na Universidade de Indiana-Bloomington (EUA). É autora, entre outros livros, de Brazil Imagined (Brasil Imaginado, Edusp 2016).

Tradução: Marina Gusmão Faria Barbosa Bueno

Publicado originalmente na revista Black Camera: An International Film Journal 12, no. 2 (Spring 2021).

***Notas

[1] O governo contratou a ACERP em 2016, mas o final do acordo de três anos que terminava em 2019 não foi assinado até 2018.

[2] Um decreto governamental foi preenchido em novembro de 2020 para reincorporar a CB, junto a promessas de solicitar candidaturas para a contratação de uma nova gestão, mas apenas por um período emergencial de três meses.

[3] O site do Banco de Conteúdos Culturais da CB contém dados consideráveis desse tipo. Infelizmente, o site caiu em novembro de 2020 devido a uma falha de energia e, até o momento em que este artigo foi escrito, ainda não foi reconectado.

[4] Há três importantes fontes de informação sobre a história da CB: “A Cinemateca Brasileira e a preservação de filmes no Brasil”, de Carlos Roberto de Souza (M. A. thesis, Universidade de São Paulo, 2008); Fausto Douglas Correa Jr., A cinemateca Brasileira: das luzes aos anos de chumbo (São Paulo: Editora Unesp, 2010); e “A Cinemateca Brasileira e as políticas públicas para a preservação de acervos audiovisuais no Brasil” de Fabiana Maria de Oliveira (M. A. thesis, Brasília, Universidade de Brasília, 2020).

[5] Para mais informações sobre a história da SAC (Sociedade Amigos da Cinemateca), ver “Nota sobre a Sociedade Amigos da Cinemateca”, <https://abcine.org.br/site/nota-sobre-a-sociedade-amigos-da-cinemateca-sac/>

[6] Roberto Gervitz, “Imagens que nos revelam”. Estado da Arte: Revista de cultura, artes e ideias, Estado de São Paulo, 1º de Agosto, 2020,

[7] Ver Ana Paula Sousa, “O signo do caos: Como a Cinemateca Brasileira virou um cavalo de batalha do governo Bolsonaro”, Piauí Revista Edição 169: Folha de Sao Paulo, Outubro, 2020, . Este é um dos mais compreensíveis e informativos ensaios sobre a crise da CB.

[8] Os técnicos da SAv alertaram o Ministério da Educação acerca da vulnerabilidade da CB sem administração, mas o ministério não cedeu em seu desinteresse pela parceria. A ACERP continuou encarregada da CB por seis meses sem um contrato legal.

[9] Para o manifesto e suas assinaturas, ver <https://secure.avaaz.org/community_petitions/po/governo_federal_secretaria_especial_de_cultura_sec_cinemateca_brasileira_pede_socorro/>

[10] Para o manifesto e suas assinaturas, ver

[11] Aqui, a discussão sobre a SEC é parcialmente baseada em informações do artigo “The Current Crisis” (“A Crise Atual”) de Rafael Luna (https://arturita.net/the-current-crisis/), o qual ele escreveu em colaboração com a ABPA. Uma excelente visão geral do período de fevereiro a agosto de 2020, o escrito forneceu um valioso calendário dos eventos que ajudaram em muito na produção do presente artigo.

[12] Ana Paulo Sousa, “O signo do caos”, .

[13] “Cinemateca Acesa”, .

[14] Isabel Stevens, “SOS Cinemateca Brasileira”, Sight & Sound 30, nº 7 (Setembro, 2020): 14-15.

[15] Dennis West, “Cinemateca Brasileira Is in Danger” (“A Cinemateca Brasileira Está em Perigo”), Cineaste, 18 de agosto, 2020, <https://www.facebook.com/CineasteMagazine/posts/d41d8cd9/3298914250130979/>.

[16] “Carta aberta em defesa do centro técnico audiovisual e da Cinemateca Brasileira”, <http://www.abpreservacaoaudiovisual.org/site/noticias/63-carta-aberta-em-defesa-da-cinemateca-brasileira-sp-e-da-cinemateca-capitólio-rs.html>

[17] “Carta aberta em defesa do centro técnico audiovisual e da Cinemateca Brasileira”, Socine, 21 de setembro, 2020, <https://www.socine.org/2020/09/carta-aberta-em-defesa-do-centro-tecnico-audiovisual-e-da-cinemateca-brasileira/>

[18] Uma grande parte do “Manifesto Gramado” de Roberto Gervitz foi publicado como “Desprezo pela história do país” n’O Globo, 13 de outubro, 2020, <https://oglobo.globo.com/opiniao/desprezo-pela-historia-do-pais-24685998>.

[19]“Alerta pela Cinemateca Brasileira”, MOWLAC/UNESCO, 5 de outubro, 2020, <https://www.facebook.com/CinematecaAcesa/posts/169676571450520>.

[20] “CCAAA Declaration about the situation of the Cinemateca Brasileira” (“Declaração do CCAAA sobre a situação da Cinemateca Brasileira”), 6 de outubro, 2020, <https://www.ccaaa.org/pages/news-and-activities/CCAAA-declaration-cinemateca-brasileira.html>.

[21] Ver também o ensaio de Eduardo Morettin “O sequestro de nossa memória audiovisual”, Jornal da USP, 8 de agosto, 2020, <https://jornal.usp.br/artigos/o-sequestro-de-nossa-memoria-audiovisual/>.

[22] “Manifesto dos diretores brasileiros do Festival ‘É Tudo Verdade’”, 10 de outubro, 2020, <https://www.cartamaior.com.br/?/Editoria/Antifascismo/Manifesto-dos-diretores-brasileiros-do-Festival-e-Tudo-Verdade-/47/48933>.

[23] Renata Almeida, “Prêmio Humanidades-Funcionários Cinemateca”, <https://www.facebook.com/CinematecaAcesa/posts/168701068214737/>.

[24] “Video Messages Celebrating the Cinemateca Brasileira” (Vídeo-mensagens Celebrando a Cinemateca Brasileira”), .

[25] “Brazilian Filmmaker Walter Salles Recipient of 2020 FIAF Award” (“Cineasta Brasileiro Walter Salles recebedor do prêmio FIAF 2020”), <https://www.fiafnet.org/pages/News/2020-FIAF-Award-Walter-Salles.html>.

[26] Walter Salles, “Ameaça à Cinemateca Brasileira sensibiliza até o diretor Martin Scorcese”, Folha de S. Paulo, 3 de novembro, 2020, <https://www1.folha.uol.com.br/ilustrada/2020/11/ameaca-de-bolsonaro-a-cinemateca-sensibiliza-ate-martin-scorsese.shtml>.

[Fonte: http://www.cartamaior.com.br]
Organizadores: Universidad de Córdoba
Tipo de actividad: Congreso, jornada, encuentro
Fecha límite de solicitud: Lunes, 20 septiembre de 2021
Descripción: 

El Departamento de Ciencias Sociales, Filosofía, Geografía y Traducción e Interpretación de la Universidad de Córdoba (España) celebra este congreso en la modalidad virtual del 21 al 22 de octubre de 2021. El propósito es ofrecer un foro de debate científico en el que se favorezcan y presenten los nuevos avances y estudios que aborden la relación entre lengua, literatura, comunicación intercultural, traductología y el discurso turístico.

Líneas temáticas:

I. Traductología y discurso turístico: traducción e interpretación en contextos turísticos, traducción de culturemas, el traductor intérprete como mediadores interingüisticos e interculturales.

II. Enfoques lingüísticos y discurso turístico: lingüística, semántica, pragmática y lexicología aplicadas al discurso y a los textos turísticos.

III. Lenguas, textos de especialidad y discurso turístico: terminología, terminografía, textología, textos especializados, textos híbridos en contextos turísticos.

IV. Enfoques literarios y discurso turístico: recepción y traducción de la literatura de viajes, viajes y turismo en obras literarias, entre otros.

V. Didáctica y discurso turístico: didáctica de las lenguas para fines específicos, didáctica de la traducción y de la interpretación turísticas.

Las personas interesadas en participar como ponentes deberán remitir, a la dirección electrónica traditur@uco.es, el título de su propuesta, un resumen no superior a 10 líneas, cinco palabras clave en español e inglés, y una breve bionota.

Los ponentes pagarán la cuota ordinaria o extraordinaria, de acuerdo a los plazos que se pueden consultar en la página web.

El acceso para los asistentes es libre y gratuito.

Ciudad: Córdoba
País: España
Fecha de inicio: Jueves, 21 de octubre de 2021
Fecha de finalización: Viernes, 22 de octubre de 2021
Dirección postal completa:

Departamento de Ciencias Sociales, Filosofía, Geografía y Traducción e Interpretación
Facultad de Filosofía y Letras – Universidad de Córdoba, Plaza del Cardenal Salazar, 3, 14003-Córdoba (España)

Correo electrónico: traditur@uco.es
Página de Internet:  https://traditur.es/
Materias de especialidad: 

Enseñanza de ELE, Enseñanza de la lengua, Enseñanza y tecnología, Lingüística, Lingüística, Lingüística aplicada, Lingüística comparada, Lingüística computacional, Lingüística de corpus, Lingüística descriptiva, Lingüística románica, Lingüística textual, Literatura comparada, Literatura contemporáneaLiteratura de los Siglos de Oro, Literatura del siglo XVIII, Literatura del siglo XIX, Literatura del siglo XX, Literatura del siglo XXI, Pragmática, Semántica, Sociolingüística, Traducción

 

[Fuente: hispanismo.cervantes.es]

La pressió del mercat sobre les llengües minoritàries genera cada cop més moviments de protecció

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Un cartell en anglès en una terrassa de la plaça Reial de Barcelona.

Escrit per RUDOLF ORTEGA
El moviment globalitzador dels darrers anys, a cavall d’un liberalisme desacomplexat, ha definit un nou marc de relacions entre llengües que ha servit, sobretot, per fer que les llengües grans siguin encara més grans i que les petites, en un horitzó de mitjà o llarg termini, es vegin abocades a la desaparició; ja no ens sorprenen les projeccions que diuen que al llarg del segle XXI desapareixerà el 95% de la diversitat lingüística mundial. L’expansió d’internet des de primers de segle i la democratització del turisme han estès encara més les llengües de privilegi —aquelles que compten amb desenes de milions de parlants, que tenen una sòlida presència al mercat i capacitat d’irradiació fora del seu domini lingüístic com a llengua estrangera—, fins al punt que possiblement, avui, seria difícil trobar al món un percentatge de població significatiu que no parlés una d’aquestes llengües, ni que fos a un nivell bàsic. Ens referim per descomptat a anglès, castellà, francès, alemany, italià, portuguès, rus, àrab, urdú, xinès, japonès, i potser alguna altra.

El mercat és implacable i no té gaires manies a escombrar el que no es pot vendre de manera massiva. I les llengües minoritàries no són precisament gaire atractives en aquest sentit. Ja ens hem acostumat a trobar paquets de galetes etiquetats no ja en més d’una llengua de l’estat, cosa que reflectiria una determinada realitat sociocultural —i política—, sinó directament en castellà i portuguès, cosa que reflecteix la prevalença dels interessos logístics i la distribució a gran escala. Com ens hem acostumat a servir els turistes que ens visiten en la més variada poliglòssia però amagant la llengua d’aquí, fet que desemboca en la paradoxa de voler donar a conèixer el país com si estigués mancat de llengua pròpia.

El panorama, doncs, no és especialment encoratjador, però cal destacar els moviments de flux contrari, que en percebre la pressió de les llengües hegemòniques estan construint un nou relat de defensa de les llengües petites al voltant de la idea de revolta. Així com, des del privilegi, el fet de parlar una llengua no hegemònica ha estat sempre malvist com un acte de provincianisme, d’incultura o de curtesa de mires, avui ja són molts els parlants d’aquestes llengües que n’entenen l’ús com un acte antisistema, com una espurna de rebel·lia, com un defecte a Matrix que pot fer petar el sistema. Tant pot ser pujar a un taxi i engegar d’entrada un ‘bon dia’ com fer sistemàticament les cerques a internet en català tot qüestionant les previsions dels algoritmes.

Potser el pes abassegador del mercat ha acabat provocant la necessitat d’agafar-se a elements que proporcionin, encara, un mínim de pertinença en un entorn en què la globalització ha difuminat els límits de les identitats conegudes. I no és estrany que en els marges del corró de les llengües hegemòniques apareguin resistències a la uniformitat. A Aragó, per exemple, algú com Jorge Pueyo s’ha servit de les eines de la globalització per donar a conèixer una llengua que deien que només parlaven la gent gran, i buscant-los als pobles. A França ja hem vist com les gasta d’estat per tirar enrere una llei que consagrava l’ensenyament en les llengües pròpies, però en lloc de tancar el tema ara s’han trobat les demandes de canviar fins i tot la constitució. I a Irlanda del Nord el Sinn Féin va bloquejar la formació del nou executiu autonòmic fins que els unionistes no tiressin endavant la llengua que hi protegeix l’irlandès, cosa que aquests no han fet i que ha provocat la intervenció de Londres. Fins i tot algunes comunitats indígenes nord-americanes van veure en la vacunació de la covid una manera de protegir els seus parlants de més edat.

És clar que no està tot perdut per a la diversitat, però les mesures que es prenguin des de les llengües petites les han de prendre els seus usuaris mateixos. Ningú des del privilegi mourà un dit per apuntalar el que pretén allisar.

[Imatge: ALBERT GARCIA – font: http://www.elpais.com]

Con el fomento del uso de la bicicleta como medio de transporte, se están extendiendo una serie de términos y conceptos de los que se ofrecen a continuación algunas claves de redacción.

1. Acortamientos de bicicleta

La propia palabra bicicleta se utiliza a menudo con algún acortamiento, como biciciclo o cicla, según el país. Las que gozan de amplia difusión y se emplean, incluso, en contextos relativamente formales no necesitan destacado, pero con las más populares, como baica o cleta, puede ser conveniente la cursiva en las informaciones periodísticas (o, si no se dispone de este tipo de letra, el entrecomillado).

2. Ecomovilidad

La promoción del uso de bicicletas y otros vehículos similares, como los patinetes, es parte del concepto de ecomovilidad, es decir, la movilidad ecológica. Se escribe sin espacio ni guion, como otras voces formadas con el elemento eco-.

3. Vías

La vías destinadas a las bicicletas —bien en exclusiva, bien compartidas con otros vehículos parecidos o con los viandantes— reciben nombres como ciclovías, ciclorrutas, ciclopistas o carriles bici. Cuando los elementos ciclo- bici- se anteponen, funcionan como prefijos y van, por tanto, unidos a las palabras que les siguen. No es el caso de carril bici, donde el acortamiento va pospuesto y, por tanto, se considera un sustantivo en aposición (con plural carriles bici).

4. Ciclable

Un término empleado a menudo para calificar a ciertos tipos de vías es ciclable, que está recogido en el Diccionario del español actual con el sentido de ‘que puede ser recorrido en bicicleta’. Suele aludir a los espacios de circulación tranquila en los que la bicicleta comparte espacio con el resto de los vehículos en la calzada.

5. Otras voces con bici- y ciclo-

En ocasiones, el elemento bici- se aplica a otros conceptos vinculados con las bicicletas, como bicipolicía, que es un policía que se mueve en bicicleta, o biciusuario, una alternativa a ciclista que pone el énfasis en el aspecto práctico y lúdico más que en el deportivo.

También ciclo- puede formar voces como cicloturismo, que es el turismo en bicicleta.

6. Bicicletada, bicicleteada

Se llama así a las marchas populares en bicicleta. Tal como explica la gramática académica, para denominar acciones colectivas se utilizan palabras formadas con el sufijo -ada, como chocolatadasentada cacerolada. Las voces bicicletada y bicicleteada siguen este mismo modelo.

7. Actividad

Para la actividad se emplea sobre todo el verbo pedalear, pero van ganado terreno bicicletear ciclar, que resultan admisibles.

 

[Foto: Pixabay – fuente: http://www.fundeu.es]

Le gouvernement grec a annoncé qu’il prévoyait de donner 150 euros à tous les jeunes grecs qui ont été vaccinés contre la Covid-19 ou qui devraient l’être bientôt. Pour Athènes, cette récompense témoigne de la reconnaissance portée envers la population.

Environ 940 000 jeunes pourraient recevoir le Freedom Pass et dépenser la somme dans des voyages, activités touristiques ou services culturels au sein du pays.

 

Écrit par Sarantis Michalopoulos

Le « Freedom Pass» sera assorti d’un crédit prépayé de 150 euros et sera distribué aux jeunes nés entre 1996 et 2003 ayant au moins reçu la première dose du vaccin ou planifiant de la recevoir cette année.

Environ 940 000 jeunes pourraient ainsi recevoir le Freedom Pass et dépenser la somme dans des voyages, activités touristiques ou services culturels au sein du pays.

« Nous devons témoigner notre reconnaissance à la jeunesse, nous devons la remercier de sa patience et sa détermination, en particulier à l’arrivée de l’été prochain », a fait savoir le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis lundi (28 juin).

Grâce à cette carte, les bénéficiaires pourront prendre le bateau et le train ; louer une voiture ; séjourner dans des hôtels et des campings ; aller à des évènements culturels, au cinéma, au théâtre, au musée ; visiter des sites archéologiques ; et participer à des cours de danse.

De son côté, le ministre grec de la Gouvernance numérique Kyriakos Pierrakakis a déclaré que cette décision soutiendra également la culture et le tourisme grecs face aux retombées de la pandémie.

« Avec ce cadeau inédit offert aux jeunes pour les encourager à sortir et explorer la Grèce, les autorités protègent non seulement la santé publique, mais elles investissent également pour relancer l’industrie touristique si précieuse au pays », a-t-il dit.

Jusqu’à présent, la Grèce a administré 8 millions de doses de vaccin tandis que 33 % de la population est totalement vaccinée.

Lors d’une allocution, Kyriakos Mitsotakis a expliqué que le nouveau variant Delta se transmettait plus rapidement à ceux non vaccinés. De ce fait, il a insisté sur la nécessité d’atteindre au moins 70 % de personnes vaccinées au sein de la population.

Le pays au bord de la mer Méditerranée peine à redynamiser son tourisme tout en évitant une nouvelle vague au cours de la période estivale – ce qui causerait de graves dommages à une économie déjà mal en point.

Les secteurs liés au tourisme craignent également que d’éventuelles restrictions soient imposées en raison du variant Delta, comme c’est le cas en Allemagne et au Portugal.

Si la Grèce a opté pour un cadeau à 150 euros, la Serbie a décidé d’offrir aux personnes de plus de 16 ans un montant de 25 euros pour se faire vacciner.

Du côté de la République tchèque, seules les sociétés privées ont offert à leurs employées des bonus financiers s’ils se font vacciner.

Selon EURACTIV République tchèque, les débats sont en cours à Prague pour décider de l’introduction du système d’incitations financières à l’échelle nationale à partir de juillet. Cependant, rien de concret n’a été décidé pour l’heure.

 

[Photo : EPA-EFE/OLIVIER HOSLET – source : http://www.euractiv.fr]

El color de la incertidumbre

México lindo y querido, convulso y agitado, país de las mil maravillas y de los grandes desatinos, generoso y al mismo tiempo hostil, acogedor y violento, diverso y clasista, lugar en el que se loa a la mujer en las canciones populares mientras que en la vida real se la ultraja; que se dice un país democrático pero los gobiernos tradicionalmente son autoritarios, presidencialistas hasta lo faraónico… El reino de las contradicciones.

“El buitre”

Escrito por Rubén Bonet 

Esbozar una visión forzosamente incompleta, como extranjero —aunque lleve más de la mitad de mi vida en el país—, conlleva el riesgo de caer en estereotipos fáciles que ya han sido ampliamente desgranados hasta convertirlos en un lugar común, a pesar de que luego la realidad se encargue de desmentir cualquier idea preconcebida. Que si es un país de contrastes, que si la riqueza de los pueblos originarios y el fastuoso pasado prehispánico, su folclor y tradiciones, que si la exuberancia y majestuosidad de la naturaleza y sus playas, que si la belleza diversa de sus mujeres, que si su potente gastronomía y mi casa es tu casa, la célebre hospitalidad que es todo un rito social y, por otro lado, también lo arraigado de la corrupción, de la clase política, del funcionariado, de los policías de tránsito y un largo etcétera de mecanismos engrasados por la famosa mordida.

Pero ¿quién en algún momento no ha recurrido a soltar una lanita para solucionar una situación embarazosa que podría llegar a mayores, agilizar un trámite o saltarse una fila? Yo mismo he tenido que recurrir en un par de ocasiones a un arreglo con las autoridades, una falta de tránsito menor y el otro par, directamente para evitar mi merecida deportación, tales fueron los embrollos. La corrupción es una acción en la que todos participan, el que recibe y el que da. Un vicio endémico, aunque ahora se trate de combatirlo abiertamente, veremos con qué grado de éxito y si realmente se va a poder extirpar el tumor.

Otro tema aparte es la violencia que sacude al país entero de manera flagelante, instaurado el espanto y el horror en la vida cotidiana de muchas comunidades y territorios, y de rebote a la sociedad entera, nunca se sabe cuándo te puede tocar un asalto, una extorsión o una bala perdida. Si además eres mujer, los riesgos se multiplican incluso en el propio hogar.

La vivencia en México siempre es intensa, estímulos no faltan —peligros tampoco—; plantea más preguntas que respuestas y obliga a repensar la existencia en términos de trascendencia y también de presentismo, gozar el aquí y el ahora, luego quién sabe; el tiempo presentáneo de la Costa Chica que diría Da Jandra, y también el de los jóvenes sicarios con sus urgencias, para ganar dinero fácil, para morir…

Comer en una fondita de mercado asediado por gente humilde que pide limosna o tratan de vender alguna exigua mercancía, ya sean chicles o peines de madera, no es algo a lo que sea fácil acostumbrarse. La comida termina por atragantarse.

Nada, o muy poco, está garantizado en la actualidad y el futuro es incierto, cuando los planes de pensiones en la jubilación casi no existen, a no ser que sean privados o se haya laborado en instituciones de gobierno.

Hay que armarla a como dé lugar, de un modo u otro. Camarón que se duerme se lo lleva la corriente. No hay manera de prosperar si no se han tenido alternativas de formación, de acceso a la educación y las consiguientes habilidades para el desempeño social. Sin amistades ni conocidos —el famoso necte— que abran puertas es muy difícil, por no decir imposible, escalar socialmente. Muy extendida la idea de quien no transa no avanza.

Uno de los aspectos que más sorprenden al arribar al país —sobre todo si uno llega de Europa y no de Haití—, en mi caso a la Ciudad de México, es la abrumadora desigualdad reinante, palpable en las calles de la ciudad. Comer en una fondita de mercado asediado por gente humilde que pide limosna o tratan de vender alguna exigua mercancía, ya sean chicles o peines de madera, no es algo a lo que sea fácil acostumbrarse. La comida termina por atragantarse.

La miseria, aunque moleste y duela a quienes la ven, acaba normalizándose. Sobrevuela la ley del sálvese quien pueda. Paradojas del catolicismo piadoso, tan prolífico en imágenes de procesiones masivas y festejos populares dedicados al santo patrón o patrona. Otra de las señas de identidad de tan guadalupano país. Hordas de depauperados rindiendo culto a la virgen a la espera de ese milagro que nunca llega. A no ser que sobrevivir un día más no sea ya suficiente milagro. Regalo de dios, es la leyenda que portan algunos camiones de transporte público cuyo interior luce como discoteca con amplio despliegue de foquitos multicolores.

El tan publicitado México Mágico, esa visión idílica, es un mito, no porque no sea verdad —veinte millones de visitantes al año lo pueden atestiguar, aunque a los turistas les pase inadvertido que haya políticos obesos que lleguen a los mítines en coche fúnebre y metidos en un ataúd o que un candidato enmascarado se quede completamente mudo en una entrevista en televisión—, sino porque se combinan la magia y la tragedia, la majestuosidad de la naturaleza y la grandeza de la historia con lo duro de la supervivencia cotidiana para los actuales herederos de los imperios azteca y maya, entre los que se instaura el reinado de lo precario, de lo evanescente, del expolio y explotación de grandes territorios; lo que hoy es, mañana puede dejar de serlo por efecto de una salvaje entropía devoradora de expectativas, cuando no de la vida misma.

No hay producto que no pague diezmo al crimen, desde el aguacate michoacano hasta el pescado en su camino desde las costas, y es en definitiva el ciudadano de a pie quien acaba pagando todo ese exceso de cuotas. No hay dinero o mercancía que se mueva que no sea parasitado, que de un modo u otro no alimente las estructuras del crimen en un narcoestado.

Como es el caso de cientos de mujeres, periodistas, activistas ambientales y jóvenes —sicarios y militares por igual en la cruenta y eterna guerra contra el narco—, solo por mencionar algunos de los grupos más vulnerables, que alimentan de forma alarmante las estadísticas de muertes no naturales y desapariciones forzadas. En México pareciera que es cierto que la vida no vale nada, y en esta temporada de elecciones que acaba de terminar, casi un centenar de candidatos de diversas fuerzas políticas fueron asesinados y muchos más recibieron amenazas de algún tipo; un macabro juego democrático condicionado por las acciones del crimen organizado que trata de imponer su funesta ley. No hay producto que no pague diezmo al crimen, desde el aguacate michoacano hasta el pescado en su camino desde las costas, y es en definitiva el ciudadano de a pie quien acaba pagando todo ese exceso de cuotas. No hay dinero o mercancía que se mueva que no sea parasitado, que de un modo u otro no alimente las estructuras del crimen en un narcoestado.

Por otro lado, la desinformación de la población es crónica y la mayoría de los periódicos y estaciones de radio y televisión que pertenecen a grandes consorcios están más concebidos como negocios que como parte fundamental del derecho de los ciudadanos a ser informados con objetividad y veracidad. Y esto vale para cualquier plataforma y medio. Todo el espacio en el aire se vende, incluida la información, aunque afortunadamente existan excepciones de periodistas comprometidos ya no sólo con su trabajo, sino también con su misión social.

México siempre me ha parecido un país inabarcable, de códigos profundos, casi impermeables, sobre todo a ojos de un extranjero. Aunque existen ciertamente varios niveles de extranjería, en mi caso el idioma común —matices y albures aparte— me permitió una zambullida inmediata en una nueva realidad con una muy particular idiosincrasia…

Los escándalos quedan sepultados en el olvido bajo el predominio de la versión oficial y la avalancha de noticias de relleno, intrascendentes; parte del show mediático que abona a la confusión y la infodemia, en una ecosfera mediática dominada por fake news, el twitter —y casi todas las redes sociales— como arma arrojadiza y para esparcir bulos, bots a mansalva y algoritmos que conforman una guerra sucia que se libra en el omnipresente y ubicuo espectro dedicado a la comunicación social. La mentira sale muy barata y es el abono ideal para la polarización que lastra la posibilidad de verdaderos debates e influye en la percepción de la arena política y en la decisión de voto. Retorcer a tal punto la realidad que distorsiona incluso el concepto de democracia, hasta dejarla como un perro apaleado en la que cada vez menos creen.

México siempre me ha parecido un país inabarcable, de códigos profundos, casi impermeables, sobre todo a ojos de un extranjero. Aunque existen ciertamente varios niveles de extranjería, en mi caso el idioma común —matices y albures aparte— me permitió una zambullida inmediata en una nueva realidad con una muy particular idiosincrasia, arraigada incluso en gestos indetectables, silenciosos, ocultos a primera vista, más allá del deslumbramiento por el efecto de la luz cenital, la exuberancia del trópico y por la visión de decenas de pajarillos muertos en las banquetas ahogados por la contaminación. El pensamiento mágico impera, aunque la realidad cotidiana sea explosiva y de tintes catastrofistas.

Parte de esa idiosincrasia solo se va descubriendo con el paso de los años —como por ejemplo la inmensidad de tiempo muerto que cabe en un ahorita—, y aun así muchos matices se escapan y otras certezas se van afianzando, como la evidencia de cierta resignación ante la fatalidad y el infortunio, pero también la asombrosa capacidad para levantarse y seguir adelante. En todo caso, la comprensión nunca será total. Pero es que México dista mucho de ser solamente un país, son muchos en uno y las distintas realidades nunca son monolíticas, más bien poliédricas y multidimensionales, culturalmente disímiles. Decir que es un país de contrastes, además de lugar común, se queda corto. Es un mundo de universos paralelos y a veces raramente confluyen, si acaso, en la convivencia distante del servicio doméstico en los hogares acomodados.

La realidad es orgánica y convulsa, aunque ciertos valores o dogmas sean inquebrantables —la superioridad moral del licenciado en una sociedad clasista— y la movilidad social sea muy limitada, sobre todo para los prietos y para los integrantes de los pueblos originarios, en un país que ensalza la minoritaria güerez, una herencia de un pensamiento todavía colonial y ciertamente aspiracional. Por ese mismo motivo, el estrato social de bajos recursos —la gran mayoría— está en perpetua ebullición como magma incandescente. La necesidad impone su agenda. La solidaridad popular y el ingenio para sobrevivir atenúan las carencias en tiempos de penurias o desastres naturales. Otras veces, quizás demasiadas, el gandallismo es la norma. Ante la ausencia de un verdadero Estado de derecho, por si acaso siempre hay que tomar ventaja, aunque sea en detrimento de los demás, socavando el concepto de convivencia e incluso el de sociedad vista en su conjunto. La basura esparcida por doquier sería una metáfora útil de esto último. La idea de espacio público desfallece.

Como nada está ganado de antemano, no hay descanso alguno. La chinga es perpetua. Por eso, el mito del mexicano como un ser perezoso, una visión impuesta por el imaginario hollywoodense, es una falacia, porque en realidad la sociedad mexicana siempre está en acción, en muchos casos por estricta necesidad. No es nada fácil sobrevivir en este país —rico en recursos y de naturaleza pródiga—, menos sin mucho esfuerzo, que se puede traducir en salarios muy bajos en régimen de desprotección o en largas horas de camino para llegar al trabajo con un transporte tan oneroso como deficiente, y así con muchos otros aspectos, como la punzante inflación y lo costoso de los productos básicos. Más caro un litro de leche que un refresco rebosante de azúcar que malnutre la obesidad.

México es un país que por un motivo u otro siempre está en llamas, unas veces asolado por catástrofes naturales —temblores, erupciones, huracanes, inundaciones…— y la mayor de las veces por crisis sociales de envergadura, salpicadas constantemente por escándalos políticos ligados a la corrupción, deporte favorito de la oligarquía tropical, que va rotando cada sexenio sumiendo al país en una ruina crónica y en la anorexia de recursos para los servicios públicos.

Además, sucede que los puentes del metro se derrumban o que haya que llevar 50 pesos en la bolsa destinados a los asaltantes de combis para no recibir una madriza —o un balazo— por ser tan miserable. Mientras, las culturas y tradiciones de los pueblos originarios resisten a duras penas, cuando quizás su sentido comunitario y de respeto al territorio sean clave si finalmente el capitalismo colapsa o el desastre ecológico nos invade, si es que no lo ha hecho ya. Mientras, sobreviven subyugadas como en tiempos de la colonia con las migajas que les deja el turismo —claro está, a los territorios donde llega.

En todo caso, México es un país que por un motivo u otro siempre está en llamas, unas veces asolado por catástrofes naturales —temblores, erupciones, huracanes, inundaciones…— y la mayor de las veces por crisis sociales de envergadura, salpicadas constantemente por escándalos políticos ligados a la corrupción, deporte favorito de la oligarquía tropical, que va rotando cada sexenio sumiendo al país en una ruina crónica y en la anorexia de recursos para los servicios públicos, como la educación —creando una brecha social insalvable— o el sector salud, como la pandemia del coronavirus ha puesto en relieve. Las consecuencias de la corrupción y el paulatino adelgazamiento de la sanidad pública no sólo se han sufrido aquí, sino que ha sido la norma en muchos países que abrazan el libre mercado y el neoliberalismo. La salud para quien pueda pagársela, y en México, es cara, muy cara. Pero ¿qué significa pagar mil pesos por la consulta a un médico de cabecera privado si hay partidos políticos que ofrecen dos millones de pesos por un tuit y un retuit a conocidos influencers en la pasada campaña electoral?

En medio de este caos la clase media, o lo que queda de ella, trata de navegar con sus propios medios, salvando numerosos escollos y mirando hacia adelante, empujando de manera ardua el maltrecho proyecto de nación. Una gran parte de la población con bajos recursos vive totalmente en el desamparo y en la inmediatez del día a día, sin poder elaborar proyecciones de futuro o hacer frente a los imprevistos. No queda de otra más que aguantar y encomendarse al santo patrón de la preferencia de cada quien.

En medio de este caos la clase media, o lo que queda de ella, trata de navegar con sus propios medios, salvando numerosos escollos y mirando hacia adelante, empujando de manera ardua el maltrecho proyecto de nación. Una gran parte de la población con bajos recursos vive totalmente en el desamparo y en la inmediatez del día a día.

A pesar de que el entramado de la política mexicana —o más bien, necropolítica— ha sido para mí siempre un misterio, México es un país con una gran energía rebosante de talento individual y muy resiliente. La gran mayoría de la gente, las personas comunes, constituyen su verdadero tesoro, ejemplos de ello sobran, sobre todo entre los colectivos de mujeres o de defensa del territorio frente al expolio de las transnacionales. De todos modos, hay una luz que parpadea débilmente al final del camino. Pareciera que los hábitos democráticos se van afianzando y hay esperanzas de que el país experimente un verdadero cambio transformador, deseando que no sea para peor. La paciencia de los mexicanos tiene un límite.

Mientras tanto, la vida transcurre inmersa en un intenso patriotismo que no siempre se traduce en un ánimo soberanista —en temas como la alimentación, la industria y un largo etcétera que incluye a más de tres millones de avispados, y pudientes, mexicanos que han viajado a Estados Unidos para vacunarse contra la covid–19—, sino en un orgullo basado en un abstracto amor a unos colores, símbolos y arraigadas costumbres y tradiciones, que si la selección nacional de fut, celebraciones de fraternidad nacionalista —muchas veces etílicas— y fiestas patrias que conmemoran un pasado que siempre fue mejor, o por lo menos más heroico, en un no dejarse pisar ni por el vecino del norte ni por nadie y a la par un desprecio por lo propio, ensalzando lo extranjero pero odiándolo en secreto. Paradojas del malinchismo. Todo ello al son del mariachi armónico, ruidoso y triste, básicamente de índole patriarcal y machista; una letanía de abandonos y desamores, un clamor de macho herido pero orgulloso de haber nacido aunque tan solo sea para cantar sus penas y echarse unos buenos tragos de tequila, mientras quizás aporrea a una mujer.

Más allá del policromático mosaico cultural y social de México, el color que hoy predomina es el de la incertidumbre.

Que diosito nos agarre confesados.

 

[Foto: Héctor Guerrero – fuente: http://www.revistareplicante.com]

Un recensement national à venir en Pologne va laisser la possibilité aux minorités nationales d’exprimer leur appartenance culturelle et identitaire. En Silésie, région du sud-ouest du pays, une forte identité régionale demeure. Comment la nouvelle génération de Silésiens vit-elle son héritage ?

Image for En Silésie, que reste-t-il de l'identité régionale chez les jeunes ?

 

Écrit par Thomas Laffitte

« Dans une famille, on dit souvent que la deuxième génération s’intéresse de près à ses origines. Pour notre génération de Silésiens, c’est pareil ». Pour Mateusz, originaire de la région et vivant à Rybnik, non loin de la frontière tchèque, cela ne fait aucun doute : les jeunes silésiens s’intéressent à leurs origines. Même si les jeunes générations ne maîtrisent plus aussi bien le silésien que leurs aînés, la question de l’identité régionale a persisté, et refait aujourd’hui surface. La Silésie est non seulement la région la plus riche du pays après celle de Varsovie, mais c’est également la plus peuplée, avec un taux d’urbanisation très élevé (78% d’urbains).

Mateusz et sa compagne sont finalement revenus vivre en Silésie, après avoir voyagé à Cracovie, Munich et New York. « On travaille entièrement à distance, à mi-temps pour une boîte basée à Varsovie, à mi-temps en tant qu’entrepreneurs et activistes ». Cet activisme prend la forme d’un site web dédié à la Silésie. « Nous sommes des patriotes locaux qui utilisent leur temps libre et leurs ressources pour apprendre à mieux connaître la Silésie, la promouvoir, préserver sa langue et sa « conscience régionale » ». Ce jeune couple poste donc régulièrement du contenu sur les principales attractions touristiques de la région, tout en proposant des « guides touristiques, des articles en langue silésienne, des podcasts, des vidéos».

Pour ces patriotes, l’année 2021 pourrait peut-être marquer une étape importante dans la reconnaissance de cette identité. À partir du 1er avril, un recensement d’échelle nationale aura lieu en Pologne, et s’étalera jusqu’à fin septembre. Dans le formulaire obligatoire à remplir en ligne, en plus des questions administratives classiques, les citoyens polonais vont devoir répondre à des questions portant sur la religion ou leur nationalité. Sur cet aspect, les habitants de la Silésie pourront décider de déclarer (ou non) leur identité silésienne et le cas échéant, d’indiquer s’ils utilisent le silésien comme langue du quotidien.

D’un pays à l’autre, une histoire de frontières

Pour l’eurodéputé polonais Łukasz Kohut, pleinement engagé dans la reconnaissance de la Silésie en tant que région autonome, le recensement à venir est crucial. « Ma principale mission est de combattre pour le droit des citoyens à exprimer librement leur affiliation ethnique et linguistique », nous explique-t-il. L’évocation d’un combat n’est pas étonnante quand on connaît l’histoire de la région. Historiquement, la Silésie se trouve au carrefour – d’aucuns diraient « coincée » – entre la Pologne, l’Allemagne et la Tchéquie (historiquement la Bohême). Pour M. Kohut, cette histoire mouvementée est au cœur de la définition de l’identité silésienne, alors que « les Silésiens ont été divisés par des frontières imposées par les États-nations voisins, eux-mêmes hostiles les uns envers les autres ».

Durant l’entre-deux-guerres, la Silésie a disposé d’un parlement régional (en polonais sejm, de 1920 à 1945), qui a accordé une certaine autonomie à ses minorités. L’expérience fut toutefois de courte durée, car après la Seconde Guerre mondiale, le régime communiste en place pendant près de cinquante ans ne laissait aucune place à l’expression des identités régionales. Malgré la transition vers un régime démocratique au début des années 1990, M. Kohut explique que « la politique de l’État polonais dans les dernières décennies a été de nier les régionalismes ». Il ajoute même que « le gouvernement actuel, avec son obsession nationaliste, est de loin le pire depuis 1989 ». Il croit cependant à la possibilité d’un changement. « Je crois qu’avec le temps et avec un changement politique, la situation pourrait changer. Je vois beaucoup de jeunes politiciens démocrates, qu’ils soient de gauche ou centriste, comprendre et soutenir notre cause ».

Le destin bien connu d’une langue régionale

Asia, bientôt la vingtaine, est partie étudier en Grande-Bretagne après avoir joué pendant plus de 10 ans dans la troupe du théâtre Naumiony. Selon elle, « l’identité silésienne est inséparable de son dialecte. La manière dont vous parlez, l’intonation, la force du dialecte sont inséparables de l’histoire et des traditions de la Silésie ». Lors du recensement de 2002, un peu plus de 50 000 personnes de Haute-Silésie avaient déclaré parler la langue. Cela dit, ces chiffres ne couvrent pas la totalité de la région. Pour Mikołaj, 25 ans, lui aussi étudiant au Royaume-Uni, le lien avec la langue n’est plus si évident. « Même si c’est une part essentielle de la culture, personnellement, je ne pense pas que l’identité silésienne soit liée à la langue. Je sais que certains jeunes silésiens très engagés apprennent la langue, mais il n’y a pas de possibilités de le faire à l’école ». Il ne constate pas de réelle réappropriation de la langue par la jeune génération.

Qui plus est, comme toute langue régionale, le silésien fait face à la question de son statut. Asia préfère par exemple parler de dialecte. « Malheureusement, ça n’est pas une langue, mais j’espère que ça le sera un jour ! ». Comme c’est souvent le cas des langues régionales qui ne vivent qu’à travers le quotidien de ses locuteurs, elles souffrent d’un manque de standardisation. Maciej, la vingtaine, nous explique qu’« il n’y a pas une seule langue silésienne. C’est comme un pantalon troué : il y a beaucoup de choses similaires, mais il y a aussi des ajouts différents ». Le Silésien souffre également d’un héritage difficile. « Pour certains d’entre nous, on nous a enseigné que c’était très mal vu de parler silésien. C’était d’ailleurs une idée très répandue auparavant, auprès des anciennes générations, pour qui ça pouvait être juste naze de le parler », explique Maciej. Situation dont Asia se désole largement : « j’entends dire que le silésien sonne ‘primitif’, ça me rend si triste ! Les connotations autour du dialecte silésien sont déplorables ». Enfin, la question linguistique se heurte également à un autre obstacle, à l’heure où l’apprentissage des langues est souvent envisagé d’un point de vue utilitariste. Aussi, pour Stanisław, qui vient d’avoir 18 ans, « on n’a pas vraiment l’impression que le silésien serait utile pour notre futur, qu’on imagine le plus souvent hors de Silésie ».

Une jeunesse très pragmatique

En vue du recensement à venir, Stanislaw ne compte pas « exprimer quoique ce soit en lien avec la Silésie ». Les questions identitaires et linguistiques sont souvent secondaires auprès d’une jeunesse très européenne, mobile et prête à saisir des opportunités à l’étranger. Stanisław l’affirme d’ailleurs sans détour : « l’identité silésienne n’a jamais été quelque chose de très important pour moi ». Maciej abonde, même s’il a entendu parler du recensement, lui non plus ne prévoit pas de renseigner quoi que ce soit de particulier en lien avec la Silésie, « du moins, rien d’extra. S’il y a une question au sujet de ‘l’ethnicité’, alors je répondrai, mais sinon je ne ressens pas le besoin de montrer mes origines ». Ces jeunes adultes ne manquent pas de souligner qu’ils ne sont pas forcément très intéressés par la politique, ou alors qu’ils ne sont pas bien renseignés sur ces sujets-là. Pourtant, un certain pragmatisme se dégage de cette jeunesse qui, si elle semble peu intéressée à l’idée de défendre le régionalisme silésien, a toutefois un certain nombre d’idées bien claires, notamment quant à la nécessité de sortir de l’industrie du charbon.

« La Silésie ne serait pas devenue ce qu’elle est aujourd’hui sans les mines de charbon », avance Asia, qui explique que les mines « font partie du paysage, elles sont partout ». De même, Stanisław souligne qu’ « un grand nombre de Silésiens pensent que le charbon est notre trésor ». Cette industrie, qui remonte au XVIIIe siècle, est la principale source d’emploi dans la région, avec près de 100 000 employés en 2015. Cela fait de la Silésie la région de la Pologne la plus dépendante à l’exploitation du charbon. Malgré cela, les jeunes sont unanimes : les mines doivent fermer. « Elles ne seront pas oubliées, au contraire, mais elles doivent être fermées le plus vite possible », explique Maciej. La plupart d’entre eux considèrent qu’une transition vers les énergies renouvelables est tout à fait possible dans un futur proche. « On peut tout à fait – et même, on doit vivre sans elles ! », affirme Asia. « On pourrait laisser l’identité industrielle rester prédominante, mais en utilisant d’autres types d’industrie, comme les énergies vertes », nous dit Stanisław. Qui plus est, « c’est possible d’avoir une institution défunte qui fonctionne toujours comme une part importante de notre culture », souligne Mikolaj.

L’horizon européen

L’autre sujet qui semble faire consensus auprès de la jeunesse silésienne est l’attachement à l’Union européenne. Stanisław compte même souligner sa qualité de « citoyen européen » lors du prochain recensement. « Je suis très attaché à la vision d’une Europe unie », nous dit-il. Au-delà du seul attachement à l’Europe, cette jeunesse semble espérer un approfondissement de l’intégration, dans une perspective fédérale. Si l’UE plaît autant, c’est aussi parce qu’elle semble représenter une solution politique moins envisageable au sein de l’État-nation polonais. Pour Mateusz, « s’il ne s’agissait que de l’UE, je serais calme et me sentirais en sécurité vis-à-vis de mon héritage silésien. Il y a clairement de la place pour les minorités au sein de l’UE, et c’est ça qui la rend si attractive et puissante ».

Les idées sécessionnistes ou séparatistes sont loin d’être la préoccupation de cette jeune génération. Mikołaj, qui compte bien mentionner son identité silésienne lors du prochain recensement, regrette que la Pologne soit si centralisée et aimerait voir plus de pouvoirs dévolus aux régions. « Évidemment, le rêve serait d’élire des eurodéputés au sein de régions qui transcendent les frontières, mais je comprends bien qu’en l’état actuel des choses, ça n’est pas à l’ordre du jour », ajoute-t-il. Un rêve à l’heure actuelle, mais peut-être une réalité quand cette génération se trouvera aux commandes.


Cet article a été réalisé en partenariat avec le Courrier d’Europe Centrale.

[Photo : Musée de Silésie à Katowice, sur le site d’une ancienne mine © Patrice Sénécal – source : http://www.cafebabel.com]