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Les quartiers de Williamsburg et Borough Park, dans l’arrondissement de Brooklyn, abritent une importante population juive ultraorthodoxe. De passage aux États-Unis, le blogueur budapestois Tas Tobias s’étonne de voir à quel point les origines hongroises de ces communautés ont perduré. Exploration.

La 13e Avenue est la principale artère commerçante de Borough Park, un quartier du sud de Brooklyn.

New York est la ville la plus diverse des États-Unis. Brooklyn le quartier le plus diversifié de New York. Et Williamsburg le secteur le plus varié de Brooklyn. Pourtant, les trentenaires bon chic bon genre qui débarquent en masse de Manhattan ne savent que par les actualités qu’un monde cloisonné de Juifs hassidiques se dissimule à quelques rues de leurs restaurants étoilés au Michelin et de leurs bars servant du vin bio trop cher.

À partir de South 9th Street, un autre univers émerge. Les hommes portent des vestes noires, des chapeaux, de longues barbes, des papillotes le long des tempes et parlent en yiddish dans des téléphones à clapet rappelant les années 1990. Les femmes arborent des robes longues et des perruques. Quasiment toutes arpentent les rues avec des poussettes et des armées de bambins.

La plupart du temps, je suis le seul individu étranger au quartier. Les épiceries, les boulangeries et les restaurants sont strictement casher et les enseignes sont presque toutes en yiddish. Le tout au cœur de New York, à un arrêt de métro de Manhattan.

Dans une langue d’antan

Lorsque je croise un homme âgé, je l’accoste en hongrois. Il me répond en magyar sans une once d’étonnement. Son hongrois est rustique, mais recèle le charme de l’idiome d’antan, en voie d’extinction dans les campagnes magyares.

Peu de gens savent qu’une large part de la communauté juive hassidique de Brooklyn trouve ses origines en Hongrie. J’ai découvert ce quartier lorsque je vivais à New York. Depuis, j’y reviens souvent. Le fait d’être hongrois m’a avantagé pour connaître de nombreuses personnes de cette communauté recroquevillée sur elle-même.

L’histoire magyare du hassidisme remonte au XIXe siècle. Cette branche du judaïsme ultraorthodoxe a trouvé un terreau fertile parmi les Juifs pauvres et ruraux du nord-est de la Hongrie. Contrairement aux Juifs séculiers et assimilés de Budapest et des autres grandes villes, les hassidim refusaient l’intégration, s’accrochaient aux traditions ancestrales et ont formé de grandes dynasties héréditaires sous la férule d’un rabbin charismatique. Après l’Holocauste, qui a décimé la communauté, les survivants ont quitté la Hongrie et reconstruit leurs congrégations dans l’État nouvellement formé d’Israël, ainsi qu’aux États-Unis d’Amérique.

Aujourd’hui, plus de 150 000 Juifs ultraorthodoxes de Brooklyn sont d’ascendance magyare, principalement à Williamsburg [dans le nord de Brooklyn] et Borough Park [dans le Sud]. La dynastie hassidique dominante, les Satmar, tient son nom de l’ancienne ville hongroise désormais roumaine de Satu Mare, où le rabbin Yoel Teitelbaum avait bâti une importante communauté avant la Seconde Guerre mondiale. Teitelbaum a échappé à la déportation, est arrivé à New York en 1946 et a ressuscité son assemblée. Les Munkatch (de Moukatchevo, aujourd’hui en Ukraine), les Popa (de Papa [en Hongrie]) et les Klausenburg (de Cluj, aujourd’hui en Roumanie) forment les autres groupes majeurs de hassidim hongrois de Brooklyn. D’autres petites communautés existent, comme celles de Kaliv (originaire de Nagykallo), de Kerestir (Bodrogkeresztur) et de Liska (Olaszliszka).

“Plusieurs de ces localités ont été séparées de la Hongrie après la Première Guerre mondiale [après le traité de Trianon du 4 juin 1920], mais les Juifs qui vivaient dans ces communes se considéraient comme Hongrois”, explique Yosef Rapaport, leader respecté d’une communauté de Borough Park. “Ma mère venait de Valea lui Mihai et mon père de Halmeudeux villages situés en territoire roumain, mais mes deux parents s’exprimaient en magyar à la maison. En fait, la grande majorité des Juifs orthodoxes de Brooklyn parlent le yiddish avec un accent hongrois.”

Hospitalité renommée

Brooklyn compte des douzaines de communautés hassidiques. La plupart sont hongroises, les autres polonaises, russes et ukrainiennes. Malgré leurs similitudes apparentes, des différences subtiles les distinguent. “Les hassidim hongrois sont renommés pour leur hospitalité. Dans un foyer hassidique hongrois, il y a toujours un plat prêt à déguster. Et dans une synagogue magyare, le café est à la fois abondant et gratuit”, décrit fièrement Alexander Rapaport, fils de Yosef et propriétaire de Masbia, un réseau associatif de soupe populaire.

“Les femmes sont mieux organisées, habillées plus élégamment. Elles respectent les règles hassidiques [qui exigent pudeur et sobriété], mais cela se voit qu’elles sont hongroises. En épouser une est une bonne pioche.”

Contrairement à Williamsburg, toutes les communautés hassidiques de Borough Park n’ont pas de racines magyares, mais beaucoup des trois cents petites synagogues du secteur portent le nom de localités hongroises, à l’image de celles de Sopron, de Debrecen et de Mad. Une portion de la 13e Avenue, principale artère commerçante du quartier, s’appelle Raoul Wallenberg en l’honneur du diplomate suédois, ambassadeur à Budapest durant la Seconde Guerre mondiale, qui a sauvé des dizaines de milliers de Juifs d’une mort certaine. Nombre d’entre eux se sont d’ailleurs installés à Brooklyn par la suite.

Goulasch, chou farci et paprika

À Williamsburg, ma première étape me mène chez Gottlieb’s, restaurant familial animé rempli d’hommes barbus avec des chapeaux noirs et géré par Menashe Gottlieb, 44 ans. Juif [du courant] Satmar, réservé, il porte des lunettes et des papillotes blondes. Le grand-père de Menashe, Zoltan, a abandonné la Hongrie lors de l’insurrection antisoviétique de 1956 et a ouvert en 1962 une table spécialisée dans les plats de sa terre natale, qui lui manquaient : le goulasch,

[Photo : TAS TOBIAS – lisez l’intégralité de cet article sur http://www.444.hu ou http://www.courrierinternational.com]

 

L’autor de les ‘Aventures i desventures de l’insòlit i admirable Joan Orpí’ torna a la novel·la d’aventures amb ‘La veu del seu amo’, una història en clau d’humor sobre el maltractament animal.

Escrit per Joan Simó i Rodríguez

“Humanitzar els animals en la literatura és estúpid”. Així ho creu, com a mínim, el protagonista de la darrera novel·la de Max Besora. Té gràcia que ho digui, sobretot, perquè es tracta d’un gos, un gos humanitzat, tan afectat per les passions humanes que és capaç d’enganxar-se a sèries televisives, opinar sobre política i citar a Diògenes, que era cínic i, per tant, una mica caní. Referir-se a ell per un nom concret és difícil. De la mateixa manera que a Llucifer, al personatge principal de La veu del seu amo (Males Herbes, 2022) se’l pot mencionar de diverses formes -Milú, Petaner, King, Nipper…-, tantes com propietaris té durant el transcurs de la història. Jo, que, a més de tenir terres, soc amo i senyor d’aquestes línies, li diré Molècula, que és com l’anomenen els membres de la disfuncional família Holofernes i el brillant acadèmic Walter Colloni, el personatge del llibre que més simpatia m’ha despertat. Max Besora presenta La veu del seu amo a La Setmana del Llibre en Català dijous 15 de setembre a les 18h amb una conversa amb Jordi Nopca.

A aquests aclariments preliminars cal afegir-los un altre: en Molècula no és tan sols un animal humanitzat, és, també, una bèstia robòtica, víctima d’un experiment novedosíssim -obra de Colloni- que l’habilita per parlar diverses llengües i escriure la seva autobiografia, sorgida de la vocació literària amb la qual es distreu mentre es prepara per ser propulsat a l’espai exterior. La cosa és estranya, ho sé. I ho és encara més si partim de la base que tot plegat transcorre dins les fronteres de Terra nullius, un univers estrambòtic on es mesclen topònims com la Vall del Bronx, les Muntanyes Rocambolesques o Nova Barcelona, referències geogràfiques confuses que emparenten la narració amb Aventures i desventures de l’insòlit i admirable Joan Orpí, conquistador i fundador de la Nova Catalunya (Editorial Males Herbes, 2017 i Premi Ciutat de Barcelona 2018).

De fet, podríem dir que Besora practica un exercici semblant al que es pot apreciar en el llibre de títol quilomètric que li va valdre el Premi Ciutat de Barcelona. Tornem a tenir davant de nosaltres una novel·la d’aventures que dialoga amb l’obra de Miguel de Cervantes, tot i que, si en el seu text anterior era senzill trobar-hi paral·lelismes amb les gestes del Quixot, en aquest cas hauríem de fixar-nos en El coloquio de los perros, on el cànid Berganza explica al seu homòleg Cipión una sèrie d’anècdotes truculentes que podrien ser una versió arcaica d’aquelles a les quals s’enfronta en Molècula. El referents literaris no acaben aquí. A La veu del seu amo s’hi poden sentir ecos de Jack London (The Call of the Wild i White Fang), Natsume Sōseki (Wagahai wa Neko de Aru) i George Orwell (Animal Farm), alguns dels molts autors que, seguint la tradició fundada per Isop, han reincidit en “l’estupidesa” d’humanitzar els animals.

Besora ho fa, però, emprant un to còmic, hereu de la prosa de Luci Apuleu i el seu Asinus aureus. Suposo que l’humor és útil a l’hora de relativitzar els arguments, de fer-los menys feridors. Deu ser per això que l’autor camufla els seus al·legats contra el maltractament animal rere bromes obscenes i rodolins de volguda simplicitat. L’alternativa seria posar-se seriós i fer una crua tesi sobre el tema central de la novel·la, una tesi que, per força, hauria d’incloure arguments tan durs com els que expressa Isaac Bashevis Singer al seu The Letter Writer. Bashevis, únic autor de llengua ídix que ha guanyat el Nobel de Literatura, afirmava que “totes les criatures varen ser creades únicament per proporcionar aliment i vestimenta, per ser turmentades i exterminades”, que “tots els humans són nazis” i que “pels animals, la vida és un Treblinka sense fi”.

Això últim ho sé gràcies a un article de la Raquel Sanz, on, a través de l’anàlisi dels arguments animalistes que J.M. Coetzee posa en boca d’Elizabeth Costello, es parla de la sensible frontera que ens separa dels éssers no-humans. És un assumpte complicat, transcendental diria jo, cridat, tard o d’hora, a esdevenir la gran polèmica del nostre món. Mentrestant, però, és interessant topar-se amb novel·les com La veu del seu amo, llibres que s’anticipen a la seva època, com els Contes per a nens i nenes políticament correctes de James Finn Garner, propostes que no tenen res d’estúpid.

 

 

[Foto: Adrià Cañameras – font: http://www.nuvol.com]

Escrit per AGUSTÍ PONS

En el  llibre, Història dels avis que no vaig tenir (Llibres Anagrama) el seu autor, Ivan Jablonka, escriu: “La distinció entre les nostres històries de família i allò que voldríem anomenar la Història, amb la seva pomposa majúscula inicial, no té cap sentit. És exactament el mateix”. En efecte, cadascú de nosaltres viu la seva pròpia i intransferible història personal però, en siguem conscients o no, hi ha un fil conductor roig que ens uneix a la Gran Història, aquella que expliquen, o explicaven, els llibres de text; i ara, viquipèdia. La meva generació, per exemple, la dels nascuts els anys quaranta del segle passat, vam viure sota la presència de la Guerra Freda i aquest concepte, que ens semblava aliè a la nostra situació, va tenir, si ho mirem de prop, un impacte quotidià en les nostres vides.

Els avis de l’historiador francès Ivan Jablonka (1973) van morir a Auschwitz per la seva condició de jueus. Formaven part d’aquesta Gran Història que tenim assimilada en el nostre àmbit de coneixement d’una forma més o menys conscient o explícita. Els avis que Ivan Jablonka no va conèixer van ser dues més dels milions de víctimes de l’antisemitisme en l’Europa del segle XX. Però allò que fa diferent, i depriment, el llibre de Jablonka és que, gràcies a la reconstrucció de la vida dels seus avis, en adonem que l’Holocaust no va sortir del no res. La tragèdia de la familia Jablonka posa de manifest que l’Holocaust va ser l’exacerbació, fins a uns límits criminals que traspassen qualsevol imaginació possible, d’un fenomen, l’antisemitisme, que durant els decennis anteriors s’havia estès, amb major o menor virulència, per tota Europa. Els avis Jablonka van viure a Parczew, un petit poble de la Polònia repartida entre l’Imperi austro-hongarès, Rússia i Prússia. Formaven part de la comunitat jueva que  mantenia la seva pròpia llengua –l’ídix– i no cal dir que la seva pròpia estructura religiosa, familiar i, també, en molts casos, educativa.

Sobre ells queia el menyspreu, quan no la ira, dels catòlics no només per qüestions religioses –els jueus vistos com a deïcides—sinó perquè en un país, Polònia, sense existència legal, el catolicisme constituïa l’ancoratge del prohibit sentiment patriòtic. Els jueus de Parczew vivien legalment i socialment discriminats i això feia que la seva subsistència diària sovint fos precària quan no directament miserable. Ivan Jablonka reconstrueix la vida dels seus avis “in situ” i ho fa amb l’exactitud d’un bon historiador i la capacitat narrativa d’un bon escriptor. I a través dels trasllats de residència a que es veu obligada la família Jablonka per sortir de la misèria i de la persecució ens adonem que l’antisemitisme, legal i social, és present  no només a Polònia sinó també a Rússia, França i no cal dir que, finalment, a Alemanya. Tan sols aconsegueixen sobreviure amb unes mínimes condicions humanes aquells membres de la família Jablonka que emigren a Buenos Aires.

A mesura que avançava el segle XX, les mesures repressives contra els jueus anaven en augment fins arribar al sarcasme més cruel. A la França del cap de govern Daladier molts dels jueus que hi havien arribat des de Polònia o des d’altres països on eren perseguits –perquè pensaven que França era la terra dels drets humans– no aconseguien fàcilment la targeta de refugiat polític. Quan això succeïa, passaven a ser immigrants il·legals amb ordres de deportació si la policia els aturava pel carrer. Però, com se’ls podia deportar si els dirigents del seu país d’origen havien  aprovat una llei que prohibia precisament l’entrada de jueus?  Indocumentats, doncs, a París es veien obligats a portar una via subterrània, sense possibilitats d’obtenir cap contracte, malvivint del que ara en diríem economia submergida, instal·lats en pisos, o habitacions, d’acusada insalubritat. Quan els alemanys van entrar a París i van decidir començar les deportacions no van tenir gaire feina a trobar jueus: feia temps que la policia de la capital francesa tenia una llista, barri per barri, de les famílies jueves. L’avi que Ivan Jablomka no va conèixer s’havia apuntat a l’exèrcit francès en els mesos inicials de la Segona Guerra Mundial però ni això li va servir de refugi. Desmobilitzat després de la fulminant derrota de l’exèrcit francès res ni ningú no va evitar que ell i la seva dona fossin detinguts i duts a Auschwitz en una de les batudes massives que els nazis van efectuar. Però també és cert –i així ho recull el llibre—que no tots els francesos es van comportar de la mateixa manera. També hi va haver veïns, i organitzacions més o menys clandestines, que van aconseguir salvar alguns ciutadans jueus.

Per escriure aquest article he consultat l’entrada Daladier de la viquipèdia. S’explica amb detall la seva vida política; els seus encerts i els seus errors. De les lleis aprovades sota el seu mandat i que tant van perjudicar als jueus que havien trobat refugi a França no se’n diu res. Per al qui ha escrit l’entrada aquest no sembla un tema important. És un exemple més que l’antisemitisme es viu o que es continua volent fer creure que va ser flor d’un dia i d’un país.

 

[Font: http://www.dietariobert.cat]

Abraham Sutzkever (: אַבֿרהם סוצקעווער — ; hebreo: אברהם סוצקבר; julio 15, 1913 – 20 de enero de 2010) fue un reconocido poeta de la lengua yiddish. El doctor Paul Glasser del Instituto YIVO en Nueva York declaró: «En el mundo de la posguerra, Sutzkever pasó a ser el poeta judío más importante así como un gran poeta a nivel mundial».1

Abraham (Avrom) Sutzkever nació el 13 de julio de 1913 en Smorgon, Gobernación de Vilna, Imperio ruso (ahora conocido como Smarhon’, en Belarús). Durante la Primera Guerra Mundial la familia se mudó a Omsk, en Siberia, donde su padre, Hertz Sutzkever, murió. En 1921, su madre, Rayne (nacida Fainberg), traslado a la familia a Vilna, donde Sutzkever asistió a la escuela hebrea para niños, conocida como cheder.

Sutzkever atendió la escuela secundaria judío-polaca Herzliah. Más tarde auditó clases de literatura polaca en la Universidad, y, a través de un amigo, fue introducido a la poesía rusa. Sus primeros  poemas fueron escritos en hebreo.2

En 1930 Sutzkever se unió al grupo de exploradores judíos de nombre Bin (“Abeja”), en cuya revista publicó su primera pieza literaria. Fue también ahí donde conoció a su futura esposa, Freydke. En 1933, formó parte de los escritores y artistas del grupo Yung-Vilne, entre los cuales se encontraban sus poetas amigos Shmerke Kaczerginski, Chaim Grado y Leyzer Volf.3

Sutzkever contrajo nupcias con Freydke en 1939, un día antes del inicio de la .4

En 1941, tras la ocupación nazi de Vilna, Sutzkever y su mujer fueron enviados al gueto de Vilna. Ahí fueron asignados a trabajar en la catalogación de documentos para ser enviados a un instituto en Frankfurt operado por los nazis. A riesgo de sus vidas, Sutzkever y sus colegas escondieron detrás del yeso y ladrillos de muros del gueto importantes documentos como un diario escrito por Theodor Herzl, dibujos de Marc Chagall y Alexander Bogen, así como otros tesoros. Los nazis asesinaron a su madre e hijo bebé. El 12 de septiembre de 1943 Sutzkever y su mujer huyeron a los bosques, y junto con su amigo, el poeta  Shmerke Kaczerginski, lucharon contra las fuerzas de ocupación como parte del batallón judío del ejército partisano.5

En 1943, su poema narrativo Kol Nidre llegó a manos del Comité Antifascista Judío en Moscú, cuyos miembros incluían a Ilya Ehrenburg y Boris Pasternak, así como el futuro presidente exiliado de la Lituania soviética, Justas Paleckis. Ellos imploraron al Kremlin que mandase un avión a rescatarlos. De esta forma, un avión localizó Sutzkever y Freydke en marzo de 1944, y los llevó a Moscú, donde nació su hija, Rina.6

En febrero de 1946 fue llamado para servir de testigo en los procesos de Núremberg, donde atestiguó en contra de Franz Murer, el asesino de su madre e hijo. Tras una breve estancia en Polonia y París, Sutzkever decidió emigrar a Palestina, (entonces aún bajo el Mandato Británico), llegando a  en 1947.

Dos años más tarde, 1949, Sutzkever fundó la revista en yiddish Di Goldene Keyt (La cadena dorada).

Sutzkever fue un viajero entusiasta: visitó junglas sudamericanas y la sabana africana, donde el espectáculo de una manada de elefantes o la canción de un jefe de la tribu de los basotho eran fuente de inspiración de sus versos en yiddish.

En 1985, Sutzkever fue el primer escritor  en recibir el prestigioso Premio Israel por su literatura. Un compendio en inglés apareció en 1991, así como traducciones a múltiples idiomas, incluyendo turco y japonés.

Freydke, su mujer, murió en 2003.

Abraham Sutzkever murió el 20 de enero de 2010 en , a la edad de 96 años.78​Dejó a dos hijas Rina y Mira, así como dos nietos.

Carrera literaria

Sutzkever comenzó a escribió poesía a una edad temprana, inicialmente en hebreo. Publicó su primer poema en Bin, la revista del grupo de exploradores judíos del mismo nombre. Más tarde, Sutzkever fue parte del grupo Yung Vilne (“la joveVilna“) fundado en el principio de los 1930s. En 1937, su primer volumen de poesía yiddish, Lider (Canciones), fue publicado por el capítulo  de la sociedad de escritores del PEN Club Internacional; su segundo libro, Valdiks (Del bosque, 1940), aparecido después de su traslado a Varsovia, durante el periodo de autonomía lituana.ii3

En Moscú, Sutzkever escribió una crónica de sus experiencias en el gueto de Vilna (Fun vilner geto,1946), una colección de poesía Lider fun geto (1946; “Canciones del gueto”) y empezó Geheymshtot (“Ciudad secreta”,1948), un poema épico sobre  judíos viviendo escondidos en las cloacas de Vilna.9​En 1949, Sutzkever fundó en Israel la única revista literaria trimestral en yiddish Di goldene keyt (La cadena dorada), la que  editó hasta su defunción en 1995. Con ella, Sutzkever resucitó las carreras literarias de escritores en  en Europa, las Américas, la Unión Soviética e Israel. Sin embargo, la política del sionismo oficial le resto importancia al yiddish, definiendo al mismo como dialecto de una diáspora derrotista. “Ellos no podrán desarraigar mi lengua,” replicó él. ” Despertaré a todas las generaciones con mi rugido.”

La poesía de Sutzkever fue traducida al hebreo por Nathan Alterman, Avraham Shlonsky y Leah Goldberg. En los años 1930s, su trabajo fue traducido al ruso por Boris Pasternak.10


 

  1.  «The Poetry of Abraham Sutzkever: The Vilno poet, reading in Yiddish» (product blurb for CD, Folkways Records). The  Voice store. yiddishstore.com. Archivado desde el original el 23 de marzo de 2006. Consultado el 1 de marzo de 2018. |archive-url= y |urlarchivo= redundantes (ayuda); |archive-date= y |fechaarchivo= redundantes (ayuda)
  2.  «YIVO | Sutzkever, Avrom»http://www.yivoencyclopedia.org (en inglés). Consultado el 8 de febrero de 2018.
  3. ↑ Saltar a:a b «Avrom Sutzkever» (en inglés británico). 16 de febrero de 2010. ISSN 0307-1235. Consultado el 3 de abril de 2018.
  4.  «Abraham Sutzkever». Consultado el 9 de febrero de 2018.
  5.  «UC Press E-Books Collection, 1982-2004». Escholarship.org. Consultado el 4 de enero de 2013.
  6.  «Abraham Sutzkever Last great Yiddish poet and a defender of his language»The Guardian.
  7.  Berger, Joseph (23 de enero de 2010). «Abraham Sutzkever, 96, Jewish Poet and Partisan, Dies»The New York Times. Consultado el 10 de abril de 2010.
  8.  «Poet and Partisan Avrom Sutzkever Dies»The Forward. 20 de enero de 2010. Consultado el 10 de abril de 2010.
  9.  Zucker, Sheva. «Avrom Sutzkever Israeli Writer»http://www.britannica.com. Consultado el 12 de febrero de 2018.
  10.  Mer, Benny (22 de enero de 2010). «Abraham Sutzkever, 1913-2017»Haaretz. haaretz.com. Consultado el 12 de febrero de 2017.

[Fuente: http://www.diariojudio.com, extraído de https://es.wikipedia.org/wiki/Abraham_Sutzkever%5D

Retour sur la vie et l’œuvre de A.B. Yehoshua, l’un des plus grands écrivains israéliens, lauréat du prix Médicis étranger en 2012.

 

Écrit par Myriam ANISSIMOV

A.B. Yehoshua, l’un des plus grands écrivains israéliens de sa génération, est mort le 14 juin dernier des suites d’un cancer à l’Hôpital Ichilov, à Tel Aviv. Il avait 85 ans. La psychanalyste Rivka Yehoshua, son épouse-amie et mère de ses trois enfants, avait disparu en 2016. Ils avaient tout partagé pendant cinquante-six ans de mariage, et les romans de l’écrivain étaient sans exception dédiés à sa chère Ika. Le couple et le mariage étaient au cœur de son œuvre. En larmes, il avait confié à Michaël Grynszpan, venu l’interviewer :

« Nous étions très attachés l’un à l’autre. Elle était une excellente compagne et je souhaitais décrire le mariage dans son côté positif. Parce que le mariage est tellement attaqué dans les romans. Les écrivains parlent tellement de conflits dans le mariage… ils écrivent à propos des divorces, à propos des déceptions… Et moi je voulais montrer la lumière qu’il y a dans le mariage. Et cela est un élément important dans mon écriture. »

Une jeunesse israélienne

Amos Oz, son ami de toujours, qui partageait ses idées en matière de politique, est décédé en 2018. Avec Aharon Appelfeld, disparu en 2018 et Yehoshua Kenaz, en 2020, les écrivains témoins de la naissance de l’État laissent, pour ainsi dire, la scène clairsemée.

Esseulé, Avraham Gavriel Yehoshua, appelé familièrement Boolie (le petit taureau) depuis l’âge de douze ans, vivait dans sa maison de Givataym, dans la banlieue de Tel Aviv. Sa famille était établie en terre d’Israël depuis cinq générations. Il était né en 1936 à Jérusalem, l’année de la Grande révolte des Arabes de Palestine sous mandat britannique, qui réclamaient la fin de l’immigration juive et s’opposaient à l’établissement d’un « Foyer national juif », selon les termes de la déclaration de Balfour.

Boolie avait grandi dans le quartier de Keren Abraham.

Du côté paternel, ses ancêtres venaient de Salonique, où un arrière-grand-père avait été rabbin. La famille de sa mère était originaire du Maroc.

Son père, orientaliste de renom, qui avait rédigé sa thèse de doctorat en arabe, était l’auteur de douze ouvrages sur la communauté sépharade. Il avait été interprète (hébreu-arabe-anglais), au Secrétariat général du mandat britannique en Palestine.

Avraham a fait ses études au gymnasia ivrit, le lycée laïc de Jérusalem qui formait l’élite du futur État d’Israël. Puis il a réalisé son service militaire en tant que parachutiste au sein de l’unité d’élite Golani, avant de participer à la « Guerre de Suez », en 1956.

Après quelques mois passés au kibboutz Hatzerim Neguev où il écrivit sa première nouvelle, La Mort du vieux, il étudia la littérature et la philosophie à l’Université hébraïque de Jérusalem, la seule qui existait à l’époque.

Pacifiste et sioniste convaincu

Débonnaire, généreux, souvent provocateur, et surtout plein d’humour, il appartenait à ce qu’on appelle en Israël « le camp de la paix ». Il évoquait le conflit entre les Juifs et les Palestiniens avec passion, n’évitant pas les paradoxes, mais se défendait d’être un donneur de leçon solennel. Il ne lançait pas d’anathèmes.

Il lui arrivait de changer d’avis, notamment sur ce sujet brûlant : longtemps, il avait soutenu avec véhémence la création d’un État palestinien mais, à la fin de sa vie, en 2018, il s’était dit favorable à un État binational, compte tenu de la situation sur le terrain, qu’il avait qualifiée d’« apartheid ». Il ne redoutait pas la dissolution du caractère juif de l’État dans l’éventuel État binational.

Et pourtant, il était un sioniste convaincu, voire radical, ainsi qu’il l’avait écrit dans un essai intitulé Pour une normalité juive (Liana Levi, 1998). Il avait une idée toute personnelle de l’identité juive. Il se qualifiait de « Juif total » parce qu’il était un citoyen de l’État juif et qu’il parlait l’hébreu. Selon cette conviction, les Juifs de la diaspora ne seraient que des portions de Juifs ! Le ladino et le yiddish, pourtant parlé par dix millions de locuteurs avant la Shoah, n’auraient donc pas à ses yeux le statut de « langue des Juifs ».

Cette idée peut laisser perplexe : Franz Kafka, Joseph Brodsky, Vassili Grossman, Isaac Bashevis Singer, Baruch Spinoza, Elias Canetti, ou encore Albert Einstein et Sigmund Freud n’auraient été que « des Juifs partiels, inachevés ! ».

Aurait-il acquis cette conviction au cours de son séjour en France de 1963 à 1967, en tant que délégué israélien de l’Union mondiale des étudiants juifs ? Il avait affirmé en 2006, lors d’un entretien avec le journaliste Michel Zlotowski pour Akadem, « qu’Israël est le nom du peuple juif, ainsi qu’il est écrit dans la Bible. »

Le roman d’Israël

Son engagement politique allait de soi, ainsi qu’il l’a exposé dans un essai intitulé Comment construire un code moral sur un vieux sac de supermarché (Éditions de l’Éclat, 2004). Ses romans, fourmillant d’intrigues ingénieuses et haletantes, sont le miroir des événements, des soubresauts de l’histoire mouvementée d’Israël. Il décrit les bouleversements de la société dans de vastes fresques, comme dans Monsieur Mani (Calmann-Lévy, 1994), son roman préféré.

Il avait pris son temps pour devenir écrivain, publiant à quarante ans son premier roman, L’Amant, paru en 1973 en Israël, et en 1977, en traduction française, chez Calmann-Lévy. L’intrigue avait pour toile de fond la guerre de Kippour.

Dans Le Responsable des ressources humaines (Calmann-Lévy, 2015), il évoquait le cas d’une travailleuse venue d’Europe centrale, tuée lors d’un attentat, et dont personne ne connaissait l’identité, y compris au sein de la boulangerie industrielle qui l’employait comme femme de ménage.

Un de ses derniers ouvrages paru en 2019, Le Tunnel, abordait sans complaisance le problème des villes construites par Israël au-delà de ce qu’on appelle « la ligne verte », c’est-à-dire la ligne de cessez-le-feu de la Guerre des Six jours, en 1967.

Trois jours et un enfant, son premier recueil de nouvelles, publié dans la collection de Geneviève Serreau, est paru en 1974 chez Denoël.

Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma, tels Trois jours et un enfant en 1967 par Uri Zohar (1935-2022) et Le Directeur des ressources humaines, adapté par Eran Riklis en 2010.

Yehoshua avait reçu le Prix d’Israël pour l’ensemble de son œuvre en 1995, et le prix Médicis étranger en 2012 pour son roman Rétrospective, paru chez Grasset.

Se sachant proche de la fin, il avait dit, avec un grand sourire fatigué à l’hôpital à ceux qui l’entouraient : « Les amis, ça suffit. J’ai vécu une vie bonne, riche et bien remplie, et même réussie, laissez-moi partir tranquillement, ne soyez pas trop désolés. Soyez sages. »

Boolie a été inhumé au cimetière du kibboutz Ein Carmel, près de Haïfa.

Signalons la parution cette année chez Grasset de La Fille unique, traduit de l’hébreu par Jean-Luc Allouche.

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Retour sur la tragique histoire familiale de la Première ministre. Un passé dont elle parle peu mais qu’elle garde en mémoire et qui lui sert sans doute de guide.

Portrait des quatre enfants de Zelig Bornstein: Léon (l'aîné), Isaac, Joseph et Albert.

Les quatre enfants de Zelig Bornstein : Léon (l’aîné), Isaac, Joseph et Albert. Ils seront tous les quatre déportés. Joseph et Isaac survivront, pas les deux autres. Joseph est le père d’Elisabeth Borne qui a été nommée première ministre. Archives du Mémorial de la Shoah.

 

Écrit par Frédéric Haziza

Orpheline à 11 ans, pupille de la Nation, boursière, Elisabeth Borne se réfugie dans les sciences et les mathématiques à la mort de son père. Elle trouve dans les maths « quelque chose d’assez rassurant, d’assez rationnel ».

Une manière pour elle de se reconstruire, de se construire. Suivent neuf années de travail, d’efforts, d’abnégation, de volonté. En 1981, à 20 ans, elle est reçue à Polytechnique et parallèlement major à l’École normale supérieure. Elle choisit d’intégrer l’X. Sans doute en mémoire de son père résistant. Ce jour-là, sa mère accueille la réussite de sa fille en pleurant, en disant que son mari aurait été « si fier ».

« Quand on a un parcours de vie difficile, expliquera Elisabeth Borne le 19 mai aux Mureaux devant les membres d’associations et du conseil municipal des jeunes de la ville, ce qui est mon cas, et qu’il vous arrive des évènements pas très agréables dans votre vie personnelle, les sciences et les choses logiques ont un côté rassurant. Cela m’a attiré. En m’accrochant, j’ai intégré une école. Cela m’a été bien utile car j’étais payée par cette école, Polytechnique, et cela m’a permis de payer mes études ». Au centre de ce premier déplacement de Première ministre, le thème de l’égalité des chances choisi par Elisabeth Borne pour donner de l’espoir aux jeunes et singulièrement aux filles n’osant pas « aller au bout de leurs rêves ». Un déplacement qui la renvoie aussi quelque part à sa jeunesse fracassée.

En 1978, BAC scientifique en poche, bien qu’acceptée en Math sup à Louis Le Grand, le lycée des élites, la voie royale pour intégrer les grandes écoles scientifiques, la jeune Elisabeth choisit Jeanson de Sailly. À l’ambiance de la jungle sans solidarité entre les élèves du premier, elle préfère celle plus humaine du second. Un choix sans doute dû au double héritage familial paternel et maternel. Des deux côtés, on a en effet toujours cherché à « faire quelque chose d’utile pour les autres ». Joseph le père d’Elisabeth rejoint ainsi la résistance à 16 ans. Il écrira alors à son père Zelig, le grand-père d’Elisabeth : « Papa, si nous ne faisons pas ce qu’on nous demande de faire, qui le fera ? ». Résistant en tant que membre de l’Organisation juive de combat ou Armée juive (une organisation de résistance créée en 1942 à Toulouse par Abraham Polonski, qui permet le passage en Espagne de centaines de Juifs, qui en fournit d’autres en faux-papiers et qui participe aux combats de la Libération), il est chargé d’avril 1943 au 20 décembre 1943 de convoyer des jeunes de Grenoble vers le maquis de Biques.

Côté maternel aussi, il s’agit de faire quelque chose d’utile pour les autres. Son grand-père maternel Marcel Lescène fut le maire et le conseiller général de la commune de Livarot (Calvados). Et c’est d’ailleurs au centre de ce pays d’Auge, berceau donc de la famille de sa mère Marguerite, qu’Elisabeth Borne décide, en ce mois de juin 2022, de se porter candidate aux législatives.

La première ministre Elisabeth Borne.

La Première ministre Elisabeth Borne.

Pur produit de la méritocratie républicaine, à la sortie de l’X et de l’École nationale des Ponts et chaussées, elle se met au service de la France, de sa France. Une carrière de haute fonctionnaire dans des entreprises publiques, les cabinets ministériels et la préfectorale. Jusqu’à devenir ministre puis Première ministre. La seconde femme à Matignon de la 5èmeRépublique 30 ans après Edith Cresson.

Mais derrière cette enfant de la République, se cache aussi une enfant de la Shoah. Un passé, des racines, un destin familial dont elle parle peu mais qu’elle garde en mémoire, au plus profond d’elle. À Agnès Buzyn, fille comme elle d’un rescapé de la Shoah, elle dit un jour : « Tu sais mon nom c’est Bornstein ». Son père avait choisi celui de Borne, son nom de résistance à son retour d’Auschwitz. Tout simplement parce que comme beaucoup de déportés, il a peur que ça recommence. Il s’agit de préserver les siens et d’une famille qu’il entend créer. Ce jour de 2018 où Borne fait cette confidence à Buzyn, ni l’une, ni l’autre ne parlera de la Shoah. Elles savent désormais qu’elles ont les mêmes racines, le même destin familial mais, même entre elles, ces deux filles de déportés éprouvent une certaine gêne à évoquer un passé familial douloureux. « C’est une communauté qui est la mienne », confiera Elisabeth Borne le 23 juin 2021 à l’antenne de Radio J. Allusion aux origines juives de son père Joseph Bornstein (né le 02 mai 1925 à Anvers en Belgique) déporté avec son père Zelig (né à Lukow en Pologne) et ses deux frères Isaac et Albert par le convoi 66 parti de Drancy à destination d’Auschwitz le 20 janvier 1944 et arrêtés le 25 décembre 1943 suite à une dénonciation. Ils deviendront amis à Auschwitz avec Alfred Nakache, le « nageur d’Auschwitz ». Léon, le troisième frère ayant été déporté quelques mois plus tôt par le convoi 51 à destination de Sobibor où il sera pendu.

Isaac Borne, l’oncle de la nouvelle Première ministre a d’ailleurs raconté son histoire et celle de sa famille le 6 juin 2006 dans un long entretien réalisé par Catherine Bernstein pour la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et l’Ina.

Il y revient sur le parcours de ses parents depuis la Pologne qui les conduira à Anvers où son père devient diamantaire (plus précisément cliveur de diamants). Chez les Bornstein, on parle le yiddish, le français, le flamand et aussi l’hébreu. Nous sommes au début des années 20. Zelig Borne, le grand-père de la Première ministre a alors le projet de partir en Israël, de faire son « alyah ». Avec à la clé un projet professionnel : l’installation d’une usine de diamants à Netanya. Un projet qui n’ira pas à son terme. En 1940, les Bornstein quittent la Belgique pour la France d’où ils seront déportés. Seuls Joseph et Isaac rentreront de déportation. Arrivé à la gare d’Orsay fin avril 1945, les deux frères Joseph et Isaac sont accueillis par deux jeunes filles impliquées dans l’accueil des déportés. Marguerite Lescène, l’une de ces deux jeunes filles, deviendra la femme de Joseph Borne en 1958.

Plus les années passent, plus le père d’Elisabeth Borne est rattrapé par les fantômes d’Auschwitz, ceux de son père Zelig, de ses frères Albert et Léon exterminés par les nazis, rattrapé aussi par le traumatisme de la « Marche de la mort », de « Nuit et Brouillard » (en allemand « Nacht und Nebel »).

Zelig Bornstein, né Lukow en Pologne, pose avec trois de ses fils : Joseph, Isaac et Léon. Joseph (le premier à gauche sur la photo) est le père d’Elisabeth Borne.

Cette photo date de 1939. Zelig Bornstein, né Lukow en Pologne, pose avec trois de ses fils : Joseph, Isaac et Léon. Joseph (le premier à gauche sur la photo) est le père d’Elisabeth Borne.

Joseph se couche à l’aube et vit à un rythme décalé. Il est hanté par la Shoah. Il essaye de résoudre ses problèmes par la psychanalyse. En 1969, le psychanalyste le lâche, en lui demandant d’aller voir l’un de ses collègues. Trois ans plus tard, Joseph Borne se suicide. Un destin à la Primo Levi. Comme l’auteur de « Si c’est un homme », il avait tenté de renouer avec la vie après son retour de déportation. Mais en vain. Un parcours, un destin, une mémoire qu’Elisabeth garde en elle et lui sert peut-être de guide. Auprès de Libération, n’avait-elle pas expliqué avoir ressenti une certaine émotion quand, préfète, elle avait remis pour la première fois à un citoyen son décret de naturalisation. « Que moi, la fille de ce réfugié apatride, qui n’a été français qu’en 1950, j’accomplisse ce geste, cela disait quelque chose sur l’intégration ».


Frédéric Haziza, chef du service politique de Radio J, animateur du « Forum Radio J » et des « Enfants de la République »

 

 

[Source : http://www.laregledujeu.org]

beatnik

Primera documentació: 4/02/1989

Tipus
manlleu de l’anglès
Contextos
I tot això integrat dins l’evolució de la història del jazz i dels fenòmens culturals que l’han acompanyada, com ara la literatura beatnik. [El Temps, 14/08/1995]
Jo em considerava beatnik, els hippies els trobava una mica bledes, però jo vivia en una casa comunitària, on hi havia diferents parelles. [Ara, 17/12/2021]
Observacions El beatnik va ser un moviment juvenil sorgit entre les dècades de 1950 i 1960 als Estats Units, antecessor del moviment hippy, que es caracteritzava pel rebuig d’alguns valors socials tradicionals i per una actitud vitalista, la qual cosa es reflectia en la moda i la conducta anticonvencionals. Així mateix, el beatnik promovia una concepció molt lliure de la sexualitat, el nomadisme, el consum de drogues o el pacifisme.

Segons l’Oxford English Dictionary, el manlleu està creat per la forma beat (usada també en llenguatge col·loquial per referir-se a aquest mateix moviment, i que és l’escurçament del sintagma beat generation) i el sufix de l’ídix -nik, un ètim originàriament del rus que crea noms que denoten membres d’una classe o grup, partidaris d’una causa, etc. La primera documentació en anglès es recull el 1958, any en què Herb Caen, un famós periodista de San Francisco, va encunyar aquest terme, amb una connotació clarament despectiva, amb l’objectiu de parodiar els seguidors d’aquest moviment contracultural, mesos després d’haver-se publicat la novel·la On the road (A la carretera), concebuda com a manifest del moviment, escrita per Jack Kerouac (1922-1969).

 

 

[Font: neolosfera.wordpress.com]

Hay más en la obra judía del premio Nobel que su versión de ‘Hava Nagilah’

Si bien Bob Dylan, a lo largo de su vida y carrera, se ha involucrado en todo tipo de mistificación y falsificación biográfica lúdica, nunca ha estado al servicio de negar su herencia.

Este hijo de un vendedor de electrodomésticos de clase media del medio oeste superior, que se crió con una abuela que hablaba yiddish en el pasillo de una familia judía extensa que estaba en el nexo de la vida judía en Hibbing, Minnesota, la madre era presidenta de la local Hadassah, y papá era presidente de B’nai B’rith— terminó haciendo varios viajes a  a fines de los años 60 y 70 (durante una visita, incluso comenzó el proceso de solicitud para trasladar a su familia a un kibutz). Envió a sus hijos al mismo campamento de verano judío en Wisconsin al que asistió durante cuatro o cinco veranos cuando era adolescente.

clic aquí para leer la nota completa 

“Talkin’ Hava Nagilah Blues”

“With God on Our Side”

“New Morning”

“All Along the Watchtower”

“Forever Young”

“Highway 61 Revisited”

“Gotta Serve Somebody”

“Neighborhood Bully”

“Everything Is Broken” 

“Blowin’ in the Wind”

 

[Foto: Chris wood/Express/Getty Images – reproducido en http://www.diariojudio.com]

 

 

En collaboration avec le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) et le MoBY (Museums of Bat Yam), les galeries Le Minotaure et Alain La Gaillard rendent hommage à Issachar Ber Ryback (1897-1935), né dans un milieu hassidique ukrainien, artiste – peintre, illustrateur, créateur de décors pour le théâtre yiddish – majeur de l’avant-garde artistique juive des années 1910-1920.

Publié par Véronique Chemla

« Les galeries Le Minotaure et Alain La Gaillard accueillent dans leurs deux espaces l’exposition monographique d’Issachar Ber Ryback (1897-1935), artiste majeur de l’avant-garde juive des années 1910-20, élève d’Alexandra Exter et l’un des principaux animateurs de la Kultur-Lige – organisation créée à Kiev en 1918, dédiée à la construction et au rayonnement d’une nouvelle culture juive, fondée sur la synthèse des traditions culturelles nationales et mondiales.
« L’exposition est organisée en collaboration avec le Musée Ryback (Bat-Yam, Israël) et le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (Paris). Ce dernier – à partir du 8 mars – présente un accrochage spécifique consacré à l’artiste pour lequel le musée de Bat-Yam prête 5 toiles majeures provenant de sa collection ; 5 autres pièces seront exposées dans les deux galeries parisiennes. »
« L’exposition est concentrée sur la période avant-gardiste de l’oeuvre de Ryback, s’étendant de 1916 (l’année de son voyage avec El Lissitzky dans les bourgades biélorusses pour réaliser des croquis de synagogues, collecter et copier des œuvres de l’art populaire juif) à 1926 (l’année de son arrivée à Paris). Elle est divisée en 6 parties relatives aux différents aspects du travail de l’artiste. »
« La première partie est consacrée aux projets d’éditions pour la Kultur-Lige et aux dessins d’ornements populaires juifs réalisés par Ryback lors de son voyage en Biélorussie avec El Lissitzky en 1916 qu’il a continué, seul, entre mai et septembre 1917, à la demande du Comité central ukrainien pour la protection du patrimoine historique et artistique. Suivant une méthode de son invention, Ryback a essentiellement reproduit les pierres tombales des anciens cimetières juifs, en rapportant des motifs rares et précieux de l’art plastique populaire, inspiré par une croyance en un lien organique de l’artiste moderne avec le passé et la tradition artistique de son peuple. Les croquis de cette époque alimenteront sa créativité postérieure y compris des illustrations pour les livres, surtout dans les années 1917-19. »

« Dans la deuxième partie seront exposées les illustrations pour les livres pour enfants en yiddish réalisées par Ryback en 1922, notamment pour Mayselekh far kleynininke kinderlekh (Petites histoires pour les enfants) de Miriam Margolin, In vald et Foyglen de Leib Kvitko. Les partis pris graphiques de Ryback dans ces projets montrent les différents usages qu’il a pu faire des images et des motifs de l’art populaire juif. Ces illustrations occupent une place particulière non seulement dans l’art graphique l’artiste, mais aussi dans l’histoire de l’art du livre juif et mondial. Leur innovation fondamentale réside dans l’utilisation du style du dessin des enfants ce qui n’était pas le cas des autres artistes d’avant-garde, entre autres des futuristes russes, qui aussi illustraient des ouvrages destinés aux plus jeunes lecteurs. Dans le souvenir de sa veuve, Ryback « adhérait au principe selon lequel il fallait donner aux enfants des dessins tels qu’ils pouvaient les faire eux-mêmes. Et les enfants acceptaient ses dessins comme les leurs. Ryback a été très heureux que le petit fils de Dovid Bergelson, Leïvik, lui dise un jour : “Papa, moi aussi je sais dessiner comme Ryback.” Les enfants l’ont compris dans son art et l’ont aimé dans la vie. »

« La troisième partie est dédiée au projet « Shtetl » (la bourgade juive existant en Europe de l’Est avant la Seconde Guerre mondiale), l’album publié en 1923 à Berlin présentant différents personnages et scènes de la vie de la communauté. Les dessins de cette série sont probablement les œuvres les plus connues de Ryback, ils sont souvent considérés comme des œuvres d’art populaire. L’artiste y effectue une sorte de réhabilitation du shtetl. Alors que dans les représentations habituelles, il apparaissait comme un monde de « petites gens » arriérés, dominé par l’obscurantisme et la superstition, un lieu sombre et morne, dépourvu de lumière vive et d’air frais, pour Ryback il est non seulement un objet d’admiration artistique, esthétique, mais aussi un milieu empli d’énergie vitale. Les peintures de 1917 qui représentent la bourgade ou relèvent de la scène de genre regorgent de qualités. En outre, tout en conservant l’authenticité et la précision « ethnographique » des détails des lieux réels et de leurs habitants, Ryback ne les rend pas concrets, mais les réinterprète dans une image générale. Dans son imaginaire, le shtetl constitue le foyer d’une civilisation originale, dans laquelle il joue un rôle essentiel, à l’instar du rôle qu’ont joué les villes dans le développement culturel de l’Europe antique et chrétienne. »
« La quatrième montre les œuvres de la série « Pogroms » constituant une chronique sanglante de la vague de pogroms ayant lieu en Ukraine en 1919, pendant laquelle le père de Ryback a été assassiné. Le traumatisme que cet événement a provoqué chez l’artiste transparaît dans les aquarelles d’une sincérité sans précédent qui représentent des scènes de violence opposant les pogromistes et leurs victimes. Elles terrifient le spectateur par leur naturalisme. Ryback s’appuie sur des événements réels et des témoignages documentaires, en les incarnant dans une imagerie populaire, « folklorique », qui remonte à la fois à l’imagerie ukrainienne et à la tradition de la littérature populaire juive en yiddish, qui a préservé dans la mémoire collective l’histoire du martyre juif et de la mort pour la foi à l’époque des massacres et des persécutions. »
« La cinquième partie sera consacrée à l’œuvre pictural de Ryback qui développe son idée de combiner l’art populaire juif avec l’avant-garde artistique, notamment le cubisme et l’expressionnisme. La critique de l’époque reconnaissait sa maîtrise formelle, la « résonance » de son art avec l’esprit de l’époque, l’importance des thèmes de ses œuvres, leur profondeur et leur singularité. Les articles parus dans des publications de l’époque, considéraient les peintures cubistes de Ryback, ses « abstractions mystiques », comme une étape importante dans le développement de l’art juif contemporain et y voyaient une nouvelle version originale d’un style moderniste populaire. Ses découvertes artistiques sont indissociables des réalisations du nouvel art juif d’avant-garde, au sein duquel son nom doit être placé au premier rang, aux côtés de ses plus grands représentants, tels Marc Chagall et d’autres très célèbres artistes juifs de cette génération. »
« Finalement, la dernière partie est consacrée aux projets de décors de scène et de costumes pour le théâtre yiddish, autre activité importante de Ryback. L’artiste s’intéresse à la scénographie encore à Kiev, lorsqu’il fréquente l’atelier d’Alexandra Exter qui passait à l’époque pour l’une des réformatrices les plus radicales et les plus originales de l’art des décors théâtraux russe. Ryback a fait ses débuts de scénographe au studio de théâtre de la Kultur-Lige. Pour sa première mise en scène, le studio a choisi la pièce symboliste Machiah ben Yossef, de Beïnouch Steiman, pour laquelle il réalise la scénographie, les esquisses des costumes et la maquette des décors en suivant les grands principes de scénographie énoncés par Exter : le mouvement des surfaces de couleur et la construction tridimensionnelle des décors composés de plates-formes de différents niveaux et profondeurs, permettant la réalisation simultanée de plusieurs jeux de scène. Il développe ces recherches en 1924 à Moscou et en 1925 à Kharkov et Minsk, toujours pour la Kultur-Lige. Les costumes qu’il conçoit pour les personnages sont particulièrement inventifs et pleins d’esprit, évoquant souvent des masques de la Commedia dell’arte. »
« Ryback n’a pas limité son rôle à une fonction auxiliaire de « concepteur » de l’idée du réalisateur, mais a activement influencé l’intégralité de la mise en scène. En façonnant l’espace scénique, il a de fait déterminé le style du spectacle, la dynamique des jeux de scène individuels et la plasticité motrice des comédiens. Cette position créative correspondait aux principales tendances de la scénographie d’avant-garde, auxquelles Ryback a donné un développement original. »
En 1926, l’artiste s’installe à Paris où il travaillera jusqu’à la fin de sa vie (1935) en s’approchant davantage du style de l’École de Paris.
« L’exposition est accompagnée d’une importante (et la première) monographie de l’artiste en trois langues (français, anglais, russe) avec les textes de Hillel Kazovsky, spécialiste des artistes de la Kultur-Lige, et Hila Cohen-Schneiderman, directrice du Musée Ryback. »
 MahJ
« Grâce au prêt exceptionnel du musée de Bat Yam (Israël), le mahJ présente, au sein du parcours des collections, un ensemble d’œuvres de jeunesse d’Issachar Ber Ryback (Elisavetgrad, 1897 – Paris, 1935), artiste central de la renaissance de l’art juif en Russie. »
« Comme toute une génération liée à la littérature et au théâtre yiddish en plein essor, Ryback cherche une expression plastique spécifiquement juive, qui concilie tradition et modernité. Entre 1917 et 1921, ses œuvres se nourrissent des innovations stylistiques du cubisme et du cubo-futurisme, au service d’une iconographie marquée par l’art populaire juif et les lettres hébraïques. »
« À Kiev, en 1918, il participe à la création de la section artistique de la Kultur-Lige, une organisation juive laïque visant à promouvoir la culture yiddish. L’année suivante, dans la revue Oyfgang, il publie avec Boris Aronson le texte-manifeste de l’art juif d’avant-garde « Les voix de la peinture juive », dans lequel il défend un art conjuguant les innovations picturales européennes et les traditions juives, pour exprimer une véritable vision juive du monde. »
« Le rêve d’une autonomie culturelle juive en Russie se brisera avec la victoire définitive des bolcheviks à Kiev en décembre 1920. Le centre de la vie juive se déplace alors à Moscou pour un temps, puis Ryback part pour Berlin en 1921. Fin 1925, il s’installe définitivement à Paris. »
« L’accrochage se déploie dans deux espaces : 2 peintures sont présentées dans la salle des collections permanentes consacrée au Moyen Age ; 6 autres œuvres sont déployées à la fin du parcours, accompagnées de documents en vitrine. »
Le 29 juin 2022, 14 h 15-15 h 15, autour de l’accrochage « Issachar Ber Ryback », le mahJ propose la « Rencontre dans les salles », la présentation de « Shtetl. Mon foyer détruit. Souvenirs », recueil d’Issachar Ber Ryback publié à Berlin en 1923 et comprenant 16 remarquables illustrations du Yiddishland, par Judith Lindenberg, responsable de la bibliothèque et des archives du mahJ.
Du 26 mars au 4 juin 2022
2, rue des Beaux-arts. 75006 Paris
Du mardi au samedi de 11 à 13h et de 14 à 19h
Tél. : 01 43 54 62 93
À la Galerie Alain le Gaillard 
19, rue Mazarine, 75006 Paris
Tél. : 01 43 26 25 35
Visuels :
Issachar Ber Ryback (1897-1935)
In vald (Dans la forêt). Étude pour couverture et illustration de Leyb Kvitko, 1922
Aquarelle et encre sur papier
29,5 x 39 cm
Cachet de l’atelier au dos
Provenance
Tel-Aviv, collection famille Gross
Bibliographie
Futur Antérieur, l’avant-garde et le livre yiddish, cat. ex. Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris, 2009, p. 149, n°151.
Issachar Ber Ryback (1897-1935)
In Shul (Dans la Synagogue). Étude pour illustration de Shtetl, c.1917-1923
Aquarelle et encre sur papier
32 x 44 cm
Signé en bas à gauche
Ryback, Ber Issachar
Portrait cubiste, 1918
Huile sur toile
100 x 70 cm
Issachar Ber Ryback (1897-1935)
Projet décors pour le théâtre Yiddish, 1925
Gouache et tempera sur papier
34 x 49,5 cm
Provenance
Collection privée, Israël
Certificat du comité Ryback
Du 8 mars 2022 au 31 décembre 2022
Au mahJ
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Mardi, mercredi, jeudi, vendredi : 11 h-18 h. Samedi et dimanche : 10 h-18 h

Les citations proviennent du dossier de presse.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Cando os que serían coñecidos como Barcos da Liberdade (Sinaia, Ipanema, Mexique…) pasaban, dende Francia, á altura da costa galega, a xente xuntábase na cuberta para cantar o himno galego e botar ao mar nunha botella unha mensaxe escrita na lingua galega. Era a primavera de 1939. Quen viaxaban nos Barcos da Liberdade eran náufragos da historia. Sobreviventes da guerra contra a República española na que o Leviatán do Eixe nazi e fascista ensaiou toda a maquinaria de destrución e terror no que de verdade sería o primeiro episodio da Guerra Mundial. Daquela, eses pobos náufragos do Rodo Ibérico ben que advertiron da barbarie, fixéronlle fronte durante un tempo heroico e foron abandonados na loita, con moi poucas excepcións solidarias. Unha delas, quizás a máis sobranceira, polo compromiso incondicional malia a distancia xeográfica, foi México. Hai tempos en que o máis revolucionario é un abrazo. E iso foi o que fixo un dos gobernantes máis decentes do século XX, o presidente dos Estados Unidos Mexicanos, Lázaro Cárdenas, a quen Florencio Delgado Gurriarán lembrou en poético epitafio como «o noso Tata Cárdenas». O que significaba ese abrazo? Ofrecer un fogar a quen foran desposuídos de todo, agás do cárcere, o patíbulo ou a cuneta por ese réxime canalla que acabou chamándose franquismo. Esas mensaxes en botellas lanzadas ao mar á altura de Fisterra estaban escritas en idioma galego. Naquel tempo, Galicia era o que Jack London chamou «un pobo abismado», referíndose á humanidade desesperanzada. Mais quen viaxaban nos Barcos da Liberdade facían, con esa ofrenda ao mar, un xesto universal. Nese intre, a lingua galega, como dixo Isaac Bashevis Singer do yidish, cando recibiu o Nobel, foi «a lingua sabia e humilde de todos nós, o idioma dunha humanidade asustada e esperanzada». E ese foi o espírito da xente do éxodo que chegou a México. Levaron o mellor de si na equipaxe baleira: a conciencia solidaria, o libre pensar, a paixón polo saber, a vontade creativa, e a coraxe de non dar consentimento á fatalidade e xermolar unha nova vida. E así fixeron. Emerxer do abismo. Reconstruír a vida persoal e colectiva. O mellor de Galicia, da súa historia, é en gran parte unha obra da diáspora, da emigración e o exilio. O pobo do abismo emerxeu mundo adiante. E en México floreceu en xeracións, comprometidas con Galicia e coa nova patria do afecto. Tiñan razón as Irmandades da Fala cando se comprometeron a facer da cultura galega «unha célula de universalidade». Non era un lema máis. Aquelas botellas seguen mar adiante, levando unha mensaxe de abraio e de esperanza.

 

 

[Fonte: http://www.revistaluzes.com]

Isaac Bashevis Singer, premio Nobel de Literatura en 1978, elabora una tierna sátira del modo de vida de su comunidad en el Nueva York de mediados del siglo XX

El escritor Isaac Bashevis Singer posa para un retrato en una librería hebrea, en 1968 en Nueva York.

Pero Hertz Mínsker es un seductor que atrae a cuanta mujer aparece en su horizonte sexual y salta de una a otra o compagina a varias, y todo ello le crea una mala conciencia muy problemática. Convive con Bronie, una mujer polaca, muy bella, aunque muy trastornada por haber dejado a su familia en el gueto de Varsovia bajo el horror nazi. Tiene una relación apasionada con Minne, la mujer de Morris Kalitser, su protector, y vive con Bronie en una habitación del piso de Bessie Kimmel, señora dedicada al espiritismo, con la que colabora a regañadientes; en una seance, conoce a Miriam, el “espíritu” que se aparece en las sesiones, a la que también seducirá Hertz. La situación cambia cuando Morris descubre que Hertz se acuesta con Minne. Morris se fustiga, decide curar su dolor con la religión y rechaza a los amantes, y Hertz queda sin su apoyo económico y de rebote afecta a las varias relaciones femeninas que Hertz acumula; es un hombre que no puede resistirse a la atracción de las mujeres con las que se cruza.

El verdadero asunto de la novela es un retrato del desarraigo y la culpa que afecta a todos por igual en una historia llena de pecadores conturbados

Pero Singer, un gran creador de vidas, muestra por debajo de la desopilante narración un fondo dramático que lo templa hacia una clara sátira del modo de ser de la comunidad judía en todos sus personajes (muchos más de los mencionados) haciendo brotar en la historia una tierna calidad humana que sitúa admirablemente al lector entre la risa y la compasión. En realidad, el verdadero asunto de la novela es un retrato del desarraigo y la culpa que afecta a todos por igual en una historia llena de pecadores conturbados. Las entradas y salidas de personajes, el suspense grotesco y la finura del humor los filmaría a placer un Billy Wilder recordando su origen centroeuropeo.

Isaac es un escritor realista que domina como nadie el entramado narrativo. Entrecruza las historias con una potencia narrativa excepcional. El abanico de protagonistas y secundarios es apabullante, insuperable. Los escritores judíos se distinguen por su dominio de la oralidad, que es lo que los convierte en narradores natos. No hay libro de Singer que no muestre la calidad de un contador de historias, de un maestro de la creación de personajes y de la sugerente complejidad que reside en el corazón humano.

Portada de 'El seductor', de Isaac Bashevis Singer.

El seductor
Autor: Isaac Bashevis Singer

Traducción: Rhoda Henelde y Jacob Abecasís

Editorial: Acantilado, 2022

Formato: tapa blanda (336 páginas, 22 euros)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Foto: DAVID ATTIE (GETTY IMAGES) – fuente: http://www.elpais.com]

LA LINGUA DE LA ESPERANSA

 

Prezentado por Eliz GATENYO

Polonia en el anyo 1886. Doktor Eliezer Zemenhof ke era un doktor judio, espesyalisto de ojos, aresiviya en su klinika munchos hazinos de lugares diferentes. Uno avlava solo en ruso, el otro avlava en fransez i otros avlavan un poko en lituano. Aviya hazinos etranjeros ke se esforsavan a avlar en polonezo, ma lo avlavan tan malo ke preferava avlarles en sus linguas maternas. El doktor enderechava los ojos de sus pasyentes i en mizmo tiempo sus linguas. Porke el avlava munchas: el yidish, el ruso, el polako, el aleman, el fransez, el lituano, el grego, el ebreo, el latino, el inglez, el italiano i el espanyol.

Eliezer Zemenhof nasyo en el anyo 1859 en Polonia. Su famiya i sus paryentes eran judios. Su entereso en las linguas ampeso desde su manseves. En lo ke estava en el lise, ampeso a pensar a topar una lingua ke va unir a todas las personas del mundo. El estava siguro ke la razon de las gerras eran de manko de komunikasyon entre las personas. Si aviya una lingua komun, todos ivan a entender al de enfrente i ansina no iva kedar malentendimientos.

Zemenhof kuando eskriviya sus artikolos no metiya debasho su nombre halis. Sinyava komo “Doktor Esperanto” (doktor yeno de esperansa). Por esto kuando invento esta mueva lingua ke se sonyava desde su chikes, la yamo ESPERANTO. Keriya ke el mundo entero se ambeze i avle esta lingua al lado de su lingua maternal.

La lingua ke envento tiene el alfabe latino i una gramatika muy simple. Tiene 16 reglas gramatikas i su vokabulario es bazada sovre pokas raizes. Por esto se puede ambezar presto.

En el anyo 1905, Zemenhof arekojo un Kongreso de Esperanto. En 1908, se establesyo “La Organizasyon Internasyonala del Esperanto”. Sus tres ijos se izieron profesores de esperanto. Su mujer eskrivio livros sovre la emportansa de esta lingua i los publiko. No se save kuantas personas avlan oy en diya el esperanto. Asigun el profesor Sidani Kolberg de Washington, oy egzisten 1.6 miliones de personas ke avlan esta lingua en un nivel mas karishik de las palavras basikas. Ay tanbien famiyas ke ampesaron a avlar esta lingua en kaza.

En muestros diyas se topan 45 linguistos de la Akademiya de Esperanto ke lavoran sovre las normas i los prinsipios de le lingua. Munchos payises, inkluso Israel, mandaron representantes para ambezarsen las reglas dalkavos. El delege de Israel es un astrofiziko, el Profesor Omri Wendel, ke avla esperanto kon sus ijos.

Zemenhof muryo en el anyo 1917 i fue enterrado en el simeteryo judio de Varshova. Sus tres ijos fueron matados en el Olokosto. Solo un inyeto kedo en vida i bive en Fransia.

En Yerushalayim, Haifa, Tel Aviv, Herzeliya i Natanya se topan kalejas al nombre suyo.  En Fransia, Lituanya, Polonia i otros lugares del mundo ay kalejas Zemenhof. Kada anyo el 15 disembre, es su diya de nasimyento, por esto se fiesta este diya en el mundo entero komo “Diya de Eliezer Zemenhof”.

Todos se akodran de el i munchos avlan i penan para propajar esta lingua para un futuro mijor.

 

[Orijin: http://www.salom.com.tr]

 

 

EL UMORISTO SHALOM ALEICHEM

Prezentado por Dora NİYEGO 

Nasido Shalom Naumovich Rabinovich, el popular umoristo es famozo por su karakter ‘El Lechero Tevye’, ke enspiro el muzikal ‘Fiddler on the Roof’, en el anyo 1964.
Es muy enteresante ke, mezmo la jenerasyon mueva esta selebrando su aniversario. Los mansevos tambien, estan meldando las ovras de Shalom Aleichem porke su umor es ‘por todos los tiempos’. Lo ke mentenio el puevlo judio vivo, despues de tantas difikultades, es la umor i la kreensia de los judios.
El famozo umoristo adopto el nombre Shalom Aleichem, ke es derivado de un saludo ke sinyifika, ‘la pas seyga kon vozotros’.
Empesando del anyo 1883, Shalom Aleichem produzio mas de sinkuenta ovras en yiddish, i en el anyo 1990, el umoristo se izo una figura santral en la literatura yiddish. El eskritor enkorajo tambien, otros eskritores a eskrivir en yiddish, i kito dos almanakes ‘La Biblioteka Popular en Yiddish’, ke amostro kamino a munchos mansevos eskritores de yiddish.
Aleichem eskrivio en ruso por un periodiko, ke era la publikasion lidera rusa judia de la epoka, i eskrivio tambien, en ebreo para Ha-Melitz, i para una antolojia editada por Ravnitzky.
En el anyo 1905, el umoristo abandono la Rusia, forsado por los pogromes. Malgrado ke era muy popular, el fue ovligado de viajar de sivdad en sivdad en la Evropa, para pueder mantener su famiya. En el julio del anyo 1908, en yindose a dar una konferansia en Rusia, se ezmayo en el treno, i fue ovligado de kedar munchos mezes en un opital, kon la diagnosis de tuberkuloz. Mas tadre, Aleichem eskrivio sovre este insidente komo ‘la topadura kara kon kara kon la muerte’. Mas despues, eskrivio su otobiografia ‘Funem Yarid’.
En el anyo 1916, Aleichem muryo en New York, a los anyos 57, dayinda lavorando enriva de una ovra ‘Motl, el Ijo del Kantor’.

Su funeray fue uno de los mas grandes de la epoka, en la sivdad de New York. Sien mil personas asistieron a este funeray.
Aleichem, en su vida, siempre dezeyo de ser komemorado kada anyo, kon una de sus estorias, una de las mas alegres, i resitada en kualsiker lingua. El kijo ser nombrado kon rizas.
En el anyo 1997, un monumento dedikado a Shalom Aleichem fue fraguado en Kiev, i un otro en Mosku, en el anyo 2001.
La kaye prinsipal de Birobijan tomo su nombre, i tambien munchas kayes en la Union Sovietika, en New York, i en Israel.

En el anyo 2006, el Banko Nasional de Ukranya kito una moneda kon la kara de Shalom Aleichem enriva.
Aleichem era un importante defendor de yiddish, komo lingua nasional judia, i lavoro ke esta lingua tenga la mezma valor i el mezmo respekto komo las otras linguas evropeas modernas. Aleichem no se konsakro solo al ‘Yiddishism’, el era tambien un grande nasionalisto de Israel.
Shalom Aleichem fue nombrado komo ‘El Mark Twain Judio’, porke los dos eskritores tuvieron los mezmos estilos de eskritura, i eskrivieron por los adultos i por las kreaturas. Mark Twain es tambien nombrado komo ‘El Shalom Aleichem Amerikano’.

 

[Orijin: http://www.salom.com.tr]

bustan judeoespañol

Pegatinas de izquierda a derecha: Shalom, jaber (paz, amigo), Shalom, ata jaser (paz, haces falta), Dor shalem doresh shalom (una generación entera pide la paz).

Publicado por Berta Ares Yáñez

Aterricé en el aeropuerto de Ben Gurion una madrugada de julio de 1996. Había recibido una beca MAEC para estudiar en la Universidad de Tel Aviv y desarrollar un proyecto de investigación. Este consistía en bucear en diferentes archivos del país para establecer una relación de la prensa en judeoespañol, y luego analizar la función que una parte determinada de esta prensa había desempeñado durante la creación del Estado. En aquel entonces, este país todavía no tenía medio siglo de existencia.

Lo que más me llamó la atención nada más llegar fue el afán absoluto de expresión que se vivía en sus calles, donde todo se discutía y matizaba. Cualquier tema de actualidad era causa de debate en el que cada cual marcaba su línea ideológica. Prueba de ello eran las innumerables pancartas expuestas en los comercios y en los balcones de las casas, o las pegatinas que se exhibían en todo tipo de vehículos, en los cascos de moto o en las carpetas de los universitarios. Antes de Twitter, pancartas y pegatinas eran los soportes ideales para el eslogan.

Cuando llegué, el país estaba de luto. Isaac Rabin había sido asesinado hacía apenas unos meses por un ultranacionalista opuesto al proceso de paz y a los Acuerdos de Oslo. A su entierro había acudido Bill Clinton, quien en su discurso de despedida acabó con un «Shalom, jaber» (Adiós y paz, amigo). Esta frase se convirtió en el eslogan mayoritario de los pacifistas y de los que querían mantener vivo el proceso de paz. A esta consigna le siguieron «Jaber, ata jaser» (Amigo, haces falta) y «Jaber, ani zojer (Amigo, yo recuerdo). Algunos recortaban las frases y hacían collage con las pegatinas: «Shalom, ata jaser» (Paz, haces falta).

Tras estos eslóganes iniciales hubo muchos más, que cada uno argüía desde su posición ideológica. Los tres más claros eran el izquierdista «Un pueblo fuerte hace la paz», el conservador «Paz, con prudencia», y el ortodoxo «Una generación de arrepentimiento traerá la paz». Al final, todo derivaba en dos modelos de redención: el laico «Una generación entera pide la paz», y el ortodoxo «Generaciones enteras solicitan al Mesías». Se temía entonces la existencia de una guerra civil, y las instituciones colgaban carteles en los que se leía «Opiniones diferentes sí, guerra de hermanos no».

También los problemas caseros se aireaban en pegatinas y pancartas. La compañía nacional de autobuses Eged —creada en su día por fuerzas sindicales y a cuyo volante estaban, al menos así me dijeron, curtidos soldados— expresaba sus desacuerdos con el entonces presidente Benjamin Netanyahu, a quien todos llaman «Bibi»: «Bibi no respeta pactos», «Eged en tu camino, Bibi en el camino que no».

Como ahora sucede con las redes sociales, entonces las consignas avivaban debates que parecían inaplazables, pero que tarde o temprano se desvanecían sin pena ni gloria. Veinticinco años después, el proyecto de paz está completamente abandonado, dejado a la lógica del capitalismo.

La diversidad de opciones e ideologías existentes antes de la fundación de Israel como Estado moderno en 1948 también es mucho mayor de lo que cabe suponerse en la actualidad. Es algo evidente cuando se lee la prensa de la época, en la que también se observa la continua metamorfosis que experimenta el país —y las variaciones de voto en las urnas— a medida que llegan diferentes oleadas de inmigrantes judíos, especialmente desde la creación del Estado y hasta finales de los noventa, tras la caída del muro de Berlín.

Llegan de Alemania, Polonia, Rusia, Ucrania, Rumanía, Grecia, Bulgaria, Yemen, Etiopía, Argentina, México, Irak, Marruecos, Francia, Estados Unidos, y un largo etcétera de países. A modo de ejemplo diré que durante mi estancia allí, la televisión pública subtitulaba simultáneamente en los dos idiomas oficiales, el hebreo y el árabe, pero también en ruso, cuya población era entonces mayoritaria.

He escrito inmigrante y es un error llamarlo así. El término adecuado es olé (en masculino; olá, en femenino; olím, masculino plural; olot, femenino plural), pues no es un movimiento migratorio al uso, sino una aspiración sionista. Significa «el que sube a Israel».

Si sumamos a la necesidad de expresión y comunicación, la diversidad ideológica existente, podemos comprender la abundantísima cantidad de publicaciones periódicas surgidas durante los años de fundación del Estado.

Sin embargo, cuando empecé mi trabajo no existía una bibliografía que las reuniera, más allá del extraordinario trabajo que entonces desarrollaba el centro asociado a la Universidad de Tel Aviv, el Institute for the Study of Jewish Press; pero no tenían casi referencias de la prensa sefardí.

Seguí buscando, pues sabía que miembros de la comunidad judía expulsada de Sefarad habían sido los encargados de introducir la imprenta en tierras del Imperio otomano. Contaba al menos con la referencia del primer periódico en ladino del que entonces había constancia: el Shaare Mizrah, fundado en 1845 por Raphael Uziel.

El Big-Bang de mi investigación, por así llamarlo —meses después de búsqueda de diarios en la Biblioteca Nacional y otros centros culturales, sin apenas éxito—, tuvo lugar cuando me lancé de lleno a investigar los archivos del Ben-Zvi Institute. Allí había un montón de información dispersa sobre publicaciones periódicas en judeoespañol y también ejemplares físicos procedentes de diversos lugares de la diáspora sefardí: especialmente de Bulgaria, de Nueva York, de la antigua Yugoslavia y de los territorios que formaban o estuvieron sometidos al Imperio otomano, como Salónica (Grecia), Estambul e Izmir (Turquía), y también de territorios de la llamada Erez Israel, especialmente en Jerusalén.

Los periódicos impresos en Estambul a veces llevaban el nombre de la ciudad en españolico «Istambul», pero tampoco era raro encontrarlos con el topónimo «Costa», que es como los sefardíes de origen griego se referían a la antigua Constantinopla.

Una vez hallado y ordenado el material, delimité la investigación a las publicaciones distribuidas en Israel y a un país de diáspora, el elegido fue Turquía. En total, analicé una veintena. Explicaré brevemente lo que hallé. Dividiré mi exposición en dos partes: una primera parte dedicada a la descripción de la prensa en judeoespañol distribuida en Turquía, y una segunda parte dedicada a la descripción de la prensa en judeoespañol distribuida en Israel.

Esta segunda parte tiene como colofón un aliciente especial: está traducida al judeoespañol por el académico de la RAE en Israel Moshe Shaul, una de las personas vivas que mejor conocen y más ha cuidado este tesoro lingüístico.

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La gran pegatina reza: «No tenemos en quien apoyarnos, solo en nuestro Padre que está en los cielos».

Los medios en Turquía: del drama de la guerra mundial a la asimilación

Una publicación será clave en la historia de la comunidad sefardí que decide no emigrar y prefiere quedarse en Turquía durante el delicadísimo periodo que comprende la Segunda Guerra Mundial y la posguerra: La Boz de Türkiye.

Bajo la dirección de Albert Cohen, esta publicación periódica de frecuencia quincenal comienza a publicarse el 1 de agosto de 1939, y de forma ininterrumpida hasta su cierre en 1949. Con sede en Estambul, mantuvo diversas corresponsalías y tuvo acceso a información internacional de calidad procedente de fuentes sobre el terreno, a través de la Agencia Telegráfica Judía —de la que el director de esta publicación era representante en Turquía— y de la Overseas News Agency, ambas dirigidas por Jacob Landau.

Esta publicación hace un repaso del estado de los judíos en diferentes lugares en los que el nazismo se ensaña. El que expongo a continuación es un fragmento del suplemento especial titulado «Israel en el Galouth» (Israel en la diáspora), publicado el 15 de febrero de 1944:

La aniada 1943 fue un anio de destruccion y de ruinas, de muerte y de exterminacion. Miles y milarias de nuestros hermanos fueron hundidos en mares de miserias, angustias y matansas, cienes de comunidades judias fueron enteramente destruidas; cienes de miles de seres humanos fueron integrados en manos de persecutores sin que sus hermanos en los paises liberos puedan hacer nada por salvarlos. El Judaismo en Europa ocupada fue enteramente destruido. Esta destruccion fue el mas grande golpe dado a nuestra nacion en el mundo entero. La entera elita de sus hijos y de sus aglomeraciones, las mas mejores intelligencias, las mas grandes fuerzas creaderas del Judaismo Occidental, fueron atemados. En algunos paises los Judios fueron literalmente atemados fisicamente; en otros paises, ellos fueron deportados, exilados y matados. La mas grande parte de los exilados murieron en los wagones, otros no yegaron mismo a la frontera, siendo ellos fueron torturados y asasinados. Los jovenes fueron tomados a los travajos forsados, en fabricas o en fraguas, de fortificaciones en la Francia o en el fronte oriental. Los que no pueden travajar fueron matados sin otra forma de proceso.

La Boz de Türkiye desempeñó una función esencial para la seguridad de las comunidades judías en la todavía joven república turca, inmersa en un intenso proceso nacionalista y cuya posición durante la guerra fue inicialmente de neutralidad, luego de relaciones diplomáticas con la Alemania nazi y finalmente su posición se decantó por los aliados.

Esta publicación desempeñará un papel de mediador y portavoz entre el Estado, la sociedad turca y las comunidades judías dispersas por el país. Con un estilo sencillo y claro, el contenido se distribuye entre noticias y reportajes sobre las comunidades judías asentadas a lo largo y ancho del planeta. Al igual que se hace eco de las principales noticias sociales y políticas de carácter mundial, tampoco descuidan el contenido dedicado a la tradición.

Sin embargo, el movimiento nacionalista de la joven república no ve con buenos ojos estas actividades cosmopolitas y de singularidad cultural. De hecho, durante estos años se prohíbe a la ciudadanía mantener cualquier actividad independiente o asociación afiliada al extranjero.

Algunos miembros de la comunidad judía tienen que enfrentarse a acusaciones de otros ciudadanos. Comienza a extenderse el rumor de que los judíos «mantienen una postura de indiferencia ante los hechos del país». Se les critica que empleen el judeoespañol en detrimento del turco. En este difícil contexto, el equipo editorial decide poner en marcha una campaña de difusión con un doble mensaje:

El primero es: «Somos turcos, hablemos el turco». Tratan de mentalizar a sus lectores de que en la calle solo deben hablar turco, incluso entre ellos. Les avisan que no deben automarginarse ni diferenciarse hablando otras lenguas.

El segundo mensaje es: «Formamos parte del pueblo judío». A través del contenido se fomenta el sentido de pertenencia a esta comunidad milenaria y se sugiere que se hable judeoespañol en casa.

Entre los colaboradores de La Boz de Türkiye destacan Abraham Galante —un reputado escritor y periodista admirado por Atatürk—, quien defendió la lealtad de las autoridades judías como elemento indispensable en la construcción del Estado turco; y Abraham Elmaleh, quien años después será dirigente de la comunidad sefardí en Jerusalén.

Como señalé, esta publicación da cuenta de lo que acontece en el mundo. Tiene a sus lectores bien informados. El tono no es sensacionalista, sino que procura el análisis reposado. La situación de los judíos en Europa se agrava de día en día, por tanto, la situación es muy delicada.

Se hacen eco de las noticias trágicas relativas a la guerra en Europa, pero también de las procedentes de Palestina, muchas de las cuales dan cuenta del desarrollo social y comercial del yishuv (asentamiento en Eretz Israel).

El periódico hace una amplia cobertura de la guerra y de la dramática situación de sus correligionarios. Parecen llegar a casi todos los rincones. Veamos, por ejemplo, lo que escriben sobre los judíos en Finlandia, en una noticia de mayo de 1944:

La situacion de los Judios resfuidos en Finlandia se amejoro considerablemente desde el trocamiento del governo en Marso ultimo segun un raporto de stokcholm. Algunos resfuidos que se topaban en un campo de concentracion en una isla del golfo de Finlandia, mientras la perioda del gobernamiento precedente, fueron transferados en ariendas agricoles en Tavastland. El campo fue serrado a precipio del autonio y los Judios fueron autorisados a establecerse en dos communas de la region onde ellos se topavan en mesura de ganar su vida, independientemente de los reglamientos del servicio del Travajo. Los resfuidos judios en cuenta de 117, fueron autorisados desde el mez de Deciembre a vivir en no importa cuala partida del pais onde los extranjeros tienen la permision de morar sin restricciones.

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Peores noticias, noticias fatales, llegan de la vecina Salónica. Al leer el fragmento que destacaré a continuación, no puedo sino preguntarme si Hannah Arendt estaba informada del proceso que había tenido lugar en Grecia, quince años antes de que ella misma atendiera el juicio de Eichmann para escribir su artículo en The New Yorker en 1963, y que tantas pesadumbres le acarreó. Quizá ella no, pero sí los lectores de La Boz de Türkiye, quienes debieron de leer con una enorme tristeza la crónica del corresponsal Baruch Schiby con fecha 1 de octubre de 1946. Se titula, «El judaísmo exterminado en Grecia. Un proceso histórico». Algunos fragmentos:

Los evenementos de Palestina no permitieron a la prensa Judia mundiala de prestar toda la atencion querida a un proceso unico en la historia del pueblo judio que se desarrollo en el empesijo de este mez en Salonique. Se trata del proceso de los Judios que se avian metido al servicio de los Allemanes mientras la ocupacion nazi. Vital Hasson, Leon Simon (Tipouz), Jacques Alabala, Edgar Cugue, etc y que servieron el enemigo mortal de nuestro pueblo con mas ardor que los mas feroces S.S. […] La prensa greiga locala entendio toda la importansa historica del proceso. Es por cualo antes y despues de este, los journales de Salonico le consacraron colonas entereras. La “Makedonia”, el mas grande journal de la Maccedonia, le consacro mismo medias paginas enteras. […] Fue establecido en el tribunal que si los acusados no se uvieren metido al servicio de los nazis de la manera que ellos lo hicieron, la mitad o al menos 20.000 judios de Salonica pudieren ser salvados. Los acusados provocaron dunque la muerte gracias a sus sola actividad de estos 20.000 Judios.

A diferencia de la prensa escrita en hebreo que entonces se publica en Palestina, La Boz de Türkiye no participa activamente de la teoría de que el yishub o asentamiento en Eretz Israel —«Tierra de Israel» en relación al territorio israelita bíblico— podría ejercer una presión moral sobre las naciones del mundo para salvar a la judería europea durante la guerra. También hay una especie de silencio administrativo en torno a temas candentes como los actos de violencia cometidos por algunos correligionarios bajo el mandato británico o las medidas políticas tomadas por los mandatarios contra la inmigración que llegaba a Palestina.

No hicieron suyo el eslogan entonces extendido «Inmigración, defensa y asentamiento»; pero tampoco descuidaban la necesidad de consejo que podrían necesitar los conciudadanos que tenían el deseo de «subir» a Eretz Israel.

Escribían con mucha diplomacia y cuidado para mantener las relaciones con su país anfitrión, Turquía; para «cimentar la unión y predicar la harmonía», como ellos mismos señalan entre sus objetivos. Y podemos decir que lo lograron. Hacia finales de la década de los cuarenta, y gracias a las buenas relaciones que la comunidad ha ido forjando con las autoridades turcas, puede observarse una mayor apertura en materia de libertad de expresión que a su vez provocará una verdadera explosión de publicaciones en ladino. Precisamente, esta nueva oleada de publicaciones acabará arrinconando a La Boz de Türkiye, que deja de publicarse en 1949.

La primera publicación en aparecer fue Atikva (1947), cuyo nombre de cabecera en hebreo significa «Esperanza», como el himno nacional de Israel, y es el primer periódico judeoespañol distribuido en Turquía esencialmente sionista. Su director, Sabetay Leon, emigrará a Israel en 1949, donde se incorpora al partido presidido por Ben Gurión (Mapai). Le sigue Salom (1948), fundado por Abraham Leon, que todavía se publicaba cincuenta años más tarde. Otras cabeceras son Sabat (1947) reconvertido tres años más tarde en La Vara (1950), ambos bajo la dirección de Mose Benbassat, de carácter laico y modernizador.

Otro semanal político e independiente es La Luz (1950), creado bajo la dirección de Eliezer Menda y Robert Balli. Luego, ambos se separan y el primero funda La Vera Luz (1953), y el segundo La luz de Turkiya (1953). Ambos se describen como continuadores de La Luz para adjudicarse a sus lectores.

La Vera Luz es un periódico conservador, dirigido por el talmudista Eliezer Menda. El gran Rabinato, la comunidad, las noticias que llegan de la creación del Estado de Israel y la política internacional son los temas que definen el carácter del periódico, cuyo interés principal es el de contener al máximo el deseo de asimilación de los correligionarios que quedaban en Turquía. Por otro lado, La luz de Turkiya se apoya más en sostenes comerciales y sus noticias son más variadas, con especial atención a las informaciones que llegan de Israel. Su línea editorial se apoya prácticamente en su totalidad en la cuestión del antisemitismo.

Finalmente, otros dos periódicos son: La Boz (1952), que tuvo una breve duración y reducida plantilla; lo dirigía M. Levi-Belman, un periodista mordaz que utilizaba este medio para criticar las decisiones tomadas por los dirigentes de la comunidad. Y El Tiempo (1957) del ortodoxo Levi Belman: conservador, antisionista, crítico con la gestión de la comunidad y observante estricto de la ley, denuncia toda reforma o ápice de liberalismo ante una comunidad que a sus ojos se torna abiertamente laica y asimilada.

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«Opiniones diferentes sí, guerra de hermanos no» (la pegatina del gato que alguien puso encima dice así: (¡Hay un gato nuevo en la ciudad! Y la verdad, tanto Tel Aviv como Jerusalén eran ciudades muy gatunas).

Los medios en Israel. La forja de un Estado

Buena parte de los periódicos en judeoespañol que se publican en Israel durante la creación del Estado son dirigidos por y para sefardíes recién llegados de Turquía. Tres ejemplos de periódicos, independientes pero efímeros, son La Boz de IsraelLa Boz de Jerusalaim y La Unión. Otros recibieron ayudas de grupos políticos con los que simpatizaban, así sucede con Libertad, afín al partido Herut; y El AvenirDeretcho al Buto y Faktos afines al Mapai, los dos últimos explícitamente propagandísticos. Dos periódicos de mayor duración fueron apoyados parcialmente por partidos políticos: La Verdad, por el centrista General Zionists, y El Tiempo, por Mapai.

El denominador común de estas publicaciones es el de facilitar a la vez que influir en el proceso de absorción de los inmigrantes (olím) sefardíes en Israel, al proporcionar la máxima información sobre su nueva patria, incluidas las explicaciones de problemas tan complejos que enfrenta el nuevo país como la internacionalización de Jerusalén, la educación secular en clara confrontación con la religiosa, las diferencias no superadas entre askenazis y sefardíes, y el contexto político en el Oriente Medio.

El periódico que gozó de un mayor protagonismo en la orientación de esta comunidad inmigrante fue El Avenir, subvencionado por Mapai o Partido de los Trabajadores de la Tierra de Israel, que lideraba Ben Gurion. Este periódico se publica, además de en ladino, en otros cinco idiomas simultáneamente: yidis, francés, húngaro, búlgaro y rumano.

Su oponente fue La Verdad, un periódico crítico con la administración laborista, especialmente con el sistema de favoritismo, amiguismo y clientelismo que, señalan, campaba en la política. El término empleado, de origen ruso, y que se ha incorporado al hebreo para describir esta práctica es «proteksia».

Este extendido uso de la «proteksia» —el libro Israel: Pluralism and Conflict del sociólogo Sammy Smooha trata esta cuestión—, desmoralizó a un buen número de inmigrantes hasta el punto de que hubo quien regresó a su país de origen, o cambió la dirección de su migración hacia Estados Unidos. El hecho de que judíos decidan «bajar» de Israel, es decir, irse del país y abandonar la idea del yishuv es una preocupación constante del nuevo Estado, desde entonces y todavía hoy.

Como en toda la prensa mundial, pero quizá con mayor importancia en un contexto de continuo conflicto bélico como el que viven los israelíes al arrancar su Estado, las columnas de humor y las novelas por entregas o folletín, fuente la primera de catarsis y la segunda de evasión, son decisivas.

Solo el periódico Libertad —afín al partido Herut, procedente del movimiento paramilitar Irgun—prescinde del humor: mecanografiado y con grapas, austero, sin fotografías, este semanal dirigido expresamente a los inmigrantes recién llegados a Israel busca minar el trabajo del partido en el gobierno y suele incidir en el aumento de discriminación sobre los sefardíes en todos los ámbitos de la vida política, profesional y cotidiana.

El partido en el poder subvenciona otras publicaciones menores, también en judeoespañol y también dirigidas al olé procedente de Turquía: Deretcho al buto, que significa «directo al grano», aparece en 1959, y Faktos en 1961. Ambas tienen muy buena calidad de impresión y son gratuitas. Con ellas pretenden hacer sordina para las voces críticas.

Pero lo mejor es reproducir el texto resumen de mi investigación y que el erudito Moshe Shaul tradujo al judeoespañol para su publicación en 1998 en Aki Yerushalayim, la más importante revista cultural en ladino, que se editó en papel desde 1979 a 2016. Valga a modo de resumen y conclusión. Espero que disfruten del color y musicalidad de este precioso lenguaje.

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La prensa en djudeo-espanyol. La kreasion del estado de Israel 

Kuando el eskritor espanyol Miguel de Unamuno oyo avlar por primera vez de la existensia del djudeo-espanyol, el se maraviyo al deskuvrir ke esta lengua pudo mantenerse biva, malgrado la falta de kontakto fiziko de los djudios sefaradis kon Espanya. El yego a la konkluzion ke una lengua ke proviene del rekuerdo i de la nostaljia devia poseder una ermozura espesiala i romantika. Otra konkluzion suya, aun ke yerrada, fue ke el djudeo-espanyol meresia ser alavado por no ser uzado para la redaksion de periodikos.

El se yerro siendo ke ya avia desdel siglo XIX una muchidumbre de periodikos en djudeo-espanyol, publikados en Saloniko, Estambol, Izmir, Sofia i Viena i mas tadre en New York i Tel Aviv, por dar algunos eshemplos solo. No en vano fueron los ekspulsados de Espanya i Portugal los ke yevaron la imprimeria al Imperio Otomano. Eyos fueron tambien los primeros en este imperio a imprimir livros, aun ke al prinsipio sovresalieron los djeneros rabinikos i relijiozos i es solo en el siglo 19 ke se empeso a publikar romanes i livros de otros djeneros literarios ansi ke periodikos tambien en djudeo-espanyol. Desde su prinsipio la prensa djudeo-espanyola okupo un lugar importante en la vida kulturala de los sefaradis, sigun lo prova el echo ke en Saloniko onde los sefaradis resivian edukasion i kultura en fransez, italiano i alman, la lektura del djudeo-espanyol era embezada solamente para poder meldar los jurnales i algunas orasiones en ladino.

Es posible ke kon la prensa eskrita, el djudeo-espanyol se alesho del kamino romantiko imajinado por Unamuno a kaminos mas pragmatikos, ma esta fue una eleksion de los ke no kijeron enmudeser frente a la istoria. Ansi fue despues del establesimiento del Estado de Israel onde de 1948 i asta los anyos 60, uvo a lo menos una diezena de periodikos redaktados enteramente en djudeo-espanyol, kon karakteres latinos, organizados i redaktados en sus mayoria por jurnalistas i colaboradores de orijin turko.

Algunas de estas publikasiones partieron de inisiativas privadas i se mantuvieron independientes, del punto de vista politiko i ekonomiko, de kualker partido. Ansi fue kon «La Boz de Israel» (1949) i «La Boz de Yerushalayim» (1953-1954). Otras publikasiones fueron finansadas por partidos politikos i redaktadas i dirijidas por sus miembros. De este modo nasio el jurnal «Libertad» (1950) del partido Herut enkavesado por Menahem Bejín, i los ke eran finansados por el MAPAI, enkavesado por David Ben Gurion: «El Avenir» (1949-1950), «Deretcho al Buto» (1959) i «Faktos» (1961). Djuntos kon esto los dos periodikos kon mas grande tiraje i durasion eskojeron el kamino de en medio: no fueron prensa de partido aun ke eran partidistas; no estuvieron finansados yenamente por sus partidos ma resivieron de eyos ayudo ekonomiko. Estos son: «La Verdad» (1950-kontinua en 1965) ke apoyava la politika de lo Sionistas Jenerales i «El Tiempo» (1950-1967), ke fue todo el tiempo portavoz de la politika del Mapai, el partido socialista al poder.

Al marjen de los argumentos kontra i en favor de una prensa en djudeo-espanyol o en otra lengua afuera del ebreo –tema sovre el kual uvo una fuerte polemika en los primeros anyos despues de la kreasion del Estado- se puede afirmar kon yena seguridad ke la prensa dirijida a los sefaradis, i mas konkretamente a los orijinarios de Turkia, a la fin de los anyos 40 i durante toda la dekada de los 50, kumplio una importante funksion, esensiala para la buena marcha del paiz: ayudar al ole (imigrante) a integrarse en su mueva vida en Israel. Komo? Ofresiendo kursos de ebreo, dando a konoser al ole el programa sionista, manteniendolo informado sovre todo tema de interes a la vida en Israel, i aziendolo partisipar en los diversos debates politikos ansi ke en los prinsipales akontesimientos ke tenian lugar adientro i afuera de las frontieras de Israel.

Komo prensa dedikada a la formasion i integrasion del ole, eya no kijo i no pudo tener una influensa direkta en la politika nasionala. Ma los jurnales djudeo-espanyoles reflektaron en sus pajinas los prinsipales debates ke tuvieron lugar al seno del publiko israeli, ofresiendo a sus lektores diferentes pozisiones i opsiones politikas. Eyos denunsiaron tambien a traves de sus pajinas las difikultades ke enfrentavan a los olim, para ke el governo i los lideres politikos tengan yena konosensia de la situasion a traves de la prensa. De este modo, fueron munchas las linyas dedikadas a la internasionalizasion o no de Yerushalayim, a la edukasion laika o relijioza en las eskolas, a las diferensias entre eshkenazis y sefaradis, a la politika internasionala, sovre todo en el Oriente Medio, i fundamentalmente a los problemas atados al yishuv i al aresentamiento de los imigrantes en el nuevo Estado.

Es interesante sinyalar las diferentes pozisiones de los dos prinsipales periodikos: «El Tiempo», dirijido por Yitshak Ben Rubi, i «La Verdad», dirijido por Yitshak Yaesh. Los dos se preokuparon enormemente de elevar el moral de los olim i fasilitarles sus integrasion sosial: ma mientres ke «El Tiempo» apoyo siempre la politika del governo dirijido por Ben Gurion, «La Verdad» adopto kontinualmente una pozision de kritika enverso esta politika. Uvo entonses en la prensa opiniones diferentes i mizmo kontrarias i no solo un uniko punto de vista, lo ke kreo una situasion de rikeza komunikativa i ekspresiva.

El premio Nobel de literatura Gabriel García Márquez, apuntava ultimamente ke la fleksibilidad de la lengua espanyola desde hace tiempo no cabe en su pellejo. Ke diria el gran eskritor kolombiano frente a la rikeza i fleksibilidad del djudeo-espanyol en su larga trajektoria? Ke diria del karakter umano ke esta lengua estuvo dezvelopando? El djudeo-espanyol no enmudesio en Israel sino ke al kontrario: si en un primer momento esta prensa kumplio una importante funksion sosiala, formando i ayudando a los olim, sin pedrer el karakter periodistiko propio, al pasar los anyos esta prensa se esta konvertiendo ademas, en un dokumento istoriko de imenso valor. No solo porke en eyos se arekojeron para siempre los artikolos i las opiniones de tantos jurnalistas i kolaboradores, ke las muevas jenerasiones podran meldar, sino tambien porke en eyos se reflektan los akontesimientos de kada dia en la konstruksion del Estado de Israel.


Notas

(1) En farsi, la lengua de los persas, «bustan» hace referencia al huerto doméstico, compuesto por árboles frutales y hierbas aromáticas. Una importante obra de teatro en judeoespañol representada en las últimas décadas en el Teatro Nacional de Israel con gran éxito se titula Bustan sefaradí, del escritor y político Yitzjak Nabon, y recrea los años treinta del pasado siglo en uno de los barrios sefardíes de Jerusalén.

(2) Publicado originalmente en «AKI YERUSHALAYIM» Revista Kulturala DjudeoEspanyola, Anyo 19, 1998, nº 57, pp. 27-29.

 

[Fotos: Berta Ares Yáñez – fuente: http://www.jotdown.es]

À travers l’histoire de l’Hashomer Hatzaïr, fondé pendant la Shoah, Levana Frenk revient sur ce mouvement encore actif en Israël.

Écrit par Myriam ANISSIMOV

Levana Frenk, historienne de renom, publie un livre dédié au mouvement de l’Hashomer Hatzaïr en France qui manquait à l’histoire de la communauté juive française. « Sois fort et courageux ». Le Mouvement Hashomer Hatzaïr en France 1930-1970. L’occasion de revenir à la fois sur l’histoire de ce mouvement méconnu en France et sur celle de cette historienne de renom en Israël.

Un mouvement de résistance juive

Sois fort et
courageux. Le
Mouvement
Hashomer Hatzaïr en
France 1930-1970
Levana Frenk
2021
Moreshet
386 pages

L’Hashomer Hatzaïr, (la Jeune Garde) mouvement scout sioniste et socialiste, a été fondée en 1913 à Lvov, dans la province de Galicie (ancienne Pologne), alors sous contrôle de l’Empire austro-hongrois. Pendant la Première Guerre mondiale, la nouvelle organisation fusionne à Vienne avec les groupes d’étudiants membres du Tseïrei Sion, ou Jeunes de Sion.

Les organisations pionnières, dites « haloutziques », ont non seulement joué un rôle essentiel dans la fondation de l’État d’Israël, mais aussi en diaspora avant la Seconde Guerre mondiale, et surtout pendant la Shoah.

Le matin du 7 septembre 1941, les Juifs de Wilno, en Lituanie, que l’Armée rouge a évacuée au mois de juin dans le désordre, à l’approche de la Wehrmacht, sont confinés dans deux ghettos, proches l’un de l’autre. Les nazis nomment à la tête du Judenrat (Conseil juif) Jacob Gens, un homme cynique qui pense que le ghetto est une solution de sauvetage permettant de gagner du temps et de sauver des vies. Au contraire, le jeune Abba Kovner, un des chefs de l’Hashomer Hatzaïr, a compris qu’il n’y a pas d’autre issue pour les Juifs que la mort et les appelle au combat. La nuit du Nouvel An 1942, tandis que les nazis festoient, il lit au siège de l’organisation, situé au 2 de la rue Strashun, dans « le grand ghetto », une proclamation, rédigée à la main et en yiddish, intitulée : Appel aux armes :

« Jeunes Juifs, ne croyez pas ceux qui veulent vous berner. […]

« Ne nous laissons pas mener comme des moutons à l’abattoir ! Oui, nous sommes faibles et personne ne viendra à notre secours. Mais la seule réponse à opposer à la haine de l’ennemi est la Résistance. Frères ! Mieux vaut tomber en combattants libres plutôt que de vivre à la merci des assassins. Défendons-nous jusqu’au dernier souffle ! »

À Wilno, tandis que les SS liquident par fusillade de masse les derniers Juifs dans les fosses de Ponary, une poignée de combattants de la FPO, (Fareynigte Partizaner Organizatsye), fuit le ghetto par les égouts avec son commandant Abba Kovner, sa compagne Vitka Kempner, les poètes Shmerke Kaczerginski et Avrom Sutzkever. Ils vont constituer de redoutables groupes de partisans dans les forêts de Lituanie et de Biélorussie jusqu’à la libération de la ville.

Également à Varsovie, le 18 avril 1943, quelques centaines de jeunes Juifs s’opposent aux SS en train de liquider le ghetto et de déporter ses derniers habitants vers le camp d’extermination de Treblinka.

L’Hashomer Hatzaïr, sous les ordres de Mordechaï Anielewicz et de Marek Edelman, constitue l’Organisation Juive de Combat (ZOB) qui s’associe aux jeunes du Bund (Socialistes non sionistes) et du Bétar (Organisation sioniste révisionniste). Avec des armes de fortune et des bombes incendiaires, ils tiendront tête aux SS durant 21 jours, au terme desquels le ghetto sera brûlé au lance-flammes et rasé jusqu’au sol. Morechaï Anielewicz se suicide dans son bunker encerclé, au 18 rue Mila. Seul Marek Edelman et une poignée de camarades arrivent à sortir du ghetto par les égouts.

Aussi bien à Wilno, qu’à Varsovie ou Bialystok, les combattants de l’Hashomer Hatzaïr avaient entre 14 et 24 ans.

La poursuite du combat en Israël et dans le monde

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Abba Kovner qui a libéré Wilno à la tête de ses partisans, sauve avec Avrom Sutzkever les archives juives disséminées dans les caves du ghetto. Il se lance ensuite dans l’organisation de l’Alyah Bet vers la Palestine, avec la Brigade juive. En dépit du Livre blanc, institué par les Britanniques, qui limite à 15 000 par an le nombre de Juifs autorisés à émigrer en Eretz Israël, il y conduit à travers l’Europe en ruines, des dizaines de milliers de survivants. Il fait aussi partie du groupe secret « Les Vengeurs » qui ont résolu d’exécuter les criminels nazis dont ils réussiraient à s’emparer. Ce sont des opérations menées par trois ou quatre personnes qui prononcent le jugement, puis étranglent ou abattent le coupable. Kovner a même résolu d’empoisonner tous les soldats allemands du Stalag 13, près de Nuremberg. Cette opération se solde par un échec : un peu plus de 2200 prisonniers, qui ont mangé le pain badigeonné de cyanure, sont hospitalisés. Les Vengeurs continueront néanmoins d’agir dans l’ombre, au cas par cas, pendant de nombreuses années, jusqu’en Amérique latine.

En 1947, Kovner contribue à la formation de l’unité d’élite Givati, forte de neuf mille cinq cents jeunes soldats, au sein de laquelle il participe en tant que capitaine. Ils ont pour mission de repousser l’invasion égyptienne.

Puis devenu écrivain, il crée le Musée de la Diaspora à Tel Aviv et le Musée Givat Moreshet Yad Yaari, entre autres, dédié à la mémoire de Mordechaï Anielewicz, commandant en chef de l’Insurrection du ghetto de Varsovie. Kovner refuse de participer à la vie politique du jeune État d’Israël dont il condamne les accords de « réparation », signés entre Konrad Adenauer et le président du Congrès juif mondial, Nahum Goldman.

Cependant, Kovner qui consacre l’essentiel de son temps à la littérature, joue depuis son kibboutz d’Ein Hakoresh, où il s’est installé avec sa femme et ses deux enfants, le rôle de prophète austère et ombrageux. La direction de La Jeune Garde lui a offert toutes sortes de postes prestigieux, qu’il a tous refusés. Le monde politique lui inspirait surtout du mépris.

Retour sur l’histoire de l’Hashomer Hatzaïr

L’histoire de l’Hashomer Hatzaïr dans le monde francophone n’avait pas fait l’objet d’une recherche systématique avant que Levana Frenk, historienne de la Shoah, décide d’écrire ce livre si nécessaire dans lequel elle évoque le mouvement en France, en Belgique, en Suisse, et même en Tunisie, au Maroc, en Algérie et en Égypte.

Levana Frenk qui a conservé en son cœur la ferveur de ses jeunes années, a commencé de travailler sur ce livre à partir de la correspondance de guerre de Heini Bornstein, un membre de l’Hashomer qui vivait en Suisse, pays neutre pendant la Seconde Guerre mondiale. Il écrivait aux membres du Mouvement, dispersés en Pologne, Belgique, France, occupées par l’Allemagne nazie. La découverte de ce trésor lui a permis de reconstituer l’histoire de l’Hashomer en Europe pendant cette période tragique. Elle a aussi fouillé les archives de l’Institut à Givat Moreshet Yad Yaari et découvert un vaste fonds de documents inexploités comprenant des journaux, brochures, plans de travail, rapports d’activité, ainsi qu’une vaste correspondance entre le Mouvement en France et sa direction en Palestine sous Mandat britannique.

Levana Frenk aborde le rôle de l’Hashomer en France depuis sa fondation jusqu’aux années 1970.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Hashomer Hatzaïr qui a été fondée à Paris en 1930, commence à se reconstituer. Levana évoque notamment le rôle prédominant d’Henri Bulawko (1918-2011), un de ses membres les plus actifs.

Déporté le 18 juillet 1943 à l’âge de seize ans, Henri Bulawko est arrivé à Auschwitz trois jours plus tard. Il travaille dans les mines de charbon du camp satellite de Jaworzno et à la construction d’une usine d’électricité. Il y organise un « comité français de solidarité ». Durant « la marche de la mort », il s’évade à Gleiwitz en compagnie de Shlomo Mendelsohn, un ancien Shomer de Paris. Ayant survécu miraculeusement à dix-huit mois de camp, il en fera le récit, publié et préfacé par Vladimir Jankélévitch en 1954, sous le titre Les Jeux de l’amour et de l’espoir Auschwitz-Jaworzno.

De retour à Paris, Bulawko retrouve l’Hashomer Hatzaïr et œuvre à son redressement. Le Mouvement fonde deux maisons d’enfants et deux fermes-école pour donner aux enfants juifs orphelins un foyer de substitution, une éducation, la possibilité de s’intégrer dans la société française. Le mouvement est également engagé dans la reconstruction de la communauté juive, l’accueil d’enfants qui fuient la Pologne en route vers la Palestine, et participe à l’épopée de l’Exodus.

Bulawko a fondé la revue du Mouvement En Garde. Pour le sionisme, le socialisme et la fraternité entre les peuples.

Henri Bulawko a fondé l’Amicale des Anciens déportés d’Auschwitz et des camps de Haute-Silésie et combattu le négationnisme jusqu’à sa mort.

Dans les années 1960, les enfants de la seconde génération de la Shoah, d’origine ashkénaze et des jeunes sépharades rapatriés des pays d’Afrique du Nord, se retrouvent dans ses rangs. Levana Frenk consacre de nombreuses pages au parcours de ces jeunes Shomers, dont un nombre important reviendra finalement en France.

Levana Frenk est elle-même entrée toute enfant dans les rangs de l’Hashomer à Paris. Elle y a appris, ses dix lois : une sorte de religion civique. Elle dit à propos de l’Hashomer : « On peut quitter l’Hashomer, mais elle ne vous quitte jamais. »

Le Shomer est homme de vérité et devient le gardien fidèle.

Le Shomer est le pionnier de la renaissance de son peuple, de sa langue et de sa patrie.

Le Shomer « réalise ». Il combat pour la vérité, la fraternité et la liberté dans la société humaine.

Le Shomer est actif, travailleur et sait vivre du fruit de son labeur.

Le Shomer est homme de volonté qui aspire à la plénitude spirituelle et corporelle. Le Shomer est solidaire et homme de confiance.

Le Shomer est fidèle à l’Hashomer Hatzaïr, obéit à ses lois et se plie à sa discipline.

Le Shomer est fort, courageux et plein de vitalité.

Le Shomer aime la nature, la connaît et sait vivre en son sein.

Le Shomer est pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes. Il ne fume pas, ne boit pas et est responsable de ses actes sexuels. (Cette dernière phrase est une mise à jour des années 1960).

Dans les années 1960, les membres du Mapam (parti travailliste), aile gauche marxiste du mouvement kibboutzique, établissent des liens avec Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Claude Lanzmann, qui publient dans Les Temps modernes, un dossier sur « le conflit israélo-arabe », et s’associent à la campagne de soutien à l’État d’Israël pendant la Guerre des Six jours.

Mais à partir des années 1970, après la venue du Likoud au pouvoir, l’Hashomer Hatzaïr est en situation de crise. Ce qui conduit à une reconsidération des objectifs du mouvement. Le fait qu’il existe encore aujourd’hui prouve qu’il a trouvé en lui-même des ressources qui lui permettent de se renouveler et de continuer son action sur une voie différente. Il tente d’agir sur des problèmes très actuels comme le capitalisme débridé, la crise climatique, la promotion des villes dites « de développement » comme Bersheva, dans le Néguev, l’éducation de certaines communautés, l’intégration des réfugiés. Dans cet esprit, l’Hashomer a créé en Grèce une école pour les réfugiés de Syrie et du Moyen Orient.

Certains membres français de l’Hashomer Hatzaïr, qui après un séjour au kibboutz, sont revenus en France, se sont fait connaître dans le domaine du cinéma, comme Alexandre Arcady et Diane Kurys, ou de la politique, tel Henri Weber.

Portraits de Levana et Hanan Frenk

En 1968, son baccalauréat en poche Jeannine, surnommée Levana à l’Hashomer Hatzaïr à Paris, s’est installée en Israël à l’âge de vingt ans. Devenue historienne de renom, elle a enseigné l’histoire de la Shoah aux Instituts « Massuah » (Institute for the Teaching of the Holocaust, Kibboutz Tel Itzhak, Hof Hasharon), Lohamei Hagetaot et Yad Vashem. Elle a consacré sa thèse de doctorat aux représentations de la Shoah dans les cinémas français et israélien. Elle a aussi été conseillère historique de plusieurs films documentaires dont Belzec (2005) de Guillaume Moscovitz et La Brigade des Papiers (2018) de Diane Perelsztein.

Levana et Hanan se sont rencontrés en 1965 à Jérusalem où le Mouvement les avait envoyés pendant une année pour apprendre l’hébreu, suivre des études sur l’histoire juive et se mêler à la vie en collectivité. Puis, Hanan est rentré en Hollande ; Levana à Paris.

Du côté de chez Levana

L’Hashomer Hatzaïr qui préconisait l’alyah et la vie au kibboutz, faisait partie intégrante de la famille de Levana. Wolf, son père, né à Monastrezyské, un faubourg de Buczacz, dans une famille de dix enfants, avait 34 ans quand la guerre a éclaté au mois de septembre 1939. Il exerçait le métier de coiffeur dans l’usine de tabac de la région. Il a été mobilisé dans l’armée polonaise et fait prisonnier par l’Armée rouge, suite aux accords Ribentropp-Molotov. Le fait d’avoir été déporté en Sibérie lui a sauvé la vie. Toute sa famille, restée en Pologne, a été assassinée au camp de Belzec.

Au mois de septembre 1939, Yankel Wygoda, le père de Rachel, mère de Levana, avait attelé un chariot, y avait fait monter sa mère et ses filles, et avait fui son shtetl de Rozan, situé au nord de Varsovie. Ayant réussi à franchir la frontière, ils se réfugièrent en URSS. Ils ont vécu dans la région de Bialystok jusqu’à l’invasion allemande de juin 1941. Un jour, l’usine où travaillait Rachel a été bombardée. Elle en est sortie en courant et, au terme d’un long périple, s’est retrouvée à Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan, où elle est restée jusqu’à la fin de la guerre.

Au lendemain de la chute du Reich, le père et la mère de Levana sont retournés dans leur village d’origine et ont constaté qu’aucun membre de leur famille n’avait survécu. Ainsi, les familles de Hanan et Levana ont-elles été victimes de l’opération Reinhardt et de trois camps d’extermination.

Du côté de chez Hanan Frenk

Maup (diminutif de Moshé en flamand), le père de Hanan, est né au début de la Première Guerre mondiale à Rotterdam. Il vivait dans un quartier ouvrier et fréquentait l’AJC (Arbeider Jeugd Centrale), l’Organisation de Jeunesse Socialiste à Rotterdam.

Alors que son père était brocanteur, Maup est devenu instituteur. Pendant la Grande Dépression, il a enseigné à des adultes au chômage. Malade, Maup fut hospitalisé à l’Hôpital juif de Rotterdam, où il tomba amoureux de la seule infirmière non juive qui y travaillait. Ils s’épousèrent le 1er mai 1940 parce qu’ils étaient socialistes. Dix jours plus tard, le Reich envahissait les Pays-Bas. Rotterdam fut entièrement détruite. Victime de la législation allemande, Maup licencié, devint directeur d’une école juive jusqu’à ce que les enfants fussent déportés et assassinés, avec toute la communauté juive de Hollande, aux camps d’extermination de Treblinka et de Sobibor. Marié à une non juive, Maup, jouissait d’une exemption momentanée lui épargnant les travaux forcés et la déportation. Il avait pu se procurer une fausse carte d’identité qu’il n’utilisait qu’en cas de nécessité absolue. Ses parents furent assassinés au camp de Sobibor. Le 10 novembre 1944, eut lieu la grande rafle au cours de laquelle 40 000 hommes, de 17 à 40 ans, non juifs furent déportés en Allemagne dans les camps de travaux forcés. Maup fit partie de cette rafle, mais survécut grâce au bombardement de la ville de Dresde par les Alliés. Le 13 février 1945, Maup et un ami étaient interrogés brutalement au siège de la Gestapo, à Gronau, lorsque les sirènes de l’alerte anti-aérienne se mirent à rugir. Les gestapistes les abandonnèrent pour courir dans les abris. Maup et son ami prirent la fuite et regagnèrent Rotterdam, où Maup fut caché par son épouse.

Retrouvailles de Hanan et Levana

Trois ans après leur rencontre à Jérusalem, Hanan et Levana ont été intégrés au sein d’un groupe européen venu renforcer le kibboutz de Revadim, en difficulté. Ils ont fait leur service militaire ensemble. Au terme des six premiers mois, pendant la période de « la Guerre d’Usure », ils furent envoyés dans un poste frontière dans le désert de l’Arava, au nord d’Eilat, face à la Jordanie.

Un matin, Hanan et sa patrouille partirent à la poursuite d’individus infiltrés en Israël, depuis la Jordanie. À la tombée de la nuit, le 26 juin 1969, en retraversant la frontière, une mine explosa sous son half-track. Ses deux jambes furent déchiquetées. Une demi-heure s’écoula avant son transfert à l’hôpital, durant laquelle il perdit beaucoup de sang d’une blessure à l’artère fémorale, qu’il est impossible de comprimer avec un garrot. De constitution robuste, Hanan a survécu jusqu’à son hospitalisation, mais il a été amputé des deux jambes. Mais il continuait de perdre beaucoup de sang ; ses médecins jugeaient ses chances de survie négligeables.

Ses parents, alertés par l’Ambassade d’Israël, arrivèrent en Israël. Hanan a raconté son ordalie dans un beau roman intitulé Petek, publié en France chez Denoël en 2008. Malgré les séquelles de ses blessures, Hanan a fait une étincelante carrière de chercheur et de professeur de psychologie à l’Université de Tel Aviv. La liste de ses travaux et de ses publications dans des revues scientifiques remplit plus de vingt pages.

Cela dit, l’histoire de son union avec Levana est tout aussi singulière. La mère de Hanan n’étant pas juive, Hanan n’est pas considéré comme Juif en Israël, où il n’existe qu’une seule forme de mariage, la cérémonie religieuse. Cela signifie que chacun se marie selon sa religion. En 1970, la Knesset a voté une loi définissant « qui est Juif ». Seul est considéré comme juif celui qui est né d’une mère juive. Ainsi, après avoir servi l’État d’Israël et lui avoir sacrifié ses deux jambes, Hanan ne pouvait pas épouser l’élue de son cœur en Israël ! Pendant l’été 1970, Golda Meir rendit visite à Hanan dans son kibboutz pour lui expliquer la raison pour laquelle elle avait fait voter cette loi par la Knesset. Elle lui a dit qu’il pouvait se convertir « en un rien de temps », et qu’il fallait être pragmatique sur cette question. La réalpolitique d’abord, les principes après. Elle lui a même dit que mentir à un rabbin était une mitzvah. Hanan a osé lui répondre qu’elle était une menteuse. Ce qui n’a pas affecté Golda.

Hanan et Levana se sont mariés le 10 août 1975 à Rotterdam. Hanan n’a pas voulu perdre sa nationalité hollandaise, la Hollande n’acceptant pas la double nationalité. Il est résident permanent car, en tant que citoyen israélien, il ne pourrait ni se marier ni divorcer. L’état civil reste aujourd’hui encore la prérogative des rabbins. Il est évidemment possible d’être inhumé en Israël dans des parcelles laïques, dans un cimetière chrétien ou musulman.

L’histoire de la Shoah ne peut être terminée et continue de hanter la mémoire des Juifs en diaspora et en Israël.

Un jour de ses 26 ans, alors qu’elle était déjà mariée avec Hanan et mère d’une petite fille, Levana a découvert chez Rachel, sa mère, des photos d’une femme et d’enfants inconnus. Il s’agissait d’un secret bien gardé par ses parents. Rachel lui a alors révélé que son père était marié en Pologne avant la guerre. Il était le père d’une petite fille, et de peut-être deux, car la seconde était née tandis qu’il était au Goulag. Son épouse et ses deux fillettes ont été gazées au camp de Belzec. Levana ignore jusqu’à leur nom.

N.B. à propos de Lvov et Wilno :

 Lvov, située en Galicie, région polonaise attribuée à l’Autriche à l’issue des partages de la Pologne à la fin du XVIIIe siècle. La ville fait partie de l’Empire austro-hongrois jusqu’en 1918, sous le nom de Lemberg. Elle est intégrée à la Pologne indépendante de 1918 à 1939 et s’appelle Lvov. Elle entre dans l’Ukraine soviétique, après 1945. Après la fin de l’URSS en 1991, la ville devient Lviv dans l’Ukraine indépendante.

– Wilno fait partie de l’Empire russe jusqu’en 1918. Elle est intégrée à la Pologne indépendante de 1918 à 1939. La ville fait partie de la Lituanie soviétique après 1945, et en devient la capitale sous le nom de Vilnius.

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Publicado por zarambutano  

Amsterdam Klezmer Band es un grupo musical holandés activo desde 1996 en la capital del país, basado en el repertorio de música en ídish y klezmer, aunque incorporando también sonidos balcánicos, del jazz, gitanos y aun del hip hop. El fundador es el saxofonista Job Chajes, que saltó a la fama nacional con el álbum Mala Loka de 2000, época en la que inició sus tours europeos. Poco después se les uniría el cantante judeo-ruso Alec Kopyt, con quien lanzaron Limonchitki, al que siguieron muchos más.La banda se hizo famosa tocando en parques y pubs a finales de los noventa. En los mismos años, la banda autoeditó tres álbumes: Mesjogge, Leib In De Pijp y De Amsterdam Klezmer Band.

DISCOS INCLUIDOS

1999. De Amsterdam Klezmer Band
2000. Malaloka
2001. Limonchiki
2003. Katakofti
2004. Man Bites Dog Eats Amsterdam Klezmer Band
2005. Son
2006. Remixed
2008. Zaraza
2011. Katla
2012. Mokum
2014. Blitzmash
2015. Benja
2016. Oyoyoy
2016. Oyoyoy
2018. Szikra

[Fuente: gps-sonoro.blogspot.com]

Publié le mardi 11 janvier 2022 par Lucie Choupaut

RÉSUMÉ

Cette journée d’étude vise à étudier le théâtre juif (dans toutes ses formes d’expression, langagières et esthétiques à la fois) dans une perspective anthropologique. Prenant comme point de départ la proscription talmudique de la performance théâtrale et circassienne (Talmud de Jérusalem, Avoda Zara, 18b) et en la confrontant aux témoins textuels qui attestent, malgré tout, la présence du théâtre parmi les Juifs, nous formulons plusieurs questionnements. Comment penser le théâtre au sein du judaïsme ? Comme un objet anthropologique travaillant à la construction et à l’affirmation d’une judéité appréhendée selon son rapport au théâtre ? Autrement dit, est-ce que le théâtre peut être conçu comme un médium du sujet juif ? Peut-on considérer le théâtre juif indépendamment de ses liens avec la Bible ? Sous quelles formes ? Qu’en est-il des sujets historiques et bibliques que l’on trouve chez la plupart des auteurs ?

ANNONCE

Argumentaire

Depuis des siècles, le théâtre (dans toutes ses déclinaisons esthétiques) s’affirme comme une forme d’expression culturelle, à la fois en Occident et en Orient. Dans le monde dit « occidental », le théâtre est présent, malgré les méfiances (voire proscriptions) d’ordre philosophique (Platon, République III, 394 et X, 604-6) et théologique (Saint Augustin, Confessions, Livre III, 3), et la production théâtrale s’avère foisonnante. Le lien entre théâtre et société – mêlant haine et fascination – a fait émerger des champs de réflexions socio-anthropologiques divers. En 1956, Erving Goffman postulait « la mise en scène de la vie sociale », c’est-à-dire une théorie à travers laquelle il opérationnalisait la notion de théâtre au profit d’une interprétation de la vie humaine comme performance scénique et comme jeu d’acteur.

Au sein du judaïsme, le théâtre fait l’objet de prises de position contradictoires, et ce, sous le fond d’une pénurie de témoins textuels, de l’Antiquité jusqu’à la Renaissance italienne précisément. La condamnation du théâtre dans le judaïsme n’est attestée que tardivement, dans le Talmud de Jérusalem Avoda Zara (18b9, 16, 18), dans une baraïtha datant probablement des premiers siècles de l’ère chrétienne : « Nos maîtres ont enseigné : il est interdit d’aller au théâtre et au cirque car on y fait des sacrifices idolâtres : paroles de Rabbi Meïr. »

Nonobstant la tension entre la pratique et la norme, le théâtre est bel et bien présent parmi les Juifs. Outre quelques mentions dans la Lettre d’Aristée, chez Philon et dans des inscriptions, nous savons qu’un dramaturge juif se trouvant en exil à Alexandrie écrit en grec, en 200 av. J.C., une pièce intitulée L’Exagôgué, dont seulement quelques fragments nous sont parvenus. La pièce, connue comme tragédie, reprend l’épisode de l’Exode biblique.

Des siècles plus tard, Yehuda Sommo, un érudit juif vivant à Mantoue, en pleine Renaissance italienne, écrit une première pièce de théâtre en hébreu (Éloquente comédie du mariage-farce), ainsi qu’un premier traité d’esthétique théâtrale (Quatre dialogues en matière de représentation théâtrale). Ce dernier, écrit en italien, constitue à la fois un « dialogue » polémique avec la Poétique d’Aristote et une réévaluation des origines du théâtre qui seraient, selon lui, bibliques et kabbalistiques. Chez Yehuda Sommo, la question du corps (et de ses potentiels scéniques) passe avant le texte théâtral (comme dramaturgie) et affirme ainsi une nouvelle histoire du théâtre reliée au judaïsme, d’autant plus que ces pièces sont d’inspiration biblique et talmudique.

L’influence juive-italienne sera déterminante pour la suite des développements dans l’écriture dramatique et les formes poétiques de la langue italienne conditionneront l’évolution de la métrique de la langue hébraïque. En même temps, fleurit l’intérêt pour la traduction en hébreu des œuvres littéraires diverses, parmi lesquelles l’écriture et la réécriture dramatiques. Cette double influence est percevable, par exemple, chez un auteur hollandais comme David Franco Mendes, influencé dans son écriture du drame Athalie, à la fois par Moshe Haïm Luzzatto, par le théâtre français et par l’oratorio viennois.

Dans tous ces cas, le rapport à la langue hébraïque reste fondamental, car la question – parfois implicite et parfois explicite (voir Moshe Haïm Luzzatto, Lishon Limmudim sur les lois de la poésie hébraïque) est de savoir si l’hébreu, en tant que langue, peut être aussi véhicule de littérature profane.

Au vu de ces témoins textuels et de ces auteurs qui font figure de fondateurs, comment penser le théâtre au sein du judaïsme ? Comme un objet anthropologique travaillant à la construction et à l’affirmation d’une judéité appréhendée selon son rapport au théâtre ? Autrement dit, est-ce que le théâtre peut être conçu comme un médium du sujet juif ? Est-il (aussi) un objet polémique suscitant une relecture de la Poétique d’Aristote à l’aune du postulat des origines hébraïques (et religieuses) du théâtre ? Y’a-t-il une pensée esthétique juive du théâtre décelable depuis Ézéchiel le Tragique, en prenant en compte les œuvres postérieures à lui (adaptations bibliques, Purimspiel, théâtre yiddish, théâtre judéo-espagnol, théâtre mémoriel, théâtre israélien contemporain, théâtre juif en d’autres langues que l’hébreu) ? Peut-on considérer le théâtre juif indépendamment de ses liens avec la Bible ? Sous quelles formes ? Qu’en est-il des sujets historiques et bibliques que l’on trouve chez la plupart des auteurs ?

Modalités de soumission

Cette journée d’étude s’adresse principalement aux doctorant.e.s issu.e.s des champs disciplinaires divers, qui portent un intérêt particulier aux langues juives dans leur rapport au théâtre et/ou aux dimensions anthropologique du spectacle vivant. Toute autre contribution issue de la communauté académique ou artistique est la bienvenue.

Les propositions (en français ou en anglais), d’environ 250 mots, doivent être adressées aux membres du comité d’organisation : alexandru.bumbas@inalco.fr et anamarija.vargovic@inalco.fr avant le 20 février 2022, à minuit (heure de Paris).

Les propositions seront accompagnées d’un bref profil bio-bibliographique. Les interventions retenues seront communiquées courant mars 2022. Les langues de l’événement sont le français et l’anglais.

La journée d’étude aura lieu le 28 juin 2022 à l’INALCO, Paris.

Les actes de la journée d’étude pourront être publiés dans un numéro spécial sur la plateforme artistique-académique en ligne IN VIVO ARTS.

Manifestation scientifique mise en place par

L’ÉCOLE DOCTORALE 265 Langues, littératures et sociétés du monde, INALCO

PLIDAM (Pluralité des Langues et des Identités : Didactique, Acquisition, Médiations), INALCO

CERMOM (Centre de Recherches Moyen-Orient Méditerranée), INALCO

Comité scientifique

  • Frosa Bouchereau-Pejoska – PR (PLIDAM)
  • Elisa Carandina – MCF (CERMOM)
  • Alessandro Guetta – PR (CERMOM)
  • Zeljko Jovanovic – MCF (CERMOM)
  • Madalina Vartejanu-Joubert – MCF/HDR (PLIDAM)

Comité d’organisation

  • Alexandru Bumbas, docteur en Études Théâtrales (Sorbonne Nouvelle) et doctorant en Études Juives (INALCO)
  • Anamarija Vargovic, doctorante en Études Juives, INALCO

 

[Source : http://www.calenda.org]

 

 

Ça commence comme dans un film de Nurith Aviv. C’est normal : Rosie Pinhas-Delpuech est traductrice de l’hébreu et vit depuis toujours entre les langues, turc, français, allemand, hébreu… L’auteure de ce beau et dense récit nous plonge dès l’introduction dans l’enchevêtrement linguistique de la Babel israélienne. Nous sommes dans un bus de nuit quittant Tel Aviv, et les langues semblent surgir de partout, suivant toutes les strates de l’histoire du pays. De ce « brouhaha » émerge progressivement le questionnement autour de l’hébreu, langue « réinventée » pour les besoins d’une nation tout juste « imaginée », à l’aube du développement du sionisme. Mais plutôt que de s’intéresser à des personnages tutélaires comme Eliezer Ben Yehuda (l’auteur du Dictionnaire de la langue hébraïque) ou Bialik (le poète national d’Israël), Rosie Pinhas-Delpuech choisit de nouer cette interrogation à la figure tragique et beaucoup plus conflictuelle de Yosef Hayim Brenner, né dans l’Empire russe en 1881, à l’époque où débutent les grands pogroms tsaristes, et mort en Palestine en 1921, assassiné lors des émeutes arabes dans la région de Jaffa.

Y. H. Brenner par Rosie Pinhas-Delpuech : une langue en quête d'auteur

Yosef Hayim Brenner

Rosie Pinhas-Delpuech, Le typographe de Whitechapel. Comment Y.H. Brenner réinventa l’hébreu moderne. Actes Sud, 192 p., 16,50 €

Écrit par Carole Ksiazenicer-Matheron

De façon également oblique, l’auteure privilégie dans ce portrait, ne serait-ce que par le titre du livre, la figure de l’émigrant d’Europe de l’Est, déjà écrivain hébraïque reconnu lorsqu’il fuit le service militaire russe en 1904, mais encore tout imprégné de sa langue maternelle, le yiddish, qu’il transporte avec lui sur les rives de la Tamise, dans le ghetto juif de Whitechapel — ce quartier de prolétaires visité et décrit à la même époque par Jack London, où transitent en chemin vers l’Amérique les héros de Sholem Aleykhem, où rôde l’ombre de l’Étrangleur et où la Lulu de Wedekind finit sa course dans une mansarde sombre.

Commencé dans l’obscurité de ce voyage de nuit en Israël, le récit se poursuit dans la luminosité d’un rivage grec où viennent s’échouer d’autres migrants, nos contemporains : car raconter l’histoire d’une langue nécessite pour la narratrice d’évoquer d’autres histoires, d’autres langues, y compris les siennes propres, et de parcourir (ou d’imaginer) des temps et des espaces pluriels. Le dernier chapitre du livre, « Héritage », reconstitue des tracés où ces itinéraires peuvent se croiser, au moins imaginairement, à travers des coïncidences, géographiques ou temporelles, comme ce Manchester où le père de l’auteure, né à Istanbul en septembre 1914 (deux mois après le fils de Brenner en Palestine, précise la narratrice), vient visiter les filatures de coton où travaillent des ouvriers exploités dans des conditions épouvantables. Brenner quant à lui a quitté l’Europe en 1909 pour la Palestine ottomane, où il partage toutes les difficultés des pionniers et pose les premières fondations d’une littérature moderne dans une langue qui se crée en même temps que les livres s’écrivent.

À travers l’enquête biographique et l’interrogation sur la langue de l’un des créateurs principaux de la littérature hébraïque moderne se dessine, comme en ombres chinoises, un parcours de traductrice et d’écrivaine, mais aussi de voyageuse sans frontières entre les idiomes, les lieux, les identités, dont le rapport à la langue de traduction, l’hébreu, devient le fil conducteur d’une existence consacrée aux mots, à la lettre, à la parole, mais aussi aux êtres qui en sont les porteurs. « En 1988, pour des raisons aussi lumineuses que profondément obscures, je commence à traduire l’hébreu en français, et le destin de l’être humain entre les langues devient mon affaire. » Ainsi les réflexions de la narratrice, les impressions concrètes, les parallélismes entre les situations historiques ou géographiques créent-ils une sorte de toile ramifiée d’associations et d’affinités électives, de rimes entre les différents chronotopes, vécus, imaginés, lus.

Comme cette longue déambulation associative qui, à partir de l’évocation de Whitechapel, à la fois chez Brenner et chez Jack London (auteur d’un reportage célèbre sur l’East End), puis dans les termes plus scientifiques des documents consultés pour l’enquête, débouche sur la comparaison avec des lieux et des communautés d’aujourd’hui, tout aussi délaissés : des Latinos à Harlem qui vendent leur bric-à-brac sur un trottoir, des familles chinoises du Lower East Side qui rusent avec la loi américaine sur l’immigration, des immigrés juifs du Yémen à Tel Aviv qui laissent leur quartier à des Philippins ou des Thaïlandais venus remplacer les travailleurs palestiniens pendant l’Intifada. En deux pages, une chaîne de mots et de solidarités se crée, esquissant en contrejour les contours d’une sensibilité narrative quasi fictionnelle, dans sa richesse subjective et associative.

Avec l’évocation de la figure de Brenner, il s’agit d’un voyage où lumière et obscurité se succèdent ou s’interpénètrent, tant sa courte vie semble synthétiser et exacerber les tensions, les aspirations, les contradictions voire les impasses d’une génération et d’une histoire collective : celle de la deuxième Aliyah (1904-1914) mais aussi, avant tout peut-être, celle de cette modernité juive ashkénaze qui se développe au prisme des langues, des textes, des exils et des migrations. On sait par la correspondance de Kafka que celui-ci lisait un roman de Brenner en hébreu, durant les derniers mois de son existence, passés à Berlin en compagnie de Dora Dymant ; Kafka qui meurt lui aussi de façon prématurée, peu de temps après Brenner et à peu près au même âge, et qui a tant de traits en commun avec lui : l’inquiétude existentielle liée en grande partie à son judaïsme, l’activisme littéraire et linguistique, la difficulté d’aimer les femmes, la férocité de l’autonégation.

Parmi les multiples métamorphoses d’une vie de labeur et de misère, consacrée avant tout à l’écriture et à la reviviscence de l’hébreu, mais traversée également par l’errance et l’engagement, deux pôles sont mis en valeur par Rosie Pinhas-Delpuech, qui soulignent la communauté d’expérience avec l’émigration ashkénaze de tendance socialisante : la pépinière anarchiste de Whitechapel et l’activité de typographe qui permet à Brenner de gagner son pain et d’éditer par la même occasion sa propre revue en hébreu, Ha-Méorer (« L’Éveilleur »). Indéniablement l’accent est mis sur cette matrice de créativité à la fois politique et littéraire, qui efface les frontières, nuance la guerre entre les langues (le yiddish et l’hébreu s’affrontant ouvertement lors de la conférence de Czernowitz en 1908) au profit de stratégies jumelles d’émancipation, toujours aimantées par le souci commun de l’identité collective juive et de la lutte aux côtés des plus défavorisés.

Rosie Pinhas-Delpuech trouve dans cette culture bilingue et souvent polyglotte, dans ce bouillonnement anarchiste et dans ces luttes sociales au plus près de la confection et de la diffusion matérielle du livre, qu’il soit hébreu ou yiddish, une façon de ré-enraciner finalement l’hébreu dans la culture européenne, de le soustraire aux mythes étatiques, de le ré-ensauvager à travers la figure d’un auteur qu’elle qualifie elle-même d’ « Aborigène juif » : quelque chose comme la définition de la littérature mineure chez Deleuze et Guattari à propos de Kafka, ou comme la lecture de ce même Kafka « en colère » par Pascale Casanova. Une volonté aussi de restituer des filiations, des racines diasporiques et modernistes à cet hébreu qui est finalement celui des « tables brisées », comme le montre un audacieux parallélisme, au centre du livre, faisant du « marbre » du typographe un équivalent des pierres écrites par Dieu au mont Sinaï, le lieu symbolique d’émergence de cette langue « vieille-nouvelle », langue sacrée se faisant profane et d’usage quotidien.

Y. H. Brenner par Rosie Pinhas-Delpuech : une langue en quête d'auteur

Il y a chez l’écrivaine biographe une fascination évidente, une forme d’enthousiasme, dans cette mise au jour concrète des liens quasi génétiques unissant hébreu et yiddish, « langue du père » et « langue de la mère », à travers l’histoire de la diaspora ashkénaze et de ses chemins qui bifurquent, poussant vers l’Amérique ou la Palestine, suivant des dessins parfois aléatoires, mais le plus souvent nécessaires, liés à des choix existentiels profonds. Bien des fils sont tirés et suivis dans cette immense toile de réseaux et de circulations qui caractérise la renaissance juive au tournant du siècle. Whitechapel y apparaît comme à la fois central et périphérique, une sorte d’hétérotopie : exact équivalent du Lower East Side new-yorkais, avec ses sweatshops, ces ateliers de couture manufacturés ou à domicile, qui évoquent aussi bien Manchester que Lodz, le « Manchester polonais », romancé par Reymont dans La Terre promise et par Israël Joshua Singer dans Les frères Ashkenazi. Au moment où Brenner est à Londres, les poètes prolétariens comme Morris Rosenfeld ou Dovid Edelstadt tentent à New York de traduire en rimes l’exploitation des immigrants juifs tout juste débarqués du bateau. Ce sont ces poètes que Kafka introduit en 1912 dans son Discours sur la langue yiddish auprès de son public de juifs pragois assimilés.

Tentons à notre tour de poursuivre quelques fils à partir de la trame évoquée par le livre. En ce qui concerne la presse yiddish, dont les tirages augmentent régulièrement, Rosie Pinhas-Delpuech mentionne Morris Winchewski, journaliste et poète prolétarien ; après son séjour à Londres il aide Abraham Cahan à New York à fonder le Forverts, le Jewish Daily Forward, qui accompagnera l’évolution de la société juive américaine tout au long du XXe siècle. Lamed Shapiro, l’auteur yiddish des pogroms et de New Yorkaises a, quant à lui, rencontré Brenner à Londres en 1905, lorsqu’il y fait une longue escale en chemin vers l’Amérique. Il l’évoquera après la mort tragique de l’écrivain dans un chapitre de son recueil d’essais, Der Shrayber geyt in kheyder (L’écrivain va à l’école), mentionnant au passage la figure de Rudolf Rocker qui retient longuement l’attention de Rosie Pinhas-Delpuech, intéressée par ce melting-pot interculturel. Anarchiste allemand, il apprend le yiddish et fréquente les typographes juifs, et Shapiro évoque également son rôle à l’Arbeter Fraynd, le journal anarchiste, puis dans la création d’un journal concurrent, l’Arbeter Velt, dont Brenner assure en grande partie, semble-t-il, la rédaction en yiddish. Lamed Shapiro, comme Kafka, a des affinités électives avec Brenner, par son nietzchéisme de jeunesse, son pessimisme radical, son nationalisme spirituel lié à la notion d’autodéfense, mais surtout à la cause des opprimés : ce peuple dont Brenner dit qu’il est à la fois sans terre et sans langue ; ce qui peut sembler paradoxal pour une communauté souvent polyglotte, mais dont Kafka fait à son tour une des caractéristiques principales des littératures mineures et des écrivains juifs condamnés à l’exil intérieur.

On pourrait ajouter à titre d’exemple supplémentaire de cette proximité entre intellectuels, par-delà le choix des langues, qu’Aaron Zeitlin, l’un des plus grands poètes yiddish, écrit en 1927 un drame intitulé Brenner, précisant dans une didascalie qu’il s’agit d’une restitution « imaginée » de la figure de l’écrivain. Cependant, il a pu s’inspirer des souvenirs de son propre père, Hillel Zeitlin, ami de jeunesse de Brenner à Homel, en Russie, lorsque le jeune auteur hébraïque est à la fois « amant de Sion », bundiste et par-dessus tout, écrit Zeitlin père, tolstoïen. La pièce écrite après le voyage en Palestine d’Aaron en compagnie de son frère très peu de temps avant la mort de Brenner, nous livre une image radicalement désespérée et nihiliste de cet alter ego de l’écrivain, évoquant par moment un Otto Weininger par la haine de soi, la défiance envers les femmes et l’amour-haine ambivalent projeté sur le peuple juif, dont il assure porter douloureusement le destin collectif sur ses épaules.

On retrouve là une des images fortes du livre de Rosie Pinhas-Delpuech, qui fait de Brenner le porteur de la langue et des livres à destination d’un peuple à venir, celui qu’il ne fait que pressentir, tel Moïse qui ne verra pas s’ouvrir devant lui la Terre promise (l’identification implicite entre Moïse et Brenner est très présente dans le livre et mériterait un développement à part). Résonnent alors pour nous les dernières phrases de ce texte inspirant : « Brenner est un horizon. Il est rare que dans toute l’histoire de l’humanité un homme ait pris une langue sur son dos pour sortir de la détresse et la faire vivre pour lui et pour les autres. Avec la pente toujours proche et le compte jamais fini ».

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Publié par Elisabeth Philippe

Ce dont on ne se lasse pas, c’est des battles ashke contre sef.
Et aujourd’hui, on a voulu voir ce que ça donnait sur le registre des insultes.
Quand il est question d’insultes séfarades, je me dis que là, on passe aux choses sérieuses.
Faut dire que les sef, ils rigolent pas avec les insultes.
Enfin si, il est de tradition que l’insulte sef fasse exploser de rire celui qui la formule, mais pour ma part je ne l’ai jamais vraiment comprise. Littéralement. Car de fait, l’insulte sef est en arabe, alors forcément, elle a toujours bénéficié du filtre parental.
Ou plutôt du semi-filtre parental.
Car chez moi, on était d’accord pour la traduire (parce que c’est drôle), mais pas intégralement (parce que c’est grave).
Du coup, on m’a enseigné que :
  • « mzrob » c’est « bâtard… mais en pire. » ;
  • « nikoumouk » on prétendait ne pas savoir mais on me glissait que « mouk, ça veut dire mère »   ;
  • « nardine »… Et bien personne n’a jamais voulu se risquer me traduire nardine, c’est off limit.
Ce qui certain, c’est que l’insulte sef, c’est celle qui sait taper où ça fait mal.
Et s’il est vrai qu’on y trouve parfois une touche de poésie substituant l’image de « ta mère » par celle d’un cafard, on est quand même souvent dans le vif du sujet.
D’une certaine manière, c’est le reflet de l’authenticité à la séfarade. Celle qui ne s’embarrasse pas de fioritures et qui n’a pas peur des mots puisqu’elle sait rire de tout.
Donc forcément, s’il est question d’authenticité, pour les ashkénazes, on n’est pas sur le même registre.
Autant au niveau de l’humour, on est complètement conquis par la touche pince-sans-rire-ènième-degré qui les caractérise, autant niveau insultes, de prime à bord, il y a de quoi s’interroger.
Parce qu’un ashkénaze vraiment vénère, ça ressemble à quoi ?
Si on considère que le calme et la réserve sont des caractéristiques intrinsèques à leur personnalité, c’est assez dur à concevoir.
D’ailleurs, on a tous déjà vu un ashkénaze contrarié, et il faut dire qu’on est rarement dans l’extériorisation de sentiments balagan style.
Perso, quand mon père veut nous montrer qu’il est vraiment, mais alors vraiment par content, il arrête de parler pendant six jours et noie sa rage dans les bocaux de cornichons polonais (à plus de deux par jour, c’est à l’entourage de réagir).
Pourtant l’insulte ashkénaze existe, et de ce simple fait, elle n’est jamais anodine.
Contrairement à l’insulte sef qui, même lorsqu’elle maudit toute ta famille de cafards (ascendants et descendants compris), se veut juste affective.
Pour illustrer, opposons deux notions à peu près similaires, à savoir un hmal (littéralement « un âne ») et un schmock (un « nigaud »).
Et bien un hmal, ce n’est pas un schmock.
Car le hmal, c’est simplement toi qui oublie tes clefs ou moi qui allume une cigarette à l’envers.
C’est pas super grave d’être un hmal.
Par contre le schmock, lui, il a des questions à se poser.
Car quand un ashkénaze désigne un schmock c’est un peu comme si sa sagesse avait détecté un problème de fond.
Et si finalement, la force de l’insulte ashkénaze n’était pas l’insulte elle-même mais le fait que, précisément, elle soit formulée par un ashkénaze ?
Bon, mais ne nous emballons pas. Comme je sais que vénérer les ashkénazes, c’est un peu mon côté hmala, j’ai voulu être sure de ne pas passer à côté de quoi que ce soit. Du coup, j’ai cherché à palier mon manque de connaissance en matière d’insultes yiddish en me lançant dans une investigation plus poussée (et oui, chez Roots, on badine pas avec l’info).
J’ai commencé par interroger mon ami roux qui mange du Gefilte fish à Rosh Hashana (prend ça, Morano)
Il m’a dit : «  Je sais qu’à chaque fois que je demandais à mon père ce qu’il y avait à dîner, il me répondait « drek mit leibe » qui signifie « de la merde et du foie » »
J’ai trouvé ça génial.
Mais ce n’est pas une insulte.
Du coup, j’ai continué en interrogeant mon ami Google.
Et là, c’est le graal. La boite de Pandore.
Le site des insultes en yiddish « you need to know » qui s’ouvre à moi.
Et puisque j’ai eu accès à ce qu’ils nous cachent, à mon tour, je vous en livre le secret.
1- L’insulte ashkénaze est qualitative et choupinette
Mon top 2 : « Alte Makhsheyfe » qui veut dire « vieille sorcière », et « Meeskait » qui veut dire « petit moche ».
Celles là, c’est comme schmock, littéralement elles font bondir personne, mais se l’entendre dire sur le ton de l’ashkénaze, face au regard de l’ashkénaze, ça doit pas être une balade en calèche.
2- L’insulte suprême existe
Je l’ai trouvée.
Celle qui peut complètement test la vocifération séfarade acharnée niveau nardine bouk nardine bebek.
Celle qui rend imaginable une confrontation verbale à chaud entre Jérôme Bensoussan (mais si, tu sais, Jérôme, ce mec à qui il ne faut « pas la faire à l’envers » parce que sinon sur la vie de sa mère il va te défoncer… « nardine ») et Jérôme Bernstein (encore un Jérôme. Et encore un juif. Coïncidence ? Je ne crois pas.).
J’ai nommé : « Lign in drerd un bakn beygl! ».
Qui signifie « repose six pieds sous terre et fais toi cuire un bagel! »
Alors je sais pas pour vous, mais moi, je laisse personne parler comme ça de mon bagel.
Quelque chose à rétorquer ?

[Source : rootsisrael.com]