Edward Dmytryk (1908-1999) est un réalisateur américain talentueux né dans une famille juive ukrainienne au Canada et marqué par la Guerre Froide à Hollywood. Tmc Cinéma diffusera le 2 décembre 2019 « Le Bal des maudits » d’Edward Dmytryk avec Marlon Brando, Montgomery Clift, Dean Martin, Hope Lange, Barbara Rush.

Publié par Véronique Chemla


Né au Canada dans une famille juive ukrainienne, Edward Dmytryk débute à la Paramount en 1923 comme coursier, puis chef monteur.

Promu réalisateur en 1935, il dirige notamment Les Enfants d’Hitler (Hitler’s Children), adapté en 1943 du livre Education for Death de Gregor Ziemer.

Edward Dmytryk adhère au parti communiste américain (1944-1945) – selon d’autres artistes, il aurait assisté aux réunions du parti en soutien aux Dix de Hollywood de 1947 à 1950. Une adhésion qu’Edward Dmytryk explique par son adhésion à des idéaux de libertés, de justice économique, d’anti-fascisme.

Feux Croisés

« Feux croisés » (Crossfire) est un film noir d’Edward Dmytryk (1947). Une œuvre cinématographique remarquable dénonçant l’antisémitisme, et la difficile réadaptation à la vie civile des soldats américains démobilisés.« Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Joseph Samuels, un soldat juif, est assassiné » à son domicile. Le capitaine Finlay, policier « chargé de l’enquête, apprend que la victime a passé les dernières heures de sa vie en compagnie de trois militaires, parmi lesquels Monty Montgomery et le caporal Arthur Mitchell, connu pour son antisémitisme. Finlay se lance à la recherche de Mitchell et fait ainsi la connaissance du sergent Peter Keeley, persuadé de l’innocence du caporal et bien décidé à le protéger à tout prix. Cependant, la découverte chez Samuels du portefeuille de Mitchell remet ses certitudes en cause… »

Signé par John Paxton, le scénario de Crossfire (« Feux croisés ») est inspiré du roman The Brick Foxhole (1945) de Richard Brooks. Celui-ci a rédigé son roman pendant son engagement dans l’US Marine Corps. Il y a décrit la victime comme un homosexuel. Son roman a plu à l’un de ses collègues, l’instructeur militaire et acteur Robert Ryan, avec lequel Richard Brooks s’est lié d’amitié. Robert Ryan a alors souhaité joué dans un film adapté de The Brick Foxhole.

John Paxton a écrit les scénarios de précédents films d’Edward Dmytryk (1908-1999) : Adieu, ma belle (Murder My Sweet), produit par Adrian Scott, première adaptation cinématographique en 1944 du détective privé Philip Marlowe créé par Raymond Chandler et interprété par Dick Powell, Pris au piège (Cornered) en 1945, So Well Remembered (1947).

Respectant le code Hays qui, mis en vigueur en 1934, prohibait implicitement l’homosexualité, l’adaptation cinématographique du roman de Richard Brooks gomme ce facteur pour lui substituer l’antisémitisme.

« Combinards et planqués ». C’est ainsi que le suspect vomit sa haine des Juifs. Or la victime juive américaine est un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale : il a été réformé après avoir été gravement blessé lors d’un combat pendant la guerre du Pacifique contre l’Empire du Japon ayant rejoint les forces de l’Axe (IIIe Reich et Italie fasciste).

À l’instar de Les Plus Belles Années de notre vie (The Best Years of Our Lives), film oscarisé de William Wyler (1946), « Feux croisés  » (Crossfire), film noir d’Edward Dmytryk (1908-1999) réalisé en 1947, met en scène aussi des soldats américains désemparés à leur retour à la vie civile aux États-Unis, leur difficulté à s’adapter à la vie quotidienne, à s’insérer socialement.

Ce film noir évoque aussi, via le policier, les persécutions des Irlandais catholiques par des protestants. Producteur de « Feux croisés  », Adrian Scott (1911-1972) est issu d’une famille irlandaise catholique.

Construit sur des flash backs, recourant à un style expressionniste, ce thriller est loué par la critique, notamment par le célèbre magazine Variety et The New York Times.

L’Armée américaine l’a diffusé dans ses bases sur le sol américain. Mais l’US Navy l’a exclu de sa programmation cinématographique.

« Feux croisés » est distingué par le Prix du meilleur film social au Festival de Cannes (1947) et en 1948 l’Edgar Allan Poe Award, décerné par Mystery Writers of America, association d’auteurs de romans policiers américains, est remis à John Paxton .

« Feux croisés » figure dans la liste des films sélectionnés pour les Oscar 1948 du meilleur film (producteur Adrian Scott), du meilleur réalisateur, du meilleur scénario (John Paxton), du meilleur acteur dans un rôle secondaire (Robert Ryan) et de la meilleure actrice dans un rôle secondaire (Gloria Grahame). Une première pour un film de série B au modeste budget (250 000 dollars) et au tournage rapide (20 jours).

Mais, les Oscars 1948 couronnent un autre film dénonçant l’antisémitisme : Gentleman’s Agreement, d’Elia Kazan pour la 20th Century Fox, avec Grégory Peck, Dorothy McGuire, Celeste Holme, Anne Revere.

« Feux croisés  » est inscrit en 1949 sur la liste des nominés établie par la British Academy of Film and Television Arts qui remet un Prix dénommé BAFTA.

Brisure
En 1948, Edward Dmytryk épouse l’actrice Jean Peter.

Son appartenance au Parti communiste s’avère, pendant la Guerre froide, source de problèmes graves et de césures dans sa carrière.

Avec notamment Adrian Scott, scénariste et producteur, et le scénariste Dalton Trumbo,  Edward Dmytryk est l’un des « Dix d’Hollywood » (Hollywood Ten), dix producteurs, scénaristes ou réalisateurs de cinéma convoqués en 1947 par la Commission sur les activités antiaméricaines (House Un-American Activities Committee, HUAC) de la Chambre des représentants des États-Unis.

Refusant de témoigner devant l’HUAC, Edward Dmytryk encourt une peine de six mois de prison et une amende de 500 dollars pour outrage au Congrès.

Licencié par la RKO, il fuit en 1948 en Grande-Bretagne. Là, il réalise deux films : L’Obsédé (Obsession) et Donnez-nous aujourd’hui (Give Us This Day).

Puis, il retourne aux États-Unis où il exécute sa peine.

Faiblesse à l’égard de pressions ? Peur d’être blacklisté ? Perte de ses illusions concernant le communisme ? Conscience du danger de l’emprise de l’Union soviétique via l’influence du parti communiste américain dans le milieu culturel américain ? En 1951, Edward Dmytryk témoigne devant la HUAC, et livre, comme Elia Kazan, les noms d’artistes présentés comme (ex-)membres du Parti à Hollywood : Adrian Scott, qui avait rejoint le Parti communiste en 1944 et accusé de l’avoir incité à inclure des éléments communistes dans ses films, les réalisateurs Jules Dassin et John Berry.

Son attitude lui vaut le ressentiment de contempteurs du maccarthysme (Second Red Scare).

Ayant refusé de témoigner devant l’HUAC, après avoir purgé sa peine en prison, Adrian Scott est blacklisté à Hollywood. Il use de pseudonymes pour signer ses scénarios pour la télévision naissante.

Edward Dmytryk poursuit sa carrière, et dès 1952 réalise des films, souvent des succès commerciaux, d’abord pour le producteur indépendant Stanley Kramer puis pour les major studios : L’Homme à l’affût (The Sniper, 1952) avec Adolphe Menjou, fervent anticommuniste, Le Jongleur (The Juggler) dans lequel Kirk Douglas incarne un survivant de la Shoah qui, établi en Israël, souffre d’un sentiment de culpabilité pour n’avoir pas fui à temps l’Allemagne nazie, La Lance brisée (Broken Lance, 1954) avec Spencer Tracy, Robert Wagner, Jean Peters, Katy Jurado et Richard Widmark – film dénonçant le racisme à l’égard des Indiens -, Ouragan sur le Caine (The Caine Mutiny) avec Humphrey Bogart, José Ferrer, Van Johnson et Fred MacMurray, L’Homme aux colts d’or (Warlock), L’Arbre de vie (Raintree County, 1957) avec Montgomery Clift, Elizabeth Taylor, Eva Marie Saint, Lee Marvin, Agnes Moorehead, Le Bal des maudits (The Young Lions) avec Marlon Brando, Montgomery Clift, Dean Martin, Hope Lange…

La filmographie d’Edward Dmytryk associe dès les années 1950 personnages à la psychologie complexe et une fidélité à ses idéaux.

Dans les années 1970, ce vétéran de Hollywood enseigne dans des départements Cinéma à l’Université du Texas à Austin et à l’Université de Californie du Sud, et donne des conférences.

Il consigne l’essentiel de son expérience dans divers livres didactiques.

« Le Bal des maudits » 
Tmc Cinéma diffusera le 2 décembre 2019 « Le Bal des maudits » (The Young Lions), film dramatique d’Edward Dmytryk adapté du roman d’Irwin Shaw par Edward Anhalt, avec Marlon Brando, Montgomery Clift, Dean Martin, Hope Lange, Barbara Rush et Dora Doll. Un film figurant dans la sélection aux Oscar dans trois catégories.

« Les destins croisés d’un officier de la Wehrmacht et de deux soldats américains entre 1938 à 1945 : le lieutenant Christian Diestl, officier allemand, a une haute idée de l’honneur dans la guerre et pense que l’on peut tuer un autre soldat si on lutte pour la paix ; Michael Whiteacre, un chanteur américain bon pour le service, se retrouve en Normandie pendant et après le Débarquement ; Noah Ackerman, un Juif sans le sou, s’est engagé en même temps que Mike ; leur rencontre change la vie de Noah, qui trouve la femme de sa vie le soir de leur visite médicale militaire. Le camp de concentration de Natzwiller-Struthof, près de Strasbourg, site conservé par les Français en l’état, fut utilisé comme lieu de tournage pour les scènes de libération du camp de concentration. Les producteurs avaient mis une annonce dans les journaux locaux, cherchant des figurants pour incarner « 200 hommes très minces, émaciés » : 28 candidats qui se présentèrent étaient d’anciens détenus du camp ».

« Feux croisés » d’Edward Dmytryk 1947 Avec Robert Young, Robert Mitchum, Robert Ryan, George Cooper, Gloria Grahame, Paul Kelly, Sam Levene, Jacqueline White, Steve Brodie, Richard Benedict. Sur Ciné + Classic, les 3 avril à 20 h 45, 4 avril à 13 h 30 et 7 avril 2016 à 8 h 30

« Le bal des maudits » d’Edward Dmytryk
États-Unis, Twentieth Century Fox, 1958, 167 minutes
Avec Marlon Brando, Montgomery Clift, Dean Martin, Hope Lange, Barbara Rush, Dora Doll
Sur Tmc Cinéma 2 décembre 2019 de 20 h 50 à 23 h 35

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Voici que nous publions le no 2 de Contrepoint, la revue en ligne gratuite du CEATL pour les traducteurs littéraires et pour tous ceux qui s’intéressent à la traduction, à la littérature et aux questions de politique culturelle et de droit d’auteur en Europe.

La rédaction est fière de présenter à nouveau des articles sur divers sujets en provenance de toute l’Europe – qu’il s’agisse de la promotion des littératures irlandaise et allemande ou de la manière dont une traduction du Jamaïcain Marlon James a provoqué l’ire des traducteurs norvégiens, du cheminement des traducteurs italiens vers une organisation au sein d’un syndicat ou de la manière de fredonner en grec ancien.

Shaun Whiteside, notre trésorier et délégué de longue date, nous y explique aussi pourquoi le CEATL est plus nécessaire que jamais.

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

[Source : http://www.ceatl.eu]

A morna, género musical típico de Cabo Verde, foi proclamada hoje Património Imaterial Cultural da Humanidade pela Organização das Nações Unidas para a Educação, Ciência e Cultura (UNESCO).

Morna de Cabo Verde proclamada Património Imaterial da Humanidade pela UNESCO

A decisão final sobre a ratificação da classificação, que já tinha recebido o aval da comissão de peritos em novembro, foi adotada hoje, na 14.ª reunião anual do Comité Intergovernamental para a Salvaguarda do Património Cultural Imaterial da UNESCO, que decorre desde segunda-feira no Centro de Congressos Agora, em Bogotá, Colômbia.

“Declaro a decisão adotada”, anunciou, cerca das 11:55 locais (16:55 em Lisboa), María Claudia López Sorzano, secretária para a Cultura, Lazer e Desporto da cidade de Bogotá e que preside a esta reunião anual do Comité, depois de questionar os delegados sobre eventuais adendas, alterações ou debate sobre a proposta de classificação, que não surgiram.

Além da morna de Cabo Verde, o comité está a analisar a ratificação de outras 39 candidaturas a Património Cultural Imaterial da UNESCO.

A cantora cabo-verdiana Nancy Vieira e o multi-instrumentista Manuel de Candinho acompanham o ministro da Cultura e das Indústrias Criativas, que lidera a comitiva de Cabo Verde em Bogotá, que comemorou a proclamação ainda na sala da reunião.

Reunido pela primeira vez na América Latina, este Comité Intergovernamental é atualmente composto por representantes da Arménia, Áustria, Azerbaijão, Camarões, China, Chipre, Colômbia, Cuba, Djibuti, Filipinas, Guatemala, Jamaica, Japão, Cazaquistão, Kuwait, Líbano, Maurícias, Holanda, Palestina, Polónia, Senegal, Sri Lanka, Togo e Zâmbia, sendo as decisões tomadas por unanimidade destes membros.

Considerada popularmente “música rainha” de Cabo Verde, como recorda “Nôs morna”, uma das mais conhecidas mornas, do poeta Manuel d`Novas, o dossiê da sua candidatura a Património Imaterial Cultural da UNESCO, com mais de 1.000 páginas e cerca de 300 entrevistas, foi formalmente entregue pelo Governo cabo-verdiano em 26 de março de 2018.

De acordo com o dossiê da candidatura, a morna terá surgido no século XIX, não sendo consensual a origem do nome e ilha onde nasceu: Boa Vista ou Brava.

Marcada pelas letras do poeta Eugénio Tavares (ilha da Brava, 1867 – 1930) e mais de tarde de Francisco Xavier da Cruz ou ‘B.Léza’ (ilha de São Vicente, 1905 – 1958), a morna conheceu o seu expoente maior fora de Cabo Verde através da cantora César Évora (1941 – 2011), que através daquele género musical abriu as portas do mundo a um país de pouco mais de meio milhão de habitantes.

A morna surge de uma mistura de estilos musicais com fortes raízes africanas, o landum, com as influências da modinha luso-brasileira, recorda o dossiê de candidatura a Património Imaterial Cultural da UNESCO.

Uma das referências escritas mais antigas sobre a morna consta de um livro do oficial da marinha russa Konstantin Staninkovitch, que visitou Cabo Verde em 1861.

“A morna é uma prática musical que se estrutura em três dimensões: melodia, poesia e dança, caracterizando-se pelo compasso quaternário, ritmo lento e predominância dos esquemas tonais menores clássicos perfeitos de influência europeia”, lê-se ainda no processo.

Interpretada em crioulo cabo-verdiano por uma voz solista, homem ou mulher, apesar de existirem também mornas apenas instrumentais, e versando temas “lírico-passionais, produz-se uma canção melancólica, muito vinculada ao sentimento do amor, ao sofrimento, à saudade, à ternura, à tristeza, à ironia e à boa ou má sorte do destino individual”.

Geralmente acompanhada por viola, cavaquinho, violino e piano, o “instrumento de excelência da morna” é o violão, introduzido em Cabo Verde no século XIX.

A candidatura de Cabo Verde foi alicerçada na cultura popular que manteve viva a morna até aos dias de hoje, alimentada por músicos e intérpretes de todas as idades.

O processo levado à UNESCO conta com 77 declarações individuais de consentimento e apoio, de instrumentistas, compositores e interpretes de morna, até artesãos e construtores de instrumentos de corda.

O dossiê cabo-verdiano contou com o apoio técnico de Portugal e com a colaboração do antropólogo Paulo Lima, especialista português na elaboração de processos de candidatura a Património Imaterial da Humanidade da UNESCO, como o fado, o cante alentejano e a arte chocalheira.

[Fonte: http://www.24.sapo.pt ]

Este martes se cumplen cien años de la concesión del premio Goncourt al genial autor francés por «A la sombra de las muchachas en flor», lo que generó un gran escándalo

Retrato de Proust a los 21 años, realizado por el pintor Jacques-Émile Blanche en 1892, un óleo que se conserva en el parisino museo d’Orsay.

Escrito por HÉCTOR J. PORTO

«Es evidente que un hombre de su extraordinario talento, de su fecundidad, de esta poderosa originalidad, habría alcanzado, sin nuestro galardón, la mayor notoriedad, celebridad, incluso más; pero le facilitamos el camino hacia los laureles eternos y hacia la fuente de la juventud. Esto es lo que no nos perdonan -afortunadamente- los fracasados de la industria del libro y de la crítica, cargados de amargura, como un palosanto podrido». Quien con esta contundencia se manifiesta en 1920 es el escritor, periodista y académico León Daudet, que un año después del fallo aún se veía en la obligación de justificar el premio Goncourt que habían concedido el 10 de diciembre de 1919 a Marcel Proust por su obra A la sombra de las muchachas en flor -la segunda entrega de su gran ciclo novelesco En busca del tiempo perdido-.

Tras esta insistencia está la incomprensión general que derivó en agrias polémicas, ataques personales en la prensa y hasta protestas pública protagonizadas por colectivos que se sentían agraviados, desde excombatientes hasta reaccionarios, pacifistas y revolucionarios.

Tras investigar y estudiar correspondencias, documentos inéditos, periódicos de la época, el ensayista Thierry Laget publica Proust, premio Goncourt. Un motín literario, cuya traducción al castellano ha traído a las librerías el sello barcelonés Ediciones del Subsuelo. El ensayo muestra cómo Daudet cree que de no ser por el Goncourt Proust continuaría años después arrumbado: «Todavía seguiríamos silenciándolo o diciendo las sandeces con las que por ejemplo se recibió al desafortunado Arthur Rimbaud; y ¡sería una vergüenza!»

Roland Dorgelès, el perdedor

Porque Proust no fue bien entendido por su época, y en este caso, cuando se alzó con el prestigioso premio Goncourt, las simpatías viajaron del lado del vencido, Roland Dorgelès, que se quedó a las puertas con su novela Las cruces de madera, «de filosofía idealista y reconfortante», que entonces aprovechó aquellas circunstancias de supuesta injusticia para una campaña propagandística que le daría unas excelentes ventas y muy buenos réditos. Hoy nadie recuerda aquella obra. Pero entonces se consideró elevada su visión del drama bélico, en un momento en que el país debía tener presente el dolor, el daño y la muerte causados por la Gran Guerra.

«Señores de la Academia Goncourt, ustedes no estuvieron en la guerra. Tienen un gusto de lo más delicado, y les habría aplaudido si hubiesen premiado a Proust en 1913. Pero, ¡es así!, ha habido una guerra, con toda la poesía de la guerra», reprocha el escritor y periodista Binet-Valmer

El escritor y periodista Binet-Valmer reprocha el fallo con esa motivación y enorme grandilocuencia: «Señores de la Academia Goncourt, ustedes no estuvieron en la guerra. Tienen un gusto de lo más delicado, y les habría aplaudido si hubiesen premiado a Proust en 1913. Pero, ¡es así!, ha habido una guerra, con toda la poesía de la guerra. Estamos impregnados de ella, oímos voces, queremos escucharlas, por esto nos gusta Dorgelès […]. Es por esto, porque la guerra ha renovado la poesía».

Las reservas hacia su literatura no eran un hecho nuevo ni aislado. El mismísimo André Gide había rechazado publicar la primera entrega de Proust, Por el camino de Swann, en la revista La Nouvelle Revue Française, y la novela apareció finalmente en Grasset en noviembre de 1913. La edición fue financiada por el propio Proust, lo que le causó un grave quebranto económico. El autor de Los monederos falsos confesaría después su responsabilidad y atribuiría su decisión al puro prejuicio social y a una negligencia en el análisis de la obra, que solo habría mirado por encima. Tras admitir su error y autohumillarse, apoyó la aparición por entregas en las páginas de La Nouvelle Revue Française de A la sombra de las muchachas en flor, que publicó definitivamente Gallimard (que de inmediato rescató para sí los derechos del primer volumen).

Para salir del marasmo fue decisivo el respaldo de Daudet en el Goncourt. Todavía dos años más tarde lamentará que se les recrimine las opciones políticas y religiosas del premiado, «considerado, por sus conserjes y vecinos del barrio, un reaccionario y un hombre de derechas». Es una versión edulcorada, observa Laget, de las palabras que se ponen en boca de Daudet cuando, en 1932, replica a quienes le reprochan haber promovido la novela Viaje al fin de la noche de Louis-Ferdinand Céline, un escritor que insulta a la patria: «La patria, digo ¡a la mierda! cuando se trata de literatura».

Viejo, rico, mundano, loco

Pero los males que se achacan a Proust en relación a la concesión del Goncourt son de índole muy variada, como anota el autor del ensayo: a sus 48 años era demasiado viejo para este reconocimiento -en el origen, en su testamento, hablaba Edmond de Goncourt de la juventud como una de las condiciones del premiado-; demasiado rico para merecer los 5.000 francos, pese a que su situación económica real era bastante lastimosa; era demasiado mundano, aunque vivía recluido en su quinto piso sin ascensor de la calle Hamelin -y, más precisamente, en su cama-; demasiado frívolo; demasiado hablador -¡una novela de más de cuatrocientas páginas, continuación de otra!-; demasiado loco…

El propio Proust se lo toma con humor, por ejemplo, cuando comenta los efectos balsámicos que ungen al candidato fracasado: «Los amigos del señor Dorgelès […] deberían estar satisfechos, ya que él ha conseguido el segundo premio y se ha beneficiado del primero mucho más que yo». Y se propone insistir ante la pregunta «¿por qué escribe?» que el cuestionario de la revista dadaísta Littérature plantea: «Por qué escribo…. pues ¡para que se hable del señor Dorgelès!». La respuesta no se publicó.

Meses después, Proust, en vísperas de la concesión del Goncourt 1920 y consciente de que la prensa atacaría de nuevo con las comparaciones despectivas, parodió el texto periodístico que probablemente leería: «Este veredicto es muy distinto al del año pasado, cuando ese inmundo pervertido de Proust, por cierto casi centenario, se impuso, con artimañas, intrigas y cualquier otro medio vil con los que el Populaire está seguro de que corrompe fácilmente a Élemir Bourges y a Rosny [miembros del jurado]».

Cien años más tarde, Marcel Proust es uno de los mayores orgullos de las letras galas y también del premio Goncourt. Precisamente, hace unas semanas, se publicó Le Mystérieux correspondant et autres nouvelles inédites, un volumen que reúne un hatillo de relatos hasta ahora desconocidos del autor de A la sombra de las muchachas en flor.

[Fuente: http://www.lavozdegalicia.es]

Una festa de la paraula, un tiberi de mots, una bacanal de sons, un àpat de lletres i pronúncies.

Escrit per Mariona Sanfeliu

Un festí de mots és el que vam presenciar els espectadors de Poemes i mirlitonades de Samuel Beckett. Una festa de la paraula, un tiberi de mots, una bacanal de sons, un àpat de lletres i pronúncies. En català i en francès, intercalant-se, juganers, els idiomes, en boca dels intèrprets. Aina Clotet i Jordi Oriol, Jordi i Aina, actors i persona, persona i (també) personatge, en una lectura de poemes força inusual, gens encarcarada, no formal però sí formosa, sense faristol ni focus, amb una certa (petita) dramatúrgia, i un escenari mínim i minimalista.

Jordi Oriol i Aina Clotet han llegit 'Poemes i mirlitonades' a la Sala Beckett.
Jordi Oriol i Aina Clotet han llegit ‘Poemes i mirlitonades’ a la Sala Beckett.

Us recomanaria que l’anéssiu a veure si no fos que ja no hi podeu anar, perquè només es feia ahir, dins del Cicle Samuel Beckett, que commemora els 30 anys de la seva mort i els 30 anys de l’obertura de la sala al públic. El recital s’emmarcava també dins del Festival Alcools, que vol portar la poesia contemporània a escena des que va néixer el 2015 a l’Escenari Joan Brossa, que i ens ha permès aproximar-nos a la poesia (jocs de paraules?) de Beckett, un recull de textos escrits en francès abans de 1940 (els poemes) i d’altres forjats a finals dels anys 70 (les mirlitonades).

“L’essència beckettiana expressada a través de la forma mínima” és el que ens han acostat l’actriu i l’actor, dramaturg i director, que per primer cop han fet tàndem amb gran encaix en una peça d’un estil que encaixa molt amb altres obres que li hem vist a Oriol, com va ser La caiguda d’Amlet del 2007, en aquest cas de factura pròpia. 

Ells han paladejat cada mot, i ens l’han fet paladejar a nosaltres, han jugant amb els oients, trencant a estones la quarta paret, i ho han fet assaborint-ne els significats, els ressons semàntics, les idees, però també els sons, la musicalitat, la cadència. Magnífica (i meritòria!) traducció, per cert, de Maria del Mar Díaz i Amat. El poema Com dir (1989), la seva sonoritat i potència, “Follia el fet de voler-hi creure entreveure què… follia…”, m’ha deixat clavada a la cadira.

Un plaer per l’oïda, gimnàstica pel cervell, un recer per l’ànima en aquests temps convulsos.

[Font: http://www.nuvol.com]

Escrito por Rafael Amaral

Distantes em boa parte do filme, as irmãs Guida e Eurídice completam-se. São diferentes à primeira vista: uma é agitada, às vezes louquinha, diz o que vem à mente ; a outra cala, aceita com dor a vida que tem pela frente, inevitável, e prefere falar – ou seria gritar? – com o toque do piano, a música, sua arte. É quando se torna invisível.

Ao marido idiota e pequeno, em A Vida Invisível, o sentido de seu desaparecimento nunca será compreendido. Ao homem ao qual Gregório Duvivier dá a exata forma do babaca, compreender tal apagamento seria pedir, por algum instante, a projeção ao corpo feminino, para compreender o que uma mulher sente. E não apenas Eurídice.

Seria pedir o mesmo, por extensão, a todos os outros – maridos, pais, irmãos – que não podem compreender uma certa condição feminina que por anos perdurou – a fundo ou em seu nível mais raso. É como se Karim Aïnouz dissesse – com seus retornos à mulher, com essa exposição de força e sensibilidade, do mundo delas como ele é – que nenhum homem, babaca ou consciente, consegue ser o que elas são, sentir o que sentem.

Por décadas, duas irmãs são separadas após uma delas arrumar um namorado grego, viajar e voltar grávida – e sozinha. É expulsa de casa pelos pais. Em sequências paralelas, elas unem-se – mais do que por diferenças ou semelhanças – pelo sexo em comum, pelo laço de sangue e por diferentes maneiras de confrontar os homens ao redor.

O filme escancara a distância entre sexos, o que não quer dizer que não possam conviver. A partir da obra de Martha Batalha, Aïnouz compõe o espaço no qual quase sempre só basta observar, ou sentir, o que dizem aqueles rostos, o que os corpos clamam, o que as palavras em carta carregam anos a fio: a necessidade de aproximação, de mulher a mulher.

Mais que distância, fala de uma zona difícil de dividir, da sociedade machista em que os homens acreditam – coitados – em uma linha que apenas precisam ultrapassar para achar a mulher “ideal”, dama obediente à espera do marido, a cada fim de dia, pronta para o sexo que ele – com frequência um estranho – deseja arrancar em ato selvagem, abrupto.

Chega-se então ao espaço borrado, à confusão que o talentoso Aïnouz consegue captar: as cores do mundo feminino que não se dobra a homens de poucos tons, mentes estreitas, feitos à cultura do macho que tudo pode (ou crê poder). A câmera, para essas mulheres, literalmente borra; seus corpos desintegram-se em aparente lentidão.

Ao controlar o gozo do companheiro e fazer com que não ejacule em seu interior, Guida (Julia Stockler) diferencia-se de Eurídice (Carol Duarte). O gozo do homem depende de seu toque, de seu “tempo”. Com a segunda dá-se o oposto: a moça serve apenas ao marido, para pegar e possuir, até que o mesmo encontre o canal para depositar seu sêmen.

Eurídice estranha o que os outros chamavam de sexo. Descobre-o na noite de núpcias. Vê-se em ato desajeitado, de dor, em que não há prazer, mas apenas movimentos intermináveis. Seu estranhamento, segundo Aïnouz, não está na impossibilidade de gostar, mas na percepção de que se converteu em objeto a serviço de uma determinada mecânica.

À mulher presa, rumo à vida medíocre, aquele tipo de sexo é o que convêm para aqui se falar em representação: é apenas “tirar e pôr”, “dentro e fora”, um pouco como essa vida que não chega a lugar algum, a ser vivida com o físico, para se voltar ao mesmo ponto. O que explica a necessidade de Guida por Eurídice, também o contrário.

As encaradas no encerramento, com câmera subjetiva, dão ideia da importância de uma para a outra, antes de se perderem pela floresta à beira-mar. O resumo do filme está nessa sequência: enquanto uma chama pela outra, ficam cada vez mais distantes, logo estão separadas. O que vem em seguida são vidas diferentes, invisíveis ou não.

(Idem, Karim Aïnouz, 2019)

Nota: ★★★★☆

[Fonte: http://www.palavrasdecinema.com]

HISTOIRE CULINAIRE —Quand un fromager breton né au Cap en Afrique du Sud épouse une Américaine docteure en histoire, puis décide avec elle d’écrire un livre à quatre mains, cela donne un délicieux mélange. Quand, en plus, le but avoué est de tordre le cou aux idées des partis d’extrême droite, en démontrant que « l’une des leçons les plus évidentes de l’histoire de France est que la gastronomie du pays résulte d’un mélange de goûts et de coutumes provenant du monde entier », on se régale !

Écrit par Audrey Le Roy

Cette histoire de France et de la gastronomie est étudiée de façon chronologique, du vin gaulois, pardon, romain, en passant par le miel de Charlemagne ; les cathares végétariens, le Grand Schisme d’Occident et le Châteauneuf-du-Pape ; le sel de Guérande et l’histoire de la gabelle ; le sucre, Nantes et la traite négrière ; monsieur Parmentier et la pomme de terre ; Wagner et La Vache qui rit et bien d’autres anecdotes culinaires qui viennent mettre en lumière de grands faits historiques.

Car ne nous y trompons pas, il s’agit bel et bien d’un vrai livre d’histoire qui distille certes, avec souvent une petite note d’humour voire de légèreté, de précieuses informations sur nos plats et ingrédients les plus emblématiques, mais reste extrêmement précis en ce qui concerne les faits historiques. Il suffira de se plonger dans la bibliographie pour s’en convaincre, même s’il faut tout de même rappeler que « L’État c’est moi ! » attribuée à Louis XIV est une citation apocryphe.

Gageons que cette Histoire de France à pleines dents de Stéphane Hénaut et Jeni Mitchell, publiée chez Flammarion, aurait fortement intéressé le grand diplomate et opportuniste Charles Maurice de Talleyrand-Périgord qui dût, entre autres, à sa capacité de bien régaler ses invités de survivre à la Révolution jusqu’au Traité de Vienne de 1815, où d’après le Prince de Ligne (autre survivant opportuniste) « le congrès danse beaucoup, mais il ne marche pas » lors des nombreux « banquets, concerts et bals » donnés par le stratège.
[Premières pages] L’Histoire de France à pleines dents 
Au fait, saviez-vous que le Cognac n’existerait pas sans les contributions des Gaulois qui ont inventé le tonneau en bois, sans les Romains qui ont implanté des vignes sur le territoire, sans les Arabes qui améliorèrent les techniques de distillation, sans Aliénor d’Aquitaine, reine de France puis d’Angleterre, qui fit beaucoup pour son rayonnement européen et sans les Hollandais qui en furent de grands consommateurs et firent tout pour l’importer. Stupéfiant non ?

Stéphane Hénaut & Jeni Mitchell, trad. anglais Clotilde Meyer et Lucie Modde – Histoire de France à pleines dents – 9782081452060 – 23,90 €

[Source : http://www.actualitte.com]