Silencier une victime, c’est la ou le réduire au silence par la censure menaçante, l’indifférence ou une écoute inadéquate.

Écrit par Viviane Albenga

Maîtresse de conférences en sociologie, Université Bordeaux Montaigne

« Réduire (qqn) au silence. Silencier et invisibiliser les minorités. Faire taire (qqch.). Silencier nos désirs. » Voilà la définition que donne le dictionnaire Le Robert au terme silencier. Cette entrée fait écho à ce qui a été plus communément appelé « la libération de la parole » au moment du mouvement #MeToo. Repris de manière virale fin 2017, ce hashtag a déclenché un mouvement massif de dénonciations de violences sexuelles qui s’est étendu à de nombreuses sphères et catégories de victimes (comme avec le #MeTooinceste).

Nombre de chercheuses et d’activistes soulignent que par ces dénonciations massives, c’est l’écoute sociale accordée aux violences vécues qui s’est ouverte. Le terme silencier vient souligner la nécessité de conditions d’écoute bienveillante et bien informée pour que la parole puisse s’exprimer.

Lorsque cette parole advient mais se trouve minimisée ou niée, on assiste à ce qu’on appelle « revictimisation » ou « victimisation secondaire ». Ce phénomène touche d’autres types de violences, racistes, homophobes, transphobes. La question des violences sexuelles, fortement médiatisée et reconnue comme légitime, permet d’illustrer ce processus transposable à d’autres situations.

Silencier une victime, c’est la ou le réduire au silence de diverses manières : il ne s’agit pas nécessairement d’une censure menaçante, mais d’une absence d’écoute ou d’une écoute qui n’a pas le positionnement adéquat, par manque d’impartialité (proximité personnelle avec l’agresseur présumé) ou de formation. Les témoins peuvent également être « silencié·e·s » quand parler entraîne des préjudices (plainte pour diffamation, risque d’ostracisation dans son cercle professionnel ou personnel).

En pratique, le risque de revictimisation pointe la nécessité de la sensibilisation à une échelle générale, et de la formation des écoutant·e·s aussi bien que des encadrantes et encadrants dans les institutions publiques amenées à recevoir des témoignages.

On pense spontanément à la police et aux questions qui peuvent décourager une victime de viol de raconter son expérience – comment était-elle habillée, avait-elle consommé de l’alcool – en la renvoyant à une culpabilité implicite de sa part.

On peut évoquer le rôle d’autres institutions, comme les universités. Les recherches menées sur les appropriations des étudiantes du problème des violences sexistes et sexuelles montrent que celles-ci se méfient des institutions mais somment celles qui leur sont le plus proches, comme l’université, de prendre ses responsabilités. Les institutions peuvent apporter une reconnaissance du préjudice subi, par la voie pénale et/ou disciplinaire.

Toutes les institutions publiques sont tenues depuis un décret de mars 2020 de mettre en place une cellule de signalements pour toute forme de harcèlement, violence ou discrimination. La manière dont ces dispositifs peuvent fonctionner de manière confidentielle et impartiale est actuellement un enjeu crucial. Si cet enjeu est visible pour les affaires qui frappent ceux des partis politiques qui sont dotés de ces cellules, il touche actuellement le service public dans son ensemble.

« Silencier » renvoie de manière plus large à la domination symbolique qui consiste à priver les personnes dominées de parole et de récit sur soi. C’est au tournant des années 1960-1970 que cette réappropriation de la parole permettant de se réapproprier soi-même et son corps a éclos dans les mouvements féministes : les groupes de conscience non mixtes ont ainsi permis de rendre collectifs des problèmes qui apparaissaient comme privés et individuels, tels que les violences mais aussi la sexualité non procréative.

Ces groupes ont agi comme des lieux de politisation de sujets qui paraissaient relégués à l’intimité. On peut considérer que leur fonction a été amplifiée par les réseaux sociaux à l’époque contemporaine, qui multiplient les échanges en ligne et hors ligne. Ils jouent un rôle fondamental dans la légitimation de sexualités consenties, en dehors de l’hétérosexualité ou en redéfinissant les représentations traditionnelles de celle-ci.

Enfin, l’engagement des jeunes générations dans les collectifs de collages féministes, qui portent dans l’espace public des messages également transinclusifs (« la transphobie tue ») ou antiracistes (« stop Asian hate »), participent de cette volonté de porter une parole dont on s’assure qu’elle ne sera plus réduite au silence, comme l’exprime le collage : « décoller, on recollera ».

 

[Illustration : Shutterstock – source : theconversation.com]

 

La mort misteriosa de la jove Dolors Bernabeu, Lolita, esdevinguda al passatge d’Escudellers de Barcelona la nit del divendres 21 d’agost de 1925, va ser un dels casos criminals més cèlebres de l’època: va ocupar pàgines de diaris durant setmanes i mesos, amb la premsa frontalment dividida entre els partidaris d’un suïcidi i els d’un assassinat, i va inspirar tot tipus de teories i rumors. Finalment, però, el cas es va tapar sense que es fes pública la veritat, que tanmateix corria de sotamà per la ciutat. I tot i que els barcelonins van mantenir-ne la memòria durant unes quantes dècades, el pas del temps i el resultat de la guerra civil espanyola va sepultar-ne el record.

Ara, Josep Sala i Cullell ha resseguit minuciosament el cas en diaris i documentació d’arxiu i en fa una reconstrucció plena de vida, narrativament hipnòtica, que ens transporta a una Barcelona turbulenta i apassionant: una Barcelona de cabarets i pistolerisme, de salons i cofurnes del districte cinquè, i on es barregen joves escriptors brillants com Pla i Sagarra, malfactors de poca volada, peixos grossos de la dictadura i periodistes espavilats a la cacera de l’exclusiva de la dècada.

Biografia de l’autor

Josep Sala i Cullell (Girona, 1978) és titulat en Ciències Ambientals i Humanitats. Des de fa anys reparteix el temps entre Noruega, on fa de professor d’institut, i l’Empordà. Escriu opinió a ‘Vilaweb’ i el 2020 va publicar l’assaig ‘Generació Tap’.

 

Títol: La mort misteriosa de Dolors Bernabeu
Autor: Josep Sala i Cullell
Editorial: Pòrtic
Pàgines: 216
ISBN: 978-8498095289

 

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

El BCN Film Fest 2023 entregarà el premi d’honor al cineasta alemany

Escrit per Oriol Rodríguez

Wim Wenders és una de les figures més influents del cinema del segle XX, director de films icònics com El cielo sobre Berlín o París Texas. Un cineasta únic que veurà reconeguda la seva trajectòria amb el premi d’honor de la pròxima edició del BCN Film Fest, festival que se celebrarà del 20 al 28 d’abril d’aquest 2023, sumant així un nou guardó a un palmarès on destaquen set premis al Festival Internacional de Cine de Canes, quatre al Festival Internacional de Cine de Venècia i un al Festival Internacional de Cine de Sant Sebastià.

Un director sempre a l’avantguarda

Avui s’ha presentat als cinemes Verdi de Barcelona l’edició d’aquest 2023 del BCN Film Fest, festival que tindrà com a principal protagonista el cineasta Wim Wenders. El director alemany rebrà el premi d’honor d’un certamen que també dedicarà una retrospectiva dins de la seva secció #Imprescindibles a l’autor de films com Paris Texas, El cielo sobre BerlínTan lejos, tan cerca o La sal de la tierra. Conxita Casanovas, directora del BCN Film Fest, ha manifestat que és un dels directors més emblemàtics i importants del cinema europeu, reconegut a nivell mundial. “Un home que representa el cinema d’art i assaig dels 80 i que no ha deixat d’actualitzar-se, sempre a l’avantguarda a la cerca de noves possibilitats i gèneres”, ha destacat Casanovas, afegint que hi haurà més convidats destacats aquest any.

El BCN Film Fest 2023 entregarà el premi d’honor al cineasta Wim Wenders, director de Paris Texas.

Més reclams

Wenders, però, no és l’únic reclam del BCN Film Fest 2023, destacant entre la programació que s’ha desvelat aquest matí, títols com Alma & Oskar de Dieter Berner; El colibrí de Francesca Archibugi; El primer día de mi vida de Paolo Genovese, protagonitzat per Toni Servillo; Father & Soldier de Mathieu Vadepied; La uruguaya d’Ana García Blaya; Le voyage de Talia, de Christophe Rolin, o La impaciencia del corazón, adaptació de la novel·la homònima d’Stefan Zweig, dirigida per Bille August. Fora de competició s’ha anunciat els films El caso Padilla de Pavel Giroud i No bears de Jafar Panahi. Sica, de Carla Subirana, cinta que formarà part de la selecció de la 73a edició de la Berlinale, ha estat el títol seleccionat per cloure un festival en què també es podrà veure un avançament de Terenci, la fabulació infinita, una sèrie documental de Filmin, dirigida per Marta Layana, sobre el novel·lista coincidint amb el vintè aniversari de la seva mort.

 

[Font: http://www.elnacional.cat]

L’auteur de « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » publie « Petit traité du racisme en Amérique ». Il en décortique un extrait dans ce texte inédit.

Par Dany Laferrière (écrivain)

La rage en Amérique

Le mot rage est juste car si on dit
qu’on a une migraine pour un mal de tête
ou simplement mal au ventre
on hurle sa rage de dents
car la douleur vient de monter d’un cran
et provoque une fureur aveugle qui
pousse à mettre le feu dans
son propre quartier.
(page 31)

Une fois, j’ai pris la route en voiture, de Miami à New York. Je venais de relire « Sur la route » de Kerouac. Je l’ai lu cette fois en anglais, alors que je maîtrisais à peine l’anglais de conversation. C’est en parcourant les pages trépidantes de ce roman délirant que j’ai enfin compris pourquoi j’avançais si lentement dans l’anglais oral et si rapidement dans sa forme écrite. Les écrivains ont toujours des choses intéressantes à dire, alors que les conversations de mes voisins tournaient autour des mêmes sujets insipides. J’ai découvert, d’autre part, que Kerouac en anglais n’est pas du tout le même écrivain que Kerouac en français. J’aurais aimé avoir du temps pour développer cette idée, d’autant que Ti-Jean (son vrai nom est Jean-Louis Kerouac et ses parents sont des Canadiens-Français, aujourd’hui appelés Québécois) a même écrit un récit en français.

C’est un long voyage, le mien, pas celui de Kerouac, où il faut traverser une bonne partie du sud des États-Unis (la Floride, la Georgie, les deux Caroline) mais j’avais fait mon plein de musique et de gazoline. Je ne suis pas amateur de musique, mon oreille ne captant, à l’époque, que le staccato de la machine à écrire, et surtout la musique qu’on entend quand le vent joue dans les phrases. Bon, j’écoutais aussi du rara de Léogâne, beaucoup de Manno Charlemagne, Ferré chantant Aragon, et du bossa nova quand j’ai le cœur en berne. Longue route bordée de magnolias, ces grands arbres où l’on pendait les esclaves fugitifs qui s’étaient révoltés contre les mauvais traitements qu’on leur infligeait du matin au soir dans ce décor bucolique. Quelqu’un, un poète juif, a noté que ces pendus ressemblent à d’étranges fruits, et Billie Holliday a chanté cette horreur (« Strange fruit »), pour rappeler aux jeunes dans quel univers dément on vivait avant, mais cela n’a pas beaucoup changé.

Je traverse, la gorge nouée, ces villes où le Ku Klux Klan sévit encore, peut-être avec plus de discrétion qu’avant. Je me sens tout de suite envahi par un sentiment où alternent la panique et la compassion. La colère aussi quand je traversais de si jolies petites villes avec de blanches maisons à colonnades entourées d’un gazon vert aussi grand qu’un terrain de golf. Et ce goût amer dans la bouche quand tout de suite après je tombais dans une zone délabrée. Je devais rester attentif afin de ne pas me tromper de quartier, car la police veille à séparer le bon grain de l’ivraie. Je  quitte la route principale pour me retrouver dans un coin isolé où les maisons, dévorées par les mauvaises herbes, semblaient laissées à l’abandon.

Pourtant je voyais des gens vaquer à leurs occupations dans des arrière-cours encombrées de carcasses rouillées de voitures. Des hommes en salopette étaient assis dans de vieux fauteuils défoncés qu’il ont dû ramasser, il y a un moment déjà, dans un quartier huppé pas trop loin. Une rugissante misère voisinait parfois avec une éclatante richesse. Manno Charlemagne chantait « Ayiti Pa Fore ». Sa voix est si distinctive (une sorte de calme étrange au cœur de l’enfer) que je pourrais la reconnaître même dans mon sommeil. J’ai quand même reçu un choc à l’entendre, et cela m’a fait la même impression que si j’avais ramassé, par mégarde, un câble électrique sans protection dans ma main nue. J’étais dans l’envers d’un décor de carton-pâte, la face cachée d’une promesse frauduleuse.

On comprend la pauvreté de certains pays, même si c’est intolérable, mais ici dans cette Amérique si obscènement riche on a du mal à accepter une pareille misère. Et surtout à se rappeler qu’on ne cesse de dire que les Américains noirs sont paresseux et alcooliques. Il y a du travail pour eux mais ils préfèrent boire de l’alcool frelaté et se tourner le pouce en attendant le chèque du gouvernement. S’ils font beaucoup d’enfants c’est pour recevoir un plus gros chèque du Welfare. C’est à la fois vrai et faux, vrai parce c’est la réalité dans laquelle on les laisse croupir, et faux parce que ce n’est pas rien de se retrouver écrasé par son propre gouvernement, qui se trouve être celui du plus puissant pays au monde.

L’Amérique n’a pas oublié que « le Nègre est né pour être esclave », et dans le sud chaque fois qu’un petit-fils de propriétaire de plantations croise un petit-fils d’esclave il a l’impression que c’est un bien qu’Abraham Lincoln lui a volé pour le gaspiller en le donnant à ces demi-civilisés. Presque tous les immigrants, les Haïtiens compris, croient qu’ils valent mieux que les Américains noirs, ignorant que si les Américains noirs sont ainsi tenus en laisse c’est parce que l’Amérique blanche sait qu’elle dort sur un volcan qui risque d’exploser un jour. C’est ce qu’a dit l’écrivain de « Harlem », James Baldwin. En attendant, ces Noirs, après chaque injustice flagrante, se contentent de mettre le feu dans leur propre quartier. Sont-ils bêtes ? La raison est que le système se protège par des barrages infranchissables de policiers. Et ces manifestants déchaînés n’arrivant pas à rentrer leur colère dans leur ventre, finissent par mettre le feu partout autour d’eux.

La voix de Manno Charlemagne fait écho avec « Dwa de Lom ». Les interrogations continuent et je me demande si la colère noire américaine possédait une voix aussi brûlante, efficace et poétique que celle de Manno Charlemagne. Ce n’est pas du nationalisme de ma part, car je connais la richesse et la puissance de cette musique née dans les plantations de coton et dans les villes près des grands fleuves (Mississippi et Missouri). Je connais et j’apprécie la rage de Nina Simone et de Bessie Smith, la douceur enveloppante de Marian Anderson, la violence cachée de Billie Holiday chantant « Strange fruit », la puissance de James Brown ou l’inquiétude poétique de Tupac Shakur. Je parle de cette urgence brûlante qu’on trouve dans la voix de Manno, et que je ne retrouve que chez Brel parfois, un Brel qui aurait connu la misère de Carrefour.

Mais l’autre versant existe aussi dans cette Amérique. Je me souviens de mon étonnement en lisant les romans d’Erskine Caldwell, à New York, à la fin des années 70. Je les lisais avidement car j’ignorais que des Blancs pouvaient vivre dans une pareille misère. Par misère, il ne faut pas entendre uniquement la famine, ni des problèmes sanitaires ou d’éducation, mais aussi une constante dégradation des valeurs sociales. Ces gens, des Blancs pauvres, n’étaient pas capables de m’indiquer correctement la route. Ils s’exprimaient dans un sabir que ma femme élevée à New York n’arrivait pas à comprendre, donnant l’impression qu’ils n’avaient pas parlé à un étranger depuis des années. On ne m’aurait pas cru si on n’avait pas vu cette foule, déguisée comme au carnaval, qui a envahi et saccagé dernièrement le Congrès américain.

Ce jour-là on a enfin compris dans quel monde vivaient les Noirs américains. On doit les croire quand ils évoquent l’Amérique comme une terre primitive zébrée de violences mauves. Ce sont des qualificatifs généralement réservés aux Noirs en pensant à des mœurs rapportées de l’Afrique profonde. D’où l’impossibilité de les civiliser jusqu’au bout. Mais d’où venaient ces hordes de Blancs ? De quelles contrées profondes et sauvages ? On n’ose imaginer ce qui se passerait si ces gens ivres de haine croisaient alors un Noir sur leur chemin ? Les Noirs détruisent leur quartier pauvre, tandis que les Blancs détruisent le Congrès américain. Sûr qu’on n’aurait jamais laissé entrer des Noirs dans cette enceinte sacrée. Et s’ils l’avaient fait, on ne sait pas ce qui se serait passé ce jour-là. L’Amérique en feu.

Dany Laferrière, bio express

Né en 1953 à Port-au-Prince (Haïti), Dany Laferrière s’est exilé en 1976 à Montréal, a vécu un temps à Miami, et siège à l’Académie française, à Paris, depuis 2015. Depuis « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer », son premier roman paru en 1985, il a publié de nombreux livres, parmi lesquels « l’Enigme du retour » (prix Médicis 2009), « Tout bouge autour de moi »« Journal d’un écrivain en pyjama » ou encore « l’Art presque perdu de ne rien faire ». Bon nombre d’entre eux ont été rassemblés dans « Mythologies américaines » en 2016, et la plupart sont publiés chez Grasset. On lui doit également de poétiques autobiographies dessinées, comme « Autoportrait de Paris avec chat » (2018), « l’Exil vaut le voyage » (2020) ou « Dans la splendeur de la nuit » (Points, 2022). Il vient de publier « Petit traité du racisme en Amérique » (Grasset), dont il décortique d’autres extraits sur le site du quotidien haïtien « le Nouvelliste ».

 

[Photo : Joël Saget/AFP – source : http://www.nouvelobs.com]

Sur le fil du rasoir. Voilà comment l’on pourrait résumer le rôle de Cate Blanchett dans le nouveau film de Todd Field, Tár. Elle y incarne une cheffe d’orchestre installée à Berlin. Le génie a sa part d’ombre. Il suffit de gratter la couche de vernis.

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Dans les coulisses, Lydia Tár prépare son arrivée sur scène. Pas de concert pour cette fois. Mais orchestrer, toujours. On l’attend pour une rencontre publique à l’occasion de la sortie de sa biographie. Le journaliste présente sa carrière, longue comme le bras: elle a dirigé les plus grands orchestres symphoniques, enseigné dans des conservatoires prestigieux.

En coulisse, son assistante (Noémie Merlant) s’assure que tout se déroule comme prévu. La séquence s’étend sur une dizaine de minutes. Les réponses de Lydia semblent spontanées, perspicaces. Mais plus on plonge dans la vie intime de Tár, plus on comprend qu’avec elle, rien n’est jamais laissé au hasard.

Un pendant féminin à Weinstein?

Actuellement en lice pour les Oscars, le film a déjà été salué par la critique. Cate Blanchett a obtenu le prix de la meilleure interprétation féminine à la Mostra ainsi que le Golden Globe de la meilleure actrice. Une reconnaissance loin d’être surcotée, tant Cate Blanchett fait corps avec cette femme brillante, et pourtant si proche du point de rupture.

Mais une reconnaissance qui en a aussi fâché plus d’un, notamment Marin Alsop: cette cheffe d’orchestre bien réelle s’est reconnue dans les différentes étapes de vie de Lydia Tár. Coïncidence des événements ou véritable inspiration libre? Le problème ne se poserait peut-être pas, si le personnage de fiction n’érigeait une femme abusant de son pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles et briser des carrières.

De plus, cette femme étant lesbienne, Marin Alsop – qui se reconnaît dans cette protagoniste – et d’autres voix se sont élevées pour accuser le réalisateur Todd Field… de lesbophobie. Selon elles, pour résumer, si le réalisateur a fait de son personnage lesbien une tyran, c’est parce qu’en fait, il n’aime pas les lesbiennes. Et la réflexion de se généraliser au genre féminin: on ne devrait pas représenter une femme abusant de sa position au lieu d’un homme dans l’ère post #MeToo.

Si le rôle principal est attribuée à une femme, il est inconcevable – toujours selon cette logique – qu’il s’agisse d’un personnage aussi ambigu. Alors que tout l’intérêt de ce film réside précisément dans cette complexité.

Nouvelle génération

Pourtant, ce n’est pas le genre ou l’orientation sexuelle qui est au centre du récit, mais la manipulation. Celle qui échappe aux évidences, celle que l’entourage préfère cautionner, sous le prétexte du génie colérique. Lydia Tár a une vie de couple, se consacre entièrement à sa musique. Rien ne semble dysfonctionner, sinon quelques refus de répondre à des mails, ou son franc parlé.

C’est par exemple le cas lorsque, lors d’un cours au conservatoire, elle recadre un étudiant qui renie les partitions de Bach pour ses choix de vie. La rhétorique de la cheffe d’orchestre fait mouche, mais c’est elle qui, quelque temps après, en subira les conséquences. Elle est filmée à son insu pendant la discussion. Les rushs feront l’objet d’un montage présentant des propos rafistolés, hors contexte, et finissant sur le Net.

C’est aussi à cette occasion que l’on comprend comment Lydia Tár, dans sa position de cheffe d’orchestre exigeante (elle n’est pas sans rappeler le personnage de Terence Fletcher dans Whiplash), ne peut que s’écrouler face à la nouvelle génération. Une génération qui refuse de céder aux caprices d’une hiérarchie sans morale et sans limites. À l’image de sa dernière proie, une jeune contrebassiste russe (Sophie Kauer), qui n’a que faire des appels du pied de la réputée cheffe d’orchestre ni de ses invitations à moitié voilées.

Hasard du calendrier, Divertimento, biographie d’une cheffe d’orchestre française, est également en salle actuellement. Le film s’ouvre sur le constat suivant: seulement 6% des chefs d’orchestre sont des femmes. Voilà, en tout et pour tout, la seule vérité que véhicule ce long métrage sur le métier, se noyant dans un optimisme gluant. Tár en est l’envers: rêche et rugueux sur le milieu. Todd Field réalise un véritable exploit.

 

[Images : Universal Pictures International Switzerland – source : http://www.leregardlibre.com]

Chantal Goya no filme Masculin Féminin, de Jean-Luc Godard (1966)

Escrito por Pedro Correia

Oiço muitas vezes por aí chamar « o » Iniciativa Liberal ao quarto maior partido parlamentar português. No seu programa de domingo à noite, Ricardo Araújo Pereira pôs a ridículo este absurdo desnorte gramatical exibindo excertos de noticiários televisivos (incluindo da própria SIC) que mencionavam a IL, alternadamente, como pertencente aos géneros feminino e masculino. Chegando-se ao ponto de ouvir jornalistas diferentes, no mesmo telediário, usarem as duas fórmulas. Questiono-me se não haverá livros de estilo e editores que assegurem o controlo de qualidade nestes canais para impedir esta algaraviada sem senso algum.

A norma gramatical é clara: artigo e substantivo concordam em género e número. Aqui não há transgénero: masculino é masculino, feminino é feminino. Nem há transnúmero: singular é singular, plural é plural.

Assim, dizemos os Verdes ao aludirmos a um partido que integra a actual coligação governamental na Alemanha – no plural. E a UNITA ou a FRELIMO quando mencionamos estes partidos políticos, um em Angola (União para a Independência Total de Angola), outro em Moçambique (Frente de Libertação de Moçambique).

A sigla IL só deve ser lida com artigo feminino – por a primeira letra ser abreviatura de Iniciativa. Ninguém diz « o FRELIMO » ou « o UNITA ». Diferente é se disserem « o partido Iniciativa Liberal » – só aí o artigo é masculino. Mas faz pouco sentido usar 24 letras para aquilo que pode ser dito só com duas.

Enfim, regras que deviam ser fixadas desde as aulas da instrução primária, mas que jornalistas supostamente com formação universitária são incapazes de aplicar. O que diz muito sobre a qualidade do nosso ensino. E sobre a qualidade do nosso jornalismo.

 

[Fonte: delitodeopiniao.blogs.sapo.pt]

Traducció de Pau Sanchis

Escrit per Lourdes Toledo

Darrere de les històries que escriu Lana Bastašić (Zagreb, 1986)  hi ha el tel dels conflictes bèl·lics, els quals –com ella mateixa diu– «no tenen ni un inici ni un final clars perquè les guerres comencen molt més abans del que ens fan creure i acaben molt més tard del que acaben». Dents de llet, el seu darrer llibre, és un recull de relats que ho palesa i que té com a eix central la infantesa i la pèrdua de la innocència, envoltada sovint de violència i incertesa. Amb dotze contes molt ben lligats, Bastašić ens deixa sovint el cor glaçat en mostrar-nos la cruesa de créixer en ambients hostils i dessolats en els quals han trontollat alguns dels valors i certeses inherents a la condició humana.

Des d’una solidesa narrativa i amb moltes hores d’ofici, Bastašić, d’origen iugoslau —de cultura sèrbia, nascuda a Croàcia i emigrada a Bòsnia de petita— parla de literatura i de l’ofici d’escriure amb passió i fermesa, conscient de tot l’esforç, i puntualment la sort de poder dedicar-s’hi.

Històries personals, xiquets, sobretot xiquetes que s’obrin camí al bell mig de moltes famílies possibles, algunes trencades, altres asfixiants, i la família ho ompli tot, com l’únic univers que tenim durant els primers anys, un univers social i d’autoritat, de vegades de caos, on hi ha lleis pròpies que ningú no pot comprovar ni entendre des de fora. Els qui són a dins, però, han d’acceptar-les. I això és crucial en la vida d’un infant.

Periscopi (2022)

I al mig d’aquesta aigües térboles, a l’autora l’obsedeix una idea: què ens fa en la vida anar per un camí i no per un altre. Atrapa la llebre (Periscopi, 2020), la seua primera novel·la, i ara Dents de llet parlen de tot això i recreen la pèrdua de la innocència com un procés mig inconscient, perquè som els adults els qui parlem en aquests termes, els xiquets no hi pensen, ells van fent. No obstant, créixer en un entorn hostil du implícit canvis i transformacions molt brusques i aquest és el rerefons de la literatura de Lana Bastašić. És el cas  d’«El bosc», relat que obri el llibre i que comença així: «Em va costar força temps escanyar el papa. I això que era un home escanyolit, fins i  tot malaltís. Les dones del poble ens enviaven pots plens de remeis homeopàtics i tota mena d’herbes miraculoses cada cop que el veien passar pel camí del bosc. Se t’ha marcit, li deien a la mare, com si parlessin de les hortènsies del jardí».

Les històries de Dents de llet a través d’una «mena de radiacions en el llenguatge, el qual s’ompli de violència i de ferides, després d’un conflicte bèl·lic», com assegura l’autora, tracten de reflectir «allò que queda després de la guerra i que se’ns queda amarat al llenguatge, i altres sentiments com la por a la pau, què fer, on anar quan acaba la guerra?».

Els joves protagonistes de les històries de Dents de llet ens ensenyen i recorden que de petits no pensem allò que ens succeeix a través de les paraules, que no ho verbalitzem, sinó que els infants copsen allò que els passa d’una altra manera, més amb les emocions, i sovint no ho poden ni saben expressar. Aquestes emocions que romanen al cos esdevenen una part emocional que sovint queda paralitzada i no creix molt bé. I això és, en gran part, allò que impulsa Lana Bastašić a escriure.

Traduïda al català i al castellà per Pau Sanchis, la prosa de Bastašić flueix com si el mateix Pau Sanchis l’haguera parida, i és que una bona traducció és una festa i una feina de recreació i reescriptura que naix del respecte, la passió i l’ofici. Per això, la mirada de Sanchis sobre les històries de Dents de llet ens apropa la càrrega poètica original de l’obra. Una tensió lírica recreada, posem per cas, en els desitjos que envolten els nens que volen mirar la lluna en «L’home a la Lluna»un relat lligat a la dedicatòria del llibre, «Per a Lina, que té set anys i mira la lluna». La Lina és la mare de l’autora, i fou ella qui li va contar aquesta història de quan de petita va veure els primers homes pujar a la lluna i la seua història va inspirar-la per a escriure «L’home a la Lluna»un relat on s’imposa el poder i el despotisme patern a través del silenci i de les mirades: qui mira què i des d’on. Un relat poètic, tendre i tens alhora, que vibra i fa vibrar.

Altres relats com ara «L’últim sopar» o «Cercles», són contes que recreen, amb uns girs inesperats, una atmosfera asfixiant amb una tensió in crescendo. Així comença «L’últim sopar»: «Es morirà aquesta nit. Nosaltres encara no ho sabem, això. Anem nets, fem olor de sabó Merima Kruevac i d’aigua de colònia del papa. Anem ben planxats, també, com diu la mama, encara que no és que ens planxi a nosaltres, sinó les camises». Una història incerta i angoixant i alhora una paròdia a propòsit de la pressió que exercim sobre nosaltres mateixos per complaure els altres, la qual de vegades ens pot dur a la submissió i fins i tot a anul·lar-nos com a persones.

«Cercles», per la seua banda, és un relat que manté el lector en tensió durant tota la lectura i que convida a reflexionar sobre les misèries humanes. Com Lana Bastašić diu: « »Cercles » és una mena de venjança, una història basada en una experiència pròpia». Una experiència probablement compartida per moltes dones adolescents. Ho sabreu en llegir-la…

 

[Font: http://www.laveudelsllibres.c]

Ou comment la musique peut devenir une arme de résistance aux totalitarismes.

Malgré une démarche pacifique, la «jeunesse swing» allemande subit la répression. | Eric Awuy via Unsplash

Écrit par Nicolas Méra — édité par Natacha Zimmermann

«Le jazz […] est selon moi une expression des idéaux les plus élevésaffirmait John Coltrane, l’un des jazzmen les plus influents de sa génération, en 1962. Par conséquent, il contient de la fraternité. Et je crois qu’avec de la fraternité il n’y aurait pas de pauvreté, il n’y aurait pas de guerre.»

Plongeant ses racines dans la culture musicale afro-américaine de la fin du XIXe siècle, le jazz est avant tout un hymne de résistance –résistance à l’oppression, à l’indifférence et à la persécution des communautés noires. Ce n’est donc pas un hasard si le swing, frère cadet du jazz importé en Europe dans les années 1930, a servi de rempart aux pulsions totalitaires.

Bonnes et mauvaises notes

Toutes les formes de musique ne sont plus tolérées sous le Troisième Reich. Le parti nazi mène alors une véritable croisade contre ce qu’il appelle «l’art dégénéré»: à partir des années 1930, la propagande condamne les «renversements rythmiques hystériques caractéristiques des races barbares», qualifiant le jazz et le swing de «Negermusik» («musique nègre»). Ces styles sont bannis à partir d’octobre 1935.

Selon les nazis, la musique afro-américaine serait une arme politique utilisée par les juifs afin de faire triompher la démocratie et le capitalisme, des valeurs typiquement nord-américaines. Caractérisée par des «danses indécentes» et des «excès négroïdes de tempo» tranchant avec l’impératif aryen de discipline et de modération, la musique dite dégénérée serait source de corruption, de désordre, de «décadence culturelle». La preuve: on ne peut pas marcher au pas sur un air de jazz…

En conséquence, tandis que les représentants de l’école musicale allemande sont glorifiés –à commencer par Mozart, Bach, Haydn ou Wagner–, artistes noirs et compositeurs juifs sont chassés des scènes germaniques. Certains sont contraints à l’exil; d’autres sont purement et simplement déportés. Ce qui n’empêche pas Coco Schumann, guitariste berlinois de jazz, de former, au sein du camp de concentration de Theresienstadt, le groupe des Ghetto Swingers –signe que la musique peut encore s’élever derrière les barbelés.

En 1939, le ministre de la Propagande du régime, Joseph Goebbels, va jusqu’à créer un groupe de jazz allemand, Charlie and His Orchestra, dont les compositions parodiques moquent les Américains et leurs alliés. Il paraît que Churchill, régulièrement taclé dans leurs chansons pour son penchant pour l’alcool, trouvait les paroles hilarantes.

Danser pour résister

C’est dans la foulée de la Grande Guerre que le jazz et le swing se sont répandus comme une traînée de poudre en Europe. En France, en Allemagne, en Belgique, en Tchécoslovaquie ou en Grande-Bretagne, ces styles radicalement nouveaux, survitaminés et dansants ont aidé à évacuer les mauvais souvenirs de 1914-1918. Et si le jazz aidait à guérir?

Malgré les interdictions progressives faites aux orchestres allemands de consacrer plus de 20% de leur répertoire au jazz, des clubs dédiés à cette nouvelle tendance se forment dans les années 1930, fleurissant à Berlin, Francfort et Hambourg. S’y rassemble un public jeune et ouvert sur le monde, conquis par l’aspect libertaire de cette musique et, plus largement, par l’esprit extraverti et le laisser-faire qui transpire de la culture américaine. «Nous étions habités par un désir de vie à l’américaine, de démocratiese souvient Frederich Ritzel, un habitué des swing clubsTout était connecté –et connecté à travers le jazz.»

Ces fans de musique clandestine, on les appelle «Swingjugend», littéralement «jeunesse swing». Selon les fichiers de la police, ce sont de jeunes Allemands et Allemandes âgés de 14 à 19 ans, arborant chapeaux hollywoodiens, cheveux longs, parapluies quelle que soit la météo, et parlant couramment l’anglais. Ils parodient d’ailleurs le fameux salut nazi «Sieg Heil!» en lançant à la place «Swing Heil!», véritable pied-de-nez à la figure d’Adolf Hitler.

Généralement issus des couches sociales élevées de la société allemande, ils ne constituent pas un mouvement de résistance armé. Bien au contraire, le groupe se définit comme apolitique et non violent. Mais sa rébellion s’exerce autrement: par la non-conformité avec l’identité nationale et les valeurs promues par l’idéologie nazie. Certains éludent leur service dans les Jeunesses hitlériennes ou la Ligue des jeunes filles allemandes; d’autres confrontent leurs homologues rangés sous les drapeaux. Il s’agit avant tout de court-circuiter l’idéal aryen.

Dans le viseur de la Gestapo

Malgré une démarche pacifique, cette «jeunesse swing» subit la répression. En 1941, la Gestapo prend le problème à bras-le-corps, organisant des descentes dans les clubs de jazz, les écoles de danse et les autres lieux où ces habitués se rencontrent. Ces derniers sont contraints de poursuivre leur passion illégalement, au fond de caves aveugles ou de bars clandestins.

Quelles punitions risquent-ils? Les sanctions infligées à ces «déviants» peuvent aller du simple fait de leur couper les cheveux à l’enrôlement forcé dans l’armée, voire à la déportationHeinrich Himmler, le chef des SS, considère les adorateurs de jazz comme une véritable menace; selon lui, seules des mesures drastiques permettront «d’éradiquer la dangereuse diffusion de ce mouvement anglophile à l’heure où l’Allemagne se bat pour son existence». À Hambourg, près de 400 d’entre eux sont raflés entre 1940 et 1942. Soumis à des peines allant de deux à trois ans d’emprisonnement, ils sont roués de coups, brimés et humiliés par les geôliers des camps d’internement pour mineurs.

Une affiche de propagande nazie du Troisième Reich contre les «musiques dégénérées». | leewrightonflickr via Wikimedia Commons

Mais on se tromperait en pensant que les travaux forcés brident leur oreille musicale. «La mine de sel dans laquelle était l’usine avait une très bonne acoustiqueracontera ainsi Günter Discher, déporté au camp de redressement de Moringen. L’un de nous jouait sur les cartouches –des sortes de boîtes en bois– avec des baguettes de fortune. Nous improvisions toutes sortes de choses, qui sonnaient plus ou moins bien. Mais dans tous les cas, cela nous aidait à tenir pendant les pauses déjeuner.»

C’est peut-être la plus belle leçon de la Swingjugend: celle de voir, même au cœur de l’horreur concentrationnaire, les contours incandescents d’une piste de swing… Du reste, le jazz clandestin n’a bientôt plus eu lieu d’être: passée l’année 1945, les musiques noires ont fini par être blanchies.

 

[Source : http://www.slate.fr]

 

Marc Dugain réussit, avec une économie de moyens, une admirable et crépusculaire adaptation du roman de Balzac. Olivier Gourmet et Joséphine Japy composent, avec subtilité, deux magnifiques personnages, autour de la soif de possession et du désir d’émancipation.

« Eugénie Grandet », le lent poison de l’avarice

Écrit par Jean-Claude Raspiengeas

Quoi de neuf ? Balzac ! En moins d’un mois, deux films passionnants atterrissent sur grand écran, deux belles adaptations du romancier de La Comédie Humaine. Le 20 octobre, Illusions perdues, de Xavier Giannoli, et cette semaine, Eugénie Grandet, de Marc Dugain. Deux visions et deux mises en scène radicalement différentes. Grand spectacle pour le Giannoli ; économie de moyens et sobriété pour le Dugain. L’un et l’autre dans un style conforme à leur sujet.

Dans le riche et foisonnant univers de Balzac, le père Grandet, ancien tonnelier, ancien révolutionnaire, ancien maire de Saumur, personnifie l’avarice obsessionnelle, la spéculation opportuniste, le patriarcat étouffant. Pour ne point dépenser, il condamne à la réclusion domestique sa servante, sa femme et sa fille, Eugénie, beau parti à marier que convoitent deux familles aisées de la ville. Il lui a constitué une dot enviable et, roué, laisse les prétendants s’enliser dans une espérance sans cesse déçue, tout en s’ingéniant à faire habilement monter les enchères. Tout, chez Grandet, n’est que ruse et brutalité, froideur et dissimulation. Il n’a pour religion que celle de l’argent. D’Eugénie, à sa main, il n’escompte que le retour sur investissement que constituera son mariage.

L’oppression permanente de l’avaricieux

Enfermée, écrit Balzac, dans « une maison sans soleil, sans chaleur, sans cesse ombragée et mélancolique », Eugénie, qui s’en ouvre à son confesseur, rêve de l’amour. Ce sentiment, qu’elle imagine libérateur, croît à la faveur de quelques promenades dans la campagne, quand elle accompagne son père qui ne s’y rend que pour échafauder les moyens d’augmenter ses profits. Intransigeant, il ne desserre qu’avec parcimonie les cordons de sa bourse et maintient sa famille dans cette oppression permanente. « Son esprit de despotisme avait grandi en proportion de son avarice », écrit Balzac.

Grand amateur d’Histoire, Marc Dugain, scénariste, réalisateur et coproducteur, s’engouffre dans ce tableau de la vie provinciale que vient troubler l’arrivée inopinée du neveu de Grandet, dépêché de Paris. Son frère, ruiné, vient de se suicider. Le gandin mesure l’écart entre les élégances parisiennes et l’étroitesse de ces existences que le père Grandet obscurcit par la rudesse de ses manières. La présence de ce beau jeune homme, si différent, venu d’ailleurs, ne peut que troubler le cœur solitaire d’Eugénie…

Fidèle à l’environnement, aux vêtements, aux mœurs de l’époque, scrupuleux sur les détails et les atmosphères, Marc Dugain modernise le roman, lui insuffle, par petites touches, des accents très actuels, avec une coloration romantique et féministe. Ce film à costumes, tourné dans les décors naturels et les intérieurs sombres que décrit Balzac, baigne dans une symphonie de clairs-obscurs d’automne, de teintes d’enfermement, que rehausse le travail sur les lumières, très pictural, de Gilles Porte, le chef opérateur.

Un art de la suggestion

Cet art de la suggestion se retrouve dans le jeu magistral, tout en retenue, d’Olivier Gourmet, imposant, solide et stable, contenant sous un grand calme apparent une fureur épidermique. Il se détourne de la figure habituelle de l’avare pour composer un caractère subtil et complexe dévoré par la folie de la possession, l’or autant que les êtres.

Prisonnier de sa névrose, il ne raisonne et n’agit qu’en termes de force et de calculs, indifférent aux effets dévastateurs de ses compulsions. La pureté du visage de Joséphine Japy, dans ses attentes comme dans ses désillusions, illumine, merveilleux contrepoint d’ouverture, ce drame social et sentimental. Autour de ces deux comédiens gravitent les autres personnages servis par une distribution exemplaire : Valérie Bonneton, Nathalie Bécue, François Marthouret, Bruno Raffaelli, César Domboy.

Dans sa propre étude de mœurs, Marc Dugain s’éloigne de la conclusion du roman. Il offre à Eugénie Grandet, trahie et abandonnée, condamnée par Balzac à la résignation, une évasion, une émancipation, une liberté souveraine, aux résonances très contemporaines, qui l’arrachent à l’asservissement de son père, de ses origines, et de sa condition de femme.

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Marc Dugain, écrivain et cinéaste à succès

♦ Romancier, auteur d’une quinzaine de livres, dont :
2001. La Chambre des officiers, plus de vingt prix littéraires, dont le prix Roger-Nimier, adapté au cinéma par François Dupeyron
2002. Heureux comme Dieu en France
2005. La Malédiction d’Edgar
2007. Une Exécution ordinaire (grand prix RTL Lire)
2010. L’Insomnie des étoiles
2012. Avenue des géants
2014-2015-2016. L’Emprise (trilogie)
2017. Ils vont tuer Robert Kennedy
2021. La Volonté

♦ Réalisateur
2010. Une exécution ordinaire
2011. La Bonté des femmes
2013. La Malédiction d’Edgar
2018. L’Échange des princesses

 

[Source : http://www.la-croix.com]

 

Galicia Nai’, que conta coa colaboración da Xunta de Galicia, é o décimo sétimo traballo da intérprete de Porto e está composto por 12 poemas de autores e autoras da terra

O secretario xeral de Política Lingüística, Valentín García, participou este serán na presentación do último traballo da cantora galaico-portuguesa María do Ceo, Galicia Nai, un libro disco dedicado integramente a Galicia e á lingua galega co que a intérprete celebra os seus 25 anos de carreira musical e que conta co apoio da Xunta.

O representante da Consellería de Cultura, Educación, FP e Universidades destacou a traxectoria de María do Ceo, “baseada no achegamento entre a lingua e a cultura galega e a portuguesa e na que, asiduamente, conta co apoio da Xunta de Galicia”, indicou. Ademais, quixo “agradecer, unha vez máis, o labor a prol da unión das linguas existentes ás dúas beiras do Miño e o compromiso profesional e persoal de María do Ceo coa que é a súa terra de adopción, tal como deixa patente en Galicia Nai” na liña dos obxectivos da Lei Paz Andrade, para o aproveitamento da lingua portuguesa e vínculos coa lusofonía.

Canda o secretario xeral tamén participaron no acto, que acolleu o Liceo de Ourense, o presidente desta entidade, Xavier Casares Mouriño; o presidente do Foro Enrique Peinador e autor do prólogo do traballo, Xosé González Martínez; Armando González López, médico e poeta, e a propia cantante. A xornada estivo amenizada pola actuación de María do Ceo, quen interpretou tres pezas recollidas en Galicia Nai. Ademais, presentouse o videoclip do primeiro sinxelo do disco, A Fala, da autoría de Manuel María, realizado por Alberto Outeiriño, Roberto Cid e José Juan P. Ramos.

Declaración de amor a Galicia

Galicia Nai supón unha declaración de amor a Galicia e á súa xente, pero tamén pretende ser un disco comprometido co idioma e coa muller. En total, reúne 12 poemas musicados de autoras da terra de distintas épocas e con distintas sensibilidades poéticas: Rosalía de Castro, Xosé Neira Vilas, Manuel María, Ricardo Carvalho Calero, Pepe Velo e Armando González López.

O traballo, que é o décimo sétimo disco da cantante de Porto, conta cun prólogo de Xosé González Martínez e coa música de José e Álex Salgado á guitarra e guitarra portuguesa, respectivamente, de Fernando Campos ao baixo, de Rosalía Vázquez ao chelo, de Ricardo Morente ao violín e de Kinhos Saburido á percusión.

 

[Fonte: http://www.lingua.gal]

 

La sindica d’Aran, Maria Vergés, cèrca del Reialme d’Espanha la reconeissença politica e juridica que ja ten de la Generalitat de Catalonha

Lo Conselh General d’Aran trabalha amb l’estat espanhòl per obténer la reconeissença de la singularitat aranesa. La cap del govèrn aranés, Maria Vergés, a mandat una letra a la ministra espanhòla de la politica territoriala e a rescontrat lo secretari d’estat encargat de la politica territoriala, Alfredo González. D’aquela amassada, tenguda lo 19 de genièr, la sindica d’Aran soslinha “era sua atencion e predisposicion” e explica qu’an sollicitat de mecanismes e de formulas que permetan aquela reconeissença del temps que se tròba d’acòrdis de collaboracion dins los camps sòcioeconomics.

La sindica presentèt al secretari d’estat las principalas caracteristicas de l’autogovèrn de sa collectivitat territoriala occitana, e remembrèt que la Val d’Aran aviá pas encara atench lo nivèl d’autonomia politica que desira e que li permetèsse de gerir los servicis publics jos la responsabilitat del Conselh General.

Fin finala, la sindica declarèt que la reconeissença politica e juridica d’Aran per la Generalitat de Catalonha aviá atench de nivèls fòrça nauts mas qu’ara la volontat del Conselh General d’Aran èra qu’aquela reconeissença arribèsse tanben de l’estat espanhòl.

 

[Sorsa: http://www.jornalet.com]

 

 

Por sorprendente que parezca, unos 300 millones de personas no tienen una documentación que acredite su identidad legal. La ONU intenta que la tengan antes del 2025.

PNUD/RNP El proyecto Identidad Jurídica de la ONU en Honduras se centra especialmente en los pueblos indígenas, el colectivo LGBTQI+, las minorías y las personas con discapacidad.

Las personas que no tienen una identidad legal y no pueden demostrar quiénes son, tienen menos oportunidades de prosperar en la vida y son muy frágiles a los vaivenes de la sociedad.

El Grupo de Trabajo de la Agenda de Identidad Legal de la ONU pretende ayudar a más de 300 millones de personas a adquirir una identidad legal en su país para 2025.

Percy Santos, un estudiante universitario con discapacidad visual de Honduras, recibió recientemente su documento de identidad digital del gobierno. « El nuevo DNI está perfectamente diseñado para personas como yo. Es una satisfacción personal. Me siento mejor identificado », afirma.

Santos es una de las 5,4 millones de personas inscritas en la nueva base de datos de población de Honduras, creada con ayuda del proyecto Identidad Jurídica de las Naciones Unidas en el país, que se centra especialmente en los pueblos indígenas, las personas LGBTQI+, las minorías y las personas con discapacidad. Gracias a la tarjeta digital, ahora tiene fácil acceso a los beneficios sociales.

Además de facilitar la vida a personas como Santos, el nuevo sistema también ha ayudado a las autoridades hondureñas a crear una base de datos electorales más sólida, lo que mejorará notablemente el sistema de votación en las elecciones y contribuirá a reducir la desconfianza en el sistema electoral.

Las posibilidades de tener éxito en la vida sin una identidad legal son muy bajas. Es mucho más difícil conseguir un empleo en la economía formal, y la probabilidad de beneficiarse de los sistemas de protección social o de atención sanitaria básica durante pandemias como la COVID-19, en tiempos de conflicto o emergencias climáticas, es insignificante. Y, en cambio, es muy probable que la ausencia de identidad legal afecte a los seguros, las pensiones o incluso los servicios básicos como el agua, el teléfono y la conexión de gas.

El proyecto de Honduras es solo un ejemplo de las formas en que la ONU está ayudando a los países en sus intentos de establecer registros nacionales de población, sistemas nacionales de identificación o programas de identificación digital.

 

 

[Fuente: http://www.un.org]

Après trois romans, Clarisse Gorokhoff a changé de genre en même temps qu’une nouvelle fois d’éditeur. Malgré la mention «roman» sur ce dernier opus, Défaire l’amour s’apparente plus à la forme en vogue de la narrative non-fiction. Pour quelle réussite?

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Dans ce récit, l’auteure revient sur ses années d’effervescence et d’ébullition stambouliotes, qui auront fait éclater des interrogations existentielles la tenaillant encore une décennie plus tard. C’est là tout le propos de la collection «Confessions»: chaque écrivain est amené à se livrer à une introspection et à raconter une période charnière de sa vie, où celle-ci a basculé. Clarisse Gorokhoff se replonge dans le tumulte de ses 20 ans pour questionner ses fêlures d’alors à la lumière de ses doutes d’aujourd’hui.

Désirs en désordre

Défaire l’amour est un récit extrêmement personnel qui dénoue les non-dits et les silences pour tout exposer à la surface de la feuille granuleuse. Clarisse Gorokhoff choisit de n’éluder aucune zone d’intimité, ou presque: elle revient sur son arrivée à Istanbul (pour un séjour Erasmus, prolongé ensuite), son désir avide de liberté et de séduction, son goût pour les tentations et leurs précipices, sa rencontre avec son amoureux de l’époque, mais aussi sur son enfance zébrée par la disparition de sa mère. Elle promène la loupe sur ses années passées, une question systématique comme jalon: d’où lui vient ce besoin impérieux de dynamiter le bonheur?

«La Clarisse d’avant, qui s’envoyait en l’air avec le premier mâle attirant, qui noyait son romantisme viscéral dans des bulles à douze degrés. Persuadée que ce qui rend aveugle, c’est de s’asperger les rétines d’acide citrique, ou de se les crever avec des pics à glace. Mais certainement pas l’amour.»

De ce récit, on peut dégager trois grandes parties: la volonté d’exploration des sens et des corps, la découverte de la vie de couple et l’impression de finitude, avec comme point de bascule la rencontre avec Onur, son compagnon d’alors. La Clarisse d’avant, qui a  vu «le petit diable qui était en [elle] mener la danse», se laisser gagner par la sensation étrange de la vie à deux et ce qui ressemble à une stabilité, quoique précaire. Mais plus les jours passent, plus la relation avec Onur s’ancre dans le quotidien et plus la narratrice s’aperçoit être tenaillée par ses vieux démons: elle ressent à nouveau la nécessité de se faire désirer par tous les hommes.

De façon tout à fait lucide, Clarisse Gorokhoff s’interroge sur son impossibilité à aimer «socialement» et de vivre en couple, tout en se désespérant de ce constat. En comparant son existence à une fuite perpétuelle, Clarisse Gorokhoff se demande ce qui l’a poussée à croire qu’elle pouvait colmater les fissures de l’enfance avec la perdition adulte.

Le chaos intérieur mis à nu

Construit comme une longue rétrospective où les souvenirs conduisent l’auteure à des réflexions actuelles sur les notions de désir et de couple, Défaire l’amour n’est toutefois pas un récit psychologisant: Clarisse Gorokhoff ne cherche pas à expliquer la source de chacun de ses actes pulsionnels et pour citer une formulation aussi répandue qu’insupportable, ne tente pas à tout prix de «mettre des mots sur des maux». Elle laisse au contraire libre cours à ses doutes et ses incertitudes, à sa puissance d’évocation et ses images détonantes. À l’aide d’une écriture incisive, Clarisse Gorokhoff sonde et décortique son chaos intérieur, en portant un regard mordant et désabusé sur sa propre histoire. Le style est travaillé, les tournures sont pleines de malice et le ton souvent très drôle: Défaire l’amour est bien loin d’être un lamento ou un récit psychanalytique larmoyant.

«Les papillons dans le ventre. L’onde de bien-être qui envahit le corps. Le cocktail hormonal de gaieté et de confiance… J’ai connu tout ça. J’ai aussi connu les pensées, obsessionnelles, qui convergent vers le même visage, le même nom, la même odeur. Ce long soupir intérieur. La joie de le voir, chaque matin, en ouvrant les paupières. De le sentir sous mes mains, contre mes lèvres, à même ma chair; à l’intérieur de moi comme, dans un coquillage, le bruit de la mer. Cette joie pleine d’aplomb et d’orgueil. Si intense qu’elle en devient douloureuse. Si douloureuse qu’elle en devient délicieuse. Et qui se transforme en peur. Peur de perdre, lui, “ça”. Peur que tout n’ait été qu’une illusion. Un mirage nourri par deux êtres au cœur d’un désert. Une chimère caniculaire.»

Cependant, malgré d’indéniables qualités stylistiques, l’aspect très intimiste du livre laisse à quelques reprises le lecteur en marge. En racontant cette histoire d’amour au travers de souvenirs, de sensations et de ressentis, sans ajouter de distance ni de paravent, Clarisse Gorokhoff a cherché à emmener le lecteur au creux de sa chair. Au risque qu’il devienne voyeur.

 

Clarisse Gorokhoff
Défaire l’amour 
Robert Laffont
Collection Confessions
2023
274 pages 

 

[Photo de l’auteur – source : http://www.leregardlibre.com]

Relocalisé en Corée du Sud, le réalisateur cambodgien dessine à sa jeune héroïne une trajectoire elliptique en quatre temps – et surpasse les espoirs suscités par ses projets précédents.

Écrit par Bruno Deruisseau

“Vous voyez ce que c’est le déchiffrage en musique, c’est quand on joue une partition pour la première fois sans l’avoir étudiée avant. Ce n’est pas facile, parce qu’il faut savoir analyser la situation en un seul coup d’œil, évaluer les dangers et, paf, se jeter à l’eau […] Il y a des signes partout, qu’on ne voit pas parce qu’on ne sait pas les reconnaître. Mais si on apprend à les lire, on peut les saisir quand ils apparaissent”, est la réponse énigmatique que fait Freddie, l’héroïne de Retour à Séoul, lorsqu’on lui demande la raison pour laquelle elle ne profite pas des deux semaines de vacances qu’elle passe dans son pays natal pour retrouver ses parents biologiques. Clé de voûte, autant que de sol, du film, cette réponse donne son rythme et sa construction à un récit qui se réinvente en permanence. Il avance à tâtons, par saccades, prêt à saisir le moindre indice et à s’y engouffrer la tête la première.

De quel déchiffrage est-il question dans Retour à Séoul ? Celui des origines de son héroïne adoptée en France alors qu’elle était encore bébé, mais aussi celui, plus vaste, d’un rapport à soi et aux autres. Freddie, incarnée par Park Ji-min, incandescente révélation, est une jeune femme aventurière, farouche et imprévisible, qui vit sa vie comme on suit un jeu de piste. Plus que par les mots, c’est donc par la musique que transitent ces signes. Le film s’ouvre et se clôt par une scène miroir (il est d’ailleurs truffé de jeu de correspondances) : Freddie se présente à la réception d’un hôtel et crée du lien par le truchement d’une mélodie, au début en attrapant les écouteurs de la réceptionniste qui deviendra son amie et sa traductrice pendant le reste du film, à la fin en déchiffrant elle-même un morceau sur le piano du hall d’accueil.

Le monde tel qu’elle le découvre et le monde tel qu’elle l’habite

La musique cadence la totalité du récit. Minimaliste dans les rues de Séoul, jazzy dans une scène de repas, techno dans une autre de clubbing, electro-pop lors d’un plan de danse absolument sublime, elle est partout. À tel point qu’on a parfois le sentiment que Retour à Séoul est une comédie musicale dépouillée de ses chants. Cette impression est renforcée par la colorimétrie pop de l’image, l’artificialité de son univers, la bisexualité de Freddie, la noirceur qui l’habite sous son vernis solaire et la façon dont le long métrage est hanté par la figure des parents absents, autant de caractéristiques qui rappellent l’univers de Jacques Demy… jusqu’à ce que le film voie passer un signe et change complètement de direction.

Symphonie en quatre mouvements, Retour à Séoul s’ouvre sur une partie qui se déploie à un rythme piano. Au bout d’une heure, le récit s’interrompt abruptement et l’on fait un bond de deux ans dans le temps. Freddie a changé, et le film aussi. Elle a troqué ses pulls colorés contre un manteau en cuir noir façon Trinity dans Matrix, tandis que sa déambulation dans le Séoul interlope rappelle celle du personnage interprété par Shu Qi dans Millennium Mambo. Délaissant Demy, le film fait cette fois penser à un thriller finchérien mené à un rythme soutenu. Partie la plus enlevée du récit, elle correspond au monde tel que Freddie l’habite, alors que la première le montrait tel qu’elle le découvre. On a à peine le temps de s’y installer que son héroïne le fait encore bifurquer cinq années plus tard, à un rythme cette fois mezzo. Le film s’achève par une dernière bifurcation, un mouvement en forme d’épilogue apaisé qui fait penser au cinéma de David Lean.

La densité du temps

Davy Chou mène l’épopée virevoltante de cette jeune femme avec une époustouflante virtuosité, transcendée par les qualités de soliste de son actrice Park Ji-min. Malgré la délocalisation de son cinéma en Corée du Sud, on retrouve dans Retour à Séoul les qualités d’envoûtement de ses deux premiers films cambodgiens. Du Sommeil d’or (2011), ce troisième long hérite d’une capacité à rendre compte de la densité du temps, comme une sonde qu’on plonge dans une épaisse couche de sédiments. Tandis que, comme Diamond Island (2016), il raconte la façon dont les êtres tentent d’habiter un lieu, à la recherche d’une forme d’harmonie tout en devant constamment se débattre avec un profond sentiment d’exil. Ici, Davy Chou signe son film le plus accompli. Il y confirme et dépasse avec éclat les attentes qu’avaient suscitées ses précédentes réalisations.

Retour à Séoul de Davy Chou, avec Park Ji-min, Oh Kwang-rok, Guka Han (Cor., 2022, 1 h 59).

 

[Source : http://www.lesinrocks.com]

Diuen els rumors que a Son Banya, el poblat on es ven la droga a l’’illa de Mallorca, la gitana que dirigeix el clan té un quadre que val una morterada. Una colla d’’arreplegats es pensen que si el roben solucionaran els seus problemes de pasta.

El que no saben els pobres desgraciats és que ficar-se en un supermercat de la droga és perillós, quan jugues a quinquis. Tindran ells la sort dels inconscients?

Anys després, la vida aparentment tranquil·la en mesos d’’estiu de la premsa mallorquina es trasbalsa amb l’’aparició de diferents cadàvers a l’’illa infestada de turistes. La crònica del dia a dia en un dels diaris més importants de Mallorca mostrarà aquesta escalada de violència i els interessos que s’’amaguen darrere.

Biografia de l’autor

Sebastià Bennassar (Palma, 1976), és periodista i escriptor. Llicenciat en Humanitats (UPF, 2009) i màster en Història del Món (UPF, 2011) està treballant en una tesi sobre novel•la negra i història. És autor de més de 25 llibres i aquesta és la seva setena novel•·la negra. Juntament amb Carles Domènec és el creador del projecte Bearn

Títol: Quinqui connection
Autor: Sebastià Bennasar
Editorial: Llibres del Delicte
Pàgines: 201
ISBN: 978-8419415066

 

[Font: http://www.racocatala.cat]

TODOS LOS DIOSES: Antología panhispánica de poetas jóvenes del siglo XXI, el excepcional resultado de un proyecto de larguísimo recorrido, que nos brinda, en nuestro país, la joven Editorial Ultramarina, que ya se presentó en Madrid, en diciembre pasado, y que, ahora, se presenta en Alcalá de Henares (el martes 31 de enero, en la sala “Gerardo Diego” de su Biblioteca Municipal), es la primera parte, de las dos previstas para la primera gran antología panhispánica de poetas del siglo XXI, que la editorial chilena Casa Bukowski, por medio de su director Ivo Maldonado, ideó y planificó, y que Escarabajo Editorial, en Colombia, ha estampado, también.

Escrito por MATÍAS ESCALERA CORDERO

Por lo que esta edición en España, a cargo de Ultramarina, que se distribuye también en México y en Estados Unidos, se suma a un acontecimiento editorial que se convertirá, sin duda, en una inevitable referencia en el futuro de la poesía en lengua española, no solo por la riquísima y amplísima realidad poética que abarca y abarcará: poetas de este siglo que se expresan en castellano, en todas las latitudes (en esta primera parte, van antologados casi setenta autores jóvenes de todas las principales áreas hispánicas; lo que ha supuesto un esfuerzo añadido para los editores, Ivo Maldonado, desde Chile, y Matías Escalera Cordero, desde España, junto con Marvin Calero (Nicaragua); Eduardo Bechara Navratilova (Colombia); Eduardo León (Ecuador); Javier Payeras (Guatemala); Oscar “Puky” Gutiérrez y Gabriel Chávez (Bolivia); Alfredo Villegas (Uruguay); Ivanhoe García y Cecilia Barón (México), como imprescindibles colaboradores), sino también por la idea que ha cimentado todo el proyecto.

Sin duda, TODOS LOS DIOSES: Antología panhispánica de poetas jóvenes del siglo XXI será un punto de referencia necesario por el concepto mismo que la anima, en consonancia con la naturaleza de la multiplataforma de la que surgió, Casa Bukowski, y que Editorial Ultramarina comparte plenamente: la consideración de la lengua como eje y espacio primordial para nosotros, en el que el significado del adjetivo panhispánico se ha desprendido de cualquier referencia meramente geográfica y ha adquirido un sentido más amplio y más rico: el que la lengua española –o castellana–, como lengua materna o como lengua adquirida, da igual, usada como herramienta de expresión poética y artística, es lo verdaderamente esencial, y no la procedencia territorial o étnica, ni la localización espacial de los hablantes; un sentido nuevo del uso artístico y literario del idioma, que supera y aclara todos los malentendidos que hemos heredado y que los que quieren usar las lenguas como elementos de discordia y división no comprenden y nos hurtan.

TODOS LOS DIOSES: Antología panhispánica de poetas jóvenes del siglo XXI es, así, pues, un auténtico acontecimiento en la poesía joven escrita en español en estas dos primeras décadas del siglo actual.

No están todas las voces que deberían estar, por supuesto, esa tarea es imposible de realizarse; pero sí están un buen puñado de voces de jóvenes poetas que los representan a todos y que, seguramente, en la segunda parte de este proyecto, una buena parte de ellas, ahora ausentes, encontrarán cabida; entre ellos un buen ramillete de poetas españoles o radicados en España, como son Carlos Catena Cózar, Rosa Berbel, Juan Gallego-Benot, Guillermo Marco Remón, Celia Carrasco Gil, Víctor Bayona Marchal, Mario Obrero, Ander Villacián Crespo, José Sabarga y Sofía Nowendsztern.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

El buscador defensa que no ha fet cap canvi recent en el sistema que determina els resultats en funció de la llengua

Un usuari fa servir el buscador de Google des d’una pantalla d’ordinador.

DLV

Google ha admés problemes en els resultats de cerques en «llengües concretes» i ha assegurat que està «investigant solucions» per esmenar-ho en un missatge escrit en català al seu compte de Twitter. «Entenem la preocupació dels que busqueu resultats en una llengua concreta», ha assegurat la multinacional. Google s’ha pronunciat coincidint amb una campanya engegada a les xarxes socials que reclama que no es penalitze la versió catalana dels resultats. L’empresa ha assegurat que corregir aquestes incidències «requereix temps» per a assegurar-se que el buscador funcione «de manera perfecta». «És una prioritat abordar-ho», ha indicat el gegant nord-americà en un comunicat publicat aquest dimecres, aquesta vegada, en anglés.

Així mateix, la multinacional ha defensat que no s’ha fet cap canvi recent en els sistemes que determinen els resultats en funció de la llengua i ha apuntat a la possibilitat que la indexació de continguts en diverses llengües a la versió catalana puguen confondre el buscador. «Poden sorgir incidències quan indexem contingut multilingüe i no s’indique quina versió hem de mostrar», ha defensat Google en un fil de tuits.

La multinacional ha afegit que està investigant els potencials problemes en el disseny dels seus sistemes per a poder efectuar millores.

Un problema que fa temps que s’arrossega

Si bé l’empresa ha reconegut el problema dimecres, activistes per la llengua catalana asseguren que es tracta d’un problema que fa temps que s’arrossega i que ha anat a pitjor recentment. «Fa més d’un any que veiem alguns símptomes d’això, i ara empitjora», ha dit Xavier Dengra, activista a les xarxes i viquipedista, a Catalan News.

Una declaració compartida per Pere Orga, col·laborador de Softcatalà, ONG que promou la llengua a través de les noves tecnologies, que assegura que els resultats de les pàgines catalanes al cercador de Google se situen per sota de les versions en castellà des de fa mesos. «Crec que va ser a mitjans o finals de setembre quan vam notar, sobretot si el web era multilingüe», ha dit.

De fet, els activistes pensen que es mostren resultats diferents en les cerques exactes utilitzant la mateixa configuració d’idioma i les mateixes paraules clau. La marginació del català al buscador provoca que les empreses que han invertit per tenir webs en català tinguen una reducció de visitants, afirma Dengra.

I tot i que tots els atacs s’han dirigit principalment al cercador d’Alphabet, ja que és el més popular, «altres cercadors tenen problemes similars», segons Orga.

De moment, cap evidència sòlida pot indicar si es tracta «d’un (moviment) netament polític o és només l’algoritme que s’ha equivocat bastant», ha afirmat Dengra.

 

[Imatge: Gerard Escaich | ACN – font: http://www.diarilaveu.cat]

 

 

 

O segmento evangélico compõe uma grande massa de apoiadores do neofascismo bolsonarista

Escrito por ALEXANDRE ARAGÃO DE ALBUQUERQUE*

“A fé tá na mulher, a fé tá na cobra coral, num pedaço de pão” (Gilberto Gil).
“Ao fornecer a Moisés os fundamentos da Constituição de Israel – os Dez Mandamentos – Iaweh adotou uma posição política” (Jornal Mensageiro da Paz).
“Salta aos olhos que, no Brasil, alguns grupos religiosos crescem extraordinariamente, ao passo que outros estão estagnados ou mesmo diminuindo” (Paulo Siepierski).

Uma pesquisa sobre polarização política no Brasil realizada em novembro de 2022 pelo Instituto Locomotiva, a pedido da ONG Despolarize, revelou algo de muito surpreendente na cena política brasileira. Segundo a pesquisa, 18% dos brasileiros pesquisados tiveram a coragem de afirmar que são de extrema-direita. Quando se verifica a lista divulgada sobre os detidos em Brasília por cometer a violência desmedida na tentativa de tomar as sedes dos Três Poderes da República, no último dia 8 de janeiro, 64,3% dos detidos nasceram entre os anos de 1960 a 1980. Segundo a Organização Mundial de Saúde (OMS), até 2050 o número de pessoas com mais de 60 triplicará no Brasil. É preciso buscar os porquês que levam a uma tão forte concentração desse segmento etário envolver-se com atos de vandalismo golpistas neofascistas.

Por sua vez, o jurista Lênio Streck (14/01) divulgou por tuite dados da Pesquisa Atlas na qual 31,2% de pessoas ligadas a igrejas evangélicas disseram aprovar o terror golpista do 8 de janeiro; 68% delas acreditam que o presidente Lula perdeu a eleição; além disso, 64% dos evangélicos pesquisados apoiam um golpe militar. Streck ainda divulgou um vídeo no qual um pastor pede num ato litúrgico que Deus extermine advogados, juízes e o maldito STF (Supremo Tribunal Federal).

Juntem-se aos dados acima, na virada do dia 10 para o dia 11, a postagem no facebook do ex-presidente Bolsonaro, por um período mínimo de duas horas, de um vídeo com a seguinte legenda: “Lula não foi eleito pelo povo, ele foi escolhido e eleito pelo STF e TSE”. O tempo de postagem foi o suficiente para viralizar pela rede bolsonarista instigando ainda mais a fúria golpista dos seus membros. Numa clara confirmação fática da responsabilidade política do capitão neofascista e de seus mentores militares por alimentar o espírito extremista do seu gado, ato contínuo em seus quatro anos de desgoverno, sempre procurando criar um clima que lhe permitisse golpear a democracia brasileira.

O segmento evangélico compõe uma grande massa de apoiadores do neofascismo bolsonarista. Este segmento religioso, desde os anos 1980, vem crescendo a grandes passos no Brasil, anteriormente de hegemonia católica. A entrada triunfal na política se dá com a mudança do regime ditatorial militar (1964-1985) para a democracia, com a instalação da Assembleia Nacional Constituinte em 1986. Se até aquele acontecimento histórico os evangélicos adotavam uma linha de obediência automática às autoridades militares, uma vez que em sua formação doutrinal foram condicionadas a perceber o Estado e seus agentes mandatários como expressão da vontade de Deus, aos quais se deve obediência, porque, conforme a Bíblia, “as autoridades que existem todas foram por Ele constituídas”, logo compreenderam que a mudança da cultura política que se iniciava com a Constituinte implicava uma imediata alteração de suas atitudes diante do poder temporal. (FONSECA, André Dioney. Informação, política e fé. Revista Brasileira de História. São Paulo: v.34, n. 68, 2014).

Até então, por exemplo, para os membros da Assembleia de Deus (AD), em referência aos pobres e injustiçados socialmente, eles pregavam a salvação ensinando os empobrecidos a terem confiança em Deus. Depois de a pessoa converter-se, a sua própria situação financeira melhoraria porque “Deus cuida dos seus”. A luta travada pelos fieis da Assembleia de Deus, até então, não era a luta contra a matéria nem contra as injustiças sociais, mas contra o Príncipe das trevas e contra as hostes espirituais.

Mas com o advento da Constituinte, esse discurso mudou substancialmente. Em suas publicações ordinárias, mais precisamente no influente jornal Mensageiro da Paz, uma nova roupagem se instala. Afirma um exemplar de 1986: “Como cidadãos conscientes e principalmente como cristãos, é impossível não percebermos as mazelas sociais à nossa vida. É preciso ir mais adiante participando ativamente do processo de mudança social, buscando a escolha acertada na hora do voto. Irmão vota em irmão”. Por meio desta mudança tática, conseguiram em 1986 eleger 33 deputados federais da bancada evangélica. Era o começo da sua atuação política institucional. (Idem).

No campo neopentecostal, duas teologias irão orientar os corações e mentes dos seus afiliados: a teologia da prosperidade e a teologia do domínio. No ritual de iniciação, o fiel recebe o batismo do Espírito Santo, um revestimento de poder, evidenciado pelo dom de línguas, para poder testemunhar a boa nova, visando à rápida evangelização do mundo, apressando a volta de Jesus como juiz e rei escatológico para julgar e governar as nações. O revestimento de poder no Espírito Santo não está voltado apenas para a evangelização, mas para realizar obras maiores do que aquelas que Jesus realizou, a saber, os ministérios de cura divina.

Nascida nos EUA, a teologia da prosperidade, centralidade da organização Igreja Universal do Reino de Deus, de Edir Macedo, tem como objetivo estabelecer uma nova cristandade por meio da atividade política. O reino de Deus já está aqui presente para usufruto dos escolhidos. E o batismo no Espírito Santo é o revestimento de poder para vencer os entraves para tal usufruto. Os entraves são ações de Satanás e de seus seguidores que devem ser perseguidos e amarrados. Sem os espíritos do mal para atrapalhar, os fiéis neopentecostais podem viver com prosperidade. Para isso o fiel não pode duvidar: a mente pode controlar a esfera espiritual que por sua vez determina a realidade material. E para demonstrar sua fé inabalável, o fiel precisa entregar dízimos e ofertas.

Contrariamente ao catolicismo onde o fiel paga a promessa somente depois de haver alcançado a graça, no neopentecostalismo o crente literalmente paga de forma antecipada como demonstração de sua fé. Acumulação de bens materiais é sinal de bênção; ser filho de Deus é sinônimo de ser materialmente vitorioso. As pessoas são desafiadas a tornarem-se ricas, legitimando as riquezas existentes, bem como as estruturas sociais causadoras do empobrecimento populacional. Para os neopentecostais, os Demônios são os verdadeiros causadores de todos os males e sofrimentos. Por causa deles o Brasil não é um país mais desenvolvido. (SIEPIERSKI, Paulo D. Pós-pentecostalismo e Política no Brasil. São Leopoldo – RS: Estudos Teológicos, v.37, n.1, 1997).

Também a teologia do domínio tem origem nos EUA, nos anos 1970, buscando a reconstrução da teocracia, oferecendo uma cosmovisão cristã para a obtenção do poder dos evangélicos nas esferas públicas para o domínio total de Deus. A ideia central desta corrente teológica é a de Guerra Espiritual, a luta contra o inimigo, a partir da leitura do Antigo Testamento, que pode atuar em diversas áreas da vida. O evangélico, portanto, não deve evitar o mundo e o mal que ele representa, mas deve estar no mundo de forma ativa, posicionando-se em guerra contra esse mal, e para isso é preciso ocupar espaços de poder.

O fundamento da guerra espiritual consiste na crença da existência de demônios territoriais e hereditários, que agem sobre áreas geográficas e sobre as pessoas em geral e em suas famílias. Esses demônios seriam os responsáveis por todos os males do mundo, inclusive a desigualdade e a injustiça social. Tal doutrina induz os fiéis neopentecostais a acreditarem que os responsáveis pelos males da sociedade brasileira são as religiões concorrentes e seus seguidores. Assim, a solução dos problemas brasileiros estaria na eleição de fiéis neopentecostais para os cargos públicos, em seus postos eles neutralizariam as ações dos demônios, trazendo prosperidade para todo o país. Mediante esta doutrina, o neopentecostalismo vai entrando e firmando-se no cenário político nacional. Somente os eleitos de Deus devem ocupar os postos-chaves da nação, utilizando-se de todos os meios, principalmente comunicacionais, como concessões de rádio e televisão, para banir os tais demônios e seus discípulos.

Não é à toa que essas teologias políticas da prosperidade e do domínio tenham nascido nos EUA. O projeto imperialista unipolar estadunidense está ligado intrinsecamente a uma antiga visão teológica de que eles são os enviados de Deus para transformar os bárbaros em civilizados (Destino-Manifesto), numa guerra do bem contra o mal, que atravessa não só a religião, mas o poder militar, a educação, a cultura, a política, para atingir o espectro total.

Acumular riqueza é um dever nessa tradição protestante. Nesta visão, a pobreza aparece como consequência da falta de fé. A desarticulação da Teologia da Libertação, para além dos limites da esquerda organizada, foi consequência desse projeto imperialista que enxergou na Teologia da Libertação uma ameaça ao campo subjetivo e que colocava em risco os avanços das políticas neoliberais na América Latina. Assim, o neoliberalismo naturaliza os acontecimentos em que o pobre e a pobreza são justificados por ser uma situação de sorte ou azar na vida. E as Igrejas fundamentalistas corroboram essa visão conectando-a com a ideia de falta de fé ou dedicação do crente. Para os neopentecostais, a Teologia da Libertação, com seus militantes, é a ponta de lança do Anticristo. (Brasil de Fato. Fundamentalismo e imperialismo na América Latina. Dossiê 59. 19 de dezembro de 2022).

A riqueza material proclamada pelos neopentecostais, em sua busca de construir uma nova cristandade, é bênção divina, não possui causas políticas e econômicas estruturais. Segundo a Oxfam, em seu documento “Desigualdade Mata”, os dez capitalistas mais ricos dobraram sua acumulação durante a crise sanitária global: a cada 26 horas da pandemia, apenas um capitalista entrava para o ranking de novos bilionários, enquanto simultaneamente a renda de 99% das pessoas no mundo despencou e mais de 160 milhões de indivíduos foram empurrados para a pobreza.

Maquiavel, leitura obrigatória por ser sempre atual, já havia detectado, 500 anos atrás, a força do poder simbólico-ideológico quando, em seus Discursos, apontou para a dominação da religião na vida dos súditos dos principados. O grande embate do florentino não era com os clássicos, mas com seus contemporâneos, com o moralismo e a pregação religiosa, por haver constatado em sua pesquisa empírica que os mandamentos de “não roubar”, “não mentir” e “não usar o santo nome de Deus em vão” teriam validade apenas para a população: todos eram descumpridos pelos detentores do poder temporal e eclesiástico. Portanto, o povo precisava abrir os olhos tampados pelos sistemas ideológicos-religiosos de então para desvendar o que estava por debaixo do pano.

Palavras, imagens e sons realizam pouco a não ser que sejam munições de um plano minuciosamente arquitetado e de métodos cuidadosamente organizados para que as ideias transmitidas se tornem parte integrante da vida das populações. Quando o público é convencido da racionalidade de uma ideia, ele entra em ação. Ação esta que é sugerida pela própria ideia religiosa, política ou social. Mas esses resultados não acontecem do nada: eles são obtidos pela fabricação de consensos. (BERNAYS, Edward. Propaganda. 1928. Acesso: http://www.whale.to/b/bernays.pdf).

Como anota Michel Foucault, em Vigiar e punir, o poder é exercido como disputa e luta. Onde há poder, há resistência. Não existe propriamente o lugar de resistência, mas pontos móveis e transitórios que também se distribuem por toda a estrutura social. A política é luta, afrontamento, relação de força, situação estratégica e ideológica. Não é um lugar que se ocupa, nem um objeto que se possui. Ela se exerce, se disputa. Nessa disputa, ou se ganha ou se perde. E este é o desafio que está posto para nós nos próximos anos: distribuir democrática e sustentavelmente a riqueza mundial ou continuar o acelerado acúmulo individualista fundamentalista neoliberal destruidor da humanidade e da natureza.

*Alexandre Aragão de Albuquerque é mestre em Políticas públicas e sociedade pela Universidade Estadual do Ceará (UECE).

 

[Imagem: Inga Seliverstova – fonte: http://www.aterraeredonda.com.br]

La lluita per la independència s’ha donat de diferents maneres, una ha estat l’art.

Escrit per Ariel Marconi

Com ja vam comentar a ‘Racó Català’, molts catalans van participar i van liderar les lluites independentistes de les colònies espanyoles a Amèrica, alguns també van participar dels nous governs de les incipients nacions.

La llavor de la independència de les colònies americanes va ser plantada a l’últim dels virregnats creats a Amèrica per Espanya, i el primer d’ells a independitzar-se, el Virregnat del Riu de la Plata.

Blas Parera Moret, més conegut com a Blas Parera, fill de Ramon Parera i Bernarda Moret, tots dos catalans, va néixer el 3 de febrer de 1765 a Mataró. Alguns autors comenten que pot haver nascut a Múrcia, i després va tornar amb els seus pares a Mataró, on va viure tota la seva infantesa i joventut. De nen va formar part de la Capella de Música del Col·legi de Santa Anna on va estudiar. En la seva joventut va compondre marxes militars, tonades i algunes cançons.

Va emigrar a Amèrica el 1793, aparentment per un desaire amorós, i quatre anys més tard el 1797, es va radicar a la Ciutat de Buenos Aires, va viure en una casa situada a la cantonada dels actuals carrers Belgrano i Chacabuco, va buscar feina com a músic i va aconseguir incorporar-se com a organista de la Catedral Metropolitana, el 1802 va ser músic a l’església de San Francisco, de Montevideo, i mesos més tard, va tornar a Buenos Aires on va treballar com a professor al Col·legi de Nens Expòsits i també de forma particular, ensenyant diversos instruments . També va ser organista a les esglésies de Sant Nicolau, Sant Ignasi i La Mercè.

Durant la primera invasió anglesa a la Ciutat de Buenos Aires, així com molts altres catalans es va oferir com a voluntari i va combatre l’invasor. Aquesta va ser l’única vegada que va participar en una lluita armada.

Es va casar el 14 d’octubre de 1809, a l’església de Sant Nicolau de Bari, amb una de les seves alumnes, Facunda del Rey, una òrfena que vivia a la Llar dels Nens Expòsits.

Un dia, finalitzada la seva tasca a la catedral, Blas Parera va trobar una cartera en un dels bancs, dins d’ella diverses targetes a nom el seu amo, un advocat, el Dr. Vicente López i Planes, i la seva adreça. Personalment, va portar la cartera al seu amo amb qui va entaular ràpidament una amistat.

Passats uns anys, més precisament el 25 de maig de 1812, Vicente López i Planes, que també era poeta, va escriure la lletra del que avui és l’himne nacional argentí, i va convocar el compositor català per compondre la música, l’obra va ser batejada com « Marxa Patriòtica de les Províncies Unides ».

El novembre del mateix any, el Primer Triumvirat, que havia reemplaçat la Junta Gran, va autoritzar l’obra de Vicente López i Planes i Blas Parera com a « Marxa Patriòtica Oficial ».

Durant l’efervescència d’aquells anys revolucionaris, juntament amb altres autors, Blas Parera va crear diverses músiques de to independentista i revolucionari, sense la independència haver-se declarat encara. Va compondre entre altres un Himne Patriòtic, amb lletra de Cayetano José Rodríguez, i un altre himne denominat « 25 de maig » o « Himne de la Llibertat », per a l’òpera de Luis Ambrosio Morante, va ser en aquesta obra que Vicente López i Planes es va inspirar per compondre la lletra del futur Himne Nacional.

Pel decret de l’11 de maig de 1813, la lletra i música de Vicente López i Planes i Blas Parera van ser aprovades com a Himne Nacional Argentí, i es tocava en tots els actes oficials. La versió original va tenir una durada de vint minuts, fins que es van suprimir algunes estrofes a principis del segle XX. Va ser el primer himne patri de la primera colònia americana a independitzar-se d’Espanya, i des d’aleshores fins avui el llegat de Blas Parera es reprodueix no només a Argentina sinó a tots els països del món on alguna delegació representi el país.

Per celebrar el tercer aniversari de la Revolució de Maig, el dia 25 de maig de 1813 a la plaça de la Victòria, actual plaça de Maig de Buenos Aires, els alumnes de l’escola de Rufino Sánchez la van cantar per primera vegada en públic.

Blas Parera va retornar a Europa el 1818, va viure uns anys a Barcelona fins que es va instal·lar definitivament a Mataró.

Espanya mai no el va perdonar haver participat en el procés independentista del Virregnat del Riu de la Plata, ni que compongués l’himne d’un país que se n’havia independitzat. Quan va desembarcar a Cadis, les autoritats espanyoles van ordenar que se’l vigilés: « es vigili la seva conducta i estiguin a l’aguait de les seves operacions ».

A Mataró va ocupar un càrrec d’interventor del Correu. Va morir el 7 de gener de 1840 i va ser sepultat al Cementiri dels Caputxins.

 

[Font: http://www.racocatala.cat]