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Dans son dernier roman, le Colombien Juan Gabriel Vásquez retrace la vie du cinéaste Sergio Cabrera, sa formation politique, militaire mais aussi artistique, en l’inscrivant plus largement dans la trajectoire de sa famille : ses grands-parents, républicains espagnols exilés en République dominicaine puis au Venezuela, et en Colombie ; et son père, militant maoïste qui entraïna sa famille dans la Chine de la Révolution culturelle. 


Juan Gabriel Vásquez, Une rétrospective. Trad. de l’espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon. Seuil, 464 p., 23 €


Écrit par Florence Olivier

« Être colombien est un acte de foi. » Qui n’a entendu cette réplique d’un personnage de Borges dans la bouche de tel ou tel intellectuel colombien ? Détournée de son sens premier – la mise à nu de tout sentiment national –, elle résume, non sans une salutaire dérision, la déception voire le désarroi du discoureur face à la persistance de la violence politico-militaire ou de celle du narcotrafic dans l’histoire colombienne. Si Juan Gabriel Vásquez ne reprend pas ce lieu commun, il tient à rappeler que, né en 1973, il n’a jamais connu de période de paix dans son pays. Ferme partisan de l’application des accords de paix de 2016, âprement négociés entre le gouvernement et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), l’écrivain entend apporter dans Une rétrospective des éclairages aussi crus que nuancés sur divers pans de ce passé toujours brûlant. Hanté par les métamorphoses de la violence politique qu’a connue la Colombie depuis le XIXe siècle, Juan Gabriel Vásquez renchérit dans ce dernier roman sur plusieurs de ses paris coutumiers : narrer l’incidence de l’histoire sur les vies privées des citoyens ; manier la relation entre père et fils comme métaphore du conflit historique ; mener son récit à la manière d’une enquête mémorielle ; façonner une fine marqueterie entre fiction et faits réels recueillis auprès de témoins. Le tout avec un talent de conteur qui tient son lecteur en haleine.

Une rétrospective de Juan Gabriel Vásquez : vie de Sergio Cabrera

Éditions Alfaguara

Une rétrospective, titre qui transpose éloquemment celui de la version originale – Volver la vista atrás est un vers d’Antonio Machado –, se veut une fiction fondée uniquement sur des faits réels, survenus dans la vie du cinéaste colombien Sergio Cabrera. À l’exacte façon du Limonov d’Emmanuel Carrère ? On suivra plutôt Juan Gabriel Vásquez, qui, dans une « Note de l’auteur », précise l’acception qu’il retient ici du verbe « feindre » : « Modeler, concevoir, donner forme à quelque chose ; a) pour désigner des objets physiques tels que des sculptures et objets similaires, tailler. »

C’est, en effet, dans la surabondance des péripéties d’une vie exceptionnelle qu’il lui aura fallu tailler son récit. Inséparable de l’histoire de sa famille, l’expérience de Sergio Cabrera est non moins inséparable de l’histoire colombienne et de celle, internationale, de la gauche révolutionnaire. Une geste tumultueuse et tout à la fois une vie picaresque dont les souvenirs, longtemps tus, occultés ou perçus de biais par celui-là même qui aura vécu ces événements, s’assemblent enfin pour trouver un sens. L’intime réconciliation du cinéaste avec son passé, et donc avec sa capacité de créer et d’aimer au présent, met en anamorphose celle qui pourrait advenir dans l’histoire colombienne et que l’auteur, tout comme le personnage de Sergio Cabrera, appelle ardemment de ses vœux.

Passé et présent du cinéaste se percutent violemment en 2016 tandis qu’à la Cinémathèque de Barcelone se déroule une rétrospective de l’œuvre de Sergio Cabrera. L’application des accords de paix vient d’être rejetée, lors d’un référendum, par une courte majorité de citoyens colombiens. Le cinéaste traverse une grave crise existentielle : en manque d’inspiration, en butte aux reproches de ses producteurs, il vit en Colombie tandis que sa dernière femme, portugaise, s’est réinstallée au Portugal, y emmenant leur fille de cinq ans. Lorsqu’à Lisbonne, sur le chemin de Barcelone, Sergio apprend la mort de son père, il décide, sans plus d’explications, de ne pas rentrer à Bogota pour assister aux obsèques de Fausto Cabrera. Dès cet instant, la rétrospective de son œuvre cinématographique se double d’une rétrospective intime qui, à travers les souvenirs du père, ramène Sergio à ceux de sa propre vie. Tel est le principe temporel que suit le récit d’Une rétrospective. Crise du personnage et crise nationale coïncident dans le temps, et il n’échappera à nul lecteur que le roman de Juan Gabriel Vásquez sonde le passé du premier pour rouvrir puis panser les plaies d’un pays qui les a laissées à vif.

Une rétrospective de Juan Gabriel Vásquez : vie de Sergio Cabrera

Affiche de « La stratégie de l’escargot » de Sergio Cabrera (1993)

Si le suspense de l’enquête mémorielle que le romancier manie en virtuose dans Le bruit des choses qui tombent (2012) est moindre dans cette chronique biographique, l’habile effet d’aller-retour entre présent et passé y supplée. Les lieux que traverse ou qu’aura habités Sergio Cabrera – mais aussi son père, Fausto, son grand-oncle, Felipe, son grand-père, Domingo, sa mère, Luz Elena, sa sœur, Marianella – ne jouent pas un rôle mineur dans l’afflux et l’ajustement de ses souvenirs sous un nouveau jour. Comme souvent chez Juan Gabriel Vásquez, une cartographie mémorielle surgit de la forme d’une ville ou d’une région, voire de celle d’un pays tout entier, car tout lieu, hanté, est lieu de mémoire.

Les trois longues parties de ce roman biographique embrassent l’histoire de trois générations de Cabrera, depuis les années qui ont précédé la guerre civile espagnole jusqu’en cette année 2016 où Barcelone accueille et célèbre le cinéma de Sergio Cabrera. C’est cette même ville qu’avaient dû fuir, peu avant qu’elle ne tombât aux mains des troupes franquistes, les républicains Felipe, officier et combattant héroïque de l’armée de l’air catalane, son beau-frère et garde du corps Domingo, les deux fils de ce dernier, Fausto et son frère Mauro. De cette histoire de lutte, de défaite et d’exil, nul membre de la famille, descendants y compris, ne pourra se dépêtrer avant bien longtemps. Les Cabrera exilés vivront une vie picaresque dans la République dominicaine du dictateur Trujillo, puis au Venezuela, enfin en Colombie, où ils se fixeront.

La vocation d’acteur du jeune Fausto – née de l’indéfectible alliance entre les idéaux de la République espagnole, côté communiste, et l’amour de la poésie que cultive sa famille – fera de lui une indispensable figure d’avant-garde dans les milieux du théâtre puis du théâtre télévisé en Colombie. C’est cet homme, fantasque et dogmatique, enjôleur et autoritaire, qui, convaincu d’œuvrer pour le bien de tous, façonnera les destins de ses enfants, Sergio et Marianella, qu’il ralliera à la cause de la révolution internationale à l’heure du maoïsme. Lui-même n’était-il pas fasciné, donc façonné, par l’image héroïque de son oncle Felipe ? Voici donc, illustrée à la perfection, l’une des approches de l’histoire que privilégie le romancier Juan Gabriel Vásquez : l’entrelacs indémêlable entre histoire individuelle et histoire collective. L’expérience de vie de Sergio Cabrera aura été modelée par celles de son père, de son grand-oncle, de son grand-père ; elle trouve son origine et sa couleur dans l’idéologie de la gauche internationale des années 1930 et dans la culture républicaine espagnole où art et politique se fondaient l’un dans l’autre. Et quelle expérience !

C’est dans la Chine de la Révolution culturelle, où Fausto a été recruté en tant qu’expert par l’Institut des langues étrangères de Pékin, que Sergio et sa sœur se formeront dans leur adolescence. De l’implacable solidité de cette formation font foi nombre de documents éloquents dans la deuxième partie et jusque dans l’épilogue du roman : des photographies, des extraits du journal de Marianella écrit en chinois ou des passages d’une fort longue lettre du père qui tient lieu de bréviaire ou de manuel de survie pour ses enfants restés seuls en Chine. Au lecteur de juger sur pièces. Portés par l’enthousiasme paternel pour le régime de la Chine populaire, endoctrinés, Sergio et Marianella ne cessent de solliciter de nouvelles tâches militantes : travail dans une commune à la campagne puis en usine, engagement dans des groupes de Gardes rouges, enfin, ultime privilège, entraînement militaire. C’est qu’ils doivent parfaire leur formation avant de rejoindre leurs parents, repartis sans eux en Colombie, pour s’engager à leur tour dans la lutte de la guérilla maoïste.

Une rétrospective de Juan Gabriel Vásquez : vie de Sergio Cabrera

Le récit de cette dernière période de leur jeunesse fait la matière de la troisième partie du roman. Et il serait bien court de dire que c’est celui d’un désenchantement. L’absurdité, l’égarement au sens propre comme au sens figuré, la folie, la violence meurtrière, y sont associés à la guérilla tout comme à la forêt tropicale où évoluent les troupes. On y lit un juste hommage à la tradition latino-américaine du roman de la selva, dont La Voragine (1924) du Colombien José Eustasio Rivera est l’une des illustrations magnifiques. Aliénés, les jeunes gens et leurs parents parviendront, au terme de rudes péripéties, à quitter la guérilla colombienne sans abjurer la cause maoïste. Sergio, Fausto et Luz Elena repartiront en Chine populaire.

Une rétrospective peut être lu comme un roman de (dé-)formation conté à rebours mais aussi comme un roman d’artiste. Car, au récit de l’initiation politique et militaire de Sergio Cabrera, se mêle celui de son précoce apprentissage artistique d’acteur puis de photographe aux côtés de son talentueux père. Plus tard, le jeune militant maoïste vole des instants à ses devoirs de révolutionnaire pour voir des films dès qu’il en trouve l’occasion. Tout comme Fausto avait su braver les obstacles de sa condition d’exilé pour devenir acteur, Sergio saura trouver dans sa vocation de cinéaste la force d’échapper à l’emprise de ce père tant aimé et tant admiré. Loyal, il fera jouer Fausto dans la plupart de ses films. Les chapitres consacrés à la rétrospective barcelonaise de 2016 revisitent avec acuité l’œuvre du cinéaste, politique et parodique tout à la fois. Où l’on voit qu’Une rétrospective propose une vision de l’engagement artistique qui, précisément, permettrait de libérer l’art de l’emprise de l’idéologie ou, mieux encore, d’user du premier comme d’un antidote contre la seconde.

L’épilogue du roman fait coïncider avec la rétrospective cinématographique de Barcelone l’ultime émancipation de Sergio Cabrera, tourné non plus vers le passé mais vers l’avenir, non plus vers son seul père défunt mais aussi vers son fils de dix-huit ans. À ce dernier, il aura transmis son histoire, enfin revue jusque dans ses recoins les plus sombres, ainsi que celle, inoubliable, de Fausto et de la famille Cabrera. L’art d’hériter sans soumission et l’art de transmettre, tels sont les épineux défis que relèvent et le personnage de Sergio Cabrera et le romancier Juan Gabriel Vásquez. Car on ne verra nul hasard dans le prix biennal de roman Vargas Llosa qu’a reçu, en 2021, Une rétrospective. Parmi les maîtres latino-américains de l’écrivain se côtoient en effet, réconciliés par leur libre héritier malgré leurs différends idéologiques, le Péruvien Mario Vargas Llosa et le Colombien Gabriel García Márquez. Négociateur hors pair, Juan Gabriel Vásquez sait confronter sans ciller les versions en conflit du passé politique et littéraire colombien, latino-américain, mondial. Être romancier est un acte de foi.

 

[Source : http://www.en-attendant-nadeau.fr]

Plongeons dans la poésie de Georg Trakl, poète maudit du XXe siècle, traduit par le Vaudois Gustave Roud et republié aux Editions Allia

Écrit par Julien Burri

La fenêtre ouverte, j’aime prendre chaque soir, un instant, la mesure de la nuit. La respirer. Il est des poètes qui sont parvenus à parler merveilleusement de la nuit, des voyants qui ont su en sonder la démesure. Georg Trakl est de ceux-là. L’Autrichien est mort très jeune (il naît à Salzbourg en 1887, meurt à Cracovie en 1914). Enrôlé comme membre du personnel sanitaire, il connaît l’horreur de la Première Guerre mondiale. Après la bataille de Grodek, en Pologne, il reste durant deux jours seul dans une grange avec 90 blessés, sans pouvoir les soigner, obligé d’entendre les cris de douleur de malheureux suppliant qu’on les achève. On ne sort pas indemne de cette nuit-là. Trakl devient fou et tente de se suicider. Interné dans un asile, il fuit dans les drogues, jusqu’à sa mort par overdose de cocaïne, tout en écrivant des pages qui font de lui un des plus grands auteurs du XXe siècle.

Ces poèmes sont de ténèbres et d’or. Le Vaudois Gustave Roud en a admirablement traduit un choix dès la fin des années 1940, pour les faire connaître en français. Loin de paraître datées, ces traductions sont toujours d’une grande beauté en 2022: les Editions Allia viennent de les republier, dans un petit volume noir (sous le titre Hélian et autres poèmes, dans une édition établie par la Lausannoise Raphaëlle Lacord).

Trouée d’étoiles

Comment est-elle, la nuit de Trakl? Trouée d’étoiles et d’illuminations. Hantée par la présence d’une sœur-amante trop aimée. Par la visite silencieuse de morts et de disparus («L’esprit du jeune mort apparut sans bruit dans la chambre»). Par l’obsession de la faute et du péché, d’une malédiction qui noircit les humains sur les générations passées et à venir. Tout semble déjà condamné depuis longtemps, la vie paraît perdue, mais, au cœur de la nuit, ressuscite parfois par brefs éclats le souvenir d’un paradis perdu, tendre, harmonieux, d’avant la faute.

Après avoir lu Trakl, on ne regarde plus la nuit de la même manière. Je referme la fenêtre, j’ouvre Hélian et autres poèmes: «Mais tu marches à pas légers dans la nuit/Suspendue et pleine de raisins pourpres,/Et tes bras sont plus beaux qui bougent dans le bleu.» Les textes de Trakl sont des viatiques pour traverser les ténèbres.

 

 

[Illustration : Hector de la Valllée – source : http://www.letemps.ch]

Una edición de la ‘Odisea’ traducida del inglés en la que Homero convive con Margaret Atwood y Nick Cave demuestra la vitalidad de los clásicos, pero abre el debate sobre los límites de la divulgación

ALBERT MONTEYS

El dilema de las redes, el documental de Jeff Orlowski estrenado por Netflix el mes pasado, contiene una tonelada de preocupantes testimonios de ex altos cargos de compañías como ­Google o Facebook, pero también la acartonada recreación de la vida diaria de una familia estadounidense. En ese relato paralelo, la actriz Kara Hayward (Moonrise Kingdom, Paterson) interpreta a la hija mayor, que, siempre con un libro en las manos, advierte de la adicción a la tecnología de su hermano menor. El personaje de Hayward se llama, por supuesto, Casandra, como la hija de Príamo, rey de Troya, que profetiza la destrucción de la ciudad sin que nadie la crea.

Las voces de los clásicos grecolatinos desaparecen de los planes de estudio al tiempo que sus ecos se vuelven omnipresentes en los ámbitos más inesperados. En el mismo año en que ganan el Premio Nobel la autora de un poemario como El triunfo de Aquiles (Louise Glück) y el Princesa de Asturias otra poeta que se presenta como “profesora de griego” (Anne Carson), el ensayo más vendido en España es El infinito en un junco (Siruela), una historia sobre la invención de los libros en el mundo antiguo firmada por Irene Vallejo. Mientras, la catedrática de Cambridge experta en la Antigüedad Mary Beard se convierte en fenómeno de masas en Twitter (280.000 seguidores) y Jorge Javier Vázquez —filólogo de formación y “cansado de que todo el mundo considere frívola su labor en televisión”— continúa de gira con Desmontando a Séneca, un espectáculo teatral a partir de un célebre apólogo del filósofo hispanorromano: De la brevedad de la vida.

El mundo editorial vive también su propio renacimiento. “Nunca se ha editado tanto y tan bien a los clásicos”, subraya Carlos García Gual, miembro de la RAE, traductor de Homero e impulsor de la Biblioteca Clásica Gredos, que nació en 1977 para desarrollar una labor que en Europa llevaba 100 años en marcha: publicar el corpus grecolatino completo. A los autores populares y a los que no lo son. Ahí está todo Platón, pero también Elio Aristides o, con sus 20 tomos, Plutarco, “un autor apenas leído hoy, pero muy popular en el siglo XIX”. García Gual acaba de publicar Voces de largos ecos (Ariel), una recopilación de prólogos entre los que destaca el dedicado a los escritos científicos de Aristóteles, cuya influencia fue más allá de las humanidades.

El ataque de los letrigones. Ilustración de Calpurnio para la edición de la ‘Odisea’, publicada por Blackie Books

“Hasta el siglo XV”, explica el profesor Gual, “la ciencia era la ciencia griega, Plinio, Euclides, Aristóteles… Luego llegan los microscopios y todo cambia porque es un campo que caduca antes que la filosofía o la literatura”. Aun así, junto a errores clamorosos —como defender la superioridad del macho sobre la hembra o de la derecha sobre la izquierda—, en el haber del pensador hay que anotar el descubrimiento del carácter mamífero de los cetáceos o la descripción del estómago de los rumiantes y de la cópula de los cefalópodos, “una particularidad singular que no fue redescubierta hasta el siglo XIX”.

Más allá de colecciones canónicas y exhaustivas como la de Gredos o la Alma Mater del CSIC, García Gual destaca otro signo de vitalidad de un mundo que nunca caduca: “Los quioscos están llenos de libros sobre mitos y hay excelentes ediciones de bolsillo y nuevas traducciones”. En efecto, a sellos como Alianza, Cátedra o Akal se les podrían añadir las apuestas de otros, especializados o generalistas, como Guillermo Escolar, Mármara, Koan, Rhemata, Rinoceronte o Errata Naturae.

A ellos se acaba de sumar Blackie Books, que estrena su colección Clásicos Liberados con una Odisea que ya en la preventa, antes de su salida, colocó 5.000 ejemplares en las librerías. El Génesis, el QuijoteGargantúa y Pantagruel y la Ilíada esperan su turno. Ilustrada por Calpurnio, la Odisea de Blackie se completa con las recreaciones y subversiones del argumento clásico en una novela corta de Margaret Atwood, un poema de Dorothy Parker, una fábula de Augusto Monterroso y sendas canciones de Nick Cave y Javier Krahe. De James Joyce a Derek Walcott, la historia de la literatura está tan llena de odiseas que la original ya no es un libro sino una biblioteca. El volumen lleva además un curioso repertorio de notas que explican quién era Méntor (maestro de Telémaco) antes de convertirse en nombre común, en qué momento comienza la acción de la obra (el 8 de marzo de 1178 antes de Cristo, según resulta de aplicar el canon de eclipses de la NASA al que se describe en el canto XX) o cuántas personas se llaman Ulises en España (2.274 según el INE; ninguna usa el nombre griego del protagonista: Odiseo).

Mujer joven con tableta y estilete, conocida como Safo, en fresco pompeyano. ALAMY

La edición, no obstante, tiene una particularidad que sus responsables saben potencialmente polémica: la traducción, a cargo de Miguel Temprano, no se ha hecho del original griego, sino de la versión que Samuel Butler publicó en 1900, “la mejor” de entre las inglesas según Borges. La obra de Homero, dice la nota editorial, “fue escrita en hexámetros, para ser recitada en público, con acompañamiento musical, a la manera quizá del rap actual… Es decir, tan lejos de nuestros referentes culturales que, para hacérnosla llegar con eficacia, la cuestión del idioma es probablemente el menor de los problemas”. Jan Martí, fundador de Blackie Books, amplía esas razones: “Queríamos que fluyera como una novela. Más que arriesgada, fue una decisión desprejuiciada”.

Para Alberto Manguel, autor del ensayo El legado de Homero (Debate), todo depende de qué entendamos por traducción: “Puede significar una versión académica inspirada y lo más fiel posible al original. En ese caso, el traductor tiene que conocer a la perfección el griego antiguo, porque tendrá que resolver complejos problemas filológicos, históricos y culturales. También deberá considerar —como dice el editor de Blackie Books— el hecho de que el texto homérico mejor preservado es solo una parte del conjunto de la obra de Homero”. Esa es, recuerda Manguel, la teoría de la helenista Florence Dupont, entre otros investigadores, que considera lo que llamamos texto homérico como “equivalente al libreto de una ópera”, es decir, un fragmento de la obra original, sin la música, los gestos y el ritual que acompañaban a las palabras en la Grecia antigua. “Si por traducción entendemos, como quería Borges, un borrador más del texto original, entonces una traducción de la traducción de Butler es perfectamente válida”. Irene Vallejo celebra el gusto filológico por acudir a la fuente original, pero admite que una versión indirecta —“y esta es muy literaria, ágil”— puede ser una buena introducción para cualquier lector. “En el fondo no existe una versión pura. Los clásicos tienen tantas adherencias de todas las épocas que al final son un magma del que forman parte todas las lecturas que se han hecho de ellos”.

Carlos García Gual es más reticente. Y más rotundo: “No me parece buena idea. Butler en sí ya es antiguo”. Aurora Luque, poeta y traductora, añade un matiz en la misma línea: “Vivimos una fascinación por lo anglosajón, pero en castellano tenemos grandes traducciones del griego. Aunque claro que podemos saborear una retraducción. Lo importante es saber que estamos leyendo a Butler, no a Homero. Lo mismo pasa con Anne Carson y Safo”. La autora de libros como Gavieras y La siesta de Epicuro (ambos en Visor) se refiere al volumen trilingüe Si no, el invierno (Vaso Roto), que acaba de llegar a las librerías con los versos griegos de la poeta de Lesbos, la versión inglesa de la canadiense y su propia traducción al castellano del trabajo de esta.

Penélope. Ilustración de Calpurnio para ‘La versión de Penélope’, de Margaret Atwood, incluida en la edición de la ‘Odisea’, publicada por Blackie Books

Además de la bendición borgiana y de la fluidez narrativa de la versión de Butler, hay otro elemento detrás de la “herejía” —el término es de los editores— de traducir la Odisea del inglés. Tres años antes de verterla a su lengua, el autor británico publicó un ensayo en el que sostiene que la obra literaria más influyente de la historia fue escrita por una mujer y no por el supuesto bardo ciego, que, esta vez sí, habría escrito la belicosa Ilíada.

La apertura de miras tiene, no obstante, sus límites. La teoría de Butler, clérigo de formación, se fija menos en el papel activo de Calipso, Circe o Penélope que en supuestos errores que, según él, “podía cometer fácilmente una mujer, pero nunca un hombre”. Entre otros, pensar que un barco puede tener un timón en cada extremo (canto IX) o que un halcón puede desgarrar a su presa en pleno vuelo (canto XV). Alberto Manguel subraya que los especialistas desdeñaron por estrafalarias las teorías de Butler, pero le reconoce un mérito decisivo: inauguró la particular relación que la literatura del siglo XX ha tenido con los clásicos. Ya no son una cima inalcanzable sino una llanura que puede ser “transitada, habitada, reorganizada, recreada y reescrita”.

Eso es lo que hizo en 1983 la alemana Christa Wolf en Casandra y lo que, en 2005, hizo también Margaret Atwood en La versión de Penélope (The Penelopiad), que imagina la vuelta de Ulises desde el punto de vista de su esposa y de las 12 criadas que terminan ahorcadas por supuesta traición. Amigo de la escritora canadiense, con la que comparte nacionalidad, Manguel subraya en ese episodio los ecos de las violaciones masivas a mujeres en Bosnia, Ruanda o Darfur, pero expresa sus reparos desde el punto de vista literario: “Confieso que no me parece su libro más logrado. En su esfuerzo por dar vida a las casi invisibles y sacrificadas criadas de Penélope, y apuntar al desequilibrio de género en la Grecia de Homero, algo de la gran habilidad narrativa de Atwood se pierde. Y uno lee el texto menos como una recreación iluminada del poema que como un encendido panfleto que usa ese episodio de la Odisea tan solo como punto de partida”.

El caballo de Troya. Ilustración de Calpurnio para la edición de la ‘Odisea’, publicada por Blackie Books

En 2018 la británica Pat Barker dio voz a la esclava Briseida para narrar desde su punto de vista el argumento de la Ilíada en El silencio de las mujeres (Siruela). Ese mismo año la BBC y Netflix estrenaron la serie Troya: la caída de una ciudad, que desató la polémica porque los papeles de Aquiles y Zeus recayeron en dos actores negros: David Gyasi (Interstellar) y Hakeem Kae-Kazim (Hotel Rwanda). Irene Vallejo, que recomienda vivamente la novela de Barker, explica que todas las épocas han leído a los clásicos desde sus propios debates: “El Romanticismo y el nacionalismo del siglo XIX reivindicaron a Homero como depositario del genio colectivo de un pueblo frente a Virgilio, autor individual de la Eneida. También nosotros leemos nuestro tiempo a través de símbolos que vienen de antiguo. Lo hicieron los propios griegos. Eurípides, por ejemplo, le enmienda la plana a Homero diciendo que Helena no estuvo en Troya. Para ellos todo eran versiones, historias que circulaban y circulaban. No había un libro sagrado”.

Aurora Luque abunda en la misma idea: “El siglo XIX hizo una lectura de Safo descafeinada, misógina, pero los actuales estudios de género no se inventan nada, más bien enriquecen y aclaran aspectos que estaban en las obras y nadie había sabido ver”. Ella, de hecho, anda embarcada ahora en la traducción de Las suplicantes, una pieza de Esquilo que recoge la historia de un coro de mujeres —las danaides— que piden asilo en Argos porque se niegan a casarse obligatoriamente en Egipto. “Durante siglos”, explica Luque, “se tuvo por una obra menor. ¿Por qué? Porque no se entendía ni el asilo político ni el rechazo al matrimonio”.

Para Vallejo, los clásicos “lo son porque se adaptan a las pulsiones de cada época. Si no, habrían desaparecido”. Por eso lamenta que el interés popular por el imaginario grecolatino contraste con el desdén educativo hacia el latín y el griego. “Se trata de una profecía de autocumplimiento”, afirma. “Empiezas diciendo que son estudios sin salida profesional, luego pones trabas para que los alumnos los elijan, los mejores expedientes se van a otras carreras y los que quedan no encuentran salida”. La autora de El infinito en un junco subraya el rédito cultural que procuran los clásicos, pero no olvida su potencial económico. Y lo resume en un nombre: Christopher Vogler. Analista de guiones, Vogler descubrió la admiración que cineastas como George Lucas, Steven Spielberg o Francis Ford Coppola profesan a los ensayos sobre mitología de Joseph Campbell y a su estudio de los patrones que se repiten en todos los relatos heroicos. Por eso adaptó a la escritura cinematográfica los análisis del erudito neoyorquino en El viaje del escritor (Ma Non Troppo), pronto convertido en superventas mundial y en “uno de los manuales de uso corriente en Hollywood”. La distancia entre la guerra de Troya y La guerra de las galaxias es más corta de lo que parece.

 

Odisea. Homero. Traducción de Miguel Temprano de la versión inglesa de Samuel Butler. Blackie Books

Si no, el invierno. Fragmentos de Safo. Anne Carson. Traducción de Aurora Luque. Vaso Roto

Economía de lo que no se pierde. Leyendo a Simónides de Ceos con Paul Celan. Anne Carson. Traducción de Jeannette L. Clariond. Vaso Roto

Praderas. Louise Glück. Traducción de Andrés Catalán. Pre-Textos

El silencio de las mujeres. Pat Barker. Traducción de Carlos Jiménez Arribas. Siruela

Voces de largos ecos. Carlos García Gual. Ariel

Fidelidad a Grecia. Emilio Lledó. Taurus

Una Odisea. Un padre, un hijo, una epopeya. Daniel Mendelsohn. Traducción de Ramón Buenaventura. Seix Barral

El viaje del escritor. Christopher Vogler. Traducción de Jorge Conde. Ma Non Troppo

 

[Fuente: http://www.elpais.com]

A partir de numerosas anécdotas y personajes históricos, la autora de este ensayo cae en cuenta que los puños no son tan importantes en el cuadrilátero como parecen. Mayor peso tienen la palabra y la narrativa, no solo al apreciar la grandeza o miseria de las peleas, sino porque el lenguaje de este deporte es parte de nuestra vida cotidiana.

Escrito por Marina Porcelli

Nació en 1911, en Mazatlán, a los 16 años eran tantos los antecedentes, que de casualidad fue a parar a un gimnasio. Dicen que en la calle era un demonio, que seguido iba preso por pelearse en las cantinas y en los cabarets, contra cualquiera “que lo haya mirado mal”. Bar al que llegaba, bar que se convertía, dicen, en un campo de batalla. José Alejandro Petre Conde debutó en la Arena Nacional en 1932, según cuenta ese libro extraordinario sobre la historia del box en México: Pasión por los guantes, de Marco A. Maldonado y Rubén A. Zamora (1999). Dicen que después de esa primera función se dividieron las aguas: hubo bandos procondistas, y bandos anticondistas. Que Conde, tan pendenciero en cualquier galpón, era una figura sin chiste cuando subía al cuadrilátero. Que se esmeraba en el ring, cierto, pero con un esfuerzo improductivo, que parecía huir del contrincante, que perdía fuerza y aplomo, ganas de estar ahí. Cosa distinta a cuando se bajaba: nomás pisaba la calle, entraba derecho a la lucha tupida. Conde conquistó el campeonato nacional peso pluma en 1933 y le llovieron reproches. Le decían “el inventor de bicicletas”, por su intención de fugarse en cada pelea, mientras otros opinaban que era una demostración de cautela, de astucia, de inteligencia. Francamente, nunca se supo. Cuál de sus caras, o si las dos a la vez, eran su verdadera personalidad.


Jueces que discrepan, aficionados que cuentan la pelea como un encuentro formidable, y otros, como una vuelta aburridísima, leyendas de boxeadores que nunca ganan, perdedores heroicos. El caso es que el boxeo es un deporte de apreciación. O por lo menos así me comenta Federico Devesa, en su gimnasio, en Buenos Aires, en 2018. Devesa, que además es egresado de administración de empresas, fue campeón sudamericano y tuvo su período de actividad entre 2002 y 2014. La palabra articula resultados y definiciones. O estrategias de prensa. Hay otro pasaje, en este libro de Maldonado y Zamora, en el que luego de un debate en un periódico sobre cómo estuvo el encuentro, uno de los reporteros se pregunta: “¿El señor ha ido al Municipal Auditórium a ver la pelea, o solo se la habrán contado por teléfono?” Y escribe José Sulaimán, en el prólogo justamente sobre la historia de este deporte: “Si el boxeo no existiese, la televisión lo inventaría”.

Así, no deja de ser curioso que la narrativa sea clave de una de las disciplinas en las que el cuerpo es rotundamente explícito, enfatizado —y lo que sigue es una cita clásica de Joyce Carol Oates, al comienzo de On boxing (1987), cuando dice que el boxeador, como el bailarín, no usa su cuerpo sino que “el boxeador ‘es’ su cuerpo y está totalmente identificado con él”. Entonces esto parece una obviedad: la narrativa construye nuestra apreciación del box, y nuestra apreciación del box es todo lo que tenemos a la hora de mirar una pelea. Claro que sucede con otros deportes, también. Juan José Becerra, en una entrevista radial sobre cómo era escribir sobre fútbol (Era por abajo, 2021), reparó que, de alguna manera, “cada uno ve su propio partido”. A eso voy. Pero en el boxeo, pienso, los relatos se acentúan.

Un artículo del 13 de julio de 1921 registra la primera transmisión de boxeo por una radio mexicana. Ahí se relata que el público se ha quedado de pie, ante las puertas de El Universal, para escuchar “mediante unos altavoces colocados en cada una de las esquinas del edificio” la pelea de pesos pesados en Estados Unidos: Jack Dempsey contra George Carpentier. Al locutor le llegaba la transmisión justamente desde Estados Unidos, y la repetía en español sobre las bocinas, vale decir, el relato del encuentro se construía sobre una suerte de encadenamiento: el relato de allá se replicaba acá y cuando la gente la escuchaba acá, lo comentaba en la calle. Y el artículo del diario termina declarando: “Por primera vez en la historia del periodismo mexicano [se tuvo la] información precisa y directa de lo que sucedía en el ring instantes después de pasar”.

Hay, por supuesto, situaciones más inmediatas. Pensemos en las declaraciones de los boxeadores durante los promocionales, en el nivel mediático de la pelea, el espectáculo, el show. O en las huellas que, según señaló Jorge Lera, en Eso no estaba en mi libro de la historia del boxeo (2021), el boxeo deja en el lenguaje cotidiano. Giros tan omnipresentes —nos recuerda Lera— como “levantar la guardia”; “estar contra las cuerdas”; “tirar la toalla”; “que te salve la campana”; “recibir un golpe bajo” o “gancho al hígado”.

Pero quizá lo paradójico reside en que esta práctica deportiva hace presente el cuerpo en una dimensión a la que la narrativa nunca llega. A cómo se narra un sueño, a eso me refiero concretamente, o a la música, o a un orgasmo. O al dolor. La complejidad y la subjetividad que implica narrarlos. Porque es el propio cuerpo, dice Frantz Fanon (y esta frase yo se la leí a Alejandro de Oto), el que te obliga a una interrogación constante: el que hace que nos preguntemos quiénes somos. En esta relación entre cuerpo y palabra que el boxeo —uno de los deportes más populares de México, y el que, después de los clavados, ha dado más medallistas olímpicos—, va construyendo su historia.

Voces sobre el cuerpo que boxea

Maldonado y Zamora dan como fecha de origen 1893, cuando lo empezaron a practicar varones de clase alta, con intenciones de imitar las modas europeas. Resultaba útil, decían, para dirimir cuestiones de honor. A fines del porfiriato, y en Ciudad de México, se crea una serie de clubs, gimnasios y academias, lugares de entrenamiento, como el Club Olímpico, la Academia Metropolitana o el Colegio Militar. Otra narrativa de origen lo ubica en Tampico, como deporte que traen y practican los marineros ingleses en los tugurios del puerto. Y muchos críticos señalan que también se adopta el boxeo entre las filas del ejército de Álvaro Obregón, para instrucción militar.

Pronto este deporte crece y cambia: sucede una oscilación, se vuelve regular en las clases populares, y construye otro tipo de relato. El género del boxeo es la biografía, pienso. La posibilidad, para voces que nunca son escuchadas, de contar una historia. Se supone, de hecho, que las primeras memorias de un deportista moderno se publican en Inglaterra en 1816, y son, justamente, las Memorias de Daniel Mendoza (The Memoirs of the Life of Daniel Mendoza), las peleas sistemáticas en la calle, a nudillo pelado (bare knuckle).

Además de los títulos clásicos —pienso en los libros de Norman Mailer y en las muchas biografías sobre Alí, pienso también en Yo soy el boxeo (1981), el libro de Kid Chocolate, el púgil cubano de comienzo del siglo xx, o en el de la vida novelada de Panamá Al Brown, de Eduardo Arroyo, y en ese volumen de Ezequiel Fernández Moores sobre la figura de Ringo Bonavena, el peso pesado argentino, que construye su propio show, y termina enfrentándose a Alí en el Madison Square Garden en 1970—, pienso que la mayoría de estos libros son relatos de vida. La literatura sobre la disciplina en México se arraiga principalmente en crónicas deportivas, en los escritos de José Ramón Garmabella, y en la reedición en el país de los cuatro tomos compilados en Cuba, A puño limpio, que reúnen veinte autores variados, desde Nat Fleischer y sus crónicas sobre la fundación de The ring, hasta la poesía sobre el tema de Nicolás Guillén. A esta lista se suman, claro, las Memorias del Gran Púas de Ricardo Garibay, y Golpe a Golpe de Mauricio Mejía (retratos publicados por Proceso). Gran parte de estos libros recuperan la tradición inglesa, los cuentos de Jack London, las historias de Conan Doyle y las de Hammet.

Sin embargo, a pesar de la lista —y, sobre todo, si la comparamos con la producción caudalosa sobre fútbol— la bibliografía sobre boxeo no es abundante. Con excepción de algunos sectores casi de culto, y especializados del periodismo deportivo, es una disciplina sobre la que se ha reflexionado poco. Y vale preguntarse por qué esta resistencia de las academias, de las escrituras, a pensar el boxeo, a hablar tan frontalmente del cuerpo, de ese lugar tan huidizo y tan real a la vez, y feliz y dramático.

Una excepción brillante son los trabajos de Hortensia Moreno sobre boxeadoras. Sabemos que el boxeo femenil fue prohibido por decreto presidencial, acá en México, el 5 de diciembre de 1946. Que Laura Serrano, al interponer una demanda, consigue hacer la primera pelea en 1999. En Género, nacionalismo y boxeo, Hortensia Moreno propone que la mera presencia de las mujeres en los deportes cuestiona y reconstruye las maneras en que se representa el cuerpo humano para retratar la nación. Así, lo que hacen las boxeadoras es centralmente romper con los supuestos, con lo esperado, con lo que dictamina el imaginario para ellas. Y en la paráfrasis de Chatherine Mackinnon, teórica estadounidense: “El desafío de una boxeadora, de cualquier deportista, entraña en poseer una fisicalidad propia que le permita tener una relación con su cuerpo y con la violencia, en este caso regulada, diferente a los que la sociedad le permite tener a una mujer”.

Ilustración: Guillermo Préstegui

La palabra como réferi

Se cuenta (en el libro señalado arriba de Jorge Lera) que Conan Doyle recibió, en 1910, una propuesta insólita. Tex Richard, el promotor inglés, que en su historial tiene el haber organizado el campeonato mundial de pesos pesados entre Jack Jackson y Jim Jeffries, propuso a Arthur Conan Doyle, “por su prestigio y sus acreditados conocimientos”, como réferi de un encuentro que llevaba meses dilatándose. Los boxeadores aceptaron. Dicen que Conan Doyle dio el sí de inmediato, ilusionado, feliz por semejante reconocimiento, “pese a la oposición de amigos y familiares”. Y aunque finalmente la pelea no se hizo, porque Conan Doyle tenía otros compromisos y no pudo viajar para oficiar de árbitro, yo quiero dar cuenta de esa dimensión totalmente humana y existencial que construye el boxeo: en las declaraciones, Conan Doyle habla del honor que hicieron al elegirlo.

Ya dije que el libro de Maldonado y Zamora es extraordinario. Y lo digo por las historias que encierra, las narrativas que recopila, además de la semblanza de José Petre Conde. Está el caso, por ejemplo, de un boxeador que gana el título el día de su cumpleaños, y lo pierde después, también en su cumpleaños. Personajes que se golpean la cabeza con los micrófonos verticales que caen sobre el ring, y tienen hemorragias gravísimas, boxeadores que toman litros de café y lonchas de jamón para recuperar fuerzas en los break de un minuto, o la noche de un réferi armado, que se enoja, dispara sobre los jueces, lastima a alguien, llega la policía, se lo lleva preso, y después sigue la pelea. Siempre sigue, siempre continúa. Quién cuenta la historia y cómo se cuenta son marcas profundas de esta disciplina de apreciación. El primer nocaut documentado de la historia está en Homero. Reparemos, entonces, en todo lo que se sigue escribiendo y en todo lo que queda por escribir.

Marina Porcelli
Narradora, ensayista. Obtuvo el Premio Edmundo Valadés (2014) y el Premio Nacional de Ensayo Eduardo Mallea por su obra Nausicaa. Viaje al otro lado de la otredad.

 

[Ilustración: Guillermo Préstegui – fuente: http://www.nexos.com.mx]

Marcos Calveiro © Xerais

Escrito por Ana G. Liste

Hai tres meses que Marcos Calveiro (Vilagarcía, 1968) foi nomeado director de edicións da editorial Galaxia. Avogado, escritor e hostaleiro, agora suma editor ás súas profesións. Di que quixo ser escritor profesional e non lle saíu ben, tivo claro que non quería volver exercer como avogado e o de hostaleiro foi máis un accidente agradable e con antecedentes familiares. Con todo, esta nova andaina como editor non entra en conflito coa de escritor, aínda que de momento nin le escribe por pracer. Pero vén de comezar unha nova ′saga′, Curros & Holmes (Galaxia, 2022), e ten outros textos rematados na pandemia. Conversamos con el sobre o que está por vir desde seu despacho na sede da editorial en Vigo.

Que fai un director de edicións?

Pois ler orixinais, decidir cubertas, decidir textos de contras e axudar a todos os compañeiros e compañeiras no que podo. Fundamentalmente, son o primeiro filtro da editorial de todos os orixinais. Á parte, represento a Galaxia en todos os premios nos que está presente. E vén moitísimo traballo porque están coincidindo todos os premios xuntos un detrás doutro, ensaio, poesía e narrativa. Agora comezarei tamén a preparar –que xa me corresponde a min– o plan de edicións do ano que vén.

Marcos Calveiro (segundo pola esquerda) co xurado do Premio de Novela Manuel García Barros de 2022 © AELG

Por que aceptou a proposta?

Porque levo moitos anos sendo taberneiro e autónomo [ri]. Como comprenderás, chámate Galaxia para ser director de edicións e, xa que non me dá para vivir da escritura, deixo as tabernas e tirar cafés e cervexas e demais. Coincidiu que o día que mo comunicaron comecei coa COVID e estiven malo malo. Cando me reincorporei aquí dez días despois estaba destrozado e tardei mes e medio en recuperarme fisicamente.

Parece que haxa unha batalla interminable entre dedicarse ás artes e o prosaico de ter un soldo a fin de mes.

Son malos tempos para todos, para calquera traballador, e máis para os traballadores da cultura. E máis despois da pandemia. Pódense contar cos dedos dunha man a xente que neste país vive das artes única e exclusivamente, sexan música, literatura, audiovisual…

Porque dicir que un é de profesión escritor, non ten que supoñer que un vive diso; pero cando a profesión é editor si, non?

Evidentemente, si. Eu exercín de avogado moitos anos, logo deixeino. Logo me fixen escritor profesional e duroume dous anos porque escollín os anos da crise de 2008, cubrinme de gloria. E logo coa miña parella –que tamén quedara sen traballo– acabamos montando un bar. Ela é filla de taberneiros e eu son neto de taberneiros polas dúas bandas. Ao final era un mundo próximo, criámonos nas tabernas.

Chegou a comentar nas redes sociais que case non volve á literatura.

É que foi certo. Pasei case seis anos de seca. Recuperei a escrita en Curros & Holmes e outras novelas que escribín foi durante a pandemia. Entre os tres meses confinados e os oito que practicamente tivemos o bar pechado ou con horario reducido, recuperei moitas horas mortas na casa. Recoñezo que escribín moito durante a pandemia, ou escribía ou non sei que facía. Hai xente que se dedicou a cociñar e esgotar a fariña, outros fixeron pilates na casa ou se dedicaron á horta. Eu volvín ao que sabía, que era escribir. Pero publicada só está esta novela.

E esta historia de Curros & Holmes. No misterio d′O kapital xa a tiña previamente na cabeza?

É unha desas frikadas que teño desde hai anos na cabeza. A mítica viaxe de Curros a Londres, de oito meses ou un ano –os biógrafos discuten a data e algún incluso nega a súa existencia–, sempre me chamou a atención. Que faría Curros en Londres despois de fuxir das gadoupas do pai por unha mala relación ou buscando aventuras? Tampouco se exiliou por motivos políticos porque non coinciden as datas da represión polos seus artigos, isto parece que foi antes. Como son fan desas frikadas históricas galegas deses persoeiros un pouco cultos, pois cando foi o confinamento abrín un cartafol que teño alí no portátil de ideas e pinchei no arquivo de Curros. Comecei investigar, empecei a ler cuestións da época vitoriana inglesa e iso levoume a Sherlock, a Marx… É que son uns anos londinenses nos que hai un feixe de xente coñecida alí.

Roteiro arredor da novela ‘O xardineiro dos ingleses’, de Marcos Calveiro, organizado pola Deputación de Pontevedra en 2020 © O faiado da memoria

Desde o principio ía ser unha saga?

Si, a idea cando falei con Francisco Castro antes de incorporarme aquí era que fose unha saga. Sae fóra de colección e cun deseño específico, agardo que haxa máis. Agora tería que estar entregando unha segunda, pero o traballo como editor impídeme totalmente poñerme a escribir. Supoño que contra o final do ano, cando me libere dos premios, poderei volver escribir.

Porque mentres le por traballo é imposible escribir?

Si, non leo como ocio nin escribo. É imposible. Ademais, cheguei aquí –e faleino con Fran como director– co compromiso de responderlle a todo o mundo. E ata o de agora respondín a todos, xa aceptei un montón de novelas e xa rexeitei outro feixe de orixinais educadamente. Acuso recibo de todo e contesto a todo. Estiven na outra banda cando comecei e nada me horrorizaba máis que mandar un texto a unha editora e que nin se molesten en contestar.

Desde a posición do ata agora escritor, como pensa que quere actuar como editor?

A ver, hai un criterio obxectivo da calidade dos textos comezando pola calidade da lingua. Logo hai criterios subxectivos dos meus gustos persoais, pero evidentemente hai criterios persoais e eu o que quero é que se vendan os libros. Logo hai un criterio de Galaxia como institución que se teñen que publicar, somos –por así dicilo– o repositorio fundamental da cultura galega e hai cousas que tes que editar para que queden para as xeracións futuras. O difícil e casar todo iso, pero aí estou, comezando.

Pero ten a opción de apostar por libros que se saen da ′norma′?

Si. O ano que vén vou publicar catro ou cinco novelas de autores noveis. Algunhas chegáronme a min e outras busqueinas eu. Cando cheguei aquí o primeiro que fixen foi facerme unha listaxe de novas ilustradoras, para iso as redes sociais son fantásticas. Contactei con xente que vía que escribía ben e en galego nas súas redes, e ofrecinme a ler o que tiveran. Moita xente contestou, envioumo, e vouno publicar. Procurei polos finalistas do ‘Xuventude Crea’ dos últimos anos e contactei con algúns, hai xente facendo cousas moi interesantes e que curiosamente se están pasando ao castelán. Amazon é un inimigo potente.

Pola autoedición?

Si, hai moitos traducindo ao castelán a súa obra e autoeditando en Amazon.

Por que cre que se están a ′perder′ eses talentos para a cultura galega?

Pola nosa incapacidade de atopalos, seguramente. Estamos nuns tempos tan dixitalizados que seguro que moitos rapaces de vinte anos cando pensan en publicar non pensan nun libro físico. Ao mellor tampouco se lles ocorre mandar un orixinal a unha editorial, ou pensan que Galaxia, Xerais ou calquera outra editorial que haxa en Galicia son unha cousa de vellos e que non teñen posibilidade. De momento, a xente coa que fun contactando foi bastante receptiva e foron enviándome cousas, desde poesía a novela ou autoficción. Pero supoño que aquí inflúe moito que a Xeración Z le na pantalla. Eu recoñezo que tamén leo moito en formato PDF no móbil.

Cre que as editoras galegas teñen que subir un chanzo para estar máis presentes nesa lectura en pantalla?

Todas as editoras galegas teñen redes e fan comunicación nas redes. O malo é que é un nicho tan restrinxido… Eu teño Instagram e Twitter pero xa o do TikTok e o Twitch resúltame sorprendente, pero tes que meterte… Estamos nun momento de mudanza impresionante, agudizado pola pandemia. Pero non creo que se venda moita literatura galega en formato de libro electrónico, aínda que tampouco teño os datos concretos. O que si sucede é que se segue a vender moito libro físico online e non na libraría, que non deixa de ser sorprendente para min. Eu vivo en Teis, un barrio relativamente humilde de casiñas pequenas, e hai unha furgoneta de Amazon que vive alí de luns a domingo. Calquera colector do lixo de Teis está cheo de caixas de Amazon.

Capa do libro ‘Curros & Holmes. No misterio do kapital’ © Editorial Galaxia

É máis importante buscar autores novos ou lectores novos? Ou ambas van da man?

Eu busco autores novos para chegar a máis público. A masa crítica de lectores en galego é a que é, e haberá que tratar de buscar a outros lectores buscando a outra xente ou a través de voces máis novas que poidan conectar máis directamente con eles. Nese sentido, a miña procura é interesada porque busca ampliar esa masa crítica de lectorado e chegar a xeracións máis novas ás que ao mellor a literatura galega non chega ou que se están pasando ao castelán. Existe unha ruptura da cadea de lectura arredor de 3º ou 4º da ESO, cando a rapazada deixa de ler por ocio para ler só o que lle obrigan no instituto, pois é importante buscar novas voces que lles poidan falar máis directamente. Non é o mesmo ler unha novela xuvenil dun autor de 50 anos, que ten a súa adolescencia moi lonxe aínda que sexa profesor de instituto; que coller unha voz de vinte anos que está estudando na Universidade de Santiago que hai nada que deixou o instituto.

Cales son os seus retos persoais en Galaxia?

Hai retos persoais e retos da propia editorial aos que me teño que incorporar. O feito de que o Día das Letras estea dedicado a Francisco Fernández del Riego fai que gran parte do noso plan editorial vaia ir enfocado por aí, e hai que sumar esforzos entre todas e todos. Pero tamén imos iniciar novos proxectos como publicar banda deseñada o ano que vén, cunha colección específica e autores moi novos. Eu son lector de sempre de banda deseñada e contactei coa xente que está nese mundo agora en Galicia. Aínda estamos pensando formatos e pedindo orzamentos porque o do papel é unha chaladura. Tamén quero tirar por monografías específicas na colección Pantallas, que é sobre cine; e sacar algo máis de música, como o libro que se publicou sobre Suso Vaamonde ou o dos 100 discos galegos. Son cousas que aínda estamos pechando pensando no ano que vén.

A crise do papel afectará moito aos plans de publicación de 2023?

Pois si. É unha barbaridade o que subiu, pero hai que seguir. Ao mellor nalgunha colección tes que cambiar o papel porque non o hai, ou tes que cambiar a capa porque o custo é desproporcionado. Supoño que na subida do prezo hai de todo, desde carestía e especulación a acaparamento. Xuntáronse todas esas circunstancias e estamos nunha tormenta perfecta que é un problema.

Que pensa do actual ritmo de publicación editorial?

Aí entramos nunha cuestión difícil e complexa. É unha loucura, pero estamos todos nela. Se a túa competencia saca cen títulos, ti que vas facer? Sacar vinte para dedicarlles máis tempo cando as novidades se renovan cada semana ou 15 días nas librarías? É un problema no que estamos todos, as grandes están nesa treboada perfecta e obrígannos ás pequenas a seguir aí. Evidentemente, eu querería máis espazo para darlle visibilidade aos libros. E que non sacases dúas novelas con 15 días ou un mes de diferencia. Así poderíanse facer máis presentacións e promocións, pero o mercado é como é. E non creo que mude.

Ademais, como nas cifras tanto nacionais como internacionais ves que o 80% dos libros non venden practicamente nada e que as vendas se reducen ao outro 20%, ao mellor sacas cen títulos ao ano que sabes que vinte vanche vender e que os outros van vender aos poucos pero van ir sumando; ou moitas veces publicas cousas que sabes que van vender pouco pero consideras que deben estar publicadas. Supoño que se o papel segue disparado, chegará un momento no que haxa que reducir por cuestión de supervivencia. Este tema sempre sae nas reunións de edición, pero non chegamos a ningunha conclusión porque se non publicas perdes o teu espazo –que xa é escaso– entre as novidades.

Agora que está dentro, como ve que sobreviven as editoriais nun momento de gran dependencia das axudas públicas?

Aquí, por exemplo, todo o que traducimos é solicitando axudas públicas. Eu teño unha obsesión, considero que A montaña máxica, de Thomas Mann, ten que estar en galego. Pero é un libro de mil páxinas, se eu, como iniciativa privada, teño que contratar un tradutor e tratar de sacar ese libro dunha forma que para min sería inalcanzable.

Nós temos moitas colaboracións coas institucións públicas nos premios, pero no caso do galego entendo que unha das obrigas das institucións publicas –así vén no noso Estatuto de Autonomía– é fomentar a nosa lingua. Deberan dotar as bibliotecas de todo o que se publica en galego, como tamén debera existir un Instituto Rosalía –como hai o Cervantes ou o Ramon Llull– para a promoción. Se un país tan pequeno como Finlandia coloca a súa literatura en todos os lugares do mundo é porque ten un instituto que se dedica á promoción, e que hai axudas públicas para a tradución dos seus autores nas outras linguas. Iso debera tamén pasar aquí.

 

[Fonte: http://www.praza.gal]

Siza, “o grande maestro” da elegância e da simplicidade.

Da narrativa do seu processo de criação surge o conforto e a funcionalidade.

Ligado profundamente às obras de Frank Lloyd Wright e Adolf Loos, o seu trabalho aceita as influências minimalistas e modernistas e explora sempre o ambiente que rodeia a obra.

Siza Vieira, “o grande maestro” que trouxe inovação à estética deste nosso país.

A ordem da obra na relação com os outros espaços: eis.

A arquitetura também nos chega por mão de quem revela o cerne do conhecimento intuitivo entre a humanidade e a natureza e a vontade de conhecer o habitat de ambas.

“Arquitetura é arte, e isso está no meu espírito desde sempre”, afirma A.S.V.

Diga-se que as verdadeiras manhãs acontecem quando a arte comanda as mondas, os muros e os musgos, na pura ideia de nunca deixar de pensar.

Teresa Bracinha Vieira

[Fonte: e-cultura.blogs.sapo.pt]

Godard foi renovador radical do porte de Picasso e Joyce. Sem concessões, sua obra paira entre o encantamento e a irritação, a admiração e o fastio. Rearticula imagem, palavra e música – e combina aventura estética pessoal e resistência política

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Escrito por José Geraldo Couto

Cesse tudo o que a antiga musa canta: morreu Jean-Luc Godard, o homem que destruiu e reconstruiu o cinema um punhado de vezes ao longo dos últimos setenta anos. Sua importância como renovador radical de sua arte tem sido comparada à de Picasso na pintura e à de Joyce na literatura. Não vou chover no molhado, mas apenas repisar o óbvio: é preciso ver e rever os filmes de Godard, ler e reler seus escritos.

Cada cinéfilo tem uma relação particular com sua obra e sua figura, que aliás, por conta de sua radicalidade sem concessões, nunca foi unanimidade. Grandes cineastas, como Ingmar Bergman, Werner Herzog e Roman Polanski, por exemplo, consideravam-no supervalorizado, e por pouco não o acusaram de ser um engodo. Nos últimos anos, críticas e intelectuais feministas têm questionado o tratamento dispensado por Godard às mulheres, tanto nas telas como na vida. Arrogante, egocêntrico, intratável, incompreensível são alguns dos adjetivos que aparecem ligados a ele com frequência.

Força prodigiosa

Entre os críticos, excetuando os que se entregaram a um culto incondicional, beirando a adoração cega, as relações sempre foram cambiantes, de acordo com a sensibilidade e o gosto de cada um. No meu caso, variaram do encantamento à irritação, da admiração ao fastio. Inúmeras vezes Godard não me tocou, em outras (talvez as mesmas) fui eu que não o alcancei.

O fato é que a primeira fase de sua obra é de uma força criativa prodigiosa. De Acossado (1960) a Week-end (1967), enfileirou pelo menos mais meia dúzia de títulos incontornáveis do cinema moderno: Viver a vida, O desprezo, Alphaville, Pierrot le fou, Made in USA, A chinesa. Vários deles estão disponíveis em DVD e nos canais de streaming.

O desprezo (1963) está inteiro de graça no YouTube, numa cópia bastante boa e com legendas em português. Pode ser uma boa iniciação à poética de Godard e a sua concepção do cinema como um eterno campo de batalha entre a arte e a indústria.

Depois dessa primeira fase, em que rompeu todas as regras da narrativa clássica para criar novas formas de ler o mundo, rearticulando imagem, palavra e música, Godard se afastou do circuito comercial para mergulhar num cinema militante, de ação direta e produção coletiva, do qual pouca coisa chegou até nós.

A volta às telas do mundo se deu com Tudo vai bem (1972), que usava ironicamente duas estrelas mundiais – Jane Fonda e Yves Montand – para construir um vigoroso ensaio político anticapitalista.

Documento, ficção, poesia

“Ensaio” talvez seja o termo que unifica toda a produção posterior do cineasta, mesclando sempre documentário, ficção, poesia e reflexão em doses variadas para falar do mundo, com suas maravilhas e suas dores, de Mozart a Sarajevo, dos genocídios à internet, da imigração em massa ao desequilíbrio ecológico. Alguns pontos luminosos dessa busca ao mesmo tempo estética, ética e política são, já no século 21, Elogio ao amor, Filme socialismo, Adeus à linguagem e Imagem e palavra, filme-montagem de 2018 que pode ser visto como seu esplêndido testamento. A partir de sexta, 16 de setembro, a plataforma gratuita do Sesc exibe os dois últimos e também Masculino-feminino, de 1965.

Para conhecer melhor as relações controversas e frequentemente espinhosas de Godard com seu meio de expressão, talvez seja interessante observar sua relação com outros grandes cineastas. Há no YouTube, por exemplo, uma conversa sua de meados dos anos 1960 com Fritz Lang, que havia atuado no seu O desprezo. Aqui vai um trecho muito significativo, falado em francês com legendas em inglês, sobre as diferenças de método entre os dois:

Mais complicada e dolorosa é a relação de décadas com François Truffaut, seu amigo e camarada de armas nas páginas dos Cahiers du Cinéma e nos tempos heroicos da Nouvelle Vague tornado desafeto a partir dos anos 1970, sobretudo depois que Godard atacou com virulência A noite americana (1973), considerado por ele uma rendição do ex-amigo ao cinema burguês convencional. A história dessa amizade com final infeliz está no belo documentário Godard, Truffaut e a Nouvelle Vague (2010), dirigido por Emmanuel Laurent e escrito por Antoine de Baecque, biógrafo de ambos. Está disponível em DVD da Imovision.

Já a relação com Glauber Rocha, mais ambígua, aparece encenada num trecho célebre do filme O vento do leste, de 1970. Ali, o diretor baiano diz que há dois caminhos para o cinema: o “do desconhecido, da aventura”, e o “do Terceiro Mundo, um cinema perigoso, um cinema da opressão imperialista”. De certa maneira, toda a filmografia de Godard é uma busca de superação dessa falsa dicotomia, tentando combinar a aventura estética pessoal e a resistência política a toda forma de opressão.

Todos ao cinema

Na tentativa de recuperar o público perdido durante a pandemia, quando muita gente se habituou a ver filmes na comodidade do streaming, salas exibidoras de todo o país estão promovendo a partir desta quinta-feira, 15 de setembro, a Semana do Cinema, com ingressos ao preço único de R$ 10. Vale a pena aproveitar a pechincha. Tem muito filme bom em cartaz – e nada se compara à experiência de ser arrebatado por imagens e sons no escurinho da velha e boa sala de cinema. Como dizia Fellini, a televisão, por maior que seja sua tela, não passa de um eletrodoméstico.

 

[Fonte: http://www.outraspalavras.net]

El autor de ‘Todas las almas’, ‘Corazón tan blanco’ o ‘Los enamoramientos’ ha fallecido en Madrid por una neumonía bilateral. Deja una de las obras literarias en español más relevantes de los últimos 50 años

Escrito por ANTONIO LUCAS

Javier Marías ha muerto a los 70 años en la Fundación Jiménez Díaz de Madrid por los problemas derivados de una neumonía bilateral que le ha mantenido durante dos meses ingresado en el hospital.

La familia de Javier Marías distribuyó el pasado 14 de agosto una breve nota a través del departamento de Comunicación del grupo editorial de Marías, Penguin Random House, donde explicaba que el autor de Todas las almas estaba « en proceso de recuperación ». Pero la gravedad de la severa afección pulmonar fue en aumento en las últimas semanas, hasta lo insalvable. El escritor será incinerado en Madrid, su ciudad de nacimiento, en la absoluta intimidad y no habrá velatorio. En el barrio de Chamberí (habitual en algunas de sus novelas) pasó la infancia y juventud. Era hijo del filósofo Julián Marías y de la profesora y traductora Dolores Franco.

Javier Marías deja una obra literaria excepcional. Deja un rastro de literatura intensísimo. Deja una monarquía heredada donde era el cabeza de lista y que dio paso a una editorial sagaz y exquisita (Reino de Redonda). Deja un desacuerdo contra algunas cosas del presente. Deja el eco de una ironía ágil. Y también deja polémicas desplegadas en artículos. Y deja traducciones, recuerdos de muchas películas -era sobrino del excéntrico director Jesús Franco-, incluso una muesca de literatura infantil, Ven a buscarme. Sí, un cuento para niños del feroz Marías. Y es un escritor que, felizmente, incomoda. Y es, a la vez, un tipo que alumbra.

Sucede con las novelas de Javier Marías algo muy interesante. Una primera escena formidable enreda las cosas y deja cabos sueltos que seguirán sueltos a lo largo de la novela porque no aspiran a resolverse del todo, porque esa es la forma de indagar en la penumbra y lo visible, entre lo sabido y lo callado, entre lo oculto y lo aparente, entre lo apenas adivinado. Un juego de luces y sombras donde los individuos están expuestos a un misterio, a un vértigo, a una inquietud. Es lo que podríamos llamar « la voz Marías », esa condición de territorio propio que tienen los escritores que importan, lo reconocible, el estilo, esa poética que nunca suplanta, sino que propone y alumbra a quien se acerca. El motivo por el que gusta su literatura es obvio: se trata de un escritor inteligente de los que ofrecen, al salir de sus libros, una cierta idea de mundo.

Acorazado de libros (algunos en ediciones exquisitas), figuritas de plomo, fotografías dispersas y otros fetiches imprevistos, vivía cada vez más retirado del fervorín literario en su caserón del centro de Madrid, un tercero en una plaza (la de la Villa) donde el suyo es el único edificio habitado. Allí escribía y dispensaba una mirada sulfurosa sobre el presente de este país. Empezó en la narrativa a los 20 años, con un título recuperado ahora por Alfaguara (donde está toda la obra de Marías): Los dominios del lobo (1971). Continuó con la novela Travesía del horizonte (1973) y El monarca del tiempo (1978). En aquellos 70 empezó a colaborar en prensa -algo mantenido hasta el final- y se integró en el grupo que aglutinaba Juan Benet y donde destacaban Elías Querejeta, Javier Pradera, Eduardo Chamorro, Félix de Azúa, Juan García Hortelano, Vicente Molina Foix o Antonio Martínez Sarrión. La intermediación de Benet fue clave para que Marías publicase aquella primera novela. Las cartas entre Benet y Marías, numerosas, están inéditas. Solo se ha publicado una de Benet a su discípulo, bautizado como « el joven Marías », en la edición conmemorativa por el 25 aniversario de Corazón tan blanco. Aquel joven Marías, algunas noches de gracia, hacía unas piruetas gimnásticas espléndidas en el Paseo de la Castellana y desataba las ovaciones de sus amigos mayores.

Pérez-Rerverte, Vargas Llosa y Marías, en 2015.

Pérez-Rerverte, Vargas Llosa y Marías, en 2015. BERNARDO DÍAZ

A cada novela se fue ganando mejor el sitio entre los escritores más destacados de la narrativa española contemporánea. En 1986 gana el Premio Herralde por El hombre sentimental, se incorpora a la escudería de Anagrama y se mantuvo hasta mediados de los años 90, cuando rompió el fundador del sello, Jorge Herralde. En 1989 publica Todas las almas (título extraído de Shakespeare, como hará después en al menos cinco libros más), que lo sitúa en podio y donde da cuerda a la historia de un profesor español que imparte clases en la Universidad de Oxford. Un poco antes de la salida de Todas las almas, entre 1983 y 1985, Marías impartió clases de Literatura Española y Teoría de la Traducción en Oxford. En 1984 lo haría en el Wellesley College y entre 1987 y 1992 en la Complutense de Madrid. También fue profesor invitado de la Escuela de Letras de Madrid. La docencia era otra gimnasia para ganarse la vida mientras la literatura no se estiraba a tanto. Y como todo en Marías, la paradoja y el cálculo tienen una aleación en su escritura: los protagonistas de sus novelas escritas desde 1986 son intérpretes o traductores, « personas que han renunciado a sus propias voces », decía.

La escritura de Marías está a punto de alcanzar su potencia de distinción. Esa manera de contar que tiene una ondulación propia. Las elipsis. El pensamiento como impulso narrativo, más que la invención, las disyuntivas éticas y morales, el secreto como veneno, la traición como amenaza, la violencia, el arrepentimiento, la mentira: « Las mentiras son las mentiras, pero todo tiene su tiempo de ser creído », escribió… En 1990 publica el primer conjunto de relatos, Mientras ellas duermen; y un año después el primer volumen de recopilación de artículos, Pasiones pasadas (hoy son casi una veintena de títulos en este registro). Y entonces sí, en el año español de todos los fastos (1992), el de la abundancia y el horizonte de pan de oro, publica Corazón tan blanco. Es la lanzadera a un éxito vibrante. En España esta novela se convierte en la pieza más celebrada de Marías, de la generación y casi de la década en marcha. En Alemania alcanza cifras de fenómeno editorial cuando el mítico crítico literario alemán Marcel Reich-Ranicki mencionó a Marías como uno de los más importantes autores vivos de todo el mundo en el programa de la televisión alemana que él dirigía, El cuarteto literario.

Marías aún se dejaba ver, pero cada vez costaba más. En 1994, Víctor García de la Concha le sugirió presentar su candidatura a la Real Academia Española (RAE), pero no le sedujo la propuesta. Aceptaba premios españoles (Salambó, Premio de la Crítica, Premio Fastenrath de la Real Academia Española, Premio Ciudad de Barcelona…). Mantenía una cierta vida literaria… Ese año del « no » a la Academia estrena otra etapa de su obra con Mañana en la batalla piensa en mí‘, Negra espalda del tiempo (1998 y su inteligente aventura de autoficción), la trilogía Tu rostro mañana (2009) y Los enamoramientos (2011), otro éxito editorial con el que toma la decisión de no aceptar premios institucionales en España y rechaza el Nacional de Narrativa en una rueda de prensa en la que dice: « Creo que el Estado no tiene por qué dar nada a un escritor. Si alguna vez se me ofreciera algún premio de los que llamamos estatales pues no lo aceptaría. Así que tomo por norma no aceptar nada de lo que venga del Estado de mi país, menos aún algo que lleve aparejado dinero ». Eso descartaba, también, la concesión del Cervantes. El Nobel es otra cosa. Y es un reconocimiento extranjero. En los últimos años ha estado en todas las quinielas como posible receptor. Quizá este sea el premio que mejor mereció.

En 2005 sí aceptó asiento en la RAE, el sillón R ocupaba, y el 29 de junio de 2006 leyó el discurso de ingreso, Sobre la dificultad de contar, al que respondió el filólogo y cervantista Francisco Rico.

Javier Marías dedica una novela en la Feria del Libro de 2011.

Javier Marías dedica una novela en la Feria del Libro de 2011. ANTONIO HEREDIA

Marías, a la manera de uno de los escritores que admiró e impulsó en España, el austriaco Thomas Bernhard, escogió no tener vínculo con el establishment (así lo decía él: « establishment ») de los galardones nacionales. De Bernhard también asumió la actitud cada vez más despojada frente a los peajes literarios. Y la contundencia de opinión. En sus artículos de El País provocó (intencionadamente) algunas polémicas. Una vez exprimido el registro de vecino cabreado del centro de la ciudad (papel que jugó con perfecto humor, aunque no lo parezca), aprovechó para volcar su escepticismo o su rechazo en algunas manifestaciones cívicas como la creciente altavocía del feminismo, los montajes de teatro contemporáneo, lo patético de la mayor parte del cuerpo político, la televisión y sus derivas o la desconfianza que le generaban las redes sociales. Marías alcanzó los 70 años sin manejar un ordenador. Mantuvo la lealtad a la máquina de escribir eléctrica durante 16 novelas, miles de artículos, cientos de relatos y demás mercancía del oficio. « Cada vez me cuesta más encontrar cartuchos de tinta, pero no voy a dejarlo ahora… », decía.

Tuvo la poesía también cerca. Tradujo los poemas de Stevenson, de Ashbery, de Faulkner, de Nabokov… Todos estos autores estaban con fuerza en su santoral literario. A todos cumplimentó devoción y a su poesía dedicó siempre atención. El irlandés Seamus Heaney fue otro de sus poetas bien leídos.

Marías no era un ermitaño. Ni un eremita. Ni un trágico de balcón y penumbra. Mantuvo un compacto grupo de amigos: Agustín Díaz Yanes, Arturo Pérez-Reverte, Luis Antonio de Villena… La vida le concedió aventuras. Muchas expediciones singulares. Y de todas hizo lo que quería hacer: literatura. Pocos creadores hay tan cuidadosos de su estela de escritor. Hasta en el enigma de saber si estaba grave o no le salió la cosa literaria. Alrededor de Marías hubo dos compañeras incombustibles: Carme, su mujer, y Mercedes, su asistente. Todo el alrededor del escritor pasaba por ellas.

Fueron las primeras en leer los manuscritos de Así empieza lo malo (2014), Berta Isla (2017) y Tomás Nevinson (2021). Las tres últimas novelas. Hay en los argumentos de estas piezas algo de aquello que Borges dijo por otro asunto: « Cualquier destino, por largo y complicado que sea, consta en realidad de un solo momento: el momento en el que un hombre sabe para siempre quién es« . Ahí empieza o acaba todo. ¿Quién fue Javier Marías?

 

[Fuente: http://www.elmundo.es ]

Incarcérée en 2016, Figen Yüksekdag fut l’une des figures du Parti démocratique des peuples (HDP), en tant qu’ancienne coprésidente. Mais Ankara n’apprécie rien de moins qu’un mouvement politique entretenant des liens — même distendus — avec le PKK, ou Parti des travailleurs du Kurdistan. Accusée de terrorisme, Figen Yüksekdag, elle aura bientôt purgé six années de détention.

ActuaLitté

Écrit par Nicolas Gary

Durant son séjour derrière les barreaux, Figen Yüksekdag, 48 ans, s’est décidée à écrire : un recueil de poèmes a vu le jour en 2020 Yıkılacak Duvarlar (Des murs à démolir). Avec Selahattin Demirtas, autre ex-coprésident du HDP, ils ont été reconnues coupables de « propagande pour le compte d’une organisation terroriste », avec 10 années d’emprisonnement à la clef. Plusieurs autres responsables du HDP — 28 précisément — sont également incarcérés avec elles.

Dans une décision rendue ce 8 septembre, le tribunal pénal d’Antalya a décidé d’interdire la publication de l’ouvrage sorti deux ans plus tôt. Tous les exemplaires en librairies ont été confisqués ou doivent être renvoyés : selon les actes d’accusation, la poétesse versait dans l’éloge du PKK à travers ses textes.

Le tribunal s’est en effet penché sur quelques extraits, pour en démontrer le caractère tendancieux. L’évocation de massacres en 2016 dans la ville de Cizre pointe par exemple les exactions de l’armée turque : le siège organisé aura en effet entraîné la mort de 288 personnes, dans des circonstances particulièrement glauques. Mais pour la justice, loin de mettre en cause les forces armées, cette allusion renforcerait la ferveur à l’égard du PKK — tout en cherchant à rallier sa cause, précise Rojinfo.

L’éditeur Ceylan, basé à Istanbul, a évidemment condamné cette décision, mais assuré dans un communiqué être tristement habitué à ces méthodes des autorités turques. « Aucun tribunal ne fera taire la voix des poèmes », assure-t-il. « Ceux qui ont conduit à cette décision, ceux qui l’ont signée, savent aussi que ces vers sont déjà parvenus au-delà des murs. […] Nous continuerons à publier de la poésie en toutes circonstances, les romans révolutionnaires en toutes circonstances. […]. Résistez à une obstination vivante… »

De son côté, le HDP a également dénoncé « la mentalité prohibitive du pouvoir, hostile à toute forme de beauté ». Le média Rudaw souligne qu’entre 2016 et 2021, 109 ouvrages ont ainsi été sanctionnés, tous liés à la culture kurde — dont 31 écrits en kurde.

En outre, la Haute Cour de Turquie avait statué, en avril dernier : aucun droit de l’homme n’avait été violé lors de l’arrestation de Figen Yüksekdağ. Sa demande de réviser le procès était « dénuée de tout fondement » a tranché la justice : elle n’avait donc ni été privée de ses droits ni mise en danger.

Son arrestation découle de manifestations survenues à Kobani (sud-est du pays), ville à majorité kurde, en 2014. Le HPD accusait le gouvernement, dans un exercice de répression, d’avoir engendré des morts. 108 personnalités politiques du parti ont été jugées dans le cadre du procès qu’a déclenché Ankara — justifiant son intervention au motif du terrorisme…

 

[Photo : Figen Yüksekdag – source : http://www.actualitte.com]

L’histoire d’un jeune fugueur enrôlé comme associé d’un épicier peu recommandable. Un récit drôle qui met en évidence le courage des «petites gens» pour (sur)vivre. À découvrir en Poche depuis fin août.

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Bédo. Boulot. Stylo. Ainsi pourrait-on résumer le quotidien du héros de La Sainte Touche, le premier roman de Djamel Cherigui. Ce néophyte des lettres, épicier à Roubaix, retrace les déboires d’un jeune homme, ayant fui sa famille, aux prises avec ses obsessions: l’écriture, les drogues (alcool et cannabis) et la survie. C’est sa rencontre avec Alain Basile, patron de l’épicerie La Belle Saison, qui bouleversera son existence et lui permettra de se reprendre en mains.

Précisons. En plus de son travail à l’épicerie, Alain Basile est entrepreneur dans un «bizness» pas très légal pour gagner un paquet d’argent: il livre des colis de drogue à des trafiquants ou consommateurs, arnaque les locataires de son immeuble… Et trouve en la personne de ce jeune homme, qu’il surnomme «l’artiste», un bon associé pour faire le sale boulot à sa place. Alain Basile, c’est un peu la figure paternelle de substitution du personnage principal. Un dur à cuire qui connaît «la vraie vie», la dure, celle des gens qui se battent tous les jours, et qui tente d’initier son protégé à «la loi de la jungle». De la poésie, de la littérature ou du farniente, Alain Basile n’en a cure. Lui, ce qui le passionne, ce sont les chiffres. «Faire de l’oseille», comme on dit dans le jargon. Il n’aime pas les branleurs, les assistés et les impôts…

«Tu sais c’est quoi le problème dans notre société? Je vais te l’dire moi (il se répondait à lui-même): la bactérie, le virus, j’irais même jusqu’à dire le cancer… oui, c’est ça, le cancer de notre société… c’est le défaitisme! Oui, voilà, bordel de merde! Le défaitisme! Les gens subissent un échec, accusent un contrecoup, endurent une petite déconvenue, et ça y est, c’est le drame, y’a plus personne, ils se couchent, s’allongent, ils baissent les bras.»

La débrouille contre le défaitisme 

L’histoire, qui se déroule dans une ville française proche de la Belgique (Roubaix?), développe un sujet classique: la naissance d’un écrivain qui, après bien des galères, écrit le livre que l’on tient entre les mains. Classique, simple, efficace. Le scénario n’est pas des plus novateurs, mais ça marche. Pourquoi? On s’identifie à ce jeune paumé qui, au fond, n’a pas eu de chance (et n’a pas cherché à la saisir). Ayant fugué du domicile familial, le héros doit apprendre l’art de la débrouille par ses propres moyens. Du récit comique et déjanté, La Sainte Touche se révèle roman d’apprentissage.

Patron de l’épicerie Le Parvis de Roubaix, Djamel Cherigui dresse un portrait de quelques individus déclassés dans cette «France périphérique», selon l’expression du géographe Christophe Guilluy. La France des villes moyennes et des banlieues oubliées par les métropoles et la mondialisation. Cette France peuplée d’individus qui rêvent d’une vie meilleure et qui ont recours à toutes les astuces, notamment au système D, pour s’en sortir. À ce sujet, le titre du récit s’avère éclairant: la «Sainte Touche» désigne le jour des allocations. La bonne aide qui tombe, chaque mois et le même jour, de la part de l’État pour que des dizaines de personnes puissent vivre.

La dure réalité

Sous ses airs de légèreté, l’histoire aborde en filigrane la question de la disparition des petits commerces, assaillis par les factures, les normes et les taxes, lorsque le propriétaire de La Belle Saison reçoit un grand nombre de courriers administratifs l’obligeant à fermer son épicerie. Une réalité à laquelle sont confrontés moult magasins locaux et que l’auteur, lui-même gérant d’un établissement, a choisi de mettre en lumière dans son ouvrage.

«Le fait est que les temps changeaient: les petits proprios dans le genre d’Alain passaient tous à la trappe. L’État ne voulait plus du sous-entreprenariat. Seuls les gros poissons étaient à même de résister, ceux qui avaient le coffre assez solide, des fonds de roulement suffisamment costauds. Les autres n’avaient plus qu’à dégager, à fermer la boutique, illico presto… La vie, c’est comme un tournoi de foot, c’est souvent les petits qui sautent en premier.»

Par son usage de l’argot et son récit suivant les traces des outsiders de la société, La Sainte Touche rappelle les romans de Johann Zarca (Paname Underground) et de Bukowski (Le Postier), mais dans un style plus épuré. L’auteur (et ses personnages) emploie une langue avec des tournures oralisées et constellée de langue des banlieues, ce qui donne corps à l’histoire et apporte d’ailleurs quelques situations comiques. Un des moments les plus drôles du récit prend place lorsque «l’artiste» essaie d’expliquer à Alain Basile qu’il écrit des aphorismes, que ce dernier prononce «aforizsmes»…

«Il a froissé le post-it, et l’a jeté sur le balatum crasseux.
– Ça veut dire quoi cette daube? J’ai rien capté!
Je ne pouvais pas trop le contredire… C’était effectivement de la daube. On s’en rend toujours mieux compte quand c’est lu de vive voix.
C’est un aphorisme… j’lui ai répondu.
Un aforizme?
Une idée philosophique énoncée avec style.
Et ça sert à quoi?
À rien.»

Le duo formé par «l’artiste» et Alain Basile est, à bien des égards, attachant. Leurs visions du monde, diamétralement opposées, exigent du lecteur une réflexion: que privilégier et dans quelle situation? L’oseille? La liberté?… À défaut de se comprendre, ces deux personnages, issus de deux milieux différents, s’avèrent capables de collaborer et de magouiller ensemble. Une manière pour l’auteur de donner corps et de concilier, le temps d’un récit, ses deux facettes: celles d’épicier et d’écrivain.

Djamel Cherigui
La Sainte Touche 
Éditions Jean-Claude Lattès
2021
224 pages

[Image: une épicerie fermée à Saint-Maurice-de-Beynost (2012) – Benoît Prieur / Wikimedia CC0 – source : http://www.leregardlibre.com]

A poesia nasce de um saber desconhecido e, na nossa tradição e nos nossos dias, sob condições de aparente irrealidade linguística, cria, em si mesma, uma realidade que, simultaneamente, é também conhecimento do inicial saber desconhecido.
   Antonio Gamoneda

A realidade da poesia é, e está na minha vida, como está o meu sangue. É algo que sinto como biológico também.

A poesia sempre me causou uma fortíssima emoção e ativou os meus pensamentos de tal modo que, tornou reconhecível o desconhecido, e o incompreendido foi descoberta.

A poesia nunca me surgiu como algo quase milagroso, ela surge-me real demais para o ser e maravilha-me pela existência grande e misteriosa que me propõe.

A poesia elevou-se em mim, como algo intensíssimo que me fazia e faz sentir acolhida num outro lado, sem a necessidade de o explicar.

A poesia ensinou-me a ler o mundo de um modo tão privilegiado que tudo se alterou decisivamente na minha vida: felicidade e dor, mães das cores e das falas. Eis.

É curioso que nunca pedi esclarecimentos à poesia: sempre me bastou sentir que instantaneamente ela e a música se habitavam em cocriação.

A linguagem da poesia – assim a sinto – é externa à linguagem conversacional e ela também não é ficção. Sei que da poesia não se tomba e não o sei dizer de outo modo. O poema vive sem se degradar.

A poesia é expressão com paixão e prazer.

Mesmo muito antes de entender o significado de muitas palavras, senti que algo me surgia que era um dentro da mim, e que, lá, num lugar que eu conhecia e entendia, a experiência surgia nova de cada vez, e isto era poesia para mim. Algo acontecia comigo que eu nunca pretendi definir.

A poesia é não nominada, mas é uma forma de existir.

Da poesia, também faz parte a memória que desconhecia ter e a outra que sabia ter, mas desconheci, durante algum tempo, ter a poesia o poder de ser tão natural quanto a obra de arte.

Quando eu partir, bem creio que antes não tive de forçar nenhum sonho ao contrário.

Deus!, que cedo ou tarde a enxada-poeta quebrou a pedra e intacto, ao lado, o vitral.

Assim.

 

Teresa Bracinha Vieira

 

 

[Fonte: e-cultura.blogs.sapo.pt/cronica-da-cultura]

Escrito por Paulo Andreas Lorca

El pivote de este poemario es una idea antigua, a saber: aquel precepto que el poeta romano Horacio incluyera en su celebérrima epístola en verso hexámetro dirigida a los Pisones, a fuerza del que se dispone “cual la pintura, tal es la poesía”. Y esto no solo porque su autor —el joven nicaragüense Carlos Grigsby, con este, su segundo volumen publicado por Visor— pone en circulación una de las iteraciones más clásicas de ese idioma poético (me refiero a la écfrasis, o representación verbal de una obra de arte), sino, principalmente, porque la tensión entre mirada y palabra domina el pulso de cada poema de la colección que presentamos.

Y en efecto, se dan cita aquí los antiguos maestros —por de pronto, Goya (en el poema titular con su perro anegado de la Quinta del Sordo); Brueghel el Viejo y su Paisaje con la caída de Ícaro (en el poema homónimo, y que ya describiera en verso libre W.H. Auden en “Musée des Beaux Arts”); Fouquet en “Díptico de Melun, H. 1450” (o al menos su mitad femenina, que representa a la pálida nodriza de pecho circular); Da Vinci con sus cuadernos (en cuyo bosquejo uterino, por ejemplo, el ojo futurista del poeta ve un embrión de H.R. Giger); Dürer (con su rinoceronte como “animal imaginario” a lo Dalí) u Hokusai (en “El sueño de la esposa del pescador,” en virtud de cuyo título el poeta lleva a un elegante paroxismo el delirio erótico triangulado entre pescador, esposa y cefalópodo)—, que dominan el primer tercio del libro; pero, además, desperdigada a través de alusiones y figuraciones, la mirada misma se tematiza. Y así, por ejemplo, Armando Morales, pintor y compatriota del poeta, aparece pintando la selva memorísticamente desde lejanas capitales del mundo sin apoyo visual (“Lagos y volcanes”), o un soneto nace de la pintura (¿imaginada?) de un muchacho leyendo de noche (“Retrato de muchacho con libro”).

El asombro es marcapasos de una dicción que no se precipita hacia su objeto, aunque se trate de un arquetipo angélico (“Cuerpos angelicales”) o una bella vulgaridad como el fútbol (“Sobre la fugacidad de la belleza”), y lo delinea, en cambio, con escarceo, dejando que en la cesura entre los hemistiquios o el encabalgamiento entre los versos se desborde el tono, ya en melancolía, ya en ironía o incluso en ternura. Así pues, un poema como “Entre la fantasía y el hecho” se lee casi como poética en aras de cierta prudencia cuando se admite “A mí no me gusta tanto la consumación como tal / sino el hiato”, o “Lo estimulante es la sed del vino, no su esencia”. En cuanto a la tradición de la palabra, baste decir que en la poesía de Grigsby, en su gesto más dariano, los dioses profanos —aquellos huéspedes fugitivos de la literatura, a decir de Roberto Calasso— son invocados por una voz revisionista, con igual curiosidad, para ensayar genealogías lunares (“Selenología”), la variación de un mito (“Margaret y el delfín”), o el desenmascaramiento de un violador serial (“Júpiter”), sin desoír la anacronía entre los tiempos.

Es sin duda la persistencia de un ojo que deja constancia, en un revelado imposible, de un mundo que puede que no sea más (el de los animales: de ahí los perros, el rinoceronte, las abejas, las aves, las ballenas que encuentran hábitat en estas líneas), o de los mundos que no se ven (el subterráneo de los fungi en “Bajo tierra,” prueba viva para el poeta de que “los privilegios de la vista / tienen cataratas”), y que pueden o no sobrevivirnos, lo que hace de Grigsby un poeta que escribe con la perplejidad de un hombre que esculpe versos en la superficie de un témpano, aun con la certeza de que ya —hoy— no queda un solo hielo al que pueda llamárselo eterno.

 

Carlos F. Grigsby, Rilke y los perros, Visor, 2022, 76 págs.

 

[Fuente: http://www.revistaotraparte.com]

 

 

Unhas xornadas na cidade do Porto conmemoran o centenario do nacemento de Agostinho Neto, poeta, médico e líder do Movimento Popular de Libertação de Angola (MPLA) que foi o primeiro presidente do país tras a independencia.
Agostinho Neto, en 1975. (Foto: Rob Mieremet)

Agostinho Neto, en 1975.

Esta sexta feira e máis o sábado, na Faculdade de Letras da Universidade do Porto e no Museu Militar da mesma cidade, terán lugar as xornadas internacionais de debate ‘Sou um dia em noite escura: centenario de Agostinho Neto (1922-2022)’, nas que se celebra o centenario do que foi o primeiro presidente da República de Angola, así como a súa obra poética e a loita política do médico e revolucionario angolano.

O coloquio contará coa presenza do embaixador de Angola, o doutor Carlos Alberto Fonseca, e de varios investigadores que debullarán diversos aspectos da obra poética de Neto, como, entre outros, Ana Maria Martinho, que falará sobre ‘Poesía e Revolução’; Ana Ribeiro, sobre ‘A mulher na poesía de Agostinho Neto’; Pires Laranjeira, cunha intervención titulada ‘Como Agostinho Neto antecipou Frantz Fanon: a renúncia impossivel de ser negro’; ou Roberto Vecchi, que disertará sobre ‘O principio esperança: poesia e sobrevivência en Agostinho Neto’.

Agostinho Neto (1922-1977) fixo parte da xeración de estudantes africanos que tiveron un papel decisivo na independencia dos seus países na Guerra Colonial Portuguesa. Desde moi novo, converteuse nunha figura dentro dos movementos nacionalistas angolanos. Foi un dos primeiros membros do Movimento Popular de Libertação de Angola (MPLA) e asumiu a presidencia de Angola en novembro de 1975, cando o país obtivo a independencia.

En paralelo á súa actividade política, desenvolveu unha moi  notábel carreira literaria, especialmente no campo da poesía.

[Foto: Rob Mieremet – fonte: http://www.nosdiario.gal]

Escrito por DAVID PINTOR

Todos os que nos dedicamos profesionalmente á ilustración sabemos o difícil que é debuxar árbores. Difícil e atractivo á vez, por iso foi un tema recorrente na historia da pintura. Un exemplo é David Hockney, un dos mellores debuxantes da actualidade, que se foi vivir en pleno confinamento polo covid a unha casa de campo en Normandía co obxectivo de pintar a chegada da primavera. Conseguiuno a base de centos de pinturas e debuxos das árbores e plantas que rodeaban a súa vivenda. Imaxes moi coloristas onde o artista británico reflicte o paso do tempo e os cambios de luz e onde queda patente a súa fascinación pola natureza.

Jean-Jacques Sempé, o gran ilustrador francés falecido o pasado mes de agosto, sentía esa mesma atracción polas árbores. Os seus debuxos, en cambio, son asombrosamente sinxelos á vez que moi expresivos. As súas árbores sempre me pareceron un exercicio de virtuosismo artístico digno de entrar en calquera museo de arte contemporánea. Non necesitaba máis que uns poucos trazos rápidos e aparentemente aleatorios para levarnos de paseo polos parques de París. «Debuxar é algo aparentemente sinxelo, pero moi difícil», dicía o artista nado en Bordeus e que debese estar xa considerado como un dos máis grandes ilustradores do século XX e un dos que mellor retratou a cidade onde vivía, París. Sempé era o debuxante que vía o mundo a través dos ollos dun neno, o que se fixaba neses pequenos detalles que provocan en nós o sorriso e a felicidade, o que evocaba esa infancia na que quereriamos vivir e o que inspirou a ilustradores de todo o mundo que viamos nel o exemplo de como a ilustración tamén podía ser poesía.

Sempé debuxou máis de cen portadas para a revista The New Yorker e todas elas son exemplos magníficos do gran valor engadido que a ilustración pode achegar á prensa. Reproducións daquelas portadas pódense ver en multitude de tendas de Nova York, convertidas xa en iconas da cidade norteamericana.

Sempé tiña 89 anos cando faleceu na súa residencia vacacional. Facía anos que non podía montar en bicicleta debido a unha enfermidade vascular, pero eu quero lembralo sobre dúas rodas percorrendo París, a cidade á que dedicou gran parte da súa obra. Descansa en paz, mestre.

[Ilustración: David Pintor – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Escrito por XESÚS ALONSO MONTERO

É o segundo verso de Aceituneros, o poema de Miguel Hernández (1910-1942) que se canta hoxe como himno da provincia de Jaén coa música de Paco Ibáñez: «Andaluces de Jaén, / aceituneros altivos, / pregunta mi alma ¿de quién, / de quién son estos olivos?». Son versos que suxiren unha reforma agraria, escritos por quen estaba comprometido moi a fondo con esa e outras reformas: a educativa, a social… Nado nas estreiteces, e ben consciente desas orixes, loitou, coas armas da palabra, nomeadamente nos anos da Guerra Civil. Pero foi algo máis, moito máis, que unha musa cívica posta ao servizo dos mellores ideais da II República.

Dispomos agora dun ensaio modélico de Luis García Montero, El viento de la vida y Miguel Hernández, publicado como limiar dunha Brevísima antología poética, da que é responsable Marcelino Sánchez Ruiz. Editouna a Deputación de Jaén, institución que, no 2012, adquiriu o fermoso e rico legado do poeta de Orihuela, ao parecer non ben entendido polas institucións da súa localidade e provincia natais. Desde entón, a institución xaenense non só custodia con agarimo os importantísimos fondos hernandiáns senón que promove canta actividade cultural leve o nome e a obra literaria do escritor aos máis diversos ámbitos. En Quesada, patria da muller do poeta, Josefina Manresa, funcionan con moito éxito, no gran museo dedicado ao pintor Zabaleta, varias salas moi visitadas polos escolares andaluces, que agora teñen, no preciso e esclarecedor ensaio de García Montero, unha guía axeitada e moi útil para achegárense a Perito en lunasEl rayo que no cesaViento del puebloEl hombre acecha

Sería un acerto pedagóxico ofrecer unha breve biografía dos últimos anos do escritor non só para entender mellor estes libros senón algunhas das heroicidades íntimas do poeta, nomeadamente cando tivo que enfrontarse co vigairo Luis Almarcha (logo, bispo con Franco e procurador nas súas Cortes). A ese magnate eclesiástico dedicoulle un poeta de Lugo, Rafael Bárez, en 1973, uns versos xustos: xustos contra as súas inxustizas. Delas, en boa parte, morreu Miguel Hernández.

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

La tòca de la revista es “d’incorporar a la cultura catalana de discorses poetics escriches en d’autras lengas”

La revista valenciana de poesia sèrieAlfa consagra son numèro de setembre a quatre autors occitans amb una seleccion facha per Pauline Kamakine dels poètas Danièle Estèbe Hoursiangou, Amanda Cròs, Maëlla Dupon e Franc Bardòu. Los poèmas son publicats en occitan e lor traduccion en catalan e en espanhòl es de Dolors Català. Las illustracions son de Noah Pettit Navarro.

La revista sèrieAlfa, dirigida pel poèta Joan Navarro, publica 4 numèros per an dempuèi 1999. Sa tòca es “d’incorporar a la cultura catalana de discorses poetics escriches en d’autras lengas gràcias al fach que sián traduches en catalan”. En 2008 sèrieAlfa foguèt guierdonada amb lo prèmi de la difusion de la literatura del País Valencian.

Lo numèro 95 de sèrieAlfa es entitolat “Un univers eixut / 4 poetes de les terres d’Oc” e se pòt legir sus http://seriealfa.com/alfa/alfa95/Primera.htm.

[Sorsa: http://www.jornalet.com]

Edicions Cal·lígraf celebra una dècada en actiu.

Equip de l’editorial Cal·lígraf

Escrit per Marc Calvo Hernández

L’editorial Cal·lígraf celebra 10 anys d’un procés d’aprenentatge, amb alts i baixos, que ha consolidat un projecte que busca la qualitat literària en la recuperació de clàssics oblidats i novetats que introdueixin nous autors al panorama literari català.  El catàleg, ampli i variat, ha pretès ser una mostra de la literatura local i internacional, contemporània i clàssica, un conjunt que ofereix al lector nous mons on poder gaudir de la paraula, en edicions fetes amb molta cura.

El procés es va iniciar l’any 2011 de la mà de Jaume Torrent i Ramon Moreno, a causa de la iniciativa de Carles McCragh, en un moment en què volien posar en marxa un projecte editorial com a lectors, on poder manifestar les seves ambicions i oferir allò que ells trobaven a faltar dins el sector. L’editorial ens ha proporcionat lectures imprescindibles en català com l’obra de A.S. PuixkinAurde Lorde o Virgilio Giotti, defugint voluntàriament de l’especialització temàtica per tal de no haver de renunciar a cap llibre que pugui semblar interessant.

Vam iniciar el projecte, sobretot, com a lectors” – Ramon Moreno

A més, el projecte editorial ha apostat fermament per oferir unes traduccions fetes per professionals de reconegut prestigi, que permeten aproximar-se a les obres amb la major fidelitat possible. De manera que el segell no només té interès per la seva selecció, sinó que presenta un producte complet, que destaca per la qualitat del conjunt. En aquest sentit, es interessant esmentar la cura per part de l’equip pel que fa al disseny de les portades, que són fetes per artistes amb un recorregut exitós en els seus camps respectius, i que il·lustren de manera brillant les narratives que s’hi troben a l’interior.

Per celebrar aquesta desena temporada Cal·lígraf presenta diversos títols aquest setembre. Per una banda, unes versions lliures dels Himnes Òrics de la mà de Pere Suau Palou que “són un modest homenatge al món grec arcaic”. També es presenta Us escric des d’una presó de Grècia, un recull de poemes d’Aléxandros Panagulis, amb traducció d’Antoni Piqué i Eusebi Ayensa, que serveix com a testimoni de la repressió política de la Grècia de 1968. A més, durant la rentrée, es podrà adquirir un recull de poemes, la majoria inèdits, de Pau Riba amb il·lustracions de Mercè Riba titulat: Trànsit. Prosopopeia de la infància, on els autors recuperen personatges fantàstics i mítics que habiten en el món imaginari infantil. Més endavant es publicarà una nova traducció de L’habitació de Jacob de Virgina Woolf i la recuperació d’un clàssic de la filosofia catalana L’elogi de la mentida de Josep Torres Tribó, amb edició del filòsof Max Pérez Muñoz.

De cara a un futur, pretenen seguir consolidant el projecte amb la línia actualment marcada, ampliant lectors, arribant a més llibreries, tenint més ressò als mitjans de comunicació i sumant títols al catàleg. L’editorial de Figueres en aquests 10 anys s’ha convertit en un imprescindible a les prestatgeries de qualsevol lector inquiet i, com es necessari, celebrem la llarga vida de projectes fets amb cura, com es el cas de Cal·lígraf.

 

[Font: http://www.nuvol.com]

 

 

La escribió, en 1991, la portuguesa Agustina Bessa-Luís y retrata su país, tras la Revolución de los Claveles, que llevó cambios fundamentales. Cuáles son las similitudes con el gran clásico de la literatura francesa.

Valle Abraham es una novela de la autora portuguesa Agustina Bessa-Luís, publicada por primera vez en 1991. La actual edición de Edhasa es una de la pocas traducidas al español. Originalmente fue encomendada por el realizador de cine Manoel de Oliveira, con el fin de escribir un guion cinematográfico: la película se filmó en el año 1993.

Bessa-Luís se dedicó, principalmente, a escribir novelas de costumbres. Su narración a veces es de una estructura caótica pero siempre brilla a través de su espíritu singular. Escribió historias de vida privada y pública de la segunda mitad del siglo XX, con particular énfasis en el periodo que siguió a la Revolución de los Claveles o Revolución del 25 de abril. Sus principales referentes literarios fueron Camilo Castelo Branco, Fernando Pessoa, Gustave Flaubert y Alexandre Dumas Hijo.

Valle Abraham es la historia de Ema Cardeano, la única hija de Paulino Cardeano, un viudo que vive en la casona del “Romesal”, en la campiña viñatera del río Douro (Duero, en español). Su mundo es su padre y su tía Augusta, una mujer muy creyente. Ema nació con un defecto congénito en la pierna que la obligaba a caminar cojeando, y aunque su belleza natural opacaba por completo ese defecto físico, la tía Augusta se preocupaba con la posibilidad de que ella no consiguiera un marido para casarse. Su padre hablaba poco del tema, aunque dejaba traslucir una inquietud similar.

"Valle Abraham", una novela portuguesa

« Valle Abraham », una novela portuguesa

En un restaurante de Lamego, durante las festividades de Nuestra Señora de los Remedios, Ema Cardeano, en ese entonces una jovencita de 15 años, acompañada por su padre Paulino, conoce al médico rural Carlos Paiva, quien no solo ya había enviudado de su primera esposa, muerta por envenenamiento, sino que se había convertido en amante de la única escritora de la región, María Loreto Semblano, casada a su vez con un hombre mucho mayor que ella. El relato deja entrever que Carlos solo estaba interesado en casarse con Ema por su dote.

Pueblo chico

La literatura de Bessa-Luís retrata los vínculos entre hombres y mujeres en estos pueblos chicos portugueses de los años ‘70, dibujándolos como un verdadero embrollo al que no le faltan componentes tóxicos tales como intrigas, críticas malintencionadas, habladurías que circulaban con poco o nada de veracidad. Siguiendo la tendencia de los novelistas modernos y cuentistas portugueses, Agustina se lanza al estudio psicológico y social de los habitantes de la pequeñas ciudades y pueblos de Portugal, intentando retratar su psicología, sus creencias anticuadas, su vida monótona y su mentalidad anacrónica. Ella interpreta las acciones humanas desde un sentir pesimista de la vida.

No solo en el aspecto psicológico y social, en todos los otros sentidos la novela nos sumerge en una atmósfera sufrida. El destino para los personajes es siempre melancólico, como transmitiendo una cierta amargura no en vivir la vida sino en tener que soportarla. Desde el análisis psicológico de los personajes percibimos ese tono amargo, desalentador, lo que constituye una característica permanente en todas sus obras.

Agustina retrata a las mujeres de aquella época como semianalfabetas, ya que muy pocas sabían o se permitían leer, mostraban modales groseros, eran chismosas y sus únicos objetivos en la vida eran el altar o el convento. Un verdadero estereotipo femenino que hacía falta quebrar. “No se puede decir que se tratase de una provincia enfermiza, reprimida, en la cual la hipocresía hiciera nido”, comenta la narradora omnisciente de la novela, colocando sarcásticamente un “no” al frente de una frase, donde haría falta un “sí” con total claridad.

También podemos encontrar el mismo tipo de descripción irónica en el párrafo que se refiere a las Señoras Mello: “Con una sonrisa ligeramente cruel, como si fuese un animal de presa olfateando su dieta de sangre caliente”. En pocas palabras, la autora pinta un retrato de cuerpo entero de una sociedad enfermiza, hipócrita, decadente y perversa, casi como una puesta de teatro en la que todos usan máscara, se visten con las mejores ropas y cubren las arrugas con mucho maquillaje para no mostrar sus verdaderos rostros. Ema solo usaba “los Dior y los Hermès, los objetos de toilette con monograma, los pañuelos de batista bordado especialmente encargados.

Claveles para una Revolución

Esta alta burguesía rural, que se desarrolló a orillas del río Duero, comenzó a decaer tras la Revolución de los Claveles, la revolución ciudadana ocurrida el 25 de abril de 1974 en Portugal, a partir de la que dicho país se convirtió en un Estado democrático y de derecho, marcada por una fuerte orientación socialista.

La Revolución de los Claveles no benefició particularmente a la aristocracia viñatera, aquellas cuyas familias de renombre vivían de cultivar y cosechar uva, y de producir y vender vinos de la región. Por ello, Agustina describe a un personaje conservador como el viejo Semblano vistiendo una camelia en la solapa.

Llama la atención que la misma autora mencione el clavel como un símbolo opuesto a la camelia. El esposo de María Loreto “era un viejo elegante y usaba una camelia en el pecho después de que los claveles se convirtieran en un símbolo de la Revolución”. La camelia es un emblema del Romanticismo porque se comporta de una forma diferente al resto de las flores. Los pétalos en camadas representan a la mujer, el cáliz representa al hombre que la protege. Lo particular de la camelia es que los pétalos y el cáliz permanecen unidos hasta la muerte. Por ello la camelia representa el amor eterno y es símbolo del Romanticismo.

Vínculos literarios

Pero las épocas cambian y un nuevo realismo toma su lugar en la historia. Existen varios puntos en común entre Valle Abraham, de Agustina Bessa-Luís, y Madame Bovary, del francés Gustave Flaubert, novela en la cual, por otra parte, la autora portuguesa se inspira. Obviando el hecho de que el primer relato transcurre en Portugal durante los años ‘70 del siglo XX, y el segundo, durante la segunda mitad del siglo XIX, en Francia, son más las similitudes que las diferencias.

Madame Bovary marca la transición entre el Romanticismo literario y el Realismo. Las mujeres acostumbradas a leer novelas románticas y soñar con un casamiento que las hiciera ascender de clase, se encontraban más tarde con una realidad muy diferente, más parecida a una pesadilla que a un cuento de hadas. Ese es uno de los puntos que Flaubert remarca en su novela a través de sus personajes principales Emma Charles Bovary. Y, de hecho, lo mismo hace Bessa-Luís, con su estilo personal, más modernista.

Ambas novelas resultan en críticas a sus respectivas sociedades, siendo la de Flaubert una crítica a la sociedad burguesa del siglo XIX, posterior a la Revolución francesa y al gobierno absolutista de Napoleón en Francia. Por su parte, Valle Abraham es una crítica a la sociedad pequeñoburguesa de campiña portuguesa anterior a la Revolución de los Claveles. Incluso los protagonistas de ambas obras llevan los mismos nombres: Carlos y Ema.

Otros dos detalles que unen ambas obras son, por ejemplo, el hecho de que la primera esposa de Carlos se hubiese envenenado, pues la Emma del autor francés también se causó la muerte por envenenamiento. Asimismo, la pierna defectuosa de Ema Paiva remite en cierta forma al mismo defecto en la pierna de Hyppolite, el mozo de cuadra que aparece en la novela de Flaubert como víctima de mala praxis médica. Agustina cambia esa cirugía fallida por una cesárea malograda, pero la idea en su base es la misma.

Hay una muy breve alusión a La dama de las camelias, no solo por el hecho de que Ema Paiva esté leyendo esta novela, sino también porque se menciona el clavel como flor símbolo de la revolución modernista, y la camelia como alusión a la aristocracia o, al menos, a la alta burguesía aferrada al pasado.

Ema era lectora asidua de La dama de las camelias de Alejandro Dumas hijo, y lo que más le impresionaba de este personaje era que, después de su muerte, hubiera quedado entre sus pertenencias solo el oro y la plata. “Leyendo un día la novela La dama de las camelias, quedó impresionada con el remate, después de su muerte, donde solo había oro y plata entre las cosas personales de ella”.

En su texto “El bovarismo en su búsqueda del absoluto en el filme Vale Abraão de Manoel de Oliveira”, Célia Maria Sousa Lopes observa inteligentemente que “Ema es presentada en unísono con el paisaje, en una simbiosis casi perfecta con el río que parece deslizar lánguidamente a lo largo de aquel Valle, sin grandes convulsiones, ni balanceo constante, dividiendo las dos márgenes del río, separándolas en mitades diferenciadas y, al mismo tiempo, coexistiendo y haciendo parte de aquel todo que es el paisaje del Duero”.

En este mismo sentido existe la comparación de “La Bovarita” con el río: antes de casarse, en la víspera: “Ema abrió la ventana del cuarto (…) le pareció que el río Duero, en la curva lenta que se iba deshaciendo desde Régua, traía en el vientre hinchado algo de monstruoso” . Hay una comparación entre el río y Ema, además de un mal presagio respecto de su inminente matrimonio y el fruto de esa unión.

En el libro de Bessa-Luís existen varias referencias a flores -rosa, margarita, camelia-, sugiriendo significados diversos. “Cuando era niña y preguntaba el nombre de una flor, le decían ‘rosa’ o ‘margarita’; ella ponía en duda esa respuesta. -Por qué rosa? (…) Tan breve imagen de una flor en su tallo, tocada por el viento y a punto de dejar caer sus pétalos…”.

La rosa es la flor que la literatura le atribuye a la mujer desde los poemas del siglo XIII. Efímera, suave, delicada, necesitada de cuidados. Pero Ema no se sentía tan frágil, sino más fuerte que una pálida rosa.

El Valle Abraham, en la margen opuesta del río, representa su vida adulta, de mujer casada y madre. Un lugar que podría haber significado la realización de sus sueños pero que, sin embargo, significó su infelicidad y hartazgo.

Por último, la Quinta del Vesuvio posee un nombre llamativo, el de un volcán a punto de erupcionar. Esta casa representa a la mujer adúltera, la Bovarita apasionada que como un volcán es fuerte y explosiva, violenta y peligrosa, una mujer adulta que deja sus pasiones sin riendas que le coarten la libertad.

Sobre Agustina Bessa-Luís

♦ Agustina Ferreira Teixeira Bessa es una escritora portuguesa nacida en Vila Meã en 1922 y fallecida en Porto en junio de 2019.

♦ Es la mayor escritora portuguesa del siglo XX.

♦ En 1952 recibió el premio Delfim de Guimarães y al año siguiente el Eça de Queiroz; integró la Académie européenne des sciences, des arts et des lettres (Francia), la Academia Brasileira de Letras y la Academia das Ciências de Lisboa y fue Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres, distinción otorgada por el gobierno francés en 1989.

♦ Finalmente, como corolario a un trabajo literario excepcional, en 2004 obtuvo el premio Camões, el más importante de la lengua portuguesa.

♦ Su obra, traducida entre otros idiomas, al inglés, francés, italiano y alemán, incluye novelas, obras de teatro, ensayos, cuentos y biografías.

♦ Algunos de sus libros más notables son A Sibila, el libro que la consagró, Crónica do Cruzado y A ronda da noite.

 

[Fuente: http://www.infobae.com]