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L’auteur-compositeur-poète jurassien Hubert-Félix Thiéfaine signe son 18e album, Géographie du vide, à la fois rock et mélancolique, pulsionnel et sarcastique, introspectif et contemplatif. Un grand cru réalisé par son fils Lucas. Rencontre.

RFI Musique : Votre disque s’ouvre avec le très rock Du soleil dans ma rue, dans lequel vous citez un vers écrit par Johnny Hallyday !
Hubert-Félix Thiéfaine : La phrase est tombée toute seule, elle date de 1963 et Les bras en croix de Johnny, c’était le premier 45 tours que j’ai eu. En écrivant cette chanson, cette citation « Comme un Christ les bras en croix » est venue du plus profond de mon inconscient. J’ai cherché autre chose, mais je n’ai pas trouvé.

Que représentait Johnny pour vous ?
C’était le grand frère qui me servait de modèle quand j’avais 13 ans. J’essayais de faire du Johnny à la place de Johnny avec mon groupe qui s’appelait Les Caïds Boys (Rires). C’était les débuts.

Ce disque s’appelle Géographie du vide parce qu’il n’y a plus de territoires à défricher ?
Non c’est cosmique. C’est le drame de la solitude, individuelle ou collective, par rapport à l’immensité, les soirs d’été, quand on regarde les étoiles et qu’on se sent à peine une fourmi. Cela parle de ce vide. Et du vide de sens car je m’aperçois avec l’âge que tout ce qu’on nous a dit à l’école ou par la religion sonne faux. Cela peut aussi être le vide d’intelligence, d’amour ou de poésie. Chacun peut remplir les blancs.

Dans un autre registre, sur une musique de Nosfell, dont les arrangements évoquent Arcade Fire, vous vous adressez à Baa’l Azabab dans la chanson Prière pour Baa’l Azabab. Qui est-ce ?
C’est Belzébuth, il y a au moins quatorze formes d’écritures et de prononciation de son nom. J’aime bien taper dans la fourmilière. C’est un grand délire comme j’aimais les faire quand j’étais jeune. De temps en temps ça me rajeunit de jouer avec les mots et de les faire sonner comme cela. Peu importe le personnage que je joue à ce moment-là.

Effectivement, puisque vous y écrivez « Seigneur Dieu des Bacchanales, ne me délivrez pas du mal ». Est-ce une façon de dire qu’il faut accepter sa part d’ombre ?
Oui… Enfin, il faudrait donner une définition du mal et là il faudrait écrire un livre ! C’est juste que tout le monde se dit tourné vers le bien sans faire le moindre effort pour que ça soit vraiment bien et beau. Si pour être bien il faut avoir mal, allons-y.

Et il y a aussi une part de revendication de la folie. Dans L’Idiot qu’on a toujours été, par exemple…
On peut avoir les situations et le monde qui bougent autour de soi mais on est toujours celui qui ne sait rien, l’ignorant. C’est un retour sur soi pour essayer de s’analyser comme on est et non pas comme on croit être. Cela correspond à une crise d’humilité peut-être… J’aime bien les gens humbles (il rit) ils sont quand même plus agréables à fréquenter que ceux qui sont sûrs d’eux !

Vous chantez « Il y a du soleil dans ma rue mais je ne sais pas quoi en faire« . Avez-vous des difficultés à vous emparer du bonheur ?
Cela ressemble à du gadget, le bonheur. J’ai été élevé dans la religion catholique où le bonheur c’est Dieu. Alors forcément, le jour où je me suis débarrassé de Dieu, je me suis débarrassé de ce qui allait avec, les anges et tout ça. Je préfère des valeurs comme la liberté. Mais je n’ai pas de leçon à donner à ce sujet, je connais des gens heureux, ils sont bien aussi, je vous assure (il rit de bon cœur).

La fin du romanPages noiresCombien de jours encore… Beaucoup de chansons sont très pessimistes. Si les poètes sont prophètes, vos textes donnent l’impression qu’on arrive à la fin de l’histoire…
Je ne sais pas si les poètes sont prophètes, ils écrivent surtout des choses pour éviter qu’elles arrivent.

Ce disque est réalisé par votre fils, Lucas. Qu’apporte-t-il à votre musique ?
De la fraîcheur et de la modernité avant tout. En principe je devais m’arrêter au dix-septième album. Cela aurait fait écho à la phrase « le fou a chanté dix-sept fois«  qui était dans mon premier disque (Le chant du fou dans Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s’émouvoir (1978) ndlr.), cela me plaisait poétiquement. Mais j’ai eu envie de continuer et je me suis dit tant qu’à faire autant partir dans une autre direction. Un cycle se terminait, il fallait en ouvrir un autre. Alors j’ai kidnappé la jeunesse.

Pour ce disque vous donnerez deux types de concerts…
On le jouera en deux parties. Une première, acoustique (Unplugged) à partir de janvier et une deuxième (Replugged) électrique, en 2023. Les morceaux seront différents. Donc il faut s’attendre à une quarantaine de chansons si on va aux deux concerts (il sourit).

Hubert-Félix Thiéfaine Géographie du vide (Columbia) 2021
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Publié par Marjorie Bertin

[Source : http://www.musique.rfi.fr]

BONNES FEUILLES – Fasciné par la trajectoire de Stephen Crane (1871-1900), comète rimbaldienne de la littérature américaine, mort de la tuberculose à 28 ans, Paul Auster remet en lumière sa vie et son œuvre, lui rendant ainsi un hommage éclatant, celui d’un « vieil écrivain empli d’admiration pour le génie d’un jeune écrivain ».

Écrit par Victor De Sepausy

D’abord journaliste à New York, Crane commence à écrire en 1893 et, après de nombreux revers, connaît le succès avec L’Insigne rouge du courage, roman sur la guerre civile américaine vécue à travers le regard d’un jeune soldat. Se débattant toute sa vie avec le manque d’argent et les dettes, Crane travaille sans relâche, couvre divers conflits, écrit articles, poèmes, nouvelles et romans.

Il s’installe finalement avec sa compagne en Angleterre, où il devient l’ami de Henry James et de Joseph Conrad, qui dira de l’une de ses œuvres : « C’est la vérité même de l’art. »

L’écrivain américain Russel Banks, indique : «L’engagement total et obsessionnel de Paul Auster envers Stephen Crane, le bad boy de la littérature américaine du XIXsiècle, est exceptionnel et d’une saisissante beauté. Sa maîtrise du contexte historique, ses incursions dans la personnalité de Crane — où l’on sent la patte d’Auster, qui se donne du mal et déploie toute son imagination —, l’analyse des textes : tout est absolument superbe. Et comme sa prose est belle… limpide, claire, et pourtant lyrique et personnelle.

J’ai été particulièrement ému par la description des relations que Crane entretenait avec Joseph Conrad, Henry James et d’autres écrivains de cette époque, avec sa concubine Cora, avec son frère aîné, William, le bourgeois enclin à critiquer. Et aussi par sa délicatesse à l’endroit des autres relations de Crane avec les femmes. Quelle histoire! Plus qu’un roman, plus qu’une biographie, plus qu’un ouvrage d’analyse critique, voici une œuvre littéraire remarquable. Et l’hommage le plus profond que j’aie jamais lu d’un écrivain à un autre.»

 

Paul Auster est né en 1947 dans le New Jersey. Il est membre de l’Academy of Arts and Letters et a reçu le prix Prince des Asturies en 2006, entre autres distinctions prestigieuses. Il vit à Brooklyn avec sa femme, la romancière Siri Hustvedt. En France, toute son œuvre, traduite en trente-cinq langues, est publiée chez Actes Sud.

Burning Boy. Vie et oeuvre de Stephen Crane
Paul Auster
Trad. : Anne-Laure Tissut
Actes Sud Editions
Burning Boy. Vie et oeuvre de Stephen Crane
13/10/2021
1008 pages
28,00 €

 

[Source : http://www.actualitte.com]

Escrito por BIEITO ROMERO

Hai uns días estiven en Fisterra e de novo paseando polas súas rúas e calexas cústame entender o trato arquitectónico que se lle deu a esta aldea marabillosa situada nun enclave único, de xentes fantásticas e cunha idiosincrasia e personalidade como hai poucas. E non é que estea peor que o resto das aldeas e vilas da súa contorna, pero é que Fisterra é un símbolo universal, é nosa e debería ser unha das nosas xoias máis prezadas.

Fisterra é, xunto con Muxía, un dos remates terreais dos camiños que despois de chegar a Santiago conclúen no Atlántico. De aí en diante só o océano infinito coa súa beleza e a súa crueza. Mais eu non quedei só na aldea, polo que gocei paseando, senón que fun ao pé do faro, un lugar tan transitado na actualidade como unha populosa rúa de calquera cidade galega.

O cabo Fisterra é un deses lugares de enerxía, enclave no que sentimos cousas especiais, como se houbese unha porta dimensional entre o mundo dos vivos e o alén. Atrévome a dicir que é unha das proas máis marabillosas do mundo e cun dos solpores máis abraiante. Lugar de inspiración para exercer calquera das belas artes e por suposto para a poesía. E ese foi o motivo principal polo que eu estiven alí.

Participei como músico na presentación do libro Ara do mar, unha colectánea poética sobre Fisterra coordinada polo mestre Alexandre Nerium, flamante director do museo da pesca na súa aldea, home humilde, de trato amábel, culto e gran conversador. O acto converteuse, alén da presentación do propio libro, nunha sentida homenaxe de todos os que estabamos alí á figura de Alexandre, que, emocionado en todo momento, remarcou a importancia do lugar, sentíndose orgulloso das súas raíces mariñeiras e sendo o mellor anfitrión para este evento.

Nesa situación, diante do faro, déronse cita parte dos poetas que participan nese libro, recitáronse poemas en varios idiomas e reivindicouse que a vaca de Fisterra volvese a soar. Mais sobre todo resaltouse a importancia da figura de Alexandre Nerium, exemplo de humanidade, persoeiro que ama e sinte a terra na que vive sen pedir nada a cambio. Un auténtico bo e xeneroso.

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Yo no voy a dejar de escribir, nunca voy a dejar de escribir, yo sigo escribiendo todos los días”, dijo Robin Wood en conversión con La Nación este domingo, saliendo al paso a publicaciones que señalaban que abandonaba su profesión debido a cuestiones de salud que supuestamente lo aquejan.
Los medios se hicieron eco ayer de un comunicado dado a conocer por un miembro de su círculo cercano, lo que propició estas versiones contradictorias, y puso sobre el tapete algunas cuestiones de índole familiar.
El creador de “Nippur de Lagash”, según las primeras versiones, se encuentra aquejado de una enfermedad que no le permitiría seguir produciendo, ante lo que el escritor dijo: “Realmente no sé de dónde salió esa historia. Yo amo escribir, me dedico a escribir, esa es mi profesión”.
Respecto al origen de las primeras declaraciones, pidió “por favor, que dejen de decirlo”. Conflictos de índole familiar habrían generado estas afirmaciones contradictorias.
“Salió en los diarios que yo me estaba muriendo, y yo no me estoy muriendo. Y con respecto a escribir, yo voy a seguir escribiendo exactamente como venía haciendo todos estos años”, reiteró.
Wood, originario de la zona de Caazapá, es un guionista de historietas paraguayo reconocido a nivel mundialmente por series como “Nippur de Lagash”, realizadas principalmente para la editorial Columba, en Argentina, país desde donde se catapultó su carrera a todo el mundo.
[Publicado en La Nación]

¿QUIÉN ES ROBIN WOOD?

Por Diego Accorsi
En esta sección podrán conocer al magistral guionista de historietas sin necesidad de examinar un montón de datos biográficos. Este es un reportaje que surgió de las inquietudes que me fueron apareciendo en septiembre de 2000, a medida que me adentraba más y más en el mundo de Editorial Columba. Habiéndome convertido en el responsable de relanzar los títulos en un proyecto kamikaze que contaba con ínfimo presupuesto, opté por reeditar los personajes más famosos de la editorial desde sus primeras apariciones. Para ello, ordené todos los números de todas las revistas (que se conservaban encuadernados en infinidad de volúmenes) y todas las fichas de las historias compradas por la editorial. Además, encontré un montón de cuadernos donde anotaban los guiones que compraban, con fecha, autor y revista en la que era publicado. Muchas herramientas, pero también, mucho material y todo abría nuevas puertas. Yo –debo confesarlo- nunca había sido un ferviente admirador de la editorial de la palomita y su guionista estrella, Robin Wood. Desde el momento que empecé mi gestión, ese nombre se me aparecía por todos lados. El tipo había hecho todo… y con ese nombre. No podía ser real. Entre los aciertos de esa dirigencia se contó con la inserción como archivista de Johnny –alias el Negro-, íntimo amigo de Robin desde su adolescencia. Johnny demostró ser una verdadera enciclopedia viviente del guionista paraguayo-argentino-danés, con una memoria prodigiosa y una voluntad ciclópea. Antes de siquiera sacar los números Uno, yo ya tenía una necesidad imperiosa de conocer más del autor de Nippur, Dennis Martin, Savarese, Mark y un larguísimo etcétera. Mis primeros acercamientos a esta figura casi mitológica fueron a través de historias de Johnny, hasta que me dijo: “Robin viene este fin de semana a Buenos Aires, ¿querés charlar con él?”. Y sin dudarlo comencé a anotar una batería de preguntas que se iba extendiendo. Coincide con que para ese momento, me doy cuenta de que me sobran páginas en los números 1 de las revistas y en lugar de rellenarlos con avisos, quedaba mucho mejor, un reportaje al gran guionista. Así, en una apacible tarde de primavera, enfilé hacia el departamentito que Robin mantenía en la ciudad de Buenos Aires, y me senté frente a frente con uno de los más grandes –y sin duda uno de los más prolíficos- guionistas del mundo. La entrevista fue casi una charla entre amigos, con muy buena onda, con anécdotas al margen, y el carisma del escritor operando a tope. Salí convertido en un fan de Robin Wood. Esta es la charla como apareció publicada en las revistas Nippur de Lagash Nº1, D’Artagnan presenta a Dennis Martin Nº1 e Intervalo presenta a Savarese Nº1 durante noviembre de 2000, por primera vez, toda de corrido. Encontrarán indicaciones a pie de página para actualizar lo más posible las declaraciones de Robin, ya que en estos ocho años y pico, algunas cosas han cambiado. Espero que los convierta en fanáticos de Wood como a mí.
Un día soleado de principios de primavera, quedé en encontrarme con Robin Wood en su departamento de Buenos Aires, cerca del Parque Centenario (Robin ya no viene tan seguido a Buenos Aires, por ende, no tiene más el departamento de la calle Sarmiento). Apenas uno entra, ve un montón de dibujos enmarcados en las paredes, una Amanda de Falugi, un Gilgamesh de Pez, varias páginas de Nippur de Lucho Olivera, tapas pintadas por De la María, y sentado a la mesa, Robin. Sobre esta hay un laptop cerrado y un cuaderno abierto, escrito, desprolijo. Él está medio resfriado, en realidad, el venir a una ciudad tan polucionada como Buenos Aires le hace chorrear la nariz. Me siento y empezamos una amena charla, en la que Robin –con su acostumbrado estilo- imitó a personas, entonó a la perfección cada palabra dicha en otros idiomas (inclusive el paraguayo), siempre gesticulando mucho, interrumpiéndose y cambiando de idea sobre la marcha, verborrágico, creativo, divertido y con muy buena onda. Pero basta de preámbulos, pasemos a la (…) entrevista, conozcamos…
UNA VIDA DE AVENTURAS: REPORTAJE A ROBIN WOOD
-Empecemos por el principio, ¿cuándo y dónde naciste?
-Nací en el 25 de enero de 1944… De entrada voy a remarcar que Robin Wood es mi verdadero nombre. Nací en una colonia socialista de australianos que vinieron al Paraguay. (El nombre del caserío de los australianos en medio de la selva paraguaya se llama Colonia Cosme y queda en el departamento de Caazapá). En un lugar que aún hoy en día no tiene electricidad ni agua corriente, ni nada (Ocho años después, Colonia Cosme sigue sin luz o agua corriente). Y allí yo crecí.
-¿Cuándo viniste a Buenos Aires y por qué?
-Ahí está un poco más confuso, porque mi madre era medio gitana también. Viví hasta los cinco años en la colonia, después viví con familias, después vivimos… Debo haber llegado a Buenos Aires aproximadamente… creo, porque no tengo fechas exactas, yo debería tener 8 o 9 años. Me quedé aquí unos tres años; vivía en un orfanato porque mi madre no me podía cuidar y volví al Paraguay a los once, doce años, más o menos.
-¿Y después vuelta a la Argentina?
-No, de ahí me fui a la ruta transchaco, a trabajar; a los once años me fui al desierto, al Chaco, y trabajé ahí por un año y medio. Después volví a Asunción, después volví a Buenos Aires, porque mi madre se había casado. Lo malo es que se divorciaron ocho meses después, o sea, que toda una vida familiar que a mí no me interesaba particularmente, volvió a desmoronarse. Entonces trabajé en docenas de trabajos solo… calculá que en esa época yo tenía quince, dieciséis años. Y un buen día me fui en ómnibus de vuelta a Paraguay. Uno de mis tíos estaba trabajando en el Alto Paraná y tenía un camión obrajero, entonces me fui y pasé unos años trabajando en el Paraná.
-¿Y cuándo venís a establecerte en Buenos Aires?
-La Embajada Francesa en Paraguay ofrece un premio a quien pudiera hacer un análisis de la cultura y el arte de Francia. Yo, entre camión y camión, intervine. Y lo gané. Entonces el diario El Territorio me toma como corresponsal… además, pensá en mi edad…
-Pero… ¿de dónde sacás tu educación? ¿Cómo viajando tanto lográs escribir un texto sobre la cultura francesa?
-Yo no tenía ninguna educación, yo tengo seis años de escuela nada más, yo pasé el sexto grado y nada más. Pero por supuesto, como siempre digo, es una especie de anécdota simpática, a los ocho años yo leía Todos los hombres son mortales de Simone de Beauvoir, que muchos años después se convirtió en Gilgamesh y leía Cuentos del mar Por quién doblan las campanas, de Hemingway; tenía ocho años.
-¿Y cuál es tu primer contacto con la historieta?
-De chico no tuve ningún contacto, acordate que yo no tenía casa, yo dormía donde podía, y después empecé a trabajar en las fábricas, en Buenos Aires, que fue el período más terrible de mi vida. Pasé entre cinco y seis años en fábricas, con los sueldos de aquella época, viviendo en pensiones con cinco camas por cuarto, y había esas cocinitas que había que pedalear, con querosene. Entonces en esos cuartos cocinábamos ahí, vivíamos de eso. Hasta hoy en día mi hígado ha quedado… porque eran hamburguesas con huevos fritos, con la grasa y todo eso, y trabajábamos generalmente seis días a la semana. Desde las siete de la mañana hasta las seis de la tarde. Y vivíamos así, de eso. Yo era una bolsa de huesos, muy flaco, tenía granos por la mala comida, la mala alimentación, etcétera… Y yo quería ser dibujante. Era un pésimo dibujante.
-¿Cómo se te ocurre ser dibujante de historietas?
-Siempre me gustó dibujar. Y ahí vienen esas pequeñas cosas: fui a estudiar a Bellas Artes y al otro, en donde enseñaba Alberto Breccia… la Panamericana de Arte, pero yo no tenía talento. Yo quería ser dibujante, pero al final me dijeron “Robin, estás malgastando tu tiempo, no tenés talento”. Y había un individuo ahí, que estudiaba conmigo… en realidad no estudiaba, iba ahí a aburrirse, que se llamaba Luis Olivera, y entre las miles de lecturas mías, estaba la sumeriología, el estudio de la civilización de Sumer. Que era la misma obsesión de Lucho y nos sentábamos después de clase a hablar y hablar, y hablábamos y después yo me iba a la pensión, él se iba a su casa. Y un día estaba puteando porque los guiones eran malísimos y me dice “Estos no son guiones, son un horror”. Y de repente me dijo: “¿Por qué no hacés un guion así, de sumeriología?”. Y le escribí además otros tres guiones. Y me olvidé. Me olvidé porque yo se los llevé a Lucho a la casa; a él yo nunca le mostré dónde vivía. Era un basural, directamente, era algo tan deprimente que me daba vergüenza, donde mi vida era simplemente poder comer ese día. Así que, de repente, cuando la editorial –Columba, donde trabajaba Lucho- aceptó esos guiones, Lucho no sabía dónde contactarme. Éramos amigos de Bellas Artes y en la Panamericana, pero él no sabía dónde vivía yo. Y los guiones se publicaron dibujados por él. Pero Lucho no podía avisarme… Hasta que vi la revista con la historieta publicada. Decía Robin Wood en la tapa… ¡guau! Cuándo yo lo vi fui… Yo vivía en Retiro, y trabajaba en una fábrica que quedaba en Martínez, y ese día había llegado tarde, entonces cuando llegabas tarde no te dejaban entrar y como te pagaban por hora, ese día no comías, listo; entonces pedí un vale y no me lo dieron, pedí algo y nada, y volví caminando desde Martínez a Retiro. Y encima de yapa, llovía. Era como si fuera una película francesa, llovía a cántaros… Y paré por el camino a mirar un quiosco de revistas y vi la revista en la que yo sabía que Lucho dibujaba la abrí y me encuentro con mi nombre. Bueh… seguí caminando hasta Columba, que en esa época estaba en Sarmiento y Callao, algo así… Y fui ahí, subí y estaba una señorita preciosa, en una hermosa oficina, que me miró con toda la sospecha del mundo, totalmente justificada, y me dijo: “Sí, ¿qué quiere?” No te puedo explicar el aspecto que yo tenía, era una cosa… Pesaba cuarenta y ocho kilos, la miseria de mi ropa, todo… Esta chica que luego fue amiga mía de manera íntima, me dijo que ella pensó que yo venía a pedir comida o dinero, o algo, a vender tarjetitas de ‘Soy sordomudo’ o algo así, ‘Colabore’. (risas) Yo le dije: “Me llamo Robin Wood”… Chau, otra joda. Ella no estaba al tanto de las historietas, y ese nombre ridículo…
– Le roba a los ricos para darle a los pobres…
-Pero este necesita para él y para nadie más. Entonces le digo: “No, yo escribí unas historietas y fueron publicadas”. Teresita, Teresita Murray, una irlandesita, muy simpática, me dice: “Espere un momento”, y se fue a hablar, probablemente se llevó todas las cosas que se pudieran robar; (risas) y al rato viene, me mira así con curiosidad y dice: “El señor Basalo lo espera.” Basalo fue Balbastro en Mi Novia y Yo. Paso a una oficina donde un señor muy elegante está sentado, el tipo me mira y me dice: “¿Usted es Robin Wood?” “Sí, señor”. Me dice: “No se ofenda, ¿tiene una cédula?” Saqué mi cédula y se la di. La miró y “Pero entonces ¿de verdad usted es Robin Wood?” “Sí”, entonces me dice: “Le cuento que compramos los tres guiones”… y no te puedo decir los precios de esa época, pero ponele que en la fábrica yo ganaba trabajando las horas extras que eran cuatro por día, trabajaba ocho horas más las cuatro horas extras, o sea doce horas, ganaba -un ejemplo- cien pesos por mes…“Nos gusta mucho el trabajo, le compramos todo lo que entregó y le pagamos doscientos pesos”. Yo había escrito tres historietas y digo “¿Doscientos pesos por las tres?” “No, no, doscientos pesos por cada una”. ¡AH! De repente el mundo cambió y dice: “Y todo lo que produzca se lo compramos”. “Bien, bien…” Ahí me levanté ya diferente y le digo: “A todo esto…” y el tipo que ya me había calibrado me dice: “Váyase al tercer piso que ahí le dan un cheque”. Yo nunca había visto un cheque. Fui al tercer piso, me dieron un cheque y yo con el cheque en la mano… (cara de desconcierto) Entonces el tipo me dice: “Pará, vos nunca cobraste un cheque”. “No” “Salí afuera, cruzá Callao y está el Banco de Londres y América del Sur, entregá el cheque y ellos te dan el dinero”. Fui, entré al banco y en esa época debía ser una pila de billetes así (muestra las manos separadas a una distancia como la de una taza de café), entrego el cheque, y me dice: “¿Tené’ cédula? … ¿Robin Hood? … Momento…” Y viste cuando sabes que no va a resultar, que algo va a pasar, que algo va a ir mal, y el tipo viene, me pone el paquete de billetes delante y me dice: “¿Quiere un sobre?” Si me hubiera preguntado si quería un elefante le digo que sí también, me dio el dinero, me fui y de ahí en adelante gané montones de esos paquetes de billetes y once meses después fui a avisarle a Columba que me iba. “¿Cómo te vas a ir?” “Sí, sí”, le digo, “yo me pasé seis años en la fábrica desde el amanecer hasta la noche, seis días por semana y ahora yo me voy…” Yo me iba a ver entrar los barcos en el puerto, yo fui voluntario para la Guerra de los Seis Días, también fui voluntario para Vietnam, con tal de poder irme… En la Guerra de los Seis Días no me aceptaron porque no era judío, ¿y a mí qué?; ofrecí seis años de trabajo en un kibutz a cambio de un pasaje. Para lo de Vietnam me dijeron: “No hay problema, lo único que tiene que ir a Estados Unidos y alistarse ahí”. “Pero escuchame”, le digo,“si yo tuviera plata para irme a Estados Unidos, ¿para qué carajo voy a enlistarme?” Y de repente ahora tenía dinero, y dije: “Yo quiero ver cosas, quiero ver países, quiero ver todo”, y no me fui en avión, me fui en un barco de carga, así, que tomaban siete ocho pasajeros; y me fui en el Calazeta, un barco italiano… Y van veintidós años de viajes… sin parar, nunca quedándome más de seis meses en una ciudad. Y hasta hoy en día me acuerdo del Calazeta que era un buque de carga, tenía una pileta de lona azul en la cubierta para los marineros, que la cargaban con agua salada para refrescarse, no había restaurante, no había nada…
-Ahora viene la pregunta que ya me respondiste, si Robin Wood es tu nombre real… Pero la pregunta puede ser ¿qué otro nombre queda bien con el apellido Wood? ¿Cómo se llamaba tu viejo?
-No sé, nunca lo conocí.
-Y Wood es el apellido de tu mamá.
-Sí.
-¿Y cómo se llamaba tu abuelo materno?
-Hay un nombre tradicional en mi familia, Alexander. En cada grupo familiar siempre hay un Alexander o una Alexandra, mi hija se llama Alexandra. Eso es una especie de tradición… Nosotros somos un clan, no te puedo explicar en palabras lo que es un clan, nosotros somos 300, 400, vivimos en Australia, en Paraguay, en Argentina, en Estados Unidos, Irlanda, somos Wood. Para nosotros ser Wood es una cosa muy importante, muy agradable…
-¿Por qué tuviste tantos seudónimos? Yo te encontré seis, creo.
-Había como doce. Cuando empecé a trabajar en Columba, llegó un momento que decidieron que era una mala política que hubiera en el índice varias historietas hechas por mí y se lea Robin Wood, Robin Wood, Robin Wood, y entonces me pidieron que buscara un seudónimo, y así nació Mateo Fussari, que lo saqué de la sección avisos fúnebres; había muerto el pobre, decía “Mateo Fussari, que en paz descanse”. Robert O’Neil, que era una cosa así, importante; Roberto Monti era el famoso italiano con el que mamá había vivido, que fue como un padre para mí, y fue un lindo homenaje; Carlos Ruiz…
-Carlos Ruiz era el que hacía las de deportes…
-Sí, sí, Carlos Ruiz, era la chotez andante, fantasía de nada, y después el que a mí más me gustó que era Cristina Ruttegard, o sea, yo fui la primera escritora femenina de historietas… Yo estaba buscando un nombre y como era para Intervalo… Así que yo fui la primera escritora, antes de Patricia Breccia, creo que soy la única escritora femenina de historietas en la Argentina…
-Una vez que te aprobaban los guiones, ¿no se te ocurrió presentar la historieta completa? O te diste cuenta que el dibujo no…
-Presenté una, Hjalmar, una historia de vikingos, y yo le dije a Presas: “Esta la quiero dibujar yo”. Las conversaciones con Presas siempre eran problemáticas porque él es tartamudo, entonces hice creo que 17 páginas en vez de las doce habituales, y cuando la vio toda me dijo: “Mirá, esto es una cc-c-cagada”. Me dice: “Vos Wood, vos seguí escribiendo, porque dibujando, no vas a ganar un mango”. Okey, seguí. Pero son diecisiete páginas… Años después, yo le digo: “La historieta esa de Hjalmar… ¿donde está?” “Ah, yo la tengo colgada en casa, en mi colección”. “Ah, pero eso no se me pagó”. “¿Quién te iba a pagar por una cosa así?” Le digo: “Tenés razón, pero si no está pagada es mía, ¿no?” “Sí, sí, es tuya”. “Bueno, Dámela”. “No”. “¿Por qué no?” “Yo soy el único que tiene una historieta completa, escrita y dibujada -si a eso se le puede llamar dibujo- por Robin Wood”. “Pero legalmente es mía”. “Legalmente es tuya”. “Dámela”. “No”. “Te rompo la cara”. “No me importa, no te la doy”. La tiene todavía enmarcada en su colección, nunca me la dio.
– Sé también que -a vos poco, pero a otros quizá más-, le rechazaban historietas… ¿Qué había en la historieta para que en Columba dijeran “Esto no va”?
– A mí me rechazaron algunas historietas, y debo decir, en mi caso, tenían razón. Porque ellos tenían una línea, de trabajo y la seguías o no, pero si no la seguías… Algunas de esas eran tan malas… No es que fuera simplemente el hecho que usaban la autoridad, es que algunas eran tan malas. Yo las he visto… A veces me llamaban para decirme: “¿Vos podés corregir esto?” y yo o leía y decía: “Tienen razón, dejate de joder” y listo.
-A propósito de esto, ¿qué aportó el estilo Robin Wood a Columba? En Columba había una fórmula, y un día aparece Robin Wood dentro del estilo Columba, pero aportando un montón de cosas. ¿Qué hiciste vos que no se venía haciendo antes? A medida que tus guiones empezaron a poblar todas las revistas, todos los otros guionistas empezaron a parecerse más a vos…
-Esa es una pregunta bastante, bastante difícil… Yo nunca razoné lo que hacía, hasta hoy en día, yo trabajo así: (señala un cuaderno garabateado con números de cuadro y un breve texto de pocos reglones en cada uno). Esto (señala la laptop), es nada más que para pasar en limpio. Hasta hoy en día yo trabajo así y si te fijás un poco, yo no corrijo, rarísimo, una… pero en general no corrijo nada. Tal cual como sale, sale. Yo tenía una cultura monstruosa, y una fantasía monstruosa, y eso son cosas que no podés explicar. Yo nunca lo pude explicar. Una vez yo estaba con el guionista (Gustavo) Amézaga, y miró mis guiones y dijo: “Acá no hay corrección”. Y le digo: “Yo nunca corrijo nada, lo hago todo de una sola vez, después tal vez corrija aquí una cacofonía”, y él me dice: “Pero yo tengo que hacer tres, cuatro o cinco copias de un guión”… Así como sale, queda. Creo que en esa época, hubo tres tipos que afectaron la historieta. Uno por supuesto es el grande, Oesterheld. Ni me voy a molestar en hablar, porque él era EL mejor. Absolutamente el mejor. El otro fue Ray Collins, el desaforado, porque realmente él era en todo exagerado. Y quedaba bien. El tercero fui yo, creo que una mezcla entre los dos. Por supuesto yo lo imité a Oesterheld en todo, porque lo admiraba, lo leía, copiaba sus guiones, los guardaba… Mort Cinder en las Termópilas… Yo copié todo de ahí… (recita de memoria, con tono trágico y profundo) “Subo la colina y me encuentro con tres ilotas perdidos, me acompañan, pero el día es negro porque el viento solo puede repetir una palabra Alfeus, Alfeus…” Eso es arte. Eso es lo mejor. Eso es espléndido. Sargento Kirk nunca me convenció. Pero Mort Cinder… eso es…
-Vos releés cosas tuyas y retomás alguna punta que haya quedado colgada, algún enemigo que haya quedado vivo…
-Todo el tiempo. Me encanta.
-¿Hacés eso?
-Ajá. Por una simple razón. ¿Qué es lo más fascinante que hay en las historias? Los malos. Un bueno es bueno, y es bueno en una manera bondadosa, pero los malos, los villanos… Escuchame, en Batman, ¿quién es más interesante? ¿Batman o el Joker? ¡El Joker! Batman está bien, es bueno, mientras que el otro no tiene ningún límite. Entonces el Joker es el gatillo de la historia, el malo es el que hace que el bueno intervenga. Vos sabés que el bueno va a venir, va a intervenir, lo va a cagar, etcétera, pero el malo es el bueno, o digamos que lo interesante es el malo…
-¿Cómo es tu forma técnica para escribir guiones y cómo es tu trabajo con los dibujantes? Vos dividís por página, por cuadro…
-Por cuadro, fijate (señala el cuaderno), está todo dividido por cuadro, después cuando lo paso a la computadora doy las aclaratorias, cada cuadro tiene una aclaratoria: cómo debe ser el enfoque, primer plano, personaje, documentación, expresión, etcétera…
-¿Y vos ya sabés para qué dibujante lo estás haciendo?
-Sí, hace una diferencia tremenda.
-Pero cuando empezaste en Columba no…
-No, no, no, en esa época no, hoy en día yo trabajo con Falugi, Carlos Gómez, Salinas, Enrique Breccia, yo sé exactamente lo que ellos pueden dar. (Al momento de subir esta página, Robin trabaja con Carlos Gómez, Pedrazzini, Goiriz y varios coloristas)
-En el librito de guiones de Columba encontré que en una semana entregaste dieciséis guiones juntos, ¿cómo hacías para escribir dieciséis guiones por semana? Porque no es que no hiciste nada la semana anterior ni nada en las siguientes, una semana hacías diez, otra doce, ¿cómo hacías para producir tanto? ¿Tuviste ayudantes?
-Nunca; nunca. Una vez Columba me puso ayudantes, pero no funcionaba, porque la idea de ellos era que los ayudantes escribían el guion y yo los retocaba y salía. Pero cuando yo los leía… los hacía de vuelta, entonces le dije a Columba: “Para esto laburo yo solo”, pero hasta hoy en día, escribo cantidades; esto lo escribí esta mañana en dos horas (de nuevo señala el cuaderno), es una historieta de Dago… Ayer escribí otra, no, ayer escribí dos… Pero aparte de eso hago los libros de Dago, de 94 páginas que no sé si los viste…
-¿Escribís algo más aparte de historietas?
-Sí, sí, sí… Escribo muchos artículos sobre cine, sobre historia, análisis histórico…
-Escribís en danés, en inglés…
-En danés, en inglés, en italiano, en francés, etcétera, aparte de eso… yo soy un combatiente ecologista… pacífico, no estoy diciéndole a nadie lo que tiene que hacer, simplemente hago lo que puedo… he salido en libros sobre ecología… Creo que tengo una cierta conciencia social…
-Engancho esto con una pregunta que tenía dando vueltas, ¿cuando hacés las historietas, alguna vez dejás traspasar un mensaje, una ideología, algunas ideas tuyas…? ¿Alguna vez sentías que estabas transmitiendo tus ideas personales a los protagonistas o que una idea fuerte tuya era el mensaje de la historieta?
-Sí, sí, eso es inevitable… Yo tengo una conciencia social, porque no formo parte de ningún grupo, pero no podés evitar, mirar alrededor y sacar la conclusión de que un poquitito… Yo pago los estudios de más de veinte chicos pobres, aquí en Sudamérica, a través de organizaciones danesas… soy ecologista, no un ecologista agresivo, porque yo creo que eso también llega a sus extremos… yo hago la mía…
-¿Alguna vez un personaje dijo “No como carne porque está mal”, o una cosa así?
-No, no, nunca, porque eso es algo a título personal, no podés obligar a la gente a ser vegetariano, a no beber…
-En los ‘70 se te ve sobre todo en Mark, una especie de enfrentamiento a la tecnología, a las computadoras, Mark dice: ‘Los de la ciudad son como robots manejados por las computadoras’… Te venía molestando la tecnología…
-Claro, pero no la tecnología, lo inútil que yo era en relación con ella. Vale decir que yo aprendí a manejar una computadora hace dos años, antes era todo así (señala el cuaderno), y con birome roja hacía las aclaratorias y mi mujer las pasaba a máquina. Hasta que un día, me agarró, me hizo sentar y me dijo: “Tu problema es que sos perezoso, ahora vas a aprender” y ahora uso la computadora.
-¿No te aburrís del formato que te obliga terminar la historia cada doce o trece páginas? ¿No tenés necesidad de hacer historias más largas?
-Las hago; hice un mecanismo ahora, que por ejemplo series como Amanda y Dago, son de doce páginas; pero la historia en sí, se extiende a cinco capítulos, o sea que al final, serían unas cincuenta páginas, por la posibilidad de hacerlo en libro.
-Vos escribiste infinidad de géneros, históricas, western, policial… ¿con cuál es el que te sentís más cómodo?
-Todos… Dependiendo del humor del día….
-¿Qué pasa cuando te ponés a escribir, por ejemplo un guión de Nippur y después tenés ganas de escribir otro y otro…? Yo vi en el cuadernito que entregabas varios guiones del mismo personaje el mismo día, después durante tres meses a ese no lo tocabas, después otra entrega de varios episodios…
-Es el ritmo. Anoche escribí un Dago, este lo escribí esta mañana, a las cuatro de la mañana (señala el cuaderno), probablemente esta tarde escriba el tercero.
-¿Te arrepentís de algo de lo que hiciste? ¿Hay algún trabajo que digas me arrepiento de haber hecho esto?
-Sí, un montón…
-¿Puedo nombrar uno?
-Dale.
-La adaptación de La Guerra de las Galaxias.
-Ahhh, pero de eso no me arrepiento por una sencilla razón; era la época que Columba había hecho un trato con una empresa cinematográfica, entonces estas empresas mandaban una reseña, una brevísima reseña de veinte palabras, y cuando yo pienso que hice La Carga de la Brigada Ligera, -inclusive ahora estoy tratando de hacer una reproducción de la Carga en miniaturas-, y cuando lo leí, y me acordé de lo que había escrito… ¡y a la puta! Pero claro, me daban así, “Robin tomá”, diez líneas, y sobre eso tenías que improvisar, yo no tenía la más puta idea de qué se trataba, asi también hice La Profundidad, y una vez me trajeron uno, en la época de los luchadores de catch mexicanos… Super Argo, terrible. Te traían y te daban un papelito, “Mirá, hacé algo sobre esto…” ” Bueh…” Y algo hay que hacer… La Carga de la Brigada Ligera es una cagada total… La Profundidad – The Deep- , que la salvó el dibujante, porque era una cagada. Una vez, Johnny, mi amigo, estaba conmigo en el aeropuerto, yo me volvía a Europa, y yo estaba ahí, meta escribir, marcar, todo, hasta que anuncian vuelo con destino a Ginebra,“Okey, terminé”, le digo: “Negro, llevalo y que en Columba alguno lo pase a máquina…” Y salió una cagada total.
¿Alguna vez un personaje te resultó un éxito sorpresa, que vos no esperabas gran cosa y de repente pegó mucho…?
-Yo pensé que Helena era una pavada; Mi Novia y Yo era una historieta nada más, yo no pensaba una serie… Hubo varias humorísticas y esta era simplemente una más, y de repente en Columba me dicen: “Mirá, tenemos correo, llamadas telefónicas y demás, ¿vos podés seguir haciéndola?” ¿Y qué historias puede haber de un tipo que está de novio con una petisa de mal carácter y que tiene un perro? Eh… cuatrocientos cincuenta capítulos. Y el otro en el que no creí y lo hice realmente porque me interesó a mí, fue Helena. Yo lo empecé a escribir y nunca estuve totalmente satisfecho con eso; Ernesto García Seijas que es un gran dibujante, en esa época estaba muy duro, muy… Y sin embargo fue un éxito y hasta se hizo la serie de televisión en Italia, todo…
-¿Y al revés? Uno al que vos le apostabas todo y no pegó.
-Ronstadt, por ejemplo. Yo pensé: ‘Este personaje me fascina’, pero me cagaron con el dibujante…
-¿Alguna vez te sentiste decepcionado por el dibujante, que vos te habías imaginado al personaje de una manera y el resultado final es un desastre…?
-Uf… Noventa por cierto de las veces…
-¿Y con el color de Columba?
-¿Qué color? (risas)
-¿Quién los convenció de que había que sacar todo a color?
-¿Qué sé yo? Yo estaba en China, en Japón, yo estaba lejos… Por alguna razón también… Eso era horroroso.
-Cuando vos hacías diferentes géneros, ¿era porque vos querías o porque te lo pedían?
-No, porque yo quería. Yo todavía hasta hoy en día, leo Mi Novia y Yo o Pepe Sánchez y me río. Y como yo siempre digo: “No debe estar del todo mal cuando el autor se caga de risa”. Pero además, como yo escribo de esta manera, así, de un tirón, no lo razono, no lo pienso. Carlitos Gómez se divierte porque siempre me pregunta: “¿Y qué va a pasar en el próximo capítulo de la serie?” Y yo le digo: “No tengo la más puta idea”. Y Falugi, el que hace Amanda, él también lo sabe: “Y bueh, esperemos”, -dice-. Ellos saben que yo no sé lo que va a pasar.
-¿Con qué dibujantes te gustaría trabajar?
-Con los que trabajo ahora que realmente me gustan, Zanotto, Alcatena, Falugi, Carlos Gómez, Salinas… (Además de los países que nombra Robin, a la fecha sus obras se han publicado también en México, Chile, Paraguay, Uruguay, Bolivia y Suiza).
-¿Y alguno de los que no estés trabajando?
-Es difícil, porque una cosa es lo que muestran y otro es cuando empiezan a la serie… Un soldado puede estar muy bien vestido, andar bien a caballo, todo, pero cuando empieza la batalla, ahí es otra cosa. Eso ha ocurrido muchísimas veces, una serie es un ejercicio de resistencia, y de decisión, de ganas, no de otra cosa.
-¿Cómo fue o cómo es tu relación con otros guionistas, por ejemplo con Oesterheld, tuviste algún tipo de relación?
-No, a Oesterheld lo conocí una sola vez y fueron dos minutos, nada más. Me preguntó a qué me dedicaba.
-¿Con Ricardo Barreiro?
-¿Era el Loco? Sí, a él lo conocí… Bueno, vos sabés lo que era Barreiro… y me encontré con él en el primer Fantabaires apareció él en su estado habitual y me dijo: “Vos sos Robin Wood”, “Si”, le digo,“Yo soy Barreiro”. “Ah… ¿Y?” “Sabés qué, vos no tenés la cara de hijo de puta que me dijeron que sos”. “No”, le digo, “la carita me la dio mamá”. Y terminamos a las seis de la mañana, con un pedo total, porque con Barreiro no podés terminar de otra manera… Y me cayó muy bien, realmente me cayó muy bien. Me gustó mucho el tipo…
-¿Y con Carlos Trillo?
-Mirá, honestamente creo que Carlos Trillo me odia a muerte, pero nunca he hablado con él. Nunca he hablado con él, pero tengo un resentimiento muy profundo contra él y Guillermo Saccomano, porque cuando hicieron La Historia de la Historieta -que incluso se publicó en Francia- me pusieron como fachista, y yo pensé ¿por qué me acusan de algo así? A mí, que una vez lo dije, en una reunión que me acusaban de capitalista, en el período peronista, de la revista El Descamisado y demás, y me dijeron que participara y yo les digo: “No puedo por una simple razón: primero, que no vivo aquí, no voy a tomar partido político por nadie, no lo tomo ni por los milicos ni por los peronistas, porque si algo no me convence, ¿por qué lo voy a hacer? ¿porque todos lo hacen?” Entonces ahí me atacaron muchísimo (y hasta hoy día), por fachista. Yo dije: “Pero aquí yo soy el único que ha sido obrero, todos ustedes son universitarios, estudiantes, burguesía, aquí el único que ha sido obrajero en el Alto Paraná, que ha trabajado como levantador de piedras en el Chaco, que ha sido obrero de fábrica, soy yo. ¿Y ahora ustedes me llaman a mí fachista, capitalista, burgués?” Y Saccomano y Trillo hicieron ese libro… y yo respeto al trabajo de Trillo, respeto a Saccomano, es decir, una cosa es su trabajo, ahora pues, nunca entendí que sacaran ese artículo lapidario que me tildaban de fachista… yo no sé por qué. Honestamente, con Trillo yo hablé una sola vez cinco palabras, le dije: “Hola”, en una reunión, siempre nos hemos tratado con total cortesía, no conozco al hombre, pero el hombre tampoco me conoce a mí… Y una vez le dije a Salinas padre, José Luis Salinas, cuando hicieron un quilombo en una bienal en Córdoba que yo gané la medalla de oro, y me dice: “No, Robin, vos entendé que nosotros estamos en contra de esa sociedad vampirista que es Columba, no contra vos”. “Bueno, pero yo trabajo para Columba, Columba me ha tratado siempre bien, y todos estos dibujantes que están alrededor mío, trabajan para Columba; cuando vos atacás a Columba, nos atacás a todos nosotros”. “No, no, no”. “Vos sos un privilegiado”, le digo, “no te me vengas a hacer el rebelde, porque vos venís de una familia de abolengo, siempre fuiste rico, trabajaste para Estados Unidos siempre, el Cisco Kid y todo eso, ¿cómo de repente te venís a hacer el rebelde social aquí? Vos estás elegante, bien vestido, bien comido y financiado y de repente querés…” Ah, como otro tarado, también, que dijo: “Lo que vamos a hacer es ir a tomar Columba y quemarla”. No me acuerdo quién era, pero yo le dije: “Sí, vos querés ir a tomar Columba y quemarla, ¿sabes por qué? Porque sos un dibujante malo. Sos un mediocre…” Cuando José Luis Salinas se enteró de que Alberto, su hijo, iba a trabajar conmigo, le dio un soponcio. Esto ocurrió porque cuando Ramón Columba y José Luis Salinas se conocen, Columba padre era un escribiente en el Congreso, y Salinas ya era El; pero sucede que Ramón Columba padre tenía gran talento y edita El Congreso que yo He Visto y eso, y con los manguitos que sacó, hizo El Tony, y eso creció y creció y yo creo que José Luis Salinas nunca le perdonó que siendo El, el genio -que lo fue-, este otro, creo un imperio. Ramón Columba padre terminó rico, rico, en un imperio, mientras José Luis Salinas seguía trabajando para la Fleetway.
-¿En qué países se publicaron tus obras?
-Un montón… En Brasil, en Alemania, en Francia, Italia, en Turquía, en Samoa, ahora van a empezar a publicar también en España, donde ya publiqué… (Dentro de la ciencia-ficción, actualmente Robin se encuentra desarrollando la serie Warrior-M con dibujos de Roberto Goiriz.)
-Empezaste muchísimas series y muchísimas series dejaron de hacerse… ¿Tus series, llegan a finales? ¿Terminan alguna vez?
-No siempre… porque a veces el dibujante cambia, por ejemplo, vos te habrás dado cuenta, Kayan empezó con Zaffino, siguió con otro… y después lo siguió Enrique Villagrán, porque no te olvides, una serie tiene dibujantes…
-Pero cuando vos las escribís, no les pensás un final…
-Llega un momento, donde pensás, por equis razones, aquí vamos a terminarla. Por ejemplo, Kozakovich & Connors, que terminó ahí…
-Y cuando otro guionista la seguía ¿cómo era? Vos se la pasabas…
-Era esa época en Columba, cuando yo tenía tantas series, además yo viajaba, yo desaparecía a veces por meses, y ellos tenían una producción por las dudas, sus guionistas podían llenar esos huecos, pero, honestamente nunca me molestó eso.
-Cuando trabajabas para Columba, o para otra editorial, ¿tuviste problemas de censura, con respecto al sexo, las puteadas?
-Uf, uf… No solamente de sexo, también de política….
-Eso quería saber, por ejemplo, en la época de la dictadura, ¿tuviste que cambiar algo, alguna vez alguien te dijo: “No toques más este tema”?
-No, pero me vinieron a ver una vez, unos señores, que me dijeron que yo había estado escribiendo cosas buenas sobre los judíos. Y yo dije: “Sí, ¿y?”, “-Bueno, sabe que eso se puede ver como una crítica”. “No es crítica, yo hice una historia sobre la creación del Estado de Israel”, “Usted sabe que los Sabios de Sión han intentado dominar la Patagonia…” “No jodan, yo escribí una historieta, ¿qué me van a hacer?” “No, le advertimos amistosamente que no siga con eso porque el sionismo está tratando de destruir a la Argentina”. Yo crecí con los judíos, allá donde yo era muy joven, muy pobre, estos judíos polacos que eran todos taxistas… Dicen: “Los judíos siempre tienen plata”, pero estos judíos polacos no tenían un mango. Nada. Mi primera novia fue judía, y yo crecí con ellos, hasta aprendí a hablar iddish, y leía textos hebreos, poesía, de todo, como siempre…
-Y con respecto al sexo, en Columba te corregían…
-Uuuh… Además había varias cosas que eran tabú.
-¿Cuando empezaste te dijeron: “Esto, esto y esto no lo podés poner”?
-Absolutamente. Adulterio era tabú, suicidio no se podía. Era anticatólico. No se podían suicidar. Sexo, por supuesto, nada. Había una escena en que Grace Henrichsen estaba en la ducha con bombacha y corpiño. Yo fui a ver a Presas y te digo: “¿Tu esposa se ducha con bombacha y corpiño? (risas) Es tan ridículo, la gente se va a reír”. Además a los dibujantes les decían que los senos no fueran muy grandes, porque sino parecía una provocación…
-Contame alguna anécdota o algo relacionado a la idea detrás de la creación de los personajes de esta colección… Empecemos por Nippur. En el episodio 100 de Mi Novia y Yo, el protagonista lee un libro que se llama Lagash de Nippur y de ahí sacas el nombre Nippur de Lagash, ¿eso fue así?
-No, eso es mentira. Yo leía sobre sumeriología, y había dos ciudades importantes, Nippur y Lagash.
Y en ese momento cuando Lucho me dijo: “Hacete algo”, yo dije: “Bueno, un guerrero”; ahora ¿como mierda se llamaba un guerrero en la Mesopotamia? Pepe no se llamaba, entonces se me ocurrió la idea: okey, la ciudad de Nippur es la ciudad de Lagash y el padre de Nippur nació en Lagash o viceversa, le puse a él el nombre de una ciudad y lo hice vivir en la otra. Así de simple, fue una emergencia.
-¿Por qué Nippur teniendo amigos en todos los reinos no va de una a recuperar Lagash y decide vagar por todo el mundo?
-Una vez un individuo, un tipo al que yo conocí en la época de mi apogeo aquí, me dice: “Pero Robin, vos en Buenos Aires…” -yo estaba viviendo en España, en un viejo caserón abandonado, que después yo arreglé-… me dice: “Pero vos en Buenos Aires, en Argentina, en Sudamérica, sos conocido, sos famoso, podrías vivir ahí, ganás muchísimo dinero, y estás aquí, donde no te conoce nadie, donde se ríen de tu nombre… ¿por qué?” Y yo le dije: “Nunca se me ocurrió, prefiero estar aquí”. Me preguntan por qué vivo en Dinamarca, donde no me conoce nadie, y todos dicen el sudamericano ese que vive en la casa blanca y es periodista o algo así, y me gusta eso.
-¿Y vos crees que a Nippur le gustaba el seguir viajando…?
-¿Sabés qué? Yo viajé durante treinta y dos años, pero todo el tiempo, he hecho, por ejemplo, el famoso viaje en tren de Londres a Hong Kong, cruzando toda Europa, cruzando Rusia, Mongolia -yo no sabía que Mongolia existía, y ahí estaba-, cruce toda China, llegué a Hong Kong, de ahí me fui a Macao, después me fui a Australia, viví varios años en Australia… Viajé por tierra desde Buenos Aires hasta México, no pude entrar en Estados Unidos porque no tenía visa, pero de ahí volé… y me fui prácticamente a pie desde Holanda hasta Dinamarca… Yo bajé de los Himalayas en balsa, en Nepal, 150 kilómetros de rápidos, y estuve en India, Escandinavia….
-¿Dennis Martin viene inspirado por James Bond?
-No, no, curiosamente, Dennis Martin venía inspirado en Terence Stapp. Yo veía Modesty Blaze y Terence Stapp que era un hombre muy hermoso pero con cara de malo, hacía el papel de Willie Garvin, el ladero, y tiraba cuchillos todo el tiempo, y era así, exquisito, malo, pero malo, malo. Y cuando yo vi en Modesty Blaze a ese personaje, se me ocurrió Dennis Martin.
-¿Y Mark sale de El Hombre Omega, no?
-Sí, con Charlton Heston, de ahí me vino la idea. Además vos viste lo que es Charlton Heston, épico, colosal, fuerte, todo. Entonces ahí me vino la idea de crear a este personaje que estuviera perdido en ese nuevo mundo.
-¿Y Savarese?
-Quise crear un antihéroe, me basé un poco en Al Pacino y Dustin Hoffman. Yo había estado en Sicilia y siempre me gustó el ritmo de Sicilia, yo hablo italiano, por supuesto, y hasta hoy día cuando lo hablo parece que con un acento bastante siciliano. Y de repente pensé, podés crear un héroe que al mismo tiempo sea un perdedor, y creé a Savarese. Era un pobre… un poco fue un predecesor de Mojado, pero Mojado tenía la fuerza, era un pegador, Savarese no tenía nada, excepto el cerebro. Era chiquito, era feo, fumaba demasiado, tenía caspa, además se enamoraba perdidamente de Anemette, que Anemette es mi mujer. Por eso es danesa, como Ingebord, la prima de ella, también, yo siempre tuve un gran problema con las escandinavas… Pero cuando hace diecinueve años atrás, vine con Anemette embarazada de mi primer hijo, fuimos a Paraguay, a una gran recepción, una noche, en una fiesta y yo charlaba por ahí, y Anemette se queda sentada con su pancita de cinco meses y un tipo elegante de traje se le sienta al lado y después de un momento le dice (con un acento paraguayo muy divertido): “Anemette, ¿por qué le hacei eso al Savarese?” Mi mujer lo mira: “Perdón…” “-Él te quiere, él te quiere mucho, vos no tené’ que andar con otro’ hombre’…” Y la danesa que es sólida como una pared con nada de esa imaginación latina…“Vo’ tené’ que quererlo, te tené’ que casar con él… Mientras él está peleando, vo’ sali’ con otro poráhi, no le hagá eso”. “Permiso”. Viene la gringa y me dice: “Ven aquí. Just fuck off you and your fucking followers, this is it! Estoy aquí embarazada de cinco meses y este me está diciendo que no me vaya a encamar con nadie más porque tengo que vivir con un siciliano que no conozco. Manteneme al margen de esto, están todos locos” (risas).
-¿Vos te considerás argentino, paraguayo, danés…?
-¿Qué importancia tiene? Qué importancia tiene eso de ponerse una etiqueta ‘Soy Argentino’, ¿qué es un argentino? Un cordobés, un santiagueño, un misionero… cuando se habla de ser argentino, ¿qué es? ¿Qué es un paraguayo? Un concepcionero, un encarnaceño, un guaireño, es como decir yo soy francés, pero yo conozco Francia, yo he vivido en Francia, y yo sé que un francés de la Alsacia, Lorena, es un medio alemán, que uno de la Camarga es otra cosa y así… Nacionalidad es una cosa geográfica, nada más… ¿España? Un catalán, un vasco, un gallego, un andaluz… En España te dicen “Shomo’ andaluze”‘ “-¿Españoles?” “Ah, esho tambi锑. Eso es una cosa geográfica, política…
-¿En qué cosas cree Robin Wood?
-No creo en Dios, no porque haya tomado esa decisión, sino porque simplemente nunca pude… ni siquiera me lo postulé el creer en Dios, que hay algo más… Una periodista el otro día en Paraguay me preguntó si yo creía en la vida después de la muerte, y le dije: “Jamás me preocupé por ello. Cuando muera me voy a enterar. Pero no creo que esto sea una especie de aduana, que tenés que llenar formularios para poder entrar”. Yo creo en lo que decía Zorba el Griego: “Dios debe ser un tipo cansado, envejecido, harto, y a ese tipo que maneja todo vos vas a ir a decirle Señor, he fornicado”, (risas), “Señor, he mentido”, yo no entiendo; el tipo te dice: “Por favor, andate. No me vengas a joder con esas pavadas”; escuchame, mi fornicación, mis mentiras, ¿le van a interesar a Dios si es que existe? Yo no estoy seguro, pero la patada más chica que te da…
-¿Y en vida extraterrestre? No recuerdo mucha ciencia ficción en la obra de Robin Wood…
-Si, he hecho Starlight con Zanotto, pero no… (Dentro de la ciencia ficción, actualmente Robin se encuentra desarrollando la serie Warrior-M con dibujos de Roberto Goiriz)
-¿En la magia?
– A todo eso yo le doy la concesión de que puede ser… Es divertidísimo, existen las cartas del tarot Robin Wood, pero yo no creo en eso, no creo en todas esas cosas… No, no es que no creo, jamás me preocuparon directamente, si hay magia, si hay seres extraterrestres, perfecto, no me molesta…
-Enganchando con el tarot, ¿qué hay de Robin Wood aparte de los cómics?
-Todo, de todo. Ahora estoy preparando más películas, aquí ya hice una con Darío Grandinetti, la serie de tevé La Condena de Gabriel Doyle, la serie de Helena en Italia, y ahora tengo un nuevo proyecto con Raúl de la Torre para otra película, un montón de cosas…
-¿Y merchandising?
-En España están haciendo los muñecos de Dago, hay un montón de cosas… Graciela, mi representante, se ocupa de todo eso, porque sino yo no escribiría una línea jamás…
-¿Cómo es un día en la vida de Robin Wood?
-Me levanto, generalmente… Sufro de insomnio, es muy raro que duerma más de cuatro, cinco horas. Me levanto muchas veces a las cinco, seis de la mañana y me voy a correr. Unos cinco kilómetros por día. He corrido medias maratones y demás, después voy a hacer un poco de boxeo, soy cinturón negro de karate, tercer dan, he sido competidor internacional representando a Suiza y a Inglaterra, en otros tiempos, por supuesto, después el resto es… caótico. Simplemente escribo, leo, dibujo, voy, salgo, no hay ningún… Ahora estoy preparando dos viajes que voy a hacer el año que viene, uno es a Groenlandia, quiero cruzar en trineo tirado por perros la parte Este, y el otro es a Islandia… Siempre hago así, un par de viajes a la vez. Leo continuamente, a veces leo el mismo libro varias veces. Nunca me canso de releer algunos libros. Leo la Biblia…
-Hay un libro de Isaac Asimov que se llama Guía de la Biblia
-Sí, ese lo tengo, lo leí, es muy bueno…
-Hay quien dice que no lo escribió Asimov sino sus ayudantes, pero…
-Hay muchos que dicen que Robin Wood es una organización de escritores que trabajan juntos… (risas). La Biblia la leo y la rastreo, he leído El Corán… Es todo medio caótico, como mi música; mi música es… caótica. Me preguntan qué música me gusta “Ninguna”. Me gustan canciones, el jazz no me gusta, pero escucho a Satchmo cantando This is a Beautiful World y es bárbaro. Me gustan óperas, me gustan conciertos, me gusta la Novena Sinfonía de Beethoven, me gusta Carreras, etcétera. No es un tipo de música que me gusta…
-¿Qué tenés contra los perros que en todas tus historietas “perro” es un insulto?
-Es una expresión idiomática, nada más. Y además existe, para los musulmanes, los cristianos…
-Sí, bueno, pero la usa tanto Nippur como Mark o Savarese… Todos insultan “¡Perro!”.
-Honestamente a mí los perros no me gustan. Yo tuve de chico en Paraguay un perro fantástico que se llamaba Tom, pero en general nunca he entendido el placer de estos… En Copenhague cada mañana hay estos desfiles de gente atragantadas de sueño tambaleándose, paseando un perrito, con el guantecito de plástico, por que cuando cagan hay que recogerlo y yo me pregunto cuál es exactamente el placer de un perro que encima viene y te lame, te llena de saliva y demás, ¿cuál es…? No tengo nada en contra de los perros, no los quiero en mi casa, eso sí… Y particularmente hay momentos en que a los villanos yo los llamo ‘cerdos’ y demás, a mí me encanta el jamón, o sea que no es nada personal, es puramente idiomático.
-Para terminar, ¿qué querés decirle a los fans de Columba de siempre que se vuelven a enganchar en este proyecto…?
-Que ellos han sido la mayor fuerza de la historieta que jamás existió aquí. Porque con todo respeto, el manga, los superhéroes, todos esos son transitorios, porque no neguemos, estas historietas de estos personajes han existido ya por más de treinta años, y todavía hay gente joven no solo los viejos lectores, que conocen a estos personajes, que los buscan…
-Y un mensaje para los chicos que por primera vez tienen la posibilidad de acceder al número uno, por ejemplo, de Nippur…
-Es muy simple, como todos los vicios, es una cuestión de adicción, pero por lo menos creo que esta es una adicción positiva, es una cosa para soñar, para fantasear. Hoy estamos perdiendo mucho la fantasía, la cultura oficial ha perdido mucho la fantasía. Y sin embargo en Latinoamérica y en Europa, la historieta sigue tan activa, tan… y eso es lo que siempre trato de explicar cuando me dicen: “Ta televisión va a acabar con la historieta”, y yo digo: “Pero son cosas diferentes”. Cuando salió la televisión le llamaban la Caja Boba, dijeron que iba a acabar con el cine, ¿por qué? Son dos cosas diferentes. Ricky Martin no va a dejar sin trabajo a Plácido Domingo, porque son dos cosas distintas. El otro día un periodista de televisión me estaba haciendo un reportaje y compara como un idiota y dice: “Bueno, yo no leo historietas porque leo libros…” ¿y qué tiene que ver una cosa con la otra? Es como que yo te digo: “Yo hago karate” y vos me decís: “Eso está muy bien, pero yo personalmente prefiero el tenis”. Las dos cosas están muy bien, pero son dos cosas que no tienen nada que ver una con la otra. La estupidez de la gente a veces es colosal y Dios sabe que yo quiero a mi público, los cuido, etcétera, trabajo lo mejor que puedo, porque si ellos pagan tienen el derecho a exigir…
-Planes para el futuro y terminamos…
-Acabo de hacer el Libro del Centenario. En Italia decidieron hacer un libro que cubriera todos los últimos cien años como apertura para el 2000, entonces la idea era hacer diez historietas, cada una marcaba algún punto especial en una década. Me llamaron y me preguntaron si podía hacer uno. Por supuesto. Curiosamente después me llamaron otra vez y me dijeron si podía hacer los diez. Hice las diez. Una de ellas es la muerte del Che Guevara combinada con la llegada del hombre a la Luna; el primero es la batalla de Spear Copt, donde participaron tres hombres: uno fue Louis Botha, que después fue el primer presidente de Sudáfrica; el otro fue Winston Churchill, que era un teniente; y el tercero fue Mahatma Gandhi, que en esa época era un enfermero hindú. El segundo es la muerte de Rasputín, el tercero es la muerte de Pancho Villa y su obsesión con una chica que él conocía, después viene una de gángsters cómica, porque yo quería variar… y los dibujantes que hicieron esto son individuos como Quique Alcatena, Mássimo Carnevale de Italia, Jordi Bernet de España, Ernesto García Seijas, Mandrafina, Solano López, Carlos Gómez, es decir, es un who’s who de la historieta. Yo hice los diez guiones y salió ahora en Italia y estaba por todas partes, y justamente en Roma, el 16 de noviembre tengo que estar ahí, porque se hace una especie de homenaje al libro, y el 27 en Lucca, la ciudad más renacentista de Italia, hacen una exhibición de Dago, que dura un mes; se hace en el Palacio Ducal, en el cual combinan con museos de Italia, armaduras ropas, libros de la época, todo, etcétera.
-Bueno, esto es todo, muchísimas gracias, Robin.
-Chau, suerte.
[Publicado en Portal Guaraní]

Doctor en Artes y profesor de música, el autor se propuso abordar al artista no desde lo biográfico o anécdotico, sino desde un análisis profundo de sus estructuras y decisiones melódicas y armónicas.

El libro de Madoery fue lanzado por la editorial especializada Gourmet Musical.

Publicado por Cristian Vitale

Diego Madoery, doctor en artes y profesor de música, se metió en una patriada compleja: viajar libre por el estilo musical de Charly García. Pero no desde donde generalmente se acostumbra. Desde la emocionalidad, la historia, lo social o lo que sus canciones provocaron y provocan en la psiquis y los cuerpos de la argentinidad hace dos, tres, cuatro generaciones, sino desde el “duro” lenguaje musicológico. Enorme desafío, claro. En principio, porque la musicología aplicada al campo nacional y popular estético tiene un muy escaso desarrollo dentro del rock argentino. Lo que hay es poco. Y menos aún si la comparación es con aquellos trabajos vinculados al tango, como el notable Estudios sobre los estilos compositivos del tango (1920-1935), de Pablo Kohan, u otro llamado Estudios sobre la obra de Astor Piazzolla, de Omar García Brunelli, por tomar dos casos relativamente contemporáneos.

“Pero de rock, poco y nada”, refrenda el doctor Madoery, que decidió tapar el hueco con Charly y la máquina de hacer música, libro recientemente publicado por Gourmet Musical. “Vengo investigando en música popular desde que comencé a acercarme a la musicología. Durante mis estudios de grado estuve haciendo folklore y luego algo más híbrido. Por esta razón comencé estudiando cómo era el mundo de los estudios en música popular y vi que aquí había mucho que hacer al respecto”, sostiene Madoery, formado especialmente en composición de músicas académicas de vanguardia y en dirección orquestal.

-¿Por qué tomaste a Charly como “objeto de estudio”?

-Porque, como dije antes, había notado que teníamos un vacío muy grande en los estudios propiamente musicales en el rock y que, si bien yo ya había hecho algunos trabajos sobre el grupo Árbol, teníamos que involucrarnos con aquellos indiscutibles, que habían hegemonizado la escena local por muchos años. Charly es sin duda uno de ellos. Además, como digo en el libro, creo que es el único de los músicos de casi la primera oleada del rock en Argentina que ha mantenido una trayectoria ininterrumpida, y que lo tenemos entre nosotros.

-Sí, pero el recorte temporal termina en 1996. ¿Por qué?

-Es que Say no more, publicado ese año, es un álbum bisagra en su obra. En ese momento, él genera su nueva marca y consolida un modo más caótico de producción y, como tenía que hacer necesariamente un corte, me pareció que ese disco era el momento. En Say no more aparecen canciones con rasgos estilísticos de sus etapas anteriores.

Sagaz y sutil, el profesor titular en la cátedra de “Folklore Musical Argentino” de la Facultad de Artes de la Universidad de La Plata, esquivó bien el estigma a plomazo que la musicología suele tener para el rockero tipo. Hay estudio sesudo, sí, pero también guiños a las letras de Charly, al contexto en que se originaron, a rasgos de su genial personalidad, y entradas científicas sencillas, “entendibles”, vinculadas por ejemplo a la tríada estética minimalismo-polirritmia-neoclasicismo que define buena parte del universo musical de Charly.

“El libro propone un abordaje diferente a la música de Charly”, vuelve Madoery. “Es cierto que algunos capítulos son más comprensibles para quienes manejan lenguaje musical, pero creo también que a todo interesado en su música le puede dejar algo. La música es sustancia en las canciones, no es algo accesorio sino que modifica profundamente el texto, incluso al punto que en algunas oportunidades recordamos la melodía de una canción -podemos silbarla- y no recordamos su letra”, explica el también profesor titular de la cátedra de “Historia de la música popular” del Instituto Superior de Música de la Universidad del Litoral.

-Dado que sos profesor universitario, ¿puede que la interacción con los estudiantes te haya despertado la necesidad de abordar el mundo compositivo de García desde lo académico?

-Es probable. Sin embargo, creo que la interacción deviene de la vocación docente. En mi caso, tengo la suerte de trabajar donde quiero y como quiero, y no siempre les pasa esto a los docentes. Además, considero que mi relación con los estudiantes es muy buena, aunque esto habría que preguntárselo a ellxs (risas). En La Plata son muchos los que al final de la cursada nos agradecen la posibilidad de haber conocido el folklore de nuestro país, porque venían de escuchar o hacer otras músicas. En Santa Fe, por caso, he podido aplicar muchas de las cosas que he investigado en rock, y el diálogo también es muy bueno. Pero, más allá de la interacción con los estudiantes, trato de estar medianamente actualizado porque soy curioso y no me gusta quedarme en la nostalgia de que ‘todo tiempo pasado fue mejor’.

-El título del libro que alude a la máquina de hacer música sugiere que La Máquina de hacer Pájaros es el proyecto que más te gusta de Charly. ¿Es así?

-No necesariamente. Tiene que ver más bien con la definición que el mismo Charly hizo de La Máquina a Daniel Chirom, en la que dice que el dibujo de Crist en que se basó para nombrar la banda le sugería la idea de máquina, en tanto “cosa perfecta en la que está todo arreglado”, y la idea de los pájaros como cosa volada. Es esa unión entre técnica y poesía, digamos, que yo traduzco en mi trabajo como un equilibrio entre la regularidad y lo imprevisible de su música.

En efecto, ninguna de las tres canciones de Charly que su exégeta elige como proferidas son de La Máquina. La primera es « Antes de gira », de PorSuiGieco, cuyo gusto fundamenta en un dato técnico: “Comienza con un enlace entre tres acordes que me gusta mucho. No es algo muy sofisticado… en armonía se llaman enlaces por mediantes. Luego, este tema tiene un desarrollo melódico y armónico muy interesante”, argumenta el especialista. Las otras dos son de la cosecha solista: “No soy un extraño” y “Cuchillos”. “De la primera me interesan su bajo armónico extraño, la austeridad de su arreglo y el uso de una caja de ritmos utilizada de modo no convencional. Y de ‘Cuchillos’, me quedo con el regreso a un Charly acústico con otra madurez…. Esta canción muestra un gran potencial expresivo con pocas herramientas: una batería con escobilla, y sucesión de enlaces descendentes acompañan una melodía hermosa. En ese momento en el que Charly hace de su vida su obra, en el que cada vez quiere ser más rockero, aparece ese lenguaje melódico-armónico lleno de simpleza y frescura que hace tan bien”, explica el catedrático rockero.

También en sintonía fina con el rock, Madoery presentó en agosto una ponencia sobre los primeros simples, y el primer disco de Almendra en el congreso de la Asociación Argentina de Musicología. “Creo que es necesario también abordar a Spinetta desde su construcción musical, solo que hace falta tiempo y tal vez más gente analizando. Me gustaría construir un equipo con quienes les interese y puedan extraer la información de las canciones, porque en estas músicas se trabaja todo de oído. Pero a esto habría que sumarle que en relación con la armonía, Spinetta tiene una propuesta compleja. Por ejemplo, un rasgo que ya muchos hemos advertido en qué pasa por ciertos corrimientos rítmicos-métricos. Ahora bien, ¿cuánto ocupan estos corrimientos en su obra total? No lo sabemos, y estaría bueno echar luz sobre ello”.

 

[Fuente: http://www.pagina12.com.ar]

 

Escrito por Atilio Pérez da Cunha

“Ese perro que aúlla a las sombras,
ese agujero en la suela del zapato derecho,
ese árbol que vestirá mi carne,
finalmente,
apuntan hacia Dylan”.

Eduardo Darnauchans

Una garganta con arena

Más de cincuenta años después de su aparición en las calles del bohemio Greenwich Village de Nueva York, todavía el huracán de Minnesota tiene fuerza para ganar el premio de la Academia Sueca, que le entregó el Nobel de Literatura por “haber creado una nueva expresión poética dentro de la gran tradición americana de la canción”. Un premio que corona una carrera que ha tenido otros reconocimientos literarios importantes, ya que Dylan obtuvo la Orden de las Artes y las Letras (1990), el Príncipe de Asturias (2007) y el Pulitzer (2008).
El Nobel, las dificultades de la Academia para encontrarlo y que asista a la ceremonia de premiación y lo que hará, presuntamente, con dicho premio lo han convertido en noticia recurrente en la más amplia diversidad de medios. Por lo tanto, el vecindario está alborotado.
Algunas personas que no leen siquiera las necrológicas o los resultados de la quiniela, y que jamás han oído a uno de los mayores poetas contemporáneos, debaten sobre el merecimiento de tal premio. Los expertos también debaten aunque no sean, precisamente, expertos en la frondosa obra de Bob Dylan a lo largo de 55 años de carrera, desde que llegó en el frío invierno de 1961 a Nueva York.
Hace poco, el poeta Víctor Cunha, tan urubeatnik y tan dylaniano como yo, me contaba que escuchó una tertulia radial en la que algunos expertos discutían sobre Dylan. Decía Víctor: “En Montevideo, un programa matinal junta a cuatro personas alrededor de una mesa para charlar sobre el caso. Lo cual no está mal en sí. Lo que sí está mal es que los anuncien como que son expertos en Dylan, cuando no lo son. De hecho, me consta que son expertos pero en rubros que no son Dylan, y eso es lo que lo vuelve más bizarro, porque quienes defienden no saben mucho cómo defender, los que atacan no saben qué o cómo es que hay que atacar. El conductor del programa lee incansable una pregunta de un oyente que habla de un cierto aire andaluz de la vestimenta de Dylan. El conductor finalmente encara a los expertos y les pregunta. Los expertos, a favor o en contra, no tienen la respuesta. En realidad, no se necesita ser experto para saber que la pregunta es errónea. El toque no es andaluz, sino mexicano. Cualquier abombado sabe que esos trajes con vira en el borde de la solapa y en las costuras laterales del pantalón, con bolsillos sin tapa y detalles de cuero, el corbatín de lazo, más el sombrero blanco a veces de alas dobladas o negro de ala dura, las botas bordadas y de taco, da entre Texas y México, no Andalucía. La primera vez que Dylan estuvo en Uruguay salió a escena vestido de esa manera. Será que le gusta”. Pienso en estas palabras del poeta y coincido: lo único andaluz en la vida de Dylan han sido los libros de Federico García Lorca.
Desde el otro lado de una calle de Malvín, un veterano cuidacoches me grita: “Dylan ganó el premio Nobel”.
El músico y poeta canadiense Leonard Cohen, a sus 82 años, aplaudió el premio Nobel de Literatura concedido a Bob Dylan y aseguró que otorgarle ese galardón al cantautor estadounidense es como “poner una medalla al Monte Everest por ser la montaña más alta”. Muchos años antes, el mismo Cohen, otro gran ícono de la canción de tópico, había dicho: “Bob Dylan es uno de esos personajes que solo aparecen una vez cada trescientos o cuatrocientos años”.
Pocas horas después de conocida la premiación de la Academia sueca, Nelson Caula, entrañable colega y amigo, me llamó para opinar sobre el premio Nobel de Literatura entregado al judío errante, la poderosa central poética, la garganta de arena y de “urraca valerosa”, que ha marcado a varias generaciones del planeta en los últimos cincuenta años. Entonces imaginé que sería natural que el posible lector de esta nota pensara que es oportuna, o que es en cierto modo oportunista, dada la repercusión del Nobel y sus consecuencias. Pero, en realidad, estaba pactada bastante antes y es mi manera de celebrar esta edición aniversario de Dossier. Y, también, en cierto modo, la celebración de una parte sustancial de mi propia vida.

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¿Cómo llegó Dylan al cul du monde?

“Oh, oye esto, Robert Zimmerman,
escribí una canción para ti
acerca de un joven extraño
llamado Dylan,
con una voz como la arena y pegamento”.

David Bowie

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Hasta 1969-1970 no había escuchado a Bob Dylan. El mundo entonces mostraba las claras modificaciones sufridas en su geografía política tras la Segunda Guerra Mundial. Se había configurado una bipolaridad derivada de la división del planeta en dos zonas de influencia controladas respectivamente por Estados Unidos y la Unión Soviética (URSS). Los estadounidenses miraban a América Latina como su patio trasero. Habían comenzado a hacer una política intervencionista, y todo lo que se les antojaba diplomáticamente en los países de la Organización del Tratado del Atlántico Norte y de Oriente Medio. La URSS manejaba con mano firme a los países de la entonces llamada “Cortina de Hierro”, y con el garrote del Pacto de Varsovia había aplastado a los gobiernos aperturistas de Hungría, en 1956, y de Checoeslovaquia, en 1968.
Uruguay se deslizaba, entretanto, en una espiral de violencia inédita y sorprendente, como si alguien se hubiera dormido mirando Heidi y se hubiera despertado, bruscamente, con una escena de un film de terror de Stephen King.
Era una época sin celulares inteligentes, sin internet, sin televisión satelital y sin videoclips, sin discos compactos ni mp4. Para un muchacho del sur del Sur era imposible imaginarse la voz y la imagen de un cantor/poeta que se había convertido en la banda de sonido de los movimientos civiles de Estados Unidos en los años sesenta. Dylan.
Disculpe el lector si esta nota resulta autorreferencial, pero la escribe alguien que se hizo poeta, poeta menor, pero poeta al fin, gracias a Bob Dylan.
En los patios del viejo Instituto Alfredo Vásquez Acevedo, agitado por aquellos años complejos y violentos, eran muy pocos aquellos con los que se podía hablar de Bob Dylan. Él ya era un referente de la canción de autor, o de tópico, y se había convertido casi en una leyenda viva como los grandes del folk Pete Seegger, Joan Baez y Woody Guthrie.
En 1970 había corrido a comprar Nashville Skyline, disco compartido con el cantante country Johnny Cash, pero no conocía más que algunas letras de sus primeros discos, las emblemáticas ‘Blowin in the wind’ y ‘A hard rain gonna fall’, que nunca habíamos escuchado, ya que sus discos eran imposibles de conseguir.
Ignoraba por completo que en julio de 1966 Dylan había sufrido un accidente con una motocicleta Triumph Tiger 100 en una carretera cerca de su hogar en Woodstock. Nunca supimos con certeza la gravedad de sus heridas, más allá de alguna declaración del propio cantante/poeta que dijo que sufrió la fractura de varias vértebras cervicales.
Como en muchas otras ocasiones, el personaje Bob Dylan aparecía rodeado de misterio y oscuridades, dado que después del accidente no fue hospitalizado ni hubo partes médicos que refirieran a la entidad de las heridas.
Algunos biógrafos y críticos de la obra de Dylan señalan que el accidente ofreció al cantante la oportunidad de sacarse de encima las presiones que había acumulado al convertirse en el referente, aunque él aclarara reiteradamente que no quería serlo, de todos los movimientos sociales y contestatarios de la época.
“No sigas a líderes, vigila los parquímetros”, había advertido en ‘Subterranean homesick blues’, uno de los temas de su disco Bring All Back Home, de 1965, que aquí en Montevideo no se oyó hasta 1972. En ese mismo año pude conseguir Highway 61 Revisited, en un canje pelo a pelo por un disco de Astrud, una de las mujeres de João Gilberto. El disco de Dylan, considerado uno de los mejores de la historia, era casi todo eléctrico, motivo por el cual Bob había sido abucheado en el Festival Folk de Newport de 1965. En las nueve canciones de ese disco está presente la literatura dylaniana más pura, desde ‘Like a Rolling Stone’, su canción más emblemática, hasta la densa y aluvional ‘Desolation row’, cuya extensión era ya un verdadero cross a la mandíbula.
Para los que conocíamos a Dylan solo por su álbum country Nasville Skyline, fue un verdadero impacto. Por eso no entendimos nada.
En ese puzle perverso que es el personaje Bob Dylan, creado por Robert Zimmerman, faltaban tantas piezas que resultaba imposible completar la imagen global del poeta/cantor que, a pesar de todo, empezábamos a idolatrar como pequeños devotos.
Ignorábamos tanto sobre Dylan, que hasta los años ochenta podíamos decir de él que seguía siendo “un perfecto desconocido”.

La historia oficial (“Eso quiere decir que hay otra historia”)

En los años setenta el mayor conocimiento sobre Bob Dylan lo obtuve por transmisión oral y, muy eventualmente, la audición de alguno de los discos inconseguibles en Uruguay, de parte de mi amigo Hamlet Faux, entonces periodista de los ya desaparecidos diario El Día, Radio Sur y Radio Panamericana. Él fue un referente fundamental: todo lo que podía saber de Dylan lo sabía gracias a Hamlet Faux, quien también me acercaría, en los primeros años de la década de 1980, las publicaciones de Los Juglares y la biografía del periodista estadounidense Anthony Scaduto (la más autorizada hasta entonces, aceptada por el propio Bob), consecuencia de la producción editorial de la España posfranquista.

Captura de pantalla 2017-02-26 a la(s) 10.36.30Leer la biografía de Dylan por Scaduto fue como si un prisionero sometido a una celda de castigo recibiera un manual de cocina con las recetas de apetitosos platos que no podría probar durante su encierro. Cada página alertaba sobre discos y asuntos referidos al poeta/cantante que temía no llegar a conocer. Me relamía como el preso que saboreaba sus platos imposibles.
Hoy en día, tras haber recorrido una buena distancia de mi vida como periodista y comunicador, pienso que sigo ignorando muchas cosas sobre la obra y la vida de Bob Dylan, ese personaje creado por el Sr. Zimmerman.
Cuando Bob Dylan cumplió sesenta años, permitió que apareciera una gran cantidad de libros biográficos o dylanianos. Obviamente, fue también una buena oportunidad para las reediciones de las biografías escritas por Anthony Scaduto y por Robert Shelton, el presunto “descubridor” del cantante/poeta en un bar del Greenwich Village en los años en que Dylan hacía “ásperas canciones folk servidas con fuego y azufre”, según sus propias palabras.
Pero a medida que los libros, de un modo u otro, llegaban a mis manos, me daba cuenta de que la vida de Dylan sucumbía frente a su obra, monumental y abrasadora. (En mayo de 1981, en una disquería de Rúa das Andradas, en mi querida Porto Alegre, “expropié por amor” el doble álbum de vinilo Selfportrait, de Dylan, en una carísima edición holandesa).

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Este autorretrato producido por el poeta/cantante despertó la ira de un personaje de los setenta, Alan Jones Weberman, quien dedicó muchas noches a revisar el tacho de basura de Dylan para ver si encontraba allí, entre restos de hamburguesas, cajas de cereales, pañales sucios y otros residuos, la explicación de su misterio. (Weberman pasó de ser un fanático de Dylan a ser su archienemigo, como Lex Luthor con Superman. Siempre que pienso en eso recuerdo una frase que me dijo el doctor Jorge Batlle: “Mire, mi amigo, no existe peor fundamentalista que un converso”).
¿Qué cuenta una biografía de Bob Dylan? La vida, probablemente las múltiples vidas de un artista inclasificable, un hombre de una raza, de uno solo, que apareció en los contraculturales años sesenta, bajo un amenazante cielo nuclear y cielos sureños cargados de extrañas frutas (negros del Mississippi colgados por hijos y nietos de Lynch).
Bob Dylan es una creación original de Robert Zimmerman, aunque no está claro si tomó su apellido del poeta Dylan Thomas, porque incluso el propio Bob se ha ocupado de negarlo, al tiempo que reconocía la influencia de su lírica, así como de la escritura de Allen Ginsberg (que aparece junto a él en el film Don’t Look Back, la poesía beatnik y los poetas surrealistas).

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Robert Allen Zimmerman, hijo de Abe y Betty, ambos respetados integrantes de la pequeña comunidad judía de Duluth, Minnesota, nació el 24 de mayo de 1941 y se crió en las colinas de minas de hierro, en Hibbing, al oeste del Lago Superior. Sus abuelos paternos fueron emigrantes judíos de Odessa, actual Ucrania, que huyeron a Estados Unidos por causa de los pogromos y la violencia racista. Los abuelos maternos, judíos de Lituania, habían llegado a América un poco antes que los Zimmerman, escapando del fuego de infiernos similares.
En 1946 nació David Zimmerman, el único hermano de Bob. Un año después, toda la familia se trasladó a Hibbing, una pequeña ciudad minera cerca de la natal Duluth, también dentro del estado de Minnesota, cercana a la frontera con Canadá.
La familia vivía de la pequeña casa de electrodomésticos regenteada por el padre de Bob, y él comenzó a interesarse muy tempranamente por la música. Precozmente escuchaba en las radios discos de blues y de los cantantes country de los años cincuenta, hasta que a los trece años, en su Bar Mitzvah, recibió una guitarra de regalo. Esto fue casi un sismo en la vida de aquel adolescente, en una ciudad tan dura y asfixiante como las minas cercanas, destino inevitable de muchos muchachos de su calle y de su generación.
El otro elemento inspirador, en una ciudad donde nunca pasaba nada, fue la amistad con Echo Helstrom, una linda muchachita que resultó el primer amor juvenil de Bob Dylan. Esta muchacha, de singular belleza, de largo cabello rubio y ojos azules, una suerte de Brigitte Bardot de Minnesota, fue la fuerza y el motor para escapar de la mediocre realidad de Hibbing en dirección a Nueva York, donde una época de parto se hacía visible en las calles.

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Del frío Nueva York de 1961 a Los Ángeles caídos de sus 75 años

En 1959, cuando Fidel Castro ya se había instalado en La Habana, el todavía Robert Zimmerman se trasladaba a Minneapolis para matricularse en la universidad. En una clase de anatomía no pudo soportar la vivisección de un conejo y abandonó la facultad por la carretera.
Durante una época inicial, su interés estuvo centrado en el rock and roll. Él mismo manifestó que entonces quería ser tan grande como Elvis. En un proceso cada vez más inclinado hacia lo que el poeta Washington Benavides define como “canción de texto”, Dylan fue inclinándose por la música folk, que era una cosa más seria, que expresaba sentimientos y pensamientos sobre una época dramática y agitada. “Las canciones estaban llenas de tristeza, de triunfo, de fe en lo sobrenatural, y tenían sentimientos más profundos”.
La influyente Echo Helstrom, su noviecita juvenil, parece que fue la que sugirió el nombre “Bob Dillon” que acabó siendo Bob Dylan. Con ese nombre llegó un frío invierno de 1961 a Nueva York. “Llegué en lo más crudo del invierno. Hacía un frío brutal y todas las arterias de la ciudad estaban recubiertas de nieve, pero yo había salido del norte glacial, de un rincón de la tierra donde los bosques gélidos y las carreteras heladas eran moneda corriente. Podía superar las limitaciones. No iba en busca de dinero ni de amor. Me sentía extremadamente despierto, iba a la mía, era un tipo poco práctico y, para colmo, un visionario”.

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La leyenda dice que lo primero que hizo Dylan al llegar fue visitar a quien consideraría “su último héroe”, Woody Guthrie, un prolífico e influyente cantor folk identificado con los mineros, los pobres y los oprimidos. Woody estaba en la última fase de la enfermedad de Huntington, una rara patología neurológica, hereditaria y degenerativa. Dylan lo visitó en el Greystone Park Psychiatric Hospital y en los ratos de lucidez de Guthrie, aquel desgreñado muchacho cantaba para él sus versiones de canciones folk conocidas y sus propias creaciones, especialmente una que tituló ‘Song for Woody’:

“Eh, eh, Woody Guthrie,
te he escrito una canción
sobre un divertido viejo mundo
que va dando vueltas,
que parece enfermo y está hambriento,
cansado y roto,
que parece como muriéndose
y apenas ha nacido”.

Las letras de Dylan incorporan una variedad de temas sociales, políticos, filosóficos y literarios que desafiaron a la música pop-rock convencional existente y apelaron generalmente a la contracultura emergente en la época. Influido por Guthrie, Robert Johnson (el blusero que vendió su alma al diablo), Hank Williams y Cisco Huston, Dylan amplió y personalizó los géneros musicales a lo largo de más de cinco décadas de carrera musical.
En apenas cuatro años desde su llegada a Nueva York, Dylan grabó varios discos, se erigió como rey del folk junto a la reina Joan Baez y revolucionaría la música pop y rock, volviéndose un referente para ascendentes bandas como The Beatles, The Rolling Stones y The Byrds. La discografía consta de 37 álbumes de estudio, diez en vivo, catorce álbumes recopilatorios y cerca de setenta discos simples de vinilo. En aquella época, Dylan era uno de los artistas más pirateados, por lo que existen numerosos discos no contabilizados en su discografía oficial. Hoy en día, en plena era digital, en cada presentación de Bob Dylan aparecen nuevos registros piratas, muchos de ellos con una más que aceptable calidad de sonido. Entre 2014 y el presente año, Bob Dylan publicó sus dos últimos discos de estudio, Shadows in the Night y Fallen Angels, que contienen sus versiones, muy dylanianas, de canciones escritas por distintos autores, Johnny Mercer, Harold Arlen, Sammy Cahn y Carolyn Leigh, entre 1923 y 1963, algunas de ellas grabadas por Frank Sinatra.

Maese Dylan, una vez más en el camino

Un académico sueco cataloga a Dylan de “maleducado y descortés”. Un joven periodista montevideano coloca un trozo de una canción ligera de Dylan, una de las mil que compuso, y se pregunta: “¿A esto le dieron un Nobel?”. Claro está, no ha escuchado nunca obras como ‘Desolation row’, ‘It’s a hard rain gonna fall’ o ‘Tangled blue’, tan densas y con fuerza de knock out como los puños del gran Muhammad Alí.
Bob Dylan, con setenta y cinco años, es más joven que el día que acaba de nacer e ilumina la habitación en la que escribo esta nota.
Un entrañable amigo, tan dylaniano como un servidor, me dice: “No podemos esperar que Dylan piense con nuestras cabezas o tome decisiones como las que tomaríamos. Dylan es Dylan”. No podemos saber entonces qué hará seguidamente. Es posible que en la carretera, que nunca ha abandonado, vuelva a recordarnos que lo único que ha querido en esta vida es ser él mismo. Y que no tiene ninguna otra respuesta para darnos, porque las que esperamos siguen soplando en el viento.
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Dedico esta a nota a mi hijo Miguel, que algún día heredará mis discos de Bob Dylan.

 

[Fuente: http://www.revistadossier.com.uy]

A Vicepresidencia da Deputación de Lugo e a Universidade de Santiago de Compostela (USC) están detrás dun proxecto memorialístico no que pretenden homenaxear mulleres asasinadas polo réxime franquista. A iniciativa parte dos poemas de Claudio Rodríguez Fer, que foron musicados por solistas e bandas lucenses, que darán a coñecer as pezas esta sexta feira.

Cartel promocional da actividade pola memoria democrática. (Foto: Nós Diario) #franquismo #mulleres #memoria #lugo

Cartel promocional da actividade pola memoria democrática

As mulleres que padeceron a represión do franquismo recibirán unha sentida homenaxe en Lugo a través da cultura grazas á iniciativa « Mulleres na memoria » da Vicepresidencia da Deputación de Lugo e a Universidade de Santiago de Compostela (USC).

Este proxecto colaborativo aposta na poesía e na música para recuperar a memoria das galegas que foron asasinadas polo réxime franquista. Para concretar a idea, tomouse como referencia a obra Ámote vermella de Claudio Rodríguez Fer, que precisamente recolle pezas dedicadas ás vítimas.

A partir de aí, pediuse a cinco solistas e grupos lucenses que fixeran as súas composicións, polo que se ocuparon da selección de poemas e de documentar e contextualizar cada un da man do poeta para dar forma a cancións que se darán a coñecer na quinta e na sexta feira, 14 e 15 de outubro, ás 20.30 horas na Casa do Saber.

Pezas musicadas para as vítimas do franquismo

Na quinta tomarán a palabra Rodríguez Fer e Carmen Blanco para dar voz ás represaliadas a través do recital-conferencia ‘Vivas en nós’.

Aliás, fornecerán unha explicación do proxecto memorialístico.

« O proxecto retoma unha obra de referencia na restauración da memoria das mulleres represaliadas polo franquismo, involucrando novas xeracións de artistas e os seus públicos », afirma Ferreiro

Xa na sexta será a quenda de tocar de Hit the Bit (que musicou a peza « A Juana Capdeville »); Olalla Caamaño (« Un tranvía chamado Ucraína »); Iria Estévez e Gonzalo Piña (« Mulleres libres no monto »); Los Zorros (« E aínda lle chaman comunista »); e Paloma Suanzes (« As tres mapoulas de Montecubeiro »).

« O proxecto retoma unha obra de referencia na restauración da memoria das mulleres represaliadas polo franquismo, involucrando novas xeracións de artistas e os seus públicos », destaca sobre este plan a vicepresidenta da Deputación, Maite Ferreiro.

 

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]

El jurado reconoce a Anne-Hélène Suárez « su gran labor de difusión de la literatura china en España, en concreto sus traducciones de obras clásicas chinas acompañadas de introducciones para contextualizarlas, otorgando una enorme importancia a las claves culturales, históricas y sociales de la obra original, lo que permite al lector aprehenderlas en toda su dimensión ».

Por su parte, el jurado ha propuesto la obra de Helena Cortés Gabaudán al considerar que ‘El Diván de Oriente y Occidente’, Patrimonio Mundial de la Humanidad por la UNESCO, « es un intento pionero de fusionar las culturas de Oriente y Occidente ». Reconoce además que « presenta una especial complejidad, pues en la base de la parte poética del libro se encuentran poemas del mundo oriental, sobre todo del persa, aunque también del turco y el árabe, así como suras del Corán y otros ». El jurado destaca que se trata de un « texto clásico que se traduce íntegro por primera vez respetando la forma del original alemán, que, a su vez, se basa en las formas de la poesía persa. Se trata de un gran reto filológico para la lengua castellana por sus elementos rítmicos y métricos, cuya incorporación enriquece el canon de nuestra literatura ».

El Premio Nacional a la Obra de un Traductor, convocado por el Ministerio de Cultura y Deporte a través de la Dirección General del Libro y Fomento de la Lectura, tiene como objeto distinguir el conjunto de la labor realizada por un traductor o una traductora española, sea cual sea la lengua o lenguas utilizadas en el desarrollo de su labor, y que haya dedicado especial atención a la traducción de obras extranjeras a cualquier lengua oficial en el Estado español.

Por su parte, al Premio Nacional a la Mejor Traducción, convocado por el Ministerio de Cultura y Deporte a través de la Dirección General del Libro y Fomento de la Lectura, optan las obras literarias traducidas por traductoras o traductores españoles, desde cualquier lengua al castellano o a cualquiera de las lenguas oficiales en el Estado, y que haya sido publicada por primera vez en España en 2020. Cada uno de los premios está dotado con 20.000 euros.

Biografías

Anne-Hélène Suárez (Barcelona, 1960) es sinóloga (dedicada al estudio del mundo chino y, específicamente, su idioma, es decir, su familia de lenguas). Es profesora de lengua y literatura chinas y de traducción chino-español. Estudió en las Universidades de Pekín y Paris 7 y realizó el doctorado en la Universidad Autónoma de Barcelona (2009). Ha ejercido la docencia en la Facultad de Traducción e Interpretación de la Universidad Autónoma de Barcelona y actualmente trabaja en la Escuela Lun Yu en Madrid.

Entre sus ediciones de clásicos chinos, destacan las de pensamiento chino antiguo ‘Lun Yu, reflexiones y enseñanzas’, de Confucio (1997) y ‘Tao te king. Libro del curso y de la virtud’, de Lao zi (1998). Entre las de poesía china clásica, cabe mencionar ‘A punto de partir. 100 poemas’ de Li Bai (2005), ‘111 cuartetos de Bai Juyi’ (2003), y ’99 cuartetos de Wang Wei y su círculo’ (2000). Entre sus traducciones de narrativa moderna, destacan ‘¡Vivir!’ (2010), ‘Crónica de un vendedor de sangre’ (2014) o ‘Un amor que destruye ciudades’ (2016), de Eileen Chang. Desde 2007 traduce también las obras de la escritora francesa de serie negra Fred Vargas publicadas por Siruela: ‘La tercera virgen’, ‘Sin hogar ni lugar’, ‘Un lugar incierto’ y ‘El hombre del revés’.

Ha sido galardonada con los prestigiosos premios Ángel Crespo y Stendhal por su labor como traductora literaria.

Por su parte, Helena Cortés Gabaudán es licenciada y doctora en Filología Alemana por la Universidad de Salamanca y profesora titular de la Universidad de Vigo, en donde trabaja desde el año 1992. Entre 2005 y 2015, trabajó en régimen de servicios especiales como directora del Instituto Cervantes en sus sedes de Bremen, Hamburgo y Múnich. Está especializada en Friedrich Hölderlin y en toda la época clásico romántica alemana en torno a 1800. Además, ha trabajado en el campo del pensamiento mítico y la mitología germánica. Destacan sus traducciones y ediciones de estudio de clásicos alemanes como Hölderlin, Goethe, Grimm, Fontane o Rilke, además de monografías y artículos sobre esos mismos autores.

Asimismo, es la traductora al español de muchas obras de Martin Heidegger, autor sobre el que también ha investigado. Desde 2018 es miembro numerario de la Academia Alemana de la Lengua y la Literatura (Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung). También le ha sido otorgada la Medalla de Oro Goethe de la Sociedad Internacional Goethe por su contribución a la Germanística.

Jurados

Los jurados de ambos premios han tenido como vocales a Pedro García Barreno, a propuesta de la Real Academia Española; Xulio Río Paredes, por la Real Academia Gallega/Real Academia Galega; Jorge Giménez Bech, por la Real Academia de la Lengua Vasca/Euskaltzaindia; Monserrat Bacardí Tomàs, por el Instituto de Estudios Catalanes/Institut d´Estudis Catalans; Rocío Moriones Alonso, por la Asociación Colegial de Escritores de España (ACE); Isabel Durán Giménez-Rico, por la Conferencia de Rectores de las Universidades de España (CRUE); Francisco Javier Galán Gamero, por la Federación de Asociaciones de Periodistas de España (FAPE), y María Teresa Santamaría Hernández, por la Escuela de Traductores de Toledo.

Adicionalmente, el jurado del Premio Nacional a la Obra de un Traductor ha estado presidido por Jesús González González, subdirector adjunto de Promoción del Libro, la Lectura y las Letras Españolas. También han participado como vocales Inmaculada Senra Silva, por el Centro de Estudios de Género de la UNED; Berta Bias Mahou, por el Ministerio de Cultura y Deporte, y el traductor galardonado en la convocatoria de 2020, Francisco Xavier Senín Fernández.

Por su parte, el jurado del Premio Nacional de la Mejor Traducción ha estado presidido por María José Gálvez Salvador, directora general del Libro y Fomento de la Lectura. Han actuado como vocales Jorge Doce Chambrelán, por la persona titular del Ministerio de Cultura y Deporte; Cristina Garrigós González, por el Centro de Estudios de Género de la UNED, e Isabel García Adánez, galardonada en el año 2020.

 

 

[Fuente: http://www.lamoncloa.gob.es]

A escritora uruguaia, premio Cervantes 2018, móstrase plena de lirismo, lucidez e frescura aos seus 97 anos

Ida Vitale, durante la presentación del poemario en Montevideo, el pasado 23 de septiembre.

Ida Vitale, durante a presentación do poemario en Montevideo, o pasado 23 de setembro.

Escrito por H. J. P.

Camiño do centenario -cumprirá 98 anos o 2 de novembro-, á poeta uruguaia Ida Vitale sóbralle frescura e lucidez. Móstrao na súa nova obra, Tempo sen claves, o primeiro poemario que publica desde que lle concederon o Premio Cervantes 2018. Non falta neste libro o amor pola natureza e as súas criaturas, que xa deixou patente na súa De plantas e animais (rescatado por Tusquets ao comezo da pandemia, pero editado orixinalmente no 2003), unha deliciosa colección de textos nos que fai gala dunha curiosidade infinita e unhas non menos heterodoxas lecturas. Pero en tempo sen claves pode acharse moito máis, volvendo nos seus versos sobre viaxes, literaturas e recordos, algúns non tan luminosos senón dolorosos -e tamén cheos de amor- como os oito en que evoca a ausencia do seu segundo esposo, Enrique Fierro -como ela, poeta, crítico literario e tradutor-, que morreu no 2016. Polas súas páxinas pasean Corot, Mozart, Hegel, Klee ou Kafka, e en certas pasaxes o humor se espreguiza gozoso. Aínda que prevaleza o rumbo triste da despedida: «Fóra do paraíso, ¿tanta dita será / para min soa, dita?».

 

[Imaxe: Alejandro Prieto | Efe – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

Il·lustrat per Elena Ferrándiz i amb edició de Care Santos, l’editorial Nórdica Libros publica ‘La cita y otros cuentos de terror’, una antologia amb deu contes de terror escrits per Emilia Pardo Bazán

Emilia Pardo Bazán

 

Escrit per Anna Carreras i Aubets

Il·lustrat per Elena Ferrándiz i amb edició de Care Santos, l’editorial Nórdica Libros publica una antologia amb deu contes de terror escrits per Emilia Pardo Bazán (A Coruña, 1851-Madrid, 1921). La cita y otros cuentos de terror presenta una faceta poc coneguda d’una autora polifacètica que, a banda de fer de traductora i d’escriure assaig, poesia, crítica literària, llibres de viatges, epistolaris, i la gran novel·la naturalista Los pazos de Ulloa, compta amb més de quatre-cents contes. Alguns d’ells van ser publicats en les revistes més prestigioses del moment, com ara «La Ilustración española y americana».

L’antologia seleccionada per Care Santos compta amb deu relats breus amb sorpresa final, de to lúgubre, macabre, fantasmal i fantàstic. Destaca, més enllà del subgènere i de la trama principal de cada conte, la voluntat de l’autora de manifestar una corrosiva crítica social a les desigualtats de l’època, sobretot la lluita femenina per assolir la mateixa veu i el mateix vot que els homes en un moment en què la misogínia li explotava a la cara per part de grans noms com Leopoldo Alas (Clarín), qui li recomanava que deixés la cultura i l’acadèmia i es posés a fumar. Pionera del feminisme radical i alhora neocatòlica, Pardo Bazán no es va deixar enfonsar i va deixar una extensa obra escrita que va representar una influència decisiva tant per contemporanis com per generacions futures.

Des de mascles fanfarrons que es pensen que tota dona caurà rendida als seus peus a robatoris senzills de joies sense moure el cul de la cadira, a relats vitals sobre el perdó o sobre la relació amb els vampirs o amb els ressuscitats, herències disputades entre germans, entre d’altres, són la mena de temàtiques heterogènies d’aquestes peces petites però magistrals escrites per Pardo Bazán. L’únic problema del llibre —i l’autora no en té cap mena de culpa— és la tria del títol, perquè, realment, de terror n’hi ha ben poc. Crear expectatives falses (la paraula «terror» remet immediatament a un tipus de narrativa que no apareix en aquest llibre) fa que el lector es desconcerti. Per sort, la prosa irònica, ben treballada, la perfecció formal, la creació de personatges i l’estiu exclusiu i brillant de Pardo Bazán fa que la lectura de La cita y otros cuentos de terror sigui un plaer, faci terror a la manera de Poe o Lovecraft o proposi sessions d’origami per a nens de primària.

La cita y otros cuentos de terror és l’herència de la influència del gènere fantàstic cultivat a Europa. Pardo Bazán el va saber nodrir del substrat folklòric propi de Galícia i de les supersticions associades en la cultura popular de la seva terra, afegint-hi, de collita pròpia, el component religiós. Al llibre hi llegim malsons que es tornen realitat, personatges folls, espectres del més enllà, monstres, la mort personificada i objectes dotats de qualitats sobrenaturals. Som davant d’una petita obra d’art amb unes il·lustracions meravelloses que ens ajudarà a entendre per què Emilia Pardo Bazán va ser una de les millors i més compromeses escriptores europees de finals del segle XIX i principis del XX.

[Font: http://www.nuvol.com]

O libro foi traducido por Adina Iona Vladu e está ilustrado pola artista Sara Lamas

A poetisa Luz Pozo Garza.

A poetisa Luz Pozo Garza

Escrito por M. GARCÍA

Unha camelia / One camellia blosson é ou título dá primeira antoloxía poética de Luz Pozo Garza traducida ao inglés. A publicación editada por Small Satations Press co apoio dá Xunta está formada por seis poemas así como ou Cuestionario Proust, que a autora luguesa respondera non ano 2010, fixando nel vos principais trazos e gustos dá súa personalidade. Ou libro está ilustrado pola artista Sara Lamas.

O xermolo desta publicación está na tradución dos poemas por parte da lingüista romanesa Adina Iona Vladu, que explica que tomou como referencia unha pequena antoloxía que xa fixera o tamén escritor Claudio Rodríguez Fer. «Tratábase duns poemas que Luz Pozo dedicara a Carmen Blanco e a el. Empecei a traducilos pola súa beleza e ver como resoaba a poesía de Luz, porque hai algúns temas que son universais», destacou Adina Iona Vladu, que incidiu especialmente na conexión entre mulleres que se fai, partindo de Li Yian, pasando por Rosalía e ata a propia Carmen Blanco, estudosa e crítica da poesía de Luz Pozo.

Canto á sororidade

A raíz desa tradución que fixera Adina Iona Vladu, que traballa no Instituto da Lingua Galega e formou parte do Centro Ramón Piñeiro para a Investigación en Humanidades, xurdiu a idea de publicar os textos nunha edición bilingüe en galego e inglés dos seis poemas, que son un canto á sororidade, unha exaltación do amor e unha oda a Galicia e á súa lingua.

Cal foi a maior dificultade á hora de traducir a poesía de Luz Pozo? «Foi o proceso de negociación co texto, no que me axudou moito un bo coñecedor da obra de Luz Pozo, como é Claudio Rodríguez Fer, que tamén me aclarou moitos dos significados. Foi unha tradución pasada pola miña propia sensibilidade, un diálogo coa voz de Luz e a lingua e literatura inglesa», respondeu a tradutora, que presentou este martes a antoloxía no pazo de San Roque de Santiago xunto ao secretario xeral de Política Lingüística, Valentín García; o fillo da autora, Gonzalo Vázquez Pozo; o crítico literario Armando Requeixo e o editor Jonathan Dunne, que asistiu telematicamente e tamén participou na tradución.

García agradeceu o traballo á tradutora e destacou que sempre é unha alegría ver como obras literarias escritas en galego espertan interese máis alá de Galicia e son difundidas polo mundo adiante mediante traducións e en edicións bilingües. Ademais, amosouse convencido de que a poesía de Luz Pozo recollida na publicación vai espertar o interese dos lectores pola literatura e a lingua galegas.

 

[Imaxe: Marcos Míguez – fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

O secretario xeral de Cultura fai balance do traballo realizado neste eido nos actos da celebración da efeméride que se celebra hoxe

Beneficiáronse 120 empresas editoras desta liña de apoio coa que tamén se impulsa tanto a internacionalización da literatura galega como a promoción da lectura en galego de obras da literatura universal

No marco da efeméride, o Goberno autonómico participa hoxe en obradoiros internacionais, simposios e entregas de premios para promover este día

A Xunta conmemora hoxe o Día Internacional da Tradución a través da participación en diferentes iniciativas, como simposios, obradoiros e entregas de premios, co acto central na actividade Contigo na distancia, promovida pola Asociación Galega de Profesionais da Tradución e a Interpretación (AGPTI) en colaboración co Goberno galego, no que participa o secretario xeral de Cultura, Anxo M. Lorenzo.

No marco desta efeméride, Anxo M. Lorenzo, recorda a aposta do Goberno autonómico co sector da tradución, para o que a Xunta destinou preto de 3M€ desde a súa posta en marcha para este eido de xeito específico, hai 15 anos. Así, neste tempo, beneficiáronse un total de 120 empresas editoriais, tanto galegas como de fóra da comunidade, que editaron 1.196 proxectos.

O representante da Consellería de Cultura, Educación e Universidade apunta, neste sentido, a importancia desta liña de apoio tanto para a internacionalización da literatura galega, ao promover a súa tradución a outros idiomas, como para incentivar a lectura e edición en galego de obras procedentes doutras linguas. “Contribuímos a que a nosa literatura teña tamén unha saída cara ao exterior, o que implica unha maior visibilidade do libro galego e a apertura de novos públicos e mercados”, indica.

En cifras, durante este tempo, a Xunta facilitou 350 traducións de obras publicadas en galego a outras linguas, como o inglés, portugués, francés, italiano, alemán, ou finés, entre outras. Tamén se promoveu a tradución ao galego de máis de 800 obras orixinariamente publicadas noutras linguas, algo que, como engade, “tamén favorece que a cidadanía teña acceso ás obras da literatura universal en galego”.

Anxo M. Lorenzo afonda, ademais, na importancia deste apoio desde o punto de vista empresarial, xa que estas axudas están a contribuír a que as empresas editoras podan cubrir unha parte importante dos gastos derivados da tradución e da edición, “apoiando a profesionalización da actividade editora en Galicia”, engadiu.

Simposios e conversas

No marco do Día Internacional da Tradución a Xunta participa en actos como a apertura do XVIII Simposio O Libro e a Lectura, organizado polo Consello da Cultura Galega. Baixo o título Libros pola diversidade, afóndase na edición de contidos para a inclusión.

O simposio contou coa intervención da presidenta da Asociación de Familias de Menores Trans de Galicia (ARELAS), Cristina Palacios, responsable da conferencia de apertura. O panel de experiencias, Contidos Diversos, correu a cargo de representantes da Asociación BATA e de Kalandraka Editora, de docentes e dunha pedagoga. Tamén participan representantes da Consellería de Cultura, Educación e Universidade, de Hércules de Ediciones e da Editorial Galaxia; mentres que a conferencia de clausura estivo a cargo do filósofo, docente e escritor José Miguel Valle.

Ademais, celébrase Contigo na distancia, no Auditorio Neira Vilas da Biblioteca de Galicia, que reúne a dous tradutores galegos, Samuel Solleiro e Roi Vidal Ponte, nunha conversa sobre o día a día do seu labor, a relación co texto e cos seus códigos, a distancia e a proximidade coa autora ou co autor. Ambos conversarán sobre un traballo que ten como obxecto levar dunha lingua á outra as palabras, os matices, e os sensos que cohabitan en cada texto e cos que nos achegamos á voz da persoa que escribe. Samuel Solleiro e Roi Vidal Ponte artellan a conversa a partir das súas traducións máis recentes: Noite fiel e virtuosa de Louise Glück en galego no caso de Solleiro e Doentes de Roberto Vidal Bolaño —pai do tradutor— en castelán no caso de Vidal Ponte.

Tradución poética

Continuando coas conmemoracións, preséntase a décima edición do Obradoiro Internacional de Tradución Poética con barqueira e remador, que conta co apoio da Xunta. Trátase dunha iniciativa que se celebrará do 18 ao 23 de outubro na Illa de San Simón. Participarán seis persoas procedentes de diversos países e realizarán unha tradución colectiva, presencial e recíproca aos idiomas representados, que nesta edición serán o galego, o grego, o eslovaco, o flamengo e o albanés. Participarán a galega María Lado, o asturiano Pablo Texón, a grega Katerina Iliopoulou,o albanés Arian Leka, a eslovaca Maria Ferenčuhova e o belga Tom van de Voorde.

Ao remate, cada participante dará a coñecer os resultados en revistas especializadas, magazines literarios ou publicacións colectivas, completando o círculo dun proxecto singular que contribúe á divulgación dun xénero referencial como a poesía. Froito da X edición do Obradoiro publicarase un libro que recolle os poemas que produzan durante o período de dito obradoiro.

Recoñecemento a Laureano Araujo en Cambados

Pola súa parte, o secretario xeral de Política Lingüística, Valentín García, participou en Cambados na entrega do Premio Plácido Castro de Tradución, un galardón co que a fundación homónima, a Asociación Galega de Profesionais da Tradución e a Interpretación e o Instituto Galego de Análise e Documentación Internacional (IGADI), en colaboración coa Xunta de Galicia, destacan a calidade das traducións ao galego dos clásicos da literatura universal, ao tempo que contribúen ao proceso de normalización do galego e enriquecen o universo literario engrosándoo con grandes obras escritas noutras linguas.

Na 19ª edición do Premio Plácido Castro, cuxa entrega de premios tivo que aprazarse por mor da pandemia, o galardoado é Laureano Araujo pola súa tradución de Schlumpf, Erwin: Homicidio, obra do escritor suízo Friedrich Glauser. Formado en Dereito e Ciencia Política, ademais de poeta, Araujo (Berna, 1964) é profesor de alemán no ensino secundario e xa ten traducido a autores como Joseph Roth, Heinrich Böll, Thoman Mann ou Stefan Zweig. O premio consistiu nun diploma acreditativo, unha peza escultórica, obra de Xaquín Chaves, deseñada expresamente para o certame e 2.000€.

[Fonte: http://www.lingua.gal]

Willy Ronis (1910-2009) est un photographe français juif. Ses œuvres constituent des témoignages, souvent en noir et blanc, variés, d’un Paris révolu et de ses reportages en province et à l’étranger, ainsi que de la tendresse et de l’acuité du regard de cet artiste humaniste, curieux. L’Espace Richaud propose l’exposition « Willy Ronis en RDA –  La vie avant tout ».

Publié par Véronique Chemla 

« La quasi-totalité des images présentées sont des photographies de hasard, parce que mon appareil ne me quittait jamais et parce que la rue offre à l’esprit curieux un spectacle permanent… La photographie c’est l’émotion », observait Willy Ronis.

Le Jeu de Paumela Monnaie de Paris et la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, ont présenté à Paris environ 150 photos, célèbres ou inédites, en des tirages d’époque et modernes supervisés par le photographe, extraites du fonds de la donation faite par Willy Ronis, à l’État français en 1983.

Cette rétrospective Willy Ronis, une poétique de l’engagement s’articule autour de cinq axes : la rue, le travail, les voyages, le corps et la biographie de ce photographe incarnant, avec notamment Henri Cartier-Bresson (1908-2004), Robert Doisneau (1912-1994), Izraël Biderman dit Izis (1911-1980), René-Jacques (1908-2003), le courant de la photographie humaniste. Une rétrospective qui montre l’étendue du travail de Willy Ronis, de Paris à Prague (Le vieux cimetière juif de Prague, 1967) via Venise (La Giudecca, 1981).

À l’Espace Simiane (Gordes), une sélection de 75 photographies, parmi les plus célèbres et représentatives du style humaniste, compose cette exposition rétrospective réalisée par le Jeu de Paume, Willy Ronis, la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, la DAPA-Ministère de la culture et de la communication.

À Mantes-la-Jolie, la rétrospective Willy Ronis, photographe d’un siècle réunissant une centaine de clichés, en noir et blanc ainsi qu’en couleurs, « reprend le parcours de cet artiste qui a traversé le siècle pour nous léguer un regard très personnel sur une vision du monde du XXe siècle que l’on nomme le « courant humaniste ».

En 2017, le Jeu de Paume « présenta au Château de Tours, une exposition consacrée au photographe français Willy Ronis (1910-2009), réalisée à partir du fonds de la donation qu’il a faite à l’État en 1983. Organisée conjointement avec la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, cette exposition a rendu hommage à cet artiste de renommée internationale, en dévoilant des photographies restées encore méconnues ».

À l’espace culturel du Palais à Megève (Alpes), cette exposition rétrospective est revenue « sur le parcours de ce grand photographe, tour à tour reporter, photographe industriel ou illustrateur, qui marqua la photographie française du vingtième siècle. Elle met en exergue ses engagements politiques et ses évolutions stylistiques. »

« Pendant près de quatre-vingts ans – des années 1930 aux années 2000 – Willy Ronis a pointé son objectif sur les Français, arpentant avec un plaisir toujours renouvelé les rues de la capitale, les territoires industriels ou le sud de la France, mais aussi l’Italie, l’Angleterre, les États-Unis, ou photographiant, en pleine guerre froide, Moscou, Berlin et Prague. »

 

« A la fin de sa carrière, fidèle à ses engagements, il décide de faire don de son œuvre à l’État. Les tirages photographiques de cette exposition rétrospective sont un choix parmi les nombreuses archives de référence, dont celles de la bibliothèque du photographe conservés par la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP). »

« Une section entière de l’exposition est consacrée aux Alpes et notamment à Megève, où Willy Ronis aimait à venir skier et où il réalisa, dans les années 1930, deux campagnes photographiques, l’une pour l’école de ski d’André Ledoux, l’autre à la demande de la revue Air France. »

Il magnifie les skieurs intrépides dans des œuvres où le contraste entre le noir des sapins s’opposent au blanc et aux nuances de gris de pentes neigeuses.

Une famille juive

Willy Ronis est né à Paris (9e arrondissement), en 1910, dans une famille juive.

Originaire d’Odessa (Ukraine), son père est photographe portraitiste. Sa mère, pianiste, est née en Lituanie et enseigne à Willy le violon, dont il joue jusqu’à l’âge de 25 ans. Cet enfant est passionné par la musique et par le dessin.

Avec son premier appareil photographique, Willy Ronis prend en 1926 des photos de vacances et de Paris.

En 1932, pour aider son père malade et en proie à des difficultés financières, il le remplace dans l’atelier familial.

En 1935, Willy Ronis devient membre de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), d’obédience communiste.

Quand son père meurt, en 1936, Willy Ronis dirige sans envie le studio de portraits qui fait faillite.

Il se lance alors comme reporter-illustrateur indépendant. Il réalise des reportages de commandes pour la SNCF et le Commissariat au Tourisme. Son reportage sur le Front populaire est publié par Regards.

En 1937, avec son premier Rolleiflex, il réalise un reportage publié dans Plaisir de France. Il se lie d’amitié avec les photographes Robert Capa (1913-1954) et David Seymour, dit Chim (1911-1956).

En 1938, il effectue des reportages sur les conflits sociaux chez Citroën, et participe, à l’invitation d’un ami, à une croisière en Adriatique et en Méditerranée avec des escales en Albanie, Yougoslavie, Grèce et Tunisie. L’occasion de reportages photographiques. Aidé par son ami Robert Capa, il en sélectionne 140 clichés qu’il adresse en 1939, à l’approche du conflit, à cinq agences européennes et américaines.

En 1941, fuyant les persécutions antisémites, refusant de porter l’étoile jaune, cet homme aux convictions communistes se réfugie en zone libre, bientôt rejoint par son frère cadet. Là, il exerce divers métiers artistiques : directeur d’une troupe de théâtre ambulant en zone libre, aide-décorateur pour les studios de cinéma de la Victorine (Nice), assistant dans un studio de portrait à Toulon, peintre sur bijoux avec la peintre Marie-Anne Lansiaux, etc.

Un photographe polygraphe humaniste

Willy Ronis rejoint Paris en octobre 1944.

Il poursuit son activité de photographe par de grands reportages publiés par la presse illustrée (Point de Vue, L’Écran français, Regards, Life, Le Monde illustré), et travaille dès 1950 pour l’industrie, Air France, la publicité et la mode (Vogue).

Avec notamment Robert Doisneau (1912-1994), Marcel Bovis, René-Jacques et Jean Séeberger, il est membre du Groupe des XV fondé en 1946 afin de promouvoir la photographie comme art et de sensibiliser à la nécessaire préservation du patrimoine photographique français.

Willy Ronis adhère au Parti communiste français (PCF). Il participe au Congrès international de la Paix à Varsovie (1951). Il rompt avec le PCF vers le milieu des années 1960, tout en restant proche de l’idéal communiste.

Il se rend à deux reprises en RDA (République démocratique allemande) : comme membre du jury d’Interpress à Berlin-Est (1960), et pour répondre à la commande de l’Association française d’échanges franco-allemands (EFA) en 1967.

De cette Allemagne de l’Est, en pleine guerre froide, il saisit les villes, les Allemands, la campagne, les sites industriels, les intellectuels (Anna Seghers). Assiste à la cérémonie érigeant le camp de concentration de Buchenwald en lieu commémoratif… À son retour, Willy Ronis élabore une exposition itinérante sur la vie quotidienne dans la communiste RDA, présentée dans 70 lieux en France jusqu’en 1974.

En 1946, Willy Ronis épouse Marie-Anne Lansiaux, qu’il immortalise dans le Nu provençal, Gordes, 1949. Un cliché épuré, un décor simple, une lumière naturelle, une scène de la vie quotidienne, une image imprévue saisie sur le vif. Une photo choisie pour l’affiche de la rétrospective à la Monnaie de Paris.

Ami des photographes Capa et Chim, Willy Ronis entre alors à l’agence Rapho. Il manifeste un intérêt pour les petites gens, les braves gens, le peuple au travail ou au repos, Paris et la diversité de ses quartiers et de ses métiers, les enfants, tel ce garçon emportant fièrement et joyeusement un pain presqu’aussi grand que lui.

Cet arpenteur de Paris initie un reportage sur les populaires quartiers de Belleville et Ménilmontant, car il affectionne les quartiers populaires parisiens. Ses clichés seront réunis en un livre avec un prologue et des légendes du poète Pierre Mac Orlan, Belleville-Ménilmontant (Arthaud, 1954), régulièrement réédité. Des reportages qui valent à Willy Ronis le prix Kodak en 1947.

Joyau de ses promenades sur le pavé de Paname, un cliché célèbre :  » Les Amoureux de la Colonne-Bastille, 1957 « . Un couple, Riton et Marinette, qu’il retrouvera en 1988, dans leur bistrot du quartier de la Bastille dans lequel ils avaient placé cette photo encadrée. Une photo emblématique de la qualité plastique de l’oeuvre de Willy Ronis, « indéniable marquée par une composition soignée et une grande maîtrise de la lumière héritée de son goût pour la peinture hollandaise ».

Des grandes villes – Londres (1955), New York -, ce promeneur curieux retranscrit la singularité urbanistique marquée par d’immenses néons publicitaires, le rythme trépident d’une foule anonyme et de la circulation automobile par le flou, privilégie des plans en plongée.

Ses voyages l’amènent aussi à Bruges (Belgique) en 1951 – photos de la procession solennelle des religieuses -, et aux Pays-Bas sur les traces des grands maîtres hollandais – Bruegel, Rembrandt entre autres – que son épouse artiste peintre et lui admirent tant – clichés en 1952 et 1954 des enfants et adultes néerlandais en costumes traditionnels dans les ports de Volendam et de Spakenburg -, etc.

En 1955, ce « photographe polygraphe », ainsi qu’il se définit, refusant la spécialisation, suivant sa curiosité reprend pendant 17 ans son indépendance, réalise des reportages à Alger (1969), etc. Il se constitue une clientèle, une renommée et une audience internationales.

Willy Ronis a « toujours refusé toute collaboration qui ne respectait pas son droit de regard sur les cadrages de ses photographies et sur leurs légendes : cette manifestation d’indépendance lui vaut au fil des ans des difficultés professionnelles et financières qui l’amènent en 1972 à quitter Paris pour le Midi ; il s’installe d’abord à Gordes, puis à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) ».

Il enseigne son art, entre autres, à l’École des beaux-arts d’Avignon. Il effectue aussi des reportages sur la Provence.

Au fil des commandes et d’un travail personnel, l’œuvre de Willy Ronis aborde de multiples thèmes, en étant guidé par la volonté « d’être au plus proche de la réalité, volonté qui se traduit en particulier par l’élaboration d’une pratique totalement nouvelle de prise de vue sur le vif : maître mot de cette génération humaniste qui entend retranscrire la dignité de l’homme tout autant que l’environnement dans lequel il évolue ».

 

Willy Ronis a contribué « activement à l’élaboration du récit humaniste qui se développe après la Seconde Guerre mondiale. Ce courant de pensée s’était donné pour mission tacite de rétablir la confiance dans la bonté intrinsèque de l’être humain, et d’en faire le centre et la mesure de toute réflexion politique et sociale. Or, si ce courant ne se limite pas à la France, le discours humaniste de l’époque y prendra la forme d’un récit identitaire puissant. Ainsi l’anecdote, la parodie, la tendresse, le raffinement visuel, font partie des recours narratifs à la fois refuges et justifications de la photographie humaniste – mais aussi d’une certaine littérature et d’un certain cinéma. Les rues de Paris, ses quartiers populaires, les badauds, les enfants, les scènes quotidiennes ou champêtres, le repos dominical : autant de toiles de fond sur lesquelles les photographes conjuguent la poésie avec une volonté sincère de « changer le monde » (Marta Gili, directrice du Jeu de Paume et commissaire de l’exposition). De cette attention aux plus défavorisés, témoignent ses clichés des grévistes aux usines Citroën (1938) ou Renault (1950), dans les mines de Saint-Étienne (1948) et des ouvriers de Paris (1950). Sans aucune esthétisation de la misère et de la difficile condition ouvrière. Et avec la conviction que l’une des responsabilités d’un photographe est de « travailler toujours plus efficacement au rapprochement des peuples ».

La publication en 1980 d’un recueil de ses photographies Sur le fil du hasard (Éditions Contrejour) fait redécouvrir de nouveau Willy Ronis. Cet ouvrage lui vaut en 1981 le Prix Nadar (Contrejour). Suivent d’autres recueils de photographies : en particulier, Mon Paris (Denoël, en 1985). Toutes Belles, avec un texte de Régine Desforges (Hoëbeke, 1992), Quand je serai grand (Presses de la Cité, 1993), À nous la vie, avec un texte de Didier Daeninckx, (Hoëbeke, 1996), et, plus intime et familial, consacré à sa femme et à son fils, Marie-Anne, Vincent et moi, doté d’un texte de Bertrand Eveno (Filigranes, 1999), Ce jour-là (Mercure de France, 2006) et d’autres sur des textes de Michel Onfray ou Philippe Sollers.

Des documentaires télévisuels (Willy Ronis ou les cadeaux du hasard, de Patrice Noia 1989) et biographies (par Bertrand Eveno, Belfond, collection « Les Grands Photographes ») lui sont aussi consacrés.

Ses clichés sont sélectionnés dans de nombreuses expositions – ainsi au MoMA de New York avec Brassaï, Doisneau et Izis (1953), au musée des Arts décoratifs de Paris, avec Robert Doisneau, Daniel Frasnay, Jean Lattès, Janine Niépce et Roger Pic (« Six photographes et Paris »,1965) – et rétrospectives à Athènes (1980), au Palais de Tokyo (Paris, 1985), en URSS (1986) et à l’Oxford Museum of Modern Art (1995).

En 1979, à la demande du ministère de la Culture et de la Communication, Willy Ronis participe à la Mission photographique pour la direction du Patrimoine. En 1980, il est l’invité d’honneur aux XIe Rencontres internationales de la photographie d’Arles.

Willy Ronis est distingué par la Médaille d’or à la nouvelle Mostra Biennale internazionale de Fotografia de Venise (1957), le Grand Prix national des Arts et des Lettres pour la photographie (1979), le statut de membre de la Royal Photographic Society (Grande-Bretagne, 1993), le titre de Commandeur (1985) puis chevalier (1989) de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Willy Ronis revient à Paris en 1983, fait don de ses archives à l’État à effet post-mortem – une donation complétée en 1989 et qui réunit des milliers de négatifs, documents, albums, vintages et tirages modernes – et continue d’exercer son métier et d’être célébré jusqu’à l’année de sa mort.

À l’occasion du centenaire de la naissance de ce photographe français juif (1910-2009), trois rétrospectives sur Willy Ronis lui ont été consacrées à la Monnaie de Paris, à l’Espace Simiane (Gordes) et au musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie.

Dans le cadre du mois de la photographie, le Museu Da Imagem e Do Som (MIS), à São Paulo (Brésil), a présenté 80 photographies de Willy Ronis (1910-2009), photographe français juif. Des témoignages, souvent en noir et blanc, variés, d’un Paris révolu et de ses reportages en province et à l’étranger, ainsi que de la tendresse et de l’acuité du regard de cet artiste humaniste, curieux.

En 2013, la Galerie Camera Obscura a rendu hommage à « quatre grands photographes du siècle » dont Willy Ronis.

Un portrait filmé de Willy Ronis quelques semaines avant sa mort, complété d’entretiens inédits sur les coulisses de l’exposition, a été projeté à la Monnaie de Paris et sur les sites Internet http://www.jeudepaume.org/ et http://www.monnaiedeparis.fr/

Histoire diffusa les 21, 26 et 27 octobre ainsi que le 2 novembre 2015 Willy Ronis, autoportrait d’un photographedocumentaire de Michel Toutain (Pyramide Production). « En soixante-seize ans de pratique, Willy Ronis s’est photographié chaque année : premier autoportrait à seize ans, dernier à quatre-vingt-douze. Ces autoportraits rythment la construction de ce film dans lequel Willy Ronis parle de lui, de son art, de sa carrière. Il analyse aussi quelques-unes de ses images les plus célèbres, celles qui l’ont fait entrer dans l’histoire de la photographie ».

Le 13 décembre 2016, plus de 160 photos de Willy Ronis, provenant de la collection de son petit-fils Stéphane Kovalsky et offrant un panorama complet de son œuvre, ont été vendues chez Artcurial lors d’une vente aux enchères exceptionnelle.

Le Ministère de la Culture propose des photographies de Willy Ronis sur son site Internet.

Belleville

Arte diffusa le 11 janvier 2019 à 16 h 30, dans le cadre d' »Invitation au voyage » (Stadt Land Kunst), « Le Belleville de Willy Ronis / Suzhou / Maracana » (Willy Ronis und Belleville / Suzhou / Maracana) par Fabrice Michelin. Linda Lorin « nous emmène à la découverte de notre patrimoine artistique, culturel et naturel. Dans ce numéro : Belleville, le Paris populaire de Willy Ronis – Bien avant Venise, Suzhou la Chinoise – Maracanã, le baptême d’un stade. Belleville, le Paris populaire de Willy Ronis : « Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le photographe Willy Ronis découvre un quartier parisien à la mauvaise réputation : Belleville. L’artiste, qui s’y laisse guider par les sons et les lumières, capture sur le vif des instants de vie aujourd’hui envolés. »

« Willy Ronis en RDA »

À Versailles, l’Espace Richaud propose l’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » : une rencontre de l’histoire et de l’émotion par la photographie. L’exposition virtuelle permet une visite personnalisée.

« Célèbre photographe humaniste français, Willy Ronis (1910-2009) a fondé sa renommée sur ses photos sensibles de Paris, ses illustrations des régions françaises, ses vues engagées du monde ouvrier et des mouvements sociaux. Willy Ronis se vit rarement confier des missions à l’étranger. La ville de Versailles lui rend hommage à l’Espace Richaud en exposant ses clichés pris en 1960 et 1967 dans l’ex-République démocratique allemande (RDA). »

L’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » présente, « au travers de 130 tirages et de nombreuses archives, la richesse et l’originalité du travail du photographe dans ce pays mal connu et disparu, la RDA. Aujourd’hui, le reportage documentaire de Ronis est devenu un témoignage unique car le pays s’est radicalement transformé depuis la réunification. Selon une approche historique et pédagogique, l’exposition vise à enrichir la mémoire collective de l’Europe et à valoriser les liens franco-allemands, en premier lieu ceux qui unissent Versailles et Potsdam, villes jumelées. »

« Dans la salle introductive sont abordées la commande passée à Ronis par l’association Échanges franco-allemands (EFA) en 1967 et l’exposition itinérante qui en résulta. Y sont présentés des tirages d’époque (vintages) et des archives issus de la donation remise par l’auteur à l’État français. Des objets multiples, à découvrir sous vitrines, illustrent le propos : lettres, publications de l’EFA, documents de travail et photos de la première exposition créée par Ronis lui-même à Montreuil, en 1968. La voix du photographe accompagne la présentation de son travail : il accorda en effet à Nathalie Neumann, commissaire de l’exposition, des entretiens audio restés inédits à ce jour. »

« Le contexte politique singulier de la RDA est abordé via un ensemble de tirages de travail d’époque. Parmi toute la production apparaissent des messages engagés sous-jacents, les réalités sociales du pays, le mur de Berlin, la police, le culte des dirigeants. »

« Par la scénographie conçue par Laurence Fontaine, l’exposition favorise un rapprochement et une connivence avec la RDA dans le sens du message voulu universel par Willy Ronis : l’homme est au centre de ses images et de la société. Au cœur de l’Espace Richaud, dans l’ancienne chapelle, sont déployés des duos d’images, rapprochements de clichés pris en RDA et en France. Ce prisme comparatif France-Allemagne constitue le fil rouge de l’exposition. Ronis parlait ainsi de ses images : « J’ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et parfois, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets. »

« En 1967, la mission explicite du photographe consistait à représenter une société comme il a pu le faire pour la sienne, la France. Sensible à la sociologie développée à son époque, Willy Ronis regroupa ses photographies selon des critères-clés comme les paysages urbains et naturels, les activités, les loisirs, l’enseignement… Des ensembles de tirages modernes sont mis en avant dans les deux galeries sud et la coursive du premier étage de l’Espace Richaud. Des portraits de personnalités du monde artistique et intellectuel, telles que Anna Seghers ou Christa Wolf, complètent le propos. Accompagnés de courtes biographies, ces témoignages permettent aux visiteurs d’appréhender la diversité de la culture, des sciences et de l’enseignement qui rayonnaient au-delà des frontières ».

« Impliqué dans l’enseignement et le journalisme, Willy Ronis profita de ses voyages pour visiter les industries et l’école supérieure de photographie est-allemandes. Ce sujet qui lui tenait à cœur est également abordé, dévoilant un pan peu connu de sa carrière. Autre découverte, ce reportage en noir et blanc fut complété d’une production en couleurs, certes en quantité moindre. Des tirages modernes de ses diapositives ponctuent le parcours. Le seul tirage en couleurs, exposé en 1968, a été restauré spécifiquement pour la présente manifestation ».

« Le commissariat de l’exposition est assuré conjointement par Nathalie Neumann et Ronan Guinée. Franco-allemande, Nathalie Neumann est historienne de l’art, chercheuse à l’université de Mayence et auteure d’expositions. Ronan Guinée est en charge du fonds Willy Ronis à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP), service du ministère de la Culture en charge des archives des Monuments historiques et du patrimoine photographique de l’État. L’exposition « Willy Ronis en RDA – La vie avant tout » est la concrétisation d’un partenariat entre la ville de Versailles et la MAP. Elle s’accompagne de la publication d’un catalogue par les Editions Parenthèses ».

Les éditions Parenthèses ont publié « Willy Ronis en RDA. La vie avant tout, 1960-1967 » de Nathalie Neumann et Ronan Guinée. « Les gens, les rues, les jours de fête ou les jours sans rien : que Willy Ronis photographie le vieux Paris ou les villes nouvelles d’Allemagne de l’Est, c’est là, toujours, que s’arrête son regard. Ainsi, lorsqu’en 1967 l’association « Échanges franco allemands » lui commande un reportage destiné à favoriser la reconnaissance par la France de la RDA, c’est « la vie avant tout » qu’il cherche à restituer. Humaniste engagé et « le cœur à gauche », il se fait le témoin d’un socialisme moderne au service du peuple, faisant l’impasse sur les limites du système.

« Pour s’être déjà rendu en RDA en 1960, Ronis sait immédiatement où regarder. À la commande, il répond par des photos de jeunes travailleurs, d’étudiants, ¬d’enfants jouant, de paysages, de moments ordinaires… Il photographie aussi les grands peintres, sculpteurs et écrivains et, autant que possible, l’enseignement artistique et l’industrie optique, qui le passionnent ».

« Exposé à son retour dans l’Hexagone dans près de quatre-vingts communes, ce travail joua alors son rôle politique et militant, laissant pour un temps l’art au second plan. »

« Libérés du contexte de la guerre froide, ces clichés de Willy Ronis, longtemps restés dans l’ombre, révèlent aujourd’hui toute leur profondeur esthétique et stylistique. Et si leur force mémorielle est indéniable, elle n’y enlève rien ; bien au contraire ».

« Je m’attache à inclure dans mes prises de vue le caractère humain, par le choix du geste et de l’attitude, par un souci de vie. » Willy Ronis

Citations de Willy Ronis 

(« Sur le fil du hasard », L’Isle-sur-la-Sorgue, 1979)

Un « type de sensibilité »

« Je n’ai, à ce jour, acquis aucune certitude et n’en éprouve nul complexe. La nature m’a attribué, pur hasard, un type de sensibilité qui m’a procuré pas mal de tourments mais aussi d’immenses joies. Merci ! J’ai creusé mes sillons avec mon instinct, ma petite honnêteté, chanté ma chanson à mi-voix ; je me suis souvent fait plaisir et cela compense le reste que, par bonheur, on oublie facilement ».

Une « certaine mélancolie »

« On remarque, paraît-il, une certaine mélancolie dans mes photos. Cela s’explique. J’ai eu beaucoup de loisirs forcés au cours de périodes de sous-emploi ; autant meubler ces vides avec la chasse aux images. Mais de telles conditions n’inspirent pas la joie, surtout qu’entre deux pressions sur l’obturateur on se dit qu’on travaille pour le tiroir. Mes chasses joyeuses, je ne les vécus que lorsque je volais mon temps à celui que je devais consacrer au travail commandé, ou lorsque le déclic provoqué par un événement inattendu faisait monter la fièvre des grandes émotions. Mélancolie souvent, mais pas pessimisme ; ça ira mieux demain ».

« La photographie, c’est le regard »

« La photographie, c’est le regard. On l’a ou on ne l’a pas. Cela peut s’affiner, la vie aidant, mais cela se manifeste au départ, avec l’appareil le meilleur marché. En tout état de cause, cela ne figure pas dans les colonnes de matériels qui font rêver les dévoreurs de catalogues ».

« Pour nous autres traqueurs d’imprévu, le surgissement du motif provoque aussitôt le passage à l’acte. Il n’y a pas ce refroidissement que risquent l’écrivain ou le compositeur, s’ils ne sont pas en mesure de transcrire, sur-le-champ, l’écho de leur émotion… Lorsque nous avons déclenché au moment ardemment espéré, où tout semble organisé dans l’ordre le plus juste, la seconde d’enthousiasme passée, surgit l’anxiété : est-ce bien dans la boîte !? »

« C’est la perception du temps fort qui commande le déclic, cet instant où nous estimons, au terme d’un rapide balayage du champ couvert par le viseur, que nous tenons, rassemblées dans une composition idéale, les diverses figures articulant ce ballet dont le chorégraphe, souvent génial, a pour nom le Hasard ».

« Faire la photo d’abord, réfléchir ensuite – si j’en ai le temps – ou penser aussitôt après que j’ai peut-être déclenché trop vite et voir si je peux recommencer, en mieux. Surtout ne jamais perdre du temps à peser soigneusement ceci ou cela ».

« L’aventure ne se mesure pas au nombre de kilomètres… L’émotion, si vous en êtes digne, vous l’éprouverez devant le sourire d’un enfant qui rentre avec son cartable, une tulipe dans un vase sur lequel se pose un rayon de soleil, le visage de la femme aimée, un nuage au-dessus de la maison ».

« Transformer le désordre en harmonie, c’est la quête constante du chasseur d’images. Cela conduit-il tout droit au maniérisme froid !? N’en croyez rien. Une photo signifiante, c’est une photo fonctionnelle, dans le plus beau sens du terme, et l’on sait depuis longtemps, par l’étude morphologique des oiseaux ou des poissons, par les travaux des stylistes sur les objets usuels, que la pureté des formes est le résultat d’une adéquation aboutie à leurs fonctions. Et la fonction d’une photo, c’est sa capacité immédiate à synthétiser son propos. Le photographe ne se promène pas, bien sûr, avec la grille du nombre d’or dans le viseur, mais il l’applique généralement par intuition, avec l’inévitable et heureux infléchissement de sa sensibilité. La belle image, c’est une géométrie modulée par le cœur ».

Du 19 mai au 10 octobre 2021

À l’Espace Richaud

78, Boulevard de la Reine. 78000 Versailles

Du mercredi au dimanche de 14h à 18h

Tél. : 01 30 97 28 66

Visuels :

Affiche

Willy Ronis, Dans le parc du château de SansSouci, Potsdam (RDA), 1967

© Donation Willy Ronis, Ministère de la Culture, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, diff.RMNGP

Rencontres franco-allemandes, organe de l’association EFA, n° 50, janvier 1968 © donation Willy Ronis, ministère de la Culture – MAP, diff. RMN-GP

Du 20 mai au 30 septembre 2021

Au Palais

247 Route du Palais des Sports. 74120 Megève

Visuels :

Willy Ronis

Place de la République, 14 juillet 1936, Paris

Île Saint-Denis, nord de Paris, 1956

Jeanne et Jacques, près de Paris, 1937

Le Nu provençal, Gordes 1949

La forge chez Renault, Boulogne-Billancourt 1950

« Le Belleville de Willy Ronis / Suzhou / Maracana » par Fabrice Michelin
France, 2019
Sur Arte le 11 janvier 2019 à 16 h 30

Du 28 juin au 29 octobre 2017

Au Jeu de Paume – Château de Tours 

25, avenue André Malraux 37000 Tours
Tél. : 02 47 21 61 95
Du mardi au dimanche de 14 h à 18 h • Fermeture le lundi

Du 28 avril au 16 juin 2013
Au Museu Da Imagem e Do Som (MIS), São Paulo
Av. Europa, 158 – Jardim Europa, São Paulo, 01449-000, Brésil
Tél. : + 55 11 2117-4777
Du mardi au vendredi de 12 h à 22 h. Dimanche de 11 h à 21 h

Du 22 mars au 11 mai 2013
À la Galerie Camera Obscura
268, boulevard Raspai, 75006 Paris
Tél. : + 33 1 45 45 67 08
Du mardi au vendredi de 12 h à 19 h et le samedi de 11 h à 19 h
Vernissage le 21 mars 2013 à 18 h.

Jusqu’au 22 août 2010

Willy Ronis, une poétique de l’engagement

À la Monnaie de Paris :

11, quai de Conti, 75006 Paris

Tél. : 01 40 46 56 66

Du mardi au dimanche de 11h à19h, jeudi de 11h à 21h30

Fermeture le lundi

et

Willy Ronis

À l’Espace Simiane :

Mairie, 84220 Gordes

Tél. : 04 90 72 98 64

De 14 h à 18 h

Jusqu’au 3 octobre 2010

Willy Ronis, photographe d’un siècle

Au musée de l’Hôtel-Dieu :

1, rue Thiers, 78200 Mantes-la-Jolie

Tél : 01 34 78 86 60

Du lundi au vendredi (sauf mardi) de 13h à 18h. Samedi de 9h à 12h et de 13h à 19h. Dimanche de 13h à 19h

Visuels de haut en bas :

Willy Ronis, Autoportrait aux flashes, Paris, 1951
Tirage argentique
30 x 24 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Affiche reprenant Le Nu provençal, Gordes (Vaucluse), 1949
Tirage argentique
40 x 30 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Usine Lorraine-Escaut, Sedan, 1959
Tirage argentique
33 x 26 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Londres, Picadilly Circus le jour, 1955
Tirage argentique
25 x 17 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Le Vigneron girondin, 1945
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Willy Ronis, Carrefour Sèvres-Babylone, Paris, 1948
Tirage argentique
50 x 40 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Karl-Marx Stadt, 1967
Tirage argentique
40 x 60 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Rue Tholozé, Montmartre, Paris, 1956
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Les Amoureux de la Bastille, Paris, 1957
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Willy Ronis, Volendam, Hollande, 1954
Tirage argentique
30 x 40 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Jardins du Trocadéro, 1970
© Succession Willy Ronis-Diffusion Agence Rapho

Willy Ronis, Lorraine en hiver, 1954
Tirage argentique
36 x 26 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

La Péniche aux enfants, Paris, 1959
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Place Vendôme, Paris, 1947
Willy Ronis
Photographie Willy Ronis
© ministère de la Culture et de la Communication

Willy Ronis, Fondamente Nuove, Venise, 1959
Tirage argentique
40 x 30 cm
Ministère de la culture et de la communication, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Willy Ronis, Marché aux puces, 1948
Tirage argentique
40 x 30 cm
Succession Willy Ronis, Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky.
Photo Willy RONIS © Ministère de la culture et de la communication & Stéphane Kovalsky / dist. Agence Rapho

Les citations sont extraites des dossiers de presse.

Cet article a été publié le 12 août 2010, puis les 3 mai et 3 juin 2013, 19 octobre 2015, 17 décembre 2016, 27 octobre 2017, 12 janvier 2019. Il a été modifié le 3 octobre 2021.

[Source : http://www.veroniquechemla.info]

Escrito por XESÚS ALONSO MONTERO

Cúmprense, no presente 2021, setecentos anos da morte de Dante Alighieri (1265-1321), unha das grandes personalidades literarias que produciu a Humanidade. No cumio da súa extensa e polifacética obra, que foi bilingüe (latín e italiano), está a Divina comedia. Pero do que trataremos neste artigo é da relación entre a Divina comedia e Ou divino sainete (1888), de Manuel Curros Enríquez, na miña opinión un dos grandes libros da literatura galega. Co título Dá Divina comedia de Dante (1304-1320) ao Divino sainete de Curros Enríquez (1888) pronunciarei en Vigo unha conferencia o día 7 na Sociedade Dante Alighieri que dirixe Daniela Sarraino.

Divina comedia, en principio, é un poema teolóxico (unha catedral literaria de 14.233 hendecasílabos), con tres grandes protagonistas, o propio Dante, o poeta latino Virxilio e Beatriz. É Virxilio quen guía a Dante polos círculos do Inferno e do Purgatorio, onde o poeta toscano se encontra co seu supremo amor, Beatriz, a quen, en vida, Dante só vira en dúas ocasións, moi noviña ela. Poema teolóxico, esta obra é a máis grandiosa declaración de amor que se teña escrito nunca, sobre todo se concordamos con Borges, que chegou a afirmar que Dante edificou o mellor libro para intercalar algúns encontros coa irrecuperable Beatriz. Tamén é, en moitas páxinas, un poema moral e político, nomeadamente nas páxinas, que son moitas, en que o autor, que vivía desterrado -e amargado- da súa patria, da cidade de Florencia, prorrompe en invectivas contra os seus inimigos políticos e contra a propia cidade.

Algo semellante fai Curros no Divino sainete, que é, entre outras cousas, unha demoledora sátira anticlerical, da que non se salva nin o papa de Roma, a onde chegou, no tren dos Sete Pecados, guiado por outro Virxilio, o poeta Francisco Añón (1812-1878), na feitura dunha estantiga. Dos 1.491 octosílabos do Sainete, son de ouro, entre moitos outros, estes seis do Canto V, referidos a Galicia: «Velliña que andas a gatas / sin que teñas quen te axude, / ¿cando has tirar coas caxatas / I airada, valente, forte, / porás o pé no pescozo / dos que te firen de morte?».

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

C’est l’un des auteurs-compositeurs et interprètes les plus discrets de la chanson française. Digne héritier de Léo Ferré et de Jacques Brel, Romain Didier sort son 11e album studio, Souviens-moi. Un disque finement ciselé, pétri de lumière italienne, où il célèbre, avec élégance et poésie, ses voyages, l’amour et la nostalgie joyeuse.

Romain Didier aime prendre son temps. Si Souviens-moi arrive dix ans après son précédent album studio, ce n’est ni par coquetterie, ni parce que l’envie de chanter lui manquait. Simplement le chanteur, qui se décrit humblement et non sans humour comme « un peu lent », a besoin d’attendre, de « digérer les émotions avant qu’elles ne s’échappent jusqu’au piano ». Et aussi d’avoir quelque chose à dire d’original. Ainsi Romain Didier imagine-t-il, par exemple, les pensées et les rêves d’immensité d’une jeune goutte d’eau qui « dévale de cascades en barrages, le lit de sa rivière » (La Goutte d’eau).

Les chemins de traverse

Si Romain Didier donne à ses disques le temps de voir le jour, c’est aussi parce que cet amoureux du hasard qui rassemble des « voyageurs naufragés, aux confins de nulle part sur la même poussière » (Merci d’être venus) écrit, arrange et compose pour de grands noms de la chanson, comme Nicole Croisille (qui fut la première, en 1980, à chanter ses chansons), Annie CordyYves Duteil ou encore Enzo Enzo.

Bien qu’il adore être sur scène, Romain Didier nous confie qu’il n’aurait pas aimé se cantonner à une carrière d’auteur-compositeur-interprète. « C’est une chance de faire de la musique pour les autres, des orchestrations, des spectacles musicaux (notamment Pantin, Pantine avec Allain Leprest (1997) et Pinocchio court toujours (2006) avec Pierre Perret). J’ai aussi la chance d’être artiste associé au Conservatoire du Havre. Je ne l’aurais pas fait si j’avais eu une carrière moins atypique. J’ai pris les chemins de traverse qui me plaisaient ».

Ces chemins lui feront faire des rencontres décisives, comme celle d’Allain Leprest« C’est l’un des plus grands auteurs que la chanson francophone a connu. Notre amour des mots, de la chanson populaire nous rassemblait. Pour le reste, on n’a pas connu les mêmes choses quand on était petits, il venait d’un milieu populaire, moi moins. C’était deux milieux qui se confrontaient, mais je crois au métissage », nous raconte-t-il.

Romain Didier est né dans la musique classique, d’un père compositeur et chef d’orchestre, et d’une mère, cantatrice à l’Opéra de Paris. Pour autant, jamais ses parents ne le forceront jamais à s’inscrire dans leur sillage. Ainsi apprend-il le piano, l’harmonie et l’orchestration en autodidacte. « Je préférais m’amuser seul avec le piano. Cela ne m’empêche pas d’éprouver une joie inouïe lorsque j’écoute jouer ma musique, assis dans un fauteuil d’orchestre. Cela me rappelle ce que mon père faisait, bien sûr », dit-il ému.

L’Italie au cœur

De son père (qui fut également directeur de l’École normale de musique de Paris), il a hérité le goût de la transmission (Romain Didier est également professeur de musique), la minutie. Et son lieu de naissance. Car c’est à Rome que Didier Petit (de son vrai nom) voit le jour en 1942, alors que son père y était résident à la Ville Médicis pour trois ans.

Romain Didier y retournera quelques mois à dix-huit ans. Émerveillé par ce séjour, il choisit son prénom de scène, Romain, en hommage à la ville aux Sept collines. « J’ai vécu des moments incroyables à Rome. L’Italie est un pays où je me rends souvent. Cette Aventure italienne avec un grand « A » m’a toujours transporté« , nous raconte-t-il.

Son aventure italienne, il la célèbre dans Je me souviens du bal, un morceau teinté de swing où il décrit des « vespas qui détalent comme des moineaux » dans les rues de Rome. Sur On n’est pas à Vérone, qui décrit un amour humble et sans artifice, et Si on ne s’aime plus (en duo avec Catherine Petit), où il évoque la disparition de Venise à travers celle d’un amour menacé. Par contraste. Car c’est le caractère éternel de la Sérénissime qui le fascine : « Cette ville m’a toujours fait rêver. On peut ne pas y aller pendant vingt ans, y retourner et retrouver exactement les mêmes coins de rue, les mêmes décorations et les mêmes palais ».

Enfin l’Italie surgit dans La Nostalgie, où il célèbre, sans tristesse et sur une musique évoquant Erik Satie, « les minuscules petits détails immenses de l’enfance » et leur goût de « paradis, d’amour et de sucre candi ». Artiste sensible, Romain Didier nous explique que pour lui la nostalgie « est rose et grise » et qu’il aime se souvenir « des images du passé ».

Amoureux des rencontres

Poétiques sans être hermétiques, les images de Romain Didier sont des instantanés échappés du quotidien. La lumière côtoie l’ombre avec élégance et sobriété. Comme dans le syncopé et fraternel Prince sans royaume, qui parle d’un homme « lacéré aux tessons des frontières/ Qui tient comme un bouquet ses racines en cadeau/ (un) prince sans royaume aperçu au Treize heures« .

Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il nous disait être déconnecté de l’actualité, Romain Didier rétorque avec chaleur : « j’ai beau être lent, ce phénomène de société n’est pas arrivé hier. Je voulais en parler. Je crois que les vies se valent. Ce qui semble aller contre cette idée me dérange profondément. On est fabriqués par des cellules équivalentes ».

Cette vision égalitaire traverse toute son œuvre. Qu’il chante l’exil comme les rencontres, ou qu’il parle de chanson. « La chanson n’a pas d’échelle ; Léo Ferré c’est pas mieux qu’Annie Cordy, c’est autre chose », nous dit-il. Romain Didier chante aussi l’amour. Ainsi ne sera-t-on pas surpris de trouver sur Souviens-moi quelques belles balades comme On dirait qu’ça passe ou Une chanson de Sylvie Vartan, dans laquelle il évoque des souvenirs d’amours champêtres, tout en délicatesse.

Car il est quelque chose d’extrêmement féminin dans l’écriture de ce poète. Romain Didier raconte dans La femme qui sommeille que c’est la part féminine des hommes qu’il aime chez eux. Il nous l’affirme : « je n’aime pas du tout ce qui est viril et masculin. Je préfère de très loin la compagnie des femmes, leur besoin d’être en harmonie, de nidifier me parle beaucoup plus qu’une chambrée de service militaire ! » En attestent la finesse et la douceur de ce disque solaire.

Romain Didier Souviens-moi (EPM/Universal) 2021
Site officiel / Facebook / Instagram / YouTube

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Écrit par Marjorie Bertin

 

 

[Photo : Jean-Baptiste Millot – source : http://www.rfi.fr]

Carson actualiza la deriva de Baco, dios joven y multisexuado que adonde llega rompe con el status quo, y hace que las disputas puestas en escena hace 2500 años suenen a las discusiones que hoy crean hashtags y marcan tendencia en redes y medios o parten aguas entre académicos y en la opinión pública.

La traductora chilena Bernardita Bolumburu.

La traductora chilena Bernardita Bolumburu

 

Escrito por Dolores Pruneda Paz

La traducción y revisita que hizo la escritora Anne Carson de « Las bacantes », la obra con que hace ya 25 centurias el poeta Eurípides « colocó a la tragedia griega en un camino que conduce directamente a los reality shows », según explica la lingüista y Premio Princesa de Asturias de las Letras, llega en una versión bilingüe inglés-español, por primera vez traducida al castellano y conservando el título griego original, « Bakkhai », de la mano de la traductora chilena Bernardita Bolumburu.

En la versión inédita publicada por La Pollera, Carson actualiza la deriva de Baco, dios joven y multisexuado que adonde llega rompe con el status quo, y hace que las disputas puestas en escena hace 2500 años suenen a las discusiones que hoy crean hashtags y marcan tendencia en redes y medios o parten aguas entre académicos y en la opinión pública.

En esta adaptación libre de la traductora, profesora y crítica literaria canadiense, Cadmo, legendario fundador de Tebas, y Tiresias, uno de los adivinos más celebres de la mitología griega, debaten si tomar un taxi o caminar para transitar las calles tebanas y adentrarse en las montañas donde ocurren las bacanales, las celebraciones de las adoradoras de ese dios nuevo pero antiguo, representante de una mitología oscura, previa a los Olímpicos, una divinidad que intoxica pero que advierte la necesidad de volver a lo primigenio: al goce, la voluntad como primer motor de la vida, la entrega a la tierra y hedonismo.

“Eurípides fue un dramaturgo del siglo V A.C. que reinventó la tragedia griega, poniéndola en un camino que conduce directamente a los reality shows. Sus obras rompieron todas las reglas, derrocaron las convenciones e indignaron a los críticos conservadores », define Carson su relectura del poeta griego en la contratapa del tiempo, y apunta que « Las bacantes » es su obra más subversiva porque « cuenta la historia de un hombre que no puede admitir que preferiría vivir en la piel de una mujer, y un dios que parece combinar todas las sexualidades en una única ruinosa demanda de adoración ».

Carson repite en las portadas de sus libros que enseña griego antiguo para vivir. Es la lengua que a ella le hizo sentido y la conectó con el deseo, a la que debe « su carrera y su felicidad » a través de una profesora excéntrica, Alice Cowan, a la que suele nombrar y reconocer en las pocas entrevistas que da. La conoció en uno de los pueblos de Ontario al que había sido trasladado su padre bancario, después de toparse con una edición bilingüe de Safo. « Era una adolescente desafecta necesitada de estímulos » y « me salvó una profesora de latín que cuando supo de mi interés por aprender griego se ofreció a darme clases », contó al diario El país de España tras recibir el Princesa de Asturias 2020.

« Las bacantes », la obra con que hace ya 25 centurias el poeta Eurípides « colocó a la tragedia griega en un camino que conduce directamente a los reality shows », según explica Carson.

Nacida en Toronto el 21 de junio de 1950, es una de las poetas contemporáneas más reconocidas de la lengua inglesa, plástica y heterodoxa, capaz de yuxtaponer la vida de Marilyn Monroe, ícono del cine, con el mito homérico de Helena de Troya y luego llevarla al teatro. « Norma Jeane Baker de Troya » se estrenó en Nueva York en 2020 en una sala para 500 mil personas, de la misma manera que « Bakkhai » escenificó en teatros de varios países, desde 2015 cuando se publicó, todas las Tebas del siglo XXI que Carson captó en el texto que Eurípides escribió en el siglo V a.C.

Vinculada a artistas nacidos con la contracultura neoyorquina de los años 60 hoy emblemáticos, como los músicos Lou Reed y John Cage o la performer Laurie Anderson, la hibridación de géneros y formatos es parte de su obra: « Nox » (2010) es un libro caja que armó poniéndole palabras a los objetos y fotos que le entregaron con la muerte de su hermano. « Float » (2016) es una caja con 22 textos que llamó performances.

Publicó su primer poemario, « Short Talks » (charlas breves), a los 42 años, y después de eso la distancia entre narración, poesía y ensayo empezó a desdibujarse: se ve en « Autobiografía de rojo: una novela en verso », uno de sus libros más conocidos donde reescribe el mito de Hércules y Gerión en clave homoerótica, « Red Doc », « La caída de Roma » y « La belleza del marido », entre las obras de Carson que se consiguen en Argentina.

« No sé cómo, pero no hay caos en ese traspaso hacia lo contemporáneo que ella hace. Lo mismo hizo Nicanor Parra con ´El rey Lear´. Cuando un gran poeta revisita una obra, una parte del resultado tiene que ver con su forma de ver el mundo y ese es uno de los grandes aportes », dice a Télam Nicolás Leyton, de la editorial La Pollera, sello que participará en la Feria de Editores (FED) del 1 al 3 de octubre próximos.

-Télam: « Bakkhai » conserva desde el título palabras que Carson consideró intraducibles, como « daimon », un concepto más complejo e integral que el de una deidad mitológica. ¿A qué responde esa decisión?

-Bernardita Bolumburu: El griego tiene la capacidad de encerrar una idea compleja en un solo término, por eso aporta conservarlos. El inglés es un idioma de abstracción de palabras y conceptos y Carson le otorga una nueva lectura al traducir la obra, porque conservar ciertos términos en griego e incluso reproducir sonidos guturales presentes en los cantos báquicos, frente a una traducción más moderna, resulta una muy bella intersección entre lo antiguo y lo nuevo.

-T: Para ella, traducir y crear son sinónimos ¿podría decirse que colocaen el sitio de traductor-creador, incluso a quien lee?

-B.B: La traducción es claramente un tercer lenguaje, hay un proceso cognitivo de traspaso del idioma y de descifrar códigos que conllevan a esta « tercera creación ». Tiene que ver con la estética de la recepción y en ese sentido un lector puede ser también un traductor y viceversa, una obra se va completando con sus lecturas, con la recepción de esta, con las diferentes épocas y momentos en que se lee, los distintos contextos. Eurípides fue también traductor de « Bakkhai » y aquellos que recogieron los relatos orales de la mitología griega también, y el camino es inabarcable, así como las posibilidades de lectura de una obra.

-T: ¿La edición bilingüe fue un pedido de la autora?

-B.B: Con la autora hablábamos de la publicación permanentemente pero nunca le hice alguna pregunta temática en torno a la traducción. Desde el comienzo yo pensaba que debía ser bilingüe, entre otras cosas, por las palabras que mantiene en griego, ciertos criterios que introduce y mantiene de Eurípides como palabras en mayúscula. Es necesario enfrentar la obra, enfrentar la traducción en sus dos lenguas porque es algo fructífero para la lectura misma.

-T: Carson se describe como « una artista de la imagen más que de la palabra ». ¿Influye eso a la hora de traducir?

-B.B: Mucho y en este caso fue crucial porque en esta obra juega con las reglas de la sintaxis y la puntuación. Y los caligramas y juegos visuales que desarrolla a través de la obra son muy interesantes ya que van midiendo el pulso de la tragedia. Así, el coro de las bacantes se fragmenta y torna más caótico en la páginas en que el canto y el lamento son agudos e intensos. Ese trabajo de construcción poética-visual es uno de los aportes de Bakkhai.

-T: Un pasaje describe el verde de Baco -el dios transgénero o multisexuado o no binarie- y enumera objetos de ese color relacionados con las bacantes, las mujeres que abandonaban sus casas para ocupar las calles con convicción gozosa. Parece la foto de una marcha feminista.

-B.B: La obra toca muchos temas importantes que resultan tremendamente contingentes a la luz de la mirada de hoy, en situaciones que rebasan lo literario para deslizarse hacia lo real, como tal vez lo fue en su momento a través de la tradición mitológica, en donde se unió intrínsecamente la historia con la ficción. Por eso los referentes son muchos; pensamos en la marea verde en Argentina, en el movimiento de Las Tesis en Chile, así como en estructuras hegemónicas de poderes de estructuras anquilosadas en el tiempo, que insisten en defender un modelo que revela a todas luces una crisis de paradigmas pero que sus seguidores insisten en no ver. La tendencia a castigar ciertas costumbres que son primigenias y que están presentes en las sociedades más antiguas pero que aún son vetadas y censuradas. Por eso el doble estándar de Penteo, la furia y furor paroxista de Ágave y las mujeres y el orden que finalmente impone Dionisio ante la necesidad de reconocer nuestras raíces, volver a ese « verdor » de lo primigenio y respetar nuestra cultura para poder llegar a un equilibrio que solo lo otorga la naturaleza, como lo dice el coro de bacantes.

-T: La asociación libre y erudita que hace entre antigüedad y presente ¿condiciona o amplía el ejercicio de traducción?

-B.B: Eso puede verse como un juego de la autora, como un tipo de deconstrucción de modelos y del lenguaje mismo que edifica toda la voz de una sociedad. Se puede ver como metáfora del espejo de una sociedad y eso se explicita (no lo hace Carson, sino Eurípides) a través del travestismo de Penteo y en esa excelente escena en que Dionisio lo convence de vestirse de mujer, despojándolo de todo su orden patriarcal al grado de la ridiculización. Esa escena es crucial y brutal, revela la oscuridad y las debilidades así como los deseos más ocultos. Como dice Carson en su prólogo, por algo Penteo guardaba su vestido de mujer en el fondo del closet.

-T: ¿Por dónde iniciarse con Carson, es una pregunta válida?

-B.B: Solo leerla, disfrutar del teatro, la poesía y la brutal historia que aquí se cuenta; delirante y real. Luego volver a Eurípides y leer « Las bacantes ».

 

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

La ciudad medieval de Carcassonne se encuentra al sur de Francia, en la soleada provenza,cuna de la poesía moderna por sus trovadores occitanos de los siglos XII y XII. En aquel entonces los trovadores se decantaban por una u otra de estas tradiciones: el Trobar Leu (poesía fácil, ligera, llana) y el Trobar Clus (“cantar o componer de forma cerrada”, “hermética”). Como sigue ocurriendo, esas dos tendencias dividían las aguas de la poesía, generando incluso disputas apasionadas y ya famosas entre los trovadores. El llamado género “tensó” es una de ellas. Pero, hablando de géneros, no olvidemos que toda esta literatura era en principio oral, recitada y cantada, y quienes se atrevían a versificar oscuro y cerrado perdían probabilidades de perdurar en la memoria del pueblo.

De los trovadores clus, el más importante es Arnaut Daniel, inventor de la sextina, al que inmortalizó Dante en la Divina Comedia definíendolo como il miglior fabro (“el maestro artesano”), calificativo de inmortalidad actualizada en el siglo XX en la consabida dedicatoria que le hizo T. S. Eliot a Ezra Pound en La tierra baldía (1922).

Los poemas de Juan Arabia en Hacia Carcassonne que aquí presentamos son una rememoración de aquellos andares, una vivencia de esos lugares y un recorrido por aquellos poetas que nueve siglos después no pierden su modernidad.


Tensó

Hacia Carcassonne, dijo el jefe,
captando el sentido de lo distinto
mucho antes de que otros poetas
estuvieran ahí.

Avanzando de pie y junto al sol
de Provenza, desgastando las suelas
REGISTER
junto al pan que mojaban los trovadores
con la cerveza del pueblo.

Avanzando, por encima del mástil,
imitando el sonido de los pájaros
mucho antes de que otros poetas
invadieran el cerco con canciones
tontas y estancadas.

***

Capitular de un cancionero provenzal del siglo XIII que muestra a Arnaut Daniel. Fuente: Gallica, Bibliothèque Nationale de France. Dominio público

Infierno: Marcabrú

bos moz clus

Asesinos y traidores,
simoníacos, magos,
libertinos y usureros
que viven de actividades ajenas
y los que hacen hechicerías
y las repugnantes hechiceras
estarán juntos en la hoguera.

Borrachos y entrometidos,
falsos profetas y falsos clérigos,
falsas reclusas, falsos reclusos,
allí penarán, dice Marcabrú.
Todos los falsos tienen su lugar reservado,
el verdadero amor lo ha prometido,
en el reino del dolor y la desesperación.

***

Serratz e clus

Agradable y simpático resulta para Peire d’Alvernha
cantar con algunas palabras apretadas y cerradas
y de las que uno no teme avergonzarse.

Maestro de todos con tal de que aclare
un poco sus palabras
porque apenas nadie las comprende.

Voz que canta como rana en un pozo,
recibiendo así cien garrotazos
sin un amigo que no hable de su locura.

Versos inéditos contra los enflabotz
hinchados de tanto beber y comer,
en Puigverd, riendo y jugando.

***

Estaciona esa mula, Giraut

Estaciona esa mula, Giraut,
porque mientras los trovadores se ríen
en el patio de una taberna
yo me debato entre el cantar oscuro
y el cantar liviano.

Todo lejos y presente,
mientras unos bordan las palabras del viento
como la risa de los juglares desaparecidos.

Estaciona esa mula, Giraut,
porque mientras los trovadores se ríen
en el patio de una taberna
Arnaut y Raimbaut desaparecen
en los rincones de la colmena.

Así que cuando lleguemos a Carcassonne
donde hay algunas cosas que hacer
estaciona tu mula junto a la taberna
porque la canción que se entiende
extorsiona a los viles y levanta los ánimos.

 

• Juan Arabia, Hacia Carcassonne, Valencia: Pre-Textos, 2021, 44 p.

[Fuente: http://www.nexos.com.mx]

Presentado por Emilia Conejo

“Se oía en lo hondo de los bosques, gritos de mujeres que tenían pasiones con los bichos”.

“Caían perlitas, diamantes, pulseras y anillos, desde lo alto, desde esa nube, desde esa liebre, todo chispeante”.

“Cuando llegamos a Amelia, nos sorprendió el ver que gente y animales se parecían. Todo era muy ambiguo”.

“Yo estaba entre la casa y el duraznero, cuando, como una sombra, apareció Dios.

Era de noche y volaban nubes claras. En el comedor decían que yo tenía nueve años, escrutando mi porvenir. Y yo estaba fuera con el duraznero y Dios”.

*    *    *

El erotismo es la arquitectura construida alrededor del deseo, un deseo que denota una relación amorosa, carnal y fulgurante con el mundo, un sustantivo que nos recuerda que somos seres no solo vivientes, sino también y especialmente anhelantes e incompletos, y siempre atentos al juego de la vida.

Que este anhelo produzca al mismo tiempo placer y dolor es lo que lo hace desmesurado, insondable, inasible, resbaladizo, y por tanto “dulceamargo”, como lo describió Safo. Como una trucha, se escapa en cuanto es apresado, y Eros continúa nadando, a veces contra corriente, remontando río arriba el cauce de la lógica, o de la normatividad. Es juego, pérdida y desperdicio, dice Néstor Perlongher, amén de regodeo, voluptuosidad, desmesura y placer.

En Marosa di Giorgio (Salto, Uruguay, 1932-Montevideo, 2004),  el deseo confiere una intensidad extraordinaria a la percepción del mundo, una carnalización de la experiencia espiritual, intelectual y estética. Pero, amén de la sexualidad del deseo que se disuelve en la realización, es el erotismo sagrado de la mística el que aparece una y otra vez en sus relatos, y hacia el que va evolucionando en ellos hasta llegar al paroxismo de Rosa mística, con la conversión de la voz poética en el mismo Dios.

“Me veo como la cronista y la protagonista (…) de una sexualidad salvaje y delicada, que no promete tener fin”, afirma en una de las entrevistas incluidas en No develarás el misterio. “Pero debo agregar que estos libros tienen también una fuerte raigambre, trama, y dirección, mística. Aunque no lo parezca. Y aunque yo no me proponga cosa alguna más que contar lo que acontece. Hay algo inasible, de otros mundos, y de lo cual no se puede hablar”.

El erotismo –sea de los cuerpos, de los corazones o sagrado– es la búsqueda de continuidad entre seres discontinuos, afirma George Bataille en su obra clásica sobre el tema. “Acaso a alguien pueda hacerle sufrir el no estar en el mundo a la manera de una ola perdida en la multiplicidad de las olas”, escribe, pero: “Hay, al contrario, desposesión en el juego de los órganos que se derraman en el renuevo de la fusión, de manera semejante al vaivén de las olas que se penetran y se pierden unas en otras”.

Marosa di Giorgio se adentra en ese oleaje amatorio con gemas y duraznos, canela y cuchilladas íntimas, mujeres-niñas y lobizones, hongos, murciélagos, ángeles lúbricos y mariposas: “Es como si lo más íntimo”, dice, “el mismo hecho amatorio, con todos sus trémolos y fases, se hiciese con palabras”. Esa suerte de erotismo léxico es un enfrentamiento contra la muerte, a quien se vence en las uniones, aunque sea durante esos instantes. La muerte, dice, “es una mujer de blanco sentada en todas partes. Pero yo la he vencido. Por cada presencia suya yo tengo otra aparición: un huevo que ya es una mariposa, una rosa, un pájaro, una rata, una explosión de astros. Es decir, una explosión de seres”.

“Al entrar en la casa vi que yo misma desovaba; me salía un huevo que recogí entre la piel y la bombacha. Lo miré; era celeste, magnífico, como de cristal y alabastro”, escribe en Camino de pedrerías. De entre las piernas de las mujeres salen huevos o liebres, de sus pezones caen pimpollos o gotea anís, “un nomeolvides celeste, diminuto” o heliotropo que devora después el novio. Todo nace, muere, se multiplica en cualquier orden o confluencia, se derrama en ese jardín salvaje. Las mujeres son devenir y de ellas fluye vida.

Marosa di Giorgio escribe en y sobre un jardín secreto y limítrofe, fronterizo, entre dos mundos: el presente y el pasado, el racional y el poético, el profano y el sagrado, y a él tiene acceso desde la memoria de la chacra familiar en la que vivió de niña. Un mundo otro situado en el recuerdo de esa chacra, sus durazneros, sus olivares, sus lúbricas ciruelas que había plantado su abuelo Eugenio Medici. Es en parte la infancia, en parte la vida como un jardín panteísta, cuya fauna y cuya flora la conforman no solo lo vegetal y lo animal, sino también, y al mismo nivel, lo humano, lo fantástico y lo monstruoso. Un cronotopo que juega con el tópico barroco del mundo al revés: los animales y las plantas son seres sagrados y los seres sagrados son humanizados; los animales se humanizan y los humanos se animalizan. “Mamá, entre sus dos astas, de color tostado, colocó unas rosas. (…) Mamá daba rugidos livianísimos bajo las palabras”, escribe en Misales.

La chacra, dice Di Giorgio, era “un lugar muy solitario, muy escondido, muy sombrío, muy colmado de pájaros, de frutas, de gladiolos y de jazmines. Al ir a la escuela eso me seguía. Las otras chacras eran más claras, esta era muy apartada. Ese era mi ambiente. Visto con naturalidad. Mi mundo era ese y, entonces, no me asombraba. Pero el asombro vino después en mi adolescencia, cuando empecé a escribir. Recuperé todo eso, pero como abrillantado y sombrío, también. Era erizante. Recuperé sombras, fantasmas, amenazas, miedos, que yo había pasado, pero que volvían de otro modo. (…) Lo que tuve de niña fue lo más importante…”. De adulta escribe desde la lejanía de ese paraíso, que no está perdido, pues se reactualiza y se reubica con cada relato, con cada papel salvaje, con cada ola de ese océano amatorio. La naturaleza es dolor contemplada desde la ciudad, pero también celebración de la visión primigenia porque, dice: “En los inicios, como en la infancia, todo es nítido y profundo, porque son los ojos que por primera vez ven en la Creación”.

Aquel entorno solitario y eternamente luminoso, así como su educación religiosa y su contacto con la poesía, fueron cruciales para el desarrollo de su panteísmo y su mirada sobre la naturaleza, su misticismo carnalizado y carnavalizado para con la vida, su relación con lo tangible y lo intangible y lo visionario de su poesía. “Las magnolias parecían pagodas, mezquitas”, escribe “y, sin embargo, se asociaban a ese alba y esa cristianía”. De ahí que la naturaleza sea ese no lugar en el que los seres vivos se vinculan, se investigan y se gozan entre sí sin jerarquías.

Di Giorgio podría ser una pariente lejana de las beguinas, una beguina del siglo XX. Y para ella, la naturaleza es la gran palabra, la Creación, Dios, la matriz de donde todo nace. “Yo la vi manando, dando y administrando cosas”. Quería traducir en su escritura, dice, “todo lo que me conmovía, todo lo silvestre: los limoneros, la Virgen, el ámbito de mi casa”. Y pasó toda su vida traduciendo, poniendo en palabras, bromelias y murciélagos una experiencia mística y salvaje. Al preguntarle por su poeta preferido, contesta rotunda: “Es Dios. Dios, que andaba en la sombra construyendo gladiolos, algo a la distancia, un contrapunto de lechuzas y violines”. Siempre hay algo en la distancia, lejos, ya sea el mundo adulto, al mismo tiempo protector e instancia de control, ya sea un aroma o un rumor de unas nupcias lejanas y misteriosas, “cantares, un cántico solo, lejano, como de nupcias exquisitas. Nunca vistas”, pero siempre rodeada de “adelfas, rosadas, rojizas, casi como dioses, floridas y asadas”.

Afirma Gary Snyder en La práctica de lo salvaje que las artes son el territorio salvaje que sobrevive en la imaginación, como parques nacionales en el interior de las mentes civilizadas. El abandono y el deleite del encuentro erótico es parte de ese gozoso carácter salvaje. Pero quizás, sugiere, “no vimos con tanta claridad que la realización personal, e incluso la iluminación, es otro aspecto de nuestra condición salvaje, un vínculo de esa cualidad que hay en nosotros con los procesos (salvajes) del universo”. Marosa di Giorgio sí vio ese vínculo, y de él pende toda su obra.

La intuición de las artes como parques nacionales del interior de las mentes civilizadas es lo que permite crear lugares sagrados en los que salvaguardar la biodiversidad de cada ser humano. Y en el jardín salvaje de Di Giorgio hay un bosque tupido, fauna autóctona y especies aún por descubrir. Un paraje no exento de peligro en el que se ensambla lo dionisíaco, y donde la moral queda suspendida dentro de la normalización de la extrañeza, el asombro y la furia del deseo. Un mundo neobarroco que no deja lugar al “no demasiado” apolíneo y en el que reina la desmesura, esa cualidad propia, para Nietzsche, de la edad de los titanes, el mundo de los bárbaros. Un territorio mítico en el que la fauna y la flora tienen un carácter semidivino. Un jardín alejado de todo juicio moral, en el que dios –como en las antiguas cosmogonías– baila, come, copula y convive con todas sus criaturas. En ese jardín, Di Giorgio es a ratos bacante, a ratos sátira que participa de su propia bacanal. El más allá es algo tangible, y Dios, una presencia viva, refulgente, carnal y genéticamente modificada que se injerta en los duraznos.

Las máscaras de Di Giorgio, pues, sus mujeres, recuerdan a venus prehistóricas estallando de gozo y lubricidad entre los seres, en un continuo acontecer sexual que es una furiosa celebración de la fertilidad y la vitalidad. Dice sobre Misales que “estos textos proyectan una tremenda sexualidad, un agua furiosa, que deja todo tremante, y transformado y embarazado. Todo pone huevos. Puede nacer un polluelo, una camelia hembra, de cualquier hendija”.

Esta pansexualidad puede verse como un equivalente en el plano erótico del panteísmo religioso o pagano, no muy lejos de los bestiarios medievales y siempre en el camino hacia lo sagrado. “El erotismo, se viva como se viva”, dice Di Giorgio, “hace vibrar a todo ser. Eso es también un camino hacia Dios”. Su erotismo sucede en zonas más cercanas a la literatura fantástica, y en las que “surgen entidades misteriosas, connubios que podrán parecer extraños: de pronto un zorro erotizado copa a una jovencita, pero ocurre en un plano extraordinario, donde eso puede y debe ocurrir”, aclara.

Un perfume intensísimo preside toda su narrativa y es premonición o música que acompaña a este choque y ensamblaje feroz entre seres vivos, entre estas mujeres de todas las edades (señoras-niñas), depredadores, seres semidivinos, dioses astados y peludos, y hasta el mismo diablo. “Ella echó una mirada al rojo budín; se seguía tejiendo solo y ya daba un aroma a azúcar de rosas, durazno y anís. Un perfume adecuado para lo que estaba por suceder”. Lo monstruoso y lo siniestro no se quedan al margen de la sexualidad, como no se quedaban para el Maldoror de Lautréamont, que tanto admiraba Di Giorgio. “Mi escritura marcha hacia lo Santo”, repite una y otra vez en las entrevistas. “Lo Santo es lo que más admiro y deseo. El sexo también es santo, puede serlo, pero no sé, siento que arrastra, implica, una cierta dosis –pequeña– de ignominia. Es decir, de no nominado, de mejor no nombrar, que yo instintivamente rehúyo”. Con circunloquios, con imágenes y aromas que acarrean la voluptuosidad de lo que no se nombra.

No hay dulzura ni la habitual cursilería de esas niñas vestidas de princesa con encaje blanco, de esas niña-señoras preparadas para la comunión o para la boda; la iniciación a lo divino es también a su cara más desconocida y terrorífica; y la divinidad no es una presencia amable y protectora. Es poder, fuerza, arrebato, iniciación… y amenaza. La amenaza está, pues, también al acecho en lo erótico. De ahí la presencia –de nuevo entre lo natural y lo siniestro– de esa tensión constante sobre el jardín: “Violencia no advierto”, dice ella. “Sí tensión erótica, luces corriendo, o candelas en hilera. Llamados desde el otro lado del mundo”. Ese clima es, en sus palabras, más bien el de un “alcohol azul ardiendo, un perfume profundo de jazmines, un arcoíris con manías extrañas. Un azahar de azahares”. Perfumes a tabaco en los hombres; en las mujeres, aromas a ámbar por el “sacro orificio”, “bombachitas con olor a jazmín y a un poco de amor también, son cosas de la Naturaleza”.

En ese territorio limítrofe entre lo bello y lo terrible habita lo sublime, lo imperfecto y lo inacabado, una belleza desmesurada que nos desmesura y arrebata. Porque abandonamos con ella la mesura ante lo informe, lo monstruoso, lo desordenado, lo grotesco, lo encrespado, lo desolado, lo insondable o lo tenebroso. El mar en calma queda alterado por la tempestad de lo salvaje y las continuas embestidas de lo sublime sobre lo humano, del deseo sobre el mandato social de la precaución y el comedimiento.

Todo esto sucede siempre en esas horas en las que el día se despide. “Era preciso aprovechar los escasos momentos entre la luz y la sombra, porque después avanzarían el ejército de las comadrejas, y el lobo platinado que últimamente insistía en indagar por ahí”. Acecha el lobo en sus múltiples máscaras. Un lobo que asusta y atrae, como en el arquetipo clásico de la niña que se adentra en el bosque. “Recuerdo tener miedo”, contó en una entrevista, “que algo estuviera en las sombras, acechando, sobre todo de noche porque la casa estaba siempre abierta, y estaba rodeada de una arboleda de noche impenetrable”.

Marosa di Giorgio se educó en un ambiente religioso y los símbolos católicos la acompañaron siempre, pero siempre vividos con libertad y naturalidad en su entorno familiar; “en mi casa”, dice, “todos eran católicos sin ataduras”. Lo que ella llama su “encantamiento” con la Iglesia le viene a través, de nuevo, de la visión. En este caso, de sus “lejanas visiones de las estampas” que le produjeron un verdadero hechizo con la Virgen María. A ella fue a quien le escribió su primer poema “bajo un limonero, mezclando los frutos, las flores, el aire libre y el sol, con la estampa blanca y azul de la Virgen”.

Los encuentros con ese erotismo sagrado se condensan en la palabra y el acto de las “bodas” o las “nupcias”, a veces “comuniones” o incluso “sacrificios”. A través de esas bodas, la novia alcanza a Dios. El orgasmo se describe como “ver a Dios” o “casarse con Dios”. Y esas bodas se celebran en altares que aparecen en cualquier lugar y en cualquier momento. Es decir, todo se convierte en altar cuando apetece celebrar una boda, cualquier rincón del bosque. En esas uniones, el vientre de las novias es fecundado; su “pozo sagrado”, su “formidable tazón” o su “pequeño almácigo de nomeolvides”, es rasgado; se les da “el tirón supremo”, su alma es devorada, o “se les sueltan los más secretos hilos, los más atados”, y los seres en ese juego divino roban “sin parar el rumor del mundo y otras novedades”. Las novias están a veces asustadas; otras veces son sabias conocedoras de un rito ancestral, secreto y sagrado. A menudo, ambas cosas a la vez.

Así, Di Giorgio resemantiza los modos de nombrar lo divino, lo carnal y lo femenino. En palabras de Jimena Néspolo, Di Giorgio “subvierte el culto mariano de la mujer pura y beata que prefigura el judeocristianismo y enarbola a esa ‘maternidad monstruosa’ como apología del acto creativo”. En esta “fe de hereje”, como la han llamado algunos, su sentir católico queda subsumido en una cosmovisión panteísta, pagana, donde lo divino está a ras de la tierra o de retama, y los dioses palpitan en las tomateras al tiempo que las vírgenes matan y devoran reses.

“Siempre sentí que Poesía y Dios son una misma cosa y que, por lo tanto, mi lema es también ‘Poesía es la esencia del Todo’”. Y en ese todo el tiempo es otro, detenido, eterno, confuso y ambiguo. Un tiempo suspendido en la fantasía. Un tiempo que es fluir perpetuo, en el que las cosas se repiten una y otra vez, como en un fondo de ostinato, como si fueran siempre la primera.

Misa de amor. Relatos eróticos completos, de Marosa di Giorgio, publicado por Wunderkammer.

[Fuente: http://www.fronterad.com]

Acaba de ser publicado El segundo sexo en el Río de la Plata (Marea, 2021), compilado por Mabel Bellucci y Mariana Smaldone. El libro aborda diferentes dimensiones del pensamiento de Simone Beauvoir y la recepción de su obra en la Argentina y en el Uruguay. A continuación, se anticipa el artículo presentado por la historiadora Graciela Sapriza durante la Jornada Académica en Homenaje a Simone de Beauvoir por los setenta años de la publicación de El segundo sexo, organizada por la Facultad de Humanidades y Ciencias de la Universidad la República.

Escrito por Graciela Sapriza 

Este artículo revisa las lecturas de El Segundo Sexo de Simone de Beauvoir y su impacto emancipador en jóvenes uruguayas -aún adolescentes- transformadas luego en activistas o revolucionarias. Creo que ellas; las militantes de las izquierdas de los sesenta fueron las protagonistas e impulsoras de la “retomada feminista” durante la transición de la dictadura a la democracia en el país (1985).

Estas lecturas tuvieron como escenario la “revuelta juvenil” del mayo francés, entendiendo este “mayo” como un referente mucho más amplio que el protagonizado por los estudiantes parisinos. En Occidente creció una importante oposición a las guerras imperialistas que se expandió en los campus universitarios y en los festivales de música a los que se sumaron el inconformismo del movimiento hippie y las manifestaciones pacifistas en Estados Unidos.

Las propuestas de transformación radical de los modos de producción se veían como inseparables de la emancipación de los cuerpos y de los placeres.  Esa conquista no pudo hacerse sin una transformación profunda de la sociedad, sumada a la aparición de la píldora anticonceptiva (1960) separando sexualidad y reproducción. Algunos analistas incluso definen el periodo como el de una “revolución sexual”.

Sin embargo, para muchas jóvenes, la experiencia de la “revuelta juvenil” fue frustrante.  La militancia no se tradujo en una mayor igualdad entre varones y mujeres. Esa desilusión motivó el cuestionamiento de las bases patriarcales de la cultura occidental como lo hizo Sulamith Firestone, en su Dialéctica del Sexo, y Kate Millett en Política Sexual. Ambos textos publicados en 1970. Estas reflexiones académicas propiciarán el surgimiento de la llamada “segunda ola” feminista que no tuvo eco en América Latina y el Caribe, presionada por otras urgencias en los años sesenta.

Los dos hechos marcantes en cambio fueron el impacto de la Revolución cubana (1959) y la transformación de la Iglesia católica a partir del Concilio Vaticano II (1962) y su adaptación al medio latinoamericano a través de la II Conferencia del Episcopado Latinoamericano celebrado en Medellín, Colombia, en 1968.

Algunos testimonios corroboran esta apreciación, Sonia Mosquera, militante del Movimiento de Liberación Nacional – Tupamaros (MLN-T) que sufrió 12 años de prisión, recreó sus inicios como activista:[1] “Yo empecé a militar en el año 67 o 68, en el movimiento estudiantil. Se trataba de una época donde había muchos estímulos exteriores que convocaban a una acción militante, que no solamente se daba en Uruguay sino a nivel de Latinoamérica, y que de pronto empezó como una marca muy importante la Revolución cubana”. En Sonia se sumó la formación católica, “Y, como que los valores cristianos creo que tuvieron que ver –mucho que ver-”. Ana María Araujo –también militante del MLN, que sufrió un prolongado exilio-, coincidió en que, “Los curas guerrilleros, Camilo Torres, todo un movimiento importantísimo teórico, en Brasil, sobre lo que después va a constituir la Teología de la Liberación. Esas fueron como mis primeras vivencias subjetivas de una futura militancia política”.

Señalamientos que se reiteran en muchas conversaciones mantenidas con actuales integrantes de distintos colectivos feministas y anteriores militantes izquierdistas, en la búsqueda de sus opiniones sobre el “desembarco” de El segundo sexo en sus vidas. Se iniciaban en la vida en un contexto efervescente y revolucionario.

Esta fue una época de profundos cambios, no solo en términos de movilización y polarización, sino cambios socioculturales, que impactaron directamente en los mandatos de género (de Giorgi, A.L.2018[2])

En Uruguay, un conjunto importante de mujeres ingresó a los distintos movimientos de izquierda, algunas en la guerrilla urbana, otras militaron en el Partido Comunista o en partidos políticos que pronto fueron ilegalizados en el marco de la vigencia de las “Medidas prontas de seguridad”. Para las mujeres jóvenes de clase media “la política estaba en la calle” -como expresó Lilian Celiberti en nuestra conversación-  y sobre todo en las movilizaciones estudiantiles que comenzaron en 1967 y 1968, reflejo del incremento de la matrícula femenina en la enseñanza media y superior. Muchas de ellas solo se dieron cuenta más tarde que ser « compañeras » de lucha no significaba la igualdad con los varones, aun cuando usaran armas. Se vieron tensionadas entre reconocerse como “subalternas” y verse como “otras” a través de la lectura del “Segundo Sexo”; y manifestar su compromiso con las luchas sociales y políticas presionándolas a postergar esas (consideradas por los dirigentes varones) “reivindicaciones menores” en pos de la promesa de la revolución con mayúsculas.

La biblioteca de una joven militante

Marta Valentini dice que su compromiso político, “vino por la vía de las lecturas, más allá de (otras) influencias”. Detallar cuáles fueron las preferidas por estas jóvenes devela una nutrida biblioteca. Una extensa lista que va desde los teóricos revolucionarios: Karl Marx, Federico Engels, Antonio Gramsci y Frantz Fanon, a los autores del “boom latinoamericano”, los del “realismo mágico”:  Julio Cortázar, Gabriel García Márquez, Alejo Carpentier, Mario Vargas Llosa. También los uruguayos Mario Benedetti, Juan Carlos Onetti, el joven Eduardo Galeano. Abundan poesías, obras de teatro, películas, canciones y otras producciones tales como el semanario Marcha citado en primer lugar. La biblioteca incluye autores universales: Fiodor Dostoievski, León Tolstoi, Herman Hesse, Romain Rolland, André Malraux y pocas menciones a Simone de Beauvoir y el Segundo Sexo. A los 16 años, Lilian Celiberti ingresó al Instituto Normal (Magisterio). ¡En esa época leyó a Jean-Paul Sartre y Albert Camus –y todos los escritores existencialistas-, ¡pero no a Simone de Beauvoir! Recién en 1980, en la cárcel de Punta de Rieles, cuando llegó una donación de dos mil libros gracias a la misión de la Cruz Roja, leyó a la autora francesa y quizá allí comenzó a ser feminista. Aunque contaba con el antecedente de sus tres años exiliada en la Italia efervescentemente feminista de los 70, la de las enormes manifestaciones de mujeres que conquistó las leyes del divorcio y la del aborto en el país sede del Vaticano.

Ivonne Trías, escritora, periodista y editora, recordó que una compañera de calabozo en el cuartel donde se encontraban prisioneras tenía ese libro y era el año 1972. Ella era una ávida lectora y conseguía textos en la biblioteca de la Casa de la Cultura de su barrio.

Asocio a Teresa con las dos activistas mencionadas anteriormente por su militancia anarquista (reitero que consulté pura y exclusivamente a feministas activas en la transición a la democracia). Ella parece ser la excepción, leyó el Segundo Sexo a los 19 y siente que le cambió la vida. El libro fue un regalo de una compañera de su padre que trabajaba en el diario El Día. Ese ejemplar que aún conserva fue editado por Psique en traducción de Pablo Palant en 1954 en Buenos Aires. Fue tal su impacto que inspiró el giro que dio su vida. Rompió con su novio y no se casó, se afilió a una agrupación trotskista, comenzó a participar en manifestaciones y ocupaciones de centros de estudio. Esas actividades la llevaron a ser una de las primeras jóvenes prisioneras políticas antes del golpe de Estado recluida en la Escuela de Enfermería “Carlos Nery”, donde sufrieron una represión hasta entonces desconocida en el país.

Estas mujeres jóvenes estaban apostando a un cambio, primero en la práctica, poniendo el cuerpo, aún sin poder ordenar tanto disgusto y desasosiego. Y todas pensaban que estaban en pie de igualdad con sus compañeros varones y “solo ya bastante vieja” Marta se dio cuenta de que “estaba equivocada”. Sin embargo, aún detrás del “mito de la igualdad”, incluso respaldándose en él para impulsarse, también sin cuestionarlo, se procesaban profundas transformaciones como lo expresa claramente Lilian Celiberti (2018),  “la militancia política, especialmente la que se da en las organizaciones armadas, fue para esa generación un modo de apropiación de “su tiempo” y produce una afirmación subjetiva radicalmente distinta de la de generaciones anteriores”.[3] La ruptura con los modelos tradicionales de mujer que se dio en esos años (para jóvenes de clase media al menos) resulta evidente.

El desencuentro entre los militantes varones y las mujeres, la verticalidad de las organizaciones armadas, todo se sumó para no dejar espacio para mayores cuestionamientos. Las discusiones se terminaban cuando se esgrimía el concepto de la “contradicción principal”, “me acuerdo de la frase que se nos repetía sistemáticamente… priorizar: la contradicción principal… la lucha por la liberación de la mujer vendrá después” ,relata Araujo, autora de “Tupamaras. Mujeres de Uruguay”, publicado en francés y ácidamente criticado por sus compañeros exiliados en 1977. El texto nunca fue traducido al español.

Los militantes políticos de izquierda vivieron la toma de conciencia feminista como algo “altamente peligroso”, dice la autora, y que “a las compañeras latinoamericanas que estábamos en ese momento en París nos costó enjuiciamiento por parte de la izquierda latinoamericana, y evidentemente, la imagen de las feministas en los años 75-76-77, éramos como las brujas de la película” (destacados míos).

El proceso que permitió la recuperación (parcial) de la democracia iniciado en 1980 (por el Plebiscito en el que triunfó el NO a la constitución propuesta por los dictadores) coincide con la aparición de grupos de mujeres inicialmente agrupadas en torno a la satisfacción de las necesidades básicas y a la defensa de los DDHH. Grupos que ambientaron el resurgimiento del feminismo en formato social y/o político partidario. La transición a la democracia (1984-85) puso a luz un nuevo movimiento feminista.

A lo largo del texto cité fragmentos de conversaciones que mantuve con mujeres a las que busqué expresamente por reunir las dos condiciones, haber pertenecido a organizaciones de izquierda y ser iniciadoras de grupos de mujeres que se volcaron a concientizar amas de casa, otras a denunciar la violencia de género, algunas centradas en los derechos sexuales y reproductivos o la comunicación feminista. Las consulté para orientar mis interrogantes acerca de cuanto contribuyó el terrorismo de Estado y la represión a toda forma de participación política en brindar un escenario propicio para el desarrollo de esta “segunda retomada” del feminismo. Y cuánto influyeron las lecturas adolescentes al inicio de sus prácticas revolucionarias y si estas se mantuvieron en reserva para aflorar en conciencia feminista después de esos largos años de experiencias dolorosas de prisiones, exilios y pérdidas.

Me interesó cerrar el artículo con la mención a esas reuniones -aparentemente lejanas de la “recepción” de El segundo sexo, aunque próximas, si consideramos su legado- porque induce a revisar las posiciones de las mujeres de izquierda radical frente a la subordinación de género, antes, durante y después de la dictadura cívico militar (1973-1985). Permite visualizar los cambios en concepciones y prácticas que produjo la represión, tomando en cuenta las vivencias de la cárcel y las resistencias cotidianas del “insilio” y luego la dura lucha que trajo aparejada el intento de conjugar feminismo y militancia de izquierda para someterla a la cruda luz (o visión) de los anhelos y las desilusiones que trajo aparejadas.

Notas:

[1] En este encuentro dieron testimonio cinco activistas de diferentes opciones políticas, diferentes experiencias: Marta Valentini y Antonia Yáñez del Partido Comunista del Uruguay (PCU), Sonia Mosquera del MLN-T, que sufrieron la cárcel por largos años, Ana María Araujo, exiliada en Francia, se desafilió del MLN, y Lilian Celiberti, militante de la ROE y luego del Partido por la Victoria del Pueblo (PVP), pasó dos veces por la prisión, vivió tres años exiliada en Italia y, a su regreso, secuestro y nuevamente prisión.

[2] De Giorgi, A.L. (2018) Adiós Susanita. Trayectorias emancipadoras y relatos de las jóvenes del 68 uruguayo. Ponencia. Encuentro a 50 años del 68. Miradas e interpretaciones desde el sur. FHUCE. Montevideo.

[3] Celiberti, L. Disputas en los sentidos de la memoria. Cuerpo, sexualidad y derechos en la militancia de izquierda de los 70. Ponencia/ Fazendo Genero 2018 Florianópolis (inédito).

Graciela Sapriza es historiadora feminista. Directora del Centro Interdisciplinario de Estudios Uruguayos (CEIU). Se ha especializado en historia social e historia de la mujer, trabaja sobre memoria del pasado reciente (1973-1985).

 

[Fuente: http://www.sinpermiso.info]