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TODOS LOS DIOSES: Antología panhispánica de poetas jóvenes del siglo XXI, el excepcional resultado de un proyecto de larguísimo recorrido, que nos brinda, en nuestro país, la joven Editorial Ultramarina, que ya se presentó en Madrid, en diciembre pasado, y que, ahora, se presenta en Alcalá de Henares (el martes 31 de enero, en la sala “Gerardo Diego” de su Biblioteca Municipal), es la primera parte, de las dos previstas para la primera gran antología panhispánica de poetas del siglo XXI, que la editorial chilena Casa Bukowski, por medio de su director Ivo Maldonado, ideó y planificó, y que Escarabajo Editorial, en Colombia, ha estampado, también.

Escrito por MATÍAS ESCALERA CORDERO

Por lo que esta edición en España, a cargo de Ultramarina, que se distribuye también en México y en Estados Unidos, se suma a un acontecimiento editorial que se convertirá, sin duda, en una inevitable referencia en el futuro de la poesía en lengua española, no solo por la riquísima y amplísima realidad poética que abarca y abarcará: poetas de este siglo que se expresan en castellano, en todas las latitudes (en esta primera parte, van antologados casi setenta autores jóvenes de todas las principales áreas hispánicas; lo que ha supuesto un esfuerzo añadido para los editores, Ivo Maldonado, desde Chile, y Matías Escalera Cordero, desde España, junto con Marvin Calero (Nicaragua); Eduardo Bechara Navratilova (Colombia); Eduardo León (Ecuador); Javier Payeras (Guatemala); Oscar “Puky” Gutiérrez y Gabriel Chávez (Bolivia); Alfredo Villegas (Uruguay); Ivanhoe García y Cecilia Barón (México), como imprescindibles colaboradores), sino también por la idea que ha cimentado todo el proyecto.

Sin duda, TODOS LOS DIOSES: Antología panhispánica de poetas jóvenes del siglo XXI será un punto de referencia necesario por el concepto mismo que la anima, en consonancia con la naturaleza de la multiplataforma de la que surgió, Casa Bukowski, y que Editorial Ultramarina comparte plenamente: la consideración de la lengua como eje y espacio primordial para nosotros, en el que el significado del adjetivo panhispánico se ha desprendido de cualquier referencia meramente geográfica y ha adquirido un sentido más amplio y más rico: el que la lengua española –o castellana–, como lengua materna o como lengua adquirida, da igual, usada como herramienta de expresión poética y artística, es lo verdaderamente esencial, y no la procedencia territorial o étnica, ni la localización espacial de los hablantes; un sentido nuevo del uso artístico y literario del idioma, que supera y aclara todos los malentendidos que hemos heredado y que los que quieren usar las lenguas como elementos de discordia y división no comprenden y nos hurtan.

TODOS LOS DIOSES: Antología panhispánica de poetas jóvenes del siglo XXI es, así, pues, un auténtico acontecimiento en la poesía joven escrita en español en estas dos primeras décadas del siglo actual.

No están todas las voces que deberían estar, por supuesto, esa tarea es imposible de realizarse; pero sí están un buen puñado de voces de jóvenes poetas que los representan a todos y que, seguramente, en la segunda parte de este proyecto, una buena parte de ellas, ahora ausentes, encontrarán cabida; entre ellos un buen ramillete de poetas españoles o radicados en España, como son Carlos Catena Cózar, Rosa Berbel, Juan Gallego-Benot, Guillermo Marco Remón, Celia Carrasco Gil, Víctor Bayona Marchal, Mario Obrero, Ander Villacián Crespo, José Sabarga y Sofía Nowendsztern.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

Disparu à l’âge de 81 ans, le chanteur et musicien californien est le premier à partir du super-groupe Crosby, Stills, Nash & Young. Et laisse une empreinte indélébile sur le folk-rock américain.

Écrit par Francis Dordor

Imaginons un instant que l’une des figures du mont Rushmore, ce gigantesque bas-relief sculpté à même la roche réunissant quatre présidents des États-Unis (Lincoln, Washington, Roosevelt et Jefferson), vienne soudain à s’effondrer. C’est à peu près, à l’échelle de l’histoire récente de la musique américaine, ce que symbolise aujourd’hui la disparition de David Crosby à l’âge très vénérable de 81 ans, après une vie d’artiste bien remplie l’ayant conduit au sommet, mais aussi au fond du trou, au sens pénitentiaire du terme.

Fer de lance du folk-rock avec les Byrds, membre de Crosby, Stills, Nash & Young, peut être le seul quatuor à mériter, par la notoriété du moins, le tag “Beatles américains”, il traversa le demi-siècle écoulé avec un appétit d’ogre pour ce qui relève des plaisirs comme des aléas inhérents à la Sainte-Trinité “sex, drugs and rock’n’roll”. Et bien qu’il n’ait jamais été un compositeur de l’envergure d’un Neil Young ni même un musicien aussi doué techniquement qu’un Stephen Stills, sa contribution à l’histoire musicale universelle n’en reste pas moins inestimable.

Ces dix dernières années l’avaient même vu redevenir étonnamment prolixe et inspiré avec la parution de cinq albums consécutifs, fruit d’une association avec James Raymond, un fils longtemps négligé, confié à l’adoption dès la naissance à une époque où Crosby se sentait incapable d’assumer la contrainte d’une paternité. Loin d’en nourrir le moindre ressentiment, ce fils allait offrir en guise d’absolution à ce père jadis si ingrat de forts beaux écrins prêts à recueillir une veine créative revivifiée sur le tard, avec un sens mélodique toujours alerte et une voix, compte tenu des excès infligés, miraculeusement préservée. Dans Croz, premier de la série paru en 2014, Crosby signait un touchant autoportrait à la Rembrandt, sans rien cacher de son vieillissement, sans éluder le vertige propre à toute méditation sur notre commune condition de mortel, sans sous-estimer non plus la valeur qu’ajoutait celle-ci au temps qu’il lui restait à vivre. Lui qui fut longtemps le parangon du rocker impénitent, au comportement excessif voire irresponsable, aura ainsi coulé ces derniers jours sur terre, baigné dans une quiétude quasi inespérée. Celle que par leurs conduites vertueuses se garantissent généralement les âmes les plus sages.

Rebel without a cause

Or, de sagesse il n’est guère question dans le parcours rocambolesque, frénétique, de David Van Cortlandt Crosby, né à Los Angeles le 14 août 1941. Après le divorce de ses parents, l’absence d’un père devenu une pointure dans l’industrie du cinéma – c’est lui qui assure notamment la photographie de films signés F.W. Murnau (Tabou), Fred Zinnemann (Tant qu’il y aura des hommes, Le train sifflera trois fois) ou Roger Corman – l’amertume d’une mère abandonnée, le jeune David devient au fil des ans à peu près incontrôlable. Fugues en série, vols de voitures, cambriolages, grossesses infligées à des petites amies prestement larguées, rien ne manque au “casier” de ce “rebelle sans cause”, pour citer son modèle d’alors, James Dean.

Irrécupérable donc, sauf lorsque lui prend l’envie de chanter. On dit alors de la voix de ce diable qu’elle est celle d’un ange. Ce qui suffirait à résumer toute une ligne de vie en gestation. Ses premières apparitions publiques avec un ensemble scolaire, les Cuttin’ Capers, lui gagnent les faveurs d’une partie du lycée. Quand une autre persiste à lui vouer mépris, voire haine, en raison de cheveux trop longs, de mises négligées, d’un manque de goût pour le sport, et d’une tendance un rien embarrassante à imiter la moue des voyous qu’on voit dans les films. Après avoir brièvement caressé le projet d’une carrière d’acteur, pris quelques cours à UCLA, il se lance dans un long périple en mode bohème à travers les États-Unis, avec pour seul viatique sa guitare sur laquelle il égrène les chansons de Woody Guthrie, maître ès protest songs, apprises par cœur. On le retrouve au début des années 1960 à New York, écumant les clubs de Greenwich Village, le Gaslight Café, le Bitter End, le Dugout, le Café Wha?, il y croise les figures tutélaires du renouveau folk, Dave Van Ronk, Tom Paxton, Doc Watson. Il assiste surtout aux débuts d’un jeune happy traveler comme lui, Bob Dylan, dont il se prend la poésie en pleine poire. À défaut d’en goûter la voix nasillarde. Véritable game changer, comme on dit aujourd’hui, Dylan va profondément affecter la façon dont Crosby conçoit son rôle d’interprète. À un degré qu’il ne peut encore soupçonner.

Après New York, direction Miami, les premiers joints, les premières capsules de Dexedrine. Il se produit dans les coffee-houses de Floride en duo avec Terry Callier, aujourd’hui légende quelque peu effacée des mémoires d’une folk-soul dont il est pourtant l’inventeur. Le trip se poursuit à Chicago. Crosby y croise Muddy Waters, Buddy Guy, Willie Dixon et autres légendes du blues. Assiste à un concert du quartet de John Coltrane qui, comme pour Dylan, mais d’une toute autre façon, lui retourne la tête. À San Francisco, il se lie d’amitié avec Dino Valenti, futur chanteur de Quicksilver Messenger Service, auteur de Get Together, bientôt l’hymne de toute une génération pas encore étiquetée “hippie” ni même “psychédélique”.

Le son de Laurel Canyon

C’est ainsi que de retour à Los Angeles il vient d’effectuer un parcours initiatique complet, géographique, musical, existentiel. En 1964, le “strip”, diminutif donné à la partie ouest de Sunset Boulevard à Hollywood, devient l’épicentre d’une scène musicale accaparée par une faune de mutants culturels qui empruntent idéaux et codes vestimentaires aux beatniks et se soumettent aux sonorités chavirantes de la British Invasion, The Beatles et The Rolling Stones en tête. Crosby emménage à Laurel Canyon, spot “cool” par excellence, et épicentre de ce renouveau, que fréquentent déjà Roger McGuinn et Gene Clark. Bientôt rejoint par Chris Hillman et Michael Clarke, le quintet se fait d’abord appeler The Jet Set. Puis The Byrds, en évitant le doublon avec les Birds anglais (où sévit le futur Faces et le Rolling Stone Ron Wood). Même lesté d’un “y” le décollage est fulgurant, grâce en partie aux bons offices de leur manager, Jim Dickson, qui négocie avec Albert Grossman, ci-devant imprésario de Dylan, l’autorisation de puiser à volonté dans le répertoire de son poulain.

Leur premier album, paru chez Columbia en juin 1965, ne compte pas moins de quatre covers de Dylan dont un Mr. Tambourine Man qui largue aussitôt l’original et se hisse tout en haut des classements de ventes. Un an plus tard les Byrds est le groupe américain le plus diffusé sur les ondes du pays. Si la voix splendide et les compositions élégiaques de Gene Clark, ainsi que la carillonnante Rickenbacker 12 –cordes de Roger McGuinn –, définissent bien l’identité folk-rock des Byrds, l’apport de Crosby se fait en revanche sentir au travers de structures héritées du jazz de Coltrane et de la musique modale indienne de Ravi Shankar. Une empreinte qui va s’exercer sur les compositions les plus aventureuses du groupe tels Eight Miles High ou Everybody’s Been Burned.

En 1967, au lendemain du festival Monterey Pop, Crosby quitte pourtant les Byrds. Les versions divergent sur l’origine du clash. Le refus d’inclure Triad, chanson où Crosby, en bon sex addict, fait ouvertement l’apologie du triolisme, sur l’album The Notorious Byrd Brothers, ou les propos complotistes qu’il tient en public à Monterey au sujet de l’assassinat de Kennedy ? Qu’importe. Crosby, en couple avec Joni Mitchell (très libéré le couple, rassurez-vous), dont il s’apprête à produire le premier album, prépare déjà la suite avec Stephen Stills du Buffalo Springfield et un Anglais en exil, ex-membre de The Hollies, Graham Nash. Soit un ménage à trois (et bientôt à quatre) et un sacré coup fumant.

Le plus grand groupe du monde

L’avènement de Crosby, Stills & Nash dans le paysage de la pop mondiale peut se lire comme la mise en jeu d’une martingale parfaite : l’addition de talents suffisamment mûris pour devenir complémentaires et engendrer des millions de dollars dès le premier tour de table. Ou alors être comparé à une épiphanie : trois rois mages apportant en offrande à toute une génération, celle qui déserte les campus, les bureaux, les casernes, un album censé la consoler du désastre en devenir, alors que la guerre du Vietnam atteint son paroxysme, que les ghettos s’enflamment et que le rêve américain n’a jamais été autant remis en cause par les enfants de ceux qui l’ont construit.

Avec ses titres phares, Long Time Gone, Guinnevere et Wooden Ships, écrits ou coécrits par Crosby, le disque fait date par sa qualité quasi évangélique. Et propulse le trio à des hauteurs christiques jamais atteintes. Quelques mois plus tard Neil Young, sollicité par son pote Stills pour suppléer aux limites de Crosby en tant que second guitariste, va faire du brelan un carré d’as, remportant aussi sec la mise avec Déjà Vu (10 millions d’exemplaires vendus). D’autres hymnes s’ajoutent alors à la liturgie comme Woodstock, écrit par Joni Mitchell, d’après un lieu-dit situé près de la côte est où une infime, bien que considérable, partie de ladite génération a convergé au cours de l’été 1969 pour écrire l’une des pages les plus extravagantes de l’histoire. Le festival au demi-million de spectateurs va ainsi consacrer Crosby, Stills, Nash & Young, et probablement certifier aussi le début de la fin d’une entente cordiale entre quatre égos devenus monstrueux à force de tout, richesses, sexe mais surtout dope.

Addictions solitaires

Après un premier album au titre un peu décourageant, If I Could Only Remember My Name (1971), où alternent le sublime et l’erratique, après quelques collaborations et de fructueuses tournées en duo avec Graham Nash, ou avec les autres compères, Crosby va peu à peu sombrer dans une dépendance dont beaucoup se demande encore aujourd’hui comment il a pu en sortir vivant, du moins aussi longtemps. La cocaïne, l’héroïne, l’alcool mais surtout le free base – ancêtre haut de gamme du crack – vont devenir pendant plus de dix ans sa seule raison d’être. Pour satisfaire son addiction, il va tout perdre, ses propriétés, son bateau, ses voitures. Il va même vendre ses guitares. Il va se faire dealer. Il va aussi entraîner sa femme, Jan, dans la spirale infernale qu’il a initiée. Ce que certains de ses proches, Graham Nash en tête, ne lui pardonneront jamais.

En 1985, il connaît une première arrestation consécutive à l’emplafonnage d’un rail de sécurité sur une highway alors qu’il s’est endormi au volant. Relâché sous caution, il sera à nouveau arrêté trois ans plus tard au Texas en possession de cocaïne, d’héroïne et d’une arme non déclarée. Au pénitencier de Huntsville, il purge une peine de prison de neuf mois et suit un sevrage sans assistance. Il y amorce aussi sa réhabilitation en dirigeant un groupe de rock composé d’autres détenus. De ce chemin, improbable entre firmament et puits sans fond, il tirera Long Time Gone, autobiographie sans concession. En 1994, Crosby avait dû subir une greffe du foie intégralement payée par son ami Phil Collins. Depuis il vivait sous traitement pour différentes affections, dont une hépatite C et deux types de diabète.  Si le rêve éveillé de Woodstock qui vire au cauchemar devait se résumer en une seule et unique trajectoire, c’est bien celle de David Crosby qu’il faut suivre. Celle d’un musicien devenu un phare pour des millions de gens qui peu à peu va s’éteindre pour ne plus faire clignoter qu’un lugubre S.O.S., comme ceux que lancent les rafiots en perdition. Assez logiquement l’un de ses derniers albums, en 2016, s’intitulait Lighthouse, Le Phare, comme si quelque chose était bel et bien resté allumé en lui jusqu’à la fin.

 

[Source : http://www.lesinrocks.com]

Compartieron el nombre y la vocación por el arte, pero brillaron en distintas disciplinas. Este año se cumple medio siglo de la muerte del pintor Pablo Picasso, el poeta Pablo Neruda y el músico Pablo Casals. 

Pablo Picasso

Pablo Picasso

Escrito por JULIETA GROSSO

A lo largo del 2023, en abril, septiembre y octubre, se evocarán con distintos homenajes los 50 años de la muerte de los tres Pablos más decisivos del siglo XX para el universo artístico: Picasso, Casals y Neruda, hombres que compartieron nombre y nunca se encontraron juntos los tres, pero en cuyas vidas y trayectorias públicas es posible descubrir conexiones y similitudes como el talento disruptivo, el compromiso social que los convirtió en antena de los peores horrores de la época y algunos comportamientos -sobre todo en el caso del pintor y del poeta- que a la luz del presente los colocan en lugares problemáticos y cuestionables en tiempos de cancelación.

« Eran tres y se fueron los tres…/ nos quedamos sin Pablos en el mundo/ y lo bello, sin ellos, moribundo…/ ¡qué va a ser de nosotros… qué va a ser! », cantaba el argentino Aberto Cortez en torno a estas tres figuras cuyas vidas fueron interceptadas por un tiempo histórico que los envolvió en el horror de la guerra y los totalitarismos. Los tres devolvieron respuestas similares al siglo que les dio vuelta la cara con sus feroces atrocidades, marchando firmes contra el nazismo y el fascismo, y tendiéndoles la mano a los sublevados y a los exiliados.

En una época sin la masividad garantizada de las redes sociales, ellos supieron volverse virales a su manera y legaron obras que además de ponerle voz a una época expresan el compromiso del arte en la búsqueda de la paz: el « Guernica » de Picasso, el « Canto general » de Neruda y el « Himno para las Naciones Unidas » compuesto por Casals.

Más allá del impacto que tuvieron los fascismos en sus vidas, la guerra civil española fue un hecho determinante en la vida de los tres: para Casals y Picasso significó el exilio definitivo, mientras que para Neruda el abandono forzado de su puesto como cónsul en Barcelona y Madrid.

Pablo Picasso, una obra innovadora y monumental que desluce con la fama de misoginia

 Los aniversarios redondos son muchas veces la excusa para evocar y resignificar vidas o trayectorias que han tallado una época y siguen proyectando su espectro sobre el presente. Hasta hace algunos años, esta recuperación transcurría sin sombras en un clima celebratorio que reforzaba la épica y el legado de la figura exaltada, pero hoy el signo de época insta a matizar los tributos, destacando los aportes de una obra o creador sin licuar los aspectos problemáticos de su personalidad.

Picasso tan genial como cruel con las mujeres

Picasso, tan genial como cruel con las mujeres.

Si hay una figura que absorbe los mayores dilemas en torno a esa discusión tan fogoneada en tiempos de cancelación sobre la posibilidad o pertinencia de disociar a una obra de las acciones de su creador es Pablo Picasso, el artista español incuestionable por su pericia para iluminar un cambio de rumbo decisivo en la historia del arte pero acusado de misógino y maltratador por su trato cruel hacia las mujeres que lo acompañaron, un rasgo que hechiza sutilmente el medio centenar de homenajes que se proyectan este 2023 por los 50 años de su muerte bajo el lema « Celebración Picasso 1973-2023 ».

En sus siete décadas de prolífica actividad, Picasso introdujo nuevas formas de percepción y reflexión del arte a través de los trazos novedosos del cubismo que pusieron en crisis el relato hasta entonces monolítico de la pintura figurativa pero también dio cuenta de su compromiso social a través de una de las composiciones más estremecedoras sobre la impiedad de la guerra con el « Guernica », un cuadro que pintó como reacción al bombardeo nazi de la ciudad vasca en el norte de España.

La vida creativa de Picasso se puede dividir en varios períodos: el Azul (1901-1904) metaboliza en la gama de este color la tristeza por el suicidio de un amigo, el poeta español Carles Casagemas. Luego el Rosa (1904-1906), donde predominan los colores rosa, azul claro y naranja, una paleta que encuentra su apogeo en la obra « Retrato de Gertrude Stein ». En esta etapa, la más luminosa del artista, conoce a Fernande Olivier, una artista francesa que luego se convirtió en su inspiración y amante.

Bajo ese influjo pinta entre 1906 y 1907 una de sus óleos más icónicos, « Las señoritas de Aviñón », en el que la extraña distorsión de las formas del cuerpo femenino acaba con todas las nociones anteriores de perspectiva y se convierte en la obra pionera del cubismo. Sus creaciones durante este período incluyen « Muchacha con mandolina » (1910) y « Bodegón con botella todaclase de ron » (1911).

Picasso creó miles de pinturas y esculturas y sigue siendo uno de los nombres más cotizados en las subastas mundiales: su obra « Mujer sentada junto a una ventana » se vendió por 98 millones de euros en Christie’s en Nueva York en 2021, mientras que « Mujeres de Argel » fue adjudicada por 179 millones de dólares en 2015.

Durante mucho tiempo, el artista fue la encarnación más emblemática del concepto de genio, aunque hoy esa adjetivación ya no aparece asociada a su figura porque su comportamiento fuera del proceso creativo ha generado manifestaciones de colectivos feministas en muchos de los espacios donde se montan sus obras y a la luz del proceso de despatriarcalización que encaran muchas instituciones, la noción de genialidad comienza a estar impregnada de estos debates.

Picasso ha sido caracterizado como un misógino que ponía a ‘sus’ mujeres en un pedestal para luego derribarlas, un hombre que temía, además de desear, el cuerpo femenino y que era un marido o amante exigente y narcisista. « Para mí solo hay dos tipos de mujeres: diosas y felpudos », dijo alguna vez el hombre que tuvo dos esposas formales y seis parejas estables, de las cuales dos de ellas, Marie-Thérese Walter y Jacqueline Roque se suicidaron, años después de la muerte del pintor.

« Las sometía a su sexualidad animal, las domesticaba, las hechizaba, las devoraba y las aplastaba en sus lienzos. Después de pasar muchas noches extrayendo su esencia, una vez desangradas, se deshacía de ellas », cuenta en sus memorias Marina Picasso, la nieta del pintor.

Los últimos años artísticos de Picasso se vieron marcados por su obsesión del artista con el erotismo y la muerte: en 1972 creó una serie de retratos con apariencia de calavera, quizá preanunciando su propia muerte, que tuvo lugar un año después, el 8 de abril, en Mougins, cerca de Cannes. Este año se celebrará el 50 aniversario de ese suceso con un programa cultural internacional que bajo el lema « Celebración Picasso 1973-2023 » ofrecerá medio centenar de exposiciones y eventos en toda Europa y Estados Unidos que ponen de relevancia la influencia del artista en todo el siglo XX y su continua referencia para los artistas del siglo XXI.

Esta nueva conmemoración de su muerte está salpicada por la relectura feminista de su obra. Hay voces, las más radicales, que piden la cancelación, que los cuadros de Picasso pasen directamente de las paredes a los depósitos de los museos. « Picasso es un hombre del sur de España, nacido en Málaga a finales del siglo XIX y que por tanto proviene de una tradición patriarcal », matiza en su defensa Cécile Debray, presidenta del Museo Picasso de París, convencida de que no tiene sentido juzgar con parámetros del presente a una figura incrustada en un pasado con otros parámetros culturales.

Pablo Neruda, un poeta atrapado entre el amor y el compromiso politico

Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto, mejor conocido como Pablo Neruda, nació el 12 de julio de 1904 y pese a que tuvo un perfil político que desplegó en paralelo a la literatura -fue embajador en Francia, senador, miembro del Comité Central del Partido Comunista (PC) y precandidato presidencial- ganó popularidad como uno de los grandes poetas del amor, título que empezó a ganarse ya desde muy joven, cuando publicó una obra que se ha convertido en tan inmortal cono resistida: « Veinte poemas de amor y una canción desesperada.

Neruda un poeta revolucionario

Neruda, un poeta revolucionario.

« Neruda nos devolvía a lo nuestro, nos arrancaba de la vaga teoría de las amadas y las musas europeas para echarnos en los brazos a una mujer inmediata y tangible, para enseñarnos que un amor de poeta latinoamericano podía darse y escribirse hic et nunc, con las simples palabras del día », lo definió alguna vez Julio Cortázar.

Bisagra en su devenir político fue la guerra civil española, que lo impulsó a militar en el partido comunista, al que perteneció hasta el final de su vida en 1973, pocos días después de la muerte de Salvador Allende, que marcó el final del gobierno progresista chileno.

En 1945, Neruda fue galardonado con el Premio Nacional de Literatura de Chile. Pero las cosas se complicaron para el poeta cuando hizo pública su enérgica protesta por la persecución del entonces presidente Gabriel González Videla a los sindicatos. Valiéndose de su cargo de senador, Neruda hizo gala de su oratoria para denunciar dichos abusos, lo que provocó la persecución gubernamental y su posterior exilio en Argentina.

Tras su paso por Argentina, el poeta marchó a México y más tarde viajó a la URSS, China y otros países de la Europa del Este. Durante su periplo, escribió una serie de poemas propagandísticos que le valieron el Premio Lenin de la Paz. De nuevo en Chile, su poesía adquirió una gran intensidad lírica y un tono general de serenidad. La obra central de esa época fue « Odas elementales », escrita entre 1954 y 1957. En 1956 se separó de su segunda esposa, Delia del Carril, para unirse a Matilde Urrutia, que sería su compañera de viaje hasta el final de sus días.

Si « Veinte poemas de amor y una canción desesperada » fue un canto de amor juvenil, sus siguientes obras van mostrando su evolución y capacidad para tomar lo mejor de cada movimiento literario y para dar vuelta a un enorme potencial que vuelca en potentes imágenes como las que retrata en « Residencia en la tierra » (1933-1935), donde traslada la amargura del hombre sumergido en un mundo caótico. Un libro que sitúa a Neruda –junto a César Vallejo– en la cumbre del vanguardismo.

En 1971 Neruda recibió el Premio Nobel de Literatura. La academia sueca, entre sus fundamentos para otorgarle el máximo galardón de la literatura mundial, sostuvo que escribía “una poesía que con la acción de una fuerza elemental da vida al destino y los sueños de un continente”.

La figura de Neruda se volvió controvertida a partir de un breve tramo de su autobiografía, « Confieso que he vivido », en el que el autor evoca un « encuentro » en su pasado como joven diplomático en Ceilán (actualmente Sri Lanka) con una mujer pobre y paria cuyo trabajo era asear el sitio donde él se encontraba. « Una mañana, decidido a todo, la tomé fuertemente de la muñeca y la miré cara a cara. No había idioma alguno en que pudiera hablarle. Se dejó conducir por mí sin una sonrisa y pronto estuvo desnuda sobre mi cama », narra. Y concluye: « El encuentro fue el de un hombre con una estatua. Permaneció todo el tiempo con sus ojos abiertos, impasible. Hacía bien en despreciarme. No se repitió la experiencia ».

Desde entonces, distintos colectivos feministas han salido a repudiar al poeta por este comportamiento que puede ser considerado una violación. También le cuestionan otro hecho: la actitud desaprensiva hacia su hija, Malva Marina, que murió de hidrocefalia a los 8 años cuando estaba al cuidado de unos amigos de la madre a los ocho años. Una de las pocas menciones de Neruda hacia la menor es una carta que envía a unos amigos en Argentina, un testimonio que se ha vuelto a citar nuevamente por estos días. « Mi hija, o lo que yo denomino así, es un ser perfectamente ridículo, una especie de punto y coma, una vampiresa de tres kilos », le cuenta a su amiga Sara Tornú.

Tras la muerte de Neruda, el 23 de septiembre de 1973, su cuerpo fue enterrado en el mausoleo de una familia amiga, después sus restos se trasladaron a un nicho del módulo México hasta que, al fin, en 1992, fueron exhumado junto a los de Matilde Urrutia y enterrados en el patio de su casa en Isla Negra.

Pablo Casals, la música no es más importante que la conciencia social

Pablo Casals, nacido el el 29 de diciembre de 1876 en Vendrell, pequeña localidad catalana situada a unos 70 kilómetros al oeste de Barcelona, fue el más longevo de los Pablos ilustres del siglo XX. La música fue el elemento central de su vida desde muy temprano: a los cinco años ingresa como segundo soprano en el coro de la iglesia, al mismo tiempo que estudia piano con su padre y aprende los rudimentos del violín. Luego llegaría el acceso el violoncello, el instrumento que sella su historia de genialidad artística.

Pau Casals, o Pablo, como se le conocía fuera del territorio catalán, fue el primer concertista profesional del violoncello de la historia, un eminente director de orquesta y también compositor, todo de manera casi autodidacta. Pero además, con una nítida conciencia social, se preocupó de llevar la música clásica de calidad a los sectores más humildes, creando y financiando su propia orquesta en Barcelona. Fue el primero en grabar las Seis Suites para violoncello solo de Johann Sebastian Bach, y el primero también en registrar una obra completa de tal envergadura.

El artista revolucionó todas las técnicas de ejecución del violoncello, transformándolo en un instrumento popular, por sus condiciones artísticas. Sin embargo, podía relegar su arte a segundo plano cuando el contexto social le imponía un posicionamiento urgente. « Hay cosas más importantes que la música », decía para justificar su negativa a tocar en público y su decisión de ayudar a los exiliados que durante la guerra civil española huyeron a Francia sin saber que, años más tarde, muchos de ellos sufrirían el encierro en campos de concentración.

Los fascismos lo rebelaban: en 1933 se había negado a tocar en Alemania por el ascenso de Adolf Hit­ler al poder. Dos años más tarde adoptaría la misma actitud respecto a la Italia fascista y lo mismo haría con Rusia tras la Revolución del año 1917 y la implantación del comunismo. Cuando estalló la guerra civil española, Casals daría su total apoyo a la República, ofreciendo diversos conciertos en Barcelona y en el extranjero a beneficio de los damnificados y de los niños exiliados. Tras la victoria de Francisco Franco, decidió marcharse a Francia, donde prestó ayuda a los republicanos presos en campos de concentración. Como los otros dos Pablos, conocía la capital francesa de estancias anteriores, sobre todo en su juventud.

Decepcionado por la falta de apoyo internacional para derrocar al régimen franquista, en un acto de protesta que tuvo lugar en 1945, el músico decidió que no volvería a tocar más en público y se negó a aceptar cualquier invitación para hacerlo mientras no se estableciera en España un régimen que respetara las libertades. Murió el 22 de octubre de 1973 en el Hospital Auxilio Mutuo de San Juan de Puerto Rico, a la edad de 96 años, como consecuencia de las complicaciones derivadas de un infarto. Tres años después, en 1976, cuando en España había ya un régimen democrático, fue honrado de manera póstuma por el Gobierno español, que emitió un sello postal conmemorativo que honraba al músico en el centenario de su nacimiento.

El único punto que podría generar alguna discordancia en la actualidad fue la contundente diferencia de edad con la puertorriqueña Marta Montañez, a la que conoció cuando ella tenía 17 años de edad y él, 77.  Se casaron tres años después, ella con 20 y el con 80, unos 60 años de diferencia. Pero la relación se sostuvo y estuvieron juntos 16 años hasta la muerte del músico.

 

[Fuente: http://www.telam.com.ar]

Foto de cabecera del blog de Claudio Ferrufino-Coqueugniot

 

Por Fadrique Iglesias Mendizábal 
 
La foto de un gallo ilustra la parte superior, con fondo oscuro. Un gallo formado por motosas hojas que pudieran ser pedazos de espadas u hoces, dispuestas a segar todo aquello que consideran maleza. El gallo, que podría ser de pelea, de raza malaya, está formado por trozos de latas de conservas viejas, por despojos. Tiene patas de alambres doblados, y clavos otrora oxidados, ahora barnizados. El animal, aun siendo frágil, apunta su alarido al cielo, en forma de queja, con la cola abierta, pavoneándose y pretendiendo amedrentar, pero, debajo del plumaje, es delicado.
 
Esa foto encabeza el blog de Claudio Ferrufino-Coqueugniot, Le Coq en Fer, el gallo de hierro en francés, bitácora literaria de uno de los más talentosos y polémicos narradores y poetas bolivianos de la actualidad. El último escritor pendenciero de las letras nacionales, esas grandes desconocidas más allá de los Andes, que retoma uno de los motivos más repetidos por el conocido pintor cochabambino Gíldaro Antezana.
 
Son más de mil doscientas notas las que abordan temas tan dispares como la revolución rusa, la pintura de Kazimir Malévich, feroces críticas al gobierno de Evo Morales y relatos de personajes marginales, amorales, a través de su daguerrotipo mental, aquel que va dejando efigies filtradas por su imaginación y una prosa rotunda y robusta, publicada a lo largo del último cuarto de siglo en muchos de los periódicos más importantes del país, bajo las columnas EclécticaMonóculo y Mirando de abajo.
 
Por otro lado, su Facebook está poblado de fotos clásicas de torsos femeninos semidesnudos –lo que ya le ha valido un par de suspensiones de la cuenta– y por cromos de boxeadores de principios de siglo como Tommy Burns, Jack Johnson, Harry Wills, Joe Jeannette y Sam McVey, esa casta de pugilistas previos a la testosterona sintética y a los anabólizantes, luchadores de nervio y orgullo, aficionados al deporte pero profesionales de la gresca dentro del ring, como Claudio en sus cuadernos. Y en algunas parrandas también.
 
 
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Sus letras, además de ser pendencieras, contienen flashes, sensaciones, ruidos e imágenes de parcelas específicas, que juntas tienen un significado coral de una vida entregada al oficio artístico, reflexivo, sensible. Precisamente con esas ideas describe su penúltima novela, Diario secreto (Alfaguara, 2011), que le valió ese mismo año el máximo galardón de las letras bolivianas, el Premio Nacional de Novela, y en la que describe el retrato de un psicópata, potencial asesino en serie que no tiene compasión por los insectos que descuartiza, ni por la madre a quien tiene toda una vida en vilo, ni mucho menos por una pareja a la que desprecia con una importante dosis de misoginia.
 
Llama la atención que esta novela precisamente haya sido escrita en su morada de Aurora, ciudad dormitorio de Denver, en Colorado, un año antes de la masacre del caballero oscuro.  
 
Aurora sonó en los noticieros de todo el mundo en 2012, cuando el desquiciado James Holmes abrió fuego contra el público que abarrotaba el estreno de una de las películas de la saga de Batman, El caballero oscuro, narración que podría ser perfectamente la segunda parte de Diario secreto, el corolario alternativo, un ensayo al estilo del libro juvenil Elige tu propia aventura: “si eliges al descarnado emboscando a su esposa, a la postre autora del crimen y de su propia condena, dando un tiro al protagonista, lee el final de la novela premiada el 11 de octubre de 2011, Diario secreto; si eliges al protagonista entrando a una película de superhéroes y desollando a tiros al público asistente, dirígete al New York Times del 26 de agosto de 2012”. 
 
Allí precisamente, en Denver, Claudio parece haber encontrado un gallinero tranquilo, donde puede trabajar en la parte administrativa del Denver Post durante el día y dedicarse a escribir al ritmo frenético al que tiene acostumbrados a sus lectores en los últimos años por la noche.
 
En Denver también, pero dos décadas atrás, a los pocos años de haber emigrado de Bolivia, en 1992, Claudio abrió un pequeño restaurante de delicatessen en el pueblo minero de Lakewood, morada de forajidos, truhanes y bandidos al más puro estilowestern, por donde pasó hasta Oscar Wilde desparramando relatos.
 
El poblacho aquel de las montañas de Colorado, que conserva una imagen decimonónica de cowboy de bota y flequillos en el chaleco, de saloon y escupideros de tabaco, con hombres de gruesos cinturones en los que cuelgan pistolas que salvaguardan los riñones como en las películas de John Wayne, es un espacio hostil, proclive al enfrentamiento. Así lo recuerda Ferrufino:
 
“Un mexicano, como nos califican a todos, en un ambiente así, huele a víctima. Pero me senté con ellos y, a partir de sus apellidos, hablamos de sus orígenes: alemán, irlandés, galés, etc., abriendo un espacio que podíamos compartir. La mayoría eran tipos rudos, ignorantes, no con un esquema ideológico sólido, llenos de lugares comunes, maleables. Terminaban abrazándote y secando vaso tras vaso de cerveza contigo. ¿Don de gentes que tengo? Tal vez, pero ha sido mi experiencia”.
 
Más adelante abrió un restaurante más efímero todavía en otro pueblo vecino: Leadville. El establecimiento, llamado The New West Café, tuvo un éxito moderado en un principio, pues aquellos cowboys no sabrían qué esperar de aquel plato de chupe de maní que servía, distinto de la peanut soup tan tradicional del colonial pueblo de Williamsburg, en su añorada y lejana Virginia. Con el tiempo amplió la oferta a una sopa de quinua, luego evolucionada en forma de chaque, hasta tomarle el pulso a lo que sería su mina de oro: sus fideos uchu, especialidad de la casa, que vendía en dosis importantes puesto que lo tenía listado como Latin American Stew o guiso latinoamericano.
 
La aventura emprendedora acabó con Claudio entre rejas, luego de tener diferencias –de haberlas ajustado– con el socio propietario.
 
Según Ferrufino, la marihuana desquició al accionista protagonista de su ira, dejándolo en un permanente estado, no ya de felicidad, ni de relajación, mucho menos de excitación, sino más bien de ansia constante:
 
“Mi socio chocó con la férrea voluntad y responsabilidad que con los años desarrollé en Estados Unidos. Discrepábamos en muchas cosas. Exploté porque a pesar de la mesura que uno adquiere sigo siendo un individuo belicoso. Estaba todo tendido para el escenario que vino después: la ruptura, la pérdida, la detención, dormir entre rejas, asegurar a la sociedad que te comportarías acorde con las reglas”.
 
“El estado policial y sus recursos”, llama Ferrufino a las normas impuestas, atribuyéndole virtud muy excepcional y no universal, dejando salir a flote su sentido anarquista, casi como inspirado en una obra dramática de Darío Fo.
 
Luego el The New West Café le daría una oportunidad más a su voluntad emprendedora y decidió asociarse esta vez con un bosnio emigrado de la guerra, de esos que dejaron a sus mujeres haciendo crêpes en los campos de refugiados, para intentarlo en aquella ocasión con sándwiches y sopas neoyorquinas. El negocio quedó atrás en la memoria, pero el acercamiento a la cultura eslava, bosnia y croata permaneció con Claudio.
 
El roce con los clientes, gringos y cowboys, ayudó a Claudio a conocer más la esencia del norteamericano, si es que ese individuo-tipo existe. Aún hoy se sorprende al ver los contrastes que emanan del arquetipo gringo. Aunque pueda mostrar su faceta más reaccionaria, conservadora, prejuiciosa y racista, al conversarle de igual a igual las figuras predispuestas se diluyen.
 
 
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Claudio es un tipo que admira la calle y desconfía de aquellos que todavía no han sido capaces de abandonar las faldas de madres y abuelas en busca de una o varias historias vitales. Se trata de una persona que encarna el sueño americano y también la pesadilla.
 
En aquel país lidió y aprendió de lo profundo del gueto, especialmente de un personaje al que recuerda con especial cariño: Big Mike, amigo que conoció mientras trabajaba de estibador, cargando quintales de fruta cual aparapita, con algunos grados bajo cero y que sazona las páginas de El exilio voluntario.
 
Luego trabajó como traductor, administrador de restaurante, frutero, escritor de cuentos infantiles, albañil, profesor, panadero, canillita y verdulero, entre otros oficios.
 
Cuando se le pregunta qué motivó su precipitada migración a Estados Unidos sin un proyecto claro de vida, explica:
 
“Es raro lo que pasó. Una decisión clara que a veces creo fue errada pero de la que no me arrepiento. Quise ir contra todo lo que era y podía ser. Tenía que probarme que incluso descendiendo al fondo sería capaz de salir sin ayuda de nadie, con mis manos. Creo que esa victoria se transmitió al carácter de mis hijas, y al sosiego que en el fondo me habita y me hace pensar que la modestia no es una mala opción. He vivido y puedo escribir. Escribía antes también, pero pienso que como ser humano aquello me sirvió de mucho. A ratos creí que debía alterar el rumbo y dedicarme a la docencia o algo similar, pero, igual que le sucedía a Isaak Babel, me gustaba –y me gusta– compartir con gente simple. Allí están las historias. Tarde para volverse atrás. Ahora hay que recordar, analizar, sopesar las experiencias y escribir”.
 
Estos lances motivaron al escritor a largarse a Miami, primera parada en el norte, hace 24 años, enfundado en un añoso terno gris de corte inglés que usó en la fiesta de promoción en la secundaria. El detonante del autoexilio fue una decepción amorosa poco relevante, asunto potenciado por una afición al viaje que ha ido perdiendo. La opción norteamericana llegó por azar, para buscar bálsamo y dinero, aquel que en Bolivia le era escaso y que ya se había gastado en chicherías y buenos libros, para apaciguar ánimos extravagantes y una ruinosa vida de vago, como él mismo la define.
 
Con un ticket de ida solamente, aterrizó con una vieja maleta, una mochila militar y cuatro billetes de cien dólares otorgados por sus padres y hermano, que dilapidó en putas y alcohol en menos de una semana.  
 
 
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Las novelas de Claudio, así como las crónicas que va publicando, suelen dar saltos temporales muy bien hilvanados, con menciones y referencias frecuentes a una época que parece haberle marcado profundamente: sus años alrededor de la capital de Estados Unidos, principalmente en el Estado de Virginia.
 
Claudio llegó al área metropolitana de Washington D.C. el otoño de 1988, con las hojas todavía en los árboles, doradas, rojizas, a punto de caer. En tan solo un par de años ya era un virginiano más.
 
Con los ojos muy abiertos, Ferrufino parece haber explorado profundamente el lenguaje subyacente de los barrios bajos que circundan Washington D. C., una ciudad muy distinta a la actual, donde la población hispana ha crecido de un 2 % a un 14% entre los años 80 y esta década. A Arlington, ciudad- condado por la que desfilan los personajes de su libro de relatos Virginianos (Los amigos del libro1992) y de la novela El exilio voluntario (El País2009), llegaron muchos pobladores del Valle Alto cochabambino que emigraron tras un peculiar auge de la construcción.
 
En sus textos poco rastro hay de los monumentos nacionales y de las happy hours de los burócratas de la capital. Mucho de las casas postindustriales de ladrillo, donde yacen hacinados aquellos ciudadanos oriundos de Arbieto, de Punata, de Esteban Arce, de Tiraque, que han cambiado el quechua por el inglés.
 
Más bien Claudio se remanga la raída camisa y se sumerge sin miedo a mancharse en el fango de las miserias de los inmigrantes que habitan a la sombra y a espaldas del Capitolio. Ese lugar paradójico que aguanta la coexistencia de prostíbulos –callejeros o albergados en bares– con lujosos hoteles para dignatarios de estado, polígonos industriales donde los domingos bailan caporales muy cercanos a barrios de embajadores que no pierden su condición una vez perdido el cargo, almacenes de bancos de alimentos para indigentes alternando al otro lado de la carretera con lujosos centros comerciales.
 
A fines de los años 80, Washington, D. C. era la ciudad más peligrosa del país. Por  la llamada “epidemia del crack” en 1990 era considerada la capital del crimen, aun siendo la sede del FBI y la CIA.
 
Incluso hoy día, casi tres de cada cien habitantes en D. C. está infectado con HIV, mayoritariamente entre la población afroamericana que, por lo general, vive poco integrada con la población blanca. Algo similar pasa con los hispanos y asiáticos, aunque no tan marcadamente.
 
A causa del sida precisamente algunos de los amigos de Ferrufino se dejaron la vida. Otros fueron tragados por sus propias adicciones –crack seguramente–, por sus propias miserias, cansados de pasar noches en vela mendigando trabajo en esos mercados donde fungían como estibadores, esperando un reducido jornal que al final del día, después de comer un plato de pasta o un burrito, de pagar diez dólares por el servicio de una prostituta y de pasar por un comedor social para completar la incompleta dieta, les permitiese comenzar un nuevo día al terminar la precedente jornada.
 
Uno de los lugares que precisamente frecuentaba Ferrufino era Morse Street para ganarse el plato de comida. Así lo recuerda:
 
“En el mercado de abasto de Washington era así. Willy, chofer negro, había asesinado a su madre siendo casi un niño, ofuscado en droga. Tyronne pasó trece años en prisión por robo con ‘asalto’. En las noches de la calle Morse se contaban historias; ron y licor malteado entre los dientes. Olor a mariscos; húmedas paredes y autos policías que cruzan lentos sin parar. Cada hombre hundido en su miseria. Olvidado ya el tiempo en que se preguntaba ¿qué hago aquí? Cuando las esperanzas brillan mal. Wayne y yo caminamos hacia la esquina de los mendigos. Allí hay droga fácil y prostitutas de a diez dólares. Un amigo cuyo nombre me es borroso se sentaba en un desvencijado sillón, en medio de la calle: el trono de la oscuridad. Wayne compra piedrecillas blancas, opacas: cocaína adulterada. Al lado de una reja de amontonada basura, fuma. Medianoche de verano, sin sueños ni futuro. No está la luna, se oculta en las callejas. Los pobres no tienen sombra, son pálida oscuridad”. 
 
 Cuando lo recuerda, se atreve a decir que está seguro de que pocos de los amigos negros que conoció en aquellas épocas estarán vivos ahora:
 
“Trabajé dos años y medio en los mercados. El primer día era para llorar, con los guantes mojados y el hielo punzando la cara. ¿Qué hago aquí? Quise retornar al café con leche de casa, a mi mullida y caliente cama, pero no lo hice, aguanté en medio de hombres toscos, negros, entonces nada simpáticos y con otra lengua. Pequeña épica de humanidad”.
 
En sus escritos y crónicas aparecen muy poco las placas de mármol de la calle K, del Banco Mundial y el FMI. Sobresalen más bien las penurias de los alrededores de Gallaudet, barrio afroamericano conocido por una universidad.
 
Ferrufino no le teme a los desprecios de gringos ignaros y limitados. Los asume gallos de pelaje no intimidante. No se amilana ante los pergaminos de la docta y jesuítica Georgetown, no se achica ante casas estudiantiles como la de Maryland, donde dictara cátedra Borges o la propia universidad de Virginia, donde fue un virginiano más –por un tiempo– Edgar Alan Poe. Claudio no se acompleja para hablar de ideas, no lo hizo en su juventud en Francia, donde retaba a sus condiscípulos a debatir sobre literatura gala dejando patente lo que llama racismo cultural. No se inhibe al ser identificado como parte de las márgenes, porque es su mundo también, tanto los extremos superiores como los inferiores.
 
Los días, o la noche que tenía libre –en el sentido más literal del término–, la de los sábados, eran destinados a probar un poquito del manjar que a la mayoría de sus compañeros se le tenía vedado: la visita a los pasillos gratuitos del museo más profundo y diverso del mundo, el Smithsonian, en Hispania Books –hoy sucedida por la librería Pórtico y Politics and Prose–, y horas perdidas en Common Grounds, probablemente lo que hoy se llama Krammer Café, de las primeras cafeterías literarias, lugar chic que tiñe sus paredes con multicolores lomos de libros y que sirve café y comida americana, en el barrio burgués de Dupont Circle.
 
Esas épocas virginianas de Claudio eran de triple vida. Por el día de gallo fino, por la noche de gallina ponedora que se aboca al trabajo, y al amanecer de gallo de peleas, todo para sobrevivir.
 
En esos años salió por algún tiempo con una mujer que entonces era presidenta de la asociación de antropólogos norteamericanos, PhD con tesis en Teresina, Brasil, ese primer engendro de laboratorio que luego se cristalizaría en Brasilia: la ciudad de la teoría. Así recuerda esas citas:
 
“Nada más dispar, pero que me permitía un amplio espectro de aprendizaje, sufrimiento y gozo. Era joven, fuerte, casi no dormía, y lleno de interrogantes acerca de un mundo nuevo, en extremo diverso”.
 
 
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La imaginación de este cochabambino y sus fuertes emociones evocan a una vibrante movida cultural en la ciudad. Si a fines de los 80 Ferrufino disfrutaba de conciertos de aquel surgente rock alternativo, mezclados con asistencias a ver Rubén Blades y Seis del Solar, hoy en día se puede disfrutar del apabullante influjo de la música electrónica, de las mezclas bastardas del grupo narcoelectro Mexican Institute of Sound o del ya famoso matrimonio entre los samples y bandoneón de Bajofondo.
 
Aquellas  exposiciones de arte que recuerda como impresionantes, algunas de Malévich, Matisse, Rembrandt, entre las que más le marcaron, se suceden año tras año, de la mano de millonarias fundaciones como la Colección Philips o la elitista Dumbarton Oaks.
 
Ferrufino nunca fue una persona de cultura de gueto apartado, sometido al cacique. No era un tipo de sindicarse a los “suyos”. Fue y quiso ser un alma libre que salía solo, llevando una vida de completa independencia. Aunque se juntaba con amigos bolivianos, no lo hacía con la frecuencia que ellos demandaban. Así lo recuerda:
 
“Entraba al mundo de los otros y me desenvolvía con soltura; mientras mis amigos jugaban fútbol los sábados, con las consabidas cervezas nuestras que vienen detrás, yo andaba en el National Mall, el centro de los museos de la ciudad, flirteando con hermosas muchachas anglosajonas y escribiendo mis Virginianos en papelitos, debajo de fotos de Lee Miller o de Man Ray. Culturalmente fue para mí un mundo insólito y exuberante. Lo recuerdo bien, dichoso. Por otro lado, en el mundo paralelo, visitaba las casas de mis amigos negros en el North East y South East, un mundo prohibido para blancos o gente como yo (nunca nos han considerado blancos, ni siquiera a los españoles). Fumaderos de crack, muchachas negras que se abrían de piernas con facilidad; deliciosas y viciosas. Sexo en autos, borrachera en las calles, recostados contra la pared, bebiendo Cisco, un licor de variadas frutas y colores que luego sacaron de circulación por ser letal. Detestábamos la cerveza normal; bebíamos licor malteado, con mayor grado de alcohol: Colt 45 y otros. Iba de ayudante de los choferes negros en los camiones de la empresa. Repartíamos productos a los hoteles y restaurantes de DC, Virginia y Maryland. Al terminar el día, antes de regresar al warehouse, alcohol y droga, sexo y droga. E historias inverosímiles que me contaban como a un hermano. He sido afortunado en oírlas y recordarlas. Y en sobrevivir también”.
 
Ferrufino vivió allí durante la década siguiente a los años de explosión psicotrópica. “Había mucha, excesiva, demasiada droga”, recuerda y apunta:
 
“Esta empresa de verduras en la que trabajaba era la mayor del mercado, dirigida por tres hermanos de origen irlandés. El mundo de ellos era la marihuana, que compartían en los gigantescos refrigeradores con algunos cargadores negros, que eran, a su vez, proveedores. Crack, hachís con profusión. La labor nocturna era febril, con camiones de 21 metros trayendo cosas desde California, México, cangrejos vivos desde Maine, frambuesas y moras desde Chile. Cualquier instante de descanso: droga. Dos, diez veces por noche. Cuando el día terminaba, ya casi a mediodía, los managers se encerraban en uno de los autos y… droga. Sin parar, seis días por semana. Yo no era afecto a ella, pero no evitaba compartirla de cuando en cuando. Me sorprendía que tipos muy ricos, duros trabajadores tengo que reconocer, no deseaban volver a sus mansiones, a sus hermosas mujeres que a veces visitaban el almacén y deslumbraban a los miserables estibadores. Preferían quedarse a hablar mierda, con las ventanas cerradas, en el mundillo de la droga. Los imagino llegando al hogar, tirándose en la cama, recuperando unas horas para volver a aquel frenesí. No tenían más de 30 años y confesaban que tenían sexo con sus mujeres una o dos veces al mes. ‘White boys’, decían los negros con desprecio”.
 
Al calor idealizante, Ferrufino recuerda esos años suyos como un elixir creativo. Se recuerda como con una cámara en el hombro, como filmando para sus adentros lo que observaba, y aquello que miraba, lo veía como fotógrafo. Le hubiese gustado filmar una película de David Lynch o algo similar. ¿Una actriz? Alguna de las de Fassbinder, responde, a quien idolatraba entonces –y hoy– pero en un escenario ya lleno de muchos otros. Quizás actrices como Barbara Sukowa, Jeanne Moreau, Hanna Schygulla, Brigitte Mira quizás, Ferrufino no lo especifica. Sí abunda en el plató imaginado:
 
“Imaginaba exhibiciones de fotografías sobre el universo de las frutas y las verduras. Increíbles colores, escenas, depósitos llenos de naranjas de distintos tonos, el contraste entre las papas de Idaho y las verdes paltas, aguacates, californianos. Los tomates ni qué decir, que eran la élite de los productos, con una sección especial de empaque por tamaños y colores. En esa gran bodega de DC, de noche, negros borrachos y perdidos, algún turco, algún latino, manipulaban lo que se serviría en las reuniones de embajadores, del jet set, de la CIA en Langley, a donde llevábamos cargamentos sin que jamás nos pidiesen identificación. Eran otros tiempos”.
 
 
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A esos días virginianos vuelve una y otra vez. Su prosa fluida sugiere muchos adjetivos, el más suave, sorprendente. Se mueve muy bien entre el ensayo, la crítica de arte, la opinión política, la ficción y también la crónica periodística. Precisamente en su antología Crónicas de perro andante (La Hoguera, 2012), escrita a cuatro manos con Roberto Navia, premio de periodismo Ortega y Gasset, y en otras piezas publicadas en los años 80 y 90, aparecen intensos relatos en los que describe Mizque, Tiquipaya, Pairumani y Suticollo, lugares donde quizás tomó afición por la chicha, y en las que lamentó no haber atendido las enseñanzas de la lengua quechua de su padre.
 
Una parcial autoficción de aquellos años en Arlington le ha valido el Premio Casa de las Américas de Literatura en Cuba. El rito de entrega no es precisamente la ceremonia de los Oscar. No hay alfombra roja, pero sí una rica historia de más de medio siglo.
 
Ferrufino es uno de los escasísimos casos de escritores bolivianos reconocidos internacionalmente, que ha ganado en 2009 el premio, sucediendo en el palmarés a personajes como Jorge Ibargüengoitia, Eduardo Galeano, Marta Traba o Gioconda Belli, e incluso a escritores bolivianos como Renato Prada, Wolfango Montes y Pedro Shimose. El jurado de la edición 2009, conformado por gente como la mexicana Carmen Boullosa, el venezolano Carlos Noguera, el chileno Grínor Rojo, el argentino Héctor Tizón y la cubana Lourdes González Herrero, se decidió a separar la paja del trigo entre casi 700 trabajos provenientes de América Latina y España, justificando su decisión en la capacidad de observar el “sueño americano” de una forma vertiginosa, vital y dominando el oficio, desplegando en su narración diversos planos a lo largo de tres décadas, con humor y referencias literarias, culturales y políticas”.
 
Claudio ya había logrado una mención en este premio en 2002, por El señor don Rómulo (Nuevo Milenio, 2002). Durante su discurso en 2009, recordó, cómo no, a la gente del gueto. A aquellas personas que seguramente nunca escribirían y publicarían sus historias y que tampoco se enterarían de que su colega, broderpana y cuate, aquel latino de ojos achinados y de bigote poblado, lo haría. Aquella noche en La Habana, recordó su llegada a Washington, las dificultades iniciales con el idioma, la excusa que le diera a su hermana para financiarle algo de comida y no morir de hambre –alegando atraco– que luego interpretaría como robo de alma: la transición de la plácida vida en el valle cochabambino hacia el crudo invierno en el que las noches transitaban en el viejo sillón desvencijado que le alquilaba un conocido temporalmente. Ya no estaría el calor del hogar, recuerda Ferrufino, sólo le quedaría esa cuadrilla que le rodea con las manos encalladas, ahogada en adicciones. Del intelectual de clase media bien vestido, quedaría menos aún.
 
Aquella noche en Cuba mencionó también el lugar de donde salían los vectores radiales de los trenes que llevaban la carga hacia Nueva York, los alrededores de la vieja Union Station, epicentro de su exilio, que aunque voluntario y reconocido aquella noche por funcionarios cubanos, que comparten el régimen con un político al que desprecia, Fidel Castro, no fue por ello menos exilio.
 
Tras el paso del Che Guevara por Bolivia, con los coletazos que dejaron los tupamarosy luego de las desapariciones de posibles herederos como los hermanos Peredo o Monika Ertl, la izquierda de los 70 se encontraba en proceso de segmentación en la universidad pública boliviana, reducto de las ideas progresistas durante la dictadura banzerista. Había divisiones internas entre trotskistas, maoístas, leninistas, hasta los más independientes anarquistas.
 
A esta subespecie pertenecía Ferrufino. Seguidor riguroso de las enseñanzas de Bakunin, Durruti y Malatesta, defendía cáustica y violentamente sus ideas ácratas por los pasillos de la carrera de sociología, más con los puños y a la gresca que con las ideas, recuerda su amiga Estela Rivera, hoy jefa de la Unidad de Cultura de la Gobernación de Cochabamba.
 
Se recuerda de Claudio su muy particular resistencia al alcohol, lo que hacía que bebiera como cosaco, generalmente ingentes cantidades de chicha, aguante que permitía que se mantuviera en sus cabales más que el resto, asunto que lo cubría de cierta mística en aquellos círculos.
 
Luis René Baptista, editor de opinión del periódico Los Tiempos, recuerda cierta vez en la que Claudio estuvo a punto de clavarle un cuchillo de carnicero, a causa de discrepancias ideológicas y de pactos incumplidos en las andanzas universitarias, detenido in extremis, cuando ya se veía ensartado y resignado, por un grupo de compinches anarcos que bloquearon la inminente faena.
 
Aquella misma vez, recuerda Rivera, Ferrufino y sus amigos anarquistas amenazaron también al propio rector electo y, luego de dedicarle furiosos insultos, procedieron a incendiar contenedores y papeleras con basura dentro del edificio.
 
Aun así, la violencia no era exclusiva. Se alternaba con guitarras y huayños en las chicherías aledañas, música campesina del Norte de Potosí, boleros centroamericanos y largas tardes de borracheras, para luego recogerse por la noche rompiendo letreros de neón y cabinas públicas, como forma de resistencia al sistema, siguiendo al caudillo bravucón y amenazante anarquista de fama algo contradictoria a la vez que ambivalente, dada su otra faceta, la de amigo fiel y cariñoso.  
 
En esos ambientes se movía Ferrufino nada más salir bachiller del colegio Maryknoll de Cochabamba en 1977, ya acabada la dictadura de Bánzer, y lo recuerda:
 
“Mi hermano Armando y yo fuimos muy peleadores en  la escuela. ‘Nos vemos a la salida’ fue parte de nuestro crecimiento. Dimos palizas y nos las dieron. Muchísimas. Eso paró luego de los tres primeros años aquí. El Estado policial. Aquí no se podía hacer lo mismo y lo acepté. Aunque de boca todavía me peleo mucho cuando conduzco. Hay que provocar cuando se debe provocar, como es el caso ahora con el gobierno de Morales, como fue el caso con el gobierno de G. W. Bush. Un hombre tiene que decir lo que piensa, le duela a quien le duela. Y si es contra el poder, mejor”.
 
 
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Ramón Rocha Monroy, cronista de Cochabamba y también Premio Nacional de Novela, conoció a Claudio en una habitación del psiquiátrico de Sumumpaya, a ocho kilómetros de Cochabamba hacia La Paz, a las órdenes del doctor Argandoña. Estuvieron todo un día, pero ni cruzaron palabra. “Aquel era un Claudio enamoradizo, exitoso con las mujeres, amigo de la chicha y de la noche cochabambina y alguna vez bordeó el suicidio”, en palabras de Rocha.
 
El Ferrufino de aquellos años, los previos a su viaje, era lo más parecido a los poetas inventados por Bolaño en Los detectives salvajes, esos trepidantes real visceralistas.
 
Sí hablaron y hasta se hicieron amigos años después, en el contexto de los bares, cafés y la noche cochabambina. Dice Rocha:
 
“Teníamos el ánimo inestable y ahogábamos nuestras penas en trago. Ni adicciones a drogas ni problemas mentales, sino excesos… Las cosas que cuenta Claudio tienen la identidad de lo vivido… Él no mira, sospecha. Tiene astucia y sus reacciones a veces son desconcertantes. Es agua mansa, pero puede alborotarse y estás perdido. Es un valluno bravo pero de ningún modo malo”.
 
Claudio por su parte, recuerda este episodio con su propio lente:
 
“Siempre nos acordamos de eso con Ramón. Un día o dos, alcoholes y sentimentalismos. No jugábamos a la ‘maldición privilegiada’, no. Sucedió porque creo que ambos somos apasionados con lo nuestro. Yo tenía una hermosa chica inglesa entonces, que me visitó una tarde, y Ramón, al verla, puso lo mejor que tenía de su acento inglés para flirtear con ella. Divertidas memorias hoy, tristes entonces”.
 
Ferrufino hoy es considerado un escritor preclaro en Bolivia, y se lo ha ganado a pulso. Un país en el que la vida rosa a veces parece más importante que lo que escribe, y donde los licenciados son más valorados por sus títulos académicos y premios ganados. Después de varias décadas ejerciendo, recién es en este siglo, cuando se ha titulado en la universidad pasados los cuarenta años, luego de estudiar lenguas modernas en la Universidad de Denver en Colorado graduándose cum laude y tras dejar atrás lo que parecía en Bolivia una maldición: el abandono de las carreras de química, idiomas y sociología, lugares en los que acuñó algunos amigos y enemigos que le duran hasta hoy.
 
Trofeos tardíos también serán, ya pasados los cincuenta años, los mencionados premios Casa de las Américas y Nacional de Novela, algo así como una justicia poética con su tenacidad.
 
Tenacidad y empeño que lo han acompañado durante su proceso creativo, que emergen espontáneamente cuando pueden y donde pueden, pues es de esos narradores que son capaces de protegerse con una escafandra que lo aísla del mundo exterior en beneficio de su planeta inventado. Tampoco es supersticioso ni caprichoso en el ambiente, ya que guarda las manías para la estética no lineal de sus textos. Claudio no necesita andar de boina y barba crecida de dos días, ni flores amarillas como las que dice que requiere Gabo para acceder a las musas. “Me parecen pajas que les sirven a unos; no a mí”, subraya.
 
En contraste con el mito del psicodelismo creativo de las épocas de Hendrix, Morrison y Joplin, Ferrufino no considera el alcohol como aditivo urgente, ni siquiera necesario y siente que la maldición de algunos poetas está en su escritura y no en sus catalizadores:
 
“Maurice Utrillo, el pintor, importa por sus colores de París más que por sus tragedias de beodo. Hacer de algo así el punto de partida de una leyenda, tu leyenda, a no ser que suceda inevitable por las circunstancias, es un paso en falso”.
 
Sin llevar vida de cartujo, admite que ya casi no sale, aclarando que tampoco era tan amigo de los bares en sus etapas pasadas. En Colorado se ha vuelto un tipo casero de vida intensa puertas para adentro. Sí admite que era de beber en las calles, con sus amigos negros, pero que ninguno de ellos supo jamás dónde y con quién vivía. Lo mismo las mujeres que pueblan sus recuerdos: “de pronto, en algún momento, retornaba a la caverna y desaparecía sin rastro. Así, simple”.
 
La simpleza es un rasgo que magnetiza a este hombre, sencillez que busca tanto en amigos gringos como latinos y de otros varios orígenes, destacando el colectivo ruso, quizás por esa propensión a admirar a Tarkovski, Tolstoi o Chéjov. Suele invitarlos a casa a disfrutar de comilonas con bebida abundante, bailando cumbias, escuchando kaluyos antiguos o canciones revolucionarias del Ejército Republicano Irlandés. Inclusive clásicos rusos: Kalinka, Ojos negros, además de tangos y corridos norteños y rancheras. Una frase lo define: “En casa se come y se bebe bien. Eso casi diría que te impide salir”.
 
Es un tipo familiar que ya comparte lecturas con sus hijas, aunque ellas han tomado caminos propios. Su relación es estrecha. No es enemigo de su primera esposa, aunque tampoco tiene contacto. “Mi mujer actual, me parece atractiva, interesante, pausada”, resalta.
 
Y tanto en cuanto se nutre de experiencias de la calle por inclinación natural, complementa sus fantasías con poesía y sobre todo con novela, placer que le suele ocupar la mayor parte de su tiempo de lectura. No tiene referentes literarios, sino gustos, placeres. Vicios quizás. Algunas de las fuentes de las que ha bebido son Borges, César Vallejo, Carpentier, Güiraldes, Arlt, Rulfo y en su juventud de los peruanos Ciro Alegría, Manuel Scorza y José María Arguedas.
 
Y si su espectro literario es francamente amplio, no lo es tanto el del estado del arte, moda o novedad, ahora llamado trend, en perjuicio de clásicos, muchos de ellos polemistas de distinta índole, aunque considera que se los lee poco, en detrimento de aquellas historias que evocan un mundo de aventura, de rebelión, de bravura.
 
 
*     *     *
 
Claudio Ferrufino-Coqueugniot responde pacientemente a las preguntas de este cronista desde su casa en Colorado. Tiene ya 54 años, y una vida llena de historias. Han pasado ya varios lustros desde que obtuvo su green card poco tiempo después de casarse con su primera mujer, aunque ese no fue el motivo para hacerlo.
 
Se considera un librepensador que bebió en fuentes anarquistas clásicas, pero detesta ser orgánico o gregario, y añade: “Soy demasiado individualista para pertenecer a ningún núcleo, social, político, literario… No podría asociarme con los republicanos, ni siquiera en simpatía. Con muchos peros, prefiero a los demócratas”. Pocos políticos le causan simpatía. Uno de ellos es un exalcalde de Cleveland, Dennis Kucinich, demócrata, minoritario, una voz perdida en el desierto –así lo califica Claudio–, conocido por ser partidario de la no intervención en Irak, en beneficio de la negociación.
 
Ya no pelea en las calles, aunque tampoco es un tipo mesurado. Acuña cada vez que puede rabiosas –y cáusticas– críticas a Evo Morales y Álvaro García Linera, según él escritas no desde una perspectiva racista o elitista sino a partir de lo que el autor es, de su sangre:
 
“Me entiendo y comprendo a mi gente y sé bien cómo de pelotudos y cobardes somos, y cómo de sufridos y valientes también. Y al poder, a los jerarcas de cualquier tendencia o color, no les hago el juego, nunca. No orino delgado por el poder ni las charreteras; seguro que no…
 
No comparto ese lugar común del pueblo enfermo. Que somos uno llorón y malacostumbrado, sí. Es más sencillo dejarse guiar que decidirse por un camino. Y a eso apuntan los populistas, a hacerte confortable en su medida la existencia, coartar tu capacidad de reacción, de crítica”.
 
 
*     *    *
 
Claudio al salir de Bolivia le prometió a su padre que volvería al cabo de un año. Todavía no lo ha hecho, aunque asegura que sucederá aunque ello ni es ni fue motivo de sufrimiento, puesto que vive feliz donde está. Quizás con el tiempo le llegue la hora de pensar en la muerte más frecuentemente. De momento, la percibe como un hermoso destino, querido y cercano. “La tomo como es, presente. Me refiero a la delicia de saberse efímero, en contraposición a la pesadilla de sentirse eterno”.
 
Pasadas las 4 de la madrugada, hora de Denver, y tras una larga entrevista, Ferrufino responde a la última pregunta.  
 
“Le pregunté a Ligia, mi esposa, ¿crees que soy un tipo violento? Respondió con una carcajada. Habrá que analizarlo. Al meterme en un mundo que por nacimiento no me pertenecía, en Bolivia, en Argentina, en España, en Francia, en Estados Unidos, observé y compartí la peor violencia que existe, que es la de ser pobre. Una violencia que se dirige y esgrime desde arriba con saña contra los de abajo. Eso me irrita y me hace reaccionar con mayor violencia. Por eso soy vehemente y feroz cuando escribo de asuntos sociales o políticos. Sin aliento y sin concesiones”.
 
 
 
 
Fadrique Iglesias Mendizábal fue atleta olímpico y es especialista en gestión cultural y desarrollo local con estudios de licenciatura y maestría por la Universidad de Valladolid. Ha colaborado con columnas en varios medios de comunicación como Los Tiempos -desde su columna ‘El clavo en el zapato’- y Página Siete (Bolivia), así como con El País, Noticias Culturales Iberoamericanas (NCI) y FronteraD, donde ha publicado Afilando los cuchillos del Carnicero de Lyon en Bolivia y Del Gran Sueño a la somnolencia: la decadencia del deporte profesional. Ha publicado un libro junto a Peter McFarren, Klaus Barbie en Bolivia, que se publicará este año en español.
 
[Fuente: http://www.fronterad.com]

Escrito por LUIS MARTÍN-SANTOS LAFFÓN

Fue un día de septiembre hace ya unos años. En París estaba en curso una gran exposición sobre la generación Beat en el Centro de Arte Pompidou, más conocido como el “Beaubourg”.

Llevaba varios días inquieto en Madrid. Acaba de terminar el curso de meditación que regularmente imparto, siempre en la primera quincena del mes y después de eso, mientras en mi casa continuaban con mi pareja las discusiones sin fin y un cierto mal ambiente, me daba la sensación de que el verano se escapaba entre mis dedos, hecho que me animó a realizar una escapada a la capital francesa. Así que, sin dar aviso ni noticia a mis más allegados, organicé el viaje con ayuda de Internet en apenas unas horas.

« La exposición venía girando por el mundo desde Nueva York, vía San Francisco, hasta París. Simplemente no me la podía perder »

No hacía mucho que aquí en Madrid, en compañía de tres amigos, habíamos culminado, tras un par de años de labores varias, —contratación, traducción, intercalados con inesperados retrasos provocados por una crisis financiera global, crisis personales, inseguridades y miedos escénicos varios—, la publicación de una obra de Jack Kerouac en castellano, y yo me encontraba más empapado que nunca de la historia y la “energía” de lo beat.

La exposición, había leído, incluía todo tipo de objetos relacionados con los Beats: el rollo original de papel donde Kerouac había escrito En la carretera, la novela fundacional, intervenciones grabadas de Allen Ginsberg, fotografías, murales, pinturas y mucho material y parafernalia de la época. La exposición venía girando por el mundo desde Nueva York, vía San Francisco, hasta París. Simplemente no me la podía perder.

Sentado en mi escritorio frente a la pantalla, una vez tomada la decisión y conforme aumentaban mis deseos de perderme y desaparecer, crecía en mi la excitación. Tecleé lo primero buscando un billete de avión económico en una página de aerolínea de bajo costo, donde enseguida localicé una ida y vuelta inferior a 150€, tan poco, tan barato, Madrid-Barajas a París-Orly. A continuación voy a por el hotel… No había estado en París desde hacía algunos  años y es una ciudad que apenas conozco más allá de los alrededores de Notre-Dame.

¿Hoteles baratos?, ¿una noche? Encuentro múltiples ofertas, pero sin tener idea de dónde están localizados. Finalmente distingo en el mapa: Père-Lachaise, el cementerio… no demasiado alejado del Beaubourg. Hipohotel, zona Metro Gambetta République, en la rue des Pyrénées, 20t arrondisement, barato. ¿Podrían ser 35 euros…?, no, fueron 50. Voy a hacer la reserva. Miro fecha. Mañana mismo.

« Dejo mi casa con una sensación de irrealidad y una cierta inseguridad: si esta locura que estoy haciendo tiene sentido, si lo pasaré bien »

En silencio y sin avisar a nadie saco los billetes… y me voy a acostar. Antes escribo a un amigo fotógrafo que he conocido hace unos años en Mallorca. Es profesor de fotografía y literatura en la Sorbona y conoce bien a los Beats. Le escribo y sorprendentemente me advierte que estará en París. Vive en Aix-en-Provence, pero viaja a París cada semana para dar unas clases y después regresa a su domicilio. Es algo mayor que yo, una persona calmada y entrañable; un verdadero profesor. Una excusa perfecta para tomar un café y tener una charla amiga en esas 24 horas que voy a pasar yo solo en París. Se llama Jacques Terrasa.

A la mañana siguiente termino mi maleta de un día y salgo andando para tomar el autobús en la calle O’Donnell, que me lleva a la vieja terminal 1 de Barajas. La terminal está tranquila, es sábado y acaba de empezar el fin de semana. Dejo mi casa con una sensación de irrealidad y una cierta inseguridad: si esta locura que estoy haciendo tiene sentido, si lo pasaré bien. Y de mala conciencia: abandonando sin avisar y adrede a la familia. Una vez pasado el control de seguridad y ya sentado esperando en la puerta de embarque, la megafonía nos invita a preparar billetes e identificación, ir subiendo al avión y, después de haber colocado la maleta en la parte superior de la cabina, a acomodarnos en los asientos de forma ordenada.

El avión despega y yo con él: me elevo hacia los cielos. Estoy encantado. Durante el vuelo permanece, sin embargo, una sutil sensación de vértigo. El avión va lleno y voy encajonado en los últimos asientos, al fondo de la cabina de pasajeros. A los tres cuartos de hora estamos volando sobre los Pirineos. Al pasar se distinguen bien las cumbres, y entramos en territorio francés en medio de las nubes, accediendo a un país más verde que la piel de toro. Una hora más tarde comenzamos las maniobras de aproximación y antes de darme cuenta, casi precipitadamente, me encuentro que estamos aterrizando. Justo al tocar tierra algo se conecta dentro de mí, debajo de mi ombligo, y desaparece la sensación de vértigo, que viene a sustituirse por una certeza acompañada de la natural excitación al darme cuenta de que ya estoy en París. Now it’s real!

« El Hipohotel tiene una entrada única y parece sacado de la película de Bertolucci, El último tango en París, o, luego me daría cuenta, ¿había llegado ya, sin querer, a la versión actual del mismo Beat Hotel?« 

Bajo del avión, seguido de mi maleta de 24 horas demasiado cargada, y me subo al autobús que nos acercará a la terminal. De ahí rápidamente saltó en el OrlyVal que me acercará a la ciudad, a la estación Antony, desde donde tomo el metro que me lleva a plaza  Gambetta via Les Halles. Desde allí me dirijo rápidamente al hotel, que he reservado casi a ciegas en una zona no muy alejada de Beaubourg y junto al cementerio Père-Lachaise.

Camino desde la plaza, apenas unas manzanas por la Rue des Pyréneés. Son los últimos días de septiembre, sábado 24, y cuando llego a eso de las 21:00 ya ha anochecido. El Hipohotel tiene una entrada única y parece sacado de la película de Bertolucci, El último tango en París, o, luego me daría cuenta, ¿había llegado ya, sin querer, a la versión actual del mismo Beat Hotel?

En el portal, subiendo cuatro escalones a la derecha y debajo de las escaleras, hay un pequeño mostrador con una mujer de mediana edad, muy maquillada, que revisa la reserva, me da la llave, y me invita a subir a la habitación situada en el 2º piso, la primera puerta del pasillo, con techos bajos y color indefinido tirando a verde. Una vez dentro me encuentro con una cama de buenas dimensiones, alta. Mobiliario escueto, una silla, una mesa sujeta en la pared y en frente, junto a la ventana-balcón, un baño básico. Ducha con cortina, lavabo e inodoro. Mientras subo me cruzo con una pareja francófona joven de color que baja, con la que apenas intercambio una mirada cómplice. Paris is Jazz.

En todo el edificio hay una algarabía tremenda proveniente del bar restaurante que recorre la primera planta en la calle, a continuación del hotel, hasta la esquina y el próximo chaflán. Como no hay otra alternativa —ni me planteo quedarme con tanto escándalo—, dejo mi maleta 24 horas y, después de asearme un momento, me tiro a la calle buscando algo para cenar y para comprobar, con mis propios ojos, de donde proviene tanto ruido.

Salgo a la calle, doblo a la derecha y, efectivamente, el establecimiento de al lado tiene terraza y diferentes puertas y ventanales abiertas a la calle. Hace calor y hay muchísima animación. Está lleno de estudiantes, sentados y bebiendo en las mesas dispuestas en la acera, y dentro incluso un pequeño grupo de chicos y sobre todo chicas bailando con entusiasmo. Toda la escena me arranca una incontenible sonrisa.

« Para cuando he terminado de cenar, deben ser ya las once. En la acera de enfrente ha cesado la música, y al rato, los grupos se han ido y se hace un cierto silencio »

Como no conozco a nadie, opto por instalarme en un acogedor bistró que se encuentra en la acera de enfrente, desde donde se divisa toda la acción. Llego con la buena fortuna de encontrar que todavía tienen abierta la cocina, y me pido un sabroso osobuco acompañado de un puré de patatas y regado con una jarra de cerveza alemana. La clientela del bistró varía entre parejas francesas en noche de sábado y hombres con aspecto de árabes sentados en grupo, alguno de los cuales se pasa un buen rato observándome, creo que con una cierta curiosidad sospechosa. Va cayendo definitivamente la noche y, mientras ceno, disfruto de los sabores, doy un largo trago la jarra de cerveza que me han traído, miro curioso todo a mi alrededor, la terraza de enfrente, la carta, escucho francés o lo hablo con el camarero, la atmósfera va tranquilizándose. Para cuando he terminado de cenar, deben ser ya las once. En la acera de enfrente ha cesado la música, y al rato, los grupos se han ido y se hace un cierto silencio. La calle ahora solo está transitada por grupos más pequeños, alguna joven regresando con paso rápido en dirección al metro, algún borracho. La noche sigue siendo cálida y yo cruzo tranquilamente de regreso al Hipohotel —qué nombre tan “enrollado”— con intención de descansar después de un día de transportes, aviones y aeropuertos. Paso por la recepción del hotel, camino de mi habitación, y esta vez está más animada: la conserje en conversación con dos parroquianas de su misma edad y maquillaje, hablando francés con marcado acento italiano sentadas en las escaleras.

Paso por delante, saludando con un escueto bonne nuit y sigo directo para mi cubículo. Llego a mi habitación con una cierta expectación, pero con el impulso suficiente para desnudarme, ponerme el pijama y meterme en la cama, donde caigo rápidamente dormido.

Por la mañana me despierta la primera claridad que consigue entrar entre las cortinas semicorridas y los visillos. Domingo por la mañana, el ambiente es muy tranquilo. Remoloneo un rato en la cama pero hacia las 9:30 me levanto, me doy una ducha y me decido a salir a la calle y emprender mi día tirando de mi maleta. La calle presenta las huellas de la noche anterior, algunos restos inevitables del botellón. Avanzo por le rue des Pirénées de regreso a la plaza Gambetta y para mi alegría compruebo que la plaza esta sembrada de cafés, a esa hora poblados por los franceses más madrugadores que ya se han hecho con una copia de Le Fígaro o L’Equipe y están ya sentados leyendo la prensa. Inefable me siento en una terraza, me pido un café au lait y un croissant.

« Es un cementerio que, leo en el cartel, acoge todo tipo de personajes ilustres, desde Jim Morrison, cantante de los Doors, hasta Marcel Proust, una lista interminable de escritores, intelectuales, científicos y artistas »

En seguida me dan las 11 y echo a andar. En esa época el Google Maps todavía no está tan popularizado y la itinerancia en los teléfonos hay que pagarla, lo mismo que los datos, de modo que voy tirando del mapa y la chuleta que he tenido precaución de prepararme. Había visto que el Père-Lachaise estaba muy cerca y efectivamente hay una calle desde la plaza Gambetta que lleva a una de las entradas. Está a 500 metros que recorro con calma seguido de mi maleta. Siento una cierta emoción. Suena en mis oídos internos la melodía de Malcolm Maclaren & Catherine Deneuve, ParisParis… La entrada es una puerta abierta en el muro sin verja, y en frente hay una explanada amplia. El cementerio tiene grandes avenidas, árboles y unos carteles que enumeran la lista de personalidades que descansan en este camposanto.

Es una mañana de domingo nublada y amenaza a llover, aunque esto sucederá solo una hora más tarde. Hay algunos paseantes —ahora me siento dentro de una película de Antonioni—, la soledad, el silencio del cementerio, el verde de los árboles y mi maleta. Echo a andar, recorro el primer boulevard y doblo hacia la izquierda por delante de las primeras tumbas.

Es un cementerio que, leo en el cartel, acoge todo tipo de personajes ilustres, desde Jim Morrison, cantante de los Doors, hasta Marcel Proust, una lista interminable de escritores, intelectuales, científicos y artistas. Algunos muy conocidos, otros no tanto. Es imposible visitarlo en una única mañana. Las avenidas generales son espaciosas y tienen un determinado relieve. En frente de esta entrada se levanta una colina que no subiré.

Mientras paseas entre tumbas y mausoleos, es obligado ir deteniéndose para poder leer las inscripciones, y quién sabe si descubrir ese personaje famoso o aquel epitafio inmortal que sugiera al paseante un momento de contemplación, llegar a conmovernos o incluso volver a arrancarnos una sonrisa.

« Me sorprende un monumento levantado en homenaje a los caídos españoles en la guerra europea y de liberación de los alemanes contra los nazis, exiliados primero de la guerra española »

Después de varias paradas llego por fin ante un mausoleo de buen tamaño: un bloque de piedra de veinte toneladas que lleva esculpida una estilizada esfinge alada. Se trata de la tumba de Oscar Wilde, promovida por sus amigos, realizada por un escultor y pagada por suscripción popular. Aunque es bastante más alta, está cubierta por un cristal transparente de dos metros de altura para protegerla de la costumbre de plantarle un beso que miles de visitantes adoptaron como forma de homenaje al escritor. En origen, la esfinge parece que estaba provista de unos generosos genitales masculinos de los que fue desprovisto en sucesivas ocasiones, de ahí también el cristal.

Yo, sin conocer entonces la historia, quedo impactado por el monumento y la energía del lugar. Luego me enteraré de que es la más popular después de la de Jim Morrison. Llego sin preguntar e igualmente después de un rato, unos veinte minutos de parada y poderosa inspiración, decido continuar adelante.

Una de las bellezas del Père-Lachaise es que es un cementerio urbano y al estar —según puedo apreciar asentado en la falda de una gran colina— por encima de sus muros, se divisa el skyline parisino en ese día nublado y, a partir de ese momento de la visita en el que comenzó a caer una pequeña llovizna, lluvioso.

Después de Wilde seguí caminando hasta el final de la calle para continuar a lo largo del muro que bajaba en suave pendiente bordeando las lápidas hasta la entrada principal. A ratos tengo que abrir mi paraguas. Las tumbas van cambiando y en algunas se ve la antigüedad, más de 200 años, las diferentes construcciones, templetes y estilos. Me sorprende un monumento levantado en homenaje a los caídos españoles en la guerra europea y de liberación de los alemanes contra los nazis, exiliados primero de la guerra española. Reconocimiento que no se puede encontrar en su país, España. Entre estas y otras cosas fui llegando hasta la entrada principal, por donde salí.

Después de este interludio silencioso regreso al bullicio, no tan intenso en domingo, y pongo dirección a la siguiente etapa, encontrarme con Jacques y visitar a la Beat Generation en Beaubourg.

« París es un marco perfecto para recibir una muestra así, pues fue parada obligada de todos sus protagonistas »

Un par de paradas de metro y estoy ya en los alrededores del BB, cuando me doy cuenta de que no tengo entrada. Me pongo a hacer la larga cola y a tratar de sacarla a través de la web del museo con mi móvil, lo que por cierto consigo hacer después de un rato. Ahora ya no recuerdo, pero creo que antes de entrar me vi con Tarrasa. Quedamos en la puerta de la exposición. Él ya la había visto, pero me cuenta que no hacía mucho que había hecho un trabajo sobre Bernard Plossu, un fotógrafo que había recorrido con los Beats la ruta mexicana del peyote y el yagé al que por supuesto trató, por lo que estaba muy puesto en el tema.

Yo creo que le hice entrega en ese momento de una copia de Despierta, nuestro libro budista, de Jack Kerouac.

Después de hora y media bien aprovechada, me acompaña hasta la puerta del museo justo a tiempo para entrar en mi turno asignado, que comenzaba a las 17:30.

Esta vez tuve que esperar menos. Subimos en el ascensor de este edificio transparente y pronto me encuentro en la puerta de la 4ª planta, listo para sumergirme en la expo beat.

BEAT GENERATION: New York, San Francisco, París

París es un marco perfecto para recibir una muestra así, pues fue parada obligada de todos sus protagonistas.

Al entrar en la sala de la exposición, lo primero que me encuentro es una espina dorsal que la recorre. Es el rollo de escritura de On the road, extendido sobre una mesa baja iluminada de, calculo, 50 metros. Hay varias secciones de la exposición que inmediatamente llaman mi atención, que disfrutan de una atmósfera de performance. Hay una sección, por ejemplo, con varios teléfonos en la pared, todavía con rueda de números, titulada ‘Dial a poem’, en los que después de “descolgar” y marcar, puedes escuchar un poema-beat, cada vez diferente.

« Cuando viajar es todavía una grandísima aventura transformadora y no una industria. Y los héroes: Neal Cassidy, Ferlinghetti, Macluren, Snyder, Timothy Leary, the magic bus, Dylan… »

Lo que más me impacta son las habitaciones dedicadas al Beat hotel, donde se reproduce la Dream machine, la maquina de los sueños, que consiste en una habitación con una cama de hierro con dosel. La cama está hecha. La habitación, similar a la que he ocupado en el Hipohotel la pasada noche, está iluminada por una luz caleidoscópica que gira provocando un movimiento que barre ininterrumpidamente el espacio. Sincronizada, una música y sonidos de carácter repetitivo suenan de fondo. Su función es inducir un estado similar al producido por las drogas psicodélicas, LSD o psilocibina, a través de los cuales acceder a lo profundo de la psique y el arte.

Arte, fotografía, carteles, parafernalia, viejos automóviles. Mapas: San Francisco, Chicago, Denver, Nueva York. On the Road. La música del jazz: Dizzy Gillespie, Charlie Parker (Bird), Thelonius Monk, Art Blake, el Bebop…

Y luego México, las drogas, la bencedrina, los artistas, la búsqueda y la huida. Para Jack el retiro en la naturaleza, Desolation Mountain, la cabina de guardia forestal en el pico de la montaña, el misticismo en vena de los Dharma Bums…

Luego el viaje a Europa, Paris, Tánger, incluso brevemente España. Oriente para otros, India y Benarés para Alan y Orlowsky, y Extremo Oriente para Snyder, el zen, viajar en barco hasta el Japón. Cuando viajar es todavía una grandísima aventura transformadora y no una industria. Y los héroes: Neal Cassidy, Ferlinghetti, Macluren, Snyder, Timothy Leary, the magic bus, Dylan…

Antes de nada, al principio la película muda, Pluck my Daisy, son seis jovencitos estudiantes flipando en Nueva York en una mañana fría y aburrida.

Hubo un momento, se narra en la exposición, en el que Ginsberg, Kerouac, Burroghs y Corso se interesan en las teorías de Wilhelm Reich, los orgones y el orgasmo, como no podría ser de otra forma para este grupo de vividores/investigadores.

Se escucha la voz de Ginsberg, que lanza la perorata desde un televisor de tubo catódico en blanco y negro mientras en el exterior llueve y tras el cristal se distingue a lo lejos el Sacré-Coeur, coronando Montmartre, en un cielo en ese momento gris, gris, gris.

« Lo esencial, de todas maneras, no será la lealtad de Lamantia al credo surrealista, sino la práctica intempestiva del método surrealista; dicho de otra manera: la práctica constante por su parte del automatismo psíquico »

La historia de esta vinculación del surrealismo con lo beat no es solo una leyenda. El 8 de octubre de 1943, el joven poeta Philip Lamantia, con solo quince años, envía una carta a André Bretón, en aquel momento presente en los USA durante su exilio en Nueva York, quien está preparando un número especialmente rico de la revista View, retitulada para esta ocasión como VVV (triple V) en el que escribe: “proclamo mi adhesión formal al surrealismo, a sus posiciones concernientes a la literatura, el arte, la sociedad y la humanidad, que son de naturaleza puramente revolucionaria, y que forman parte de mi temperamento antes incluso que yo conociese las teorías del surrealismo”.

Lamantia participó diez años mas tarde en la primera lectura colectiva, el 7 de octubre de 1955, en la Six Gallery de San Francisco, en la que Ginsberg leyó su poema HowlAullido, en un evento organizado por Michael McClure y en la que participaron los poetas Gary Snyder y Philip Whalen, jaleados enérgicamente por un vociferante Jack Kerouac. De los cinco poetas, Lamantia es el único que ha participado ya en una lectura pública. La secuencia es considerada unánimemente como el acto público inaugural de la Beat Generation. Lo esencial, de todas maneras, no será la lealtad de Lamantia al credo surrealista, sino la práctica intempestiva del «método surrealista», dicho de otra manera, la práctica constante por su parte del automatismo psíquico. Lamantia no cesará de proclamar esta como su contribución al movimiento poético beat.

Son múltiples las pruebas y los testimonios de la cohabitación entre beats y surrealistas, mas será durante las prolongadas estancias de los primeros en París y las reuniones y encuentros entre ellos y los jóvenes americanos cuando esta se produzca.

Henry Miller, Anaïs Nin, Celine, y su Viaje al fin de la noche, Duchamps, Breton, Picabia, Apollinaire, incluso Genet. Corso, Lamantia, Burroghs, Snyder, Kerouac, Ginsberg… todos revolotean, como yo hoy, en ese París inspirando el mundo de las ideas, unos de otros, jóvenes y adultos y más mayores, casi ancianos, unos de vuelta y otros de ida, escribiéndose e inspirándose en un eterno corre, ve y dile, comunicativo y global.

El recorrido de la exposición, la última sala, está dedicada al vuelo del Enola Gay y el efecto aterrador de la bomba al caer, un 6 de agosto de 1945. El hongo atómico liberando más energía que mil volcanes, trayendo la destrucción, inaugurando una nueva era. La humanidad ya nunca será igual, se inicia la era atómica. Y como no puede ser de otra forma, simultáneamente surgen los Beats y el pacifismo, la revolución de la conciencia, la rebelión, la ecología y el hippismo.

Así fue mi viaje a París en 24 horas. Un aeropuerto, un hotel, un paseo por un cementerio en una mañana lluviosa, un café con un amigo y una conversación, una exposición… soledad dosificada, huida, retiro para el encuentro, impresiones en la memoria, alguna conclusión, descanso, la escapada… al encuentro de Kerouac y la caterva feliz e iluminada que para siempre será la Generación Beat.

[Fuente: http://www.zendalibros.com]

Christina Rosenvinge interpreta a Safo

Escrit per Enric Umbert-Rexach

Fa uns mesos vaig veure al Teatre Romea de Barcelona, dins el Grec 2022 Festival de Barcelona, una representació teatro-musical, molt kitsch per cert, sobre la poeta de la Grècia antiga Safo de Lesbos. La dramatúrgia la signava Marta Pazos, qui dirigia la companyia Festival Internacional de Teatro Clásico de Mérida. L’actriu principal i directora musical, Christina Rosenvinge, va dir que Safo vindria a ser la Rosalia dels nostres temps, la cantant catalana que avui dia volta pels escenaris d’arreu del món. Aquesta comparació em va fer dubtar si era afortunada o no. I ara voldria sortir de dubtes.

Com a diletant de les belles arts que soc, i en especial de la disciplina literària, em proposo fer un breu exercici de literatura comparada que té el seu origen en les primeres troballes d’un papir a l’època de l’antiga Grècia i posar-lo en contrast amb les creacions literàries que en el moment actual flueixen de forma binària a través d’internet o de les xarxes socials. Dit d’una manera més concreta, a partir de l’admiració i l’entusiasme que professo pel món literari, pretenc capficar-me en les diferències i semblances entre dos punts separats per molts segles i en un terreny com és l’art de la paraula. I, per tal de delimitar l’ampli camp de treball que aquest estudi suposa, em centraré en el gènere literari de la poesia.

Imaginem-nos, per un moment, que ens trobem en un bell paratge de l’illa de Lesbos, pels volts de sis segles abans de la nostra era. Sota una olivera se senten uns versos que una poeta anomenada Safo recita acompanyada del so d’una lira, l’instrument que solia guiar les seves composicions i que tocava amb un plectre, el que ara en diem pua, i del qual es creu va ser ella la inventora. Poesia i música, germanes bessones sempre en harmonia. Per això Safo és reconeguda com a poeta d’extraordinari lirisme. Composicions que ens han arribat de forma parcial i molt fragmentària, ja que es calcula que no disposem ni d’una dècima part del que s’intueix que va arribar a compondre. Prova de la seva exquisidesa és que va ser considerada la desena de les muses inspiradores de la lírica al costat mateix d’Erato, qui representava la poesia amorosa o lírica i que sempre portava una lira entre les mans. És bo recordar, a més, que les nou Muses, filles de Zeus i de Mnemòsine, són, d’acord amb la mitologia grega, les protectores de les arts.

Curiosament, la poeta Safo va pujar a l’Olimp dins una societat on, malgrat la tolerància de l’homosexualitat, el masclisme imperava sense embuts. Safo de Lesbos, però, va ser una poeta que, més enllà de cantar l’amor lèsbic de forma monòdica, també protagonitzava comèdies obscenes i escrivia biografies fantasioses, motiu pel qual va ser titllada «d’amant insaciable i depravada o directament de prostituta», en paraules del filòleg Eloi Creus, frase que podeu llegir en la recent edició d’I desitjo i cremo publicada per Edicions Proa i de la qual em vaig fer ressò en aquesta tribuna. Potser per apaivagar els ànims, Safo també oferia cants corals anomenats epitalamis que festejaven noces de les seves amistats així com altres tipus d’himnes dedicats als déus que eren venerats de forma recurrent. Una revolucionària del seu temps que posava veu a fets quotidians sense miraments ni complexos. Desconeixem, com és lògic, la melodia dels cants que acompanyaven les creacions poètiques, però podem gaudir de la musicalitat dels seus versos gràcies a l’adaptació d’Eloi Creus a l’harmonia catalana actual. Els versos que ens han arribat de Safo segueixen una mètrica impecable a base de diferents peus que doten els poemes d’una melodia captivadora basada en la coneguda estrofa sàfica que consisteix en tres versos decasíl·labs i un quart vers tetrasíl·lab.

De què parla Safo?, quins són els seus temes més recurrents? Doncs parla de la impossibilitat de l’eterna joventut i del pas implacable del temps «el meu cos, que una vegada va ser tendre, ara la vellesa l’ha marcit». I de la passió amorosa i del desig: «i desitjo i glateixo amb ardor». També celebra les arts d’Afrodita, la deessa de l’amor i la persuasió, suplicant que li faci costat com a aliada en la seva particular lluita amorosa: «A qui fetillo aquest cop per tornar-la al teu amor? Qui et fa mal, Safo?», respon la deessa a un prec de la poeta. I, insisteix, que el més bonic del món es perseguir a qui s’estima: «Voldria veure els seus passos que encisen, / i l’espurneig que n’il·lumina el rostre». I altres invocacions a les divinitats i a les gestes de les deesses.

El rap és, en realitat, una cançó parlada amb base rítmica molt accentuada. El seu caràcter oral, la seva temàtica basada en la manifestació d’inquietuds i preocupacions, així com la manera de dirigir-se al públic, ha fet que el seu missatge es compari al dels joglars medievals

Fem un salt en el temps i situem-nos ara dins d’un ampli local nocturn amb un escenari il·luminat de llums alternants i farcit d’aparells musicals. És a dir, estem a l’altre extrem del bucòlic camp obert on escoltàvem refilar ocells com a fons musical. Situem-nos, doncs, en el referent oposat de la dialèctica que hem establert, amb la cantant Rosalía, de qui coneixem tots els detalls del seu art. Es tracta d’una cantant que mescla el flamenc tradicional amb estils moderns com ara el pop, el rap, el hip hop i la música experimental. Fórmules totes elles de recitació molt similar. Centrem el focus en un sol dels estils per concretar millor l’argumentació: el rap. El terme rap, el més icònic de tots, es refereix a l’art de rimar, acrònim de Rhythm And Poetry, o també, en el seu vessant castellanitzat, en l’apòcope de rapsode. Fins i tot, trobem a l’Oxford English Dictionary que el significat original de la paraula «rap» és «fer un so a conseqüència d’un moviment ràpid», atès que una de les característiques diferencials és l’àgil improvisació. El rap és, en realitat, una cançó parlada amb base rítmica molt accentuada. El seu caràcter oral, la seva temàtica basada en la manifestació d’inquietuds i preocupacions, així com la manera de dirigir-se al públic, ha fet que el seu missatge es compari al dels joglars medievals. Està classificada com un tipus de poesia molt visceral que es rebel·la contra totes les normes, i això fa que els rappers, s’expressin d’una forma molt directa. Però que sigui directa no desmereix la seva estructura poètica perquè les cançons d’aquest estil creen imatges en forma molt lírica per expressar la realitat que volen descriure. Com diu el conegut rapper Zenit: «Tinc un pacte amb la rima, ella m’estafa, jo l’acarono en la tarima i anem plegats al cim». Quan es va crear el rap? Si filéssim prim, i tenint en compte la base dialogada del gènere, podríem dir que el seu origen més atàvic es troba en la regueifa gallega, en els bertso-lari del País Basc, en el glosat menorquí, o en el trovo de Granada. Si ens situem ara en la més propera actualitat, hi ha un consens en el fet que l’origen de la cosa va ser a Jamaica. A mitjan dècada dels setanta es va traslladar a les festes més tronades dels barris perifèrics de Nova York, on vivien comunitats afroamericanes i llatines. Kool Herc és generalment reconegut com el pare de criatura, però el veritable honor és per a Rapper’s Delight, el primer amb veritable èxit comercial, les composicions del qual han fet, en poc temps, la volta al planeta.

L’estructura d’una cançó de rap sol ser sempre la mateixa: 2/3 versos, 1 tornada, 2/3 versos més i de nou tornada. Vers isosil·làbic basat en el predomini de monosíl·labs, en la cesura i en la rima. L’últim vers sempre ha de ser molt contundent. Bons exemples en podem trobar a youtube escoltant, entre altres, The Morning de Cruel Summer. Per conèixer quina és la temàtica o la lletra típica d’un rap, res millor que uns quants exemples. Diu el rapper Nach: «Els meus somnis són mentides que un dia deixen de ser-ho». I un altre del japonès Kase O: «Em beuré fins a les copes dels arbres, prendré de tot menys decisions». I si tornem a la nostra cantant Rosalia, podem llegir un fragment de la cançó Motomami, on es repeteixen uns versos que diuen«A cada copia que ves / tú dale tu bendición / y yo no quiero competir / si no hay comparación».

si un rapper és capaç de recitar respectant el tempo i el ritme, desgranant conceptes i metàfores a una velocitat considerable, no pot sinó considerar-se un veritable poeta, «un joglar dels nostres temps»

Dues propostes líriques tan allunyades en el temps tenen algunes coses en comú. Per una banda, si un rapper és capaç de recitar respectant el tempo i el ritme, desgranant conceptes i metàfores a una velocitat considerable, no pot sinó considerar-se un veritable poeta, «un joglar dels nostres temps», com afirma Enrique Santos Unamuno en la seva tesi: El resurgir de la rima: los poetas románicos del rap. Per altra, l’acompanyament de la recitació amb un instrument musical apropa encara més els dos singulars estils poètics. La rima en el cas del rap és molt més accentuada que la sàfica, segurament per incrementar el valor musical d’una recitació força monòdica. Es podria objectar que el rap té un component teatral, però res no sabem de com eren les representacions corporals a la Grècia de Safo. Seguim la comparativa: la variació tonal dels rappers és molt pobra i podem imaginar que en el cas grec també ho era degut a l’escassetat de cordes i la limitació de registres que conté una lira. Una diferència poc significativa seria que el rap acostuma a incorporar la tornada mentre que la poesia que coneixem de Safo, no. I un altra semblança: el rap té la seva gènesi a peu de carrer i en les classes baixes, es desfoga i vol combatre les injustícies, mentre que la poesia de Safo canta l’amor, els déus i parla de fets quotidians sense complexos.

La poesia culta, barroca o clàssica, modernista o post-modernista, abstracta o amb poc rigor rítmic, cal·ligramàtica o poètica del cos, totes elles queden lluny dels dos tipus de poesia que breument hem analitzat, la poesia sàfica i el rap. Ambdós estils aposten per l’exaltació dels sentiments de forma direca i molt rítmica. Per tant, per molt separats en el temps que estiguin aquestes dues escoles, es pot inferir que tenen molts punts en comú i m’atreveixo a reconèixer que, sovint, els extrems es toquen.

Potser ara s’entén millor el paral·lelisme que hi veu l’actriu Christina Rosenvinge entre la poeta Safo i la cantant Rosalia i que, qui sap?, potser és una idea amb molt de sentit. Un exercici de literatura comparada.

 

 

[ Foto: David Ruano – font: http://www.laveudelsllibres.cat]

Escrito por Luis Castellví Laukamp

Jaime Gil de Biedma (1929-1990) fue autor de una breve pero importante obra poética, cuya recepción ha quedado un tanto empañada por alguna controversia sobre su vida. En parte es responsable el propio Gil de Biedma, que no llevó una vida ordenada; pero también la única biografía existente, publicada en 2004 por Miguel Dalmau, que inspiraría un escabroso biopic sobre el escritor (El cónsul de Sodoma, 2009). Dalmau escribe menos de 100 páginas sobre la vida familiar/profesional de Gil de Biedma, poco más de 100 sobre su poesía, y unas 250 sobre su vida sexual/amorosa. La película dedica proporciones parecidas a cada tema. Abundan los chismes y el rigor brilla por su ausencia. No sorprende que fuera mal recibida.

La vida de Gil de Biedma daría para biografías y biopics de mayor vuelo lírico. Nacido en Barcelona en el seno de la alta burguesía, su infancia transcurrió entre algodones. La Guerra Civil sorprendió a los Gil de Biedma en la casa familiar de la Nava de la Asunción (Segovia), donde se mantuvieron ajenos a los horrores del frente. Al terminar la contienda, volvieron a Barcelona, donde Gil de Biedma fue educado en un colegio laico. En 1946 comenzó derecho en la Universidad de Barcelona, estudios que terminaría en Salamanca. Como tantos escritores de su generación, no estudió leyes por vocación sino por pragmatismo. La influencia del padre fue determinante en este sentido. Durante la carrera Gil de Biedma empezó a escribir poesía. También trabó amistad con Carlos Barral, los hermanos Goytisolo y Gabriel Ferrater.

Tras licenciarse, Gil de Biedma no tenía claro su futuro profesional. Pasó buena parte de 1953 en Inglaterra (Londres y Oxford), una experiencia que le resultaría decisiva como poeta. En sus entrevistas habla con conocimiento de autores como Lord Byron y W. H. Auden, a quien tradujo más tarde. Llegaría a mantener correspondencia con T.S. Eliot, a quien también tradujo. Gil de Biedma pasó el verano de 1953 en París (Baudelaire sería otra influencia crucial). Acabado el Grand Tour, regresó a España para preparar las oposiciones a diplomático (1953-1954), pero las suspendió. En 1955 su padre le ofreció trabajo en la empresa familiar, la Compañía de Tabacos de Filipinas. Gil de Biedma desarrolló toda su carrera como ejecutivo en esta multinacional, también conocida como La Tabacalera.

Este trabajo le permitió mantener el tren de vida al que estaba acostumbrado. Pero la contrapartida fue desarrollar su carrera laboral bajo la sombra del padre, que fue su jefe durante décadas. Si bien desempeñó cargos empresariales con solvencia, Gil de Biedma nunca pudo quitarse el sambenito de niño de papá. Aunque este no fue su problema más grave. Consciente de su homosexualidad desde joven, Gil de Biedma llevó una doble vida (empresarial/ejecutiva de día, literaria/bohemia de noche) que le procuró temas para su obra poética, mas también grandes sufrimientos. Sus amigos más cercanos conocían su orientación sexual, pero no sus padres, que no la hubieran aceptado. Gil de Biedma nunca quiso salir del armario públicamente, ni siquiera tras la muerte de Franco y la Transición.

Precisamente, 1975 es el año de la publicación de su poesía completa: Las personas del verbo. La obra poética de Gil de Biedma, escrita en las décadas de 1950 y 1960, produjo una honda impresión en sus lectores. Por ejemplo, Carme Riera considera Pandémica y celeste uno de los mejores poemas de la literatura española contemporánea. Apología y petición es otro clásico que entronca con la visión de España como preocupación de la generación del 98. No volveré a ser joven fue musicado por Joan Manuel Serrat, y desde entonces es uno de sus poemas más populares. De vita beata tiene imágenes memorables que han perdurado, como las ruinas de la inteligencia. Contra Jaime Gil de Biedma revolucionó la poesía autobiográfica. Lágrima revela el impacto que le produjo el Tercer Mundo tras su descubrimiento de Filipinas. También deslumbran los homenajes poéticos a Luis Cernuda, James Baldwin y Gabriel Ferrater. Poetas contemporáneos como Luis García Montero y Luis Alberto de Cuenca reconocen su deuda con Gil de Biedma. Las personas del verbo supuso una bocanada de aire fresco tras el tardofranquismo.

Muerto el dictador, Gil de Biedma prácticamente dejó de escribir poesía, lo cual aumentó su leyenda. Pero llevó un diario durante casi toda su vida. Aunque su poesía ha atraído más atención crítica, últimamente sus diarios están despertando el interés de los investigadores. Álvaro González Montero, por ejemplo, dedica su trabajo de investigación a este corpus. En este sentido, hay una diferencia notable entre el Diario de 1956 y el Diario de Moralidades (1959-1965), por un lado, y el Diario de 1978 y el Diario de 1985, por el otro. El primero es el diario de un escritor en ciernes. El segundo es un diario de trabajo de un poeta que controla su quehacer literario. Por el contrario, el tercero tiene un tono más apático, como de escritor bloqueado. El último consta de apenas unas páginas; está escrito después de que a Gil de Biedma le diagnosticaran el VIH/sida.

Sus últimos cinco años fueron muy duros. Si bien su amigo y jefe de La Tabacalera, Manuel Meler, le dio todo tipo de facilidades para ser tratado en el Hospital Claude Bernard de París, los médicos no pudieron hacer nada por su vida. Y Gil de Biedma se fue consciente de que se moría. Ahora bien, para él lo más angustioso era la posibilidad de causar un escándalo que salpicara a su madre: “Mantener mi enfermedad en secreto, salvo para unos poco íntimos, me parece cada vez más difícil […] si salgo adelante será por el canto de un duro”. El sida era (y sigue siendo) considerado una desgracia social. De ahí que Gil de Biedma lo ocultara, pese a su fama y prestigio, que alcanzaron cotas insospechadas para un poeta. Finalmente, la madre murió en noviembre de 1989, y el escritor el 8 enero del año siguiente. Como explica Isaías Fanlo en su tesis doctoral, Gil de Biedma fue el intelectual barcelonés más célebre muerto de sida. Tenía sesenta años.

El Retrato del artista en 1956

Antes de morir, Gil de Biedma dejó instrucciones para la publicación póstuma de sus diarios. Entrevistado en 1978, ya había contado que en el primero (publicado originariamente como Diario del artista seriamente enfermo en 1974) faltaba “todo el período de mi estancia en Filipinas, desde principios de enero [de 1956], en el que hay demasiadas historias que todavía no puedo publicar”. El texto vio la luz en su integridad en 1991 con el título de Retrato del artista en 1956. Posteriormente, en 2015 Andreu Jaume publicó los diarios completos de Gil de Biedma en una edición impecable. Ahora bien, el más conocido sigue siendo el Retrato del artista en 1956, sobre todo por su primera parte, que describe la estancia del poeta en Filipinas. La bibliografía existente se ha ocupado principalmente de la crónica sexual del autor, tan libre y desenfadada que recuerda al Reinaldo Arenas de Antes que anochezca (1991). Como apunta David Vilaseca, en Gil de Biedma hay una tensión entre una mentalidad pretendidamente anticolonial y un retrato exotizante del hombre asiático (no solo filipino), identificado con la disponibilidad sexual. En este sentido, un pasaje tristemente célebre se lleva la palma. Me refiero al encuentro entre Gil de Biedma y un menor prostituido, que ha generado ríos de tinta, e incluso una polémica entre el director del Instituto Cervantes (Luis García Montero) y uno de los críticos más destacados de Gil de Biedma (Andrés Trapiello). Remito al artículo de Luis Alemany para un examen de esta controversia, de la que no me ocuparé, pues quiero dedicar el espacio que me queda a un tema menos conocido: el retrato que Gil de Biedma ofrece de Filipinas como país (pos)hispánico.

Gil de Biedma escribe una década después de que Filipinas obtuviera su independencia de Estados Unidos. Como ciudadano de la primera metrópoli, contempla Manila con una mirada poscolonial: “… me sorprendo del perfecto español de los cantantes […] González Díaz me explica que cantan en español de oído, sin tener idea de lo que dicen”. La confusión identitaria resultante de la anglosajonización del archipiélago es precisamente el tema de The Woman Who Had Two Navels [La mujer con dos ombligos] (1961), una novela filipina clásica. Traduzco del inglés a su autor, Nick Joaquin: “Los jóvenes que escribían en la década de 1900 se encontrarían con que sus hijos no podrían leerlos. Los padres hablaban europeo; los hijos, americano”. Gil de Biedma no escribe del asunto con el mismo pathos. Pero atestigua la presencia cada vez más marginal de la lengua española en Filipinas, una reliquia colonial del pasado como la propia Tabacalera en la que él trabajaba. Además, este proceso de deshispanización impidió a los filipinos leer a José Rizal en su lengua.

El héroe nacional es una suerte de santo intocable en Filipinas. El propio Gil de Biedma participa, hasta cierto punto, de la fascinación con el personaje (“Casi diría que estoy un poco enamorado de él”). Pero muestra un juicio crítico notable. En primer lugar, sigue los debates que dieron lugar a la Rizal Law de 1956, que estableció la lectura obligatoria de sus dos novelas, el Noli me tangere y El filibusterismo. La primera es la “ficción fundacional” de Filipinas, en el sentido que daría al término Doris Sommer. Nuestro poeta tiene sentimientos encontrados al respecto. Por un lado, celebra que estas novelas incomoden a la Iglesia, cuyos frailes Rizal caricaturiza sin piedad. Por otro lado, cuestiona que la canonización de un escritor contribuya a fomentar su lectura. No hay que olvidar que Gil de Biedma, que nunca ganó ningún premio literario, consideraba la marginalidad ventajosa desde el punto de vista intelectual. Lo cierto es que Rizal, convertido en estatua tras su muerte, en vida mantuvo una relación tensa tanto con Filipinas como con España. Quizás lo más interesante sea el juicio ponderado de Gil de Biedma, ajeno a exaltaciones nacionalistas en uno u otro sentido. Del Rizal novelista reconoce los méritos satíricos y costumbristas, aunque critica su dispersión y su “retórica posromántica”; del poeta admira Mi último adiós, su composición más conocida y conmovedora, escrita en la víspera de su fusilamiento a los 35 años.

Gil de Biedma afirma sentir “simpatía, piedad, admiración” y “vergüenza española por la brutal injusticia” cometida con Rizal. Estos sentimientos se extienden a todo el período colonial español: “España […] fue un amo tiránico y un explotador tan cruel como incompetente que se ganó a pulso la pérdida de sus colonias”. La segunda parte del Retrato del artista en 1956, escrita por Gil de Biedma para su padre, llega a describir la economía de Filipinas, basada en la exportación de materias primas, como “todavía fundamentalmente colonial”. La crítica resultaría más convincente si incluyera una autocrítica, pues el propio Gil de Biedma, alto ejecutivo de La Tabacalera, fue instrumental en este proceso. Cuando en la tercera parte del diario, ya de vuelta en España y enfermo de tuberculosis, nuestro autor dice sentirse “nostálgico de Filipinas”, uno se pregunta si lo que de verdad echa de menos no sería el privilegio del que gozaba. Ahora bien, resulta más fructífero tratar de entender a Gil de Biedma que juzgarlo. Él pone todas las cartas sobre la mesa, lo que es de agradecer. Los géneros autobiográficos a menudo sirven para ajustar cuentas (con enemigos, rivales, etc.). Gil de Biedma, en cambio, expone sus propios fracasos, miedos, inseguridades, y por supuesto la aceptación de su homosexualidad. Al igual que Juan Goytisolo en sus memorias, publicadas en vida del poeta, Gil de Biedma es despiadadamente sincero, sobre todo respecto a sí mismo. A veces se desnuda con elegancia, otras con cierto exhibicionismo, pero siempre con honestidad. El ajuste de cuentas es sobre todo (aunque no solo) con Gil de Biedma, como en el mencionado poema (Contra Jaime Gil de Biedma). En definitiva, si bien nuestro autor será recordado como poeta, sus diarios tienen un interés considerable, en especial en lo que atañe a Filipinas.

Luis Castellví Laukamp es profesor de literatura española en la Universidad de Manchester. Ha publicado el libro Hispanic Baroque Ekphrasis: Góngora, Camargo, Sor Juana (Cambridge: Legenda, 2020).


NOTA: El presente ensayo anticipa una contribución más extensa sobre Gil de Biedma que aparecerá en el volumen Galería de viajeros. El autor agradece a los editores Roger Friedlein y Beatriz Friedel su autorización para publicar este adelanto.

 

[Fuente: http://www.letraslibres.com]

O Pleno da Real Academia Galega nomeou esta mañá a Kathleen Nora March (Rochester, Nova York, 1949) membro de honra. A catedrática emérita de Español na University of Maine e responsable do Centro de Estudos Galegos de dita universidade foi a primeira directora da Galician Studies Association (actual Asociación Internacional de Estudos Galegos), traduciu obras do galego ao inglés de autoras e autores de distintas xeracións e desenvolveu investigacións sobre as letras galegas que tamén contribuíron á súa proxección internacional. O nomeamento produciuse no pleno ordinario celebrado antes da sesión extraordinaria pública de ingreso de María Dolores Sánchez Palomino como académica de número.

Kathleen March formouse na State University of New York en Buffalo, onde se especializou en estudos latinoamericanos, cunha investigación sobre as actitudes no Brasil cara aos portugueses continentais, e doutorouse pola mesma institución en Español cunha tese sobre o autor peruano José María Arguedas. Logo de estadías nas universidades de Nova York, Missouri-Columbia, Santiago de Compostela e o Estado de Ohio, desde 1984 ata a súa xubilación impartiu docencia na University of Maine e no ano 2002 doutorouse por dita institución en Creación Literaria coa tese Sea Worlds: De mar a mar. A partir do ano 2000 desenvolveu un método de ensino estruturado como un servizo aberto á comunidade, o que a levou a traballar xunto ao seu alumnado en Honduras desenvolvendo diversos proxectos sociais, culturais e pedagóxicos. Ao longo da súa traxectoria dirixiu numerosas teses e proxectos de investigación.

A relación con Galicia de Kathleen March remóntase ao ano 1975, cando chegou por primeira a esta terra para investigar sobre a poesía de Manuel Antonio, e desde entón dedicouse de forma intensa ao estudo da literatura galega contemporánea, de autoras e autores como Carvalho Calero, Castelao, Luz Pozo Garza, Xohana Torres ou Rosalía de Castro.

A lectura e análise de La hija del mar levouna a estudar desde 1988 a intersección entre literatura, feminismo e nacionalismo en Galicia. Esta foi, en 1995, a primeira das moitas obras literarias que traduciu do galego ao inglés, contribuíndo á proxección da literatura galega no ámbito anglosaxón. Seguíronlle, dentro da narrativa, os volumes Arredor de si de Ramón Otero Pedrayo (1995 e 2007), Xente de aquí e acolá de Álvaro Cunqueiro (2011), Un nicho para Marlyn (2016) e Lume de cobiza (2018) de Miguel Anxo Fernández, Bibliópatas e fobólogos de Emma Pedreira (2022), Pensa nao de Anxo Angueira (2019), Seique de Susana Sánchez Aríns (2021), Memoria para Xoana (2021) e Confusión e morte de María Balteira (2022) de Marica Campo (2022).

No campo da poesía traduciu Tigres de ternura de Claudio Rodríguez Fer (2012) e tamén verteu os volumes colectivos Festa da Palabra. An Anthology of Contemporany Galician Women Poets (1988) e An Anthology of Galician Short Stories (1991) e mais o texto Rosalía’s Revolution in New York de Claudio Rodríguez Fer (2014). Ademais, traduciu do inglés ao galego o ensaio de Noam Chomsky Sobre o poder e a ideoloxía: as conferencias de Managua (1993). No ámbito da creación publicou diversos relatos e poemas, tanto en inglés coma en galego.

Kathleen March fundou a Galician Studies Association, precursora da actual Asociación Internacional de Estudos Galegos, creada co obxecto de impulsar os estudos galegos na academia norteamericana e despois ampliada ao ámbito internacional. Foi a súa primeira directora, e despois recuncou nunha segunda etapa entre 2000 e 2003. Ten participado en numerosos congresos e conferencias, con disertacións sobre autoras como Rosalía de Castro, Xohana Torres, Eiléan Ní Chuilleanáin, María Mariño Carou, Carmen Blanco ou Pilar Pallarés, entre outras moitas.

As contribucións da investigadora e tradutora á divulgación da literatura e da cultura galegas foron recoñecidas co Premio da Cultura Galega no apartado de Proxección Exterior (2015). En abril de 2021 obtivo ademais a I Bolsa en Residencia Xacobeo para tradutores en lingua galega, convocada pola Xunta de Galicia coa colaboración da Residencia Literaria 1863 da Coruña, proxecto este último impulsado pola escritora Yolanda Castaño e apoiado polo Concello da Coruña.

 

 

[Fonte: http://www.academia.gal]

La poesía de María del Rosario Andrada se nutre de una visión cosmogónica y mítica.

Escrito por Hilda Angélica García

Wanacu, de María del Rosario Andrada, es una mirada a los seres y las cosas que emparentan el espíritu andino con el universo.

En un volumen de composiciones breves e intensas, busca decodificar esa pertenencia de hombre y naturaleza, dualidad originaria que conmueve a la escritora y que esta representa en elementos míticos. Porque la poesía de Rosario Andrada se nutre de una visión cosmogónica y mítica.

La presencia de la conciencia mítica en la obra de un escritor indica cierta actitud ante la realidad. Este es el caso de Rosario, quien con Wanacu continúa una saga inserta en la mitología andina, iniciada en un camino ritual, cuyos indicios encontramos en libros anteriores de esta autora, como Tatuaron los pájaros y que se manifestó expresamente en Los cánticos de Otmerón que, como bien dice la autora, es el canto del dominado al dominador, del pueblo conquistado al conquistador. En uno de los poemas iniciales de este libro, en desgarrante imagen dice: “Un eclipse de sol paralizó la tierra,/ los yaguaretés agonizantes/ exhalaban el humo negro de la conquista”.

En este poemario Rosario juega con las invenciones y lugares, son inventos como ella misma reconoce, pero nada desmerece la mitología que se crea en torno al descubrimiento del nuevo mundo. Sobre Los cánticos de OtmerónMaría Rosa Calás de Clark dice en Historia de las Letras en Catamarca: “Se trata de poemas que recuerdan la épica antigua, anterior a la virgiliana o la homérica, y más bien semejante a la de Lucano, quien percibía con proporciones épicas la realidad histórica de los acontecimientos próximos”.

Luego en Los señores del Jaguar, que individualmente constituye una saga, es un poemario donde se narra la odisea del pueblo maya, sus vicisitudes, cómo eran los templos, quiénes eran y qué hacían los guerreros llamados Los Señores del Jagua. Y, una vez más, la invención de la autora presente en la creación de deidades americanas, como el niño dios de dos caras, símbolo de la tragedia que se avecina: la llegada de los conquistadores y el exterminio de todo un pueblo.

Los Señores del Jaguar le sucede Huayrapucala madre del viento, que es un símbolo complejo de la mitología calchaquí. Según Adán Quiroga, Huayrapuca es un ser bicéfalo o tricéfalo, aparece como cabeza monstruosa de dragón en una extremidad del cuerpo y con cabeza de serpiente en la otra, o con cabezas de guanaco o renacuajo, suri o serpiente. Es una divinidad andrógina, es el mito supremo. Huayra= viento; puca =polvillo colorado.

A este libro le sigue Suri patitas largas, donde Rosario, abiertamente, sin despojarse de su óptica cosmogónica da una mirada más terrenal del mundo en la relación del hombre con el universo. En los versos de este libro el aire transparenta los recuerdos y los va depositando uno a uno en las palabras. También aquí los elementos míticos atraviesan la esencia de los contenidos expresados, materializados en ese animalito que es el suri, que representa la Cruz del Sur.

Llegamos al libro que hoy nos ocupa, al que Rosario ha titulado Wanacu, así con W y terminación en u, escritura en aymara y quechua para guanaco, huanaco o huanacu.

Comencemos por el título para interpretar la simbología de esta obra.

El guanaco es, como sabemos, un animal de la familia de los camellos, común en la región andina de América del Sur. En nuestras provincias, Santiago del Estero y La Rioja, el huanaco se llamaba también talca, nombre que en Andalgalá se daba a la liebre.

Lafone Quevedo explica la etimología de la palabra. Huana: el que corrige y el menesteroso –Cu partícula de pluralidad. En sánscrito, “van” es radical de ofrecer, adorar, como lo es también de selva o bosque. Es curioso que en sánscrito la palabra “vanakú” exista como nombre de un animal que se supone una liebre o un ratón. Es decir, “aku”, ratón; “van”, del bosque.

El valor cosmogónico del ratón es conocido en América; igualmente lo es el uso mitológico del símbolo, huanaco.

Creo oportuno recordar la antigua costumbre de tener un animal que cargase con los pecados del mundo, misterio conocido en América. Este simbolismo resalta más cuando se tiene en cuenta que “huanac”, en quichua, es hombre arrepentido, corregido, y “van” en sánscrito es también “agua”, lo que se relaciona con lustraciones, bautismo.

“Huanaco” es voz que da lugar a múltiples investigaciones, porque aunque no fuese más que ese depósito de agua que conserva en uno de los estómagos, sería suficiente para autorizar una etimología que explicase el tema así: “co”, agua; “huana”, para algún moribundo. Porque se sabe que más de alguno que perecía de sed en estos desiertos se ha salvado abriendo uno de estos animales y sacándoles la bolsa de agua con que la naturaleza los ha provisto.

Wanacu, este poemario de María del Rosario Andrada, se abre con una composición dedicada a ese querido amigo que fue Leonardo Martínez. En la estrofa final dice la autora: “Ese niño…/ es viento zonda en la altitud/ y lucero en tierra wanacu”. Desde el comienzo nos situamos en una región de vientos, en esa tierra Wanacu, donde sueñan los poetas que como Leonardo se han inspirado en ella para su obra trascendente. Es la sacralidad andina que se desparrama en Latinoamérica y que va delineando una forma de ser, una cultura. El mito es aquí la expresión humana que marca la emergencia de una dualidad: naturaleza y espíritu, simbolizado en ese noble animal que carga con los pecados del mundo y redime a los moribundos en el desierto. En ese animal, el guanaco, que se suma al bestiario que caracteriza a la obra de Rosario Andrada. Antes fueron el jaguar y el suri, incluyendo al yaguareté, la vicuña, los teros, los caballos, las serpientes, las iguanas.

El segundo poema, titulado La lluvia caía sobre Cuzco, resume y abarca el contenido del libro todo, porque sitúa el espacio –Latinoamérica, Perú; el tiempo: el clima, la lluvia- y en una poesía de pulso narrativo ubica los elementos que ambientan el recorrido del poemario.

Es de señalar en esta composición un pasaje muy significativo donde se produce una transferencia, un desplazamiento del yo poético que se identifica con ese nacimiento animal contenido en el vientre de esa madre que no es otra que la tierra.

En este punto va fluyendo el tono nostálgico que envuelve a esta obra y muestra el sufrimiento de América inicial, su historia que subyace en cada elemento de la naturaleza, en los vientos, en las piedras, en sus altas montañas, en sus ríos.

Dentro del sentido que crea este poema, el tiempo real desaparece; se convierte en un tiempo donde el suceso recordado se repetirá como ausencia en el futuro. Su añoranza de hoy ocurrirá también mañana, y el tiempo real, cronológico se vacía de cambios. El ayer puntual queda suspendido en un tiempo eterno, el de quien añora. Aquí también se sienten esos Cien años de soledad de los que habló García Márquez.

Rosario Andrada va trazando un itinerario poético contraponiendo el horror y la ternura como cuando habla de “aldabas/ con cabezas de Cristo o gárgolas de serpientes enroscadas” y de “callecitas angostas de balcones enfrentados” o cuando siente que “los frisos resguardados por los ángeles y querubines rodeando el infierno, está escondido el ojo de Dios purgando sus pecados”. Va alternando el caos con la salvación, la tragedia y la esperanza. La autora nos habla de figuras monstruosas, muy propias de su poética, pero al clima angustiante de estos pueblos sometidos le da un aire en el vuelo de los pájaros. Es lo que hace en el poema Vuelos de pájaros andinos o cuando habla del colibrí.

Hay una identificación y desplazamiento del espíritu que alienta Rosario a los elementos míticos que definen a nuestra América, a esa tierra Wanacu que se descubre cuando leemos este poemario.

En Wanacu la autora enfrenta el espacio real con el creado y sus diferentes versiones, y en estas es absorbido el yo poético que toma la palabra, hasta el punto que este es tomado por aquella. Se produce aquí un movimiento doble. Genera espacios externos e internos de la palabra misma donde es posible observar la función mítico-ritual, inmersa en un paisaje envuelto en la sacralidad del espíritu andino que la sustenta.

De la palabra al hecho

La lluvia caía sobre Cuzco

Nos ocultamos

la lluvia caía sobre Cuzco

como nunca en esa estación del año

recalamos en un hostal

una indiecita morena

nos besó los labios

con hojas de coca

y nos abrigó en la noche

con cueros de vicuña.

Una llama parió en el fondo

el vientre

de mi madre se abría

mi cabeza era un colgajo

araña ensangrentada

Cuando la cría

cayó a tierra

la hembra sin fuerzas

mordió el cuello

resopló el hocico

la pequeña quedó

a la intemperie

fue entonces cuando un relámpago le secó los ojos.

Un huayno escapó por la ventana: “qué hermosos ojos,

qué bonito cuerpo

qué linda flor

te voy a querer

a mi linda tierra te voy a llevar.

 

[Fuente: http://www.pagina12.com.ar]

Falante da variedade mañega desde o berce, Frades realizou un importante labor de recompilación de vocabulario, toponimia, costumes e cantigas populares, á vez que promoveu o coñecemento da existencia das falas dos concellos cacereños de Valverde do Fresno, As Ellas e San Martiño de Trebello.

Domingo Frade

Real Academia Galega (RAG) anunciou esta terza feira o pasamento de Domingo Frades Gaspar (San Martiño de Trebello, 18 de outubro de 1936 – Badaxoz, 10 de xaneiro de 2023), membro correspondente da institución desde o ano 2004 e destacado valedor do galego de Estremadura.

Falante da variedade mañega desde o berce, realizou un importante labor de recompilación de vocabulario, toponimia, costumes e cantigas populares, á vez que promoveu o coñecemento da existencia das falas dos concellos cacereños de Valverde do Fresno, As Ellas e San Martiño de Trebello.

Colaborou ademais na constitución de diversas asociacións culturais, entre elas a Asociación Fala i Cultura do Val do Río Ellas, da cal foi o primeiro presidente.

Axente de Extensión Agraria do Ministerio de Agricultura de profesión, compaxinou este labor coa escrita de diversas obras sobre a cultura e a lingua da serra de Gata, entre elas as monografías Vamus a falal. Notas pâ coñecel y platical en nosa fala (1992 e 2000) e Callejeiru Mañegu  e a tradución de Novu Testamentu en Fala (2015).

Organizou tamén, entre outros encontros, o Congresu da Fala en Valverde e o Seminario Internacional de Linguas Minoritarias da UE celebrado na mesma localidade.

Domingo Frades Gaspar tamén cultivou a poesía. Só uns días antes do seu pasamento chegara ás súas mans a súa Obra Poética Mañega, a recompilación dos poemas que foi creando e publicando entre 1971 e 2004.

 O volume será presentado postumamente o vindeiro 20 de xaneiro en Badaxoz e os días 21 e 22 en San Martiño de Trebello e Valverde.

« Unha ponla do galego medieval »

« Domingo Frades Gaspar representaba na RAG o galego de Cáceres, unha ponla do galego medieval da que agromou un grupo dialectal formado polo valverdeiro, o largarteiro e o mañego », anunciaron desde a Academia ao tempo que lamentaron o seu pasamento.

Henrique Costas lembra seu amigo

O catedrático da Universidade de Vigo, (UVigo), Henrique Costas escribiu un texto en lembranza de Domingo Frades, grande amigo seu.

No texto, Costas manifesta que « desde 1991, cando atravesei a angarela da súa casa, sempre me recibiu cos brazos abertos, un enorme sorriso, a súa enorme simpatía e sabedoría ».

« Quédanos a inmensa sorte de terte tratado ao longo destes anos, de ter aprendido tantas cousas, de ter rido tantísimo en tantos lugares. Que a terra che sexa leve coma unha folla das túas viñas. Xa nos veremos, amigo », conclúe Costas.

 

[Fonte: http://www.nosdiario.gal]

El sello argentino Paradiso Ediciones lanzó a librerías el poemario “Cantares de pérdida y predilección” (1), de la extraordinaria poeta, cronista y dramaturga brasileña Hilda Hilst, en ajustada traducción a nuestro idioma de José Ioskyn, incluida en esta edición bilingüe.

Escrito por LUIS BENÍTEZ

Hilda de Almeida Prado Hilst (1930-2004) es ampliamente reconocida por la crítica como uno de los mayores nombres literarios en lengua portuguesa. Sin embargo su obra no ha sido tan abundantemente llevada al castellano como sería de esperar, en vistas a difundirla aún más en nuestro idioma. Doble mérito, entonces, el del sello porteño y el traductor, al sumar al fondo editorial disponible en español esta notable obra de la autora nacida en Jaú, estado de San Pablo, en la tercera década del siglo pasado.

El genio precoz e indomable de Hilst, su público desenfado al desafiar coherentemente y durante toda su vida las nociones patriarcales imperantes en la época en que desarrolló su dilatada obra en varios géneros –recordemos que fue polígrafa, aplicándose con igual talento a la poesía, el teatro y la narrativa- no se detuvo ni amilanó siquiera en tiempos de la feroz dictadura militar que asoló al Brasil a partir de los ’60 de la centuria anterior.

Como sucede por ejemplo con el gran escritor italiano Cesare Pavese, hay quienes prefieren a la Hilst en prosa versus la destacada poeta que ella fue; otros no dejan de subrayar la importancia fundamental de su creación dramática. De todas maneras, se advierte que muy tempranamente sus incursiones narrativas, poéticas y teatrales llamaron la atención de la crítica especializada, interés y reconocimiento que le granjearon importantes distinciones a lo largo de prácticamente medio siglo de trabajo literario. Entre otros galardones, Hilst recibió en 1962 el Premio del PEN Club de São Paulo; el Anchieta en 1969; el Premio al Mejor Libro del Año 1977 por la Asociación Paulista de Críticos de Arte, institución que en 1981 distinguió a la suma de su obra con el Grande Prêmio da Crítica.

El volumen que nos ocupa, Cantares de Perda e Predileção, tal su título original en portugués, fue destacado en 1984 con el importante Premio Jabuti por la Cámara Brasileña del Libro y un año más tarde recibió el Cassiano Ricardo, establecido por el Club de Poesía de São Paulo. Su creación poética fue distinguida en 2002 con el Premio Moinho Santista.

Cantares de pérdida y predilección, una obra de la plena madurez poética de la autora, sobresale entre otros factores por la muy lograda conjunción que alcanza la sutil combinación de añejas formas compositivas –tales como las propias del medioevo portugués- con las audacias más características de las vanguardias del siglo XX.

Estas amalgamas formales le permiten a Hilst el logro de texturas únicas, en un original juego entre la expresión y los contenidos expresados, estableciendo asimismo un formidable equilibrio entre sentidos antagónicos, uno de los territorios favoritos para sus expediciones poéticas. La pasión y la pérdida, el amor y el odio, lo divino y lo profano alcanzan en Cantares de pérdida y predilección a trazar entre sí puentes de comunicación y complementación que aluden simétricamente a la posibilidad de que un campo inevitablemente depende de su contrario (real/aparente) para existir y que la anulación de uno trae aparejada la inevitable disolución del otro.

Autora de una metafísica natural, fresca y evidente a través de referencias directas, no penetra la sensibilidad del lector tras obligarlo a arduas reflexiones y a estar dotado previamente de un amplio bagaje politemático, sino que se las arregla para inocular núcleos de sentido casi imperceptiblemente, gota a gota, verso a verso, con una maestría que eleva sus textos a las alturas que han proporcionado antes las mayores voces de su lengua natal.

La obra poética de Hilda Hilst

Publicó en el género: Presságio (1950); Balada de Alzira (1951); Balada do Festival (1955); Roteiro do Silêncio (1959); Trovas de muito amor para um amado senhor (1959); Ode Fragmentária (1961); Sete cantos do poeta para o anjo (1962); Poesia 1959/1967 (1967); Amado Hilst (1969); Júbilo, memória, noviciado da paixão (1974); Poesia 1959/1979 (1980); Da Morte. Odes mínimas (1980); Cantares de perda e predileção (1980); Poemas malditos, gozosos e devotos (1984); Sobre a tua grande face (1986); Alcoólicas (1990); Amavisse (1989); Bufólicas (1992); Do desejo (1992); Cantares do Sem Nome e de Partidas (1995); Do Amor (1999).

NOTA

(1) Paradiso Ediciones, edición bilingüe: español-portugués; ISBN 978-987-4170-62-0, prólogo y traducción de José Ioskyn, 96 pp., Buenos Aires, Argentina, 2022.

 

[Fuente: http://www.todoliteratura.es]

Une nouvelle anthologie d’Edith Bruck nous permet de découvrir l’œuvre de poétesse de l’auteur du « Pain perdu ».

Écrit par Myriam ANISSIMOV

Nul doute qu’Edith Bruck entretient des liens secrets avec la poétesse russe Anna Akhmatova, quand elle écrit : « La poésie n’est pas trompeuse, elle dit la vérité qui trouble les consciences, qui touche les plaies ouvertes, privées et publiques. » On ne peut cependant pas comparer le lyrisme de l’auteur du Poème sans héros aux brèves poésies d’Edith Bruck. Mais toutes deux ont connu la terreur, l’horreur des crimes du totalitarisme. Toutes deux ont perdu les leurs, toutes deux ont écrit des œuvres puissantes, sans aucun compromis avec la vérité. Toutes deux ont évoqué la douleur sans espoir, l’une dans l’Union soviétique de Staline, l’autre dans les camps d’extermination implantés par l’Allemagne nazie, principalement en Pologne et dans l’Est de l’Europe.

Une poétesse entre Hongrie et Italie

La poésie d’Edith Bruck n’est pas aussi savante que celle d’Akhmatova, elle dispose de moins de métaphores, liées à l’héritage de la culture gréco-latine et de la littérature russe. Edith Bruck n’a pas eu le temps de lire pendant son enfance et son adolescence. Elle a été déportée alors qu’elle était la petite élève d’une classe primaire d’une école du village de Tszabercel.

Après de longues pérégrinations dans l’Europe dévastée, alors qu’elle survivait dans des conditions hasardeuses, avide de tenir enfin des livres entre ses mains, elle s’est forgé une vaste culture littéraire, notamment dans sa langue maternelle, et a traduit de grands poètes hongrois en italien : Attila, Radnòdti, Illyés, et même aussi, François Villon.

Le camp de la mort a été, comme pour Primo Levi dont elle était proche, son université. Ses lectures ultérieures ont fait d’elle un écrivain, auteur d’une œuvre d’une intensité et d’une lucidité exceptionnelles. Le maniérisme, la sophistication des moyens n’étaient pas son affaire. Une langue rigoureuse lui suffisait.

Au terme de son sidérant périple en Europe, Edith est arrivée à Naples. Elle avait auparavant vécu quelques saisons dans le jeune État d’Israël, ne s’y était pas plu. Elle avait subi les coups de deux maris, et en avait épousé un troisième, plus pacifique, parce qu’il s’agissait d’un mariage blanc. Au kibboutz, elle avait accepté les tâches les plus modestes, pour finir par se réfugier un soir de pluie sur un balcon, où un homme l’avait « secourue », en échange d’un viol. Ayant quitté Israël pour échapper au service militaire, elle fut engagée comme danseuse et chanteuse de cabaret au sein d’une troupe itinérante, grâce à sa beauté.

Enfin, remarquée et aimée par le poète Nelo Risi (1920-2015), elle est non seulement devenue un grand écrivain, mais aussi dramaturge et documentariste à la RAI. Elle avait fondé avec Dacia Maraini le théâtre féministe de la Maddalena, à Rome.

Son récit, Le Pain perdu, ayant ému le pape François, ce dernier a voulu la connaître. Cet humble hommage de François, venu lui rendre visite dans son petit appartement du centre de Rome, lui a valu de voir son livre traduit dans plusieurs langues, de recevoir le prix Viareggio, le prix Strega giovani, et d’être vendu à 100 000 exemplaires.

Au nom du père

Le regard d’écrivain de Bruck est implacable, elle écrit « toute la vérité, rien que la vérité », mais elle peut aussi se montrer d’une tendresse, d’une ingénuité, presque enfantines. Elle a rejeté la religion de ses pères, mais il y a souvent, dans son style, des invocations bibliques questionnant l’existence du Mal dans le monde. Et c’est précisément parce qu’elle n’a jamais rompu avec l’univers de son enfance, avec les siens, surtout avec sa mère, si pieuse, qu’elle a pu devenir poète, ainsi qu’elle le lui avait prédit, alors que cette dernière lui demandait seulement de prier.

La Voix de la vie. Poèmes René de Ceccatty (traducteur), Édith Bruck 2023 Rivages 200 pages

Ainsi qu’elle l’explique dans sa préface, ses poèmes sont des « poèmes-prières », comme ceux qu’elle s’est murmurés lorsque, en 1944, les fascistes hongrois l’ont chassée avec toute sa famille vers les trains qui partaient pour Auschwitz où, cet été-là, les nazis assassinaient et brûlaient 20 000 Juifs hongrois par jour.

Son premier poème est intitulé « L’Égalité père ! ». Il est inspiré par sa disparition, en un instant, lors de la « sélection » par Mengele, sur la Judenrampe, qui conduisait aux chambres à gaz, aux crématoires et, comme en avril 1944 ces derniers étaient saturés, aux fosses d’incinération géantes en plein air que les SS appelaient « le grill ». Au moment où son père disparut, pendant la sélection, la mère d’Edith hurla : « Cherche ton père ! Cherche ton père ! ». C’est lui, « le père » de toute sa poésie.

« Je n’ai pas de tombe / où pleurer / où apporter des fleurs. / Sur le sol d’Auschwitz / je ne mettrai plus jamais le pied. / Dans mon village natal / les pierres tombales de mes grands-parents / je les ai trouvées décapitées / et embellies par deux pots de chambre / et mes sens / sont paralysés / les pieds m’ont entraînée au loin / pour ne jamais y retourner / comme à Auschwitz. / Que pourrais-je dire, moi, survivante, / en tant que guide témoin / à des groupes d’étudiants en visite ? / Où la voix est celle des chaussures, / des lunettes, / du vent mauvais / de la terre-tombe / du silence sacré. / Même le pape François / est resté muet / assis de dos / comme un buste de marbre. / Il n’y a pas et il n’y aura jamais / de mots pour le dire. / J’essaie, je raconte, j’écris / mais ce n’est qu’un balbutiement. » (« Où »)

Le présent volume est composé de tous les poèmes publiés par Edith Bruck qui n’avaient pas été retenus dans l’anthologie précédente, parue chez Rivages en 2022, et intitulée Pourquoi aurais-je survécu ?, ainsi que l’écrit René de Ceccatty, son traducteur et éditeur dans son avant-propos. Ils proviennent de quatre recueils, Il tatuaggio (1975), In difesa del padre (1980), Monologo (1990) et Tempi (2021).

Ces poèmes peuvent être lus comme le fruit d’une seule et même inspiration, comme le récit d’une vie, comme les mouvements de l’âme d’une petite fille plongée dans les ténèbres, et capable d’une telle résilience, qu’elle l’a conduite vers une lumineuse et admirable vérité.

 

 

[Source : http://www.nonfiction.fr]

Pasan a dominio público ademais en EE.UU. as tres últimas novelas de Holmes, e libéranse así todas as obras do detective creado por sir Arthur Conan Doyle

A película de Fritz Lang «Metrópolis» queda libre de dereitos en EE.UU.

Escrito por MIGUEL LORENCI

Como cada xaneiro, a Biblioteca Nacional de España (BNE) publica a lista dos autores cuxas obras pasan ao dominio público. As que calquera pode xa editar, distribuír, vender ou alterar sen contar co permiso dos titulares dos dereitos do autor ou os seus herdeiros. Entre os liberados este 2023, están o poeta Miguel Hernández ou o artista Julio González. No ámbito intencional, Stefan Zweig e todo Sherlock Holmes en EE.UU.

A lexislación e os anos transcorridos desde a morte do autor para que unha obra pase a dominio público varía en cada país. En España o prazo é de 70 anos, aínda que para os autores falecidos antes de 1987 aplícase unha lei anterior, de 1879, cun prazo de 80 anos. Pasan así ao dominio público as obras dos creadores falecidos en 1942. En EE.UU. opera a regra dos 70 anos e toca aos de 1952, pero considérase libre toda obra creada en 1927. Hai excepcións, como os dereitos de Peter Pan no Reino Unido, destinados de forma permanente ao Hospital Great Ormond de Londres, ou do Diario de Ana Frank, que goza de consideración especial en Holanda e Francia, xa que se considera coautor ao pai de Ana, Otto Frank, falecido en 1980, o que prologa a súa protección ata o 2051.

A listaxe da BNE inclúe 177 escritores, xornalistas e artistas. Entre todos destaca o poeta e dramaturgo Miguel Hernández (Orihuela, 1910-Alacante, 1942), autor do raio que non cesa e da cabalo entre as xeracións do 27 e o 36. Autodidacta e apaixonado lector, con vinte anos publicou Perito en lúas. As súas famosas Nanas da cebola, escritas en anacos de papel hixiénico no cárcere e dedicadas ao seu segundo fillo polo poeta, pechan o Cancionero e romancero de ausencias, o seu último e desgarrado poemario, publicado en Arxentina tras a tráxica morte de Hernández nun penal franquista o 28 de marzo de 1942.

Tamén se liberan as obra de Stefan Zweig (1881-1942) —non as traducións máis recentes—, o prolífico, versátil e apreciado escritor austríaco que adquiriu a nacionalidade británica e que, tras fuxir do terror nazi, puxo fin á súa vida na cidade brasileira de Petrópolis. Nos anos 30 Zweig foi o escritor máis traducido do mundo, e é hoxe un longseller. Autor de ensaios, biografías e novelas como O mundo de onteCarta a unha descoñecidaVinte e catro horas na vida dunha mullerCastellio contra CalvinoFouché, o xenio tenebrosoNovela de xadrez e Momentos estelares da humanidade. Alianza reeditará as dúas últimas e Páxinas de Espuma os seus Contos completos.

Na lista da BNE aparece Julio González, influente e relevante escultor e pintor, amigo de Picasso no París das primeiras vangardas. Tamén a escultora Julia Casagemas, autora de ópera e irmá de Carlos Casagemas, outro pintor moi amigo de Picasso. Tamén quedan libres de dereitos Robert Musil, outro relevante escritor austríaco de corte máis filosófico e autor do home sen atributos; Roberto Arlt, narrador, dramaturgo, xornalista e inventor arxentino autor de novelas como O xoguete rabioso e recompilacións de artigos como Aguafuertes españolas.

Todo Holmes en EE.UU.

Pasan a dominio público en EE.UU. as tres últimas novelas de Holmes, e libéranse así todas as obras do detective creado por sir Arthur Conan Doyle. Calquera pode xa escribir as súas propias historias de Holmes e Watson ou usalos noutros contidos sen infrinxir dereitos.

En EE.UU. se desprotexen todas as obras publicadas en 1927, como a lendaria e influente Metrópolis, anticipadora película muda de ciencia ficción dirixida por Fritz Lang. Tamén O cantor de jazz, de Alan Crosland, tida pola primeira película sonora, aínda que en realidade non o é. Catro anos antes Concha Piquer aparecía no documental sonoro From far Seville. Tamén se liberan Amencer, a primeira cinta americana de Murnau; O inimigo das louras, filme mudo dirixido por Hitchcock e primeiro en que o director británico aparece nun cameo; O rei de reis, de Cecil B. DeMille, sobre a vida de Jesús de Nazaret; e O sétimo ceo, dirixida por Frank Borzage, unha das primeiras películas nomeadas ao Óscar e inspiradora do final da A Land.

A web Public Domain Day sinala que tamén quedan libres obras como ‘Ao faro‘, de Virginia Woolf, os relatos Homes sen mulleres, de Ernest Hemingway; ou Mosquitos, de William Faulkner.

Un galaxia de libros libres

Internet ofrece aos lectores páxinas web e repositorios dixitais con obras de moitos de autores recentemente liberados que son de acceso universal e gratuíto.

-Internet Arquive. Un dos mellores recursos dispoñibles en liña para atopar case calquera obra, ademais de software, música e sitios web históricos. A súa sección Open Library conta con máis de 55.000 obras publicadas ata 1927 en varios idiomas. A maioría está en inglés, pero máis de 700 documentos atópanse en español. (arquive.org).

-Biblioteca Dixital Hispánica. É o portal libre e gratuíto da Biblioteca Nacional de España. Creado no 2008 cun unhas 10.000 obras, suma hoxe máis de 222.000 títulos dixitalizados que se poden descargar gratis ou ver en liña. (bne.é).

-Project Guntenberg. Biblioteca de libros electrónicos con máis de 60.000 orixinais dixitalizados que se poden descargar en diferentes formatos, como ePub ou os compatibles con Kindle. (gutenberg.org).

-Hathi Trust. É unha xigantesca biblioteca dixital que conta con 54.865 libros publicados ata 1927 en EE.UU. Deles, 2.667 están dispoñibles en español. (hathitrust.org).

-Standard Ebooks. Acolle libros electrónicos de fontes como Project Gutenberg e outórgalles un formato máis renovado. De pequena dimensión, acolle os títulos máis populares. (standardebooks.org).

-LibriVox. Biblioteca dixital de audiolibros na que voluntarios de todo o mundo len obras de dominio público. Pódense descargar gratis para que calquera poida acceder a eles e escoitalos. (librivox.org).

-Dominio Público. Recurso imprescindible para acceder a obras sen dereitos de autor, esta web conta con moitas ligazóns a diferentes institucións e organizacións que tamén recompilan e ofrecen libros para o seu uso libre. (dominiopublico.org.é).

 

[Fonte: http://www.lavozdegalicia.es]

 

Molt més que bacallà, també carn i menuts

Escrit per DLV

Vicent Marqués, als seus llibres sobre la Història de la cuina catalana i occitana, a més de les receptes, la història i la literatura, hi afegeix els dialectalismes i les diverses maneres d’anomenar els plats. També explica les maneres de cuinar i menjar, localment, tant als Països Catalans com a Occitània: ens mostra els nostres costums culinaris amb una laboriositat i recerca extraordinària i molt detallada. És el fruit d’un treball constant de gairebé cinquanta anys. L’obra de la seua vida.

De jove va començar a col·leccionar i llegir llibres de cuina. La lectura i l’afició a la cuina el van portar a l’escriptura. També escrigué la novel·la Nit de foc, Premi Ciutat de València del 1990, però, sobretot, va començar a fer l’esmentada Història de la cuina catalana i occitana, una magna obra sobre la nostra cuina i la nostra manera d’entaular-se a menjar i de viure… Ha escrit sobre cuina a El Temps, al diari Avui, al Jornalet i a La Veu del País Valencià, entre altres mitjans de comunicació. No obstant això, al seu País Valencià, el coneixen molt menys que a Catalunya o a Occitània… I això «no és natural», ni és lògic, i passa perquè als mitjans de comunicació del PV no hi ha prou visibilitat per a la importància de la seua obra, única al món perquè no hi ha res de semblant. No es coneix cap altre cas de dedicació tan intensa i prolongada a la història de la cuina.

S’acaba d’editar el volum cinqué, dedicat a El bacallà, La carn i Els menuts. A l’apartat del bacallà explica que es pesca al nord d’Europa, que ha alimentat els europeus durant segles, i que catalans i occitans n’hem fet un gran consum (la primera documentació del mot en català és del 1575), i hem sigut dels pobles més aficionats al bacallà o l’abadejo al llarg de la seua història. El bacallà, després de salat, és més que un peix; esdevé una carn, remullada, de les més saboroses, gelatinosa, que en coure no es desfà. El podem bullir i guisar sense problemes, de diverses maneres, i sempre serà ben gustós. L’apartat inclou receptes d’arengades, de bull de tonyina i altres peixos salats o assecats.

Marqués parla de la importància de la brandada de bacallà a la Provença i ofereix un recull de poesies com ara Lou reinard e la cigogno (1862), del poeta de Nimes Antòni Bigòt; La bourrido dei Dieoux (1760), de Joan Baptista German, i la documentació més antiga. També apareix en el Calendau, de Frederic Mistral, i en la poesia de l’arquitecte Glaudi Dagevila Epitro a uno damo, publicada en el recull Lou banquet prouvençau (1823). Altres textos elogien la brandada pel seu gust únic i per la barreja de llet, peix i oli, la deliciosa suavitat, la seua elegància per la finor i per un sabor que ha conquistat les millors taules. En occità brandar significa «remoure, agitar» que és el que s’ha de fer amb el bacallà perquè el guisat isca com cal; també a Catalunya, a Les coses viscudes (1927), Santiago Rusiñol parla d’una brandada que es van menjar un grup de catalans a Aranjuez, prop de Madrid, i que va ser cuinada per l’editor Antoni López. En moltes cròniques i poemes sobre la brandada de bacallà hom diu que el qui la tasta es xucla els dits fins a les espatlles i que reviscola un moribund… Hi ha elogis sobre el seu gust tan sentit, sobre la seua elegància i finor, i, realment, cal admetre que la brandada (i el bacallà, en general), no sol decebre mai si està ben feta.

Després de la història i les referències literàries de la brandada, hi ha especificats els ingredients que convenen, la preparació, la millor manera per cuinar-la, les variants, la quantitat adequada de llet i oli perquè lligue, s’espesse més o menys. També diu com es fa a Nimes, a la part occidental del Comtat Venaissí (Avinyó, Carpentràs, Aurenja), i per la part del Llenguadoc (i també al Comtat de Niça, a Montpeller i a la Camarga). Al final trobem l’apartat de les denominacions i els dialectalismes (Bonhetas de brandada, brandadogansasso, merluça a la brandada, tian de brandada. A més de brandada, hi ha molts plats de bacallà: a la llauna, al forn, en borrida (típic de les Balears, aquest darrer), amb carxofes, amb pèsols, amb espinacs, amb porros, amb alls tendres, amb tomaca (conegut arreu dels Països Catalans), amb pebres torrats, amb albergínies, amb penques, amb ceba i tomaca, amb bròquil, amb espàrecs, amb colflor, amb mongetes, amb col, amb carabassa (típic de la Marina), amb patates i allioli, amb trumfes i penques, amb alls i un llarg etcètera, amb cigrons, amb bunyols, amb ous durs, amb panses i pinyons, amb prunes, amb castanyes, amb tàperes o amb julivert, a més de la merluçada i l’ajoarriero.

D’entre les carns, a l’apartat del bou i la vedella hi ha estofat, filets, feixets de bou, perdius de capellà, bistecs, rostits, les escalopes, les costelles, els entrecots a la graella (i d’altres maneres), la garreta o les galtes. El porc, naturalment, també hi té el seu apartat i allà hi trobem el llom amb carxofes, amb tomata, amb rovellons, amb col, amb mongetes, amb vi, amb llet, farcit, amb prunes seques, rostit, torrat, fregit, arrebossat, amb llentilles…

Els menuts són la menja dels pobres, allò més barat, però són talls molt gustosos i, ben cuinats, resulten saborosíssims, fins al punt que els senyors també mengen amb delit el fetge amb ceba i tomata, el fetge amb prunes seques, el fetge i la lleterola, els ronyons amb tomata (o al vi), els peus de porc, les cabeçoles de corder, les tripes, els tripons, els tacons o budells, el capipota (amb salsa verda, amb fesols, amb bolets), la sang amb ceba i molts altres plats que l’autor detalla juntament amb les receptes, els ingredients, la manera de cuinar-los, la localització de cada plat i els dialectalismes, tot per conèixer millor la cultura, la geografia, les maneres de cuinar, els materials emprats i les formes de viure de la gent que habitem els Països Catalans i Occitans.

L’obra de Marqués és una barricada contra l’oblit, un recull laboriós de memòria i un bon regal de Nadal o de Reis. Per provar de fer menges amb els ingredients, les receptes i la matèria que hi ha a les nostres terres i als nostres rebosts; plats que ell especifica amb molta cura, savoir-faire i experiència. Per últim, la cuina ha de servir també per fer un crit d’alerta per canviar el paradigma actual de producció, consum i redistribució. Perquè es puguen repartir els recursos molt més adequadament, sense saquejar els països més pobres i perquè la gent puga tenir per menjar i viure. La situació de greu crisi socioecològica (per pèrdua accelerada de biodiversitat, explosió demogràfica i emergència climàtica, entre d’altres), ens indica, de manera fefaent, que hem de canviar ràpidament de forma de vida i mudar els hàbits alimentaris (menjar, sobretot, grans, vegetals i fruita), senzillament, perquè puga menjar tothom a la Terra.

 

[Font: http://www.laveudelsllibres.cat]

Que trouve-t-on dans l’imposante exposition de Gérard Garouste (jusqu’au 2 janvier 2023) où se pressent des milliers de personnes chaque jour ?

« Les libraires aveugles », tableau de Gérard Garouste, exposé au Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou à Paris.

Écrit par Michaël de Saint-Cheron

Trente-quatre ans après sa première rétrospective dans ces lieux, Gérard Garouste nous invite pour son imposante exposition au musée national d’Art moderne, au Centre Pompidou jusqu’au 2 janvier 2023. Le public est au rendez-vous avec des milliers de personnes chaque jour qui se pressent pour admirer un artiste à travers ses métamorphoses et celle de ses œuvres sans cesse à la recherche de nouveaux procédés et de nouvelles formes.

Tous ceux qui le suivent connaissent ses souffrances psychiques, ses hospitalisations en psychiatrie, comme sa conversion au judaïsme, et peut-être aussi sa réception à l’Académie des Beaux-Arts en 2019, où Marc Ladreit de Lacharrière lui remit son épée dessinée par sa femme Elizabeth. Dans son livre L’Intranquille. Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou (nouvelle édition enluminée par Gérard Garouste, L’Iconoclaste, 2011), il raconte son enfance douloureuse, l’histoire de son père antisémite, puis sa rencontre avec Elisabeth (ou Elizabeth), devenue sa femme pour la vie, dans la création, la maladie, la maternité, leur mutuelle reconnaissance, elle comme designer, et lui comme l’artiste que l’on sait.

En 1991, pour continuer un instant sur sa biographie, il fonde avec Elizabeth l’association La Source, qui propose à des enfants et des jeunes en grande difficulté, des ateliers leur permettant de s’exprimer par l’art, c’est-à-dire de restaurer et développer le lien social par une activité artistique. Christian Boltanski, Daniel Buren, Robert Combas et Bertrand Lavier y ont participé.

Garouste fait-il figure de démiurge ou de peintre hanté ? Une chose est sûre, il décida très tôt de se « dresser contre tout ça »avec « la conscience que j’étais complètement anachronique. J’ai voulu assumer cette position, et ce n’est pas par hasard qu’à un moment donné je me suis passionné pour Don Quichotte. »

Dans l’un des trois chapitres du magnifique catalogue dirigé par Sophie Duplaix, Olivier Kaeppelin écrit que dans l’œuvre de Garouste : « il n’est question ni de catégories, ni de style, ni de théories de l’art. » Kaeppelin réfute ici « la qualification de “postmoderne“ » pour mieux affirmer qu’« il n’y a pas chez Gérard Garouste d’assemblages, d’échafaudages concertés de citations. » « Être résolument moderne, c’est échapper au formalisme, être affranchi avec, cependant, dans ses bagages un grand nombre de formulations possibles qui nous éloignent des conventions du siècle » (catalogue Gérard Garouste, Paris, Centre Pompidou, p.25). On ne saurait être plus clair pour affirmer que Gérard Garouste est résolument un novateur et par ses formes et par la résonance de grands mythes et des grands livres que son art aura servi, dont il se fait la conque.

Pour de nombreux peintres contemporains majeurs, il y eut d’abord l’importance du Livre comme un texte à illustrer, puis il y a les peintres, les graveurs ou les sculpteurs qui aiment à ouvrir le livre et à le citer, surtout depuis Goya, puis à l’époque contemporaine Chagall, Vieira da Silva, et plus largement encore Kiefer ou Elisabeth Raphaël, qui bâtit une œuvre considérable à partir des Psaumes et d’autres livres de la Torah. Ainsi, Sophie Duplaix, la commissaire de l’exposition, a-t-elle retenu avec le peintre quelques toiles capitales comme « Les Libraires aveugles », « Passage », « L’Étudiant et l’Autre lui-même », « Isaïe d’Issenheim », « Midrash », « L’Ânesse et la Figue », où Garouste place un livre au cœur ardent de sa toile. Ce dernier tableau est né d’une analogie hébraïque qui fascine le peintre, qu’il énonce ainsi : « [la] racine consonantique aton qui désigne l’ânesse est proche de teina, la figue et les deux mots sont associés dans le Talmud » (Cf. ibid, p.21). Depuis cette première peinture, l’ânesse (ou l’âne) passe d’une toile à l’autre pour dire autant que pour dénoncer une certaine vision de l’art et des valeurs qu’il sert.

Par ailleurs, nous connaissons les suites de peintures consacrées à L’Enfer de Dante, à Don Quichotte de Cervantès, au Faust de Goethe, mais aussi à la Haggada de Pessah, ou au livre d’Esther, avant de s’attaquer à la figure de Kafka, l’un des plus puissants symboles de la littérature du XXème siècle, et à la figure mythologique du Golem, inventée par le rabbi Jehuda Löw ou Maharal de Prague (1522-1609), et que Kafka utilise dans Description d’un combat. Kafka occupe en effet la dernière partie de l’exposition. Garouste aime travailler sur les textes de la tradition juive avec les rabbins Marc-Alain Ouaknin (qui signe dans le catalogue un passionnant essai « K. comme Konfetti ») et Rivon Krigier, avec lequel il publia en 2019 La Haggada aux quatre visages (éd. In Press). À l’image de Kafka, Garouste associe celle du Golem, en particulier dans l’une des peintures les plus vertigineuses présentées ici :  Alt-Neu-Shul sur le Pont-Neuf, la peinture phare de la série conçue avec la complicité de Marc-Alain Ouaknin, « Alt-Neu-Kunst », autrement dit : Art ancien-nouveau, qui métaphorise le nom de la plus ancienne synagogue de Prague, celle dont le Maharal fut le rabbin. Pour Ouaknin, Garouste est le « chef de file d’un mouvement esthétique que j’appelle Alt-Neu-Kunst, qui doit beaucoup à Kafka et à ses commentateurs, dont Walter Benjamin et Gershon Scholem » mais également au Golem, dont l’étymologie hébraïque guélem signifie matière brute. Dans ce tableau Alt-Neu-Shul sur le Pont-Neuf (2020), Garouste place de part et d’autre de la synagogue Alt-Neu-Shul, qui se dresse au milieu du Pont-Neuf, dans un éclatant rougeoiement évoquant aussi bien le feu du Buisson ardent que celui la Shoah, Kafka et le Golem, qui se hissent entre le fleuve et le ciel confondus dans un bleu laiteux. Peinture qui nous saisit, nous happe, nous hante.

Le tableau « Les Libraires aveugles » met en scène deux personnages aveugles guidés par un âne, et désignant une page de la Torah pour confondre les propos méprisants du père de l’Église, Augustin d’Hippone. Les deux personnages du tableau représentent des amis intimes du peintre, François Racheline, économiste, écrivain et exégète juif et le mathématicien Henri Berestycki, « qui diffusent des livres qu’ils ne savent pas lire. » « L’idée de la preuve, réclamée par les chrétiens, est ici mise à mal avec ironie comme procédant d’une quête dangereuse » peut-on lire sur le cartel du tableau.

L’autre peinture sur laquelle je voudrais m’arrêter un instant s’intitule « Isaïe d’Issenheim », où Garouste dénonce l’iconographie sous-jacente au chef-d’œuvre de Grünewald, le Retable d’Issenheim (1515), que l’on vient du monde entier admirer au musée Unterlinden à Colmar. Garouste entend là encore répondre au message chrétien et en particulier au panneau de l’Annonciation de Grünewald sur le verset d’Isaïe VII, 14-15 repris dans l’Évangile de Matthieu (I,23). Garouste substitue à l’ange du Retable (et du Nouveau Testament) un juif en forme d’autoportrait dans une camisole de force et tenant dans sa bouche le verset hébraïque qu’il tend au prophète. Le terme hébraïque almah, jeune fille, fut traduit par virgo, vierge. Garouste, peintre, redevient comme l’artiste du Moyen Âge un théologien, mais en déconstruisant la théologie chrétienne basée sur « une distorsion du sens », comme l’écrit Didier Martens dans sa passionnante étude « Gérard Garouste, entre tradition artistique occidentale et subversion juive de l’iconographie chrétienne » (Cf. op. cit. p.279-281). « Enfant j’ai été élevé dans le mensonge familial et l’hypocrisie de la religion. Cette grande duperie que fut mon éducation est aujourd’hui un moteur. Je lui dois mon obsession du démontage des images comme des mots, et mon intérêt pour l’idée d’origine » (Ibid. p. 21).

Cette exposition rend des hommages appuyés aux maîtres de Garouste, ses prédécesseurs incontournables dans l’histoire de l’art occidental, Bosch, Piero du Cosimo, Tintoret, Le Greco, Rembrandt, Goya, De Chirico, Picabia, Alberto Savinio… On peut y ajouter Chagall et d’autres encore.

On aura compris que cette exposition et son catalogue sont des manifestes de cet « Alt-Neu-Kunst », « Art Ancien-Nouveau » dont Garouste devient le chef de file. Dans la dernière salle, l’impressionnant triptyque, Le Banquet, évocation des Noces de Cana du Tintoret, « représente la quintessence et l’aboutissement de la recherche du peintre », comme l’écrit Marc-Alain Ouaknin.

Tout l’art de Garouste fait entendre à la fois une mélopée, une mélodie d’amour et de ferveur, en même temps qu’un chant de fureur, de surrection ou de grâce, portés par une soif insatiable des grands textes de l’humanité et aujourd’hui de la Bible. Peut-être qu’un jour, Garouste nous offrira-t-il sa vision du Cantique des cantiques, que Rabbi Akiba nommait « le Saint des Saints », l’un des poèmes d’amour humain et surnaturel les plus purs que l’homme ait écrit.


Exposition Gérard Garouste, du 7 septembre 2022 au 2 janv. 2023, au Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou à Paris.

[Source : http://www.tribunejuive.info]

Gérard Garouste, «Les trois maîtres et les oies grasses», 2017, huile sur toile. — © Adagp, Paris, 2022 / Templon, Paris-Brussels-New York / Photo : Bertrand Huet-Tutti

Cet album est l’occasion d’une étonnante découverte. La compositrice Rita Strohl n’achève-t-elle pas ses Douze Chants de Bilitis un an avant la parution des Trois Chansons de Bilitis de Debussy ! « Ces œuvres écrites en 1895 et 1898, au fond de ma vieille Bretagne, ne doivent rien qu’à la pensée qu’elles traduisent ; elles ignoraient tout du debussysme naissant », dira-t-elle. En tout cas les deux musiciens puisent à la même source, les poèmes éponymes de Pierre Louÿs. On doit à Marianne Croux et à Anne Bertin-Hugault de révéler cette œuvre de Strohl et de nous faire toucher du doigt une fascinante coïncidence.

Écrit par Jean-Pierre Robert

Pianiste et compositrice, Rita Strohl (1865-1941), fille de la peintre Élodie La Villette, qui épouse l’enseigne de vaisseau Émile Strohl en 1888, est l’auteure de deux symphonies, de plusieurs pièces de musique de chambre et de mélodies. Parmi ces dernières, les Douze Chants de Bilitis montrent un attrait pour la belle langue, doublé d’une propension pour le symbolisme. L’inventivité du langage musical, adapté à chacune des mélodies, épouse parfaitement la poétique combien allusive de Pierre Louÿs dont on sait les Chansons de Bilitis (1894) sensuelles, voire érotiques. Rita Strohl dira encore avoir été frappée d’une « exaltation mystique » à la lecture de ces poèmes. La partie de piano est arpégée et fluide, au point qu’on ne peut s’empêcher de la comparer à celle de Debussy. Contrairement à celui-ci, qui n’en a retenu que trois, Rita Strohl met en musique douze pièces de l’ensemble conçu par Louÿs. L’écriture vocale de la compositrice reste simple, modulante, se refusant à l’effet, sans pour autant renier une certaine dramatisation du texte. Sa principale vertu est de s’attacher à en mettre en valeur la clarté. Les mélodies sont constituées de deux parties savamment différentiées : une exposition suivie d’une coda plus ou moins détaillée.

L’immédiate séduction de ces Chants procède soit de leur ton enjoué (N°1  »Lykas », N°9  »Bilitis », qui voit un geste a cappella très orné), ou extrêmement modulant (N°3  »La Quenouille », où le piano file la note, liquide comme eau claire, N°4  »La flûte de pan » qui contient aussi quelque chose d’angoissant, sans appuyer toutefois), soit du recours au registre du mystère et de ses sortilèges (N°5  »La Chevelure », que renforce l’usage ici du registre médian du clavier, N°6  »Roses dans la nuit », cultivant, sous une apparente sérénité, le sous-entendu sensuel, N°11  »La Nuit », comme une dramaturgie du silence, de l’extase enivrée avant que ne pointe l’aube et ses regrets d’abandon d’un bonheur intense). On rencontre encore des pièces plus dramatiques, par exemple dans les jeux plus ou moins innocents du N°2  »La partie d’osselets » et sa coda mélancolique, ou au N°7  »Les remords », là où roulent des vagues comme battements de cœur jusqu’à un crescendo affolé, ou encore avec le N°10  »Le serment », l’instant d’un possible abandon de Bilitis par son amant. La coïncidence avec l’idiome debussyste, déjà éprouvée dans le Chant N°4  »La flûte de pan », se renouvelle avec le N°8  »Le sommeil interrompu » à travers une étonnante fluidité puis un crescendo houleux, et surtout le dernier Chant, le N°12  »Berceuse » évoquant, dans un tempo doucement balancé libérant une poignante expressivité, l’aboutissement de l’histoire : la fille « de Bilitis et d’un roi du soleil levant ».

La spontanéité du texte musical, dont la pianiste Bertin-Hugault loue « la matière fascinante », on la doit à son interprétation tout en retenue, qui fait un écrin délicat à la voix de soprano douce et émue de Marianne Croux, d’un épanchement contenu. Scellant une vraie et belle symbiose entre ces deux artistes, comme un duo. À noter que ce projet au profil participatif, s’agissant d’un appel à contribution pour sa réalisation, a vu le jour grâce à la perspicacité de la pianiste Anne Le Bozec.

La prise de son, à l’Auditorium Darius Milhaud d’Aix-en-Provence, pourvoit une acoustique proche et un équilibre satisfaisant voix-piano : le ton de confidence de la musique de chambre.

Plus d’infos

  • Rita Strohl : Douze Chants de Bilitis, Poème en 12 chants extraits des  »Chansons de Bilitis » de Pierre Louÿs
  • Marianne Croux (soprano), Anne Bertin-Hugault (piano)
  • 1 CD Hortus Éditions : Hortus 213 ( Distribution : UVM)
  • Durée du CD : 41 min 08 s
  • Note technique : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange (5/5)

 

[Source : http://www.on-mag.fr]

Écrit par Jean Lacroix

Écrits dans une sorte de langue étrangère. Ludwig Van Beethoven Trio à clavier en si bémol majeur op. 97 « Archiduc »Pierre-Yves Macé (°1980) : Les sons n’ont pas de lieu, pour piano à quatre mains et électroniqueCharles Heisser (°1998) : Improvisations # 1 et # 2, pour pianoJean-Frédéric Neuburger (°1986) : Sehr Bestimmt, pour violonPhilippe Leroux (°1959) : VVV, pour violon et pianoMauro Lanza (°1975) : John Conway in Gondola, pour trio à clavier. Noriko Baba (°1972) Au pavillon de (Monsieur) Porcelaine, pour trio à clavier et voix. Gérard Pesson (°1958) : Echelle et infusoirepour piano à six mains ; Portraits de musiciens (d’après Marcel Proust) : Gluck et Schumann, pour récitant et pianoGabriel Marghieri (°1964) : Céleste balance, clochers, pour orgue. Trio Georges Sand ; Anne-Lise Gastaldi, Maroussia Gentet, Charles Heisser, Kim Béroff, Alice Delmas et Dario Pirone, piano ; Aya Kono et Virginie Buscail, violon ; Gabriel Marghieri, orgue ; Jennifer Tani, soprano. Lecture de textes par les comédiens Loïc Corbery et Clément Hervieu-Léger. 2022. Textes des compositeurs et de Belinda Cannone, Elsa Fottorino, Cyrille Gouyette, François Hartog, Franck Jaffrès, Stephen Paulello, Jérôme Prieur et Nicolas Ragonneau. 96’20 » Un disque-livre de deux CD (livre inséré) Elstir004.

Le label Elstir s’est spécialisé dans un créneau particulier, celui de mettre les arts en résonance, en confiant à des écrivains et à des artistes l’écriture de textes autour de thèmes musicaux. En 2017, Fanny Mendelssohn et son Trio op. 11 étaient mis en valeur avec des commentaires de Diane Meur et du musicologue Jérôme Bastianelli. L’année suivante, c’est un proche de Claude Monet, le peintre impressionniste Frédéric Bazille (1841-1870), mort au combat en 1870 lors du conflit franco-prussien, qui a été mis en évidence à travers des pages de Wagner, Chabrier, Schumann, Fauré ou Saint-Saëns, et des écrits de Dominique Fernandez. Un troisième disque-livre est venu s’ajouter en 2021, un Mahler intime, des transpositions pour musique de chambre de pages du compositeur, de son épouse Alma et de Schönberg, avec des textes d’Evelyne Bloch-Dano, de deux musicologues et de la petite-fille de Gustav Mahler, Marina, qui a consacré sa vie à la sauvegarde de l’œuvre de son aïeul. Elle est la fille d’Anna Mahler et du chef d’orchestre Anatole Fistoulari.

Le Trio George Sand (Virginie Buscail, violon solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France ; Diana Ligati, violoncelliste et Anne-Lise Gastaldi, piano, toutes deux professeures au CNSMD de Paris) a participé à chacune de ces aventures originales. Cette fois, c’est Marcel Proust qui est au centre de l’intérêt, à l’occasion du centenaire de sa disparition le 18 novembre 1922. Le présent disque-livre (ou livre-disque) consiste en un boîtier oblong (18 x 14 cm) qui contient deux CD et, inséré entre eux, un ouvrage de près de 70 pages, riche d’une vingtaine de textes évoquant, de près ou de loin, un aspect de l’auteur d’À la recherche du temps perdu, textes signés par des compositeurs liés au projet et en relation avec leur musique écrite pour l’occasion, et par d’autres plumes.

La pianiste Anne-Lise Gastaldi, qui est la coordinatrice, précise, dans un préliminaire intitulé « L’Arche de Marcel » : Guidée par une arborescence de sensibilités, j’ai réuni un historien, des philosophes, des artistes, des compositeurs, des écrivains, des musiciens de toutes les familles, association des notes et des mots. Plus que de la peinture, de la musique ou de la littérature, j’aimerais vous offrir une autre façon de regarder notre temps à travers le prisme de Marcel Proust.

De la peinture et de l’art graphique ? Il en est question en effet, grâce à un tableau de Jacques-Emile Blanche, mais aussi à des photographies, des images de street art et des visuels originaux dus à La rouille, Levalet ou Madame (présentés dans un texte de l’historien de l’art Cyrille Gouyette), qui servent d’illustrations, ce qui situe bien la ligne dans laquelle le label s’inscrit. Ne porte-t-il pas le nom d’Elstir, qui, dans la somme de Proust, est considéré par le Narrateur comme une sorte de peintre idéal ?

Il faut laisser au mélomane et à l’amateur de Proust le plaisir de découvrir le contenu de cet objet qu’il serait trop long de détailler. Mais il faut en expliquer la structure. Le premier des deux disques propose deux extraits, l’un d’A l’ombre des jeunes filles en fleurs, l’autre du recueil de critique littéraire Contre Sainte-Beuve. Ils sont lus par Loïc Corbery (°1976), sociétaire de la Comédie-Française depuis 2010, avec une distinction et un goût parfaits, diction exemplaire à l’appui. Il faut lire les deux pages que le comédien consacre au « texte incarné » pour comprendre l’investissement que la récitation réclame. Entre ces deux extraits, le Trio George Sand joue le Trio « Archiduc » de Beethoven pour rappeler que Proust a fait jouer chez lui des pages du maître de Bonn en les désignant, comme le rappelle Anne-Lise Gastaldi, comme son « principal aliment spirituel » (à côté d’autres). Une belle version, par ces trois instrumentistes que l’on sent investies pour faire vibrer toute la grandeur et l’expressivité de l’opus 70.

Huit créateurs contemporains se partagent l’affiche du second disque dans des partitions de musique de chambre ou pour instruments solos, de courte durée. Chacun d’eux apporte un éclairage par le biais d’un texte, pour expliquer le lien avec Marcel Proust ou son œuvre. On découvrira par exemple les deux improvisations pour piano de Charles Heisser qui entame une réflexion sur la subjectivité de la perception du temps, notamment musical, et rend un hommage à Henri Dutilleux. Ou les « portraits de musiciens » de Gérard Pesson qui rappellent des poèmes du premier livre de Proust, Les Plaisirs et les jours, et permettent d’évoquer la figure de Reynaldo Hahn. Ici, c’est un autre sociétaire de la Comédie-Française (depuis 2018), Clément Hervieu-Léger (° 1977), que l’on entend pour ressusciter Gluck ou Schumann. Ou encore la page passionnante de la Japonaise Noriko Baba qui, avec la soprano Jennifer Tani, établit un lien entre Proust et Mahler, tous deux disparus à l’âge de 51 ans, à travers le troisième mouvement du Chant de la terre. On ne peut tout citer, mais il faut encore signaler VVV de Philippe Leroux pour violon et piano, avec son allusion à la sonate de Vinteuil, ou ce morceau conclusif pour orgue de Gabriel Marghieri, titulaire au Sacré-Cœur de Montmartre, qui improvise autour de « la madeleine ». On peut imaginer le souffle de son instrument comme un écho à l’asthme de l’écrivain.

On lira par ailleurs les réflexions de l’historien François Hartog sur le concept du temps, de l’écrivaine Belinda Cannone sur la notion de postérité, de Franck Jaffrès, l’ingénieur du son qui est aussi le directeur artistique du projet, du cinéaste et écrivain Jérôme Prieur qui évoque Jacques-Emile Blanche, portraitiste de Proust, de l’écrivaine et journaliste Elsa Fottorino au sujet de la langue de l’écrivain, ou du facteur de pianos Stephen Paulello, concepteur du fameux Opus 102, qui se penche sur l’évolution de l’instrument depuis les débuts du pianoforte. Tout cela est bien intéressant. C’est l’écrivain et éditeur Nicolas Ragonneau qui, dans une amusante « conversation (téléphonique) avec maman » où il est question notamment de l’association des Amis de Vinteuil, organisatrice tous les deux ans des Journées Musicales Marcel Proust, apporte un éclairage au titre que l’on peut juger énigmatique attribué à ce disque-livre. C’est en effet ce « fan-club » qui a proposé, pour le centenaire, un travail collectif autour de la citation célébrissime : « Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. » placée à la fin du Contre Sainte-Beuve. Nous laisserons à ceux qui vont acquérir cette production Elstir le loisir de découvrir de savoureux détails autour d’« une musique qui n’est pas tout à fait la même, ni tout à fait une autre ».

Une question surgit : faut-il être un proustien averti pour appréhender ce projet original et très attachant ? Ceci mérite une réflexion, mais nous avons tendance à penser que ce n’est pas indispensable. Laissons le dernier mot à Anne-Lise Gastaldi. Dans son texte de conclusion du livre, « L’Arche de Marcel – Coda », elle évoque une phrase de l’écrivain : « En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. » Nous partageons l’avis de la pianiste lorsqu’elle souligne le fait que cette affirmation peut être transposée ici : chaque auditeur, lorsqu’il écoute, est l’auditeur de soi-même. Oui, et tout simplement, en recherche incessante…

Note globale : 9

 

[Source : http://www.crescendo-magazine.be]