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Rien d’étonnant à ce que le roman de Mohamed Mbougar Sarr se retrouve sur un nombre considérable de listes de prix d’automne. Critique.

L’écrivain Mbougar Sarr Mohamed.

Écrit par Christine Bini

La plus secrète mémoire des hommes, c’est l’histoire d’un jeune écrivain sénégalais vivant à Paris, Diégane Faye, qui, en 2018, se met en quête d’un autre écrivain sénégalais, enfui, disparu depuis des décennies : T.C. Elimane. Elimane est l’auteur d’un livre unique publié en 1938, Le labyrinthe de l’inhumain. La vie de tous ceux qui ont approché Elimane a été bouleversée : ses amantes, les critiques littéraires… et Diégane, donc, qui, quatre-vingts ans après la publication du roman, se met en tête d’en retrouver l’auteur, car il est ébranlé par la lecture de ce Labyrinthe… Est-il toujours vivant ? Il aurait un peu plus de cent ans, mais rien n’est impossible. La plus secrète mémoire des hommes est une histoire d’écrivains, de littérature, de famille, de politique et d’amour. Présenté ainsi, on pourrait croire que le texte a tout d’une fresque, d’une traversée de siècle, mais ce roman est à l’opposé de la fresque canonique, chronologique, et c’est ce qui en fait sa force.

Le titre est tiré d’une citation de Roberto Bolaño, et le livre est dédié à Yambo Ouologuem, un écrivain malien qui reçut le prix Renaudot en 1968 puis fut ensuite accusé de plagiat. Mais le roman ne raconte pas l’histoire de d’Ouologuem. Mohamed Mbougar Sarr s’inspire de la vie de l’écrivain malien, mais en faisant naître son héros Elimane au début de la guerre de 14, au Sénégal, il crée un univers parfaitement romanesque et s’éloigne radicalement du récit biographique, même si l’élément déclencheur de l’effacement du monde littéraire de T.C. Elimane est aussi une accusation de plagiat, après qu’il a été salué par la critique et surnommé « Le Rimbaud nègre ».

Ce qui frappe, à la lecture de La plus secrète mémoire des hommes, c’est la conduite du récit. Le roman est construit sur des narrations enchâssées – un personnage raconte à Diégane qu’un autre personnage lui a raconté, à des années de là, quelque chose de la vie d’Elimane, ou de ses éditeurs, ou de sa famille, etc. Le texte est parfaitement fluide, sans égarement possible pour le lecteur, et ressemble néanmoins à un labyrinthe, un labyrinthe de l’humain qui répondrait au titre du seul livre d’Elimane, Le Labyrinthe de l’inhumain. Cet effet labyrinthique est accentué par le parcours de l’écrivain, qui naît au Sénégal, vit à Paris une vie d’étudiant brillant puis d’écrivain prodige avant sa chute, parcourt l’Europe, s’installe en Argentine, puis boucle la boucle. Sur trois continents – Afrique, Europe, Amérique – Elimane dessine un trajet d’errance qui est, aussi, un trajet de quête. Car, de même que Diégane cherche à retrouver Elimane, Elimane cherche quelqu’un, et quelque chose. Sa quête s’arc-boute sur deux guerres et deux continents : il cherche la tombe de son père, tirailleur sénégalais tombé dans la Somme en 1917, et il cherche le bourreau de son éditeur, nazi réfugié en Amérique latine après la Seconde Guerre mondiale. Les quêtes de Diégane et d’Elimane ne se répondent pas véritablement en miroir, mais la situation politique de leur propre temps influe sur leur trajectoire. Ainsi Diégane, sur le point de toucher à la fin de son enquête, se retrouve-t-il à Dakar en pleines émeutes, confronté au passé terrifiant d’un ami congolais, appartenant comme lui au cercle parisien des écrivains africains. Le retour au pays, motif que Mohamed Mbougar Sarr et son personnage écrivain Diégane refusent de traiter en littérature, car c’est ce que l’on attend de la littérature africaine affirment-ils tous deux, est ainsi détourné, parfaitement évité dans la diégèse apparente. Ce motif-là est en creux, important mais pas au centre du propos.

Car La plus secrète mémoire des hommes est certes un roman écrit par un africain, mais c’est avant tout un roman qui parle du monde du XXe et du XXIe siècles, et qui repose sur l’importance de la voix des femmes et sur le pouvoir de la littérature. Il est effectivement dédié à Ouologuem, mais les écrivains que l’on y croise, en tant que personnages et parties prenantes de l’histoire d’Elimane, sont Gombrowicz et Sábato. Pour ce qui concerne les femmes, elles jouent un rôle essentiel dans le roman : ce sont elles qui détiennent les clés du mystère Elimane. Elles sont toutes liées entre elles, qu’elles soient ou aient été cousine ou sœur ou amantes de l’écrivain puis amantes entre elles, ou épouse tardive du père et belle-mère, elles sont toutes dépositaires d’une mémoire, généalogique, politique, émotionnelle. Ce sont des femmes fortes, sensuelles, patientes ou impatientes, mais dans tous les cas obstinées, tenant leur ligne. Diégane, lui, obstinément lancé sur les traces d’Elimane, vit une histoire d’amour intense avec Aïda, photojournaliste. Durant l’un de leurs ébats, Diégane regarde une goutte de sueur glisser le long du corps de la jeune femme, comme une image de sa propre quête et de la force révélatrice des femmes.

Rien d’étonnant à ce que ce roman se retrouve sur un nombre considérable de listes de prix d’automne. On y entend une voix forte, et l’on y découvre une écriture multiple, qui sait passer du lyrisme au factuel sans à-coup. On est plongé dans une histoire qui nous est donnée par strates non chronologiques pour déboucher sur un épilogue qui replie le temps narratif et le temps historique. Mohamed Mbougar Sarr sait lier entre eux les impératifs romanesques et les réflexions littéraires et ontologiques. On comprend qu’il ait choisi comme figures tutélaires, pour ce roman, Bolaño, Sábato et Gombrowicz. Après Notre part de nuit de Mariana Enriquez, La plus secrète mémoire des hommes est mon deuxième coup de cœur de cette rentrée littéraire. De la littérature qui tonne et détone, surprend et ravit.


Mohamed Mbougar Sarr, La plus secrète mémoire des hommes, éd. Philippe Rey/Jimsaan, août 2021, 448 p.

 

[Source : http://www.laregledujeu.org]

 

 

 

Herederos de una tradición polifónica, en la que caben Juan Rulfo, Juan José Saer y Clarice Lispector, seis jóvenes cuentistas reflexionan sobre el presente de un género potente, mutante y en plena ebullición

Escrito por RAQUEL GARZÓN

Cada noche alguien se regala un cuento antes de dormir. En América Latina, ese rito adquiere acentos nuevos. El realismo mágico y el fantástico de otros días fluyen hacia el gótico y lo extraño, devenidos lentes para explorar los vínculos, lo ambiguo y las violencias de un presente tormentoso. El cuento mira y se mira sin exotismo. Si hay costumbrismo, es tecno, y el corsé de los géneros no contiene el desborde de la imaginación, mientras las escritoras empiezan a tener un lugar largamente merecido.

El cuento latinoamericano ha vuelto a ser noticia. Los peligros de fumar en la cama, de Mariana Enriquez (Anagrama), 12 relatos sobre el terror que puede agazaparse en la vida diaria, fue finalista del Booker Internacional 2021, un escaparate de prestigio global. La reciente Vindictas (Páginas de Espuma), una antología de 20 cuentistas del siglo XX, iluminó el talento de autoras marginadas, cuestionando un canon predominantemente masculino. Cuentistas americanos integran también el segundo listado de menores de 35 años propuestos por la revista Granta como los mejores narradores jóvenes en español. En ellos destaca la editora Valerie Miles, se lee tanto la influencia de Roberto Bolaño como la de Sylvia Plath. Herederos de una tradición polifónica en la que caben Juan Rulfo y Clarice Lispector, Juan José Saer y Armonía Somers, ¿qué territorios sienten propios los jóvenes cuentistas latinoamericanos?

Arquitectura superpuesta

Descreen de las miradas generacionales, pero se leen sin falta. Reivindican la libertad de experimentar con diversos géneros (del suspense al new weird anglosajón) y no se encuadran en ninguno. Las traducciones les permiten frecuentar literaturas de otras latitudes como nunca antes. Mezclan y palpan como si a la oralidad de sus relatos quisieran sumar una textura inolvidable. Algunos usan el lenguaje inclusivo en sus obras y todos siguen con atención la literatura escrita por mujeres. Son activos en las redes sociales, que emplean para promocionar sus ficciones. Omnívoros, se nutren de las series, el cine, el teatro, los videojuegos y las historietas tanto como de los libros, y al narrar pueden incluir un código QR que remite a un concierto.

Aniela Rodríguez, José Ardila y Liliana Colanzi (Fotografía de Liliana Colanzi por José Nicolini)..

Aniela Rodríguez, José Ardila y Liliana Colanzi (fotografía de Liliana Colanzi por José Nicolini)

Chéjov, Borges y Mansfield no sucumbieron a la seducción de la novela, ¿pero puede un escritor consagrarse hoy escribiendo solo cuentos? “A los novelistas nunca les preguntan: ¿por qué escribes novela y no cuento o poesía? Va implícita la hegemonía de la novela ante la cual el cuento tiene que justificar su existencia”, define Liliana Colanzi (Bolivia, 1981), traducida a cinco idiomas. Su nombre es uno de los primeros que surgen al hablar de cuento latinoamericano actual. Autora premiada de cuatro libros de relatos, doctora en Literatura Comparada por la Universidad de Cornell y profesora de Literatura Latinoamericana en esa institución, en su escritura Colanzi explora y difumina los bordes del fantástico. Sus historias pueden situarse en Ithaca, París o Marte y convocar aparecidos, alienígenas, universos urbanos o rurales, leyendas o relatos del futuro con originalidad y acento propios. “Rara vez escojo un tema”, cuenta la autora de Nuestro mundo muerto (Eterna Cadencia). “Lo que persigo es una imagen o un ritmo, y el cuento se me va revelando a partir de allí. Mezclo elementos anacrónicos, fuera de lugar, con otros más contemporáneos y futuristas; me gusta pensar en mis cuentos como cholets, esa arquitectura tradicional boliviana donde se superponen componentes disímiles y hasta contradictorios”.

Colanzi: “A los novelistas nunca les preguntan por qué escriben novela y no cuento. La hegemonía va implícita”

Su poética abreva en las películas de Tarkovski y de Apichatpong Weerasethakul (“parecen emanaciones del inconsciente y están llenas de imágenes enigmáticas y hermosas”) y en escritores diversos como Rubem Fonseca, Denis Johnson, Rodolfo Fog­will, Felisberto Hernández y Silvina Ocampo, capaces de “reinventar constantemente lo que entendemos por cuento”. A ellos, dice Colanzi, vuelve siempre para robar cosas.

José Ardila (Colombia, 1985), uno de los autores propuestos por Granta, hace literatura con mirada extranjera en su propia tierra. “Nací en un pueblo en el Caribe, Chigorodó, y vivo hace casi 20 años en Medellín. Mis historias tienen que ver con la sensación de no pertenecer a esos lugares. Son historias sobre el pueblo que recuerdo, que odio y quiero, y sobre esta ciudad que me ha dado tanto y que aborrezco con frecuencia”, cuenta el autor de los relatos de Divagaciones en el interior de una ballena y Libro del tedio, en los que el humor y lo inesperado matizan vidas condenadas a la maldición del aburrimiento.

Ardila opina que hoy se escribe más cuento que nunca en América Latina por influencia de talleres y maestrías en escritura creativa. “De tan estudiado, se piensa que el cuento ya está inventado y es muy parecido al de la tradición estadounidense que viene de Hemingway y Carver: un cuento fundamentado en el silencio. Me gustan más los cuentos que se exceden, como los de Andrés Caicedo. Que fundamentan casi todo su valor no en lo que dejan de decir, sino en cómo dicen lo que dicen, aunque se desborden”, define. Mientras escribe su primera novela, sobre un farsante que monta un culto influenciado por religiones orientales, Ardila subraya las huellas del manga en su escritura. “Hay algo que hacen bien los japoneses en sus historietas y me gusta pensar que aprendo de eso: el ritmo y la estructura. Me aterra la idea de aburrir cuando me leen”.

La experimentación como ADN

La vitalidad del cuento latinoamericano le debe mucho a los festivales (Centroamérica Cuenta, Filba…), que incluso en pandemia ofrecen conversatorios de reflexión y laboratorios de escritura, y a las editoriales independientes, más sensibles a nuevas voces que los grandes grupos. Hace 22 años que el editor madrileño Juan Casamayor milita por esa causa desde Páginas de Espuma, un sello dedicado al cuento. A partir de su experiencia, alerta sobre la dificultad de englo­bar 19 literaturas tan diversas: “Hablar del ‘cuento latinoamericano’ es tan complejo como hacerlo de la ‘novela europea’. ¿Cuál? ¿La policiaca noruega? ¿La novela realista italiana? ¿De qué estamos hablando?”.

Con todo, hay cauces. La experimentación como ADN y dos grandes núcleos temáticos: argumentos que recogen la vida empobrecida y convulsa de las sociedades latinoamericanas —las obras de Antonio Ortuño, mexicano; de la ecuatoriana María Fernanda Ampuero y del brasileño Geovani Martins son casos elocuentes— y un registro de lo insólito que va desde el desasosiego y la inquietud hasta el terror y lo oscuro. “Hay un arco del gótico andino hasta el gótico mexicano. ¿Ese espacio es algo fantástico o se está alimentando de un acervo folclórico popular, elaborado artísticamente como hace Mónica Ojeda en Las voladoras?”, se pregunta Casamayor. A quienes alegan que el cuento no vende, el editor les responde con las 22 ediciones de Siete casas vacías, de la argentina Samanta Schweblin.

Downey: “Los cuentos son puro vértigo. Pueden contar una vida en dos páginas o dar vuelta el mundo en un párrafo”

Cada época metaboliza las influencias a su manera. Ricardo Piglia (Buenos Aires, 1941-2017) explicaba su entusiasmo por los escritores estadounidenses como una reacción frente al peso de Borges y Cortázar, “que hacían estragos” en los escritores de su generación. En junio, al cumplirse 35 años de la muerte del autor de El Aleph, Patricio Pron animaba, en cambio, a estudiar las huellas borgianas en el exitoso gótico latinoamericano actual. “No hay necesidad de matar al padre. Nadie quiere matar a Mario Vargas Llosa porque ya se lo lee como a un clásico”, explica Casamayor.

No todo es ciudad ni versiones de lo fantástico. Lo rural, su habla y su temporalidad regida por la naturaleza enmarcan las historias de Trucha panza arriba, de Rodrigo Fuentes (Guatemala, 1984). Esos siete cuentos inaugurales que siguen a Henrik, un noruego lidiando con la selva, el narco y las inclemencias de lo agreste, editados originalmente en 2017, le valieron al autor traducciones al inglés y al francés y ser elegido por el Hay Festival como uno de los escritores menores de 40 años que conviene no perder de vista. “Me interesan los personajes”, afirma Fuentes, cuyas criaturas cruzan de un cuento a otro, invitando a leerlos como una novela astillada. “Sucedió solo después de reunirlos y tras siete años de escritura”, ahonda. “Los lazos afectivos y formales subieron a la superficie, conectando universos singulares. Aunque los textos siempre mutan, siento que hubiera traicionado o falseado algo importante en la escritura al presentar este libro como una novela”.

Augusto Monterroso, por su rigor sin formalidad, y Angela Carter, sensual y terrorífica a la vez, son los escritores a los que vuelve. “Nunca he comulgado con la noción de Philip K. Dick de que el cuento se trata del crimen y la novela del criminal. Una primera refutación de esa idea fue la lectura de los cuentos de Onetti y de Rulfo”, define el autor, que trabaja como profesor universitario en Estados Unidos. Desarraigarse y trabajar en otro idioma son estaciones comunes para muchos latinoamericanos.

La violencia tatuó el segundo libro de Fuentes, que publicará Sophos este año: “Mapa en relieve es una novela que siempre quise escribir y que preferiría no haber vivido. Tiene que ver con los vínculos entre la historia política de Guatemala y mi familia; un centro de gravedad es el asesinato de mi abuelo en el 79”, anticipa.

Un género ‘outsider’

Cuentista más que narradora. Así se define Aniela Rodríguez (México, 1992), autora varias veces premiada por las historias de El confeccionador de deseos y El problema de los tres cuerpos (Minúscula). “Por muchos años, los cuentistas hemos sido abandonados a un espacio menor, considerados como el peldaño más bajo de la cadena alimentaria de la narrativa”, sostiene. “Escribo, leo y estudio cuento porque es un género outsider: la novela ocupa un lugar predominante en las mesas de novedades. Escribir y leer cuento es hacerle frente a una tradición narrativa hegemónica”.

Sus historias indagan en el abandono y las pérdidas. Pero también en problemáticas sociales como el narcotráfico, la brujería y la idolatría, en forma de religiosidad o de afición apasionada por una camiseta de fútbol. “Nunca he sido partidaria de los finales felices”, bromea Rodríguez. Y aunque reconoce estar muy influenciada por el género negro, el suspense y el terror, no se siente al 100% dentro de ellos. Entre sus referentes señala tanto a Juan Rulfo y Elena Garro como a António Lobo Antunes y a Rodrigo Fresán.

Rodrigo Fuentes, Paulina Flores y Tomás Downey (Fotografía de Paulina Flores por Mariola Guerrero).

Rodrigo Fuentes, Paulina Flores y Tomás Downey (fotografía de Paulina Flores por Mariola Guerrero)

Tomás Downey (Buenos Aires, 1984) estudió guion cinematográfico y cierta fiebre audiovisual alimenta la tensión de sus cuentos, que él encuadra en el fantástico en sentido amplio. “Los editores y los agentes siguen pidiendo novelas, así que asumo que deben vender más. Pero los cuentos son pura densidad, puro vértigo. Pueden contar una vida (y en paralelo, la historia de un país) en apenas dos páginas, como en Fumar abajo del agua, de Félix Bruzzone, o dar vuelta el mundo en un párrafo, como en cualquier microrrelato de Lydia Davis”, se entusiasma.

Acá el tiempo es otra cosa (Interzona), su primera colección de relatos, ganó el Premio del Fondo Nacional de las Artes y quedó finalista del Gabriel García Márquez. Con El lugar donde mueren los pájaros (Fiordo), su segundo libro que Paripé publicará en España, obtuvo una mención en el Premio Nacional de Cuentos. “El tema con el que termino enredado es la familia, o los vínculos, siempre por el lado de la ambigüedad. El objetivo es abordar algo conocido bajo una perspectiva nueva”, dice Downey. Escoge como referentes a contemporáneos, cuatro escritores argentinos que le hicieron sentir la literatura como algo posible: Samanta Schweblin, Luciano Lamberti, Mariana Enríquez y Federico Falco, finalista del Premio Herralde con Los llanos y un cuentista virtuoso, muy influido por Saer, convertido en editor de la colección de cuentos de Chai, una nueva editorial independiente de su Córdoba natal.

Trabajo concluido

Vida y literatura son un mismo frenesí para Paulina Flores (Chile, 1988), que hoy reside en Barcelona. “Aprendí a escribir escribiendo cuentos”, dice, y entiende que el género es ideal para una época en la que el tiempo apremia. “Era estudiante, trabajaba, vivía sola y las condiciones materiales fijaron la ruta a seguir, porque necesitaba terminar un texto, poder mostrarlo y recibir comentarios, o participar en algún concurso. Los cuentos daban la sensación de trabajo concluido. Cerrar un pequeño proceso creativo, saborear resultados y empezar otra vez es importante para mí; tengo problemas para manejar la frustración”, afirma.

Qué vergüenza, editado por Seix Barral y traducido a seis idiomas, corona un largo aprendizaje en el que sus influencias fueron narradoras anglosajonas: Flannery O’Connor, Carson McCullers, Lorrie Moore, Amy Hempel o Alice Munro. “Trabajé en él durante años, compartiendo textos con amigues cuando estudiaba literatura o participando en talleres”. Define estas historias como íntimas, de la vida cotidiana: “Hablan de pequeños momentos cuando las cosas cambian. La mayoría tiene como protagonistas a adolescentes y niñes. Hay un componente social que siempre me interesa desarrollar”. Esa mirada colectiva crece en Isla decepción, su primera novela, que se publicará en España en septiembre, inspirada en casos de marineros orientales fugados de los barcos-factoría que navegan por el estrecho de Magallanes.

Fugar, fluir, llevar a los lectores a otra parte. A diestro o siniestro, el cuento latinoamericano vale el viaje.

[Ilustración de Tute – fuente: http://www.elpais.com]

El escritor mantiene una conversación con su alter ego Pedro Juan sobre la vida y la literatura donde repasa su trayectoria literaria y vital.

Pedro Juan Gutiérrez, poeta, periodista, pintor, entre otros oficios, con más de 40 publicaciones a sus espaldas, el Prometeo sexual desatado, como le llamaba Roberto Bolaño, explora sus vivencias con su característico estilo crudo, fuerte y directo del downtown de la Habana.

Diálogo con mi sombra : sobre el oficio de escritor / Pedro Juan Gutiérrez. Anagrama, 2021

SINOPSIS

Pedro Juan entrevista a Pedro Juan. El escritor hace un ágil y exhaustivo repaso de su vida y su obra en el que no se deja nada en el tintero. Y es que, si hablamos de Pedro Juan Gutiérrez, vida y obra se entrecruzan y entremezclan hasta confundirse en la trayectoria de este autor vitalista, visceral y carnal.

En estas páginas evoca sus tempranos pinitos como enamoradizo poeta infantil en Matanzas, el descubrimiento del sexo y la masturbación, la vida en las calles, su juventud en la etapa más dura y represiva de la revolución en los setenta –cuando se prohibieron cosas como el jazz y el rock–, los inicios de su carrera como periodista en la radio, la llegada a La Habana, sus relaciones con mujeres maduras… Y nos habla también de su concepción de la literatura: de cómo el escritor debe vampirizar la realidad, de su teoría de la literatura construida como realidad enloquecida, de la relevancia de la oralidad en su obra, la construcción de sus antihéroes, la importancia del sexo en sus libros, el recurso a la irreverencia y la obscenidad, el rechazo a la actual corrección política… Y desgrana sus lecturas e influencias: los cómics americanos, Kafka, Juan Rulfo, Nicanor Parra, Cortázar, Capote, Malaparte, Carpentier, Sherwood Anderson, los cuentos de Hemingway y Grace Paley, Bukowski y hasta la Corín Tellado que su madre leía con fruición.

Fragmento del llibro disponible en la página web de Anagrama

 

[Fuente: http://www.americat.barcelona]

Numerosas escritoras latinoamericanas protagonizan una nueva tendencia en la literatura actual que se conoce como nuevo gótico latinoamericano. Una forma de narrar que toma tópicos del terror y las distopías para reflexionar de una manera diferente sobre nuestro presente.

Escrito por Carlos Madrid

En los últimos años, varios nombres de escritoras latinoamericanas copan las listas de novedades y son ampliamente leídas por el público y aplaudidas por la crítica. Autoras como Mariana Enríquez, Mónica Ojeda, Michelle Roche Rodríguez, Fernanda García Lao, Ana Llurba, Natalia García Freire o Giovanna Rivero están creando una nueva tendencia en la literatura actual que se conoce como nuevo gótico latinoamericano. Una forma de narrar que toma tópicos del terror y las distopías para reflexionar de una manera diferente sobre nuestro presente.

“Lo transhumano y la ansiada fusión con otros reinos —el animal, el vegetal, el reino cósmico— es el sello de estas búsquedas de la imaginación”, sostiene Giovanna Rivero

Pero, ¿es realmente una tendencia? ¿Es algo nuevo? Para Giovanna Rivero, que ha publicado bajo este género obras como Tierra fresca de su tumba (Candaya, 2021), hablar únicamente de gótico latinoamericano podría suponer una trampa que excluyera los matices. Sin embargo, sí que encuentra una “gran coincidencia, o incluso, una gran sincronía, en un buen número de escritoras que están revisitando desde ciertas especificidades geográficas y políticas algo que ya hizo Mary Shelley con Frankenstein. Este llamado gótico latinoamericano del siglo XXI está dando cuenta de un nuevo abismo que no es otra cosa que el fin de nuestra especie. Lo transhumano y la ansiada fusión con otros reinos —el animal, el vegetal, el reino cósmico— es el sello de estas búsquedas de la imaginación”, sostiene.

Ana Llurba, autora de Constelaciones familiares (Aristas Martínez, 2020), cree que este género no es algo nuevo, sino que se podría remontar hasta las crónicas de Indias, “como Guamán Poma de Ayala o la de Bartolomé de las Casas y su registro de las crueldades de la conquista y la colonización, que se podrá comparar bastante al gore y splatter contemporáneo”. Y, más cercano a nuestro tiempo, un antecedente importante para ella podría ser La amortajada de María Luisa Bombal (1938), que inspiró a Juan Rulfo para su Pedro Páramo (1955), una obra canónica sobre las fronteras entre la vida y la muerte, entre el realismo mágico, lo costumbrista y lo fantástico.

Una descripción a la que la escritora Natalia García Freire, autora de Nuestra piel muerta (La Navaja Suiza, 2019), añade nuevos matices. En su opinión, existe desde el siglo XIX cierta literatura que puede verse como los cimientos de este nuevo gótico. “Una base en la que se encuentran escritores como Borges, Silvina Ocampo, Bioy Casares, Julio Cortázar, Rosario Ferré, Felisberto Hernández, Juan Rulfo, Armonía Somers y muchísimos más que ya tocaban temas que entran en lo gótico: lo fantasmagórico, las casas embrujadas, los lugares oscuros, laberínticos. Pero en este siglo esa tendencia es quizá la que más predomina. Ese gótico latinoamericano ha venido a instalarse en la literatura, tomando a estos y estas autoras y también a los americanos como Faulkner o Stephen King, pero reinventando los escenarios para adecuarse perfectamente a temas locales”, sostiene.

Una tendencia liderada por mujeres

Como se puede apreciar, todas las autoras que se han citado en el artículo son mujeres. Un hecho que las tres escritoras relacionan con el signo de los tiempos: ya no se puede ignorar a las mujeres y son muchas las editoriales, sobre todo las pequeñas, que apuestan por escritoras jóvenes. “Esto hace que sea posible, por primera vez, que se vea ese boom. Pero si vamos a otras épocas también hubo muchas mujeres escribiendo fuera del canon y que están siendo hoy recuperadas, como Armonía Somers o Shirley Jackson”, apunta Natalia García Freire.

Unas palabras que también defiende Giovanna Rivero, quien añade que a esta visibilidad se ha llegado a través de muchísimas batallas. “Creo que sin los feminismos no estaríamos hoy hablando de este tema. Los feminismos han activado percepciones, incomodado formas de leer, cuestionado ideas enquistadas, y esto está formando otras sensibilidades lectoras. Y cuando digo ‘sensibilidades lectoras’ no me refiero solo a quien compra y lee un libro, sino también a quien decide publicarlo desde el ámbito editorial, a quien lo reseña, a quien lo incluye en un canon, en una lista o en la conversación pública”, sostiene.

Ana Llurba, por su parte, cree que es simplemente un momento en el que se está dando más visibilidad a las escritoras. “Una visibilidad que está tomando más fuerza por el efecto de eco de cierto periodismo caza tendencias y la necesidad ludópata de las editoriales por etiquetar y apostar por the next big thing”, apunta. “Aun así, hay calidad, escritoras excelentes y el reconocimiento internacional y las traducciones a otras lenguas son una prueba contundente de eso. Creo que es un buen momento para la literatura latinoamericana, en general. Es decir, que hay vida más allá de Bolaño” [risas].

Puntos en común y desavenencias

Como es natural, son muchos los temas que guardan en común los libros que se agrupan bajo esta etiqueta. Temas como la muerte, la violencia sobre las mujeres, la importancia de las almas o el uso del terror. Natalia García Freire sostiene que el más común es el sobrenatural, el cual se muestra como un elemento que más allá de que nos pueda hacer daño, nos atrae. “Un elemento que se aprecia muy bien en Las voladoras, de Mónica Ojeda. En este libro existe una seducción por las criaturas místicas en el que es el ser humano el que se vuelve un ser más monstruoso”, dice la autora.

“Estamos atravesando una época iconoclasta donde muchas autoras estamos volviendo a escribir sobre eso con nuestros estilos y obsesiones personales”, opina Ana Llurba

Unos puntos en común que Ana Llurba, más allá de los elementos, asocia a qué se hace con ellos. “Es decir, cómo se reactualizan, desde qué horizontes de lectura, con qué claves estéticas. Y creo que estamos atravesando una época iconoclasta donde muchas autoras estamos volviendo a escribir sobre eso con nuestros estilos y obsesiones personales”, sostiene.

Giovanna Rivero, en la línea de lo que dice Llurba, cree que no hay unos temas más importantes que otros, sino que ella apuesta por la complejidad, por la contradicción, por la contaminación y las distintas membranas. “Así, la violencia sobre los cuerpos de mujeres involucra métodos de muerte y la muerte siempre es política, es filosófica, es terrible”, matiza.

Y, respecto a sus diferencias, las tres muestran dificultad a la hora de señalarlas. Natalia García Freire encuentra esa distancia en sus referentes, los cuales son muy específicos y en el lugar en el que enmarca su obra. “Me refiero a Shirley Jackson o William H. Gass o el mismo Juan Rulfo, pero también a temas muy personales, familiares y del paisaje donde vivo”.

Ana Llurba, sin embargo, se desmarca de sus coetáneas por su “exploración temática de la religión como mitología y como fenómeno que da forma inconsciente a gran parte de nuestras experiencias vitales y, sobre todo, la tendencia a la sátira y el humor negro”. Y añade: “Me repele la solemnidad: si no me río, no es mi revolución”.

Por último, Rivero va un paso más allá y defiende que la escritura siempre busca ese pliegue, esa diferencia. “La utopía es encontrar la diferencia en eso que volvemos a contar”, sostiene. Así, no sabe qué la diferencia específicamente a estas escrituras del resto, pero tiene claro que “ese descubrimiento siempre sucede durante la lectura”. Leámoslas pues.

 

[Foto: Álvaro Minguito – fuente: http://www.elsaltodiario.com]

 

Escrito p

“No entienden muy bien quién es abuelo, quién tío, quién bisabuelo; las viejas etiquetas les deben parecer espesas e imprecisas”, afirma el narrador de Los cuerpos del verano, de Martín Felipe Castagnet. El hombre —que resucita en el cuerpo de una mujer tras flotar durante setenta años en el mundo virtual donde habitan millones de conciencias— dice en otro momento sobre los jóvenes: “Son la última generación; en adelante no habrá generaciones sino multiplicaciones”.

A través de la ficción especulativa —y por momentos absurda— el escritor interviene en la discusión actual sobre la identidad, la memoria o la tecnología. Estrategias parecidas encontramos en libros de Marcelo Cohen, Samanta Schweblin, Edmundo Paz Soldán, Fernanda Trías, Rita Indiana, Alberto Chimal, Gabriela Alemán, Juan Cárdenas, J. P. Zooey o Liliana Colanzi. Han proliferado los relatos y novelas de autores latinoamericanos que fabulan realidades alternativas o futuras, casi siempre con intención irónica, política y queer.

La ciencia ficción más heterodoxa se ha vuelto medular en la literatura de América Latina. Especialmente castigada por la pandemia, con la migración siempre en el horizonte y víctima de una polarización política que cada día se vuelve más extrema, la región está encontrando en su literatura los futuros que sus políticos son incapaces de imaginar. Las nuevas mitologías, que los lectores sin duda necesitan, son construidas por los escritores mediante la hibridación de las cosmovisiones indígenas con las maestras del feminismo, de la tecnología con el humor, del ensayo con la ciencia ficción.

Tras un canon que —desde Juan Rulfo o Gabriel García Márquez hasta Roberto Bolaño o Elena Poniatowska— exploró sobre todo el pasado o el presente, han llegado nuevas generaciones que incluyen en sus intereses también el porvenir. Si los autores del Boom latinoamericano tradujeron al español los hallazgos técnicos de William Faulkner o Ernest Hemingway, los escritores nacidos en las últimas cuatro décadas del siglo pasado versionan las ideas y las propuestas de Ursula K. Le Guin o Donna Haraway. Encuentran otros modelos inesperados en las artes conceptuales y las narrativas digitales. Los une la voluntad de sacudir los géneros, sexuales y textuales: quienes no se sitúan directamente en una posición feminista, se mueven en el ámbito de lo queer; y todos remezclan imaginarios muy diversos.

En muchos de ellos la migración aparece como una pregunta clave y dolorosa. En el relato “Hermano ciervo”—del libro Tierra fresca de su tumba, de Giovanna Rivero—, por ejemplo, la protagonista estudia el género fantástico y su novio, la clonación de los camélidos. Ambos sienten que sus familiares, en un país lejano, se han convertido en otras personas, al tiempo que ellos mismos también sufrían una mutación. Para sobrevivir en Estados Unidos, él se somete a experimentos médicos que lo convierten en “sujeto prospectivo”, con abundantes extracciones sanguíneas. Cuando llega a la fase X, la última, con “ese tipo de registro que usaban los de la serie Expediente X”, a ella le obligan a ponerse un traje antibacterial para su despedida.

La lectura política es obvia: a cambio de ayudarles a progresar intelectualmente, el imperio les chupa la sangre. Pero no lo es tanto la interpretación en términos genéricos. Mientras su novio dona su cuerpo, en vida y por entregas, a la ciencia ficción, la narradora estudia la carta astral de su hermano muerto o asiste a la muerte de un animal salvaje. Dos fuerzas chocan en ese relato: el poder de lo antiguo y el de lo contemporáneo. De su síntesis, parece decirnos, depende la suerte de lo que vendrá.

“Lo que hay aquí, en esta antología, es un intento por contribuir, desde la incomodidad con el presente, con algunos hilos que puedan entrelazarse y tejerse para hacer otros mundos”, escribe la artista y escritora mexicana Verónica Gerber Bicecci en el prólogo a En una orilla brumosa. Se trata de un volumen colectivo de relatos y ensayos que se apropian de ciertos recursos de la ciencia ficción para imaginar un catálogo de futuros que no se parecen a los del cine y la televisión, que no persiguen el espectáculo sino la especulación. El lenguaje sigue siendo la mejor herramienta para diseñar escenarios alternativos.

Aunque todo escritor está por naturaleza interesado en la tradición y en la memoria, este inicio de siglo señala una progresiva atención de la literatura latinoamericana hacia lo porvenir. Ese giro importante del foco de interés, del pasado y el presente hacia la proyección de futuros, puede deberse a motivos históricos. Los autores del Boom, contemporáneos del Che Guevara o de Salvador Allende, vivieron las revoluciones de Latinoamérica. Los de hoy han sufrido las consecuencias de que fueran neutralizadas por las dictaduras o condenadas por sus propios líderes a una lenta autodestrucción. La literatura ocupa ese lugar vacío —el de los proyectos colectivos del mañana— y lo convierte en un poderoso generador estético y filosófico.

Aunque predomine en estos momentos la distopía (sanitaria y política en Allá afuera hay monstruos, de Paz Soldán, o Mugre rosa, de Trías; tecnológica en Kentukis, de Schweblin; ecológica en El ojo de Bambi, de Gerber Bicecci), muchos de los autores de las nuevas generaciones, después de décadas de desilusión, han sido testigos en los últimos años de algunos mensajes de esperanza. Desde las movilizaciones masivas, de norte a sur, a favor de la despenalización del aborto o del matrimonio igualitario, hasta el cambio constitucional en Chile. Podríamos estar en un punto de inflexión entre las ruinas y el optimismo.

¿Será la tercera década del siglo XXI la década de la tensión entre los últimos estertores de los relatos distópicos y nuevas formas literarias de la utopía? Para poder responder a esa pregunta, seguiremos leyendo. Con la conciencia de que el futuro no está escrito. Y que todo un continente permanece abierto a la historia y a la imaginación.

Jorge Carrión (@jorgecarrion21) es escritor y director del máster en Creación Literaria de la UPF-BSM. Sus últimos libros publicados son Contra Amazon y Lo viral. Es el autor del pódcast Solaris, ensayos sonoros.

[Foto: Federico Rios Escobar – fuente: http://www.nytimes.com]

 

 

La Fundación Banco Santander publica ‘De mujer a mujer’, una antología que reúne varias cartas que mujeres exiliadas como Maruja Mallo, Zenobia Camprubí, Ana María Sagi o María Zambrano enviaron a la Nobel. Un ejercicio de indagación filológica y un firme compromiso con la memoria histórica de nuestra tierra

Gabriela Mistral

Escrito por BEGOÑA MÉNDEZ

De mujer a mujer es uno de esos libros que se filtra lento y que no hace ruido porque está hecho con los materiales más íntimos de las historias pequeñas: palabras de mujeres susurradas apenas. Palabras que coinciden en decir la experiencia del destierro y las heridas de guerra. Epístolas de la vida cotidiana que al ser reunidas y excelentemente editadas revelan su magnífica importancia. Porque De mujer a mujer no es solo un precioso ejercicio de indagación filológica. Esta recopilación de escrituras personales, recogidas en el nuevo volumen de la colección Cuadernos de Obra Fundamental de la Fundación Banco Santander, supone también un firme compromiso con la memoria histórica de nuestra tierra.

Y digo tierra sin equivocarme. Porque es cierto que estos escritos fueron perpetrados en el interior solitario de alguna casa prestada, pero cruzaron Europa y el océano Atlántico. México y Colombia, Chile y Puerto Rico, Cuba, Estados Unidos, Francia o Italia fueron los lugares desde los que estas intelectuales republicanas intentaron remedar sus antiguos hogares y compartir sus preocupaciones. Y tal vez porque, como escribiera Mistral “no hay novelista capaz de contar lo que está pasando en el mundo”, estas cartas austeras son un testimonio exacto para comprender de qué modo la Guerra Civil (y de rebote, la II Guerra Mundial) convirtió en un secarral desamparado la cultura de este país y precarizó las vidas, siempre provisorias, de quienes la habían cultivado.

Las cartas configuran una geografía del desgarro en la que el Atlántico no es una frontera infranqueable sino una vía que une. Y digo esto con franca envidia, impresionada por las conexiones fértiles y los intercambios constantes entre Europa y América, pero también, y esto me parece necesario recordarlo, lazos fecundos y amistades hermosas entre escritores que escribieron en su lengua catalana y escritores que lo hicieron en su lengua castellana. Por eso Gabriela Mistral (1889-1957), piedra angular de tantas vidas en el exilio, ayudó del mismo modo al poeta Josep Carner a huir de España que al hijo de la diplomática Teresa Díez-Canedo a escapar de Francia. Los versos de Mistral fueron igualmente queridos por María Zambrano o Zenobia Camprubí que por Francesca Prat i Barri o Ana María Sagi quien, en 1946, le pidió una colaboración para la revista Per Catalunya, una publicación que había nacido en Niza en 1945. Estas autoras, junto a María Enciso, Margarita Nelken, Victoria KentMaruja Mallo y María de Unamuno configuran la nómina de las intelectuales convocadas en De mujer a mujer.

Sus manuscritos, en su mayor parte exhumados de la Biblioteca Nacional de Chile, documentan sus luchas por sostener sus vidas acomodadas, en ocasiones muy venidas a menos; atestiguan vagabundeos por los mapas del exilio en busca de universidades donde enseñar, revistas con las que colaborar, editoriales donde publicar, casas en las que habitar. Y siempre, la poeta, diplomática y Premio Nobel Gabriela Mistral el centro del tapiz. Tejedoras todas ellas de una red invisible de apoyos y de acompañamiento. Porque en un ambiente inestable y tomado por el espíritu bélico, ellas optaron por socorrerse en lo mundano y por compartir sus lutos. Estas cartas sencillas están cargadas de afectos muy hondos. Notas y postales modestas que otorgan a la expresión “lo privado es político” toda su fuerza: en el intercambio epistolar con Gabriela Mistral, estas mujeres encontraron el encaje perfecto entre la expresión dolida de sus desarraigos y la denuncia política; entre el lamento por la pérdida y la firme voluntad de construir puentes entre los exiliados.

Los duelos de estas mujeres son heridas abiertas en los cuerpos y en la patria. Voy a confesarles algo: abomino de la noción de patria o, mejor, repudio todas las violencias ejercidas en su nombre. Pero aquí está usada de un modo conmovedor y que, con toda probabilidad, constituye su sentido más verdadero. Si el escritor chileno Roberto Bolaño afirmó que su patria eran sus hijos y su biblioteca, para estas autoras, intensamente politizadas y cultivadas, la patria no fue nunca un lugar funesto donde gestar odios o cultivar enemistades. Muy al contrario, fue el nombre que le dieron a su vocación de justicia y fue el nombre que le dieron al amor que derramaron sobre las tierras y las gentes que las acogieron.

Carta de Gabriela Mistral a Margarita Nelken. Foto: Archivo Histórico Nacional

Patria fueron las ciudades y los países donde vivieron, los colegios en los que enseñaron, las escuelas que fundaron, los textos que tradujeron, los poemas que publicaron, los libros que se regalaron. De algún modo siento que no hubo para ellas más patria que las palabras escritas y la necesidad de dar amor y de recibir cariño: “Me paso las horas metida en mi cuarto en compañía de mis libros, pero estos no bastan, hacen falta personas de carne y hueso con quienes comunicarse, aunque sea para reñir algunas veces”, escribió María de Unamuno. Corría el año 1956. Gabriela Mistral, con la vista muy deteriorada y el corazón muy frágil, moriría en Nueva York un año más tarde.

Como espejos de un caleidoscopio, las epístolas figuran otras formas de acercarnos a nuestra historia: de la estricta dieta que Zenobia le preparaba a un Juan Ramón Jiménez cada vez más deprimido, al dolor indecible de Margarita Nelken por su hijo muerto en el frente a los 22 años, pasando por la convicción de María Zambrano de que España es “nuestra hoguera”, estos registros de vida revelan que la Guerra Civil no fue solo un acontecimiento político, sino también un terrible suceso interior que afectó muy hondo en las almas de quienes la sufrieron.

Termino con una instantánea, que en realidad son dos. Una imagen que se desdobla y se abre para recordar cómo cristaliza la historia en los cuerpos que la viven. Petrópolis. 1942. Stefan Zweig se suicida junto a su esposa Lotte, abrumados por el avance del nazismo. Petrópolis. 1943. Yin Yin, el sobrino predilecto de Mistral muere. “Me lo suicidaron”, le escribió a su amiga Margarita Nelken. Tres palabras que sirven para comprender por qué De mujer a mujer es un libro importante. Y es que todo discurso íntimo lleva consigo las marcas que la historia inscribe en las vidas particulares. Estas cartas ponen de manifiesto que es imposible desvincular una experiencia interior de su tiempo histórico y que nada de lo que ocurre a nuestro alrededor debería resultarnos ajeno. También nos recuerdan la necesidad de tramar redes de palabras y de afectos para estar menos solos y soportar mejor el mundo.

 

[Fuente: http://www.elcultural.com]

Víctima d’uns plans d’estudis cada cop menys humanístics i cada cop més sobreregulats i excloents, la literatura s’aguanta com pot

Escrit per Francesc Ginabreda

Hi ha moltes maneres de reivindicar la literatura: apel·lant al talent de l’escriptor, a la sapiència, a la profunditat, al valor històric del text, a l’entreteniment, a l’enginy o al seu poder transformador. Al seu encís. I practicar amb l’exemple compartint la fascinació que ens produeixen les seves històries a través del nostre propi relat. És el que fan Antonio Iturbe i Jordi Lafebre a Cinquanta moments literaris (Bridge) fent lluir l’esquer de l’anècdota per desembolicar el nostre interès antropològic. Qui va dir que la història de la literatura és avorrida?

Víctima d’uns plans d’estudi cada cop menys humanístics i cada vegada més sobreregulats i excloents, la literatura s’aguanta com pot entre l’eficàcia acrítica i l’estandardització retòrica dels currículums escolars. I tot i que tenim grans professors, “si la literatura s’ha convertit en una matèria que molts estudiants perceben com inútil o soporífera és perquè no hem sabut explicar-la”. Ho diu Antonio Iturbe, que precisament per donar la resposta contrària a aquesta situació ha recopilat, amb Jordi Lafebre, cinquanta moments per “abocar-nos a la literatura d’una manera que no s’assembli a l’administrativa i pautada per un currículum docent, sinó a la del relat dels Contes de les mil i una nits“. De l’anècdota a l’interès i de l’interès a l’encantament.

No és fàcil fer una tria de “només” cinquanta moments literaris o metaliteraris, i menys començant a l’any 1.400 abans de Crist amb la història de Guilgameix i les seves proeses èpiques. Però com que la literatura s’ha de saber explicar, abans el relator ha de ser capaç de seleccionar entre les inacabables anècdotes, fabulacions i casualitats que formen part de la vida i l’obra dels grans escriptors. I aleshores emergeix l’espurna de la literatura ben transmesa, aquella que ens fa viure altres vides sense moure’ns del sofà, del llit, de la cadira o de qualsevol racó de món on passem estones fent de lectors.

Si fem cas a Iturbe, la qüestió és “no només explicar, sinó també embruixar”. Tota atmosfera idíl·lica, delitosa o fins i tot càndida és bona per deixar-nos segrestar una estona per la literatura, per aquest volgut encís de la transmissió. Almenys, aquesta és l’actitud.

Viatjant amb Homer cap a Ítaca, enamorant-nos de Beatriu amb Dante, rememorant el volcànic cristianisme de Llull, assajant com retratar la condició humana amb Montaigne, recorrent la infància presidiària de Dickens, caminant cap als boscos amb Thoreau, escrivint cartes amb Dickinson, exiliant-nos amb Rodoreda, vigilant un càmping amb Bolaño i recordant amistats perilloses i rivalitats mítiques com les de Luis de Góngora i Francisco de QuevedoArthur Rimbaud i Paul Verlaine o Ernest Hemingway i Francis Scott Fitzgerald. Sense oblidar la mort de Txékhov amb xampany.

I tornem al titular: “Entre dos cirurgians igualment competents, procuri que l’operi qui hagi llegit Txékhov”, tal com va dir, amb erudició sorneguera, el crític literari Simon Leys. Potser en comptes de Txékhov ens decantaríem per Gógol, o per Dostoievski, o per Tolstoi, i potser de totes maneres l’elecció seria desafortunada, però pel que fa al cas la idea no canvia.

I si el debat fos entre Verlaine i Rimbaud? Per si de cas, abans de passar pel quiròfan, aquell dia no us emborratxeu metaliteràriament sense pistola.

 

[Font: http://www.nuvol.com]

El movimiento estridentista cumplirá un siglo de su fundación en 2021; la editorial Alias lo conmemora con tres ediciones facsimilares

La colección de libros estridentistas que Alias publicó recientemente, en ediciones facsimilares

Escrito por NICOLÁS CABRAL

“¡Chopin a la silla eléctrica!”, grita Cate Blanchett en el papel de una punk hastiada, en el cuarto segmento de Manifesto (2015), la videoinstalación de Julian Rosefeldt luego estrenada como película. La frase, como casi todo lo que oímos decir al personaje, es de Manuel Maples Arce, y forma parte de lo que hoy conocemos como el primer manifiesto estridentista (Actual No. 1, diciembre de 1921).

Más allá del reconocimiento de esta vanguardia en la constelación internacional, resulta interesante la elección dramática de Rosefeldt. El artista alemán identificó, en el abrasivo presentismo de Maples Arce, una sensibilidad que hoy llamaríamos punk: “Y ahora, yo pregunto, ¿quién es más sincero?, ¿los que no toleramos extrañas influencias y nos depuramos y cristalizamos en el filtro cenestésico de nuestra emoción personalísima o todos esos ‘poderes’ ideocloróticamente diernefistas, que solo tratan de congraciarse con la masa amorfa del público insuficiente, dictactorial y retardatario de cretinos oficiosos, académicos fotofóbicos y esquiroles traficantes y plenarios?”.

El estridentismo es un capítulo inestable, aún sin término, de la historia del arte y la literatura mexicanos. Revisar sus postulados obliga a preguntarse qué habría ocurrido si ellos, y no los contemporáneos, se hubieran impuesto en la querella cultural posrevolucionaria.

Durante más de cuatro décadas, luego de que el movimiento se desvaneció en 1927 con la caída del gobierno progresista de Heriberto Jara en Veracruz, donde Maples Arce llegó a ocupar la secretaría de gobierno, el estridentismo fue, pese a su nombre, algo parecido a un rumor. Nunca incorporada al canon, cerrada –por fortuna– la posibilidad de convertirse en una revolución institucionalizada, la única vanguardia nacida en México ha sido reivindicada lenta pero crecientemente a partir del libro pionero de Luis Mario Schneider, El estridentismo o una literatura de la estrategia (1970).

Estridentismo

Los estridentistas en Xalapa, 1924. De izquierda a derecha: Germán List Arzubide, Ramón Alva de la Canal, Manuel Maples Arce, Leopoldo Méndez y Arqueles Vela

Es probable que debamos a Roberto Bolaño la irradiación reciente del movimiento fuera de la academia. Los detectives salvajes (1998), una de las novelas latinoamericanas de mayor repercusión en las últimas décadas, colocó a los estridentistas en el centro de un canon alternativo, formado por escritores que se niegan a ingresar a la nómina oficial de la literatura mexicana, tan afecta a la “palabra justa”. En el relato desfilan Maples Arce, Arqueles Vela y Germán List Arzubide, así como los ficcionales Amadeo Salvatierra, pintor, y Cesárea Tinajero (inspirada en Concha Urquiza), la poeta cuya figura esquiva está en el núcleo de la trama. Bolaño, que a mediados de los setenta entrevistó a los escritores centrales del movimiento –un hecho parodiado en la novela–, puebla su libro de alusiones y homenajes, no exentos de ironía melancólica.

Conforme se acerca el centenario de la publicación de Actual No. 1, el renovado interés en el estridentismo parece sostenerse en un malestar: salvo las excepciones de siempre, la literatura mexicana ha conservado la docilidad lingüística, al grado de que los versos y las prosas de los fundadores de esta vanguardia siguen resultando chirriantes para los oídos del público “culto”. A los trabajos de Schneider (como la antología El estridentismo. México 1921-1927, de 1985) se han sumado en este siglo los de Evodio Escalante (Elevación y caída del estridentismo, 2002), Clemencia Corte Velasco (La poética del estridentismo ante la crítica, 2003), Silvia Pappe (Estridentópolis: urbanización y montaje, 2006), Elissa J. Rashkin (La aventura estridentista, 2009) y Lynda Klich (The Noisemakers: Estridentismo, Vanguardism, and Social Action in Postrevolucionary Mexico, 2018), entre otros.

El sustento crítico e historiográfico es fundamental, pero en los últimos años varias iniciativas han permitido a los lectores relacionarse directamente con los textos. Las ediciones facsimilares de las revistas Horizonte (FCE, 2011) e Irradiador (UAM, 2012) son fundamentales para comprender las ideas estéticas estridentistas, por ejemplo. Y en 2018 Malpaís Ediciones publicó, como parte de la relevante colección Archivo Negro de la Poesía Mexicana, El pentagrama eléctrico (1925) de Salvador Gallardo, una de las figuras señeras del movimiento, autor de una escasa pero potente obra poética.

Una literatura de la estridencia

Entre finales del año pasado y principios de este, adelantándose a la pandemia que ha puesto todo en suspenso, el sello Alias lanzó tres títulos fundamentales: las ediciones facsimilares de Andamios interiores. Poemas radiográficos (1922), de Manuel Maples Arce; La Señorita Etcétera seguida de El Café de Nadie y Un crimen provisional (1922), de Arqueles Vela; y El movimiento estridentista (1926), de Germán List Arzubide.

La editorial dirigida por el artista Damián Ortega ha tomado algunas decisiones importantes en estas adiciones a su colección Antítesis, dedicada a trabajos de creadores mexicanos con visiones singulares, incluso marginales. Además de reproducir la gráfica original de los libros –fundamental, como se sabe, para los grupos de vanguardia– y los cuatro manifiestos, la edición de El movimiento estridentista incluye el ensayo con el que Schneider presentó su antología de 1985.

La lectura de estos volúmenes produce un efecto paradójico: la huellas del tiempo no logran borrar el hecho de que algunos reclamos siguen siendo vigentes. Social, política, estéticamente. Seguimos cargando con lo que Diego Rivera, en el primer número de Irradiador (septiembre de 1923), llamó “momiasnocracia”, cuyo antídoto es la estridentina. Cuando Cate Blanchett mira a la cámara en Manifesto y hace suyas las palabras de Maples Arce, entendemos que el estridentismo se distanció del futurismo en un aspecto fundamental: su apuesta fue la intensificación de la experiencia del ahora. Ahí, precisamente, Rosefeldt acierta vinculando el punk (no future) a la vanguardia mexicana.

Los estridentistas postularon un actualismo radical, pero dejaron algunos avistamientos a los que vale la pena aferrarse, especialmente en momentos en los que resulta difícil distinguir las líneas del horizonte: “Un día alfombraremos la vida / con los pétalos dispersos / de las canciones nuevas” (Salvador Gallardo).

 

[Fuente: http://www.latempestad.mx]

Escrito por José de Monfort

Poeta chileno consta de dos novelas cortas que colapsan en un determinado punto, a las que el autor les añade un preludio y una tercera pata (central en la narración) que sirve de paisaje de época, con la creación de una suerte de personaje colectivo (que es el grueso de los poetas chilenos contemporáneos; reales e inventados).

Hay en el libro dos personajes centrales, Gonzalo y Vicente. Ambos acabarán siendo poetas (y menos por vocación que por decisión), y de ahí viene el título (ambivalente) del libro. Lo más importante entre ellos, sin embargo, más que sus propias carreras, será el propio lenguaje poético, que les abrirá un canal de comunicación donde sentirse cómodos con la padrastía (después de que ya Gonzalo no viva con Vicente y su madre).

En un segundo plano hay dos personajes femeninos: Carla, la pareja de Gonzalo durante unos años y madre de Vicente (y que ve la poesía como una enfermedad), y Pru, una norteamericana que viaja a Chile en aras de escribir un reportaje largo para una revista gringa sobre “ese país donde los poetas son importantes”. Y, como telón de fondo, claro, están toda una suerte de poetas chilenos (incluyendo a Nicanor Parra, a quien Pru visitará en su casa), con su peripatética ansia de trascendencia y su simulación à la Pessoa.

Toda la novela es un compendio de fingimientos y voluntades. Ninguno de los personajes tiene claro cómo actuar su rol y lo que más pesa en ellos es una aquiescencia obstinada. Se creen felices porque no se saben insatisfechos. Pero pesa una sombra en todo el relato, y por la cual la crítica ha pasado de puntillas: Oscuridad, la gata de Vicente (la de la foto de la portada del libro). Símbolo de verdad y muerte, traída de unos versos de Gonzalo Millán: “Gato, peligro / de muerte, perversión / de la siempreviva”. En su afectación, todos los personajes deambulan desordenados en círculos, conformando una figura de roseta que solo se asienta tras la muerte (que sirve de símbolo) de la gata; a la que, por cierto, atropella un coche de Carabineros. Uno más de los mil chistes cómplices (y fértiles) de los que está repleta Poeta chileno.

Zambra trabaja su prosa aquí igual que siempre: parte de unas escenas mínimas y unos personajes acotados que ahora, sin embargo, amplifica. A partir de allí lo que hace es ir sumándoles capas. Lo más elocuente a este respecto es la escena final, que fue, a su vez, el germen de la novela: un instante de felicidad (incierta) detenido en el tiempo.

Poeta chileno compendia, funge y dilata la obra previa zambriana: de sus novelas cortas rescata la figura del padrastro y las relaciones afectivas de pareja, de sus libros de no ficción, la querencia al juego lingüístico y formal, y de la experiencia de sus libros de poemas se sirve para la construcción de los poemas de los protagonistas.

Se ha insistido mucho en la filiación bolañesca de la novela y es cierto que Zambra juega, en determinados puntos del libro (sobre todo en la parte central), con un fraseo que puede recordar a Los detectives salvajes. Pero no lo hace desde la mímesis sino desde la crítica. La mirada bolañesca es, en realidad, la mixtificación de los literati norteamericanos. Es una visión ingenua, de un romanticismo crepuscular. No es la de los poetas chilenos ni la del narrador del libro. Es la visión de una ficción neorromántica que se quiere insertar en una realidad que ya es enteramente prosaica. Aquí ya no hay héroes enamorados ni locos visionarios, sino poetas algo menos tristes que el resto de la población chilena, a quienes mueve fuertemente el sentido de comunidad.

La revisión irónica del hype bolañesco (nótese la ironía de que la periodista norteamericana busque perros salvajes en Chile, cuando estos son originariamente mexicanos) cumple, sin embargo, una función importantísima en este libro, pues nos habla de las herencias bastardas. De igual forma que la poesía es una herencia entre Gonzalo y Vicente, padrastro e hijo, una herencia que debe ser negociada entre ambos, después de que Gonzalo rompa la relación con la madre de Vicente, la relación de los detectives salvajes bolañescos con Chile es la de una suerte de padrastía que se halla todavía en disputa. Así, Zambra traza en Poeta chileno dos narrativas paralelas donde lo personal y lo nacional tratan de dialogar para llegar a un entendimiento. Y, en este sentido, sí, Poeta chileno nos habla del mito de la figura del gran poeta chileno, donde necesariamente habrá de confluir lo personal con lo comunitario. Recordemos lo que decía Malinowski: “Lo que realmente importa en la narración del mito es su función social”.

 

Alejandro Zambra, Poeta chileno, Anagrama, 2020, 424 págs.

 

[Fuente: http://www.revistaotraparte.com]

 

En dos escritos que aparecen publicados en el libro póstumo Entre paréntesis, Roberto Bolaño (Santiago, 1953 – Barcelona, 2003) define su particular visión del exilio. 

Guía « ¿Qué visitar? » de Oficina de Turismo, Blanes

Escrito por Kristian David Otxoa

El primer texto “Literatura y exilio” fue leído el 3 de abril del año 2000 durante el simposio Europa y América Latina: Literatura, migración e identidad, organizado por la Sociedad Austriaca para la Literatura en Viena. El segundo, “Exilios”, es un texto que, hasta la edición del libro mencionado, se publicó de forma impresa dentro de las páginas del diario chileno Últimas noticias. En estos ensayos Bolaño desmenuza las lágrimas que el amplio número de relatos, formas y sobre todo, sollozos, se han derramado en el frasco del exilio. Son dos discursos donde disecciona la forma de este gimoteo a pesar de que el desplazamiento humano es una actividad sin fronteras entre el espacio y el tiempo. Bolaño busca atentar contra los relatos del exilio que utilizan el chantaje para provocar conmiseración y una nube de inexactitudes que no se disipan con las elegías de los que cómodamente se lucran con este. En esas páginas está la propuesta artística y el argumento de toda una literatura.

Con ánimo encendido y retador, sin miedo a las contusiones, a las enfermedades terminales y a la muerte, estas conferencias son una declaración de principios, un aliento y un programa de escritura. La educación sentimental de Roberto Bolaño se arropó entre México (donde llegó con 15 años) y su país natal, Chile. Vagó por América Latina, Europa, África y finalmente murió en Cataluña, con medio siglo de vida. Durante ese tiempo, balanceándose sobre la inercia que lleva a la nada, regresa a Chile en 1973 para, en apariencia, colaborar con el gobierno de la Unidad Popular de Salvador Allende. La revolución pronto se convirtió en la pesadilla que narró en Estrella distante y Chile se conservó en las tradiciones nacionales que el padre Sebastián Urrutia Lacroix exhibió en Nocturno de Chile. A partir de este punto es posible especular cualquier cosa. Por ejemplo, que el cuento Detectives es irreal y entonces Bolaño sí estuvo preso en Chile y dos excompañeros del liceo convertidos en detectives lo ayudaron durante su encierro. O que la novela póstuma Sepulcros vaqueros también es irreal y Bolaño, no sus personajes, estuvo en El Salvador, donde conoció a Roque Dalton. Cualquier conjetura es válida o posible en los terrenos de la leyenda.
Lo que sí es verificable es la fundación, en 1974, del infrarrealismo junto al poeta Mario Santiago Papasquiaro, Bolaño y los infras fueron el terror de los grupos literarios en el D.F. de los años setenta (incluso amenazaron con secuestrar a Octavio Paz). Fueron años de intenso proselitismo literario y también de escritura. En 1976 abandona México y viaja hacia España. Vaga por algunos países europeos y se radica en Cataluña, donde desempeña diversos empleos y subempleos. Nunca abandona el hábito de la lectura y en una «anarquía total», como él lo define, se dedica de tiempo completo a la poesía.
La cronología anterior no tiene el afán de exponer una hagiografía radical o una semblanza iconoclasta. Trata de exponer el exilio. Rodrigo Fresán escribe: «El tema de Bolaño es el exilio; pero no se trata de un exilio quieto o sollozante o melancólico. Es un exilio que no extraña porque está protagonizado, siempre, por seres marcados por el movimiento perpetuo, que, en cualquier caso, no pertenecen demasiado a ninguna parte, salvo al mapa de esa historia que cuentan y corporeizan». El mundo Bolaño, su literatura, es una galaxia interconectada donde la única forma de ejercer residencia es como extranjero, apátrida, alguien en fuga, dispuesto a sobrevivir a cualquier costo.
El intento de traspasar o romper los límites se paga, según el temperamento, con la locura, con el suicidio o con el silencio. «La literatura como área de peligro», diría Bolaño. Pero Bolaño se exilió mucho más lejos. Se exilió en el lenguaje como el que se exilia de un hogar roto. A la literatura le llamó abismo, refugio, trinchera. Es el exilio de las dictaduras y del mundo de la mala literatura, que no es solo la que escriben los malos poetas, sino la del discurso de los políticos, de los medios de comunicación, de la publicidad, de los humoristas de programas baratos de televisión, de los tertulianos. Del mundo como escenario trágico o dramático al mundo como supermercado con tarjeta de descuento. Crear un lenguaje, un estilo, un universo, para insertarlos en este panorama. Eso hizo Roberto Bolaño.
El exilio fue entonces el motor, la vitalidad para este perro romántico. Adoptó y adaptó libremente, sin imposición, el destierro. Sobre todo en la literatura. Una vocación que él consideró de afán suicida. Dispuesta a destruirse antes que a entregar un argumento falso que no reivindique alternativas. Una estética de la política con el tema de América Latina como escenario del fracaso; donde la violencia, el terror, la miseria y la entropía comparten el tiempo con el coraje para la poesía, para el andamiaje literario. Donde es posible hurgar entre los basureros de la historia y extraer paisajes ensombrecidos por los desechos de una y otra generación. Hundirse en la ciénaga de las dictaduras, la violencia y el odio con la intención de radicar todo en la poesía y la trashumancia.
Bolaño, anclado en un canon muy personal, su tradición, la que él establece, no está exenta de mentiras, de falsos programas, de simulaciones. Sin embargo, es la inquietud de sus poetas, de sus escritores, de sus personajes, lo que configura una particular política de lo ficticio. Que existe más allá del papel o la tinta; más allá de los libros que se publican en países donde el analfabetismo es el imperativo cultural y educativo. Finalmente, la restauración del canon latinoamericano, con Borges a la cabeza, solo busca alejarse de las prácticas del Boom. El paisaje que dejó aquella escuela mercantil está retorcido y colmado con los delirios de autores expuestos a los reflectores del tedio, el cinismo y la estulticia.
La novela que probablemente introdujo a Roberto Bolaño en el canon de la literatura latinoamericana fue Los detectives Salvajes. Ganadora del premio Rómulo Gallegos en 1999 y premio Herralde de novela en 1998, esta, a manera de caudal subversivo, narra la polifonía de varias generaciones de exiliados latinoamericanos. De una generación a otra la salmodia se acrecienta hasta encontrar el tono que enmudeció y silenció el proyecto humano que implicaba América. Una civilización alternativa es imposible con aquellas voces. En la década de los setenta se instauraron la barbarie, el terror y el salvajismo de los gobiernos (derecha o izquierda eran lo mismo: «la realidad, una vez más, le ha demostrado que la demagogia, el dogmatismo y la ignorancia no son patrimonio de un grupo concreto», medita uno de los narradores de Bolaño en los cuentos de Llamadas telefónicas) que torturaron cualquier opción de ilustración. Solo quedaba buscar la salida o algo que, a pesar del dolor, redimiera. Al menos eso intentaron los personajes de Los detectives salvajes. Su método, áspero y agresivo, está condenado al fracaso: busca la libertad poética y en su lugar encuentra los valles del silencio en Amuleto, el feminicidio de 2666, el exilio de La literatura nazi en América y el olvido, la enfermedad y la pobreza de César Vallejo en Monsieur Pain. No sirve de nada pues lo que debería liberar a la humanidad, la poesía, se agotó en marasmo, en una pesadilla que no permite soñar. Y que, absurda, solo construyó el coraje y el valor para contemplar su derrota.
Este método, por dislocado que parezca, es el estilo y la forma de una génesis nerviosa donde los personajes están desterrados. La construcción de estos artificios es una posibilidad de resistencia estética y política a través del arte literario. Las obras que la narrativa de Bolaño cuenta son la construcción de una alternativa al caos totalizante desde la resistencia sin miedo, la anarquía premeditada, la memoria organizada, el ajuste de cuentas limpio y ético, la vanguardia no improvisada y la vida como esperanza fatal e imposible porque: «el mundo está vivo, nada tiene remedio y esa es nuestra circunstancia».
El 15 de julio del año 2003 Roberto Bolaño murió. Ese verano una fuerte ola de calor azotó la región de Cataluña provocando grandes incendios. El día que Bolaño fallece se incendió el camping Castelldefels. En este lugar Bolaño trabajó como vigilante nocturno. También sirvió como inspiración para escenificar la novela Amberes. En este embrión narrativo hay una trama de la que es imposible hablar, dado que no existe (y tampoco importa que exista): hay un policía que busca resolver un crimen, una pelirroja desaparecida, un jorobadito mexicano que habita el bosque en donde se proyectará una película y una serie de escenas casi pornográficas estelarizadas por el policía y una mujer tal vez demasiado joven; además de la súbita aparición de un tal Roberto Bolaño, quizá el extranjero del que se hace mención de vez en cuando. En el capítulo cincuenta y seis de Amberes es posible leer el siguiente postescriptum: «De lo perdido, de lo irremediablemente perdido, solo deseo recuperar la disponibilidad cotidiana de mi escritura, líneas capaces de cogerme del pelo y levantarme cuando mi cuerpo ya no quiera aguantar más. A lo humano y a lo divino. Como esos versos de Leopardi que Daniel Biga recitaba en un puente nórdico para armarse de coraje, así sea mi escritura».
La vida y la literatura arden, abrasando todo.

Escrito por Isabel-Clara Lorda Vidal

Ciudades fantasma, calles desiertas, delfines surcando los canales de Venecia, las aguas de ríos y mares más cristalinas que nunca, el aire de las grandes urbes de repente respirable. Solo que apenas hemos podido salir a la calle para disfrutar de esta súbita eclosión de silencio, de paz, de regeneración de la naturaleza. Es esta una calma tensa, desasosegante. Pero imaginemos, no dejemos nunca de imaginar.

Si ahora fuéramos libres, en esta extraña primavera sin antecedentes, y la pesadilla que vivimos fuera una ficción, pasearíamos por las calles de las ciudades solo por el placer de caminar, tomaríamos un café en una terraza escuchando el canto de los pájaros; en lugar de sortear multitudes y vehículos, nos sentaríamos en un banco de la plaza a hablar con un amigo o a leer un libro, los niños jugarían libres en la calle, circularíamos en bicicleta por la ciudad sin temor a ser atropellados o a respirar gases tóxicos; visitaríamos, sin hacer colas interminables, los museos, o tomaríamos el sol en la playa sin más ruido que el rumor de las olas.

Hoy un virus maligno ha detenido el mundo. Pero sabemos que existen otros virus, no necesariamente físicos o informáticos, que nos acechan y nos destruyen. Aquí queremos detenernos en una plaga, también pandémica, aparentemente más benigna que la del virus que hoy asola el mundo, pero de efectos no poco devastadores, y que sin embargo hoy muchos echan de menos, como es comprensible, porque es el sustento de millones de personas y supone el motor económico de un sinnúmero de países: el turismo de masas. Sobre esta plaga precisamente nos invita a reflexionar Gran Hotel Europa, la gran novela de Ilja Leonard Pfeijffer, escritor holandés residente en Italia, publicada por De Arbeiderspers en 2018. La obra ha cosechado un gran éxito de crítica y de público en los Países Bajos, y el año próximo Acantilado tiene prevista su publicación en español, en traducción de Gonzalo Fernández.

El fenómeno del turismo de masas como materia literaria no es nuevo y ha sido objeto de varios estudios académicos. El concepto en sí, “turismo de masas”, se relaciona estrechamente con la capacidad de viajar de la clase media, que aumenta exponencialmente en las últimas décadas del siglo pasado, y posee sin duda una connotación negativa: algunos lo han calificado incluso de “undécima plaga bíblica” por su potencia destructora de los modos de vida autóctonos y del medio ambiente. Por otro lado, su significado es ambiguo: a veces no se refiere tanto al número de turistas sino al mencionado impacto negativo que el turismo desbocado puede causar en el ámbito local y en el espacio natural. Particularmente en España, uno de los países europeos de mayor afluencia turística desde la década de los 60 del pasado siglo, en especial del llamado turismo “de costa y playa” (el de las ciudades será posterior) destacan algunas novelas que se hacen eco de esta problemática, como Antagonía (1981), de Luis Goytisolo; El Tercer Reich (1989), de Roberto Bolaño, y la más reciente, Crematorio (2007), de Rafael Chirbes, según expone Antonio Herrería Fernández en su trabajo Turismo y novela: el espacio turístico de la costa en la novela española contemporánea. A juicio de este investigador, “la importancia de estas novelas radica en su habilidad para anticiparse y abordar de modo crítico los sentimientos colectivos respecto al turismo de masas”. Y, en efecto, así es cómo la literatura aborda esta plaga de nuestros días: mediante la formulación estética de un sentimiento colectivo de inquietud que invita a la reflexión y que cuestiona un modelo de turismo depredador que, paradójicamente, acaba por destruir precisamente aquello que atrae a la gente.

Pero volvamos a Grand Hotel Europa, una obra extensa de más de 500 páginas, que en realidad es una amalgama de ficción y ensayo, una novela de ideas con numerosas historias intercaladas que toca muchos y variados asuntos, una obra densa pero amena, no exenta de ironía y de planteamientos que rozan en ocasiones la incorrección política. El hilo argumental es la historia del protagonista, Ilja, alter ego del propio autor, un escritor holandés de éxito que se instala por tiempo indefinido en el antiguo y decadente Hotel Europa después de sufrir una crisis personal como consecuencia de la ruptura con su pareja, Clio, una historiadora del arte italiana, experta en Caravaggio, con la que ha vivido una apasionada historia de amor. Ilja se recluye en el hotel, de ubicación indeterminada, que pronto se revelará como alegoría de una Europa decadente y nostálgica de su pasado, para reconstruir en su escritura, a modo de terapia, su relación con Clio, a quien conoce en Génova y con quien se instala a vivir en Venecia. Durante su estancia en el hotel, mientras escribe y reconstruye su vida pasada, el escritor conoce a diversos clientes del hotel –algunos de ellos personajes entrañables, otros hilarantes–, que le darán pie a reflexionar sobre numerosos asuntos: la inmigración, el contraste entre la Europa del norte y del sur, las diferencias culturales entre europeos y norteamericanos, el individualismo frente al sentimiento de pertenencia a la comunidad, y, en especial, el turismo de masas y la decadencia de Europa como potencia política, militar y económica y su reconversión en parque temático del mundo. Uno de los proyectos del protagonista es el de escribir el guion para un documental sobre el fenómeno del turismo de masas, que en alusión a la célebre novela de García Márquez, pretende titular El amor en los tiempos del turismo de masas, estableciendo así una conexión entre su propia experiencia sentimental y el fenómeno del turismo de masas en Venecia, la ciudad en que vivió su gran amor con Clio, nombre, por cierto, que remite a una de las musas de la mitología griega. La intertextualidad está, en efecto, muy presente en esta magna obra en la que abundan las referencias, algunas explícitas, otras menos evidentes, a diversas obras literarias, como por ejemplo: La montaña mágica de Thomas Mann (el retiro en un hotel); El corazón de las tinieblas, de Joseph Conrad (el descenso personal a los infiernos), o La civilización del espectáculo, de Mario Vargas Llosa (la trivialización de la cultura).

Pero centrémonos en el tema que nos ocupa: ¿cómo presenta el autor en esta gran novela el problema del turismo de masas? Si bien lo focaliza en Venecia, lo extiende también a otros lugares del mundo, en especial a su propio país: el centro de Ámsterdam es ya impracticable por la invasión turística y por los precios elevados de las viviendas debido en gran parte al alquiler turístico fomentado por Airbnb; y el pintoresco pueblo de Giethoorn se ha convertido en un jardín de recreo para cientos de miles de chinos que a veces confunden los buzones de las casas particulares con papeleras. Es hilarante la escena en que un vecino del pueblo se encuentra un pañal de bebé sucio en su buzón. Pero el autor nos lleva también a otros lugares, mientras prepara el documental que pretende describir los efectos del turismo sobre la vida local: Génova, Cinque Terre, Malta, Skopie; y no faltan referencias a la India y a algunos países latinoamericanos y africanos. Por cierto, el proyecto del documental, en el que colaboran personas de varias nacionalidades europeas, acabará fracasando, en clara alusión a otro de los temas que preocupa al autor: la fragmentación de Europa y la dificultad de alcanzar acuerdos entre las naciones que integran el continente en declive.

Ilja Leonard Pfeijffer analiza muy a fondo el fenómeno del turismo de masas en esta obra, con frecuencia en forma ensayística y mediante diálogos entre el autor y otros personajes, y recurriendo no pocas veces al humor. Poco podría imaginar el escritor holandés cuando escribió su libro hace un par de años que la paradoja, que tanto abunda en su descripción de este fenómeno, se impondría de forma brutal con la pandemia de la Covid-19. En palabras de Paolo Costa, quien fue durante unos años alcalde de Venecia: “La paradoja es que el coronavirus ha llegado para resolver un problema que imaginábamos creciente, para liberar Venecia del monocultivo del turismo”.  Precisamente, la gran paradoja del turismo masivo –que destruye todo lo que atrae–, es un fenómeno que, en toda su tragedia, a Pfeijffer le resulta fascinante desde un punto de vista “filosófico” y que además suscita otros temas igualmente interesantes desde esta perspectiva, como la relación entre realidad y ficción. Sabemos que lo que más detestan ciertos tipos de turistas es ser tomados por turistas; muchos de nosotros habremos sentido alguna vez esa embarazosa sensación. El autor/narrador nos arranca de nuevo una sonrisa con su hilarante descripción de los turistas según su vestimenta y comportamiento, y de sí mismo cuando de joven viajaba por el mundo intentando no ser confundido con el típico turista armado de cámara y mapa, y menos aún, con sus compatriotas holandeses, que activaban en él los resortes de la vergüenza ajena. Recuerda Pfeijffer en este contexto la famosa paradoja de Epiménedes: todos los cretenses mienten, dijo un cretense. De la misma manera, cuando viajamos por el extranjero, afirmamos que todos los turistas son terribles e intentamos disimular nuestra vergonzosa condición. Y, por si no bastara con la paradoja anterior, los turistas que detestan a otros turistas viajan sin embargo tras el rastro de esos otros turistas, pues no quieren perderse las maravillosas experiencias de las que estos alardean en sus redes sociales y, sobre todo, quieren ir a los lugares donde estos otros turistas han evitado a otros turistas. Muchos de ellos, en especial aquellos que visitan destinos exóticos, fomentados por los vuelos de bajo coste, tienen cada vez menos valor o fantasía para realizar sus propios descubrimientos, porque sus vacaciones suelen ser breves, necesitan sacar el máximo partido de su tiempo (con el consecuente estrés), no quieren riesgos y por lo tanto siguen los caminos trillados: buscan destinos maravillosos ya “certificados”. A pesar de que la mayoría de turistas visita los mismos sitios (publicitados por webs y redes sociales), a estos turistas les gusta verse a sí mismos como “viajeros” (categoría que consideran superior a la de turista) y su mayor ilusión es vivir experiencias que llaman “auténticas” y que luego publicarán en sus redes sociales, porque esa experiencia única define su identidad. Antes las vacaciones eran un periodo de descanso, ahora, para muchos, son la manera de crear un perfil propio. Lo que eres se define por los selfies que te haces, y cuanto más exótico el lugar, más especial eres y más puntos acumulas para remarcar tu personalidad y ganar popularidad entre tus friends. Entramos aquí en el terreno del autoengaño, nos advierte el autor; nos creamos ficciones que nos creemos, porque así damos sentido a nuestras vidas, aunque sea de forma artificial. ¿Por qué queremos ver la Mona Lisa en un museo invadido por turistas que apenas nos permiten ver el cuadro? Según Pfeijffer, no es por la belleza del cuadro, ya que existen obras de Leonardo da Vinci aún más bellas, sino por la experiencia de ver en la realidad una obra famosa, a pesar de que en una reproducción se apreciaría mucho mejor. En el fondo, no es la obra en sí misma lo que buscamos, sino la sensación de proximidad, la experiencia única que nos proporciona un relato, preferentemente sellado con un selfie. Indica Pfeijffer que la autenticidad es una construcción; para ser realmente quienes queremos ser, debemos tornarnos en caricaturas de nosotros mismos, e invoca en este sentido a Píndaro y Nietzsche.

El fenómeno del turismo de masas es pues, en palabras del autor, “la polarización extrema del concepto cada vez más problemático de la autenticidad”. La paradoja se impone de nuevo: la autenticidad queda destruida por los buscadores de la autenticidad. Y no solo esto, como los empresarios turísticos conocen bien este anhelo de los viajeros, construyen todo tipo de apariencias de autenticidad. Así, señala Pfeijffer, en Las Vegas se reconstruyó el Canal Grande de Venecia; en Tianducheng (China), se hizo una réplica del centro de París para turistas, con torre Eiffel incluida; en Shanghái existe una copia hecha a tamaño natural del pueblo holandés de Giethoorn; en África, algunos avispados montan orfanatos falsos para complacer el ansia de autenticidad de los turistas y su necesidad de hacer el bien; en Manila, Río de Janeiro o Johannesburgo se practica el llamado slum tourism, o turismo de favelas, que ofrece experiencias autocalificadas como auténticas, en que se recorren zonas degradadas de las ciudades, presentadas como pobres pero felices. En Venecia podemos comprar máscaras de carnaval “auténticas” fabricadas en China. De este modo se torna cada vez más tenue la línea que separa la realidad de la ficción, los hechos del fake, el mundo real del mundo virtual.  Este juego entre la realidad y la apariencia se manifiesta también en aspectos triviales, aunque en el fondo bastante significativos, como es la vestimenta del turista. Con gran dosis de humor, el autor nos recuerda que mientras que los turistas ricos visten de cualquier manera, los camareros, los porteros de los hoteles de lujo, los vigilantes de museo y otros empleados son los que hoy en día visten con formalidad. En cierto momento de nuestra historia más reciente, las clases sociales intercambiaron sus prendas. Otra paradoja: la clase social más acomodada se reconoce porque se permite tener un aspecto lo más descuidado posible, en especial durante sus vacaciones. Si bien están orgullosos de sus salarios y de su posición social, el mayor símbolo de estatus son las chanclas y las bermudas. Si te encuentras a alguien vestido así en la oficina de una multinacional, nos señala el autor, ya sabes que el es el pez gordo que puede permitirse ese aspecto. Por otra parte, el turista medio expone sus sonrosadas carnes en lugares no siempre apropiados para ello y ensucia las ciudades históricas del viejo continente con “un gusto horrible”.

El deterioro de la imagen del turista arquetípico ha hecho que abunden cada vez más aquellos que huyen de esta etiqueta y se autoproclaman, no sin orgullo, “viajeros”, en especial los que recorren países lejanos y exóticos, y que presumen de que el viaje les enriquece, porque les confronta consigo mismos y porque entran en contacto con la población local. En realidad, según Pfeijffer, estas personas son aventureros hedonistas que practican el escapismo para desconectar de sus problemas y no pensar. Su huida es, en el fondo, egoísta. Los contactos que se establecen con la población local suelen ser superficiales, pues una interacción más profunda requiere tiempo y esfuerzo; su adicción al extrañamiento les impulsa a viajar de continuo y les mantiene al margen de todo; su propia sensación de libertad la encuentran más interesante que vivir cerca de las personas queridas de su entorno. Además, la obsesión por no parecer turistas hace que muchos de estos viajeros se desvíen de los circuitos turísticos normales, que son los que están preparados para recibir turismo. Otra manifiesta paradoja: con la idea de que están haciendo el bien con su forma alternativa de viajar estos viajeros no se dan cuenta del efecto negativo que sus viajes, supuestamente “auténticos”, pueden ocasionar, empezando por la contaminación que causan los numerosos vuelos de larga distancia. Y es que el viajero que se aprovecha de la hospitalidad de un miembro de alguna localidad perdida de un país tercermundista, de la que luego contará estupendas historias, no se da cuenta de que esa hospitalidad no es mutua. El viajero toma, pero en realidad no ofrece nada. En las zonas turísticas está desigualdad se neutraliza con las transacciones económicas, pero fuera de estas zonas la asimetría es brutal. A veces incluso los viajes confirman los prejuicios en lugar de combatirlos, pues el viajero suele ir en busca de las imágenes más tópicas. En realidad, señala Pfeijffer, también estos viajeros son turistas que están de vacaciones, aunque estas sean más largas, pues durante este tiempo carecen de obligaciones. En el fondo, también ellos solo buscan lo externo, por mucho que se imaginen el viaje como metáfora del crecimiento espiritual. Así pues, la antonimia, frecuentemente invocada, entre los conceptos “turista” y “viajero” queda en gran parte diluida con estas reflexiones.

Por otra parte, mientras Europa estimula el turismo, cierra sus puertas a la inmigración, otro de los asuntos que Pfeijffer desarrolla extensamente en esta obra dando voz al botones del hotel, Abdul, inmigrante de origen árabe, cuya dura historia de refugiado, como se revelará en cierto momento de la novela, presenta curiosas coincidencias con la Eneida de Virgilio. El turismo contrasta incómodamente con otras formas de migración que son consecuencia de la globalización y que consideramos problemáticas. Mientras abrimos nuestras fronteras y somos hospitalarios con los extranjeros que acuden a gastar su dinero, queremos cerrarlas para los extranjeros que vienen a ganarse la vida. Otra paradoja, sí, aunque mucho más dramática. Ambas formas de migración interfieren entre sí de un modo, cuando menos, desagradable: los turistas en el mar Mediterráneo nadan en una fosa común. Y mientras tanto los occidentales viajan a modo de diversión y con toda naturalidad a países a los que privamos del derecho a viajar a Occidente, practicando una especie de “turismo de desgracia” que pone de manifiesto la injusticia de la desigualdad económica.

Al margen del ya tradicional turismo de costa y playa, el de ciudades ha aumentado exponencialmente en las últimas décadas. Una ciudad entregada al turismo vende su alma, afirma el autor, que conoce bien los estragos que el dinero fácil ocasiona en Venecia o en su propia ciudad, Ámsterdam, donde florecen los negocios pintorescos y las tiendas de queso en las que a ningún holandés se le ocurriría comprar queso. El turismo es un negocio que beneficia a muchos, sí, pero al mismo tiempo ocasiona importantes gastos a las administraciones; además, gran parte del dinero que se genera con esta industria no se reinvierte en el negocio, sino que acaba en manos de grandes empresas, mientras que los trabajadores reciben salarios temporales miserables. El turismo de masas es un fenómeno históricamente muy reciente, lo que tal vez explica que no estamos aún preparados para hacerle frente, pero, y esto es una cuestión central de esta magna novela de ideas, el turismo es solo el síntoma de algo mucho más profundo y serio: el problema de la decadencia europea. Pfeijffer, que es especialista en filología clásica, y conoce bien la historia y cultura europeas, ofrece en esta obra una imagen bastante desoladora de nuestro continente “viejo y cansado”, anclado en viejos tiempos y presa fácil de los mensajes nostálgicos del populismo de derechas, fuertemente nacionalista, que atribuye el declive a la pérdida de valores judeocristianos por la presión de la islamización de Europa como consecuencia de la inmigración. Muy al contrario, señala Pfeijffer, la esperanza para Europa está en la integración, la federalización y la unidad, sin olvidar que los inmigrantes son un obsequio para el viejo continente en lugar de una amenaza. Y es que hay que tener presente que, desde el punto de vista económico, y también militar, Europa ha sido definitivamente superada por las potencias mundiales de Asia y América, nuestros bienes de uso diario se fabrican en China o en India, y gran parte de nuestra economía depende del turismo (como se está viendo, de forma trágica, en estos terribles días de la Covid-19).

Nuestra civilización, nacida en Atenas y Jerusalén, fruto de la razón y de la revelación, se ahoga en su propia historia, concluye Pfeijffer. La identidad europea está atrapada en el pasado, y, a falta de alternativas, este pasado se vende en el mercado globalizado. Para evitar la venta de los cascos históricos de nuestras ciudades, las administraciones deben tener la potestad de intervenir en el espacio público en que los particulares, por intereses lucrativos, se rinden al mal gusto de un tipo de turismo no precisamente de calidad. Desde su profundo amor por la cultura europea, Pfeijffer aboga por la necesidad de concienciar a la gente de que el turismo de masas, tal como se presenta hoy, no hay que estimularlo, sino combatirlo, y fomentar formas alternativas más sostenibles y respetuosas con el entorno local y con el medio ambiente. Hoy, en estos días de sufrimiento para el sector turístico devastado por la pandemia, y del que dependen tantísimas personas (sabemos que en España genera más del 12% del Productor Interior Bruto), las ideas que Pfeijffer expone en Gran Hotel Europa pueden servir de estímulo para repensar un modelo de turismo que no solo ha destrozado las costas sino que ha convertido los centros históricos de las más bellas ciudades europeas en grandes decorados –llenos de restaurantes, hoteles, pisos turísticos y tiendas para turistas–, que los residentes se ven forzados a abandonar; un turismo masificado que, como hoy adviertan ya muchas voces, provoca grandes daños sociales, estructurales y medioambientales. Hoy, más que nunca, en este desolado receso que nos ha impuesto un maléfico virus que sin embargo (oh, paradoja) nos invita a soñar en un mundo mejor, somos conscientes de que hay que buscar alternativas a este modelo de turismo que nos da de comer a la vez que nos mata. De lo contrario corremos el riesgo de que toda Europa se convierta en una gran Venecia: un inmenso parque temático. De esto ya advirtió en 2012 el director de cine italiano Andreas Pichler con su documental El síndrome de Venecia, en que relata cómo la Serenissima se ha convertido en una ciudad fantasma, abandonada por los venecianos, donde todo está al servicio del turismo que llega al puerto en monstruosos cruceros contaminantes. Cees Nooteboom, otro escritor holandés, de reconocido prestigio, acaba de escribir un ensayo dedicado precisamente a Venecia (Venecia. El león, la ciudad y el agua, que publicará este otoño Ediciones Siruela, en traducción mía), un canto a la belleza de esta ciudad que tanto ama, un recorrido apasionado por su arte, sus iglesias, sus monumentos, sus mercados y su cementerio, en ese tono reflexivo y poético tan propio de Nooteboom, pero al mismo tiempo un lamento, una elegía por la lenta agonía de esta singular ciudad acuática, que al igual que Ámsterdam, ha vendido su alma. Amor y muerte unidos, no hay mayor paradoja.

 

[Fuente: http://www.fronterad.com]

 

 

Escrito por Juan Pablo Plata

Publico en esta ocasión algunos apartes de mi poemario Metaliterario, amoroso y final.

Para Pablo Emilio Figueroa. El hombre que quebró una librería y definió mi vocación.
Para Andrea Cote Botero. Allá en sus puertos y praderas del fin del mundo.

El mal de las fronteras

Dicen que fueron las últimas palabras escritas por Antonio Machado:
«Estos días azules y este sol de la infancia.»
No hay en ellas una última voluntad
de apetito llena que repetiría el gozo
de lo más amado o deleitoso
que en la vida mísera conoció.
No hay premonición.
Solo mirada en lontananza y para dentro del alma,
para encontrar en el astro leonado los días de chico que ya se le han ido.
Era un vez más la impresión de la vista
y su memoria sensible con el color,
cerca de la frontera de sus toros, del antiguo Al-Ándalus dejado atrás,
pero con los ojos puestos en otro lado donde los Gallos son todos rojos.
Pienso a ratos en Stefan Zweig inmolándose en Brasil.
Con grandes plazos recuerdo a Walter Benjamin matándose en España,
pero siempre y muy seguido, veo a Machado,
que ha cruzado a Francia,
A salvo,
Solo para morir.

Como si estuviera en el Hospital Bombarda de Lisboa

(Dedicado a António Lobo Antunes)

Tengo un imán para los desequilibrados
sembrado en el centro de mi ternura.
de vez en cuando vienen a mí muchachos dementes para ser oídos, consolados y les hablo.
A veces quieren que hable, pero callo,
para verlos.

Un clinicazo, me dice uno, me fui de clinicazo pero ya estoy libre. ¡Yompite Vanidu!, ¡El murciélago es el espíritu santo del demonio!, me dice otro, como dijo Vila-Matas.
Hablan como Joaquín Font habla con la finada Laura Damián y como él habla de los lectores y de
los escritores desesperados en los ​Detectives salvajes​ de Roberto Bolaño.

A ratos, como si estuviera de turno en el Hospital Bombarda de Lisboa. Recibo en mis horas y espacios, como un facultativo,
una avalancha de tocados, duchados en el río de la evasión,
hechos para el lindo juego de desvariar (en el Kaliyuga).

Los desequilibrados tienen una ternura sembrada en el centro de su imán.
No sé si sea para mí.

¿Un sueño literario lúcido?

Soñé que había dos venados alados metidos en tu corazón ligero.
Comían plantas flotantes frente al mar con gracia montesa,
empinándose en la magia fulgurante de sus tensos muslos áureos.
Susurro títulos de libros no leídos cuando duermo mal o algo va mal.
Eso dicen quienes me vigilan y lo acusan a mis enfermedades literarias.
Afortunado que sea así.
Tengo mis propias teorías:
La ensoñación es la filigrana de la inconsciencia despierta.
La duermevela no ahonda en el dormir.
La vigilia tornasolada puede ir a parar
a un sueño literario lúcido con venados
que después voy a en escribir en poema.

Bandada

Por favor: conserven al hombre de neón que hace singladura en un mar de neón sobre un bote negro.
Escribir sobre la imposibilidad de escribir y padecer enfermedades literarias es su destino.
Protejan a este ser. Anda sin bandada. Va resoluto y sin legión.
Muchas formas de filantropía alimentan su cuerpo. Otras lo menguan.
Las artes alimentan su alma. Pero también la esquilman como al cuerpo con una lezna de carey supernatural. Así vive el hombre de luz gaseosa.
En este poema el problema del cielo está en tus manos y pródiga debes repartirlo a los demás. Conserven al hombre de neón, por favor.
Dicen que hay mucha creatividad contemporánea anclada en el Sur.
Pero yo veo que las obras vienen de todo lado.
El hombre de neón tiene un refugio del mundanal ruido para escribir. No es urbano.
Es una cámara secreta de la escritura rural construida pensando en Robert Walser.
A la redonda de nuestras vidas todo escribe…
El hombre de neón pide tiento de artista. Uno firme.
Metaliterario, amoroso y final es él.
Así es.
Va sin bandada el hombre de neón sobre un bote negro escribiendo literatura sobre la vida y sobre la literatura. Sin bandada anda el hombre de neón.
No se sabe cuándo baja de su nave, pero, sí, que fuera de ella no escribe.
Por favor: conserven al hombre de neón. Consérvenlo sin bandada.

Le hubiera encantado a Nicanor Parra:

Derechos humanos: 26 personas tienen la misma riqueza que casi la mitad de la humanidad.
Esta es la fortuna de unos y la desgracias de otros.
Todo escribe en el universo.
Si está buscando el tiempo: responda bien las preguntas esenciales. No se haga el que no.
Imagine usted bandas sonoras alternativas. Retírese del cine. No vuelva nunca si quiere y vaya a vivir.
Reciba segura y anticipadamente su caso imposible resuelto. Ya verá.
No ilusionó, cumplió, años. Ni eso.
Su protección es fundamental para mayores de 18 años. Hay que proteger al mundo de los mayores de 18.
Crece hueco entre dos locos. Un puente se tarda en construir.
Libro abierto de la memoria. Pintura cerrada del recuerdo.
Es mejor terminar de hablar de sociedad, consumo, política y religión en secreto.
No te metas en problemas.
¿Hasta cuándo vas a mirar solo una vida en una foto tan buena como esa con espantos?
Le hubiera encantado a Nicanor Parra. Tenlo por seguro.

______________

Juan Pablo Plata. 

Seudónimo Jean Paul Silver. Enfermo del mal de Montano y del mal de Boswell. Libros: Antología Umpalá (Sic Editorial, 2006), Señales de ruta (Arango Editores, 2008 y 2012 ebook) y El corazón habitado. Últimos cuentos de amor en Colombia (Algaida, 2010). Arqueo de los días. Antología personal de periodismo (Uniediciones, 2018). Obtuvo un MFA en Escritura Creativa de la Universidad de Texas en El Paso en diciembre de 2019.

[Ilustración: Chuleta Prieto – fuente: http://www.revistacoronica.com]

Giovanna Rivero se suma con una voz perturbadora y rotunda a la asombrosa renovación que vive la literatura fantástica sudamericana

 

La escritora boliviana Giovanna Rivero (Montero, 1972)
 

Escrito por LUIS MANUEL RUIZ 

La literatura sudamericana saltó al centro del planeta con el famoso boom de finales de los sesenta, de cuya resaca ha comenzado hace muy poco a reponerse. Apenas hace falta precisar sus coordenadas, porque permanecen frescas en la mayoría de los lectores y, para muchos, siguen definiendo lo que se entiende por ficción austral: realismo mágico, entendido este huidizo concepto como una mezcla, por cierto nada original, entre elementos costumbristas y folclóricos y altos vuelos de la imaginación, de esos que solo se veían en los cuentos de fantasmas y las variantes modernas del libro de caballerías. Resulta espinoso dictaminar clínicamente dónde comienza el realismo mágico, cuál es su etiología y de dónde proceden sus variantes. La tradición nosológica quiere, con Alejo Carpentier, que todo se generara espontáneamente a partir de la exuberancia creativa de los trópicos, sin reparar en que el propio Carpentier se educó en París y visitó con asiduidad los cenáculos surrealistas. Una hipótesis más arriesgada (y atractiva) la encontramos en ciertos apuntes de Augusto Monterroso: que todo derivó de una publicación liminar, la Antología de la literatura fantástica, dBorges y Bioy Casares, tan remota como de 1941, que abrió al continente una caja de sorpresas que hasta entonces había estado protegida por los férreos cerrojos del costumbrismo o la mojigatería. Tampoco ha de olvidarse que el interés de los argentinos por el fantástico (que aún hoy goza de excelente salud) coincidió en sus inicios con el desembarco en Buenos Aires de Roger Caillois, más o menos por las mismas fechas. 

Pero decir realismo mágico, más allá de las filigranas un tanto pedantes de nuestra pareja porteña, es rendirse sobre todo a una marca registrada: la que patentó Gabriel García Márquez en 1967, respaldada luego por un premio Nobel, en Cien años de soledad. Ahí se encuentra toda la cantera de tópicos que desde entonces se ha venido asociando al universo literario sudamericano (amplificada luego por pelotazos como los de Isabel Allende y afines): la saga familiar, el cuento de hadas, la llamada de lo salvaje, el lenguaje botánico, el sentimentalismo, la novela río, en el mejor de los casos una imaginación desatada, casi cosmogónica, y el arrimo a la telenovela en el peor. En realidad, salvo zonas de contacto puntuales, poco tiene que ver el orbe de García Márquez con el de Cortázar o el propio Carpentier (de Borges ni hablamos), pero a las nuevas generaciones argentinas, colombianas, cubanas y el resto les ha costado sangre, sudor y lágrimas sacarse el sambenito de los Buendía. Dicen por ahí que hubo un punto de inflexión con la obra de Roberto Bolaño, víctima seguramente de la sobreexposición crítica, pero yo no sé. Quizá los vientos de cambio deben olfatearse por otras partes.

Es curioso constatar que el género fantástico sudamericano ha venido dirigido en las últimas décadas por nombres femeninos. El primero que se viene a las mientes (por los mismos motivos que el de Bolaño) es el de Mariana Enríquez, una argentina que mediante una personalísima combinación de denuncia social, novelas de quiosco y feísmo estético ha logrado la hazaña de elevar al primer plano algo tan denostado como la narración de terror, aunque no se trata de la única. Sin remontarnos al magisterio de Ana María Shua, podemos espigar títulos de Samanta Schweblin, Valeria Correa Fiz, María Fernanda Ampuero o Ana Llurba, entre muchas otras.  

Giovanna Rivero, cuyo Para comerte mejor comentamos hoy, pertenece, creo, a la misma cuerda. En primer lugar, está la franja generacional: todas ellas (también Rivero) nacieron en torno a la década del setenta y se han nutrido, es obvio, de los mismos referentes culturales; lo cual desemboca obligatoriamente en lo segundo: una visión del fantástico que trata de superar el cliché de Macondo y asumir en su seno otro tipo de influencias más allá de las folclóricas, procedente sobre todo del ámbito audiovisual y de orientación anglosajona.

EN CONSONANCIA CON MARIANA ENRÍQUEZ, LA AUTORA SE DEMORA EN LO PÚTRIDO, LO MALSANO, LO ANGUSTIOSO

Para comerte mejor constituye un ejemplo paradigmático de todo lo antedicho. Se trata de un conjunto de cuentos (formato privilegiado por el género) escrito en una prosa muy cuidada (otro rasgo meridional), llena de imágenes, donde más allá del sustrato antropológico (que lo hay: son constantes las referencias a la cultura andina y el submundo del indio), el relato se abre a otro tipo de imaginarios que la conectan con el universo global de la televisión y los monitores (a saber: iconos del terror contemporáneo como zombis y vampiros, holocaustos climáticos, vuelos interestelares). 

Muy en consonancia con Enríquez, la autora se demora en lo pútrido, lo angustioso, lo malsano, haciendo hincapié en que no constituye sino el necesario reverso de la salud y el brillo de los que todos los vivientes nos nutrimos: así, sus historias están pobladas de leprosos que buscan la redención, madres violadas que temen por sus hijas, supervivientes que devoran cadáveres en ciudades asoladas por terremotos, o (en el mejor texto de todos) mujeres infértiles que pasean miembros amputados por el metro de Nueva York. Para comerte mejor es la ocasión de oro para conocer una voz nueva, contundente, perturbadora, que, como espero que se vea en el futuro, tiene mucho que decir en la renovación de la literatura fantástica sudamericana.

 

[Fuente: http://www.diariodesevilla.es]

 

Lee aquí algunos de los poemas y textos breves de ‘Exhibición’ una libreta del escritor fechada en febrero de 1978 cuyo contenido Alfaguara pone a disposición de los lectores, por tiempo limitado.

Títulos probables: mala suerte (y sus derivados metafóricos)

«Heme aquí, contemplándome por millonésima vez, convencido de que aún la Memoria puede fortalecer cierta épica, cierto retumbar de corazones, la pluma clavada como daga en la mesa de madera áspera, los ojos colgando de las orejas de un tigre que duerme; todo es aparente, alguna vez me dijeron, mientras yo era un niño deseante y la lluvia, tal una película de una sola foto fija.»


Sangre que mira lenta con el rabo del ojo

Tú dices
que me amas
y dices
que no me amas
Tú escribes
que me amas
que te hago sufrir
pero dices, cuando tus amigas
vienen a verte
que ya realmente no puedes soportar
esta situación.
Tú escribes, tú lloras, yo
mejor me largo
La poesía hay que
vivirla.
Después de todo uno no puede
estar todo el tiempo
acompañado.
Estos balbuceos entran
a mi dormitorio
como un ladrón, incomprensiblemente,
decidido a todo.


Por suerte no me han publicado ningún libro ni tengo que reseñar los libros de sus amigos en sus revistas. Puedo leer lo que quiero y callar después de mis lecturas, o bien seguir en mis calles,mirando vitrinas según el modelo de ellos, pero con los ruidos que a mí me gustan.

Moriré inédito pues no tengo el impulso ni el talento para crear editoriales alternativas. Ni quiero que dentro de algún tiempo, cuando yo sea casi un cadáver, un joven poeta extranjero (como yo ahora) escupa en su intimidad total, dueño y señor de su tierra de nadie, un mal poema contra mí.


Mi pesadilla es un infinito
de flores, unas sobre otras, ocupando
todos los huecos de la página,
arriba, abajo, al lado,
sin dejar un espacio libre,
avalanchas constantes de color y amabilidad,
en donde termina un relieve empieza otro,
¿qué tipo de poesía se podría hacer allí?
tal vez el lento parpadear,
tal vez solamente el lento parpadear.

Portada del cuaderno y uno de los fragmentos

Mas fuera de toda pasión, así las luces
de las casas son más frías que las luces de las
vitrinas desiertas, y el muchacho aprecia
los reflejos, los sonidos que se funden por momentos
con el brillo del neón como un marchand una
obra de Miró que lo enriquecerá, y
qué largo es otra vez México, no saldré
jamás, se dice el muchacho, aquí encontraré a mi mujer,
criaré mi cotidianidad como a un conejo,
tendré libros y pensaré durante las cuatro horas
del crepúsculo, se dice el muchacho,
pero tal vez ya sabe que todos eso terminó
hace tiempo, y también que los sueños fragmentados
se parecen a ciertos restos de pájaros
que la memoria nombra,
con calma y dulzura.


Arriba las manos

Los poetas desaparecen en los alrededores
del hechizo
Se fragmenta una alfombra con latidos
del corazón
¿Quién está sentado en el diván
esperando algo apenas sospechado,
musitando cartas olvidadas,
rehaciendo […]


El poeta enfermo

Si lo que importa es que en el fondo
de todo esto encontremos un hombre, sigamos,
pues, sin temer ni los amores efímeros
que iremos sufriendo a través del trayecto,
ni las puertas cerradas ni el hambre
que vagará, causa constante, en nuestros alrededores.
Blancos serán los hoteles a los que arribemos
y blanca será nuestra memoria ciertos fines de semana,
así nuestras propias sombras arrodilladas
fuera del tempo, viendo pasar la vertiginosa
luz de la armonía, no conocerán de cierto
la vergüenza del tedio sino su estuche
de terciopelo negro,donde lloran los amantes
que no fueron besados por los labios
castos de la Amnesia.
Es tarde, es tarde, diremos sonriendo en el espejo
de los niños, y veremos de reojo
la sombra querida que nos contempla breve,
fija, desde un tiempo en que las horas
son fotografías en blanco y negro, lentos
muebles, resplandores en las paredes que
se difuminan con los sonidos, similares
a los gestos de un santo, o al humo
de un Camel en un cenicero verde.
Pensemos con cariño, y con agradecimiento, en lo
que hemos perdido (en lo que apenas nos fue dado!)
sin temerles a las palabras alborada, llanura,
emoción que iremos pronunciando
pues de abismo y alborada
pues sortija del olvido, por ejemplo, puede ser medicina precedida
por agonía, abismo y alba.

Más ejemplos de los textos de la libreta

Antes de la Imitación de Verlaine

Créeme estoy en el centro de mi habitación esperando que llueva.
Estoy solo. No me importa terminar o no terminar mi poema.

Espero la lluvia, tomando café y mirando por la ventana un bello
paisaje de patios interiores, con ropas colgadas, quietas, silenciosas
ropas de mármol en la ciudad, donde no existe el viento y a lo lejos
sólo se escucha el zumbido de una televisión de colores, de una
familia pequeñoburguesa que también a esta hora toma café reu-
nida alrededor de una mesa: créeme: las mesas de plástico amarillo
se desdoblan hasta la línea del horizonte y más allá hasta los: hacia los suburbios donde construyen edificios de departamentos, y un muchacho
de 16 sentado sobre ladrillos rojos contempla el movimiento de las
máquinas. El cielo en la hora del muchacho es un enorme tornillo
hueco con el que la brisa juega. Y el muchacho juega con ideas.
Con ideas y con escenas detenidas. La inmovilidad es una neblina
Transparente y dura que sale de sus ojos.

Créeme: no es el amor el que va a venir.


Imbécil, vas a destruir las posibilidades de tu vida.
No es el amor. No es eso el amor.
Los ocasos descienden sobre los dormitorios tibios de la ciudad.
No seas imbécil. Vete.


¿Y de la angustia qué decir? Es un automóvil vacío sobre el cual se
mueve la luna: es el páramo que siempre miramos desde la ventana
del tren, y ya nunca más vemos, a medida que la infancia se pro-
longa en cartas y hospitales, besos frustrados y desmayos observa-
dos desde un espejo. La angustia viene, no busca nada que desde
siempre no le pertenezca, con sus ojos largos hace su jardín.

Hace su jardín de pájaros perdidos. Diálogos de príncipes hieráti-
cos conforman sus pequeños abismos de ecos. Y no hay sueño en
los caminos sino fragmentos constantes.


Soliluna

Te acercas siempre, mi amor, cuando más sólo estoy, cuando más
cansado estoy, desde un viejo cuento extremadamente feliz, con tu
mirada de pájaro que atraviesa la noche, de testigo insobornable,
o de niñita que ha visto una catástrofe aérea y un sueño al mis-
mo tiempo; cuando más necesito tu presencia, tu cuerpo desnudo
-tu cuerpo lleno de reflejos- lleno de historias dulces y terribles.


Bella viajera

Hasta aquí he llegado por ti
Qué manera de correr
Estelas de belleza en tu camino
Ha llovido dolor he escapado
Dando saltos
De países y contrarrevoluciones
Buscándote cuando podía
Alejándome de ti
Cuando la historia o los trenes equivocados
Estaban contra mis trabajos
Pero aún sé sonreír y divertirme
Delante de un poema
O cruzando una calle ardiendo
Hasta la melancolía dijo adiós
Te encontré
Sé que por poco tiempo
O por mucho
Mi amor te seguirá adonde vayas.

[Fuente: http://www.elcultural.com]

Le 18 septembre 1968, l’armée mexicaine envahissait l’université de Mexico City. Pendant les 15 jours que durerait l’occupation, Alcira Soust Scaffo, une enseignante précaire présente à l’université au moment de l’invasion, allait rester cachée dans les toilettes de la faculté des Lettres. À la fin du mouvement, elle deviendrait pour les étudiants une figure légendaire de la résistance. D’une santé mentale fragile, l’uruguayenne d’origine était poète et connaissait très bien l’ensemble du milieu poétique de la capitale mexicaine. Elle mourra en 1997 à Montevideo où elle était revenue depuis 1988. Sous la plume de Roberto Bolaño, Alcira Soust Scaffo devient Auxilio Lacouture, la « mère de tous les poètes ».

[il] dit que oui, ce qui indiquait qu’il ne faisait pas du tout dans la folie mais qu’en revanche il faisait beaucoup dans la littérature.

Mêlant littérature et réel dans un maelstrom qui ne s’empêtre pas des conventions temporelles, Amuleto est un condensé des thèmes et de la façon de l’écrivain chilien. Au gré des souvenirs chaotiques d’Auxilio Lacouture, c’est tout le microcosme du milieu poétique de Mexico des années 60 et 70 qui se trouve évoqué. Et, par lui, mais en filigranes, celui des enjeux politiques du temps. Qui, finalement, peut le mieux dire cette consanguinité de la poésie et de la politique, de la littérature et de la folie (comme le politique l’est par temps troublés, le poète est toujours par essence un dissident) si ce n’est une femme-poète devenue par devers elle symbole d’une résistance. Si Auxilio est mère des poètes, c’est sans doute car elle est cette figure de la méprise sur laquelle s’ente forcément toute poésie : peureuse prise pour résistante, amatrice de hauteurs esthétiques mais réfugiée dans les toilettes, professeure et folle. Bien loin d’incarner un choc des contraires, elle parait au contraire réaliser en elle la parfaite synthèse qui fonde le poétique.

Et c’est à cet instant que le temps s’arrête à nouveau, une image éculée s’il en est, car le temps ou bien ne s’arrête pas ou est arrêté depuis toujours, disons donc que le continuum temporel subit un frisson, ou disons que le temps ouvre ses grosses pattes et se penche et se met la tête entre les cuisses et me regarde à l’envers, tout juste quelques centimètres au-dessous du cul, et me fait un clin d’œil fou, ou disons que la pleine lune ou le croissant de lune ou l’obscur dernier quartier de lune du D.F. revient se glisser sur les carreaux des toilettes des femmes du quatrième étage de la faculté de philosophie et lettres, ou disons qu’un silence d’enterrement s’étend sur le café Quito et qu’on n’entend plus que le murmure des fantômes de la cour de Lilian Serpas et qu’une fois encore je ne sais plus si je suis en 68 ou en 74 ou en 80 ou si pour en finir je ne m’approche pas comme l’ombre d’un navire naufragé du bienheureux an 2000 que je ne verrai pas.

Magique au sens plein du terme, la prose de Bolaño réalise le programme décrit, malgré elle, par Auxilio. Faisant comme affleurer à la conscience ce qu’on savait déjà, elle est ce chant (qui est toujours chant d’amour, quelques atours qu’il revête) qui tout à la fois nous décille et nous protège. Une amulette…

J’ai alors su ce que je savais et une joie fragile, tremblante, s’installa dans mes jours.

Roberto Bolano, Amuleto in Œuvres Complètes Tome 1, L’Olivier, trad. Robert Amutio.

[Source : http://www.librairie-ptyx.be]

Patti Smith. 2008. Teatre Principal de Palma. Mallorca. Foto de l’autor

Escrit per Carles Domènec

Conta la cantant Patti Smith (Chicago, 1946), al llibre ‘M Train’ (2015), el sentiment de culpa que va sofrir després de seure a la cadira de Roberto Bolaño, durant la visita que va fer a la casa familiar de Blanes. Diu que va fer quatre fotografies de la cadira, que l’escriptor xilè ( 1953 – 2003) solia usar i que transportava allà on ell anava. Una d’aquelles Polaroides surt reproduïda al llibre. Es fa càrrec de l’heretgia de seure a la cadira de Bolaño, com “si això pogués convertir-me en millor escriptora” amb la vivència de la mort del seu pare. D’ell heretà una cadira i un escriptor. Recorda la connexió amb el progenitor que li provoca gratar la cremada de cigarreta que té la cadira. Explica que era de la marca Camel, la mateixa que John Wayne fumava. 

Imatge de Patti Smith, realitzada a Blanes, l’any 2010, amb Polaroide. La galeria Kurimanzutto de Nova York ofereix una reproducció en gelatina de plata, de 25,4 x 20,3 cms, a partir de la Polaroide original, per 4.000 dòlars.

Una nit de Cap d’Any, l’artista recorda que es dedicà a escriure un poema de cent versos, titulat ‘Hecatomb‘, homenatge a Roberto Bolaño. S’adonà que n’havia escrit 101 de versos, i narra les dificultats d’esborrar-ne un per fer quadrar el poema. Smith ha manifestat més d’una vegada la seva admiració per l’obra del xilè.

Just Kids‘, en què Smith explica la seva relació amb el fotògraf Robert Mapplethorpe va guanyar el National Book Award 2010. Club Editor publicarà ‘L’any del mico’ de Patti Smith, en una traducció al català de Martí Sales. El títol apareixerà l’11 de juny i representa una nova oportunitat d’endinsar-nos en la vida de la llegenda del rock. 

[Font: http://www.revistabearn.com]

Publicado por Alfonso Vila Francés

Lo digo ya mismo: esta novela me ha gustado mucho. Y tengo que escribir sobre ella, porque sería un delito dejarla caer en el purgatorio de los libros eternamente pendientes de leer. Muchas novelas se ahogan antes de llegar a la ribera, pero por suerte a esta ya la hemos sacado del río. Ahora bien…

Poeta chileno… Vale. Que no cunda el pánico. Vamos a ver si va en serio o es una falsa alarma. ¿Un farol? Se tratará de un auténtico poeta chileno. ¿Y si es así, quién puede ser? Bueno, repito, que no cunda el pánico. Parece una novela. Es una novela. Si es novela, es ficción; si es ficción, la dosis es menos fuerte. Pero no hay que fiarse, que una novela puede ser muy biográfica, o, peor aún, autobiográfica. Tenemos que investigar… Primero el autor, luego el libro.

Alejandro Zambra…  Según consta en los archivos, es un poeta real, vamos, que es todo lo real que puede ser un poeta. De hecho, y me remito siempre a datos oficiales, empezó como poeta, detalle importante. También es novelista, novelista con varias novelas —es decir, que debemos excluirlo de la categoría de «novelista accidental»—, además de otras desviaciones literarias que son muy lícitas y probablemente muy golosas, como todos los vicios literarios, pero que ahora no nos deben distraer de nuestra investigación. Aquí la apuesta fuerte es entre poesía y novela. Y antes de apostar, hay que mirarle las patas al caballo. La experiencia me dice que hay pocos poetas que sean novelistas y que hay pocos novelistas que sean poetas. Hay poetas que se visten ocasionalmente de novelistas, y hay novelistas que esconden un pasado oscuro como poetas. Poetas puros que también sean novelistas puros o al revés hay pocos casos. Un poeta que escribe en prosa sigue siendo un poeta, muchas veces inconscientemente. Y un escritor de largos maratones —es decir, un novelista— está por lo general muy incómodo cuando se tiene que vestir con el traje de boda de agosto del poeta.

El escritor que rema con dos remos, el de la poesía y el de la novela, nunca rema con la misma fuerza con sus dos brazos, y según golpea el remo, la canoa se desvía hacia una orilla o hacia la otra. Mantener un rumbo fijo es muy difícil y la cuestión es saber contra qué rocas u orilla vamos a chocar, lo queramos o no. Hay novelas que son grandes poemas. Hay poemas que tienen la evidente ambición, la violenta rebeldía, el triste rencor de pretender algo que no son, porque quieren ser novelas y no aceptan que su destino manifiesto es ser poema. Aquí no hay casualidades, solo una lucha intensa e inexorable entre lo que se quiere escribir y lo que finalmente se escribe. ¿Qué ha hecho aquí Alejandro Zambra? El título ya nos lo dice, aunque puede ser un farol, o una falsa alarma. ¿Tenemos un poeta chileno?

Primero el autor, luego el libro. De modo que vamos a estudiar el libro en sí mismo, ese extraño objeto cuya portada capta inmediatamente nuestra atención. ¿Un gato? Sí, y no parece un gato cualquiera. ¿Y por qué un gato?

Oscar Wilde decía que nunca leía los libros que debía reseñar, para así no sufrir su influencia. Puede parecer una broma, pero a veces le doy algo de razón. Habría que llegar a un libro con una mirada totalmente inocente, totalmente vacía de todo prejuicio o conocimiento previo. Esto, naturalmente, es imposible. Yo entro en Poeta chileno buscando a un poeta chileno. Busco a Neruda, busco a Bolaño, busco al propio Alejandro Zambra. Tengo unas expectativas y voy a estar muy vigilante.

La novela arranca muy bien. Tenemos a unos cuantos personajes, de momento muy pocos, un chico y una chica, un padre, una madre, un niño… Es decir, una familia. Pero algo nos dice que esta no es una novela de familias, ni tampoco es una novela coral, aunque se vayan añadiendo más personajes. Incluso tenemos personajes que no son personajes físicos, aunque tienen entidad como cualquier personaje de carne y hueso —sí, la poesía, ese «personaje secundario»—, tenemos… ¿Qué tenemos? O mejor dicho, ¿de qué trata esta novela? Esta novela, nos dicen, es una declaración de amor a la poesía. También, eso ya se ve desde la primera página, es una novela para los que crecimos sin internet, para los que fuimos adolescentes en aquella época oscura e inocente —la escena de los novios en el living y el atropello, sin ir más lejos—. Aquí tenemos familias de todo tipo, seres humanos que nos sorprenden, nos dan pena, les cogemos cariño, les reñimos y nos enfadamos con ellos. Empezamos a leer y al momento ya nos hemos olvidado de que estamos dentro de una novela, que es lo que debe hacer una buena novela. Y leemos rápido, con ansia, sin poder parar, porque el libro, aunque son muchas páginas, se lee muy bien. Y llegamos al final, ¡qué remedio!, y nos quedamos contentos porque nos hemos reconciliado con la novela, cuando habíamos caído en el error de pensar que en estos tiempos viles la novela tenía que enmudecer y pasar a segunda fila. Porque ¿quién necesita de lo imaginado cuando lo real supera violenta y totalmente lo imaginable? Pues sí, esta novela justifica su derecho a existir desde el minuto cero, cuando te coloca en un tiempo y un lugar —Chile, principios de los noventa— y te presenta unos personajes con los que inmediatamente te ves identificado. Parece fácil. Pero solo hasta que te pones a intentarlo. Ahí se ve la mano del novelista, que sabe qué vestido tiene que usar en cada ocasión y con qué cubierto tiene que comer cada plato.

El río baja con mucha agua y algunas novelas se van a hundir. Estaría bien salvarlas a todas. No puedo pedirles grandes sacrificios, pero si pueden, salven alguna. La corriente me ha traído esta, y al leerla he pensado… ¿cuántas más buenas historias quedan aún por contar? Sí, es una pregunta conocida, pero por suerte aún es una pregunta por responder.

¿Y el gato? Hablando de preguntas, ahora que me acuerdo.  Antes me había preguntado por el gato de la portada y aún no tenía la respuesta. Pues bien, la tengo ya. Y me la guardo para mí.

Lean Poeta chileno. Todo tiene un sentido en esta novela, incluso la vida.

[Fuente: http://www.jotdown.es]

En los tiempos del coronavirus han regresado los recuerdos de las enfermedades que asolaron a la humanidad y, con ellas, sus representaciones artísticas. Con el arte queda en evidencia nuestra fragilidad.

John Locher/Associated Press

Escrito por Carlos Granés

Hasta hace solo tres meses la palabra “viral” era usada en el mundo del arte para describir el fenómeno que produjo Un violador en tu camino, la performance del colectivo feminista chileno Lastesis. Su canción pegadiza, a la que se sumaban pasos de baile fácilmente replicables, se convirtió en la denuncia global a la única plaga que parecía resistirse al mejoramiento de la salubridad pública: la del machismo violento, abuso a la mujer, violación, feminicidio.

Así había abordado ese drama Roberto Bolaño en su novela 2666, como una peste, como la expresión de un mal que corrompía el ambiente y botaba cuerpos de mujeres violadas y asesinadas en los basureros de Santa Teresa. La artista mexicana Elina Chauvet también denunciaba esas muertas con rastros de zapatos rojos que dejaba en el espacio público. Y ese parecía ser el tema el más urgente, el que concentraba buena parte del activismo artístico contemporáneo. Pero de pronto un virus desconocido saltó de una especie exótica al ser humano y la conversación pública cambió por completo.

Una instalación de Elina Chauvet en el Zócalo de Ciudad de México. Foto: Gustavo Graf/Reuters

Volvió el recuerdo reprimido de la peste y con él la insoportable evidencia de la fragilidad humana. Cuando creíamos que por delante solo tendríamos desafíos políticos, algunos terribles, algunos mortales, pero todos inducidos por la acción de hombres y mujeres, la enfermedad machacó nuestro vínculo imborrable con la naturaleza y la historia. Porque la peste siempre ha estado con nosotros desde el principio de los tiempos, para aterrorizarnos con la amenaza inminente de las muertes y excitar la fantasía y la creación artística.

Aunque los resortes de la imaginación humana son variados, hay estados anímicos, como el miedo, que la activan de manera automática. No toleramos los ruidos inexplicables ni nos resignamos a no saber lo que se cuece en la oscuridad o más allá de las fronteras conocidas. El miedo incita a buscar respuestas. Ahora contamos con la ciencia, pero durante siglos solo tuvimos la imaginación poética para transformar la fuerza inhumana en un símbolo humano que pudiéramos asimilar. De ella surgieron todas las imágenes que resumen la experiencia del mal, empezando por la de Satanás, la más sintética de todas, pero también las de esas criaturas aterradoras que se origina en la oscuridad o en la lejanía, desde los vampiros a los fantasmas, desde los bárbaros a los extraterrestres.

“El triunfo de la muerte” de Bruegel el Viejo. Museo Nacional del Prado

A la enfermedad inexplicable que asoló a Europa a lo largo de la baja Edad Media y en los tres siglos posteriores se la hizo visible mediante imágenes de esqueletos que se erguían triunfantes, a caballo o en una carreta, guadaña en mano, sobre las hordas de mortales condenados. La más famosa de estas representaciones fue El triunfo de la muerte que pintó Bruegel el Viejo en el siglo XVI. Aquel título era común en las obras que plasmaban el arquetipo de la mortandad desbocada, pero ninguna revelaba el aterrador dinamismo de la muerte como la de Bruegel. En su cuadro, un ejército de agentes malévolos cae sobre una villa llevándose por delante, con igual sevicia, al rey y al labriego, al blanco y al negro, al que se resigna y al que se resiste. No hay escapatoria. La invasión pestífera abre un canal al infierno que delata el carácter moralizante de la obra: la condena es un castigo por el mundano olvido de Dios.

Esta imagen de la muerte reinando sobre la humanidad vuelve a aparecer en cuadros de Arnold Blöcklin y de James Ensor, y su reedición más actual se encuentra en la temporada final de Juego de tronos. La gran amenaza que se cierne sobre los Siete Reinos, más grave aún que el ansia de poder de caudillos malévolos, es la epidemia de muerte que se incuba tras la gran muralla. Reaparecen aquí los temores referidos a la enfermedad y al contagio: el mal que viene de una geografía remota. Quien se contagia deja de ser uno de los nuestros. Queda cautivo del mal y se deshumaniza.

“The Masks and Death” de James Ensor
“The Masks and Death” de James Ensor. Foto: Alex Cretey Systermans

Para contrarrestar el terror que generan el mal encarnado en el cuerpo y su plausible contagio, algunos artistas se las ingeniaron para devolverle al enfermo un rostro humano. En el retablo que terminó en 1516 para la orden de San Antonio, una cofradía que cuidaba a los afectados de ergotismo —mal que gangrenaba las extremidades y afectaba la piel—, el artista alemán Matthias Grünewald pintó a un Cristo lacerado por los estragos de alguna enfermedad contagiosa. Como los leprosos, las víctimas de este “fuego del infierno” eran rechazadas, y la manera que encontró Grünewald para empatizar con ellas fue haciendo padecer a Cristo una dolencia similar.

Lo mismo ocurrió en los años ochenta y noventa del siglo XX, cuando otra plaga empezó a diezmar a la población homosexual de Estados Unidos. Empezaba la epidemia del sida, un mal desconocido y aterrador que proliferó en medio del conservadurismo de la era Reagan, y que supuso, con sus llagas y su flacura mórbida, un nuevo estigma para una comunidad ya discriminada. En esta ocasión el arte volvió a expresar y a hacer visible el drama de los enfermos.

Keith Haring, con sus icónicas figuras que se tapaban los ojos, los oídos y la boca, acompañadas de los mensajes “ignorancia = miedo” y “silencio = muerte”, trató de llamar la atención de los políticos. Pero la imagen que humanizó el problema del VIH fue la fotografía que le tomó Therese Frare al activista David Kirby en 1990, en su lecho de muerte, con la mirada perdida y casi exangüe, recibiendo el incondicional afecto de su familia. Era casi una pietà contemporánea. Humanizaba al enfermo, se lo arrebataba al virus y lo devolvía en su postrimería a nuestro bando. En una jugada muy típica de los noventa, cuando el shock estético y el escándalo autopromocional estuvieron a la orden del día, Oliviero Toscani usó esa foto para una de sus campañas de Benetton. Aunque ofendió a muchos, la familia de Kirby apoyó la iniciativa, esperando que la controversia pusiera el VIH en el centro del debate público.

Y así llegamos a este 2020 del coronavirus, encierro e incertidumbre, que ya nos ha dejado una imagen memorable, muy propia, también, de los tiempos performáticos que corren. Desde los balcones, cada noche, hemos salido a aplaudir al personal sanitario que se enfrenta día a día con la sorpresiva pandemia.

El pueblo exaltado y polarizado ha vuelto a comportarse como sociedad responsable, y en consecuencia ha reconocido a sus verdaderos héroes: no los chamanes ideológicos sino los profesionales con vocación de servicio. Y esta imagen, vaya paradoja, también se ha hecho viral. Como la obra de Lastesis, la performance espontánea que empezó en España ya se repite en otros países. El momento catártico y ritual que ordena los días huérfanos de rutinas y celebra la vida, y que no es sino la manera contemporánea que hemos inventado —igual que Brueghel, igual que Grünewald— de resistir al mal, también tiene un efecto contagioso. Pero este menos mal, no es peligroso. Todo lo contrario.

El escritor Carlos Granés es colombiano, antropólogo y ensayista. Ha estudiado las vanguardias culturales del siglo XX y su libro El puño invisible obtuvo el Premio Internacional de Ensayo Isabel Polanco 2011. Su título más reciente es Salvajes de una nueva época.

[Fuente: http://www.nytimes.com]

El pasado fin de semana se estrenó en Madrid el documental ‘El viaje de Javier Heraud’ del cineasta Javier Corcuera, que se aproxima a la vida del poeta y guerrillero peruano que murió a los 21 años. Todo un mito para la izquierda en su país. Heraud había dicho que sería como Rimbaud, que escribiría poemas solo hasta los 21 años. ¿Se sentía atraído más por la muerte misma que por llevar a cabo con éxito la revolución? ¿Es su breve legado poético lo que debería recordarse o más bien su paso por la guerrilla? 

Fotograma del documental ‘El viaje de Javier Heraud’

Escrito por por Carlos Dávalos

La izquierda latinoamericana ha persistido en la búsqueda constante de mitos y héroes. El triunfo de la revolución cubana hizo creer a muchos jóvenes que una realidad similar a la obtenida por Castro, Guevara y compañía era posible, también, en el resto de países de la región. Muchos, incluso, fueron formados en La Habana para este propósito, como fue el caso del poeta limeño Javier Heraud (1942-1963), que murió acribillado a los 21 años en la selva peruana tras haber decidido coger las armas.

En el Perú, esta búsqueda por encontrar referentes en los cuales poder verse reflejado se hacía aún más evidente. Con la muerte de José Carlos Mariátegui —ensayista y periodista que significó una vanguardia cultural en la Latinoamérica de los años 20, con una mirada abierta y plural sobre cómo debería llevarse a cabo la transformación social en un país como el Perú— todo para la izquierda peruana sería cuesta abajo. El país sufriría una serie de golpes de Estado y gobiernos militares, mientras que la propia izquierda se volvería cada vez más dogmática y pobre desde el punto de vista cultural. Nadie pudo coger la posta de Mariátegui y cuando lo intentaron la cogieron mal. Es en este contexto, 30 años después de su muerte, que aparece una figura como la de Javier Heraud (perteneciente a una generación que incluía, entre otros, a autores como César Calvo, Rodolfo Hinostroza, Marco Martos, Arturo Corcuera, o Antonio Cisneros), poeta precoz y de mucho talento que hacía presagiar una obra importante, pero que un día decidió dejar la tinta y el papel para coger las armas.

El Viaje de Javier Heraud, última película documental dirigida por el cineasta Javier Corcuera (Lima, 1967), es el relato de esa travesía que decide hacer el poeta hacia la muerte. El viaje está contado a través de la mirada de su sobrina nieta Ariarca, que, también con 21 años, decide escarbar en el baúl de los recuerdos para intentar responderse quién era el joven detrás de los poemas, cómo era el muchacho que un día decide unirse a la guerrilla para internarse en la selva peruana y morir de múltiples disparos. Es la curiosidad de Ariarca la que nos guía por este viaje al pasado en la que nos encontramos con cartas, fotografías y testimonios de familiares, amigos, compañeros de lucha y testigos de lo que fue su corta e intensa vida.

Con un lenguaje visual que por momentos desliza pinceladas poéticas —como aquellos en los que se leen los poemas de Heraud— la película repasa, a través de gente cercana, lo que significó Heraud para cada uno de ellos. Corcuera no está empecinado en contarle a los espectadores ni el contexto social, ni político o coyuntural de aquellos años (el partido comunista había ofrecido su apoyo a Belaunde, que sería elegido presidente del Perú en la elecciones de 1963), ni tampoco da mayores detalles sobre los adoctrinadores cubanos y averiguar cómo se entrenaba a los jóvenes de todas partes de América Latina para que llevasen la revolución y la lucha armada a sus respectivos países, sino que su intención es la de explorar el lado humano que había en Heraud, como hijo, como compañero, como estudiante, como novio o como poeta fuertemente comprometido con la lucha social de su país.

Y es, quizá, una de las cosas que más se echan en falta en el documental; el espectador no parece subirse con Heraud en la canoa que lo interna en la selva peruana. Incluso su hermana, desde el amor fraternal y el recuerdo, no entiende a su hermano y se pregunta qué pasaba por la cabeza de un joven de su edad para sentirse atraído a la muerte de esa manera. Las cartas que Heraud le escribe a su madre y los poemas que anuncian esa pulsión hacia un fatal destino son conmovedoras, pero al mismo tiempo inquietantes; después de todo, es a su madre a quien se dirige con un tono mortuorio.

En el Perú, a Heraud se le lee en los colegios, hay calles y asentamientos humanos que llevan su nombre y la izquierda peruana lo tiene como uno de sus héroes y emblemas. Su procedencia miraflorina y de clase media, de colegio y universidad privados, han alimentado aún más el mito, ya que se trataría de un ilustrado, de un privilegiado que lo deja todo para morir por los más pobres de su país. Sin embargo, irónicamente, muere porque un campesino montado en buey lo delata con las autoridades.

En un momento del documental se cuenta cómo Heraud había dicho que sería como Rimbaud, es decir, escribiría poemas solo hasta los 21 años. Algunos de sus poemas presagian su muerte y vaticinan, como lo había hecho Vallejo, la forma en que iría de perecer. ¿Quería cambiar las cosas de su país realmente, o eran más sus ganas de morir las que lo llevan a tomar la decisión de coger las armas? ¿Se sentía atraído más por la muerte misma que por llevar a cabo con éxito la revolución? ¿Es su breve legado poético lo que debería recordarse o más bien su paso por la guerrilla?

Lo cierto es que casi todos los jóvenes poetas durante los años 60 y 70 querían ser revolucionarios. Ese era el aire de los tiempos y hay que reconocerlo. Roberto Bolaño también fue uno de ellos. Él ha confesado, más de una vez, que más que escribir poesía, a él le interesaba vivir como poeta, es decir, como un revolucionario. “Hay un momento del 11 de septiembre, que yo estoy esperando que nos den armas para salir a luchar”, dice Bolaño, que el año del golpe de Pinochet tenía casi la misma edad que Heraud, 20 años. Esas declaraciones las hace en alguna entrevista y también están recogidas en el libro Soldados de Salamina, de Javier Cercas, donde uno de los personajes es el propio Bolaño, que dice: “Mira, te voy a decir la verdad. Durante años me cagué cada vez que pude en Allende, pensaba que la culpa de todo era suya, por no entregarnos las armas”. Pero, en perspectiva, Bolaño recapacita y le cuenta al narrador: “Ahora me cago en mí por haber dicho eso de Allende. Joder, el cabrón pensaba en nosotros como si fuéramos sus hijos, ¿entiendes? No quería que nos mataran. Y si llega a entregarnos las armas hubiéramos muerto como chinches. En fin, supongo que Allende fue un héroe”.

Un héroe es, quizá, no aquel que provoca muertes, sino aquel que las evita.

[Fuente: http://www.elasombrario.com]